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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 11:41
Histoire du Comté- de la Principauté de Montbéliard/Grafschaft Mömpelgard- Fürstentum Mömpelgard

Histoire du Comté- de la Principauté de Montbéliard/Grafschaft Mömpelgard- Fürstentum Mömpelgard

Au partage de Verdun de 843, le territoire de ce qui deviendra le comté de Montbéliard est attribué à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire qui deviendra la Lotharingie. En 879, le roi de Francie orientale Louis le Jeune occupe presque entièrement la Lotharingie. En 880, par traité de Ribemont les fils de Louis le Bègue cèdent à Louis le Jeune leur part de la Lotharingie en échange de la neutralité de ce dernier. La Lotharingie réunifiée est ainsi rattachée à la Francie Orientale (Germanie). En 882, à la mort de Louis le Jeune, son frère, l'empereur Charles le Gros, recueille sa succession. L'empire de Charlemagne est reconstitué. Mais Charles le Gros est déposé en 887 à la diète de Tribur (Mayence). La Lotharingie de l’empereur Lothaire qui a perdu toute la partie sud de la Francie Médiane avec la création du Royaume de Provence en 879 voit avec celle du Royaume de Bourgogne en 888 son territoire réduit à ce qui va devenir les seuls duchés de Basse et de Haute Lorraine après son partage par Brunon de Cologne en 959, ce dernier déjà amputé en 925 de l’Alsace rattachée au duché de Souabe.

Partie de la Lotharingie, le pagus d’Ajoie/Elsgau, qui n’est pas un des pagi burgondes mais un gau alémanique, est intégré en 888 dans le royaume de Bourgogne créé par le comte Rodolphe. Les troubles issus des luttes entre rois, princes et comtes qui contestent l’autorité des premiers, sont aggravés par les invasions : au début du Xe siècle, la région est ravagée par les cavaliers hongrois qui détruisent entre autres le monastère de Lure. Ces troubles expliquent la construction du château de Montbéliard. Edifié à proximité d’une frontière, sur une hauteur et contrôlant une importante voie de communication, il supplante l’antique castrum de Mandeure, difficile à défendre, et devient le centre du pagus. En 962, Otton le Grand se fait couronner empereur. A la mort du roi de Bourgogne-Provence Rodolphe III, son royaume est rattaché à l’empire romain germanique en 1032.

En 1033, le comté d'Elsgau comprend Ferrette et Montbéliard soit déjà une partie relevant du Royaume de Bourgogne et l'autre de celui de Francie Orientale (Germanie).

Cette même année 1033, Sophie et sa sœur Béatrice, filles de Frédéric II, duc de Haute-Lotharingie, sont recueillies par leur tante maternelle, Gisèle de Souabe, femme de l’empereur Conrad le Salique, également roi de Bourgogne comme successeur de Rodolphe III. La Lorraine ou Haute-Lotharingie avait été confiée au comte de Verdun Gothelon Ier, mais l’empereur voulant renforcer son influence face à la maison de Verdun qui montrait des signes d’agitation, marie sa nièce Sophie à Louis, seigneur d’Altkirch et de Ferrette en 1038. Ce mariage apporte à ce seigneur le comté de Bar et la seigneurie de Mousson.

Maison de Mousson

.Louis Ier de Montbéliard, seigneur d’Altkirch et de Ferrette, comte de Bar, seigneur de Mousson, premier comte de Montbéliard de 1042 à 1073

Fils de Richwin, comte de Scarpone et d’Hildegarde d’Eguisheim

Le comté de Montbéliard/Grafschaft Mömpelgard) est fondé à son profit en 1042 par l'empereur Henri III, fils de l’empereur Conrad le Salique.

Son territoire correspond aux communes actuelles Abbévillers, Aibre, Allenjoie, Allondans, Arbouans, Audincourt, Badevel, Bart, Bavans, Belverne, Bethoncourt, Bretigney, Brognard, Clairegoutte, Courcelles-lès-Montbéliard, Couthenans, Dambenois, Dampierre-les-Bois, Dasle, Désandans, Dung, Étobon, Étouvans, Étupes, Exincourt, Fesches-le-Châtel, Frédéric-Fontaine, Grand-Charmont, Issans, Laire, Magny-Danigon, Montbéliard, Nommay, Présentevillers, Raynans, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Saint-Julien-lès-Montbéliard, Semondans, Sochaux, Taillecourt, Valentigney, Le Vernoy, Vieux-Charmont et Voujeaucourt

.Thierry Ier de Montbéliard (1073-1105) comte de Montbéliard, comte de Bar, comte de Mousson et comte de Ferrette de 1073 à 1105

Fils du précédent.

