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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 14:18

 

 

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CH .II     LES REGIONS AYANT APPARTENU AU   ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de FRANCIE ORIENTALE/ GERMANIE

 

 

I.Duché de Lorraine / Herzogtum von Lothringen,                                                   terre d’empire de  962  à 1766

 

 

Maison d’Alsace

 

.Adalbert, duc de Lorraine de 1047 à 1048

Il ne règne qu’une année car Godefroy le fait assassiner en 1048.

 

.Gérard d’Alsace (1030-1070), comte de Châtenois et de Metz en 1047, premier duc héréditaire de Lorraine de 1048 à 1070,

 

Il descend d'Étichon-Adalric d'Alsace qui est duc d'Alsace au VIIe siècle. La maison des Ethiconides possède  d’importants domaines en  Sarre, dans la région de Trèves et dans la Haute Vallée de la Meuse. Les Étichonides sont aussi la souche des maisons de Habsbourg, de Bade, ainsi que des maisons éteintes de Dabo et d'Egisheim. A la mort d’Adalbert II d’Alsace, le 11 novembre 1048, l’empereur Henri  inféode  Gérard, son neveu pour lui succéder ; il est  connu sous différents noms : Gérard d'Alsace ou de Châtenois ou bien encore de Flandre, du fait de son épouse, Hedwige de Namur, comtesse de Flandre. Il porte souvent le titre de marquis, car son duché est une marche du Saint-Empire romain germanique. Il possède  d’importants domaines en  Sarre, dans la région de Trèves et dans la Haute Vallée de la Meuse. C’est à partir de Gérard d’Alsace que la Maison d’Alsace prend l’appellation de Maison de Lorraine.

C’est lui qui vers 1050 édifie une maison forte à Nancy autour de laquelle la ville va se développer. 

 

Mais Godefroy le Barbu n’accepte pas cette décision de l’empereur et avec l’aide de seigneurs lorrains il parvient à s’emparer de Gérard ; celui-ci est libéré grâce à l’intervention de l’ancien évêque de Toul devenu pape sous le nom de Léon IX  puis avec l’aide du nouvel empereur Henri IV qui  lui fournit deux mille soldats, il vient à bout de son adversaire. 

Outre l’appui du pape, Gérard  recherche l’appui des évêques et des abbés de son duché ce qui lui permet de se faire attribuer l’avouerie de plusieurs abbayes et de renforcer son pouvoir.

                                                       

.Thierry le Vaillant (1040-1115),  duc de  Lorraine de 1070  à  1115

 

Fils du précédent.

 

Il n’obtient pas facilement de succéder à son père car  le comte de Bar  Louis de Montbéliard, gendre de l’ancien duc de Haute-Lorraine Frédéric II dont il a épousé la fille Sophie,  revendique l’investiture. Si Louis meurt peu après, son fils Thierry II  devenu comte de Bar reprend la réclamation. Mais l’empereur Henri IV  attribue le duché à Thierry, Thierry II comte de Bar devant se contenter de son comté.

 

Thierry se montre un vassal reconnaissant et fidèle à son empereur Henri IV avec lequel il participe à plusieurs campagnes contre les Saxons ; surtout il le soutient dans la querelle des investitures qui oppose son empereur aux papes  Grégoire VII  (  1073-1085)  et  Urbain II  (1088-1099) ; et également , après  s’être rapproché d’Henri V  qui se rebelle contre son père Henri IV, il  se réconcilie avec celui-ci .Après la mort d’Henri IV en 1106, Thierry qui a épousé en première noce Hedwige de Supplimbourg, qui lui a donné son fils Simon, ne prend pas parti dans  les conflits qui se mettent à opposer son nouveau suzerain l’empereur Henri V à  de nombreux princes à la tête desquels se trouve le parent de sa première femme le duc de Saxe Lothaire de Supplimbourg, dont au surplus la sœur Adélaïde a épousé ce fils Simon.

 

.Simon Ier (1096-1138), duc de Lorraine  de 1115 à 1138

 

Fils du précédent, il  participe à la diète de Worms de 1122.

