Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 14:31

Il est bien évident pour tous les Européens que l'intégration de l'Ukraine à l'Union Européenne  serait, même à trés long terme, une source de graves difficultés pour sa cohésion.

Il est tout aussi évident  que la Russie considère que Kiev et la partie de l'Ukraine située à l'Est du Dniepr et au sud  appelée Nova Rossiya ,  majoritairement russophone, est une partie intégrante de la Russie qui tenterait de faire sécession alors que la partie située à l'ouest  n'est que le résultat des annexions de 1772,1793,1795 et 1939 suite au différents partages au détriment de l’Autriche et de la Pologne, dont les populations sont occidentalisées pour ne pas dire dégénérées et ne mériteraient pas d’être réintégrées à la Grande Russie.

Dans ces conditions, en cas d’incapacité de l’Ukraine à récupérer rapidement ses territoires à l’Est du Dniepr et compte tenu de la politique de rérussification accélérée menée par la Russie comme en Crimée, il n’est pas improbable que l’Etat ukrainien croupion qui survivrait sans accès à la Mer Noire et à la Mer d’Azov, finisse par éclater, seul moyen pour les territoires ayant appartenu à l’Autriche, à la Pologne  très pro-européens de pouvoir intégrer l’Union dans des délais pas trop éloignés.

On peut donc penser que le Président Poutine trouverait là un compromis tout  à fait à sa convenance.

Que cela soit très déplaisant, rien n’empêchera pas  la Real Politik de s’imposer.

 

 

Partager cet article
Repost0
18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 10:29

 

Quel que soit la quantité de matériels que les pays de l’Otan livreront à l’Ukraine  (avec l’obstacle du franchissement du Dniepr) , Il faut admettre que dans ce conflit, en cas de guerre longue probable, l’avantage sera à l’armée russe pour une bonne et simple raison que le réservoir d’hommes mobilisables par la Russie est près de 4 fois plus importants que ceux mobilisables pour l’Ukraine.

Or si on ne parle toujours des pertes en hommes de la Russie on ne parle jamais des pertes ukrainiennes qui, on ne voit pas pour quelles raisons, devraient être sensiblement inférieures.

Donc logiquement en cas de guerre longue l’avantage resterait à  la Russie. Et s’agissant de la même race on ne voit pas pourquoi les Russes, convaincus de mener une guerre patriotique, se montreraient moins combatifs que les Ukrainiens.

Voir les commentaires

Partager cet article
Repost0
29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 13:37

Si l'on tire la leçon du conflit actuel, on constate, idépendamment des pertes énormes en hommes, que les conflits de haute intensité dans le cadre d'une guerre conventionnelle sur le théatre européen  consomment une quantité beaucoup plus importante que prévue par les Etats Majors de matériels et de munitions, difficulté accentuée par le fait que les chaines logistiques sont insuffisamment sécurisées.

Alors qu'on découvrait il y a peu que l'armée française ne disposait que de 15 jours de munitions, voire moins dans certains domaines, force est de constater sur la base de l'exemple du conflit actuel  qu'indépendamment des pertes en hommes, l'armée française serait contrainte de cesser le combat après quelques jour faute de munitions et de capacité à remplacer  les matériels détruits car il n'existe aucune réserve en matériel et en munition.

En supposant que l'armée française puisse obtenir des industries de la défense qu'elles  augmentent rapidement leur capacité de production, outre l'élongation de la chaine logistique, sa vulnérabilité pourrait la mettre en rupture de munitions et de certains matériels pendant plusieurs jours.

Sans doute convient-il de réfléchir sans tarder  au durcissement des unités qui composent la chaine logistique terrestre  par l'allocation pour les unités de transport de véhicule de transport d'essence ou de munitions blindés et davantage armés. La vulnérabilité actuelle des camions et le faible armement des unités logistiques étant complétement à repenser.

Partager cet article
Repost0
27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 14:07

Alors que l'armée française ne dispose que de 76 canons Caesar,  le gouvernement français en a donné 18 à l'Ukraine.

Or l'usine Nexter qui les fabrique a une capacité limitée de fabrication  actuelle d'environ  200  par an alors qu'en juin environ 418 pièces (109 pour l'armée Française, 309 à l'export) ont été commandées par les armées françaises, saoudiennes, belges, danoises, indonésiennes, marocaines, tchèques, thaïlandaises, ukrainiennes. soit  deux ans de production.