Il hérite des domaines de Montbéliard-Ferrette ; il est comte de Montbéliard, d’Altkirch, de Ferrette et de Bar. Il épouse en 1065 Ermandtrude, fille de Guillaume II, comte de Bourgogne.

.Frédéric Ier et Thierry II ( ?) comte de Montbéliard de 1105 à 1125

Fils de Thierry Ier.

Ils gouvernent d’abord ensemble l'héritage. En 1125 ils partagent leur domaine, Frédéric Ier prend le titre de comte de Ferrette et Thierry II celui de comte de Montbéliard.

.Thierry II de Montbéliard (1080-1163), comte de Montbéliard de 1125 à 1163.

Il est l’époux de Gertrude de Habsbourg, fille de Werner II, comte de Habsbourg.

Il joue un rôle important auprès des empereurs ; il participe à l'entrevue de Worms. Il a marié sa fille Sophie, héritière de Montbéliard, en 1128 à Richard II, comte de Montfaucon. C’est leur fils Amédée II de Montfaucon qui succède à son grand-père.

Maison de Montfaucon

.Amédée II de Montfaucon, comte de Montbéliard et seigneur de Montfaucon de 1163 à 1195

Fils de Richard II de Montfaucon et de Sophie de Montbéliard, fille de Thierry II de Montbéliard.

Amédée agrandit son comté de Montbéliard par l’acquisition de 4 seigneuries : Blamont, Clémont, Héricourt, Chatelot qui seront dénommées les Quatre Terres ou les Quatre seigneuries souveraines:

-La seigneurie de Blamont comprend les seize villages d'Autechaux, Blamont, Bocourt, Bondeval, Dannemarie, Ecurcey, Glay, Hérimoncourt, Meslières, Pierrefontaine-lès-Blamont, Roches-lès-Blamont, Seloncourt, Thulay, Vaudoncourt, Villars-lès-Blamont , ainsi qu' Audincourt et Dasle, mi-partis avec le comté de Montbéliard.

-La seigneurie de Châtelot comprend, outre Saint-Maurice, son chef-lieu, les dix villages suivants : Blussans, Blussanjeaux, Châtelot, Colombier-Châtelot, Colombier-Fontaine, Echelotte et Longevelle ; ainsi que Beutal et Lougres, mi-partis avec le comté de Montbéliard ; et Montenois, mi-parti avec la seigneurie de Granges.

-La seigneurie de Clémont comprend, outre Montécheroux, son chef-lieu, le village de Liebvillers ainsi qu'une partie des villages de Damjoux, Noire-Fontaine, Poset et Villers-sous-Damjoux.

-La seigneurie d'Héricourt comprend, outre Héricourt, les villages de Byans, Brevilliers, Chagey, Chenebier, Echavanne, Luze, Mandrevillars, , Saint-Valbert, Verlans et Vyans-le-Val ; ainsi que les villages d'Aibre, Bussurel,Champey, Coisevaux, Echenans-sous-Mont-Vaudois, Laire et Tremoins, qui étaient mi-partis avec le comté de Montbéliard ; et le village de Tavey, mi-parti avec l’abbé de Lure.

.Richard III de Montfaucon, comte de Montbéliard et seigneur de Montfaucon de 1195 à 1227

Frère du précédent.

Il épouse Agnès de Bourgogne, fille du comte Étienne Ier de Bourgogne.

.Thierry III dit Le Grand Baron, comte de Montbéliard de 1227 à 1283

Fils du précédent. Il épouse Adélaïde de Ferrette, fille de Frédéric II, comte de Ferrette.

En 1273, Thierry est reconnu comme vassal direct de l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg.

.Renaud de Bourgogne ( ? -1330) comte de Montbéliard de 1283 à 1330

Fils d’Hugues III de Chalon, sire de Salins, comte de Bourgogne par son mariage avec Alix de Méranie, fille d’Otton II, duc de Méranie, comte palatin de Bourgogne.

Son frère ainé est Othon IV de Bourgogne. Par son mariage en 1282 avec Guillemette de Neufchâtel, seule héritière des biens de Thierry III, il devient comte de Montbéliard.

Une de ses filles Jeanne épouse Ulrich III, comte de Ferrette, puis au décès de celui-ci Rodolphe de Hesse, margrave de Bade, et en 3e noces, le comte Guillaume de Katzenellenbogen.

