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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 14:00

 

Alors que l’on peut discuter de la légitimité de la Russie à avoir intégré la Crimée à la Fédération de Russie au nom du droit à l’autodétermination de ses habitants  en regard du droit de l’Ukhraine au respect du principe de l’intangibilité de ses frontières nationales internationalement reconnues, il n’est pas contestable que l’annexion de facto des territoires occupés de la Palestine et celle proclamée du Golan de la Syrie par Israel constitue une violation flagrante du droit international. D’autant plus qu’elle ne peut  s’abriter derrière un quelconque référendum d’autodétermination des populations du Golan (dont on ne voit pas d’ailleurs  comment il aurait pu avoir lieu)

Or force est de constater que les USA, un des 5 membres permanents du Conseil de Sécurité,  non seulement n’a pas critiqué Israel mais a même approuvé l’annexion pure et simple du Golan.

On comprend donc assez mal la politique étrangére à géométrie variable des USA à l’égard des occupations transformées en annexion pure et simple d’Israël d’une part et de la Russie d’autre part.

Certes l’Union Européenne , qui fait pourtant souvent preuve de suivisme par rapport aux Etats-Unis, adopte une politique plus cohérente.

Mais malheureusement force est d’admettre que certains de ses membres en ayant accepté l’indépendance du Kosovo, l’Union Européenne  n’a pas toujours fait preuve d’une telle cohérence de sorte qu’elle ne peut désormais se poser en pharangon du droit international

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 17:29

 

On ne peut qu’être qu'assez  surpris de voir deux anciens Chefs d’Etat major français s’impliquer dans la campagne politique des Européennes pour dénoncer dans un article peu convaincant le « fantasme » d’une armée européenne et l’opposer à une poursuite de coopérations renforcées qui tendent pourtant progressivement à une intégration

Et leur argument selon lequel « il ne saurait y avoir d’armée européenne sans gouvernement unique lequel reléve d’ une utopie niant la réalité de ce qu’est l’Europe » est tout sauf pertinent et traduit un manque un peu étonnant de culture historique et politique.

Sauf à estimer que l’Europe ne pourra jamais être une Fédération d’Etats avec un gouvernement fédéral ce que d’écrire nos deux militaires, et à expliquer pourquoi ce serait une utopie de l’espérer, on leur fera remarquer que la Confédération suisse a fini par se transformer  en Fédération avec une armée fédérale et sans même être une véritable Fédération, le Canada a bien une armée canadienne.

Mais gouvernement unique ou pas, il est évident que sur le sujet de la défense du territoire de l'Union  les gouvernements européens devront nécessairement adopter une position commune.

Puisqu’ils veulent faire de la politique , nos deux anciens chefs d’Etat major  devraient pourtant savoir qu’un objectif politique n’est pas un objectif militaire.

Or on  peut déplorer ,malgré leur compétence militaire ,que leur démarche apparaisse  purement politique faute de l’argumenter valablement sur le plan militaire.

Il est bien évident qu’il faudra de longues années avant d’atteindre l’objectif d’une armée européenne parfaitement intégrée ce qui n’interdit en rien de développer les coopérations actuelles. Mais sur ce plan, que proposent  nos deux chefs d’Etat major pour renforcer et développer les coopérations actuelles. ¨

Rien ! Sinon implicitement le maintien du statu quo pourtant risqué d’une défense de l’Union Européenne s’appuyant exclusivement sur une Otan dominée par le gouvernement des USA.

Or quelle certitude peuvent-ils avoir que, comme un tout autre traité , les USA peuvent décider un jour dénoncer le traité de l’Atlantique Nord ou du moins d’en appliquer l’article 5 que de manière restrictive ?

Et même si le pilier européen de l’Otan devait se renforcer conformément à la volonté appuyée du président Trump, il n’en reste pas moins que la décision d’engager l’Otan sur le théatre européeen dépendra toujours de la seule volonté des USA. Or on se souviendra que certes, à l’époque, les USA n’étaient pas liés par un tel traité en 1914 et en 1940, mais qu’ils ne sont intervenus à nos côtés qu’en 1917 et 1942 et  même aujourdhui s’ils respectaient le traité , les effectifs de l’armée américaine stationnés en Europe sont devenus si faibles qu’une défense terrestre de l’armée américaine au côté de leurs alliés européens ne tiendrait pas le choc en cas d’intervention éclair de l’Armée Russe.

Car, à force de la part de l’OTAN de provoquer depuis des années  l’ours russe, celui-ci pourrait finir par penser qu’il n’aurait plus d’autes moyens de se défendre.

Or, en cas d’attaque éclair de la Russie (qui a réussi récemment à faire un exercice en conditions réelles de combat rassemblant 300 000 hommes), compte tenu du rapport de force actuel en Europe occidentale, la frontière du Rhin pourrait être atteinte par son armée en moins. d’1 mois et les USA, même s’ils en avaient la volonté  n’auraient pas le temps de débarquer suffisamment de renforts dans une France dont l’armée aurait été décimée en Allemagne et qui ne dispose plus d’aucune Défense Opérationnelle de son territoire national. Et des renforts par des débarquements de troupes et de matériels en méditerrannée ou sur l’Atlantique s’avéreraient encore beaucoup plus difficiles que lors de la deuxième guerre mondiale.

Or nos deux officiers généraux croient-ils sincérement que la France oserait alors menacer la Russie de sa force de dissuasion nucléaire Et si elle osait le faire avant que les Russes aient atteint ses frontières, cela ne revient-il pas à en faire bénéficier l’Allemagne ce que certains réclament voire la Pologne ?

Si légitimement les Etats Baltes en premiére ligne, ou la Pologne ne comptent que sur l’OTAN, tout en commençant à s’interroger sur la volonté des USA de respecter le traité de l’Atlantique Nord, c’est précisément parce que, comme nos deux militaires, ils ne croient pas à la volonté de mettre sur pied un véritable pilier européen de l’OTAN susceptible d’agir si nécessaire sans le consentement des USA. Et leur prise de position ne va certainement pas les rassurer !

Pourtant s’il faut à l’évidence renforcer le pilier européen de l’Otan, Il est tout aussi  évident que l’Union Européenne doit se fixer pour objectif d’avoir une défense autonome et donc que ce pilier européen puisse dans une premiére étape disposer d’un commandement intégré propre avant d’aboutir à une armée fédérale européenne. Pilier susceptible le cas échéant d’agir de manière totalement autonome si d’aventure un jour -qui peut être proche- les USA décidaient que la Défense du territoire  de l’Union relevait de ses propres Forces et n’obligeait plus les USA.

On rappelera à nos deux chefs d’Etat major qui soutiennent un parti qui se revendique du Gaulisme que le général de Gaule tout en maintenant la France dans l’Alliance Atlantique l’en avait retirée du commandement intégré de l’OTAN.

On doit leur rappeler, sans que l’on n’ait connaissance de critiques de leur part qu’il y a déjà plus de 25 ans  le 14 octobre 1991, deux années après la création de la brigade franco-allemande, la France et l'Allemagne avaient annoncé  leur volonté de poursuivre l'intégration européenne jusqu'au niveau corps d’armée  et que dans les années qui suivirent, plusieurs pays européens ont rejoint l'initiative franco-allemande : la Belgique en 1993, l’Espagne en 1994 et le Luxembourg en 1996  

Actuellement le Corps d’armée européen dispose des unités suivantes : la Ière Division blindée française, la 10. Panzerdivision allemande, la 1re division mécanisée belge avec une compagnie luxembourgeoise, la 21e brigade d'infanterie mécanisée espagnole et la brigade franco-allemande soit 50 000 hommes, 645 chars lourds, 1 400 blindés légers et 360 pièces d'artillerie. À l'exception de la brigade franco-allemande et de la brigade multinationale d’appui au commandement - qui sont subordonnées à l'état-major du corps européen même en période de non-engagement - les autres unités dépendant en temps de paix de leur état-major national.

Dès le 29 mai1999 soit il y a 20 ans déjà, la France et l'Allemagne avaient proposé  de mettre le Corps européen au service de l’Union Européenne et en 2002  il a été transformé en Corps de réaction rapide européen (CRR-E) faisant suite à une décision du 22 novembre 1999.

Or l'emploi de l'Eurocorps en opération relève d'une décision des cinq nations-cadres. Un comité commun, composé des chefs d’état-major de la défense et des directeurs politiques du Ministère des Affaires étrangères de chacune de ces nations, se réunit annuellement pour prendre toutes les décisions majeures concernant ce corps d’armée  L’Eurocorps, embryon d’Armée Européenne n’est subordonné à aucune organisation militaire, c’est ce comité qui évalue les demandes d’aide d’organisations multinationales comme :

  • L' ONU pour les missions de maintien de la paix sous mandat des Nations Unies
  • L'Union Européenne (dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune).
  • L'OTAN, conjointement ou distinctement en raison de la non participation de plusieurs États membres neutres ;
  • L'OSCE, principalement dans des missions de maintien de la paix.

L’Eurocorps  peut également être déployé au profit des nations-cadres. Son commandement est assuré par un général de corps d'armée appartenant à l'une des nations cadres et pour un mandat de deux ans.

Alors peut-on raisonnablement parler de fantasme en proposant d’aller plus loin en disposant de plusieurs Corps d’armée , d’une Marine militaire européenne commune, d’une Aviation militaire commune, d’une cyberdéfense commune   etc  sous commandement unique, etc     rappelant qu’il existe déjà sur le plan du transport aérien militaire une mise en commun des A 400 détenus par chaque pays de l’Union.

S’agissant de la Marine, force est pourtant de constater que la France n’a guère les moyens d’avoir deux porte-avions ce qui l’handicape considérablement lors des périodes obligatoires longues d’immobilisation. Or l’idée d’un deuxiéme porte-avion en coopération avec le Royaume-Uni a été un véritable fiasco (notre amiral devrait se souvenir que la France a contribué en pure perte à hauteur de 103 millions à l’étude du futur porte-avion anglais)  alors que l’Allemagne qui en aurait les moyens n’en dispose pas et pourrait reprendre ave la France l’idée d’un modèle commun voire avec l’Italie

Alors pourquoi s’opposer à l’objectif politique symbolique d’une armée européenne et se rassurer sans convaincre que l’OTAN sera éternelle ?

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 16:14

  

Histoire du Comté de Provence       

En 443 est crée le Royaume Burgonde dont la Provence fait partie.En 450, le pape attribue les fonctions de métropolitain à l'évêque de Vienne dans les diocèses de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble, tandis que les autres cités de la Viennoise et de la Narbonnaise IIe restent du domaine du métropolitain d'Arles. Un siècle plus tard, en 551, la province ecclésiastique arlésienne s'agrandit de l'évêché d'Uzès qui passe sous la métropole d'Arles. En 794, au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. La province ecclésiastique d'Arles perd les archevêchés d'Aix et d'Embrun, qui sont élevés au rang de métropoles. La province ecclésiastique d'Arles conserve cependant huit suffragants : Marseille, Toulon, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Avignon, Vaison, Cavaillon et Carpentras.

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et  Cisjurane (dont Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire. En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie Occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. 

Maison des Boson

.Boson (844-887), duc de Provence de 875 à 879 roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune.

Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Alors que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale ( Saxe et Franconie) s'apprête à faire la guerre à ses cousins carolingiens, les rois de Francie Occidentale, Louis III et Carloman II, le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. En février 880, Louis III le Jeune, ses cousins Carloman II et Louis III (représenté car retenu dans son royaume par la maladie)  se rencontrent à Ribemont.  En échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de France lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possèdent depuis le traité de Meerssen et il peut ainsi mener la lutte contre Boson. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros  est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard II de Bourgogne dit le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence. Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence. En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence.

