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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 13:29
Histoire du Marquisat de Provence (évêché de Die et de Valence, Comté de Die, de Diois, Comté de Valentinois, Comtat Venaissin, Avignon, Comté-Principauté d’Orange)

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et Cisjurane (dont dépend la Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire. En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, le duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

Maison des Bosons

.Boson (879-887), roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune. Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. Louis III de Francie occidentale, Carloman II et leur cousin Charles III le Gros et un représentant de Louis le Jeune, retenu dans son royaume par la maladie se rencontrent en juin 880 en Lorraine. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence. Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence. En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.840

.Louis III l'Aveugle (vers 882- 928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune. En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane. En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie. En 898, Engelberge, sa sœur épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon. A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900. Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople (fin 887-903), fille de l'empereur romain d’orient Léon VI. En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence. En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie. De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. Fait marquis de Provence, le régent Hugues d'Arles, épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve de Rodolphe Ier de Bourgogne. Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

.Hugues d'Arles (v. 880- 947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, régent du royaume de Provence en 911 et roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Il épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l’aveugle.

Élevé par lui à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, Hugues devient régent du royaume de Provence en 911 du royaume et quitte Vienne pour s'installes à Arles qui en devient capitale. Il devient roi d'Italie en 926 après accord avec le roi de Bourgogne Rodolphe II. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie mais conformément à cet accord il renonce à ses droits sur le royaume de Provence. À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le Royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin. À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits conformément à l’accord passé en 926. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné. La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit. Dès 948 ou 949, le roi Conrad réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, un à Apt, un en Avignon et un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II, à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

.Boson II (910-968) comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotboald (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle.

Son suzerain le roi Conrad (937-993) se montre très actif en Provence ; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour ; l’année suivante il est présent à Arles.

.Guillaume Ier le libérateur (955-993), comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en 991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence. Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978 tient un plaid dans la ville d’Arles. La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribue les terres reconquises à ses vassaux. Arles retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de la tige des comtes de Forcalquier. .Rotboald Ier ( - 1008) comte de Provence avec son frère Guillaume Ier de 968 à 1008, marquis de Provence de 993 à 1008 Fils de Boson II, comte d’Arles et de Constance de Provence donc frère de Guillaume Ier le libérateur. A la mort de son père Guillaume le Libérateur, son fils Guillaume II ou III (v. 986-1018) marié en 1002 avec Gerberge de Bourgogne, fille d’Othe-Guillaume, comte de Bourgogne et d’Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et Besançon, devient comte de Provence en 1008 mais ne peut récupérer le titre de marquis de Provence qui échoit à son oncle Rotbald Ier.

.Rotboald II ( ? - 1014) comte et marquis de Provence de 1008 à 1014,

Fils du précèdent. Il épouse vers 1002 Ermengarde (Veuve, Ermengarde se remarie avec Rodolphe III, roi de Bourgogne-Provence). Rotboald et Ermengarde ont trois enfants :

.Guillaume III, comte de Provence,

.Hugues, .Emma, marquise de Provence, mariée à Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse.

. Emma de Provence, marquise de Provence de 1014 à 1063 Guillaume III de Toulouse dit Taillefer, comte de Saint Gilles se remarie avec elle en 1019 avec lequel elle a deux fils Pons, comte de Toulouse et Bertrand qui lui succède à sa mort en 1063 comme marquis de Provence. .Bertrand Ier ( ?-vers 1085) marquis de Provence de 1063 jusque vers 1085 .Raymond IV (ou VI) de Toulouse, dit Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 - 1105) comte de Saint-Gilles de 1060 à 1105, duc de Narbonne, marquis de Gothie, comte de Rouergue (1065-1105), marquis de Provence de vers. 1085 à 1105, comte de Toulouse de 1094 à 1105 Il épouse vers 1060 soit la fille de Bertrand Ier, soit une fille du comte Geoffroy Ier de Provence (À cette époque, le comté de Provence est toujours tenu tenu en indivision par les descendants de Guillaume Ier de Provence et de son frère Rotboald Ier). La famille comtale de Provence s'éteint en 1093 et trois familles vont alors se partager la Provence:

- celle de Toulouse, issue du mariage en 1019 d’Emma de Provence avec Guillaume III de Saint Gilles dit Taillefer qui possède le marquisat de Provence.

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque qui possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.

-celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone qui possède le comté de Provence au sud de la Durance.

.Bertrand II de Saint-Gilles (vers 1065- 1112) comte de Toulouse, de Rouergue, d’Agen, d’Albi et du Quercy, duc de Narbonne, marquis de Gothie, marquis de Provence de 1096 à 1108.

Fils de Raymond IV de Saint Gilles.

.Alphonse Jourdain (1103 -1148), est un comte de Toulouse, de Rouergue, d'Albi, de l'Agenais et du Quercy, duc de Narbonne, marquis de Gothie, marquis de Provence de 1108 à 1148.

Fils de Raymond IV de Saint-Gilles, Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat de Provence) et de Barcelone (comté de Provence), maisons rivales qui se heurtent déjà dans leurs sphères d’influence, qui est l’actuel Languedoc. À cela d’ajoute les ambitions de la maison des Baux qui, étant issue d’Etiennette de Provence-Gévaudan, revendique une part du comté.

Les guerres dite baussenques ne tardent pas à éclater entre Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, d’une part et Alphonse Jourdain et les seigneurs des Baux d’autre part. Défait, Alphonse Jourdain se réfugie dans Orange en 1123, où il est assiégé par Raymond-Bérenger, mais la milice toulousaine se porte à son secours et force la levée du siège. Mais Alphonse doit renoncer à contrôler la totalité de la Provence et signe en 1125 un traité de partage de la Provence :

- Alphonse conserve la partie située entre l’Isère et la Durance, constituant le marquisat de Provence dont les fiefs sont :

.le comté de Valence (Valentinois) et de Die (Diois) : comtés - domaines vassaux jusqu'en 1189. .le comtat Venaissin, la partie sud du marquisat - propriété propre, qui prend définitivement ce nom en 1274.

.le comté d’Orange: domaine vassal jusqu'en 1181, année où il devient une principauté autonome.

- Raymond Bérenger reçoit le comté de Provence réduit au Comté d’Arles passe avec les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et à Nice à l’est.

Le comté de Forcalquier reste indépendant.

Malgré ce partage la guerre reprend rapidement entre Alphonse Jourdain et Raymond-Bérenger. La mort de Douce en 1130 et celle de Raimond-Bérenger en 1131 font resurgir les problèmes de succession latents du comté de Provence. Dès 1131, les seigneurs des Baux, désormais soutenus par le comte de Toulouse, font donc valoir leurs droits auprès de l'empereur Conrad.

.Raymond V (1134-1194), comte de Toulouse et Marquis de Provence de 1148 à 1194

Fils du précédent, Raymond V renforce sa position dans la région en mariant son fils cadet, Albéric Taillefer, avec Béatrice d'Albon, dauphine de Viennois.

En 1155, il prête son soutien à Hugues II, seigneur des Baux, qui se révolte contre le comte de Provence Raimond-Bérenger II. Mais celui-ci vient l'assiéger et le soumet dès 1156. La Provence relevant du Saint-Empire, Raymond V cherche aussi à se rallier l'empereur Frédéric Ier Barberousse. En 1161 se tient un concile à Toulouse, afin de choisir qui de Victor IV ou d'Alexandre III doit être pape. La majorité des évêques et des cardinaux, suivis de Louis VII et Henri II, choisit Alexandre III, tandis que Frédéric Ier, soutenu par Raymond V, penche pour Victor IV. Dans un contexte de paix conclue avec les Trencavel et Henri II, Raymond V cherche à s'entendre avec le comte de Barcelone, Raimond-Bérenger IV de Barcelone, et son protégé le comte de Provence, Raimond-Bérenger II. Mais en 1166, Raimond-Bérenger II est tué au siège de Nice. Raymond V s'est alors séparé de Constance, qui est repartie dans les Etats de son frère en 1165. Raymond V se rend en Provence et, après avoir fait prononcer son divorce par Victor IV, il aurait épousé la veuve de Raimond-Bérenger II, Richilde de Pologne, tout en fiançant la fille de Raimond-Bérenger II, Douce II, avec son propre fils Raymond. Le jeune comte de Barcelone, Alphonse II, futur roi d’Aragon ne l’entend pas ainsi. En 1167, il décide de récupérer l'héritage de sa cousine, Douce II, et engage la guerre en Provence contre Raymond. Cette guerre dure huit ans,. En 1189, Raymond V donne le Diois en fief à Aymar II de Poitiers, qui le réunit au comté de Valentinois. Par la paix de Jarnégues de 1190 signée avec Alphonse Ier, comte de Provence, il accepte le partage de la Provence de 1125.

.Raymond VI (1156-1222), comte de Melgueil de 1173 à 1190 puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1194 à 1222.

Fils du précédent et de son épouse Constance de France sœur du roi de France Louis VII.

Le pape Innocent III décide d'organiser une expédition contre les cathares et demande d'abord à Philippe Auguste d’en prendre la tête, mais ce dernier s'y refuse : il est encore en guerre contre Jean sans Terre, roi d'Angleterre ainsi qu'avec l'empereur Othon IV et ne veut pas ouvrir un autre front. Il commence d'ailleurs par interdire aux barons de son royaume de prendre part à cette croisade, avant de changer d'avis et de donner cette autorisation. Les croisés se réunissent à proximité de Lyon et se dirigent vers le sud, sous la direction du légat du pape Arnaud Amaury. Trois grands féodaux dominent alors le Languedoc : le roi Pierre II d'Aragon, également comte de Barcelone, de Gévaudan, de Roussillon, seigneur de Montpellier et le suzerain de plusieurs autres seigneurs, Raymond VI, comte de Toulouse et Raimond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers, de Carcassonne et d'Albi. Pour écarter la menace de ses états et n'ayant pas réussi à s'entendre avec Trencavel pour une défense commune, Raymond VI de Toulouse fait amende honorable le 18 juin 1209 à Saint-Gilles et rejoint la croisade. Mais il accompagne la croisade, plus en observateur qu'en combattant, se compromettant ainsi aux yeux de son propre camp. Après les succès remportés par les croisés (prise et massacre de Béziers, siège et prise de Carcassonne et mort de Raymond-Roger Trencavel), la croisade dirigée depuis août 1209 par Simon IV de Montfort fait peser une menace sur sa personne et son fief. Il essaie de s'entendre avec Monfort, mais il rencontre l'hostilité constante des légats du pape. Il cherche également l'appui de son beau-frère Pierre II, roi d'Aragon. En janvier 1210, il entreprend un long voyage pour défendre sa position auprès de Philippe-Auguste, d'Innocent III et l'empereur Othon IV, son suzerain pour le marquisat de Provence. De nouveau excommunié en 1211 par le concile de Montpellier, sentence confirmée le 17 avril 1211 par le pape, il essaie d'organiser la résistance contre les croisés. Mais il ne peut déloger Simon IV de Montfort enfermé dans Castelnaudary. Le 27 janvier 1213, Raymond VI rend hommage à Pierre II d'Aragon. Les deux hommes et le comte de Foix investissent en septembre 1213 Muret. Le 12 septembre, les croisés de Simon de Montfort, plus disciplinés, écrasent les coalisés. Le 17 février 1214, sur ses ordres, son frère Baudouin de Toulouse, ayant participé à Muret aux côtés des croisés, est enlevé de son château de Lolmie et pendu comme traître. Raymond VI, en butte avec l'évêque Foulques de Marseille ne peut alors éviter la conquête de Toulouse par Simon IV de Montfort en juin 1215 et s'exile à la cour d'Aragon à Barcelone. En novembre 1215, il se rend à Rome, où le IVe concile du Latran débat du sort de son comté de Toulouse. Il est déchu de ses droits au profit de Simon de Montfort, mais le pape préserve le marquisat de Provence au profit de son fils, le futur Raymond VII. En mai 1216 Raymond VI et son fils sont accueillis triomphalement à Marseille et à Avignon. Tandis que Raymond VI se rend en Aragon, le jeune Raymond, plus entreprenant que son père, met le siège devant Beaucaire qu'il prend le 24 août. Le 2 septembre 1217, il reprend Toulouse où Simon IV de Montfort met immédiatement le siège. Ce dernier y est tué mais son fils Amaury prend sa succession. Revenu à Toulouse, Raymond VI y décède, toujours excommunié, des suites d'une brève maladie le 2 août 1222.

.Raymond VII (1197-1249), comte de Toulouse, de Saint Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et marquis de Provence de 1222 à 1249

Fils du précédent, La croisade contre les Albigeois va accélérer le processus de séparation entre Avignon et le marquisat de Provence. Par le traité de Paris /Meaux de mars/avril 1229, que lui impose le roi de France Louis IX (futur Saint Louis), Raymond VII de Toulouse rend hommage au roi Louis et promet sa fille à l'un des frères du roi, Alphonse de Poitiers, destinant son comté de Toulouse, faute d'héritier mâle, à devenir l'un des apanages de la couronne de France. Il renonce en outre à tous ses " autres pays et domaines situés en-deçà du Rhône dans le royaume de France " et précise " quant aux pays et domaines que j'ai au-delà du Rhône dans l'Empire (marquisat de Provence Venaissin), je les cède à perpétuité à l'Eglise romaine entre les mains du légat. " Mais par bulle signée à Montefiascone du 8 septembre 1234, l’empereur Frédéric II restitue à Raymond VII le Comtat Venaissin, entendant manifester à la fois sa suprématie sur les souverains d'occident, et particulièrement sur le roi de France, dont il dévalue ce faisant la portée des actes, mais aussi sur la papauté, dont il conteste l'autorité au temporel. Le comtat Venaissin, est alors reconquis à main armée, en 1236, par Raymond de Toulouse. Dès les années 1237-1238, l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen suit de près les affaires en Provence en nommant un vice-roi en Arles, puis en 1240 en demandant au comte Raymond VII de Toulouse d'intervenir militairement contre le comte Raimond Bérenger IV de Provence et Jean Baussan, archevêque d'Arles.

.Alphonse II (1220-1271), comte de Toulouse et marquis de Provence de 1249 à 1271

Fils du roi de France Louis VIII le Lion donc frère de Louis IX, comte de Poitiers ; Il épouse Jeanne de Toulouse, fille de Raymond VII et devient ainsi comte de Toulouse et marquis de Provence en 1249. Ce n'est qu'à la mort d’Alphonse II en 1271 que le marquisat passe au roi de France, Philippe III, qui le cède en 1274 au pape Grégoire X pour devenir le Comtat Venaissin.

a. Evêché de Valence/ Comté de Valentinois/ Evêché de Die/ Comté de Diois/, terres d’empire de 1032 à 1419

Au partage de Verdun de 843, la région fait partie de la Francie Médiane ou Lotharingie puis en 855 au Royaume de Provence lequel est uni à celui de Bourgogne en 934. En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence dit aussi Royaume d’Arles est intégré à l’empire. Du X° au début du XII° siècle, le comté de Diois est indépendant du comté de Valentinois. En 1125, la Provence est divisée en un Comté de Provence (au sud de la Durance), qui passe à la maison de Barcelone, et en un Marquisat de Provence, qui demeure dans la maison de Toulouse. Les comtes de Diois comme ceux de Valentinois sont vassaux des Marquis de Provence, qui sont donc également comtes de Toulouse. Mais en 1189, les comtes de Toulouse donnent le Diois en fief à Aymar II de Poitiers, qui décide de le réunir au comté de Valentinois.

Evêques de Die

.Conon, évêque de Die en 1037 .Pierre Ier, évêque de Die en 1055-1056

.Lancelin, évêque de Die en 1073- ?

.Hugues de Bourgogne ou Hugues de Romans, (vers 1040-1106) évêque de Die de 1074 à 1082 puis, à partir de 1082 archevêque de Lyon, Primat des Gaules.

Lors du concile romain réuni en février 1075 (quand est publié par ailleurs le décret contre les investitures laïques), le pape le nomme légat du pape Grégoire VII pour la Francie et le royaume de Bourgogne-Provence Bourgogne. Il applique ainsi les préceptes réformateurs du pape vigoureusement et à plusieurs niveaux : Au plan local, il s'efforce de faire régler dîmes et prémices, et pour améliorer la qualité du clergé, soutient le développement des chanoines réguliers. Au plan du haut clergé, il réunit une série de conciles régionaux où il diffuse les décrets grégoriens et lutte de façon intransigeante contre l'investiture laïque.

.Ponce, évêque de Die de 1084 à 1086

.Ismidon de Sassenage, évêque de Die de 1097 à 1115

.Pierre II 1116-1119, évêque de Die de 1116 à 1119

.Étienne Ier, évêque de Die de 1121 à 1127

.Ulric, évêque de Die de 1130 à 1142

.Hugues II, évêque de Die de 1142 à 1159

.Pierre III, évêque de Die de 1163 à 1173

Au début de son règne, Guillaume fils d’Aymar de Poitiers qui a épousé la comtesse de Die, fille ainée d’Isoard, occupe le Diois et inquiète Pierre III.

.Bernard, évêque de Die en 1176

.Robert, évêque-comte de Die, comte de Diois le 30 juillet 1178

Il obtient de l’Empereur Frédéric Ie une bulle qui confirme à son église la possession de nombreuses terres. Il reçoit la ville de Die et le comté.

.Humbert Ier, évêque-comte de Die de 1199 à 1212

.Didier, évêque-comte de Die, comte de Diois de 1214 à 1223

En 1214, Il est présent à Bâle comme les principaux évêques de l’empire et y reçoit de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen le sceptre, suivant l’usage, l’investiture de son temporel qui comprenait les regalia, la juridiction sur la ville épiscopale, sur les voies publiques du diocèse, quelques forteresses et d’importants droits féodaux. C’est au détriment d’Adémar de Poitiers, seigneur de Valentinois, que Frédéric renouvèle et augmente les droits de l’évêque de Die. Ici encore, en prenant le parti de l’évêque contre la famille de Poitiers, Frédéric ne fait que se conformer à la tradition de son aïeul l’empereur Frédéric Ier Barberousse.

.Humbert II, évêque-comte de Die en 1224

.Bertrand d`Étoile, évêque-comte de Die de 1224 à 1243

En mai 1238, l’empereur Frédéric II confirme la charte de 1178 octroyée à l’évêque Bertrand qui a accompagné de sa personne le contingent de son diocèse à Vérone ; en même temps l’empereur enjoint à ce prélat de rétablir à Die la régularité des poids et mesures, d’en bannir les associations et les conjurations illicites et de faire cesser toutes les exactions illégitimes.

.Humbert III, évêque-comte de Die de 1243 à 1245, resigné

.Amédée Ier de Genève, évêque-comte de Die de 1245 à 1275

Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin.

Trois de ses frères deviendront évêques : Guigue à Langres, Aimon à Viviers et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie Pierre et Philippe. Nommé évêque par le pape Innocent IV. Son entrée solennelle dans la ville de Die se fait en présence de son cousin le Dauphin Guigues VII, devenu son vassal pour les possessions delphinales dans le diocèse de Die. Il entreprend de démêler les différents entre évêques de Die et de Sisteron dans le sud-est du diocèse, autour de l'abbaye de Bodon et, par accord du 11 janvier 1248, reconnaît la prédominance de Sisteron. La même année, il fait en compagnie de l'évêque de Viviers, Arnaud de Vogüé le tour des églises de la région pour y recueillir un nouvel impôt dû au pape, non sans succès, puis assiste au synode de Valence, où sont prises les dispositions concernant l'application locale de la seconde excommunication de l'empereur Frédéric II. Le 16 octobre 1250, les travaux de rénovation étant terminés, il consacre la cathédrale de Die et acquiert des droits sur les terres de Valdrôme, puis affirme en 1251 la suzeraineté des comtes-évêques de Die sur le Vercors, freinant dans les deux cas l'expansion des dauphins de Viennois dans son diocèse. A la mort de son père, à qui succède Rodolphe, il est chargé de superviser le partage du reste de l'héritage entre ses autres frères. Il délègue en 1253 cette charge à son aîné, étant accaparé par ses démêlés avec les dauphins de Viennois. La guerre avec Guigues VII est évitée grâce à l'intervention des archevêques de Vienne et de Lyon qui préconisent un partage des terres et poussent le dauphin à se reconnaître vassal de l'évêque de Die en son diocèse. Amédée consolide ses pouvoirs temporels, en tant que comte de son diocèse, en recevant les hommages de ses vassaux, notamment pour La Motte en 1255, Luc en 1268 et, par les armes, pour le Trièves en 1259. Il soutient son frère Aimon évêque de Viviers contre le comte de Valentinois Aymar III. En 1274, il assiste au concile de Lyon. A sa mort en janvier 1276, l'évêché de Die est uni à celui de Valence, dont Amédée de Roussillon, neveu d'Amédée de Genève, occupe le siège depuis l'année précédente.

Evêques de Valence :

.Humbert, évêque de Valence de 1028 à 1030

Frère de Guigues Ier le Vieux, dauphin du Viennois

.Ponce de Valentinois, évêque de Valence de 1032 à 1056

Fils d'Aimar Ier, comte de Valentinois.

.Odon, évêque de Valence de 1058 à vers 1060

.Rainachaire, évêque de Valence vers 1060

.Gontard, évêque de Valence de 1063 à 1100

.Henri, évêque de Valence de 1100 à 1107

.Eustache, évêque de Valence de 1107 à 1141

.Jean, évêque de Valence de 1141 à 1146

.Bernard, évêque de Valence de 1147 à 1154

.Orilbert, évêque de Valence en 1155

.Odon de Crussol, évêque-comte de Valence de 1155 à 1185

Famille seigneuriale de Crussol du nom du château éponyme situé en Ardèche près de Valence. En 1156, il reçoit de l'empereur Frédéric Barberousse un ensemble de droits et de châteaux qui constituent le comté épiscopal de Valence. Son autorité s'exerce essentiellement sur la plaine de Valence et la vallée du Rhône jusqu'à Loriol : le reste du Valentinois reste sous la domination de maisons allodiales : les Poitiers, les Adhémar (Montélimar), les Bastet (rive droite du Rhône). À Valence, il doit composer avec les bourgeois à la suite de l'intervention de l'empereur en 1178.

.Lantelme, évêque-comte de Valence de 1186 à 1188

.Foulques de Dionay, évêque-comte de Valence de 1287 à 1200

De la famille des seigneurs de Dionay dans le Dauphiné.

.Humbert de Miribel, évêque-comte de Valence de 1200 à 1220 De la famille des seigneurs de Miribel dans la Bresse.

.Géraud (Giraud, Gérold) de Lausanne, évêque-comte de Valence en 1220

Fils d’Ebald III de Grandson ; frère d’Ebald IV de Grandson, seigneur de Grandson. .Guillaume de Savoie, évêque-comte de Valence de 1226 à 1238, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne et seigneur de Piémont, prince-évêque de Liège de 1238 jusqu'à sa mort en 1239. Sixième des quinze enfants de Thomas Ier de Savoie, et de Marguerite (ou Béatrice) de Genevois. Il appartient, par son père à la Maison de Savoie et descend par sa mère des comtes de Genevois. En mai 1238, convoqués par l’empereur Frédéric, les contingents de l’évêque de Grenoble, archevêque d’Embrun, des évêques de Valence et du Diois rencontrent à Vérone sous les drapeaux de l’Empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence. L’empereur confirme à cette occasion à Guillaume de Savoie tous les droits et la juridiction de son Église, et révoque les aliénations faites au détriment de cette Église sans le consentement de l’Empereur. Enfin, il interdit aux bourgeois de Valence et aux habitants du diocèse de s’associer et de se lier par des serments mutuels, si ce n’est avec l’agrément de l’évêque ; il semble donc prendre nettement le parti de l’évêque contre les bourgeois.

.Boniface de Savoie, évêque-comte de Valence en 1241

Neuvième fils de Thomas Ier, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et Marguerite (ou Béatrice) de Genève. Frère des comtes Amédée IV et Pierre II.

.Philippe de Savoie, évêque-comte de Valence de 1241 à 1267, archevêque de Lyon de 1246 à 1267, puis comte de Bourgogne de 1267 à 1279 et comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1268 à 1285.

Huitième fils de Thomas Ier, Il se dépouille de tous ses titres en 1267, à l'approche de la fin de son frère Pierre II de Savoie, pour pouvoir lui succéder. Il épouse le 11 juillet 1267, la comtesse Alix de Bourgogne fille du comte Othon II de Bourgogne et de Béatrice II de Bourgogne. Par ce mariage sans enfants, il devient comte de Bourgogne, mais à la mort d'Alix, c’est Othon IV de Bourgogne (ou Othelin), né d'un premier mariage d'Adélaïde avec le comte Hugues de Bourgogne qui prend possession de la Bourgogne. Philippe Ier doit souvent combattre contre Rodolphe de Habsbourg, en Suisse et au Piémont, et parvient à conquérir Turin.

.Guy de Montlaur, évêque-comte de Valence en 1268 et de 1272 à 1274

.Bertrand, évêque-comte de Valence en 1268

.Amédée de Roussillon, évêque-comte de Valence de 1274 à 1281 (Rossillon) et de Die de 1276 à 1281

Sous son règne, l'évêché de Valence est uni à celui de Die vers 1276.

Evêques de Valence et de Die :

.Philippe de Bernusson, évêque-comte de Valence et de Die 1281-1283

.Henri de Genève, évêque-comte de Valence et de Die en 1283

De la famille des comtes de Genève.Fils du comte de Genève Guillaume II. Frère du comte de Genève Rodolphe et de l’évêque de Genève Robert.

.Jean de Genève, évêque-comte de Valence et de Die de 1283 à 1297

Fils du comte de Genève Rodolphe ; neveu du précédent ; frère du comte de Genève Aymon II.

Il doit continuer à se défendre contre Aymar IV de Poitiers qui poursuit la guerre engagée depuis 9 ans par son père. Mais en 1291, ils sont tous les deux à Morat ou l’empereur Rodolphe de Habsbourg les a convoqués et où il leur confirme à Morat leurs pouvoirs temporels.

.Guillaume de Roussillon, évêque-comte de Valence et de Die de 1297 à 1331

.Aymar d’Anduze de la Voulte, évêque-comte de Valence et de Die de 1331 à 1336

Aymar V de Poitiers doit lui rendre hommage de sa moitié de Crest et de 74 autres Seigneuries.

.Henri de Villars, évêque-comte de Valence et de Die de 1336 à 1342

Fils de Humbert IV, seigneur de Thoire et de Villars et de Léonore de Beaujeu, et neveu de l'archevêque Louis de Villars. En 1342 il est élu archevêque de Lyon.

.Jean de Jaurens, évêque-comte de Valence et de Die de 1351 à 1354

Issu d’une famille noble de Franche-Comté.

.Louis de Villars, évêque-comte de Valence et de Die de 1354 à 1376

Frère d’Henri de Villars et neveu de Louis de Villars, prince-archevêque de Lyon.

Le comte de Valentinois et de Diois, Aymar VI de Poitiers occupe avec ses troupes la ville de Crest. Louis du Villard se résigne à une transaction au terme d’un traité de Lyon en 1356. Les arrangements durent jusqu’au 2e traité signé à Avignon le 25 septembre 1358, pour la possession du château de Crest et la portion de cette ville appartenant aux églises de Valence et de Die.

Comtes de Valentinois et de Diois

.Aymar Ier, comte de Valentinois au moment de l’intégration du Royaume de Bourgogne-Provence à l’empire.

.Geilin II, comte de Valentinois vers 1058

Maison de Poitiers

.Guillaume de Poitiers (1149-1187) comte de Valentinois et de Diois de 1125 à 1187

Fils d’Aymar Ier de Poitiers.

En 1157, l’empereur Frédéric Barberousse fait donation de Valence et des treize paroisses qui l’entourent à l’évêque de Valence. Dès l’année 1163, Guillaume occupe le Diois et donne quelques inquiétudes à l’évêque. Puis il épouse en 1165, Béatrice de Viennois, fille de Guigues IV le Dauphin et de Marguerite Clémence de Bourgogne.

.Aymar II de Poitiers (1186-1250) comte de Valentinois et de Diois de 1187 à 1250

En 1189, les comtes de Toulouse donnent le Diois en fief à Aymar II de Poitiers, lequel décide de le réunir au comté de Valentinois ce qui n’est pas du goût des évêques-comtes de Die qui vont contester la suprématie sur ce territoire aux comtes de Valentinois.

.Aymar III de Poitiers (1226-1277), comte de Valentinois et de Diois de 1250 à 1277

Petit-fils du précédent, marié en premières noces à Sibylle de Beaujeu, fille d'Humbert V, seigneur de Beaujeu ; marié en secondes noces en 1254 à Marguerite de Savoie, fille d'Amédée IV, comte de Savoie ; marié en troisièmes noces en 1268 à Alixente de Mercoeur, fille de Béraud VIII, seigneur de Mercoeur.

En 1273, il commence une guerre contre les évêques de Valence et de Diois. Le 25 septembre 1275, le Pape Grégoire X unit alors les deux évêchés de Valence et de Die à Vienne pour résister aux ennemis de l’Eglise. Dès lors, un seul évêque est le chef des deux diocèses, il réside à Valence, mais Die garde son autonomie et son administration.

.Aymar IV de Poitiers (1249 -1329), comte de Valentinois et de Diois de 1277 à 1329

Fils du précédent et de Sibylle de Beaujeu ; marié en premières noces en 1270 à Hippolyte de Bourgogne ; marié en secondes noces en 1288 à Marguerite de Genève. Convoqué en 1291 par l’empereur Rodolphe de Habsbourg à Morat comme l’évêque de Valence Jean de Genève, il se voit confirmer comme l’évêque ses pouvoirs comtaux.

.Aymar V de Poitiers (1271-1339), comte de Valentinois et de Diois de 1329 à 1339

Fils du précédent ; marié en 1284 à Sibylle des Baux.

.Louis de Poitiers ( ? -1345), comte de Valentinois et de Diois de 1339 à 1345

Fils du précédent.

.Aymar VI le Gros de Poitiers ( ? - 1374), comte de Valentinois et de Diois de 1345 à 1374, recteur du Comtat Venaissin, vicaire général de l’empire pour le royaume d’Arles

Fils du précédent.

Aymar VI occupe avec ses troupes la ville de Crest. L’évêque de Valence et de Diois, Louis de Villard se résigne à une transaction au terme d’un traité de Lyon en 1356. Cherchant à conserver une indépendance relative entre le Saint-Empire et la couronne de France, il obtient de l'empereur Charles IV le titre de vicaire général de l'empereur au royaume d'Arles.

.Louis II de Poitiers (1354-1419), comte de Valentinois et de Diois de 1374 à 1419,

Cousin germain du précédent, fils d'Aymar de Poitiers et de Guyotte d'Uzès, marié à Cécile Roger de Beaufort puis à Guillemette de Gruyère en 1417.

Le comte Louis de Poitiers, désireux d'établir sa suprématie sur la co-seigneurie de Montélimar, s'est emparé fin 1377 des fortifications d'Hugues Adhémar de La Garde dans cette ville. Hugues, avec le renfort de son cousin Giraud Adhémar de Grignan, fait appel à Bouville, chambellan du dauphin Charles V, vicaire de l’empereur pour le Royaume d’Arles (Dauphiné et une partie de la Provence). Le 14 décembre 1377, Bouville signifie le placement de ces deux Adhémar, co-seigneurs de Montélimar, sous la sauvegarde delphinale. Fin janvier 1378, une fois nommé lieutenant du vicaire d'Arles, Bouville fait placer sur les châteaux de La Garde et Grignan les armes de l'empire et du Dauphiné. En réaction, le comte Louis fait saisir plusieurs possessions d'Hugues Adhémar en Valdaine. Bouville convoque le comte à Grenoble et envoie à Montélimar un commissaire, Hugues des Aures et un sergent d'armes, Jean d'Acher : ils sont accueillis le 19 avril 1378 par des insultes. Le comte de Valentinois arrive à Grenoble le 19 mai en protestant contre cet empiètement du Dauphiné sur ses affaires provençales mais finit par rendre à Bouville son hommage dû au Dauphin pour ses terres en territoire delphinal. Bouville accentue alors progressivement ses pressions sur Louis II de Poitiers qui finit en 1391 par proposer au roi de France de lui céder ses comtés à sa mort contre une forte somme et l'assurance de ne plus voir Bouville empiéter sur ses prérogatives. Louis II n’a pas de postérité. Criblé de dettes, par testament du 22 juin 1419, il fait du futur roi Charles VII son héritier universel, à charge que ses comtés de Valentinois et de Diois restent unis au Dauphiné de Viennois et tenu dans les mêmes dispositions que la donation du Viennois au dauphin Charles V de France. Le comté est rattaché au Dauphiné en 1426. Le futur Louis IX, dauphin du Dauphiné met fin à la rivalité séculaire des comtes et des évêques puis, après avoir dépossédé les Poitiers, restreint l’autorité temporelle des évêques par le traité de Die.

b. Comté / Principauté d’Orange, terre d’empire de 1032 à 1713

En 1032, le comté de Provence est fief du Saint-Empire romain germanique, car faisant partie du royaume de Bourgogne- Provence. Le comté de Provence est démembré à partir de 1125 en comté de Forcalquier, Marquisat de Provence et comté de Provence et le comté d’Orange devient lui-même un fief du Marquisat de Provence.

.Bertrand-Rambaud ou Bertrand d’Orange (né vers 1045 et mort après 1073), seigneur d’Orange et co-seigneur de Nice

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne.

Il dirige la Provence indivise avec son frère aîné Guillaume à partir de 1018 et avec son plus jeune frère Geoffroi au plus tard à compter de 1032. Après la mort de Guillaume, il prend le titre de marquis, devenant ainsi le chef de la dynastie. Il se marie avec Gilberge, fille de Foulques Bertrand de Provence, comte de Provence de 1018 à sa mort. Sa veuve se remarie avec Bertrand Raimbaud, fils de Rambaud de Nice, frère de Laugier, et de Pierre II de Nice, évêque de Sisteron, puis évêque de Vaison.

.Raimbaud II d'Orange, (né vers 1066- 1121 ?), comte d'Orange, vicomte de Nice de ? à 1121

.Thiburge ou Tiburge d'Orange, comtesse d’Orange de 1121 à 1150

Fille et unique héritière de Rambaud II d'Orange ; elle épouse vers 1103 Géraud Adhémar de Montélimar, avec lequel elle a pour fils Guillaume, prince d’Orange ; puis en seconde noces vers 1126-1130 Guilhem d'Aumelas, second fils de Guilhem V de Montpellier. Thiburge finit ses jours en 1150"et Guillaume, son époux en 1156, laissant d'elle deux fils, Guillaume et Raimbaut d'Orange et deux filles, Thiburge II d'Orange et Tiburgette.

.Thiburge II d’Orange, comtesse d’Orange de 1150 à1163 puis princesse d’Orange de 1163 à 1198 ?

En 1162, Raymond Bérenger III, comte de Provence, est confirmé dans ses droits par l’empereur Barberousse, mais la guerre se poursuit. Les communautés du Comtat profitent de ces guerres entre les grands pour se donner une constitution consulaire. Raymond V de Toulouse, de son côté, obtient l'hommage des barons de la Drôme et du Comtat.

A défaut d’obtenir satisfaction, en 1163 Frédéric Barberousse élève Orange au rang de principauté. Les princes d'Orange et les Agoult (pour leurs possessions de Sault) ne relèvent que de l'empereur En 1173, la princesse d’Orange Thiburge II épouse Bertrand des Baux.

.Maison des Baux

.Bertrand des Baux, (vers 1137-vers 1181-1183), comte d’Orange en 1173 prince d’Orange de 1173 à 1183, seigneur des Baux de 1175 à 1183

Fils de Raymond des Baux et d’Étiennette de Provence, soeur de Douce de Carlat, toutes deux filles de Girbert, vicomte de Gévaudan, de Millau, de Carlat, et de Gerberge d'Arles, comtesse héritière de Provence. Son père Raimond des Baux se rend à Wutzbourg voir l'empereur Conrad III suzerain du comté de Provence afin qu'il reconnaisse les droits d’Étiennette et de lui-même issus de l'héritage de Gerberge. Le 4 août 1145, l'empereur Conrad III valide leurs titres sans en préciser trop le contenu, et leur donne le droit de battre monnaie, à Arles et à Trinquetaille, avantage attaché à l’immédiateté impériale. Raimond des Baux meurt en 1150, Hugues II son fils ainé de Bertrand lui succède mais par un traité signé à Arles cette année 1150, Etiennette et ses fils doivent renoncer à leur droit sur le comté de Provence. Mais moins de cinq ans plus tard, allié au comte de Toulouse, son frère Hugues des Baux obtient un premier succès d'ordre diplomatique en recevant de l'empereur Frédéric Barberousse la confirmation des titres de sa maison. Mais les hostilités tournent à la confusion. La maison des Baux doit s'avouer battue en 1156. En 1162, lors du troisième et dernier conflit, les Catalans s’assurent définitivement de leurs adversaires. Le château des Baux est rasé et le territoire avoisinant ravagé. La maison de Barcelone fait reconnaître sa victoire militaire par les chancelleries, bien qu’Hugues des Baux essaye de contrarier cette démarche en faisant état auprès de Frédéric Barberousse des deux diplômes pourvus de la bulle d'or impériale, émanant l'un de Conrad, l'autre de Frédéric Barberousse lui-même. Mais Frédéric Barberousse se garde bien de donner raison au vaincu. En 1173, Bertrand épouse la princesse d’Orange Thiburge II et en 1175, il récupère la baronnie des Baux, fief de sa famille. En 1177, il obtient entre autres privilèges de l'empereur Frédéric Ier Barberousse: celui de marcher, enseignes déployées, des Alpes au Rhône et de l'Isère à la Méditerranée, et celui de battre monnaie d'or, d'argent ou d'étain. Le 30 juillet 1178, Frédéric Ier Barberousse est couronné roi de Bourgogne-Provence par l'archevêque d'Arles, Raimon de Bollène. Il approuve le testament qu’Hugues II des Baux et frère ainé de Bertrand a fait en sa faveur, en outre Bertrand des Baux reçoit de l'empereur le droit de se qualifier prince d'Orange, d'en prendre les armes, d'user de ses prérogatives et de porter la couronne et tous les insignes de la souveraineté. Bertrand des Baux bénéficie de l’immédiateté impériale avec le droit de porter couronne couronne « nullo mediante » et dispose de droits régaliens. Frédéric Ier, en octroyant à de petits princes le droit de frapper monnaie, leur impose certaines réserves, témoignant de leur dépendance de l'empire et de leur infériorité vis-à-vis des grands États, au milieu desquels ils sont quelquefois enclavés. Le nom de l'empereur paraît d'abord sur les monnaies accompagné de la lettre initiale du nom du prince plus ou moins dissimulée, jusqu'à ce qu'une plus grande indépendance ait amené les seigneurs d'Orange à faire paraître leurs noms en entier et plus tard encore à graver leurs têtes, imitant toujours dans leur forme les monnaies ayant le plus de cours. Bertrand et Thiburge II d'Orange ont plusieurs enfants :

.Hughes IV des Baux (1173-1240) l'aîné, poursuit la branche aînée des Baux. Il est consul d'Arles et vicomte de Marseille, et garde la seigneurie des Baux.

.Bertrand II des Baux devient le chef de la branche de Berre (Meyrargues, Marignane et Puyricard).

.Thiburge des Baux.

.Guillaume Ier des Baux, prince d'Orange, devient le chef de la Maison d'Orange.

.Guillaume Ier des Baux (c.1155-1218), coprince d'Orange, seigneur des Baux de 1180 à 1218, vice-roi du Royaume de Bourgogne-Provence

Fils de Bertrand des Baux.

