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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:26

6. Reconquêtes chrétiennes de 1594 à 1922

Dans les régions danubiennes, l'empire ottoman doit faire face à la puissance rivale de l'Autriche et à l'insoumission des principautés roumaines sous Michel le Brave (1593-1601).

Sur les champs de bataille, l'armée ottomane, ou « l'armée de l'islam », reste une puissance impressionnante mais la Longue Guerre contre l'Autriche (1593-1606), a demandé de grandes ressources humaines aux Ottomans. Leur population forte de trente millions d'habitants leur permet de soutenir de vastes efforts de guerre mais le retard économique et technique face à l'Occident commence à se faire sentir

Dès l’automne 1594, Michel le Brave, prince de Valachie, mène une campagne vigoureuse contre les Ottomans, conquérant de nombreux châteaux du Danube Inférieur; ses alliés contiennent les armées ottomanes en Moldavie, notamment à Iași. Michel s’enfonce peu à peu en territoire ottoman, prenant les forts de Nicopolis, Ribnic et Chilia, et atteignant même l'ancienne capitale turque, Edirne.

En 1595, le pape Clément VIII obtient une alliance entre les puissances européennes chrétiennes contre l'Empire ottoman ; cette alliance, voulue par les Habsbourg soucieux de reprendre les territoires centraux de Hongrie, est signée à Prague par l'Empereur Rodolphe II et Sigismond Ier Báthory de Transylvanie. Aron Tiranul de Moldavie et Michel le Brave de Valachie rejoignent l'alliance plus tard dans l'année. À ce moment, le sultan Mehmed III peut, de son côté, envisager de s’emparer de Vienne, désormais à une centaine de kilomètres de la frontière. La guerre se déroule principalement dans une région correspondant approximativement à l'Ouest de la Hongrie actuelle, au Sud de la Slovaquie moderne, à la Bulgarie, à la Serbie et au Sud de la Roumanie.. En 1595, l’armée impériale des Habsbourg s’empare de forteresses stratégiques sur les rives du Danube, mais quelques mois plus tard, les Ottomans prennent d’assaut la ville d’Eger.

La bataille de Călugăreni, affrontement décisif entre Ottomans et Valaques, est pour le prince Michel une victoire à la Pyrrhus. Très affaibli par ses pertes en hommes, il se replie et attend en vain l’aide des Habsbourg jusqu’en 1599. La bataille de Keresztes, qui se déroule du 24 au 26 octobre 1596 en Hongrie, marque le tournant de la guerre. Les forces combinées des Habsbourg et des Transylvaniens sont taillées en pièces par une armée turco-tatare deux fois plus nombreuse. La suite du conflit est marquée par une suite d'affrontements entre princes hongrois vassaux des Turcs, et troupes valaques (bataille de Goroszló en août 1601, bataille de Braşov en 1603). Les Habsbourg ravagent finalement la Transylvanie mais leurs lignes, trop étendues, ne leur permettent pas de s’y établir sans disposer de la place de Buda. Les Ottomans, en difficulté dans leur guerre avec la Perse, acceptent finalement, pour fixer la frontière du Danube, de signer le Traité de Zsitvatorok le 11 novembre 1606. Ce traité, qui met un terme au tribut annuel imposé jusque-là au Saint Empire, constitue ainsi une victoire stratégique des Habsbourg.

Après l'échec des pourparlers en vue d'une paix durable entre l’Empire ottoman et le Saint Empire, le grand vizir Ahmed Köprülü réunit le 12 avril 1663 une armée d'invasion d'environ 100 000 hommes à Edirne. Son objectif, Buda, est atteint fin juin. Le 7 août, les Turcs vainquent l'armée impériale autrichienne dans la région de Gran.. Le Grand Vizir entreprend le 8 mai 1664 une nouvelle campagne contre l'empire des Habsbourg. Une partie des forces impériales, sous les ordres du général Montecuccoli, tente sans succès de s'emparer du fort de Canischa avant d’affronter les Turcs. Montecuccoli décide de se replier. Comme les Turcs s'approchent, il arrive des renforts de toute l'Allemagne : de Bavière, de Souabe, du Hanovre, de Westphalie, de Franconie et même un corps auxiliaire français. Ces troupes, environ 25 000 hommes, prennent position le 30 juillet 1664 autour de Mogersdorf, les Turcs ayant établi leur camp à Saint-Gothard. Comme les Impériaux s'étaient hâtés de franchir le fleuve Raab, le Grand Vizir Ahmed Köprülü, persuadé que toutes les troupes ennemies n'étaient pas encore parvenues à Mogersdorf, fait mettre son armée en ordre de bataille. Après une nuit de tirs d’artillerie, 12 000 Turcs partirent à l'assaut au matin du 1er août. Au terme d'un sanglant combat qui dura dix heures, Montecúccoli sortit vainqueur : les Turcs venaient de perdre leur réputation d'invincibilité, car pour la première fois une de leurs armées était défaite en bataille rangée par une armée occidentale. Le 10 août 1664, l’empereur Léopold Ier et le Grand vizir Ahmed Köprülü concluent une trêve de 20 ans, la Paix de Vasvár. Les deux belligérants, en effet, avaient désormais d'autres soucis : le Grand vizir veut mettre un terme à la guerre avec Venise autour de la possession de la Crète, qui dure depuis 19 ans; l'empereur peutt, lui, enfin se retourner contre le roi de France Louis XIV, dont l'expansionnisme menace les marches occidentales du Saint Empire.

Pourtant, en 1682, au terme de presque 20 ans, la guerre éclate de nouveau. Encouragé par Louis XIV et les premiers succès de la rébellion anti-habsbourg des Kurucs menée par le prince Imre Thököly en Haute Hongrie le sultan Mehmed IV marche le 31 mars 1683 avec près de 150 000 hommes depuis Edirne sur Belgrade, qu’il atteint début mai. Ce n’est que le 27 juin que le sultan décide que Vienne sera le but de cette campagne. Pendant ce temps, le général des Impériaux, le duc Charles de Lorraine, partit à l'assaut des forteresses de Neuhäusl et Gran, en Haute Hongrie, se replie avec 30 000 hommes à Vienne, surveillant avec sa cavalerie la rive nord du Danube tandis que son infanterie est commise à la défense de la ville. Le 14 juillet 1683, le siège commence et dure deux mois. Au matin du 12 septembre, une armée de secours forte de 80 000 hommes, commandée par le roi de Pologne Jean III Sobieski et le duc Charles de Lorraine, attaque les assiégeants et les défait.

En 1684, le Saint Empire, le royaume de Pologne et Venise forment la Sainte Ligue. La République de Venise reprend en 1684 repris aux Ottomans la presqu'île de Morée (Péloponnèse).Charles de Lorraine entreprend une nouvelle campagne contre Buda. Mais ce n'est que lors de la campagne suivante que, le 2 septembre 1686, les troupes de la Ligue s'emparent de Buda. De là, elles peuvent année après année libérer le royaume de Hongrie.

Désormais le Saint Empire prend le dessus sur l’Empire ottoman.

Mais à la fin du XVIIe siècle, l'Empire ottoman est entré dans une période de déclin. Au cours de plusieurs conflits, il perd tous ses territoires au nord de la mer Noire, dont la péninsule de Crimée, au profit de la Russie. Cette dernière cherche par ailleurs à saper l'autorité de Constantinople en revendiquant le droit de protéger l'importante minorité orthodoxe vivant dans les provinces européennes de l'Empire ottoman. De leur côté les puissances européennes interviennent de plus en plus dans les affaires intérieures de l’empire ottoman sous le prétexte officiel de protéger les minorités chrétiennes.

Après l’écrasement de la révolte des Grecs en 1821, l'empereur Nicolas Ier estime que la défense des chrétiens contre les agressions musulmanes es plus importante que les considérations sur la souveraineté de l'Empire ottoman. Les autres puissances européennes font pression sur le sultan Mahmoud II qui refus en 1827 le traité de Londres prévoyant une large autonomie pour les provinces grecques ce qui provoque une nouvelle guerre russo-turque et l'armée ottomane est écrasée lors de l'offensive de 1829. Alors que les forces russes approchaient de Constantinople, l'effondrement de l'Empire ottoman semble imminent. Nicolas Ier ne poursuit pas son avancée.

En 1830, la Grèce, soutenue par les puissances occidentales, obtient son indépendance. Cette même année la France commence la conquête de l’Algérie et le début d’une réimplantation chrétienne.

La France et le Royaume-Uni craignent que l'Empire ne devienne un vassal de la Russie, ce qui aurait bouleversé l'équilibre des puissances en Europe. Les tensions sont accrues par les disputes entre chrétiens occidentaux et orientaux pour le contrôle des lieux saints en Palestine. Les Russes utilisent ce prétexte pour exiger d'importantes concessions de la part des Ottomans mais ces derniers, soutenus par les puissances occidentales, refusent et la guerre éclate à l'automne 1853. Les Russes et les Ottomans s'affrontent dans le Caucase et dans le delta du Danube tandis que le refus de Saint-Pétersbourg d'évacuer les principautés danubiennes sous souveraineté ottomane provoqua l'entrée en guerre des Français et des Britanniques. Craignant une intervention autrichienne aux côtés des Alliés, le tsar Nicolas Ier ordonne l'évacuation des Balkans à l'été 1854. Désireux de réduire la puissance militaire russe dans la région pour l'empêcher de menacer à nouveau l'Empire ottoman, l'empereur français Napoléon III et le Premier ministre du Royaume-Uni Lord Palmerston décident d'attaquer la base navale de Sébastopol où se trouve la flotte russe de la mer Noire.

L'Empire est incapable d'empêcher l'indépendance de plusieurs pays des Balkans, perdant de plus en plus de territoires en Europe.

Avant la première insurrection serbe en Serbie, la communauté musulmane comporte quelques centaines de milliers de fidèles[3]. Après le retrait ottoman du territoire redevenu serbe, on compte plusieurs destructions des édifices religieux musulmans et l'émigration à grande échelle de la population musulmane (d‘origine serbe majoritairement). Le 22 novembre 1862, à la conférence internationale de Kanlidži, à Bosphore, est ordonné le nettoyage des Serbes musulmans. De nombreux musulmans de Bosnie sont là en tant que réfugiés ou déplacés de Novi pazar en Sandjak (« vieille Serbie »), pas encore en Serbie. Dans la Bosnie Kostajnica, fin 1862, et début 1863, les musulmans migrent de Valjevo, Sabac, et principalement Uzice (Bosanska Kostajnica). Beaucoup de musulmans fuient également la Serbie, en 1862 et 1863, pour Zvornik, alors dans le pacha de Bosnie Dom.

Dès janvier 1876, il est mis en difficulté par une insurrection bosniaque, qui se conjugue avec un vaste soulèvement en Bulgarie et dégénère en conflit militaire entre la Russie et l'Empire ottoman

L'année 1881 qui est celle de l'instauration du protectorat français sur la Tunisie, marque un tournant dans l'histoire de Tunis. La ville entre dans une ère de mutations rapides qui la transforment profondément en deux ou trois décennies. Tunis voit sa population s'accroître avec l'implantation de populations européennes chrétiennes qui arrivent presque à égalité en importance avec la population locale. L’année suivante est celle de la mise en place du protectorat anglais sur l’Egypte qui va également entrainer l’arrivée de populations européennes chrétiennes mais également améliorer le sort des chrétiens coptes du pays.

À la régence de Tripoli sous l'Empire ottoman, succède, à partir de 1911, la colonie italienne de Libye et en 1912, profitant du déclin du pouvoir au Maroc, la France et l’Espagne le place sous protectorat.

Cette même année 1912 en octobre, la Bulgarie, la Serbie, la Grèce et le Monténégro déclarent conjointement la guerre à l'empire ottoman et remportent la victoire. Le 3 décembre 1912, l'empire demande l'armistice, mais les hostilités reprennent brièvement au printemps 1913. L'hégémonie turque en Macédoine s'achève cependant avec ce conflit.

Au cours de la Première Guerre mondiale, a lieu un massacre d’environ 1,5 millions de sujets Arméniens de l’empire ottoman suspects d’être favorable aux ennemis anglais , français ou russes ce qui va diminuer une première fois la part des Chrétiens de Turquie. La Turquie se lance dans une politique d'homogénisation religieuse.

Après la Première Guerre mondiale qui entraine la fin des empires allemands et autrichiens ainsi que de leur allié l’empire ottoman, la côte égéenne de Turquie est occupée par les Grecs et les Italiens en 1919. Le traité de Sèvres de 1920 confie l’Administration provisoire de l’Anatolie à la Grèce et place ses territoires arabes (Syrie, Palestine, Liban, Irak, Arabie) sont placés par décision de la Société des Nations sous mandats britannique et français Quatre mandats sont créés en 1922, le gouvernement de la Palestine et de l'actuel Irak revenant aux Britanniques, les Français se voyant attribuer celui sur le Liban et la Syrie.

à​ suivre VII

7. Reconquêtes islamiques en Afrique du Nord et au Proche Orient et émigration des Chrétiens

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:22

5. Conquêtes des Turcs musulmans de 1299 à 1683 et la conversion d'une partie des chrétiens orthodoxes à l'Islam

En 1299, Osman Ier conquiert la ville byzantine de Mocadène, aujourd'hui Bilecik en Turquie. Cette date marque le commencement de l'Empire ottoman et le début de la constitution de la première armée ottomane. Jusqu'à sa mort en 1326, Osman Ier conquiert plusieurs autres villes et places fortes byzantines, ainsi que certaines principautés turques voisines.

