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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 14:42

 

 

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Les prochaines élections européennes vont sans doute être l’occasion de constater d’une part que les Etats Nationaux sont de plus en plus hostiles à l’Union Européenne qu’ils accusent de tous les maux alors que d'autre part les Régions de ces Etats qui aspirent à devenir indépendantes voteront majoritairement pour l’Union Européenne.

Ainsi alors qu’il faille s’attendre à ce que l’Angleterre marque son profond rejet de l’Union Européenne on peut raisonnablement s’attendre à ce que l’Ecosse qui aspire à l’indépendance du Royaume Uni vote majoritairement pour l’Union.

De même, on est en droit de penser qu’il en sera de même de la Catalogne qui veut se séparer de l’Espagne. Alors que les Espagnols attribuent bien à tort leurs difficultés à l’Union, les Catalans majoritairement marqueront vraisemblablement leur attachement à l’Europe.

Et on peut même penser qu’il en sera de même pour la Flandre.

Dès lors l’Union Européenne devra se poser la question des raisons de cet attachement plus grand des régions européennes qui aspirent à se détacher des Etats Nations que de ces derniers.

Et surtout l’Union Européenne devra bien finir par accepter de remettre en cause la règle de l’unanimité qui obligerait un Etat Régional sécessionniste à devoir quitter contre son gré l’Union Européenne et ne pouvoir la réintégrer sans l’accord de l’Etat National dont elle a fait sécession pourtant lui de plus en plus hostile à l’Union.

Cela implique que juridiquement l’Union Européenne finisse par accepter à la majorité des Etats Nations qui la composent, et non à l’unanimité, un statut des Etats Régionaux sécessionnistes différent de celui des Etats Nations tant que ceux-ci n’auront pas purement et simplement disparu par éclatement général comme l’a fait par exemple la Yougoslavie.

Si on peut difficilement admettre un processus identique à celui dont a bénéficié le Canton-Etat du Jura en Suisse qui, après sécession acceptée du Canton-Etat de Berne, a accédé directement au statut de Canton-Etat à part entière à l’égal de Berne au sein de la Confédération helvétique, car on ne voit pas l’Espagne accepter, même contre une majorité qualifiée des Etats Membres de l’Union, que la Catalogne ou le Pays Basque non seulement fassent sécession mais deviennent à ses côtés des Etats membres à part entière de l’Union, en revanche l’Union doit pouvoir admettre l’existence momentanée pour une durée de transition assez longue à déterminer un statut de l’Etat Région différent de celui de l’Etat Nation même s’il peut paraitre anormal que des Etats beaucoup plus petits que la Catalogne ou l’Ecosse comme par exemple  le Luxembourg bénéficient du statut d’Etat Nation comme l’un des membres fondateurs de l’Union.

Il serait en toute hypothése inconséquent de la part de l'Union Européenne de vouloir soumettre les Etats régions secessionistes d'un Etat nation membre qui applique de ce fait toutes ses régles au statut de candidat comme n'importe quel nouvel Etat nation qui cherche à en devenir membre.

Les Etats Régionaux qui aspirent à faire sécession des Etats Nations tout en voulant faire partie de l’Union doivent considérer que c’est le prix à payer pour leur indépendance car ils ne peuvent raisonnablement espérer le type de  divorce à l’amiable comme celui de l’ex-Tchécoslovaquie entre la Tchéquie et la Slovaquie qui leur a permis à toutes deux d’être membres à part entière de l’Union Européenne.

Car que cela plaise ou non, l’avenir de l’Union Européenne ne sera pas celui d’une Fédération d’Etats Nations mais celui d’une Fédérations d’Etats Régionaux pour la bonne et simple raison que l’Union a besoin pour survivre d’un gouvernement central fort que ne sont pas prêts d’accepter les Etats Nations au nom d’un maintien illusoire de leur prétendue souveraineté à l’heure de la mondialisation ce que seront prêts en revanche à accepter des Etats Régions plus petits.

Ainsi l’avenir de l’Union ressemblera à ce qu’était le Saint Empire Romain Germanique sans son défaut à savoir l’absence du pouvoir central fort qui l’a conduit à sa perte.

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 10:19

 

 

 

        

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L’Etat Français, en mal d’économies, lance à nouveau l’idée d’une réforme territoriale censée mettre fin au « millefeuilles » qui fait que l’Administration du pays, sans pouvoir prétendre et de loin qu’il est le mieux administré des pays européens comparables, est sans conteste la plus couteuse de ceux-ci.

L’idée assez simpliste est que le regroupement de régions d’une part et la suppression d’autre part des départements qui les composent devraient générer automatiquement des économies sans qu’aucune étude chiffrée ne vienne pour autant le démontrer.

Pourtant si on se fie à ce que l’on peut appeler l’échec des intercommunalités, force est de constater que les budgets des Communautés de Communes se sont développés sans que ceux des Communes qui les composent aient enregistré une quelconque diminution.

En principe la suppression pure et simple du département devrait bien en tout logique être une source d’économies incontestables même si elle n’a pas été chiffrée sans pour autant véritablement faire disparaitre totalement ce qui avait présidé à sa conception il y a deux siècles notamment l’implantation des Préfectures et des Sous-préfectures c’est-à-dire des services de l’Etat à une journée à cheval pour chaque citoyen si  les Services de la Région et ceux de l’Etat restent  distants d’un aller-retour d’une demi-journée en train ou en voiture pour le citoyen ce qui parait essentiel.

En revanche l’augmentation de la taille des régions par fusion regroupement  ne devrait pas être une source importante d’économies ( le  chiffre de 25 milliards  évalué à la « louche » par le secrétaire d’Etat en charge de la réforme apparait irréaliste) et n’apparait réellement motivée que sur la base d’une idée fausse selon laquelle les Régions devraient avoir une certaine taille pour peser sur le plan économique.

Idée  fausse qu’il est facile de prouver à partir d’exemples simples.

En effet est-ce que le Luxembourg avec ses 400 000 habitants estime avoir besoin de fusionner avec qui que ce soit ?

Est-ce que les grands réformateurs de la dernière heure parisiens  oseraient prétendre que le quart des  28  Etats de l’Union n’auraient pas la taille vitale :

Outre le Luxembourg, les 3 pays baltes, Malte, Chypre, Slovénie ?

Et puisque la référence à l’Allemagne fédérale est à la mode qu’un Länder comme la Ville-Etat d’Hambourg avec ses 1.8 millions d'habitants ne l’aurait pas non plus.

Ou encore, en dehors mais au milieu de l’Union Européenne, que la Suisse Romande avec ses moins de 2  millions d’habitants ne serait pas économiquement viable alors qu’elle prouve depuis des années le contraire et ne représente guère plus que l’ensemble de la Savoie à laquelle on conteste depuis longtemps la prétendue absence de taille critique.

En réalité la réforme que repousse depuis plus de 30 ans la France est le projet toujours raisonnable de faire des régions de  taille non pas uniforme suivant les particularités non seulement économiques et géographiques mais aussi historiques pour leur redonner une forte identité économique de 3 à 6 départements maximum, région séparée des Villes-Etats regroupant à elle seule une population de plus de 1 millions d’habitants.