En 1215 (ou 1214), à Metz quand Frédéric II souhaite affirmer son pouvoir en Provence, Guillaume reçoit la vice-royauté du royaume de Bourgogne-Provence. Opportuniste, il soutient le pape et la croisade de Simon de Montfort contre son rival le comte de Toulouse et marquis de Provence Raymond VI, mais fait prisonnier par les Avignonnais, les fidèles alliés de Raymond, il meurt égorgé.

.Guillaume II des Baux (vers 1200-1239), coprince d’Orange, seigneur des Baux de 1180 à 1239 Fils du précédent.

.Raymond II des Baux (1230-1279), prince d’Orange, seigneur des Baux de à 1279

.Bertrand II des Baux ( ?), prince d’Orange, seigneur des Baux de 1282 à 1314

Fils du précédent. Il épouse Eléonore de Genève.

.Raymond III des Baux ( ? -1393), prince d’Orange, seigneur des Baux de 1340 à 1393

Il épouse en secondes noces Jeanne de Genève, fille du comte de Genève avec lequel ils ont Marie des Baux.

Maison de Chalon

.Jean III de Chalon-Arlay (1361-1418) prince d’Orange de 1393 à 1418, seigneur d’Arlay, vicomte de Besançon, seigneur d’Arguel et de Cuiseaux

Descendants de Jean Ier de Chalon (1190-1267) comte de Chalon, comte d'Auxonne, il est le fondateur de la seigneurie de Chalon-Arlay, apparentée à celle des comtes de Bourgogne et des comtes de Chalon, enrichie par l’exploitation des mines de sel de Salins et fondatrice du château d’Arlay dans le comté de Bourgogne. Il épouse en 1386 la princesse Marie des Baux, fille de Raymond III des Baux, prince d’Orange et de Jeanne de Genève et devient lui-même prince au décès de son beau-père. Marie des Baux est issue de la famille des comtes de Genève qui s’éteint en 1394 de sorte que les princes d’Orange revendiquent l’héritage du comté de Genève jusqu’au jour où le comte de Savoie Amédée III en rachète tous les droits.

.Louis II de Chalon-Arlay (1390-1463), prince d’Orange de 1418 à 1463 , seigneur d’Arlay et Arguel, vicaire impérial de Bourgogne-Provence de 1421 à 1429

Fils du précédent.

Sa jeunesse se déroule à Nozeroy ou parait peu Jean de Chalon presque toujours aux armées du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Son père le fiance dès 1397 à Jeanne de Montbéliard, fille d’Henri de Montfaucon. En 1413, Louis rejoint son père en Charolais ct y prend part à une courte campagne. L'année suivante, il se distingue an siège d'Arras et fait un séjour à la cour du duc de Bourgogne. Au mois d'août I415, Louis entreprend le voyage de Terre-Sainte. Il est déjà de retour en Franche-Comté à la fin de l'année. Après avoir passé plusieurs mois dans ses terres pour en surveiller l'administration, il quitte de nouveau Nozeroy en juillet 1417, avec une troupe nombreuse de seigneurs franc-comtois, ils s'emparent de Nogent-le-Roi, rejoignent le duc de Bourgogne à Beauvais et l'accompagnent dans sa marche sur Troyes. Pendant ce temps, Marie des Baux, mère de Louis, expire à Lons-le-Saunier. Le 30 janvier 1418, la reine Isabeau fait choix de Louis de Chalon et le nomme son commissaire en Languedoc le 30 janvier 1418. Louis de Chalon reçoit, le 9 septembre, la nouvelle de la mort, de son père. Il devient ainsi Prince d'Orange. Le comte de Foix réussit en janvier 1419 à se faire nommer lieutenant de Languedoc. Louis découragé de se voir abandonné par le roi et le duc de Bourgogne quitte le Midi et rentre en Franche-Comté. Dès le mois de septembre 1419, il repart pour le Charolais, où la guerre contre les Armagnacs redouble d’intensité après l’assassinat de Jean-sans-Peur à Montereau. Il est nommé par la duchesse de Bourgogne gouverneur de Sens, Saint-Pierre-le-Moutier et Mâconnais. De son voyage à Nuremberg, Louis rapporte plusieurs privilèges: le 4 juin 1421, il est nommé vicaire impérial en Bourgogne, Dauphiné, Viennois, Valentinois et Provence au grand mécontentement du duc de Bourgogne Philippe le Bon, mécontentement redoublé quand ce dernier apprend que l’empereur Sigismond a remis secrètement au prince d'Orange une charte d'investiture du comté de Bourgogne pour la faire valoir en temps et lieu. Ensuite de cette désignation, Louis s'établit à Jougne, y bat monnaie et y ouvre une cour impériale. Les Bisontins qui refusent de reconnaitre son autorité sont sévèrement châtiés par l’empereur en 1425. Malgré le ressentiment qu'éprouve Philippe-le-Bon contre son vassal, il entreprend avec lui la campagne de Hainaut contre Jacqueline de Bavière en 1426, mais en même temps il cherche par tous les moyens à arrêter les entreprises de son vassal à Jougne. En 1426, Louis II signe une convention secrète avec le duc de Savoie Amédée VIII en vue de dépecer le Dauphiné pour relier ses terres franc-comtoises à celles d’Orange. En 1428, Louis prépare un coup de main sur le Dauphiné et fait, occuper par ses gens les places de Colombier, d’Anthon et de Saint Romain qu’il prétend avoir achetées à Agnès de la Chambre, veuve du marquis de Saluces ; Il agit de même à Theys, Pierre, Domène et Auberive ou il dit avoir des droits. Le gouverneur du Dauphiné, Mathieu de Foix, privé de l'aide du roi de France et manquant de troupes, est obligé d’accepter les conditions du prince d'Orange, dans un traité signé à Grenoble le 15 aout 1428. Durant l'année 1429, Louis fait ses préparatifs pour envahir le Dauphiné ; il y est encouragé par le duc de Bourgogne et par le duc de Savoie. Raoul de Gancourt, nommé gouverneur de Dauphiné, requiert alors l'aide du routier espagnol Rodrigue de Villandrando. Le 26 mai 1430, ce dernier s'empare d’Auberive, place occupée par les orangistes. Louis de Chalon arrive à Anthon et livre bataille le Il juin à l'armée dauphinoise. Durant cette bataille, l'armée bourguignonne alliée au duc Amédée VIII de Savoie et les Dauphinois conduits par le gouverneur Raoul de Gaucourt et Imbert de Grôlée, maréchal du Dauphiné et sénéchal du Lyonnais, s'affrontent pour le contrôle du Dauphiné. Louis II de Chalon est mis en pleine déroute par Rodrigue et de Gaucourt. Le Dauphiné reste au Royaume de France, Louis II perd ses fiefs en Dauphiné, Orange est assiégée par les Dauphinois et se rend le 3 juillet. Louis retourne en Franche-Comté. Nouvelles opérations contre les Armagnacs sur les frontières du duché de Bourgogne, Louis y prend part et s'établit à Tournus, d'où il rayonne dans les environs. L'année suivante, il décide d’assiéger la place de Sanceney en Charolais. Après s’en être emparé, il répond à l'appel du maréchal de Toulongeon et marche avec lui sur le Barrois contre René d'Anjou. De retour dans ses terres, Louis est obligé de renoncer à son péage de Jougne, qu'il a étendu arbitrairement jusqu’ à Saint-Claude. Une révolte qui éclate dans cette même ville contre le duc de Bourgogne en 1432, l'engage dans de nouveaux démêlés avec ce dernier; cependant il est choisi pour représenter le duc aux conférences d'Auxerre de l432 ; il y rencontre La Trémouille, et, aidé par lui, il tente de se rapprocher de Charles VII. Le 22 juin 1432, Louis, qui s'est rendu à Loches, conclut avec le roi un traité par lequel il entre au service de Charles VII et recouvre ses terres du Dauphiné. A son retour dans le Jura il reçoit à Nozeroy, au début de l’année 1435, la duchesse, puis le duc Bourgogne. La paix d'Arras signée le 21 septembre 1435 met fin à la guerre de Cent Ans., Louis regagne ses châteaux, qu’il ne quittera pour ainsi dire plus ; II assiste à l'entrée de l'empereur Frédéric III à Besançon en 1441, puis rentre à Nozeroy ou sont célébrées avec éclat les noces dc Guillaume de Chalon, que le duc et la duchesse de Bourgogne honorent de leur présence. Un an après la mort le 14 mai 1445 de Jeanne de Montbéliard, Louis se remarie avec Eléonore d’Armagnac. Il parcourt chaque année ses terres du Jura et de Suisse, et entreprend d'importantes réparations dans ses châteaux. En 1456, le dauphin Louis s'enfuit du Dauphiné, par crainte de son père. Il est reçu par Louis de Chalon à Vers et gagne ensuite le Brabant. Louis aspire à la succession du comté de Neuchâtel, rendue vacant par la mort du comte Jean de Fribourg le 9 lévrier 1458 mais il se heurte à la résistance de Rodolphe de Hochberg, qui a été désigné comme héritier du comte Jean et l'empereur Frédéric III de Habsboug, devant lequel la cause a été portée, lui interdit toute tentative sur le comté. Il meurt le 3 décembre 1463.

.Guillaume VIII de Chalon ( ?-1475) prince d’Orange, seigneur d’Arlay de 1463 à 1475

Fils du précédent.

.Jean IV de Chalon (1443-1502), prince d’Orange, seigneur d’Arlay, de Nozeroy et de Montfort de 1475 à 1502

Fils du précédent.

En 1479 son château fort d’Arlay est détruit par l’armée du roi de France Louis XI suite à la mort du duc de Bourgogne Charles le Téméraire en 1477.

Les Pays-Bas bourguignons et le comté de Bourgogne passent sous suzeraineté des Habsbourg par le mariage en 1477 de la duchesse Marie de Bourgogne avec Maximilien de Habsbourg.

.Philibert de Chalon (1502-1530) prince d’Orange, seigneur d’Arlay de 1502 à 1530, vice-roi de Naples,

En 1530, Philibert de Chalon est commandant des armées de l’empereur Charles Quint en guerre contre le roi de France François Ier ; il meurt sans héritier direct à la bataille de Gavinana près de Pavie.

.René de Chalon (1519-1544), prince d'Orange de 1530 à 1544, comte de Nassau et seigneur de Bréda,

Fils unique du comte Henri III de Nassau-Breda et de Claude de Chalon, sœur du dernier prince d'Orange de la maison des comtes de Bourgogne, Philibert de Chalon.

Il succède en 1540 à l'inamovible comte de Hoogstrate comme stathouder pour l’empereur Charles-Quint des comtés de Hollande et de Zélande, ainsi que de la temporalité d'Utrecht; après la reconquête du duché de Gueldre, en 1543, il est également investi de ce gouvernement. Conformément au testament de ce dernier (1528), il hérite de la principauté d'Orange à la mort de son oncle en 1530. Quoiqu'un codicille ultérieur l'en dispensât, il releva le nom et les armes de la famille d'Orange-Chalon lors des funérailles solennelles de Philibert à Lons le Saunier. René de Chalon épouse la fille du duc Antoine de Lorraine, Anne le 20 août 1540, à Bar-le-Duc. Ils ont une fille, Maria, qui ne survit que 3 semaines. Il est tué lors du siège de Saint-Dizier en 1544. L'empereur Charles Quint en personne l'assiste dans son agonie et prévient personnellement la princesse de sa mort. Tout comme son oncle, faute de descendance légitime, il doit se résoudre à désigner comme héritier un membre d'une lignée collatérale. Son cousin Guillaume de Nassau-Dillenburg, qui devient célèbre sous le nom de Guillaume le taciturne, hérite donc de toutes ses terres.

Maison d’Orange-Nassau

.Guillaume Ier d’Orange-Nassau dit le Taciturne (1533-1584) prince d'Orange de 1530 à 1584, comte de Nassau de 1544 à 1584, puis de Katzenelbogen, de Vianden, burgrave d'Anvers, stathouder de Hollande, de Zélande et d'Utrecht à partir de 1559

Héritier de son cousin germain René de Nassau mort sans descendance et fondateur de la maison d’Orange-Nassau. À l'origine membre de l'entourage de Charles Quint et fidèle partisan des Habsbourg, Guillaume d'Orange est surtout connu pour avoir été l'initiateur et le chef de la révolte des Pays-Bas espagnols contre le roi d'Espagne Philippe II, fils de Charles Quint. La principauté d´Orange est rattachée unilatéralement au Dauphiné par le roi de France Henri II en 1551, qui doit cependant la restituer à Guillaume Ier en 1559.

.Philippe-Guillaume d'Orange (1554-1618) prince d’Orange de 1584 à 1618

Fils de Guillaume Ier d'Orange-Nassau. Alors que son père est engagé dans la rébellion des provinces septentrionales des Pays-Bas espagnols, il est pris en otage par le duc d'Albe à l'âge de treize ans et est envoyé en Espagne pour conclure ses études. Demeuré catholique, il est tenu à l'écart de la rébellion et demeure fidèle à la couronne d'Espagne. Il poursuit ses études à l'université d'Alcalá de Henares.

.Guillaume II d’Orange-Nassau, prince d’Orange de 1618 à 1650.

.Guillaume III d’Orange-Nassau, prince d’Orange de 1650 à 1702

Seul enfant de Guillaume II et de la princesse royale Marie, fille ainée du roi Charles Ier d'Angleterre et la sœur de Charles II et de Jacques II. Huit jours avant la naissance de Guillaume, son père meurt de la variole ; ainsi Guillaume devient prince d'Orange dès le jour de sa naissance. Louis XIV occupe plusieurs fois le territoire de la principauté dans le cadre des guerres menées contre le stadhouder Guillaume III d'Orange (qui devient plus tard le roi Guillaume III d’Angleterre et d’Écosse) : en 1673, 1679, 1690 et 1697. Une dernière occupation, à partir de 1702 mène à la reconnaissance définitive de l’acquisition au traité d'Utrecht en 1713. La reine Béatrix des Pays-Bas, descendante directe de Guillaume Ier d’Orange-Nassau porte encore aujourdhui le titre de princesse d’Orange-Nassau et de baronne d’Arlay (baronne von Arlay) avec la devise française de « Je maintiendrai » sur les armoiries de sa famille.

c. Comtat Venaissin/Evêchés et papes d’Avignon

Au début du XI° siècle, soit lors de l’intégration à l’empire du Royaume de Bourgogne-Provence, le vicomte et l’évêque d’Avignon s’installent à chacune des extrémités du rocher. Le pouvoir du vicomte et celui de l’évêque s’affaiblissent. Le pouvoir dans le comté de Provence appartient alors à trois familles, celle des comtes de Toulouse, marquis de Provence, celle des comtes de Forcalquier et celle des comtes de Provence proprement dit. Avignon se trouvant à l’intersection des possessions de chacune, reste indivise. En 1129, Guillaume III, comte de Forcalquier, remet avant de mourir à l’évêque d’Avignon « pouvoir, juridiction et seigneurie ». En 1161, l’empereur Frédéric Barberousse confirme à l’évêque ses droits. La croisade contre les Albigeois et le Traité de Meaux (mars / avril 1229) va accélérer le processus de séparation entre Avignon et le marquisat de Provence. Par le traité de Meaux/Paris de 1229 que lui impose le roi de France, Raymond VII de Toulouse rend hommage à saint Louis et promet sa fille à l'un des frères du roi, Alphonse de Poitiers, destinant son comté de Toulouse, faute d'héritier mâle, à devenir l'un des apanages de la couronne de France. Il renonce en outre à tous ses " autres pays et domaines situés en-deçà du Rhône dans le royaume de France " et précise " quant aux pays et domaines que j'ai au-delà du Rhône dans l'Empire (marquisat de Provence venaissin), je les cède à perpétuité à l'Eglise romaine entre les mains du légat. " Mais par bulle signée à Montefiascone du 8 septembre 1237, l’empereur Frédéric II restitue à Raymond VII le Comtat venaissin qui est reconquis à main armée, en 1236, par Raymond de Toulouse.

En 1238, l’évêque d’Avignon, qui a répondu comme vassal à la demande de l’empereur Frédéric II d’envoie de troupes à son camp de Vérone, reçoit de ce dernier un diplôme confirmant celui délivré à son prédécesseur en 1157. Un diplôme de l’année 1239, rendu en faveur de la ville d’Avignon, montre que l’empereur Frédéric II est fidèle à sa volonté de s’allier la Commune contre l’évêque ; en effet si l’évêque est bien le président de la Commune, l’autorité appartient aux huit consuls (4 à l’origine), 4 chevaliers et 4 prudhommes élus pour un an. Avignon est alors une des villes les plus importantes du Marquisat de Provence. C’est dans cette ville que le vicaire impérial Bérard, chassé d’Arles en 1239 trouve refuge mais son inexpérience politique soulève contre lui là aussi les ennemis de l’Empereur; il s’en faut de peu qu’Avignon ne passe au clergé et au comte de Provence. C’est l’arrivée du comte de Toulouse et marquis de Provence Raymond VII qui sauve la situation : à la demande du conseil général et du Parlement d’Avignon, il prend la charge de podestat, et Bérard impuissant accepte cette désignation.

.Zoen Tencarari, évêque d’Avignon de 1240/1242 à 1261/1263

La lutte se poursuit entre l’Église et l’Empire. Zoen Tencarari, évêque d’Avignon et légat apostolique lance, dans son diocèse d’Avignon, un édit frappant de la peine de la confiscation des fiefs quiconque porterait aide ou assistance à l’empereur Frédéric II. L’évêque travaille de tout son pouvoir à enlever définitivement à l’empereur ses appuis dans le royaume de Bourgogne-Provence, Raymond VII et les Avignonnais. Sous son règne, la commune d’Avignon se rallie à la cause de l’évêque et du comte de Provence Raymond Bérenger. Après ses succès militaires en Italie, l’empereur Frédéric n’a plus envie de ménager les Avignonnais. Par un diplôme rendu par lui à Pise, au mois d’août 1244, il exprime enfin, contre les Avignonnais, les sentiments de colère que, par prudence sans doute et pour éviter de compromettre des chances de réconciliation, il contient depuis plus d’un an. Pour les punir de la guerre détestable qu’ils font à l’Empire, et aussi « au comte de Toulouse», il leur enlève les droits que le comte Raymond leur avait jadis concédés sur les fiefs des Amic (descendants de Giraud II Amic de Sabran Forcalquier). Désormais, Giraud et Pierre d’Amic relèveront directement du comte de Toulouse ; la seigneurie d’Avignon est supprimée. Mais Raymond VII meurt le 22 septembre 1249 à la suite d’un accès de fièvre. Alors qu’à la mort de Raymond-Bérenger c’est Charles d’Anjou, qui est devenu comte de Provence, c’est un autre frère du roi de France et gendre du comte de Toulouse Raymond VII, Alphonse de Poitiers, qui hérite du comté de Toulouse et du marquisat de Provence. Dès 1251, Avignon, reconnait la souveraineté indivise des deux comtes de Provence et de Toulouse. Le légat Pierre d’Albano, au nom de l’Église romaine, se rend alors dans le Venaissin pour recouvrer cette terre : les représentants d’Alphonse y envoient, de leur côté, le seigneur de Lunel qui peut y servir utilement les intérêts de son maître ; en dépit des prétentions de l’Église, Alphonse conserve le titre de marquis de Provence et garde jusqu’à sa mort la seigneurie d’Avignon. Alphonse gère lui-même ses fiefs, à partir de différentes demeures au sud-est de Paris. Il communique par chevaucheurs avec les sénéchaux de son domaine (sept au total). Celui-ci comprend le comté de Poitiers, la Saintonge, l’Auvergne (sans Clermont), le comté de Toulouse, le Quercy, le Rouergue, l’Agenais ; il est suzerain de la Marche, de Comminges et de l’Armagnac ; il possède désormais en outre le titre de marquis de Provence, quelques fiefs autour d’Orange, et la co-suzeraineté sur Avignon. Ses sénéchaux sont ceux de Poitou-Saintonge, le connétable d’Auvergne, le sénéchal de Toulouse, de Quercy-Agenais, de Rouergue, du Comtat Venaissin.

.Bertran de Saint-Martin, évêque d’Avignon de 1264 à 1266

Nommé évêque d’Avignon par le pape Urbain IV, il se montre attaché aux intérêts de la maison d'Anjou ; Charles d'Anjou, comte de Provence, sait apprécier ses services. Sous le pontificat de Clément IV, Bertran de Saint-Martin joue un rôle important en Italie.

.Raymond II, évêque d’Avignon en 1271 jusque vers 1272

A la mort du comte de Toulouse et marquis de Provence Alphonse II en 1271, c’est le roi Philippe le Hardi, fils de Louis IX, dit Saint Louis, roi de France, et de Marguerite de Provence, fille de Raymond-Bérenger IV, comte de Provence et de Béatrice de Savoie, qui hérite du Comtat Venaissin.

.Robert II, évêque d’Avignon de 1272 à 1279

Le roi de France cède ses droits au pape le 19 février 1274 ; dès le 27 avril 1274, pour affirmer ses droits, le pape Grégoire X nomme en 1274 le premier recteur du Comtat Venaissin en la personne de Guillaume de Villaret. Pierre Rostaing, évêque de Carpentras, est le premier à rendre hommage au représentant du pape. En 1275, le recteur convoque les trois évêques du Comtat, Avignon, Carpentras et Vaison ainsi que les nobles du Venaissin à une assemblée afin d’adopter des nouveaux statuts. En 1277, alors qu'il porte toujours la charge de recteur, Guillaume de Villaret devient conseiller de Charles Ier d'Anjou, qui, entre autres titres, est roi de Sicile. En 1290, Charles d’Anjou devient comte de Provence. Le roi Philippe IV le Bel ayant besoin d’argent décide de lever, en 1295, un impôt exceptionnel sur le clergé, la « décime ». Le pape Boniface VIII, qui tire d'abondants revenus de France, répond par la bulle de 1296 dans laquelle, il dit, à l'intention des souverains, que le clergé ne peut être soumis à aucun impôt sans l'accord du Saint-Siège. Les évêques sont tenus de suivre les recommandations du Saint-Siège sous peine d'excommunication. En rétorsion, Philippe Le Bel interdit toute exportation de valeurs hors du royaume de France, ce qui a pour effet de priver le pape d'une part importante de ses ressources. Les rapports avec Rome se tendent et, en 1302, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII affirme la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel et, de ce fait, la supériorité du pape sur les rois. Philippe le Bel réunit alors un concile des évêques de France pour condamner le pape qui menace de l'excommunier et de jeter l'interdit sur le royaume de France. Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le roi de France envoie son garde des sceaux, le chevalier Guillaume de Nogaret avec une petite escorte armée vers l'Italie afin d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, qui lui fait savoir que le pape s'est réfugié à Anagni. Le 8 septembre 1303, lors d'un entretien tumultueux, le pape Boniface VIII est menacé par Guillaume de Nogaret. Il meurt quelques semaines plus tard. Son successeur Benoît XI est élu le 22 octobre 1303. Il annule la plupart des mesures de nature à vexer le puissant roi de France avant de mourir lui-même le 7 juillet 1304. Pendant onze mois, de pénibles tractations se déroulent entre le parti français, conduit par la famille romaine des Colonna, et le parti du défunt Boniface VIII, emmené par les Caetani. On décide finalement de choisir le pape à l'extérieur du Sacré Collège des cardinaux et l'unanimité ou presque se fait sur le nom de Bertrand de Got, prélat diplomate et juriste éminent, resté neutre dans la querelle entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII. Le 5 juin 1305, les cardinaux, réunis en conclave à Pérouse, portent à la tête de l'Église Bertrand de Got qui choisit le nom de Clément V. Le nouveau pape renonce à se rendre à Rome par crainte des intrigues locales et des risques liés au conflit des guelfes et des gibelins: Il choisit en définitive de se faire couronner à Lyon, encore en terre d'Empire, le 1er novembre 1305. Clément V fait son possible pour se concilier les bonnes grâces du puissant Philippe le Bel, mais repousse sa demande d'ouvrir un procès posthume contre Boniface VIII. En 1307, il a un entretien avec le roi où il est question en particulier du sort des Templiers. Philippe le Bel veut supprimer cet influent et riche ordre de moines-chevaliers. C'est chose faite le vendredi 13 octobre 1307 sans que le pape n’ait pu s'y opposer. Le concile de Vienne, qu'il a convoqué pour juger l'Ordre du Temple, nécessite qu'il se rapproche de cette ville. Il rejoint donc le Comtat Venaissin, terre pontificale. Si son choix se porte aussi sur la ville d'Avignon, c’est que sa situation sur la rive droite du fleuve le met en relation avec le nord de l'Europe, par l'axe Rhône/Saône et dans cette vallée du Rhône, frontière commune entre la France et l’Empire. Clément V n'arrive à Avignon que le 9 mars 1309. Sous son pontificat, Avignon devient, sous la haute surveillance du roi de France Philippe le Bel, la résidence officielle d'une partie du Sacré Collège des cardinaux, tandis que le pape préfère résider dès 1310 à Carpentras, Malaucène ou Monteux, cités comtadines. Le rôle de l’évêque d’Avignon devient marginal.

.Jacques Duéze, évêque de Fréjus en 1300, d’Avignon en 1310 puis pape sous le nom de Jean XXII de 1316 à 1334

Il est appelé par Charles II d'Anjou roi de Naples, comte de Provence comme chancelier de Provence en 1308. Il est nommé évêque d’Avignon le 18 mars 1310. À la mort de Clément V, et suite à une élection difficile, Jacques Duèze est élu pape à Lyon le 7 août 1316. Couronné le 5 septembre, il choisit le nom de Jean XXII. À 72 ans, il n'a qu'un rôle politique effacé jusqu'alors. Or, dès le 9 août, il fait part de son intention de rouvrir l'Audience de la Contredite à Avignon, le 1er octobre suivant. Il signifie ainsi sa volonté de fixer la papauté dans la ville dont il avait été l'évêque depuis le 18 mars 1310 .La logique aurait voulu que Carpentras soit le séjour transalpin de la papauté. Mais la plus grande ville du Comtat Venaissin restait entachée par le coup de force des Gascons lors du conclave qui avait suivi la mort de Clément V. De plus, l'ancien évêque d'Avignon, préférait, à l'évidence, sa cité épiscopale qui lui était familière et qui avait l'avantage de se situer au carrefour des grandes routes du monde occidental grâce à son fleuve et à son pont. Sous son règne, le recteur du Comtat Venaissin Arnaud de Trian se met à résider à Carpentras qui devient la capitale du comtat. Les relations de Jean XXII avec l'empire se tendent quand le 8 octobre 1323, il déclare en plein consistoire que le nouvel empereur Louis IV de Bavière est un usurpateur et un ennemi de l'Église. Convoqué à Avignon pour se justifier de son soutien aux Visconti, il ne se présente pas et est excommunié le 23 mars 1324. En représailles Louis IV de Bavière descend en Italie avec son armée pour se faire couronner à Rome et fait élire un antipape en la personne de Nicolas V qui destitue Jean XXII.

.Benoît XII, pape de 1335 à 1342

Le 4 décembre 1334, à l'aube, Jean XXII meut à 90 ans. C’est Jacques Fournier, dit le cardinal blanc, qui lui succède. Après avoir choisi le nom de Benoît XII en l’honneur du patron de l’Ordre des cisterciens dont il est issu, le nouveau pape est couronné, en l’église des dominicains d’Avignon, le 8 janvier 1335, par le cardinal Napoléon Orsini, qui avait déjà couronné les deux papes précédents. L'idée première de ce pontife est de remettre de l'ordre dans l'Église et de ramener le Saint-Siège à Rome. À peine élu, il fait annuler les commandites de son prédécesseur et renvoyé dans leur diocèse ou abbaye tous les prélats et abbés de la cour. Le 6 juillet 1335, quand arrivent à Avignon des envoyés de Rome, il leur fait la promesse de revenir sur les bords du Tibre mais sans préciser de date. Mais la révolte de la cité de Bologne et les protestations des cardinaux mettent un terme à ses désirs et le convainquent de rester sur les rives du Rhône. Le 10 novembre 1337, commence la Guerre de Cent ans. Benoît XII, par ses légats, sollicite une trêve qui est acceptée par les deux parties. Ce n’est pourtant pas ce conflit franco-anglais qui l’incite à se faire édifier un palais fortifié mais, dès son élection, la crainte de l’empereur Louis de Bavière. Même si Benoît XII se montre plus conciliant que son prédécesseur, Avignon, se trouve en terre d'empire, tout en étant infiniment plus sûre que toute autre ville d'Italie.

.Clément VI, pape de 1342 à 1352

Homme de confiance du roi Philippe VI qui le fait entrer au Conseil royal. En 1330, il est chancelier de France et en 1332, il dirige l'ambassade française. Devenu pape, Clément VI, attentif à la question dauphinoise, écrit à Philippe VI, le 11 avril 1344, pour lui proposer que le fils aîné du roi de France porte le titre de Dauphin. Le pape envisage ensuite de lever l’excommunication du dauphin Humbert II, qui a fini de rembourser jusqu’au dernier florin à la Révérente Chambre Apostolique, mais il y met une condition. Il doit lui céder le fief de Visan. L’accord passé, le 31 juillet, Clément VI reçoit Humbert dans son palais de Villeneuve-lès-Avignon. Le Dauphin du Viennois rend hommage et le pape lève les sentences. André de Hongrie, époux de la Reine Jeanne, comtesse de Provence est assassiné le 18 septembre 1345 ; la reine Jeanne fuit dans son comté de Provence. En mai 1347, Louis Ier de Hongrie, qui veut venger la mort de son frère André passe à l’offensive et s’avance jusqu’à Aquila avec ses Magyars. Arrivé à Bénévent, à trois jours de marche de Naples, il fait tenir le 11 janvier 1348 un message menaçant à la reine. Peu rassurée, Jeanne préfère fuir la colère de son ex beau-frère et cousin de Hongrie. Elle quitte Naples pour Marseille. Le 27 février, la comtesse-reine se rend à Châteaurenard où elle attend que le pape lui accorde audience. Clément VI la reçoit le 15 mars. Jeanne a deux objectifs. Tout d’abord se faire absoudre d’un crime dont beaucoup pensent que si elle n’en était pas responsable, elle y a pour le moins consenti. Le second, non moins important, est de demander au pape de renflouer ses finances. Il lui faut beaucoup d’or pour lever des troupes capables de s’opposer à celles de son cousin de Hongrie. Sur les deux points, le Souverain Pontife fait preuve d’une rare compréhension. Il pardonne publiquement à Jeanne sa conduite légère et la lave de tout soupçon dans l’assassinat de son premier époux en la déclarant absoute. Enfin il lui offre 80 000 florins pour l’achat de sa ville d’Avignon. C’est Estienne Aldebrandy, archevêque d’Arles, qui passe le contrat de vente d’Avignon, avec toutes ses dépendances. Avignon relevant toujours de l’empire, l’acte est fait en présence des plénipotentiaires de l’empereur Charles IV de Luxembourg qui enregistrent la cession par lettres datées du 9 juin. La ville devient alors indépendante de la Provence et propriété pontificale comme le Comtat Venaissin. Lorsqu'en 1352, Clément VI décède, les réserves financières du Siège apostolique sont au plus bas.

.Innocent VI, pape de 1352 à 1362

En 1355, Innocent VI fait élever de nouveaux remparts.

.Urbain V, pape de 1362 à 1370

Le 6 novembre 1362, dans la chapelle du palais vieux, Guillaume de Grimoard est couronné pape par Étienne-Audouin Aubert, cardinal d’Ostie et neveu du pontife défunt. Il prend le nom d'Urbain V. Le 23 mai 1365, l’empereur Charles de Luxembourg, à la tête d’un somptueux cortège et d’une imposante armée, accompagné de son vassal le comte de Savoie Amédée VI descend la vallée du Rhône. Il vient en Provence pour se faire sacrer roi de Bourgogne-Provence. Il arrive à Avignon le lendemain de l’Ascension. L’empereur s’installe avec sa suite dans Tour Campane. Le lendemain de la Pentecôte, couronne en tête et sceptre en main, l’empereur assiste à la messe pontificale. Le jour suivant, le 2 juin, il quitte la cité papale pour Arles où il est couronné roi pour la vigile de saint Boniface. L’empereur revient à Avignon le 6 juin et en repart trois jours plus tard après avoir obtenu du pape, suite à la mort de Ludovic de la Torre, patriarche d’Aquilée, la nomination comme nouveau patriarche du souabe Marquand de Randeck, évêque d’Augsbourg, homme possédant une grande expérience des armes.

.Grégoire XI, pape de 1370 à 1378

Grégoire XI ramène la papauté à Rome où il décède en 1378. En 1411, Jean XXIII nomme François de Conzié, déjà camérier et Vicaire Général d'Avignon, gouverneur des États pontificaux. Ce pape, incapable de régler à Pise les problèmes du royaume de Naples et désirant s'installer à Avignon, lui adresse des instructions le 31 décembre 1412, notamment pour les réparations nécessaires au palais des papes. François de Conzié fait restaurer tous les édifices endommagés pendant la « guerre des Catalans », dont le pont d'Avignon, la cathédrale et les remparts. Le 21 décembre 1415, il reçoit l’empereur Sigismond de Luxembourg venu spécialement à Avignon pour passer les fêtes de Noël. En 1418, quand l’élection de Martin V par le concile de Constance met un terme au Grand Schisme, Pierre d'Ailly est nommé légat à Avignon par le nouveau pontife. Il meurt toutefois peu de temps après et n'est pas remplacé, François de Conzié continuant à gouverner seul. À la mort de l'archevêque d'Arles Philippe de Lévis (1475), le pape Sixte IV réduit l'Archevêché d'Arles : il détache l'évêché d'Avignon de la province d'Arles, l'érige en Archevêché et lui attribue comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 08:27
Histoire de la Seigneurie de Nice- Comté de Nice-Evêché de Nice-Abbaye de Saint Pons-Consulat, terre d'empire de 1032 à 1806

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et Cisjurane (dont dépend la Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire. En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, le duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III et Carloman II semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

Maison des Bosons

.Boson (879-887), roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune. Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. Louis III de Francie occidentale, Carloman II et leur cousin Charles III le Gros et un représentant de Louis le Jeune, retenu dans son royaume par la maladie se rencontrent en juin 880 en Lorraine. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence. Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence. En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.

.Louis III l'Aveugle (vers 882- 928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune. En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane. En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie. En 898, Engelberge, sa sœur épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon. A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900. Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople (fin 887-903), fille de l'empereur romain d’orient Léon VI. En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence. En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie. De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. À partir de 911, il laisse la gestion du royaume à son cousin Hugues d'Arles, comte d'Arles et de Vienne qui quitte Vienne et s'installe à Arles. Fait marquis de Provence, le régent Hugues d'Arles, épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve de Rodolphe Ier de Bourgogne. Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

.Hugues d'Arles (v. 880- 947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Élevé à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis marquis de Provence en 905 par son parent, l'empereur Louis III l'Aveugle, Hugues devient roi d'Italie en 926. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie. À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin. À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits. En échange, selon l'accord de 926, Rodolphe II lui abandonne ses prétentions en Italie. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné. La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit. Dès 948 ou 949, le roi Conrad réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, un à Apt, un en Avignon et un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II, à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

.Boson II (910-968) comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotboald (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle. Son suzerain le roi Conrad (937-993) se montre très actif en Provence ; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour ; l’année suivante il est présent à Arles.

.Guillaume Ier le libérateur (955-993), comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en 991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence. Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978 tient un plaid dans la ville d’Arles. La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribue les terres reconquises à ses vassaux. Arles retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de la tige des comtes de Forcalquier.

.Guillaume II ou III (v. 986-1018), comte de Provence de 993 à 1018

Fils de Guillaume le libérateur, marié en 1002 avec Gerberge de Bourgogne, fille d’Othe-Guillaume, comte de Bourgogne et d’Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et Besançon. Il ne peut récupérer le titre de marquis de Provence qui échoit à son oncle Rotbald Ier. Guillaume II est inhumé dans les fondements de l'église en cours de construction de l'abbaye de Montmajour qui au début du XIe siècle devient la nécropole des comtes de Provence. A sa mort, le comté devient possession indivise entre ses trois fils :

-Guillaume IV.

-Foulques Bertrand.

-Geoffroi.

.Guillaume IV (avant 1013-1019-1030), comte de Provence de 1018 à 1030

Sans postérité.

.Foulque-Bertrand (1014-1051), comte de Provence de 1018 à 1051

Père de :

-Guillaume V Bertrand.

-Geoffroi II, dont la part deviendra le comté de Forcalquier.

En 1030, le comte Foulque-Bertrand doit de nouveau combattre les seigneurs des Baux et de Fos. À la tête de l'ost comtal, composé par les vicomtes de Marseille et quelques seigneurs des Alpes, les combats s'engagent encore une fois sur les rives de l'étang de Berre où le prince réussit à battre ses vassaux révoltés. La paix est à peine revenue en 1032, que son suzerain Rodolphe III de Bourgogne meurt. Suit une période trouble de lutte entre les prétendants, l'empereur Conrad le Salique et Eudes de Blois, qui meurt en 1037. À l'issue de cette guerre, le comté de Provence devient terre d'Empire.

.Geoffroy Ier (1015-1061/ 1062) comte de Provence de 1018 à 1061

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne, frère du précédent. Il intervient dans la lutte contre la Maison de Fos qui reprend en 1048. À cette date, il conclut un accord avec Aicard et Geoffroy de Marseille Ier, vicomtes de Marseille, pour récupérer la seigneurie de Fos et d'Hyères. Il épouse Étiennette, peut-être fille du vicomte Guillaume II de Marseille et d'Étiennette des Baux, avec laquelle il :

-Bertrand II.

-Gerberge (v. 1060-1115), comtesse de Provence, mariée à Gilbert de Millau, comte de Gévaudan

.Bertrand II de Provence ( ?-1093), comte de Provence de 1061 à 1093.

Fils de Geoffroi Ier, comte de Provence, et d'Etiennette. Dès son accession, le nouveau comte de Provence est affaibli : il transfère la résidence comtale d'Arles à Tarascon en 1063 et, incapable d'assurer la paix, demande en 1065 aux puissantes familles arlésiennes d'assurer la protection des biens de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. À la fin des années 1070, dans le cadre de la Querelle des Investitures, Bertrand s’oppose à l’archevêque d’Arles Aicard. Mais ce conflit d'ordre religieux se double d’un triple problème politique entre le comte et l'archevêque qui à cette époque est aussi un seigneur féodal. Le comte s’oppose à Aicard d'abord à propos de la nomination controversée de Bermond comme abbé de Montmajour, ensuite probablement parce qu'Aicard s'est rapproché dès 1076 du comte de Saint-Gilles, excommunié par le pape et rival du comte de Provence, enfin et surtout parce qu'il redoute la puissance de la famille de l'archevêque, celle des vicomtes de Marseille. En 1078, le comte de Provence recherche donc l'appui du pape en accusant l'archevêque de simonie, puis en 1081, en se plaçant sous la suzeraineté papale, renie ses liens de vassalité avec l'empereur Henri IV. Le comte de Provence s’aliène alors la ville d’Arles et son archevêque soutenu par le peuple, le clergé, les familles des Baux et des Porcelet et le comte de Saint-Gilles, Raimon IV. L'archevêque d'Arles bénéficie aussi du soutien de sa famille, les vicomtes de Marseille qui à partir de 1079 désertent l'entourage du comte Bertrand. La fin de sa vie est moins connue. Il meurt en 1093. Sa fille étant déjà mariée et dotée, le comté de Provence passe à sa sœur Gerberge, tandis que le titre de marquis de Provence est repris par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et issu de la branche aînée des comtes de Provence. La famille comtale de Provence s'éteint en 1093 et trois familles se partagent la Provence: la maison de Toulouse, celle de Barcelone et celle d'Urgell. Gerberge épouse Gilbert Ier, comte de Gévaudan avec lequel elle a deux filles :

-Douce née en 1090 qui épouse en 1112 à Raimond Bérenger III, comte de Barcelone. -Etiennette mariée à Raymond, seigneur des Baux.

