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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 10:03

 

75 ans après la capitulation de l’Allemagne, une Allemande Madame Ursula von der Leyen se trouve à la tête de la Commission Européenne et une autre Allemande la chancelière Angela Merkel va prendre pour 6 mois la direction tournante de l’Union Européenne à un moment où la pandémie de Covid 19 va plonger l’Union dans une crise économique et sociale sans précédent depuis la crise de 1929.

Nul doute que celles-ci vont vouloir faire de leurs  présidences respectives un plein succès et de l’Allemagne le sauveur de l’Union Européenne dans un élan de solidarité certes non désintéressé mais qui apparaitra comme une véritable révolution copernicienne au pays de la rigueur budgétaire.

Car nos deux Allemandes ont bien compris que la puissance que  l’Allemagne a su retrouver en trois quart de siècle repose désormais sur ses exportations notamment celles vers les 26 autres Etats membres de l’Union et sur un Euro partagé par 19 d’entre eux qui les a largement facilitées.

Elles sont parfaitement conscientes que si la pandémie et la crise économique qu’elle engendre est beaucoup moins forte en Allemagne, l’effondrement économique de l’Espagne, la France  et l’Italie qui représentent à elles-seules un marché de près de 175 millions de consommateurs serait catastrophique pour leur propre pays avec tous les risques politiques que cela créerait dans les 4 principaux Etats membres pouvant conduire à une disparition de l’Union.

Comme l’écrivait dans son édition du 30 mai un journaliste du Temps de Genève :

«  le basculement en cours s’articule autour du plan de relance économique européen et de son financement. Le principe d’une dette mutualisée entre les 27 Etats est désormais défendu par Berlin avec toutes les conséquences que cela implique en matière de gouvernance. Si ce scénario se concrétise, l’Europe fera un grand bond dans son intégration politique. Or ce n’est pas seulement Angela Merkel qui défend la nécessité de ce pas aujourd’hui, mais son parti, le plus grand d’Allemagne, les Conservateurs de la CDU (les Sociaux-démocrates y étant depuis longtemps favorables). Les déclarations de Wolfgang Schäuble, le week-end dernier pour soutenir un plan franco-allemand d 500 milliards d’euros (et dont l’Allemagne sera le principal garant) écartaient les derniers doutes. Le Parlement allemand, affirme son président et ancien tenant de l’orthodoxie budgétaire européenne est derrière Merkel.. »

Or ce qui sera bon pour l’Allemagne sera bon pour l’Union  et on ne peut douter des convictions européennes de nos deux dirigeantes allemandes.

Et l’Espagne, la France et l’Italie, souvent qualifiées par les Etats membres du Nord de l’Union comme des membres du Club Med,  leurs devront une reconnaissance éternelle car les deux dirigeantes allemandes sont bien les seules à pouvoir faire accepter par des Etats comme la Suède, le Danemark, les Pays-Bas ou l’Autriche  cette solidarité certes bien comprise envers les « cigales » du Sud. 

Pour un pays  comme la France-qui a commencé de décliner depuis un siècle par l’incompétence de ses dirigeants politiques et militaires- cela apparaitra comme une espèce de revanche de l’Histoire d’admettre qu’elle a besoin d’une l’Allemagne, beaucoup plus détruite qu’elle en 1945, pour éviter l’effondrement économique et la relégation dans la catégorie des Etats vassaux des Grands.

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 08:36

 

Texte  extrait de la conclusion de Peau noire et masques
blancs de Frantz Fanon .

Seront désaliénés Nègres et Blancs qui auront refusé de se laisser
enfermer dans la Tour substantialisée du Passé.

Je suis un homme, et c’est tout le passé du monde que j’ai à reprendre.
En aucune façon je ne dois tirer du passé des peuples de couleur ma
vocation originelle.

Ce n’est pas le monde noir qui me dicte ma conduite. Ma peau noire n’est
pas dépositaire de valeurs spécifiques.

N’ai-je donc pas sur cette terre autre chose à faire qu’à venger les
Noirs du XVIIème siècle ? Dois-je sur cette terre, qui déjà tente de se
dérober, me poser le problème de la vérité noire ? Dois-je me confiner
dans la justification d’un angle facial ? Je n’ai pas le droit, moi
homme de couleur, de rechercher en quoi ma race est supérieure ou
inférieure à une autre race. Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur
de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers
le passé de ma race. Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de me
préoccuper des moyens qui me permettraient de piétiner la fierté de
l’ancien maître. Je n’ai pas le droit ni le devoir d’exiger réparation
pour mes ancêtres domestiqués. Il n’y a pas de mission nègre ; il n’y a
pas de fardeau blanc.

Je me découvre, moi homme, dans un monde où les mots se frangent de
silence. Dans un monde où l’autre, interminablement, se durcit. Non, je
n’ai pas le droit de venir et de crier ma haine au Blanc. Je n’ai pas le
devoir de murmurer ma reconnaissance au Blanc. Il y a ma vie prise au
lasso de l’existence. Il y a ma liberté qui me renvoie à moi-même. Non,
je n’ai pas le droit d’être un Noir.

Si le Blanc me conteste mon humanité, je lui montrerai, en faisant peser
sur sa vie tout mon poids d’homme, que je ne suis pas ce « Y a bon
banania » qu’il persiste à imaginer. Je me découvre un jour dans le
monde et je me reconnais un seul droit : celui d’exiger de l’autre un
comportement humain. Un seul devoir. Celui de ne pas renier ma liberté
au travers de mes choix.

Ma vie de doit pas être consacrée à faire le bilan des valeurs nègres.
Il n’y a pas de monde blanc, il n’y a pas d’éthique blanche, pas
davantage d’intelligence blanche. Il y a de part et d’autre du monde des
hommes qui se cherchent. Je ne suis pas prisonnier de l’Histoire. Je ne
dois pas y chercher le sens de ma destinée. Je dois me rappeler à tout
instant que le véritable saut consiste à introduire l’invention dans
l’existence. Dans le monde où je m’achemine, je me crée interminablement.

Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des
négriers du XVIIème siècle ? Vais-je essayer par tous les moyens de
faire naître la Culpabilité dans toutes les âmes ? La douleur morale
devant la densité du Passé ? Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des
orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur les épaules.
Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer. Je n’ai pas le droit
d’admettre la moindre parcelle d’être dans mon existence. Je n’ai pas le
droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis
pas esclave de l’Esclavage qui déshumanisa mes pères.

Moi, l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose : Que jamais
l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de
l’homme par l’homme. C’est-à-dire de moi par un autre. Qu’il me soit
permis de découvrir et de vouloir l’homme, où qu’il se trouve. Le nègre
n’est pas. Pas plus que le Blanc. Tous deux ont à s’écarter des voix
inhumaines qui furent celles de leurs ancêtres respectifs afin que
naisse une authentique communication. Avant de s’engager dans la voix
positive, il y pour la liberté un effort de désaliénation. Un homme, au
début de son existence, est toujours congestionné, est noyé dans la
contingence. Le malheur de l’homme est d’avoir été enfant. C’est par un
effort de reprise de soi et de dépouillement, c’est par une tension
permanente de leur liberté que les hommes peuvent créer les conditions
d’existence d’un monde humain.
Frantz FANON

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 08:23

 

Il est fréquent d’entendre  des personnes dire que la France est riche pour se plaindre qu’elle ne consacre pas suffisamment d’argent pour ses Hôpitaux, pour l’Education, pour ses services publiques….etc.

Malheureusement cette perception d’une bonne partie de sa population est fausse.

La France n’a cessé de décliner depuis 100 ans et  est devenue de plus en plus pauvre depuis maintenant 40 ans par la médiocrité de sa classe politique.

En effet l’Etat français  n’a cessé, hormis quelques rares périodes,  d’augmenter ses dettes qui atteignent désormais l’équivalent de son revenu national annuel  (dont celui des très riches).

Peut-on sérieusement alors dire qu’un pays reste riche lorsqu’il doit une année de ce que ses concitoyens gagnent, revenus compris des très riches, et doit emprunter désormais 300 milliards chaque année pour payer ses dépenses ?

Sans compter  que cela ne va faire qu’augmenter avec la crise du Coronavirus pour atteindre un endettement de 115% du PIB actuel soit la somme énorme de 2700 milliards alors que son PIB va se contracter  de l’ordre de 8% et que les recettes de l’Etat vont se réduire considérablement..

Si certains Français croient encore que la France est riche c’est simplement parce que depuis 40 ans, ils vivent dans un Etat qui vit voire survit à crédit. Ils ont l'illusion de rester riches !

 

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 12:01

 

Quelles que soient les raisons pour lesquelles le roi d’Arabie Saoudite a versé la somme de 100 millions de CHF sur le compte d’une fondation à Genève au nom de l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos, le simple fait qu’il l’ait caché est susceptible de constituer un délit  au regard du droit suisse. Ceci s’ajoutant aux raisons qui l’ont forcé à abdiquer entache largement la monarchie espagnole.

Quand on relit l’histoire peu édifiante de la plupart de ses ancêtres depuis le roi  Philippe V de Bourbon, petit-fils de Louis XIV, on peut se demander pourquoi les Espagnols si nationalistes ont fait choix d’une telle dynastie pour incarner l’unité d’un royaume composite.

Il apparait en effet que depuis la guerre de succession d’Espagne, la dynastie des Bourbons a été en  partie responsable de la désunion du royaume d’Espagne. Cette guerre de Succession a été  non seulement un conflit international entre puissances européennes mais également une grave guerre civile :

. d' un côté, les couronnes de Castille et de Navarre restent fidèles au candidat Bourbon ;

. de l'autre, la majeure partie de la couronne d'Aragon donne son appui au candidat Habsbourg.

Lors de cette guerre, les Catalans choisirent les Habsbourg moins centralistes que les Bourbons. Ainsi la Principauté de Catalogne a  combattu les armées du nouveau roi avec son armée de 10 000 hommes et le siège de Barcelone marqua la fin de la guerre après 11 mois de blocus et 61 jours de tranchée ouverte,  le 11 septembre 1714. La Catalogne paya cher de s'être alliée aux vaincus. Les Bourbons lui ôtèrent ses prérogatives. La nouvelle dynastie instaura une monarchie absolue et centralisée, le décret de Nueva Planta du 16 janvier 1716 abolissant les usages, les Cortes et les autres institutions ou fors de la principauté. En souvenir le jour de la capitulation de Barcelone le 11 septembre est devenu la fête nationale de la Catalogne.

Près de 75 ans plus tard, le 14 décembre 1788, Charles IV succéda à son père Charles III  et fut rapidement dépassé par les répercussions des événements survenus en France en 1789. Cette année  1789, par une Pragmatique Sanction, le roi Charles IV abolit la loi salique en vigueur en France ,mise en place en Espagne par son ancêtre Philippe V en 1713. Par  manque de volonté personnelle , il mit le gouvernement dans les mains de son épouse Marie-Louise et de son favori Manuel Godoy.  Ses premières mesures eurent pour objectif de sauver la vie de Louis XVI. Malgré les efforts de toutes les cours européennes, le roi français fut guillotiné en janvier 1793, ce qui provoqua une coalition des puissances européennes contre la France révolutionnaire. L'Espagne participa à la Guerre du Roussillon et fut battue par la France républicaine à cause de mauvais approvisionnements, de la faible préparation de l'armée et du faible moral des troupes face aux Sans-culotte français. L'armée dirigée par le général Ricardos envahit le Roussillon et obtint d’abord quelques victoires. Mais à partir de 1794, les troupes espagnoles furent acculées à la retraite et  les Français occupèrent Figueras, Irun, Saint-Sébastien, Bilbao, Vitoria et Miranda de Ebro. Manuel Godoy conclut alors avec la France le traité de Bâle en 1795 par lequel la république française rendit à l'Espagne les places occupées en échange de l'île de Hispaniola. En 1796 se conclut la phase la plus radicale de la Révolution. Godoy signa le Traité de San Ildefonso et l'Espagne devint l'alliée de la France . Ce changement de cap causa un affrontement avec la Grande-Bretagne, principal adversaire de la France révolutionnaire et ennemie traditionnelle de l'Espagne, les deux puissances se disputant l'hégémonie maritime et concrètement le commerce avec les Amériques. L'escadre espagnole fut battue face au Cap Saint-Vincent en 1797 mais Cadix et Santa Cruz de Ténérife résistèrent aux assauts de l'amiral Nelson. En Amérique, les Britanniques occupèrent l'île de la Trinité mais subirent une déroute à Puerto Rico. Cela provoqua la chute de Godoy en mai 1798. En France, l'arrivée au pouvoir de Napoléon en 1799 et son couronnement en 1804 influa sur les relations internationales. Napoléon avait besoin, dans sa lutte contre les Anglais, de la collaboration de l'Espagne et surtout de sa flotte. Pour cela, il fit pression sur Charles IV pour qu'il renouvelle sa confiance en Godoy. Celui-ci revint au pouvoir en 1800 et signa la convention d'Aranjuez en 1801 qui mettait à la disposition de Napoléon l'escadre espagnole et qui entrainait de nouveau la guerre contre la Grande-Bretagne.En 1802, Godoy déclara la guerre au Portugal, principal allié anglais sur le continent. Cette guerre entraina l'occupation d'Olivenza par l'Espagne qui obtint de plus l'engagement du Portugal de ne plus accueillir les bateaux anglais dans ses ports. En 1805, la déroute subie lors de la bataille de Trafalgar modifia considérablement la donne. Face à l'hégémonie anglaise, Napoléon recourut au blocus continental, dans lequel il impliqua l'Espagne. En 1807 fut signé le Traité de Fontainebleau qui partageait le Portugal entre la France, l'Espagne et Godoy  autorisait les troupes françaises d'occupation à passer par l'Espagne. À la suite de toutes ces guerres, la crise économique empira. Les ministres de Charles IV furent incapables de la résoudre car la peur de la Révolution les empêcha de mettre en œuvre les réformes nécessaires qui auraient pu léser les intérêts des classes privilégiées et altérer l'ordre social. La présence des troupes françaises sur le territoire espagnol accrut l'opposition à Godoy, critiqué par les secteurs traditionnels pour sa politique réformiste et sa soumission à Napoléon. Fin 1807 eut lieu la conjuration de l'Escurial, menée par le prince des Asturies, héritier du trône qui voulait la destitution de Godoy et la déposition de son propre père. La tentative échoua et le prince dénonça tous ses partisans. En mars 1808, face à l'occupation française, Godoy conseilla aux rois de quitter l'Espagne. Profitant de la présence royale au Palais d'Aranjuez, le soulèvement d'Aranjuez provoqua l'arrestation de Godoy. Charles IV abdiqua en faveur de son fils Ferdinand. Napoléon, suspicieux face à ce changement, convoqua la famille royale espagnole à Bayonne. Ferdinand, sous la pression, impériale et paternelle, rendit la couronne à Charles IV le 6 mai, sans savoir que la veille Charles avait accepté la cession de ses droits en faveur de Napoléon. Ce dernier désigna finalement comme roi d'Espagne son frère Joseph Bonaparte.