Ainsi alors que la Ville-Etat de Lyon au limite pratiquement du département du Rhône appelé logiquement à disparaitre se verra progressivement atteindre le statut d’un Länder tel que celui d’Hambourg, la région Rhône-Alpes dont elle ne devrait plus logiquement être la capitale éclaterait alors en 3 régions :

1 Région Savoie-Bugey-Valromey-Gex qui pourrait regrouper les territoires des  deux départements savoyards avec tout l’Ain sans la Bresse

2.Région Dauphiné-Valentinois-Vivarais

3.Région Bresse- Forez-Beaujolais-Roannais à laquelle seraient rattachées quelques communes  du département du Rhône supprimé,  non intégrées à la Ville-Etat de Lyon.

 

Et par exemple dans la région Savoie Bugey Valromey Gex, les services de l’Etat ne seraient plus présents que dans  6 préfectures  Albertville, Annecy, Annemasse, Chambéry, Nantua et Saint Jean de Maurienne.

Sans un peu de bon sens, toute réforme territoriale en outre ne tendant pas vers la fédéralisation de la France tout en prétendant vouloir s’inspirer du modèle fédéral allemand est vouée à l’échec.

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 18:23

 

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Il semble que les dirigeants des pays occidentaux notamment américains mais aussi français et anglais ne connaissent plus la géographie, n’ont plus aucune connaissance militaire ou ne reçoivent plus de conseils de leurs conseillers militaires ou ne les écoutent pas quand on constate dans quelle situation ils décident d’interventions militaires importantes dans des pays qui ne sont bordés par aucune mer sans se soucier des capacités logistiques de leurs armées.

Il est bien fini le temps où ils suffisaient d’envoyer quelques parachutistes équipés d’armes légères pour régler une situation. Aujourd’hui toute intervention sérieuse nécessite l’envoi de  matériels lourds qui posent d’énormes problèmes logistiques dans des pays enclavés surtout si ces interventions doivent être réalisées dans des délais courts ou si  la voie terrestre est impossible.

Si les armées occidentales disposent d’une capacité aérienne de transports de personnels si besoin en réquisitionnant des avions civils, elles ne disposent pas, à la différence de l’armée russe, d’avions militaires  gros porteurs capables d’acheminer notamment les véhicules blindés  dont ces personnels ont besoin.

Il serait bon de leur rappeler qu’un régiment d’infanterie moyen français comme le 92 ième RI compte de l’ordre  1100  à 1200 hommes  est doté  de :

  • 64 VBCI (Véhicule Blindé de Combat de l'Infanterie).
  • 4 VAB, dont 2 VAB SAN : véhicule de l'avant blindé équipés de tout le matériel nécessaire à l'évacuation des blessés de tout type.
  • 8 VPC : Véhicule Poste de Commandement (VBCI dont la tourelle de tir a été remplacée par un mitrailleuse de 12,7 ).
  • 29 VBL (véhicule blindé léger)
  • 34 poids lourds (2,4 et 10 tonnes)
  • 25 P4 (véhicule léger tout terrain)

Le VBCI est également conçu pour être aérotransportable par un Airbus A400M, avec une masse à vide de moins de 18 tonnes (la masse au combat est de 28 tonnes) pour la version d'origine et étant porté à 32 tonnes après un retrofit durant la seconde moitié des années 2010.

L’A400M peut emporter 37 tonnes par exemple :

  • deux camions de 5 tonnes et deux canons de 105 mm ;
  • ou trois véhicules blindés de transport de troupes du type VAB ;
  • ou un véhicule blindé de combat d’infanterie VBCI ;
  • ou un véhicule de lancement de missiles sol-air Patriot avec ses missiles ;
  • ou un hélicoptère de transport de type NH90 ;
  • ou deux hélicoptères d'attaque de type Tigre, tête-bêche  à 4500 kms à la vitesse de 760 kms/h .

Par comparaison l'Antonov An 124-100 russe  est l'un des plus gros avions du monde. Sa masse maximale au décollage est de 390 tonnes. Sa soute est de 1000 m3 avec 'une capacité d'emport de 130 tonnes. Il peut transporter 120 tonnes à 4800 kms à la vitesse de 850 kms/Heure.

Le transport par voie aérienne d’un seul régiment de ce type  à 4500 kms au complet en une  seule fois supposerait de posséder une flotte en état de l’ordre de 80 à 100 exemplaires d’un tel A 400. Or actuellement la France ne dispose  que 2 A 400  sur une commande totale de 36 à recevoir d’ici à 2019 et l’A 400 n’est pour l'instant commandé qu’à à 174 exemplaires par huit pays différents : Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Turquie, Belgique, Luxembourg membres de l’OTAN.

Certes le 10 novembre 2008, les ministres de la Défense de l'Union européenneont décidé  la création d'une Flotte européenne de transport aérien (FETA) (regroupant 12 pays sur 27 sous l'autorité de l'Agence européenne de défense) ainsi que d'une unité multinationale de 118 A400M (regroupant l'Allemagne, la Belgique, la France et le Luxembourg) mais pour le moment seuls moins de 5  exemplaires leurs ont été livrés

A travers son agence dénommée Namsa, l’OTAN a donc du conclure  en toute confidentialité un contrat dénommé SALIS (Strategic Air Lift Interim Solution) avec la société russe, Ruslan Salis Gmbh, basée à Leipzig en Allemagne. Cette société travaille avec les avions de deux compagnies, l'ukrainienne Antonov Design Bureau (ADP) de Kiev et la russe Volga Dniepr Airlines (VDA) d'Oulianovsk. Ruslan Salis Gmbh met deux Antonov An-124 à la disposition des pays participants, ce chiffre pouvant monter jusqu'à six avec un délai de 6 ou 9 jours. Sans l’aide des Russes, l’OTAN serait cloué au sol faute de moyens financiers. Pour comparaison, le gros porteur américain Boeing C-17, coûte 30 fois plus cher que l’Antonov. Voilà ce qui explique que 18 pays de l’Otan dont la France ont dû louer des avions russes aujourd’hui. . Le contrat Salis est géré par la Strategic Air Lift Coordination Cell, implantée sur la base aérienne d'Eindhoven, aux Pays-Bas.  

Pour procéder à l’évacuation anticipée de ses troupes mais surtout de leur matériel de combat d’Afghanistan,  la France a dû recourir une telle  location d’Antonov 124 avions gros-porteurs Ainsi rien qu’au  premier trimestre 2012, une quarantaine de vols d’avions An-124 ont eu lieu  pour rapatrier environ 300 véhicules et conteneurs en France.

Pour rejoindre le Mali ou la République Centrafrique sans accès comme l’Afghanistan à la mer l’armée française doit débarquer se matériels lourds dans le port camerounais de Douala et les acheminer par la route car incapable en cas d’urgence de les transporter par voie aérienne.

Et si la France peut militairement prendre le temps d’acheminer ses matériels par la route sur une telle distance  ce n’est pas toujours le cas à tel point que  le 20 mars 2014, quatre nouveaux porteurs polyvalents logistiques ( les PPLOG permettent d’assurer les missions suivantes : ravitaillements logistiques sur les théâtres d'opération, transport ou évacuation de personnel en condition opérationnelle, maintenance et évacuation de véhicules immobilisés, transport de matériaux pour l’appui à la mobilité, à la contre-mobilité et à l’aide au déploiement d’urgence. Ces camions blindés sont dotés d’un système autonome de chargement. Ils permettent l’emport jusqu’à 16 tonnes en capacité maximale. Ils sont équipés d'un dispositif de protection comprenant une cabine blindée contre les mines et les tirs d'armes de calibre 7,62 mm, il peut également recevoir un poste radio de 4e génération et le système informatisé SITTEL, ainsi qu'un GPS.  Six PPLOG ont déjà été déployés sur le théâtre en octobre 2013) ont dû être débarqués par Antonov sur l’aéroport de Bamako-Ségou au Mali.

