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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 09:04

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CH. II     LES REGIONS AYANT APPARTENU AU   ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de FRANCIE ORIENTALE/ GERMANIE


En 879, le roi de Francie orientale Louis le Jeune occupe presque entièrement la Lotharingie. En 880, par traité de Ribemont les fils de Louis le Bègue cèdent à Louis le Jeune leur part de la Lotharingie en échange de la neutralité de ce dernier. La Lotharingie réunifiée est ainsi rattachée à la Francie Orientale (Germanie). L'autorité du roi germanique est cependant loin d'être également acceptée partout ; les comtes les plus éloignés vers l'ouest, Raoul de Cambrai et Régnier de Hainaut, font souvent cause commune avec Baudouin de Flandre ; on les voit tour à tour prêter hommage au Carolingien de France et au Carolingien de Germanie.

En 882, à la mort de Louis le Jeune, son frère, l'empereur Charles le Gros, recueille sa succession. L'empire de Charlemagne est reconstitué à l'exception de la Provence et de la Bourgogne transjurane .Mais Charles le Gros est déposé en 887 à la diète de Tribur (Mayence). Entre-temps, il a détaché la Frise de la Lotharingie en 885.

En mai 895, l’empereur et roi de Francie Orientale et Lotharingie, Arnulf de Carinthie impose son fils bâtard Zwentibold  comme roi de Lotharingie. Zwentibold se heurte aux résistances des grands qui voient avec déplaisir un étranger restreindre leur indépendance.  Zwentibold est tué le 30 aout 900 au cours d'une bataille, au voisinage de la Meuse. Débarrassés de Zwentibold, ces vassaux turbulents se tournent vers le roi de Francie Orientale (Germanie) Louis l'Enfant, qui vient de succéder à son père Arnulf 

En 903, Louis IV l'Enfant confère à l'un de ses fidèles, le comte Gebhard de Franconie, le titre de duc de Lotharingie. Gebhard est blessé au cours d'une bataille contre les Magyars près d'Augsbourg et meurt en juin 910.

Après la disparition du dernier Carolingien d'Allemagne, Charles le Simple réussit à se mettre en possession de la Lotharingie en 911 ; il nomme  Régnier  marquis. Celui-ci meurt en 915.

 Après la mort de Régnier, la puissance territoriale semble passer complètement au comte palatin Wigeric (mort entre 919 et 922).

En 923, Charles le Simple est défait à la bataille de Soissons. Raoul de France lui succède et réussit partiellement à se faire reconnaître par les Lotharingiens.

 

En 925 Henri l'Oiseleur prend possession de la Lotharingie entière. Il donne en mariage sa fille Gerberge en 929 à Giselbert qu’il nomme  duc de Lotharingie ; celui-ci s’allie à Henri, frère d'Otton Ier, en révolte contre lui ;  Giselbert se noye dans le Rhin en 929  ne laissant qu'un jeune fils, Henri, qui ne tarde pas à mourir..

Otton Ier confie alors le gouvernement de la Lotharingie à son frère Henri, qui a fait sa soumission, mais qui ne peut se maintenir. Il a pour successeur Otton, fils du comte Ricuin de Verdun, qui conserve la dignité ducale jusqu'en 944.

À sa mort, c’est, Conrad le Rouge, fils de Werinharius, qui est placé à la tête de la Lotharingie.

Otton Ier, roi de Francie Orientale  décide d'unir dans les mêmes mains la dignité d'archevêque de Cologne et celle de duc de Lotharingie. C’est son jeune frère Brunon qui reçoit, en 953, cette double mission ; il s'en acquitte avec autant de tact que de vigueur ; il pacifie le pays. Il mate notamment les Régnier et leur confisque leurs terres.

Quelques seigneurs qui voient avec déplaisir la rigueur déployée par Bruno tentent de se soulever. Ils protestent contre les exigences du duc, qui prétend raser des forteresses nouvellement édifiées et imposer aux grands des charges inusitées].

C'est cet incident qui pousse Brunon à déléguer en 959 une part de son autorité à Frédéric, fils du comte Wigéric, en Haute-Lotharingie et à Godefroid en Basse-Lotharingie. Brunon leur confère le titre de duc et établit donc ainsi deux duchés distincts. La Haute-Lotharingie deviendra le duché de Lorraine.

 

A. Comté  de Hainaut / Grafschaft  Hernegau,                                           

 (Valenciennes, Maubeuge, Le  Quesnoy, Avesnes, Douchy…)                                    

 terres d’empire de 962 à 1678

 

Le traité de Verdun de 843 attribue ce comté à l’empereur Lothaire, roi de la Francie Médiane ; Henri  Long Col son petit-fils en devient comte.

Partie donc de la Lotharingie, le comté passe par le partage de  877 du Traité de Meersen au royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve mais la noblesse de Lotharingie choisit de se rallier à Arnulf de Carinthie plutôt qu'à Eudes Ier de France. En 895, Arnulf rétablit le royaume de Lotharingie au profit de son fils  Zwentibold. Craignant l'établissement d'un pouvoir royal plus proche et donc plus fort, les féodaux se révoltent, menés par Régnier Ier de Hainaut, qui demande l'appui de Charles le Simple.  

                                                    

En 898, Zwentibold frappe Régnier de disgrâce et le comté passe dans d'autres mains : celles de Sigard, comte du Luihgau. Dès l'avènement de Louis l'Enfant en 899, Régnier est rentré en faveur, mais ne récupère pas le Hainaut. Zwentibold meurt au combat en 900 et le royaume de Lotharingie disparaît définitivement.

L'aîné des fils de Régnier, Gislebert obtient le titre de duc de Lotharingie vers 928. C'est alors probablement son frère cadet, Régnier II de Hainaut, qui devient comte de Hainaut. Son comté est attaqué par la maison d'Ardenne, poussée par l'empereur. Régnier II est vainqueur et annexe les terres impériales des Estinnes, de Valenciennes et de Bavay et devient abbé laïc des abbayes Sainte-Waudru de Mons et Sainte-Aldegonde de Maubeuge.

Vers 953, la marche de Valenciennes est détachée du comté de Hainaut par le roi de Francie Orientale et futur empereur Otton et confiée à Amaury, gendre d'Isaac de Cambrai. Le comte de Hainaut Régnier III se révolte. Il bat Conrad le Rouge, duc de Lotharingie nommé par Otton. En 957, Régnier III est déposé par le nouveau duc de Lotharingie et frère d’Otton Brunon de Cologne et est battu par les troupes impériales en 958 et dépouillé de ses biens. Le comté de Hainaut est alors confié à Godefroy, puis à Richer. En 959, lors du partage de la Lorraine, le comté relève du duché de Basse-Lorraine.

En 962, le roi de Francie Orientale Othon devient empereur. Il investit Richer, un de ses proches du comté de Hainaut et Amaury du marquisat de Valenciennes qui en est détaché.

 

Comtes de Hainaut / Marquis de Valencienne :

 

.Richer, comte de Hainaut et de Mons de 964 à 973

 

.Amaury, marquis de Valencienne de 964  à 973                                                                                                              

.Renaud, comte  de Hainaut en 973

Frère du précédent.  

 

.Garnier, comte de Valenciennes en 973

À la mort de Richer, l'empereur Otton Ier donne à son frère Renaud le comté de Mons et le titre de comte de Hainaut, tandis que le comté de Valenciennes est donné à Garnier. Tous deux  sont attaqués et tués par Régnier IV, fils d'un ancien comte de Hainaut qui cherche à reprendre le comté de son père Régnier III.

 

.Régnier IV, comte de  Hainaut de 973 à 974 

Fils de Régnier III.

 

.Godefroy Ier de Verdun, comte de Verdun et de Hainaut de  974 à 998

L'empereur Otton II fait appel à Godefroid le Captif, comte de Verdun, qu'il investit du Hainaut, alors qu'il confie la marche de Valenciennes à Arnould.

 

.Arnould,  marquis de Valenciennes, comte de Cambrai   de 974  à 1006

Fils de Reignier III.

En 979, lorsque  Lothaire de France menace Cambrai et qu’Otton II se trouve en Pologne, c’est Arnould, aidé de Godefroy, qui s’occupe de la défense du  territoire ; de même Rothard, l’évêque de Cambrai leur demande leur assistance contre Eudes de Vermandois qui a décidé d’édifier un château fort à Vinchy à quatre milles de Cambrai. En 1006, Baudouin IV de Flandre s’empare de la citadelle de Valenciennes et  renonce à son pouvoir de comte sur le comté de Cambrai dont l’empereur Henri II investit alors l’évêque Erluin.

 

.Régnier IV, comte de  Hainaut de 998 à 1013

En 998,  l'empereur rend le Hainaut (mais non la marche de Valenciennes) à  Régnier IV.                                                         

 

.Baudouin IV ( ?  - 1035), comte de Flandre de 987 à 1035  et marquis de Valenciennes de 1006  à 1035

Il succède à Arnould. L’empereur Henri II entre en lutte vers 1006 avec Baudouin IV de Flandre, qui prend parti pour les comtes de Louvain et de Namur, lesquels refusent la suzeraineté du duc de Basse Lotharingie Godefroid Ier d'Ardenne.

En 1006, Baudouin IV de Flandre s'empare de Valenciennes.  Une coalition se monte bientôt contre lui, réunissant Henri II, Robert II le Pieux et Richard II l'Irascible. Baudouin IV de Flandre se maintient malgré le siège mis devant Valenciennes par la coalition qui est bientôt contrainte au départ par la venue de l'hiver.

 

.Régnier V ( ?- 1039), comte de Hainaut et marquis de Valenciennes de 1013  à 1039    

Fils du précédent, marié à Mathilde de Verdun, fille d’Hermann, comte de Verdun.

En 1024, il suit le duc Gothelon Ier, frère et successeur de Godefroy, qui s'oppose au nouvel empereur, Conrad II, mais il doit faire leur soumission.

 

.Herman ( ? -1051), comte de Hainaut  et  marquis de Valenciennes  de 1039 à 1051

Fils du précédent.                                                                                                             

 

.Baudouin IV ( ? -1035), comte de Flandre et marquis de Valenciennes de 1006 à 1035

 

.Baudouin V ( ? -1067), comte de Flandre et marquis de Valenciennes de 1035 à 1045

 Fils du précédent.                                                        

 

.Herman ( ? - 1051), comte de Hainaut de 1039 à 1051

 

.Regnier de Hasnon ( ?-1048), marquis de Valenciennes de 1045 à 1048

 

.Herman ( ?  -1051), comte de Hainaut de 1039 à 1051, marquis de Valenciennes de 1048 à 1051

Fils de Régnier V, comte de Hainaut et de Mathilde de Verdun. Il épouse en 1040 Richilde de Dabo-Eguisheim

En 1046, il s'allie à Godefroy II de Basse-Lotharingie et à Baudouin V contre l'empereur et son épouse Richilde, qui a préféré une alliance avec l'empereur.

En 1048/1049, à la mort de son beau-père Régnier de Hasnon et grâce aux droits héréditaires de sa femme Richilde de Egisheim, il obtient le margraviat de Valenciennes, permettant de réunifier complètement le Hainaut. Il meurt en 1051. Sa veuve épouse le  comte Baudouin VI de Flandre.

 

Maison de Flandre

 

.Baudouin Ier  (1150-1195),  comte de Hainaut de 1051 à 1070  et comte de Flandre de 1067 à 1070  sous le nom de Baudouin VI de Flandre.

Fils du comte Baudouin V de Flandre.

C’est sous son règne quand il devient également comte de Flandre en 1191 que les deux comtés de Flandre et de Hainaut sont unis. Dès 1191, les marches méridionales du comté (tous les territoires francophones à l'ouest de l'Aa) sont annexées par le roi de France.

Sa mort précoce laisse la Flandre et le Hainaut en contestation dynastique.       Le comté de Flandre est bientôt usurpé par Robert le Frison, qui devient Robert Ier de Flandre.                                                         

 

.Arnoul III de Flandre (1054-1071), comte de Hainaut et de Flandre de 1070 à 1071,

Fils de Baudouin VI, comte de Flandre et de Hainaut, et de Richilde, comtesse de Hainaut.

En 1071, Arnoul III est tué à la bataille de Cassel, contre Robert, qui devient comte de Flandre. Le comté de Hainaut échoit à son frère cadet Baudouin II de Hainaut.

 

.Baudouin II de Flandre (1056- 1098)  comte de Hainaut et de Valenciennes de 1071 à 1098,

Frère du précédent.

Il est encore adolescent à la mort de son père et sa mère exerce la régence au nom de son frère aîné Arnoul. Mais les ambitions de sa mère et son gouvernement tyrannique occasionne au bout d'un an une révolte qui dégénère en guerre civile.

Arnoul est tué dans une bataille près de Cassel et Robert le Frison, oncle de Baudouin et d'Arnoul, devient comte de Flandre. Baudouin succède à son frère comme comte de Hainaut.

Richilde obtient de l'aide de l'évêque de Liège, dont elle s'est reconnue vassale mais Baudouin doit renoncer à la Flandre en 1085.

 

.Baudouin III (1088- 1120), comte de Hainaut de 1098 à 1120

Fils du précédent.

 

.Baudouin IV (1108- 1171), comte de Hainaut de 1120 à 1171

Fils du précédent.

 

.Baudouin V (1150 -1195), comte de Hainaut de 1171 à 1195,  comte de Namur (Baudouin Ier) de 1184  à 1195  et  comte de Flandre (Baudouin VIII)  de 1191 à 1195

Marié en 1169 à Marguerite, fille de Thierry d'Alsace, comte de Flandre.

Ce mariage permet de régler le contentieux qui existe à propos de Douai ; la ville est gardée à la Flandre en échange d'une partie de la dot.

Baudouin s'efforce de mater avec fermeté les querelles de ses barons. Il se rapproche de son beau-frère Philippe d'Alsace avec lequel il signe en 1177 un traité d'alliance  qui le désigne comme héritier putatif de la Flandre.

Philippe l'incite à donner sa fille Isabelle en mariage au roi de France Philippe II, dotée somptueusement de l'Artois en 1180. Le conflit qui éclate peu après entre le roi de France et le comte de Flandre met Baudouin dans une situation rapidement inconfortable. D'abord fidèle à l'alliance flamande (1180-1184), il se voit obligé de lutter contre le duc de Brabant Henri le Guerroyeur, allié du roi, puis doit préserver les intérêts de sa fille au bord de la répudiation. Le comte de Flandre refuse finalement de le soutenir contre Henri. C'est la rupture. D'autant que, subtilement, le roi l'a désigné (à son insu) exécuteur de la trêve qu'il a signée à Compiègne en 1185 avec le comte de Flandre, provoquant la fureur de celui-ci.  

La paix est finalement conclue en 1186 après une invasion du Hainaut, Philippe d'Alsace craignant désormais être à son tour pris en étau.                                                        

Baudouin est  également désigné successeur du comté de Namur par son titulaire, Henri l'Aveugle, sans postérité. L'accord est entériné formellement par l'empereur Frédéric Barberousse en 1184 à Mayence. Le comte reçoit même en 1187 la titulature du comté érigé en marquisat. Or, en 1186 naît une fille à Henri l'Aveugle. Le comte de Namur dénonce alors l'accord précédent pour faire de sa fille Ermesinde son héritière. S'ensuit une guerre que remporte Baudouin lors de la bataille de Noville-sur-Mehaigne du 1er août 1194, où, malgré une forte infériorité numérique, ses troupes écrasent celles des comtes de Namur, Hollande, Juliers et Dagsbourg, des ducs de Brabant et de Limbourg. Henri garde le marquisat en viager, mais l'héritage passe à sa mort en 1196  à Baudouin. Entre temps, Baudouin est devenu comte de Flandre à la mort de  Philippe d’Alsace en 1191. Succession délicate parce que la veuve de Philippe, Mathilde de Portugal, déjà pourvue d'un douaire important, s'agite pour l'agrandir davantage, et que l'opération s'est déroulée en l'absence du roi de France alors en Orient. Finalement Mathilde est déboutée de ses prétentions et Philippe Auguste accepte l'hommage du nouveau comte de Flandre.

Le 15 novembre 1194 meurt Marguerite d'Alsace et le comté de Flandre (amputé désormais de l'Artois) passe à leur fils Baudouin IX de Flandre. Baudouin détache le marquisat de Namur pour un fils puîné, Philippe le Noble, le Namurois restant dorénavant fief lige du Hainaut (il le restera jusqu'à Philippe le Bon).Baudouin V meurt le 18 décembre 1195 à Mons.                                                         

 

.Baudouin VI (1171- 1205), comte de Hainaut de 1194 à 1205 et  comte de Flandre de 1194 à 1205  sous le nom de Baudouin IX.

Fils de la comtesse Marguerite d'Alsace et du comte Baudouin VIII de Flandre.

Parti pour la quatrième croisade en avril 1202, il devient empereur de Constantinople le 9 mai 1204 et meurt captif chez les Bulgares en 1205 ou 1206 laissant ses comtés à sa fille aînée Jeanne.

 

.Jeanne de Constantinople (1199/1200-1244), comtesse de Hainaut et de Flandre de 1205 à 1244.

Fille aînée du comte Baudouin IX de Flandre (Baudouin VI de Hainaut). Orpheline très jeune, elle est confiée d'abord à la garde de l'évêque de Liège, puis à Philippe le Noble, comte de Namur, puis à celle du roi Philippe-Auguste. Elle épouse en 1212 Ferrand, fils du roi Sanche Ier de Portugal (mort le 29 juillet 1233), puis Thomas, fils de Thomas Ier de Savoie (mort avant 1263). Tous deux portent, pendant le règne de Jeanne, le titre de comte de Flandre et de Hainaut.

Celle-ci meurt en 1244, sans héritier malgré deux mariages et sa sœur Marguerite lui succède.

 

.Marguerite de Constantinople (1202-1279), comtesse de Hainaut de 1244 à 1251, comtesse de Flandre de 1244 à 1279 

Sœur de la précédente. Elle épouse en premières noces, un chevalier de modeste condition Bouchard d'Avesnes (1182-1244),  avec lequel elle a deux fils Jean Ier d’Avesnes et Baudoin mais elle  doit se séparer de son mari en 1221 par ordre de sa sœur et parce que Bouchard a été excommunié. En 1223, elle se  remarie avec Guillaume (†1231), seigneur de Dampierre, et avec lequel elle a  trois enfants, dont Guillaume et Guy.

Jean Ier d'Avesnes et Baudoin d'Avesnes, son frère consanguin, entreprennent de faire admettre leur légitimé, qui est reconnue par l'empereur Frédéric II en mars 1243.

Marguerite désigne comme héritier Guillaume III de Dampierre, né de son second mariage. Un premier conflit éclata en 1244 entre Jean d’Avesnes et Guillaume de Dampierre pour savoir qui hériterait des comtés. Les demi-frères se combattent, jusqu’à ce que le roi Louis IX  intervienne et décide que le Hainaut revient à Jean d’Avesnes et la Flandre à Guillaume de Dampierre.   Fort de ce jugement, Marguerite laisse le gouvernement de la Flandre à Guillaume de Dampierre dès 1247, mais ne manifeste pas l’intention d’en faire autant avec le Hainaut. Lorsque Guillaume meurt en 1251, elle laisse la Flandre à Guy de Dampierre, qui devient à son tour comte de Flandre.

 

Maison d’Avesnes

 

Cette maison est issue des seigneurs d’Avesnes sur  Helpe qui  règnent également depuis 1096 sur le village de Landrecies, situé dans la sphère d'influence de la Lotharingie puis du Saint-Empire romain germanique.

 

.Jean Ier d'Avesnes (1218-1257), comte de Hainaut de 1250 à 1257,

Fils de Bouchard d'Avesnes et de Marguerite de Flandre et de Hainaut  marié à Adélaïde (ou Alix) de Hollande, fille de Florent IV, comte de Hollande et de Mathilde de Brabant (son père est bailli du Hainaut en 121).

En 1250, Louis IX  part en Croisade, et y reste quatre ans. Jean d’Avesnes ne tarde pas à comprendre que sa mère n’a pas l’intention de lui laisser le Hainaut, et attaque Guy et Marguerite. Guillaume de Dampierre est tué le 6 juin 1251 au cours d’un tournoi, les Dampierre accusent les Avesnes d'avoir commandité le crime et la guerre reprend entre les demi-frères. Marguerite et Gui de Dampierre sont battus le 4 juillet 1253. Le 22 novembre 1257, les Dampierre renoncent définitivement au Hainaut. Marguerite de Flandre ne s’avoue pas vaincue, et ne voulant toujours pas laisser le comté de Hainaut à Jean d’Avesnes, le donne à Charles d’Anjou, frère du roi Louis IX, qui est revenu de la Croisade avant son frère. Charles entreprend de conquérir le comté, mais ne parvient pas à prendre Valenciennes, et manque d’être tué au cours d’une escarmouche. Enfin  Louis IX revient de Terre Sainte et oblige son frère à renoncer au Hainaut. Jean d’Avesnes peut enfin recevoir son héritage.

L'année même de sa mort en 1279, Marguerite, réconciliée avec tous ses descendants, Marguerite de Constantinople fait proclamer Jean II d'Avesnes, Comte de Hainaut et Gui de Dampierre, Comte de Flandre.  Les comtés de Flandre et de Hainaut sont à nouveau séparés.                                                                                                                                                                        

.Jean Ier de Hainaut, né Jean II d'Avesnes (1247-1304), comte de Hainaut de 1280 à 1304

Fils de Jean Ier, comte de Hainaut et de Hollande (Jean II) marié en 1270 à Philippine de Luxembourg, fille d'Henri V, comte de Luxembourg, et de Marguerite de Bar. Frère de Guillaume, comte-évêque de Cambrai.

À la mort de sa grand-mère paternelle, Marguerite II de Flandre, il hérite du comté de Hainaut, tandis que son oncle Gui de Dampierre hérite de la Flandre, mais la lutte continue  entre Jean d’Avesnes et Gui de Dampierre jusqu’en 1287.     

 

.Guillaume Ier de Hainaut (1286-1337), comte de Hainaut de 1304 à 1337, comte de Hollande (Guillaume III),

Fils du précédent, époux en 1305 de Jeanne de Valois, fille de Charles de France, comte de Valois, et de Marguerite d'Anjou.

 

.Guillaume II de Hainaut (1307-1345), comte de Hainaut de 1337 à 1345, comte de Hollande (Guillaume IV),

Fils du précédent, époux en 1334 de Jeanne de Brabant, fille de Jean III, duc de Brabant et de Limbourg, et de Marie d'Évreux.

                                                                                                                

Maison de Bavière

.Marguerite II (1310-1356), comtesse de Hainaut et de Hollande  de 1345 à 1356

 

Sœur du précédent. Mariée en 1324 à l'empereur Louis IV de Bavière. 

 

.Guillaume III de Bavière (1330-1388), comte de Hainaut et de Hollande de 1356 à 1358,

Fils de la précédente.                                                       

.Albert Ier de Bavière (1336 -1404), comte de Hainaut et de Hollande de 1358 à 1044,

Frère du précédent.   