A son retour sur le trône en 1814, Ferdinand VII, se révéla très vite être un souverain absolutiste et fut considéré par ses sujets comme peu scrupuleux, revanchard et traître. Entourée d'une cour d'adulateurs, sa politique eut comme principal objectif sa propre survie. Entre 1814 et 1820, il rétablit l'absolutisme, déclara illégale la Constitution de Cadix, et poursuivit les libéraux. En 1820, un coup d'État militaire déboucha sur le Triennat libéral. Pendant cette période de trois ans, on rétablit la constitution. Tandis que les libéraux modérés étaient peu à peu débordés par de plus extrémistes, le roi, qui feignait de respecter le régime constitutionnel, conspirait pour rétablir l'absolutisme, ce à quoi il parvint après l'expédition d'Espagne de 1823 menée par la France de Louis XVIII. La dernière période de son règne se caractérisa par une répression féroce, accompagnée d'une politique absolutiste modérée (la reine Marie-Christine, épousée en quatrièmes noces en 1829 et mère de ses deux filles Isabelle et Louise-Fernande, étant quelque peu libérale), qui provoqua un profond mécontentement dans les cercles absolutistes regroupés autour de l'infant Charles de Bourbon, frère de Ferdinand.

Quarante-et-un ans après Charles IV, en mars 1830, le roi Ferdinand VII officialisa l’abolition de la loi salique par une nouvelle Pragmatique Sanction. À sa mort, le 29 septembre 1833, sa fille  Isabelle, qui n'avait pas encore trois ans, fut  proclamée reine sous le nom d'Isabelle II sous la régence de sa mère Marie-Christine, tandis que son oncle se déclara également roi sous le nom de « Charles V ». Les partisans de l'infant prirent le nom de « carlistes ». Ceux-ci étaient  des défenseurs acharnés du catholicisme institutionnel et du maintien du droit des provinces alors que leurs adversaires, les « isabellistes » étaient  plus libéraux et centralisateurs. Ce conflit entre les deux factions aboutit à la crise de succession qui se traduit par des affrontements armés qui touchérent surtout le Nord de l'Espagne, connus aussi sous le nom de guerres carlistes.

Cette première guerre civile fit sentir ses conséquences surtout dans le nord du pays, les carlistes étant particulièrement forts dans les provinces basques et en Navarre, qui défendaient leurs privilèges (fors) contre les libéraux centralisateurs. Sous la conduite du général Zumalacárregui, une armée de 13 000 carlistes remporta d’abord  une suite de victoires, mais l'armée gouvernementale établit une ligne de défense (Bilbao-Vitoria-vallée de l'Ebre) que les carlistes ne parvinrent pas à briser. Les troupes d'Isabelle II  bénéficièrent en 1834 de l’aide de la France, du  Portugal et du  Royaume-Uni qui signèrent avec le gouvernement espagnol le traité de la Quadruple-Alliance. En mai 1839, son  général  Espartero s'empara des positions des carlistes, achevant de les mettre en déroute. Le 29 août 1839, il conclut avec le général carliste Rafael Maroto l'accord d'Oñate, qui  mit fin à la première guerre carliste dans le Nord-Ouest de l'Espagne. Par la convention de Bergara, cette guerre civile qui avait duré sept ans se termina : Don Carlos et bientôt Cabrera passèrent en France. En mai 1840, Espartero  bâtit en Catalogne, à Morella, le général carliste Ramón Cabrera, qui refusait l'accord d'Oñate.

En 1840, la mère d’Isabelle, la reine Maria Cristina, fut expulsée d'Espagne après avoir promulgué la Constitution espagnole de 1837.

Pour éviter le chaos, les Cortes décidèrent d'éviter une nouvelle régence et proclamèrent la majorité de la jeune reine de 13 ans. Un des premiers gestes de la petite souveraine fut de rappeler sa mère d'exil. Puis Espartero se fit conférer la régence par un vote des Cortes le 8 mars 1841, mais son gouvernement autoritaire suscita beaucoup de déceptions parmi les Progressites qui l'avait  mené au pouvoir. La dissolution des cortès fut prononcée; les nouvelles cortès confirmèrent son titre de Régent. La tutelle même fut enlevée à Christine : Espartero régna et gouverna en attendant la majorité d'Isabelle II. Au mois d'octobre 1841, Barcelone qui l'avait porté sur le pavois, s'insurgea contre son despotisme militaire et devant les duretés de sa politique fiscale, mais cette tentative prématurée ne servit qu'à alourdir le joug du Régent. Espartero fit tirer au canon sur la ville, provoquant une grande animosité en Espagne. Puis  le Régent nomma Zurbano maréchal de camp, et peu après commandant supérieur de la province de Gérone  et en octobre, Inspecteur général des douanes, avec des pouvoirs très étendus.  Les esprits s'agitèrent de plus en plus à Barcelone, les Britanniques profitant des troubles de l'Espagne, inondaient ce pays de leurs marchandises; les manufacturiers de la Catalogne se trouvaient menacés d'une ruine complète. En novembre, Barcelone s'insurgea, une lutte sanglante eut lieu, dans laquelle les troupes perdirent plus de 500 hommes; mais des vaisseaux britanniques, arrivés depuis peu dans le port, aidèrent le Régent à soumettre la ville rebelle. Après un bombardement de treize heures, après avoir reçu 817 bombes, après avoir vu ses plus beaux quartiers détruits, Barcelone se rendit le 4 décembre 1842 et ouvre ses portes aux troupes du Régent. Zurbano fut un des premiers à y entrer, les chefs de l'insurrection étant en fuite, les milices furent décimées; Barcelone fut frappée d'une contribution de 12 millions de réaux; les prisons furent remplies, mais ces rigueurs causèrent en Espagne une indignation générale. Les Cortès qui protestaient furent dissoutes le 4 janvier 1843 et remplacées par une Chambre non moins hostile au gouvernement.

Le 1er mai, le ministère donna sa démission en masse. Le ministère Lopez, qui lui succéda, ayant manifesté l'intention de secouer le joug du Royaume-Uni, dut encore se retirer devant la volonté d'Espartero; mais le Congrès déclara à l'unanimité que ce ministère avait bien mérité de l'Espagne. Les nouveaux ministres choisis par Espartero furent hués par la foule en se rendant au Congrès; à leur sortie, le peuple les accueillit à coups de pierres.. Espartero approuva solennellement les excès féroces de Zurbano Le lendemain, les Chambres furent prorogées, puis dissoutes par un décret du 26 mai 1843. Dès ce moment, le ministère et le régent furent perdus dans l'opinion publique; les députés portent rapidement dans les provinces tout leur mécontentement. Partout ils présentèrent Espartero comme un usurpateur futur du trône d'Isabelle, comme un dictateur impitoyable, et partout les esprits s'agitèrent et se préparèrent à l'insurrection. Malaga, Grenade et d'autres villes se soulevèrent : Zurbano manqua d'être massacré dans Barcelone; une junte s'y constitua et déclara la province de Barcelone indépendante du gouvernement de Madrid. Ces événements inquiétèrent le Régent, il comprit qu'il y avait là un danger sérieux et se décida à agir; le 15 juin, presque toute la Catalogne fut debout, plusieurs villes se prononcèrent dans l'Aragon, dans la province de Valence, en Murcie et en Andalousie; décidément, la fortune d'Espartero se voilà et la réprobation générale qui le frappa s'accrutt encore par la nomination de Zurbano au grade de lieutenant-général.

Le 20 juin, Espartero quitta Madrid avec 6 000 hommes pour Valence alors que Zurbano se dirigait sur la Catalogne; mais les villes continuèrent de se soulever, l'armée échappa à Espartero par fractions; les hommes qu'il avait  comblés de faveurs s'unirent à ses ennemis pour le renverser. Au 1er juillet, il ne restait au Régent que l'Aragon, l'Estramadure, la Nouvelle-Castille et la Manche. Ce qui aggrava sa position, c'est que ses coffres étaient vides. Sûre de sa puissance, la junte de Barcelone forma un gouvernement provisoire ; elle convoqua le ministère Lopez dans ses murs. En attendant l'armée de ce ministère, elle le constitua dans la personne du général Serrano. Le premier acte émané de Serrano fut celui qui prononça la déchéance du régent. Cependant, les progrès de l'insurrection furent connus à Madrid où Mendizábal gouvernait en l'absence du Régent. Celui-là organisa un système de terreur mais prévoyant le dénouement, il conseilla à Espartero de rappeler le ministère Lopez. Le Régent refusa. Le général Narváez, exilé par le Régent et son ennemi personnel, commanda une partie des troupes au service de la junte. Le 22 juillet, Madrid étant menacé de trois côtés, Mendizabal dut songer à son salut et chercha un asile à l'hôtel de l'ambassadeur britannique. Le 23 au matin, le général Narváez fit son entrée dans la capitale à la tête de son corps d'armée; il y fut reçu avec liesse.  La milice fut désarmée. Les partisans d'Espartero purent quitter Madrid sans être inquiétés ; Zurbano lui-même en sortit sans obstacle. Cependant Espartero fit bombarder Séville que les habitants défendaient avec courage. Le Régent ayant appris la reddition de Madrid et la marche rapide des troupes expédiées par Narvaez, se décida à fuir et finit par demander un dernier asile au Royaume-Uni.

En 1845, sous la présidence du Conseil du général conservateur Narváez qui avait vaincu le général  Espartero, fut  promulguée la Constitution espagnole de 1845 inspirée par la monarchie de Juillet française.

En 1845, Charles de Bourbon, toujours prétendant au trône d'Espagne sous le nom de Charles V, abdique en faveur de son fils Charles Louis de Bourbon, comte de Montemolín, qui prend le nom de Charles VI, et fait éclater la seconde guerre carliste ou guerre des Matiners.

Le 10 octobre 1846, Isabelle épousa son cousin, l'infant François d'Assise de Bourbon, duc de Cadix.  François d'Assise de Bourbon, était un jeune homme de 24 ans notoirement homosexuel et qui dans les milieux informés était surnommé « Paquita », ce qui n'empêcha pas le couple d'avoir officiellement onze enfants, dont cinq parvinrent à l'âge adulte. La plupart des enfants d'Isabelle ne seraient donc pas légitimes

 

La Deuxième guerre carliste se déroula principalement en Catalogne, Aragon, Navarre et Guipuscoa pendant les années 1846 à 1849. Mis en échec et fait prisonnier en débarquant en Espagne, à San Carlos de la Rápita (Tarragone), Charles VI dû  renoncer à ses droits en faveur de son frère Jean, (Jean III dans la dynastie carliste.

En 1847 la reine Isabelle II et le président du Conseil Pacheco, tentant de se concilier Espartero, le nomment sénateur et ambassadeur au Royaume-Uni. En 1849 il retourne à Logroño et y mène une vie retirée. Dans cette Espagne en perdition, les interventions publiques mais « anticonstitutionnelles » de la reine  Isabelle (elle va jusqu'à proposer d'être nommée Secrétaire d'État) rendent celle-ci de plus en plus impopulaire dans les milieux politiques tandis que les ragots sur sa vie privée et la corruption de la cour lui ôtent le respect du peuple. La reine est la cible d'une tentative de meurtre par un moine franciscain en 1852.

En 1854, un pronunciamento contraint la reine à nommer président du Conseil Espartero,, remplacé par la souveraine au bout deux ans par le général modéré Leopoldo O'Donnell. Mais la crise politique et institutionnelle s'intensifia et le gouvernement fut confié alternativement à deux généraux Narváez et Leopoldo O'Donnell, chef des modérés,

En 1866, un soulèvement est réprimé dans le sang et en 1868, le général Joan Prim lance une révolution qui, le 30 septembre, force la reine Isabelle, à s'exiler en France. Après la fuite en France en 1868, d’Isabelle et de son époux François. Elle  abdique le 25 juin 1870 et cède ses droits à son fils, le fringant prince des Asturies qui, venant d'entrer dans sa quatorzième année, est déclaré majeur. Le départ de la reine, loin d'arranger la situation de l'Espagne, provoque de nouvelles tensions nationales voire internationales. Il entraîne en effet une candidature de la dynastie Hohenzollern-Sigmaringen en 1870, vite retirée par le prince concerné (sur les conseils de son père, l'avisé Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen) mais habilement exploitée par le chancelier Bismarck. Cette prétention se trouve être l'une des causes de la guerre franco-prussienne de 1870.Cette année 1870, le choix se porta finalement sur Amédée de Savoie mais ce dernier, en butte à de grandes difficultés, finit par abdiquer le 10 février 1873. Le lendemain, une partie de la population madrilène, à l'instigation de militants républicains, proclama  la Première République. Quatre présidents vont se  succéder lors des onze premiers mois, tous issus du Parti républicain fédéral. Le coup d'État du général Pavía le 3 janvier 1874 mit fin à la république fédérale et instaura une république unitaire sous la dictature du général Serrano, chef conservateur du Parti constitutionnel.

 

Entretemps Le prétendant Charles VII voyant s'éloigner la possibilité de restauration bourbonienne, dans chacune de ses deux branches, avait déclenché, en 1872, la Troisième Guerre carliste, d'abord contre Amédée Ier, puis contre la Première République espagnole, proclamée en 1873 après l'abdication du roi, puis finalement contre Alphonse XII, proclamé roi par le général Arsenio Martínez-Campos Antón à Sagonte. La guerre se termina en 1876 avec la conquête d'Estella (Navarre), la capitale carliste, et par la fuite vers la France du prétendant.

