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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 13:14

 

Il suffit de lire le texte intégral de l’article rédigé par Vladimir Poutine au sujet de l’Ukraine dans lequel le Président russe y analyse l’histoire des deux peuples avant d’examiner la situation actuelle dans les relations entre Moscou et Kiev, pour comprendre que les projets d’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne et à l’Otan constituent une ligne rouge pour lui.

« Évoquant récemment, au cours de la séance de questions-réponses, les relations russo-ukrainiennes, j’ai dit que les Russes et les Ukrainiens formaient un seul peuple, un tout. Ces paroles n’ont pas été prononcées dans le contexte d’une conjoncture ou de circonstances politiques actuelles. Je l'ai déclaré plus d'une fois et c'est ma conviction. Par conséquent, j’estime nécessaire d'exposer ma position et de faire part de mes évaluations de la situation actuelle.

Je veux le souligner tout de suite: le mur qui s’est dressé ces dernières années entre la Russie et l'Ukraine, entre les parties d'un espace historique et spirituel en fait commun, je le perçois comme un grand malheur commun, comme une tragédie. Ce sont avant tout les retombées de nos propres erreurs commises à différentes périodes. Mais aussi le résultat d’activités ciblées des forces qui ont toujours cherché à torpiller notre unité. La formule appliquée est connue depuis des siècles: diviser et dominer. Rien de nouveau. D'où les tentatives de manipuler la question nationale, de semer la discorde entre les populations. Avec, pour objectif supérieur, de diviser, puis faire s’entrechoquer les parties d'un seul peuple.

Pour mieux comprendre le présent et jeter un coup d’œil dans l'avenir, nous devons nous tourner vers l'histoire. Il est évident que, dans le cadre d’un seul article, il est impossible de couvrir tous les événements survenus en plus 1.000 ans. Je m’arrêterai tout de même sur des points clés dont nous devons – nous, en Russie et en Ukraine – nous souvenir.

Les Russes, les Ukrainiens et les Biélorusses sont les héritiers de l'ancienne Russie qui a été le plus grand pays d'Europe. Sur un immense espace – du lac Ladoga, Novgorod, Pskov jusqu’à Kiev et Tchernigov – les tribus slaves et autres étaient unies par la même langue (que nous appelons aujourd’hui le vieux russe), des liens économiques et le pouvoir des Princes des Riourikides. Et après le baptême de la Russie, unie par la foi orthodoxe. Le choix spirituel de saint Vladimir, qui était à la fois prince de Novgorod et grand prince de Kiev, détermine aujourd'hui encore dans une grande mesure notre parenté.

Le trône de Kiev bénéficiait d’une position dominante dans l'ancien État russe. C'était comme cela depuis la fin du IXe siècle. La Chronique des temps passés a conservé pour les générations futures les paroles du prince Oleg le prophète au sujet de Kiev: «Qu’elle soit mère aux villes russes».

Plus tard, comme les autres États européens de l'époque, l'ancienne Russie a été confrontée à l'affaiblissement du pouvoir central et à la fragmentation. Mais aussi bien la noblesse que les simples gens considéraient la Russie comme un espace commun, comme leur patrie.

Après l'invasion dévastatrice de Batu Khan, lorsque de nombreuses villes dont Kiev ont été réduites en ruines, le morcellement s'est intensifié. La Russie du nord-est est tombée dans la dépendance de la Horde tout en conservant une souveraineté limitée. Les terres du sud et de l’ouest de la Russie sont essentiellement entrées dans la composition du Grand-Duché de Lituanie, qui – je tiens à attirer l'attention sur ce fait – figurait dans les documents historiques comme le Grand-Duché de Lituanie et de Russie.

Les représentants des familles princières et de boyards passaient d'un prince à l'autre dans leur service, se querellaient entre eux, mais signaient également des alliances et étaient amis. Dans la plaine de Koulikovo, le grand prince Dimitri de Moscou a combattu aux côtés du voïvode Bobrok-Volynsky et des fils du grand-duc de Lituanie Olgierd, André de Polotsk et Dmitri de Briansk. Mais c’est le grand–duc de Lituanie Jagellon, fils d’une princesse de Tver, qui menait ses troupes pour les unir à celles du khan Mamaï. Ce sont là les pages de notre histoire commune, le reflet de sa complexité et de sa multidimensionnalité.

Il est important de rappeler que la population des terres russes occidentales et orientales parlait la même langue. La foi était orthodoxe et jusqu'au milieu du XVe siècle l’administration ecclésiastique était unique.

Lors d’un nouveau tour du développement historique, les points d'attraction et de consolidation des territoires de l'ancienne Russie pouvaient se situer tant dans les terres russes sous contrôle du grand-duché de Lituanie que dans la Grande-principauté de Moscou qui se renforçait. L'histoire a décidé que le centre de la réunification, qui a poursuivi la tradition de l'ancien État russe, serait Moscou. Les princes de Moscou – descendants du prince Alexandre Nevski – se sont libérés du joug extérieur et ont commencé à rassembler les terres russes historiques.

Le Grand-Duché de Lituanie vivait d'autres processus. Au XIVe siècle, l'élite dirigeante de la Lituanie s’est convertie au catholicisme. Au XVIe siècle, il a signé l'union de Lublin avec le royaume de Pologne pour former la République des Deux Nations (en fait polonaise et lituanienne). La noblesse catholique polonaise s’est vu accorder d'importants biens fonciers et privilèges en Russie. Aux termes de l'union de Brest de 1596, une partie du clergé orthodoxe russe occidental s’est soumise à l'autorité du pape. Les mœurs polonaises et romaines étaient imposées et l'orthodoxie était évincée.

En réaction, les XVIe et XVIIe siècles virent monter le mouvement de libération des orthodoxes du bassin du Dniepr. Les événements de l'époque de l'hetman Bogdan Khmelnitski ont représenté un tournant. Ses partisans ont tenté d'obtenir l'autonomie de la République des Deux Nations.

Dans sa demande au roi de la République des Deux Unions, en 1649, l’armée zaporogue évoquait le respect des droits de la population orthodoxe russe et demandait que «le voïvode de Kiev soit du peuple russe et de loi grecque afin de ne pas marcher sur les églises de Dieu». Mais la demande n’a pas été entendue.

Bogdan Khmelnitski a lancé des appels à Moscou qui ont été examinés par les Congrès de la terre russe [Zemski Sobor, ndlr]. Le 1er octobre 1653, cette structure représentative supérieure de l'État russe a décidé de soutenir les coreligionnaires et de les accepter sous leur protection. En janvier 1654, le traité de Pèreïaslav a confirmé cette décision. Par la suite, les ambassadeurs de Bogdan Khmelnitski et de Moscou se sont rendus dans des dizaines de villes, y compris Kiev, dont les habitants ont prêté serment au tsar russe. Rien de tel, d'ailleurs, ne s’était produit lors de la signature de l'union de Lublin.

Dans une lettre adressée à Moscou en 1654, Bogdan Khmelnitski a remercié le tsar Alexeï Mikhaïlovitch pour avoir «accepté toute l'armée zaporogue et le monde orthodoxe russe sous sa main royale, forte et haute». C'est-à-dire que dans leurs messages au roi polonais et au tsar russe, les Zaporogues se qualifiaient d’orthodoxes russes.

Au cours de la longue guerre de l'État russe avec la République des Deux Unions, certains hetmans, héritiers de Bogdan Khmelnitski, se sont éloignés de Moscou, cherchant le soutien de la Suède, de la Pologne et de la Turquie. Mais, je le répète, pour le peuple, cette guerre était, en fait, libératrice. Elle se termina par le traité d'Androussovo en 1667. Les résultats définitifs furent fixés dans le traité de Paix éternelle de 1686 en vertu duquel la Russie obtint la ville de Kiev et les territoires de la rive gauche du Dniepr (dont Kiev), y compris les régions zaporogue, de Poltava et de Tchernigov. Leurs habitants se sont réunis avec la partie principale du peuple orthodoxe russe et la région reçut le nom de Petite Russie.