 

Le public non seulement français mais européen ignore  que ce n’est pas seulement la France ni ses alliés européens de l’Otan mais même les Etats Unis d’Amérique qui se sont rendus tributaires des Russes. En effet  sans l’aide de la Russie, des marines américains auraient mille fois plus de difficultés en Afghanistan. Ce pays n’a pas d’accès à la mer et a pour frontière la Communauté des Etats Indépendants, la Chine, le Pakistan, l’Iran. Les Américains, ne se sentant pas en sécurité au Pakistan qui a pu cacher Ben Laden pendant 10 ans, ont préféré passer par la Russie pour arriver en Afghanistan. En 2012, par exemple, c’est par un communiqué que le Pentagone a rendu officiel le nombre de soldats américains qui ont transité par la Russie depuis le début du conflit : 379 000 soldats américains et 45 000 tonnes de fret.

Voilà brièvement résumée un des aspects des carences logistiques dont souffrent aujourd’hui les armées occidentales sans compter les nombreuses carences tactiques que nos gouvernants ignorent ou feignent d’ignorer pour réduire drastiquement les budgets des armées alors pourtant que la situation s’aggrave continuellement en Afrique du Nord et Centrale,  aux Proche et Moyen Orient et désormais en Europe Orientale.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 14:35

 

 

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S’agissant de l’Ukraine, il convient de rappeler qu’à la différence de la quasi-totalité des Etats nations européens, elle n’a jamais constitué un royaume avec à sa tête des rois issus d’une longue dynastie mais seulement, vers le début du X° siècle,  une principauté  avec à sa tête des princes d’origine Varègue, à l’origine de la première dynastie qui allait régner sur le futur empire russe. L’année 911 marque en effet la véritable reconnaissance internationale d’un Etat kiévien slave sur lequel règne Oleg  le Sage par sa signature d’un traité avec l’empire romain d’Orient. Après sa mort, le territoire de l’Etat kiévien se fragmente rapidement. Kiev est saccagée par le prince de Vladimir 1169.  En 1238 les mongols brulent et pillent  Moscou  qui n'est encore qu'un avant-poste commercial négligeable dans la  principauté de Vladimir-Souzdal à la tête de laquelle se trouve Alexandre Nevsky  laquelle  conserve sa souveraineté ; en revanche Kiev est pillée par les Coumans puis par les Tatars en 1240 lesquels contraignent les autres principautés russes et ruthènes à  reconnaître leur souveraineté.

Durant cette période du XIII- XIV siècle,  chaque principauté ruthène mène sa propre politique; celles du Nord-Est (Tchernihiv, Pereïaslavl) se rapprochent des principautés russes telles Novgorod ou Moscou, tandis que celles du centre (Kiev et Tourov) cherchent l’alliance lituanienne.

Sur le territoire de l’Ukraine occidentale d’aujourd’hui, succède à l’Etat de Ruthénie la principauté de Galicie, la plus puissante des principautés ruthènes. C’est Daniel Ier, fils de Roman le Grand qui unit la Galicie et la Volhynie.  Il devient vite le plus puissant des princes ruthènes et étend son pouvoir en occupant Kiev. En  1245, il écrase les Polonais et les Hongrois à Jarosław, mais il est contraint de se plier devant des Mongols de la Horde d'or dont il essaie de se libérer. Il est couronné premier roi de Galicie-Volhynie en 1253. Pendant son règne, son royaume connaît un développement important. Il fonde les villes de Chełm, près de Lublin, et de Lviv. L'immigration contribue au développement économique du pays avec l'arrivée des commerçants juifs, arméniens et des artisans allemands. Des routes commerciales se développent, reliant la Mer Noire à la Pologne, au Saint-Empire et à la Mer Baltique. Daniel transfère sa capitale de Halych à Chelm. À son apogée, la principauté de Galicie-Volhynie englobe tout le sud-ouest de la Ruthénie, avec la Ruthénie rouge et la Ruthénie noire, et est suzeraine des voïvodats moldaves. Après sa mort, ses fils Chvarno et Léon (Lev) Ier lui succèdent. Léon transfère la capitale du pays à Lviv en 1272.

A cette même époque le premier souverain de la principauté de Moscou, Daniel Moskovski (1261-1303) est  le plus jeune fils d'Alexandre Nevsky. Daniel Ier  commence à élargir sa principauté en prenant Kolomna tout en s'assurant de la transmission héréditaire de  Pereslavl-Zalesski.  Daniel meurt en 1303.

Cette même année 1303, le roi de Galicie-Volhynie George Ier, fils de Léon,  obtient du patriarche de

Constantinople Athanase Ier la nomination d'un métropolite à Halytch. À sa mort, le pays est gouverné par ses fils André II et George II qui sont tués en 1323 en combattant les Mongols. Leur mort marque la fin du règne des héritiers de Roman le Grand en Galicie-Volhynie.

A cette même époque, Iouri III, fils de Daniel Moskovsky  contrôle alors l'ensemble du bassin de la rivière Moskva. Il forge  une alliance avec Özbeg de la  Horde d’or en épousant la sœur du khan, pour obtenir le droit de revendiquer le titre de Grand-duc de Vladimir-Souzdal, position qui lui permet de se confronter à la république des Novgorod. Son  successeur, Ivan Ier de Russie (1288-1340) conserve le titre de Grand-Duc, grâce à sa coopération étroite avec les Mongols. Cette relation lui permet aussi d'avoir l'ascendant sur le principal rival de Moscou à l'époque : la ville de Tver qui se révolte contre la Horde d’or en 1327, soulèvement qui est réprimé par les forces conjointes des Mongols et des Moscovites. Ivan Ier  utilise aussi sa richesse pour étendre et acquérir des terres et des principautés alentour. En 1327, le métropolite Pierre de Moscou  transfère sa résidence de Vladimir à Moscou, ce qui augmente le prestige de la principauté. En 1328, il se rend à la Horde d'or  pour y être investi et il rentre avec le titre de grand-prince de Moscou, de Vladimir et de toute la Russie, après la déposition d'Alexandre II Vladimirski de Tver.

Le dernier souverain de la principauté de Galicie-Volhynie est Boleslas, le neveu de Léon et le fils de Trojden Ier de Czersk qui  est empoisonné en 1340.  De 1349 à 1352, le roi de Pologne Casimir III le Grand et le grand-duc de Lituanie Gediminas s'affrontent pour s'emparer de la principauté de Galicie-Volhynie. En 1352, la Pologne et la Lituanie concluent un accord sur le partage de la Galicie-Volhynie. Casimir III le Grand obtient la Galicie, la Podolie et un morceau de la Volhynie. Le reste de la Volhynie et la Podlachie deviennent lituaniennes. Dans le même temps, les Polonais et les Lituaniens combattent les Mongols et finalement toute l’Ukraine septentrionale passe sous l’autorité de la Pologne et de la Lituanie, qui annexe Kiev en 1362.

De leur côté,  les successeurs d'Ivan Ier continuent à rassembler les terres russes et entrent rapidement en conflit d'intérêt avec le  Grand-duché de Lituanie. Le Grand-Duc de Lituanie, Olgierd s'allie par mariage avec  Tver et entreprend  trois expéditions contre Moscou en 1367, 1368, en 1370.