Et les engagements pris par Nexter vis à vis des armées étrangères qui l'ont commandé, font que l'armée française  ne retrouvera  la totalité de ses 18  canons que dans plusieurs mois et ce alors qu'il était urgent qu'elle puisse équiper plusieurs nouveaux  régiment d'artillerie doté du Caesar quand on voit l'importance de l'artillerie dans le conflit actuel et notamment le  besoin crucial de pouvoir organiser des tirs de contrebatterie en masse.

Comme les autres armées européennes qui font tous de la surenchére sur la livraison d'armes à l'armée ukrainienne, poussées en cela par les USA, l'armée française accepte de se démunir alors qu'on est face à un risque de Troisième guerre Mondiale.

Plus raisonnablement jusqu'à présent, l'Armée allemande a fait savoir qu'elle ne pouvait se démunir. Et si le chancelier allemand, sous la pression, a indiqué que l'Allemagne allait livrer de l'armement lourd , ce ne serait qu'en autorisant l'Ukraine à en commander auprès de l'industrie allemande qui a la capacité de lui en lvrer, ce qui n'est pas le cas de l'industrie française qui, chaque fois qu'on lui commande des matériels militaires lourds, demande à l'armée de livrer une partie de se matériels en attendant qu'elle puisse honorer les commandes passées par les armées étrangères.

Et si à contrecoeur, l'armée française le fait, ce n'est que sur l'ordre d'un gouvernement  qui agi sous la pression d' autres Etats plus portés par l'émotion que par le réalisme.

 

Partager cet article
Repost0
14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 15:10

 

Alors que le Président de la République est Chef des Armées et que la préoccupation première des Français serait le pouvoir d’achat, le conflit entre l’Ukraine et la Russie a eu le mérite que soit affleurée la question de l’insuffisance notoire de la capacité de l’armée française a soutenir un conflit conventionnel de haute intensité sur le continent européen plus de 15 jours non seulement pour un problème d’insuffisance de matériel et de munitions mais également d’effectifs.

Si on peut toujours rêver d’un consensus sur une augmentation du budget de la défense, cette augmentation ne saurait atteindre les 100 milliards récemment votés par l’Allemagne compte tenu de l’endettement de la France et des engagements multiples d’augmentations des enseignants, des personnels de la santé, de l’augmentation générale du pouvoir d’achat  

En revanche comme l’Allemagne ou le Royaume Uni, une augmentation des budgets ne réglera pas le problème si on ne règle pas celui des effectifs.

Or ce problème ne peut plus être réglé par l’appel à des volontaires pour une armée de métiers qui peine de plus en plus à recruter 10 000 hommes par année pour un format de Corps Expéditionnaire dont 1500 démissionnent avant fin de contrat alors qu’il faudrait en recruter le double pour disposer d’un Corps de Bataille  de 75 000 hommes.

Car certain redécouvre ingéument que la masse reste encore un facteur décisif.

Il faudra donc bien décider comme la Suéde de revenir sans tarder, à côté de l’armée de métier à la conscription seule capable de procurer un effectif suffisant pour disposer d’une Garde Nationale de 800 000 soldats pour assurer la Défense Opérationnelle du Territoire ce qui suppose de disposer dans la réserve opérationnelle d’un Corps d’Officiers et de Sous-officiers de 80 000 hommes qui ne peuvent être trouvé dans l’encadrement de l’Armée de métiers ce qui demandera plusieurs années dès lors que les officiers et les sous-officiers issus de la conscription supprimée ont plus de 50 ans.

Partager cet article
Repost0
1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 10:33

 

Le gazoduc Nord Stream 2 n’ayant pas été mis en fonction, un tiers du gaz qui arrive de Russie en Union Européenne transite par le gazoduc Nord Stream 1 qui passe par l’Ukraine et fournit encore aujourdhui à 12 millions d’ukrainiens leur gaz   (seuls 300 000 abonnés à l’est du Dniepr ont eu leur compteur fermé pour des raisons de sécurité ).

En refusant l’injonction à l’Union Européenne du président Poutine de payer à compter de ce jour 1er avril à Gazprom le gaz en rouble  -ce qui ferait automatiquement remonter le rouble qui a commencé  dès hier à remonter-  la France et l’Allemagne sous la pression des Etats Unis prennent le risque de ne plus recevoir de gaz russe les empêchant de reconstituer leur stock imposant aux  Français  et aux Allemands  de fortes privations de gaz et d’électricité dès maintenant et surtout l’hiver prochain alors que les Ukrainiens continueront d’en recevoir.