L’appellation Ukraine était alors plus souvent utilisée dans le sens où l'ancien mot russe «okraïna» [périphérie, ndlr] se retrouve dans les sources écrites depuis le XIIe siècle, lorsqu’il était question de territoires situés à la frontière du pays. Tandis que le mot «ukrainien», à en juger d’après les documents d'archives, désignait à l'origine ceux dont le service était d’assurer la protection des frontières extérieures.

La rive droite du Dniepr, restée dans la République des Deux Nations, vit les anciens ordres restaurés et l'oppression sociale et religieuse se renforcer. La rive gauche, ces terres placées sous la protection d'un État uni, connut au contraire un développement intense. Les habitants de l’autre rive du Dniepr venaient d’ailleurs s’y installer en masse. Ils cherchaient le soutien de ceux qui parlaient la même langue et avaient la même foi.

Lors de la grande guerre du Nord contre la Suède, les habitants de la Petite Russie ne se posaient pas la question du parti à prendre. Seule une petite partie des cosaques soutint la révolte de Mazepa. Les représentants de différentes classes se considéraient comme russes et orthodoxes.

Les représentants des chefs cosaques, inclus dans la classe noble, atteignaient en Russie des sommets de carrière politique, diplomatique et militaire. Les diplômés de l’Académie Mohyla de Kiev ont joué un rôle majeur dans la vie de l'Église. C'était le cas à l'époque de l'hetmanat – qui était de fait une entité autonome avec sa propre structure interne – ce fut le cas dans l'Empire russe. Ce sont les habitants de la Petite Russie qui ont créé à bien des égards un grand pays commun, sa structure, sa culture et sa science. Ils participaient à la mise en valeur et au développement de l'Oural, de la Sibérie, du Caucase et de l'Extrême-Orient. D’ailleurs, à l’époque soviétique également, les originaires d'Ukraine occupaient les postes les plus importants, y compris supérieur, au sein de la direction d'un État uni. Il suffit de rappeler que, pendant presque 30 ans, le Parti communiste de l’Union soviétique a été dirigé par Nikita Khrouchtchev et Léonid Brejnev, dont la vie de parti était étroitement liée à l'Ukraine.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, après les guerres contre l'Empire ottoman, la Russie rattacha la Crimée et les terres le long de la mer Noire, appelées Nouvelle Russie. Elles étaient peuplées par des personnes venues de toutes les régions russes. Après le partage de la République des Deux Nations, l'Empire russe se restitua les anciens territoires russes occidentaux, à l'exception de la Galicie et la Transcarpatie qui se sont retrouvées dans l'Empire d’Autriche puis dans l'Empire d’Autriche-Hongrie.

L'intégration des terres de la Russie occidentale dans l'espace commun n'était pas seulement le résultat de décisions politiques et diplomatiques. Elle se déroula sur la base d'une religion et de traditions culturelles communes. Et – je le soulignerai encore une fois – de la proximité linguistique. Au début du XVIIe siècle, l'un des hiérarques de l’Église uniate, Josef Rutski, annonçait à Rome que les habitants de la Moscovie qualifiaient de frères les Russes de la République des Deux Nations, que leur langue écrite était absolument la même et que la langue parlée, même si elle était différente, ne l’était que légèrement. Selon son expression, comme chez les habitants de Rome et de Bergame. C'est, comme nous le savons, le centre et le nord de l'Italie moderne.

Il est évident que pendant les nombreux siècles de fragmentation et de vie dans des États différents, les langues ont connu des particularités régionales, les parlers. La langue littéraire s'enrichissait grâce à la langue populaire. Un grand rôle y revient à Ivan Kotliarevsky, Grigori Skovoroda, Taras Chevtchenko. Leurs œuvres constituent notre patrimoine littéraire et culturel commun. Les poèmes de Taras Chevtchenko sont écrits principalement en ukrainien et sa prose essentiellement en russe. Les livres de Nikolaï Gogol, patriote de Russie, originaire de Poltava, sont écrits en russe et regorgent d'expressions populaires et motifs folkloriques russes. Comment partager cet héritage entre la Russie et l'Ukraine? Et à quoi bon?

Les terres du sud-ouest de l'Empire russe, la Petite Russie et la Nouvelle Russie, la Crimée se sont développées comme des régions multiformes de par leur composition ethnique et religieuse. Il y avait les Tatars de Crimée, les Arméniens, les Grecs, les Juifs, les Karaïtes, les Krymtchaks, les Bulgares, les Polonais, les Serbes, les Allemands et d'autres peuples. Ils gardaient tous leur religion, leurs traditions et leurs us et coutumes.

Je n’ai pas l’intention d’idéaliser quoi que ce soit. Il y eut la Circulaire de Valouïev de 1863 et l'oukase d’Ems de 1872, qui limitaient l'édition et l'importation de la littérature religieuse et sociopolitique en ukrainien. Mais le contexte historique est très important. Ces décisions furent prises sur fond d’événements dramatiques en Pologne, du désir des dirigeants du mouvement national polonais d'utiliser la «question ukrainienne» dans leur intérêt. J'ajouterai que les œuvres littéraires, les recueils de poèmes ukrainiens et de chansons folkloriques ont continué à être édités. Des faits objectifs prouvent que l'Empire russe voyait se développer un processus actif d’épanouissement de l'identité culturelle de la Petite Russie dans le cadre de la grande nation russe qui réunissait la Grande Russie, la Petite Russie et la Russie blanche.

Parallèlement, des idées sur un peuple ukrainien séparé du peuple russe émergeaient et se renforçaient au sein de l'élite polonaise et d’une partie de l'intelligentsia de la Petite Russie. Et comme il n'y avait et il ne pouvait y avoir de base historique pour ce phénomène, les conclusions se basaient sur toute sorte d’inventions. Allant jusqu’à affirmer que les Ukrainiens ne sont pas du tout Slaves, ou, au contraire, que les Ukrainiens sont les vrais Slaves et les «Moscovites» non. De telles «hypothèses» ont commencé à servir de plus en plus souvent des fins politiques en qualité d’outil de rivalité entre les pays européens.

Depuis la fin du XIXe siècle, les autorités austro-hongroises ont repris le sujet – en contrepoids tant au mouvement national polonais qu’aux sentiments russophiles en Galicie. Pendant la Première Guerre mondiale, Vienne a contribué à la formation de ce qu’on appelle la légion ukrainienne des tirailleurs de la Sitch. Les habitants de la Galicie qui étaient soupçonnés de sympathie envers la religion orthodoxe et la Russie devenaient la cible d’une répression brutale et étaient jetés dans les camps de concentration de Thalerhof et Terezin.

Le développement ultérieur connut l'effondrement des empires européens, une guerre civile acharnée sur le vaste espace de l'ancien Empire russe et l'intervention étrangère.

Après la révolution de Février, en mars 1917, Kiev assista à la mise en place de la Rada centrale revendiquant le rôle de structure du pouvoir suprême. En novembre 1917, dans son Troisième Universal, elle proclama la création de la République nationale ukrainienne (UNR) au sein de la Russie.

En décembre 1917, les représentants de cette République arrivèrent à Brest-Litovsk où se déroulaient des négociations de la Russie soviétique avec l'Allemagne et ses alliés. À la réunion du 10 janvier 1918, le chef de la délégation ukrainienne donna lecture à une note sur l'indépendance de l'Ukraine. Dans son Quatrième Universal, la Rada centrale proclama l’indépendance de l’Ukraine.

Cette souveraineté fut de courte durée. Quelques semaines plus tard, la délégation de la Rada signa un traité séparé avec les pays du bloc allemand. S’étant retrouvées dans une situation difficile, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient besoin des céréales et des matières premières ukrainiennes. Pour assurer des livraisons à grande échelle, elles obtinrent l’accord pour dépêcher leurs troupes et leur personnel technique dans l’UNR. En fait, ce ne fut qu’un prétexte pour l'occupation.

