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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:35
Histoire du Comté de Forez, terre d'empire de 1032 à 1531

Lors du traité de Verdun en 843 entre les trois petits fils de Charlemagne le Lyonnais et le Forez (constitué autour de la ville de Feurs) , ne font pas partie du royaume de Charles le Chauve (la Francie occidentale). En effet les archevêques de Lyon se rangent aux côtés de l’empereur Lothaire Ier et la région relève du Royaume de Francie Médiane.

Après Lothaire, le Lyonnais passe aux mains de son fils Charles, roi de Provence puis de son autre fils Lothaire II, roi de Lotharingie. En 870, Charles le Chauve, toujours chasse Gérard (ou Girard) de Roussillon à qui Lothaire Ier avait confié l'administration du territoire et nomme à sa place le comte Boson. Ce dernier, deux ans après la mort de Charles le Chauve, en 879, se fait sacrer roi. Son royaume, connu sous le nom de Royaume de Provence (avec Vienne pour capitale) s'étend de Marseille au Jura, des Alpes aux Cévennes. Le Forez en fait partie. Boson rend l'âme en 887. Son épouse Ermengard et son fils Louis l'aveugle lui succèdent ; Louis est proclamé roi à Valence. Puis Hugues de Vienne (ou d'Arles) cède le territoire au roi de Bourgogne Rodolphe I proclamé en 888. A ce dernier succède Rodolphe III. A la fin du Xème siècle, le Forez se trouve d'abord dans le giron lyonnais (comitatus Lugdunensis) puis d'une manière plus autonome. Deux personnages en effet gouvernent le Lyonnais et le Forez au profit des rois de Bourgogne-Provence. Il s'agit de l'archevêque de Lyon, qui durant près d'un siècle sera issu d'une même famille, celle des Burchards, et du comte de Lyon et de Forez, un officier nommé et révocable. L'un d'entre eux parvient à obtenir l'hérédité de sa charge. C'est la naissance de la première maison des comtes de Forez qui sont encore comtes de Lyon et de Forez. C'est le début de la très longue lutte qui va opposer les comtes de Forez aux archevêques de Lyon. Face aux archevêques qui sont vassaux du royaume de Bourgogne-Provence, les comtes de Lyon et de Forez en effet souhaitent se placer sous l'autorité des rois de Francie Occidentale (future France). L'autre aspect du conflit vient du fait que le comte de Forez possède des domaines à Lyon et vice-versa. En 962, Othon le Grand , roi de Francie Orientale (Germanie) crée l'empire romain germanique.

En 963-966, le Forez est apporté en dot par Mathilde de France lors de son mariage avec le roi de Bourgogne-Provence Conrad III dit le Pacifique.

Première maison de Forez

.Artaud II, comte de Forez de 990 à 1007

Fils de Géraud Ier et de Grimberge. 793

.Géraud II (995-1049), comte de Forez de 1007 à 1049

En 1032, le royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l’empire romain germanique de l'empereur Conrad III le Salique auquel l'archevêque de Lyon prête hommage. Dès lors, le Forez passe sous la suzeraineté de l'Empire.

.Artaud III ou IV (1030-1078) comte de Forez de 1049 à 1078

Fils du précédent.

C’est lui qui réunit sous son autorité le comté de Forez et le Lyonnais. Il entre en armes dans Lyon et en chasse l'archevêque avant de conclure avec lui un traité lui reconnaissant quelques droits sur la capitale des Gaules en échanges de terres épiscopales sises dans le comté de Forez. En 1062, il doit céder Lyon. En 1064 il épouse Ide. Il meurt en 1078.

Maison d’Albon

.Ide-Raymonde de Forez (1065-1110), comtesse de Lyon et du Forez de 1078 à 1107

Fille d’Artaud III, comte de Forez et d’Ide. Elle épouse Guigues Raymond d'Albon, fils de Guigues II d'Albon, comte en Grésivaudan et en Briançonnais de 1070 à 1079 et d’Inès de Barcelone, fille de Raymond-Bérenger Ier, comte de Barcelone.

.Guigues Ier (1100 -1138), comte de Lyon et du Forez de 1107 à 1138.

Fils de Guigues-Raymond d'Albon et de Ide-Raymonde de Lyon et du Forez.

Il succède à son cousin Guillaume en 1107. Marié à une fille (prénommée Alix ou Marie) de Guichard III, sire de Beaujeu.

.Guigues II (1126 -1206), comte de Lyon et de Forez de 1138 à 1198

Fils de Guigues Ier, comte de Lyon et de Forez et de Marie de Beaujeu.

Un conflit éclate vers 1150 pour la possession du comté de Lyon entre le comte de Forez Guigues II et l’archevêque de Lyon Heraclius de Montboissier. Guigues entre dans Lyon, l’archevêque fait appel à son suzerain l’empereur Frédéric Ier Barberousse qui en 1157 concède le comté de Lyon à l’Archevêque ; Guigues est chassé et voit ses terres du Forez envahies à leur tour. 794 II sollicite alors l’intervention du roi de France Louis VII et lui prête hommage en 1167 pour ses châteaux de Montbrison, Monsupt, Montarchet, la Tour-en-Jarez et Chamousset. En 1173 est conclue la « permutatio » traité qui met fin aux guerres et qui est ratifié par le roi de France et le pape aux termes duquel, le comte de Forez renonce à toutes ses prétentions sur toute la rive gauche de la Saône donc au comté de Lyon. Il a trois enfants :

-Guigues III, à qui il abandonne le comté de Forez peu de temps avant de mourir.

-Renaud, archevêque de Lyon (1193-1226).

-Humbert, chanoine de Lyon.

.Guigues III, comte de Lyon et de Forez (1198-1202).

Fils du précédent, il lui succède bien avant sa mort et meurt avant lui en terre sainte. Il a cinq enfants:

-Guigues IV.

-Guigonne de Forez, comtesse de Vienne, mariée à Géraud II de Mâcon, comte de Mâcon et de Vienne.

-Eléonore de Forez, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne.

-Renaud de Forez, chanoine de l'église de Lyon.

.Guigues IV (1190-1241), comte de Forez de 1203 à 1241

Fils du précédent.

.Guigues V ( ? 1259), comte de Forez de 1241 à 1259.

Fils du précédent. .

Renaud de Forez (1226 - 1270), comte de Forez de 1259 à 1270, seigneur de Beaujeu de 1265 à 1270

Frère du précédent ; son grand-oncle archevêque de Lyon fut le tuteur de son père. Il épouse en 1247 Isabelle de Beaujeu, fille d'Humbert V de Beaujeu.

Renaud devient seigneur de Beaujeu en 1265 suite au décès de Guichard V de Beaujeu, fils d'Humbert et se rend la même année auprès du roi de France, Louis XI pour prêter foi et hommage pour sa terre de Beaujeu. Il fait alliance avec les chanoines-comtes de Lyon pendant la guerre qui sévit dans le comté lyonnais et se porte caution pour eux lors d'une trêve signée en 1269 par les différentes parties et pour laquelle Saint-Louis était un des médiateurs. De son union avec Isabelle de Beaujeu sont nés:

-Guigues VI de Forez, comte de Forez,

-Louis I de Beaujeu, seigneur de Beaujeu et Dombes et époux en 1270 d’Eléonore de Savoie, fille de Thomas II de Savoie, comte de Piémont.

-Guichard de Forez, filleul de Guichard V de Beaujeu.

-Eléonore de Forez.

.Guigues VI de Forez (1247-1278) comte de Forez de 1270 à 1278

Fils de Renaud Ier comte de Forez et d’Isabelle de Beaujeu.

Il revendique la seigneurie de Beaujeu mais la cède à son frère.

.Jean Ier de Forez (1275-1333) comte de Forez de 1278 à 1333

Fils du précédent. .

.Guigues VII (1299-1358) comte de Forez de 1333 à 1358

Fils de Jean de Forez et d’Alix de la Tour du Pin, dame de Viennois ; il épouse en 1318 Jeanne de Bourbon, fille de Louis Ier de Bourbon.

Maison de Bourbon

Robert de Clermont, fils du roi Louis IX épouse Béatrice, fille unique d’Agnès de Bourbon et de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais ; par ce mariage, il devient seigneur de Bourbon. La seigneurie est érigée en duché en 1327 pour Louis Ier de Bourbon. A cette époque, les ducs de Bourbon sont vassaux du roi de France pour leur duché du Bourbonnais mais de l’empereur pour leur principauté des Dombes. Pendant la guerre de Cent Ans, la maison se divise en trois branches : la branche ducale, celle des aînés, à la tête des duchés de Bourbon, les comtes de Clermont-en Beauvaisis, la branche de Vendôme qui possède le comté de Vendôme.

.Jeanne de Forez (1337 -1373), comtesse de Forez de 1358 à 1373

Fille de Guigues VII, comte de Forez, et de Jeanne de Bourbon. Elle se marie en juin 1371 à Béraud II, comte de Clermont et dauphin d'Auvergne. Jeanne apporte à son mari le comté de Forez.

.Anne de Forez (1358 - 1417), comtesse de Forez de 1373 à 1417

Fille de la précédente ; elle épouse de Louis II de Bourbon (v. 1336 - 1410), duc de Bourbon auquel en 1400, son neveu Édouard II de Beaujeu lègue le Beaujolais que convoite aussi Philippe de Bourgogne. Ils ont pour enfants :

-Catherine.

-Jean Ier, duc de Bourbon.

–Isabelle. -Louis, seigneur de Beaujeu.

Le Forez passe donc sous la coupe des Ducs de Bourbon dont la capitale est Moulins. Anne décède en 1417.

.Jean Ier de Bourbon (1381-1434), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1417 à 1434

Fils de la précédente.

.Charles Ier de Bourbon (1401-1456), duc de Bourbon, comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1434 à 1456

Fils du précédent. C’est lui qui retire le titre de capitale du comté à la ville de Feurs, le 6 mai 1441, et l’accorde à la ville de Montbrison.

.Jean II de Bourbon (1427-1488), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1456-1488

Fils du précédent.

.Charles II de Bourbon (1433-1488), duc de Bourbon, comte de Forez en 1488 et archevêque de Lyon

Frère du précédent.

.Pierre II de Bourbon (1438-1503), duc de Bourbon, comte de Forez

Frère du précédent.

.Charles III de Bourbon (1490-1527), duc de Bourbon par son mariage avec Suzanne de Bourbon, fille de Pierre II de Bourbon, comte de Forez de 1505 à 1521

Après la défection du connétable Charles III de Bourbon en 1523, le Forez est confisqué.

En 1531, le Forez est réuni à la couronne de France à la mort de Louise de Savoie, mère de François Ier. François Ier meurt en 1547. Parmi les descendants de la branche aînée des Bourbon, Antoine (1518-1562), épouse en 1548 Jeanne d'Albret, reine de Navarre, mère du roi Henri IV fondateur de la Maison capétienne de Bourbon.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 17:06
Histoire du Comté de Charolais, terre d'empire de 1493 à 1635, de 1659 à 1674, de 1679 à  1684

Simple châtellenie possession en 1237 de Jean, comte de Chalon, qui la cède à Hugues IV, duc de Bourgogne. Elle passe ensuite à Jean de Bourgogne, second fils du duc, puis à Béatrix, qui en 1272 épouse Robert de France, fils de Saint Louis.

Le Charolais est alors érigé en comté, divisé en quatre baronnies, Mont-Saint-Vincent, Lugny, Digoine et Joncy, puis en cinq châtellenies, Artus, le Sauvement, Sanvigne, Mont-Saint-Vincent, Dondin et Charolles comptant 83 paroisses.

En 1327, le comté de Charolais passe par mariage dans la maison d'Armagnac qui en 1390 le vend au duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Le duc Charles le Téméraire, est fait comte de Charolais par son père le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire en hérite en 1477, année où elle épouse Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche. Mais en 1477, le roi Louis XI décide de le conserver et de le réunir comme le duché de Bourgogne à la couronne de France. Faute d'avoir pu intenter un procès posthume au Téméraire pour lèse-majesté, et ainsi pouvoir recouvrer l'ensemble de ses fiefs mouvants de la couronne par voie juridique, Louis XI voit dans la mort de Marie de Bourgogne l'occasion de réaliser cet objectif par la force et la ruse. S'appuyant sur les trois membres du comté de Flandre, il maintient une forte pression sur l'archiduc Maximilien tandis qu'il lance ses troupes à la conquête de l'Artois et de la Franche-Comté. Les opérations militaires piétinant des deux côtés, Louis XI et Maximilien doivent se résoudre à traiter.

Par le traité d’Arras de 1482, Louis XI, en position de force, légalise son occupation en imposant le mariage de l'archiduchesse Marguerite, fille de Maximilien et de Marie de Bourgogne avec son propre fils, le dauphin Charles. La fiancée, en bas-âge, sera livrée à la France avec pour dot l'ensemble des terres bourguignonnes occupées par la France. Les comtés d'Artois, d'Auxerre de Bourgogne, de Charolais, de Mâcon, la châtellenie de Bar-sur-Seine et les seigneuries de Château-Chinon, de Chaussin, de Laperrière, de Noyers et de Salins sont donc appelés à rejoindre le domaine royal à l'avènement de Charles VIII. Le duché de Bourgogne et les villes de la Somme (Picardie) ne sont pas évoqués par le traité. Le reste des Flandres, duchés de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, comtés de Flandre, de Hainaut, de Namur, de Hollande et de Zélande, sont garantis au fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne, l'archiduc Philippe le Beau, à condition toutefois que ce dernier fasse hommage au roi de France pour le comté de Flandre, mouvant de la couronne. Le roi rappelle enfin son droit à racheter la Flandre gallicane (villes et châtellenies de Lille, Douai et Orchies, ainsi que le Tournaisis). Si toutefois le mariage devait être annulé par la France avant la majorité des époux, ou si le couple devait rester sans enfants, il est prévu que la dot de Marguerite ferait retour à son frère Philippe le Beau ou à ses descendants, sous réserve, encore une fois, de l'hommage au roi de France pour les terres mouvantes de la couronne. En 1483, Marguerite quitte donc les Flandres pour être livrée au roi de France mais ces fiançailles seront finalement annulées, Charles VIII ayant préféré la main de la duchesse héritière de Bretagne.

Le Traité de Senlis de 1493 restitue le comté de Charolais à l’archiduc Philippe le Beau de Habsbourg. Ensuite le comté de Charolais a une histoire commune avec la Franche-Comté.

.Maximilien 1459-1519), comte de Charolais de 1493 à 1499, empereur du Saint Empire de 1499 à 1519

.Philippe le Beau (1478- 1506), comte de Charolais de 1499 à 1506, roi de Castille et de Léon par mariage

Fils de Maximilien qui lui donne le comté en 1499 lorsqu’il devient empereur.

.Marguerite d'Autriche (1480-1530), comtesse de Charolais de 1506 à 1530, comtesse d'Artois, d'Auxerre, de Bourgogne, de Mâcon, seigneur de Salins gouverneur des Pays-Bas de 1507 à 1530

Sœur de Philippe le Beau, elle devient comtesse de Charolais à sa mort. Sous son règne, le roi de France lui confisque le comté de 1507 à 1509 puis de 1521 à 1526.

.Charles Quint (1500-1558), comte de Charolais de 1530 à1558, empereur du Saint Empire de 1519 à 1557, roi d’Espagne, roi de Sicile

Il est le neveu de Marguerite. Par le traité de Madrid de 1526, Il obtient la restitution du comté de sa tante. François Ier lui prend son comté en 1536 qu’il récupère à la paix de Crespy en Laonnois en 1544 ; il perd à nouveau son comté en 1551.

.Philippe II d'Espagne (1527-1598), comte de Charolais, de 1559 à 1598, roi d’Espagne et du Portugal,

Fils de Charles Quint.

Il récupère son comté à la suite de la bataille de Cambrai gagné par le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, général des armées impériales et du traité de Cateau-Cambrésis signé les 2 et 3 avril 1559.

.Philippe III d'Espagne (1578-1621), comte de Charolais de 1598 à 1599, roi d’Espagne, du Portugal, des Pays-Bas,

Fils du précédent.

.Isabelle d’Espagne (1566-1633), comtesse de Charolais de 1599 à 1633, comtesse de Bourgogne, gouverneur des Pays-Bas

Sœur du précédent.

.Philippe IV d'Espagne (1605 -1665), comte de Charolais de 1633 à 1665, roi d’Espagne, du Portugal, des Deux-Siciles et des Pays-Bas,

Fils de Philippe III d'Espagne.

En fait son comté lui est confisqué par le roi Louis XIII dès 1635.

.Charles II d'Espagne (1661-1700), comte de Charolais de 1665 à 1684, roi d’Espagne et des Deux-Siciles,

Fils du précédent.

Il récupère son comté de Charolais au traité des Pyrénées en 1659 mais le reperd en 1674 jusqu’en 1679 ou il le récupère par les traité Nimègue de 1679 mettant fin à la guerre de Trente Ans signé entre Louis XIV et l’empereur Léopold Ier; mais à sa mort en 1684, pour des dettes contractées par Philippe IV d'Espagne envers le Grand Condé, le parlement de Paris prononce la saisie du comté au profit de ce dernier. Il devient au XVIIIe siècle l'apanage de Charles de Bourbon-Charolais, comte de Charolais.

En 1761, Louis XV annexe le comté de Charolais à la couronne, par un échange contre la terre de Palaiseau avec Louise-Anne nièce de Charles de Bourbon-Charolais.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 12:05
Histoire de l'évêché, archevêché de Cambrai, comté du Cambrésis, bistum, erzbistum Kammerich, grafschaft Kammerich, terre d'empire de 962 à 1678

Cambrai est le siège d'un évêché depuis le VI° siècle relevant de la province ecclésiastique de Reims. A l’origine, l'évêché comprend toute la rive droite de l'Escaut jusqu'à son embouchure dans la mer du Nord. Il est bordé au nord et à l'est par le diocèse de Liège, au sud par les diocèses de Laon et de Noyon et à l'ouest par les diocèses d'Arras, réuni à Cambrai, et de Tournai. Il était un des trois diocèses de Basse-Lotharingie, avec ceux de Liège et d'Utrecht et compte six archidiaconés : Cambrai, Brabant, Bruxelles, Hainaut, Valenciennes et Anvers.

Au traité de Verdun en 843 qui partage l’Empire de Charlemagne entre ses 3 petits-fils Charles le Chauve obtient le Royaume de Francie Occidentale (future France, l’ainé Lothaire Ier, la couronne impériale avec la Francie Médiane sur la rive droite de l'Escaut (ou se trouvent donc Cambrai et le Cambrésis) de la Meuse, de la Saône et du Rhône avec le royaume d’Italie, et Louis le Germanique la Francie Orientale (future Germanie).

Avant de mourir le 29 septembre 855, Lothaire Ier, par le traité de Prüm, organise le partage de son royaume entre ses trois fils : le royaume d'Italie et le titre impérial pour Louis II, la Provence jusqu'à Lyon pour Charles et le reste, c'est-à-dire toute la partie nord de la Francie médiane, de la Frise jusqu'au sud de l'actuel département de la Haute-Marne à Lothaire. Lothaire II, reconnu roi par son oncle Louis le par son oncle Louis le Germanique en novembre 855, est sacré roi au début de l'année 856. En 858, il se réconcilie avec son frère Charles de Provence et signe un traité l'instituant héritier de son frère, au détriment de son autre frère Louis II. À la mort de ce dernier en 863, Lothaire ne réussit qu'à imposer sa suzeraineté que sur les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais. La Provence lui échappe au bénéfice de son frère aîné Louis II, empereur d'Occident et roi d'Italie. Ses oncles Charles le Chauve et Louis le Germanique envisagent de se partager les terres de l'ancien empereur Lothaire Ier, alors en possession de ses fils Louis et Lothaire II. Lothaire II meurt en 869.

Ses deux oncles en profitent donc pour s'approprier la Lotharingie et signent un traité à Meerssen en 870 pour ce faire.Pour connaître précisément les territoires qui composaient la Lotharingie, il faut se référer à ce traité qui énumère tous les comtés dont se composent les États de Lothaire II : la Toxandrie, les quatre comtés du Brabant, les quatre comtés de la Hesbaye, le Cambrésis, le Hainaut, le Lommensis, le Teisterbant, la Betuwe, le Hattuariensis, les Masau inférieur et supérieur de la rive droite et de la rive gauche de la Meuse, le Liugas, le district d'Aix et le district de Maastricht, le Condroz, l'Ardenne, les cinq comtés de la Ripuarie, le Meinvelt, le Bidgau (y compris le pagus Trevirensis), le comté d'Arlon, les deux comtés de la Woëvre (Methingau et Ivotius), le Saargau supérieur et le Saargau inférieur, le Castricius, le Mosominsis, le Dormois, le Verdunois, le Moslensis , le Nitagau, le Barrois, la Charpeigne, le Bliesgau, le Saulnois, l'Albegau, le Saintois, les deux Ornois, le Tullensis, le Chaumontois, le Soulossois. La Frise, depuis le Sincfal et probablement jusqu'à l'Ems, avec les nombreux comtés saxons, mi-saxons et francs qui y étaient rattachés faisait également partie de la Lotharingie. Louis II, frère de Lothaire II qui aurait dû hériter de son royaume, est occupé à combattre les musulmans dans le Bénévent et ne peut recueillir son héritage.

Avec ce traité, Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Il annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie, Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875.

En 879, le roi de Francie orientale Louis le Jeune occupe presque entièrement la Lotharingie.

En 880, par le traité de Ribemont, les petits-fils de Charles le Chauve, les fils de Louis le Bègue, cèdent leur part de la Lotharingie à Louis III de Germanie (dit aussi Louis le Jeune), fils de Louis le Germanique, qui recueille ainsi l'ensemble de la Lotharingie. En 882, à la mort de Louis le Jeune, son frère, l'empereur Charles le Gros, recueille sa succession. L'empire de Charlemagne est reconstitué à l'exception de la Provence et de la Bourgogne transjurane. Mais Charles le Gros est déposé en 887 à la diète de Tribur (Mayence). Entre-temps, il a détaché la Frise de la Lotharingie en 885.

En mai 895, l’empereur et roi de Francie Orientale et Lotharingie, Arnulf de Carinthie impose son fils bâtard Zwentibold comme roi de Lotharingie. Zwentibold se heurte aux résistances des Grands qui voient avec déplaisir un étranger restreindre leur indépendance. Après le ralliement de Raoul de Cambrai à Zwentibold, le Cambrésis suit les destinées du reste de la Lotharingie. Zwentibold est tué le 30 aout 900 au cours d'une bataille, au voisinage de la Meuse. Débarrassés de Zwentibold, ces vassaux turbulents se tournent vers le roi de Francie Orientale (Germanie) Louis l'Enfant, qui vient de succéder à son père Arnulf. En 903, Louis IV l'Enfant confère à l'un de ses fidèles, le comte Gebhard de Franconie, le titre de duc de Lotharingie. Gebhard est blessé au cours d'une bataille contre les Magyars près d'Augsbourg et meurt en juin 910. Après la disparition du dernier Carolingien d'Allemagne, Charles le Simple réussit à se mettre en possession de la Lotharingie en 911 ; il nomme Régnier marquis. Celui-ci meurt en 915. Après la mort de Régnier, la puissance territoriale semble passer complètement au comte palatin Wigeric (mort entre 919 et 922). En 923, Charles le Simple est défait à la bataille de Soissons. Raoul de France lui succède et réussit partiellement à se faire reconnaître par les Lotharingiens.

En 925 Henri l'Oiseleur, roi de Francie Orientale prend possession de la Lotharingie. Il donne en mariage sa fille Gerberge en 929 à Giselbert qu’il nomme duc de Lotharingie ; celui-ci s’allie à Henri, frère d'Otton Ier, fils d'Henri l'Oiseleur, en révolte contre lui ; Giselbert se noye dans le Rhin en 929 ne laissant qu'un jeune fils, Henri, qui ne tarde pas à mourir. Otton Ier, successeur de son père comme roi de Francie Orientale confie alors le gouvernement de la Lotharingie à son frère Henri, qui a fait sa soumission, mais qui ne peut se maintenir. Il a pour successeur Otton, fils du comte Ricuin de Verdun, qui conserve la dignité ducale jusqu'en 944. À sa mort, c’est, Conrad le Rouge, fils de Werinharius, qui est placé à la tête de la Lotharingie. Otton Ier, roi de Francie Orientale décide d'unir dans les mêmes mains la dignité d'archevêque de Cologne et celle de duc de Lotharingie. C’est son jeune frère Brunon qui reçoit, en 953, cette double mission ; il s'en acquitte avec autant de tact que de vigueur ; il pacifie le pays. Il mate notamment les Régnier et leur confisque leurs terres. Quelques seigneurs qui voient avec déplaisir la rigueur déployée par Brunon tentent de se soulever. Ils protestent contre les exigences du duc, qui prétend raser des forteresses nouvellement édifiées et imposer aux grands des charges inusitées. C'est cet incident qui pousse Brunon à déléguer en 959 une part de son autorité à Frédéric, fils du comte Wigéric, en Haute-Lotharingie et à Godefroid en Basse-Lotharingie. Brunon leur confère le titre de duc et établit donc ainsi deux duchés distincts.

La Haute-Lotharingie deviendra le duché de Lorraine.

.Fulbert, évêque-comte de Cambrai de 933 à 956

Elu évêque par la faveur de Gilbert, duc de Lorraine.

En 948, Otton le Grand qui n’est encore que roi de Francie Orientale (Germanie) lui accorde les droits comtaux sur la ville de Cambrai avec droit de battre monnaie.

.Bérenger, évêque-comte de Cambrai de 956 à 958

Parent de l’empereur Othon.

.Ingelram ou Enguerrand, évêque-comte de Cambrai de 958 à 960

Il doit son élection à l’archevêque de Cologne Brunon, frère d’Othon le Grand.

Sous son règne, Cambrai et le Cambrésis dépendent non plus de la Lotharingie ou Lorraine unifiée mais du duché de Basse-Lorraine comme le Hainaut.

.Ansbert ou Autbert, évêque-comte de Cambrai de 960 à 965

Il devient évêque par la faveur d’Othon.

.Wilbold, évêque-comte de Cambrai de 965 à 966

Issu d’une famille noble de Cambrai.

.Tetdon ou Theodotus, évêque-comte de Cambrai de 972 à 976

Noble saxon.

.Rothard, évêque -comte de Cambrai de 976 à 995

D’une famille noble, il est élu de par le consentement de l’empereur.

En 980, il est mentionné dans la liste des vassaux qui doivent fournir un contingent pour l'expédition d'Italie : il envoie douze hommes.

En 983, l’empereur Othon III crée douze pairs du comté, vassaux de l’évêque et siégeant aux Etats du Cambrésis.

.Arnould, marquis de Valenciennes de 973 à 1011, comte de Cambrai de ? à 1007

En 973, Régnier, fils du comte Régnier III de Hainaut, dépossédé de son comté et exilé par Brunon de Cologne, tue les comtes Renaud et Garnier, qui s'étaient partagé le Hainaut. L'empereur Otton II fait alors appel à Arnould, qu'il investit de la marche de Valenciennes, tandis que Godefroid de Verdun reçoit le reste du Hainaut. En 979, le roi de France Lothaire menace Cambrai, tandis qu'Otton II se trouve en Pologne. C'est Arnould, aidé du comte Godefroid du Hainaut, qui s'occupe de la défense du territoire et fait appel au duc Charles. De même, Rothard, évêque de Cambrai, invoque l'assistance d'Arnould de Valenciennes et de Godefroid contre Eudes de Vermandois qui construit un château fort à Vinchy, à quatre mille de la cité. Lorsque Godefroid est retenu prisonnier par le roi Lothaire de 985 à 987, il est possible que ce soit Arnould qui aie administré tout le Hainaut. En 998, l'empereur rend Mons à Régnier IV, mais Arnould conserve Valenciennes. Constamment harcelé à Valenciennes par Baudouin IV de Flandre qui s’empare en 1006 de la citadelle, Arnould cède en 1007 le pouvoir comtal à l’évêque Erluin pour obtenir son appui.

.Erluin, évêque-comte de Cambrai de 996 à 1012, comte du Cambrésis de 1007 à 1012,

Il obtient l’investiture de l’évêché de Cambrai de l’empereur Othon III.

En 1007, à la suite de la cession par le comte Arnould, l'empereur Henri II dit le Saint confirme à l’évêque Erluin le pouvoir comtal de tout le territoire du Cambrésis. Dès lors l’évêque de Cambrai cumule les pouvoirs spirituel et temporel sur Cambrai et le Cambrésis, principauté ecclésiastique rattachée au Saint-Empire.

.Gérard Ier (vers 975- 1051) évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1012 à 1049,

Second fils d'Arnold de Rumigny, seigneur de Florennes et petit-fils de Godefroid Ier, comte de Hainaut; ancien élève de Gerbert d'Aurillac, futur Pape Sylvestre II et ancien aumônier de l’empereur Henri auquel il doit son élection.

.Liébert (Saint), évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1049 à 1076

.Gérard II, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1076 à 1092

Il reçoit l’investiture de l’empereur Henri IV mais le pape Grégoire VII en conteste la légitimité et charge Hugues, l’évêque de Die, de rassembler en 1077 à Autun un concile pour instruire l’affaire ; Gérard ayant attesté par serment de ne pas avoir été informé de l’excommunication de l’empereur est confirmé comme évêque.

.Manassès, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1093 à 1103

Nommé par le pape, investi comme comte du Cambrésis par l’empereur.

.Walcher (ou Gautier ou Gaucher), évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1093 à 1106

C’est encore l’époque de la Querelle dite des Investitures. Nommé par l’empereur Henri IV, il se maintient bien que déposé par le pape au concile de Clermont de novembre 1095. En 1094, l’ancien diocèse d’Arras, uni pendant longtemps à celui de Cambrai, en est séparé et considéré comme un ressort distinct.

.Odon de Tournai, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1105 à 1113

Sacré au cours du concile de Reims de 1105. Robert II, comte de Flandre l’introduit dans Cambrai à la tête d’une armée mais ayant refusé de recevoir l’investiture de l’empereur, il en est chassé par le parti favorable à ce dernier.

.Burchard, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1115 à 1130

.Liétard, évêque-comte de Cambrai , comte du Cambrésis de 1131 à 1137

Chapelain de l’empereur Lothaire ; élu en 1131 avec le consentement du pape Innocent II qui se trouve alors à Cambrai, en présence de l’empereur. Mais le pape le dépose en 1137.

.Nicolas Ier de Chièvres, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1137 à 1167

Issu d’une famille noble. L’empereur Conrad III lui confirme tous les privilèges que ses prédécesseurs Peu de temps après l'avènement de Frédéric Ier Barberousse, un incident risque de nouveau réduire les prérogatives de l'évêque de Cambrai. À la Noël de 1152, Thierry comte de Flandre se rend à Trèves à la cour royale, pour y remplir les hautes fonctions de porte-glaive. À cette occasion, il obtient que Frédéric ajoute à ses fiefs flamands la châtellenie du Cambrésis, que Conrad III ne lui avait pas rendue. Le diplôme qui consacre cet accroissement de puissance va être revêtu du sceau royal, lorsque les prélats dont Nicolas a imploré l'intervention parviennent à faire révoquer le décret. Cet échec ulcère profondément le comte qui ne cesse de harceler Nicolas et la commune de Cambrai. Nicolas qui vient de se brouiller avec son cousin, le châtelain Simon qui s'est fait l'allié de la Flandre, doit se résoudre à traiter avec Thierry, en 1153, et à lui reconnaître la châtellenie. Après une nouvelle tentative de l'évêque et de nouveaux combats désastreux pour Cambrai, la paix est définitivement scellée par l'accord de Bapaume le 29 janvier 1160. Le comte reçoit alors des mains de l'évêque l'investiture de la châtellenie qu'il confirme ensuite à Simon.

.Pierre Ier de Flandre ou d'Alsace, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1167 à 1173

Fils de Thierry, comte de Flandre ; Élu non consacré ; il renonce à l'évêché en 1173.

.Robert d'Aire, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1173 à 1174

Élu par la faveur de Philippe, comte de Flandre ; non consacré ; assassiné. .Alard, évêque de Cambrai de 1175 à 1178 Élu non consacré.

.Oger ou Roger de Waurin, évêque-comte des Cambrai de 1179 à 1191

Fils de Roger, seigneur de Waurin, sénéchal de Flandre. .Jean II d'Antoing, évêque de Cambrai de 1192 à 1196 Fils d’Hugues, seigneur d’Antoing. L’empereur d’abord favorable à Gaucher, chancelier du chapitre, finit par accepter son élection.

.Nicolas II du Rœulx, évêque-comte de Cambrai en 1197

Fils d’Eustache, seigneur de Roeulx, petit-fils d’Arnoult de Hainaut.

.Hugues d’Oisy, évêque-comte de Cambrai de 1197 à 1198

Élu non consacré.

.Pierre II de Corbeil, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1199 à 1200,

.Jean de Béthune, évêque-comte de Cambrai, comte de Cambrésis de 1200 à 1219

Fils de Robert V de Béthune, seigneur de Béthune et frère de Baudouin de Béthune, comte d'Aumale. Par sa grand-mère, Jean de Béthune est lié aux comtes de Hainaut. Il se rend à Cologne et demande à Othon IV, roi des Romains, qui réside en cette ville, l'investiture des régales. Puis, en qualité de prince de l'Empire, il accompagne Othon en Italie. Sous son épiscopat, des querelles sans cesse s'élèvent entre lui et la bourgeoisie et Jean est contraint d'abandonner sa ville et ne peut rentrer qu'à l'aide de l’empereur Othon, qui joint aux restrictions déjà imposées aux bourgeois la défense d'avoir un beffroi.

.Godefroid de Fontaines ou de Condé, évêque-comte de Cambrai de 1219 à 1237/1238,

Fils de Roger, seigneur de Condé en Hainaut. Godefroid est élu évêque en 1219 et reçoit l'investiture de l'empereur Frédéric II dans une cour solennelle tenue à Nuremberg en 1220. Diverses émeutes des cambrésiens éclatent pendant son épiscopat. Godefroid ordonne la destruction du beffroi de la ville. En 1238, il achète en viager la seigneurie de Dunkerque.

.Guy Ier de Laon, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1238 à 1248

.Nicolas III de Fontaine, évêque de Cambrai, comte du Cambrésis de 1248/1249 à 1272, chancelier et conseiller de Richard de Cornouailles, roi des romains Le pape Innocent IV ratifie son élection et lui confie le soin de terminer comme arbitre un différend au sein du chapitre de Liège entre les chanoines qui se sont croisés et ceux qui n'ont point pris part à l'expédition. .Enguerrand de Créqui, évêque de Cambrai, comte du Cambrésis de 1272 à 1286. En 1280, il préside aux obsèques solennelles de Marguerite, comtesse de Flandre. Enguerrand jouit de la confiance particulière de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, qui le charge de mettre Jean d'Avesnes, comte de Hainaut, en possession des terres qui lui ont été conférées En 1284, l’empereur Rodolphe de Habsbourg confirme aux Bourgeois de Cambrai leurs franchises.

.Guillaume d'Avesnes, ou de Hainaut (1254 -1296) évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1290 à 1296

Fils de Jean Ier d'Avesnes, et d'Adelaïde de Hollande, frère de Jean Ier de Hainaut, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande. L’évêque Guillaume a beaucoup de querelles avec les membres de son chapitre qui sont en guerre contre son frère Jean d'Avesnes, comte héritier du Hainaut.

.Gui II de Colle Medio, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de1296 à 1306

.Philippe de Marigny, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1306 à 1309

.Pierre III de Lévis-Mirepoix, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1309 à 1324

.Gui III de Boulogne, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1324 à 1336

.Guillaume d'Auxonne, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1336 à 1342

Son épiscopat est mémorable, par la guerre qui s'élève entre Édouard III, roi d'Angleterre, et le roi de France, Philippe de Valois. Les troupes d'Édouard tiennent le pays, et le prince anglais sentant tout l'avantage qu'il retire de la possession de Cambrai, fait des démarches auprès de l'évêque, pour obtenir l'occupation de la ville ; le roi de France, de son côté, fait la même demande. L'évêque comprend qu'il ne peut rester neutre entre ces deux puissances ennemies et il prend le parti du roi de France. Édouard, irrité de la conduite de la ville, en fait le siège. Le monarque anglais perd beaucoup de monde, et se retire. Découragé, l'ennemi passe en Picardie, non sans désoler les plaines du Cambrésis en laissant une forte garnison dans le château de Thun- l'Évêque. De là, les hommes d'armes de Hainaut font de fréquentes courses dans les environs. L'année suivante, les Cambrésiens supplient Jean, duc de Normandie, que son père, le roi de France, a envoyé dans le pays, de les délivrer de cette bande de pillards. Le duc se rend a leur prière, et vient mettre le siège devant Thun- l'Évêque. Le comte de Hainaut garde rancune aux Cambrésiens, et ne néglige aucune occasion de nuire à leurs campagnes. L'évêque Guillaume obtient, à cette occasion, l'intervention du pape qui, usant des censures, ramène l'ennemi à la raison. Benoît XII, par une bulle du 12 janvier1339 casse et annule la citation donnée par Edouard à l'évêque Guillaume, et déclare sans nul effet la procédure faite contre lui. Philippe de Valois fait l’acquisition du Cambrésis en 1340. Les bourgeois obtiennent le droit de tirer du royaume de France toutes les denrées dont ils ont besoin, sans payer aucun droit de sortie.

.Gui IV de Ventadour, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1342 à 1349

Issu d’une famille vicomtale de Corrèze, vassale des comtes de Poitiers.

.Pierre IV de Clermont, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1349 à 1368

Issu d’une importante famille noble du Dauphiné détenant le titre de Baron avant le rattachement du Dauphiné au Royaume de France.

.Robert de Genève, évêque de Thérouanne en 1361, puis évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1368 à 1371, futur anti- pape Clément VII de 1378 à 1392 et enfin comte de Genève sous le nom de Robert II de 1392 à 1394

Issu de la famille des comtes de Genève, vassaux des prince-évêques de Genève. Fils d’Amédée III, comte de Genève.

.Gérard de Dainville, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1372 à 1378

Issu d'une famille illustre d'Artois, il est le frère de Jean de Dainville, chevalier, maître de l'hôtel des rois de France, Jean et Charles V, C’est lui qui, au nom de l’empereur Charles IV investit du comté de Hainaut le comte Albert Ier de Bavière. Les officiers de Gérard ont peu après un démêlé avec le chapitre, pour avoir emprisonné Robert de Noyers, franc servant. Sur la demande de Gérard, le vicaire général chargé de cette affaire, obtient une conciliation en présence de Guillaume, nonce du pape et évêque de Carpentras. Une autre difficulté survient en 1375, entre le magistrat de Cambrai, à l'occasion d'une prorogation de maltôte ou assive, ordonnée du consentement de Gérard sans celui du chapitre. En 1377, il reçoit l'empereur Charles IV dans sa ville. Gérard de Dainville promet, en 1378, obéissance à l'Église de Reims, mais meurt la même année. .

.Jean T'Serclaes, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1378 à 1389

Issu d'une famille illustre bruxelloise. Sous son épiscopat a lieu le double mariage des enfants de Philippe, duc de Bourgogne, avec ceux d'Albert Ier de Bavière, comte de Hainaut. Jean, appelé plus tard Jean sans Peur, fils aîné de Philippe, épouse Marguerite de Bavière, fille du comte; et Guillaume, frère de Marguerite, épouse la sœur de Jean, laquelle s'appelait également Marguerite.

.André de Luxembourg (vers 1363- 1396), évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1389 à 1396

Fils de Guy de Luxembourg, comte de Ligny-en-Barrois et frère du cardinal Pierre de Luxembourg.

Après la mort de l'évêque Jean T'Serclaes en 1389, le duc de Bourgogne et le comte de Hainaut veulent comme évêque de Cambrai Jean, le fils du comte de Hainaut Albert Ier. Le clergé suit ces vœux, mais l'antipape Clément VII n'approuve pas cette élection et nomme en 1390 André de Luxembourg qui fait partie de l'obédience d'Avignon. Il ne reçoit l'investiture pour son pouvoir temporel de comte de l'empereur Venceslas de Luxembourg qu'en 1395.

.Pierre d'Ailly, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1396 à 1411

Issu de la famille noble de Picardie.

.Jean V de Gavere, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1412 à 1436

Issu de la famille flamande de Gavere du nom de la seigneurie de Gavere sur l’Escaut entre Gand et Audenarde élevée au rang de comté en 1519 au bénéfice de Jacques de Luxembourg par Charles Quint.

.Jean de Bourgogne, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1439 à 1479, et archevêque de Trêves de 1446 à 1479

Fils bâtard du duc Jean sans Peur donc demi-frère du duc Charles le Téméraire Il reçoit en plus l'archidiocèse de Trèves en 1446 après l'excommunication du prédécesseur par Eugène IV. En 1476, le roi Louis XI prend Cambrai et à la mort de Charles le Téméraire en 1477, il l’occupe en en dépossédant la fille unique du duc, Marie de Bourgogne qui a épousé l’empereur Maximilien de Habsbourg.

.Henri de Bergues, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1482 à 1502

Fils bâtard de Jean II de Glymes, seigneur de Bergen op Zoom. Chancelier de l'ordre de la Toison d'or, protonotaire et coadjuteur de l'évêché de Cambrai. Le chapitre s'étant assemblé de son côté à Valenciennes, pour procéder à l'élection, le choix tombe sur lui pour succéder à l'évêque Jean VI de Bourgogne. Il s'occupe d'obtenir le rétablissement de la neutralité de Cambrai, et le départ de la garnison bourguignonne. La neutralité est proclamée à Cambrai en 1482. Les agitations qu'a à souffrir le Cambrésis pendant le règne de Louis XI, ont fort appauvri la ville et les campagnes. En 1497, Henri de Berghes commence à faire frapper en son palais des ducats d'or, des patars, des gros, des demi gros, et deniers. Il célèbre en 1496 le mariage de Philippe, archiduc d'Autriche, avec Jeanne, fille de Ferdinand, roi de Castille.

.Jacques de Croy, évêque de Cambrai, comte du Cambrésis de 1503 à 1516 et duc de Cambrai de 1510 à 1516

À la mort de l'évêque de Cambrai Henri de Berghes, le chapitre se partage entre lui Jacques et François de Melun. Le pape Alexandre VI confirme l'élection de Jacques de Croy. Jacques appartient à la maison de Croy dont l’ancêtre est Antoine Ier le Grand de Croÿ, qui prend de l’influence sous le règne de Philippe le Bon mais que Charles le Téméraire accuse de travailler pour le roi de France. Ses membres sont bannis sous le règne de Charles et déchus de leur rang de chevaliers de l'ordre de la Toison d'or. Après la mort du Téméraire, les Croÿ se posent en indéfectibles défenseurs des droits de Marie de Bourgogne de sorte que son époux Maximilien, s'appuie sur cette famille aux clientèles puissantes. Jacques prend enfin possession du siège par procuration. Il entre dans la ville seulement en 1507. En sa présence, le 10 décembre 1508 se conclue le traité de Cambrai créant la ligue de Louis XII et de l'empereur Maximilien contre les Vénitiens. En 1510 Cambrai est érigé en duché par l’empereur Maximilien de Habsbourg époux de Marie de Bourgogne. Jacques de Croy obtient le titre de duc.

.Guillaume III de Croÿ, évêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1516 à 1519

Fils de Henri de Croÿ, comte de Porcien. Créé cardinal par le pape Léon X lors le 1er avril 1517, Il démissionne du gouvernement du diocèse en 1519 au profit de son frère Robert de Croÿ.

.Robert de Croÿ, évêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1519 à 1556

L’année ou Charles Quint devient empereur, il est nommé évêque de Cambrai à un jeune âge pour reprendre la place occupée par son frère Guillaume III de Croÿ. Cela permet que le diocèse de Cambrai, très stratégique, reste dans la famille, et donc d'avoir de l'influence au sein des Habsbourg. En 1529 est signée à Cambrai la Paix des Dames négociée par Marguerite d’Autriche, tante de l’empereur Charles Quint avec Louise de Savoie, mère de François Ier. Celle-ci est rompue en 1536 et dès 1543 Charles Quint récupère le Cambrésis.

.Maximilien de Berghes, évêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis, de 1556 à 1570, archevêque depuis le 12 mai 1559

Le 12 mai 1559, une bulle du pape érige Cambrai en archevêché, avec quatre évêchés suffragants : Arras, Tournai, Namur, Saint Omer. Mais la réorganisation des évêchés des Pays-Bas lui retire une partie importante de territoire au profit des nouveaux diocèses de Malines et d'Anvers. Il ne conserve que quatre archidiaconés : Cambrai, Brabant, Hainaut et Valenciennes. C’est à Cateau-Cambrésis cette même année 1559 qu’est signé entre le roi d’Espagne, Philippe II de Habsbourg et le roi de France Henri II le traité par lequel, suite à la bataille de Saint Quentin gagnée par le général des armées impériales le duc de Savoie Emmanuel Philibert, l’empire recouvre les villes lorraines de Thionville, Montmédy et Damvillers. Dès 1581, le roi de France Henri IV reprend Cambrai mais doit l’évacuer à nouveau dès 1593.

.Louis de Berlaimont, archevêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1570 à1596

.Jean Sarazin, archevêque de Cambrai, duc de Cambrai, comte de Cambresis de 1596 à 1598 Fils d'Antoine Sarazin, seigneur d'Allenes.

.Guillaume de Berghes, archevêque de Cambrai et duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1601 à 1609

En 1595, l'archiduc Albert d'Autriche, gouverneur du Brabant, le nomme à l'évêché d'Anvers. En 1601 il est transféré à l'archidiocèse de Cambrai. Déjà le chapitre métropolitain a élu, pour succéder à Jean Sarrazin, François Buisseret, son doyen, mais l'archiduc menace de saisir les biens des chanoines, si ceux-ci ne lui abandonnent pas le libre choix du successeur du prélat défunt. François Buisseret, en présence de cette menace renonce à son élection.

En 1649, Louis XIV tente de s’en emparer puis en 1657 sans succès. Cambrai reste terre impériale, possession des Habsbourg d’Espagne, intégrée aux Pays Bas espagnols jusqu’ à sa conquête à nouveau par le roi de France Louis XIV en 1677. Le traité de Nimègue de 1678 l’accorde à la France.

En 1686, le pape reconnait au roi de France le droit de nommer l’évêque de Cambrai qui demeurent Prince d’empire, duc de Cambrai, comte du Cambrésis ; le puissant chapitre des chanoines perd ainsi son antique privilège de pouvoir élire son archevêque. Fénelon est ainsi le premier archevêque français nommé par Louis XIV.

En 1695, Monseigneur de Fénelon successeur de Monseigneur de Bryas écrit :

« 1. les empereurs ont donné aux évêques de Cambrai la ville de Cambrai avec tout le Cambrésis il y a près de sept cent ans. Alors le Cambrésis était incomparablement plus étendu qu’il ne l’est maintenant.

2. Depuis ces anciennes donations, confirmées par les empereurs successifs des premiers, les évêques de Cambrai ont toujours possédé la souveraineté de Cambrai et du Cambrésis, en qualité de princes de l’empire comme les autres évêques souverains d’Allemagne.

3. L’évêque de Cambrai avait même dans les diètes de l’empire le rang devant celui de Liège. Il n’y a guère plus de soixante ans que ce rang était encore conservé, et que les députés de l’Eglise de Cambrai allaient aux diètes.

4. Il est vrai que les comtes de la Flandre impériale étaient avoués de l’Eglise de Cambrai et que les rois d’Espagne qui ont été comtes de Flandre, ont voulu se servir du prétexte de cette avouerie pour établir leur autorité à Cambrai mais il est clair comme le jour, qu’un simple avoué d’une église n’y a aucune autorité à Cambrai, que sous l’Eglise même qu’il est obligé de défendre et à laquelle il est subordonné. Il est vrai aussi que les rois de France voyant Cambrai si voisin de Paris, et si exposé aux invasions de leurs ennemis, voulurent de leur côté se faire châtelains des évêques, pour avoir aussi un prétexte d’entrer dans le gouvernement de la ville : mais chacun sait que le châtelain de l’évêque, loin d’avoir une autorité au-dessus de lui, n’était en cette qualité que son officier et son vassal. Les choses étaient en cet état, quand Charles-Quint craignant que les Français ne s’emparassent de Cambrai, s’en empara lui-même, y bâtit une citadelle, et en donna le gouvernement à Philippe II, son fils, avec le titre de burgrave. Il fit cette disposition en qualité d’empereur, de qui l’évêque souverain de Cambrai relevait.

5. que du lieu ne laissèrent pas de conserver leur souveraineté sur la ville et sur tout le pays, quoique Philippe eut titre de défenseur de la citadelle.

6. Dans la suite, le duc d’Alençon, fils de France étant venu aux Pays-Bas avec le titre de duc de Brabant, se saisit de la citadelle de Cambrai par une intelligence secrète avec le baron d’Inchy qui y commandait.

7. Le duc d’Alençon ayant bientôt abandonné les Pays-Bas pour retourner en France, il laissa Balagny dans la citadelle : celui-ci exerça une cruelle tyrannie sur la ville et sur le pays ou son nom est encore détesté.

8. Le comte de Fuentes, général de l’armée d’Espagne vint l’assiéger et prit Cambrai

9. Jusque-là, les Espagnols avaient laissé l’archevêque de Cambrai en possession paisible de tous les droits de souverain ; mais comme Balagny l’en avait dépouillé par pure violence, pendant ces horribles désordres, les espagnols commencèrent alors à faire comme Balagny, sur lequel ils avaient fait la conquête, et ils se mirent en possession de la souveraineté sur tout le Cambrésis, excepté sur la châtellenie du Cateau qui est demeurée franche jusqu’au jour présent.

10. D’ailleurs ils laissèrent à l’archevêque en liberté de continuer à envoyer des députés de son Eglise aux Diètes impériales. On a continué à les y envoyer presque pendant tout le temps de la domination d’Espagne. ………………………………………………………… »

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Published by Parti imperial romain europeen
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 12:17
Histoire du Comté / Duché de Savoie / Grafschaft / Herzogtum Savoyen, terre d'empire de 1032 à 1806

Toute l’histoire de la Savoie comme celle d’autres territoires de l’Europe est déterminée par son ancienne appartenance à l’empire romain comme partie des Provinces des Alpes Grées et des Alpes Pennines. La Savoie est habitée sous l’empire romain par diverses tribus celtes dont la principale était celle des Allobroges, voisine de celle des Helvètes située plus au nord sur le territoire de l’Helvétie.

Après que les tribus germaniques (Francs, Burgondes, Vandales, Wisigoths …Alamans) aient franchi les frontières du Rhin à la fin de 406 après Jésus Christ, les territoires de ce qui deviendra la Savoie comme la Suisse occidentale voient s’installer les Burgondes qui fonderont un premier Royaume en 443 dont les capitales seront Genève et Lyon. En 443, la Savoie est une partie du Royaume Burgonde qui est absorbé en 534 par le Royaume des Francs de Clovis.

Quand Charlemagne restaure l’empire d’Occident en l’an 800, la Savoie n’existe encore pas comme comté mais son territoire se trouve incorporé dans un grand comté de Bourgogne, souvenir de l’ancien royaume Burgonde. Sous les Carolingiens, la Savoie prend forme. Charlemagne divise la Savoie en comtés dont les noms et les contours correspondent toujours aux provinces traditionnelles du Genevois, de la Savoie Propre, de la Maurienne, de la Tarentaise, du Chablais, du Faucigny, de l’Albanais et du Bugey. Lors de la préparation de l'héritage, en 811, Louis II de Germanie reçoit en lot cette Sabaudia, qui devient Saboia, la Maurienne, la Tarentaise, le Mont-Cenis et le val de Suse.

Avec le traité de Verdun de 843, les territoires de ce qui deviendra le comté puis le duché de Savoie font partie de la Francie Médiane dite Lotharingie. En 888 ces territoires sont partie du Deuxième Royaume de Bourgogne crée par Rodolphe comte d’Auxerre, puis de Bourgogne-Provence après son union avec celui de Provence en 934.

En 962, Otton Ier le Grand, restaure l'empire sous la forme de l'empire romain germanique.

Maison de Savoie

.Humbert Ier, (970/975-1047) comte de Maurienne, comte de Savoie de 1027 à 1047

En 1011, vingt et un ans avant sa mort, Rodolphe III avait légué le comté de Viennois à Brochard, archevêque de Vienne. Trop âgé, celui-ci le partage vers 1029 entre ses deux neveux, Humbert de Maurienne qui reçoit le Nord, future Savoie, et Guigues 1er, dit "Le Vieux", sire de Vion et comte d'Albon, qui reçoit le Sud, futur Dauphiné A la suite de l’incorporation du royaume de Bourgogne-Provence à l'empire romain germanique en 1032, seul l'évêque de Maurienne refuse de rendre hommage à l'empereur Conrad II le Salique. Investi par lui en 1033 de la marche de Maurienne, Humbert aux Blanches Mains, se voit chargé de prendre la ville de Saint Jean de Maurienne d'assaut et après un long siège, il l'incendie afin de soumettre l'évêque rebelle. Plus tard Humbert est fait également comte de la Tarentaise, comte du Val d'Aoste, comte de Bugey, comte de Chablais et comte de Sermorens en 1038. En ce début du XI ième siècle ce qui deviendra le comté puis duché de Savoie compte une trentaine de feudataires : au premier rang les évêques puis archevêques de Moutiers en Tarentaise, les évêques de Genève, les comtes de Genevois, les évêques de Saint Jean de Maurienne, les barons de Faucigny, les évêques de Belley et au second rang les sires de La Chambre, de Viry, de Chevron, de Miolans, de Montmayeur, de Briançon, de Chambéry, de Menthon, de la Rochette, de Compey, de Sales, de Sallenove, de Beaufort, de Lucinges et d’Allinges.