Il y a quelque chose qui sera vite inadmissible pour les Français et les Allemands  ce sera d' être sanctionnés non seulement en subissant des coupures mais en payant leur gaz et leur électricité mais également  leur essence  beaucoup plus cher que les Russes en conséquence de sanctions contre ceux-ci au nom d’une solidarité vis-à-vis des Ukrainiens.

Et il va être trés difficile aux gouvernants français et allemands de faire comprendre à leurs concitoyens que ce n'est pas la Russie qui refuse de nous vendre du gaz mais la France et l'Allemagne qui refusent de lui payer dans sa monnaie le rouble au motif juridique certes valable que les contrats prévoient un paiement en euros, mais qui leur passe largement au-dessus de la tête.

Et on peut douter que les Polonais, les Lituaniens, pourtant très proches des Ukrainiens acceptent longtemps de s’autosanctionner et quasi certains que la Suisse ne s’aligneront pas cette fois sur l’Union Européenne.

Si la Banque Centrale Européenne peut, et  on peut se demander si elle en a le droit, refuser d'acheter des roubles pour alimenter dans cette devise les banques européennes  par lesquelles se font les paiements à Gazprobank banque de Gazprom qui n'a pas été débranchée du systéme swift, et leur interdire d'ouvrir des comptes en rouble chez Gazprobank (ce qui les obligerait à acheter du rouble contre des euros) en revanche la Banque Centrale polonaise comme la Banque Nationale Suisse par exemple restent parfaitement libres  de fournir leurs banques en roubles en  en achetant contre leur monnaie  et surtout les banques dont beaucoup de traders en pétrole se trouvent à Genève sont clients, d'ouvrir des comptes en rouble chez Gazprobank en  les approvisionnant  par conversion de leurs euros soit par cette dernière  soit par leurs propres banques en suisse  qui s'approvionneraient auprès de la BNS, contraignant celle-ci à acheter du rouble. Ce qu'elles semblent bien avoir commencé de faire.

Le Président Poutine est peut-être fou selon les affirmations un peu irresponsables de certains de nos dirigeants,  il s'avére être plus intelligent que la moyenne d'entre eux.

Partager cet article
Repost0
30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 17:08

 

Le conflit Ukraine Russie a enfin fait prendre conscience aux Français qu’ils ne pourraient être défendus en cas de conflit de haute intensité avec leur armée actuelle qui ne tiendrait moins de 15 jours faute de matériels, d’effectifs engagés et de munitions suffisants.

L’armée de terre actuelle est organisée comme un corps expéditionnaire  qui même sur le théâtre européen proche serait incapable d’aligner un corps de bataille de plus de 50 000 hommes correspondant au total des effectifs de ses actuelles divisions  I   et  III sans aucune capacité de recomplétement  réel par une réserve « opérationnelle » qui serait  fixée sur le territoire national.

Or s’il est admis qu’il lui faudrait disposer d’une troisième division de 25 000 hommes, le gros problème serait le recrutement d’un tiers d’engagés en plus alors que l’armée peine déjà à recruter les volumes actuels dont elle a besoin et perd chaque année environ 1500 engagés qui mettent fin à leur contrat par anticipation.

Certes il serait envisageable facilement d’augmenter les effectifs de la Légion Etrangère en l’organisant en une petite division de 10  000 hommes sauf qu’en cas de conflit sur le théatre européen le risque serait grand de voir partir une partie de ses effectifs vers leur pays d’origine.

Donc on est bien obligé de conclure que la défense de la France passe par une augmentation considérable de la masse des troupes composant la future armée française qui passe par un retour inévitable de la conscription pour reconstituer une défense du territoire national sous la forme d’une garde nationale libérant totalement la réserve opérationnelle pour l’affecter en réserve opérationnelle du seul Corps de bataille.

Partager cet article
Repost0
29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 09:08

 

Il se confirme depuis le début du conflit, comme je l’ai écrit,  que le Président Poutine ne s’intéresse qu’à la partie « récupérable »  sociologiquement de l’Ukraine c’est-à-dire celle située à l’Est du Dniepr et au bord des mers Noire et d’Azov majoritairement slavophone et moins « américanisée » pour ne pas dire moins dégénérée selon les critères russes que celles de l’Ouest.

L’Etat-major russe sait pertinemment  qu’il est très difficile de prendre des grandes villes et pratique la technique de siège pour fixer une partie des troupes ukrainiennes tout en bombardant sporadiquement les villes pour forcer le maximum d’habitants surtout femme et enfant à les quitter et s’éviter trop de critiques.

