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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:56
Histoire de l’Evêché de Viviers / Comté de Viviers -Comté du Vivarais terres d'empire de 1032 à 1305

Par le traité de Verdun de 843, l’évêché de Viviers fait partie de la Francie Médiane attribuée à l’empereur Lothaire Ier. Ce royaume de Francie médiane (Lotharingie) est éphémère, puisque peu avant sa mort en 855, Lothaire Ier partage son empire entre ses trois fils (Traité de Prüm) : pour Charles de Provence (845 - 863), son plus jeune fils, Lothaire Ier fonde le Royaume de Provence (ou Provence-Viennois), constitué par la Provence et la Bourgogne Cisjurane (territoires issus du démantèlement du Royaume de Bourgogne), comprenant le Lyonnais, le Viennois, le Dauphiné et la Savoie ainsi que les comtés d'Uzès et de Viviers. Il a Lyon pour capitale. Lothaire II (835-869) hérite du Vivarais, de son frère Charles, il confirme les actes antérieurs de son père et de son frère, il prend la défense des archevêques et place sous sa sauvegarde la ville de Tournon, son château, ses églises, son territoire avec les fermes et les esclaves et tout ce que le siège illustre de Lyon possède en Vivarais. Louis II (825 - 875), fils aîné de Lothaire Ier, déjà associé au trône, après la mort de son frère Charles de Provence en 863, récupère une partie de son domaine, et devient aussi roi de Provence et de Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent). Lorsque l'empereur Louis II décède à son tour en 875, s'éteint la maison de Lothaire Ier qui a régné sur le Vivarais pendant plus de 40 ans. Charles II le Chauve son oncle, s'empare alors des deux royaumes d'Italie et de Provence (le Vivarais en fait partie) et du titre d'empereur. Après avoir horriblement dévasté tout le pays environnant, il obtient la reddition de Vienne, ce qui entraîne la soumission du Dauphiné et du Vivarais dont le roi confie le gouvernement à Boson, son beau-frère. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. L'évêque de Viviers se voit confirmer en août 877, par le nouvel empereur, dans la possession des biens et privilèges de son église (y ajoutant aux précédents biens, territoire et port de Bourg-Saint-Andéol, les églises de Saint-Just, de Saint-Marcel et de Saint-Remèze). Le 6 octobre 877, Charles le Chauve est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée et il meurt. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. Deux années plus tard, en 879, Louis le Bègue à la santé fragile meurt à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. Mais Boson, beau-frère de Charles le Chauve, avait maneuvré habilement. En effet, celui-ci déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, avait reçu des mains de Charles le Chauve, la Provence, lui donnant ainsi le contrôle de toute la vallée du Rhône ou presque. De plus, en 878, le pape Jean VIII était menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui a assuré sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Boson, se fait proclamer roi de Provence et de la Bourgogne Cisjurane en 879 à Mantailles (Drome). En 888 cette fois à Saint Maurice (en Valais) Rodolphe III, comte d'Auxerre, se fait proclamer roi de Bourgogne Transjurane. Et en 934, ces deux royaumes sont réunis pour constituer le Royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles. Le Vivarais, comme le Valentinois, reste partie intégrante du duché du Lyonnais, quoique son évêque continue à dépendre, en droit, de l'archevêque d'Arles.

.Thomas II, prince-évêque de Viviers vers 950

C'est pendant le règne du roi de Bourgogne-Provence Conrad III qu’il se signale en entreprenant de transcrire les antiques documents de la bibliothèque de l'évêché. Dans le diocèse de Viviers, un vieux seigneur fait don des terres, bois, prairies, pâturages et cours d'eau pour y fonder sur la montagne de Rompon un monastère de l'ordre de Cluny, à l'origine du prieuré conventuel de Saint-Pierre de Rompon. A Viviers, la charte de fondation du prieuré conventuel de Rompon est datée de la "quarantième année du règne de Conrad Le Pacifique" (977), roi de Bourgogne.

En 962, Otton Ier, roi de Francie Orientale restaure l'empire sous le nom d'empire romain germanique.

Pendant les dernières années du Royaume de Bourgogne-Provence, la féodalité se développe en Vivarais. Avec la terreur de l'an 1000, le besoin de sécurité dégénérant en ambition et cupidité, engage fonctionnaires de l'empire, prélats et grands propriétaires fonciers à construire des châteaux forts. Le Vivarais se couvre de châteaux. Leurs propriétaires, les seigneurs, établissent leur autorité sur des villes, des parties de ville, des étendues de terre plus ou moins grandes. Ainsi Joyeuse a trois co-seigneurs, Les Bermon d'Anduze, les Châteauneuf-Randon et les Montauban-Montdragon.

.Arman II, évêque de Viviers de 1014 à 1041

En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l'empire romain germanique et le comté du Vivarais devient terre d'empire.

.Gérard, évêque de Viviers de 1042 à 1070

Le onzième et plus encore le douzième siècle voit se former les grandes seigneuries ecclésiastiques et laïques du Vivarais. Quelques lignages émergent, bien implantés en Vivarais. C'est le cas de la famille de Poitiers, comte de Valentinois, ou encore la famille Montlaur, des comtes de Viennois et de la puissante famille des comtes de Toulouse

Jean II, évêque de Viviers de 1073 à 1095

.Leodegarius, évêque de Viviers de 1096 à 1119

.Atton, évêque de Viviers de 1118 à 1124

.Pierre II, évêque de Viviers de 1125 à 1131

En 1125, la Provence est partagée entre le comte de Barcelone Raimond Bérenger, et le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain :

- le premier reçoit le comté entre Rhône, Durance, Alpes et la mer

- le second le marquisat au Nord de la Durance

La période de 1125 à 1173 marque la formation sous la suzeraineté du Saint-Empire, des seigneuries temporelles des archevêques de Lyon et de Vienne, des évêques de Valence et de Viviers.

.Josserand de Montaigu, évêque de Viviers de 1133 à 1146

.Guillaume Ier de Franconie, évêque de Viviers de 1147 à 1155

Cousin de l’empereur Conrad de Franconie qui lui confirme ses droits sur le Vivarais.

.Raymond d’Uzès, évêque de Viviers de 1157 à 1170

L'évêque de Viviers, étend sa domination temporelle sur des terres que convoite le comte de Toulouse. Vers 1169, Hugues d'Ucel lui donne une partie des mines de Largentière, de Chassiers et de Tauriers. Les seigneurs d'Ucel criblés de dettes cherchent un protecteur. Le comte de Toulouse s'offre et en 1170 le même Hugues d'Ucel fait hommage à Raimond V, comte de Toulouse pour ses châteaux d'Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe. C'est ainsi que le comte de Toulouse s'installe dans le Vivarais. En laissant le comte de Toulouse prendre pied au centre même de son diocèse, l'évêque Raimond commet une faute irréparable. Au-dessus de tous ces comtes et prélats, les agents des rois de France font sentir de plus en plus leur action centralisatrice. Raymond VI de Toulouse, soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare, est excommunié par le pape Innocent III. Forts de l'appui des évêques du Puy et de Mende, comme aussi de la fidélité immuable de leurs puissants vassaux, les Montlaur, les Bermond d'Anduze, les Tournon, etc… les rois Capétiens introduisent leur autorité dans les différentes zones du Vivarais. Dès 1188 ce mouvement commence par l'hommage du sire Odon de Tournon - d'une famille encore modeste - à Philippe Auguste, et se poursuit tout au long du XIIIe siècle avec l'intervention de plus en plus fréquente des rois de France en terre vivaroise.

.Robert de La Tour du Pin, évêque de Viviers de 1171 à 1173

.Nicolas, évêque de Viviers de 1174 à 1206, prince-évêque à partir de 1177

L’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen par un diplôme du 16 mars 1177. A cette occasion, il obtient de l’empereur la confirmation des droits donnés aux évêques de Viviers par l’empereur Conrad dont le droit de battre monnaie. En 1198, Adhémar de Poitiers et Bermond d'Anduze, ligués avec le comte de Toulouse, obtiennent par la force, de l'évêque Nicolas, d'entrer en partage des mines de Ségalières, de Chanier et de Taurier. D'après ces conventions nouvelles, les comtes de Toulouse en obtiennent la moitié, Adhémar et Bermond chacun un tiers de l'autre moitié, et l'évêque de Viviers l'autre tiers de cette moitié, c'est-à-dire le sixième.

.Bernon de Brabant, prince-évêque de Viviers de 1206 à 1220

Frère de l’évêque de Die, Didier.

Bernon de Brabant, profite de la guerre des Albigeois pour revenir sur le partage de 1198 des mines de Ségalièrese. Simon de Montfort reçoit en fief la moitié de tous les droits et revenus attachés au château de Fanjau et à la terre de Largentière; Bernon s'en réserve l'autre moitié. Après la mort du vainqueur des Albigeois et de son fils Amaury, l'évêque redevient entièrement propriétaire de la baronnie de Largentière. En 1214, son frère Didier, évêque de Valence, présent à Bâle, obtient de l’empereur Frédéric II Didier la confirmation des privilèges de son siège. En 1215, le concile de Latran déchoit le comte de Toulouse Raymond VI de ses droits sur son comté au profit de Simon de Montfort, mais le pape Innocent III préserve le marquisat de Provence (dans lequel figure le Vivarais) au profit de son fils, le futur Raymond VII. Raymond VI de Toulouse, voit ses biens du pays de Largentière, avec ses riches mines confisquées au profit de l’évêque de Viviers Bernon de Brabant. Le Vivarais devient une terre d’empire soumise à plusieurs autorités d’importance variable dans le temps. Les Archevêques de Vienne et évêques de Valence perdent vite toute influence réelle tandis que l’archevêché de Viviers reste la puissance dominante des deux-tiers méridionaux du territoire. Emergent aussi des seigneuries laïques (sires de Tournon, d’Annonay, comtes de Valentinois) qui vont se ranger se rangent petit à petit sous la bannière des rois de France.

.Guillaume II, prince-évêque de Viviers de 1220 à 1222

.Bermond d’Anduze, prince- évêque de Viviers de 1222 à 1244.

Dès son avènement en 1222, le jeune Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père ; les comtes de Toulouse prétendent s’appuyer sur des chartes dont ils sont les auteurs dans lesquelles ils se qualifient de seigneurs et comtes de Viviers. Ils citent même un acte de donation de Bertrand de Toulouse à son épouse Hélène, dans lequel Bertrand lui donne Viviers et ses dépendances comme cadeau de noces. Les évêques de Viviers s'appuient sur une charte de donation de la suzeraineté du Vivarais, faite par l'empereur Conrad à son cousin Guillaume de Franconie, évêque de Franconie, charte confirmée, on l’a déjà dit en 1177 par l’empereur Frédéric Barberousse, accordant à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie. Après un échec fin 1222, Raymond VII revient en forces en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite le comte de Toulouse à restituer les biens de l’Église de Viviers ; s’il refuse d’obéir, il court le risque de ne jamais obtenir l’absolution qu’il sollicite. Raymond VII maintient ses troupes et le 26 février 1225, un ultimatum du pape demeure sans effet. C’est alors que, sur la demande d’Honorius III, le roi Louis VIII de France se met en marche vers le Languedoc avec une armée de 100 000 hommes en 1226 et récupère Largentière. Signé le 12 avril 1229, le traité de de Meaux (dit également premier traité de Paris) met fin à la croisade des albigeois contre les cathares. Il est imposé à Raymond VII comte de Toulouse, par la régente Blanche de Castille ; aux termes de ce traité, il cède les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accorde Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, son gendre devient comte de Toulouse. À la suite de ce traité, le sénéchal de Beaucaire somme immédiatement l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint à l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen mais n’en reçoit pas d’aide. En 1230, Bernard d'Anduze doit se résoudre à rendre hommage à Louis IX pour 21 localités dont Joyeuse. Mais en 1235, il se met donc en route pour l’Allemagne, rejoint l’empereur Frédéric II à Haguenau et obtient de lui, en janvier 1236, une bulle confirmant tous les biens et tous les privilèges de son église.

.Arnaud de Vogüé, prince-évêque de Viviers de 1244 à 1254

En 1244, l’empereur Frédéric II, qui a quelques bonnes raisons d’en vouloir au clergé, révoque tous les péages que les empereurs avaient jadis accordés à l’évêché de Viviers. .Aimon de Genève, prince-évêque de Viviers de 1255 à 1263 Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin. Trois de ses frères deviennent évêques : Guigue à Langres, Amédée à Die et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie, Pierre et Philippe.

.Hugues de La Tour du Pin, prince-évêque de Viviers de 1263 à 1291

Sous son règne, bien qu’il ne soit pas contesté que Viviers soit une terre d’empire, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale française la traitent comme si elle eût été française. Ainsi le pape Clément IV croit-il nécessaire d’écrire le 9 novembre 1265 au roi de France Louis IX : « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de saint Louis, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France ; bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis. Les réclamations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de saint Louis, les officiers royaux s’abstiennent de toutes nouvelles entreprises. Cet incident permet néanmoins d’évaluer le discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial pendant le Grand Intérègne. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration royale française ; il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois. Dès 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, la partie du Vivarais propriété des comtes de Toulouse, bien que terre d’empire comme tout le territoire de l’évêché, se trouve rattachée de fait à la couronne de France. Un pas décisif est franchi en 1284. Les moines de Mazan, seigneurs du château de Berg, avec l'aide du roi de France, fondent la bastide de Villeneuve-de-Berg, pour en faire le siège de leur juridiction ce qui implante solidement le roi en Bas-Vivarais. A la même époque, le sénéchal de Beaucaire, représentant du roi de France en Languedoc, est en conflit avec le chapitre de Viviers; des usurpations incessantes sont commises. Le temporel de l’évêque est saisi ; ses vassaux sont obligés de rendre hommage au roi. En 1284, l’empereur Rodolphe peut écrire en ces termes à Philippe le Bel : « Les plaintes presque unanimes des grands du royaume d’Arles nous sont parvenues et nous ont appris les persécutions diverses dont est broyée, sans doute à votre insu, par le fait de vos agents et de vos serviteurs, l’insigne Église de Viviers, noble membre de notre Empire, sous la domination duquel elle repose en paix depuis un temps immémorial. Comme sous l’inspiration de la miséricorde divine, nous nous sommes imposés cette loi salutaire de ne point ambitionner le domaine d’autrui et de nous contenter de nos frontières ; ... nous prions de tout cœur votre sérénité de détourner, à l’exemple de votre illustre père Louis, de vénérée mémoire, vos officiers et agents de troubler et de persécuter la dite Église de Viviers. Car, cela est connu de tous dans l’Empire et vous ne l’ignorez pas, nos très saints pères Grégoire et Clément ont jadis représenté à votre père l’état de cette Église ; sur leurs instances, ce roi pacifique et ami de la justice, a reconnu les liens de sujétion qui rattachent ladite Église à l’Empire, et a empêché ses serviteurs de lui porter préjudice». Mais Philippe le Hardi, surpris par la mort en 1285 ne peut lui-même régler cette affaire. Son fils Philippe le Bel lui succède. Le 7 novembre 1291, Gérenton, seigneur de St Romain Valmordane, fait hommage à Philippe le Bel de son château de St Romain moyennant le montant d'une année de revenus de tous ses biens compris dans cet hommage. Par ce même contrat pour la construction d'une ville qui sera le siège d'une Cour Royale de Justice (balliage) pour tout le Haut Vivarais. Les moines de Mazan, avec l'aide du roi de France, fondent Boucieu-le-Roi, en Haut-Vivarais. En 1294 Philippe le Bel octroie à la «villa nova de Boceio» une charte de franchise par laquelle ses habitants sont exempts de tous les impôts d'alors (péage-taille) sauf la gabelle (impôt sur le sel) milice etc... Ensuite Philippe IV le Bel intègre le Bas-Vivarais au domaine royal. .Guillaume III de Falguières, prince-évêque de Viviers de 1292 à 1296 Dès le début de son règne, Philippe le Bel répond à la réclamation faite à son père par l’empereur Rodolphe par un fait plus éloquent que toutes les lettres. Grâce aux mesures de rigueur qu’il maintient en dépit des excommunications, il contraint le nouvel évêque de Viviers, Guillaume, à se soumettre et à prendre l’engagement « d’ester à droit devant le Roi sur les articles auxquels il était tenu de droit et de coutume. » Les officiers du roi ne s’en contentent pas, « ils le poursuivirent sans relâche et en obtiennent une complète reconnaissance de la suzeraineté de la France».

.Aldebert de Peyre, prince-évêque de Viviers de 1297 à 1306

Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Puis lorsqu’ en 1304, Guidon II de Tournon, d’une vieille famille du Haut Vivarais adhère à l’appel de Philippe le Bel, pourtant excommunié par le pape Boniface VIII, c’est une page de l’histoire de Tournon et du Vivarais qui se tourne. Un an plus tard, Aldebert de Peyre reconnaît en 1305, la suzeraineté du roi de France Philippe le Bel sur son diocèse c'est-à-dire le sud du Vivarais entérinant définitivement le lent glissement des terres vivaroises de l'Empire au royaume de France. Cet accord confirmé par Philippe le Bel le 2 janvier 1306.

.Louis de Poitiers (?-1327), prince-évêque de Viviers de 1306 à 1318.

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

Sous son épiscopat, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys de Philippe Le Bel (1268-1285-1314) remplace l'aigle germanique.

.Guillaume de Flavacourt ( ? -1359), prince-évêque de Viviers de 1319 à 1322

Sous son règne, vers 1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi. Finalement, sous le règne du roi Charles V, de 1364 à 1380, tout le pays est administré par un Bailly Royal du Vivarais et du Valentinois. Les États ou assemblées du Vivarais, qui votent entre autres attributions les impôts dûs au roi, sont alors formés pour la noblesse de douze barons: ceux de Crussol, de Montlaur, de la Voulte, de Tournon, de Largentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon, de la Tourette, de Saint-Remèze, d'Annonay, de Voguë et d’Aubenas. Ils siègent ensuite après le XIV° aux Etats du Languedoc. Les évêques prennent dès le XV°, le titre de comte de Viviers, princes de Donzère et de Chateauneuf mais au lieu du titre impérial de prince d’empire, ils doivent se résigner à n’être plus que prince de Donzère, un humble bourg qu’ils possèdent de l’autre côté du Rhône dans le Bas-Dauphiné.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:56
Histoire de l’Evêché de Viviers / Comté de Viviers -Comté du Vivarais, terre d'empire de 1032 à 1305

Par le traité de Verdun de 843, l’évêché de Viviers fait partie du royaume de Francie Médiane attribuée à l’empereur Lothaire Ier. Ce royaume de Francie médiane est éphémère, puisque peu avant sa mort en 855, Lothaire Ier partage son empire entre ses trois fils (Traité de Prüm) :

.l'aîné Louis II, hérite de la couronne impériale et du Royaume d'Italie (constitué par le Nord de la péninsule) ;

.le cadet Lothaire II (835-869) reçoit la partie nord de l'empire, située entre la Frise et les Vosges, qui prend le nom de Royaume de Lotharingie ;

.le benjamin Charles (845-863), est roi de Provence et de Bourgogne cisjurane (territoires situés en la Vallée du Rhône et les Alpes jusqu'au lac Léman) comprenant le Lyonnais, le Viennois, le Dauphiné et la Savoie ainsi que les comtés d'Uzès et de Viviers avec Lyon pour capitale.

En 859, un traité est conclu entre Charles et son frère Lothaire II de Lotharingie, selon les termes duquel Charles reconnaît ce dernier comme son héritier. À la mort de Charles le 25 janvier 863, son royaume est ébranlé par des troubles, et Lothaire II, contrairement à l'accord de 859, ne peut imposer son autorité sur la totalité du royaume de Charles. Seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais, avec l'aide de Girart de Vienne, lui reviennent car son frère Louis II le Jeune , empereur d'Occident et roi d'Italie récupère la Provence avec les provinces ecclésiastiques d'Arles, d'Aix et d'Embrun et une partie de la Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent).

Lothaire II confirme les actes antérieurs de son père et de son frère, prend la défense des évêques et place sous sa sauvegarde la ville de Tournon, son château, ses églises, son territoire avec les fermes et les esclaves et tout ce que le siège illustre de Lyon possède en Vivarais. En février 865, ses oncles se rencontrent à Tusey près de Vaucouleurs et s'accordent sur la partage de ses états, estimant que les fils de Lothaire II ne sont pas légitimes pour lui succéder. A sa mort en 868, c'est donc l'empereur Louis II qui va régner sur le Vivarais. Lorsque Louis II décède à son tour en 875, s'éteint la maison de Lothaire Ier qui a régné sur le Vivarais pendant plus de 40 ans. Charles II le Chauve son oncle, s'empare alors des deux royaumes d'Italie et de Provence (le Vivarais en fait partie) et du titre d'empereur. Après avoir horriblement dévasté tout le pays environnant, il obtient la reddition de Vienne, ce qui entraîne la soumission du Dauphiné et du Vivarais dont le roi confie le gouvernement à Boson, son beau-frère. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. L'évêque de Viviers se voit confirmer en août 877, par le nouvel empereur, dans la possession des biens et privilèges de son église (y ajoutant aux précédents biens, territoire et port de Bourg-Saint-Andéol, les églises de Saint-Just, de Saint-Marcel et de Saint-Remèze). Le 6 octobre 877, Charles le Chauve est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée et il meurt. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. Deux années plus tard, en 879, Louis le Bègue à la santé fragile meurt à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. Mais Boson, beau-frère de Charles le Chauve, avait manœuvré habilement. En effet, celui-ci déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, avait reçu des mains de Charles le Chauve, la Provence, lui donnant ainsi le contrôle de toute la vallée du Rhône ou presque. De plus, en 878, le pape Jean VIII était menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui a assuré sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Boson, se fait proclamer roi de Provence et de la Bourgogne Cisjurane en 879 à Mantailles (Drome). En 888 cette fois à Saint Maurice (en Valais) Rodolphe III, comte d'Auxerre, se fait proclamer roi de Bourgogne Transjurane. Et en 934, ces deux royaumes sont réunis pour constituer le Royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles. Le Vivarais, comme le Valentinois, reste partie intégrante du duché du Lyonnais, quoique son évêque continue à dépendre, en droit, de l'archevêque d'Arles.

.Thomas II, prince-évêque de Viviers vers 950

C'est pendant le règne du roi de Bourgogne-Provence Conrad III qu’il se signale en entreprenant de transcrire les antiques documents de la bibliothèque de l'évêché. Dans le diocèse de Viviers, un vieux seigneur fait don des terres, bois, prairies, pâturages et cours d'eau pour y fonder sur la montagne de Rompon un monastère de l'ordre de Cluny, à l'origine du prieuré conventuel de Saint-Pierre de Rompon. A Viviers, la charte de fondation du prieuré conventuel de Rompon est datée de la "quarantième année du règne de Conrad Le Pacifique" (977), roi de Bourgogne.

En 962, Otton Ier, roi de Francie Orientale restaure l'empire sous le nom d'empire romain germanique.

Pendant les dernières années du Royaume de Bourgogne-Provence, la féodalité se développe en Vivarais. Avec la terreur de l'an 1000, le besoin de sécurité dégénérant en ambition et cupidité, engage fonctionnaires de l'empire, prélats et grands propriétaires fonciers à construire des châteaux forts. Le Vivarais se couvre de châteaux. Leurs propriétaires, les seigneurs, établissent leur autorité sur des villes, des parties de ville, des étendues de terre plus ou moins grandes. Ainsi Joyeuse a trois co-seigneurs, Les Bermon d'Anduze, les Châteauneuf-Randon et les Montauban-Montdragon.

.Arman II, évêque de Viviers de 1014 à 1041

En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l'empire romain germanique et le comté du Vivarais devient terre d'empire.

.Gérard, évêque de Viviers de 1042 à 1070

Le onzième et plus encore le douzième siècle voit se former les grandes seigneuries ecclésiastiques et laïques du Vivarais. Quelques lignages émergent, bien implantés en Vivarais. C'est le cas de la famille de Poitiers, comte de Valentinois, ou encore la famille Montlaur, des comtes de Viennois et de la puissante famille des comtes de Toulouse

Jean II, évêque de Viviers de 1073 à 1095

.Leodegarius, évêque de Viviers de 1096 à 1119

.Atton, évêque de Viviers de 1118 à 1124

.Pierre II, évêque de Viviers de 1125 à 1131

En 1125, la Provence est partagée entre le comte de Barcelone Raimond Bérenger, et le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain :

- le premier reçoit le comté entre Rhône, Durance, Alpes et la mer

- le second le marquisat au Nord de la Durance

La période de 1125 à 1173 marque la formation sous la suzeraineté du Saint-Empire, des seigneuries temporelles des archevêques de Lyon et de Vienne, des évêques de Valence et de Viviers.

.Josserand de Montaigu, évêque de Viviers de 1133 à 1146

.Guillaume Ier de Franconie, évêque de Viviers de 1147 à 1155

Cousin de l’empereur Conrad de Franconie qui lui confirme ses droits sur le Vivarais.

.Raymond d’Uzès, évêque de Viviers de 1157 à 1170

L'évêque de Viviers, étend sa domination temporelle sur des terres que convoite le comte de Toulouse. Vers 1169, Hugues d'Ucel lui donne une partie des mines de Largentière, de Chassiers et de Tauriers. Les seigneurs d'Ucel criblés de dettes cherchent un protecteur. Le comte de Toulouse s'offre et en 1170 le même Hugues d'Ucel fait hommage à Raimond V, comte de Toulouse pour ses châteaux d'Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe. C'est ainsi que le comte de Toulouse s'installe dans le Vivarais. En laissant le comte de Toulouse prendre pied au centre même de son diocèse, l'évêque Raimond commet une faute irréparable. Au-dessus de tous ces comtes et prélats, les agents des rois de France font sentir de plus en plus leur action centralisatrice. Raymond VI de Toulouse, soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare, est excommunié par le pape Innocent III. Forts de l'appui des évêques du Puy et de Mende, comme aussi de la fidélité immuable de leurs puissants vassaux, les Montlaur, les Bermond d'Anduze, les Tournon, etc… les rois Capétiens introduisent leur autorité dans les différentes zones du Vivarais. Dès 1188 ce mouvement commence par l'hommage du sire Odon de Tournon - d'une famille encore modeste - à Philippe Auguste, et se poursuit tout au long du XIIIe siècle avec l'intervention de plus en plus fréquente des rois de France en terre vivaroise.

.Robert de La Tour du Pin, évêque de Viviers de 1171 à 1173

.Nicolas, évêque de Viviers de 1174 à 1206, prince-évêque à partir de 1177

L’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen par un diplôme du 16 mars 1177. A cette occasion, il obtient de l’empereur la confirmation des droits donnés aux évêques de Viviers par l’empereur Conrad dont le droit de battre monnaie. En 1198, Adhémar de Poitiers et Bermond d'Anduze, ligués avec le comte de Toulouse, obtiennent par la force, de l'évêque Nicolas, d'entrer en partage des mines de Ségalières, de Chanier et de Taurier. D'après ces conventions nouvelles, les comtes de Toulouse en obtiennent la moitié, Adhémar et Bermond chacun un tiers de l'autre moitié, et l'évêque de Viviers l'autre tiers de cette moitié, c'est-à-dire le sixième.

.Bernon de Brabant, prince-évêque de Viviers de 1206 à 1220

Frère de l’évêque de Die, Didier.

Bernon de Brabant, profite de la guerre des Albigeois pour revenir sur le partage de 1198 des mines de Ségalièrese. Simon de Montfort reçoit en fief la moitié de tous les droits et revenus attachés au château de Fanjau et à la terre de Largentière; Bernon s'en réserve l'autre moitié. Après la mort du vainqueur des Albigeois et de son fils Amaury, l'évêque redevient entièrement propriétaire de la baronnie de Largentière. En 1214, son frère Didier, évêque de Valence, présent à Bâle, obtient de l’empereur Frédéric II Didier la confirmation des privilèges de son siège. En 1215, le concile de Latran déchoit le comte de Toulouse Raymond VI de ses droits sur son comté au profit de Simon de Montfort, mais le pape Innocent III préserve le marquisat de Provence (dans lequel figure le Vivarais) au profit de son fils, le futur Raymond VII. Raymond VI de Toulouse, voit ses biens du pays de Largentière, avec ses riches mines confisquées au profit de l’évêque de Viviers Bernon de Brabant. Le Vivarais devient une terre d’empire soumise à plusieurs autorités d’importance variable dans le temps. Les Archevêques de Vienne et évêques de Valence perdent vite toute influence réelle tandis que l’archevêché de Viviers reste la puissance dominante des deux-tiers méridionaux du territoire. Emergent aussi des seigneuries laïques (sires de Tournon, d’Annonay, comtes de Valentinois) qui vont se ranger se rangent petit à petit sous la bannière des rois de France.

.Guillaume II, prince-évêque de Viviers de 1220 à 1222

.Bermond d’Anduze, prince- évêque de Viviers de 1222 à 1244.

Dès son avènement en 1222, le jeune Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père ; les comtes de Toulouse prétendent s’appuyer sur des chartes dont ils sont les auteurs dans lesquelles ils se qualifient de seigneurs et comtes de Viviers. Ils citent même un acte de donation de Bertrand de Toulouse à son épouse Hélène, dans lequel Bertrand lui donne Viviers et ses dépendances comme cadeau de noces. Les évêques de Viviers s'appuient sur une charte de donation de la suzeraineté du Vivarais, faite par l'empereur Conrad à son cousin Guillaume de Franconie, évêque de Franconie, charte confirmée, on l’a déjà dit en 1177 par l’empereur Frédéric Barberousse, accordant à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie. Après un échec fin 1222, Raymond VII revient en forces en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite le comte de Toulouse à restituer les biens de l’Église de Viviers ; s’il refuse d’obéir, il court le risque de ne jamais obtenir l’absolution qu’il sollicite. Raymond VII maintient ses troupes et le 26 février 1225, un ultimatum du pape demeure sans effet. C’est alors que, sur la demande d’Honorius III, le roi Louis VIII de France se met en marche vers le Languedoc avec une armée de 100 000 hommes en 1226 et récupère Largentière. Signé le 12 avril 1229, le traité de de Meaux (dit également premier traité de Paris) met fin à la croisade des albigeois contre les cathares. Il est imposé à Raymond VII comte de Toulouse, par la régente Blanche de Castille ; aux termes de ce traité, il cède les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accorde Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, son gendre devient comte de Toulouse. À la suite de ce traité, le sénéchal de Beaucaire somme immédiatement l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint à l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen mais n’en reçoit pas d’aide. En 1230, Bernard d'Anduze doit se résoudre à rendre hommage à Louis IX pour 21 localités dont Joyeuse. Mais en 1235, il se met donc en route pour l’Allemagne, rejoint l’empereur Frédéric II à Haguenau et obtient de lui, en janvier 1236, une bulle confirmant tous les biens et tous les privilèges de son église.

.Arnaud de Vogüé, prince-évêque de Viviers de 1244 à 1254

En 1244, l’empereur Frédéric II, qui a quelques bonnes raisons d’en vouloir au clergé, révoque tous les péages que les empereurs avaient jadis accordés à l’évêché de Viviers. .Aimon de Genève, prince-évêque de Viviers de 1255 à 1263 Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin. Trois de ses frères deviennent évêques : Guigue à Langres, Amédée à Die et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie, Pierre et Philippe.

.Hugues de La Tour du Pin, prince-évêque de Viviers de 1263 à 1291

Sous son règne, bien qu’il ne soit pas contesté que Viviers soit une terre d’empire, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale française la traitent comme si elle eût été française. Ainsi le pape Clément IV croit-il nécessaire d’écrire le 9 novembre 1265 au roi de France Louis IX : « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de saint Louis, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France ; bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis. Les réclamations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de saint Louis, les officiers royaux s’abstiennent de toutes nouvelles entreprises. Cet incident permet néanmoins d’évaluer le discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial pendant le Grand Intérègne. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration royale française ; il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois. Dès 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, la partie du Vivarais propriété des comtes de Toulouse, bien que terre d’empire comme tout le territoire de l’évêché, se trouve rattachée de fait à la couronne de France. Un pas décisif est franchi en 1284. Les moines de Mazan, seigneurs du château de Berg, avec l'aide du roi de France, fondent la bastide de Villeneuve-de-Berg, pour en faire le siège de leur juridiction ce qui implante solidement le roi en Bas-Vivarais. A la même époque, le sénéchal de Beaucaire, représentant du roi de France en Languedoc, est en conflit avec le chapitre de Viviers; des usurpations incessantes sont commises. Le temporel de l’évêque est saisi ; ses vassaux sont obligés de rendre hommage au roi. En 1284, l’empereur Rodolphe peut écrire en ces termes à Philippe le Bel : « Les plaintes presque unanimes des grands du royaume d’Arles nous sont parvenues et nous ont appris les persécutions diverses dont est broyée, sans doute à votre insu, par le fait de vos agents et de vos serviteurs, l’insigne Église de Viviers, noble membre de notre Empire, sous la domination duquel elle repose en paix depuis un temps immémorial. Comme sous l’inspiration de la miséricorde divine, nous nous sommes imposés cette loi salutaire de ne point ambitionner le domaine d’autrui et de nous contenter de nos frontières ; ... nous prions de tout cœur votre sérénité de détourner, à l’exemple de votre illustre père Louis, de vénérée mémoire, vos officiers et agents de troubler et de persécuter la dite Église de Viviers. Car, cela est connu de tous dans l’Empire et vous ne l’ignorez pas, nos très saints pères Grégoire et Clément ont jadis représenté à votre père l’état de cette Église ; sur leurs instances, ce roi pacifique et ami de la justice, a reconnu les liens de sujétion qui rattachent ladite Église à l’Empire, et a empêché ses serviteurs de lui porter préjudice». Mais Philippe le Hardi, surpris par la mort en 1285 ne peut lui-même régler cette affaire. Son fils Philippe le Bel lui succède. Le 7 novembre 1291, Gérenton, seigneur de St Romain Valmordane, fait hommage à Philippe le Bel de son château de St Romain moyennant le montant d'une année de revenus de tous ses biens compris dans cet hommage. Par ce même contrat pour la construction d'une ville qui sera le siège d'une Cour Royale de Justice (balliage) pour tout le Haut Vivarais. Les moines de Mazan, avec l'aide du roi de France, fondent Boucieu-le-Roi, en Haut-Vivarais. En 1294 Philippe le Bel octroie à la «villa nova de Boceio» une charte de franchise par laquelle ses habitants sont exempts de tous les impôts d'alors (péage-taille) sauf la gabelle (impôt sur le sel) milice etc... Ensuite Philippe IV le Bel intègre le Bas-Vivarais au domaine royal. .Guillaume III de Falguières, prince-évêque de Viviers de 1292 à 1296 Dès le début de son règne, Philippe le Bel répond à la réclamation faite à son père par l’empereur Rodolphe par un fait plus éloquent que toutes les lettres. Grâce aux mesures de rigueur qu’il maintient en dépit des excommunications, il contraint le nouvel évêque de Viviers, Guillaume, à se soumettre et à prendre l’engagement « d’ester à droit devant le Roi sur les articles auxquels il était tenu de droit et de coutume. » Les officiers du roi ne s’en contentent pas, « ils le poursuivirent sans relâche et en obtiennent une complète reconnaissance de la suzeraineté de la France».

.Aldebert de Peyre, prince-évêque de Viviers de 1297 à 1306

Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Puis lorsqu’ en 1304, Guidon II de Tournon, d’une vieille famille du Haut Vivarais adhère à l’appel de Philippe le Bel, pourtant excommunié par le pape Boniface VIII, c’est une page de l’histoire de Tournon et du Vivarais qui se tourne. Un an plus tard, Aldebert de Peyre reconnaît en 1305, la suzeraineté du roi de France Philippe le Bel sur son diocèse c'est-à-dire le sud du Vivarais entérinant définitivement le lent glissement des terres vivaroises de l'Empire au royaume de France. Cet accord confirmé par Philippe le Bel le 2 janvier 1306.