.Amédée Ier (vers 1016-1051) comte de Maurienne et de Savoie de 1047 à 1051

Fils du précédent.

Il est présent à Vérone lors d’une Diète convoquée par son roi et empereur Henri III qui a succédé à son père Conrad II le Salique en 1039 et assiste à son couronnement à Rome à Noel 1046 par le pape Clément II. Il obtient de l’empereur la ville d’Asti.

.Odon Ier (1023- 1060), comte de Maurienne et de Savoie 1051 à 1060

Frère du précédent, Il aurait épousé en premières noces Richilde, fille de l'empereur Othon Ier le Grand.

En 1045, il épouse Adélaïde de Suse, marquise (margrave) de Suse et comtesse de Turin qui lui apporte de vastes possessions en Italie du nord, avec Suze, clef du passage du Mont-Cenis, Ivrée et Pignerol et lui donne cinq enfants :

-Pierre Ier de Savoie : futur 4e comte de Savoie.

-Amédée II de Savoie : futur 5e comte de Savoie.

-Othon ou Odon, évêque d’Asti.

-Berthe qui épouse en 1066 Henri de Franconie, futur empereur Henri IV

-Adélaïde, qui épouse Guigues IV d'Albon, puis en 1067 Rodolphe de Rheinfeld-Souabe, duc de Souabe.

.Pierre Ier (1048-1078), comte de Savoie de 1060 à 1078

Fils du précédent obtient de l’empereur Henri IV l’investiture du Bugey et du marquisat d'Ivrée.

.Amédée II (1050-1080), comte de Savoie de 1078 à 1080

Frère du précédent. Beau-frère de l’empereur Henri IV qui a épousé sa sœur Berthe. Il épouse en 1065 Jeanne, la fille de Gérold II comte de Genève.

L’empereur Henri IV fait part devant la Diète de Worms de 1069 de sa volonté de répudier sa sœur Berthe mais la Diète refuse de même que le pape refuse de le couronner d’autant qu’il engage avec lui la « querelle des investitures » née du fait que les empereurs estiment qu’ils leur appartient et non au pape de choisir les évêques pour les investir du pouvoir temporel de comte mais aussi par voie de conséquence de leur pouvoir spirituel d’évêque. Mais le pape Grégoire VII finit par excommunier l’empereur Henri IV qui, malgré ses velléités de divorce d’avec Berthe est accueilli à Vevey par sa belle-mère Adélaïde et son beau-frère Amédée II puis dans leur château d’Evian à Noël 1076, puis à Chignin, en 1077. Amédée II reçoit le Chablais en échange du droit pour Henri de passer par le Mont-Cenis, pour se rendre à Canossa... Adélaïde et Amédée II servent de médiateurs entre l’empereur et le pape. Ils aident efficacement l'empereur qui les récompense en donnant le Bugey à Amédée II et en reconnaissant les droits et l'inféodation du marquisat d'Ivrée à Adélaïde de Suse. L'apport politique essentiel du comte Amédée II, réside dans le début de la prise de conscience par les princes de la maison de Savoie, de l'importance de leur position géographique, au carrefour du Saint-Empire, des États pontificaux, de Venise, du royaume de France, mais surtout en tant que gardiens des passages alpins.

.Humbert II (v.1065 -1103) comte de Savoie, comte de Maurienne de 1080 à 1103, vicaire imperial

Fils du précédent et de Jeanne de Genève, il épouse Gisèle de Bourgogne, fille de Guillaume le Grand, comte de Bourgogne et de Macon. Il réussit aussi à marier sa fille Adèle avec le roi Louis VI le Gros engageant ainsi la maison de Savoie dans un début d’équilibre diplomatique entre le Royaume de France et l’Empire.

À son avènement, les terres d’Humbert II sont seulement constituées de la majeure partie de la vallée de la Maurienne, de la vallée de la Tarentaise (aux mains de l'archevêque), du duché de Turin, du Val d'Aoste, du marquisat de Suze. Deux prélats, sont plus riches et plus puissants que lui, l'évêque de Maurienne, dont l'évêché a été refondé en 1061, et Héraclius, archevêque de la Tarentaise ; par ailleurs il doit se battre contre des petits barons, des grandes vallées alpines, relevant directement de l'empereur, avec à leur tête le baron Émeric de Briançon et de grands seigneurs, comme Aimon de Chambéry et Aimon Ier de Genève. Héraclius veut asservir, toutes les populations et même les petits barons de son immense diocèse. Le peuple de Moûtiers se révolte, et se range avec une grande partie des petits barons sous le commandement d’Emeric de Briançon qui bat les troupes de l'archevêque. Ce dernier fait appel à Humbert II qui vient pacifier la vallée de la Tarentaise, mais en profite pour faire valoir ses nouveaux droits de vicaire de l’empire qu'il vient d'obtenir de son oncle l'empereur Henri IV. Le peuple de Moutier se rallie à lui. La puissance de l'archevêque est finalement réduite à ses seuls pouvoirs spirituels et à la seule propriété de ses domaines ecclésiastiques et des serfs y vivant. En 1085, son oncle l’empereur Henri IV le confirme dans la possession du Bugey, l’investit du Marquisat d’Ivrée et lui reconnait la possession du Vieux Chablais ; il récupère également la plus grande partie du pouvoir temporel de l’archevêque de Moutiers et de l’évêque de Saint Jean de Maurienne et obtient l’immédiateté impériale.

.Amédée III (v.1095- 1149) comte de Maurienne de 1103 à 1148, vice-roi de Bourgogne en 1111, vicaire de l’empire

Fils du précédent ; il épouse d’abord la fille du comte de Genève. En 1123, il se remarie avec Mahaut d’Albon, la fille du Dauphin du Dauphiné.

Amédée III doit lutter contre la tutelle de sa mère et de Louis le Gros. En 1128, il agrandit son domaine en ajoutant à son gouvernement – ce qu'on appelait le « Vieux Chablais » – la région s'étendant de l'Arve jusqu'à la Dranse d'Abondance, formant ainsi le « Nouveau Chablais ». Il favorise la renaissance de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, dont il est l'abbé laïc et fonde l'abbaye de Saint-Sulpice en Bugey, l'abbaye de Tamié, l'abbaye d'Hautecombe. Il combat les troupes du dauphin Guigues IV d’Albon lors du siège de Montmélian en 1142. Mais l'autorité impériale renaissante assure une paix durable. C’est Amédée IV qui en 1143 remplace son titre de comte de Maurienne pour celui de Savoie et modifie ses armoiries en introduisant la croix blanche correspondant au drapeau de guerre de l’empire déjà utilisé par l’Ordre des chevaliers de Saint Jean de Jerusalem crée en 1080. Il participe en 1947 à la deuxième croisade au côté de son neveu le roi de France Louis VI et meurt à Nicosie en 1148.

.Humbert III (1136-1189) comte de Savoie de 1149 à 1189

Comme son père Amédée III, il doit lutter contre le dauphin Guigues V d’Albon encore à Montmélian en 1153 et participe à la troisième croisade. Il soutient le pape Alexandre III contre son empereur Frédéric Barberousse qu’il laisse cependant passer par le Mont Cenis en 1168 quand celui-ci est chassé par les Ligues Lombardes. Humbert croit pouvoir profiter de l’absence de son empereur pour s’émanciper ; mal lui en prend car en 1174, Frédéric le met au ban de l’empire, fait bruler Suze et déclare vassaux immédiats les évêques de Moutiers (origine des armoiries de Moutiers pratiquement identiques à celles de Genève) et de Belley avant d’aller se rendre à Arles en 1176 pour se faire couronner roi de Bourgogne-Provence en présence de ses principaux vassaux du Royaume. En 1184, Frédéric Ier convoque une Diète très importante à Mayence en présence de plus de 40 000 seigneurs de tout l’empire au cours de laquelle il adoube ses fils Henri et Frédéric les futurs Henri VI et Frédéric II. Le conflit ouvert entre le comte de Savoie et l’empereur Frédéric se poursuit sous le règne de l’empereur Henri VI et aboutit à la mise au ban de l’empire du comte de Savoie en 1187. Sous le règne des Hohenstaufen, le lien de vassalité entre l’empereur et ses vassaux s’applique dans toute sa rigueur de sorte que les comtes comme le comte de Savoie n’exercent un semblant de souveraineté qu’en raison du seul éloignement géographique de leur empereur qui peut les traduire devant sa cour de justice, leur confisquer leur fief (son comté) et les mettre au ban s’il ne remplissent pas leurs obligations à son égard.

.Thomas Ier (1178 -1233) comte de Savoie de 1189 à 1233, vicaire en Lombardie

Fils du précédent.

Il commence à régner sous le règne de l’empereur Henri VI de Hohenstaufen et réussit à rentrer en grâce auprès de l’empereur grâce à l’intervention de son tuteur le marquis de Montferrat qui avait soutenu l’empereur contre son père. Il récupère le Piémont et est nommé par l’empereur vicaire en Lombardie. A la mort d’Henri VI en 1187, ce n’est pas son frère Frédéric qui lui succède immédiatement mais c’est Othon IV Welf de Brunswick, qui est élu. Mais le roi de France Philippe Auguste (le terme Auguste qui lui est donné est la marque des légistes français qui développent l’idée que si le roi reconnait toujours à l’extérieur de son royaume la primauté d’honneur de l’empereur, il « est empereur en son royaume » soutient Frédéric contre Othon. Thomas soutient lui aussi Fréderic et fait le bon choix car Othon est battu à Bouvines en 1214 par Philippe Auguste et c’est Frédéric II de Hohenstaufen,déjà roi de Sicile, qui devient empereur en 1211 en même temps donc que roi de Germanie, d’Italie (du Nord : ancien Royaume des Lombards) et roi de Bourgogne-Provence dont font partie les terres dont se trouve investie la Maison de Savoie. L’empereur organise le royaume d’Italie en huit vicariats et celui de Bourgogne-Provence en un qu’il confie au Duc de Zärhingen, famille de Souabe ce qui place celui-ci au-dessus des comtes de Savoie, de Dauphiné, de Provence et des princes-évêques. En effet, le vicaire a la faculté de juger les causes en première instance, d’exercer le droit de grâce, de prescrire des règles de droit supplantant les statuts communaux, d’imposer des taxes nouvelles. Le vicaire a également le droit de paix et de guerre. Il peut ajouter l’Aigle Imperial sur ses armoiries. Le 15 mars 1232, Thomas Ier achète au seigneur de Berlion la ville de Chambéry.

.Amédée IV (1197-1253) comte de Savoie de 1233 à 1253, vicaire général de l’empereur pour le royaume d’Italie en 1248

Fils du précédent.

En juillet 1245, il va présenter ses hommages à Turin à l’empereur Frédéric II et se fait promettre par l’empereur la restitution de Rivoli. Pendant les années suivantes, les liens qui unissent le comte à l’empereur ne cessent de se resserrer ; il obtient de l’empereur les titres de comte d’Aoste et du Chablais. En 1247, Amédée étant devenu un chaud partisan de l’Empereur, il est convenu que Manfred, le fils de Frédéric et de Bianca Lancia, épousera Béatrice, fille du comte de Savoie : Manfred recevra immédiatement de l’empereur toute la terre qui s’étend de Pavie aux Alpes. Ce mariage est célébré l’année suivante. Par voie de conquête, Amédée IV augmente ses possessions dans le Viennois, le Lyonnais, en Piémont, en Ligurie et dans le Pays de Vaud avec le château de Moudon. Amédée et son frère, Thomas de Savoie, comte de Flandre se trouve à la tête d’une assemblée de vassaux qui rencontre à l’été 1248 à Verceil leur empereur Frédéric II. Thomas est alors nommé vicaire général de l’empire pour l’Italie du Nord, depuis Pavie jusqu’aux Alpes, et reçoit en outre de nombreux fiefs, parmi lesquels les villes d’Ivrée et de Turin, ainsi que plusieurs châteaux ; en outre, Thomas et Amédée sont mandatés par Frédéric pou entamer une nouvelle négociation avec le Pape. Thomas obtient le marquisat d’Ivrée en 1248 mais ne réussit pas à prendre Turin. Malgré néanmoins ses convictions gibelines, Amédée IV permet au pape Innocent IV en fuite de traverser ses terres. L’empereur Fréderic II meurt en 1250 et sa mort marque la fin d’une certaine idée impériale qui avec l’affaiblissement progressif du lien vassalique va permettre aux ducs, comtes, princes-évêques, républiques constituant l’empire d’augmenter progressivement leur pouvoir et d’acquérir un début de souveraineté.

.Boniface (1244- 1263) comte de Savoie de 1253 à 1263

Fils d’Amédée IV et de Cécile des Baux, il règne sous la tutelle de sa mère et de son oncle Thomas II, seigneur de Piémont, comte de Maurienne et comte de Flandres, qui meurt en 1259.

En 1258, sa grand-mère, Marguerite de Genève, comtesse de Flandres, en grande détresse par les divisions de ses fils, Pierre et Philippe de Savoie, demande du secours au roi Louis IX qui envoie en Flandres, une armée sous le commandement de son frère, le comte Charles Ier d'Anjou (1227-1285). Le comte Thomas II de Piémont et le jeune comte Boniface de Savoie se joignent à lui à Compiègne avec un corps de troupes savoyardes. La comtesse est rétablie sur son trône. En 1263, Boniface de Savoie se décide de venger son oncle Thomas II de Piémont, tué par le parti des Guelfes triomphant à Turin. Vassal de l'Empereur, Boniface à la tête d'une armée savoyarde et de ses vassaux, dont le marquis de Saluces et Jean de Bourgogne, bat au Piémont les troupes de Charles Ier d'Anjou à la bataille de Rivoli et met en place le siège de Turin. Mais, après quelques jours, arrivent au secours des assiégés, les troupes des Montferrains et des Astésans. Le combat est désespéré et Boniface est blessé et fait prisonnier, avec le marquis de Saluces. Il meurt cette même année en captivité, sans descendance.

.Pierre (1203-1268) seigneur de Vaud de 1233 à 1268, comte de Savoie, d’Aoste et de Maurienne de 1263 à 1268

Initialement chanoine de la cathédrale de Valence et prévôt de la cathédrale d'Aoste, mais ne se sentant aucune vocation pour cet état, il demande un apanage à son frère Amédée IV et reçoit les terres, châteaux et mandements de Lompnes et de Saint-Rambert-en-Bugey, puis le château de Seyllon, celui de Coutey et toutes les terres que la maison de Savoie possède en Chablais, et dans le Pays de Vaud. Son séjour en Angleterre auprès du roi Henri III lui permet de s’enrichir considérablement. Le 2 décembre 1241, il épouse Agnès de Faucigny, qui lui apporte en dot, les baronnies de Faucigny, de Beaufort et plusieurs autres terres. Enfin il hérite en 1242, de son frère Aymon, comte de Chablais. En 1250, il oblige le comte de Genève à lui livrer tous ses châteaux depuis le Fort l'Écluse jusqu'à l’Aar. Il oblige aussi l'évêque de Lausanne à lui remettre d'importantes seigneuries du Pays de Vaud. En 1253, Pierre II marie sa fille Béatrix (ou Béatrice) au Dauphin Guigues VII et lui offre le Faucigny en dot. Bien que Boniface ait des sœurs, que Thomas, son frère aîné déjà décédé ait des fils, la coutume savoyarde le fait hériter en tant que plus proche parent, la loi de primogéniture au second degré n'étant pas encore établie, il devient alors en 1263 le douzième comte de Savoie.

.Philippe Ier (1207-1285) , évêque de Valence de 1241 à 1267, prince-archevêque de Lyon de 1246 à 1267, puis comte de Bourgogne de 1267 à 1279 et 13e comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1268 à 1285.

Philippe épouse le 11 juillet 1267, la comtesse Alix de Bourgogne ou Adélaïde, fille du comte Othon II de Bourgogne et de Béatrice II de Bourgogne. Par ce mariage sans enfants, il devient comte de Bourgogne, mais à la mort d'Alix, c’est Othon IV de Bourgogne (ou Othelin), né d'un premier mariage d'Adélaïde avec le comte Hugues de Bourgogne qui prend possession de la Bourgogne. Devenu, comte de Savoie, à la mort de son frère Pierre II, il reçoit l'hommage de Berne, de Nyon et de Morat. En revanche, malgré le traité que la ville de Genève avait conclu avec le comte Thomas Ier, le chapitre de la ville et l'évêque décident de s'allier secrètement au comte de Genevois. Philippe Ier veut récupérer le Faucigny qui est devenu une enclave dans ses états. C'est l'origine du conflit entre le Dauphiné et la Savoie qui va durer cent ans. Après un Interrègne de 17 ans, les grands nobles se décident à élire comme empereur plutôt qu’un duc puissant de Lorraine, de Souabe, de Franconie, de Saxe, de Bavière voire le roi de Bohème, un petit comte moins puissant en pensant ainsi ne pas à devoir subir trop fortement l’autorité impériale comme sous les Hohenstaufen. C’est ainsi qu’ils élisent en 1273, Rodolphe Ier de Habsbourg, né en 1218 dans le château de Habsbourg (dans l’actuel canton d’Argovie en Suisse) et dont l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen est le parrain. Et le 24 octobre à Aix la Chapelle, Rodolphe est couronné roi des Romains conformément à la tradition qui veut depuis Charlemagne que le futur empereur soit roi des Romains et se voit remettre par l’archevêque de Cologne les emblèmes impériaux. Philippe Ier s’oppose à l’empereur Rodolphe, en Suisse et au Piémont, et parvient à conquérir Turin. Sans enfant, Philippe Ier choisit lui-même son successeur parmi ses nombreux neveux et obtient de l'empereur Henri VII, un décret par lequel celui-ci investit de la souveraineté de Savoie, Amédée le futur Amédée V, fils de Thomas II de Piémont, comte de Flandre.

.Amédée V (1249-1323) comte de Savoie de 1285 à 1323

Fils de Thomas II de Piémont.

En 1308, c’est un membre de la famille de Luxembourg, Henri VII de Luxembourg qui devient empereur. Trois ans plus tôt, le comte Amedée V, son beau-frère, s’est rendu à Avignon demander au pape Clément V de reconnaitre Henri comme roi des romains et lui proposer de faire élire son neveu Louis II de Savoie, sire de Vaud comme sénateur de Rome (en souvenir des deux consuls de l’ancienne Rome on élisait deux sénateurs mais depuis 1192 on n’en élisait plus qu’un, lequel nommé pour 6 mois à 5 ans, avait pouvoir d’administrer Rome, de battre monnaie ; il habitait au capitole et s’il était reconnu intègre avait le droit d’ajouter à ses armoiries le sigle du Senat Romain S.P.Q.R) ; souverain de Rome, il était sous suzeraineté commune du pape et de l’empereur et venait immédiatement après eux en rang et dignité). Henri est donc élu Roi des Romains en 1308 et de retour d’un pèlerinage en 1309 à Saint Maurice d’Agaune sur la tombe de son ancêtre Sigismond, il est accueilli au château d’Evian par son vassal le comte Amédée V de Savoie. Louis II est élu sénateur en 1310. Grâce à lui, Henri VII peut le 23 juin, accompagné par son frère l’archevêque de Trèves, son beau-frère Amédée V et Louis II de Vaud, être couronné empereur par le pape dans la basilique Saint Pierre. Après la mort d’Henri VII, le pouvoir impérial se défait en Italie et à l’exception de celle que les empereurs continuent d’exercer sur leurs vassaux, le comte de Savoie, pour les terres dont il est investi dans le royaume d’Italie (du Nord) et le duc de Milan, les empereurs auront de plus en plus de difficultés à y exercer leur autorité. En 1320, lassé de la guerre d'usure entre la Maison de Savoie et celle du Dauphiné à propos de la Baronnie du Faucigny, Amédée V de Savoie veut frapper un grand coup pendant la minorité de Guigues VIII. Les années suivantes les échauffourées se multiplient. Mais Amédée V meurt en 1323.

.Édouard de Savoie (1284- 1329) comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne 1323 à 1329.

Fils aîné d’Amédée V et de Sibylle de Baugé. Epoux de Blanche de Bourgogne (1288-1348), elle-même fille de Robert II, duc de Bourgogne

Reprenant la politique d’Amédée V, Édouard, allié à Guichard le Grand, sire de Beaujeu, décide le 7 aout 1325 d'investir le château de Varey, propriété du comte de Genève Amédée III, allié du Dauphin Guigues VIII.

Au côté de Guigues se trouvent notamment :

.Hugues de La Tour, seigneur de Faucigny, oncle du jeune Guigues, mais aussi beau-frère d'Édouard de Savoie par son mariage avec Marie de Savoie.

.Amédée III de Genève, héritier des comtes de Genève et aussi neveu d'Édouard.

.Hugues de Genève, capitaine belliqueux de la ligue anti-savoyarde.

.Hugues de Joinville, seigneur de Gex.

.Aymar de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois Raymond IV de Baux, prince d'Orange, cousin par alliance de Guigues.

.Jean II de Chalon-Arlay, époux en seconde noces de Marie de Genève, fille d’Amédée III de Genève.

Du côté d’Edouard, se trouvent :

.Guichard IV le Grand, sire de Beaujeu, allié de longue date de la maison de Savoie, et intéressé au premier chef par la prise du château de Varey.

.Jean II de Châlon, comte d'Auxerre, dont la mère est une sœur d’Édouard.

.Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre, frère du duc régnant Eudes IV de Bourgogne.

.des vassaux suisses.

Edouard perd la bataille mais parvient à s’échapper tandis que Robert de Bourgogne, Jean de Châlon et Guichard de Beaujeu sont faits prisonniers et devront payer de fortes rançons. Trois ans plus tard, Edouard se distingue dans l'armée de Philippe VI de Valois à la bataille de Cassel, en 1328. Sans fils, c’est son frère Aymon qui lui succède.

.Aymon de Savoie (1291- 1343), comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1329 à 1343.

Fils cadet d'Amédée V, Il épouse le 1er mai 1330, Yolande de Montferrat, fille de Théodore Ier Paléologue, marquis de Montferrat.

Aymon passe les premières années de son règne à combattre le dauphin Guigues VIII. À la mort de ce dernier, il conclut avec le nouveau dauphin Humbert II, le traité de Chapareillan signé en 1334 dans lequel il reconnait le Rhône comme frontière entre la Savoie et le Dauphiné septentrional. Aymon désigne Louis II de Savoie comme tuteur du jeune Amédée VI et c’est Louis II qui administre la Savoie de 1343 à 1348. Un an avant sa mort en 1347, Charles IV de Luxembourg, roi de Bohême, est élu empereur. Dans cette première moitié du XIV° siècle, les tensions entre les vassaux des comtes de Savoie et les archevêques se multiplient. La ville de Moûtiers est prise en octobre-novembre 1335 et les fortifications sont démantelées. Durant la guerre de Cent Ans, il aide Philippe VI de Valois, roi de France, à combattre Édouard III, roi d'Angleterre et participe notamment à la guerre des Flandres.

.Amédée VI dit le comte vert (1334-1383), comte de Savoie, de Maurienne et d’Aoste de 1343 à 1383, vicaire impérial pour le Royaume de Bourgogne-Provence de 1365 à 1367

Fils du précédent. Il épouse en 1355, Bonne de Bourbon, fille de Pierre Ier, duc de Bourbon et d'Isabelle de Valois.

La cession du Dauphiné, terre impériale en 1349 au fils du roi de France par le dernier dauphin, lui apparait dangereuse pour la Savoie car l’empereur Charles IV de Luxembourg était susceptible de céder le vicariat sur le Dauphiné voire sur le Royaume de Bourgogne-Provence. Prince avisé, Amédée VI dit le comte vert préfére la suzeraineté impériale éloignée à celle proche du roi de France sous laquelle à l’évidence le Dauphiné va passer, après le Vivarais, le Lyonnais et le Forez 40 ans plus tot. Pour lui, ce lien avec l’empire est une précieuse garantie d’indépendance vis-à-vis du royaume de France centralisateur ou le roi tend à devenir le souverain de tous ses sujets et plus seulement comme l’empereur celui de ses vassaux directs. Sous son règne, les Etats de Savoie représentent une dizaine de Baillages :

. la Savoie propre ou Savoie ducale avec dix sept châtellenies.

. le Chablais avec le château de Chillon et ses treize châtellenies

. le Val de Suze avec Avigliana et ses trois châtellenies

. le Val d’Aoste avec Chatel-Argent-Villeneuve et ses cinq châtellenies

. le Bugey-Valromey avec Château de Rossillon-Saint Germain et ses sept châtellenies.

.la Novalaise avec Voiron partagée en huit châtellenies.

.la Bresse avec Bourg, les Dombes comprenant dix châtellenies.

. la Baronnie de Gex, la Valbonne

. le Faucigny avec Chatillon/Cluses avec onze châtellenies

Et ce, sans compter les Etats de Vaud.

En 1361, fait historique peu connu et dont les conséquences sont difficiles à analyser, Amédée envoie un représentant auprès de l’empereur Charles IV de Luxembourg pour obtenir que ses possessions ne fassent plus partie du Royaume de Bourgogne- Provence (dont une bonne partie déjà du territoire a été annexé de fait par le royaume de France) mais soenit rattachées directement à l’empire ce que l’empereur fait par un diplôme du 17 mai 1361. Pourtant Charles IV de Luxembourg, quatre ans plus tard, entend bien marquer qu’il est toujours en droit roi de Bourgognes-Provence et décide comme l’avait fait avant lui Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse de se faire couronner à Arles dans la cathédrale Saint Trophime de la couronne de Bourgogne-Provence. Amédée VI doit venir l’accueillir à Morat aux portes de ses Etats de Vaud le 4 mai 1365 ; ils sont à Chambéry le 11 mai et le 13 mai, l’empereur confère le vicariat d’empire sur le Royaume de Bourgogne-Provence à Amédée VI ; désormais, c’est lui qui recevra à la place de l’empereur l’hommage des évêques de Sion, de Tarentaise, de Maurienne, de Genève, Lausanne, Belley, Macon, Lyon, Grenoble, Ivrée, Aoste et Turin pour leur pouvoir temporel de comte. Puis Amédée VI accompagne son suzerain jusqu’à Arles ou celui-ci se fait couronner le 4 juin. A leur retour par Genève, ils entendent les vives protestations de l’évêque Alamand de Saint Jeoire qui proteste contre le vicariat d’Amédée qui lui enlève son immédiateté impériale. Là comme l’avait fait avant lui son ancêtre l’empereur Henri VII, Charles IV demande à Amédée de l’accompagner à Saint Maurice sur la tombe de son ancêtre Saint Sigismond (roi des Burgondes) ou ils arrivent le 21 juin. Enfin Charles et Amédée se rendent au château de Romont ou ils se quittent. Dès son arrivée à Berne, Charles adresse une série de lettres patentes aux évêques et seigneurs qui dépendaient désormais de son nouveau vicaire ne tenant aucun compte des récriminations de certains. Mais en 1367, tenant compte de la véritable révolte que cette nomination suscite, l’empereur finit par révoquer le vicariat sur les princes ecclésiastiques ce qui n’entraine, à quelques exceptions près, guère de changement car entretemps beaucoup s’étaient trouvés devant le fait accompli qui, comme chacun sait, prime le droit. Quelque temps avant sa mort en 1378, Charles IV, comme l’avait sans doute appréhendé dès 1361 Amédée VI, constitue son neveu le dauphin Charles (futur roi de France Charles VI) pour son vicaire et lieutenant dans le royaume de de Bourgogne-Provence.

.Amédée VII de Savoie, dit le comte Rouge, (1360-1391), comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1383 à 1391.

Fils d'Amédée VI ; il épouse Bonne de Berry, fille de Jean de France, duc de Berry et duc d'Auvergne, et de Jeanne d'Armagnac qui était petite-fille du roi de France Jean II le Bon.

.Amédée VIII ( 1391-1439) , comte de Savoie (1391-1416) duc de Savoie ( 1416-1439) comte de Genève ( 1424- 1439) pape sous le nom de Félix V ( 1439-1449) évêque de Genève (1449-1451)

Fils du précédent ; il épouse Marguerite de Bourgogne, fille du duc de Bourgogne Philippe le Hardi.

Il n’a que huit ans quand il devient comte et a pour tutrice sa mére Bonne de Berry. Une lutte pour la régence intervient entre celle-ci et sa grand-mère Bonne de Bourbon. Les Bourbons l'emportent et la grand-mère d'Amédée reste régente jusqu'en 1393. La régence du comté de Savoie passe alors au duc Philippe II de Bourgogne, qui fiance immédiatement sa fille Marie au jeune Amédée. Ce n'est qu'en 1398 que cette période de régence prend fin. Mais même après avoir quitté la régence, sa grand-mère et son beau-père conservent une influence importante sur lui. Longtemps après la mort de Philippe II, quand Philippe III devient duc de Bourgogne, Amédée fait passer huit cent de ses soldats (sous le commandement du sire de Salenove) au service de la Bourgogne, et il saisit toutes les occasions de réconcilier le duc de Bourgogne avec le roi de France. En 1402, l'enclave du Genevois (avec Genève, puis Annecy) tombe sous sa souveraineté, suite à la mort du dernier comte. En 1410, il envisage un pèlerinage à Jérusalem mais y renonce finalement. En effet, des émeutes agitent alors Paris, suite à l'opposition entre les partis ennemis, Armagnacs (auquel appartient le duc de Berry, oncle maternel d'Amédée) et Bourguignons (dirigés par le duc de Bourgogne, beau-frère d'Amédée). Le comte de Savoie préfère se rendre avec ses soldats dans son hôtel de Gentilly, au sud de Paris, et participe à la signature du traité de Bicêtre, qui ramène temporairement le calme dans la ville et en France. Ses armées contrôlent le val d'Ossola, en 1411, permettant le contrôle du Simplon (perte du territoire en 1417). Et en 1413, Il obtient l'apanage définitif du marquisat de Saluces. C’est l’empereur, Sigismond de Luxembourg qui élève à Chambéryle 16 février 1416 Amédée VIII à la couronne ducale ce qui consacre le développement de la puissance des comtes de Savoie et l’accroissement de leur souveraineté. En 1435, alors que le duc Philippe III de Bourgogne cherche à prendre ses distances avec ses alliés anglais, Amédée, son oncle, sert de médiateur entre Français, Anglais et Bourguignons, dans une conférence à laquelle participent quasiment tous les royaumes concernés par la guerre de cent ans (France et Angleterre, mais aussi Aragon, Castille, Portugal, Écosse, et même des pays d'Europe centrale et orientale, comme le Saint empire romain germanique et la Pologne). Le Traité d'Arras est signé suite à cette conférence.

.Louis Ier de Savoie (1413- 1465), duc de Savoie, de Chablais et d'Aoste, de Piémont, d'Achaye et de la Morée, Comte de Genève, de Nice, de Vintimille, de Bagé, de Romont, de Valentinois et comte de Diois, baron de Faucigny, de Vaud et de Gex, seigneur de Bugey, de Beaufort, Verceil et Fribourg, marquis de Suze, prince et vicaire du Saint-Empire de 1439 à 1465

Fils d'Amédée VIII et de Marie de Bourgogne. Il épouse en 1433, Anne de Lusignan, (1419 -1462), fille de Janus, roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem, et de Charlotte de Bourbon.

Le mariage est célébré par l'archevêque de Tarentaise et les réjouissances se déroulent au château de Chambéry. Parmi les invités présents, ses meilleurs amis et proches parents, le duc Philippe III de Bourgogne, le duc René Ier de Bar, le comte de Nevers et le comte de Clèves, son père le duc Amédée VIII, sa sœur, Marguerite de Savoie, le prince d'Orange, l'ambassadeur du roi de France, Christophe d'Harcourt. Les douze provinces, possessions de la maison de Savoie sont représentées ainsi que le royaume de Chypre par des délégations, ainsi que les Ordres chevaleresques de la Toison d'or pour la Savoie, la Bourgogne et l'Autriche. Après son veuvage, son père a abandonné ses fonctions ducales pour se tourner vers la religion. Dès 1434, Amédée IX administre les États de son père sous le titre de prince de Piémont. Il doit subir les intrigues de l’entourage chypriote de son épouse mais aussi les ambitions de ses voisins français et milanais. Il doit ainsi renoncer au Valentinois et ne peut s'emparer du duché de Milan à la mort du dernier Visconti. Frédéric III de Habsbourg succède à Sigismond comme empereur en 1437. Son père Amédée VIII est élu (anti)pape en 1439 et abdique alors du duché en sa faveur. Une de ses filles Bonne de Savoie épousera deviendra duchesse de Milan en épousant le duc Galèas Marie Sforza le 24 avril 1467.

.Amédée IX de Savoie (1435-1472), duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne de 1465 à 1472.

Fils de Louis Ier et d'Anne de Lusignan. Epoux de Yolande de France, fille du roi Charles VII et donc sœur du roi Louis XI. Épileptique, peu capable de régner, l'autorité est exercée par sa femme Yolande de France et par son frère Philippe, comte de Bresse.

.Yolande (1434-1478) duchesse de Savoie de 1465 à 1478

Elle soutient le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui projette de recueillir la couronne de Bourgogne-Provence en vue pourquoi pas de recueillir la dignité impériale élective. Elle est son alliée malheureuse pendant les guerres de Bourgogne de 1475-1477. Ce soutien lui fait perdre en 1477 une partie du Vieux-Chablais en amont de Massongex-Saint Maurice que les Valaisans en profitent pour s’emparer.

.Philibert II le Beau (1480 -1504) duc de Savoie de 1478 à 1504

Maximilien de Habsbourg succède comme empereur à son père en 1499. Cette même année 1499, l’empereur remarie pour la troisième fois sa fille Marguerite d’Autriche avec Philibert. A la Diète d’Augsbourg de 1500, l’empire est organisé en 6 cercles et le duché de Savoie rattaché au Cercle du Haut Rhin qui comprend entre autres le duché de Lorraine, l’évêché de Strasbourg, le duché de Deux-Ponts, le comté de Blamont……. Après l’échec de la tentative du grand-père de Marguerite, Charles le Téméraire, cette alliance entre Habsbourg-Bourgogne et Savoie aurait peut-être pu permettre si Philibert n’était pas mort dès 1504 d’obtenir la couronne du Royaume de Bourgogne-Provence qui comprenait encore le comté de Bourgogne (Franche-Comté) le Pays de Vaud savoyard, le Pays de Gex, le Chablais, le Genevois, le Faucigny, la Bresse, le Bugey, le Valromey, la Savoie propre, la Maurienne et la Tarentaise. Après sa mort, la Maison de Savoie prend vraisemblablement conscience qu’elle n’obtiendra jamais cette couronne royale de Bourgogne- Provence et reporte son ambition légitime vers l’Italie ou à partir de ses possessions dans le Royaume d’Italie (du Nord) elle dispose de plus de chances de succès.

. Charles III dit le Bon (1504- 1553), duc de Savoie de 1504 à 1553

Il succède à son frère Philibert comme duc de Savoie. Il doit commencer son règne par s'imposer face aux exigences, de sa demi-sœur Louise de Savoie qui veut hériter le duché, de son frère bâtard René qui demande des fiefs, et de son frère Philippe qui soutient Louise et René. Lorsque son neveu François Ier, fils de Louise de Savoie, devient roi de France en 1515, il hésite à prendre partie entre lui et son empereur Maximilien et ne cherche pas comme les Confédérés suisses à s’opposer au passage des troupes de François Ier vers l’Italie ou celui-ci veut s’emparer du Duché de Milan qu’il estime avoir hérité. François Ier gagne la bataille de Marignan en 1515 contre les armées de l’empereur Maximilien de Habsbourg et celles du pape. Mais en 1519, c’est Charles d’Espagne qui est élu empereur sous le nom de Charles Quint et non François. Sans armée et sans grands moyens, le duc Charles III change régulièrement d'alliance, entre François Ier et Charles Quint. En 1525 Charles Quint bat avec ses armées impériales François Ier à Pavie et l’emmène prisonnier à Madrid ou ils signent en 1526 le traité de Madrid : pour sa libération François Ier doit payer une colossale rançon réunie par sa mère Louise de Savoie, renonce au Duché de Milan et accepte que Charles Quint reçoivent le Duché de Bourgogne. Mais rentré en France, François renie sa signature et en 1536, Il engage la 9 iéme guerre d’Italie pour reconquérir le duché de Milan et décide avec ses alliés de fait, Berne, Fribourg et Valais, l’occupation des territoires savoyards sans rencontrer aucune résistance, (cantons qui se considèrent toujours pourtant en droit comme sujets de l’empereur). Dans le pays de Vaud et le Genevois, l'autorité du duc est mise à mal. La cité de Genève se révolte et Charles III lui impose un blocus; pour s'en dégager, la cité fait appel aux Bernois, qui après quelques tergiversations passent à l'attaque, et conquièrent le Pays de Vaud. Charles III, incapable de réagir, brandit la menace de faire intervenir Charles-Quint dont il est le vassal, mais ce dernier est bloqué à Naples. Profitant de la situation, François Ier réclame l'héritage de sa mère, Louise de Savoie, sur la Bresse et le Faucigny. Il franchit la frontière ouest et ses troupes prennent les capitales, Chambéry, puis Turin. Charles III se trouve privé de la plupart de ses États, ne conservant que le comté de Nice et la Vallée d'Aoste et finit par se réfugier à Verceil/Vercelli. Pendant cette occupation de la Savoie, le roi François Ier, par un édit royal du 6 janvier 1539, crée un Parlement de Savoie ce qui constitue un acte de souveraineté dans la mesure ou il devient la juridiction de dernier recours dans les possessions de la Maison de Savoie ( ce qui ne signifie pas pour autant que les ducs de Savoie dans leur litige avec d’autres maisons possessionnées de l’empire ou vis-à-vis de l’empire ne continuent pas de relever eux de la justice impériale à la différence des litiges par exemple entre les 13 cantons de la Confédération suisse). Charles Quint, trop occupé en Italie, n’a pu aider militairement Charles III mais a néanmoins, à la Diète de Spire de 1545, enjoint sans succès aux Bernois, aux Fribourgeois confédérés, qui restent ses sujets, de même qu’à l’évêque de Sion, de lui restituer ses territoires. Charles III reste réfugié à Vercelli jusqu’à sa mort en 1553.

.Emmanuel-Philibert (1528- 1580), duc de Savoie de 1553 à 1580, gouverneur des Pays-Bas de 1555 à 1580

A dix-sept ans, en mai 1545, il part rejoindre l'empereur qui s'apprête à combattre la ligue de Smalkalde. C'est le début d'une longue aventure militaire. Charles Quint lui donne sa chance et, à la bataille de Muhlberg, le 13 avril 1547, Emmanuel-Philibert commande l'arrière-garde de l'armée impériale. En 1553, Charles Quint le nomme, à vingt-cinq ans, capitaine général de l'armée des Pays-Bas. Après la mort de son père, survenue le 16 septembre 1553, il est officiellement investi du duché de Savoie par Charles Quint le 15 juillet 1554. Le 27 octobre 1555, Philippe II le nomme gouverneur des Pays-Bas. Ferdinand Ier de Habsbourg, ainé de Charles Quint lui succède après l’abdication de ce dernier en 1556. Charles Quint partage alors ses possessions entre son frère Ferdinand et son fils Philippe II qui devient roi d’Espagne mais reçoit également l’héritage bourguignon qui continue de relever de l’empire. L’année suivante le 10 aout 1557, Emmanuel-Philibert, Général des armées impériales au service du neveu de l’empereur Ferdinand, le roi d’Espagne Philippe II, bat à Saint Quentin les troupes du roi de France Henri II qui a succédé à François Ier. Par le Traité de Cateau-Cambrésis de 1559, la France doit évacuer la partie des territoires savoyards qu’elle occupe depuis 1536. Par le Traité de Lausanne de 1564 avec les Bernois, ceux-ci restituent Pays de Gex, partie du Genevois et du Chablais qu’ils occupent depuis 1536 mais conservent les Etats de Vaud que, sans doute pour les raisons sus-exposées ou par crainte de la puissante grandissante de Berne alliée à Genève passée à la Réforme, Emmanuel-Philibert ne se bat pas pour conserver alors pourtant qu’ils avaient servi de base de développement depuis trois siècles à la Maison de Savoie (depuis le château de Chillon). Enfin cinq ans plus tard, par le Traité de Thonon de 1569, la Savoie récupère le reste du Chablais sauf la partie qui deviendra Bernoise puis Vaudoise (au nord du Rhône de Chillon à Saint Maurice) et celle qui sera conservée par le Valais (au sud du Rhône de Saint Gingolph – Chatel à Saint-Maurice). Profondément attaché à l’appartenance de la Savoie à l’Empire romain germanique, mais ne croyant plus à la pérennité de son Royaume de Bourgogne-Provence (dont l’empereur Charles Quint avait pourtant tenu à se faire couronner à Aix en Provence en 1536) qui subit ces nouvelles amputations au profit des Confédérés, Emmanuel- Philibert décide de transférer sa capitale de Chambéry à Turin. Sous son règne on assiste au début de la centralisation sur cette ville de l’administration des Etats savoyards.

.Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580- 1630), duc de Savoie de 1580 à 1630

Fils d’Emmanuel-Philibert.

Un peu étrangement par rapport à ce qui vient d’être dit, Il conserve le vieux rêve de reconstituer à son profit le Royaume de Bourgogne-Provence ; mais son espoir s’avère vain. Allié à l'Espagne par son mariage, il profite des guerres de religion pour s'emparer en 1588 du marquisat de Saluces et reçoit en 1590 des Ligueurs le titre de comte de Provence. Il envahit de nombreuses fois le Dauphiné et pousse même jusqu’à Fréjus en 1590, s’emparant de Draguignan et d’Aix, mais il est battu le 17 septembre 1591 à Pontcharra par Lesdiguières. Il attaque à nouveau les possessions françaises, et prend le fort d'Exilles en 1593. Mais le roi de France Henri IV, après avoir envahi la Savoie et le Piémont (deuxième occupation) se fait céder le Bugey, le Valromey et le pays de Gex par le traité de Lyon en 1601 mais en échange, le marquisat de Saluces devient définitivement une possession de la Maison de Savoie. Suit la tentative de décembre 1602 de reprendre Genève qui aboutit au Traité de Saint Julien de 1603 par lequel la Savoie renonce définitivement à cette ville; deux traités qui ne font qu’accentuer le glissement de la destinée vers l’Italie de la Maison de Savoie. Charles Emmanuel est ensuite le jouet entre les politiques de Richelieu et d’Olivares, ministres des rois des Habsbourg d’Espagne qui sont possessionnés dans le nord de l’Italie. Alors qu’il a des prétentions sur le marquisat de Montferrat à la mort du marquis en 1627, il se rend compte que Richelieu soutient les droits de Gonzague de Nevers, instrument du roi de France contre les Habsbourg. Charles Emmanuel se tourne alors vers eux et déclare la guerre au roi Louis XIII ; l’empereur occupe le marquisat mais les armées royales fondent sur Suze en mars 1629 obligeant le duc à signer un armistice, la Paix de Suze. L’année suivante Charles Emmanuel rompt l’armistice soutenu par l’empire mais Louis XIII occupe toute la Savoie (c’est la troisième occupation par la France) et s’emparent en Piémont de Pignerol, Suze, Saluces, Briguéras…. Charles Emmanuel meurt cette année 1630.

.Victor-Amédée Ier de Savoie (1587- 1637), duc de Savoie de 1630 à 1637

Fils du précédent.

Victor-Amédée doit signer le Traité de Cherasco le 6 avril 1631; au bout de 9 années, le roi de France Louis XIII rend la Savoie à son souverain sans la forteresse de Pignerol. Bien qu’aimant la paix Victor-Amédée est entrainé par Louis XIII et la Hollande dans la guerre de Trente Ans commencée en 1618 dans laquelle Louis XIII, époux d’Anne d’ Autriche (de Habsbourg) s’est trouvé lui-même entrainé à partir de 1635 contre l’empire (Habsbourg d’Autriche) et contre l’Espagne (Habsbourg d’Espagne) ; c’est en marchant sur Milan qu’il meurt en 1637. .François-Yacinthe de Savoie (1632 -1638), duc de Savoie de 1637 à 1638 Fils du précédent, Il ne règne que quelques mois.

.Charles-Emmanuel II de Savoie (1634-1675) duc de Savoie de 1638 à 1675

Il succède à l'âge de quatre ans à son frère François-Hyacinthe et sous la régence de sa mère Christine de France, fille d’Henri IV, et donc sœur de Louis XIII, qui exerce la régence dans la même situation qu’avait connue avant elle Yolande de Savoie, sœur de Louis XI. Mettant fin à la guerre dite de Trente Ans, les traités de Westphalie signés en 1648 amènent l’empire à la création de l’Electeur de Hanovre comme Huitième Electeur et accordent l’indépendance de l’empire aux Pays Bas (future Belgique, Luxembourg et Pays Bas) et à la Confédération Suisse mais pas à la Savoie que le duc Charles Emmanuel II ne demande d’ailleurs pas. Peut être parce que l’article VIII de l’un des deux traités place désormais sur un pied d’égalité à l’intérieur de l’empire, les princes, les villes libres et l’Empereur. Preuve du maintien de la Savoie dans le Saint Empire, Charles est présent au côté notamment des évêques de Worms, de Spire, Strasbourg et de Bâle, du prince de Salm et de la ville libre de Francfort dans le matricule impériale de 1654 pour l’investiture par l’empereur Ferdinand III de Habsbourg de son duché, du Piémont et de quelques autres fiefs du Montferrat même s’il ne reconnait plus l’autorité de la Chambre impériale et ne paye plus le Mois Romain.

.Victor-Amédée II de Savoie (1666-1732) duc de Savoie et Prince de Piémont de 1675 à 1732, roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne de 1720 à 1730.

Fils de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Marie Jeanne Baptiste de Savoie, duchesse de Genève et d'Aumale.

Victor-Amédée II, devenu majeur en 1684, c’est lui qui règne en Savoie ; la même année, il épouse sa cousine Anne d’Orléans fille de Philippe d’Orléans (frère de Louis XIV) et d’Henriette d’Angleterre (nièce de Christine de France). Il se montre tout d’abord très docile à la politique française puis décide d’entrer dans la ligue d’Augsbourg qui oppose Louis XIV (allié aux turcs comme l’avait fait avant lui François Ier) à l’empire (Habsbourg d’Autriche), à l’Espagne (Habsbourg d’Espagne) à l’Angleterre et à la Hollande. En 1690, il déclare la guerre à la France ce qui vaut à la Savoie une nouvelle occupation (la quatrième) par la France ; ses troupes et celles de son cousin le Prince Eugène de Savoie-Carignan, attaquent en 1692 le Dauphiné mais elles sont battues le 4 octobre 1693 à La Marsaille, année ou le Prince-Eugène est nommé par l’empereur à la tête des armées impériales. Victor-Amédée passe sans complexe dans le camp de la France sans attendre la fin de cette guerre. Le traité de Turin de 1696 met fin aux opérations et à l’occupation de la Savoie et permet à la Savoie de récupérer la forteresse de Pignerol. Cette guerre dite de neuf ans ou de la Ligue d’Augsbourg se termine par le traité de Ryswick de septembre-octobre 1697 par lequel Louis XIV annexe définitivement Strasbourg et toute la Basse-Alsace (les 4/5 de l'Alsace). Louis XIV accepte de mettre fin à l'occupation militaire du duché de Lorraine, mais Sarrelouis est définitivement cédée à la France. Les violences des armées françaises dans le Palatinat qui se retrouve totalement dévasté et ses populations décimées font néanmoins perdre à Louis XIV tous les espoirs formés par Mazarin quarante plus tôt d’une élection à la dignité impériale. Le 1er novembre 1700, le roi d’Espagne Charles II de Habsbourg meurt sans successeur. Les deux principales familles régnantes d'Europe, celle de France et celle d'Autriche, toutes deux très apparentées à Charles II, revendiquent alors le trône. Charles II a légué sa couronne par testament à Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du roi de France Louis XIV (Bourbon mais également Habsbourg par sa mère Anne d'Autriche, petit-fils du roi Philippe III d'Espagne, donc cousin germain de Charles II). Philippe, âgé de 17 ans, va à Madrid où il est couronné sous le nom de Philippe V. Toute l'Europe se sent menacée par l'alliance dynastique de la France et de l'Espagne, d’autant plus forte que, par lettres patentes du 1er février 1701, Louis XIV reconnaît le droit de Philippe V à succéder à la couronne de France. C’est la cause d’une nouvelle guerre dite de Succession d’Espagne. Victor-Amédée II la commence au côté de Louis XIV mais celui-ci qui connait sa facilité à changer de camp, prend la précaution en septembre 1702 de faire désarmer ses troupes. Victor-Amédée revient alors dans le camp de l’empire et obtient en 1703 le marquisat de Montferrat. Mais Louis XIV fait occuper une nouvelle fois (la cinquième) la Savoie et s’empare les unes après les autres de ses places fortes ; ce n’est que grâce à l’intervention du Prince Eugène que le 7 aout 1707 Turin assiégé est sauvé. Au congrès d'Utrecht, qui réunit les belligérants depuis janvier 1712, chacun essaie de trouver une sortie honorable. Philippe V conserve le trône d'Espagne, toutefois il doit renoncer, pour lui et pour sa descendance, au trône de France même dans le cas où les autres princes de sang français disparaîtraient. De la même manière, la France conserve toutes les conquêtes de Louis XIV (Flandre française, Roussillon, Lille, Artois, Franche-Comté, Alsace). Les combats cessent définitivement en 1713, après une campagne militaire en Allemagne victorieuse pour Louis XIV. L’électeur de Brandebourg reçoit la couronne de Prusse tandis que le Duc de Savoie Victor-Amédé II, avec le soutien du Prince Eugène de Savoie-Carignan gagne, les provinces italiennes d'Alexandria et de Valesia, non pas la couronne du Royaume des Lombards (Italie du Nord) mais celle de Sicile et se fait couronner dans la cathédrale de Palerme ou s’était fait couronner l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen (qui y a son tombeau). Le 6 mars 1714 est signé le Traité de Rastatt qui marque pour les Habsbourg d’Autriche un agrandissement de leurs États héréditaires mais au détriment de la puissance impériale. Cinq ans après le traité d’Utrecht de 1713, le traité de Londres de 1718 prévoit qu’en 1720, Victor Amédée II roi de Sicile doit échanger sa couronne de Sicile contre celle de Sardaigne avec l’empereur Charles VI de Habsbourg : la Sardaigne, le Piémont et la Savoie constituent alors ce qu’on appelle les Etats Sardes et non pas l’Etat Sarde. Chacun de ces Etats sardes a un statut international différent dans la mesure ou le duché de Savoie continue d’appartenir au Saint Empire Romain Germanique et le roi, comme duc, participe toujours aux Diètes Impériales de Ratisbonne (ou se tiennent toutes les Diètes d’empire après 1648) comme ancien territoire ayant appartenu au Royaume de Bourgogne-Provence. En revanche, le Piémont donné en apanage par l’empereur Sigismond de Luxembourg en 1416 à Amédée VIII lors de son élévation à la couronne ducale, relève lui du Royaume d’Italie (du Nord) dont l’existence réelle sinon nominale comme celui de Bourgogne-Provence a pratiquement cessé et dont plus aucun territoire n’est représenté aux Diètes impériales depuis la dernière Diète impériale de Lindau de 1496 ( pour ce Piémont, les membres de la maison de Savoie portent le titre de Prince) enfin le Royaume de Sardaigne devenu propriété des Habsbourg depuis Charles Quint ne faisait pas partie de l’empire. En fait il s’agit de trois Etats ayant un souverain en commun comme cela s’était déjà produit souvent dans le passé et comme cela le cas par exemple de Georges Ier, Electeur de Hanovre et roi d’Angleterre à la même époque (une même personne se retrouvant souverain de plusieurs Etats distincts). Le roi Victor Amédée II a le souci d’établir son pouvoir souverain à l’intérieur de ses Etats. Sous son règne, triomphe l’absolutisme qui a peu ou prou pour modèle celui du roi Louis XIV. En 1730, il décide d’abdiquer au profit de son fils Charles-Emmanuel III.

.Charles-Emmanuel III de Savoie (1701-1773), duc de Savoie, roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem de 1730 à 1773.

Fils de Victor Amédée II, duc de Savoie.

