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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:14

3. Reconquêtes Chrétiennes par l’Europe Occidentale (les six croisades au Proche Orient de 1096 à 1229)

À la fin du XIe siècle, le djihad a perdu sa force d'attraction parmi les musulmans. L’empire musulman est fractionné en plusieurs califats rivaux : le califat fatimide (909-1171), le califat de Cordoue (929-1031), le califat Almohade (1147-1269)

L'Occident latin est entré dans une phase de reconquête aux dépens de l'Islam.

À la fin de ce XIe siècle, le Proche-Orient est divisé. Au Sud, les Fatimides chiites sont au pouvoir en Égypte et contrôlent une partie de la Palestine. Le reste du Proche-Orient était sous la domination des Seldjoukides, un peuple turc nomade converti à l'islam sunnite au IXe siècle qui a mis fin à l'empire arabe et d'une manière générale à la suprématie des arabes. En 1055, les Seldjoukides prennent le contrôle du califat abbasside à Bagdad. Après la victoire de Mantzikert en 1071, les Turcs atteignent le Bosphore, mais très tôt, l'Empire seldjoukide est divisé en une série de principautés rivales dont la principale était le sultanat de Roum. La Syrie est aussi divisée en plusieurs États indépendants

Au Proche-Orient les divisions étaient d'ordre religieux et ethnique. Les Turcs sunnites étaient minoritaires. La population arabe était de confession chiite, ismaélienne ou chrétienne. Les chrétiens étaient eux-mêmes de différentes tendances : orthodoxes, melkites, et monophysites. Il y avait des Arméniens en Syrie du Nord.

L'affaiblissement de l'Islam a permis l'essor du commerce par les villes italiennes en Méditerranée. Venise, Bari et Amalfi ont noué des liens avec l'Orient, et, Pise et Gênes ont chassé les Sarrasins de la mer Tyrrhénienne. La Méditerranée devient un lac latin.

La première croisade débute en 1096 avec des milliers de pèlerins piétons, pour réoccuper une partie des terres perdues lors de l'expansion arabe du IXème siècle par l’empire romain d’Orient (byzantin), et ainsi rendre Jérusalem accessible au pèlerinage. Elle aboutit à la fondation des États latins d'Orient,

Quatre États sont créés dans la foulée de la première croisade : le comté d’Édesse et la principauté d’Antioche en 1098; le comté de Tripoli en 1102; le royaume de Jérusalem, de 1099 et le comté de Tripoli en 1102.

À partir de 1128, l'Islam reprend l'initiative avec le souverain de Mossoul l’atabek Zengi qui remet à l'honneur le thème du djihad. L’empereur romain germanique Conrad III et le roi de France Louis VII participent en 1147 à la deuxième croisade. L’empereur romain d’Orient byzantin Manuel Ier Comnène souhaite retrouver sa suzeraineté sur Antioche et demande aux deux souverains de lui prêter hommage. Conrad III et Louis VII refusent. Ils perdent donc l’appui et l’aide des Byzantins qui refusent de les approvisionner. Alors que les armées byzantines sont occupées à surveiller les croisés, Roger II de Sicile en profite pour s'emparer de Corfou, de Céphalonie et pour piller Corinthe et Thèbes. C'est l'amiral Georges d'Antioche, émir des émirs, c'est-à-dire premier ministre de Roger II, qui, bien que syrien et orthodoxe, commande de la flotte sicilienne opérant les ravages sur les rivages byzantins.. La deuxième croisade favorise donc les ambitions normandes dans l'Empire byzantin. Manuel Ier Comnène se résigne à signer un traité avec le sultan de Roum.

Les atabeks de Mossoul étendent leur contrôle de la Syrie. Nur-al-Dîn, le fils de Zengi, s'assure le contrôle définitif d'Edesse. Les chefs des États latins sont obligés de s'allier avec l'empire byzantin. Les vizirs fatimides se maintiennent en faisant appel soit aux Francs et soit aux Syriens. Finalement Saladin, qui est un kurde à l'esprit religieux, parvient à devenir vizir du dernier fatimide et, à la mort de celui-ci devient lieutenant de l'atabek pour l'Égypte et rétablit le sunnisme en 1169, réalisant ainsi l'union de la Syrie et de l'Égypte. Saladin attaque alors les positions franques. Il cherche à isoler les Latins et conclut pour cela des alliances avec les Seldjoukides en 1179, avec l'Empire byzantin et Chypre en 1180. En effet, l'Empire byzantin est menacé en Europe par les Hongrois, les Serbes et les Normands de Sicile et n'a plus les capacités de soutenir ses anciens alliés. Une trêve avec les Latins est cependant conclue en 1180 et renouvelée en 1185. Saladin en profite pour s'assurer le contrôle d'Alep et de Mossoul. En même temps, de graves dissensions internes minent le royaume de Jérusalem. Le roi Baudouin IV est très malade. La classe dirigeante se déchire sur sa succession. Le royaume de Jérusalem, menacé, ne peut compter sur aucun secours extérieur. À la mort de Baudouin, Sibylle, sœur du roi défunt, et son mari Guy de Lusignan sont couronnés. Raymond III, comte de Tripoli, déçu d'être écarté, demande l'aide de Saladin. Celui-ci refuse dans un premier temps car il vient de renouveler la trêve avec le royaume. Mais Renaud de Châtillon, un seigneur brigand, pille une caravane arabe se rendant à Damas en 1187 et refuse, malgré l'ordre du nouveau roi, de rendre le butin. Saladin proclame la guerre sainte.. Lors de la bataille de Hattin, les chevaliers francs sont presque tous capturés et ne sont délivrés qu'en échange d'une rançon ou de leurs châteaux.. Renaud de Châtillon, deux cents Templiers ou Hospitaliers sont tués et presque tous les chevaliers sont capturés. Les sergents ou piétons sont massacrés ou vendus comme esclaves. Saladin prend l'une après l'autre les places fortes de l'intérieur. Il autorise le départ contre rançon d'une partie des combattants et des habitants vers Tyr pour embarquer vers l'Europe, le reste de la population est livrée à l'esclavage. À Jérusalem, Balian d'Ibelin obtient de Saladin une capitulation honorable permettant le rachat d'un tiers de la population le 2 octobre 1187 (environ 10 000 habitants sont livrés à la déportation et l'esclavage). Les proclamations triomphales envoyées à travers le monde musulman y consacrent la gloire du vainqueur. Les établissements sont alors réduits à Tyr et à Beaufort pour le royaume de Jérusalem et à Tripoli, au Krak des Chevaliers, à Antioche et à Margat au nord.

Quand la nouvelle de la prise de Jérusalem par Saladin parvient en Occident, le pape Grégoire VIII lance des appels à une troisième croisade. Richard de Poitou, futur Richard Cœur-de-Lion, prend la croix le premier, bientôt suivi par son père, Henri II d'Angleterre et par le roi de France, Philippe Auguste. Dans le même temps, la flotte navale de Guillaume II de Sicile fait voile vers les avant-postes de Tripoli, Antioche et Tyr et assure le ravitaillement des dernières places fortes en armes et en hommes. Le même mois, l'empereur romain germanique Frédéric Ier Barberousse quitte Ratisbonne avec la plus grande armée croisée jamais rassemblée,. Il suit la route terrestre. L'hostilité entre Byzantins et croisés germaniques est très importante et Barberousse menace de marcher sur Constantinople. Sous la pression l'empereur romain d’Orient byzantin Isaac Ange signe la paix et s'engage à faire traverser le détroit à l'armée germanique. Alors que la traversée de l'Anatolie s'achève, Barberousse se noie le 10 juin 1190 accidentellement et une grande partie de ses troupes retourne en Europe. Quelques centaines de chevaliers germaniques seulement parviennent à Acre.

Un conflit franco-anglais retarde le départ des rois des deux royaumes jusqu'en 1190. Embarquant à Gênes et à Marseille, les troupes de croisés hivernent en Sicile où ils se disputent sur de nombreux sujets politiques et personnels. La prise de Chypre par le roi d'Angleterre assure aux croisés une base proche du lieu des conflits.

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En Terre sainte, le roi de Jérusalem Guy de Lusignan commencé a à assiéger Acre avec une petite troupe en août 1188. Les deux souverains arrivent à Acre avec la plus grande armée franque jamais réunie. Les troupes de Saladin la tiennent à leur tour dans un demi-siège préjudiciable à ses communications et à son ravitaillement. Mais Saladin ne parvient pas à briser l'encerclement d'Acre et les Francs reprennent la ville aux musulmans le 12 juillet 1192 après deux ans de siège. Après la prise d'Acre, Philippe Auguste retourne en France.Richard Cœur de Lion, resté seul, bat les musulmans à Arsouf. Arrivé à Jaffa en septembre, il passe l'année en Palestine du sud, période durant laquelle il fait reconstruire Ascalon pour fortifier les frontières méridionales du Royaume de Jérusalem. Il force l'admiration de l'ennemi par ses prouesses. Par deux fois (en décembre 1191 puis en juin 1192), il parvient à quelques kilomètres de Jérusalem, mais ne peut reprendre la ville. En effet, il ne peut pénétrer trop longtemps à l'intérieur des terres sous peine de voir ses communications coupées. Il s'occupe aussi de régler les problèmes dynastiques du royaume de Jérusalem. Guy de Lusignan, dont la femme était décédée, conserve le titre royal qui doit revenir à sa mort à Isabelle, l'héritière du trône, et à son époux Conrad de Montferrat. Après avoir signé un traité par lequel Saladin renonce à éliminer les colonies franques de Syrie, il repart pour l'Angleterre en octobre 1192 et est capturé par Léopold V de Babenberg, duc d'Autriche et emprisonné pendant un an et demi. Cette troisième croisade a empêché la chute de la Syrie franque et permis l'établissement d'un second royaume de Jérusalem, en fait royaume d'Acre, réduit à une frange côtière où les communautés marchandes italiennes jouent un rôle considérable

L'empereur romain germanique Henri VI, fils de Frédéric Barberousse et maître du royaume de Sicile veut reprendre la troisième croisade à son compte dans le but d'imposer sa suzeraineté à l'empereur romain d’Orient byzantin et aux royaumes nouvellement institués de Chypre et d'Arménie. Il lance l'appel à la Croisade à Bari en 1195, les allemands se rassemblent en Italie du sud au cours de l'été et débarquent à Acre en septembre 1197. Ils prennent Sidon et Beyrouth et rétablissent la continuité territoriale entre Acre et Tripoli, mais leur armée se disperse immédiatement après l'annonce de sa mort, survenue à Messine le 28 septembre 1197.

La quatrième croisade est appelée par le pape Innocent III en 1202. Elle est dirigée par le marquis Boniface de Montferrat. Mais elle ne prend pas le tour prévu par le pape. Les croisés traitent avec Venise. Ils louent une flotte pour 85 000 marcs d'argent pour transporter 4 500 chevaliers, 9 000 écuyers et 20 000 fantassins. Les croisés, qui ne peuvent pas payer leurs voyages aux armateurs vénitiens, sont détournés par eux à Zara sur la côte dalmate qu'ils prennent pour Venise. Le pape excommunie les croisés et Venise mais lève très vite l'excommunication pour les croisés. Philippe de Souabe, beau-frère d'Alexis Ange, fils de l'empereur byzantin déchu Isaac II, promet l'aide de l'Empire byzantin pour la croisade si Isaac est rétabli dans son trône. Innocent III espère tirer parti des divisions byzantines pour rétablir l'unité de l'Église.. Il ne s'oppose pas à une nouvelle déviation de la croisade vers Constantinople à l'instigation des Vénitiens, sous prétexte de rétablir Isaac II dans ses droits, ni à la prise de la ville par les croisés et les Vénitiens le 13 avril 1204.Le doge de Venise[ Enrico Dandolo fait désigner Baudouin de Flandre comme empereur romain d'Orient. Innocent III accepte le fait accompli se satisfaisant des promesses d'union des Églises et de soutien aux États latins d'Orient. Mais, informé des excès des croisés, il parle le premier de détournement de la croisade et accuse les Vénitiens.

La cinquième croisade est précédée de la croisade des enfants déclenchée simultanément dans la région parisienne, en Rhénanie et dans le nord de l'Italie, peu après l'émotion suscitée, à la Pentecôte 1212, par les processions ordonnées pour aider à la victoire sur les Sarrasins d'Espagne. À la suite d'une vision, un jeune berger de Cloyes-sur-le-Loir rassemble des pèlerins et les mène vers Saint-Denis pour y rencontrer le roi Philippe Auguste. À la même époque, d'autres groupes partent de Germanie et se rendent vers les ports de Gênes et de Marseille. Certains réussissent à embarquer et sont vendus comme esclaves ou bien meurent de faim pendant le voyage. Certains réussissent à gagner Rome. Dans le même temps, Innocent III essaie de convaincre le sultan d'Égypte de restituer Jérusalem aux chrétiens, pour que la paix s'installe entre musulmans et chrétiens. La construction d'une forteresse musulmane sur le mont Thabor, bloquant Acre, le décide à prêcher la croisade au quatrième concile de Latran en 1215. Les armées de la Hongrie, de l'Autriche, et de la Bavière s'attaquent d'abord à la forteresse du Mont-Thabor. Puis le 31 mai 1218, l'armée des croisés mouille sa flotte devant Damiette, port situé sur la grande branche oriental du Nil et gardant la route du Caire. Après un long siège, les croisés s'emparent de Damiette le 5 novembre 1219. Après le saccage de la ville, le légat du pape Pélage Galvani les persuade d'attaquer Le Caire. Harcelés sans cesse par les troupes du sultan ayyoubide Al-Kamel, les croisés doivent capituler sans conditions.

Lors de son couronnement à Aix-la-Chapelle en 1220, l’empereur romain germanique Frédéric II promet au pape de partir en croisade. Mais dans l'Empire, il doit faire face à la résistance des communes lombardes en 1225-1226 et tarde à accomplir son vœu. Entre temps, les croisés déjà arrivés en Orient, après avoir restauré quelques places fortes, commencent à repartir pour l'Occident. Or, la papauté cherche à desserrer l'étau que fait peser l'empereur du Saint-Empire sur ses États pontificaux en éloignant l'ambitieux souverain. Frédéric est donc excommunié par Grégoire IX en 1227 pour ne pas avoir honoré sa promesse de lancer la sixième croisade. Il embarque à Brindisi pour la Syrie l'année suivante alors que son excommunication n'est pas levée. Sa brève croisade se termine en négociations et par un simulacre de bataille avec le sultan Malik al-Kamel, avec qui des liens d'amitié s'étaient tissés, et par un accord, le traité de Jaffa. Il récupère sans combattre les villes de Jérusalem (où le Temple reste aux musulmans), de Bethléem et de Nazareth. Il est ensuite couronné roi de Jérusalem le 18 mars 1229.. L'Orient latin est remis en selle pour une dizaine d'années.

En 1237, une nouvelle croisade est lancée par le pape Grégoire IX. Cette « croisade des barons » est dirigée par le comte de Champagne, le duc de Bourgogne et Richard de Cornouailles. Elle poursuit la tradition des négociations avec les princes musulmans, en exploitant leurs rivalités. Le comte Richard obtient la restitution d'une grande partie du royaume de Jérusalem (1239-1241), complétant ainsi l'œuvre de Frédéric II.

En 1240, un siècle et demi après la reconquête de l'archipel par les Normands, l'empereur Frédéric II expulse de son royaume de Sicile les musulmans, contraints de choisir entre la conversion ou l'exil.

La situation reste confuse en Orient. Les Francs s'allient aux Syriens contre l’Égypte. Les Templiers attaquent l'Égypte en 1243, sont vaincus, et en 1244 les Korasmiens (bandes turcomanes au service des Égyptiens) reprennent Jérusalem.

Le pape Innocent IV lance un nouvel appel à la croisade. Le roi de France, Louis IX, et celui de Norvège décident de prendre la croix mais seul Louis IX part accompagné de barons La situation reste confuse en Orient. Les Francs s'allient aux Syriens contre l’Égypte. Le roi de Louis IX débarque à Chypre en 1248. L'armée croisée s'empare de Damiette en 1249 et entreprend la conquête de l'Égypte. Cette campagne est un lourd échec durant lequel Louis IX est capturé avec ses hommes en 1250.. Les succès de l'armée égyptienne, principalement composée des Mamelouks a pour conséquence l'arrivée au pouvoir de ces derniers qui massacrent les derniers ayyoubides.

Pour être libérés, les prisonniers du sultan d'Égypte doivent verser une lourde rançon et abandonner Damiette. Louis IX séjourne ensuite plusieurs années en Terre sainte pour mettre en état de défense les territoires conservés par les Francs. Dans le même temps, il noue des relations diplomatiques avec le successeur de Gengis Khan, Qubilaï, croyant à l'intérêt d'une alliance pouvant prendre l'Islam à revers. Il négocie des trêves avec les princes musulmans avant de repartir pour la France en 1254. Cette conciliation est de courte durée. Les États latins d'Orient sont de nouveau menacés par les Égyptiens.

En 1260, Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari plus connu en français sous le nom de Baybars, Baïbars, se proclame sultan et accueille Al-Mustansir bi-llah, l'un des survivants de la famille des Abbassides, dont il fait un calife fantoche, mais qui lui confère une légitimité supplémentaire. Celui-ci est rapidement remplacé par Al-Hakim Ier en 1262. Son objectif principal est la destruction des États croisés, ou du moins ce qu'il en reste, et pour cela il obtient la neutralité de l'empire byzantin et du sultanat seldjoukide de Roum. Il lance une offensive en 1261 et s'empare de Césarée le 27 février 1261. Puis Baybars s'empare successivement de la forteresse des Templiers de Safed (25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268), d'Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l'imprenable » krak des Chevaliers le 8 février 1271.

Les Croisés obtiennent l'alliance des Mongols, ce qui contraint Baybars à signer une trêve de dix ans. Il en profite pour s'emparer de Masyaf la forteresse du nord de la Syrie, aux mains de la secte des Assassins (1272), ainsi que de Césarée de Cappadoce, enlevée aux Seldjoukides.

Entretemps Urbain IV a appelé à une huitième croisade. Les croisés partent de 1265 à 1272. Ils consacrent leurs efforts à aider les Francs d'Acre à défendre leurs dernières places. Pour Louis IX se dirige vers Tunis car il espère convertir au christianisme l'émir hafside al-Mustansir et, peut-être, faire de la Tunisie une base d'attaque vers l'Égypte mamelouke qui contrôle alors la Terre sainte. Il apparaît très vite que l'émir n'a aucune intention de se convertir. La dysenterie (ou le typhus) fait des ravages dans les troupes. Louis IX, touché à son tour, meurt, le 25 août 1270 à Carthage. En Orient, Édouard d'Angleterre parvient à amener le sultan à accorder une nouvelle trêve aux Latins.

Le deuxième concile de Lyon, présidé par Grégoire X en 1274 décide d'une nouvelle croisade. Mais les hésitations des princes et les lenteurs de la préparation font qu'elle n'a jamais eu lieu. Après la chute de Tripoli en 1289, Nicolas IV proclame une autre croisade. Mais elle échoue à sauver Acre en 1291. À partir de cette date, il n'y a plus d'États latins en Orient.

En 1291, avec la prise de Saint Jean d’Acre, prise par les Mamelouks c’est la fin des Etats chrétiens latins d’Orient.

Baybars meurt, peut-être empoisonné, à Damas en 1277, mais échoue dans sa tentative de rendre le sultanat héréditaire dans sa famille.

à suivre IV

4. La Reconquista (Reconquête) espagnole de 1006 à 1492

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:09

2. Conquêtes islamiques et conversion des Chrétiens d'Afrique du Nord et d'Espagne du sud à l'Islam et reconquêtes chrétiennes de 622 à l’an 1000

Au moment de la naissance de Mahomet vers 570, l’Empire Romain d’Orient dit Byzantin, quoique considérablement affaibli, reste la puissance la plus vaste d’Orient : son territoire s’étend de la côte d’Afrique du Nord à l’Asie et des Balkans au sud de la Syrie. Byzance, qui sort d’une guerre sanglante de trente ans avec la Perse sassanide, est toutefois en position de faiblesse : sa population est affamée, son économie bouleversée, ses ressources presque asséchées, ses armées épuisées. Toutes les régions bordant la Méditerranée sont chrétiennes.

Alors que la Christianisation des parties de l’Europe n’ayant jamais appartenu à l’Empire Romain se poursuit en Europe, l'islam peut ainsi pénétrer le monde chrétien et gréco-romain peu après la mort du prophète de l'islam Mahomet estimée en 622.

