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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 17:33

 

 

 L’Europe des Nations, sur la base de laquelle tente péniblement de se construire l’Union Européenne, se trouve confrontée à un danger mortel celui de la montée sur son territoire du nationalisme développé par les partis essentiellement d’Extrême Droite qui,  en pratiquant toutes les formes du populisme,  pénètrent des couches de plus en plus larges de la population.

Cela va de la Suède à 8%, à près de 40% en Pologne, Autriche, Hongrie, etc., en passant par une sorte de moyenne autour de 15 à 20%, comme c'est le cas en France, Pays-Bas, Belgique.. Et un tel phénomène touche l’ensemble de l’Europe y compris la Suisse ou dans ce pays une part croissante de la population finit par se convaincre que si elle vit relativement mieux, c’est précisément parce qu’elle ne ferait pas partie de l’Union Européenne à tel point que le parti d’extrême droite en progression l’UDC exige que la Confédération retire définitivement sa demande d’adhésion à l’Union Européenne donnant des idées à la dirigeante du Front National français.

 

Plusieurs causes  expliquent un tel développement : des causes sociales, des causes politiques, et des causes raciales et plus récemment la crise financière née d’un endettement excessif des Etats et des ménages qui met en péril l’Euro.

 

En France, le  Front National  recrute maintenant dans les milieux ouvriers de gauche souvent chez d’anciens adhérents du parti communiste en présentant pas seulement le gouvernement en place mais l’Union Européenne et sa monnaie l’euro, comme  responsable des délocalisations, de l’inflation , des mesures d’austérité , de l’immigration…. en fait de tous les maux.

 

Non seulement la gauche modérée française (le Parti Socialiste dont les dirigeants sont presque tous de hauts bourgeois se drapant dans des postures morales insupportables de « mauvaise foi » en feignant d'ignorer les vrais difficultés du peuple)   s’est révélée incapable de comprendre les classes populaires, les ouvriers et les employés, ne s'occupant en gros que des classes moyennes plutôt aisées et instruites petite-bourgeoises alors que la chute du communisme internationaliste en Europe de l’Est retirait à ces classes populaires l’espoir de voir le parti communiste capable d’imposer à cette gauche modérée la satisfaction de certaines de ses revendications, mais également  l’Union Européenne s’est montré incapable, sauf peut-être  aux yeux du monde des paysans et des agriculteurs, d’apparaitre autrement que comme une organisation bureaucratique, incapable de protéger petits employés et salariés contre toutes les formes d’insécurité. Or depuis 40 ans, y compris dans l’Union Européenne, le chômage s’est maintenu à des niveaux élevés tandis que parallèlement une très forte immigration s’installait dans tous ses Etats membres. Chômage, délocalisations,  libéralisations de pans entiers de l'économie, effondrement du petit commerce de centre-ville, etc, tous ces phénomènes ont engendré une précarisation au sein mêmes des classes moyennes, qui n'ont plus du tout l'assurance de prendre « l'ascenseur  social », et leurs enfants encore moins ; bien au contraire, on commence à assister  à une vraie paupérisation des classes moyennes , avec ce que cela engendre comme difficultés en chaîne : problème de logement, installation dans des quartiers ultra-défavorisés, perte du « statut social » aux yeux des « autres », sentiment de « honte sociale » mais aussi esprit de revanche .

 

En  outre en partie seulement du fait de la crise économique qui perdure, les émigrés  sont de moins en moins admiratifs de la société occidentale qui n’a plus la volonté et la capacité de les assimiler se réfugiant dans le  multiculturalisme qui  s’avère étre un obstacle en définitive à une bonne cohabitation avec les populations installées depuis plusieurs générations.

 

Ainsi dans les pays scandinaves, c'est plutôt la cause raciale qui domine car, après avoir longtemps cru que les nombreux immigrés généreusement accueillis n’allaient l'être qu'à titre provisoire, les Suédois, les Danois, les Norvégiens  se rendent compte que ces populations s'installent pour beaucoup définitivement et que de nouvelles générations nées sur leur sol apparaissent... Aux Pays-Bas, l’extrême droite ( Pim Fortuyn)  se nourrit essentiellement de sa lutte contre l’émigration musulmane et en Allemagne contre les Turcs musulmans.

 

En Europe Centrale et Orientale, les Etats Membres n'ont finalement pour ainsi dire jamais connu la démocratie de type occidental depuis leur naissance comme Etat-nation puisqu'ils ont connu le joug soviétique pendant 45 ans, le joug nazi durant 5 ans, et qu'avant 1939, seuls certains d'entres-eux avait eu le temps d'expérimenter la démocratie entre 1918 et le début des années 30. Ensuite  longtemps soumis par les soviétiques, ces nouveaux états nations ont développé  un sentiment nationaliste très fort qui, après le départ des soviétiques, s'est exacerbé, provocant d'ailleurs le séparatisme slovaque.

La Hongrie qui détient actuellement la Présidence  de l’Union  montre les signes les plus inquiétants d’un nationalisme exacerbé  (parti Jobbik) dont on ne voit pas comment l’Union cherche à le contrer.

Mais l’Autriche ( parti FPO) elle-même qui ne s’est pourtant pas trouvée, depuis l’éclatement de l’empire austro-hongrois, dans la situation de ses voisins connait depuis des années un fort développement de son extrême droite nationaliste.

 

En Italie, la Droite Nationaliste est forte  dans le Nord avec la Ligue du Nord ultra-xénophobe (Ligurie, Vénétie, Piémont et Lombardie) car  l'Italie n'est réunifiée que depuis  1871 et son Nord industrialisé supporte de moins en moins d’avoir à payer pour un Sud encore largement sous-développé. 

 

Pour la Belgique, la raison est très voisine avec la naissance du « Vlamsblok » (Front Flamand) d’extrême droite tourné contre  la Wallonie francophone devenue moins riche et  à l’égard de laquelle  les flamands ne veulent plus étre solidaires. …..

  

Troisième grande raison : Autrefois en Europe, la classe dominante dominait, mais au moins restait au contact du peuple et des classes moyennes.  La religion lui imposait un minimum de morale sociale. Aujourd’hui  même si certains membres de la classe dirigeante sont issus des  classes populaires, elle n’est absolument pas gênée par le fait que l’écart entre le salaire minimum et le  maximum autrefois de l’ordre de 1 à 20 soit passé de 1 à 500 sans que la gauche modérée ne dénonce fortement une telle injustice  quand dans le même temps les classes populaires n’arrivent plus à « joindre les deux bouts ». En outre son impunité en cas de comportements coupables devient insupportable aux yeux d'une fraction grandissante de la population en « déchéance sociale ». 

 

Dernière raison  la crise financière née de l’imitation irréfléchie par l’Europe du modèle libéral anglo-saxon après l’effondrement du socialisme à l’Est du continent rendu totalement incontrôlable depuis l’abolition unilatérale par les Etats Unis d’Amérique du système monétaire de Bretton-Woods le 15 aout 1971 qui a permis un surendettement généralisée à quelques exceptions prés de l’Occident.

 

Ainsi dernièrement en Finlande le dimanche 17 avril 2011, le parti d’Extrême droite  « les Vrais Finlandais » a récolté les voix de  18% des électeurs et son porte-parole s’est empressé de dire que son parti était contre l’aide que l’ Europe allait apporter au Portugal.