Ses successeurs continuent sa politique d'expansion. L'Empire ottoman conquiert Gallipoli, son premier territoire européen, en 1347, puis s'étend à travers les Balkans.

La perte de Gallipoli par les Ottomans entre 1366 et 1376 bloque Mourad en Anatolie. Les Turcs présents en Thrace, sous l'autorité plus ou moins théorique des Ottomans, remportent cependant des succès, face à des adversaires dont les empires respectifs se sont disloqués en principautés rivales sous le coup de mouvements séparatistes. Andrinople est prise à une date incertaine (entre 1361 et 1371), et les Serbes qui cherchaient à les expulser d'Europe sont battus à la bataille de la Maritsa en 1371, ce qui permet aux Ottomans de vassaliser par la suite une partie des multiples souverains serbes et bulgares.

Alors que l’Espagne à l’Ouest de l’Europe est pratiquement reconquise sur les musulmans, vers la fin du XIVème siècle,, Mourad transfère sa capitale à Édirne (Andrinople) aux dépens de Bursa, marquant ses desseins d’expansion en Europe. Les différentes principautés serbes, bulgares et albanaises sont progressivement vassalisées. En 1389, la victoire décisive à la bataille du champ des Merles en Serbie, dans l'actuel Kosovo, marque la fin de l'existence des royaumes serbes.

En 1453, commandées par le sultan Mehmet II, les armées ottomanes prennent Constantinople et mettent fin à l'Empire byzantin, établissant ainsi la domination de l'empire sur la partie à majorité chrétienne de la Méditerranée orientale. Plusieurs croisades européennes sont écrasées à Nicopolis et Varna ou encore à Alger. La Serbie est définitivement annexée par les Ottomans après la chute de Smederevo, en 1459 ainsi que la Morée et la Bosnie au moment où s’achève pratiquement la reconquête totale de l’Espagne sur les musulmans.

Les Ottomans appellent Roumis les populations chrétiennes, en référence à leur origine issue de l'Empire romain d'orient. L'Empire établit ensuite progressivement sa souveraineté sur toute la partie à majorité musulmane du monde méditerranéen.

Les sultans ottomans voient leur titulature s'enrichir au XVème siècle du vieux titre turc de khan, de celui, iranien, de padishah, puis de celui de calife au XVIème siècle, c'est-à-dire successeur de Mahomet et chef de l’oumma, la communauté musulmane.

Outre les Balkans, l’Italie où dès 1480 une armée ottomane s'empare d'Otrante,

Le contrôle que les Ottomans exercent sur leurs terres est variable ; les provinces lointaines de Tunis et d'Alger ou le khanat de Crimée jouissent d'une large autonomie. Ainsi, son emprise est quasiment nulle sur la Kabylie. Certains États à majorité chrétienne, comme les principautés roumaines de Valachie, Moldavie et, pour un temps, la Principauté de Transylvanie (XIe siècle-1711) payent au sultan un tribut aux XVe siècle-XVIe siècle, mais ne deviennent pas pour autant provinces ottomanes.

L’Empire ottoman est organisé selon le système des millets. De la Bosnie au fin fond de l’Anatolie en passant par les Pomaques, de nombreux chrétiens pauvres (Slaves, Grecs, Arméniens, etc.) ainsi que des Juifs et des Roms se convertissent à l’islam pour ne plus payer le haraç (double imposition sur les non-musulmans) et ne plus subir l’enlèvement des enfants pour les janissaires : « nouvelles troupes », instituées au XIVème siècle par le sultan Orhan. Convertis, ils n’en étaient, pour la plupart, que plus fidèles sujets de la Sublime Porte, afin de bénéficier de la confiance due aux croyants. C’est pourquoi les Turcs actuels de Turquie sont, en majorité, de type caucasien, alors que les peuples turcs d’Asie centrale ont un phénotype asiatique.

Le nouvel empire assure sa cohésion en ouvrant largement l’ascenseur social ottoman : tout janissaire sorti du rang peut, si ses capacités le lui permettent, espérer accéder aux plus hautes fonctions, telles que bey, drogman, capitan pacha, pacha ou vizir, et les exemples foisonnent. Même les aristocrates grecs restés chrétiens peuvent espérer être nommés hospodars (voïvodes) des principautés chrétiennes tributaires. Pragmatiques et non dogmatiques, les sultans ottomans ne pas fait table rase de la civilisation byzantine mais au contraire l’adapte et développe.

Depuis le début du XVIe siècle, les Turcs pratiquent des razzias en Méditerranée occidentale. Débarquant sur les côtes italiennes, provençales ou espagnoles, ils pillaient les villes du littoral et emmenaient certains habitants en esclavage. Rompant avec cette tactique sans système, les Ottomans décident de prendre définitivement l'initiative sur mer en s'opposant de front aux Génois et aux Vénitiens.

En 1517, Sélim Ier conquiert l’Égypte et met fin au sultanat mamelouk. Le calife abbasside Al-Mutawakkil III est emmené à Istanbul comme otage, et cède son titre de Commandeur des croyants. Moins d’un siècle après avoir mis fin à l’Empire byzantin moribond, les Turcs ottomans prennent la succession de la dynastie arabe des Abbassides.

Sous le règne de Soliman le Magnifique, les armées ottomanes parviennent jusqu’à Vienne en 1529 et 1532, dont elles font le siège en vain. Cette avancée marque la limite de l’expansion de l'Empire ottoman en Occident (comme Aden en fixera la limite au sud).

De 1533 à 1536, l’Empire ajoute l’est de l’Anatolie, l’Azerbaïdjan et le Yémen. Les corsaires turcs installés à Alger prennent Tunis aux Hafsides en son nom en 1534, puis la perdent face aux troupes de Charles Quint.

L'Empire trouve sa place dans le jeu diplomatique européen où il est un allié traditionnel de la France, dans une alliance de revers contre les Habsbourg, dès le règne de François Ier.

Alors que les Ottomans sont devenus maîtres de toute la Grèce continentale, seules quelques îles du sud de la Méditerranée leur échappent encore pendant quelques décennies. Rhodes est prise en 1522..

Le fardeau de la guerre défensive des Européens est assumé jusqu'en 1525 par le Royaume de Hongrie puis par l’Autriche des Habsbourg liguée aux autres états du Saint empire romain germanique. Il se crée en particulier une marche militarisée en Croatie, occupée par des milices paysannes.

Les barbaresques, vassaux des Ottomans, mènent tout au long du XVIème siècle une série de pillages contre les comptoirs espagnols et italiens. Pour cette raison même, l'Espagne des Habsbourg entreprend plusieurs campagnes militaires contre l’Empire ottoman et ses vassaux d’Afrique du Nord, enlevant notamment Tunis (1535) mais échouant à Alger en 1541. Cette même année 1541, les Turcs s'emparent de Buda et occupent militairement toute la Hongrie et une partie de la Croatie. En 1544, ils prennent la ville de Kraljeva Velika, d'où désormais ils organisent leurs attaques contre Zagreb.

Après avoir échoué trois ans plus tôt devant Alger, les chrétiens doivent progressivement abandonner leurs possessions au Maghreb. Tripoli dans l'actuelle Libye, qui au cours du Moyen Âge était demeurée une seigneurie arabe, puis passée en 1509 sous domination espagnole et dont l'empereur Charles Quint avait fait en 1530 de la Tripolitaine un fief des chevaliers de l'Hôpital, est prise dès 1551 par les Turcs dont le général, le sultan Turgut Reis, devient le bey de Tripoli.

Le pacha turc de Tripoli prend Kairouan en 1557.

Soliman, alors âgé de plus de 70 ans, déclenche encore en 1566 une campagne en Hongrie.

La mort de Soliman le Magnifique en 1566 marque la fin de l'âge d'or ottoman, et la superficie de l'Empire au XVIe siècle atteint 5 200 000 km. L'Empire ottoman a encore les moyens de grandes expéditions sur mer Ils prennent la Crète en 1569 l’année ou le régent d'Alger, Uludj Ali, à la tête d'une armée de janissaires et de cavaliers tribaux kabyles et arabes, reprend Tunis en 1569.

Les frontières ottomanes ne changent guère après 1566.

Mais Moscou est incendiée eux en 1571,

Dans l'Europe du Sud, une coalition d'États compte alors vaincre l'Empire ottoman sur les mers, puisqu'elle ne le peut sur les terres. À Lépante, envoyé par le roi Philippe II d'Espagne, une flotte coalisée (États pontificaux, République de Venise et Espagne) affronte la grande flotte turque, réputée invincible. En 1571, Lépante voit la destruction de plus de 250 galères turques. Les Espagnols parviennent à reprendre la ville de Tunis et rétablissent le souverain hafside. Les derniers combats qui mettent aux prises Espagnols et Ottomans entraînent de nouvelles destructions.

Mais c'est une victoire sans lendemain, qui ne touche pas aux bases de la puissance turque. En 1573, la flotte ottomane reconstituée pousse les Vénitiens à la paix. Cela permet au sultan de tourner ses ambitions sur l'Afrique du Nord et les possessions vénitiennes (Chypre et des îles en mer Égée) rejoignent progressivement l'Empire. Tunis à demi ruinée tombe finalement aux mains des Ottomans de Sinan Pacha en septembre 1574.

à suivre... VI

6.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:18

4. La Reconquista (Reconquête) espagnole de 1006 à 1492 et la reconversion des musulmans au Christianisme ou l'expulsion

À la toute fin du XIe siècle, le pape Urbain II encourage la Reconquista de l'Espagne occupée par les Maures.

Quatre-vingt-dix ans avant le début de la première croisade au Proche Orient, la reconquête débute en Espagne en 1006 par la célèbre Bataille de Torà avec pour belligérants, le Califat de Cordoue contre une alliance des comtes catalans partie de Besalú : les comtes de Barcelone, d'Urgell, de Besalú, de Cerdagne avec pour commandants Abd al-Malik al-Muzaffar contre Raymond Borrell de Barcelone, Armengol Ier d'Urgell, Bernat Taillefer de Besalú, et Guifred II de Cerdagne. Ce tournant marquant de la Reconquista a pour issue une déroute musulmane et le retour d'Abd al-Malik à Cordoue. Après l'effondrement du califat omeyyade de Cordoue au XIème siècle et son émiettement en une multitude de royaumes, le rapport de forces va s'inverser, les divisions au sein de l'espace musulman deviennent également importantes.

Dès 1037, le roi Ferdinand Ier, après avoir uni le Léon et la Galice à la Castille, manifeste, par son refus d'annexer la Navarre (1054), sa volonté de concentrer ses efforts contre les musulmans. Par ses offensives heureuses, il réduit au rang de tributaires les rois de Séville, Badajoz, Tolède, Saragosse, et élargi ses frontières dans toutes les directions. Les chrétiens profitent de l'émiettement des forces musulmanes et des rivalités chroniques entre les princes musulmans pour travailler à la Reconquista. Ceux-ci ne peuvent que rarement compter sur un soutien du reste du monde musulman. En revanche en 1063, le pape Alexandre II décide l'octroi d'une indulgence spéciale à quiconque irait lutter contre les musulmans d'Espagne, et les chevaliers de France vinrent en nombre (Aquitains, normands, champenois notamment) se joindre à leurs pairs d'outre-monts, puisqu'il s'agissait d'une croisade. A partir de 1064, les chrétiens bénéficient de renforts réguliers venus notamment de France. Ces derniers parviennent de ce fait à rétablir au fil de victoires et de reconquêtes leur domination sur la péninsule. C’est au cours de luttes confuses qui opposent chrétiens aux Maures et à taïfa que la Reconquista gagne du terrain. Le 6 mai 1085, tout le royaume de Tolède est annexé par la Reconquista. Près de la moitié du territoire espagnol est redevenu chrétien.

L'Andalousie musulmane perd son indépendance à la fin du XIème siècle avec la conquête des Almoravides berbères, venus d'Afrique du Nord, qui donnent un coup d'arrêt à l'avance chrétienne à Sagrajas. C'est aussi la fin d'un âge d'or culturel : les Almoravides, Sahariens austères et rigides, favorisent plus les religieux que les poètes ou les philosophes. Ils déportent des chrétiens au Maroc.

L'affaiblissement du sultanat almoravide entraîne une seconde vague de l'islam berbère, celle des Almohades, qui en 1147 dominent le Maghreb et l’Andalousie, après avoir infligé une défaite aux Castillans lors de la bataille d'Alarcos. Pratiquant leur religion avec une rigueur extrême, les Almohades se montrent particulièrement intolérants vis-à-vis des juifs et des chrétiens mozarabes (parlant arabe et arabisés), parfois en révolte, qu'ils expulsent.

Mais ce contre-mouvement, dans le cadre d'un djihad, est annihilé au XIIIème siècle lorsque les royaumes chrétiens s'unissent (Castillans, aragonais, navarrais, portugais et des contingent d'outre Pyrénées) et, soutenus par une nouvelle croisade, défont les musulmans à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212.

En 1230, la Castille est unie définitivement au Royaume de León.

La prise de Cordoue en 1236 et de Séville en 1248 par les Castillans est complétée par les dernières campagnes de la Reconquista aragonaise (Valence et Baléares) et portugaise (Algarve).