Celui-ci voit son règne marqué par deux conflits :

.celui de la guerre de succession de Pologne ou en 1733, il est dans le camp de l’Espagne et de la France contre l’empire allant jusqu’à promettre à Louis XV de lui céder la Savoie si les conquêtes sur les Habsbourg s’avèrent suffisantes pour lui accorder des compensations en Italie.Il fait la conquête du Milanais, prend Pavie, bat les troupes impériales à Guastalla mais n’obtient par la paix de Vienne en 1738 que les pays de Tortone et de Novare et quelques fiefs d’empire. Entretemps néanmoins il épouse Élisabeth-Thérèse de Lorraine, belle-sœur de Marie-Thérèse, fille et héritière de l'empereur Charles VI laquelle avait épousé le duc de Lorraine et de Bar François III deux ans auparavant ; duché de Lorraine, terre d’empire que les rois de France comptaient depuis longue date pouvoir annexer comme ils s’étaient déjà rendus suzerains pour le duché de Bar. Louis XV ne peut donc pas accepter que, comme cela avait été le cas de la Franche Comté de 1477 à 1678, ces duchés Lorraine et de Bar puissent être des possessions directes de la famille impériale des Habsbourg.

.celui de la guerre de succession d’Autriche qui commence à la mort de l’empereur Charles VI en 1740 en raison de sa décision de léguer à sa fille Marie-Thérèse les Etats Héréditaires de la Maison des Habsbourg avec le risque comme cela vient d’être dit que son époux depuis 1736 le duc de Lorraine François III ne devienne empereur ce qui était intolérable pour le roi de France. Un accord est donc conclu entre l'empereur Charles VI et le roi Louis XV par lequel le duc François III abandonne la Lorraine à la France pour devenir grand-duc de Toscane ; en compensation, la France accepte la Pragmatique Sanction de l'Empereur qui fait de Marie-Thérèse son héritière (conjointement avec son futur époux, François). Mais Charles-Albert, l’Electeur de Bavière ou Frédéric-Auguste II, l’Electeur de Saxe et Roi de Pologne aspirent à l’élection impériale. Frédéric II, tout nouveau roi de Prusse, sans déclaration de guerre préalable, engage contre l’empire les hostilités et fait envahir la Silésie dès décembre 1740. Louis XV soutient les prétentions de l'Électeur de Bavière. Le 11 décembre 1740, il envoie le maréchal Belle-Isle, assister comme son ambassadeur à l'élection du Bavarois à Francfort. Le 5 juin 1741, Frédéric II signe avec le maréchal de Belle-Isle un traité d’alliance avec la France. Par ce traité, la France s'engage à soutenir militairement l'Électeur de Bavière, et à reconnaître les conquêtes prussiennes en Silésie. En contrepartie, Frédéric ne consent que des promesses. Ses autres alliés sont l'Espagne et la Bavière. Marie-Thérèse est soutenue elle par Georges de Hanovre, Electeur de Hanovre et Roi de Grande-Bretagne et par les Provinces-Unies, traditionnels opposants à l'hégémonie de la France, ainsi que par la Saxe et le roi de Piémont-Sardaigne qui, à la mort du père de Marie-Thérèse lui a fait valoir ses prétentions sur le Milanais qu’il n’a pu obtenir par le traité de Vienne deux ans plus tôt. Faute de l’obtenir, il s’est satisfait des promesses de celle-ci d’une augmentation de ses territoires en Italie contre son retour dans le camp de l’empire ; mais Il perd 5 000 hommes contre la France à Coni en 1744. Finalement, en 1745, Marie-Thérèse fait élire son époux le duc François Lorraine sur le trône impérial et devient alors impératrice consort des Romains. Le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III signe en 1746, à Turin, la paix avec la France mais c’est le traité d’Aix la Chapelle de 1748 qui met fin à la guerre de succession. Par ce traité, Louis XV restitue à l'Autriche les territoires conquis aux Pays-Bas ainsi que la Savoie et le comté de Nice et reconnaît au mari de Marie-Thérèse de Habsbourg le droit à la couronne impériale. Charles-Emmanuel III recherche alors, à toutes fins utiles, une alliance dans l’autre camp et fait épouser à son fils en 1750 une infante d'Espagne de la Maison de Bourbon, belle-sœur du Dauphin Louis-Ferdinand. Il meurt en 1773.

.Victor-Amédée III de Savoie (1726-1796) duc de Savoie, prince de Piémont, roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem de 1773 à 1796.

Fils du précédent.

En 1789, Il est très vite hostile à la révolution et accueille à Turin des princes émigrés. De leur côté, en octobre 1792, un certain nombre de roturiers prennent l’initiative de constituer une Assemblée nationale des Allobroges, réunion de délégués de toutes les communes du duché qui siège à Chambéry sur le modèle de l’Assemblée nationale française ; en huit jours, elle met à bas tout l’édifice politique, administratif et social de l’ancien régime en Savoie ; la déchéance du roi est prononcée.Le principal artisan de cette révolution est un prêtre. Philibert Simond, originaire de Rumilly, député du Bas-Rhin. Puis cette assemblée nationale fait une demande d’annexion à la France. D’abord hésitante (plusieurs membres de la Convention étant favorable à la création d’une république sœur qui aurait regroupé Genève et la Savoie) l’Assemblée nationale française vote le 27 novembre 1792 l’incorporation du duché à la République Française et sa transformation en un seul département du Mont Blanc avec 6 députés pour le représenter à l’Assemblée Nationale Française. L’empire romain germanique proteste contre l’abolition par la Constituante des droits seigneuriaux des princes allemands possessionnés en Alsace. La République française se garde de son côté de déclarer la guerre au Saint Empire se limitant à la déclarer à son chef en sa seule qualité de roi de Bohême et de Hongrie mais après l’invasion par les armées révolutionnaires des Pays-Bas et de la Rhénanie, l’empire est contraint le 23 mars 1793 de déclarer la guerre à la République. C’est désormais l’armée des Cercles de l’Empire dont la Savoie fait partie du Cercle du Haut Rhin qui combat les armées de la révolution. Profitant du développement dans le duché des mouvements contre-révolutionnaires, les armées impériales et du royaume de Piémont-Sardaigne parviennent à y pénétrer jusqu’à Annecy ou le drapeau du royaume flotte le 21 aout 1793 mais une riposte de Kellermann les oblige à repasser les Alpes. Le 5 avril 1795 par la paix de Bâle entre la Prusse et la France, cette dernière acquière la rive gauche du Rhin objectif des rois de France notamment depuis Louis XIV. .Charles-Emmanuel IV de Savoie (1751-1819), duc de Savoie, prince de Piémont et roi de Sardaigne de 1796 à 1802. Après la défaite de Montenotte lors de la campagne d'Italie de Bonaparte en 1796, Charles-Emmanuel IV de Savoie, qui a succédé à son père Victor-Amédée III, signe l'armistice de Cherasco qui reconnait la perte de Nice et de la Savoie et doit se réfugier en Sardaigne. Le Piémont est alors découpé en six départements et les quatre Electorats rhénans deviennent quatre départements français, la Prusse obtenant elle en compensation la sécularisation d’un certain nombre de principautés ecclésiastiques. Le département du Mont-Blanc est amputé lui une première fois par la loi du 25 août 1798 de sa partie nord (Thonon-les-Bains, Bonneville, Cluses) pour créer le département du Léman avec le district de Carouge et le Pays de Gex dont Genève qui vient d’être annexée devient la préfecture et une deuxième fois le 17 février 1800, par le détachement des cantons de Chamonix, de Saint-Gervais, de Megève, de Flumet et de Sallanches et leur rattachement au département du Léman qui est alors divisé en trois arrondissements, celui de Genève qui reste la préfecture et ceux de Bonneville et Thonon qui deviennent sous-préfectures. Enfin en 1801, le traité de Lunéville confirme définitivement le rattachement de la Rive gauche du Rhin à la République française et précise que c’est par le biais de sécularisation et de médiatisation que les princes allemands lésés seront indemnisés. C’est à la Diète d’Empire qu’il incombe de les indemniser. Ainsi en juillet 1802 l’empereur François II est conduit à convoquer une députation d’empire (Reichsdeputation) à laquelle est soumis un projet de Bonaparte qui a reçu l’assentiment du tsar sur la base duquel est élaboré un recès. Cette même année, Charles-Emmanuel IV abdique laissant le peu de pouvoir qu’il conserve à son frère Victor-Emmanuel Ier. Le 2 décembre 1804, Bonaparte se fait couronner empereur selon la tradition romaine d’origine en marquant bien la suprématie de l’empereur sur le pape (il se met la couronne lui-même que lui remet le pape) et puis il transforme la République cisalpine en royaume d'Italie, se nommant roi d'Italie le 17 mars 1805. Le couronnement a lieu le 26 mai 1805 dans le Dôme de Milan. Ce Royaume d'Italie est un État pré-unitaire italien qui comprend l'Italie centre orientale et une bonne partie du nord avec pour capitale Milan. Un an plus tard, jour pour jour, le 2 décembre 1805, Napoléon remporte la bataille d’Austerlitz contre l’empereur romain germanique François II et celui de Russie Alexandre Ier. Puis début 1806, Napoléon fait pression pour que des ducs Bavière et de Wurtemberg se voient accéder à la couronne royale ayant obtenu de lui en récompense de leur soutien militaire le rattachement de plusieurs territoires à leurs duchés. Ces couronnements accentuent la désintégration de l’empire romain germanique même si l’empereur François II obtient la confirmation de l’appartenance de leurs royaumes au Saint Empire. Le coup de grâce est donné le 12 juillet 1806 quand seize des princes d’empire, dont ces deux nouveaux rois de Bavière et de Wurtemberg, constituent une confédération sous protectorat de l’empire napoléonien. En effet la constitution de cette Confédération du Rhin indique dans son article 1 que la Confédération fait sécession de l’empire. Le lien entre la Savoie et l’Empire est définitivement rompu.

La Savoie retrouvera sa totale indépendance hors de l’Empire Romain Germanique pour 45 ans seulement de 1815, date de la fin du Premier Empire Napoléonien français jusqu’ à 1860 date de sa nouvelle annexion par le Deuxième Empire Napoléonien français.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 13:29
Histoire du Comté de Bresse,de l'évêché de Belley, des seigneurie du Bugey, du Valromey et du Pays de Gex, terres d'empire de 1032 à 1601

En 888, Bresse, Bugey avec Belley, Valromey, Pays de Gex et la Dombes appartiennent au Royaume de Bourgogne divisé en diocèses, comtés administrés par des évêques et des comtes. En 1032, Bresse, Bugey, Belley Valromey, Pays de Gex et les Dombes se trouvent avec le Royaume de Bourgogne-Provence incorporés au Saint Empire Romain Germanique.

1. Seigneurie de Bagé et de Bresse, de Thoire et Villars, de Coligny /Comté de Bresse

a. Seigneurie de Bagé et de Bresse

Maison de Bagé

Sous Louis le Débonnaire, quatre seigneuries importantes dominent le territoire actuel de la Bresse dont celle de Bagé qui est la ville principale. La souche des Sires de Bâgé proviendrait d'un certain Hugues Ier qui reçoit en 830 l'abbaye de St Laurent et la seigneurie de Bâgé des mains de Louis le Débonnaire.

.Rodolphe ( ?-1023) seigneur de Bagé et de Bresse de 1015 à 1023

Il succède à Hugues IV en 1015 et est le premier à porter le titre de seigneur de Bagé et de Bresse, dominant aussi sur une partie de la Dombes.

.Renaud Ier ou Raynald ( ?-1072 seigneur de Bagé et de Bresse de 1023 à 1072

Fils du Précédent.

Il envoie 2000 hommes au comte de Savoie et de Maurienne pour l’aider dans sa lutte contre les Sarrasins en Provence. Il en rapporte un important butin et fait le vœu de le consacrer à la construction d’une église.

.Ulrich Ier ( ?- 1075) seigneur de Bagé et de Bresse de 1072 à 1075

Fils du précédent.

Il concrétise le vœu de son père Renaud Ier en construisant l'Eglise de St André de Bâgé.

.Josserand ( ?-1110) seigneur de Bagé et de Bresse de 1075 à 1110

Fils du précédent.

Il est un seigneur puissant dans la région.

.Ulrich II ( ?- 1125) seigneur de Bagé et de Bresse de 1110 à 1125

Fils du précédent.

.Renaud II ( ?-1153) seigneur de Bagé et de Bresse de 1125 à 1153.

Fils du précédent.

La seigneurie de Bagé et de Bresse étend sa domination pratiquement sur toute la Bresse jusqu’à Bourg.

.Renaud III ( ?-1180) seigneur de Bagé et de Bresse de 1153 à 1180

Fils du précédent.

.Ulrich III ( ?-1220) seigneur de Bagé et de Bresse de 1180 à 1220

Fils du précédent.

Son fils Guy part à la croisade mais n’en revient pas ; sa fille Marguerite épouse Humbert V de Beaujeu. D’un second mariage, il a deux autres fils Renaud et Hugues.

.Renaud IV ( ?-1250) seigneur de Bagé et de Bresse de 1220 à 1250

Fils du précédent. Il épouse en 1229 Sybille de Beaujeu, sœur d’Humbert V de Beaujeu, qui lui apporte en dot Chatillon les Dombes.

Le domaine de la maison de Bagé est alors à son apogée et s’étend sur une centaine de communes de ce qui deviendra le département de l’Ain soit à peu près le quart du territoire.

.Guy ( ?-1255) seigneur de Bagé et de Bresse de 1250 à 1255

Fils du précèdent.

Mineur quand son père meurt à la croisade, Il a pour tuteur Philippe de Savoie, futur comte de Savoie. C’est lui qui en 1250 accorde les chartes de franchise à Bagé, Bourg et Pont de Vaux. Ses frères meurent avant lui sans postérité ; Il meurt jeune laissant une fille Sybille qui hérite de la seigneurie.

.Sybille ( ?-1294) seigneur de Bagé et de Bresse de 1255 à 1294

Elle a également pour tuteur Philippe de Savoie qui lui fait épouser en 1272 son neveu Amédée V de Savoie. Par la suite la Maison de Savoie conserve les possessions de la maison de Bagé.

b.Seigneurie de Coligny

Coligny était situé partie en Bresse, partie en Franche-Comté. La partie dépendant du comté de Bourgogne était appelée Coligny-le-Vieil pour la distinguer de l'autre qu'on nommait Coligny-le-Neuf.

Maison de Coligny

.Hugues de Coligny ( ?- 1205), seigneur de Coligny

Frère d‘Amédée, il épouse, en 1193, Béatrice d'Albon (1162-1228), déjà deux fois veuve qui est la fille de Béatrice de Montferrat et de Guigues V d'Albon, Dauphin du Viennois. De leur union naissent deux filles, Béatrice et Marie.

.Béatrice de Coligny, seigneur de Coligny

Elle épouse en 1255 Albert III de La-Tour-du-Pin et lui apporte en dot une grande partie du domaine des Coligny (y compris Sainte-Julie) dont elle est l'héritière. En 1259, à la mort d'Albert, son frère Humbert de La-Tour-du-Pin hérite de ses titres.

.Humbert, seigneur de Coligny de 1259 à 1285

Le 31 aout 1273, il épouse Anne de Bourgogne, sœur du Dauphin Jean Ier de Viennois. Suite au décès de Jean de Viennois, le 4 septembre 1282, Anne hérite des domaines de son frère, et transmet le titre de Dauphin à son époux, qui devient Humbert Ier de Viennois.

Maison de Bourgogne

.Robert II de Bourgogne, duc de Bourgogne, seigneur de Coligny de 1285 à 1289

Profitant de la mort du dauphin Jean, le duc de Bourgogne Robert II, souhaitant accroître son territoire, entre en guerre avec Humbert de la Tour du Pin. Finalement un accord est passé en 1285. Le duc laisse à Humbert le titre de dauphin, mais en échange celui-ci lui cède la région du Revermont. Le comte de Savoie se considérant lésé par ces arrangements, se met d'accord avec le duc pour faire un échange de possessions en 1289.

Maison de Savoie

.Amédée V (1253 -1323) seigneur de Bagé et de Bresse de 1272 à 1323 comte de Savoie de 1285 à 1323, seigneur de Coligny de 1289 à 1323

Amédée V, comte de Savoie épouse en 1272 Sybille de Bagé.

En 1310, la transaction de 1289 est validée : Amédée V est investi de la seigneurie de Coligny par son empereur Henri VII de Luxembourg devenant ainsi souverain de pratiquement toute la Bresse.

c.Seigneurie de Thoire et Villars

Villars-les-Dombes, s’appelait autrefois Villars en Bresse ce qui montrait son appartenance à la Bresse.

Maison de Thoire-Villars

La seigneurie de Villars est attestée en archives dès 940 ; près de Matafelon, sur un rocher, un seigneur bâtit un château-fort vers 1050 ; ses descendants, les sires de Thoire deviennent ensuite de puissants seigneurs dans l’est du Haut-Bugey ; à la même époque apparaissent les seigneurs de Villars qui possèdent la Dombes avec une partie du Lyonnais ; par mariage en 1186, ces deux familles s’unissent et fondent la seigneurie de Thoire et Villars.

.Humbert VI ( ? ), seigneur de Thoire et Villars de ? à 1394

A la mort de son neveu Humbert VII, il hérite des terres du Haut Bugey ainsi que le comté de Genève qu’il cède le 5 aout 1401 au comte de Savoie Amédée VIII pour 45 000 florins d’or et au duc de Bourgogne Louis II de Bourbon moyennant 30 000 francs or, les seigneuries en Dombes, de Trévoux, Ambérieu et du Châtelard.

.Humbert VII ( ?- 1400), seigneur de Thoire et Villars de 1394 à 1400

Fils du précédent.

Il épouse Marie de Genève, fille du comte Amédée III de Genève, petite-fille du comte de Savoie Amédée V. Il succède à son beau-père comme comte de Genève en 1394.

.Odon (1354-1414) seigneur de Thoire et Villars, comte de Genève de 1400 à 1401

Fils de Jean de Thoire-Villars, frère d’Humbert VI. Il épouse Alix des Baux.

Damoiseau du comte de Savoie Amédée VI dit le comte vert, puis capitaine du pape Clément VII (Robert de Genève), frère de Marie de Genève, puis au service d’Amédée VIII de Savoie.

2. Seigneurie du Valromey

Pour le Valromey, l’homme fort au milieu du XI° siècle est le comte de Genève Gérold qui compte, parmi les domaines dont il a été investi par l’empereur Henri IV, le Val, le Colombier et la Michaille. Le Valromey et la Michaille constituent la dot de Jeanne de Genève en 1077 lors de son mariage avec Amédée II comte de Maurienne et de Belley, petit-fils d’Humbert Ier aux Blanche Mains fondateur de la Maison de Savoie, cession qui ne peut être que confirmer par l’empereur Henri IV qui a épousé Berthe la sœur d’Amédée.

Maison de Beaujeu

.Humbert III "le Vieux" ( ?-1194), seigneur de Beaujeu

Fils de Guichard III ; beau-frère de Guigues Ier, comte de Forez.

Vers les années 1140, Humbert III de Beaujeu dit « le Vieux » épouse Alise de Savoie, fille du comte de Savoie Amédée III. Humbert est vassal du roi de France alors qu’Amédée III est vassal de l’empereur ; il ne reçoit le Valromey qu’en propriété-jouissance, Amédée conservant la suzeraineté sur ce fief.

.Louis Ier de Forez ( ?-1295), prince des Dombes, comte de Forez, seigneur de Beaujeu, seigneur de Bugey et de Valromey de 1272 à 1295

Fils de Renaud Ier, comte de Forez et d’Isabelle de Beaujeu ; frère de Guigues VI.

En 1272, il est seigneur du Valromey mais par un traité de 1285, il échange ses possessions lointaines du Bugey-Valromey à son beau-frère Louis de Savoie, baron de Vaud, frère cadet du comte Amédée V contre deux seigneuries de Champléon en Forez et Lai en Beaujolais. Désormais les Beaujeu ne possèdent plus rien en Valromey devenu possession de la branche cadette de la maison de Savoie.

Maison de Savoie-Vaud

.Louis Ier de Vaud-Savoie, seigneur de Valromey de 1295 à 1303, seigneur de Vaud de 1285 à 1303

Fils de Thomas, ancien comte de Flandre, et de Béatrice Fieschi, nièce du pape Innocent IV. Petit-fils de Thomas Ier, neveu de Pierre II.

Il se prépare dès 1282 à la succession de son oncle Philippe Ier, recueillant de nombreux hommages vassaliques en Pays de Vaud et s'assurant de l'appui de l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg, pourtant ennemi des Savoie. En 1283, il épouse Jeanne de Montfort, veuve de Guigues VI, comte de Forez, seigneur de Bugey et de Valromey qui lui amène en dot ces deux dernières seigneuries. Il consolide la présence savoyarde dans l'ouest lémanique en fondant Morges en 1286, en écrasant les Cossonay-Prangins et en confisquant leurs châtellenies de Prangins et de Nyon. La rivalité qui éclate avec son frère le comte Amédée V de Savoie nécessite de nombreux arbitrages, qui lui accordent le Pays de Vaud, le Bugey et le Valromey, il mène une politique personnelle en direction de la Franche-Comté et de l'Alémanie, se faisant prêter de nombreux hommages vassaliques et étant reçu bourgeois de Berne en 1297. Aspirant à une dignité princière, il porte à plusieurs reprises le titre de comte et frappe monnaie, en dépit des protestations des évêques de Genève et de Lausanne.

.Louis II de Savoie, seigneur de Valromey de 1303 à 1350

Fils du précédent.

.Catherine de Savoie-Vaud, seigneur de Valromey de 1350 à 1359

Fille du précédent et sa seule héritière.

En 1350 elle vend par un acte signé à Morges le 30 janvier 1359 et ratifié par un acte passé le 9 juillet 1359 chez l’évêque de Belley, Guillaume de Martel le Valromey au Comte de Savoie Amédée VI le comte vert. Maison de Savoie

.Amédée VI dit le comte vert, seigneur de Valromey en 1359, comte de Savoie, de Maurienne

Tous les vassaux du Valromey reçoivent notification de leur nouveau suzerain direct qui entreprend une grande chevauchée dans ses nouvelles terres pour recevoir l’hommage qui se fait à Belley du 8 au 10 juillet 1369. A partir de cette date ce sont les comtes de Savoie puis ducs de Savoie qui possèdent la seigneurie du Valromey.

.Amédée VII dit le comte rouge, seigneur du Valromey en 1383, comte de Savoie

.Amédée VIII de Savoie (1383-1451), comte puis duc de Savoie en 1416

Au début du XV° siècle, la maison de Savoie possède donc la quasi-totalité de l’Ain actuel sauf une partie de la Dombes qui appartient au seigneur de Beaujeu. Elle le reste jusqu’en 1601. Les terres de l'abbaye de Nantua et de l'évêque de Belley ne font alors pas partie juridiquement des États de Savoie mais en dépendent.

.Louis de Savoie (1413-1465) duc de Savoie de 1440 à 1465

Fils du précédent.

.Philippe II de Savoie, dit Sans Terre, appelé aussi Philippe de Bresse, (1438-1497) comte de Bresse en 1460, puis duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne de 1496 à 1497.

Fils de Louis Ier, duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, et d'Anne de Lusignan.

La seigneurie de Bagé est élevée au rang de comté en 1460. Bourg est alors choisi par les ducs de Savoie comme capitale de la Bresse Philippe commence par se révolter contre son père, mais est vaincu et Louis XI, sur la demande de son père, le retient prisonnier au château de Loches de 1464 à 1466. Libéré, il prend le parti du duc de Bourgogne Charles le Téméraire contre Louis XI. Il est un des principaux opposant aux ducs de Savoie et aux régentes. Il finit par devenir duc de Savoie à la mort de son petit-neveu Charles II, et meurt l'année suivante. Il épouse Marguerite de Bourbon (1438 -1483), fille de Charles Ier, duc de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne avec laquelle il a :

-Louise (1476 -1531), marié en 1488 à Charles d’Orléans, comte d'Angoulême dont le fils est le futur roi de France François Ier -Jérôme.

-Philibert, futur duc de Savoie Philibert II.

Veuf, il se remarie en 1485 avec Claudine de Brosse avec laquelle il a 6 enfants dont :

-Charles futur duc de Savoie Charles III.

-Philippe, futur comte de Genève, baron de Faucigny, duc de Nemours.

Le château de Pont-D'ain, restauré par le comte de Savoie Amédée V le Grand devient l'une des résidences favorites des princes : Louise de Savoie, mère de François Ier, y naît.

.Philibert II le Beau (1480 -1504), comte de Bresse, duc de Savoie de 1496 à 1504

Fils du précédent. Marié en 1496 à Yolande de Savoie (1483-1499) puis en 1501 à Marguerite d'Autriche (Habsbourg) (1480-1530).

Marguerite d’Autriche (sœur de l’empereur Maximilien de Habsbourg et donc fille de Marie de Bourgogne, petite-fille de Charles le Téméraire et donc la tante de l’empereur Charles Quint) réside avec lui au château de Pont d’Ain. En 1504, à la mort de Philibert, elle reçoit les pays de l'Ain en douaire. Si les liens entre la maison de Savoie et celle de Luxembourg ont été profitables à la première en la faisant accéder à la couronne ducale, cette union entre la maison de Savoie et celle de Habsbourg aurait peut-être pu permettre à la maison de Savoie d’obtenir la couronne du royaume de Bourgogne revendiquée sans succès par Charles le Téméraire si la mort subite de Philibert n’était pas intervenue. A partir de 1506 en son souvenir de son cher époux, Marguerite fait édifier l’abbatiale de Brou ou elle repose à ses côtés. (Un des vitraux de l’église abbatiale représente à gauche de l’écu de Marguerite l’aigle bicéphale du Saint Empire).

3. Evêché de Belley / Seigneurie du Bugey,

Humbert Ier de Savoie apparait, en 1003, pour une concession faite par son parent l'évêque de Belley. Il semble que l'on se serve de cet événement pour donner le titre de comte du Bugey à la Maison de Savoie, confirmé (?) lors de la signature du concile d'Anse en 1025. En 1077, le comte Amédée II de Savoie reçoit de l'empereur Henri IV du Saint-Empire la confirmation de ses droits sur la seigneurie du Bugey. Vers 1086 apparaissent sur les bords de l’Ain, les seigneurs de Thoire qui étendent leurs fiefs sur une grande partie du Haut Bugey en s’opposant violemment aux prieurs de l’Abbaye de Nantua fondée au VII°.

L’évêché de Belley dépend alors de l’archevêché de Besançon (comme ceux de Lausanne et de Bâle). Dans le Bas Bugey, les évêques de Belley possèdent maints territoires et villages.

Au XIIe siècle, le peuplement du Bugey s'accélère et la densité de population devient forte. Constitué autour de l'évêché de Belley, le Bugey s'étend au fur et à mesure des conquêtes de la Maison de Savoie, à tous les pays situés entre le Rhône et l'Ain, y compris le Valromey, la Michaille. Au 13e siècle les évêques de Belley et les abbés du voisinage possèdent la majeure partie du Bugey. Mais ils sont peu à peu contraints de passer sous la mouvance des comtes de Savoie.

.Aimon, comte-évêque de Belley vers 1034 à 1044

.Gauceran, comte-évêque de Belley vers 1070

En 1077, Amédée II de Savoie est investi de la seigneurie du Bugey par l’empereur Henri IV.

.Ponce I, comte-évêque de Belley de 1091 à 1116

.Amicon, comte-évêque de Belley de vers 1118 à 1121

.Ponce de Balmey, comte-évêque de Belley de vers 1124 à 1129

De la famille des seigneurs du Balmey dans le Bugey ; fils de Notthbold du Balmey.

.Berlion de la Tour, comte-évêque de Belley vers 1134

De la famille de la Tour du Pin en Dauphiné.

.Bernard de Portes, comte-évêque de Belley de 1134 à 1140

.Guillaume I, comte-évêque de Belley de 1141 à 1160

.Ponce de Thoire, comte-évêque de Belley vers 1162

De la famille de Thoire.

.Anthelme, comte-évêque de Belley, de 1163 à 1178, prince-évêque à partir de 1175

Né en 1107 au château de Chignin en Savoie. Nommé évêque, il attend un ordre du pape Alexandre III contre lequel l’empereur a désigné comme anti-pape Victor IV pour accepter sa nomination. Il doit défendre ses terres du Bugey contre les prétentions du comte de Savoie Humbert III. Mécontent de l’attitude de son vassal le comte de Savoie Humbert III qui lui a refusé le passage par le col du Mont Cenis à son retour d’Italie et malgré le fait qu’Anthelme soutienne le pape Alexandre III, l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen le fait prince du Saint Empire en l’investissant de tous les pouvoirs temporels sur la ville et ses dépendances. Il meurt en 1178.

.Renaud, prince-évêque de Belley de 1178 à 1184

.Arthaud, prince-évêque de Belley de 1188 à 1190

.Eudes II, prince-évêque de Belley en 1190

.Bernard II, prince-évêque de Belley de 1198 à 1207

Au 13e siècle les évêques de Belley et les abbés du voisinage possèdent la majeure partie du Bugey. Mais ils sont peu à peu contraints d'associer les comtes de Savoie.

.Benoit de Langres, prince-évêque de Belley vers 1208

.Bernard de Thoire-Villars, prince-évêque de Belley de 1211 à 1212

.Boniface de Thoire-Villars, prince-évêque de Belley vers 1213

.Jean de Rotoire, prince-évêque de Belley

.Pierre de Saint-Cassin, prince-évêque de Belley

.Boniface de Savoie ( ? -1270), prince-évêque de Belley de 1232 à 1240, archevêque de Canterbury et primat d’Angleterre en 1241, évêque de Durham,

Fils du comte de Savoie Thomas Ier.

.Bernard IV, prince-évêque de Belley en 1244

.Pierre II, prince-évêque de Belley de 1244 à 1248

.Thomas de Thorimbert, prince-évêque de Belley en 1250

.Jean de Plaisance, prince-évêque de Belley de 1255 à 1269

.Bernard V, prince-évêque de Belley vers 1272

.Berlion d'Amisin, prince-évêque de Belley de vers 1280 à 1282

.Guillaume, prince-évêque de Belley de 1282 à 1287

.Pierre de La Baume, prince-évêque de Belley de 1287 à 1298

Il ne reste plus aucune trace aujourd’hui du château que l’on appelait de la Baume en Bugey. La Maison de Baume, seigneur de Ratte est originaire du Bugey et compte parmi les plus anciennes familles nobles de la province de Bresse.

.Jean de La Baume, prince-évêque de Belley

En 1300, le Bas-Bugey est le théâtre d’une guerre entre le Dauphin et le comte de Savoie ; le château d’Ambérieu est pris par le dauphin.

.Thomas II, prince-évêque de Belley en 1309

.Jacques de Saint-André, prince-évêque de Belley en 1325

.Amédée, prince-évêque de Belley en 1345

.Guillaume de Martel, prince-évêque de Belley de 1356 à 1368

. Edouard de Savoie-Achaïe, prince-évêque de Belley de 1370 à 1373 puis évêque de Sion avant de devenir archevêque de Tarentaise 1386 - 1395.

Fils du comte de Piémont Philippe Ier de Savoie.

.Nicolas de Bignes, prince-évêque de Belley de 1374 à 1394

.Rodolphe de Bonet, prince-évêque de Belley vers 1401 à 1413

Le 29 janvier 1401, l'évêque de Belley, Rodolphe de Bonet, accepte de signer un acte d'alliance avec le comte de Savoie (le pape sanctionne en 1408 par une bulle la validité de cet accord).

.Guillaume Didier, prince-évêque de Belley de 1430 à 1437

.Perceval de La Baume, prince-évêque de Belley

.Aimeric Segaud, prince-évêque de Belley

.Pierre de Bolomier, prince-évêque de Belley vers 1458

De la famille des Fabius de Rome ayant pris le nom de Bolomier avec le fils de Gérard, Guillaume de Bolomier, ambassadeur à Rome du Duc de Savoie près du pape Martin V.

.Guillaume de Varax, prince-évêque de Belley vers 1461 à 1467

La seigneurie de Varax est dans la première moitié du XIIIe siècle, sous la suzeraineté des comtes de Savoie. Cette seigneurie passe ensuite à une famille qui en porte le nom et dont le représentant connu le plus ancien est Ulrich de Varax, chevalier et seigneur de Romans, vivant dans les années 1250-1272. Georges de Varax est conseiller et Chambellan du duc Louis Ier de Savoie (1461-1465)

.Jean de Varax, prince-évêque de Belley de 1467 à 1505

.Claude d’Estavayer, prince-évêque de Belley en 1507

.Philippe de la Chambre prince-évêque de Belley vers 1530

Il appartient à la Maison de la Chambre, importante famille de la Maurienne en Savoie.

.Antoine de La Chambre, prince-évêque de Belley de 1536 à 1575 .Jean-Godefroi Ginod, prince-évêque de Belley de 1576 à 1604

Sous son règne, les terres de l’évêché comme celles du Bugey appartenant à la maison de Savoie sont rattachées au Royaume de France.

4. Seigneurie / Baronnie de Gex,

Le Pays de Gex appelé pagus equestris dépend alors de l'archevêché de Besançon. La seigneurie de Gex s'étend elle du pont de Bargen sur l'Aar (canton de Berne) à Chatillon en Michaille. Elle comprend une dizaine de châteaux : Gex, Divonne, La Bâtie, Horimont (Gex), Flies, Pouilly, St Jean de Gonville, Pougny, Ecorans, Pierre, la Cluse de Gex (Collonges), répartis sur la frontière et sur le chemin du pied du Jura. Le Comte de Genève devient maître de la baronnie de Gex entre 1124 et 1137.

Maison de Genève

.Amédée Ier (décédé en 1211) seigneur de Gex de ? à 1211

Fils du comte de Genève Amédée Ier. Il est l’époux de Poncia, fille d’Humbert de Thoire-Villars ; lui succède son fils Etienne, seigneur de Gex de 1211 à 1235.

.Etienne ( ?- 1235) seigneur de Gex de 1211 à 1235

Fils du précédent.

.Amédée II ( ?-1247), seigneur de Gex de 1235 à 1247

Frère du précédent ; deuxième fils d’Amédée Ier. Il épouse Béatrice fille d’Ulrich IV de Bagé.

.Léonète ( ?-1302), baronne de Gex de 1247 à 1302

A la mort d'Amédée II de Gex, sa fille aînée Léonète hérite de la baronnie et épouse Simon II de Joinville, fils de Simon de Joinville et de Béatrice ou Béatrix d’Auxonne, dame de Marnay. Simon II est le beau-frère de Pierre de Savoie. A la mort de celui-ci dont la fille Béatrice de Faucigny a épousé Guigue Dauphin de Viennois, les Joinville se trouvent dans un inextricable jeu d'alliances

Maison de Joinville

.Guillaume de Joinville (? - 1310), baron de Gex de 1302 à 1310

Fils des précédents ; marié à Jeanne, fille de Louis Ier de Savoie baron de Vaud et fils de Thomas II de Piémont, de qui il a :

.Hugues de Joinville (? - mai 1347/48), baron de Gex de 1310 à 1347/1348

Marié à Jeanne fille d'Henri de Montfaucon ; n'ayant pas eu d'enfant, sa succession revient à sa sœur Éléonore, mariée à Hugues de Genève.

.Hugues de Genève, dernier baron de Gex de 1347/1348 à 1353

Fils d'Amédée II de Genève, marié à Éléonore de Joinville (? - 1360), par qui lui échoit le titre de baron.

Maison de Savoie

En 1353 la ville de Gex est prise par les Savoyards, et le pays de Gex est incorporé pendant 250 ans aux Etats de Savoie ; cette annexion est entérinée par le traité de Paris de 1355.

En 1535, Bourg en Bresse est pris par les Français et repris par le duc Philibert Emmanuel de Savoie qui la transforme en place forte.

A la mort du duc de Milan, duché sur lequel François Ier maintient ses prétentions, celui-ci commence la Huitième guerre d’Italie ( 1536-1538) et au début janvier 1536 avant de se rendre combattre en Italie occupe avec 40 000 Hommes la Bresse, le Bugey, le Valromey , le Faucigny ,une partie du Genevois, la Savoie propre, la Tarentaise et la Maurienne tandis que ses alliés de fait les Bernois envahissent les Etats de Vaud, le Pays de Gex, la partie du Genevois autour de Saint Julien en Genevois et le Chablais de Genève à la Dranse de Thonon et les Valaisans occupent le Chablais de la Dranse jusqu’à Saint Maurice avec les vallées d’Abondance et d’Aulps. Le 30 janvier 1536, les armées bernoises investissent Divonne et Gex. Au printemps Berne est maîtresse du pays de Gex. Son administration est confiée à un bailli nommé pour six années et responsable devant le Grand Conseil de Berne. Six baillis se succédent de 1536 à 1567, tous appartiennent à de grandes familles bernoises. Ils conservent les structures judiciaires et administratives, confirmant dans leurs droits les seigneurs locaux ; seule la seigneurie de Fernex, bien ecclésiastique, est vendue à Hugues bâtard de Gingins. La onzième et dernière guerre d’Italie de 1556 à 1559 se termine à la suite de la victoire de Saint Quentin par le duc de Savoie Emmanuel Philibert, général des armées impériales de l’empereur et de Philippe II roi d’Espagne qui contraint le roi de France Henri II de signer le traité de Cateau-Cambrésis par lequel il doit restituer au duc de Savoie les territoires occupés par la France dont la Bresse et le Bugey.

En 1560, François II rend leurs possessions aux ducs de Bourbon qui récupérèrent également leurs possessions de Dombes. L'empereur n'ayant pas eu l'ambition de contrer le roi de France lorsqu'il avait confisqué ce territoire relevant pourtant de sa juridiction, les ducs de Bourbon érigent la Dombes en petite souveraineté indépendante dont Trévoux devint, suite logique à l'ampleur prise par la ville à la fin du Moyen Âge, la capitale. Le duc de Savoie engage les hostilités contre Genève dans l'été de 1585.

.Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580- 1630)

Fils d’ Emmanuel-Philibert, il conserve le vieux rêve de reconstituer à son profit le Royaume de Bourgogne-Provence ; mais son espoir s’avère vain. Henri IV envahit le pays, détruit un grand nombre de Châteaux ; Bourg en Bresse tombe mais sa citadelle une des plus imprenables résistent six mois. Henri IV occupe la Savoie en 1600 (deuxième occupation par la France). Pris, repris, le Pays de Gex est systématiquement pillé par les troupes ducales et genevoises. Celles-ci, avec l'appui d’Henri IV occupent finalement le pays.

Charles Emmanuel Ier doit signer le 17 janvier 1601 le Traité de Lyon par lequel il cède au royaume de France la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex qui sont rattachées alors au duché de Bourgogne. Seul le « Chemin des Espagnols » (Vallée de la Valserine) reste au Duché de Savoie (par ce chemin commençant à Gênes, et passant par la commune de Clarafond, le pont de Grésin, la vallée de la Valserine et la Franche-Comté, les troupes espagnoles peuvent aller, grâce à l’alliance avec les Ducs de Savoie et les Ducs de Lorraine, de la Méditerranée au Pays-Bas sans toucher les territoires français.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 17:12

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En 959, la Lotharingie proprement dite c'est-à-dire la Lorraine est scindée en deux parties: le duché de Lorraine qui s'étend de la mer du Nord au Luxembourg, et le duché de Haute Lorraine qui correspond à peu près au territoire de la future Lorraine, y compris le pays de Trêves. Les villes des Trois-Evêchés - Metz, Toul et Verdun - sont exclues du partage. Le Comté de Bar est constitué et il est donné au duc de Haute Lorraine. Il fait partie en 962 de l’empire.

Le comté de Bar dans la première partie du XIII° est constitué de quatre baillages : les baillages de Bassigny, de Bar, de Clermond en Argonne à l’Ouest de la Meuse et de Saint Mihiel à l’Est qui entourent l’évêché-comté de Verdun. Les villes principales sont Bar le Duc, Clermont en Argonne à l’Ouest de la Meuse et de Longwy, Pont à Mousson et Stenay à l’Est de la Meuse. Le comté de Bar relevant du Saint Empire romain germanique, l’empereur est son suzerain. Mais le comté de Bar se trouve, par sa frontière occidentale, limitrophe du comté de Champagne, avec lequel il est souvent en lutte.

Comtes puis ducs de Bar :

Maison d’Ardenne

.Frédéric Ier ou Ferry (v.912-978), comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie de 959 à 978

Fils de Wigéric, comte de Bigdau, puis comte palatin de Lotharingie, et de Cunégonde et frère de l’évêque de Metz Adalbéron. Il épouse en 954, Béatrice, fille d’Hugues le Grand, duc de France et d’Hedwige de Saxe, fille de l’empereur Henri Ier avec laquelle il a 4 enfants :

-Henri mort entre 972 et 978.

-Adalbéron II (958-1005) évêque de Verdun et de Metz

-Ida mariée à Radbot d’Altenbourg qui construit le château de Habsbourg dans ce qui deviendra le canton d’Argovie en Suisse.

-Thierry Il fait construire une forteresse à Fains sur la frontière entre le royaume de Francie Occidentale et le royaume de Francie Orientale et échange des fiefs avec l’évêque de Toul constituant progressivement ce qui devient le comté de Bar.

En 959, Otton Ier, roi de Francie Orientale et son frère Brunon, archevêque de Cologne décident de diviser la Lotharingie en deux et le nomment d’abord vice-duc de Lotharingie puis en 977 duc de Lotharingie.

.Thierry Ier (v965 -1027), comte de Bar de 978 à 1024

Fils de Frédéric Ier.

.Frédéric II (v.995-1026) comte de Bar de 1024 à 1033

Fils du précédent ; marié vers 1012 à Mathilde, fille du duc de Souabe Hermann II ; associé à son père ; il meurt une année avant lui.

Il a deux filles Sophie et Béatrix, mariée à Boniface, Marquis de Montferrat, mère de Mathilde, Comtesse de Toscane, « la grande comtesse Mathilde ».

.Sophie (v 1020-1095) comtesse de Bar de 1033 à 1095 et de Mousson épouse de Louis Ier, comte de Montbéliard, d’Altkirch et de Ferrette

Sœur du précédent. A la mort de son frère Frédéric II, sa tante Gisèle de Souabe, mariée à l'empereur Conrad II, la recueille ainsi que sa sœur Béatrice. Sophie hérite des comtés de Bar et de Mousson ; en 1033, elle hérite de la seigneurie de Saint Mihiel ; elle épouse en 1038 Louis de Montbéliard-Mousson, investi des comtés de Montbéliard, d’Altkirch et de Ferrette par l’empereur Henri III. En 1090, Sophie fait édifier un château fort à Saint Mihiel.

Maison de Montbéliard

.Thierry Ier de Montbéliard (vers 1045 -1105), comte de Bar de 1095 à 1105, comte de Montbéliard sous le nom de Thierry II, d'Altkirch et de Ferrette (Thierry Ier) de 1073 à 1105, seigneur de Mousson (Thierry II) de 1093 à 1105, comte de Verdun de 1100 à 1105.

Fils des précédents.

A la mort de son père, il revendique la succession du duché de Lorraine, que son père avait déjà revendiqué. Il est débouté par l'empereur Henri IV. En représailles, il ravage l'évêché de Metz, mais est vaincu par Adalbéron III, évêque de Metz, et le duc de Lorraine Thierry II. En 1100, l'évêque de Verdun lui donne le comté à titre viager, mais les rapports entre les pouvoirs temporel et spirituel sont mouvementés.

.Renaut Ier dit le Borgne (vers 1080-1149), comte de Bar de 1105 à 1149 et seigneur de Mousson de 1105 à 1149, comte de Verdun de 1105 à 1134, comte de Briey et de Stenay de vers 1130 à 1149

Fils de Thierry, comte de Montbéliard, d’Altkirch, de Ferrette et de Bar, et d’Ermentrude de Bourgogne.

À la mort de son père, il obtient le comté de Bar et Mousson en partage. L’évêque de Verdun lui confie également la même année le comté de Verdun. Pendant la querelle des Investitures, il est partisan du pape et combat l’évêque de Verdun, partisan de l’empereur. En 1113, l’empereur Henri V intervient dans la lutte, prend d’assaut le château de Bar et fait prisonnier Renaud. Il n’est libéré qu’après avoir juré fidélité et prêté hommage. Il combat pour agrandir son domaine meusien en cherchant à récupérer l’héritage meusien de Godefroy le Bossu. Il obtient Stenay et Mouzay de l’évêque de Verdun en 1100, puis Briey vers 1130. En 1134, en abandonnant ses droits sur le comté de Verdun, il reçoit Clermont-en-Argonne. Godefroy de Bouillon avait cédé Bouillon à l’évêque de Liège en précisant que s’il revenait de Terre Sainte, il pourrait racheter la seigneurie, et autorisant cette faculté à ses héritiers. Renaud, se posant en héritier, réclame la ville et, devant le refus de l’évêque, la prend d’assaut en 1134.Trop souvent en conflit avec l’évêque, étant trop puissant pour être le vassal de ce dernier, il est plusieurs fois déposé du comté de Verdun et y renonçe définitivement en 1134. D’une première épouse inconnue, il a un fils né en 1113 et mort avant 1120. Il se remarie en 1120 avec Gisèle de Vaudémont, veuve de Renard III, comte de Toul, fille de Gérard Ier, comte de Vaudémont, et d’Hedwige de Dagsbourg, et a:

-Hugues (v.1120- 1141).

-Agnès, mariée vers 1140 à Albert Ier, comte de Chiny

-Clémence

-Renaud II (1115-1170), comte de Bar -Thierry (- 1171), 54e évêque de Metz

-Mathilde, mariée à Conrad Ier, comte de Kyrbourg -Stéphanie, dame de Commercy, mariée à Hugues III, sire de Broyes

.Renaud II (1125-1170), comte de Bar de 1150 à 1170

Fils du précédent ; il épouse en 1155 Agnès la fille du comte Thibaud II de Champagne ; or en 1160, il devient le beau-frère par alliance du roi de France Louis VII lorsque celui-ci épouse Alix, la sœur d’Agnès. A partir de cette époque, alors que les ducs de Lorraine épousent des princesses de l’empire, les comtes de Bar épousent eux des princesses du royaume de France.

.Henri Ier (vers 1158-1190), comte de Bar de 1170 à 1190

Fils du précédent.

.Thibaut Ier (1158-1214) comte de Bar de 1190 à 1214, comte de Luxembourg, comte de Vaudémont, seigneur de Marville

Frère d’Henri Ier ; marié en troisièmes noces en 1197 à Ermesinde Ire, comtesse de Luxembourg, fille d’Henri IV, comte de Luxembourg et de Namur, et d’Agnès de Gueldre. En 1202, pour obtenir son soutien, le duc de Lorraine lui cède la suzeraineté sur le comté de Vaudémont. Il épouse la comtesse Ermesinde de Luxembourg, fille de Henri l’Aveugle, comte de Luxembourg. En 1214, à sa mort, la Comtesse Ermesinde hérite du château et du territoire de Marville.

.Henri II (1190-1239) comte de Bar de 1214 à 1239

Fils du précédent.

.Thibaut II (vers 1221- 1291), comte de Bar de 1239 à 1291, co-seigneur de Marville de 1270 à 1291,

Fils du précédent.

Par une charte d'affranchissement datée du 20 avril 1261, il crée la ville de Pont à Mousson qui relève du Saint-Empire romain germanique. À sa tête se trouvent un maître-échevin, sept jurés et dix-huit conseillers de justice. La cité comprend quatre paroisses : Sainte-Croix, Saint-Laurent et Saint-Jean sur la rive gauche, (diocèse de Toul) et Saint-Martin sur la rive droite (diocèse de Metz). Puis en 1270, il achète en indivision avec le comte Henri V de Luxembourg à Waleran III de Montjoie-Faulquemont, le petit-fils d’Ermesinde, la seigneurie de Marville. Pour contrer les empiétements du roi Philippe le Bel dans le Barrois, l’empereur Rodolphe de Habsbourg, élu en 1273, fait enquêter dans les Pays de la Meuse ; mais ses commissaires ont beau constater en 1288 que « li evesque de Verdun ont toujours repris toute leur temporalitei dou rot d’Allemengne ou de l’empereur », le grignotage français continue.

.Henri III (1259-1302), comte de Bar de 1291 à 1302

Fils du précédent ; marié en 1293 à Aliénor d’Angleterre (1269-1297), fille d’Édouard Ier, roi d’Angleterre, et d’Aliénor de Castille.

Le voisinage du comté de Bar avec celui de Champagne devient redoutable pour lui, lorsque la Champagne, par suite du mariage de Jeanne, héritière de ce fief, avec le roi Philippe IV le Bel, est réunie au royaume de France. Dès lors, le comté de Bar ne cesse plus d’être l’objet des convoitises françaises, et c’est précisément Philippe le Bel qui fait sur lui le premier acte sérieux de mainmise. Alors qu’Edouard Ier, roi d’Angleterre, est en guerre avec Philippe le Bel, Henri prend le parti de son beau-père, envahit la Champagne. Philippe le Bel envoie contre lui une armée et le fait prisonnier et le détient à Bruges. A la même époque, Albert de Habsbourg, duc d’Autriche, dispute la couronne impériale à Adolphe de Nassau, le tue dans une bataille et se fait élire empereur à sa place. Mais, comme la couronne lui est contestée, et qu’en particulier le pape ne veut pas le reconnaître, Albert de Habsbourg sollicite l’alliance de Philippe le Bel, avec lequel il a des entrevues, dont la plus connue est celle de Vaucouleurs. Par le traité de Bruges, à l'été 1299, Albert aurait abandonné, selon l’interprétation française toutes prétentions du Saint-Empire romain germanique sur la partie du Barrois que l’on appellera « mouvant » c'est-à-dire toujours théoriquement dans l’empire mais dans la mouvance du royaume de France situés à l’ouest de la Meuse. Or Philippe le Bel s’exprime ainsi dans le traité de Bruges : « ledit Comte nous a fait hommage lige, pour nous et pour notre hoir (héritier), roi de France, de Bar et de la Châtellenie de Bar et de toutes les choses qu’il tenait en franc-alleu par deçà la Meuse vers le royaume de France, si comme elles sont nommées, expressées, et devisées en ses lettres baillées à nous sur ce, et de tout ce entièrement qu’il tenait en franco-alleu, en quelque lieu que ce soit, et quelconque chose que ce soit, par deçà de la Meuse vers le royaume de France ». Peu de temps après, en 1301, Philippe le Bel impose au comte Henri III, prisonnier à Bruges, comme condition de sa mise en liberté, la reconnaissance de la suzeraineté du roi de France pour cette même partie, qui devient à tout jamais ce qu’on appelle le Barrois mouvant, c’est-à-dire la partie du Barrois pour laquelle le comte de Bar, auparavant vassal de l’empereur, était devenu celui du roi, tandis que l’autre partie du comté, celle qui était située sur la rive droite de la Meuse, restait sous la suzeraineté de l’Empire, et s’appelait le Barrois non-mouvant. Ce traité du Bruges et cette mouvance du Barrois qu’il entraîne, deviennent la cause d’interminables débats entre le Barrois et la France, les souverains de l’un et de l’autre s’efforçant d’en restreindre ou d’en étendre l’effet suivant leur intérêt propre. Comme en réalité, il ne stipule à la charge du souverain barrois que l’hommage-lige à l’égard du souverain français, on doit, pour bien l’entendre, déterminer en quoi consistait l’hommage-lige. L’hommage-lige, ou ligence, oblige le vassal envers le suzerain dont il est l’homme à trois services : -d’abord, et principalement, le service militaire, de sa personne et de la force armée dont il disposait, quand il en était ; -ensuite l’obligation d’assister le suzerain dans sa cour de justice et de prendre part au jugement des contestations portées devant lui ; . - enfin l’obligation de reconnaître la cour de justice du suzerain en cas de procès entre vassaux de la même mouvance. Mais elle ne transforme nullement l’homme-lige en sujet de sorte qu’en droit féodal, la mouvance ne consiste nullement en une annexion au royaume à telle enseigne que quarante-neuf ans après le traité de Bruges, le roi Jean le Bon, dans une ordonnance, qualifie le comté de Bar de « lieu voisin de son royaume», par conséquent de pays étranger. En 1301, le Barrois mouvant ne devient donc pas à proprement juridiquement parler une terre française. Néanmoins le tiers du duché de Bar environ, groupés essentiellement autour de Bar-le-Duc, constituent dès lors le Barrois mouvant (relevant du roi de France) divisé en deux bailliages : celui de Bar-le-Duc et celui de Bassigny : le bailliage de Bar-le-Duc subdivisé en deux prévôtés : celle de Bar et celle de Souilly et le bailliage de Bassigny.

.Édouard Ier (v.1295-1336), comte de Bar de 1302 à 1336

Fils du précédent ; marié en 1310 à Marie de Bourgogne, fille de Robert II, duc de Bourgogne, et d’Agnès de France.

.Henri IV (v.1323-1344), comte de Bar de 1336 à 1344

Fils du précédent.

