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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 15:08

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MAISON DE NASSAU  /  HAUS  VON NASSAU

 

.ADOLPHE  DE NASSAU  /   ADOLF  VON  NASSAU  (1255-1298), empereur /kaiser de 1292 à 1298

A la mort de Rodolphe, Adolphe de Nassau, petit prince, est élu roi des romains le 5 mai 1292 avec le soutien de Venceslas II, roi de Bohême et l’archevêque de Mayence pour empêcher Albert, le fils de Rodolphe, d'accéder à l'Empire.

Les électeurs, qui ne veulent pas d'un maître trop puissant, ont cru qu'Adolphe de Nassau, présenté par l'archevêque de Cologne, serait un homme tout dévoué à leur cause.

Craignant de rendre héréditaire l’empire, et ne pouvant s’accorder dans leur choix, ils font un second compromis, dont on avait vu l’exemple à la nomination de Rodolphe, par le même principe qu’on avait choisi son prédécesseur. Adolphe est  le plus illustre guerrier de ces temps-là, et le plus pauvre. 

Il est couronné à Aix la Chapelle le 24 juin 1292.

Comme il ne dispose d'aucune fortune personnelle et que le comté de Nassau lui-même ne lui appartient pas en totalité,  Adolphe essaie de se créer un domaine en intervenant en Thuringe et en Misnie, où les princes de la maison des Wettiner se disputent continuellement leur héritage ; mais il indispose ainsi le puissant roi de Bohême et l'archevêque de Mayence qui, électeurs eux aussi, possèdent des domaines ou des intérêts dans cette région. Il laisse les trois premiers cantons suisses s'organiser en une alliance contre leurs seigneurs, les Habsbourg ; il se fait donc un ennemi d'Albert d'Autriche. En Italie en 1294, il nomme vicaire impérial  Matteo Visconti, duc de Milan,

N'ayant pas tenu les nombreuses promesses qu'il avait faites aux grands électeurs, en butte à l’hostilité des princes ecclésiastiques, en particulier l’archevêque de Mayence, il est déposé par les princes-électeurs le 23 juin 1298. Le 2 juillet suivant, il est battu et tué à la bataille de Göllheim par Albert de Habsbourg, qui lui succède comme empereur germanique. Il est inhumé dans le monastère d'Eberbach, puis en 1309 en la cathédrale de Spire.

                                                               

MAISON DE HABSBOURG/  HAUS  VON  HABSBURG

 

.ALBERT Ier / ALBRECHT  I  (1255-1308), empereur /kaiser  de 1298 à 1308

Premier fils et deuxième enfant de Rodolphe Ier de Habsbourg et de sa première épouse Gertrude de Hohenberg, il hérite de l’ensemble de ses possessions en Alsace, en Allemagne du sud, dans ce qui va devenir la Suisse et en Autriche.  Albert est un souverain énergique. Même pour les tâches ponctuelles, il s'oblige à s'entourer de vassaux souabes, sans tenir compte de la noblesse indigène. Ceci soulève une résistance qui éclate ouvertement après la mort de son père.

 

Il doit faire face à une vaste coalition formée contre lui à l’initiative du pape Nicolas IV  par les rois de Hongrie André III, le roi de Bohême Venceslas II, le duc de Basse-Bavière, le prince-archevêque de Salzbourg, les villes lombardes, le comte de Savoie et la toute nouvelle confédération suisse constituée en 1291 des 3 territoires d’Uri, Schwyz et Unterwald.

Cependant, Albert est un bon négociateur et réussit même à être élu roi des romains, sept ans plus tard en 1298. Au premier plan de sa politique offensive, il veut instaurer une monarchie héréditaire habsbourgeoise. Dans ce but, Albert s'allie même avec le roi de France Philippe le Bel qui n’en enlève pas moins à l’empire d’importants morceaux de l’ex-lotharingie avec le comté de Bar pris au royaume de Germanie, le Vivarais, le Lyonnais et le Forez pris à celui de Bourgogne-Provence.

Albert est victime d'une conspiration et assassiné en 1308 par son neveu Jean. Il faudra attendre plus d'un siècle avant que les Habsbourg remontent sur le trône du Saint Empire romain germanique. Il laisse onze enfants dont :

-Elisabeth de Habsbourg épouse du duc de Lorraine  Ferry IV (1282-1329), et régente du duché de 1329 à 1331.

-Léopold de Habsbourg (1290-1326), duc d’Autriche et de Styrie, époux de Catherine de Savoie, fille du comte de Savoie Amédée V

-Catherine de Habsbourg épouse du duc de Calabre et vice-roi de Naples Charles d’Anjou (1298-1328)

-Albert II de Habsbourg, duc d’Autriche et de Carinthie, duc de Krain, époux de Jeannde Ferrette (Pfirt), comtesse de Ferrette                                     

                                                                                                                                

MAISON  DE LUXEMBOURG  / HAUS VON LUXEMBURG

 

.HENRI  VII / HENRICH  VII (1275-1313), comte de Luxembourg de 1288 à 1309,  empereur / kaiser de 1308 à 1313

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 10:47

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MAISON DE HABSBOURG   /  HAUS VON HABSBURG

 

La maison de Habsbourg/Habsburg est une des principales familles à avoir régné en Europe et non seulement dans ce qui deviendra la partie est de la France mais également, on l’oublie trop souvent, dans le royaume de France à partir de Louis XIV dont on oublie trop souvent également qu’il était à moitié Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche et époux d’une Habsbourg, Marie-Thérèse d’Autriche.

Les premiers à porter le nom de Habsbourg du nom du château qu’ils font bâtir en 1021 dans ce qui deviendra le canton suisse d’Argovie sont Werner, évêque de Strasbourg (1001- 1029) et Radbot ( ?-1045), seigneur de Muri dans ce même canton, tous deux fils de Lancelin, comte d’Altenburg qui, aux environs de l’an 1000,  a acquis par mariage la seigneurie de Habsburg située aux confins septentrionaux du Royaume de Bourgogne-Provence donc dans l’empire Leur grand-père est le comte d’Alsace Gontran le Riche qui a dû se retirer en Argovie après avoir subi la disgrâce de l’empereur Othon pour avoir pris le parti d’Henri le Querelleur. Les comtes Lanzelin et Radbod combattent avec Ernest de Souabe contre l’empereur Henri Il.

  

En 1027, le comte Radbot de Habsbourg et sa femme Ita de Lorraine fonde à Muri une abbaye bénédictine qui finit par contrôler un nombre croissant de territoires du plateau suisse.

 

Quoique Radbod eût des frères, ses descendants recueillent l'héritage entier de la famille qui prend le nom de son nouveau château de Habsbourg abandonnant le nom primitif d'Altenburg. Le premier acte officiel où parait le nom des Habsbourg est daté du 11 octobre 1064. C'est un diplôme par lequel le comte Werner II de Habsbourg (neveu de l'évêque de Strasbourg et  fils de Radbod), à l'occasion de la consécration du monastère de Muri par l'évêque de Constance, Rumolt, confirme les donations et fondations faites par ses prédécesseurs.

Ce comte Werner embrasse le parti de l'anticésar Rodolphe de Souabe contre Henri IV, mais ne paraît pas avoir eu à en pâtir. Werner joue un grand rôle  au temps des empereurs Henri Il et Conrad II.

 

Mais le fondateur de la puissance de la famille, est Albert III le Riche, fils du comte Werner II.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

Albert le Riche est en effet comblé de faveurs par Frédéric Barberousse. Il reçoit le landgraviat d'Alsace à l'extinction de la famille des comtes d'Egisheim, le comté de Zurich, l'avouerie des couvents de Seckingen et de Murbach.

Son fils, Rodolphe l'Ancien (1199-1232) est pourtant un partisan d'Otton IV; mais c'est déjà un des plus grands seigneurs de la Souabe. A sa mort, ses deux fils qu'il a eus d'Agnès de Hohenstaufen, Albert et Rodolphe, se partagent ses possessions après une querelle terminée en 1238 par un jugement arbitral.

L'aîné, Albert le Sage, garde le château de Habsbourg, les terres d'Argovie, de Zurich, du Sundgau et Brisgau, l'avouerie de Muri, Seckingen, Bremgarten, Maienberg, Brugg, etc.

Albert le Sage a de son mariage avec Heilwig, fille du comte Ulrich de Kybourg/Kyburg, trois fils :

-Rodolphe   futur empereur

-Albert V

-Hartmann.

 

Les deux cadets, Albert et Hartmann, meurent jeune.                                                                                                                                                                                                                                                     

 

.RODOLPHE  Ier  / RODOLF  I (1218-1291),                                                           empereur/ kaiser de 1273 à 1291, comte de Habsbourg/ graf von Habsburg, landgraf de Haute-Alsace /Ober Elsass (1237-1273)

 

Fils d’Albert le Sage et d’Heilwig de Kybourg.Rodolphe voit le jour en 1218 dans ce château de Habsburg /Habsbourg.

C’est l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen qui lui sert de parrain.

En 1245, il épouse la fille du comte de Hohenberg qui lui donne quatorze enfants et acquiert par voie dotale le château d’Oettingen et divers domaines dans la vallée de la Weile et en Alsace renforçant ainsi sa position tant en Alsace qu’en Argovie.

 

Auréolé de ses actions avec l’armée d’Ottokar de Bohême dans l’ordre des chevaliers teutoniques  contre celle de Béla IV roi de Hongrie, il se voit confier le commandement des milices de Zurich et de Strasbourg. Il entre en conflit avec l’évêque de cette ville auquel son oncle Hartmann de Kybourg avait cédé des terres. Vainqueur il récupère les terres et reçoit des Strasbourgeois révoltés contre leur évêque le titre d’avoué ce qui renforce encore ses positions en Basse-Alsace.  

A la mort en 1254 de l’empereur Conrad IV dernier des Hohenstaufen, l’empire se trouve plongé dans une situation chaotique. Le trône impérial fait l’objet de vives compétitions arbitrées par le pape. Alphonse de Castille  apparenté par sa mère aux Hohenstaufen et Richard de Cornouailles, frère du roi d’Angleterre Henri III et beau-frère de Frédéric II sont tous deux élus mais ne parviennent ni l’un ni l’autre à s’imposer. C’est la période dite du Grand Interrègne.

 

En Italie, le pape Urbain IV, qui considère que le royaume de Sicile est un fief de la papauté, demande l’aide de Charles d’Anjou pour combattre la domination Hohenstaufen. Charles d’Anjou bat le fils de Frédéric II, Manfred à la bataille de Bénévent et devient roi de Sicile à Rome en 1266. Mais la fille de Manfred est mariée au roi d’Aragon Pierre III et entend bien se battre pour les droits de sa femme. Sous Charles d'Anjou, et de son fils Charles II, le nord est privilégié au sud. La capitale passe de Palerme à Naples.

Le nouveau pape élu en 1272  Grégoire X  se prononce en faveur d’une nouvelle élection. Le pape, dès l’été de 1273, adresse, aux électeurs du Saint Empire l’invitation de désigner un roi des Romains.

                                                         

Le 29 septembre 1273, les 7 électeurs (les 3 archevêques de Mayence, de Cologne, de Trèves et les 4 électeurs laïcs  le duc de Saxe, le Margrave  de Brandebourg, le comte palatin du Rhin et le roi de Bohême) se réunissent à Francfort avec l’idée d’élire un prince pas trop puissant pour rendre héréditaire la dignité impériale ce qui les conduit à écarter la candidature du roi Ottokar de Bohême.

L’évêque Werner, électeur de Mayence qui avait été escorté au travers toute la Suisse pour se rendre en Italie soutient Rodolphe qui est élu après trois jours de délibérations.

                                                            

Le 24 octobre 1273 à Aix la Chapelle il est couronné roi des Romains conformément à la tradition qui veut depuis Charlemagne que le futur empereur soit roi des Romains et se voit remettre par l’archevêque de Cologne les

emblèmes impériaux.

                                                                                                                                                                                

Cette cérémonie présente un double caractère l’un lié à la tradition chrétienne avec le serment sur les évangiles ainsi que sur un coffret contenant la terre imprégnée du sang du premier martyr Saint Etienne l’autre à la tradition romaine avec l’acclamation par le peuple. A la question posée par l’archevêque de Cologne  «  voulez-vous avoir Rodolphe comme empereur et roi des romains et voulez-vous lui être soumis conformément aux paroles de l’écriture sainte ? 

La foule répond : « fiat, fiat ! Qu’il en soit ainsi ! »

Rodolphe devient à la fois roi de Francie orientale (Germanie), roi des romains et empereur (de facto car il ne se rend pas à Rome pour y être couronné empereur par le pape).Deux mois plus tard, Rodolphe réunit la Diète impériale à Spire et l’informe de son intention de restaurer l’autorité impériale mise à mal pendant le trop long interrègne.

 

Après son séjour à Florence, le pape n’hésite pas à se diriger par la Lombardie, le Piémont et la Savoie, vers la ville de Lyon où il doit, l’année suivante, tenir un concile général : cependant, quoiqu’ officiellement Lyon soit encore une ville d’Empire, le pape ne peut songer à y établir sa cour, si sa conduite récente l’a brouillé avec le roi de France.

 

D’autre part, vers l’automne de l’année 1273, à une époque où l’élection de Rodolphe de Habsbourg est probablement connue en France, Philippe le Hardi, désireux d’exécuter le traité qui en 1229 a terminé la croisade contre les Albigeois, remet entre les mains des représentants du Saint-Siège le comtat Venaissin, moins Avignon.

  

S’il faut d’ailleurs admettre que le roi de France a restitué le Venaissin avant de connaître les événements d’Allemagne, par conséquent à un moment où il nourrit encore quelque espoir d’être élu à l’Empire, il semble au moins n’avoir conservé vis-à-vis du pape aucune rancune de son échec, soit que Grégoire X ait su dissimuler son action diplomatique, soit, ce qui est plus probable, que Philippe le Hardi n’ait pas attaché grande importance aux projets suggérés par Charles d’Anjou. En effet vers le même temps, le roi de France vient à Lyon et s’y entretient amicalement avec le Pontife de leurs intérêts communs.

 

Philippe laisse à Lyon des troupes dont la présence est en apparence justifiée par la nécessité de protéger le Concile, mais qui, en réalité, n’a probablement d’autre but que celui d’affirmer l’autorité du roi à Lyon.

                                                     

Maintenant la question de l’Empire est tranchée en revanche, puisque la couronne impériale et la couronne de France n’ont pu être réunies sur la même tête, la France et l’Empire vont continuer de se disputer les régions limitrophes du Rhin et des Alpes, et en particulier le royaume de Bourgogne-Provence.

En 1273, l’empereur Rodolphe détruit sur les terres du roi de France un château que l’on disait être un fief impérial ; l’année suivante, c’est Philippe qui fait des préparatifs pour attaquer l’Empire : le pape est obligé d’intervenir pour empêcher les hostilités. Evidemment des difficultés nombreuses relatives aux frontières, par exemple à celle du Vivarais, fournissent à chaque instant des sujets de querelle entre le nouvel empereur et le roi.

 

Rodolphe a néanmoins intérêt se réconcilier avec la France. Son élection a irrité le roi de Bohême, Ottokar ; entre le roi des Romains et le monarque slave la guerre est imminente. En Allemagne, beaucoup de seigneurs et de villes s’effrayent de l’activité du nouveau maître dont les revendications menacent quiconque a profité de l’interrègne pour s’agrandir. L’inquiétude n’est pas moindre dans la Bourgogne helvétique ; en particulier le comte Philippe de Savoie, fort peu enclin à reconnaître la souveraineté du rival détesté de sa maison, manifeste vis-à-vis des Habsbourg des dispositions hostiles. L’Angleterre n’a pas reconnu Rodolphe et témoigne publiquement sa sympathie pour Alphonse de Castille toujours prétendant à l’Empire, et de plus en plus puissant dans le nord de l’Italie. Aussi, Rodolphe juge utile de se rapprocher de la France.

                                                       

 

Dès 1274, la veuve de Louis IX, Marguerite de Provence,  s’adresse à Rodolphe pour lui demander justice contre son beau-frère, Charles d’Anjou, accusé d’avoir attribué, à lui et à sa femme, la succession de Provence, à laquelle les deux autres filles de Raymond Bérenger, Marguerite de Provence et Éléonore d’Angleterre, prétendent avoir des droits. Rodolphe  accueille ses prétentions et lui accorde l’investiture de la Provence. Cet accord entre la reine douairière de France et Rodolphe de Habsbourg, joint à l’intervention pacifique du pape Grégoire X, facilite une réconciliation entre l’Empire et l’Angleterre.

Au mois de septembre de cette année 1274, Grégoire X reconnait la royauté de Rodolphe de Habsbourg. Or, à cette époque, les partisans du roi de Castille sont plus actifs que jamais dans le nord de l’Italie en dépit des hésitations d’Alphonse, ils sont les véritables maîtres du pays, de Gênes à Mantoue. Beaucoup de Gibelins, se livrant aux plus présomptueuses espérances, croient au triomphe prochain de leur cause. Le succès d’Alphonse et des Gibelins eut singulièrement compromis avec la paix de l’Europe la réalisation des rêves de croisade que le pape ne cesse de nourrir : Grégoire X comprend qu’il faut obtenir le désistement du roi de Castille, fût-ce au prix de sacrifices imposés à l’Église d’Espagne au profit du roi. Tel est le but qu’il se propose, pendant l’été de 1275, au cours des négociations que, pendant son séjour à Beaucaire, il poursuit avec Alphonse ; il réussit à l’atteindre et rend définitivement la paix à l’Empire. En quittant Beaucaire, Grégoire X remonte  le Rhône et s’arrête d’abord à Valence, puis à Vienne, où il passe la dernière moitié du mois de septembre 1275 ; il y consacre plusieurs prélats et y prononce l’union des Églises de Valence et de Die, mesure commandée par l’état misérable de ces églises, qu’avaient ruinées leurs longues luttes avec les comtes de Valentinois.

Le 6 octobre, le pape est à Lausanne, où vient bientôt le rejoindre Rodolphe de Habsbourg, accompagné de sa femme et de ses enfants. Là le roi des Romains s’acquitte par d’importantes concessions de la dette de gratitude qu’il a contractée envers le pape au jour de son élection : il promet de restituer à l’Église les domaines Italiens que l’Empire avait usurpés, de prendre la croix et de se mettre à la tête d’une croisade nouvelle ; enfin il y est question de la cérémonie du couronnement impérial, à laquelle Grégoire se réserve d’appeler le nouvel élu. Autour du pape et de l’Empereur se rangent les principaux seigneurs ecclésiastiques du royaume de Bourgogne Provence, parmi lesquels les archevêques de Lyon et d’Embrun, les évêques de Genève, de Valence, de Sisteron et de Marseille.

 

Autrefois de telles assemblées se terminaient par de nombreuses concessions de privilèges ; cette fois, elles sont très rares. Néanmoins l’archevêque Jacques d’Embrun, partisan dévoué du pape et de l’empereur  se voit, peu de temps après l’entrevue de Lausanne, renouveler  ses privilèges par Rodolphe qui  lui reconnait les qualités de chambellan de l’empereur, de prince du Saint Empire et de conseiller à la Cour impériale.

                                                            

Deux ans plus tard, Rodolphe, à l’exemple de ses prédécesseurs, prend  l’Église de Vienne sous sa protection.

Si le clergé, suivant l’exemple et les conseils du pape, s’est rapproché de Rodolphe, il n’en est point ainsi des seigneurs laïques du royaume d’Arles : seul Humbert, seigneur de la Tour et de Coligny, sénéchal de ce royaume, obtient alors des lettres qui le placent sous la sauvegarde impériale.

                                                          

En les sollicitant, il ne fait que se conformer aux traditions de sa famille. D’ailleurs le Dauphin Jean I n’est encore qu’un enfant, soumis à la tutelle du duc de Bourgogne ; Charles d’Anjou n’est point homme à faire la cour au roi des Romains, et le comte Philippe de Savoie, qui par son mariage avec la palatine Alix a étendu son influence en Franche-Comté, nourrit à l’égard de Rodolphe des dispositions fort peu sympathiques. On le voit, dans une grande partie du royaume d’Arles le nouveau roi ne rencontre qu’indifférence ou hostilité.

 

Dès la fin de l’année 1277, le pape  ouvre des négociations avec Rodolphe de Habsbourg ; au printemps, elles aboutissent à des actes solennels par lesquels Rodolphe abandonne toutes les prétentions qu’il pourrait élever sur la Romagne à l’encontre des droits du Saint-Siège.