À la mort du prophète, un différend naît entre les habitants de Médine et de La Mecque concernant la succession du prophète de l'islam. Certains préfèrent une succession issue de la famille en proposant notamment Ali son gendre pour lui succéder. Les compagnons s'y opposent et nomment Abou Bakr : c’est le premier calife qui poursuit la conquête de la péninsule d'Arabie. À sa mort en 634, son proche conseiller Omar lui succède.

Dès le VIIème siècle donc, de la péninsule arabique jusqu'à la péninsule Ibérique, l'expansion de l'islam se fait selon le principe de la guerre juste ou Jihad. Damas est conquise dès 635-636, et la bataille du Yarmûk en 636 installe la domination musulmane au Levant en même temps qu’elle ouvre aux Arabes les portes de l’Asie mineure byzantine – Jérusalem est prise en 637. Les Arabes commencent même à s'attaquer à l'Égypte au moment de la mort d'Héraclius en 641 avec notamment la conquête de la capitale de la province byzantine, Alexandrie, en 641.

Après la mort d’Omar assassinée en 644, un troisième calife est désigné par consultation des compagnons de Mahomet : Uthman de 644 à 656. Sous son règne, l’expansion arabe se poursuit en direction de l’ouest, jusqu’au Maghreb et à la péninsule ibérique. Dès 652, les Arabes effectuent des razzias en Sicile. Lui succède comme quatrième calife Ali, cousin et gendre du prophète de l'islam jusqu’en 661. Cette année-là, le calife fait un concordat avec l’Eglise arménienne en raison de l’occupation de l’Arménie commencée en 654.

Après la mort d’Ali, ce sont les califes Omeyades/Umayyades liés avec le troisième calife Uthman qui vont diriger le monde musulman établissant leur capitale à Damas. Le califat omeyyade connaît une vaste expansion ; il s'étend à l'ouest au Maghreb (fondation de Kairouan dans l'actuelle Tunisie) et à l'Espagne, alors qu'à l'est, il annexe la Transoxiane et le Sind. En 669 les Arabes pillent alors Syracuse.

Ces pertes marquent donc un net recul de l’Empire romain d’Orient, recul qui se confirme avec la conquête de l’Arménie et du Caucase par les Arabes dans les années qui suivent.

Cette première phase d’expansion arabe culmine en 674, lorsque les troupes musulmanes, ayant envahi l’Asie mineure, mettent le siège devant Constantinople. Quatre ans durant, et malgré les renforts envoyés par le pouvoir Umayyade, la capitale byzantine résiste : c’est finalement grâce au feu grégeois que les troupes arabes sont refoulées, en même temps qu’une contre-attaque byzantine permet de reconquérir l’Asie mineure. Cette première défaite arabe conduit à la signature d’un traité de paix bilatéral, d’une durée de trente ans, qui impose au calife (l’Umayyade Mu‘âwiya) de payer un tribut à l’empereur ainsi que de retirer ses troupes de toutes les garnisons byzantines occupées.

Mais les troupes d'Oqba Ibn Nafaa entrent en Ifriqya, nom donné à cette ancienne province romaine, mais il se heurte à la résistance de Kusayla. En 683, lors d'une terrible bataille, Oqba meurt ainsi que la plupart de ses hommes. Kusayla marche alors sur Kairouan, il y règne près de cinq ans, mais des renforts venus de Syrie destituent le roi. La conquête du Maghreb reprend et aussitôt un nouveau soulèvement gagne la région des Aurès, Dihya (Kahena) parvient à rassembler plusieurs tribus berbères et repousse provisoirement les soldats musulmans jusqu'en Tripolitaine (l'actuelle Libye).

Carthage est prise en 698, la résistance est dominée à partir de 702 et l'Afrique du Nord est « officiellement » conquise en 711. Cette même année, les premiers contingents berbères et arabes passent en Andalousie, dirigés par Tariq ibn Ziyad

Les Omeyyades préfèrent longtemps faire payer aux non-musulmans des impôts (capitation et impôt foncier) plutôt que de les convertir. Cependant les successeurs d'`Abd al-Malik choissisent une solution plus souple : ils encouragent les conversions, et pour les convertis la capitation est remplacée par l'aumône légale du croyant; mais l'impôt foncier estt maintenu sur leurs terres (sous prétexte que celles-ci n'étaient pas converties).

En 717, à la faveur d’une guerre civile byzantine opposant le général Léon l’Isaurien et Théodose III, un percepteur d’impôt proclamé empereur lors d’une mutinerie contre Anastase II, les troupes Umayyades assiègent à nouveau Constantinople : ce deuxième échec, resté dans l’Histoire comme une bataille décisive puisqu’elle aurait stoppé l’avancée des Arabes vers l’Europe, illustre l’endurance d’un Empire byzantin pourtant en proie à des conflits internes importants et écarte durablement la possibilité d’une conquête de Byzance par le califat islamique.

Dans l’ancienne partie occidentale de l’Empire Romain d’Occident, négligeant les poches de résistance basque, asturienne et cantabrique, les conquérants musulmans franchissent les Pyrénées pour s'attaquer dès 718 à Narbonne avant d'échouer en 721 devant Toulouse défendue par le comte Eudes. Nîmes et Carcassonne tombent en 725 et des raids sont lancés en direction du Rouergue, puis de la Provence. Une fois reconnue la vallée du Rhône, les envahisseurs poussent jusqu'à Autun, prise et incendiée en 725. Alors qu'une forte expédition conduite par Abd er-Rahman el-Ghafeki marche sur Tours pour en piller les riches sanctuaires, les cavaliers francs de Charles Martel lui infligent en 732 une défaite complète aux alentours de Poitiers. La menace ne disparait pas pour autant puisqu'en 734, Arles et la Provence sont dévastées et que de grandes quantités de malheureux promis à l'esclavage sont enlevées en Bourgogne. À partir de 736, Charles Martel et son frère Hildebrand entreprennent le refoulement méthodique de l'envahisseur.

En Sicile dès 740, Syracuse doit payer un tribut aux Arabes.

En 750, les Omeyyades sont détrônés par les Abbassides, qui fondent leur propre dynastie. Presque tous les membres de la famille sont massacrés, mais le prince `Abd ar-Rahman Ier, réussit à s'enfuir, à gagner l'Espagne et à y établir une nouvelle dynastie à Cordoue.

Malgré les actions de Charles Martel, les musulmans n'en parviennent pas moins à conserver l'antique Septimanie qui correspond à la majeure partie de notre Languedoc. Le fils de Charles, Pépin le Bref, devenu le premier souverain de la nouvelle dynastie carolingienne, appuie l'action de saint Boniface en Frise païenne (il reçoit peut-être le sacre des mains de ce dernier, en 751) et poursuit l'œuvre entreprise d’expulsion des musulmans. Dès 752, l'ennemi islamique est refoulé au sud de l'Aude. La reprise de Narbonne marque en 759 la fin de la reconquête au nord des Pyrénées.

Le commencement du règne abbasside est marqué par une réforme de l'empire musulman prenant mieux en compte les populations non arabes et non musulmanes. C’est t également une époque de développement urbain, symbolisé par la nouvelle capitale, Bagdad, fondée par Al-Mansûr en 762.

L'expédition conduite en Espagne par Charlemagne en 778, puis la prise de Gérone en 785 préparent l'intervention de Louis d'Aquitaine, le fils de l'Empereur. En 792, le calife de Cordoue, Hescham, décide de reprendre la Septimanie, et lève une armée pour pénétrer en France. En 793, une puissante razzia est conduite en Septimanie par Abd el-Malik ibn Mughit qui incendie les faubourgs de Narbonne et bat près du confluent de l'Orbieu et de l'Aude le duc Guillaume de Toulouse.

Mais Louis le Pieux, le fils de Charlemagne, intervient, s'empare en 801 de Barcelone et crée la Marche d'Espagne – la future Catalogne – qui place désormais sur le cours du Llobregat la frontière méridionale de l'Empire franc.

À partir de ce moment, la Gaule se trouve à l'abri des menaces d'invasion terrestre ; toutefois les pirates arabes d'Afrique, qui depuis longtemps infestent la Méditerranée, commencent alors à ravager les côtes de l'empire de Charlemagne. Charlemagne fait établir des forts aux lieux de débarquement, et des flottes pour repousser les ennemis.

Charlemagne restaure l’Empire Romain d’Occident par son couronnement à Rome le 25 décembre 800.

La Corse, la Sardaigne, les îles Baléares, sont dévastées, en 806.808,809, 813. Désormais la lutte contre la conquête islamique va aller croissante au fur et à mesure de la progression de la Christianisation de l’ensemble de l’Europe. Dans l’Empire d’Occident Carolingien, le pape Léon III et Charlemagne mesurent le danger mais ne peuvent empêcher les attaques lancées en 812, au large de Naples, contre les îles de Ponza et d'Ischia et le raid de pillage effectué l'année suivante sur la côte de Toscane, contre Centum Cellae – Civitavecchia.

Après la mort de l’empereur d’Occident Charlemagne en 814, les Sarrasins recommencent leurs courses.

A la tête de l’Empire Romain d’Orient, Léon V l'Arménien (813-820) parvient à vaincre les Bulgares affaiblis par la mort de leur chef. Tout comme Léon III, il met sur le compte de la vénération des images les difficultés de l'empire depuis deux décennies et il rétablit l'iconoclasme sous une forme moins violente que sous les Isauriens. Toutefois, le nouvel empereur est renversé peu de temps après par Michel II (820-829) qui doit rapidement combattre une révolte de grande envergure. S'il en sort vainqueur, l'empire est affaibli et perd du terrain face aux Arabes en Crète et en Sicile. En 820, la Sardaigne est ravagée; L'occupation de la Sicile par les musulmans commence à partir de 827. .

Sous le règne de son fils et successeur, Théophile (829-842), les musulmans s'emparent de la quasi-totalité de la Sicile à l'exception de Syracuse, Palerme tombe ainsi en 830. Théophile réagit peu car il est occupé par la guerre, qu'il a déclenchée, contre les califes de Bagdad. En effet, il a au début de son règne accueilli des réfugiés persans opposés aux différents califes. L'un de ces réfugiés, Théophobos, épouse Héléna, la propre sœur de l'empereur, et devient l'un de ses généraux. Ces réfugiés poussent à la guerre contre Bagdad. Théophile est victorieux dans un premier temps et son armée ravage la ville syrienne de Zapetra, ville natale du calife Al-Mu’tasim en 837. Ce dernier riposte en levant une énorme armée, qu'il divise en deux corps d'armée, l'un dirigé contre l'armée de Théophile et l'autre contre Amorium en Phrygie, le berceau de la dynastie qui gouverne l'empire. Théophile est battu à Dazimon en 838, son meilleur général, Manuel l'Arménien, étant tué dans l'affrontement. Quant à Amorium, elle tombe le 23 septembre 838, sans doute par trahison, et est rasée par les troupes du calife. Plus de 30 000 personnes sont tuées et les autres vendues comme esclaves. De nombreux chefs militaires byzantins sont tués ou torturés.

Dans la partie occidentale, la mort de Louis le Débonnaire, et les guerres qui ont lieu entre ses enfants, laissent aux Sarrasins le champ libre; aussi les embouchures du Rhône, puis Marseille sont dévastées cette même année 838.

A la même époque au sud de l’Italie, les rivalités des ducs chrétiens favorisent par ailleurs la tâche des Sarrasins qui peuvent ainsi s'emparer en 840 de Tarente et de l'île de Ponza et établir une base au cap Licosa, près de Salerne.

Cependant, en 841, Théophile parvient à rétablir la situation en exploitant les dissensions dans le camp musulman et signe une trêve avec Al-Mu’tasim. La menace arabe commence à s'étioler au fur et à mesure que le pouvoir abbasside décline (le pouvoir abbasside est rapidement déstabilisé, en particulier par la forte présence de mercenaires turcs dans l'armée et dans la garde du calife et que des émirats frontaliers se constituent. Si ces derniers continuent de lancer des raids en Asie Mineure, leur potentiel militaire est moindre qu'à l'époque où le calife était une puissance unitaire. En effet l'autorité du calife s'estompe à la périphérie de l'empire. La Tunisie et la Tripolitaine prennent leur autonomie sous la conduite des Aghlabides, l'Égypte sous celle des Toulounides, la Transoxiane et le Khorasan se trouvent successivement sous la domination des Tahirides, des Saffarides puis des Samanides.

Mais en 842, au sud de la Provence, Arles est dévastée et en Italie Messine est occupée. Les musulmans lance une attaque contre Ostie en 846 qui est pillée ainsi que Saint Pierre et Saint Paul-hors les-Murs et le fait que l'Empereur Louis II chasse la garnison sarrasine de Bénévent l'année suivante ne permet pas de conjurer la menace. Le pape Léon IV restaure les défenses de Rome. Marseille est dévastée à nouveau en 848 et Arles en 850. Dans l'intérieur de la Sicile, la citadelle de Castrogiovanni tombe en 859.

Le pouvoir abbasside achève de s'affaiblir avec la fondation du califat schismatique fatimide, mais surtout, en matière de politique interne, avec l'importance croissante des vizirs et des émirs turcs. L'expansion arabe en Asie Mineure est contenue par la victoire à Poson en 863 de Petronas, oncle maternel de l'empereur Michel III, fils de Théophile qui compense la défaite de l'armée byzantine dirigée par Michel III en personne trois ans plus tôt. Par contre, la Crète n'est pas reprise.

En revanche, dans la partie occidentale de la Méditerranée, le danger islamique se poursuit en Méditerranée occidentale par des raids navals qui sont lancés contre les côtes chrétiennes.

En 869, les pirates sarrasins font une nouvelle invasion dans la Camargue. Pechina, près d'Almeria, puis Dénia au sud-est de l'Espagne se transforment en bases arrière d'une piraterie de grande envergure et ce sont davantage des navires affrétés par de véritables entrepreneurs corsaires que les flottes de l'émir ou du calife omeyade de Cordoue qui créent une insécurité permanente entre le delta du Rhône et le sud de l'Italie.

Malte est occupée par les Arabes en 870. Bari n'est reprise, avec l'aide des Byzantins, qu'en 871, après avoir subi trente ans de domination musulmane mais en Sicile, Syracuse, soutenue par l'empereur byzantin Basile Ier, est prise par les arabes en 878.

Une armée musulmane partit d'Espagne s'avance en France, et ne se retire que comblée de présents par Charles le Chauve. Tarente est reconquise sur les Arabes en 880 qui néanmoins en 883, massacrent les moines du Mont Cassin. La dernière place sarrasine de la région, celle de Santo Severino proche de Crotone, tombe en 886.

Mais en 889, les Sarrasins venus d'Espagne installent à Fraxinetum – La Garde Freinet – à l'ouest du comté de Fréjus, une base analogue à celle établie en Italie à l'embouchure du Liri. Solidement fortifiée, cette place d'armes étendue sur une vaste superficie permet de lancer des raids de pillage très loin dans l'intérieur, jusqu'au col du Grand Saint-Bernard et au lac de Constance.

Dernière place en Sicile à poursuivre la lutte, Taormine tombe en 902 et voit sa population massacrée. Cette même année 902, les Baléares tombent aux mains des Musulmans et la Corse et la Sardaigne se retrouvent dangereusement isolées, En 906, les Sarrasins ravagent le Dauphiné et la vallée de Suse. En 908, des pirates africains saccagent les environs d'Aigues-Mortes.

Il faut encore attendre 916 pour voir reprises les bases musulmanes établies à Agropoli près de Salerne et à l'embouchure du Liri.

En 920, les Arabes d'Espagne passent les Pyrénées, et poussent jusqu'aux portes de Toulouse. Pendant ce temps, les environs de Fraxinet se trouvent entièrement dévastés; Marseille, Aix, Sisteron, Gap, Embrun, sont successivement pillées; la Savoie, le Piémont et la Suisse ne sont pas, malgré les Alpes, à l'abri des attaques des Sarrasins.

En 925, l'évêque Odalric d'Aix part se réfugier à Reims. Après avoir été attaqués à trois reprises, les moines du monastère de La Novalaise, dans le Val de Suse, se résignent à chercher refuge à Rome. Parvenus à Saint-Maurice d'Agaune, dans le Valais, les envahisseurs exigent des pèlerins qui se rendent vers Rome le versement d'un droit de passage

Les pirates établis sur la côte campanienne étaient responsables d'un lourd bilan. La disparition de ces bases d'opérations n'écarte pas totalement le danger puisque Gênes est enlevée par surprise et pillée en 932 et. seule l'intervention des marines pisane et normande permet de nettoyer la région de la piraterie sarrasine.

En 936, à côté de celle de calife est créée la fonction de grand émir dont le pouvoir est très étendu, tant dans le domaine militaire que dans les finances.

En 940, Fréjus et Toulon sont prises : toute la contrée est dépeuplée. Le mal devient tel, que Hugues, comte de Provence, fait alliance avec l'empereur romain d’Orient pour prendre Fraxinet. En 942, Hugues et les romains d’Orient s'emparent, en effet, de ce port si important; mais Hugues, apprenant que l'Italie, qu'il convoite, va passer à son rival Bérenger, fait alliance avec les Arabes et leur rend Fraxinet pour pouvoir disposer de ses forces contre son adversaire. Depuis lors, la puissance des Sarrasins va toujours croissant.

Après s'être réduit progressivement, le statut du calife n’est plus que celui, symbolique, de « commandeur des croyants », et la réalité du pouvoir politique est assurée par des dynasties non arabes. La famille des Bouyides, d'origine iranienne, s'empare en 945 de la fonction de grand émir et domine essentiellement l'Irak et l'Iran.

Une victoire du roi de Bourgogne-Provence Conrad, en 952, fait chanceler la puissance des Sarrasins dans son royaume. En 960, ils sont chassés du Col du Grand Saint-Bernard, et les communications entre l'Italie, l'Allemagne et la France, sont rétablies. En 965, ils sont chassés du diocèse de Grenoble, puis, postérieurement en 972, de Sisteron et de Gap. De toutes parts, les seigneurs féodaux, secondés par le peuple et excités par le clergé, se soulevaient contre les envahisseurs.

Cette même année 972, saint Maïeul, le célèbre abbé de Cluny, est enlevé et doit payer au prix fort sa libération. C'est à ce moment que la présence de la base de Fraxinetum devient insupportable ; une coalition réunissant les comtes Roubaud de Forcalquier, Arduin le Chauve de Turin et Guillaume de Provence parvient à en venir à bout en 973. Les dégâts ont été considérables : des régions entières – la Provence, l'Embrunais ou le Dauphiné – apparaissent dévastées à la veille de l'an mil. Les lacunes que révèlent les listes épiscopales témoignent de la gravité des destructions subies et des villes telles que Fréjus ou Toulon sont complètement ruinées. À plusieurs reprises au cours du XIe siècle, les moines de Lérins sont encore enlevés pour être emmenés à Tortose ou à Denia et vendus ensuite comme esclaves.

Enfin, vient également le moment de la délivrance, en Provence quand Guillaume, comte de Provence, appelle à lui tous les guerriers de la Provence, du bas Dauphiné et de Nice, et résout de prendre Fraxinet. D'abord les Sarrasins sont vaincus à Tourtour, près de Draguignan; puis, malgré leur résistance, obligés de fuir de Fraxinet. C'est vers 975 que la France est enfin délivrée de ces terribles incursions. Ceux qui ne sont pas tués, vont devenir serfs et se fondent peu à peu dans la population

Au début du XIe siècle, la tribu turque des Oghouzes, dominée par le clan des Seldjoukides, envahit les provinces orientales de l'empire arabe puis l'Iran. En 1055, leur chef Tuğrul Bey prend Bagdad et se fait reconnaître comme sultan. Son ambition affichée était de réinstaurer la légitimité d'un pouvoir sunnite face aux Bouyides chiites et au califat fatimide qui avait progressé vers l'Égypte puis jusqu'en Syrie et au Hedjaz, et de reprendre possession au nom du calife les villes saintes de La Mecque, de Médine et de Jérusalem. De fait, le pouvoir seldjoukide s'empare de la Syrie

Menacés en 1038-1040 par une tentative de reconquête byzantine, les musulmans de Sicile se divisent ensuite et impliquent dans leurs querelles les Normands installés en Italie du sud depuis le début du XIe siècle. Reconnu « duc de Pouilles et de Calabre et duc futur de Sicile » par le pape Nicolas II, Robert Guiscard avait reçu mandat de reprendre l'île aux Infidèles. Dès 1061, son plus jeune frère, Roger, s'empare de Messine. La chute de Catane en 1071, suivie de celles de Palerme en 1072, de Taormine 1079 et de Syracuse en 1085 scelle le sort de l'île, rendue à la chrétienté par les armes normandes. Malte, qui était devenue aux Xe et XIe siècles une base d'opérations précieuse pour les pirates sarrasins et que les Byzantins n'étaient pas parvenus à reconquérir au milieu du XIe siècle, tombe en 1090 aux mains de Roger mais la population y demeure en majorité musulmane.