Son beau-frère, Richard le Justicier qui a hérité des «honneurs» de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson.

L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.

En 888, En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon  puis  couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année  Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :

-Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale  (923-936);

-Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

.Louis III l'Aveugle (vers 882-928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie  et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune.

En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane.

En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie.

En 898, Engelberge, sa sœur épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon.

A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900. Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople, fille de l'empereur romain d’orient Léon VI.

En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence. En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier  à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie. De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. À partir de 911, il laisse la gestion du royaume à son cousin Hugues d'Arles, comte d'Arles et de Vienne qui quitte Vienne et s'installe à Arles.

.Hugues d'Arles (v. 880-947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Élevé à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis de marquis de Provence en 905 par son parent, l'empereur Louis III l'Aveugle.

Il épouse en 912 Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve du roi Rodolphe Ier de Bourgogne Transjurane,

Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin.

À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits donnant naissance au royaume de Bourgogne-Provence. En échange, selon l'accord de 926, Rodolphe II lui abandonne ses prétentions en Italie. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné; Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves.

Maison de Bourgogne

.Rodolphe II (880-937 ) roi de Bourgogne-Provence de 934 à 937

Fils du roi Rodolphe Ier.

Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit.

.Conrad Ier  dit Conrad le Pacifique (925-993) roi de Bourgogne-Provence de 934 à 993

Fils de Rodolphe II.

À la mort de son père, Conrad Ier est trop jeune pour régner.Hugues d’Arles tente de s'emparer alors de son royaume en forçant sa mère Berthe de Souabe à l'épouser. Mais ce projet d'alliance est mis en échec par l'intervention du roi de Germanie Otton Ier qui ne peut accepter l'unification des deux royaumes. En  938 Otton Ier se rend en Bourgogne et oblige Hugues d'Arles à retourner dans son royaume d’Italie. Otton Ier a des ambitions sur la Bourgogne, il veut un appui solide dans cette région. Otton installe alors le jeune Conrad à la cour de.Germanie Il le fait couronner roi de Bourgogne et lui fait épouser Mathilde de France, fille de sa sœur Gerberge de Saxe épouse de Louis IV d’Outremer. Otton, lui, épouse Adélaide, la sœur de Conrad, laquelle lui apporte des droits sur l’Italie puisqu'elle elle est veuve de Lothaire le fils d'Hugues d’Arles. Conrad Ier participe à des expéditions d'Otton en Francie Occidentale et en Italie. Otton protège Conrad afin d'avoir un appui dans le sud de l'empire et sécuriser l'Italie. En échange, il le protège des ambitions du roi Louis IV d’Outremer, son beau-père, sur le royaume de Bourgogne. Conrad devient roi de Provence sans pour autant avoir la force de s'y imposer. Sa suprématie sur Hugues d'Arles est toutefois reconnue. Conrad assure son influence sur les sièges épiscopaux, notamment ceux des archevêchés de Vienne, Lyon, et d’Arles. Conrad installe sa capitale à Vienne,

Vers la fin de son règne, il bute  sur l'hostilité de Guillaume Ier de Provence devenu marquis de Provenc en 979  et du comte Otte-Guillaume de Bourgogne lesquels se détacheront progressivement de sa suzeraineté.

.Boson II (910-968),  comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotbold (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle.

En 962, le roi de Francie Orientale (Germanie) et d’Italie Otton Ier  restaure l’empire.

Le roi Conrad se montre très actif en Provence; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour; l’année suivante il est présent à Arles.

.Guillaume Ier le libérateur (955-993), comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en  991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence.

Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978  tient un plaid dans la ville d’Arles.

La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il  distribue les terres reconquises à ses vassaux.  Arles  retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de la tige des comtes de Forcalquier.

.Guillaume II, (?-1018)  comte d’Arles de 993 à 1018

Fils de Guillaume Ier dit le Libérateur

Vers 1002, il épouse Gerberge de Bourgogne, fille d'Othon Guillaume, comte de Bourgogne et d'Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et de Besançon.

En 1008, à la mort de son oncle Rotboald, Guillaume étant trop jeune pour exercer avec autorité la fonction comtale, l'aristocratie met le pouvoir comtal en cause dans une révolte qui n'est que la première d'une longue série. La nouvelle génération nobiliaire conteste avec violence les donations pieuses accordées par le marquis et son entourage.

Ce n'est qu'en 1009 que la comtesse Adelaïde réussit avec difficulté à rétablir la paix. Vers 1014, le pape Benoît VIII s'adresse à Guillaume II et à Adélaïde, qui gouverne avec lui, pour les engager à réprimer les brigandages des seigneurs qui envahissent les biens de l'abbaye de Saint-Gilles. Les violences avec la maison de Fos reprennent un peu après. Dans le passé la forteresse de Fos, a été confiée à un vicomte, Pons. Or, celui-ci refuse l'hommage et la restitution au comte en 1018. Avec l'aide du vicomte de Marseille Fulco et d'autres grands, Guillaume II de Provence part en guerre contre Pons de Fos, mais est tué dans les combats, en 1018. Le comté de Provence est partagé (en indivision) entre ses trois fils:

-Guillaume III, comte de Provence. Sans postérité.    

-Foulques Bertrand, comte de Provence. Sa part devint ensuite le comté de Forcalquier.           

-Geoffroi, comte de Provence.

.Rotboald/Roubaud II (?-1014), marquis de Provence de 1008 à 1014,

Fils de Rotboald Ier. Il épouse vers 1002 Ermengarde  (veuve, Ermengarde se remarie avec Rodolphe III, roi de Bourgogne-Provence). Rotboald et Ermengarde ont trois enfants:

.Guillaume III, comte de Provence,

.Hugues,

.Emma, marquise  de Provence, mariée à Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse.

. Rodolphe III (vers 966-1032) roi de Bourgogne-Provence de 993 à 1032

Fils de Conrad Ier.

.Guillaume III dit Guillaume-Bertrand (av 1013-1030), comte de Provence  avec son frère Geoffroi de 1018  à 1030

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne.

Guillaume-Bertrand et Geoffroi profitent de la faiblesse du roi Rodolphe III pour renforcer leur pouvoir comtal.

. Conrad II le Salique  (vers 9900-1039)  roi des Romains en 1024, empereur du Saint Empire en 1024, roi de Francie Orientale (Germanie), roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence dit aussi Royaume d'Arles et de Vienne de 1032 à 1039

Fils de l'empereur Henri II ,dit le Saint, petit-fils d'Henri le  Querelleur, duc de Bavière et de Gisèle de Bourgogne, fille du roi Conrad Ier de Bourgogne-Provence  (dont  le roi Rodolphe , sans descendant direct a fait son héritier. Il hérite du royaume de Bourgogne-Provence qui se trouve intégré au Saint Empire avec le royaume de Francie Orientale et le royaume d'Italie.

A cette époque, les évêques, archevêques, abbés  disposent de pouvoirs comtaux et sont souvent vassaux directs du roi ou de l'empereur. Ce pouvoir comtal dit temporel, par opposition au spirituel s'exerce pour les évêques sur un territoire souvent plus réduit que celui sur lequel il exerce leur pouvoir spirituel  en principe sur la ville siège de l'évêché ou de l'archevêché Ainsi l'archevêque d'Arles n'est pas vassal du comte de Provence dont la capitale du comté est pourtant Arles.

.Fouques-Bertrand dit Bertrand Ier (vers 1014- après 1081), comte de Provence de 1030  à 1051

Fils de Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, et de Gerberge de Bourgogne. Sous son régne, le comté de Provence est incorporé au Saint Empire

Il épouse Hildegarde, et a pour enfants :

-Guillaume V Bertrand, comte de Provence.                                  

-Geoffroi II, comte de Provence.                                                     

-Gilberge, femme de Bertrand-Rambaud d’Orange.

. Henri III dit le Noir,(1017-1056) roi des Romains en 1039, empereur du Saint Empire en 1046, roi de Francie Orientale(Germanie), roi d'Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1039 à 1056 

Fils de l'empereur Conrad le Salique et de Gisèle de Souabe

 .Raimbaud de Reillanne, prince-archevêque d’Arles de 1030 à 1069

Famille tenant son nom de Reillanne, village relevant de l’abbaye de Montmajour et futur siège d’un vicomté.

Sous son règne, le royaume de Bourgogne-Provence est intégré au Saint  l’empire. Raimbaud affirme  la primauté de son siège sur les autres diocèses provençaux.

En 1046, Raimbaud participe au synode de Sutri et assiste à Rome, au couronnement de l'empereur Henri III qu'il rencontre personnellement.

 

.Henri IV (1050-1106) empereur du Saint Empire en 1084, roi de Francie Orientale (Germanie), roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1105

Henri III décède en 1056, ne laissant qu'un héritier de six ans. Profitant de la minorité d'Henri IV le pape Nicolas II  décide en 1059   de réserver l'élection du pape aux seuls cardinaux. Le pape n'est donc plus l'homme de l'empereur. Elu en 1073 , le pape Grégoire VII Henri IV va  entrer en conflit avec le pape pour la question de la désignation des évêques qui détiennent outre leur pouvoir spirituel sur leur évêchés mais des pouvoirs comtaux sur leur ville et une partie du territoire de leurs évêchés. Elu en 1073, le pape Grégoire VII publie  un décret interdisant aux laïcs de choisir et d'investir les évêques. C'est la première fois que l'Église prend position sur la question des investitures laïques (C'est l'origine de la Querelle dite des Investitures qui va opposer l'empire à la papauté de 1075 à 1122).

En janvier 1076, un synode d'évêques germanique,  reproche au pape son ingérence dans les affaires épiscopales. Il le déclare indigne de ses fonctions et lui refuse obéissance. En réaction à la lettre qui le conviait avec une grande brutalité à renoncer à sa charge, Grégoire VII  fait déposer Henri IV  par un autre synode  en février 1076 . L'empereur, dont les sujets sont déliés de leur serment de fidélité, est finalement excommunié tout comme l archevêque de Mayence . Très vite, des prélats germaniques déclarent leur soumission au pape ; les ducs de Souabe, Carinthie et Bavière  se déclarent contre Henri IV, avec l'appui des Saxons, qui reprennent les armes. Le 16 octobre 1076, les princes décident qu'un nouveau monarque sera élu si la sentence papale n'est pas levée dans un an et demandent au pape de venir juger le souverain déchu Ils font bloquer les passages des Alpes pour empêcher Henri IV de rencontrer Grégoire VII.

À l'idée de voir se révolter une noblesse trop heureuse de contester le pouvoir impérial, Henri IV recule. Il quitte Spire  en cachette avec une garde réduite, passe le col du Montcenis  par un froid intense et chevauche à la rencontre de Grégoire VII à Canossa , au nord de l'Italie . Le souverain pontife, qui se rendait à Augsbourg pour assister à une assemblée impériale, s'est réfugié dans cette ville car il se croit menacé. Henri IV attend trois jours, en habit de pénitent, que le pape daigne le recevoir, puis il s'agenouille devant lui pour implorer son pardon. En réalité, les trois jours se passent en négociations au cours desquelles Mathilde de Toscane et l'abbé de Cluny Hugues , parrain d'Henri IV, jouent un rôle fondamental. Le pape finit par lever l'excommunication . Grégoire VII  fait cependant savoir que si le pécheur a reçu l'absolution, il ne lui a pas pour autant restitué son pouvoir. Par sa pénitence à Canossa, Henri IV est parvenu à écarter le danger d'une entente entre le pape et l'opposition des princes germaniques, mais le pape a pu s'ériger en juge des princes, droit que Grégoire VII juge naturel. Cependant la réhabilitation d'Henri IV n'empêche pas l'élection d'un nouvel empereur, Rodolphe de Rheinfelden , par les princes révoltés en 1077.