.Louis de Poitiers (?-1327), prince-évêque de Viviers de 1306 à 1318.

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

Sous son épiscopat, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys de Philippe Le Bel (1268-1285-1314) remplace l'aigle germanique.

.Guillaume de Flavacourt ( ? -1359), prince-évêque de Viviers de 1319 à 1322

Sous son règne, vers 1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi. Finalement, sous le règne du roi Charles V, de 1364 à 1380, tout le pays est administré par un Bailly Royal du Vivarais et du Valentinois. Les États ou assemblées du Vivarais, qui votent entre autres attributions les impôts dûs au roi, sont alors formés pour la noblesse de douze barons: ceux de Crussol, de Montlaur, de la Voulte, de Tournon, de Largentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon, de la Tourette, de Saint-Remèze, d'Annonay, de Voguë et d’Aubenas. Ils siègent ensuite après le XIV° aux Etats du Languedoc. Les évêques prennent dès le XV°, le titre de comte de Viviers, princes de Donzère et de Chateauneuf mais au lieu du titre impérial de prince d’empire, ils doivent se résigner à n’être plus que prince de Donzère, un humble bourg qu’ils possèdent de l’autre côté du Rhône dans le Bas-Dauphiné.

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Published by Parti imperial romain europeen
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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 14:25
Histoire du Dauphiné (Archevêché de Vienne/ Comté du Viennois / Evêché de Grenoble / Comté de Grenoble / Vicomté de Briançon , terre d'empire de 1032 à 1457

1. Archevêché de Vienne/Comté de Vienne

L'archevêché de Vienne en Dauphiné est le premier évêché vers 160. En 450, le pape attribue les fonctions de métropolitain à l'évêque de Vienne dans les diocèses de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble, tandis que les autres cités de la Viennoise et de la Narbonnaise IIe restent du domaine du métropolitain d'Arles. Un siècle plus tard, en 551, la province ecclésiastique arlésienne s'agrandit de l'évêché d'Uzès qui passe sous la métropole d'Arles. En 794, au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. La province de Vienne conserve pour suffragants les évêchés de Genève, de Die, de Grenoble, de Valence et de Moutiers. La province d'Arles conserve huit suffragants: Marseille, Toulon, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Avignon, Cavaillon et Carpentras. Entre 794 et 800, la province ecclésiastique de Vienne perd l’évêché de Moutiers Tarentaise élevé au rang d’archevêché tandis que la province ecclésiastique d'Arles perd les évêchés d'Aix et d'Embrun, qui sont eux-aussi élevés au rang d’archevêchés..

Au traité de Verdun de 843, la région se trouve intégrée au royaume de Francie Médiane. Cependant, à la mort de Lothaire, Charles le Chauve, roi de France, se proclame empereur en 875 et intègre la région sous son autorité. Mais à la mort de son fils, Boson, gouverneur de Vienne, se fait proclamer roi de Bourgogne Cisjurane-Provence en 879 à Mantailles (Drome). Ce royaume est appelé également Royaume de Vienne et d’Arles. Ce royaume est réuni en 934 à celui de Bourgogne Transjurane crée en 888 à Saint Maurice sous le nom de Royaume de Bourgogne-Provence. En 1011, le douaire d’Ermengarde, épouse du roi de Bourgogne, Rodolphe III, est constitué du Viennois.

L'intégration du royaume de Bourgogne-Provence au Saint-Empire en 1032 renforce l'autonomie de l'évêque-comte de Vienne. Mais l'importance de Vienne diminue graduellement avec les progrès de sa rivale, Lyon. Les anciennes prétentions de Vienne subsistent dans les prérogatives de ses évêques, qui gardent le titre archiépiscopal, ainsi que celui de « primat des Gaules », qu'ils partagent avec les archevêques de Lyon. L’archevêque de Vienne est suffragant des Évêché de Die, de Grenoble, de Valence et de Viviers.

Ce qui deviendra le Dauphiné compte alors quatre baronnies importantes : Clermont, Sassenage, Maubec (appartenant aux seigneurs du même nom puis aux Bocsozel) et Montmaur. Ces baronnies, avant d'être des "baronnies d'état", sont indépendantes des puissants seigneurs (Dauphin, duc de Savoie, évêché de Grenoble, archevêché de Vienne) qui les entourent. Mais sans doute pour des raisons politiques, stratégiques ou de survie elles finissent toutes par prêter hommages à ces seigneurs :

.Les Clermont sont indépendants jusqu'en 1203 et prêtent hommage à l'église de Vienne.

.Les Sassenage jusqu'en 1247 et prêtent hommage à l'évêque de Vienne, Jean de Bernin.

.Les Bocsozel prêtent hommage au Dauphin, Humbert Ier de Viennois en 1290.

.Les Montmaur semblent indépendants jusqu'en 1269, date à laquelle les Montauban prêtent hommage au Dauphin.

Archevêques de Vienne :

.Burchard, archevêque de Vienne, comte du Viennois v.1010-v.1030

Trois ans avant la mort du roi de Bourgogne-Provence, Rodolphe III, l'archevêque Bouchard dispose entre 1029 et 1030 du comté de Viennois, que l'église de Vienne a reçu en don de la reine Hermengarde, épouse de Rodolphe. Il le partage entre son beau-frère, le comte de Savoie Humbert-aux-blanches-mains, et son neveu le sire de Vion, Guigues Ier le Vieux, déjà largement positionné en Viennois méridional. Humbert de Maurienne reçoit le Nord, future Savoie, et Guigues 1er, dit "Le Vieux", sire de Vion et comte d'Albon, reçoit le Sud, futur Dauphiné dont, au moins en théorie, Briançon, le val de Suze et Chisone (Chizone). Une incertitude règne sur la façon dont les sires de Vion ont acquis le titre de comte. Il semble que Guigues Ier le Vieux l'ait obtenu par la concession de l'archevêque Bouchard dans cet acte de donation de 1029. Malgré cette inféodation en faveur des comtes de Savoie et d'Albon, l'archevêque Bouchard conserve la cité de Vienne avec ses tours et le château de Pipet. Le comté de Vienne est le reste du comté du Viennois limité à la seule ville de Vienne sur laquelle règne l’archevêque.

.Léger, archevêque de Vienne de 1030 à 1070.

C’est sous son règne que le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l’empire. La mort du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, en 1032, marque une date importante de l'histoire de la région. Désormais, sous la suzeraineté lointaine de l'empereur Conrad le Salique, s’accomplit le morcellement déjà commencé sous la dynastie de Bourgogne. Alors en l'espace de quelques années, se constituent les Etats des comtes d'Albon et de Savoie. Peu après le partage du comté du Viennois entre les deux maisons de Savoie et d'Albon, celles-ci s'étendent simultanément plus à l'Est. Entre 1039 et 1043, Guigues Ier le Vieux reçoit de l'empereur Henri III l'investiture du Briançonnais, qui a été détaché en 1033 du diocèse de Maurienne par Conrad le salique pour être rattaché à la métropole d'Embrun. Cette terre, Guigues la tient en fief impérial, alors qu'en Viennois il n'est vassal que de l'archevêque de Vienne. De son côté, Humbert-aux-blanches-main, comte de Savoie est investi, au nord du Briançonnais, de la Maurienne, terre qu'il tient lui aussi en fief d'Henri III.

.Armand, archevêque de Vienne de 1070 à 1076.

En 1076, l'empereur germanique Henri IV du Saint-Empire s'oppose aux pouvoirs du pape Grégoire VII au sujet de l’investiture des évêques.

.Warmond, archevêque de Vienne de 1077 à 1081.

.Gontard, archevêque de Vienne de 1082 à 1084.

.Guy de Bourgogne (1050-1124) archevêque de Vienne de 1084 à 1119, pape Calixte II de 1119 à 1124

Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne, frère d’Hugues III de Bourgogne qui devient archevêque de Besançon ; il devient administrateur du diocèse de son frère.

.Pierre I, archevêque de Vienne de 1121 à 1125

.Étienne I, archevêque de Vienne v.1125 à v.1145

.Humbert d`Albon, archevêque de Vienne de 1146 à 1147

Fils de Guigues III d’Albon ; frère de Guigues IV, dauphin du Viennois.

.Hugues I, archevêque de Vienne v.1148 à 1155

.Étienne II, archevêque de Vienne v.1155 à 1163, archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence en 1157

En 1153, l’empereur Frédéric Ier Barberousse lui reconnait les droits régaliens et la haute et la basse justice dans Vienne accordés précédemment par le roi Rodolphe de Bourgogne et en 1157, il les lui confirme solennellement et le nomme archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence. Il a non seulement pour vassaux les comtes d'Albon et de Savoie mais également presque toutes les puissantes familles du Dauphiné. Il est également abbé de Saint-Barnard de Romans et exerce sa suzeraineté au XIIIe siècle sur vingt-deux châteaux et une trentaine de fiefs dépourvus de châtellenies.

.Guillaume de Clermont, archevêque de Vienne de 1163 à 1166 ?

De la famille des Clermont-Tonnerre, originaire du petit village de Clermont siège de la baronnie de Clermont l’une des quatre baronnies du Dauphiné ; qui deviendra vassale de l’archevêque de Vienne en 1203 et sera incorporée en 1340 au domaine des Dauphins du Viennois.

.Robert de La Tour du Pin, archevêque de Vienne v.1170 à 1195

.Aynard de Moirans, archevêque de Vienne de 1195 à v.1205

De la famille des Barons de Moirans dépendant des Abbés de Saint Claude dans le Comté de Bourgogne.

.Humbert II, archevêque de Vienne de 1206 à 1215, archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence à partir de 1214

A l’archevêque Humbert de Vienne, l’empereur Frédéric II reconnaît la qualité d’archichancelier du royaume de Bourgogne et le premier rang à sa cour. L’archevêque exerce désormais, sous la suzeraineté impériale, les droits régaliens et la justice ; lorsqu’il est appelé à rendre à l’Empereur les services d’ost ou de cour, il peut demander des subsides aux bourgeois de Vienne et de Romans. En outre, Frédéric confère à l’archevêque et au chapitre un droit de péage sur toutes les marchandises qui passeront à Vienne par les routes de terre et d’eau. Il défend aux comtes, nobles et châtelains de la province de Vienne de lever de tels droits sans avoir obtenu le consentement du souverain; les transgresseurs de cette défense doivent être poursuivis et punis par l’archevêque de Vienne, chancelier du royaume de Bourgogne. S’adressant à Adémar de Poitiers qui, au mépris des droits des évêques, continue dans le Diois les usurpations de ses prédécesseurs, l’empereur s’exprime en ces termes : « Nous vous enjoignons de vous abstenir des extorsions illicites que vous pratiquez sous prétexte de péages ; nous vous interdisons d’élever des fortifications sur la voie publique ; nous vous ordonnons de fournir satisfaction à l’évêque pour les droits que vous avez injustement perçus, et de vous conduire de telle façon que nous n’ayons pas lieu de vous écrire une seconde fois ».

Bournon, archevêque de Vienne de 1216 à 1218

Au mois de juin 1218, à la suite de la sourde lutte qu’il livre aux seigneurs de son royaume de Bourgogne-Provence, notamment à Adhémar de Poitiers, l’empereur Frédéric II renouvelle à tous les seigneurs de la province de Vienne la défense d’aggraver les péages existants et d’en créer de nouveaux sans son autorisation. En février 1219, il reconnait à Adhémar un doit de péage sur le chemin public de Valence à Monteil et le maintient en possession de tous les droits qui avaient été accordés à ses prédécesseurs par les empereurs.

.Jean de Bernin, prince-archevêque de Vienne de 1218 à 1266, légat du pape

De la famille des seigneurs de Bernin. Né au château de la Veyrie à Bernin dans le Dauphiné. Nommé légat du pape en 1233, à une époque où les tensions augmentent en Provence en particulier dans la ville d’Arles. La papauté, sans désavouer l'archevêque d'Arles Jean Baussan, redoute que dans l'agitation du mouvement communal, les tribunaux inquisitoriaux puissent servir les intérêts politiques de l'épiscopat local. Ainsi, le pape enlève la juridiction de l'inquisition à l’archevêque d’Arles et la confie à Jean de Bernin qui en 1235 nomme des juges issus de l'ordre des Prêcheurs pour la Provence. En juin 1235, le légat Jean de Bernin, archevêque de Vienne adresse une consultation aux juristes avignonnais au sujet des vaudois d'Arles. L’archevêque Jean de Bernin ne reconnait qu’un seul suzerain l’empereur Frédéric II auprès duquel il se rend en avril 1238 à Turin, accompagné de son frère Aymar de Bernin, archevêque d’Embrun et des évêques de Grenoble et de Gap pour lui renouveler serment de fidélité et faire l’hommage de leur temporel. A la suite de quoi il reçoit de l’empereur un diplôme l’investissant par le sceptre des droits régaliens que l’archevêché tient de l’empire. Lui-même est le suzerain des Dauphins du Viennois et d’une grande quantité de seigneurs du Dauphiné. Ainsi le 18 avril 1243, le jeune dauphin Guigues âgé de 14 ans lui rend hommage pour le comté de Vienne dans la grande salle de l’archevêché. Jean de Bernin s’accommode comme ses prédécesseurs de la présence d’un second comte de Vienne et de Macon à la juridiction purement nominale lequel possède un palais au monastère de Saint Pierre dans la ville mais finit par lui racheter en 1262 conduisant à l’extinction du titre. C’est Jean de Bernin qui fait également édifier le château de la Bâtie qui accueillera le trésor pontifical lors du Concile de Vienne de 1311 où sera arrêtée la dissolution de l’ordre du Temple.

.Guy d'Auvergne de Clermont, prince-archevêque de Vienne v.1268 à 1278

.Guillaume de Livron (ou de Valence), prince-archevêque de Vienne de 1283 à v.1305

.Briand de Lavieu (Lagnieu), prince-archevêque de Vienne de 1306 à 1317

Issu d'une famille illustre du Forez, où la maison de Lavieu possède plusieurs terres sous le titre de vicomté. Briand de Lavieu est chanoine de l'église de Lyon, quand il est élu archevêque de Vienne en 1306. Comme il est parent d'Amédée, comte de Savoie, Briand devient suspect aux Viennois. Dans la crainte qu'ils ne forment quelque tentative contre lui, il se retire pour quelque temps au château de la Bâtie, appelé aussi château de Saint-Sévère, parce qu'il se trouve situé au-dessus de l'église de ce nom. Briand de Lagnieu est de retour de la Bâtie, après la mort d'Humbert Ier, lorsque Jean, son fils et successeur, fait hommage à l'église de Vienne, entre les mains de l'archevêque, pour le comté de Vienne et d'Albon. En 1305 Bertrand de Got est couronné pape Clément V et en 1308 il convoque un concile œcuménique à Vienne pour l'année 1311. L'archevêque de Vienne a ses officiers, et le chapitre les siens également. Souvent il y a des contestations entre les officiers de l'archevêque et ceux du chapitre. Ces différends font sentir la nécessité de partager la juridiction, de même qu'on avait partagé les biens. Le partage est fait en 1309. À mesure que la date du concile se rapproche, ceux qui persécutent l'église de Vienne dans ses biens, craignant qu'elle n'en porte plainte au concile, cherchent à se raccommoder avec elle. Le dauphin jean II de Vienne Jean contracte avec l'archevêque et son église, un traité d'alliance et s'oblige à secourir de toutes ses forces et en toute occasion l'archevêque et son église et à leur entretenir à ses frais cent bons soldats bien armés. .Simon d'Archiac, prince-archevêque de Vienne de 1319 à 1320, cardinal.

.Guillaume de Laudun, prince-archevêque de Vienne de 1321 à 1327.

Fils de Guillaume II, seigneur de Laudun.

.Bertrand de La Chapelle, prince-archevêque de Vienne de 1327 à 1352

Il a beaucoup de démêlés avec le dauphin Humbert. En 1333, Philippe de Valois qui aspire à se rendre maître de Ste-Colombe, renouvelle à l'archevêque et au chapitre métropolitain ses prétentions sur le faubourg de Ste-Colombe. Le chapitre soutient ses droits avec la plus grande énergie; mais Bertrand de la Chapelle accorde au roi de France tout ce qu'il lui demande, ce qui le rend odieux au clergé et au peuple de Vienne. Pour se mettre à couvert, il quitte la ville et la médiation du pape devient nécessaire pour que les Viennois le reconnaissent de nouveau comme véritable et légitime pasteur. Une bulle de Jean XXII de février 1334, ordonne que les partis lui envoient des députés porteurs des pièces justificatives de leurs droits, pour qu'il puisse juger en connaissance de cause de la validité des oppositions. Mais Philippe VI ne s'amuse point à suivre cette procédure; sans attendre davantage, il s'empare de Ste-Colombe. Il unit ce faubourg de Vienne à son royaume, le fortifie et fait construire à l'entrée du pont une tour carrée.

.Pierre Bertrand, prince-archevêque de Vienne de 1352 à 1362.

.Pierre de Gratia, prince-archevêque de Vienne de 1362 à 1363.

.Louis de Villars 1363-1377, prince-archevêque de Vienne de 1363 à 1377

Fils d'Humbert, seigneur de Thoire et de Villars, et d'Éléonore de Beaujeu ; frère d’Henri de Villars, archevêque de Lyon et un neveu de Louis de Villars, archevêque de Lyon.

.Humbert de Montchal, prince-archevêque de Vienne de 1377 à 1395

Famille illustre de Montchal dans le Forez. Humbert est le fils de Falques III, seigneur de Montchenu, et d'Alix Alleman. A l’occasion d’un voyage à Paris, l'empereur Charles IV de Luxembourg, concède au dauphin, Charles II (futur roi Charles VI), fils de son neveu le roi de France Charles V, le titre de vicaire de l'empire dans le Viennois et dans les provinces du royaume d'Arles, avec la révocation de la juridiction dont l'archevêque de Vienne et son chapitre jouissent dans la ville de Vienne. Le jeune dauphin nomme comme vicaire son lieutenant Bouville, qui est déjà gouverneur. Les habitants, alarmés de la perte de leur liberté, veulent résister, mais quelques maisons brûlées et la vie qu'il en coûte à plusieurs citoyens intimident le reste et Bouville demeure le maître. On lui rend le château de Pipet.

.Thibaud de Rougemont, prince-archevêque de Vienne de 1395 à 1405, devenu ensuite archevêque de Besançon (1405)

Famille illustre dans le comté de Bourgogne. En 1382, le dauphin Charles II devient roi sous le nom de Charles VI. Par un arrêt de 1400, il rétablit l'archevêque Thibault et son chapitre dans leurs prérogatives temporelles sur Vienne. En 1402 les archevêques de Vienne deviennent abbés perpétuels de l’ordre de Saint-Chef et seigneurs du bourg et de ses dépendances, le château de Saint-Chef est pris et ruiné dans la guerre acharnée que se font Thibaud de Rougemont et les frères Guy et Jean de Torchefelon, ceux-ci ayant refusé de faire hommage à l’archevêque de leur château de Montcarra. Le fougueux prélat attaque brusquement ce château et le brûle. Les Torchefelon prennent et incendient celui de Saint-Chef, en font autant de celui de Seysseul et ravagent tous les environs. Lorsque le gouverneur du Dauphiné intervient pour chercher à arrêter ces désordres scandaleux, Thibaud excommunie les officiers du roi. L’année suivante, les Torchefelon brûlent le château de Mantaille. Les troupes de l'archevêque incendient à leur tour le château de Torchefelon. Le pape Benoît XIII saisit avec empressement l'occasion de transférer de Rougemont à Besançon.

Comtes de Vienne

Charles Constantin, fils de Louis l’Aveugle est comte de Vienne de 947 à 963.

Son fils Patton a une fille Etiennette de Vienne qui épouse Guillaume le Grand comte de Bourgogne auquel elle apporte le comté en dot. Le comté de Vienne se limite à la seule ville de Vienne dans lequel le pouvoir temporel est exercé au nom de l’archevêque sous l’autorité des comtes de Macon issus de la maison des comtes de Bourgogne.

De 1085 à 1239, les comtes de Vienne sont également comtes de Mâcon :

.Étienne Ier de Bourgogne (1085-1102)

.Renaud III de Bourgogne (1102-1148)

.Guillaume III de Mâcon (1148-1157)

.Géraud Ier de Mâcon (1157-1184)

.Guillaume IV de Mâcon (1184-1224)

.Géraud II de Mâcon (1224) .Alix de Mâcon (1224-1260).

En 1239, à la mort de son époux, Jean de Dreux, Alix vend le comté de Vienne et le comté de Mâcon à la Couronne de France.

2. Evêché/comté de Grenoble

Evêques :

.Mallen, évêque-comte de Grenoble de 1030 et 1037,

.Hugues (1053-1132), évêque-comte de Grenoble de 1080 à 1132

Né à Châteauneuf sur Isère dans la famille des seigneurs du lieu. Elu au concile d'Avignon de 1080 bien qu'il n'eût pas été encore ordonné. Conduit à Rome par un légat du pape, il est ordonné par Grégoire VII lui-même. Dès son retour, il se consacre à la tâche de réformer les abus dans son nouveau diocèse et d'y introduire la réforme grégorienne. Son épiscopat est marqué par le conflit avec Guigues III d'Albon sur la possession de territoires ecclésiastiques dans le Grésivaudan. Hugues soutient que le comte d'Albon a usurpé les terrains de l'évêché de Grenoble avec l'aide de l'évêque Mallen. Un accord n’est finalement trouvé entre Hugues et Guigues qu'en 1099. Guigues accepte de céder les territoires en litige pendant qu’Hugues admet l'autorité temporelle du comte dans les alentours de Grenoble. Par un acte du 5 septembre 1116, est confirmé l'abandon de tous les biens ecclésiastiques détenus par le comte. En 1130, âgé de 77 ans, il trouve la force d'aller à la rencontre du pape Innocent II qui fuie l'Italie et de l'accompagner jusqu'au Puy où devait se réunir un important concile visant à faire reconnaître Innocent II par les souverains d'Europe et à prononcer l'excommunication contre l'usurpateur Anaclet II. Il est canonisé le 22 avril 1134 par le pape Innocent II deux ans seulement après sa mort.

.Noel, évêque-comte de Grenoble en 1150

.Othmar de Sassenage, évêque-comte de Grenoble de 1150 à 1151

La famille de Sassenage serait issue des comtes de Forez : Girard, comte de Forez, fils et successeur d'Arthaud, comte de Lyon et de Forez, serait venu, vers 950, au secours de l'évêque Isarn, et aurait été récompensé de ses services par le don des terres de Sassenage et de Royans. .Geoffroi, évêque-comte de Grenoble de 1151 à 1164 Ardent partisan de la cause impériale au vu du diplôme que lui confère Frédéric Ier Barberousse. Déposé par le pape Alexandre III et remplacé par Jean de Sassenage, il se maintient sur son siège grâce à la protection du gouvernement delphinal. En 1161, Il se fait confirmer par diplômes impériaux les biens restitués et concéder les droits régaliens, entre autres l'exploitation des mines d'or et d'argent et le droit de battre monnaie. .Jean de Sassenage, évêque-comte de Grenoble de 1164 à 1220 De l’importante famille de Sassenage. En 1178, comme son prédécesseur, il se fait confirmer par l’empereur son pouvoir temporel obtenant comme le comte Guiges le droit de battre monnaie. .Guillaume Ier, évêque-comte de Grenoble en 1220 .Pierre Ier, évêque-comte de Grenoble de 1221 à 1223 .Soffroy, évêque-comte de Grenoble de 1223 à v.1237 .Pierre II, évêque-comte de Grenoble de 1237 à 1250 En mai 1238, il fait partie des vassaux convoqués à Vérone avec leurs troupes par l’empereur Frédéric II. L’archevêque d’Arles, Jean Baussan et l’évêque de Marseille, Benoît d’Alignan, sont à Vérone dès le mois de juin. Les contingents de Grenoble, d’Embrun, du Valentinois et du Diois y rencontrent sous les drapeaux de l’Empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence. Tous deux figurent comme témoins dans un acte où l’Empereur promet sa protection à la ville d’Embrun et lui assure le maintien de ses libertés et coutumes.

.Falcon, évêque-comte de Grenoble de v.1250 à 1266

.Guillaume II de Sassenage, évêque de Grenoble de 1266 à 1281

.Guillaume III de Royn, évêque-comte de Grenoble de 1281 à 1302

Profitant des divisions entre l’évêque et le Dauphin, les Grenoblois parviennent à faire adopter une charte de coutume leur garantissant un certain nombre de droits. En 1281, avec l'autorisation seigneuriale, les premiers consuls de la ville, au nombre de quatre, font leur apparition.

.Guillaume IV de Royn, évêque-comte de Grenoble de 1302 à 1337

En 1309, l’évêque Guillaume IV de Royn tente de passer outre les privilèges accordés aux Grenoblois mais une sédition éclate contre lui, les mécontents enfoncent les portes de l'évêché et maltraitent quelques-uns de ses officiers l'obligeant à s'enfuir quelques jours. Le dauphin Jean II absent de la ville au moment des faits, annule les poursuites judiciaires que l'évêque avait entamées.

.Jean de Chissé, évêque-comte de Grenoble de 1337 à 1354

La seigneurie de Chissé est située en Savoie dans le haut Faucigny, près de Sallanches. La souche de ses premiers possesseurs se partage en deux branches, dont l'une, après l'annexion du Faucigny au Dauphiné, va s'établir à Grenoble. Jean de Chissé, évêque de cette ville en 1337 est le conseiller intime d’Humbert II, dernier dauphin de Viennois qui sous son épiscopat cède le Dauphiné au roi de France. En théorie, le Dauphiné dont l’évêché de Grenoble et le comté de Grenoble restent des fiefs de l’empire.

.Rodolphe de Chissé, évêque-comte de Grenoble de 1354 à 1380, archevêque de Tarentaise de 1380 à 1385

Frère du précèdent. Assassiné dans son château en 1385.

.François de Conzié, évêque de Grenoble de 1380 à 1388, archevêque d’Arles de 1388 à 1390 puis archevêque de Toulouse de 1390 à 1391 et enfin archevêque de Narbonne en 1391. Patriarche de Constantinople en 1430, vicaire général du diocèse d’Avignon et Camérier du pape Clément VII,

La famille de Conzié est une des plus anciennes de Savoie ; oncle de Louis Aleman qui deviendra comme lui archevêque d’Arles. .Aimon de Chissé, évêque de Grenoble en 1388 Neveu de Rodolphe de Chissé ; fils de Girard de Chissé, trésorier général de Savoie. Il participe aux conférences pour l'extinction du schisme causé par la double élection d'Urbain et de Clément VII.

Comtes de Grenoble

Maison d’Albon (1029 à 1162)

.Guigues Ier dit le Vieux, seigneur d’Annonay, comte d’Albon de 1029 à vers 1075

Guigues I, dit le Vieux, est le premier Comte d’Albon. Epoux d’Adélaïde de Savoie Vers 1029-1030, l’archevêque de Lyon Brochard lui inféode le nord du comté de Vienne qu’il a reçu de la reine de Bourgogne-Provence et il acquiert le Grésivaudan et l’Oisans. Puis entre 1039 et 1043, Guigues Ier reçoit de l’empereur Henri III l’investiture du Briançonnais qui a été détaché en 1033 du diocèse de Maurienne par Conrad le Salique pour être rattaché à l’évêché d’Embrun. Il embrasse la vie religieuse à Cluny vers l’an 1063. La formation du Dauphiné est alors l’œuvre des comtes d’Albon, plus tard Dauphins de Viennois, qui ont l’habileté de réunir peu à peu sous leur autorité toutes les seigneuries voisines de leurs domaines. Mais ils doivent partager le pouvoir, en particulier la justice, avec les évêques de Vienne, Embrun, Grenoble et Gap.

.Guigues II dit "Le Gras", comte d’Albon et de Grenoble de 1075 à 1080

Fils du précédent. Marié en première noce avec Pétronille de Royans, puis en seconde noces avec Inès de Barcelone.

.Guigues III, comte d’Albon et de Grenoble de 1080 à 1120

Fils de Guigues II, il lui succède jusqu'en 1120. Son règne est marqué par la lutte continuelle qu'il livre au nouvel évêque de Grenoble, Hugues de Châteauneuf, pour la suzeraineté des biens d'église qu'il détient, notamment en Grésivaudan. Ce dernier soutient que les possessions des comtes d'Albon ont été usurpées à l'Église, avec l'aide de l'évêque Mallen. Finalement, un accord entre l'évêque et le comte est signé en 1099. Guigues restitue les églises et dîmes qu'il s'était approprié mais Hugues reconnait le partage des pouvoirs laïques et religieux sur Grenoble et sa région. Guigues III épouse Mathilde en 1095, qui est soit la fille d'Edgar Atheling soit la fille du comte Roger Ier de Sicile avec laquelle il a cinq enfants :

-Guigues IV, comte d'Albon .

-Humbert, archevêque de Vienne .

-Gersende, mariée à Guillaume III d'Urgel, comte de Forcalquier.

-Mathilde d'Albon, mariée vers 1135 à Amédée III, comte de Savoie.

-Béatrice d'Albon, mariée à Josserand de Die.

Le 13 janvier 1115, Rodolphe de La Salle contre-signe l'acte de concession des mines d'argent de La Rame (maintenant l'Argentière) par l’empereur Frédéric Barberousse au comte d'Albon.

.Guigues IV, comte d’Albon et de Grenoble de 1120 à 1142

Fils du précédent. Il est le premier à porter le titre de Dauphin dans un acte passé vers l’an 1140 entre lui et Hugues, l’évêque de Grenoble. Il épouse Marguerite, fille d’Etienne, Comte palatin ou plutôt, Administrateur du comté de Bourgogne, nièce du pape Calixte II avec laquelle il a pour enfants :

.Guigues futur Guigues V. .

.Béatrice, mariée à Aymar Ier de Poitiers, comte de Valentinois.

.Marquise, mariée à Guillaume VII d'Auvergne, comte d'Auvergne.

.Guigues V, comte d’Albon et de Grenoble de 1142 à 1162

Fils du précédent. À la mort de son père, Guigues V est trop jeune pour gouverner, c'est pourquoi sa mère Marguerite assure la régence jusqu'en 1153. À peine en âge de porter les armes, Guigues décide de venger son père en allant ravager les terres du comte de Savoie. Comme onze ans plus tôt, il met le siège devant Montmélian mais est mis en déroute par l'armée de secours du comte Humbert III de Savoie. L'évêque de Grenoble, Hugues II, intervient et une paix honorable pour les deux adversaires est conclue. La première expédition de Frédéric II en Italie affirme la puissance de son jeune empereur. Le 13 janvier 1155, Guigues V choisit, pour faire acte de soumission se rendant au camp impérial à Rivoli, non loin de Turin, pour rendre l’hommage à son suzerain l’empereur. En échange, il obtient de Frédéric la confirmation de tous les droits et privilèges que lui et ses prédécesseurs tenaient de l’Empire ; Frédéric y ajoute la concession d’une mine d’argent à Ramas et le droit de battre monnaie à Sézanne. Lors de la cérémonie, à côté de l’empereur se tient, Berthold de Zaehringen, vicaire impérial pour le royaume de Bourgogne-Provence qui céde à Guigues tous les droits qui pouvaient lui appartenir sur la ville de Vienne, et lui promet son concours pour écarter les prétentions du comte Guillaume de Mâcon sur cette ville. Cette concession servira plus tard de fondement aux droits que réclameront les dauphins dans leur longue lutte contre les archevêques de Vienne. En vertu de cette investiture, Il est le premier de sa maison à prendre le titre de Comte de Viennois. Extrait du diplôme de l'empereur officialisant cette reconnaissance des possessions de Guigues : « Au nom de la sainte et indivisible Trinité, Frédéric, par la clémence bienveillante de Dieu, roi des Romains,(…) nous faisons savoir à tous ceux qui sont fidèles au Christ et à notre règne, que nous concédons à notre fidèle Guigues dauphin, comte de Grenoble, tous les bénéfices héréditaires qu'il avait jusqu'alors possédés justement, librement et tranquillement (…) De plus, sur le conseil des princes, nous y ajoutons en bénéfice une mine d'argent qui est en notre possession à Rama, avec tout le profit qui peut en provenir (…).En outre, il a obtenu de notre majesté, le pouvoir (…) de fabriquer de la nouvelle monnaie, dans le village de Cesana, au pied du Mont-Joux, parce qu'aucune monnaie n'y était fabriquée auparavant (…). Guigues se montre brillant à la cour de l’empereur. Il meurt au château de Vizille en 1162, laissant encore à sa mère la régence du Dauphiné.

.Béatrice, dauphine du Viennois, comtesse d'Albon, de Grenoble, d'Oisans et de Briançon de 1162 à 1228,

Fille unique de Guigues V, lui succède sous la tutelle de Marguerite son aïeule. Elle épouse :

1) Albéric Taillefer, fils de Raymond V, comte de Toulouse pendant la jeunesse duquel Alphonse son oncle administra le Dauphiné.

2) Albéric étant mort sans lignée en 1180, Beatrix se remarie l’an 1184 à Hugues III, duc de Bourgogne qui meurt en 1192.

3) elle épouse alors en troisièmes noces, Hugues de Coligny, sire de Revermont.

Beatrix meurt en 1228 laissant de son deuxième mariage André qui suit, avec une fille nommée Mahaut et du troisième Marguerite, femme d’Amédée III, comte de Savoie. A sa mort en 1162, Marguerite reprend la régence et transmet le pouvoir au neveu de Guigues V, Guigues VI dit André.

Maison de Bourgogne (1192 à 1282)

André-Guigues VI (1184 -1237), dauphin de Viennois, comte d'Albon, de Grenoble, d'Oisans et de Briançon de 1228 à 1237

Fils de Beatrix et de Hugues III, duc de Bourgogne, il succède à sa mère. C’est lui qui prend le titre de dauphin en 1192. André-Guigues épouse :

1) Semnoresse, fille de Aymar de Valentinois dont il n’a pas d’enfant.

2) en 1202, Beatrix de Sabran de Castellar, dite de Claustral, petite fille de Guillaume V, comte de Forcalquier, d’Avignon d’Embrun et de Gap qu’il répudie en 1210 sous prétexte de parenté quoiqu’il ait une fille nommée Béatrix. Il acquiert nèammoins par ce mariage l’Embrunais et le Gapençais.

3) Béatrix de Montferrat dont il a Guigues, le futur Guigues VII. Béatrix, sa fille, étant veuve de ses deux maris lui fait cession de tout ce qui lui appartient. En 1225, il acquiert de Guillaume Ier, Dauphin d’Auvergne par acte du 9 octobre, les terres de Voreppe et de Varacieu. Guigues-André meurt le 5 mars 1237.

