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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 08:27
Histoire de la Seigneurie de Nice- Comté de Nice-Evêché de Nice-Abbaye de Saint Pons-Consulat, terre d'empire de 1032 à 1806

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et Cisjurane (dont dépend la Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire. En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, le duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III et Carloman II semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

Maison des Bosons

.Boson (879-887), roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune. Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. Louis III de Francie occidentale, Carloman II et leur cousin Charles III le Gros et un représentant de Louis le Jeune, retenu dans son royaume par la maladie se rencontrent en juin 880 en Lorraine. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence. Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence. En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.

.Louis III l'Aveugle (vers 882- 928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune. En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane. En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie. En 898, Engelberge, sa sœur épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon. A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900. Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople (fin 887-903), fille de l'empereur romain d’orient Léon VI. En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence. En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie. De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. À partir de 911, il laisse la gestion du royaume à son cousin Hugues d'Arles, comte d'Arles et de Vienne qui quitte Vienne et s'installe à Arles. Fait marquis de Provence, le régent Hugues d'Arles, épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve de Rodolphe Ier de Bourgogne. Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

.Hugues d'Arles (v. 880- 947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Élevé à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis marquis de Provence en 905 par son parent, l'empereur Louis III l'Aveugle, Hugues devient roi d'Italie en 926. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie. À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin. À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits. En échange, selon l'accord de 926, Rodolphe II lui abandonne ses prétentions en Italie. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné. La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit. Dès 948 ou 949, le roi Conrad réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, un à Apt, un en Avignon et un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II, à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

.Boson II (910-968) comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotboald (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle. Son suzerain le roi Conrad (937-993) se montre très actif en Provence ; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour ; l’année suivante il est présent à Arles.

.Guillaume Ier le libérateur (955-993), comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en 991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence. Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978 tient un plaid dans la ville d’Arles. La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribue les terres reconquises à ses vassaux. Arles retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de la tige des comtes de Forcalquier.

.Guillaume II ou III (v. 986-1018), comte de Provence de 993 à 1018

Fils de Guillaume le libérateur, marié en 1002 avec Gerberge de Bourgogne, fille d’Othe-Guillaume, comte de Bourgogne et d’Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et Besançon. Il ne peut récupérer le titre de marquis de Provence qui échoit à son oncle Rotbald Ier. Guillaume II est inhumé dans les fondements de l'église en cours de construction de l'abbaye de Montmajour qui au début du XIe siècle devient la nécropole des comtes de Provence. A sa mort, le comté devient possession indivise entre ses trois fils :

-Guillaume IV.

-Foulques Bertrand.

-Geoffroi.

.Guillaume IV (avant 1013-1019-1030), comte de Provence de 1018 à 1030

Sans postérité.

.Foulque-Bertrand (1014-1051), comte de Provence de 1018 à 1051

Père de :

-Guillaume V Bertrand.

-Geoffroi II, dont la part deviendra le comté de Forcalquier.

En 1030, le comte Foulque-Bertrand doit de nouveau combattre les seigneurs des Baux et de Fos. À la tête de l'ost comtal, composé par les vicomtes de Marseille et quelques seigneurs des Alpes, les combats s'engagent encore une fois sur les rives de l'étang de Berre où le prince réussit à battre ses vassaux révoltés. La paix est à peine revenue en 1032, que son suzerain Rodolphe III de Bourgogne meurt. Suit une période trouble de lutte entre les prétendants, l'empereur Conrad le Salique et Eudes de Blois, qui meurt en 1037. À l'issue de cette guerre, le comté de Provence devient terre d'Empire.

.Geoffroy Ier (1015-1061/ 1062) comte de Provence de 1018 à 1061

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne, frère du précédent. Il intervient dans la lutte contre la Maison de Fos qui reprend en 1048. À cette date, il conclut un accord avec Aicard et Geoffroy de Marseille Ier, vicomtes de Marseille, pour récupérer la seigneurie de Fos et d'Hyères. Il épouse Étiennette, peut-être fille du vicomte Guillaume II de Marseille et d'Étiennette des Baux, avec laquelle il :

-Bertrand II.