à suivre III

​3 Reconquêtes chrétiennes par l'Europe Occidentale

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 18:08

1. Christianisation de la Méditerranée et de l’Europe

En 312, la conversion au christianisme de l’empereur romain Constantin va faire de cette religion celle de l’ensemble du monde romain, c’est-à-dire de tous les territoires riverains de la Méditerranée (futurs Espagne, France, Italie, Malte, Slovénie, Croatie, Monténégro, Albanie, Grèce, Syrie, Chypre, Liban, Israël, Egypte, Lybie, Tunisie, Algérie, Maroc plus Chypre et d’une partie de l’Europe Occidentale (futurs Portugal, Angleterre, Belgique, Luxembourg, Rive gauche du Rhin, Suisse, Autriche, Serbie, Macédoine, Roumanie).

La division en deux de l’Empire Romain a lieu à la mort de Théodose le Grand en 395. Les parties occidentales et orientales échoient à ses deux fils. Honorius établit sa capitale à Ravenne et Arcadius à Constantinople. Dès lors, les ambitions politiques des coempereurs ne viendront plus jamais empiéter les prérogatives de l'autre. Et avec l'accession au trône de Léon Ier à Constantinople en 457, les liens dynastiques qui unissaient jusque-là les empereurs d'Orient et d'Occident sont définitivement rompus.

En 476, lors de la chute de l'Empire romain d'occident, l'empereur romain d'orient Zénon devient l'unique dépositaire de l'autorité impériale romaine. Cette chute de l'Empire Romain d’Occident avec la prise de Rome en 476 entraine dans la partie occidentale de l’empire l'installation durable de royaumes généralement d'origine germanique, restés païens du fait de leur faible romanisation. Seuls les peuples les plus romanisés adoptent le christianisme tel les Burgondes, Ostrogoths, Vandales et Wisigoths mais dans sa version arienne. L'afflux de ces peuples « barbares » plus ou moins romanisés ébranle l'unité que le christianisme avait dans l'empire.

Mais déjà lors de Noël d'une année comprise entre 496 et 511, peut-être en 499, Clovis, roi des Francs reçoit baptême avec 3 000 guerriers.

Au VIe siècle, sous le règne de l’empereur Justinien Ier (527-565), ses deux généraux Bélisaire et Narsès reconquièrent une grande partie des provinces occidentales sur les barbares: l'Italie, l'Afrique du Nord, et la Bétique (Espagne du Sud).

Dès ce VIe siècle et durant tout le haut Moyen Âge, la « mission chrétienne » se développe aux confins d'un monde chrétien qui a été jusque-là, à peu de différences près, superposable à l'empire romain de Constantin Ier : celle d'Augustin de Canterbury, envoyé en 596 par le pape Grégoire le Grand auprès des Angles dans le Kent, connaît le succès avec le baptême d'Æthelbert, en 610. Elle est immédiatement suivie, en 616–625 par celle de Paulinus auprès des Angles du nord, en Northumbrie, qui entraîne le baptême du roi Edwin. Des moines anglo-saxons, désireux d'évangéliser les Germains demeurés païens sur le continent, prennent le relais aux VIIe et VIIIe siècles : Willibrord est envoyé en Frise en 695 par le pape Serge II. Peu de temps après, Winfrid le suit. Ce dernier se rend à Rome et y reçoit le sacre épiscopal des mains du Pape en 722. Prenant le nom de Boniface, il est sanctifié à la suite de son martyre à Dokkum, en Frise orientale, en 754.

En Irlande, à la suite de l’arrivée de Saint Patrick et d’autres missionnaires chrétiens dans la première partie du Ve siècle, le christianisme supplante la religion celtique à partir de 600.

Occupant les sphères d'influence franque et byzantine, une certaine compétition a lieu pour convertir les païens entre les Églises de Rome et de Constantinople : les Églises des Bavarois et des Slaves sont fondées sous l'aile bienveillante du Pape romain et placées sous l'autorité d'évêques de Salzbourg vers 757.

En Germanie, Charlemagne se heurte à la résistance des Saxons qu’il finit de convertir par la force, avec leur roi Widukind en 795.

Mais la grande réussite byzantine est la conversion des peuples slaves par les deux missionnaires Cyrille et Méthode. En 843, en vertu du Traité de Verdun, l'empire franc carolingien est divisé en trois États distincts. La Francie orientale, qui deviendra plus tard le Saint-Empire romain germanique, se considère comme l'héritière de l'empire de Charlemagne et de son ambition d'une expansion de l'empire et de l'Église catholique en Europe centrale. Dans la première moitié du IXe siècle, à partir des évêchés de Salzbourg, de Ratisbonne et de Passau, des missionnaires francs pénètrent en Bohême, Moravie et dans la région qui s'étend de la Slovaquie à la Carinthie. Les aristocrates moraves et tchèques adoptent le style de vie et la religion des aristocrates francs. Rastislav qui prend le pouvoir en Grande Moravie en 846 est sans nul doute chrétien, et il a prêté serment de fidélité au roi de Francie orientale Louis II le Germanique. Il étend rapidement son influence à la Bohême et rentre alors en conflit avec Louis le Germanique Vers 860, l'entourage de Rastislav se décide à demander l'appui du pape pour renforcer à la fois son État et la chrétienté. En 862, il effectue le même type de requête à Byzance : Une ambassade est envoyée auprès des deux chefs, spirituel et temporel, de la chrétienté orientale: le patriarche Photius et l'empereur Michel III. Michel III délègue alors en Moravie une mission dirigée par les deux frères pour y créer une Église de rite oriental et établir avec la Grande Moravie des relations durables. Constantin et Méthode qui parlent le dialecte slave de Macédoine ont des facilités pour évangéliser ces peuples à qui ils enseignent une liturgie en langue slave La mission byzantine étend vite son action à la Pannonie (ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l'Autriche et de la Slovaquie) provoquant ainsi l'opposition de l'archevêque de Bavière qui considère que ses droits sont violés.

En 864, le roi Boris Ier de Bulgarie se convertit a l‘orthodoxie. Suite à de longues délibérations et étouffant une grande révolte de l‘aristocratie bulgare, l‘orthodoxie de Constantinople, préférée au catholicisme de Rome (c‘était déjà la religion de la plupart de la population des régions de Thrace et Macédoine), est adoptée et le pays est converti.

A partir de 867, la situation change à Constantinople, où l’empereur Michel III est assassiné et le patriarche Photius démis de ses fonctions. Constantin et Méthode se rendent alors auprès du pape, apportant à Rome les reliques supposées de Clément Ier qui sont accueillies avec grande vénération par le pape Adrien II. Méthode lui-même, et plusieurs de leurs disciples comme Clément d'Ohrid, sont alors ordonnés prêtres, et le pape accepte l'usage du vieux slave comme langue liturgique, ce qui était un point très épineux en Occident, où seuls l'hébreu, le grec et le latin étaient reconnus comme langues religieuses légitimes. Adrien II consacre aussi Constantin évêque. Mais peu de temps après, en 869, ce dernier meurt à Rome, après être devenu moine sous le nom de Cyrille. Adrien II nomme alors Méthode archevêque de Sirmium, en Pannonie, évêque missionnaire pour les Slaves, chargé d'organiser une province ecclésiastique dans les régions à l'est de Salzbourg

En 870, Méthode est emprisonné en Souabe à l'instigation des évêques allemands qui contestent sa juridiction et n'admettent pas sa liturgie ; il n'est libéré qu'en 873 sur l'intervention du pape Jean VIII. Appelé à Rome en 879-880, il est approuvé par Jean VIII et consacré évêque du royaume de Grande Moravie (de 833 jusqu'au début du Xème siècle, ce royaume slave s'étendit sur les territoires des actuelles République tchèque, Allemagne orientale, Slovaquie et Hongrie nord-occidentale, le sud de la Pologne avec la région de Cracovie et l'ouest de l'Ukraine avec la Galicie).

Autour de 974, l’empereur Otton II du Saint-Empire envahit le Danemark. Le roi Harald à la Dent Bleue et son allié norvégien, Håkon Sigurdsson, perdent une bataille près du Danevirke et sont contraints, pour avoir la paix, d’accepter le baptême et de christianiser leur peuple mais une fois revenu en Norvège, Hakon se débarrasse des prêtres autour de lui et reprend ses anciennes croyances. L’opposition à la foi chrétienne est brisée plusieurs dizaines d'années plus tard avec une violence peu chrétienne, d'abord par le roi Olaf Tryggvason, baptisé en 995. Son œuvre est achevée par Olaf Haraldson (1016-1028). Au Danemark, Harald à la Dent Bleue agit de même. En 985, le royaume est unifié et christianisé sous sa poigne. En Suède, malgré le zèle des missionnaires comme l’évêque Bruno de Querfurt, le paganisme persiste encore au XIème siècle. Les missionnaires, voyant qu’ils ne peuvent pas détruire les anciennes croyances, les christianisent progressivement en récupérant les anciennes déités païennes.

Le véritable fondateur de l'État hongrois Étienne Ier baptisé en 994 devenu roi en 1001 qui impose la conversion au christianisme, malgré les réticences de certains clans. Placé au contact des chrétientés grecques et latines, il choisit le catholicisme romain qui avait pénétré par l'intermédiaire de missionnaires venus de Bohême et de Bavière. Il est canonisé en 1003.

La Christianisation de la Russie Kiévienne après le baptême de Vladimir, prince de Kiev est pratiquement achevé lui aussi vers l’an mil.

Vers l’an Mil donc, la quasi-totalité de l’Europe est Chrétienne à l’exception des territoires des futures Pologne, Lituanie, Estonie, Lettonie et Finlande dont l’évangélisation ne s’achèvera que vers la fin du XIIIème siècle et de ceux déchristianisés qui ont été occupés par l’Islam sur ses rives de Méditerranée occidentale. En revanche le Christianisme a disparu de la rive sud de la Méditerranée et si l’empire romain d’Orient conserve la partie Occidentale de la Turquie, les Chrétiens du reste du Proche Orient sont passés sous domination islamique.

à suivre II

2. conquêtes islamiques et reconquêtes chrétiennes de 622 à l'an 1000​

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 18:08
ALLEMAGNE- FRANCE- CRISE GRECQUE- DETTES- SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE- IIème REICH-IIIème REICH-IVème REICH- CAMBADELIS -Nicolas DUPONT AIGNAN- Arnaud MONTEBOURG- Jean-Luc MELENCHON- Marine LE PEN- - ET Cie - CLUB MED

A tous les aboyeurs français contre l’Allemagne, assez peu connaisseurs de l’histoire de France et de celle de l’Allemagne, je rappellerai d’abord simplement que cette dernière a réussi à force d’efforts à se relever de la Deuxième Guerre Mondiale et à se réunifier, a largement contribué à la création de l’euro, et soutient à bout de bras, même si c’est son intérêt bien compris, bon nombre d’Etats de l’Union Européenne qu’un certain nombre d’hommes politiques irresponsables ont surendettés.

Ensuite en particulier au Premier Secrétaire du Parti Socialiste français, au nom bien grec Monsieur Cambadelis, ancien militant d'extrême gauche du courant trotskiste proche intellectuellement de Syriza , que si l’Allemagne n’ oublie pas qu’elle a bénéficié des accords de Londres du 27 février 1953 signés entre la RFA d’une part et notamment, la Belgique, le Canada, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, l’Iran, l’Irlande, l’Italie, le Liechtenstein, le Luxembourg, la Norvège, l’Espagne, la Suède, la Suisse, l’Afrique du Sud, les États-Unis, la Yougoslavie et d’autres, il convient honnêtement de rappeler que, c’est sur proposition de son chancelier Konrad Adenauer le 6 mars 1951 que la RFA avait décidé de rembourser pour restaurer sa réputation, un certain nombre de types de dettes allemandes comprenant : .d'une part un montant de 16 milliards de marks résultant des obligations du traité inique de Versailles que la France lui a imposé ayant mis fin à la Première Guerre Mondiale et largement responsable du projet de IIIème Reich d’Hitler (Celles-ci devaient s’élever à 132 milliards de marks-or (dont initialement 50 milliards de marks sous forme d'annuités de 2 milliards) selon la somme fixée en avril 1921. La France récupéra les territoires perdus lors de la guerre de 1870. La Belgique, le Danemark retrouvèrent aussi certaines de leurs régions. L’Allemagne perdit une partie de ses territoires de l'est (Posnanie, district de Dantzig) pour permettre la création de la Pologne. La région allemande de la Sarre demeura sous contrôle administratif international pendant 15 ans. L'Allemagne dut renoncer à son empire colonial. Elle fut aussi soumise à des restrictions militaires, économiques et financières. En 1932, les alliés renoncèrent à toute indemnité de guerre (moratoire Hoover) car l'Allemagne était durement touchée par la crise financière et économique de 1929. Elle n'aura versé au total que 22,8 milliards de marks-or mais devait toujours honorer ses dettes de guerre qui furent soumises à de fréquents recalculs, comme lors des plan Dawes et Young) ainsi que des emprunts souscrits par la République de Weimar. .d'autre part 16 autres milliards de marks représentant des emprunts d'après-guerre auprès des Alliés et principalement des États-Unis, et que s’il est vrai que l'accord signé à Londres, a réduit le montant à rembourser de 50%, soit environ 15 milliards de marks et l’a étalé sur 30 ans, l'Allemagne réunifiée a respecté cet accord en 1990, en procédant à un nouveau remboursement de 239,4 millions de deutsche marks et le 3 octobre 2010, un versement de 69,9 millions d'euros considéré comme le dernier remboursement de ses dettes connues résultant de deux guerres mondiales. Alors qu’on a toutes les raisons de douter que la Grèce en ferait de même quand bien même sa dette actuelle serait étalée sans intérêt sur 50 ans elle-aussi et ce d’autant moins que les Grecs ont l’indécence de soutenir qu’aucun traité de paix comme le traité de Versailles n’a mis fin à la Deuxième Guerre Mondiale (ce qui est vrai) et fixé les indemnités que la Grèce aurait pu peut-être réclamer à l’Allemagne, et que leurs dettes actuelles à l’égard de l’Europe se compenseraient pour une grande partie avec celles que leurs devraient les Allemands à titre de dommages et intérêts pour la guerre. Indécence car un Etat n’emprunte pas à un autre ou à d’autres Etats puis objectent ensuite qu’il ne lui doit rien en invoquant un motif antérieur à sa décision d’emprunt. Si les Grecs estimaient que l’Allemagne leur devait des indemnités de guerre ils auraient dû lui réclamer avant leur entrée dans l’Europe puis dans l’euro. Or, une chose est sûre aujourd’hui s’ils l’avaient fait, ils ne seraient ni dans l’Union Européenne ni dans l’Euro et devraient sans doute rien à l’Allemagne ! Mr Cambadélis ferait bien de se souvenir que la Grèce est surendettée depuis sa création il y a 200 ans alors que si l’Allemagne a été 3 fois en défaut, elle a toujours fait preuve d’une certaine dignité, mis à part la période hitlérienne, à l’égard de ses créanciers ce qui n’a pas été le cas, en dépit de leur besoin affiché de dignité des Grecs dont par exemple l’Etat a déjà fait faillite en 1893 puis avait décidé unilatéralement de diminuer (falsification) la part d’or des pièces frappées au nom de l’Union Latine dont il dut sortir en 1908 et n’a pas encore hésité moins d’un siècle plus tard à falsifier ses comptes pour pouvoir bénéficier de l’Euro. En outre, il convient de rappeler que dès la capitulation allemande et au cours des deux années suivantes, les États-Unis et l'Union soviétique poursuivirent un programme vigoureux de pillage du savoir-faire technologique et scientifique allemand ainsi que des brevets déposés en Allemagne durant la période de guerre. L'historien John Gimbel a chiffré les « réparations intellectuelles » prises par les États-Unis et le Royaume-Uni à près de 10 milliards de dollars. Les réparations allemandes devaient partiellement prendre en outre la forme de travail forcé. En 1947, environ 4 000 000 d'Allemands ont été utilisés pour le « travail de réparation » en Union soviétique, en France, au Royaume-Uni, en Belgique et dans la zone allemande sous contrôle américain. Après la Seconde Guerre mondiale, selon la Conférence de Potsdam tenue entre du 17 juillet au 2 août 1945, l'Allemagne dut payer aux Alliés 20 milliards de reichsmarks, soit environ 315 millions USD, surtout en termes de machines et d'usines. De plus, conformément à une politique systématique de désindustrialisation de l'Allemagne, un grand nombre d'usines civiles ont été démontées pour être transportées en France, en Union soviétique, au Royaume-Uni ou tout simplement détruites. Il est tout simplement hypocrite et irresponsable de la part d’hommes politiques de se mettre à écrire publiquement « une lettre à un ami » anonyme allemand comme le font Mr Cambadélis (ou Monsieur Strauss Kahn) pour le critiquer car la personne qu’ils entendent viser n’a aucune raison de se considérer comme leur ami et donc de se sentir visée et ainsi ils ne prennent pas le risque de se faire moucher.

Aux deux Don Quichotte nationaux socialistes de la gauche française Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon, soutiens actifs de Monsieur Tsipras qui ont cru pertinent de faire référence à l’Allemagne de Bismarck :

1. que si celui-ci a pu être un artisan de la création du IIème Reich Allemand et si Hitler a pu rêver d’un IIIème Reich, ce n’est que parce que Napoléon Ier a été l’instigateur de l’abolition du Ier Reich c’est-à-dire du Saint Empire Romain Germanique qui se voulait le restaurateur avec Otton le Grand en 962 de l’empire romain d’Occident restauré par Charlemagne en l’an 800.

2. que Bismarck a écrit lui-même : « tant qu'à avoir une révolution, mieux vaut la provoquer que la subir et aurait déclaré à Napoléon III : « en Prusse, seuls les rois font les révolutions »

3. que c’est Bismarck qui, en créant dans les années 1880 l’assurance-maladie pour les travailleurs ainsi que l’assurance invalidité et vieillesse, a fait de l’Allemagne une pionnière de la protection sociale des temps modernes ce qu’elle reste aujourd’hui sous la chancelière Merkel et n’a guère de leçon à recevoir sur ce point d’hommes politiques français responsables du déclin constant de la France depuis 1 siècle.

A leur alliée d’un jour pour son soutien à Monsieur Tsipras qui est pour conserver l'euro alors qu'elle prone son abandon, et autre nationale socialiste, Marine le Pen, qu’ en février encore, elle assurait qu'une dette devait être remboursée car c'est "un devoir éthique" mais en juillet, elle a dit au contraire qu'il fallait envisager une restructuration de la dette grecque de sorte que comme le Premier Ministre Grec, si un jour elle est élue, elle pourra sans vergogne faire comme lui vis à vis de ses électeurs en demandant à rester dans l’Euro et à renégocier la dette française qui dépasse désormais les 2000 milliards

Enfin à Nicolas Dupont-Aignan qu’il est déplacé, pour quelqu’un qui veut prendre des accents gaulliens, d’ invoquer au sujet de l’Allemagne actuelle l’idée d’un IVème Reich mais qu’en revanche il devrait se souvenir que les ancêtres de bon nombre de ses compatriotes ont pendant des siècles été sujets du Saint Empire Romain Germanique (Premier Reich) et sont devenus citoyens français par annexion pure et simple sans qu’on ne leur ait jamais demandé leur avis tels les Bourguignons de Franche Comté, les Alsaciens et les Lorrains ou après un plébiscite contestable, les Savoyards, et peuvent de plus en plus se poser la question légitime de savoir s’ils y ont gagné et s’ils ne gagneraient pas aujourdhui, à maints égards à voir restaurer ledit empire plutôt que de rester citoyens d’un des pays du Club Med redevenus fictivement souverain.