Les droits sur le comté de Provence sont donc transférés, par mariage, aux comtes de Toulouse et aux comtes de Barcelone. Les maisons des deux comtés entrent en conflit pour la possession de la Provence. Les conflits d’intérêt entre ces familles ne permettent pas de maintenir l’indivision sur le comté de Provence. Les descendances de Guillaume le Libérateur et de son frère Roboald, avec leurs partages successoraux, structurent les terres de Provence autour de trois grandes maisons :

- celle de Toulouse, présente depuis que Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, a épousé Emma de Venasque, en 990. Cette famille possède le marquisat de Provence.

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque. Elle possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.

-celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone. Elle possède le comté de Provence au sud de la Durance.

Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat de Provence) et de Barcelone (comté de Provence), maisons rivales qui se heurtent déjà dans leurs sphères d’influence, qui est l’actuel Languedoc. À cela d’ajoute les ambitions de la maison des Baux qui, étant issue d’Etiennette de Provence-Gévaudan, revendique une part du comté. Les guerres dite baussenques ne tardent pas à éclater entre Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, d’une part et Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et les seigneurs des Baux d’autre part. Défait, Alphonse se réfugie dans Orange en 1123 et doit signer en 1125 un traité de partage de la Provence : ii abandonne au comte de Toulouse le château de Beaucaire et la terre d'Argence (rive droite du Rhône), le château de Vallabrègue (île du Rhône) et toute la partie de la Provence située entre l'Isère et la Durance, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces pays (villes, châteaux, évêchés, etc ...). Le comte de Toulouse cède au comte de Barcelone toute la terre de Provence depuis les sources de la Durance et le long de cette rivière, jusqu'au Rhône et à la mer, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces régions, Avignon ainsi que les châteaux du Pont de Sorgues, de Caumont et du Thor restant indivis :

- le comté de Forcalquier reste indépendant.

- le marquisat de Provence passe à Alphonse Jourdain de Saint Gilles (Maison de Toulouse) qui reçoit la partie située entre l’Isère et la Durance, dont les fiefs sont fiefs du Marquisat de Provence :

.comté de Valence (Valentinois) et de Die (Diois) : comtés - domaines vassaux jusqu'en 1189. .comtat Venaissin, la partie sud du marquisat - propriété propre, qui prend définitivement ce nom en 1274.

.comté d’Orange: domaine vassal jusqu'en 1181, année où il devient une principauté autonome.

- le comté de Provence réduit au Comté d’Arles passe à Raymond Béranger Ier (Maison de Barcelone) qui occupe les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et à Nice à l’est. .

Coseigneurs de Nice

Maison d’Orange-Mévouillon

.Odile de Provence dite de Nice (976-1032) , seigneur de Nice de ? à 1032

Fille vraisemblable d’Annon de Vence. Elle a reçu selon ses dires de Guillaume Ier tout le territoire qui correspond grosso modo à ce que l’on appelle aujourdhui les Alpes Maritimes. Elle se marie d’abord avant 976 avec Miron d’où sont issus :

-Pons III qui deviendra évêque de Nice

-Bermond, prêtre

-Miron

-Laugier de Sisteron

En 999 Odile fait d’importantes donations-restitutions à l’Abbaye de Saint Pons de Nice qui domine alors la cité. Puis, Miron étant mort vers 1003, elle se remarie en 1012 avec Laugier qui était auparavant son « Rector » de son château de Nice.

.Laugier de Nice (né vers 950- 1032) coseigneur de Nice, de Gréollières, de Cagnes et de Vence Epoux d’Odile de Nice Odile de Provence a cinq enfants de son second mariage avec Laugier :

-Rambaud de Nice ou d’Orange -Pierre de Nice, évêque de Sisteron (1043-1059)

-Rostang de Nice, coseigneur de Vence, seigneur de Gréolières

-Jauccara de Nice, mariée à Amic de Vence-Avignon

-Gerberge de Nice, mariée au vicomte Bérenger d’Avignon.

Les seigneurs de Nice n’ont jamais porté le titre de vicomte, c’est à tort donc que Laugier est qualifié de vicomte de Nice.

.Rambaud d’Orange (vers 1006 et mort vers 1073), coseigneur de Nice, de Courthézon et de Vence de 1032 à vers 1073

Fils de Laugier de Nice et d’Odile. Rambaud d’Orange est accusé de simonie pour avoir acheté l’épiscopat de Sisteron en 1043 pour son fils Pierre II de Nice âgé de 8 ans. Odile, mère de Rambaud administre elle-même les biens de l’évêque et son fils, Rambaud de Nice occupe la citadelle de Sisteron et le concile d’Avignon l’excommunie. Dans le même temps, il fait avec ses épouses de nombreux dons à l’Église et l’un de ses fils est moine après son décès. A la fin des années 1070, le succès de la réforme grégorienne en Provence oblige les seigneurs de Nice à renoncer à leur mainmise sur le patrimoine de l'Église de Nice. Les trois frères Rambaud, Pierre et Rostang enrichissent encore l’Abbaye de Saint Pons. Mais ce ne sont ces importantes donations qui vont affaiblir le pouvoir temporel de la Maison d’Orane-Gréolières que le morcellement de leurs possessions en raison de l’application des règles successorales alors en vigueur en Provence c’est-à-dire du partage égalitaire des biens, circonstance aggravée par la prolifirité de cette famille. Rambaud de Nice a de nombreux enfants, dont sept fils. Le morcellement des biens niçois, limité au partage entre deux des fils d’Odile de Provence et Laugier de Nice, s’accroit dès la génération suivante, les deux frères Rambaud et Rostang ayant laissé outre dix fils, un nombre inconnu de filles. Le morcellement des biens niçois hérités aux partages entre les descendants d’Odile et de Laugier réduit considérablement leur pouvoir à Nice.

.Bertrand-Rambaud ou Bertrand d’Orange (vers 1045- après 1073), seigneur d’Orange, coseigneur de Nice avec les évêques Bernon, Raymond et Archimbaud

Il se marie avec Gilberge, fille de Foulques Bertrand de Provence, puis veuf se remarie avec Adélaïde de Cavenez, veuve de Guillaume V Bertrand de Provence. Bertrand-Rambaud d’Orange est le beau-père d’Adélaïde de Forcalquier, et le père de Léger d’Orange ou Laugerus, évêque d’Avignon (1124 ou 1126-1142) et du comte Rambaud II d'Orange. Lorsque qu’il décède, l'évêque Archimbaud détient alors la majorité des pouvoirs sur la ville et ses environs.

.Rambaud II d'Orange (1066- 1121), comte d’Orange, coseigneur de Nice de 1073 à 1121 avec les évêques Archimbaut de 1078 à 1115 et Pierre de 1115 à 1121

Fils du précédent.

Au XIIe siècle, Nice est l'objet d'une lutte d'influence entre le comte de Provence, et la République de Gênes. Ce XIIe siècle est celui de l'autonomie communale, avec les consulats, petites républiques urbaines. Des consuls, élus par les habitants, dirigent la ville. En Provence orientale, Nice, Grasse, Peille sont des villes de consulat. Antibes, en revanche, reste soumise à l'autorité de son évêque. En s'inspirant des prospères républiques maritimes italiennes telles que Gênes et Pise, Nice devient une république indépendante en 1108 et prend le titre de Municipalité. Elle est alors dirigée par un chef militaire chargé du pouvoir exécutif et par trois consuls exerçant l'autorité administrative. Nice devient l'objet d'une lutte d'influence entre la Provence, à laquelle elle appartient, et la République de Gênes.

À partir de 1117, l'évêque Pierre Ier devient le premier personnage de la cité. Raimbaud II d'Orange, ne laisse qu'un fils mais sans postérité et une fille : Thiburge d'Orange.

.Thiburge d'Orange, coseigneur de Nice de 1121 à 1150 avec les évêques Pierre de 1121 à 1149 et Arnaud de 1149 à 1150

Vers 1144, Nice se dote d'un consulat. Quatre consuls, élus, gèrent la cité. Thiburge d’Orange meurt en 1150, ses fils sont encore très jeunes et elle les confie à son beau-fils Bertrand des Baux. .Bertrand des Baux (1137-1181/1183) prince d’Orange, coseigneur de Nice avec l’évêque Arnaud de 1150 à 1164, Raymond Laugier de 1166 à 1182, En 1153, les consuls entrent en conflit avec l'évêque Arnaud. Progressivement les évêques de Nice se voient dépouiller de leurs pouvoirs temporels par la Municipalité. Bertrand des Baux épouse en 1173 Thiburge II fille de la précédente. Bertrand et Thiburge II d'Orange ont plusieurs enfants :

-Hugues IV des Baux l'aîné, poursuit la branche aînée des Baux. Il est consul d'Arles et vicomte de Marseille, et garde la seigneurie des Baux.

-Bertrand II des Baux devient le chef de la branche de Berre (Meyrargues, Marignane et Puyricard).

-Tiburge des Baux.

-Guillaume Ier des Baux, prince d'Orange, devient le chef de la Maison d'Orange il est le père de Guillaume II des Baux.

En 1191, les Génois obtiennent de l'empereur Frédéric Barberousse la suzeraineté de Monaco. En 1213, Nice se rapproche à nouveau de Gênes et, en 1215, les Génois s'installent de façon permanente à Monaco. En 1227, le comte de Provence Raymond-Berenger V réimpose son autorité à la Provence ; il assiège Grasse et abolit le consulat. En 1229, il prend Nice qui perd ces franchises politiques. Une nouvelle administration est mise en place : le viguier assume les pouvoirs détenus auparavant par les consuls. Il représente le comte.

En 1258, le nouveau comte de Provence, Charles Ier d’Anjou démembre la baillie d'outre-Siagne, qui englobait la Provence orientale et dont Nice était le chef-lieu. La ville se trouve à la tête d'une simple viguerie. Il achète plusieurs communes au comte de Vintimille, dont Sospel, Breil et Saorge. Sospel devient chef-lieu de viguerie.

.Evêques :

Un rescrit du pape Léon Ier le Grand publié après 450 et confirmé par le pape Hilaire en 465, unifie les sièges de Nice et de Cimiez. Le nouveau siège ainsi formé devient par la suite suffragant de l'archevêché d'Embrun.

.Pons III, évêque et coseigneur de Nice de 1030 à 1033

Fils de Laugier de Nice, seigneur de Nice et d’Odile de Provence ; frère de Rambaud, seigneur de Nice.

.André, évêque de Nice en 1033 et 1034

.Nitard Ier, évêque de Nice de 1037 à 1040

.André II 1042-1051, évêque de Nice de 1042 à 1051

En 1049, l'évêque détient alors la majorité des pouvoirs sur la ville et ses environs.

.Raimond, évêque et co-seigneur de Nice de 1064 à 1074 avec Bertrand-Rambaud

.Bernon, évêque de Nice de 1074 à 1078 avec Bertrand-Rambaud

.Archimbaud, évêque et coseigneur de Nice de 1078 à 1108 avec Bertrand-Rambaud et Rambaud II

.Isnard, évêque et coseigneur de Nice de 1108 à 1114 avec Rambaud II

Sous son règne en 1108, le Municipe de Nice est établi. La ville nomme ses magistrats.

.Pierre, évêque et coseigneur de Nice de 1114 à 1149 avec Rambaud II et Thiburge d'Orange

En outre, l’autorisation des descendants de Rambaud donnée aux chanoines de Nice d’acquérir les honores de leurs hommes renforce dès 1108 le pouvoir de l’évêque Pierre. Puis Par une bulle du pape Paul II du 8 juin 1114, l’évêque Pierre se voit confirmer son pouvoir sur les biens de l’Eglise de Nice dont le monastère de Saint Pons. Enfin en 1117, en présence du comte Raimond-Bérenger Ier et de l’évêque d’Antibes Matfré (ou Mainfroi), Jausserand-Laugier, descendant de Rostaing donne à l’église de Nice, à l’évêque Pierre et à ses successeurs, et aux chanoines la moitié de tout ce qui lui appartient à Nice et reçoit en contrepartie 550 sous. Il engage à l’évêque l’autre moitié de ses biens jusqu’à ce qu’il puisse le mettre en possession de la première moitié l’ensemble de ses biens devant aller à l’évêque après sa mort. A partir de 1117 donc, l’évêque de Nice est le premier personnage de la cité. Néanmoins ses droits sur l’Abbaye de Saint Pons doivent être réaffirmés par une nouvelle bulle du pape Honorius II 20 avril 1129 et une du pape Innocent II du 29 mars 1137. Mais au même titre qu’Arles ou Marseille, Nice vers 1144 se dote d’une administration municipale avec des consuls et un conseil de ville. Assistés par le conseil, les consuls détiennent les pouvoirs exécutifs. Les conflits avec l’Abbé de Saint Pons se poursuivant, le pape Eugène III intervient une nouvelle fois en 1145 auprès de l’archevêque d’Embrun pour qu’il fasse respecter l’autorité de son évêque de Nice sur l’abbaye de Saint Pons. En 1150, Nice, qui s’est allié avec Gênes, proclame de nouveau son indépendance.

.Arnaud, évêque et coseigneur de Nice de 1151 à 1164

Après Pierre, l’évêque Arnaud réussit pratiquement à éliminer de leur cité les descendants d’Odile de Provence ou, tout au moins, à les soumettre à leur autorité. Alors même que l’évêque Arnaud traite encore avantageusement avec les Gréolières, un grave conflit l’oppose aux consuls de Nice dès 1153. Ceux-ci en effet veulent attribuer à leur juridiction la connaissance des causes concernant les hommes tenanciers de l’église de Nice et surtout des causes relatives à des biens disputés entre l’église et des laïcs. L’évêque Arnaud se tourne alors vers le comte de Provence Raimond-Bérenger II. Celui-ci, prend l’église de Nice sous sa protection, confirme la pleine juridiction de l’évêque dans les matières ecclésiastiques (sans que les comtes, ses successeurs, et le consulat puissent y redire), mais aussi sur les tenanciers de son église (les querelles de propriété entre l’église et les laïcs, e devant être jugées comme par le passé, par l’évêque ou ses comprovinciaux assistés de deux ou trois prud’hommes de la cité). Enfin, le comte exempte l’église de Nice de toute contribution levée par le consulat. Mais le répit gagné par Arnaud est de courte durée ; dès 1156, les consuls reviennent à la charge en levant des taxes même sur les clercs tant pour le paiement de l’albergue comtale que pour l’édification de la nouvelle enceinte de la ville. Devant les protestations, les consuls n’hésitent pas à user de la force, pillant les biens d’Eglise, forçant les églises et les maisons des chanoines. En même temps, ils remettent en question l’autre partie du privilège accordé par Raimond-Bérenger II et tentent à nouveau d’amoindrir la juridiction de l’évêque. En 1157, les deux parties aboutissent à un compromis plus favorable aux consuls que le diplôme de 1153 sur un point, puisque les procès opposant l’église à des laïcs pour des questions de biens mais aussi de dettes seraient jugés en commun par l’évêque et eux-mêmes (alors qu’ils étaient exclus de ces questions en 1153). Quelques années plus tard, en 1164, un autre compromis laisse à Arnaud le Camas, que Pierre et lui-même avaient patiemment acquis sur les Gréolières et que les consuls revendiquaient pour la commune. Les actes de 1157 et 1164 montrent donc que le consulat est devenu la première force de Nice, s’imposant à son protecteur et allié de naguère, l’évêque, et surtout n’hésitant pas à braver les décisions du comte de Provence. Celui-ci, qui soutenait l’évêque, ne pouvait apparaître que comme un obstacle à la pleine liberté de la jeune commune de Nice, bien que l’acte de 1153 eût constitué une reconnaissance implicite du consulat. Une première circonstance favorise la volonté d’émancipation niçoise : la mort de Raimond-Bérenger II en 1162 à Borgo San-Dalmazzo, alors qu’il se rendait auprès de l’empereur Frédéric Barberousse. En 1165, le comte de Provence Raimond Bérenger III convoque ses vassaux à Tarascon pour l’hommage. Les consuls de Nice refusent de s’y rendre, déclarent qu’ils ne sont pas soumis à l’hommage et demande du secours à Pise.

.Raimond Laugier, évêque et coseigneur de Nice de 1166 à 1182

De la famille Laugier de Mirabel, seigneur de Mirendol (territoire qui s'étend de nos jours du quartier Pasteur dans Nice à Saint-André de la Roche). Au début de son épiscopat, en 1166 le comte Raimond Bérenger III, voulant s’assurer de la fidélité de ses vassaux, réunit seigneurs, prélats et mandataires des villes mais Nice se dispense d’envoyer des délégués. Face à cette révolte, le comte mène une expédition punitive qui lui est fatale. Sur le trajet il est tué avant d’avoir pu réduire la ville. Son cousin de la branche aînée des comtes de Barcelone, Alphonse, devenu roi d’Aragon, reprend la Provence avant d’en déléguer la gestion deux ans plus tard à son frère cadet Raimond Bérenger IV tout en continuant d’en superviser la politique. Soucieux de développer le commerce de ses Etats en Méditerranée occidentale, il fait alliance avec Gênes contre Pise. Les deux cités rivales se livrent alors une lutte d’influence sans répit, engageant le long des côtes une guerre de course qui entrave le trafic provençal notamment au large d’Antibes. Gênes empiète alors sur la Provence. Profitant des hostilités entre Raimond V de Toulouse et Alphonse II, roi d’Aragon, successeur de Raimond-Bérenger III comme comte de Provence, elle conclut un traité fort avantageux avec le premier en août 1174. Elle s’y fait notamment promettre la moitié de Nice. Celle-ci, à peine soustraite à la domination des comtes de Provence, se trouve donc en butte aux visées génoises qui bénéficie du soutien de certaines familles, comme les Riquier. Mais le roi Alphonse II peut conclure la paix avec Raimond V en avril 1176. Sans perdre de temps, il marche sur la Provence orientale, avec ses frères Raimond-Bérenger IV (institué comte commendataire de Provence en décembre 1168) et Sanche. Là, il traite avec Nice, au mois de juin 1176. Chaque partie fait des concessions : Nice reconnait la suzeraineté d’Alphonse, en acceptant de payer une albergue de 2000 sous et de contribuer aux cavalcades qu’ordonnerait le roi d’Aragon. Mais, en contrepartie, Alphonse II reconnait à la commune une large autonomie : les Niçois éliront à leur guise leurs consuls et se gouverneront selon leurs propres coutumes et usages, le consulat aura notamment pleine juridiction civile et criminelle.

.Pierre II, évêque et coseigneur de Nice de 1183 à 1191

Sous son règne, le 26 octobre 1189, Alphonse II vient à nouveau à Nice et il confirme tous les privilèges accordés en 1176, en dépit des griefs qu’il peut avoir à l’encontre des Niçois.

.Jean, évêque et coseigneur de Nice de 1200 à 1207

.Henri, évêque de Nice de 1208 à 1236

A la mort prématurée du comte Alphonse II en 1209, son fils Raimond Bérenger V, qui n’a que cinq ans, est retenu en Catalogne sous la tutelle de Pierre II d’Aragon tandis que son grand-oncle Sanche prend en main les destinées de la Provence. La mort de Pierre II en 1213, à la bataille de Muret contre le roi de France, déstabilise l’Aragon et ouvre la voie à la séparation de la Provence que Raimond Bérenger V a pu regagner et où il s’affirme sous la conduite de sa mère, Garsende de Sabran, héritière du comté de Forcalquier. Profitant de la minorité de Raimond Bérenger V, les Génois consolident leur position à Monaco en construisant un château en 1215 et renforcent leur emprise sur Nice grâce à l’appui d’une faction séparatiste qui récuse l’autorité comtale. Mais Raimond Bérenger V manifeste rapidement sa volonté de rétablir l’ordre dans ses Etats, se fixe à Aix et multiplie les interventions. En 1227 il met un terme au consulat de Grasse et en 1230 soumet les Niçois qui perdent leur autonomie mais obtiennent la confirmation de leurs franchises et privilèges.

.Mainfroi, évêque et coseigneur de Nice de 1238 à 1246

.Nitard II, évêque et coseigneur de Nice de 1247 à 1251

.Pierre III, évêque et coseigneur de Nice de 1257 à 1272

.Hugues, évêque et coseigneur de Nice de 1285 à 1292

.Bernard Chabaud de Tourettes, évêque et coseigneur de Nice de 1294 à 1302

.Raimond III, évêque et coseigneur de Nice de 1304 à 1316

.Guillaume I, évêque et coseigneur de Nice de 1317 à 1323

.Rostang, évêque et coseigneur de Nice de 1323 à 1329

.Jean Artaud, évêque et coseigneur de Nice de 1329 à 1334 puis évêque de Marseille de 1334 à 1335

Issu d’une famille provençale qui possédait la seigneurie de Venelles près d’Aix-en-Provence.

.Raimond IV, évêque et coseigneur de Nice de 1334 à 1335

.Guillaume II, évêque et coseigneur de Nice de 1335 à v.1348

.Pierre Sardina, évêque et coseigneur de Nice de 1348 à 1360

.Laurent Le Peintre(Pictoris), évêque et coseigneur de Nice de 1360 à 1367

.Roquesalve de Soliers, évêque et coseigneur de Nice de 1371 à 1380

Au XIVe siècle, Nice est composée de deux agglomérations distinctes. La ville basse est celle des négociants, des artisans et des ouvriers. La ville haute abrite des clercs et des notables. Les deux villes sont entourées de remparts et communiquent par trois portes. Leurs rapports sont parfois conflictuels. La seconde moitié du XIVe siècle est une période de crise. Les grandes compagnies, des bandes de soldats qui, pendant la paix, se transforment en brigands, sont chassées de France et envahissent la Provence. Nice est isolée du reste de la Provence. Après la mort de la reine Jeanne, des guerres de succession ont lieu en Provence de 1382 à 1388, entre Charles de Durras (de Naples) et Louis d’Anjou. La Provence se déclare pour Louis d'Anjou, mais la Provence orientale est divisée. Le seigneur de Beuil, Jean Grimaldi, joue un rôle décisif. Nommé gouverneur des régions de Provence par Charles de Duras, il le trahit et s'entend avec le comte de Savoie. En août 1388, il s'engage à donner au comte de Savoie la viguerie de Nice, celle de Vintimille et du Val de Lantosque, celle de Puget-Théniers et la baillie de Barcelonnette. En septembre 1388, le comte de Savoie Amédée VII est accueilli à Barcelonnette, Saint-Étienne-de-Tinée, Saint-Martin-Vésubie, L'Escarène et Nice. Il signe un accord avec les syndics de Nice. En octobre, il reçoit des délégués des villages des vallées de la Vésubie et de la Tinée. Toutes ces communes se donnent à lui. Entrevaux, Guillaumes et Daluis, en revanche, refusent et restent en Provence. En novembre 1391, les syndics de Nice prêtent hommage au comte de Savoie. À la suite de cette dédition, Nice devient le débouché méditerranéen de la Savoie. Elle devient également la capitale administrative d'un petit territoire. Les régions détachées de la Provence sont groupées sous une même administration : le gouverneur de la cité de Nice et du pays de Provence, le receveur général des finances et le juge-mage. Le comte de Savoie Amédée VIII renforce son autorité en réprimant plusieurs troubles entre 1395 et 1400. Les seigneurs favorables à la Provence s'exilent. Le souverain de Savoie créé une nouvelle noblesse. En 1419, le comte de Provence Louis III d’Anjou renonce à revendiquer la région de Nice et reconnaît à la Savoie ses droits sur la ville. L’histoire de Nice devient commune à celle de la Savoie.

En 1526, sous le duc de Savoie Charles III, les "terres neuves de Provence" deviennent le "comté de Nice".

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Published by Parti imperial romain europeen
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 08:55
Histoire du Comté de Forcalquier-Archevêché d’Embrun-Evêché de Gap

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et Cisjurane (dont dépend la Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire. En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, le duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

Maison des Bosons

.Boson (879-887), roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune.

Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. Louis III de Francie occidentale, Carloman II et leur cousin Charles III le Gros et un représentant de Louis le Jeune, retenu dans son royaume par la maladie se rencontrent en juin 880 en Lorraine. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence. Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence. En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.

.Louis III l'Aveugle (vers 882- 928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune. En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane. En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie. En 898, Engelberge, sa sœur épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon. A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900. Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople (fin 887-903), fille de l'empereur romain d’orient Léon VI. En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence. En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie. De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. À partir de 911, il laisse la gestion du royaume à son cousin Hugues d'Arles, comte d'Arles et de Vienne qui quitte Vienne et s'installe à Arles. Fait marquis de Provence, le régent Hugues d'Arles, épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve de Rodolphe Ier de Bourgogne. Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

.Hugues d'Arles (v. 880- 947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Élevé à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis marquis de Provence en 905 par son parent, l'empereur Louis III l'Aveugle, Hugues devient roi d'Italie en 926. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie. À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin. À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits. En échange, selon l'accord de 926, Rodolphe II lui abandonne ses prétentions en Italie. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné. La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit. Dès 948 ou 949, le roi Conrad de Bourgogne-Provence réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, un à Apt, un en Avignon et un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II, à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

.Boson II (910-968) comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotbold (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle.

Son suzerain le roi Conrad de Bourgogne-Provence (937-993) se montre très actif en Provence ; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour ; l’année suivante il est présent à Arles.

.Guillaume Ier le libérateur (955-993), comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en 991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence. Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978 tient un plaid dans la ville d’Arles. La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribue les terres reconquises à ses vassaux. Arles retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de la tige des comtes de Forcalquier.

.Guillaume II ou III (v. 986-1018), comte de Provence de 993 à 1018

Fils de Guillaume le libérateur, marié en 1002 avec Gerberge de Bourgogne, fille d’Othe-Guillaume, comte de Bourgogne et d’Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et Besançon. Il ne peut récupérer le titre de marquis de Provence qui échoit à son oncle Rotbald Ier. Guillaume II est inhumé dans les fondements de l'église en cours de construction de l'abbaye de Montmajour qui au début du XIe siècle devient la nécropole des comtes de Provence. A sa mort, le comté devient possession indivise entre ses trois fils :

-Guillaume IV.

-Foulques Bertrand.

-Geoffroi.

.Guillaume IV (avant 1013-1019-1030), comte de Provence de 1018 à 1030

Sans postérité.

.Foulque-Bertrand (1014-1051), comte de Provence de 1018 à 1051

Père de :

-Guillaume V Bertrand.

-Geoffroi II, dont la part deviendra le comté de Forcalquier.

En 1030, le comte Foulque-Bertrand doit de nouveau combattre les seigneurs des Baux et de Fos. À la tête de l'ost comtal, composé par les vicomtes de Marseille et quelques seigneurs des Alpes, les combats s'engagent encore une fois sur les rives de l'étang de Berre où le prince réussit à battre ses vassaux révoltés. La paix est à peine revenue en 1032, que son suzerain Rodolphe III de Bourgogne meurt. Suit une période trouble de lutte entre les prétendants, l'empereur Conrad le Salique et Eudes de Blois, qui meurt en 1037. À l'issue de cette guerre, le comté de Provence devient terre d'Empire.

.Geoffroy Ier (1015-1061/ 1062) comte de Provence de 1018 à 1061

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne, frère du précédent. Il intervient dans la lutte contre la Maison de Fos qui reprend en 1048. À cette date, il conclut un accord avec Aicard et Geoffroy de Marseille Ier, vicomtes de Marseille, pour récupérer la seigneurie de Fos et d'Hyères. Il épouse Étiennette, peut-être fille du vicomte Guillaume II de Marseille et d'Étiennette des Baux, avec laquelle il : -Bertrand II. -Gerberge (v. 1060-1115), comtesse de Provence, mariée à Gilbert de Millau, comte de Gévaudan .Bertrand II de Provence ( ?-1093), comte de Provence de 1061 à 1093. Fils de Geoffroi Ier, comte de Provence, et d'Etiennette. Dès son accession, le nouveau comte de Provence est affaibli : il transfère la résidence comtale d'Arles à Tarascon en 1063 et, incapable d'assurer la paix, demande en 1065 aux puissantes familles arlésiennes d'assurer la protection des biens de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. À la fin des années 1070, dans le cadre de la Querelle des Investitures, Bertrand s’oppose à l’archevêque d’Arles Aicard. Mais ce conflit d'ordre religieux se double d’un triple problème politique entre le comte et l'archevêque qui à cette époque est aussi un seigneur féodal. Le comte s’oppose à Aicard d'abord à propos de la nomination controversée de Bermond comme abbé de Montmajour, ensuite probablement parce qu'Aicard s'est rapproché dès 1076 du comte de Saint-Gilles, excommunié par le pape et rival du comte de Provence, enfin et surtout parce qu'il redoute la puissance de la famille de l'archevêque, celle des vicomtes de Marseille. En 1078, le comte de Provence recherche donc l'appui du pape en accusant l'archevêque de simonie, puis en 1081, en se plaçant sous la suzeraineté papale, renie ses liens de vassalité avec l'empereur Henri IV. Le comte de Provence s’aliène alors la ville d’Arles et son archevêque soutenu par le peuple, le clergé, les familles des Baux et des Porcelet et le comte de Saint-Gilles, Raimon IV. L'archevêque d'Arles bénéficie aussi du soutien de sa famille, les vicomtes de Marseille qui à partir de 1079 désertent l'entourage du comte Bertrand. La fin de sa vie est moins connue. Il meurt en 1093. Sa fille étant déjà mariée et dotée, le comté de Provence passe à sa sœur Gerberge, tandis que le titre de marquis de Provence est repris par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et issu de la branche aînée des comtes de Provence. La famille comtale de Provence s'éteint en 1093 et trois familles se partagent la Provence:

la maison de Toulouse, celle de Barcelone et celle d'Urgell.

Gerberge épouse Gilbert Ier, comte de Gévaudan avec lequel elle a deux filles :

-Douce née en 1090 qui épouse en 1112 à Raimond Bérenger III, comte de Barcelone. -Etiennette mariée à Raymond, seigneur des Baux.

Les droits sur le comté de Provence sont donc transférés, par mariage, aux comtes de Toulouse et aux comtes de Barcelone. Les maisons des deux comtés entrent en conflit pour la possession de la Provence. Les conflits d’intérêt entre ces familles ne permettent pas de maintenir l’indivision sur le comté de Provence. Les descendances de Guillaume le Libérateur et de son frère Robold, avec leurs partages successoraux, structurent les terres de Provence autour de trois grandes maisons :

- celle de Toulouse, présente depuis que Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, a épousé Emma de Venasque. Cette famille possède le marquisat de Provence.

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque. Elle possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.

-celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone. Elle possède le comté de Provence au sud de la Durance.

Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat de Provence) et de Barcelone (comté de Provence), maisons rivales qui se heurtent déjà dans leurs sphères d’influence, qui est l’actuel Languedoc. À cela d’ajoute les ambitions de la maison des Baux qui, étant issue d’Etiennette de Provence-Gévaudan, revendique une part du comté. Les guerres dite baussenques ne tardent pas à éclater entre Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, d’une part et Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et les seigneurs des Baux d’autre part. Défait, Alphonse se réfugie dans Orange en 1123 et doit signer en 1125 un traité de partage de la Provence : ii abandonne au comte de Toulouse le château de Beaucaire et la terre d'Argence (rive droite du Rhône), le château de Vallabrègue (île du Rhône) et toute la partie de la Provence située entre l'Isère et la Durance, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces pays (villes, châteaux, évêchés, etc ...). Le comte de Toulouse cède au comte de Barcelone toute la terre de Provence depuis les sources de la Durance et le long de cette rivière, jusqu'au Rhône et à la mer, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces régions, Avignon ainsi que les châteaux du Pont de Sorgues, de Caumont et du Thor restant indivis :

- le comté de Forcalquier reste indépendant.

- le marquisat de Provence passe à Alphonse Jourdain de Saint Gilles (Maison de Toulouse) qui reçoit la partie située entre l’Isère et la Durance, dont les fiefs sont fiefs du Marquisat de Provence :

.comté de Valence (Valentinois) et de Die (Diois) : comtés - domaines vassaux jusqu'en 1189. .comtat Venaissin, la partie sud du marquisat - propriété propre, qui prend définitivement ce nom en 1274.

.comté d’Orange: domaine vassal jusqu'en 1181, année où il devient une principauté autonome.

- le comté de Provence réduit au Comté d’Arles passe à Raymond Béranger Ier (Maison de Barcelone) qui occupe les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et à Nice à l’est.

Comtes de Forcalquier :

Maison d'Urgell

Les comtes de la maison d'Urgell, descendante de Foulque Bertrand et possédant donc Forcalquier prenne le titre de comte de Forcalquier.

.Adélaïde de Forcalquier ( ?) comtesse de Forcalquier de 1063 à 1067

Elle renonce au titre de comtesse de Provence pour celui de Forcalquier. Maison de Forcalquier-Urgel

.Guillaume IIIème de Forcalquier (1083-1129) comte de Forcalquier en 1129

Marié à Gersende d'Albon, fille de Guigues III d'Albon, dauphin du Viennois. C’est ce mariage qui introduit les dauphins du Viennois en Provence dans le comté de Forcalquier.

.Guigues de Forcalquier (né en ?- 1149) comte de Forcalquier de 1129 à 1149 avec son frère:

.Bertrand Ier de Forcalquier (1111-1150) comte de Forcalquier de 1129 à 1150

Au XIIe siècle, les comtes de Forcalquier font de leur ville de Forcalquier la capitale d'un comté qui s'étend des sources de la Durance aux portes de Cavaillon, et dont les villes principales sont Embrun, Gap, Sisteron, Manosque, Pertuis, Apt et Sault. Malgré le partage de 1125, la guerre reprend rapidement entre Alphonse Jourdain et Raymond-Bérenger. La mort de Douce en 1130 et celle de Raimond-Bérenger en 1131 font resurgir les problèmes de succession latents du comté de Provence. Dès 1131, les seigneurs des Baux, désormais soutenus par le comte de Toulouse, font donc valoir leurs droits auprès de l'empereur Conrad. Du côté du marquisat de Provence et d’Alphonse Jourdain, on trouve Raymond Ier des Baux, beau-frère du comte qui représente la Maison de Toulouse alliée à celle de Forcalquier. Il revendique le comté de Provence et est le chef de la résistance à Raymond-Béranger. Raymond des Baux a épousé Stéphanette ou Etiennette, fille du comte de Provence, alors que la sœur d'Etiennette, Douce, a épousé le comte Raymond-Béranger. Raymond des Baux est déjà un riche seigneur, avec 79 villes, bourgs, châteaux, places fortes, les "terres baussenques", entre le Rhône et Aix et, vers le sud, jusqu'à Berre. De l'autre côté, celui du comté de Provence, se regroupent le fils cadet du comte décédé, Bérenger Raymond, les évêques provençaux, une partie des barons et les comtes de Barcelone, ses oncles. Tous les seigneurs du pays doivent choisir leur camp, celui de Douce ou celui d'Etiennette. Les forces se répartissent en deux camps à peu près égaux et les guerres continuent jusqu'en 1144, date de la mort de Raymond des Baux. Après cette date, son fils, Hugues des Baux, reprend les hostilités. Alphonse Jourdain est assassiné en 1148 et son fils Raymond V de Toulouse, lui succède. Il n’a que 14 ans, mais le roi de France, Louis le Jeune le soutient.

.Bertrand IIème de Forcalquier (1135-1207) comte de Forcalquier de 1150 à 1207 avec son frère :

.Guillaume IVème de Forcalquier (1137-1209), comte de Forcalquier de 1150 à 1209

En 1193, Guillaume de Forcalquier laisse le comté à sa petite-fille Garsende et à son mari Alphonse II de Provence. Puis, il reprend le Gapençais et l'Embrunnais pour les donner à son autre petite fille Béatrix de Sabran, ce qui entraine une guerre entre les Forcalquier et les Aragon. À la mort de Guillaume, en 1209, le comte de Provence occupe Sisteron mais ne réussit pas à prendre, par siège, Forcalquier. Le comté de Forcalquier est partagé entre le comte de Provence (sud du comté) et nord (Gapençais et Embrunnais) au Dauphiné.

Maison de Sabran

La maison de Sabran est une illustre famille de Provence d'extraction chevaleresque qui tire son nom de la baronnie de Sabran à proximité d'Uzès en Languedoc et qui possède aussi en Provence des biens importants à Beaucaire. Les seigneurs de Sabran sont vassaux par conséquent des comtes de Toulouse.

.Garsende de Sabran (vers1180/1181-1242) comtesse de Forcalquier de décembre 1209 à 1242

Elle épouse en juillet 1193 Alphonse II d’Aragon, comte de Provence.

.Raimond Bérenger IV ou V (né vers 1198-1245) comte de Provence de 1209 à 1245 et comte de Forcalquier de 1222 à 1245

En 1222, la position de Raimond Bérenger est solidement assurée, et sa mère Garsende lui cède le comté de Forcalquier pour se retirer au monastère. Les comtés de Provence et de Forcalquier sont définitivement réunifiés.

Archevêché d’Embrun /Comté d’Embrun

L’évêché d’Embrun est fondé au milieu du IV° siècle. En 450, le pape attribue les fonctions de métropolitain à l'évêque de Vienne dans les diocèses de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble, tandis que les autres cités de la Viennoise et de la Narbonnaise dont les évêchés d’Aix et d’Embrun restent du domaine du métropolitain d'Arles. Un siècle plus tard, en 551, la province ecclésiastique arlésienne s'agrandit de l'évêché d'Uzès qui passe sous la métropole d'Arles. En 794, au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. La province ecclésiastique d'Arles perd les évêchés d'Aix et d'Embrun, qui sont élevés au rang d’archevêchés par le pape Léon III. L’archevêché d’Aix devient suffragant des évêchés d’Apt, Fréjus, Riez, Gap et Sisteron celui d’Embrun des évêchés de Digne, de Vence, de Glandève, de Senez et de Nice.

Au partage de Verdun de 843, l’Embrunais est partie de la Lotharingie ou Francie Médiane ; il est ensuite transféré du Royaume d'Italie au royaume de Provence qui devient royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles avant d’être intégré au Saint-Empire romain germanique en 1032. L’archevêque-prince d'Embrun est primitivement seul maître de la ville d’Embrun

Archevêques :

.Hismidon, archevêque d’Embrun vers 1033 à 1044,

.Vivemne, archevêque d’Embrun vers 1048

.Guinervinaire, archevêque d’Embrun vers 1050 à 1054 .Hugues, archevêque d’Embrun de 1054 à 1055

.Viminien, archevêque d’Embrun de 1055 à 1065

.Guillaume Ier, archevêque d’Embrun de 1066 à 1077

.Pierre Ier, archevêque d’Embrun en 1077

.Lantelme, archevêque d’Embrun vers 1080 à 1084

Choisi pendant le concile d'Avignon..

.Benoît II, archevêque d’Embrun de 1105 à 1118

.Guillaume II, archevêque d’Embrun de 1120 à 1134

.Guillaume III de Champsaur, prince-archevêque d’Embrun de 1135 à 1169

L’empereur et roi de Bourgogne-Provence Conrad III lui accorde les régales, la justice, la monnaie et les péages tant sur terre que sur la Durance le faisant lui et ses successeurs princes d'empire, comtes de Beaufort et de Guillestre. En 1159, Guillaume III organise un concile de la province ecclésiastique à Embrun au cours duquel est réglé un partage de biens entre l’évêque de Nice Arnaud et son chapitre. Mais à partir de 1160, le comte de Provence commence à détenir une partie du pouvoir temporel sur Embrun.