 

.Guillaume IV de Bavière (1365- 1417), comte de Hainaut et de Hollande de 1404 à 1417,

Fils du précédent et de Marguerite de Brieg. Marié en 1385 à Marguerite de Bourgogne, fille de Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne et de Marguerite, comtesse de Flandre.

 

.Jacqueline de Bavière (1401-1436), comtesse de Hainaut de 1401 à 1436, comtesse de Hollande, fille du précédent. Mariée en 1418 à Jean IV de Bourgogne (1403- 1427), duc de Brabant, fils d'Antoine de Bourgogne et neveu de Jean sans Peur.

Elle reconnait en 1428 le duc de Bourgogne Philippe le Bon comme héritier de ses domaines, qu'elle lui abandonne formellement en 1433.

                                                      

 Maison de Bourgogne


.Philippe Ier de Hainaut  (Philippe le Bon), comte de Hainaut de 1433 à 1467

 

.Charles Ier de Hainaut (Charles le Téméraire), comte de Hainaut de 1467 à 1477

 

.Marie Ier de Hainaut (Marie de Bourgogne), comtesse de Hainaut de 1477 à 1482,   épouse de Maximilien Ier de Habsbourg.

                                                                       

Maison d’Habsbourg-Bourgogne


.Philippe II de Habsbourg  dit Philippe  le Beau (1482-1506)  comte de Hainaut de 1482 à 1506, souverain des Pays-Bas de 1482 à 1506

Fils de l’empereur Maximilien et de Marie de Bourgogne ; époux de la reine d’Espagne Jeanne la Folle.

 

.Charles II de Habsbourg  (1506-1555) comte de Hainaut de 1506 à 1555, souverain des Pays Bas de 1506 à 1555, empereur Charles Quint de 1519 à 1598

Fils du Précédent.

Après son abdication  en 1586 et le partage de ses possessions entre son frère l’empereur Ferdinand et son fils Philippe, roi d’Espagne, les Pays Bas bourguignons, terres d’empire sont attribuées à ce dernier.

 

.Philippe III de Habsbourg (1527-1598),  comte de Hainaut de 1555 à  1598,  souverain des Pays-Bas  de  1555  à 1598, roi d’Espagne Philippe II de 1598 à 1621

Fils du précédent.

 

.Archiduchesse-Infante Isabelle Ier de Habsbourg et  Albert II de Habsbourg, comtesse et comte de Hainaut de 1598 à 1621, souverains des Pays Bas de 1598 à 1621

Fille du précédent.

 

.Philippe IV de Habsbourg (1605-1665), comte de Hainaut de 1621 à 1665, roi d'Espagne Philippe IV de 1621 à  1665, souverain des Pays-Bas de 1621 à 1665

Fils de Philippe III, frère de la précédente.

 

.Charles III de Habsbourg (1661-1700), comte de Hainaut de 1665 à 1700, roi  d'Espagne Charles II, souverain des Pays-Bas de 1665 à 1700

Fils du précédent.

 

 

Entre 1659 et 1678, la partie sud du Hainaut est conquise par Louis XIV et rattachée à la France. En 1659, le traité des Pyrénées accorde à la France Avesnes-sur-Helpe, Landrecies et Le Quesnoy. En 1668, au traité d'Aix-la-Chapelle, le France obtient en outre Ath et l'enclave de Binche.

Au traité de Nimègue (1678), la France rend Ath et Binche et reçoit en échange les terres autour de Valenciennes, Bouchain et Maubeuge. Les descendants des Habsbourg conservent la partie nord du comté et continuent de porter le titre de comte jusqu’en 1792.                                                   

 

.Philippe V (1683-1746), comte de Hainaut  de  1700 à  1710, souverain des Pays-Bas de 1700 à 1710, roi d’Espagne Philippe V  de 1700 à 1746

Petit-fils du précédent et du roi Louis XIV.

 

.Charles IV  de Habsbourg, comte de Hainaut de 1711à 1740, empereur Charles VI de 1711 à 1740

Second fils de l’empereur Léopold  Ier.

 

.Marie-Thérèse de  Habsbourg  (1717-1780), comtesse de Hainaut de 1740 à 1780,  épouse de l’empereur François de Lorraine

Fille du précédent.                                                          

 

.Joseph II de Habsbourg-Lorraine (1741-1790), comte de Hainaut de  1780 à 1789, empereur Joseph II  de 1765 à  1790

Fils de la précédente.

 

.Léopold Ier  de Habsbourg-Lorraine (1747-1792), comte de Hainaut de 1790 à 1792, empereur Léopold II de 1790  à 1792

Troisième fils de l’empereur François Ier de Habsbourg-Lorraine.

 

 

 

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Le Hainaut français, inclus dans les arrondissements de Valenciennes et d'Avesnes, constitue aujourd’hui, avec la Flandre et le Cambrésis, une des trois entités du  département du Nord. Ses limites géographiques lui ont conféré une forte identité :


- A l'ouest : frontière naturelle remarquable, limite occidentale de la Lotharingie (Traité de Verdun. 843) puis du St Empire romain germanique.


- Au sud : le Comté épiscopal de Cambrai.


- A l'est, lorsque le Hainaut touche aux confins des Ardennes, le duché de Luxembourg.


- Au nord une frontière, artificielle, résultat des traités de Nimègue (1678) et d'Utrecht (1713) le sépare du Hainaut belge.


Ce territoire est rattaché à la France par Louis XIV en 1678.

 



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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 18:58

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LES  REGIONS ACTUELLES  DE  FRANCE  AYANT APPARTENU AU  SAINT  EMPIRE

 

 

CH 1.  LES REGIONS AYANT APPARTENU AU ROYAUME DE FRANCIE OCCIDENTALE (FUTURE FRANCE) 

 

 

 

 

B. Comté d’Artois, terre d’empire de 1526 à 1659-1678

 

D’abord partie du comté de Flandre sous la maison comtale de Baudouin Ier de Flandre, gendre de Charles le Chauve.

Baudouin V (1150 -1195) est comte de Hainaut de 1171 à 1195,  comte de Namur (Baudouin Ier) de  1184  à 1195  et  comte de Flandre (Baudouin VIII)  de 1191 à 1195. Marié en 1169 à Marguerite, fille de Thierry d'Alsace, comte de Flandre.

Il se rapproche de son beau-frère Philippe d'Alsace par un traité d'alliance (1177) qui le désigne comme héritier putatif de la Flandre. Philippe l'incite à donner sa fille Isabelle en mariage au roi de France Philippe Auguste, dotée somptueusement de l'Artois (1180).

Isabelle de Flandre et de Hainaut, épouse donc du roi de France Philippe Auguste, le laisse en héritage à sa mort en 1190 à leur fils Louis VIII  lequel  l’incorpore à son royaume de France en 1223. Le comté est ensuite donné en apanage par le roi Saint Louis à son frère Robert en 1237. Par mariage, l’Artois passe ensuite dans la maison comtoise de Bourgogne, dans celle de Dampierre puis dans la deuxième maison capétienne de Bourgogne.

A la mort en 1477 du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, l’Artois devient avec la Flandre possession des Habsbourg mais Maximilien empereur doit le céder en 1482 au roi Louis XI par le traité d’Arras. Mais dès 1493, le roi Charles VIII doit leur rendre par le traité de Senlis mais l’Artois continue de relever de la couronne de France jusqu’au traité de Madrid de 1526 par lequel il relève ensuite de l’empire. Il le reste jusqu’au traité des Pyrénées de 1659 sauf Aire-sur-la-Lys et Saint-Omer (l'Artois réservé) qui ne revient à la France qu'en 1678.

 

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 10:09

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LES  REGIONS ACTUELLES  DE  FRANCE  AYANT APPARTENU AU  SAINT  EMPIRE

 

CH 1.  LES REGIONS AYANT APPARTENU AU ROYAUME DE FRANCIE OCCIDENTALE (FUTURE FRANCE) 

 

A. Comté de Flandre  /  Grafschaft Flandern                                                             terre d’empire de 1526  à 1659/1662/1668/1679à 1699/ 1713

Au traité de Verdun de 843, l’ensemble de la Flandre est attribué au Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve qui la donne en fief à son  beau-frère Beaudoin Ier en 865.

  

Maison de Flandre

 

.Baudouin Ier de Flandre (mort en 879), premier comte de Flandre de 865 à 879

 

.Baudouin II de Flandre (863-918), comte de Flandre de 879 à 918.

Fils du précédent.

 

.Baudouin III (940-962), comte de Flandre de 958 à 962

Fils d’Arnoul Ier.                          .

 

.Arnoul II (961-987), comte de Flandre de  965 à 987

Fils de Baudouin III et de Mathilde de Saxe.

 

.Baudouin IV (980-1035), comte de Flandre de 987 à 1035,

Fils d’Arnoul II.

                                                                                                                                                                   

 

.Baudouin V de Flandre (1012-1067), comte de Flandre 1035 à 1067

Fils du précédent et d'Ogive de Luxembourg.

                                                                                                        

 

.Baudouin VI de Flandre (1030-1070), comte de Flandre de 1067 à 1070.

Fils du comte Baudouin V. En 1045, il est investi momentanément par l'empereur Henri III de la marche d'Anvers. En 1051, il épouse Richilde de Hainaut, veuve du comte Herman de Hainaut, et entre en possession de ce territoire où il devient Baudouin Ier de Hainaut. .

Beaudoin VI acquiert en 1056 de nombreuses terres impériales de sorte que le comté de Flandre devient une terre relevant de deux suzerains le roi de France et l’empereur disposant d’une grande autonomie. Le territoire actuel de la Flandre est en effet au Moyen Âge divisé en plusieurs États féodaux : les principaux sont le comté de Flandre à l'ouest, le duché de Brabant au centre et le comté de Looz à l'est. Ce territoire est donc  traversé par la frontière du Saint-Empire romain. Le comté de Flandre est donc un fief direct de la couronne de France, alors que le reste de la Flandre actuelle fait partie du Saint-Empire.

  

.Arnoul III de Flandre (1055-1071), comte de Flandre de 1070 à 1071

Fils du comte Baudouin VI et de la comtesse Richilde de Hainaut. La succession de la Flandre passe à son oncle Robert Ier, tandis que le Hainaut est dévolu à son frère cadet Baudouin II de Hainaut (1056-1098).

 

.Robert Ier de Flandre (1031-1093), comte de Flandre de 1071 à 1093.

Fils du comte Baudouin V et d'Adèle de France. Frère cadet de Baudouin VI.

Son mariage en 1063 avec Gertrude de Saxe, veuve de Florent Ier de Hollande, lui donne le gouvernement de ce territoire pendant la minorité de Thierry V de Hollande. En 1071 il dépossède de la Flandre son neveu Arnoul III de Flandre qui est tué à la bataille de Cassel.                                                                                                                                                                                                                                          

 

.Robert II de Flandre (1065-1111), comte de Flandre de 1093 à 1111.

Fils du comte Robert Ier et de Gertrude de Saxe (vers 1034-1113).

                                              

.Baudouin VII de Flandre (vers 1093-1119), comte de Flandre de 1111 à 1119.

Fils du comte Robert II et de Clémence de Bourgogne. Sans postérité connue de cette union.  

                                                        

Maison de Danemark

 

.Charles Ier de Flandre, né Charles de Danemark (1083-1127), comte de Flandre de 1119 à 1127

Petit-fils du comte Robert Ier et de Gertrude de Saxe, fils de la fille de Robert Ier le Frison, Adèle de Flandre et du roi de Danemark Knut IV, neveu du comte Robert II et cousin germain du comte Baudouin VII. Sans postérité connue de cette union

 

Maison de Normandie

.Guillaume de Normandie (1101-1128), comte de Flandre de 1127 à 1128

Fils du duc de Normandie Robert II Courteheuse et de Mathilde de Flandre, elle-même fille du comte Baudouin V. Sans postérité connue de son unique mariage. 

 

Maison d'Alsace

.Thierry d'Alsace (1100-1168) dit Thierry III de Lorraine, comte de Flandre de 1128 à 1168

Fils du duc de Lorraine Thierry II de Lorraine (vers 1055-1115) et de Gertrude de Flandre.

 

.Philippe d'Alsace 1143-1191) dit Philippe de Lorraine, comte de Flandre de 1168 à 1191

Fils du comte Thierry d'Alsace. Par son premier mariage (sans postérité) en 1159 avec Élisabeth de Vermandois, sœur du comte Raoul II de Vermandois mort en 1167, il hérite du Vermandois et du Valois en Picardie, comtés qui sont réunis par Philippe-Auguste à la couronne de France en 1186-1191.

Marié en secondes noces en 1183 avec Mathilde de Bourgogne, il meurt en 1191 devant Saint-Jean d'Acre, sans laisser d'héritier direct. Ses États passent à son beau-frère, Baudouin l, comte de Hainaut, qui avait épousé en 1169 sa sœur Marguerite d'Alsace.                                                    

 

.Marguerite d'Alsace (1145-1194), comtesse de Hainaut de 1171 à 1194, comtesse de Namur de 1188 à 1190, comtesse de Flandre de 1191 à 1194

Troisième fille du comte Thierry. Elle épouse en 1169  le comte de Hainaut Baudouin V de Hainaut (1150-1195).  

 

Maison de Hainaut (Baudouinides de la branche aînée), puis Maison de Constantinople :

 

.Baudouin VIII de Flandre (1150-1195), comte de Flandre de 1191 à 1194 et  comte de Hainaut de 1171 à 1195 (Baudouin V de Hainaut). 

Il ne conserve le titre de comte de Flandre que jusqu'à la mort de Marguerite d'Alsace, le 15 novembre 1194.

Dès 1191, les marges méridionales du comté (tous les territoires francophones à l'ouest de l'Aa) sont annexées par le roi de France.

 

.Baudouin IX de Flandre (1171- 1205), comte de Flandre de 1194 à 1205 et comte de Hainaut sous le nom de Baudouin VI de Hainaut.

Fils de la comtesse Marguerite d'Alsace et du comte Baudouin VIII de Flandre. Partit pour la quatrième croisade en avril 1202, il devient empereur de Constantinople le 9 mai 1204 et meurt captif chez les Bulgares en 1205 ou 1206.

 

.Jeanne de Constantinople (1199/1200-1244), comtesse de Flandre de 1205 à 1244.

Fille aînée du comte Baudouin IX de Flandre (Baudouin VI de Hainaut). Orpheline très jeune, elle est confiée d'abord à la garde de l'évêque de Liège, puis à Philippe le Noble, comte de Namur, puis à celle du roi Philippe-Auguste. Elle épouse en 1212 Ferrand, fils du roi Sanche Ier de Portugal (mort le 29 juillet 1233), puis Thomas, fils de Thomas Ier de Savoie (mort avant 1263). Tous deux portent, pendant le règne de Jeanne, le titre de comte de Flandre et de Hainaut.

 

Maison de Portugal

.Ferdinand de Portugal (1188-1233) dit Ferrand de Flandre, comte de Flandre de 1211 à 1233

Fils du roi de Portugal Sanche Ier (1154-1211). Époux de Jeanne de Constantinople.

  

Ferdinand entre dans la coalition européenne dirigée par Jean Sans Terre et l’empereur Otton IV, contre le roi Philippe Auguste. Après avoir brûlé Lille en 1213, Philippe Auguste gagne la bataille de Bouvines en 1214 contre le comte de Flandre et de Hainaut, Ferrand, et ses alliés, le roi d’Angleterre Jean sans Terre et l’empereur Otton IV de Brunswick. La Flandre n’est incorporée au domaine royal qu’en 1223 par le roi Louis VIII à son avènement.

                                                                                                             

Ferrand meurt en 1233 ; Jeanne se remarie en 1237 à Thomas II de Savoie.

 

Maison de Savoie :

 

.Thomas II de Savoie (1199-1259).comte de Flandre de 1237 à 1244, comte de Maurienne (1233-1259) et seigneur (1233) puis comte (1245-1259) de Piémont.

Fils du comte de Savoie Thomas Ier  et de Béatrice Marguerite de Genève. Second époux de la comtesse Jeanne de Constantinople.

 

 

Maison de Constantinople

 

.Marguerite de Constantinople ou  de Flandre ou Marguerite de Hainaut (1202-1279), comtesse de Flandre de 1244 à 1279

Fille cadette du comte Baudouin IX (Baudouin VI), elle hérite du comté de Flandre à la mort de sa sœur, la comtesse Jeanne de Constantinople. Elle épouse en juillet 1212 Bouchard d’Avesnes. 

Elle provoque, par sa partialité, les querelles intestines de succession déchaînées en Flandre et en Hainaut entre les enfants qu'elle avait eu de ses deux époux : Bouchard d'Avesnes et Guillaume de Dampierre.

L'année même de sa mort en 1279, réconciliée avec tous ses descendants, Marguerite de Constantinople fait proclamer Jean II d'Avesnes, Comte de Hainaut et Gui de Dampierre, Comte de Flandre. 

                                                        

Maison de Dampierre


.Gui de Flandre (1225-1305), comte de Flandre de 1278 à 1305.

Fils de la comtesse Marguerite de Hainaut et de Guillaume II de Dampierre. Par son premier mariage en 1246 avec Mathilde de Béthune, il est seigneur de Béthune et de Termonde (1248-1264).

En 1263, il a acheté le marquisat de Namur, terre d’empire ce qui le rend vassal de l’empereur. Henri V de Luxembourg avait conquis le fief de Namur, et Guy entreprend de le reconquérir. Finalement, un traité de paix réconcilie les deux ennemis : Guy épouse la fille d'Henri, à qui ce dernier cède tous ses droits sur Namur en 1297.

Gui se heurte à la bourgeoisie des villes, qui se fait appuyer de façon de plus en plus directe par les rois de France Philippe III puis surtout Philippe le Bel. Celui-ci prend prétexte de la tentative de Gui de marier sa fille Philippine à Édouard d'Angleterre, fils du roi d'Angleterre, pour intervenir militairement du (bataille de Furnes en 1297).

Gui de Dampierre est emprisonné. Mais ses fils bénéficiant de la réaction patriotique du peuple de Bruges acquis au Dampierre à la différence de la Bourgeoisie. Les "Klauwaert" brugeois se révoltent en 1302 au cours des Matines de Bruges, massacrant les partisans du roi puis taillent en pièce à Courtrai l'armée royale de retour en Flandre sous la conduite de Robert d'Artois, frère du roi, au cours de la bataille dite "des éperons d'or " le 11 juillet 1302. Croyant prendre sa revanche à la bataille de Mons en Pévèle en août 1304, au résultat indécis, Philippe le Bel négocie avec les flamands, obtenant finalement les châtellenies de Lille, Douai par le traité d'Athies sur Orge du 23 juin 1305 en contrepartie de la libération de Robert de Béthune, fils de Gui de Dampierre.                                                      

Le comté de Flandre conserve son indépendance mais  Philippe IV le Bel s’empare de Lille, de Douai et d’Orchies. Pour honorer une parole donnée, Gui se constitue prisonnier et  meurt captif à Compiègne en  juillet 1305.Mais les clauses financières du traité posent beaucoup de difficultés.

 

                                                           

.Robert III de Flandre (1247-1322), ou Robert de Dampierre, dit Robert de Béthune (fief de sa mère Mathilde), comte de Nevers par mariage avec Yolande de Bourgogne  de 1272 à 1280, comte de Flandre de 1305 à 1322.

Fils du précédent et de Mahaut de Béthune.

 

Depuis la signature de la paix d’Athis sur Orge entre le roi Philippe le Bel et le comte de Flandre, le problème de l’exécution des clauses financières n’est pas résolu et à l’automne 1311, Robert et son fils Louis sont cités à comparaitre devant la Cour du roi.  Fin décembre Louis se présente et il est arrêté mais il parvient à s’évader et à se réfugier dans la partie de son comté relevant de l’empire ou il demande l’aide de l’empereur Henri VII. Le roi Philippe le Bel est furieux et se retourne contre son père Robert qui doit se présenter devant lui en juillet 1312 à Pontoise. Philippe le Bel exige sa soumission mais accepte de renoncer à la rente impayée en contrepartie de l’abandon des châtellenies de Lille, Béthune et Douai, accord celé par le traité de Pontoise du 11 juillet 1312 et qui sera très longtemps une source de conflit. Le roi Philippe le Bel visite alors la Flandre, qu'il estime avoir fait retour à la France.

Cette Flandre française occupe alors le tiers septentrional de ce qui deviendra le  département du Nord. Lille est sa principale ville, mais elle compte d'autres villes importantes : Douai, Cassel, Dunkerque, Hazebrouck et Bailleul. Elle se compose de deux sous-régions : le Westhoek français et la Flandre romane.                                                                                                   

Le Westhoek français ou Flandre maritime est compris entre la Lys et la mer du Nord. Ce territoire correspond à l'arrondissement de Dunkerque. Il peut être décomposé en trois régions naturelles:

                                                        :                                                                        
.Le Blootland (« pays nu ») ou Plaine maritime, avec les villes de Dunkerque, Bourbourg, Bergues, Hondschoot.                                                           .                     .Le Houtland (« pays du bois »), avec les villes de Wormhout, Cassel, Hazebrouck, une partie de Bailleul.                                     .
. La plaine de la Lys avec  Merville, Steenwerck. 

La Flandre romaneou Flandre lilloise (en néerlandais Rijsels-Vlaanderen), composée des pays de Weppes, Mélantois, Carembault, Ferrain et une partie du Pévèle, formant autrefois l'ancienne châtellenie de Lille est détachée momentanément du comté de Flandre en 1319.

 

 

 

.Louis Ier de Flandre (1304-1346) dit Louis de Nevers, comte de Flandre de 1322 à 1346.

Fils du comte Louis Ier de Nevers et de la comtesse Jeanne de Rethel. Il épouse en 1320 Marguerite de France (8 ans), fille de Philippe le Long. En 1322, à la mort de Robert de Béthune, il s'impose comte de Flandre, grâce à l'appui du roi de France, face à son oncle, Robert de Cassel. Préférant vivre à la Cour de France, il mécontente ses sujets livrés à des gouverneurs étrangers. Il hérite de sa mère, en 1325, du comté de Rethel.                                                   

En 1328, le roi de France, Philippe VI de Valois (venu au secours du comte), bat les révoltés à Cassel. Il supprime leurs droits et confisque leurs biens au profit du comte Louis de Nevers. Le peuple et la bourgeoisie drapière menée par le Gantois, Jacques d'Artevelde, tiennent pour l'Angleterre, d'où vient la laine. Dès lors, le comte, soutenu par le roi et les villes de Flandre gallicane ou romane entre en lutte contre la Flandre flamingante et anglophile. Il est tué le 25 août 1346 à la bataille de Crécy.

                                                        

.Louis II de Flandre né Louis de Dampierre (1330-1383) dit Louis de Male ou de Maele, comte de Flandre de 1346 à 1384

Fils du comte Louis Ier et de la comtesse de Bourgogne Marguerite Ire (1310-1382). Il épouse en 1347 Marguerite de Brabant, fille de Jean III de Brabant.