À la mort du pape  Grégoire VII  en 1085, aucun pape n'est élu pendant deux ans. Ensuite, le faible Victor III règne pendant dix mois. Henri IV commence à penser que la victoire va revenir dans son camp. Il n'est cependant pas au bout de ses difficultés. Il s'oppose à Urbain II , le successeur de Victor III et  Il doit faire face à un soulèvement de la Bavière en 1086 et, à l'instigation de la comtesse Mathilde de Toscane, allièe du pape, à une première révolte de son fils Conrad, duc de Lorraine qui se fait élire roi de Germanie en 1087.

Entre 1093 et 1097, son fils Conrad lui interdit tout retour en Germanie en occupant les cols des Alpes.

 

.Geoffroi Ier (vers 1013-1063), comte de Provence de 1018 à 1063 avec ses neveux  Geoffroi II  et Guillaume IV

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne.

Resté seul au pouvoir en 1053 à la mort de son frère Guillaume III, Geoffroi associe au pouvoir ses deux neveux Geffroi II et Guillaume IV.

Il épouse Étiennette, peut-être fille du vicomte Guillaume II de Marseille et d'Étiennette des Baux, avec laquelle il a:

-Bertrand .                                                                                             

-Gerberge.

.Guillaume V Bertrand, (?-1063 / 1067), comte de Provence de 1063  à 1063/1067. 

Fils de Foulques Bertrand, comte de Provence.

Avec son frère Geoffroi (Geoffroi II), il succède en 1051 à son père et devient donc comte de Provence en indivision avec son oncle Geoffroi et sa cousine Emma, veuve du comte Guillaume III de Toulouse, et possède en propre le château de Forcalquier.

Geoffroy meurt vers 1065 sans laisser d'enfants de son épouse Emengarde. Guillaume Bertrand meurt peu après. Il avait épousé en premières noces Thérèse d'Aragon, fille de Ramire Ier, roi d'Aragon et de Gilberge de Cousserans. Il se remarie avec Adélaïde de Cavenez et a:

-Adélaïde, mariée à Armengol IV, comte d’Urgell.

Celle-ci n'est pas encore mariée à la mort de son père, et donc non dotée, et peut ainsi lui succéder comme comtesse de Provence, en indivision avec ses cousins Bertrand Ier de Toulouse et Bertrand II. Après sa mort, c’est elle qui lui succède et  renonce au titre de comtesse de Provence pour prendre celui de comtesse de Forcalquier.

 

.Aicard d'Arles, prince- archevêque d’Arles de 1070 à 1080

De la famille des vicomtes de Marseille. Fils de Geoffroi, vicomte de Marseille ; frère d’Hugues Geoffroi et de Pons de Peynier, vicomtes de Marseille.

Dans les démêlés de l’empereur Henri IV avec le pape Grégoire VII, Aicard prend parti pour l’empereur, pour se soustraire à l’autorité du comte Bertrand, qu’il chasse de sa capitale, et fait prendre à son père le titre de vicomte d’Arles.

Aicard de Marseille usurpe l'archevêché d'Arles entre 1080 et 1098, puis après un intermède, entre 1108 et 1113. 

 

.Bertrand II (?-1093), comte puis marquis de Provence  de 1063  à 1093

Fils de Geoffroi Ier, comte de Provence, et d'Etiennette.

Dès son accession, le nouveau comte de Provence est affaibli: il transfère la résidence comtale d'Arles à Tarascon en 1063 et, incapable d'assurer la paix, demande en 1065 aux puissantes familles arlésiennes d'assurer la protection des biens de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. De même, il semble avoir de la difficulté à exercer la justice comtale.

En 1078, il recherche donc l'appui du pape en accusant l'archevêque de simonie, puis en 1081, en se plaçant sous la suzeraineté papale, reniant ses liens de vassalité avec l'empereur Henri IV. Il s’aliène alors la ville d’Arles et son archevêque soutenu par le peuple, le clergé, les familles des Baux et des Porcelet et le comte de Toulouse, Raimon IV. L'archevêque d'Arles bénéficie aussi du soutien de sa famille, les vicomtes de Marseille qui à partir de 1079 désertent l'entourage du comte Bertrand.

Il meurt en 1093. Avec lui la famille comtale de Provence s’éteint en 1093.

Sa fille étant déjà mariée et dotée, le comté de Provence passe à sa sœur Gerberge, tandis que le titre de marquis de Provence est repris par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et issu de la branche aînée des comtes de Provence.

 

.Gibelin de Sabran, prince-archevêque d’Arles, officiellement de 1080 à 1107 effectivement  à partir de 1098 après le départ à la croisade d'Aicard

De la famille célèbre de Sabran.

Au concile d’Avignon de 1080 auquel assiste l’archevêque d’Arles Aicard, Gibelin de Sabran est nommé officiellement archevêque d’Arles et Aicard destitué.

Gibelin est consacré par le Pape. Mais le clergé et le peuple d’Arles souhaitent conserver leur archevêque de la famille des vicomtes de Marseille qui a pris parti pour l’empereur Henri IV contre le pape Grégoire VII. C’est pourquoi, Gibelin de Sabran, malgré l’appui du comte Bertrand II de Provence, ne peut prendre possession de son diocèse. Menacé par les arlésiens lors de son entrée en ville, il doit renoncer et se contenter pendant de nombreuses années de l’évêché d’Avignon où il se replie à partir de 1094. Vers 1098-1099, profitant d'un voyage d'Aicard en Palestine, il se fait relever par une Bulle du Pape Urbain II des serments (renoncement à l’archevêché d’Arles) qu’il avait prononcés en 1080 sous la menace des Arlésiens.

En 1105, Raymond de Toulouse comte de Saint-Gilles, dans son testament, ordonne à ses héritiers de lui restituer tout ce qu’il lui avait usurpé à l’évêché d’Arles, Argence, Fourques, au Baron (Albaron) et à Fos.

 

 Vacance du siège archiépiscopal  d’Arles entre décembre 1107 et octobre 1115.

 

.Henri V (1086- 1125), roi des Romains en 1099, empereur en 1111 roi de Germanie, roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1105 à 1125

Henri V s'était appuyé sur les partisans de la réforme grégorienne pour affermir son pouvoir face à son père, mais, dès que son autorité est solidement assise, il s'oppose au pouvoir pontifical en se mêlant comme son père des nominations d'évêques. Il estime que, vu la symbiose entre l'Église et l'Empire, il était dangereux de trop desserrer les liens. Le pape Pascal II , qui a renouvelé l'interdiction des investitures laïques, pense pouvoir négocier. En effet, Henri V veut être couronné empereur par le pape. Le souverain se rend en Italie pour négocier directement avec le pape. Le pape propose une solution radicale qui vise à rompre définitivement les liens entre l'épiscopat et l'Empire. Les deux hommes signent le concordat de Sutri en février 1111. L'empereur renonce alors aux investitures laïques. En échange, les évêques renoncent aux regalia  c'est-à-dire aux villes, duchés, marquisats, péages, monnaies, marchés qu'ils tenaient de leurs fonctions administratives dans l'Empire. En contrepartie, les églises sont libres avec toutes leurs possessions propres. L'accord est ratifié par le roi sous réserve de l'adhésion des évêques germaniques. Les concessions accordées par Pascal II suscitent une vive opposition de la part de la Curie romaine  et des évêques germaniques. Le 12 février 1111, lors de la cérémonie du couronnement, devant la protestation bruyante des évêques, Henri V déclare l'accord inapplicable  Le pape refuse donc de le couronner. Pascal II est emprisonné. Il est obligé de couronner Henri V et de signer l'accord du Ponte Mummolo le 11 avril 1111. Ce nouvel accord permet à l'empereur de donner les investitures à sa guise. Le camp impérial semble triompher. Mais le concile de Latran de 1112 revient sur toutes les concessions faites pendant la captivité du pape. De plus, Henri V doit faire face à un mécontentement général en Germanie. À l'est les Saxons se révoltent. Les troupes impériales sont battues à deux reprises. Henri V est excommunié en 1114 et le clergé germanique se range cette fois du côté du pape. Deux évêques réformateurs sont même nommés à Metz et à Magdebourg .  Pascal II meurt en 1118. Le nouveau pape Gélase II  refuse de rencontrer Henri V de peur d'être emprisonné et quitte Rome à l'arrivée de ce dernier. Comme son père précédemment, l'empereur fait élire un antipape, Grégoire VIII.

 

Maison de Millau-Gévaudan

.Gerberge (1060-1115), comtesse de Provence avec son époux Gilbert, comte de Givaudan jusqu’en 1109  puis seule  jusqu’à son décès en 1115

Sœur de Bertrand II, fille de Geoffroi Ier, épouse de Gilbert Ier, comte de Gévaudan  avec lequel elle a  deux filles:

.Douce née en 1090 qui épouse en 1112 à Raimond Bérenger III, comte de Barcelone.

.Etiennette  mariée à Raymond, seigneur des Baux.

Leur fils émettra des prétentions sur le comté de Provence, débutant ainsi les Guerres Baussenques.  Les droits sur le comté sont donc transférés, par mariage, aux comtes de Toulouse (1019) et aux comtes de Barcelone (1112). Les maisons des deux comtés entrent en conflit pour la possession de la Provence 

Les conflits d’intérêt entre ces familles ne permettent pas de maintenir l’indivision sur le comté à l’issue des guerres baussenques. Les descendances de Guillaume le Libérateur et de son frère Roboald, avec leurs partages successoraux, structurent les terres de Provence autour de trois grandes maisons :

- celle de Toulouse, est présente depuis que Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, qui a épousé Emma de Venasque, en 990. Cette famille possède le marquisat de Provence.

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque. Elle possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.

 -celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone. Elle possède le comté de Provence au sud de la Durance.

Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat) et de Barcelone (comté de Provence), qui aboutit, en 1125, à un partage :

  • le marquisat de Provence passe à Alphonse Jourdain (Toulouse) qui reçoit la partie située entre l’Isère et la Durance,
  • le comté de Provence  passe à Raymond Béranger Ier (Barcelone) qui occupe les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et  à Nice à l’est.-
  • le comté de Forcalquier reste indépendant.

.Atton de Bruniquel, prince-archevêque  d’Arles de 1115 à 1129

De la famille des seigneurs de Bruniquel descendants des comtes de Toulouse. Dans le conflit opposant les maisons de Toulouse et de Barcelone, Atton prend lui aussi le parti du pape, c’est-à-dire des comtes de Barcelone.

Ce conflit (1121-1123)  va entraîner de vives tensions entre la maison des Baux, qui soutient Alphonse Jourdain, comte de Toulouse, et l’archevêque Atton. Le 3 février 1120, le pape Calixte II lui demande  de réprimer les déprédations de Guilhem Porcelet, seigneur arlésien allié des Baux. Ce même pape, le 22 avril 1122, l’informe de l’excommunication d’Alphonse Jourdain.

Maison des comtes de Barcelone

.Ramon Berenguer/Raimond Bérenger Ier (vers 1082-1131), comte de Barcelone (Ramon-Berenguer III), épouse  en 1112, Douce, héritière du comté de Provence, comme fille de Gilbert,  dernier de la maison des Bosons et de Gerberge,  reçoit en 1113 le comté de Provence

Sous son règne, les armoiries  du comté de Barcelone deviennent communes avec celle du comté de Provence et  deviennent par la suite celles de la Catalogne puis de la couronne d'Aragon.

Après une guerre contre Alphonse Jourdain, comte de Toulouse, il signe le 16 septembre 1125 le traité de partage du comté: tout le pays au nord de la Basse Durance et sur la rive droite du Rhône, les châteaux de Beaucaire et de Valabrègue, l'Argence sont dévolus au comte de Toulouse, c’est le marquisat de Provence.  La partie comprise entre le Rhône, la Durance, les Alpes et la mer reste la part du comte de Barcelone. Avignon, Pont de Sorgues, Caumont et le Thor restent indivis. La partie nord-est de la Provence forme alors le comté de Forcalquier qui devient autonome au début du XIIe siècle.