 

Or , alors que les gouvernements de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie, de la France  notamment  ont voulu adopter l’euro, ils ont de manière totalement irresponsable, profité de la baisse historique des taux d’intérêts ( devenus des taux allemands) pour  s’endetter et laisser s’endetter les ménages  sans profiter d’un tel atout pour effecteur les réformes intérieures dont ils avaient besoin. La crise financière partie des banques anglo-saxonnes les contraint aujourd’hui de mettre à la  « diète » non seulement les classes moyennes mais également les classes populaires qui,  après l’euphorie de l’adhésion de leur  pays à l’Union et à l’Euro, commencent  à rendre cette adhésion responsable de leurs malheurs ouvrant le renouveau d’un nationalisme dangereux.

 

L’Union Européenne se doit de réagir au plus vite en  montrant qu’elle seule peut garantir dans le cadre de ses frontières la sécurité générale de ses citoyens par une maitrise efficace de l’émigration, la remise en cause de la mondialisation  et le développement d’une politique énergétique et d’approvisionnement en matières premières avec les pays producteurs par le biais d’une augmentation négociée des prix  permettant à ces pays de créer massivement des emplois susceptibles de retenir leur jeunesse sur place.  Elle a déjà trop laissé ses citoyens commencer de penser que seul le repli dans les frontières nationales est la solution à leurs difficultés alors qu’une telle option serait tout simplement suicidaire.

 

Ayons simplement à l’esprit que si le pétrole était plus cher encore, le cout des transports dans  le prix de nombreux produits importés  augmenterait sensiblement  et serait moins intéressant y compris celui de ceux provenant de délocalisations alors qu’un développement massif des transports publics serait de nature dans l’Union à compenser au moins pour le plus grand nombre les couts de déplacement domicile-travail tout en économisant un  pétrole en voie d’épuisement et dont la hausse du prix est inéluctable.

 

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 10:53

 

 

 

 

 

En 52 avant J.C, Cicéron quitte Rome désabusé ; il vient d’achever son « De Republica » dans
lequel il appelle de ses vœux le meilleur des citoyens qui rétablira la prospérité et l’ordre .
Sa conviction est faite, ses illusions sont envolées, la République est morte.

 

Avant il avait dit :

 

" Les finances publiques doivent étre saines, le budget doit étre équilibré, la dette publique doit étre réduite, l’arrogance de l'administration doit étre combattue et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers doit étre diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite  (...)

La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l'aide publique"

 

En 45 avant Jésus Christ, Jules César fait de Caius Octavus, son héritier et l’adopte ayant pu juger de sa valeur lors de la campagne menée en Espagne contre le fils de Pompée. Il veille de près à l’éducation du jeune homme. En 27 avant J.C, le Sénat de Rome réunit entre ses mains les différents « imperium ». Ce sera le premier Empereur romain !

 

L' Europe contaminée par le libéralisme débridé anglo-saxon ne parvient pas à réguler le monde de la finance ; et elle n'y parviendra pas parce le monde anglo-saxon ne veut pas réellement  s'engager dans une telle régulation de sorte qu'au-delà des belles intentions affichées, le président Obama ne dispose réellement d'aucun pouvoir pour imposer de tels réformes.

 

Or les Etats ont du sauver  les banques pour éviter de sombrer avec.

 

Alors que le prix d'un tel sauvetage sera payé par le peuple, les banques anglo-saxonnes et helvétiques se mettent déjà à reverser des bonus de montants  exorbitants atteignant  par exemple 124 milliards de dollars pour les 34 plus grandes banques américaines c'est à dire   le double des bénéfices réalisées en 2009 par les 40  plus  grandes entreprises françaises cotées au CAC 40 , entreprises qui elles-mêmes versent à leurs dirigeants des salaires mirobolants pouvant atteindre jusqu'à 500 fois le SMIG.

 

Du jamais vu historiquement  !  Intolérable !

Et bizarrement on ne voit pas beaucoup la gauche traditionnelle s'en scandaliser ;

 

Seuls quelques petits actionnaires ont commencé à se rebeller comme ceux  de l'Union de Banque Suisse récemment dans un pays qui ne passe pourtant pas comme chef de file de la contestation.

 

 

Or un tel scandale ne concerne pas que quelques petits épargnants indociles qui ont pris le risque d'investir directement dans des entreprises plutôt que d'acheter des sicav ou des fonds de placements voire remplir leur livret d'épargne , ils touchent même pas seulement tous les épargnants qui sont sacrifiés par les Etats qui pour se sauver maintiennent des taux artificiellement très bas ,  ils touchent tout le monde  y  compris le simple salarié car à terme c'est toute l'économie réelle qui se trouve en danger à cause d'un dérèglement du système financier qui gagne de l'argent autrement qu'en finançant l'activité économique  alors que c'est pourtant  la base du capitalisme .

 

Or, ce dérèglement du système financier n’est que la conséquence de la disparition du système monétaire ayant fonctionné jusqu’au  15 aout 1971, et  plus précisément de l’étalon or. Système monétaire dont on attend une réforme maintenant depuis 40 ans .

 

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 11:22

  

Selon l'article 16.9 du traité sur l'Union Européenne  : « La présidence des formations du Conseil est assurée par les représentants des États membres au Conseil selon un système de rotation égale, dans les conditions fixées conformément à l'article 236 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. »

La présidence du Conseil de l'Union européenne, ou couramment présidence de l'Union européenne est une présidence tournante du Conseil de l'Union Européenne (ou Conseil des ministres)  assurée, à tour de rôle par chacun des 27 pays de l’Union européenne, selon un système de rotation prédéfini pour une période de 6 mois. L’ordre de rotation, défini à l’unanimité par le Conseil de l'UE, repose sur le principe d’une alternance entre les « grands » et les « petits » Etats membres. Les changements de présidence ont lieu au 1er janvier et au 1er juillet de chaque année.

Suite à l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne est doublée d'un poste de  président  du Conseil européen pour une durée de deux ans et demi. Cette création  d’un président  du Conseil européen  élu pour une durée  de 5 fois 6 mois était l’une des innovations majeures du projet de Constitution européenne, conservée par le traité « modificatif » de Lisbonne. Ce Traité de Lisbonne prévoit que le président est élu à la majorité qualifiée par le Conseil européen, c'est-à-dire par les chefs d'États et de gouvernement des États membres. Rien n'est dit de la procédure devant intervenir préalablement à cette élection, les États étant laissés maîtres de décider ou d'improviser le moment venu. Ce mode de désignation de ce président, qui fait intervenir les chefs d’État et de gouvernement des États membres, n’est pas sans rappeler ce qui avait cours dans le Saint-Empire romain germanique. En effet dans le Saint-Empire Romain Germanique jusqu'à  1356, l’empereur était en effet élu par un collège d’une centaine des principaux nobles d’Europe Occidentale de l’année 962 à  l’année 1208 ou ils n’étaient plus que 55 et  seulement 4 en 1257 à la fin du règne des grands empereurs alsaciens Hohenstaufen  et début du grand Interrègne qui dura jusqu’en 1273.L’empereur Charles IV du Luxembourg par sa Bulle d’Or de 1356   fixa juridiquement et définitivement la procédure de désignation de l'empereur (en fait « roi des Romains » qui ne prenait théoriquement le titre d'empereur qu'une fois couronné à Rome par le pape). De 1356 jusqu’en 1806 l’'empereur  était élu par les 7 Grands Electeurs , 3 religieux, les princes-archevêques de Mayence, Cologne et Trèves et 4 princes laïcs, le roi de Bohème, le comte Palatin du Rhin, le duc de Saxe et le marquis de Brandebourg auquel s’ajoutera à la suite du traité d’Utrecht en 1713, un huitième, le prince-électeur de