 

Ce premier point réglé, Nicolas III se retourne vers Charles d’Anjou et porte un coup sensible à son influence dans l’Italie centrale, en l’amenant à renoncer à la charge de sénateur de Rome et au vicariat de l’Empire en Toscane. Mais pour le récompenser de cette soumission, le pape le réconcilie avec Rodolphe (qui a besoin du pape pour être couronné et faire élire son fils roi des Romains)  et au printemps de 1280, Rodolphe, renouvelant un ancien diplôme de Barberousse, investit solennellement Charles d’Anjou des comtés de Provence et de Forcalquier.

 

Pour sceller la paix établie entre les deux maisons, il est convenu que Charles, le petit-fils de Charles d’Anjou, épousera Clémence, l’une des filles de Rodolphe de Habsbourg, et que le jeune prince recevra de Rodolphe de Bourgogne-Provence, jadis destiné à ce Hartmann, dont le mariage avec la fille d’Édouard Ier roi d’Angleterre n’a pas encore été célébré. Le pape Martin IV qui succède à Nicolas. II n’a rien de plus pressé que de rendre à Charles d’Anjou les fonctions de sénateur de Rome ; la jeune princesse Clémence conduite dans le royaume de Naples vers son fiancé Charles Martel, et bientôt le roi de Sicile doit se préoccuper d’assurer, fût-ce par la force des armes, la soumission du royaume de Bourgogne-Provence au nouveau souverain que l’Empire devait lui donner ; il organise à Tarascon une expédition destinée à remonter le Rhône et à soumettre le pays. Le triomphe de la maison d’Anjou semble alors complet.

                                                        

Le bruit d’un prochain rétablissement du royaume de Bourgogne-Provence au profit de Charles Martel se répand en Europe. Le clergé du royaume de Bourgogne-Provence, déjà inquiet de la réconciliation de Charles d’Anjou avec Rodolphe de Habsbourg,  craint les agressions d’un pouvoir local, tel que la royauté de la maison d’Anjou, qui respecterait médiocrement les privilèges et la quasi-indépendance des églises.

 

Bien plus encore, c’est Marguerite de Provence, qui s’estime trompée par le rapprochement entre son adversaire Charles d’Anjou et l’Empire. Au surplus, les Habsbourg qui l’abandonnent pour reconnaître les prétentions de Charles, sont les ennemis acharnés des princes de Savoie, ses oncles, pour le service desquels elle s’est toujours employée avec tant de zèle. Marguerite devient l’ennemie des Habsbourg autant que des Angevins et, en 1281 et 1282, elle organise activement la résistance à leurs projets. Depuis qu’elle a prêté hommage à Rodolphe, Marguerite, entraînant après elle sa sœur Eléonore d’Angleterre, ne cesse de chercher les moyens de recouvrer son héritage, c’est-à-dire la partie de la Provence à laquelle elle prétend avoir des droits. Elle s’adresse, successivement à son neveu Edouard Ier et à son fils Philippe le Hardi : Nicolas III intervient lui-même comme médiateur entre elle et Charles d’Anjou. Rien n’en résulte sinon un vif mécontentement de Marguerite. Marguerite menace de recourir aux armes ; mais Charles d’Anjou se rapproche de la cour de France et en réussissant à faire de son fils le prince de Salerne le négociateur de la paix entre Philippe le Hardi et la Castille.

                                                         

Cette manœuvre habile augmente à Paris le crédit des Angevins qui travaillent avec plus d’ardeur au grand dessein du royaume de Bourgogne-Provence, laissant Marguerite s’épuiser en doléances. Eléonore d’Angleterre, pour son compte et celui de sa sœur, le signale à Edouard Ier mais semble beaucoup moins pressé de rompre avec Charles d’Anjou.

 

Néanmoins il ordonne à Jean de Grailly, son sénéchal de Gascogne, de se rendre auprès de Marguerite ; la reine le retient auprès d’elle, heureuse de trouver en pareille besogne l’assistance d’un homme « d’une bravoure et d’une prudence consommées. Cependant le roi d’Angleterre s’ engage avec réserve à soutenir la cause de sa tante : il ne renonce pas à son ancien projet, si contraire à la politique actuelle de Marguerite, d’unir par un mariage sa maison à celle des Habsbourg, maintenant alliés de Charles d’Anjou ; idée d’ alliance qui indigne Marguerite qui croit nécessaire d’écrire de lui rappeler que ce même Rodolphe de Habsbourg dont Edouard veut faire son allié, est l’ennemi juré du vieux comte Philippe de Savoie, grand oncle du roi d’Angleterre et oncle des deux reines Marguerite et Éléonore. Malgré les efforts de Marguerite et du roi d’Angleterre, la paix n’était pas encore près de se faire entre la Savoie et les Habsbourg.

Cependant les ennemis de la maison d’Anjou se réunissent à Mâcon, à l’automne de 1281, où Marguerite organise la résistance contre le futur roi de Bourgogne-Provence. L’archevêque de Lyon, l’évêque de Langres, le comte Philippe de Savoie, le comte de Champagne, le comte d’Alençon, le comte et le duc de Bourgogne, Thomas de Savoie, fils du mari de Jeanne de Flandre, le comte de Vienne Henri de Pagny, presque tous parents de la reine et plus ou moins menacés par l’ambition des Angevins sont présents. Tous annoncent l’intention d’aider Marguerite à poursuivre ses réclamations et ils se donnent rendez-vous à Lyon, au mois de mai 1282 pour aller plus avant et s’opposer par force aux projets de la maison d’Anjou.

 

En même temps, en mars 1282, l’archevêque de Lyon et le Chapitre de Vienne, dont le siège archiépiscopal est vacant, s’unissent pour la défense de leurs privilèges, qu’ils croient menacés par l’avènement du futur roi de  Bourgogne-Provence : « Nous craignons, disent d’un commun accord l’archevêque de Lyon et les membres du chapitre de Vienne, que l’arrivée du Roi annoncé ne cause un grave préjudice aux droits, juridictions et possessions de l’Église ».

                                                     

Aussi, pour faire face à ce danger, ils forment une alliance contre tout potentat qui « sous le prétexte du royaume de Vienne, au nom et pour le compte du roi de Vienne, saisirait ou tenterait de saisir, léserait ou tenterait de léser les droits et juridictions de leurs Églises ou de l’une d’elles. » Parmi les seigneurs ecclésiastiques ou laïques qui se préparent à résister par tous les moyens au pouvoir du futur roi, on ne rencontre ni le dauphin Humbert Ier ni son allié le comte Aymar IV de Valentinois. De plus, les églises de Vienne et de Lyon considèrent à cette époque le Dauphin comme leur adversaire ; d’où il est permis d’en déduire  qu’Humbert a de  bonnes relations avec la famille d’Anjou; la guerre semble imminente partout dans le sud-est de la France ; les forces qui se réunissent à Macon heurteront bientôt celles qui s’organisent en Provence enfin Marguerite de Provence pourra vider sa querelle avec Charles d’Anjou. Mais le danger est détourné par la catastrophe soudaine des Vêpres Siciliennes, révolte populaire de l'île de Sicile contre la domination de Charles d'Anjou, survenu à Palerme et Corleone, le 31 mars 1282, mardi de Pâques. À la suite de ce soulèvement et du massacre des Français, les Siciliens se libèrent du joug angevin en passant sous la protection du roi d'Aragon Pierre III ce qui aboutit au partage du royaume de Sicile en un « royaume de Naples », terme impropre mais devenu courant, qui reste aux Angevins, et un royaume de Sicile, sous domination aragonais

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A la suite des Vêpres Siciliennes, Philippe le Hardi prend ouvertement le parti de son oncle Charles d’Anjou et organise une expédition contre le rival de Charles, l’excommunié Pierre d’Aragon. Cette guerre est destinée à venger du même coup l’injure de l’Église et celle de la maison de France aussi le roi obtient-il, pour subvenir aux dépenses nécessaires, un décime sur les biens du clergé.

                                                         

Or, en vertu des décisions que les ambassadeurs de France ont sollicitées de la cour de Rome, le décime est levé, non seulement en France, mais dans tous les pays frontières, notamment dans une partie considérable du royaume de Bourgogne-Provence.

 

Rodolphe de Habsbourg se plaint l’année suivante au pape Honorius IV, qui a succédé à Martin IV sur le siège pontifical. Plaintes inutiles ! Le pape répond que le roi de France est en pleine guerre, et que le moment est mal choisi pour lui enlever les subsides que l’Église Romaine lui a promis.

                                       

Sans doute en vue de resserrer les liens qui l’attachent à la dynastie Capétienne et d’affermir sa propre influence dans l’est de la France, Rodolphe, alors âgé de soixante-six ans, se met à demander et obtient la main de la jeune Isabelle de Bourgogne, sœur du duc Robert,  qui devient ainsi le beau-frère de l’Empereur,

En 1284, Rodolphe  épouse donc en secondes noces Isabelle de Bourgogne (1270-1323), fille d’Hugues IV de Bourgogne duc de Bourgogne. L’année suivante, Philippe IV dit le Bel devient roi de France. Très vite, il va chercher à grignoter la partie sud du Royaume de Bourgogne-Provence dont l’empereur Rodolphe de Habsbourg est le roi.

 

En 1290, la guerre contre Pierre III d’Aragon continuant et les décimes pour la financer continuant d’être levés les princes et seigneurs de l’Empire commencent à rechigner amenant l’empereur Rodolphe à répéter ses protestations. Le pape Nicolas IV lui répond que les décimes levés sur le clergé du pays d’Empire sont exigés, non pas en faveur d’une cause nationale, mais au nom des Intérêts sacrés de l’Église, dont le roi d’Aragon n’a cessé d’être l’ennemi et qu’il n’en saurait résulter aucun préjudice pour l’Empire aucun avantage pour le roi de France. Certes mais peu à peu le clergé du Royaume de Bourgogne-Provence s’habitue à lier ses intérêts et ses aspirations aux intérêts et aux aspirations du clergé français. D’ailleurs, la politique royale cherchait par d’autres moyens à entraîner dans son orbite le royaume de Bourgogne-Provence ; sur plus d’un point elle fait des progrès aussi réguliers que sûrs ; parfois elle impose ses décisions aux seigneurs, et apparaît aux populations comme l’arbitre suprême de la guerre ou de la paix.

 

Dans le comté de Bourgogne, cœur du royaume de Bourgogne-Provence, les amitiés françaises du Palatin Otton de Bourgogne inquiètent depuis longtemps Rodolphe doit intervenir  en 1289, pour la soumission  obtenir de son vassal indocile. Otton est dans l’est le centre de ralliement des adversaires des Habsbourg, comme l’est dans le sud-est son rival le comte de Savoie.

Aussi, peu de temps après son expédition en Comté, Rodolphe doit se préoccuper de nouveau des entreprises du comte Amédée ; il revient en 1291 dans les régions qui forment la Suisse actuelle et appelle auprès de lui tous les seigneurs du sud-est qui sont les adversaires de son éternel ennemi.

 

Son appel est entendu. On voit à Morat (dans l’actuel canton de Fribourg), dans cette ville reconquise par les Habsbourg sur Philippe de Savoie, les seigneurs ecclésiastiques et laïques du royaume de Bourgogne-Provence, se presser autour de Rodolphe.

 

Convoqués pour s’associer aux mesures que l’empereur entend prendre contre les rebelles, ils accourent, apportant leurs rancunes avec leur ambition. Sont présents à côté de l’évêque de Valence et de Die, le dauphin Humbert Ier, le comte Aymar de Valentinois, le comte Amédée de Genève, la dame de Faucigny et Humbert de Villars ; tous s’associent aux déclarations solennelles que lance Rodolphe contre ses ennemis, et dont il confie l’exécution à son représentant le bailli de l’Empire pour les pays au-dessus de l’Oron.

 

Mais le résultat le plus clair de cette manifestation est la confirmation, par l’empereur, des privilèges du comte de Valentinois et de l’évêque de Valence, et la concession pour quelques mois de la garde de l’abbaye de Saint Claude au dauphin Humbert Ier qui

porte toujours le titre de sénéchal du royaume de Bourgogne-Provence.                                                     

 

Quelques jours après, ll rencontre le fils de son ancien rival, Charles II de Sicile, dans une entrevue qui dut attirer l’attention des contemporains il y fut sans doute question du sort du royaume d’Arles. Si les deux souverains y tombèrent d’accord sur quelques résolutions, ce ne fut que pour y donner un nouvel exemple de la vanité des desseins des grands de la terre.

S’il parvient à augmenter considérablement ses propriétés, l’autorité impériale n’est pas totalement rétablie quand Rodolphe  meurt le 15 juillet 1291.

 

Sa dépouille va rejoindre celle des autres empereurs dans la cathédrale de Spire.

Sa disparition interrompt le processus de restauration de la dignité impériale.

 

 

MAISON DE NASSAU  /  HAUS  VON NASSAU

 

.ADOLPHE  DE NASSAU  /   ADOLF  VON  NASSAU  (1255-1298), empereur /kaiser de 1292 à 1298

 


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 18:39

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Le Grand Interégne  ( suite)

 

 

 

Richard de Cornouailles (1209 à 1272), roi des Romains  de 1257 à 1272

Fils du roi d’Angleterre Jean sans Terre   opposé à

.Alphonse X  de Castille (1221-1284), roi des Romains de 1256 à 1273

roi de Castille et de Léon

 

La double élection de 1257 livre l’Empire aux compétitions de deux prétendants, Richard de Cornouailles et Alphonse X de Castille. A Richard se rallient naturellement les clients habituels de la politique anglaise : au contraire, Alphonse de Castille, petit-fils par sa mère du glorieux Frédéric Barberousse, est en bonne situation pour se concilier les sympathies des Gibelins, auxquels il apparaît entouré du prestige de la maison de Souabe.

 

Des liens intimes unissent alors la maison de Savoie à la dynastie anglaise.     Dès que les Savoyards savent qu’ils peuvent exploiter l’Angleterre comme un pays conquis, ils ne s’en font pas faute : Boniface de Savoie reçoit, pour sa part, l’archevêché de Cantorbéry, et devient le chef de l’Église d’Angleterre ; son frère Pierre acquiert des domaines qui lui permettent de devenir un des membres importants de l’aristocratie anglaise.                                                         

 

Enfin un troisième frère, Guillaume, évêque de Valence, est nommé évêque de Winchester. Le mariage de Richard de Cornouailles, frère de Henri III, avec Sancie de Provence, troisième fille de Raimond Bérenger, rend plus étroites les relations des Plantagenets avec la maison de Savoie.

Avant même l’élection à l’Empire, quand Pierre de Savoie prépare une expédition pour délivrer son frère Thomas, captif à Turin, Richard de Cornouailles n’hésite pas à concourir aux frais de l’entreprise et se charge de protéger pendant ce temps les biens de Pierre tans le royaume anglais.

 

 

Maintenant qu’il se prétend appelé par le vote des électeurs au rang suprême parmi les souverains, Richard marque par une série de privilèges la faveur où il a toujours tenu les membres de la famille de Savoie. Le 14 avril 1258, alors que le comte Thomas, régent de la Savoie pendant la minorité du jeune Boniface, se dispose à renouveler la lutte contre Turin, Richard  l’assure de son appui, et, pour mieux le lui prouver, il le déclare affranchi des engagements par loi contractés, au temps de sa captivité, vis-à-vis d’adversaires que le Roi des Romains affecte de ne considérer que comme des rebelles.Sur ces entrefaites, en 1263, le jeune comte de Savoie Boniface trouve la mort dans une nouvelle expédition entreprise par lui pour maintenir ses prétentions à l’encontre de Turin et d’Asti. Pour longtemps à l’influence des comtes de  Savoie dans ces contrées succède  celle de Charles d’Anjou, comte de Provence. Charles d’Anjou, qui a épousé la dernière fille de Raymond Bérenger et de Béatrice de Savoie, est aussi bien que Henri III, Richard de Cornouailles et saint Louis, le neveu par alliance des comtes de Savoie ; mais il y a longtemps que la politique divisait profondément la Savoie et la Provence.

C’est à l’automne de 1263 que Pierre a, pour la première fois depuis qu’il est devenu comte de Savoie, l’occasion de recourir à son neveu. Au commencement de septembre, on apprend la mort d’Hartmann le jeune, chef d’une branche de la famille de Kybourg, si puissante dans les pays helvétiques. Hartmann ne laisse pour héritier direct qu’une fille en bas âge.

 

Or, conformément au droit commun, les fiefs impériaux, dont une femme ne peut hériter, font retour à l’Empire ; visiblement, ceux de ces fiefs situés dans le pays de Vaud et dans les régions voisines tentent l’ambition du comte Pierre de Savoie. Il a d’ailleurs une bonne raison pour s’affirmer dans ces contrées ; chacun prévoit  alors la guerre que provoquerait bientôt entre les Kybourg et la Savoie la mort prochaine d’Hartmann l’ancien, comte de Kybourg, dont l’héritier le plus proche se trouvait être Rodolphe de Habsbourg. Il s’agit de savoir qui va rester maître des pays s’étendant de Berne à Lausanne et formant aujourd’hui la partie occidentale de la Suisse. La querelle est d’autant plus inévitable que Hartmann l’ancien a comblé de libéralités, tant en nue-propriété qu’en usufruit, sa femme Marguerite de Savoie, sœur du comte Pierre. Or, Rodolphe ne parait pas être homme à respecter ces libéralités, Pierre est bien obligé de prendre en main les droits de sa sœur et, dès qu’il apprend la mort de Hartmann le jeune, il se rend sans tarder auprès de Richard de Cornouailles, qui est en ce moment occupé à guerroyer contre les barons anglais pour le compte de son frère Henri III, et, le 17 octobre 1263, à Berkamstead, il obtient du roi des Romains l’investiture des fiefs impériaux qui avaient appartenu au défunt Hartmann.

 

 

Ainsi, à la veille d’une guerre qui devait désoler tout le pays qui sépare le Rhin du lac Léman, Richard n’hésite pas à se prononcer pour la maison de Savoie ; Rodolphe de Habsbourg, obligé de chercher ailleurs un appui, se tourne bientôt du côté de Conradin, le dernier rejeton des Hohenstaufen. Richard ne se borne pas à cette faveur ; par un acte de la même date, il confère à son oncle Pierre la qualité de vicaire de l’Empire, le comté de Savoie et les pays de Chablais et d’Aoste.

A la mort d’Hartmann l’ancien, la guerre éclate, comme prévu, entre la Savoie et les Habsbourg. Richard de Cornouailles appuie les princes de Savoie.

 

De son côté, le futur roi des Romains Alphonse de Castille s’intéresse principalement, comme les empereurs Hohenstaufen à l’Italie. Avant même d’être choisi par quelques-uns  des électeurs, il noue des relations diplomatiques avec Pise, la cité gibeline, alors serrée de près par ses ennemis, les Guelfes de Toscane. Pour poursuivre ces pourparlers le syndic de Pise, Bandino Lancea, se rend en Castille auprès d’Alphonse il en rapporte un traité d’alliance offensive et défensive entre la ville et le roi.

 

En échange des privilèges qu’il leur confère et des secours qu’il leur promet, Alphonse est  reconnu par les Pisans comme le futur empereur ; Une clause de ce traité oblige Alphonse à procurer à la ligue l’adhésion de Marseille, avec laquelle il a évidemment ouvert des négociations. Si Pise est menacée parles Guelfes, Marseille doit lutter pour sauvegarder son indépendance contre la puissance croissante de Charles d’Anjou ; non moins que les Pisans, les Marseillais ont alors besoin d’alliés et de protecteurs. Aussi se décident-ils à entrer dans la ligue formée par Pise et le roi de Castille ; ils y souscrivent à des conditions analogues à celles acceptées par les Pisans. Trois ambassadeurs de Marseille se rendent en septembre 1256  à Ségovie, où se trouve Alphonse et déclarent solennellement nommer, demander, postuler et élire comme empereur le seigneur roi de Castille. Avec ce traité, Marseille, au moins pour ses affaires continentales, ne gagne aucun appui sérieux ; elle demeure isolée dans sa querelle avec Charles d’Anjou, dont cette négociation ne fait qu’exciter la rancune qui  plus tard, au jour de la vengeance, n’oublie pas les noms de plusieurs des ambassadeurs, qu’on peut retrouver dans les listes de proscription de 1263.