Comme les Allemands qui ont toujours le souvenir de l’hyperinflation consécutive à la Première Guerre mondiale et ont de légitime raison d’avoir une politique monétaire rigoureuse, beaucoup de Français savent que leurs gouvernants depuis Philippe le Bel jusqu’à l’époque en cours n’ont jamais fait preuve de rigueur et sont proches sur ce point des Grecs qu’ils trouvent certes sympathiques et n’ont nul envie pour autant de connaitre une nouvelle banqueroute de Law ou le système des assignats de la Révolution que les Grecs risquent fort de connaitre sous une forme équivalente.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 13:34
Grèce-Union Européenne-Eurogroupe-Eurozone- Dettes- Plans-Propositions- Referendum-Parlement Grec- Vote-Tsipras- Fierté-Honte

Après 5 mois de négociations infructueuses, après avoir demandé de manière assez puérile la disparition du terme "Troïka" qui choquait leur fierté, après avoir organisé un référendum demandant de voter non contre les "exigences " de l’Europe, et avoir obtenu une large majorité, le gouvernement nombriliste et inexpérimenté grec présente comme les siennes, pour des raisons d’orgueil mal placé, des propositions qui sont, à quelques détails près celles de l’Europe qu’il a fait rejeter par le peuple grec en prétendant que grâce au référendum, il pense désormais obtenir une nouvelle aide de l'Europe que celle-ci aurait du de toute façon lui octroyer..

Quelle peut être la légitimité d'un Parlement Grec pour accepter 5 jours plus tard ce que le peuple souverain grec a refusé par référendum à la demande de son gouvernement ? Ce gouvernement qui a cru naïvement que sa légitimité renforcée par le résultat de son référendum coup de poker allait faire revenir les Etats de l'Eurozone sur leurs demandes répétées.

Seul un nouveau Parlement grec issu de nouvelles élections serait légitime pour accepter les propositions de l'Europe reprises peu ou prou par son Premier Ministre devenu soudainement réaliste face au risque de devoir abandonner l'euro et revenir à la drachme alors que la majorité de ses concitoyens ne le voudrait parait-il pas.

Un referendum sur la question non pas de savoir si le peuple grec acceptait les propositions de l'Europe mais voulait malgré celles-ci conservait l'Euro ou revenir à la Drachme aurait été plus logique et aurait permis seulement au Parlement actuel d'être légitime pour les accepter puisqu'implicitement le peuple souverain grec en voulant garder l'euro lui aurait donné mandat d'accepter les propositions européennes.

Qu’a fait ce gouvernement grec de la fierté ancestrale des Grecs ? Il fait honte à ses Anciens auxquels l’Europe doit beaucoup mais qui savent eux exactement ce que leurs rejetons doivent aujourdhui à celle-ci.

Même en Grèce, le ridicule ne tue plus ! Les partisans de Syriza ne peuvent espérer conserver leur honneur par une pirouette consistant à dire que "61% des Grecs sont pour l'austérité mais 80% pour le maintien dans la zone euro et que c'est l'euro qui l'emporte ".

Après force rodomontades de son ministre des finances Varoufakis, le premier ministre grec Tsipras veut faire avaler au peuple grec toutes les couleuvres de la terre grecque en baissant la jupe de ses Evzones qui paradent devant son Parlement tandis que l’Europe et surtout les Etats membres de l’Eurozone, faisant semblant d'être soulagés par un tel sens nouveau des réalités, pourront désormais s’entendre dire par le reste du Monde :

« Allez-vous faire voir chez vos Grecs ! ».

L’Euro, l’Union Européenne est-elle sauvée par une telle volte-face ?

Certainement pas !

Comme dans la plupart des tragédies grecques tout cela se terminera par un suicide " Suicide qui profitera aux Nationaux-socialistes d'extrême droite comme de gauche hostiles à l'Euro et à l'Union Européenne qui vont pouvoir continuer sans risque de soutenir qu'un Etat membre en difficulté peut renoncer à l'austérité en revenant à sa monnaie nationale car il est fort probable que la Grèce continuera d'être un problème pour l'Eurozone même si les créanciers publiques acceptaient, comme on déjà dû le faire les créanciers privés, de faire grâce à la Grèce des 2/3 de sa dette soit plus de 215 milliards pour lui permettre de revenir dans la norme de 60% d'endettement maximum par rapport à son PIB actuel qu'elle ne respectait pas quand elle a abandonné la Drachme pour l'Euro. Situation inenvisageable car les traités ne permettent pas un tel abandon, sauf pour y déroger, à obtenir que par référendum ou par vote de leur Parlement les Etats membres de l'Eurozone l'acceptent à l'unanimité ce qui serait plus qu'improbable. En outre le FMI ne peut pour sa part accepter un tel abandon de créance de sorte que sa créance sur la Grèce devrait être reprise en plus par ces Etats de l'Eurozone.

Or un rallongement de la durée de remboursement de 350 milliards d'euro même sans intérêt sur 50 ans risque fort de ne pas être respecté.

Après le référendum, la Grèce aurait dû négocier avec les Etats de l'Eurozone un plan d'abandon provisoire de l'Euro et de retour à la Drachme, se déclarer en Etat de faillite comme l'a fait l'Argentine, demander néanmoins à rester membre de l'Union Européenne et lui demander au nom de la solidarité entre Etat membre un plan d'aide humanitaire.

On peut seulement espérer alors que la réelle volonté de réintégrer l'Euro conduirait les Grecs à faire les réformes qu'ils se refusent à mener depuis des années.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 09:30

Alors que les socialistes français ont voté le « mariage pour tous » en soulevant en France un vaste mouvement d’opposition contre l’utilisation du mot mariage pour des homosexuels, le comité directeur de la Jeunesse socialiste suisse se positionne pour l’abolition du mariage institutionnalisé comme « une construction éculée ».

Au-delà de la controverse sur l’étymologie du mot mariage, la position des jeunes socialistes apparait, tout bien réfléchi, comme plus cohérente avec l’évolution de la société.

En effet force est de constater que les couples hétérosexuels se marient de moins en moins, ni même se « pacsent » recourant le plus souvent à l’Union Libre.

Le mariage des homosexuels apparait donc à contre-courant du comportement des couples hétérosexuels auxquels ils aspirent à ressembler.

Et demain si ce comportement des couples hétérosexuels s’accentue- ce qui parait conforme à l’évolution des mœurs d’une société dans laquelle personne ne veut se lier pour « la vie »- il n’y aura bientôt plus que les homosexuels qui se marieront.

Et alors leur lutte contre la différence aura été vaine !

Ils seraient donc plus réaliste de prendre acte du mouvement majoritaire de renonciation au mariage civil pour le réserver le terme de mariage aux seuls mariages religieux pour ceux qui souhaitent conforter leur engagement par une démarche religieuse sacrée ou non suivant les religions et instituer une Union Civile pour tous avec régime légal de la séparations des biens, à laquelle les conjoints pourront renoncer amiablement simplement devant un officier d’Etat Civil et supprimer purement et simplement le contrat de pacs qui n’aura existé que comme une mesure transitoire pour ceux qui ne voulaient ou ne pouvaient pas autrefois se marier et s’avère finalement en cas de litige plus compliqué à dénouer que le mariage actuel.

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 09:34
MONNAIE NATIONALE-DRACHME- FRONT NATIONAL- PARTIS NATIONALISTES ET SOUVERAINISTES- FRONT EUROPEEN- UNION EUROPEENNE- FRANCE- GRECE -EURO- UNIONS MONETAIRES

On est en droit de se demander si certains « Enarques » actuellement dans le groupe dirigeant de certains partis politiques français ont étudié l’économie et plus précisément les questions monétaires lors de leur passage à l’ENA. Si tel était le cas, ils sauraient qu’aucune Union Monétaire n’a d’intérêt si elle n’est également Economique ce qui implique qu’elle ne peut fonctionner durablement en l’absence d’un minimum d’Union Politique des Etats qui utilisent la même monnaie.

Même si la monnaie n’est pas véritablement un attribut de la souveraineté d’un Etat, il n’en reste pas moins qu’une monnaie, quand bien même la Banque Centrale qui la contrôle est indépendante de l’Etat ou des Etats, est attachée à l’existence d’un Etat national, d’une Confédération d’Etats, d’une Fédération, d’un Empire ou d’un Royaume, ou au minimum d’une Communauté d’Etats. L’émission d’une monnaie en dehors d’un tel cadre ne peut exister durablement.

L’Union Monétaire Latine l’a démontré et à terme l’exception momentanée du bitcoin le prouvera.

En effet une union économique et monétaire doit remplir un certain nombre de critères pour qu'elle soit efficace économiquement et donc durable. Dans The theory of economic integration (1961), Balassa a établi quelles étaient les différentes étapes du processus d'intégration régionale, à savoir :

. La zone de libre-échange : les partenaires échangent librement leurs marchandises à la suite de la suppression des obstacles tarifaires et non tarifaires. La réglementation des échanges de produits avec le reste du monde reste du ressort des politiques commerciales nationales ;

. L'union douanière : non seulement les obstacles douaniers, quantitatifs et tarifaires, sont éliminés (zone de libre-échange) mais les États membres fixent également un tarif extérieur commun. Ils adoptent donc une politique commerciale commune ;

. Le marché commun résulte de l'ouverture de l'ensemble des marchés, le marché des produits, le marché du travail et celui des capitaux. II repose donc sur la libre circulation des hommes et des capitaux ;

. L'union économique et monétaire ajoute au marché commun une harmonisation des politiques économiques. Par conséquent, cette forme d'intégration nécessite une régulation économique par le biais d'interventions étatiques.

• L'union politique : unification totale des politiques économiques, affaires étrangères et défense communes.

C'est la théorie fondatrice de l'Union Européenne.

Si l’on conçoit- ce qui est le cas de 9 d’entre eux- qu’un Etat membre d’une Union Economique comme l’Union Européenne ne soit pas membre de son Union Monétaire, l’inverse en revanche n’est pas possible. En effet on ne peut concevoir que les banques commerciales et la banque centrale d’un Etat non membre de l’Union Européenne puissent être membre de son Union Monétaire et donc puissent émettre de l’Euro.

A noter que si le traité prévoit bien une sortie d'un Etat membre de l'Union Européenne, on n'y trouve pas de disposition permettant de quitter la zone euro. A priori donc le pallier d'intégration supplémentaire que l'Etat membre de l'Union Européenne a franchi en adoptant la monnaie unique ne lui permet plus de quitter l'Union Européenne (mais on ne voit pas bien comment l'Union Européenne parviendrait à interdire à un tel Etat d'abandonner l'euro et de quitter l'Union Européenne à la suite d'un référendum).

En revanche et à l'inverse, une chose est certaine, si les citoyens grecs restent majoritairement en faveur de l’euro, ils ne peuvent sortir de l’Union Européenne et doivent se plier à la règle de la majorité.

D’ailleurs seule l’appartenance à une Union politique implique un minimum d’obligation de solidarité de la part des autres Etats.

En revanche un Etat membre de l’Union Européenne peut fort bien renoncer à l’Euro mais par le choc créé, sa situation risque fort d’être beaucoup plus critique que s’il avait fait le choix de ne pas d’abandonner sa monnaie nationale.

Dans quelle situation serait par exemple la France si en 2008 elle n’avait pas eu l’Euro comme monnaie mais le Franc ? Aurait-elle pu bénéficier de taux d’intérêts aussi bas pour refinancer et financer sa dette ? Bien évidemment non car les taux sur l’Euro sont depuis 2001 des taux « allemands » ne serait-ce que par le poids de l’ancien Deutschemark dans la composition de l’Euro. Il suffit de se rappeler avec quels écarts de taux les OAT et les Bund étaient émis. Sans compter que le niveau d’endettement de la France -qui continue d’augmenter- creuserait encore davantage l’écart aujourd’hui en cas de retour au Franc et le retour au Deutschemark ou la conservation de l’Euro par les membres de l’ancienne zone Deutschemark.

Par ailleurs de combien dévaluerait immédiatement le Franc par rapport à l’Euro ou au Deutschemark restauré sans que cela ne remédie beaucoup au rétablissement de la balance commerciale de la France du fait de la faible compétitivité en valeur des produits manufacturés exportables ? Et cette dévaluation serait certainement plus forte que si la France avait conservé son Franc ! Certes la compétitivité de l’Allemagne diminuerait mais certainement beaucoup moins qu’augmenterait celle de la France si l’on prend l’exemple de la Suisse qui par la qualité de ses produits supporte constamment le choc de la réévaluation de sa monnaie. Mais en revanche une chose est certaine, c’est que l’inflation résultant notamment des produits importés devenus beaucoup plus chers atteindrait des niveaux inconnus depuis des décennies; il suffit de voir par exemple le taux d’inflation actuelle en Russie du fait de la baisse du Rouble au cours de l’année dernière. Et cette inflation, outre le retour du cortège infernal des indexations, réduirait très rapidement le très momentané avantage pour les exportations apporté par la dévaluation massive du Franc.

Dans l’intérêt des Français et des citoyens des Etats de l’Union Européenne y compris la Grèce mais aussi des non membres de l’Eurozone, il serait donc souhaitable que la Grèce mette fin à la Comédie actuelle en décidant d’abandonner l’Euro et de revenir à la Drachme. En effet la Tragédie Grecque qui s’en suivra inéluctablement rapportera la preuve par l’exemple qu’un retour pour la France aux Francs français serait l’une des pires catastrophes qu’elle subirait si par malheur elle en venait à élire les souverainistes, nationalistes et autres nationaux-socialistes qui prétendent vouloir la sauver en abandonnant l’Euro voire en quittant l’Union Europèenne.

S’il sera toujours possible alors pour l’Union Européenne de sauver la Grèce de la Tragédie dans laquelle ses dirigeants l’auront fait sombrer, il n’en serait pas du tout de la France de par sa part dans le PIB de l’Eurozone.

Et alors c’est, fort de l’expérience malheureuse de la Grèce qu’un parti européen dénommé par exemple Front Européen pourra combattre sans complexe l’argument qu’essaye de faire valoir le Front National. Et l’on découvrira alors qu’en dépit des critiques nombreuses à l’égard de l’Union, le parti majoritaire de loin dans tous les 28 Etats de l’Union Européenne et dans les 19 membres de l’Eurozone est ce Front Européen des Citoyens qui entendent bien que leur Etat reste membre de l’Union Européenne et pour les seconds qu’il conserve sa monnaie unique car ils auront eu la démonstration que la voie Nationale est une voie sans issue qui nous mènerait dans le mur. S’il a été possible comme le Royaume Uni, membre de l’Union, ou la Suisse non membre mais membre de facto de son Union Economique de par les Accords Bilatéraux qui l’y lie, de conserver leur monnaie et d’en tirer profit jusqu’à présent, il n’est pas du tout évident s’agissant du premier qu’il ne supporterait pas un grave préjudice en quittant l’Union Européenne ce qui pourrait amener une Ecosse indépendante non seulement à demander à devenir membre de l’Union mais voire à abandonner un jour la Livre pour adopter l’Euro comme l’a fait l’Irlande et s’agissant de la seconde qu’elle en tire encore longtemps profit si la Banque Nationale Suisse ne parvient plus à stabiliser le taux de change du Franc suisse avec l’Euro, une chose parait sûre c’est qu’ il devient quasiment impossible pour un Etat membre de l’Eurozone d’en sortir sans dommages plus importants que les gains que croient pouvoir en attendre les apprentis sorciers nationalistes en raison essentiellement des niveaux d’endettement de leurs Etats qui leur retire toute marge de manœuvre sur le plan national.

Dès que la Grèce aura abandonné l’euro, il faudra donc créer un véritable parti supranational européen réunissant les citoyens européens convaincus que la sortie de la crise passe par une amélioration et un renforcement de l’Union Européenne et non par un retour à une pleine souveraineté illusoire des Nations Européennes. A défaut le cancer du National-Socialisme gagnera à nouveau le Continent Européen avec une Troisième Guerre Mondiale en perspective qui reléguera définitivement les Etats Nations d’Europe en futurs territoires de colonisation s’ils continuent d’exister.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 09:36
Endettement du Monde-USA-Chine-France-Monarchie- Républiques-Incapacité des hommes politiques passés et actuels-Mission impossible-Jack Law- Assignats- Docteur Schacht- Keynes-Suisse- Initiatives sur l’ or et Monnaie pleine

Au niveau mondial, l’endettement de tous les acteurs économiques (Etats, Entreprises, Ménages) s’est accru de 57 000 milliards de dollars de 2007 à 2014 pour atteindre environ 200 000 Milliards de dollars pesant près de 290 % désormais du PIB mondial.

En Chine, la dette globale dépasse désormais les 28 000 Milliards soit près de 285 % de son PIB

La dette globale des USA dépasse les 60 000 Milliards de dollars et celle du seul Etat américain continue toujours d’augmenter dépassant désormais 15 000 milliards de dollars (alors qu’elle n’était que de 2200 milliards il y a 40 ans) soit environ 100 % du PIB proportion égale à la France avec ses 2000 milliards d’Euros.

Pourtant s’agissant particulièrement de l’Etat français, son endettement ne devrait pas dépasser 60 % du PIB soit actuellement 1200 milliards d’euros selon les accords de Maastricht ayant permis la mise en place de l’euro. Ce qui fait 800 milliards de trop en regard du PIB actuel. Et en matière d’endettement si depuis Philippe le Bel, les rois de France se sont peu préoccupés d’endetter massivement leur royaume, on ne peut pas dire que sur ce plan les présidents de la République Française notamment ceux de la Cinquième depuis plus de 30 ans ont largement contribué à maintenir cette « tradition nationale ».

Malheureusement s’il a été possible de gruger les épargnants d’un Etat qui ont eu la stupidité de faire confiance à leurs dirigeants, cela devient problématique lorsque la majorité de la dette d’un Etat est souscrite par des épargnants étrangers plus prompts à paniquer et plus longs que les nationaux à retrouver la confiance dans l’Etat défaillant surtout si ce sont les responsables de l’endettement qui reviennent au pouvoir.

Si pendant des siècles, certains rois de France ont pu endetter leur royaume de manière irraisonnable c’est parce que la France disposait jusqu’à la première guerre mondiale d’une situation comparable à celle que détiennent les Etats Unis depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui de sorte qu’une remontée inéluctable des taux d’intérêt en l’absence d’inflation lui permettant de rembourser en « monnaie de singe » ou une faillite de la Grèce qui lui couterait 65 milliards la placera dans une situation insoutenable.

Le gouvernement des Etats endettés comme la France ne doit plus jamais être confié à aucun des anciens présidents, premiers ministres, ministres de l’économie et des finances et ministres du budget encore en vie alors qu’ils sont responsables de la situation actuelle.

En effet aucun homme politique ne semble avoir pris conscience de la nécessité de proposer de réformer le système monétaire international après la décision funeste des USA du 15 aout 1971 de supprimer la convertibilité du dollar en or. Et sur le plan français, par leur inconscience et leur irresponsabilité, doublée d’ une incompétence manifeste, ils n’ont pas cessé de voter des budgets en déficit, creusant progressivement l’endettement du pays, malgré les engagements pris à partir de 1991 pour la création de l’euro et faisant perdre progressivement au pays la seule souveraineté budgétaire qui pouvait lui rester après la perte de souveraineté monétaire depuis la création de l’euro et des transferts normaux de compétences à Bruxelles. Ils n’ont commencé à prendre conscience de la nécessité, comme d’ailleurs les USA, non pas tant de réduire l’endettement mais seulement de le freiner après la crise de 2007-2008, et encore pas tout de suite, alors que le problème est celui d’une croissance généralisée de l’endettement de tous les acteurs économiques ( en Suisse l’endettement publique est faible mais celui des particuliers très élevé) et le problème essentiel , celui de la réduction de l’endettement public à moins de 60 % du PIB que le consensus des économistes considère, pour des multiples raisons, comme le plafond à ne pas dépasser c’est-à-dire, comme écrit plus haut, que sur la base du PIB actuel le montant de 2000 milliards devrait être ramené à moins de 1200 milliards soit une diminution de 800 milliards.

Aucun homme politique même de droite depuis plus d’un quart de siècle ne s’est soucié du niveau de la dette de l’Etat français (mis à part peut-être le Premier Ministre Fillon). Il est donc tout à fait coquasse mais inquiétant de voir aujourd’hui deux anciens ministres de l’Economie et des Finances français, l’une du gouvernement Sarkozy, Madame Lagarde, actuelle directrice du FMI et l’autre du gouvernement Eyraud, Monsieur Moscovici, actuel Commissaire Européen découvrir la gravité du problème depuis qu’ils ont changé de fonctions.

Or ce n’est pas avec 50 milliards d’économies en 3 ans proposés par le gouvernement actuel ni même 130 milliards proposés par l’ancien premier ministre Fillon qu’un tel objectif sera atteint ! Ce ne serait que le début d’un processus de résorption de la dette qui durera au moins aussi longtemps que celui passé à la creuser.