Hanovre . Ces 7 puis 8 dignitaires avaient la responsabilité et le privilège d'élire le nouvel empereur lors d'un vote à la majorité. L'application, en novembre 2009, des modalités de désignation du président permanent du Conseil européen, a permis d'apporter des premières réponses quant à la mise en œuvre technique et les motivations de cette élection sans précédent mais finalement pas si inédite. Par un défaut donc de culture générale, peu de personnes ont observé en effet que l'élection en 2009 du premier Président de l'Union Européenne  ressemblait beaucoup à celle du premier empereur Habsbourg du Saint Empire Romain Germanique, Rodolphe Ier en 1273. En effet après le règne des puissants empereurs Hohenstaufen et notamment du véritable génie que fut Frédéric II de Hohenstaufen, les grands nobles, ducs et princes-évéques de l'empire, préférèrent élire à la dignité impériale un simple comte originaire           d' Alsace, Rodolphe de Habsbourg, du nom d'un château situé dans l'actuel canton d'Argovie en Suisse en pensant ainsi que celui-ci n'aurait guère d'autorité  sur eux.  L'avenir a montré qu'il est devenu l'ancêtre d'une famille qui a fini par détenir pratiquement de manière héréditaire jusqu'à François II,le dernier empereur romain germanique que Napoléon Ier a contraint de renoncer le 8 aout  1806 à la dignité impériale romaine. Les Représentants des Etats de l'Union Européenne auraient d'ailleurs pu marquer  symboliquement sans risque l'événement en se mettant d'accord sur le nom d'un vieux et digne député européen l’Archiduc Otto  (ou Othon) de Habsbourg (Habsburg) descendant  de l'empereur Charles Quint, arrière petit-fils du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, et du Duc François de Lorraine.

Une telle désignation d’un Habsbourg, au-delà de la symbolique très forte que cela aurait représenté, aurait  en tous cas donné avec l’Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine un prestige considérable à cette nouvelle fonction de Président .Les dispositions générales qui encadrent le nouveau statut de Président du Conseil européen apparaissent à l'article 15 du traité sur l'Union européenne. Il préside et anime, dans une recherche de cohésion et de consensus, les travaux du Conseil européen - l'organe intergouvernemental qui définit les orientations générales de l'UE. On voit mal comment ce premier Président de l'Union Européenne peut parvenir à avoir l'autorité nécessaire pour assumer correctement ses fonctions quelles que soient les qualités de Monsieur Hermann von Rompuy alors que l'Archiduc Otto en aurait eu nécessairement plus ne serait-ce que comme autorité morale incontestée d’autant que il se serait trouvé avoir à ses cotés une présidence tournante hongroise. S'il aurait pu étre un  premier Président de l'Union  aux pouvoirs limités, son choix aurait sans doute contraint les européens à réfléchir sérieusement à la question de savoir si l'Europe n'aurait pas besoin d'avoir comme Chef d'Etat un Empereur plutôt qu'un Président  .

 

Ceci étant du 1er janvier au 30 juin 2011, la Hongrie a pris la tête du Conseil de l'Union européenne. Succédant à la Belgique, la Hongrie est le troisième pays de la nouvelle Europe à exercer la présidence tournante, et à ce titre, elle entend mener à bien des actions dans les Balkans. Organisées en trio pour une période de 18 mois, l'Espagne (janvier à juin 2010), la Belgique (juillet à décembre 2010) et la Hongrie (janvier à juin 2011) sont censés travailler ensemble pour assurer la continuité et le bon fonctionnement des nouvelles règles institutionnelles. La présidence hongroise entendait développer en priorité le thème de l'intégration dans sa région, les Balkans, avec l'élargissement, aussi bien de l'Union européenne que de l'espace Schengen. Elle souhaitait aussi promouvoir un partenariat oriental avec  l'Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, l’Ukraine et, sous conditions, la Biélorussie. Un autre sujet qui lui tenait à cœur était celui de la gestion des ressources naturelles, et en particulier de l'eau. Mais la crise économique, dans et hors de la zone euro, ainsi que le délicat dossier de la révision du traité de Lisbonne, l'ont obligée à revoir ses priorités. Elle garde cependant la tâche de mener à bien la signature d'un grand accord énergétique avec la Russie. Enfin, elle souhaitait promouvoir la diversité culturelle et les différentes identités nationales et régionales, mais cette priorité-ci cède elle aussi la place à des sujets plus brûlants.

Si le Président Hermann von Rompuy semble avoir réussi  à s’imposer et à se faire une place au milieu des institutions compliquées de l’Union Européenne  à  tel point qu’on  puisse le comparer sur ce point à l’empereur Rodolphe de Habsbourg, qui, petit comte, avait réussi à s’imposer aux grands ducs de l’empire,  , sa fonction manque encore de visibilité à l’intérieur de l’Union  ou peu de citoyens sont capables de dire qui est le président et ce qu’il fait ; et c’est encore pire aux yeux de l’ Etranger ou  cette Présidence bicéphale stable et tournante  apparait comme une étrangeté peu compréhensible.

Une révision du Traité de Lisbonne s’impose afin de mettre fin à une telle situation incohérente et de renforcer la fonction du Président de l’Union Européenne.

Surtout  l’Allemagne -qui a de bonnes raisons de  penser que peu à peu l’Union Européenne et l’Euro deviennent pour elle un fardeau  plutôt qu’un atout- est en droit de demander que soit remise d’actualité la question de l’adoption d’une Constitution européenne  faisant de l’Union Européenne un Etat Fédéral  ayant à sa tête un  Chef d’Etat représentatif, son Président. Hors un tel état fédéral, il ne saurait en effet  étre exigé davantage de solidarité que maintenant entre les états membres ; surtout avec un tel Etat  ces derniers ne pourraient plus en matière de politique étrangère et de défense, en matière d’immigration et de droit d’asile, de politique énergétique  prendre seuls des décisions qui  font apparaitre à l’extérieur les divisions de l’Union et l’affaiblisse.

Si ce n’est pas l’Allemagne qui en relance l’idée, ce n’est certainement pas le nouveau couple franco-britannique qui le fera, et ce d’autant moins qu’il a fait choix de former avec le Président des  Etats Unis un Triumvirat de direction  d’une OTAN  qui elle-même devient non pas un facteur d’intégration de l’Union  Européenne mais de désintégration de sa PESD  ( Politique Européenne de Sécurité et de Défense)

 

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 12:44

 

 

 

 

Alors que  les Etats Unis, la   France et le Royaume Uni  font dire le droit international à un  Conseil de Sécurité de l’ONU dont un tiers des membres se sont contentés de s’abstenir, non satisfaits de la résolution 1973 qu’ ils ont fait voter sur le fondement de l’obligation de protéger les populations civiles, ils se trouvent contraints par l’incapacité des rebelles libyens à renverser le Colonel-Guide libyen, à dévoiler leur véritable objectif celui de le renverser pour imposer au peuple libyen un autre gouvernement sans certitude qu’il sera plus démocratique que celui en place.

 

 

Dans une espèce de fuite en avant,  faute d’avoir réussi leur coup de poker, le Premier Ministre anglais Cameron et le Président de la République française Sarkosy ont réussi à obtenir le ralliement à leur cause du Président des Etats Unis Obama, prix Nobel de la Paix, lequel avait pourtant  de bonne raison d’hésiter à s’engager dans une nouvelle action armée après les échecs d’Irak et d’Afghanistan.

 

Et cela avec la « caution » des pays membres de l’Otan pourtant extrêmement divisés sur les questions de ses interventions militaires, alors que l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie réitèrent leur opposition contre de telles .

 

Otan, bras armé de l’empire américain dont l’Union Européenne se comporte en simple vassale, faute de se complaire depuis 60 ans maintenant dans un statut de protectorat des Etats Unis d’Amérique.