.Édouard II (1339-1352), comte de Bar de 1344 à 1352

Fils du précédent.

.Robert Ier de Bar (1344-1411), comte de Bar de 1352 à 1354, marquis de Pont à Mousson de 1353 à 1411 puis duc de Bar de 1354 à 1411

Frère du précédent.

En 1353, son oncle l’empereur Charles IV de Luxembourg érige la ville de Pont à Mousson en marquisat à son profit et le fait accéder ainsi au rang de prince d'Empire siégeant à la Diète. Puis l’année suivante en 1354, son oncle l’empereur érige le comté de Bar en duché. Le duché comprend outre le territoire du comté de Clermond en Argonne, les comtés de Briey et de Stenay, les seigneuries de Marville et Amancy, le comté de Longwy et le marquisat de Pont à Mousson. Mais dès la fin de son règne, le lien de vassalité pour la partie du Barrois dit Mouvant permet à l’autorité française de s’immiscer dans les affaires de cette partie: des agents royaux s’arrogent le droit d’intervenir dans ce Barrois mouvant ; parallèlement ses habitants font de plus en plus appel devant les juridictions françaises dont les décisions leurs sont plus favorables que celles des officiers ducaux. Sous son règne une bande de terre sise au milieu de la partie dite du Barrois mouvant comprenant la seigneurie de Vaucouleurs est achetée en 1355 à Jean de Joinville par Philippe de Valois, seigneurie que par ordonnance de 1365, le roi Charles V rattache directement au comté de Champagne partie intégrante du Royaume.

.Édouard III de Bar (v.1377-1415), marquis de Pont à Mousson, duc de Bar de 1411 à 1415

Second fils du précédent.

Après Azincourt où Edouard III est tué, le duché est gouverné son frère par le cardinal Louis de Bar.

.Louis Ier, (1370/1375-1430), cardinal en 1397, évêque administrateur de Verdun de 1419 à 1423 et de 1424 à 1430, duc de Bar de 1415 à 1430

Frère du précédent.

Il désigne pour lui succéder son petit-neveu René d’Anjou.

Maison d’Anjou

.René Ier d’Anjou (1409-1480) duc de Bar de 1430 à 1480, duc de Lorraine (1431-1453), duc d'Anjou (1434-1480), comte de Provence et de Forcalquier (1434-1480), roi de Naples (1435-1442)

Au décès du cardinal-duc, Louis de Bar le 23 juin 1430, c’est son fils adoptif René Ier d’Anjou époux d’Isabelle de Lorraine qui devient duc de Bar ; sept mois plus, Isabelle succède elle-même comme duchesse de Lorraine à la mort de son père Charles II le 25 janvier 1431 ; la Lorraine et le Barrois ont désormais une histoire liée.

En 1483, le duché de Bar est amputé des seigneuries de Chatel-sur-Moselle et Bainville au profit du domaine royal. La mouvance, de notion purement féodale (acte de foi et hommage), devient au XVIème siècle, judiciaire (appel obligatoire devant des tribunaux français) puis législative et même religieuse (nomination par le roi de France aux abbayes du Barrois mouvant.

Le duché de Bar (avec celui de Lorraine) est annexé par la France en 1766 à la mort du dernier duc de Bar et de Lorraine Stanislas Leszczynski. Veuve de l'empereur Charles Ier d'Autriche, l'impératrice Zita, porta durant son long exil (1918-1989) le titre de « duchesse de Bar » et c'est avec ce titre, inscrit sur son passeport qu'elle put regagner l'Autriche pour une courte visite en 1982.

1. Comté de Bassigny jusqu’en 1190 puis seigneurie, baillage du comté de Bar

Lors du traité de Verdun, en 843, Lothaire Ier reçoit dans sa part, le Bolenois, le Bassigny et le Barrois de l’Aube. Suite à la création du duché de Bourgogne, après 880, avec à sa tête le duc Richard le Justicier, le comté y est annexé.

.Roger II de Laon ( ?- 942), comte de Laon de 926 à 931, comte de Douai de 931 à 941 puis comte de Bassigny-Bolenois de 941 à 942

.Hugues IV de Bassigny ( ?-961), comte de Bassigny-Bolenois de 942 à 961

Fils du précédent.

.Richard (?-?), comte de Bassigny de 961 à ?

Probablement frère de Lambert de Bassigny ou de Clermont, évêque de Langres.

.Roger ( ?-1005) comte de Bassigny de ? à 1005.

Au XI siècle, le comté de Bassigny éclate, la plus grande part se met à relever du comté de Champagne à l'exception d'une partie du Bassigny barrois situé à l'est de la Meuse devenu bailliage de Bassigny partie du comté de Bar comprenant six châtellenies ou prévôtés : Gondrecourt, La Mothe, Bourmont, La Marche, Conflans et Châtillon, qui, à partir de 1301, relève du Barrois dit mouvant.

2. Baillage de Bar le Duc

Au XIe siècle, Frédéric II, Duc de Bar, n’a pour héritiers que deux filles : Sophie et Béatrix. Béatrix, mariée à Boniface, marquis de Montferrat, est la mère de Mathilde, comtesse de Toscane, « la grande comtesse Mathilde ». Quant à Sophie, elle épouse Louis de Montbéliard, comte de Mousson. C'est à l'époque de Sophie (1033-1093) que Bar le Duc se développe ; deux nouveaux quartiers sont mis en place lui permettant de devenir la capitale du comté puis duché de Bar.

3. Baronnie, baillage de Saint Mihiel,

Saint-Mihiel tombe dans l’héritage de la comtesse Sophie de Bar en 1033. Celle-ci est mariée à Louis de Mousson. La Baronnie de Saint Mihiel est le siège du Barrois non mouvant pour lequel le roi de France ne réclame pas l’hommage du duc de Bar. Après le traité de Nimègue de 1678, en période de paix, Louis XIV tente d'agrandir son royaume en profitant des dispositions peu précises des traités de Westphalie de 1648 et du traité de Nimègue qui cèdent à la France des « territoires et leurs dépendances ». Grâce à la création de Chambres de réunion à Metz, Besançon et Brisach, il pense pouvoir mettre la main « légalement » sur la Franche-Comté, l’Alsace et une partie de la Lorraine. La chambre de Metz par arrêt du 2 juin 1683, les seigneuries, prévôtés et châtellenies de Pont-à-Mousson, Saint-Mihiel sont annexées au Royaume de France. Devant ces coups de force, La Suède, les Provinces-Unies, vite rejointes par l'Empereur romain germanique et son cousin le roi d'Espagne, forment une alliance pour obliger Louis XIV à restituer ces « Réunions ». Cela devient la Ligue d’Augsbourg du 18 juin 1682. La guerre éclate en 1689. Au règlement de cette guerre par le traité de Ryswick en 1697, tous les territoires « réunis » font alors retour à leurs anciens possesseurs ou suzerains, sauf la Basse-Alsace et Sarrelouis fondée par Louis XIV (aujourd'hui en Sarre allemande). Saint Mihiel reste possession du duché de Bar et de Lorraine jusqu’en 1766.

4. Comté, baillage de Clermont en Argonne,

À la mort de son père en 1105, Renaud Ier devient comte de Bar et de Mousson en partage. L’évêque de Verdun lui confie également la même année le comté de Verdun dont dépend alors le baillage de Clermont en Argonne. Pendant la Querelle des Investitures, il est partisan du pape et combat l’évêque de Verdun, partisan de l’empereur. En 1113, l’empereur Henri V intervient dans la lutte, prend d’assaut le château de Bar et fait prisonnier Renaud. Il n’est libéré qu’après avoir juré fidélité et prêté hommage. Il combat pour agrandir son domaine meusien en cherchant à récupérer l’héritage meusien de Godefroy le Bossu. Il obtient Stenay et Mouzay de l’évêque de Verdun en 1100, puis Briey vers 1130. En 1134, l’évêque de Verdun Adalbéron de Chiny lui retire le comté de Verdun mais en abandonnant ses droits sur le comté de Verdun, il reçoit Clermont-en-Argonnes. En 1419 a lieu la réunion des comtés de Bar et du duché de Lorraine qui fait passer le comté de Clermont sous la suzeraineté des comtes puis ducs de Bar et ducs de Lorraine. Mais les rois de France considèrent que le comté de Clermont en Argonne relevait non pas des évêques de Verdun mais du comté de Champagne lequel a été réuni au royaume de France de sorte que selon leurs juristes le comté de Clermont fait partie du Barrois dit mouvant pour lequel le roi de France revendiquent l’hommage ce que contestent les ducs de Bar et de Lorraine. Mais par le traité de Romilly de 1539, François Ier tout en maintenant la position des rois de France, accepte de suspendre l’exercice de son droit à l’hommage pour cette terre. Le Comté est occupé par la France en 1632. La citadelle de Clermont en Argonne est assiégée en 1654 par l’armée de Louis XIV commandée par Clerville puis par Vauban. Le comté doit être cédé à Louis XIV par le duc de Bar et de Lorraine Charles IV au traité des Pyrénées de 1659.

5. Comtés de Briey et de Stenay (Briey, Stenay, Mouzay, Dun sur Meuse)

Briey est un carrefour routier conduisant vers Metz, Jarny, Longwy et Longuyon, Verdun, Thionville, le Luxembourg et les Ardennes (Sedan, Charleville-Mézières.) Stenay est une petite ville située sur la Meuse frontière de la Francie Occidentale et de la Francie Médiane. Briey et Stenay sont des fiefs des évêques de Verdun.

.Mathilde de Toscane (vers 1046-1115), comtesse de Briey, marquise de Toscane

Fille de Boniface III, marquis de Toscane et de Béatrice de Bar, fille de Frédéric II, duc de Haute-Lotharingie et de Mathilde de Souabe.

.Albert Ier de Briey, (vers 1030 - vers 1114), seigneur d’Apremont

Albert se voit confier l'avouerie du comté de Briey par Mathilde de Toscane comtesse de Briey. Richer, son frère voit son élection d'évêque de Verdun confirmé par l'empereur Henri IV en 1089.

.Renaud Ier le Borgne (1080 - 1149) comte de Bar et seigneur de Mousson comte de Verdun de 1105 à 1134, comte de Briey de vers 1130 à 1149, comte de Clermont en Argonnes de 1134 à 1149

En 1100, l’évêque de Verdun Richer l’investit du comté de Stenay. Puis à la mort de son père Thierry de Montbéliard auquel l’évêque de Verdun Richer avait déjà donné le comté de Verdun, Renaud en hérite avec le comté de Montbéliard. Enfin vers 1130, il obtient encore le comté de Briey de l’évêque de Verdun Urcion. Mais devenu trop puissant, il est en conflit permanent avec l’évêque ; l’évêque de Verdun Adalbéron de Chiny le contraint en 1134 à abandonner ses droits sur le comté de Verdun, mais il reçoit Clermont-en-Argonnes.

.Renaud II (vers 1122-1170) comte de Bar et seigneur de Mousson, comte de Stenay et Mousey, comte de Briey, comte de Clermond en Argonne de 1149 à 1170

Fils du précédent. Il épouse Agnès, fille du comte Thibaud II de Champagne ; et devient en 1160 le beau-frère du roi de France Louis VII lorsque celui-ci épouse Alix la sœur d’Agnès.

.Thiébault Ier / Theobald I (1158-1214), comte de Briey et de Stenay, comte de Bar de 1190 à 1214

Fils cadet du comte Renault II de Bar. Veuf en première noce de Lorette, fille de Gérard, comte de Loos, dont il a une fille, Agnès, qui devient l’épouse du duc de Lorraine, Ferry II en secondes noces d’Elisabeth de Bar sur Seine, dont il a un fils, qui devient le comte de Bar Henry II.

Les comtés de Briey et de Stenay vont connaitre avec le comté puis duché de Bar d’abord le sort que les rois de France réservent ensuite au duché de Lorraine. En 1631, Louis XIII s’empare de Vic et Moyenvic en Lorraine. Le 6 janvier 1632, le duc de Lorraine Charles IV doit signer le traité de Vic par lequel il abandonne la place forte de Marsal à la France. La Lorraine est envahie par la France et Stenay fait l’objet d’une première occupation par les troupes françaises. Le 26 juin 1632, Charles IV doit signer le traité de Liverdun par lequel il doit céder cette fois la place de Stenay, Dun sur Meuse, Jametz et Clermont en Argonne. Mais pendant la Fronde, Stenay devient la capitale des Frondeurs, ce qui aboutit au grand siège de 1654 par Louis XIV. La ville passe alors définitivement dans le giron de la France. Mazarin obtient lors de la négociation de la paix des Pyrénées la libération le 15 octobre 1659 du duc Charles IV de Lorraine ; mais le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 n’est pas favorable à la Lorraine ; en effet la France conserve le duché de Bar, avec le comté de Clermont en Argonne, les places de Dun sur Meuse, Stenay, Jametz, Moyenvic et Marsal ainsi que tous les villages situés le long d’une route stratégique reliant Verdun à l’Alsace. Après le traité de Nimègue de 1678, en période de paix, Louis XIV tente d'agrandir son royaume en profitant des dispositions peu précises des traités de Westphalie de 1648 et du traité de Nimègue qui cèdent à la France des « territoires et leurs dépendances ». Grâce à la création de Chambres de réunion à Metz, Besançon et Brisach, il pense pouvoir mettre la main « légalement » sur la Franche-Comté, l’Alsace et une partie de la Lorraine. La chambre de Metz par un arrêt du 27 juin 1680, annexe la seigneurie de Briey au Royaume de France. La guerre dite de la Ligue d’Augsbourg éclate en 1689. Au règlement de cette guerre par le traité de Ryswick en 1697, tous les territoires « réunis » font alors retour à leurs anciens possesseurs ou suzerains, sauf la Basse-Alsace et Sarrelouis fondée par Louis XIV (aujourd'hui en Sarre allemande).

6. Seigneurie de Marville et Arrancy,

Thiébaut 1er de Bar (1160/1214) est aussi seigneur de Marville qui fait partie du comté de Chiny. En 1214, à sa mort, son épouse la comtesse Ermesinde hérite du château et du territoire de Marville. Elle se remarie avec Waleran 1er de Limbourg, Marquis d’Arlon. Après sa mort en 1247, les héritiers d’Ermesinde se partagent successivement les biens des Comtes de Luxembourg et de Bar. En 1270, Waleran III de Montjoie-Faulquemont, le petit-fils d’Ermesinde, endetté, est obligé de vendre Marville au Comté Thiébaut II de Bar et au Comte Henry V de Luxembourg,ce qui provoque une indivision pour quatre siècles.

Ainsi, Marville est administré conjointement entre le Duc de Bar et le Duc de Luxembourg jusqu’en 1659. Le Traité des Pyrénées rattache Marville au royaume de France ainsi que les autres territoires du comté de Chiny.

7. Comté de Longwy,

Avec la division de la Lotharingie en 953, le baillage de Longwy fait partie du comté de Bar qui relève du duché de Basse-Lorraine (Lorraine). En 1174, le comté de Longwy comporte les prévôtés de Marville et d’Arrancy. Il est vendu en 1292 au comte de Bar et fait alors partie du Barrois mouvant jusqu’en 1368 ou il est cédé en paiement d’une dette au duc de Luxembourg avant d’être restitué au duc de Bar en 1378. En 1480, à la mort de René Ier d'Anjou duc de Bar et veuf d’Isabelle de Lorraine, Longwy est réunie comme l’ensemble du duché de Bar au duché de Lorraine sous le sceptre du petit-fils du défunt, René II de Lorraine. Attaquée en 1648 par les Français, Longwy est occupée jusqu’en 1660 avant d’être rendue pour la dernière fois au duc de Lorraine Charles IV.

Ce XVII° siècle est donc un siècle terrible pour l’ensemble des territoires situés le long de la Meuse sur la frontière entre le royaume et l’empire, comté de Chiny et comté de Bar. Les campagnes sont dévastées, les châteaux ducaux de Clermont en Argonne et de Saint Mihiel sont démantelés. Le comté d’Argonne est annexé ainsi que Dun sur Meuse et Stenay qui vont former le Clermontois français. Puis en 1659, Montmédy et Damvillers sont aussi annexés. Attaquée une nouvelle fois en 1670, la ville de Longwy est occupée par la France. Par le traité de Nimègue conclu le 19 aout 1678, elle est placée sous prévôté française. Elle devient définitivement française en 1718, en même temps que les autres places fortes: Sarrelouis, Sarrebourg et Phalsbourg.

8. Seigneurie/ Marquisat de Pont à Mousson,

Au XII° et XIII°, les comtes de Bar, qui ne possèdent que peu de territoires autour de Mousson, se mettent rapidement, au cours du XIIIe siècle, en possession du pont sur la Moselle, rare point de passage entre l’évêché de Toul, Nancy (capitale des ducs de Lorraine) et l’évêché de Metz. Un début d'agglomération relativement modeste se développe sur la rive droite. Le comte Thiébaut II de Bar fonde le 20 avril 1261, la ville-neuve de Pont-à-Mousson. Pont-à-Mousson prend alors une place majeure dans les possessions des comtes, puis ducs de Bar. Effectivement, la ville, qui s'entoure de remparts, devient l'une des principales places commerciales du Barrois. En mars 1354, l’empereur Charles IV érige la seigneurie de Pont-à-Mousson en marquisat au profit de Robert Ier de Bar puis en 1372, la ville au rang de cité. Après le traité de Nimègue de 1678, en période de paix, Louis XIV tente d'agrandir son royaume en profitant des dispositions peu précises des traités de Westphalie de 1648 et du traité de Nimègue qui cèdent à la France des « territoires et leurs dépendances ». Grâce à la création de Chambres de réunion à Metz, Besançon et Brisach, il pense pouvoir mettre la main « légalement » sur la Franche-Comté, l’Alsace et une partie de la Lorraine. La chambre de Metz par arrêt du 2 juin 1683 annexe la seigneurie de Pont-à-Mousson au royaume de France. Devant ces coups de force, la Suède, les Provinces-Unies, vite rejointes par l'empereur romain germanique et son cousin le roi d'Espagne, forment une alliance pour obliger Louis XIV à restituer ces « Réunions ». Cela devient la Ligue d’Augsbourg du 18 juin 1682. La guerre éclate en 1689. Au règlement de cette guerre par le traité de Ryswick en 1697, tous les territoires « réunis » font alors retour à leurs anciens possesseurs ou suzerains, sauf la Basse-Alsace et Sarrelouis fondée par Louis XIV (aujourd'hui en Sarre allemande).

9. Seigneurie/ Comté de Ligny

Au début du XIIe siècle, la Seigneurie de Ligny est dans la mouvance des comtes de Champagne mais en 1155, par le mariage de Renaud II, comte de Bar avec Agnès de Champagne, elle passe au comté de Bar. En 1240, la seigneurie de Ligny est donnée en dot par Henri II, comte de Bar à sa fille Marguerite, mariée à Henri V le Blond, comte de Luxembourg. A partir de 1301, la seigneurie de Ligny relève du Barrois mouvant.

Maison de Luxembourg

.Henri le Blond, comte de Luxembourg, seigneur de Ligny de 1240 à 1281

Epoux de Marguerite de Bar.

.Waléran Ier de Luxembourg, seigneur de Ligny de 1281 à 1288

Fils des précédents. Fondateur de la Maison de Luxembourg.

.Waléran II de Luxembourg (1275 -1354), seigneur de Ligny de 1288 à 1354

Fils du précédent.

Sous son régne la seigneurie de Ligny en Barrois se met à relever du Barrois mouvant.

.Jean Ier de Luxembourg (1300 -1364), seigneur de Ligny de 1354 à 1364

Fils du précédent.

En 1364, c’est le roi de France Charles V et non l’empereur qui érige la seigneurie de Ligny-en-Barrois en comté.

.Guy de Luxembourg (1340-1371), comte de Ligny de 1364 à 1371

Fils du précédent.

.Waléran III de Luxembourg (1356-1415), comte de Ligny de 1371 à 1415

Fils du précédent ; marié en 1380 à Maud de Hollande, puis en 1400 à Bonne de Bar. Maison de Bourgogne

.Philippe de Bourgogne (1404-1430), comte de Ligny de 1415 à 1430, duc de Brabant et de Limbourg de 1427 à 1430

Petit-fils du précédent, fils d'Antoine de Bourgogne et de Jeanne de Luxembourg-Saint-Pol.

Maison de Luxembourg

.Jeanne ( ?-1430), comtesse de Ligny en 1430

Tante du précédent.

Jean II (1392-1441), comte de Ligny et de Guise de 1430 à 1441

Petit-fils de Guy de Luxembourg, fils de Jean de Luxembourg, seigneur de Beauvoir, et de Marguerite d'Enghien, comtesse de Brienne et de Conversano.

À sa mort, le roi de France confisque ses possessions, mais finit par les rendre à titre viager au neveu et héritier de Jean de Luxembourg.

.Louis de Luxembourg (1418 - 1475), comte de Ligny de 1441 à 1475

Neveu du précédent, fils de Pierre Ier de Luxembourg, comte de Saint-Pol, et de Marguerite des Baux ; mariée en 1435 à Jeanne de Bar puis en 1466 à Marie de Savoie.

Maison de la Trémoille

Après l'exécution de Louis de Luxembourg, le roi reprend le comté de Ligny et le donne à Georges de la Trémoille.

Maison de Bourbon

Georges de la Trémoille meurt sans enfant, et le roi donne Ligny à l'amiral de Bourbon

.Louis de Bourbon ( ?-1487), comte de Roussillon en Dauphiné et de Ligny de ? à 1487,

Fils légitimé de Charles Ier, duc de Bourbon ; marié en 1466 avec Jeanne, fille illégitime de Louis XI

.Charles ?- 1510), comte de Roussillon et de Ligny de 1487 à 1510

Fils du précédent. Sans descendant.

Maison de Luxembourg

À la mort de Charles, sans fils ni frère, Ligny en Barrois est rendu à Antoine, fils cadet de Louis de Luxembourg

.Antoine ( ?- 1519), comte de Roussy, de Brienne et de Ligny de 1510 à 1519,

Fils de Louis de Luxembourg et de Jeanne de Bar ; marié à Antoinette de Bauffremont, comtesse de Charny, puis à Françoise de Croy et à Gilette de Coétivy

.Charles (1488-1530), comte de Ligny de 1519 à 1530

Fils du précédent et d'Antoinette de Bauffremont.

.Antoine II ( ?- 1557), comte de Ligny de 1530 à 1537

Fils du précédent ; marié en 1535 à Marguerite de Savoie.

.Jean ( ?-1576), comte de Ligny de 1557 à 1576

Fils du précédent ; marié à Guillemette de La Marck, fille de Robert IV de La Marck.

. Charles (1562 -1608), comte de Ligny de 1576 à 1608

Fils du précédent.

.François ( ?-1613), duc de Piney-Luxembourg, comte de Ligny de 1608 à 1613

Oncle du précédent, fils d'Antoine et de Marguerite de Savoie ; marié en 1576 à Diane de Lorraine (1558-1597), puis en 1599 à Marguerite de Lorraine (1564- 1625).

.Henri (1582- 1616), duc de Piney-Luxembourg, comte de Ligny de 1613 à 1616

Fils du précédent et de Diane de Lorraine.

.Marguerite Charlotte (1607-1680), duchesse de Piney-Luxembourg, comtesse de Ligny de 1616 à 1680

.Madeleine Charlotte de Clermont-Tonnerre (1635- 1701), duchesse de Piney-Luxembourg, comtesse de Ligny de 1680 à 1701

Fille de la précédente.

.Charles de Montmorency (1662 - 1726), duc de Piney-Luxembourg, comte de Ligny de 1701 à 1719

Fils de la précédente.

En 1719, le comté de Ligny est vendu au duc Léopold Ier de Lorraine, qui le rattache au duché de Lorraine.

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Published by Parti imperial romain europeen
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 17:00
Histoire du Duché de Lorraine / Herzogtum von Lothringen, terre d'empire de 962 à 1738

La Lorraine française actuelle n’est qu’une petite partie de la grande Lorraine ou Lothringen issue des différents partages de l’empire carolingien après la mort de Charlemagne à partir du partage de Verdun entre ses trois petits fils. En 843 au traité de Verdun, Lothaire, ainé des fils de l’empereur Louis le Pieux reçoit à l’issue de la guerre l’opposant à ses frères Charles le Chauve et Louis le Germanique, outre le titre d’empereur, la Francia media, vaste territoire allant de la mer du Nord à l’Italie séparé du royaume de Francia occidentalis attribué à Charles par l’Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhin et du royaume de Francia orientalis attribué à Louis par le Rhin, l’Aar et les Alpes. Plutôt que Francia media, l’habitude viendra de l’appeler Royaume de Lotharingie. Avant de se retirer à l’abbaye de Prüm, l’empereur Lothaire partage son royaume avec ses fils : l’ainé, Louis II reçoit le titre d’empereur et l’Italie, Lothaire II reçoit au nord un ensemble de territoire comprenant la Frise, les Pays Bas (correspondant à la Belgique et aux Pays Bas actuels), le futur duché de Lorraine stricto sensu et l’Alsace. Enfin Charles reçoit entre les deux le Lyonnais et la Provence. A la mort sans héritier de Lothaire II en 869, les droits de son frère Louis II sont contestés par son oncle le roi de Francie occidentale Charles le Chauve qui vient à Metz se faire couronner empereur ce qui suscite l’intervention de l’autre oncle le roi de Francie orientale Louis le Germanique qui impose un nouveau partage par le traité de Meerssen de 870. Louis le Germanique s’attribue les pagi de Trêves, de la Nied, de la Sarre et la Blies avec Aix la Chapelle, Metz et la Frise tandis que Charles le Chauve s’attribue ceux de Toul, Verdun, Saint Mihiel, le Saintois et le Chaumontois. En 882, l’unité du Royaume des Francs est rétabli momentanément par l’empereur Charles III le Gros, troisième fils du roi Louis le Germanique. Mais dès 887 celui-ci est déposé par la diète de Tribur et remplacé par un bâtard de son frère Arnulf de Carinthie qui récupère l’Alsace et la Lorraine qu’avait occupée Charles le Gros en 882 en violation du Traité de Meerssen. En 888, Arnulf de Carinthie, fils bâtard de Carloman de Bavière, est proclamé roi en Germanie, Lotharingie et Italie et devient empereur. En mai 895, Arnulf intronise son fils bâtard Zwentibold comme roi de Lotharingie. Les frontières de ce royaume coïncidaient sans doute en grande partie avec celles du royaume de Lothaire II, mais elles ne comprenaient probablement plus la Frise. Les historiens ne sont pas d'accord sur le point de savoir dans quelle mesure le fils d'Arnulf demeurait subordonné à l'autorité impériale ; tout indique qu'il jouissait dans son gouvernement d'une large indépendance. L'expérience ne fut d'ailleurs pas de longue durée. Zwentibold se heurte aux résistances des grands qui voyaient avec déplaisir un étranger restreindre leur indépendance. Il se brouille avec Régnier et l'oblige à s'expatrier en 898. Zwentibold est tué le 13 ou le 30 août 900 au cours d'une bataille, au voisinage de la Meuse, contre les comtes Gérard Ier de Metz, Matfried Ier et Étienne de Pouilly, ses vassaux révoltés. Louis IV l’Enfant, fils légitime d’Arnulf de Carinthie qui lui succède comme roi de Francie Orientale et empereur est reconnu comme leur souverain par les seigneurs lorrains réunis à Thionville.

La plus haute noblesse lorraine siège au sein du Ban ducal, qui constitue l'institution la plus illustre du duché. Siègent au ban les chefs des familles appartenant à l'Ancienne Chevalerie de Lorraine. Chevaux de Lorraine est le nom donné en Lorraine à deux groupes de familles d'ancienne et illustre chevalerie :

-les Grands Chevaux : du Châtelet, Haraucourt, Lenoncourt et Lignéville ;

-les Petits Chevaux : des Armoises, Beauvau, Choiseul, Custine, Ficquelmont, Gourcy, Ludre, Mitry et Raigecourt, Bassompierre, Bouzey-Champagne, Briey, Gournay, d'Haussonville, du Hautoy, Lambertye (Tornielle), Nettancourt, Ourches, Saintignon, des Salles, d'Apremont, Bauffremont, Chérisey, Croÿ, Failly, Mercy, Pouilly, Reinach, Salm, Vidranges.

Maison de Franconie

.Gebhard, comte de Franconie, duc de Lorraine (903-910)

En 903, Louis IV l'Enfant confère à l'un de ses fidèles, le comte Gebhard de Franconie, le titre de duc de Lotharingie. Les conseillers de Louis l'Enfant croient sans doute qu'en faisant disparaître le royaume de Lotharingie, ils devaient soumettre ce territoire à un régime analogue à celui du reste de la Germanie ; les grandes tribus germaniques s'étaient reconstituées sous la direction de chefs nationaux qui acceptaient la subordination à la couronne ; il paraissait logique d'assimiler la Lotharingie à la Saxe, à la Franconie, à la Souabe, à la Bavière. Gebhard meurt en 910. L’année suivante avec la disparition de Louis III l’Enfant, dernier carolingien d'Allemagne, Charles le Simple réussit à se mettre en possession de la Lotharingie ; cette année 911 marque la désagrégation de l’empire carolingien et la coupure entre la Francie occidentale, future royaume de France (Frankreich) avec la Francie orientale (future Germanie). Plutôt que de choisir un carolingien, les ducs réunis à Forcheim le 10 novembre 911 désignent comme roi de Francie orientale l’un d’entre, Conrad, duc de Franconie. Momentanément néanmoins le duché de Lorraine échappe au royaume de Francie orientale.Tout pousse le roi de Francie occidentale Charles le Simple à favoriser un seigneur local Régnier au Long col qui pouvait profiter du changement de régime pour accroître sa puissance. Charles cependant ne va pas jusqu'à lui conférer le titre ducal ; il apparaît comme marquis, et vraisemblablement cette fonction lui donnait autorité sur un groupe de pagi compris entre l'Escaut, le Rhin et la Moselle ; mais il n'est signalé nulle part en Haute-Lotharingie. Il meurt en 915. Après la mort de Régnier, son fils Giselbert cherche à se rapprocher du nouveau roi de Francie orientale Henri l’Oiseleur mais en vain car en novembre 921, à la suite d’une rencontre à Bonn entre Henri l’Oiseleur et Charles le Simple, le statu quo est confirmé en Lorraine. Mais en 923, Charles le Simple est défait à la bataille de Soissons. Raoul de France lui succède et réussit partiellement à se faire reconnaître par les Lotharingiens. Le roi de Francie Orientale Henri l’Oiseleur profite de la déposition de Charles le Simple par le duc de Bourgogne Raoul pour réoccuper la Lorraine en 925 qui désormais va rester associée aux destinées du royaume de Francie Orientale. Henri l'Oiseleur commence par y envoyer un certain Eberhard pour y rétablir la paix. Sous la dynastie de Saxe, la région de la Meuse, aux alentours de Givet, de Mézières, de Mouzon, d'Yvois, est envahie plus d'une fois par des vassaux français et demeure litigieuse jusque vers la fin du Xe siècle.Henri Ier l’Oisseleur juge qu'il vaut mieux chercher à s'attacher de façon durable Giselbert, il lui donne donc en mariage sa fille Gerberge ; l'union est célébrée en 929. C'est probablement vers cette époque que Giselbert reçoit les fonctions ducales.

.Giselbert, duc de Lorraine de 929 à 939

La fidélité de Giselbert ne dure pas. Il s'associe aux révoltes d’Henri, frère d'Otton Ier, et du frère de Conrad Ier, Eberhard de Franconie, mécontent de ce que la maison de Saxe l'a supplanté. À la bataille d'Andernach, en 939, Eberhard est tué et Giselbert se noie dans le Rhin.

.Henri, duc de Lorraine de 939 à 940

Le roi de Francie Orientale Otton Ier confie alors le gouvernement de la Lotharingie à son fils Henri, qui lui a fait sa soumission, mais qui ne peut se maintenir.

.Otton de Verdun, duc de Lorraine de 941 à 944

Otton Ier investit pour succéder à son fils Henri, Otton, fils du comte Ricuin de Verdun, qui conserve la dignité ducale jusqu'en 944.

.Conrad le Rouge, duc de Lorraine de 944 à 953

A la mort d’Otton, Otton Ier investit du duché son propre gendre Conrad le Rouge lequel commet l’erreur de s’engager au côté du duc de Souabe dans une révolte contre lui. Otton Ier le destitue en 953 et confit alors le duché à son propre frère Brunon, archevêque de Cologne en lui donnant le titre d’archiduc Dès cette époque, sa confiance s'attache de préférence aux chefs de l'Église. Dès le début de la dynastie saxonne, les rois cherchent à s’appuyer sur les évêques de Cambrai, de Liège, d'Utrecht, de Cologne, de Trêves, de Metz, de Toul, de Verdun qui disposent non seulement de la puissance spirituelle mais de la puissance temporelle.

.Brunon, archevêque de Cologne et archiduc de Lotharingie de 954 à 959

Quelques seigneurs qui voient avec déplaisir la rigueur déployée par Brunon tentent de se soulever ce qui pousse Brunon à déléguer en 959 une part de son autorité à Godefroid en Basse-Lotharingie (Frise, actuels Pays Bas, Brabant, Hainaut et une partie de la Basse-Rhénanie.) et à Frédéric, fils du comte Wigéric, en Haute-Lotharingie. Brunon leur confère le titre de duc et établit donc ainsi deux duchés distincts. La Haute-Lotharingie devient le duché de Lorraine. Otton Ier restaure l’empire en 962. Son frère Brunon meurt en 965 puis peu après lui Godefroid. Otton II ayant exclu de leur héritage paternel les comtes de Mons, Régnier IV et Lambert Ier, son cousin germain le roi de Francie Occidentale Lothaire envoie en 976, son frère Charles, joindre avec une armée celle d’Hugues Capet et d’Otton de Vermandois venue au secours des comtes. Une grande bataille, qui reste indécise, est livrée devant Mons en 976. En 977, Otton II accueille son cousin germain, Charles, qui vient d'être exilé par son frère Lothaire, pour avoir accusé la reine Emma d'Italie, d'infidélité avec l'évêque de Laon Adalbéron. Charles rend alors hommage à l'empereur, qui, tout en lui promettant de le couronner dès que Lothaire serait écarté du trône, lui donne le duché de Basse-Lotharingie resté vacant depuis la mort Godefroy de Metz en 964. La nomination de Charles à la tête du duché, devenu fief mouvant de l'Empire, provoque des troubles qui éclatent au cours de l'été 978. Lothaire espère tirer parti d'une situation confuse et pénètre en août 978 dans le duché de Lorraine en se faisant prêter serment par les États du duché mosellan à Metz puis mène un raid contre Aix-la-Chapelle où réside la famille impériale qui échappe de peu à la capture puis se replie dans son royaume en emportant les insignes de l'Empire. En représailles de cette attaque, Otton II rassemble une armée et envahit le nord de la Francie en octobre 978, et va jusqu'à assiéger Paris, défendue par Hugues Capet. Lothaire se rend compte du jeu joué par Hugues Capet, en l’incitant à la lutte contre l’empereur et en 980 à Margut, sur la Meuse, fait abandon de ses prétentions sur la Lorraine. Hugues Capet, mécontent de cette paix conclue sans sa coopération, et craignant de voir les deux princes s'unir contre lui, cherche à son tour à se mettre sur un bon pied avec la cour impériale. Il va passer les fêtes de Pâques à Rome auprès d'Otton, qui lui fait le meilleur accueil, et il réussit à se rendre entièrement favorable l'impératrice Théophano Skleraina. Il va bénéficier du soutien aussi d’Adélaïde de Bourgogne, la mère de l’empereur pour devenir roi de France.

Maison d’Ardenne

.Frédéric de Bar (v.942- 984), duc de Haute Lotharingie (Lorraine) et comte de Bar de 959 à 984

Frédéric demeure duc de Haute-Lotharingie ou Lorraine, mais son autorité ne s'étend pas sur la région septentrionale. Avec la restauration de l’empire en 962 par Othon le Grand, le duché de Lorraine constitue une terre impériale comme partie du Royaume de Germanie. Sur la frontière occidentale, Otton crée les marches de Gand, d'Ename et de Valenciennes.

.Thierry Ier (v.965- 1026), duc de Haute Lotharingie (Lorraine) et comte de Bar de 984 à 1026

Il est le fils de Frédéric de Bar.

.Frédéric II (v.995 -1028), duc de Lotharingie et comte de Bar de 1026 à 1028

Fils du précédent.

.Frédéric III (v.1015-1033), duc de Lorraine et de Bar de 1028 à 1033

Frédéric II ne laisse que deux filles en bas âge, Béatrix et Sophie. La situation du pays est assez critique : Eudes de Champagne, qui croit pouvoir disputer la Bourgogne à Conrad, menace constamment la Lotharingie. Une main ferme est nécessaire pour défendre cette marche extrême de l'empire. A sa mort en 1033, les deux duchés de Basse-Lotharingie et de Haute Lotharingie sont réunis.

.Gothelon (1023-1044), duc de Basse-Lorraine de 1023 à 1044 et de Haute Lorraine de 1033 à 1044

Fils de Godefroid Ier le captif et frère de Godefroy III.

Déjà duc de Basse-Lorraine, l’empereur Conrad II l’investit en 1033 du duché de Haute Lotharingie (Lorraine) réunifiant un temps l’ancienne Lotharingie du Nord.

.Godefroi II le Barbu (v.997- 1069), duc de Haute Lorraine de 1044 à 1047, margrave d’Anvers, comte de Verdun

Fils du précédent. Epoux en 1054 de Béatrice, fille de Frédéric II, veuve du duc de Toscane.

A la mort du duc Gothelon, l’empereur Henri III investit son fils Godefroy le Barbu, premier duc de la maison de Verdun et d'Ardennes, du seul duché de Haute Lorraine. Mécontent de cette décision, qu'il considère comme une injustice, il entame une lutte qui va durer presque douze années. Allié à tous les adversaires de Henri III, au roi de Francie occidentale, au comte de Flandre Baudouin V, au comte de Hollande Thierry IV, tour à tour vainqueur et vaincu, réconcilié et rebelle, commettant les pires excès, incendiant le palais royal de Nimègue et la ville de Verdun, dont l'évêque avait pris parti contre lui. Comme sanction, l’empereur lui retire l’investiture sur le duché de Haute Lorraine qu’il confit au comte Adalbert de la maison d’Alsace. Godefroy finit en 1056 par faire sa soumission définitive, mais il ne recouvre alors aucun des deux duchés. En 1069, Godefroi et Béatrice unissent leurs enfants issus chacun d’un premier mariage : Mathilde, héritière de la Toscane (la comtesse Mathilde de Toscane), ainsi que de Briey, Stenay, Mousson, et Godefroy III de Basse-Lotharingie, dit d'Ardennes, dit aussi le Bossu. C’est un mariage de pure forme. Mathilde, qui a 23 ans, vit en Toscane.

.Adalbert, comte de Metz, duc de Lorraine de 1047 à 1048

L’empereur Henri III le nomme duc de Lorraine mais Il ne règne qu’une année car Godefroy le fait assassiner en 1048.

Maison d’Alsace

.Gérard d’Alsace (1030-1070), comte de Châtenois et de Metz en 1047, premier duc héréditaire de Lorraine de 1048 à 1070,

Il descend d'Étichon-Adalric d'Alsace qui est duc d'Alsace au VIIe siècle. La maison des Ethiconides possède d’importants domaines en Sarre, dans la région de Trèves et dans la Haute Vallée de la Meuse. Les Étichonides sont aussi la souche des maisons de Habsbourg, de Bade, ainsi que des maisons éteintes de Dabo et d'Egisheim. A la mort d’Adalbert II d’Alsace, le 11 novembre 1048, l’empereur Henri inféode Gérard, son neveu pour lui succéder ; il est connu sous différents noms : Gérard d'Alsace ou de Châtenois ou bien encore de Flandre, du fait de son épouse, Hedwige de Namur, comtesse de Flandre. Il porte souvent le titre de marquis, car son duché est une marche du Saint-Empire romain germanique. Il possède d’importants domaines en Sarre, dans la région de Trèves et dans la Haute Vallée de la Meuse. C’est à partir de Gérard d’Alsace que la Maison d’Alsace prend l’appellation de Maison de Lorraine. C’est lui qui vers 1050 édifie une maison forte à Nancy autour de laquelle la ville va se développer. Mais Godefroy le Barbu n’accepte pas cette décision de l’empereur et avec l’aide de seigneurs lorrains il parvient à s’emparer de Gérard ; celui-ci est libéré grâce à l’intervention de l’ancien évêque de Toul devenu pape sous le nom de Léon IX puis avec l’aide du nouvel empereur Henri IV qui lui fournit deux mille soldats, il vient à bout de son adversaire. Outre l’appui du pape, Gérard recherche l’appui des évêques et des abbés de son duché ce qui lui permet de se faire attribuer l’avouerie de plusieurs abbayes et de renforcer son pouvoir.

.Thierry le Vaillant (1040-1115), duc de Lorraine de 1070 à 1115

Fils du précédent.

Il n’obtient pas facilement de succéder à son père car le comte de Bar Louis de Montbéliard, gendre de l’ancien duc de Haute-Lorraine Frédéric II dont il a épousé la fille Sophie, revendique l’investiture. Si Louis meurt peu après, son fils Thierry II devenu comte de Bar reprend la réclamation. Mais l’empereur Henri IV attribue le duché à Thierry, Thierry II comte de Bar devant se contenter de son comté. Thierry se montre un vassal reconnaissant et fidèle à son empereur Henri IV avec lequel il participe à plusieurs campagnes contre les Saxons ; surtout il le soutient dans la querelle des investitures qui oppose son empereur aux papes Grégoire VII ( 1073-1085) et Urbain II (1088-1099) ; et également , après s’être rapproché d’Henri V qui se rebelle contre son père Henri IV, il se réconcilie avec celui-ci .Après la mort d’Henri IV en 1106, Thierry qui a épousé en première noce Hedwige de Supplimbourg, qui lui a donné son fils Simon, ne prend pas parti dans les conflits qui se mettent à opposer son nouveau suzerain l’empereur Henri V à de nombreux princes à la tête desquels se trouve le parent de sa première femme le duc de Saxe Lothaire de Supplimbourg, dont au surplus la sœur Adélaïde a épousé ce fils Simon.

.Simon Ier (1096-1138), duc de Lorraine de 1115 à 1138

Fils du précédent.

Il participe à la diète de Worms de 1122. Cette diète convoquée par son empereur Henri V règle la querelle des investitures par l’adoption du Concordat de Worms du 23 septembre 1122 par lequel l’empereur garantit la liberté des élections épiscopales et s’engage à investir l’élu du pouvoir temporel par la remise du sceptre, le pape admettant de son côté la présence de l’empereur ou de son représentant lors de la cérémonie d’élection et investissant ou faisant investir par un évêque métropolitain l’élu de son pouvoir spirituel par la remise de la crosse et de l’anneau. Le duc Simon est excommunié par l’archevêque de Trèves Adalbéron, allié au comte de Bar Renaud (1105-1150) et à l’évêque de Metz, Etienne issu de la maison de Bar mais obtient la levée de cette excommunication du pape Innocent III. Il meurt en 1138. Son fils Mathieu Ier lui succède.

.Mathieu Ier (1110-1176), duc de Lorraine de 1138 à 1176

Mathieu, fils de Simon devient duc de Lorraine comme vassal de Conrad III de Hohenstaufen, duc de Franconie élu la même année à la dignité impériale. Il en épouse la nièce Berthe de Souabe dont le frère Frédéric, est le futur Frédéric Barberousse. Outre donc son lien de vassalité, Mathieu a un lien de parenté très étroit avec les Hohenstaufen. Mathieu Ier participe à presque toutes les diètes impériales convoquées par Conrad III puis à celles convoquées par son beau-frère Frédéric Ier Barberousse après que celui-ci ait accédé en 1152 à la dignité impériale ; il l’accompagne à Rome pour son sacre le 18 juin 1155 par le pape Adrien IV. Mathieu Ier est également aux côtés l’empereur lorsqu’il rencontre en 1160 vers Vaucouleurs le roi de France Louis VII pour trouver un accord permettant de mettre fin aux pillages auxquels se livrent des bandes d’aventuriers sur les frontières du royaume et de l’empire. En 1167, Mathieu accompagne à nouveau son empereur Frédéric Barberousse en Italie. Il meurt le 13 mai 1176, son fils Simon lui succède.

.Simon II (1140-1207), duc de Lorraine de 1176 à 1205

Sa mère Berthe de Souabe préfère voir devenir duc son fils cadet Ferri de sorte que Simon doit se faire confirmer l’hommage de ses vassaux ce qui l’oblige à leur concéder des avantages substantiels et à les consulter pour les grandes affaires ; c’est l’origine des Etats de Lorraine. Mais son frère ne se contente pas de sa seigneurie de Bitche et prend les armes ; si Simon a le soutien du comte de Bar, Ferri a celle de l’empereur Frédéric Barberousse qui évite toutefois de prendre parti. Par le traité de Ribemont du 2 mai 1179 conclu sous l’égide de leur mère, Ferri se voit attribuer les pays lorrains de la vallée de la Sarre ainsi que les terres situées entre Metz et Trèves avec l’hommage personnel du Prince-évêque de Trêves et du comte de Sarrebruck pour les terres relevant du duché, c'est-à-dire pratiquement les terres germanophones du duché. A la mort de l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse en 1190, les deux frères se rallient sans hésiter à l’empereur Henri VI et se réconcilient ; Simon choisit pour successeur Ferri le Jeune, fils de son frère Ferri. L’empereur Henri VI meurt en 1197 ; son héritier est le jeune Frédéric de Hohenstaufen âgé de trois ans de sorte que pour s’assurer que la couronne reste à la maison de Hohenstaufen, les électeurs choisissent d’élire roi des romains en 1198 Philippe de Souabe le frère d’Henri VI. Ferri soutient Philippe de Souabe ; son frère Simon renonce au pouvoir en en 1205 et se retire dans le monastère de Sturzelbronn ou il meurt en 1207.

.Ferri II ( ? - 1213), duc de Lorraine de 1205 à 1213

Dénommé Ferri II parce que son père a pris le titre de duc de Lorraine en 1205 à l’abdication de son frère Simon et s’est fait appeler Ferri Ier. Ferri II se trouve donc à la tête de l’ensemble du duché par héritage de son père et de son oncle. Philipe de Souabe est assassiné en novembre 1208 ; lors de la diète de Francfort de novembre 2008, Ferri se rallie à Othon de Brunswick qui devient empereur sous le nom d’Othon IV mais le pape Innocent III l’excommunie en 1210 et demande à la diète de Nuremberg de 1211 de le destituer pour reconnaitre Frédéric II de Hohenstaufen comme empereur. Ferri vote la destitution et soutient désormais Frédéric II auquel il fournit des troupes, combat avec lui en Alsace ou il l’aide à prendre Haguenau en septembre 1212. Et il se rend à la diète de Francfort qui le 5 décembre 1212 proclame Frédéric II roi des romains et assiste à son sacre fictif du 9 décembre. Il lui prête même de l’argent pour recruter des troupes et reçoit en gage la ville de Rosheim en Alsace. Peu de temps après, il accompagne Frédéric II à Vaucouleurs ou l’empereur rencontre Louis, le futur Louis VIII, le fils de Philippe Auguste, pour conclure une alliance contre Otton IV. Ferri II meurt en octobre 1213.

.Thiébaud Ier (1191 -1220), duc de Lorraine de 1213 à 1220, comte de Metz et de Dagsbourg

Fils de Ferri ; époux de Gertrude de Dagsbourg. Il marque une exception dans la longue période de fidélité des ducs de Lorraine à l’égard de leurs empereurs. En effet il n’est pas soutenu par l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen allié du roi Philippe Auguste dans une affaire successorale concernant le comté de Champagne ; Frédéric considère sa position comme une félonie et lui reprend Rosheim ; Thiébaud décide alors de soutenir Othon IV et combat à ses côtés à la bataille de Bouvines en 1214. En 1218, Thiébaud reprend Rosheim et dévaste toute l’Alsace entre Strasbourg et Sélestat ; l’empereur Frédéric II réagit en envahissant la majeure partie du duché de Lorraine et fait prisonnier Thiébaud qui doit se soumettre et s’engager à se reconnaitre vassal du comte de Champagne pour les seigneuries de Chatenois, Frouard et Montfort qu’il détient dans ce comté. Thiébaud meurt en 1220.

.Mathieu II (1193-1251), duc de Lorraine de 1220 à 1251

Frère cadet de Thiébaud.

Il rencontre lui-aussi des difficultés avec la maison de Champagne dont la comtesse régente Gertrude de Dagsbourg veut faire épouser à son fils la veuve de son frère ; le mariage a lieu et Mathieu est contraint de donner Nancy en douaire à sa belle-sœur Gertrude et de se reconnaitre vassal du comte de Champagne pour Neufchâteau. Mathieu II rencontre des difficultés également avec certains seigneurs lorrains notamment le comte Hugues de Lunéville et surtout avec Henri II le comte de Bar qui a conclu une alliance avec le comte Thibaud IV de Champagne. Il doit affronter l’évêque de Strasbourg et le comte de Dagsbourg qui envoient des troupes dans son duché. Néanmoins il parvient à faire front. Surtout il n’oublie pas qu’il est prince d’empire et rétablit de bonnes relations avec son empereur Frédéric II qu’il accompagne en Terre Sainte en 1229-1230. Il participe en 1231 aux deux diètes qui se tiennent à Worms ou est discutée la constitution de l’empire prévoyant le renforcement du pouvoir des seigneurs et la diminution de ceux des municipalités ; et dans le conflit qui oppose le roi de Germanie Henri VII qui soutient ces municipalités à son père l’empereur Frédéric II, il soutient l’empereur. Il accompagne à nouveau Frédéric II en 1235 en Italie du Nord et le raccompagne en Allemagne ou en Aout il participe à la diète de Mayence à laquelle l’empereur prononce la déchéance de son fils Henri VII. En revanche, par la suite, après une nouvelle expropriation en 1245, il prend le parti, moyennant d’ailleurs finance, du pape Innocent IV dans le conflit qui oppose ce pape qui veut remplacer Frédéric II qu’il a excommunié par Guillaume de Hollande. Mathieu meurt peu de temps après son empereur Frédéric II.

.Ferri III (1240-1303) duc de Lorraine de 1251 à 1303

Il n’a que 13 ans à la mort de son père Mathieu II. C’est sa mère Catherine de Limbourg qui exerce la régence jusqu’à sa majorité. Majeur, il participe à la diète de Francfort de 1257 ; il y soutient la candidature d’Alphonse de Castille comme empereur pour succéder à Guillaume de Hollande. Béatrice de Souabe, la mère d’Alphonse est la sœur de l’empereur Frédéric II. Alphonse est élu roi des romains par une partie des électeurs tandis que Richard de Cornouailles l’est par une autre partie. En définitive, c’est Alphonse qui est élu et c’est Ferri III qui part en Espagne le lui annoncer. A Tolède le 14 mars 1258, il prête hommage à Alphonse qui lui donne l’investiture de son duché de Lorraine. Le Ier octobre 1273, Rodolphe, apparenté à la maison d’Alsace donc à la maison de Lorraine est élu empereur ; Ferri comme les autres princes d’empire lui fait allégeance. Néanmoins sous son règne, le duché se rapproche du royaume de France. En effet, par le mariage en 1284 de Philippe le Bel avec Jeanne la comtesse de Champagne, le duc de Lorraine est tenu de rendre hommage à Philippe le Bel pour ses seigneuries de Chatenois, Montfort et Frouard sises dans le comté de Champagne ; en outre favorable à la candidature d’Albert de Habsbourg contre celle d’Adolphe de Nassau, qui est élu, il lui refuse de s’engager dans une action contre Philippe le Bel dont l’empereur craint les velléités d’expansion. Mais dès qu’Albert remplace Adolphe comme empereur, il le soutient et l’accompagne en décembre 1299 à l’entrevue de Quatrevaux avec Philippe le Bel pour régler certains problèmes frontaliers entre le royaume et l’empire. Ferri III meurt le 31 décembre 1303.

.Thiebaut II (1262 -1312), duc de Lorraine de 1303 à 1312,

Fils de Ferri III.

Avant de succéder à son père, il combat à Spire à la tête d’un contingent lorrain qui soutient l’élection d’Albert de Habsbourg contre Adolphe de Nassau. Mais comme son père, il se montre un vassal fidèle tant au roi de France Philippe le Bel auquel il doit allégeance pour ses terres de Champagne qu’à Albert de Habsbourg pour celles qui dépendent de l’empire. C’est sous son règne et à sa demande que les Etats de Lorraine confirment le droit des femmes, contraire à la loi salique, à succéder en l’absence d’héritier mâle.

.Ferri IV (1282-1328), duc de Lorraine de 1312 à 1328,

Fils du précédent ; il est le gendre de l’empereur Albert Ier de Habsbourg dont il a épousé la fille Isabelle d’Autriche en 1304.