Ceux qui aujourd'hui ont livré l'Ukraine sous contrôle extérieur complet devraient se rappeler qu’en 1918 cette décision s'avéra fatale pour le régime au pouvoir à Kiev. C’est avec la participation directe des troupes d'occupation que la Rada centrale fut renversée au profit de l’hetman Pavlo Skoropadsky qui proclama à la place de l’UNR l’État ukrainien placé en fait sous protectorat allemand.

À l'automne 1918, les nationalistes ukrainiens proclamèrent la République populaire d'Ukraine occidentale et, en janvier 1919, annoncèrent leur union avec la République nationale ukrainienne. En juillet 1919, les unités ukrainiennes furent battues par les troupes polonaises et le territoire de l'ancienne République populaire d'Ukraine occidentale se retrouva sous la domination de la Pologne.

En avril 1920, Simon Petlioura (l'un des «héros» imposés à l'Ukraine moderne) signa, au nom du Directorat de l'UNR, des conventions secrètes selon lesquelles, en échange d'un soutien militaire, il céda à la Pologne les terres de Galicie et de Volhynie occidentale. En mai 1920, ses hommes entrèrent à Kiev dans le convoi des unités polonaises. Mais pas pour longtemps. Dès novembre 1920, après l'armistice entre la Pologne et la Russie soviétique, les restes des troupes de Petlioura se rendirent à ces mêmes Polonais.

L'exemple de l'UNR montre l’instabilité de toute sorte de formations quasi-étatiques apparues sur l'espace de l'ancien Empire russe pendant la guerre civile et les troubles. Les nationalistes cherchaient à créer leurs propres États, les leaders du Mouvement blanc plaidaient pour une Russie indivisible. De nombreuses républiques créées par les partisans des bolcheviks ne se voyaient pas en dehors de la Russie. Cependant, pour diverses raisons, les chefs du parti bolchevique les poussaient parfois de force en dehors de la Russie soviétique.

Suite

 

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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 11:27

Union Européenne-Russie- Conflit de Haute Intensité- Défense-

L’Union Européenne se trompe de priorité. Au lieu de se focaliser sur le  respect des droits de l’Homme, les affaires sociétales et la défense de la démocratie -qui  sont considérés dans le reste du monde comme la volonté d’imposer les valeurs occidentales et rebutent de plus en plus un certain nombre de ses membres- elle ferait mieux de se préoccuper  de  sa défense.  

Le président Poutine  n’est pas un va en guerre mais la Russie a ses lignes rouges dont l’une est la non remise en cause de l’annexion de la Crimée. Il ne tolérera pas davantage que l’Ukraine et la Biélorussie  se rapprochent de l’Union Européenne. Nonobstant les manœuvres navales provocatrices organisées en Mer Noire par les USA, la Grande Bretagne et l’Ukraine,  n’en déplaise à cette dernière, sa demande d’adhésion à l’Otan sera vraisemblablement majoritairement rejetée par ses membres dont aucun ne serait prêt à mourir pour qu’elle récupère la Crimée. Et si par extraordinaire, elle était acceptée, elle serait considérée comme un casus belli par la Russie.

Or  le Président Poutine a les moyens de sa politique de sorte qu’il tolérera de moins en moins les critiques, les provocations ou  les sanctions de l’Union Européenne. Alors que le Président Biden a jugé, après l’avoir traité de « tueur »,  indispensable de le rencontrer à Genève, certains membres de l’Union Européenne se sont opposés stupidement à une telle reprise de discussion et l’ont  ainsi  renforcé dans sa conviction de la vassalisation de l’Union à l’égard des USA.

Il n’est donc pas à exclure qu’un exercice militaire russe de  grande ampleur réunissant comme en 2018, près de 300 000 hommes se terminent subrepticement par un conflit de « haute intensité » qui démarrerait en Ukraine et en Pologne.  Or la Russie dispose d’une capacité en matière de cyberdéfense, de guerre spatiale et de défense anti missiles  qui parait bénéficier désormais d’une certaine supériorité sur les Forces de l’Otan en Europe.

Face à une telle offensive éclair, les armées des Etats membres de l’Union et membres de l’Otan  seraient actuellement parfaitement incapables de tenir le choc même avec l’appui des 30 000 soldats américains restés stationnés en Europe car les armée polonaise et allemande sont actuellement largement non opérationnelles et l’armée française, la plus forte de l’Union, ne dispose que de la Force Scorpion,  composée des Ier et 3ème  Division, qui ne peut réunir que 50 000 hommes et ce,  dans un délai de mise sur pied de plusieurs semaines compte tenu de  la dispersion dans le monde des unités composant ses 9 brigades dont les régiments eux-mêmes sont éclatés du fait que leur compagnies ou escadrons remplissent actuellement une multitude de mission dans des lieux très éloignés.  Sans compter que, cette Force Scorpion ne dispose d’aucune possibilité de relève ni même de recomplétement et les stocks de munitions ne lui assurent qu’une durée de combat limité. On relèvera en effet que l’Etat major a bien de la peine avec les Unités de sa Force Scorpion a pouvoir réunir 10 000 hommes dans un futur exercice Orion programmé en 2023, format qui correspond simplement à un exercice de l’ampleur les Manœuvres Alpes organisées par la 27 Division Alpine de 10 000 hommes il y a une trentaine d’année.

Actuellement cette Force Scorpion n’est  pas  encore entrainée à un type de conflit conventionnel de haute intensité sur le territoire de l’Union Européenne du fait de la quasi absence d’exercices appropriés depuis près de 25 ans des brigades qui la composent.

Une fois le Rhin atteint en deux ou trois semaines, la Défense Opérationnelle du Territoire n’existant plus, le Président français ne pourra que recourir à la dissuasion nucléaire mais outre qu’il devra bien réfléchir, avec une opinion publique qui se révoltera, avant d’en menacer la Russie, rien ne dit que s’il y recourait, que beaucoup des cibles ennemies seraient atteintes compte tenu des moyens de brouillage, de détection, et anti-missiles russes. En revanche comme l’a proclamé le Président Poutine ;                                       

« L’agresseur doit comprendre que le châtiment est inévitable (…). Et nous, en tant que victimes d’une agression, en tant que martyrs, nous irons au Paradis. Eux, ils crèveront tout simplement, ils n’auront même pas eu le temps de se repentir »,

Il n’est pas impossible qu’un tel conflit n’intervienne en Europe avant celui  inévitable avec la Chine dans lequel les USA voudront nous entrainer voire qu’il ait lieu   avec une Russie alliée de circonstance de la Chine si on continue de vouloir l’exclure du concert européen.

 « Si vis pacem para bellum »

Pour revenir à un équilibre des forces conventionnelles sur le théâtre européen sans lequel le Président Poutine ne peut considérer que les injonctions des dirigeants de l’Union ne sont que de la gesticulation,

faute de pouvoir augmenter suffisamment l’armée de métier, il serait bon de compléter la Force Scorpion d’une brigade d’artillerie nucléaire avec nos anciens missiles Hades modernisés puis de rétablir au plus vite comme la Suède le Service militaire ce qui prendrait environ 10 ans pour pouvoir incorporer une classe d’âge de 800 000 jeunes, compte tenu du fait que l’encadrement d’un tel contingent suppose de reformer environ 80 000 officiers et sous-officiers, encadrement qui, mis à part au départ par les escadrons de gendarmerie mobile,  ne pourrait être assuré par l’armée de métier ( les officiers et sous-officiers de réserve issus du dernier contingent appelé ayant plus de 50 ans ce qui est un âge avancé pour des sergents, adjudants, aspirant, sous-lieutenant.. )

S’ajoute le fait que contre l’armée russe on ne peut guère envisager,  un deuxième front si ce n’est de manière difficile par l’armée turque dans le Caucase, pour autant  que la Turquie confirme son soutien à l’Ukraine sur l’affaire de Crimée.