.Raimond Ier, évêque de Carpentras puis prince-archevêque d’Embrun de 1171 à 1176

Il est obligé avant sa consécration de confirmer par serment la cession que son prédécesseur avait faite malgré lui au prévôt d’Embrun mais il parvient à se délier de ce serment en recourant auprès du pape Alexandre III en lui exposant de quelle manière Guillaume III de Bénévent avait été forcé de le faire par l’empereur Frédéric Ier Barberousse. Le pape ordonne alors aux chanoines et au prévôt de rétablir l’archevêque dans ses droits sur l’Argentière.

.Pierre II Romain, prince-archevêque d’Embrun vers 1177 à 1189

.Guillaume IV de Bénévent, prince-archevêque d’Embrun de 1189 à 1208

Sous son règne, en 1195 et 1202, les mariages des deux petites-filles du comte de Forcalquier Guillaume IV, Garsende et Béatrice, provoquent la division du comté de Forcalquier : Apt, Sisteron et Forcalquier reviennent au comte de Provence Alphonse II, alors que le Gapençais, l'Embrunais et le Champsaur vont se trouvés rattachés au Dauphiné tout en restant sous suzeraineté du comté de Provence. En effet, Béatrice de Sabran, comtesse de Gap et d'Embrun, fille de Rénier Ier de Sabran, seigneur de Caylar et de Garsende d'Urgel-Forcalquier épouse André de Bourgogne, fils d’Hugues III, duc de Bourgogne, et de Béatrice d'Albon, dauphine de Viennois à laquelle il succédera comme dauphin du Viennois sous le nom de Guigues VI.

.Raimond II Sédu de Salvaing, prince-archevêque d’Embrun de 1208 à 1212

De la famille des seigneurs de Salvaing dans le Dauphiné. Sous son règne, le dauphin impose au prince-archevêque un partage du pouvoir temporel et face au donjon carré du prélat, commence l’édification de la Tour Brune, un château hors les murs de la ville.

.Bernard Ier de Bérard de Chabert, prince-archevêque d’Embrun de 1212 à vers 1235

Sous son règne, en 1230, les villes de Faucon et Drolla se mettent d’accord pour fonder une ville nouvelle, à égale distance entre les deux. Avec son accord et celui du comte de Provence Raimond-Bérenger IV de Barcelone, Barcelonnette nait en 1231.

.Aimar de Bernin, prince-archevêque d’Embrun de 1236 à 1245, grand Chambellan du Saint Empire

De la famille des seigneurs de Bernin dans le Dauphiné ; frère de Jean de Bernin, archevêque de Vienne. En mai 1238, convoqués par l’empereur Frédéric II, il accompagne son frère Jean de Bernin et les évêques de Grenoble, du Valentinois et du Diois à Vérone rencontrer sous les drapeaux de l’empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence. L’archevêque d’Arles, Jean Baussan, et l’évêque de Marseille, Benoît d’Alignan, ont devancé Raymond Bérenger à la Cour impériale et sont à Vérone dès le mois de juin. Tous deux figurent comme témoins dans un acte où l’empereur promet sa protection à la ville d’Embrun et lui assure le maintien de ses libertés et coutumes. En 1244, l’archevêque devient en plus suffragant de celui de Grasse et l’année suivante 1245, Guigues VII, dauphin du Viennois reçoit de l’empereur Frédéric II, comme roi de Bourgogne-Provence, l’investiture des comtés de Gap et d’Embrun. Le pouvoir temporel lui est donné par diplome impérial de 1245, et il obtient le titre de grand chambellan du Saint-Empire. Les deux prélats de Gap et d’Embrun ont, comme à Vienne et à Grenoble, les comtes d'Albon pour vassaux. Ainsi, l'expansion territoriale de la maison d'Albon est gênée par la présence de princes ecclésiastiques auxquels elle doit l'hommage.

.Humbert, prince-archevêque d’Embrun de 1246 à 1250

.Henri de Suse, prince-archevêque d’Embrun de 1250 à 1261, cardinal

En 1251, Henri de Suse, archevêque d’Embrun, reçoit du Roi des Romains, Guillaume de Hollande plusieurs diplômes: l’un d’eux reconnait et énumère les droits de l’archevêque d’Embrun et la juridiction temporelle qui lui appartient sur des territoires sis dans les diocèses d’Embrun, de Gap et de Turin. L’empereur lui concède en outre des privilèges très étendus, qui, d’après les idées des jurisconsultes du temps, impliquent une délégation de la souveraineté : ainsi le droit d’accorder des lettres de légitimation, et celui de créer des notaires et tabellions. Le 15 aout 1252, les bourgeois d’Embrun chassent Henri de Suze ; celui-ci ne peut rentrer de cinq ans dans sa ville. En 1256, Guigues VII vient à Embrun pour tâcher d’apaiser les esprits et en 1257, n’ayant pu réussir, il s’en empare à la tête de ses troupes. Or presque depuis le commencement du siècle les dauphins de Viennois prétendent avoir acquis le Gapençais des comtes de Forcalquier, comté de Forcalquier réuni à celui de Provence depuis 1222, et Charles d’Anjou se trouve être le représentant des anciens seigneurs du Gapençais ; à ce titre il conteste la prétention du dauphin Guigues VII. A la fin de l’année 1256, le conflit en est arrivé à une période aiguë ; Charles d’Anjou menace, pour se faire justice, d’attaquer les domaines du Dauphin. Il faut tout le poids de l’autorité du pape et du roi des romains pour l’arrêter : Alexandre IV jusqu’à ordonner aux archevêques d’Embrun, de Vienne et d’Aix, et aux évêques de Grenoble et de Gap, de prêter assistance à Guigues contre toute agression. Enfin les deux parties consentent à accepter un compromis : l’affaire est remise à la décision de Barral de Baux, arbitre choisi par le comte de Provence, et de Jean de Bernin, archevêque de Vienne. Le 17 juillet 1257 les arbitres rendent leur jugement qui maintient le Gapençais au Dauphin à charge d’en faire hommage au comte de Provence mais cette sentence fait naître un nouveau différent soulevé par l’Archevêque d’Embrun, qui prétend qu’il porte atteinte à ses droits. Après sa mort, de 1261 à 1267, le siège reste vacant pendant six ans.

.Melchior, prince-archevêque d’Embrun de 1267 à 1275

Sous son règne, le comté de Provence passe à la Maison d’Anjou. .Jacques II Sérène, prince-archevêque d’Embrun, chambellan de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, et conseiller à la Cour impériale de 1275 à 1286 En octobre 1275, se trouvent réunis à Lausanne autour du pape et de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, les principaux seigneurs ecclésiastiques du royaume de Bourgogne-Provence, parmi lesquels les archevêques de Lyon et d’Embrun, les évêques de Genève, de Valence, de Sisteron et de Marseille. L’archevêque Jacques d’Embrun, partisan dévoué du pape et de l’empereur peu de temps après cette entrevue de Lausanne, se voit renouveler par l’empereur ses privilèges en même temps que nommer chambellan de l’Empereur, prince du Saint Empire et conseiller à la Cour impériale.

.Guillaume V, prince-archevêque d’Embrun de 1286 à 1289

.Raimond III de Médullion, évêque de Gap de 1282 à 1286, prince-archevêque d’Embrun de 1289 à 1294

Raymond est de la maison souveraine de la baronnie dont le Buis est capitale ; baronnie passée au Dauphin en 1317. Les comtés d’Embrun et de Gap ayant été démembrés de celui de Fortcalquier, l’investiture donnée par l’empereur au dauphin Guigues VII a besoin d’être munie du consentement de Charles d’Anjou II, comte de Provence. Celui-ci l’accorde par lettres du 31 décembre 1293 dans un voyage qu’il fait à Nice. Le jeune Dauphin, en vertu de l’hommage qu’il a fait au comte de Provence, se croit alors dispensé de toute subordination féodale envers l’Archevêque d’Embrun mais celui-ci ne l’entend pas ainsi et prétend que l’hommage rendu pour ce domaine au comte de Provence ne préjudicie pas à celui qu’il doit à son Eglise.

.Guillaume VI de Mandagot, prince-archevêque d’Embrun de 1295 à 1310,

De la famille noble du Languedoc de Mandagot. Charles II d’Anjou, comte de Provence appuie la prétention de l’archevêque d’Embrun, et, par lettres datées de Viterbe du 14 février 1297, considérant que deux hommages pour la même terre à deux différentes personnes ne sont pas incompatibles, il demande au dauphin père et à son fils de rendre également l’hommage que l’archevêque d’Embrun exige de lui. En 1305, Guillaume de Mandagot est nommé recteur du Comtat Venaissin en 1305 et transféré à l'archidiocèse d'Aix-en-Provence en 1311.

.Jean Ier du Puy, prince-archevêque d’Embrun de 1311 à 1317

.Raimond IV Robaud, prince-archevêque d’Embrun de 1319 à 1323

.Bertrand Ier de Deaux, prince-archevêque d’Embrun de 1323 à 1338, cardinal en 1338

Issu d’une famille noble d’Uzès.

.Pasteur de Sarrats, prince-archevêque d’Embrun de 1338 à 1350, cardinal le 17 décembre 1350.

Jusqu’à son règne, tous les dauphins avaient du prêter hommage aux archevêques d’Embrun pour les terres qu’ils possédaient d’eux en fief. Le Dauphiné ayant été cédé au roi de France, l’empereur Charles IV de Luxembourg accepte d’abandonner sa suzeraineté au roi sur ces terres moyennant paiement de la somme de 300 marcs d’argent. En revanche les archevêques d’Embrun continueront de prêter hommage à l’empereur jusqu’à l’archevêque Jacques Gelu qui prêtera encore hommage à l’empereur Sigismond de Luxembourg en 1442.

. Guillaume de Bordes, prince- archevêque d'Embrun de 1350 à 1361

Guillaume des Bordes députe à Prague Jean Guillemin, son vicaire général, vers l'empereur Charles IV de Luxembourg, pour le reconnaître comme son suzerain. Charles IV, pour récompenser Guillaume des Bordes, donne en 1357 une bulle par laquelle il ajoute tellement aux privilèges déjà si nombreux des archevêques d'Embrun, que ces prélats ont dans toute leur principauté le même pouvoir et la même autorité que l'empereur y aurait eu lui-même, s'il y avait régné directement.

.Raimond de Salg, prince-archevêque d’Embrun de 1361 à 1364

De la famille seigneuriale de Salgues en Quercy,

.Bertrand de Castelnau, prince-archevêque d’Embrun de 1364 à 1365

D'une famille noble de Châteauneuf, dans le diocèse de Mende.

.Bernard II, prince-archevêque d’Embrun en 1365

.Pierre Amielh de Brenac, prince-archevêque d’Embrun de 1365 à 1378

.Michel Etienne, prince-archevêque d’Embrun de 1378 à 1426

Il obtient encore en 1415, de l'empereur Sigismond de Luxembourg, la confirmation des privilèges de son église.

.Jacques Gélu, prince-archevêque d’Embrun de 1426 à 1432

.Jean (de) Girard, prince-archevêque d’Embrun de 1432 à 1457

Comtes d’Embrun :

.Bertrand IIème de Forcalquier (1135-1207) comte de Forcalquier, comte d’Embrun de 1150 à 1207 avec son frère .Guillaume IVème de Forcalquier (1137-1209), comte de Forcalquier, comte d’Embrun de 1150 à 1209

Ils succèdent à leur père. Durant leur règne, ils doivent lutter contre le roi Alphonse II d'Aragon, également comte de Provence, qui cherche à s'étendre vers le nord. En 1193, ils sont obligés de se soumettre et de signer le traité d'Aix-en-Provence par lequel Garsende de Sabran, petite-fille de Guillaume, hérite du comté et épouse le fils d'Alphonse. Ce mariage d'Alphonse II de Provence avec Gersande de Forcalquier permet l'unification du comté de Provence et de celui de Forcalquier. Profitant de la mort d'Alphonse II et de la jeunesse de son successeur, Guillaume reprend les hostilités, ravage le pays d'Aix et s'allie au dauphin du Viennois, en lui faisant épouser sa petite-fille. Guillaume reprend le Gapençais et l'Embrunnais pour les donner à son autre petite fille Béatrix de Sabran, ce qui entraine une guerre entre les Forcalquier et les Aragon.Mais les deux frères sont à nouveau battus par les Catalans et doivent se soumettre. À la mort de Guillaume, en 1209, le comte de Provence occupe Sisteron mais ne réussit pas à prendre, par siège, Forcalquier. Le comté de Forcalquier est partagé entre le comte de Provence (sud du comté) et nord (Gapençais et Embrunnais) au Dauphin.

.Béatrice de Sabran (1182- ap.1248), comtesse de Gap et d'Embrun de 1208 à 1248

Fille de Garsende de Sabran, fille de Rénier Ier de Sabran, seigneur de Caylar, et de Garsende d'Urgel, elle-même fille de Guillaume mariée à Alphonse II d'Aragon, comte de Provence. Elle épouse en 1202 André de Bourgogne, futur dauphin Guigues VI.

.Guigues VII de Bourgogne (1225-1269), comte de Gap et d’Embrun de 1237 à 1269, dauphin de Viennois, comte d'Albon, de Grenoble, d'Oisans, de Briançon,

Fils de la précédente.

L’an 1245, Guigues VII reçoit de l’empereur Frédéric II, comme roi de Bourgogne-Provence, l’investiture des comtés de Gap et d’Embrun. Charles d'Anjou, héritier des comtes de Forcalquier, lui demande le retour des comtés. Ils finissent par conclure un arrangement, Charles obtenant Gap et Guigues conservant Embrun.

.Jean Ier de Bourgogne (1264- 1282) comte d’Embrun de 1269 à 1282, dauphin de Viennois, comte d’Albon, de Grenoble, d’Oisans, de Briançon.

Le comté d’Embrun suit le sort du Dauphiné et est intégré au Royaume en 1427.

Evêché/Vicomté de Gap

Le diocèse relève de l’archevêché d’Aix en Provence. Depuis 986 et la reconquête sur les Sarrasins, l’évêque de Gap a la souveraineté sur la ville.

Evêques :

.Féraud de Nice, évêque de Gap de 1000 à 1044

Fils de Pons II d’Orange- Mevouillon, baron de Mevouillon dont le Buis est la capitale; frère de Laugier de Nice, co-seigneur de Nice et époux d’Odile de Provence, fille de Guillaume Ier de Provence ; frère également de Pierre de Mirabel, évêque de Vaison. C'est lui qui, dans un acte de 1023, inféode aux Mison la vicomté de Gap. Féraud donne plusieurs domaines dans la région du Mont-Ventoux. Féraud est présent à une donation faite en en 1024 au monastère Saint Victor de Marseille, par Bertrand, comte de Provence. En cette même année, le pape Benoit VIII lui écrit à Féraud, ainsi qu'à plusieurs autres évêques pour les inviter à faire rendre à l'abbaye de Cluny les biens dont quelques seigneurs s'étaient emparés. Cinq ans plus tard, Féraud fait donation en faveur de l’abbaye de Cluny de l'église de Saint-André-près-de-Gap et d’une portion de la ville de Gap. En 1030, il donne à l'abbaye de Saint-Victor, l'église de Saint Geniez de Dromon. En août 1031, il est à Mar¬seille, dans le monastère de Saint Victor, quand le comte Bertrand cède à celui-ci deux propriétés de Pierrefeu et Forcalquier. À la fin de sa vie, en 1044, avec le futur comte Guillaume Bertrand de Provence, ils divisent entre eux la ville de Gap.

.Rodolphe, évêque de Gap de 1044 à 1050

.Ripert, évêque de Gap de 1053 à 1060

.Arnoux, évêque de Gap de 1065 à 1078

.Laugier Ier, évêque de Gap de 1079 à 1081

.Odilon, évêque de Gap de 1085 à 1090

.Isoard, évêque de Gap de 1090 à 1105

.Laugier II, évêque de Gap de 1106 à 1122

De la famille d’Agoult, important famille noble de Provence. Fils de Rostaing d'Agoult et de Gisèle de Nice.

.Pierre Grafinel, évêque de Gap de 1122 à 1130

.Guillaume Ier, évêque de Gap de 1131 à 1149 .Raimond, évêque de Gap de 1150 à 1156

.Grégoire, évêque de Gap de 1157 à 1180

.Guillaume II, évêque de Gap de 1180 à 1198 .Frédéric, évêque de Gap de 1198 à 1199

.Guillaume de Gières, évêque de Gap de 1199 à 1215

Sous son épiscopat, en 1209, le Gapençais et l’Embrunais sont incorporés au Dauphiné.

.Hugues II, évêque de Gap de 1215 à 1217 puis archevêque d'Arles.

.Guigues, évêque de Gap de 1217 à 1219

.Guillaume d'Esclapon évêque de Gap de 1219 à 1235

.Robert évêque de Gap de 1235 à 1281

.Othon II de Grasse, évêque de Gap de 1252 à 1281

Le dauphin Guigues lui rend hommage pour tout ce qu'il possède dans le territoire soumis à sa juridiction. En 1262, le même prince lui vend un droit de juridiction qu'il a acquis de Rolland de Manteyer. Sous le règne d'Othon commencent, entre les évêques et les bourgeois de Gap, les divisions qui se prolongent pendant plusieurs siècles. En 1265, Othon publie une ordonnance restrictive du commerce des vins, les citoyens de Gap prennent les armes et le chassent de leur ville. L'évêque implore le secours de son vassal le dauphin et les citoyens doivent signer à Corps un traité défavorable. À la mort de Guigues, les citoyens de Gap parviennent à faire rompre le traité de Corps et obtiennent aide et protection de Jean Ier, dauphin, et de Béatrix, sa mère, en leur cédant le consulat, les terres de Montalquier et Furmeyer. Othon change alors de tactique. En 1271, il rend hommage à Charles d'Anjou, comte de Provence, et lui cède les mêmes droits que la communauté de Gap vient de céder à la dauphine et à son fils. En échange, le comte de Provence lui donne les terres de Reynier, Sigoyer-Malpoil et certains droits sur celle de Manteyer. Othon lance en 1278 de son château de Rambaud l'excommunication contre les agents du dauphin chargés de percevoir les revenus du consulat, et à la tête desquels est Guillaume le Noir de Montorcier. Les bourgeois de Gap, excités probablement par ce Guillaume le Noir, se saisissent de leur évêque et le retiennent en prison jusqu'à ce qu'il consente à déclarer nulle l'excommunication prononcée par lui. A peine sorti de leurs mains, l'évêque appelle de nouveau à son secours le roi de Sicile. En 1281, il lui cède la moitié de sa juridiction temporelle sur Gap et le prince de Salerne, fils du roi de Sicile, prend d'assaut la ville de Gap et la dépouille de tous ses droits et de toutes ses libertés.

.Guillaume de Mévouillon, évêque de Gap de 1282 à 1289 puis archevêque d'Embrun.

De la maison souveraine de la baronnie de Mévouillon dont le Buis est capitale.

.Geofroi de Lincel, évêque de Gap de 1289 à 1315

Fils d'Imbert, seigneur de Lincel dans le Forcalquier, et de Thiburge d'Allamanon. Il est avocat et canoniste, et chapelain du cardinal Visconti de Visconti. De graves différends s'étant élevés entre Geoffroi et Charles II, comte de Provence, au sujet d'un traité de 1272, le pape Boniface VIII intervient et envoie en 1296 des commissaires, qui rendent en 1297, une sentence qui homologue une convention, par laquelle Geoffroi se reconnaissait vassal des comtes de Provence et de Forcalquier, et se soumet à l'hommage.

.Olivier Aymar de Laye, évêque de Gap de 1315 à 1316

Issu de la famille des seigneurs de la terre de Laye.

.Bertrand de Lincel, évêque de Gap de 1316 à 1318

Bertrand de Lincel est neveu de Geofroi de Lincel, évêque de Gap de 1289 à 1314.

.Guillaume d'Étienne, évêque de Gap de 1318 à 1328.

Guillaume d'Estienne assiste au concile des trois provinces ecclésiastiques d'Arles, d'Aix et d'Embrun, qui se réunit à Avignon en 1326.

.Dragonnet de Montauban, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux puis de Gap de 1328 à 1349

Dragonnet appartient à la famille noble de Montauban dont une branche pris le nom de la baronnie de Montmaur dans le Gapençais En 1332, il fait, de concert avec son chapitre, une transaction avec le dauphin Guigues VIII, par laquelle le chapitre et lui se reconnaissent feudataires du dauphin, non-seulement pour la terre de Saint-Laurent et pour tout ce qu'ils possèdent dans le district et territoire de Roissard.

.Henri de Poitiers, évêque de Gap de 1349 à 1353.

Cinquième fils d'Aimar IV, comte du Valentinois et de Diois, et de Sybille de Baux ; frère de Guillaume, évêque de Langres, et Othon, évêque de Verdun. Il a à combattre une révolte des habitants de sa ville épiscopale, qui, indignés du meurtre commis par Hault-de-Cœur, bâtard de Poitiers, sur Ismidon de Montauban, parent de Dragonnet, son prédécesseur, ont pillé son palais et l'ont obligé de sortir de Gap en 1350.

.Gilbert de Mendegaches, ou de Mon(t)dragon, évêque de Gap de 1353 à 1358

D’une famille noble du Languedoc. La reine Jeanne envoie Gilbert en qualité d'ambassadeur près de l'empereur Charles IV.

.Jacques de Deaux, évêque de Gap de 1358 à 1362

Issu d'une famille noble du diocèse d'Uzès qui a fourni à l'église d'Embrun l’archevêque Bertrand de Deaux

.Guillaume II Fournier de Marcossay, évêque de Gap de 1362 à 1366

Membre de la famille noble savoyarde des Fournier, seigneurs de Marcossey dans le mandement de Thyez en Sallaz.

L'évêché de Gap suit ensuite le sort du Dauphiné qui quitte l'empire pour être rattaché au Royaume de France.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:56
Histoire de l’Evêché de Viviers / Comté de Viviers -Comté du Vivarais, terre d'empire de 1032 à 1305

Par le traité de Verdun de 843, l’évêché de Viviers fait partie de la Francie Médiane attribuée à l’empereur Lothaire Ier. Ce royaume de Francie médiane (Lotharingie) est éphémère, puisque peu avant sa mort en 855, Lothaire Ier partage son empire entre ses trois fils (Traité de Prüm) : pour Charles de Provence (845 - 863), son plus jeune fils, Lothaire Ier fonde le Royaume de Provence (ou Provence-Viennois), constitué par la Provence et la Bourgogne Cisjurane (territoires issus du démantèlement du Royaume de Bourgogne), comprenant le Lyonnais, le Viennois, le Dauphiné et la Savoie ainsi que les comtés d'Uzès et de Viviers. Il a Lyon pour capitale. Lothaire II (835-869) hérite du Vivarais, de son frère Charles, il confirme les actes antérieurs de son père et de son frère, il prend la défense des archevêques et place sous sa sauvegarde la ville de Tournon, son château, ses églises, son territoire avec les fermes et les esclaves et tout ce que le siège illustre de Lyon possède en Vivarais. Louis II (825 - 875), fils aîné de Lothaire Ier, déjà associé au trône, après la mort de son frère Charles de Provence en 863, récupère une partie de son domaine, et devient aussi roi de Provence et de Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent). Lorsque l'empereur Louis II décède à son tour en 875, s'éteint la maison de Lothaire Ier qui a régné sur le Vivarais pendant plus de 40 ans. Charles II le Chauve son oncle, s'empare alors des deux royaumes d'Italie et de Provence (le Vivarais en fait partie) et du titre d'empereur. Après avoir horriblement dévasté tout le pays environnant, il obtient la reddition de Vienne, ce qui entraîne la soumission du Dauphiné et du Vivarais dont le roi confie le gouvernement à Boson, son beau-frère. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. L'évêque de Viviers se voit confirmer en août 877, par le nouvel empereur, dans la possession des biens et privilèges de son église (y ajoutant aux précédents biens, territoire et port de Bourg-Saint-Andéol, les églises de Saint-Just, de Saint-Marcel et de Saint-Remèze). Le 6 octobre 877, Charles le Chauve est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée et il meurt. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. Deux années plus tard, en 879, Louis le Bègue à la santé fragile meurt à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. Mais Boson, beau-frère de Charles le Chauve, avait maneuvré habilement. En effet, celui-ci déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, avait reçu des mains de Charles le Chauve, la Provence, lui donnant ainsi le contrôle de toute la vallée du Rhône ou presque. De plus, en 878, le pape Jean VIII était menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui a assuré sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Boson, se fait proclamer roi de Provence et de la Bourgogne Cisjurane en 879 à Mantailles (Drome). En 888 cette fois à Saint Maurice (en Valais) Rodolphe III, comte d'Auxerre, se fait proclamer roi de Bourgogne Transjurane. Et en 934, ces deux royaumes sont réunis pour constituer le Royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles. Le Vivarais, comme le Valentinois, reste partie intégrante du duché du Lyonnais, quoique son évêque continue à dépendre, en droit, de l'archevêque d'Arles.

.Thomas II, prince-évêque de Viviers vers 950

C'est pendant le règne du roi de Bourgogne-Provence Conrad III qu’il se signale en entreprenant de transcrire les antiques documents de la bibliothèque de l'évêché. Dans le diocèse de Viviers, un vieux seigneur fait don des terres, bois, prairies, pâturages et cours d'eau pour y fonder sur la montagne de Rompon un monastère de l'ordre de Cluny, à l'origine du prieuré conventuel de Saint-Pierre de Rompon. A Viviers, la charte de fondation du prieuré conventuel de Rompon est datée de la "quarantième année du règne de Conrad Le Pacifique" (977), roi de Bourgogne.

En 962, Otton Ier, roi de Francie Orientale restaure l'empire sous le nom d'empire romain germanique.

Pendant les dernières années du Royaume de Bourgogne-Provence, la féodalité se développe en Vivarais. Avec la terreur de l'an 1000, le besoin de sécurité dégénérant en ambition et cupidité, engage fonctionnaires de l'empire, prélats et grands propriétaires fonciers à construire des châteaux forts. Le Vivarais se couvre de châteaux. Leurs propriétaires, les seigneurs, établissent leur autorité sur des villes, des parties de ville, des étendues de terre plus ou moins grandes. Ainsi Joyeuse a trois co-seigneurs, Les Bermon d'Anduze, les Châteauneuf-Randon et les Montauban-Montdragon.

.Arman II, évêque de Viviers de 1014 à 1041

En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l'empire romain germanique et le comté du Vivarais devient terre d'empire.

.Gérard, évêque de Viviers de 1042 à 1070

Le onzième et plus encore le douzième siècle voit se former les grandes seigneuries ecclésiastiques et laïques du Vivarais. Quelques lignages émergent, bien implantés en Vivarais. C'est le cas de la famille de Poitiers, comte de Valentinois, ou encore la famille Montlaur, des comtes de Viennois et de la puissante famille des comtes de Toulouse

Jean II, évêque de Viviers de 1073 à 1095

.Leodegarius, évêque de Viviers de 1096 à 1119

.Atton, évêque de Viviers de 1118 à 1124

.Pierre II, évêque de Viviers de 1125 à 1131

En 1125, la Provence est partagée entre le comte de Barcelone Raimond Bérenger, et le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain :

- le premier reçoit le comté entre Rhône, Durance, Alpes et la mer

- le second le marquisat au Nord de la Durance

La période de 1125 à 1173 marque la formation sous la suzeraineté du Saint-Empire, des seigneuries temporelles des archevêques de Lyon et de Vienne, des évêques de Valence et de Viviers.

.Josserand de Montaigu, évêque de Viviers de 1133 à 1146

.Guillaume Ier de Franconie, évêque de Viviers de 1147 à 1155

Cousin de l’empereur Conrad de Franconie qui lui confirme ses droits sur le Vivarais.

.Raymond d’Uzès, évêque de Viviers de 1157 à 1170

L'évêque de Viviers, étend sa domination temporelle sur des terres que convoite le comte de Toulouse. Vers 1169, Hugues d'Ucel lui donne une partie des mines de Largentière, de Chassiers et de Tauriers. Les seigneurs d'Ucel criblés de dettes cherchent un protecteur. Le comte de Toulouse s'offre et en 1170 le même Hugues d'Ucel fait hommage à Raimond V, comte de Toulouse pour ses châteaux d'Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe. C'est ainsi que le comte de Toulouse s'installe dans le Vivarais. En laissant le comte de Toulouse prendre pied au centre même de son diocèse, l'évêque Raimond commet une faute irréparable. Au-dessus de tous ces comtes et prélats, les agents des rois de France font sentir de plus en plus leur action centralisatrice. Raymond VI de Toulouse, soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare, est excommunié par le pape Innocent III. Forts de l'appui des évêques du Puy et de Mende, comme aussi de la fidélité immuable de leurs puissants vassaux, les Montlaur, les Bermond d'Anduze, les Tournon, etc… les rois Capétiens introduisent leur autorité dans les différentes zones du Vivarais. Dès 1188 ce mouvement commence par l'hommage du sire Odon de Tournon - d'une famille encore modeste - à Philippe Auguste, et se poursuit tout au long du XIIIe siècle avec l'intervention de plus en plus fréquente des rois de France en terre vivaroise.

.Robert de La Tour du Pin, évêque de Viviers de 1171 à 1173

.Nicolas, évêque de Viviers de 1174 à 1206, prince-évêque à partir de 1177

L’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen par un diplôme du 16 mars 1177. A cette occasion, il obtient de l’empereur la confirmation des droits donnés aux évêques de Viviers par l’empereur Conrad dont le droit de battre monnaie. En 1198, Adhémar de Poitiers et Bermond d'Anduze, ligués avec le comte de Toulouse, obtiennent par la force, de l'évêque Nicolas, d'entrer en partage des mines de Ségalières, de Chanier et de Taurier. D'après ces conventions nouvelles, les comtes de Toulouse en obtiennent la moitié, Adhémar et Bermond chacun un tiers de l'autre moitié, et l'évêque de Viviers l'autre tiers de cette moitié, c'est-à-dire le sixième.

.Bernon de Brabant, prince-évêque de Viviers de 1206 à 1220

Frère de l’évêque de Die, Didier.

Bernon de Brabant, profite de la guerre des Albigeois pour revenir sur le partage de 1198 des mines de Ségalièrese. Simon de Montfort reçoit en fief la moitié de tous les droits et revenus attachés au château de Fanjau et à la terre de Largentière; Bernon s'en réserve l'autre moitié. Après la mort du vainqueur des Albigeois et de son fils Amaury, l'évêque redevient entièrement propriétaire de la baronnie de Largentière. En 1214, son frère Didier, évêque de Valence, présent à Bâle, obtient de l’empereur Frédéric II Didier la confirmation des privilèges de son siège. En 1215, le concile de Latran déchoit le comte de Toulouse Raymond VI de ses droits sur son comté au profit de Simon de Montfort, mais le pape Innocent III préserve le marquisat de Provence (dans lequel figure le Vivarais) au profit de son fils, le futur Raymond VII. Raymond VI de Toulouse, voit ses biens du pays de Largentière, avec ses riches mines confisquées au profit de l’évêque de Viviers Bernon de Brabant. Le Vivarais devient une terre d’empire soumise à plusieurs autorités d’importance variable dans le temps. Les Archevêques de Vienne et évêques de Valence perdent vite toute influence réelle tandis que l’archevêché de Viviers reste la puissance dominante des deux-tiers méridionaux du territoire. Emergent aussi des seigneuries laïques (sires de Tournon, d’Annonay, comtes de Valentinois) qui vont se ranger se rangent petit à petit sous la bannière des rois de France.

.Guillaume II, prince-évêque de Viviers de 1220 à 1222

.Bermond d’Anduze, prince- évêque de Viviers de 1222 à 1244.

Dès son avènement en 1222, le jeune Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père ; les comtes de Toulouse prétendent s’appuyer sur des chartes dont ils sont les auteurs dans lesquelles ils se qualifient de seigneurs et comtes de Viviers. Ils citent même un acte de donation de Bertrand de Toulouse à son épouse Hélène, dans lequel Bertrand lui donne Viviers et ses dépendances comme cadeau de noces. Les évêques de Viviers s'appuient sur une charte de donation de la suzeraineté du Vivarais, faite par l'empereur Conrad à son cousin Guillaume de Franconie, évêque de Franconie, charte confirmée, on l’a déjà dit en 1177 par l’empereur Frédéric Barberousse, accordant à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie. Après un échec fin 1222, Raymond VII revient en forces en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite le comte de Toulouse à restituer les biens de l’Église de Viviers ; s’il refuse d’obéir, il court le risque de ne jamais obtenir l’absolution qu’il sollicite. Raymond VII maintient ses troupes et le 26 février 1225, un ultimatum du pape demeure sans effet. C’est alors que, sur la demande d’Honorius III, le roi Louis VIII de France se met en marche vers le Languedoc avec une armée de 100 000 hommes en 1226 et récupère Largentière. Signé le 12 avril 1229, le traité de de Meaux (dit également premier traité de Paris) met fin à la croisade des albigeois contre les cathares. Il est imposé à Raymond VII comte de Toulouse, par la régente Blanche de Castille ; aux termes de ce traité, il cède les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accorde Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, son gendre devient comte de Toulouse. À la suite de ce traité, le sénéchal de Beaucaire somme immédiatement l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint à l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen mais n’en reçoit pas d’aide. En 1230, Bernard d'Anduze doit se résoudre à rendre hommage à Louis IX pour 21 localités dont Joyeuse. Mais en 1235, il se met donc en route pour l’Allemagne, rejoint l’empereur Frédéric II à Haguenau et obtient de lui, en janvier 1236, une bulle confirmant tous les biens et tous les privilèges de son église.

.Arnaud de Vogüé, prince-évêque de Viviers de 1244 à 1254

En 1244, l’empereur Frédéric II, qui a quelques bonnes raisons d’en vouloir au clergé, révoque tous les péages que les empereurs avaient jadis accordés à l’évêché de Viviers. .Aimon de Genève, prince-évêque de Viviers de 1255 à 1263 Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin. Trois de ses frères deviennent évêques : Guigue à Langres, Amédée à Die et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie, Pierre et Philippe.

.Hugues de La Tour du Pin, prince-évêque de Viviers de 1263 à 1291

Sous son règne, bien qu’il ne soit pas contesté que Viviers soit une terre d’empire, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale française la traitent comme si elle eût été française. Ainsi le pape Clément IV croit-il nécessaire d’écrire le 9 novembre 1265 au roi de France Louis IX : « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de saint Louis, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France ; bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis. Les réclamations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de saint Louis, les officiers royaux s’abstiennent de toutes nouvelles entreprises. Cet incident permet néanmoins d’évaluer le discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial pendant le Grand Intérègne. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration royale française ; il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois. Dès 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, la partie du Vivarais propriété des comtes de Toulouse, bien que terre d’empire comme tout le territoire de l’évêché, se trouve rattachée de fait à la couronne de France. Un pas décisif est franchi en 1284. Les moines de Mazan, seigneurs du château de Berg, avec l'aide du roi de France, fondent la bastide de Villeneuve-de-Berg, pour en faire le siège de leur juridiction ce qui implante solidement le roi en Bas-Vivarais. A la même époque, le sénéchal de Beaucaire, représentant du roi de France en Languedoc, est en conflit avec le chapitre de Viviers; des usurpations incessantes sont commises. Le temporel de l’évêque est saisi ; ses vassaux sont obligés de rendre hommage au roi. En 1284, l’empereur Rodolphe peut écrire en ces termes à Philippe le Bel : « Les plaintes presque unanimes des grands du royaume d’Arles nous sont parvenues et nous ont appris les persécutions diverses dont est broyée, sans doute à votre insu, par le fait de vos agents et de vos serviteurs, l’insigne Église de Viviers, noble membre de notre Empire, sous la domination duquel elle repose en paix depuis un temps immémorial. Comme sous l’inspiration de la miséricorde divine, nous nous sommes imposés cette loi salutaire de ne point ambitionner le domaine d’autrui et de nous contenter de nos frontières ; ... nous prions de tout cœur votre sérénité de détourner, à l’exemple de votre illustre père Louis, de vénérée mémoire, vos officiers et agents de troubler et de persécuter la dite Église de Viviers. Car, cela est connu de tous dans l’Empire et vous ne l’ignorez pas, nos très saints pères Grégoire et Clément ont jadis représenté à votre père l’état de cette Église ; sur leurs instances, ce roi pacifique et ami de la justice, a reconnu les liens de sujétion qui rattachent ladite Église à l’Empire, et a empêché ses serviteurs de lui porter préjudice». Mais Philippe le Hardi, surpris par la mort en 1285 ne peut lui-même régler cette affaire. Son fils Philippe le Bel lui succède. Le 7 novembre 1291, Gérenton, seigneur de St Romain Valmordane, fait hommage à Philippe le Bel de son château de St Romain moyennant le montant d'une année de revenus de tous ses biens compris dans cet hommage. Par ce même contrat pour la construction d'une ville qui sera le siège d'une Cour Royale de Justice (balliage) pour tout le Haut Vivarais. Les moines de Mazan, avec l'aide du roi de France, fondent Boucieu-le-Roi, en Haut-Vivarais. En 1294 Philippe le Bel octroie à la «villa nova de Boceio» une charte de franchise par laquelle ses habitants sont exempts de tous les impôts d'alors (péage-taille) sauf la gabelle (impôt sur le sel) milice etc... Ensuite Philippe IV le Bel intègre le Bas-Vivarais au domaine royal. .Guillaume III de Falguières, prince-évêque de Viviers de 1292 à 1296 Dès le début de son règne, Philippe le Bel répond à la réclamation faite à son père par l’empereur Rodolphe par un fait plus éloquent que toutes les lettres. Grâce aux mesures de rigueur qu’il maintient en dépit des excommunications, il contraint le nouvel évêque de Viviers, Guillaume, à se soumettre et à prendre l’engagement « d’ester à droit devant le Roi sur les articles auxquels il était tenu de droit et de coutume. » Les officiers du roi ne s’en contentent pas, « ils le poursuivirent sans relâche et en obtiennent une complète reconnaissance de la suzeraineté de la France».

.Aldebert de Peyre, prince-évêque de Viviers de 1297 à 1306

Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Puis lorsqu’ en 1304, Guidon II de Tournon, d’une vieille famille du Haut Vivarais adhère à l’appel de Philippe le Bel, pourtant excommunié par le pape Boniface VIII, c’est une page de l’histoire de Tournon et du Vivarais qui se tourne. Un an plus tard, Aldebert de Peyre reconnaît en 1305, la suzeraineté du roi de France Philippe le Bel sur son diocèse c'est-à-dire le sud du Vivarais entérinant définitivement le lent glissement des terres vivaroises de l'Empire au royaume de France. Cet accord confirmé par Philippe le Bel le 2 janvier 1306.

.Louis de Poitiers (?-1327), prince-évêque de Viviers de 1306 à 1318.

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

Sous son épiscopat, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys de Philippe Le Bel (1268-1285-1314) remplace l'aigle germanique.