 

Cependant à Francfort, le dimanche des Rameaux le 1er avril 1257, l’archevêque de Trêves, en son nom personnel et pour le compte des électeurs de Saxe, de Brandebourg et de Bohême, proclame Alphonse de Castille roi des Romains : désormais sa candidature doit rallier tous ceux qui repoussent en Richard de Cornouailles l’influence de la politique anglaise. Aussi un certain nombre de seigneurs et de villes d’Allemagne ne tardent pas à le reconnaître ; il reçoit aussi les hommages de quelques seigneurs dont les domaines séparent la France de l’Allemagne : celles des ducs de Brabant, de Lorraine et de Bourgogne, du comte de Flandre, enfin de la ville de Besançon qui d’ailleurs va bientôt passer au parti de Richard. En même temps Alphonse mène activement ses négociations dans le nord de l’Italie où il peut compter sur  l’adhésion de nombreux gibelins. Dans le royaume de Bourgogne-Provence, Alphonse ne peut se flatter d’obtenir l’aide du comte de Savoie ni du comte de Provence. Les seigneurs de moindre importance et les prélats demeurent indifférents : seul Albert de la Tour du Pin, le même qui jadis avait recherché les bonnes grâces de Frédéric II, se tourne du côté du roi de Castille. Albert est le chef d’une famille destinée à faire quelque bruit au siècle suivant : en effet, son fils Humbert devait être la tige de la dernière race des souverains indépendants du Dauphiné ; Alphonse le récompense de son hommage en le nommant sénéchal du royaume de Bourgogne-Provence.

 

Deux ans plus tard, au moment où il médite une expédition en Allemagne, c’est encore à Albert de la Tour qu’il s’adresse pour lui annoncer son prochain voyage et lui demander de l’accompagner et de lui gagner des partisans.

                                                        

Une fois affermie son autorité en Provence, Charles d’Anjou peut passer à la réalisation de ses grands desseins sur Naples et la Sicile. Pour les accomplir il lui faut d’immenses ressources d’argent : aussi, comme il s’agit de l’affaire de l’Église, le clergé dans toute la France accorde au pape un décime pour trois ans. De même, dans tout le royaume de Bourgogne-Provence, le clergé contribue aux frais de l’entreprise de Charles d’Anjou. C’est un pas en avant, et non des moins importants, dans la voie qui va conduire à l’union du royaume de Bourgogne-Provence à celui de France. Désormais la cour romaine n’oubliera pas ce précédent ; et en dépit de l’opposition de l’Empire, elle fera souvent appel au clergé du royaume de Bourgogne-Provence, en même temps qu’au clergé français, pour des affaires qui concerneront autant la politique française que les intérêts généraux de l’Église.

 

 

Même dans sa famille, Charles d’Anjou avait rencontré de graves difficultés ; longtemps il avait eu à lutter contre sa belle-mère, Béatrice de Savoie, veuve de Raymond Bérenger, qui l’accusait d’avoir lésé ses droits lors du règlement de la succession de Provence. Le roi Louis IX, gendre de Béatrice et frère de Charles, est tout naturellement désigné pour concilier ce différend : de concert avec les légats du pape Alexandre IV, il y travaille activement et réussit à y mettre fin par une sentence arbitrale que lui-même et les légats rendent à la fin de l’année 1256. La sentence, qui est ratifiée par Henri III, autre gendre de Béatrice, détermine l’étendue des droits qui doivent être attribués à titre de douaire à la veuve de Raymond Bérenger. Ce document contient une allusion à une autre querelle qui, sans la sage intervention du pape et du roi de France, n’eût pas manqué, vers cette époque, de mettre en feu la Provence et le Dauphiné. Presque depuis le commencement du siècle les dauphins de Viennois prétendent avoir acquis le Gapençais des comtes de Forcalquier. On sait que depuis lors, le comté de Forcalquier ayant été uni à celui de Provence, Charles d’Anjou se trouvait être le représentant des anciens seigneurs du Gapençais ; à ce titre il contestait la prétention du dauphin Guigues VII. A la fin de l’année 1256, le conflit en est arrivé à une période aiguë ; Charles d’Anjou menace, pour se faire justice, d’attaquer les domaines du Dauphin. Il faut tout le poids de l’autorité du pape et du roi pour l’arrêter : Alexandre IV va même jusqu’à ordonner aux archevêques d’Embrun, de Vienne et d’Aix, et aux évêques de Grenoble et de Gap, de prêter assistance à Guigues contre toute agression.

 

Enfin les deux parties consentent à accepter un compromis : l’affaire est remise à la décision de Barral de Baux, arbitre choisi par le comte de Provence, et de Jean de Bernin, archevêque de Vienne, personnage universellement respecté, sur lequel porte le choix du Dauphin.

 

En juillet 1257, les arbitres rendent leur jugement qui maintient le Gapençais au Dauphin à charge d’en faire hommage au comte de Provence.

Ce ne sont pas les seules occasions où le roi Louis IX agit comme médiateur dans les querelles qui divisent les seigneurs du royaume de Bourgogne-Provence pourtant  dépendant de l’empire. En 1268, le dauphin Guigues VII et le comte Philippe de Savoie se font une guerre motivée, entre autres causes, par des discussions sur le Faucigny, que Béatrice de Thoire, alliée du comte de Savoie, réclame à la Dauphine, petite-fille par sa mère d’Aymon de Faucigny. Ici encore l’intervention de Louis IX est acceptée, sinon demandée ; au commencement de 1260, des négociations se poursuivent à Sciez par les soins de deux arbitres, l’un Pierre de Bagé, clerc du roi et de la reine de France et délégué de Louis IX, l’autre, Aymon, évêque de Genève.

                                                              

 

Vers la même époque, un conflit s’étant élevé entre les bourgeois de Lyon et le chapitre, c’est encore le pape et le roi de France que les deux parties chargent de terminer le différend. Si Louis IX est partout considéré l’incarnation de la justice, si partout on vante son amour de la paix, c’est qu’il ne se borne pas à montrer ces vertus lorsqu’il s’occupe des affaires d’autrui ; lui-même les met en pratique pour le gouvernement de ses propres affaires. Viviers, sise sur les bords du Rhône, au pied des montagnes du Vivarais, relève officiellement de l’Empire ; mais, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale la traitent volontiers comme si elle eût été française. « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, écrit Clément IV à Louis IX le 9 novembre 1265, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de  Louis IX, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France. Bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis.

Les représentations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de Louis IX, ses officiers royaux s’abstiennent de leurs entreprises.

Cet incident permet de juger du discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration française : il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois.

 

Si l’Empire oublie le royaume de Bourgogne-Provence, il faut avouer que ce royaume le lui rend bien ; de plus en plus on sent que ces régions sont passées sous l’influence dominante des Capétiens. Les agents du roi poursuivent, par la force des choses, leur œuvre d’annexion, dans laquelle ils sont dirigés moins par les instructions de Louis IX que par les traditions déjà invétérées dans l’administration. C’est d’ailleurs un trait caractéristique de la politique du roi de France Louis IX qu’en général il a plutôt à contenir qu’à exciter le zèle de ses baillis et de ses sénéchaux.

                                                                                                               

Après la mort de Louis IX, c’est son fils Philippe le Hardi qui devient roi.

Quand au printemps de 1271, Philippe le Hardi  passe à Lyon, ramenant avec lui les précieux restes de son père mort à la croisade, les bourgeois, toujours en lutte avec le chapitre primatial, se déclarent ouvertement soumis à la juridiction du roi de France  et le sollicitent de les prendre sous sa garde spéciale. Philippe accueille cette demande par un acte du 1er mai 1271 ; en échange de sa protection et de sa suzeraineté, les Lyonnais s’obligent à lui payer annuellement un impôt qui, levé par eux, devait être versé entre les mains du bailli de Macon.

En vain les partisans du chapitre protestent ; l’amende qu’un arrêt du Parlement inflige, le 8 novembre 1271, à ceux d’entre eux qui avaient osé maltraiter les sergents royaux, leur fait comprendre ce qu’il coute d’insulter le pouvoir nouveau. Mais  Philippe le Hardi ne pousse pas jusqu’au bout ces premiers avantages : quand, en 1272, après une longue vacance, l’Église de Lyon reçoit comme nouvel évêque le dominicain Pierre de Tarentaise, cet avènement  amène une certaine détente dans la situation, Mais un résultat important est acquis ; pour la première fois la royauté française a pris en main la cause des bourgeois de Lyon : Philippe le Hardi, en faisant cette démarche devant laquelle son père avait toujours reculé,  jette la semence de la moisson que  recueillera Philippe le Bel. En même temps, du côté du Vivarais, les officiers royaux reprennent les entreprises dont, bien malgré eux, ils avaient dû s’abstenir pendant les dernières années du règne de Louis IX : à Viviers, comme à Lyon, on sait que le saint roi n’est plus là pour retenir ses fonctionnaires et ses partisans, et que désormais les excès de zèle seront permis, sinon encouragés, quand ils auront pour résultat l’agrandissement du royaume. Poussé sans doute par le clergé de Viviers Grégoire X doit renouveler en 1272 les protestations de Clément IV. Profitant de l’abaissement de l’empire pendant le Grand Interègne, le roi  Philippe le Hardie pratique  la politique d’empiétements progressifs mise en pratique par ses officiers. Mais cette politique ne suffit pas pour autant à son oncle Charles d’Anjou, ennemi juré des Hohenstaufen et des Gibelins. Pendant que le dernier descendant de Frédéric II, Enzius, lègue son vain titre de roi de Bourgogne-Provence aux représentants de la maison de Souabe, Alphonse de Castille et Frédéric III de Thuringe, le comte de Provence pense à faire élire son neveu Philippe le Hardi roi des Romains, et à confisquer ainsi l’Empire au profit de la France et du parti Guelfe. Si Alphonse de Castille réussit à rallier, autour du marquis Guillaume de Montferrat, tous les Gibelins et tous les ennemis de Charles d’Anjou dans le nord de l’Italie, et parmi eux le jeune Thomas, fils du comte Thomas II de Savoie, il ne trouve guère d’appuis en Allemagne et en Italie ou tout ce qui suit Charles d’Anjou lui est hostile. 

 

Le nouveau pape, Grégoire X, n’est nullement enclin à se faire le soutien d’Alphonse ; il n’a d’autre rêve que d’apaiser les dissensions de la chrétienté pour la lancer toute entière sur l’Islam ; aussi veut-il un empereur qui peut se mettre à la tête de l’Europe unie pour la conduire à la croisade ce qu’il ne peut attendre d’Alphonse. En outre, favoriser Alphonse, c’est rompre avec Charles d’Anjou. Aussi, par une lettre du 16 septembre 1272, Grégoire X décline les propositions que le roi de Castille a cru devoir lui adresser. C’est alors que Charles d’Anjou juge bon d’intervenir. Nul plus que lui n’a intérêt à écarter de l’Empire, Alphonse. S’il faut dans la Péninsule une autre influence que la sienne propre, Charles ne peut guère s’accommoder que de celle de son neveu Philippe le Hardi. Aussi c’est lui qui, pour atteindre ce but, réussit à obtenir de Philippe l’envoi de deux ambassadeurs chargés de sonder les intentions du Saint-Siège et de pressentir l’accueil que la cour de Rome réserve à la candidature française.

C’est à Florence, où les affaires politiques italiennes appellent en même temps le pape et Charles d’Anjou que les envoyés français peuvent s’acquitter de leur mission. Mais le pape ne se reconnaît point le droit de conseiller à un autre prince de prétendre à la couronne impériale. Laissant le pape, les ambassadeurs reviennent auprès de Charles d’Anjou, qui, sans se décourager, leur confie le soin d’exhorter son neveu à poursuivre activement le succès de sa candidature.

 

MAISON DE HABSBOURG   /  HAUS VON HABSBURG

                                                     

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 18:50

 

Le Grand Interégne ( 1250-1273)

 

.Henri le Raspon (1204 à 1247), anti-roi des Romains de 1246 à 1247

Landgrave de Thuringe

Fils du landgrave Hermann Ier de Thuringe  et de sa seconde épouse Sophie, fille du comte Othon de Bavière.

.Conrad IV / Konrad  IV  (1228-1254),  roi des Romains / römisch-deutscher König  de 1237 à 1254,  roi de Sicile / König von Siclien  (1250-1254), roi de Jérusalem / König  von Jerusalem (1228-1254), duc de Souabe / Herzogtum von Schwaben (1235-1254).

Fils de Frédéric II Hohenstaufen et de Yolande de Brienne, il épouse Élisabeth de Bavière en 1246 laquelle lui donne un fils, Conradin (1252-1268), futur duc de Souabe.

Suite à la déposition de son frère Henri VII, il est élu roi des Romains en 1237 mais il se voit opposer un anti-roi, le landgrave de Thuringe Henri le Raspon, qui le vainc à la bataille de la Nidda en 1246, mais décède en 1247. Guillaume II de Hollande  devient le nouvel anti-roi. Conrad IV n'arrive finalement pas à dominer la Germanie. Son règne en tant que roi des Romains est contesté par Guillaume II de Hollande puisque le pape Innocent IV combat son élection en soutenant Guillaume II. Il fait d'ailleurs prêcher une croisade contre lui.

 

Conrad meurt en 1254, quatre ans seulement après son père.

 

.Guillaume II de Hollande (1227 à 1256), roi des Romains de 1247 à 1256

comte de Hollande

 

Grâce au soutien de son oncle Henri II, duc de Brabant et archevêque de Cologne, il est élu roi des Romains le 3 octobre 1247, après la mort d'Henri le Raspon.

                                                            

Pendant cette période du Grand Interègne se poursuit le mouvement d’affranchissement des serfs des villes commencé au début du règne des Hohenstaufen qui aboutit à la création de Communes Bourgeoisiales constituées des personnes redevenues libres habitant les bourgs d’où le nom de bourgeois. Autour de l’ensemble cathédral, noyau épiscopal fortifié de certaines villes, le « bourg » s’est établi : c’est là que la riche bourgeoisie commerçante a lancé les tours de ses hôtels. Au-delà de son enceinte de protection, vient le « faux bourg ». Au fur et à mesure, l’ensemble se réinsère ou non dans de plus vastes remparts ; les grandes villes voient se créer des universités près des cathédrales, marquant le lien avec le pouvoir du noyau épiscopal. La bourgeoisie est donc intimement liée à l'existence des villes reconnues comme telles par leurs chartes urbaines et il n'y a donc pas de bourgeoisie "hors les murs de la cité" au-delà desquels les habitants  sont des "manants" soumis aux juridictions et aux corvées seigneuriales. Un modeste savetier peut être bourgeois d'une ville parce qu'un de ses ancêtres y a acquis ce droit héréditaire et être membre de ce fait d'une corporation, de la milice urbaine, du corps municipal, alors que dans cette même ville un riche financier né à la campagne ne peut y être qu'un simple habitant sans aucun droit politique et ne pouvant de ce fait pas se désigner dans les actes juridiques comme "bourgeois" de cette ville ni jouir des privilèges par exemple de juridiction réservés aux "bourgeois".

Parmi les chartes que les villes obtiennent de leurs seigneurs, les unes donnent aux bourgeois le droit de se gouverner eux-mêmes et font des villes de véritables républiques indépendantes; les autres leur accordent seulement des garanties contre l'arbitraire et fixent le maximum des impôts, des jours de corvée, des amendes. On donne aux  seules villes tout à fait indépendantes le nom de communes, aux autres celui de villes de bourgeoisie.

 

Désormais dans plus en plus de villes épiscopales, les Communes Bourgeoises ne relèvent plus du pouvoir temporel du prince-évêque qui voit son pouvoir temporel non pas disparaitre mais se restreindre à un territoire amputé de celui de la Commune qui entre souvent en conflit avec lui. Souvent également  le propre chapitre cathédral composé de chanoines possédant eux-mêmes personnellement en tant que seigneurs un certain pouvoir temporel rivalisent avec l’évêque lui-même favorisant les visions autonomistes des Communes bourgeoises et les ambitions souverainistes du roi de France qui est trop content de les prendre sous sa protection notamment quand l’empereur soutient le pouvoir comtal de l’évêque. En revanche, notamment quand l’empereur décide de soutenir également les Communes contre l’évêque, certaines notamment de ces villes épiscopales passent de la souveraineté de leur seigneur l’évêque à celle de l’empereur en devenant ville impériale disposant de l’immédiateté impériale c'est-à-dire relevant de sa justice et disposant d’un siège à la diète impériale telles Strasbourg, Lyon, Besançon ce qui n’est pas le cas dans le royaume de France  où un tel statut de Ville Libre Royale ne se développe pas.

 

L’interrègne n’est pas fait pour augmenter dans ces contrées le respect de à la majesté impériale. Néanmoins comme en plus d’une matière les privilèges impériaux créent une sorte de légitimité, on y a recours pour régulariser des situations équivoques ou légitimer des usurpations évidemment iniques : par exemple, en 1281, Raymond Ier de Baux, prince d’Orange, ordonne par testament de restituer aux habitants des rives du Rhône une somme considérable représentant les recettes du péage du sel qu’il avait injustement prélevées ; or l’iniquité consistait en ce que le péage avait été perçu avant d’être autorisé par l’empereur. L’empire apparait encore comme un idéal d’organisation et de justice et c’est à cela qu’il doit le prestige qui lui reste.

 

Après la mort de Frédéric II, Guillaume de Hollande se rend à Lyon pour y rencontrer le pape Innocent IV et célébrer avec lui les fêtes de Pâques de l’année 1251. Le Jeudi Saint le pape sort de Lyon pour aller porter sa bénédiction à la multitude rassemblée dans une immense plaine. Le lendemain vendredi le roi des Romains et sa suite assistent à la fonction pontificale. Passé les fêtes, le mercredi de Pâques 19 avril 1251, le pape et le roi quittent Lyon ; Innocent, accompagné de sa cour, s’embarque sur le Rhône qu’il suit jusqu’à Orange pour aller ensuite à Marseille et à Gènes ; maintenant que le terrible ennemi de l’Église Romaine est vaincu, la  papauté peut, après sept ans d’exil, rentrer en Italie.

 

De son côté Guillaume regagne l’Allemagne par la Franche-Comté. Son retour est marqué par une tentative qui, si elle eût été couronnée de succès, eût pu donner un point d’appui à l’action de l’Empire dans le sud-est de la France. Le comte palatin Hugues de Bourgogne a réuni sur sa tête, par son mariage avec Alix de Méran, les droits des deux branches de sa famille mais se trouve alors en lutte ouverte avec son père, Jean de Chalon, le descendant de la branche cadette des palatins, qui, sous l’influence d’une seconde femme, oublie ses sentiments paternels. Guillaume de Hollande profite de la nécessité où se trouve Jean de Chalon pour conclure avec lui un arrangement favorable à tous deux : Jean promet au roi des Romains son assistance et un prêt de dix mille marcs d’argent, en échange desquels il reçoit en gage les droits de l’Empire à Lausanne et à Besançon, et est autorisé à battre monnaie à Salins. Outre les avantages matériels qu’il retire de cette négociation, c’est un succès pour Guillaume que d’avoir été reconnu par un seigneur aussi considérable que Jean de Chalon : peut-être même, par son intervention dans les affaires du Comté de Bourgogne, parviendrait-il à se ménager dans ces régions une autorité qui lui permettrait ensuite de faire sentir son influence sur les provinces du royaume d’Arles peu éloignées de la Bourgogne. En tous cas, le roi des Romains travaille à se faire des amis en Dauphiné et en Provence. L’ancienne politique des empereurs, qui avait si bien réussi à Barberousse au siècle précédent, consiste à s’attacher le clergé par de nombreuses concessions de privilèges ; évêques et abbés aiment à se placer sous la dépendance immédiate de la couronne impériale, espérant ainsi se soustraire à l’oppression des seigneurs laïques, qui, sous prétexte d’avouerie ou pour tout autre motif, commettent à l’égard des Églises d’incessantes déprédations. Un moyen s’offre à Guillaume de Hollande de nouer des relations avec les évêques du midi de la France ; il ne le laisse pas échapper.

 

Henri de Suse est alors archevêque d’Embrun ; possédant la confiance d’Innocent IV, il a dû quitter sa résidence pour le service de l’Église et du roi des Romains ; c’est évidemment par lui que Guillaume de Hollande peut se mettre en rapport avec les évêques de la Provence et du Dauphiné. Plusieurs diplômes, tous de l’année 1251, attestent cette tendance de la politique du roi des Romains : l’un d’eux reconnait et énumère les droits de l’archevêque d’Embrun et la juridiction temporelle qui lui appartienne sur des territoires sis dans les diocèses d’Embrun, de Gap et de Turin. Le roi des Romains lui concède en outre des privilèges très étendus tels que le droit d’accorder des lettres de légitimation, et celui de créer des notaires et tabellions. Ces divers actes irritent vivement le comte de Provence, Charles d’Anjou, fort peu disposé à reconnaître les prétentions des empereurs sur ces contrées.