Et les renforts éventuels américains, pour autant qu’ils respectent l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord ce dont on peut douter autant sous la présidence de Biden que de celle de Trump, supposeraient des débarquements dont l’organisation prendrait plusieurs  mois avec un risque considérable d’échec désormais. Seul sans doute un débarquement américain rapide sur la côte pacifique de la Russie serait susceptible de créer un deuxième ou troisième front front en Sibérie dont la mise en œuvre serait  impossible en hiver.

Malheureusement, il ne semble pas que les dirigeants des Etats membres de l’Union aient encore pris conscience du risque d’un conflit de Haute Intensité auquel l’Etat Major français prévoit pourtant de se préparer.

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 11:36

On se demande bien pourquoi  l'UNESCO   a  inscrit la gastronomie française au patrimoine de l'Humanité ?

Avec la déferlante actuelle sur la France des théories racialistes  de plus en plus farfelues  revenues en boomerang des Etats Unis qui ont  permis pourtant  à Madame Mathilde Cohen, chargée de recherche au CNRS et maître de conférence à l’Université du Connecticut, d’affirmer sérieusement, en anglais, dans une conférence à Sciences-Po Paris la « blanchité » de la gastronomie française, la logique voudrait que bientôt un nouveau brillant « chercheur universitaire,  américain du nord  de préférence » » juge que tous les descendants des peuples qui ont été colonisés de la planète ne devraient plus manger que de la nourriture élaborée par les seuls descendants de leurs ancêtres ou celles d’autre peuples colonisés sans aucune influence des cuisiniers descendants des peuples colonisateurs, se refusent à en utiliser les principales langues  le Chinois, l’Arabe, l’Anglais, l’Espagnol, le Portugais, le Français…et leurs alphabets…ou pictogrammes ..pour réapprendre comme l’ont fait les Israéliens avec l’Hébreu la langue de leurs ancêtres ou celles d’autres peuples colonisés et exigent que leurs soient restituées leurs terres avec le droit d’autoriser aux peuples colonisateurs le droit d’y rester ou non, et dans ce cas,  de les expulser vers les terres de leurs ancêtres.

Car si on ne veut plus souffrir du complexe du colonisé ou de l'esclave, il faut être logique jusqu'au bout.

Ainsi par exemple, les tribus indiennes du continent américain reprendraient la possession de leurs terres et décideraient si les Blancs, les Noirs, les Jaunes…. devraient retourner dans la terre d’origine de leurs ancêtres ou pourraient bénéficier d’un droit de séjour à condition d’apprendre la langue d’une  de ces tribus indiennes sur le territoire de laquelle ils seraient nés et de ne manger que ce que mangeaient les Indiens d’Amérique du Sud, d’Amérique Centrale ou des Caraïbes au XVIème siècle ou d’Amérique du Nord au XVIIIème siècle. Sinon les Blancs devraient retourner Europe, les Noirs américains en Afrique et se mettre à apprendre les langues de leurs ancêtres et manger comme eux,  les Arabes devraient tous retourner en Arabie à la grande joie des Israéliens, les Chinois d'Outremer en Chine, etcetera , etcetera  etcetera...

Et surtout tous les complexés de la planète devraient  rejeter son " Occidentalisation".

Mais depuis le début de l'histoire de l'humanité  quel  peuple  n'a pas occupé et colonisé le territoire d'un  autre peuple et ne lui a pas imposé son mode d'existence ? Même en Afrique avant la colonisation blanche ? 

Et s'il n'y a pas de race supérieure quel est le problème ! 

Quel est le Blanc qui pourrait sérieusement se plaindre de la colonisation romaine et de l'implantation de la vigne sauf à ne plus se mettre à boire du  vin.

Manifestement les Américains du Nord  qui développent des théories loufoques parties d'Europe il y a  un demi-siècle et  veulent  les réimporter de manière conquérante  dans leurs colonies intellectuelles européennes  n'ont pas appris  que le " ridicule tue"

 

 

 

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25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 12:41

 

L’Union Européenne n’a pas de constitution, pas d’armée fédérale, parle anglais et n’est finalement qu’un rejeton de l’Otan dans laquelle elle n’est même pas capable, plus de 75 ans après la Deuxième Guerre Mondiale, de faire poids égal avec les Etats Unis d’Amérique.

Les armées des Etats membres à la fois de l’Otan et de l’Union Européenne  ressemblent beaucoup à ces troupes germaniques fédérées à l’empire romain déclinant d’abord supplétives des armées romaines et qui finiront par être les seules à défendre l’idée impériale romaine.

Or après avoir semé le chaos en Irak, joué la neutralité active en Lybie, démissionné en Syrie,  abandonné aux Talibans l’Afghanistan, ménagé la Turquie, les Etats Unis renoncent à continuer de combattre l’islamisme en guerre pourtant contre ses alliés européens.

En revanche les Etats Unis veulent entrainer l’Otan dans leur prochaine guerre contre la Chine alors que la guerre que doit mener  l’Union Européenne est celle contre l’Islamisme sur son sol et sur ses marches frontières.

Force est de constater que sans armée, L’Union Européenne ne peut avoir  aucune diplomatie crédible.

Elle se complait de manière un peu grotesque dans la défense de problèmes sociétaux ou de droits de l’Homme.

Force est de constater également que bon nombre d’Etats de l’Union Européenne rechignent à engager leurs armées au côté de celle de la France dans sa lutte contre l’Islamisme sur ses marches frontières du Sahel.

Les Etats Unis n’avaient pourtant pas rechigné à s’allier avec l’Union soviétique de Staline, alliée momentanément de l’Allemagne nazie pour lutter contre elle et c’est principalement grâce à l’armée rouge que cette Allemagne Nazi a été battue. Et pourtant ils  n’ont pas eu l’intelligence de la Realpolitik pour  faire alliance avec la Russie pour combattre  l’Etat Islamique en Syrie alors qu’entre deux maux, la dictature d’Assad et l’Etat Islamique, le choix militaire était simple. Et les membres à la fois de l’Union Européenne et de l’Otan se sont empressés comme bons vassaux d’en faire de même.

Au lieu, comme l’a demandé le ministre des Pays-Bas à la Hongrie de quitter l’Union avec l’approbation du président de la République Française, ce dernier  devrait se demander plus sérieusement si la France ne devrait pas quitter l’Otan qu’elle n’aurait jamais dû intégrer comme l’estimait le général de Gaulle ; Otan qui aurait du disparaitre en même temps que le pacte de Varsovie et qui constitue un caillou dans les godasses du « Haut Représentant des Affaires Etrangères » de l’Union Européenne.

Puis partant du principe évident  que l’ennemi de mon ennemi  est, sinon mon ami , du moins mon allié, la France devrait passer une alliance militaire avec la Russie qui a seule lutté victorieusement contre l’islamisme sur son sol en Tchétchénie, et qui lutte à l’extérieure en Syrie,  en Lybie et désormais dans le Sahel.

Faute de quoi, la France finira par être supplantée par elle en Afrique où elle perdra progressivement son prestige et celui de son armée.

Si elle ne le fait pas, un jour viendra où l’Union Européenne, véritable héritière d’Athènes et de Rome  constatera que ce n’est pas son prétendu allié les Etats Unis d’Amérique qui s’en sont crus les héritiers mais les Russes qui, comme les Germains à la fin de l’empire romain, assurent leur protection contre l’islamisme sur ses marches frontières alors que dans le même temps les Etats Unis n’hésiteront pas sinon à s’allier, du moins à obtenir la neutralité de la Russie, dans leur conflit futur avec la Chine.

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24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 13:27

 

L’absence de contrôle démocratique des méthodes des Instituts de sondage est devenue particulièrement préoccupante.

Il est en effet de plus en plus manifeste que les Instituts de sondage cherchent à orienter l’Opinion en voulant  influencer les Indécis  par la production, avant votes, de sondages censés refléter l’opinion de la majorité.