Il reprend possession de la Flandre gallicane (Lille, Douai, Orchies) en 1369, à l'occasion du mariage de sa fille, Marguerite de Flandre avec Philippe le Hardi, duc de Bourgogne réunifiant l’ensemble de la Flandre avec l’accord du roi Charles V pour obtenir l'alliance de la Flandre contre l'Angleterre. Il hérite à la mort de sa mère, le 9 mai 1382, du comté de Bourgogne (Franche Comté), du duché de  Bourgogne et du comté  d'Artois. Il meurt en 1384.         

                                                                                                                                    

Maison capétienne de Bourgogne :

.Marguerite III de Flandre née Marguerite de Dampierre, dite Marguerite de Maele (1350-1405) duchesse de Bourgogne,  puis comtesse de Flandre, d’Artois, de Bourgogne, Rethel et Nevers de 1384 à 1405.

Fille et héritière de Louis de Male et de Marguerite de Brabant.

En 1357, à l'âge de sept ans, elle épouse en premières noces Philippe de Rouvres (1346-1361). Veuve en 1361, à l'âge de onze ans, Marguerite devient duchesse douairière de Bourgogne (1361-1369). En juin 1369, à 19 ans, elle épouse en secondes noces le duc Philippe II de Bourgogne, dit le Hardi.

 

.Philippe II de Bourgogne (1342-1404) dit Philippe le Hardi, duc de Bourgogne de 1364 à 1404, puis comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne, de Rethel et de Nevers  de 1384 à 1404.

Fils du roi de France Jean II dit Jean le Bon. Duc de Bourgogne de 1364 à 1404 Par mariage avec Marguerite, il devient également de 1383 à 1404, comte de Bourgogne, comte d’Artois, comte de Flandre, comte de Nevers et  comte de Rethel.

 

.Jean Ier de Bourgogne (1371-1419) dit Jean sans Peur, comte de Flandre de 1405 à 1419, duc et comte de Bourgogne, comte d’Artois de 1404 à 1419

Fils des précédents.

 

.Philippe III de Bourgogne (1396-1467) dit Philippe le Bon, comte de Flandre, duc et comte de Bourgogne, comte d’Artois  de 1419 à 1467.

Fils du précédent.

A la suite de l'assassinat de son père, il s'engage dans l'alliance anglaise contre le roi Charles VII. Il se réconcilie avec le roi au traité d'Arras en 1435, en raison de la concurrence de la manufacture anglaise, et reçoit l'Auxerrois, le Boulonnais et des villes de la Somme (Péronne, Abbeville, Amiens, St Quentin), faisant de lui un souverain indépendant. Il pratique une politique de prestige (construction du Palais de Rihour à Lille), surveillant les agissements de Louis XI pour détruire l'œuvre du traité d'Arras.

 

.Charles II de Bourgogne (1433-1477) dit Charles le Téméraire, comte de Flandre de 1467 à 1477, duc et comte de Bourgogne, comte d’Artois

Fils du précédent.

Le roi Louis XI suscite contre lui adversaire sur adversaire. Il meurt à Nancy en 1477.

 

.Marie de Bourgogne (1457-1482), comtesse de Flandre de 1477 à 1482, duchesse et comtesse de Bourgogne, comtesse d’Artois

Fille unique de Charles le Téméraire. Epouse de  Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche, fils de l’empereur Frédéric III de Habsbourg. Marie apporte aux Habsbourg tout l’Etat Bourguignon à l’exception du Duché de Bourgogne que le roi Louis XI lui conteste; son époux Maximilien contrecarre les visées de l'ambitieux roi Louis XI qui s'est emparé de la Picardie, de l'Artois, du Hainaut et d'une partie de la France. Cédée à Louis XI par le traité d’Arras de 1482, la Flandre est restituée par le roi Charles VIII par la paix établie à Senlis en 1493 mais reste un fief royal.

 

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Maison d'Habsbourg-Bourgogne

 

.Philippe IV le Beau (1478-1506), comte de Flandre de 1482 à 1506.

Fils de Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne. Souverain des Etats Bourguignons, archiduc d'Autriche et par mariage avec Jeanne Ire de Castille dite Jeanne la Folle : roi de León et de Castille de 1504 à 1506.                                                        

 

.Charles III de Gand (1500-1558)  Charles, comte de Flandre de 1519 à 1555, empereur en 1519 sous le nom de Charles Quint.

Sous le règne de Charles Quint, marqué par les guerres contre François 1er  et Henri II, les comtés d’Artois et de Flandre y compris la Flandre romane sont officiellement dégagés de la suzeraineté des rois de France et du Parlement de Paris au traité de Madrid en 1526, puis incorporés au "Cercle de Bourgogne » un des cercles du Saint  Empire.

La paix des Dames (traité de Cambrai du 3 aout 1529) brise définitivement la vassalité médiévale du comté de  Flandre par rapport à la couronne de France. Le comté devient partie intégrante de l’empire.

 

.Philippe V (1527-1598), comte de Flandre de 1555 à 1598

Avec  le partage en 1555-1556 par Charles Quint entre son fils Philippe le Beau, roi d’Espagne et son frère Ferdinand qui lui succède comme empereur en 1558, la Flandre comme le comté de Bourgogne sont attribuées à Philippe et passent sous souveraineté des Habsbourg d’Espagne tout en restant dans l’empire tandis que les Habsbourg d’Autriche continuent d’être souverains sur les terres impériales d’Alsace.

Philippe quitte définitivement la Flandre pour l'Espagne en 1559. Ses successeurs n'y séjournent plus.

Après la paix d'Arras en 1579, les Pays-Bas du Sud, catholiques, plus l'Artois et le Hainaut forment les " Pays-Bas catholiques ou méridionaux " et restent aux Habsbourg d'Espagne tandis que les Pays Bas du Nord, protestants,  deviennent souverains sous le nom de " Provinces unies ". Mais continuent tous à relever de l’empire. En 1598, Philippe fait des Pays-Bas méridionaux une principauté autonome sous le sceptre de sa fille Isabelle mariée à l'Archiduc Albert d'Autriche.

 

 

.Archiduchesse-Infante Isabelle et Archiduchesse Albert (1598-1621)

 

 

Leur premier soin est de conclure une "trêve de 12 ans " en 1609 avec les Provinces unies.

  

L'autonomie des Pays Bas méridionaux prend fin à la mort, sans descendance, d'Albert en 1621 puis d'Isabelle en 1633. Le pays est replacé sous le gouvernement direct des Habsbourg d’Espagne.  Richelieu s'allie  alors aux Provinces Unies et projette le partage des Pays Bas méridionaux. Dès lors ces Pays-Bas méridionaux sont pris dans le tourbillon des guerres continentales au Nord par les Provinces unies et au Sud par la France (guerre de 30 ans). A partir de 1639, les rois de France Louis XIII puis Louis XIV envahissent les Pays-Bas méridionaux et la Flandre où ils rencontrent l'hostilité générale des flamands du sud.  L'armée française prend l'avantage : Prise d'Hesdinen 1639, d'Arras en 1640, d'Aire en 1641, d'Armentières en 1645 et enfin  de Dunkerque en 1646. Par les traités de Westphalie de 1648 qui mettent fin à la guerre de trente ans  l’indépendance de l’empire est proclamée pour les Provinces Unies. En revanche les Pays Bas méridionaux restent dans l’empire sous suzeraineté des Habsbourg d’Espagne. A la suite de la bataille des Dunes en 1658 gagnée par Turenne, suivie du Traité des Pyrénées en 1659, la France récupère l'Artois et acquiert Gravelines et la châtellenie de Bourbourg, les deux premières villes flamandes à réintégrer le royaume de France depuis 1529.

 

Trois ans plus tard, le roi d'Angleterre Charles II, à court d'argent, vend à la France Dunkerque et Mardyck le 27 octobre 1662.  

Après la prise de Douai et de Lille en 1667 par Louis XIV et après la bataille de Cassel en 1677 gagnée par Philippe d'Orléans, le Traité  d'Aix la Chapelle en 1668 laisse  Bergues, Furnes, Armentières, Douai, Lille, Menin, Courtrai et Audenarde avec leur châtellenies et dépendances (dont Comines), ainsi que Tournai et le Tournaisis, tous cédés par l'Espagne.

      

 

En 1678 : par le traité de Nimègue, la France rend à l'Espagne Audenarde et Courtrai, mais  elle acquiert Ypres, Wervicq, Warneton, Poperingue, Bailleul et Cassel avec leur châtellenies et dépendances, cédées par l'Espagne.

 

 

 

De 1679 à 1699,  dans le cadre de la politique des Réunions, la France s'empare en dehors de tout traité de diverses villes et villages flamands appartenant aux Pays-Bas méridionaux espagnols  qu'elle estime être des dépendances des places qui lui ont été cédées au traité de Nimègue. Parmi ces villes et villages flamands, dont certains sont enclavés dans les territoires déjà acquis par la France et d'autres sont enclavés en territoire espagnol, on trouve notamment Merville, La Motte-aux-Bois, Templemars, Vendeville, Roulers, Lo, Watervliet et Renaix.

 

Puis en 1699, en application du traité de Ryswick la France et l'Espagne signent à Lille le 3 décembre 1699 un traité déterminant le sort des villes et villages occupés par la France dans le cadre de la politique des Réunions, occupations que l'Espagne conteste. Par ce traité, la France rend Renaix et Watervliet à l'Espagne mais l'Espagne accepte de reconnaître la souveraineté de la France sur Merville, La Motte-aux-Bois, Templemars, Vendeville, Roluers et Lo.


En 1713 : par les traités d'Utrecht la France cède à l'Autriche, qui hérite des Pays-Bas espagnols, les villes de Furnes, Lo, Ypres, Poperingue, Roulers et Menin avec leur dépendances, ainsi que les parties des villes de Wervicq, Comines et Warneton situées sur la rive nord de la Lys. Ces territoires cédés à l'Autriche en 1713 sont appelés la Flandre rétrocédée ou West-Flandre. La France cède aussi à l'Autriche Tournai et le Tournaisis (sauf Saint-Amand, Mortagne et leurs dépendances). En 1754,  par un arrêt du Conseil du roi du 4 août 1754, Saint-Amand, Mortagne et leurs dépendances sont détachées de la Flandre française (généralité de Lille) et rattachées à la province du Hainaut français (généralité de Valenciennes). Par le traité des Limites signé le 16 mai 1769 à Versailles, la France et l'Autriche s'échangent des enclaves dans leurs territoires respectifs et rectifient leur frontière en certains points. En ce qui concerne la Flandre, la France cède à l'Autriche Neuve-Église, Dranoutre, et quelques terres agricoles dépendant de la paroisse de Nieppe. La France acquiert Deûlémont, Lezennes, Wannehain, Bourghelles, Sailly-lez-Lannoy, ainsi que plusieurs autres petites enclaves autrichiennes en Flandre française. Dix ans plus tard  par le second traité des Limites signé le 18 novembre 1779 à Bruxelles, la France cède à l'Autriche Westoutre, une partie du territoire du village de Leers, partie qui formera la commune de Leers-Nord en Belgique, ainsi que quelques terres agricoles le long de la frontière. L'Autriche cède aussi à la France quelques terres agricoles le long de la frontière.

 

 

Enfin par un arrêt du Conseil du roi du 25 octobre 1782, afin de rectifier et simplifier la frontière entre la Flandre française et le Hainaut français, neuf villages et hameaux du pays d'Ostrevent sont transférés de la province du Hainaut français (généralité de Valenciennes) à la province de Flandre française (généralité de Lille) : Dechy, Erchin, Férin, Flesquières (dans l'actuelle commune de Cantin), Guesnain, Lallaing, Loffre, Masny et Roucourt ; tandis que 3 villages sont transférés de la Flandre française au Hainaut français : Abscon, Erre et Marquette-en-Ostrevant.

 

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 09:55

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MAISON DE HABSBOURG-LORRAINE   /   HAUS VON HABSBURG-LOTHRINGEN

.FRANCOIS  Ier  DE LORRAINE /   FRANZ  I  VON LOTHRINGEN  (1708 -1765), empereur / kaiser de 1745 à 1765

La Pragmatique Sanction du 19 avril 1713 réservait le trône à l’aîné des enfants de l’empereur Charles IV, masculin ou féminin, et donc à Marie-Thérèse au détriment de la fille de Joseph Ier son frère aîné décédé.

En 1736, Marie-Thérèse épouse le duc de Lorraine et de Bar, François III. Ce mariage réunit à nouveau les deux branches d’une même famille séparée depuis sept siècles ; en effet la Maison de Habsbourg et celle de Lorraine avait comme ancêtre commun le comte d’Alsace et de Ferrette, Hugues Ier dont l’un  des arrières-petits fils était Gérard d’Alsace, le premier duc héréditaire de Lorraine et l’autre était Radbot, le premier occupant du château de Habitschburg/Habsbourg dans l’actuel canton d’Argovie en Suisse. Malgré les dispositions de la Pragmatique Sanction,  à la mort de Charles VI en 1740, Marie-Thérèse a du mal à faire reconnaître ses droits au trône. Elle est trahie, attaquée par ses voisins et parents, et doit mener sans soutien ni argent la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France de Louis XV, le Piémont-Sardaigne et l'Espagne.

Elle réussit cependant à s'allier à l'Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise.

Cette guerre occasionne pourtant la perte de la Silésie, riche  qu'elle doit céder à la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle cède à son beau-frère, le duc de Savoie et roi de Piémont-Sardaigne Charles-Emmanuel III. Le reste des possessions héréditaires des Habsbourg est cependant sauvegardé : Marie-Thérèse, conformément au vœu de son père, est alors à la tête de l'archiduché d'Autriche, "roi" de Hongrie (20 octobre 1740 - 29 novembre 1780) et reine de Bohême (1743-1780). Mais si Marie-Thérèse peut hériter des possessions héréditaires des Habsbourg, la couronne du Saint Empire ne peut être détenue que par un homme ; grâce au traité de Vienne de 1738 par lequel son époux le  duc François III a accepté de renoncer pour lui et ses héritiers à ses duchés de Lorraine et de Bar, elle peut à la mort de l’empereur Charles VII le faire élire empereur sous le nom de François Ier. Son épouse devient alors impératrice consorts.   En réalité elle est pour toutes les cours, les chancelleries et pour le public, simplement "l'Impératrice", et exerce la réalité du pouvoir. Ses contemporains la nomment assez rapidement, dès la seconde partie de son règne, "Marie-Thérèse la Grande". Seule terre impériale non encore annexée par la France,  le duché de Savoie, la principauté de Montbéliard, Mulhouse  et quelques terres éparses.   

 

 

 

 

 

  

.JOSEPH II  DE  HABSBOURG-LORRAINE / JOSEF II  VON HABSBURG-LOTHRINGEN  (1741 - 1790),                                                                                  empereur / kaiser de 1765 à 1790


Fils aîné de  François Ier, il est élu empereur à sa mort en 1765 et hérite des possessions de sa mère Marie-Thérèse au décès de celle-ci en 1780. Il est le beau-frère du futur roi de France Louis XVI, alors dauphin qui épouse sa sœur Marie-Antoinette  le 17 mai 1770.

 

Il s'allie en 1772 à la Prusse et à la Russie pour dépecer la Pologne et risque de déclencher une guerre européenne en 1778 en voulant s'emparer de la Bavière. Il tente d'influencer le cours de la politique étrangère de la France en usant de son influence sur sa sœur Marie-Antoinette.

Dès 1789, l’empire proteste contre l’abolition par la Constituante des droits seigneuriaux  des princes allemands possessionnés en Alsace, à savoir :      

-Charles-Frédéric, Margrave de Bade

-Charles II, duc de Deux-Ponts

-Ernest, baron de Gemmingen-Hornberg

-Maximilien-Auguste Bleikaard, comte de Helmstatt

-Louis IX, landgraf de Hesse-Darmstadt (1719 - 1790)

-Joseph, prince de Hohenlohe

-Chrétien, prince de Hohenlohe-Waldenbourg-Bartenstein (frère du précédent)

- Frédéric-Charles-Woldemar, prince de Linange-Dabo/ Leiningen-Dagsburg (1724-1807)

-Dominique-Constantin, prince de Loewenstein-Wertheim-Rochefort (1762 -1814)

-Louis, prince de Nassau-Sarrebrück (1745 - 1794)                                                       

-Frédéric-Guillaume, prince de Nassau-Weilbourg, comte de Créhange (1768 – 1794) 

-Jean-Bernard-Joseph-Georges de Reissenbach.

-Charles-Louis-Guillaume-Théodore, rhingrave de Salm-Grumbach.

-Frédéric-Othon-François-Christian-Philippe-Henri, Prince de Salm-Kyrbourg.

-Constantin-Alexandre-Joseph, prince de Salm-Salm.

-Casimir, comte de Sickingen.

-Damien-Auguste-Philippe-Charles, comte de Limburg-Styrum par la naissance, prince de Bruchsal par sa fonction de prince-évêque de Spire.

-Charles-Frédéric, baron et comte Schenck de Waldenbourg.

À côté de ces 18 princes dont les seigneuries sont localisées en Basse Alsace, il convient de signaler également le prince-évêque de Strasbourg, le  cardinal de Rohan dont les origines françaises font hésiter la Constituante à le considérer comme un prince possessionné, ainsi que des seigneurs de Haute Alsace : le duc de Wurtemberg, le prince-évêque de Bâle, et dans une certaine mesure les Grimaldi de Monaco (duc de Valentinois).

Plus d’un cinquième des domaines de la mosaïque territoriale alsacienne en 1789, intégrée en différentes étapes au royaume de France par les traités de Westphalie et de Ryswick, est possédé par ces princes.

Deux conceptions juridiques, l’une germanique, l’autre française, s’opposent.   La conception  allemande est celle d’un contrat féodal synallagmatique, dont les traités de paix sont les bases de la reconnaissance de la souveraineté française avec comme condition sine qua non le maintien de l’intégrité des domaines et des droits régaliens des princes possessionnés. Elle relève de la certitude que le nouveau lien féodal entre les princes et le roi, codifié par lettres patentes, ne peut être rompu sans le consentement des deux parties contractantes, mais rappelle en arrière-plan le principe d’inaliénabilité des composantes de l’Empire, rendant de toutes façons caduque la souveraineté française sur l’Alsace et les traités, dont l’application n’est que temporaire dans l’attente d’un retour de l’Alsace à l’Empire, irrecevables.

  

Au contraire, le point de vue français ne reconnaît pas cette dimension de réciprocité féodale, et considère que conformément aux lettres patentes émanées de la libre volonté du roi, les droits des princes sont conditionnés et soumis à l’exercice de la souveraineté du roi qui se réserve la possibilité d’en changer les termes s’ils la contrarient, moyennant une juste indemnité.

Ce duel juridique franco-allemand va retrouver tout son sens en 1789 quand il sera question de l’abolition des droits régaliens des princes et de toute féodalité en France. La Révolution déclenche donc en 1789 une affaire lourde d’antécédents géopolitiques et juridiques complexes, tout en ravivant les passions politiques de part et d’autre du Rhin. 

 

                                                     

.PIERRE-LEOPOLD DE  HABSBOURG-LORRAINE / PETER-LEOPOLD VON HABSBURG- LOTHRINGEN  (1747-1792),                                                                  roi  de Hongrie, roi de Bohême, archiduc d'Autriche,                                                 empereur / kaiser de 1790 à 1792

 

Troisième fils de François Ier, grand-duc Léopold Ier de Toscane (1765–1790).  À la mort de son frère aîné Charles, en 1761, il est décidé qu'il succède à son père comme grand-duc de Toscane grand-duché qui est érigé en « secundogéniture », c'est-à-dire en apanage pour le deuxième fils. Cette disposition était la condition de son mariage, le 5 août 1765, avec Marie Louise fille de Charles III d'Espagne et de Marie-Amélie de Saxe.

Il règne à peine deux années, et deux années très difficiles avec des dangers à l'Ouest et à l'Est. Les désordres révolutionnaires qui grandissent en France mettent en danger la vie de sa sœur, la reine Marie-Antoinette, et de son beau-frère Louis XVI, en même temps qu'ils menacent ses propres domaines en y semant une agitation subversive. Sa sœur lui envoie des appels au secours éperdus et il est harcelé par les émigrés royalistes qui intriguent pour provoquer une intervention armée en France.

Il  lui promet de l'aider si elle et son mari arrivent à s'échapper de Paris.                                                                                                                                                                                                                          

À l'Est, il est menacé par les ambitions agressives de Catherine II de Russie et par la politique sans scrupules de la Prusse.

  

En 1791, les affaires de la France le préoccupent de plus en plus.  En janvier, il doit éconduire de façon très brutale le comte d'Artois (le futur Charles X) : son bon sens se révolte devant l'extravagance des émigrés français et il fait tout son possible pour éviter de s'empêtrer dans les affaires de leur pays. Cependant, les humiliations infligées à Louis XVI et Marie-Antoinette au moment de leur fuite à Varennes en juin excitent son indignation et il lance un appel à tous les souverains d'Europe pour qu'ils prennent des mesures en commun devant ces événements qui « ont directement atteint l'honneur de tous les souverains et la sécurité de tous les gouvernements ».                                                                                                                       

Le 25 août, il rencontre le roi de Prusse à Pillnitz, près de Dresde et ils rédigent une déclaration montrant qu'ils sont prêts à intervenir en France s'ils en sont priés par les autres puissances. La déclaration n'est qu'une pure formalité puisque ni la Russie ni l'Angleterre ne sont prêtes à agir et il essaye de se prémunir contre l'utilisation que, selon ses prévisions, les émigrés pourraient en faire. Malgré l'agitation causée en France par la déclaration de Pillnitz, les intrigues des émigrants et les attaques des révolutionnaires français contre les droits des princes allemands en Alsace, Léopold continue d'espérer qu'une intervention n’est  pas nécessaire.

Quand Louis XVI  jure d'observer la constitution de septembre 1791, l'empereur veut croire qu'on a en France abouti à un règlement. Les attaques contre les droits des princes allemands sur la rive gauche du Rhin et la violence croissante des factions qui, à Paris, mènent campagne pour provoquer la guerre, montrent bientôt, cependant, que cet espoir est vain. L’empereur  meurt le 1er mars 1792.

                                                                      

 .FRANCOIS II DE HABSBOURG /  FRANZ  II  VON HABSBURG  (1768-1835), roi de Bohême et de Hongrie,

dernier empereur / letze kaiser   de 1792 à 1806

 

Fils du précédent, neveu de la reine de France Marie-Antoinette.

 

Au mois d'avril 1792, la France en proie à la révolution, lui déclare la guerre.  Le séquestre des possessions des princes allemands est mis en place dans le Bas-Rhin entre octobre 1792 et janvier 1793, en réponse aux difficultés qu’éprouvent les autorités locales à mettre en application les décrets nationaux.

 

François II  est couronné roi de Hongrie à Buda le 6 juin 1792, élu empereur le 7 juin 1792, puis couronné à Francfort-sur-le-Main le 14 juillet 1792, et couronné roi de Bohême le 5 août 1792.

L’empire romain germanique proteste contre l’abolition par la Constituante des droits seigneuriaux des princes allemands possessionnés en Alsace. La République française  se garde de son côté de déclarer la guerre au Saint Empire  se limitant à la déclarer à son chef en sa seule qualité de roi de Bohême et de Hongrie.