  

Cependant Thomas de Savoie, veuf de la comtesse Jeanne de Flandre, l’un des membres importants d’une des familles les plus puissantes et les plus ambitieuses du royaume de Bourgogne se rapproche de Guillaume de Hollande. De retour dans son pays d’origine, il a été investi des domaines de sa famille en Piémont, pour les tenir en fief de son frère aîné Amédée IV, comte de Savoie : titulaire de droits mal définis, encore moins reconnus, en lutte avec des adversaires tels que l’évêque et les habitants de Turin ou les bourgeois d’Asti, Thomas  a, suivant les exigences de ses intérêts, oscillé jusqu’alors entre les deux grands partis qui se disputaient la péninsule italienne à la fin du règne de Frédéric II. Ainsi avait-il abandonné l’amitié du pape Innocent IV pour suivre son frère Amédée dans les rangs des défenseurs de Frédéric II, qui, en récompense, avait comblé les deux frères des faveurs les plus libérales. De nombreux diplômes rendus par l’empereur à Verceil, vers la fin de l’année 1248, avaient conféré à Thomas, comme fiefs impériaux, Turin, ses ponts et ses forteresses, Moncalieri, Ivrée, Castelvecchio et plusieurs châteaux ou bourgs, les péages et autres droits de l’Empire dans le comté de Piémont et la qualité de vicaire impérial dans ces contrées : quelques diplômes de l’année 1249 complétèrent ces concessions. Malheureusement le prestige des chartes de Frédéric II était loin de suffire à faire tomber les résistances des adversaires du comte Thomas. Aussi cherche-t-il d’autres appuis ; dès que se répand la nouvelle de la mort de Frédéric II, il se hâte de revenir au parti d’Innocent IV. En tous cas, quelques mois après la mort de l’empereur, Thomas de Savoie, absous des censures que lui avait fait encourir son alliance avec l’empereur, épouse la nièce du pape, Béatrice, fille du comte de Lavagne.

 

Bientôt il offre son hommage au roi des Romains, Guillaume de Hollande, qui, trop heureux sans doute d’être reconnu par un personnage aussi considérable, l’en récompense en lui confirmant les privilèges et les fiefs que lui a accordés Frédéric.                                                        

Toutefois ni Turin ni Asti ne se montrent plus respectueuses des volontés de Guillaume qu’elles ne l’avaient été des ordres de Frédéric II ; Thomas doit entreprendre en 1255 contre ses adversaires une guerre qui se termine par un désastre : fait prisonnier par ses ennemis, jeté dans un cachot de Turin et chargé de fers, il se résigne, après une longue captivité, à accepter les conditions les plus dures ; encore ne doit-il sa liberté qu’à l’intervention opportune des rois de France et d’Angleterre, qui tous deux, par leur mariage, étaient devenus ses neveux.

  

Peu de temps avant sa mort, Guillaume  témoigne sa faveur à un frère du comte Thomas, le célèbre Pierre, dit le Petit Charlemagne ; le justicier général du Saint Empire, Adolphe de Waldeck, au nom du roi des Romains, avait confié à Pierre la protection de la Bourgogne, et plus particulièrement de Berne et de Morat, menacés par les entreprises du comte Hartmann de Kybourg   .

 

Guillaume de Hollande meurt  en 1256.

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:26

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(suite 3) 

.FREDERIC II  /  FRIEDRICH   II  (1194-1250),                                                    empereur / kaiser de  1211 à  1250                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

En revanche, l’Église romaine concède à Raymond Bérenger les sommes provenant, en Provence, du rachat des vœux des Croisés ; elle y ajoute le quart de la subvention qu’elle demanderait aux Églises de l’Empire dans les provinces d’Aix, d’Arles, d’Embrun, de Tarentaise, de Lyon, de Vienne et de Besançon. Le Pape approuve ces concessions de son légat et l’exhorte à accroître le plus possible les ressources pécuniaires du comte de Provence, de l’archevêque et des bourgeois d’Arles. Après avoir pourvu aux nécessités de la lutte, le légat poursuit sa route et se rend auprès de saint Louis auquel il dépeint les projets coupables de Frédéric,

 

L’empereur réagit et par  une lettre du mois de décembre 1239 met le comte de Provence au ban de l’Empire et prononce la confiscation de ses biens dont Forcalquier doit être distrait pour être donné au comte de Toulouse.

 

En même temps, sans doute pour remplir les caisses de la commune, Frédéric accorde à ses fidèles Avignonnais le droit de frapper de nouvelles monnaies que chacun serait tenu d’accepter comme les autres monnaies en cours dans le royaume d’Arles et de Vienne.

 

 En 1240, Frédéric II continue de consolider son pouvoir dans son royaume de Bourgogne-Provence en demandant au comte Raymond VII de Toulouse d'intervenir militairement  contre le comte Raimond Bérenger IV de Provence et Jean Baussan, archevêque d'Arles. Une campagne nouvelle commence donc , au printemps de 1240, contre le comte de Provence et les Arlésiens ; elle est dirigée par le comte de Toulouse et le vicaire impérial, Bérard de Lorette que secondent de nombreux seigneurs et d’importantes cités : les comtes de Comminges et de Rodez, Dragonet de Montauban, le seigneur de Lunel, Barral de Baux, Aymery de Clermont et beaucoup d’autres nobles du Languedoc ou de la Provence, qu’accompagnent les contingents fournis par Avignon et Marseille. Les alliés saisissent les biens des Églises à Avignon et dans le Comtat, pillent les domaines du comte de Provence et des Arlésiens, s’emparent de vingt châteaux et mettent le siège devant Arles, qui résiste avec succès à leurs tentatives.

Mais le roi de France Louis IX et le roi d’Angleterre Henri III entendent défendre leur beau-père Raymond Berenger. Louis IX  envoie vers la région un corps d’armée dont l’apparition met un terme aux entreprises du comte de Toulouse. Ni Frédéric, ni le comte de Toulouse ne tiennent à se brouiller avec le futur saint Louis. Aussi, l’empereur donne quelques explications diplomatiques, et le comte de Toulouse, suspend la lutte du côté de la Provence.

 

Sur ces entrefaites, l’empereur remplace Bérard de Lorette par Gautier, comte de Manupello, qui porte le titre officiel de vicaire général du Saint Empire.  L’un de ses premiers actes est rendu en faveur des consuls et des bourgeois de Gap ;  le 5 août 1240, ils s’engagent à fournir à l’empereur les services féodaux qui lui sont dus à raison des terres de l’Église de Gap. En revanche, l’empereur promet de respecter ces domaines et tous leurs privilèges : combinaison étrange où les bourgeois se substituent à l’évêque pour la prestation de services féodaux dus à l’Empire à l’occasion du temporel de l’Evêché. Le vicaire impérial ajoute à cette promesse une confirmation du consulat, de la juridiction et des libertés de Gap : en échange de ces faveurs, les bourgeois doivent prêter serment de fidélité à l’empereur, nouvelle preuve de l’alliance qui tend à se former entre les communes et le pouvoir impérial : Gap devint ainsi, en théorie du moins, « une ville libre immédiate; entre les bourgeois et l’empereur l’intermédiaire de l’évêque est supprimé.

 

De Gap, le comte de Manupello se rend à Avignon où, depuis la mésaventure de Bérard de Lorette, Raymond VII exerce, au nom de l’empereur, les fonctions de podestat. Les Impériaux semblent à ce moment éprouver quelque défiance à l’égard du comte de Toulouse. Raymond  veut conserver les fonctions qu’il exerce à Avignon ; mais, sans tenir compte de ses protestations ni des services rendus par lui à la cause impériale, le vicaire de l’Empire l’en dépossède et prend lui-même la direction des affaires de la cité.

 

A cette époque, entre Raymond VII et les vicaires impériaux, se poursuit une sourde lutte alimentée par une jalousie réciproque ; sans aucun doute, les chefs du parti hostile à l’Église sont alors profondément divisés, circonstance favorable aux efforts de la diplomatie pontificale ; le cardinal Jacques de Préneste et son vicaire Zoën ne manquent pas d’en profiter. Raymond VII, en mauvaise intelligence avec les Impériaux, estime nécessaire pour  reconquérir  une partie de ses Etats, de s’assurer une certaine liberté d’action du côté de l’Église et du comte de Provence ; entre 1240 à 1241,à la suite de longues négociations conduites par le comte de Toulouse, tant à la Cour de France qu’auprès des seigneurs du Midi, il se rapproche de l’Église et, pour en obtenir l’absolution, il s’oblige à lui venir en aide dans sa lutte contre Frédéric II.  En outre, il se réconcilie avec Raymond Bérenger et contracte alliance avec lui ainsi qu’avec le roi Jacques d’Aragon ; il compte demander la nullité de son mariage avec Sancie d’Aragon pour épouser une des filles du comte de Provence qui porte aussi le nom de Sancie, et qui, plus tard, après l’échec de ce projet, devait se marier à Richard de Cornouailles : ainsi Raymond VII cherche dans l’alliance du comte de Provence les avantages qu’il n’a pas trouvés en le combattant.

 

Ceci l’amène également à faire la paix avec l’archevêque d’Arles ; le 30 mai 1241,  il lui rend hommage pour Beaucaire et la terre d’Argence. Toutefois, quand il s’agit de tenir ses engagements envers le comte de Provence, Raymond VII ne s’exécute que de très mauvaise grâce ; en fait le comte de Toulouse joue double ; il oscille entre deux alliances d’une part, celle de l’empereur et des adversaires de l’Église, d’autre part, celle de la papauté et du comte de Provence.

 

Cependant,  les campagnes  militaires en Italie de Frédéric sont couronnées de succès ; au cours de  la fameuse bataille de Meloria, gagnée sur les Génois, le 3 mai 1241, par une flotte de Pise, alliée fidèle de l’empereur, plusieurs prélats d’outremonts qui se rendent, sur les vaisseaux de Gênes, au Concile convoqué par Grégoire IX, sont tués ; beaucoup sont faits prisonniers dont l’archevêque de Besançon ; l’archevêque d’Arles  réussit à s’échapper et  à regagner Gênes, d’où il revient en Provence.

 

La guerre se rallume entre Raymond VII et le comte de Provence ; mais cette reprise des hostilités ne dure guère. Tout le Midi est fatigué de la lutte ; peu à peu les adversaires de l’Église se détachent de leur parti.

En 1242, l'empereur Frédéric II nomme conjointement Henri le Raspon, Landgrave de Thuringe et le roi Venceslas Ier de Bohême procurateur impérial pour la Germanie, chargés de son fils Conrad IV encore mineur (14 ans).

En 1243, Sancie de Provence la troisième fille du comte de Provence  Raymond-Bérenger  promise au comte de Toulouse Raymond VII épouse en 1243 Richard de Cornouailles, le frère du roi d'Angleterre, futur  roi des Romains.

L'accord de cette union est fait à Montpellier, en présence de Jacques Ier d'Aragon.                                                                

En même temps, Marseille obtient de son évêque l’absolution et conclu sa paix avec Raymond Bérenger. Bien plus, le 29 juin 1243, l’archevêque d’Arles étant à Beaucaire, proclame entre les deux comtes une trêve qui devait prendre fin à la prochaine fête de la Toussaint. Ainsi, Frédéric se voit privé de ses principaux appuis : Arles, Avignon, Marseille, le comte de Toulouse font successivement défection. L’Église l’emporte et  Raymond VII  obtient fin 1243 l’absolution du nouveau pape Innocent IV, pour s’employer ensuite à de longues et infructueuses négociations entre l’empire et la papauté.

  

Le pape estime qu’un nouveau concile est nécessaire pour terminer le procès intenté contre l’empire ; la situation  en Italie n’étant pas sûre, il décide de transporter sa cour à Lyon dont les liens avec l’empire sont déjà largement distendus et qui bénéficie de la proximité du royaume de France.

 

A la fin de novembre, le pape entreprend le pénible voyage d’Italie en France, à travers les États du comte de Savoie ; il franchit à grand-peine le Montcenis, suit la vallée de l’Arc, s’arrête à l’abbaye cistercienne de Hautecombe sur le lac du Bourget, et arrive, le 2 décembre, à Lyon. Les comtes de Toulouse et de Provence viennent à Lyon ainsi que la plupart des évêques du Royaume de Bourgogne-Provence.

 

Frédéric continue de s’efforcer de se créer des partisans nouveaux parmi les seigneurs laïques, afin de mieux lutter contre cette hiérarchie qui avait été le soutien naturel de ses prédécesseurs. Dès le mois de juillet 1245, il accorde en fief à Imbert de Beaujeu une pension annuelle de cent marcs d’argent à prendre sur la Chambre impériale. En septembre, il confirme un péage à Albert, seigneur de la Tour du Pin.

 

Le 17 juillet 1245, au concile de Lyon, le pape Innocent IV fait proclamer la déposition de Frédéric II de ses titres d'empereur et de roi. Il délie tous ses sujets de leur fidélité au souverain excommunié. L’empereur veut alors, pour frapper ses ennemis au cœur, occuper  avec une armée, la ville de Lyon où la Cour pontificale continue de résider. Il prévoit de passer par la route du Montcenis ouverte depuis que le comte de Savoie Amédée IV, rompant ses attaches avec le parti pontifical, est venu, en juillet 1245, lui présenter ses hommages à Turin.

 

Raymond Bérenger meurt le 19 août 1245, laissant ses domaines à sa quatrième et dernière fille Béatrice de Provence. Frédéric lui propose d’épouser son fils Conrad ; le comte de Toulouse Raymond VII envisage un tel mariage mais c’est en définitive le roi de France Louis IX qui obtient de marier l’héritière de Provence avec son frère Charles d’Anjou.

 

De son côté le pape pour enflammer l’indignation des masses, enjoint aux évêques de faire publier chaque dimanche, à son de cloches, l’excommunication portée contre Frédéric II et leur recommande de faire connaître au peuple, par des prédications multipliées, les crimes commis par Frédéric et sa rage à persécuter l’Église.

 

Contre le parti impérial qui n'accepte évidemment pas sa décision et la conteste juridiquement, le pape cherche des concurrents à son adversaire, et pousse les électeurs ecclésiastiques, l'archevêque de Cologne Conrad de Hochstaden et celui de Mayence, Siegfried III, à élire un nouveau Roi des romains.

Le 22 mai 1246 à Veitshöchheim près de Würzbourg, Henri le Raspon est élu roi des Romains par une minorité d'électeurs s'opposant ainsi à son ancien suzerain comme à son ancien protégé.                                                                                                              

 

Le 5 août 1246, Henri le Raspon défait près de Francfort sur la Nidda son rival Conrad IV. Il tient par la suite deux diètes à Francfort et Nuremberg. Conrad IV et son parti ne s'avouant pas vaincu, il mène campagne en Souabe. Blessé dans une escarmouche à Reutlingen, il se retire au château de Wartbourg et y meurt le 16 février 1247.

 

En cette année1247, le comte de Savoie Amédée IV reste un chaud partisan de l’empereur ; il est convenu que Manfred, le fils de Frédéric et de Bianca Lancia, épouserait Béatrice, fille du comte de Savoie : Manfred recevrait immédiatement de l’empereur toute la terre qui s’étend de Pavie aux Alpes. Le mariage est célébré l’année suivante.

 

Par ailleurs, l’empereur regagne à sa cause le dauphin Guigues VII ; un acte daté de juin 1247 lui confirme toutes ses acquisitions dans les comtés de Gap et d’Embrun et, de plus, lui concède les alleux situés dans ces deux comtés, ainsi que dans les comtés de Vienne, d’Albon et de Grenoble, sauf l’hommage et la fidélité que le Dauphin en devrait à l’Empire. L’avantage n’est pas de médiocre importance, si l’on considère que le Dauphin se trouve  ainsi placé dans la hiérarchie féodale, au-dessus de tous les propriétaires d’alleux, qui cessent d’être ses pairs pour devenir ses inférieurs.

 

Assuré de l’amitié du comte de Savoie, du dauphin et du seigneur de la Tour, l’empereur, donc maître de la route de Lyon,  ordonne à ses vassaux de se trouver à Chambéry au mois de juin 1247, et d’y amener leurs contingents.

A cette époque, l’empereur s’efforce de rallier à sa cause tous les éléments hostiles à l’Église,  il se présente comme le champion du pouvoir séculier contre  l’Église, qui tente d’envahir le domaine temporel ; aussi plus d’un membre de la noblesse française s’arme pour la cause de l’empereur. Le pape prend sans tarder des mesures urgentes pour conjurer l’orage. Il demande  aux prélats de se préparer à défendre le Saint Siège et appel au secours  le roi Louis IX.

 

Finalement l’intervention de l’armée rassemblée par le roi de France est inutile car le soulèvement de la ville guelfe de Parme qui oblige l’empereur à rebrousser  chemin. Quand le pape Innocent IV décide d’envoyer un corps de troupes au secours des Parmesans, le comte de Savoie Amédée IV refuse le passage de même qu’au légat du pape Octavien, chargé de porter aux Lombards les messages et les encouragements d’Innocent IV.

 

Les affaires italiennes retiennent l’empereur dans l’Italie centrale ou en Lombardie, pendant les derniers mois de l’année 1247 et les premiers de l’année 1248 ; il revient en Piémont vers le mois de juillet se rapprochant ainsi des domaines de ses fidèles alliés, les princes de la maison de Savoie. A Verceil il rencontre une nombreuse assemblée de seigneurs acquis à l’empire; à leur tête se trouvent le comte Amédée et son frère, Thomas de Savoie, comte de Flandre. Thomas est nommé vicaire général de l’Empire pour l’Italie du Nord, depuis Pavie jusqu’aux Alpes, et reçoit en outre de nombreux fiefs, parmi lesquels les villes d’Ivrée et de Turin, ainsi que plusieurs châteaux ; en outre, Thomas et Amédée sont investis des pouvoirs de Frédéric, à l’effet d’entamer une nouvelle négociation avec le pape. En même temps, l’empereur accorde au dauphin Guigues une pension annuelle de trois cents onces d’or, payables par le Trésor impérial ; une pension de quinze onces d’or est attribuée à son chambrier.

 

Evidemment l’empereur songe, pour le cas probable où sa diplomatie échouerait à reprendre le projet d’une expédition contre Lyon. A ce moment, la fortune semble se montrer plus favorable à l’empereur dans  son royaume de Bourgogne-Provence. Inquiétées par l’avènement de Charles d’Anjou, dominées par des factions hostiles aux croyances catholiques et à l’influence française, les grandes communes de Provence, Arles, Avignon et Marseille, s’unissent dans une confédération nouvelle. Un mouvement très violent se produit à Arles, où les adversaires du clergé reprennent le dessus : les principaux partisans de l’Église sont emprisonnés ; les factieux se saisissent des domaines des Églises et ravagent ceux du comte de Provence ; l’archevêque Jean Baussan est l’objet de grossières menaces. Les meneurs se tournent naturellement vers Frédéric II, auquel ils envoient des émissaires pour solliciter son appui ; les ennemis de tout ce qui est chrétien et français ont pris, dans le Midi, une telle influence, que les Croisés, compagnons du roi Louis IX, sont insultés lors de leur passage à Avignon et à Marseille. La situation devient si grave, qu’au mois de novembre 1248, les prélats des provinces de Vienne, d’Arles, d’Aix et de Narbonne, tiennent à Valence un Concile présidé par deux cardinaux légats du Saint-Siège, Pierre d’Albano et Hugues de Sainte Sabine.

  

Les condamnations et les prohibitions de ce Concile montrent clairement quels ferments de désordre recèlent alors la région méridionale : sont condamnés ceux qui ne respectent pas les excommunications, ceux qui méprisent l’autorité des inquisiteurs, ceux qui interdisent aux ecclésiastiques le feu et l’eau, les fours et les moulins ; ceux qui assassinent les clercs, s’emparent des biens de l’Église, et ceux qui refusent de jurer la paix et de renouveler ce serment de trois ans en trois ans. Sont frappés des sentences les plus sévères les meneurs qui ont appelé le secours de Frédéric, dont l’excommunication est de nouveau solennellement publiée, ceux qui ont recours à son intervention et font accueil à ses envoyés.

La voix du Concile n’est guère écoutée : à Arles, la faction provençale et française est toujours cruellement maltraitée ; les envoyés de Frédéric reçoivent le serment de fidélité des bourgeois d’Arles et d’Avignon ; en même temps, les sympathies de Raymond VII semblent se porter de nouveau vers la cause impériale. L’empereur est  à la veille de retrouver dans le royaume d’Arles ses anciens appuis, le comte de Toulouse et les communes de Provence, fortifiés de la puissance du Dauphin et du comte de Savoie.

Ainsi, en 1248, le comte de Provence  Raymond Berenger V et l’archevêque d’Arles Jean Baussan sont au côté de Frédéric II à Vérone.                                                   

Le comte de Toulouse Raymond VII meurt le 22 septembre 1249. Alors qu’à la mort de Raymond-Bérenger c’est Charles d’Anjou, qui est devenu comte de Provence, c’est un autre frère du roi de France, Alphonse de Poitiers, qui hérite du comté de Toulouse et du marquisat de Provence.