Dimitri IV de Russie a neuf ans quand ses parents décèdent et que le titre de Grand-Duc glisse entre les mains de son parent éloigné, Dimitri III Constantinovitch.  Dimitri IV se montre le champion de l'orthodoxie en réunissant les principautés de la Russie dans sa lutte contre la Horde d'or. Il défait l'autorité du khan et bat son commandant à  la bataille de Koulikovo en 1380, même si cependant  Moscou  est encore envahie quelques années plus tard.

À la suite de l’union entre la Pologne et la Lituanie, conclue en 1385, une intense politique de repeuplement a lieu en Ukraine occidentale: des Polonais, des Moldaves, des Allemands, des Arméniens et des Juifs immigrent dans le pays. La noblesse d’Ukraine occidentale est souvent « polonisée ».

En 1389, Dimitri IV de Russie  passe le trône à son fils Vassili Ier de Russie, sans se soucier d'obtenir l'accord du khan.

Vassili Ier (1371 - 1425) poursuit la politique de son père et  ne rend pas hommage au khan, mais il est contraint, après le raid d'Edigu en 1408, de mener une politique plus conciliante avec la Horde. Il est marié à la fille unique du Grand-Duc de Lituanie, Vytautas le Grand, ce qui lui permait d'éviter les conflits ouverts avec son puissant beau-père, malgré l'annexion, par celui-ci, de Smolensk. Ces années de paix sont marquées par l'expansion continue de la principauté, à l'est par l'annexion de la république de Nijni Novgorod et de la principauté de Souzdal en 1392 et au nord par l'annexion de Vologda, Veliki Oustioug et du bassin de la Vytchegda en 1398.

La législation polonaise est introduite en Ukraine occidentale en 1434. Si la Pologne mène une politique relativement tolérante vis-à-vis de l’orthodoxie, le catholicisme progresse dans les territoires sous sa domination. C’est durant cette domination lituano-polonaise, à partir du XV°  siècle, que se forment les Cosaques, des paysans  ruthènes orthodoxes qui refusent la servitude et l’assimilation aux Polonais catholiques. Le royaume de Pologne les tolère et les utilise contre les Tatars. Cette l’influence polonaise pénètre plus lentement dans les territoires relevant du grand-duché de Lituanie. L’orthodoxie y garde sa prédominance.

En ce   XV° siècle, , en dehors des territoires annexés par le royaume de Pologne ou le Grand-Duché de Lituanie, si plusieurs princes revendiquent encore leur autonomie ou leur indépendance, Ivan III de Russie (1440-1505) les contraint  à reconnaître son autorité militaire, judiciaire, et diplomatique. La principauté annexe la  république de Novgorod en 1478 et le Grand-Duché de  Tver en 1485 et par héritage Ivan III  acquiert la principauté de Riazan, alors que les princes de Rostov, Veliki et Iaroslav lui rendent hommage. La Grande-Principauté de Moscou a ainsi acquis la pleine souveraineté sur une partie significative des terres russes en 1480, lorsque la domination de la Horde d'or prend fin. Mais Ivan III  reste confronté au  Grand-duché de Lituanie, avec qui il a des conflits frontalier pour le contrôle du bassin du Dniepr et du Donets. Après une guerre longue conclue en 1503 contre la Lituanie, Ivan III étend sa principauté vers l'ouest, dans l'ouest de l'ancienne Rus de Kiev. `

Ivan IV Vassiliévitch  dit Ivan le Terrible,  grand-prince de Vladimir et Moscou devient  le premier tsar de Russie  en 1547.

En Ukraine occidentale les rapports de force au sein de l’État polono-lituanien tournent à l’avantage des Polonais. L’Union de  Lublin en janvier 1569 consacre le triomphe de la Pologne. La Lituanie perd la plus grande partie de ses possessions ukrainiennes (Podlachie, Volhynie, Podolie, région de Bratslav et de Kiev). La noblesse de ces régions se polonise et se convertit au catholicisme. Le haut-clergé orthodoxe est tenté par le rapprochement avec Rome.

Ivan IV de Russie meurt en 1584.

Au  XVI° siècle, plusieurs soulèvements cosaques ont lieu contre la noblesse polonaise dont le plus célèbre est mené par l`Hetman cosaque Severyn Nalyvaïko en 1594.

Le métropolite de Kiev et une partie du haut-clergé, en réaction contre les interventions réformatrices du patriarche de Constantinople, se rallie à Rome lors du concile de Brest-Litovsk en 1596. L'Union de l’Eglise de la Rus’ de Kiev avec Rome forme l'Eglise grecque-catholique ukrainienne uniate.

En 1648, l’hetman Bohdan Khmelnytskyi se soulève à son tour contre la Pologne. Le 16 mai allié aux Tatares de Crimée et aux Russes de Moscou, il bat les Polonais à Jovti Vody et le 26 mai à Korsoun. C’est  le début de la guerre de libération qui ébranle les fondations et la stabilité de l’union lituano-polonaise. Ce soulèvement  aboutit  à la naissance d’un territoire Cosaque autonome appelé « Ukraine » (« Confint  ou Marche », en ukrainien) dans le bassin du Dniepr, entre la Pologne et la Russie. L’Ukraine de la Rive Gauche est intégrée à la Russie en tant qu’Hetmanat cosaque par le traité de Pereïaslav en 1654 et la guerre russo-polonaise qui s’en est suivie.

En 1708, l’hetman Ivan Mazzepa  fait reconnaître l’indépendance par  le roi Charles XII de Suède mais dès 1709,  le tsar  Pierre Ier bat Ivan Mazeppa et les Suédois à  Poltava. Les Cosaques deviennent vassaux de la Russie, qui les utilise dans son expansion contre l’Empire Ottoman et la Pologne

Le 2 novembre 1721, Pierre prend le titre d'« Empereur de toutes les Russies », en plus du traditionnel titre de Tsar qui lui était jusque-là accordé. Catherine II de Russie (1762-1796), autocrate éclairée, achève la conquête des steppes situées au bord de la mer Noire après avoir défait l'empire ottoman et le khanat de Crimée et repousse vers l'ouest les frontières de l'empire russe grâce au partage de la Pologne. La Petite Russie (Ukraine) et la Russie blanche (Biélorussie) sont désormais entièrement en territoire russe.

Quant au sud de l’Ukraine, il reste sous le contrôle de l’empire Ottoman. En 1772, lors du 1er partage de la Pologne, la Galicie (Ukraine de l’ouest) devient  autrichienne. En  1793, lors du 2e partage, Catherine la Grande, impératrice de Russie, supprime l’autonomie des Cosaques, et étend l’Empire russe jusqu’à la mer Noire. Les trois quarts de l’actuelle Ukraine sont dès lors russes.Buccovine et Bessarabie sont encore moldaves, tandis que le comté de  Maramtie, l’actuelle Ruthénie transcarpatique est encore hongrois.