Car plutôt que faire un effort massif pendant que les taux d’intérêt sont à un plus bas historique du fait de la politique keynésienne de la planche à billets (Quantitative Easing) développée par la Réserve Fédérale Américaine, la Banque d’Angleterre, la Banque Centrale Européenne et bien malgré elle également la Banque Nationale Suisse, mais qui ne pourra pas durer encore quelques années, le gouvernement socialiste de la France fait un effort minimum ne serait-ce comparativement à celui, encore bien insuffisant effectué par le gouvernement conservateur du Royaume Uni.

Et pourtant sans réduction de la dette, l'espoir d'une croissance réelle significative n'a aucune chance de se concrétiser et donc u8ne baisse du chomage !

La mission de l’homme qui doit gouverner la France demain apparait donc quasi-impossible dans la mesure ou, en l’absence d’inflation dans les prochaines et même en rêvant d’un retour à une certaine croissance qui ne dépassera jamais sur une longue période 2% mais générera automatiquement si elle est partagée par les autres pays membres de l’euro une remontée certes de l’inflation mais également des taux d’intérêt, il lui faudra faire dégager, un excédent primaire après résorption du déficit actuel de l’ordre de 90 milliards, d’au moins 20 milliards pendant 30 ans au moins. Mission quasi impossible car, à défaut de pouvoir inconsidérément continuer de réduire le budget de la défense passé en dessous du minimum, il faudra bien tailler dans le budget de l’Education Nationale en faillite et dans celui de la Sécurité Sociale.

L’endettement général du Monde est démentiel. Si les USA pensent pouvoir continuer longtemps comme cela, la France ne le peut pas. Sans un effort considérable désormais, une remontée prochaine obligatoire des taux de son endettement public va la mettre dans une situation de très grande difficulté pour dégager un excédent primaire lui permettant de commencer à essayer de réduire sa dette mais même de respecter le critère de 3 % de déficit de ses finances publiques. Et l’euro risque de disparaitre du fait même de la France.

Et le retour à une monnaie nationale serait, n’en déplaise au Front National, une Catastrophe Nationale comme l’ont bien compris la majorité des Grecs.

Ceux qui aiment l’histoire en France savent comment s’est terminé le système de Law et ont entendu parles du système des assignats, et en Allemagne du système mis en place par le ministre d’Hitler le docteur Schacht avec ses bons MEFO.

Nous ne sommes plus très loin de nous trouver dans la même situation !

Et un peuple a commencé de le comprendre : le peuple suisse dont la Banque Nationale se trouve obligée malgré une croissance du PIB et un niveau de l’emploi plus que satisfaisants de faire marcher elle aussi a planche à billets pour empêcher l’envolée du franc suisse considéré comme valeur refuge par les non-résidents face au dollar et à l’euro. En effet, il est révélateur que ce peuple ait été amené à se prononcer sur une Initiative Populaire prônant l’obligation pour la Banque Nationale Suisse de remonter à 20% la couverture en or des billets en circulation et que, malgré l’échec relatif de cette Initiative, une nouvelle Initiative dite pour une monnaie pleine est lancée avec pour objectifs 1. La Banque Nationale créera désormais seule de la monnaie scripturale électronique. 2. Les banques ne pourront plus elles-mêmes créer de la monnaie scripturale, mais prêter seulement de la monnaie qui existe déjà. 3. La Banque Nationale mettra en circulation de la nouvelle monnaie pleine moyennant un don (sans dette) au gouvernement federal, aux Cantons ou aux citoyennes et citoyens.

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 09:47
Operation Sentinelle-Force Opérationnelle Terrestre-Réserves Opérationnelles-France-Royaume Uni- Union Européenne-Armée de Métier-Interventions Extérieures-Défense Opérationnelle du Territoire-Plan Vigipirate- Opération Sentinelle- Effectifs- Conscription-Gendarmerie-Rétablissement du Service militaire.

Actuellement les deux principales puissances de l’Union Européenne et membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU se trouvent à la tête de deux armées de terre réduites au rang de simples Corps expéditionnaires. Contrairement aux idées développées ces dernières années, il s’avère que même une armée moderne a besoin d’une infanterie importante pour remplir ses missions. La mobilité accrue et la force de frappe d’une armée de métiers au format réduit ne permet pas d’occuper le terrain alors que les conflits asymétriques récents montrent qu’il n’y a pas de possibilité de vaincre un ennemi non organisé en armée régulière sans occupation massive du terrain. Cela est d’autant plus vrai que la majorité des combats ne se font plus en rase campagne mais à l’intérieur des grandes villes dont le contrôle demande d’énormes effectifs. Or actuellement l’armée de terre française ne dispose plus que d’une vingtaine de régiments d’infanterie soit d’environ 20 000 fantassins alors que l’armée de terre britannique n’en disposera elle bientôt de moins de 30 000. Et il ne devrait pas rentrer dans les missions de l’armée de terre d’assurer la Défense Opérationnelle du Territoire qui, en France a été complétement oubliée depuis la fin de la conscription il y a 20 ans maintenant. Si le Président français vient de prendre conscience de l’insuffisance des effectifs, sa décision de vouloir « déployer » 77 000 hommes tant pour la Défense Opérationnelle du Territoire que pour les Opérations extérieures oblige à transformer une grande partie des militaires de carrière appartenant aux troupes de protection des bases aériennes, aux fusiliers marins, à l’arme de l’artillerie, du génie, du train……en simples fantassins chargés de la surveillance, d’un nombre limité à 700, de points sensibles d’ailleurs bien loin des plus de 5000 qu’il conviendrait de surveiller. Mais malgré une telle transformation anormale, force est de constater que la ressource s’avère encore largement insuffisante et contraint les vrais fantassins de différents Régiment d’Infanterie de la Légion Etrangère, de la Brigade Alpine, de la Brigade parachutiste ….à faire les sentinelles ou à effectuer des patrouilles à pied alors que ce n’est pas pour cela qu’ils se sont engagés ni n’ont été entrainés au risque en outre de ne plus avoir le temps et l’argent pour les entrainer à leur mission réelle. Un tel recours à l’armée de Terre obère très sérieusement la capacité d’un pays comme la France à pouvoir remplir dans la durée deux missions extérieures de taille significative. Rappelons qu’en dépit de la prise de conscience récente du Chef de l’Etat, on va rester très loin du « format » rêvé il y a encore peu pour 2015 de 434000 hommes, toutes armes confondues, dont trente mille projetables à huit mille kilomètres pendant un an, appuyés par soixante-dix avions et deux porte-avions . Au mieux aujourd’hui avec ses seulement 20 000 fantassins, l’Armée française serait bien incapable de faire intervenir sur une durée d’une année l’équivalent de 2 brigades en interventions extérieures de sorte qu’il n’est pas responsable d’ utiliser une partie d ses fantassins pour assurer le maintien de la sécurité intérieure. Certes, depuis 1960, le maintien de l’intégrité du sol national repose sur la dissuasion atomique. Née de la guerre froide, et toujours d’actualité face à d’autres puissances nucléaires, cette assurance vaut-elle s’agissant d’un agresseur asymétrique utilisant des armes conventionnelles et qui, de surcroît, déclencherait un conflit depuis l’intérieur même du territoire ? Evidemment non. Conçue pour réduire à néant un bassin industriel ou une métropole majeure à des milliers de kilomètres de nos frontières, l’arme nucléaire, même tactique, ne serait d’aucune utilité pour s’opposer à des insurrections dans les banlieues voire à une tentative de constitution d’ enclave indépendante sur le territoire de la République, ou au débarquement, pacifique ou non, sur les côtes de la Méditerranée, de centaines de milliers d’hommes chassés par la misère ou par l’instabilité politique. Il n’incombe pas seulement au Président de la France de simplement chercher à donner à ses concitoyens le sentiment de la sécurité mais de tout faire pour assurer cette sécurité ! Pour cela, il n’y a pas d’autre solution que de donner à la gendarmerie mobile les effectifs suffisants en rétablissant un Service Militaire court de 3 mois qui permettrait de disposer d’environ 150 000 hommes supplémentaires formés au combat urbain capables au bout de 6 semaines de classe intensives d’effectuer la garde de bâtiments et d’effectuer des patrouilles en milieu hostile. Or ce n'est pas avec les Réserves Opérationnelles actuelles totalisant en théorie pour les 3 Armées de Terre, de Mer, de l'Air et de la gendarmerie environ 50 000 hommes employés dans le Civil trés difficilement mobilisables en permanence au-delà d'environ 2500 hommes sauf circonstance trés exceptionnelles que l'on résoudra le probléme.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 13:29

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et Cisjurane (dont dépend la Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire. En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, le duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

Maison des Bosons

.Boson (879-887), roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune. Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. Louis III de Francie occidentale, Carloman II et leur cousin Charles III le Gros et un représentant de Louis le Jeune, retenu dans son royaume par la maladie se rencontrent en juin 880 en Lorraine. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence. Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence. En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.840

.Louis III l'Aveugle (vers 882- 928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune. En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane. En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie. En 898, Engelberge, sa sœur épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon. A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900. Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople (fin 887-903), fille de l'empereur romain d’orient Léon VI. En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence. En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie. De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. Fait marquis de Provence, le régent Hugues d'Arles, épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve de Rodolphe Ier de Bourgogne. Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

.Hugues d'Arles (v. 880- 947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, régent du royaume de Provence en 911 et roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Il épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l’aveugle.

Élevé par lui à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, Hugues devient régent du royaume de Provence en 911 du royaume et quitte Vienne pour s'installes à Arles qui en devient capitale. Il devient roi d'Italie en 926 après accord avec le roi de Bourgogne Rodolphe II. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie mais conformément à cet accord il renonce à ses droits sur le royaume de Provence. À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le Royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin. À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits conformément à l’accord passé en 926. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné. La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit. Dès 948 ou 949, le roi Conrad réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, un à Apt, un en Avignon et un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II, à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

.Boson II (910-968) comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotboald (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle.

Son suzerain le roi Conrad (937-993) se montre très actif en Provence ; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour ; l’année suivante il est présent à Arles.

.Guillaume Ier le libérateur (955-993), comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en 991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence. Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978 tient un plaid dans la ville d’Arles. La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribue les terres reconquises à ses vassaux. Arles retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de la tige des comtes de Forcalquier. .Rotboald Ier ( - 1008) comte de Provence avec son frère Guillaume Ier de 968 à 1008, marquis de Provence de 993 à 1008 Fils de Boson II, comte d’Arles et de Constance de Provence donc frère de Guillaume Ier le libérateur. A la mort de son père Guillaume le Libérateur, son fils Guillaume II ou III (v. 986-1018) marié en 1002 avec Gerberge de Bourgogne, fille d’Othe-Guillaume, comte de Bourgogne et d’Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et Besançon, devient comte de Provence en 1008 mais ne peut récupérer le titre de marquis de Provence qui échoit à son oncle Rotbald Ier.

.Rotboald II ( ? - 1014) comte et marquis de Provence de 1008 à 1014,

Fils du précèdent. Il épouse vers 1002 Ermengarde (Veuve, Ermengarde se remarie avec Rodolphe III, roi de Bourgogne-Provence). Rotboald et Ermengarde ont trois enfants :

.Guillaume III, comte de Provence,

.Hugues, .Emma, marquise de Provence, mariée à Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse.

. Emma de Provence, marquise de Provence de 1014 à 1063 Guillaume III de Toulouse dit Taillefer, comte de Saint Gilles se remarie avec elle en 1019 avec lequel elle a deux fils Pons, comte de Toulouse et Bertrand qui lui succède à sa mort en 1063 comme marquis de Provence. .Bertrand Ier ( ?-vers 1085) marquis de Provence de 1063 jusque vers 1085 .Raymond IV (ou VI) de Toulouse, dit Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 - 1105) comte de Saint-Gilles de 1060 à 1105, duc de Narbonne, marquis de Gothie, comte de Rouergue (1065-1105), marquis de Provence de vers. 1085 à 1105, comte de Toulouse de 1094 à 1105 Il épouse vers 1060 soit la fille de Bertrand Ier, soit une fille du comte Geoffroy Ier de Provence (À cette époque, le comté de Provence est toujours tenu tenu en indivision par les descendants de Guillaume Ier de Provence et de son frère Rotboald Ier). La famille comtale de Provence s'éteint en 1093 et trois familles vont alors se partager la Provence:

- celle de Toulouse, issue du mariage en 1019 d’Emma de Provence avec Guillaume III de Saint Gilles dit Taillefer qui possède le marquisat de Provence.

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque qui possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.

-celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone qui possède le comté de Provence au sud de la Durance.

.Bertrand II de Saint-Gilles (vers 1065- 1112) comte de Toulouse, de Rouergue, d’Agen, d’Albi et du Quercy, duc de Narbonne, marquis de Gothie, marquis de Provence de 1096 à 1108.

Fils de Raymond IV de Saint Gilles.

.Alphonse Jourdain (1103 -1148), est un comte de Toulouse, de Rouergue, d'Albi, de l'Agenais et du Quercy, duc de Narbonne, marquis de Gothie, marquis de Provence de 1108 à 1148.

Fils de Raymond IV de Saint-Gilles, Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat de Provence) et de Barcelone (comté de Provence), maisons rivales qui se heurtent déjà dans leurs sphères d’influence, qui est l’actuel Languedoc. À cela d’ajoute les ambitions de la maison des Baux qui, étant issue d’Etiennette de Provence-Gévaudan, revendique une part du comté.

Les guerres dite baussenques ne tardent pas à éclater entre Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, d’une part et Alphonse Jourdain et les seigneurs des Baux d’autre part. Défait, Alphonse Jourdain se réfugie dans Orange en 1123, où il est assiégé par Raymond-Bérenger, mais la milice toulousaine se porte à son secours et force la levée du siège. Mais Alphonse doit renoncer à contrôler la totalité de la Provence et signe en 1125 un traité de partage de la Provence :

- Alphonse conserve la partie située entre l’Isère et la Durance, constituant le marquisat de Provence dont les fiefs sont :

.le comté de Valence (Valentinois) et de Die (Diois) : comtés - domaines vassaux jusqu'en 1189. .le comtat Venaissin, la partie sud du marquisat - propriété propre, qui prend définitivement ce nom en 1274.

.le comté d’Orange: domaine vassal jusqu'en 1181, année où il devient une principauté autonome.

- Raymond Bérenger reçoit le comté de Provence réduit au Comté d’Arles passe avec les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et à Nice à l’est.

Le comté de Forcalquier reste indépendant.

Malgré ce partage la guerre reprend rapidement entre Alphonse Jourdain et Raymond-Bérenger. La mort de Douce en 1130 et celle de Raimond-Bérenger en 1131 font resurgir les problèmes de succession latents du comté de Provence. Dès 1131, les seigneurs des Baux, désormais soutenus par le comte de Toulouse, font donc valoir leurs droits auprès de l'empereur Conrad.

.Raymond V (1134-1194), comte de Toulouse et Marquis de Provence de 1148 à 1194

Fils du précédent, Raymond V renforce sa position dans la région en mariant son fils cadet, Albéric Taillefer, avec Béatrice d'Albon, dauphine de Viennois.

En 1155, il prête son soutien à Hugues II, seigneur des Baux, qui se révolte contre le comte de Provence Raimond-Bérenger II. Mais celui-ci vient l'assiéger et le soumet dès 1156. La Provence relevant du Saint-Empire, Raymond V cherche aussi à se rallier l'empereur Frédéric Ier Barberousse. En 1161 se tient un concile à Toulouse, afin de choisir qui de Victor IV ou d'Alexandre III doit être pape. La majorité des évêques et des cardinaux, suivis de Louis VII et Henri II, choisit Alexandre III, tandis que Frédéric Ier, soutenu par Raymond V, penche pour Victor IV. Dans un contexte de paix conclue avec les Trencavel et Henri II, Raymond V cherche à s'entendre avec le comte de Barcelone, Raimond-Bérenger IV de Barcelone, et son protégé le comte de Provence, Raimond-Bérenger II. Mais en 1166, Raimond-Bérenger II est tué au siège de Nice. Raymond V s'est alors séparé de Constance, qui est repartie dans les Etats de son frère en 1165. Raymond V se rend en Provence et, après avoir fait prononcer son divorce par Victor IV, il aurait épousé la veuve de Raimond-Bérenger II, Richilde de Pologne, tout en fiançant la fille de Raimond-Bérenger II, Douce II, avec son propre fils Raymond. Le jeune comte de Barcelone, Alphonse II, futur roi d’Aragon ne l’entend pas ainsi. En 1167, il décide de récupérer l'héritage de sa cousine, Douce II, et engage la guerre en Provence contre Raymond. Cette guerre dure huit ans,. En 1189, Raymond V donne le Diois en fief à Aymar II de Poitiers, qui le réunit au comté de Valentinois. Par la paix de Jarnégues de 1190 signée avec Alphonse Ier, comte de Provence, il accepte le partage de la Provence de 1125.

.Raymond VI (1156-1222), comte de Melgueil de 1173 à 1190 puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1194 à 1222.

Fils du précédent et de son épouse Constance de France sœur du roi de France Louis VII.

Le pape Innocent III décide d'organiser une expédition contre les cathares et demande d'abord à Philippe Auguste d’en prendre la tête, mais ce dernier s'y refuse : il est encore en guerre contre Jean sans Terre, roi d'Angleterre ainsi qu'avec l'empereur Othon IV et ne veut pas ouvrir un autre front. Il commence d'ailleurs par interdire aux barons de son royaume de prendre part à cette croisade, avant de changer d'avis et de donner cette autorisation. Les croisés se réunissent à proximité de Lyon et se dirigent vers le sud, sous la direction du légat du pape Arnaud Amaury. Trois grands féodaux dominent alors le Languedoc : le roi Pierre II d'Aragon, également comte de Barcelone, de Gévaudan, de Roussillon, seigneur de Montpellier et le suzerain de plusieurs autres seigneurs, Raymond VI, comte de Toulouse et Raimond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers, de Carcassonne et d'Albi. Pour écarter la menace de ses états et n'ayant pas réussi à s'entendre avec Trencavel pour une défense commune, Raymond VI de Toulouse fait amende honorable le 18 juin 1209 à Saint-Gilles et rejoint la croisade. Mais il accompagne la croisade, plus en observateur qu'en combattant, se compromettant ainsi aux yeux de son propre camp. Après les succès remportés par les croisés (prise et massacre de Béziers, siège et prise de Carcassonne et mort de Raymond-Roger Trencavel), la croisade dirigée depuis août 1209 par Simon IV de Montfort fait peser une menace sur sa personne et son fief. Il essaie de s'entendre avec Monfort, mais il rencontre l'hostilité constante des légats du pape. Il cherche également l'appui de son beau-frère Pierre II, roi d'Aragon. En janvier 1210, il entreprend un long voyage pour défendre sa position auprès de Philippe-Auguste, d'Innocent III et l'empereur Othon IV, son suzerain pour le marquisat de Provence. De nouveau excommunié en 1211 par le concile de Montpellier, sentence confirmée le 17 avril 1211 par le pape, il essaie d'organiser la résistance contre les croisés. Mais il ne peut déloger Simon IV de Montfort enfermé dans Castelnaudary. Le 27 janvier 1213, Raymond VI rend hommage à Pierre II d'Aragon. Les deux hommes et le comte de Foix investissent en septembre 1213 Muret. Le 12 septembre, les croisés de Simon de Montfort, plus disciplinés, écrasent les coalisés. Le 17 février 1214, sur ses ordres, son frère Baudouin de Toulouse, ayant participé à Muret aux côtés des croisés, est enlevé de son château de Lolmie et pendu comme traître. Raymond VI, en butte avec l'évêque Foulques de Marseille ne peut alors éviter la conquête de Toulouse par Simon IV de Montfort en juin 1215 et s'exile à la cour d'Aragon à Barcelone. En novembre 1215, il se rend à Rome, où le IVe concile du Latran débat du sort de son comté de Toulouse. Il est déchu de ses droits au profit de Simon de Montfort, mais le pape préserve le marquisat de Provence au profit de son fils, le futur Raymond VII. En mai 1216 Raymond VI et son fils sont accueillis triomphalement à Marseille et à Avignon. Tandis que Raymond VI se rend en Aragon, le jeune Raymond, plus entreprenant que son père, met le siège devant Beaucaire qu'il prend le 24 août. Le 2 septembre 1217, il reprend Toulouse où Simon IV de Montfort met immédiatement le siège. Ce dernier y est tué mais son fils Amaury prend sa succession. Revenu à Toulouse, Raymond VI y décède, toujours excommunié, des suites d'une brève maladie le 2 août 1222.