.Guillaume de Flavacourt ( ? -1359), prince-évêque de Viviers de 1319 à 1322

Sous son règne, vers 1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi. Finalement, sous le règne du roi Charles V, de 1364 à 1380, tout le pays est administré par un Bailly Royal du Vivarais et du Valentinois. Les États ou assemblées du Vivarais, qui votent entre autres attributions les impôts dûs au roi, sont alors formés pour la noblesse de douze barons: ceux de Crussol, de Montlaur, de la Voulte, de Tournon, de Largentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon, de la Tourette, de Saint-Remèze, d'Annonay, de Voguë et d’Aubenas. Ils siègent ensuite après le XIV° aux Etats du Languedoc. Les évêques prennent dès le XV°, le titre de comte de Viviers, princes de Donzère et de Chateauneuf mais au lieu du titre impérial de prince d’empire, ils doivent se résigner à n’être plus que prince de Donzère, un humble bourg qu’ils possèdent de l’autre côté du Rhône dans le Bas-Dauphiné.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:56
Histoire de l’Evêché de Viviers / Comté de Viviers -Comté du Vivarais, terres d'empire de 1032 à 1305

Par le traité de Verdun de 843, l’évêché de Viviers fait partie de la Francie Médiane attribuée à l’empereur Lothaire Ier. Ce royaume de Francie médiane (Lotharingie) est éphémère, puisque peu avant sa mort en 855, Lothaire Ier partage son empire entre ses trois fils (Traité de Prüm) : pour Charles de Provence (845 - 863), son plus jeune fils, Lothaire Ier fonde le Royaume de Provence (ou Provence-Viennois), constitué par la Provence et la Bourgogne Cisjurane (territoires issus du démantèlement du Royaume de Bourgogne), comprenant le Lyonnais, le Viennois, le Dauphiné et la Savoie ainsi que les comtés d'Uzès et de Viviers. Il a Lyon pour capitale. Lothaire II (835-869) hérite du Vivarais, de son frère Charles, il confirme les actes antérieurs de son père et de son frère, il prend la défense des archevêques et place sous sa sauvegarde la ville de Tournon, son château, ses églises, son territoire avec les fermes et les esclaves et tout ce que le siège illustre de Lyon possède en Vivarais. Louis II (825 - 875), fils aîné de Lothaire Ier, déjà associé au trône, après la mort de son frère Charles de Provence en 863, récupère une partie de son domaine, et devient aussi roi de Provence et de Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent). Lorsque l'empereur Louis II décède à son tour en 875, s'éteint la maison de Lothaire Ier qui a régné sur le Vivarais pendant plus de 40 ans. Charles II le Chauve son oncle, s'empare alors des deux royaumes d'Italie et de Provence (le Vivarais en fait partie) et du titre d'empereur. Après avoir horriblement dévasté tout le pays environnant, il obtient la reddition de Vienne, ce qui entraîne la soumission du Dauphiné et du Vivarais dont le roi confie le gouvernement à Boson, son beau-frère. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. L'évêque de Viviers se voit confirmer en août 877, par le nouvel empereur, dans la possession des biens et privilèges de son église (y ajoutant aux précédents biens, territoire et port de Bourg-Saint-Andéol, les églises de Saint-Just, de Saint-Marcel et de Saint-Remèze). Le 6 octobre 877, Charles le Chauve est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée et il meurt. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. Deux années plus tard, en 879, Louis le Bègue à la santé fragile meurt à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. Mais Boson, beau-frère de Charles le Chauve, avait maneuvré habilement. En effet, celui-ci déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, avait reçu des mains de Charles le Chauve, la Provence, lui donnant ainsi le contrôle de toute la vallée du Rhône ou presque. De plus, en 878, le pape Jean VIII était menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui a assuré sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Boson, se fait proclamer roi de Provence et de la Bourgogne Cisjurane en 879 à Mantailles (Drome). En 888 cette fois à Saint Maurice (en Valais) Rodolphe III, comte d'Auxerre, se fait proclamer roi de Bourgogne Transjurane. Et en 934, ces deux royaumes sont réunis pour constituer le Royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles. Le Vivarais, comme le Valentinois, reste partie intégrante du duché du Lyonnais, quoique son évêque continue à dépendre, en droit, de l'archevêque d'Arles.

.Thomas II, prince-évêque de Viviers vers 950

C'est pendant le règne du roi de Bourgogne-Provence Conrad III qu’il se signale en entreprenant de transcrire les antiques documents de la bibliothèque de l'évêché. Dans le diocèse de Viviers, un vieux seigneur fait don des terres, bois, prairies, pâturages et cours d'eau pour y fonder sur la montagne de Rompon un monastère de l'ordre de Cluny, à l'origine du prieuré conventuel de Saint-Pierre de Rompon. A Viviers, la charte de fondation du prieuré conventuel de Rompon est datée de la "quarantième année du règne de Conrad Le Pacifique" (977), roi de Bourgogne.

En 962, Otton Ier, roi de Francie Orientale restaure l'empire sous le nom d'empire romain germanique.

Pendant les dernières années du Royaume de Bourgogne-Provence, la féodalité se développe en Vivarais. Avec la terreur de l'an 1000, le besoin de sécurité dégénérant en ambition et cupidité, engage fonctionnaires de l'empire, prélats et grands propriétaires fonciers à construire des châteaux forts. Le Vivarais se couvre de châteaux. Leurs propriétaires, les seigneurs, établissent leur autorité sur des villes, des parties de ville, des étendues de terre plus ou moins grandes. Ainsi Joyeuse a trois co-seigneurs, Les Bermon d'Anduze, les Châteauneuf-Randon et les Montauban-Montdragon.

.Arman II, évêque de Viviers de 1014 à 1041

En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l'empire romain germanique et le comté du Vivarais devient terre d'empire.

.Gérard, évêque de Viviers de 1042 à 1070

Le onzième et plus encore le douzième siècle voit se former les grandes seigneuries ecclésiastiques et laïques du Vivarais. Quelques lignages émergent, bien implantés en Vivarais. C'est le cas de la famille de Poitiers, comte de Valentinois, ou encore la famille Montlaur, des comtes de Viennois et de la puissante famille des comtes de Toulouse

Jean II, évêque de Viviers de 1073 à 1095

.Leodegarius, évêque de Viviers de 1096 à 1119

.Atton, évêque de Viviers de 1118 à 1124

.Pierre II, évêque de Viviers de 1125 à 1131

En 1125, la Provence est partagée entre le comte de Barcelone Raimond Bérenger, et le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain :

- le premier reçoit le comté entre Rhône, Durance, Alpes et la mer

- le second le marquisat au Nord de la Durance

La période de 1125 à 1173 marque la formation sous la suzeraineté du Saint-Empire, des seigneuries temporelles des archevêques de Lyon et de Vienne, des évêques de Valence et de Viviers.

.Josserand de Montaigu, évêque de Viviers de 1133 à 1146

.Guillaume Ier de Franconie, évêque de Viviers de 1147 à 1155

Cousin de l’empereur Conrad de Franconie qui lui confirme ses droits sur le Vivarais.

.Raymond d’Uzès, évêque de Viviers de 1157 à 1170

L'évêque de Viviers, étend sa domination temporelle sur des terres que convoite le comte de Toulouse. Vers 1169, Hugues d'Ucel lui donne une partie des mines de Largentière, de Chassiers et de Tauriers. Les seigneurs d'Ucel criblés de dettes cherchent un protecteur. Le comte de Toulouse s'offre et en 1170 le même Hugues d'Ucel fait hommage à Raimond V, comte de Toulouse pour ses châteaux d'Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe. C'est ainsi que le comte de Toulouse s'installe dans le Vivarais. En laissant le comte de Toulouse prendre pied au centre même de son diocèse, l'évêque Raimond commet une faute irréparable. Au-dessus de tous ces comtes et prélats, les agents des rois de France font sentir de plus en plus leur action centralisatrice. Raymond VI de Toulouse, soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare, est excommunié par le pape Innocent III. Forts de l'appui des évêques du Puy et de Mende, comme aussi de la fidélité immuable de leurs puissants vassaux, les Montlaur, les Bermond d'Anduze, les Tournon, etc… les rois Capétiens introduisent leur autorité dans les différentes zones du Vivarais. Dès 1188 ce mouvement commence par l'hommage du sire Odon de Tournon - d'une famille encore modeste - à Philippe Auguste, et se poursuit tout au long du XIIIe siècle avec l'intervention de plus en plus fréquente des rois de France en terre vivaroise.

.Robert de La Tour du Pin, évêque de Viviers de 1171 à 1173

.Nicolas, évêque de Viviers de 1174 à 1206, prince-évêque à partir de 1177

L’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen par un diplôme du 16 mars 1177. A cette occasion, il obtient de l’empereur la confirmation des droits donnés aux évêques de Viviers par l’empereur Conrad dont le droit de battre monnaie. En 1198, Adhémar de Poitiers et Bermond d'Anduze, ligués avec le comte de Toulouse, obtiennent par la force, de l'évêque Nicolas, d'entrer en partage des mines de Ségalières, de Chanier et de Taurier. D'après ces conventions nouvelles, les comtes de Toulouse en obtiennent la moitié, Adhémar et Bermond chacun un tiers de l'autre moitié, et l'évêque de Viviers l'autre tiers de cette moitié, c'est-à-dire le sixième.

.Bernon de Brabant, prince-évêque de Viviers de 1206 à 1220

Frère de l’évêque de Die, Didier.

Bernon de Brabant, profite de la guerre des Albigeois pour revenir sur le partage de 1198 des mines de Ségalièrese. Simon de Montfort reçoit en fief la moitié de tous les droits et revenus attachés au château de Fanjau et à la terre de Largentière; Bernon s'en réserve l'autre moitié. Après la mort du vainqueur des Albigeois et de son fils Amaury, l'évêque redevient entièrement propriétaire de la baronnie de Largentière. En 1214, son frère Didier, évêque de Valence, présent à Bâle, obtient de l’empereur Frédéric II Didier la confirmation des privilèges de son siège. En 1215, le concile de Latran déchoit le comte de Toulouse Raymond VI de ses droits sur son comté au profit de Simon de Montfort, mais le pape Innocent III préserve le marquisat de Provence (dans lequel figure le Vivarais) au profit de son fils, le futur Raymond VII. Raymond VI de Toulouse, voit ses biens du pays de Largentière, avec ses riches mines confisquées au profit de l’évêque de Viviers Bernon de Brabant. Le Vivarais devient une terre d’empire soumise à plusieurs autorités d’importance variable dans le temps. Les Archevêques de Vienne et évêques de Valence perdent vite toute influence réelle tandis que l’archevêché de Viviers reste la puissance dominante des deux-tiers méridionaux du territoire. Emergent aussi des seigneuries laïques (sires de Tournon, d’Annonay, comtes de Valentinois) qui vont se ranger se rangent petit à petit sous la bannière des rois de France.

.Guillaume II, prince-évêque de Viviers de 1220 à 1222

.Bermond d’Anduze, prince- évêque de Viviers de 1222 à 1244.

Dès son avènement en 1222, le jeune Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père ; les comtes de Toulouse prétendent s’appuyer sur des chartes dont ils sont les auteurs dans lesquelles ils se qualifient de seigneurs et comtes de Viviers. Ils citent même un acte de donation de Bertrand de Toulouse à son épouse Hélène, dans lequel Bertrand lui donne Viviers et ses dépendances comme cadeau de noces. Les évêques de Viviers s'appuient sur une charte de donation de la suzeraineté du Vivarais, faite par l'empereur Conrad à son cousin Guillaume de Franconie, évêque de Franconie, charte confirmée, on l’a déjà dit en 1177 par l’empereur Frédéric Barberousse, accordant à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie. Après un échec fin 1222, Raymond VII revient en forces en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite le comte de Toulouse à restituer les biens de l’Église de Viviers ; s’il refuse d’obéir, il court le risque de ne jamais obtenir l’absolution qu’il sollicite. Raymond VII maintient ses troupes et le 26 février 1225, un ultimatum du pape demeure sans effet. C’est alors que, sur la demande d’Honorius III, le roi Louis VIII de France se met en marche vers le Languedoc avec une armée de 100 000 hommes en 1226 et récupère Largentière. Signé le 12 avril 1229, le traité de de Meaux (dit également premier traité de Paris) met fin à la croisade des albigeois contre les cathares. Il est imposé à Raymond VII comte de Toulouse, par la régente Blanche de Castille ; aux termes de ce traité, il cède les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accorde Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, son gendre devient comte de Toulouse. À la suite de ce traité, le sénéchal de Beaucaire somme immédiatement l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint à l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen mais n’en reçoit pas d’aide. En 1230, Bernard d'Anduze doit se résoudre à rendre hommage à Louis IX pour 21 localités dont Joyeuse. Mais en 1235, il se met donc en route pour l’Allemagne, rejoint l’empereur Frédéric II à Haguenau et obtient de lui, en janvier 1236, une bulle confirmant tous les biens et tous les privilèges de son église.

.Arnaud de Vogüé, prince-évêque de Viviers de 1244 à 1254

En 1244, l’empereur Frédéric II, qui a quelques bonnes raisons d’en vouloir au clergé, révoque tous les péages que les empereurs avaient jadis accordés à l’évêché de Viviers. .Aimon de Genève, prince-évêque de Viviers de 1255 à 1263 Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin. Trois de ses frères deviennent évêques : Guigue à Langres, Amédée à Die et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie, Pierre et Philippe.

.Hugues de La Tour du Pin, prince-évêque de Viviers de 1263 à 1291

Sous son règne, bien qu’il ne soit pas contesté que Viviers soit une terre d’empire, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale française la traitent comme si elle eût été française. Ainsi le pape Clément IV croit-il nécessaire d’écrire le 9 novembre 1265 au roi de France Louis IX : « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de saint Louis, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France ; bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis. Les réclamations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de saint Louis, les officiers royaux s’abstiennent de toutes nouvelles entreprises. Cet incident permet néanmoins d’évaluer le discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial pendant le Grand Intérègne. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration royale française ; il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois. Dès 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, la partie du Vivarais propriété des comtes de Toulouse, bien que terre d’empire comme tout le territoire de l’évêché, se trouve rattachée de fait à la couronne de France. Un pas décisif est franchi en 1284. Les moines de Mazan, seigneurs du château de Berg, avec l'aide du roi de France, fondent la bastide de Villeneuve-de-Berg, pour en faire le siège de leur juridiction ce qui implante solidement le roi en Bas-Vivarais. A la même époque, le sénéchal de Beaucaire, représentant du roi de France en Languedoc, est en conflit avec le chapitre de Viviers; des usurpations incessantes sont commises. Le temporel de l’évêque est saisi ; ses vassaux sont obligés de rendre hommage au roi. En 1284, l’empereur Rodolphe peut écrire en ces termes à Philippe le Bel : « Les plaintes presque unanimes des grands du royaume d’Arles nous sont parvenues et nous ont appris les persécutions diverses dont est broyée, sans doute à votre insu, par le fait de vos agents et de vos serviteurs, l’insigne Église de Viviers, noble membre de notre Empire, sous la domination duquel elle repose en paix depuis un temps immémorial. Comme sous l’inspiration de la miséricorde divine, nous nous sommes imposés cette loi salutaire de ne point ambitionner le domaine d’autrui et de nous contenter de nos frontières ; ... nous prions de tout cœur votre sérénité de détourner, à l’exemple de votre illustre père Louis, de vénérée mémoire, vos officiers et agents de troubler et de persécuter la dite Église de Viviers. Car, cela est connu de tous dans l’Empire et vous ne l’ignorez pas, nos très saints pères Grégoire et Clément ont jadis représenté à votre père l’état de cette Église ; sur leurs instances, ce roi pacifique et ami de la justice, a reconnu les liens de sujétion qui rattachent ladite Église à l’Empire, et a empêché ses serviteurs de lui porter préjudice». Mais Philippe le Hardi, surpris par la mort en 1285 ne peut lui-même régler cette affaire. Son fils Philippe le Bel lui succède. Le 7 novembre 1291, Gérenton, seigneur de St Romain Valmordane, fait hommage à Philippe le Bel de son château de St Romain moyennant le montant d'une année de revenus de tous ses biens compris dans cet hommage. Par ce même contrat pour la construction d'une ville qui sera le siège d'une Cour Royale de Justice (balliage) pour tout le Haut Vivarais. Les moines de Mazan, avec l'aide du roi de France, fondent Boucieu-le-Roi, en Haut-Vivarais. En 1294 Philippe le Bel octroie à la «villa nova de Boceio» une charte de franchise par laquelle ses habitants sont exempts de tous les impôts d'alors (péage-taille) sauf la gabelle (impôt sur le sel) milice etc... Ensuite Philippe IV le Bel intègre le Bas-Vivarais au domaine royal. .Guillaume III de Falguières, prince-évêque de Viviers de 1292 à 1296 Dès le début de son règne, Philippe le Bel répond à la réclamation faite à son père par l’empereur Rodolphe par un fait plus éloquent que toutes les lettres. Grâce aux mesures de rigueur qu’il maintient en dépit des excommunications, il contraint le nouvel évêque de Viviers, Guillaume, à se soumettre et à prendre l’engagement « d’ester à droit devant le Roi sur les articles auxquels il était tenu de droit et de coutume. » Les officiers du roi ne s’en contentent pas, « ils le poursuivirent sans relâche et en obtiennent une complète reconnaissance de la suzeraineté de la France».

.Aldebert de Peyre, prince-évêque de Viviers de 1297 à 1306

Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Puis lorsqu’ en 1304, Guidon II de Tournon, d’une vieille famille du Haut Vivarais adhère à l’appel de Philippe le Bel, pourtant excommunié par le pape Boniface VIII, c’est une page de l’histoire de Tournon et du Vivarais qui se tourne. Un an plus tard, Aldebert de Peyre reconnaît en 1305, la suzeraineté du roi de France Philippe le Bel sur son diocèse c'est-à-dire le sud du Vivarais entérinant définitivement le lent glissement des terres vivaroises de l'Empire au royaume de France. Cet accord confirmé par Philippe le Bel le 2 janvier 1306.

.Louis de Poitiers (?-1327), prince-évêque de Viviers de 1306 à 1318.

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

Sous son épiscopat, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys de Philippe Le Bel (1268-1285-1314) remplace l'aigle germanique.

.Guillaume de Flavacourt ( ? -1359), prince-évêque de Viviers de 1319 à 1322

Sous son règne, vers 1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi. Finalement, sous le règne du roi Charles V, de 1364 à 1380, tout le pays est administré par un Bailly Royal du Vivarais et du Valentinois. Les États ou assemblées du Vivarais, qui votent entre autres attributions les impôts dûs au roi, sont alors formés pour la noblesse de douze barons: ceux de Crussol, de Montlaur, de la Voulte, de Tournon, de Largentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon, de la Tourette, de Saint-Remèze, d'Annonay, de Voguë et d’Aubenas. Ils siègent ensuite après le XIV° aux Etats du Languedoc. Les évêques prennent dès le XV°, le titre de comte de Viviers, princes de Donzère et de Chateauneuf mais au lieu du titre impérial de prince d’empire, ils doivent se résigner à n’être plus que prince de Donzère, un humble bourg qu’ils possèdent de l’autre côté du Rhône dans le Bas-Dauphiné.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:56
Histoire de l’Evêché de Viviers / Comté de Viviers -Comté du Vivarais terres d'empire de 1032 à 1305

Par le traité de Verdun de 843, l’évêché de Viviers fait partie de la Francie Médiane attribuée à l’empereur Lothaire Ier. Ce royaume de Francie médiane (Lotharingie) est éphémère, puisque peu avant sa mort en 855, Lothaire Ier partage son empire entre ses trois fils (Traité de Prüm) : pour Charles de Provence (845 - 863), son plus jeune fils, Lothaire Ier fonde le Royaume de Provence (ou Provence-Viennois), constitué par la Provence et la Bourgogne Cisjurane (territoires issus du démantèlement du Royaume de Bourgogne), comprenant le Lyonnais, le Viennois, le Dauphiné et la Savoie ainsi que les comtés d'Uzès et de Viviers. Il a Lyon pour capitale. Lothaire II (835-869) hérite du Vivarais, de son frère Charles, il confirme les actes antérieurs de son père et de son frère, il prend la défense des archevêques et place sous sa sauvegarde la ville de Tournon, son château, ses églises, son territoire avec les fermes et les esclaves et tout ce que le siège illustre de Lyon possède en Vivarais. Louis II (825 - 875), fils aîné de Lothaire Ier, déjà associé au trône, après la mort de son frère Charles de Provence en 863, récupère une partie de son domaine, et devient aussi roi de Provence et de Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent). Lorsque l'empereur Louis II décède à son tour en 875, s'éteint la maison de Lothaire Ier qui a régné sur le Vivarais pendant plus de 40 ans. Charles II le Chauve son oncle, s'empare alors des deux royaumes d'Italie et de Provence (le Vivarais en fait partie) et du titre d'empereur. Après avoir horriblement dévasté tout le pays environnant, il obtient la reddition de Vienne, ce qui entraîne la soumission du Dauphiné et du Vivarais dont le roi confie le gouvernement à Boson, son beau-frère. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. L'évêque de Viviers se voit confirmer en août 877, par le nouvel empereur, dans la possession des biens et privilèges de son église (y ajoutant aux précédents biens, territoire et port de Bourg-Saint-Andéol, les églises de Saint-Just, de Saint-Marcel et de Saint-Remèze). Le 6 octobre 877, Charles le Chauve est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée et il meurt. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. Deux années plus tard, en 879, Louis le Bègue à la santé fragile meurt à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. Mais Boson, beau-frère de Charles le Chauve, avait maneuvré habilement. En effet, celui-ci déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, avait reçu des mains de Charles le Chauve, la Provence, lui donnant ainsi le contrôle de toute la vallée du Rhône ou presque. De plus, en 878, le pape Jean VIII était menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui a assuré sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Boson, se fait proclamer roi de Provence et de la Bourgogne Cisjurane en 879 à Mantailles (Drome). En 888 cette fois à Saint Maurice (en Valais) Rodolphe III, comte d'Auxerre, se fait proclamer roi de Bourgogne Transjurane. Et en 934, ces deux royaumes sont réunis pour constituer le Royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles. Le Vivarais, comme le Valentinois, reste partie intégrante du duché du Lyonnais, quoique son évêque continue à dépendre, en droit, de l'archevêque d'Arles.

.Thomas II, prince-évêque de Viviers vers 950

C'est pendant le règne du roi de Bourgogne-Provence Conrad III qu’il se signale en entreprenant de transcrire les antiques documents de la bibliothèque de l'évêché. Dans le diocèse de Viviers, un vieux seigneur fait don des terres, bois, prairies, pâturages et cours d'eau pour y fonder sur la montagne de Rompon un monastère de l'ordre de Cluny, à l'origine du prieuré conventuel de Saint-Pierre de Rompon. A Viviers, la charte de fondation du prieuré conventuel de Rompon est datée de la "quarantième année du règne de Conrad Le Pacifique" (977), roi de Bourgogne.

En 962, Otton Ier, roi de Francie Orientale restaure l'empire sous le nom d'empire romain germanique.

Pendant les dernières années du Royaume de Bourgogne-Provence, la féodalité se développe en Vivarais. Avec la terreur de l'an 1000, le besoin de sécurité dégénérant en ambition et cupidité, engage fonctionnaires de l'empire, prélats et grands propriétaires fonciers à construire des châteaux forts. Le Vivarais se couvre de châteaux. Leurs propriétaires, les seigneurs, établissent leur autorité sur des villes, des parties de ville, des étendues de terre plus ou moins grandes. Ainsi Joyeuse a trois co-seigneurs, Les Bermon d'Anduze, les Châteauneuf-Randon et les Montauban-Montdragon.

.Arman II, évêque de Viviers de 1014 à 1041

En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l'empire romain germanique et le comté du Vivarais devient terre d'empire.

.Gérard, évêque de Viviers de 1042 à 1070

Le onzième et plus encore le douzième siècle voit se former les grandes seigneuries ecclésiastiques et laïques du Vivarais. Quelques lignages émergent, bien implantés en Vivarais. C'est le cas de la famille de Poitiers, comte de Valentinois, ou encore la famille Montlaur, des comtes de Viennois et de la puissante famille des comtes de Toulouse

Jean II, évêque de Viviers de 1073 à 1095

.Leodegarius, évêque de Viviers de 1096 à 1119

.Atton, évêque de Viviers de 1118 à 1124

.Pierre II, évêque de Viviers de 1125 à 1131

En 1125, la Provence est partagée entre le comte de Barcelone Raimond Bérenger, et le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain :

- le premier reçoit le comté entre Rhône, Durance, Alpes et la mer

- le second le marquisat au Nord de la Durance

La période de 1125 à 1173 marque la formation sous la suzeraineté du Saint-Empire, des seigneuries temporelles des archevêques de Lyon et de Vienne, des évêques de Valence et de Viviers.

.Josserand de Montaigu, évêque de Viviers de 1133 à 1146

.Guillaume Ier de Franconie, évêque de Viviers de 1147 à 1155

Cousin de l’empereur Conrad de Franconie qui lui confirme ses droits sur le Vivarais.

.Raymond d’Uzès, évêque de Viviers de 1157 à 1170

L'évêque de Viviers, étend sa domination temporelle sur des terres que convoite le comte de Toulouse. Vers 1169, Hugues d'Ucel lui donne une partie des mines de Largentière, de Chassiers et de Tauriers. Les seigneurs d'Ucel criblés de dettes cherchent un protecteur. Le comte de Toulouse s'offre et en 1170 le même Hugues d'Ucel fait hommage à Raimond V, comte de Toulouse pour ses châteaux d'Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe. C'est ainsi que le comte de Toulouse s'installe dans le Vivarais. En laissant le comte de Toulouse prendre pied au centre même de son diocèse, l'évêque Raimond commet une faute irréparable. Au-dessus de tous ces comtes et prélats, les agents des rois de France font sentir de plus en plus leur action centralisatrice. Raymond VI de Toulouse, soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare, est excommunié par le pape Innocent III. Forts de l'appui des évêques du Puy et de Mende, comme aussi de la fidélité immuable de leurs puissants vassaux, les Montlaur, les Bermond d'Anduze, les Tournon, etc… les rois Capétiens introduisent leur autorité dans les différentes zones du Vivarais. Dès 1188 ce mouvement commence par l'hommage du sire Odon de Tournon - d'une famille encore modeste - à Philippe Auguste, et se poursuit tout au long du XIIIe siècle avec l'intervention de plus en plus fréquente des rois de France en terre vivaroise.

.Robert de La Tour du Pin, évêque de Viviers de 1171 à 1173

.Nicolas, évêque de Viviers de 1174 à 1206, prince-évêque à partir de 1177

L’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen par un diplôme du 16 mars 1177. A cette occasion, il obtient de l’empereur la confirmation des droits donnés aux évêques de Viviers par l’empereur Conrad dont le droit de battre monnaie. En 1198, Adhémar de Poitiers et Bermond d'Anduze, ligués avec le comte de Toulouse, obtiennent par la force, de l'évêque Nicolas, d'entrer en partage des mines de Ségalières, de Chanier et de Taurier. D'après ces conventions nouvelles, les comtes de Toulouse en obtiennent la moitié, Adhémar et Bermond chacun un tiers de l'autre moitié, et l'évêque de Viviers l'autre tiers de cette moitié, c'est-à-dire le sixième.

.Bernon de Brabant, prince-évêque de Viviers de 1206 à 1220

Frère de l’évêque de Die, Didier.

Bernon de Brabant, profite de la guerre des Albigeois pour revenir sur le partage de 1198 des mines de Ségalièrese. Simon de Montfort reçoit en fief la moitié de tous les droits et revenus attachés au château de Fanjau et à la terre de Largentière; Bernon s'en réserve l'autre moitié. Après la mort du vainqueur des Albigeois et de son fils Amaury, l'évêque redevient entièrement propriétaire de la baronnie de Largentière. En 1214, son frère Didier, évêque de Valence, présent à Bâle, obtient de l’empereur Frédéric II Didier la confirmation des privilèges de son siège. En 1215, le concile de Latran déchoit le comte de Toulouse Raymond VI de ses droits sur son comté au profit de Simon de Montfort, mais le pape Innocent III préserve le marquisat de Provence (dans lequel figure le Vivarais) au profit de son fils, le futur Raymond VII. Raymond VI de Toulouse, voit ses biens du pays de Largentière, avec ses riches mines confisquées au profit de l’évêque de Viviers Bernon de Brabant. Le Vivarais devient une terre d’empire soumise à plusieurs autorités d’importance variable dans le temps. Les Archevêques de Vienne et évêques de Valence perdent vite toute influence réelle tandis que l’archevêché de Viviers reste la puissance dominante des deux-tiers méridionaux du territoire. Emergent aussi des seigneuries laïques (sires de Tournon, d’Annonay, comtes de Valentinois) qui vont se ranger se rangent petit à petit sous la bannière des rois de France.

.Guillaume II, prince-évêque de Viviers de 1220 à 1222

.Bermond d’Anduze, prince- évêque de Viviers de 1222 à 1244.

Dès son avènement en 1222, le jeune Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père ; les comtes de Toulouse prétendent s’appuyer sur des chartes dont ils sont les auteurs dans lesquelles ils se qualifient de seigneurs et comtes de Viviers. Ils citent même un acte de donation de Bertrand de Toulouse à son épouse Hélène, dans lequel Bertrand lui donne Viviers et ses dépendances comme cadeau de noces. Les évêques de Viviers s'appuient sur une charte de donation de la suzeraineté du Vivarais, faite par l'empereur Conrad à son cousin Guillaume de Franconie, évêque de Franconie, charte confirmée, on l’a déjà dit en 1177 par l’empereur Frédéric Barberousse, accordant à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie. Après un échec fin 1222, Raymond VII revient en forces en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite le comte de Toulouse à restituer les biens de l’Église de Viviers ; s’il refuse d’obéir, il court le risque de ne jamais obtenir l’absolution qu’il sollicite. Raymond VII maintient ses troupes et le 26 février 1225, un ultimatum du pape demeure sans effet. C’est alors que, sur la demande d’Honorius III, le roi Louis VIII de France se met en marche vers le Languedoc avec une armée de 100 000 hommes en 1226 et récupère Largentière. Signé le 12 avril 1229, le traité de de Meaux (dit également premier traité de Paris) met fin à la croisade des albigeois contre les cathares. Il est imposé à Raymond VII comte de Toulouse, par la régente Blanche de Castille ; aux termes de ce traité, il cède les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accorde Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, son gendre devient comte de Toulouse. À la suite de ce traité, le sénéchal de Beaucaire somme immédiatement l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint à l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen mais n’en reçoit pas d’aide. En 1230, Bernard d'Anduze doit se résoudre à rendre hommage à Louis IX pour 21 localités dont Joyeuse. Mais en 1235, il se met donc en route pour l’Allemagne, rejoint l’empereur Frédéric II à Haguenau et obtient de lui, en janvier 1236, une bulle confirmant tous les biens et tous les privilèges de son église.

.Arnaud de Vogüé, prince-évêque de Viviers de 1244 à 1254

En 1244, l’empereur Frédéric II, qui a quelques bonnes raisons d’en vouloir au clergé, révoque tous les péages que les empereurs avaient jadis accordés à l’évêché de Viviers. .Aimon de Genève, prince-évêque de Viviers de 1255 à 1263 Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin. Trois de ses frères deviennent évêques : Guigue à Langres, Amédée à Die et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie, Pierre et Philippe.

.Hugues de La Tour du Pin, prince-évêque de Viviers de 1263 à 1291

Sous son règne, bien qu’il ne soit pas contesté que Viviers soit une terre d’empire, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale française la traitent comme si elle eût été française. Ainsi le pape Clément IV croit-il nécessaire d’écrire le 9 novembre 1265 au roi de France Louis IX : « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de saint Louis, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France ; bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis. Les réclamations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de saint Louis, les officiers royaux s’abstiennent de toutes nouvelles entreprises. Cet incident permet néanmoins d’évaluer le discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial pendant le Grand Intérègne. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration royale française ; il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois. Dès 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, la partie du Vivarais propriété des comtes de Toulouse, bien que terre d’empire comme tout le territoire de l’évêché, se trouve rattachée de fait à la couronne de France. Un pas décisif est franchi en 1284. Les moines de Mazan, seigneurs du château de Berg, avec l'aide du roi de France, fondent la bastide de Villeneuve-de-Berg, pour en faire le siège de leur juridiction ce qui implante solidement le roi en Bas-Vivarais. A la même époque, le sénéchal de Beaucaire, représentant du roi de France en Languedoc, est en conflit avec le chapitre de Viviers; des usurpations incessantes sont commises. Le temporel de l’évêque est saisi ; ses vassaux sont obligés de rendre hommage au roi. En 1284, l’empereur Rodolphe peut écrire en ces termes à Philippe le Bel : « Les plaintes presque unanimes des grands du royaume d’Arles nous sont parvenues et nous ont appris les persécutions diverses dont est broyée, sans doute à votre insu, par le fait de vos agents et de vos serviteurs, l’insigne Église de Viviers, noble membre de notre Empire, sous la domination duquel elle repose en paix depuis un temps immémorial. Comme sous l’inspiration de la miséricorde divine, nous nous sommes imposés cette loi salutaire de ne point ambitionner le domaine d’autrui et de nous contenter de nos frontières ; ... nous prions de tout cœur votre sérénité de détourner, à l’exemple de votre illustre père Louis, de vénérée mémoire, vos officiers et agents de troubler et de persécuter la dite Église de Viviers. Car, cela est connu de tous dans l’Empire et vous ne l’ignorez pas, nos très saints pères Grégoire et Clément ont jadis représenté à votre père l’état de cette Église ; sur leurs instances, ce roi pacifique et ami de la justice, a reconnu les liens de sujétion qui rattachent ladite Église à l’Empire, et a empêché ses serviteurs de lui porter préjudice». Mais Philippe le Hardi, surpris par la mort en 1285 ne peut lui-même régler cette affaire. Son fils Philippe le Bel lui succède. Le 7 novembre 1291, Gérenton, seigneur de St Romain Valmordane, fait hommage à Philippe le Bel de son château de St Romain moyennant le montant d'une année de revenus de tous ses biens compris dans cet hommage. Par ce même contrat pour la construction d'une ville qui sera le siège d'une Cour Royale de Justice (balliage) pour tout le Haut Vivarais. Les moines de Mazan, avec l'aide du roi de France, fondent Boucieu-le-Roi, en Haut-Vivarais. En 1294 Philippe le Bel octroie à la «villa nova de Boceio» une charte de franchise par laquelle ses habitants sont exempts de tous les impôts d'alors (péage-taille) sauf la gabelle (impôt sur le sel) milice etc... Ensuite Philippe IV le Bel intègre le Bas-Vivarais au domaine royal. .Guillaume III de Falguières, prince-évêque de Viviers de 1292 à 1296 Dès le début de son règne, Philippe le Bel répond à la réclamation faite à son père par l’empereur Rodolphe par un fait plus éloquent que toutes les lettres. Grâce aux mesures de rigueur qu’il maintient en dépit des excommunications, il contraint le nouvel évêque de Viviers, Guillaume, à se soumettre et à prendre l’engagement « d’ester à droit devant le Roi sur les articles auxquels il était tenu de droit et de coutume. » Les officiers du roi ne s’en contentent pas, « ils le poursuivirent sans relâche et en obtiennent une complète reconnaissance de la suzeraineté de la France».

.Aldebert de Peyre, prince-évêque de Viviers de 1297 à 1306

Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Puis lorsqu’ en 1304, Guidon II de Tournon, d’une vieille famille du Haut Vivarais adhère à l’appel de Philippe le Bel, pourtant excommunié par le pape Boniface VIII, c’est une page de l’histoire de Tournon et du Vivarais qui se tourne. Un an plus tard, Aldebert de Peyre reconnaît en 1305, la suzeraineté du roi de France Philippe le Bel sur son diocèse c'est-à-dire le sud du Vivarais entérinant définitivement le lent glissement des terres vivaroises de l'Empire au royaume de France. Cet accord confirmé par Philippe le Bel le 2 janvier 1306.

.Louis de Poitiers (?-1327), prince-évêque de Viviers de 1306 à 1318.

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

Sous son épiscopat, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys de Philippe Le Bel (1268-1285-1314) remplace l'aigle germanique.

.Guillaume de Flavacourt ( ? -1359), prince-évêque de Viviers de 1319 à 1322

Sous son règne, vers 1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi. Finalement, sous le règne du roi Charles V, de 1364 à 1380, tout le pays est administré par un Bailly Royal du Vivarais et du Valentinois. Les États ou assemblées du Vivarais, qui votent entre autres attributions les impôts dûs au roi, sont alors formés pour la noblesse de douze barons: ceux de Crussol, de Montlaur, de la Voulte, de Tournon, de Largentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon, de la Tourette, de Saint-Remèze, d'Annonay, de Voguë et d’Aubenas. Ils siègent ensuite après le XIV° aux Etats du Languedoc. Les évêques prennent dès le XV°, le titre de comte de Viviers, princes de Donzère et de Chateauneuf mais au lieu du titre impérial de prince d’empire, ils doivent se résigner à n’être plus que prince de Donzère, un humble bourg qu’ils possèdent de l’autre côté du Rhône dans le Bas-Dauphiné.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:56
Histoire de l’Evêché de Viviers / Comté de Viviers -Comté du Vivarais, terre d'empire de 1032 à 1305

Par le traité de Verdun de 843, l’évêché de Viviers fait partie du royaume de Francie Médiane attribuée à l’empereur Lothaire Ier. Ce royaume de Francie médiane est éphémère, puisque peu avant sa mort en 855, Lothaire Ier partage son empire entre ses trois fils (Traité de Prüm) :

.l'aîné Louis II, hérite de la couronne impériale et du Royaume d'Italie (constitué par le Nord de la péninsule) ;

.le cadet Lothaire II (835-869) reçoit la partie nord de l'empire, située entre la Frise et les Vosges, qui prend le nom de Royaume de Lotharingie ;

.le benjamin Charles (845-863), est roi de Provence et de Bourgogne cisjurane (territoires situés en la Vallée du Rhône et les Alpes jusqu'au lac Léman) comprenant le Lyonnais, le Viennois, le Dauphiné et la Savoie ainsi que les comtés d'Uzès et de Viviers avec Lyon pour capitale.

En 859, un traité est conclu entre Charles et son frère Lothaire II de Lotharingie, selon les termes duquel Charles reconnaît ce dernier comme son héritier. À la mort de Charles le 25 janvier 863, son royaume est ébranlé par des troubles, et Lothaire II, contrairement à l'accord de 859, ne peut imposer son autorité sur la totalité du royaume de Charles. Seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais, avec l'aide de Girart de Vienne, lui reviennent car son frère Louis II le Jeune , empereur d'Occident et roi d'Italie récupère la Provence avec les provinces ecclésiastiques d'Arles, d'Aix et d'Embrun et une partie de la Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent).

Lothaire II confirme les actes antérieurs de son père et de son frère, prend la défense des évêques et place sous sa sauvegarde la ville de Tournon, son château, ses églises, son territoire avec les fermes et les esclaves et tout ce que le siège illustre de Lyon possède en Vivarais. En février 865, ses oncles se rencontrent à Tusey près de Vaucouleurs et s'accordent sur la partage de ses états, estimant que les fils de Lothaire II ne sont pas légitimes pour lui succéder. A sa mort en 868, c'est donc l'empereur Louis II qui va régner sur le Vivarais. Lorsque Louis II décède à son tour en 875, s'éteint la maison de Lothaire Ier qui a régné sur le Vivarais pendant plus de 40 ans. Charles II le Chauve son oncle, s'empare alors des deux royaumes d'Italie et de Provence (le Vivarais en fait partie) et du titre d'empereur. Après avoir horriblement dévasté tout le pays environnant, il obtient la reddition de Vienne, ce qui entraîne la soumission du Dauphiné et du Vivarais dont le roi confie le gouvernement à Boson, son beau-frère. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. L'évêque de Viviers se voit confirmer en août 877, par le nouvel empereur, dans la possession des biens et privilèges de son église (y ajoutant aux précédents biens, territoire et port de Bourg-Saint-Andéol, les églises de Saint-Just, de Saint-Marcel et de Saint-Remèze). Le 6 octobre 877, Charles le Chauve est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée et il meurt. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. Deux années plus tard, en 879, Louis le Bègue à la santé fragile meurt à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. Mais Boson, beau-frère de Charles le Chauve, avait manœuvré habilement. En effet, celui-ci déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, avait reçu des mains de Charles le Chauve, la Provence, lui donnant ainsi le contrôle de toute la vallée du Rhône ou presque. De plus, en 878, le pape Jean VIII était menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui a assuré sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Boson, se fait proclamer roi de Provence et de la Bourgogne Cisjurane en 879 à Mantailles (Drome). En 888 cette fois à Saint Maurice (en Valais) Rodolphe III, comte d'Auxerre, se fait proclamer roi de Bourgogne Transjurane. Et en 934, ces deux royaumes sont réunis pour constituer le Royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles. Le Vivarais, comme le Valentinois, reste partie intégrante du duché du Lyonnais, quoique son évêque continue à dépendre, en droit, de l'archevêque d'Arles.