-Gerberge (v. 1060-1115), comtesse de Provence, mariée à Gilbert de Millau, comte de Gévaudan

.Bertrand II de Provence ( ?-1093), comte de Provence de 1061 à 1093.

Fils de Geoffroi Ier, comte de Provence, et d'Etiennette. Dès son accession, le nouveau comte de Provence est affaibli : il transfère la résidence comtale d'Arles à Tarascon en 1063 et, incapable d'assurer la paix, demande en 1065 aux puissantes familles arlésiennes d'assurer la protection des biens de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. À la fin des années 1070, dans le cadre de la Querelle des Investitures, Bertrand s’oppose à l’archevêque d’Arles Aicard. Mais ce conflit d'ordre religieux se double d’un triple problème politique entre le comte et l'archevêque qui à cette époque est aussi un seigneur féodal. Le comte s’oppose à Aicard d'abord à propos de la nomination controversée de Bermond comme abbé de Montmajour, ensuite probablement parce qu'Aicard s'est rapproché dès 1076 du comte de Saint-Gilles, excommunié par le pape et rival du comte de Provence, enfin et surtout parce qu'il redoute la puissance de la famille de l'archevêque, celle des vicomtes de Marseille. En 1078, le comte de Provence recherche donc l'appui du pape en accusant l'archevêque de simonie, puis en 1081, en se plaçant sous la suzeraineté papale, renie ses liens de vassalité avec l'empereur Henri IV. Le comte de Provence s’aliène alors la ville d’Arles et son archevêque soutenu par le peuple, le clergé, les familles des Baux et des Porcelet et le comte de Saint-Gilles, Raimon IV. L'archevêque d'Arles bénéficie aussi du soutien de sa famille, les vicomtes de Marseille qui à partir de 1079 désertent l'entourage du comte Bertrand. La fin de sa vie est moins connue. Il meurt en 1093. Sa fille étant déjà mariée et dotée, le comté de Provence passe à sa sœur Gerberge, tandis que le titre de marquis de Provence est repris par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et issu de la branche aînée des comtes de Provence. La famille comtale de Provence s'éteint en 1093 et trois familles se partagent la Provence: la maison de Toulouse, celle de Barcelone et celle d'Urgell. Gerberge épouse Gilbert Ier, comte de Gévaudan avec lequel elle a deux filles :

-Douce née en 1090 qui épouse en 1112 à Raimond Bérenger III, comte de Barcelone. -Etiennette mariée à Raymond, seigneur des Baux.

Les droits sur le comté de Provence sont donc transférés, par mariage, aux comtes de Toulouse et aux comtes de Barcelone. Les maisons des deux comtés entrent en conflit pour la possession de la Provence. Les conflits d’intérêt entre ces familles ne permettent pas de maintenir l’indivision sur le comté de Provence. Les descendances de Guillaume le Libérateur et de son frère Roboald, avec leurs partages successoraux, structurent les terres de Provence autour de trois grandes maisons :

- celle de Toulouse, présente depuis que Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, a épousé Emma de Venasque, en 990. Cette famille possède le marquisat de Provence.

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque. Elle possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.

-celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone. Elle possède le comté de Provence au sud de la Durance.

Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat de Provence) et de Barcelone (comté de Provence), maisons rivales qui se heurtent déjà dans leurs sphères d’influence, qui est l’actuel Languedoc. À cela d’ajoute les ambitions de la maison des Baux qui, étant issue d’Etiennette de Provence-Gévaudan, revendique une part du comté. Les guerres dite baussenques ne tardent pas à éclater entre Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, d’une part et Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et les seigneurs des Baux d’autre part. Défait, Alphonse se réfugie dans Orange en 1123 et doit signer en 1125 un traité de partage de la Provence : ii abandonne au comte de Toulouse le château de Beaucaire et la terre d'Argence (rive droite du Rhône), le château de Vallabrègue (île du Rhône) et toute la partie de la Provence située entre l'Isère et la Durance, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces pays (villes, châteaux, évêchés, etc ...). Le comte de Toulouse cède au comte de Barcelone toute la terre de Provence depuis les sources de la Durance et le long de cette rivière, jusqu'au Rhône et à la mer, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces régions, Avignon ainsi que les châteaux du Pont de Sorgues, de Caumont et du Thor restant indivis :

- le comté de Forcalquier reste indépendant.

- le marquisat de Provence passe à Alphonse Jourdain de Saint Gilles (Maison de Toulouse) qui reçoit la partie située entre l’Isère et la Durance, dont les fiefs sont fiefs du Marquisat de Provence :

.comté de Valence (Valentinois) et de Die (Diois) : comtés - domaines vassaux jusqu'en 1189. .comtat Venaissin, la partie sud du marquisat - propriété propre, qui prend définitivement ce nom en 1274.

.comté d’Orange: domaine vassal jusqu'en 1181, année où il devient une principauté autonome.

- le comté de Provence réduit au Comté d’Arles passe à Raymond Béranger Ier (Maison de Barcelone) qui occupe les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et à Nice à l’est. .

Coseigneurs de Nice

Maison d’Orange-Mévouillon

.Odile de Provence dite de Nice (976-1032) , seigneur de Nice de ? à 1032

Fille vraisemblable d’Annon de Vence. Elle a reçu selon ses dires de Guillaume Ier tout le territoire qui correspond grosso modo à ce que l’on appelle aujourdhui les Alpes Maritimes. Elle se marie d’abord avant 976 avec Miron d’où sont issus :

-Pons III qui deviendra évêque de Nice

-Bermond, prêtre

-Miron

-Laugier de Sisteron

En 999 Odile fait d’importantes donations-restitutions à l’Abbaye de Saint Pons de Nice qui domine alors la cité. Puis, Miron étant mort vers 1003, elle se remarie en 1012 avec Laugier qui était auparavant son « Rector » de son château de Nice.

.Laugier de Nice (né vers 950- 1032) coseigneur de Nice, de Gréollières, de Cagnes et de Vence Epoux d’Odile de Nice Odile de Provence a cinq enfants de son second mariage avec Laugier :

-Rambaud de Nice ou d’Orange -Pierre de Nice, évêque de Sisteron (1043-1059)

-Rostang de Nice, coseigneur de Vence, seigneur de Gréolières

-Jauccara de Nice, mariée à Amic de Vence-Avignon

-Gerberge de Nice, mariée au vicomte Bérenger d’Avignon.

Les seigneurs de Nice n’ont jamais porté le titre de vicomte, c’est à tort donc que Laugier est qualifié de vicomte de Nice.

.Rambaud d’Orange (vers 1006 et mort vers 1073), coseigneur de Nice, de Courthézon et de Vence de 1032 à vers 1073