 

Le légat Pierre d’Albano, au nom de l’Église romaine, se rend alors dans le Comtat Venaissin pour recouvrer cette terre : les représentants d’Alphonse y envoient, de leur côté, le seigneur de Lunel qui peut y servir utilement les intérêts de son maître ; en dépit des prétentions de l’Église, Alphonse porte le titre de marquis de Provence et garde jusqu’à sa mort la seigneurie du marquisat.

Décidément la politique de Louis IX triomphe. Barral de Baux, qui paraissait être dans le Midi le chef des ennemis de l’Église et de la France, ne tarde pas à le comprendre : au printemps de 1250, il vient à la Cour de France, et promet à la régente Blanche de Castille d’employer ses efforts pour soumettre Arles à Charles d’Anjou et Avignon à Alphonse de Poitiers. Les deux villes ne persistent plus longtemps dans la lutte ; peu à peu les résistances du Midi s’évanouissent devant le pouvoir toujours croissant de la maison Capétienne.

 

La mort de Frédéric II, survenue le 13 décembre 1250, consomme dans le royaume d’Arles la ruine du parti hostile à l’Église et à la France ; quand, par une clause de son testament, l’empereur lègue à son fils Henri la couronne d’Arles, il ne lui laisse plus qu’un fantôme de royauté. C’en est pratiquement fini de la suzeraineté réelle de l’empire dans le midi de la France. En définitive, la lutte se termine par la victoire éclatante de la royauté française. Dans la querelle de l’Église avec Frédéric II, alors que beaucoup de ses barons ont pris le parti de l’empereur,  Louis IX futur Saint Louis s’est montré pour l’Église un allié prudent et discret, mais sûr et fidèle, et très résolu à ne point permettre à Frédéric de mettre le pape en servitude. En fait seuls deux grands hommes de la dynastie des Hohenstaufen, Frédéric Ier Barberousse et son petit-fils Frédéric II, auront possédé dans leur Royaume de Bourgogne-Provence une autorité efficace pendant un siècle de 1152 à 1250. Ce n’est vraiment qu’après sa mort qu’en profitant de la période dite du Grand Interrègne qui s’ouvre  au décès de Frédéric II, de 1250 à 1273, pendant laquelle il n’y aura aucun véritable empereur, que les rois de France, tel Philippe le Bel, ayant réussi à passer d’une suzeraineté sur leurs vassaux directs à une véritable souveraineté sur l’ensemble des nobles de leur royaume, pourront s’affirmer véritablement indépendants de l’empereur du moins à l’intérieur de leur royaume ce que les légistes de Philippe Auguste ont commencé d’affirmer par la formule « le roi est empereur en son royaume » laquelle ne signifie nullement que les rois de France  ne reconnaissaient plus, hors du royaume de France, une forme de suprématie de l’empire et ce d’autant moins que plusieurs d’entre eux  tenteront de se faire ultérieurement élire empereur,  certes sans succès.

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:19

 

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( suite 2)

 

.FREDERIC II  /  FRIEDRICH   II  (1194-1250),                                          empereur / kaiser de  1211 à  1250                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

Mais on ne sait si les seigneurs du Midi exécutent cet ordre de leur souverain si ce n’est que vers la fin de l’année suivante, les Etats du comte de Toulouse fournissent un contingent qui se réunit au corps d’armée envoyé par l’empereur et que  Raymond VII prend une part à la campagne dirigée par la Cour pontificale et Frédéric contre les Romains révoltés .L’attitude du comte de Toulouse produit le résultat attendu. Dès le commencement de cette année 1234, Grégoire IX  écrit à son légat Jean de Bernin, archevêque de Vienne, et aux évêques de Provence de ne point se montrer trop sévères pour Raymond VII, fidèle aux exemples d’Innocent III, le Pape cherche  à maintenir l’action de l’Église à l’abri de l’influence des haines politiques et des passions locales.  Mais s’il se rapproche du pape, Raymond obtient en même temps de l’empereur une faveur qui déplait au Saint Siège : un diplôme du mois de septembre 1234 concède en fief au comte de Toulouse, les terres d’empire qui avaient jadis appartenu à la maison de Saint-Gilles et que l’Église détenait depuis huit ans.

                                                        

Frédéric se montre décidément favorable au but que poursuit Raymond VII : se faire restituer les domaines situés sur la rive gauche du Rhône. Or, à ce même moment, le roi de France suit une politique conforme aux vœux du comte de Toulouse. Saint Louis tient sans doute à l’exécution du traité de 1229, tandis que Raymond n’accomplit qu’à contrecœur les clauses de ce traité. Mais pourvu que les grandes lignes de cet arrangement, si favorable à la France, soit respectées, saint Louis est trop modéré et trop généreux pour n’adoucir point le sort du dernier représentant de la maison de Saint-Gilles. L’amener à accepter la situation, à se résigner aux conséquences du traité de Paris, à ne pas chercher à relever sa famille par de folles entreprises, telles devaient sont  les dispositions du saint Roi, Aussi la restitution du Comtat Venaissin répond à ses désirs. Sans compter que les domaines de Raymond  sont destinés à devenir l’héritage d’Alphonse, frère du roi de France,

 

Au mois de mars 1234, Louis IX déclare au pape qu’il ne consent plus désormais à faire garder par ses officiers la terre d’empire située de l’autre côté du Rhône ; il demande très clairement que cette terre soit rendue à son ancien seigneur  mais Grégoire IX oppose encore à cette demande des moyens dilatoires.

 

Toutefois, comme l’empereur et le roi de France reviennent à la charge, Grégoire juge, impossible de s’obstiner. Au début de l’année 1235, il commande  à l’un de ses agents, Pierre de Colmieu, de ne négliger aucun effort pour décider Louis IX et sa mère à laisser au sénéchal de Beaucaire la garde du Comtat Venaissin, qu’il a reçue de l’Église.

  

Pour faire agréer ce parti, il expose au roi les prétentions contradictoires élevées par divers seigneurs ecclésiastiques ou laïques sur les terres du Venaissin et les dangers dont à l’heure présente un changement de régime serait l’occasion. Que si le roi se montre inflexible dans ses résolutions, il faudra bien, au terme des, conventions de 1229, que l’Église reprenne cet importun dépôt ; en pareil cas le représentant du Saint-Siège consultera les prélats de la région pour savoir à qui remettre les terres ainsi abandonnées par Louis IX. Il n’était pas question de les confier à l’empereur ; Le pape s’en tient simplement à l’exécution du traité de Paris, qui annihile l’influence des comtes de Toulouse.

Il s’emploie à faire exécuter une autre clause de ce traité, celle qui stipule  le mariage de l’héritière du comte de Toulouse avec le frère de saint Louis, Alphonse de Poitiers ; par  ce mariage le pape devait porter un coup fatal aux projets chimériques que nourrissait le comte.                                                               

Quelles que fussent les dispositions de l’Église Romaine, il est évident pour tous que le Comtat Venaissin, abandonné par les officiers royaux, doit fatalement faire retour au comte de Toulouse.

 

Après la retraite du roi de France, les représentants du Saint-Siège n’auraient pu trouver aucun seigneur assez puissant pour détenir les terres d’Empire à l’encontre des volontés de l’Empereur et des sympathies du Roi. Pierre de Colmieu n’a d’autre ressource que de confier la garde du marquisat à l’évêque de Carpentras.

En 1234, intervient un événement qui va déterminer l’avenir du comté de Provence, le roi de France Louis IX demande en mariage au  comte  de Provence Raymond-Bérenger IV, sa fille ainée Marguerite de Provence. Deux ans après Éléonore de Provence, seconde fille du comte de Provence fixe son choix sur le  roi Henri III d'Angleterre .Pour sa troisième fille Sancie de Provence, Raymond Bérenger veut pour gendre le comte Raymond VII de Toulouse dont il veut faire casser son second mariage ce qu'il peut sans doute obtenir sans beaucoup de peine, car le pape Innocent IV accorde alors son amitié à Raymond VII à qui il vient de restituer le Comtat Venaissin.

Frédéric II doit revenir en Germanie pour faire face en mai 1235 à la rébellion de son fils Henri qu'il emprisonne. A la fin de 1235,  l’empereur  passe l’hiver à Haguenau où le rencontrent les principaux seigneurs de son  royaume de Bourgogne-Provence ; sont présents  le  comte de Toulouse, le comte de Provence,  le comte Adémar de Valentinois et l’évêque de Viviers.

 

La guerre s’étant rallumée entre le comte de Provence, d’une part, et, d’autre part, Marseille et le comte de Toulouse ; le comte de Provence Raymond Bérenger étant acquis à la cause de l’Église, l’empereur n’hésite pas à jeter tout le poids de son influence du côté de Raymond VII, l’ancien ennemi du clergé. Tandis que le comte de Provence n’obtient que le vain honneur d’être armé chevalier par Frédéric II, l’empereur renouvelle en faveur de son rival l’inféodation du marquisat et lui concède en outre la suzeraineté sur les seigneurs de Lisle en Provence, sur la ville de Carpentras et sur un certain nombre de châteaux du Venaissin. En même temps, comme pour mieux marquer ses tendances hostiles à l’Église, en dépit de sept actes rendus soit par lui-même, soit par son prédécesseur, il déclare nulle l’aliénation de Pertuis, consentie jadis au profit de l’abbaye de Montmajour, et ordonne la restitution de cette ville à Guillaume de Sabran.                                                             

 

Raymond VII, encouragé par les diplômes d’inféodation qu’il a reçus de Frédéric II s’empare de force du marquisat de Provence. Ses troupes sont dirigées par Barral de Baux, son allié et son sénéchal en Venaissin ; Barral est secondé par un gibelin Italien, Torello de Strada, serviteur dévoué de l’empereur et son nonce dans le royaume de Bourgogne-Provence.

 

Face à cette agression, l’Église ne manque pas de se défendre par les armes spirituelles : le 3 janvier 1236, au moment même où Raymond VII se trouve à Haguenau, Jean de Bernin, archevêque de Vienne et légat du Saint-Siège, assisté de nombreux évêques de Provence et du Languedoc, frappe d’excommunication les deux chefs de l’expédition ; les lieux qu’ils détiennent sont soumis à l’interdit.

Peu après  par une bulle datée de Viterbe du 28 avril 1236, Grégoire IX ordonne à l’archevêque de Vienne de sommer le comte de Toulouse de partir pour la Terre Sainte, ainsi qu’il s’y est obligé ; s’il diffère encore d’accomplir ce devoir, le comte est menacé des plus redoutables sentences.

Néanmoins  les années suivantes, le comte exerce librement son pouvoir sur les terres conquises. L’empereur a visiblement pris parti pour l’un des belligérants ; de son côté, Louis IX juge le moment favorable pour offrir de nouveau sa médiation. Tout ce que peut obtenir son ambassadeur, Pierre de Rossay, c’est une trêve de la Trinité au 8 novembre 1236 ; en cas d’infraction à cette trêve, les deux partis acceptent à l’avance comme arbitres l’Empereur et le roi de France.

Cette tentative de pacification ne produit aucun résultat ; à l’expiration de la trêve, les hostilités recommencent de plus belle en Provence : Marseille resserre son alliance avec le comte de Toulouse qui, de son côté, fait expulser l’évêque de Vaison par un de ses officiers, et pour subvenir aux frais de la guerre, rétablit dans le Venaissin ces péages et ces taxes sur le sel contre lesquels avaient si souvent protesté et protestaient encore les papes et les conciles.

 

L’archevêque de Vienne, dont les doléances répétées ne sont pas écoutées de Raymond VII, adresse ses plaintes à Grégoire IX, qui sollicite immédiatement l’appui du roi de France contre son vassal. En même temps, il envoie une sévère réprimande au comte de Toulouse ; il l’invite  une fois de plus à se rendre en Terre Sainte, comme il l’avait autrefois promis. L’action de la Papauté n’est pas inutile ; la guerre cesse pour quelque temps entre les deux comtes ; vis-à-vis du Pape, Raymond VII témoigne d’un repentir auquel, à bon droit, l’archevêque de Vienne semble avoir ajouté fort peu de confiance.

 

La victoire de Frédéric à Cortenuova, où l’armée lombarde est entièrement défaite, encourage les partisans de l’empire. Au commencement de 1238, tandis que Raymond VII détient encore, en dépit des protestations du Pape, des biens appartenant à l’Église d’Arles, par exemple le château de Mornas, ses amis les habitants d’Avignon se mettent entre les mains de l’Empereur auquel ils confient le soin de choisir leur podestat. L’empereur désigne pour cette fonction l’un de ses serviteurs, Génois,  Percival Doria, qui  a déjà rempli cette charge en 1233.  Ce fait marque une recrudescence de l’influence impériale.

 

Dès les années 1237-1238, l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen suit de près les affaires en Provence en nommant un vice-roi en Arles.

 

Dès le mois de février 1238, l’Empereur se rapproche du Piémont ; il vient tenir sa cour à Turin et prépare, de concert avec le comte de Savoie Amédée IV et les grands du royaume de Bourgogne, une expédition qui doit définitivement écraser la résistance des villes lombardes. Bon gré mal gré, les seigneurs ecclésiastiques ou laïques affluent auprès de lui, et en échange de leurs hommages et de leur concours, reçoivent la confirmation de leurs privilèges. Déjà en février, Barral de Baux se fait reconnaître le droit de posséder un péage à Trinquetaille. En mars, arrivent à Turin les représentants du jeune Dauphin Guigues VII, et avec eux les deux frères Jean et Aymon de Bernin, archevêques de Vienne et d’Embrun, les évêques de Grenoble et de Gap. Tout d’abord, deux diplômes sont rendus au profit du Dauphin Guigues VII, encore placé sous la tutelle de sa mère Béatrice de Montferrat : l’un confirme à Béatrice et à son fils un péage en Viennois ; l’autre reproduit les privilèges des Dauphins, jadis reconnus par Barberousse, et déclare que ces seigneurs relèvent immédiatement de l’empereur et de ses légats en Bourgogne. L’empereur accorde également aux prélats les marques de sa faveur mais les actes de l’empereur diffèrent profondément des chartes de ses prédécesseurs et des diplômes précédemment conférés par lui-même.

C’est ainsi qu’il déclare les Dauphins soumis immédiatement à l’empereur et à ses lieutenants ; sous cette phrase, d’apparence inoffensive, est cachée la négation des droits de suzeraineté de l’archevêque de Vienne, auquel cependant le père du Dauphin actuel avait jadis rendu hommage. Quand Frédéric investit par le sceptre l’archevêque de Vienne, Jean de Bernin, il ajoute ces mots, qui ne se retrouvent pas dans les privilèges antérieurs : « Ne vous avisez point de tenter jamais de soustraire ces domaines à l’Empire ».  Barons et prélats rendent leurs hommages à leur suzerain ; mais l’empereur n’est plus, cette fois, disposé à se contenter de vaines formules d’hommages.  Il leur enjoint de venir à lui avec leurs troupes, afin de l’accompagner en Lombardie et de se retrouver  à Vérone pour le mois de mai. Le comte de Savoie prend  les armes pour l’Empereur ; l’évêque Pierre de Grenoble est chargé de conduire les forces de son diocèse : le Dauphin, le comte Guillaume de Genève. Raymond Bérenger, sommé d’envoyer son contingent à l’armée impériale, ne s’exécute que d’assez mauvaise grâce. Le comte de Provence commence par s’excuser, sous le prétexte que la convocation lui est parvenue trop tard pour qu’il lui soit possible de se trouver à Vérone au commencement de mai : l’empereur, retardant d’un mois la date du rendez-vous, répond à ces excuses par une lettre assez ironique, où il s’étonne de la lenteur des messagers du comte : il suppose charitablement que le zèle de Raymond pour les intérêts de l’Empire réparera les conséquences fâcheuses de ce retard. Le comte avait demandé quel nombre de soldats l’empereur attendait de lui ; Frédéric se garde bien de déterminer un chiffre, « pensant, ajoute-t-il, qu’un homme de si grande valeur et d’une foi si excellente, attaché à notre service par une affection spéciale, et porté par les désirs ardents de son cœur à défendre les intérêts de l’Empire ….n’est pas de ceux à qui nous devons fixer les bornes d’une escorte raisonnable. Votre fidélité, continue l’Empereur, me donne l’assurance que, pour avoir part à la gloire de la campagne qui terminera, cet été, la guerre Lombarde, vous viendrez sans hésiter..., oubliant le malheur des temps ... » Il lui cite l’exemple de Pierre de Savoie, son beau-frère, et du marquis de Montferrat qui ont mis toutes leurs forces à la disposition de l’Empire. Enfin, il termine par ce trait : « Nous ne voulons pas vous laisser ignorer que nous attendons des secours considérables de nombreux royaumes des diverses parties du monde.

Nous tenons en effet à ce que la réputation, de nous bien connue, de la maison de Provence, soit justifiée aux yeux de tous ; apparaissez ainsi comme notre favori, objet de l’admiration universelle, fier de votre personne et de vos titres ... Votre messager, à son retour, pourra vous apprendre l’heureux état de nos entreprises, dont vous ne manquerez pas de vous sentir très heureux.»

 

A cette sommation d’une impertinence raffinée, dont le style sarcastique décèle la main de Frédéric II, Raymond Bérenger croit devoir obéir : il vient avec cent chevaliers au camp impérial et prend  part au siège de Brescia.

 

Nulle puissance dans le Midi, ni de l’un ni de l’autre côté des Alpes, ne parait capable de résister à la puissance impériale. De tous côtés les troupes affluent en Lombardie : pour la première fois, cédant aux injonctions du maître et aux efforts du vicaire impérial Spinola, les contingents de Grenoble, d’Embrun, du Valentinois et du Diois rencontrent  sous les drapeaux de l’Empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence.

L’archevêque d’Arles, Jean Baussan, et l’évêque de Marseille, Benoît d’Alignan, ont devancé Raymond Bérenger à la Cour impériale ; ils sont à Vérone dès le mois de juin. Tous deux figurent comme témoins dans un acte où l’empereur promet sa protection à la ville d’Embrun et lui assure le maintien de ses libertés et coutumes.

 

L’empereur se montre de plus en plus hostile à Grégoire IX qui  vient de charger d’une légation en Provence le cardinal Jacques de Préneste qui jadis avait soulevé les ennemis de l’Empire à Plaisance. Frédéric refuse le passage au légat. Sans doute il se déclare prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour déraciner l’hérésie dans cette région, qui appartient à l’Empire mais il n’y veut pas d’un envoyé qui viendrait, non pour apporter la paix, mais pour aiguiser les épées contre les fidèles de l’Empire. Au surplus, si l’empereur combat ouvertement l’Église romaine, il affecte partout de se montrer catholique ; Frédéric renouvelle ses terribles édits d’autrefois contre les sectes hérétiques qui pullulent dans le midi de la France et dans le nord de l’Italie ; par des lettres datées de Vérone, il les promulgue spécialement pour le royaume de Bourgogne-Provence  et donne aux prélats et aux Frères Prêcheurs la charge de veiller à la conservation de la vraie foi.

Malheureusement pour le prestige de l’empereur, le 9 octobre 1238, il doit lever  le siège de Brescia à la grande satisfaction des récalcitrants. Toutefois la chancellerie de l’empereur continue de délivrer des diplômes en faveur d’habitants du royaume de Bourgogne-Provence ; ceux qui sont venus en Italie tiennent à se faire payer de leurs peines. L’empereur concède sa protection aux bourgeois d’Apt ; il confirme le diplôme de Henri VI qui inféodait à Etienne de Villars les péages d’Ambronay et de Trévoux ; il en fait autant pour les péages d’un seigneur de Viennois, Aymard de Groslée, seigneur de Bressieu et de Mont Revel ; il confirme en faveur de Guillaume, élu de Valence, tous les droits et la juridiction de son Église, et révoque les aliénations faites au détriment de cette Église sans le consentement de l’Empereur.

                                                              

Mais le prestige est profondément atteint. Aussi, vers la fin de l’année 1238, le comte de Toulouse donne  satisfaction au Pape. Dès lors, aussi, le Dauphin se rapproche du comte de Provence : des promesses de mariage sont même échangées entre lui et Sanche, qui, plus tard, devient la femme de Richard de Cornouailles. Toutefois, l’empereur n’abandonne point la poursuite de ses desseins : un diplôme de l’année 1239, rendu en faveur de la ville d’Avignon, nous le montre fidèle à sa résolution de chercher contre le clergé des alliés dans les communes. En même temps, il ne cesse point d’entretenir des représentants dans le royaume : Supramonte Lupo, l’ancien podestat d’Arles, qui en novembre était investi des fonctions de vicaire impérial, succède en décembre au comte Bérard de Lorette, originaire de la Marche d’Ancône, qui se paraît du titre de vicaire général du Saint Empire dans le royaume d’Arles et de Vienne.