 

Mais après l’invasion par les armées révolutionnaires des Pays-Bas et de la Rhénanie, l’empire est contraint le 23 mars 1793 de déclarer la guerre à la République. C’est désormais l’armée des cercles qui combat en Allemagne les armées de la révolution.

D’abord appliqué en vertu des lois d’émigration, le séquestre est généralisé à tous les princes possessionnés en tant qu’ennemis de la République, en 1793, grâce à l’insistance du conventionnel alsacien Philippe-Jacques Rühl, qui tient régulièrement ses confrères au courant des agissements des princes, ce qui aboutit le 14 mai 1793 à la publication d’un décret séquestrant les biens des princes étrangers qui n’avaient pas protesté contre le conclusum de la Diète déclarant la guerre à la France le 22 mars 1793 (en réalité, le département du Bas-Rhin avait très largement anticipé cette décision, en arrêtant le 1er octobre 1792 le séquestre des grands domaines princiers, à la suite d’une lettre que lui avait adressée le ministre de l’Intérieur, le Girondin Roland, le 27 septembre 1792, conseillant l’apposition du séquestre sur les biens du Landgraviat de Hesse-Darmstadt).

Cette mesure est rapidement généralisée aux plus petits des princes allemands, qui voient leurs biens séquestrés, inventoriés et administrés par des receveurs à la solde de la République entre octobre 1792 et janvier 1793. Ce laps de temps correspond ainsi à la mise en place du réseau des bureaux de séquestre, animé dans les ex-seigneuries par des receveurs dont le travail est centralisé en la personne de Jean-Baptiste Bella, régisseur et receveur principal des domaines séquestrés sur les princes possessionnés, en collaboration étroite avec Thomassin, le directeur des Domaines du Bas-Rhin.

 

Les receveurs du séquestre ne sont bien souvent autres que les anciens receveurs seigneuriaux, car la nouvelle administration estime que les personnes qui sont les mieux à même de bien gérer les recettes séquestrées sont ceux qui les administraient avant le séquestre, même si les événements militaires de la fin de l’année 1793 ne laissent pas beaucoup de ces ex-agents seigneuriaux en place.

En ce qui concerne le cadre juridique du séquestre des biens des princes possessionnés, la France révolutionnaire, ou plutôt le département du Bas-Rhin, a maintenu à dessein une confusion entre séquestre et confiscation, même si cette différence n’importe plus que très peu une fois que les propriétés commencent à être vendues sous l’appellation générale de « biens nationaux ». En revanche, les distinctions entre procédures de séquestre ont bien plus d’importance lorsqu’il s’agit d’accorder la mainlevée d’un séquestre, lorsqu’à partir du Directoire, les menaces extérieures ayant été écartées, les autorités estiment que certains séquestres ne sont plus d’actualité. Les princes possessionnés tentent bien sûr de récupérer un maximum de leurs propriétés perdues en 1793 en faisant valoir, selon les circonstances, plusieurs arguments :

1. rappeler qu’ils sont « Allemands » donc ne peuvent pas être concernés par les séquestres apposés pour raison d’émigration.

2. faire intervenir des membres de leur famille pour expliquer que certaines propriétés ne relevaient pas de la souveraineté du prince régnant, mais constituaient avant le séquestre des corps de biens possédés à titre « particulier ».

3. Enfin, les petits princes possessionnés peuvent essayer de démontrer qu’ils ont été abusivement séquestrés en prouvant n’avoir jamais eu ni voix ni séance à la Diète de l’Empire.                                                                                                                    

Certaines mainlevées de séquestre sont obtenues, mais les quelques réintégrations qui bien souvent ne sont pas exécutées, ne concernent en aucun cas les grands domaines qui avaient à leur tête un prince possessionné souverain en 1789, et jusqu’en 1792, parce que ces vastes territoires sont définitivement acquis par la République en 1793, et officiellement intégrés à la France en 1801 lorsque Bonaparte profite des bouleversements géopolitiques nés de la guerre pour dédommager certains princes des pertes subies en Alsace par des villages et des domaines pris en Empire sur les principautés ecclésiastiques, ou alors par le versement de très larges indemnités, dont le landgrave de Hesse-Darmstadt détient le record en recevant de la France dix millions de florins pour la perte du comté de Hanau-Lichtenberg.

 

Le 5  avril 1795 par la paix de Bâle entre la Prusse et la France, cette dernière acquière la rive gauche du Rhin objectif des rois de France notamment de Louis XIV, la Prusse obtenant elle en compensation la sécularisation d’un certain nombre de principautés ecclésiastiques. Après la défaite de Montenotte lors de la campagne d'Italie de Bonaparte en 1796, le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel IV de Savoie qui a succédé à son père Victor-Amédée III, signe l'armistice de Cherasco qui reconnait la perte de Nice et de la Savoie et doit se réfugier en Sardaigne. Le Piémont est alors découpé en six départements et les  quatre électorats rhénans deviennent quatre départements français, la Prusse obtenant elle en compensation la sécularisation d’un certain nombre de principautés ecclésiastiques.

 

La cession de la rive gauche du Rhin à la République française  est confirmée le 18 octobre 1797 par le traité  de Campo-Formio avec l’Autriche. Les  quatre électorats rhénans deviennent quatre départements français.

L’empereur François II est battu partout et se voit contraint de signer en 1797 le traité de Campo-Formio, qui lui enlève les Pays-Bas et la Lombardie ...

L'une des conséquences du traité est  la fin de la République de Venise.

La présence de la France au-delà de la frontière du Rhin crée de nouvelles sources de tension et de rivalité avec l'Autriche dans le nord de l'Italie. La guerre ne tarde pas en reprendre et, en 1799, débute la deuxième campagne d'Italie.                                                                                                         

L’empereur François II est battu à Marengo. Par le traité de Lunéville de 1801 l’empire perd toutes ses possessions sur la rive gauche du Rhin qui sont définitivement rattachées à la République française et précise que c’est par le biais de sécularisation et de médiatisation que les princes allemands lésés seront indemnisés.

 

C’est donc avec un grand soulagement que le Bas-Rhin accueille en 1801 le traité de Lunéville, qui règle définitivement l’affaire des domaines alsaciens, puisqu’à partir de là toutes les demandes de remboursement et de mainlevée de séquestre sont adressées non plus au préfet du Bas-Rhin, mais à une commission chargée spécialement de ces questions, siégeant à Mayence.

Conformément au principe déjà énoncé à Bâle et à Campo-Formio, c’est à la Diète d’Empire qu’il incombe de les indemniser.

 

Ainsi en juillet 1802 l’empereur François II est conduit à convoquer à réunir une députation d’empire (Reichsdeputation) à laquelle est soumise une projet de Bonaparte qui a reçu l’assentiment du tsar sur la base duquel est élaboré un recès publié le 25 février 1803 confirmé par la Diète d’empire et immédiatement ratifié par l’empereur. Ce projet de recès  est voté par la Diète de l’Empire, ratifié par l’empereur François II de Habsbourg et publié le 25 février 1803. Il accélère l’agonie de  l’empire : 112 états sont médiatisés c'est-à-dire perdent l’immédiateté impériale pour être rattachés à d’autres états. Les villes libres sont ramenées de 51 à 6 puis 3 ; sur 74 états ecclésiastiques, le recès n’en laisse subsister que 2  (Mayence -Ratisbonne  et l’ordre des chevaliers teutoniques).

                                                                                                                                                    

Le  2 décembre  1804,  Bonaparte se fait couronner empereur selon la tradition romaine d’origine en marquant bien la suprématie de l’empereur sur le pape      (il se met la couronne lui-même que lui remet le pape) et le 26 mai 1805, il se fait couronner roi d’Italie à Milan.

Pour mettre fin aux dernières protestations, Napoléon propose aux petits princes possessionnés non indemnisés de choisir la nationalité française, ou la nationalité allemande, auquel cas leurs propriétés devront impérativement être vendues. En revanche, ceux qui choisiront la France deviendront citoyens français, et leurs biens ne seront plus, par définition, possédés par des étrangers.    Finalement, cette possibilité pour un noble allemand de se fondre dans le corps civique français montre que cette affaire des princes d’Empire possessionnés en Alsace demeure résolument révolutionnaire, jusque dans son dénouement.

 

Le 2 décembre 1805, Napoléon remporte la bataille d’Austerlitz contre l’empereur romain germanique François II et celui de Russie  Alexandre Ier

François.

L’élévation en 1806 à la couronne royale, encouragée par Napoléon, des ducs Bavière et de Wurtemberg qui se sont vus récompensés par le rattachement de  plusieurs territoires octroyés par l’empereur des français  en remerciement de leur soutien militaire accentue la désintégration de l’empire  même si l’empereur François II obtient la confirmation de l’appartenance de leurs royaumes à l’empire. Mais le coup de grâce est donné le 12 juillet1806 quand seize des princes d’empire dont ces deux royaumes constitue une confédération sous protectorat de l’empire napoléonien. En effet la constitution de cette Confédération du Rhin indique dans son article 1 que la confédération fait sécession de l’empire.

 

Peu après Napoléon fait ultimatum à l’empereur de renoncer à la couronne impériale. Le 6  aout  1806, l’empereur François II se résigne  à l’abdication en déclarant que la nouvelle confédération rendait impossible le maintien du Saint Empire Romain Germanique.

                                                                                                                

Par l’entrevue de Tilsit de juin –juillet 1807,  les deux empereurs, Napoléon Ier qui se considérait comme empereur d’occident, et Alexandre Ier comme empereur d’Orient, allaient essayer de se mettre d’accord sur un partage de l’Europe.

 

 

Pour accroitre sa légitimité d’empereur, Napoléon épouse en avril 1810, Marie-Louise  la fille de François II l’empereur romain germanique déchu avec laquelle il a le 20 mars 1811 l’enfant qu’il fera  appeler le « Roi de Rome «  (alors rappelons-le les fils des empereurs romains germaniques étaient sacrés «  Roi des Romains »)

 

LES  REGIONS ACTUELLES  DE  FRANCE  AYANT APPARTENU AU  SAINT  EMPIRE

 

 

 

 

                      

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 13:55

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.JOSEPH I er DE  HABSBOURG   / JOSEF  I  VON HABSBURG   (1678- 1711), empereur / kaiser  de 1705  à 1711

Fils du précédent, roi des Romains en 1690, puis roi de Hongrie, roi de bohême archiduc d'Autriche

 

En 1699, il épouse Wilhelmine de Brunswick-Lünebourg, fille de Jean-Frédéric de Hanovre duc de Brunswick-Lünebourg-Kalenberg et de Bénédicte de Palatinat. Ils ont deux filles :

Marie-Josèphe, épouse Auguste III, roi de Pologne et Electeur de Saxe  Marie-et Amélie, épouse en 1722 Charles VII (1685-1740),

Il conserve à son service le Prince Eugène de Savoie, qu’il considère comme un frère, comme général des armées impériales et le fait entrer dans ses conseils.

Toute la durée de son règne est marquée par la révolte de François II Rakóczi en Hongrie orientale suscitée par le roi de France.

En 1706, les batailles de Turin et de Ramillies gagnées par le Prince Eugène chassent la France d'Italie du Nord (Valteline) et des Pays-Bas espagnols. Après une retentissante défaite des armées françaises à la bataille d'Audenarde (juillet 1708), Lille est prise à la fin du mois d'octobre 1708. En décembre 1708, Louis XIV demande la paix. La coalition exige qu'il retire son soutien à Philippe V et qu'il se charge de déposer lui-même son petit-fils en jetant contre lui l'armée française. Louis XIV refuse et poursuit la guerre.

 

À Malplaquet, l'armée française, bien que vaincue, inflige de telles pertes aux Anglo-Prussiens que ceux-ci doivent se retirer et renoncer à envahir la France.

En 1710, à la bataille de Brihuega et à la bataille de Villaviciosa, en Espagne, les troupes britanniques et autrichiennes sont écrasées : le trône de Philippe V est sauvé.

                                                          

L'année suivante, à Denain, le maréchal de Villars remporte contre les forces impériales une victoire décisive : Louis XIV repasse à l'offensive dès 1713, lorsque les armées françaises, menées par Villars, repassent le Rhin et prennent Fribourg-en-Brisgau.

                                   

Le coût de la guerre commence à peser chez les coalisés, et la situation politique évolue favorablement pour Louis XIV : en Grande-Bretagne, le pacifisme progresse, les Britanniques supportant mal les lourdes contributions financières nécessaires à l'entretien des forces de la coalition.                                                     

                                                                                                                                                                                              .CHARLES CHARLES VI  DE  HABSBOURG /  KARL VI  VON HABSBURG  (1685 -1740),  empereur / kaiser de 1711 à  1740

 

Second fils de l’empereur Léopold, roi de Hongrie sous le nom de Charles III (1711-1740).

Lorsque son frère aîné Joseph Ier meurt sans descendance masculine en 1711, Charles est élu empereur, rassemblant sur sa tête l'ensemble de l'Empire de Charles Quint (possessions autrichiennes et espagnoles), au grand dam des puissances européennes.

Quand il accède à la dignité impériale, toute l'Europe est épuisée. La France, elle aussi, a considérablement souffert des impôts alimentant les combats. Seule la diplomatie peut mettre fin  à la guerre.

                                                                                                                     

Au congrès d'Utrecht, qui réunit les belligérants depuis janvier 1712, chacun essaie de trouver une sortie honorable. Philippe V conserve le trône d'Espagne, toutefois il doit renoncer, pour lui et pour sa descendance, au trône de France même dans le cas où les autres princes de sang français disparaîtraient. De la même manière, la France conserve toutes les conquêtes précédentes de Louis XIV (Flandre française, Roussillon, Lille, Artois, Franche-Comté, Alsace).

Le duc de Prusse y gagne sa couronne de roi de Prusse et celui de Savoie celle de Sicile.

 

Les combats cessent définitivement en 1713, après une campagne militaire en Allemagne victorieuse pour Louis XIV. Cette année 1713, Charles VI fait ratifier la Pragmatique Sanction aux Etats généraux et aux puissances étrangères. Celle-ci réserve le trône à l’aîné de ses enfants, qu’il soit de sexe masculin ou féminin.

Le 11 avril est signé le traité d’Utrecht  entre le Royaume de France et le Royaume Uni et le 13 juillet celui entre le Royaume Uni et le Royaume d’Espagne mais l’empereur Charles VI s’obstine.                                                   

                                                      

Mais en octobre 1713, le maréchal français Bezons investit Fribourg en Brisgau qui capitule le 21 novembre. L’empereur, sous la pression des princes allemands, ouvre des négociations. Le Général des armées impériales le prince Eugéne de Savoie-Carignan et le maréchal français Villars se rencontrent à Rastadt.

Le 6 mars 1714 est signé le traité de Rastatt qui apporte aux  Habsbourg  un agrandissement de leurs États héréditaires au détriment de leur puissance impériale.                                                    

Des territoires de l’empire aujourdhui français, il ne reste plus que le duché de Lorraine, les principautés de  Salm, de Nomeny, de Commercy, de Montbéliard, la ville de Mulhouse  et le duché de Savoie  qui continuent de  faire partie du Saint Empire.

                                                          

Le 7 septembre 1714 les traités d’Utrecht et de Rastatt sont complétés par le traité de Baden en Suisse qui met fin aux hostilités entre la France et le Saint-Empire romain germanique qui étaient en guerre depuis la Guerre de Succession d'Espagne. Il  redonne aux Habsbourg d’Autriche les Pays-Bas méridionaux (Belgique) et les territoires espagnols en Italie à savoir Naples (mais pas la Sicile), Milan, Mantoue et la Sardaigne. Il permet à la France de conserver l'Alsace et donne la rive gauche du Rhin (Brisgau) aux Habsbourg d’Autriche. Les Princes électeurs de Bavière et Cologne sont réinstallés dans leurs territoires et possessions. L'empereur Charles VI garde le titre de roi d'Espagne et la succession espagnole (sans aucune valeur puisque le pouvoir en Espagne est entièrement détenu par le roi Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV).

Louis XIV meurt le 1er septembre 1715 après un règne de plus de 60 ans dont 37 à faire la guerre.  Le roi Louis XV lui succède.

 

Les princes possessionnés d’Alsace refusent le plus souvent de reconnaitre sa suzeraineté.

 

A l’est de l’empire, l’année 1716 voit les troupes impériales, conduites toujours par le prince Eugène, remporter sur les Turcs les victoires de Peterwaradin de 1716 et de Belgrade de 1717 qui doivent signer la paix de Passarowitz de 1718.                                                                                                                                                                                   

Charles VI s'engage ensuite dans une nouvelle guerre contre le roi d'Espagne Philippe V, après être entré dans la Quadruple Alliance formée contre ce prince par la Grande-Bretagne, la France et les États de Hollande (1718).   Ces différends sont arrangés par le traité de Vienne en 1725.

En 1729, François-Etienne, deuxième fils du duc de Lorraine et de Bar Léopold, élevé à Vienne, lui succède sous le nom de François  III ;  début avril  1732. L’empereur  Charles VI  le  nomme comme vice-roi de Hongrie.                                                                                                                    

La guerre se rallume en 1733 à l'occasion de la succession au trône de Pologne. L'Électeur de Saxe Frédéric-Auguste, fils du précédent roi et neveu par alliance de l'empereur Charles VI, est élu roi de Pologne avec le soutien de l'empereur, tandis que la France soutient les ambitions de Stanislas Leszczynski, détrôné en 1709, et qui vit en exil en France aux frais de son gendre Louis XV.                                                            

Peu avant la signature du traité de paix meurt le vieux prince Eugène de Savoie, un des plus grands généraux de son temps et principal conseiller de l'Empereur.

Pour mettre fin à la Guerre de Succession de Pologne, l’empereur Charles VI,  accepte d'accorder au vaincu, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, en compensation de la perte de la couronne polonaise, les duchés de Lorraine et de Bar, lesquels, à la mort de l'ex-roi de Pologne, devront devenir français. En échange de la perte de ces duchés, sur lesquels sa famille régnait depuis sept cents ans, le duc de Lorraine et de Bar François  III se voit offrir le Grand-duché de Toscane, proposition que François, à contrecœur, finit par accepter malgré les objurgations de sa mère et de son frère, Charles-Alexandre de Lorraine, et au grand dam de ses sujets lorrains. En contrepartie le roi Louis XV ne s’oppose pas au mariage prévu de longue date du duc  François III  avec l’archiduchesse Marie-Thérèse, fille de l’empereur. L’accord  effectif en 1737, est formalisé par le traité de Vienne en 1738.

 

Attaqué peu après par les Turcs soutenus par la France, Charles VI doit leur abandonner par le Traité de Belgrade en 1739 la Petite-Valachie, la Serbie et Belgrade.



 .CHARLES  VII  DE HABSBOURG /  KARL VII  VON HABSBURG   (1697-1745),

empereur / kaiser de 1740  à 1745


Fils de Maximilien-Emmanuel de Bavière de la maison de Wittelsbach et de Theresa Kunegunda Sobieska, fille de Jean III Sobieski.

 

Il est électeur de Bavière à partir de 1726

 

 

Malgré la pragmatique sanction de 1713, à la mort de Charles VI en 1740, Charles-Albert de Bavière est élu empereur sous le nom de Charles VII au détriment de la fille de l’empereur Charles VI, l’archiduchesse Marie-Thérèse.

 

MAISON DE HABSBOURG-LORRAINE   /   HAUS VON HABSBURG-LOTHRINGEN

.FRANCOIS  Ier  DE LORRAINE /   FRANZ  I  VON LOTHRINGEN  

 

 

 

  

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 12:29

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.LEOPOLD Ier  DE  HABSBOURG  / LEOPOLD  I  VON  HABSBURG (1640-1705), empereur / kaiser de 1658 à  1705


Fils de Ferdinand III, Roi de Hongrie, et roi de Bohême (1657), puis archiduc d’Autriche.

Sous son règne, le 7 novembre 1659 est signé entre le Royaume de France et le Royaume d’Espagne le traité des Pyrénées qui par ses  articles 35 à 41 abordent le cas des Pays-Bas espagnols, possessions des Habsbourg d’Espagne relevant de l’empire : la France obtient le comté d'Artois, sauf Aire et Saint-Omer. Elle obtient également les places flamandes de Bourbourg, Gravelines et Saint-Venant, celles en Hainaut d’Avesnes, Landrecies et Le Quesnoy, et au Luxembourg, celles de Damvillers, Montmédy et Thionville.

Léopold hérite d’une guerre avec la Suède à laquelle il met fin dès 1660.

Conformément au Traité des Pyrénées, Marie-Thérèse d’Autriche, seul enfant survivant du roi d’Espagne Philippe IV de Habsbourg  épouse le 9 juin 1660 Louis XIV alors il était question depuis son enfance qu'elle épouse, pour des raisons dynastiques son cousin, chef de la branche autrichienne et impériale des Habsbourg, d'abord l'archiduc Ferdinand, mort en 1654 puis le frère de celui-ci  Léopold  devenu empereur en 1658. 

Louis XIV et Marie-Thérèse sont double cousins germains. Du fait que  Louis XIV est déjà à moitié Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche, le fils  que lui donne Marie-Thérése un an plus tard en 1661 et qu’ils baptisent Louis, appelé le Grand Dauphin, se trouve avoir plus de sang Habsbourg que Bourbon.  Il est le pére de Philippe V  qui deviendra roi d’Espagne en  1700.                                                     

Léopold doit engager une première guerre contre les Turcs (1663-1664), la seule ou Louis XIV est son allié, laquelle se termine dès août 1664 par la victoire  de Saint-Gothard  et la conclusion d'une trêve de vingt ans par le traité de Vasvar.

Puis l’empereur Léopold et son cousin le roi d’Espagne, duc de Bourgogne et comte de Bourgogne, Charles II (1661-1700)  successeur  depuis 1665  de son père le roi d’Espagne Philippe IV, voit  Louis XIV revendiquer la Flandre et le comté de Bourgogne (Franche Comté). 

 

En 1667, le roi Louis XIV fait la conquête de la Flandre, terre d’empire possession espagnole, puis durant l’hiver, il lance sur la Franche-Comté 1900 fantassins et 3000 cavaliers. Le roi Charles II est obligé de signer le 2 mai 1668 la paix d’Aix la Chapelle qui met fin à la guerre de Dévolution entre la France et l'Espagne. Charles II doit céder la Flandre à Louis XIV avec un certain nombre de places fortes : Furnes, Bergues, Courtrai, Oudenarde, Menin, Armentières, Lille, Douai, Tournai, Ath, Binche et Charleroi mais conserve la Franche-Comté.

Mais Louis XIV ne s’en tient pas là et nomme François de Créqui comme maréchal de France en 1668 lequel s’empare de la Lorraine, terre d’empire. L’occupation de la Lorraine et de sa capitale conduit le 13 octobre 1670 la diète d’Augsbourg à émettre une protestation officielle et l’empereur Léopold à envoyer à Versailles son propre conseiller pour demander à Louis XIV de rétablir le duc de Lorraine Charles IV dans ses états mais Louis XIV n’a pas du tout l’intention de le faire .

De Créqui ne voulant pas servir sous les ordres de Turenne est disgracié.