.Guigues VII (1225-1269), Dauphin du Viennois, comte d’Albon, de Grenoble, d’Oisans, de Briançon, de Gap et d’Embrun de 1237 à 1269

Fils et héritier du dauphin Guigues-André ; il épouse Béatrix, fils du comte de Savoie Pierre II et d'Agnès de Faucigny. Béatrice lui apporte en dot le Faucigny. En mars 1238, arrivent à Turin les représentants du jeune Dauphin Guigues VII, et avec eux les deux frères Jean et Aymon de Bernin, archevêques de Vienne et d’Embrun, les évêques de Grenoble et de Gap. Tout d’abord, deux diplômes y sont rendus au profit du Dauphin Guigues VII, encore placé sous la tutelle de sa mère Béatrice de Montferrat : l’un confirme à Béatrice et à son fils un péage en Viennois ; l’autre reproduit les privilèges des Dauphins, jadis reconnus par Frédéric Ier Barberousse, et déclare que ces seigneurs relèvent immédiatement de l’Empereur et de ses légats en Bourgogne. Guigues VII prend les titres de Dauphin de Viennois, de Comte d’Albon, de Gap et d’Embrun. L’an 1243, il rend hommage pour ses comtés de Vienne et l’an 1245, il reçoit de l’empereur Frédéric II, comme roi de Bourgogne-Provence, l’investiture des comtés de Gap et d’Embrun. L’empereur qui souhaite regagner à sa cause Guigues VII dans sa lutte contre le pape Innovent VI lui confirme par un acte daté de juin 1247 toutes ses acquisitions dans les comtés de Gap et d’Embrun et, de plus, lui concède les alleux situés dans ces deux comtés, ainsi que dans les comtés de Vienne, d’Albon et de Grenoble, sauf l’hommage et la fidélité que le Dauphin en doit à l’Empire. L’avantage est d’importance, si l’on considère que le Dauphin se trouve ainsi placé dans la hiérarchie féodale, au-dessus de tous les propriétaires d’alleux, qui cessent d’être ses pairs pour devenir ses inférieurs. L’empereur se rend à Verceil à l’été 1248. Son vassal Guigues VII est présent comme le comte de Savoie Amédée IV. Frédéric accorde à cette occaasion au dauphin une pension annuelle de trois cents onces d’or, payables par le Trésor impérial. Plus tard Guigues VII se heurte aux prétentions de Charles d’Anjou, sur les deux comtés, qui constituaient la dot de Béatrice de Sabran-Forcalquier, première épouse de Guigues VI. Guigues VI avait répudié sa première femme et avait conservé les comtés, qu'il avait transmis à son fils, issu d'un second mariage. Evidemment, Charles d'Anjou, héritier des comtes de Forcalquier, lui demande le retour des comtés. Charles est sur le point d’en venir à une guerre ouverte avec le Dauphin. Mais même dans sa famille, Charles d’Anjou rencontre de graves difficultés ; longtemps il doit lutter contre sa belle-mère, Béatrice de Savoie, veuve de Raymond Bérenger, qui l’accuse d’avoir lésé ses droits lors du règlement de la succession de Provence. Le roi Louis IX, gendre de Béatrice et frère de Charles, est tout naturellement désigné pour concilier ce différend : de concert avec les légats du pape Alexandre IV, il y travaille activement et réussit à y mettre fin par une sentence arbitrale que lui-même et les légats rendent à la fin de l’année 1256. La sentence, qui est ratifiée par le roi d’Angleterre Henri III, autre gendre de Béatrice, détermine l’étendue des droits qui doivent être attribués à titre de douaire à la veuve de Raymond Bérenger. Ce document contient une allusion à une autre querelle qui, sans la sage intervention du pape et du roi de France, risque de mettre en feu la Provence et le Dauphiné. Presque depuis le commencement du siècle les dauphins de Viennois prétendent avoir acquis le Gapençais des comtes de Forcalquier. Depuis lors, le comté de Forcalquier a été réuni à celui de Provence, et Charles d’Anjou se trouve être le représentant des anciens seigneurs du Gapençais ; à ce titre il conteste la prétention du dauphin Guigues VII. A la fin de l’année 1256, le conflit en arrive à une phase aiguë ; Charles d’Anjou menace, pour se faire justice, d’attaquer les domaines du Dauphin. Il faut tout le poids de l’autorité du pape et du roi pour l’arrêter. Alexandre IV va même jusqu’à ordonner aux archevêques d’Embrun, de Vienne et d’Aix, et aux évêques de Grenoble et de Gap, de prêter assistance à Guigues contre toute agression. Enfin les deux parties consentent à accepter un compromis : l’affaire est remise à la décision de Barral de Baux, arbitre choisi par le comte de Provence, et de Jean de Bernin, archevêque de Vienne. Le 17 juillet 1257 les arbitres rendent leur jugement qui maintient le Gapençais au Dauphin à charge d’en faire hommage au comte de Provence, Guigues conservant la suzeraineté sur Embrun. Mais cette sentence fait naître un nouveau différent soulevé par l’Archevêque d’Embrun, qui prétend qu’il porte atteinte à ses droits. Le pape se déclare en faveur du prélat et l’affaire n’est pas réglée avant le décès de Guigues VII fin 1269.

.Jean I, Dauphin du Viennois, Comte d’Albon, de Grenoble de Grésivaudan, de Gapençais, d’Oisans, de Briançon et d'Embrun, baron de Faucigny de 1269 à 1281

Fils du précédent ; il lui succède sous la tutelle de sa mère Béatrix de Savoie.

En 1269, il rend hommage pour ses possessions à Charles Ier, comte de Provence et roi de Sicile. Jean meurt en 1281.

Maison de la Tour du Pin (1282 à 1349)

Lorsque, après la mort de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, les évêques et les comtes, profitant de la faiblesse et de l'éloignement des empereurs appelés à recueillir la succession de ce prince, s'emparent, les uns des villes de leurs sièges, les autres des terres de leurs gouvernements, une foule de petits souverains apparait sur le territoire du Dauphiné. Les guerres qu’ont dû soutenir l'empereur Conrad et ses successeurs, en Allemagne et en Italie, ont permis à raffermir ces seigneurs dans leur usurpation .L’un d'eux est le baron de la Tour, qui, à l'exemple des prélats et des autres grands du pays, se rend maître de la partie actuelle du département de l'Isère entre le Rhône et la Bourbre, jusqu'à Charpieu, près de Lyon, et dont la capitale était la Tour-du-Pin. La baronnie de la Tour comprenait la terre de ce nom, celles de Quirieu, de Bourgoin, de Maubec, de Faverges, de Falavier, de Saint-Jean-de-Bournay, de Châtonnay, de Mézieu, de Puisignan, des Eparres, de Virieu, de Dolomieu, d'Anthon et de l'île de Crémieu ; elle s'étendait, au-delà du Rhône, dans la Bresse et dans le Bugey. Elle s'accrut, plus tard, des seigneuries de Revermont et de Coligny, dans la première de ces deux provinces, par le mariage d'Albert III avec l'héritière de ces deux dernières terres. Une étendue de territoire aussi considérable, des traités et des alliances que firent les barons de la Tour avec ceux de leurs voisins les plus puissants, les placèrent de bonne heure à côté des Dauphins ; ils recherchèrent surtout la faveur et l'amitié de ces princes, jusqu'à ce qu'enfin l'un d'eux, ayant obtenu la main de l'héritière de leurs états, ils leur succédèrent dans leur puissance et dans leur principauté. Le nom de celui qui, le premier, gouverne la baronnie de la Tour n'est plus connu de même que de ses successeurs, jusqu'à un dénommé Berlion ou Berillon, mentionné dans un acte du prieuré d'Innimont, en 1107. Son fils Giraud ou Geraud, lui succède puis son fils Albert Ier, baron de la Tour du Pin à sa mort, la terre de la Tour est partagée entre ses fils, Albert et Berlion : le château reste en entier au pouvoir du premier, qui était l'aîné. Albert II, baron de la Tour du Pin épouse Marie, fille de Robert V, comte d'Auvergne ; il vit en 1190 et en 1202. Albert III, baron de la Tour du Pin, fils d'Albert II, et de Béatrix de Coligny.

Albert IV, baron de la Tour du Pin, fils d’Albert III lui succède et ne survit que cinq ans; il obtient de l’empereur Frédéric II, par des lettres-patentes, datées de Parme, du mois de septembre 1245, la confirmation d'un droit de péage dans la terre de la Tour, accordé autrefois par les empereurs à ses prédécesseurs ; lettres qui prouve que cette terre relève immédiatement de l'empire. C'est lui qu'Alphonse, roi de Léon et de Castille, nommé empereur en 1257, nomme, cette année, son sénéchal des royaumes de Bourgogne-Provence, avec pouvoir d'en exercer les fonctions lorsqu'il se rend à sa cour. Ce baron meurt en 1264.

.Anne, dauphine du Viennois, comtesse d’Albon, de Grenoble et de Gap de 1281 à 1306

Fille du dauphin Guigues VII, sœur aînée du dauphin Jean, elle se met en possession du Dauphiné après la mort de son frère. Mariée depuis le 1er septembre 1273 à :

.Humbert, baron de La Tour du Pin (? - 1306)

Frère du baron de la Tour du Pin Albert IV, sénéchal du royaume de Bourgogne-Provence.

Le jour même de la mort du jeune Dauphin Jean, sa mère Béatrice, dame de Faucigny, investit de ses possessions dans cette province son petit-fils Jean, fils d’Anne et Humbert de la Tour du Pin, si l’héritage du Dauphiné n’échappe point à la maison de la Tour. Cette libéralité assure pour l’avenir la réunion dans les mêmes mains du Dauphiné et du Faucigny ce qui évidemment ne peut plaire aux comtes de Savoie, peu désireux de voir ainsi s’accroître la puissance de leurs rivaux. Béatrice le prévoit, et pour mieux assurer l’effet de sa libéralité, elle s’adresse au représentant du pouvoir impérial. Le 24 septembre 1282, Hermann de Baldeck, qui porte le titre de bailli général de l’Empire pour le Royaume de Bourgogne-Provence , assiste à la cérémonie de l’investiture du Faucigny, que Béatrice donne à son petit-fils par le procédé traditionnel de la festuca ; il prend l’enfant sur ses genoux, pendant que Béatrice lui adresse ces paroles :

« Beau-fils Jean, je te place sous la garde et la protection du sérénissime seigneur Rodolphe, roi des Romains, qui te maintiendra et te défendra dans la possession de tous ces biens ». Humbert prend le titre de Dauphin mais ce titre lui est contesté par Robert II, Duc de Bourgogne, qui prétend succéder au Dauphin Jean, comme plus proche héritier de la ligne masculine. Cette prétention occasionne divers combats assez sanglants et plusieurs sièges. L’empereur Rodolphe de Habsbourg éprouve quelque embarras dans cette affaire. Ses sympathies vont à Humbert de la Tour ; de plus, il est en quelque façon engagé à le protéger, lui et les siens, pour leur avoir donné sa protection par l’entremise de son bailli Hermann de Baldeck. Cela paraît d’autant plus probable que l’année suivante, en 1283, Rodolphe parvient, à faire une campagne décisive contre le comte Philippe de Savoie. Les hostilités se terminent par un traité du 10 décembre 1283, totalement désavantageux à la maison de Savoie. Le comte de Savoie doit restituer à l’empereur Rodolphe de Habsbourg, Morat, Gümminen et ses droits sur Porrentruy. Les Habsbourg triomphent dans la Suisse occidentale qui fait partie alors du Royaume de Bourgogne-Provence; Rodolphe cependant ne semble pas pressé de consommer sa victoire en élevant la famille de la Tour du Pin pour l’opposer la maison de Savoie. En effet d’abord Béatrice de Faucigny, veut revenir sur sa donation et remplit, devant le tribunal de deux abbés délégués par Rodolphe, les formalités nécessaires pour arriver à la révocation de sa libéralité. De plus, un événement imprévu rapproche Rodolphe le roi des ennemis du Dauphin. En effet, sans doute en vue de resserrer les liens qui l’attachent à la dynastie Capétienne et d’affermir sa propre influence dans l’est de la France, Rodolphe, alors âgé de soixante-six ans, a demandé et obtenu la main de la jeune Isabelle de Bourgogne, sœur du duc Robert, qui devient ainsi le beau-frère de l’Empereur, et le dernier représentant mâle de l’ancienne race des Dauphins, partant le rival d’Humbert de la Tour ; or, au moment de la célébration de son mariage, c’est-à-dire en février 1284, Rodolphe de Habsbourg, sans s’inquiéter de ses anciennes relations avec la famille de la Tour, accorde à Robert de Bourgogne l’investiture du Dauphiné. Aussi la guerre fait rage entre le duc de Bourgogne aidé du comte de Savoie et le Dauphin appuyé par son auxiliaire le comte de Valentinois. Cependant Rodolphe n’est pas sans regretter cette lutte entre des seigneurs qui de part et d’autre lui tiennent de près ; le 17 mars 1284 par une lettre adressée à Humbert de la Tour, auquel il donne le titre contesté de Dauphin, comte de Vienne et d’Albon, il l’invite à venir à sa cour afin de chercher les moyens de rétablir la paix ; à l’aller et au retour, il lut assure le libre passage sur toutes les terres autres que celles du comte de Savoie. L’intervention demeure sans effet ; la lutte continue jusqu’à ce que la médiation puissante du roi de France Philippe le Bel qui engage les parties à conclure à Paris le 25 janvier 1285 un accommodement par lequel Humbert demeure possesseur du Dauphiné au moyen de la cession qu’il fait à Robert des terres de Coligny et de Revermont. Humbert garde le Dauphiné en abandonnant à son adversaire diverses possessions dont les plus importantes sont les seigneuries de sa famille au-delà de l’Ain ; il s’oblige en outre à payer au duc de Bourgogne une indemnité de vingt mille livres tournois. Cette dette est une lourde charge pour Humbert : il lui faut, pour s’en acquitter, recourir à la bourse de son fidèle allié le comte Aymar de Valentinois. D’ailleurs le roi Philippe le Bel ne perd pas de vue le traité de paix dont il a obtenu la conclusion pendant les années qui suivent, les officiers royaux s’occupent d’en assurer l’exécution. Maintenant le roi de France, dont l’influence déjà puissante sur les comtes de Valentinois vient de s’affermir en Dauphiné, ne néglige aucun moyen de faire respecter son autorité ; dès 1287, il a établi sur les frontières du royaume, pour protéger ses droits et sans doute aussi pour saisir tous les prétextes de les étendre, un représentant qui porte le titre de bailli royal dans les diocèses du Puy, de Vienne, de Valence et de Viviers : c’est peut-être une imitation du bailli impérial que Rodolphe de Habsbourg a chargé de le représenter en Bourgogne. En tous cas cet agent fait sentir aux seigneurs voisins, même aux plus puissants, tout le poids de la main de son maître ; il traite le Dauphin et le comte de Valentinois comme des sujets, les cite devant sa juridiction et leur inflige, des amendes quand il constate sur leurs domaines des infractions aux ordonnances royales, par exemple des duels où le port d’armes prohibées. En toutes ces affaires, la politique de l’empereur Rodolphe n’a pas été heureuse ; grâce à son alliance, avec le duc de Bourgogne, il a jeté dans les bras de Philippe le Bel le Dauphin et le comte de Valentinois. S’il ne réussit pas à conserver ses alliés naturels, encore moins parvenait-il à rallier à sa cause des ennemis invétérés tels que les Savoyards. Cependant il essaye d’exploiter à son profit la discorde jetée dans la maison de Savoie par l’ouverture de la succession du comte Philippe mort le 17 aout 1285. Philippe a pris le parti de s’en rapporter au jugement d’un tiers et par son testament il déclare remettre l’affaire aux mains, non pas du roi des Romains Rodolphe, mais d’Edouard Ier, roi d’Angleterre et de sa mère Éléonore. Depuis longtemps Louis de Savoie bénéficie des bonnes grâces de Rodolphe ; déjà un diplôme de 1284 témoigne en quelle faveur le tient le roi des Romains. Sans doute sous l’influence des exécuteurs testamentaires, des arbitres furent nommés pour décider entre les prétentions rivales d’Amédée et de Louis l’inclination personnelle du roi des Romains fut pour peu de chose dans leur décision. Amédée est désigné pour succéder au comte de Savoie, et Louis doit se contenter de possessions importantes, situées notamment dans le pays de Vaud ; il est obligé d’en rendre hommage à son frère aîné. Encore une fois la Savoie retrouve un souverain peu sympathique à la maison de Habsbourg. Amédée V, comte de Savoie qui a pris le parti du Duc de Bourgogne, est en conflit par ailleurs avec le Dauphin Humbert au sujet de la Baronnie de la Tour du Pin et d’autres terres qu’il prétend relever de lui. En 1291, Humbert et plusieurs prélats du Royaume de Bourgogne-Provence viennent trouver l’empereur Rodolphe à Morat pour lui rendre leur hommage ; Humbert remporte de ce voyage l’avouerie de l’Abbaye de St Claude que Rodolphe lui confère pour la tenir comme Sénéchal du Royaume de Bourgogne ainsi que ses successeurs. Le comte Amédée IV attire dans son parti Louis, baron de Vaud, son frère, seigneur de Gex, et l’Abbé d’Ambournai avec lesquels il forme une ligue contre le Dauphin Humbert. Celui-ci, de son côté bénéficie de l’alliance de l’Archevêque et du chapitre de Vienne, de l’evêque de Valence, de Jean Chalon, baron d’Arlay et du comte de Valentinois. Le 9 décembre 1289, Anne et son époux Humbert voulant assurer leur succession à leur fils Jean, lui font donation, de leurs états en se réservant l’usufruit des revenus. Le comte de Savoie et le dauphin Humbert, après avoir fait divers compromis qui suspendent les hostilités sans les terminer, s’accordent enfin, au mois de juin 1293 par un traité. Les querelles et les hostilités s’étant renouvelées entre le comte de Savoie et le dauphin, ils conviennent après s’être fait réciproquement beaucoup de mal, de prendre pour arbitre Charles de Valois, frère du Roi de France, lorsqu’il passe dans leurs Etats, pour aller au secours du Roi de Naples son cousin. L’acte du compromis signé près de Montmeillan est de juillet 1301. Charles de Valois ordonne préalablement la cessation de toute hostilité ; mais il est mal obéit, comme on le voit par ses lettres datées de Tournus, à son retour, le 22 janvier 1302. Le Dauphin Humbert décide en Septembre 1306, de se retirer à la Chartreuse de Val Sainte-Marie au diocèse de Valence. Il y meurt le 12 avril de l’année suivante.

.Jean II, dauphin du Viennois, comte d’Albon et de Gap de 1306 à 1319

Fils d’Humbert et de Béatrix. Il reçoit, le 18 Avril 1307 après l’inhumation de son père, l’hommage des seigneurs du Dauphiné qui assistent à cette cérémonie. Il ajoute à ses possessions celle du Comté de Genève dont le Comte Guillaume lui fait hommage lige le 16 juin 1316. Jean s’étant rendu à la Cour d’Avignon, meurt à son retour, le 5 mars 1319 à l’âge de 38 ans.

.Guigues VIII, dauphin du Viennois, comte d’Albon et de Gap de 1319 à 1333

Fils aîné de Jean II. Il lui succède à l’âge de neuf ans, sous la tutelle et régence d’Henri de la Tour, son oncle, élu évêque de Metz.

L’an 1323, il épouse le 17 Mai, Isabelle fille du roi Philippe le Long à laquelle il a été fiancé dès le 16 juin 1316. En 1325, Guigues se déclare pour Hugues de Genève, seigneur d’Authon, son vassal contre Edouard, comte de Savoie qui lui fait la guerre. Edouard les bat deux fois ; mais la même année, ils remportent sur lui une victoire considérable, le 9 Août, dans la plaine de Saint Jean le Vieux, devant le château de Varei dont il faisait le siège. A la suite de cette victoire des arbitres choisis de part et d’autre parviennent à établir une paix solide entre elles par un traité qu’elles concluent le 7 Mai. Entre les prisonniers que fait le Dauphin, les plus importants sont Jean de Chalon, comte d’Auxerre, Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre et Guichard, sire de Beaujeux qu’il ne relâche que longtemps après et moyennant de fortes rançons. En 1328, après une trêve conclue avec Edouard, par ordre du roi Philippe de Valois, Guigues, accompagné de Henri, son oncle, suit le roi de France en Flandres et combat à la bataille de Montcassel, le 28 Août de cette année. Aymon de Savoie, successeur d’Edouard, ayant recommencé la guerre contre le Dauphin, Guigues va assiéger le château de la Perrière. Il y reçoit une blessure dont il meurt le lendemain, 28 juillet 1333.

.Humbert II (1312- 1335), baron de Faucigny de 1328 à 1335, dauphin du Viennois de 1333 à 1349

Fils de Jean II et de Béatrice de Hongrie ; frère de Guigues VIII.

Il est depuis 1328, en Hongrie ou il est allé pour recueillir la succession de Clémence de Hongrie, veuve de Louis le Hutin, roi de France, sa tante, qui l’a institué son héritier universel. De là, étant passé à Naples, il y a épousé en 1332, Marie de Baux. Pendant son absence, Béatrix de Viennois, sa tante, exerce la Régence du Dauphiné avec les principaux seigneurs du pays. Le 20 juin 1337, il nomme Agoult des Baux, oncle de son épouse, administrateur de ses finances privées. Après la perte de son fils unique André, il abandonne vite l'espoir d'avoir une descendance et projette dès 1337 de céder son héritage. Humbert II ambitionne de devenir roi de Bourgogne-Provence ; une lettre d’Edouard III, roi d’Angleterre, à l’empereur Louis de Bavière, du 3 mars 1338, le supplie d’accorder au Dauphin ce titre de Roi de Bourgogne-Provence. Louis de Bavière est d’autant plus prêt à accéder à cette demande qu’il obtient par là un nouveau partisan dont il a grand besoin dans les conjonctures critiques où il se trouve. Mais, Humbert, faisant ensuite réflexion qu’en acceptant cette faveur, il va se compromettre avec la Cour Pontificale, siégeant alors à Avignon, et ennemie déclarée de Louis de Bavière qu’elle refuse de reconnaître pour empereur, ne juge pas à propos d’en faire usage. Le rôle d’Agoult des Baux s’amplifie lors des négociations de paix entre le Dauphin et Vienne, en juillet 1338, à la suite de la révolte des Viennois. Au cours de l’été, Humbert doit emprunter 30 000 florins au pape pour solder ses troupes et donner en gage ses terres. Le roi de France Philippe VI et son conseiller l’archevêque de Rouen, Pierre Roger sentent qu’il y a l’opportunité d’acheter ; le roi de France soutient alors l’accession de son conseiller à la pourpre cardinalice ; le pape Benoît XII nomme celui-ci cardinal par lettre bullée, en date du 12 décembre 1338. Les difficultés financières s'accumulant, Humbert fait procéder à l'inventaire de ses biens en 1339 dans le but de les vendre au pape Benoît XII. Celui-ci lui en offre d’abord 150 000 florins tout en décidant d’enquêter sur les revenus domaniaux du Dauphin. L’archevêque de Rouen arrive à Avignon le 5 mai 1339 et reçoit, le 12, le chapeau de cardinal. Entretemps de janvier à juillet 1339, Jean de Cojordan, évêque d'Avignon, trésorier pontifical, et Jean d’Arpadelle, chapelain du pape, parcoururent le Viennois et le Briançonnais. Ils estiment les revenus annuels du Dauphin à 27 970 florins, ce qui donne une valeur théorique de vente pour le Dauphiné de 559 400 florins. La transaction avec le pape échoue. Humbert vivant au-dessus de ses revenus, est obligé de recourir aux emprunts. En 1340, il est redevable depuis plusieurs années envers la Chambre Apostolique de 16 mille florins dont il diffère le remboursement. En octobre 1340, il demande un délai de paiement. Mais il n’entend pas pour autant négliger d’exercer l’autorité qu’il s’est fait accorder dans Vienne par le chapitre et les habitants de la ville. Philippe VI engage alors à son service Agoult des Baux qu’il nomme le 30 octobre 1340 sénéchal de Beaucaire. De son côté, l’archevêque de Vienne s’étant pourvu devant la cour d’Avignon, obtient de Benoit XII une Bulle en date du 12 décembre 1340, qui déclare nulle la cession que le chapitre avait faite au Dauphin sur les droits de la ville. En août 1341, Humbert est toujours débiteur de 16 200 florins. Le cardinal Pierre Roger intervient auprès de Benoît XII qu’il persuade d’excommunier le mauvais payeur. Affolé le pieux Humbert offre alors au pape de couvrir sa dette en donnant au Saint-Siège quelques-uns de ses fiefs. Toujours conseillé par Pierre Roger, Benoît XII fait une réponse négative à l’ambassade delphinale. Sans héritier, endetté jusqu’au cou, rejeté de l’Église, Humbert II devient une proie facile pour le royaume de France. Le roi de France Philippe gagne ses officiers, et les engage à le persuader de faire cession de ses états à la France, sous la promesse d’en recevoir une compensation qui le mettrait en état de passer heureusement le reste de ses jours. La négociation réussit. L’an 1343, par un traité qui est ratifié à Vincennes le 23 Avril. Humbert fait donation de tous ses états à Philippe, duc d’Orléans, fils puîné du roi, lui substituant, faute d’héritiers, l’un des fils de Jean de France, duc de Normandie, tel qu’il plairait au roi de nommer. Mais, l’année suivante, on fait, en présence du Pape, le 9 Juin à Avignon, un autre traité par lequel Humbert fait donation entre vifs, pure et irrévocable, de tous ses états en faveur de Jean, duc de Normandie ou de l’un de ses enfants, sous la condition que son successeur aux dits Etats conserverait aux Dauphinois leurs privilèges ; ce qui est confirmé par deux bulles du Pape Clément VI données le 9 Juillet et le 11 Septembre suivant (Il est remarquable que le Pape donne ces bulles par l’autorité tant impériale que pontificale, regardant la première de ces deux autorités comme dévolues au Saint Siège par l’excommunication de Louis de Bavière qui rendait, selon lui, l’Empire vacant).Cent vingt mille florins d’or et dix mille livres de pension viagère sont le prix de la libéralité du Dauphin envers la France. Le Pape ayant ordonné une Croisade contre les Turcs, Humbert demande et obtient d’en être nommé le chef. Revêtu de ce titre; il s’embarque le 2 septembre à Marseille. Ayant abordé à Nègrepont, il entre de là en Asie. Après quelques avantages remportés l’année suivante sur les infidèles, il reçoit un ordre du Pape de faire une trêve avec eux. Alors, il remet à la voile pour son retour, et perd à Rhodes, dans le mois de mars ou d'avril 1347 son épouse, qui l’avait accompagnée. Il envisage de se remarier ; et comme les traités qu’il a faits avec la France n’offrent qu’une succession éventuelle, ce projet de remariage inquiète le roi de France. Une nouvelle négociation s’engage qui aboutit au traité signé le 30 mars 1349 à Romans.

.Charles Ier, dauphin du Viennois de 1349 à 1364, vicaire impérial, roi de de France en 1364 à 1380

Fils du roi de France Jean II le Bon et neveu de l'empereur Charles IV de Luxembourg.

Le 16 juillet 1349, à Lyon, en présence de Jean, duc de Normandie, fils aîné du roi de France et futur roi Jean II dit le Bon, Humbert abdique de tous ses états en faveur de Charles de France, fils aîné de Jean et de Bonne de Luxembourg, elle-même sœur ainée de l’empereur Charles IV de Luxembourg qu’il investit sur le champ en lui donnant l’ancienne épée du Dauphiné et la bannière de St Georges. Le même jour, le nouveau Dauphin, par un acte particulier, fait entre les mains de l’évêque de Grenoble, représentant le corps de l’Etat, le serment de conserver les libertés, coutumes et privilèges du Dauphiné. Le 13 du même mois, Charles rend hommage à la cathédrale de Lyon à l’archevêque Henri de Villars et à son chapitre, pour différentes parties du Dauphiné qui relèvent de cette église. Le 2 août de la même année, il rend hommage à l’église de Vienne ; et, dans le mois de décembre suivant, il fait à Grenoble son entrée en présence d’Humbert. Humbert abdique officiellement le 1er février 1350 en présence des principaux seigneurs du pays assemblés dans le couvent des Dominicains de Grenoble auxquels il déclare par un discours également ferme et touchant " qu’à l’avenir ils eussent à reconnaître Charles de France pour leur légitime Souverain. " La même année, Humbert s’étant rendu à Avignon pour être promu aux Ordres Sacrés, il les reçoit tous, dans l’intervalle des trois messes de Noël, de la main du Pape. Cette précipitation dont le prétexte était d’honorer davantage le Dauphin alors que le vrai motif est de l’empêcher de rentrer dans le monde, comme le bruit court qu’il en a l’intention, est suggéré par la Cour de France avec laquelle Clément VI agit toujours de concert dans cette affaire. Pour la tranquilliser parfaitement sur le compte d’Humbert, huit jours après il le sacre Patriarche-Latin d’Alexandrie. Le roi le fait pourvoir, en 1352 de l’administration de l’Archevêché de Reims et le nomme le 25 janvier 1354, évêque de Paris. Mais Humbert se démet du soin de l’église de Reims, le 22 février suivant, entre les mains du Pape, renonce à l’évêché de Paris et se retire à Clermont en Auvergne, dans le couvent de son ordre où il meurt le 22 mai 1355. Le Dauphiné n’étant pas incorporé au domaine royal français, Charles doit rendre hommage à Metz pour le Dauphiné et en reçoit l’investiture par l’empereur Charles IV de Luxembourg. Par lettres du 1er Janvier 1357 adressée au dauphin Charles, fils du roi Charles V, il lui accorde la confirmation de tous les droits et privilèges que les Dauphins de Viennois tenaient de ses prédécesseurs. L’empereur Charles IV est couronné en 1365, roi de Bourgogne-Provence dans la cathédrale Saint Trophime d’Arles et en 1378, par lettres données à Paris le 7 Janvier, il nomme Vicaire à titre viager pour le Dauphiné et une partie de la Provence, le dauphin Charles ; et le 23 du même mois ce dernier donne commission au Gouverneur du Dauphiné, Charles de Bouville d’exécuter les lettres de l’empereur. Ce nouveau pouvoir va permettre à Bouville de se mêler des affaires du comte de Valentinois et Diois, Louis de Poitiers. En 1389 encore le dauphin Charles, futur roi Charles V arbore l’emblème du Dauphiné comportant le dauphin dans deux quarts et les aigles impériales dans les deux autres ; ce n’est que postérieurement sous l’ordre du roi François Ier que les aigles seront remplacées par les lys de France. En 1426, le roi Charles VI cède le Dauphiné au Dauphin Louis, son fils, qui n’a que trois ans ; cession qu’il confirme l’an 1440. Mais jusqu’en 1457, année où Charles VII l’intègre au Royaume, le Dauphiné demeure une principauté séparée de la France.

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Published by Parti imperial romain europeen
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:47
Histoire de l’Archevêché de Lyon / Duché - Comté de Lyon, terres d'empire de 1032 à 1312

Au partage de Verdun de 843, le Duché de Lyon composé du comté de Lyon et de celui de Vienne est attribuée au Royaume de Francie Médiane puis au décès de l’empereur Lothaire Ier au Royaume de Bourgogne Cisjurane attribué à son fils Charles de Provence en 863.

Boson qui se fait proclamer roi de Provence en 879, s’empare en 886 de Lyon et de Vienne en battant et tuant Bernard, comte d’Auvergne, duc d’Aquitaine et gouverneur du Lyonnais. En 888, Rodolphe Ier fonde le Royaume de Bourgogne Transjurane. Le fils de Bernard, Guillaume duc d’Aquitaine reprend vers 905 le comté de Lyon dont il fait hommage au roi Charles le Simple. Dès la mort de Guillaume d’Aquitaine en 918, Hugues d’Arles, gouverneur du royaume de Provence, s’empare de Lyon et y installe le dénommé Guillaume, premier comte de Lyon.

La suzeraineté sur le comté de Lyon passe d’Hugues d’Arles à Hugues le Noir en 926 puis en 933 au roi de Bourgogne Rodolphe II avec le rattachement du Royaume de Provence au Royaume de Bourgogne.

Au Xe siècle, les comtes de Lyon sont les seigneurs suzerains de la ville de Lyon.

En 962, Othon le Grand roi de Francie Orientale (Germanie) restaure l’empire sous le nom d’Empire romain germanique. Vers l’an 1000, l’archevêque Burchard, frère du roi Rodolphe III repousse les limites de son comté du Lyonnais vers Feurs et Roanne. En 1032, meurt le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe III ; il lègue son royaume à son beau-frère Conrad le Salique, empereur romain germanique de sorte que les comtés de Lyonnais et de Forez intègrent l’ Empire mais une de ses sœurs épouse du capétien Robert II le Pieux a eu de son premier mariage avec le comte de Blois, un fils Eudes qui s’estime l’héritier du comté du Lyonnais ; en 1035, il échoue contre les troupes impériales mais deux ans plus tard, il réussit à s’emparer de Lyon. Mais peu de temps après, il est tué en Lorraine. Le roi de France et l’empereur finissent par s’entendre.

Dès lors, Lyon est tiraillée par les luttes entre le comte de Forez, vassal du roi de France et l'archevêque, vassal du Saint Empire. Néanmoins « l'Eglise de Lyon » (archevêque et chapitre cathédral des chanoines de Saint Jean) se trouve, au XIe siècle, en état de revendiquer l'autorité sur le comté de Lyon, que lui disputait le comte de Forez.

Comtes de Lyon :

.Guillaume Ier de Lyon, comte de Lyon vers 902 à 926

.Guillaume II de Lyon, comte de Lyon vers 926 à 945

.Artaud Ier de Lyon, comte de Lyon de 945 à 960

Frère du précédent.

.Gérard Ier, comte de Lyon de 960 à 990

Fils du précédent.

.Artaud II de Lyon, comte de Lyon de 990 à 1011

Fils du précédent.

.Artaud III de Lyon, comte de Lyon de 1011 à 1014

Fils du précédent.

.Artaud IV, comte de Lyon de 1014 à 1017

Fils du précédent.

.Gérard II de Lyon, comte de Lyon de 1017 à 1050

Frère du précédent.

.Artaud V de Lyon, comte de Lyon de 1050 à 1079

Fils du précédent.

.Guillaume III de Lyon l'Ancien, comte de Lyon de 1079 à 1097

Fils du précédent

.Guillaume IV de Lyon, comte de Lyon de 1097 à 1107

Fils du précédent.

Maison d'Albon

.Guigues Ier, comte de Lyon et de Forez de 1107 à 1138,

Fils de Guigues-Raymond de Forez (fils de Guigues II d'Albon) et de Ide-Raymonde (fille d'Artaud, dernier comte de Lyon). Cousin du précédent. Marié à Marie, comtesse de Beaujeu, fille de Guichard III, seigneur de Beaujeu.

.Guigues II ( ?-6 décembre 1206), comte de Lyon et de Forez de 1138 à 1173, comte de Forez jusqu’en 1198

Fils du précédent. Il est confié par son père au roi Louis VII qui le prend sous sa protection et le fait élever à la cour.

C'est avec lui que naissent les litiges entre le Comté de Forez et les Sires de Beaujeu au sujet de leurs terres respectives. En outre en 1157, l'empereur Frédéric Barberousse accorde à l'archevêque Héracle de Montboissier une bulle d'or lui accordant la souveraineté totale sur Lyon et la partie du Lyonnais situé à l’est de la Saône, dont il prive Guigues excluant toute ingérence de celui-ci par la formule : « Que nul comte ou juge ne s'avise de faire la loi sur ces terres, sinon l'archevêque et primat de Lyon ».Dépossédé donc de ses droits sur Lyon par l’empereur, Guigues entre en conflit avec l'archevêque Héracle de Montboissier. Avec le soutien du roi Louis VII, du pape Alexandre III et l'élection comme archevêque de Guichard de Pontigny, il récupère ses droits par un premier accord en 1167 mais en 1173, un deuxième accord connu sous le nom de permutatio est signé par lequel Guigues renonce à la majeure partie de ses droits sur le Lyonnais qui relève dès lors de la juridiction temporelle de l'archevêque et un échange de terres afin de créer des domaines plus homogènes est effectué. Ainsi, l'Église de Lyon abandonne ses possessions temporelles dans la vallée de la Loire alors que le comte de Forez renonce à ses possessions dans le Lyonnais. Marié à Ermengarde, il a trois enfants :

.Guigues III, à qui il abandonne le comté de Forez peu de temps avant de mourir.