.Raymond VII (1197-1249), comte de Toulouse, de Saint Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et marquis de Provence de 1222 à 1249

Fils du précédent, La croisade contre les Albigeois va accélérer le processus de séparation entre Avignon et le marquisat de Provence. Par le traité de Paris /Meaux de mars/avril 1229, que lui impose le roi de France Louis IX (futur Saint Louis), Raymond VII de Toulouse rend hommage au roi Louis et promet sa fille à l'un des frères du roi, Alphonse de Poitiers, destinant son comté de Toulouse, faute d'héritier mâle, à devenir l'un des apanages de la couronne de France. Il renonce en outre à tous ses " autres pays et domaines situés en-deçà du Rhône dans le royaume de France " et précise " quant aux pays et domaines que j'ai au-delà du Rhône dans l'Empire (marquisat de Provence Venaissin), je les cède à perpétuité à l'Eglise romaine entre les mains du légat. " Mais par bulle signée à Montefiascone du 8 septembre 1234, l’empereur Frédéric II restitue à Raymond VII le Comtat Venaissin, entendant manifester à la fois sa suprématie sur les souverains d'occident, et particulièrement sur le roi de France, dont il dévalue ce faisant la portée des actes, mais aussi sur la papauté, dont il conteste l'autorité au temporel. Le comtat Venaissin, est alors reconquis à main armée, en 1236, par Raymond de Toulouse. Dès les années 1237-1238, l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen suit de près les affaires en Provence en nommant un vice-roi en Arles, puis en 1240 en demandant au comte Raymond VII de Toulouse d'intervenir militairement contre le comte Raimond Bérenger IV de Provence et Jean Baussan, archevêque d'Arles.

.Alphonse II (1220-1271), comte de Toulouse et marquis de Provence de 1249 à 1271

Fils du roi de France Louis VIII le Lion donc frère de Louis IX, comte de Poitiers ; Il épouse Jeanne de Toulouse, fille de Raymond VII et devient ainsi comte de Toulouse et marquis de Provence en 1249. Ce n'est qu'à la mort d’Alphonse II en 1271 que le marquisat passe au roi de France, Philippe III, qui le cède en 1274 au pape Grégoire X pour devenir le Comtat Venaissin.

a. Evêché de Valence/ Comté de Valentinois/ Evêché de Die/ Comté de Diois/, terres d’empire de 1032 à 1419

Au partage de Verdun de 843, la région fait partie de la Francie Médiane ou Lotharingie puis en 855 au Royaume de Provence lequel est uni à celui de Bourgogne en 934. En 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence dit aussi Royaume d’Arles est intégré à l’empire. Du X° au début du XII° siècle, le comté de Diois est indépendant du comté de Valentinois. En 1125, la Provence est divisée en un Comté de Provence (au sud de la Durance), qui passe à la maison de Barcelone, et en un Marquisat de Provence, qui demeure dans la maison de Toulouse. Les comtes de Diois comme ceux de Valentinois sont vassaux des Marquis de Provence, qui sont donc également comtes de Toulouse. Mais en 1189, les comtes de Toulouse donnent le Diois en fief à Aymar II de Poitiers, qui décide de le réunir au comté de Valentinois.

Evêques de Die

.Conon, évêque de Die en 1037 .Pierre Ier, évêque de Die en 1055-1056

.Lancelin, évêque de Die en 1073- ?

.Hugues de Bourgogne ou Hugues de Romans, (vers 1040-1106) évêque de Die de 1074 à 1082 puis, à partir de 1082 archevêque de Lyon, Primat des Gaules.

Lors du concile romain réuni en février 1075 (quand est publié par ailleurs le décret contre les investitures laïques), le pape le nomme légat du pape Grégoire VII pour la Francie et le royaume de Bourgogne-Provence Bourgogne. Il applique ainsi les préceptes réformateurs du pape vigoureusement et à plusieurs niveaux : Au plan local, il s'efforce de faire régler dîmes et prémices, et pour améliorer la qualité du clergé, soutient le développement des chanoines réguliers. Au plan du haut clergé, il réunit une série de conciles régionaux où il diffuse les décrets grégoriens et lutte de façon intransigeante contre l'investiture laïque.

.Ponce, évêque de Die de 1084 à 1086

.Ismidon de Sassenage, évêque de Die de 1097 à 1115

.Pierre II 1116-1119, évêque de Die de 1116 à 1119

.Étienne Ier, évêque de Die de 1121 à 1127

.Ulric, évêque de Die de 1130 à 1142

.Hugues II, évêque de Die de 1142 à 1159

.Pierre III, évêque de Die de 1163 à 1173

Au début de son règne, Guillaume fils d’Aymar de Poitiers qui a épousé la comtesse de Die, fille ainée d’Isoard, occupe le Diois et inquiète Pierre III. .Bernard, évêque de Die en 1176 .Robert, évêque-comte de Die, comte de Diois le 30 juillet 1178 Il obtient de l’Empereur Frédéric Ie une bulle qui confirme à son église la possession de nombreuses terres. Il reçoit la ville de Die et le comté.

.Humbert Ier, évêque-comte de Die de 1199 à 1212

.Didier, évêque-comte de Die, comte de Diois de 1214 à 1223

En 1214, Il est présent à Bâle comme les principaux évêques de l’empire et y reçoit de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen le sceptre, suivant l’usage, l’investiture de son temporel qui comprenait les regalia, la juridiction sur la ville épiscopale, sur les voies publiques du diocèse, quelques forteresses et d’importants droits féodaux. C’est au détriment d’Adémar de Poitiers, seigneur de Valentinois, que Frédéric renouvèle et augmente les droits de l’évêque de Die. Ici encore, en prenant le parti de l’évêque contre la famille de Poitiers, Frédéric ne fait que se conformer à la tradition de son aïeul l’empereur Frédéric Ier Barberousse.

.Humbert II, évêque-comte de Die en 1224

.Bertrand d`Étoile, évêque-comte de Die de 1224 à 1243

En mai 1238, l’empereur Frédéric II confirme la charte de 1178 octroyée à l’évêque Bertrand qui a accompagné de sa personne le contingent de son diocèse à Vérone ; en même temps l’empereur enjoint à ce prélat de rétablir à Die la régularité des poids et mesures, d’en bannir les associations et les conjurations illicites et de faire cesser toutes les exactions illégitimes.

.Humbert III, évêque-comte de Die de 1243 à 1245, resigné

.Amédée Ier de Genève, évêque-comte de Die de 1245 à 1275

Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin.

Trois de ses frères deviendront évêques : Guigue à Langres, Aimon à Viviers et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie Pierre et Philippe. Nommé évêque par le pape Innocent IV. Son entrée solennelle dans la ville de Die se fait en présence de son cousin le Dauphin Guigues VII, devenu son vassal pour les possessions delphinales dans le diocèse de Die. Il entreprend de démêler les différents entre évêques de Die et de Sisteron dans le sud-est du diocèse, autour de l'abbaye de Bodon et, par accord du 11 janvier 1248, reconnaît la prédominance de Sisteron. La même année, il fait en compagnie de l'évêque de Viviers, Arnaud de Vogüé le tour des églises de la région pour y recueillir un nouvel impôt dû au pape, non sans succès, puis assiste au synode de Valence, où sont prises les dispositions concernant l'application locale de la seconde excommunication de l'empereur Frédéric II. Le 16 octobre 1250, les travaux de rénovation étant terminés, il consacre la cathédrale de Die et acquiert des droits sur les terres de Valdrôme, puis affirme en 1251 la suzeraineté des comtes-évêques de Die sur le Vercors, freinant dans les deux cas l'expansion des dauphins de Viennois dans son diocèse. A la mort de son père, à qui succède Rodolphe, il est chargé de superviser le partage du reste de l'héritage entre ses autres frères. Il délègue en 1253 cette charge à son aîné, étant accaparé par ses démêlés avec les dauphins de Viennois. La guerre avec Guigues VII est évitée grâce à l'intervention des archevêques de Vienne et de Lyon qui préconisent un partage des terres et poussent le dauphin à se reconnaître vassal de l'évêque de Die en son diocèse. Amédée consolide ses pouvoirs temporels, en tant que comte de son diocèse, en recevant les hommages de ses vassaux, notamment pour La Motte en 1255, Luc en 1268 et, par les armes, pour le Trièves en 1259. Il soutient son frère Aimon évêque de Viviers contre le comte de Valentinois Aymar III. En 1274, il assiste au concile de Lyon. A sa mort en janvier 1276, l'évêché de Die est uni à celui de Valence, dont Amédée de Roussillon, neveu d'Amédée de Genève, occupe le siège depuis l'année précédente.

Evêques de Valence :

.Humbert, évêque de Valence de 1028 à 1030

Frère de Guigues Ier le Vieux, dauphin du Viennois

.Ponce de Valentinois, évêque de Valence de 1032 à 1056

Fils d'Aimar Ier, comte de Valentinois.

.Odon, évêque de Valence de 1058 à vers 1060

.Rainachaire, évêque de Valence vers 1060

.Gontard, évêque de Valence de 1063 à 1100

.Henri, évêque de Valence de 1100 à 1107

.Eustache, évêque de Valence de 1107 à 1141

.Jean, évêque de Valence de 1141 à 1146

.Bernard, évêque de Valence de 1147 à 1154

.Orilbert, évêque de Valence en 1155

.Odon de Crussol, évêque-comte de Valence de 1155 à 1185

Famille seigneuriale de Crussol du nom du château éponyme situé en Ardèche près de Valence. En 1156, il reçoit de l'empereur Frédéric Barberousse un ensemble de droits et de châteaux qui constituent le comté épiscopal de Valence. Son autorité s'exerce essentiellement sur la plaine de Valence et la vallée du Rhône jusqu'à Loriol : le reste du Valentinois reste sous la domination de maisons allodiales : les Poitiers, les Adhémar (Montélimar), les Bastet (rive droite du Rhône). À Valence, il doit composer avec les bourgeois à la suite de l'intervention de l'empereur en 1178.

.Lantelme, évêque-comte de Valence de 1186 à 1188

.Foulques de Dionay, évêque-comte de Valence de 1287 à 1200

De la famille des seigneurs de Dionay dans le Dauphiné.

.Humbert de Miribel, évêque-comte de Valence de 1200 à 1220 De la famille des seigneurs de Miribel dans la Bresse.

.Géraud (Giraud, Gérold) de Lausanne, évêque-comte de Valence en 1220

Fils d’Ebald III de Grandson ; frère d’Ebald IV de Grandson, seigneur de Grandson.

.Guillaume de Savoie, évêque-comte de Valence de 1226 à 1238, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne et seigneur de Piémont, prince-évêque de Liège de 1238 jusqu'à sa mort en 1239.

Sixième des quinze enfants de Thomas Ier de Savoie, et de Marguerite (ou Béatrice) de Genevois. Il appartient, par son père à la Maison de Savoie et descend par sa mère des comtes de Genevois. En mai 1238, convoqués par l’empereur Frédéric, les contingents de l’évêque de Grenoble, archevêque d’Embrun, des évêques de Valence et du Diois rencontrent à Vérone sous les drapeaux de l’Empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence. L’empereur confirme à cette occasion à Guillaume de Savoie tous les droits et la juridiction de son Église, et révoque les aliénations faites au détriment de cette Église sans le consentement de l’Empereur. Enfin, il interdit aux bourgeois de Valence et aux habitants du diocèse de s’associer et de se lier par des serments mutuels, si ce n’est avec l’agrément de l’évêque ; il semble donc prendre nettement le parti de l’évêque contre les bourgeois.

.Boniface de Savoie, évêque-comte de Valence en 1241

Neuvième fils de Thomas Ier, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et Marguerite (ou Béatrice) de Genève. Frère des comtes Amédée IV et Pierre II.

.Philippe de Savoie, évêque-comte de Valence de 1241 à 1267, archevêque de Lyon de 1246 à 1267, puis comte de Bourgogne de 1267 à 1279 et comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1268 à 1285.

Huitième fils de Thomas Ier, Il se dépouille de tous ses titres en 1267, à l'approche de la fin de son frère Pierre II de Savoie, pour pouvoir lui succéder. Il épouse le 11 juillet 1267, la comtesse Alix de Bourgogne fille du comte Othon II de Bourgogne et de Béatrice II de Bourgogne. Par ce mariage sans enfants, il devient comte de Bourgogne, mais à la mort d'Alix, c’est Othon IV de Bourgogne (ou Othelin), né d'un premier mariage d'Adélaïde avec le comte Hugues de Bourgogne qui prend possession de la Bourgogne. Philippe Ier doit souvent combattre contre Rodolphe de Habsbourg, en Suisse et au Piémont, et parvient à conquérir Turin.

.Guy de Montlaur, évêque-comte de Valence en 1268 et de 1272 à 1274

.Bertrand, évêque-comte de Valence en 1268

.Amédée de Roussillon, évêque-comte de Valence de 1274 à 1281 (Rossillon) et de Die de 1276 à 1281

Sous son règne, l'évêché de Valence est uni à celui de Die vers 1276.

Evêques de Valence et de Die :

.Philippe de Bernusson, évêque-comte de Valence et de Die 1281-1283

.Henri de Genève, évêque-comte de Valence et de Die en 1283

De la famille des comtes de Genève.Fils du comte de Genève Guillaume II. Frère du comte de Genève Rodolphe et de l’évêque de Genève Robert.

.Jean de Genève, évêque-comte de Valence et de Die de 1283 à 1297

Fils du comte de Genève Rodolphe ; neveu du précédent ; frère du comte de Genève Aymon II.

Il doit continuer à se défendre contre Aymar IV de Poitiers qui poursuit la guerre engagée depuis 9 ans par son père. Mais en 1291, ils sont tous les deux à Morat ou l’empereur Rodolphe de Habsbourg les a convoqués et où il leur confirme à Morat leurs pouvoirs temporels.

.Guillaume de Roussillon, évêque-comte de Valence et de Die de 1297 à 1331

.Aymar d’Anduze de la Voulte, évêque-comte de Valence et de Die de 1331 à 1336

Aymar V de Poitiers doit lui rendre hommage de sa moitié de Crest et de 74 autres Seigneuries.

.Henri de Villars, évêque-comte de Valence et de Die de 1336 à 1342

Fils de Humbert IV, seigneur de Thoire et de Villars et de Léonore de Beaujeu, et neveu de l'archevêque Louis de Villars. En 1342 il est élu archevêque de Lyon.

.Jean de Jaurens, évêque-comte de Valence et de Die de 1351 à 1354

Issu d’une famille noble de Franche-Comté.

.Louis de Villars, évêque-comte de Valence et de Die de 1354 à 1376

Frère d’Henri de Villars et neveu de Louis de Villars, prince-archevêque de Lyon.

Le comte de Valentinois et de Diois, Aymar VI de Poitiers occupe avec ses troupes la ville de Crest. Louis du Villard se résigne à une transaction au terme d’un traité de Lyon en 1356. Les arrangements durent jusqu’au 2e traité signé à Avignon le 25 septembre 1358, pour la possession du château de Crest et la portion de cette ville appartenant aux églises de Valence et de Die.

Comtes de Valentinois et de Diois

.Aymar Ier, comte de Valentinois au moment de l’intégration du Royaume de Bourgogne-Provence à l’empire.

.Geilin II, comte de Valentinois vers 1058

Maison de Poitiers

.Guillaume de Poitiers (1149-1187) comte de Valentinois et de Diois de 1125 à 1187

Fils d’Aymar Ier de Poitiers.

En 1157, l’empereur Frédéric Barberousse fait donation de Valence et des treize paroisses qui l’entourent à l’évêque de Valence. Dès l’année 1163, Guillaume occupe le Diois et donne quelques inquiétudes à l’évêque. Puis il épouse en 1165, Béatrice de Viennois, fille de Guigues IV le Dauphin et de Marguerite Clémence de Bourgogne.

.Aymar II de Poitiers (1186-1250) comte de Valentinois et de Diois de 1187 à 1250

En 1189, les comtes de Toulouse donnent le Diois en fief à Aymar II de Poitiers, lequel décide de le réunir au comté de Valentinois ce qui n’est pas du goût des évêques-comtes de Die qui vont contester la suprématie sur ce territoire aux comtes de Valentinois.

.Aymar III de Poitiers (1226-1277), comte de Valentinois et de Diois de 1250 à 1277

Petit-fils du précédent, marié en premières noces à Sibylle de Beaujeu, fille d'Humbert V, seigneur de Beaujeu ; marié en secondes noces en 1254 à Marguerite de Savoie, fille d'Amédée IV, comte de Savoie ; marié en troisièmes noces en 1268 à Alixente de Mercoeur, fille de Béraud VIII, seigneur de Mercoeur.

En 1273, il commence une guerre contre les évêques de Valence et de Diois. Le 25 septembre 1275, le Pape Grégoire X unit alors les deux évêchés de Valence et de Die à Vienne pour résister aux ennemis de l’Eglise. Dès lors, un seul évêque est le chef des deux diocèses, il réside à Valence, mais Die garde son autonomie et son administration.

.Aymar IV de Poitiers (1249 -1329), comte de Valentinois et de Diois de 1277 à 1329

Fils du précédent et de Sibylle de Beaujeu ; marié en premières noces en 1270 à Hippolyte de Bourgogne ; marié en secondes noces en 1288 à Marguerite de Genève. Convoqué en 1291 par l’empereur Rodolphe de Habsbourg à Morat comme l’évêque de Valence Jean de Genève, il se voit confirmer comme l’évêque ses pouvoirs comtaux.

.Aymar V de Poitiers (1271-1339), comte de Valentinois et de Diois de 1329 à 1339

Fils du précédent ; marié en 1284 à Sibylle des Baux.

.Louis de Poitiers ( ? -1345), comte de Valentinois et de Diois de 1339 à 1345

Fils du précédent.

.Aymar VI le Gros de Poitiers ( ? - 1374), comte de Valentinois et de Diois de 1345 à 1374, recteur du Comtat Venaissin, vicaire général de l’empire pour le royaume d’Arles

Fils du précédent.

Aymar VI occupe avec ses troupes la ville de Crest. L’évêque de Valence et de Diois, Louis de Villard se résigne à une transaction au terme d’un traité de Lyon en 1356. Cherchant à conserver une indépendance relative entre le Saint-Empire et la couronne de France, il obtient de l'empereur Charles IV le titre de vicaire général de l'empereur au royaume d'Arles.

.Louis II de Poitiers (1354-1419), comte de Valentinois et de Diois de 1374 à 1419,

Cousin germain du précédent, fils d'Aymar de Poitiers et de Guyotte d'Uzès, marié à Cécile Roger de Beaufort puis à Guillemette de Gruyère en 1417.

Le comte Louis de Poitiers, désireux d'établir sa suprématie sur la co-seigneurie de Montélimar, s'est emparé fin 1377 des fortifications d'Hugues Adhémar de La Garde dans cette ville. Hugues, avec le renfort de son cousin Giraud Adhémar de Grignan, fait appel à Bouville, chambellan du dauphin Charles V, vicaire de l’empereur pour le Royaume d’Arles (Dauphiné et une partie de la Provence). Le 14 décembre 1377, Bouville signifie le placement de ces deux Adhémar, co-seigneurs de Montélimar, sous la sauvegarde delphinale. Fin janvier 1378, une fois nommé lieutenant du vicaire d'Arles, Bouville fait placer sur les châteaux de La Garde et Grignan les armes de l'empire et du Dauphiné. En réaction, le comte Louis fait saisir plusieurs possessions d'Hugues Adhémar en Valdaine. Bouville convoque le comte à Grenoble et envoie à Montélimar un commissaire, Hugues des Aures et un sergent d'armes, Jean d'Acher : ils sont accueillis le 19 avril 1378 par des insultes. Le comte de Valentinois arrive à Grenoble le 19 mai en protestant contre cet empiètement du Dauphiné sur ses affaires provençales mais finit par rendre à Bouville son hommage dû au Dauphin pour ses terres en territoire delphinal. Bouville accentue alors progressivement ses pressions sur Louis II de Poitiers qui finit en 1391 par proposer au roi de France de lui céder ses comtés à sa mort contre une forte somme et l'assurance de ne plus voir Bouville empiéter sur ses prérogatives. Louis II n’a pas de postérité. Criblé de dettes, par testament du 22 juin 1419, il fait du futur roi Charles VII son héritier universel, à charge que ses comtés de Valentinois et de Diois restent unis au Dauphiné de Viennois et tenu dans les mêmes dispositions que la donation du Viennois au dauphin Charles V de France. Le comté est rattaché au Dauphiné en 1426. Le futur Louis IX, dauphin du Dauphiné met fin à la rivalité séculaire des comtes et des évêques puis, après avoir dépossédé les Poitiers, restreint l’autorité temporelle des évêques par le traité de Die.

b. Comté / Principauté d’Orange, terre d’empire de 1032 à 1713

En 1032, le comté de Provence est fief du Saint-Empire romain germanique, car faisant partie du royaume de Bourgogne- Provence. Le comté de Provence est démembré à partir de 1125 en comté de Forcalquier, Marquisat de Provence et comté de Provence et le comté d’Orange devient lui-même un fief du Marquisat de Provence.