Malgré le traité d’Aix la Chapelle, la guerre de Hollande fournit à Louis XIV l’occasion de régler le compte de  ses nombreux opposants. Le 6 avril 1672, Louis XIV déclare la guerre aux Provinces Unies ; une alliance se forme aussitôt entre l’empereur Léopold,  L’Electeur de Brandebourg et l’Espagne ; le duc de Lorraine reprend du service auprès de l’empereur qui nomme Montecuccoli à la tête des armées impériales ; Montecuccoli, originaire de Modène, fief impérial, a servi comme lieutenant-colonel sous Wallenstein.                                

Les troupes impériales rentrent en Alsace, mais le roi de France envahit celle-ci. Les Français occupent et démantèlent Colmar, Turenne massacre la population à Turckheim, incendie Wissembourg/Weissenburg et Haguenau/Hagenau et fait tomber toutes les villes libres impériales, qui perdent de fait leur indépendance.

Puis Louis XIV  poursuit son idée de s’emparer de la Franche-Comté. La guerre est déclarée le 12 octobre 1673 ; Louis XIV ouvre les hostilités en lançant 24 000 hommes sur ses frontières. le roi d’Espagne Charles II n’est pas en mesure de résister. Une résistance populaire s’organise.

Montecuccolli  oblige Turenne à se replier au-delà du Rhin en 1673.                                                                                                                                                                   

En Franche Comté, Turenne est en désaccord avec la stratégie de Louis XIV. Le gros des troupes se partage entre les Pays-Bas et la Franche-Comté, tandis que Turenne, chargé de contenir les Impériaux, reste en Alsace avec de maigres effectifs de couverture. Les armées royales franchissent la Saône le 12 février 1674. Gray se rend le 28. Vers le milieu de mars c’est Lons le Saulnier qui doit se rendre à son tour.   Le peuple résiste vaillamment. Néanmoins, Besançon est prise le 23 mai, Pontarlier le 2 juin.                                                                                                             

Turenne redoute plus que tout une entrée des Impériaux en Alsace ou dans le pays messin. Il a passé le Rhin le14 juin, deux jours plus tard il gagne la bataille de Sinsheim où il empêche la jonction des deux armées ennemies et revient aussitôt surveiller le gros de l’armée impériale, stationné sur la Moselle, et qui pourrait menacer l’Alsace.

En Franche-Comté, Salins et Dole sont prises le 22 juin.   

Mais le 1er juillet, l’électeur de Brandebourg reprend les armes contre la France. La Diète de Ratisbonne déclare la guerre à la France. L’empereur n’est plus seul. Tous les princes allemands combattent maintenant Louis XIV.

Turenne franchit le Rhin une nouvelle fois, à Phillipsburg, le 3 juillet 1674. Il veut battre les Impériaux avant que toutes leurs forces ne soient réunies. Les résultats sont mitigés (mise en déroute de Bournonville, puis défaite de l’avant-garde française face à Dünewald). Bournonville, réfugié au nord du Main, refuse le combat. Turenne doit se résoudre à l’attente. Inquiet, il voit venir le moment où, avec 16 000 hommes, il devra affronter plus de 40 000 ennemis. Avant de se replier sur l’Alsace, il prend des dispositions pour protéger celle-ci. Turenne sait que le point faible des Impériaux est la logistique. Le pain et le fourrage ne sont pas assurés, comme ils le sont par les munitionnaires dans l’armée française. Les soldats impériaux doivent se procurer sur place leur nourriture et celle de leurs montures. Turenne prend donc la décision de ravager le Palatinat pour leur ôter toute subsistance. Il coupe ainsi aux Impériaux la route de l’Alsace. Il punit dans le même temps l’électeur palatin, Charles Ier, qui a rompu l’alliance avec la France. Il terrorise les autres princes allemands coupables de défection. Il terrorise enfin des populations qui ne cessent de harceler les troupes de Turenne.

 

Le soldat français est particulièrement mal vu des Palatins, qui le surnomment schnapphahn (maraudeur). Comme tous les soldats en campagne, il commet des écarts. Mais ce ne sont jusqu’ici que méfaits traditionnels, qui s’opèrent plus ou moins à l’insu de la hiérarchie. La nouveauté qu’introduit Turenne, ce sont des exactions systématiques, ordonnées par le haut commandement, menées à grande échelle. Elles vont dépasser tout ce qu’il est permis d’imaginer. Turenne veut frapper les esprits. Les incendies et les pires atrocités se multiplient, entre Rhin et Neckar. La seconde quinzaine de juillet voit l’anéantissement de 32 localités. Les temples ne sont pas épargnés, ni même les églises. Dans toute l’Europe, ce n’est qu’un cri d’horreur indigné. Ces pratiques d’une cruauté que l’on croyait l’apanage de l’armée ottomane, exercées dans un « pays uni et fertile, couvert de villes et de bourgs opulents », au lieu d’effrayer les princes vont les dresser plus encore contre la France.

Turenne vainc à nouveau les troupes Impériales en Alsace à la bataille d'Entzheim en octobre 1674, mais devant la disproportion des forces, il se replie sur Saverne et Haguenau, laissant les troupes impériales prendre leurs quartiers d’hiver en Alsace. Mais Turenne n’hésite pas à attaquer en plein hiver, fond sur Belfort le 27 décembre 1674, entre dans Mulhouse le 29. Les impériaux sont basés à Turckheim. Il les surprend en attaquant par la montagne. Il arrive au-dessus de leur camp le 5 janvier 1675. Les Impériaux sont contraints de battre en retraite et de repasser le Rhin.                                                            

Louis XIV donne de nouveau à Turenne le commandement de la campagne de 1675, où il se trouve de nouveau face à un vieil adversaire, Montecuccoli. Pendant deux mois, tous deux déploient leurs plus beaux dons de manœuvriers. Lors de la Bataille de Salzbach, Turenne est tué.                                                            

Après la mort de Turenne et le retrait de Condé, le maréchal de Créqui  reprend  du service. La coalition commandée par le duc de Lorraine Charles IV lui inflige   une sévère défaite  le 11 aout 1675 à Consarbruck  et à Philispbourg et de Créqui, réfugié à Trèves est fait prisonnier.

Le duc de Lorraine Charles IV mort le 18 septembre 1675, c’est son neveu qui hérite du duché de Lorraine sous le nom de Charles V ; celui-ci sert l’armée impériale sous les ordres de Montecuccoli depuis 1664 et dès septembre 1675, il est nommé généralissime des armées Impériales par l’empereur Léopold mais en pleine guerre, il ne lui est pas possible de prendre possession de ses états.

 

La sœur de l’empereur l’archiduchesse Eléonore d’ Autriche devient l’épouse du duc de Lorraine ce qui resserre les liens entre la Lorraine et l’empire.

                                                                   

Le traité de Nimègue de 1678 qui signe la paix entre Charles II d’Espagne (Habsbourg) et Louis XIV  (également Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche)    met fin à la guerre de Hollande.

Le grand perdant de la guerre est le roi d’Espagne qui cède à la France  la Franche-Comté, les places-fortes flamandes de Cassel, Bailleul, Ypres, Wervick et Warneton, ainsi que Cambrai, Bouchain, Condé-sur-l'Escaut, Bavay et la place forte de Valenciennes dans le Hainaut.

Au total, la frontière du Nord de la France est lissée, et comprend moins d'enclaves. Et la Franche-Comté relie la France à la Haute-Alsace (traité du 17 septembre 1678).

La paix de Nimègue est complétée par le traité signé le 5 février 1679 entre Louis XIV et l'Empereur. Le traité est humiliant pour l'Empire qui doit céder Fribourg-en-Brisgau et reconnaitre la validité des dispositions des traités de Westphalie de 1648. Le duc de Lorraine refuse lui  les conditions humiliantes du traité. Il devrait récupérer son duché sauf Nancy mais devrait accepter la création de quatre routes de quatre lieues de large à travers son duché. En conséquence, Louis XIV continue d'occuper la Lorraine et annexe la place-forte de Longwy.                             

Au Nord de l'Europe, Louis XIV oblige le Danemark et le Brandebourg à rendre toutes les conquêtes faites sur la Suède, alliée de la France (novembre 1679).   En outre l'électeur de Brandebourg s'engage, en échange d'une rente annuelle de 100 000 livres pendant dix ans, à soutenir le candidat de la France à l'élection impériale du Saint-Empire.

Mais Louis XIV, représenté en Alsace, au travers de la figure de l’intendant et du Conseil souverain d'Alsace, reste contrariée dans sa souveraineté par l’existence de celle de grands seigneurs d’Empire, dont les droits quasi-régaliens sont garantis par le traité de Münster. Il tente de mette fin à cette ambiguïté en procédant entre 1680 et 1682 à des « réunions » de tous les domaines souverains sur lesquels il n’exerce que la suprématie à lui transférée par l’empereur en 1648, y compris des bailliages contestés du nord de l’Alsace.                                

 

Pour ce faire, le roi s'appuie sur les parlements des cités frontalières comme, par exemple, ceux de Metz ou de Besançon, qui forment des commissions, les Chambres de réunion. Ainsi, Louis XIV  s’empare militairement de Strasbourg et l’annexe à son royaume  en 1681.

À l’est de l’empire, à l'expiration de la trêve de Vásvar, les Ottomans repartent en guerre et mettent le siège devant Vienne le 14 juillet 1683. L'armée de secours dirigée par le duc Charles V de Lorraine nommé généralissime des armées impériales et celle alliée du roi de Pologne Jean III Sobieski écrasent les assiégeants le 12 septembre 1683 à la Bataille du Kahlenberg. Dès le 18 septembre l’empereur Léopold confie à son beau-frère Charles V la mission de libérer la Hongrie.                                 

Profitant du fait que l’empire doit concentrer à l’est sa défense contre les Ottomans, en novembre 1683, Louis XIV s'empare de Courtrai et en juin 1684 de Luxembourg,  mais également du comté de Vaudémont, de la ville de Sarrebourg, de la principauté de Salm, du comté de Sarrebruck, du comté de Zweibrücken, etc….A la suite de quoi l’empereur  Léopold  Ier  se trouve contraint de signer avec lui le  15 aout 1684  la  trêve de Ratisbonne par laquelle il reconnait temporairement ces acquisitions de Louis XIV et le roi d'Espagne, isolé, n'a pas d'autres choix que de signer lui aussi le 20 août, pour les acquisitions situées dans les Pays-Bas espagnols. Ces acquisitions sont conclues pour un délai de vingt ans mais la politique agressive de la France va vite exaspérer  les souverains européens. 

                                                                                                                     

Le 26 mai 1685, à la mort du dernier électeur palatin Charles II du Palatinat sans héritier, Louis XIV tire prétexte du mariage de son frère Philippe d'Orléans avec la sœur de l'électeur, la princesse palatine, pour revendiquer plusieurs territoires du Palatinat  et fait envahir le Palatinat. Mais le 22 octobre 1685, il décide de révoquer l’Edit de Nantes provoquant l’exil d’environ 500 000  huguenots,  au bénéfice des pays protestants qui les ont accueillis.

Le 1er septembre 1686  le duc de Lorraine Charles IV livre l’assaut décisif contre Buda ; allemands, lorrains, hongrois, chevaliers teutoniques conduits par leur grand-maitre, major général dans l’armée impériale  prennent Buda après 159 années d’occupation par les turcs. 

 

Entre-temps, Léopold a affermi la possession des Habsbourg sur la couronne de Hongrie, en obtenant en 1687 à Presbourg que le Roi de Hongrie ne soit plus choisi par une assemblée nobiliaire mais par voie héréditaire de primogéniture. En même temps, il fait abolir l'article 31 de la Bulle d'or de 1222 qui autorisait la noblesse à se révolter contre le Roi de Hongrie si celui-ci violait le Droit.                                                        

Mais à l’ouest de l’empire, Léopold connait à nouveau des difficultés avec Louis XIV qui, sans déclaration formelle de guerre, pour affirmer ses prétentions sur le Palatinat, envahit en 1688 la rive gauche du Rhin de l'Alsace à Cologne et lance au général Mélac le fameux mot d'ordre « Brûlez le Palatinat ». Le général applique cet ordre à la lettre, transformant des villes comme Heidelberg, Worms et Spire en un monceau de ruines. Les troupes d'invasion se présentent devant Mayence.[] Malgré les fortifications toutes récentes de la ville, l'archevêque Anselme-François d'Ingelheim préfère capituler, puisqu'il ne peut opposer qu'une garnison de 800 miliciens aux 20 000 soldats français. C'est ainsi que Mayence tombe pour la première fois aux mains des Français. Au printemps 1689, Louis XIV, pressé par son ministre Louvois, donne l’ordre de mettre à sac une seconde fois le Palatinat pour assurer une « défensive sur le Rhin ». Les villes, les villages, les châteaux, les églises sont systématiquement rasées, les ponts détruits, les populations chassées. Cette décision est l’une de ses plus graves erreurs stratégiques puisque la plupart des princes allemands se rallient à la bannière du Saint-Empire. Les armées de secours du Saint-Empire commandées par le duc Charles V de Lorraine n'atteignent la ville que le 16 juin 1689. La ville est libérée après trois mois de siège et de bombardement le 8 septembre 1689.

C’est la guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697)  également appelée guerre de Neuf Ans ou guerre de Succession Palatine, qui oppose Louis XIV, alliée à l'Empire ottoman et aux  Jacobites irlandais et écossais, à une grande coalition, qui compte le roi Guillaume III d'Angleterre, l’empereur du Saint Empire Léopold Ier, plusieurs princes-électeurs, le roi d’Espagne Charles III, les Provinces-Unies, le duc Victor-Amédée II Savoie et, jusqu'à 1691, la Suède.

Cette nouvelle guerre se conclut par le traité de Ryswick signé le 30 octobre 1697 pour lequel les représentants de l’empereur Léopold reçoivent mission de défendre les intérêts de son neveu et filleul, le duc de Lorraine Léopold-Joseph, fils de Charles V décédé en 1690.

 

Louis XIV signe trois premiers traités le 20 septembre avec respectivement les Provinces-Unies, l'Angleterre et l'Espagne, puis un second avec le Saint Empire romain germanique, le 30 octobre. Louis XIV accepte de reconnaître Guillaume III d'Orange-Nassau comme roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III. Louis XIV accepte aussi de rendre la plus grande partie des Pays-Bas espagnols à Charles II d'Espagne.

Les vrais perdants de Ryswick sont le duc de Lorraine et l'empereur Léopold. Par ce traité,  le roi de France accepte de restituer à ce dernier contre le prix de sa neutralité les duchés de Lorraine et de Bar dont il est le souverain légitime. Le duc de Lorraine doit toutefois céder au roi  de France les prévôtés de Longwy et de Sarrelouis, mais ces cessions sont compensées par la cession au duc  par l’empereur de la principauté de Teschen puis l’acquisition des comtés de Ligny et de Falkenstein, de la principauté de Commercy.                                                                                                                             

Louis XIV annexe définitivement la Sarre et les quatre cinquièmes de l'Alsace (Strasbourg, villes de la Décapole, Basse-Alsace), se contentant de restituer Rambervillers et Saint Hyppolite alors que l'accord de Ratisbonne de 1684 en avait prévu la rétrocession pour 1704. Mais Louis XIV doit cependant renoncer à son projet d’imposer sa souveraineté absolue car l’article 4 du traité de Ryswick rétablit la supériorité territoriale des princes possessionnés en Alsace et en Lorraine.

A l’est de l’empire, la "guerre de libération" des turcs de la Hongrie par l’empire se conclut en 1699  par le Traité de Paix de Karlowiz.

Le roi d’Espagne Charles II de Habsbourg meurt le 1er novembre 1700 sans successeur.  Les deux principales familles régnantes d'Europe, celle de France (Bourbon) et celle d'Autriche (Habsbourg), toutes deux très apparentées à Charles II, revendiquent alors le trône. Charles II a légué sa couronne par testament à Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du roi de France Louis XIV.    Ce dernier est, en effet, par sa mère Anne d'Autriche, petit-fils du roi Philippe III d'Espagne, donc cousin germain de Charles II. Philippe, âgé de 17 ans, va à Madrid où il est couronné sous le nom de Philippe V.  Une union des royaumes de France et d’Espagne fait peur à toute l’Europe. Sous l’égide de l’empereur Léopold, une grande alliance « la Grande Alliance  de La Haye » regroupant l’Empire, la Prusse, la Savoie et le Portugal, les Provinces Unies et l’Angleterre se forme en 1702 contre l’Espagne et la France.

 

La France a comme alliés l'Espagne et les princes électeurs de Bavière et de Cologne, ainsi que le prétendant d'Angleterre, Jacques III.

Les armées de la coalition, dirigées par le généralissime des armées impériales le prince Eugène de Savoie et le duc de Marlborough, remportent de nombreuses victoires sur tous les terrains : la bataille de Blenheim en 1704 fait perdre à la France son champ d'action en Allemagne.

Le 5 mai 1705, l’empereur Léopold décède.   

 

  .JOSEPH  I er DE  HABSBOURG   / JOSEF  I  VON HABSBURG   (1678- 1711),

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 12:15

 

.FERDINAND III  DE HABSBOURG  / FERDINAND  III  VON HABSBURG (1608-1657), roi de Hongrie le 8 décembre 1625, roi de Bohême le 21 novembre 1627, roi des Romains le 30 décembre 1636, empereur  /kaiser de  1637  à  1657 

Second fils de l'empereur Ferdinand II et de Marie-Anne de Bavière.

 

Les hostilités en 1637 et 1638 sont marquées par la confusion, et un relatif statu quo. Début mars 1638, le duc Bernard de Saxe Weimar, prince allemand disposant d'une armée personnelle subventionnée par la France, met le siège devant Breisach.

Au même moment, l'armée française regroupe ses forces à Saint-Quentin. L'objectif de cette campagne est alors de parvenir à placer la Picardie occidentale à couvert après la protection réussie de son flanc oriental en 1637. Le maréchal de Châtillon prévoit de s'introduire en territoire ennemi avec pour objectif de s'emparer de la place de Saint-Omer tandis que le maréchal de La Force et sa troupe font diversion en feignant de marcher sur Cambrai..
De Châtillon arrive le 26 mai 1638 devant Saint-Omer qui, renforcée, lui oppose une résistance farouche.   Louis XIII ordonne alors à de La Force de lever le camp de devant le Catel et et d'aller appuyer sur le champ le maréchal de Châtillon afin d'assurer la logistique de son armée au cas où les Espagnols décident de marcher sur Saint-Omer.

Le duc de Lorraine Charles IV continue lui de guerroyer pour l’Espagne et l’Empire ; vainqueur à Poligny le 19 juin 1638, il chasse de Franche-Comté les troupes françaises puis il part attaquer Turenne en Lorraine et l’oblige à lever le siège de Remiremont ; le prince Thomas de Savoie-Carignan qui commande les troupes espagnoles, après avoir renforcée la garnison du château de Ruminghem dans le Pas de Calais, contre- attaque et prend l'armée du marquis de La Meilleraye de vitesse. Il s'empare d'une redoute stratégique positionnée à proximité d’Ardres. Le 8 juillet, l'armée impériale du comte Piccolomini et la cavalerie du comte de Nassau  arrivent pour soutenir le prince Thomas.  Le maréchal de La Force qui commande les troupes françaises engage la bataille à Zouafques pour profiter de l'effet de surprise et du terrain. Son armée repousse les forces espagnoles dans des marécages. Mais, la contre-attaque du prince Thomas sur des positions françaises assiégeant Saint-Omer prive de La Force de victoire. Ce dernier doit se retirer pour assister le maréchal de Châtillon devant la ville et l'aider à lever, le 15 juillet 1638, un siège désormais mal engagé. Les garnisons françaises prennent quartier à Nielles à partir du 17 juillet afin de protéger, comme prévu, le flanc occidental de la Picardie. En Lorraine, les troupes du duc Charles IV s’emparent  de Rambervillers puis de Lunéville le 20 septembre 1638 mais un mois plus tard cette dernière ville est assiégée par les Français et doit capituler. Malheureusement les campagnes du duc de Lorraine qui ne peut guère compter sur le soutien de l’Empire et de son allié l’Espagne (propriétaire il faut le rappeler de la terre impériale de Franche-Comté) ne lui permettent pas de récupérer son propre duché occupé en bonne partie depuis 1634.

Le 19 décembre 1638 c’est la prise de Breisach, clef de l’Alsace et de la Souabe par Bernard de Saxe-Weimar le 19 décembre. À cette même époque, Mazarin devient l’homme de confiance de Richelieu.  

Après un début d'année 1639 sans importance au plan des opérations militaires, si ce n’est la mort de Bernard de Saxe-Weimar dont l’armée passe sous les ordres du comte de Guébriant, l'armée française, plus puissamment armée, après son échec devant Saint-Omer, repasse à l'offensive sur le front nord et prend successivement Hesdin le 29 juin 1639 et Arras, le 9 août 1640.   Le 18 septembre 1640, dans la foulée de cette importante victoire, Mazarin, commandité par Richelieu, retourne le prince Thomas de Savoie en lui proposant par traité de se placer sous la protection de la France.                                                      

Sur le front oriental les hostilités sont moins intenses. Banér et de Guébriant lance en 1640 une nouvelle attaque contre les Impériaux rapidement mise en échec par Piccolomini. Banér meurt l’année suivante.

Cette même année, le sort des armées en Italie du nord fait rentrer les États de Savoie dans la dépendance de la France. De plus, deux couronnes dépendant de la Maison d'Autriche cherche à s’émanciper : le Portugal appelle au trône Jean de Bragance, de la maison d’Aviz et la Catalogne reconnaît Louis XIII comme comte de Barcelone et de Roussillon le 23 janvier 1641.  La France envoie une armée, commandée par Lamothe pour prendre possession de la nouvelle province. Les Espagnols la battent et les Français doivent lever le siège. Durant le printemps 1641 et jusqu'en septembre 1641, d'autres places fortes espagnoles, telles qu’Aire-sur-la-Lys, Lens, Bapaume et La Bassée, tombent.  Le royaume de France contrôle désormais de nouveau l'Artois. Des tractations commencent dès 1641 pour ouvrir des négociations de paix.  Le duc de Lorraine Charles IV se résigne le premier à signer le 2 avril 1641 le traité de Saint Germain en Laye par lequel en contrepartie de la récupération de ses duchés de Bar et de Lorraine, il accepte de ne plus soutenir les Habsbourg , que le roi de France conserve le comté de Clermont en Argonne ainsi que  les places de Jametz, Stenay , Dan sur Meuse et que les fortifications de Marsal puis celle de Nancy soient détruites . Mais aussitôt, il signe devant notaire et témoin un acte par lequel il déclare qu’il a signé sous la contrainte ; dès avril il rentre dans ses états alors que la guerre de trente ans continue ; averti de l’intention de Richelieu d’en finir avec lui, il prend une nouvelle fois la route de l’exil et par Sedan va rejoindre les troupes espagnoles aux Pays-Bas tandis que les troupes françaises  réoccupent la plupart des places fortes.

Au même moment en Italie, la France renoue avec le succès  (victoire d’Ivrée, prise de Coni) et en Allemagne où le comte de Guébriant bat Piccolomini à Wolfenbüttel le 25 juin 1641 et Lamboy et Mercy à Kempen le 17 janvier 1642.