.Renaud, futur archevêque de Lyon.

.Humbert, futur chanoine de Lyon.

.Guigues III, comte de Forez de 1198 à 1203

Fils du précèdent. Il laisse cinq enfants :

.Guigues IV, qui lui succède

.Marquise de Forez, mariée à Guy VI, vicomte de Thiern

.Guigonne de Forez, comtesse de Vienne en Dauphiné et mariée à Géraud II de Mâcon, comte de Mâcon et de Vienne; elle cède ses droits sur le Forez en 1230 à son neveu Guigues

.Eléonore de Forez, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne

.Renaud de Forez, chanoine de l'église de Lyon.

À la mort de Guigues III en 1203, c’est son frère Renaud, alors archevêque de Lyon qui assure la tutelle du futur Guigues IV de Forez. Après lui, le titre de comte de Lyon appartient au chapitre de la cathédrale St Jean de Lyon, les membres sont chanoines-comtes de Lyon.

Archevêques :

.Burchard II ( ?- 1031), comte-archevêque de Lyon de 978 à 1033, Archichancelier du royaume de Bourgogne-Provence.

Fils bâtard de Conrad le Pacifique et d’Aldiud. Demi-frère de Rodolphe III de Bourgogne. Neveu de Burchard Ier, archevêque de Lyon, auquel il succède après le décès d'Amblard.

Son archidiocèse a pour suffragants deux autres diocèses situés dans le royaume de Bourgogne, ceux de Chalon et de Macon qui comme lui sont à partir de l’intégration du Royaume de Bourgogne à l’empire à cheval sur la frontière entre ce dernier et celui de Francie Occidentale (future France). La plupart de leurs évêques sont issus de maisons nobles bourguignonnes devenues vassales de l’empire.

.Burchard III, comte-archevêque de Lyon de 1033 à 1034

.Odolric, comte-archevêque de Lyon de 1041 à 1046 .Halinard, comte-archevêque de Lyon de 1046 à 1052

.Humbert I, comte-archevêque de Lyon de 1052 à 1056

.Geoffroy de Vergy, comte-archevêque de Lyon en 1063

Il appartient à la seconde maison de Vergy, importante maison noble de Bourgogne issue d'Eudes et Henri, fils naturels d'Eudes-Henri Ier, duc de Bourgogne.

.Humbert II, comte-archevêque de Lyon de 1070 à 1076

En 1073, Humbert veut établir son pouvoir temporel sur l’ensemble de son diocèse ce que n’apprécie pas Artaud III comte de Forez et de Lyon, allié d’Humbert II sire de Beaujeu. Cette rivalité se termine par la déposition de l’archevêque accusé de Simonie.

.Gébuin (dit Jubin, saint), comte-archevêque de Lyon de 1077 à 1082, premier primat des Gaules.

En 1079, il reçoit du Pape Grégoire VII, le titre de Primat des Gaules ce qui renforce son autorité.

.Hugues de Bourgogne ou de Romans, (vers 1040- 1106) évêque de Die puis, de 1083 à 1106, comte-archevêque de Lyon, primat des Gaules

Pressenti pour devenir pape après la mort de Grégoire VII, il s'oppose à Didier, abbé du Mont-Cassin, qui est finalement élu sous le nom de Victor III. Au concile de Bénévent en août 1087, ce dernier l'excommunie. Mais le pape Urbain II (1088-1099) le réhabilite et il retrouve ses pouvoirs de légat. Il va en particulier traiter de la question de l'adultère royal de Philippe Ier qui a enlevé Bertrade de Montfort. En octobre 1094, c'est sous sa présidence que le concile d'Autun, réuni à sa demande, excommunie le roi de France, excommunication confirmée par le pape lui-même au concile de Clermont en 1095 ; l'interdit est jeté sur le royaume de 1096 à 1104. A partir de son règne, le titre de comte de Lyon et le pouvoir comtal appartient au Chapitre de la cathédrale Saint Jean dont les chanoines sont chanoines-comtes.

.Josserand, dit Gaucerand, comte-archevêque de Lyon de 1107 à 1118, primat des Gaules

.Humbaud, comte-archevêque de 1118 à 1125, primat des Gaules

En 1120, meurt Eustache, comte de Forez et de Lyon ; il a pour successeur Gui d’Albon de la famille qui domine le Dauphiné qui lui se heurte à Guichard de Beaujeu lequel dispose de nombreux vassaux au nord du comté de Forez et qui entame la conquête du comté du Lyonnais jusqu’à Chamelet. Guy qui ne reçoit pas de son suzerain l’empereur le soutien qu’il attend de lui se rapproche du roi de France Louis VII qui freine l’ardeur de son vassal Guichard. Mais Lyon devient une proie potentielle pour le royaume de France.

.Renaud de Semur, comte-archevêque de Lyon de 1125 à 1129, primat des Gaules

De la famille noble bourguignonne de Semur. Fils de Dalmace, seigneur de Semur et d’Aremberge de Vergy.

.Pierre I, évêque de Viviers puis comte-archevêque de Lyon de 1131 à 1139, primat des Gaules

.Foulque, comte-archevêque de Lyon de 1139 à 1141, primat des Gaules

.Amédée Ier, comte-archevêque de Lyon de 1143 à 1147, primat des Gaules

.Humbert de Bugey, comte-archevêque de Lyon de 1148 à 1153, primat des Gaules

Fils d’Ulrich, seigneur de Bresse et de N. , fille d’Amédée, comte de Savoie et de Maurienne.

.Héraclius de Montboissier, prince- archevêque de Lyon de 1153 à 1163, primat des Gaules

Fils du comte Maurice de la maison de Monboissier et d’Auvergne.

A Arbois, le 19 octobre 1157, par une bulle d’or, l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse confère à Héraclius de Montboissier, archevêque de Lyon l’investiture temporelle sur le comté et la ville de Lyon, la vice-royauté du royaume de Bourgogne-Provence et le titre de prince d’empire. Cette bulle retire tout pouvoir temporel sur le comté de Lyon au chapitre de St Jean et au comte Guigues II. Héraclius entend bien exercer son pouvoir et, allié avec Gérard, comte de Macon, Humbert III, sire de Beaujeu, met le siège devant Izeron. Mais ils sont surpris et battus par une coalition menée par le comte Guigues II de Forez et comprenant le dauphin du Viennois, les sires de Bourbon, de Bagé (Bresse) et de Coligny ; malgré tout, l’archevêque obtient une partie de la seigneurie d’Izeron ; en 1162, Guy II qui n’a pas accepté la mainmise de l’archevêque sur le comté de Lyon, s’empare de Lyon qu’il saccage. Heraclius meurt en 1163.

.Guichard de Pontigny ( ?-1181), prince-archevêque de Lyon de 1165 à 1181, primat des Gaules

Le roi de France Louis VII et le pape Alexandre III l'impose comme archevêque de Lyon en 1165 contre Dreux de Beauvoir, après deux années de lutte. Par un traité en 1167, le pouvoir temporel est partagé entre Guigues II de Forez et de Lyon et l'archevêque de Lyon Guichard de Pontigny. Les péages, qu’ils soient terrestres ou fluviaux sont levés en commun. Mais très vite ce mode de gouvernance s'avère difficile à maintenir. Par la suite, les papes accroissent leur pouvoir par rapport aux empereurs et c’est le pape qui en 1173 résout autoritairement le conflit au profit de son archevêque qui obtient définitivement le comté de Lyon, le Jarez, les Terres au-delà du Rhône et de la Saône ainsi qu’une partie du Roannais.

.Jean Bellesmains (vers 1120-1204 ?), prince-archevêque de Lyon de 1181 à 1193, primat des Gaules

Elu archevêque de Lyon, et confirmé par le pape Lucius III. Rapidement, pour se garantir contre les opposants à son pouvoir, il se rend auprès de l’empereur Frédéric Barberousse pour qu'il lui confirme ses droits. L'empereur lui octroie cette confirmation dans la "bulle d'Or" de 1184 en tous points identique à celle de 1157. Cela réveille l'opposition entre lui et la dynastie des comtes de Forez. Pour se protéger, il édifie une enceinte autour du cloître de la cathédrale Saint-Jean.

.Renaud de Forez ( ?-1226), prince-archevêque de Lyon de 1193 à 1226, primat des Gaules

Fils de Guigues II, comte de Lyon et du Forez, frère de Guigues III. Il est le premier archevêque issu d'une grande famille féodale.

Renaud de Forez conserve des liens très forts avec celle-ci, n'hésitant pas à lui porter assistance militaire et soutien financier. Vers 1193, il décide pour des raisons administratives de partager le comté en trente deux menses réparties entre les membres du chapitre cathédral, déjà titrés chanoines-comtes depuis 1184 ce qui entraine ipso facto que la justice archiépiscopale est doublée désormais par une justice capitulaire. Dès 1195, apparaissent les premiers conflits entre lui et les bourgeois de Lyon qui entreprennent la construction d’une enceinte pour isoler la presqu’ile et ils bloquent le pont sur le Rhône. Le Prince-Archevêque rétablit brutalement la situation mais le pape Innocent III le lui reproche et les bourgeois obtiennent de larges franchises communales. Ces tensions avec les bourgeois de Lyon s'accroissent, notamment pour des raisons fiscales, et éclatent en 1208 en conflit armé. Ce dernier n'est résolu que grâce à la médiation d'Eudes III de Bourgogne, qui restaure les droits de l'archevêque. Échaudé, Renaud II fait construire le château de Pierre Scize, et s'y installe. Agissant en seigneur féodal, il entreprend de construire tout autour de Lyon des points fortifiés, à Irigny, Dardilly, Francheville, Condrieu, Anse. Par ailleurs, en lien avec un conflit entre dynastie du Forez et des Beaujeu, il prend possession des fiefs que ces derniers possédaient en terre lyonnaise. Renaud est également le tuteur de son neveu Guigues IV de Forez de 1203 à 1218 suite à la mort de son frère Guigues III de Forez, comte de Forez. Durant le XIIIe siècle, le pouvoir temporel de l'Eglise de Lyon s'exerce sur tout le Lyonnais. Les seigneuries ecclésiastiques établies notamment dans les chapitres Saint-Jean, Saint-Just et Saint-Paul, possèdent des territoires dans la Dombes, le Bas-Dauphiné et le Forez, ainsi que d'importants revenus issus de prélèvements et taxes. Les chanoines prennent leurs rôles très au sérieux et circulent dans tout le pays lyonnais.

.Robert d'Auvergne, prince-archevêque de Lyon de 1227 à 1232, primat des Gaules

Fils de Robert IV ou V, comte d’Auvergne et de Mathilde de Bourgogne.

Le dauphin du Viennois lui fait hommage en 1230 pour les fiefs d’Annonay et d’Argental.

.Raoul I de La Roche-Aymon, prince-archevêque de Lyon de 1235 à 1236, primat des Gaules

Fils d’Eustorge de la Roche-Aymon.

.Aimery, ou Aimeric "de Rives", prince-archevêque de Lyon de 1236 à 1245, primat des Gaules

En 1240, la rébellion de la bourgeoisie instaure la première municipalité, placée sous la protection du roi de France. En 1245, Aimericl ouvre dans l’église Saint Jean de Lyon, le concile de Lyon en présence du pape Innocent IV, de cardinaux et de 140 archevêques et évêques d’Italie, d’Espagne, de France et des Iles Britanniques, abbés, de Bérenger, comte de Provence, de Raymond, comte de Toulouse, et des légats de l’empereur Frédéric II qui aboutit à l’excommunication de ce dernier.

.Philippe Ier de Savoie (1207-1285), évêque de Valence de 1241 à 1267, prince-archevêque de Lyon de 1246 à 1267, primat des Gaules, puis comte de Bourgogne de 1267 à 1279 et 13e comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1268 à 1285.

8e fils de Thomas Ier, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et Marguerite (ou Béatrice) de Genève.

Destiné de par son rang à l'état ecclésiastique, sans avoir été ordonné prêtre, Philippe renonce à ses charges religieuses et se dépouille de tous ses titres en 1267, à l'approche de la fin de son frère Pierre II de Savoie, pour pouvoir lui succéder comme comte de Savoie. Il épouse le 11 juillet 1267, la comtesse Alix de Bourgogne (1208-1277, ou Adélaïde), fille du comte Othon II de Bourgogne et de Béatrice II de Bourgogne. Sans enfant, Philippe Ier, choisit lui-même son successeur parmi ses nombreux neveux et obtint de l'empereur Henri VII, un décret (« fief oblat ») par lequel l’empereur investit de la souveraineté sur la Savoie, Amédée, fils de Thomas II de Piémont, comte de Flandre.

.Guy II de la Tour, prince-archevêque de Lyon de 1267 à 1268, primat des Gaules

Dès 1267, les bourgeois se rebellent contre l'autorité ecclésiastique et parviennent même, pour un temps, à mettre en place un conseil politique constitué de cinquante magistrats. Lors d’une vacance archiépiscopale en 1269, se déclenche une révolte contre le chapitre et en mai les milices bourgeoises alliées du Vieux-Bourg et du Bourg-Neuf montent à l’assaut de la cité : les chanoines-comtes doivent se réfugier au cloitre fortifié de Saint Just. Le Conseil de la Commune bourgeoise insurrectionnelle s’adresse au roi Louis IX qui envoie un délégué de même que le légat du pape Rodolphe en désigne un ; leur sentence rendue en février 1270 rétablit le calme. Au printemps de 1271, Philippe le Hardi passe à Lyon, ramenant avec lui les restes de son père mort à la croisade, les bourgeois, toujours en lutte avec le chapitre primatial, se déclarent ouvertement soumis à la juridiction du roi de France et le sollicitent de les prendre sous sa garde spéciale. Philippe accueille cette demande par un acte du 1er mai 1271 ; en échange de sa protection et de sa suzeraineté, les Lyonnais s’obligent à lui payer annuellement un impôt qui, levé par eux, devait être versé entre les mains du bailli de Macon. En vain les partisans du chapitre protestent ; l’amende qu’un arrêt du Parlement inflige, le 8 novembre 1271, à ceux d’entre eux qui ont osé maltraiter les sergents royaux, apprend à tous combien il en coûte d’insulter le pouvoir nouveau.

.Pierre II de Tarentaise, prince-archevêque de Lyon de 1272 à 1273, primat des Gaules, pape Innocent V en 1276

Le roi de France Philippe le Hardi ne pousse pas jusqu’au bout ces premiers avantages : quand, en 1272, après une longue vacance, Pierre de Tarentaise est élu archevêque, une certaine détente s’instaure entre l’Eglise de Lyon et les bourgeois, Mais un résultat important est acquis ; pour la première fois la royauté française a pris en main la cause des bourgeois de Lyon : Philippe le Hardi, en faisant cette démarche, devant laquelle son père avait toujours reculé, prépare l’annexion du roi Philippe le Bel. Le 21 janvier 1276, après la mort de Grégoire X, il est élu pape et prend le nom d'Innocent V. Il meurt cinq mois plus tard. Pendant son court pontificat, il a eu le temps d'apaiser la querelle entre guelfes et gibelins en Italie. Il adopte une politique de fermeté à l'égard de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, qui ne tient pas ses promesses faites à Grégoire X de partir en croisade et de ne pas s'approprier les possessions de l'Eglise romaine en Italie. Innocent V exige le respect de ses engagements avant tout couronnement impérial à Rome.

.Adhémar ou Aymar de Roussillon, prince-archevêque de Lyon de 1273 à 1283, primat des Gaules

Fils d’Artaud IV, seigneur de Roussillon et parent des comtes de Savoie.

A Lyon, sous le règne de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, l’action de la royauté française ne cesse point de se faire sentir bien que confrontée à de nombreux obstacles : tout en témoignant parfois une certaine bienveillance à l’Église, les agents du roi de France saisissent toutes les occasions d’exercer la juridiction au nom de leur maître. Dès le dernier tiers du XIIIe siècle, le roi est maître, de fait, du Lyonnais. Il règle à sa fantaisie tout ce qui concerne ce pays, sans s’inquiéter, pour ainsi dire, de ses maîtres légitimes.

.Raoul de la Tourette ou Rodoplhe, ( ?-1288), prince-archevêque de Lyon de 1283 à 1289, primat des Gaules

Raoul de la Tourette est à l’origine de la signature d’un nouveau traité sur sa juridiction et sa souveraineté, contre le gré des bourgeois de Lyon. Il tient un concile à Mâcon pour la réformation des mœurs. De 1288 à 1289, si complet est l’assujettissement des Lyonnais à la royauté française que le chapitre de la primatiale, se résigne à recevoir dans son sein les candidats qui lui sont recommandés par le roi de France.

.Béraud de Goth, prince-archevêque de Lyon de 1289 à 1294, primat des Gaules

Fils de Béraud, seigneur de Villandrault ; frère de Bertrand, pape sous le nom de Clément V.

Forts de la protection du roi de France Philippe le Bel, les bourgeois se soulèvent à nouveau en 1292 ; le roi s’empresse alors de prononcer la mise sous garde royale de la ville. Encouragés, les bourgeois de Lyon exagèrent à tel point que l’archevêque Béraud de Goth lance l’interdit sur Lyon en 1293. L’année suivante, les deux premiers conseillers de la Commune sont nommés gardiateurs des libertés de la ville ainsi que des intérêts royaux du roi Philippe IV le Bel.

.Henri Ier de Villars, prince-archevêque de Lyon de 1296 à 1301, primat des Gaules

Fils d’Étienne II, sire de Thoire et de Villars-en-Bresse, et de Béatrix de Faucigny.

Sous son règne, le roi Philippe IV le Bel, sur la demande des habitants de Lyon, ordonne à son bailly de Mâcon de protéger les bourgeois de Lyon. Le bailli de Mâcon établit alors les officiers du roi au palais de Roanne. L’église de Lyon voit alors décroître son autorité. Elle doit lutter non-seulement contre les habitants de Lyon, mais encore contre ses puissants voisins, le comte de Forez, le sire de Beaujeu et le comte de Savoie, qui empiètent chaque jour sur ses domaines. Henri de Villars se montre encore plus intolérant que ses prédécesseurs ; prenant parti pour le pape Boniface VIII contre Philippe-le-Bel, il défend aux Lyonnais les appels au baillage de Macon, et sur leur refus d’obéir, jette un interdit sur la ville; mais ne se croyant pas en sûreté à Lyon, il se retire à Rome auprès du pape, où il meurt en 1301.

.Louis de Villars, prince-archevêque de Lyon de 1301 à 1308, primat des Gaules

Fils de Humbert IV, sire de Thoire et de Villars, et de Béatrix de Bourgogne.

Louis de Villars succède à son grand-oncle Henri Ier de Villars comme prince-évêque de Lyon en 1301. Il obtient du roi Philippe IV le Bel, la confirmation du comté de Lyon aux archevêques et au chapitre. Dévoué à Boniface VIII, il se fait l'approbateur de la fameuse bulle du pontife, Ausculta fili, adressée à Philippe le Bel. Ce dernier fait élire alors comme pape le frère de l'archevêque Bérard de Got, Bertrand, qui est couronné Clément V à Lyon en 1305.Alors que l'église de Lyon se reconnaissait vassale de l'empereur pour le comté de Lyon, Clément V intervient pour amener le roi de France et l'archevêque de Lyon à un traité, qui a lieu en 1307. Philippe le Bel donne ses deux édits connus sous le nom de Philippines. Par le premier, il érige en comté-baronnie toutes les terres que possèdent l'archevêque et le chapitre. Il abandonne toute prétention temporelle sur ledit comté-baronnie. Par le second édit, le roi se réserve le droit d'appel en justice, celui de suzeraineté, ainsi que la faculté d'établir ses officiers de justice à Lyon. Ce second édit laisse subsister un grief contre lequel les citoyens de Lyon s'élèvent depuis longtemps et qu'ils doivent à l'archevêque Renaud II de Forez. Celui-ci avait établi deux justices différentes, l'une pour le chapitre, l'autre pour l'archevêque. Ils réclament donc contre l'édit de Philippe le Bel. Ce traité comporte surtout une clause bien masquée qui reconnait la suzeraineté du roi au lieu et place de l’empereur (alors que les bourgeois ne veulent plus aucune souveraineté).

.Pierre de Savoie, prince-archevêque de Lyon de 1308 à 1332, primat des Gaules

Fils de Thomas III de Piémont, neveu du comte Amédée V de Savoie.

Il se considère comme toute la famille de Savoie comme un vassal de l’empereur et entre en conflit avec le chapitre et les bourgeois de Lyon, qui bénéficient du soutien du roi Philippe IV le Bel lequel envoie son fils Louis le Hutin avec une armée à Lyon. La guerre se termine grâce à l’intervention de son oncle le comte Amédée V de Savoie. Un traité est signé le 10 avril 1312 aux termes duquel Pierre perd la justice de Lyon au profit de la justice royale et doit consentir le rattachement de Lyon au royaume de France. Le roi Philippe le Bel fait chasser l’archevêque de Saint Just car celui-ci refuse de lui prêter serment ; il fait détruire les forteresses épiscopales et emprisonner l’archevêque. L’archevêque est finalement contraint d’admettre l’intégration du Lyonnais au domaine royal par un acte signé à Vienne le 10 avril 1312. Le roi, en absorbant Lyon et le comté dans le royaume, reconnait à l'Eglise de Lyon, et notamment aux chanoines, le titre de comte. En 1320, Philippe le Bel revient en force en reprenant la complète autorité sur la ville. Cependant, à la demande de Pierre de Savoie et devant le mécontentement des Lyonnais, un traité définitif avec le nouveau roi Philippe le Long du 4 avril 1320 redonne à l'archevêque la juridiction de la ville. Néanmoins par une charte du 21 juin 1320, signée par l’archevêque et les chanoines, ceux-ci reconnaissent les droits des Bourgeois placés sous la protection du roi de France. Les habitants de Lyon reçoivent plusieurs franchises, comme le droit d'établir de taxes pour le service de la ville.

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Published by Parti imperial romain europeen
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:35
Histoire du Comté de Forez, terre d'empire de 1032 à 1531

Lors du traité de Verdun en 843 entre les trois petits fils de Charlemagne le Lyonnais et le Forez, ne font pas partie du royaume de Charles le Chauve (la Francie occidentale). En effet les archevêques de Lyon se rangent aux côtés de l’empereur Lothaire Ier et la région relève du Royaume de Francie Médiane.

Après Lothaire, le Lyonnais passe aux mains de son fils Charles, roi de Provence puis de son autre fils Lothaire II, roi de Lotharingie. En 870, Charles le Chauve, toujours chasse Gérard (ou Girard) de Roussillon à qui Lothaire Ier avait confié l'administration du territoire et nomme à sa place le comte Boson. Ce dernier, deux ans après la mort de Charles le Chauve, en 879, se fait sacrer roi. Son royaume, connu sous le nom de Royaume de Provence (avec Vienne pour capitale) s'étend de Marseille au Jura, des Alpes aux Cévennes. Le Forez en fait partie. Boson rend l'âme en 887. Son épouse Ermengard et son fils Louis l'aveugle lui succèdent ; Louis est proclamé roi à Valence. Puis Hugues de Vienne (ou d'Arles) cède le territoire au roi de Bourgogne Rodolphe IerI proclamé en 888. A ce dernier succède son fils Rodolphe II de 911 jusqu'en 937. Puis à celui.ci, son fils Conrad III le Pacifique.

En cette fin du Xème siècle, le Forez se trouve d'abord dans le giron lyonnais (comitatus Lugdunensis) puis d'une manière plus autonome. Deux personnages en effet gouvernent le Lyonnais et le Forez au profit des rois de Bourgogne-Provence. Il s'agit de l'archevêque de Lyon, qui durant près d'un siècle sera issu d'une même famille, celle des Burchards, et du comte de Lyon et de Forez, un officier nommé et révocable. L'un d'entre eux parvient à obtenir l'hérédité de sa charge. C'est la naissance de la première maison des comtes de Forez qui sont encore comtes de Lyon et de Forez. C'est le début de la très longue lutte qui va opposer les comtes de Forez aux archevêques de Lyon. Face aux archevêques qui sont vassaux du royaume de Bourgogne-Provence, les comtes de Lyon et de Forez en effet souhaitent se placer sous l'autorité des rois de Francie Occidentale (future France). L'autre aspect du conflit vient du fait que le comte de Forez possède des domaines à Lyon et vice-versa. En 962, Othon le Grand , roi de Francie Orientale (Germanie) crée l'empire romain germanique.

En 963-966, le Forez est apporté en dot par Mathilde de France lors de son mariage avec le roi de Bourgogne-Provence Conrad III dit le Pacifique.

Première maison de Forez

.Artaud II, comte de Forez de 990 à 1007

Fils de Géraud Ier et de Grimberge.

Le roi Conrad III le Pacifique meurt en 993, son fils Rodolphe III lui succéde.À Strasbourg, en 1016, Rodolphe prête un hommage de main à son neveu l’empereur germanique Henri II, le reconnaissant comme protecteur et héritier.

.Géraud II (995-1049), comte de Forez de 1007 à 1049

En 1032, à la mort de Rodolphe III, le royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l’empire romain germanique de l'empereur Conrad III le Salique auquel l'archevêque de Lyon prête hommage. Dès lors, le Forez passe sous la suzeraineté de l'Empire.

.Artaud III ou IV (1030-1078) comte de Forez de 1049 à 1078

Fils du précédent.

C’est lui qui réunit sous son autorité le comté de Forez et le Lyonnais. Il entre en armes dans Lyon et en chasse l'archevêque avant de conclure avec lui un traité lui reconnaissant quelques droits sur la capitale des Gaules en échanges de terres épiscopales sises dans le comté de Forez. En 1062, il doit céder Lyon. En 1064 il épouse Ide. Il meurt en 1078.

Maison d’Albon

.Ide-Raymonde de Forez (1065-1110), comtesse de Lyon et du Forez de 1078 à 1107

Fille d’Artaud III, comte de Forez et d’Ide. Elle épouse Guigues Raymond d'Albon, fils de Guigues II d'Albon, comte en Grésivaudan et en Briançonnais de 1070 à 1079 et d’Inès de Barcelone, fille de Raymond-Bérenger Ier, comte de Barcelone.

.Guigues Ier (1100 -1138), comte de Lyon et du Forez de 1107 à 1138.

Fils de Guigues-Raymond d'Albon et de Ide-Raymonde de Lyon et du Forez.

Il succède à son cousin Guillaume en 1107. Marié à une fille (prénommée Alix ou Marie) de Guichard III, sire de Beaujeu.

.Guigues II (1126 -1206), comte de Lyon et de Forez de 1138 à 1198

Fils de Guigues Ier, comte de Lyon et de Forez et de Marie de Beaujeu.

Un conflit éclate vers 1150 pour la possession du comté de Lyon entre le comte de Forez Guigues II et l’archevêque de Lyon Heraclius de Montboissier. Guigues entre dans Lyon, l’archevêque fait appel à son suzerain l’empereur Frédéric Ier Barberousse qui en 1157 concède le comté de Lyon à l’Archevêque ; Guigues est chassé et voit ses terres du Forez envahies à leur tour. II sollicite alors l’intervention du roi de France Louis VII et lui prête hommage en 1167 pour ses châteaux de Montbrison, Monsupt, Montarchet, la Tour-en-Jarez et Chamousset. En 1173 est conclue la « permutatio » traité qui met fin aux guerres et qui est ratifié par le roi de France et le pape aux termes duquel, le comte de Forez renonce à toutes ses prétentions sur toute la rive gauche de la Saône donc au comté de Lyon. Il a trois enfants :

-Guigues III, à qui il abandonne le comté de Forez peu de temps avant de mourir.

-Renaud, archevêque de Lyon (1193-1226).

-Humbert, chanoine de Lyon.

.Guigues III, comte de Lyon et de Forez (1198-1202).

Fils du précédent, il lui succède bien avant sa mort et meurt avant lui en terre sainte. Il a cinq enfants:

-Guigues IV.

-Guigonne de Forez, comtesse de Vienne, mariée à Géraud II de Mâcon, comte de Mâcon et de Vienne.

-Eléonore de Forez, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne.

-Renaud de Forez, chanoine de l'église de Lyon.

.Guigues IV (1190-1241), comte de Forez de 1203 à 1241

Fils du précédent.

.Guigues V ( ? 1259), comte de Forez de 1241 à 1259.

Fils du précédent. .

Renaud de Forez (1226 - 1270), comte de Forez de 1259 à 1270, seigneur de Beaujeu de 1265 à 1270

Frère du précédent ; son grand-oncle archevêque de Lyon fut le tuteur de son père. Il épouse en 1247 Isabelle de Beaujeu, fille d'Humbert V de Beaujeu.

Renaud devient seigneur de Beaujeu en 1265 suite au décès de Guichard V de Beaujeu, fils d'Humbert et se rend la même année auprès du roi de France, Louis XI pour prêter foi et hommage pour sa terre de Beaujeu. Il fait alliance avec les chanoines-comtes de Lyon pendant la guerre qui sévit dans le comté lyonnais et se porte caution pour eux lors d'une trêve signée en 1269 par les différentes parties et pour laquelle Saint-Louis était un des médiateurs. De son union avec Isabelle de Beaujeu sont nés:

-Guigues VI de Forez, comte de Forez,

-Louis I de Beaujeu, seigneur de Beaujeu et Dombes et époux en 1270 d’Eléonore de Savoie, fille de Thomas II de Savoie, comte de Piémont.

-Guichard de Forez, filleul de Guichard V de Beaujeu.

-Eléonore de Forez.

.Guigues VI de Forez (1247-1278) comte de Forez de 1270 à 1278

Fils de Renaud Ier comte de Forez et d’Isabelle de Beaujeu.

Il revendique la seigneurie de Beaujeu mais la cède à son frère.

.Jean Ier de Forez (1275-1333) comte de Forez de 1278 à 1333

Fils du précédent. .

.Guigues VII (1299-1358) comte de Forez de 1333 à 1358

Fils de Jean de Forez et d’Alix de la Tour du Pin, dame de Viennois ; il épouse en 1318 Jeanne de Bourbon, fille de Louis Ier de Bourbon.

Maison de Bourbon

Robert de Clermont, fils du roi Louis IX épouse Béatrice, fille unique d’Agnès de Bourbon et de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais ; par ce mariage, il devient seigneur de Bourbon. La seigneurie est érigée en duché en 1327 pour Louis Ier de Bourbon. A cette époque, les ducs de Bourbon sont vassaux du roi de France pour leur duché du Bourbonnais mais de l’empereur pour leur principauté des Dombes. Pendant la guerre de Cent Ans, la maison se divise en trois branches : la branche ducale, celle des aînés, à la tête des duchés de Bourbon, les comtes de Clermont-en Beauvaisis, la branche de Vendôme qui possède le comté de Vendôme.

.Jeanne de Forez (1337 -1373), comtesse de Forez de 1358 à 1373

Fille de Guigues VII, comte de Forez, et de Jeanne de Bourbon. Elle se marie en juin 1371 à Béraud II, comte de Clermont et dauphin d'Auvergne. Jeanne apporte à son mari le comté de Forez.

.Anne de Forez (1358 - 1417), comtesse de Forez de 1373 à 1417

Fille de la précédente ; elle épouse de Louis II de Bourbon (v. 1336 - 1410), duc de Bourbon auquel en 1400, son neveu Édouard II de Beaujeu lègue le Beaujolais que convoite aussi Philippe de Bourgogne. Ils ont pour enfants :

-Catherine.

-Jean Ier, duc de Bourbon.

.Isabelle.

-Louis, seigneur de Beaujeu.

Le Forez passe donc sous la coupe des Ducs de Bourbon dont la capitale est Moulins. Anne décède en 1417.

.Jean Ier de Bourbon (1381-1434), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1417 à 1434

Fils de la précédente.

.Charles Ier de Bourbon (1401-1456), duc de Bourbon, comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1434 à 1456

Fils du précédent. C’est lui qui retire le titre de capitale du comté à la ville de Feurs, le 6 mai 1441, et l’accorde à la ville de Montbrison.

.Jean II de Bourbon (1427-1488), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1456-1488

Fils du précédent.

.Charles II de Bourbon (1433-1488), duc de Bourbon, comte de Forez en 1488 et archevêque de Lyon

Frère du précédent.

.Pierre II de Bourbon (1438-1503), duc de Bourbon, comte de Forez

Frère du précédent.

.Charles III de Bourbon (1490-1527), duc de Bourbon par son mariage avec Suzanne de Bourbon, fille de Pierre II de Bourbon, comte de Forez de 1505 à 1521

Après la défection du connétable Charles III de Bourbon en 1523, le Forez est confisqué.

En 1531, le Forez est réuni à la couronne de France à la mort de Louise de Savoie, mère de François Ier. François Ier meurt en 1547. Parmi les descendants de la branche aînée des Bourbon, Antoine (1518-1562), épouse en 1548 Jeanne d'Albret, reine de Navarre, mère du roi Henri IV fondateur de la Maison capétienne de Bourbon.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:35
Histoire du Comté de Forez, terre d'empire de 1032 à 1531

Lors du traité de Verdun en 843 entre les trois petits fils de Charlemagne le Lyonnais et le Forez (constitué autour de la ville de Feurs) , ne font pas partie du royaume de Charles le Chauve (la Francie occidentale). En effet les archevêques de Lyon se rangent aux côtés de l’empereur Lothaire Ier et la région relève du Royaume de Francie Médiane.

Après Lothaire, le Lyonnais passe aux mains de son fils Charles, roi de Provence puis de son autre fils Lothaire II, roi de Lotharingie. En 870, Charles le Chauve, toujours chasse Gérard (ou Girard) de Roussillon à qui Lothaire Ier avait confié l'administration du territoire et nomme à sa place le comte Boson. Ce dernier, deux ans après la mort de Charles le Chauve, en 879, se fait sacrer roi. Son royaume, connu sous le nom de Royaume de Provence (avec Vienne pour capitale) s'étend de Marseille au Jura, des Alpes aux Cévennes. Le Forez en fait partie. Boson rend l'âme en 887. Son épouse Ermengard et son fils Louis l'aveugle lui succèdent ; Louis est proclamé roi à Valence. Puis Hugues de Vienne (ou d'Arles) cède le territoire au roi de Bourgogne Rodolphe I proclamé en 888. A ce dernier succède Rodolphe III. A la fin du Xème siècle, le Forez se trouve d'abord dans le giron lyonnais (comitatus Lugdunensis) puis d'une manière plus autonome. Deux personnages en effet gouvernent le Lyonnais et le Forez au profit des rois de Bourgogne-Provence. Il s'agit de l'archevêque de Lyon, qui durant près d'un siècle sera issu d'une même famille, celle des Burchards, et du comte de Lyon et de Forez, un officier nommé et révocable. L'un d'entre eux parvient à obtenir l'hérédité de sa charge. C'est la naissance de la première maison des comtes de Forez qui sont encore comtes de Lyon et de Forez. C'est le début de la très longue lutte qui va opposer les comtes de Forez aux archevêques de Lyon. Face aux archevêques qui sont vassaux du royaume de Bourgogne-Provence, les comtes de Lyon et de Forez en effet souhaitent se placer sous l'autorité des rois de Francie Occidentale (future France). L'autre aspect du conflit vient du fait que le comte de Forez possède des domaines à Lyon et vice-versa. En 962, Othon le Grand , roi de Francie Orientale (Germanie) crée l'empire romain germanique.

En 963-966, le Forez est apporté en dot par Mathilde de France lors de son mariage avec le roi de Bourgogne-Provence Conrad III dit le Pacifique.

Première maison de Forez

.Artaud II, comte de Forez de 990 à 1007

Fils de Géraud Ier et de Grimberge. 793

.Géraud II (995-1049), comte de Forez de 1007 à 1049

En 1032, le royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l’empire romain germanique de l'empereur Conrad III le Salique auquel l'archevêque de Lyon prête hommage. Dès lors, le Forez passe sous la suzeraineté de l'Empire.