Avec Douce, Il a  sept enfants  dont :

. Raimond-Bérenger IV, comte de Barcelone, époux de Pétronille  d’Aragon, fille du roi Ramire d’Aragon et d’Agnès de Poitiers.

. Bérenger-Raimond, comte de Provence

. Bérengère  mariée  à  Alphonse VII, roi de Castille et de Léon.

 

.Lothaire  III de Supplinbourg (1075-1137) roi des Romains en 1125, empereur en 1133.roi de Germanie, roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1125 à 1137

 

.Bernard Garin, prince-archevêque d’Arles de 1129 à 1138, légat du pape

Sous son règne, la mort du comte de Barcelone et comte de Provence Raimond-Bérenger en 1131 donnent également l’impulsion  dans la cité d'Arles à la création  d’un consulat.

 

.Bérenger Raimond (1114-1144), comte de Provence de 1131 à 1144.

Fils des précédents.

Malgré le partage de 1125, la guerre reprend rapidement entre Alphonse Jourdain  et Raimond-Bérenger. La mort de Douce en 1130 et celle de Raimond-Berenger en 1131 font resurgir les problèmes de succession latents du comté de Provence. Dès 1131, les seigneurs des Baux, désormais soutenus par le comte de Toulouse, font donc valoir leurs droits auprès de l'empereur Conrad.

Sous son règne, en 1142, débutent les Guerres Baussenques entre les comtes de Provence et les seigneurs des Baux. En effet Douce a une sœur cadette, Etiennette, qui, à la mort de son aînée peut revendiquer l'héritage de Gerberge, si l'on maintient la succession en ligne directe. En revanche, Si l'on accepte le transfert des biens par alliance, c'est au mari de Douce que revient le comté de Provence.

Tant que Raimond Béranger vit, Etiennette n'a pas de revendication. Dès sa mort en 1144 il n'en est pas de même quand les biens de sa mère reviennent à ses propres neveux et qu'à la suite d'un partage la Provence échoit à l'un d'eux. Raimond Ier des Baux qu’elle a épousé en 1116  ne se fait pas faute alors de soutenir les droits que sa femme tient de sa mère Gerberge. Il se rend à Wurtzbourg auprès de l'empereur Conrad III pour obtenir de lui l'investiture sur la Provence. Conrad, en termes ambigus, la lui accorde le 4 août 1145 et lui attribue toutefois le droit de battre monnaie à Arles, Aix et dans leur château de Trinquetaille avec le pouvoir de la faire librement circuler dans tout le royaume de Provence. Muni de ce diplôme, il continue la lutte contre Raymond-Bérenger IV dit le Vieux, oncle de Raymond-Bérenger II.

.Guillaume Monge, prince-archevêque d’Arles de 1138 à 1142, seigneur de Salon de Provence en 1142,  légat du pape

Après avoir reçu la seigneurie de Salon-de-Provence en 1142, il fait de Salon  la résidence principale des archevêques d’Arles. La ville et son château sont ainsi liés pendant sept siècles au pouvoir temporel de l'Église d'Arles.

.Raimon de Montredon, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence  de 1142 à 1160

De la famille noble du nom de la baronnie de Montredon.

Comme par la suite ses successeurs, il se préoccupe de renforcer son pouvoir temporel

Ainsi en 1142, Peire de Lambesc qui reçoit en fief de l'archevêque Raimon, en contrepartie de l'abandon de ses droits sur Salon, les châteaux de Vernègues et d'Avallon, doit prêter un serment de fidélité qui l'oblige explicitement à l'hommage, à une albergue de vingt chevaliers et à devoir rendre les deux castra sur simple requête de l'archevêque Raimon de Montredon. En 1142, celui-ci  fait du château de l’Empéri de Salon la résidence principale des princes-archevêques d’Arles. Cependant les grands seigneurs comme ceux des Baux ou de Marseille, échappent à ce traitement et bénéficient de la poursuite des relations traditionnelles, plus égalitaires. En ce qui concerne les Baux, Raimon de Montredon comprend en effet rapidement l'intérêt à s'entendre avec ces seigneurs qui disposent en outre d'une certaine influence sur le comte de Toulouse, Alphonse Jourdain,  avec lequel le siège d'Arles est en délicatesse à propos des terres d'Argence,  petit territoire entre Beaucaire et Saint-Gilles depuis le début du XIIème siècle. Le 2 septembre 1143, Raimon de Montredon qui manifeste toujours une neutralité bienveillante vis-à-vis d’Alphonse Jourdain dans le conflit qui oppose les maisons d’Aragon et de Toulouse à Fourques, donne  Argence en fief à Alphonse Jourdain.

Pour des raisons que l’on ignore, la ville d’Arles semble s’opposer  à son autorité vers 1150, à la suite de quoi il doit lui concéder une charte de consulat.

Raimon de Montredon s'efforce également de maintenir de bonnes relations avec les empereurs, qui sont les suzerains des archevêques, initialement d’abord avec Conrad III, puis avec  Frédéric Ier Barberousse, dont il obtient à Worms, en juin 1152 (ou 1153 ?) la confirmation des privilèges de l’Église d’Arles.

.Frédéric de Hohenstaufen dit Barberousse (1122-1190) roi des Romains en 1152, empereur du Saint Empire de 1155 à 1190, roi de Germanie, roi d’Italie, roi de Bourgogne Provence de 1152 à 1190 (couronné à  Saint Trophime d’Arles  en 1178)

.Raymond-Bérenger II ou III (1140-1166), comte de Provence de 1144 à 1166

Fils de Bérenger-Raimond ; il règne jusqu’à sa majorité en 1144 sous la régence de son oncle et ce jusqu’en 1161. Son père est tué lors d'un affrontement contre la république de Gênes, et son oncle Raimond-Bérenger IV dit le Vieux, comte de Barcelone, prend  la régence du comté de Provence pour le défendre. C'est ainsi que l'oncle est parfois désigné comme Raimond-Bérenger II, comte de Provence, et le neveu comme Raimond-Bérenger III.

Dès le début de 1147, la maison de Barcelone, à nouveau en guerre avec Raimond Ier des Baux, emporte un succès décisif. Son impuissance convainc Raimond de composer et l'incite à négocier avec Barcelone : il fait sa soumission et meurt en 1149 avant que les conditions de paix soient arrêtées.

Etiennette, et ses quatre fils  Hugues, Guillaume, Bertrand et Gilbert n'ont d'autres ressources que de renoncer à leurs droits sur le comté de Provence. Le traité mettant fin à ce premier épisode est signé à Arles en 1150. Mais la trêve ne dure guère. Après cinq années d'attente Etiennette et ses fils relancent les hostilités. Allié au comte de Toulouse, Hugues obtient un premier succès d'ordre diplomatique, et reçoit cette fois de la part de l'empereur, Frédéric Barberousse, confirmation des titres de sa maison. Mais la situation une fois encore tourne à la confusion. La maison des Baux doit s'avouer battue et s'engager à ouvrir le château de Castillon et diverses places fortes à première réquisition. Le château des Baux et quelques-unes de ses défenses avancées sont toutefois exclus de cette humiliante condition.

En août 1161, Raimond-Berenger II se rend à Turin avec son oncle Raymond-Bérenger IV dit le Vieux pour obtenir de l'empereur Frédéric Barberousse la confirmation de la possession du comté de Provence, lequel est en droit fief du Saint-Empire.

En 1162, troisième et dernière tentative, d'un règlement par les armes : les Catalans s’assurent définitivement de leurs adversaires. Le château des Baux est rasé et le territoire avoisinant ravagé.  La maison de Barcelone veut alors faire reconnaître sa victoire militaire par les chancelleries. Hugues des Baux, s'empresse de contrarier cette démarche, fait état auprès de Frédéric Barberousse des deux diplômes pourvus et de la bulle d'or impériale, émanant l'un de Conrad, l'autre de Frédéric Barberousse lui-même. C’est peine perdue. L’empereur  Frédéric Barberousse  fait valoir que le nom de la Provence ne figurait pas dans les actes précités et se garde bien de donner raison au vaincu et cette même année 1162, Raymond Bérenger II  est confirmé dans ses droits par l’empereur  Frédéric Barberousse qui l’investit officiellement de son fief en 1163. Mais la guerre se poursuit.  

.Raimon de Bollène, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1163 à 1182

Originaire du Comtat, Raimon de Bollène arrive  sur le siège archiépiscopal d'Arles à la fin des guerres baussenques, période de tension entre les maisons de Toulouse et de Barcelone.

En 1166, à la mort du comte de Provence, Raimond-Bérenger II, le comte de Toulouse Raymond V épouse sa veuve Richilde et s’empresse de s’emparer de la Provence. Mais dès le 16 avril 1166, le comte Alphonse II d'Aragon (Alphonse Ier de Provence) se trouve en Provence pour défendre le domaine familial et les combats entre les deux prétendants ravagent une fois de plus l'Argence et la Camargue. Le comte dispose de l'appui de Raimon de Bollène, qui lui cède les places fortes d'Albaron et de Fos, points stratégiques importants pour la défense de la Camargue. Raimon intervient et grâce à sa médiation, un traité de paix est signé entre les deux princes le 18 avril 1176 à Tarascon. Raimon de Bollène bénéficie alors des faveurs du nouveau comte Raimond-Bérenger III avec qui, en août 1177, il partage des droits de l'atelier monétaire d'Arles.  Une des conséquences de ce conflit est le regain d’intérêt de l’empereur Frédéric Ier Barberousse, suzerain des comtes de Provence et princes-évêques d’Arles pour son royaume de Bourgogne-Provence. Le 31 juillet 1178, c’est Raymond de Bolléne qui le couronne roi de Bourgogne-Provences (ou d’Arles) dans la cathédrale Saint-Trophime en présence de tous les grands du royaume à l'exception toutefois du comte de Provence. Ce couronnement marque l’apogée de la puissance des archevêques d’Arles.

Dans la continuité de la réforme grégorienne, Raimon de Bollène s’attache à féodaliser les liens qui unit l’archevêque et ses vassaux. Toutefois, cette féodalisation est encore limitée et semble s’accompagner d'augmentation de fief. En 1178 ou 1179, Raimon de Bollène donne Mornas et Mondragon en augmentation de fief à Raymond V pour obtenir son hommage pour la terre d'Argence

.Alphonse I (1157-1196), roi d'Aragon (Alphonse II), comte de Barcelone et comte de Provence de 1166 à 1196

Fils de Raimond Bérenger II, comte de Barcelone et de Pétronille

En 1166, son cousin, le comte de Provence Raimond-Bérenger II, meurt en faisant le siège de la ville rebelle de Nice, ne laissant qu'une fille, Douce. N'ayant pas de descendance masculine, Raimond-Bérenger II a  prévu que l'héritage passe aux mains de son cousin, Alphonse II. Mais celui-ci se retrouve en butte aux revendications du comte de Toulouse, Raimond V, qui se rend en Provence afin d’épouser la veuve, Richilde de Pologne, nièce de l’empereur Frédéric Barberousse, veuve de Raymond-Bérenger -ce qui renforce ses liens avec l’empire-tout en fiançant Douce à son propre fils Raimond.