Force est pourtant de constater que les sondeurs se trompent de plus en plus et que leurs sondages ne reflètent nullement l’opinion de la majorité silencieuse mais seulement celle des prétendues Elites qui cherchent à influencer la grande masse des Indécis.

Et ce pour une simple et bonne raison qu’en multipliant les lois réprimant non seulement les actes mais aussi les propos racistes, sexistes, antireligieux, homophobes …., une part croissante de citoyens craignent de s’exprimer non seulement publiquement mais aussi de plus en plus en privé comme ils avaient l’habitude de le faire avant, influençant par leur abstention bon nombre de leurs concitoyens craintifs dont seulement une partie moutonnière finit par se rallier sans conviction à ce qu’elle croit l’opinion majoritaire.

Pourtant manifestement les sondeurs n’écoutent plus les propos tenus dans les bistrots comme le faisaient les Renseignement Généraux et le font leur successeurs dont les conclusions  se sont avérées souvent plus pertinentes que celles des instituts de sondage .

Or la majorité silencieuse  qui regroupe une grande majorité d’abstentionnistes n’est pas constituée de citoyens sans opinion mais plutôt d’hommes et de femmes soit qui n’osent plus exprimer leurs convictions soit parce qu'ils jugent que leur vote ne changera rien dans la mesure où non seulement les médias mais aussi les instituts de sondage  sont contrôlés par des élites.

Contrairement à ce que prétendent ces dernières la démocratie ne fonctionne pas mieux dans les Etats qui se prétendent démocratiques que dans les prétendues « démocratures » qu’ils vilipendent.

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 10:36

 

Comme toujours  l’Union Européenne fait semblant de croire ou d’espérer que le président Poutine  n’aurait  pas forcément été immédiatement informé de l’intention du président Loukachenko d’intercepter le vol Athénes Vilnius de  Ryanair.

Pourtant il devrait être parfaitement évident que les opposants biélorusses font l’objet d’une surveillance constante des services spécialisés russes et biélorusses et que le président Poutine est parfaitement informé minute par minute des faits et geste de son homologue biélorusse.

Si donc le Président Poutine a laissé faire c’est qu’il a estimé que cela lui permettait, après «  l’affaire Navalny » de faire, par personne interposée, un nouveau test de fiabilité de l’Union Européenne.

En effet ses dirigeants ont cru pouvoir réclamer une libération immédiate de l’opposant Protassevitch arrêté sur l’aéroport de Minsk.

Mais comme l’a écrit très justement Renaud Girard dans l’édition du 25 mai du Figaro « L’Union Européenne ne fait peur à personne » et surtout pas au Président Poutine.

Et après des sanctions parfaitement inefficaces, elle va se trouver incapable d’augmenter la pression sur le Président Loukachenko tant qu’il aura le soutien intéressé de son homologue russe.

En effet faute d’une armée européenne capable de faire poids égal, sans l’allié américain, avec l’armée russe, toutes ses menaces, ne seront pas de nature à impressionner le président Poutine.

On se rappellera la faible efficacité qu’ont pu avoir autrefois l’embargo sur l’Afrique du Sud voire plus récemment sur l’Iran n’en déplaise au ministre des affaires étrnagère français  le Drian qui croit encore, dur comme fer aux sanctions financières alors que jusqu’à présent celles-ci ont tout autant été défavorables à l’Union Européenne.

Et même si elle disposait d’une telle armée, un ultimatum donné par les 27 chefs d’Etat de l’Union est parfaitement surréaliste.

On peut même imaginer qu’à travers cette incident le Président Poutine prépare psychologiquement le Président américain Biden à l’idée qu’il est hors de question de penser pouvoir négocier  lors de leur prochaine réunion à Genève le 16 juin prochain au-delà de ce qu’il considère comme des lignes rouges  alors que ce dernier a pris le risque lui aussi de réclamer la libération de l’opposant biélorusse.

L’Union Européenne croit  pouvoir compter, comme vassal fidèle,  en dernier ressort sur la capacité du président américain à tenir tête au président Poutine.

Mais si celui-ci prend le risque d’une certaine escalade, c’est qu’il a appris à bien connaitre son homologue américain à l’égard duquel, comme tout bon jouer d’échec, il a toujours un coup d’avance.

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 10:15

 

A une époque où l’autorité de l’Etat n’est plus respectée, on est en droit de s’interroger si nos démocraties peuvent encore se permettre de laisser se dégrader l’image de Corps de l’Etat dont la mission est d’assurer la sécurité de ses citoyens.

Certes il est dans la tradition humoristique française de se moquer de tout. Mais jusqu’à présent certaines fonctions et  l’uniforme militaire ont  été relativement épargnées.

On peut se demander dès lors, si la gendarmerie a véritablement gagné à pouvoir enquêter en civil quand on voit l’image d’écervelée, prétendument charismatique, malheureusement populaire, que lui donne le «  capitaine » Marleau. Ce qu'elle ne pourrait  même à notre époque se permettre de faire en uniforme. Encore heureux donc qu'elle ne fasse pas ses pitreries en uniforme !

Tout le monde n'a pas le talent de Funès ou de Galabru.

Néammoins du fait qu'elle porte le grade de "capitaine" tous les officiers  devraient se sentir humiliés par l’image donnée d’eux-mêmes par un tel personnage qui incarne magistralement la médiocrité ambiante.

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 12:36

 

Il est bien évident qu’avant très longtemps, les véhicules militaires continueront d’avoir des moteurs essences ou diesels.

Il est donc vital, comme pour l’aviation et la marine, que la France conserve sur son territoire national, toutes les industries lui permettant de produire des véhicules militaires avec moteurs essences ou diesels

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 09:40

 

Alors qu’inexorablement la France est entrainée vers la guerre civile faute par les politiques d’avoir fait preuve de réalisme depuis 40 ans, se pose la question du rétablissement de l’Ordre public.

Or il est évident depuis de nombreuses années que les effectifs totaux de policiers, de gendarmes mobiles, de CRS, et de militaires seraient parfaitement insuffisants pour assumer une telle mission.

En effet en cas d’insurrections simultanées dans la plupart des banlieues dont l’Etat a perdu le contrôle depuis des années et de manifestations violentes engagées par les mouvements d’extrêmes gauches dans les principales villes de France, police,  gendarmerie, crs,  seront totalement débordés et l’armée aux effectifs réduits engagés dans une multitude de missions qui dépassent déjà ses capacités, serait incapable de constituer un ultime recours même en cas de proclamation l’Etat d’urgence voire l’Etat de siège (article 36 de la Constitution).

Membre permanent du Conseil de Sécurité, alors que la France peine déjà à assurer sa sécurité extérieure, elle risque de s’avérer incapable d’assurer la sécurité intérieure de ses citoyens et dans ces conditions,  lamentablement, seuls les 1 million de chasseurs seraient en mesure d’assurer la défense de leur famille et de leurs biens  en raison de l’insuffisance d’un dispositif de rétablissement de l’ordre républicain.

Mais ce jour-là, les Robespierre aux petits pieds et tous les rêveurs du Grand Soir  qui les admirent n’auront plus personne pour assurer la leur.