Ferri IV s’implique personnellement dans la crise qui suit la mort de l’empereur Henri VII de Luxembourg en aout 1313 ; l’élection impériale a lieu à Francfort le 18 octobre 1314 ; les voix se partagent entre le duc Louis de Bavière et le duc d’Autriche Frédéric son beau-frère. Il en résulte une guerre ; Ferri IV et son beau-frère perdent la bataille de Muhldorf et sont faits prisonniers par Louis de Bavière; Ferri est libéré grâce à une médiation du roi de France Philippe le Bel contre l’engagement de ne plus se mêler des affaires de l’empire. Il meurt à la bataille de Cassel au côté du roi de France le 23 aout 1328 laissant un fils Raoul âgé de 9 ans.

.Raoul (1320-1346), duc de Lorraine de 1328 à 1346

Il règne sous la régence de sa mère Isabelle d’Autriche jusqu’à sa majorité en 1334. Par son remariage cette année 1334 (il avait été marié précédemment pendant deux ans) avec la fille du comte de Blois et de Guise dont la dote est le comté de Guise en Picardie, le comté de Guise se trouve réuni au duché de Lorraine. En revanche, sous son règne, le roi de France Philippe VI achète au sénéchal de Champagne la seigneurie de Vaucouleurs avec Domrémy qui relevait jusqu’alors du duché de Lorraine de sorte que cette seigneurie ne fait plus partie de l’empire. Comme le comte de Bar, les évêques de Metz et de Verdun, Raoul doit envoyer des troupes pour aider le roi de France combattre celles du roi d’Angleterre Edouard III et le 25 aout 1346, il est au côté du roi de France Philippe VI à la bataille de Crécy ou il est tué.

.Jean Ier (1346-1390), duc de Lorraine de 1346 à 1390

Il est mineur à la mort de son père Raoul ; sa mère exerce peu de temps la co-régence avec le comte Eberhard II de Wurtemberg puis les Etats de Lorraine désignent comme lieutenant général du duché, le Sire de Fénétrange qui est chargé de son éducation ; celui-ci lui donne une éducation germanophone ; en 1353, il commence à régner. L’essentiel de son règne se fait sous celui de l’empereur Charles IV de Luxembourg qui en 1353 érige en faveur de son cousin Robert de Bar (1352-1411) le comté de Bar en duché ; puis en 1354, l’empereur accorde une nouvelle faveur à ce cousin en érigeant cette fois en marquisat et principauté d’empire la seigneurie de Pont-à-Mousson. En 1361, Jean épouse Sophie de Wurtemberg, fille d’Eberhard. L’empereur Charles IV revient à Metz à l’hiver 1356-1357 ou a lieu la très importante Diète d’empire au cours de laquelle le 25 décembre 1356, il promulgue la Bulle d’Or qui fixe les règles de l’élection impériale. Lui-même est fait par son empereur Lieutenant Général de l’empire en pays Mosellan. L’empereur Charles IV très favorable au roi de France, l’encourage à aider celui-ci contre les anglais ; il se montre ainsi, tout en fidèle vassal de l’empereur, un allié fidèle des rois de France Jean le Bon, Charles V, Charles VI. Mais à la fin de sa vie, il s’inquiète des empiétements des officiers français en Lorraine qui cherchent à imposer l’autorité du roi de France. Il meurt à Paris le 22 septembre 1390 ou il est venu défendre ses droits contestés sur Neufchâteau devant le Parlement de Paris soutenue contre lui par certains membres de l’entourage du roi dont Louis d’Orléans.

.Charles II (1364-1431), duc de Lorraine de 1390 à 1431

Fils de Jean Ier et de Sophie de Wurtemberg.

Le duc de Lorraine Charles II, prince d’empire, fait campagne pour son beau-père l’électeur palatin Rupert dont il a épousé la fille Marguerite de Bavière en 1393 et Rupert est élu par les 4 électeurs rhénans le 21 aout 1400. Le duc Louis d’Orléans rêve à partir du duché de Luxembourg qu’il a reçu en gage d’un emprunt de l’empereur Wenceslas de Luxembourg de se tailler une principauté en lui rattachant des terres du duché de Lorraine, Charles doit conduire contre lui en 1407 une coalition mise sur pied avec l’accord du roi de France comprenant notamment les ducs Robert de Bar, de Hainaut et de Juliers et les comtes de Sarrebruck et de Salm. Charles II entretient d’étroites relations avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, fils du duc Philippe le Hardi, ami d’enfance. Opposé à tout rapprochement avec le royaume de France, il interdit dans son testament rédigé le 13 aout 1407 à ses deux filles Isabelle et Catherine de se marier « à un homme qui soit sujet du royaume de France ». Louis d’Orléans est finalement assassiné à Paris le 23 novembre 1407 par les sbires du duc de Bourgogne Jean sans Peur que soutient d’autant plus Charles II que le Parlement de Paris le 1er aout 1412 donne raison aux habitants de Neufchâteau qui avaient été soutenus par le duc d’Orléans. Cette même année 1412, nait à Domremy, Jeanne d’Arc qui sera appelée dans l’histoire de France pour les besoins de la cause « la bonne lorraine » alors et pourtant qu’au jour de sa naissance, une partie du village de Domrémy - dépend de la châtellenie de Gondrecourt en Barrois mouvant donc du duché de Bar, terre impériale dont le duc est le cardinal Louis de Bar, vassal de l’empire pour la partie située rive droite de la Meuse mais dans la mouvance française pour la partie sise sur la rive gauche, tandis que l'autre partie du village relève de la seigneurie de Vaucouleurs acquise en 1355 par Philippe de Valois et rattachée au comté de Champagne par ordonnance royale de 1365. Or Domrémy est traversé alors par un ruisseau qui sert de frontière entre le Barrois mouvant et le comté de Champagne ; et la partie du village de Domrémy dans laquelle se trouve la maison de Jeannes est située sur la rive champenoise. Donc non seulement Jeanne n’était pas Lorraine (en effet si elle l’avait été Lorraine, elle aurait relevé du duc Charles II, vassal de l’empereur Sigismond de Luxembourg, et on ne voit pas bien à quel titre elle serait venue défendre la cause du roi de France Charles VII) mais elle n’était pas même née dans le Barrois mouvant. Elle était tout simplement champenoise raison pour laquelle elle pouvait légitimement vouloir sauver la France. Preuve du lien étroit qui unit d’ailleurs alors le duc de Lorraine Charles II au duc de Bourgogne Jean sans Peur, c’est Charles II qui, en 1414, accompagne l’empereur Sigismond de Luxembourg se rendant au Concile de Constance ou il y représente Jean sans Peur. Duc de Bourgogne, Jean sans peur, qui, après la cuisante défaite le 25 octobre 1415 à Azincourt de l’armée du roi de France Charles VI contre celle du roi d’Angleterre Henri V, se rend maitre de Paris en mai 1418 et y pénètre en juillet accompagné du duc de Lorraine qui y reçoit le titre de connétable pour service rendus au duc de Bourgogne. Mais la victoire échappe finalement à Jean sans Peur qui est assassiné à Montereau le 10 septembre 1419. En revanche les anglais triomphent seuls et signent le traité de Troyes du 21 mai 1420 par lequel ils obtiennent, hors les possessions bourguignonnes, la moitié nord du Royaume de France qui se trouve réduit au seul sud diminuée de la Guyenne. Mais Charles II refuse lui de souscrire à un traité qui prévoit l’union des royaumes de France et d’Angleterre. Cette même année 1420, Charles II marie sa fille Isabelle à René d’Anjou, adopté par le cardinal Louis de Bar, héritier du duché de Bar et sans descendant. L’année 1422 voit se succéder les morts d’abord du roi d’Angleterre Henri V puis celle du roi de France Charles VI. Le roi Henri V marié à Catherine de France, fille de Charles VI a un fils qui est alors proclamé roi de France et d’Angleterre mais le dauphin Charles qui ne reconnait pas le traité de Troyes se proclame lui-même roi de France sous le nom de Charles VII. Grâce à Jeanne d’Arc, la cause au départ assez compromise de Charles VII triomphe et il est sacré à Reims le 17 juillet 1429. Le Cardinal-duc de Bar Louis meurt le 23 juin 1430. Le duc de Lorraine Charles II le 25 janvier 1431. Jeanne d’Arc meurt le 30 mai 1431, année de l’union des deux duchés de Bar et de Lorraine.

Maison de Lorraine-Anjou

.Isabelle Ière (1410-1453), duchesse de Lorraine de 1431 à 1453

Fille de Charles II et de Marie de Wittelsbach, elle-même fille de Robert de Wittelsbach, comte palatin du Rhin puis empereur. Elle épouse le 24 octobre 1420 : René Ier d’Anjou (1409-1480), duc de Bar de 1430 à 1480, duc d’Anjou de 1434 à 1480, comte de Provence et de Forcalquier de 1434 à 1480, roi de Naples de 1435 à 1442. Le droit d’Isabelle à succéder à son père est contesté par le comte Antoine de Vaudémont malgré le fait que les Etats Généraux de Lorraine confirment leur position de 1306 sur le droit des femmes à régner en Lorraine. Antoine de Vaudémont a le soutien du duc de Bourgogne Philippe le Bon qui ne voit pas d’un très bon œil l’accession de la maison d’Anjou sur les duchés de Lorraine. Au décès du cardinal-duc, Louis de Bar le 23 juin 1430, c’est son fils adoptif René Ier d’Anjou qui devient duc de Bar ; sept mois plus, Isabelle succède elle-même comme duchesse de Lorraine à la mort de son père Charles II le 25 janvier 1431 ; la Lorraine et le Barrois ont désormais une histoire liée. Une bataille a lieu le 2 juillet 1431 à l’issue de laquelle le duc René Ier est fait prisonnier et interné à Dijon au palais ducal de Philippe le Bon. Les deux parties acceptent alors que la question de fond de la capacité d’Isabelle à succéder soit soumise à la décision de l’empereur Sigismond de Luxembourg ; au début de 1434, celui-ci entend les arguments des deux parties puis les convoque à Bâle ou il participe au concile de 1434 ; libéré provisoirement René d’Anjou s’y rend ; le 24 avril, Sigismond rend sa décision en faveur d’Isabelle comme héritière légitime du duché dont il donne l’investiture à René « pour et au nom de sa femme » Puis René, respectant son engagement vis-à-vis du duc de Bourgogne, retourne à Dijon se constituer prisonnier ; c’est en captivité qu’il devient duc d’Anjou et comte de Provence à la mort de son frère Louis III d’Anjou le 12 novembre 1434 puis roi de Naples à celle de sa tante Jeanne II le 2 février 1435. La duchesse Isabelle prend aussitôt la tête d’une armée et prend possession du royaume de son époux. Ce n’est qu’après un accord à Lille du 28 janvier1437 par lequel, outre quatre cents mille ducats, il accepte d’abandonner au duc de Bourgogne deux seigneuries de son duché de Bar, Cassel et Bois-de-Nieppe, enclaves dans le comté de Flandre, que ce dernier le libère. Mais dès 1438, Antoine de Vaudémont reprend les hostilités mais il est battu et par le traité de Reims de 1441, il renonce définitivement à ses prétentions contre la promesse que son fils Ferri épouserait Yolande, la fille cadette de René d’Anjou et d’Isabelle de Lorraine. Le 2 juin 1442, Alphonse d’Aragon qui entend faire valoir ses droits sur le Royaume de Naples, parvient à prendre Naples ; René II accepte de renoncer au Royaume de Naples, rejoint la Provence puis l’Anjou. Ce n’est qu’en juillet 1443 qu’il se décide à venir en Lorraine accompagné du roi de France Charles VII pour mener campagne contre les habitants de Metz ; à cette occasion le roi de France s’empare au passage d’Epinal possession de l’évêque de Metz puis fait le siège de Metz, qui, avec l’aide des troupes impériales résistent mais finit par capituler. Après le mariage à Nancy de sa fille Marguerite de Lorraine avec le roi d’Angleterre Henri VI, René d’Anjou et son épouse Isabelle quittent définitivement la Lorraine laissant à leur fils Jean de Calabre le soin de gouverner le duché. Isabelle meurt le 28 février 1453 au château d’Angers.

.Jean II (1425-1470), duc de Lorraine de 1453 à 1470

Fils de la duchesse Isabelle et de René d’Anjou.

Il n’a qu’une seule idée en tête celle de reconquérir la couronne de son père. Il tente sa chance à la mort d’Alphonse d’Aragon mais échoue ; un temps il espère recevoir l’appui du roi de France Louis XI qui a succédé à son père Charles VII mais qui, retors comme l’histoire l’a montré le berce d’illusions tout en continuant de soutenir Ferdinand le fils d’Alphonse ; Jean II s’en étant rendu compte, adhère alors à la Ligue du Bien Public crée par le duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Après une deuxième tentative de reconquête du royaume de Naples en 1462, il se décide à revenir en Lorraine ou Louis XI soutient ses ennemis tout en cherchant à se le concilier par des compensations territoriales. Mais en octobre 1466, il quitte le duché pour aller militairement accompagné de Ferri de Vaudémont prendre possession de la Catalogne dont la couronne a été offerte à son pére René par les catalans révoltés contre Ferdinand d’Aragon. Il meurt à Barcelone le 16 décembre 1470.

.Nicolas Ier (1448-1473), duc de Lorraine de 1471 à 1473

Fils de Jean II.

Comme son père, il prête serment le 7 aout 1471 puis part à Paris ; mais là il apprend que le roi Louis XI a choisi un autre parti pour sa fille et rentre à Nancy ou il reçoit en revanche la proposition du duc de Bourgogne Charles le Téméraire de lui donner sa fille unique Marie. L’offre est acceptée et le 22 mai 1472, Nicolas signe à Arras avec son futur beau-père un traité d’alliance dirigé contre le roi Louis XI. Un an plus tard, à vingt-cinq ans Nicolas meurt sans descendance.

Maison d’Anjou- Vaudémont

.René II (1451-1508), duc de Lorraine, de 1473 à 1508, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson et duc de Bar de 1480 à 1508

Fils du comte Ferri VI de Vaudémont et de son épouse Yolande d’Anjou et devient duc de Lorraine à la mort de son cousin le duc Nicolas le 22 juillet 1473. Par sa mère, c’est un prince français ; celle-ci qui aurait pu régner renonce aussitôt à se droits au profit de son fils. A partir de lui et pour un siècle et demi, les ducs de Lorraine, souvent élevés à la Cour de France, se rapprocheront du royaume de France sans pour autant chercher à rompre avec l’empire, recherchant entre les deux une certaine forme de neutralité. Avec lui, le comté de Vaudémont, terre d’empire devient partie intégrante du duché de Lorraine. René II commence son règne sous celui du roi de France Louis XI, de l’empereur Frédéric III de Habsbourg et du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Il ne manque plus à ce dernier, pour réunir ses possessions du sud à celle du Nord, que de faire passer sous son contrôle les duchés de Bar et de Lorraine. Il est donc un ennemi potentiel. René II a partie de son duché de Bar dans la mouvance du royaume de France (bien que juridiquement en droit « international » de l’époque son duché de Bar relève toujours de l’empire). Charles le Téméraire n’hésite pas à occuper ce Barrois « mouvant » et lors de son séjour à Trêves d’octobre-novembre 1473 conclut dès le 14 octobre avec René II un traité leur interdisant de conclure avec Louis XI un traité pouvant nuire à l’autre partie et autorisant les deux ducs à faire transiter leurs troupes au travers des territoires de l’autre. Mais les incidents se multipliant entre garnisons bourguignonnes et lorraines, en mai 1475, René II défie Charles qui profite de l’occasion pour envahir la Lorraine ; René II qui espère le soutien militaire du roi Louis XI est bien déçu car celui-ci renouvelle une nouvelle fois les trêves qu’il a signées depuis le 15 octobre 1473 avec Charles le Téméraire. Le 30 novembre toute la Lorraine est occupée. La population de Nancy compte alors environ 5 000 habitants, auxquels il faut ajouter 3 500 soldats d’origine alsacienne, envoyés par le duc d’Autriche, Sigismond de Habsbourg ainsi que 500 soldats engagés au service du duc de Lorraine. Charles le Téméraire, quant à lui, ne dispose que d’un armement limité et c’est la famine qui amène la chute de la ville, après un mois de combats. Charles fait son entrée triomphale à Nancy et s’autoproclame duc de Lorraine. Mais les ambitions de Charles le Téméraire l’isole et le roi Louis X, tout en évitant d’engager des troupes directement contre lui, parvient à pousser contre lui les Confédérés suisses, les villes d’Alsace, l’empereur Frédéric III de Habsbourg lesquels constituent début 1476 la Ligue de Constance dirigée contre le duc de Bourgogne. Les Confédérés suisses ayant remporté la bataille de Morat contre les troupes de Charles le 22 juin 1476, la résistance s’organise en Lorraine. René II sait profiter de ce renversement de situation : grâce à une aide fournie par la ville de Strasbourg et par les Suisses, il regagne une partie des places perdues. Après quelques semaines de siège, les troupes bourguignonnes de Nancy capitulent le 6 octobre. Mais au même moment, Charles pénètre en Lorraine, atteint Neufchâteau, tandis que des renforts lui arrivent du Luxembourg. Il est à Toul le 11 octobre, et à Nancy le 20. René II confie la défense de la ville à 2000 soldats gascons, lorrains et alsaciens, avant de partir pour la Suisse pour y chercher du secours. Le 22 octobre, Nancy est de nouveau assiégée. Charles est, cette fois ci, dans une situation plus précaire que la première fois, étant en terrain ennemi, et coupé de ses arrières. A la tête d’une armée de volontaires suisses, d’Alsaciens et de Bâlois composant une armée de 14000 hommes environ, René II franchit les Vosges et atteint Lunéville le 3 janvier, et Saint-Nicolas-de-Port le 4. Le dimanche 5 janvier a lieu la bataille au cours de laquelle Charles trouve la mort. René II qui espère comme prix de sa victoire une partie des possessions bourguignonnes se heurte au refus de Louis XI. Bien plus celui-ci ne lui laisse comme héritage de son grand-père René Ier d’Anjou décédé le 17 juillet 1480 que le seul duché de Bar alors que Renée II espère recevoir le duché d’Anjou, le comté du Maine et le comté de Provence que certes René Ier avait légué par testament à son neveu Charles mort le 10 décembre 1481 en les léguant à Louis XI. Il n’obtient pas davantage de son alliance matrimoniale avec les Beaujeu qui règnent après le décès de Louis XI le 30 aout 1483. En effet ceux-ci fort du remariage de René II avec Philippa de Gueldre, fille du duc de Gueldre et nièce de Pierre de Beaujeu, en profitent pour détacher le comté de Provence de l’empire et l’incorporer au royaume de France le 27 juillet 1486 avec le duché d’Anjou. Avec l’argent reçu d’Anne de Beaujeu, René lève alors une armée en 1488 pour tenter d’aller reconquérir le royaume de Naples qui s’est soulevé contre Ferdinand d’Aragon mais là encore, arrivé avec ses troupes à Lyon, il reçoit une lettre du roi Charles VIII devenu majeur lui rappelant que les droits sur ce royaume appartiennent désormais au roi de France par héritage de la maison d’Anjou. Malgré ses liens avec la France, René II reste conscient que ses possessions relèvent de l’empire même si l’époque de son règne est celle de la fin du Moyen Age et de l’application du contrat vassalique qui régissait les rapports de la noblesse depuis six cents ans environ. Après la mort de l’empereur Frédéric III, il entretient d’excellents rapports avec son fils l’empereur Maximilien et participe à la Diète de Worms de 1495 et accepte que le corps de Charles le Téméraire, beau-père de Maximilien, reposant alors à Nancy dans la chapelle des Cordeliers, soit restitué à sa famille. Le 25 mars 1506, il établit son testament qui pose le principe de l’union perpétuelle indissociable des duchés de Lorraine, de Bar, du comté de Vaudémont et du marquisat de Pont à Mousson. Il meurt prés de Bar le Duc le 10 décembre 1508.

.Antoine Ier (1489 -1544) duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1508 à 1544

Fils du précédent et de son épouse Philippa de Gueldre.

Il est très lié à la Cour de France. Il est au côté du roi Louis XII en Italie à la bataille d’Agnadel le 14 mai 1509. Louis XII mort, il assiste au sacre de François Ier à Reims et épouse à Amboise une princesse française René de Bourbon-Montpensier, sœur du connétable de Bourbon ; il est au côté de François Ier à Marignan les 14 et 15 septembre 1515 et en 1517 prend celui-ci pour parrain de son premier fils dénommé François comme le roi. Mais à la suite de la défaite du roi de France à Pavie en 1525 contre les troupes de l’empereur Charles Quint, il décide de s’abstenir de prendre parti entre la France et l’empire et s’efforce de jouer les médiateurs. Puis il se rapproche de l’empereur Charles Quint et en 1540 marie sa fille Anne de Lorraine au général des armées impériales, René de Chalon, prince d’Orange et en 1541, son fils héritier François à Christine de Danemark, nièce de l’empereur ce qui déplait fortement à son ancien ami le roi François Ier qui exige alors qu’il lui rende hommage pour le Barrois mouvant. Charles Quint qui souhaite que la Lorraine reste attachée à l’empire accepte de faire des concessions à Antoine en matière de souveraineté ; sans aller jusqu’à donner à ses possessions une quasi-indépendance comme l’avait fait l’empereur Maximilien à l’égard des Confédérés suisses par le traité de Bâle de 1499 qui les relevaient du service armée pour le compte de l’empereur et les soustrayaient à la justice impériale ( leur indépendance ne sera reconnu de jure qu’en 1648), il accepte par le traité de Nuremberg du 26 aout 1542 de faire de la Lorraine un « Etat libre non incorporable » dont la justice ne relève plus, comme pour les Confédérés suisses, en dernier ressort de la Chambre impériale de Spire. Antoine meurt le 11 juin 1544.

.François Ier (1517-1545), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont et marquis de Pont à Mousson de 1544 à 1545

Fils du précédent.

Sous son règne, La Lorraine continue comme la Confédération suisse à faire partie de l’empire qui lui garantit militairement son statut à la différence de la Confédération ; à noter que la notion de « non incorporabilité » s’entendait comme non incorporable également au Royaume de France. Fort de cette espèce de statut de neutralité entre ce dernier et l’empire, il essaye alors de négocier avec Charles Quint et François Ier l’interdiction pour leurs armées de traverser ses états mais sans succès. Il meurt le 12 juin 1545 un an après son père ayant eu juste le temps de jouer la médiation ayant abouti à la paix de Crépy en Laonnois du 18 septembre 1544 par lequel d’un côté la France perd sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois, renonce à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples, mais conserve temporairement la Savoie et le Piémont et de l’autre côté Charles Quint abandonne le duché de Bourgogne et ses dépendances. Il laisse comme héritier son fils Charles âgé de deux ans.

.Charles III (1543-1608) duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont et marquis de Pont à Mousson de 1545 à 1608

Fils de François Ier, filleul du roi de France homonyme, et de Christine de Danemark, nièce de l'Empereur Charles Quint.

Il succède à son père le 12 juin 1545, d'abord sous la régence de sa mère et de son oncle, puis en 1552 sous celle de son seul oncle, Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et futur duc de Mercoeur. Sa mère Christine se rend à Augsbourg fin 1547 début 1548 pour assister à la Diète d’empire. Elle a quelques bonnes raisons de craindre l’alliance des rois de France avec les princes protestants et fait procéder à l’édification de fortifications à La Mothe en Bassigny, aux confins de la Champagne, de la Bourgogne et de la Lorraine entrainant la réaction vive du roi Henri II qui lui demande d’arrêter les travaux ce qu’elle s’engage à faire tout en les poursuivant. Elle se rend à nouveau à Augsbourg en 1550 pour assister à une nouvelle diète d’empire, année qui marque la reprise du conflit entre l’empereur Charles Quint et cette fois le roi Henri II qui s’est vu promettre, par le traité de Chambord du 15 janvier 1552 par les princes protestants allemands, en contrepartie de son alliance, les comtés de Montbéliard et de Ferrette ainsi que les trois évêchés de Toul, Metz et Verdun en qualité de vicaire de l’empire. À partir de 1552, le roi de France Henri II, à l’occasion de son "voyage d'Allemagne" qui lui permet d'imposer sa tutelle aux cités épiscopales de Verdun, Metz et Toul, fait un passage à Nancy. Il écarte de la régence la duchesse douairière, Christine de Danemark, nièce fidèle de l'empereur Charles Quint et confie la totalité du pouvoir au prince Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et futur duc de Mercoeur qui lui est francophile. Dès avril 1552, les armées du roi Henri II envahissent la Lorraine faiblement défendue et le 15 avril 1552, le roi destitue Christine qui doit s’exiler, obtient le serment d’allégeance des Etats Lorrains et remmène à Paris le duc Charles en qui a 9 ans, pour le faire élever à la cour de France en garantie de la neutralité de la Lorraine ou des garnisons françaises sont installées notamment à Metz, ville impériale. Dès la mi- octobre 1552, l’armée de Charles Quint se présente devant Metz mais n’arrive pas à la reprendre et se retire en janvier 1553. Charles Quint abdique en 1556 partageant ses possessions entre son fils Philippe et son frère Ferdinand qui lui succède comme empereur. Mais en 1557, l’armée du roi Henri II est battue à Saint Quentin par le duc de Savoie Emmanuel Philibert, général des armées impériales à la tête des troupes espagnoles du roi Philippe II, le fils de Charles Quint. A Paris ou il est élevé, le duc Charles est marié à Notre Dame de Paris avec Claude de France le 22 janvier 1559. Année 1559 oû il doit signer avec celui-ci le traité de Cateau-Cambrésis. Ce n’est qu’en octobre 1559, qu’avec son épouse il fait sa première entrée à Nancy mais laisse le gouvernement de la Lorraine à sa mère Christine revenu d’exil. Enfin ce n’est que le 18 mai 1562, qu’il prête serment devant les Etats de Lorraine et en devient véritablement duc. Ses relations avec les rois de France François II et Charles IX sont bonnes. En revanche, le duc Charles III, bon catholique, ne peut accepter, comme ses cousins les Guise la signature le 6 mai 1576 entre le roi de France Henri III et les Huguenots français ; il rejoint la Ligue catholique crée par le duc Henri de Guise à la demande de Don Juan d’Espagne, le fils bâtard de Charles Quint et accueille leur assemblée générale à Nancy en février 1580. En outre Henri III n’a pas d’enfant et son frère François d’Alençon décède le 10 juin 1584 de sorte que c’est Henri le roi de Navarre, chef du parti protestant, qui devient l’héritier de la couronne de France. Une deuxième assemblée de la Ligue se tient alors près de Nancy qui aboutit au traité d’alliance de Joinville du 31 décembre 1584 par lequel le roi d’Espagne Philippe II apporte son soutien à la Ligue pour lutter contre le protestantisme tant dans le royaume de France que dans les terres d’empire possédées par le roi d’Espagne, Franche Comté, Luxembourg, Pays-Bas. Le duc de Guise prend l’initiative et s’empare en juin 1585 de Toul et Verdun occupées par des garnisons françaises depuis 1552, puis les possessions du duc de Bouillon, un des chefs du parti protestant qui doit se réfugier en Alsace et recrute là près de 35 000 mercenaires recrutés sur place ou dans le duché de Wurtemberg qui se présentent le 30 aout 1587 aux frontières du duché de Lorraine et l’envahissent mais sont battus. Le duc Charles III pour venger leurs exactions dévaste alors le comté de Montbéliard, propriété du duc de Wurtemberg. Mais ce n’est véritablement qu’après l’assassinat du roi Henri III le 2 aout 1589 et l’accession d’Henri de Navarre comme roi de France sous le nom d’Henri IV qu’il s’engage véritablement contre la France. Aussitôt il reprend Toul et Verdun mais ne parvient pas à reprendre Metz et se range au côté de la Ligue qui se réunit une nouvelle fois en assemblée à Chaumont en Bassigny en septembre 1589. Le duc de Lorraine doit alors disperser au sud les mercenaires allemands réfugiés en Alsace puis se retourner au nord de son duché pour faire face aux troupes du général d’Henri IV, Henri de Turenne, qui vient de surcroit d’épouser la duchesse de Bouillon, héritière du duché. Les Ducs de Lorraine ont établi déjà depuis longtemps sur leurs terres les 3 bailliages de Nancy, de Vôge et d'Allemagne, zones administratives se répartissant les prévôtés. Vaudrevange/ Wallerfangen, est le chef-lieu du bailliage d'Allemagne qui regroupe la partie germanophone du duché. Il regroupe les possessions ducales situées en Lorraine allemande. Les terres d’Empire et les fiefs des évêques de Metz n’en font pas partie. Il comprend en 1594 les châtellenies, prévôtés, seigneuries et villes de Sierck, Siersberg, Schaumberg, Merzig-Saargau, Vaudrevange, Berus, Boulay, Faulquemont, Hombourg et Saint-Avold, Forbach, Puttelange, Sarreguemines, Bitche, Sarralbe, Sarreck, Sarrebourg, Phalsbourg, Morhange Marimont, Dieuze et Marsal. Au début du XVIIe siècle, il est composé de 790 localités. Les troupes de Charles III sont défaites en 1592. La conversion d’Henri IV au catholicisme lui permet alors plus facilement de négocier ; par le traité de Saint Germain en Laye du 16 novembre 1594,Toul et Verdun obtiennent le statut de villes protégées par le roi de France mais leur gouvernement est laissé au troisième fils de Charles III, François de Vaudémont et la France s’engage à indemniser partie des frais engagés par le duc de Lorraine pour la défense de son duché ; en outre le fils ainé du duc doit épouser Catherine, la fille d’Henri IV, mariage célébré le 31 janvier 1599 marquant le resserrement des liens avec le royaume de France même si Catherine meurt dès 1604. Charles III meurt le 14 mai 1608.

.Henri II (1563-1624), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1608 à 1624, marquis de Nomeny de 1612 à 1624

Fils de Charles III.

A la différence de son père, de son grand-père François et de son arrière-grand-père Antoine, il n’a pas passé une partie de sa jeunesse à la Cour de France. Après le décès de son épouse Catherine, il se remarie avec Marguerite de Gonzague qui lui donne deux filles, Nicole née en 1608 et Claude née en 1612, mais pas d’héritier mâle de sorte que c’est son cousin Charles de Vaudémont, compagnon de jeu du roi Louis XIII, qui peut prétendre à sa succession en déniant les droits de sa cousine Nicole en vertu de la loi salique dont l’application est contestable en Lorraine. L’année de la naissance de Nicole, les princes protestants se constituent en Ligue. En réaction Maximilien, duc de Bavière, époux d’Elisabeth de Lorraine, fille du duc Charles III crée une Ligue (catholique) pour la défense de la religion à laquelle Charles III est tenté d’adhérer. S’il se ménage ses relations avec le roi de France en acceptant de lui prêter hommage pour le Barrois mouvant, il en fait de même avec l’empereur Ferdinand et le roi d’Espagne ainsi qu’avec leurs gouverneurs de Franche-Comté et des Pays Bas, les archiducs Isabelle d’Espagne et Albert d’Autriche.

.Charles IV ( 1604 -1675), duc de Lorraine et de Bar par son épouse Nicole, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1624 à 1634, seigneur de Saarwerden et Bouquenon de 1629 à 1634

Fils du comte François de Vaudémont.

Il commence à régner l’année de l’accession au pouvoir du cardinal de Richelieu comme ministre du roi Louis XIII et alors que depuis 6 ans, l’empereur Ferdinand II est engagé dans la guerre de Trente Ans qui l’opposent aux Protestants. Les Pays Bas, possessions des Habsbourg d’Espagne qui relèvent de l’empire, se sont alliés à la France et sont en guerre depuis déjà trois ans contre l’Espagne et l’Empire. Richelieu se met à soutenir en sous-main ces derniers pour contrer l’empereur. Charles IV, catholique convaincu, très lié au duc Maximilien de Bavière, allié très fidèle de l’empereur, penche pour ce dernier. La politique de Louis XIII et de Richelieu est de repousser la frontière du royaume sur le Rhin, ce qui implique l'annexion du duché de Bar, du duché de Lorraine, états souverains, de la Franche-Comté, possession espagnole, de l'Alsace, toutes possessions de l'Empire romain germanique. Le roi Louis XIII, qui n’est pas encore engagé dans la guerre, renforce néanmoins ses garnisons de Metz et de Verdun. Charles IV en fait de même en augmentant les effectifs de Nancy, Bitche, Marsal, La Mothe, Clermont, Stenay et Jametz ainsi que celles du duché de Bar. Dès 1627, Charles IV crée une armée permanente. Sa sympathie pour l’empereur Ferdinand II ne fait qu’augmenter quand en 1629 la Chambre impériale de Spire attribue à son père les seigneuries de Saarwerden et de Bouquenon disputées par la maison de Nassau. L’armée lorraine atteint en 1630 un effectif de 9 000 hommes pour l’infanterie et 1000 pour la cavalerie quand le roi Gustave-Adolphe de Suède entre en guerre au côté des princes protestants soutenus financièrement par Richelieu. Les troupes de ce dernier écrasent celles de l’armée impériale commandée par le général Tilly en septembre 1631. Depuis le printemps 1631, Charles IV a augmenté les effectifs de son armée qui compte désormais près de 18 000 fantassins et 5000 cavaliers. Celle-ci part en Alsace ou il installe à la demande de l’empereur des garnisons à Saverne et à Haguenau puis en Allemagne du Sud au secours de l’armée impériale mais sans grand succès. Pendant son absence, Louis XIII a mis son armée en situation d’envahir les duchés de Bar et de Lorraine et ses troupes stationnées à Verdun et à Metz convergent vers Vic et Moyen Vic défendues elles par des troupes impériales ; Vic capitule dès le 11 décembre. Charles rentré à Nancy le 16 décembre cherche à négocier avec le roi Louis XIII qu’il rencontre à Metz le 26 décembre. Moyenvic ayant capitulé elle le 27 décembre, Charles IV doit signer le 6 janvier 1632 le traité de Vic par lequel il s’engage à n’accorder aucune aide aux Habsbourg qu’ils fussent d’Espagne ou d’Autriche. Au printemps, ces derniers lui redemandent son aide mais pressentant que Charles va y répondre positivement, Louis XIII engage dès le mois de mai la deuxième guerre de Lorraine. Dès le 19 juin Bar le Duc est occupé puis l’armée du roi de France fonce sur Nancy. Malgré les renforts envoyés depuis le Luxembourg par les Habsbourg d’Espagne, le 25 juin, les Français sont aux portes de Nancy. Charles IV dont une partie des troupes est restée se battre en Allemagne du Sud doit dès le lendemain se soumettre et signer le traité de Liverdun beaucoup plus dur que celui de Vic. Il doit livrer pour trois ans la place forte de Marsal, pour quatre ans celles de Dun sur Meuse, de Jametz et Stenay, vendre le comté de Clermont en Argonne, prêter hommage au roi de France pour le Barrois mouvant dans le délai d’1 an et laisser transiter les troupes françaises sur ses terres le tout garanti par la remise en otage de son frère le cardinal Nicolas-François de Lorraine. Charles bien évidemment reste fidèle à l’empereur au service duquel nombre de ses officiers continuent de se battre (Allamon, Bannerot, Bassompierre, Briey, Chauvirey, Cliquot, Custine, des Fours, du Hautoy, Fournier, Haraucourt, Hennin, Hunolstein, Ligniville, Mercy, Mitry, Montrichier, Mus, Nettancourt, Raignecourt, Salm, Serainchamps, Stainville, Yvard) ; empereur qui lui confie d’ailleurs la défense de ses possessions en Basse-Alsace. En réaction, Louis XIII intervient une troisième fois en Lorraine et fait prononcer par le Parlement de Paris la saisie du Barrois mouvant pour lequel Charles ne lui a pas prêté hommage. Dès le 24 aout 1633, les troupes de Louis XIII occupent à nouveau Bar le Duc, puis Pont à Mousson, s’emparent de Saint Nicolas de Port et encerclent Nancy ; Charles IV doit se réfugier à Lunéville ; Nancy capitule après trois semaines le 20 septembre et le même jour Charles est contraint de signer le traité de Charmes par lequel la France occupe Nancy pour quatre ans, interdit au duc de Lorraine toutes alliances contraires à l’intérêt de la France et l’oblige à licencier son armée. Charles IV préfère finalement abdiquer le 19 janvier 1634 en faveur de son frère Nicolas-François et retourner en Allemagne prendre un commandement dans l’armée impériale.

.Nicolas-François (1609 - 1675), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1634 à 1675

Frère de Charles IV.

Il s’enfuit de Nancy le Ier avril 1634 par la Franche-Comté et trouve asile à Vienne ou il assure la continuité de la dynastie. Ses duchés de Bar et de Lorraine sont occupés par la France mais la résistance des Lorrains est vive et l’armée ducale fait régulièrement des incursions notamment depuis la Franche-Comté ou Charles IV, après être passé avec ses troupes impériales de Besançon en Bavière ou elles participent à la prise de Ratisbonne sur les Suédois puis à la tête des troupes de la Ligne catholique à celle de Nordlingen le 6 septembre 1634, revient sur l’Alsace d’où en février 1635, il attaque une première fois en direction de Saint Diè puis revenu en Franche Comté, il engage depuis là une deuxième offensive en direction de la Lorraine en Avril sans prendre l’avantage, se retire à Breisach d’où il organise pour ses troupes et l’armée impériales plusieurs opérations pour tenter de reconquérir le duché. Le Colonel lorrain Gaillard, aux ordres du général des armées impériales Thomas de Savoie, s’empare de la petite ville de Sierck tandis que l’armée de Maillard, un autre lorrain s’emparent de Boulay dans le pays messin et que des officiers lorrains libèrent Saint Mihiel pendant que Charles IV reconquiert Darney, Gondrecourt, Remiremont, Raon-l’Etape et Saint Diè puis s’avance rejoindre les impériaux du général Gallas installés au nord du duché. Les Français ne tiennent plus pratiquement que les grandes villes notamment Bar et Nancy. Louis XIII se trouve obligé de réagir et fin juin part pour la Lorraine ou il arrive à Saint Dizier le 20 septembre 1635 et fait assiéger Saint Mihiel qui capitule le 2 octobre. Dans les jours suivants, ses troupes reprennent le contrôle de tout le duché de Bar. Durant l’Automne 1635, l’armée impériale commandée par Gallas avec les troupes lorraines commandées par Charles IV font face aux troupes franco-weimarienne bien supérieures en nombre ; Gallas se refuse à les affronter tandis que Charles déçu se replie sur la Franche-Comté de sorte qu’à la fin de l’année 1635, toutes les troupes impériales et lorraines ont abandonné la Lorraine. En Franche-Comté, en revanche, Charles IV bat les troupes françaises à Poligny le 19 juin 1638 ce qui lui permet d’attaquer à nouveau en Lorraine mais ses campagnes de 1638 à 1640 ne sont pas décisives de sorte que Charles IV doit se résigner à signer un nouveau traité avec la France, le traité de Saint Germain en Laye du 2 avril 1641 par lequel il s’engage à soutenir partout et en tous temps les intérêts de la France et à renoncer à toute « intelligence » avec la maison de Habsbourg, à abandonner à la France le comté de Clermont en Argonne situé dans le Barrois non mouvant ainsi que les places fortes de Jametz, Stenay et Dun sur Meuse, à laisser détruire les fortifications de Marsal, à laisser le libre passage des troupes françaises à travers ses duchés, à accepter l’incorporation de l’armée lorraine à l’armée française. Fin avril 1641, il peut alors rentrer à Nancy. Mais le traité de Saint Germain en Laye ne suffit pas à Richelieu qui décide de s’emparer de Charles IV lequel avisé se réfugie à Sedan ou il va retrouver les troupes espagnoles des Habsbourg d’Espagne. Les victoires du duc d’Enghien sur celles-ci à Rocroi et à Lens et celle de Turenne sur les troupes impériales à Zusmarshausen ne sont pas de nature à lui redonner espoir même si lui-même et ses généraux Gaspard et François de Mercy ainsi que Jean de Werth au service de l’empereur remportent la bataille de Tuttlingen en 1643 et celle de Marienthal en 1645. En fait les négociations pour terminer la guerre de Trente Ans ont commencé et finissent par aboutir aux Traités de Westhphalie qui ne règlent pas le sort de la Lorraine. Charles IV continue donc à se battre aux côtés des troupes espagnoles des Habsbourg d’Espagne et participe au siège de Cambrai en mai-juin 1649 puis durant les années 1650-1651, ses troupes commandées par Fauge et Ligneville, parviennent à reconquérir une partie de la Lorraine tandis qu’Haroué parvient même à reprendre momentanément Bar le Duc et Ligny en Barrois mais sont obligées de se replier devant l’arrivée de renforts. Néanmoins il se trouve en possession plus favorable pour négocier avec la France dont le gouvernement est assuré par Mazarin, successeur de Richelieu ; malheureusement Charles IV est meilleur militaire que diplomate et se livre à un double jeu entre la France et ses alliés Habsbourg d’Espagne ; alors qu’il se trouve à Bruxelles, ceux-ci le font arrêter le 25 février 1654 puis emmener à Tolède malgré les protestations de l’empereur Ferdinand III (Habsbourg d’Autriche). Son frère Nicolas-François, rentré d’exil de Vienne se trouve bien obligé alors de prendre le commandement des troupes lorraines ; il cherche à obtenir la libération de Charles IV mais sans succès ; il renonce alors à l’alliance avec les Habsbourg d’Espagne pour rallier les armées françaises ; ainsi il est à la tête de ses troupes au côté de la France à la bataille des Dunes du juin 1658. C’est alors Mazarin qui va obtenir lors de la négociation de la paix des Pyrénées la libération le 15 octobre 1659 de Charles IV ; mais le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 n’est pas pour autant favorable à la Lorraine ; en effet la France conserve le duché de Bar, les places de Dun sur Meuse, Stenay, Jametz, Moyenvic et Marsal ainsi que tous les villages situées le long d’une route stratégique reliant Verdun à l’Alsace; le traité de Vincennes du 8 février 1661 restitue toutefois le duché de Bar au duc de Lorraine mais lui retire le comté de Saarwerden restitué à la maison de Nassau. Le 23 mars 1661 Charles se résigne à prêter hommage au roi de France pour le Barrois mouvant puis étrangement même accepte de signer un traité à Montmartre le 6 février 1662 par lequel il s’engage à céder à sa mort ses Etats à la France en contrepartie de l’obtention du titre de Prince du sang pour les descendants de la Maison de Lorraine ; son frère Nicolas-François et son fils Charles protestent. Charles IV se rendant compte de son erreur, adresse alors une délégation à la diète de Ratisbonne le 3 mai 1663 pour qu’elle déclare illégal le traité signé s’agissant de terres impériales dont le duc ne peut disposer sans son accord. Le roi Louis XIV s’en tient au traité de Vincennes et lorsqu’il s’apprête à engager la guerre de « Dévolution » lui réclame des troupes, puis après le traité d’Aix la Chapelle du 2 mai 1668 lui demande de les licencier. Charles IV ne l’ayant pas fait totalement, Louis XIV fait prendre des dispositions à l’été 1670 pour s’emparer de lui ; prévenu Charles IV parvient à s’échapper et s’enfuit par la Suisse pour rejoindre le territoire de l’Empire. La Lorraine est à nouveau entièrement occupée par la France malgré la protestation de la Diète d’Augsbourg du 13 octobre 1670 et la demande adressée à Louis XIV par l’empereur Léopold de Habsbourg. En revanche, la déclaration de guerre de Louis XIV le 6 avril 1672 aux Provinces Unies (indépendantes de l’empire depuis 1648) suscite une coalition contre lui réunissant l’empereur Léopold de Habsbourg, l’Electeur de Brandebourg et le roi d’Espagne (Habsbourg d’Espagne) et permet à Charles IV de lever à nouveau des troupes qui parviennent à réoccuper Epinal, Saint Diè et Remiremont. Au cours de la campagne 1675, ces troupes de Charles IV et les troupes impériales marchent sur Trêves assiégée par les troupes françaises du Maréchal de Créqui ; celui-ci est sévèrement battu le 11 aout 1675. Peu de temps après, Charles IV âgé de 72 ans tombe malade et décède à Allenbach dans le Palatinat le 18 septembre 1675.

.Charles V (1643-1690), duc de Lorraine et de Bar en titre de 1675 à 1690

Fils de Nicolas-François, né à Vienne il vit d’abord à la Cour de France, puis se met au service de son empereur Léopold Ier ; en 1665 il s'oppose ouvertement au traité de Montmartre, par lequel son oncle Charles IV, contraint et forcé par les armes, cède la Lorraine et le Barrois à la France. En septembre 1675, il est nommé généralissime des armées impériales; il prend aussi le titre de duc de Lorraine et de Bar, son oncle Charles IV étant mort le même mois. Tous les États européens le reconnaissent comme tel, à l'exception de la France, qui occupait ses duchés et qui crée à Metz une chambre de réunion pour annexer sur la base d’arguments juridiques plus ou moins spécieux les seigneuries lorraines qui dans le passé avaient plus ou moins dépendus des Trois-Evêchés. En 1678, il épouse Eléonore la sœur de l’empereur qui lui confie le gouvernement du Tyrol. La ville de Vaudrange est démantelée par Louis XIV en 1680 lors de l'édification de la ville de Sarrelouis. Pendant ce temps, à la tête des armées impériales au côté du roi de Pologne Jean III Sobieski, Charles V est vainqueur des Turcs qui assiégeaient Vienne depuis deux mois. Il mène ensuite plusieurs expéditions dans la partie de la Hongrie occupée par les Ottomans, est victorieux au siège de Buda (1686) dont il s'empare, reconquiert la Hongrie, puis la Slavonie et la Transylvanie en 1687. Tombé une première fois malade, il abandonne son commandement en mai 1688 à Maximilien Emmanuel, électeur de Bavière. Rétabli, il reçoit un commandement sur le Rhin lors de la Guerre de la ligue d'Augsbourg, mais tombe malade de nouveau; il meurt à Wels le 18 avril 1690 et est enterré à Innsbruck. Dix ans plus tard, son corps est ramené à la Chapelle des Cordeliers à Nancy.

.Léopold-Joseph (1679-1729), duc de Lorraine et de Bar en titre de 1690 à en fait de 1697 à 1729

Né à Innsbruck, Il a 10 ans à la mort de son père Charles V et reçoit le titre de duc de Lorraine et de Bar, mais ses duchés restent occupés par la France. Sa mère Éléonore devient la régente en titre des duchés lorrains. A douze ans sa mère l’envoie à Vienne pour recevoir une éducation militaire auprès de son oncle l'Empereur. Il y est élevé avec ses deux cousins, Joseph, héritier du trône d'un an son aîné, et Charles qui, bien qu'étant son cadet de six ans, sera plus proche de lui. Les deux jeunes archiducs ceindront successivement la couronne impériale en devenant les Empereurs romains Joseph Ier et Charles VI. Léopold se sentira toujours proche de ses cousins, tant sur le plan personnel que politique et religieux. Il est fait chevalier de la Toison d'or en 1690. Comme son père il s'engage dans l'armée impériale et prend une part active au siège de Temesvár en 1694. Il reçoit un commandement dans l'armée du Rhin en 1697. La guerre de la ligue d'Augsbourg touche à sa fin et les négociations commencent à Ryswick ; Louis XIV qui veut assurer la couronne d'Espagne pour son petit-fils Philippe, duc d'Anjou accepte - entre autres - de restaurer la suzeraineté impériale sur les duchés de Lorraine et de Bar sous réserve de l’hommage pour ce dernier duché. Le traité de Ryswick du 30 octobre 1697 et ratifié le 13 décembre, lui rend ses duchés. Mais ce n’est que le 17 aout 1698 qu’il se rend à Nancy ou il reçoit un accueil enthousiaste. Du fait de la cession de Vaudrange à la France quelques années plus tôt, Léopold transfère le siège du bailliage d’Allemagne en 1698 à Sarreguemines. Sur l’instigation de sa mère, il épouse Eléonore la nièce de Louis XIV ce qui n’a pas pour effet pour autant d’améliorer ses relations avec la France à tel point qu’il refuse de prêter hommage au roi pour le Barrois mouvant. Pour tenter de régler le conflit, la France lui propose d’échanger le duché de Milan qui serait prélevé sur l’héritage des Habsbourg d’Espagne contre la renonciation à ses duchés ; mais bien qu’accepté par Léopold, malgré le mécontentement de ses sujets, l’accord devient caduc. Une fois tournée cette regrettable page, il se met à se consacrer à l’administration de se duchés complétement détruits par les guerres et considérablement dépeuplés. Il encourage l’émigration à condition qu’elle soit catholique par une ordonnance du 10 octobre 1698 qui permet aux étrangers de s’installer sur les terres en déshérence. Ceux-ci affluent en nombre soit d’Allemagne, soit des cantons suisses, de la Bourgogne, de la Franche-Comté ou de la Savoie. Il fait procéder par ailleurs à une remise en état des infrastructures. Il agrandit le château de Lunéville ou il tient une Cour brillante et réorganise l’Université de Pont à Mousson qui connait un nouveau rayonnement. En dépit de la neutralité proclamée du duché de Lorraine, les troupes françaises occupent la plupart de ses places fortes et sa capitale Nancy ou elles rentrent le 3 décembre 1702 dès le début de la guerre de succession d’Espagne et Léopold n’a pas les moyens pour envisager de s’y opposer militairement ; mais cela ne fait que renforcer ses liens avec la famille impériale et notamment avec Joseph Ier et Charles VI, son ami d’enfance. La guerre de Succession d’Espagne se termine en 1713 par le traité d’Utrecht mais Nancy est occupée jusqu’en 1714 ; le roi Louis XIV meurt en 1715 ce qui améliore les relations avec la France qui reconnait par un traité du 14 octobre 1728 la neutralité pleine et entière, perpétuelle et irréversible de la Lorraine qu’une annexe à ce traité précise qu’en cas de guerre la France peut quand même occuper quelques places fortes. Néanmoins avec ce statut de neutralité reconnue, la Lorraine espère pouvoir écarter durablement la menace d’une annexion de force par la France. Le duc Léopold meurt le 27 mars 1729.

.François III (1708- 1765) duc de Lorraine et de Bar, duc de Teschen de 1729 à 1737 et Grand-duc de Toscane et Vice-roi de Hongrie de 1732 à 1765, empereur de 1745 à 1765

Fils du précédent et d’Elisabeth-Charlotte d’Orléans, fille du frère du roi Louis XIV ; en ligne maternelle il est donc arrière-petit-fils de Louis XIII.

A 15 ans, son père l’a envoyé à Vienne ou, il fait connaissance de l’archiduchesse Marie-Thérèse née en 1717, la fille et héritière, en l’absence d’héritier mâle, de l’empereur Charles VI de par la « Pragmatique Sanction » que celui-ci a fait rédigée quatre ans avant sa naissance. Il n’assiste pas aux funérailles de son père à Nancy le 8 juin 1729 et n’arrive dans son duché que le 29 novembre 1729 ; il est à Nancy le 3 janvier 1730 mais y reste peu de temps décidant de s’installer dans son château de Lunéville ; puis il se rend à Paris rendre hommage à Louis XV pour le Barrois mouvant et rentre à Lunéville qu’il quitte dès avril 1731 pour un périple en Europe. Il voyage depuis un an lorsqu’il apprend sa nomination par son futur beau-père comme vice-roi de Hongrie. Le 1er février 1733 meurt Auguste II, le prince Electeur de Saxe devenu roi de Pologne en 1697. Son fils, Auguste III, et Stanislas Ier, beau-frère de Louis XV se disputent le trône. Louis XV soutient son beau-père Stanislas Ier qui est élu par la Diète polonaise le 11 septembre 1733 mais le 6 octobre 1733 a lieu la contre-élection d’Auguste soutenu par l’empereur Charles VI ; dès le 10 octobre 1733. Trois jours plus tard, son Maréchal de Belle-Isle, gouverneur de Metz fait occuper Nancy. Louis XV déclare la guerre à l’empereur pour l’insulte faite à son beau-père ; L’annexion de la Lorraine par la France en 1734 entraîne la déclaration de guerre du Saint Empire et la mobilisation de son armée pour la Guerre de Succession de Pologne (1733–1738). Le Cercle de Souabe y engagea toutes ses troupes (un régiment de cuirassiers, un régiment de dragons et trois régiments d'infanterie de ligne). Au mois d’Aout 1735 et le 3 octobre 1735 sont signés les préliminaires de Vienne par lesquelles Stanislas accepte de renoncer au trône de Pologne au profit d’Auguste III mais en dédommagement reçoit en viager les duchés de Bar et de Lorraine que se voit contraint de lui abandonner François III pour pouvoir épouser Marie-Thérèse appelée à devenir impératrice à la mort de son père. Le 31 janvier 1736, François III peut faire sa demande en mariage et celui-ci est célébré à Vienne le 12 février 1736. Et après d’ultimes tractations, il accepte de signer le 11 avril 1736 sa renonciation à ses duchés contre la volonté de sa mère et de ses sujets. Et le 19 mai 1736, la Diète d’empire approuve les préliminaires de Vienne puis le 28 aout la convention de transfert des pouvoirs au roi de France. Au traité de Vienne de 1738, la Lorraine entre dans le giron de la couronne de France et les principales familles de la noblesse lorraine, obtiennent une dispense royale afin de servir et résider à leur guise en France ou dans l'Empire. Une partie, déjà établie à la Cour impériale de Vienne, choisit l'Empire. C’est le cas par exemple d’une partie de la famille de Fickelmont très importante famille de la noblesse lorraine principalement représentée par le Reichsgraf Charles de Ficquelmont, grand chambellan de l'Empereur François de Lorraine, capitaine des cuirassiers de Sa Majesté Impériale et commandant de la garde des chevaux légers, et par son fils, le Reichsgraf Jacques-Charles de Ficquelmont, capitaine de la garde et grand chambellan de l'Empereur François de Lorraine, commandant du régiment de cavalerie de Kalchreuth puis de Thun.