.Artaud III ou IV (1030-1078) comte de Forez de 1049 à 1078

Fils du précédent.

C’est lui qui réunit sous son autorité le comté de Forez et le Lyonnais. Il entre en armes dans Lyon et en chasse l'archevêque avant de conclure avec lui un traité lui reconnaissant quelques droits sur la capitale des Gaules en échanges de terres épiscopales sises dans le comté de Forez. En 1062, il doit céder Lyon. En 1064 il épouse Ide. Il meurt en 1078.

Maison d’Albon

.Ide-Raymonde de Forez (1065-1110), comtesse de Lyon et du Forez de 1078 à 1107

Fille d’Artaud III, comte de Forez et d’Ide. Elle épouse Guigues Raymond d'Albon, fils de Guigues II d'Albon, comte en Grésivaudan et en Briançonnais de 1070 à 1079 et d’Inès de Barcelone, fille de Raymond-Bérenger Ier, comte de Barcelone.

.Guigues Ier (1100 -1138), comte de Lyon et du Forez de 1107 à 1138.

Fils de Guigues-Raymond d'Albon et de Ide-Raymonde de Lyon et du Forez.

Il succède à son cousin Guillaume en 1107. Marié à une fille (prénommée Alix ou Marie) de Guichard III, sire de Beaujeu.

.Guigues II (1126 -1206), comte de Lyon et de Forez de 1138 à 1198

Fils de Guigues Ier, comte de Lyon et de Forez et de Marie de Beaujeu.

Un conflit éclate vers 1150 pour la possession du comté de Lyon entre le comte de Forez Guigues II et l’archevêque de Lyon Heraclius de Montboissier. Guigues entre dans Lyon, l’archevêque fait appel à son suzerain l’empereur Frédéric Ier Barberousse qui en 1157 concède le comté de Lyon à l’Archevêque ; Guigues est chassé et voit ses terres du Forez envahies à leur tour. 794 II sollicite alors l’intervention du roi de France Louis VII et lui prête hommage en 1167 pour ses châteaux de Montbrison, Monsupt, Montarchet, la Tour-en-Jarez et Chamousset. En 1173 est conclue la « permutatio » traité qui met fin aux guerres et qui est ratifié par le roi de France et le pape aux termes duquel, le comte de Forez renonce à toutes ses prétentions sur toute la rive gauche de la Saône donc au comté de Lyon. Il a trois enfants :

-Guigues III, à qui il abandonne le comté de Forez peu de temps avant de mourir.

-Renaud, archevêque de Lyon (1193-1226).

-Humbert, chanoine de Lyon.

.Guigues III, comte de Lyon et de Forez (1198-1202).

Fils du précédent, il lui succède bien avant sa mort et meurt avant lui en terre sainte. Il a cinq enfants:

-Guigues IV.

-Guigonne de Forez, comtesse de Vienne, mariée à Géraud II de Mâcon, comte de Mâcon et de Vienne.

-Eléonore de Forez, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne.

-Renaud de Forez, chanoine de l'église de Lyon.

.Guigues IV (1190-1241), comte de Forez de 1203 à 1241

Fils du précédent.

.Guigues V ( ? 1259), comte de Forez de 1241 à 1259.

Fils du précédent. .

Renaud de Forez (1226 - 1270), comte de Forez de 1259 à 1270, seigneur de Beaujeu de 1265 à 1270

Frère du précédent ; son grand-oncle archevêque de Lyon fut le tuteur de son père. Il épouse en 1247 Isabelle de Beaujeu, fille d'Humbert V de Beaujeu.

Renaud devient seigneur de Beaujeu en 1265 suite au décès de Guichard V de Beaujeu, fils d'Humbert et se rend la même année auprès du roi de France, Louis XI pour prêter foi et hommage pour sa terre de Beaujeu. Il fait alliance avec les chanoines-comtes de Lyon pendant la guerre qui sévit dans le comté lyonnais et se porte caution pour eux lors d'une trêve signée en 1269 par les différentes parties et pour laquelle Saint-Louis était un des médiateurs. De son union avec Isabelle de Beaujeu sont nés:

-Guigues VI de Forez, comte de Forez,

-Louis I de Beaujeu, seigneur de Beaujeu et Dombes et époux en 1270 d’Eléonore de Savoie, fille de Thomas II de Savoie, comte de Piémont.

-Guichard de Forez, filleul de Guichard V de Beaujeu.

-Eléonore de Forez.

.Guigues VI de Forez (1247-1278) comte de Forez de 1270 à 1278

Fils de Renaud Ier comte de Forez et d’Isabelle de Beaujeu.

Il revendique la seigneurie de Beaujeu mais la cède à son frère.

.Jean Ier de Forez (1275-1333) comte de Forez de 1278 à 1333

Fils du précédent. .

.Guigues VII (1299-1358) comte de Forez de 1333 à 1358

Fils de Jean de Forez et d’Alix de la Tour du Pin, dame de Viennois ; il épouse en 1318 Jeanne de Bourbon, fille de Louis Ier de Bourbon.

Maison de Bourbon

Robert de Clermont, fils du roi Louis IX épouse Béatrice, fille unique d’Agnès de Bourbon et de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais ; par ce mariage, il devient seigneur de Bourbon. La seigneurie est érigée en duché en 1327 pour Louis Ier de Bourbon. A cette époque, les ducs de Bourbon sont vassaux du roi de France pour leur duché du Bourbonnais mais de l’empereur pour leur principauté des Dombes. Pendant la guerre de Cent Ans, la maison se divise en trois branches : la branche ducale, celle des aînés, à la tête des duchés de Bourbon, les comtes de Clermont-en Beauvaisis, la branche de Vendôme qui possède le comté de Vendôme.

.Jeanne de Forez (1337 -1373), comtesse de Forez de 1358 à 1373

Fille de Guigues VII, comte de Forez, et de Jeanne de Bourbon. Elle se marie en juin 1371 à Béraud II, comte de Clermont et dauphin d'Auvergne. Jeanne apporte à son mari le comté de Forez.

.Anne de Forez (1358 - 1417), comtesse de Forez de 1373 à 1417

Fille de la précédente ; elle épouse de Louis II de Bourbon (v. 1336 - 1410), duc de Bourbon auquel en 1400, son neveu Édouard II de Beaujeu lègue le Beaujolais que convoite aussi Philippe de Bourgogne. Ils ont pour enfants :

-Catherine.

-Jean Ier, duc de Bourbon.

–Isabelle. -Louis, seigneur de Beaujeu.

Le Forez passe donc sous la coupe des Ducs de Bourbon dont la capitale est Moulins. Anne décède en 1417.

.Jean Ier de Bourbon (1381-1434), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1417 à 1434

Fils de la précédente.

.Charles Ier de Bourbon (1401-1456), duc de Bourbon, comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1434 à 1456

Fils du précédent. C’est lui qui retire le titre de capitale du comté à la ville de Feurs, le 6 mai 1441, et l’accorde à la ville de Montbrison.

.Jean II de Bourbon (1427-1488), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1456-1488

Fils du précédent.

.Charles II de Bourbon (1433-1488), duc de Bourbon, comte de Forez en 1488 et archevêque de Lyon

Frère du précédent.

.Pierre II de Bourbon (1438-1503), duc de Bourbon, comte de Forez

Frère du précédent.

.Charles III de Bourbon (1490-1527), duc de Bourbon par son mariage avec Suzanne de Bourbon, fille de Pierre II de Bourbon, comte de Forez de 1505 à 1521

Après la défection du connétable Charles III de Bourbon en 1523, le Forez est confisqué.

En 1531, le Forez est réuni à la couronne de France à la mort de Louise de Savoie, mère de François Ier. François Ier meurt en 1547. Parmi les descendants de la branche aînée des Bourbon, Antoine (1518-1562), épouse en 1548 Jeanne d'Albret, reine de Navarre, mère du roi Henri IV fondateur de la Maison capétienne de Bourbon.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 17:06
Histoire du Comté de Charolais, terre d'empire de 1493 à 1635, de 1659 à 1674, de 1679 à  1684

Simple châtellenie possession en 1237 de Jean, comte de Chalon, qui la cède à Hugues IV, duc de Bourgogne. Elle passe ensuite à Jean de Bourgogne, second fils du duc, puis à Béatrix, qui en 1272 épouse Robert de France, fils de Saint Louis.

Le Charolais est alors érigé en comté, divisé en quatre baronnies, Mont-Saint-Vincent, Lugny, Digoine et Joncy, puis en cinq châtellenies, Artus, le Sauvement, Sanvigne, Mont-Saint-Vincent, Dondin et Charolles comptant 83 paroisses.

En 1327, le comté de Charolais passe par mariage dans la maison d'Armagnac qui en 1390 le vend au duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Le duc Charles le Téméraire, est fait comte de Charolais par son père le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire en hérite en 1477, année où elle épouse Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche. Mais en 1477, le roi Louis XI décide de le conserver et de le réunir comme le duché de Bourgogne à la couronne de France. Faute d'avoir pu intenter un procès posthume au Téméraire pour lèse-majesté, et ainsi pouvoir recouvrer l'ensemble de ses fiefs mouvants de la couronne par voie juridique, Louis XI voit dans la mort de Marie de Bourgogne l'occasion de réaliser cet objectif par la force et la ruse. S'appuyant sur les trois membres du comté de Flandre, il maintient une forte pression sur l'archiduc Maximilien tandis qu'il lance ses troupes à la conquête de l'Artois et de la Franche-Comté. Les opérations militaires piétinant des deux côtés, Louis XI et Maximilien doivent se résoudre à traiter.

Par le traité d’Arras de 1482, Louis XI, en position de force, légalise son occupation en imposant le mariage de l'archiduchesse Marguerite, fille de Maximilien et de Marie de Bourgogne avec son propre fils, le dauphin Charles. La fiancée, en bas-âge, sera livrée à la France avec pour dot l'ensemble des terres bourguignonnes occupées par la France. Les comtés d'Artois, d'Auxerre de Bourgogne, de Charolais, de Mâcon, la châtellenie de Bar-sur-Seine et les seigneuries de Château-Chinon, de Chaussin, de Laperrière, de Noyers et de Salins sont donc appelés à rejoindre le domaine royal à l'avènement de Charles VIII. Le duché de Bourgogne et les villes de la Somme (Picardie) ne sont pas évoqués par le traité. Le reste des Flandres, duchés de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, comtés de Flandre, de Hainaut, de Namur, de Hollande et de Zélande, sont garantis au fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne, l'archiduc Philippe le Beau, à condition toutefois que ce dernier fasse hommage au roi de France pour le comté de Flandre, mouvant de la couronne. Le roi rappelle enfin son droit à racheter la Flandre gallicane (villes et châtellenies de Lille, Douai et Orchies, ainsi que le Tournaisis). Si toutefois le mariage devait être annulé par la France avant la majorité des époux, ou si le couple devait rester sans enfants, il est prévu que la dot de Marguerite ferait retour à son frère Philippe le Beau ou à ses descendants, sous réserve, encore une fois, de l'hommage au roi de France pour les terres mouvantes de la couronne. En 1483, Marguerite quitte donc les Flandres pour être livrée au roi de France mais ces fiançailles seront finalement annulées, Charles VIII ayant préféré la main de la duchesse héritière de Bretagne.

Le Traité de Senlis de 1493 restitue le comté de Charolais à l’archiduc Philippe le Beau de Habsbourg. Ensuite le comté de Charolais a une histoire commune avec la Franche-Comté.

.Maximilien 1459-1519), comte de Charolais de 1493 à 1499, empereur du Saint Empire de 1499 à 1519

.Philippe le Beau (1478- 1506), comte de Charolais de 1499 à 1506, roi de Castille et de Léon par mariage

Fils de Maximilien qui lui donne le comté en 1499 lorsqu’il devient empereur.

.Marguerite d'Autriche (1480-1530), comtesse de Charolais de 1506 à 1530, comtesse d'Artois, d'Auxerre, de Bourgogne, de Mâcon, seigneur de Salins gouverneur des Pays-Bas de 1507 à 1530

Sœur de Philippe le Beau, elle devient comtesse de Charolais à sa mort. Sous son règne, le roi de France lui confisque le comté de 1507 à 1509 puis de 1521 à 1526.

.Charles Quint (1500-1558), comte de Charolais de 1530 à1558, empereur du Saint Empire de 1519 à 1557, roi d’Espagne, roi de Sicile

Il est le neveu de Marguerite. Par le traité de Madrid de 1526, Il obtient la restitution du comté de sa tante. François Ier lui prend son comté en 1536 qu’il récupère à la paix de Crespy en Laonnois en 1544 ; il perd à nouveau son comté en 1551.

.Philippe II d'Espagne (1527-1598), comte de Charolais, de 1559 à 1598, roi d’Espagne et du Portugal,

Fils de Charles Quint.

Il récupère son comté à la suite de la bataille de Cambrai gagné par le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, général des armées impériales et du traité de Cateau-Cambrésis signé les 2 et 3 avril 1559.

.Philippe III d'Espagne (1578-1621), comte de Charolais de 1598 à 1599, roi d’Espagne, du Portugal, des Pays-Bas,

Fils du précédent.

.Isabelle d’Espagne (1566-1633), comtesse de Charolais de 1599 à 1633, comtesse de Bourgogne, gouverneur des Pays-Bas

Sœur du précédent.

.Philippe IV d'Espagne (1605 -1665), comte de Charolais de 1633 à 1665, roi d’Espagne, du Portugal, des Deux-Siciles et des Pays-Bas,

Fils de Philippe III d'Espagne.

En fait son comté lui est confisqué par le roi Louis XIII dès 1635.

.Charles II d'Espagne (1661-1700), comte de Charolais de 1665 à 1684, roi d’Espagne et des Deux-Siciles,

Fils du précédent.

Il récupère son comté de Charolais au traité des Pyrénées en 1659 mais le reperd en 1674 jusqu’en 1679 ou il le récupère par les traité Nimègue de 1679 mettant fin à la guerre de Trente Ans signé entre Louis XIV et l’empereur Léopold Ier; mais à sa mort en 1684, pour des dettes contractées par Philippe IV d'Espagne envers le Grand Condé, le parlement de Paris prononce la saisie du comté au profit de ce dernier. Il devient au XVIIIe siècle l'apanage de Charles de Bourbon-Charolais, comte de Charolais.

En 1761, Louis XV annexe le comté de Charolais à la couronne, par un échange contre la terre de Palaiseau avec Louise-Anne nièce de Charles de Bourbon-Charolais.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 12:05
Histoire de l'évêché, archevêché de Cambrai, comté du Cambrésis, bistum, erzbistum Kammerich, grafschaft Kammerich, terre d'empire de 962 à 1678

Cambrai est le siège d'un évêché depuis le VI° siècle relevant de la province ecclésiastique de Reims. A l’origine, l'évêché comprend toute la rive droite de l'Escaut jusqu'à son embouchure dans la mer du Nord. Il est bordé au nord et à l'est par le diocèse de Liège, au sud par les diocèses de Laon et de Noyon et à l'ouest par les diocèses d'Arras, réuni à Cambrai, et de Tournai. Il était un des trois diocèses de Basse-Lotharingie, avec ceux de Liège et d'Utrecht et compte six archidiaconés : Cambrai, Brabant, Bruxelles, Hainaut, Valenciennes et Anvers.

Au traité de Verdun en 843 qui partage l’Empire de Charlemagne entre ses 3 petits-fils Charles le Chauve obtient le Royaume de Francie Occidentale (future France, l’ainé Lothaire Ier, la couronne impériale avec la Francie Médiane sur la rive droite de l'Escaut (ou se trouvent donc Cambrai et le Cambrésis) de la Meuse, de la Saône et du Rhône avec le royaume d’Italie, et Louis le Germanique la Francie Orientale (future Germanie).

Avant de mourir le 29 septembre 855, Lothaire Ier, par le traité de Prüm, organise le partage de son royaume entre ses trois fils : le royaume d'Italie et le titre impérial pour Louis II, la Provence jusqu'à Lyon pour Charles et le reste, c'est-à-dire toute la partie nord de la Francie médiane, de la Frise jusqu'au sud de l'actuel département de la Haute-Marne à Lothaire. Lothaire II, reconnu roi par son oncle Louis le par son oncle Louis le Germanique en novembre 855, est sacré roi au début de l'année 856. En 858, il se réconcilie avec son frère Charles de Provence et signe un traité l'instituant héritier de son frère, au détriment de son autre frère Louis II. À la mort de ce dernier en 863, Lothaire ne réussit qu'à imposer sa suzeraineté que sur les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais. La Provence lui échappe au bénéfice de son frère aîné Louis II, empereur d'Occident et roi d'Italie. Ses oncles Charles le Chauve et Louis le Germanique envisagent de se partager les terres de l'ancien empereur Lothaire Ier, alors en possession de ses fils Louis et Lothaire II. Lothaire II meurt en 869.

Ses deux oncles en profitent donc pour s'approprier la Lotharingie et signent un traité à Meerssen en 870 pour ce faire.Pour connaître précisément les territoires qui composaient la Lotharingie, il faut se référer à ce traité qui énumère tous les comtés dont se composent les États de Lothaire II : la Toxandrie, les quatre comtés du Brabant, les quatre comtés de la Hesbaye, le Cambrésis, le Hainaut, le Lommensis, le Teisterbant, la Betuwe, le Hattuariensis, les Masau inférieur et supérieur de la rive droite et de la rive gauche de la Meuse, le Liugas, le district d'Aix et le district de Maastricht, le Condroz, l'Ardenne, les cinq comtés de la Ripuarie, le Meinvelt, le Bidgau (y compris le pagus Trevirensis), le comté d'Arlon, les deux comtés de la Woëvre (Methingau et Ivotius), le Saargau supérieur et le Saargau inférieur, le Castricius, le Mosominsis, le Dormois, le Verdunois, le Moslensis , le Nitagau, le Barrois, la Charpeigne, le Bliesgau, le Saulnois, l'Albegau, le Saintois, les deux Ornois, le Tullensis, le Chaumontois, le Soulossois. La Frise, depuis le Sincfal et probablement jusqu'à l'Ems, avec les nombreux comtés saxons, mi-saxons et francs qui y étaient rattachés faisait également partie de la Lotharingie. Louis II, frère de Lothaire II qui aurait dû hériter de son royaume, est occupé à combattre les musulmans dans le Bénévent et ne peut recueillir son héritage.

Avec ce traité, Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Il annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie, Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875.

En 879, le roi de Francie orientale Louis le Jeune occupe presque entièrement la Lotharingie.

En 880, par le traité de Ribemont, les petits-fils de Charles le Chauve, les fils de Louis le Bègue, cèdent leur part de la Lotharingie à Louis III de Germanie (dit aussi Louis le Jeune), fils de Louis le Germanique, qui recueille ainsi l'ensemble de la Lotharingie. En 882, à la mort de Louis le Jeune, son frère, l'empereur Charles le Gros, recueille sa succession. L'empire de Charlemagne est reconstitué à l'exception de la Provence et de la Bourgogne transjurane. Mais Charles le Gros est déposé en 887 à la diète de Tribur (Mayence). Entre-temps, il a détaché la Frise de la Lotharingie en 885.

En mai 895, l’empereur et roi de Francie Orientale et Lotharingie, Arnulf de Carinthie impose son fils bâtard Zwentibold comme roi de Lotharingie. Zwentibold se heurte aux résistances des Grands qui voient avec déplaisir un étranger restreindre leur indépendance. Après le ralliement de Raoul de Cambrai à Zwentibold, le Cambrésis suit les destinées du reste de la Lotharingie. Zwentibold est tué le 30 aout 900 au cours d'une bataille, au voisinage de la Meuse. Débarrassés de Zwentibold, ces vassaux turbulents se tournent vers le roi de Francie Orientale (Germanie) Louis l'Enfant, qui vient de succéder à son père Arnulf. En 903, Louis IV l'Enfant confère à l'un de ses fidèles, le comte Gebhard de Franconie, le titre de duc de Lotharingie. Gebhard est blessé au cours d'une bataille contre les Magyars près d'Augsbourg et meurt en juin 910. Après la disparition du dernier Carolingien d'Allemagne, Charles le Simple réussit à se mettre en possession de la Lotharingie en 911 ; il nomme Régnier marquis. Celui-ci meurt en 915. Après la mort de Régnier, la puissance territoriale semble passer complètement au comte palatin Wigeric (mort entre 919 et 922). En 923, Charles le Simple est défait à la bataille de Soissons. Raoul de France lui succède et réussit partiellement à se faire reconnaître par les Lotharingiens.

En 925 Henri l'Oiseleur, roi de Francie Orientale prend possession de la Lotharingie. Il donne en mariage sa fille Gerberge en 929 à Giselbert qu’il nomme duc de Lotharingie ; celui-ci s’allie à Henri, frère d'Otton Ier, fils d'Henri l'Oiseleur, en révolte contre lui ; Giselbert se noye dans le Rhin en 929 ne laissant qu'un jeune fils, Henri, qui ne tarde pas à mourir. Otton Ier, successeur de son père comme roi de Francie Orientale confie alors le gouvernement de la Lotharingie à son frère Henri, qui a fait sa soumission, mais qui ne peut se maintenir. Il a pour successeur Otton, fils du comte Ricuin de Verdun, qui conserve la dignité ducale jusqu'en 944. À sa mort, c’est, Conrad le Rouge, fils de Werinharius, qui est placé à la tête de la Lotharingie. Otton Ier, roi de Francie Orientale décide d'unir dans les mêmes mains la dignité d'archevêque de Cologne et celle de duc de Lotharingie. C’est son jeune frère Brunon qui reçoit, en 953, cette double mission ; il s'en acquitte avec autant de tact que de vigueur ; il pacifie le pays. Il mate notamment les Régnier et leur confisque leurs terres. Quelques seigneurs qui voient avec déplaisir la rigueur déployée par Brunon tentent de se soulever. Ils protestent contre les exigences du duc, qui prétend raser des forteresses nouvellement édifiées et imposer aux grands des charges inusitées. C'est cet incident qui pousse Brunon à déléguer en 959 une part de son autorité à Frédéric, fils du comte Wigéric, en Haute-Lotharingie et à Godefroid en Basse-Lotharingie. Brunon leur confère le titre de duc et établit donc ainsi deux duchés distincts.

La Haute-Lotharingie deviendra le duché de Lorraine.

.Fulbert, évêque-comte de Cambrai de 933 à 956

Elu évêque par la faveur de Gilbert, duc de Lorraine.

En 948, Otton le Grand qui n’est encore que roi de Francie Orientale (Germanie) lui accorde les droits comtaux sur la ville de Cambrai avec droit de battre monnaie.

.Bérenger, évêque-comte de Cambrai de 956 à 958

Parent de l’empereur Othon.

.Ingelram ou Enguerrand, évêque-comte de Cambrai de 958 à 960

Il doit son élection à l’archevêque de Cologne Brunon, frère d’Othon le Grand.

Sous son règne, Cambrai et le Cambrésis dépendent non plus de la Lotharingie ou Lorraine unifiée mais du duché de Basse-Lorraine comme le Hainaut.

.Ansbert ou Autbert, évêque-comte de Cambrai de 960 à 965

Il devient évêque par la faveur d’Othon.

.Wilbold, évêque-comte de Cambrai de 965 à 966

Issu d’une famille noble de Cambrai.

.Tetdon ou Theodotus, évêque-comte de Cambrai de 972 à 976

Noble saxon.

.Rothard, évêque -comte de Cambrai de 976 à 995

D’une famille noble, il est élu de par le consentement de l’empereur.

En 980, il est mentionné dans la liste des vassaux qui doivent fournir un contingent pour l'expédition d'Italie : il envoie douze hommes.

En 983, l’empereur Othon III crée douze pairs du comté, vassaux de l’évêque et siégeant aux Etats du Cambrésis.

.Arnould, marquis de Valenciennes de 973 à 1011, comte de Cambrai de ? à 1007

En 973, Régnier, fils du comte Régnier III de Hainaut, dépossédé de son comté et exilé par Brunon de Cologne, tue les comtes Renaud et Garnier, qui s'étaient partagé le Hainaut. L'empereur Otton II fait alors appel à Arnould, qu'il investit de la marche de Valenciennes, tandis que Godefroid de Verdun reçoit le reste du Hainaut. En 979, le roi de France Lothaire menace Cambrai, tandis qu'Otton II se trouve en Pologne. C'est Arnould, aidé du comte Godefroid du Hainaut, qui s'occupe de la défense du territoire et fait appel au duc Charles. De même, Rothard, évêque de Cambrai, invoque l'assistance d'Arnould de Valenciennes et de Godefroid contre Eudes de Vermandois qui construit un château fort à Vinchy, à quatre mille de la cité. Lorsque Godefroid est retenu prisonnier par le roi Lothaire de 985 à 987, il est possible que ce soit Arnould qui aie administré tout le Hainaut. En 998, l'empereur rend Mons à Régnier IV, mais Arnould conserve Valenciennes. Constamment harcelé à Valenciennes par Baudouin IV de Flandre qui s’empare en 1006 de la citadelle, Arnould cède en 1007 le pouvoir comtal à l’évêque Erluin pour obtenir son appui.

.Erluin, évêque-comte de Cambrai de 996 à 1012, comte du Cambrésis de 1007 à 1012,

Il obtient l’investiture de l’évêché de Cambrai de l’empereur Othon III.

En 1007, à la suite de la cession par le comte Arnould, l'empereur Henri II dit le Saint confirme à l’évêque Erluin le pouvoir comtal de tout le territoire du Cambrésis. Dès lors l’évêque de Cambrai cumule les pouvoirs spirituel et temporel sur Cambrai et le Cambrésis, principauté ecclésiastique rattachée au Saint-Empire.

.Gérard Ier (vers 975- 1051) évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1012 à 1049,

Second fils d'Arnold de Rumigny, seigneur de Florennes et petit-fils de Godefroid Ier, comte de Hainaut; ancien élève de Gerbert d'Aurillac, futur Pape Sylvestre II et ancien aumônier de l’empereur Henri auquel il doit son élection.

.Liébert (Saint), évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1049 à 1076

.Gérard II, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1076 à 1092

Il reçoit l’investiture de l’empereur Henri IV mais le pape Grégoire VII en conteste la légitimité et charge Hugues, l’évêque de Die, de rassembler en 1077 à Autun un concile pour instruire l’affaire ; Gérard ayant attesté par serment de ne pas avoir été informé de l’excommunication de l’empereur est confirmé comme évêque.

.Manassès, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1093 à 1103

Nommé par le pape, investi comme comte du Cambrésis par l’empereur.

.Walcher (ou Gautier ou Gaucher), évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1093 à 1106

C’est encore l’époque de la Querelle dite des Investitures. Nommé par l’empereur Henri IV, il se maintient bien que déposé par le pape au concile de Clermont de novembre 1095. En 1094, l’ancien diocèse d’Arras, uni pendant longtemps à celui de Cambrai, en est séparé et considéré comme un ressort distinct.

.Odon de Tournai, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1105 à 1113

Sacré au cours du concile de Reims de 1105. Robert II, comte de Flandre l’introduit dans Cambrai à la tête d’une armée mais ayant refusé de recevoir l’investiture de l’empereur, il en est chassé par le parti favorable à ce dernier.

.Burchard, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1115 à 1130

.Liétard, évêque-comte de Cambrai , comte du Cambrésis de 1131 à 1137

Chapelain de l’empereur Lothaire ; élu en 1131 avec le consentement du pape Innocent II qui se trouve alors à Cambrai, en présence de l’empereur. Mais le pape le dépose en 1137.

.Nicolas Ier de Chièvres, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1137 à 1167

Issu d’une famille noble. L’empereur Conrad III lui confirme tous les privilèges que ses prédécesseurs Peu de temps après l'avènement de Frédéric Ier Barberousse, un incident risque de nouveau réduire les prérogatives de l'évêque de Cambrai. À la Noël de 1152, Thierry comte de Flandre se rend à Trèves à la cour royale, pour y remplir les hautes fonctions de porte-glaive. À cette occasion, il obtient que Frédéric ajoute à ses fiefs flamands la châtellenie du Cambrésis, que Conrad III ne lui avait pas rendue. Le diplôme qui consacre cet accroissement de puissance va être revêtu du sceau royal, lorsque les prélats dont Nicolas a imploré l'intervention parviennent à faire révoquer le décret. Cet échec ulcère profondément le comte qui ne cesse de harceler Nicolas et la commune de Cambrai. Nicolas qui vient de se brouiller avec son cousin, le châtelain Simon qui s'est fait l'allié de la Flandre, doit se résoudre à traiter avec Thierry, en 1153, et à lui reconnaître la châtellenie. Après une nouvelle tentative de l'évêque et de nouveaux combats désastreux pour Cambrai, la paix est définitivement scellée par l'accord de Bapaume le 29 janvier 1160. Le comte reçoit alors des mains de l'évêque l'investiture de la châtellenie qu'il confirme ensuite à Simon.

.Pierre Ier de Flandre ou d'Alsace, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1167 à 1173

Fils de Thierry, comte de Flandre ; Élu non consacré ; il renonce à l'évêché en 1173.

.Robert d'Aire, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1173 à 1174

Élu par la faveur de Philippe, comte de Flandre ; non consacré ; assassiné. .Alard, évêque de Cambrai de 1175 à 1178 Élu non consacré.

.Oger ou Roger de Waurin, évêque-comte des Cambrai de 1179 à 1191

Fils de Roger, seigneur de Waurin, sénéchal de Flandre. .Jean II d'Antoing, évêque de Cambrai de 1192 à 1196 Fils d’Hugues, seigneur d’Antoing. L’empereur d’abord favorable à Gaucher, chancelier du chapitre, finit par accepter son élection.

.Nicolas II du Rœulx, évêque-comte de Cambrai en 1197

Fils d’Eustache, seigneur de Roeulx, petit-fils d’Arnoult de Hainaut.

.Hugues d’Oisy, évêque-comte de Cambrai de 1197 à 1198

Élu non consacré.

.Pierre II de Corbeil, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1199 à 1200,

.Jean de Béthune, évêque-comte de Cambrai, comte de Cambrésis de 1200 à 1219

Fils de Robert V de Béthune, seigneur de Béthune et frère de Baudouin de Béthune, comte d'Aumale. Par sa grand-mère, Jean de Béthune est lié aux comtes de Hainaut. Il se rend à Cologne et demande à Othon IV, roi des Romains, qui réside en cette ville, l'investiture des régales. Puis, en qualité de prince de l'Empire, il accompagne Othon en Italie. Sous son épiscopat, des querelles sans cesse s'élèvent entre lui et la bourgeoisie et Jean est contraint d'abandonner sa ville et ne peut rentrer qu'à l'aide de l’empereur Othon, qui joint aux restrictions déjà imposées aux bourgeois la défense d'avoir un beffroi.

.Godefroid de Fontaines ou de Condé, évêque-comte de Cambrai de 1219 à 1237/1238,

Fils de Roger, seigneur de Condé en Hainaut. Godefroid est élu évêque en 1219 et reçoit l'investiture de l'empereur Frédéric II dans une cour solennelle tenue à Nuremberg en 1220. Diverses émeutes des cambrésiens éclatent pendant son épiscopat. Godefroid ordonne la destruction du beffroi de la ville. En 1238, il achète en viager la seigneurie de Dunkerque.

.Guy Ier de Laon, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1238 à 1248

.Nicolas III de Fontaine, évêque de Cambrai, comte du Cambrésis de 1248/1249 à 1272, chancelier et conseiller de Richard de Cornouailles, roi des romains Le pape Innocent IV ratifie son élection et lui confie le soin de terminer comme arbitre un différend au sein du chapitre de Liège entre les chanoines qui se sont croisés et ceux qui n'ont point pris part à l'expédition. .Enguerrand de Créqui, évêque de Cambrai, comte du Cambrésis de 1272 à 1286. En 1280, il préside aux obsèques solennelles de Marguerite, comtesse de Flandre. Enguerrand jouit de la confiance particulière de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, qui le charge de mettre Jean d'Avesnes, comte de Hainaut, en possession des terres qui lui ont été conférées En 1284, l’empereur Rodolphe de Habsbourg confirme aux Bourgeois de Cambrai leurs franchises.

.Guillaume d'Avesnes, ou de Hainaut (1254 -1296) évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1290 à 1296

Fils de Jean Ier d'Avesnes, et d'Adelaïde de Hollande, frère de Jean Ier de Hainaut, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande. L’évêque Guillaume a beaucoup de querelles avec les membres de son chapitre qui sont en guerre contre son frère Jean d'Avesnes, comte héritier du Hainaut.

.Gui II de Colle Medio, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de1296 à 1306

.Philippe de Marigny, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1306 à 1309

.Pierre III de Lévis-Mirepoix, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1309 à 1324

.Gui III de Boulogne, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1324 à 1336

.Guillaume d'Auxonne, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1336 à 1342

Son épiscopat est mémorable, par la guerre qui s'élève entre Édouard III, roi d'Angleterre, et le roi de France, Philippe de Valois. Les troupes d'Édouard tiennent le pays, et le prince anglais sentant tout l'avantage qu'il retire de la possession de Cambrai, fait des démarches auprès de l'évêque, pour obtenir l'occupation de la ville ; le roi de France, de son côté, fait la même demande. L'évêque comprend qu'il ne peut rester neutre entre ces deux puissances ennemies et il prend le parti du roi de France. Édouard, irrité de la conduite de la ville, en fait le siège. Le monarque anglais perd beaucoup de monde, et se retire. Découragé, l'ennemi passe en Picardie, non sans désoler les plaines du Cambrésis en laissant une forte garnison dans le château de Thun- l'Évêque. De là, les hommes d'armes de Hainaut font de fréquentes courses dans les environs. L'année suivante, les Cambrésiens supplient Jean, duc de Normandie, que son père, le roi de France, a envoyé dans le pays, de les délivrer de cette bande de pillards. Le duc se rend a leur prière, et vient mettre le siège devant Thun- l'Évêque. Le comte de Hainaut garde rancune aux Cambrésiens, et ne néglige aucune occasion de nuire à leurs campagnes. L'évêque Guillaume obtient, à cette occasion, l'intervention du pape qui, usant des censures, ramène l'ennemi à la raison. Benoît XII, par une bulle du 12 janvier1339 casse et annule la citation donnée par Edouard à l'évêque Guillaume, et déclare sans nul effet la procédure faite contre lui. Philippe de Valois fait l’acquisition du Cambrésis en 1340. Les bourgeois obtiennent le droit de tirer du royaume de France toutes les denrées dont ils ont besoin, sans payer aucun droit de sortie.

.Gui IV de Ventadour, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1342 à 1349

Issu d’une famille vicomtale de Corrèze, vassale des comtes de Poitiers.

.Pierre IV de Clermont, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1349 à 1368

Issu d’une importante famille noble du Dauphiné détenant le titre de Baron avant le rattachement du Dauphiné au Royaume de France.

.Robert de Genève, évêque de Thérouanne en 1361, puis évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1368 à 1371, futur anti- pape Clément VII de 1378 à 1392 et enfin comte de Genève sous le nom de Robert II de 1392 à 1394

Issu de la famille des comtes de Genève, vassaux des prince-évêques de Genève. Fils d’Amédée III, comte de Genève.