Cette diète convoquée par son empereur Henri V  règle la querelle des investitures par l’adoption du Concordat de Worms du 23 septembre 1122 par lequel l’empereur garantit la liberté des élections épiscopales  et s’engage à investir l’élu du pouvoir temporel par la remise du sceptre, le pape admettant de son côté la présence de l’empereur  ou de son représentant lors de la cérémonie d’élection et investissant  ou faisant investir par un évêque métropolitain l’élu de son pouvoir spirituel par la remise de la crosse et de l’anneau.

Le duc Simon   est excommunié par l’archevêque de Trèves Adalbéron, allié au comte de Bar  Renaud  (1105-1150)  et à l’évêque de Metz, Etienne issu de la maison de Bar mais obtient la levée de cette excommunication du pape Innocent III.  Il meurt en 1138.  Son fils Mathieu Ier lui succède.

 

.Mathieu Ier (1110-1176), duc de Lorraine de 1138 à 1176

 

Mathieu, fils de Simon devient duc de Lorraine  comme vassal de Conrad III de Hohenstaufen, duc de Franconie élu la même année à la dignité impériale.

Il en épouse la nièce Berthe de Souabe dont le frère Frédéric, est le futur Frédéric Barberousse. Outre donc son lien de vassalité, Mathieu a un lien de parenté très étroit avec les Hohenstaufen.

Il participe à presque toutes les diètes impériales convoquées par Conrad III puis à celles convoquées par son beau-frère Frédéric Ier Barberousse après que celui-ci ait accédé en 1152 à la dignité impériale ; il l’accompagne à Rome pour son sacre  le 18 juin 1155 par le pape Adrien IV. 

 

Le duc de Lorraine Mathieu Ier est également aux côtés  l’empereur lorsqu’il rencontre en 1160  vers Vaucouleurs le roi de France Louis VII pour trouver un accord permettant de mettre fin aux pillages auxquels se livrent des bandes d’aventuriers sur les frontières du royaume et de l’empire.

 

En 1167, Mathieu accompagne à nouveau son empereur Frédéric Barberousse en Italie. Il meurt le 13 mai 1176, son fils  Simon lui succède.

 

.Simon II (1140-1207), duc de Lorraine  de 1176 à  1205  

 

Sa mère Berthe de Souabe préfère voir  devenir duc son fils cadet  Ferri de sorte que Simon doit se faire confirmer l’hommage de ses vassaux ce qui l’oblige à leur concéder des avantages substantiels et à les consulter pour les grandes affaires ; c’est l’origine des Etats de Lorraine. Mais son frère ne se contente pas de sa seigneurie de Bitche et prend les armes ; si Simon a le soutien du comte de Bar, Ferri a celle de l’empereur Frédéric Barberousse qui évite toutefois de prendre parti.

Par le traité de Ribemont du 2 mai 1179 conclu sous l’égide de leur mère,  Ferri se voit attribuer les pays lorrains de la vallée de la Sarre ainsi que les terres situées entre Metz et Trèves avec l’hommage personnel du Prince-évêque de Trêves et du comte de Sarrebruck pour les terres relevant du duché, c'est-à-dire pratiquement les terres germanophones du duché.

                                                        

A la mort de l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse en 1190, les deux frères se rallient sans hésiter à l’empereur Henri VI et se réconcilient ; Simon choisit pour successeur Ferri le Jeune, fils de son frère Ferri.

                                                     

L’empereur Henri VI meurt en 1197 ; son héritier est le jeune Frédéric de Hohenstaufen âgé de trois ans de sorte que pour s’assurer que la couronne reste à la maison de Hohenstaufen, les électeurs choisissent d’élire roi des romains en 1198 Philippe de Souabe le frère d’Henri VI. Ferri  soutient Philippe de Souabe ; son frère Simon renonce au pouvoir en en 1205 et se retire dans le monastère de Sturzelbronn  ou il meurt en 1207.