.Stanislas (1677- 1766), duc de Lorraine et de Bar de 1737 à 1766

Issu d'une famille aristocratique de Bohême-Moravie installée en Pologne au Xe siècle ; héritier du palatinat de Posnanie ; sa fille Marie Leszczynska épouse Louis XV en 1725.

Après avoir abdiqué officiellement le trône de Pologne, le 30 septembre, il est contraint par les ministres de Louis XV, de signer une déclaration secrète, appelée « déclaration de Meudon », par laquelle il déclare ne pas vouloir se « charger des embarras des arrangements qui regardent l'administration des finances et revenus des duchés de Bar et de Lorraine » s'en remettant au roi de France. En compensation, Stanislas reçoit une rente annuelle de 1 500 000 livres, qui serait portée à 2 millions au décès du grand-duc de Toscane. Stanislas s'engage à nommer « un intendant de justice, police et finances ... ou autre personne sous tel titre et dénomination qu'il sera jugé à propos, lequel sera choisi de concert avec S.M. Très-Chrétienne. Ledit intendant ou autre exercera en notre nom le même pouvoir et les mêmes fonctions que les intendants de province exercent en France. » Stanislas agrée, avec le titre de chancelier, le 18 janvier 1737, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, proposé par le cardinal de Fleury, conseil de Louis XV. Celui-ci prend possession au nom de Stanislas, le 8 février 1737 du duché de Bar et le 21 mars de celui de Lorraine. La mère de François III, ne quitte Lunéville que le 6 mars 1737 pour se retirer au château de Commercy que Stanislas accepte de lui laisser jusqu’à sa mort. Stanislas est fraîchement accueilli par la population lorraine, très attachée à la famille ducale et son intendant Chaumont de la Galaizière est unanimement haï et demeure un personnage à l'image noire dans la mémoire des Lorrains. L’empereur Charles VI meurt le 20 octobre 1740. Sa fille Marie-Thérèse l’épouse de François III est trahie de tous côtés et doit mener sans soutien la guerre de Succession d'Autriche contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France le Piémont-Sardaigne et l'Espagne. Son cousin par alliance Charles Albert, Électeur de Bavière, est élu empereur sous le nom de Charles VII. Elle réussit cependant à s'allier à l'Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise. Cette guerre occasionne pourtant la perte de la Silésie, au profit de la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle cède au roi de Sardaigne son beau-frère, Charles-Emmanuel III de Sardaigne. Mais le reste des possessions héréditaires des Habsbourg est cependant sauvegardé : Marie-Thérèse, conformément au vœu de son père, est alors à la tête de l'archiduché d'Autriche, "roi" de Hongrie 20 octobre 1740 - 29 novembre 1780) et reine de Bohême (1743 - 1780). Finalement c’est l’époux de Marie-Thérèse, l’ancien duc de Lorraine et de Bar François III qui devient empereur sous le nom de François Ier en 1745. Il est le fondateur de la Maison de Habsbourg-Lorraine. Stanislas qui lui a succédé à la tête des duchés de Bar et de Lorraine meurt une année plus tard à Lunéville le 23 février 1766 âgé de 88 ans. Avec lui les deux duchés de Bar et de Lorraine cessent définitivement en droit de faire partie du Saint Empire. Le Grand-gouvernement de Lorraine-et-Barrois est alors créé pour gérer les territoires suivants : • le duché de Lorraine et de Bar, • la province des Trois-Évêchés • le Luxembourg français (région de Thionville), • le duché de Carignan, • le pays de la Sarre, le duché de Bouillon

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 17:16
UNION EUROPENNE- RUSSIE-UKRAINE-CESSEZ LE FEU-USA- LIVRAISON D’ARMES-OTAN-ALLEMAGNE-FRANCE-GUERRE-RAPPORT DE FORCE

Si l’on imagine le pire, à savoir le non-respect du Cessez le Feu décidé à Minsk et la livraison officielle d’Armes à l’Ukraine par les USA (en fait peut-être déjà commencée via la Pologne ou la Tchéquie ?), la réaction logique des Séparatistes soutenus par la Russie, serait de ne pas attendre que les militaires Ukrainiens aient été formés à leur utilisation ni que les forces spéciales occidentales se trouvent en trop grand nombre en Ukraine, pour accélérer leur progression et atteindre Kiev.

S’ils y parviennent rapidement, ce qui n’a rien d’impensable, dès lors que l’Ukraine n’appartient pas à l’OTAN, elle ne peut bénéficier de l’article 4 du Traité de l’Atlantique Nord et dès lors, on voit mal les USA prendre le risque d’une intervention hors l’OTAN dans le conflit en Ukraine au côté de l’armée Ukrainienne contre les Séparatistes soutenus par la Russie comme elle l’a fait en Serbie sans l’aval de l’ONU et encore moins l’Union Européenne qui n’a pas de défense autonome.

Dès lors que pourraient faire pratiquement seules l’Allemagne et la France pour garantir à l’Ukraine son intégrité territoriale. Certainement pas, même dans le cas d’un conflit qui se circonscrirait au seul territoire Ukrainien, intervenir militairement. En effet en excluant le Royaume Uni, actuellement aux abonnés absents, et l’Italie ( risquant de devoir réserver la totalité de ses moyens à une éventuelle intervention terrestre en Lybie) l’addition des forces armées de la France, ( très largement employées dans les Opérations Extérieures et le plan Vigipirate intérieur), de l’Allemagne, des Pays-Bas, et de la Pologne ne ferait guère le poids dans un conflit ouvert en Ukraine avec la Russie qui plus est proche de son théâtre d’opérations et sur un terrain connu.

Etant posé comme principe qu’il serait exclu de se retrancher alors derrière la dissuasion nucléaire pour éviter d’avoir à combattre, s’agissant d’un conflit n’impliquant par les marines nationales mais les armées de terre et l’aviation, la France, qui ne se trouve pas pourtant dans la plus mauvaise situation opérationnelle malgré les restrictions stupides ces dernières années de ses capacités, pourrait au mieux aligner sur le terrain dans le cadre d’une guerre conventionnelle, 2 brigades avec un grand maximum de 9000 hommes et sans aucune capacité de relève, et l’Allemagne également de l’ordre de 2 brigades auxquelles s’ajouterait la Brigade Franco-allemande soit de l’ordre maximum de 20 000 hommes. Si à leur côté la Pologne devrait pouvoir aligner une à deux brigades ainsi que les Pays Bas, une, la situation militaire des Occidentaux au côté d’une armée Ukrainienne dont l’incapacité militaire actuelle est désormais avérée, s’avérerait néanmoins assez défavorable si l’on croit exactes les informations selon lesquelles l’armée Russe dispose déjà de 30 000 hommes à la frontière Est de l’Ukraine, avec une importante capacité de relève, auxquels il convient d’ajouter l’équivalent de 2 brigades en Crimée et 1 en Transnistrie.

Outre fait que la décision d’un tel engagement militaire des plus grands Etats de l’Union Européenne hors OTAN ne manquerait pas de faire éclater de graves dissensions au sein de cette organisation et dans l’Union Européenne, l’issue d’un tel conflit sans une intervention américaine (qui n’aurait rien d’obligatoire dès lors qu’aucun des Etats ayant décidé d’intervenir n’auraient été menacés par la Russie) risquerait fort d’être à l’avantage de la Russie. Et l’on peut raisonnablement penser alors que la Russie ne se trouverait pas complétement isolée en Europe, le ralliement de certains membres de l’Union comme la Grèce, Chypre, la Roumanie, la Bulgarie n’étant pas à exclure sans compter, hors Union Européenne celui de la Serbie.

Donc on doit en conclure que l’Allemagne et la France n’ont pas, en dehors d’un accroissement contre-productif des sanctions et en tous cas d’un effet lent, la possibilité d’agir militairement si d’aventure les Séparatistes pro-russes, appuyés par la Russie venaient à « prendre les devants » pour ne pas attendre que l’armée Ukrainienne ait reçu assez d’armes et soit en mesure de les utiliser pour passer à la contre-offensive.

Il n’y a donc pas d’option militaire parce qu’on s’y refuse non par diplomatie pure mais surtout parce que l’on en a pas les moyens même si l’on prête au Président Poutine l’intention de reconstituer une Russie impériale aux frontières atteintes par l’Union Soviétique alors qu’il est plus vraisemblable que la Russie n’entende se satisfaire de la récupération intégrale dans sa zone d’influence de la Géorgie, de la totalité de l’Ukraine, voire de la Roumanie et de la Bulgarie et des 3 pays baltes (encore que le sort de ces derniers posant plus de problèmes dans la mesure où les américains ont cru malin de les intégrer à l’OTAN et que celle-ci se trouverait obligatoirement devoir entrer en guerre en cas d’intervention de la Russie).

Alors que peuvent faire l’Allemagne et la France comme leader de l’Union Européenne pour se sortir de ce « guêpier »'?

Trouver un modus vivendi qui ne ressemble pas aux Accords de Munich de 1938 mais plutôt à ceux de Yalta de 1945. Ce qui implique la mise sur pied sous l’égide de l’OSCE d’une nouvelle conférence de Vienne dès cette année 2015.

Si le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes prévalait, de nombreux conflits pourraient être résolus. Le principe de l’intangibilité de frontières issues des 19 e et 20 e siècles, à l’origine de bien des conflits qui ne trouvent leur règlement que par la force, ne s’imposerait plus en droit international si la volonté des peuples prévalait. Faut-il espérer ou craindre une telle évolution ? Quid, dans ce cas, des Basques, des Catalans, des Alsaciens, des Ecossais, des Flamands et des Wallons qui, en revendiquant leur autonomie et leur particularisme, poseraient de nouveaux problèmes géopolitiques !

Le temps des empires disparus il y a un siècle est de retour : ils garantissaient bien mieux, en définitive, le droit des peuples européens que des nations qui n’ont fait que les broyer. L’Union Européenne à l’Ouest et la Communauté Euro-asiatique à l’Est doivent évoluer vers un modèle de Fédération de Métropoles et d’Etats Régions avec l'objectif de donner à celles qui se trouvent de part et d’autre des frontières nationales actuelles la plus large autonomie leur permettant de resserrer au maximum leurs liens entre elles et d'assurer dans un délai raisonnable une libre circulation des personnes et des biens entre les deux Unions.

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 09:05
Histoire des Trois Evêchés de Toul, Metz et Verdun, Drei Bistum von Tull, Metz und Verdun, terres d'empire de 962 à 1648

1. Evêché-comté de Toul /bistum -grafschaft von Tull Ville Libre Impériale de Toul / Frei Reichstadt von Tull

Au IVème siècle, un siège épiscopal s’installe dans la ville de Toul. Toul est alors à la tête du plus vaste diocèse lorrain, s’étendant de la crête des Vosges au voisinage de la Vallée de la Marne. Saint Mansuy, premier évêque, décéda en 375. Les partages de l’empire carolingien de 843 à 880 attribuent le territoire au Royaume de Francie Médiane puis à celui de Lotharingie et en 925, Toul est alors rattachée au Royaume de Francie Orientale. Son histoire se déroule ensuite dans le cadre de l’empire restauré par Otton Ier en 962. Dès le XIème siècle, les évêques de Toul exercent les droits comtaux dans la ville et leur évêché. Ils sont vassaux de l’empereur.

Evêques

Gauzelin, ancien notaire de la chancellerie royale au temps de Charles le Simple, est évêque de Toul dès 922. Il nomme comte à titre viager Guy de 930 à 964

.Gérard, évêque de Toul, de 963 à 994

Contemporain de l’empereur Othon Ier le Grand ; sacré le 19 mars 963 à Trèves. Il nomme comte à titre viager à la mort du comte Guy en 964, Bérald de Vandoeuvre puis puis à la mort de Bérald en 971, Scindebard qui meurt en 992, puis son frère Ancelin comte de Toul de 992 à 1019.

.Étienne de Lunéville, évêque de Toul de 994 à 995, ancien comte de Lunéville avec pour comte Ancellin

.Robert, évêque de Toul de 995 à 996 avec pour comte Ancellin

.Berthold, évêque de Toul de 996 à 1019 avec pour comte Ancellin

Le 7 juin 1002, Bertold assiste à l'assemblée de Mayence où le roi Henri II est reconnu et couronné roi de Germanie. Il obtient de ce prince le droit de pêche depuis le comté de Saintois jusqu'à Sorcy ainsi que le péage des mines des montagnes des Vosges et la restitution du fief de Berkeim en Alsace. Les églises de Sorcy et de Châtel, le fief de Badonviller, le château de Pagny, les hameaux de Longort de Laye et d'Ourches deviennent sous son épiscopat la propriété de l'Église de Toul. Il acquiert en 1009, pour le chapitre de la Cathédrale, les terres de Fontenoy de la Comtesse Eve.

.Hermann, évêque de Toul de 1020 à 1026

Il donne en fief héréditaire le comté à Raimbaud, seigneur de Fontenoy et de Charmes-sur-Moselle.

.Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg (Dabo) (1002-1054), évêque de Toul de 1026 à 1049, couronné pape le 12 février 1049 sous le nom de Léon IX.

Son père, Hugues IV, est de la famille des comtes du Nordgau, seigneurs d'Eguisheim. Bruno est donc un membre de la très haute aristocratie : sa famille se rattache par sa mère, Heiwige, fille du comte de Dabo, aux Carolingiens de Francie occidentale et par son père aux rois de Germanie. Il est le cousin des empereurs Conrad II le Salique et Henri III. Confié à l’évêque Berthold de Toul pour être éduqué à l'école, Bruno entre jeune dans le chapitre de la cathédrale. Après le décès de son tuteur, il est appelé à la cour de son cousin Conrad II le Salique qui soutient la réforme monastique.À la mort de l'évêque Hermann de Toul, Bruno est proposé comme successeur par le clergé avec le soutien de Conrad II et le 9 septembre 1027, il est consacré par l’archevêque de Trèves. Il a pour comte vassal Raimbaud. C'est en 1048 qu'il remarque Hildebrand et attache à sa personne le futur Grégoire VII. Fidèle à l'empereur celui-ci va plaider sa cause devant Robert le Pieux pour la succession du royaume de Bourgogne, où Conrad II, qui a hérité de Rodolphe III mort sans enfants, est contesté par Eudes de Champagne.

.Odo, évêque de Toul de 1052 à 1069

Bruno son protecteur et son ami le nomme évêque de Toul en 1052, lorsqu'il était encore près de lui à Rome, et fait ratifier ce choix par le chapitre et par l'Empereur. Assisté de l'évêque de Metz Adalbéron III et de l'évêque de Verdun Théodoric, Odon reçoit de l'archevêque de Trèves Eberhard la consécration épiscopale à Trêves le 17 avril 1052 ; il est installé sur son siège par l'évêque de Verdun Théodoric en présence de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine, et de Louis de Montbéliard, comte de Bar et de Mousson. Odo a pour comte vassal, Renard Ier, Renard II, Frédéric Ier de Dampierre, seigneur de Dampierre-en-Astenois jusqu’en 1055 puis Arnoul. Ce dernier, s'étant rendu coupable de vexations et de violences graves envers les sujets de l'évêché, est déposé en 1063 solennellement de sa dignité par Odon dans une assemblée générale du peuple et du clergé. il publie une charte signée par Gérard, duc de Lorraine, sept archidiacres et douze seigneurs du pays dans laquelle il proclame la destitution du comte Arnoul et fixe les droits et les devoirs des comtes de Toul. Par la même charte, Odon investit Frédéric II, fils de Frédéric Ier comme comte de Toul en remplacement d'Arnoul. Albéric, fils de ce dernier, furieux de l'affront fait à son père, conçoit d'attaquer la ville de Toul et d'y rétablir Arnoul dans sa dignité de Comte. Il rassemble une troupe d'aventuriers qu'il prend à sa solde, s'avance à la faveur de la nuit et s'empare de la porte de la Rousse. Déjà ses soldats pénètrent dans l'intérieur lorsque les bourgeois, réveillés, courent aux armes, se précipitent sur eux et les mettent en fuite. Albéric ne trouve son salut qu'en sautant du haut des murs dans le fossé qu'il passe à la nage. Odon, indigné, lance contre lui une sentence d'excommunication et le dépouille de toutes les terres qu'il tenait en fiefs de l'Église de Toul. Il ne le rétablit qu'à cause de la forte sollicitation de Louis, comte de Bar et de Mousson, et de la princesse Sophie, son épouse, et à la condition qu'Albéric lui donne entière satisfaction.

.Pibon, évêque de Toul de 1070 à 1107

Il a d’abord pour comte Frédéric II qui meurt en 1078 puis son fils Renard III de Dampierre.

.Richwin de Commercy, évêque de Toul de 1108 à 1126

Fils de Ricuin, seigneur de Commercy et de Leucarde d’Apremont. Après sa nomination, son père lui fait don d'une grande partie de ses biens : la moitié du château de Commercy et de ses dépendances, la moitié de la rivière et des villages composant le domaine seigneurial (Meligny, Vaux, Saulx, Lérouville, Pont, Chonville, Fontoy, Morville, Tantonville, Maceronville et Gironville. Il a pour comte de Toul Renard III jusqu’à sa mort en 1117 puis son frère Pierre jusqu’en 1124 et enfin Frédéric III fils de Frédéric II

.Henri Ier de Lorraine ( ?-1165), évêque de Toul de 1126 à 1165

Fils de Thierry II, duc de Lorraine et de Gertrude de Flandre ; frère cadet de Simon 1er duc de Lorraine (1115-1139) et de Thierry d'Alsace, comte de Flandre (1127-1168).

Le comte de Toul est alors Frédéric III. En septembre 1127, Henri assiste à la diète convoquée à Spire par l'empereur Lothaire II. En 1141, il accompagne l'empereur Conrad III lors d'un voyage en Lorraine. En 1142, à la mort du comte de Toul Frédèric III, c’est son fils Henri qui lui succède. Avant son départ à la deuxième croisade en 1147, il demande au pape Eugène III de protéger le temporel de son diocèse de Toul durant son absence. En 1162, le comte Henri meurt et c’est son fils Frédéric qui lui succède.

.Pierre de Brixey ( ?- 1192) évêque de Toul de 1167 à 1192,

Fils de Pierre de Brixey et de Mathilde de Rinel.

Choisi en 1167 pour succéder à l’évêque Henri de Lorraine, mort deux ans auparavant, il obtient en 1168 de l’empereur le droit de battre monnaie à Toul. Il met fin à la guerre qui sévit entre le comte de Toul Frédéric IV de Dampierre et les chanoines et fait reconstruire la forteresse de Liverdun, détruite par ce conflit. En 1186, à la mort sans postérité de Frédéric IV de Dampierre, comte de Toul, il confie le comté à Mathieu de Lorraine, fils cadet du duc Mathieu Ier et de Judith de Hohenstaufen ; Mathieu est également seigneur de Fontenoy, de Charmes, de Mirecourt, de Coussey et de Bleurville ; il a pour épouse Béatrice de Dampierre, fille de Renard, comte de Dampierre en Astenois (petit-fils de Renard III comte de Toul par son père Henri. En 1187, deux candidats s’affrontent pour le siège de l’archevêché de Trêves : Folmar, soutenu par le pape, et Rodolphe, soutenu par l’empereur. Pierre de Brixey prend parti pour Rodolphe et est excommunié par Folmar. Il se rend alors à Rome et y assiste aux obsèques d’Urbain III. Grégoire VIII, son successeur, déclare l’excommunication nulle. Dans les années qui suivent, Mathieu Ier, duc de Lorraine tente de faire attribuer à son fils Thierry le comté de Toul, dont les revenus sont importants. Pierre de Brixey en appelle au pape Alexandre III, mais ce dernier, alors en lutte contre l’empereur Frédéric Barberousse ne peut pas intervenir. Il rentre ensuite dans son diocèse, met ses affaires en ordre et part en pèlerinage en Terre Sainte en 1189. Il meurt à Jérusalem en 1192.

.Eudes de Lorraine ( ?- 1198), évêque de Toul de 1192 à 1198.

Fils d'Hugues Ier, comte de Vaudémont, et d'Aigeline de Bourgogne. C’est toujours Mathieu de Lorraine qui est comte de Toul.

.Mathieu de Lorraine (1170- 1217), évêque de Toul de 1198 à 1206.

Fils de Ferry Ier, seigneur de Bitche, puis duc de Lorraine.

Mathieu dissipe rapidement les biens de son diocèse et il est déposé en 1206 sur la demande des chanoines. Il se retire à Saint-Dié et utilise les revenus de sa charge pour mener une vie scandaleuse avec sa fille, née d'une liaison avec une religieuse de l'abbaye d'Épinal. Il entretient également une troupe de brigands, jusqu'à ce que son frère Ferry II, excédé, le chasse du duché et fasse raser sa demeure. Il erre alors en Alsace avec ses compagnons de brigandage.

.Reinald de Chantilly, évêque de Toul de 1206 à 1217.

Le comte de Toul Mathieu meurt en 1208 et c’est son fils Frédéric V de Lorraine marié à Agnès de Ferrette qui lui succède comme comte de Toul. En 1217, Reinald de Chantilly se rend dans les Vosges. L’ex-évêque Mathieu le surprend dans une embuscade et le tue. Son neveu le duc Thiébaud Ier de Lorraine part alors à la recherche de Mathieu, le retrouve et le tue d'un coup de lance le 3 avril 1217.

.Gérard de Lorraine ( ?- 1219) évêque de Toul de 1218 à 1219.

Fils de Gérard II, comte de Vaudémont, et de Gertrude de Joinville.

.Eudes II de Sorcy, évêque de Toul de 1219 à 1228

Issu de la famille des seigneurs de Sorcy en Lorraine.

.Garin, évêque de Toul de 1228 à 1230

.Roger de Mercy, évêque de Toul de 1231 à 1251

Issu de la famille de Mercy dont la puissance connait son apogée au cours du Moyen Âge dans la région couvrant désormais le sud de la Belgique, la Lorraine et le Luxembourg qui tire son nom du château de Mercy, construit au X°siècle sur le ban de la commune de Joppécourt en Lorraine. Cette maison a déjà donné un évêque en la personne d’Albert de Mercy, évêque de Verdun de 1156 à 1162. Sous le règne de Roger de Mercy, Frédéric V de Lorraine meurt en 1250 et c’est son fils Eudes de Lorraine qui lui succède comme comte de Toul.

.Gilles de Sorcy, évêque de Toul de 1253 à 1271 et comte de Toul de 1261 à 1271

De la même famille qu’Eudes II. En 1261, le comte Eudes de Lorraine vend le comté de Toul à son cousin Ferry III, duc de Lorraine, mais Gilles de Sorcy, en tant que suzerain, retire le comté de Toul à Ferry III et le rattache au domaine ecclésiastique. Une lutte de l'évêque autoritaire contre la bourgeoisie s'emballe à propos des impôts du mois des versaines (avril). Une révolte populaire imprévue éclate, chassant l'évêque et sa suite, comme les meneurs bourgeois effrayés. Piteusement réfugié à Nancy, Gilles de Sorcy est obligé de reprendre son comté de Toul, les armes à la main avec le duc de Bar et le duc de Lorraine, Ferry III. Un accord est conclu au terme de sa reprise en main : les bourgeois doivent par tête s'acquitter des 16 livres monnaie de Toul. Mais l'évêque s'engage à payer son avènement à la milice et aux pauvres, soit quatre mesures de vin, 800 livres de pain, un bœuf entier bouilli avec panais. .Conrad Probus, comte-évêque de Toul de 1272 à 1296 A la mort de Gilles de Sorcy, deux prétendants à sa succession Gautier de Beauffremont et Jean de Lorraine se livrent à un combat acharné. C’est le second qui l’emporte. Revanchard Gautier de Bauffremont met le siège devant les châteaux épiscopaux de Liverdun, Brixey et Maizières. Le pape consulté prend l'initiative de nommer un moine franciscain, Conrad Probut. L’évêque doit faire appel au duc de Lorraine Ferry pour recouvrer ses biens.

.Jean de Sierck, comte-évêque de Toul de 1296 à 1305

Les origines de la famille de Sierck sont incertaines. D'aucuns la prétendent issue de celle d'Ardenne. Quoiqu'il en soit, elle apparait au Xe siècle avec le nom d’une localité bâtie sur la partie convexe d'un méandre de la Moselle à son confluent avec le ruisseau de Montenach face à la colline du Stromberg, aux portes du Luxembourg et de l'Allemagne. On situe la construction au Xème ou XIème siècle d'un château-fort qui semble avoir précédé la ville. A cette époque, Sierck qui dépendait des archevêques de Trèves devient possession du duc de Lorraine Gérard d'Alsace (1048-1070). En 1300, les bourgeois toulois, soucieux d'indépendance, concluent un accord avec Philippe le Bel, suzerain de Champagne. Ce roi de France donne sa protection contre un service militaire de deux jours par ans et des redevances annuelles. .Vito Venosa, comte-évêque de Toul de 1305 à 1306 .Eudes III de Granson, comte-évêque de Toul de 1306 à 1308 De la famille des seigneurs de Grandson dans le Pays de Vaud, vassaux des comtes de Savoie.

.Giacomo Ottone Colonna, comte-évêque de Toul de 1308 à 1309

.Jean d'Arzillières, comte-évêque de Toul de 1309 à 1320

.Amédée de Genève, comte-évêque de Toul de 1320 à 1330

Fils d’Amédée II de Genève, comte de Genève.

.Thomas de Bourlémont, comte-évêque de Toul de 1330 à 1353

De la famille de Bourlémont, vassale du comte de Champagne, du nom du château situé dans le duché de Lorraine sur un promontoire au-dessus du confluent de la Meuse et de la Saônelle, dominant le val de Meuse qui descend vers le nord ainsi que le village de Frebécourt à cinq kilomètres au nord de Neufchâteau.

.Bertrand de la Tour d'Auvergne, comte-évêque de Toul de 1353 à 1361

.Pierre de La Barrière, comte-évêque de Toul de 1361 à 1363

.Jean de Heu, comte-évêque de Toul de 1363 à 1372

La famille de Heu est une importante famille du Moyen Age qui, en Pays messin, posséde de nombreuses seigneuries, particulièrement dans le Haut Chemin : Ennery, Malroy, Crespy, Pelte, Xieule, Montigny, Flévy, Vry, Gravelotte, Grimont, Montoy, Coincy, Goin, Retonféy, Blétange, Mercy, Antilly, Mont, Mancourt, Seuxy, Gray, Abbeville, Buy, Vandlainville, Rurange, Ollexey, Beurtoncourt, Rognac, Beaufort et plusieurs autres terres. La famille de Heu est dès le XIII° siècle l'une des plus puissantes de la ville de Metz. Elle réside à l'hôtel de Heu à Metz.La branche messine de la maison de Heu exercera douze fois la charge de maître-échevin de la ville de Metz de 1302 à 1550. Sous le règne de Jean Heu, fiers de leur appartenance à une ville d'empire, les bourgeois toulois laissent tomber en 1367 en quenouille le pacte royal signé en 1300 avec le roi Philippe le Bel.

.Jean de Neuchâtel, comte-évêque de Toul de 1373 à 1384

Fils du baron Thiébaud V de Neuchâtel-Bourgogne. La famille de Neuchâtel-Bourgogne est originaire de Neuchâtel-Urtière en Franche-Comté.

.Savin de Florence, comte-évêque de Toul de 1384 à 1398

.Philippe de Ville-sur-Illon, comte-évêque de Toul de 1399 à 1409

Issu de la famille des seigneurs de Ville sur Illon, village des Vosges. .Henri de Ville-sur-Illon, comte-évêque de Toul de 1409 à 1436

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Toul de 1437 à 1449

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt En 1445, l'influence française revient inopinément. Le roi Charles VII réclame pour son trésor les arriérés de l'accord de protection signé sous Philippe le Bel, soit 2000 livres de rente annuelle. Les bourgeois piqués dans leur honneur refusent. Le protecteur se mue en agresseur, les troupes royales brûlent les faubourgs de Toul. La diplomatie reprend ses droits, et, après une tergiversation de deux années, une compensation accorde les partis : Toul et ses élites acceptent à nouveau l'influence française.

.Guillaume Fillâtre, comte-évêque de Toul de 1449 à 1460

.Jean Chevrot, comte-évêque de Toul en 1460

.Antoine Ier de Neuchâtel, comte-évêque de Toul de 1461 à 1495

Le 18 novembre 1461, en rendant hommage à Dagobert ainsi qu'à Charlemagne, Louis XI confirme par lettres patentes sa protection royale pour l'église de Toul.

.Olry de Blâmont, comte-évêque de Toul de 1495 à 1506

En 1499, il lègue le comté de Blamont au duc de Lorraine. .Hugues des Hazards, évêque de Toul de 1506 à 1517 Le cardinal Raymond de Barailles et Hugues des Hazards avaient été élus successivement coadjuteurs de l'évêque de Toul, du vivant d'Olry de Blamont, et l'étaient encore l'un et l'autre à l'époque de sa mort. Ces élections n'embarrassèrent pas peu le Chapitre, lorsqu'il fallut opter entre les deux coadjuteurs. Elles avaient été faites à l'instigation du duc de Lorraine René, qui protégeait Raymond, dans le temps où il voulait donner au prince Jean, son fils, âgé de 4 ans, la coadjutorerie de Metz, dont ce prélat était en possession; mais il avait abandonné plus tard ce même prélat, pour favoriser Hugues des Hazards, qui lui paraissait plus dévoué à ses intérêts. Après la mort d'Olry de Blamont, le Cardinal envoie Angelo de Rimini, son secrétaire, pour prendre possession de l'Évêché, et le munit d'un bref du Pape, qui fait défense aux chanoines et aux bourgeois de s'y opposer sous peine de censures. René fait arrêter et jeter en prison Angelo de Rimini, sous prétexte qu'il a fait publier en Lorraine un bref subreptice, aussi faux et aussi nul que les bulles du Cardinal, son maître. De là, nouveau bref du Pape, qui confirme le premier et qui réitère l'injonction de s'y soumettre. La mort du Cardinal vient heureusement mettre un terme à ces malheureuses dissensions, et permet au Chapitre d'élire évêque de Toul Hugues des Hazards, élection que le Pape ratifie dès lors sans difficulté. Hugues est employé par le duc René de Lorraine, en qualité de négociateur auprès de l'empereur Maximilien et du roi Charles VIII, au sujet du comté de Provence, et il s'acquitte de cette mission au grand contentement du duc.

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1517 à 1524

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar et de Philippe de Gueldre ; proche du roi François Ier.

.Hector d'Ailly-Rochefot, comte-évêque de Toul de 1526 à 1532

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1532 à 1537

.Antoine II Pellagrin, comte-évêque de Toul de 1537 à 1542

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1542 à 1543

Il est le dernier évêque avant l’annexion de fait du territoire de l’évêché au royaume de France.

.Toussaint de Hossey, évêque de Toul de 1543 à 1565

Dès le mois d’aout 1547, le roi Henri II accorde des lettres de garde et de protection à la ville de Toul ; en 1548, le duc François de Guise vient pour décider l’ évêque, les chanoines et les bourgeois de Toul à s’émanciper de la tutelle de l’empereur et en janvier 1552, a lieu une nouvelle mission du cardinal de Lorraine dans le même sens et le 12 avril suivant, Henri II, reconnu vicaire du Saint Empire par les princes protestants allemands avec lesquels il a passé alliance, fait son entrée à la tête de 7500 hommes dans la ville impériale. Toul devient une citadelle française au cœur de l’empire. Le traité de Chambord entérine cette saisie de territoire lorrain, puisque les princes luthériens allemands laissent à leur allié, le roi de France, promu vicaire d'Empire, les villes impériales qui ne sont pas de langue germanique. La ville dont les édiles sont rassurés par la branche cadette de Lorraine, les princes de Guise, au service du roi de France n'offre d'ailleurs aucune résistance. Elle remet ses clefs au connétable de Montmorency. Pendant les guerres de religion, Henri de Guise fait occuper Toul par la Ligue. Charles III capture les villes de Toul et Verdun, mais il doit les rendre en 1594. La cité ne redevient royale qu'après l'abjuration du roi navarrais, Henri IV. À la paix de Folembray en 1595, Henri IV, conciliant, nomme gouverneur de Toul et de Verdun, François de Vaudémont, le troisième fils de Charles III. Mais en 1602, Henri IV affermit sa ligne politique. Il transforme les villes protégés et contrôle avec attention les évêchés. Les évêques sont soumis au serment de fidélité, ils ne peuvent plus solliciter l'investiture impériale pour entrer en possession de leur temporel. Ils ne peuvent laisser leurs sujets porter leurs appels au tribunal impérial de Spire. L'obligation s'applique bientôt aux bourgeois des villes. L'idée d'un parlement à Metz germe en 1609, mais la régence de Marie de Médicis instaure une pose, voire un retrait de 1610 à 1624, dans les mutations juridiques et administratives royales. En ces temps, les évêques de Toul, malgré la perte de leurs pouvoirs temporels, portent toujours l'épée et la crosse : ils demeurent en titre et en fonction des princes du Saint-Empire. L'Empire envoie ses convocations et ses mandats aux diètes jusqu'en 1612. Mais Louis XIII et son ministre Richelieu reprennent avec vigueur un contrôle régalien. De 1631 à 1632, les temporels épiscopaux sont occupés. Le parlement de Metz créé en 1633 traite désormais les appels de la justice des évêques, mais aussi des tribunaux citains ou bourgeois. Le sceau de la ville de Toul, symbole d'autonomie, est supprimé en 1633. L'administration française s'installe dans la foulée. Le 16 août 1634, Louis XIII crée par ordonnance le bailliage de Toul. La gabelle est instaurée pour payer les gages des magistrats. Par lettres patentes du 10 mai 1636, le parlement français de Lorraine, qui avait pour siège Metz, est transféré à Toul pour cause de mésentente avec le gouverneur de la place. L'entrée solennelle à Toul se fait le 16 avril 1637 ; le parlement exilé y séjourne 22 années au terme desquelles l'interminable querelle avec le gouverneur, qui a produit son exil, s'éteint. Ensuite à l'instar de l'intendance de Lorraine, le parlement réside à Metz. Toul conserve son présidial.

2. Evêché-comté de Metz/ Bistum-grafschaft von Metz Ville Libre Impériale de Metz / Frei Reich Stadt von Metz

L’évêché est fondé au IIIème siècle. Au traité de Verdun de 843,il dépend de l’archevêché de Trèves. L’évêché est attribué à l’empereur Lothaire mais dès 870 au traité de Meerssen, il passe à Louis le Germanique roi du royaume de Francie Orientale et fait donc partie de l’empire dès sa restauration en 962 par Othon Ier le Grand. Dès le Xème siècle, l’évêque a les pouvoirs comtaux et le droit de battre monnaie. À la naissance du Saint-Empire en 962, la ville de Metz s'est déjà constituée un comté dépendant du duché de Haute-Lotharingie issu de la division de la Lotharingie de 959. Ainsi, les comtes de Metz existant depuis le IX°siècle, sont doubles : les comtes dits royaux de Metz, nommés par le pouvoir royal, fourniront les deux premiers ducs fondateurs de la Maison de Lorraine (ce premier perdra progressivement de l'influence au profit de l'évêque jusqu'à disparaître en 1070), tandis que les comtes palatins, puis épiscopaux lorsque disparaissent les comtes royaux, nommés par l'évêque au pouvoir grandissant, gèrent les affaires relevant du pouvoir temporel épiscopal.

Comtes royaux de Metz :

.Gérard II (944-963), comte de Metz de ? à 963

Petit-fils de Gérard Ier, fils de Godefroid de Jülichgau, et d’Ermentrude.

.Richard, comte de Metz de 963 à 982

.Gérard III ( ?-1021/1033), comte de Metz de 982 à 1022

Fils du précédent, marié à Éva, fille de Sigefroid, comte de Luxembourg.

.Adalbert II ( ?- 1037 ou après), comte de Metz de 1022 à 1033.

.Gérard IV ( ?- 1045), comte de Metz de 1033 à 1045

Fils du précédent.

.Adalbert d'Alsace ( ?-1048), comte de Metz de 1045 à 1048

Fils du précédent. Il devient duc de Lorraine en 1047. Il est assassiné, en 1048, par Godefroid II de Basse-Lotharingie, dit le Barbu.

.Gérard d'Alsace ( ?-1070), comte de Metz de 1048 à 1070

Frère du précédent. Il devient également Gérard, duc de Lorraine à la mort de son frère, en 1048, nommé par l'empereur Henri III. Au fil du temps, le pouvoir temporel du comté de Metz passe de plus en plus à l’évêque de Metz.

Comtes palatins :

.Folmar Ier de Bliesgau ( ?-995), comte de Lunéville et de Metz de 982 à 995

.Folmar II († 1026 ou après), comte de Metz de 995 à 1026

Fils du précédent, marié à Gerberge, fille probable de Godefroid Ier, comte de Verdun et de Mathilde de Saxe, fille d'Hermann Ier, duc de Saxe.

.Godefroy ( ?- 1056), comte de Metz de 1029 à 1056

Fils du précédent, marié à Judith.

.Folmar III ( ?-1075), comte de Metz de 1056 à 1075

Fils du précédent.

Comtes épiscopaux :

.Folmar IV ( ?-1111), comte de Metz de 1075 à 1111

Fils du précédent.

.Folmar V ( ?-1145), comte de Metz et de Hombourg de 1111 à 1145,

Fils du précédent, marié à Mathilde, fille d’Albert Ier de Dabo, comte d’Eguisheim, de Dabo, de Moha et du Nordgau.

.Hugues Ier ( ?-1159), comte de Metz de 1145 à 1159

Fils du précédent, comte de Hombourg en 1147 et comte de Metz en 1157.

.Folmar VI ( ?-1171), comte de Metz de 1145 à 1171

Frère du précédent.

À sa mort sans héritier direct, l’évêque donne le comté de Metz à la famille des comtes de Dabo-Moha. Le nouveau comte est cousin germain du précédent comte, car il est petit-fils d’Albert Ier de Moha.

.Hugues II ( ?-1178), comte de Metz de 1171 à 1178, comte d’Eguisheim, de Dabo (Hugues X)

Fils d’Hugues IX, comte d'Eguisheim, de Dabo et de Moha. Marié à Luitgarde de Sulzbach (Bavière), veuve de Godefroid II de Louvain, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie.

.Albert II de Dabo-Moha ( ?-1214), comte de Metz, de Dagsbourg et de Moha de 1178 à 1214

Fils du précédent. Marié à Gertrude de Bade. Il meurt en 1214, laissant sa fille Gertrude, unique héritière.

.Gertrude de Dabo ( ?-1225), comtesse de Metz, de Dagsbourg et de Moha de 1214 à 1225

Fille du précédent. Mariée en premières noces en 1206 à Thiébaud Ier, duc de Lorraine. Mariée en secondes noces en 1220 à Thibaut IV, comte de Champagne (annulation du mariage en 1222). Mariée en troisièmes noces à Simon de Sarrebruck. À la mort de Gertrude, l’évêque de Metz, Jean Ier d’Apremont, rattache le comté au domaine épiscopal.

Evêques :

.Adalbéron Ier ou d’Ardenne, évêque de Metz de 929 à 954

.Thierry Ier (vers 929 - 984), évêque de Metz de 964/965 à 984,

Fils du comte Eberhard de Bonn et d’Amalrade, sœur de Mathilde de Ringelheim, épouse de l’empereur Henri l’Oiseleur. Après la mort de l'évêque Adalbéron Ier de Metz, Thierry, cousin de l’empereur Otton Ir (chacune de leur mère, Mathilde de Ringelheim et Amalrade étaient sœur), devient administrateur de l’évêché et plus tard le successeur d’Adalbéron à l’instigation de Brunon, l’archevêque de Cologne. Après la mort de Brunon, Thierry est un des conseillers les plus influents d’Otton Ier. C’est pourquoi il est très souvent présent à la cour impériale En 962, il accompagne Otton Ier en Italie. Après la mort d’Otton Ier, Thierry conserve son influence à la cour d’Otton II. A la fin heureuse de la guerre avec le roi de France Lothaire, Otton II vient à Metz et y est couronné roi de Lotharingie. En 981, Thierry accompagne l’empereur Otton II en Italie.

.Adalbéron II de Metz (vers 958- 1005), prince-évêque de Metz de 984 à 1005.

Fils de Frédéric Ier d'Ardennes, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie et de Béatrice de France, sœur d'Hugues Capet. Evêque de Verdun, il laisse cet évêché à son cousin Adalbéron II pour devenir évêque de Metz le 16 octobre 984. Vers l’an mil, l’évêché devient une principauté du Saint-Empire romain germanique et le prélat prend le titre de prince-évêque. Il a pour comte palatin d’abord Folmar Ier de Bliesgau, également comte de Lunéville puis à son décès en 995, son fils Folmar II lui succède, marié à Gerberge, fille probable de Godefroid Ier dit le Captif, comte de Verdun et de Mathilde de Saxe, fille d'Hermann Ier, duc de Saxe. Adalbéron II soutient l'empereur Henri II contre le mariage de certains de ses parents.

.Thierry II de Luxembourg ( ?- 1081) prince- évêque de Metz, de 1006 à 1047.

Fils de Sigefroy Ier, comte de Luxembourg et d’Hedwige de Norgau et d’Egisheim, neveu du duc Frédéric Ier de Lorraine, il est parfois appelé Thierry II de Lorraine. Il a d’abord pour comte palatin Folmar II puis au décès de celui-ci en 1029, son fils Godefroy.

.Adalbéron III prince- évêque de Metz de 1047 à 1072.

Fils du comte Frédéric de Luxembourg. Il est d’abord l'un des précepteurs de son cousin Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg qui deviendra le pape Léon IX. En 1047 il succède à son oncle Thierry de Luxembourg comme évêque de Metz. Son comte palatin est Godefroy de Bliesgau jusqu’au décès de celui-ci en 1056, puis son fils Folmar III.

.Hermann, prince-évêque.de Metz de 1072 à 1090

Apparenté aux comtes de Toul, l'oncle ou le cousin d’Henri Ier de Verdun. Il pourrait être le fils de Gislebert de Looz. Le comte palatin est alors Folmar III de Bliesgau qui décède en 1075 puis son fils Folmar IV qui lui succède. La Querelle des investitures porte un coup fatal au pouvoir épiscopal messin en déclenchant le processus qui aboutira à l’indépendance communale. En 1076, Hermann participe au concile de Worms ou l’empereur Henri IV dépose le pape Grégoire ; opposé dans le cadre de la querelle des Investitures à l’empereur Henri IV, qui ouvre cette querelle en s’emparant de Metz avec l’aide du duc de Lorraine Thierry II et du comte de Metz Folmar IV. Hermann doit alors quitter la ville, puis y revient mais est déposé en 1085 lors du concile de Mayence. Il est remplacé par un partisan de l’empereur: Valon, abbé de Saint-Arnould. Chassé par la foule celui-ci démissionne et se retire à l’abbaye de Gorze. Hermann est remis sur son trône par les messins. En 1087, Henri IV fait à nouveau chasser Hermann et place à son poste Brunon de Calw. Les Messins attaquent la cathédrale et massacrent la suite du prélat qui parvient à prendre la fuite. Hermann doit donc s’exiler auprès de la comtesse Mathilde en Italie, avant de pouvoir, enfin, en 1089, regagner la cité épiscopale. Il décède le 6 mai 1090. Henri IV fait nommer Burchard, grand prévôt de Trêves, comme évêque mais celui-ci ne parvient pas à prendre possession de son siège.

.Poppon, prince-évêque de Metz de 1090 à 1103

Frère du comte palatin Folmar IV; sa nomination est agréée, cette fois, par le pape.

.Adalbéron IV, prince-évêque de Metz entre 1104 et 1115.

En 1103, la mort de l'évêque Poppon, partisan de Rome, est le prétexte à un retournement d'alliance dans le contexte de la querelle des investitures. La cité messine s'allie ainsi au duc Thierry II de Lorraine qui prend le titre de comte de Metz. Thierry de Lorraine, au nom de l’empereur Henri IV impose Adalbéron sur le siège épiscopal. A la mort de Folmar IV en 1111, son fils Folmar V lui succède comme comte de Metz et de Hombourg ; marié à Mathilde, fille d’Albert Ier de Dabo (Dagsburg en allemand), comte d’Eguisheim, de Dabo, de Moha et en Nordgau. Thierry de Montbéliard, comte de Bar, de Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette, comte de Verdun qui, à la mort de son père Louis de Montbéliard a revendiqué la succession du duché de Lorraine, que son père avait déjà revendiquée mais il est lui aussi été débouté par l'empereur Henri IV ; il décide, en représailles, de ravager l'évêché de Metz, mais est vaincu par Adalbéron et le duc de Lorraine Thierry II. Mais schismatique, Adalbéron est démis en 1115 par le concile de Reims. S’ensuit une vacance épiscopale de quelques années. .

.Théoger, prince-évêque de Metz de 1117 à 1120

Nommé en remplacement de l'évêque schismatique Adalbéron IV, démis lors du synode de Reims de 1115. Les bourgeois messins lui refusant l'entrée dans la ville, il ne peut pas prendre possession de son évêché.

.Étienne de Bar, prince- évêque de Metz de 1120 à 1163

Fils de Thierry Ier de Montbéliard, comte de Bar et d'Ermentrude de Bourgogne.

Elevé par son oncle maternel Guy de Bourgogne, alors archevêque de Vienne ; élu princier de Toul en 1107. En 1119, Guy de Bourgogne est élu pape sous le nom de Calixte II. Il le fait évêque de Metz en 1120 et le nomme cardinal-diacre de S. Maria in Cosmedin. Il commence son règne alors que le comte de Metz est encore Folmar V. La Querelle des Investitures l'empêche temporairement de prendre possession de son diocèse, et il n’est sacré qu'en 1122, après le concordat de Worms. Il occupe son épiscopat à reconstituer le temporel de son diocèse. Dès le début de son règne, désireux de consolider son autorité, avec l'aide de son frère Renaud Ier, comte de Bar, il s'attaque aux forteresses qui s'étaient indument multipliées. Ainsi sont détruits les châteaux de Marsal, de Terli, de Vic-sur-Seille et Moyenvie, construits par les comtes de Metz et les ducs de Lorraine, ainsi que ceux de Thicourt, Vatimont et Bacour. Le comte Folmar V décède en 1145 ; lui succède son fils Hugues Ier déjà comte de Hombourg depuis 1147 et comte de Metz en 1157. Le comte Hugues décède en 1159 ; lui succède son frère le comte Folmar VI. À la mort d’Étienne de Bar en 1163, une nouvelle crise éclate entre l’empire et la papauté, provoquant un nouvel affaiblissement du pouvoir des évêques de Metz qui évitent, à compter de cette date, de se faire consacrer par peur d’être pris pour des « orthodoxes » par l’empereur, pour des « anti-papes » par Rome (et donc d’être excommuniés par Alexandre, le pape en exercice à cette époque). La bourgeoisie de Metz en profite pour conforter ses pouvoirs et consolider son autorité, quitte à entrer en conflit avec l’évêque.

.Thierry III de Bar, prince évêque de Metz de 1163 à 1171

Fils de Renaud Ier, comte de Bar et de Gisèle de Vaudémont, neveu du précédent. Il reçoit en 1136 la principauté de Metz, devenue vacante par l’élection de son titulaire Albéron de Chiny au siège épiscopal de Verdun. En 1156, il reçoit la princerie de Verdun. En 1163, à la mort de son oncle Étienne, il est élu évêque de Metz avec l’appui de l’empereur Frédéric Ier Barberousse. Simple diacre et ayant refusé d’être ordonné prêtre, il n’est pas consacré évêque. En 1171, le comte Folmar VI meurt sans héritier direct. L’évêque donne alors le comté de Metz à Hugues II, également comte d’Eguisheim, de Dabo, fils d’Hugues IX, comte d'Eguisheim, de Dabo et de Moha et époux de Luitgarde de Sulzbach (Bavière), veuve de Godefroid II de Louvain, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie.

.Frédéric de Pluvoise, prince-évêque de Metz de 1171 à 1173

Jamais consacré.

.Thierry IV de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1174 à 1179.

Fils de Mathieu Ier, duc de Lorraine, et de Berthe de Hohenstaufen. Entre 1174 et 1179 Thierry IV et Frédéric de Pluvoise se disputent le trône. En 1174, avec le soutien de son oncle maternel l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse, il est élu évêque de Metz, mais le pape Alexandre III refuse de reconnaitre l’élection et il n’est pas sacré. Cinq ans plus tard, en mars 1179, ce pape fait réunir le concile de Latran qui, parmi des décisions prises, le fait déposer. Il meurt deux ans plus tard.

.Bertram, prince-évêque de Metz de 1180 à 1212

Elu en 1180 avec le soutien de l'empereur Frédéric Barberousse. Le comte de Metz depuis deux ans est Albert II de Dabo-Moha, fils d’Hugues et époux de Gertrude de Bade. Les conflits avec la Bourgeoisie de Metz se multipliant, Bertram inaugure le début de son épiscopat en instituant de nouvelles règles, dans une charte du 21 mars 1180 instituant la Communauté urbaine messine et les conditions de l’élection annuelle de ses échevins. C'est vraisemblablement en cette même année que la ville reçoit le titre de ville d'Empire /Reichsstadt, conservé au moins jusqu'en 1210 sous cette terminologie. Bien que restaurateur du pouvoir épiscopal, il est pourtant chassé de son siège par l’empereur et obligé de se réfugier à Cologne avant de rentrer à Metz à la mort de Frédéric Barberousse. Il fait construire une forteresse à Vic-sur-Seille, laissant « la haute justice » criminelle dans les mains de son « Grand Avoué », le comte de Dabo, lequel le délègue à une « assemblée de treize jurés » qui va devenir la plus haute autorité de l’État et constituer, avec le Maître Échevin, le « Conseil Suprême », dit aussi « Grand Conseil » de la cité messine. À peine institués, ces « treize » entrent en conflit avec l’évêque et le clergé, leur refusant des exemptions de charges financières destinées à la réfection des remparts; ils soulèvent une première fois les bourgeois contre eux, mais doivent céder

.Conrad de Scharfenberg, prince-évêque de Metz de 1212 à 1224

D’abord évêque de Spire et chanoine impérial en 1200. Il sert les empereurs Philippe de Souabe, Othon IV avant de se rallier à Frédéric II de Hohenstaufen. En 1212, il est élu évêque de Metz en compétition avec l'évêque de Langres Guillaume de Joinville, le candidat de Philippe Auguste, qui finit par se désister. C’est alors Gertrude de Dabo, qui succède comme comtesse de Metz à son père Albert II ; Mariée en premières noces en 1206 à Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en secondes noces en 1220 à Thibaut IV, comte de Champagne (annulation du mariage en 1222) puis en troisièmes noces à Simon de Sarrebruck. Durant son épiscopat, Conrad doit faire face aux Bourgeois de Metz qui supportent de moins en moins le pouvoir temporel de l’évêque. L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen est obligé d’intervenir pour apaiser un conflit qui reprend onze années plus tard au motif toujours le même de la contribution cléricale à l’entretien des murs. Les intérêts divergents conduisent de fait à une rupture ; progressivement, l’évêque se consacre à ses terres, les citadins à la ville.

.Jean Ier d’Apremont, prince -évêque de Metz de 1224 à 1238.

L'origine de la maison d’Apremont est en Lorraine (Apremont-la-Forêt), et remonte au-delà du XIIe siècle. La plus ancienne mention d'un d'Aspremont concerne un certain Gobert d'Aspremont, cité comme témoin séculier dans une charte de 1131 par laquelle Albéron de Chiny, évêque de Verdun, donne les terres et revenus permettant de fonder l'abbaye de Chatillon. Jean d’Apremont organise le diocèse en principauté épiscopale en limitant les ambitions des bourgeois et à la mort sans héritier de Gertrude de Dagsbourg, il récupère tous les biens des comtes de Dasbourg, comme anciens fiefs de l'Eglise de Metz. Il appelle à son secours le comte de Bar, et, par son moyen, il se met en possession des terres de Herrenstein (Herrenstein, près Neuwiller, Bas-Rhin) et de Turquestein, des villes de Saralbe et de Sarrebourg, et des autres terres que les comtes de Dasbourg avoient autrefois possédées à titre de fiefs de son évêché. Simon de Linange, veuf de Gertrude puis son frère Frédéric III de Linange lui font la guerre pour tenter de récupérer le comté puis en 1236, il traite avec l’évêque, épouse sa nièce Elizabeth d’Apremont, et devient le vassal du prélat. Une partie de la bourgeoisie messine lui fait aussi la guerre, à lui et à ceux qui ont pris son parti : le duc Mathieu II de Lorraine et le comte Henri de Bar. Mais c’est l’argent messin qui fait son effet et le comte de Bar, acheté par les bourgeois, change de camp, bientôt imité par le duc de Lorraine. Les bourgeois triomphants peuvent alors jeter hors des murs ceux qui les soutenaient. Ils les bannissent à vie de la cité après avoir brûlé leurs bannières et les avoir délestés de tous leurs biens et assiègent l’évêque réfugié dans sa forteresse de Saint-Germain. Jean d’Apremont, obligé de reconnaître sa défaite, fait la paix et doit reconnaître l’indépendance de la cité.