Alphonse XIII, régna  sous la régence de sa mère Marie-Christine d'Autriche dès sa naissance en et jusqu'à sa majorité, en 1902. Son règne est marqué par la perte des dernières possessions espagnoles d'outre-mer et une instabilité politique très forte. L’Espagne connut de nombreuses révoltes sociales dans la plupart des grandes villes au cours des deux premières décennies du XXe siècle. La plus violente eut lieu à Barcelone en 1909.Dans ce contexte de crise politique et sociale, le capitaine général de Catalogne Miguel Primo de Rivera, nommé au poste difficile de capitaine général de Catalogne en 1922, afin de rétablir l’autorité de gouvernement que des insurrections constantes avaient affaibli,  s’y employa avec énergie puis organisa un coup d'État le 13 septembre 1923. Ce coup d'État fut avalisé par Alphonse XIII qui chargea Primo de Rivera de la formation d'un gouvernement.. Durant la dictature, on mit un point final à la guerre du Maroc par le débarquement d'Al Hoceima en 1925 qui permet la conquête définitive du Rif en 1927. Cependant, l'opposition crut contre le dictateur. Alphonse XIII, inquiet pour l'avenir de la monarchie, démit Primo de Rivera du gouvernement le 19 janvier 1930, nomma président du Conseil des ministres le général Dámaso Berenguer et afficha son intention de retourner vers un régime constitutionnel. Après la chute du dictateur et sa mort quelques semaines plus tard à Paris, les manifestations antimonarchiques se multiplièrent. Les partis de gauche et de droite s'agitèrent : les partis républicains firent front contre la monarchie en signant l'accord de Saint-Sébastien tandis que des coups d'État militaires furent déjoués En février 1931, l'amiral Juan Bautista Aznar-Cabañas fut alors désigné président du Conseil par Alphonse XIII. Son gouvernement convoqua les élections municipales qui se déroulèrent le 12 avril suivant. Elles furent interprétées comme une défaite du régime monarchiste, Les socialistes et les républicains pensèrent que le moment était venu. Le 13 avril, ils décrétèrent le renversement de la monarchie et le lendemain, la Seconde République espagnole fut proclamée. Ils  formèrent aussitôt un Gouvernement provisoire, présidé par Niceto Alcalá-Zamora. Le roi renonça à rester à la tête de l'État mais n'abdiqua pas formellement. La nuit du 14 au 15 avril, il quitta le pays. Par la loi du 26 novembre 1931, les Cortes accusérent Alphonse XIII de haute trahison et le déclarent déchu.

En 1933, Alphonse XIII fait renoncer ses deux fils aînés à leurs droits au trône constitutionnel d'Espagne, sous prétexte de leur état de santé. Le premier, Alphonse (1907-1938), est hémophile et donc d'une faible espérance de vie à l'époque.. Le puîné, Jacques (1908-1975), est sourd depuis l'enfance à la suite d'une opération des oreilles  Le roi déchu désigne alors comme son « successeur » leur frère cadet Jean (1913-1993), futur comte de Barcelone, en faveur duquel il « abdique » le 15 janvier 1941, prétendant laisser à ce fils le rôle de « chef de la maison royale ».

En octobre 1934, le ministre radical, Diego Hidalgo (es) demande au général Franco  de prendre la direction des opérations contre l'insurrection des socialistes des Asturies (République Socialiste Asturienne). Le commandement direct fut confié au général Lopez Ochoa (es) mais les décisions de l'état-major furent planifiées par Franco. En quelques jours, les décisions de Franco, avalisées par la coalition gouvernementale des radicaux et du centre droit, suffisent à disperser les révolutionnaires. Franco apparut alors comme le défenseur de la légalité, le sauveur de la République. Toutefois, dans le climat révolutionnaire qui règnait en Espagne, Franco paraît être l'un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête d'un nouveau soulèvement armé. Pour cette raison, il est nommé gouverneur militaire à Ténérife aux îles Canaries, loin de la péninsule. En fait, Franco est alors peu convaincu par l'opportunité d'un coup d'État. C'est sous la IIe République qu'il a atteint l'apogée de sa carrière. Bien que monarchiste d'éducation, il est légaliste et se satisfait d'une république bourgeoise, conservatrice et maintenant l'ordre. Seuls les graves désordres régnant depuis 1934 en Espagne le font changer d'avis.

Au lendemain du premier tour des élections de février 1936, afin de garantir le bon déroulement du deuxième tour, Franco insiste auprès du chef de gouvernement et du président de la République pour qu'ils proclament l'état d'exception, ce que refusent les deux hommes qui s'en rapportent à Manuel Azaña à qui ils confient le pouvoirTrès vite, les désordres et la violence s'aggravent dans l'Espagne républicaine. Plusieurs officiers supérieurs s'impatientent et se concertent. Ils souhaitent pouvoir compter sur Franco mais celui-ci hésite. Le 23 juin 1936, Franco écrit au président du Conseil, ministre de la Guerre, Santiago Casares Quiroga. Sa lettre de mise en garde l'invitant à consulter d'urgence les officiers supérieurs, les seuls qui puissent empêcher la catastrophe, reste sans réponse. C'est l'assassinat du monarchiste Calvo Sotelo par les jeunesses socialistes qui le fait finalement basculer. Pour Franco, la question est tranchée.

Le soulèvement se produit dans la nuit du 17 juillet 1936  opposant en Espagne, d'une part le camp des républicains, orienté à gauche et à l'extrême gauche, composé de loyalistes à l'égard du gouvernement légalement établi de la IIe République, de communistes, de trotskystes et de révolutionnaires anarchistes, et d'autre part les nationalistes, le camp des rebelles putschistes orientés à droite et à l'extrême droite mené par le général Franco.

Cette guerre civile, conséquence, sur le long terme, des malaises sociaux, économiques, culturels et politiques qui accablaient l'Espagne depuis plusieurs générations  se termina  le 1er avril 1939, après la bataille de l'Èbre (de juillet–octobre 1938), qui sonna le glas des espoirs républicains, et la conquête de la Catalogne (février 1939). Franco se retrouve seul maître de l'Espagne et il devient officiellement « chef de l'État »

Au début de la guerre civile, le roi appuya avec ferveur les nationalistes, affirmant être « un phalangiste de la première heure ». Durant la Guerre Civile espagnole, son fils Juan tente à plusieurs reprises d'entrer dans l'armée nationaliste pour lutter contre la République.

En 1969, c'est devant les Cortes Generales que Franco désigne officiellement le prince Juan Carlos de Bourbon, infant d'Espagne, pour lui succéder à sa mort, en tant que roi d'Espagne au lieu et place de son père Juan le comte de Barcelone. Très populaire au début de son règne, notamment pour sa contribution à la consolidation de la démocratie, par son opposition au coup d'État de 1981, Il connaît par la suite une fin de règne compliquée, Le 2 juin 2014, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, déclare, lors d'une conférence de presse, que le roi Juan Carlos a décidé d'abdiquer en faveur de son fils Felipe, prince des Asturies.

Un communiqué du roi Felipe VI annonce en mars 2020 que ce dernier renonce à l'héritage de Juan Carlos, son père, à la suite de nouvelles révélations sur sa fortune cachée,

On ne peut comme étranger, sans à priori contre la Monarchie ou la République, estimer qu’après 3 siècles de règne, les Bourbons d’Espagne n’ont pas réussi  à établir l’unité de l’Espagne  même pas sous la fiction d’une dénomination de Royaume Uni comme se dénomme le royaume Uni de Grande Bretagne qui lui admet l’existence de 4 nations et ,si on ne peut pas dire que la Première République et la Deuxième République  espagnoles ont fait mieux, raisonnablement penser que le retour  à une République Fédérale espagnole  reste l’unique chance de maintenir l’unité de l’Espagne contre les velléités d’indépendance de la Catalogne, qui, hormis ses résidents non catalans, a de bonnes raisons d’être antimonarchistes.

Il y a donc quelque chose de piquant à constater que des gouvernements de gauche restent en faveur de la monarchie,

Il y a quelque chose de certain, c’est qu’après 3 siècles, une bonne partie des Ecossais et des Espagnols n’acceptent plus d’être les sujets loyaux de royautés déclinantes.

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 17:55

 

Alors qu’une grande partie de l’Union Européenne est confinée et que l’activité économique est considérablement réduite, il ne sera pas possible aux Etats membres de supporter le coût financier de la crise économique qui va résulter du confinement actuel alors que plusieurs membres de l’Union sont déjà endettés à l’excès.

Or l’émission de « coronabonds » ne ferait, en supposant qu’elle finisse par être acceptée, sous une forme ou sous une autre, que de ne limiter l’accroissement de leur endettement qu’à la marge pour ces Etats car il leur permettra  certes de continuer à emprunter à un taux commun mais qui ne leur fera économiser que quelques  dizaines de milliards d’euros en regard des centaines de milliards d’euros que va leur couter la crise.

Si le maintien  des ressources des employée et salariés est une bonne idée pour préserver au maximum l’emploi, la demande et les capacités de production pour rétablir au plus vite l’offre de produits sans laquelle un risque de flambée des prix est très important, l’ensemble des citoyens de l’Union ou au moins ceux qui ont l’euro comme monnaie doit comprendre que les Caisses de Chômage, les Etats, les Entreprises, les Banques… ne peuvent supporter la charge énorme des aides et indemnisations diverses tendant à maintenir leurs ressources.

L’Union Européenne devrait donc vivement recommander aux Etats d’imposer par voie d’ordonnances d’une part que les jours chômés pendant la période de confinement  seront imputés sur les congés payés et d’autre  part que seront supprimés tous les jours fériés dans les 3 mois qui suivront la reprise du travail.

C’est un des moyens de maintenir la confiance lorsque les citoyens commenceront à s’inquiéter davantage des conséquences économiques de ce désastre sanitaire.

Et l’on verra alors les gouvernants de ces Etats qui ont assez de courage pour prendre des mesures qui peuvent paraitre impopulaires mais que le bon sens populaire peut accepter s’il a confiance en eux pour se sauver d’un désastre probable qui engendrerait une crise sociale sans précèdent et des troubles qui deviendraient incontrôlables en l’état actuel de forces de sécurité insuffisantes. 

C’est pendant les Guerres que se révèlent les Grands Hommes capables de sauver leurs pays !

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 14:12

 

La dissuasion nucléaire française dispose d’environ 300 têtes nucléaires réparties en 3 Forces.

La FOST, Force Océanique Stratégique, dispose de quatre sous-marins nucléaires de la classe Le Triomphant, sous-marins lanceurs d'engins de nouvelle génération (SNLE-NG), caractérisés notamment par une invulnérabilité et une mobilité accrues du fait de leur discrétion acoustique. Chaque sous-marin est armé de 16 missiles.  En 2025, ils seront tous armés du missile M51-3 à 6  têtes  nucléaires océaniques de 100 kt chacune d’une portée de 6 000 kms permettant de frapper plusieurs objectifs éloignés grâce à un système d'espacement des têtes intégré à la partie haute du missile.

Les FAS, Forces Aériennes Stratégique regroupent la cinquantaine de Rafale B en dotation dans l'Armée de l'air équipés du missile (ASMP-A) porteur de la tête nucléaire aéroportée  (TNA) d'une puissance estimée à 300 kt.

La (FANu), Force aéronavale nucléaire  est constituée du porte-avions Charles de Gaulle et des 28 Rafale M des deux flottilles embarquées.

Le rayon d'action des Rafale, de l'ordre de 2 000 km au maximum, nécessite de recourir au ravitaillement en vol pour les missions stratégiques types qu'ils auraient à mener. Pour ce faire la France disposera d’ici 2025  d'une flotte de 12 avions ravitailleurs.

La dissuasion repose sur la crainte supposée d’un ennemi potentiel non désigné, mais qui pour l’heure ne peut être que la Russie, d’une frappe nucléaire au cas où elle s’en prendrait aux intérêts vitaux de la France.

Elle suppose tout d’abord la volonté s’en faille du Chef de l’Etat français de menacer la Russie du feu nucléaire voire si la Russie ne croit pas au  « chantage » de devoir passer à l’acte avec le risque cette fois d’une riposte nucléaire de la Russie qui pourrait être, ne serait-ce que par la taille plus restreinte du territoire français et d’une défense anti-missile balistique et cybernétique inférieure beaucoup plus meurtrière pour elle.

En effet  la menace ne peut être sérieusement prise en compte qu’en fonction de la qualité de la défense anti-missiles et cybernétique de chaque camp.

Les capacités françaises en matière de défense antimissile balistique reposent en partie sur le missile intercepteur Aster 30, utilisé par  le Principal Anti-Air Missile System (PAAMS), dont sont dotées les frégates Horizon, et le Système sol-air moyenne-portée/terrestre (SAMP/T ou Mamba), mis en œuvre par l’armée de l’Air. Le missile Aster 30 Block 1 NT est doté d’ un autodirecteur ainsi qu'un nouveau calculateur qui affine le pilotage du missile pendant sa phase d'interception ce qui lui permet d'engager des cibles plus manoeuvrantes et rapides et ainsi d'augmenter ses capacités face à des missiles balistiques d’une portée de 1 300 à 1 500 km donc d'une couverture face aux menaces de type Missile balistique à courte portée (SRBM) à une couverture face à l'entrée du domaine Missile balistique àmoyenne portée (MRBM). Le missile Aster Block 2, pour l’instant au stade de concept, propose d’intercepter les missiles balistiques de nouvelle génération de missiles hypersonique (Mach 7) manoeuvrants  ayant une portée inférieure à 3 000 km, il sera optimisé pour intercepter dans le domaine d'altitude 20 à 70 km.

Cette menace n'est pas prise en compte par les programmes américains, que ce soit le Patriot, (qui ne monte pas au-dessus de 20 à 25 kilomètres) le THAAD (qui ne descend pas en dessous de 50 kilomètres) ou le SM-3 (qui évolue dans l'espace exoatmosphérique)

Or La défense antiaérienne tactique de l’armée américaine et de ses alliés est basée sur le système sol-air Patriot. Selon les caractéristiques techniques officielles, le Patriot est capable d’intercepter des cibles volant jusqu’à 2 500 km/h à 100 km de distance (25 km pour les cibles balistiques) et jusqu’à 25 km d’altitude (11 km pour les cibles balistiques). Le temps de réaction du système est de 15 secondes. Patriot peut traiter à la fois huit cibles et lancer des missiles à une fréquence de 3 secondes. En dépit de ces conditions parfaites d’interception, le Patriot est peu efficace : en Irak, sur 91 missiles irakiens lancés, 45 ont été détruits par 158 missiles sol-air américains. Dans la majorité des cas le corps du missile irakien était touché, mais pas son ogive. L’exploitation en conditions réelles a également révélé d’autres lacunes du système américain, notamment la sensibilité des groupes électrogènes à l’encrassement avec du sable, et ses radars se sont avérés sensibles aux perturbations électriques.. Au final, le principal défaut de Patriot reste sa faible portée et l’altitude d’interception de la cible – à moins de 20 et 7 km respectivement du site protégé. 