 

L’une de ses préoccupations les plus graves est d’aider les prélats à recouvrer les subsides qu’ils sont autorisés à prélever sur leurs sujets afin de faire face aux dépenses des contingents envoyés l’année précédente au secours de l’Empereur : il est obligé de menacer de la colère impériale les bourgeois de Grenoble et d’Embrun, qui se refusent obstinément à s’acquitter de leurs obligations envers leurs évêques.

 

Au début de l’année 1239, le pape se  décide de son côté à frapper un grand coup : en mars, il prononce solennellement l’excommunication de Frédéric II. L’autorité de l’empereur vis-à-vis de ses vassaux de Provence va s’en ressentir vivement notamment à Arles. La hiérarchie ecclésiastique travaille avec zèle à donner effet à cette sentence. Au mois de mai, les archevêques et évêques du royaume d’Arles reçoivent du Pape l’ordre de faire publier dans tous leurs diocèses l’excommunication dont est  frappé l’empereur. Le 16 septembre, une lettre de Grégoire IX déclare au comte Amédée IV de Savoie qu’il doit se considérer comme délié de tous devoirs de fidélité envers Frédéric II.

 

Cependant, le légat Jacques de Préneste, que Frédéric a refusé de laisser entrer en Provence, a réussi à y pénétrer, et y prêche la croisade contre l’empereur. Le 10 novembre il est à Aix où, au nom du Saint-Siège, il conclue  un traité d’alliance avec Raymond Bérenger. Le comte s’engage à faire campagne à ses frais pour le pape en Italie. Ce traité prévoit l’éventualité d’une attaque dirigées par  les Impériaux et les Avignonnais contre la Provence ; en pareil cas, Raymond Bérenger est dispensé d’aller de sa personne en Italie, et le contingent qu’il doit fournir au Pape sera réduit.  

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:14

 

 

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(suite)

 

.FREDERIC II  /  FRIEDRICH   II  (1194-1250),                                                    empereur / kaiser de  1211 à  1250

 

 

Pendant que Louis VIII poursuit sa campagne en Languedoc, le légat du Pape peut librement prendre en main le gouvernement des terres qui forment le domaine de Raymond VII sur la rive gauche du Rhône. Sans doute, la cour de Rome agit ainsi en vertu des décrets du Concile de Latran ; mais, pour une fraction de l’opinion publique, un tel fait n’en constitue pas moins une violation flagrante de la souveraineté impériale. 

                                                                                              

Dès 1226, Frédéric sollicite du Pape la restitution des terres saisies par l’Église. Le pape Honorius, tout en reconnaissant formellement les droits de la couronne impériale, lui oppose des moyens dilatoires faisant valoir que le pays n’est pas  pacifié, les hérétiques ne sont pas domptés de sorte  le gouvernement de l’Église et des prélats parait nécessaire pour quelque temps encore ; plus tard, on rendra à l’Empereur une contrée paisible, où l’on aura sauvegardé scrupuleusement les droits de l’Empire.

Cependant, si mécontent qu’il soit de l’agression des Croisés, Frédéric ne peut sans hésitation se ranger du côté de Raymond VII et des victimes de la campagne de 1226. En effet, à cette époque, il est lui-même en lutte contre Marseille et manifeste ouvertement son alliance avec le comte de Provence Raymond Bérenger; or, l’ennemi du comte et l’allié  des bourgeois de Marseille, est ce même Raymond VII contre lequel Louis VIII a dirigé son expédition.

 

En outre, un des principes sur lesquels repose la politique des Staufen est l’alliance avec la royauté française dont l’expédition de Louis VIII vient encore une fois d’attester la force : se déclarer ouvertement pour Raymond VII et les adversaires du jeune roi Louis IX n’est donc pas le moyen de consolider cette alliance.

Pour ces raisons et beaucoup d’autres, l’Empereur, à la fin de l’année 1226, se rapproche de Raymond Bérenger et n’insiste pas sur la protestation qu’il a élevée contre l’occupation du marquisat de Provence.

                                                       

Ce pays est alors aux mains de l’Église. Le célèbre traité de 1229, qui met fin à la guerre des Albigeois et détermine la réunion du Languedoc à la France, reconnait cet état de fait, le comte de Toulouse y déclare : « Nous abandonnerons pour toujours au seigneur légat, représentant de l’Église, toute la terre d’Empire sur l’autre rive du Rhône, et tous les droits qui nous y appartiennent. »

 

Désormais, c’est en s’appuyant sur le double fondement du Concile de Latran et du traité de Paris, que les délégués du Saint-Siège exerceront leur pouvoir sur ces débris du royaume de Bourgogne-Provence.

 

Pour la garde du marquisat, le roi de France met ses agents à leur disposition, en se réservant toutefois la faculté de s’affranchir de cette obligation si elle lui devenait trop onéreuse. Frédéric ne proteste plus ; mais, en dépit des apparences, il ne s’est pas résigné à l’abandon définitif des droits de l’Empire sur le marquisat.

En attendant, il poursuit ses efforts pour pacifier le Midi. Quand  Hugues Béroard, archevêque d’Arles après l’avoir accompagné en Italie en revient, il le charge de rétablir la paix, si profondément troublée par les différends du comte de Provence avec la commune de Marseille et son allié le comte de Toulouse.

A la diète de Worms de 1231, Frédéric II cherchant des appuis en Allemagne pour sa politique italienne, doit, par le Statutum in favorem principum, y accorder aux vassaux laïques les mêmes privilèges que les prélats avaient obtenus dès 1220. Les princes obtiennent par exemple le droit de frapper monnaie ou de mettre des douanes en place. Frédéric II reconnaît également aux princes le droit de légiférer.

Cette même année, le 14 juillet 1231, le podestat, Perceval Doria, et ses syndics obtiennent de Raymond Bérenger la mise en liberté provisoire du captif Hugues des Baux, à condition que ce prince  s’engage à travailler à établir une trêve entre le comte de Toulouse et le comte de Provence. Le parti de Toulouse ne répond à ces avances que par un nouveau traité qui associe pour cinq ans la ville de Tarascon à la cause de Raymond VII : une ligue offensive et défensive est conclue contre tous les ennemis du comte de Toulouse dans les terres d’Empire, à l’exception de l’Église romaine, de l’Empereur, du roi de France et de la ville d’Arles, que les Tarasconnais ne veulent pas combattre.

 

Cependant, le comte de Toulouse, bien plus que l’Empereur, ne cesse  de réclamer la possession du marquisat de Provence. Réconcilié depuis 1229 avec le roi de France, il peut s’appuyer vis-à-vis du Saint-Siège sur le crédit du roi Louis IX.

 

Au commencement de 1232, une démarche est faite auprès de Grégoire IX, cette fois par Blanche de Castille, pour convaincre  le pape de restituer le marquisat à Raymond. Par un singulier effet des combinaisons politiques, tandis que l’Empereur, encore favorable au comte de Provence et peu sympathique au comte de Toulouse, semble oublier l’occupation des terres d’Empire, c’est le roi de France qui les revendique pour leur ancien maître. Le Pape ne se décide pas à donner satisfaction immédiate au comte de Toulouse ; il lui fait seulement savoir, ainsi qu’à saint Louis et à la régente, qu’il a chargé son légat, de prendre sur cette question l’avis des prélats de la région.

 

Battu sur le terrain de la diplomatie, le comte de Toulouse se prépare à en appeler à la force. Mais comme, au printemps de 1232, il se dispose à franchir le Rhône à Beaucaire, le légat du pape, accompagné des évêques de Nîmes, d’Uzès, d’Orange, d’Avignon, de Carpentras et de Marseille, se présente à lui pour lui interdire d’aller plus avant, sous peine d’excommunication. Raymond n’en tient aucun compte et occupe Tarascon au mépris de la paix qu’il a jurée.  En vain, les prélats patientent pendant quarante jours : Raymond VII ne renonce pas à l’exécution de ses desseins ; aussi le 4 août 1232 est-il solennellement frappé d’une sentence d’excommunication. Malgré les efforts du Pape et de l’Empereur, la guerre recommence en Provence ; ni l’archevêque d’Arles au nom de l’Empereur, ni le légat au nom de l’Église, n’ont réussi à rétablir une paix durable. C’est le moment que choisit Frédéric II pour envoyer dans son royaume de Bourgogne-Provence un ambassadeur laïc, décision qui ne peut plaire à l’archevêque d’Arles qui, jusqu’alors, était chargé de représenter l’Empereur.

 

Le nouvel ambassadeur de l’empereur, italien d’origine, Caille de Gurzan, voit sa mission déterminée par des lettres impériales du 19 septembre 1232. La mort de l’archevêque d’Arles Hugues Béroard, survenue en novembre 1232, supprime  les difficultés qui risquaient d’entraver sa mission. 

 

Ce mois de novembre 1232, l’empereur s’adresse ainsi à tous les seigneurs ecclésiastiques et laïques du royaume de Bourgogne: « Depuis très longtemps vous n’avez accompli aucun service pour nous ni pour l’Empire. Sans doute nous n’avons pas le droit de vous en faire un reproche, car aucun service ne vous a été demandé. Toutefois, attendu que certaines circonstances se présentent, qui réclament à la fois votre conseil et votre secours, nous vous citons en vertu de notre autorité impériale, et vous enjoignons, sous les peines portées aux constitutions royales, de venir à nous au prochain mois de mai, avec une suite convenable d’hommes armés. A ce sujet, nous vous envoyons notre féal Caille de Gurzan, porteur des présentes, vous invitant et vous commandant étroitement, au nom de la fidélité que vous devez à nous et à l’Empire, de lui donner un concours dévoué et efficace en ce qui concerne le service dont vous êtes tenu envers         nous ».

 

Ainsi, mettre fin aux guerres intestines et entraîner prélats et barons au service de l’Empereur, telles sont les instructions du nouvel ambassadeur. Du côté du comte de Provence et de la ville d’Arles, toute tentative de pacification  est accueillie avec joie.

 

Dès le printemps de l’année 1233, Caille  obtient un important résultat : par divers actes datés des mois de mars et d’avril, les principaux coalisés  s’ engagent  à s’en rapporter, sur les points litigieux, à la volonté de l’empereur ou de son légat, à obéir aux citations qui leur seraient adressées et à donner des sûretés pour l’exécution des obligations qu’ils assumaient ainsi envers l’empereur. Au mois de mars, les Marseillais font leur soumission, et les habitants de Tarascon ne tardent pas à reconnaître l’autorité de l’envoyé de l’Empereur. Et  le 23 mars, les princes de Baux et Giraud Amic, le 29 mars, Guillaume de Sabran, comte de Forcalquier, le 24 avril, le comte Raymond VII de Toulouse font la promesse. L’issue de la légation de Caille est un succès pour la diplomatie impériale : pour quelque temps, l’Empereur a rétabli la paix en Provence ; sa suzeraineté est  reconnue de tous. Un nouveau fait en donne bientôt une preuve éclatante. En effet quand, l’année suivante, est conclu le mariage de Marguerite, fille de Raymond Bérenger, avec le jeune roi Louis IX, le comte de Provence est obligé d’engager son château de Tarascon en sûreté du paiement de la dot de sa fille ; alors il promet au roi  de France d’obtenir de Frédéric II des lettres patentes par lesquelles, en vertu de sa suzeraineté, l’empereur autorise cette mise en gage. Ainsi, sans l’intervention de l’empereur, l’acte n’eût pas été tenu pour valable.

 

Cependant, l’influence française, développée  par la campagne de 1226 et le traité de 1229, ne tarde pas à se faire sentir. On apprend à la fin de l’année 1233, le mariage qui doit bientôt unir intimement la Provence au royaume de France. Aussitôt les belligérants du Midi ne s’inquiètent plus de la médiation de l’empereur, qu’ils s’étaient cependant engagés à solliciter aux fêtes de Pâques de l’année 1234. Dès le 13 février, c’est vers Blanche de Castille et Louis IX que se tourne le comte de Provence : il se soumet à leur arbitrage et accepte à l’avance leur décision. En mars, le comte de Toulouse fait la même déclaration ; d’un commun accord, l’arbitrage du roi de France est substitué au jugement souverain de l’empereur.

 

Il est difficile alors de dire de quel œil la Cour impériale envisage cette évolution, évidemment peu favorable au prestige de l’empire dans le midi de la France. Toutefois, Frédéric II, en bons termes avec le gouvernement royal, ne paraît pas avoir donné aucune marque extérieure de son mécontentement.

 

La mission de Caille de Gurzan ne se borne pas à rétablir la paix. Il a pour mission de convoquer  à l’armée impériale les prélats et barons de Provence ; le terme indiqué par l’édit de l’Empereur est fixé au 1er mai 1233.

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:09

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MAISON DE HOHENSTAUFEN /   KÖNIGHAUSES  VON HOHENSTAUFEN

 

.FREDERIC II  /  FRIEDRICH   II  (1194-1250),                                                     empereur / kaiser de  1211 à  1250                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

                                                          

Fils de l'empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, elle-même fille de Roger II de Hauteville, premier roi normand de Sicile, élu roi des Romains en 1196, à la demande de son père. Celui-ci meurt brutalement en 1197 et l'impératrice l’année suivante alors que Frédéric n’a que trois ans. Sa succession comme roi de Sicile ne pose pas trop de difficultés, encore que le royaume étant considéré par le pape comme un fief de l’église, sa mère  doit s’engager vis-à-vis du pape Célestin III qui accepte de devenir le tuteur de son fils que celui-ci renonce à l’empire et au titre de droit des romains et ce pour s’opposer à l’intégration du royaume dans l’empire. Le pape Innocent III qui succède à la mort de Célestin III en 1198 est tout aussi opposé à une telle intégration.

En revanche, les grands nobles, soucieux d'éviter une minorité comme celle d'Henri IV, se tournent alors vers le frère du défunt : Philippe de Souabe  qui est élu en 1198 roi des Romains, en place de son neveu.

  

Le 21 juin 1208, Philippe de Souabe meurt poignardé par son allié Otton de Wittelsbach, comte palatin de Bavière, qu'il avait mortellement offensé en lui refusant la main de sa fille.

La même année, le  jour de sa majorité légale soit 14 ans selon le droit sicilien, le 26 décembre  1208, Frédéric fait prévenir le pape par son légat de Palerme qu’il exerce seul désormais des affaires du royaume de Sicile. Célestin III suscite immédiatement un concurrent à la couronne impériale, le Welf Othon IV qu’il  couronne empereur  en 1209.

Mais en dépit de ses promesses au pape, on l’a dit, Othon IV se met à envahir l’Italie du Sud. Le pape riposte en l’excommuniant le 18 novembre 1210.

 

A l’automne 1211, seule la Sicile proprement dite échappe à Othon. Le pape recherche alors contre lui l’alliance du roi de France et de certains princes allemands lesquels réunis en  une diète à Nuremberg en septembre 1211 prononcent la déposition d’Othon et proclament  Frédéric II de Hohenstaufen, empereur.

                                                                                                            

En janvier 1212, une délégation de la diète arrive à Palerme pour en informer Frédéric et l’inviter à gagner l’Allemagne le plus vite. Frédéric fait couronner son fils Henri, roi de Sicile. Puis le dimanche de Pâques 1212 , Frédéric qui a réussi à rejoindre par bateau Rome, en trompant la vigilance des marins pisans  du parti guelfe, fait acclamer son titre de roi des romains en présence du pape auquel il croit bon politiquement de prêter allégeance pour son royaume de Sicile, fief de l’Eglise.

 

Quittant Rome, Frédéric se rend par mer à Gènes puis franchit les Alpes et part vers l’Allemagne en devant tenir compte des nombreux obstacles que ne manquent pas de lui créer Othon. A cette occasion il séjourne à Haguenau en Alsace dans le magnifique palais que l’empereur Frédéric Ier Barberousse a fait édifier.

 

Othon est  convaincu qu’il ne peut venir à bout de Frédéric si celui-ci dispose de l’appui du roi de France Philippe Auguste. Il décide de fonder une grande coalition avec le comte de Flandre Ferrand, le roi d’Angleterre Jean  sans Terre.

 

 

Philippe Auguste, informé, organise une rencontre entre son  fils Louis le futur Louis VIII et Frédéric ; celui-ci s’engage à ne conclure aucun accord avec Othon ni  Jean sans Terre sans l’accord de Philippe Auguste. Frédéric en échange  reçoit vingt mille marcs d’or somme considérable à l’époque.

 

Le 5 décembre 1212 se tient la diète de Francfort ; sont présents notamment le légat du pape Bérard de Castacca, Conrad von Scharfenberg, évêque de Metz et de Spire, le roi Ottokar de Bohême, le Margrave de Moravie, le duc de Lorraine, les évêques de Mayence et de Worms bien que Guelfes prononcent la déchéance d’Othon. Quatre jours plus tard  Frédéric est couronné dans la cathédrale de Mayence le 9 décembre par l'archevêque Siegfried II d'Eppstein. Mais ce sacre n’est  qu’un simulacre car il lui manque deux conditions essentielles ; s’être déroulé à Aix la Chapelle sur le tombeau de Charlemagne et que l’archevêque de Mayence se soit servi des emblèmes impériaux et non de copies ; or Othon conservent en lieu sûr ces emblèmes : la couronne, le sceptre, et le globe en or qui ont servi en 962 au sacre d’Othon Ier.

                                                                                                               

En 1213, le pape Innocent III dépose Jean sans Terre et déclare une croisade contre lui qu’il confie  le commandement au roi de France Philippe Auguste.        Ce dernier somme Ferrand comte de Flandre d’y participer lequel réclame des compensations qui lui sont refusées.

                                                                                                                    

S’étant laissé entrainer par  le roi d’Angleterre Jean sans Terre et Ferrand contre le roi de France Philippe Auguste, Othon est battu par celui-ci à Bouvines le 27 juillet 1214. Sur le champ de bataille, Philippe Auguste ramasse les emblèmes impériaux qu’Othon a emportés avec lui «  pour empêcher qu’oncques ne profitât de son absence pour se faire couronner à sa place »  et les envoie à Frédéric pour bien montrer qu’il le considère comme le seul empereur légitime. Cette victoire sur un empereur romain germanique renforce l’idée du  roi de France  qui s’est vu attribuer le titre d’ « Auguste » depuis 1204 de mettre fin à la subordination devenue théorique des rois de Francie occidentale qui s’appelle désormais France à l’empereur.  L’héritier des Hohenstaufen, étant à la fois protégé de  Philippe Auguste et du pape Innocent III qui se considère  trompé  par Otton, le triomphe de Frédéric II  est  assuré. Quand en novembre 1214 Frédéric II vient tenir une diète à Bâle, les prélats du royaume de Bourgogne-Provence sont tous présents ou représentés : Didier, évêque de Die, et Geoffroy, évêque de Saint-Paul-trois-Châteaux.

 

En Provence, le prince d’Orange, Guillaume de Baux  occupe  dès 1214  tout le marquisat de Provence et s’en  approprie les revenus, feignant d’exécuter ainsi un ordre spécial du Siège apostolique.

 

Très rapidement les sièges métropolitains de Vienne et d’Arles attirent naturellement la bienveillance du nouvel empereur Frédéric qui confirme par diplômes leurs droits et privilèges temporels.

 

Le Pape enjoint au prince d’Orange, Guillaume des Baux, dès le commencement de l’année 1215, de restituer le marquisat de Provence au légat Pierre de Bénévent, afin que le futur Concile la puisse librement attribuer à qui il jugerait bon ; Innocent III déclare d’ailleurs ne vouloir porter aucun préjudice à la suzeraineté impériale sur  le marquisat, que nul ne met en question. Au lieu d’obéir, le prince d’Orange se rend à Rome afin d’y appuyer de ses conseils et de son influence les prélats et les barons qui demandent la ruine complète des Raymond ;  aussi est-il être étrangement déçu lorsque le Concile réserve le marquisat au jeune comte de Toulouse. Il accueille cependant Raymond VI à Orange, quand ce seigneur revient d’Italie en Provence.

                                       

Depuis le commencement de la guerre contre les Albigeois, Lyon et les rives du Rhône  servent maintes fois de passage aux Croisés de France. Au printemps de l’année 1215, les Lyonnais voient arriver au milieu d’eux le plus illustre des chevaliers qui a pris la croix : Louis, fils de Philippe-Auguste. Ce voyage de l’héritier présomptif du royaume de France à travers les pays d’Empire, contribue largement  à y développer l’influence française.

                                                            

Le 25 juillet 1215  enfin Frédéric II est valablement couronné empereur à Aix la Chapelle par l’évêque de Mayence qui lui remet les emblèmes impériaux. L'élection est reconnue le pape  Innocent III au quatrième concile qui se réunit au Latran à la fin de l’année 1215.