En 1167, avec l'appui du seigneur de Montpellier, Guilhem VII, de la vicomtesse de Narbonne, Ermengarde, du vicomte de Béziers, Raymond Ier Trencavel, de l'épiscopat provençal et de Hugues II, seigneur des Baux, Alphonse II engage la guerre en Provence contre Raymond V. Il récupère, avec l'aide de la flotte génoise, la place forte d'Albaron, qui lui permet de tenir la Camargue. Le comte de Toulouse doit finalement renoncer à ses prétentions provençales, refusant l’alliance des Génois, devenue économiquement trop encombrante, tandis qu'Alphonse II récupère le comté de Provence.

La trêve entre Raymond V et Alphonse  n'est pas durable. En 1173, le roi d'Angleterre Henri II forme une nouvelle alliance, composée de son fils Richard Cœur de Lion, à qui il a confié le duché d’Aquitaine, et d’Alphonse Ier. Raymond V, qui a répudié Constance, sœur du roi  Louis VII, ne peut plus compter sur l'aide de ce dernier.

En 1173, il soutient la révolte de Richard Cœur de Lion contre son père, et à la fin de l'année 1173, à Limoges, il pousse Henri II à faire la paix en échange d'une reconnaissance de vassalité. En décembre 1174, Alphonse  retrouve le comte de Toulouse à Montpellier afin de préparer la paix avec lui, alors que la lutte se poursuit en Provence. Finalement, la trêve est confirmée par la paix de Tarascon en 1176 qui établit qu'en échange de 30000 marcs d'argent, le comte de Toulouse renonce à ses prétentions sur les comtés de Provence et du Gévaudan. Le comte de Toulouse conserve un marquisat de Provence, territoire réduit autour d'Avignon.

En 1178, Alphonse Ier doit affronter une nouvelle révolte des Niçois. Il décide de confier le comté à son frère, Raimond-Bérenger IV. Il lui concède le titre de comte mais conserve toute son autorité sur la région, prenant le titre de «lieutenant» de Provence. II entreprend d'unifier ses domaines, si divers, avec leurs langues, leurs coutumes et leurs usages propres. Aux prises avec la noblesse aragonaise, catalane et provençale, il s'efforce d'établir une administration commune en créant les premières vigueries, chargées de faire respecter la trêve et la paix, garanties par le pouvoir comtal. Il veut marquer son indépendance à l’égard de l’empire. Ainsi en cette même année 1178, lors du couronnement de Frédéric Ier Barberousse comme roi de Bourgogne, dans l'église Saint-Trophime d'Arles, ni lui ni son frère ne sont présents. Il décide également de se ranger du côté du pape Alexandre III, contre l'antipape soutenu par l'empereur.

En 1180, il transfère la capitale de son comté à Aix en Provence.

Raymond Bérenger IV meurt assassiné en 1181.

.Pierre Isnard, prince-archevêque, seigneur de Salon de Provence de 1183 à 1190

Dans cette seconde moitié du XIIème siècle, les archevêques d'Arles sont choisis au sein du chapitre par la cooptation des chanoines. À partir de 1180, l'importance de l'archevêché d'Arles passe progressivement au second rang, derrière celle d'Aix où les comtes de Provence viennent d'établir leur résidence comtale. La fin du siècle est agitée dans la cité, notamment sur le plan religieux. En revanche, Pierre Isnard  renforce son pouvoir temporel en doublant le nombre de ses vassaux.

En 1190, la paix de Jarnégues confirme le partage de la Provence de 1125. Après cette paix de Jarnégue  entre les maisons de Toulouse et de Barcelone, le comte de Toulouse se désintéresse de la Provence.

.Henri VI de Hohenstaufen dit le Cruel (1165-1197) roi de Francie Orientale (Germanie) dès 1169 jusqu’à 1197, empereur de 1191 à 1198, roi de Sicile de 1194 à 1197

Fils de Frédéric Ier.

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177 - 1208 ),roi des Romains en 1198 ,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1198 à 1208,

En 1198, deux rois des Romains sont élus: Philippe Ier de Hohenstaufen et Otton d Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti d'Otton IV, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208 

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur du Saint Empire de 1209 à 1215

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177 - 1208 ),roi des Romains en 1198 ,roi de Francie Orientale de 1198 à 1208,

.Imbert d’Eyguières, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1191 à 1202

Issu de la famille provençale des seigneurs d’Eyguières.

À l'époque de l’élection d'Imbert d'Eyguières, Arles est la proie d’une violence urbaine entre différents partis. Ainsi lorsqu’en novembre 1191, le pape Célestin III remet à Imbert d’Eyguières qui s’était rendu à Rome pour être sacré des mains du souverain pontife, une bulle lui accordant les pleins pouvoirs pour extirper le mal et lui permet d’user à sa convenance de l’excommunication. Les grandes familles aristocratiques ou de chevaliers lui prêtent hommage. En 1191, il reçoit celui d’Uc V des Baux, puis en janvier 1192, celui de Guilhem Porcelet. Il confie cette même année à Rostaing de Fos la garde des châteaux de Salon, Saint-Chamas, ainsi que la défense du cloître de Saint-Trophime d'Arles. En 1192, Rostaing de Fos lui rend hommage pour les pêcheries du pont Saint Genies qu’il reconnait tenir comme vassal. En dépit des exigences de Rome, Imbert entretient des relations cordiales avec la  famille des Baux. Comme son prédécesseur Pierre Isnard, il féodalise les relations entre l’archevêché et cette puissante famille aristocratique au prix d’un doublement des domaines inféodés à cette lignée. Il côtoie Gervais de Tilbury installé à Arles depuis 1189, juriste de l'archevêché et proche du futur empereur Otton IV, qui épouse une de ses parentes. Il négocie des accords au nom de la ville.

Avec Uc des Baux, Guilhem Porcelet et les consuls d'Arles, il passe un traité de Paix avec l'envoyé du podestat de Gênes, en mars 1201 ou 1202.

Face à une situation politique tendue opposant les habitants de la Cité et ceux du Bourg qui se disputent le quartier du Méjan, l'archevêque joue de cette rivalité pour imposer en 1202 sa médiation et l'union des deux consulats, rétablissant ainsi l'unité de la ville et privant les Porcelet et les Baux, les seigneurs du Bourg, de toute initiative.

Seconde branche de Provence 

.Alphonse II (1180-1209),  comte de Provence de 1196 à 1209

Fils du précédent et de Sancie de Castille.

En juillet 1193, son père et le comte de Forcalquier Guillaume IV avaient conclu le traité d'Aix par lequel Alphonse II devait épouser Gersende de Sabran, petite-fille et héritière du comte de Forcalquier. 

En 1195, Alphonse épouse Gersande, avec laquelle  il a :

.Raimond Bérenger V (1198-1245), comte de Provence et de Forcalquier      

.Garsende, mariée à Guillaume II de Moncade, vicomte de Béarn.

 

 .Bertrand Amalric, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1281 à 1286.

 

.Adolphe de Nassau, (1250-1298), empereur  de 1292 à 1298

 

.Rostaing de la Capre, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1286 à 1303

En résidant à Avignon et en se réservant le gouvernement de l'Église de ce diocèse, les papes d'Avignon deviennent des évêques suffragants de l’archevêque d’Arles et affaiblissent donc son autorité de métropolitain.

 

.Albert Ier de Habsbourg, (1255-1308), roi des Romains en 1292

.Henri VII (1275-1319)  roi des Romains en 1308, empereur de 1312 à 1319

.Charles II de Naples (1254-1309), comte de Provence de 1285 à 1309, comte d'Anjou, roi de Naples,

Fils des précédents.

Sous son règne a lieu en 1286, la première réunion connue des Etats de Provence. En 1291, Charles II annexe Avignon, jusque-là possession indivise avec le roi de France.

Charles II meurt le 16 novembre 1325.

 

.Peire de Ferrières, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1304 à 1307.

Chancelier de  Charles II d'Anjou, comte de Provence et roi de Sicile.

.Arnaud de Faugères, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1307 à 1310, cardinal.

Il appartient à la famille des seigneurs de Faugères, seigneurie vassale du comté de Toulouse dont  Guisalfred de Faugères a fait hommage au roi de France, Philippe le Bel en 1285 après l'intégration du comté de Toulouse au royaume de France.

Il devient archevêque d’Arles avec l’appui du comte de Provence et roi de Sicile, Robert d’Anjou. Il intervient à la demande du pape Clément V auprès de Philippe le Bel et, en récompense, est nommé cardinal-évêque de Sabine le 19 décembre 1310.  

.Louis IV de Bavière  (1282-1347) roi des Romains en 1314, empereur de 1328 à 1347 

.Gaillard de Faugères, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1310 à 1317,

Frère du précédent.

.Gaillard de Saumate, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1318 à 1323.

.Gasbert de Valle, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1323 à 1341

 

.Robert le Sage (1277-1343), comte de Provence de 1309 à 1343,  roi de Naples,

Fils du précédent; marié en 1297 en premières noces à Yolande d'Aragon,
et en secondes noces avec Sancie de Majorque.

Sous son règne, les institutions comtales progressent. En 1330, Robert fait prêter aux seigneurs et aux communautés de Provence serment à sa petite- fille Jeanne. Il meurt en 1343. Sa petite-fille Jeanne Ier lui succède.

 

.Jean de Cardonne, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1341 à 1348

.Étienne Aldebrand, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1348 à 1350

.Etienne de la Garde prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1351 à 1361

 

.Charles IV de Luxembourg (1316-1378) empereur  de 1355  à 1378, roi de Bohême, roi de Bourgogne-Provence (couronné à Saint Trophime d’Arles en 1365)

 

.Guillaume de la Garde, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1361 à 1374

Neveu du précédent.

.Pierre de Cros, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon ,de Provence de 1374 à 1388, cardinal.

 

.Jeanne Ire de Naples (1326-1382), reine de Naples et comtesse de Provence dite la reine Jeanne, de 1343 à 1382

Fille de Charles, duc de Calabre (1298-1328) fils de Robert Ier et de Yolande d'Aragon) et de Marie de Valois.

Jeanne se marie quatre fois:

mariée en 1333 avec André de Hongrie
mariée en 1346 avec Louis de Tarente
mariée en 1363 avec Jacques IV de Majorque

 

Le 4 Juin 1365 dans la cathédrale Saint Trophime d’Arles l’empereur Charles IV de Luxembourg se fait couronner roi de Bourgogne-Provence  par l’archevêque d’Arles en présence de son vassal le comte Amédée VI de Savoie dit le comte vert qui est venu l’accueillir à l’entrée de ses états de Vaud à Morat et l’a accompagné jusqu’à Arles ; sont présents le duc de Bourbon Louis II le Bon, comte de Forez, le sénéchal de Provence  Raymond d’Agout qui représente Jeanne, comtesse de Provence. Jeanne obtient à cette occasion de Charles IV des lettres de non préjudice par lesquelles il est expressément déclaré que ce couronnement ne porte pas à ses droits sur son comté.

Le 16 octobre 1367, le pape Urbain V quitte Avignon pour Rome.

De 1368 à 1369 : du Guesclin ravage la Provence. En 1370 à Naples, Jeanne sans enfants désigne Charles de Duras, son cousin, comme son héritier.  Elle  se remarie pour la quatrième fois en 1376 avec le capitaine Othon de Brunswick ce qui irrite Charles III qui se rapproche de Louis de Hongrie, ennemi de la reine Jeanne.

Le 17 janvier 1377, la papauté se réinstalle à Rome et quitte définitivement Avignon.

Sur les conseils du pape à qui elle fait appel, Jeanne se tourne alors vers le capétien Louis, comte d'Anjou, deuxième fils du roi Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg, sœur ainée de l’empereur Charles de Luxembourg, et donc le frère du  Dauphin Charles V et du duc  de Bourgogne Philippe III le Hardi. Dans ces conditions, Charles III n'hésite plus et en novembre 1380 descend vers Naples  ou il arrive le 16 juillet 1381.  Charles pénètre dans Naples et assiège la reine retirée dans le Châteauneuf où, privée de secours, Jeanne doit capituler le 26 août 1381. 