Le Royaume de Castille a alors suffisamment de forces militaires pour conquérir le royaume de Grenade, qui devient vassal de la Castille en 1246 en mais ses souverains préfèrent soumettre les taïfas à un tribut (« paria »). De temps en temps, éclataient des conflits à cause du refus de payer ; ce qui se terminait par un nouvel équilibre entre l'émirat maure et le royaume catholique.

Les musulmans ne dominent plus que dans le royaume de Grenade qui représente moins d'un dixième de l'Espagne. Les Almohades perdent le contrôle du détroit de Gibraltar, de Tlemcen, Bougie, et Tunis.

Au XVème siècle, le territoire espagnol est divisé en trois royaumes chrétiens, la Navarre, la Castille unie au royaume de León), et l’Aragon. Le dernier royaume, celui de Grenade, reste musulman.

Le mariage entre Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille permet l'union des royaumes d'Aragon et de Castille, union qui elle-même apporte l'unification territoriale et politique de toute l'Espagne. Les royaumes chrétiens sont désormais tous unis.

En 1483, Muhammad XII devient émir, dépossédant son propre père, événement qui déclenche les guerres de Grenade. Un nouvel accord avec la Castille, provoque une rébellion dans la famille de l'émir et la région de Malaga se sépare de l'émirat. Málaga est pris par la Castille et ses 15 000 habitants sont faits prisonniers ; ce qui effraye Muhammad. Celui-ci, pressé par la population affamée et devant la suprématie des rois catholiques qui avaient même de l'artillerie, capitule le 2 janvier 1492, terminant ainsi onze ans d'hostilité pour Grenade et sept siècles de présence du pouvoir islamique en Espagne. Vaincu, Muhammad signe un traité et livre la ville au roi Ferdinand d’Aragon et à la reine Isabelle de Castille. Les « Rois catholiques » chassent le dernier souverain musulman de la péninsule, Boabdil de Grenade. La reddition de Boabdil met fin au royaume musulman de Grenade. La présence des populations musulmanes, les mudéjars (musulmans sous domination chrétienne) prend fin en 1609, lorsqu'elles sont totalement expulsées d'Espagne par Philippe III.

à suivre V

5. Conquêtes des Turcs musulmans de 1299 à 1683​

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:14

3. Reconquêtes Chrétiennes par l’Europe Occidentale (les six croisades au Proche Orient de 1096 à 1229)

À la fin du XIe siècle, le djihad a perdu sa force d'attraction parmi les musulmans. L’empire musulman est fractionné en plusieurs califats rivaux : le califat fatimide (909-1171), le califat de Cordoue (929-1031), le califat Almohade (1147-1269)

L'Occident latin est entré dans une phase de reconquête aux dépens de l'Islam.

À la fin de ce XIe siècle, le Proche-Orient est divisé. Au Sud, les Fatimides chiites sont au pouvoir en Égypte et contrôlent une partie de la Palestine. Le reste du Proche-Orient était sous la domination des Seldjoukides, un peuple turc nomade converti à l'islam sunnite au IXe siècle qui a mis fin à l'empire arabe et d'une manière générale à la suprématie des arabes. En 1055, les Seldjoukides prennent le contrôle du califat abbasside à Bagdad. Après la victoire de Mantzikert en 1071, les Turcs atteignent le Bosphore, mais très tôt, l'Empire seldjoukide est divisé en une série de principautés rivales dont la principale était le sultanat de Roum. La Syrie est aussi divisée en plusieurs États indépendants

Au Proche-Orient les divisions étaient d'ordre religieux et ethnique. Les Turcs sunnites étaient minoritaires. La population arabe était de confession chiite, ismaélienne ou chrétienne. Les chrétiens étaient eux-mêmes de différentes tendances : orthodoxes, melkites, et monophysites. Il y avait des Arméniens en Syrie du Nord.

L'affaiblissement de l'Islam a permis l'essor du commerce par les villes italiennes en Méditerranée. Venise, Bari et Amalfi ont noué des liens avec l'Orient, et, Pise et Gênes ont chassé les Sarrasins de la mer Tyrrhénienne. La Méditerranée devient un lac latin.

La première croisade débute en 1096 avec des milliers de pèlerins piétons, pour réoccuper une partie des terres perdues lors de l'expansion arabe du IXème siècle par l’empire romain d’Orient (byzantin), et ainsi rendre Jérusalem accessible au pèlerinage. Elle aboutit à la fondation des États latins d'Orient,

Quatre États sont créés dans la foulée de la première croisade : le comté d’Édesse et la principauté d’Antioche en 1098; le comté de Tripoli en 1102; le royaume de Jérusalem, de 1099 et le comté de Tripoli en 1102.

À partir de 1128, l'Islam reprend l'initiative avec le souverain de Mossoul l’atabek Zengi qui remet à l'honneur le thème du djihad. L’empereur romain germanique Conrad III et le roi de France Louis VII participent en 1147 à la deuxième croisade. L’empereur romain d’Orient byzantin Manuel Ier Comnène souhaite retrouver sa suzeraineté sur Antioche et demande aux deux souverains de lui prêter hommage. Conrad III et Louis VII refusent. Ils perdent donc l’appui et l’aide des Byzantins qui refusent de les approvisionner. Alors que les armées byzantines sont occupées à surveiller les croisés, Roger II de Sicile en profite pour s'emparer de Corfou, de Céphalonie et pour piller Corinthe et Thèbes. C'est l'amiral Georges d'Antioche, émir des émirs, c'est-à-dire premier ministre de Roger II, qui, bien que syrien et orthodoxe, commande de la flotte sicilienne opérant les ravages sur les rivages byzantins.. La deuxième croisade favorise donc les ambitions normandes dans l'Empire byzantin. Manuel Ier Comnène se résigne à signer un traité avec le sultan de Roum.

Les atabeks de Mossoul étendent leur contrôle de la Syrie. Nur-al-Dîn, le fils de Zengi, s'assure le contrôle définitif d'Edesse. Les chefs des États latins sont obligés de s'allier avec l'empire byzantin. Les vizirs fatimides se maintiennent en faisant appel soit aux Francs et soit aux Syriens. Finalement Saladin, qui est un kurde à l'esprit religieux, parvient à devenir vizir du dernier fatimide et, à la mort de celui-ci devient lieutenant de l'atabek pour l'Égypte et rétablit le sunnisme en 1169, réalisant ainsi l'union de la Syrie et de l'Égypte. Saladin attaque alors les positions franques. Il cherche à isoler les Latins et conclut pour cela des alliances avec les Seldjoukides en 1179, avec l'Empire byzantin et Chypre en 1180. En effet, l'Empire byzantin est menacé en Europe par les Hongrois, les Serbes et les Normands de Sicile et n'a plus les capacités de soutenir ses anciens alliés. Une trêve avec les Latins est cependant conclue en 1180 et renouvelée en 1185. Saladin en profite pour s'assurer le contrôle d'Alep et de Mossoul. En même temps, de graves dissensions internes minent le royaume de Jérusalem. Le roi Baudouin IV est très malade. La classe dirigeante se déchire sur sa succession. Le royaume de Jérusalem, menacé, ne peut compter sur aucun secours extérieur. À la mort de Baudouin, Sibylle, sœur du roi défunt, et son mari Guy de Lusignan sont couronnés. Raymond III, comte de Tripoli, déçu d'être écarté, demande l'aide de Saladin. Celui-ci refuse dans un premier temps car il vient de renouveler la trêve avec le royaume. Mais Renaud de Châtillon, un seigneur brigand, pille une caravane arabe se rendant à Damas en 1187 et refuse, malgré l'ordre du nouveau roi, de rendre le butin. Saladin proclame la guerre sainte.. Lors de la bataille de Hattin, les chevaliers francs sont presque tous capturés et ne sont délivrés qu'en échange d'une rançon ou de leurs châteaux.. Renaud de Châtillon, deux cents Templiers ou Hospitaliers sont tués et presque tous les chevaliers sont capturés. Les sergents ou piétons sont massacrés ou vendus comme esclaves. Saladin prend l'une après l'autre les places fortes de l'intérieur. Il autorise le départ contre rançon d'une partie des combattants et des habitants vers Tyr pour embarquer vers l'Europe, le reste de la population est livrée à l'esclavage. À Jérusalem, Balian d'Ibelin obtient de Saladin une capitulation honorable permettant le rachat d'un tiers de la population le 2 octobre 1187 (environ 10 000 habitants sont livrés à la déportation et l'esclavage). Les proclamations triomphales envoyées à travers le monde musulman y consacrent la gloire du vainqueur. Les établissements sont alors réduits à Tyr et à Beaufort pour le royaume de Jérusalem et à Tripoli, au Krak des Chevaliers, à Antioche et à Margat au nord.

Quand la nouvelle de la prise de Jérusalem par Saladin parvient en Occident, le pape Grégoire VIII lance des appels à une troisième croisade. Richard de Poitou, futur Richard Cœur-de-Lion, prend la croix le premier, bientôt suivi par son père, Henri II d'Angleterre et par le roi de France, Philippe Auguste. Dans le même temps, la flotte navale de Guillaume II de Sicile fait voile vers les avant-postes de Tripoli, Antioche et Tyr et assure le ravitaillement des dernières places fortes en armes et en hommes. Le même mois, l'empereur romain germanique Frédéric Ier Barberousse quitte Ratisbonne avec la plus grande armée croisée jamais rassemblée,. Il suit la route terrestre. L'hostilité entre Byzantins et croisés germaniques est très importante et Barberousse menace de marcher sur Constantinople. Sous la pression l'empereur romain d’Orient byzantin Isaac Ange signe la paix et s'engage à faire traverser le détroit à l'armée germanique. Alors que la traversée de l'Anatolie s'achève, Barberousse se noie le 10 juin 1190 accidentellement et une grande partie de ses troupes retourne en Europe. Quelques centaines de chevaliers germaniques seulement parviennent à Acre.

Un conflit franco-anglais retarde le départ des rois des deux royaumes jusqu'en 1190. Embarquant à Gênes et à Marseille, les troupes de croisés hivernent en Sicile où ils se disputent sur de nombreux sujets politiques et personnels. La prise de Chypre par le roi d'Angleterre assure aux croisés une base proche du lieu des conflits.

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En Terre sainte, le roi de Jérusalem Guy de Lusignan commencé a à assiéger Acre avec une petite troupe en août 1188. Les deux souverains arrivent à Acre avec la plus grande armée franque jamais réunie. Les troupes de Saladin la tiennent à leur tour dans un demi-siège préjudiciable à ses communications et à son ravitaillement. Mais Saladin ne parvient pas à briser l'encerclement d'Acre et les Francs reprennent la ville aux musulmans le 12 juillet 1192 après deux ans de siège. Après la prise d'Acre, Philippe Auguste retourne en France.Richard Cœur de Lion, resté seul, bat les musulmans à Arsouf. Arrivé à Jaffa en septembre, il passe l'année en Palestine du sud, période durant laquelle il fait reconstruire Ascalon pour fortifier les frontières méridionales du Royaume de Jérusalem. Il force l'admiration de l'ennemi par ses prouesses. Par deux fois (en décembre 1191 puis en juin 1192), il parvient à quelques kilomètres de Jérusalem, mais ne peut reprendre la ville. En effet, il ne peut pénétrer trop longtemps à l'intérieur des terres sous peine de voir ses communications coupées. Il s'occupe aussi de régler les problèmes dynastiques du royaume de Jérusalem. Guy de Lusignan, dont la femme était décédée, conserve le titre royal qui doit revenir à sa mort à Isabelle, l'héritière du trône, et à son époux Conrad de Montferrat. Après avoir signé un traité par lequel Saladin renonce à éliminer les colonies franques de Syrie, il repart pour l'Angleterre en octobre 1192 et est capturé par Léopold V de Babenberg, duc d'Autriche et emprisonné pendant un an et demi. Cette troisième croisade a empêché la chute de la Syrie franque et permis l'établissement d'un second royaume de Jérusalem, en fait royaume d'Acre, réduit à une frange côtière où les communautés marchandes italiennes jouent un rôle considérable

L'empereur romain germanique Henri VI, fils de Frédéric Barberousse et maître du royaume de Sicile veut reprendre la troisième croisade à son compte dans le but d'imposer sa suzeraineté à l'empereur romain d’Orient byzantin et aux royaumes nouvellement institués de Chypre et d'Arménie. Il lance l'appel à la Croisade à Bari en 1195, les allemands se rassemblent en Italie du sud au cours de l'été et débarquent à Acre en septembre 1197. Ils prennent Sidon et Beyrouth et rétablissent la continuité territoriale entre Acre et Tripoli, mais leur armée se disperse immédiatement après l'annonce de sa mort, survenue à Messine le 28 septembre 1197.