Côté russe, les missiles S-400 protègent le ciel dans la région de Moscou, en Extrême-Orient, dans la région baltique et au sud de la Russie. Le "parapluie" déployé par le S-400 au-dessus de sa zone de responsabilité est bien plus grand que ses concurrents: 400 km de rayon et d’altitude. Les performances du S-400 dépassent largement tout autre complexe de défense antiaérienne dans le monde - ce n’est pas par hasard qu’il a été baptisé Triumph. La particularité unique du Triumph est que l’on peut y connecter des modules supplémentaires pour améliorer l’efficacité de travail générale aussi bien que contre des cibles d’un type en particulier. Ses hautes performances  ont été confirmées au cours des essais et des exercices. Sur le polygone de Kapoustine Iar, le S-400 a neutralisé une cible se déplaçant à 2 800 m/s. Il a également intercepté une autre cible balistique à très grande altitude. Or aujourdhui la Russie compte douze régiments  dotés de missiles sol-air S-400.

Sur le plan de la cyberdéfense, là encore, il semble que la Russie ait une longueur d’avance. Sans rentrer dans le détail, Il n’est pas exclu  que sur le plan militaire elle soit capable de s’en  prendre aux systèmes  informatiques  avec le risque de perturber sérieusement sinon paralyser les capacités de tirs de missiles ennemis.

Sur le plan tactique, Il faut ajouter que si la France a supprimé sa Force Hadès en 1997 composés de régiments d’artillerie nucléaire tactique, la Russie dispose encore de régiments d’artillerie nucléaire préstratégiques équipés d’OTR-21 Totchka plus connu  sous le code OTAN SS-21 ou SS-21 Scarab d’une portée pour sa dernière version de 185 kms  pouvant être dotés d’obus nucléaire de 10 à 200 kt et ne semble plus exclure de les utiliser sur un éventuel champ de bataille européen. Or  les missiles balistiques tactiques sont encore difficiles à vaincre sur le champ de bataille

Or si c’était le cas, la France ne pourrait répondre que par la menace de tirs balistiques nucléaires à longue portée sur les cibles choisies du territoire russe,.

En prendrait-elle le risque ?  Alors que la population française ne dispose pratiquement d'aucune protection contre une attaque nucléaire.

Le 18 octobre 2018, lors de la quinzième édition de la grande conférence annuelle du cercle Valdaï, le président Poutine est intervenu sous forme d’une interview conduite par le politologue Fiodor Loukianov. La thématique en était : « Le monde dans lequel nous allons vivre : stabilité et développement au 21è siècle ». Un passage de cette interview a retenu plus particulièrement l’attention : évoquant les risques de conflit nucléaire, le Président russe a défrayé la chronique en indiquant que les Russes, en pareille circonstance, iraient au « paradis » en tant que « martyrs » ; l’auteur de cette frappe, irait, lui, en enfer, puisque la rétorsion de la Russie, en le détruisant, le priverait de la possibilité de se repentir…Ces formulations ont retenu l’attention. Sur la forme, elles rappellent un entretien diffusé début 2018 dans le cadre d’un documentaire dans lequel Vladimir Poutine, commentant les conséquences d’une riposte nucléaire russe, s’interrogeait sur un mode rejoignant la « thématique apocalyptique » du discours de Valdaï :

« … comme citoyen de la Russie et comme chef de l’Etat russe, je me pose la question : à quoi bon pour nous un monde dans lequel il n’y aurait pas la Russie ? »

La déclaration de Vladimir Poutine a contraint néammoins le porte-parole de la présidence russe, Dmitriï Peskov, à corriger le tir en affirmant que l’important, dans le propos présidentiel, ne résidait pas dans « l’allégorie » du paradis et de l’enfer, mais bien dans l’affirmation que la doctrine nucléaire de la Russie n’octroie pas à ses dirigeants le droit à une frappe nucléaire préventive ou « première frappe » stratégique :

« Dans notre doctrine il n’y a pas de droit à une première frappe. Nous ne nous considérons pas en droit d’exercer une première frappe » ; « Nous n’attaquerons personne en premier. Mais si on nous attaque, alors tout le monde tombera – certains en enfer, certains au paradis, etc.

Le pire n'est jamais sur  mais  le passé a montré que  dans un monde de plus en plus dangereux, les choses peuvent très vite déraper..

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 07:30

 

Ces dernières années, les agences de publicité croient nécessaire, par une certaine forme de snobisme primaire ,pour paraitre sans doute moderne vis-à-vis des jeunes,  non seulement de mettre en fond sonore des airs célébres chantés  ou/et des slogans en anglais plus ou moins compréhensibles par la gande majorité des consommateurs mais encore  en mal d’originalité, sombrent dans une certaine bétise, médiocrité voire une profond vulgarité.

Choquer est le  plus souvent le mode d'expression courant des médiocres qui n'arrivent pas  autrement à se faire lire ou écouter.

Le dernier exemple en date est celui de la publicité pour la marque Narta qui exposent des sexes de femmes  pour promouvoir une serviette hygiénique. !

Face à une telle dérive, les femmes devraient purement et simplement non seulement boycotter cette marque mais également les chaines de télévision qui acceptent de  diffuser de telles publicités.

On est en droit de s’étonner qu’une  quelconque Haute Autorité puisse permettre de telles pratiques qui semblent contraires à une déontologie élémentaire à une époque ou beaucoup de personnes sont prêtes à dénoncer  certaines dérives de la société.

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 09:12

 

Il est manifeste que la politique consistant à baisser les taux d’intèrèts et à inonder l’Europe de liquidités de la Banque Centrale Européenne a échoué en voulant, bien que cela ne soit pas son mandat, améliorer la croissance de l’économie européenne et partant  atteindre un objectif d’augmentation de l’inflation de 2% par an.

Et pourtant la BCE sous la direction de Mario Draghi persiste et signe faisant prendre à l’économie européenne et aux pays comme la Suisse dont la politique monétaire se trouve embarquée dans la même galère un risque de déflation accélérée.

Au-delà des grandes théories économiques qui semblent servir de Bible à nos grands argentiers, le simple bon sens serait d’admettre que plus les taux baissent et l’inflation se maintient à des niveaux très bas,plus  les acteurs économiques, entreprises et ménages, anticipent de nouvelles baisses et différent leurs achats ou investissements.

N’en déplaise au Président Trump qui s’oppose vigoureusement à des hausses de taux d’intérét, c’est précisément au niveau de taux d’intérét actuels que les Etats Unis connaissent leur plus grand taux de croissance depuis de nombreuses années et il est fort douteux qu’une baisse serait de nature à augmenter sensiblement le taux de croissance.

Une politique de baisse continue des taux d’intérét pour aboutir à l’impasse actuelle de taux négatifs de plus en plus bas ne relance nullement l’économie mais ne fait que créer des bulles dans l’immobilier et les marchés boursiers et n’incitent nullement les épargnants à dépenser leur épargne pour consommer mais les incite au contraire à accroitre celle-ci par crainte de l’avenir car le bon sens populaire ne peut comprendre que l’épargne ne soit non seulement plus rémunérée mais qu’ils perdent progressivement une partie de l’argent qu’ils épargnent  alors que l’épargne est la base du capital . Sans compter qu’isl se rendent  compte de plus en plus qu’une telle politique met en danger les banques de détail (donc carrément son épargne nonosbtant le maximum de 100 000 € ), les compagnies d’assurance vie ainsi que la pérennité des régimes de retraite dont les cotisations sont de moins en moins rémunérées. Seuls vrais bénéficiaires, les Etats endettés qui malheureusement n’ont pas su profiter de cette baisse des taux pour se désendetter car les acteurs économiques peuvent craindre d’être à la veille de l’éclatement des bulles engendrées par cette politique

Une politique budgétaire tendant à diminuer les charges qui pésent sur les acteurs économiques couplée avec  l’affichage par la BCE d’une remontée systématique au contraire des taux d’intérét à raison de 0,10% par mois pendant 2 ans seraient  de nature à convaincre les acteurs économiques de se mettre à anticiper une remontée inévitable du taux d’inflation et à précipiter plutôt que retarder leurs actes économiques par crainte de devoir payer plus cher le mois d’après et les Etats endettés et certaines entreprises que la fête va s’achever et qu’il y a urgence désormais à dégager des excédents primaires pour commencer de rembourser leurs dettes colossales sauf à prendre le risque de la faillite. Et s’agissant des Etats endettés, s’ils veulent éviter une telle faillite, ils devront nécessairement affecter leurs recettes nouvelles générées par l’augmentation de la croissance non au financement des baisses de charges consenties qui ne devront ‘être financées que par des économies mais en totalité enfin à leur désendettement ce qui leur permettra de retrouver une certaine marge de maneuvres pour leurs budgets futurs.

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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 16:21

 

On doit admettre comme un postulat que la Russie ne rendra jamais la Crimée à l’Ukraine. Pas seulement tant que le Président Poutine sera au pouvoir mais tant que la très grande majorité des Russes de Russie s’opposera à sa restitution et surtout tant que de habitants  de Crimée se sentiront russes et non ukhrainiens.

Cela devrait être facile à comprendre pour des Français et des Allemands qui se sont disputés l’Alsace-qui juridiquement a fait partie du Saint Empire Romain Germanique pendant près de sept siècle (Ier Reich)  et a été conquise militairement par la France  puis annexée sans que les Alsaciens-qui parlaient alors allemand - n’aient jamais été consultés; Alsaciens qui ne se sont sentis majoritairement Français qu’après l’épopée napoleonnienne sans que les Allemands pour autant n’aient  cessé  de revendiquer l’Alsace ce qui après  trois guerres en 75 ans entre entre la France et l’Allemagne, celle de 1870 a conduit l’Allemagne du IIème  Reich à la récupérer pendant près d’un demi-siècle, celle de 1914-18 qui a permis à la France de la reprendre  pendant 22 ans puis celle de 1940-1945 qui a amené l'Allemagne à nouveau à la récupérer après 5 années de rattachement au IIIème Reich, rattachement qui peut aujourdhui sembler définitif sans doute tant que l’Allemagne et la France feront partie de l’Union Europèenne

S’agissant de la Lorraine, si ses ducs ont du subir maintes attaques des rois de France, invasions et empiètement, si elle n’a pas, été en définitive conquise par la France,  celle-ci  a exigé de son dernier duc  François Ier qu’il la lui céde pour pouvoir épouser l’héritière du Saint Empire Romain Germanique dont le duché de Lorraine faisait partie depuis huit siécles  pour pouvoir en devenir empereur sous le nom de François III sans que davantage les Lorrains n’aient été consultés comme les Alsaciens .

Si donc avant que l’on ne se soucie de savoir qu’elle était la volonté des Peuples, les frontières des Etats européens sont le résultat, soit de mariage, soit d’héritage, soit de conquête, soit de cession , entérinées ou non par divers traités qui n’étaient souvent même pas ratifiés par les instances représentatives des peuples concernés quand il y en avait.

Depuis pour tenter d’éviter le risque de nouveaux conflits, certains Etats s’arcqueboutent sur le principe de l’intangibilté des frontières qui a commencé d’être violé au cours  derniéres années et le sera sans doute toujours plus.

La question fondamentale qui se pose est donc de savoir si ce principe garantit davantage la stabilité en Europe que celui du droit des peuples à disposer d’eux-même depuis  que ceux-ci ont  le droit de voter.

Certes beaucoup craignent d’ouvrir la boite de Pandorre en permettant une large consultation des peuples d’Europe sur leur appartenance à tel ou tel Etat. Mais on le sait  chaque guerre à l’échelle européenne s’est conclue par la signature de traités qui ont redessiné les frontières de l’Europe toujours contre la volonté des vaincus.

On voit bien  qu’il ne sert à rien pour les Uhkrainiens de soutenir juridiquenent que la Crimée serait Uhkrainienne et pour les Russes qu’elle serait russe si les peuples  ne sont pas d’accords.

Force est d’admettre que les sanctions contre la Russie sont inefficaces et encore plus préjudiciables à l’Europe qu’à celle-ci.

Ni l’Union Européenne ni aucun Etat Européen n’a ni l’envie ni les moyens de se lancer dans une guerre contre la Russie et ne pourrait compter sur l’alliance des USA.

Plutôt que de signer des traités après les guerres comme les Traité de Vienne ou de Versailles par lesquels les vainqueurs ont retracé les frontiéres de l’Europe contre la volonté des vaincus, ne serait-il pas plus sage de tenir une grande conférence sous l’égide conjointe du Conseil de l’Europe et de l’OSCE -qui après avoir organisé une consultation de chaque peuple  européen   par référendum -entérinerait leur rattachement volontaire à tel ou tel Etat voire son indépendance pure et simple ?

Notons pour terminer qu’après la deuxième guerre mondiale aucun traité n’a été signé pour fixer les nouvelles frontières des Etats Européens vaincus. Mais qu’en revanche, les habitants de la Sarre ont obtenu d’être consultés sur leur choix entre la France et l’Allemagne.

En revanche, personne n’a osé critiquer jusqu’à ce jour le sort de la Prusse Orientale dont à la différence des habitants de la Crimée, ses habitants n’ont  été consultés dès lors qu'ils ont été tous expulsés et remplacés par des Polonais et des Russes.

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 12:36

 

Érigé au IIIème siècle, le diocèse de Besançon est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain au IVème  siècle.

L’histoire de cette ville  ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à la grande histoire de la Bourgogne qui, comme la Lorraine  à l’origine, englobe une région plus vaste que les territoires actuels du même nom. Or cette grande histoire trouve son origine dans celle du Premier royaume Burgonde créé en 443 sur les terres assignées aux envahisseurs burgondes par le général romain Aetius constituées approximativement par :

.les territoires qui constitueront le duché de Bourgogne (Dijon) ;

.les territoires qui constitueront le comté de Bourgogne ou Franche-Comté ;

.ceux qui constitueront la partie occidentale de la Suisse à l’Ouest de l’Aar et de la Reuss.                                                           

En effet en  534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme. Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding, d’Amaous, de Warasch et la ville de Besançon.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy).

Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant  jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855).

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz.

Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône.                                                     

En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer.

En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais.

En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime.

La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve. 