 

.Ferri II ( ? - 1213), duc  de Lorraine de 1205 à 1213

 

Dénommé Ferri II parce que son père a pris le titre de duc de Lorraine en 1205 à l’abdication de son frère Simon et s’est fait appeler Ferri Ier.

Ferri II se trouve donc à la tête de l’ensemble du duché par héritage de son père et de son oncle.

 

Philipe de Souabe est assassiné en novembre 1208 ; lors de la diète de Francfort de novembre 2008, Ferri se rallie à Othon de Brunswick qui devient empereur sous le nom d’Othon IV mais le pape Innocent III l’excommunie en 1210 et demande à la diète de Nuremberg de 1211 de le destituer pour reconnaitre Frédéric II de Hohenstaufen comme empereur.

 

Ferri vote la destitution et soutient désormais Frédéric II auquel il fournit des troupes, combat avec lui en Alsace ou il l’aide à prendre Haguenau en septembre 1212. Et il se rend à la diète de Francfort qui le 5 décembre 1212 proclame Frédéric II  roi des romains et assiste à son sacre fictif du 9 décembre. Il lui prête même de l’argent pour recruter des troupes  et reçoit en gage la ville de Rosheim en Alsace. Peu de temps après, il accompagne Frédéric II à Vaucouleurs ou l’empereur rencontre Louis, le futur Louis VIII, le fils de Philippe Auguste, pour conclure une alliance contre Otton IV.

 

Ferri II meurt en octobre 1213.

                                                                

.Thiébaud Ier (1191 -1220), duc de Lorraine de 1213 à 1220, comte de Metz et de Dagsbourg

 

Fils de Ferri ; époux de Gertrude de Dagsbourg.

Il  marque une exception dans la longue période de fidélité des ducs de Lorraine à l’égard de leurs empereurs. En effet il n’est pas soutenu par l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen allié du roi Philippe Auguste dans une affaire successorale concernant le comté de Champagne ; Frédéric considère sa position comme une félonie et lui reprend Rosheim ; Thiébaud décide alors de soutenir Othon IV et combat à ses côtés à la bataille de Bouvines en 1214.

En 1218, Thiébaud reprend Rosheim et dévaste toute l’Alsace entre Strasbourg et  Sélestat ; l’empereur Frédéric II réagit en envahissant la majeure partie du duché de Lorraine et fait prisonnier Thiébaud qui doit se soumettre et s’engager à se reconnaitre vassal du comte de Champagne pour les seigneuries de Chatenois, Frouard et Montfort qu’il détient dans ce comté.

 

Thiébaud meurt en 1220.

 

.Mathieu II (1193-1251), duc de Lorraine de 1220  à 1251

 

Frère cadet de Thiébaud, il rencontre lui-aussi des difficultés avec la maison de Champagne dont la comtesse  régente Gertrude de Dagsbourg veut faire épouser à son fils la veuve de son frère ; le mariage a lieu et Mathieu est contraint de donner Nancy  en douaire à sa belle-sœur Gertrude et de se reconnaitre vassal du comte de Champagne pour Neufchâteau.

 

Il rencontre des difficultés également avec certains seigneurs lorrains notamment  le comte Hugues de Lunéville et surtout avec Henri II le comte de Bar qui a conclu une alliance avec le comte Thibaud IV de Champagne. Il doit affronter l’évêque de Strasbourg et le comte de Dagsbourg qui envoient des troupes dans son duché. Néanmoins il parvient à faire front. Surtout il n’oublie pas qu’il est prince d’empire et rétablit de bonnes relations avec son empereur Frédéric II qu’il accompagne en Terre Sainte en 1229-1230. Il participe en 1231 aux deux diètes qui se tiennent à Worms ou est discutée la constitution de l’empire prévoyant le renforcement du pouvoir des seigneurs et la diminution de ceux des municipalités ; et dans le conflit qui oppose le roi de Germanie Henri VII qui soutient ces municipalités à son père l’empereur Frédéric II, il soutient l’empereur.      

Il accompagne à nouveau Frédéric II en 1235 en Italie du Nord et le raccompagne en Allemagne ou en Aout il participe à la diète de Mayence à laquelle l’empereur prononce la déchéance de son fils Henri VII.