Fils de Laugier de Nice et d’Odile. Rambaud d’Orange est accusé de simonie pour avoir acheté l’épiscopat de Sisteron en 1043 pour son fils Pierre II de Nice âgé de 8 ans. Odile, mère de Rambaud administre elle-même les biens de l’évêque et son fils, Rambaud de Nice occupe la citadelle de Sisteron et le concile d’Avignon l’excommunie. Dans le même temps, il fait avec ses épouses de nombreux dons à l’Église et l’un de ses fils est moine après son décès. A la fin des années 1070, le succès de la réforme grégorienne en Provence oblige les seigneurs de Nice à renoncer à leur mainmise sur le patrimoine de l'Église de Nice. Les trois frères Rambaud, Pierre et Rostang enrichissent encore l’Abbaye de Saint Pons. Mais ce ne sont ces importantes donations qui vont affaiblir le pouvoir temporel de la Maison d’Orane-Gréolières que le morcellement de leurs possessions en raison de l’application des règles successorales alors en vigueur en Provence c’est-à-dire du partage égalitaire des biens, circonstance aggravée par la prolifirité de cette famille. Rambaud de Nice a de nombreux enfants, dont sept fils. Le morcellement des biens niçois, limité au partage entre deux des fils d’Odile de Provence et Laugier de Nice, s’accroit dès la génération suivante, les deux frères Rambaud et Rostang ayant laissé outre dix fils, un nombre inconnu de filles. Le morcellement des biens niçois hérités aux partages entre les descendants d’Odile et de Laugier réduit considérablement leur pouvoir à Nice.

.Bertrand-Rambaud ou Bertrand d’Orange (vers 1045- après 1073), seigneur d’Orange, coseigneur de Nice avec les évêques Bernon, Raymond et Archimbaud

Il se marie avec Gilberge, fille de Foulques Bertrand de Provence, puis veuf se remarie avec Adélaïde de Cavenez, veuve de Guillaume V Bertrand de Provence. Bertrand-Rambaud d’Orange est le beau-père d’Adélaïde de Forcalquier, et le père de Léger d’Orange ou Laugerus, évêque d’Avignon (1124 ou 1126-1142) et du comte Rambaud II d'Orange. Lorsque qu’il décède, l'évêque Archimbaud détient alors la majorité des pouvoirs sur la ville et ses environs.

.Rambaud II d'Orange (1066- 1121), comte d’Orange, coseigneur de Nice de 1073 à 1121 avec les évêques Archimbaut de 1078 à 1115 et Pierre de 1115 à 1121

Fils du précédent.

Au XIIe siècle, Nice est l'objet d'une lutte d'influence entre le comte de Provence, et la République de Gênes. Ce XIIe siècle est celui de l'autonomie communale, avec les consulats, petites républiques urbaines. Des consuls, élus par les habitants, dirigent la ville. En Provence orientale, Nice, Grasse, Peille sont des villes de consulat. Antibes, en revanche, reste soumise à l'autorité de son évêque. En s'inspirant des prospères républiques maritimes italiennes telles que Gênes et Pise, Nice devient une république indépendante en 1108 et prend le titre de Municipalité. Elle est alors dirigée par un chef militaire chargé du pouvoir exécutif et par trois consuls exerçant l'autorité administrative. Nice devient l'objet d'une lutte d'influence entre la Provence, à laquelle elle appartient, et la République de Gênes.

À partir de 1117, l'évêque Pierre Ier devient le premier personnage de la cité. Raimbaud II d'Orange, ne laisse qu'un fils mais sans postérité et une fille : Thiburge d'Orange.

.Thiburge d'Orange, coseigneur de Nice de 1121 à 1150 avec les évêques Pierre de 1121 à 1149 et Arnaud de 1149 à 1150

Vers 1144, Nice se dote d'un consulat. Quatre consuls, élus, gèrent la cité. Thiburge d’Orange meurt en 1150, ses fils sont encore très jeunes et elle les confie à son beau-fils Bertrand des Baux. .Bertrand des Baux (1137-1181/1183) prince d’Orange, coseigneur de Nice avec l’évêque Arnaud de 1150 à 1164, Raymond Laugier de 1166 à 1182, En 1153, les consuls entrent en conflit avec l'évêque Arnaud. Progressivement les évêques de Nice se voient dépouiller de leurs pouvoirs temporels par la Municipalité. Bertrand des Baux épouse en 1173 Thiburge II fille de la précédente. Bertrand et Thiburge II d'Orange ont plusieurs enfants :

-Hugues IV des Baux l'aîné, poursuit la branche aînée des Baux. Il est consul d'Arles et vicomte de Marseille, et garde la seigneurie des Baux.