 

Richelieu veut forcer l’Espagne en la menaçant directement. Au printemps, lui-même et Louis XIII partent avec une armée pour conquérir le Roussillon. Richelieu doit s’arrêter mais le roi engage le siège de Perpignan, qui est prise le 9 septembre. Au mois de juin une armée française bat les deux beaux-frères de Christine de Savoie.

Le général suédois Lennart Torstenson remporte sur les Impériaux la bataille de Leipzig le 23 octobre 1642.

Le 4 décembre 1642 meurt Richelieu ; Louis XIII le suit dans la tombe le 14 mai 1643, laissant la régence à son épouse, Anne d’Autriche (de Habsbourg) qui est flanquée d’un conseil de régence composé entre autres de Mazarin.

Profitant de ces circonstances, les Espagnols s’avancent en Champagne. Ils y sont sévèrement défaits à la célèbre bataille de Rocroi le 18 mai 1643, par  Louis de Bourbon, duc d'Enghien, surnommé plus tard « le grand Condé ». Celui-ci s’empare le 10 aout 1643 de Thionville puis de Sierck le 3 septembre.

 

D’autres succès français se font en Italie, en Espagne, y compris sur mer.   Ces succès sont contrebalancés par des revers en Allemagne (Rantzau battu à la bataille de Tuttlingen), à la faveur desquels le commandement du comte de Guébriant passe au maréchal de Turenne. Opposé aux impériaux de Mercy, qui a  pris Fribourg le 29 juillet 1644, Turenne est rejoint par le duc d’Enghien. Entre le 3 et le 5 août 1644, une bataille meurtrière entre les Français et les troupes impériales fait rage sur les collines des alentours de Fribourg en Brisgau. A la fin Fribourg reste impériale mais les Français se rendent maîtres de la vallée du Rhin.                                                       

Les principaux événements de 1645 se déroulent en Allemagne. Torstenson continue ses campagnes victorieuses (Bohême, Silésie, Moravie), s’approchant de Vienne. Turenne veut le rejoindre, dans des conditions difficiles, liées à l'indiscipline de ses soldats.  Rejoint par le duc d’Enghien, il rencontre les Impériaux à la seconde bataille de Nördlingen, le 3 août, où Mercy est tué. Mais Torstenson ne peut forcer Vienne, doit se retirer en Bohême pendant que les Français évacuent leurs éphémères conquêtes, en les dévastant systématiquement.

Les campagnes de 1646 et 1647 voient à nouveau des opérations tour à tour favorables à chacun des camps, en Italie du nord et dans les Pays-Bas.

Les Français commandés par le duc d’Enghien s’emparent de plusieurs villes de Flandres, mais après la prise de Dunkerque, les Hollandais font une trêve avec les Espagnols (laquelle trêve se termine par une paix définitive) et ces derniers peuvent reprendre pied.

En Catalogne,  les Français doivent abandonner le siège de Lérida en 1646. Mazarin nomme le duc d’Enghien, devenu prince de Condé depuis la mort de son père, vice-roi de Catalogne avec la charge de reprendre le siège. Il échoue dans cette tâche et la Catalogne est perdue  définitivement pour la France.

En juillet 1647, le frère de l'empereur, l'archiduc Léopold gouverneur général des Pays-Bas espagnols, reprend la place forte de Landrecies conquise 11 années auparavant.                                                                                                                          

Bien que les champs de bataille d’Allemagne soient considérés par la France comme théâtre d’opérations d’importance secondaire, c’est là que Turenne lui offre les plus grandes victoires des derniers temps de la guerre.

 

Il reprend son projet de rejoindre les Suédois pour se diriger vers Vienne, impose un traité à Maximilien de Bavière mais reçoit l’ordre de revenir sur le Rhin.

Le duc de Bavière rompt le traité. L’année suivante, Turenne revient en Souabe puis en Bavière, rejoint le Suédois Wrangel, inflige le 17 mai 1648 aux impériaux la défaite de Zusmarshausen et chasse Maximilien de Bavière de Munich avant de devoir se retirer...

La dernière grande bataille de la guerre dite de trente ans a lieu le 19 aout 1648 à Lens. Condé y défait si sévèrement les Espagnols que cette bataille oblige l’empereur  Ferdinand III à accepter les formalités de paix dont les négociations durent depuis cinq ans. Il se voit contraint  de signer en 1648, les traités de Westphalie, de Münster avec la France, et d'Osnabrück. avec la Suède lequel  stipule clairement que chaque confession doit récupérer les biens et droits possédés le 1er janvier 1624, traités qui mettent fin à la toute-puissance du Saint Empire. Mais ces traités sont d’une interprétation très difficile notamment sur la question difficile de savoir comment s’exercent les différentes souverainetés présentes en Alsace. Cette difficulté provient des divergences d’interprétation de l’obscur article 87 du traité de Münster qui reconnaît au roi de France une suprématie sur la province, tout en préservant aux princes d’Empire leur immédiateté. Sont placés désormais sur un pied d’égalité à l’intérieur de l’empire, les princes, les villes libres et l’empereur. Les princes reçoivent une souveraineté externe avec le droit, sans en référer à l’empereur, de conclure des alliances entre eux ou avec des princes extérieurs à l’empire qui en fait n’est maintenu qu’en droit  c'est-à-dire, bien que n’étant pas juridiquement indépendant, ils bénéficient désormais de la souveraineté interne et externe c'est-à-dire pratiquement d’une pleine souveraineté.

Le roi  Louis XIV reçoit les possessions des Habsbourg d’Autriche (catholiques) en Alsace, alors que les princes (protestants) ayant des possessions alsaciennes sont rétablis dans toutes leurs seigneuries (article 4 du traité d’Osnabrück). L’Alsace, terre d’origine des Habsbourg est donc en 1648 abandonnée par l’Empire et annexée de fait par le roi de France. L’intendant Colbert de Croisy en 1657-1658 créé un Conseil souverain d’Alsace avec l’objectif d’en faire une province unifiée et française dans les faits. Les trois évêchés de Toul, Metz et Verdun occupés depuis 1552 sont également définitivement annexés.

 

Ces traités de Westphalie amènent en outre l’empire à la création de l’Electeur de Hanovre  comme Huitième Electeur et accordent  l’indépendance aux Pays Bas  (future Belgique, Luxembourg et Pays Bas) et à la Confédération  Helvétique.     Mais ces traités  tiennent à l’écart l’Espagne propriétaire de la Franche Comté et le duc de Lorraine Charles IV qui poursuit la lutte au côté de ses alliés espagnols notamment en Flandre, au siège de Cambrai et dont ses lieutenants Fauge et Ligneville parviennent à reconquérir une partie des duchés de Bar et de Lorraine puis jusqu’aux abords de Nancy ou l’armée du roi parvient à les repousser.

Ferdinand III meurt en 1657.  Sa première épouse est Marie-Anne d'Autriche, infante d'Espagne  fille de Philippe III roi d'Espagne et du Portugal  lui  a donné six enfants  dont :

-Ferdinand-François (1633-1654), élu par la Diète, roi des Romains, en 1653  mais qui meurt un an plus tard, avant son père, et ne règne donc pas ;

-Léopold (1640-1705), qui succède à la tête du Saint Empire sous le nom de Léopold Ier.

Mais, malgré les traités de Westphalie, le Saint Empire garde une importance encore assez grande pour que Mazarin envisage en 1657 la candidature de Louis XIV à la dignité impériale et fait écrire aux Princes Electeurs dans cette perspective un « Manifeste des Français aux Princes Electeurs » dans lequel ils les flattent en vantant « leur esprit de liberté contrepoids naturel aux velléités de l’empereur » présentant « l’élection du puissant roi de France au trône impérial comme l’unique gage du rétablissement de leur prérogatives et la sauvegarde de leurs libertés ».  

 

 

 

 

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LEOPOLD Ier  DE  HABSBOURG  / LEOPOLD  I  VON  HABSBURG

 

 

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 17:21

 

 

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.FERDINAND II  DE HABSBOURG  /   FERDINAND  II  VON  HABSBURG  (1578 -1637),

roi de Bohême en 1617, de Hongrie en 1618,                                                            empereur / kaiser  de 1619 à 1637

 

Fils de l'archiduc Charles Ier de Styrie et de sa nièce Marie-Anne de Bavière, respectivement fils et petite fille de Ferdinand Ier, archiduc d'Autriche, roi de Bohême, roi de Hongrie. Choisi comme successeur par son cousin l'empereur Matthias Ier, il devint roi de Bohême en 1617 (et à ce titre un des sept électeurs de l'Empire) puis roi de Hongrie en 1618.

La totalité de son règne est occupée par la guerre de Trente Ans.

Le 23 mai 1618 au palais de Hradschin à Prague, les Défenseurs de la Foi rencontrent deux émissaires de Ferdinand II, Martinitz et Slawata : ceux-ci sont passés par la fenêtre : la Défenestration de Prague marque le début de la Guerre de Trente Ans. Cette guerre va concerner toutes les parties de l’empire qui deviendront un jour françaises : le duché de Savoie, le comté de Bourgogne (Franche-Comté), l’Alsace et le duché de Lorraine. 

Le 20 mars 1619, l’empereur Matthias meurt. Mécontents de leur nouveau roi, les Tchèques déposent Ferdinand II le 19 août et élisent à sa place l’électeur palatin (ardent calviniste) Frédéric V, le 26 août, alors que l’élection impériale se tient à Francfort le 28 août. Un roi protestant à la tête de la Bohême signifie une majorité d’électeurs du Saint-Empire acquis au protestantisme (Brandebourg, Saxe, Palatinat et Bohême contre les trois princes-évêques de Cologne, Mayence et Trèves), ce qui serait un bouleversement considérable.

Les nouvelles de Bohême ne sont pas parvenues à Francfort et Ferdinand II est élu Empereur : s’appuyant sur la Sainte Ligue et sur son cousin Philippe III d'Espagne, Ferdinand II se met en devoir de mater la révolte tchèque et d’éliminer son rival Frédéric V.

La Ligue catholique regroupe l'Espagne, l'électeur protestant Jean-Georges Ier de Saxe, le roi Sigismond III de Pologne et Maximilien Ier de Bavière, les princes-archevêques de Mayence, de Cologne et de Trèves.            

Le prince-électeur Jean-Georges Ier de Saxe est dans un premier temps du côté de l’empereur, bien que protestant : il espère des gains territoriaux et, de toute façon, voit d’un mauvais œil l’accroissement de puissance d’un de ses collègues Électeurs car, élu roi de Bohême, l’Électeur Palatin dispose de deux voix sur les sept du collège électoral institué par la Bulle d'Or. Ce prince est par la suite un allié plus que versatile.

Louis XIII souhaite aider l’Empereur. Malgré la rivalité des deux familles, ils ont en commun l’idéal monarchique, le désir de conforter le catholicisme contre les protestants et les Turcs, toujours menaçants à l’est. La France offre sa médiation, concrétisée à Ulm en juillet 1620 par une trêve entre catholiques et luthériens : la Bohême calviniste n’est donc pas concernée, et les armées catholiques peuvent l’attaquer librement :

Les armées impériales sont commandées par Tilly. Après une défaite sans conséquences, il défait l'armée insurgée à la bataille de la Montagne Blanche le 8 novembre 1620. Frédéric V est vaincu, 1 an et 4 jours après le début de son règne et est mis au ban de l’Empire, ses territoires sont confisqués ; il doit s'exiler en Hollande. Il est plus tard déchu de son titre d’Électeur au profit de Maximilien de Bavière qui reçoit en outre une partie du Palatinat. Dès lors, la Bohême devient propriété personnelle des Habsbourg. Le 13 novembre, les États de Bohême reconnaissent de nouveau Ferdinand comme roi. La couronne élective devient héréditaire au profit des Habsbourg et le siège de la Cour est transféré à Vienne.

Ferdinand, pour écraser une fois pour toutes la rébellion, fait décapiter publiquement à Prague, le 21 juin 1621, 27 des principaux chefs insurgés.       

De leur côté les troupes espagnoles alliées de celles de l’empire occupent le Palatinat. À la mort de Philippe III en 1621, son fils Philippe IV, qui n’a que seize ans prend pour conseiller le comte-duc d’Olivares, catholique très zélé ; celui-ci est partisan convaincu d’une collaboration étroite avec les Habsbourg d’Autriche.

De nombreux princes protestants estimant que l’empereur a outrepassé ses droits, c’est une cause majeure de la poursuite et de l’extension du conflit. Trois princes, à la tête de troupes de mercenaires, restent en armes : le comte Ernst von Mansfeld, le plus redoutable, retourne vers les rives du Rhin avec 20 000 hommes ; les deux autres, Christian de Brunswick et Georg Friedrich de Bade-Durlach ont chacun 15 000 hommes. Ces troupes d’aventuriers sont autant, sinon plus, motivées par l’appât du gain et les perspectives de pillage que par leur conviction religieuse.

Le général des armées impériales Tilly se porte vers les régions rhénanes pendant les années 1621-1622, et les affronte ensemble ou tour à tour au cours de plusieurs batailles d’abord sans résultat définitif.. Puis lors de la bataille décisive de Stadtlohn le 6 août 1623, il met en déroute complète l’armée de Christian de Brunswick : les forces catholiques contrôlent le sud et l’ouest de l’Allemagne.

En 1625, Christian IV de Danemark se décide à intervenir dans le conflit.   Ce monarque luthérien, également duc de Holstein et comme tel, vassal de l’empereur veut à la fois défendre le luthéranisme et, si possible, étendre ses possessions en Allemagne du Nord. La France, sollicitée, mais en proie à des difficultés intérieures se limite à accorder une aide financière. Les troupes danoises sont commandées par Ernst von Mansfeld. Elles trouvent sur leur route, non seulement les armées de la Sainte Ligue dirigées par Tilly, mais aussi une armée impériale nouvellement levée et placée sous le commandement d’Albrecht von Wallenstein. Les Danois et leurs alliés sont défaits tour à tour par Wallenstein le 25 avril 1626 à Dessau (pour les Allemands et par Tilly le 27 août à Lutter pour les Danois). Wallenstein livre bataille et vainc Gabriel Bethlen à Neuhäusel en Hongrie. Puis les armées catholiques, à nouveau réunies, traversent le Holstein, pénètrent au Jutland : pour sauver son royaume, Christian IV est contraint de signer la paix de Lübeck le 12 mai 1629, par laquelle le Danemark s’engage à ne plus intervenir dans les affaires de l’Empire.

Les forces catholiques dominent l’Allemagne du nord, malgré l’échec de Wallenstein devant la ville hanséatique de Stralsund (les princes catholiques, inquiets de la domination de Wallenstein, s’opposent à ce que Tilly le rejoigne. Wallenstein s’est lui-même toujours abstenu de trop aider Tilly lorsqu’il en a eu la possibilité : alors que ce dernier est toujours motivé par sa fidélité à ses convictions et à son camp, Wallenstein est principalement mû par l’ambition personnelle.

                                                                                                                                                                               

Débarrassé du danger danois, l’empereur peut envoyer ses troupes en Italie du nord pour appuyer les Espagnols qui combattent les troupes françaises envoyées par Richelieu dans la guerre de Succession de Mantoue et du Montferrat.                                  

En effet l'empereur Ferdinand II est marié avec Éléonore de Mantoue, sœur des trois derniers ducs de Mantoue, et donc beau-frère de Vincent II décédé en 1627, et tente de récupérer le duché de Mantoue comme terre d'Empire au titre d'un bien en déshérence, dans le but de l'attribuer à une branche cadette, celle des Gonzague de Guastalla.

Les prétentions de Charles de Nevers sont appuyées par la France ; Ferdinand a le soutien du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier qui espère rattacher le Montferrat à son duché. En 1628, Charles-Emmanuel conquiert le Montferrat avec l'aide de troupes espagnoles, bloquant ainsi Charles de Mantoue dans la ville de Casale Monferrato.

Louis XIII et Richelieu décident alors de passer à l’offensive ; l’armée du roi de France force le pas de Suse, en Piémont, le 6 mars 1629. Mais les événements d'Allemagne, et l'intervention suédoise dans la guerre de Trente Ans,  force l’empereur Ferdinand à détourner son attention vers le principal théâtre d'opérations.

Au sud en Italie, le 18 mars 1630,  la ville de Casale Montferrato est prise par les troupes du roi de Louis XIII puis la place forte de Pignerol le 30 mars.    En avril, le duc de Savoie Charles-Emmanuel est contraint de signer une trêve.

Mais le 18 juillet 1630, l'empereur Ferdinand parvient à prendre Mantoue.

Le Pape Urbain VIII, s'étant offert comme médiateur, dépêche son chargé de pouvoir, un certain Jules Mazarin, gentilhomme de son état, pour négocier la paix entre les deux partis. Le 26 octobre, alors que les troupes de maréchal de La Force s'apprête à prendre d'assaut la forteresse de Casale Monteferrato, Mazarin s'interpose et fait cesser les combats.

 

Le 6 avril 1631  le traité de Cherasco signé par les plénipotentiaires de l'empereur Ferdinand II, du roi  Louis XIII et du duc Victor-Amédée Ier de Savoie met fin à la guerre. Un autre accord du 19 juin 1631 confirme le premier :

  • Le duc de Savoie renonce à ses droits sur le duché de Montferrat et en compensation en reçoit près de la moitié d'une valeur de 15.000 Écus ;
  • Le duc de Nevers, Charles Ier de Mantoue est indemnisé de la perte de ses territoires par un versement du duc de Savoie fait en une fois et équivalant aux recettes totales annuelles de ces territoires ;
  • Le duc de Nevers reçoit les territoires qui lui restent à titre de fief de l'empereur et de l'Empire ;
  • Ferdinand II Gonzague renonce à ses droits sur le duché de Mantoue et recevait en compensation Reggiolo et Luzzara.

Au nord la guerre se poursuit ; en effet Gustave Adolphe, roi de Suède, se décide à intervenir et bat l'armée de la Ligue catholique, sous le commandement de Tilly, à la bataille de Breitenfeld, le 7 septembre 1631.

Dès le 29 septembre 1631, le duc de Lorraine Charles IV quitte Sarrebourg pour l’Alsace dont l’empereur Ferdinand II lui a confié la garde ; il installe des garnisons dans Saverne et Haguenau puis après avoir traversé le Palatinat son armée atteint Worms d’où il doit rejoindre l’armée de Tilly mais l’avancée des troupes suédoises ne permet pas cette jonction avec l’armée impériale ; le duc doit rejoindre sa capitale Nancy car à partir de Verdun et de Metz, les Français ont commencé à assiéger Vic et Moyenvic tenus depuis 1630 par des garnisons impériales ; ces deux villes prises, le duc de Lorraine se voit imposer le 6 janvier 1632 le traité de Vic par lequel il s’engage à cesser toute relation avec l’empereur.

Mais dès le printemps 1632, l’empereur Ferdinand et le roi d’Espagne engage Charles IV de Lorraine à reprendre la guerre ; Louis XIII prend les devants et c’est la deuxième guerre de Lorraine ; Ferdinand mobilise la moitié des troupes lorraines de Charles IV pour la défense de l’Allemagne du Sud de sorte que malgré l’aide espagnole venue du Luxembourg, les armées françaises progressent jusqu’à Nancy ; le duc doit alors pour obtenir l’évacuation de son duché par les troupes françaises signer le 26 juin le traité de Liverdun beaucoup plus sévère que celui de Vic ; outre plusieurs  places fortes qu’il doit livrer pour quatre ans, il doit vendre à Louis XIII le comté de Clermont-en-Argonnes, s’engager à lui prêter dans le délai d’un an hommage  pour le duché de Bar, l’aider en cas de guerre et autoriser le passage de ses troupes .

Malgré tout cela, l’empereur Ferdinand conserve la fidélité de son duc de Lorraine qui laisse ses officiers continuer de se battre avec les Impériaux ; il accepte même une nouvelle fois de se voir confier par l’empereur la défense de Saverne, d’Haguenau et de la Basse-Alsace menacés par les Suédois.     

En effet, la diplomatie de la France s’exerce aussi auprès du roi (luthérien) de Suède Gustave II. La Suède, puissance montante de la Baltique qui vient de vaincre la Pologne, a des vues sur la Poméranie et voit défavorablement la puissance catholique s’installer en Allemagne du Nord. Par le traité de Bärwald le 23 janvier 1631, Gustave Adolphe s’engage à intervenir en Allemagne et la France à lui verser 400 000 écus par an. Les Suédois doivent respecter le culte catholique et l’indépendance de la Bavière. Dès la fin du mois, ils mettent pied en Poméranie et au Mecklembourg. Un traité secret est par ailleurs conclu entre la France et la Bavière pour se garantir mutuellement leurs possessions sur le Rhin.

Gustave Adolphe est un génie militaire. Il commence par éviter le combat contre l’armée de Tilly. Celui-ci, probablement pour forcer son adversaire au combat, investit la ville protestante de Magdebourg où se tient une garnison suédoise. La ville est réduite en ruine : Tilly se retire vers la Thuringe, ravage la Saxe (qui se rallie alors aux Suédois) et affronte Gustave Adolphe le 17 septembre à Breitenfeld. L’armée impériale est écrasée. Gustave Adolphe poursuit son avancée vers le sud, combattant à plusieurs reprises l’armée impériale reconstituée. Les pays sillonnés sont dévastés, les Suédois atteignant la Franconie, l’Alsace, la Lorraine et en particulier les Trois-Évêchés, les pays rhénans, se dirigeant vers Munich.

Ferdinand II ne peut que rappeler Wallenstein. Celui-ci accepte de recruter et diriger une nouvelle armée. Les armées catholiques ne font pas leur jonction : pendant que Wallenstein chasse les Saxons de Bohême, Tilly affronte une nouvelle fois les Suédois à Rain am Lech le 15 avril 1632 : il y est grièvement blessé et ses troupes sont vaincues. Lui-même, après avoir organisé la défense de Ratisbonne et d’Ingolstadt, meurt dans cette dernière ville.

Wallenstein s'installe dans le camp fortifié de Zirndorf non loin de la ville de Nuremberg occupée par les Suédois.

Ceux-ci assiégés tentent vainement de le déloger et subissent leur première défaite majeure du conflit en attaquant vainement ses positions d'Alte Veste le 3 septembre 1632.

Ils sont contraints d'abandonner Nuremberg tandis que Wallenstein prend l'offensive, s'empare de Leipzig et menace les liaisons des Suédois avec la Baltique.

 

Les adversaires se rencontrent à la bataille de Lützen le 16 novembre 1632. Gustave Adolphe est tué au cours de l’affrontement, mais les Suédois remportent néanmoins la victoire sous le commandement repris par Bernard de Saxe-Weimar. La mort de Gustave Adolphe désorganise quelque peu le commandement de l’armée suédoise.