En revanche, par la suite, après une nouvelle expropriation en 1245, il prend le parti, moyennant d’ailleurs finance, du pape Innocent IV dans le conflit qui oppose ce pape qui veut remplacer Frédéric II qu’il a excommunié par Guillaume de Hollande.

 

Mathieu meurt peu de temps après son empereur Frédéric II.

 

.Ferri III (1240-1303)  duc de Lorraine  de 1251 à 1303

 

Il n’a que 13 ans à la mort de son père Mathieu II.

C’est sa mère Catherine de Limbourg qui exerce la régence jusqu’à sa majorité.

Majeur, il participe à la diète de Francfort de 1257 ; il y soutient la candidature d’Alphonse de Castille comme empereur pour succéder à Guillaume de Hollande.  Béatrice de Souabe, la mère d’Alphonse est la sœur de l’empereur  Frédéric II.

 

 

Alphonse est élu roi des romains par une partie des électeurs tandis que Richard de Cornouailles l’est par une autre partie. En définitive, c’est Alphonse qui est élu et c’est Ferri  III qui part en Espagne le lui annoncer.

 

A Tolède le 14 mars 1258, il prête hommage à Alphonse qui lui donne l’investiture de son duché de Lorraine.

 

Le Ier octobre 1273, Rodolphe, apparenté à la maison d’Alsace donc à la maison de Lorraine est élu empereur ; Ferri comme les autres princes d’empire lui fait allégeance. Néanmoins sous son règne, le duché se rapproche du royaume de France. En effet, par le mariage en 1284 de Philippe le Bel avec  Jeanne la comtesse de Champagne, le duc de Lorraine est tenu de rendre hommage à Philippe le Bel pour ses seigneuries de Chatenois, Montfort et Frouard sises dans le comté de Champagne ; en outre favorable à la candidature d’Albert de Habsbourg contre celle d’Adolphe de Nassau, qui est élu,  il lui refuse de s’engager dans une action contre Philippe le Bel dont l’empereur craint les velléités d’expansion.

Mais dès qu’Albert remplace Adolphe comme empereur, il le soutient et l’accompagne en décembre 1299 à l’entrevue de Quatrevaux avec Philippe le Bel pour régler certains problèmes frontaliers entre le royaume et l’empire.

 

Ferri III meurt le 31 décembre 1303.

 

.Thiebaut II (1262 -1312), duc de Lorraine de 1303 à 1312,

 

Fils de Ferri III ; avant de succéder à son père, il combat à Spire à la tête d’un contingent lorrain qui soutient l’élection d’Albert de Habsbourg contre Adolphe de Nassau. Mais comme son père, il se montre un vassal fidèle tant au roi de France Philippe le Bel auquel il doit allégeance pour ses terres de Champagne qu’à Albert de Habsbourg pour celles qui dépendent de l’empire. C’est sous son règne et à sa demande que les Etats de Lorraine  confirment le droit des femmes, contraire à la loi salique, à succéder en l’absence d’héritier mâle.

 

.Ferri IV (1282-1328), duc de Lorraine de 1312 à 1328,

 

Fils du précédent ; il est le gendre de l’empereur Albert Ier de Habsbourg dont il a épousé la fille Isabelle d’Autriche en 1304.

 

Ferri IV  s’implique personnellement dans la crise qui suit la mort de l’empereur Henri VII de Luxembourg en aout 1313 ; l’élection impériale a lieu à Francfort le 18 octobre 1314 ; les voix se partagent entre le duc Louis de Bavière et le duc d’Autriche Frédéric son beau-frère. Il en résulte une guerre ; Ferri IV et son beau-frère perdent la bataille de Muhldorf et sont faits prisonniers par Louis de Bavière; Ferri est libéré grâce à une médiation du roi de France Philippe le Bel contre l’engagement de ne plus se mêler des affaires de l’empire.

Il meurt à la bataille de Cassel au côté du roi de France le 23 aout 1328 laissant un fils Raoul âgé de 9 ans.