-Bertrand II des Baux devient le chef de la branche de Berre (Meyrargues, Marignane et Puyricard).

-Tiburge des Baux.

-Guillaume Ier des Baux, prince d'Orange, devient le chef de la Maison d'Orange il est le père de Guillaume II des Baux.

En 1191, les Génois obtiennent de l'empereur Frédéric Barberousse la suzeraineté de Monaco. En 1213, Nice se rapproche à nouveau de Gênes et, en 1215, les Génois s'installent de façon permanente à Monaco. En 1227, le comte de Provence Raymond-Berenger V réimpose son autorité à la Provence ; il assiège Grasse et abolit le consulat. En 1229, il prend Nice qui perd ces franchises politiques. Une nouvelle administration est mise en place : le viguier assume les pouvoirs détenus auparavant par les consuls. Il représente le comte.

En 1258, le nouveau comte de Provence, Charles Ier d’Anjou démembre la baillie d'outre-Siagne, qui englobait la Provence orientale et dont Nice était le chef-lieu. La ville se trouve à la tête d'une simple viguerie. Il achète plusieurs communes au comte de Vintimille, dont Sospel, Breil et Saorge. Sospel devient chef-lieu de viguerie.

.Evêques :

Un rescrit du pape Léon Ier le Grand publié après 450 et confirmé par le pape Hilaire en 465, unifie les sièges de Nice et de Cimiez. Le nouveau siège ainsi formé devient par la suite suffragant de l'archevêché d'Embrun.

.Pons III, évêque et coseigneur de Nice de 1030 à 1033

Fils de Laugier de Nice, seigneur de Nice et d’Odile de Provence ; frère de Rambaud, seigneur de Nice.

.André, évêque de Nice en 1033 et 1034

.Nitard Ier, évêque de Nice de 1037 à 1040

.André II 1042-1051, évêque de Nice de 1042 à 1051

En 1049, l'évêque détient alors la majorité des pouvoirs sur la ville et ses environs.

.Raimond, évêque et co-seigneur de Nice de 1064 à 1074 avec Bertrand-Rambaud

.Bernon, évêque de Nice de 1074 à 1078 avec Bertrand-Rambaud

.Archimbaud, évêque et coseigneur de Nice de 1078 à 1108 avec Bertrand-Rambaud et Rambaud II

.Isnard, évêque et coseigneur de Nice de 1108 à 1114 avec Rambaud II

Sous son règne en 1108, le Municipe de Nice est établi. La ville nomme ses magistrats.

.Pierre, évêque et coseigneur de Nice de 1114 à 1149 avec Rambaud II et Thiburge d'Orange

En outre, l’autorisation des descendants de Rambaud donnée aux chanoines de Nice d’acquérir les honores de leurs hommes renforce dès 1108 le pouvoir de l’évêque Pierre. Puis Par une bulle du pape Paul II du 8 juin 1114, l’évêque Pierre se voit confirmer son pouvoir sur les biens de l’Eglise de Nice dont le monastère de Saint Pons. Enfin en 1117, en présence du comte Raimond-Bérenger Ier et de l’évêque d’Antibes Matfré (ou Mainfroi), Jausserand-Laugier, descendant de Rostaing donne à l’église de Nice, à l’évêque Pierre et à ses successeurs, et aux chanoines la moitié de tout ce qui lui appartient à Nice et reçoit en contrepartie 550 sous. Il engage à l’évêque l’autre moitié de ses biens jusqu’à ce qu’il puisse le mettre en possession de la première moitié l’ensemble de ses biens devant aller à l’évêque après sa mort. A partir de 1117 donc, l’évêque de Nice est le premier personnage de la cité. Néanmoins ses droits sur l’Abbaye de Saint Pons doivent être réaffirmés par une nouvelle bulle du pape Honorius II 20 avril 1129 et une du pape Innocent II du 29 mars 1137. Mais au même titre qu’Arles ou Marseille, Nice vers 1144 se dote d’une administration municipale avec des consuls et un conseil de ville. Assistés par le conseil, les consuls détiennent les pouvoirs exécutifs. Les conflits avec l’Abbé de Saint Pons se poursuivant, le pape Eugène III intervient une nouvelle fois en 1145 auprès de l’archevêque d’Embrun pour qu’il fasse respecter l’autorité de son évêque de Nice sur l’abbaye de Saint Pons. En 1150, Nice, qui s’est allié avec Gênes, proclame de nouveau son indépendance.