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 10:58

 

La moitié sud de la Crimée reste longtemps gréco-romaine. Le reste de la péninsule est occupé par les Goths et les Alains (250 apr. J.-C.). Theodoros, ancienne forteresse située au sud-ouest de la Crimée (à 21 km à l'est de Sébastopol), fut peut-être fondée par ces Goths et Alains. La population des Goths de Crimée subsiste plusieurs siècles, avec sa propre langue, le gotique de Crimée, mais Goths et Alains (ici dénommés Iasses, et proches des actuels Ossètes) sont progressivement hellénisés, adoptant la langue grecque et la religion chrétienne orthodoxe. Au début du IXe siècle, l'Empire byzantin organise le Sud de la Crimée en un « thème » (province civile et militaire) : le thème de Cherson. En 1204, lorsque Constantinople, tombe entre les mains des croisés occidentaux, les Vénitiens s'emparent des ports de Cembalo, Caulita, Lousta, Soldaïa et Caffa (Théodosie) tandis que le thème lui-même échoit à l'empire grec de Trébizonde. Dans la moitié nord de la péninsule, divers autres peuples se succèdent : les Huns (376), les Bulgares (Ve siècle), les Khazars (VIIIe siècle), les Russes kiéviens (Xe – XIe siècles), les Pétchénègues (1016), les Kiptchaks (1050), les Coumans ou Polovtses (1171), les Tatars et aussi les Mongols (1237). En 1235, l'empire grec de Trébizonde reprend les ports criméens aux Vénitiens, pour les concéder au XXIIIe siècle aux Génois. En 1362, l'Empire byzantin récupère le thème de Théodoros avec Doros pour capitale. Le basileus Jean V Paléologue le confie à l'un de ses parents, le thémarque Demetrios Paleologue Gavras. Les descendants de celui-ci en feront un État grec orthodoxe quasi indépendant. Cet État byzantin, appelé principauté de Théodoros, disparaîtra vingt-deux ans après la chute de Constantinople (1453)

La république turque est fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk. Il abolit le califat et sous son impulsion, la Turquie quitte la conférence de La Mecque en 1926, estimant que sa participation à une conférence islamique. La. République devient effectivement laïque à partir de 1937, plaçant le pays dans une forte proximité avec  l’Occident.

Mais cette  révolution  turque ne fut jamais initiée par le peuple mais  par les élites sociales, politiques et militaires. Le peuple, en particulier celui des campagnes, largement analphabète et très attaché à la religion, est tenu à l’écart  car considéré comme trop fruste pour y participer et même comme un danger pour la modernité du nouveau régime. L’État-nation turc fondé sur un modèle centralisateur à la française ne sait pas en retour traiter la diversité de ses populations, sociale (villes riches, campagnes pauvres), ethnique (Turcs, Arméniens, Kurdes, Grecs, etc.) et religieuse (sunnites, alévis chiites, orthodoxes grecs, etc.), autrement qu’en l’ignorant et en s’imposant sur tout par la force. Une solide administration et une armée puissante sont les deux instruments de l’autoritarisme turc républicain.

A la différence de la guerre 14-18 pendant laquelle l’empire Ottoman était l’allié des empires de Prusse et d’Autriche-Hongrie, la république d’Atatürk  n’a pas participé à la Deuxième Guerre mondiale dans laquelle elle n’entre qu’en 1945. Ennemie héréditaire de la Russie et idéologiquement hostile à l’Union Soviétique, elle adhère à l’0tan dès le 22 octobre 1951.

Son  histoire singulière  a donc conduit à cette originalité que la laïcité est défendue en Turquie par l’armée, celle-ci se considérant comme la garante des principes de la république fondée par Atatürk, là où les pouvoirs militaires soutiennent et sont en général soutenus partout dans le monde par les autorités religieuses traditionnelles. L’autoritarisme politique servi de l’armée s’est par ailleurs traduit en Turquie par une forme de tradition du coup d’État militaire. Mais là encore, originalité de la Turquie, les militaires interviennent pour « sauver » le pays, le sortir de ses impasses politiques et en général économiques, et restaurer la république.

Les coups d’État perpétrés par l’armée sont le plus souvent soutenus par le peuple comme par la bourgeoisie, le but n’étant jamais pour les militaires de conserver le pouvoir – ils le rendent lorsque la démocratie fonctionne à nouveau et que la sécurité règne. Néanmoins, malheureusement,  bien qu’alliés dans l’Otan, les militaires turcs n’apparaissent pas aux yeux voilés des Occidentaux comme des défenseurs de la Démocratie et font l’objet d’une certaine hostilité de la part des Européens qui rêvent d’une évolution de la République turque vers les standards de l’Europe occidentale.

En 1961, un premier coup d’État  est soutenu par la presse, les intellectuels et les universités.

En 1969, la Turquie adhère à l'Organisation de la coopération islamique. En 1970, une crise économique a lieu avec un climat de violence et des attentats d’extrême gauche. .

Le 12 mars 1971, Süleyman Demirel démissionne à la suite d'une déclaration musclée de l'État-major. Les mouvements de gauche connaissent une répression violente. La liberté de la presse et des droits syndicaux sont limitées. Le Parlement reste en fonction et des gouvernements technocrates sont formés par des hommes politiques « indépendants », proches de l'État-major.

En 1973, Fahri Korutürk est élu le sixième président de la République. Les élections législatives sont remportées par le Cumhuriyet Halk Partisi de Bülent Ecevit qui devient Premier ministre. L’armée regagne ses casernes, réalisant qu’elle avait finalement négligé les revendications populaires et apporté son soutien à la bourgeoisie dans la conduite de la répression

Le 20 juillet 1974, l'opération Attila débute. À la suite d'un coup d'État des nationalistes grecs contre le gouvernement chypriote en place visant à rattacher l'île à la Grèce, et en s'appuyant sur le traité de garantie de la Constitution de 1960, la Turquie intervient militairement à Chypre, et occupe le Nord de l'île en deux jours. Cette rapide victoire de l'armée turque aboutit à la division de l'île et à la chute de la dictature des colonels en Grèce. Un embargo militaire américain est mis en place.

Le 14 avril 1987, Turgut Özal  adresse la candidature de la Turquie à l'Union européenne à Leo Tindemans, alors ministre belge des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil des Communautés européennes.

Le 24 mars 1994, les élections municipales sont massivement remportées par les islamistes du Parti de la Prospérité (Refah Partisi, créé en 1983). Recep Tayyip Erdoğan devient le premier maire islamiste d'Istanbul.  En 2002, l'AKP domine largement le Parlement. En près de 20 ans, comme sympathisant des Frères Musulmans, il va procéder à une réislamisation à marche forcée de la Turquie. Son parti islamo-conservateur va vouloir discréditer ses adversaires.

A partir de 2007, un gigantesque procès dit Ergenekon du nom d'un présumé réseau criminel turc va être engagé  pour poursuivre  des militants de l'extrême droite ainsi que de la gauche républicaine, d'officiers de l'armée et de la gendarmerie, de magistrats, d'universitaires et de journalistes. L'affaire, extrêmement complexe et controversée, va voir une partie des politiques turcs, en particulier du Parti républicain du peuple (CHP), accuser l'AKP, En tout, 300 personnes sont arrêtées de juin 2007 à novembre 2009, et 194 inculpées dans le procès Ergenekon, à des titres divers. À partir de 2012, une fois l'élite militaire en prison lors du procès Ergenekon, Erdoğan fait davantage référence à l'Islam, rappelant ses discours télévisés des années 1990. En 2014, Erdogan devient le premier président de la République élu au suffrage universel direct.

Le 15 juillet 2016, une tentative de coup d'État militaire, finalement repoussée, menace le pouvoir d'Erdoğan.  22.000 militaires sont renvoyés sur un effectif de 450.000 hommes.. Les purges affectent également affecté les relations de la Turquie avec l'Otan, dont elle est la deuxième force en termes d'effectifs (derrière les Etats-Unis). Le pouvoir turc, prompt à voir la main de l'Occident derrière chacun des troubles qui agitent le pays, a rapidement rappelé une grande partie de ses militaires détachés auprès de l'institution.  40 attachés militaires et 300 officiers sont ainsi sommés de revenir en Turquie pour se soumettre à une enquête. Certains d'entre eux ont choisi de ne pas s'exécuter. En Allemagne, 40 militaires turcs détachés auprès de l'Otan ont ainsi déposé une demande d'asile politique.

Les purges ont permis d'éliminer les partisans de Gülen au sein de l'armée, qui représentaient un obstacle à une intervention turque en Syrie.