 

Otan qui tend à devenir le seul bras armé de l’ONU, incapable de faire appliquer ses résolutions par des troupes placées sous son commandement direct comme d’ailleurs l’Union Européenne dont dès le départ l’Etat Major a été évincé au profit de l’OTAN , faute, en supposant que la majorité des 27 ait été d’accord de mettre en œuvre militairement la résolution 1973.

 

Otan qui désormais  a à sa tête un véritable Triumvirat qui  s’estime en droit  de se dispenser d’une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU pour chasser du pouvoir  par la force le Colonel-Guide tout en prétendant devoir s’abstenir de livrer des armes à la rébellion.

 

Gageons que d’ici quelques temps, ou même avant plus ou moins discrètement, si  cette objectif n’est pas atteint afin de ne pas se ridiculiser désormais, ce triumvirat suivra la proposition étonnante de la part d’une Italie de livrer de telles armes ; Italie qui, tant qu’elle  a pu espérer jouer le rôle qui lui a été repris par la Turquie  ( Feuille de route),  s’est montrée extrêmement réticente, bien qu’elle ait obtenu comme elle que le commandement des opérations soit transféré à l’OTAN, à participer aux frappes sur le territoire Libyen, tout comme l’Espagne d’ailleurs qui estime qu’il n’y a pas lieu d’en faire plus .

 

Espérons que l’Union Européenne en tant que telle, véritable gardienne du droit, rappellera à ce  triumvirat que l’Occident ne peut prétendre dire le droit international et l’outrepasser quand cela  sert une politique étrangère et de défense éminemment contestable.

 

En attendant , les citoyens européens devraient au moins se souvenir qu’avant de vouloir renvoyer tous les dictateurs de la planète devant la Cour Pénale Internationale de La Haye, il serait décent que le pays du Président de ce nouveau Triumvirat commence par en faire partie.

Ce qui on le comprendra aisément compte tenu des  risques encourus par certains citoyens américains d’y étre cités à comparaitre, n’est pas prêt d’arriver.

 

En conclusion, un droit international élaboré par quelques pays occidentaux, mis en œuvre militairement par une minorité d’entre eux  et sanctionnés judiciairement par une autre minorité d’entre eux.

 

Plutôt qu’à l’ONU, les citoyens de l’Union Européenne devraient exiger que la résolution  des conflits régionaux soit confiée aux différentes organisations régionales, Union Africaine, Ligue Arabe…… et en ce qui les concerne directement pour tous les membres du Conseil de l’Europe  à l’O.S.C.E  sans les Etats Unis et le Canada réduits au rang d’observateur.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 15:23
 

 

En Turquie la laïcité a été imposée autoritairement  par Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne, donc depuis le "haut. Ce n'est donc pas "une sécularisation de la société par la base" mais une laicité imposée à une religion , l'islam, ne concevant pas la sécularisation, et à une société qui n'avait guére été préparée  à l'exception des classes sociales supérieures largement occidentalisées. Aujourdhui, malgré le développement du capitalisme turc, la moyenne et petite bougeosie qu'il a permis de créer, reste trés conservatrice sur le plan religieux . Les incidents provoqués par le port du voile, de plus en plus visible, présenté par les islamistes comme protégeant de "l'agression culturelle occidentale" ,sont en augmentation constante.

La fonction publique, jadis fief de la laïcité, tend à être progressivement investie par des fonctionnaires issus des facultés de théologie, ou des lycées religieux L’armée joue dans la protection de la laïcité un rôle de premier ordre ; gardienne des traditions kémalistes et donc la protectrice de la laïcité, elle  tend à rester le seul rempart de la laïcité ; armée  qui bien que faisant partie de l’Otan, est opposée malheureusement  par son nationalisme à l’intégration dans l’Union Européenne. Les partis de gauche se veulent pour la majorité également  protecteurs  de la laïcité. En revanche les partis conservateurs de droite et du centre-droit ont récupéré une partie de l’électorat religieux tout en tenant cependant à conserver les références aux grands principes kémalistes, donc la laïcité. Il n’en reste pas moins que malgré cette laïcité proclamée, alors que l’empire Ottoman accordait un statut  de minoritaires aux autres religions du Livre, chrétiens notamment, le gouvernement turc , malgré sa volonté d’intégrer l’Union Européenne et sa qualité de membre du Conseil de l’Europe, a bien du mal à accepter d’accorder un statut égal à la religion chrétienne, notamment aux orthodoxes et aux arméniens -dont le nombre  de ses citoyens s’est certes  réduit considérablement en un demi-siècle-  et même à leur assurer la protection. On assiste en effet depuis quelques années, à une réislamisation progressive également des catégories socioprofessionnelles supérieures et corrélativement à une certaine forme d’impunité contre les atteintes aux droits des  chrétiens.

S’il est évident que la Turquie doit devenir membre de l’Union Européenne, cette dernière  doit  imposer qu’ un état ne puisse  en faire partie non seulement sans avoir ratifié la charte européenne des droits de l’Homme et étre donc membre du Conseil de l’Europe mais également avoir accepté le principe de la laïcité  avec son corollaire la séparation de «  l’Eglise »  et de l’Etat  et  l’égalité de traitement entre les « Eglises » des religions du Livre ( Chrétiens, Juifs et Musulmans) .

Néanmoins le modèle de la  laïcité turc pour autant qu’il soit  sérieusement amélioré au niveau du traitement égalitaire des autres religions du Livre minoritaires devrait étre considéré par l’Union Européenne, dont la Turquie, comme le seul défendable dans les pays du Proche Orient, de l’Egypte, de la Lybie et de l’Afrique du Nord  si ces pays prétendent sincèrement accéder à la démocratie.

Il est exclu que les citoyens européens  acceptent progressivement d’accorder des droits égalitaires  dans l’Union Européenne  aux musulmans par rapport aux chrétiens et aux juifs sans stricte réciprocité vis-à-vis des Chrétiens et des Juifs de la  part de pays qui  demande à l’Union son soutien en invoquant leur aspiration à une pseudo-démocratie  sans laïcité, séparation  des « Eglises » et de l’Etat et traitement égalitaire des religions du Livre.

L’Europe se doit de se montrer intransigeante notamment sur le sort intolérable  des chrétiens orientaux !

En Tunisie, qui était jusqu’à récemment le pays musulmans le plus occidentalisé après la Turquie, l’islam est  religion d’Etat, donc jouit d’un statut privilégié. Mais jusqu’à présent, en pratique, les dirigeants politiques ont toujours fait preuve de modération en matière de religion.  Un débat commence néanmoins à s’instaurer entre les partisans de la laïcité et ceux de l’islam politique ou l’islamisme.  Comme pour la Turquie, et en concevant l’Union pour la Méditerranée comme l’antichambre à plus ou moins long terme de l’Union Européenne, la Tunisie comme tous les  autres pays riverains de l’Est et du Sud de la Méditerranée ne doivent espérer d’aide de l’Union Européenne qu’en contrepartie de l’adoption de constitutions  sur le modèle de l’Etat Turc, lequel , se doit, comme déjà dit, d’améliorer sérieusement le respect de ses principes à l’égard des autres religions du Livre.

En Egypte, il y a tout lieu de craindre désormais une influence prépondérante des  «  Frères Musulmans » qui ne manquera pas rapidement de se faire sentir au détriment, on peut le craindre des Chrétiens Coptes traités comme des citoyens de seconde Zone.

Aucune aide sous quelque forme que ce soit ne doit étre don espérée par les futurs gouvernements de ces pays si leurs futures constitutions intègrent la revendication des islamistes de voir appliquer la charia comme source de la loi.

Le débat entre islamistes et laïques consacre en effet la différence entre deux visions de la société totalement antagonistes. Un état laïc est clairement plus en phase avec les droits de l’homme et les libertés individuelles, contrairement à un état islamiste où la situation des droits de l’Homme pourrait connaitre une régression énorme,  non en raison du coran en soi mais surtout à cause de l’interprétation que l’on fait de ce livre saint.