En mai 1283, Renaud accorde une charte d'affranchissement à la ville de Montbéliard. Renaud fonde également une administration urbaine qui perdurera jusqu'à la Révolution française. Ce partage du pouvoir entre le seigneur (car souvent absent) et la bourgeoisie constitue un élan vers une conception nouvelle de vie publique. Montbéliard devient ainsi une ville médiévale « moderne ». L'administration de la cité est confiée au Conseil des IX, composé de neuf francs-bourgeois (chacun d'eux est chef d'un des neuf « guets » ou quartiers formant la ville). Ils ont à leur tête deux maîtres-bourgeois et un maire. Ce dernier est le représentant auprès du comte. Tous sont élus annuellement par tirage au sort. L'ensemble forme le « Magistrat », ou Conseil de ville, organe d'administration et de juridiction de celle-ci ; la plupart sont des commerçants, des artisans. Ils se réunissent pour exercer la justice en un tribunal municipal, c’est-à-dire, qu'ils exercent la Basse Justice et jugent les causes ordinaires. Toutefois, le comte souverain reste le suprême arbitre.

Le 1er septembre 1314, Renaud rédige un testament qui prévoit la succession de ses biens au profit de son épouse, mais elle décède quelques années plus tard. En 1321, peu avant sa mort, il modifie son testament ; ses biens iront cette fois au profit de ses enfants. Par ailleurs, Othenin, handicapé mental, est mis sous tutelle en cas d'incapacité de celui-ci à lui succéder. Ce sera Hugues de Bourgogne, le plus jeune frère de Renaud, qui en sera le tuteur et devient pendant 5 ans le régent du comté. Car si cinq ans après le décès de Renaud, Othenin est toujours incapable de gérer les affaires du comté (ce qui fut le cas), alors, le patrimoine sera définitivement partagé entre les enfants, mais le comté de Montbéliard subviendra aux besoins de son fils jusqu'à la fin de ses jours.

.Othenin de Montbéliard (1322-1338) comte de Montbéliard sous la tutelle de son oncle, le comte Hugues de Bourgogne (frère benjamin du comte Renaud de Bourgogne)

Othenin meurt 17 ans après son père.

En 1324, Ulrich X de Wurtemberg, achète les seigneuries de Horbourg et Riquewihr - terres d'Empire- qui appartiennent au comté de Wikisau tenu par deux frères Walter et BurcKaard, neveux d'Ulrich.

.Agnès ( ?-vers 1367) comtesse de Montbéliard de 1330 à vers 1367

Troisième fille de Renaud et mariée à Henri de Montfaucon .

Elle hérite du comté de Montbéliard à la mort de son père. Lors du partage définitif des biens de la Maison de Montbéliard par le traité de Granges de 1332, Jeanne, son ainée reçoit officiellement Belfort, Grandvillars, Héricourt, Rougemont.

C’est le début du démembrement du comté de Montbéliard, car Belfort tombe d'abord dans l'escarcelle des comtes de Ferrette, puis, vers 1360, dans le domaine autrichien des Habsbourg. Le comté de Montbéliard se trouve donc démembré en deux parties.

.Étienne de Montfaucon, comte de Montbéliard de 1367 à 1397

Fils des précédents, époux de Marguerite de Chalon-Arlay, fille de Jean II de Chalon-Arlay, seigneur d'Arlay Il est donc Comte de Montbéliard et Seigneur de Montfaucon.

.Henriette de Montfaucon, comtesse de Montbéliard de 1397 à 1444

Fille d’Henri de Montbéliard (seigneur d'Orbe en Suisse), et de Marie de Châtillon petite fille d’Etienne de Montfaucon.

Son frère Henri meurt en croisade à Nicopolis en 1396. À la mort d'Étienne de Montfaucon, ses enfants ont tous disparu, mais peu avant son décès, il a nommé Henriette, (l'une de ses petites-filles) héritière de ses biens et l’a fiancée à Eberhard IV de Wurtemberg, fils d’Eberhard le Wurtemberg dit le Débonnaire. Le mariage a lieu en 1407. Henriette amène dans la corbeille de mariage :

-Le comté de Montbéliard terre d'empire qui rend hommage à l'Empereur.

-Les seigneuries de Clerval, Passavant et la baronnie de Granges, terres pour lesquelles le comte de Montbéliard est vassal du comte de Bourgogne.

-Porrentruy en Suisse (racheté par l'évêque de Bâle en 1461).

-Les seigneuries d'Etobon (achat de 1358). .

-Les droits de souveraineté sur La Roche Saint-Hyppolyte.

Au décès de son beau-père en 1417, l’empereur Sigismond de Luxembourg confère aux terres d'Eberhardt le Jeune le statut de fief d'Empire. Henriette règne seule à la mort de son époux Eberhard le Jeune en 1419. En 1424, Henriette achète la seigneurie de Bélieu (près de Valentigney). À sa mort, le comté de Montbéliard et les autres possessions de la famille de Montfaucon passent à leur fils Louis de Wurtemberg, et donc dans la Maison de Wurtemberg, créant la branche de Wurtemberg-Montbéliard.