La Première Guerre mondiale et la Révolution russe détruisent les Empires russe et autrichien, les Ukrainiens déclarent leur indépendance. Le 20 novembre, la Rada centrale proclame la République populaire ukrainienne, reconnue par la France et la Grande-Bretagne en janvier 1918, et déclare son indépendance le 22 janvier 1918. Cependant, l’offensive des Bolchéviks contraint le gouvernement à quitter Kiev en février 1918. En mars 1918, par l’armistice de Brest-Litovsk, Lénine livre l’Ukraine aux occupants allemands, qui permettent le retour du gouvernement à Kiev. Mais une période de terribles troubles s’ensuit : corps francs allemands, troupes russes débandées, anarchistes de Nestor Makhno, différentes factions ukrainiennes (pro-alliées, pro-allemandes ou pro-bolchéviques) s’affrontent, pillant villes et villages. Le 29 avril, Mikhaïlo Hrouchevsky est réélu président, mais un coup d’État conservateur proclame Pavlo Skoropadsky hetman de l’État d'Ukraine. En même temps et à la suite de la chute de l’Empire austro-hongrois, la petite Ukraine transcarpatique, jadis hongroise et brièvement indépendante en novembre 1918, vote son rattachement à la Tchécoslovaquie et quant à la Bucovine, sa minorité ukrainienne se résigne à son rattachement à la Roumanie.  Un gouvernement ukrainien prend  le pouvoir en Galicie et proclame une République populaire d'Ukraine occidentale (ZUNR) 9 novembre à Lviv. Il en a été  de même  trois jours plus tôt, le 6 novembre 1918 dans le nord-ouest de la Bukovine et le 19 novembre 1918 en Transcarpathie, ainsi qu’autour de Lemko en Galicie occidentale. Mais les polonais de Galicie et les roumains de Bucovine proclament simultanément leurs ralliements respectivement à la Pologne renaissante et au royaume de Roumanie, de sorte que le gouvernement de la ZUNR doit s’établir à Ternopil ; les gouvernements ukrainiens de Lemko, de Bukovine et Trancarpathie ont des existences encore plus brèves, et l’année suivante, Polonais et Roumains sont admis à faire valoir leurs revendications à la Conférence de paix de Paris, alors que ce droit est refusé aux Ukrainiens. Pourtant, en dépit de la guerre polono-ukrainienne de Galicie, et de sa non-reconnaissance par les puissances occidentales, le gouvernement de la ZUNR réussit à maintenir son autorité autour de Ternopil, une région de Galicie où il n’y avait que très peu de Polonais. Le 1er décembre 1918, le secrétariat d’État de la République populaire d’Ukraine occidentale conclut un accord préliminaire avec le Directoire de la République populaire ukrainienne, portant sur l'union des deux états ukrainiens. L'accord est approuvé par la Rada de la ZUNR le 3 janvier 1919 et par le Directoire le 22 janvier 1919, date à laquelle l'union est officiellement proclamée. Dès lors, la ZUNR prend le nom de province de l'ouest de la République populaire ukrainienne. Mais l’union n’est pas pleinement établie : les organismes gouvernementaux de la ZUNR continuent de fonctionner séparément à Ternopil.

Le 22 janvier 1919, UNR et ZUNR s’unissent, mais en même temps, les Allemands se retirent, et dans le vide ainsi créé se déclenche une confuse guerre de harcèlement de type "chacun contre tous les autres" entre troupes russes blanches (dirigées par le général Dénikine et soutenues par les armées Alliées franco-britanniques), l’Armée rouge des Bolchéviks, l’armée nationaliste ukrainienne de Simon Petlioura et l’armée anarchiste. À part les deux dernières, principalement composées d’Ukrainiens, toutes ces troupes vivent sur le pays et affament les villageois ukrainiens à coups de réquisitions répétées. Au cours de cet affrontement généralisé, les Français et les Britanniques occupent Odessa, Sébastopol et d’autres ports, mais l’intervention tourne court à cause du manque de moyens engagés, des mutineries de la mer Noire et de l’hostilité de la population exaspérée par les réquisitions (mars-avril 1919). Vers la fin de 1919 et la première moitié de 1920, les Bolcheviks finissent par l’emporter sur les autres belligérants, et la partie ex-russe de l’Ukraine, avec Kiev pour capitale, est intégrée à l’URSS créée en 1922, tandis que la partie ex-autrichienne, avec Lviv pour ville principale, est intégrée la Pologne dès 1921. . 

Après l’invasion de la Pologne en septembre 1939 par les troupes allemandes puis soviétiques, l'Union soviétique annexe les régions polonaises à forte minorité ukrainienne ; les régions à minorité ukrainienne de Roumanie suivent en juin 1940. Tous ces gains territoriaux sont incorporés à la République socialiste soviétique d'Ukraine en août 1940.

L’Ukraine agrandit ainsi son territoire, mais le régime stalinien est si répressif, que lorsque l’Allemagne nazie envahit l’URSS en 1941, certains Ukrainiens (essentiellement dans l'ouest du pays) accueillent la Wehrmacht en libératrice. Un certain nombre d’Ukrainiens s’engagent notamment dans les forces de police, l’Armée de libération de l'Ukraine, les Hiwis, et la  14° division de la Waffen SS. Plusieurs milliers d’Ukrainiens rejoignent, eux, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), réseau de Résistance nationaliste. Le 22 juin 1941, l’organisation des nationalistes ukrainiens proclame l’indépendance de l’Ukraine à Lviv. L’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) continue  son combat contre l’armée rouge ( jusqu’à son anéantissement en 1954). En 1944, l’Armée rouge "libère" l’Ukraine. Les Ukrainiens qui avaient servi les Allemands, et également les membres de l’UPA, sont en 1945, pour la plupart internés au Goulag comme traîtres (la majorité d'entre eux vont être amnistiés et libérés par Khroutchev après la mort de Staline). À la fin de la guerre, les pertes ukrainiennes s’élèvent à 8 millions de personnes dont 1,377 million de militaires soviétiques de nationalité ukrainienne (15,9 % des pertes totales de l’armée rouge) En 1945, pour souligner son rôle dans la défaite des nazis, l’ONU fait de l’Ukraine, en même temps que de l’URSS et de la Biélorussie, l’un des membres fondateurs de cette organisation. L’URSS y disposera ainsi de 3 voix au lieu d’une.

En 1945, Staline enlève à la Tchécoslovaquie la Ruthénie transcarpatique jadis hongroise (jusqu’en 1918) et la rattache à la République socialiste soviétique d'Ukraine. Enfin, en 1954, son successeur Nikita Khrouchtchev, qui avait été élevé en Ukraine, pour marquer le 300e anniversaire du traité de Pereïaslav, transfère la Crimée à la RSS d’Ukraine, dont l’unité territoriale est ainsi parachevée

Ce n’est qu’en 1989 que la libéralisation du régime soviétique et la libération de tous les détenus politiques permet aux Ukrainiens de s’organiser pour défendre leurs droits. En 1989, le Mouvement populaire d'Ukraine est créé. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtiennent environ 25 % des sièges au Parlement. Sous l’influence des députés démocrates, le Parlement adopte, le 16 juillet 1990, la Déclaration sur la souveraineté politique de l’Ukraine et l’indépendance complète de l’Ukraine est proclamée le 24 août 1991. La semaine suivante, l’URSS cesse d’exister à la suite de la dissolution décidée lors de la réunion à Minsk des dirigeants russe, ukrainien et biélorusse.

 

En conclusion, force est de constater que l’on ne peut parler d’une nation ukrainienne mais de différents peuples ukrainiens qui ont rarement partagé une histoire commune et qui ne s’imaginent  pas de ce fait, au-delà des divisions linguistiques et religieuses, un avenir commun ; la partie occidentale  rêvé d’abord de l’Occident et du modèle américain à travers une demande d’association  et même d’intégration irréaliste à  l’Union Européenne tandis  que les parties orientales et sud continuent de concevoir leur avenir du côté de la Russie à travers la CEI et une Union Eurasienne.