Or  l’Union Européenne doit légitimement craindre que, comme la Turquie, l’Egypte, la Tunisie et demain la Libye  voire la Syrie ne voient leur société se réislamiser. Car si à l’époque d’Atatürk, l’Occidentalisation apparaissait comme un facteur inévitable de progrès, bon nombre de citoyens de ces pays, tout en rêvant toujours au mirage économique de l’Occident , ont progressivement perdu de vue que la réussite de cet Occident reposait d’abord et avant tout sur les valeurs qu’il a développées au cours des siècles depuis la Renaissance et qui constituent le socle de sa  civilisation laquelle, jusqu’à présent, a permis le mieux à l’individu de se réaliser.

 

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 12:59

 

L’Union Européenne peut se sentir investie de la mission de propager dans le monde entier ses principes en matière de démocratie et des droits de l’homme, elle n’a pas les moyens pour autant de vouloir jouer les gendarmes pour les faire appliquer par la force quand meme les Etats Unis d'Amérique en sont devenus incapables.

 

Toute intervention militaire de sa part dans des états  souverains doit donc s’effectuer dans une stricte neutralité  avec pour seul objectif  la protection et à l’évacuation de ses seuls citoyens sans laisser, très égoïstement malheureusement, aucun espoir aux citoyens des états concernés d’évacuations autres que sanitaires excluant toute perspective d’émigration vers l’Union .  La seule action militaire envisageable pour diminuer l’intensité d’une guerre civile dans un état souverain est l’organisation d’un blocus terrestre, aérien et naval  pour interdire toute livraison d’armes et de munition à un des camps.

 

Les événements de Tunisie comme ceux de Libye et le flot de réfugiés qu’ils engendrent  auraient pu étre évités dans le premier cas, et ne pas étre provoqués  indirectement dans le deuxième si depuis des années, l’Union Européenne avait davantage pris conscience de la véritable bombe à retardement que constitue le problème de jeunes qui n’ont aucune perspective d’avenir dans leurs pays d’Afrique du Nord et si elle  avait sérieusement recherché avec les gouvernements  de ces pays comment  éviter que toute sa jeunesse rêve d’émigrer dans l’Union .

 

Plus que le slogan du manque certain de démocratie mis en avant par cette jeunesse, peut-être manipulée inconsciemment par des mouvements islamistes qui avancent cachés, c’est très certainement l’absence de toutes perspectives d’avenir qui la pousse dans la rue de même qu’elle pousse à se comporter de plus en plus violemment la jeunesse immigrée des pays européens et sans doute peut-être également demain toute la jeunesse de l’ Union qui se révoltera contre sa dépendance forcée à l’égard de leurs parents faute d’emplois ou d’emplois suffisamment rémunérateurs.

 

Depuis des années, l’Union Européenne est confrontée via l’Espagne, la  France, l’Italie , Malte et la Grèce à une vague d’émigration essentiellement économique faute de développement satisfaisant notamment en Afrique du  Nord ou aun Proche Orient.

 

Alors qu’il est évident que compte tenu du vieillissement de sa population , l’Union aura de plus en plus besoin d’une émigration choisie, elle subit avec des moyens ridicules pour essayer de la freiner, une  invasion d’émigrants qu’elle ne peut assimiler suscitant chez les citoyens européens un sentiment croissant de crainte exploité par les nationalistes de tout poil.

 

Quelle que soit la « démocratisation » des régimes en Afrique du Nord, elle ne suffira pas à régler le problème urgent  d’absence d’ « émergence » économique de l’Afrique du Nord suffisamment créatrice d’emplois pour les jeunes.

 

Il est donc intellectuellement  irresponsable de la part de certains états de l’Union Européenne d’appuyer militairement l’instauration de gouvernements qui se revendiquent des idées démocratiques alors qu’ils sont parfaitement incapables de satisfaire actuellement rapidement les revendications économiques légitimes de leur jeunesse et  l’espoir qu’elle place dans sa révolte car très vite ces nouveaux gouvernants devront la  réprimer dans des conditions plus dures que ceux qu’elle aura réussi à chasser .

 

Or si l’Union pour la Méditerranée était intéressante , c’était pour la mise en place par l’Union Européenne dans toute l’Afrique du Nord d’un véritable  « plan Marshall » chiffré aujourd’hui à 100 Milliards  par l’ancien Premier Ministre britannique Gordon Brown, somme dont on voit mal comment l’Europe pourrait aujourdhui la trouver quand maintenant elle doit renflouer un nombre croissant de ses membres.

 

Faute de pouvoir retenir économiquement la jeunesse d’Afrique du Nord dans ses pays, l’Union Européenne se trouve contrainte dans l’immédiat, avec des moyens totalement inadaptés à une telle solution de crise,  à devoir interdire l’accès de son territoire par des moyens plus seulement policiers mais demain militaires.

 

Sans compter que la  gestion de cette crise crée une nouvelle source de tension entre les pays membres de l’espace Schengen dont la Suisse qui menace de se retirer de l’accord sous la pression du parti UDC .

 

L’Agence  FRONTEX  censée coordonner la coopération opérationnelle entre les États membres en matière de gestion des frontières extérieures, de  les assister pour la formation des garde-frontières nationaux destinés à  assurer un contrôle renforcé aux frontières extérieures et de fournir les moyens de reconduite des émigrés dans leur pays est incapable de remplir correctement cette mission. L'agence possède des policiers et autre agents armés chargés d’intervenir rapidement à la demande d’un Etat membre pour gérer un problème migratoire. Ils gardent leurs uniformes nationaux mais ont un brassard de l’UE et sont placés sous le commandement de l’Etat demandeur. Ce n’est donc pas une police européenne des frontières

 

En franchissant les frontières de l’Europe, les immigrants espèrent pouvoir circuler librement sur le continent. Vu que la question migratoire s’impose désormais à tous, le bon sens imposerait donc que l’on mette en place une gestion commune des frontières ce qui n’est pas le cas.


La crise de Lampedusa  donne un bel exemple de
la désunion européenne. L’Italie  accuse Bruxelles de ne pas lui apporter d’aide , les autres états de manquer de solidarité.
Dans cette crise, Frontex déploie des experts issus de différents pays européens (France, Portugal, Danemark…Suisse)  venus prêter main forte à l’Italie qui dirige la mission.  Ces experts sont notamment chargés de
l’accueil et de l’interrogatoire des migrants. Ce ne sont pas seulement des policiers mais aussi spécialistes  du droit d’asile.

Une mise à disposition de moyens aériens en vue de la surveillance des frontières est également prévue. Mais Frontex apparaît néammoins comme le symbole d’une Europe dépassée par la mondialisation des échanges, peinant à s'imposer comme outil commun de régulation et restant suspendue au bon vouloir des Etats membres qui mettent à disposition troupes et matériel. En matière de migrations, c'est donc le règne le chacun pour soi.

 

Lorsqu’un afflux massif probable de réfugiés de Libye voudra débarquer en Italie ou en Grèce et que les autres pays d’Europe devront admettre que l’Espagne, la France, l’Italie, Malte, la Grèce ou Chypre ne peuvent les conserver tous sur leur sol, l’Union Européenne se trouvera une nouvelle fois fortement divisée.