.Thomas II, prince-évêque de Viviers vers 950

C'est pendant le règne du roi de Bourgogne-Provence Conrad III qu’il se signale en entreprenant de transcrire les antiques documents de la bibliothèque de l'évêché. Dans le diocèse de Viviers, un vieux seigneur fait don des terres, bois, prairies, pâturages et cours d'eau pour y fonder sur la montagne de Rompon un monastère de l'ordre de Cluny, à l'origine du prieuré conventuel de Saint-Pierre de Rompon. A Viviers, la charte de fondation du prieuré conventuel de Rompon est datée de la "quarantième année du règne de Conrad Le Pacifique" (977), roi de Bourgogne.

En 962, Otton Ier, roi de Francie Orientale restaure l'empire sous le nom d'empire romain germanique.

Pendant les dernières années du Royaume de Bourgogne-Provence, la féodalité se développe en Vivarais. Avec la terreur de l'an 1000, le besoin de sécurité dégénérant en ambition et cupidité, engage fonctionnaires de l'empire, prélats et grands propriétaires fonciers à construire des châteaux forts. Le Vivarais se couvre de châteaux. Leurs propriétaires, les seigneurs, établissent leur autorité sur des villes, des parties de ville, des étendues de terre plus ou moins grandes. Ainsi Joyeuse a trois co-seigneurs, Les Bermon d'Anduze, les Châteauneuf-Randon et les Montauban-Montdragon.

.Arman II, évêque de Viviers de 1014 à 1041

En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l'empire romain germanique et le comté du Vivarais devient terre d'empire.

.Gérard, évêque de Viviers de 1042 à 1070

Le onzième et plus encore le douzième siècle voit se former les grandes seigneuries ecclésiastiques et laïques du Vivarais. Quelques lignages émergent, bien implantés en Vivarais. C'est le cas de la famille de Poitiers, comte de Valentinois, ou encore la famille Montlaur, des comtes de Viennois et de la puissante famille des comtes de Toulouse

Jean II, évêque de Viviers de 1073 à 1095

.Leodegarius, évêque de Viviers de 1096 à 1119

.Atton, évêque de Viviers de 1118 à 1124

.Pierre II, évêque de Viviers de 1125 à 1131

En 1125, la Provence est partagée entre le comte de Barcelone Raimond Bérenger, et le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain :

- le premier reçoit le comté entre Rhône, Durance, Alpes et la mer

- le second le marquisat au Nord de la Durance

La période de 1125 à 1173 marque la formation sous la suzeraineté du Saint-Empire, des seigneuries temporelles des archevêques de Lyon et de Vienne, des évêques de Valence et de Viviers.

.Josserand de Montaigu, évêque de Viviers de 1133 à 1146

.Guillaume Ier de Franconie, évêque de Viviers de 1147 à 1155

Cousin de l’empereur Conrad de Franconie qui lui confirme ses droits sur le Vivarais.

.Raymond d’Uzès, évêque de Viviers de 1157 à 1170

L'évêque de Viviers, étend sa domination temporelle sur des terres que convoite le comte de Toulouse. Vers 1169, Hugues d'Ucel lui donne une partie des mines de Largentière, de Chassiers et de Tauriers. Les seigneurs d'Ucel criblés de dettes cherchent un protecteur. Le comte de Toulouse s'offre et en 1170 le même Hugues d'Ucel fait hommage à Raimond V, comte de Toulouse pour ses châteaux d'Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe. C'est ainsi que le comte de Toulouse s'installe dans le Vivarais. En laissant le comte de Toulouse prendre pied au centre même de son diocèse, l'évêque Raimond commet une faute irréparable. Au-dessus de tous ces comtes et prélats, les agents des rois de France font sentir de plus en plus leur action centralisatrice. Raymond VI de Toulouse, soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare, est excommunié par le pape Innocent III. Forts de l'appui des évêques du Puy et de Mende, comme aussi de la fidélité immuable de leurs puissants vassaux, les Montlaur, les Bermond d'Anduze, les Tournon, etc… les rois Capétiens introduisent leur autorité dans les différentes zones du Vivarais. Dès 1188 ce mouvement commence par l'hommage du sire Odon de Tournon - d'une famille encore modeste - à Philippe Auguste, et se poursuit tout au long du XIIIe siècle avec l'intervention de plus en plus fréquente des rois de France en terre vivaroise.

.Robert de La Tour du Pin, évêque de Viviers de 1171 à 1173

.Nicolas, évêque de Viviers de 1174 à 1206, prince-évêque à partir de 1177

L’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen par un diplôme du 16 mars 1177. A cette occasion, il obtient de l’empereur la confirmation des droits donnés aux évêques de Viviers par l’empereur Conrad dont le droit de battre monnaie. En 1198, Adhémar de Poitiers et Bermond d'Anduze, ligués avec le comte de Toulouse, obtiennent par la force, de l'évêque Nicolas, d'entrer en partage des mines de Ségalières, de Chanier et de Taurier. D'après ces conventions nouvelles, les comtes de Toulouse en obtiennent la moitié, Adhémar et Bermond chacun un tiers de l'autre moitié, et l'évêque de Viviers l'autre tiers de cette moitié, c'est-à-dire le sixième.

.Bernon de Brabant, prince-évêque de Viviers de 1206 à 1220

Frère de l’évêque de Die, Didier.

Bernon de Brabant, profite de la guerre des Albigeois pour revenir sur le partage de 1198 des mines de Ségalièrese. Simon de Montfort reçoit en fief la moitié de tous les droits et revenus attachés au château de Fanjau et à la terre de Largentière; Bernon s'en réserve l'autre moitié. Après la mort du vainqueur des Albigeois et de son fils Amaury, l'évêque redevient entièrement propriétaire de la baronnie de Largentière. En 1214, son frère Didier, évêque de Valence, présent à Bâle, obtient de l’empereur Frédéric II Didier la confirmation des privilèges de son siège. En 1215, le concile de Latran déchoit le comte de Toulouse Raymond VI de ses droits sur son comté au profit de Simon de Montfort, mais le pape Innocent III préserve le marquisat de Provence (dans lequel figure le Vivarais) au profit de son fils, le futur Raymond VII. Raymond VI de Toulouse, voit ses biens du pays de Largentière, avec ses riches mines confisquées au profit de l’évêque de Viviers Bernon de Brabant. Le Vivarais devient une terre d’empire soumise à plusieurs autorités d’importance variable dans le temps. Les Archevêques de Vienne et évêques de Valence perdent vite toute influence réelle tandis que l’archevêché de Viviers reste la puissance dominante des deux-tiers méridionaux du territoire. Emergent aussi des seigneuries laïques (sires de Tournon, d’Annonay, comtes de Valentinois) qui vont se ranger se rangent petit à petit sous la bannière des rois de France.

.Guillaume II, prince-évêque de Viviers de 1220 à 1222

.Bermond d’Anduze, prince- évêque de Viviers de 1222 à 1244.

Dès son avènement en 1222, le jeune Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père ; les comtes de Toulouse prétendent s’appuyer sur des chartes dont ils sont les auteurs dans lesquelles ils se qualifient de seigneurs et comtes de Viviers. Ils citent même un acte de donation de Bertrand de Toulouse à son épouse Hélène, dans lequel Bertrand lui donne Viviers et ses dépendances comme cadeau de noces. Les évêques de Viviers s'appuient sur une charte de donation de la suzeraineté du Vivarais, faite par l'empereur Conrad à son cousin Guillaume de Franconie, évêque de Franconie, charte confirmée, on l’a déjà dit en 1177 par l’empereur Frédéric Barberousse, accordant à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie. Après un échec fin 1222, Raymond VII revient en forces en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite le comte de Toulouse à restituer les biens de l’Église de Viviers ; s’il refuse d’obéir, il court le risque de ne jamais obtenir l’absolution qu’il sollicite. Raymond VII maintient ses troupes et le 26 février 1225, un ultimatum du pape demeure sans effet. C’est alors que, sur la demande d’Honorius III, le roi Louis VIII de France se met en marche vers le Languedoc avec une armée de 100 000 hommes en 1226 et récupère Largentière. Signé le 12 avril 1229, le traité de de Meaux (dit également premier traité de Paris) met fin à la croisade des albigeois contre les cathares. Il est imposé à Raymond VII comte de Toulouse, par la régente Blanche de Castille ; aux termes de ce traité, il cède les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accorde Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, son gendre devient comte de Toulouse. À la suite de ce traité, le sénéchal de Beaucaire somme immédiatement l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint à l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen mais n’en reçoit pas d’aide. En 1230, Bernard d'Anduze doit se résoudre à rendre hommage à Louis IX pour 21 localités dont Joyeuse. Mais en 1235, il se met donc en route pour l’Allemagne, rejoint l’empereur Frédéric II à Haguenau et obtient de lui, en janvier 1236, une bulle confirmant tous les biens et tous les privilèges de son église.

.Arnaud de Vogüé, prince-évêque de Viviers de 1244 à 1254

En 1244, l’empereur Frédéric II, qui a quelques bonnes raisons d’en vouloir au clergé, révoque tous les péages que les empereurs avaient jadis accordés à l’évêché de Viviers. .Aimon de Genève, prince-évêque de Viviers de 1255 à 1263 Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin. Trois de ses frères deviennent évêques : Guigue à Langres, Amédée à Die et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie, Pierre et Philippe.

.Hugues de La Tour du Pin, prince-évêque de Viviers de 1263 à 1291

Sous son règne, bien qu’il ne soit pas contesté que Viviers soit une terre d’empire, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale française la traitent comme si elle eût été française. Ainsi le pape Clément IV croit-il nécessaire d’écrire le 9 novembre 1265 au roi de France Louis IX : « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de saint Louis, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France ; bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis. Les réclamations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de saint Louis, les officiers royaux s’abstiennent de toutes nouvelles entreprises. Cet incident permet néanmoins d’évaluer le discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial pendant le Grand Intérègne. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration royale française ; il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois. Dès 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, la partie du Vivarais propriété des comtes de Toulouse, bien que terre d’empire comme tout le territoire de l’évêché, se trouve rattachée de fait à la couronne de France. Un pas décisif est franchi en 1284. Les moines de Mazan, seigneurs du château de Berg, avec l'aide du roi de France, fondent la bastide de Villeneuve-de-Berg, pour en faire le siège de leur juridiction ce qui implante solidement le roi en Bas-Vivarais. A la même époque, le sénéchal de Beaucaire, représentant du roi de France en Languedoc, est en conflit avec le chapitre de Viviers; des usurpations incessantes sont commises. Le temporel de l’évêque est saisi ; ses vassaux sont obligés de rendre hommage au roi. En 1284, l’empereur Rodolphe peut écrire en ces termes à Philippe le Bel : « Les plaintes presque unanimes des grands du royaume d’Arles nous sont parvenues et nous ont appris les persécutions diverses dont est broyée, sans doute à votre insu, par le fait de vos agents et de vos serviteurs, l’insigne Église de Viviers, noble membre de notre Empire, sous la domination duquel elle repose en paix depuis un temps immémorial. Comme sous l’inspiration de la miséricorde divine, nous nous sommes imposés cette loi salutaire de ne point ambitionner le domaine d’autrui et de nous contenter de nos frontières ; ... nous prions de tout cœur votre sérénité de détourner, à l’exemple de votre illustre père Louis, de vénérée mémoire, vos officiers et agents de troubler et de persécuter la dite Église de Viviers. Car, cela est connu de tous dans l’Empire et vous ne l’ignorez pas, nos très saints pères Grégoire et Clément ont jadis représenté à votre père l’état de cette Église ; sur leurs instances, ce roi pacifique et ami de la justice, a reconnu les liens de sujétion qui rattachent ladite Église à l’Empire, et a empêché ses serviteurs de lui porter préjudice». Mais Philippe le Hardi, surpris par la mort en 1285 ne peut lui-même régler cette affaire. Son fils Philippe le Bel lui succède. Le 7 novembre 1291, Gérenton, seigneur de St Romain Valmordane, fait hommage à Philippe le Bel de son château de St Romain moyennant le montant d'une année de revenus de tous ses biens compris dans cet hommage. Par ce même contrat pour la construction d'une ville qui sera le siège d'une Cour Royale de Justice (balliage) pour tout le Haut Vivarais. Les moines de Mazan, avec l'aide du roi de France, fondent Boucieu-le-Roi, en Haut-Vivarais. En 1294 Philippe le Bel octroie à la «villa nova de Boceio» une charte de franchise par laquelle ses habitants sont exempts de tous les impôts d'alors (péage-taille) sauf la gabelle (impôt sur le sel) milice etc... Ensuite Philippe IV le Bel intègre le Bas-Vivarais au domaine royal. .Guillaume III de Falguières, prince-évêque de Viviers de 1292 à 1296 Dès le début de son règne, Philippe le Bel répond à la réclamation faite à son père par l’empereur Rodolphe par un fait plus éloquent que toutes les lettres. Grâce aux mesures de rigueur qu’il maintient en dépit des excommunications, il contraint le nouvel évêque de Viviers, Guillaume, à se soumettre et à prendre l’engagement « d’ester à droit devant le Roi sur les articles auxquels il était tenu de droit et de coutume. » Les officiers du roi ne s’en contentent pas, « ils le poursuivirent sans relâche et en obtiennent une complète reconnaissance de la suzeraineté de la France».

.Aldebert de Peyre, prince-évêque de Viviers de 1297 à 1306

Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Puis lorsqu’ en 1304, Guidon II de Tournon, d’une vieille famille du Haut Vivarais adhère à l’appel de Philippe le Bel, pourtant excommunié par le pape Boniface VIII, c’est une page de l’histoire de Tournon et du Vivarais qui se tourne. Un an plus tard, Aldebert de Peyre reconnaît en 1305, la suzeraineté du roi de France Philippe le Bel sur son diocèse c'est-à-dire le sud du Vivarais entérinant définitivement le lent glissement des terres vivaroises de l'Empire au royaume de France. Cet accord confirmé par Philippe le Bel le 2 janvier 1306.

.Louis de Poitiers (?-1327), prince-évêque de Viviers de 1306 à 1318.

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

Sous son épiscopat, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys de Philippe Le Bel (1268-1285-1314) remplace l'aigle germanique.

.Guillaume de Flavacourt ( ? -1359), prince-évêque de Viviers de 1319 à 1322

Sous son règne, vers 1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi. Finalement, sous le règne du roi Charles V, de 1364 à 1380, tout le pays est administré par un Bailly Royal du Vivarais et du Valentinois. Les États ou assemblées du Vivarais, qui votent entre autres attributions les impôts dûs au roi, sont alors formés pour la noblesse de douze barons: ceux de Crussol, de Montlaur, de la Voulte, de Tournon, de Largentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon, de la Tourette, de Saint-Remèze, d'Annonay, de Voguë et d’Aubenas. Ils siègent ensuite après le XIV° aux Etats du Languedoc. Les évêques prennent dès le XV°, le titre de comte de Viviers, princes de Donzère et de Chateauneuf mais au lieu du titre impérial de prince d’empire, ils doivent se résigner à n’être plus que prince de Donzère, un humble bourg qu’ils possèdent de l’autre côté du Rhône dans le Bas-Dauphiné.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 14:25
Histoire du Dauphiné (Archevêché de Vienne/ Comté du Viennois / Evêché de Grenoble / Comté de Grenoble / Vicomté de Briançon , terre d'empire de 1032 à 1457

1. Archevêché de Vienne/Comté de Vienne

L'archevêché de Vienne en Dauphiné est le premier évêché vers 160. En 450, le pape attribue les fonctions de métropolitain à l'évêque de Vienne dans les diocèses de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble, tandis que les autres cités de la Viennoise et de la Narbonnaise IIe restent du domaine du métropolitain d'Arles. Un siècle plus tard, en 551, la province ecclésiastique arlésienne s'agrandit de l'évêché d'Uzès qui passe sous la métropole d'Arles. En 794, au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. La province de Vienne conserve pour suffragants les évêchés de Genève, de Die, de Grenoble, de Valence et de Moutiers. La province d'Arles conserve huit suffragants: Marseille, Toulon, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Avignon, Cavaillon et Carpentras. Entre 794 et 800, la province ecclésiastique de Vienne perd l’évêché de Moutiers Tarentaise élevé au rang d’archevêché tandis que la province ecclésiastique d'Arles perd les évêchés d'Aix et d'Embrun, qui sont eux-aussi élevés au rang d’archevêchés..

Au traité de Verdun de 843, la région se trouve intégrée au royaume de Francie Médiane. Cependant, à la mort de Lothaire, Charles le Chauve, roi de France, se proclame empereur en 875 et intègre la région sous son autorité. Mais à la mort de son fils, Boson, gouverneur de Vienne, se fait proclamer roi de Bourgogne Cisjurane-Provence en 879 à Mantailles (Drome). Ce royaume est appelé également Royaume de Vienne et d’Arles. Ce royaume est réuni en 934 à celui de Bourgogne Transjurane crée en 888 à Saint Maurice sous le nom de Royaume de Bourgogne-Provence. En 1011, le douaire d’Ermengarde, épouse du roi de Bourgogne, Rodolphe III, est constitué du Viennois.

L'intégration du royaume de Bourgogne-Provence au Saint-Empire en 1032 renforce l'autonomie de l'évêque-comte de Vienne. Mais l'importance de Vienne diminue graduellement avec les progrès de sa rivale, Lyon. Les anciennes prétentions de Vienne subsistent dans les prérogatives de ses évêques, qui gardent le titre archiépiscopal, ainsi que celui de « primat des Gaules », qu'ils partagent avec les archevêques de Lyon. L’archevêque de Vienne est suffragant des Évêché de Die, de Grenoble, de Valence et de Viviers.

Ce qui deviendra le Dauphiné compte alors quatre baronnies importantes : Clermont, Sassenage, Maubec (appartenant aux seigneurs du même nom puis aux Bocsozel) et Montmaur. Ces baronnies, avant d'être des "baronnies d'état", sont indépendantes des puissants seigneurs (Dauphin, duc de Savoie, évêché de Grenoble, archevêché de Vienne) qui les entourent. Mais sans doute pour des raisons politiques, stratégiques ou de survie elles finissent toutes par prêter hommages à ces seigneurs :

.Les Clermont sont indépendants jusqu'en 1203 et prêtent hommage à l'église de Vienne.

.Les Sassenage jusqu'en 1247 et prêtent hommage à l'évêque de Vienne, Jean de Bernin.

.Les Bocsozel prêtent hommage au Dauphin, Humbert Ier de Viennois en 1290.

.Les Montmaur semblent indépendants jusqu'en 1269, date à laquelle les Montauban prêtent hommage au Dauphin.

Archevêques de Vienne :

.Burchard, archevêque de Vienne, comte du Viennois v.1010-v.1030

Trois ans avant la mort du roi de Bourgogne-Provence, Rodolphe III, l'archevêque Bouchard dispose entre 1029 et 1030 du comté de Viennois, que l'église de Vienne a reçu en don de la reine Hermengarde, épouse de Rodolphe. Il le partage entre son beau-frère, le comte de Savoie Humbert-aux-blanches-mains, et son neveu le sire de Vion, Guigues Ier le Vieux, déjà largement positionné en Viennois méridional. Humbert de Maurienne reçoit le Nord, future Savoie, et Guigues 1er, dit "Le Vieux", sire de Vion et comte d'Albon, reçoit le Sud, futur Dauphiné dont, au moins en théorie, Briançon, le val de Suze et Chisone (Chizone). Une incertitude règne sur la façon dont les sires de Vion ont acquis le titre de comte. Il semble que Guigues Ier le Vieux l'ait obtenu par la concession de l'archevêque Bouchard dans cet acte de donation de 1029. Malgré cette inféodation en faveur des comtes de Savoie et d'Albon, l'archevêque Bouchard conserve la cité de Vienne avec ses tours et le château de Pipet. Le comté de Vienne est le reste du comté du Viennois limité à la seule ville de Vienne sur laquelle règne l’archevêque.

.Léger, archevêque de Vienne de 1030 à 1070.

C’est sous son règne que le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l’empire. La mort du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, en 1032, marque une date importante de l'histoire de la région. Désormais, sous la suzeraineté lointaine de l'empereur Conrad le Salique, s’accomplit le morcellement déjà commencé sous la dynastie de Bourgogne. Alors en l'espace de quelques années, se constituent les Etats des comtes d'Albon et de Savoie. Peu après le partage du comté du Viennois entre les deux maisons de Savoie et d'Albon, celles-ci s'étendent simultanément plus à l'Est. Entre 1039 et 1043, Guigues Ier le Vieux reçoit de l'empereur Henri III l'investiture du Briançonnais, qui a été détaché en 1033 du diocèse de Maurienne par Conrad le salique pour être rattaché à la métropole d'Embrun. Cette terre, Guigues la tient en fief impérial, alors qu'en Viennois il n'est vassal que de l'archevêque de Vienne. De son côté, Humbert-aux-blanches-main, comte de Savoie est investi, au nord du Briançonnais, de la Maurienne, terre qu'il tient lui aussi en fief d'Henri III.

.Armand, archevêque de Vienne de 1070 à 1076.

En 1076, l'empereur germanique Henri IV du Saint-Empire s'oppose aux pouvoirs du pape Grégoire VII au sujet de l’investiture des évêques.

.Warmond, archevêque de Vienne de 1077 à 1081.

.Gontard, archevêque de Vienne de 1082 à 1084.

.Guy de Bourgogne (1050-1124) archevêque de Vienne de 1084 à 1119, pape Calixte II de 1119 à 1124

Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne, frère d’Hugues III de Bourgogne qui devient archevêque de Besançon ; il devient administrateur du diocèse de son frère.

.Pierre I, archevêque de Vienne de 1121 à 1125

.Étienne I, archevêque de Vienne v.1125 à v.1145

.Humbert d`Albon, archevêque de Vienne de 1146 à 1147

Fils de Guigues III d’Albon ; frère de Guigues IV, dauphin du Viennois.

.Hugues I, archevêque de Vienne v.1148 à 1155

.Étienne II, archevêque de Vienne v.1155 à 1163, archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence en 1157

En 1153, l’empereur Frédéric Ier Barberousse lui reconnait les droits régaliens et la haute et la basse justice dans Vienne accordés précédemment par le roi Rodolphe de Bourgogne et en 1157, il les lui confirme solennellement et le nomme archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence. Il a non seulement pour vassaux les comtes d'Albon et de Savoie mais également presque toutes les puissantes familles du Dauphiné. Il est également abbé de Saint-Barnard de Romans et exerce sa suzeraineté au XIIIe siècle sur vingt-deux châteaux et une trentaine de fiefs dépourvus de châtellenies.

.Guillaume de Clermont, archevêque de Vienne de 1163 à 1166 ?

De la famille des Clermont-Tonnerre, originaire du petit village de Clermont siège de la baronnie de Clermont l’une des quatre baronnies du Dauphiné ; qui deviendra vassale de l’archevêque de Vienne en 1203 et sera incorporée en 1340 au domaine des Dauphins du Viennois.

.Robert de La Tour du Pin, archevêque de Vienne v.1170 à 1195

.Aynard de Moirans, archevêque de Vienne de 1195 à v.1205

De la famille des Barons de Moirans dépendant des Abbés de Saint Claude dans le Comté de Bourgogne.

.Humbert II, archevêque de Vienne de 1206 à 1215, archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence à partir de 1214

A l’archevêque Humbert de Vienne, l’empereur Frédéric II reconnaît la qualité d’archichancelier du royaume de Bourgogne et le premier rang à sa cour. L’archevêque exerce désormais, sous la suzeraineté impériale, les droits régaliens et la justice ; lorsqu’il est appelé à rendre à l’Empereur les services d’ost ou de cour, il peut demander des subsides aux bourgeois de Vienne et de Romans. En outre, Frédéric confère à l’archevêque et au chapitre un droit de péage sur toutes les marchandises qui passeront à Vienne par les routes de terre et d’eau. Il défend aux comtes, nobles et châtelains de la province de Vienne de lever de tels droits sans avoir obtenu le consentement du souverain; les transgresseurs de cette défense doivent être poursuivis et punis par l’archevêque de Vienne, chancelier du royaume de Bourgogne. S’adressant à Adémar de Poitiers qui, au mépris des droits des évêques, continue dans le Diois les usurpations de ses prédécesseurs, l’empereur s’exprime en ces termes : « Nous vous enjoignons de vous abstenir des extorsions illicites que vous pratiquez sous prétexte de péages ; nous vous interdisons d’élever des fortifications sur la voie publique ; nous vous ordonnons de fournir satisfaction à l’évêque pour les droits que vous avez injustement perçus, et de vous conduire de telle façon que nous n’ayons pas lieu de vous écrire une seconde fois ».

Bournon, archevêque de Vienne de 1216 à 1218

Au mois de juin 1218, à la suite de la sourde lutte qu’il livre aux seigneurs de son royaume de Bourgogne-Provence, notamment à Adhémar de Poitiers, l’empereur Frédéric II renouvelle à tous les seigneurs de la province de Vienne la défense d’aggraver les péages existants et d’en créer de nouveaux sans son autorisation. En février 1219, il reconnait à Adhémar un doit de péage sur le chemin public de Valence à Monteil et le maintient en possession de tous les droits qui avaient été accordés à ses prédécesseurs par les empereurs.

.Jean de Bernin, prince-archevêque de Vienne de 1218 à 1266, légat du pape

De la famille des seigneurs de Bernin. Né au château de la Veyrie à Bernin dans le Dauphiné. Nommé légat du pape en 1233, à une époque où les tensions augmentent en Provence en particulier dans la ville d’Arles. La papauté, sans désavouer l'archevêque d'Arles Jean Baussan, redoute que dans l'agitation du mouvement communal, les tribunaux inquisitoriaux puissent servir les intérêts politiques de l'épiscopat local. Ainsi, le pape enlève la juridiction de l'inquisition à l’archevêque d’Arles et la confie à Jean de Bernin qui en 1235 nomme des juges issus de l'ordre des Prêcheurs pour la Provence. En juin 1235, le légat Jean de Bernin, archevêque de Vienne adresse une consultation aux juristes avignonnais au sujet des vaudois d'Arles. L’archevêque Jean de Bernin ne reconnait qu’un seul suzerain l’empereur Frédéric II auprès duquel il se rend en avril 1238 à Turin, accompagné de son frère Aymar de Bernin, archevêque d’Embrun et des évêques de Grenoble et de Gap pour lui renouveler serment de fidélité et faire l’hommage de leur temporel. A la suite de quoi il reçoit de l’empereur un diplôme l’investissant par le sceptre des droits régaliens que l’archevêché tient de l’empire. Lui-même est le suzerain des Dauphins du Viennois et d’une grande quantité de seigneurs du Dauphiné. Ainsi le 18 avril 1243, le jeune dauphin Guigues âgé de 14 ans lui rend hommage pour le comté de Vienne dans la grande salle de l’archevêché. Jean de Bernin s’accommode comme ses prédécesseurs de la présence d’un second comte de Vienne et de Macon à la juridiction purement nominale lequel possède un palais au monastère de Saint Pierre dans la ville mais finit par lui racheter en 1262 conduisant à l’extinction du titre. C’est Jean de Bernin qui fait également édifier le château de la Bâtie qui accueillera le trésor pontifical lors du Concile de Vienne de 1311 où sera arrêtée la dissolution de l’ordre du Temple.

.Guy d'Auvergne de Clermont, prince-archevêque de Vienne v.1268 à 1278

.Guillaume de Livron (ou de Valence), prince-archevêque de Vienne de 1283 à v.1305

.Briand de Lavieu (Lagnieu), prince-archevêque de Vienne de 1306 à 1317

Issu d'une famille illustre du Forez, où la maison de Lavieu possède plusieurs terres sous le titre de vicomté. Briand de Lavieu est chanoine de l'église de Lyon, quand il est élu archevêque de Vienne en 1306. Comme il est parent d'Amédée, comte de Savoie, Briand devient suspect aux Viennois. Dans la crainte qu'ils ne forment quelque tentative contre lui, il se retire pour quelque temps au château de la Bâtie, appelé aussi château de Saint-Sévère, parce qu'il se trouve situé au-dessus de l'église de ce nom. Briand de Lagnieu est de retour de la Bâtie, après la mort d'Humbert Ier, lorsque Jean, son fils et successeur, fait hommage à l'église de Vienne, entre les mains de l'archevêque, pour le comté de Vienne et d'Albon. En 1305 Bertrand de Got est couronné pape Clément V et en 1308 il convoque un concile œcuménique à Vienne pour l'année 1311. L'archevêque de Vienne a ses officiers, et le chapitre les siens également. Souvent il y a des contestations entre les officiers de l'archevêque et ceux du chapitre. Ces différends font sentir la nécessité de partager la juridiction, de même qu'on avait partagé les biens. Le partage est fait en 1309. À mesure que la date du concile se rapproche, ceux qui persécutent l'église de Vienne dans ses biens, craignant qu'elle n'en porte plainte au concile, cherchent à se raccommoder avec elle. Le dauphin jean II de Vienne Jean contracte avec l'archevêque et son église, un traité d'alliance et s'oblige à secourir de toutes ses forces et en toute occasion l'archevêque et son église et à leur entretenir à ses frais cent bons soldats bien armés. .Simon d'Archiac, prince-archevêque de Vienne de 1319 à 1320, cardinal.

.Guillaume de Laudun, prince-archevêque de Vienne de 1321 à 1327.

Fils de Guillaume II, seigneur de Laudun.

.Bertrand de La Chapelle, prince-archevêque de Vienne de 1327 à 1352

Il a beaucoup de démêlés avec le dauphin Humbert. En 1333, Philippe de Valois qui aspire à se rendre maître de Ste-Colombe, renouvelle à l'archevêque et au chapitre métropolitain ses prétentions sur le faubourg de Ste-Colombe. Le chapitre soutient ses droits avec la plus grande énergie; mais Bertrand de la Chapelle accorde au roi de France tout ce qu'il lui demande, ce qui le rend odieux au clergé et au peuple de Vienne. Pour se mettre à couvert, il quitte la ville et la médiation du pape devient nécessaire pour que les Viennois le reconnaissent de nouveau comme véritable et légitime pasteur. Une bulle de Jean XXII de février 1334, ordonne que les partis lui envoient des députés porteurs des pièces justificatives de leurs droits, pour qu'il puisse juger en connaissance de cause de la validité des oppositions. Mais Philippe VI ne s'amuse point à suivre cette procédure; sans attendre davantage, il s'empare de Ste-Colombe. Il unit ce faubourg de Vienne à son royaume, le fortifie et fait construire à l'entrée du pont une tour carrée.

.Pierre Bertrand, prince-archevêque de Vienne de 1352 à 1362.

.Pierre de Gratia, prince-archevêque de Vienne de 1362 à 1363.

.Louis de Villars 1363-1377, prince-archevêque de Vienne de 1363 à 1377

Fils d'Humbert, seigneur de Thoire et de Villars, et d'Éléonore de Beaujeu ; frère d’Henri de Villars, archevêque de Lyon et un neveu de Louis de Villars, archevêque de Lyon.

.Humbert de Montchal, prince-archevêque de Vienne de 1377 à 1395

Famille illustre de Montchal dans le Forez. Humbert est le fils de Falques III, seigneur de Montchenu, et d'Alix Alleman. A l’occasion d’un voyage à Paris, l'empereur Charles IV de Luxembourg, concède au dauphin, Charles II (futur roi Charles VI), fils de son neveu le roi de France Charles V, le titre de vicaire de l'empire dans le Viennois et dans les provinces du royaume d'Arles, avec la révocation de la juridiction dont l'archevêque de Vienne et son chapitre jouissent dans la ville de Vienne. Le jeune dauphin nomme comme vicaire son lieutenant Bouville, qui est déjà gouverneur. Les habitants, alarmés de la perte de leur liberté, veulent résister, mais quelques maisons brûlées et la vie qu'il en coûte à plusieurs citoyens intimident le reste et Bouville demeure le maître. On lui rend le château de Pipet.

.Thibaud de Rougemont, prince-archevêque de Vienne de 1395 à 1405, devenu ensuite archevêque de Besançon (1405)

Famille illustre dans le comté de Bourgogne. En 1382, le dauphin Charles II devient roi sous le nom de Charles VI. Par un arrêt de 1400, il rétablit l'archevêque Thibault et son chapitre dans leurs prérogatives temporelles sur Vienne. En 1402 les archevêques de Vienne deviennent abbés perpétuels de l’ordre de Saint-Chef et seigneurs du bourg et de ses dépendances, le château de Saint-Chef est pris et ruiné dans la guerre acharnée que se font Thibaud de Rougemont et les frères Guy et Jean de Torchefelon, ceux-ci ayant refusé de faire hommage à l’archevêque de leur château de Montcarra. Le fougueux prélat attaque brusquement ce château et le brûle. Les Torchefelon prennent et incendient celui de Saint-Chef, en font autant de celui de Seysseul et ravagent tous les environs. Lorsque le gouverneur du Dauphiné intervient pour chercher à arrêter ces désordres scandaleux, Thibaud excommunie les officiers du roi. L’année suivante, les Torchefelon brûlent le château de Mantaille. Les troupes de l'archevêque incendient à leur tour le château de Torchefelon. Le pape Benoît XIII saisit avec empressement l'occasion de transférer de Rougemont à Besançon.

Comtes de Vienne

Charles Constantin, fils de Louis l’Aveugle est comte de Vienne de 947 à 963.

Son fils Patton a une fille Etiennette de Vienne qui épouse Guillaume le Grand comte de Bourgogne auquel elle apporte le comté en dot. Le comté de Vienne se limite à la seule ville de Vienne dans lequel le pouvoir temporel est exercé au nom de l’archevêque sous l’autorité des comtes de Macon issus de la maison des comtes de Bourgogne.

De 1085 à 1239, les comtes de Vienne sont également comtes de Mâcon :

.Étienne Ier de Bourgogne (1085-1102)

.Renaud III de Bourgogne (1102-1148)

.Guillaume III de Mâcon (1148-1157)

.Géraud Ier de Mâcon (1157-1184)

.Guillaume IV de Mâcon (1184-1224)

.Géraud II de Mâcon (1224) .Alix de Mâcon (1224-1260).

En 1239, à la mort de son époux, Jean de Dreux, Alix vend le comté de Vienne et le comté de Mâcon à la Couronne de France.

2. Evêché/comté de Grenoble

Evêques :

.Mallen, évêque-comte de Grenoble de 1030 et 1037,

.Hugues (1053-1132), évêque-comte de Grenoble de 1080 à 1132

Né à Châteauneuf sur Isère dans la famille des seigneurs du lieu. Elu au concile d'Avignon de 1080 bien qu'il n'eût pas été encore ordonné. Conduit à Rome par un légat du pape, il est ordonné par Grégoire VII lui-même. Dès son retour, il se consacre à la tâche de réformer les abus dans son nouveau diocèse et d'y introduire la réforme grégorienne. Son épiscopat est marqué par le conflit avec Guigues III d'Albon sur la possession de territoires ecclésiastiques dans le Grésivaudan. Hugues soutient que le comte d'Albon a usurpé les terrains de l'évêché de Grenoble avec l'aide de l'évêque Mallen. Un accord n’est finalement trouvé entre Hugues et Guigues qu'en 1099. Guigues accepte de céder les territoires en litige pendant qu’Hugues admet l'autorité temporelle du comte dans les alentours de Grenoble. Par un acte du 5 septembre 1116, est confirmé l'abandon de tous les biens ecclésiastiques détenus par le comte. En 1130, âgé de 77 ans, il trouve la force d'aller à la rencontre du pape Innocent II qui fuie l'Italie et de l'accompagner jusqu'au Puy où devait se réunir un important concile visant à faire reconnaître Innocent II par les souverains d'Europe et à prononcer l'excommunication contre l'usurpateur Anaclet II. Il est canonisé le 22 avril 1134 par le pape Innocent II deux ans seulement après sa mort.

.Noel, évêque-comte de Grenoble en 1150

.Othmar de Sassenage, évêque-comte de Grenoble de 1150 à 1151

La famille de Sassenage serait issue des comtes de Forez : Girard, comte de Forez, fils et successeur d'Arthaud, comte de Lyon et de Forez, serait venu, vers 950, au secours de l'évêque Isarn, et aurait été récompensé de ses services par le don des terres de Sassenage et de Royans. .Geoffroi, évêque-comte de Grenoble de 1151 à 1164 Ardent partisan de la cause impériale au vu du diplôme que lui confère Frédéric Ier Barberousse. Déposé par le pape Alexandre III et remplacé par Jean de Sassenage, il se maintient sur son siège grâce à la protection du gouvernement delphinal. En 1161, Il se fait confirmer par diplômes impériaux les biens restitués et concéder les droits régaliens, entre autres l'exploitation des mines d'or et d'argent et le droit de battre monnaie. .Jean de Sassenage, évêque-comte de Grenoble de 1164 à 1220 De l’importante famille de Sassenage. En 1178, comme son prédécesseur, il se fait confirmer par l’empereur son pouvoir temporel obtenant comme le comte Guiges le droit de battre monnaie. .Guillaume Ier, évêque-comte de Grenoble en 1220 .Pierre Ier, évêque-comte de Grenoble de 1221 à 1223 .Soffroy, évêque-comte de Grenoble de 1223 à v.1237 .Pierre II, évêque-comte de Grenoble de 1237 à 1250 En mai 1238, il fait partie des vassaux convoqués à Vérone avec leurs troupes par l’empereur Frédéric II. L’archevêque d’Arles, Jean Baussan et l’évêque de Marseille, Benoît d’Alignan, sont à Vérone dès le mois de juin. Les contingents de Grenoble, d’Embrun, du Valentinois et du Diois y rencontrent sous les drapeaux de l’Empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence. Tous deux figurent comme témoins dans un acte où l’Empereur promet sa protection à la ville d’Embrun et lui assure le maintien de ses libertés et coutumes.

.Falcon, évêque-comte de Grenoble de v.1250 à 1266

.Guillaume II de Sassenage, évêque de Grenoble de 1266 à 1281

.Guillaume III de Royn, évêque-comte de Grenoble de 1281 à 1302

Profitant des divisions entre l’évêque et le Dauphin, les Grenoblois parviennent à faire adopter une charte de coutume leur garantissant un certain nombre de droits. En 1281, avec l'autorisation seigneuriale, les premiers consuls de la ville, au nombre de quatre, font leur apparition.

.Guillaume IV de Royn, évêque-comte de Grenoble de 1302 à 1337

En 1309, l’évêque Guillaume IV de Royn tente de passer outre les privilèges accordés aux Grenoblois mais une sédition éclate contre lui, les mécontents enfoncent les portes de l'évêché et maltraitent quelques-uns de ses officiers l'obligeant à s'enfuir quelques jours. Le dauphin Jean II absent de la ville au moment des faits, annule les poursuites judiciaires que l'évêque avait entamées.