.Jacques de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1239 à 1260

Fils de Ferry II, duc de Lorraine, et d'Agnès de Bar.

En 1223, il est archidiacre de Trèves, puis princier de Metz. En 1230, il reçoit la princerie de Verdun, qu'il résilie en 1238, et la prévôté de l'abbaye Saint Lambert de Liège. Il est élu évêque de Metz en avril 1239. Il fait construire plusieurs châteaux et enceintes fortifiées autour d'Épinal et de Rambervillers.

.Philippe de Florange, prince-évêque de Metz de 1260 à 1263

Fils de Philippe de Lorraine, seigneur de Florange.

Son père était lui-même fils de Robert de Lorraine, seigneur de Florange, et petit-fils de Simon Ier de Lorraine et d'Adélaïde de Supplimbourg. Le 24 octobre 1260, à la mort de son cousin Jacques de Lorraine, évêque de Metz, il est élu par une partie des chanoines pour lui succéder, en compétition avec Thibaut de Porcellets (de la famille puissante de Provence) soutenu par les autres chanoines. Philippe est sacré avec l'appui de l’archevêque de Trèves, mais l'autre candidat, soutenu par Thiébaut II, comte de Bar, en appelle au pape et l'accuse de simonie. Philippe négocie avec le comte de Bar et, fin 1263, place son diocèse sous la protection de ce dernier. C'est au tour de Ferry III, duc de Lorraine, d'en être irrité et d'en appeler à son tour au pape Urbain IV. Celui-ci notifie à Philippe l'irrégularité de son élection. Guillaume de Traînel est nommé à sa place, mais il reste trésorier de Metz et se retire dans ses possessions.

.Guillaume de Traînel, prince-évêque.de Metz de 1264 à 1269

Probablement neveu du comte Thiébaut II de Bar. Durant son épiscopat, il est en guerre d'abord avec Henri V de Luxembourg et Ferry III de Lorraine puis avec son oncle Thiébaut II de Bar. .Laurent de Lichtenberg, prince-évêque de Metz de 1269 à 1279 Il appartient à l'une des familles les plus puissantes d'Alsace du Nord, qui compte trois évêques de Strasbourg, dont le célèbre Conrad de Lichtenberg. Il intervient dans le conflit opposant le duc Ferry III de Lorraine et le comte Thiébaut II de Bar et participe au Concile de Lyon de 1274.

.Jean II de Dampierre, prince-évêque de Metz de 1280 à 1282, puis prince-évêque de Liège (1282-1291).

Fils cadet du comte de Flandre Gui de Dampierre et de Mathilde de Béthune.

Le 2 janvier 1280 Jean est nommé évêque de Metz par Nicolas III. Il marque peu d'intérêt pour cette fonction mais les rentes lui permettent d'acquérir des terres en Flandre. Le 31 octobre 1282 il devient prince-évêque de Liège.

.Bouchard d’Avesnes, prince-évêque de Metz de 1282 à 1296

Fils de Jean d'Avesnes (fils de Bouchard d'Avesnes et de Marguerite de Constantinople) et d'Alix, sœur de Guillaume II de Hollande, frère de Jean Ier, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande. En compétition avec Guillaume d'Auvergne, à la succession de Jean d'Enghien comme prince-évêque de Liège, il se rend à Rome pour plaider sa cause. Le pape Martin IV, nomme finalement Jean II de Dampierre à Liège et choisit Bouchard d'Avesnes pour le remplacer à Metz. En 1288 il est en guerre contre Ferry III de Lorraine et Henri III de Bar à propos du comté de Castres (Blieskastel), un fief qui avait été engagé. Allié à l'évêque de Strasbourg Conrad de Lichtenberg, Bouchard d'Avesnes remporte une victoire importante près du futur Sarrelouis puis signe un traité de paix en 1290. En 1291, il aide son frère Jean Ier à mater la révolte des bourgeois de Valenciennes.

.Gérard de Rhéninghe, prince-évêque de Metz de 1297 à 1302

À la mort de Bouchard d'Avesnes, il y a deux candidats pour lui succéder : Frédéric de Lorraine et Thiébaut de Bar. Le choix de l'évêque sous-entend un choix entre les deux grands féodaux locaux, le duc de Lorraine et le comte de Bar. Les chanoines préfèrent ne pas faire ce choix et en appellent à Rome, qui nomme Gérard de Rhéninghe le 24 avril 1297.

.Renaud de Bar, prince-évêque de Metz de 1302 à 1316

Fils de Thiébaut II, comte de Bar. Il est nommé chanoine à Reims, Laon, Verdun et Cambrai, puis, avant 1298, archidiacre à Bruxelles, puis archidiacre à Besançon en 1299. En 1301, il est nommé chanoine et princier de Metz puis en 1302 prévôt de la Madeleine à Verdun. Enfin au milieu de l'Année 1302, il est élu évêque de Metz, mais l'élection est considérée comme irrégulière car le pape s'était réservé la possibilité de nommer lui-même le titulaire de ce siège. Pour résoudre le problème et ménager le clergé de Metz, tout en sauvant la face, Boniface VIII casse l'élection, mais nomme immédiatement Renaud au siège épiscopal. Il est le seul prélat de l'archidiocèse de Trèves à assister en 1312 au concile de Vienne, convoqué par le pape Clément V. Il doit lutter contre le duc de Lorraine Thiébaud II, puis contre les magistrats de Metz. Il doit se retirer dans la campagne messine et meurt le 4 mai 1316.

.Henri Dauphin, prince-évêque de Metz de 1319 à 1325

Fils d'Humbert Ier, seigneur de la Tour-du-Pin, et d'Anne de Bourgogne, dauphine de Viennois et comtesse d'Albon. Imposé par le pape Jean XXII, jamais ordonné.

.Louis de Poitiers, évêque de Viviers de 1306 à 1318, évêque de Langres de 1318 à 1325 et prince-évêque de Metz de 1325 à 1327

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

.Adhémar de Monteil, prince-évêque de Metz de 1327 à 1361

Issu d’une famille noble du Dauphiné, nommé évêque souverain de Metz en 1327, succédant à son oncle Louis de Poitiers. Il entre en conflit avec le duc Raoul de Lorraine, lorsque le roi Philippe VI de France intervient, et amène la conclusion d'un traité de paix. Ce prélat a ensuite des démêlés avec la régente de Lorraine Marie de Châtillon et avec le duc Robert Ier de Bar.

.Jean III de Vienne, prince-évêque de Metz de 1361 à 1365

Fils de Vauthier de Vienne, seigneur de Mirebel.

En 1355, il succède à son oncle Hugues VI de Vienne comme archevêque de Besançon et l’année suivante, il devient gouverneur du duché de Bourgogne, Philippe Ier de Bourgogne étant âgé de dix ans. Puis Il devient évêque de Metz en 1361. Souhaitant affirmer l'autorité épiscopale sur les magistrats, il entre alors en conflit avec les bourgeois de la cité. Chassé dans son château de Vic-sur-Seille, il perd le soutien de son clergé. Il parvient, grâce à l'un de ses oncles cardinal, à se faire muter à Bâle. C'est en 1365, qu'il devient évêque de Bâle. En 1367, Jean III fait incendier Bienne dont les habitants remettent en cause son autorité. Une garnison de Berne vient l'assiéger dans son château du Schlossberg. Il meurt le 7 octobre 1382 à Porrentruy.

.Thierry V Bayer de Boppard, prince-évêque de Metz de 1365 à 1384

Fils de Simon Bayer von Boppard, cité sur la rive gauche du Rhin et d’Elisabeth Walpod von Waldmannshausen. Reçu en 1342 au chapitre de la cathédrale de Worms sur décision du pape Clément VI, après l’intercession du roi de Bohême Jean l'Aveugle, Il est fait diacre. En 1353, il est fait chanoine à Worms, puis à Mayence. Peu après, il devient chanoine de Trèves puis chancelier de l’empereur Charles IV de Luxembourg auprès du pape à Avignon. Puis en 1358, il est officiellement nommé aumônier pontifical et le 15 mars 1359, nommé évêque de Worms mais il s’oppose aux bourgeois de cette ville. Le 13 août 1365, il est nommé évêque de Metz, par Urbain V en remplacement de Jean III de Vienne et s’installe à Metz le 2 novembre 1365. Il s'allie d’abord avec les ducs Jean Ier de Lorraine et Robert Ier de Bar. Puis, en 1368, il accompagne l’empereur Charles IV en Italie. Là, il combat contre le seigneur de Milan Barnabé Visconti, aux côtés de l’empereur. Bayer von Boppard représente alors Charles IV auprès des papes Urbain V et Grégoire XI. En 1370, Bayer von Boppard est de retour à Metz. Il s'engage dans un conflit qui dure depuis 1368 entre les Messins et le duc de Bar Robert Ier. Celui-ci, fait prisonnier par les Messins en 1368, doit payer, pour sa liberté, 120 000 florins. Malgré un premier traité de paix signé après sa libération, le duc de Bar s'allie au duc de Lorraine Jean Ier pour faire le siège de Metz. Ils sont repoussés et un traité de paix définitif est finalement signé en 1373. Le 20 juin 1373, Bayer frappe d’interdit la ville de Metz pendant deux ans. Il lève son excommunication en 1375, contre le payement d'une somme d'argent, destinée à éponger ses dettes. Cette somme ne suffit cependant pas, car il doit vendre en outre son droit de battre monnaie à la municipalité de Metz. En 1378, dans le Grand Schisme d'Occident, Bayer de Boppard prend le parti des papes de Rome, avant de se rallier à la cause de Clément VII. Il est excommunié en 1381, suite à un problème financier avec le chapitre de la cathédrale de Metz et passe alors la fin de sa vie à fortifier son château épiscopal de Vic-sur-Seille. .Pierre de Luxembourg, prince-évêque de Metz de 1384 à 1387 Fils de Guy de Luxembourg, comte de Ligny-en-Barrois. Nommé évêque de Metz, par l’antipape Clément VII soutenu par le clergé Messin, pendant le Grand Schisme d'Occident. L’empereur Venceslas Ier de Luxembourg, partisan du pape Urbain VI, fait nommer Thielleman de Bousse. Ces conflits pour la direction du siège épiscopal entraînent des combats à Metz, Boulay et Thionville, sans que Thielleman de Bousse parvienne à faire reconnaître ses prétentions à Metz. En 1386, il est nommé cardinal d’Avignon et meurt dix mois plus tard, le 2 juillet 1387.

.Raoul de Coucy, prince-évêque de Metz de 1387 à 1415

Fils de Raoul de Coucy, seigneur de Montmirail En 1387 succède à Pierre de Luxembourg à l’évêché de Metz alors qu’il est encore très jeune. Il participe au concile de Constance.

.Conrad II Bayer de Boppard, prince-évêque de Metz de 1415 à 1459,

.George Ier de Bade, prince-évêque de Metz de 1459 à 1484, margrave de Bade

Jamais consacré

Quatrième fils du margrave Jacques Ier de Bade et de Catherine de Lorraine. En 1451, il reçoit le comté de son père. Le 5 octobre 1456, il devient coadjuteur de l’évêque de Metz Conrad II Bayer de Boppard. Le 20 avril 1459, à la mort de ce dernier, il prend possession de l’évêché. Il n’entre à Metz qu’en 1461, accompagné de 700 cavaliers dont l’archevêque de Trèves Jean II de Bade, le comte de Nassau et le grand maréchal de Lorraine, Jean de Fenétrange. Le 30 juin 1462, il participe à la bataille de Seckenheim, où il est capturé par Frédéric Ier du Palatinat, avec le Margrave de Bade Charles Ier, et Ulrich V de Wurtemberg. Il est libéré contre une lourde rançon. Alors que plusieurs patriciens messins avaient refusé de participer à la croisade de Pie II contre Dieter von Isenburg, et avaient été excommuniés, Georges de Bade plaide leur cause auprès du Pape. En signe de reconnaissance, les magistrats messins prêtent leurs troupes à l'évêque pour reconquérir les places fortes prises par le roi de France Charles VII et le duc de Lorraine lors de la guerre de 1444. Mais Épinal reste aux mains des Lorrains en 1466, moyennant une compensation financière. En 1473, la ville de Metz et le duché de Lorraine se réconcilie après la Diète d'Augsbourg. Mais dès le 29 septembre 1473, l’évêque de Metz s’allie avec Charles le téméraire. Un traité de paix est signé le 28 avril 1474 entre le duché de Lorraine et la ville de Metz. Deux ans plus tard, Georges de bade arrange le mariage de l’empereur Maximilien d’Autriche et de Marie de Bourgogne.

.Henri II de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1484 à 1505,

Fils d'Antoine de Lorraine, comte de Vaudémont et sire de Joinville Probablement né au début des années 1430, il devient chanoine de Toul et de Metz en 1433, et fait ses études théologiques à Paris. En 1456, il est nommé évêque de Thérouanne. En 1466, son frère Ferry II, comte de Vaudémont, accompagne Jean II, duc de Lorraine, à la conquête de la Catalogne et Henri administre alors le comté de Vaudémont. En 1484, il est nommé à Metz, mais se brouille avec les bourgeois de la ville, qui en appellent à l'empereur Frédéric III de Habsbourg. Il a alors pour compétiteur Olry de Blâmont, qui sera évêque de Toul de 1495 à 1506.

.Jean IV de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1505 à 1543

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar et de Philippe de Gueldre. Jean de Lorraine abandonne l’administration du diocèse à son neveu Nicolas Metz fait alors partie du cercle impérial du Haut-Rhin.

.Nicolas de Lorraine, évêque de Verdun de 1544 à 1547 puis évêque de Metz de 1543 à 1548 puis duc de Mercoeur

De 1552 à 1559, il est régent des duchés de Lorraine et de Bar pendant la minorité de son neveu Charles III conjointement avec sa belle-sœur, la duchesse douairière née Christine de Danemark, mais les États de Lorraine décident en novembre 1545 de laisser Christine seule régente. Christine qui est la nièce de l’Empereur Charles Quint, est favorable à l’Empire à la différence de Nicolas. En 1548, Nicolas commence à renoncer à ses évêchés, à se faire relever de ses vœux et prend le titre de comte de Vaudémont.

.Jean IV de Lorraine, à nouveau prince évêque de Metz de 1548 à 1550.

Il reprend l’administration de son évêché auquel il n’a jamais formellement renoncé quand Nicolas se fait relever de ses vœux en 1548. A la fin de son règne, la guerre reprend entre l’Empire de Charles Quint et la France de Henri II alliée aux princes protestants de l’Empire (Ligue de Smalkalde) en 1550.

.Charles Ier de Lorraine, prince évêque de Metz de 1550 à 1551

Second fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise et seigneur de Joinville (qui se distingua sous François Ier et d'Antoinette de Bourbon-Vendôme).

.Robert de Lenoncourt, prince évêque de Metz de 1551 à 1555

Fils de Thierry de Lénoncourt (Lorraine).

Au printemps 1552, le roi de France en profite pour imposer sa « protection » aux principautés épiscopales enclavées dans les territoires ducaux sous le prétexte, incongru pour l’époque, que leurs habitants étaient de langue romane (les futurs Trois-Évêchés). Le 15 avril 1552, de passage à Nancy, le roi destitue arbitrairement la régente Christine, nomme le francophile Nicolas à sa place et, d’autorité, emmène le jeune duc Charles III, âgé de 9 ans, terminer son éducation à Paris afin de le soustraire à l’influence de la duchesse-douairière. Avec la complicité de Robert de Lenoncourt, l'évêché de Metz passe sous "protection" française comme ceux de Verdun et de Toul. La ville, défendue par le duc de Guise est assiégée en vain par Charles Quint. Par le traité de Cateau-Cambrésis de 1559, Metz reste aux mains de la France mais ce ne sera que par le traité de Westphalie de 1648 qu’en droit, elle cesse de faire partie de l’empire.

3. Evêché-comté de Verdun / Bistum-grafschaft von Verdun, Ville Libre Impériale de Verdun / Frei Reich Stadt von Verdun

L'évêché de Verdun est créé au IV° siècle à l'époque de la Gaule romaine. Après le Traité de Verdun en 843, Verdun fait partie successivement de la France médiane, de la Lotharingie, puis, au sein du Saint Empire dès 925, de la Basse-Lorraine.

Evêques

.Wigfrid, évêque de Verdun de 959 à 983

Evêque sous le règne d’Othon le Grand.

.Hugues II, évêque de Verdun de 983 à 984

.Adalbéron I (958-1005), évêque de Verdun de 984 à 988

Fils de Frédéric Ier d'Ardennes, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie et de Béatrice de France, sœur d'Hugues Capet ; contemporain de l’empereur Othon III.

.Haymon (ou Heimon), comte-évêque de Verdun de 988 à 1024.

Nommé par les impératrices Théophano et Adélaïde. Ce Bavarois, ami du futur empereur Henri II ; en 990, l'empereur Otton III fait de l'évêque de Verdun un prince souverain, lui accordant le pouvoir temporel sur la ville et le droit de nommer les comtes. Sous son règne, sont nommé comme comtes Godefroy II, duc de Basse-Lotharingie de 1002 à 1012, puis son frère Frédéric de 1012 à 1022 puis son frère Hermann de 1022 à 1024 lequel renonce et se fait moine. .Raimbert, comte-évêque de Verdun de 1024 à 1037 Il nomme en 1024 comme comte de Verdun, Louis, comte de Chiny qui est tué en 1025 par Gothelon, frère d'Hermann, qui convoite la ville. Gothelon donne le comté de Verdun en apanage à son fils Godefroy III le Barbu, duc de Basse-Lotharingie.

.Louis Ier ( ?- 1025), comte de Chiny et seigneur de Warcq de 992 à 1025, et comte de Verdun de 1024 à 1025

Fils d'Otton Ier, seigneur de Warcq ; père de Louis II comte de Chiny et grand-père d’Arnoult, comte de Chiny.

.Richard Ier, comte-évêque de Verdun de 1040 à 1046

.Thierry, comte-évêque de Verdun de 1047 à 1089

Sous son épiscopat, c’est Godefroy IV le Bossu, duc de Basse-Lotharingie, fils de Godefroy le Barbu qui succède à la mort de son père en 1069 comme comte de Verdun puis à sa mort en 1076, sa veuve Mathilde de Toscane, jusqu’à sa mort en 1086. En 1086, c’est Godefroy V de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, neveu de Godefroy IV, qui lui succède.

.Richer, comte-évêque de Verdun de 1089 à 1107

En 1100, Richer donne le comté de Verdun à titre viager à Thierry II de Montbéliard qui devient comte de Verdun de 1100 à 1105 puis au fils de celui-ci Renaud Ier le Borgne, comte de Montbéliard, mais les rapports entre les pouvoirs temporel et spirituel sont mouvementés. Le XIIe siècle voit éclore le mouvement communal. Les bourgeois de Verdun veulent se soustraire à l’autorité de l’évêque.

.Richard II de Grandpré, comte-évêque de Verdun de 1107 à 1114

.Mazon, administrateur de 1114 à 1117

.Henri Ier de Blois, comte-évêque de Verdun de 1117 à 1129 déposé au concile de Chalon Sous son règne, vers 1119, Renaud le Borgne, comte de Bar, élève une énorme tour entre la porte Châtel et l’abbaye de Saint-Vanne de Verdun. De cette tour, ses gens terrorisent la ville et ses abords. Évêque et bourgeois s’unissent contre Renaud. .Ursion, comte-évêque de Verdun de 1129 à 1131 C’est lui qui donne vers 1130, le comté de Briey au comte de Bar Renaud le Borgne.

.Albéron de Chiny, comte-évêque de Verdun de 1131 à 1156

Fils d'Arnoul Ier de Chiny, comte de Chiny.

En 1134, la tour érigée par Renaud le Borgne est prise puis détruite. Albéron de Chiny dépose le comte Renaud et rattache le comté de Verdun au domaine épiscopal.

.Albert de Mercy, comte-évêque de Verdun de 1156 à 1162

De la maison de Mercy dont la puissance connait son apogée au cours du Moyen Âge dans la région couvrant désormais le sud de la Belgique, la Lorraine et le Luxembourg qui tire son nom du château de Mercy, construit au X°siècle sur le ban de la commune de Joppécourt en Lorraine.

.Richard III de Crisse, comte-évêque de Verdun de 1163 à 1171

.Arnoul de Chiny, comte-évêque de Verdun de 1172 à 1181

Arrière-petit-fils d’Arnoud de Chiny, comte de Chiny ; petit-fils d’Othon II, comte de Chiny ; fils d'Albert Ier, comte de Chiny et d'Agnès de Bar.

.Henri II de Castel, comte-évêque de Verdun de 1181 à 1186

.Albert II de Hierges (Hirgis), comte-évêque de Verdun de 1186 à 1208

Fils de Manassès de Hierges et d'Alix de Chiny, fille d'Albert Ier, comte de Chiny.

En 1195, les bourgeois de Verdun obtiennent de l’empereur Henri IV une charte d’après laquelle la cité, devenue libre, relève directement de l’empire. C’est alors la lutte entre l’évêque et les bourgeois.

.Robert Ier de Grandpré, comte-évêque de Verdun de 1208 à 1216.

Fils d'Henri III comte de Grandpré et de Liutgarde de Luxembourg.

.Jean Ier d’Apremont, comte-évêque de Verdun de 1217 à 1224 puis de Metz en 1224

Fils de Geoffroy Ier, seigneur d’Apremont et d’Élisabeth de Dampierre.

.Raoul de Torote, comte-évêque de Verdun de 1124 à 1245 .Guy de Traignel (Trainel), comte-évêque de Verdun de 1245 à 1245

.Guy II de Mellote (Mello), comte-évêque de Verdun de 1245 à 1247

.Jean II d'Aix, comte-évêque de Verdun de 1247 à 1252

.Jacques Pantaléon, comte-évêque de Verdun de 1253 à 1255, pape sous le nom d’Urbain IV

.Robert II de Milan, comte-évêque de Verdun de 1255 à 1271

.Ulrich de Sarvay (Sarnay), comte-évêque de Verdun de 1271 à 1273

.Gérard de Grandson, comte-évêque de Verdun de 1275 à 1278 Petit-fils d’Ebald IV de Grandson, auquel un édit du 26 août 1186 de l'empereur Frédéric Barberousse reconnait le droit de "construire dans le territoire des Noires-Joux, maisons, villages, bourgs et châteaux, sans autre réserve que celle de suzeraineté immédiate de l'empire". Fils de Pierre Ier de Grandson, seigneur de Grandson (dans l’actuel canton de Vaud) vassal du comte de Savoie.

.Henri III de Grandson, comte-évêque de Verdun de 1278 à 1286

Frère du précédent.

.Jean III de Richericourt, comte-évêque de Verdun de 1297 à 1302

.Jacques II de Ruvigny, comte-évêque de Verdun de 1289 à 1296

.Thomas de Blankenberg /de Blamont, comte-évêque de Verdun de 1303 à 1305

Fils de Frédéric Ier, comte de Blâmont et de Jeanne de Bar. Pourvu de la dignité de princier dans la cathédrale de Verdun, il met beaucoup de zèle à défendre les droits de l'Eglise, lorsqu'il forme le dessein de surprendre la ville de Toul, avec une troupe de quatre-vingts hommes seulement, pour soumettre les bourgeois révoltés contre leur évêque. C’est cette fermeté de Thomas de Blâmont, et la puissance des alliés de sa famille, qui portent le Chapitre de Verdun à le choisir pour évêque, quelque temps après la mort de Jean de Richericourt, le jugeant capable de réprimer les entreprises des bourgeois de cette ville, qui avaient abusé de la douceur de l'évêque précédent pour empiéter sur les droits de l'Eglise, et sur les immunités du clergé. Thomas de Blâmont arrête ces projets par son autorité ce qui remet le calme dans Verdun sous son épiscopat. .Nicolas Ier de Neuville, comte-évêque de Verdun de 1305 à 1312 Issu de la famille des seigneurs de Neuville-sur-Orne. Sous son épiscopat, les magistrats de Verdun renouvellent leur ligue avec les bourgeois de Metz et de Toul contre leurs évêques, mais les troupes de Regnaud, évêque de Metz, sont défaites à Frouard et l'évêque de Toul quitte son évêché.

.Henri IV d’Apremont, comte-évêque de Verdun de 1312 à 1349

Pour se défendre contre la rapacité de leurs voisins, les évêques qui, jusqu’alors, s’appuient surtout sur l’empire, sont amenés à solliciter la protection des rois de France plus rapprochés. Ceux-ci, se rendant compte de la situation importante de Verdun, répondent à cet appel. À partir de 1315, date à laquelle Louis X le Hutin y met la première « Garde Française », l’influence de la France fait des progrès incessants. Charles VII, Charles VIII, Louis XII prennent successivement Verdun sous leur protection. Mais, au cours des siècles suivants, les comtes de Bar restent pour Verdun des voisins dangereux, ainsi d’ailleurs que les comtes de Luxembourg. Les seigneurs de ces deux Maisons, tantôt ennemis, tantôt alliés, s’unissent parfois pour opprimer de concert l’évêché de Verdun.

.Otton de Poitiers, comte-évêque de Verdun de 1349 à 1351

Fils d'Aimar IV, comte du Valentinois et de Diois, et de Sybille de Baux.

.Hugues III de Bar, comte-évêque de Verdun de 1352 à 1361

Fils de Pierre, seigneur de Pierrefort, et de Jeanne de Vienne.

Par son père, il est le petit-fils de Thiébaut II, comte de Bar. .Jean IV de Bourbon-Montperoux, comte-évêque de Verdun de 1362 à 1371

.Jean V de Dampierre Saint-Dizier, comte-évêque de Verdun de 1371 à 1375

.Guy III de Roye, comte-évêque de Verdun de 1375 à 1379

Issu de la maison picarde de Roye.

.Liébaud, comte-évêque de Verdun de 1380 à 1404

.Jean IV de Sarrebruck, comte-évêque de Verdun de 1404 à 1419

Fils de Jean III de Sarrebruck-Commercy, seigneur de Commercy-Château-Haut.

.Louis Ier de Bar, administrateur du diocèse de Verdun de 1419 à 1423

Fils de Robert Ier, comte puis duc de Bar, et de Marie de France.

La mort le 25 octobre 1415 à Azincourt au côté des Français d'Édouard III, duc de Bar, et de Jean de Bar, son frère, seigneur de Puisaye, le rend héritier du duché de Bar mais il doit défendre son héritage contre son beau-frère Adolphe Ier, duc de Juliers et de Berg. Louis réussit néanmoins à vaincre Adolphe. Il recherche l'amitié du duc de Lorraine. Les deux princes signèrent, le 4 décembre 1415, un traité qui met fin aux événements désastreux dont les deux duchés avaient été le théâtre sur la fin du règne de Robert et sous celui d'Édouard III. Mais trop âgé pour renoncer à l'état ecclésiastique qu'il a embrassé dans sa jeunesse, il accepte la couronne ducale du Barrois, tout en conservant le titre de cardinal, et la crosse épiscopale de Châlons, qu'il échange pour celle de Verdun, ville située au milieu de son duché. En 1419, pour mettre fin au différend entre les ducs de Bar et de Lorraine, il négocie le mariage de son petit-neveu René d'Anjou avec la fille et héritière de Charles II de Lorraine, et lui confie le gouvernement du duché de Bar dès 1420.

.Raymond, comte-évêque de Verdun de 1423 à 1424

.Guillaume de Montjoie, comte-évêque de Verdun de 1423 à 1424

.Louis Ier de Bar, à nouveau administrateur du diocèse de Verdun de 1424 à 1430

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1430 à 1437, de Toul de 1437 à 1449

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt.

.Guillaume Fillâtre, comte-évêque de Verdun de 1437 à 1449

Originaire de Gand. Neveu du cardinal Guillaume Fillastre, archevêque d'Aix.

En 1468, Guillaume donne à Charles le Téméraire, les premières pages de son grand traité sur l'Ordre de la Toison d'or, fondé par son père Philippe le Bon.

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1430 à 1437, puis de Toul de 1437 à 1449 et à nouveau de Verdun de 1449 à 1456

De la famille des seigneurs de Harocourt, village situé sur le plateau rive droite de la Meurthe, à égale distance de Nancy et de Lunéville.

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt.

.Guillaume de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1456 à 1500

Petit-neveu du précèdent. .Warry de Dommartin, comte-évêque de Verdun de 1500 à 1508

De la famille des barons de Dommartin situé dans le diocèse de Toul.

.Louis de Lorraine (1500-1528), comte-évêque de Verdun de 1508 à 1522

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar, et de Philippe de Gueldre.

.Jean IV de Lorraine (1498-1550), prince-évêque de Metz de 1505 à 1543, puis de 1548 à 1550, comte- évêque de Toul de 1517 à 1523, puis de 1532 à 1537 et de 1542 à 1543, comte-évêque de Verdun de 1523 à 1544,

Frère du précédent.

.Nicolas de Lorraine (1524 -1577), comte-évêque de Verdun de 1544 à 1547, administrateur de l’évêché de Metz de 1543 à 1548, comte de Vaudémont de 1548 à 1577, seigneur de Mercœur de 1563 à 1569, puis duc de Mercœur de 1569 à 1577 mais surtout, de 1552 à 1559, régent des duchés de Lorraine et de Bar pendant la minorité de son neveu Charles III.

Fils d’Antoine le Bon, duc de Lorraine et de Bar, et donc neveu du précèdent.

.Nicolas Psaume, évêque de Verdun de 1548 à 1575

En 1551, les princes protestants allemands en lutte contre Charles Quint recherchent le soutien du roi de France. À Lochau est signé un accord qui prévoit la participation financière et militaire de la France à leur action. À Chambord, le 15 janvier 1552, est signé un traité qui prévoit que le roi Henri II occupera, pour des raisons stratégiques, en qualité de vicaire de l’Empire, les villes de Metz, Toul et Verdun, «et autres villes de l’Empire ne parlant pas allemand ». Mais le roi lui-même entre à Toul et passe à Nancy où il destitue arbitrairement la duchesse-régente et emmène le petit duc Charles III encore mineur pour le faire élever à la cour de France, avant de faire « sa joyeuse entrée » à Metz le lundi de Pâques et de continuer vers le Rhin. Cependant, il ne peut s'emparer de Strasbourg. Fortifiée et défendue par le duc de Guise, Metz résiste à Charles Quint qui, désespéré, lève le siège le 2 janvier 1553. L’empereur meurt cinq ans plus tard, ayant renoncé à ses charges et disant : « Si l’on ouvrait mon cœur, on y trouverait le nom de Metz ». Entre 1552 et 1648, les trois évêchés sont placés sous tutelle française jusqu’à leur annexion définitive par la France en 1648 en vertu des Traités de Westphalie. Dans Metz, Toul et Verdun réunies ainsi par un artifice diplomatique, s'installe un régime original, celui de la protection, où les anciens pouvoirs des villes issues du Saint Empire sont peu à peu absorbés par les organismes mis en place par l’administration royale. Les villes reçoivent une garnison permanente, l’empereur continuant officiellement à faire figure de souverain. Sous la vigoureuse impulsion de Richelieu, le parlement, créé à Metz en janvier 1633, est l’artisan le plus actif des progrès de l’autorité royale, dépossédant de ses pouvoirs le maître échevin. L’édit de décembre 1633 supprime le sceau de la cité, l’aigle aux ailes déployées, que Metz, Toul et Verdun, avaient comme armoiries en qualité de villes impériale. Transféré à Toul en 1631, le parlement est remplacé à Metz par un intendant, représentant vivant et omnipotent du roi. En 1648, les traités de Westphalie confirment la cession à la France des Trois-Évêchés par l’Empire. Mais ce n’est qu’en 1667 seulement que Verdun reconnait la souveraineté du roi de France.

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Published by Parti imperial romain europeen
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 09:00
Histoire du Comté de Bourgogne dit Franche-comté / Freigrafschaft Burgund

L’histoire de ce comté de Bourgogne ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à la grande histoire de la Bourgogne qui, comme la Lorraine à l’origine, englobe une région plus vaste que les territoires actuels du même nom. Or cette grande histoire trouve son origine dans celle du Premier royaume Burgonde créé en 443 sur les terres assignées aux envahisseurs burgondes par le général romain Aetius constituées approximativement par :

.les territoires qui constitueront le duché de Bourgogne (Dijon) ;

.les territoires qui constitueront le comté de Bourgogne ou Franche-Comté

.ceux qui constitueront la partie occidentale de la Suisse à l’Ouest de l’Aar et de la Reuss.

En effet en 534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme.

Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding/Escuens, d’Amaous/Amous, de Warasch/Varais et la ville de Besançon.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy). Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855).

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz. Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône. En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer. En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais. En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime. La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve. À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerssen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie a les comtés de Warasch/Varais, d'Amaous/Amous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté.

Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont ainsi à l'origine de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire.

Au IX° siècle, le territoire du premier royaume Burgonde va donc être disputé entre les Carolingiens de Francie Occidentale et les futurs rois du deuxième Royaume de Bourgogne. Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura. À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875. Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens.

En 879, Louis II le Bègue, successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson de Provence tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie Occidentale Louis III et Carloman II, Boson V de Provence , qui est le fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, et lui-même duc de Lombardie, duc de Provence, comte d'Autun, de Berry, de Chalon, de Mâcon et de Troyes, ainsi qu’ abbé laïc de Saint-Maurice d'Agaune en profite pour se faire proclamer roi de Provence à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon. Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche-Comté, des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles soit la Bourgogne Transjurane. Ses possessions couvrent une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Boson exerce son pouvoir jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, les frères carolingiens, rois de Francie Occidentale Louis III et Carloman II. Par ce traité, en échange de la neutralité de Louis III le Jeune, fils de Louis le Germanique, les rois de Francie Occidentale lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meerssen et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier. Le roi de Francie occidentale Charles le Chauve récupère lui le comté de Portois et une partie du comté de Varais et notamment Besançon. Les autres comtés sont incorporés dans le royaume de Francie orientale de Louis le Germanique. Le comte Richard reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. Cette guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II. Richard reçoit, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à son frère.

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon puis couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent : -Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale (923-936); -Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952); -Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont; -Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne. -Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut. En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : Comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Charolais,, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar. Enfin en 898, le comte Richard est autorisé par ce même souverain à fusionner ses comtés et prend alors le titre de marquis de Bourgogne, jusqu'en 918, puis celui de duc et ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne rattaché au Royaume de France et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire.

Les comtés de la Haute-Bourgogne sont englobés dans ce royaume de Bourgogne Transjurane qui s’étend sur les deux versants du Jura avec comme limite à l’ouest, les rives de la Saône. Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume. Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lorraine et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci. Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne, et Thierry s’est rallié au nouveau souverain. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume. Son fils Rodolphe II (912-937) lui succède en 912. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi des Francs et de Lorraine, Charles III le Simple. Vers 914, Hugues le Noir (914-952) est pourvu du comté de Varais. Hugues le Noir est le second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois. En 918, Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait. En 919, Hugues, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis. La paix s’obtient par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc de Souabe. Dès 921, il est le comte prépondérant sur la Haute-Bourgogne. L’année suivante, il est aux côtés de son frère Raoul et du duc Robert dans la lutte contre le roi de Francie Occidentale, Charles III le Simple. Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer en 922 par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes. En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie. Cette même année 926, le roi de Francie orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi des Francs Raoul. Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II. Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane ou royaume de Provence à son royaume de Bourgogne transjurane lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d’Arles qui en est la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois qui dépendent alors du royaume de Francie occidentale. En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume des Francs. Louis IV qui vient d’être couronné se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité, Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon. Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad (937-993) n’a que douze ans. Hugues, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire. Mais Othon Ier roi de Francie orientale et futur restaurateur de l’empire intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique. Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad. Sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie occidentale, notamment Hugues le Noir qui est à la fois duc de Bourgogne et archi-comte sur la Haute-Bourgogne. Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume. En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume des Francie occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois. Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père. En 941, sous la pression du roi Othon de Germanie, il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale. Othon libère Conrad en 942, qui prend enfin la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L’un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint-Maurice d'Agaune où Conrad concède à Albéric Ier, vicomte de Mâcon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins. En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques : Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon , évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud. Il se brouille de nouveau en 943, avec le roi Louis IV, et doit partager sur le duché son autorité avec Hugues le Grand. Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi Conrad de Bourgogne. Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir. Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence. Hugues se réconcilie en 949, avec le roi de Francie occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché. Deux ans plus tard, le roi Louis accompagné de Liétaud vient à Besançon rencontrer Hugues le Noir. Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier roi de Francie orientale qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad. À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues. Albéric ou Aubri II (965-982) hérite à la mort de son père des mêmes territoires. En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent. En 962, Othon Ier est sacré empereur. Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles, l’aînée Gisèle, de son premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri; Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann. Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad. Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothbold (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence. À la mort d’Albéric II, un personnage se manifeste, c’est Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère. Il épouse Ermentrude de Roucy veuve d’Albéric II, et gouverne les comtés de Mâcon et de Besançon, au nom de ses deux beaux-fils, Liétaud et Aubri.

Maison d’Ivrée

.Otte-Guillaume (962-1026), comte de Bourgogne de 982 à 1026 et duc de Bourgogne de 1002 à 1004

En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie ; en effet son petit-fils Othon III est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le bavarois, celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier roi de Bourgogne Provence. En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Francie Occidentale-Germanie Henri Ier).

En 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces.

En 1003, Le roi Robert II doit se séparer de Berthe, et épouse en 1003, Constance d'Arles, la fille du comte de Provence Guillaume. Cette même année 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale lance une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. Otte-Guillaume se consacre alors à assurer son autorité sur les terres bourguignonnes à l’est de la Saône, tout en conservant ses droits sur les comtés de la Bourgogne Franque (Beaumont, Fouvent et Oscheret). Les comtes de Bourgogne conserveront ainsi pendant longtemps de nombreuses terres ou suzerainetés situés dans le duché de Bourgogne.

En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens. (ce dernier érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois. En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale. Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir. Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). Son fils aîné Hugues étant l’héritier de la couronne, il cède le duché à Henri ; puis, à la mort d’Hugues, en 1025, Robert II cède le duché à Robert.

Durant quarante-quatre ans, Otte-Guillaume est le maître souverain des comtés Outre-Saône avec ses fils, et s’oppose à l’autorité du roi Rodolphe III de Bourgogne sur ces territoires. En 1016, l’empereur Henri III et roi de Francie Orientale force son cousin le roi Rodolphe III de Bourgogne, sans héritier à le prendre pour héritier. A la mort d’ Henri III en 1024, Rodolphe III est contraint par les nobles de son royaume à révoquer cette donation mais un an plus tard, Rodolphe se voit à nouveau contraint de renouveler son engagement à l’égard du nouveau roi de Francie orientale Conrad II, mari de sa nièce Giséle, fille de sa sœur Gerberge. La reconnaissance des empereurs, Henri III, puis Conrad II comme héritiers du roi de Bourgogne Rodolphe III, n’est pas du goût d’Otte-Guillaume qui entre en rébellion contre son roi. Pendant dix ans, il est le principal opposant à l’empire.

A la mort de Rodolphe III, en 1032, l’empereur Conrad II le Salique hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire. Besançon est un archevêché qui comme tous les archevêchés de l’empire a à sa tête un archevêque qui dispose non seulement du pouvoir spirituel sur le territoire de l’archevêché mais du pouvoir temporel sur la ville. Au milieu du X° siècle, le comte de Mâcon Liétaud parvient à réunir dans sa main les pouvoirs dévolus aux comtes carolingiens dans chaque pagus. À sa mort, ses droits passent à son fils Aubry II et la veuve d'Aubry, héritière de ses droits les porte à son second mari, Otte-Guillaume de Bourgogne.

Otte-Guillaume est considéré traditionnellement comme le premier comte de Bourgogne.

L’histoire de ce comté qui deviendra la Franche-Comté impériale commence donc avec lui

. À la mort de son fils aîné, Gui, Otte-Guillaume partage ses terres : Renaud, son second fils reçoit les comtés d'Amous, Varais et Portois tandis qu’Otton, son petit-fils reçoit le Mâconnais et l’Escuens.

.Renaud (1006-1057), premier comte palatin de Bourgogne / pfalzgraf Burgund de 1026 à 1057

Renaud poursuit la lutte engagée par son père. Il soutient Eudes, comte de Blois qui est l’héritier le plus direct du roi Rodolphe III car il est le fils de sa seconde sœur Berthe. Dès 1033 ils occupent les châteaux de Joux, de Neuchâtel et de Morat (alors dans le comté de Bourgogne). L’empereur Conrad II pénètre dans le comté de Bourgogne par Bâle et le 2 février 1034, se fait couronner roi de Bourgogne-Provence à Payerne (alors dans le comté de Bourgogne et actuellement dans le canton de Vaud en Suisse) puis le 1er aout se fait de nouveau couronner dans la cathédrale Saint Pierre de Genève ou sont réunis les plus grands nobles du royaume de Bourgogne-Provence. Le comte de Bourgogne Renaud est banni comme chef des révoltés et doit se réfugier au-delà de la Saône dans le duché de Bourgogne ou l’accueille le duc de Bourgogne Robert le Vieux. Après la mort d’Eudes de Blois en 1037, lors de la bataille de Hanol entre Bar-le-Duc et Verdun, contre les troupes impériales, le roi de Bourgogne, l’empereur Conrad II décide de lever les sentences contre ses adversaires d’hier et envoie une ambassade au comte Renaud, réfugié à Dijon, qui lui annonce ses désirs de réconciliation. Renaud devient, comte palatin (Pfalzgraf titre donné dans l’administration impériale, à ceux qui sont chargés d’administrer les terres et de rendre la justice au nom de l’empereur. Ses successeurs continueront à porter ce titre.

.Guillaume (1020-1087), comte de Bourgogne de 1057 à 1087, comte de Macon

Il succède à son père Renaud qui l’a déjà associé aux décisions comtales depuis quelques années et assure l’autorité sur le Comté de Bourgogne en l’absence de tout souverain. Après la mort le 27 juillet 1066 de l’archevêque de Besançon Hugues de Salins (ou Besançon) puis celle en 1069 de son frère Guy, Guillaume devient le personnage le plus important du comté. Il reçoit son suzerain et neveu l’empereur Henri IV, le jour de Noël 1076 à Besançon. Henri IV, excommunié en début d’année par le pape Grégoire VII (1073-1085), se rend en Italie à Canossa afin de rencontrer le pape. Guillaume Ier, surnommé le Grand ou Tête Hardi, récupère en 1078, le comté de Mâcon, suite au retrait au monastère de Cluny de son cousin Gui de Mâcon. Avec son épouse Etiennette de Bourgogne, il a comme enfants :

-Octavien.

-Eudes.

-Renaud II, comte de Bourgogne.

-Guillaume. -Ermentrude à Thierry Ier, comte de Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette.

-Gui, administrateur de l'Archevêché de Besançon puis élu pape en 1119 sous le nom de Calixte II.

-Étienne Ier, comte de Bourgogne.

-Sybille (aussi appelée Mahaut), épouse Eudes Ier, duc de Bourgogne.

-Raymond de Bourgogne marié à Urraque Ire, reine de Castille et de Léon.

-Hugues.

-Gisèle, mariée à Humbert II, comte de Savoie, puis à Rénier de Montferrat.

-Clémence mariée à Robert II, comte de Flandre, puis à Godefroid Ier, duc de Brabant.

-Étiennette.

-Berthe, épouse d’Alphonse VI, roi de Castille et de Léon. .Renaud II (1061-1097) comte de Bourgogne, de Mâcon, de Vienne et d'Oltingen de 1087 à 1097 Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne, frère aîné du comte Étienne Ier de Bourgogne et frère du pape Calixte II.

.Renaud II et Etienne Ier, comtes de Bourgogne de 1087 à 1097

En 1087, les deux frères Renaud et Etienne succèdent à leur père Guillaume et se partagent le pouvoir. En 1092, la puissance de Renaud est énorme, ses terres s’étendent du Beaujolais aux rives de l’Aar, suite à son mariage Régine d'Oltingen, fille « héritière » du comte Conon d'Oltingen (région de Bâle) dont il hérite des titres et domaines par mariage et l’héritage laissé par son père. La famille s’engage massivement dans la lutte en Terre Sainte et paie un lourd tribut lors de la première croisade vers l’an 1100, puisque Renaud, Étienne et Hugues meurent là-bas. La puissance de la famille se trouve alors fortement réduite dans la Comté.

.Guillaume II (1105-1125) dit l’Allemand, comte de Bourgogne de 1097 à 1125

Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne et frère du comte Renaud II de Bourgogne devenu pape en février 1119 sous le nom de Calixte II.

Elevé par son grand-père maternel Conon, il succède à son père Renaud II. Il épouse Agnès de Zaehringen fille de l’important duc d’empire Berthold. Il consacre son temps à réconcilier l’Église et l’empereur sur l’investiture des élections épiscopales. Il convoque en octobre un concile à Reims, et grâce à l’action médiatrice de Pons, abbé de Cluny, et de sa rencontre à Mouzon avec Henri V, le concordat de Worms est conclu en septembre 1122. En 1125, l’empereur Henri V décède sans héritier direct. Les électeurs réunis à Mayence font le choix entre Frédéric de Hohenstaufen, neveu d’Henri V et duc de Souabe, et Lothaire de Supplimbourg, duc de Saxe. C’est ce dernier qui est élu, malgré les dernières volontés d’Henri V en faveur de son neveu. Lothaire est soutenu par les princes ecclésiastiques et notamment l’archevêque de Mayence. Le fils de Guillaume II, Guillaume III (1125-1127) encore enfant, disparaît en février 1127 assassiné avec des barons de sa suite dans l’enceinte de l’abbaye d’Hauterive à Payerne. Sa mort ouvre la succession sur le comté entre son oncle maternel Conrad de Zahringen et son cousin paternel Renaud de Mâcon.

.Renaud III (1127-1148), comte palatin de Bourgogne de 1125 à 1148

Fils d'Étienne de Mâcon,

Il succède à son cousin au détriment du Zaehringen. Il refuse de rendre l’hommage au roi Lothaire II, sous prétexte que ce dernier n’a pas de droits sur le comté de Bourgogne. Il invoque que ses aïeuls rendaient l’hommage aux rois de Germanie car ils étaient issus de Conrad II et de Gisèle, or Lothaire n’a pas de lien familial avec eux. Il installe sa résidence à Dôle, qui devient la capitale du comté de Bourgogne. En 1138, l’élection à l’empire de Conrad III de Hohenstaufen se fait au détriment des pouvoirs du comte. En effet Conrad a lui des liens familiaux avec les prédécesseurs de Lothaire ; par sa mère, il est le neveu d’Henri V. L’empereur confisque les Etats de Renaud III et les donne à Conrad de Zaehringen, avec le titre de recteur de Bourgogne. Renaud III soutient la guerre contre le recteur, mais il est battu par ce dernier, fait prisonnier et amené devant l’empereur. Il doit alors abandonner les terres qui deviendront suisses à l’est du Jura, mais il conserve les terres à l’ouest du massif jurassien.

.Guillaume IV, comte de Bourgogne de 1148 à 1156

À la mort de Renaud III, son frère Guillaume IV de Mâcon, de retour de Terre sainte assure la régence en attendant la majorité de sa nièce Béatrice. Il tente de prendre le titre de comte de Bourgogne, en retenant prisonnière la jeune comtesse, mais l’empereur envoie Berthold IV de Zahringen la délivrer. Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse vient dans le comté dès le 15 février 1153. Il séjourne à Besançon et à Baume les Dames montrant qu’il entend s’intéresser personnellement au royaume de Bourgogne. Il vient s’assurer de la fidélité de son vassal en rencontrant Guillaume IV de Bourgogne qui a succédé à son frère Renaud cinq auparavant en écartant sa nièce Béatrice. Guillaume meurt en 1155. En 1155, Frédéric Ier de Hohenstaufen devient empereur. Il est duc de Souabe (duché dont fait alors partie l’Alsace). Il prend aussitôt le contrôle du comté de Bourgogne en faisant prisonnier le fils de l’héritier du comte Guillaume IV de Bourgogne et en épousant le 9 juin 1156 dans la cathédrale de Wurzbourg la comtesse héritière de Bourgogne, Béatrice Ière de Bourgogne ce qui le fait comte de Bourgogne.

Maison de Hohenstaufen

.Frédéric Ier, duc de Souabe, empereur en 1155, comte de Bourgogne de 1156 à 1190

En octobre 1157, il préside une diète à Besançon et se rend dans le sud du comté notamment à Salins et à Arbois. Il revient en 1161 à Vesoul et à Besançon après que ses représentants ont rencontré ceux du roi de France Louis VII à Saint-Jean-de-Losne pour échanger sur le schisme religieux de l’époque. Frédéric soutient les antipapes Victor IV (1159-1164), Pascal III (1164-1168) et Calixte III (1168-1177), et Louis VII le pape Alexandre III (1159-1181) ; ils se mettent d’accord sur une entrevue commune des souverains pontifes; mais celle-ci n’a pas lieu. Il passe de nouveau à Besançon et à Dôle en 1166 pour aller combattre en Italie du Nord, les villes lombardes qui soutiennent le pape, et repasse dans la Comté lors de son retour en 1168. Il est encore présent en 1173, 1176 et 1178 à Besançon et dans le comté; mais c’est Dôle qui a sa prédilection, il y construit un château, et il confirme cette ville comme capitale du comté. Pendant quinze ans, Frédéric Barberousse s’épuise en vain à vouloir imposer son antipape. Il soutient les exactions de ses vassaux les comtes de Chalon sur Saône et de Mâcon contre les églises et notamment celle de Cluny, qui soutiennent le pape. Tout rentre dans l’ordre en 1177, par la paix de Venise et la fin du schisme. Après cette paix de Venise, Barberousse pénètre en Bourgogne, et le 30 juillet 1178, il se fait couronner roi de Bourgogne, par l’archevêque d’Arles. L’empereur répond favorablement à l’appel à la croisade du pape. Barberousse décide de prendre le chemin par la Hongrie et l’empire romain d’Orient, mais il meurt en route le 10 juin 1190, en se noyant lors de la traversée du fleuve Cydnos, en Cilicie.

.Othon Ier (1170-1200), comte palatin de Bourgogne et comte de Luxembourg de 1190 à 1200

Quatrième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne (Maison d'Ivrée). Il hérite du comté. D’un tempérament brutal, il entre en conflit avec l’évêque de Strasbourg Conrad II de Hunebourg, et tue de ses propres mains, le comte Amédée de Montbéliard en 1195; l’année suivante il cherche à s’emparer de force des terres de son frère Conrad, duc d'Alsace, et en 1197, c’est le comte de Ferrette Ulrich Ier, qu’il assassine. Sa rapide disparition favorise l’opposition des nobles locaux, et notamment du comte d'Auxonne Étienne III (1173-1237), fils d'Étienne II. À sa mort en 1200, Othon laisse deux filles.

.Jeanne Ière de Bourgogne (1191-1205), comtesse de Bourgogne de 1200 à 1205

Jeanne fille ainée d’Othon hérite du comté, mais elle meurt rapidement et c’est sa sœur cadette Béatrice II qui hérite du comté de Bourgogne, et le gouverne avec sa mère, Marguerite de Blois.

Maison d’Andechs

.Béatrice de Bourgogne (1193-1231), comtesse de Bourgogne de 1205 à 1231 et Othon II de Bourgogne (1180-1234), comte de Bourgogne de 1231 à 1234

Pour mettre fin aux agitations dans le comté, le roi de Germanie, Philippe de Hohenstaufen, frère d’Othon Ier, marie sa nièce Béatrice II en 1208 à Othon II (1208-1234), duc de Méranie (duché situé sur la côte dalmate), mais prince d’origine bavaroise, fils du duc d'Andechs et de Méranie Berthold IV von Diessen ; étranger au pays par son origine, sa langue et sa culture, il s’en désintéresse. Cette même année 1208, l’empereur Philippe de Hohenstaufen est assassiné par son rival l’empereur Otton IV. Ce mariage déclenche un conflit entre Othon et le comte Étienne d'Auxonne, de 1208 à 1211. Étienne souhaitait en effet que son fils Jean épouse Béatrice pour que le comté revienne dans les mains de la famille des premiers comtes de Bourgogne. Sous le règne de Béatrice, Jean de Chalon (1224-1268), fils d'Étienne de Chalon, soutient en 1224/1225 les Bisontins érigés en Commune dans le conflit qui les oppose à l’archevêque de Besançon Gérard (1220-1225). Un accord est conclu en 1225, entre Jean de Chalon et le nouvel archevêque Jean Halgrin (1225-1227), et les Bisontins font leur soumission. A partir de 1230, Jean de Chalon, surnommé le Sage ou l'Antique est comte de Chalon sur Saône et d'Auxonne, il a épousé Mahaut la fille du duc de Bourgogne Hugues III ; il est aussi l’arrière-petit-neveu maternel de l’empereur Frédéric Barberousse.