Maison de Wurtemberg

.Louis IV de Wurtemberg, comte de Montbéliard et comte de Wurtemberg de 1444 à 1450

Il épouse Mathilde de Palatinat.

.Louis V de Wurtemberg, comte de Montbéliard et comte de Wurtemberg de 1450 à 1457

Fils des précédents.

.Eberhard V de Wurtemberg dit le Barbu, comte de Montbéliard et comte puis duc de Wurtemberg de 1457 à 1473 puis à nouveau comte de Montbéliard de 1482 à 1496, duc de Wurtemberg de 1495 à 1496

Frère du précédent ; il épouse Barbe de Gonzague, fille du marquis Louis III de Mantoue.

Il est élevé le 21 juillet 1495 à la dignité de duc de Wurtemberg par l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg, et par cette élévation il prend le nom de duc Eberhard Ier de Wurtemberg. Les terres wurtembergeoises situées en Souabe (Allemagne) sont réunies en un duché d'Empire. Le comté de Montbéliard, et le comté de Horbourg et la seigneurie de Riquewihr acquises en 1325 en sont exclus.

.Henri de Wurtemberg, comte de Deux-Ponts / Zweibrücke - Comte de Montbéliard de 1473 à 1482

Fils d’Ulrich V de Wurtemberg et d'Elisabeth de Bavière.

En 1473, son cousin Eberhard V de Wurtemberg lui cède le comté de Montbéliard pour la somme de quarante mille florins. La transaction est entérinée par l'Empereur Frédéric III. Henri de Wurtemberg se rend à Montbéliard avec une escorte de soixante chevaux. Il y fait une entrée solennelle et confirme les Franchises aux bourgeois dans l'église du château. Peu de temps après, au début de l'année 1474, il reçoit Charles le Téméraire à Montbéliard. Le duc de Bourgogne revenait d'Alsace où il avait reçu l'hommage de ses vassaux. Son père le vieil Ulrich V ayant pris part à l’expédition contre le bailli Hagenbach de Charles le Téméraire, ce dernier le fait saisir par ses soldats et emmener au Luxembourg. A sa libération, on constate qu’il a perdu ses esprits. Pris de folie, il est interné et Eberhard V redevient comte de Montbéliard.

.Eberhard VI de Wurtemberg, comte de Montbéliard de 1496 à 1498

Frère du précédent ; il épouse Elisabeth de Hohenzollern, fille d'Albert de Brandebourg.

.Ulrich VI de Wurtemberg, comte de Montbéliard et duc de Wurtemberg de 1503 à 1519 et de 1534 à 1550

Fils d'Henri de Wurtemberg et d'Elisabeth fille du comte Simon de Wecker

En 1504, Ulrich sert l’empereur Maximilien Ier durant la guerre de succession de la Bavière. Depuis longtemps les seigneuries de Châtelot, d'Héricourt, de Blamont et de Clémont avaient fait partie des domaines de la maison de Neuchâtel-Bourgogne. En 1505 avec la mort de Guillaume de Neuchâtel-Bourgogne, dernier mâle de cette maison, les comtes de Fürstenberg et de Werdemberg, qui avaient épousé les filles de Claude de Neuchâtel-Bourgogne, frère ainé de Guillaume, viennent réclamer à main armée les riches seigneuries qui composent la succession en violation des termes du testament de Thiébaud IX de Neuchâtel-Bourgogne. Ce dernier, décédé en 1469, stipulait dans ses dernières volontés que parmi ses sept fils seul les trois qui ne s'étaient pas voués à une carrière ecclésiastique hériteraient de ses biens et après eux leurs descendants mâles, à défaut les mâles de la maison de Cusance et à défaut en dernier choix les descendants, homme ou femme, de la comtesse Henriette d'Orbe. Faute d'héritiers survivants tous les biens furent donc transmis à Jean II de Neuchâtel-Montaigu son frère. Alors que les seigneuries faisaient l'objet de rudes discussions quant à la succession, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire provoqua la guerre contre la maison d'Autriche et les cantons Suisses, les sires de Neuchâtel-Bourgogne furent entrainés dans cette guerre en raison de leur alliance avec le Duché de Bourgogne. En 1475 ils perdirent la seigneurie du Châtelot ainsi qu'Héricourt, L'Isle-sur-le-Doubs, Blamont et Clémont, l'archiduc Sigismond d'Autriche en confia la suzeraineté à Ulrich et Henri de Ramegk mais en 1481 il consentit à la demande des sires de Neuchâtel-Bourgogne et leur rendit les seigneuries. Ulrich de Wurtemberg achète en 1506 les droits des seigneuries de Blamont, d'Héricourt avec Clémont, Châtelot à Guillaume de Furstemberg, un des gendres de Claude de Neuchatel mais seul la cession de Blamont entre alors dans le domaine des Wurtemberg, Guillaume de Furstemberg contestant le reste de la cession et revend en 1525 Châtelot, Héricourt, L'Isle-sur-le-Doubs et Clémont à l'archiduc d'Autriche Ferdinand Ier qui les rétrocède deux ans après à Gabriel de Salamanque, comte d'Ortenbour, grand trésorier de l'archiduc. Quelques temps plus tard ces mêmes terres sont réclamées par les ducs de Wurtemberg en raison des termes du testament cité plus haut, et bien que le comte d'Ortenbourg se réclame de l'appui de Charles Quint les seigneuries sont rendues à Frédéric de Wurtemberg.