.Gérard de Dainville, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1372 à 1378

Issu d'une famille illustre d'Artois, il est le frère de Jean de Dainville, chevalier, maître de l'hôtel des rois de France, Jean et Charles V, C’est lui qui, au nom de l’empereur Charles IV investit du comté de Hainaut le comte Albert Ier de Bavière. Les officiers de Gérard ont peu après un démêlé avec le chapitre, pour avoir emprisonné Robert de Noyers, franc servant. Sur la demande de Gérard, le vicaire général chargé de cette affaire, obtient une conciliation en présence de Guillaume, nonce du pape et évêque de Carpentras. Une autre difficulté survient en 1375, entre le magistrat de Cambrai, à l'occasion d'une prorogation de maltôte ou assive, ordonnée du consentement de Gérard sans celui du chapitre. En 1377, il reçoit l'empereur Charles IV dans sa ville. Gérard de Dainville promet, en 1378, obéissance à l'Église de Reims, mais meurt la même année. .

.Jean T'Serclaes, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1378 à 1389

Issu d'une famille illustre bruxelloise. Sous son épiscopat a lieu le double mariage des enfants de Philippe, duc de Bourgogne, avec ceux d'Albert Ier de Bavière, comte de Hainaut. Jean, appelé plus tard Jean sans Peur, fils aîné de Philippe, épouse Marguerite de Bavière, fille du comte; et Guillaume, frère de Marguerite, épouse la sœur de Jean, laquelle s'appelait également Marguerite.

.André de Luxembourg (vers 1363- 1396), évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1389 à 1396

Fils de Guy de Luxembourg, comte de Ligny-en-Barrois et frère du cardinal Pierre de Luxembourg.

Après la mort de l'évêque Jean T'Serclaes en 1389, le duc de Bourgogne et le comte de Hainaut veulent comme évêque de Cambrai Jean, le fils du comte de Hainaut Albert Ier. Le clergé suit ces vœux, mais l'antipape Clément VII n'approuve pas cette élection et nomme en 1390 André de Luxembourg qui fait partie de l'obédience d'Avignon. Il ne reçoit l'investiture pour son pouvoir temporel de comte de l'empereur Venceslas de Luxembourg qu'en 1395.

.Pierre d'Ailly, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1396 à 1411

Issu de la famille noble de Picardie.

.Jean V de Gavere, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1412 à 1436

Issu de la famille flamande de Gavere du nom de la seigneurie de Gavere sur l’Escaut entre Gand et Audenarde élevée au rang de comté en 1519 au bénéfice de Jacques de Luxembourg par Charles Quint.

.Jean de Bourgogne, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1439 à 1479, et archevêque de Trêves de 1446 à 1479

Fils bâtard du duc Jean sans Peur donc demi-frère du duc Charles le Téméraire Il reçoit en plus l'archidiocèse de Trèves en 1446 après l'excommunication du prédécesseur par Eugène IV. En 1476, le roi Louis XI prend Cambrai et à la mort de Charles le Téméraire en 1477, il l’occupe en en dépossédant la fille unique du duc, Marie de Bourgogne qui a épousé l’empereur Maximilien de Habsbourg.

.Henri de Bergues, évêque-comte de Cambrai, comte du Cambrésis de 1482 à 1502

Fils bâtard de Jean II de Glymes, seigneur de Bergen op Zoom. Chancelier de l'ordre de la Toison d'or, protonotaire et coadjuteur de l'évêché de Cambrai. Le chapitre s'étant assemblé de son côté à Valenciennes, pour procéder à l'élection, le choix tombe sur lui pour succéder à l'évêque Jean VI de Bourgogne. Il s'occupe d'obtenir le rétablissement de la neutralité de Cambrai, et le départ de la garnison bourguignonne. La neutralité est proclamée à Cambrai en 1482. Les agitations qu'a à souffrir le Cambrésis pendant le règne de Louis XI, ont fort appauvri la ville et les campagnes. En 1497, Henri de Berghes commence à faire frapper en son palais des ducats d'or, des patars, des gros, des demi gros, et deniers. Il célèbre en 1496 le mariage de Philippe, archiduc d'Autriche, avec Jeanne, fille de Ferdinand, roi de Castille.

.Jacques de Croy, évêque de Cambrai, comte du Cambrésis de 1503 à 1516 et duc de Cambrai de 1510 à 1516

À la mort de l'évêque de Cambrai Henri de Berghes, le chapitre se partage entre lui Jacques et François de Melun. Le pape Alexandre VI confirme l'élection de Jacques de Croy. Jacques appartient à la maison de Croy dont l’ancêtre est Antoine Ier le Grand de Croÿ, qui prend de l’influence sous le règne de Philippe le Bon mais que Charles le Téméraire accuse de travailler pour le roi de France. Ses membres sont bannis sous le règne de Charles et déchus de leur rang de chevaliers de l'ordre de la Toison d'or. Après la mort du Téméraire, les Croÿ se posent en indéfectibles défenseurs des droits de Marie de Bourgogne de sorte que son époux Maximilien, s'appuie sur cette famille aux clientèles puissantes. Jacques prend enfin possession du siège par procuration. Il entre dans la ville seulement en 1507. En sa présence, le 10 décembre 1508 se conclue le traité de Cambrai créant la ligue de Louis XII et de l'empereur Maximilien contre les Vénitiens. En 1510 Cambrai est érigé en duché par l’empereur Maximilien de Habsbourg époux de Marie de Bourgogne. Jacques de Croy obtient le titre de duc.

.Guillaume III de Croÿ, évêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1516 à 1519

Fils de Henri de Croÿ, comte de Porcien. Créé cardinal par le pape Léon X lors le 1er avril 1517, Il démissionne du gouvernement du diocèse en 1519 au profit de son frère Robert de Croÿ.

.Robert de Croÿ, évêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1519 à 1556

L’année ou Charles Quint devient empereur, il est nommé évêque de Cambrai à un jeune âge pour reprendre la place occupée par son frère Guillaume III de Croÿ. Cela permet que le diocèse de Cambrai, très stratégique, reste dans la famille, et donc d'avoir de l'influence au sein des Habsbourg. En 1529 est signée à Cambrai la Paix des Dames négociée par Marguerite d’Autriche, tante de l’empereur Charles Quint avec Louise de Savoie, mère de François Ier. Celle-ci est rompue en 1536 et dès 1543 Charles Quint récupère le Cambrésis.

.Maximilien de Berghes, évêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis, de 1556 à 1570, archevêque depuis le 12 mai 1559

Le 12 mai 1559, une bulle du pape érige Cambrai en archevêché, avec quatre évêchés suffragants : Arras, Tournai, Namur, Saint Omer. Mais la réorganisation des évêchés des Pays-Bas lui retire une partie importante de territoire au profit des nouveaux diocèses de Malines et d'Anvers. Il ne conserve que quatre archidiaconés : Cambrai, Brabant, Hainaut et Valenciennes. C’est à Cateau-Cambrésis cette même année 1559 qu’est signé entre le roi d’Espagne, Philippe II de Habsbourg et le roi de France Henri II le traité par lequel, suite à la bataille de Saint Quentin gagnée par le général des armées impériales le duc de Savoie Emmanuel Philibert, l’empire recouvre les villes lorraines de Thionville, Montmédy et Damvillers. Dès 1581, le roi de France Henri IV reprend Cambrai mais doit l’évacuer à nouveau dès 1593.

.Louis de Berlaimont, archevêque de Cambrai, duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1570 à1596

.Jean Sarazin, archevêque de Cambrai, duc de Cambrai, comte de Cambresis de 1596 à 1598 Fils d'Antoine Sarazin, seigneur d'Allenes.

.Guillaume de Berghes, archevêque de Cambrai et duc de Cambrai et comte du Cambrésis de 1601 à 1609

En 1595, l'archiduc Albert d'Autriche, gouverneur du Brabant, le nomme à l'évêché d'Anvers. En 1601 il est transféré à l'archidiocèse de Cambrai. Déjà le chapitre métropolitain a élu, pour succéder à Jean Sarrazin, François Buisseret, son doyen, mais l'archiduc menace de saisir les biens des chanoines, si ceux-ci ne lui abandonnent pas le libre choix du successeur du prélat défunt. François Buisseret, en présence de cette menace renonce à son élection.

En 1649, Louis XIV tente de s’en emparer puis en 1657 sans succès. Cambrai reste terre impériale, possession des Habsbourg d’Espagne, intégrée aux Pays Bas espagnols jusqu’ à sa conquête à nouveau par le roi de France Louis XIV en 1677. Le traité de Nimègue de 1678 l’accorde à la France.

En 1686, le pape reconnait au roi de France le droit de nommer l’évêque de Cambrai qui demeurent Prince d’empire, duc de Cambrai, comte du Cambrésis ; le puissant chapitre des chanoines perd ainsi son antique privilège de pouvoir élire son archevêque. Fénelon est ainsi le premier archevêque français nommé par Louis XIV.

En 1695, Monseigneur de Fénelon successeur de Monseigneur de Bryas écrit :

« 1. les empereurs ont donné aux évêques de Cambrai la ville de Cambrai avec tout le Cambrésis il y a près de sept cent ans. Alors le Cambrésis était incomparablement plus étendu qu’il ne l’est maintenant.

2. Depuis ces anciennes donations, confirmées par les empereurs successifs des premiers, les évêques de Cambrai ont toujours possédé la souveraineté de Cambrai et du Cambrésis, en qualité de princes de l’empire comme les autres évêques souverains d’Allemagne.

3. L’évêque de Cambrai avait même dans les diètes de l’empire le rang devant celui de Liège. Il n’y a guère plus de soixante ans que ce rang était encore conservé, et que les députés de l’Eglise de Cambrai allaient aux diètes.

4. Il est vrai que les comtes de la Flandre impériale étaient avoués de l’Eglise de Cambrai et que les rois d’Espagne qui ont été comtes de Flandre, ont voulu se servir du prétexte de cette avouerie pour établir leur autorité à Cambrai mais il est clair comme le jour, qu’un simple avoué d’une église n’y a aucune autorité à Cambrai, que sous l’Eglise même qu’il est obligé de défendre et à laquelle il est subordonné. Il est vrai aussi que les rois de France voyant Cambrai si voisin de Paris, et si exposé aux invasions de leurs ennemis, voulurent de leur côté se faire châtelains des évêques, pour avoir aussi un prétexte d’entrer dans le gouvernement de la ville : mais chacun sait que le châtelain de l’évêque, loin d’avoir une autorité au-dessus de lui, n’était en cette qualité que son officier et son vassal. Les choses étaient en cet état, quand Charles-Quint craignant que les Français ne s’emparassent de Cambrai, s’en empara lui-même, y bâtit une citadelle, et en donna le gouvernement à Philippe II, son fils, avec le titre de burgrave. Il fit cette disposition en qualité d’empereur, de qui l’évêque souverain de Cambrai relevait.

5. que du lieu ne laissèrent pas de conserver leur souveraineté sur la ville et sur tout le pays, quoique Philippe eut titre de défenseur de la citadelle.

6. Dans la suite, le duc d’Alençon, fils de France étant venu aux Pays-Bas avec le titre de duc de Brabant, se saisit de la citadelle de Cambrai par une intelligence secrète avec le baron d’Inchy qui y commandait.

7. Le duc d’Alençon ayant bientôt abandonné les Pays-Bas pour retourner en France, il laissa Balagny dans la citadelle : celui-ci exerça une cruelle tyrannie sur la ville et sur le pays ou son nom est encore détesté.

8. Le comte de Fuentes, général de l’armée d’Espagne vint l’assiéger et prit Cambrai

9. Jusque-là, les Espagnols avaient laissé l’archevêque de Cambrai en possession paisible de tous les droits de souverain ; mais comme Balagny l’en avait dépouillé par pure violence, pendant ces horribles désordres, les espagnols commencèrent alors à faire comme Balagny, sur lequel ils avaient fait la conquête, et ils se mirent en possession de la souveraineté sur tout le Cambrésis, excepté sur la châtellenie du Cateau qui est demeurée franche jusqu’au jour présent.

10. D’ailleurs ils laissèrent à l’archevêque en liberté de continuer à envoyer des députés de son Eglise aux Diètes impériales. On a continué à les y envoyer presque pendant tout le temps de la domination d’Espagne. ………………………………………………………… »

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Published by Parti imperial romain europeen
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 12:17
Histoire du Comté / Duché de Savoie / Grafschaft / Herzogtum Savoyen, terre d'empire de 1032 à 1806

Toute l’histoire de la Savoie comme celle d’autres territoires de l’Europe est déterminée par son ancienne appartenance à l’empire romain comme partie des Provinces des Alpes Grées et des Alpes Pennines. La Savoie est habitée sous l’empire romain par diverses tribus celtes dont la principale était celle des Allobroges, voisine de celle des Helvètes située plus au nord sur le territoire de l’Helvétie.

Après que les tribus germaniques (Francs, Burgondes, Vandales, Wisigoths …Alamans) aient franchi les frontières du Rhin à la fin de 406 après Jésus Christ, les territoires de ce qui deviendra la Savoie comme la Suisse occidentale voient s’installer les Burgondes qui fonderont un premier Royaume en 443 dont les capitales seront Genève et Lyon. En 443, la Savoie est une partie du Royaume Burgonde qui est absorbé en 534 par le Royaume des Francs de Clovis.

Quand Charlemagne restaure l’empire d’Occident en l’an 800, la Savoie n’existe encore pas comme comté mais son territoire se trouve incorporé dans un grand comté de Bourgogne, souvenir de l’ancien royaume Burgonde. Sous les Carolingiens, la Savoie prend forme. Charlemagne divise la Savoie en comtés dont les noms et les contours correspondent toujours aux provinces traditionnelles du Genevois, de la Savoie Propre, de la Maurienne, de la Tarentaise, du Chablais, du Faucigny, de l’Albanais et du Bugey. Lors de la préparation de l'héritage, en 811, Louis II de Germanie reçoit en lot cette Sabaudia, qui devient Saboia, la Maurienne, la Tarentaise, le Mont-Cenis et le val de Suse.

Avec le traité de Verdun de 843, les territoires de ce qui deviendra le comté puis le duché de Savoie font partie de la Francie Médiane dite Lotharingie. En 888 ces territoires sont partie du Deuxième Royaume de Bourgogne crée par Rodolphe comte d’Auxerre, puis de Bourgogne-Provence après son union avec celui de Provence en 934.

En 962, Otton Ier le Grand, restaure l'empire sous la forme de l'empire romain germanique.

Maison de Savoie

.Humbert Ier, (970/975-1047) comte de Maurienne, comte de Savoie de 1027 à 1047

En 1011, vingt et un ans avant sa mort, Rodolphe III avait légué le comté de Viennois à Brochard, archevêque de Vienne. Trop âgé, celui-ci le partage vers 1029 entre ses deux neveux, Humbert de Maurienne qui reçoit le Nord, future Savoie, et Guigues 1er, dit "Le Vieux", sire de Vion et comte d'Albon, qui reçoit le Sud, futur Dauphiné A la suite de l’incorporation du royaume de Bourgogne-Provence à l'empire romain germanique en 1032, seul l'évêque de Maurienne refuse de rendre hommage à l'empereur Conrad II le Salique. Investi par lui en 1033 de la marche de Maurienne, Humbert aux Blanches Mains, se voit chargé de prendre la ville de Saint Jean de Maurienne d'assaut et après un long siège, il l'incendie afin de soumettre l'évêque rebelle. Plus tard Humbert est fait également comte de la Tarentaise, comte du Val d'Aoste, comte de Bugey, comte de Chablais et comte de Sermorens en 1038. En ce début du XI ième siècle ce qui deviendra le comté puis duché de Savoie compte une trentaine de feudataires : au premier rang les évêques puis archevêques de Moutiers en Tarentaise, les évêques de Genève, les comtes de Genevois, les évêques de Saint Jean de Maurienne, les barons de Faucigny, les évêques de Belley et au second rang les sires de La Chambre, de Viry, de Chevron, de Miolans, de Montmayeur, de Briançon, de Chambéry, de Menthon, de la Rochette, de Compey, de Sales, de Sallenove, de Beaufort, de Lucinges et d’Allinges.

.Amédée Ier (vers 1016-1051) comte de Maurienne et de Savoie de 1047 à 1051

Fils du précédent.

Il est présent à Vérone lors d’une Diète convoquée par son roi et empereur Henri III qui a succédé à son père Conrad II le Salique en 1039 et assiste à son couronnement à Rome à Noel 1046 par le pape Clément II. Il obtient de l’empereur la ville d’Asti.

.Odon Ier (1023- 1060), comte de Maurienne et de Savoie 1051 à 1060

Frère du précédent, Il aurait épousé en premières noces Richilde, fille de l'empereur Othon Ier le Grand.

En 1045, il épouse Adélaïde de Suse, marquise (margrave) de Suse et comtesse de Turin qui lui apporte de vastes possessions en Italie du nord, avec Suze, clef du passage du Mont-Cenis, Ivrée et Pignerol et lui donne cinq enfants :

-Pierre Ier de Savoie : futur 4e comte de Savoie.

-Amédée II de Savoie : futur 5e comte de Savoie.

-Othon ou Odon, évêque d’Asti.

-Berthe qui épouse en 1066 Henri de Franconie, futur empereur Henri IV

-Adélaïde, qui épouse Guigues IV d'Albon, puis en 1067 Rodolphe de Rheinfeld-Souabe, duc de Souabe.

.Pierre Ier (1048-1078), comte de Savoie de 1060 à 1078

Fils du précédent obtient de l’empereur Henri IV l’investiture du Bugey et du marquisat d'Ivrée.

.Amédée II (1050-1080), comte de Savoie de 1078 à 1080

Frère du précédent. Beau-frère de l’empereur Henri IV qui a épousé sa sœur Berthe. Il épouse en 1065 Jeanne, la fille de Gérold II comte de Genève.

L’empereur Henri IV fait part devant la Diète de Worms de 1069 de sa volonté de répudier sa sœur Berthe mais la Diète refuse de même que le pape refuse de le couronner d’autant qu’il engage avec lui la « querelle des investitures » née du fait que les empereurs estiment qu’ils leur appartient et non au pape de choisir les évêques pour les investir du pouvoir temporel de comte mais aussi par voie de conséquence de leur pouvoir spirituel d’évêque. Mais le pape Grégoire VII finit par excommunier l’empereur Henri IV qui, malgré ses velléités de divorce d’avec Berthe est accueilli à Vevey par sa belle-mère Adélaïde et son beau-frère Amédée II puis dans leur château d’Evian à Noël 1076, puis à Chignin, en 1077. Amédée II reçoit le Chablais en échange du droit pour Henri de passer par le Mont-Cenis, pour se rendre à Canossa... Adélaïde et Amédée II servent de médiateurs entre l’empereur et le pape. Ils aident efficacement l'empereur qui les récompense en donnant le Bugey à Amédée II et en reconnaissant les droits et l'inféodation du marquisat d'Ivrée à Adélaïde de Suse. L'apport politique essentiel du comte Amédée II, réside dans le début de la prise de conscience par les princes de la maison de Savoie, de l'importance de leur position géographique, au carrefour du Saint-Empire, des États pontificaux, de Venise, du royaume de France, mais surtout en tant que gardiens des passages alpins.

.Humbert II (v.1065 -1103) comte de Savoie, comte de Maurienne de 1080 à 1103, vicaire imperial

Fils du précédent et de Jeanne de Genève, il épouse Gisèle de Bourgogne, fille de Guillaume le Grand, comte de Bourgogne et de Macon. Il réussit aussi à marier sa fille Adèle avec le roi Louis VI le Gros engageant ainsi la maison de Savoie dans un début d’équilibre diplomatique entre le Royaume de France et l’Empire.

À son avènement, les terres d’Humbert II sont seulement constituées de la majeure partie de la vallée de la Maurienne, de la vallée de la Tarentaise (aux mains de l'archevêque), du duché de Turin, du Val d'Aoste, du marquisat de Suze. Deux prélats, sont plus riches et plus puissants que lui, l'évêque de Maurienne, dont l'évêché a été refondé en 1061, et Héraclius, archevêque de la Tarentaise ; par ailleurs il doit se battre contre des petits barons, des grandes vallées alpines, relevant directement de l'empereur, avec à leur tête le baron Émeric de Briançon et de grands seigneurs, comme Aimon de Chambéry et Aimon Ier de Genève. Héraclius veut asservir, toutes les populations et même les petits barons de son immense diocèse. Le peuple de Moûtiers se révolte, et se range avec une grande partie des petits barons sous le commandement d’Emeric de Briançon qui bat les troupes de l'archevêque. Ce dernier fait appel à Humbert II qui vient pacifier la vallée de la Tarentaise, mais en profite pour faire valoir ses nouveaux droits de vicaire de l’empire qu'il vient d'obtenir de son oncle l'empereur Henri IV. Le peuple de Moutier se rallie à lui. La puissance de l'archevêque est finalement réduite à ses seuls pouvoirs spirituels et à la seule propriété de ses domaines ecclésiastiques et des serfs y vivant. En 1085, son oncle l’empereur Henri IV le confirme dans la possession du Bugey, l’investit du Marquisat d’Ivrée et lui reconnait la possession du Vieux Chablais ; il récupère également la plus grande partie du pouvoir temporel de l’archevêque de Moutiers et de l’évêque de Saint Jean de Maurienne et obtient l’immédiateté impériale.

.Amédée III (v.1095- 1149) comte de Maurienne de 1103 à 1148, vice-roi de Bourgogne en 1111, vicaire de l’empire

Fils du précédent ; il épouse d’abord la fille du comte de Genève. En 1123, il se remarie avec Mahaut d’Albon, la fille du Dauphin du Dauphiné.

Amédée III doit lutter contre la tutelle de sa mère et de Louis le Gros. En 1128, il agrandit son domaine en ajoutant à son gouvernement – ce qu'on appelait le « Vieux Chablais » – la région s'étendant de l'Arve jusqu'à la Dranse d'Abondance, formant ainsi le « Nouveau Chablais ». Il favorise la renaissance de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, dont il est l'abbé laïc et fonde l'abbaye de Saint-Sulpice en Bugey, l'abbaye de Tamié, l'abbaye d'Hautecombe. Il combat les troupes du dauphin Guigues IV d’Albon lors du siège de Montmélian en 1142. Mais l'autorité impériale renaissante assure une paix durable. C’est Amédée IV qui en 1143 remplace son titre de comte de Maurienne pour celui de Savoie et modifie ses armoiries en introduisant la croix blanche correspondant au drapeau de guerre de l’empire déjà utilisé par l’Ordre des chevaliers de Saint Jean de Jerusalem crée en 1080. Il participe en 1947 à la deuxième croisade au côté de son neveu le roi de France Louis VI et meurt à Nicosie en 1148.

.Humbert III (1136-1189) comte de Savoie de 1149 à 1189

Comme son père Amédée III, il doit lutter contre le dauphin Guigues V d’Albon encore à Montmélian en 1153 et participe à la troisième croisade. Il soutient le pape Alexandre III contre son empereur Frédéric Barberousse qu’il laisse cependant passer par le Mont Cenis en 1168 quand celui-ci est chassé par les Ligues Lombardes. Humbert croit pouvoir profiter de l’absence de son empereur pour s’émanciper ; mal lui en prend car en 1174, Frédéric le met au ban de l’empire, fait bruler Suze et déclare vassaux immédiats les évêques de Moutiers (origine des armoiries de Moutiers pratiquement identiques à celles de Genève) et de Belley avant d’aller se rendre à Arles en 1176 pour se faire couronner roi de Bourgogne-Provence en présence de ses principaux vassaux du Royaume. En 1184, Frédéric Ier convoque une Diète très importante à Mayence en présence de plus de 40 000 seigneurs de tout l’empire au cours de laquelle il adoube ses fils Henri et Frédéric les futurs Henri VI et Frédéric II. Le conflit ouvert entre le comte de Savoie et l’empereur Frédéric se poursuit sous le règne de l’empereur Henri VI et aboutit à la mise au ban de l’empire du comte de Savoie en 1187. Sous le règne des Hohenstaufen, le lien de vassalité entre l’empereur et ses vassaux s’applique dans toute sa rigueur de sorte que les comtes comme le comte de Savoie n’exercent un semblant de souveraineté qu’en raison du seul éloignement géographique de leur empereur qui peut les traduire devant sa cour de justice, leur confisquer leur fief (son comté) et les mettre au ban s’il ne remplissent pas leurs obligations à son égard.

.Thomas Ier (1178 -1233) comte de Savoie de 1189 à 1233, vicaire en Lombardie

Fils du précédent.

Il commence à régner sous le règne de l’empereur Henri VI de Hohenstaufen et réussit à rentrer en grâce auprès de l’empereur grâce à l’intervention de son tuteur le marquis de Montferrat qui avait soutenu l’empereur contre son père. Il récupère le Piémont et est nommé par l’empereur vicaire en Lombardie. A la mort d’Henri VI en 1187, ce n’est pas son frère Frédéric qui lui succède immédiatement mais c’est Othon IV Welf de Brunswick, qui est élu. Mais le roi de France Philippe Auguste (le terme Auguste qui lui est donné est la marque des légistes français qui développent l’idée que si le roi reconnait toujours à l’extérieur de son royaume la primauté d’honneur de l’empereur, il « est empereur en son royaume » soutient Frédéric contre Othon. Thomas soutient lui aussi Fréderic et fait le bon choix car Othon est battu à Bouvines en 1214 par Philippe Auguste et c’est Frédéric II de Hohenstaufen,déjà roi de Sicile, qui devient empereur en 1211 en même temps donc que roi de Germanie, d’Italie (du Nord : ancien Royaume des Lombards) et roi de Bourgogne-Provence dont font partie les terres dont se trouve investie la Maison de Savoie. L’empereur organise le royaume d’Italie en huit vicariats et celui de Bourgogne-Provence en un qu’il confie au Duc de Zärhingen, famille de Souabe ce qui place celui-ci au-dessus des comtes de Savoie, de Dauphiné, de Provence et des princes-évêques. En effet, le vicaire a la faculté de juger les causes en première instance, d’exercer le droit de grâce, de prescrire des règles de droit supplantant les statuts communaux, d’imposer des taxes nouvelles. Le vicaire a également le droit de paix et de guerre. Il peut ajouter l’Aigle Imperial sur ses armoiries. Le 15 mars 1232, Thomas Ier achète au seigneur de Berlion la ville de Chambéry.

.Amédée IV (1197-1253) comte de Savoie de 1233 à 1253, vicaire général de l’empereur pour le royaume d’Italie en 1248

Fils du précédent.

En juillet 1245, il va présenter ses hommages à Turin à l’empereur Frédéric II et se fait promettre par l’empereur la restitution de Rivoli. Pendant les années suivantes, les liens qui unissent le comte à l’empereur ne cessent de se resserrer ; il obtient de l’empereur les titres de comte d’Aoste et du Chablais. En 1247, Amédée étant devenu un chaud partisan de l’Empereur, il est convenu que Manfred, le fils de Frédéric et de Bianca Lancia, épousera Béatrice, fille du comte de Savoie : Manfred recevra immédiatement de l’empereur toute la terre qui s’étend de Pavie aux Alpes. Ce mariage est célébré l’année suivante. Par voie de conquête, Amédée IV augmente ses possessions dans le Viennois, le Lyonnais, en Piémont, en Ligurie et dans le Pays de Vaud avec le château de Moudon. Amédée et son frère, Thomas de Savoie, comte de Flandre se trouve à la tête d’une assemblée de vassaux qui rencontre à l’été 1248 à Verceil leur empereur Frédéric II. Thomas est alors nommé vicaire général de l’empire pour l’Italie du Nord, depuis Pavie jusqu’aux Alpes, et reçoit en outre de nombreux fiefs, parmi lesquels les villes d’Ivrée et de Turin, ainsi que plusieurs châteaux ; en outre, Thomas et Amédée sont mandatés par Frédéric pou entamer une nouvelle négociation avec le Pape. Thomas obtient le marquisat d’Ivrée en 1248 mais ne réussit pas à prendre Turin. Malgré néanmoins ses convictions gibelines, Amédée IV permet au pape Innocent IV en fuite de traverser ses terres. L’empereur Fréderic II meurt en 1250 et sa mort marque la fin d’une certaine idée impériale qui avec l’affaiblissement progressif du lien vassalique va permettre aux ducs, comtes, princes-évêques, républiques constituant l’empire d’augmenter progressivement leur pouvoir et d’acquérir un début de souveraineté.

.Boniface (1244- 1263) comte de Savoie de 1253 à 1263

Fils d’Amédée IV et de Cécile des Baux, il règne sous la tutelle de sa mère et de son oncle Thomas II, seigneur de Piémont, comte de Maurienne et comte de Flandres, qui meurt en 1259.

En 1258, sa grand-mère, Marguerite de Genève, comtesse de Flandres, en grande détresse par les divisions de ses fils, Pierre et Philippe de Savoie, demande du secours au roi Louis IX qui envoie en Flandres, une armée sous le commandement de son frère, le comte Charles Ier d'Anjou (1227-1285). Le comte Thomas II de Piémont et le jeune comte Boniface de Savoie se joignent à lui à Compiègne avec un corps de troupes savoyardes. La comtesse est rétablie sur son trône. En 1263, Boniface de Savoie se décide de venger son oncle Thomas II de Piémont, tué par le parti des Guelfes triomphant à Turin. Vassal de l'Empereur, Boniface à la tête d'une armée savoyarde et de ses vassaux, dont le marquis de Saluces et Jean de Bourgogne, bat au Piémont les troupes de Charles Ier d'Anjou à la bataille de Rivoli et met en place le siège de Turin. Mais, après quelques jours, arrivent au secours des assiégés, les troupes des Montferrains et des Astésans. Le combat est désespéré et Boniface est blessé et fait prisonnier, avec le marquis de Saluces. Il meurt cette même année en captivité, sans descendance.

.Pierre (1203-1268) seigneur de Vaud de 1233 à 1268, comte de Savoie, d’Aoste et de Maurienne de 1263 à 1268

Initialement chanoine de la cathédrale de Valence et prévôt de la cathédrale d'Aoste, mais ne se sentant aucune vocation pour cet état, il demande un apanage à son frère Amédée IV et reçoit les terres, châteaux et mandements de Lompnes et de Saint-Rambert-en-Bugey, puis le château de Seyllon, celui de Coutey et toutes les terres que la maison de Savoie possède en Chablais, et dans le Pays de Vaud. Son séjour en Angleterre auprès du roi Henri III lui permet de s’enrichir considérablement. Le 2 décembre 1241, il épouse Agnès de Faucigny, qui lui apporte en dot, les baronnies de Faucigny, de Beaufort et plusieurs autres terres. Enfin il hérite en 1242, de son frère Aymon, comte de Chablais. En 1250, il oblige le comte de Genève à lui livrer tous ses châteaux depuis le Fort l'Écluse jusqu'à l’Aar. Il oblige aussi l'évêque de Lausanne à lui remettre d'importantes seigneuries du Pays de Vaud. En 1253, Pierre II marie sa fille Béatrix (ou Béatrice) au Dauphin Guigues VII et lui offre le Faucigny en dot. Bien que Boniface ait des sœurs, que Thomas, son frère aîné déjà décédé ait des fils, la coutume savoyarde le fait hériter en tant que plus proche parent, la loi de primogéniture au second degré n'étant pas encore établie, il devient alors en 1263 le douzième comte de Savoie.

.Philippe Ier (1207-1285) , évêque de Valence de 1241 à 1267, prince-archevêque de Lyon de 1246 à 1267, puis comte de Bourgogne de 1267 à 1279 et 13e comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1268 à 1285.

Philippe épouse le 11 juillet 1267, la comtesse Alix de Bourgogne ou Adélaïde, fille du comte Othon II de Bourgogne et de Béatrice II de Bourgogne. Par ce mariage sans enfants, il devient comte de Bourgogne, mais à la mort d'Alix, c’est Othon IV de Bourgogne (ou Othelin), né d'un premier mariage d'Adélaïde avec le comte Hugues de Bourgogne qui prend possession de la Bourgogne. Devenu, comte de Savoie, à la mort de son frère Pierre II, il reçoit l'hommage de Berne, de Nyon et de Morat. En revanche, malgré le traité que la ville de Genève avait conclu avec le comte Thomas Ier, le chapitre de la ville et l'évêque décident de s'allier secrètement au comte de Genevois. Philippe Ier veut récupérer le Faucigny qui est devenu une enclave dans ses états. C'est l'origine du conflit entre le Dauphiné et la Savoie qui va durer cent ans. Après un Interrègne de 17 ans, les grands nobles se décident à élire comme empereur plutôt qu’un duc puissant de Lorraine, de Souabe, de Franconie, de Saxe, de Bavière voire le roi de Bohème, un petit comte moins puissant en pensant ainsi ne pas à devoir subir trop fortement l’autorité impériale comme sous les Hohenstaufen. C’est ainsi qu’ils élisent en 1273, Rodolphe Ier de Habsbourg, né en 1218 dans le château de Habsbourg (dans l’actuel canton d’Argovie en Suisse) et dont l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen est le parrain. Et le 24 octobre à Aix la Chapelle, Rodolphe est couronné roi des Romains conformément à la tradition qui veut depuis Charlemagne que le futur empereur soit roi des Romains et se voit remettre par l’archevêque de Cologne les emblèmes impériaux. Philippe Ier s’oppose à l’empereur Rodolphe, en Suisse et au Piémont, et parvient à conquérir Turin. Sans enfant, Philippe Ier choisit lui-même son successeur parmi ses nombreux neveux et obtient de l'empereur Henri VII, un décret par lequel celui-ci investit de la souveraineté de Savoie, Amédée le futur Amédée V, fils de Thomas II de Piémont, comte de Flandre.

.Amédée V (1249-1323) comte de Savoie de 1285 à 1323

Fils de Thomas II de Piémont.

En 1308, c’est un membre de la famille de Luxembourg, Henri VII de Luxembourg qui devient empereur. Trois ans plus tôt, le comte Amedée V, son beau-frère, s’est rendu à Avignon demander au pape Clément V de reconnaitre Henri comme roi des romains et lui proposer de faire élire son neveu Louis II de Savoie, sire de Vaud comme sénateur de Rome (en souvenir des deux consuls de l’ancienne Rome on élisait deux sénateurs mais depuis 1192 on n’en élisait plus qu’un, lequel nommé pour 6 mois à 5 ans, avait pouvoir d’administrer Rome, de battre monnaie ; il habitait au capitole et s’il était reconnu intègre avait le droit d’ajouter à ses armoiries le sigle du Senat Romain S.P.Q.R) ; souverain de Rome, il était sous suzeraineté commune du pape et de l’empereur et venait immédiatement après eux en rang et dignité). Henri est donc élu Roi des Romains en 1308 et de retour d’un pèlerinage en 1309 à Saint Maurice d’Agaune sur la tombe de son ancêtre Sigismond, il est accueilli au château d’Evian par son vassal le comte Amédée V de Savoie. Louis II est élu sénateur en 1310. Grâce à lui, Henri VII peut le 23 juin, accompagné par son frère l’archevêque de Trèves, son beau-frère Amédée V et Louis II de Vaud, être couronné empereur par le pape dans la basilique Saint Pierre. Après la mort d’Henri VII, le pouvoir impérial se défait en Italie et à l’exception de celle que les empereurs continuent d’exercer sur leurs vassaux, le comte de Savoie, pour les terres dont il est investi dans le royaume d’Italie (du Nord) et le duc de Milan, les empereurs auront de plus en plus de difficultés à y exercer leur autorité. En 1320, lassé de la guerre d'usure entre la Maison de Savoie et celle du Dauphiné à propos de la Baronnie du Faucigny, Amédée V de Savoie veut frapper un grand coup pendant la minorité de Guigues VIII. Les années suivantes les échauffourées se multiplient. Mais Amédée V meurt en 1323.

.Édouard de Savoie (1284- 1329) comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne 1323 à 1329.

Fils aîné d’Amédée V et de Sibylle de Baugé. Epoux de Blanche de Bourgogne (1288-1348), elle-même fille de Robert II, duc de Bourgogne

Reprenant la politique d’Amédée V, Édouard, allié à Guichard le Grand, sire de Beaujeu, décide le 7 aout 1325 d'investir le château de Varey, propriété du comte de Genève Amédée III, allié du Dauphin Guigues VIII.