La quatrième croisade est appelée par le pape Innocent III en 1202. Elle est dirigée par le marquis Boniface de Montferrat. Mais elle ne prend pas le tour prévu par le pape. Les croisés traitent avec Venise. Ils louent une flotte pour 85 000 marcs d'argent pour transporter 4 500 chevaliers, 9 000 écuyers et 20 000 fantassins. Les croisés, qui ne peuvent pas payer leurs voyages aux armateurs vénitiens, sont détournés par eux à Zara sur la côte dalmate qu'ils prennent pour Venise. Le pape excommunie les croisés et Venise mais lève très vite l'excommunication pour les croisés. Philippe de Souabe, beau-frère d'Alexis Ange, fils de l'empereur byzantin déchu Isaac II, promet l'aide de l'Empire byzantin pour la croisade si Isaac est rétabli dans son trône. Innocent III espère tirer parti des divisions byzantines pour rétablir l'unité de l'Église.. Il ne s'oppose pas à une nouvelle déviation de la croisade vers Constantinople à l'instigation des Vénitiens, sous prétexte de rétablir Isaac II dans ses droits, ni à la prise de la ville par les croisés et les Vénitiens le 13 avril 1204.Le doge de Venise[ Enrico Dandolo fait désigner Baudouin de Flandre comme empereur romain d'Orient. Innocent III accepte le fait accompli se satisfaisant des promesses d'union des Églises et de soutien aux États latins d'Orient. Mais, informé des excès des croisés, il parle le premier de détournement de la croisade et accuse les Vénitiens.

La cinquième croisade est précédée de la croisade des enfants déclenchée simultanément dans la région parisienne, en Rhénanie et dans le nord de l'Italie, peu après l'émotion suscitée, à la Pentecôte 1212, par les processions ordonnées pour aider à la victoire sur les Sarrasins d'Espagne. À la suite d'une vision, un jeune berger de Cloyes-sur-le-Loir rassemble des pèlerins et les mène vers Saint-Denis pour y rencontrer le roi Philippe Auguste. À la même époque, d'autres groupes partent de Germanie et se rendent vers les ports de Gênes et de Marseille. Certains réussissent à embarquer et sont vendus comme esclaves ou bien meurent de faim pendant le voyage. Certains réussissent à gagner Rome. Dans le même temps, Innocent III essaie de convaincre le sultan d'Égypte de restituer Jérusalem aux chrétiens, pour que la paix s'installe entre musulmans et chrétiens. La construction d'une forteresse musulmane sur le mont Thabor, bloquant Acre, le décide à prêcher la croisade au quatrième concile de Latran en 1215. Les armées de la Hongrie, de l'Autriche, et de la Bavière s'attaquent d'abord à la forteresse du Mont-Thabor. Puis le 31 mai 1218, l'armée des croisés mouille sa flotte devant Damiette, port situé sur la grande branche oriental du Nil et gardant la route du Caire. Après un long siège, les croisés s'emparent de Damiette le 5 novembre 1219. Après le saccage de la ville, le légat du pape Pélage Galvani les persuade d'attaquer Le Caire. Harcelés sans cesse par les troupes du sultan ayyoubide Al-Kamel, les croisés doivent capituler sans conditions.

Lors de son couronnement à Aix-la-Chapelle en 1220, l’empereur romain germanique Frédéric II promet au pape de partir en croisade. Mais dans l'Empire, il doit faire face à la résistance des communes lombardes en 1225-1226 et tarde à accomplir son vœu. Entre temps, les croisés déjà arrivés en Orient, après avoir restauré quelques places fortes, commencent à repartir pour l'Occident. Or, la papauté cherche à desserrer l'étau que fait peser l'empereur du Saint-Empire sur ses États pontificaux en éloignant l'ambitieux souverain. Frédéric est donc excommunié par Grégoire IX en 1227 pour ne pas avoir honoré sa promesse de lancer la sixième croisade. Il embarque à Brindisi pour la Syrie l'année suivante alors que son excommunication n'est pas levée. Sa brève croisade se termine en négociations et par un simulacre de bataille avec le sultan Malik al-Kamel, avec qui des liens d'amitié s'étaient tissés, et par un accord, le traité de Jaffa. Il récupère sans combattre les villes de Jérusalem (où le Temple reste aux musulmans), de Bethléem et de Nazareth. Il est ensuite couronné roi de Jérusalem le 18 mars 1229.. L'Orient latin est remis en selle pour une dizaine d'années.

En 1237, une nouvelle croisade est lancée par le pape Grégoire IX. Cette « croisade des barons » est dirigée par le comte de Champagne, le duc de Bourgogne et Richard de Cornouailles. Elle poursuit la tradition des négociations avec les princes musulmans, en exploitant leurs rivalités. Le comte Richard obtient la restitution d'une grande partie du royaume de Jérusalem (1239-1241), complétant ainsi l'œuvre de Frédéric II.

En 1240, un siècle et demi après la reconquête de l'archipel par les Normands, l'empereur Frédéric II expulse de son royaume de Sicile les musulmans, contraints de choisir entre la conversion ou l'exil.

La situation reste confuse en Orient. Les Francs s'allient aux Syriens contre l’Égypte. Les Templiers attaquent l'Égypte en 1243, sont vaincus, et en 1244 les Korasmiens (bandes turcomanes au service des Égyptiens) reprennent Jérusalem.

Le pape Innocent IV lance un nouvel appel à la croisade. Le roi de France, Louis IX, et celui de Norvège décident de prendre la croix mais seul Louis IX part accompagné de barons La situation reste confuse en Orient. Les Francs s'allient aux Syriens contre l’Égypte. Le roi de Louis IX débarque à Chypre en 1248. L'armée croisée s'empare de Damiette en 1249 et entreprend la conquête de l'Égypte. Cette campagne est un lourd échec durant lequel Louis IX est capturé avec ses hommes en 1250.. Les succès de l'armée égyptienne, principalement composée des Mamelouks a pour conséquence l'arrivée au pouvoir de ces derniers qui massacrent les derniers ayyoubides.

Pour être libérés, les prisonniers du sultan d'Égypte doivent verser une lourde rançon et abandonner Damiette. Louis IX séjourne ensuite plusieurs années en Terre sainte pour mettre en état de défense les territoires conservés par les Francs. Dans le même temps, il noue des relations diplomatiques avec le successeur de Gengis Khan, Qubilaï, croyant à l'intérêt d'une alliance pouvant prendre l'Islam à revers. Il négocie des trêves avec les princes musulmans avant de repartir pour la France en 1254. Cette conciliation est de courte durée. Les États latins d'Orient sont de nouveau menacés par les Égyptiens.

En 1260, Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari plus connu en français sous le nom de Baybars, Baïbars, se proclame sultan et accueille Al-Mustansir bi-llah, l'un des survivants de la famille des Abbassides, dont il fait un calife fantoche, mais qui lui confère une légitimité supplémentaire. Celui-ci est rapidement remplacé par Al-Hakim Ier en 1262. Son objectif principal est la destruction des États croisés, ou du moins ce qu'il en reste, et pour cela il obtient la neutralité de l'empire byzantin et du sultanat seldjoukide de Roum. Il lance une offensive en 1261 et s'empare de Césarée le 27 février 1261. Puis Baybars s'empare successivement de la forteresse des Templiers de Safed (25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268), d'Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l'imprenable » krak des Chevaliers le 8 février 1271.

Les Croisés obtiennent l'alliance des Mongols, ce qui contraint Baybars à signer une trêve de dix ans. Il en profite pour s'emparer de Masyaf la forteresse du nord de la Syrie, aux mains de la secte des Assassins (1272), ainsi que de Césarée de Cappadoce, enlevée aux Seldjoukides.

Entretemps Urbain IV a appelé à une huitième croisade. Les croisés partent de 1265 à 1272. Ils consacrent leurs efforts à aider les Francs d'Acre à défendre leurs dernières places. Pour Louis IX se dirige vers Tunis car il espère convertir au christianisme l'émir hafside al-Mustansir et, peut-être, faire de la Tunisie une base d'attaque vers l'Égypte mamelouke qui contrôle alors la Terre sainte. Il apparaît très vite que l'émir n'a aucune intention de se convertir. La dysenterie (ou le typhus) fait des ravages dans les troupes. Louis IX, touché à son tour, meurt, le 25 août 1270 à Carthage. En Orient, Édouard d'Angleterre parvient à amener le sultan à accorder une nouvelle trêve aux Latins.

Le deuxième concile de Lyon, présidé par Grégoire X en 1274 décide d'une nouvelle croisade. Mais les hésitations des princes et les lenteurs de la préparation font qu'elle n'a jamais eu lieu. Après la chute de Tripoli en 1289, Nicolas IV proclame une autre croisade. Mais elle échoue à sauver Acre en 1291. À partir de cette date, il n'y a plus d'États latins en Orient.

En 1291, avec la prise de Saint Jean d’Acre, prise par les Mamelouks c’est la fin des Etats chrétiens latins d’Orient.

Baybars meurt, peut-être empoisonné, à Damas en 1277, mais échoue dans sa tentative de rendre le sultanat héréditaire dans sa famille.

à suivre IV

4. La Reconquista (Reconquête) espagnole de 1006 à 1492

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:09

2. Conquêtes islamiques et conversion des Chrétiens d'Afrique du Nord et d'Espagne du sud à l'Islam et reconquêtes chrétiennes de 622 à l’an 1000

Au moment de la naissance de Mahomet vers 570, l’Empire Romain d’Orient dit Byzantin, quoique considérablement affaibli, reste la puissance la plus vaste d’Orient : son territoire s’étend de la côte d’Afrique du Nord à l’Asie et des Balkans au sud de la Syrie. Byzance, qui sort d’une guerre sanglante de trente ans avec la Perse sassanide, est toutefois en position de faiblesse : sa population est affamée, son économie bouleversée, ses ressources presque asséchées, ses armées épuisées. Toutes les régions bordant la Méditerranée sont chrétiennes.

Alors que la Christianisation des parties de l’Europe n’ayant jamais appartenu à l’Empire Romain se poursuit en Europe, l'islam peut ainsi pénétrer le monde chrétien et gréco-romain peu après la mort du prophète de l'islam Mahomet estimée en 622.

À la mort du prophète, un différend naît entre les habitants de Médine et de La Mecque concernant la succession du prophète de l'islam. Certains préfèrent une succession issue de la famille en proposant notamment Ali son gendre pour lui succéder. Les compagnons s'y opposent et nomment Abou Bakr : c’est le premier calife qui poursuit la conquête de la péninsule d'Arabie. À sa mort en 634, son proche conseiller Omar lui succède.

Dès le VIIème siècle donc, de la péninsule arabique jusqu'à la péninsule Ibérique, l'expansion de l'islam se fait selon le principe de la guerre juste ou Jihad. Damas est conquise dès 635-636, et la bataille du Yarmûk en 636 installe la domination musulmane au Levant en même temps qu’elle ouvre aux Arabes les portes de l’Asie mineure byzantine – Jérusalem est prise en 637. Les Arabes commencent même à s'attaquer à l'Égypte au moment de la mort d'Héraclius en 641 avec notamment la conquête de la capitale de la province byzantine, Alexandrie, en 641.

Après la mort d’Omar assassinée en 644, un troisième calife est désigné par consultation des compagnons de Mahomet : Uthman de 644 à 656. Sous son règne, l’expansion arabe se poursuit en direction de l’ouest, jusqu’au Maghreb et à la péninsule ibérique. Dès 652, les Arabes effectuent des razzias en Sicile. Lui succède comme quatrième calife Ali, cousin et gendre du prophète de l'islam jusqu’en 661. Cette année-là, le calife fait un concordat avec l’Eglise arménienne en raison de l’occupation de l’Arménie commencée en 654.

Après la mort d’Ali, ce sont les califes Omeyades/Umayyades liés avec le troisième calife Uthman qui vont diriger le monde musulman établissant leur capitale à Damas. Le califat omeyyade connaît une vaste expansion ; il s'étend à l'ouest au Maghreb (fondation de Kairouan dans l'actuelle Tunisie) et à l'Espagne, alors qu'à l'est, il annexe la Transoxiane et le Sind. En 669 les Arabes pillent alors Syracuse.

Ces pertes marquent donc un net recul de l’Empire romain d’Orient, recul qui se confirme avec la conquête de l’Arménie et du Caucase par les Arabes dans les années qui suivent.

Cette première phase d’expansion arabe culmine en 674, lorsque les troupes musulmanes, ayant envahi l’Asie mineure, mettent le siège devant Constantinople. Quatre ans durant, et malgré les renforts envoyés par le pouvoir Umayyade, la capitale byzantine résiste : c’est finalement grâce au feu grégeois que les troupes arabes sont refoulées, en même temps qu’une contre-attaque byzantine permet de reconquérir l’Asie mineure. Cette première défaite arabe conduit à la signature d’un traité de paix bilatéral, d’une durée de trente ans, qui impose au calife (l’Umayyade Mu‘âwiya) de payer un tribut à l’empereur ainsi que de retirer ses troupes de toutes les garnisons byzantines occupées.

Mais les troupes d'Oqba Ibn Nafaa entrent en Ifriqya, nom donné à cette ancienne province romaine, mais il se heurte à la résistance de Kusayla. En 683, lors d'une terrible bataille, Oqba meurt ainsi que la plupart de ses hommes. Kusayla marche alors sur Kairouan, il y règne près de cinq ans, mais des renforts venus de Syrie destituent le roi. La conquête du Maghreb reprend et aussitôt un nouveau soulèvement gagne la région des Aurès, Dihya (Kahena) parvient à rassembler plusieurs tribus berbères et repousse provisoirement les soldats musulmans jusqu'en Tripolitaine (l'actuelle Libye).