Ses relations avec les princes de Souabe sont très tendues. Il est déjà très impopulaire, car il accable ses sujets d'impôts exorbitants pour satisfaire son goût pour le luxe et les plaisirs. En 1515, il fait tuer un chevalier dont la femme est sa maîtresse. Sa femme et plusieurs chevaliers le quittent, il est alors placé par l'empereur Maximilien au ban de l'Empire et ses possessions confisquées. Après le décès de Maximilien en 1519, les princes du Wurtemberg le chassent. Exilé, il part vers la Suisse, l'Allemagne et Montbéliard. Il commet divers brigandages et se met au service de François Ier. Il devient protestant et intervient dans la Révolte des Rustauds, avec comme arrière-pensée la récupération du Wurtemberg. Tout à son projet de reconquérir son duché, Ulrich cède en 1526 à son demi-frère Georges (en tant que gouverneur), le comté de Montbéliard et les seigneuries dépendantes, avec clause de rachat. Ulrich lui reprend ensuite toutes les terres de Montbéliard pour les vendre cette fois à François Ier, roi de France, sous condition de rachat. En 1534, Ulrich vend le comté de Montbéliard à François Ier. L'affaire dure peu ; le temps à Ulrich de lever une armée pour reconquérir son duché de Wurtemberg, et sous la pression de l’empereur Charles Quint, il rachète le comté de Montbéliard à François Ier…Il échoue finalement, les protestants ne l'aidant guère. Il doit repartir en exil. En 1534, grâce à l'affaiblissement de la ligue Souabe et des Habsbourg, et avec l'aide de Philippe Ier de Hesse et de François Ier, il reconquiert le duché, Ferdinand Ier de Habsbourg défendant mollement celui-ci. Il est finalement reconnu duc par Ferdinand mais le duché reste sous la dépendance de la couronne d'Autriche. En 1534 il introduit la Réforme à Wurtemberg et donc, à Montbéliard et prend possession des biens de l'Église. Pour une meilleure administration des biens de l'Église maintenant protestante il réunit ses biens sous une administration séparée de celle du duché. Le Wurtemberg renforce considérablement le poids des princes protestants en Allemagne. Ulrich perd de nouveau sa popularité pour les violences commises. Il rejoint en 1536, la Ligue de Smalkade ce qui ruine le duché. L’empereur Charles Quint le dépossède de plusieurs place forte, reçoit une forte compensation financière, et voit Ulrich s'humilier devant lui en venant en tant que suppliant à Ulm. Mais contrairement au désir de Ferdinand, Charles Quint lui permet de garder son duché.

.Georges Ier de Wurtemberg, comte de Montbéliard et duc de Wurtemberg de 1526 à 1534 puis de 1553 à 1558

Fils d'Henri de Wurtemberg et d'Elisabeth, fille de feu le comte Jean VII de Salm (second mariage) ; il épouse Barbara de Hesse.

En mars 1561 les Comtois envahissent la ville d'Héricourt. Il s'en suit l'occupation militaire de Châtelot et Clémont, au nom de Frédéric Ier (1558-1608) de Wurtemberg enfant mineur par le gouvernement du comté Montbéliard. Les Wurtemberg reprennent Héricourt le 11 juin 1561. Héricourt, Clémont et Châtelot sont intégrés au Comté de Montbéliard.

.Christophe de Wurtemberg, comte de Montbéliard et duc de Wurtemberg de 1553 à 1568

Fils d'Ulrich VI de Wurtemberg et de Sabine de Wittelsbach ; il épouse Anne-Marie de Hohenzollern. Il décède en 1568.

.Frédéric Ier de Wurtemberg, comte de Montbéliard de 1568 à 1597, et duc de Wurtemberg (à partir de 1593) prince de Montbéliard de 1597 à 1608

Fils de Georges Ier de Wurtemberg et de Barbara de Hesse ; il épouse Sybille d'Anhalt.