 

.Raoul (1320-1346), duc de Lorraine de 1328 à 1346

 

Il règne sous la régence de sa mère Isabelle d’Autriche jusqu’à sa majorité en 1334. Par son remariage  cette année 1334  (il avait été marié précédemment pendant deux ans) avec la fille du comte de Blois et de Guise dont la dote est le comté de Guise en Picardie, le comté de Guise se trouve réuni au duché de Lorraine.

En revanche, sous son règne, le roi de France Philippe VI achète au sénéchal de Champagne la seigneurie de Vaucouleurs avec Domrémy qui relevait jusqu’alors du duché de Lorraine de sorte que cette seigneurie ne fait plus partie de l’empire.

Comme le comte de Bar, les évêques de Metz et de Verdun,  Raoul doit envoyer des troupes pour aider le roi de France combattre celles du roi d’Angleterre Edouard III et le 25 aout 1346, il est au côté du  roi de France Philippe VI  à la bataille de Crécy ou il est tué.

 

.Jean  Ier (1346-1390), duc de Lorraine de 1346 à  1390

 

Il est mineur à la mort de son père Raoul ; sa mère exerce peu de temps  la co-régence avec le comte Eberhard II de Wurtemberg puis les Etats de Lorraine désignent comme lieutenant général du duché, le Sire de Fénétrange qui est chargé de son éducation ; celui-ci lui donne une éducation germanophone ; en 1353, il commence à régner.  

L’essentiel de son règne se fait sous celui de l’empereur Charles IV de Luxembourg qui en 1353 érige en faveur de son cousin Robert de Bar (1352-1411) le comté de Bar en duché ; puis en 1354, l’empereur accorde une nouvelle faveur à ce cousin en érigeant cette fois en  marquisat et principauté d’empire la seigneurie de Pont-à-Mousson.

 

En 1361, Jean  épouse  Sophie de Wurtemberg, fille d’Eberhard.

L’empereur Charles IV revient à Metz à l’hiver 1356-1357 ou a lieu la très importante Diète d’empire au cours de laquelle le 25 décembre 1356, il promulgue la Bulle d’Or qui fixe les règles de l’élection impériale.

Lui-même est fait par son empereur Lieutenant Général de l’empire en pays Mosellan. L’empereur Charles IV très favorable au roi de France, l’encourage à aider celui-ci contre les anglais ; il se montre ainsi, tout en fidèle vassal de l’empereur, un allié fidèle des rois  de France Jean le Bon, Charles V, Charles VI.

Mais à la fin de sa vie, il s’inquiète des empiétements des officiers français en Lorraine qui cherchent à imposer l’autorité du roi de France.

Il meurt à Paris le 22 septembre 1390 ou il est venu défendre ses droits contestés sur Neufchâteau devant le Parlement de Paris soutenue contre lui par certains membres de l’entourage du roi dont Louis d’Orléans.

                                                    

.Charles  II (1364-1431), duc de Lorraine de 1390 à 1431

 

Fils de Jean Ier et de Sophie de Wurtemberg.

Le duc de Lorraine Charles II, prince d’empire, fait campagne pour son beau-père l’électeur palatin Rupert dont il a épousé la fille Marguerite de Bavière en 1393 et Rupert est élu par les 4 électeurs rhénans le 21 aout 1400.

 

Le duc Louis d’Orléans rêve à partir du duché de Luxembourg qu’il a reçu en gage d’un emprunt de l’empereur Wenceslas de Luxembourg de se tailler une principauté en lui rattachant des terres du duché de Lorraine, Charles doit conduire contre lui en 1407 une coalition  mise sur pied avec l’accord du roi de France comprenant notamment les ducs Robert de Bar, de Hainaut et de Juliers et les comtes de Sarrebruck et de Salm.

 

Charles II entretient d’étroites relations avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, fils du duc Philippe le Hardi, ami d’enfance.