Carthage est prise en 698, la résistance est dominée à partir de 702 et l'Afrique du Nord est « officiellement » conquise en 711. Cette même année, les premiers contingents berbères et arabes passent en Andalousie, dirigés par Tariq ibn Ziyad

Les Omeyyades préfèrent longtemps faire payer aux non-musulmans des impôts (capitation et impôt foncier) plutôt que de les convertir. Cependant les successeurs d'`Abd al-Malik choissisent une solution plus souple : ils encouragent les conversions, et pour les convertis la capitation est remplacée par l'aumône légale du croyant; mais l'impôt foncier estt maintenu sur leurs terres (sous prétexte que celles-ci n'étaient pas converties).

En 717, à la faveur d’une guerre civile byzantine opposant le général Léon l’Isaurien et Théodose III, un percepteur d’impôt proclamé empereur lors d’une mutinerie contre Anastase II, les troupes Umayyades assiègent à nouveau Constantinople : ce deuxième échec, resté dans l’Histoire comme une bataille décisive puisqu’elle aurait stoppé l’avancée des Arabes vers l’Europe, illustre l’endurance d’un Empire byzantin pourtant en proie à des conflits internes importants et écarte durablement la possibilité d’une conquête de Byzance par le califat islamique.

Dans l’ancienne partie occidentale de l’Empire Romain d’Occident, négligeant les poches de résistance basque, asturienne et cantabrique, les conquérants musulmans franchissent les Pyrénées pour s'attaquer dès 718 à Narbonne avant d'échouer en 721 devant Toulouse défendue par le comte Eudes. Nîmes et Carcassonne tombent en 725 et des raids sont lancés en direction du Rouergue, puis de la Provence. Une fois reconnue la vallée du Rhône, les envahisseurs poussent jusqu'à Autun, prise et incendiée en 725. Alors qu'une forte expédition conduite par Abd er-Rahman el-Ghafeki marche sur Tours pour en piller les riches sanctuaires, les cavaliers francs de Charles Martel lui infligent en 732 une défaite complète aux alentours de Poitiers. La menace ne disparait pas pour autant puisqu'en 734, Arles et la Provence sont dévastées et que de grandes quantités de malheureux promis à l'esclavage sont enlevées en Bourgogne. À partir de 736, Charles Martel et son frère Hildebrand entreprennent le refoulement méthodique de l'envahisseur.

En Sicile dès 740, Syracuse doit payer un tribut aux Arabes.

En 750, les Omeyyades sont détrônés par les Abbassides, qui fondent leur propre dynastie. Presque tous les membres de la famille sont massacrés, mais le prince `Abd ar-Rahman Ier, réussit à s'enfuir, à gagner l'Espagne et à y établir une nouvelle dynastie à Cordoue.

Malgré les actions de Charles Martel, les musulmans n'en parviennent pas moins à conserver l'antique Septimanie qui correspond à la majeure partie de notre Languedoc. Le fils de Charles, Pépin le Bref, devenu le premier souverain de la nouvelle dynastie carolingienne, appuie l'action de saint Boniface en Frise païenne (il reçoit peut-être le sacre des mains de ce dernier, en 751) et poursuit l'œuvre entreprise d’expulsion des musulmans. Dès 752, l'ennemi islamique est refoulé au sud de l'Aude. La reprise de Narbonne marque en 759 la fin de la reconquête au nord des Pyrénées.

Le commencement du règne abbasside est marqué par une réforme de l'empire musulman prenant mieux en compte les populations non arabes et non musulmanes. C’est t également une époque de développement urbain, symbolisé par la nouvelle capitale, Bagdad, fondée par Al-Mansûr en 762.

L'expédition conduite en Espagne par Charlemagne en 778, puis la prise de Gérone en 785 préparent l'intervention de Louis d'Aquitaine, le fils de l'Empereur. En 792, le calife de Cordoue, Hescham, décide de reprendre la Septimanie, et lève une armée pour pénétrer en France. En 793, une puissante razzia est conduite en Septimanie par Abd el-Malik ibn Mughit qui incendie les faubourgs de Narbonne et bat près du confluent de l'Orbieu et de l'Aude le duc Guillaume de Toulouse.

Mais Louis le Pieux, le fils de Charlemagne, intervient, s'empare en 801 de Barcelone et crée la Marche d'Espagne – la future Catalogne – qui place désormais sur le cours du Llobregat la frontière méridionale de l'Empire franc.

À partir de ce moment, la Gaule se trouve à l'abri des menaces d'invasion terrestre ; toutefois les pirates arabes d'Afrique, qui depuis longtemps infestent la Méditerranée, commencent alors à ravager les côtes de l'empire de Charlemagne. Charlemagne fait établir des forts aux lieux de débarquement, et des flottes pour repousser les ennemis.

Charlemagne restaure l’Empire Romain d’Occident par son couronnement à Rome le 25 décembre 800.

La Corse, la Sardaigne, les îles Baléares, sont dévastées, en 806.808,809, 813. Désormais la lutte contre la conquête islamique va aller croissante au fur et à mesure de la progression de la Christianisation de l’ensemble de l’Europe. Dans l’Empire d’Occident Carolingien, le pape Léon III et Charlemagne mesurent le danger mais ne peuvent empêcher les attaques lancées en 812, au large de Naples, contre les îles de Ponza et d'Ischia et le raid de pillage effectué l'année suivante sur la côte de Toscane, contre Centum Cellae – Civitavecchia.

Après la mort de l’empereur d’Occident Charlemagne en 814, les Sarrasins recommencent leurs courses.

A la tête de l’Empire Romain d’Orient, Léon V l'Arménien (813-820) parvient à vaincre les Bulgares affaiblis par la mort de leur chef. Tout comme Léon III, il met sur le compte de la vénération des images les difficultés de l'empire depuis deux décennies et il rétablit l'iconoclasme sous une forme moins violente que sous les Isauriens. Toutefois, le nouvel empereur est renversé peu de temps après par Michel II (820-829) qui doit rapidement combattre une révolte de grande envergure. S'il en sort vainqueur, l'empire est affaibli et perd du terrain face aux Arabes en Crète et en Sicile. En 820, la Sardaigne est ravagée; L'occupation de la Sicile par les musulmans commence à partir de 827. .

Sous le règne de son fils et successeur, Théophile (829-842), les musulmans s'emparent de la quasi-totalité de la Sicile à l'exception de Syracuse, Palerme tombe ainsi en 830. Théophile réagit peu car il est occupé par la guerre, qu'il a déclenchée, contre les califes de Bagdad. En effet, il a au début de son règne accueilli des réfugiés persans opposés aux différents califes. L'un de ces réfugiés, Théophobos, épouse Héléna, la propre sœur de l'empereur, et devient l'un de ses généraux. Ces réfugiés poussent à la guerre contre Bagdad. Théophile est victorieux dans un premier temps et son armée ravage la ville syrienne de Zapetra, ville natale du calife Al-Mu’tasim en 837. Ce dernier riposte en levant une énorme armée, qu'il divise en deux corps d'armée, l'un dirigé contre l'armée de Théophile et l'autre contre Amorium en Phrygie, le berceau de la dynastie qui gouverne l'empire. Théophile est battu à Dazimon en 838, son meilleur général, Manuel l'Arménien, étant tué dans l'affrontement. Quant à Amorium, elle tombe le 23 septembre 838, sans doute par trahison, et est rasée par les troupes du calife. Plus de 30 000 personnes sont tuées et les autres vendues comme esclaves. De nombreux chefs militaires byzantins sont tués ou torturés.

Dans la partie occidentale, la mort de Louis le Débonnaire, et les guerres qui ont lieu entre ses enfants, laissent aux Sarrasins le champ libre; aussi les embouchures du Rhône, puis Marseille sont dévastées cette même année 838.

A la même époque au sud de l’Italie, les rivalités des ducs chrétiens favorisent par ailleurs la tâche des Sarrasins qui peuvent ainsi s'emparer en 840 de Tarente et de l'île de Ponza et établir une base au cap Licosa, près de Salerne.

Cependant, en 841, Théophile parvient à rétablir la situation en exploitant les dissensions dans le camp musulman et signe une trêve avec Al-Mu’tasim. La menace arabe commence à s'étioler au fur et à mesure que le pouvoir abbasside décline (le pouvoir abbasside est rapidement déstabilisé, en particulier par la forte présence de mercenaires turcs dans l'armée et dans la garde du calife et que des émirats frontaliers se constituent. Si ces derniers continuent de lancer des raids en Asie Mineure, leur potentiel militaire est moindre qu'à l'époque où le calife était une puissance unitaire. En effet l'autorité du calife s'estompe à la périphérie de l'empire. La Tunisie et la Tripolitaine prennent leur autonomie sous la conduite des Aghlabides, l'Égypte sous celle des Toulounides, la Transoxiane et le Khorasan se trouvent successivement sous la domination des Tahirides, des Saffarides puis des Samanides.

Mais en 842, au sud de la Provence, Arles est dévastée et en Italie Messine est occupée. Les musulmans lance une attaque contre Ostie en 846 qui est pillée ainsi que Saint Pierre et Saint Paul-hors les-Murs et le fait que l'Empereur Louis II chasse la garnison sarrasine de Bénévent l'année suivante ne permet pas de conjurer la menace. Le pape Léon IV restaure les défenses de Rome. Marseille est dévastée à nouveau en 848 et Arles en 850. Dans l'intérieur de la Sicile, la citadelle de Castrogiovanni tombe en 859.

Le pouvoir abbasside achève de s'affaiblir avec la fondation du califat schismatique fatimide, mais surtout, en matière de politique interne, avec l'importance croissante des vizirs et des émirs turcs. L'expansion arabe en Asie Mineure est contenue par la victoire à Poson en 863 de Petronas, oncle maternel de l'empereur Michel III, fils de Théophile qui compense la défaite de l'armée byzantine dirigée par Michel III en personne trois ans plus tôt. Par contre, la Crète n'est pas reprise.

En revanche, dans la partie occidentale de la Méditerranée, le danger islamique se poursuit en Méditerranée occidentale par des raids navals qui sont lancés contre les côtes chrétiennes.

En 869, les pirates sarrasins font une nouvelle invasion dans la Camargue. Pechina, près d'Almeria, puis Dénia au sud-est de l'Espagne se transforment en bases arrière d'une piraterie de grande envergure et ce sont davantage des navires affrétés par de véritables entrepreneurs corsaires que les flottes de l'émir ou du calife omeyade de Cordoue qui créent une insécurité permanente entre le delta du Rhône et le sud de l'Italie.

Malte est occupée par les Arabes en 870. Bari n'est reprise, avec l'aide des Byzantins, qu'en 871, après avoir subi trente ans de domination musulmane mais en Sicile, Syracuse, soutenue par l'empereur byzantin Basile Ier, est prise par les arabes en 878.

Une armée musulmane partit d'Espagne s'avance en France, et ne se retire que comblée de présents par Charles le Chauve. Tarente est reconquise sur les Arabes en 880 qui néanmoins en 883, massacrent les moines du Mont Cassin. La dernière place sarrasine de la région, celle de Santo Severino proche de Crotone, tombe en 886.

Mais en 889, les Sarrasins venus d'Espagne installent à Fraxinetum – La Garde Freinet – à l'ouest du comté de Fréjus, une base analogue à celle établie en Italie à l'embouchure du Liri. Solidement fortifiée, cette place d'armes étendue sur une vaste superficie permet de lancer des raids de pillage très loin dans l'intérieur, jusqu'au col du Grand Saint-Bernard et au lac de Constance.

Dernière place en Sicile à poursuivre la lutte, Taormine tombe en 902 et voit sa population massacrée. Cette même année 902, les Baléares tombent aux mains des Musulmans et la Corse et la Sardaigne se retrouvent dangereusement isolées, En 906, les Sarrasins ravagent le Dauphiné et la vallée de Suse. En 908, des pirates africains saccagent les environs d'Aigues-Mortes.

Il faut encore attendre 916 pour voir reprises les bases musulmanes établies à Agropoli près de Salerne et à l'embouchure du Liri.

En 920, les Arabes d'Espagne passent les Pyrénées, et poussent jusqu'aux portes de Toulouse. Pendant ce temps, les environs de Fraxinet se trouvent entièrement dévastés; Marseille, Aix, Sisteron, Gap, Embrun, sont successivement pillées; la Savoie, le Piémont et la Suisse ne sont pas, malgré les Alpes, à l'abri des attaques des Sarrasins.

En 925, l'évêque Odalric d'Aix part se réfugier à Reims. Après avoir été attaqués à trois reprises, les moines du monastère de La Novalaise, dans le Val de Suse, se résignent à chercher refuge à Rome. Parvenus à Saint-Maurice d'Agaune, dans le Valais, les envahisseurs exigent des pèlerins qui se rendent vers Rome le versement d'un droit de passage

Les pirates établis sur la côte campanienne étaient responsables d'un lourd bilan. La disparition de ces bases d'opérations n'écarte pas totalement le danger puisque Gênes est enlevée par surprise et pillée en 932 et. seule l'intervention des marines pisane et normande permet de nettoyer la région de la piraterie sarrasine.

En 936, à côté de celle de calife est créée la fonction de grand émir dont le pouvoir est très étendu, tant dans le domaine militaire que dans les finances.