.Arnaud, évêque et coseigneur de Nice de 1151 à 1164

Après Pierre, l’évêque Arnaud réussit pratiquement à éliminer de leur cité les descendants d’Odile de Provence ou, tout au moins, à les soumettre à leur autorité. Alors même que l’évêque Arnaud traite encore avantageusement avec les Gréolières, un grave conflit l’oppose aux consuls de Nice dès 1153. Ceux-ci en effet veulent attribuer à leur juridiction la connaissance des causes concernant les hommes tenanciers de l’église de Nice et surtout des causes relatives à des biens disputés entre l’église et des laïcs. L’évêque Arnaud se tourne alors vers le comte de Provence Raimond-Bérenger II. Celui-ci, prend l’église de Nice sous sa protection, confirme la pleine juridiction de l’évêque dans les matières ecclésiastiques (sans que les comtes, ses successeurs, et le consulat puissent y redire), mais aussi sur les tenanciers de son église (les querelles de propriété entre l’église et les laïcs, e devant être jugées comme par le passé, par l’évêque ou ses comprovinciaux assistés de deux ou trois prud’hommes de la cité). Enfin, le comte exempte l’église de Nice de toute contribution levée par le consulat. Mais le répit gagné par Arnaud est de courte durée ; dès 1156, les consuls reviennent à la charge en levant des taxes même sur les clercs tant pour le paiement de l’albergue comtale que pour l’édification de la nouvelle enceinte de la ville. Devant les protestations, les consuls n’hésitent pas à user de la force, pillant les biens d’Eglise, forçant les églises et les maisons des chanoines. En même temps, ils remettent en question l’autre partie du privilège accordé par Raimond-Bérenger II et tentent à nouveau d’amoindrir la juridiction de l’évêque. En 1157, les deux parties aboutissent à un compromis plus favorable aux consuls que le diplôme de 1153 sur un point, puisque les procès opposant l’église à des laïcs pour des questions de biens mais aussi de dettes seraient jugés en commun par l’évêque et eux-mêmes (alors qu’ils étaient exclus de ces questions en 1153). Quelques années plus tard, en 1164, un autre compromis laisse à Arnaud le Camas, que Pierre et lui-même avaient patiemment acquis sur les Gréolières et que les consuls revendiquaient pour la commune. Les actes de 1157 et 1164 montrent donc que le consulat est devenu la première force de Nice, s’imposant à son protecteur et allié de naguère, l’évêque, et surtout n’hésitant pas à braver les décisions du comte de Provence. Celui-ci, qui soutenait l’évêque, ne pouvait apparaître que comme un obstacle à la pleine liberté de la jeune commune de Nice, bien que l’acte de 1153 eût constitué une reconnaissance implicite du consulat. Une première circonstance favorise la volonté d’émancipation niçoise : la mort de Raimond-Bérenger II en 1162 à Borgo San-Dalmazzo, alors qu’il se rendait auprès de l’empereur Frédéric Barberousse. En 1165, le comte de Provence Raimond Bérenger III convoque ses vassaux à Tarascon pour l’hommage. Les consuls de Nice refusent de s’y rendre, déclarent qu’ils ne sont pas soumis à l’hommage et demande du secours à Pise.