En 1566, l’empereur Charles Quint partage les possessions des Habsbourg entre son frère Ferdinand qui lui succède comme empereur à la tête des Habsbourg d’Autriche et son fils Philippe le Beau, roi d’Espagne à la tête des futurs Habsbourg d’Espagne qui se voit attribuer en outre en terre d’empire le comté de Bourgogne,. Or auparavant la paix d’Augsbourg du 29 septembre 1555 a suspendu les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques dans l’empire grâce à un compromis qui repose sur un principe fondamental : cujus regio, ejus c'est-à-dire : « tel prince, telle religion ». Les princes et les seigneurs étaient désormais libres de choisir, pour eux, leurs vassaux et leurs sujets, entre les deux confessions chrétiennes. Frédéric est protestant. Outre Montbéliard, Il exerce sa souveraineté sur des possessions de divers statuts relevant soit du comté de Bourgogne (Habsbourg d’Espagne) soit de l’empire. Sous son règne se pose la question de l’appartenance des dites Quatre Terres appelées aussi les Quatre seigneuries souveraines de Châtelot, Blamont, Héricourt et Clémont soit au Comté de Bourgogne, propriété des Habsbourg d’Espagne soit directement à l’empire notamment du fait de la paix d’Augsbourg qui détermine les territoires protestants et ceux restés catholiques. En effet Frédéric veut développer le protestantisme dans tout le comté. Le parlement de Dôle se saisit de cette question dès 1561 et déboute Frédéric de ses prétentions mais le roi Philippe II d’Espagne admet son recours et lui donne raison. Frédéric achète en 1595 la seigneurie de Franquemont (Goumois), terre Franc-Comtoise située sur les deux rives du Doubs, lesquelles sont dominées par le château de Franquemont. La seigneurie comprend alors les rives du Theusseret jusqu’au Moulin du Plain, le vallon, les moulins, les hameaux et villages de Gourgouton, Montbaron, Vautenaivre, Beaujour et Goumois.

En 1597, l’empereur Rodolphe II de Habsbourg érige le comté de Montbéliard en principauté d’empire.

.Jean-Frédéric de Wurtemberg, prince de Montbéliard de 1608 à 1617

Fils des précédents.

Sous son règne le litige relatif à la mouvance des Quatre Terres continue de se poser de sorte qu’un compromis solennel est signé à Bruxelles le 22 septembre 1612 entre les députés des souverains francs-comtois de l’archiduc Albert et l’archiduchesse Isabelle d’Habsbourg (d’Espagne) et du duc Jean-Frédéric chargeant le parlement de Grenoble composé par moitié de protestants et de catholiques pour juger la question. Celui-ci rend sa décision le 15 juillet 1614 reconnaissant la pleine souveraineté de Jean-Frédéric sur les Quatre Terres, donc de leur indépendance du comté de Bourgogne et leur pleine mouvance de celui de la principauté. Puis Frédéric cède le comté à son frère puîné :

.Louis-Frédéric. .Louis-Frédéric de Wurtemberg, duc de Wurtemberg - prince de Montbéliard de 1617 à 1631

Frère du précédent ; il épouse Elisabeth de Hesse, puis Anne de Nassau.

Sous son règne débute la guerre de Trente Ans entre catholiques et catholiques réformés. Une garnison de troupes impériale s’installe à Montbéliard en 1629 qui commet toutes sortes d’excès amenant les députés à implorer finalement la protection de Louis XIII.

.Léopold-Frédéric de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1640 à 1662 Fils du premier lit de Louis-Frédéric ; il épouse Sybille de Wurtemberg.

Les Français s’installent dans Montbéliard en 1633 et n’évacuent la ville, à la satisfaction de la majorité, que 17 ans plus tard en 1650 après les traités de Westphalie ayant mis fin à la guerre.

.George II de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1662 à 1699

Demi-frère de Léopold-Frédéric (2e lit de Louis-Frédéric de Wurtemberg) ; époux d’ Anne de Coligny, fille du comte Gaspard III de Coligny.