À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerssen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie  a les comtés de Warasch, d'Amaous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté.

Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont ainsi à l'origine de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire. Au IX° siècle, le territoire du premier royaume Burgonde va donc être disputé entre les Carolingiens de Francie Occidentale et les futurs rois du deuxième Royaume de Bourgogne.

Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura.

À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi  (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875.

Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens.                                                         

En 879, Louis II le Bègue, successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson de Provence tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi  de Francie Orientale  s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie occidentale Louis III et Carloman II, Boson V de Provence , qui est le fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, et lui-même duc de Lombardie, duc de Provence, comte d'Autun, de Berry, de Chalon, de Mâcon et de Troyes, ainsi qu’ abbé laïc de Saint-Maurice d'Agaune en profite pour se faire proclamer  roi de Provence  à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon. Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche-Comté, des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles soit  la Bourgogne Transjurane. En 879, Boson, comte de Vienne et d’Autun, devient roi. Ses possessions couvrent une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence.   Boson exerce son pouvoir jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, les frères carolingiens, Louis III et Carloman II. Par ce traité,  en échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de Francie occidentale  lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meerssen et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, Richard  dit le Justicier. En 880, par le traité de Ribemont, les petits-fils de Charles le Chauve cèdent leur part de la Lotharingie à Louis III de Germanie (dit aussi Louis le Jeune), fils de Louis le Germanique, qui recueille ainsi l'ensemble de la Lotharingie.

Le roi de Francie occidentale Charles le Chauve récupère lui le comté de Portois et une partie du comté de Varais et notamment Besançon. Les autres comtés sont incorporés dans le royaume de Francie orientale de Louis le Germanique.  

Le comte Richard reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. Cette guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II.  Richard reçoit, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à  son frère.

 .Rodolphe Ier (859-911) roi de Bourgogne de 888 à 911

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon  puis  couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année  Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :

-Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale  (923-936);

-Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et  en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : Comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Macon, comté de Charolais,, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar. Enfin en  898, le comte Richard est autorisé par ce même souverain à fusionner ses comtés et  prend alors le titre de marquis de Bourgogne, jusqu'en 918, puis celui de duc et ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne  rattaché au Royaume de France  et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire.

Les comtés de la Haute-Bourgogne sont englobés dans ce royaume de Bourgogne Transjurane qui s’étend sur les deux versants du Jura avec comme limite à l’ouest, les rives de la Saône.  

Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume. Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lorraine et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci. Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne, et Thierry s’est rallié au nouveau souverain. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume. 

.Rodolphe II (vers 880-937) roi de Bourgogne-Provence de 912 à 937 roi d’Italie de 922 à 925

Fils de Rodolphe Ier.

Son fils Rodolphe II (912-937) lui succède en 912. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi des Francs et de Lorraine, Charles III le Simple.

Vers 914, Hugues le Noir (914-952) est pourvu du comté de Varais. Hugues le Noir est le second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois.

En 918,  Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait.  En 919, Hugues, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis. La paix s’obtient  par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc de Souabe. Dès 921, il est le comte prépondérant sur la Haute-Bourgogne.

L’année suivante, il est aux côtés de son frère Raoul et du duc Robert dans la lutte contre le roi de Francie Occidentale, Charles III le Simple.

Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer en 922 par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes. En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues  qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie.  Cette même année 926, le roi de Francie orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées  entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi des Francs Raoul.

Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des  comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II.

Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane ou royaume de Provence  à son royaume de Bourgogne transjurane  lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence   (ou royaume d’Arles qui en est la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois qui dépendent alors du royaume de Francie occidentale.

En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume des Francs. Louis IV qui vient d’être couronné se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité, Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon.

.Conrad III (925-993) roi de Bourgogne-Provence de 937 à 993

Fils de Rodolphe II

Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad (937-993) n’a que douze ans.

Hugues, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire.

Mais Othon Ier roi de Francie orientale et futur restaurateur de l’empire intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique. Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad.

Sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie occidentale, notamment Hugues le Noir qui est à la fois duc de Bourgogne et archi-comte sur la Haute-Bourgogne. Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume.

En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume des Francie occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance  française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois.

Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père.

En 941, sous la pression du roi Othon de Germanie, il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale.Othon libère Conrad en 942 lequel peut prendre enfin la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L'un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint Maurice d'Agaune ou il concéde à Albéric Ier, vicomte de Mâcon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins.

En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques : Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon , évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud.  Il se brouille de nouveau en 943, avec le roi Louis IV, et doit partager sur le duché son autorité avec Hugues le Grand.

Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi Conrad de Bourgogne. Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir.

Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson  de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

Hugues se réconcilie en 949, avec le roi de Francie occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché.

Deux ans plus tard, le roi Louis accompagné de Liétaud vient à Besançon rencontrer Hugues le Noir.  Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier roi de Francie orientale  qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad.  À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues.

Albéric ou Aubri II (965-982) hérite à la mort de son père des mêmes territoires.

En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent. 

En 962, Othon Ier est sacré empereur. 

.Othon Ier (912-973) duc de Saxe en 936, roi de Francie Orientale (Germanie)  de 936 à 961, roi d’Italie en 951,empereur romain germanique de 962 à 973

Fils du roi de Francie Orientale Henri Ier dit l’Oiseleur

Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles, l’aînée Gisèle, de son premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri; Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann. Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad.

Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothbold (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence. 

.Othon II (955-983) ,roi de Francie Orientale (Germanie) de 961 à 983, roi d’Italie en 980, empereur romain germanique en 973 à 983

Fils d’Othon Ier

À la mort d’Albéric II, un personnage se manifeste, c’est Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère. Il épouse Ermentrude de Roucy veuve d’Albéric II, et gouverne les comtés de Mâcon et de Besançon, au nom de ses deux beaux-fils, Liétaud et Aubri.

En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie ; en effet son petit-fils Othon III  est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le bavarois, celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier  roi de Bourgogne Provence.

.Rodolphe III (vers 965-1032) roi de Bourgogne-Provence de 993 à 1032

Fils de Conrad III.

En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois  (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Germanie Henri Ier).

.Othon III (980-1002), roi de Francie Orientale (Germanie) de 983 à 1002, roi d’Italie en 996, empereur romain germanique de 996 à 1002

Fils d’Othon II

.Otte-Guillaume (962-1026), comte de Bourgogne de 982 à 1026 et duc de Bourgogne de 1002 à 1004

En octobre 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces.  En 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale  lance  une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors  de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens. (ce dernier  érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois.

En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale. Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir.

Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). Son fils aîné Hugues étant l’héritier de la couronne, il cède le duché à Henri ; puis, à la mort d’Hugues, en 1025, Robert II cède le duché à Robert.

.Henri II dit le Saint (973-1024), roi de Francie Orientale de 1002 à 1024, roi d’Italie en 1004, empereur romain germanique en 1002 à 1024

Fils d’Othon III.

Il se fait promettre par Rodolphe III d’être son héritier. Mais il meurt avant Rodolphe III.

.Conrad II dit le Salique (990-1039), roi de Francie Orientale de 1024 à 1039, roi d’Italie en 1026, empereur romain germanique de 1027 à 1039, roi de Bourgogne-Provence de 1032 à 1039

Fils d’Henri II.

A la mort de Rodolphe III, en 1032, c’est donc l’empereur Conrad II le Salique qui hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire.

Besançon  est un archevêché qui comme tous les archevêchés de l’empire a à sa tête un archevêque qui dispose non seulement du pouvoir spirituel sur le territoire de l’archevêché mais du pouvoir temporel sur la ville qui n’est pas la capitale du comté de Bourgogne. L’archevêque de Besançon n’est pas vassal du comte de Bourgogne mais comme lui du roi de Bourgogne et empereur.

.Renaud (1006-1057), premier comte palatin de Bourgogne/Pfalzgraf Burgund de 1026 à 1057

 

Archevêques :

.Hugues Ier, archevêque de Besançon de 1031 à 1043, prince-archevêque de 1043 à 1066, archichancelier du royaume de Bourgogne,

C’est un descendant de la famille des sires de Salins, celle d’Humbert. Il a été chapelain du roi de Bourgogne Rodolphe III.

.Henri III dit le Noir (1017-1056) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1028 à 1056, roi de Bourgogne-Provence de 1038 à 1056, roi d’Italie en 1039, empereur de 1046 à 1056

Fils de Conrad II.

L’empereur Conrad II fait couronner son fils Henri, roi de Bourgogne, en 1038. Les grands, dont le comte Renaud et l’archevêque de Besançon Hugues, sont présents à cette cérémonie qui se tient à Soleure.

En janvier 1042, le roi de Francie orientale (Germanie) et de Bourgogne, Henri III vient à Besançon, sur l’initiative d’Hugues Ier, visiter son royaume de Bourgogne. À cette occasion, l’archevêque est nommé archichancelier du royaume de Bourgogne. Devenu empereur, Henri III revient en 1043 à Besançon pour se fiancer avec Agnès, nièce de Renaud. A cette occasion l’archevêque Hugues obtient les droits régaliens sur la ville échappant ainsi au contrôle comtal pour dépendre directement de l’empereur.

Besançon devient ville impériale et l’archevêque prince et l’archevêque de Besançon devient prince d’Empire. Son diocèse coïncide pratiquement avec le comté de Bourgogne ou Franche-Comté y compris Montbéliard mais son pouvoir temporel s’arrête pratiquement aux limites de la ville de Besançon. Ce changement de statut de la ville s’explique certainement par la reconnaissance du roi vis à vis d’Hugues qui a soutenu la maison impériale lors de la guerre de 1032/1034. 

.Guillaume (1020-1087), comte de Bourgogne de 1057 à 1087, comte de Macon

 .Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, roi de Bourgogne de 1056 à1106, roi d’Italie en 1080, empereur de 1084 à 1105,

Fils d’Henri III.

Henri III décède en 1056, ne laissant qu'un héritier de six ans. Profitant de la minorité d'Henri IV le pape Nicolas II  décide en 1059   de réserver l'élection du pape aux seuls cardinaux. Le pape n'est donc plus l'homme de l'empereur. Elu en 1073 , le pape Grégoire VII Henri IV va  entrer en conflit avec le pape pour la question de la désignation des évêques qui détiennent outre leur pouvoir spirituel sur leur évêchés mais des pouvoirs comtaux sur leur ville et une partie du territoire de leurs évêchés. Elu en 1073, le pape Grégoire VII publie  un décret interdisant aux laïcs de choisir et d'investir les évêques. C'est la première fois que l'Église prend position sur la question des investitures laïques (C'est l'origine de la Querelle dite des Investitures qui va opposer l'empire à la papauté de 1075 à 1122).

En janvier 1076, un synode d'évêques germanique,  reproche au pape son ingérence dans les affaires épiscopales. Il le déclare indigne de ses fonctions et lui refuse obéissance. En réaction à la lettre qui le conviait avec une grande brutalité à renoncer à sa charge, Grégoire VII  fait déposer Henri IV  par un autre synode  en février 1076 . L'empereur, dont les sujets sont déliés de leur serment de fidélité, est finalement excommunié tout comme l archevêque de Mayence . Très vite, des prélats germaniques déclarent leur soumission au pape ; les ducs de Souabe, Carinthie et Bavière  se déclarent contre Henri IV, avec l'appui des Saxons, qui reprennent les armes. Le 16 octobre 1076, les princes décident qu'un nouveau monarque sera élu si la sentence papale n'est pas levée dans un an et demandent au pape de venir juger le souverain déchu Ils font bloquer les passages des Alpes pour empêcher Henri IV de rencontrer Grégoire VII.

À l'idée de voir se révolter une noblesse trop heureuse de contester le pouvoir impérial, Henri IV recule. Il quitte Spire  en cachette avec une garde réduite, passe le col du Mont-Cenis  par un froid intense et chevauche à la rencontre de Grégoire VII à Canossa , au nord de l'Italie . Le souverain pontife, qui se rendait à Augsbourg pour assister à une assemblée impériale, s'est réfugié dans cette ville car il se croit menacé. Henri IV attend trois jours, en habit de pénitent, que le pape daigne le recevoir, puis il s'agenouille devant lui pour implorer son pardon. En réalité, les trois jours se passent en négociations au cours desquelles Mathilde de Toscane et l'abbé de Cluny Hugues , parrain d'Henri IV, jouent un rôle fondamental. Le pape finit par lever l'exc ommunication . Grégoire VII  fait cependant savoir que si le pécheur a reçu l'absolution, il ne lui a pas pour autant restitué son pouvoir. Par sa pénitence à Canossa, Henri IV est parvenu à écarter le danger d'une entente entre le pape et l'opposition des princes germaniques, mais le pape a pu s'ériger en juge des princes, droit que Grégoire VII juge naturel. Cependant la réhabilitation d'Henri IV n'empêche pas l'élection d'un nouvel empereur, Rodolphe de Rheinfelden , par les princes révoltés en 1077.

À la mort du pape  Grégoire VII  en 1085, aucun pape n'est élu pendant deux ans. Ensuite, le faible Victor III règne pendant dix mois. Henri IV commence à penser que la victoire va revenir dans son camp. Il n'est cependant pas au bout de ses difficultés. Il s'oppose à Urbain II , le successeur de Victor III et  Il doit faire face à un soulèvement de la Bavière en 1086 et, à l'instigation de la comtesse Mathilde de Toscane, allièe du pape, à une première révolte de son fils Conrad, duc de Lorraine qui se fait élire roi de Germanie en 1087.. Entre 1093 et 1097, son fils Conrad lui interdit tout retour en Germanie en occupant les cols des Alpes.

.Hugues II de Montfaucon, prince-archevêque de Besançon de 1067 à 1085

Fils de Conon, qui a construit le château de Montfaucon près de Besançon,  seigneur de Montfaucon vassal de Renaud Ier de Bourgogne et grand bénéficier de l’église Saint Etienne de Besançon. 

.Hugues III, prince-archevêque de Besançon de 1085 à 1101

Son père le comte Guillaume Ier de Bourgogne s’affirme alors comme le personnage le plus important du comté de Bourgogne et ne tarde pas à mettre la main sur l'archevêché de Besançon en le faisant ordonner archevêque en 1085. 