.Raimond Laugier, évêque et coseigneur de Nice de 1166 à 1182

De la famille Laugier de Mirabel, seigneur de Mirendol (territoire qui s'étend de nos jours du quartier Pasteur dans Nice à Saint-André de la Roche). Au début de son épiscopat, en 1166 le comte Raimond Bérenger III, voulant s’assurer de la fidélité de ses vassaux, réunit seigneurs, prélats et mandataires des villes mais Nice se dispense d’envoyer des délégués. Face à cette révolte, le comte mène une expédition punitive qui lui est fatale. Sur le trajet il est tué avant d’avoir pu réduire la ville. Son cousin de la branche aînée des comtes de Barcelone, Alphonse, devenu roi d’Aragon, reprend la Provence avant d’en déléguer la gestion deux ans plus tard à son frère cadet Raimond Bérenger IV tout en continuant d’en superviser la politique. Soucieux de développer le commerce de ses Etats en Méditerranée occidentale, il fait alliance avec Gênes contre Pise. Les deux cités rivales se livrent alors une lutte d’influence sans répit, engageant le long des côtes une guerre de course qui entrave le trafic provençal notamment au large d’Antibes. Gênes empiète alors sur la Provence. Profitant des hostilités entre Raimond V de Toulouse et Alphonse II, roi d’Aragon, successeur de Raimond-Bérenger III comme comte de Provence, elle conclut un traité fort avantageux avec le premier en août 1174. Elle s’y fait notamment promettre la moitié de Nice. Celle-ci, à peine soustraite à la domination des comtes de Provence, se trouve donc en butte aux visées génoises qui bénéficie du soutien de certaines familles, comme les Riquier. Mais le roi Alphonse II peut conclure la paix avec Raimond V en avril 1176. Sans perdre de temps, il marche sur la Provence orientale, avec ses frères Raimond-Bérenger IV (institué comte commendataire de Provence en décembre 1168) et Sanche. Là, il traite avec Nice, au mois de juin 1176. Chaque partie fait des concessions : Nice reconnait la suzeraineté d’Alphonse, en acceptant de payer une albergue de 2000 sous et de contribuer aux cavalcades qu’ordonnerait le roi d’Aragon. Mais, en contrepartie, Alphonse II reconnait à la commune une large autonomie : les Niçois éliront à leur guise leurs consuls et se gouverneront selon leurs propres coutumes et usages, le consulat aura notamment pleine juridiction civile et criminelle.

.Pierre II, évêque et coseigneur de Nice de 1183 à 1191

Sous son règne, le 26 octobre 1189, Alphonse II vient à nouveau à Nice et il confirme tous les privilèges accordés en 1176, en dépit des griefs qu’il peut avoir à l’encontre des Niçois.

.Jean, évêque et coseigneur de Nice de 1200 à 1207

.Henri, évêque de Nice de 1208 à 1236

A la mort prématurée du comte Alphonse II en 1209, son fils Raimond Bérenger V, qui n’a que cinq ans, est retenu en Catalogne sous la tutelle de Pierre II d’Aragon tandis que son grand-oncle Sanche prend en main les destinées de la Provence. La mort de Pierre II en 1213, à la bataille de Muret contre le roi de France, déstabilise l’Aragon et ouvre la voie à la séparation de la Provence que Raimond Bérenger V a pu regagner et où il s’affirme sous la conduite de sa mère, Garsende de Sabran, héritière du comté de Forcalquier. Profitant de la minorité de Raimond Bérenger V, les Génois consolident leur position à Monaco en construisant un château en 1215 et renforcent leur emprise sur Nice grâce à l’appui d’une faction séparatiste qui récuse l’autorité comtale. Mais Raimond Bérenger V manifeste rapidement sa volonté de rétablir l’ordre dans ses Etats, se fixe à Aix et multiplie les interventions. En 1227 il met un terme au consulat de Grasse et en 1230 soumet les Niçois qui perdent leur autonomie mais obtiennent la confirmation de leurs franchises et privilèges.