Il reçoit l’investiture de l’empereur Léopold de Habsbourg le 1 er aout 1663. Sous son règne en 1676, Louis XIV occupe la principauté qui est démantelée. Par l'article 11 du traité de paix signé à Nimègue, le 17 septembre 1678, l'Espagne cède le comté de Bourgogne, ou Franche-Comté, à la France. Le traité de Nimègue de 1679 entérine l’annexion de fait de la Franche-Comté par Louis XIV et les 4 seigneuries de Blamont, Clémont, Héricourt et Châtelot deviennent ses vassales ; il crée les Chambres de réunion et, commence par réunir à la couronne près de 80 villages dépendant du comté de Montbéliard, situés dans le comté de Bourgogne relevant alors à la couronne d’Espagne et de l’empire. Par un arrêt du 31 août 1680, le parlement de Besançon réunit le comté de Montbéliard à la France en le déclarant « être, mouvoir et dépendre de la souveraineté du comté de Bourgogne », c'est-à-dire « être fief mouvant du comté de Bourgogne », enjoignant au comte-duc Georges de Wurtemberg « d'en rendre les foi et hommage » au roi de France, Louis XIV, « comme comte de Bourgogne », sous peine de commise. Mais se crée en réaction de cette politique de réunion en 1686 la ligue d’Augsbourg contre la France et en 1689 commence la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Par l'article 13 du traité signé le 30 octobre 1697 à Ryswick qui y met fin entre la France et le Saint-Empire romain germanique, Georges II de Wurtemberg est rétabli en la possession du comté de Montbéliard, des fiefs de Clerval et de Passavant ainsi que des seigneuries de Granges, Héricourt, Blamont, Châtelot, Clémont et autres. Mais cet article opère une distinction entre la principauté de Montbéliard, réduite au comté, et les autres possessions wurtembergeoises. Seul le comté est reconnu immédiat du Saint-Empire romain germanique, avec rang de principauté, et la foi et hommage rendu en 1681 est cassée en conséquence. Mais Clerval et Passavant ne sont reconnus que tenus en fiefs — du prince-évêque de Bâle — et les seigneuries comme situées dans le comté de Bourgogne.

La France ne cesse son occupation qu’en 1699.

.Léopold-Eberhard de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1699 à 1723

Fils des précédents ; il épouse Anne-Sabine de Hedwiger puis Elisabeth Charlotte Curie.

.Eberhard-Louis de Wurtemberg, prince de Montbéliard de 1723 à 1733

Il épouse Jeanne-Elisabeth, fille de Frédéric III, margrave de Bade-Durlach mais non pas d'héritiers.

.Charles-Alexandre de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1733 à 1737

Fils de Frédéric-Eugène de Wurtemberg et d'Eléonore de Brandebourg.

Sous son règne, aux termes du traité de Vienne de 1733, la France reconnaît les droits de la Maison de Wurtemberg sur les seigneuries dépendant de la principauté mais ne les respecte pas, Louis XV voulant forcer les Wurtemberg à reconnaître la suzeraineté de la France.

.Charles II Eugène de Wurtemberg (1728-1793), duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1737 à 1793

Fils des précédents ; il épouse Élisabeth de Hohenzollern.

Sous son règne, chaque mois des églises sont prises l’une après l’autre aux protestants et aucune réclamation n’est écoutée. C’est le cas à Vaujeaucourt, Héricourt, Montécheroux, Langres, Chagey, Seloncourt, Boudeval, Longevelie. Finalement, pour mettre un terme à ces exactions, le comte Charles-Eugène signe à Versailles le 10 mai 1748, la convention suivante avec Louis XV : « Le roi de France consent à la levée du séquestre mis de sa part en 1723 sur les Terres d’Héricourt, de Châtelot, de Blamont et de Clémont et sur les seigneuries de Granges, de Clerval et de Passavant situées en Franche-Comté, comme sur celles de Horbourg et de Riquewihr, situées en Alsace, provenant toutes de la succession du prince Léopold-Eberhard, et il accorde au duc de Wurtemberg, comte de Montbéliard, la possession pleine et entière des neuf seigneuries historiques pour les tenir et en jouir avec leurs droits et prérogatives. De son côté le duc de Wurtemberg, pour lui et ses successeurs reconnaît la souveraineté du roi de France, sur toutes les terres et seigneuries ayant appartenu à sa maison, et il s’engage à prêter ou à faire prêter par des officiers dûment autorisés, foi et hommage au roi. Par ailleurs, le roi consent au maintien de la tolérance de la religion protestante dans les Quatre Terres où elle est professée, entendu que tout ce qui serait fait de contraire au principe de cette tolérance serait illicite. » Les Quatre Terres, Héricourt, Châtelot, Blamont et Clémont sont réunies à la France. En cet instant, la Principauté est réduite à peau de chagrin ; elle ne compte plus que 56 localités. Le duc Charles-Eugène de Wurtemberg fait donc prêter à Besançon par un fondé de pouvoir, serment au roi pour les seigneuries situées en Franche-Comté, comme il le fait à Colmar pour les seigneuries d'Horbourg et de Riquewihr situées en Alsace. Désormais, toutes les dépendances et fiefs ayant appartenu à la maison de Wurtemberg sont sans restriction sous l'administration de la France, donc dégagés du Saint-Empire. En compensation, le duc recouvre ses droits et revenus seigneuriaux des terres d’Héricourt, de Châtelot, de Blamont et de Clémont, ainsi que ceux des autres terres mentionnées dans le traité. En vertu du traité de 1748, la France doit aussi lui rendre le château de Blamont ; mais elle le garde entre ses mains parce qu’elle le juge susceptible par sa position, d’être un poste militaire important.