Réfugié dans un château du Harz, Othon IV de Brunswick  s’éteint le 19 mai 1218.

. 

                                             

Le 23 avril 1220,  Frédéric II réunit une diète à Francfort et fait élire son fils Henri, Roi des Romains lui assurant ainsi la succession dans la dignité impériale puis quelques jours plus tard il fait part au pape  Honorius III de son intention de venir à Rome pour s’y faire sacrer empereur et au mois d’aout quitte Augsbourg et se dirige vers le sud.

 

 

Le 21 novembre 1220, il fait son entrée solennelle à Rome et le lendemain, revêtu des emblèmes impériaux , il est sacré empereur  dans la basilique Saint Pierre par le pape Honorius III qui commence par lui poser une mitre épiscopale sur la tête  puis lui retire et la remplace par la couronne de Charlemagne que Frédéric a amené avec lui d’Aix la Chapelle puis lui remet le sceptre et le globe d’or et l’épée de la foi.

 

Frédéric dégaine alors la lame, l’élève et l’abaisse trois fois pour signifier que chacun de ses actes s’accomplira désormais au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. 

                                                       

De concert avec l’Église, l’empereur Frédéric II cherche rapidement à introduire une certaine régularité dans le désordre de la féodalité en Provence. Les légistes impériaux  et l’Eglise considèrent  comme illégitimes tous les péages qui ne peuvent être justifiés par des concessions des empereurs ou de rois de Bourgogne-Provence, ou par une possession immémoriale. Frédéric II applique ce principe : tandis qu’il détermine minutieusement le tarif des péages réguliers,  ne se faisant pas faute de proscrire les péages illégitimes.

 

Par une bulle signée à Catane en 1224, Frédéric II, plus intéressé par l'action politique que religieuse de l’ordre, octroye au Grand Maître de l'Ordre des Chevaliers Teutoniques tous les privilèges d'un prince d’Empire, dont le droit de souveraineté sur les territoires  conquis.

 

La Prusse, la Livonie et plusieurs provinces voisines sont déclarées Reichsfreie.

 

Ce décret soumet les provinces susmentionnées directement à l'autorité de l'empereur et à l'Église. En outre, par la Bulle d'or impériale de Rimini de 1226 et la Bulle d'or papale de Rieti de 1234, la Prusse devient possession officielle de l’Ordre.                                                                                                             

L’empereur détenant directement les couronnes de Germanie, d’Italie et de Bourgogne-Provence,  seul  le roi de Bohême lorsqu’il ne l’est pas également reste donc son vassal  au même titre que les ducs, comtes, princes-évêques et abbés.

 

Après  la mort de Simon de Montfort,  le rejeton de la maison de Saint-Gilles, Raymond VII,  recouvre les domaines de sa famille et  essaye de rentrer en grâce auprès de la puissance ecclésiastique.

 

En 1224, lors du Concile de Montpellier, le comte de Toulouse et marquis de Provence  fait preuve de  bonnes  dispositions à l’égard du clergé sur ses terres  du marquisat mais aussitôt voulant lui rappeler qu’il les tient comme fief d’empire, par un diplôme rendu à Foggia en mai 1225, Frédéric lui interdit  d’aliéner aucune de ces terres.

 

L’année suivante, la pacification dans le Midi ne progressant pas, le roi de France, reprenant pour son compte la querelle de la Croisade, descend lui-même dans le Midi. C’est à Lyon que se rassemble l’armée d’invasion pour se diriger ensuite vers Avignon par la vallée du Rhône. Personne dans le Midi ne peut alors  méconnaître la gravité de la situation : pour la première fois, le roi de France apparait comme l’héritier de la Croisade, A la nouvelle de son approche, un grand nombre de villes et de seigneurs font leur soumission.... Le clergé se met à la tête des populations pour solliciter l’arrivée du roi de France.

 

Le comte de Provence Raymond Bérenger, fidèle à sa vieille hostilité contre le comte de Toulouse Raymond VII, ne tarde pas à se tourner vers le roi de France avec lequel il conclut un traité d’amitié.  Le comte de Toulouse ne se mêle point personnellement à la lutte ; il se retire après avoir engagé à la commune d’Avignon, en sûreté des avances qu’elle lui avait consenties, le Comtat Venaissin et toute la rive gauche du Rhône. Cependant les Croisés s’avancent ; dès le 8 juin 1226, ils mettent le siège devant Avignon. Les nobles français qui  sentent bien qu’une pareille expédition constitue  une violation  de la souveraineté de l’Empire sur la rive gauche du Rhône envoient à Frédéric II leurs explications et leurs excuses.

 

Les évêques de Beauvais et de Cambrai et l’abbé de Saint-Denis sont chargés d’exposer à l’Empereur comment l’Église et les Avignonnais eux-mêmes ont sollicité cette expédition : comment, au mépris de tout droit, les Avignonnais, oublieux de leurs promesses, ont rompu leurs ponts plutôt que d’y laisser passer le roi de France et les Croisés ; comment, enfin, à la demande de toute l’armée, Louis VIII a dû se résigner à assiéger Avignon, repaire des hérétiques et de leurs complices. D’ailleurs, les barons ajoutent qu’ils sont disposés à respecter les droits souverains de l’Empire dans les contrées envahies. Après un long siège, Avignon tombe entre les mains des Croisés.

 

 

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 18:43

                                                                                                                                                                                                              

.HENRI  VI /  HEINRICH  VI (1165-1197), 

empereur /  kaiser de 1190 à 1197

 

Fils ainé de Frédéric Ier et de Béatrice de Bourgogne, proclamé roi des Romains dès 1169, couronné roi d’Italie en 1186, année où il épouse Constance de Sicile, héritière du Royaume de Sicile, élu empereur à la mort de son père en 1190, couronné empereur en 1191 et couronné roi de Sicile en 1194.

Il est alors le plus grand souverain du monde connu.

Il conclut la paix de Fulda avec Henri le Lion pour avoir les mains libres en Sicile, où Tancrède de Lecce, neveu de son épouse Constance, conteste ses droits au trône.  En janvier 1191, il se rend en Italie où le 14 avril, le pape Célestin III le couronne empereur. Après quoi Henri part  assiéger Naples, mais il tombe malade et l'opération est sans succès ; en outre, les habitants de Salerne capturent et livrent sa femme Constance à son rival Tancrède. En décembre, Henri repart en Allemagne où son épouse vient le rejoindre après s'être échappée des mains de son neveu.

Pendant ce temps-là, Henri le Lion a rompu la paix de Fulda et a attaqué les ducs de Saxe et de Holstein, et de nombreux princes allemands se révoltent contre l'empereur, dans le cadre de la lutte entre Guelfes et Gibelins.

 

En mai  1194, Henri VI retourne en Italie ; Tancrède de Lecce vient de décéder, et son armée ne rencontre guère de résistance. Le 25 décembre 1194, il est couronné roi de Sicile. Quelques jours plus tard, il fait crever les yeux au fils de Tancrède, Guillaume ; en même temps les nobles et les évêques qui avaient assisté au couronnement de Tancrède sont brûlés vifs dans un champ près de Palerme.

Puis Henri VI  annonce qu'il souhaite comme son père prendre la tête d'une croisade mais avant Il veut faire élire son fils Frédéric-Roger roi des Romains, afin que sa succession soit assurée ; mais la diète de décembre 1195 refuse, de nombreux nobles espérant préserver leurs droits à la couronne. Il finit par obtenir gain de cause un an plus tard, mais au moment où il se prépare à partir en croisade, une révolte éclata en Sicile, peut-être fomentée par sa femme et le pape.

Les révoltés sont matés, mais Henri VI meurt avant de pouvoir embarquer vers la Terre sainte.                                                                                                                                                                            

 

MAISON DE BRUNSWICK

 

.OTHON IV WELF  / OTTO  IV  WELF (1176-1218),                                           empereur / kaiser de 1198 à 1218

 

A la mort d’Henri VI, son frère Philippe de Souabe se porte candidat à sa succession et est élu roi des romains à la diète d’Arnstadt le 6 mars 1198 avec l’appui des évêques de Saxe et de Bavière et de nombreux évêques.

Cette élection est contestée par le parti guelfe constitué de l’archevêque de Cologne et de plusieurs princes Rhénans qui choisissent eux comme roi, avec l’appui du nouveau pape Innocent III,  Othon de Brunswick, troisième fils d’Henri le Lion, duc de Saxe et de Bavière, neveu par sa mère Mathilde Plantagenêt des rois d’Angleterre, élevé à la Cour d’Angleterre auprès de ses oncles Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, seigneur français par de nombreux fiefs qu’il possède en France et qui revendique l’Aquitaine sans vouloir cependant se reconnaitre vassal à ce titre du roi de France Philippe Auguste avec lequel pour cette raison il est en conflit.

 

Cette élection constitue un événement décisif dans le processus d’élection de l’empereur car apparait la pratique selon laquelle un groupe restreint de Grands seigneurs ont le privilège d’élire l’empereur  alors que depuis Othon le Grand,  l’assemblée de seigneurs pouvaient compter jusqu’à une centaine d’électeurs.

 

Othon IV est couronné à Aix la chapelle le 12 juillet 1198 par l’évêque de Cologne tandis que Philippe l’est le 8 septembre à Mayence par un évêque du Royaume de Bourgogne-Provence.

 

Tous les deux notifient au pape leur élection ; Innocent III en profite pour affirmer sa thèse que l’empire est un fief de l’église, que l’empereur est un vassal du pape et qu’il appartient à celui-ci de désigner l’empereur et pas simplement de le sacrer à Rome. Il attend donc longtemps pour faire connaitre son choix et ce n’est que le 1er mars 1201 qu’il fait connaitre son choix tout en rappelant à Othon les promesses qu’il a faites lorsqu’il a sollicité son appui à savoir la restitution à l’église de l’héritage de la comtesse Mathilde, de l’exarchat de Ravenne, du duché de Spolète et de tous les biens concédés à la papauté depuis Louis le Pieux.

 

Othon réitère celles-ci. Othon peut compter sur l’appui du roi d’Angleterre tandis que Philippe a le soutien du roi de France ; le duc Ottokar de Bohème n’accorde son appui à Philippe qu’en contrepartie de sa reconnaissance du titre de roi. Le roi de Danemark n’accorde son appui à Othon que pour pouvoir occuper le Holstein et la ville de Lubeck.  C’est l’anarchie.

En 1204 a lieu la prise de  Constantinople par les croisés et la création d’un empire latin d’Orient se substituant  momentanément à l’empire romain d’Orient,  à la tête duquel vont se retrouver un certain nombre de nobles tant des Royaumes de France que de l’empire.

 

L’anarchie dans l’empire prend fin  le 21 juin 1208 quand  Philippe est assassiné dans le palais épiscopal de Bamberg par le comte palatin de Bavière  Otton de Wittelsbach du parti guelfe. Othon est enfin couronné à Rome par Innocent III que le 4 octobre 1209. Le parti guelfe et de la papauté remporte la victoire sur le parti gibelin des Hohenstaufen.

Cette même année 1209, Othon formé dans sa jeunesse à la cour d'Angleterre et qui aime à s'entourer d'Anglais et de Saxons nomme Gilbert de Tibury, maréchal de la cour impériale pour le royaume d'Arles,

Toujours cette même année 1209, l’hérésie  cathare ayant pris des proportions importantes dans le Languedoc, le pape Innocent III décide alors d'organiser une expédition contre les Cathares, et accorde aux combattants les mêmes indulgences et faveurs qu'à ceux qui combattaient en Terre sainte. Le pape demande d'abord au roi  Philippe Auguste de prendre la tête de cette expédition, mais ce dernier s'y refuse.

 

Ceci s'explique par plusieurs raisons. La première est d'ordre juridique : si le roi estime que le pape peut réformer et assainir le clergé local, la décision de confisquer les fiefs à un seigneur n'appartient qu'à son suzerain, en l'occurrence le roi. La seconde raison est d'ordre pratique : il est encore en guerre contre Jean sans Terre, roi d'Angleterre et ne veut pas ouvrir un autre front. Il commence d'ailleurs par interdire aux barons de son royaume de prendre part à cette croisade, avant de changer d'avis et de donner cette autorisation.

Eudes III, duc de Bourgogne, annonce son engagement, suivi d'Hervé IV de Donzy, comte de Nevers, et de Gaucher III de Châtillon, comte de Saint-Pol.   De nombreux barons de moindre importance se rallient également à la nouvelle croisade. Comme le comte de Nevers refuse de voir son rival de Bourgogne diriger la croisade, le pape désigne le légat Arnaud Amaury comme chef de la Croisade.

Les croisés se réunissent à proximité de Lyon et se dirigent vers le sud, sous la direction du légat Arnaud Amaury. Trois grands féodaux dominent alors le Languedoc : le roi Pierre II d'Aragon, également comte de Barcelone, de Gévaudan, de Roussillon, seigneur de Montpellier et le suzerain de plusieurs autres seigneurs, Raymond VI, comte de Toulouse et Raimond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers, de Carcassonne et d'Albi. Pour écarter la menace de ses états et n'ayant pas réussi à s'entendre avec Trencavel pour une défense commune, Raymond VI de Toulouse fait amende honorable le 18 juin 1209 à Saint-Gilles et rejoint la croisade.                                                                                                                         

Dans l’empire, si la lutte entre la maison de Souabe et Otton de Brunswick  trouble  les Royaumes de Germanie  et d’Italie, elle laisse assez indifférent la noblesse du royaume de Bourgogne-Provence plus  concernée par la Croisade lancée les Albigeois. Ainsi bien qu’assez peu religieux, Adémar de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois se croise en 1209.

Cette même année  1209 toujours, après avoir frappé le royaume d’Angleterre d’interdit trois ans auparavant  parce que Jean sans Terre avait refusé sa désignation de l’archevêque de Canterbury, Innocent III excommunie carrément Jean sans Terre. Le 9 juillet, après la prise par les croisés des  villes de Béziers et de Carcassonne, Raimond-Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne  est déchu de ses vicomtés, et un successeur lui est choisi parmi les barons croisés.

  

Après les refus du duc de Bourgogne, du comte de Nevers et du comte de Saint-Pol, le légat du pape Arnaud Amaury préside une commission formée de deux évêques et de quatre barons, qui fixe son choix sur Simon de Montfort.

Le 18 novembre 1210, l’empereur Othon IV, en dépit de ses promesses au pape,  se met à envahir l’Italie du Sud, le pape riposte en l’excommuniant. Un an plus tard, à l’automne 1211, seule la Sicile proprement dite échappe à Othon. Le pape recherche alors contre lui l’alliance du roi de France et de certains princes allemands lesquels réunis en  une diète à Nuremberg en septembre 1211 prononcent la déposition d’Othon et proclament  Frédéric II de Hohenstaufen, empereur.  Othon se rend compte qu’il a intérêt à rentrer rapidement en Allemagne et abandonne la Sicile. Réfugié dans un château du Harz, Othon qui est mentalement atteint depuis sa défaite de Bouvines enjoint à des moines de le flageller à mort et s’éteint le 19 mai 1218. 

 

 

MAISON DE HOHENSTAUFEN /   KÖNIGHAUSES  VON HOHENSTAUFEN

 

.FREDERIC II  /  FRIEDRICH   II  (1194-1250),                                                   empereur / kaiser de  1211 à  1250                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

                                                          

 

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 19:36

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.FREDERIC  Ier Barberousse  / FRIEDRICH  I   Barbarossa (1122-1190), empereur / kaiser de  1152 à 1190, roi de Germanie, d’Italie,  duc / Herzog  de  Souabe et d`Alsace, comte palatin / Graf  de Bourgogne

 

Après la mort subite de Conrad III le 5 février 1152, son neveu le duc de Souabe Frédéric est élu à la dignité de roi des Romains dès le 4 mars 1152 à Francfort-sur le-Main par les princes électeurs voyant en lui un candidat en parenté avec les deux clans ennemis, les Hohenstaufen et les Welf, le plus à même de les réconcilier ( Frédéric est du côté maternel parent avec les Welf car sa mère Judith est la fille du duc de Bavière Henri le Noir et la sœur de Welf VI et également un Hohenstaufen par son père, cousin de Conrad III et neveu d’Henri Jasomirgott et de l’évêque Otto von Freising). En ce début de  XIII°, l’autorité impériale atteint son apogée.

 

Frédéric, dès le 22mars1152, signe le traité de Constance par lequel  il promet de soumettre la commune romaine insurgée puis de restituer la ville à l’autorité du pape, de ne signer aucune paix avec les Romains et les Normands sans l’accord du pape, de rétablir et renforcer le pouvoir spirituel de ce dernier sur l’Eglise romaine et de s’opposer à toutes interventions de l’empire romain d’Orient en Italie du Sud. Le pape en échange lui promet de le couronner empereur, de le soutenir dans l’exercice de son pouvoir impérial, d’excommunier les opposants de l’empire, de s’allier pour  obtenir l’expulsion des byzantins d’Italie du Sud. Le traité réserve la situation des archevêques ou évêques, vassaux immédiats de l’Empire, qui doivent garder le privilège de dépendre, sans intermédiaire, de la couronne impériale.  

 

Frédéric est couronné le 9 mars 1152 par l’archevêque de Cologne Arnold von Wied dans la chapelle palatine d’Aix la Chapelle.

 

Dès le début de son règne, il cherche à imposer son autorité ; alors que deux concurrents, Suenon et Canut, se disputent depuis longtemps la couronne du Danemark, Frédéric se fait arbitre et force Canut à céder ses droits ; Suenon, soumet le Danemark dont il est investi en prêtant serment de fidélité. De même Frédéric obtient la soumission à l’empire des rois de Pologne et de Hongrie.

 

Lors de la Diète de Wursbourg d’octobre 1152, Frédéric fixe la date de son voyage à Rome à l’automne 1154 puis engage des négociations avec la curie romaine afin de déterminer les conditions de son couronnement.                            

 

Montrant qu’il s’intéresse également à son royaume de Bourgogne-Provence, cette année 1152, il concède le vicariat sur ce royaume au duc  Berthold de Zaerhingen. En échange  Berthold promet à l’empereur de lui amener un fort contingent lors des expéditions qu’il projette de diriger contre ses ennemis d’Italie. Frédéric a raison de penser que, pour restaurer  l’autorité impériale sur ses vassaux, il faut montrer sa force. Aussi  recueille-t-il  l’hommage de ceux-ci ; ainsi en 1153, à Worms, il reçoit celui  de Silvion de Clérieu, auquel il confirme sa qualité de vassal immédiat de l’Empire. A la cour de l’Empereur se trouve alors un autre seigneur du Dauphiné, Guigues de Domène, cité parmi les témoins du diplôme accordé à Silvion de Clérieu.

 

Le 8 juillet 1553, le pape Eugène III meurt ; il est remplacé par  Anastase IV.

 

Malgré les engagements contractés à Constance, Frédéric rouvre dès septembre 1153 des négociations en vue d’une alliance avec Constantinople mais celles-ci n’aboutissent pas avant son départ en Italie du nord en octobre 1154 pour mater les cités lombardes.

Le pape Anastase IV meurt le 4 décembre 1154, deux jours après sa mort, Nicolas Breakspear, un anglais, est élu pape et couronné le lendemain à la basilique Saint-Pierre, où s'est déroulée l'élection. Il prend le nom d’Adrien IV.A Rome, le pape Adrien IV reprend en main la ville, secouée par les prédications subversives d'Arnaud de Brescia. Rompant avec les demi-mesures de son prédécesseur, il lance l'interdit sur la ville et finit par mettre la ville au pas ; le prédicateur Arnaud de Brescia est expulsé. Il se réfugie auprès de l’empereur. Le nouveau pape Adrien  affronte  par ailleurs les Normands de Sicile ; en effet quand le roi de Sicile Roger II meurt en 1154, son fils Guillaume le Mauvais s'empare de la couronne, sans l'aval du pape, et envahit le Bénévent et la Campanie. Contre lui, Adrien IV espère l'appui de Frédéric Barberousse.                                                 

Malheureusement pour lui, Frédéric Barberousse, malgré le récent renouvellement du traité de Constance, lance une campagne en Italie du Nord, mate les cités lombardes qui se rebellaient,   se fait couronner en avril à Pavie de la couronne d’Italie (couronne des Lombards)occupant au passage une partie des États pontificaux  .                                                           


Alors que le pape se trouve à Viterbe, il lui envoie des ambassadeurs pour lui demander de lui livrer Arnaud de Brescia ce que fait l’empereur.