Au côté de Guigues se trouvent notamment :

.Hugues de La Tour, seigneur de Faucigny, oncle du jeune Guigues, mais aussi beau-frère d'Édouard de Savoie par son mariage avec Marie de Savoie.

.Amédée III de Genève, héritier des comtes de Genève et aussi neveu d'Édouard.

.Hugues de Genève, capitaine belliqueux de la ligue anti-savoyarde.

.Hugues de Joinville, seigneur de Gex.

.Aymar de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois Raymond IV de Baux, prince d'Orange, cousin par alliance de Guigues.

.Jean II de Chalon-Arlay, époux en seconde noces de Marie de Genève, fille d’Amédée III de Genève.

Du côté d’Edouard, se trouvent :

.Guichard IV le Grand, sire de Beaujeu, allié de longue date de la maison de Savoie, et intéressé au premier chef par la prise du château de Varey.

.Jean II de Châlon, comte d'Auxerre, dont la mère est une sœur d’Édouard.

.Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre, frère du duc régnant Eudes IV de Bourgogne.

.des vassaux suisses.

Edouard perd la bataille mais parvient à s’échapper tandis que Robert de Bourgogne, Jean de Châlon et Guichard de Beaujeu sont faits prisonniers et devront payer de fortes rançons. Trois ans plus tard, Edouard se distingue dans l'armée de Philippe VI de Valois à la bataille de Cassel, en 1328. Sans fils, c’est son frère Aymon qui lui succède.

.Aymon de Savoie (1291- 1343), comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1329 à 1343.

Fils cadet d'Amédée V, Il épouse le 1er mai 1330, Yolande de Montferrat, fille de Théodore Ier Paléologue, marquis de Montferrat.

Aymon passe les premières années de son règne à combattre le dauphin Guigues VIII. À la mort de ce dernier, il conclut avec le nouveau dauphin Humbert II, le traité de Chapareillan signé en 1334 dans lequel il reconnait le Rhône comme frontière entre la Savoie et le Dauphiné septentrional. Aymon désigne Louis II de Savoie comme tuteur du jeune Amédée VI et c’est Louis II qui administre la Savoie de 1343 à 1348. Un an avant sa mort en 1347, Charles IV de Luxembourg, roi de Bohême, est élu empereur. Dans cette première moitié du XIV° siècle, les tensions entre les vassaux des comtes de Savoie et les archevêques se multiplient. La ville de Moûtiers est prise en octobre-novembre 1335 et les fortifications sont démantelées. Durant la guerre de Cent Ans, il aide Philippe VI de Valois, roi de France, à combattre Édouard III, roi d'Angleterre et participe notamment à la guerre des Flandres.

.Amédée VI dit le comte vert (1334-1383), comte de Savoie, de Maurienne et d’Aoste de 1343 à 1383, vicaire impérial pour le Royaume de Bourgogne-Provence de 1365 à 1367

Fils du précédent. Il épouse en 1355, Bonne de Bourbon, fille de Pierre Ier, duc de Bourbon et d'Isabelle de Valois.

La cession du Dauphiné, terre impériale en 1349 au fils du roi de France par le dernier dauphin, lui apparait dangereuse pour la Savoie car l’empereur Charles IV de Luxembourg était susceptible de céder le vicariat sur le Dauphiné voire sur le Royaume de Bourgogne-Provence. Prince avisé, Amédée VI dit le comte vert préfére la suzeraineté impériale éloignée à celle proche du roi de France sous laquelle à l’évidence le Dauphiné va passer, après le Vivarais, le Lyonnais et le Forez 40 ans plus tot. Pour lui, ce lien avec l’empire est une précieuse garantie d’indépendance vis-à-vis du royaume de France centralisateur ou le roi tend à devenir le souverain de tous ses sujets et plus seulement comme l’empereur celui de ses vassaux directs. Sous son règne, les Etats de Savoie représentent une dizaine de Baillages :

. la Savoie propre ou Savoie ducale avec dix sept châtellenies.

. le Chablais avec le château de Chillon et ses treize châtellenies

. le Val de Suze avec Avigliana et ses trois châtellenies

. le Val d’Aoste avec Chatel-Argent-Villeneuve et ses cinq châtellenies

. le Bugey-Valromey avec Château de Rossillon-Saint Germain et ses sept châtellenies.

.la Novalaise avec Voiron partagée en huit châtellenies.

.la Bresse avec Bourg, les Dombes comprenant dix châtellenies.

. la Baronnie de Gex, la Valbonne

. le Faucigny avec Chatillon/Cluses avec onze châtellenies

Et ce, sans compter les Etats de Vaud.

En 1361, fait historique peu connu et dont les conséquences sont difficiles à analyser, Amédée envoie un représentant auprès de l’empereur Charles IV de Luxembourg pour obtenir que ses possessions ne fassent plus partie du Royaume de Bourgogne- Provence (dont une bonne partie déjà du territoire a été annexé de fait par le royaume de France) mais soenit rattachées directement à l’empire ce que l’empereur fait par un diplôme du 17 mai 1361. Pourtant Charles IV de Luxembourg, quatre ans plus tard, entend bien marquer qu’il est toujours en droit roi de Bourgognes-Provence et décide comme l’avait fait avant lui Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse de se faire couronner à Arles dans la cathédrale Saint Trophime de la couronne de Bourgogne-Provence. Amédée VI doit venir l’accueillir à Morat aux portes de ses Etats de Vaud le 4 mai 1365 ; ils sont à Chambéry le 11 mai et le 13 mai, l’empereur confère le vicariat d’empire sur le Royaume de Bourgogne-Provence à Amédée VI ; désormais, c’est lui qui recevra à la place de l’empereur l’hommage des évêques de Sion, de Tarentaise, de Maurienne, de Genève, Lausanne, Belley, Macon, Lyon, Grenoble, Ivrée, Aoste et Turin pour leur pouvoir temporel de comte. Puis Amédée VI accompagne son suzerain jusqu’à Arles ou celui-ci se fait couronner le 4 juin. A leur retour par Genève, ils entendent les vives protestations de l’évêque Alamand de Saint Jeoire qui proteste contre le vicariat d’Amédée qui lui enlève son immédiateté impériale. Là comme l’avait fait avant lui son ancêtre l’empereur Henri VII, Charles IV demande à Amédée de l’accompagner à Saint Maurice sur la tombe de son ancêtre Saint Sigismond (roi des Burgondes) ou ils arrivent le 21 juin. Enfin Charles et Amédée se rendent au château de Romont ou ils se quittent. Dès son arrivée à Berne, Charles adresse une série de lettres patentes aux évêques et seigneurs qui dépendaient désormais de son nouveau vicaire ne tenant aucun compte des récriminations de certains. Mais en 1367, tenant compte de la véritable révolte que cette nomination suscite, l’empereur finit par révoquer le vicariat sur les princes ecclésiastiques ce qui n’entraine, à quelques exceptions près, guère de changement car entretemps beaucoup s’étaient trouvés devant le fait accompli qui, comme chacun sait, prime le droit. Quelque temps avant sa mort en 1378, Charles IV, comme l’avait sans doute appréhendé dès 1361 Amédée VI, constitue son neveu le dauphin Charles (futur roi de France Charles VI) pour son vicaire et lieutenant dans le royaume de de Bourgogne-Provence.

.Amédée VII de Savoie, dit le comte Rouge, (1360-1391), comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1383 à 1391.

Fils d'Amédée VI ; il épouse Bonne de Berry, fille de Jean de France, duc de Berry et duc d'Auvergne, et de Jeanne d'Armagnac qui était petite-fille du roi de France Jean II le Bon.

.Amédée VIII ( 1391-1439) , comte de Savoie (1391-1416) duc de Savoie ( 1416-1439) comte de Genève ( 1424- 1439) pape sous le nom de Félix V ( 1439-1449) évêque de Genève (1449-1451)

Fils du précédent ; il épouse Marguerite de Bourgogne, fille du duc de Bourgogne Philippe le Hardi.

Il n’a que huit ans quand il devient comte et a pour tutrice sa mére Bonne de Berry. Une lutte pour la régence intervient entre celle-ci et sa grand-mère Bonne de Bourbon. Les Bourbons l'emportent et la grand-mère d'Amédée reste régente jusqu'en 1393. La régence du comté de Savoie passe alors au duc Philippe II de Bourgogne, qui fiance immédiatement sa fille Marie au jeune Amédée. Ce n'est qu'en 1398 que cette période de régence prend fin. Mais même après avoir quitté la régence, sa grand-mère et son beau-père conservent une influence importante sur lui. Longtemps après la mort de Philippe II, quand Philippe III devient duc de Bourgogne, Amédée fait passer huit cent de ses soldats (sous le commandement du sire de Salenove) au service de la Bourgogne, et il saisit toutes les occasions de réconcilier le duc de Bourgogne avec le roi de France. En 1402, l'enclave du Genevois (avec Genève, puis Annecy) tombe sous sa souveraineté, suite à la mort du dernier comte. En 1410, il envisage un pèlerinage à Jérusalem mais y renonce finalement. En effet, des émeutes agitent alors Paris, suite à l'opposition entre les partis ennemis, Armagnacs (auquel appartient le duc de Berry, oncle maternel d'Amédée) et Bourguignons (dirigés par le duc de Bourgogne, beau-frère d'Amédée). Le comte de Savoie préfère se rendre avec ses soldats dans son hôtel de Gentilly, au sud de Paris, et participe à la signature du traité de Bicêtre, qui ramène temporairement le calme dans la ville et en France. Ses armées contrôlent le val d'Ossola, en 1411, permettant le contrôle du Simplon (perte du territoire en 1417). Et en 1413, Il obtient l'apanage définitif du marquisat de Saluces. C’est l’empereur, Sigismond de Luxembourg qui élève à Chambéryle 16 février 1416 Amédée VIII à la couronne ducale ce qui consacre le développement de la puissance des comtes de Savoie et l’accroissement de leur souveraineté. En 1435, alors que le duc Philippe III de Bourgogne cherche à prendre ses distances avec ses alliés anglais, Amédée, son oncle, sert de médiateur entre Français, Anglais et Bourguignons, dans une conférence à laquelle participent quasiment tous les royaumes concernés par la guerre de cent ans (France et Angleterre, mais aussi Aragon, Castille, Portugal, Écosse, et même des pays d'Europe centrale et orientale, comme le Saint empire romain germanique et la Pologne). Le Traité d'Arras est signé suite à cette conférence.

.Louis Ier de Savoie (1413- 1465), duc de Savoie, de Chablais et d'Aoste, de Piémont, d'Achaye et de la Morée, Comte de Genève, de Nice, de Vintimille, de Bagé, de Romont, de Valentinois et comte de Diois, baron de Faucigny, de Vaud et de Gex, seigneur de Bugey, de Beaufort, Verceil et Fribourg, marquis de Suze, prince et vicaire du Saint-Empire de 1439 à 1465

Fils d'Amédée VIII et de Marie de Bourgogne. Il épouse en 1433, Anne de Lusignan, (1419 -1462), fille de Janus, roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem, et de Charlotte de Bourbon.

Le mariage est célébré par l'archevêque de Tarentaise et les réjouissances se déroulent au château de Chambéry. Parmi les invités présents, ses meilleurs amis et proches parents, le duc Philippe III de Bourgogne, le duc René Ier de Bar, le comte de Nevers et le comte de Clèves, son père le duc Amédée VIII, sa sœur, Marguerite de Savoie, le prince d'Orange, l'ambassadeur du roi de France, Christophe d'Harcourt. Les douze provinces, possessions de la maison de Savoie sont représentées ainsi que le royaume de Chypre par des délégations, ainsi que les Ordres chevaleresques de la Toison d'or pour la Savoie, la Bourgogne et l'Autriche. Après son veuvage, son père a abandonné ses fonctions ducales pour se tourner vers la religion. Dès 1434, Amédée IX administre les États de son père sous le titre de prince de Piémont. Il doit subir les intrigues de l’entourage chypriote de son épouse mais aussi les ambitions de ses voisins français et milanais. Il doit ainsi renoncer au Valentinois et ne peut s'emparer du duché de Milan à la mort du dernier Visconti. Frédéric III de Habsbourg succède à Sigismond comme empereur en 1437. Son père Amédée VIII est élu (anti)pape en 1439 et abdique alors du duché en sa faveur. Une de ses filles Bonne de Savoie épousera deviendra duchesse de Milan en épousant le duc Galèas Marie Sforza le 24 avril 1467.

.Amédée IX de Savoie (1435-1472), duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne de 1465 à 1472.

Fils de Louis Ier et d'Anne de Lusignan. Epoux de Yolande de France, fille du roi Charles VII et donc sœur du roi Louis XI. Épileptique, peu capable de régner, l'autorité est exercée par sa femme Yolande de France et par son frère Philippe, comte de Bresse.

.Yolande (1434-1478) duchesse de Savoie de 1465 à 1478

Elle soutient le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui projette de recueillir la couronne de Bourgogne-Provence en vue pourquoi pas de recueillir la dignité impériale élective. Elle est son alliée malheureuse pendant les guerres de Bourgogne de 1475-1477. Ce soutien lui fait perdre en 1477 une partie du Vieux-Chablais en amont de Massongex-Saint Maurice que les Valaisans en profitent pour s’emparer.

.Philibert II le Beau (1480 -1504) duc de Savoie de 1478 à 1504

Maximilien de Habsbourg succède comme empereur à son père en 1499. Cette même année 1499, l’empereur remarie pour la troisième fois sa fille Marguerite d’Autriche avec Philibert. A la Diète d’Augsbourg de 1500, l’empire est organisé en 6 cercles et le duché de Savoie rattaché au Cercle du Haut Rhin qui comprend entre autres le duché de Lorraine, l’évêché de Strasbourg, le duché de Deux-Ponts, le comté de Blamont……. Après l’échec de la tentative du grand-père de Marguerite, Charles le Téméraire, cette alliance entre Habsbourg-Bourgogne et Savoie aurait peut-être pu permettre si Philibert n’était pas mort dès 1504 d’obtenir la couronne du Royaume de Bourgogne-Provence qui comprenait encore le comté de Bourgogne (Franche-Comté) le Pays de Vaud savoyard, le Pays de Gex, le Chablais, le Genevois, le Faucigny, la Bresse, le Bugey, le Valromey, la Savoie propre, la Maurienne et la Tarentaise. Après sa mort, la Maison de Savoie prend vraisemblablement conscience qu’elle n’obtiendra jamais cette couronne royale de Bourgogne- Provence et reporte son ambition légitime vers l’Italie ou à partir de ses possessions dans le Royaume d’Italie (du Nord) elle dispose de plus de chances de succès.

. Charles III dit le Bon (1504- 1553), duc de Savoie de 1504 à 1553

Il succède à son frère Philibert comme duc de Savoie. Il doit commencer son règne par s'imposer face aux exigences, de sa demi-sœur Louise de Savoie qui veut hériter le duché, de son frère bâtard René qui demande des fiefs, et de son frère Philippe qui soutient Louise et René. Lorsque son neveu François Ier, fils de Louise de Savoie, devient roi de France en 1515, il hésite à prendre partie entre lui et son empereur Maximilien et ne cherche pas comme les Confédérés suisses à s’opposer au passage des troupes de François Ier vers l’Italie ou celui-ci veut s’emparer du Duché de Milan qu’il estime avoir hérité. François Ier gagne la bataille de Marignan en 1515 contre les armées de l’empereur Maximilien de Habsbourg et celles du pape. Mais en 1519, c’est Charles d’Espagne qui est élu empereur sous le nom de Charles Quint et non François. Sans armée et sans grands moyens, le duc Charles III change régulièrement d'alliance, entre François Ier et Charles Quint. En 1525 Charles Quint bat avec ses armées impériales François Ier à Pavie et l’emmène prisonnier à Madrid ou ils signent en 1526 le traité de Madrid : pour sa libération François Ier doit payer une colossale rançon réunie par sa mère Louise de Savoie, renonce au Duché de Milan et accepte que Charles Quint reçoivent le Duché de Bourgogne. Mais rentré en France, François renie sa signature et en 1536, Il engage la 9 iéme guerre d’Italie pour reconquérir le duché de Milan et décide avec ses alliés de fait, Berne, Fribourg et Valais, l’occupation des territoires savoyards sans rencontrer aucune résistance, (cantons qui se considèrent toujours pourtant en droit comme sujets de l’empereur). Dans le pays de Vaud et le Genevois, l'autorité du duc est mise à mal. La cité de Genève se révolte et Charles III lui impose un blocus; pour s'en dégager, la cité fait appel aux Bernois, qui après quelques tergiversations passent à l'attaque, et conquièrent le Pays de Vaud. Charles III, incapable de réagir, brandit la menace de faire intervenir Charles-Quint dont il est le vassal, mais ce dernier est bloqué à Naples. Profitant de la situation, François Ier réclame l'héritage de sa mère, Louise de Savoie, sur la Bresse et le Faucigny. Il franchit la frontière ouest et ses troupes prennent les capitales, Chambéry, puis Turin. Charles III se trouve privé de la plupart de ses États, ne conservant que le comté de Nice et la Vallée d'Aoste et finit par se réfugier à Verceil/Vercelli. Pendant cette occupation de la Savoie, le roi François Ier, par un édit royal du 6 janvier 1539, crée un Parlement de Savoie ce qui constitue un acte de souveraineté dans la mesure ou il devient la juridiction de dernier recours dans les possessions de la Maison de Savoie ( ce qui ne signifie pas pour autant que les ducs de Savoie dans leur litige avec d’autres maisons possessionnées de l’empire ou vis-à-vis de l’empire ne continuent pas de relever eux de la justice impériale à la différence des litiges par exemple entre les 13 cantons de la Confédération suisse). Charles Quint, trop occupé en Italie, n’a pu aider militairement Charles III mais a néanmoins, à la Diète de Spire de 1545, enjoint sans succès aux Bernois, aux Fribourgeois confédérés, qui restent ses sujets, de même qu’à l’évêque de Sion, de lui restituer ses territoires. Charles III reste réfugié à Vercelli jusqu’à sa mort en 1553.

.Emmanuel-Philibert (1528- 1580), duc de Savoie de 1553 à 1580, gouverneur des Pays-Bas de 1555 à 1580

A dix-sept ans, en mai 1545, il part rejoindre l'empereur qui s'apprête à combattre la ligue de Smalkalde. C'est le début d'une longue aventure militaire. Charles Quint lui donne sa chance et, à la bataille de Muhlberg, le 13 avril 1547, Emmanuel-Philibert commande l'arrière-garde de l'armée impériale. En 1553, Charles Quint le nomme, à vingt-cinq ans, capitaine général de l'armée des Pays-Bas. Après la mort de son père, survenue le 16 septembre 1553, il est officiellement investi du duché de Savoie par Charles Quint le 15 juillet 1554. Le 27 octobre 1555, Philippe II le nomme gouverneur des Pays-Bas. Ferdinand Ier de Habsbourg, ainé de Charles Quint lui succède après l’abdication de ce dernier en 1556. Charles Quint partage alors ses possessions entre son frère Ferdinand et son fils Philippe II qui devient roi d’Espagne mais reçoit également l’héritage bourguignon qui continue de relever de l’empire. L’année suivante le 10 aout 1557, Emmanuel-Philibert, Général des armées impériales au service du neveu de l’empereur Ferdinand, le roi d’Espagne Philippe II, bat à Saint Quentin les troupes du roi de France Henri II qui a succédé à François Ier. Par le Traité de Cateau-Cambrésis de 1559, la France doit évacuer la partie des territoires savoyards qu’elle occupe depuis 1536. Par le Traité de Lausanne de 1564 avec les Bernois, ceux-ci restituent Pays de Gex, partie du Genevois et du Chablais qu’ils occupent depuis 1536 mais conservent les Etats de Vaud que, sans doute pour les raisons sus-exposées ou par crainte de la puissante grandissante de Berne alliée à Genève passée à la Réforme, Emmanuel-Philibert ne se bat pas pour conserver alors pourtant qu’ils avaient servi de base de développement depuis trois siècles à la Maison de Savoie (depuis le château de Chillon). Enfin cinq ans plus tard, par le Traité de Thonon de 1569, la Savoie récupère le reste du Chablais sauf la partie qui deviendra Bernoise puis Vaudoise (au nord du Rhône de Chillon à Saint Maurice) et celle qui sera conservée par le Valais (au sud du Rhône de Saint Gingolph – Chatel à Saint-Maurice). Profondément attaché à l’appartenance de la Savoie à l’Empire romain germanique, mais ne croyant plus à la pérennité de son Royaume de Bourgogne-Provence (dont l’empereur Charles Quint avait pourtant tenu à se faire couronner à Aix en Provence en 1536) qui subit ces nouvelles amputations au profit des Confédérés, Emmanuel- Philibert décide de transférer sa capitale de Chambéry à Turin. Sous son règne on assiste au début de la centralisation sur cette ville de l’administration des Etats savoyards.

.Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580- 1630), duc de Savoie de 1580 à 1630

Fils d’Emmanuel-Philibert.

Un peu étrangement par rapport à ce qui vient d’être dit, Il conserve le vieux rêve de reconstituer à son profit le Royaume de Bourgogne-Provence ; mais son espoir s’avère vain. Allié à l'Espagne par son mariage, il profite des guerres de religion pour s'emparer en 1588 du marquisat de Saluces et reçoit en 1590 des Ligueurs le titre de comte de Provence. Il envahit de nombreuses fois le Dauphiné et pousse même jusqu’à Fréjus en 1590, s’emparant de Draguignan et d’Aix, mais il est battu le 17 septembre 1591 à Pontcharra par Lesdiguières. Il attaque à nouveau les possessions françaises, et prend le fort d'Exilles en 1593. Mais le roi de France Henri IV, après avoir envahi la Savoie et le Piémont (deuxième occupation) se fait céder le Bugey, le Valromey et le pays de Gex par le traité de Lyon en 1601 mais en échange, le marquisat de Saluces devient définitivement une possession de la Maison de Savoie. Suit la tentative de décembre 1602 de reprendre Genève qui aboutit au Traité de Saint Julien de 1603 par lequel la Savoie renonce définitivement à cette ville; deux traités qui ne font qu’accentuer le glissement de la destinée vers l’Italie de la Maison de Savoie. Charles Emmanuel est ensuite le jouet entre les politiques de Richelieu et d’Olivares, ministres des rois des Habsbourg d’Espagne qui sont possessionnés dans le nord de l’Italie. Alors qu’il a des prétentions sur le marquisat de Montferrat à la mort du marquis en 1627, il se rend compte que Richelieu soutient les droits de Gonzague de Nevers, instrument du roi de France contre les Habsbourg. Charles Emmanuel se tourne alors vers eux et déclare la guerre au roi Louis XIII ; l’empereur occupe le marquisat mais les armées royales fondent sur Suze en mars 1629 obligeant le duc à signer un armistice, la Paix de Suze. L’année suivante Charles Emmanuel rompt l’armistice soutenu par l’empire mais Louis XIII occupe toute la Savoie (c’est la troisième occupation par la France) et s’emparent en Piémont de Pignerol, Suze, Saluces, Briguéras…. Charles Emmanuel meurt cette année 1630.

.Victor-Amédée Ier de Savoie (1587- 1637), duc de Savoie de 1630 à 1637

Fils du précédent.

Victor-Amédée doit signer le Traité de Cherasco le 6 avril 1631; au bout de 9 années, le roi de France Louis XIII rend la Savoie à son souverain sans la forteresse de Pignerol. Bien qu’aimant la paix Victor-Amédée est entrainé par Louis XIII et la Hollande dans la guerre de Trente Ans commencée en 1618 dans laquelle Louis XIII, époux d’Anne d’ Autriche (de Habsbourg) s’est trouvé lui-même entrainé à partir de 1635 contre l’empire (Habsbourg d’Autriche) et contre l’Espagne (Habsbourg d’Espagne) ; c’est en marchant sur Milan qu’il meurt en 1637. .François-Yacinthe de Savoie (1632 -1638), duc de Savoie de 1637 à 1638 Fils du précédent, Il ne règne que quelques mois.

.Charles-Emmanuel II de Savoie (1634-1675) duc de Savoie de 1638 à 1675

Il succède à l'âge de quatre ans à son frère François-Hyacinthe et sous la régence de sa mère Christine de France, fille d’Henri IV, et donc sœur de Louis XIII, qui exerce la régence dans la même situation qu’avait connue avant elle Yolande de Savoie, sœur de Louis XI. Mettant fin à la guerre dite de Trente Ans, les traités de Westphalie signés en 1648 amènent l’empire à la création de l’Electeur de Hanovre comme Huitième Electeur et accordent l’indépendance de l’empire aux Pays Bas (future Belgique, Luxembourg et Pays Bas) et à la Confédération Suisse mais pas à la Savoie que le duc Charles Emmanuel II ne demande d’ailleurs pas. Peut être parce que l’article VIII de l’un des deux traités place désormais sur un pied d’égalité à l’intérieur de l’empire, les princes, les villes libres et l’Empereur. Preuve du maintien de la Savoie dans le Saint Empire, Charles est présent au côté notamment des évêques de Worms, de Spire, Strasbourg et de Bâle, du prince de Salm et de la ville libre de Francfort dans le matricule impériale de 1654 pour l’investiture par l’empereur Ferdinand III de Habsbourg de son duché, du Piémont et de quelques autres fiefs du Montferrat même s’il ne reconnait plus l’autorité de la Chambre impériale et ne paye plus le Mois Romain.

.Victor-Amédée II de Savoie (1666-1732) duc de Savoie et Prince de Piémont de 1675 à 1732, roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne de 1720 à 1730.

Fils de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Marie Jeanne Baptiste de Savoie, duchesse de Genève et d'Aumale.

Victor-Amédée II, devenu majeur en 1684, c’est lui qui règne en Savoie ; la même année, il épouse sa cousine Anne d’Orléans fille de Philippe d’Orléans (frère de Louis XIV) et d’Henriette d’Angleterre (nièce de Christine de France). Il se montre tout d’abord très docile à la politique française puis décide d’entrer dans la ligue d’Augsbourg qui oppose Louis XIV (allié aux turcs comme l’avait fait avant lui François Ier) à l’empire (Habsbourg d’Autriche), à l’Espagne (Habsbourg d’Espagne) à l’Angleterre et à la Hollande. En 1690, il déclare la guerre à la France ce qui vaut à la Savoie une nouvelle occupation (la quatrième) par la France ; ses troupes et celles de son cousin le Prince Eugène de Savoie-Carignan, attaquent en 1692 le Dauphiné mais elles sont battues le 4 octobre 1693 à La Marsaille, année ou le Prince-Eugène est nommé par l’empereur à la tête des armées impériales. Victor-Amédée passe sans complexe dans le camp de la France sans attendre la fin de cette guerre. Le traité de Turin de 1696 met fin aux opérations et à l’occupation de la Savoie et permet à la Savoie de récupérer la forteresse de Pignerol. Cette guerre dite de neuf ans ou de la Ligue d’Augsbourg se termine par le traité de Ryswick de septembre-octobre 1697 par lequel Louis XIV annexe définitivement Strasbourg et toute la Basse-Alsace (les 4/5 de l'Alsace). Louis XIV accepte de mettre fin à l'occupation militaire du duché de Lorraine, mais Sarrelouis est définitivement cédée à la France. Les violences des armées françaises dans le Palatinat qui se retrouve totalement dévasté et ses populations décimées font néanmoins perdre à Louis XIV tous les espoirs formés par Mazarin quarante plus tôt d’une élection à la dignité impériale. Le 1er novembre 1700, le roi d’Espagne Charles II de Habsbourg meurt sans successeur. Les deux principales familles régnantes d'Europe, celle de France et celle d'Autriche, toutes deux très apparentées à Charles II, revendiquent alors le trône. Charles II a légué sa couronne par testament à Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du roi de France Louis XIV (Bourbon mais également Habsbourg par sa mère Anne d'Autriche, petit-fils du roi Philippe III d'Espagne, donc cousin germain de Charles II). Philippe, âgé de 17 ans, va à Madrid où il est couronné sous le nom de Philippe V. Toute l'Europe se sent menacée par l'alliance dynastique de la France et de l'Espagne, d’autant plus forte que, par lettres patentes du 1er février 1701, Louis XIV reconnaît le droit de Philippe V à succéder à la couronne de France. C’est la cause d’une nouvelle guerre dite de Succession d’Espagne. Victor-Amédée II la commence au côté de Louis XIV mais celui-ci qui connait sa facilité à changer de camp, prend la précaution en septembre 1702 de faire désarmer ses troupes. Victor-Amédée revient alors dans le camp de l’empire et obtient en 1703 le marquisat de Montferrat. Mais Louis XIV fait occuper une nouvelle fois (la cinquième) la Savoie et s’empare les unes après les autres de ses places fortes ; ce n’est que grâce à l’intervention du Prince Eugène que le 7 aout 1707 Turin assiégé est sauvé. Au congrès d'Utrecht, qui réunit les belligérants depuis janvier 1712, chacun essaie de trouver une sortie honorable. Philippe V conserve le trône d'Espagne, toutefois il doit renoncer, pour lui et pour sa descendance, au trône de France même dans le cas où les autres princes de sang français disparaîtraient. De la même manière, la France conserve toutes les conquêtes de Louis XIV (Flandre française, Roussillon, Lille, Artois, Franche-Comté, Alsace). Les combats cessent définitivement en 1713, après une campagne militaire en Allemagne victorieuse pour Louis XIV. L’électeur de Brandebourg reçoit la couronne de Prusse tandis que le Duc de Savoie Victor-Amédé II, avec le soutien du Prince Eugène de Savoie-Carignan gagne, les provinces italiennes d'Alexandria et de Valesia, non pas la couronne du Royaume des Lombards (Italie du Nord) mais celle de Sicile et se fait couronner dans la cathédrale de Palerme ou s’était fait couronner l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen (qui y a son tombeau). Le 6 mars 1714 est signé le Traité de Rastatt qui marque pour les Habsbourg d’Autriche un agrandissement de leurs États héréditaires mais au détriment de la puissance impériale. Cinq ans après le traité d’Utrecht de 1713, le traité de Londres de 1718 prévoit qu’en 1720, Victor Amédée II roi de Sicile doit échanger sa couronne de Sicile contre celle de Sardaigne avec l’empereur Charles VI de Habsbourg : la Sardaigne, le Piémont et la Savoie constituent alors ce qu’on appelle les Etats Sardes et non pas l’Etat Sarde. Chacun de ces Etats sardes a un statut international différent dans la mesure ou le duché de Savoie continue d’appartenir au Saint Empire Romain Germanique et le roi, comme duc, participe toujours aux Diètes Impériales de Ratisbonne (ou se tiennent toutes les Diètes d’empire après 1648) comme ancien territoire ayant appartenu au Royaume de Bourgogne-Provence. En revanche, le Piémont donné en apanage par l’empereur Sigismond de Luxembourg en 1416 à Amédée VIII lors de son élévation à la couronne ducale, relève lui du Royaume d’Italie (du Nord) dont l’existence réelle sinon nominale comme celui de Bourgogne-Provence a pratiquement cessé et dont plus aucun territoire n’est représenté aux Diètes impériales depuis la dernière Diète impériale de Lindau de 1496 ( pour ce Piémont, les membres de la maison de Savoie portent le titre de Prince) enfin le Royaume de Sardaigne devenu propriété des Habsbourg depuis Charles Quint ne faisait pas partie de l’empire. En fait il s’agit de trois Etats ayant un souverain en commun comme cela s’était déjà produit souvent dans le passé et comme cela le cas par exemple de Georges Ier, Electeur de Hanovre et roi d’Angleterre à la même époque (une même personne se retrouvant souverain de plusieurs Etats distincts). Le roi Victor Amédée II a le souci d’établir son pouvoir souverain à l’intérieur de ses Etats. Sous son règne, triomphe l’absolutisme qui a peu ou prou pour modèle celui du roi Louis XIV. En 1730, il décide d’abdiquer au profit de son fils Charles-Emmanuel III.

.Charles-Emmanuel III de Savoie (1701-1773), duc de Savoie, roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem de 1730 à 1773.

Fils de Victor Amédée II, duc de Savoie.

Celui-ci voit son règne marqué par deux conflits :

.celui de la guerre de succession de Pologne ou en 1733, il est dans le camp de l’Espagne et de la France contre l’empire allant jusqu’à promettre à Louis XV de lui céder la Savoie si les conquêtes sur les Habsbourg s’avèrent suffisantes pour lui accorder des compensations en Italie.Il fait la conquête du Milanais, prend Pavie, bat les troupes impériales à Guastalla mais n’obtient par la paix de Vienne en 1738 que les pays de Tortone et de Novare et quelques fiefs d’empire. Entretemps néanmoins il épouse Élisabeth-Thérèse de Lorraine, belle-sœur de Marie-Thérèse, fille et héritière de l'empereur Charles VI laquelle avait épousé le duc de Lorraine et de Bar François III deux ans auparavant ; duché de Lorraine, terre d’empire que les rois de France comptaient depuis longue date pouvoir annexer comme ils s’étaient déjà rendus suzerains pour le duché de Bar. Louis XV ne peut donc pas accepter que, comme cela avait été le cas de la Franche Comté de 1477 à 1678, ces duchés Lorraine et de Bar puissent être des possessions directes de la famille impériale des Habsbourg.

.celui de la guerre de succession d’Autriche qui commence à la mort de l’empereur Charles VI en 1740 en raison de sa décision de léguer à sa fille Marie-Thérèse les Etats Héréditaires de la Maison des Habsbourg avec le risque comme cela vient d’être dit que son époux depuis 1736 le duc de Lorraine François III ne devienne empereur ce qui était intolérable pour le roi de France. Un accord est donc conclu entre l'empereur Charles VI et le roi Louis XV par lequel le duc François III abandonne la Lorraine à la France pour devenir grand-duc de Toscane ; en compensation, la France accepte la Pragmatique Sanction de l'Empereur qui fait de Marie-Thérèse son héritière (conjointement avec son futur époux, François). Mais Charles-Albert, l’Electeur de Bavière ou Frédéric-Auguste II, l’Electeur de Saxe et Roi de Pologne aspirent à l’élection impériale. Frédéric II, tout nouveau roi de Prusse, sans déclaration de guerre préalable, engage contre l’empire les hostilités et fait envahir la Silésie dès décembre 1740. Louis XV soutient les prétentions de l'Électeur de Bavière. Le 11 décembre 1740, il envoie le maréchal Belle-Isle, assister comme son ambassadeur à l'élection du Bavarois à Francfort. Le 5 juin 1741, Frédéric II signe avec le maréchal de Belle-Isle un traité d’alliance avec la France. Par ce traité, la France s'engage à soutenir militairement l'Électeur de Bavière, et à reconnaître les conquêtes prussiennes en Silésie. En contrepartie, Frédéric ne consent que des promesses. Ses autres alliés sont l'Espagne et la Bavière. Marie-Thérèse est soutenue elle par Georges de Hanovre, Electeur de Hanovre et Roi de Grande-Bretagne et par les Provinces-Unies, traditionnels opposants à l'hégémonie de la France, ainsi que par la Saxe et le roi de Piémont-Sardaigne qui, à la mort du père de Marie-Thérèse lui a fait valoir ses prétentions sur le Milanais qu’il n’a pu obtenir par le traité de Vienne deux ans plus tôt. Faute de l’obtenir, il s’est satisfait des promesses de celle-ci d’une augmentation de ses territoires en Italie contre son retour dans le camp de l’empire ; mais Il perd 5 000 hommes contre la France à Coni en 1744. Finalement, en 1745, Marie-Thérèse fait élire son époux le duc François Lorraine sur le trône impérial et devient alors impératrice consort des Romains. Le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III signe en 1746, à Turin, la paix avec la France mais c’est le traité d’Aix la Chapelle de 1748 qui met fin à la guerre de succession. Par ce traité, Louis XV restitue à l'Autriche les territoires conquis aux Pays-Bas ainsi que la Savoie et le comté de Nice et reconnaît au mari de Marie-Thérèse de Habsbourg le droit à la couronne impériale. Charles-Emmanuel III recherche alors, à toutes fins utiles, une alliance dans l’autre camp et fait épouser à son fils en 1750 une infante d'Espagne de la Maison de Bourbon, belle-sœur du Dauphin Louis-Ferdinand. Il meurt en 1773.