Après avoir fait l’effort pour envahir la côte de la mer d’Azov, il est logique qu’il fasse remonter ses troupes le long du Dniepr peu franchissable pour des renforts ukrainiens à venir de l’Ouest pour tenter une manœuvre d’encerclement des troupes ukrainiennes faisant face au Donbass  à celles des Républiques séparatistes.

Cette manœuvre devrait prendre encore un mois avant qu’un cessez le feu soit envisageable par une demande d’armistice de l’Ukraine pour que le président Poutine puisse fêter  sa victoire lors de la fête du 9 mai grande fête traditionnelle de la Victoire sur l’Allemagne.

Partager cet article
Repost0
23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 12:07

 

On peut très raisonnablement penser que la  partie de l’Ukraine située à l’Ouest du Dniepr et qui n’en fait partie que depuis peu, n’intéresse pas le Président Poutine qui doit considérer qu’elle n’est pas peuplée de Russes mais majoritairement d’ex-Polonais, Lituaniens, Austro-Hongrois et dont la jeunesse, née après la chute de l’Union Soviétique, est largement européanisée sinon américanisée et irrécupérable.

On peut donc également penser que si le conflit semble trainer, c’est parce que le Président Poutine veut pousser à l’émigration vers l’Union Européenne de toute ces populations de l’Est du Dniepr indésirables soit non russophones soit non russophiles afin de parvenir à une homogénéisation de sa population.

Or ceci passe non seulement  par une rerussification intégrale de l’Est du Dniepr mais également par une homogénéisation sur le plan religieux.

Or il existe actuellement 4 églises ukrainiennes de rite orientale byzantin.

.l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou (EOU-PM), avec 50  diocèses majoritairement à l’est du Dniepr

.l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Kiev (Kyïv) (EOU-PK), constituée en 1992 avec l’indépendance.

.l’Eglise orthodoxe d’Ukraine autocéphale fondée en 2018 à la demande du président ukrainien, Petro Porochenko, et de la Rada.

.l’Eglise gréco-catholique (EGCU).

Mise à part cette dernière peu présente à l’Est du Dniepr  rattachée à Rome pour des raisons historiques remontant au rattachement de la partie à l’Ouest du Dniepr à la Pologne et à la Lituanie, l’Est compte depuis 2018, trois églises orthodoxes rivales.

En effet en octobre 2018, le patriarcat œcuménique de Constantinople a décidé d'affirmer sa juridiction sur l'Ukraine Le 11 octobre 2018, le patriarcat œcuménique de Constantinople a reconnu  l'autocéphalie de l’ Église orthodoxe d’ Ukraine  sous sa juridiction  provoquant un schisme avec  le patriarcat de Moscou. Et en décembre 2018, l'Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Kiev) s’est  fondue avec l'Église orthodoxe autocéphale d'Ukraine lors d'un concile d'unification.  À la suite de cette décision du Patriarcat œcuménique de Constantinople du 11 octobre 2018 d'accorder l'autocéphalie aux orthodoxes d'Ukraine, les différentes églises orthodoxes du pays — surtout celles qui n'étaient jusque-là reconnues par aucune église autocéphale — se sont réunies dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev pour un concile de réunification.

Mais  le 20 juin 2019, un « synode local » a décrèté l'annulation de cette fusion et proclame l'indépendance de l'EOU-PK3.

L'Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou)  a rejeté  quant à elle le concile et a interdit à son clergé d'y participer. Deux de ses évêques et quelques autres de ses représentants ont passé  outre cette interdiction.

Jusqu’au conflit en cours beaucoup d’orthodoxes de l’est de l'Ukraine sont restés fidèles au Patriarcat de Moscou. Mais depuis le 24 février  certains ont beaucoup de mal à admettre le soutien de Cyril à Poutine. La colère a gagné 17 ou 18 de leurs évêques  sur 50 qui ont donné ordre de ne plus mentionner Kirill dans la célébration de la messe. « On ne lui a pas demandé de venir à notre secours, nous n’étions pas en danger c'est lui qui nous met en péril. » Et parmi ces évêques deux sont de rang supérieur : Onuphre métropolite de Kiev et Philarète métropolite de Lviv.