Dans une telle situation soit l’Ukraine doit se doter d’une constitution fédérale prônée par la Russie avec le risque à terme de partition soit elle ne conservera son unité qu’au prix de son intégration dans l’Union Eurasienne mais à condition qu’un accord historique de partenariat soit conclu entre celle-ci et l’Union Européenne programmant à long terme une unification des deux zones pour un projet d’Europe de 2050 de  Brest (ou plutôt de Caherciven  en Irlande)   Vladivostok.


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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 17:14

 

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Bien peu connaisseurs de la personnalité du Président Wladimir Poutine, les pseudo-spécialistes de nos médias occidentaux ont cru pouvoir analyser comme un camouflet pour la Russie la prise du pouvoir à Kiev par des Ukrainiens pro-européens après avoir été pendant les quelques années gâchées de leur période orange plus pro-américains qu’européens.

C’était oublier un peu vite que, depuis l’affaire de Libye que la Russie  a de bonnes raisons, comme la Chine, de considérer comme un coup tordu des Occidentaux, le Président Poutine, en bon joueur d’échec, a  repris la main et s’est bien décidé à avoir désormais toujours un coup d’avance.

Il suffit de voir comment il a habilement manœuvré depuis trois ans dans l’affaire de Syrie pour penser qu’il n’aurait pas analysé depuis très longtemps toutes les situations qui pourraient se produire entre la Russie et l’Ukraine auquel les Occidentaux très imprudemment ont laissé miroiter l’espoir d’intégrer l’Otan et d’être associée à l’Union Européenne oubliant que ce pays n’est absolument pas dans une situation historique, culturelle et économique comparable à la Pologne ni même aux Pays Baltes.

En effet, il sait depuis longtemps que la situation de l’Ukraine est instable en raison notamment de l’attraction que l’Union Européenne exerce surtout depuis l’intégration de la Pologne et des Pays Baltes sur la partie occidentale du pays pour des raisons historiques et le restera longtemps s’il n’agit pas, contrariant fortement ses projets de restauration de l’influence russe.

En outre il a pu étudier tous scénarii à l’échelle d’un pays plus petit comme la Géorgie qui, elle aussi, a eu la volonté provocatrice d’intégration de la part des membres de l’Alliance Atlantique et  d’association de celle de l’Union Européenne.

La crise avec l’Ukraine dure depuis sa sortie de l’Union Soviétique de sorte que le Président russe a forcément prévu comme possibles les événements qui viennent de se produire à Kiev pour ne pas dire qu’il ne les a habilement provoqués en bon ancien des Services Secrets de manière à trancher une fois pour toute le litige qui l’empêche de faire avancer ses projets de Communauté des Etats Indépendants.

Aujourdhui les Occidentaux n’ont aucun moyens sérieux d’aider les Ukrainiens à se sortir du mauvais pas dans lequel certains agitateurs irresponsables les ont placés.

Bien au contraire les Etats Unis et l’Union Européenne ont bien besoin de la Russie pour essayer de se sortir des guêpiers syrien, iranien et également afghan.

Dans ces conditions, l’Ukraine ne peut éviter sa partition qu’en passant par certaines conditions russes avec l’encouragement des Occidentaux qui n’ont aucun intérêt à jouer les gros bras, à savoir :

  1. en renonçant à tout espoir d’intégration dans l’Otan et de partenariat bilatéral avec l’Union Européenne ;

  2. en acceptant d’intégrer la Communauté des Etats Indépendants autour de la Russie en contrepartie de l’engagement de l’Union Européenne (qui serait bien inspirée de demander aux Etats Unis de la laisser régler cette crise)  de négocier avec cette CEI seulement un grand accord de partenariat réglant sur tous les plans les rapports entre la partie Occidentale et Centrale de l’Europe avec sa partie Orientale dans la sphère naturelle d’influence depuis des siècles de la Russie dont on ne peut plus espérer la dépouiller.

A ce prix seulement, l’Ukraine pourra retrouver la seule forme de réelle souveraineté qu’elle a eue aux meilleurs moments de son histoire.

 

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 09:46

 

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La Ministre Présidente de Sarre vient de prendre une initiative intelligente et pragmatique en  matière d’apprentissage des langues dans l’Union Européenne en décidant de proposer que son Länder devienne bilingue allemand-français.

Intelligente tout simplement parce que le simple  bon sens veut que pour favoriser la circulation des travailleurs dans les régions frontières à l’intérieur de l’Union, il vaut mieux inciter les jeunes à commencer à apprendre la langue du voisin avant l’anglais sauf s’il est la langue de l’Etat le plus proche.

En effet, s’il est légitime que les parents fondent beaucoup d’espoir de voir leur progéniture poursuivre des études après leur scolarité obligatoire, la majorité de leurs enfants n’en poursuivra pas et ne poursuivra  pas une carrière obligeant à posséder la connaissance de l’anglais qui peut d’ailleurs fort bien être appris en seconde langue de sorte que sauf apprentissage d’un métier nécessitant l’étude de cette langue, la maitrise de la langue de l’Etat voisin leur offre de bien meilleures perspectives de travail.

La Sarre rejoint ainsi le Luxembourg qui a compris depuis longtemps l’intérêt du bilinguisme allemand-français.

Le projet  Sarrois entend au préalable se baser sur «une large participation» de la population, dont «la volonté d'apprendre la langue du voisin» mais également «l'exploitation des chances lorsqu'il s'agit de créer un espace plurilingue par les entreprises, les chambres de commerce et d'industrie et les universités» est importante. Ce n'est donc qu'à la condition d'un soutien de la population et d'un développement à grande échelle de la «compétence française» que la Sarre entend devenir le premier Land plurilingue en Allemagne, conclut la Ministre Présidente.

Pour l'heure, plus de 18.000 travailleurs frontaliers lorrains se rendent en Sarre. L'économie sarroise est principalement axée sur la production et le commerce avec les entreprises de l'autre côté de la frontière. Le Land présente déjà le taux le plus élevé d'apprenants de français dans les écoles.

On reste en  droit  d’être étonné que ce bon sens ne soit pas toujours pas partagé par les Lander de Rhénanie Palatinat et du Wurtemberg. Mais plus encore que les Régions Lorraine, Alsace et Franche Comté, compte tenu de leur niveau de  chômage  et de celui de l’emploi dans la Rhénanie Palatinat, le Bade-Wurtemberg ou à Bâle, n’aient pas pris avant la Sarre un telle initiative en faveur de l’enseignement de l’allemand comme Ière langue étrangère.

Rappelons qu’avant la Sarre, le Bade Wurtemberg avait envisagé déjà de faire enseigner le français comme  Ière langue mais qu’un recours judiciaire favorable à l’anglais l’avait amené à y renoncer.

En Suisse, face à une attitude qui se croit moderne et dynamique des cantons de Zurich et alentours  en faveur du tout anglais, certains autres cantons situés carrément sur la frontière linguistique allemand-français tels que les cantons du Jura, de Bâle, de Neuchâtel, de Berne avec notamment la ville bilingue de Biel/Bienne, de Fribourg et du Valais commencent seulement à se rendre compte de l’intérêt du bilinguisme allemand-français alors que vu de l’étranger on peut raisonnablement être surpris  que de tels cantons dont certains ont des minorités linguistiques de langue française ou allemande n’aient pas depuis longtemps développé un tel bilinguisme.

Espérons que le  combat, en faveur des langues du voisin, soit  sérieusement repris d'un côté comme de l'autre du Rhin et puisse servir d’exemple à l’échelle de l’Union Européenne.