De son côté Louis XIII face au non respect par le duc de Lorraine du traité de Liverdun fait occuper Bar le Duc par ses troupes qui vont ensuite encercler Nancy contraignant le duc de Lorraine à se réfugier à Lunéville. Celui-ci doit signer le 24 septembre 1633 le nouveau traité de Charmes qui l’oblige à renoncer à toute alliance contraire aux intérêts de la France et à licencier son armée. Puis Charles IV préfère alors abdiquer le 16 janvier 1634 en faveur de son frère Nicolas-François et reprend un commandement dans l’armée impériale de Ferdinand ; mais comme Charles IV n’a pas eu d’enfant avec son épouse Nicole, Nicolas-François décide d’épouser sa cousine Claude de Lorraine sœur de Nicole ce qui déplait au roi de France qui les fait prisonniers; ils parviennent toutefois à s’échapper vers la Franche-Comté en avril 1634. Charles IV se trouve lui-même à Besançon puis il participe en Bavière à la reprise de Ratisbonne occupée par les Suédois et il commande les troupes de la catholique lors de la prise de Nordlingen en septembre d’où il repart en direction de l’Alsace et de la Franche Comté.

De son côté, Wallenstein n’exploite pas l’avantage qu’il aurait pu tirer de la nouvelle situation et commence à travailler pour son propre compte, négociant avec les ennemis de l’empereur (Suède, France, électeurs de Saxe et de Brandebourg) dans le but de se constituer son propre royaume.                                                            

Ferdinand II, convaincu de sa trahison, le relève secrètement de ses fonctions et le fait assassiner le 25 février 1634.  

Les catholiques peuvent alors reprendre l’avantage, menés par l'archiduc Ferdinand, (futur Ferdinand III) avec les généraux de Wallenstein (Ottavio Piccolomini et Matthias Gallas) ralliés à l’empereur ; ils battent les protestants à Ratisbonne le 26 juillet puis, avec l’aide des Espagnols sous le commandement de l’autre Ferdinand (fils de Philippe III d'Espagne, cousin du précédent), le Cardinal-Infant en route vers les Pays-Bas, à Nördlingen le 6 septembre 1634. Après cette victoire de Nordlingen puis celle de Philipsburg par les Impériaux le 23 janvier 1635, la position de la France et de la Suède est dégradée.

Jusqu’en 1635, la France, malgré la guerre engagée pour la succession de Mantoue, n’a pas pris officiellement les armes contre le Saint Empire romain germanique. En mai 1635, le roi de France déclare finalement la guerre à l’Espagne. Quatre théâtres d’opérations sont ouverts : le premier a comme objectif de s’attaquer aux Pays Bas espagnols ; le second, à l’est, doit s’attaquer à la Lorraine, l’Alsace et la Franche-Comté ; un troisième se trouve dans le nord de l’Italie ; et un quatrième est  ouvert sur les Pyrénées, avec comme objectif de surveiller une éventuelle attaque espagnole. Les Français remportent très vite leur premier succès. Dès mai 1635, les Espagnols sont vaincus lors de la bataille d’Avins, en Belgique. Toutefois, au même moment, Ferdinand II accepte de signer la Paix de Prague avec les princes protestants et de suspendre l’édit de Restitution  ce qui lui laisse les mains libres pour envoyer ses troupes vers les Pays Bas.

En juillet 1635, la France, les duchés de Savoie (le duc Charles-Emmanuel change de camp) Modène, Parme et Mantoue signent le traité de Rivoli, mettant en place une ligue défensive contre les Espagnols.                                             

Louis XIII, afin de s’assurer du soutien de Victor Amédée I°, lui promet le commandement, la possession du Montferrat, une partie du Milanais et le titre de roi. Dans l’est du pays, en octobre 1635, Louis XIII se rapproche de Bernard de Saxe-Weimar, accordant une pension à ce dernier, contre la promesse d’entretenir une armée prête à lutter contre le Saint Empire romain germanique.                                                   

A la fin de l’année 1635, toutes les armées impériales et les restes de l’armée Lorraine doivent évacuer le duché de Lorraine qui est entièrement occupé par des garnisons françaises.

 

A son nord-ouest, du côté du Luxembourg et des Pays-Bas, les Français et leurs alliés affrontent les troupes du roi d’Espagne ; au nord et à l’est en Alsace et en Palatinat, les troupes impériales affrontent les troupes franco-weimariens tandis qu’au sud-est en Franche Comté terre d’empire administrée par l’Espagne, le duc de Lorraine Charles IV et les troupes impériales luttent contre les français.

Toutefois, l’année 1635 se solde sur un statu quo entre les belligérants. Sur le Rhin, les Français ne parviennent pas à l’emporter ; en Italie du nord, ils ne parviennent pas à envahir le duché de Milan. Richelieu, cardinal de l’Église catholique et adversaire impitoyable des forces protestantes à l’intérieur du royaume, est l’allié des protestants étrangers contre les Habsbourg, champions du catholicisme. Les considérations religieuses s'opposent donc aux considérations politiques et à la volonté de contenir la puissance des Habsbourg. Or ceux-ci finissent par l’emporter sur leurs divers adversaires. Pour maintenir l’équilibre désiré, la France n’a plus d’autre solution que de s’engager directement dans le conflit. Cet engagement est précédé d’une intense activité diplomatique et de la négociation de multiples traités avec les ennemis de l’empereur et du roi d’Espagne. Avec les Hollandais est notamment prévu le partage des Pays-Bas espagnols (grosso modo l'actuelle Belgique, la Flandre française, le Hainaut français, le Cambrésis et l'Artois).

 

Les Suédois ont subi un revers mais, contrairement aux Danois quelques années plus tôt, ils ne sont pas anéantis. Leur intervention en Allemagne va en fait se perpétuer jusqu’à la fin de la guerre. Les Impériaux ne sont par conséquent jamais libres de se retourner complètement contre la France. Au contraire, les armées française et suédoise se coordonnent, ou tentent de se rejoindre pour forcer l’ennemi commun.

                                                                                                                     

Par précaution, les Espagnols occupent Philippsburg, Spire, Landau et enfin Trèves dont le prince-évêque, s’est mis sous la protection de la France. Richelieu prend ce prétexte pour déclarer, le 19 mai 1635, la guerre à l’Espagne, adversaire le plus direct des intérêts français. Les armées françaises, fortes de 120 000 hommes, vont intervenir dans quatre secteurs dont trois principaux : vers le nord, où les Pays-Bas espagnols se trouvent pris en tenaille entre la France et les Provinces-Unies ; vers l’est (Lorraine, Alsace et pays rhénans, Franche-Comté) ;  en Italie du nord, dans le Piémont  et dans la Valteline; enfin dans le secteur des Pyrénées ne se trouve qu’un corps d’observation.

 

Les combats se portent vers les Pays-Bas où les Français battent les Espagnols à la bataille d'Avein le 20 mai 1635 avant de se joindre au prince d’Orange Frédéric-Henri. Mais des atermoiements franco-hollandais permettent aux Espagnols de recevoir des renforts et de sauver leurs possessions.

C’est à ce même moment qu'est négociée la Paix de Prague entre l’empereur et plusieurs princes protestants dont l’Electeur de Saxe : les armées impériales peuvent alors se retourner vers les Pays-Bas. Sur le Rhin, les impériaux, alliés aux troupes de Charles de Lorraine, font équilibre aux troupes de la France.           

La campagne de 1636 est très difficile pour la France. Les opérations en Italie piétinent, de même que celles d’Alsace ; une opération menée en Franche-Comté contre Dôle se solde par un échec et les armées impériales envahissent le duché de Bourgogne avant d'échouer au siège de Saint-Jean-de-Losne et de devoir repasser le Rhin à l'arrivée de renforts ; dans le nord les Espagnols et leurs alliés gagnent du terrain, prenant finalement Corbie le 15 août. Paris est donc directement menacée. Mais le 4 octobre, le général suédois Johan Banér défait les Impériaux à Wittstock, ce qui contribue à alléger les difficultés françaises en relançant le camp protestant. Louis XIII parvient à reprendre Corbie le 14 novembre. Sur le front nord, la stratégie française consiste à capitaliser sur la victoire de Corbie en repoussant toujours plus au nord la "ligne de front" tout en la cloisonnant. Ainsi, la reconquête du château de Bohain, et les prises de Landrecies le 26 juillet 1636, de Maubeuge et de La Capelle respectivement les 5 août 1636 et 28 septembre 1636 sécurisent la Thiérache et le Vermandois des coups de force de détachements impériaux de cavalerie croate en Picardie, à partir de 1636, depuis les collines d'Artois et le Hainaut.

L’empereur Ferdinand II meurt le 15 février 1637. Epoux de Marie-Anne de Bavière, fille de Guillaume V de Bavière et de Renée de Lorraine, ils ont 7 enfants dont Ferdinand qui lui succède son frère ainé étant mort à l’âge de 14 ans.


 

.FERDINAND III  DE HABSBOURG  / FERDINAND  III  VON HABSBURG (1608-1657),

                              

                      

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 08:41

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.FERDINAND Ier DE HABSBOURG                        /                                          

 FERDINAND  I  VON HABSBURG  (1503-1564),                              

empereur/ kaiser de 1556 à 1564

 

Frère de Charles Quint, archiduc d'Autriche, roi de Hongrie et de Bohême en 1526 (23 ans), élu roi des Romains en 1531, puis nommé par son frère, après son abdication (16 janvier 1556), empereur romain germanique le 14 mars 1556 et définitivement élu le 24 mars 1558.

Son règne est paisible après ses difficultés pour s'imposer en Hongrie : il doit subir l'indépendance de fait de la Transylvanie, et une guerre malheureuse contre les Turcs marquée par le siège de Vienne par l'armée de Soliman le Magnifique (1529) lui fait perdre le contrôle d'une partie du royaume magyar. Ses dernières années sont consacrées à concilier les protestants et les catholiques.

Le pape Paul IV refuse de le reconnaître pour chef de l'Empire, parce que le consentement du Saint-Siège n'était intervenu ni dans son élection ni dans l'abdication de Charles Quint : Ferdinand nia la nécessité de ce consentement, et depuis, les empereurs ont cessé de demander la confirmation du pape.

C’est sous son règne que sont signés  les 2 et 3 avril 1559 les traités de Cateau-Cambrésis. Deux traités sont signés par le roi de France Henri II ; le premier avec la reine d’Angleterre d’Élisabeth Iee et le second avec le roi d’Espagne Philippe II met fin aux guerres d'Italie, et à l'épopée française dans la Péninsule. 

 


.MAXIMILIEN II  DE  HABSBOURG / MAXIMILIAN II  VON  HABSBURG (1527-1576),                                                                                                              empereur /kaiser de 1564 à 1576

 

Fils du précédent, roi de Bohême en 1562, roi de Hongrie et empereur du Saint Empire en 1564. En 1548, il épouse Marie d'Espagne, fille de Charles Quint, sa cousine.

Philippe II d'Espagne, fils de Charles Quint, était normalement mieux placé que lui dans l'ordre de succession, mais, aux termes d'un accord de 1553, Maximilien a supplanté son cousin Philippe II comme héritier au trône impérial.

Il mène une guerre contre l'empire ottoman de Soliman le Magnifique.

 

 

.RODOLPHE  DE HABSBOURG /                                                                           RUDOLF  II  VON HABSBURG (1552-1612),                                                             roi de Bohême de 1576 à 1611, de Hongrie de 1576  à 1608,                                   empereur / kaiser de 1576  à 1612

Fils du précédent.

Dans les premières années qui suivent son avènement, Rodolphe II maintient la cour impériale à Vienne. Installé à Prague, la capitale de la Bohême, dès le début des années 1580, Rodolphe y transfère la résidence impériale en 1586.

En 1595, son oncle, l'archiduc Ferdinand de Habsbourg meurt sans héritier mâle légitime. La loi salique veut que ce soit Rodolphe, fils ainé du frère ainé de Ferdinand qui prenne sa succession mais Rodolphe permet que ce soit son frère Matthias, époux de la seule fille légitime de Ferdinand qui monte sur le trône de Vorlande , qui inclut le duché de Tyrol, la principauté de Vorarlberg en Autriche, le Sundgau en Alsace, les margraviats de Burgau et Brisgau en Allemagne, l’Aargau, berceau des Habsbourg en Suisse, etc.

Sous son règne, son vassal le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580- 1630)  conserve le vieux rêve de reconstituer à son profit le Royaume de Bourgogne-Provence ; mais son espoir s’avère vain. En effet le roi de France Henri IV  envahit le pays, détruit un grand nombre de châteaux ; Bourg en Bresse tombe mais sa citadelle, une des plus imprenables, résistent six mois ; Henri IV occupe la Savoie en 1600 (deuxième occupation par la France).  Pris, repris, le Pays de Gex est systématiquement pillé par les troupes ducales et genevoises.                                             

 

Celles-ci, avec l'appui d’Henri IV occupent finalement le pays. Charles Emmanuel Ier doit signer le 17 janvier 1601 le Traité de Lyon  par lequel il cède au royaume de France la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex qui de facto sinon en droit cessent d’appartenir au Saint Empire.

Après une révolte en juin 1604 d’Étienne II Bocskai et de ses alliés Ottomans, provoquée par sa tentative d'imposer le catholicisme en Hongrie, la plupart des prérogatives passent à son frère Matthias. En 1608, celui-ci force Rodolphe à lui céder la Hongrie, l'Autriche et la Moravie. Cherchant l'appui des domaines de Bohême, Rodolphe publie en 1609 une charte royale  garantissant une liberté de culte aux nobles et aux villes  mais ses efforts restent vains, et il est forcé de céder la Bohême à son frère Matthias en 1611.

 

                                                              

.MATHIAS  DE  HABSBOURG  /                                                                  MATHIAS  VON HABSBURG (1557-1619),                                                                roi de Bohême de 1611 à 1619, de Hongrie de 1608 à 1619,                                           empereur / kaiser de 1612 à 1619 

Frère du précédent,

En 1611, la santé mentale de son frère Rodolphe  se dégradant, Matthias réussit à convaincre la famille des Habsbourg de le nommer à la tête de celle-ci et de prendre la régence de l'empire. Marchant sur Prague à la tête d'une armée, il oblige son frère à lui céder par écrit la Hongrie, la Bohême et la Moravie.

Le 11 novembre de cette même année, Rodolphe II abdique. L'année suivante, Il est élu empereur du Saint-Empire.

Entre temps, il a épousé, en 1611, Anne d'Autriche (1585-1618), sa cousine et petite-cousine, avec laquelle il n'a pas d'héritier.


 

.FERDINAND II  DE HABSBOURG  /                                                       FERDINAND  II  VON  HABSBURG  (1578 -1637)

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 19:31

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MAISON DE  HABSBOURG-BOURGOGNE / HAUS  VON HASBURG-BURGUNDY

 

.CHARLES QUINT DE  HABSBOURG /  KARL  V  VON HABSBURG (1500-1558), roi d’Espagne en 1516,  empereur / kaiser de 1519 à 1556 

Petit-fils de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg et de Marie de Bourgogne, né à Gand en 1500 et prénommé Charles en souvenir de son arrière- grand-père, on veut en France l’oublier, le duc de Bourgogne  Charles le Téméraire, il est fait comte de Flandre à sa naissance, puis duc de Brabant, Archiduc d’Autriche, roi de Bourgogne-Provence et comte de Bourgogne au décès de son  père en 1506. 

Le 12 janvier 1519, la mort de Maximilien ouvre la succession à la couronne impériale. Charles est le candidat naturel à la succession de son grand-père et doit affronter les rois anglais Henri VIII et français François Ier, ainsi que le duc albertin Georges de Saxe, dit « le Barbu ».

Mais la compétition se résume vite à un duel François contre Charles. L'ambition de se faire nommer empereur séduit François Ier comme le rapprochant davantage encore de Charlemagne, auquel tous ses courtisans le comparent. Il a le soutien du pape Léon X qui craint de retrouver en face d’un empereur trop puissant si Charles est élu.                                                                                                                                                                               

Les Allemands, jaloux des libertés de leur pays, voient avec inquiétude que depuis quatre-vingts ans la couronne impériale a été portée par les Habsbourg, ducs d'Autriche, et s'ils font encore une fois choix d'un prince Habsbourg, ils craignent que l'empire ne devient héréditaire dans cette maison.                                                                                                                                                                           

Mais lorsqu'ils apprennent que le roi de France François s'annonce de son côté comme candidat pour la même dignité, ils reconnaissent aisément qu'ils ne peuvent l'élire sans renoncer à toute espérance de préserver ces mêmes libertés, car le jeune homme qui veut être leur empereur a mis sa gloire à ne respecter aucune liberté, ni en France, ni en Italie.    

François Ier  lorsqu'il se présente comme  candidat à l'empire, se recommande aux électeurs en leur rappelant la mémoire de Charlemagne, dont il promet de faire revivre la gloire ; en insistant sur ses droits de membre de l'empire comme roi d'Arles (Bourgogne-Provence)  et duc de Milan ; enfin, en promettant qu'il fera concourir toutes les forces de la France et de l'Italie pour seconder l'Allemagne et faire la guerre à l'Empire d'Orient. Mais en même temps il travaille ouvertement à corrompre les électeurs à prix d'argent ; il met une sorte de pompe à faire suivre ses ambassadeurs par des mulets chargés d'espèces monnayées. Avec aussi peu de pudeur, ceux-ci invitent les princes allemands à des banquets continuels, d'où les convives sortent toujours ivres.

La tante de Charles qui l’a élevé, Marguerite d’Autriche, régente des Pays Bas se démène tout autant, aidée de son chancelier le Piémontais Mercurino de Gatinara.

Charles Quint est élu roi des Romains à Francfort le 28 juin 1519 et est sacré empereur à Aix la Chapelle le 23 octobre 1520. Prosterné d’abord au centre de l’octogone carolingien, sous le lustre offert par Frédéric Ier de Hohenstaufen, il s’allonge devant le maitre-hôtel les bras en croix, face contre terre, tandis que le clergé et le peuple récite la litanie des Saints ; puis il reçoit l’épée de Charlemagne, revêt le manteau, passe à son doigt l’anneau, prend dans ses mains le sceptre et le Globe avant d’être ceint de la couronne impériale par les archevêques de Cologne, de Mayence et de Trèves et de prononcer en latin le serment :    

«  Je confesse et je promets devant Dieu et ses anges vouloir conserver, maintenant et à l’avenir, les lois et le droit, ainsi que la paix dans la Sainte Eglise »       

De tous les adversaires du Saint Empire romain germanique, son rival le roi de France François Ier se révèle le plus déterminé. A l’universalisme de Charles Quint, François Ier réplique par le nationalisme royal. Il ne peut s’agir pour lui de s’incliner devant Charles Quint comme ce dernier ne peut supporter un rival  confédérateur de tous ses ennemis. François Ier, évincé de la couronne impériale, veut poursuivre l'action initiée par ses prédécesseurs Charles VIII et Louis XII en Italie.                                                             

De son côté, Charles Quint n'a de cesse de récupérer le duché de Bourgogne sur lequel il estime avoir des droits par sa grand-mère Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Charles Quint se réserve d’ailleurs le titre honorifique de Duc de Bourgogne, comme chef de cette maison, afin de pouvoir conserver la maîtrise de l’ordre de la Toison d’Or.  Il fixe à 51 le nombre des chevaliers. 

Le 15 juin 1520, le pape Léon X condamne les idées de Luther. L'empereur Charles Quint qui se veut le champion de l'autorité pontificale fait brûler les écrits de Luther à l'université de Louvain en décembre 1520.                                                          

En 1521, les thèses de Martin Luther sont condamnées par la Sorbonne.

Cette même année 1521, voit à Calais, sous l’arbitrage du Cardinal Wolsey, le chancelier de l’empire Gattinara exposer au chancelier du roi François Ier  Duprat les trois griefs  précis, les trois faits de belligérance caractérisés que Charles Quint  lui reproche : tout d’abord  l’envoi de troupes au duc de Bouillon , seigneur de Sedan, adversaire d’Albert, comte de Nassau, capitaine-général de l’empire, ensuite l’invasion de l’Italie et enfin le soutien armé en Navarre, au prince Henri d’Albret exigeant du petit cousin de Louis XI la restitution du duché de Bourgogne,  de Péronne ainsi que  du Dauphiné et de la Provence, terres d’empire, du comté de Champagne comme appendice de la couronne de Navarre et du Languedoc, dépendance de la couronne d’Aragon.

Mais l’empereur se garde de prendre l’initiative des hostilités. Le premier heurt entre Charles Quint et François Ier se produit en Royaume de Navarre (Ce royaume, dont une partie est située au nord des Pyrénées, la Basse-Navarre à partir de 1512, est sous contrôle espagnol depuis sa conquête par Ferdinand d'Aragon).   

Après avoir été excommunié par le pape, Luther est convoqué à la Diète de Worms qui se tient du 28 janvier au 25 mai 1521.  Il y comparait durant deux jours devant l'assemblée. Il refuse de désavouer ses ouvrages. Il est mis au ban de l'Empire par l'empereur Charles-Quint le 26 mai 1521, ce qui signifie que n'importe qui  a le droit de se saisir de lui et de le remettre à la police. On lui interdit d'écrire et de publier. Ceci n'empêche pas Luther de continuer à écrire des lettres et à prêcher ses idées, avec toutes ses nouveautés et ses ruptures par rapport à la pensée catholique médiévale.

Henri II d’Albret, roi de Navarre  entreprend, grâce à l’aide de François Ier, une reconquête de son royaume. Les Franco-Navarrais profitent d'une démilitarisation partielle du royaume due à la guerre des Communautés de Castille et s'appuie sur le soulèvement du peuple Navarrais pour prendre la capitale, Pampelune le 19 mai 1521. Mais l’armée espagnole de Charles Quint se ressaisit rapidement puis remporte la victoire à Nohain. Après divers sièges et batailles, un accord diplomatique est signé : Charles Quint conserve la Haute-Navarre mais restitue la Basse-Navarre à la Maison d'Albret.  

Charles Quint reprend l'initiative et ouvre deux nouveaux fronts. Dans le nord de la France, poursuivant son objectif  bourguignon, l'empereur envoie Franz von Sickingen et le comte Philippe Ier de Nassau qui obligent Bayard à s'enfermer dans Mézières assiégée. Bayard défend la ville sans capituler; le maréchal de la Palisse, arrivé en renfort, oblige Nassau à lever le siège. En Italie commence la sixième guerre d’Italie avec la volonté de François Ier  de reprendre le royaume de Naples. Le 29 avril 1522, les Français  sont vaincus à la bataille de la Bicoque près de Milan et doivent abandonner le duché de Milan. Francesco Maria Sforza est installé  par l’empereur sur le trône ducal.