.Jean de Chissé, évêque-comte de Grenoble de 1337 à 1354

La seigneurie de Chissé est située en Savoie dans le haut Faucigny, près de Sallanches. La souche de ses premiers possesseurs se partage en deux branches, dont l'une, après l'annexion du Faucigny au Dauphiné, va s'établir à Grenoble. Jean de Chissé, évêque de cette ville en 1337 est le conseiller intime d’Humbert II, dernier dauphin de Viennois qui sous son épiscopat cède le Dauphiné au roi de France. En théorie, le Dauphiné dont l’évêché de Grenoble et le comté de Grenoble restent des fiefs de l’empire.

.Rodolphe de Chissé, évêque-comte de Grenoble de 1354 à 1380, archevêque de Tarentaise de 1380 à 1385

Frère du précèdent. Assassiné dans son château en 1385.

.François de Conzié, évêque de Grenoble de 1380 à 1388, archevêque d’Arles de 1388 à 1390 puis archevêque de Toulouse de 1390 à 1391 et enfin archevêque de Narbonne en 1391. Patriarche de Constantinople en 1430, vicaire général du diocèse d’Avignon et Camérier du pape Clément VII,

La famille de Conzié est une des plus anciennes de Savoie ; oncle de Louis Aleman qui deviendra comme lui archevêque d’Arles. .Aimon de Chissé, évêque de Grenoble en 1388 Neveu de Rodolphe de Chissé ; fils de Girard de Chissé, trésorier général de Savoie. Il participe aux conférences pour l'extinction du schisme causé par la double élection d'Urbain et de Clément VII.

Comtes de Grenoble

Maison d’Albon (1029 à 1162)

.Guigues Ier dit le Vieux, seigneur d’Annonay, comte d’Albon de 1029 à vers 1075

Guigues I, dit le Vieux, est le premier Comte d’Albon. Epoux d’Adélaïde de Savoie Vers 1029-1030, l’archevêque de Lyon Brochard lui inféode le nord du comté de Vienne qu’il a reçu de la reine de Bourgogne-Provence et il acquiert le Grésivaudan et l’Oisans. Puis entre 1039 et 1043, Guigues Ier reçoit de l’empereur Henri III l’investiture du Briançonnais qui a été détaché en 1033 du diocèse de Maurienne par Conrad le Salique pour être rattaché à l’évêché d’Embrun. Il embrasse la vie religieuse à Cluny vers l’an 1063. La formation du Dauphiné est alors l’œuvre des comtes d’Albon, plus tard Dauphins de Viennois, qui ont l’habileté de réunir peu à peu sous leur autorité toutes les seigneuries voisines de leurs domaines. Mais ils doivent partager le pouvoir, en particulier la justice, avec les évêques de Vienne, Embrun, Grenoble et Gap.

.Guigues II dit "Le Gras", comte d’Albon et de Grenoble de 1075 à 1080

Fils du précédent. Marié en première noce avec Pétronille de Royans, puis en seconde noces avec Inès de Barcelone.

.Guigues III, comte d’Albon et de Grenoble de 1080 à 1120

Fils de Guigues II, il lui succède jusqu'en 1120. Son règne est marqué par la lutte continuelle qu'il livre au nouvel évêque de Grenoble, Hugues de Châteauneuf, pour la suzeraineté des biens d'église qu'il détient, notamment en Grésivaudan. Ce dernier soutient que les possessions des comtes d'Albon ont été usurpées à l'Église, avec l'aide de l'évêque Mallen. Finalement, un accord entre l'évêque et le comte est signé en 1099. Guigues restitue les églises et dîmes qu'il s'était approprié mais Hugues reconnait le partage des pouvoirs laïques et religieux sur Grenoble et sa région. Guigues III épouse Mathilde en 1095, qui est soit la fille d'Edgar Atheling soit la fille du comte Roger Ier de Sicile avec laquelle il a cinq enfants :

-Guigues IV, comte d'Albon .

-Humbert, archevêque de Vienne .

-Gersende, mariée à Guillaume III d'Urgel, comte de Forcalquier.

-Mathilde d'Albon, mariée vers 1135 à Amédée III, comte de Savoie.

-Béatrice d'Albon, mariée à Josserand de Die.

Le 13 janvier 1115, Rodolphe de La Salle contre-signe l'acte de concession des mines d'argent de La Rame (maintenant l'Argentière) par l’empereur Frédéric Barberousse au comte d'Albon.

.Guigues IV, comte d’Albon et de Grenoble de 1120 à 1142

Fils du précédent. Il est le premier à porter le titre de Dauphin dans un acte passé vers l’an 1140 entre lui et Hugues, l’évêque de Grenoble. Il épouse Marguerite, fille d’Etienne, Comte palatin ou plutôt, Administrateur du comté de Bourgogne, nièce du pape Calixte II avec laquelle il a pour enfants :

.Guigues futur Guigues V. .

.Béatrice, mariée à Aymar Ier de Poitiers, comte de Valentinois.

.Marquise, mariée à Guillaume VII d'Auvergne, comte d'Auvergne.

.Guigues V, comte d’Albon et de Grenoble de 1142 à 1162

Fils du précédent. À la mort de son père, Guigues V est trop jeune pour gouverner, c'est pourquoi sa mère Marguerite assure la régence jusqu'en 1153. À peine en âge de porter les armes, Guigues décide de venger son père en allant ravager les terres du comte de Savoie. Comme onze ans plus tôt, il met le siège devant Montmélian mais est mis en déroute par l'armée de secours du comte Humbert III de Savoie. L'évêque de Grenoble, Hugues II, intervient et une paix honorable pour les deux adversaires est conclue. La première expédition de Frédéric II en Italie affirme la puissance de son jeune empereur. Le 13 janvier 1155, Guigues V choisit, pour faire acte de soumission se rendant au camp impérial à Rivoli, non loin de Turin, pour rendre l’hommage à son suzerain l’empereur. En échange, il obtient de Frédéric la confirmation de tous les droits et privilèges que lui et ses prédécesseurs tenaient de l’Empire ; Frédéric y ajoute la concession d’une mine d’argent à Ramas et le droit de battre monnaie à Sézanne. Lors de la cérémonie, à côté de l’empereur se tient, Berthold de Zaehringen, vicaire impérial pour le royaume de Bourgogne-Provence qui céde à Guigues tous les droits qui pouvaient lui appartenir sur la ville de Vienne, et lui promet son concours pour écarter les prétentions du comte Guillaume de Mâcon sur cette ville. Cette concession servira plus tard de fondement aux droits que réclameront les dauphins dans leur longue lutte contre les archevêques de Vienne. En vertu de cette investiture, Il est le premier de sa maison à prendre le titre de Comte de Viennois. Extrait du diplôme de l'empereur officialisant cette reconnaissance des possessions de Guigues : « Au nom de la sainte et indivisible Trinité, Frédéric, par la clémence bienveillante de Dieu, roi des Romains,(…) nous faisons savoir à tous ceux qui sont fidèles au Christ et à notre règne, que nous concédons à notre fidèle Guigues dauphin, comte de Grenoble, tous les bénéfices héréditaires qu'il avait jusqu'alors possédés justement, librement et tranquillement (…) De plus, sur le conseil des princes, nous y ajoutons en bénéfice une mine d'argent qui est en notre possession à Rama, avec tout le profit qui peut en provenir (…).En outre, il a obtenu de notre majesté, le pouvoir (…) de fabriquer de la nouvelle monnaie, dans le village de Cesana, au pied du Mont-Joux, parce qu'aucune monnaie n'y était fabriquée auparavant (…). Guigues se montre brillant à la cour de l’empereur. Il meurt au château de Vizille en 1162, laissant encore à sa mère la régence du Dauphiné.

.Béatrice, dauphine du Viennois, comtesse d'Albon, de Grenoble, d'Oisans et de Briançon de 1162 à 1228,

Fille unique de Guigues V, lui succède sous la tutelle de Marguerite son aïeule. Elle épouse :

1) Albéric Taillefer, fils de Raymond V, comte de Toulouse pendant la jeunesse duquel Alphonse son oncle administra le Dauphiné.

2) Albéric étant mort sans lignée en 1180, Beatrix se remarie l’an 1184 à Hugues III, duc de Bourgogne qui meurt en 1192.

3) elle épouse alors en troisièmes noces, Hugues de Coligny, sire de Revermont.

Beatrix meurt en 1228 laissant de son deuxième mariage André qui suit, avec une fille nommée Mahaut et du troisième Marguerite, femme d’Amédée III, comte de Savoie. A sa mort en 1162, Marguerite reprend la régence et transmet le pouvoir au neveu de Guigues V, Guigues VI dit André.

Maison de Bourgogne (1192 à 1282)

André-Guigues VI (1184 -1237), dauphin de Viennois, comte d'Albon, de Grenoble, d'Oisans et de Briançon de 1228 à 1237

Fils de Beatrix et de Hugues III, duc de Bourgogne, il succède à sa mère. C’est lui qui prend le titre de dauphin en 1192. André-Guigues épouse :

1) Semnoresse, fille de Aymar de Valentinois dont il n’a pas d’enfant.

2) en 1202, Beatrix de Sabran de Castellar, dite de Claustral, petite fille de Guillaume V, comte de Forcalquier, d’Avignon d’Embrun et de Gap qu’il répudie en 1210 sous prétexte de parenté quoiqu’il ait une fille nommée Béatrix. Il acquiert nèammoins par ce mariage l’Embrunais et le Gapençais.

3) Béatrix de Montferrat dont il a Guigues, le futur Guigues VII. Béatrix, sa fille, étant veuve de ses deux maris lui fait cession de tout ce qui lui appartient. En 1225, il acquiert de Guillaume Ier, Dauphin d’Auvergne par acte du 9 octobre, les terres de Voreppe et de Varacieu. Guigues-André meurt le 5 mars 1237.

.Guigues VII (1225-1269), Dauphin du Viennois, comte d’Albon, de Grenoble, d’Oisans, de Briançon, de Gap et d’Embrun de 1237 à 1269

Fils et héritier du dauphin Guigues-André ; il épouse Béatrix, fils du comte de Savoie Pierre II et d'Agnès de Faucigny. Béatrice lui apporte en dot le Faucigny. En mars 1238, arrivent à Turin les représentants du jeune Dauphin Guigues VII, et avec eux les deux frères Jean et Aymon de Bernin, archevêques de Vienne et d’Embrun, les évêques de Grenoble et de Gap. Tout d’abord, deux diplômes y sont rendus au profit du Dauphin Guigues VII, encore placé sous la tutelle de sa mère Béatrice de Montferrat : l’un confirme à Béatrice et à son fils un péage en Viennois ; l’autre reproduit les privilèges des Dauphins, jadis reconnus par Frédéric Ier Barberousse, et déclare que ces seigneurs relèvent immédiatement de l’Empereur et de ses légats en Bourgogne. Guigues VII prend les titres de Dauphin de Viennois, de Comte d’Albon, de Gap et d’Embrun. L’an 1243, il rend hommage pour ses comtés de Vienne et l’an 1245, il reçoit de l’empereur Frédéric II, comme roi de Bourgogne-Provence, l’investiture des comtés de Gap et d’Embrun. L’empereur qui souhaite regagner à sa cause Guigues VII dans sa lutte contre le pape Innovent VI lui confirme par un acte daté de juin 1247 toutes ses acquisitions dans les comtés de Gap et d’Embrun et, de plus, lui concède les alleux situés dans ces deux comtés, ainsi que dans les comtés de Vienne, d’Albon et de Grenoble, sauf l’hommage et la fidélité que le Dauphin en doit à l’Empire. L’avantage est d’importance, si l’on considère que le Dauphin se trouve ainsi placé dans la hiérarchie féodale, au-dessus de tous les propriétaires d’alleux, qui cessent d’être ses pairs pour devenir ses inférieurs. L’empereur se rend à Verceil à l’été 1248. Son vassal Guigues VII est présent comme le comte de Savoie Amédée IV. Frédéric accorde à cette occaasion au dauphin une pension annuelle de trois cents onces d’or, payables par le Trésor impérial. Plus tard Guigues VII se heurte aux prétentions de Charles d’Anjou, sur les deux comtés, qui constituaient la dot de Béatrice de Sabran-Forcalquier, première épouse de Guigues VI. Guigues VI avait répudié sa première femme et avait conservé les comtés, qu'il avait transmis à son fils, issu d'un second mariage. Evidemment, Charles d'Anjou, héritier des comtes de Forcalquier, lui demande le retour des comtés. Charles est sur le point d’en venir à une guerre ouverte avec le Dauphin. Mais même dans sa famille, Charles d’Anjou rencontre de graves difficultés ; longtemps il doit lutter contre sa belle-mère, Béatrice de Savoie, veuve de Raymond Bérenger, qui l’accuse d’avoir lésé ses droits lors du règlement de la succession de Provence. Le roi Louis IX, gendre de Béatrice et frère de Charles, est tout naturellement désigné pour concilier ce différend : de concert avec les légats du pape Alexandre IV, il y travaille activement et réussit à y mettre fin par une sentence arbitrale que lui-même et les légats rendent à la fin de l’année 1256. La sentence, qui est ratifiée par le roi d’Angleterre Henri III, autre gendre de Béatrice, détermine l’étendue des droits qui doivent être attribués à titre de douaire à la veuve de Raymond Bérenger. Ce document contient une allusion à une autre querelle qui, sans la sage intervention du pape et du roi de France, risque de mettre en feu la Provence et le Dauphiné. Presque depuis le commencement du siècle les dauphins de Viennois prétendent avoir acquis le Gapençais des comtes de Forcalquier. Depuis lors, le comté de Forcalquier a été réuni à celui de Provence, et Charles d’Anjou se trouve être le représentant des anciens seigneurs du Gapençais ; à ce titre il conteste la prétention du dauphin Guigues VII. A la fin de l’année 1256, le conflit en arrive à une phase aiguë ; Charles d’Anjou menace, pour se faire justice, d’attaquer les domaines du Dauphin. Il faut tout le poids de l’autorité du pape et du roi pour l’arrêter. Alexandre IV va même jusqu’à ordonner aux archevêques d’Embrun, de Vienne et d’Aix, et aux évêques de Grenoble et de Gap, de prêter assistance à Guigues contre toute agression. Enfin les deux parties consentent à accepter un compromis : l’affaire est remise à la décision de Barral de Baux, arbitre choisi par le comte de Provence, et de Jean de Bernin, archevêque de Vienne. Le 17 juillet 1257 les arbitres rendent leur jugement qui maintient le Gapençais au Dauphin à charge d’en faire hommage au comte de Provence, Guigues conservant la suzeraineté sur Embrun. Mais cette sentence fait naître un nouveau différent soulevé par l’Archevêque d’Embrun, qui prétend qu’il porte atteinte à ses droits. Le pape se déclare en faveur du prélat et l’affaire n’est pas réglée avant le décès de Guigues VII fin 1269.

.Jean I, Dauphin du Viennois, Comte d’Albon, de Grenoble de Grésivaudan, de Gapençais, d’Oisans, de Briançon et d'Embrun, baron de Faucigny de 1269 à 1281

Fils du précédent ; il lui succède sous la tutelle de sa mère Béatrix de Savoie.

En 1269, il rend hommage pour ses possessions à Charles Ier, comte de Provence et roi de Sicile. Jean meurt en 1281.

Maison de la Tour du Pin (1282 à 1349)

Lorsque, après la mort de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, les évêques et les comtes, profitant de la faiblesse et de l'éloignement des empereurs appelés à recueillir la succession de ce prince, s'emparent, les uns des villes de leurs sièges, les autres des terres de leurs gouvernements, une foule de petits souverains apparait sur le territoire du Dauphiné. Les guerres qu’ont dû soutenir l'empereur Conrad et ses successeurs, en Allemagne et en Italie, ont permis à raffermir ces seigneurs dans leur usurpation .L’un d'eux est le baron de la Tour, qui, à l'exemple des prélats et des autres grands du pays, se rend maître de la partie actuelle du département de l'Isère entre le Rhône et la Bourbre, jusqu'à Charpieu, près de Lyon, et dont la capitale était la Tour-du-Pin. La baronnie de la Tour comprenait la terre de ce nom, celles de Quirieu, de Bourgoin, de Maubec, de Faverges, de Falavier, de Saint-Jean-de-Bournay, de Châtonnay, de Mézieu, de Puisignan, des Eparres, de Virieu, de Dolomieu, d'Anthon et de l'île de Crémieu ; elle s'étendait, au-delà du Rhône, dans la Bresse et dans le Bugey. Elle s'accrut, plus tard, des seigneuries de Revermont et de Coligny, dans la première de ces deux provinces, par le mariage d'Albert III avec l'héritière de ces deux dernières terres. Une étendue de territoire aussi considérable, des traités et des alliances que firent les barons de la Tour avec ceux de leurs voisins les plus puissants, les placèrent de bonne heure à côté des Dauphins ; ils recherchèrent surtout la faveur et l'amitié de ces princes, jusqu'à ce qu'enfin l'un d'eux, ayant obtenu la main de l'héritière de leurs états, ils leur succédèrent dans leur puissance et dans leur principauté. Le nom de celui qui, le premier, gouverne la baronnie de la Tour n'est plus connu de même que de ses successeurs, jusqu'à un dénommé Berlion ou Berillon, mentionné dans un acte du prieuré d'Innimont, en 1107. Son fils Giraud ou Geraud, lui succède puis son fils Albert Ier, baron de la Tour du Pin à sa mort, la terre de la Tour est partagée entre ses fils, Albert et Berlion : le château reste en entier au pouvoir du premier, qui était l'aîné. Albert II, baron de la Tour du Pin épouse Marie, fille de Robert V, comte d'Auvergne ; il vit en 1190 et en 1202. Albert III, baron de la Tour du Pin, fils d'Albert II, et de Béatrix de Coligny.

Albert IV, baron de la Tour du Pin, fils d’Albert III lui succède et ne survit que cinq ans; il obtient de l’empereur Frédéric II, par des lettres-patentes, datées de Parme, du mois de septembre 1245, la confirmation d'un droit de péage dans la terre de la Tour, accordé autrefois par les empereurs à ses prédécesseurs ; lettres qui prouve que cette terre relève immédiatement de l'empire. C'est lui qu'Alphonse, roi de Léon et de Castille, nommé empereur en 1257, nomme, cette année, son sénéchal des royaumes de Bourgogne-Provence, avec pouvoir d'en exercer les fonctions lorsqu'il se rend à sa cour. Ce baron meurt en 1264.

.Anne, dauphine du Viennois, comtesse d’Albon, de Grenoble et de Gap de 1281 à 1306

Fille du dauphin Guigues VII, sœur aînée du dauphin Jean, elle se met en possession du Dauphiné après la mort de son frère. Mariée depuis le 1er septembre 1273 à :

.Humbert, baron de La Tour du Pin (? - 1306)

Frère du baron de la Tour du Pin Albert IV, sénéchal du royaume de Bourgogne-Provence.

Le jour même de la mort du jeune Dauphin Jean, sa mère Béatrice, dame de Faucigny, investit de ses possessions dans cette province son petit-fils Jean, fils d’Anne et Humbert de la Tour du Pin, si l’héritage du Dauphiné n’échappe point à la maison de la Tour. Cette libéralité assure pour l’avenir la réunion dans les mêmes mains du Dauphiné et du Faucigny ce qui évidemment ne peut plaire aux comtes de Savoie, peu désireux de voir ainsi s’accroître la puissance de leurs rivaux. Béatrice le prévoit, et pour mieux assurer l’effet de sa libéralité, elle s’adresse au représentant du pouvoir impérial. Le 24 septembre 1282, Hermann de Baldeck, qui porte le titre de bailli général de l’Empire pour le Royaume de Bourgogne-Provence , assiste à la cérémonie de l’investiture du Faucigny, que Béatrice donne à son petit-fils par le procédé traditionnel de la festuca ; il prend l’enfant sur ses genoux, pendant que Béatrice lui adresse ces paroles :

« Beau-fils Jean, je te place sous la garde et la protection du sérénissime seigneur Rodolphe, roi des Romains, qui te maintiendra et te défendra dans la possession de tous ces biens ». Humbert prend le titre de Dauphin mais ce titre lui est contesté par Robert II, Duc de Bourgogne, qui prétend succéder au Dauphin Jean, comme plus proche héritier de la ligne masculine. Cette prétention occasionne divers combats assez sanglants et plusieurs sièges. L’empereur Rodolphe de Habsbourg éprouve quelque embarras dans cette affaire. Ses sympathies vont à Humbert de la Tour ; de plus, il est en quelque façon engagé à le protéger, lui et les siens, pour leur avoir donné sa protection par l’entremise de son bailli Hermann de Baldeck. Cela paraît d’autant plus probable que l’année suivante, en 1283, Rodolphe parvient, à faire une campagne décisive contre le comte Philippe de Savoie. Les hostilités se terminent par un traité du 10 décembre 1283, totalement désavantageux à la maison de Savoie. Le comte de Savoie doit restituer à l’empereur Rodolphe de Habsbourg, Morat, Gümminen et ses droits sur Porrentruy. Les Habsbourg triomphent dans la Suisse occidentale qui fait partie alors du Royaume de Bourgogne-Provence; Rodolphe cependant ne semble pas pressé de consommer sa victoire en élevant la famille de la Tour du Pin pour l’opposer la maison de Savoie. En effet d’abord Béatrice de Faucigny, veut revenir sur sa donation et remplit, devant le tribunal de deux abbés délégués par Rodolphe, les formalités nécessaires pour arriver à la révocation de sa libéralité. De plus, un événement imprévu rapproche Rodolphe le roi des ennemis du Dauphin. En effet, sans doute en vue de resserrer les liens qui l’attachent à la dynastie Capétienne et d’affermir sa propre influence dans l’est de la France, Rodolphe, alors âgé de soixante-six ans, a demandé et obtenu la main de la jeune Isabelle de Bourgogne, sœur du duc Robert, qui devient ainsi le beau-frère de l’Empereur, et le dernier représentant mâle de l’ancienne race des Dauphins, partant le rival d’Humbert de la Tour ; or, au moment de la célébration de son mariage, c’est-à-dire en février 1284, Rodolphe de Habsbourg, sans s’inquiéter de ses anciennes relations avec la famille de la Tour, accorde à Robert de Bourgogne l’investiture du Dauphiné. Aussi la guerre fait rage entre le duc de Bourgogne aidé du comte de Savoie et le Dauphin appuyé par son auxiliaire le comte de Valentinois. Cependant Rodolphe n’est pas sans regretter cette lutte entre des seigneurs qui de part et d’autre lui tiennent de près ; le 17 mars 1284 par une lettre adressée à Humbert de la Tour, auquel il donne le titre contesté de Dauphin, comte de Vienne et d’Albon, il l’invite à venir à sa cour afin de chercher les moyens de rétablir la paix ; à l’aller et au retour, il lut assure le libre passage sur toutes les terres autres que celles du comte de Savoie. L’intervention demeure sans effet ; la lutte continue jusqu’à ce que la médiation puissante du roi de France Philippe le Bel qui engage les parties à conclure à Paris le 25 janvier 1285 un accommodement par lequel Humbert demeure possesseur du Dauphiné au moyen de la cession qu’il fait à Robert des terres de Coligny et de Revermont. Humbert garde le Dauphiné en abandonnant à son adversaire diverses possessions dont les plus importantes sont les seigneuries de sa famille au-delà de l’Ain ; il s’oblige en outre à payer au duc de Bourgogne une indemnité de vingt mille livres tournois. Cette dette est une lourde charge pour Humbert : il lui faut, pour s’en acquitter, recourir à la bourse de son fidèle allié le comte Aymar de Valentinois. D’ailleurs le roi Philippe le Bel ne perd pas de vue le traité de paix dont il a obtenu la conclusion pendant les années qui suivent, les officiers royaux s’occupent d’en assurer l’exécution. Maintenant le roi de France, dont l’influence déjà puissante sur les comtes de Valentinois vient de s’affermir en Dauphiné, ne néglige aucun moyen de faire respecter son autorité ; dès 1287, il a établi sur les frontières du royaume, pour protéger ses droits et sans doute aussi pour saisir tous les prétextes de les étendre, un représentant qui porte le titre de bailli royal dans les diocèses du Puy, de Vienne, de Valence et de Viviers : c’est peut-être une imitation du bailli impérial que Rodolphe de Habsbourg a chargé de le représenter en Bourgogne. En tous cas cet agent fait sentir aux seigneurs voisins, même aux plus puissants, tout le poids de la main de son maître ; il traite le Dauphin et le comte de Valentinois comme des sujets, les cite devant sa juridiction et leur inflige, des amendes quand il constate sur leurs domaines des infractions aux ordonnances royales, par exemple des duels où le port d’armes prohibées. En toutes ces affaires, la politique de l’empereur Rodolphe n’a pas été heureuse ; grâce à son alliance, avec le duc de Bourgogne, il a jeté dans les bras de Philippe le Bel le Dauphin et le comte de Valentinois. S’il ne réussit pas à conserver ses alliés naturels, encore moins parvenait-il à rallier à sa cause des ennemis invétérés tels que les Savoyards. Cependant il essaye d’exploiter à son profit la discorde jetée dans la maison de Savoie par l’ouverture de la succession du comte Philippe mort le 17 aout 1285. Philippe a pris le parti de s’en rapporter au jugement d’un tiers et par son testament il déclare remettre l’affaire aux mains, non pas du roi des Romains Rodolphe, mais d’Edouard Ier, roi d’Angleterre et de sa mère Éléonore. Depuis longtemps Louis de Savoie bénéficie des bonnes grâces de Rodolphe ; déjà un diplôme de 1284 témoigne en quelle faveur le tient le roi des Romains. Sans doute sous l’influence des exécuteurs testamentaires, des arbitres furent nommés pour décider entre les prétentions rivales d’Amédée et de Louis l’inclination personnelle du roi des Romains fut pour peu de chose dans leur décision. Amédée est désigné pour succéder au comte de Savoie, et Louis doit se contenter de possessions importantes, situées notamment dans le pays de Vaud ; il est obligé d’en rendre hommage à son frère aîné. Encore une fois la Savoie retrouve un souverain peu sympathique à la maison de Habsbourg. Amédée V, comte de Savoie qui a pris le parti du Duc de Bourgogne, est en conflit par ailleurs avec le Dauphin Humbert au sujet de la Baronnie de la Tour du Pin et d’autres terres qu’il prétend relever de lui. En 1291, Humbert et plusieurs prélats du Royaume de Bourgogne-Provence viennent trouver l’empereur Rodolphe à Morat pour lui rendre leur hommage ; Humbert remporte de ce voyage l’avouerie de l’Abbaye de St Claude que Rodolphe lui confère pour la tenir comme Sénéchal du Royaume de Bourgogne ainsi que ses successeurs. Le comte Amédée IV attire dans son parti Louis, baron de Vaud, son frère, seigneur de Gex, et l’Abbé d’Ambournai avec lesquels il forme une ligue contre le Dauphin Humbert. Celui-ci, de son côté bénéficie de l’alliance de l’Archevêque et du chapitre de Vienne, de l’evêque de Valence, de Jean Chalon, baron d’Arlay et du comte de Valentinois. Le 9 décembre 1289, Anne et son époux Humbert voulant assurer leur succession à leur fils Jean, lui font donation, de leurs états en se réservant l’usufruit des revenus. Le comte de Savoie et le dauphin Humbert, après avoir fait divers compromis qui suspendent les hostilités sans les terminer, s’accordent enfin, au mois de juin 1293 par un traité. Les querelles et les hostilités s’étant renouvelées entre le comte de Savoie et le dauphin, ils conviennent après s’être fait réciproquement beaucoup de mal, de prendre pour arbitre Charles de Valois, frère du Roi de France, lorsqu’il passe dans leurs Etats, pour aller au secours du Roi de Naples son cousin. L’acte du compromis signé près de Montmeillan est de juillet 1301. Charles de Valois ordonne préalablement la cessation de toute hostilité ; mais il est mal obéit, comme on le voit par ses lettres datées de Tournus, à son retour, le 22 janvier 1302. Le Dauphin Humbert décide en Septembre 1306, de se retirer à la Chartreuse de Val Sainte-Marie au diocèse de Valence. Il y meurt le 12 avril de l’année suivante.

.Jean II, dauphin du Viennois, comte d’Albon et de Gap de 1306 à 1319

Fils d’Humbert et de Béatrix. Il reçoit, le 18 Avril 1307 après l’inhumation de son père, l’hommage des seigneurs du Dauphiné qui assistent à cette cérémonie. Il ajoute à ses possessions celle du Comté de Genève dont le Comte Guillaume lui fait hommage lige le 16 juin 1316. Jean s’étant rendu à la Cour d’Avignon, meurt à son retour, le 5 mars 1319 à l’âge de 38 ans.

.Guigues VIII, dauphin du Viennois, comte d’Albon et de Gap de 1319 à 1333

Fils aîné de Jean II. Il lui succède à l’âge de neuf ans, sous la tutelle et régence d’Henri de la Tour, son oncle, élu évêque de Metz.

L’an 1323, il épouse le 17 Mai, Isabelle fille du roi Philippe le Long à laquelle il a été fiancé dès le 16 juin 1316. En 1325, Guigues se déclare pour Hugues de Genève, seigneur d’Authon, son vassal contre Edouard, comte de Savoie qui lui fait la guerre. Edouard les bat deux fois ; mais la même année, ils remportent sur lui une victoire considérable, le 9 Août, dans la plaine de Saint Jean le Vieux, devant le château de Varei dont il faisait le siège. A la suite de cette victoire des arbitres choisis de part et d’autre parviennent à établir une paix solide entre elles par un traité qu’elles concluent le 7 Mai. Entre les prisonniers que fait le Dauphin, les plus importants sont Jean de Chalon, comte d’Auxerre, Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre et Guichard, sire de Beaujeux qu’il ne relâche que longtemps après et moyennant de fortes rançons. En 1328, après une trêve conclue avec Edouard, par ordre du roi Philippe de Valois, Guigues, accompagné de Henri, son oncle, suit le roi de France en Flandres et combat à la bataille de Montcassel, le 28 Août de cette année. Aymon de Savoie, successeur d’Edouard, ayant recommencé la guerre contre le Dauphin, Guigues va assiéger le château de la Perrière. Il y reçoit une blessure dont il meurt le lendemain, 28 juillet 1333.

.Humbert II (1312- 1335), baron de Faucigny de 1328 à 1335, dauphin du Viennois de 1333 à 1349

Fils de Jean II et de Béatrice de Hongrie ; frère de Guigues VIII.

Il est depuis 1328, en Hongrie ou il est allé pour recueillir la succession de Clémence de Hongrie, veuve de Louis le Hutin, roi de France, sa tante, qui l’a institué son héritier universel. De là, étant passé à Naples, il y a épousé en 1332, Marie de Baux. Pendant son absence, Béatrix de Viennois, sa tante, exerce la Régence du Dauphiné avec les principaux seigneurs du pays. Le 20 juin 1337, il nomme Agoult des Baux, oncle de son épouse, administrateur de ses finances privées. Après la perte de son fils unique André, il abandonne vite l'espoir d'avoir une descendance et projette dès 1337 de céder son héritage. Humbert II ambitionne de devenir roi de Bourgogne-Provence ; une lettre d’Edouard III, roi d’Angleterre, à l’empereur Louis de Bavière, du 3 mars 1338, le supplie d’accorder au Dauphin ce titre de Roi de Bourgogne-Provence. Louis de Bavière est d’autant plus prêt à accéder à cette demande qu’il obtient par là un nouveau partisan dont il a grand besoin dans les conjonctures critiques où il se trouve. Mais, Humbert, faisant ensuite réflexion qu’en acceptant cette faveur, il va se compromettre avec la Cour Pontificale, siégeant alors à Avignon, et ennemie déclarée de Louis de Bavière qu’elle refuse de reconnaître pour empereur, ne juge pas à propos d’en faire usage. Le rôle d’Agoult des Baux s’amplifie lors des négociations de paix entre le Dauphin et Vienne, en juillet 1338, à la suite de la révolte des Viennois. Au cours de l’été, Humbert doit emprunter 30 000 florins au pape pour solder ses troupes et donner en gage ses terres. Le roi de France Philippe VI et son conseiller l’archevêque de Rouen, Pierre Roger sentent qu’il y a l’opportunité d’acheter ; le roi de France soutient alors l’accession de son conseiller à la pourpre cardinalice ; le pape Benoît XII nomme celui-ci cardinal par lettre bullée, en date du 12 décembre 1338. Les difficultés financières s'accumulant, Humbert fait procéder à l'inventaire de ses biens en 1339 dans le but de les vendre au pape Benoît XII. Celui-ci lui en offre d’abord 150 000 florins tout en décidant d’enquêter sur les revenus domaniaux du Dauphin. L’archevêque de Rouen arrive à Avignon le 5 mai 1339 et reçoit, le 12, le chapeau de cardinal. Entretemps de janvier à juillet 1339, Jean de Cojordan, évêque d'Avignon, trésorier pontifical, et Jean d’Arpadelle, chapelain du pape, parcoururent le Viennois et le Briançonnais. Ils estiment les revenus annuels du Dauphin à 27 970 florins, ce qui donne une valeur théorique de vente pour le Dauphiné de 559 400 florins. La transaction avec le pape échoue. Humbert vivant au-dessus de ses revenus, est obligé de recourir aux emprunts. En 1340, il est redevable depuis plusieurs années envers la Chambre Apostolique de 16 mille florins dont il diffère le remboursement. En octobre 1340, il demande un délai de paiement. Mais il n’entend pas pour autant négliger d’exercer l’autorité qu’il s’est fait accorder dans Vienne par le chapitre et les habitants de la ville. Philippe VI engage alors à son service Agoult des Baux qu’il nomme le 30 octobre 1340 sénéchal de Beaucaire. De son côté, l’archevêque de Vienne s’étant pourvu devant la cour d’Avignon, obtient de Benoit XII une Bulle en date du 12 décembre 1340, qui déclare nulle la cession que le chapitre avait faite au Dauphin sur les droits de la ville. En août 1341, Humbert est toujours débiteur de 16 200 florins. Le cardinal Pierre Roger intervient auprès de Benoît XII qu’il persuade d’excommunier le mauvais payeur. Affolé le pieux Humbert offre alors au pape de couvrir sa dette en donnant au Saint-Siège quelques-uns de ses fiefs. Toujours conseillé par Pierre Roger, Benoît XII fait une réponse négative à l’ambassade delphinale. Sans héritier, endetté jusqu’au cou, rejeté de l’Église, Humbert II devient une proie facile pour le royaume de France. Le roi de France Philippe gagne ses officiers, et les engage à le persuader de faire cession de ses états à la France, sous la promesse d’en recevoir une compensation qui le mettrait en état de passer heureusement le reste de ses jours. La négociation réussit. L’an 1343, par un traité qui est ratifié à Vincennes le 23 Avril. Humbert fait donation de tous ses états à Philippe, duc d’Orléans, fils puîné du roi, lui substituant, faute d’héritiers, l’un des fils de Jean de France, duc de Normandie, tel qu’il plairait au roi de nommer. Mais, l’année suivante, on fait, en présence du Pape, le 9 Juin à Avignon, un autre traité par lequel Humbert fait donation entre vifs, pure et irrévocable, de tous ses états en faveur de Jean, duc de Normandie ou de l’un de ses enfants, sous la condition que son successeur aux dits Etats conserverait aux Dauphinois leurs privilèges ; ce qui est confirmé par deux bulles du Pape Clément VI données le 9 Juillet et le 11 Septembre suivant (Il est remarquable que le Pape donne ces bulles par l’autorité tant impériale que pontificale, regardant la première de ces deux autorités comme dévolues au Saint Siège par l’excommunication de Louis de Bavière qui rendait, selon lui, l’Empire vacant).Cent vingt mille florins d’or et dix mille livres de pension viagère sont le prix de la libéralité du Dauphin envers la France. Le Pape ayant ordonné une Croisade contre les Turcs, Humbert demande et obtient d’en être nommé le chef. Revêtu de ce titre; il s’embarque le 2 septembre à Marseille. Ayant abordé à Nègrepont, il entre de là en Asie. Après quelques avantages remportés l’année suivante sur les infidèles, il reçoit un ordre du Pape de faire une trêve avec eux. Alors, il remet à la voile pour son retour, et perd à Rhodes, dans le mois de mars ou d'avril 1347 son épouse, qui l’avait accompagnée. Il envisage de se remarier ; et comme les traités qu’il a faits avec la France n’offrent qu’une succession éventuelle, ce projet de remariage inquiète le roi de France. Une nouvelle négociation s’engage qui aboutit au traité signé le 30 mars 1349 à Romans.

.Charles Ier, dauphin du Viennois de 1349 à 1364, vicaire impérial, roi de de France en 1364 à 1380

Fils du roi de France Jean II le Bon et neveu de l'empereur Charles IV de Luxembourg.

Le 16 juillet 1349, à Lyon, en présence de Jean, duc de Normandie, fils aîné du roi de France et futur roi Jean II dit le Bon, Humbert abdique de tous ses états en faveur de Charles de France, fils aîné de Jean et de Bonne de Luxembourg, elle-même sœur ainée de l’empereur Charles IV de Luxembourg qu’il investit sur le champ en lui donnant l’ancienne épée du Dauphiné et la bannière de St Georges. Le même jour, le nouveau Dauphin, par un acte particulier, fait entre les mains de l’évêque de Grenoble, représentant le corps de l’Etat, le serment de conserver les libertés, coutumes et privilèges du Dauphiné. Le 13 du même mois, Charles rend hommage à la cathédrale de Lyon à l’archevêque Henri de Villars et à son chapitre, pour différentes parties du Dauphiné qui relèvent de cette église. Le 2 août de la même année, il rend hommage à l’église de Vienne ; et, dans le mois de décembre suivant, il fait à Grenoble son entrée en présence d’Humbert. Humbert abdique officiellement le 1er février 1350 en présence des principaux seigneurs du pays assemblés dans le couvent des Dominicains de Grenoble auxquels il déclare par un discours également ferme et touchant " qu’à l’avenir ils eussent à reconnaître Charles de France pour leur légitime Souverain. " La même année, Humbert s’étant rendu à Avignon pour être promu aux Ordres Sacrés, il les reçoit tous, dans l’intervalle des trois messes de Noël, de la main du Pape. Cette précipitation dont le prétexte était d’honorer davantage le Dauphin alors que le vrai motif est de l’empêcher de rentrer dans le monde, comme le bruit court qu’il en a l’intention, est suggéré par la Cour de France avec laquelle Clément VI agit toujours de concert dans cette affaire. Pour la tranquilliser parfaitement sur le compte d’Humbert, huit jours après il le sacre Patriarche-Latin d’Alexandrie. Le roi le fait pourvoir, en 1352 de l’administration de l’Archevêché de Reims et le nomme le 25 janvier 1354, évêque de Paris. Mais Humbert se démet du soin de l’église de Reims, le 22 février suivant, entre les mains du Pape, renonce à l’évêché de Paris et se retire à Clermont en Auvergne, dans le couvent de son ordre où il meurt le 22 mai 1355. Le Dauphiné n’étant pas incorporé au domaine royal français, Charles doit rendre hommage à Metz pour le Dauphiné et en reçoit l’investiture par l’empereur Charles IV de Luxembourg. Par lettres du 1er Janvier 1357 adressée au dauphin Charles, fils du roi Charles V, il lui accorde la confirmation de tous les droits et privilèges que les Dauphins de Viennois tenaient de ses prédécesseurs. L’empereur Charles IV est couronné en 1365, roi de Bourgogne-Provence dans la cathédrale Saint Trophime d’Arles et en 1378, par lettres données à Paris le 7 Janvier, il nomme Vicaire à titre viager pour le Dauphiné et une partie de la Provence, le dauphin Charles ; et le 23 du même mois ce dernier donne commission au Gouverneur du Dauphiné, Charles de Bouville d’exécuter les lettres de l’empereur. Ce nouveau pouvoir va permettre à Bouville de se mêler des affaires du comte de Valentinois et Diois, Louis de Poitiers. En 1389 encore le dauphin Charles, futur roi Charles V arbore l’emblème du Dauphiné comportant le dauphin dans deux quarts et les aigles impériales dans les deux autres ; ce n’est que postérieurement sous l’ordre du roi François Ier que les aigles seront remplacées par les lys de France. En 1426, le roi Charles VI cède le Dauphiné au Dauphin Louis, son fils, qui n’a que trois ans ; cession qu’il confirme l’an 1440. Mais jusqu’en 1457, année où Charles VII l’intègre au Royaume, le Dauphiné demeure une principauté séparée de la France.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:47

Au partage de Verdun de 843 entre les trois petits fils de Charlemagne ( Francie occidentale à Charles Chauve, Francie Médiane à l'ainé Lothaire,et Francie nrientale à Louis le germanique)  le Duché de Lyon composé du comté de Lyon et de celui de Vienne est attribuée au Royaume de Francie Médiane puis au décès de l’empereur Lothaire Ier au Royaume de Bourgogne Cisjurane attribué à son fils Charles de Provence en 863. La même année, à la mort de Charles de Provence, c'est Lothaire II, fils de l'empereur Lothaire Ier,roi de Lotharingie, qui hérite du duché du Lyonnais.