.Renaud II (1061-1097) comte de Bourgogne, de Mâcon, de Vienne et d'Oltingen de 1087 à 1097

.Etienne Ier (vers 1065-1102), comte de Bourgogne de 1097 à 1102

.Guillaume II (1105-1125) dit lAllemand, comte de Bourgogne de 1102 à 1125

.Ponce, prince-archevêque de Besançon de 1102 à 1107

.Hugues IV, prince-archevêque de Besançon de 1108 à 1109.

Guillaume Ier d'Arguel, prince- archevêque de Besançon de 1109 à 1117

Le nom de la famille d'Arguel apparaît au XIème siècle en la personne de Guy d'Arguel (1040 - 1097) seigneur d’Arguel dont le château est situé à environ 6 kms de Besançon.

.Renaud III (1127-1148), comte palatin de Bourgogne de 1125 à 1148

.Henri V (1086 –1125), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1099 à 1125, roi d’Italie en 1098 , roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1125, empereur de 1111à 1125

Fils d’Henri IV.

Henri V s'était appuyé sur les partisans de la réforme grégorienne pour affermir son pouvoir face à son père, mais, dès que son autorité est solidement assise, il s'oppose au pouvoir pontifical en se mêlant comme son père des nominations d'évêques. Il estime que, vu la symbiose entre l'Église et l'Empire, il était dangereux de trop desserrer les liens. Le pape Pascal II , qui a renouvelé l'interdiction des investitures laïques, pense pouvoir négocier. En effet, Henri V veut être couronné empereur par le pape. Le souverain se rend en Italie pour négocier directement avec le pape. Le pape propose une solution radicale qui vise à rompre définitivement les liens entre l'épiscopat et l'Empire. Les deux hommes signent le concordat de Sutri en février 1111. L'empereur renonce alors aux investitures laïques. En échange, les évêques renoncent aux regalia  c'est-à-dire aux villes, duchés, marquisats, péages, monnaies, marchés qu'ils tenaient de leurs fonctions administratives dans l'Empire. En contrepartie, les églises sont libres avec toutes leurs possessions propres. L'accord est ratifié par le roi sous réserve de l'adhésion des évêques germaniques. Les concessions accordées par Pascal II suscitent une vive opposition de la part de la Curie romaine  et des évêques germaniques. Le 12 février 1111, lors de la cérémonie du couronnement, devant la protestation bruyante des évêques, Henri V déclare l'accord inapplicable  Le pape refuse donc de le couronner. Pascal II est emprisonné. Il est obligé de couronner Henri V et de signer l'accord du Ponte Mummolo le 11 avril 1111. Ce nouvel accord permet à l'empereur de donner les investitures à sa guise. Le camp impérial semble triompher. Mais le concile de Latran de 1112 revient sur toutes les concessions faites pendant la captivité du pape. De plus, Henri V doit faire face à un mécontentement général en Germanie. À l'est les Saxons se révoltent. Les troupes impériales sont battues à deux reprises. Henri V est excommunié en 1114 et le clergé germanique se range cette fois du côté du pape. Deux évêques réformateurs sont même nommés à Metz et à Magdebourg .  Pascal II meurt en 1118. Le nouveau pape Gélase II  refuse de rencontrer Henri V de peur d'être emprisonné et quitte Rome à l'arrivée de ce dernier. Comme son père précédemment, l'empereur fait élire un antipape, Grégoire VIII. 

.Anseric, prince-archevêque de Besançon de 1117 à 1134 

Le pape Gélase II meurt en exil à Cluny en janvier 1119. Les prélats germaniques, las du conflit avec l’empereur Henri V, espèrent une solution qui satisfera les deux partis. Le nouveau pape Caliste II entame, en 1119, des négociations avec l'empereur, qui n'aboutissent pas. Alors que l'armée impériale et les rebelles venus de Saxe sont prêts à s'affronter, les princes germaniques, réunis à l'initiative de l'archevêque de Trèves, enjoignent à Henri V de se soumettre au pape si celui-ci préserve « l'honneur de l'Empire » Une année de difficiles négociations commence. Lambert d'Ostie, légat du pape Calixte II, sait ménager l'empereur. Henri V, excommunié, est absous sans faire acte de pénitence. Un accord est trouvé en 1122. Il est connu sous le nom de concordat de Worms. L'empereur renonce à l'investiture par la crosse et l'anneau. Il accepte la libre élection des évêques par le chapitre canonial de la cathédrale. En cas de conflit lors de cette désignation, il peut arbitrer en faveur du candidat le plus digne. Il donne ensuite l'investiture temporelle sous la forme d'un sceptre pour les biens fonciers et les fonctions régaliennes de l'évêque. Ce dernier a l'obligation de s'acquitter des tâches que lui imposent les terres concédées par l'empereur. Mais ce droit de regard sur l'élection épiscopale ne s'exerce que sur les possessions germaniques de l'empereur. Il perd donc son influence sur la nomination des évêques de Bourgogne-Provence et en Italie. 

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1125 à 1137, roi de Bourgogne-Provence de 1125  à 1137, empereur de 1133 à 1137 

.Humbert de Scey, prince-archevêque de Besançon de 1134 à 1161

Depuis des temps très ancien la famille de Scey possédait le château (aujourd'hui château Saint-Denis en ruine) érigé sur un éperon rocheux réputé longtemps inaccessible dans le  bailliage d'Ornans. Au XII° siècle cette famille occupe un rang très important parmi les plus anciennes de la région de Besançon. Elle possède une grande partie des montagnes du bailliage d'Ornans.

.Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152), roi de Bourgogne-Provence de 1138 à 1152  roi des Romains (empereur) de 1138 à 1152

.Othon Ier (1170-1200), comte palatin de Bourgogne et comte de Luxembourg de 1190 à 1200

.Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse (1122-1190), duc de Souabe et d’Alsace, comte palatin de Bourgogne (Franche-Comté) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1155 à 1190, roi de Bourgogne-Provence de 1152 à 1190,  empereur romain germanique de 1155 à 1190

En 1155, Frédéric Ier de Hohenstaufen devient empereur. Il est duc de Souabe (duché dont fait alors partie l’Alsace). Il prend aussitôt le contrôle du comté de Bourgogne en faisant prisonnier le fils de l’héritier du comte Guillaume IV de Bourgogne et en épousant le 9 juin 1156 dans la cathédrale de Wurzbourg la comtesse héritière de Bourgogne, Béatrice Ière de Bourgogne ce qui le fait comte de Bourgogne.

En octobre 1157, il préside une diète à Besançon en présence de l’archevêque Hugues de Scey et se rend dans le sud du comté notamment à Salins et à Arbois. Il revient en 1161 à Vesoul et à Besançon après que ses représentants ont rencontré ceux du roi de France Louis VII à Saint-Jean-de-Losne pour échanger sur le schisme religieux de l’époque. Frédéric soutient les antipapes Victor IV (1159-1164), Pascal III (1164-1168) et Calixte III (1168-1177), et Louis VII le pape Alexandre III (1159-1181) ; ils se mettent d’accord sur une entrevue commune des souverains pontifes; mais celle-ci n’a pas lieu.

.Gauthier II de Bourgogne, prince- archevêque de Besançon de 1162 à 1163

Fil d’Hugues II, duc de Bourgogne ; frère d’Eudes II de Bourgogne, duc de Bourgogne.

.Herbert (schismatique), prince- archevêque de Besançon de 1163 à 1170

L’empereur Frédéric Ier  passe de nouveau à Besançon et à Dôle en 1166 pour aller combattre en Italie du Nord, les villes lombardes qui soutiennent le pape, et repasse dans la Comté lors de son retour en 1168. 

.Eberard de Saint-Quentin, prince-archevêque de Besançon de 1171 à 1180

Sous le régne d’Eberard de Saint Quentin Frédéric Ier  est encore présent en 1173, 1176 et 1178 à Besançon et dans le comté; mais c’est Dôle qui a sa prédilection, il y construit un château, et il confirme cette ville comme capitale du comté.

Pendant quinze ans, Frédéric Barberousse s’épuise en vain à vouloir imposer son antipape. Il soutient les exactions de ses vassaux les comtes de Chalon sur Saône et de Mâcon contre les églises et notamment celle de Cluny, qui soutiennent le pape. Tout rentre dans l’ordre en 1177, par la paix de Venise et la fin du schisme. Après cette paix de Venise, Barberousse pénètre en Bourgogne, et le 30 juillet 1178, il se fait couronner roi de Bourgogne, par l’archevêque d’Arles.

.Thierry II de Montfaucon, prince- archevêque de Besançon de 1180 à 1190

Fils de Richard de Montfaucon et Sophie/Agnès, comtesse de Montbéliard, fille de Thierry II de Montbéliard. 

.Henri VI de Hohenstaufen dit le Cruel (1165-1197) roi de Francie Orientale (Germanie) dès 1169 jusqu’à 1197, roi de Bourgogne-Provence de 1191 à 1198 empereur de 1191 à 1198, roi de Sicile de 1194 à 1197

Fils de Frédèric Ier

.Etienne de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1191 à 1193

Fils de Géraud Ier, comte de Macon et de Maurette de Salins

.Jeanne Ière de Bourgogne (1191-1205), comtesse palatine de Bourgogne de 1200 à 1205

..Philippe Ier de Hohenstaufen (1177 - 1208 ), roi des Romains en 1198 , roi de Francie Orientale de 1198 à 1208,

En 1198, deux rois des Romains sont élus: Philippe Ier de Hohenstaufen et Otton de Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale.

Pour mettre fin aux agitations dans le comté,  Philippe de Hohenstaufen, frère du comte de Bourgogne Othon Ier, marie sa nièce Béatrice II en 1208 à Othon II (1208-1234), duc de Méranie (duché situé sur la côte dalmate)

Le pape prend le parti d'Otton IV, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214.  

 

.Béatrice de Bourgogne (1193-1231), comtesse palatine de Bourgogne de 1205 à 1231 et Othon II de Bourgogne (1180-1234), comte palatin de Bourgogne de 1231 à 1234

.Amédée de Tramelay, prince-archevêque de Besançon  de 1193 à 1220

Famille noble de la région de Saint Claude dans le comté de Bourgogne ; de la même famille que Bernard de Tramelay ou Dramelay, ou Dramelet, château du même nom, aux environs d'Arinthod, quatrième maître de l'Ordre du Temple (1152 - 16 août 1153), ancien commandeur de Dole. 

.Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1212 à 1250 , roi d’Italie de 1198 à 1250, roi de Sicile de 1198 à1250, roi de Bourgogne-Provence de 1198 à 1250 , empereur de 1220 à 1250 

.Gérard de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1221 à 1225

Fils de Thibaud II de Rougemont, seigneur de Rougemont, vicomte de Besançon ;  maison des seigneurs de Rougemont  du nom de Rougemont-le-Château qui au début du Moyen Age fait partie intégrante de l'Alsace (passée en 829 du landgraviat de Haute-Alsace au comté du Sundgau, puis au début du XIIème siècle passe aux comtes de Ferrette). Cette famille  est investie depuis 1096 des charges de vicomte de Besançon.

Sous le règne de la comtesse Béatrice, Jean de Chalon (1224-1268), fils d'Étienne de Chalon, soutient en 1224/1225 les Bisontins érigés en Commune dans le conflit qui les oppose à l’archevêque de Besançon Gérard

.Jean Ier Halgrin (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1225 à 1227

Un accord est conclu en 1225, entre Jean de Chalon et le nouvel archevêque Jean Halgrin (1225-1227), et les Bisontins font leur soumission. 

.Nicolas de Flavigny, prince-archevêque de Besançon de 1229 à 1235

Au XIII siècle, les bourgeois bisontins tentent de constituer la commune de Besançon, et s'opposent ainsi à l'archevêque de Besançon, qui entend garder ses pleins droits de souveraineté sur les terres de Bregille, un quartier de Besançon. Un conflit éclate alors en 1232, quand les Bisontins interdisent aux Bregillots de s'approvisionner en bois dans la forêt de Chailluz.

Nicolas de Flavigny rappelle alors ses droits sur les bois de la ville auprès de l'évêque de Chalon qui ne tarde pas à lui donner raison, arrêtant ainsi le conflit pour un temps.

 .Othon III (1208-1248), comte palatin de Bourgogne de 1234 à 1248

.Geoffroy, prince-archevêque de Besançon de 1236 à 1241

.Conrad IV (1228-1254) roi de Francie Orientale de 1237 à 1254, roi de Bourgogne- Provence de 1237 à 1254, roi de Sicile de 1250 à 1254

 

.Grand Interrègne de 1256 à 1273

.Guillaume Ier de Hollande, anti-roi de Francie Orientale de 1254 à 1256 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Richard Ier de Cornouailles, roi de Francie Orientale de 1257 à 1272

.Alphonse de Castille anti-roi de Francie Orientale de 1257 à 1272 (contre Richard Ier) 

.Guillaume II de la Tour, prince archevêque de Besançon de 1245 à 1268

En 1258, profitant de la vacance du pouvoir impérial, les Bisontins se révoltent de nouveau contre l’archevêque Guillaume , Jean et Hugues de Chalon les soutiennent, la querelle gagne tout le comté et de nombreux nobles rejoignent les révoltés. Le pape Alexandre IV (1254-1261) condamne en 1259 cette révolte et demande l’intervention du roi de France Louis IX, et du duc de Bourgogne Hugues IV.

En 1264, un traité de garde est alors passé entre le duc de Bourgogne Hugues IV et les citoyens de Besançon.

 .Alix/Adélaide  (1209-1279) comtesse palatine de Bourgogne de 1248 à 1279

.Eudes de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1269 à 1301

De la même famille que  Gérard de Rougemont. Fils d’Humbert III de Rougemont, seigneur de Rougemont.

Sous son règne les Bisontins refuse toujours de considérer la ville comme vassale de l'empereur.  

A partir de 1273, la comtesse de Bourgogne Alix  se retrouve face à l'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg qui veut restaurer la vassalité du comté de Bourgogne à l’égard du Saint Empire. 

.Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale (Germanie), roi des Romains (empereur) de 1273 à 1291, roi de Bourgogne-Provence de 1273 à 1291, Landgraf de Haute Alsace

.Othon IV (avant 1248 -1303), comte palatin de Bourgogne de 1248 à 1303

L’armée de l’empereur Rodolphe forte de vingt-milles hommes se met en marche en 1289, et après la prise de Montbéliard, se présente devant Besançon, où se sont réfugiés Otton IV et Renaud. L’empereur Rodolphe ne peut s’emparer de la cité mais fait dévaster les abords tandis que Jean Ier de Chalon-Arlay, son allié, bloque les murs. Otton IV se soumet à l’empereur, et conseille à la Commune de traiter avec l’empereur qui reconnaît aux Bisontins leur commune autonome. La ville de Besançon obtient son indépendance communale et se gouverne librement, tout en étant soumis comme tout le comté de Bourgogne à l’autorité de l’empereur. En 1290, Besançon est assiégée pendant quatre mois par les armées impériales, tenant le quartier de Bregille, alors que les troupes vassales leur faisant face occupent la Mouillère ainsi que les Prés-de-Vaux. le comte de Bourgogne  Othon IV, ne veut guère continuer cette lutte, décide de négocier pour finalement céder. À ce moment-là, les Bisontins profitent de la situation pour faire reconnaître officiellement leur commune par l'Empire. C'est alors le commencement d'une nouvelle bataille entre les Bourgeois et l'archevêque. 

.Adolphe de Nassau, (avant 1250-1298) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1292 à 1298, roi de Bourgogne-Provence de 1291 à 1298, empereur de 1292 à 1298

En 1293, Jean de Chalon-Arlay acquiert par personne interposée, la mairie de Besançon. L’année suivante grâce au soutien de l’empereur, il obtient la vicomté de la ville. Les véritables propriétaires des fiefs que constituaient la mairie et la vicomté de Besançon étaient les archevêques qui les tenaient directement de l’Empire. Ils en confiaient la garde à des seigneurs qui ne pouvaient pas être des rivaux pour eux Dès le 4 mai 1293, Jean de Chalon-Arlay sollicite l’empereur afin d’obtenir la ratification de cette cession. Inquiets de voir un homme trop puissant prendre une place aussi importante dans leur ville, l’archevêque Eudes de Rougemont  et les bourgeois refusent l’investiture. Ils lui opposent Hugues de Chalon, le frère d’Othon comme compétiteur. C’est le signal d’une guerre sanglante entre l’oncle et le neveu.

Afin de plaider sa cause pour les deux différends, Othon se rend en personne à Colmar auprès de l’empereur Adolphe de Nassau occupé alors à en diriger le siège. En arrivant sous les murs de la cité alsacienne, le baron d’Arlay l’avait devancé Othon n’obtient pas gain de cause L’empereur le condamne sur tous les points en présence de tous les princes d’Empire assemblés. Adolphe ordonne à Othon IV  le baron d'Arlay en possession de la mairie et de la vicomté. (22 octobre 1293) de Besançon. Othon doit s’incliner et faire encore hommage de son comté de Bourgogne. C’est totalement outragé, mortifié qu’il s’en revient à Besançon.

Othon humilié, blessé au plus profond de son être par l’empereur n’a plus d'autres ressources que l’amitié du roi de France Philippe le Bel. Dès que le roi Philippe le Bel eut connu et jugé Othon il comprend le parti qu’il peut en tirer ; il ne cesse de le circonvenir, l’attirant à sa cour et lui faisant délaisser celle de l’empereur son suzerain. Il le comble d’honneurs, de distinctions et remédie à sa pénurie d’argent. Il  acquiert sur l’esprit de d’Othon un tel ascendant que celui-ci devient un instrument docile de ses volonté

Othon se livre sans réserve à la France. Le roi le met au comble de sa vanité en lui proposant une alliance entre leurs enfants, alors en bas âge, Philippe (le futur Philippe le Long) et Jeanne et l’améne par divers moyens à lui céder à beaux deniers comptants ses États héréditaires

.Hugues V de Chalon, dit le Sourd, prince-évêque de Liège de 1296 à 1301  prince-archevêque de Besançon de 1302 à 1311

Fils de Jean Ier de Chalon et de Laure de Commercy.

.Albert Ier de Habsbourg, (1255-1308), roi de Francie Orientale de 1298 à 1308, roi de Bourgogne-Provence de 1298 à 1308, empereur de 1298 à 1308

Fils de Rodolphe Ier.

La plupart des nobles comtois refusent de rendre hommage au roi de France et se regroupent autour de Jean de Chalon-Arlay. Ce dernier prend la tête de la ligue des coalisés pour s’opposer à la prise de possession par le roi de France. I

Après six ans de conflit, en 1301, les nobles comtois se soumettent à leur nouveau maître, Philippe le Bel. Jean de Chalon-Arlay reçoit en 1302 une pension royale.

Le comte Othon IV  meurt au service de Philippe le Bel le 17 ou le 26 mars 1303. 

.Robert de Bourgogne (1300-1315), comte titulaire de Bourgogne de 1303 à 1315

En 1306, Philippe le Bel  attribue le titre de «gouverneur du comté au nom du roi France» à Jean de Chalon-Arlay.

En 1307, le mariage entre Jeanne Ier de Bourgogne (1307-1330) et Philippe de France, le futur Philippe V le Long, ne change pas la situation, Philippe le Bel gouverne la province.

Les Bisontins se soulèvent contre le nouveau gouverneur, mais ce dernier mate la rébellion en infligeant une sévère défaite aux troupes communales dans la combe de Gisey, près d'Arguel en août 1307.

En 1308, un traité de gardiennage est signé entre Jean de Chalon-Arlay et les Bisontins, à Montfaucon, valable soixante ans. Ainsi après vingt ans d’effort, il est enfin le maître de la ville, puisqu’il possède la mairie, la vicomté et qu’il en est le gardien. 

.Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313 , roi d’Italie de 1311 à 1313, roi de Bourgogne-Provence de 1311 à 1313, empereur de 1311 à 1313

Le 26 juin 1310, la signature du traité de Paris établit provisoirement la base d’une sorte de modus-vivendi. L’empereur Henri VII reconnait Philippe (futur Philippe le Long) comme comte de Bourgogne tandis que le roi Philippe le Bel reconnait le comté comme terre d’empire et accepte de faire l’hommage comme vassal à l’empereur. Mais l’hommage est différé jusqu’après le voyage que le comte Philippe doit effectuer en compagnie de l’empereur. Mais chacun traine les pieds pour ratifier le traité. Bien que pressé par le pape Clément V, Philippe le Bel ne le ratifie pas. Au contraire, Philippe le Bel multiplie les interventions en frontières de l’empire. Dès la fin de 1310, les relations entre le roi Philippe le Bel et l’empereur sont au plus bas.

.Vital de Maignaut, prince-archevêque de Besançon de 1312 à 1313

Ce n’est qu’à la mort en 1314 de Philippe le Bel que Jeanne II et Philippe V le long se mettent en possession du comté. Philippe devenu roi de France en 1316, confie le comté à son épouse Jeanne.  

.Louis IV de Bavière (1282-1347) , roi de Francie Orientale de 1314 à 1347,roi de Bourgogne-Provence de 1314 à 1347 roi des Romains en 1314  puis empereur de 1328 à 1347 . roi d’Italie de 1328 à 1347

.Jeanne II (vers 1291-1330), comtesse palatine de Bourgogne de 1315 à 1330, reine de France de 1316 à 1322, comtesse d'Artois de 1329 à 1330, 

.Jeanne III (1308-1347), comtesse palatine de Bourgogne de 1330 à 1347

.Philippe de Rouvres (1349-1361), duc et comte palatin de Bourgogne de 1349 à 1361

.Hugues VI de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1333 à 1355.

.Charles IV de Luxembourg (1316-1378), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1346 à 1378, comte de Luxembourg de 1347 à 1352, roi de Bohême de 1346 à 1378 , roi d’Italie de 1355 à 1378. roi de Bourgogne-Provence de1365 à 1378, empereur (Charles IV) de 1355 à 1378

.Jean II de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1355 à 1361, évêque de Metz de 1361 à 1365 puis évêque de Bâle de 1365 à 1382

Fils de Vauthier de Vienne ( ?-1344), seigneur de Mirebel.

En 1355, il succède à son oncle Hugues VI de Vienne comme archevêque de Besançon et l’année suivante, il devient gouverneur du duché de Bourgogne, Philippe Ier de Bourgogne étant alors âgé de dix ans.

Puis Il devient évêque de Metz en 1361.

.Marguerite Ière (1309- 1382), comtesse palatine de Bourgogne et  comtesse d'Artois de 1361 à 1382.

.Venceslas II (1361-1419), duc de Luxembourg de 1383 à 1388 empereur (Venceslas Ier) de 1378 à 1401

Fils de l’empereur Charles IV.

.Louis de Montbéliard, prince-archevêque de Besançon de 1361 à 1362

Fils d’Henri de Montfaucon et d’Agnès de Montbéliard, fille aînée de Renaud de Bourgogne ; frère cadet d’Étienne de Montfaucon,  seigneur de Montfaucon et Comte de Montbéliard.

.Aymon de Villersexel, prince-archevêque de Besançon de 1363 à 1370

De la famille seigneur de la terre de Grammont dans le comté de Bourgogne.

.Guillaume II de Vergy (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1371 à 1391

Frère de Jean III de Vergy, seigneur de Fouvent, de Champlitte, de Port-sur-Saône, Autrey, sénéchal maréchal et gouverneur du comté de Bourgogne.  

.Louis de Flandre dit Louis de Mâle, (1330-1384), comte palatin de Bourgogne de 1382 à 1384, comte de Flandre, de Nevers et de Rethel de  1346 à1384, duc de Brabant (1356), comte d'Artois de  1382 à 1384

.Marguerite III de Flandre  (1350-1405), comtesse palatine de Bourgogne de 1384 à 1405, duchesse de Bourgogne de 1357 à 1361 En juin 1369, à 19 ans, elle épouse en secondes noces  Philippe II de Bourgogne dit le Hardi.

.Gerard III d'Athies, prince-archevêque de Besançon de 1391 à 1404

.Thiébaud de Rougemont, archevêque de Vienne de 1397 à 1405, prince-archevêque de Besançon de 1405 à 1429

Issu de la même d'une ancienne famille que les princes archevêques Gérard et Eudes. 

.Robert Ier de Bavière ou Ruprecht III de Palatinat  (1352-1410) comte palatin du Rhin de 1398 à 1410, roi de Francie Orientale (Germanie)  de 1401 à 1410 , empereur non couronné de 1401 à 1410 

.Jean Ier dit Jean sans peur (1371-1419), comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’Artois et de Flandre de 1405 à 1419,

La Commune de Besançon souhaite devenir la capitale du comté et offre au duc la régalie de la ville. Jean accepte cette proposition en octobre 1407 ce à quoi  s'oppose le prince-archevêque Thiébaut de Rougemont. Il en appelle au pape et jette l’interdit sur la ville. Jean sans Peur ne désire pas se heurter avec l’autorité ecclésiastique et en mai 1409 il revient en partie sur sa promesse en transférant à Besançon uniquement la chambre des comptes et du conseil, mais pas le Parlement et la chancellerie qui demeurent à Dôle.   

.Philippe V de Bourgogne, comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne (Philippe  III le Bon), comte d'Artois de 1419 à 1467 

.Jean III de La Rochetaillée, prince-archevêque de Besançon de 1429 à 1437, cardinal

Il participe en 1432 au concile de Bâle et y est nommé en 1434 vice-chancelier de la Sainte-Église et protecteur de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques.  

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437) , roi de Hongrie  de 1387, roi de Francie Orientale ( Germanie)  à partir de 1411, duc de Luxembourg de 1419 à 1433, roi de Bohême de 1419 à 1437, empereur de 1433 à 1437

.François Ier Condomieri, prince-archevêque de Besançon de 1437 à 1438, cardinal

.Jean IV de Norry, prince-archevêque de Besançon  en 1438.

 Fils de Pierre de Norry et de Jeanne de Montboissier.

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493)  duc d’Autriche (Frédéric V) de 1457 à 1493,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1486 roi des Romains en 1440 puis empereur de 1452 à 1493, roi d’Italie de 1452 à 1493

.Quentin Ménard, prince-archevêque de Besançon de 1439 à 1462.

Bénéficiant de l'appui du duc de Bourgogne Philippe le Bon, il est ensuite nommé à Besançon où son ministère est marqué par un très important conflit avec les citoyens de la ville, alors qu'il revendique ses fonctions temporelles. Il doit prendre la fuite à la suite de la destruction par la population de son château de Bregille, quartier de Besançon. Son autorité n’est rétablie qu'après une intervention du Pape. 

.Charles le Téméraire (1433-1477), comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’ Artois de 1467 à 1477,

Fils de Philippe le Bon.

.Charles de Neufchâtel, prince-archevêque de Besançon de 1462 à 1498.

Fils de Jean de Neuchâtel-Bourgogne, seigneur de Montaigu, d'Amance et de Rigney, Chevalier de la Toison d'Or, lieutenant-général du duché et du comté de Bourgogne et de Marguerite de Castro. Charles de Neuchâtel est un parent du cardinal Jean de Neuchâtel.

Après la mort de Charles le Téméraire, les Français envahissent la Franche-Comté, et y font de grands ravages. Louis XI sait à la fois intimider et corrompre Charles de Neuchâtel. 

.Marie de Bourgogne (1457-1482), comtesse palatine de Bourgogne de 1477 à 1482

.Maximilien Ier de Habsbourg  (1459-1519), comte palatin de Bourgogne et duc de Bourgogne de 1477 à 1482 avec son épouse, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut, archiduc d’Autriche de 1493 à 1519, empereur de 1493 à 1519

Le duc Maximilien de Habsbourg apprenant que Charles de Neuchâtel a basculé dans le parti de la France, le déclare en 1478 déchu de ses fonctions et l'oblige même à quitter son palais archiépiscopal. Charles quitte donc son diocèse et se réfugie en France à la cour du roi Louis XI. 

.Philippe VI (1478-1506) dit Philippe le Beau, comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne (Philippe IV) de 1493 à 1506, comte d’Artois, de Flandre et de Hainaut de 1482 à 1506, duc de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, comte de Hollande, de Zélande, de Zutphen, roi de Castille et de Léon en 1506 

.François II de Busleiden (cardinal secret) prince-archevêque de Besançon de  1498 à 1502.

Choisi par Maximilien de Habsbourg mais surtout par Marguerite d'York, veuve du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, comme précepteur du jeune Philippe le Beau, fonction qu'il remplit de 1485 à 1495. François de Busleyden est l'un des représentants de Maximilien d'Autriche au traité de Senlis du 23 mai 1493.  Il est conseiller de 1495 à 1502, maître des requêtes de l'hôtel en 1495, chef des finances à la suite de Philippe de Bourgogne-Beveren en 1497, premier maître des requêtes en 1498. Elu le 12 octobre 1498 par le Chapitre Métropolitain par recommandations de Philippe le Beau et Maximilien de Habsbourg.