.Mainfroi, évêque et coseigneur de Nice de 1238 à 1246

.Nitard II, évêque et coseigneur de Nice de 1247 à 1251

.Pierre III, évêque et coseigneur de Nice de 1257 à 1272

.Hugues, évêque et coseigneur de Nice de 1285 à 1292

.Bernard Chabaud de Tourettes, évêque et coseigneur de Nice de 1294 à 1302

.Raimond III, évêque et coseigneur de Nice de 1304 à 1316

.Guillaume I, évêque et coseigneur de Nice de 1317 à 1323

.Rostang, évêque et coseigneur de Nice de 1323 à 1329

.Jean Artaud, évêque et coseigneur de Nice de 1329 à 1334 puis évêque de Marseille de 1334 à 1335

Issu d’une famille provençale qui possédait la seigneurie de Venelles près d’Aix-en-Provence.

.Raimond IV, évêque et coseigneur de Nice de 1334 à 1335

.Guillaume II, évêque et coseigneur de Nice de 1335 à v.1348

.Pierre Sardina, évêque et coseigneur de Nice de 1348 à 1360

.Laurent Le Peintre(Pictoris), évêque et coseigneur de Nice de 1360 à 1367

.Roquesalve de Soliers, évêque et coseigneur de Nice de 1371 à 1380

Au XIVe siècle, Nice est composée de deux agglomérations distinctes. La ville basse est celle des négociants, des artisans et des ouvriers. La ville haute abrite des clercs et des notables. Les deux villes sont entourées de remparts et communiquent par trois portes. Leurs rapports sont parfois conflictuels. La seconde moitié du XIVe siècle est une période de crise. Les grandes compagnies, des bandes de soldats qui, pendant la paix, se transforment en brigands, sont chassées de France et envahissent la Provence. Nice est isolée du reste de la Provence. Après la mort de la reine Jeanne, des guerres de succession ont lieu en Provence de 1382 à 1388, entre Charles de Durras (de Naples) et Louis d’Anjou. La Provence se déclare pour Louis d'Anjou, mais la Provence orientale est divisée. Le seigneur de Beuil, Jean Grimaldi, joue un rôle décisif. Nommé gouverneur des régions de Provence par Charles de Duras, il le trahit et s'entend avec le comte de Savoie. En août 1388, il s'engage à donner au comte de Savoie la viguerie de Nice, celle de Vintimille et du Val de Lantosque, celle de Puget-Théniers et la baillie de Barcelonnette. En septembre 1388, le comte de Savoie Amédée VII est accueilli à Barcelonnette, Saint-Étienne-de-Tinée, Saint-Martin-Vésubie, L'Escarène et Nice. Il signe un accord avec les syndics de Nice. En octobre, il reçoit des délégués des villages des vallées de la Vésubie et de la Tinée. Toutes ces communes se donnent à lui. Entrevaux, Guillaumes et Daluis, en revanche, refusent et restent en Provence. En novembre 1391, les syndics de Nice prêtent hommage au comte de Savoie. À la suite de cette dédition, Nice devient le débouché méditerranéen de la Savoie. Elle devient également la capitale administrative d'un petit territoire. Les régions détachées de la Provence sont groupées sous une même administration : le gouverneur de la cité de Nice et du pays de Provence, le receveur général des finances et le juge-mage. Le comte de Savoie Amédée VIII renforce son autorité en réprimant plusieurs troubles entre 1395 et 1400. Les seigneurs favorables à la Provence s'exilent. Le souverain de Savoie créé une nouvelle noblesse. En 1419, le comte de Provence Louis III d’Anjou renonce à revendiquer la région de Nice et reconnaît à la Savoie ses droits sur la ville. L’histoire de Nice devient commune à celle de la Savoie.

En 1526, sous le duc de Savoie Charles III, les "terres neuves de Provence" deviennent le "comté de Nice".

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Published by Parti imperial romain europeen
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