En effet, Othon de Brunswick a été vaincu le 24 ou le 25 août. Louis d'Anjou se décide enfin à agir et descend en Provence.

Dès le mois de septembre 1381, les communautés provençales réagissent à l’emprisonnement de la reine Jeanne: Marseille décide une expédition de secours le 5 octobre ; quelques jours plus tard, les États de Provence protestent également. Enfin, en février 1382, la communauté d’Aix accueille une réunion de représentants des communautés des villes et villages de Provence, qui créent L’Union d’Aix qui se déclare en faveur de Charles de Duras. Le 22 février 1382, lorsque Louis d'Anjou se rend à Avignon pour recevoir le serment des seigneurs et des villes de Provence, la communauté d'Aix refuse de le reconnaitre. Pendant ce temps, à la réunion des États de Provence d’avril, la noblesse et une partie du clergé lui accordent leur soutien, mais la communauté d’Aix refuse. De plus, ce soutien est conditionné à une expédition de soutien pour délivrer la reine Jeanne. Face à Aix, Arles et surtout Marseille, intéressée par la fourniture de bateaux et d’équipements destinés à l’expédition de Louis, rejoignent Louis Ier, leur ennemi de la veille (Louis avait essayé en 1368-1370 de s'emparer de la Provence et à cette occasion les villes de Marseille et d'Arles s'y étaient farouchement opposées). À ces conflits politiques s’ajoute un contexte religieux troublé: le Grand Schisme de l’Église catholique cristallise les oppositions en Provence, les Angevins choisissant le pape d'Avignon Clément VII et les Duras celui de Rome Urbain VI. Louis Ier part d'Avignon à la tête d'une puissante armée le 30 mai 1382 pour secourir la reine prisonnière. Charles de Duras, pensant qu'il ne pourrait résister à Louis d'Anjou, a fait transférer la reine au château de Muro où il la fait assassiner, probablement par étouffement afin de faire croire à une mort naturelle, le 27 juillet 1382.

 

.Venceslas II (1361-1419), duc de Luxembourg de 1383 à 1388 empereur (Venceslas Ier) de 1378 à 1419,

Fils de l’empereur Charles IV.

Deuxième maison d'Anjou

.Louis Ier d'Anjou (1339-1384), comte de Provence de 1382 à 1384,  duc d’Anjou

À la mort de la reine Jeanne, en 1382, Louis Ier d’Anjou hérite donc du comté de Provence. Mais l’Union d’Aix reconnaît toujours Charles de Duras comme l’héritier légitime de Jeanne pour le comté de Provence. La guerre ne se déclenche qu’en février 1383, plaçant les différents acteurs devant l’obligation de faire un choix.

Le 8 mars 1383, Louis d’Anjou lance un appel à tous les peuples des pays où régnait la reine Jeanne pour «prendre les armes et à courir sus à cette cité rebelle et très inique (Aix-en-Provence) ainsi que celles qui font partie de l’Union. Le 30 août 1383, Louis Ier d’Anjou est couronné roi de Naples. Il meurt le 21 septembre 1384 sans avoir pu reconquérir son royaume de Naples.

 

.François de Conzié, évêque de Grenoble de 1380 à 1388, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1388 à 1390, légat du pape dans le Comtat Venaissin de 1411 à 1432

La famille de Conzié est une des plus anciennes de Savoie.

.Jean de Rochechouart, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1390 à 1398, cardinal 

À la fin du siècle, au début du Grand Schisme (1378-1418), où deux papes rivaux prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome Boniface IX et l’autre Clément VII à Avignon, les comtes de Provence profitent de la situation pour usurper des droits de l'Église d'Arles. C'est Clément VII qui nomme Jean de Rochechouart d'une grande famille noble française, archevêque d'Arles.

Après la mort de Jean de Rochechouart le siège archiépiscopal d'Arles demeure vacant de 1398 à 1405, période pendant laquelle Pedro de Luna, anti-pape sous le nom de Benoit XIII, nomme successivement plusieurs administrateurs pour le spirituel, se réservant les revenus de l'archevêché.

.Robert Ier de Bavière ou Ruprecht III de Palatinat (1352-1410); comte palatin du Rhin de 1398 à 1410, roi de Francie Orientale (Germanie)  , empereur non couronné de 1401 à 1410

 

.Louis II d'Anjou (1377-1417), comte de Provence de 1384 à 1414

Fils du précédent; marié le 2 décembre 1400 à Yolande d’Aragon.

Le 8 mars 1384, Louis II d’Anjou, par lettres patentes, fait transférer à Marseille le siège de la Cour royale à cause de l’infidélité d’Aix. Il n'obtient la soumission de la Provence qu'en 1387 à la suite de la désagrégation de l'Union d'Aix.

En revanche, la Provence orientale (le comté de Nice, et les vallées de Puget-Théniers, de Lantosque et de Barcelonnette, restés fidèles à Charles choisissent, en 1388, la dédition  à la Savoie), se constituant en Terres neuves de Provence. De 1389 à 1399, Raymond de Turenne, petit-neveu de Clément VI et du cardinal Hugues Roger, neveu de Grégoire XI et de Nicolas Roger de Beaufort,  capitaine des Armes du Comtat Venaissin, Capitaine pontifical en Italie, ravage la Provence en luttant contre les deux antipapes d'Avignon, Clément VII et Benoît XIII. En 1403, Louis II soutient le pape d'Avignon  avant d'adhérer à la soustraction d'obédience, puis d'assurer à Benoît XIII, fugitif, une relative protection. Il fait plusieurs tentatives, assez vaines, pour s'imposer à son royaume de Naples. Il meurt  le 29 avril 1417.

 

 Paul de Sade, évêque de Marseille, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence en 1410

Élu le 13 novembre 1410 par le chapitre d'Arles; son élection n'est pas validée par le pape ou plutôt l'antipape Jean XXIII qui impose Jean Allarmet de Brogny.

.Jean Allarmet de Brogny, prince-archevêque d’Arles, seigneur de Salon de Provence de 1410 à 1423

Il préside le concile de Constance de 1414 à 1418 qui met fin au Grand Schisme.

 

.Louis III d'Anjou (1403-1434), comte de Provence de 1417 à 1434

Fils du précédent comte, marié à Marguerite de Savoie.

 

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437) roi de Hongrie de 1387 à 1437,roi de Francie Orientale(Germanie)  à partir de 1411, duc de Luxembourg de 1419 à 1433, roi de Bohême de 1419 à 1437, empereur   de 1433.à 1437

 

.Louis Aleman, prince-archevêque d’Arles de 1423 à 1440, puis de 1449 à 1450, seigneur de Salon de Provence, cardinal 

Neveu de François de Conzié.

La deuxième session du Concile de Bâle se tient le 15 février 1432. Le 16 mai 1439, Louis Aleman, qui préside la trente-troisième session du concile, soutenu par les archevêques de Tours et de Lyon, et par le docteur parisien Thomas de Courcelles, fait publier trois décrets déjà minutés dans les congrégations précédentes.

C’est l'évêque de Marseille, Louis de Glandève qui les prononce. Ils sont conçus en ces termes :                                                                                                                                                   

Premier décret - C'est une vérité de la Foi catholique, déclarée par le concile de Constance, et par le présent de Bâle, que la puissance du concile général, est supérieure au pape.                                                                                                          

Deuxième décret - C'est une vérité de la Foi catholique que le pape ne peut en aucune façon dissoudre, transférer ni proroger le concile général représentant l'Eglise universelle, à moins que le concile n'y consente.                                       

Troisième décret - On doit regarder comme hérétique quiconque contredit les deux vérités précédentes.

Louis Aleman, lors du concile de Bâle, en 1439, participe activement à la déposition du pape Eugène IV et à l'élection d'Amédée VIII, duc de Savoie, connu dans l'histoire comme l'antipape Felix V. En 1440, il est excommunié par le pape

 

.Albert II de Habsbourg (1397-1439) duc d'Autriche de 1404 à 1439(Albert V) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1438 à 1439, roi ds Romains de 1438  à 1439, roi de Bohême de 1437 à 1439, de Hongrie et de Croatie de 1437 à 1439

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493) duc d’Autriche (Frédéric V) de 1457 à 1493,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1486 roi des Romains en 1440 puis empereur de 1452 à 1493, roi d’Italie de 1452 à 1493

.René Ier d'Anjou (1409-1480),  duc de Bar (1430-1480), duc de Lorraine (1434-1453) duc d’Anjou et  comte de Provence de 1434 à 1480, roi de Naples   (1435-1442)

Frère du précédent; marié  le 24 octobre 1420 avec Isabelle de Lorraine  puis avec Jeanne de Laval.

Après la mort du duc de Lorraine Charles II le 25 janvier 1431, le droit des femmes à hériter de la couronne ducale est remis en question par le neveu du défunt Antoine de Vaudémont, soutenu par le duc de Bourgogne Philippe le Bon.

Le 2 juillet 1431, René est fait prisonnier par Philippe le Bon, lors de la bataille de Bulgnéville. Mais le 24 avril 1434, l’empereur Sigismond de Luxembourg rend sa sentence dans la cathédrale de Bâle en faveur d’Isabelle comme héritière du duché et  dit que son mari René d’Anjou recevra de lui l’investiture de ce duché qui relève de l’empire au nom de sa femme.

Cette même année 1434, René d’Anjou se retrouve duc de Lorraine et comte de Provence, terres d’empire  mais également duc de Bar dans la mouvance du royaume de France même si toujours nominalement terre d’empire, duc d’Anjou, terre royale, souverains de quelques terres dans le comté de Champagne qui appartient également au royaume et enfin roi de Naples. Mais Il s’intéresse d’abord et avant tout à son royaume de Naples. Après avoir obtenu  d’importants subsides des Etats de Provence, il s’embarque à Marseille le 12 avril 1438 pour aller rejoindre son épouse Isabelle de Lorraine qui y est installée à Naples depuis octobre 1435. Il y arrive en mai 1438 alors que son royaume est assiégé par Alphonse d’Aragon dont les hommes le 2 juin 1442 parviennent à pénétrer dans Naples le contraignant à renoncer à son éphémère royaume et à réembarquer sur un navire génois vers Gênes d’où il rejoint la Provence en septembre 1442. Il y prend comme Chambellan Fouquet d'Agoult, baron de Mison, de la Tour d'Aigues, de Sault et de Forcalquier et seigneurs de nombreuses seigneuries, issu d'une lignée noble de Provence dont les ascendants avaient été souvent sénéchal et Chambellan. Il part alors séjourner  dans son duché de Lorraine de juillet 1443 à février 1445 pour une campagne contre Metz. Puis en 1447, il revient en Provence où il fait restaurer son château de Tarascon.  Après le décès à Angers de son épouse Isabelle de Lorraine le 28 février 1453, il renonce à ses duchés de Bar et de Lorraine au profit de leur fils Jean de Calabre  et se remarie le 14 septembre 1454 avec Jeanne de Laval. Après un séjour dans le duché de Bar de juin 1463 à aout 1464, René  réside essentiellement en Provence et s’intéresse davantage à ce comté et à son duché d’Anjou qu’à ses possessions plus septentrionales. Il s’installe définitivement en Provence en 1470 où il passe les dix dernières années de sa vie et y introduit des tendances centralisatrices qui préparent la future annexion du comté au royaume de France. Le 24 juillet 1474, il fait son testament par lequel il lègue son comté à son neveu Charles, comte du Maine. Il meurt à Aix en Provence le 10 juillet 1480. Fouquet d'Agoult, lui, est opposé au rattachement par le royaume de France ; il rassemble une petite armée à Sault, qu'il confie à son neveu Raimond V d'Agoult, son propre héritier. La ville d'Apt lui ouvre ses portes à l'appel de Guillaume de  Rémerville, dont la famille d'origine lorraine s'était installée dans la région en 1437. Une grande partie du Luberon, de Cavaillon à Forcalquier, rejoint les forces de Fouquet d'Agoult. Mais le succès est de courte durée. Louis XI, averti des progrès de cette révolte provençale, envoie une armée qui soumet toute la Provence, après avoir emporté Forcalquier au terme d'un siège de trois semaines. Cependant Louis XI promulgue rapidement une amnistie générale.