 

Créer une véritable police aux frontières européenne empiète certes sur la souveraineté des Etats mais, sans instruments politiques adéquats, la mise en place de frontière commune est ingérable. Tout le dilemme de la construction européenne est là. On a voulu inscrire l’Europe dans la mondialisation, abolir les frontières, sans voir que la mondialisation doit aussi être régulée pour être viable, que l’on parle d’économie ou de migrations. Mais il n'y a pas que l'aspect répressif qui compte. En matière d’asile par exemple, elles imposent que le migrant fasse sa demande uniquement dans le pays où il est arrivé en premier . Si un autre Etat l’arrête, il est alors renvoyé dans le pays d’entrée. Cette règle a un effet pervers car  faire porter une large part des politiques migratoires sur les pays ayant une frontière exposée n’est pas acceptable.

 

Or si un accord peut étre passé avec les nouveaux gouvernants de Tunisie, celui passé en 2008 entre l’Italie et la Libye du Colonel Kadhafi apparaissait assez efficace, a été mis à néant par la politique de la France et du Royaume Uni sans se soucier de savoir comment les pays exposés pourraient gérer l’afflux prévisible de réfugiés de  Libye quelle que fut l’issue de la crise.  

 

Pourtant le premier Ministre français affirme que la solution face aux crises migratoires doit étre une réponse collective, une réponse européenne. Pour la première fois néanmoins depuis la signature du premier accord de Schengen en juin 1985, la France menace d’activer la mesure exceptionnelle de sa suspension et de fermer ses frontières nationales aux migrants provenant de pays tiers .Cet accord permet la libre circulation dans les pays de l’UE y compris pour les résidents immigrés. Ce principe de liberté de circulation est également applicable, sauf exception, aux touristes munis d’un visa Schengen.

En annonçant que l’Italie allait délivrer des permis de séjour temporaire de trois mois aux arrivants, le ministre de l’Intérieur italien, ne fait qu’appliquer une disposition du droit d’asile. Munis de ce fameux permis de séjour, les réfugiés ont la possibilité de se déplacer dans l’espace européen. Certains d’entre eux ont fait savoir leur intention de se rendre en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Seule, la France  a réagi, immédiatement, en menaçant de fermer ses frontières avec l’Italie. 

Si l’accord de Schengen offre, en effet, la possibilité d’un Etat membre de l’UE de fermer « temporairement » sa frontière , il conditionne cette possibilité par le « risque d’une menace sécuritaire » susceptible de porter atteinte à l’ordre public ou de mettre en danger les intérêts supérieurs et stratégique dudit Etat.. Des pays comme la Tunisie et l’Egypte qui vivent des situations difficiles et « exceptionnelles » déploient leurs maigres moyens pour accueillir, protéger, nourrir et soigner des « centaines de milliers » de réfugiés libyens. La Commissaire aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, a déclaré que  cette  décision française de fermer ses frontières avec l’Italie serait illégale » car une telle décision doit être motivée par une menace sur le pays. Et ce n’est pas le cas.

 

En conclusion, l’Union Européenne doit tout d’abord poser des principes claires en matière de politique étrangère et de défense ; ensuite une politique unique en matière d’émigration et de droit d’asile doit étre élaborée et ne doit plus relever de la souveraineté des Etats mais de l’Union qui seule doit appliquer cette politique avec un corps de gardes frontières européens disposant  non seulement de moyens  terrestres mais également d’avions patrouilleurs, de navires gardes cotes mais aussi de  capacités aériennes et maritimes pour le rapatriement des émigrés dans les meilleurs délais de manière, à contrôler le mieux possible et à répartir équitablement la charge de l’émigration subie entre les états membres  tant que le flot d’émigrés ne cessera pas d’augmenter depuis l’Afrique du Nord  en l’absence de traités avec ces pays leur permettant de leur fournir des moyens conséquents de contrôle de l’émigration transitant par eux et  de développer massivement l’emploi pour leur jeunesse.

 

 

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 12:04

 

  

Alors que comme la France et le Royaume Uni auraient du raisonnablement s’y attendre, le colonel-guide est toujours là , ses troupes font plus que résister alors que les rebelles sont obligés d’appeler au secours l’OTAN pour maintenir leurs positions .

 

Dans le même temps, comme il fallait également s’y attendre, les tensions deviennent croissantes  aux sujets des réfugiés tunisiens entre deux membres de l’Union Européenne, la France et l’Italie ; et elles ne vont faire que s’accroitre avec l’arrivée des  500 premiers réfugiés libyens en Italie alors que celle-ci va avoir  beau jeu d’y voir le résultat de la politique de la France. Or si on peut concevoir que des patrouilles maritimes mixtes franco-italiennes vont freiner, en accord avec les autorités tunisiennes, de nouvelles arrivées de Tunisiens en Italie, on voit mal comment sur le plan humanitaire, il va pouvoir en étre de même avec les réfugiés libyens. Or l’Allemagne a commencé d’exprimer sa voix sur ce sujet à l’égard de l’Italie pour calmer ses menaces de laisser transiter ces réfugiés à travers l’Italie non seulement en direction de la France mais également de l’Autriche.

 

Comme certains généraux américains l’admettent, les rebelles libyens ne semblent pas prêts de marcher sur Tripoli de sorte qu’il y a fort à parier  que la ligne de front va se stabiliser ébauchant une future partition de fait de la Libye entre Tripolitaine et Fezzan d’une part, Cyrénaïque de l’autre.

 

Dans ces conditions l’OTAN, l’Union Européenne, n’en déplaise au gouvernement français a fini par admettre que la solution ne serait pas militaire mais politique. En effet aujourd’hui une « solution » militaire ferait plus de victimes parmi les civils que parmi les combattants des deux camps alors que le fondement prétendu de la résolution 1973 de l’ONU est la protection des civils quel que soit le camp auquel ils appartiennent.

 

Dans ces conditions la « Feuille de route » de la Turquie, membre de l’OTAN qui depuis le début des opérations a fait preuve de ses réticences apparait bien venue.

 

 Il faut en effet dans les meilleurs délais, comme elle le propose :

 

1.     un cessez le feu

2.     la création d’espaces humanitaires 

3.     l’engagement d’un processus démocratique prévoyant dans un délai raisonnable des élections libres

 

et ce, sans l’exigence préalable du départ du Colonel-Guide qui apparait irréaliste.

 

Comme on peut raisonnablement penser que l’Organisation des Etats Africains, déjà suffisamment empêtrée avec l’affaire  de Cote d’Ivoire, acceptera la proposition turque et qu’il n’est pas exclu que la Ligue Arabe l’accepte aussi , on voit mal comment l’Union Européenne ne pourra pas, divisée comme elle l’est, ne s’y ralliera pas majoritairement nonobstant l’opposition résolue du Royaume Unie et surtout de la France qui ne pourront pas encore longtemps continuer de prétendre qu’ils ont raison contre la majorité des autres.

 

Et la France ferait bien d’admette que c’est le seul moyen d’éviter un afflux de réfugiés Libyens  qu’elle peut penser avoir pour le moment évité en empêchant l’encerclement de Benghazi.

 

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 12:25

 

Le 15 aout 1971, le Président Nixon mettait fin à la convertibilité du dollar en or. Depuis le modèle de développement anglo-saxon s’est imposé au monde occidental. Depuis maintenant 40 ans, ce monde n’a cessé de s’endetter.

A partir des années 1980, le taux d'endettement a très fortement augmenté dans presque tous les pays développés. En 25 ans, dans la zone euro, il est ainsi passé approximativement de 35 % à 70 % du PIB et de 20 à 80 % en France (entre 1992 et 1997 soit en 5 ans seulement le taux d'endettement a augmenté de près de 25 points du PIB). Dans le même temps, la croissance a continué à décroitre, alors que les taux d'intérêt ont fortement augmenté. L'écart entre taux d'intérêt et taux de croissance est devenu nettement positif. Les États auraient dû alors dégager de forts excédents primaires pour maintenir leur taux d'endettement. Ils ne l'ont pas fait, par démagogie, notamment parce qu'en raison de la baisse de la croissance, ils ont utilisé les dépenses publiques pour mener des politiques de relance inefficaces.