En attendant cette initiative doit être saluée avec enthousiasme et reconnaissance. Elle tient compte des réalités géographiques et politiques de la vallée du Rhin supérieur au XXI ième siècle.

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 14:56

 

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Imaginer une marmite chauffée. Le feu est allumé sous la marmite. Si on monte la température très doucement, la grenouille ne s’aperçoit de rien. L’eau  est bientôt tiède et la grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. L’eau est maintenant chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille. Cela la fatigue un peu mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau devient désormais très chaude et la grenouille commence à trouver cela désagréable mais elle s’est affaiblie alors  elle supporte et ne fait rien. La température continue de monter jusqu’au moment ou la grenouille va tout simplement finir par mourir. Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50 degré, elle aurait immédiatement donné le coup de pattes adéquat qui l’aurait éjectée aussitôt de la marmite.

Cette expérience montre que lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.

Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une dérive à laquelle nous nous habituons. Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans ont été peu à peu banalisées et nous dérangent mollement aujourd’hui ou laissent indifférents la plupart des gens. Au nom du progrès et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité, à l’intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s’effectuent lentement et inexorablement avec la complicité  croissante des victimes ignorantes ou démunies. Les noirs tableaux annoncés pour l’avenir, au lieu de susciter des réactions, des mesures préventives ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes voire dramatiques. Le gavage permanent d’informations « politiquement corrects » de la part des médias sature les cerveaux qui n’arrivent plus à faire la part des choses.

C’est ce que dénonçait déjà Saint Augustin :

« A force de tout voir, on finit par tout supporter

   A force de tout supporter, on finit par tout tolérer

   A force de tout tolérer, on finit par tout accepter

   A force de tout accepter, on finit par tout approuve ! »

 

Texte diffusé sur internet d’Olivier CLERC, écrivain et philosophe

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 18:43

 

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L’Histoire est l’hérédité des peuples. L’Union Européenne ne saurait oublier que les territoires des 6 membres fondateurs (Allemagne Fédérale, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays Bas) avaient tous appartenu à l’Empire de Charlemagne qui, en tant qu’Empire d’Occident,  se voulait la restauration de l’Empire Romain d’Occident face à l’Empire Romain d’Orient   depuis la création de Constantinople par l’empereur Constantin  et son érection comme deuxième capitale de l’Empire à égale de Rome avec le partage de l’Empire Romain en 385 par l’empereur Théodose..

L’Union Européenne ne saurait oublier non plus que son extension s’est faite essentiellement ensuite à des territoires de l’ancien Empire Romain Germanique ou liés à lui par une dynastie commune tels l’Espagne ou le Portugal sous l’empereur Charles Quint de Habsbourg.

Ainsi l’Union Européenne  s’est progressivement formée depuis  50  ans à partir des territoires, exception faite de la Grèce et de Chypre, qui ont toujours composée l’Europe Occidentale et Centrale lesquels sont les héritiers de l’Empire Romain d’Occident  disparu en 476 avec le dernier empereur romain d’Occident Romulus Augustule, restauré en l’an 800 par Charlemagne, puis à nouveau en 962 par Othon le Grand, aboli en 1806 du fait du couronnement de l’empereur Napoléon Ier deux ans auparavant, véritable nouvel empereur d’Occident.

En revanche, la séparation de la chrétienté en 1054 entre catholiques et orthodoxes a constaté le fossé croissant séparant l’Empire Romain d’Occident incarné d’un côté par l’Empire Romain Germanique et Rome et de l’autre côté par l’Empire Romain d’Orient dit Byzantin et Constantinople.

Or la prise de cette dernière par les Turcs ottomans en 1453 a amené les empereurs russes à se considérer  comme les héritiers des empereurs romains d’Orient et à reprendre le titre de César/Tsar à l’instar de ce qu’avaient fait avant eux les empereurs romains germaniques en se faisant appeler Kaiser/César. Puis à ce titre les empereurs russes se sont sentis investis de la protection des chrétiens orientaux majoritairement orthodoxes et soumis à la domination ottomane stoppée à Vienne par les armées du Saint Empire Romain Germanique.

Ainsi à bon droit, ont-ils considéré  que Moscou était devenue la troisième Rome, en raison du maintien de l’occupation de Constantinople par les Ottomans, et comme elle capitale de l’Empire Romain d’Orient.

A ce titre, Moscou peut légitimement estimer que l’Europe Orientale orthodoxe grec ou slave ressort de sa zone séculaire d’influence.

Ainsi si la deuxième guerre mondiale a permis  à l’Union Soviétique  vainqueur d’étendre son influence à certains territoires d’Europe Occidentale telle la Pologne, certes slave mais catholique  dans l’orbite de Rome ou à la Tchécoslovaquie slave mais protestante, ou à la Hongrie magyare, voire aux Etats baltes, une telle influence ne pouvait se maintenir après la chute de l’Union Soviétique et du Pacte de Varsovie, pendant oriental du pacte d’alliance militaire occidentale de l’Alliance Atlantique lui faisant militairement face.

En revanche, si la Grèce, Chypre, la Yougoslavie avaient pu échapper à sa zone d’influence, cela s’explique en contrepartie  en raison des prétentions mal fondées de l’Union Soviétique à vouloir imposer sa zone d’influence sur les territoires ci-dessus historiquement liés à l’Europe Occidentale.

En revanche, il n’est pas contestable que l’Ukraine, la Biélorussie, la Géorgie, voire même la Bulgarie et voire même encore la Serbie, et également la Grèce et Chypre appartiennent tous au monde helléno-slave orthodoxe qui partagent entre eux beaucoup plus de valeurs qu’avec les autres territoires de l’Europe Occidentale.

Si du fait de l’influence historique de l’empire Austro-Hongrois et de la Pologne, l’Ukraine se trouve tiraillée entre l’Europe Occidentale et la Russie, il n’en reste pas moins qu’il parait difficilement contestable qu’elle constitue avec Kiev le berceau historique de la Russie et que  les liens séculaires qu’elle entretient avec elle la rende à tout point de vue plus proche de cette dernière que de l’Union Européenne ce dont cette dernière doit tenir raisonnablement compte.

Et si l’Union Européenne a pu jusqu’à présent considérer que l’Alliance Atlantique pouvait s’étendre à des Etats qui avaient fait partie du Pacte de Varsovie jusqu’à seulement 20 ans en arrière, tels la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, non seulement il ne présente guère d’intérêt militaire à vouloir l’étendre  à l’Ukraine ou à la Géorgie  mais en revanche a l’inconvénient  majeur de créer un motif de tension inutile avec la Russie et de compromettre la politique de partenariat avec elle.

De même la proposition de l’Union Européenne de partenariat avec l’Ukraine apparait tout aussi peu pertinente au moment ou la Russie cherche à affermir avec elle la Communauté des Etats Indépendants qui ne peut absolument pas apparaitre comme un projet d’avenir complémentaire mais concurrent obligeant les Ukrainiens à faire un choix cornélien entre l’Union Européenne et la Russie.

Or les Ukrainiens doivent savoir que la signature d’un  partenariat avec l’Union Européenne ne fera pas avant très longtemps de l’Ukraine un candidat à l’adhésion et que malheureusement les difficultés financières de la plupart des Etats membres ne permettront pas avant longtemps à l’Union de lui fournir l’aide financière massive dont elle a urgemment besoin et que seule la Russie est actuellement capable de lui offrir sans autant de conditions que l’Union Européenne serait obligée de lui imposer si elle était en mesure de se substituer à l’offre de sa « cousine ».