.Robert Damiani,

En 1440, après l'excommunication de Louis Aleman, Arles est sans archevêque. Partisan zélé du roi René, évêque de Tibériade puis à partir de 1447 archevêque d'Aix, Robert Damiani remplit alors les fonctions épiscopales dans ce diocèse, jusqu'au retour en grâces de Louis en 1449.

.Pierre de Foix (1386-1464) prince-archevêque d'Arles, seigneur de Salon de Provence de 1450 à 1462, cardinal 

.Philippe de Lévis, prince-archevêque d’Arles de 1462 à 1475, seigneur de Salon de Provence, cardinal.

En 1472, lorsque le pape Sixte IV nomme Urbain de Fiesque, évêque de Fréjus, le roi essaye sans succès pendant plus de quatre ans de s'opposer à ce choix.

A la mort de Philippe de Lévis, le pape Sixte IV réduit le diocèse d’Arles : il détache le diocèse d'Avignon attribué en 1474 à son neveu Julien de la Rovere, le futur pape Jules II, de la province d'Arles, l'érige en archevêché et lui attribue comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison.

.Eustache de Lévis, prince-archevêque d’Arles de 1475 à 1489, seigneur de Salon de Provence, cardinal 

Frère de Philippe.

Avec le rattachement de la Provence au Royaume de France, Il perd le droit de battre monnaie.

.Charles III d’Anjou (1436-1481), comte de Provence de 1480 à 1481, comte Charles V du Maine,

Neveu du précédent, fils de Charles IV d'Anjou, comte du Maine et d'Isabelle de Luxembourg.

Juste après la mort de René Ier, Charles III réunit les états de Provence et reçoit leur serment de fidélité.

Mais dans l’été 1481, René II, duc de Lorraine, petit-fils de René Ier, qui s’estime l’héritier légitime du comté, fait entrer une troupe de mercenaires en Provence laquelle occupe une zone comprise entre Apt et Forcalquier et quelques troubles surviennent dans le sud qui amène Louis XI à intervenir au secours de Charles lequel le 10 décembre 1481. Charles fait alors un  testament  en faveur de Louis XI, et meurt le lendemain. La Provence est aussitôt annexée au royaume de France. Son autonomie administrative, judiciaire et politique du comté est censée être maintenue.

Le 15 janvier 1482, Palamède de Forbin, chargé par le roi Louis XI de l'union de la Provence au royaume de France, établit un statut de l'Union devant les États qui sont réunis à Aix. En principe le roi n’est reconnu comme souverain non comme roi mais comme comte de Provence.

Louis XI meurt le 30 aout 1483 réveillant les ambitions du duc de Lorraine René II mais la régente Anne de Beaujeu préfère temporiser en attendant une sentence arbitrale. Mais le 20 octobre 1483, Palamède de Forbin, suite à l'avènement de Charles VIII, est privé de ses charges de lieutenant général gouverneur (fonctions alors unifiées) et de grand sénéchal.

Finalement,  en aout 1486, les Etats de Provence prennent l’initiative de demander au roi Charles VIII de proclamer définitive et éternelle l’union de la Provence à la couronne de France. Après cette incorporation de la Provence au royaume de France, le Royaume de Bourgogne-Provence se réduit pratiquement au seul comté de Bourgogne si l’on admet que depuis 1362 la Savoie est rattachée directement à l’Empire. Enfin le 7 août 1491, le gouverneur de Provence, Louis II marquis de Saluces, est remplacé par François de Luxembourg, vicomte de Martigues.   Le sénéchal est alors Aymar de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier. Entre ces deux derniers  s'engage une lutte féroce qui se termine par la destitution simultanée de ces deux personnages et leur remplacement sous une seule et même tête, à savoir Philippe de Hochberg, marquis de Rothelin, le 1er mai 1493.

Charles VIII puis Louis XII et François Ier s’engagent alors dans leur rêve italien  et commencent les guerres d’Italie dans lesquelles le comté de Provence a un rôle stratégique et notamment Marseille ou Louis XII implante un arsenal. Le 1er octobre 1498, César Borgia, alors allié des Français, débarque à Marseille.

En 1501 est créé le Parlement d'Aix par le roi Louis XII

Néanmoins, Charles Quint qui estime que juridiquement, en l’absence de tout traité, le comté de Provence appartient toujours au royaume de Bourgogne-Provence, et donc de l’empire, se fait encore couronner roi de Bourgogne-Provence à  Aix en Provence, la capitale qui a remplacé Arles, le 10 août 1536 en présence du duc Charles III de Savoie. par l’évêque de Nice, Jérome de Capitani d’Arsago, aumônier de sa sœur Eléonore qui a dû épouser François Ier

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:45

 

Personne ne peut nier que jusqu’à présent le Président français a la « baraka ».

En effet, le mouvement  « petit-bourgeois » des Gilets jaunes, en centrant ses revendications sur le pouvoir d’achat avec les questions de fiscalité , n’a pas réussi à entrainer avec lui  les  banlieues, les chômeurs, les syndicalistes et les lycéens et étudiants

S’il avait réussi à faire , nul doute que ce mouvement aurait tourné à l’insurrection générale et que les forces de police auraient été parfaitement incapables de rétablir le calme même en mobilisant toutes leurs réserves.

Et ce n’est certainement pas avec les effectifs actuels de l’armée que celle-ci  aurait pu venir leur donner de l’aide d’autant moins qu’ils ne sont pas formés pour cela et ne disposent pas de moyens de maintien de l’ordre.

Et il serait impensable en France de généraliser les mesures de couvre-feu , de recourir si besoin à l’Etat de siége qui donnerait à l’armée le pouvoir d’essayer de rétablir par la force armée le maintien de l’ordre républicain sans aucune garantie d’y parvenir avec le faible nombre des unités qui seraient en mesure d’intervenir.

Pour le moment,la France l’a échappé belle mais ses dirigeants devraient sérieusement se poser rapidement la question de savoir avec quels moyens ils seraient capables de faire face à une situation insurectionnelle qui n’a rien d’improbable.

Il n’est pas malheureusement impossible qu’ils se rassurent un peu rapidement et repoussent les décisions de renforcer rapidement les effectifs nécessaires pour remplir les missions de Sécurité intérieure dont ils ont la responsabilité.

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 14:43

 

Rappelons que le 9 février 2014, 50,3 % des citoyens suisses ont voté,  en faveur de la limitation de "l'immigration de masse". Un référendum qui concerne directement les ressortissants européens du pays et qui a abouti à de fortes tensions avec l’UE.

Depuis bientôt 4 ans, en conséquence de cette votation,  la Suisse négocie péniblement avec l’Union une solution qui passe par la mise en place d’un accord cadre ou accord institutionnel à la demande de l’Union Européenne qui est lassée par cette voie bilatérale qui a abouti  à la signature entre elle et la Suisse de plus de 120  accords bilatéraux de plus en plus difficiles à gérer.

La Suisse qui est demanderesse à de nouveaux accords avec l’Union, notamment qui souhaiterait conclure un accord sur l’Energie, se résigne difficilement à la signature d’un tel accord cadre.

L’UE veut mettre en place un cadre aux accords bilatéraux afin que les différends ne restent pas en suspend, comme c’est le cas actuellement. L’UE souhaite par la même occasion que cette modification rende les droits suisse et européen plus homogènes. Autrement dit, que la Confédération reprenne plus automatiquement le droit de l’UE. Plus concrètement, les deux parties sont actuellement d’accord sur un point : lors d’un différend sur l’application d’une norme, la Cour de Justice de l’Union Européene (CJUE) est compétente, car les accords bilatéraux sont du droit de l’UE ; quand on veut avoir accès à la maison de quelqu’un, on doit en suivre les règles. En revanche, la compétence de la CJUE se bornerait à l’interprétation des accords et elle ne tranchera pas entre les solutions. Les décisions de la cour seront obligatoires pour l’UE mais pas pour la Suisse. Si celle-ci n’applique pas les arrêts de la cour, l’UE pourra prendre des contre-mesures si elle les estime justifiées.

Les négociations sont à ce jour terminées. Bien qu’aucun citoyen n’ait jamais vu l’accord négocié par le Conseil fédéral, le noyau dur de l’accord semble, d’après le Commissaire autrichien   en charge du dossier,  avoir été accepté par Igniazo Cassis, conseiller fédéral suisse en charge des Affaires Etrangères. Ce sont la reprise automatique du droit communautaire actuel et futur et la jurisprudence de la Cour de justice européenne. Ce qui signifie que le peuple ne serait plus l’organe législatif suprême de la Suisse. Beaucoup de citoyens suisses pensent que la structure d’Etat démocratique et fédéraliste serait gravement atteinte par un accord institutionnel juridiquement supérieur au droit suisse.

L'accord institutionnel exigé par l’UE ne chapeautera pas les quelque 120 accords bilatéraux, mais seulement les accords d'accès à venir et existants (libre circulation, produits agricoles, transport aérien, transports terrestres, reconnaissance mutuelle en matière d'évaluation de la conformité) et la Suisse disposerait de délais suffisants pour reprendre chaque développement du droit européen, avec possibilité d'un référendum. Une reprise automatique est exclue. En revanche, l'UE veut des concessions sur les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes, ce qui a provoqué la colère de la gauche et des syndicats. Elle exige que la Suisse soumette la protection des salaires au droit européen (directive sur les travailleurs détachés) dans les trois ans suivant l'entrée en vigueur de l'accord institutionnel.

Comme pour les négociations sur le Brexit, il est permis de penser que cet accord cadre voulu par l’Union Europèenne ne sera pas accepté  dès lors qu’il existe une alliance de fait entre l’UDC qui estime que la Souveraineté de la Suisse est en cause et le Parti socialiste Suisse qui est vent debout contre la diminution à 4 jours du délai de prévenance pour l’utilisation de travailleurs de l’Union en Suisse qui serait préjudiciable aux travaileurs suisses.

Dés lors la Suisse pourrait comme le Royaume Uni cette fois par application de la clause dite « guillotine » voir annuler l’ensemble des Accords bilatéraux et notamment celui sur la libre circulation des personnes.

Mais alors que le Royaume-Uni  et l’Union s’organisent pour éviter les conséquences d’un divorce sans accord, la Suisse n’a pour l’instant pas prévu de solutions pour les régions frontalières en cas d’annulation des accords bilatéraux sur la libre circulation des personnes.

Or notamment pour Genève dont l’arrière pays a toujours été constitué depuis des siècles par les provinces savoyardes du Chablais, du Faucigny et du Genevois ainsi que du Pays de Gex, une absence de plan B est parfaitement inacceptable d'autant plus que le Royaume Uni et la Suisse se sont empressés de conclure un traité permettant aux Citoyens suisses et britanniques de conserver entre eux les avantages nés des accords bilatéraux entre l'Union Européenne et la Confédération après le départ effectif du Royaume Uni de l'Union .

On se rappellera que Genève a été de 1798 à 1814,  Préfecture d’un département du Léman qui englobait la Haute Savoie actuelle et qu’après 1815, un Grande Zone à statut particulier  a entouré Genève surtout après l’annexion de la Savoie à la France en 1860.