Aujourdhui sur 50  Etats des Etats Unis,  44 sont en quasi faillite et l’Etat Fédéral menacé de paralysie budgétaire. La Californie, présentée comme la 7° économie mondiale, se trouve dans une situation  financière critique avec un endettement  énorme et  estime encore à 25 milliards de dollars son déficit pour 2012. A chaque seconde qui passe, la dette de l’Etat Fédéral  américain augmente ; elle atteint ce jour environ 15 000 milliards de dollars soit plus de 100 %  du PIB  de sorte que les Etats Unis sont insolvables alors qu’aujourd’hui  personne ne sait si le Congrès va voter le budget risquant de mettre au chômage 800 000 employés fédéraux.

 

Sur  27 états, L’Union Européenne n’est guère mieux lotie avec la Grèce, l’Irlande, le Portugal  en faillite et l’Espagne, l’Italie, la France, la Grande Bretagne en quasi-faillite avant que la liste ne s’allonge encore. Rappelons que la Grande Bretagne met en œuvre un plan de licenciement de 500 000 fonctionnaires.

 

Et pour espérer se sortir de cette faillite généralisée, les anglo-saxons et les états en difficulté de la zone euro  sont contraints  d’emprunter massivement  des dollars, des livres sterlings et  des euros émis par leurs banques centrales qui se trouvent contraintes de faire marcher la planche à billets surtout les anglo-saxonnes.

 

Mais si la BCE  a pour seul mandat de protéger la valeur de l’euro, tel n’est pas le cas de la Réserve Fédérale américaine ni de la Banque d’Angleterre qui n’auront que comme solution finale de rembourser leurs dettes en «  monnaie de singe »  c'est-à-dire dévaluée par une inflation qu’elles laisseront filer de telle sorte que malgré l’action de la BCE qui ne pourra pas relever autant qu’elle le voudra ses taux en raison d’un risque de ralentissement d’une croissance insuffisante ralentie par la  hausse de l’euro par rapport au dollar ,l’inflation va continuer d’augmenter.

 

Et comme la réforme du système monétaire international qui aurait du étre entreprise depuis 40 ans n’aura pas progressé, le risque devient très grand d’une fuite généralisée devant la monnaie sauf aux banques centrales à racheter massivement l’or qu’elles auraient du avoir la sagesse d’acheter progressivement. Et pour éviter que le cours de l’or ne s’envole et rende leurs achats couteux, il ne serait pas surprenant que dans nos pays soi-disant démocratiques, sous-couvert d’intérêt général, nos dirigeants qui ont eu un comportement démagogique irresponsable depuis 40 ans, n’hésitent à empêcher l’achat d’or par leurs citoyens paniqués et à en taxer fortement la revente et la détention.

 

Citoyens épargnants , fourmis de notre planète, demain il sera peut-être trop tard  car avant la fin de l’ année le cours de l’or   qui était de 34 dollars l’once  le 15 aout 1971  aura très certainement dépassé  les 150 dollars soit une multiplication par 5 en 40 ans.

 

Encore que si  les Banques Centrales devaient se trouver contraintes de revenir à l’étalon or, une multiplication encore par 4 du cours de l’or soit à 600 dollars  permettrait de couvrir  les billets en circulation des monnaies actuellement convertibles.

 

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 11:51

« Les nations ont été construites autrement que ne le racontent leurs histoires officielles. Leurs origines ne se perdent pas dans la nuit des temps, dans ces âges obscurs et héroïques que décrivent les premiers chapitres des histoires nationales. La lente constitution des territoires au hasard des conquêtes et alliances n’est pas non plus la genèse des nations : elle n’est que l’histoire tumultueuse de principautés et de royaumes.
La véritable naissance des nations, c’est le moment ou une poignée d’individus déclare qu’elle existe et entreprenne de le prouver. Les premiers exemples ne sont pas antérieurs au XVIIIième siècle …la nation naît d’un postulat et d’une invention. Mais elle ne vit que par l’adhésion collective à cette fiction »

 ( La création des identités nationales d’A-M Thiesse).

 

 
« Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement les remplacera »

( 1882,  E. Renan )

 

 

Force est de constater que le principe des nationalités ne s’est développé en Europe et en Amérique qu’au début du  XIX° en entrainant la dislocation des empires et que seulement deux siècles plus tard  l’Etat national européen a  perdu déjà  de son utilité et va  se déliter progressivement dans de grands ensembles que l’on peut qualifier d’empires alors que le processus national vient seulement de s’achever en Europe avec l’éclatement de la Yougoslavie et de l’Union Soviétique.

 

Force est également de constater que cette phase récente et courte de l’histoire de l’Europe  et de l’Amérique n’a  pas encore eu lieu  dans une partie  de l’Asie et en Afrique.

 

Ainsi l’on peut affirmer qu’il n’y a pas de nation Afghane, pas plus que  nation Cote d’Ivoirienne, Irakienne, Libyenne, Soudanaise, Kosovare……etc

 

Or de manière parfaitement inconsidérée, l’Europe a ouvert la boite de Pandore en admettant  l’indépendance du Kosovo alors qu’en patientant un peu le problème aurait pu étre simplement résolu par l’intégration des Etats de l’ex-Yougoslavie dans l’Union Européenne de  même qu’en cas d’éclatement d’Etats de l’Union, les nouveaux états nés d’un tel éclatement resteront membres de celle-ci.

 

En effet avec le précédent du Kosovo, l’ONU a implicitement  abandonné  le principe sacro-saint pour l’Afrique de l’intangibilité des frontières nées de la colonisation européenne.

 

Ainsi l’ONU a fini  par admettre la partition du Soudan. Demain elle se verra contrainte d’admettre celle de la Cote d’Ivoire, de la Libye, du Nigéria, du  Congo   …….de même que de l’Afghanistan , de l’Irak et même du Pakistan  et plus généralement de tous les états du monde ou le système tribal  a conservé son importance ou certains peuples minoritaires n’acceptent pas leur intégration à un peuple majoritaire  c'est-à-dire globalement d’Etats que l’on ne peut qualifier de Nationaux.

 

Et avant cela ces Etats seront la proie de guerres civiles incessantes dans lesquelles il sera parfaitement inutile que l’Occident intervienne pour essayer de maintenir militairement leur unité car ils sont  naturellement voués à l’éclatement voire même un tel éclatement est souvent encouragé inconsciemment par lui par l’apport d’un soutien partial  à  l’une des fractions de leur population.

 

Après le Kosovo, l’Irak, l’Occident en  Libye, en Cote d’Ivoire, risque fort de se rendre compte un peu tard que sous couvert de soutenir la démocratie, il  a favorisé en fait la partition future d’états qu’il avait crées tout à fait artificiellement sans se soucier aucunement  de la volonté des peuples.

 

Or si en Europe, notamment après les guerres napoléoniennes avec le Congrès de Vienne,  ou après la deuxième guerre mondiale  avec le traité de Versailles, des rattachements à certains états ont été imposés à certains peuples, la partition éventuelle de tels états pourra désormais se faire sans guerres civiles car les états nés de cette partition resteront intégrés à  l’Union Européenne, futur Etat Fédéral  ( un peu comme le processus de création du canton du Jura au sein de la Confédération Helvétique), en revanche, un tel processus est exclu  dans l’immédiat au Proche Orient ou en Afrique de telle sorte que plutôt que de chercher  à appuyer, sous couvert de défense des droits de l’homme, telle ou telle faction, l’ONU ferait mieux d’organiser  pour tous ces états un  processus  d’éclatement pour permettre aux peuples qui ne veulent pas cohabiter pacifiquement de s’ériger en états nationaux  tout en prévoyant progressivement la création de  structure régionale  de type confédéral pour les amener à conserver entre eux un minimum de coopération.