.Bertrand-Rambaud ou Bertrand d’Orange (né vers 1045 et mort après 1073), seigneur d’Orange et co-seigneur de Nice

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne.

Il dirige la Provence indivise avec son frère aîné Guillaume à partir de 1018 et avec son plus jeune frère Geoffroi au plus tard à compter de 1032. Après la mort de Guillaume, il prend le titre de marquis, devenant ainsi le chef de la dynastie. Il se marie avec Gilberge, fille de Foulques Bertrand de Provence, comte de Provence de 1018 à sa mort. Sa veuve se remarie avec Bertrand Raimbaud, fils de Rambaud de Nice, frère de Laugier, et de Pierre II de Nice, évêque de Sisteron, puis évêque de Vaison.

.Raimbaud II d'Orange, (né vers 1066- 1121 ?), comte d'Orange, vicomte de Nice de ? à 1121

.Thiburge ou Tiburge d'Orange, comtesse d’Orange de 1121 à 1150

Fille et unique héritière de Rambaud II d'Orange ; elle épouse vers 1103 Géraud Adhémar de Montélimar, avec lequel elle a pour fils Guillaume, prince d’Orange ; puis en seconde noces vers 1126-1130 Guilhem d'Aumelas, second fils de Guilhem V de Montpellier. Thiburge finit ses jours en 1150 et Guillaume, son époux en 1156, laissant d'elle deux fils, Guillaume et Raimbaut d'Orange et deux filles, Thiburge II d'Orange et Tiburgette.

.Thiburge II d’Orange, comtesse d’Orange de 1150 à1163 puis princesse d’Orange de 1163 à 1198 ?

En 1162, Raymond Bérenger III, comte de Provence, est confirmé dans ses droits par l’empereur Barberousse, mais la guerre se poursuit. Les communautés du Comtat profitent de ces guerres entre les grands pour se donner une constitution consulaire. Raymond V de Toulouse, de son côté, obtient l'hommage des barons de la Drôme et du Comtat.

A défaut d’obtenir satisfaction, en 1163 Frédéric Barberousse élève Orange au rang de principauté. Les princes d'Orange et les Agoult (pour leurs possessions de Sault) ne relèvent que de l'empereur En 1173, la princesse d’Orange Thiburge II épouse Bertrand des Baux.

.Maison des Baux

.Bertrand des Baux, (vers 1137-vers 1181-1183), comte d’Orange en 1173 prince d’Orange de 1173 à 1183, seigneur des Baux de 1175 à 1183

Fils de Raymond des Baux et d’Étiennette de Provence, soeur de Douce de Carlat, toutes deux filles de Girbert, vicomte de Gévaudan, de Millau, de Carlat, et de Gerberge d'Arles, comtesse héritière de Provence. Son père Raimond des Baux se rend à Wutzbourg voir l'empereur Conrad III suzerain du comté de Provence afin qu'il reconnaisse les droits d’Étiennette et de lui-même issus de l'héritage de Gerberge. Le 4 août 1145, l'empereur Conrad III valide leurs titres sans en préciser trop le contenu, et leur donne le droit de battre monnaie, à Arles et à Trinquetaille, avantage attaché à l’immédiateté impériale. Raimond des Baux meurt en 1150, Hugues II son fils ainé de Bertrand lui succède mais par un traité signé à Arles cette année 1150, Etiennette et ses fils doivent renoncer à leur droit sur le comté de Provence. Mais moins de cinq ans plus tard, allié au comte de Toulouse, son frère Hugues des Baux obtient un premier succès d'ordre diplomatique en recevant de l'empereur Frédéric Barberousse la confirmation des titres de sa maison. Mais les hostilités tournent à la confusion. La maison des Baux doit s'avouer battue en 1156. En 1162, lors du troisième et dernier conflit, les Catalans s’assurent définitivement de leurs adversaires. Le château des Baux est rasé et le territoire avoisinant ravagé. La maison de Barcelone fait reconnaître sa victoire militaire par les chancelleries, bien qu’Hugues des Baux essaye de contrarier cette démarche en faisant état auprès de Frédéric Barberousse des deux diplômes pourvus de la bulle d'or impériale, émanant l'un de Conrad, l'autre de Frédéric Barberousse lui-même. Mais Frédéric Barberousse se garde bien de donner raison au vaincu. En 1173, Bertrand épouse la princesse d’Orange Thiburge II et en 1175, il récupère la baronnie des Baux, fief de sa famille. En 1177, il obtient entre autres privilèges de l'empereur Frédéric Ier Barberousse: celui de marcher, enseignes déployées, des Alpes au Rhône et de l'Isère à la Méditerranée, et celui de battre monnaie d'or, d'argent ou d'étain. Le 30 juillet 1178, Frédéric Ier Barberousse est couronné roi de Bourgogne-Provence par l'archevêque d'Arles, Raimon de Bollène. Il approuve le testament qu’Hugues II des Baux et frère ainé de Bertrand a fait en sa faveur, en outre Bertrand des Baux reçoit de l'empereur le droit de se qualifier prince d'Orange, d'en prendre les armes, d'user de ses prérogatives et de porter la couronne et tous les insignes de la souveraineté. Bertrand des Baux bénéficie de l’immédiateté impériale avec le droit de porter couronne couronne « nullo mediante » et dispose de droits régaliens. Frédéric Ier, en octroyant à de petits princes le droit de frapper monnaie, leur impose certaines réserves, témoignant de leur dépendance de l'empire et de leur infériorité vis-à-vis des grands États, au milieu desquels ils sont quelquefois enclavés. Le nom de l'empereur paraît d'abord sur les monnaies accompagné de la lettre initiale du nom du prince plus ou moins dissimulée, jusqu'à ce qu'une plus grande indépendance ait amené les seigneurs d'Orange à faire paraître leurs noms en entier et plus tard encore à graver leurs têtes, imitant toujours dans leur forme les monnaies ayant le plus de cours. Bertrand et Thiburge II d'Orange ont plusieurs enfants :

.Hughes IV des Baux (1173-1240) l'aîné, poursuit la branche aînée des Baux. Il est consul d'Arles et vicomte de Marseille, et garde la seigneurie des Baux.

.Bertrand II des Baux devient le chef de la branche de Berre (Meyrargues, Marignane et Puyricard).

.Thiburge des Baux.

.Guillaume Ier des Baux, prince d'Orange, devient le chef de la Maison d'Orange.

.Guillaume Ier des Baux (c.1155-1218), coprince d'Orange, seigneur des Baux de 1180 à 1218, vice-roi du Royaume de Bourgogne-Provence

Fils de Bertrand des Baux.

En 1215 (ou 1214), à Metz quand Frédéric II souhaite affirmer son pouvoir en Provence, Guillaume reçoit la vice-royauté du royaume de Bourgogne-Provence. Opportuniste, il soutient le pape et la croisade de Simon de Montfort contre son rival le comte de Toulouse et marquis de Provence Raymond VI, mais fait prisonnier par les Avignonnais, les fidèles alliés de Raymond, il meurt égorgé.

.Guillaume II des Baux (vers 1200-1239), coprince d’Orange, seigneur des Baux de 1180 à 1239 Fils du précédent.

.Raymond II des Baux (1230-1279), prince d’Orange, seigneur des Baux de à 1279

.Bertrand II des Baux ( ?), prince d’Orange, seigneur des Baux de 1282 à 1314

Fils du précédent. Il épouse Eléonore de Genève.

.Raymond III des Baux ( ? -1393), prince d’Orange, seigneur des Baux de 1340 à 1393

Il épouse en secondes noces Jeanne de Genève, fille du comte de Genève avec lequel ils ont Marie des Baux.

Maison de Chalon

.Jean III de Chalon-Arlay (1361-1418) prince d’Orange de 1393 à 1418, seigneur d’Arlay, vicomte de Besançon, seigneur d’Arguel et de Cuiseaux

Descendants de Jean Ier de Chalon (1190-1267) comte de Chalon, comte d'Auxonne, il est le fondateur de la seigneurie de Chalon-Arlay, apparentée à celle des comtes de Bourgogne et des comtes de Chalon, enrichie par l’exploitation des mines de sel de Salins et fondatrice du château d’Arlay dans le comté de Bourgogne. Il épouse en 1386 la princesse Marie des Baux, fille de Raymond III des Baux, prince d’Orange et de Jeanne de Genève et devient lui-même prince au décès de son beau-père. Marie des Baux est issue de la famille des comtes de Genève qui s’éteint en 1394 de sorte que les princes d’Orange revendiquent l’héritage du comté de Genève jusqu’au jour où le comte de Savoie Amédée III en rachète tous les droits.

.Louis II de Chalon-Arlay (1390-1463), prince d’Orange de 1418 à 1463 , seigneur d’Arlay et Arguel, vicaire impérial de Bourgogne-Provence de 1421 à 1429

Fils du précédent.

Sa jeunesse se déroule à Nozeroy ou parait peu Jean de Chalon presque toujours aux armées du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Son père le fiance dès 1397 à Jeanne de Montbéliard, fille d’Henri de Montfaucon. En 1413, Louis rejoint son père en Charolais ct y prend part à une courte campagne. L'année suivante, il se distingue an siège d'Arras et fait un séjour à la cour du duc de Bourgogne. Au mois d'août I415, Louis entreprend le voyage de Terre-Sainte. Il est déjà de retour en Franche-Comté à la fin de l'année. Après avoir passé plusieurs mois dans ses terres pour en surveiller l'administration, il quitte de nouveau Nozeroy en juillet 1417, avec une troupe nombreuse de seigneurs franc-comtois, ils s'emparent de Nogent-le-Roi, rejoignent le duc de Bourgogne à Beauvais et l'accompagnent dans sa marche sur Troyes. Pendant ce temps, Marie des Baux, mère de Louis, expire à Lons-le-Saunier. Le 30 janvier 1418, la reine Isabeau fait choix de Louis de Chalon et le nomme son commissaire en Languedoc le 30 janvier 1418. Louis de Chalon reçoit, le 9 septembre, la nouvelle de la mort, de son père. Il devient ainsi Prince d'Orange. Le comte de Foix réussit en janvier 1419 à se faire nommer lieutenant de Languedoc. Louis découragé de se voir abandonné par le roi et le duc de Bourgogne quitte le Midi et rentre en Franche-Comté. Dès le mois de septembre 1419, il repart pour le Charolais, où la guerre contre les Armagnacs redouble d’intensité après l’assassinat de Jean-sans-Peur à Montereau. Il est nommé par la duchesse de Bourgogne gouverneur de Sens, Saint-Pierre-le-Moutier et Mâconnais. De son voyage à Nuremberg, Louis rapporte plusieurs privilèges: le 4 juin 1421, il est nommé vicaire impérial en Bourgogne, Dauphiné, Viennois, Valentinois et Provence au grand mécontentement du duc de Bourgogne Philippe le Bon, mécontentement redoublé quand ce dernier apprend que l’empereur Sigismond a remis secrètement au prince d'Orange une charte d'investiture du comté de Bourgogne pour la faire valoir en temps et lieu. Ensuite de cette désignation, Louis s'établit à Jougne, y bat monnaie et y ouvre une cour impériale. Les Bisontins qui refusent de reconnaitre son autorité sont sévèrement châtiés par l’empereur en 1425. Malgré le ressentiment qu'éprouve Philippe-le-Bon contre son vassal, il entreprend avec lui la campagne de Hainaut contre Jacqueline de Bavière en 1426, mais en même temps il cherche par tous les moyens à arrêter les entreprises de son vassal à Jougne. En 1426, Louis II signe une convention secrète avec le duc de Savoie Amédée VIII en vue de dépecer le Dauphiné pour relier ses terres franc-comtoises à celles d’Orange. En 1428, Louis prépare un coup de main sur le Dauphiné et fait, occuper par ses gens les places de Colombier, d’Anthon et de Saint Romain qu’il prétend avoir achetées à Agnès de la Chambre, veuve du marquis de Saluces ; Il agit de même à Theys, Pierre, Domène et Auberive ou il dit avoir des droits. Le gouverneur du Dauphiné, Mathieu de Foix, privé de l'aide du roi de France et manquant de troupes, est obligé d’accepter les conditions du prince d'Orange, dans un traité signé à Grenoble le 15 aout 1428. Durant l'année 1429, Louis fait ses préparatifs pour envahir le Dauphiné ; il y est encouragé par le duc de Bourgogne et par le duc de Savoie. Raoul de Gancourt, nommé gouverneur de Dauphiné, requiert alors l'aide du routier espagnol Rodrigue de Villandrando. Le 26 mai 1430, ce dernier s'empare d’Auberive, place occupée par les orangistes. Louis de Chalon arrive à Anthon et livre bataille le Il juin à l'armée dauphinoise. Durant cette bataille, l'armée bourguignonne alliée au duc Amédée VIII de Savoie et les Dauphinois conduits par le gouverneur Raoul de Gaucourt et Imbert de Grôlée, maréchal du Dauphiné et sénéchal du Lyonnais, s'affrontent pour le contrôle du Dauphiné. Louis II de Chalon est mis en pleine déroute par Rodrigue et de Gaucourt. Le Dauphiné reste au Royaume de France, Louis II perd ses fiefs en Dauphiné, Orange est assiégée par les Dauphinois et se rend le 3 juillet. Louis retourne en Franche-Comté. Nouvelles opérations contre les Armagnacs sur les frontières du duché de Bourgogne, Louis y prend part et s'établit à Tournus, d'où il rayonne dans les environs. L'année suivante, il décide d’assiéger la place de Sanceney en Charolais. Après s’en être emparé, il répond à l'appel du maréchal de Toulongeon et marche avec lui sur le Barrois contre René d'Anjou. De retour dans ses terres, Louis est obligé de renoncer à son péage de Jougne, qu'il a étendu arbitrairement jusqu’ à Saint-Claude. Une révolte qui éclate dans cette même ville contre le duc de Bourgogne en 1432, l'engage dans de nouveaux démêlés avec ce dernier; cependant il est choisi pour représenter le duc aux conférences d'Auxerre de l432 ; il y rencontre La Trémouille, et, aidé par lui, il tente de se rapprocher de Charles VII. Le 22 juin 1432, Louis, qui s'est rendu à Loches, conclut avec le roi un traité par lequel il entre au service de Charles VII et recouvre ses terres du Dauphiné. A son retour dans le Jura il reçoit à Nozeroy, au début de l’année 1435, la duchesse, puis le duc Bourgogne. La paix d'Arras signée le 21 septembre 1435 met fin à la guerre de Cent Ans., Louis regagne ses châteaux, qu’il ne quittera pour ainsi dire plus ; II assiste à l'entrée de l'empereur Frédéric III à Besançon en 1441, puis rentre à Nozeroy ou sont célébrées avec éclat les noces dc Guillaume de Chalon, que le duc et la duchesse de Bourgogne honorent de leur présence. Un an après la mort le 14 mai 1445 de Jeanne de Montbéliard, Louis se remarie avec Eléonore d’Armagnac. Il parcourt chaque année ses terres du Jura et de Suisse, et entreprend d'importantes réparations dans ses châteaux. En 1456, le dauphin Louis s'enfuit du Dauphiné, par crainte de son père. Il est reçu par Louis de Chalon à Vers et gagne ensuite le Brabant. Louis aspire à la succession du comté de Neuchâtel, rendue vacant par la mort du comte Jean de Fribourg le 9 lévrier 1458 mais il se heurte à la résistance de Rodolphe de Hochberg, qui a été désigné comme héritier du comte Jean et l'empereur Frédéric III de Habsboug, devant lequel la cause a été portée, lui interdit toute tentative sur le comté. Il meurt le 3 décembre 1463.

.Guillaume VIII de Chalon ( ?-1475) prince d’Orange, seigneur d’Arlay de 1463 à 1475

Fils du précédent.

.Jean IV de Chalon (1443-1502), prince d’Orange, seigneur d’Arlay, de Nozeroy et de Montfort de 1475 à 1502

Fils du précédent.

En 1479 son château fort d’Arlay est détruit par l’armée du roi de France Louis XI suite à la mort du duc de Bourgogne Charles le Téméraire en 1477.

Les Pays-Bas bourguignons et le comté de Bourgogne passent sous suzeraineté des Habsbourg par le mariage en 1477 de la duchesse Marie de Bourgogne avec Maximilien de Habsbourg.

.Philibert de Chalon (1502-1530) prince d’Orange, seigneur d’Arlay de 1502 à 1530, vice-roi de Naples,

En 1530, Philibert de Chalon est commandant des armées de l’empereur Charles Quint en guerre contre le roi de France François Ier ; il meurt sans héritier direct à la bataille de Gavinana près de Pavie.

.René de Chalon (1519-1544), prince d'Orange de 1530 à 1544, comte de Nassau et seigneur de Bréda,

Fils unique du comte Henri III de Nassau-Breda et de Claude de Chalon, sœur du dernier prince d'Orange de la maison des comtes de Bourgogne, Philibert de Chalon.

Il succède en 1540 à l'inamovible comte de Hoogstrate comme stathouder pour l’empereur Charles-Quint des comtés de Hollande et de Zélande, ainsi que de la temporalité d'Utrecht; après la reconquête du duché de Gueldre, en 1543, il est également investi de ce gouvernement. Conformément au testament de ce dernier (1528), il hérite de la principauté d'Orange à la mort de son oncle en 1530. Quoiqu'un codicille ultérieur l'en dispensât, il releva le nom et les armes de la famille d'Orange-Chalon lors des funérailles solennelles de Philibert à Lons le Saunier. René de Chalon épouse la fille du duc Antoine de Lorraine, Anne le 20 août 1540, à Bar-le-Duc. Ils ont une fille, Maria, qui ne survit que 3 semaines. Il est tué lors du siège de Saint-Dizier en 1544. L'empereur Charles Quint en personne l'assiste dans son agonie et prévient personnellement la princesse de sa mort. Tout comme son oncle, faute de descendance légitime, il doit se résoudre à désigner comme héritier un membre d'une lignée collatérale. Son cousin Guillaume de Nassau-Dillenburg, qui devient célèbre sous le nom de Guillaume le taciturne, hérite donc de toutes ses terres.

Maison d’Orange-Nassau

.Guillaume Ier d’Orange-Nassau dit le Taciturne (1533-1584) prince d'Orange de 1530 à 1584, comte de Nassau de 1544 à 1584, puis de Katzenelbogen, de Vianden, burgrave d'Anvers, stathouder de Hollande, de Zélande et d'Utrecht à partir de 1559

Héritier de son cousin germain René de Nassau mort sans descendance et fondateur de la maison d’Orange-Nassau. À l'origine membre de l'entourage de Charles Quint et fidèle partisan des Habsbourg, Guillaume d'Orange est surtout connu pour avoir été l'initiateur et le chef de la révolte des Pays-Bas espagnols contre le roi d'Espagne Philippe II, fils de Charles Quint. La principauté d´Orange est rattachée unilatéralement au Dauphiné par le roi de France Henri II en 1551, qui doit cependant la restituer à Guillaume Ier en 1559.

.Philippe-Guillaume d'Orange (1554-1618) prince d’Orange de 1584 à 1618

Fils de Guillaume Ier d'Orange-Nassau. Alors que son père est engagé dans la rébellion des provinces septentrionales des Pays-Bas espagnols, il est pris en otage par le duc d'Albe à l'âge de treize ans et est envoyé en Espagne pour conclure ses études. Demeuré catholique, il est tenu à l'écart de la rébellion et demeure fidèle à la couronne d'Espagne. Il poursuit ses études à l'université d'Alcalá de Henares.

.Guillaume II d’Orange-Nassau, prince d’Orange de 1618 à 1650.