En 940, Fréjus et Toulon sont prises : toute la contrée est dépeuplée. Le mal devient tel, que Hugues, comte de Provence, fait alliance avec l'empereur romain d’Orient pour prendre Fraxinet. En 942, Hugues et les romains d’Orient s'emparent, en effet, de ce port si important; mais Hugues, apprenant que l'Italie, qu'il convoite, va passer à son rival Bérenger, fait alliance avec les Arabes et leur rend Fraxinet pour pouvoir disposer de ses forces contre son adversaire. Depuis lors, la puissance des Sarrasins va toujours croissant.

Après s'être réduit progressivement, le statut du calife n’est plus que celui, symbolique, de « commandeur des croyants », et la réalité du pouvoir politique est assurée par des dynasties non arabes. La famille des Bouyides, d'origine iranienne, s'empare en 945 de la fonction de grand émir et domine essentiellement l'Irak et l'Iran.

Une victoire du roi de Bourgogne-Provence Conrad, en 952, fait chanceler la puissance des Sarrasins dans son royaume. En 960, ils sont chassés du Col du Grand Saint-Bernard, et les communications entre l'Italie, l'Allemagne et la France, sont rétablies. En 965, ils sont chassés du diocèse de Grenoble, puis, postérieurement en 972, de Sisteron et de Gap. De toutes parts, les seigneurs féodaux, secondés par le peuple et excités par le clergé, se soulevaient contre les envahisseurs.

Cette même année 972, saint Maïeul, le célèbre abbé de Cluny, est enlevé et doit payer au prix fort sa libération. C'est à ce moment que la présence de la base de Fraxinetum devient insupportable ; une coalition réunissant les comtes Roubaud de Forcalquier, Arduin le Chauve de Turin et Guillaume de Provence parvient à en venir à bout en 973. Les dégâts ont été considérables : des régions entières – la Provence, l'Embrunais ou le Dauphiné – apparaissent dévastées à la veille de l'an mil. Les lacunes que révèlent les listes épiscopales témoignent de la gravité des destructions subies et des villes telles que Fréjus ou Toulon sont complètement ruinées. À plusieurs reprises au cours du XIe siècle, les moines de Lérins sont encore enlevés pour être emmenés à Tortose ou à Denia et vendus ensuite comme esclaves.

Enfin, vient également le moment de la délivrance, en Provence quand Guillaume, comte de Provence, appelle à lui tous les guerriers de la Provence, du bas Dauphiné et de Nice, et résout de prendre Fraxinet. D'abord les Sarrasins sont vaincus à Tourtour, près de Draguignan; puis, malgré leur résistance, obligés de fuir de Fraxinet. C'est vers 975 que la France est enfin délivrée de ces terribles incursions. Ceux qui ne sont pas tués, vont devenir serfs et se fondent peu à peu dans la population

Au début du XIe siècle, la tribu turque des Oghouzes, dominée par le clan des Seldjoukides, envahit les provinces orientales de l'empire arabe puis l'Iran. En 1055, leur chef Tuğrul Bey prend Bagdad et se fait reconnaître comme sultan. Son ambition affichée était de réinstaurer la légitimité d'un pouvoir sunnite face aux Bouyides chiites et au califat fatimide qui avait progressé vers l'Égypte puis jusqu'en Syrie et au Hedjaz, et de reprendre possession au nom du calife les villes saintes de La Mecque, de Médine et de Jérusalem. De fait, le pouvoir seldjoukide s'empare de la Syrie

Menacés en 1038-1040 par une tentative de reconquête byzantine, les musulmans de Sicile se divisent ensuite et impliquent dans leurs querelles les Normands installés en Italie du sud depuis le début du XIe siècle. Reconnu « duc de Pouilles et de Calabre et duc futur de Sicile » par le pape Nicolas II, Robert Guiscard avait reçu mandat de reprendre l'île aux Infidèles. Dès 1061, son plus jeune frère, Roger, s'empare de Messine. La chute de Catane en 1071, suivie de celles de Palerme en 1072, de Taormine 1079 et de Syracuse en 1085 scelle le sort de l'île, rendue à la chrétienté par les armes normandes. Malte, qui était devenue aux Xe et XIe siècles une base d'opérations précieuse pour les pirates sarrasins et que les Byzantins n'étaient pas parvenus à reconquérir au milieu du XIe siècle, tombe en 1090 aux mains de Roger mais la population y demeure en majorité musulmane.

à suivre III

​3 Reconquêtes chrétiennes par l'Europe Occidentale

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:08

1. Christianisation de la Méditerranée et de l’Europe

En 312, la conversion au christianisme de l’empereur romain Constantin va faire de cette religion celle de l’ensemble du monde romain, c’est-à-dire de tous les territoires riverains de la Méditerranée (futurs Espagne, France, Italie, Malte, Slovénie, Croatie, Monténégro, Albanie, Grèce, Syrie, Chypre, Liban, Israël, Egypte, Lybie, Tunisie, Algérie, Maroc plus Chypre et d’une partie de l’Europe Occidentale (futurs Portugal, Angleterre, Belgique, Luxembourg, Rive gauche du Rhin, Suisse, Autriche, Serbie, Macédoine, Roumanie).

La division en deux de l’Empire Romain a lieu à la mort de Théodose le Grand en 395. Les parties occidentales et orientales échoient à ses deux fils. Honorius établit sa capitale à Ravenne et Arcadius à Constantinople. Dès lors, les ambitions politiques des coempereurs ne viendront plus jamais empiéter les prérogatives de l'autre. Et avec l'accession au trône de Léon Ier à Constantinople en 457, les liens dynastiques qui unissaient jusque-là les empereurs d'Orient et d'Occident sont définitivement rompus.

En 476, lors de la chute de l'Empire romain d'occident, l'empereur romain d'orient Zénon devient l'unique dépositaire de l'autorité impériale romaine. Cette chute de l'Empire Romain d’Occident avec la prise de Rome en 476 entraine dans la partie occidentale de l’empire l'installation durable de royaumes généralement d'origine germanique, restés païens du fait de leur faible romanisation. Seuls les peuples les plus romanisés adoptent le christianisme tel les Burgondes, Ostrogoths, Vandales et Wisigoths mais dans sa version arienne. L'afflux de ces peuples « barbares » plus ou moins romanisés ébranle l'unité que le christianisme avait dans l'empire.

Mais déjà lors de Noël d'une année comprise entre 496 et 511, peut-être en 499, Clovis, roi des Francs reçoit baptême avec 3 000 guerriers.

Au VIe siècle, sous le règne de l’empereur Justinien Ier (527-565), ses deux généraux Bélisaire et Narsès reconquièrent une grande partie des provinces occidentales sur les barbares: l'Italie, l'Afrique du Nord, et la Bétique (Espagne du Sud).

Dès ce VIe siècle et durant tout le haut Moyen Âge, la « mission chrétienne » se développe aux confins d'un monde chrétien qui a été jusque-là, à peu de différences près, superposable à l'empire romain de Constantin Ier : celle d'Augustin de Canterbury, envoyé en 596 par le pape Grégoire le Grand auprès des Angles dans le Kent, connaît le succès avec le baptême d'Æthelbert, en 610. Elle est immédiatement suivie, en 616–625 par celle de Paulinus auprès des Angles du nord, en Northumbrie, qui entraîne le baptême du roi Edwin. Des moines anglo-saxons, désireux d'évangéliser les Germains demeurés païens sur le continent, prennent le relais aux VIIe et VIIIe siècles : Willibrord est envoyé en Frise en 695 par le pape Serge II. Peu de temps après, Winfrid le suit. Ce dernier se rend à Rome et y reçoit le sacre épiscopal des mains du Pape en 722. Prenant le nom de Boniface, il est sanctifié à la suite de son martyre à Dokkum, en Frise orientale, en 754.

En Irlande, à la suite de l’arrivée de Saint Patrick et d’autres missionnaires chrétiens dans la première partie du Ve siècle, le christianisme supplante la religion celtique à partir de 600.

Occupant les sphères d'influence franque et byzantine, une certaine compétition a lieu pour convertir les païens entre les Églises de Rome et de Constantinople : les Églises des Bavarois et des Slaves sont fondées sous l'aile bienveillante du Pape romain et placées sous l'autorité d'évêques de Salzbourg vers 757.

En Germanie, Charlemagne se heurte à la résistance des Saxons qu’il finit de convertir par la force, avec leur roi Widukind en 795.

Mais la grande réussite byzantine est la conversion des peuples slaves par les deux missionnaires Cyrille et Méthode. En 843, en vertu du Traité de Verdun, l'empire franc carolingien est divisé en trois États distincts. La Francie orientale, qui deviendra plus tard le Saint-Empire romain germanique, se considère comme l'héritière de l'empire de Charlemagne et de son ambition d'une expansion de l'empire et de l'Église catholique en Europe centrale. Dans la première moitié du IXe siècle, à partir des évêchés de Salzbourg, de Ratisbonne et de Passau, des missionnaires francs pénètrent en Bohême, Moravie et dans la région qui s'étend de la Slovaquie à la Carinthie. Les aristocrates moraves et tchèques adoptent le style de vie et la religion des aristocrates francs. Rastislav qui prend le pouvoir en Grande Moravie en 846 est sans nul doute chrétien, et il a prêté serment de fidélité au roi de Francie orientale Louis II le Germanique. Il étend rapidement son influence à la Bohême et rentre alors en conflit avec Louis le Germanique Vers 860, l'entourage de Rastislav se décide à demander l'appui du pape pour renforcer à la fois son État et la chrétienté. En 862, il effectue le même type de requête à Byzance : Une ambassade est envoyée auprès des deux chefs, spirituel et temporel, de la chrétienté orientale: le patriarche Photius et l'empereur Michel III. Michel III délègue alors en Moravie une mission dirigée par les deux frères pour y créer une Église de rite oriental et établir avec la Grande Moravie des relations durables. Constantin et Méthode qui parlent le dialecte slave de Macédoine ont des facilités pour évangéliser ces peuples à qui ils enseignent une liturgie en langue slave La mission byzantine étend vite son action à la Pannonie (ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l'Autriche et de la Slovaquie) provoquant ainsi l'opposition de l'archevêque de Bavière qui considère que ses droits sont violés.

En 864, le roi Boris Ier de Bulgarie se convertit a l‘orthodoxie. Suite à de longues délibérations et étouffant une grande révolte de l‘aristocratie bulgare, l‘orthodoxie de Constantinople, préférée au catholicisme de Rome (c‘était déjà la religion de la plupart de la population des régions de Thrace et Macédoine), est adoptée et le pays est converti.

A partir de 867, la situation change à Constantinople, où l’empereur Michel III est assassiné et le patriarche Photius démis de ses fonctions. Constantin et Méthode se rendent alors auprès du pape, apportant à Rome les reliques supposées de Clément Ier qui sont accueillies avec grande vénération par le pape Adrien II. Méthode lui-même, et plusieurs de leurs disciples comme Clément d'Ohrid, sont alors ordonnés prêtres, et le pape accepte l'usage du vieux slave comme langue liturgique, ce qui était un point très épineux en Occident, où seuls l'hébreu, le grec et le latin étaient reconnus comme langues religieuses légitimes. Adrien II consacre aussi Constantin évêque. Mais peu de temps après, en 869, ce dernier meurt à Rome, après être devenu moine sous le nom de Cyrille. Adrien II nomme alors Méthode archevêque de Sirmium, en Pannonie, évêque missionnaire pour les Slaves, chargé d'organiser une province ecclésiastique dans les régions à l'est de Salzbourg

En 870, Méthode est emprisonné en Souabe à l'instigation des évêques allemands qui contestent sa juridiction et n'admettent pas sa liturgie ; il n'est libéré qu'en 873 sur l'intervention du pape Jean VIII. Appelé à Rome en 879-880, il est approuvé par Jean VIII et consacré évêque du royaume de Grande Moravie (de 833 jusqu'au début du Xème siècle, ce royaume slave s'étendit sur les territoires des actuelles République tchèque, Allemagne orientale, Slovaquie et Hongrie nord-occidentale, le sud de la Pologne avec la région de Cracovie et l'ouest de l'Ukraine avec la Galicie).

Autour de 974, l’empereur Otton II du Saint-Empire envahit le Danemark. Le roi Harald à la Dent Bleue et son allié norvégien, Håkon Sigurdsson, perdent une bataille près du Danevirke et sont contraints, pour avoir la paix, d’accepter le baptême et de christianiser leur peuple mais une fois revenu en Norvège, Hakon se débarrasse des prêtres autour de lui et reprend ses anciennes croyances. L’opposition à la foi chrétienne est brisée plusieurs dizaines d'années plus tard avec une violence peu chrétienne, d'abord par le roi Olaf Tryggvason, baptisé en 995. Son œuvre est achevée par Olaf Haraldson (1016-1028). Au Danemark, Harald à la Dent Bleue agit de même. En 985, le royaume est unifié et christianisé sous sa poigne. En Suède, malgré le zèle des missionnaires comme l’évêque Bruno de Querfurt, le paganisme persiste encore au XIème siècle. Les missionnaires, voyant qu’ils ne peuvent pas détruire les anciennes croyances, les christianisent progressivement en récupérant les anciennes déités païennes.

Le véritable fondateur de l'État hongrois Étienne Ier baptisé en 994 devenu roi en 1001 qui impose la conversion au christianisme, malgré les réticences de certains clans. Placé au contact des chrétientés grecques et latines, il choisit le catholicisme romain qui avait pénétré par l'intermédiaire de missionnaires venus de Bohême et de Bavière. Il est canonisé en 1003.