 

L’ONU ne doit absolument pas compter disposer encore longtemps du bras armé de l’OTAN pour effectuer des opérations militaires dans le monde qui ne pourront que se multiplier  et feront de l’OTAN  sur le plan militaire l’équivalent , il n’y a pas si longtemps, du FMI sur le plan économique  c'est-à-dire un instrument haï des Occidentaux. D’autant moins que ce rôle de bras armé de l’OTAN divisera de plus en plus l’Union Européenne.

 

Le temps de l’ingérence est fini ! Celui des Philosophes de salon aussi !  Il faut revenir rapidement à la  «  Real  Politik » si l’on veut éviter avec la crise économique mondiale, qui ne va pas s’arrêter, l’embrasement généralisé du monde y compris occidental  notamment par la mise à mal des sources d’approvisionnement  des Etats.

 

L’ONU  doit donc réunir au plus vite un deuxième Congrès de Vienne !

 

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 18:49

 

Texte de Dmitry Babitch publié sur Ria-Novosti

« L’homme qui pratiquement à lui seul a réussi à convaincre le président français Nicolas Sarkozy de reconnaître le gouvernement "alternatif" de la Libye, exhortait à la fin des années 1990 l’Occident à reconnaître le "président" tchétchène Aslan Maskhadov et son "premier ministre" Chamil Bassaïev. Après les événements de Tskhinvali (conflit russo-géorgien d'août 2008, ndlr), il qualifiait également Mikhaïl Saakachvili d'"homme le plus hostile à la guerre" qu’on puisse jamais rencontrer. Tous ces faits invitent à se poser la question suivante: sur quelles informations et en provenance de quelles sources l’opération militaire internationale en Libye se base-t-elle?

Le nom de cet homme, de l’informateur de Sarkozy, est Bernard-Henri Lévy, BHL pour les intimes. Il signe ses articles, comme son ami et collègue André Glucksmann, "Bernard-Henri Lévy, le philosophe."

BHL est millionnaire, et il a accordé un entretien aux journalistes du magazine allemand Spiegel dans sa résidence permanente de l’hôtel parisien Raphaël en présence d’un valet. Ses jugements sont comme toujours péremptoires et sans appel: "Vous avez un mauvais ministre des affaires étrangères et il vous faut s’en débarrasser... Et l'Allemagne aura beaucoup de mal à satisfaire son ambition légitime d'avoir un siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU".

On pourrait croire entendre le seigneur de l’Univers, et non pas un modeste "activiste de la diplomatie populaire qui n’a aucun pouvoir, à l’exception de celui que lui donne la conscience" (c’est ainsi que BHL s’est modestement décrit lors d’une conférence en ligne avec les lecteurs du quotidien Le Monde). Mais le problème est précisément dû au fait que l’influence de BHL sur la politique mondiale au cours des dernières semaines a été plus importante que celle des 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne réunis.

En se rendant début mars à Benghazi, Lévy appelle Sarkozy et propose au président de la république de rencontrer personnellement les dirigeants du Conseil national de transition (CNT) qui luttent contre Kadhafi. Sarkozy donne immédiatement le feu vert à la visite de ces messieurs accompagnés par Lévy à Paris, sans même prendre la peine de prévenir son propre ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. Le 10 mars, Sarkozy annonce personnellement la reconnaissance du CNT par la France en tant que gouvernement légitime de la Libye. Juppé a été pris au dépourvu par cette décision.

"C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'une décision majeure de politique étrangère est annoncée par... des personnalités étrangères !", s'étrangle  dans Le Monde un diplomate français qui a souhaité garder l’anonymat.

Le fait est que les diplomates français sont arrivés en Libye quelques jours après Lévy. Et les Libyens ont expliqué aux diplomates qu’une personnalité bien plus importante qu’eux, "l’homme du président", était déjà venu et qu’il avait accompagné les dirigeants des rebelles à Paris. "Tu mesures ce qui arrive,  c'est un acte politique majeur ? ", lui demande Bernard-Henri Lévy. Ces phrases de Lévy ont accompagné la discussion avec Sarkozy et ont beaucoup impressionné les Libyens. Seul un philosophe du calibre de Lévy ou de Glucksmann peut se permettre de tutoyer le président français.

"J’ai seulement proposé au président d’accueillir les représentants de la Libye libre", dit modestement Lévy aujourd’hui, depuis que sa "proposition" a provoqué un nouveau cycle de guerre civile en Libye avec l’implication des puissances européennes. Rappelons que de la même manière en 1999, après l’attaque contre le Daguestan par Chamil Bassaïev, Lévy avait recommandé à l’Occident de reconnaître l’autorité de Maskhadov en Tchétchénie.

Le reconnaître afin de contrarier le régime russe "stalino-hitlérien" (sa propre expression!). Il ne reste plus qu’à regretter qu’à l’époque les Français n’aient pas apprécié à sa juste valeur la proposition de Lévy et ne l’aient pas envoyé de l'hôtel Raphaël dans un établissement plus adapté pour des auteurs d'idées de ce genre. Probablement, Alain Juppé, qui a rencontré le philosophe hyperactif pendant son premier mandat à la tête du ministère des Affaires étrangères en 1993-1995, aurait même accepté de l’accompagner. A l’époque, après s’être rendu à Sarajevo, Lévy exigeait des pays de l’OTAN qu'ils bombardent sans attendre les positions serbes en sabotant ainsi les actions des diplomates français et allemands, qualifiées à l’époque de "plan Kinkel-Juppé", qui cherchaient un règlement politique du conflit.

En regardant les images de l’opposition libyenne à la télévision et en voyant ces "cavaliers" du XXIe siècle avec des mitrailleuses sur des pick-up japonais, d’autres protégés de Lévy viennent à l’esprit. Les combattants tchétchènes, les moujahids afghans (la mention du nom de Massoud dans l’appel téléphonique de Benghazi n’est pas un hasard), les miliciens bosniaques d’Alija Izetbegovic. Et le tout dernier: Mikhaïl Saakachvili. Voici ce qu’a écrit Lévy à son sujet le 20 août 2008 dans Le Monde: "Il est francophile et francophone. Féru de philosophie. Démocrate. Européen. Libéral au double sens, américain et européen, du mot. De tous les grands résistants que j'aurai rencontrés dans ma vie, de tous les Massoud ou Izetbegovic dont il m'a été donné de prendre la défense, il est le plus évidemment étranger à l'univers de la guerre, à ses rites, ses emblèmes, sa culture - mais il fait face."

Personnellement, les emblèmes de la guerre sont probablement étrangers à BHL, mais il ne dédaigne pas de déclencher des guerres. L’algorithme est toujours le même: il faut d’abord trouver un conflit, suivi de "l’hystérie pour la défense des droits de l’homme", puis un règlement militaire (et seulement militaire, jusqu’à l’anéantissement total de l’ennemi!).

"Allez fouiller dans mon inconscient!", a lancé avec mépris Lévy aux lecteurs du Monde, lorsqu’ils ont osé supposer que l’amour pour les combattants était proche des complexes étudiés par Freud. Ou peut-être les Etats-Unis, l’Union européenne et surtout la France devraient fouiller dans leur propre subconscient: pourquoi de telles personnes forgent-elle l’opinion publique et sont-elles considérées comme la "conscience de l’Europe"? Et cela vaut-il la peine de les écouter? Ainsi que les interlocuteurs recommandés par messieurs Lévy et Glucksmann en Russie, au Kosovo, en Libye… »

 

 

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