Après que l’empereur ait fait serment devant les ambassadeurs du pape de ne pas ôter mais de sauvegarder  la vie du pape et de ses collaborateurs, le pape accepte de le couronner ; il se rend à son camp qui se trouve environ à cinquante kilomètres de Rome mais arrivé devant la tente impériale malgré le rite d’usage, l’empereur néglige de l’accueillir et de lui tenir la bride et l’étrier : le pape, sans perdre son sang-froid descend seul de sa monture et va s’asseoir sur le trône qui lui a été préparé ; alors enfin Frédéric va s’agenouiller devant le pape pour lui baiser les pieds ; puis s’étant redressé, il s’apprête à donner  l’accolade solennelle mais alors le pape l’arrête et lui dit :

« puisque vous avez négligé de me rendre l’honneur qui m’était dévolu, selon l’usage antique, honneur que vos prédécesseurs à la foi orthodoxe, par égard pour les apôtres Pierre et Paul, ont constamment rendu à nos prédécesseurs les pontifes romains, je vous admets pas au baiser de paix tant que vous ne m’aurez pas donné satisfaction ».

Finalement après avoir réuni un Conseil des Sages, la cérémonie de la rencontre entre le pape et l’empereur est rejouée ; cette fois le pape arrive sur un cheval couvert d’étoffes précieuses, l’empereur l’attend debout devant sa tente et prend la bride et l’étrier du cheval du pape ; Adrien met pied à terre et ouvre les bras pour donner à Frédéric le baiser de paix.

Alors que Frédéric  Barberousse se trouve en route pour Rome, une délégation du Sénat romain tente de négocier avec lui la reconnaissance d’une nouvelle charte ; Frédéric rejette ses propositions. Les Romains ferment alors les portes de Rome. Frédéric envoie alors mille cavaliers qui s’emparent de la cité vaticane et le 18 juillet 1155, entouré de ses grands vassaux, il est couronné  par le pape.                                                            

Cependant, pendant la messe, Adrien décide de lui-même de modifier le rituel pour bien marquer sa supériorité sur l'empereur. Furieuses, les troupes impériales manquent d'emprisonner le pape. Puis la population romaine se soulève juste après le couronnement pour capturer le pape. Les troupes impériales et papales combattent tard dans la nuit contre les Romains. Après que le calme est rétabli, Barberousse ne cherche pas à mater la rébellion.

  

Il quitte Rome et Il s’abstient également d’engager le conflit avec les Normands de Sicile malgré les demandes formées par les délégués de Constantinople dans le cadre des négociations engagées en vue de son projet de mariage avec une princesse byzantine lors de leur réception à Ancône, peu après son couronnement.  

C'est précisément le moment où des barons adversaires de Guillaume le Mauvais se soulèvent contre lui. Soutenus par l'Empire byzantin, ils font également appel au pape. À leur demande, Adrien IV se rend à Bénévent. Las, au printemps 1156, Guillaume parvient à repousser les Byzantins et à défaire les rebelles. Il assiège Bénévent, où se trouvent encore Adrien et quelques-uns de ses cardinaux. Faute du soutien de Frédéric, contraint de négocier, Adrien IV doit  signer en 1156 le traité de Bénévent par lequel il reconnaît à Guillaume la couronne de Sicile et accepte la création d'un État unifié comprenant la Sicile, l'Apulie ou encore la Campanie. En compensation, Adrien IV obtient le droit de libre nomination des évêques dans ces régions.

Le projet de remariage avec une princesse byzantine étant resté sans suite, Frédéric épouse en secondes noces le 17 juin 1156 à Jougne près de Dole, Béatrice de Bourgogne (1145-1184), fille du comte de Bourgogne Rainald (Renaud) III et d’Agathe de Lorraine (fille du duc de Lorraine Simon Ier) qui vient d’hériter du Comté de Bourgogne. Ce mariage lui permet de renforcer son autorité comme roi du royaume de Bourgogne-Provence dont le comté constitue le cœur. Il convoque d’ailleurs une Diète à Besançon pour octobre 1157 pour assoir cette autorité. Quand vient l’automne, il se dirige vers cette ville, accompagné de sa femme Béatrice. Arrivant à Besançon, il y trouve réunis un grand nombre de seigneurs du royaume de Bourgogne. A leur tête figurent Etienne, l’archevêque de Vienne, puis Héraclius, archevêque de Lyon, Humbert, archevêque de Besançon, l’archevêque de Tarentaise,  suivis des évêques de Valence et d’Avignon, des délégués de l’archevêque d’Arles et de tous les autres archevêques et évêques.

Frédéric peut maintenant s’appuyer sur le haut clergé, dont les membres les plus éminents se pressent autour de lui ; les diplômes d’immunité et les confirmations de privilèges qu’il accorde à cette occasion manifestent hautement la reconnaissance impériale.

Avec le pape les relations de l’empereur restent tendues ; cette même année 1157, Adrien doit dépêcher deux cardinaux en Allemagne, pour justifier auprès de Barberousse le traité de Bénévent conclu avec les Normands.

  

Une « erreur » de traduction du chancelier allemand provoque la colère des princes allemands : Adrien IV y considère  l'Empire comme un « fief » de la papauté. Les légats sont aussitôt expulsés. Adrien IV doit expliquer l'année suivante qu'il avait voulu parler d'un « bienfait », et non d'un fief. Les relations s'apaisent, du moins en apparence.

Frédéric retourne en Italie ou il attaque Milan en septembre 1158 ou la aussi il convoque en novembre une Diète à Roncaglia pour régler l’administration de son royaume d’Italie (du Nord) ; il fait élaborer par un certain nombre d’éminents juristes de Bologne se référant au droit romain, les lois dites de Roncaglia qui consacrent la primauté du droit impérial et notamment imposent aux cités italiennes de faire accréditer leurs conseils de ville par l’empereur ce qui ne manque pas de mécontenter celles qui lui sont hostiles (les cités guelfes).

Lors de la Diète, les conceptions de l'empereur et du pape s’opposent;  après que Frédéric ait étendu ses réformes administratives aux territoires italiens revendiqués par le pape, en particulier les territoires de la comtesse Mathilde et différents évêchés, et entamé des négociations avec la ville de Rome, une délégation papale est  envoyée à la cour au printemps 1159 pour exiger le retrait des nouvelles règles. Barberousse refuse au motif que les évêques ne professent pas leur magistère sur leur propre territoire mais que leur résidence est  au contraire située en terres de l'empire, sur lesquelles lui, l'empereur, a pleine et entière souveraineté. Dans le même temps, le pape entre en discussion avec Milan qui prépare derechef une campagne contre l'empereur. Barberousse reçoit, en parallèle à la légation papale, une députation romaine.

Frédéric envoye  à Adrien le comte palatin Othon de Wittelsbach. Mais Adrien IV meurt  le 1er septembre 1159 avant que le comte ne puisse entrer activement en contact.

 

Après la mort du pape Adrien IV, l’ancien légat de Besançon, c’est le cardinal Roland qui devient pape sous le nom d’Alexandre III mais Frédéric désigne   son protégé Octavien comme pape sous le nom de Victor IV, et convoque à Pavie un concile qui, sous prétexte de pacifier l’Eglise, doit ratifier la volonté impériale.

 

Le schisme a des conséquences en dehors de l'empire, surtout en Angleterre et en Allemagne. Frédéric invite le roi d’Angleterre Henri II et le roi de France Louis VII en 1159, dans l'optique d'imposer Victor.

 

Cette tentative  échoue et les deux rois reconnaissent officiellement Alexandre.

 

Concomitamment, Alexandre envoie  un courrier dans tout le monde chrétien pour faire connaître sa revendication du pontificat. Le concile se réunit en février 1160 en la cathédrale de Pavie.

 

Une majeure partie des clergés italien et français, et une partie du clergé allemand, ne reconnaissent  pas l'autorité du concile et donc celle de Victor. En revanche plusieurs évêques du royaume de Bourgogne-Provence se rangent au parti de l’empereur et reconnaissent le pape Victor IV. En 1161, l’archevêque de Vienne, Etienne, figure  à un nouveau synode schismatique qui se tient à Lodi.

                                                                      

Du  côté de ses vassaux laïques, Frédéric entend rappeler sa suzeraineté ; pour ce faire, d’abord il se réconcilie avec le jeune comte de Provence, Raymond Bérenger, et son tuteur le comte de Barcelone, contre lesquels il avait jusqu’alors appuyé sans succès les prétentions de la famille des Baux mais en contrepartie Raymond doit reconnaître qu’il tient le comté de Provence Provence en fief de l’Empire et se soumettre à l’obédience de Victor IV : à ce prix il obtient la main de Richilde, nièce de l’Empereur, et reçoit l’investiture des comtés de Provence et l’hommage du comté de Forcalquier.

Les confrontations militaires se poursuivent en Italie. Milan capitule une nouvelle fois  en mars 1162 et  Frédéric apparait au sommet de sa puissance militaire en Italie.

Frédéric développe alors ses efforts diplomatiques en direction de la France. Il vise un traité d'amitié et au-delà la reconnaissance de Victor IV par la France, où a fui Alexandre. On s'accorde sur une rencontre en août 1162 entre l'empereur, le roi et les deux papes au pont de Saint-Jean-de-Losne sur la Saône. Si un pape  ne se présente pas, l'autre sera reconnu comme seule autorité officielle. Frédéric convoque alors un concile au lieu de la rencontre.

Pénétrant en Bourgogne par Dôle, l’empereur arrive vers la fin du mois d’août à Saint-Jean-de-Losne.  Parmi les prélats qui obéissent à l’appel de Frédéric, on peut citer les archevêques de Lyon, de Vienne, de Besançon et d’Embrun, les évêques de Grenoble, de Gap, de Viviers et d’Avignon. Mais le pape ne défère pas à la convocation pas plus que le roi de France Louis VII.

  

A l’occasion de cette diète, l’empereur rend quelques actes en faveur de diverses églises de Bourgogne. Néanmoins cette diète  de Saint-Jean-de-Losne,  permet de constater l’autorité considérable de Frédéric dans le royaume de Bourgogne. Les évêques  de son Royaume de Bourgogne-Provence se rallient à son parti ; le Dauphin et le comte de Savoie lui rendent hommage.

Mais lors du concile, Frédéric et ses partenaires ne peuvent imposer Victor IV.

Le schisme semble résolu à la mort de Victor, en avril 1164  mais Rainald de Dassel, chancelier de Frédéric, fait cependant élire pape le cardinal Guido de Crémone deux jours plus tard, sous le nom de Pascal III.

Cette démarche provoque une opposition massive, surtout en Italie du nord, ce qui suscite la fondation de l'Alliance de Vérone mais également en Allemagne. De très nombreux clercs et évêques, en particulier en Bourgogne, reconnaissent Alexandre III. Des seigneurs laïcs se tournent également vers le parti d'Alexandre. Le plus important d'entre eux est Raoul de Zähringen, qui avait conclu une alliance avec Louis VII en 1162  parce que son frère Berthold IV avait perdu de nombreux droits en Bourgogne et qu'on lui avait refusé l'investiture à l'archevêché de Mayence.

Lorsque, le 19 mai 1163, Alexandre III ouvre  les conciles de Tours, Frédéric peut voir à ses côtés les archevêques de Lyon et de Vienne (celui-ci nouvellement élu par les voix du chapitre), et la plupart des évêques des provinces de Lyon, de Vienne et de Tarentaise.

 

Ainsi, le Haut Clergé se met à abandonner l’empereur, et le signal de la défection est donné par l’archichancelier du royaume d’Arles.

Peut-être cette conduite nouvelle a-t-elle été encouragée par l’attitude du roi de France, décidément favorable au pape légitime ; en tout cas, elle impose à Frédéric la nécessité de faire la guerre, non plus seulement au Pape, mais encore au clergé fidèle.

 

En 1164, à son retour d’Italie, le chancelier de Frédéric, Rainaud de Dassel, vient dans le royaume de Bourgogne-Provence et convoque, à Vienne, les archevêques du pays, afin de les déterminer à reconnaître l’antipape et à fournir des soldats à l’empereur ; mais il ne recueille que la manifestation de sentiments hostiles.

 

Rainald von Dassel se rend à la Pâques 1165 à la cour anglaise, à Rouen, et négocie le mariage de deux filles d’Henri II avec un fils de Barberousse et Henri le Lion. La négociation se poursuit de façon inattendue lorsque Rainald gagne les îles Britanniques et y convainc Henri II d'abjurer Alexandre et de reconnaître Pascal III.

Les raisons de ce basculement sont à rechercher dans la querelle entre Henri et Thomas Becket. Rainald se rend dès son retour d'Angleterre pour la prestation de serment de Wurzbourg, du nom de la ville où se tenait l'assemblée d'empire : Frédéric et de nombreux princes et évêques, mais pas tous, ont juré de ne jamais reconnaître Alexandre III ou ses successeurs comme pape. 

La cérémonie se tient avec pour arrière-plan l'espoir d'action concertée avec l'Angleterre contre le pape. Au cours de l'assemblée, Barberousse démet de ses fonctions l'archevêque de Mayence, Conrad Ier de Wittelsbach. Il essaye ultérieurement de développer son influence dans la région de Salzbourg, où Alexandre trouvait du soutien.

La plupart des Eglises du royaume de Bourgogne entrent en lutte ouverte avec les seigneurs qui soutiennent le parti impérial. Gérard de Mâcon, Guillaume de Chalon, Humbert de Beaujeu. De toutes parts, les opprimés se tournent vers le roi de France Louis VII. Le roi reprend les armes pour la défense de l’Eglise en 1166, il parait avec une armée à Chalon pour y faire rentrer dans le devoir les usurpateurs féodaux, et dépouille de son fief le comte de Chalon. Ainsi, le roi Louis VII ne craint pas de faire sentir sa puissance en Bourgogne, en dépit du mécontentement de l’empereur. En outre, la querelle religieuse  donne au roi de France le moyen d’intervenir à Lyon, que les contemporains considèrent pourtant comme une ville d’Empire. L’archevêque Héraclius étant mort en 1163, son élection est l’occasion d’une lutte acharnée entre les deux partis qui se disputent l’Eglise. Une première élection désigne l’archidiacre Druon  mais elle ne tarde pas à être cassée par Alexandre III dont les partisans choisissent l’abbé Cistercien de Pontigny, Guichard. Le siège de Lyon est donc livré aux compétitions de deux titulaires : le schismatique, soutenu par les Impériaux et Gérard de Mâcon, et le pasteur légitime, appuyé par la France, le comte de Forez, et peut-être par le sire de Beaujeu.

 

En dépit des anathèmes d’Alexandre III, l’archevêque schismatique se maintient pendant plusieurs années en possession du siège de Lyon. En 1166, il est auprès de l’Empereur avec Herbert, archevêque de Besançon, et Arducius, évêque de Genève. En vain Alexandre III a-t-il de ses propres mains sacré Guichard lors de son séjour à Montpellier, au mois d’août 1165. En vain le roi de France l’a recommandé aux seigneurs voisins, notamment à Humbert de Beaujeu. Ce n’est que le 11 novembre 1167, que la ville de Lyon recouvre son évêque légitime.

 

A Grenoble, l’évêque Geoffroy défie l’autorité d’Alexandre III, appuyé par le gouvernement delphinal, que dirige le comte de Toulouse, favorable à l’empereur.

 

Dans une lettre du  29 avril 1167, adressée à l’archevêque de Reims, Henri, frère de Louis VII, Alexandre III signale les violences du comte de Toulouse, qui oblige ses sujets ou bien à s’exiler ou bien à adorer l’idole, c’est-à-dire l’antipape ; il engage l’archevêque à solliciter la protection du roi de France pour l’évêque légitime de Grenoble, exilé de son siège par les Impériaux.

                                                             

Le retentissant échec subi par Frédéric Barberousse en Italie, lors de son expédition de 1167 contribue à ébranler son crédit dans le royaume d’Arles. Le comte de Savoie, Humbert III, auquel l’empereur demande passage à son retour,  lui refuse passage et le contraint à se réfugier sur les terres du fidèle marquis de Montferrat. Le marquis ouvre aussitôt des négociations avec Humbert. En même temps, Frédéric, invite à se rendre auprès de lui trois défenseurs du pape Alexandre, le prieur de Chartreuse, l’abbé de Cîteaux et l’évêque de Pavie et promet de se conduire d’après leurs conseils.

 

Mais en définitive, Frédéric refuse de recevoir les religieux et l’évêque qu’il avait appelés, et parvient à s’enfuir en traversant Suze sous un déguisement. Le comte de Savoie le laisse passer, et l’empereur peut enfin se rendre à Besançon. Mais, lorsqu’il revient en Italie, en 1171, il fait expier, à Suze l’outrage reçu. 

 

Ainsi de toutes parts les mécontents du Royaume de Bourgogne-Provence s’adressent au roi de France. Vers 1171, on voit le seigneur de Bresse, Renaud de Bagé, invoquer le secours de Louis VII contre les attaques des Impériaux.     « Le comte Gérard de Mâcon, écrit-il, accompagné de son frère Etienne et de Humbert de Beaujeu, a envahi ma terre à la tête d’une grande armée, l’a mise à feu et à sang, et a emmené en captivité mon fils Ulric.

 

Tous réunis, avec l’archevêque de Lyon, ils se vantent de mettre bientôt à exécution leurs menaces et de m’enlever mon héritage. »

 

Mais l’empereur Frédéric II réagit ; ainsi pour sanctionner l’attitude de son vassal le comte de Savoie Humbert III, il reconnait solennellement en 1175 l’évêque de Belley comme vassal immédiat de l’Empire puis également ensuite l’archevêque de Tarentaise comme vassal immédiat de l’Empire. Enfin, l’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par un diplôme du 16 mars 1177.

 

Frédéric 1er a la même ambition d’empire romain universel que l’empereur romain d’orient Manuel Ier, à tel point qu’ après la défaite de Manuel contre les turcs en 1176, il  lui réclame l’obéissance qu’il considère lui être due désormais comme seul empereur romain.

                                                         

En 1178, Frédéric Ier se rend à Arles  pour y recevoir dans la cathédrale Saint Trophime sa couronne de roi de Bourgogne-Provence en présence de nombreux prélats et seigneurs de ce royaume rappelant ainsi son autorité sur les seigneurs et prélats de ce royaume.

                                                                                                                   

Revenu en Germanie, en janvier 1179, lors de la Diète qu’il a convoquée à Worms, il accuse Henri le Lion de divers abus. Henri contre-attaque immédiatement en accusant l’archevêque de Cologne d’avoir saccagé la région de Hameln. Mais il ne se présente pas devant la justice impériale qui rend une première sentence en juin 1179 puis une deuxième à Wurtzbourg en janvier 1180 prononçant son bannissement à vie de l’empire.

 

Ses fiefs impériaux lui sont confisqués et redistribués dès avril 1180 pour une partie du nord (Westphalie) à l’évêque de Cologne Philippe von Heinsberg et pour l’autre partie au duc de Saxe Bernhard von Anhalt tandis que Frédéric investit du sud c'est-à-dire du duché de Bavière, Otto von Wittelsbach.  Henri le Lion s’oppose militairement à cette condamnation ce qui oblige l’empereur à lever une armée contre lui. Dès novembre 1181, Il doit se soumettre après que la noblesse saxonne, ses alliés slaves et danois se soient désolidarisés. Il est rejugé fin 1181 à la Diète d’Erfurt mais s’en tire finalement avec un jugement plus modéré limitant son bannissement à trois ans.

 

En 1184, Frédéric Barberousse conclut une alliance avec le comte de Flandre Philippe Ier contre le roi de France ; en vertu de cette alliance son fils Henri VI doit s’engager militairement contre le roi et pour ce faire doit traverser avec ses troupes le comté de Hainaut ; mais Baudoin V, comte de Hainaut refuse le transit de ses troupes.

 

Cette même année 1184, à la Pentecôte, Frédéric tient une nouvelle Diète à Mayence au cours de laquelle sont adoubés ses fils Henri et Frédéric. Sont présents les ducs de Bohême, d’Autriche, de Saxe, le comte palatin et le landgrave de Thuringe, les archevêques de Trèves, Brème, Besançon ainsi que les évêques de Ratisbonne, Cambrai, Liège, Metz, Toul, Verdun, Utrecht, Worms, Spire, Strasbourg, Bale, Constance, Coire, Wurzbourg, Bamberg, Munster, Hildesheim et Lubeck.

 

Une nouvelle Diète est convoquée à Mayence quatre ans plus tard au cours de laquelle la décision d’entreprendre une nouvelle croisade est  prise ; Frédéric part donc en 1189 au côté du roi de France Philippe Auguste et de Richard Cœur de Lion. Pendant son absence, le pouvoir est assuré par son fils Henri.

 

Frédéric Ier Barberousse n’en revient pas, s’étant noyé le 10 juin 1190 en Anatolie.

                                                                                                                                                                                                              

.HENRI  VI /  HEINRICH  VI (1165-1197), 

empereur /  kaiser de 1190 à 1197

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