 

Alors qu’en Syrie, les opérations de l’Armée turque n’ont pas été  dirigées contre l’Etat islamique mais contre les Kurdes pourtant alliés des Occidentaux,

Alors que la Turquie s’est montrée très agressive avec l’Union Européenne dont la majeure partie des membres sont ses alliés dans l’Otan,

Alors que depuis son invasion d’une partie de Chypre en 1974, elle n’a manifesté  aucune volonté de règlement de ce conflit,

Alors que récemment encore elle a fait preuve d’agression à l’égard de la Grèce, alors qu’en infraction avec les résolutions de l’ONU, elle a envoyé des troupes et du matériel militaire en Lybie en se plaignant des contrôles effectuées par les marines de l’Union Européenne, alors qu’elle a acheté malgré l’opposition des USA des missiles S 400 russes,

Alors et surtout qu’avec la disparition de l’Union soviétique l’importance stratégique de son armée pour l’Otan  a considérablement diminué,  cette dernière  et l’Union Européenne se félicitent d’une apparente volonté de la Turquie d’améliorer ses relations  avec elles.

Et ce à l’occasion de la crise Ukrainienne et des velléités de l’Ukraine de récupérer la Crimée tout en espérant pour ce faire intégrer l’Otan avec l’appui de la Turquie et obtenir son soutien.

 

Mais les dirigeants de l’Otan et de l’Union mais également ceux de l’Ukraine  devraient se souvenir que

le khanat de Crimée a été attaqué par l'Empire russe dès le  XVIIe siècle et  qu’à  l'issue de la guerre russo-turque de 1768-1774 les Tatars de Crimée, jusque-là vassaux de l'Empire ottoman, étaient devenus  théoriquement indépendants par le traité de Küçük Kaynarca mais en pratique le khan était passé sous protectorat russe  et qu’après plusieurs années de désordres et un nouveau conflit entre la Russie et l'Empire ottoman, l'impératrice Catherine II procéda à l'annexion du Khanat en 1783, entérinée par le traité de Jassy.  La même année, elle fonda le port de Sébastopol et inaugura une politique de peuplement par des chrétiens (grands-russiens et petits-russiens — c'est-à-dire des Russes et des Ukrainiens —, mais aussi Allemands, Moldaves, Arméniens et Grecs nord-pontiques rappelés sur leurs terres d'origine), au sein d'une nouvelle entité territoriale qui vit aussi s'élever des villes à l'architecture et aux noms grecs antiques (Odessa, Tyraspol, Ovidiopol, Chersonèse, Simféropol, Sébastopol, Théodosie, Mélitopol…). Cette entité fut d'abord nommée gouvernement territorial de Crimée, puis intégrée à un nouveau gouvernement de Tauride. Le pays, jusque-là consacré à l'élevage extensif des Tatars, devint terre de cultures. Et dès lors, les Tatars de Crimée, bientôt minoritaires, furent persécutés, chassés vers l'Empire ottoman, déportés vers la Russie centrale ou la Sibérie, voire massacrés lors des révoltes. Leurs vassaux roms qui élevaient leurs chevaux, fabriquaient leurs tentes, selles et chaudrons, construisaient leurs chars, portaient leurs bagages et reconnaissaient le terrain lors des raids, devinrent alors par tribus entières la propriété des Tzars, boyards et monastères chrétiens. La Russie impériale chargea les Cosaques de « pacifier » et d'assimiler définitivement Tatars et Roms, dont beaucoup furent sédentarisés de force. En 1853, l'Empire ottoman en plein déclin décida, avec le soutien de la Grande-Bretagne et de la France, de mettre un coup d'arrêt à l'expansion économique et territoriale russe. Les alliés de circonstances attaquèrent la péninsule.  Le conflit de 1854-1856 fut extrêmement meurtrier, 750 000 hommes périrent en trois ans. La Crimée resta sous le contrôle de la Russie, malgré le siège de Sébastopol qui se solda par une défaite russe. Le traité de Paris entré en vigueur le 16 avril 1856,  déclare la neutralité de la mer Noire et interdit la navigation aux navires de guerre et la construction de fortifications Si le traité de Paris entraîne peu de changements territoriaux, il marque la fin du Concert européen créé par le congrès de Vienne en 1815.

Le 19 février 1954, Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique et dont l'Ukraine était la patrie d'adoption, rattache l'oblast de Crimée à la République socialiste soviétique d'Ukraine (RSSU) à l'occasion du 300e anniversaire de la réunification de la Russie et de l'Ukraine. Treize années plus tard (en 1967), les Tatars de Crimée furent réhabilités, mais sans pour autant être autorisés à revenir dans la péninsule. Ils n’accédèrent à ce droit qu'après la fin de l'URSS et son remplacement par la CEI. À la suite de la dislocation de l'URSS de 1989, la Crimée, après référendum, se déclare le 20 janvier 1991 « République autonome » (dans l'intention affichée de devenir une « République unionale » (RSS) à part entière), mais sept mois plus tard, le 24 août 1991, l'Ukraine proclame son indépendance (confirmée par référendum du 1er décembre 1991). Une semaine plus tard à Minsk, l’URSS cesse d’exister, à la suite de sa dissolution décidée par les dirigeants russe, ukrainien et biélorusse. La Crimée est à ce moment une République autonome de l'Ukraine.

Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata, est fondée la Communauté des États indépendants (CEI) qui regroupe onze des quinze anciennes « Républiques unionales » soviétiques : l'Azerbaïdjan, de l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Moldavie, la Russie, le Tadjikistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan et l'Ukraine ( puis la Géorgie, le 3 décembre 1993).

Au début de 1992, l'Ukraine réaffirme sa pleine souveraineté sur la Crimée. Le 5 mai 1992, la Crimée proclame sa première Constitution. Les tensions étant momentanément apaisées sur l'ensemble de l'Ukraine, la Crimée reste au sein de ce pays en tant que région autonome pourvue de sa propre constitution. La ville de Sébastopol accède à un statut spécial en Ukraine. Son arsenal portuaire de Sébastopol reste à la Russie, qui continuera à y entretenir sa flotte militaire stratégique du Sud. Le 19 juillet 1994, Leonid Koutchma est élu 1er président d'Ukraine, pour cinq ans. Il reste en place pendant deux mandats. Le 17 mars 1995, le Parlement ukrainien abolit la constitution criméenne de 1992. De juin à septembre 1995, c'est le président Koutchma qui gouverne directement la Crimée par décrets. Il en résulte un nouveau bras de fer entre pro-russes et pro-ukrainiens, en Crimée mais aussi dans le reste de l'Ukraine. L'enjeu est en fait le statut de la ville de Sébastopol et l'éventuel retrait de la flotte russe de la mer Noire. Comme chaque fois que des tensions apparaissent entre un pays ex-soviétique et la Russie, de nombreuses inquiétudes apparaissent au niveau international quant à la stabilité du « glacis russe . Le Parlement de Crimée vote alors une nouvelle série de lois constitutionnelles (octobre 1995), qui seront longtemps contestées par les autorités ukrainiennes, car réaffirmant et précisant l'autonomie de la Crimée. La situation restera tendue, mais sans incidents, pendant plusieurs années, jusqu'aux défaites électorales des partis ukrainiens pro-européens nés à l'issue de la chute du bloc soviétique. La Russie retrouve alors son niveau d'influence antérieur dans les affaires intérieures de l'Ukraine, et surtout de la Crimée. La Russie facilite la distribution de passeports russes à la population russophone de Crimée.

En 1997, le rattachement de la Crimée à l'Ukraine (comme République autonome) est officiellement reconnu par la Russie. La nouvelle Constitution criméenne est officiellement ratifiée par les deux parlements, russe et ukrainien, les 21 octobre et 23 décembre 1998. La Crimée devient une entité administrativement et territorialement autonome au sein de l’État unitaire d'Ukraine. La Crimée n'est pas un État souverain mais son intégrité territoriale, son autonomie y compris budgétaire et le statut de sa population russophone et ses droits patrimoniaux face à toute revendication, lui sont garantis. Et enfin, elle possède son propre organe représentatif, la Verkhovna Rada (Parlement), un Conseil des ministres (organe exécutif), et un chef d'État. La seconde Constitution de la Crimée entre en vigueur à partir du 12 janvier 1999.