La Christianisation de la Russie Kiévienne après le baptême de Vladimir, prince de Kiev est pratiquement achevé lui aussi vers l’an mil.

Vers l’an Mil donc, la quasi-totalité de l’Europe est Chrétienne à l’exception des territoires des futures Pologne, Lituanie, Estonie, Lettonie et Finlande dont l’évangélisation ne s’achèvera que vers la fin du XIIIème siècle et de ceux déchristianisés qui ont été occupés par l’Islam sur ses rives de Méditerranée occidentale. En revanche le Christianisme a disparu de la rive sud de la Méditerranée et si l’empire romain d’Orient conserve la partie Occidentale de la Turquie, les Chrétiens du reste du Proche Orient sont passés sous domination islamique.

à suivre II

2. conquêtes islamiques et reconquêtes chrétiennes de 622 à l'an 1000​

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 18:08
ALLEMAGNE- FRANCE- CRISE GRECQUE- DETTES- SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE- IIème REICH-IIIème REICH-IVème REICH- CAMBADELIS -Nicolas DUPONT AIGNAN- Arnaud MONTEBOURG- Jean-Luc MELENCHON- Marine LE PEN- - ET Cie - CLUB MED

A tous les aboyeurs français contre l’Allemagne, assez peu connaisseurs de l’histoire de France et de celle de l’Allemagne, je rappellerai d’abord simplement que cette dernière a réussi à force d’efforts à se relever de la Deuxième Guerre Mondiale et à se réunifier, a largement contribué à la création de l’euro, et soutient à bout de bras, même si c’est son intérêt bien compris, bon nombre d’Etats de l’Union Européenne qu’un certain nombre d’hommes politiques irresponsables ont surendettés.

Ensuite en particulier au Premier Secrétaire du Parti Socialiste français, au nom bien grec Monsieur Cambadelis, ancien militant d'extrême gauche du courant trotskiste proche intellectuellement de Syriza , que si l’Allemagne n’ oublie pas qu’elle a bénéficié des accords de Londres du 27 février 1953 signés entre la RFA d’une part et notamment, la Belgique, le Canada, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, l’Iran, l’Irlande, l’Italie, le Liechtenstein, le Luxembourg, la Norvège, l’Espagne, la Suède, la Suisse, l’Afrique du Sud, les États-Unis, la Yougoslavie et d’autres, il convient honnêtement de rappeler que, c’est sur proposition de son chancelier Konrad Adenauer le 6 mars 1951 que la RFA avait décidé de rembourser pour restaurer sa réputation, un certain nombre de types de dettes allemandes comprenant : .d'une part un montant de 16 milliards de marks résultant des obligations du traité inique de Versailles que la France lui a imposé ayant mis fin à la Première Guerre Mondiale et largement responsable du projet de IIIème Reich d’Hitler (Celles-ci devaient s’élever à 132 milliards de marks-or (dont initialement 50 milliards de marks sous forme d'annuités de 2 milliards) selon la somme fixée en avril 1921. La France récupéra les territoires perdus lors de la guerre de 1870. La Belgique, le Danemark retrouvèrent aussi certaines de leurs régions. L’Allemagne perdit une partie de ses territoires de l'est (Posnanie, district de Dantzig) pour permettre la création de la Pologne. La région allemande de la Sarre demeura sous contrôle administratif international pendant 15 ans. L'Allemagne dut renoncer à son empire colonial. Elle fut aussi soumise à des restrictions militaires, économiques et financières. En 1932, les alliés renoncèrent à toute indemnité de guerre (moratoire Hoover) car l'Allemagne était durement touchée par la crise financière et économique de 1929. Elle n'aura versé au total que 22,8 milliards de marks-or mais devait toujours honorer ses dettes de guerre qui furent soumises à de fréquents recalculs, comme lors des plan Dawes et Young) ainsi que des emprunts souscrits par la République de Weimar. .d'autre part 16 autres milliards de marks représentant des emprunts d'après-guerre auprès des Alliés et principalement des États-Unis, et que s’il est vrai que l'accord signé à Londres, a réduit le montant à rembourser de 50%, soit environ 15 milliards de marks et l’a étalé sur 30 ans, l'Allemagne réunifiée a respecté cet accord en 1990, en procédant à un nouveau remboursement de 239,4 millions de deutsche marks et le 3 octobre 2010, un versement de 69,9 millions d'euros considéré comme le dernier remboursement de ses dettes connues résultant de deux guerres mondiales. Alors qu’on a toutes les raisons de douter que la Grèce en ferait de même quand bien même sa dette actuelle serait étalée sans intérêt sur 50 ans elle-aussi et ce d’autant moins que les Grecs ont l’indécence de soutenir qu’aucun traité de paix comme le traité de Versailles n’a mis fin à la Deuxième Guerre Mondiale (ce qui est vrai) et fixé les indemnités que la Grèce aurait pu peut-être réclamer à l’Allemagne, et que leurs dettes actuelles à l’égard de l’Europe se compenseraient pour une grande partie avec celles que leurs devraient les Allemands à titre de dommages et intérêts pour la guerre. Indécence car un Etat n’emprunte pas à un autre ou à d’autres Etats puis objectent ensuite qu’il ne lui doit rien en invoquant un motif antérieur à sa décision d’emprunt. Si les Grecs estimaient que l’Allemagne leur devait des indemnités de guerre ils auraient dû lui réclamer avant leur entrée dans l’Europe puis dans l’euro. Or, une chose est sûre aujourd’hui s’ils l’avaient fait, ils ne seraient ni dans l’Union Européenne ni dans l’Euro et devraient sans doute rien à l’Allemagne ! Mr Cambadélis ferait bien de se souvenir que la Grèce est surendettée depuis sa création il y a 200 ans alors que si l’Allemagne a été 3 fois en défaut, elle a toujours fait preuve d’une certaine dignité, mis à part la période hitlérienne, à l’égard de ses créanciers ce qui n’a pas été le cas, en dépit de leur besoin affiché de dignité des Grecs dont par exemple l’Etat a déjà fait faillite en 1893 puis avait décidé unilatéralement de diminuer (falsification) la part d’or des pièces frappées au nom de l’Union Latine dont il dut sortir en 1908 et n’a pas encore hésité moins d’un siècle plus tard à falsifier ses comptes pour pouvoir bénéficier de l’Euro. En outre, il convient de rappeler que dès la capitulation allemande et au cours des deux années suivantes, les États-Unis et l'Union soviétique poursuivirent un programme vigoureux de pillage du savoir-faire technologique et scientifique allemand ainsi que des brevets déposés en Allemagne durant la période de guerre. L'historien John Gimbel a chiffré les « réparations intellectuelles » prises par les États-Unis et le Royaume-Uni à près de 10 milliards de dollars. Les réparations allemandes devaient partiellement prendre en outre la forme de travail forcé. En 1947, environ 4 000 000 d'Allemands ont été utilisés pour le « travail de réparation » en Union soviétique, en France, au Royaume-Uni, en Belgique et dans la zone allemande sous contrôle américain. Après la Seconde Guerre mondiale, selon la Conférence de Potsdam tenue entre du 17 juillet au 2 août 1945, l'Allemagne dut payer aux Alliés 20 milliards de reichsmarks, soit environ 315 millions USD, surtout en termes de machines et d'usines. De plus, conformément à une politique systématique de désindustrialisation de l'Allemagne, un grand nombre d'usines civiles ont été démontées pour être transportées en France, en Union soviétique, au Royaume-Uni ou tout simplement détruites. Il est tout simplement hypocrite et irresponsable de la part d’hommes politiques de se mettre à écrire publiquement « une lettre à un ami » anonyme allemand comme le font Mr Cambadélis (ou Monsieur Strauss Kahn) pour le critiquer car la personne qu’ils entendent viser n’a aucune raison de se considérer comme leur ami et donc de se sentir visée et ainsi ils ne prennent pas le risque de se faire moucher.

Aux deux Don Quichotte nationaux socialistes de la gauche française Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon, soutiens actifs de Monsieur Tsipras qui ont cru pertinent de faire référence à l’Allemagne de Bismarck :

1. que si celui-ci a pu être un artisan de la création du IIème Reich Allemand et si Hitler a pu rêver d’un IIIème Reich, ce n’est que parce que Napoléon Ier a été l’instigateur de l’abolition du Ier Reich c’est-à-dire du Saint Empire Romain Germanique qui se voulait le restaurateur avec Otton le Grand en 962 de l’empire romain d’Occident restauré par Charlemagne en l’an 800.

2. que Bismarck a écrit lui-même : « tant qu'à avoir une révolution, mieux vaut la provoquer que la subir et aurait déclaré à Napoléon III : « en Prusse, seuls les rois font les révolutions »

3. que c’est Bismarck qui, en créant dans les années 1880 l’assurance-maladie pour les travailleurs ainsi que l’assurance invalidité et vieillesse, a fait de l’Allemagne une pionnière de la protection sociale des temps modernes ce qu’elle reste aujourd’hui sous la chancelière Merkel et n’a guère de leçon à recevoir sur ce point d’hommes politiques français responsables du déclin constant de la France depuis 1 siècle.

A leur alliée d’un jour pour son soutien à Monsieur Tsipras qui est pour conserver l'euro alors qu'elle prone son abandon, et autre nationale socialiste, Marine le Pen, qu’ en février encore, elle assurait qu'une dette devait être remboursée car c'est "un devoir éthique" mais en juillet, elle a dit au contraire qu'il fallait envisager une restructuration de la dette grecque de sorte que comme le Premier Ministre Grec, si un jour elle est élue, elle pourra sans vergogne faire comme lui vis à vis de ses électeurs en demandant à rester dans l’Euro et à renégocier la dette française qui dépasse désormais les 2000 milliards

Enfin à Nicolas Dupont-Aignan qu’il est déplacé, pour quelqu’un qui veut prendre des accents gaulliens, d’ invoquer au sujet de l’Allemagne actuelle l’idée d’un IVème Reich mais qu’en revanche il devrait se souvenir que les ancêtres de bon nombre de ses compatriotes ont pendant des siècles été sujets du Saint Empire Romain Germanique (Premier Reich) et sont devenus citoyens français par annexion pure et simple sans qu’on ne leur ait jamais demandé leur avis tels les Bourguignons de Franche Comté, les Alsaciens et les Lorrains ou après un plébiscite contestable, les Savoyards, et peuvent de plus en plus se poser la question légitime de savoir s’ils y ont gagné et s’ils ne gagneraient pas aujourdhui, à maints égards à voir restaurer ledit empire plutôt que de rester citoyens d’un des pays du Club Med redevenus fictivement souverain.

Comme les Allemands qui ont toujours le souvenir de l’hyperinflation consécutive à la Première Guerre mondiale et ont de légitime raison d’avoir une politique monétaire rigoureuse, beaucoup de Français savent que leurs gouvernants depuis Philippe le Bel jusqu’à l’époque en cours n’ont jamais fait preuve de rigueur et sont proches sur ce point des Grecs qu’ils trouvent certes sympathiques et n’ont nul envie pour autant de connaitre une nouvelle banqueroute de Law ou le système des assignats de la Révolution que les Grecs risquent fort de connaitre sous une forme équivalente.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 13:34
Grèce-Union Européenne-Eurogroupe-Eurozone- Dettes- Plans-Propositions- Referendum-Parlement Grec- Vote-Tsipras- Fierté-Honte

Après 5 mois de négociations infructueuses, après avoir demandé de manière assez puérile la disparition du terme "Troïka" qui choquait leur fierté, après avoir organisé un référendum demandant de voter non contre les "exigences " de l’Europe, et avoir obtenu une large majorité, le gouvernement nombriliste et inexpérimenté grec présente comme les siennes, pour des raisons d’orgueil mal placé, des propositions qui sont, à quelques détails près celles de l’Europe qu’il a fait rejeter par le peuple grec en prétendant que grâce au référendum, il pense désormais obtenir une nouvelle aide de l'Europe que celle-ci aurait du de toute façon lui octroyer..

Quelle peut être la légitimité d'un Parlement Grec pour accepter 5 jours plus tard ce que le peuple souverain grec a refusé par référendum à la demande de son gouvernement ? Ce gouvernement qui a cru naïvement que sa légitimité renforcée par le résultat de son référendum coup de poker allait faire revenir les Etats de l'Eurozone sur leurs demandes répétées.

Seul un nouveau Parlement grec issu de nouvelles élections serait légitime pour accepter les propositions de l'Europe reprises peu ou prou par son Premier Ministre devenu soudainement réaliste face au risque de devoir abandonner l'euro et revenir à la drachme alors que la majorité de ses concitoyens ne le voudrait parait-il pas.

Un referendum sur la question non pas de savoir si le peuple grec acceptait les propositions de l'Europe mais voulait malgré celles-ci conservait l'Euro ou revenir à la Drachme aurait été plus logique et aurait permis seulement au Parlement actuel d'être légitime pour les accepter puisqu'implicitement le peuple souverain grec en voulant garder l'euro lui aurait donné mandat d'accepter les propositions européennes.

Qu’a fait ce gouvernement grec de la fierté ancestrale des Grecs ? Il fait honte à ses Anciens auxquels l’Europe doit beaucoup mais qui savent eux exactement ce que leurs rejetons doivent aujourdhui à celle-ci.