Opposé à tout rapprochement avec le royaume de France, il interdit dans son testament rédigé le 13 aout 1407 à ses deux filles Isabelle et Catherine de se marier  « à un homme qui soit sujet du royaume de France »

Louis d’Orléans est finalement assassiné à Paris le 23 novembre 1407 par les sbires du duc de Bourgogne Jean sans Peur que soutient d’autant plus Charles II que le Parlement de Paris le 1er aout 1412 donne raison aux habitants de Neufchâteau qui avaient été soutenus par le duc d’Orléans. 

 

Cette même année 1412, nait à Domremy, Jeanne d’Arc qui sera appelée dans l’histoire de France pour les besoins de la cause « la bonne lorraine » alors et pourtant qu’au jour de sa naissance, une partie du village de Domrémy - dépend de la châtellenie de Gondrecourt en Barrois mouvant donc du duché de Bar, terre impériale dont le duc est le cardinal Louis de Bar, vassal de l’empire pour la partie située rive droite de la Meuse mais dans la mouvance française pour la partie  sise sur la rive gauche, tandis que l'autre partie  du village relève de la seigneurie de Vaucouleurs acquise en 1355 par Philippe de Valois et rattachée au  comté de Champagne par ordonnance royale de 1365. Or  Domrémy est traversé alors par un ruisseau qui sert de frontière entre le Barrois mouvant et le comté de Champagne ; et la partie du village de Domrémy dans laquelle se trouve la maison de Jeannes est située sur la rive champenoise.

                                                                                                            

Donc non seulement Jeanne n’était  pas Lorraine (en effet si elle l’avait été Lorraine, elle aurait relevé du duc Charles II, vassal de l’empereur Sigismond de Luxembourg, et on ne voit pas bien à quel titre elle serait venue défendre la cause du  roi de France Charles VII) mais elle n’était pas même née dans le Barrois mouvant. Elle était tout simplement champenoise raison pour laquelle elle pouvait légitimement vouloir sauver la France.

Preuve du lien étroit qui unit d’ailleurs alors le duc de Lorraine Charles II au duc de Bourgogne Jean sans Peur, c’est Charles II qui, en 1414, accompagne l’empereur Sigismond de Luxembourg se rendant au Concile de Constance ou il  y représente  Jean sans Peur.

 

Duc de Bourgogne, Jean sans peur, qui, après la cuisante défaite le 25 octobre 1415 à Azincourt de l’armée du roi de France Charles VI contre celle du roi d’Angleterre Henri V, se rend maitre de Paris en mai 1418 et y pénètre en juillet accompagné du duc de Lorraine qui y reçoit le titre de connétable pour service rendus au duc de Bourgogne.

 

Mais la victoire échappe finalement à Jean sans Peur qui est  assassiné à Montereau le 10 septembre 1419.

En revanche les anglais triomphent seuls et signent le traité de Troyes du 21 mai 1420  par lequel ils obtiennent, hors les possessions bourguignonnes, la moitié nord du Royaume de France qui se trouve réduit au seul sud diminuée de la Guyenne. Mais Charles II refuse lui de souscrire à un traité qui prévoit l’union des royaumes de France et d’Angleterre.

 

Cette même année 1420, Charles II marie sa fille Isabelle à René d’Anjou, adopté par le cardinal Louis de Bar, héritier du duché de Bar et sans descendant.

 

L’année 1422 voit se succéder les morts d’abord du roi d’Angleterre Henri V puis celle du roi de France Charles VI. Le roi Henri V marié à Catherine de France, fille de Charles VI a un fils qui est alors proclamé roi de France et d’Angleterre mais le dauphin Charles qui ne reconnait pas le traité de Troyes se proclame lui-même roi de  France sous le nom de Charles VII.

 

Grâce à Jeanne d’Arc, la cause au départ assez compromise de Charles VII triomphe  et il est sacré à Reims le 17 juillet 1429.

 

Le Cardinal-duc de Bar Louis meurt le 23 juin 1430. Le duc de Lorraine  Charles II le 25 janvier 1431. Jeanne d’Arc meurt le 30 mai 1431, année de l’union des deux duchés de Bar et de Lorraine.                                                       

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