Le débarquement de matériel militaire américain via l'OTAN, le 27 mai 2006, dans le port criméen de Feodossia, en Crimée, en prévision de l'exercice Sea Breeze 2006, ravive fortement les tensions avec la Russie, ainsi que les passions en Crimée. En effet, ni la Crimée, ni l'Ukraine ou la Russie ne sont membres de l'Alliance militaire atlantique occidentale. Et l'autorisation de débarquement avait été donnée par le troisième président d'Ukraine, le pro-occidental Viktor Iouchtchenko (2005-2010, parti Notre Ukraine), alors que constitutionnellement, la décision relevait du seul Parlement ukrainien.

Les élections législatives de 2007 donnent la victoire au Parti des régions de Viktor Ianoukovytch. Mais les « forces pro-occidentales » de Notre Ukraine et du Bloc Ioulia Tymochenko s'allient pour former un gouvernement de coalition

L'année suivante, sur proposition du président géorgien Mikheil Saakachvili, le parlement géorgien vote la sortie de la Géorgie de la Communauté des États indépendants (CEI). Une semaine plus tard, le 14 août 2008, le député Iouri Kostenko (en) du nouveau groupe pro-présidentiel Notre Ukraine - Autodéfense populaire (NUAP) et représentant du Parti populaire ukrainien, déposent à la Rada suprême (parlement ukrainien), un projet de loi dénonçant l'accord de participation de l'Ukraine à la CEI. Le secrétariat du président ukrainien, soutenu par les Occidentaux, affirme que Kiev n'a jamais signé les Statuts de la CEI. Mais finalement, l'Ukraine restera dans la CEI en tant que membre fondateur et État participant.

Le 3 juin 2010, l'Ukraine renonce à une adhésion à l'OTAN. Cette année-là, de nouvelles élections générales se déroulent dans l'ensemble de l'Ukraine. Le 31 octobre 2010, la Crimée, région autonome d'Ukraine, vote pour élire ses parlementaires. Le « Parti des régions » (créé le 26 octobre 1997), qui est russophone et dirigé par Volodymyr Rybak, remporte sans surprise les élections parlementaires criméennes, avec une majorité écrasante (80 des 100 sièges). Aujourd'hui près de 98 % des habitants de Crimée parlent le russe.

Deux ans plus tard, à Kiev, lors de l'élection parlementaire ukrainienne de 2012, le Parti des régions remporte 185 sièges au Parlement ukrainien. Il forme alors un groupe parlementaire russophone majoritaire de 210 députés (sur un total de 444 sièges).

Courant 2013, l'Union européenne propose un accord d'association avec une Ukraine dont les caisses étatiques sont à nouveau vides. Mais le parlement Ukrainien refuse l'accord d'association avec l'U.E.

En réaction, la population de l'Ouest ukrainien et une partie des Kiévois se soulèvent en novembre 2013 : ce sont les manifestations dites « Euromaïdan » qui rappellent l'ancienne révolution orange (2004-2005). La radicalisation de la manifestation avec les violences qui s'ensuivent débouchent le 22 février 2014 sur la prise du palais présidentiel et de l'assemblée parlementaire de Kiev, ainsi qu'à la fuite du président de l'Ukraine, Viktor Ianoukovytch (2010-2014, Parti des régions). Ce changement de pouvoir à Kiev, « révolution » pour l'opposition pro-européenne, mais « coup d'État » pour les pro-russes et pour la Russie, attise en république de Crimée,  les tendances séparatistes face à l'Ukraine.

Le 23 février 2014, la Crimée annonce qu'elle ne reconnaît pas le nouveau président ukrainien par intérim, Oleksandr Tourtchynov et les nouvelles autorités provisoires d'Ukraine. Dans la nuit du 26 au 27 février, des bâtiments officiels sont occupés par des paramilitaires armés se présentant comme des « forces d'autodéfense ». Le 27 février 2014, le Parlement de la Crimée, en présence d'hommes en armes, élit un nouvel exécutif et vote la tenue d'un référendum sur la question d'une autonomie renforcée vis-à-vis de Kiev ; un référendum est prévu pour le 25 mai 2014. Kiev dénonce la légalité de ce référendum, qui est alors avancé au 30 mars (puis une semaine plus tard, au 16 mars). Face à des menaces de sanctions, Vladimir A. Konstantinov, le président de la Crimée (Conseil suprême de Crimée), et Sergueï Aksionov, son nouveau Premier ministre de Crimée et chef du parti « Unité russe  », font alors appel officiel à la Russie. Le 1er mars 2014 la tension monte d'un cran : les groupes paramilitaires formés de russophones criméens, ainsi que des troupes et blindés russes basés dans le port de Sébastopol, se répartissent sur des points stratégiques de la péninsule, afin d'après des commentateurs de la presse étrangère, « de protéger la flotte de Sébastopol », et aussi d'assurer la sécurité des habitants russophones de Crimée, selon le ministre des Affaires étrangères de la fédération de Russie Sergueï Lavrov. Aussi présentes, les troupes ukrainiennes moins nombreuses restent cantonnées dans leurs bases militaires criméennes. Le 3 mars, certaines troupes ukrainiennes n'ont pas rendu les armes. Mais des responsables américains annoncent qu'ils considèrent que les troupes pro-russes ont achevé le contrôle opérationnel de la Crimée. Les atlantistes se réunissent et évoquent des rétorsions et sanctions non militaires. Dans le même temps, Vladimir Poutine, actuel président de la fédération de Russie, accepte de dialoguer avec un groupe de contact dit format Normandie (Allemagne, France et Ukraine). Le 11 mars, le Parlement criméen proclame l'indépendance de la péninsule vis-à-vis de l'Ukraine. Le 18 mars 2014, le président russe Vladimir Poutine signe avec les dirigeants de Crimée un accord historique sur le rattachement de cette péninsule à la Russie. Cette signature intervient deux jours après le référendum en Crimée qui a plébiscité un rattachement à Moscou.

En ce début d’année 2021, face aux nouvelles tensions avec la Russie,  le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky réclame à nouveau l’adhésion de son pays à l’Otan et l’UE  avec l’appui suspect de la Turquie qui estime légitime la récupération par l’Ukraine de la Crimée. Suspect car, la Crimée ayant été prise par la force à l’empire ottoman par la Russie, on peut s’étonner que la Turquie estime légitime qu’elle revienne de droit à  l’Ukraine.

Les dirigeants de l’Otan et de l’Union Européenne seraient bien inspirés de se demander qu’elles sont, dans cette nouvelle posture, les arrières pensées d’un président turc qui encore récemment, lors du conflit entre Arménie et Azerbaidjan  dans lequel la Turquie a soutenu cette dernière, a laissé la Russie  y mettre fin poursuivant une certaine complicité contre nature amorcée sur le conflit syrien.

Ou alors ils devront accepter qu’un jour le Président turc ne leurs présente « la note de l’aubergiste ».

Et ils devraient bien se poser les questions de savoir d’une part quel intérêt elles auraient à accepter la proposition d’adhésion de l’Ukraine et d’autre part si la Turquie- qui rêve de rétablir son influence sur les anciens possessions du Proche Orient et d’Afrique de l’empire Ottoman  (Syrie, Irak, Palestine, Jordanie, Arabie, Egypte, Lybie, Tunisie, Algérie….  Voire européennes serait un allié fiable dans les conflits prochains qui pourraient impliquer l’Oran et l’Union Européenne ou si objectivement, sinon l’alliance du moins la neutralité de la Russie ne serait pas stratégiquement plus profitable

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