La principauté de Montbéliard est composée, à la veille de la Révolution, de deux parties distinctes: l'une groupée tout entière autour de Montbéliard, l'autre, moins importante, enclavée dans le bailliage de Vesoul et s'étendant de Couthenans à Magny-Danigon. Les droits du duc de Wurtemberg en France sont de natures diverses: les uns se réduisent à des droits seigneuriaux ordinaires sur un certain nombre de villages situés en Alsace, en Franche-Comté, en Bourgogne; les autres sont de souveraineté absolue. La convention du 21 mai 1786 ne laisse, pour ces derniers, aucun doute. L'article x porte: "Le roi cède et abandonne au duc de Wurtemberg la souveraineté, supériorité territoriale, droits et ressorts sur les villages de [suivent les noms], ainsi que les deux maisons appelées les Raillères, près d'Estobon"; et l'article v: "Le roi renouvelle les lettres patentes par lesquelles Sa Majesté a cédé et remis au duc de Wurtemberg tous les droits de souveraineté sur les sujets et les terres de sa province d'Alsace qui étaient enclavés dans les villages et territoires de Nommay, Brognard et Dampierre, outre les bois dépendant du comté de Montbéliard." Ces deux articles sont importants car ils ne laissent d'abord aucun doute sur les droits souverains du duc de Wurtemberg; les seules réserves à ce sujet (art. XXVI) portent que "les troupes de Sa Majesté et les convois militaires jouiront du passage libre"; ils nous montrent des limites frontières à établir, non sur des paroisses, mais sur des maisons, sur des bois imparfaitement décrits; ils apportent, enfin, une preuve aux confusions déjà signalées sur les confins exacts de l'Alsace. Le duc de Wurtemberg confirme dans une lettre adressée au roi, le 5 mai 1790, ses prétentions sur les villages de Valentigney et de Villers-la-Boissière, alors que l'article VIII de la convention de 1786 portait: "Le duc de Wurtemberg cède au roi la souveraineté des villages de... Valentigney et Villers-la-Bodissière. La ville de Maudeure a, de son côté, longtemps été la capitale d’une contrée qui fut intégrée au Comté de Montbéliard mais sur son territoire, la justice appartenait à l'archevêque de Besançon, aux seigneurs Montaignons, au prince de Montbéliard. Par l'article IX de la convention de 1786, le duc de Wurtemberg avait "cédé au roi la souveraineté sur les sujets et les terres qu'il possède à Mandeure"; mais cette cession prête, là encore, à de nombreuses contestations. Mandeure, avec le village de Courcelles qui lui était uni, formait, en réalité, une principauté ecclésiastique dépendant de l'église de Besançon. "Ce petit village, écrit l'abbé Bouchey, traitant la période antérieure à 1790, a ses biens, ses lois, ses usages, sa constitution particulière... c'est une commune unique dans son genre... c'est un petit État qui se gouverne lui-même, sous la haute direction des archevêques, de leurs officiers et de ses curés." La mort de l'archevêque de Besançon, survenue à Soleure, le 19 mars 1792, cause dans la principauté les plus graves embarras. Les officiers de justice se trouvent ipso facto destitués. Dans un discours du curé de Mandeure, annonçant à ses fidèles la mort "de leur très illustre et gracieux souverain", on lit: "La principauté de Mandeure est incontestablement un État étranger." Les événements qui, à Mandeure, suivent cette mort, témoignent de l'ardeur des habitants à défendre leur indépendance Ils nomment eux-mêmes les officiers de justice et se déclarent en république en prenant pour devise: L'aigle ne prend pas les mouches. Ils craignent, en effet, l'annexion à la France. Lorsque l'on reçoit, à Mandeure, l'ordre de donner garnison à un régiment français, les habitants se prétendent étrangers et considèrent cet acte comme une "violation du territoire". La principauté de Mandeure suit ensuite le sort de celle de Montbéliard.

.Frédéric-Eugène (1732-1797) duc de Wurtemberg de 1793 à 1797

Benjamin des fils de Charles –Alexandre de Wurtemberg .

Sous prétexte que le comte Frédéric-Eugène s’est allié aux ennemis de la France, le conventionnel Bernard de Saintes prend possession de Montbéliard le 10 octobre 1793. La réunion définitive à la France a lieu en 1796 lors de la convention de Paris par laquelle Frédéric-Eugène cède tous ses droits à la France. Le comté est successivement rattaché aux départements de la Haute-Saône, du Mont-Terrible et du Haut-Rhin. Ce n’est qu’en 1816 que sont prises les dispositions administratives qui partagent le comté entre les actuels départements du Doubs, de la Haute-Saône et du Haut-Rhin.

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