Le pape Alexandre VI le nomme secrètement cardinal et  lui confère le droit de succession au siège de Cambrai.

Il participe activement au gouvernement en l'absence de Philippe le Beau, conseiller domestique en 1500 et enfin chef du conseil aulique en juillet 1502 suite au renvoi de Henri de Berghes durant le voyage en Espagne. Il remplit de nombreuses missions diplomatiques tant pour Maximilien d’Autriche que pour Philippe le Beau. 

.Charles II (1500-1558) comte palatin de Bourgogne, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut de 1506 à 1556, duc de Bourgogne de 1515 à 1555, roi d’Espagne (Charles Ier) de 1516 à 1556, roi de Naples et de Sicile de 1516 à 1556, empereur (Charles V dit Charles Quint) de 1519 à 1556

.Antoine Ier de Vergy, prince-archevêque de Besançon 1502 à 1541

Il appartient à une très vieille et puissante famille du comté de Bourgogne. En 1199, la seigneurie de Vergy  est passée  aux ducs de Bourgogne par le mariage d'Alix de Vergy (1170-1252) avec  Eudes III de Bourgogne. Antoine appartient à l’une des branches cadettes issue de Guillaume de Vergy, frère d’Alix. Antoine est né du second mariage de Guillaume IV (seigneur de Vergy) avec Anne de Rochechouart de Mortemart.[ 

Sous son règne, en 1537, l’empereur Charles Quint accorde aux Bourgeois de Besançon le statut de Ville Impériale Libre et donne à la Ville de Besançon ses armoiries actuelles (distinctes de celle de l’évêque). 

A la Diète de Worms de 1521, le matricule d’empire la cite parmi les 83 villes libres impériales ; Besançon est alors imposée pour 180 florins alors que l’archevêché l’est pour 120 florins  (Strasbourg  l’est alors pour 550 florins).

L’archevêché est suffragant des évêchés de Belley, de Bâle et de Lausanne. L’archevêque choisi par le chapitre, est confirmé par une bulle du pape et comme prince d’empire reçoit l’investiture impériale.

.Pierre de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1541 à 1543, cardinal

Issu d’une très importante famille de la noblesse du  Bugey. Il est l’oncle du cardinal Claude de la Baume qui lui succède. 

.Philippe VII (1527-1598) comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne de 1556 à 1598, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut, de Luxembourg de 1556 à 1598, roi d’Espagne de 1556 à 1598 (Philippe II), roi de Portugal (Philippe Ier)  1580 à 1598

Fils de Charles Quint  et d’Isabelle de Portugal.

.Claude II de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1545 à 1584, cardinal en 1578, vice-roi de Naples

Neveu de Pierre de La Baume..

.Antoine Perrenot de Granvelle (1517 -1586), prince-archevêque de Besançon de 1584 à 1586, premier ministre des Pays-Bas espagnoles et vice-roi de Naples

Fils de Nicolas Perrenot de Granvelle, proche conseiller de l'empereur Charles Quint, puis garde des sceaux du Saint-Empire romain germanique.

Evêque d'Arras, archevêque de Malines puis cardinal, diplomate, conseiller d'État de l'empereur germanique Charles Quint, puis de son fils, le roi Philippe II d'Espagne, dont il est le seul Comtois auquel celui-ci accorde sa confiance. Il est en outre conseiller de Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas espagnols (du Cercle de Bourgogne), vice-roi de Naples et président du conseil suprême d'Italie et de Castille.

En tant qu’archevêque, il assiste à plusieurs diètes d'Empire, ainsi qu'aux pourparlers préalables au Concile de Trente, qu'il convoque au nom de Charles Quint. Grâce à l'influence de son père, devenu garde des sceaux, il se voit confier plusieurs missions politiques aussi délicates qu'importantes.  Il prend part aux négociations de paix qui suivent la défaite de la Ligue de Smalkalde à la Bataille de Muehlberg en 1547. En 1550, il succède à son père en tant que secrétaire d'état ; à ce poste, il conseille Charles Quint au cours de la guerre contre Maurice de Saxe, il l'accompagne lors de la fuite d'Innsbruck, et il réussit à obtenir la paix de Passau en août 1552. L'année suivante, il arrange les détails du mariage de Marie Ière d'Angleterre et de Philippe II d'Espagne, à qui il offre ses services en 1555,

Le 25 octobre 1555, Charles Quint abdique ses droits sur les Pays-Bas, désormais unis et officiellement séparés du Saint-Empire, en faveur de son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples. Il lui cède ses droits sur l'Espagne en 1556 et un peu plus tard, au seuil de la mort, ceux sur le comté de Bourgogne.

Il est nommé vice-roi de Naples par le roi d’Espagne Philippe II de Habsbourg.  

.Ferdinand Ier de Habsbourg (1503-1564) archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1531 à 1564 ,roi de Bohême de 1526 à 1564,empereur de 1556 à 1564  

Frère cadet de Charles Quint ..

L’'année de l'abdication de l'empereur Charles Quint. Philippe II envoie Antoine-Perrenot de Granvelle en mission aux Pays-Bas espagnols. Là, en avril 1559, Granvelle est l'un des émissaires espagnols qui négocient les traités du Cateau-Cambrésis, et lorsque Philippe quitte les Pays-Bas cette même année, il est nommé premier ministre de Marguerite de Parme, la régente des Pays-Bas espagnols.  La politique répressive qu'il mène dans les provinces au cours de ses cinq années d'exercice lui assure des bénéfices tangibles : en 1560 il obtient l'archevêché de Malines, et en 1562, il est fait cardinal; mais l'hostilité croissante de la population interdit son maintien en poste ; aussi, en mars 1564, il se retire en Franche-Comté (Comté de Bourgogne).

.Maximilien II de Habsbourg (1527-1576), archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1564 à 1576, roi des Romains  le 30 novembre 1562.roi de Bohême ,de 1564 à 1576, roi de Hongrie de 1564 à 1576, empereur de 1564 à 1576

Sur le papier, la  retraite de Granvelle n'est que temporaire, mais dans les faits elle est définitive. Les six années qui suivent sont paisibles, interrompues seulement par une visite qu'il fait à Rome en 1565.

Mais en 1570, Granvelle, à la demande de Philippe II, revient aux affaires avec une mission diplomatique à Rome. Il négocie l'alliance entre les États pontificaux, la république de Venise et la couronne d'Espagne contre l'empire ottoman, alliance qui  se conclut par la victoire à la bataille de Lépante. La même année, il est nommé vice-roi de Naples, un poste difficile et dangereux, qu'il occupe cinq années durant avec habileté. Philippe II l'appelle en 1575 à Madrid comme président du conseil des affaires d'Italie.

.Rodolphe II de Habsbourg (1552-1612)  archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1576 à 1612,empereur de 1576  à 1612, roi de Hongrie et de Croatie de 1608 à 1612, roi de Bohême. de 1576 à 1612,

Fils de Maximilien II.

Parmi les plus délicates négociations de Granvelle dans ces dernières années, celles assurées en 1580, qui sont conclues par l'union des couronnes d'Espagne et de Portugal, et celles de 1584, où la France est tenue en échec grâce au mariage de l'infante Catherine avec Charles-Emmanuel Ier de Savoie, occupent une place particulière. Ces succès lui valent cette même année l'archevêché de Besançon, mais il est frappé de paralysie ; il n’est jamais intronisé, et meurt à Madrid en 1586.

.Philippe VIII (1578-1621), comte palatin de Bourgogne et duc de Bourgogne de 1598 à 1621,duc de Lothier, de Brabant, de Gueldre, de Limbourg et de Luxembourg, comte de Flandre et d’Artois, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Namur , de Zutphen, seigneur de Malines, de Frise et de Salin, roi d’Espagne (Philippe III) de 1598 à 1621,

Fils du roi  Philippe II d'Espagne et de sa quatrième épouse et nièce Anne d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Espagne.

.Ferdinand de Longwy dit de Rye (1550-1636) prince-archevêque de Besançon de 1586 à 1636, gouverneur du comté de Bourgogne

Fils de Girard de Rye, chambellan de l’empereur Charles Quint, chevalier de la Toison d'or, et de Louise de Longwy.

Après la mort de Cléradius de Vergy, le roi d’Espagne  nomme  Ferdinand  de Rye gouverneur du Comté de Bourgogne. Celui-ci prend ainsi une part active à la résistance comtoise contre l'envahisseur français pendant la Guerre de Dix Ans en dirigeant la défense de Dôle pendant son siège de quatre-vingt jours par le prince de Condé.  

.Matthias Ier de Habsbourg,(1557-1619) archiduc d’Autriche,  roi de Germanie de 1612 à 1619,empereur de 1612 à 1619 ,roi de Bohême de 1611 à 1619,roi de Hongrie et de Croatie de 1608 à 1619

Cinquième enfant de l’empereur Maximilien II

.Ferdinand II de Habsbourg (1578- 1637) archiduc d'Autriche, roi de Germanie de 1619 à 1637,roi de Bohême de 1617 à 1619 et de Hongrie de 1618 à 1626 ,empereur de 1619 à 1637.

.Ferdinand III de Habsbourg (1608-1657), archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1637 à 1657  roi de Hongrie, de Bohême, empereur de 1637 à 1657

.François III de Rye, prince-archevêque de Besançon de 1636 à 1637

Fils de Philibert de Rye, général d'artillerie aux Pays-Bas espagnols.

Après des études à Rome, il est envoyé à Bruxelles à la cour des archiducs d’Autriche Albert et Isabelle de Habsbourg, alors souverains des Pays-Bas espagnols. Il se fait rapidement apprécier du couple princier qui le nomme chef de sa chapelle personnelle puis Grand aumônier. 

.Philippe IX (1605-1665) comte et duc de Bourgogne de 1621 à 1665, comte d’Artois, roi d’Espagne (Philippe IV)

Fils de Philippe III

Sous son règne, en 1636, Richelieu décide d’attaquer Dôle. Le Prince de Condé mène les troupes royales. Mais les 4000 défenseurs résistent aux 15 000 hommes de l’armée française. Finalement devant l’avancée d’une armée de secours, les Français doivent se retirer après un siège de trois mois. Engagés par le roi de France, des mercenaires envahissent le comté par tous les côtés. Seuls Dôle, Gray, Salins et Besançon peuvent résister. Pillages, incendies, massacres se multiplient.

Après une dernière invasion française en 1644, des négociations s’ouvrent et aboutissent au traité de Westphalie en 1648 puis à la paix des Pyrénées en 1659 confirmant la suzeraineté des Habsbourg d’Espagne sur le comté.

Plus de 200 000 personnes soit environ la moitié de la population ont péri durant cette guerre.

Le roi d'Espagne Philippe IV de Habsbourg et comte palatin de Bourgogne meurt en 1665.

.Claude III d'Achey, prince-archevêque de Besançon de 1637 à 1654

Le château d’Achey a été construit par Philippe d'Achey qui, en 1137, prend possession de la terre dépendante des sires de Fouvent. Cette famille d'Achey, est une des plus illustres et anciennes du Comté de Bourgogne.  

.Charles-Emmanuel de Gorrevod, prince-archevêque de Besançon de 1654 à 1659

Fils de Charles-Emmanuelle de Gorrevod, duc de Pont-de-Vaux (Ain), et d'Isabelle de Bourgogne-Fallais.

.Jean-Jacques Fauche de Domprel, prince-archevêque de Besançon de 1660 à 1662

Issu de la famille des seigneurs de Domprel dans le comté de Bourgogne. 

.Léopold Ier de Habsbourg (1640-1705) archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1657 à1705, roi de Hongrie et roi de Bohême ,empereur de 1658 à 1705 

.Charles III (1661-1700), comte de Bourgogne  et duc de Bourgogne de  1665 à 1678, roi d’Espagne (Charles II)

Dès la mort de son père, Louis XIV, (à moitié Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche (Habsbourg d’Autriche) revendique la Flandre et la Franche-Comté, au nom de son épouse Marie-Thérèse, fille du prince défunt. En 1667, il fait la conquête de la Flandre, puis durant l'hiver, il lance sur la Franche-Comté, sous la présidence du grand Condé, 1900 fantassins et 3000 cavaliers.

Le 2 mai, la paix est signée à Aix la Chapelle; la Flandre est cédée à la France, mais l'Espagne garde la Franche-Comté. Malgré ce traité, Louis XIV poursuit son idée de s’emparer de la Franche-Comté. En 1673, il rouvre les hostilités en lançant 24 000 hommes sur ses frontières. Comme en 1668, le roi d’Espagne  n’est pas en mesure de résister. La guerre est déclarée le 12 octobre. Une résistance populaire s’organise. Les armées royales franchissent la Saône le 12 février 1674. Gray se rend le 28. Vers le milieu de mars, c’est Lons le Saulnier qui doit se rendre à son tour. Le peuple résiste vaillamment. Néanmoins Besançon est prise le 23, Pontarlier le 2 juin, Salins et Dôle le 22 juin.

Jusqu’à la révolution, le peuple comtois gardera  un attachement inébranlable aux Habsbourg. Un certain nombre parmi les résistants les plus déterminés s’exilèrent.

Louis XIV place à la tête du comté de Bourgogne un intendant et transfère le parlement de Dôle à Besançon tout en lui enlevant ses pouvoirs politiques. Il entreprend une politique de séduction des nobles comtois en les attirant à sa Cour de Versailles.

.Antoine-Pierre de Grammont, prince-archevêque de Besançon de 1663 à 1698

Fils d’Antide de Grammont, baron de Mélisey, seigneur de Courbessaint, du Saucy, de Lantenot et de Saint-Germain, colonel d'infanterie, gouverneur de Dôle et  de Salins, chevalier d'honneur au Parlement de Dole. La famille Grammont détient la seigneurie de Grammont dans le comté de Bourgogne, qui a donné le nom à la commune de Grammont. Par lettres patentes du 10 mars 1657, la terre de Grammont est érigée en Comté. Après la prise de Besançon en 1674, Louis XIV fait démanteler les châteaux de Franche Comté, celui de Grammont  est rasé. Avec la conquête française qui aboutit au traité de Nimègue de 1678 qui détache la Franche-Comté et Besançon de l’empire et les incorpore au royaume de France, l'archevêque perd les prérogatives temporelles qu’il avait depuis le Moyen Age mais conserve seulement son titre de prince d'Empire. 

 

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