Même en Grèce, le ridicule ne tue plus ! Les partisans de Syriza ne peuvent espérer conserver leur honneur par une pirouette consistant à dire que "61% des Grecs sont pour l'austérité mais 80% pour le maintien dans la zone euro et que c'est l'euro qui l'emporte ".

Après force rodomontades de son ministre des finances Varoufakis, le premier ministre grec Tsipras veut faire avaler au peuple grec toutes les couleuvres de la terre grecque en baissant la jupe de ses Evzones qui paradent devant son Parlement tandis que l’Europe et surtout les Etats membres de l’Eurozone, faisant semblant d'être soulagés par un tel sens nouveau des réalités, pourront désormais s’entendre dire par le reste du Monde :

« Allez-vous faire voir chez vos Grecs ! ».

L’Euro, l’Union Européenne est-elle sauvée par une telle volte-face ?

Certainement pas !

Comme dans la plupart des tragédies grecques tout cela se terminera par un suicide " Suicide qui profitera aux Nationaux-socialistes d'extrême droite comme de gauche hostiles à l'Euro et à l'Union Européenne qui vont pouvoir continuer sans risque de soutenir qu'un Etat membre en difficulté peut renoncer à l'austérité en revenant à sa monnaie nationale car il est fort probable que la Grèce continuera d'être un problème pour l'Eurozone même si les créanciers publiques acceptaient, comme on déjà dû le faire les créanciers privés, de faire grâce à la Grèce des 2/3 de sa dette soit plus de 215 milliards pour lui permettre de revenir dans la norme de 60% d'endettement maximum par rapport à son PIB actuel qu'elle ne respectait pas quand elle a abandonné la Drachme pour l'Euro. Situation inenvisageable car les traités ne permettent pas un tel abandon, sauf pour y déroger, à obtenir que par référendum ou par vote de leur Parlement les Etats membres de l'Eurozone l'acceptent à l'unanimité ce qui serait plus qu'improbable. En outre le FMI ne peut pour sa part accepter un tel abandon de créance de sorte que sa créance sur la Grèce devrait être reprise en plus par ces Etats de l'Eurozone.

Or un rallongement de la durée de remboursement de 350 milliards d'euro même sans intérêt sur 50 ans risque fort de ne pas être respecté.

Après le référendum, la Grèce aurait dû négocier avec les Etats de l'Eurozone un plan d'abandon provisoire de l'Euro et de retour à la Drachme, se déclarer en Etat de faillite comme l'a fait l'Argentine, demander néanmoins à rester membre de l'Union Européenne et lui demander au nom de la solidarité entre Etat membre un plan d'aide humanitaire.

On peut seulement espérer alors que la réelle volonté de réintégrer l'Euro conduirait les Grecs à faire les réformes qu'ils se refusent à mener depuis des années.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 09:30

Alors que les socialistes français ont voté le « mariage pour tous » en soulevant en France un vaste mouvement d’opposition contre l’utilisation du mot mariage pour des homosexuels, le comité directeur de la Jeunesse socialiste suisse se positionne pour l’abolition du mariage institutionnalisé comme « une construction éculée ».

Au-delà de la controverse sur l’étymologie du mot mariage, la position des jeunes socialistes apparait, tout bien réfléchi, comme plus cohérente avec l’évolution de la société.

En effet force est de constater que les couples hétérosexuels se marient de moins en moins, ni même se « pacsent » recourant le plus souvent à l’Union Libre.

Le mariage des homosexuels apparait donc à contre-courant du comportement des couples hétérosexuels auxquels ils aspirent à ressembler.

Et demain si ce comportement des couples hétérosexuels s’accentue- ce qui parait conforme à l’évolution des mœurs d’une société dans laquelle personne ne veut se lier pour « la vie »- il n’y aura bientôt plus que les homosexuels qui se marieront.

Et alors leur lutte contre la différence aura été vaine !

Ils seraient donc plus réaliste de prendre acte du mouvement majoritaire de renonciation au mariage civil pour le réserver le terme de mariage aux seuls mariages religieux pour ceux qui souhaitent conforter leur engagement par une démarche religieuse sacrée ou non suivant les religions et instituer une Union Civile pour tous avec régime légal de la séparations des biens, à laquelle les conjoints pourront renoncer amiablement simplement devant un officier d’Etat Civil et supprimer purement et simplement le contrat de pacs qui n’aura existé que comme une mesure transitoire pour ceux qui ne voulaient ou ne pouvaient pas autrefois se marier et s’avère finalement en cas de litige plus compliqué à dénouer que le mariage actuel.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 09:34
MONNAIE NATIONALE-DRACHME- FRONT NATIONAL- PARTIS NATIONALISTES ET SOUVERAINISTES- FRONT EUROPEEN- UNION EUROPEENNE- FRANCE- GRECE -EURO- UNIONS MONETAIRES

On est en droit de se demander si certains « Enarques » actuellement dans le groupe dirigeant de certains partis politiques français ont étudié l’économie et plus précisément les questions monétaires lors de leur passage à l’ENA. Si tel était le cas, ils sauraient qu’aucune Union Monétaire n’a d’intérêt si elle n’est également Economique ce qui implique qu’elle ne peut fonctionner durablement en l’absence d’un minimum d’Union Politique des Etats qui utilisent la même monnaie.

Même si la monnaie n’est pas véritablement un attribut de la souveraineté d’un Etat, il n’en reste pas moins qu’une monnaie, quand bien même la Banque Centrale qui la contrôle est indépendante de l’Etat ou des Etats, est attachée à l’existence d’un Etat national, d’une Confédération d’Etats, d’une Fédération, d’un Empire ou d’un Royaume, ou au minimum d’une Communauté d’Etats. L’émission d’une monnaie en dehors d’un tel cadre ne peut exister durablement.

L’Union Monétaire Latine l’a démontré et à terme l’exception momentanée du bitcoin le prouvera.

En effet une union économique et monétaire doit remplir un certain nombre de critères pour qu'elle soit efficace économiquement et donc durable. Dans The theory of economic integration (1961), Balassa a établi quelles étaient les différentes étapes du processus d'intégration régionale, à savoir :

. La zone de libre-échange : les partenaires échangent librement leurs marchandises à la suite de la suppression des obstacles tarifaires et non tarifaires. La réglementation des échanges de produits avec le reste du monde reste du ressort des politiques commerciales nationales ;

. L'union douanière : non seulement les obstacles douaniers, quantitatifs et tarifaires, sont éliminés (zone de libre-échange) mais les États membres fixent également un tarif extérieur commun. Ils adoptent donc une politique commerciale commune ;

. Le marché commun résulte de l'ouverture de l'ensemble des marchés, le marché des produits, le marché du travail et celui des capitaux. II repose donc sur la libre circulation des hommes et des capitaux ;

. L'union économique et monétaire ajoute au marché commun une harmonisation des politiques économiques. Par conséquent, cette forme d'intégration nécessite une régulation économique par le biais d'interventions étatiques.

• L'union politique : unification totale des politiques économiques, affaires étrangères et défense communes.

C'est la théorie fondatrice de l'Union Européenne.

Si l’on conçoit- ce qui est le cas de 9 d’entre eux- qu’un Etat membre d’une Union Economique comme l’Union Européenne ne soit pas membre de son Union Monétaire, l’inverse en revanche n’est pas possible. En effet on ne peut concevoir que les banques commerciales et la banque centrale d’un Etat non membre de l’Union Européenne puissent être membre de son Union Monétaire et donc puissent émettre de l’Euro.

A noter que si le traité prévoit bien une sortie d'un Etat membre de l'Union Européenne, on n'y trouve pas de disposition permettant de quitter la zone euro. A priori donc le pallier d'intégration supplémentaire que l'Etat membre de l'Union Européenne a franchi en adoptant la monnaie unique ne lui permet plus de quitter l'Union Européenne (mais on ne voit pas bien comment l'Union Européenne parviendrait à interdire à un tel Etat d'abandonner l'euro et de quitter l'Union Européenne à la suite d'un référendum).

En revanche et à l'inverse, une chose est certaine, si les citoyens grecs restent majoritairement en faveur de l’euro, ils ne peuvent sortir de l’Union Européenne et doivent se plier à la règle de la majorité.

D’ailleurs seule l’appartenance à une Union politique implique un minimum d’obligation de solidarité de la part des autres Etats.

En revanche un Etat membre de l’Union Européenne peut fort bien renoncer à l’Euro mais par le choc créé, sa situation risque fort d’être beaucoup plus critique que s’il avait fait le choix de ne pas d’abandonner sa monnaie nationale.

Dans quelle situation serait par exemple la France si en 2008 elle n’avait pas eu l’Euro comme monnaie mais le Franc ? Aurait-elle pu bénéficier de taux d’intérêts aussi bas pour refinancer et financer sa dette ? Bien évidemment non car les taux sur l’Euro sont depuis 2001 des taux « allemands » ne serait-ce que par le poids de l’ancien Deutschemark dans la composition de l’Euro. Il suffit de se rappeler avec quels écarts de taux les OAT et les Bund étaient émis. Sans compter que le niveau d’endettement de la France -qui continue d’augmenter- creuserait encore davantage l’écart aujourd’hui en cas de retour au Franc et le retour au Deutschemark ou la conservation de l’Euro par les membres de l’ancienne zone Deutschemark.

Par ailleurs de combien dévaluerait immédiatement le Franc par rapport à l’Euro ou au Deutschemark restauré sans que cela ne remédie beaucoup au rétablissement de la balance commerciale de la France du fait de la faible compétitivité en valeur des produits manufacturés exportables ? Et cette dévaluation serait certainement plus forte que si la France avait conservé son Franc ! Certes la compétitivité de l’Allemagne diminuerait mais certainement beaucoup moins qu’augmenterait celle de la France si l’on prend l’exemple de la Suisse qui par la qualité de ses produits supporte constamment le choc de la réévaluation de sa monnaie. Mais en revanche une chose est certaine, c’est que l’inflation résultant notamment des produits importés devenus beaucoup plus chers atteindrait des niveaux inconnus depuis des décennies; il suffit de voir par exemple le taux d’inflation actuelle en Russie du fait de la baisse du Rouble au cours de l’année dernière. Et cette inflation, outre le retour du cortège infernal des indexations, réduirait très rapidement le très momentané avantage pour les exportations apporté par la dévaluation massive du Franc.

Dans l’intérêt des Français et des citoyens des Etats de l’Union Européenne y compris la Grèce mais aussi des non membres de l’Eurozone, il serait donc souhaitable que la Grèce mette fin à la Comédie actuelle en décidant d’abandonner l’Euro et de revenir à la Drachme. En effet la Tragédie Grecque qui s’en suivra inéluctablement rapportera la preuve par l’exemple qu’un retour pour la France aux Francs français serait l’une des pires catastrophes qu’elle subirait si par malheur elle en venait à élire les souverainistes, nationalistes et autres nationaux-socialistes qui prétendent vouloir la sauver en abandonnant l’Euro voire en quittant l’Union Europèenne.

S’il sera toujours possible alors pour l’Union Européenne de sauver la Grèce de la Tragédie dans laquelle ses dirigeants l’auront fait sombrer, il n’en serait pas du tout de la France de par sa part dans le PIB de l’Eurozone.

Et alors c’est, fort de l’expérience malheureuse de la Grèce qu’un parti européen dénommé par exemple Front Européen pourra combattre sans complexe l’argument qu’essaye de faire valoir le Front National. Et l’on découvrira alors qu’en dépit des critiques nombreuses à l’égard de l’Union, le parti majoritaire de loin dans tous les 28 Etats de l’Union Européenne et dans les 19 membres de l’Eurozone est ce Front Européen des Citoyens qui entendent bien que leur Etat reste membre de l’Union Européenne et pour les seconds qu’il conserve sa monnaie unique car ils auront eu la démonstration que la voie Nationale est une voie sans issue qui nous mènerait dans le mur. S’il a été possible comme le Royaume Uni, membre de l’Union, ou la Suisse non membre mais membre de facto de son Union Economique de par les Accords Bilatéraux qui l’y lie, de conserver leur monnaie et d’en tirer profit jusqu’à présent, il n’est pas du tout évident s’agissant du premier qu’il ne supporterait pas un grave préjudice en quittant l’Union Européenne ce qui pourrait amener une Ecosse indépendante non seulement à demander à devenir membre de l’Union mais voire à abandonner un jour la Livre pour adopter l’Euro comme l’a fait l’Irlande et s’agissant de la seconde qu’elle en tire encore longtemps profit si la Banque Nationale Suisse ne parvient plus à stabiliser le taux de change du Franc suisse avec l’Euro, une chose parait sûre c’est qu’ il devient quasiment impossible pour un Etat membre de l’Eurozone d’en sortir sans dommages plus importants que les gains que croient pouvoir en attendre les apprentis sorciers nationalistes en raison essentiellement des niveaux d’endettement de leurs Etats qui leur retire toute marge de manœuvre sur le plan national.

Dès que la Grèce aura abandonné l’euro, il faudra donc créer un véritable parti supranational européen réunissant les citoyens européens convaincus que la sortie de la crise passe par une amélioration et un renforcement de l’Union Européenne et non par un retour à une pleine souveraineté illusoire des Nations Européennes. A défaut le cancer du National-Socialisme gagnera à nouveau le Continent Européen avec une Troisième Guerre Mondiale en perspective qui reléguera définitivement les Etats Nations d’Europe en futurs territoires de colonisation s’ils continuent d’exister.

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