En conclusion, l’Union Européenne ne peut s’offrir le luxe d’une tension permanente avec la Russie comme elle le fait avec la Turquie les amenant à se poser la question de leur « européanitée » et à rechercher  un  avenir alternatif hors d’Europe, mais laisser la CDI s’affirmer puis engager globalement avec cette CDI et non bilatéralement avec chacun de ses membres actuels ou potentiels un accord de partenariat préparant l’adhésion à terme de celle-ci à l’Union et l’Unification du continent non seulement de l’Atlantique  à l’Oural selon l’expression du général de Gaulle mais de l’Atlantique au Pacifique.

 


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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 13:07

 

 

Français encore un petit effort de tolérance moutonnière et vous pourrez avoir dans peu d’années comme successeur du Président normal Hollande, un avatar de Berlusconi et pourquoi pas dans quelques années DSK lui-même  dont, après tout, la vie privée ne regarde que lui.

Sauf qu’on s’attendrait en Europe à ce que les Français se préoccupent davantage de l’autorité pas seulement morale qu’un président de la République Française peut conserver non seulement à leur égard mais surtout à l’égard des autres Européens  dont la Presse fait une présentation pour le moins ironique de la Normalité  française quand un éditorialiste d’un hebdomadaire d’une Suisse dont la réputation de neutralité n’est plus à faire se permet de qualifier tout simplement le président français de Plouc !

Certes le président Hollande n’est pas le président Berlusconi mais les Français et les Européens doivent souhaiter que de capitaine de pédalo  il ne se mette pas à ressembler au général Boulanger ou moins romantiquement  au président Félix Faure.

 

En fait les présidents de la République française, surtout depuis Giscard d'Estaing se comporteraient de plus en plus non seulement pour leur train de vie "au frais de la princesse" mais également pour leur vie familiale comme les ci-devants capétiens tout en passant  désormais pour des "ploucs" sinon aux yeux de leurs concitoyens du moins des autres européens.

 

Au pays de la culture, du luxe .........cela manque pour le moins de classe !

 



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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 17:50

 

 

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Le Premier Ministre du Royaume Uni Monsieur Cameron a fait récemment sinon la déclaration la plus stupide du moins la plus europhobe que l’on pouvait entendre de la bouche d’un des principaux dirigeants politiques européens.

En effet il n’a rien trouvé de mieux que de déclarer que les étudiants anglais avaient beaucoup plus intérêt à apprendre le Chinois que le Français ou l’Allemand.

Celui-ci n’ignore pourtant pas  que sur 500 millions de citoyens, l’Allemand est la langue maternelle d’environ 100 millions et le Français d’environ 70 millions soit plus d’un tiers alors  que l’Anglais n’est celle que de 65 millions.

Certes le Premier Ministre anglais considère que si les étudiants du Royaume Uni n’apprennent plus que le Chinois, les Allemands, les Français  mais aussi les Italiens, les Espagnols, les Polonais, les Néerlandais  n’ont qu’à ne plus apprendre que l’Anglais (ce qui est bientôt le cas) comme seule langue étrangère et ainsi le problème peut  paraitre résolu.

Sauf que demain par exemple, Madame Merkel  serait encore plus fondée  ( l’Allemagne étant le pays d’Europe qui a le plus gros commerce extérieur avec la Chine)  à suivre le raisonnement de Monsieur Cameron, et donc à conseiller elle-aussi aux étudiants de langue maternelle allemande à apprendre le chinois plutôt que l’Anglais voire demain  Monsieur Hollande  ou tout autre Premier Ministre d’un Etat européen au motif que le chinois est la langue parlée par le plus grand nombre et qu’il convient d’augmenter le commerce de leur pays respectif avec la Chine.

Ainsi demain, dans une génération, ce n’est plus l’Anglais qui sera la principale langue de travail de l’Europe mais le Chinois !

Mais alors que  l’expression française  «  c’est du chinois !» ou du charabia est utilisée en France péjorativement par une personne qui ne comprend pas une autre personne qui maitrise mal la langue dans laquelle elle s’exprime  ( ce qui devient de plus en plus le cas non seulement dans certaine organisation internationale mais également dans certaines administrations de l’Union Européenne elle-même)  demain tous les européens diront sans plus aucune idée péjorative que leurs  dirigeants politiques européens s’expriment en chinois mais  sans être encore moins surs  qu’ils maitriseront cette langue chinoise mieux que l’Anglais.

Mais soyons un peu sérieux.

Outre le fait que les jeunes anglais estiment de moins en moins devoir se soucier d’apprendre non seulement une autre langue de l’Union Européenne, il est peu probable qu’ils se mettent tous à suivre la recommandation de leur Premier Ministre considérant qu’après tout, les Chinois n’ont qu’à apprendre une seule langue étrangère l’Anglais et le problème est résolu.

Sauf que de plus en plus de Chinois, considérant que l’Allemagne est la principale puissance économique de l’Europe, se mettent à apprendre l’Allemand comme d’ailleurs bon nombre des étudiants d’Europe de l’Est aujourd’hui.

Notons en passant que les pays de l’Union Européenne seraient particulièrement bien fondés  à réclamer cette fois au Royaume Uni comme il a toujours su bien le faire à l’Union Européenne depuis Madame Tchatcher une indemnisation au titre des sommes gigantesques   ( et souvent pour des résultats plus que médiocres) pour ce que leur coute  l’apprentissage de l’Anglais par leurs étudiants alors que les étudiants anglais apprennent de moins en moins les langues européennes et n’y sont  pas incités par leur Premier Ministre. Il y a bien là en effet d’un certain point de vue un avantage induit, une distorsion de concurrence à laquelle devrait s’intéresser le Commissaire compétent de la Commission européenne et le Conseil Européen.

Plus raisonnablement, il est évident que dans un avenir encore proche, peu d’étudiants européens seront amenés à utiliser le Chinois plutôt que l’Allemand, le Français, l’Anglais l’Italien, l’Espagnol, le Polonais, le Portugais …….

Tout simplement parce que, même aujourd’hui, un pourcentage tout compte fait assez restreint  d’Européens non anglophones par exemple  utilisent couramment l’Anglais (encore moins de 5% et   pour la plus grande part d’entre eux  ayant fait des études supérieures).

Alors que pour le plus grand nombre des jeunes qui ne poursuivent pas des Etudes supérieures il serait beaucoup plus rationnel, sur le plan de l’amélioration de la Libre Circulation européenne, d’une meilleure osmose dans les zones frontalières, du traitement du chômage, de leur enseigner en première langue étrangère la langue du pays voisin.

On n’arriverait par exemple pas à l’aberration actuelle de l’Alsace Lorraine autrefois germanophone dont les jeunes sans projet d’Etudes Supérieures apprennent l’Anglais alors qu’ils pourraient trouver des emplois en Allemagne voisine, emplois que viennent chercher des ouvriers ou des employés espagnols contraints pour ce faire de suivre des cours d’Allemand.

Car il faudrait quand même que nos élites européennes comprennent que ce n’est sans doute pas encore demain  qu’un simple ouvrier ou un simple employé d’un pays européen venu travailler dans un autre pays européen  pourra s’adresser en anglais à un autre simple ouvrier ou employé voire contremaitre ou petit cadre de ce pays !

 

 

 

 

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