Les Habitants de la Haute Savoie et du Pays de Gex sont donc en droit dans une telle alternative d’exiger de la Confédération qu’elle prévoit unilatéralement à leur profit un statut spécial dérogatoire au droit fédéral suisse sur la libre circulation des personnes et des travailleurs, nonobstant le vote du 9 février 2014

Et  pourquoi pas, à défaut, en raison du non respect par la République Française du fait de son intégration à l’Union Européenne des  droits des Hauts Savoyards à la suite de l’Annexion, ne serait-il pas prévu la possibilité comme l’avait envisagé un moment l’empereur Napoléon III et le conseiller national Stämpfli le rattachement de la Haute Savoie et du Pays de Gex à la Suisse comme  27ème  canton ?

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6 décembre 2018 4 06 /12 /décembre /2018 10:33

 

La quasi-totalité de ceux qui se plaignent dans certains Etats  appartenant à la zone euro de l’insuffisance de leur pouvoir d’achat et incriminent  souvent l’Europe et l’Euro qui aurait renchéri le coût de la vie, n’ont pas conscience que le niveau de vie dont il dispoe, même insuffisant à leurs yeux, n’a pu être atteint que par un endettement généralisé des Etats, des Ménages et des Entreprises qui n’a pu se faire que grâce à l’Euro et aux taux d’intérêts bas qu’il a permis, après la crise des subprimes américains.

Une grande partie des allocations multiples versées par certains de ces Etats ont été même financées non par les impôts mais par l’emprunt.

En outre, cette appartenance de ces Etats à l’Euro a permis de sortir du cycle infernal des dévaluations qu’ils connaissaient réguliérement, dévaluations qui amputaient considérablement la valeur extérieure de leur monnaie nationale, renchérissant de manière très importante les produits et services de l’Etranger et donc diminuant à due proportion leur pouvoir d’achat.

Il est bien donc évident que ceux qui rêvent, comme les 5 étoiles, les indignés, les insoumis, les gilets, jaunes et autres grands théoriciens du Dégagisme, du Grand Chambardement,  du Grand Soir, de la Révolution …ou d'un nouveau Mai 1968 .savent pertinemment que la satisfaction même partielle de leurs revendications conduira leur Etat à sortir de la Zone Euro puis de l’Europe.

Ce qui entrainera pour la grand majorité de leur population une baisse immédiate très forte de leur niveau de vie.

Aucun économiste sérieux ne peut soutenir qu’aux lendemains des Révolutions, le niveau de vie de la majorité s’est trouvé amélioré. Souvent ceux des riches qui n’ont pas été assez claivoyants ont été ruinés mais le peuple a vu son niveua de vie chuter. Et seuls quelques grands agitateurs ont « tiré leurs marrons du feu ». Belle satisfaction !

Soit le contraire de ce qu’ils espèrent.

Pourtant l’adage populaire dit bien   « Qui paye ses dettes s’enrichit » (ou qui ne les paye pas s’appauvrit)

Or les dettes de l’Etat ne peuvent être remboursées que grâce aux impôts et taxes qu’il perçoit. 

Comprenne qui pourra !

 

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 16:02

ntDans un pays comme la France, endetté à 100 % de son PIB et dont le coût annuel des intérêts est pratiquement égal au budget des armées alors pourtant que les taux d'intérêt  auxquels ce pays peut pour l'instant emprunter restent très bas, le coût de la satisfaction d'une partie même faible  des revendications auxquelles il faudra ajouter celui  des multiples dégradations sans compter celui exceptionnel du maintien de l'ordre sera supporté exclusivement par la classe moyenne dont une partie est déjà en voie de déclassement.

Vu de l'Etranger, on peine à comprendre que cette classe moyenne représentant 80% de la population  puisse soutenir  à 75% un mouvement qui agit contre son intérêt bien compris voire contre l'intérêt général compris comme celui de la majorité.

En effet un tel taux de soutien implique que la majorité de cette classe moyenne verrait ce mouvement avec sympathie.

Si l'on sait qu'aucun gouvernement n'est parvenu et ne parviendra à faire payer les plus riches  et  que seuls les plus pauvres peuvent espérer une amélioration de leur condition de vie, c'est pourtant bien cette classe moyenne qui en supportera le prix sauf à croire naïvement que ce qu'on aura l'air de lui concéder d'une petite main lui sera repris après par une plus grosse main.

Pour un peuple qui se veut le plus intelligent de la terre, cela apparait plutôt masochiste pour les autres peuples.

Ceux de la classe moyenne qui  arbore leur gilet jaune semblent  tout simplement avoir oublier qu'en France le jaune a toujours été la couleur des cocus.

A bon entendeur !

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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 17:16

 

Rome a présenté dans l’histoire l’une des plus hautes aventures civilisatrices que le monde ait connues.

La conquête romaine, la force romaine, ont été porteuses pendant plusieurs siècles d’une paix relative qui a engendré une prospérité inouie pour tous les peuples rattachés à l’Empire.

Elle a contribué par le développement et la multiplication des moyens de communication développement urbain à batir un espace de civilisation dont nous sommes encore en de multiples domaines les héritiers directs.

La tradition romaine a profondément influencé les mentalités de la vieille Europe.

Milles ans après la chute de Rome et peu après celle de Constantinople, le mouvement culturel qui s’est répandu en Europe Occidentale et mis un terme au Moyen-Age a été qualifié très justement par le mot Renaissance.

De la même manière, il convient de qualifiert de Réunification et non d’Unification de l’Europe le mouvement repris il y a près d’un siècle et demi avec la réunification de l’Allemagne et de l’Italie et contrarié par la désintégration de l’empire austro-hongrois car il n’existe qu’un seul fondement à l’unité du continent européen, c’est l’héritage que nous ont légué les Romains.

Si ethniquement nous pouvons parler de nos ancêtres celtes, germains, grecs, slaves….. culturellement nous devons parler de nos ancêtres les Romains.

Le message qu’ils nous ont livré demeure parfaitement actuel et il est de notre devoir d’assurer sa transmission car nous savons comme l’exprimait Nietzsche au siècle dernier que « l’avenir appartiendra à ceux qui auront la mémoire la plus longue ».

En l’an 800, Charlemagne a restauré l’Empire Romain d’Occident disparu avec la chute de Rome en 476 et Othon le Grand à nouveau en 962 sous la dénomination de Saint Empire Romain Germanique à la fin duquel Napoléon Ier le 8 aout 1806 a contribué tandis que l’Europe occidentale catholique a largement contribué à la chute de l’Empire Romain d’Orient dit Byzantin ave la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.

Face à l’affirmation croissante des Empires américain, russe et chinois, il y a urgence pour l’Union Européenne de restaurer l’EMPIRE sous forme d’un EMPIRE ROMAIN EUROPEEN.

Et cela est possible si l’on prend enfin conscience que nos ancêtres communs sont les Romains.

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 09:27

 

Depuis sa création au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de Sécurité de l'ONUcompte cinq membres permanents qui disposent d'un droit de veto: Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Union soviétique (Russie). Outre ces cinq membres permanents, la structure dispose de dix élus chacun choisi pour une période de deux ans. Le 8 juin, l'Allemagne a été élue membre du Conseil de sécurité pour les années 2019 et 2020.

 

Début octobre, Christoph Heusgen, proche d'Angela Merkel depuis son arrivée au pouvoir en 2005, ne cachait pas les ambitions de l'Allemagne de siéger au Conseil de Sécurité de l'Onu, officiellement pour «faire valoir les positions de l'Union européenne».

Le ministre allemand des Finances estime que l’Europe doit disposer de son propre siège au sein du Conseil de sécurité de l’Onu. Selon lui, c’est à la France de céder le sien à l’Union européenne.

Olaf Scholz, vice-chancelier allemand et ministre fédéral des Finances, estime que l'Union européenne doit avoir son propre siège au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et pour défendre son point de vue, il n'y va pas par quatre chemins: il a ouvertement déclaré souhaiter que le siège de la France au Conseil de sécurité devienne un siège européen afin que l'UE puisse « parler d'une seule voix ».

 

«Si nous prenons l'Union européenne au sérieux, elle devrait également parler d'une seule voix au sein du Conseil de sécurité des Nations unies […] Le siège de la France pourrait être transformé en siège de l'UE», a affirmé lors d'un discours sur l'avenir de l'Europe à Berlin Olaf Scholz, cité par les médias.

Il a ajouté que le poste de chef de la délégation de l’Union Europeenne auprès des Nations Unies pourrait être occupé de manière permanente par un Français, tout en admettant qu'il serait difficile de matérialiser ce projet.

 

«La France et l'Allemagne agissent désormais ensemble dans cette instance», mais un siège européen permettrait d'aller encore plus loin, a souligné Olaf Scholz.

On peut ajouter à cet article tiré de Sputniknews que cette idée est assez logique avec celle d’une Armée Europeenne du Président Macron soutenue par la Chancelière Angela Merkel.

Or si la France continue de  disposer encore aujourdhui de ce poste permanent au Conseil de Sécurité et du droit de veto, ce n’est plus grâce à la puissance de ses armées mais parce qu’elle reste  une puissance nucléaire, et la seule de l’Union Européenne après le divorce du Royame Uni. Or si l’on veut véritablement que l’ Europe puisse faire entendre sa voix et reprendre le droit de veto dont dispose la France, la Force de dissuasion nucléaire française devrait une des composantes de cette futr

 

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 09:41

  

Quelque soient les mobiles divers et de plus en plus variés des manifestations des « Gilets jaunes » on ne peut manquer d’y trouver une certaine ressemblance avec celles passées des Bonnets Rouges voire aux manifestations des Indignés en Espagne ou autres Insoumis qui pourrait si ce mouvement plus ou moins spontané trouvait un leader charismatique -sans lequel il perdra rapidement la une des médias- au mouvement italien 5 étoiles du comique Pepe Grillo qui peu ou prou a marché dans les pas du célébre comique français qui a fait trembler la classe politique de ce pays.

Ce genre de manifestation de révolte qui n’est pas nouvelle en France  (on se souviendra bien avant la Révolution de 1789, des multiples Jacqueries des Croquants qui se sont produites réguliérement contre l’aristocratie.

Ces manifestations d’aujourdhui sont en fait une de ces révoltes cycliques contre la nouvelle aristocratie. La hausse du prix des carburants n’apparait que comme un prétexte à cette révolte.

Preuve en est que dans les régions proches de l’Italie ou les carburants sont plus chers, de la Suisse ou il est aussi cher ou de l’Allemagne ont connu autant de manifestations qu’ailleurs .

Selon les analystes politiques, ces manifestations ont été plus importantes dans les régions qui n’ont pas voté pour le Président Macron témoignant une certaine frustration de la part des opposants de ces régions de ne pouvoir attendre de prochaines élections pour manifester leur mécontentement d’autant mois que les manifestants ne se sentent plus représenbés par les partis traditionnels d’opposition ou les syndicats.

Même les partis d’extréme gauche  n’ont pas grace à leurs yeux. Les petits Besancenot n’arriveraient même plus à se faire entendre par eux.

Il est donc à souhaiter que ces manifestants ne trouve pas un nouveau Coluche ou un Pepe Grillo français ou simplement un Cyril Hannouna qui les aménerait à se structurer et à croire à nouveau à une alternative électorale car si l’on regarde l’exemple de l’Italie, rien ne dit qu’il ne s’allierait pas demain alors avec le Front National-Rassemblement National permettant à ce parti de se trouver cette majorité introuvable qui obère son avenir tant que la droite républicaine se refuse à faire alliance avec lui.

Et Monsieur Wauquiez et son entourage seraient sans doute bien inspirés de ne pas souffler sur les braises en pensant ingénument pouvoir retrouver parmi les gilets jaunes des sympathisants pour  LR.

 

           

 

         

 

 

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