.Victor-Amédée III de Savoie (1726-1796) duc de Savoie, prince de Piémont, roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem de 1773 à 1796.

Fils du précédent.

En 1789, Il est très vite hostile à la révolution et accueille à Turin des princes émigrés. De leur côté, en octobre 1792, un certain nombre de roturiers prennent l’initiative de constituer une Assemblée nationale des Allobroges, réunion de délégués de toutes les communes du duché qui siège à Chambéry sur le modèle de l’Assemblée nationale française ; en huit jours, elle met à bas tout l’édifice politique, administratif et social de l’ancien régime en Savoie ; la déchéance du roi est prononcée.Le principal artisan de cette révolution est un prêtre. Philibert Simond, originaire de Rumilly, député du Bas-Rhin. Puis cette assemblée nationale fait une demande d’annexion à la France. D’abord hésitante (plusieurs membres de la Convention étant favorable à la création d’une république sœur qui aurait regroupé Genève et la Savoie) l’Assemblée nationale française vote le 27 novembre 1792 l’incorporation du duché à la République Française et sa transformation en un seul département du Mont Blanc avec 6 députés pour le représenter à l’Assemblée Nationale Française. L’empire romain germanique proteste contre l’abolition par la Constituante des droits seigneuriaux des princes allemands possessionnés en Alsace. La République française se garde de son côté de déclarer la guerre au Saint Empire se limitant à la déclarer à son chef en sa seule qualité de roi de Bohême et de Hongrie mais après l’invasion par les armées révolutionnaires des Pays-Bas et de la Rhénanie, l’empire est contraint le 23 mars 1793 de déclarer la guerre à la République. C’est désormais l’armée des Cercles de l’Empire dont la Savoie fait partie du Cercle du Haut Rhin qui combat les armées de la révolution. Profitant du développement dans le duché des mouvements contre-révolutionnaires, les armées impériales et du royaume de Piémont-Sardaigne parviennent à y pénétrer jusqu’à Annecy ou le drapeau du royaume flotte le 21 aout 1793 mais une riposte de Kellermann les oblige à repasser les Alpes. Le 5 avril 1795 par la paix de Bâle entre la Prusse et la France, cette dernière acquière la rive gauche du Rhin objectif des rois de France notamment depuis Louis XIV. .Charles-Emmanuel IV de Savoie (1751-1819), duc de Savoie, prince de Piémont et roi de Sardaigne de 1796 à 1802. Après la défaite de Montenotte lors de la campagne d'Italie de Bonaparte en 1796, Charles-Emmanuel IV de Savoie, qui a succédé à son père Victor-Amédée III, signe l'armistice de Cherasco qui reconnait la perte de Nice et de la Savoie et doit se réfugier en Sardaigne. Le Piémont est alors découpé en six départements et les quatre Electorats rhénans deviennent quatre départements français, la Prusse obtenant elle en compensation la sécularisation d’un certain nombre de principautés ecclésiastiques. Le département du Mont-Blanc est amputé lui une première fois par la loi du 25 août 1798 de sa partie nord (Thonon-les-Bains, Bonneville, Cluses) pour créer le département du Léman avec le district de Carouge et le Pays de Gex dont Genève qui vient d’être annexée devient la préfecture et une deuxième fois le 17 février 1800, par le détachement des cantons de Chamonix, de Saint-Gervais, de Megève, de Flumet et de Sallanches et leur rattachement au département du Léman qui est alors divisé en trois arrondissements, celui de Genève qui reste la préfecture et ceux de Bonneville et Thonon qui deviennent sous-préfectures. Enfin en 1801, le traité de Lunéville confirme définitivement le rattachement de la Rive gauche du Rhin à la République française et précise que c’est par le biais de sécularisation et de médiatisation que les princes allemands lésés seront indemnisés. C’est à la Diète d’Empire qu’il incombe de les indemniser. Ainsi en juillet 1802 l’empereur François II est conduit à convoquer une députation d’empire (Reichsdeputation) à laquelle est soumis un projet de Bonaparte qui a reçu l’assentiment du tsar sur la base duquel est élaboré un recès. Cette même année, Charles-Emmanuel IV abdique laissant le peu de pouvoir qu’il conserve à son frère Victor-Emmanuel Ier. Le 2 décembre 1804, Bonaparte se fait couronner empereur selon la tradition romaine d’origine en marquant bien la suprématie de l’empereur sur le pape (il se met la couronne lui-même que lui remet le pape) et puis il transforme la République cisalpine en royaume d'Italie, se nommant roi d'Italie le 17 mars 1805. Le couronnement a lieu le 26 mai 1805 dans le Dôme de Milan. Ce Royaume d'Italie est un État pré-unitaire italien qui comprend l'Italie centre orientale et une bonne partie du nord avec pour capitale Milan. Un an plus tard, jour pour jour, le 2 décembre 1805, Napoléon remporte la bataille d’Austerlitz contre l’empereur romain germanique François II et celui de Russie Alexandre Ier. Puis début 1806, Napoléon fait pression pour que des ducs Bavière et de Wurtemberg se voient accéder à la couronne royale ayant obtenu de lui en récompense de leur soutien militaire le rattachement de plusieurs territoires à leurs duchés. Ces couronnements accentuent la désintégration de l’empire romain germanique même si l’empereur François II obtient la confirmation de l’appartenance de leurs royaumes au Saint Empire. Le coup de grâce est donné le 12 juillet 1806 quand seize des princes d’empire, dont ces deux nouveaux rois de Bavière et de Wurtemberg, constituent une confédération sous protectorat de l’empire napoléonien. En effet la constitution de cette Confédération du Rhin indique dans son article 1 que la Confédération fait sécession de l’empire. Le lien entre la Savoie et l’Empire est définitivement rompu.

La Savoie retrouvera sa totale indépendance hors de l’Empire Romain Germanique pour 45 ans seulement de 1815, date de la fin du Premier Empire Napoléonien français jusqu’ à 1860 date de sa nouvelle annexion par le Deuxième Empire Napoléonien français.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 13:29
Histoire du Comté de Bresse,de l'évêché de Belley, des seigneurie du Bugey, du Valromey et du Pays de Gex, terres d'empire de 1032 à 1601

En 888, Bresse, Bugey avec Belley, Valromey, Pays de Gex et la Dombes appartiennent au Royaume de Bourgogne divisé en diocèses, comtés administrés par des évêques et des comtes. En 1032, Bresse, Bugey, Belley Valromey, Pays de Gex et les Dombes se trouvent avec le Royaume de Bourgogne-Provence incorporés au Saint Empire Romain Germanique.

1. Seigneurie de Bagé et de Bresse, de Thoire et Villars, de Coligny /Comté de Bresse

a. Seigneurie de Bagé et de Bresse

Maison de Bagé

Sous Louis le Débonnaire, quatre seigneuries importantes dominent le territoire actuel de la Bresse dont celle de Bagé qui est la ville principale. La souche des Sires de Bâgé proviendrait d'un certain Hugues Ier qui reçoit en 830 l'abbaye de St Laurent et la seigneurie de Bâgé des mains de Louis le Débonnaire.

.Rodolphe ( ?-1023) seigneur de Bagé et de Bresse de 1015 à 1023

Il succède à Hugues IV en 1015 et est le premier à porter le titre de seigneur de Bagé et de Bresse, dominant aussi sur une partie de la Dombes.

.Renaud Ier ou Raynald ( ?-1072 seigneur de Bagé et de Bresse de 1023 à 1072

Fils du Précédent.

Il envoie 2000 hommes au comte de Savoie et de Maurienne pour l’aider dans sa lutte contre les Sarrasins en Provence. Il en rapporte un important butin et fait le vœu de le consacrer à la construction d’une église.

.Ulrich Ier ( ?- 1075) seigneur de Bagé et de Bresse de 1072 à 1075

Fils du précédent.

Il concrétise le vœu de son père Renaud Ier en construisant l'Eglise de St André de Bâgé.

.Josserand ( ?-1110) seigneur de Bagé et de Bresse de 1075 à 1110

Fils du précédent.

Il est un seigneur puissant dans la région.

.Ulrich II ( ?- 1125) seigneur de Bagé et de Bresse de 1110 à 1125

Fils du précédent.

.Renaud II ( ?-1153) seigneur de Bagé et de Bresse de 1125 à 1153.

Fils du précédent.

La seigneurie de Bagé et de Bresse étend sa domination pratiquement sur toute la Bresse jusqu’à Bourg.

.Renaud III ( ?-1180) seigneur de Bagé et de Bresse de 1153 à 1180

Fils du précédent.

.Ulrich III ( ?-1220) seigneur de Bagé et de Bresse de 1180 à 1220

Fils du précédent.

Son fils Guy part à la croisade mais n’en revient pas ; sa fille Marguerite épouse Humbert V de Beaujeu. D’un second mariage, il a deux autres fils Renaud et Hugues.

.Renaud IV ( ?-1250) seigneur de Bagé et de Bresse de 1220 à 1250

Fils du précédent. Il épouse en 1229 Sybille de Beaujeu, sœur d’Humbert V de Beaujeu, qui lui apporte en dot Chatillon les Dombes.

Le domaine de la maison de Bagé est alors à son apogée et s’étend sur une centaine de communes de ce qui deviendra le département de l’Ain soit à peu près le quart du territoire.

.Guy ( ?-1255) seigneur de Bagé et de Bresse de 1250 à 1255

Fils du précèdent.

Mineur quand son père meurt à la croisade, Il a pour tuteur Philippe de Savoie, futur comte de Savoie. C’est lui qui en 1250 accorde les chartes de franchise à Bagé, Bourg et Pont de Vaux. Ses frères meurent avant lui sans postérité ; Il meurt jeune laissant une fille Sybille qui hérite de la seigneurie.

.Sybille ( ?-1294) seigneur de Bagé et de Bresse de 1255 à 1294

Elle a également pour tuteur Philippe de Savoie qui lui fait épouser en 1272 son neveu Amédée V de Savoie. Par la suite la Maison de Savoie conserve les possessions de la maison de Bagé.

b.Seigneurie de Coligny

Coligny était situé partie en Bresse, partie en Franche-Comté. La partie dépendant du comté de Bourgogne était appelée Coligny-le-Vieil pour la distinguer de l'autre qu'on nommait Coligny-le-Neuf.

Maison de Coligny

.Hugues de Coligny ( ?- 1205), seigneur de Coligny

Frère d‘Amédée, il épouse, en 1193, Béatrice d'Albon (1162-1228), déjà deux fois veuve qui est la fille de Béatrice de Montferrat et de Guigues V d'Albon, Dauphin du Viennois. De leur union naissent deux filles, Béatrice et Marie.

.Béatrice de Coligny, seigneur de Coligny

Elle épouse en 1255 Albert III de La-Tour-du-Pin et lui apporte en dot une grande partie du domaine des Coligny (y compris Sainte-Julie) dont elle est l'héritière. En 1259, à la mort d'Albert, son frère Humbert de La-Tour-du-Pin hérite de ses titres.

.Humbert, seigneur de Coligny de 1259 à 1285

Le 31 aout 1273, il épouse Anne de Bourgogne, sœur du Dauphin Jean Ier de Viennois. Suite au décès de Jean de Viennois, le 4 septembre 1282, Anne hérite des domaines de son frère, et transmet le titre de Dauphin à son époux, qui devient Humbert Ier de Viennois.

Maison de Bourgogne

.Robert II de Bourgogne, duc de Bourgogne, seigneur de Coligny de 1285 à 1289

Profitant de la mort du dauphin Jean, le duc de Bourgogne Robert II, souhaitant accroître son territoire, entre en guerre avec Humbert de la Tour du Pin. Finalement un accord est passé en 1285. Le duc laisse à Humbert le titre de dauphin, mais en échange celui-ci lui cède la région du Revermont. Le comte de Savoie se considérant lésé par ces arrangements, se met d'accord avec le duc pour faire un échange de possessions en 1289.

Maison de Savoie

.Amédée V (1253 -1323) seigneur de Bagé et de Bresse de 1272 à 1323 comte de Savoie de 1285 à 1323, seigneur de Coligny de 1289 à 1323

Amédée V, comte de Savoie épouse en 1272 Sybille de Bagé.

En 1310, la transaction de 1289 est validée : Amédée V est investi de la seigneurie de Coligny par son empereur Henri VII de Luxembourg devenant ainsi souverain de pratiquement toute la Bresse.

c.Seigneurie de Thoire et Villars

Villars-les-Dombes, s’appelait autrefois Villars en Bresse ce qui montrait son appartenance à la Bresse.

Maison de Thoire-Villars

La seigneurie de Villars est attestée en archives dès 940 ; près de Matafelon, sur un rocher, un seigneur bâtit un château-fort vers 1050 ; ses descendants, les sires de Thoire deviennent ensuite de puissants seigneurs dans l’est du Haut-Bugey ; à la même époque apparaissent les seigneurs de Villars qui possèdent la Dombes avec une partie du Lyonnais ; par mariage en 1186, ces deux familles s’unissent et fondent la seigneurie de Thoire et Villars.

.Humbert VI ( ? ), seigneur de Thoire et Villars de ? à 1394

A la mort de son neveu Humbert VII, il hérite des terres du Haut Bugey ainsi que le comté de Genève qu’il cède le 5 aout 1401 au comte de Savoie Amédée VIII pour 45 000 florins d’or et au duc de Bourgogne Louis II de Bourbon moyennant 30 000 francs or, les seigneuries en Dombes, de Trévoux, Ambérieu et du Châtelard.

.Humbert VII ( ?- 1400), seigneur de Thoire et Villars de 1394 à 1400

Fils du précédent.

Il épouse Marie de Genève, fille du comte Amédée III de Genève, petite-fille du comte de Savoie Amédée V. Il succède à son beau-père comme comte de Genève en 1394.

.Odon (1354-1414) seigneur de Thoire et Villars, comte de Genève de 1400 à 1401

Fils de Jean de Thoire-Villars, frère d’Humbert VI. Il épouse Alix des Baux.

Damoiseau du comte de Savoie Amédée VI dit le comte vert, puis capitaine du pape Clément VII (Robert de Genève), frère de Marie de Genève, puis au service d’Amédée VIII de Savoie.

2. Seigneurie du Valromey

Pour le Valromey, l’homme fort au milieu du XI° siècle est le comte de Genève Gérold qui compte, parmi les domaines dont il a été investi par l’empereur Henri IV, le Val, le Colombier et la Michaille. Le Valromey et la Michaille constituent la dot de Jeanne de Genève en 1077 lors de son mariage avec Amédée II comte de Maurienne et de Belley, petit-fils d’Humbert Ier aux Blanche Mains fondateur de la Maison de Savoie, cession qui ne peut être que confirmer par l’empereur Henri IV qui a épousé Berthe la sœur d’Amédée.

Maison de Beaujeu

.Humbert III "le Vieux" ( ?-1194), seigneur de Beaujeu

Fils de Guichard III ; beau-frère de Guigues Ier, comte de Forez.

Vers les années 1140, Humbert III de Beaujeu dit « le Vieux » épouse Alise de Savoie, fille du comte de Savoie Amédée III. Humbert est vassal du roi de France alors qu’Amédée III est vassal de l’empereur ; il ne reçoit le Valromey qu’en propriété-jouissance, Amédée conservant la suzeraineté sur ce fief.

.Louis Ier de Forez ( ?-1295), prince des Dombes, comte de Forez, seigneur de Beaujeu, seigneur de Bugey et de Valromey de 1272 à 1295

Fils de Renaud Ier, comte de Forez et d’Isabelle de Beaujeu ; frère de Guigues VI.

En 1272, il est seigneur du Valromey mais par un traité de 1285, il échange ses possessions lointaines du Bugey-Valromey à son beau-frère Louis de Savoie, baron de Vaud, frère cadet du comte Amédée V contre deux seigneuries de Champléon en Forez et Lai en Beaujolais. Désormais les Beaujeu ne possèdent plus rien en Valromey devenu possession de la branche cadette de la maison de Savoie.

Maison de Savoie-Vaud

.Louis Ier de Vaud-Savoie, seigneur de Valromey de 1295 à 1303, seigneur de Vaud de 1285 à 1303

Fils de Thomas, ancien comte de Flandre, et de Béatrice Fieschi, nièce du pape Innocent IV. Petit-fils de Thomas Ier, neveu de Pierre II.

Il se prépare dès 1282 à la succession de son oncle Philippe Ier, recueillant de nombreux hommages vassaliques en Pays de Vaud et s'assurant de l'appui de l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg, pourtant ennemi des Savoie. En 1283, il épouse Jeanne de Montfort, veuve de Guigues VI, comte de Forez, seigneur de Bugey et de Valromey qui lui amène en dot ces deux dernières seigneuries. Il consolide la présence savoyarde dans l'ouest lémanique en fondant Morges en 1286, en écrasant les Cossonay-Prangins et en confisquant leurs châtellenies de Prangins et de Nyon. La rivalité qui éclate avec son frère le comte Amédée V de Savoie nécessite de nombreux arbitrages, qui lui accordent le Pays de Vaud, le Bugey et le Valromey, il mène une politique personnelle en direction de la Franche-Comté et de l'Alémanie, se faisant prêter de nombreux hommages vassaliques et étant reçu bourgeois de Berne en 1297. Aspirant à une dignité princière, il porte à plusieurs reprises le titre de comte et frappe monnaie, en dépit des protestations des évêques de Genève et de Lausanne.

.Louis II de Savoie, seigneur de Valromey de 1303 à 1350

Fils du précédent.

.Catherine de Savoie-Vaud, seigneur de Valromey de 1350 à 1359

Fille du précédent et sa seule héritière.

En 1350 elle vend par un acte signé à Morges le 30 janvier 1359 et ratifié par un acte passé le 9 juillet 1359 chez l’évêque de Belley, Guillaume de Martel le Valromey au Comte de Savoie Amédée VI le comte vert. Maison de Savoie

.Amédée VI dit le comte vert, seigneur de Valromey en 1359, comte de Savoie, de Maurienne

Tous les vassaux du Valromey reçoivent notification de leur nouveau suzerain direct qui entreprend une grande chevauchée dans ses nouvelles terres pour recevoir l’hommage qui se fait à Belley du 8 au 10 juillet 1369. A partir de cette date ce sont les comtes de Savoie puis ducs de Savoie qui possèdent la seigneurie du Valromey.

.Amédée VII dit le comte rouge, seigneur du Valromey en 1383, comte de Savoie

.Amédée VIII de Savoie (1383-1451), comte puis duc de Savoie en 1416

Au début du XV° siècle, la maison de Savoie possède donc la quasi-totalité de l’Ain actuel sauf une partie de la Dombes qui appartient au seigneur de Beaujeu. Elle le reste jusqu’en 1601. Les terres de l'abbaye de Nantua et de l'évêque de Belley ne font alors pas partie juridiquement des États de Savoie mais en dépendent.

.Louis de Savoie (1413-1465) duc de Savoie de 1440 à 1465

Fils du précédent.

.Philippe II de Savoie, dit Sans Terre, appelé aussi Philippe de Bresse, (1438-1497) comte de Bresse en 1460, puis duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne de 1496 à 1497.

Fils de Louis Ier, duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, et d'Anne de Lusignan.

La seigneurie de Bagé est élevée au rang de comté en 1460. Bourg est alors choisi par les ducs de Savoie comme capitale de la Bresse Philippe commence par se révolter contre son père, mais est vaincu et Louis XI, sur la demande de son père, le retient prisonnier au château de Loches de 1464 à 1466. Libéré, il prend le parti du duc de Bourgogne Charles le Téméraire contre Louis XI. Il est un des principaux opposant aux ducs de Savoie et aux régentes. Il finit par devenir duc de Savoie à la mort de son petit-neveu Charles II, et meurt l'année suivante. Il épouse Marguerite de Bourbon (1438 -1483), fille de Charles Ier, duc de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne avec laquelle il a :

-Louise (1476 -1531), marié en 1488 à Charles d’Orléans, comte d'Angoulême dont le fils est le futur roi de France François Ier -Jérôme.

-Philibert, futur duc de Savoie Philibert II.

Veuf, il se remarie en 1485 avec Claudine de Brosse avec laquelle il a 6 enfants dont :

-Charles futur duc de Savoie Charles III.

-Philippe, futur comte de Genève, baron de Faucigny, duc de Nemours.

Le château de Pont-D'ain, restauré par le comte de Savoie Amédée V le Grand devient l'une des résidences favorites des princes : Louise de Savoie, mère de François Ier, y naît.

.Philibert II le Beau (1480 -1504), comte de Bresse, duc de Savoie de 1496 à 1504

Fils du précédent. Marié en 1496 à Yolande de Savoie (1483-1499) puis en 1501 à Marguerite d'Autriche (Habsbourg) (1480-1530).

Marguerite d’Autriche (sœur de l’empereur Maximilien de Habsbourg et donc fille de Marie de Bourgogne, petite-fille de Charles le Téméraire et donc la tante de l’empereur Charles Quint) réside avec lui au château de Pont d’Ain. En 1504, à la mort de Philibert, elle reçoit les pays de l'Ain en douaire. Si les liens entre la maison de Savoie et celle de Luxembourg ont été profitables à la première en la faisant accéder à la couronne ducale, cette union entre la maison de Savoie et celle de Habsbourg aurait peut-être pu permettre à la maison de Savoie d’obtenir la couronne du royaume de Bourgogne revendiquée sans succès par Charles le Téméraire si la mort subite de Philibert n’était pas intervenue. A partir de 1506 en son souvenir de son cher époux, Marguerite fait édifier l’abbatiale de Brou ou elle repose à ses côtés. (Un des vitraux de l’église abbatiale représente à gauche de l’écu de Marguerite l’aigle bicéphale du Saint Empire).

3. Evêché de Belley / Seigneurie du Bugey,

Humbert Ier de Savoie apparait, en 1003, pour une concession faite par son parent l'évêque de Belley. Il semble que l'on se serve de cet événement pour donner le titre de comte du Bugey à la Maison de Savoie, confirmé (?) lors de la signature du concile d'Anse en 1025. En 1077, le comte Amédée II de Savoie reçoit de l'empereur Henri IV du Saint-Empire la confirmation de ses droits sur la seigneurie du Bugey. Vers 1086 apparaissent sur les bords de l’Ain, les seigneurs de Thoire qui étendent leurs fiefs sur une grande partie du Haut Bugey en s’opposant violemment aux prieurs de l’Abbaye de Nantua fondée au VII°.

L’évêché de Belley dépend alors de l’archevêché de Besançon (comme ceux de Lausanne et de Bâle). Dans le Bas Bugey, les évêques de Belley possèdent maints territoires et villages.

Au XIIe siècle, le peuplement du Bugey s'accélère et la densité de population devient forte. Constitué autour de l'évêché de Belley, le Bugey s'étend au fur et à mesure des conquêtes de la Maison de Savoie, à tous les pays situés entre le Rhône et l'Ain, y compris le Valromey, la Michaille. Au 13e siècle les évêques de Belley et les abbés du voisinage possèdent la majeure partie du Bugey. Mais ils sont peu à peu contraints de passer sous la mouvance des comtes de Savoie.

.Aimon, comte-évêque de Belley vers 1034 à 1044

.Gauceran, comte-évêque de Belley vers 1070

En 1077, Amédée II de Savoie est investi de la seigneurie du Bugey par l’empereur Henri IV.

.Ponce I, comte-évêque de Belley de 1091 à 1116

.Amicon, comte-évêque de Belley de vers 1118 à 1121

.Ponce de Balmey, comte-évêque de Belley de vers 1124 à 1129

De la famille des seigneurs du Balmey dans le Bugey ; fils de Notthbold du Balmey.

.Berlion de la Tour, comte-évêque de Belley vers 1134

De la famille de la Tour du Pin en Dauphiné.

.Bernard de Portes, comte-évêque de Belley de 1134 à 1140

.Guillaume I, comte-évêque de Belley de 1141 à 1160

.Ponce de Thoire, comte-évêque de Belley vers 1162

De la famille de Thoire.

.Anthelme, comte-évêque de Belley, de 1163 à 1178, prince-évêque à partir de 1175

Né en 1107 au château de Chignin en Savoie. Nommé évêque, il attend un ordre du pape Alexandre III contre lequel l’empereur a désigné comme anti-pape Victor IV pour accepter sa nomination. Il doit défendre ses terres du Bugey contre les prétentions du comte de Savoie Humbert III. Mécontent de l’attitude de son vassal le comte de Savoie Humbert III qui lui a refusé le passage par le col du Mont Cenis à son retour d’Italie et malgré le fait qu’Anthelme soutienne le pape Alexandre III, l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen le fait prince du Saint Empire en l’investissant de tous les pouvoirs temporels sur la ville et ses dépendances. Il meurt en 1178.

.Renaud, prince-évêque de Belley de 1178 à 1184

.Arthaud, prince-évêque de Belley de 1188 à 1190

.Eudes II, prince-évêque de Belley en 1190

.Bernard II, prince-évêque de Belley de 1198 à 1207

Au 13e siècle les évêques de Belley et les abbés du voisinage possèdent la majeure partie du Bugey. Mais ils sont peu à peu contraints d'associer les comtes de Savoie.

.Benoit de Langres, prince-évêque de Belley vers 1208

.Bernard de Thoire-Villars, prince-évêque de Belley de 1211 à 1212

.Boniface de Thoire-Villars, prince-évêque de Belley vers 1213

.Jean de Rotoire, prince-évêque de Belley

.Pierre de Saint-Cassin, prince-évêque de Belley

.Boniface de Savoie ( ? -1270), prince-évêque de Belley de 1232 à 1240, archevêque de Canterbury et primat d’Angleterre en 1241, évêque de Durham,

Fils du comte de Savoie Thomas Ier.

.Bernard IV, prince-évêque de Belley en 1244

.Pierre II, prince-évêque de Belley de 1244 à 1248

.Thomas de Thorimbert, prince-évêque de Belley en 1250

.Jean de Plaisance, prince-évêque de Belley de 1255 à 1269

.Bernard V, prince-évêque de Belley vers 1272

.Berlion d'Amisin, prince-évêque de Belley de vers 1280 à 1282

.Guillaume, prince-évêque de Belley de 1282 à 1287

.Pierre de La Baume, prince-évêque de Belley de 1287 à 1298

Il ne reste plus aucune trace aujourd’hui du château que l’on appelait de la Baume en Bugey. La Maison de Baume, seigneur de Ratte est originaire du Bugey et compte parmi les plus anciennes familles nobles de la province de Bresse.

.Jean de La Baume, prince-évêque de Belley

En 1300, le Bas-Bugey est le théâtre d’une guerre entre le Dauphin et le comte de Savoie ; le château d’Ambérieu est pris par le dauphin.

.Thomas II, prince-évêque de Belley en 1309

.Jacques de Saint-André, prince-évêque de Belley en 1325

.Amédée, prince-évêque de Belley en 1345

.Guillaume de Martel, prince-évêque de Belley de 1356 à 1368

. Edouard de Savoie-Achaïe, prince-évêque de Belley de 1370 à 1373 puis évêque de Sion avant de devenir archevêque de Tarentaise 1386 - 1395.

Fils du comte de Piémont Philippe Ier de Savoie.

.Nicolas de Bignes, prince-évêque de Belley de 1374 à 1394

.Rodolphe de Bonet, prince-évêque de Belley vers 1401 à 1413

Le 29 janvier 1401, l'évêque de Belley, Rodolphe de Bonet, accepte de signer un acte d'alliance avec le comte de Savoie (le pape sanctionne en 1408 par une bulle la validité de cet accord).

.Guillaume Didier, prince-évêque de Belley de 1430 à 1437

.Perceval de La Baume, prince-évêque de Belley

.Aimeric Segaud, prince-évêque de Belley

.Pierre de Bolomier, prince-évêque de Belley vers 1458

De la famille des Fabius de Rome ayant pris le nom de Bolomier avec le fils de Gérard, Guillaume de Bolomier, ambassadeur à Rome du Duc de Savoie près du pape Martin V.

.Guillaume de Varax, prince-évêque de Belley vers 1461 à 1467

La seigneurie de Varax est dans la première moitié du XIIIe siècle, sous la suzeraineté des comtes de Savoie. Cette seigneurie passe ensuite à une famille qui en porte le nom et dont le représentant connu le plus ancien est Ulrich de Varax, chevalier et seigneur de Romans, vivant dans les années 1250-1272. Georges de Varax est conseiller et Chambellan du duc Louis Ier de Savoie (1461-1465)

.Jean de Varax, prince-évêque de Belley de 1467 à 1505

.Claude d’Estavayer, prince-évêque de Belley en 1507

.Philippe de la Chambre prince-évêque de Belley vers 1530

Il appartient à la Maison de la Chambre, importante famille de la Maurienne en Savoie.

.Antoine de La Chambre, prince-évêque de Belley de 1536 à 1575 .Jean-Godefroi Ginod, prince-évêque de Belley de 1576 à 1604

Sous son règne, les terres de l’évêché comme celles du Bugey appartenant à la maison de Savoie sont rattachées au Royaume de France.

4. Seigneurie / Baronnie de Gex,

Le Pays de Gex appelé pagus equestris dépend alors de l'archevêché de Besançon. La seigneurie de Gex s'étend elle du pont de Bargen sur l'Aar (canton de Berne) à Chatillon en Michaille. Elle comprend une dizaine de châteaux : Gex, Divonne, La Bâtie, Horimont (Gex), Flies, Pouilly, St Jean de Gonville, Pougny, Ecorans, Pierre, la Cluse de Gex (Collonges), répartis sur la frontière et sur le chemin du pied du Jura. Le Comte de Genève devient maître de la baronnie de Gex entre 1124 et 1137.

Maison de Genève

.Amédée Ier (décédé en 1211) seigneur de Gex de ? à 1211

Fils du comte de Genève Amédée Ier. Il est l’époux de Poncia, fille d’Humbert de Thoire-Villars ; lui succède son fils Etienne, seigneur de Gex de 1211 à 1235.

.Etienne ( ?- 1235) seigneur de Gex de 1211 à 1235

Fils du précédent.

.Amédée II ( ?-1247), seigneur de Gex de 1235 à 1247

Frère du précédent ; deuxième fils d’Amédée Ier. Il épouse Béatrice fille d’Ulrich IV de Bagé.

.Léonète ( ?-1302), baronne de Gex de 1247 à 1302

A la mort d'Amédée II de Gex, sa fille aînée Léonète hérite de la baronnie et épouse Simon II de Joinville, fils de Simon de Joinville et de Béatrice ou Béatrix d’Auxonne, dame de Marnay. Simon II est le beau-frère de Pierre de Savoie. A la mort de celui-ci dont la fille Béatrice de Faucigny a épousé Guigue Dauphin de Viennois, les Joinville se trouvent dans un inextricable jeu d'alliances

Maison de Joinville

.Guillaume de Joinville (? - 1310), baron de Gex de 1302 à 1310

Fils des précédents ; marié à Jeanne, fille de Louis Ier de Savoie baron de Vaud et fils de Thomas II de Piémont, de qui il a :

.Hugues de Joinville (? - mai 1347/48), baron de Gex de 1310 à 1347/1348

Marié à Jeanne fille d'Henri de Montfaucon ; n'ayant pas eu d'enfant, sa succession revient à sa sœur Éléonore, mariée à Hugues de Genève.

.Hugues de Genève, dernier baron de Gex de 1347/1348 à 1353

Fils d'Amédée II de Genève, marié à Éléonore de Joinville (? - 1360), par qui lui échoit le titre de baron.

Maison de Savoie

En 1353 la ville de Gex est prise par les Savoyards, et le pays de Gex est incorporé pendant 250 ans aux Etats de Savoie ; cette annexion est entérinée par le traité de Paris de 1355.

En 1535, Bourg en Bresse est pris par les Français et repris par le duc Philibert Emmanuel de Savoie qui la transforme en place forte.

A la mort du duc de Milan, duché sur lequel François Ier maintient ses prétentions, celui-ci commence la Huitième guerre d’Italie ( 1536-1538) et au début janvier 1536 avant de se rendre combattre en Italie occupe avec 40 000 Hommes la Bresse, le Bugey, le Valromey , le Faucigny ,une partie du Genevois, la Savoie propre, la Tarentaise et la Maurienne tandis que ses alliés de fait les Bernois envahissent les Etats de Vaud, le Pays de Gex, la partie du Genevois autour de Saint Julien en Genevois et le Chablais de Genève à la Dranse de Thonon et les Valaisans occupent le Chablais de la Dranse jusqu’à Saint Maurice avec les vallées d’Abondance et d’Aulps. Le 30 janvier 1536, les armées bernoises investissent Divonne et Gex. Au printemps Berne est maîtresse du pays de Gex. Son administration est confiée à un bailli nommé pour six années et responsable devant le Grand Conseil de Berne. Six baillis se succédent de 1536 à 1567, tous appartiennent à de grandes familles bernoises. Ils conservent les structures judiciaires et administratives, confirmant dans leurs droits les seigneurs locaux ; seule la seigneurie de Fernex, bien ecclésiastique, est vendue à Hugues bâtard de Gingins. La onzième et dernière guerre d’Italie de 1556 à 1559 se termine à la suite de la victoire de Saint Quentin par le duc de Savoie Emmanuel Philibert, général des armées impériales de l’empereur et de Philippe II roi d’Espagne qui contraint le roi de France Henri II de signer le traité de Cateau-Cambrésis par lequel il doit restituer au duc de Savoie les territoires occupés par la France dont la Bresse et le Bugey.

En 1560, François II rend leurs possessions aux ducs de Bourbon qui récupérèrent également leurs possessions de Dombes. L'empereur n'ayant pas eu l'ambition de contrer le roi de France lorsqu'il avait confisqué ce territoire relevant pourtant de sa juridiction, les ducs de Bourbon érigent la Dombes en petite souveraineté indépendante dont Trévoux devint, suite logique à l'ampleur prise par la ville à la fin du Moyen Âge, la capitale. Le duc de Savoie engage les hostilités contre Genève dans l'été de 1585.

.Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580- 1630)

Fils d’ Emmanuel-Philibert, il conserve le vieux rêve de reconstituer à son profit le Royaume de Bourgogne-Provence ; mais son espoir s’avère vain. Henri IV envahit le pays, détruit un grand nombre de Châteaux ; Bourg en Bresse tombe mais sa citadelle une des plus imprenables résistent six mois. Henri IV occupe la Savoie en 1600 (deuxième occupation par la France). Pris, repris, le Pays de Gex est systématiquement pillé par les troupes ducales et genevoises. Celles-ci, avec l'appui d’Henri IV occupent finalement le pays.

Charles Emmanuel Ier doit signer le 17 janvier 1601 le Traité de Lyon par lequel il cède au royaume de France la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex qui sont rattachées alors au duché de Bourgogne. Seul le « Chemin des Espagnols » (Vallée de la Valserine) reste au Duché de Savoie (par ce chemin commençant à Gênes, et passant par la commune de Clarafond, le pont de Grésin, la vallée de la Valserine et la Franche-Comté, les troupes espagnoles peuvent aller, grâce à l’alliance avec les Ducs de Savoie et les Ducs de Lorraine, de la Méditerranée au Pays-Bas sans toucher les territoires français.

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