Lorsque le président russe dénonce « l’instrumentalisation du drame du schisme religieux », à quoi fait il référence ? Il existe en Ukraine quatre Églises qui ont l’ambition légitime d’incarner la nation et la tradition religieuse nationale : l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou (EOU-PM), présente majoritairement à l’est du pays, l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kiev (EOU-PK) ainsi que l’Église orthodoxe autocéphale, présentes surtout à l’ouest, et l’Église gréco-catholique (EGCU). Laquelle représente le mieux la seule et vraie « Église nationale d’Ukraine » ? La première correspond à l’Église russe, née à Kiev au Xe siècle mais développée ensuite à Moscou, érigée en patriarcat indépendant vis-à-vis de Constantinople au XVIe siècle, et dont l’Ukraine dépendait depuis le XVIIe siècle. Les trois autres assurent la continuité, au moins historique et géographique. Elles se sont créées par schisme vis-à-vis du patriarcat de Moscou, soit pour rejoindre Rome, soit récemment pour viser l’autocéphalie à leur tour.

Alors que le Kremlin et le patriarcat de Moscou continuent de se soutenir mutuellement et d’affirmer leur pouvoir, l’Église autocéphale d’Ukraine pourrait se fragiliser. Elle rencontre encore un problème de légitimation sur la scène locale et sur la scène internationale. Elle est affaiblie par des dissensions internes depuis le retrait du patriarche Philarète de l’union des orthodoxes d’Ukraine en juin 2019. Celui-ci a fait marche arrière pour conserver son patriarcat de Kiev. L’Église autocéphale d’Ukraine souffre également de l’absence de reconnaissance unanime des autres Églises orthodoxes autocéphales (seulement trois sur 14). Il y a de plus une différence entre les institutions d’État et les préférences confessionnelles locales qui dépendent davantage des traditions ou de la personnalité du prêtre que du rattachement juridictionnel. Ce sont plutôt des populations ciblées qui en font un enjeu important, comme les anciens combattants et les nationalistes. En réalité, avant 2018, sur 19.000 paroisses en Ukraine, 13.000 revenaient au patriarcat de Moscou et 6000 aux Églises autonomes. À la fin de l’année 2018, seulement 600 paroisses ont rejoint l’Église d’Ukraine, et encore parfois sous la contrainte.

Mais cette nouvelle Église a surtout perdu son soutien politique depuis l’élection de Volodymyr Zelensky en avril 2019. Le nouveau président ukrainien se moque bien de cette Église nationale que son prédécesseur Porochenko avait réussi à faire reconnaître. Alors qu’il n’était encore qu’un animateur de shows télévisés, il ne manquait pas de remplacer le terme « tomos » (le décret d’autocéphalie accordé par le patriarche de Constantinople) par « thermos »… En revanche, face à l’invasion russe, Zelensky a su revêtir le costume présidentiel. Exhortant les Ukrainiens à résister, il a appelé le 1er mars les Européens à « prouver qu’ils sont avec l’Ukraine ». « L’Europe sera beaucoup plus forte avec l’Ukraine en son sein […]. Sans vous, l’Ukraine sera seule », a- t-il ajouté en réclamant une intégration « sans délai » de son pays à l’Union européenne. Sera-ce suffisant pour déjouer les plans du président Poutine et du patriarche Kyrill ?

Restent à savoir si les dimanche  6, 13 et 20 mars  beaucoup de fidèles ukrainiens  à l’Est du Dniepr ont déserté les églises dépendantes du patriarcat de Moscou pour aller dans celles dépendantes du Patriarcat de Kiev ou de l’Eglise autocéphale.

Les patriarches Cyril et Bartholomé sont les premiers à le savoir !

Ce qui est d’une grande importance pour la suite des événements.

 

Partager cet article
Repost0
16 mars 2022 3 16 /03 /mars /2022 11:55

Solidarité  des Français pour les Ukrainiens                   OUI !

Sanctions des Français                                                   NON !

Au nom de la solidarité pour l'Ukraine, l`Union Européenne,  sous la pression des USA, a pris des sanctions contre la Russie faute pour l'Otan de pouvoir intervenir.

Elles toucheront peu les ménages américains. En revanche ces sanctions vont largement profiter économiquement aux USA  qui  vont vendre davantage de pétrole, de gaz, de cérérales à l'Europe. 

Plus peut-être que les Russes, elles  vont  sanctionner  les ménages euroèpéens et ce de manière inégale entre les 27 Etats membres.

Les  Français n'ont pas à subir le prix sous forme d'inflation de sanctions imposées par les USA, avalisées par l'Europe et non décidées démocratiquement par un Parlement français dont le renouvellement est proche.

Partager cet article
Repost0