Boson qui se fait proclamer roi de Provence en 879, s’empare en 886 de Lyon et de Vienne en battant et tuant Bernard, comte d’Auvergne, duc d’Aquitaine et gouverneur du Lyonnais. En 888, Rodolphe Ier fonde le Royaume de Bourgogne Transjurane. Le fils de Bernard, Guillaume duc d’Aquitaine reprend vers 905 le comté de Lyon dont il fait hommage au roi Charles le Simple. Dès la mort de Guillaume d’Aquitaine en 918, Hugues d’Arles, gouverneur du royaume de Provence, s’empare de Lyon et y installe le dénommé Guillaume, premier comte de Lyon.

La suzeraineté sur le comté de Lyon passe d’Hugues d’Arles à Hugues le Noir en 926 puis en 933 au roi de Bourgogne Rodolphe II avec le rattachement du Royaume de Provence au Royaume de Bourgogne.

Au Xe siècle, les comtes de Lyon sont les seigneurs suzerains de la ville de Lyon.

En 962, Othon le Grand roi de Francie Orientale (Germanie) restaure l’empire sous le nom d’Empire romain germanique. Vers l’an 1000, l’archevêque Burchard, frère du roi Rodolphe III repousse les limites de son comté du Lyonnais vers Feurs et Roanne. En 1032, meurt le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe III ; il lègue son royaume à son beau-frère Conrad le Salique, empereur romain germanique de sorte que les comtés de Lyonnais et de Forez intègrent l’ Empire mais une de ses sœurs épouse du capétien Robert II le Pieux a eu de son premier mariage avec le comte de Blois, un fils Eudes qui s’estime l’héritier du comté du Lyonnais ; en 1035, il échoue contre les troupes impériales mais deux ans plus tard, il réussit à s’emparer de Lyon. Mais peu de temps après, il est tué en Lorraine. Le roi de France et l’empereur finissent par s’entendre.

Dès lors, Lyon est tiraillée par les luttes entre le comte de Forez, vassal du roi de France et l'archevêque, vassal du Saint Empire. Néanmoins « l'Eglise de Lyon » (archevêque et chapitre cathédral des chanoines de Saint Jean) se trouve, au XIe siècle, en état de revendiquer l'autorité sur le comté de Lyon, que lui disputait le comte de Forez.

Comtes de Lyon :

.Guillaume Ier de Lyon, comte de Lyon vers 902 à 926

.Guillaume II de Lyon, comte de Lyon vers 926 à 945

.Artaud Ier de Lyon, comte de Lyon de 945 à 960

Frère du précédent.

.Gérard Ier, comte de Lyon de 960 à 990

Fils du précédent.

.Artaud II de Lyon, comte de Lyon de 990 à 1011

Fils du précédent.

.Artaud III de Lyon, comte de Lyon de 1011 à 1014

Fils du précédent.

.Artaud IV, comte de Lyon de 1014 à 1017

Fils du précédent.

.Gérard II de Lyon, comte de Lyon de 1017 à 1050

Frère du précédent.

.Artaud V de Lyon, comte de Lyon de 1050 à 1079

Fils du précédent.

.Guillaume III de Lyon l'Ancien, comte de Lyon de 1079 à 1097

Fils du précédent

.Guillaume IV de Lyon, comte de Lyon de 1097 à 1107

Fils du précédent.

Maison d'Albon

.Guigues Ier, comte de Lyon et de Forez de 1107 à 1138,

Fils de Guigues-Raymond de Forez (fils de Guigues II d'Albon) et de Ide-Raymonde (fille d'Artaud, dernier comte de Lyon). Cousin du précédent. Marié à Marie, comtesse de Beaujeu, fille de Guichard III, seigneur de Beaujeu.

.Guigues II ( ?-6 décembre 1206), comte de Lyon et de Forez de 1138 à 1173, comte de Forez jusqu’en 1198

Fils du précédent. Il est confié par son père au roi Louis VII qui le prend sous sa protection et le fait élever à la cour.

C'est avec lui que naissent les litiges entre le Comté de Forez et les Sires de Beaujeu au sujet de leurs terres respectives. En outre en 1157, l'empereur Frédéric Barberousse accorde à l'archevêque Héracle de Montboissier une bulle d'or lui accordant la souveraineté totale sur Lyon et la partie du Lyonnais situé à l’est de la Saône, dont il prive Guigues excluant toute ingérence de celui-ci par la formule : « Que nul comte ou juge ne s'avise de faire la loi sur ces terres, sinon l'archevêque et primat de Lyon ».Dépossédé donc de ses droits sur Lyon par l’empereur, Guigues entre en conflit avec l'archevêque Héracle de Montboissier. Avec le soutien du roi Louis VII, du pape Alexandre III et l'élection comme archevêque de Guichard de Pontigny, il récupère ses droits par un premier accord en 1167 mais en 1173, un deuxième accord connu sous le nom de permutatio est signé par lequel Guigues renonce à la majeure partie de ses droits sur le Lyonnais qui relève dès lors de la juridiction temporelle de l'archevêque et un échange de terres afin de créer des domaines plus homogènes est effectué. Ainsi, l'Église de Lyon abandonne ses possessions temporelles dans la vallée de la Loire alors que le comte de Forez renonce à ses possessions dans le Lyonnais. Marié à Ermengarde, il a trois enfants :

.Guigues III, à qui il abandonne le comté de Forez peu de temps avant de mourir.

.Renaud, futur archevêque de Lyon.

.Humbert, futur chanoine de Lyon.

.Guigues III, comte de Forez de 1198 à 1203

Fils du précèdent. Il laisse cinq enfants :

.Guigues IV, qui lui succède

.Marquise de Forez, mariée à Guy VI, vicomte de Thiern

.Guigonne de Forez, comtesse de Vienne en Dauphiné et mariée à Géraud II de Mâcon, comte de Mâcon et de Vienne; elle cède ses droits sur le Forez en 1230 à son neveu Guigues

.Eléonore de Forez, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne

.Renaud de Forez, chanoine de l'église de Lyon.

À la mort de Guigues III en 1203, c’est son frère Renaud, alors archevêque de Lyon qui assure la tutelle du futur Guigues IV de Forez. Après lui, le titre de comte de Lyon appartient au chapitre de la cathédrale St Jean de Lyon, les membres sont chanoines-comtes de Lyon.

Archevêques :

.Burchard II ( ?- 1031), comte-archevêque de Lyon de 978 à 1033, Archichancelier du royaume de Bourgogne-Provence.

Fils bâtard du roi de Bourgogne-Provence  Conrad le Pacifique et d’Aldiud. Demi-frère de Rodolphe III de Bourgogne. Neveu de Burchard Ier, archevêque de Lyon, auquel il succède après le décès d'Amblard.

Son archidiocèse a pour suffragants deux autres diocèses situés dans le royaume de Bourgogne, ceux de Chalon et de Macon qui comme lui sont à partir de l’intégration du Royaume de Bourgogne à l’empire à cheval sur la frontière entre ce dernier et celui de Francie Occidentale (future France). La plupart de leurs évêques sont issus de maisons nobles bourguignonnes devenues vassales de l’empire.

.Burchard III, comte-archevêque de Lyon de 1033 à 1034

.Odolric, comte-archevêque de Lyon de 1041 à 1046

.Halinard, comte-archevêque de Lyon de 1046 à 1052

.Humbert I, comte-archevêque de Lyon de 1052 à 1056

.Geoffroy de Vergy, comte-archevêque de Lyon en 1063

Il appartient à la seconde maison de Vergy, importante maison noble de Bourgogne issue d'Eudes et Henri, fils naturels d'Eudes-Henri Ier, duc de Bourgogne.

.Humbert II, comte-archevêque de Lyon de 1070 à 1076

En 1073, Humbert veut établir son pouvoir temporel sur l’ensemble de son diocèse ce que n’apprécie pas Artaud III comte de Forez et de Lyon, allié d’Humbert II sire de Beaujeu. Cette rivalité se termine par la déposition de l’archevêque accusé de Simonie.

.Gébuin (dit Jubin, saint), comte-archevêque de Lyon de 1077 à 1082, premier primat des Gaules.

En 1079, il reçoit du Pape Grégoire VII, le titre de Primat des Gaules ce qui renforce son autorité.

.Hugues de Bourgogne ou de Romans, (vers 1040- 1106) évêque de Die puis, de 1083 à 1106, comte-archevêque de Lyon, primat des Gaules

Pressenti pour devenir pape après la mort de Grégoire VII, il s'oppose à Didier, abbé du Mont-Cassin, qui est finalement élu sous le nom de Victor III. Au concile de Bénévent en août 1087, ce dernier l'excommunie. Mais le pape Urbain II (1088-1099) le réhabilite et il retrouve ses pouvoirs de légat. Il va en particulier traiter de la question de l'adultère royal de Philippe Ier qui a enlevé Bertrade de Montfort. En octobre 1094, c'est sous sa présidence que le concile d'Autun, réuni à sa demande, excommunie le roi de France, excommunication confirmée par le pape lui-même au concile de Clermont en 1095 ; l'interdit est jeté sur le royaume de 1096 à 1104. A partir de son règne, le titre de comte de Lyon et le pouvoir comtal appartient au Chapitre de la cathédrale Saint Jean dont les chanoines sont chanoines-comtes.

.Josserand, dit Gaucerand, comte-archevêque de Lyon de 1107 à 1118, primat des Gaules

.Humbaud, comte-archevêque de 1118 à 1125, primat des Gaules

En 1120, meurt Eustache, comte de Forez et de Lyon ; il a pour successeur Gui d’Albon de la famille qui domine le Dauphiné qui lui se heurte à Guichard de Beaujeu lequel dispose de nombreux vassaux au nord du comté de Forez et qui entame la conquête du comté du Lyonnais jusqu’à Chamelet. Guy qui ne reçoit pas de son suzerain l’empereur le soutien qu’il attend de lui se rapproche du roi de France Louis VII qui freine l’ardeur de son vassal Guichard. Mais Lyon devient une proie potentielle pour le royaume de France.

.Renaud de Semur, comte-archevêque de Lyon de 1125 à 1129, primat des Gaules

De la famille noble bourguignonne de Semur. Fils de Dalmace, seigneur de Semur et d’Aremberge de Vergy.

.Pierre I, évêque de Viviers puis comte-archevêque de Lyon de 1131 à 1139, primat des Gaules

.Foulque, comte-archevêque de Lyon de 1139 à 1141, primat des Gaules

.Amédée Ier, comte-archevêque de Lyon de 1143 à 1147, primat des Gaules

.Humbert de Bugey, comte-archevêque de Lyon de 1148 à 1153, primat des Gaules

Fils d’Ulrich, seigneur de Bresse et de N. , fille d’Amédée, comte de Savoie et de Maurienne.

.Héraclius de Montboissier, prince- archevêque de Lyon de 1153 à 1163, primat des Gaules

Fils du comte Maurice de la maison de Monboissier et d’Auvergne.

A Arbois, le 19 octobre 1157, par une bulle d’or, l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse confère à Héraclius de Montboissier, archevêque de Lyon l’investiture temporelle sur le comté et la ville de Lyon, la vice-royauté du royaume de Bourgogne-Provence et le titre de prince d’empire. Cette bulle retire tout pouvoir temporel sur le comté de Lyon au chapitre de St Jean et au comte Guigues II. Héraclius entend bien exercer son pouvoir et, allié avec Gérard, comte de Macon, Humbert III, sire de Beaujeu, met le siège devant Izeron. Mais ils sont surpris et battus par une coalition menée par le comte Guigues II de Forez et comprenant le dauphin du Viennois, les sires de Bourbon, de Bagé (Bresse) et de Coligny ; malgré tout, l’archevêque obtient une partie de la seigneurie d’Izeron ; en 1162, Guy II qui n’a pas accepté la mainmise de l’archevêque sur le comté de Lyon, s’empare de Lyon qu’il saccage. Heraclius meurt en 1163.

.Guichard de Pontigny ( ?-1181), prince-archevêque de Lyon de 1165 à 1181, primat des Gaules

Le roi de France Louis VII et le pape Alexandre III l'impose comme archevêque de Lyon en 1165 contre Dreux de Beauvoir, après deux années de lutte. Par un traité en 1167, le pouvoir temporel est partagé entre Guigues II de Forez et de Lyon et l'archevêque de Lyon Guichard de Pontigny. Les péages, qu’ils soient terrestres ou fluviaux sont levés en commun. Mais très vite ce mode de gouvernance s'avère difficile à maintenir. Par la suite, les papes accroissent leur pouvoir par rapport aux empereurs et c’est le pape qui en 1173 résout autoritairement le conflit au profit de son archevêque qui obtient définitivement le comté de Lyon, le Jarez, les Terres au-delà du Rhône et de la Saône ainsi qu’une partie du Roannais.

.Jean Bellesmains (vers 1120-1204 ?), prince-archevêque de Lyon de 1181 à 1193, primat des Gaules

Elu archevêque de Lyon, et confirmé par le pape Lucius III. Rapidement, pour se garantir contre les opposants à son pouvoir, il se rend auprès de l’empereur Frédéric Barberousse pour qu'il lui confirme ses droits. L'empereur lui octroie cette confirmation dans la "bulle d'Or" de 1184 en tous points identique à celle de 1157. Cela réveille l'opposition entre lui et la dynastie des comtes de Forez. Pour se protéger, il édifie une enceinte autour du cloître de la cathédrale Saint-Jean.

.Renaud de Forez ( ?-1226), prince-archevêque de Lyon de 1193 à 1226, primat des Gaules

Fils de Guigues II, comte de Lyon et du Forez, frère de Guigues III. Il est le premier archevêque issu d'une grande famille féodale.

Renaud de Forez conserve des liens très forts avec celle-ci, n'hésitant pas à lui porter assistance militaire et soutien financier. Vers 1193, il décide pour des raisons administratives de partager le comté en trente deux menses réparties entre les membres du chapitre cathédral, déjà titrés chanoines-comtes depuis 1184 ce qui entraine ipso facto que la justice archiépiscopale est doublée désormais par une justice capitulaire. Dès 1195, apparaissent les premiers conflits entre lui et les bourgeois de Lyon qui entreprennent la construction d’une enceinte pour isoler la presqu’ile et ils bloquent le pont sur le Rhône. Le Prince-Archevêque rétablit brutalement la situation mais le pape Innocent III le lui reproche et les bourgeois obtiennent de larges franchises communales. Ces tensions avec les bourgeois de Lyon s'accroissent, notamment pour des raisons fiscales, et éclatent en 1208 en conflit armé. Ce dernier n'est résolu que grâce à la médiation d'Eudes III de Bourgogne, qui restaure les droits de l'archevêque. Échaudé, Renaud II fait construire le château de Pierre Scize, et s'y installe. Agissant en seigneur féodal, il entreprend de construire tout autour de Lyon des points fortifiés, à Irigny, Dardilly, Francheville, Condrieu, Anse. Par ailleurs, en lien avec un conflit entre dynastie du Forez et des Beaujeu, il prend possession des fiefs que ces derniers possédaient en terre lyonnaise. Renaud est également le tuteur de son neveu Guigues IV de Forez de 1203 à 1218 suite à la mort de son frère Guigues III de Forez, comte de Forez. Durant le XIIIe siècle, le pouvoir temporel de l'Eglise de Lyon s'exerce sur tout le Lyonnais. Les seigneuries ecclésiastiques établies notamment dans les chapitres Saint-Jean, Saint-Just et Saint-Paul, possèdent des territoires dans la Dombes, le Bas-Dauphiné et le Forez, ainsi que d'importants revenus issus de prélèvements et taxes. Les chanoines prennent leurs rôles très au sérieux et circulent dans tout le pays lyonnais.

.Robert d'Auvergne, prince-archevêque de Lyon de 1227 à 1232, primat des Gaules

Fils de Robert IV ou V, comte d’Auvergne et de Mathilde de Bourgogne.

Le dauphin du Viennois lui fait hommage en 1230 pour les fiefs d’Annonay et d’Argental.

.Raoul I de La Roche-Aymon, prince-archevêque de Lyon de 1235 à 1236, primat des Gaules

Fils d’Eustorge de la Roche-Aymon.

.Aimery, ou Aimeric "de Rives", prince-archevêque de Lyon de 1236 à 1245, primat des Gaules

En 1240, la rébellion de la bourgeoisie instaure la première municipalité, placée sous la protection du roi de France. En 1245, Aimericl ouvre dans l’église Saint Jean de Lyon, le concile de Lyon en présence du pape Innocent IV, de cardinaux et de 140 archevêques et évêques d’Italie, d’Espagne, de France et des Iles Britanniques, abbés, de Bérenger, comte de Provence, de Raymond, comte de Toulouse, et des légats de l’empereur Frédéric II qui aboutit à l’excommunication de ce dernier.

.Philippe Ier de Savoie (1207-1285), évêque de Valence de 1241 à 1267, prince-archevêque de Lyon de 1246 à 1267, primat des Gaules, puis comte de Bourgogne de 1267 à 1279 et 13e comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1268 à 1285.

8e fils de Thomas Ier, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et Marguerite (ou Béatrice) de Genève.

Destiné de par son rang à l'état ecclésiastique, sans avoir été ordonné prêtre, Philippe renonce à ses charges religieuses et se dépouille de tous ses titres en 1267, à l'approche de la fin de son frère Pierre II de Savoie, pour pouvoir lui succéder comme comte de Savoie. Il épouse le 11 juillet 1267, la comtesse Alix de Bourgogne (1208-1277, ou Adélaïde), fille du comte Othon II de Bourgogne et de Béatrice II de Bourgogne. Sans enfant, Philippe Ier, choisit lui-même son successeur parmi ses nombreux neveux et obtint de l'empereur Henri VII, un décret (« fief oblat ») par lequel l’empereur investit de la souveraineté sur la Savoie, Amédée, fils de Thomas II de Piémont, comte de Flandre.

.Guy II de la Tour, prince-archevêque de Lyon de 1267 à 1268, primat des Gaules

Dès 1267, les bourgeois se rebellent contre l'autorité ecclésiastique et parviennent même, pour un temps, à mettre en place un conseil politique constitué de cinquante magistrats. Lors d’une vacance archiépiscopale en 1269, se déclenche une révolte contre le chapitre et en mai les milices bourgeoises alliées du Vieux-Bourg et du Bourg-Neuf montent à l’assaut de la cité : les chanoines-comtes doivent se réfugier au cloitre fortifié de Saint Just. Le Conseil de la Commune bourgeoise insurrectionnelle s’adresse au roi Louis IX qui envoie un délégué de même que le légat du pape Rodolphe en désigne un ; leur sentence rendue en février 1270 rétablit le calme. Au printemps de 1271, Philippe le Hardi passe à Lyon, ramenant avec lui les restes de son père mort à la croisade, les bourgeois, toujours en lutte avec le chapitre primatial, se déclarent ouvertement soumis à la juridiction du roi de France et le sollicitent de les prendre sous sa garde spéciale. Philippe accueille cette demande par un acte du 1er mai 1271 ; en échange de sa protection et de sa suzeraineté, les Lyonnais s’obligent à lui payer annuellement un impôt qui, levé par eux, devait être versé entre les mains du bailli de Macon. En vain les partisans du chapitre protestent ; l’amende qu’un arrêt du Parlement inflige, le 8 novembre 1271, à ceux d’entre eux qui ont osé maltraiter les sergents royaux, apprend à tous combien il en coûte d’insulter le pouvoir nouveau.

.Pierre II de Tarentaise, prince-archevêque de Lyon de 1272 à 1273, primat des Gaules, pape Innocent V en 1276

Le roi de France Philippe le Hardi ne pousse pas jusqu’au bout ces premiers avantages : quand, en 1272, après une longue vacance, Pierre de Tarentaise est élu archevêque, une certaine détente s’instaure entre l’Eglise de Lyon et les bourgeois, Mais un résultat important est acquis ; pour la première fois la royauté française a pris en main la cause des bourgeois de Lyon : Philippe le Hardi, en faisant cette démarche, devant laquelle son père avait toujours reculé, prépare l’annexion du roi Philippe le Bel. Le 21 janvier 1276, après la mort de Grégoire X, il est élu pape et prend le nom d'Innocent V. Il meurt cinq mois plus tard. Pendant son court pontificat, il a eu le temps d'apaiser la querelle entre guelfes et gibelins en Italie. Il adopte une politique de fermeté à l'égard de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, qui ne tient pas ses promesses faites à Grégoire X de partir en croisade et de ne pas s'approprier les possessions de l'Eglise romaine en Italie. Innocent V exige le respect de ses engagements avant tout couronnement impérial à Rome.

.Adhémar ou Aymar de Roussillon, prince-archevêque de Lyon de 1273 à 1283, primat des Gaules

Fils d’Artaud IV, seigneur de Roussillon et parent des comtes de Savoie.

A Lyon, sous le règne de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, l’action de la royauté française ne cesse point de se faire sentir bien que confrontée à de nombreux obstacles : tout en témoignant parfois une certaine bienveillance à l’Église, les agents du roi de France saisissent toutes les occasions d’exercer la juridiction au nom de leur maître. Dès le dernier tiers du XIIIe siècle, le roi est maître, de fait, du Lyonnais. Il règle à sa fantaisie tout ce qui concerne ce pays, sans s’inquiéter, pour ainsi dire, de ses maîtres légitimes.

.Raoul de la Tourette ou Rodoplhe, ( ?-1288), prince-archevêque de Lyon de 1283 à 1289, primat des Gaules

Raoul de la Tourette est à l’origine de la signature d’un nouveau traité sur sa juridiction et sa souveraineté, contre le gré des bourgeois de Lyon. Il tient un concile à Mâcon pour la réformation des mœurs. De 1288 à 1289, si complet est l’assujettissement des Lyonnais à la royauté française que le chapitre de la primatiale, se résigne à recevoir dans son sein les candidats qui lui sont recommandés par le roi de France.

.Béraud de Goth, prince-archevêque de Lyon de 1289 à 1294, primat des Gaules

Fils de Béraud, seigneur de Villandrault ; frère de Bertrand, pape sous le nom de Clément V.

Forts de la protection du roi de France Philippe le Bel, les bourgeois se soulèvent à nouveau en 1292 ; le roi s’empresse alors de prononcer la mise sous garde royale de la ville. Encouragés, les bourgeois de Lyon exagèrent à tel point que l’archevêque Béraud de Goth lance l’interdit sur Lyon en 1293. L’année suivante, les deux premiers conseillers de la Commune sont nommés gardiateurs des libertés de la ville ainsi que des intérêts royaux du roi Philippe IV le Bel.

.Henri Ier de Villars, prince-archevêque de Lyon de 1296 à 1301, primat des Gaules

Fils d’Étienne II, sire de Thoire et de Villars-en-Bresse, et de Béatrix de Faucigny.

Sous son règne, le roi Philippe IV le Bel, sur la demande des habitants de Lyon, ordonne à son bailly de Mâcon de protéger les bourgeois de Lyon. Le bailli de Mâcon établit alors les officiers du roi au palais de Roanne. L’église de Lyon voit alors décroître son autorité. Elle doit lutter non-seulement contre les habitants de Lyon, mais encore contre ses puissants voisins, le comte de Forez, le sire de Beaujeu et le comte de Savoie, qui empiètent chaque jour sur ses domaines. Henri de Villars se montre encore plus intolérant que ses prédécesseurs ; prenant parti pour le pape Boniface VIII contre Philippe-le-Bel, il défend aux Lyonnais les appels au baillage de Macon, et sur leur refus d’obéir, jette un interdit sur la ville; mais ne se croyant pas en sûreté à Lyon, il se retire à Rome auprès du pape, où il meurt en 1301.

.Louis de Villars, prince-archevêque de Lyon de 1301 à 1308, primat des Gaules

Fils de Humbert IV, sire de Thoire et de Villars, et de Béatrix de Bourgogne.

Louis de Villars succède à son grand-oncle Henri Ier de Villars comme prince-évêque de Lyon en 1301. Il obtient du roi Philippe IV le Bel, la confirmation du comté de Lyon aux archevêques et au chapitre. Dévoué à Boniface VIII, il se fait l'approbateur de la fameuse bulle du pontife, Ausculta fili, adressée à Philippe le Bel. Ce dernier fait élire alors comme pape le frère de l'archevêque Bérard de Got, Bertrand, qui est couronné Clément V à Lyon en 1305.Alors que l'église de Lyon se reconnaissait vassale de l'empereur pour le comté de Lyon, Clément V intervient pour amener le roi de France et l'archevêque de Lyon à un traité, qui a lieu en 1307. Philippe le Bel donne ses deux édits connus sous le nom de Philippines. Par le premier, il érige en comté-baronnie toutes les terres que possèdent l'archevêque et le chapitre. Il abandonne toute prétention temporelle sur ledit comté-baronnie. Par le second édit, le roi se réserve le droit d'appel en justice, celui de suzeraineté, ainsi que la faculté d'établir ses officiers de justice à Lyon. Ce second édit laisse subsister un grief contre lequel les citoyens de Lyon s'élèvent depuis longtemps et qu'ils doivent à l'archevêque Renaud II de Forez. Celui-ci avait établi deux justices différentes, l'une pour le chapitre, l'autre pour l'archevêque. Ils réclament donc contre l'édit de Philippe le Bel. Ce traité comporte surtout une clause bien masquée qui reconnait la suzeraineté du roi au lieu et place de l’empereur (alors que les bourgeois ne veulent plus aucune souveraineté).

.Pierre de Savoie, prince-archevêque de Lyon de 1308 à 1332, primat des Gaules

Fils de Thomas III de Piémont, neveu du comte Amédée V de Savoie.

Il se considère comme toute la famille de Savoie comme un vassal de l’empereur et entre en conflit avec le chapitre et les bourgeois de Lyon, qui bénéficient du soutien du roi Philippe IV le Bel lequel envoie son fils Louis le Hutin avec une armée à Lyon. La guerre se termine grâce à l’intervention de son oncle le comte Amédée V de Savoie. Un traité est signé le 10 avril 1312 aux termes duquel Pierre perd la justice de Lyon au profit de la justice royale et doit consentir le rattachement de Lyon au royaume de France. Le roi Philippe le Bel fait chasser l’archevêque de Saint Just car celui-ci refuse de lui prêter serment ; il fait détruire les forteresses épiscopales et emprisonner l’archevêque. L’archevêque est finalement contraint d’admettre l’intégration du Lyonnais au domaine royal par un acte signé à Vienne le 10 avril 1312. Le roi, en absorbant Lyon et le comté dans le royaume, reconnait à l'Eglise de Lyon, et notamment aux chanoines, le titre de comte. En 1320, Philippe le Bel revient en force en reprenant la complète autorité sur la ville. Cependant, à la demande de Pierre de Savoie et devant le mécontentement des Lyonnais, un traité définitif avec le nouveau roi Philippe le Long du 4 avril 1320 redonne à l'archevêque la juridiction de la ville. Néanmoins par une charte du 21 juin 1320, signée par l’archevêque et les chanoines, ceux-ci reconnaissent les droits des Bourgeois placés sous la protection du roi de France. Les habitants de Lyon reçoivent plusieurs franchises, comme le droit d'établir de taxes pour le service de la ville.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:35
Histoire du Comté de Forez, terre d'empire de 1032 à 1531

Lors du traité de Verdun en 843 entre les trois petits fils de Charlemagne le Lyonnais et le Forez, ne font pas partie du royaume de Charles le Chauve (la Francie occidentale). En effet les archevêques de Lyon se rangent aux côtés de l’empereur Lothaire Ier et la région relève du Royaume de Francie Médiane.

Après Lothaire, le Lyonnais passe aux mains de son fils Charles, roi de Provence puis de son autre fils Lothaire II, roi de Lotharingie. En 870, Charles le Chauve, toujours chasse Gérard (ou Girard) de Roussillon à qui Lothaire Ier avait confié l'administration du territoire et nomme à sa place le comte Boson. Ce dernier, deux ans après la mort de Charles le Chauve, en 879, se fait sacrer roi. Son royaume, connu sous le nom de Royaume de Provence (avec Vienne pour capitale) s'étend de Marseille au Jura, des Alpes aux Cévennes. Le Forez en fait partie. Boson rend l'âme en 887. Son épouse Ermengard et son fils Louis l'aveugle lui succèdent ; Louis est proclamé roi à Valence. Puis Hugues de Vienne (ou d'Arles) cède le territoire au roi de Bourgogne Rodolphe IerI proclamé en 888. A ce dernier succède son fils Rodolphe II de 911 jusqu'en 937. Puis à celui.ci, son fils Conrad III le Pacifique.

En cette fin du Xème siècle, le Forez se trouve d'abord dans le giron lyonnais (comitatus Lugdunensis) puis d'une manière plus autonome. Deux personnages en effet gouvernent le Lyonnais et le Forez au profit des rois de Bourgogne-Provence. Il s'agit de l'archevêque de Lyon, qui durant près d'un siècle sera issu d'une même famille, celle des Burchards, et du comte de Lyon et de Forez, un officier nommé et révocable. L'un d'entre eux parvient à obtenir l'hérédité de sa charge. C'est la naissance de la première maison des comtes de Forez qui sont encore comtes de Lyon et de Forez. C'est le début de la très longue lutte qui va opposer les comtes de Forez aux archevêques de Lyon. Face aux archevêques qui sont vassaux du royaume de Bourgogne-Provence, les comtes de Lyon et de Forez en effet souhaitent se placer sous l'autorité des rois de Francie Occidentale (future France). L'autre aspect du conflit vient du fait que le comte de Forez possède des domaines à Lyon et vice-versa. En 962, Othon le Grand , roi de Francie Orientale (Germanie) crée l'empire romain germanique.

En 963-966, le Forez est apporté en dot par Mathilde de France lors de son mariage avec le roi de Bourgogne-Provence Conrad III dit le Pacifique.

Première maison de Forez

.Artaud II, comte de Forez de 990 à 1007

Fils de Géraud Ier et de Grimberge.

Le roi Conrad III le Pacifique meurt en 993, son fils Rodolphe III lui succéde.À Strasbourg, en 1016, Rodolphe prête un hommage de main à son neveu l’empereur germanique Henri II, le reconnaissant comme protecteur et héritier.

.Géraud II (995-1049), comte de Forez de 1007 à 1049

En 1032, à la mort de Rodolphe III, le royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l’empire romain germanique de l'empereur Conrad III le Salique auquel l'archevêque de Lyon prête hommage. Dès lors, le Forez passe sous la suzeraineté de l'Empire.

.Artaud III ou IV (1030-1078) comte de Forez de 1049 à 1078

Fils du précédent.

C’est lui qui réunit sous son autorité le comté de Forez et le Lyonnais. Il entre en armes dans Lyon et en chasse l'archevêque avant de conclure avec lui un traité lui reconnaissant quelques droits sur la capitale des Gaules en échanges de terres épiscopales sises dans le comté de Forez. En 1062, il doit céder Lyon. En 1064 il épouse Ide. Il meurt en 1078.

Maison d’Albon

.Ide-Raymonde de Forez (1065-1110), comtesse de Lyon et du Forez de 1078 à 1107

Fille d’Artaud III, comte de Forez et d’Ide. Elle épouse Guigues Raymond d'Albon, fils de Guigues II d'Albon, comte en Grésivaudan et en Briançonnais de 1070 à 1079 et d’Inès de Barcelone, fille de Raymond-Bérenger Ier, comte de Barcelone.

.Guigues Ier (1100 -1138), comte de Lyon et du Forez de 1107 à 1138.

Fils de Guigues-Raymond d'Albon et de Ide-Raymonde de Lyon et du Forez.

Il succède à son cousin Guillaume en 1107. Marié à une fille (prénommée Alix ou Marie) de Guichard III, sire de Beaujeu.

.Guigues II (1126 -1206), comte de Lyon et de Forez de 1138 à 1198

Fils de Guigues Ier, comte de Lyon et de Forez et de Marie de Beaujeu.

Un conflit éclate vers 1150 pour la possession du comté de Lyon entre le comte de Forez Guigues II et l’archevêque de Lyon Heraclius de Montboissier. Guigues entre dans Lyon, l’archevêque fait appel à son suzerain l’empereur Frédéric Ier Barberousse qui en 1157 concède le comté de Lyon à l’Archevêque ; Guigues est chassé et voit ses terres du Forez envahies à leur tour. II sollicite alors l’intervention du roi de France Louis VII et lui prête hommage en 1167 pour ses châteaux de Montbrison, Monsupt, Montarchet, la Tour-en-Jarez et Chamousset. En 1173 est conclue la « permutatio » traité qui met fin aux guerres et qui est ratifié par le roi de France et le pape aux termes duquel, le comte de Forez renonce à toutes ses prétentions sur toute la rive gauche de la Saône donc au comté de Lyon. Il a trois enfants :

-Guigues III, à qui il abandonne le comté de Forez peu de temps avant de mourir.

-Renaud, archevêque de Lyon (1193-1226).

-Humbert, chanoine de Lyon.

.Guigues III, comte de Lyon et de Forez (1198-1202).

Fils du précédent, il lui succède bien avant sa mort et meurt avant lui en terre sainte. Il a cinq enfants:

-Guigues IV.

-Guigonne de Forez, comtesse de Vienne, mariée à Géraud II de Mâcon, comte de Mâcon et de Vienne.

-Eléonore de Forez, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne.

-Renaud de Forez, chanoine de l'église de Lyon.

.Guigues IV (1190-1241), comte de Forez de 1203 à 1241

Fils du précédent.

.Guigues V ( ? 1259), comte de Forez de 1241 à 1259.

Fils du précédent. .

Renaud de Forez (1226 - 1270), comte de Forez de 1259 à 1270, seigneur de Beaujeu de 1265 à 1270

Frère du précédent ; son grand-oncle archevêque de Lyon fut le tuteur de son père. Il épouse en 1247 Isabelle de Beaujeu, fille d'Humbert V de Beaujeu.

Renaud devient seigneur de Beaujeu en 1265 suite au décès de Guichard V de Beaujeu, fils d'Humbert et se rend la même année auprès du roi de France, Louis XI pour prêter foi et hommage pour sa terre de Beaujeu. Il fait alliance avec les chanoines-comtes de Lyon pendant la guerre qui sévit dans le comté lyonnais et se porte caution pour eux lors d'une trêve signée en 1269 par les différentes parties et pour laquelle Saint-Louis était un des médiateurs. De son union avec Isabelle de Beaujeu sont nés:

-Guigues VI de Forez, comte de Forez,

-Louis I de Beaujeu, seigneur de Beaujeu et Dombes et époux en 1270 d’Eléonore de Savoie, fille de Thomas II de Savoie, comte de Piémont.

-Guichard de Forez, filleul de Guichard V de Beaujeu.

-Eléonore de Forez.

.Guigues VI de Forez (1247-1278) comte de Forez de 1270 à 1278

Fils de Renaud Ier comte de Forez et d’Isabelle de Beaujeu.

Il revendique la seigneurie de Beaujeu mais la cède à son frère.

.Jean Ier de Forez (1275-1333) comte de Forez de 1278 à 1333

Fils du précédent. .

.Guigues VII (1299-1358) comte de Forez de 1333 à 1358

Fils de Jean de Forez et d’Alix de la Tour du Pin, dame de Viennois ; il épouse en 1318 Jeanne de Bourbon, fille de Louis Ier de Bourbon.

Maison de Bourbon

Robert de Clermont, fils du roi Louis IX épouse Béatrice, fille unique d’Agnès de Bourbon et de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais ; par ce mariage, il devient seigneur de Bourbon. La seigneurie est érigée en duché en 1327 pour Louis Ier de Bourbon. A cette époque, les ducs de Bourbon sont vassaux du roi de France pour leur duché du Bourbonnais mais de l’empereur pour leur principauté des Dombes. Pendant la guerre de Cent Ans, la maison se divise en trois branches : la branche ducale, celle des aînés, à la tête des duchés de Bourbon, les comtes de Clermont-en Beauvaisis, la branche de Vendôme qui possède le comté de Vendôme.

.Jeanne de Forez (1337 -1373), comtesse de Forez de 1358 à 1373

Fille de Guigues VII, comte de Forez, et de Jeanne de Bourbon. Elle se marie en juin 1371 à Béraud II, comte de Clermont et dauphin d'Auvergne. Jeanne apporte à son mari le comté de Forez.

.Anne de Forez (1358 - 1417), comtesse de Forez de 1373 à 1417

Fille de la précédente ; elle épouse de Louis II de Bourbon (v. 1336 - 1410), duc de Bourbon auquel en 1400, son neveu Édouard II de Beaujeu lègue le Beaujolais que convoite aussi Philippe de Bourgogne. Ils ont pour enfants :

-Catherine.

-Jean Ier, duc de Bourbon.

.Isabelle.

-Louis, seigneur de Beaujeu.

Le Forez passe donc sous la coupe des Ducs de Bourbon dont la capitale est Moulins. Anne décède en 1417.

.Jean Ier de Bourbon (1381-1434), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1417 à 1434

Fils de la précédente.

.Charles Ier de Bourbon (1401-1456), duc de Bourbon, comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1434 à 1456

Fils du précédent. C’est lui qui retire le titre de capitale du comté à la ville de Feurs, le 6 mai 1441, et l’accorde à la ville de Montbrison.

.Jean II de Bourbon (1427-1488), comte de Forez, prince des Dombes, duc de Bourbon de 1456-1488

Fils du précédent.

.Charles II de Bourbon (1433-1488), duc de Bourbon, comte de Forez en 1488 et archevêque de Lyon

Frère du précédent.

.Pierre II de Bourbon (1438-1503), duc de Bourbon, comte de Forez

Frère du précédent.

.Charles III de Bourbon (1490-1527), duc de Bourbon par son mariage avec Suzanne de Bourbon, fille de Pierre II de Bourbon, comte de Forez de 1505 à 1521

Après la défection du connétable Charles III de Bourbon en 1523, le Forez est confisqué.

En 1531, le Forez est réuni à la couronne de France à la mort de Louise de Savoie, mère de François Ier. François Ier meurt en 1547. Parmi les descendants de la branche aînée des Bourbon, Antoine (1518-1562), épouse en 1548 Jeanne d'Albret, reine de Navarre, mère du roi Henri IV fondateur de la Maison capétienne de Bourbon.

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