.Othon III (1208-1248), comte de Bourgogne de 1234 à 1248

Fils du précédent.

Comme lui il se désintéresse du comté. Les forces locales conduites toujours par le comte Étienne d'Auxonne, s’abandonnent aux désirs d’autonomie, plus ou moins attisés par le roi de France et le duc de Bourgogne, seul l’archevêque de Besançon continue de soutenir le parti de l’empire. En 1236, sa sœur Alix de Méranie épouse Hugues de Chalon, le fils de Jean de Chalon, qui réalise en 1237 un échange de terres avec le duc de Bourgogne Hugues IV en lui cédant ses terres de Chalon sur Saône et d'Auxonne contre la baronnie de Salins et d’autres terres comtoises (Ornans, Val de Miège, Chaussin, …) possessions qui lui apportent une richesse plus importante grâce notamment aux salines. Le château d'Arlay lui permet de tenir Lons le Saunier sous son autorité; mais sa résidence est celle de la forteresse de Nozeroy entre Pontarlier et Lons le Saunier. En 1242 le duc de Bourgogne Hugues IV obtient d’Othon III en contrepartie d’un remboursement de dettes, la garde du comté de Bourgogne. Othon III décède sans héritier. Son décès marque la fin de la lignée impériale masculine allemande directe des comtes palatins de Bourgogne de la Maison de Hohenstaufen et de la Maison d'Andechs et la restauration de la lignée des comtes palatins de Bourgogne de la maison d'Ivrée. Le comté de Bourgogne revient sous la suzeraineté du duché de Bourgogne.

.Alix/Adélaide (1209-1279) comtesse de Bourgogne de 1248 à 1279

Avant de mourir, le comte Othon III choisit parmi ses quatre sœurs Alix ou Adélaide, l’épouse d’Hugues de Chalon, pour lui succéder. En 1251, son beau-père Jean de Chalon rencontre l’empereur Guillaume d’Orange et lui demande d’ériger la seigneurie de Salins en terre d’empire. Il obtient également des droits impériaux sur Besançon et Lausanne. Jean II rachète les droits que possède Frédéric III de Hohenzollern sur le comté (ce dernier est le beau-frère d'Othon III). Jean possède alors plus de cinq cents fiefs dans le Comté de Bourgogne. En 1258, les Bisontins se révoltent de nouveau contre l’archevêque Guillaume (1245-1268), Jean et Hugues de Chalon les soutiennent, la querelle gagne tout le comté et de nombreux nobles rejoignent les révoltés. Le pape Alexandre IV (1254-1261) condamne en 1259 cette révolte et demande l’intervention du roi de France Louis IX, et du duc de Bourgogne Hugues IV. En 1264, un traité de garde est alors passé entre le duc de Bourgogne Hugues IV et les citoyens de Besançon. En 1267 le comte Hugues de Chalon meurt, suivi l’année suivante par son père Jean de Chalon. Ce dernier laisse à sa mort onze enfants issus de ses trois mariages, qui forment trois lignées rivales et qui vont se partager ses domaines. Alix se remarie en 1268, avec le comte de Savoie Philippe (1268-1285), mais aucun enfant ne naît de cette seconde union. A partir de 1273, elle se retrouve face à l'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg qui veut restaurer la vassalité du comté de Bourgogne à l’égard du Saint Empire. Le 8 mars 1279, elle meurt à Évian-les-Bains à l'âge de 70 ans.

.Othon IV (avant 1248 -1303), comte palatin de Bourgogne de 1248 à 1303

Fils d’Alix ou Adélaide et d’Hugues de Chalon, il hérite en 1279 des terres de ses parents.

En 1263, il épouse Philippa de Bar, fille du comte Thiébaut II de Bar. Les rivalités entre Otton et son oncle Jean de Chalon-Arlay alimentent une période de troubles. Otton se jette éperdument dans l’alliance française, tandis que son jeune oncle se tourne lui vers l’empereur de Rodolphe Ier de Habsbourg. Le conflit s’accentue par l’alliance entre le comte de Bourgogne et les Bisontins qui se sont érigés en Commune en 1277. Vers 1280, Otton IV s’abandonne davantage au clan français. Il renonce au blason à l'aigle et en adopte un autre pour marquer son rapprochement avec la France. Mais l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg profite du conflit entre l’évêque de Bâle et le comte de Montbéliard Renaud de Bourgogne, frère d’Otton IV, pour ramener à la soumission le comte de Bourgogne. L’armée de Rodolphe forte de vingt-milles hommes se met en marche en 1289, et après la prise de Montbéliard, se présente devant Besançon, où se sont réfugiés Otton et Renaud. Rodolphe ne peut s’emparer de la cité mais fait dévaster les abords tandis que Jean Ier de Chalon-Arlay, son allié, bloque les murs. Otton IV se soumet à l’empereur, et conseille à la Commune de traiter avec l’empereur qui reconnaît aux Bisontins leur commune autonome. La ville de Besançon obtient son indépendance communale et se gouverne librement, tout en étant soumis comme tout le comté de Bourgogne à l’autorité de l’empereur. Devenu veuf, Othon IV se remarie en 1291 avec la comtesse Mahaut d'Artois fille du comte d'Artois Robert II, petite-nièce du roi Louis IX avec laquelle il a trois enfants :

-Jeanne II de Bourgogne.

-Blanche de Bourgogne.

-Robert de Bourgogne.

Désargenté, Othon IV signe un traité secret à Vincennes par lequel il vend son comté au roi de France Philippe IV en échange du mariage de ses deux filles avec les fils de Philippe. En 1293, Jean de Chalon-Arlay acquiert par personne interposée, la mairie de Besançon. L’année suivante grâce au soutien de l’empereur, il obtient la vicomté de la ville. L’empereur le nomme ambassadeur impérial auprès du Saint-Siège. En 1295, Jeanne de Bourgogne épouse Philippe et sa sœur Blanche épouse Charles. La première devait selon les termes du contrat conserver le titre de comtesse de Bourgogne et la seconde est dédommagée avec une dot en argent. La plupart des nobles comtois refusent de rendre hommage au roi de France et se regroupent autour de Jean de Chalon-Arlay. Ce dernier prend la tête de la ligue des coalisés pour s’opposer à la prise de possession par le roi de France. Ils sont financés par les Anglais et l’empereur. Après six ans de conflit, en 1301, les nobles comtois se soumettent à leur nouveau maître, Philippe le Bel. Jean de Chalon-Arlay reçoit en 1302 une pension royale. C'est leur fille Jeanne II de Bourgogne (comtesse héritière des comtés d'Artois et de Bourgogne) qui, en devenant reine de France par mariage avec le roi Philippe V de France, amène les comtés de Bourgogne et d'Artois dans les possessions royales. Le comte Othon IV meurt au service de Philippe le Bel le 17 ou le 26 mars 1303. En 1306, Philippe le Bel attribue le titre de «gouverneur du comté au nom du roi France» à Jean de Chalon-Arlay.

.Robert de Bourgogne (1300-1315), comte titulaire de Bourgogne de 1303 à 1315

En 1307, le mariage entre Jeanne Ier de Bourgogne (1307-1330) et Philippe de France, le futur Philippe V le Long, ne change pas la situation, Philippe le Bel gouverne la province. Les Bisontins se soulèvent contre le nouveau gouverneur, mais ce dernier mate la rébellion en infligeant une sévère défaite aux troupes communales dans la combe de Gisey, près d'Arguel en août 1307. En 1308, un traité de gardiennage est signé entre Jean de Chalon-Arlay et les Bisontins, à Montfaucon, valable soixante ans. Ainsi après vingt ans d’effort, il est enfin le maître de la ville, puisqu’il possède la mairie, la vicomté et qu’il en est le gardien. Les descendants de Jean de Chalon-Arlay seront à la tête de tous les mouvements de rébellion dans l’histoire du comté de Bourgogne. Ce n’est qu’à la mort en 1314 de Philippe le Bel que Jeanne II et Philippe V le long se mettent en possession du comté. Philippe devenu roi de France en 1316, confie le comté à son épouse Jeanne.

.Jeanne II (vers 1291-1330), comtesse de Bourgogne de 1315 à 1330, reine de France de 1316 à 1322, comtesse d'Artois de 1329 à 1330,

Fille d'Othon IV et de Mathilde d'Artois, dite Mahaut d'Artois, comtesse d'Artois.

Maison capétienne de Bourgogne

.Jeanne III (1308-1347), comtesse de Bourgogne de 1330 à 1347

Fille aînée du roi Philippe V et de Jeanne II de Bourgogne ; elle épouse en 1318 le duc Eudes IV de Bourgogne.

Ce mariage permet à leurs descendants de refaire l’unité de la Bourgogne bien que le duché continue de relever du royaume de France et le comté de l’empire romain germanique. Eudes fonde le Parlement de Dôle le 09 février 1332. Le gouvernement dur d'Eudes, sa volonté de dominer le comté en imposant un bailli, en blessant dans leur orgueil les nobles, dressent ces derniers contre le duc-comte. A l’investigation de Jean II de Chalon-Arlay (1322-1362) à trois reprises (1335-1337, 1342-1343 et 1346-1348) des soulèvements seigneuriaux rompent la paix relative qui existe depuis le début du siècle. En avril 1336, Jean II de Chalon-Arlay, fort du soutien d’Henri de Montbéliard, de Thiébaud de Neufchâtel et des Bisontins, déclare la guerre. Ses troupes brûlent Salins et Pontarlier. Eudes IV rassemble les siennes et marche sur les ligueurs; la rencontre a lieu entre Besançon et Avanne, où mille bisontins périssent. La médiation de l’archevêque de Besançon, Hugues de Vienne arrête le conflit. Il reprend à l’hiver 1337, mais la médiation du roi de France met un terme au combat. Les chefs des révoltés sont emprisonnés. Jean II est emmené en prison à Montréal en Auxois, il y reste un an. En 1337, c’est le début de la guerre de Cent Ans entre les Anglais et les Français. Eudes rejoint le roi Philippe VI, qui le charge de défendre les environs de Saint-Omer ; il y bat les Anglais. Le fils d’Eudes IV et de Jeanne II, Philippe épouse en 1338 la comtesse de Boulogne et d'Auvergne Jeanne Ière, l’Etat bourguignon s’amorce. La guerre civile reprend en 1342, car Jean II, humilié par son emprisonnement, refuse de détruire sa forteresse de Salins, et Eudes IV n’oubliant pas l’incendie de Salins, les braises du conflit de 1336 ne sont pas éteintes. Les hommes du duc-comte s’emparent du château de Châtelguyon, appartenant au sire d'Arlay. Ce dernier se réfugie dans le Haut-Doubs pour poursuivre la lutte. Eudes s’en prend à Thiébaud de Neufchâtel, qui vaincu, implore la paix. Par sa mère, Jean II de Chalon-Arlay, descend des Dauphins de Viennois. Il décide en 1344 de passer un accord avec son cousin Humbert II, en lui remettant les terres qu’il possède dans le Dauphiné. En 1346, la défaite des Français à Crécy en août, prive Eudes du soutien du roi. Puis le malheur frappe la famille ducale, Philippe est tué au siège d'Aiguillon, en septembre, où il combat dans l’armée française. Jean II en profite pour former une nouvelle ligue. Il demande l’appui financier des Anglais et l’obtient en octobre. Les escarmouches sont nombreuses, mais aucune bataille n’est décisive. Eudes s’absente de la Comté pour aller prêter main forte au roi au siège de Calais. La guerre épuise matériellement les belligérants et sur l’arbitrage du roi un traité de paix est signé à l’automne 1347. Eudes doit restituer ses dernières conquêtes ; Jean de Chalon rebâtit Châtelguyon ; il ressort comme vainqueur de ce conflit. La mort d’Eudes en 1349 amène son petit-fils Philippe de Rouvres (1349-1361) enfant maladif à la succession de cet immense territoire. Cette même année, Humbert II ruiné, vend le Dauphiné au roi de France. Jean de Chalon-Arlay se sent lésé et se considère l’héritier de cette principauté. Toutefois il donne son accord et signe cette transaction en renonçant à ses droits. .Philippe de Rouvres (1349-1361), duc et comte de Bourgogne de 1349 à 1361 C’est sa mère Jeanne de Boulogne qui exerce la régence. En 1350, Jeanne de Boulogne se remarie avec Jean, fils du roi de France Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne, la sœur d’Eudes IV. Jean prend le titre de régent de Bourgogne. La même année, Jean devient Jean II roi de France, et gouverne le duché et le comté de Bourgogne. Jean II prévoit que Philippe de Rouvres mourra jeune et envisage de mettre la main sur ses domaines. Mais en 1356, à Poitiers, le roi Jean II est fait prisonnier et emmené en Angleterre. Jeanne de Boulogne assure la régence du royaume. En 1357, le mariage de Philippe de Rouvres avec sa cousine Marguerite de Flandre, fille du comte de Flandre, de Nevers et de Rethel, Louis II de Mâle (1346-1382) est conclu. Philippe meurt en 1361. Avec lui s’éteint la dynastie des ducs de Bourgogne issus d’Hugues Capet. Sa disparition amène une séparation temporaire du duché et du comté.

Maison de Valois-Bourgogne

.Marguerite Ière (1309- 1382), comtesse de Bourgogne et comtesse d'Artois de 1361 à 1382.

Fille cadette du roi Philippe V le Long et de la comtesse Jeanne II de Bourgogne et d'Artois. En 1320, elle épouse le comte Louis Ier de Flandre. Marguerite hérite en 1361 du mari de sa petite fille, le duc Philippe Ier de Bourgogne, les titres des comtés de Bourgogne et d'Artois.

Le roi de France Jean II le Bon déclare que le duché lui revient à titre héréditaire et fait son entrée dans la capitale du duché le 23 décembre 1361. Dans le comté (Franche-Comté), Marguerite se heurte à un prétendant au titre de comte palatin, il s’agit de Jean II de Chalon-Arlay, sire de Montaigu, arrière-petit-fils du comte Hugues de Chalon. Il s’empare d'Apremont, de Gray et de Jussey, mais il est battu et doit renoncer à ses prétentions. Jean II de Chalon-Arlay meurt en 1362. Marguerite hérite d’une province qui vient d’être frappée par la peste ; à ces difficultés s’ajoute la convoitise du roi Jean II. En 1363, avant de retourner prisonnier en Angleterre, il concède en apanage le duché de Bourgogne à son quatrième fils, Philippe, le duc de Bourgogne Philippe II surnommé le Hardi depuis la bataille de Poitiers, avec le titre de premier pair du royaume. Philippe lorgne sur le comté; il a l’appui de quelques nobles comtois, Henri et Jean de Vienne et Jean et Louis de Chalon-Auxerre. Il enrôle « les Routiers », qui avaient été licenciés après le traité de Brétigny en 1360, regroupés en grandes compagnies qui sévissent dans son duché et les envoie ravager le comté. La comtesse fait appel aux nobles comtois qui sous la direction de Henri de Montfaucon, comte de Montbéliard, se liguent contre les Routiers. Hugues et Louis de Chalon-Arlay, Etienne et Jean de Montfaucon, Philippe de Vienne et Thiébaud VII de Neufchâtel apportent leur soutien au comte de Montbéliard. De fin décembre 1363 à février 1364, les combats sont nombreux à la limite des deux provinces. Le 6 novembre 1364, le duc de Bourgogne Philippe II fait son entrée solennelle à Dijon, accompagné du duc d'Anjou son frère, de l’évêque d'Autun, et de toute la noblesse du duché de Bourgogne. Cette même année 1364, Hugues II de Chalon-Arlay (1362-1388) obtient de l’empereur Charles IV, le titre de vicaire impérial pour le royaume de Bourgogne et les droits que l’empire possède sur Besançon. La puissance de la famille des Chalon est au maximum. Début mars 1364, le duc quitte le Comté et emmène une grande partie des Routiers combattent le roi de Navarre qui s’est révolté contre le roi Charles V, frère de Philippe. Marguerite tente une médiation avec le roi, mais insatisfaite des termes du contrat, elle reprend le combat. Henri de Montbéliard convoque à Arbois le 09 juin, une assemblée des nobles qui décide de reprendre la lutte. L’invasion du duché se prépare, mais de l’autre côté de la Saône, le seigneur de Sombernon, gouverneur de la Bourgogne, rassemble des hommes, bientôt rejoint par les troupes venant de Champagne sur l’ordre du roi. Les armées ducales sont plus nombreuses, Henri évite la bataille. Pendant ce temps, les négociations continuent à la cour de France, et le 25 juillet le traité de paix est signé. Il est accepté par les barons comtois au mois d’août et septembre. La guerre est terminée, Marguerite triomphe. En 1366, le mot de «Franche-Comté» apparaît pour la première fois pour nommer le comté de Bourgogne. Cette année 1366, l’amiral Jean de Vienne bat près de Chambornay les Routiers qui ravagent la Franche-Comté et la Bourgogne. Tristan de Chalon-Auxerre, sire de Châtelbelin et de Rochefort, combat les Routiers qui se sont basés près de Chalon-sur-Saône. La victoire n’est pas décisive, il faut de l’argent pour les obliger à quitter la province ; c’est le connétable Bertrand du Guesclin qui négocie à Chagny la somme de 200 000 livres avec les mercenaires en les envoyant combattre en Espagne.

.Louis de Flandre dit Louis de Mâle, (1330-1384), comte palatin de Bourgogne de 1382 à 1384, comte de Flandre, de Nevers et de Rethel de 1346 à 1384, duc de Brabant (1356), comte d'Artois de 1382 à 1384

Fils du comte Louis Ier et de la comtesse de Bourgogne et d'Artois Marguerite Ière. .

.Marguerite III de Flandre (1350-1405), Comtesse palatine de Bourgogne de 1384 à 1405, duchesse de Bourgogne de 1357 à 1361

Petite-fille de Marguerite Ier, appelée aussi Marguerite de Dampierre, héritière des comtés de Flandre, Nevers, Rethel, Brabant, Limbourg.

En 1357, à l'âge de sept ans, elle épouse en premières noces Philippe de Rouvres (1346-1361). Veuve en 1361, à l'âge de onze ans, Marguerite devient duchesse douairière de Bourgogne (1361-1369). En juin 1369, à 19 ans, elle épouse en secondes noces Philippe II de Bourgogne. .Philippe IV (1342-1404), comte palatin de Bourgogne de 1383 à 1404, duc de Bourgogne (Philippe III le Hardi) de 1364 à 1404, comte d’Artois de 1383 à 1404 A la mort en 1384 de son père Louis II de Flandre, Marguerite de Dampierre hérite des deux titres de comtesse de Bourgogne et d'Artois. Son époux devient ainsi par son mariage : comte de Bourgogne (1384-1404) et comte d'Artois (1384-1404) et donc vassal pour son comté de Bourgogne de l’empereur Charles IV de Luxembourg. Avec ses cinq comtés et le duché de Bourgogne, Philippe le Hardi devient le prince le plus puissant de la chrétienté. Philippe rétablit l’atelier monétaire d'Auxonne, en terre d’empire, et frappe sa propre monnaie pour montrer son signe d’indépendance vis à vis du royaume de France. Philippe est tuteur du roi mineur Charles VI et régent de France ; il souhaite une alliance avec le duché de Bavière et lui fait épouser le 17 juillet 1385, Isabeau de Bavière, fille d’Etienne III, duc de Bavière et de Thadée Visconti, fille du duc de Milan. Cette même année 1385, Philippe marie à Cambrai son fils Jean de Nevers à Marguerite de Bavière; et sa fille Marguerite de Bourgogne à Guillaume de Bavière, les deux enfants d’Albert de Bavière. Philippe s’offre ainsi des perspectives d’expansion avec le mariage de ses deux enfants avec ceux de la famille des Wittelsbach de Bavière. En 1386, une Chambre du conseil et des comptes est instaurée et réside à Lille. Philippe fixe le siège du Parlement comtois à Dôle, qui avec sa Chambre de justice, juge en appel, consacre le pouvoir de la bourgeoisie toute dévouée au duc comte. Le duc met également en place une Chambre du conseil et des comptes à Dijon pour la Bourgogne. En 1390, Philippe le Hardi achète le comté de Charolais pour 60 000 écus d’or à Bernard VII d'Armagnac, avec l’argent de la dot de sa bru Marguerite de Bavière, l’expansion bourguignonne continue. C’est le retour, dans la Maison de Bourgogne, de ces terres qui faisaient parties du comté de Chalon-sur-Saône depuis le Xème siècle, mais avaient été intégrées dans le duché au XIIIème siècle. En 1392, Philippe continue sa politique d’alliance matrimoniale, en mariant sa fille Catherine avec le futur duc d’Autriche, Léopold IV de Habsbourg. En 1398, l’empereur Wenceslas de Luxembourg accorde des privilèges aux Bisontins. L’indépendance de la Commune de Besançon n’a jamais été aussi grande. En 1401, Philippe le Hardi marie sa fille Marie de Bourgogne avec le comte de Savoie Amédée VIII. L’année suivante, Philippe est en Flandre pour marier son fils Antoine, avec Jeanne de Luxembourg, la fille et héritière du comte de Ligny et de Saint-Pol, Waleran de Luxembourg. Le duc et la duchesse accordent le comté de Rethel à Antoine. En 1404, le duc de Bourgogne se rend en Flandre pour faire reconnaître son fils Antoine, comme l’héritier par sa mère, des duchés de Brabant et de Limbourg, au décès de la duchesse Jeanne de Brabant, tante de sa mère. À Bruxelles, il attrape la peste, qui l’emporte en quelques jours. Marguerite décède en 1405, une année après son époux.

.Jean Ier dit Jean sans peur (1371-1419), comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’Artois et de Flandre de 1405 à 1419,

Fils de Philippe II le Hardi ; il épouse Marguerite de Bavière, fille du duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande, seigneur de Frise ce qui resserre considérablement ses liens avec l’empire. Jean sans Peur prête hommage au roi Charles VI le 23 mai 1404 pour son duché de Bourgogne et fait son entrée à Dijon le 17 juin 1404. Le 21 mars 1405, c'est sa mère qui meurt et, après l'hommage rendu le 26 août 1405, il prend possession des comtés de Flandre, d'Artois et de Bourgogne. Jean se présente à Paris le 19 août, avec huit cents chevaliers ; le duc d'Orléans s’enfuit avec la reine et le dauphin. Jean rattrape le dauphin et le ramène à Paris. Le duc d’Orléans réunit ses hommes et marche sur Paris, la guerre civile est imminente. Le 26 aout il rend hommage au roi pour son duché de Bourgogne ; Jean sans peur s’allie aux Parisiens, mais sous la médiation de leur oncle, le duc de Berry, les deux princes se réconcilient. Pendant ce temps, les Anglais poursuivent l’occupation de la France, ils sont en Guyenne, en Artois et en Picardie. La folie du roi Charles VI entraîne la création d'un conseil de régence présidé par la reine Isabeau de Bavière et où s'opposent de façon irréductible le frère de Charles VI : Louis d'Orléans et Jean sans Peur. En Franche-Comté, la Commune de Besançon souhaite devenir la capitale du comté et offre au duc la régalie de la ville. Jean accepte cette proposition en octobre 1407. Le 23 novembre 1407, il fait assassiner son cousin Louis pour, selon ses dires « soulager la France de ce tyran », ce qui lui vaut d’être exclu du Conseil de Régence et l’oblige à se réfugier dans ses terres de Flandre, où il fait rédiger un texte justifiant son acte. En février 1408, l’empereur Wenceslas ratifie la décision de faire de Besançon la capitale du comté de Bourgogne. Jean vient justifier devant le roi Charles VI l’assassinat de Louis d’Orléans, et en mars 1408, par décision royale son crime est absout. Le 23 septembre 1408, Jean sans Peur écrase les Liégeois à la bataille d'Othée, obtient l'alliance des duchés de Luxembourg et de Lorraine. En novembre 1408, il fait une entrée triomphante dans Paris après sa victoire sur les bourgeois liégeois qui se sont soulevés contre son beau-frère l’évêque de Liège Jean de Bavière. La reine et les princes s’enfuient de la ville avec le roi. Tout rentre dans l’ordre lors du traité de Chartres en 1409, où le roi de France et les enfants de Louis d'Orléans accordent le pardon au duc de Bourgogne, et celui-ci obtient le pouvoir total du gouvernement, mais le conflit entre la famille de Bourgogne et celle d'Orléans reste latent. Jean sans Peur a comme allié le duc Charles II de Lorraine qui est son représentant au Concile de Constance en 1414 ou celui-ci accompagne l’empereur Sigismond de Luxembourg. Allié à la reine Isabeau de Bavière, il s'empare de l'autorité royale et reçoit en novembre 1411 la mission de chasser les Armagnacs, mais la Paix d'Arras du 4 septembre 1414 l'écarte du gouvernement. En 1416, profitant de la mort du duc Jean Ier de Berry, Jean sans peur s’empare du comté de Boulogne au détriment de la veuve, Jeanne d’Auvergne. Le 29 avril 1417, à Constance, il fait alliance avec l’empereur Sigismond de Luxembourg. Mais l’archevêque de Besançon, Thiébaud de Rougemont ne se laisse pas déposséder de son droit. Il en appelle au pape et jette l’interdit sur la ville. Jean ne désire pas se heurter avec l’autorité ecclésiastique et en mai 1409 il revient en partie sur sa promesse en transférant à Besançon uniquement la chambre des comptes et du conseil, mais pas le Parlement et la chancellerie qui demeurent à Dôle. En avril 1410, le fils de Louis d'Orléans, Charles, épouse Bonne, la fille du comte d'Armagnac Bernard VII, et la lutte s’engage entre Bourguignons et Armagnacs. Le parti Armagnac composé des ducs d'Orléans, de Berry, de Bourbon, de Bretagne et des comtes d'Armagnac, de Clermont et d'Alençon, prend les armes dans l’été, mais une nouvelle fois, un accord est trouvé et signé. En janvier 1411, Jean sans Peur s’empare du comté de Tonnerre, possession de Louis de Chalon, qui s’est rallié aux Armagnacs. La guerre civile éclate dans l’été. Jean fait appel aux Lorrains, aux Brabançons, aux Allemands et aux Parisiens, et notamment à la corporation des Bouchers. Un accord entre le duc et l’archevêque conduit ce dernier à lever l’interdit sur la ville en 1412. Jean sans Peur s’empare de Paris, mais la ville est reprise en 1413 par le comte d’Armagnac. Au printemps 1414, le roi et les Armagnacs, forts d’une armée de deux cent-mille hommes, se mettent en route, et se lancent contre Jean, ce dernier s’enferme dans Arras, secondé notamment par Jean de la Trémoille et Jean de Neufchâtel. Ils soutiennent le siège. Après plus d’un mois de siège, et grâce la médiation du duc de Brabant et du dauphin, un traité est signé, qui interdit à Jean de revenir auprès du roi ou du dauphin sans leur accord express. En 1415, Henri V roi d'Angleterre réclame la couronne de France, la guerre s’accentue entre les deux pays. Henri V débarque avec vingt-six mille hommes. C’est la bataille d'Azincourt et la défaite des français. En 1416, le dauphin meurt, il est remplacé par son jeune frère Charles. Les Armagnacs considèrent la reine Isabeau de Bavière comme suspecte à leur cause et l'écartent du pouvoir. En 1417, Jean sans Peur libère la reine Isabelle de sa résidence de Tours et l’installe à Troyes. Pendant ce temps, un complot à Paris contre le connétable réussit avec le concours des partisans du duc de Bourgogne. Les massacres d'Armagnacs sont nombreux, presque trois mille personnes. Une épidémie survient et provoque la mort de cinquante mille personnes, dont le prince d'Orange Jean III de Chalon-Arlay, qui a accompagné en fidèle vassal le duc de Bourgogne. Jean et Isabelle font leur entrée dans Paris et rétablissent le calme. Guillaume IV de Wittelsbach héritier depuis 1404 de son père Albert Ier, duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande est l’époux de Marguerite, la sœur de Jean sans Peur. Il intervient au côté des Bourguignons dans la guerre entre Armagnacs et Bourgignons. A son, en 1417, sa fille unique Jacqueline hérite à son tour des comtés flamands. Pendant ce temps le roi d’Angleterre Henri V poursuit son avancée en France et en 1419, annexe la Normandie; il s’avance sur Paris. La Cour de France sous la conduite du duc part pour Troyes. Des rapprochements ont lieu entre le dauphin Charles, le futur Charles VII, et Jean sans Peur, pour lutter contre les Anglais; mais l’assassinat du duc lors de sa rencontre avec le dauphin, en septembre 1419, sur le pont à Montereau sur Yonne fait échouer l’alliance franco-bourguignonne. Ce crime est la vengeance de la mort du duc d'Orléans intervenue douze ans plus tôt.

.Philippe V de Bourgogne, comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne (Philippe III le Bon), comte d'Artois de 1419 à 1467

Fils unique de Jean sans Peur.

Il succède à son père, et se rapproche d’Henri V d'Angleterre, tandis que le dauphin se retire au-delà de la Loire. Par le traité de Troyes en 1420, Henri V se fait reconnaître l’héritier de Charles VI. Il fait son entrée dans Paris accompagné de Philippe le Bon et de Charles VI. Cette même année, les Armagnacs venus du Lyonnais reprennent le Mâconnais. Le 14 juin 1421, Louis de Chalon-Arlay (1418-1463), prince d'Orange, obtient de l’empereur le titre de vicaire impérial pour tout l’ancien royaume de Bourgogne. En 1422, le roi d’Angleterre Henri V meurt à Vincennes ; son fils Henri n’a que huit mois et c’est l’oncle de ce dernier, le duc de Bedford Jean, qui assure la tutelle en France. Charles VI meurt. Le duc de Bedford proclame son neveu Henri VI : roi de France et d’Angleterre. Le dauphin Charles est lui aussi proclamé roi de France par ses partisans à Poitiers, sous le nom de Charles VII. La guerre est terrible entre les anglo-bourguignons et les fidèles de Charles VII. Les défaites en 1423/1424 de Cravant et Verneuil laissent Charles VII et ses armées au-delà de la Loire. Entre 1421 et 1428, le duc de Bourgogne Philippe le Bon est occupé à lutter contre sa cousine germaine, la comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de Frise, Jacqueline de Bavière. Cette femme cruelle qui a épousé contre son gré son cousin, le duc de Brabant Jean, a fait assassiner les fidèles amis de son mari; en représailles celui-ci bannit les dames d’honneur de son épouse. Elle se réfugie en Angleterre, obtient le divorce et épouse le duc de Gloucester Humphrey, frère du duc de Bedford. Le pape casse ce mariage. Elle retourne dans ses terres, mais elle est faite prisonnière et remise aux mains du duc de Bourgogne. Elle est obligée de reconnaître son cousin Philippe comme l’héritier de ses quatre comtés. En 1429, Philippe rachète pour 132 000 écus le comté de Namur à son dernier seigneur. 1429 est l’année d’arrivée de Jeanne d'Arc sur la scène de l’Histoire de France. En mai 1429, le duc Philippe III de Bourgogne se décide à mener une guerre totale contre le Dauphin. Il laisse son vassal, le prince d'Orange, Louis de Chalon-Arlay se lancer à la conquête du Dauphiné. Louis est intéressé à titre personnel, car il souhaite réunir ses terres de sa principauté avec ses domaines dans le comté de Bourgogne. Le 11 juin, les troupes de Louis se heurtent aux troupes dauphinoises à Anthon mais celle-ci mettent en pièce leur agresseur. La conquête du Dauphiné est abandonnée. Le 17 juillet 1429, Charles VII est couronné dans la cathédrale de Reims, après que l’armée de Jeanne d’Arc eue traversé les villes de Gien, d'Auxerre, de Saint-Florentin et de Troyes sur son passage. Les Bourguignons sont plus chanceux dans le conflit qui les oppose aux Lorrains. Philippe se mêle de la guerre de succession sur le duché de Lorraine en choisissant le parti d’Antoine de Vaudémont contre celui de René d’Anjou. À la mort de ses deux cousins Jean en 1427 et Philippe en 1430, les deux fils de son oncle Antoine, Philippe le Bon hérite des duchés de Brabant et de Limbourg. Le 2 juillet 1431, les troupes bourguignonnes conduites par le maréchal Jean de Vergy battent celles du duc de Lorraine René d’Anjou et capturent celui-ci ainsi que de nombreux chevaliers. René est emmené en captivité à Dijon puis à Salins et reste six ans dans les geôles bourguignonnes avant de retrouver la liberté en contrepartie de la livraison de quatre châteaux à Philippe le Bon. En représailles de cette captivité, les troupes du duc Louis III d'Anjou, frère du duc René, envahissent la principauté d'Orange et y restent jusqu’à la libération du captif. À partir de 1431, Philippe le Bon commence de s’éloigner de plus en plus des Anglais. La même année, Jeanne d'Arc est condamnée à mort et brûlée vive. En 1432, un complot contre le duc de Bourgogne est découvert, parmi les conspirateurs Jean de la Trémoille, grand chambellan. Les traitres se réfugient à la cour de France, commanditaire de ces agissements. Cette même année 1432, les Armagnacs s’emparent de nouveau de la forteresse de Solutré qui garde Mâcon. Une bande favorable à Charles VII s’empare d'Avallon en décembre. En 1433, le duc de Bedford épouse la fille du Comte de Saint-Pol, vassal de Philippe, sans lui demander son aval, ce qui provoque une distension encore plus grande entre Bourguignons et Anglais. Philippe vient libérer en octobre Avallon. Cette même année 1433, Philippe parvient à faire abdiquer sa cousine Jacqueline en sa faveur et récupère les comtés flamands. En 1434, le duc de Bourbon, allié du roi de France, envahit la Bourgogne, Philippe se met en route avec son armée et attaque à son tour les états du duc de Bourbon. La médiation du duc de Savoie arrête le conflit. Dans l’acte signé par les deux parties, Philippe obtient la destruction totale de la forteresse de la Roche de Solutré. En 1435, au congrès d'Arras, Philippe le Bon fait la paix avec le roi de France Charles VII, il obtient les comtés de Mâcon, d'Auxerre et les villes de la Somme, mais également l’exemption de toute vassalité sa vie durant avec dispense de lui prêter hommage pour le duché de Bourgogne se rendant donc totalement indépendant du roi de France. Philippe III se fait alors appeler grand-duc d’Occident. En octobre 1442, Philippe le Bon rencontre l’empereur Frédéric III de Habsbourg à Besançon. Le duc, l’archevêque et la Commune en profitent pour faire confirmer leurs droits respectifs mais sans aucun changement sur leurs désaccords. En 1443, la duchesse de Luxembourg Élisabeth de Gorlitz, la tante de Philippe, puisqu’elle est la veuve d’Antoine de Brabant, vient trouver son neveu, car les troupes du duc de Saxe envahissent son duché. Philippe accepte d’aider la duchesse et se fait remettre par un accord le duché, et en deux mois ses troupes récupèrent les terres luxembourgeoises. En 1444, le reste des « Écorcheurs » revenant de Suisse où ils avaient été emmenés par le dauphin Louis, à la demande de l’empereur Frédéric III, ravage Lure, Luxeuil, Faucogney, Faverney et la campagne dijonnaise. Le 28 octobre 1444 est signé à Einsisheim entre les huit cantons, la ville de Bâle et le Dauphin un traité qui stipule qu'il aura " Bonne et perpétuelle amitié entre la France et la Confédération suisse". Cette signature intervient après le drame de Saint Jacques sur la Birse. C'est le courage des suisses et leur supériorité en nombre qui forcent l'admiration du Dauphin et du Roi de France et les pousse à leur offrir malgré leur défaite la paix. Ils combattent dans une guerre territoriale contre le roi de France allié à l'empereur. L’année suivante les nobles comtois lèvent une armée qui sous le commandement du maréchal de Bourgogne, Thiébaud de Neufchâtel, extermine une moitié des écorcheurs à Altkirch. Mais ces bandits soutenus secrètement par le roi de France continuent leurs terribles méfaits. Une seconde armée et l’argent mettent fin à leur existence. En 1456, le dauphin Louis le futur Louis XI, fâché avec son père, se réfugie chez le duc de Bourgogne qui l’installe dans le Brabant. Il reste là-bas jusqu’à la mort de son père. C’est Philippe qui couronne Louis XI à Reims en août 1461 qui succède à son père Charles VII. La reconnaissance est un sentiment inconnu à Louis et il cherche à affaiblir le duc de Bourgogne. Il commence par brouiller le fils Charles le futur Téméraire, comte de Charolais, avec son père; Charles qui a été pendant cinq ans son ami et son compagnon de jeu ; et dans le même temps il parvient à détacher les Suisses du service bourguignon. En 1463, Louis XI rachète à Philippe pour 400 000 écus les villes de la Somme (Amiens, Abbeville et Saint-Quentin). Charles se sent spolié et fait des reproches à son père. En 1465, Charles, comte de Charolais, annonce qu’il prend la tête de la ligue des princes français (les ducs de Berry, de Bourbon, de Bretagne, de Calabre, de Nemours et les comtes d'Armagnac, de Dunois, de Saint-Pol) contre le roi de France.

.Charles le Téméraire (1433-1477), comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’ Artois de 1467 à 1477,

Fils du précèdent.

Engagé dans les guerres dites de Bourgogne engagées en 1475 contre les Suisses, le duc de Lorraine manipulés par le roi de France Louis XI, il meurt à Nancy en 1477.

.Marie de Bourgogne (1457-1482), comtesse palatine de Bourgogne de 1477 à 1482

Fille unique de Charles le Téméraire.

Elle épouse Maximilien de Habsbourg. Marie meurt en 1482.

Maison de Habsbourg-Bourgogne

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), comte palatin de Bourgogne et duc de Bourgogne de 1477 à 1482 avec son épouse, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut archiduc d’Autriche de 1493 à 1519, empereur de 1493 à 1519

.Philippe VI (1478-1506) dit Philippe le Beau, comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne (Philippe IV), comte d’Artois, de Flandre et de Hainaut de 1482 à 1506, duc de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, comte de Hollande, de Zélande, de Zutphen, roi de Castille et de Léon en 1506

Fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne. Frère de Marguerite.

Au cours des années 1479-1480, le roi Louis XI fait dévaster le comté par ses armées. Le 23 décembre 1482, Maximilien de Habsbourg doit signer le Traité d’Arras par lequel il doit marier Marguerite au roi Louis XI et lui apporter en dot le comté d’Artois et le comté de Bourgogne. Le mariage est célébré à Amboise le 23 juin 1483 mais deux mois plus tard, Louis XI meurt et Marguerite devient reine de France. Elle reste à Amboise pendant huit ans sous la tutelle d’Anne de Beaujeu ; mais le roi Charles VIII décide en définitive de la répudier pour épouser le 6 décembre 1491 la duchesse Anne de Bretagne. Par le traité de Senlis du 23 mai 1493, l’Artois et le comté de Bourgogne sont restitués à Maximilien ainsi que sa fille qu’il marie cette fois le 3 avril 1497 à Burgos à Don Juan, prince de Castille lequel meurt six mois après. L’empereur Frédéric III meurt le 19 aout 1493, son fils Maximilien devient empereur et nomme son fils Philippe le Beau comte de Bourgogne. Philippe le Beau épouse Jeanne la Folle, fille du roi de Castille, le 22 octobre 1496. De cette union nait le 24 février 1500, Charles le futur empereur Charles Quint.Son père Maximilien fait alors épouser en troisièmes noces à sa sœur Marguerite (1480-1530) le duc de Savoie Philibert ; le mariage par procuration a lieu à Salins ou son mari est représenté par René le bâtard de Savoie et c’est au prieuré de Romainmotier qu’il est célébré cette fois en présence de son mari le 2 décembre 1501. Malheureusement moins de trois ans plus tard le 10 septembre 1504, Philibert décède au château de Pont d’Ain et en son souvenir Marguerite fait édifier l’église et le monastère de Brou, alors en terre savoyarde et donc d’empire. Marguerite est donc duchesse de Savoie et gouvernante du cercle de Bourgogne. Maximilien décide de lui confier le 29 octobre 1506 la régence des Pays-Bas pendant la minorité de Charles, son neveu, le futur Charles Quint devenu comte de Bourgogne cette même année. C’est donc elle qui règne sur le comté de Bourgogne. Elle le fait depuis Bruxelles ou se trouve les grands conseils ( conseils d’état, conseil privé, conseil des finances ) mais c’est à Malines que se trouve la Cour Suprême de Justice, et à Lille la Cour des Comptes transférée de Dôle) ; seul réside dans le comté le lieutenant-gouverneur (militaire) dont la charge est assurée par Jean de Chalon ( 1477-1502) puis par Philibert de Chalon ( 1502-1530). En 1511 l’empereur Maximilien conclut un traité avec la confédération suisse (indépendante de fait depuis 1499 mais qui de droit fait toujours partie de l’empire) dirigé contre le roi Louix XI. A la diète de Cologne en 1512, Maximilien obtient la division de l’empire administrativement en dix cercles dont celui de Bourgogne qui comprend les Pays Bas (actuels Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) et le comté de Bourgogne. En 1513, l’armée impériale et les suisses des 12 cantons Zurich, Berne, Lucerne, Fribourg, Schwitz, Unterwald, Uri, Zoug, Schaffhouse, Soleure, Appenzell et Bâle qui comptent 50 000 hommes traversent le comté en passant par Besançon pour aller envahir le duché de Bourgogne et assiéger Dijon. Avec à leur tête une nombreuse cavalerie d’allemands et de lansquenets se trouvent le comte de Sorne et d’autres comtes notamment celui de Wurtemberg-Montbéliard sous le commandement du Maréchal de Bourgogne, lieutenant de l’empereur et général en chef.

.Charles II (1500-1558) comte palatin de Bourgogne, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut de 1506 à 1556, duc de Bourgogne de 1515 à 1555, roi d’Espagne (Charles Ier) de 1516 à 1556, roi de Naples et de Sicile de 1516 à 1556, empereur du Saint Empire romain germanique (Charles V dit Charles Quint) de 1519 à 1556

Fils du roi Philippe Ier de Castille dit le Beau et de Jeanne la Folle, Charles est par sa mère le petit-fils de Ferdinand V de Castille et d’Isabelle Ire la Catholique, et par son père, le petit-fils de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg et donc on l’oublie trop souvent l’arrière-petit-fils de Charles le Téméraire (duc de Bourgogne sous le nom de Charles I) Charles est émancipé à 15 ans donc en 1515. Il ne vient pas dans son comté de Bourgogne. En 1519, Il devient empereur sous le nom de Charles Quint (cinquième du nom en comptant Charlemagne comme Charles Ier) ; en 1522, il cède à son frère puiné Ferdinand ses Etats héréditaires autrichiens ce qui provoque la division de la Maison de Habsbourg en Habsbourg d’Autriche et Habsbourg d’Espagne et des Pays Bas, qui se poursuit avec Philippe II le fils de Charles Quint.

Le comté relève donc ensuite de la souveraineté de la branche espagnole des Habsbourg tout en continuant de faire partie de l’empire à la différence de l’Espagne qui n’y est pas intégrée. Sa tante Marguerite d’Autriche, veuve du duc Philibert le Beau de Savoie, duchesse de Savoie, continue d’être la gouvernante du Cercle de Bourgogne donc du comté de Bourgogne jusqu’à sa mort en 1530 ; lui succède comme gouvernante Marie de Hongrie (1505-1558) la sœur de Charles Quint. Marie de Hongrie reste gouvernante des Pays-Bas-Comté de Bourgogne jusqu’en 1555.

.Philippe VII (1527-1598) comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut, de Luxembourg de 1556 à 1598, roi d’Espagne de 1556 à 1598 (Philippe II), roi de Portugal (Philippe Ier) 1580 à 1598

Fils de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal. L’année 1555, Philippe II, le fils de Charles Quint, devient souverain des Pays Bas avec la Franche Comté puis roi d’Espagne quand Charles abdique en 1556. Il souligne l’attachement et la fidélité des comtois. C’est alors au duc Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580) qu’est confiée la gouvernance des Pays- Bas et donc du comté de Bourgogne en 1556. Son règne constitue l’âge d’or du comté de Bourgogne (Franche Comté). Les nobles de Franche Comté font partie intégrante de l’élite de l’armée impériale. Emmanuel-Philibert, dépouillé de son duché par François Ier en 1544, devenu général des armées impériales, remporte contre les français la bataille de Saint Quentin en 1557. Charles Quint meurt en 1558. Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert gouverne les Pays-Bas en son nom et donc le comté jusqu’en 1559, année de signature de la paix de Cateau-Cambrésis à la suite de laquelle il épouse Marguerite de France la sœur de François Ier et obtient du roi Henri II la restitution de la Bresse, du Bugey, et du Valromey occupées par laq France. Après le traité du Cateau-Cambrésis en 1559, Philippe II quitte les Pays-Bas pour ne jamais y revenir. Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles Quint lui succède au gouvernorat des Pays-Bas et du comté puis son fils Alexandre Farnese. Philippe II a été élevé en Espagne, il connaît le français et les réalités de l'héritage Bourguignon mais culturellement il ne comprend pas ses sujets des Pays-Bas. Une fronde apparaît en 1566 et 1567 et la violence avec laquelle Philippe II la soumet met un terme à l'amitié que les Pays-Bas lui portaient. Il s'ensuit une guerre terrible (la guerre de Quatre-Vingts Ans) à la fin de laquelle la partie nord, protestante, proclame son indépendance en 1581 sous le nom de Provinces-Unies. En 1595, le roi Henri IV déclare la guerre à Philippe II. Philippe II nomme Albert de Habsbourg d’Autriche, gouverneur des Pays-Bas (Albert est le cinquième fils de l'empereur Maximilien II envoyé à l'âge de 11 ans à la cour de Madrid où son oncle le roi Philippe II a veillé sur son éducation). Le souverain dirige d’abord Albert vers une carrière ecclésiastique et en 1577, le jeune homme est nommé cardinal, dignité ecclésiastique qui, à l'époque, n'oblige pas à entrer dans les Ordres; Albert ne sera jamais prêtre ni évêque. Le roi envisage de faire d'Albert le primat d'Espagne en le nommant à l'archevêché de Tolède mais la longévité du titulaire amène le roi à tempérer ses ambitions pour son neveu. Il nomme celui-ci vice-roi et grand inquisiteur du Portugal et de son empire. Bien que le traité de neutralité lui interdise d’attaquer ouvertement le comté de Bourgogne, le roi Henri IV le fait envahir par ses mercenaires d’Haussonville et Tremblecourt. Les campagnes sont ravagées mais la plupart des villes résistent : Dôle, Gray, Salins, Poligny, Arbois, Besançon tiennent bon. Philippe décide de secourir le comté mais Henri IV contre attaque. Les villes comtoises tombent. L’arrivée de l’armée du roi d’Espagne Philippe II force les troupes d’Henri à repasser la Saône. Le conflit prend fin avec la paix de Vervins signée le 2 mai 1598. Le traité de Vervins confirme notamment les clauses précédemment signées lors du traité de Cateau-Cambrésis entre le même Philippe II et le roi Henri II, en y ajoutant diverses clauses nouvelles. Aux termes de ce traité, l'Espagne restitue à la France le Vermandois, une partie de la Picardie, la ville de Calais et Le Blavet, tandis que la France rend à l'Espagne le Charolais et renonce à la suzeraineté sur la Flandre et l'Artois. En 1599, Albert épouse sa cousine, l'infante Isabelle d'Espagne, fille ainée de Philippe II d'Espagne, qui lui apporte en dot les Pays-Bas, dont ils deviennent les souverains. Ce sont eux qui règnent donc sur le comté de Bourgogne dont le titre de comte est porté par le demi-frère d’Isabelle, Philippe, comte palatin de Bourgogne et futur roi Philippe III.

.Albert de Habsbourg d’Autriche (1559 -1621) et Isabelle d’Habsbourg d’Espagne (1566-1633), Gouverneur des Pays Bas de 1595 à 1598, Archiduc souverain des Pays Bas de 1599 à 1621, Archiduchesse souveraine des Pays Bas de 1599 à 1633

De 1598 à 1621, le jeune couple archiducal tente d'abord de consolider par la force l'autorité habsbourgeoise (siège d'Ostende) sur les Pays-Bas car le pays est déchiré par une guerre civile. La paix établie, le couple, profondément catholique, va réformer la justice, développer l'économie, en suscitant des travaux d'intérêt public tels que l'assèchement des marécages à la frontière de l'actuelle Flandre orientale et de la France. Ils installent leur cour à Bruxelles. La mort d’Albert en 1621 met fin à cette période d’essor et de calme ; faute d’héritier, la souveraineté sur les Pays-Bas revient à l'Espagne, l'infante Isabelle étant désignée comme gouvernante générale.

.Philippe VIII (1578-1621), comte palatin de Bourgogne et duc de Bourgogne sous le nom de Philippe de 1598 à 1621,duc de Lothier, de Brabant, de Gueldre, de Limbourg et de Luxembourg, comte de Flandre et d’Artois, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Namur , de Zutphen, seigneur de Malines, de Frise et de Salin, roi d’Espagne (Philippe III) de 1598 à 1621,

Fils du roi Philippe II d'Espagne et de sa quatrième épouse et nièce Anne d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Espagne. Il meurt la même année qu’Albert, archiduc des Pays-Bas son beau-frère.

.Philippe IX (1605-1665) comte et duc de Bourgogne de 1621 à 1665, comte d’Artois, roi d’Espagne (Philippe IV)

Fils de Philippe III

Sous son règne, en 1636, Richelieu décide d’attaquer Dôle. Le Prince de Condé mène les troupes royales. Mais les 4000 défenseurs résistent aux 15 000 hommes de l’armée française. Finalement devant l’avancée d’une armée de secours, les français doivent se retirer après un siège de trois mois. Engagés par le roi de France, des mercenaires envahissent le comté par tous les côtés. Seuls Dôle, Gray, Salins et Besançon peuvent résister. Pillages, incendies, massacres se multiplient. Après une dernière invasion française en 1644, des négociations s’ouvrent et aboutissent au traité de Westphalie en 1648 puis à la paix des Pyrénées en 1659 confirmant la suzeraineté des Habsbourg d’Espagne sur le comté. Plus de 200 000 personnes soit environ la moitié de la population ont péri durant cette guerre. Le roi d'Espagne Philippe IV de Habsbourg meurt en 1665.

.Charles III (1661-1700), comte de Bourgogne et duc de Bourgogne de 1665 à 1678, roi d’Espagne (Charles II)

Fils du précédent.

Dès la mort de son père, Louis XIV, (à moitié Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche (Habsbourg d’Autriche) revendique la Flandre et la Franche-Comté, au nom de son épouse Marie-Thérèse, fille du prince défunt. En 1667, il fait la conquête de la Flandre, puis durant l'hiver, il lance sur la Franche-Comté, sous la présidence du grand Condé, 1900 fantassins et 3000 cavaliers. Le 2 mai, la paix est signée à Aix la Chapelle; la Flandre est cédée à la France, mais l'Espagne garde la Franche-Comté. Malgré ce traité, Louis XIV poursuit son idée de s’emparer de la Franche-Comté. En 1673, il rouvre les hostilités en lançant 24 000 hommes sur ses frontières. Comme en 1668, le roi d’Espagne n’est pas en mesure de résister. La guerre est déclarée le 12 octobre. Une résistance populaire s’organise. Les armées royales franchissent la Saône le 12 février 1674. Gray se rend le 28. Vers le milieu de mars, c’est Lons le Saulnier qui doit se rendre à son tour. Le peuple résiste vaillamment. Néanmoins, Besançon est prise le 23, Pontarlier le 2 juin, Salins et Dôle le 22 juin. Jusqu’à la révolution, le peuple comtois gardera un attachement inébranlable aux Habsbourg. Un certain nombre parmi les résistants les plus déterminés s’exilèrent. Louis XIV place à la tête du comté de Bourgogne un intendant et transfère le parlement de Dôle à Besançon tout en lui enlevant ses pouvoirs politiques. Il entreprend une politique de séduction des nobles comtois en les attirant à sa Cour de Versailles. Par le traité de Nimègue de 1678 qui signe la paix entre Charles II d’Espagne (Habsbourg) et Louis XIV (également Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche), le comté de Bourgogne ou Franche-Comté est rattaché définitivement au royaume de France. Besançon devient la capitale du comté à la place de Dôle et est doté d’un parlement. Il n’en reste pas moins que jusqu’à la révolution, les Francs comtois comme les Lorrains mais également à un moindre degré les Alsaciens sont profondément restés attachés à la dynastie des Habsbourg.

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