.Guillaume III d’Orange-Nassau, prince d’Orange de 1650 à 1702

Seul enfant de Guillaume II et de la princesse royale Marie, fille ainée du roi Charles Ier d'Angleterre et la sœur de Charles II et de Jacques II. Huit jours avant la naissance de Guillaume, son père meurt de la variole ; ainsi Guillaume devient prince d'Orange dès le jour de sa naissance. Louis XIV occupe plusieurs fois le territoire de la principauté dans le cadre des guerres menées contre le stadhouder Guillaume III d'Orange (qui devient plus tard le roi Guillaume III d’Angleterre et d’Écosse) : en 1673, 1679, 1690 et 1697. Une dernière occupation, à partir de 1702 mène à la reconnaissance définitive de l’acquisition au traité d'Utrecht en 1713. La reine Béatrix des Pays-Bas, descendante directe de Guillaume Ier d’Orange-Nassau porte encore aujourdhui le titre de princesse d’Orange-Nassau et de baronne d’Arlay (baronne von Arlay) avec la devise française de « Je maintiendrai » sur les armoiries de sa famille.

c. Comtat Venaissin/Evêchés et papes d’Avignon

Au début du XI° siècle, soit lors de l’intégration à l’empire du Royaume de Bourgogne-Provence, le vicomte et l’évêque d’Avignon s’installent à chacune des extrémités du rocher. Le pouvoir du vicomte et celui de l’évêque s’affaiblissent. Le pouvoir dans le comté de Provence appartient alors à trois familles, celle des comtes de Toulouse, marquis de Provence, celle des comtes de Forcalquier et celle des comtes de Provence proprement dit. Avignon se trouvant à l’intersection des possessions de chacune, reste indivise. En 1129, Guillaume III, comte de Forcalquier, remet avant de mourir à l’évêque d’Avignon « pouvoir, juridiction et seigneurie ». En 1161, l’empereur Frédéric Barberousse confirme à l’évêque ses droits. La croisade contre les Albigeois et le Traité de Meaux (mars / avril 1229) va accélérer le processus de séparation entre Avignon et le marquisat de Provence. Par le traité de Meaux/Paris de 1229 que lui impose le roi de France, Raymond VII de Toulouse rend hommage à saint Louis et promet sa fille à l'un des frères du roi, Alphonse de Poitiers, destinant son comté de Toulouse, faute d'héritier mâle, à devenir l'un des apanages de la couronne de France. Il renonce en outre à tous ses " autres pays et domaines situés en-deçà du Rhône dans le royaume de France " et précise " quant aux pays et domaines que j'ai au-delà du Rhône dans l'Empire (marquisat de Provence venaissin), je les cède à perpétuité à l'Eglise romaine entre les mains du légat. " Mais par bulle signée à Montefiascone du 8 septembre 1237, l’empereur Frédéric II restitue à Raymond VII le Comtat venaissin qui est reconquis à main armée, en 1236, par Raymond de Toulouse.

En 1238, l’évêque d’Avignon, qui a répondu comme vassal à la demande de l’empereur Frédéric II d’envoie de troupes à son camp de Vérone, reçoit de ce dernier un diplôme confirmant celui délivré à son prédécesseur en 1157. Un diplôme de l’année 1239, rendu en faveur de la ville d’Avignon, montre que l’empereur Frédéric II est fidèle à sa volonté de s’allier la Commune contre l’évêque ; en effet si l’évêque est bien le président de la Commune, l’autorité appartient aux huit consuls (4 à l’origine), 4 chevaliers et 4 prudhommes élus pour un an. Avignon est alors une des villes les plus importantes du Marquisat de Provence. C’est dans cette ville que le vicaire impérial Bérard, chassé d’Arles en 1239 trouve refuge mais son inexpérience politique soulève contre lui là aussi les ennemis de l’Empereur; il s’en faut de peu qu’Avignon ne passe au clergé et au comte de Provence. C’est l’arrivée du comte de Toulouse et marquis de Provence Raymond VII qui sauve la situation : à la demande du conseil général et du Parlement d’Avignon, il prend la charge de podestat, et Bérard impuissant accepte cette désignation.

.Zoen Tencarari, évêque d’Avignon de 1240/1242 à 1261/1263

La lutte se poursuit entre l’Église et l’Empire. Zoen Tencarari, évêque d’Avignon et légat apostolique lance, dans son diocèse d’Avignon, un édit frappant de la peine de la confiscation des fiefs quiconque porterait aide ou assistance à l’empereur Frédéric II. L’évêque travaille de tout son pouvoir à enlever définitivement à l’empereur ses appuis dans le royaume de Bourgogne-Provence, Raymond VII et les Avignonnais. Sous son règne, la commune d’Avignon se rallie à la cause de l’évêque et du comte de Provence Raymond Bérenger. Après ses succès militaires en Italie, l’empereur Frédéric n’a plus envie de ménager les Avignonnais. Par un diplôme rendu par lui à Pise, au mois d’août 1244, il exprime enfin, contre les Avignonnais, les sentiments de colère que, par prudence sans doute et pour éviter de compromettre des chances de réconciliation, il contient depuis plus d’un an. Pour les punir de la guerre détestable qu’ils font à l’Empire, et aussi « au comte de Toulouse», il leur enlève les droits que le comte Raymond leur avait jadis concédés sur les fiefs des Amic (descendants de Giraud II Amic de Sabran Forcalquier). Désormais, Giraud et Pierre d’Amic relèveront directement du comte de Toulouse ; la seigneurie d’Avignon est supprimée. Mais Raymond VII meurt le 22 septembre 1249 à la suite d’un accès de fièvre. Alors qu’à la mort de Raymond-Bérenger c’est Charles d’Anjou, qui est devenu comte de Provence, c’est un autre frère du roi de France et gendre du comte de Toulouse Raymond VII, Alphonse de Poitiers, qui hérite du comté de Toulouse et du marquisat de Provence. Dès 1251, Avignon, reconnait la souveraineté indivise des deux comtes de Provence et de Toulouse. Le légat Pierre d’Albano, au nom de l’Église romaine, se rend alors dans le Venaissin pour recouvrer cette terre : les représentants d’Alphonse y envoient, de leur côté, le seigneur de Lunel qui peut y servir utilement les intérêts de son maître ; en dépit des prétentions de l’Église, Alphonse conserve le titre de marquis de Provence et garde jusqu’à sa mort la seigneurie d’Avignon. Alphonse gère lui-même ses fiefs, à partir de différentes demeures au sud-est de Paris. Il communique par chevaucheurs avec les sénéchaux de son domaine (sept au total). Celui-ci comprend le comté de Poitiers, la Saintonge, l’Auvergne (sans Clermont), le comté de Toulouse, le Quercy, le Rouergue, l’Agenais ; il est suzerain de la Marche, de Comminges et de l’Armagnac ; il possède désormais en outre le titre de marquis de Provence, quelques fiefs autour d’Orange, et la co-suzeraineté sur Avignon. Ses sénéchaux sont ceux de Poitou-Saintonge, le connétable d’Auvergne, le sénéchal de Toulouse, de Quercy-Agenais, de Rouergue, du Comtat Venaissin.

.Bertran de Saint-Martin, évêque d’Avignon de 1264 à 1266

Nommé évêque d’Avignon par le pape Urbain IV, il se montre attaché aux intérêts de la maison d'Anjou ; Charles d'Anjou, comte de Provence, sait apprécier ses services. Sous le pontificat de Clément IV, Bertran de Saint-Martin joue un rôle important en Italie.

.Raymond II, évêque d’Avignon en 1271 jusque vers 1272

A la mort du comte de Toulouse et marquis de Provence Alphonse II en 1271, c’est le roi Philippe le Hardi, fils de Louis IX, dit Saint Louis, roi de France, et de Marguerite de Provence, fille de Raymond-Bérenger IV, comte de Provence et de Béatrice de Savoie, qui hérite du Comtat Venaissin.

.Robert II, évêque d’Avignon de 1272 à 1279

Le roi de France cède ses droits au pape le 19 février 1274 ; dès le 27 avril 1274, pour affirmer ses droits, le pape Grégoire X nomme en 1274 le premier recteur du Comtat Venaissin en la personne de Guillaume de Villaret. Pierre Rostaing, évêque de Carpentras, est le premier à rendre hommage au représentant du pape. En 1275, le recteur convoque les trois évêques du Comtat, Avignon, Carpentras et Vaison ainsi que les nobles du Venaissin à une assemblée afin d’adopter des nouveaux statuts. En 1277, alors qu'il porte toujours la charge de recteur, Guillaume de Villaret devient conseiller de Charles Ier d'Anjou, qui, entre autres titres, est roi de Sicile. En 1290, Charles d’Anjou devient comte de Provence. Le roi Philippe IV le Bel ayant besoin d’argent décide de lever, en 1295, un impôt exceptionnel sur le clergé, la « décime ». Le pape Boniface VIII, qui tire d'abondants revenus de France, répond par la bulle de 1296 dans laquelle, il dit, à l'intention des souverains, que le clergé ne peut être soumis à aucun impôt sans l'accord du Saint-Siège. Les évêques sont tenus de suivre les recommandations du Saint-Siège sous peine d'excommunication. En rétorsion, Philippe Le Bel interdit toute exportation de valeurs hors du royaume de France, ce qui a pour effet de priver le pape d'une part importante de ses ressources. Les rapports avec Rome se tendent et, en 1302, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII affirme la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel et, de ce fait, la supériorité du pape sur les rois. Philippe le Bel réunit alors un concile des évêques de France pour condamner le pape qui menace de l'excommunier et de jeter l'interdit sur le royaume de France. Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le roi de France envoie son garde des sceaux, le chevalier Guillaume de Nogaret avec une petite escorte armée vers l'Italie afin d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, qui lui fait savoir que le pape s'est réfugié à Anagni. Le 8 septembre 1303, lors d'un entretien tumultueux, le pape Boniface VIII est menacé par Guillaume de Nogaret. Il meurt quelques semaines plus tard. Son successeur Benoît XI est élu le 22 octobre 1303. Il annule la plupart des mesures de nature à vexer le puissant roi de France avant de mourir lui-même le 7 juillet 1304. Pendant onze mois, de pénibles tractations se déroulent entre le parti français, conduit par la famille romaine des Colonna, et le parti du défunt Boniface VIII, emmené par les Caetani. On décide finalement de choisir le pape à l'extérieur du Sacré Collège des cardinaux et l'unanimité ou presque se fait sur le nom de Bertrand de Got, prélat diplomate et juriste éminent, resté neutre dans la querelle entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII. Le 5 juin 1305, les cardinaux, réunis en conclave à Pérouse, portent à la tête de l'Église Bertrand de Got qui choisit le nom de Clément V. Le nouveau pape renonce à se rendre à Rome par crainte des intrigues locales et des risques liés au conflit des guelfes et des gibelins: Il choisit en définitive de se faire couronner à Lyon, encore en terre d'Empire, le 1er novembre 1305. Clément V fait son possible pour se concilier les bonnes grâces du puissant Philippe le Bel, mais repousse sa demande d'ouvrir un procès posthume contre Boniface VIII. En 1307, il a un entretien avec le roi où il est question en particulier du sort des Templiers. Philippe le Bel veut supprimer cet influent et riche ordre de moines-chevaliers. C'est chose faite le vendredi 13 octobre 1307 sans que le pape n’ait pu s'y opposer. Le concile de Vienne, qu'il a convoqué pour juger l'Ordre du Temple, nécessite qu'il se rapproche de cette ville. Il rejoint donc le Comtat Venaissin, terre pontificale. Si son choix se porte aussi sur la ville d'Avignon, c’est que sa situation sur la rive droite du fleuve le met en relation avec le nord de l'Europe, par l'axe Rhône/Saône et dans cette vallée du Rhône, frontière commune entre la France et l’Empire. Clément V n'arrive à Avignon que le 9 mars 1309. Sous son pontificat, Avignon devient, sous la haute surveillance du roi de France Philippe le Bel, la résidence officielle d'une partie du Sacré Collège des cardinaux, tandis que le pape préfère résider dès 1310 à Carpentras, Malaucène ou Monteux, cités comtadines. Le rôle de l’évêque d’Avignon devient marginal.

.Jacques Duéze, évêque de Fréjus en 1300, d’Avignon en 1310 puis pape sous le nom de Jean XXII de 1316 à 1334

Il est appelé par Charles II d'Anjou roi de Naples, comte de Provence comme chancelier de Provence en 1308. Il est nommé évêque d’Avignon le 18 mars 1310. À la mort de Clément V, et suite à une élection difficile, Jacques Duèze est élu pape à Lyon le 7 août 1316. Couronné le 5 septembre, il choisit le nom de Jean XXII. À 72 ans, il n'a qu'un rôle politique effacé jusqu'alors. Or, dès le 9 août, il fait part de son intention de rouvrir l'Audience de la Contredite à Avignon, le 1er octobre suivant. Il signifie ainsi sa volonté de fixer la papauté dans la ville dont il avait été l'évêque depuis le 18 mars 1310 .La logique aurait voulu que Carpentras soit le séjour transalpin de la papauté. Mais la plus grande ville du Comtat Venaissin restait entachée par le coup de force des Gascons lors du conclave qui avait suivi la mort de Clément V. De plus, l'ancien évêque d'Avignon, préférait, à l'évidence, sa cité épiscopale qui lui était familière et qui avait l'avantage de se situer au carrefour des grandes routes du monde occidental grâce à son fleuve et à son pont. Sous son règne, le recteur du Comtat Venaissin Arnaud de Trian se met à résider à Carpentras qui devient la capitale du comtat. Les relations de Jean XXII avec l'empire se tendent quand le 8 octobre 1323, il déclare en plein consistoire que le nouvel empereur Louis IV de Bavière est un usurpateur et un ennemi de l'Église. Convoqué à Avignon pour se justifier de son soutien aux Visconti, il ne se présente pas et est excommunié le 23 mars 1324. En représailles Louis IV de Bavière descend en Italie avec son armée pour se faire couronner à Rome et fait élire un antipape en la personne de Nicolas V qui destitue Jean XXII.

.Benoît XII, pape de 1335 à 1342

Le 4 décembre 1334, à l'aube, Jean XXII meut à 90 ans. C’est Jacques Fournier, dit le cardinal blanc, qui lui succède. Après avoir choisi le nom de Benoît XII en l’honneur du patron de l’Ordre des cisterciens dont il est issu, le nouveau pape est couronné, en l’église des dominicains d’Avignon, le 8 janvier 1335, par le cardinal Napoléon Orsini, qui avait déjà couronné les deux papes précédents. L'idée première de ce pontife est de remettre de l'ordre dans l'Église et de ramener le Saint-Siège à Rome. À peine élu, il fait annuler les commandites de son prédécesseur et renvoyé dans leur diocèse ou abbaye tous les prélats et abbés de la cour. Le 6 juillet 1335, quand arrivent à Avignon des envoyés de Rome, il leur fait la promesse de revenir sur les bords du Tibre mais sans préciser de date. Mais la révolte de la cité de Bologne et les protestations des cardinaux mettent un terme à ses désirs et le convainquent de rester sur les rives du Rhône. Le 10 novembre 1337, commence la Guerre de Cent ans. Benoît XII, par ses légats, sollicite une trêve qui est acceptée par les deux parties. Ce n’est pourtant pas ce conflit franco-anglais qui l’incite à se faire édifier un palais fortifié mais, dès son élection, la crainte de l’empereur Louis de Bavière. Même si Benoît XII se montre plus conciliant que son prédécesseur, Avignon, se trouve en terre d'empire, tout en étant infiniment plus sûre que toute autre ville d'Italie.

.Clément VI, pape de 1342 à 1352

Homme de confiance du roi Philippe VI qui le fait entrer au Conseil royal. En 1330, il est chancelier de France et en 1332, il dirige l'ambassade française. Devenu pape, Clément VI, attentif à la question dauphinoise, écrit à Philippe VI, le 11 avril 1344, pour lui proposer que le fils aîné du roi de France porte le titre de Dauphin. Le pape envisage ensuite de lever l’excommunication du dauphin Humbert II, qui a fini de rembourser jusqu’au dernier florin à la Révérente Chambre Apostolique, mais il y met une condition. Il doit lui céder le fief de Visan. L’accord passé, le 31 juillet, Clément VI reçoit Humbert dans son palais de Villeneuve-lès-Avignon. Le Dauphin du Viennois rend hommage et le pape lève les sentences. André de Hongrie, époux de la Reine Jeanne, comtesse de Provence est assassiné le 18 septembre 1345 ; la reine Jeanne fuit dans son comté de Provence. En mai 1347, Louis Ier de Hongrie, qui veut venger la mort de son frère André passe à l’offensive et s’avance jusqu’à Aquila avec ses Magyars. Arrivé à Bénévent, à trois jours de marche de Naples, il fait tenir le 11 janvier 1348 un message menaçant à la reine. Peu rassurée, Jeanne préfère fuir la colère de son ex beau-frère et cousin de Hongrie. Elle quitte Naples pour Marseille. Le 27 février, la comtesse-reine se rend à Châteaurenard où elle attend que le pape lui accorde audience. Clément VI la reçoit le 15 mars. Jeanne a deux objectifs. Tout d’abord se faire absoudre d’un crime dont beaucoup pensent que si elle n’en était pas responsable, elle y a pour le moins consenti. Le second, non moins important, est de demander au pape de renflouer ses finances. Il lui faut beaucoup d’or pour lever des troupes capables de s’opposer à celles de son cousin de Hongrie. Sur les deux points, le Souverain Pontife fait preuve d’une rare compréhension. Il pardonne publiquement à Jeanne sa conduite légère et la lave de tout soupçon dans l’assassinat de son premier époux en la déclarant absoute. Enfin il lui offre 80 000 florins pour l’achat de sa ville d’Avignon. C’est Estienne Aldebrandy, archevêque d’Arles, qui passe le contrat de vente d’Avignon, avec toutes ses dépendances. Avignon relevant toujours de l’empire, l’acte est fait en présence des plénipotentiaires de l’empereur Charles IV de Luxembourg qui enregistrent la cession par lettres datées du 9 juin. La ville devient alors indépendante de la Provence et propriété pontificale comme le Comtat Venaissin. Lorsqu'en 1352, Clément VI décède, les réserves financières du Siège apostolique sont au plus bas.

.Innocent VI, pape de 1352 à 1362

En 1355, Innocent VI fait élever de nouveaux remparts.

.Urbain V, pape de 1362 à 1370

Le 6 novembre 1362, dans la chapelle du palais vieux, Guillaume de Grimoard est couronné pape par Étienne-Audouin Aubert, cardinal d’Ostie et neveu du pontife défunt. Il prend le nom d'Urbain V. Le 23 mai 1365, l’empereur Charles de Luxembourg, à la tête d’un somptueux cortège et d’une imposante armée, accompagné de son vassal le comte de Savoie Amédée VI descend la vallée du Rhône. Il vient en Provence pour se faire sacrer roi de Bourgogne-Provence. Il arrive à Avignon le lendemain de l’Ascension. L’empereur s’installe avec sa suite dans Tour Campane. Le lendemain de la Pentecôte, couronne en tête et sceptre en main, l’empereur assiste à la messe pontificale. Le jour suivant, le 2 juin, il quitte la cité papale pour Arles où il est couronné roi pour la vigile de saint Boniface. L’empereur revient à Avignon le 6 juin et en repart trois jours plus tard après avoir obtenu du pape, suite à la mort de Ludovic de la Torre, patriarche d’Aquilée, la nomination comme nouveau patriarche du souabe Marquand de Randeck, évêque d’Augsbourg, homme possédant une grande expérience des armes.

.Grégoire XI, pape de 1370 à 1378

Grégoire XI ramène la papauté à Rome où il décède en 1378. En 1411, Jean XXIII nomme François de Conzié, déjà camérier et Vicaire Général d'Avignon, gouverneur des États pontificaux. Ce pape, incapable de régler à Pise les problèmes du royaume de Naples et désirant s'installer à Avignon, lui adresse des instructions le 31 décembre 1412, notamment pour les réparations nécessaires au palais des papes. François de Conzié fait restaurer tous les édifices endommagés pendant la « guerre des Catalans », dont le pont d'Avignon, la cathédrale et les remparts. Le 21 décembre 1415, il reçoit l’empereur Sigismond de Luxembourg venu spécialement à Avignon pour passer les fêtes de Noël. En 1418, quand l’élection de Martin V par le concile de Constance met un terme au Grand Schisme, Pierre d'Ailly est nommé légat à Avignon par le nouveau pontife. Il meurt toutefois peu de temps après et n'est pas remplacé, François de Conzié continuant à gouverner seul. À la mort de l'archevêque d'Arles Philippe de Lévis (1475), le pape Sixte IV réduit l'Archevêché d'Arles : il détache l'évêché d'Avignon de la province d'Arles, l'érige en Archevêché et lui attribue comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison.

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