En septembre 1523, Charles de Bourbon, connétable et premier officier du royaume, se révolte contre François Ier et passe au service de Charles Quint.   En juillet 1524, il envahit la Provence mais ne parvient toutefois pas à réussir le siège de Marseille et les Français font une contre-offensive, qui leur permet de repasser les Alpes en octobre. Milan est reprise le 26 octobre 1524. Les troupes impériales  se réfugient à Lodi et Pavie. Charles de Lannoy ( nom d’une  une illustre famille  du comté de Flandre qui donne son nom à la ville de Lannoy dans la Flandre actuellement française dont ils furent seigneurs) entré au service de  l’empereur  Maximilien Ier, nommé au conseil de Charles de Bourgogne (futur Charles Quint) à Bruxelles en 1515, fait par lui chevalier de la Toison d'or en 1516, gouverneur de Tournai en 1521, Grand  Bailli de Hainaut puis vice-roi de Naples en 1522,est nommé commandant en chef des armées impériales en Italie à la mort de Prospero Colonna, à la fin de 1523. Fin janvier 1525, Lannoy se trouve à la tête des renforts impériaux qui se présentent devant Pavie et  reçoit le renfort de Georg von Frundsberg  et de ses 15 000 lansquenets, ce qui lui permet de reprendre l'initiative. Le  24 février 1525, les Français subissent d'énormes pertes, et perdent la plus grosse partie de leur armée. François Ier est fait prisonnier et Charles Quint le garde prisonnier à Madrid pendant plus d'un an, jusqu'à la conclusion le 14 janvier 1526 du traité de Madrid qui met fin à la sixième guerre d’Italie. Aux termes de ce traité, François Ier doit, entre autres, céder le duché de Bourgogne et le Charolais, renoncer à toute revendication sur l'Italie, les Flandres et l'Artois, et épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles. François est libéré contre l'emprisonnement pendant quatre années de ses deux fils aînés, le dauphin François de France et Henri de France (futur Henri II).

Mais à son retour en France après sa libération le 17 mars 1526, François Ier annule le traité et ne respecte par conséquent aucune des promesses qu’il avait faites pour être libéré et dès le le 22 mai 1526, la France, la Papauté (en la personne de Clément VII), le duché de Milan, l’Angleterre, Venise et Florence forment la ligue de Cognac contre l’Empire. Commence  la septième guerre d’Italie.

En septembre 1526, suite à la défaite des Hongrois à Mohács contre Soliman le Magnifique et contraint par une partie de la noblesse romaine, Clément VII doit conclure une trêve avec l’empereur. Au matin du 6 mai 1527, en réaction à l'alliance de Clément VII avec François Ier contre lui, Charles de Bourbon ordonne à son armée de prendre d’assaut Rome. Il est tué durant l'assaut, mais les soldats prennent la ville qui est mise à sac durant plusieurs jours. Après trois semaines de siège, le château Saint-Ange, où s’étaient réfugiés le pape et les cardinaux, est pris.

Marguerite d’Autriche, fille de Marie de Bourgogne et de Maximilien refait alors son apparition sur la scène politique quand elle se voit confier le gouvernement des Pays-Bas. Elle assiste alors à la lutte entre ses deux neveux : Charles Quint (par son frère Philippe) et François Ier (par son mariage avec Philibert, frère de Louise de Savoie mère de François) qui a succédé au roi Charles VIII qui lui a préféré la duchesse Anne de Bretagne.

Elle soutient son neveu Charles Quint qu’elle a au surplus élevé envers et contre tous.

Les circonstances semblent rééquilibrer les forces de Charles Quint et François Ier et les amènent à laisser Marguerite d'Autriche, tante de l'empereur, et Louise de Savoie, mère du roi de France, négocier un traité qui amende celui de Madrid : le 3 août 1529, à Cambrai, est signé la paix des Dames, qui est ratifiée par les deux souverains et qui met fin à la septième guerre d’Italie.

François Ier épouse Éléonore d'Autriche, veuve du roi du Portugal, sœur de Charles Quint, recouvre ses enfants moyennant une rançon de 2 000 000 écus et garde le duché de  Bourgogne ; en revanche, il renonce à l'Artois, à la Flandre et à ses vues sur l'Italie notamment sur le Duché de Milan. 

Il est intéressant de rappeler que la fin du XV° et le début du XVI° qui marque la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance fait apparaitre, avec la fin de la féodalité, le principe de la patrimonialité des fiefs contre celui de l’investiture ; tant Charles Quint que François Ier estiment avoir des droits patrimoniaux le premier sur le duché de Bourgogne et le second sur celui de Milan alors que l’empereur estime qu’il lui incombe en droit féodal d’investir qu’il y veut et certainement pas François de ce duché  et ce dernier estime qu’en droit féodal français, le duché de Bourgogne est un fief masculin donné en apanage par le royaume qui ne pouvait pas être hérité de son père Charles le Téméraire par Marie de Bourgogne dont Charles Quint est l’arrière-petit-fils

Au  XVI°, la réforme luthérienne partie de Saxe touche les villes libres du sud de l'Allemagne, le Brandebourg, le Brunswick et l'Anhalt.

Or l'adoption de la Réforme revêt aussi un caractère politique. C'est un moyen pour les princes d'affirmer leur indépendance face à une papauté revendiquant une théocratie universelle ou pour les populations de pouvoir se révolter face un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols. La Réforme se traduit donc au XVIe siècle par de nombreux conflits, entre l'empereur Habsbourg et les princes allemands mais aussi des guerres civiles en France, en Angleterre et en Écosse. En 1529, lors de la seconde diète de Spire, six princes et quatorze villes refusent d'appliquer les décrets impériaux revenant sur les libertés religieuses des princes.

 

En 1530, les diverses mouvances de la Réforme présentent leur confession devant la Diète réunie à Augsbourg et l'empereur. La confession d'Augsbourg, une profession de foi luthérienne très modérée, est rédigée par Philippe Melanchthon.                                                               

Celle présentée par Zwingli affirme que la Cène n'est qu'une commémoration. Les réformés de Strasbourg présentent une troisième confession au nom  des villes alsaciennes dites Confession tétrapolitaine. La Diète d'Augsbourg montre l'impossibilité de faire l'unité des Réformés  même si les Alsaciens finissent par adopter la Confession d'Augsbourg. À l'issue de la diète d'Augsbourg, Charles Quint somme les protestants de se soumettre à Rome dans un délai de sept mois. Inquiets, ces derniers constituent en 1531 la ligue de Smalkalde. L'empereur leur accorde alors une trêve. N’hésitant pas à conclure de nouvelles alliances quelque peu surprenantes pour un roi très chrétien, François signe, le 26 octobre 1531, un traité d’alliance avec cette ligue de Schmalkalde et il s'allie aux Ottomans de Soliman le Magnifique pour combattre Charles Quint.

En 1533, Charles Quint annexe la Frise, le duché de Gueldre et le comté de Zutphen parachevant ainsi l’unité des Pays Bas, qui seront désignés à partir de 1543 sous le nom des « Dix Sept Provinces » : Duchés de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg et de Gueldre, comté de Flandre, d’Artois, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Namur, et de Zutphen, marquisat d’Anvers, seigneurie de Frise, de Malines, d’Utrecht, d’Overijssel et de Groningue .   En 1534, Charles Quint est désigné comme suit:

«Charles par la divine clémence Empereur des Romains, toujours Auguste, roi de Germanie, de Castille, de Léon, de Grenade, d’Aragon, de Navarre, de Naples, de Sicile, de Majorque, de Sardaigne, des îles Indes et terres fermes de la mer Océane, archiduc d’Autriche, duc de Bourgogne, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg et de Gueldre, comte de Flandres, d’Artois, de Bourgogne Palatin, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Ferrette, de Haguenau, de Namur et de Zutphen, prince de Zulbanc, marquis de Saint-Empire, seigneur de Frise, de Salins, de Malines, le dominateur en Asie et en Afrique, roi de la Nouvelle-Espagne, du Pérou, de la Nouvelle-Grenade et du Rio de la Plata et suzerain des vice-rois de ces mêmes pays".

                                                                                                                                                                      

En 1535, à la mort du duc de Milan François II Sforza, François Ier revendique à nouveau, malgré le traité de Cambrai, l'héritage du duché. Au début de 1536, 40 000 soldats français envahissent le duché de Savoie, allié de Charles Quint, et s'arrêtent à la frontière Lombarde, dans l'attente d'une éventuelle solution négociée. En juin, Charles Quint riposte et envahit la Provence ; ses armées parties de Ligurie avancent rapidement prenant Fréjus, Aix et Arles où Charles V se fait même couronner "roi de Bourgogne-Provence" mais se heurte à la défense du connétable Anne de Montmorency.                                                                                                                 

Pendant ce temps les galères d'André Doria assiègent Marseille. Avignon échappe cette fois-ci à la guerre, défendue par le futur Henri II.

Le 26 mai 1536, les protestants d'Allemagne du nord et du sud, divisés sur le problème de la Cène, signent la Concorde de Wittenberg, ce qui permet au luthéranisme d'étendre son influence en Allemagne du sud. Grâce à l'intercession du pape Paul III, partisan d'une réconciliation entre les deux souverains, le roi et l'empereur signent le 18 juin 1538 à Nice une trêve de deux ans et promettent de s'unir face au "danger protestant".   En signe de bonne volonté, François Ier autorise même le libre passage des troupes de l'empereur à travers la France afin que celui-ci puisse mater une insurrection de sa ville natale, Gand. Par ce traité de Nice, la France conserve ses conquêtes - la Bresse, le Bugey et une grande partie du Piémont - et l'Empire  conserve sa suzeraineté sur la totalité du Milanais et des deux tiers du duché de Savoie. Une trêve de dix ans est décrétée entre les deux belligérants. Elle est suivie de l'entrevue d'Aigues-Mortes, les 14 et 15 juillet 1538, au cours de laquelle les deux souverains se réconcilient officiellement.

Mais Charles Quint ayant refusé l'investiture du duché de Milan à un des fils du roi, une nouvelle guerre éclate à nouveau en 1542. Le 11 avril 1544, François de Bourbon-Condé, à la tête des troupes françaises, défait le marquis Alfonso de Avalos, lieutenant général des armées impériales à la bataille de Cerisoles. Cependant, l'armée de Charles Quint, avec plus de 40 000 hommes et 62 pièces d'artillerie, traverse la Lorraine, les Trois-Évêchés et envahit la Champagne. Mi-juillet, une partie des troupes assiège la place forte de Saint-Dizier, tandis que le gros de l'armée poursuit sa marche vers Paris. Mais de graves problèmes financiers empêchent l'empereur de solder ses troupes, où se multiplient les désertions. De son côté, François Ier doit également faire face au manque de ressources financières ainsi qu'à la pression des Anglais qui assiègent et prennent Boulogne-sur-Mer.

Les deux souverains, utilisant les bons offices du duc François Ier de Lorraine, finissent par consentir à une paix définitive en 1544. Le traité de Crépy-en-Laonnois reprend l'essentiel de la trêve signée en 1538.    La France perd sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois et renonce à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples, mais conserve temporairement la Savoie et le Piémont. Charles Quint abandonne le duché de Bourgogne et ses dépendances et donne une de ses filles en mariage, dotée du Milanais en apanage, à Charles, duc d'Orléans et deuxième fils du roi.

                                                           

En 1545, à l’âge de 17 ans, Emmanuel-Philibert de Savoie, fils du duc Charles III, s’engage dans les armées de son oncle  l’empereur Charles Quint qui s'apprête à combattre la ligue de Smalkalde.                                                           

En 1546, lorsque les protestants refusent de reconnaître le Concile de Trente, Charles Quint lève ses troupes dans le but de réprimer le protestantisme par les armes.

François Ier meurt le 31 mars 1547 ; le même jour sa veuve Eléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint,  doit quitter la Cour de France et se réfugie chez sa sœur Marie, gouvernante des Pays-Bas.

A la bataille de Mühlberg, le 13 avril 1547, Emmanuel-Philibert commande l'arrière-garde de l'armée impériale. Les Protestants, qui forment la Ligue, subissent une cuisante défaite. L'empereur peut aussi imposer l'année suivante aux protestants l'Intérim d'Augsbourg qui leur autorise juste la communion sous les deux espèces et le mariage des prêtres.

Dès 1551, le roi Henri II écoute les doléances des  princes réformés d'Allemagne, qu'il avait bien connus lorsqu'il était dauphin. En janvier 1552, il reçoit à Chambord le margrave Albert de Brandebourg qui lui suggère d'occuper Cambrai, Verdun, Toul et Metz, cités d’empire. Henri II y prendrait le titre de « vicaire d'Empire ».   Le traité de Chambord est signé le 15 janvier 1552, scellant l'alliance d'Henri II avec ces princes réformés contre Charles Quint. Et dès mars 1552, l'armée française est massée à Joinville sous le commandement du connétable de Montmorency et du duc de Guise. Cambrai, Verdun et Toul ouvrent leurs portes sans opposer de résistance; le 18 avril 1552, Henri II entre dans Metz. Six mois plus tard, en octobre 1552, sur ordre de Charles Quint, le duc d'Albe met le siège devant Metz, où reste une faible garnison sous les ordres de François de Guise.   

Le siège dure quatre mois et, malgré le déploiement d'importantes forces impériales, reste voué à l'échec. L'armée de Charles Quint finit par lever le siège en janvier 1553.                                                                                                                                                                                                                                                                                               

Cette même année 1553, Charles Quint  nomme, à vingt-cinq ans, Emmanuel-Philibert de Savoie, capitaine général de l'armée des Pays-Bas. Après la mort de son père, survenue le 16 septembre 1553,  il est officiellement investi du duché de Savoie par Charles Quint le 15 juillet 1554.                                                         

Souffrant d'une goutte particulièrement invalidante, Charles Quint est très marqué par la disparition de sa mère Jeanne Ire de Castille le 11 avril 1555. Désormais il est le seul souverain légitime de l'Espagne.                                                          

Charles Quint laisse son frère, le futur empereur Ferdinand Ier, signer la paix d'Augsbourg le 29 septembre 1555. Les sécularisations déjà accomplies de biens de l'Église catholiques sont entérinées mais il est interdit à l'avenir de lui confisquer d'autres biens. Les princes et les villes libres ont le droit de choisir leur religion mais les sujets sont obligés de professer la même religion que leur souverain ou d'émigrer, d'où l'adage : Cujus regio, ejus religio (tel prince, telle religion). Les deux-tiers de l'Allemagne sont devenus protestants.  Les sécularisations déjà accomplies de biens de l'Église catholiques sont entérinées mais il est interdit à l'avenir de lui confisquer d'autres biens. Les princes et les villes libres ont le droit de choisir leur religion mais les sujets sont obligés de professer la même religion que leur souverain ou d'émigrer. Les deux-tiers de l'Allemagne sont devenus protestants.

Mais le 25 octobre 1555, affaibli par la vieillesse et les maladies, désabusé par les revers, Charles Quint abdique solennellement, dans la grande salle du palais du Coudenberg à Bruxelles de ses différentes couronnes. Revêtu de la chape impériale de drap d’or, couronné, sa poitrine creuse fortifiée de l’éclat de la Toison d’or, est assis sur le siège principal, monseigneur le Prince d’Orange derrière lui debout et en retrait. A sa droite a pris place monseigneur l’archiduc-infant Philippe, à sa gauche, son Altesse la reine Marie de Hongrie. En habit d’apparat, non loin de la tribune, son Altesse la reine douairière de France, son Altesse le roi de Bohême, madame la duchesse de Lorraine, monseigneur le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, attendent l’ouverture de la séance.   Celle-ci est ouverte par Maitre Philibert Brusellius, président du Conseil des Flandres qui dit solennellement :  

«  Bien que, grands et illustres seigneurs, vous ayez pu avoir en partie compris par les lettres que vous avez reçues par ordre de l’empereur la raison pour laquelle vous êtes rassemblés ici, Sa Majesté impériale a néanmoins tenu à ce que maintenant, en ce lieu, elle vous soit plus amplement et clairement expliquée par moi. Sa Très Auguste et Très Sacrée Majesté Charles Quint, empereur  du Saint Empire Romain Germanique, roi de Castille, de Leon, de Grenade, de Navarre, d’Aragon, de Naples, de Sicile, de Majorque, des Iles, Indes et Terres de la mer Océane et Atlantique, archiduc d’Autriche,  de                                                                                                                                                                                                                               duc

Bourgogne, de Lothier, de Brabant, de Luisbourg, de Luxembourg, de Quelières, comte de Flandres, d’Artois et de Bourgogne, palatin de Hainaut, de Zélande, de Hollande, de Ferrette, de Haguenau, de Namur, de Zuptpen, prince de Zwane, seigneur de Frise, de Salmi, de Malines, d’Utrecht, d’Overijissel et de Groninguen, abdique de ses Etats héréditaires en faveur de son fils, monseigneur l’archiduc-infant Philippe, et prie nos seigneurs les princes électeurs de ceindre le front de son frère, le roi des Romains, de la couronne impériale qu’à sa volonté il dépose ".

                                                                                                                                                                                                                                         

Puis l’empereur s’exprime ainsi :

«  Chers amis…..j’ai passé neuf fois dans la haute Allemagne, six fois en Espagne, sept fois en Italie, dix fois en Belgique, quatre fois en France, deux fois en Afrique, deux fois en Angleterre, ce qui fait en tout quarante voyages ou expéditions….J’ai, en même temps que je faisais  ces voyages, soutenu plusieurs guerres. Toutes ont été entreprises ou acceptées contre ma volonté, et, aujourdhui, ce qui m’afflige en vous quittant, c’est de ne pas vous laisser une paix plus stable, un repos plus assuré………………………………………..

….Outre l’insuffisance que j’ai toujours reconnue en moi, voilà que la maladie redouble et m’accable. Par bonheur, Dieu me donne un fils en âge de gouverner. Maintenant que les forces me manquent et que j’approche de la mort, je n’ai garde de préférer l’amour et la passion de régner au bien et au repos de mes sujets.

Au lieu d’un vieillard infirme qui a déjà vu descendre dans la tombe la meilleure partie de lui-même, je vous donne un prince vigoureux et recommandable par une jeunesse et une vertu florissantes. Jurez-lui donc, à lui, cette affection et cette fidélité que vous m’aviez jurées à moi, et que vous m’aviez si loyalement conservées.                                                           

Surtout, prenez garde que, troublant la fraternité qui doit vous réunir, les hérésies qui vous environnent ne se glissent chez vous, et, si vous voyez qu’elles poussent quelques racines, hâtez-vous de les extirper, de les mettre hors de terre et de les jeter au loin »                                                                                                               

Ses possessions se trouvent désormais partagées entre son frère Ferdinand  qui lui succède comme empereur, devient l’ancêtre de la lignée des Habsbourg d’Autriche et son fils aîné Philippe qui lui succède comme roi d’Espagne, Espagne qui n’appartient pas à l’empire mais également de la Franche Comté et des Pays Bas (Belgique actuelle et Pays Bas actuels) qui est l’ancêtre de la lignée des Habsbourg d’Espagne. Le comté de Bourgogne-Franche Comté et les Pays-Bas continuent de faire partie de l’empire.                                                              

Le 27 octobre 1555, le roi d’Espagne Philippe II de Habsbourg nomme le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, gouverneur des Pays-Bas.                                                      

Mais juridiquement ce n’est que  le 16 janvier 1556, que  Charles Quint  transmet  la dignité d'empereur romain germanique à son frère cadet Ferdinand, qu’il avait fait élire préalablement Roi des Romains le 24 mars 1555.                                                                                                                                                                                  

Début 1557, commence le dernier épisode des guerres d'Italie qui se joue en fait dans le nord de la France, en terres d’empire appartenant désormais au roi d’Espagne  Philippe II. Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, général d’une armée impériale et espagnole forte de 60 000 hommes se dirige sur Saint-Quentin défendu par l'amiral de Coligny et, par un habile mouvement tournant, taille en pièces l'armée du connétable de Montmorency venue au secours de la place à la bataille de Saint-Quentin capitale du Vermandois le 10 août 1557.

La route de Paris est ouverte, mais les armées espagnole et  impériale renoncent  à marcher finalement sur la capitale des rois de France confronté à des problèmes logistiques et financiers.

Pendant ce temps, Charles Quint, retiré en Espagne pour finir ses jours dans son palais-monastère résidentiel de Yuste, reçoit le 4 juin 1558 son fils naturel Géronimo le futur Don Juan auquel il rappelle que François Ier lui avait dit quelques années plus tôt «  ma délibération n’est de provoquer, mais d’apaiser, d’assaillir, mais de défendre, de conquester, mais de garder mes féaux sujets et terres héréditaires » et  les commente ainsi :

«  Ses terres héréditaires, ses terres héréditaires ! Les terres oui, qu’avaient volées à leurs légitimes seigneurs tous les rois de France de Louis XI à Louis XII ! Ma Bourgogne, Geronimo, ma Bourgogne ou j’ai grandi, amputée par l’Universelle Aragne (Louis XI) du Charolais, de la Comté (la Franche Comté) et de la perle du duché, de Dijon, sa capitale                                                         !                                                         

Ah, mignon, c’est à Gand, à Bruges, à Bruxelles, ces villes bourguignonnes, qu’enfant j’avais tracé le plan de ma vie, et décidé de son but ! Retrouver mon bien, d’abord le bien de ma grand-mère, la duchesse Marie (de Bourgogne), et de mon arrière-grand-père, le duc Charles (le Téméraire), retrouver ma Bourgogne. Faire rendre gorge, moi, fils des détroussés, au fils des détrousseurs, à François, qui, rajoutant à l’impudence tels Charles VIII et Louis XII, osait réclamer la Sicile et Naples, qui sont d’Aragon, et le Milanais qui est terre d’empire………..oui, mon menin, c’est en Flandre bourguignonne que m’apparut ce que je crus mon devoir….Ce qui était mon devoir, se reprit l’empereur, car, même si j’ai échoué, je gardais volonté de justice par-devers moi. Volonté de reconstituer justement l’empire….A Gand, l’infamie du traité de Verdun (843) me frappa ……………………………………………………….                                                                                                                                                            L’Occident mutilé, dépecé ainsi que bœuf à l’étal : la France et la Germanie, gémelles impitoyablement taillées, et, entre elles la Lotharingie, ma Bourgogne, Europe miniaturisée, pleurant de l’Escaut promis à la mer du Nord, jusqu’à ce Latium, berceau du droit, après l’unité perdue……………… »

L’empereur Charles Quint meurt  à l'âge de 58 ans le 21 septembre 1558. Né à Gand, dans le comté de Flandre, y ayant passé toute sa jeunesse, s’exprimant le plus souvent en  français moins souvent en allemand et maitrisant très mal l’espagnol pourtant langue de sa mère, il se sera considéré toute sa vie comme un Bourguignon et non comme un Allemand ni un Espagnol, se considérant comme l’héritier non seulement matériel mais moral de l’Etat Bourguignon comprenant non seulement le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne (Franche Comté) mais également tous les Pays Bas ( actuels Belgique et Pays-Bas) par héritage de sa grand-mère paternelle Marie de Bourgogne, de son arrière-grand-père le duc de Bourgogne Charles le Téméraire et de son arrière-arrière-grand-père le duc de Bourgogne Philippe le Bon, créateur de l’Ordre de la Toison d’Or, dont le tombeau est  Bruges .Et c’est à Bruxelles qu’il a fait choix d’abdiquer même si il avait décide de se retirer ensuite dans une Espagne qu’il n’aima point et qui ne l’aima pas davantage  alors que tant les peuples que la noblesse bourguignonne et flamande l’avaient toujours très bien accueilli lors de ses « joyeuses entrées ».

 

Il est, on veut également l’oublier en France,  l’arrière- grand père, d’Anne d’Autriche (d’Habsbourg)  l’épouse du roi Louis XIII, fils de Marie de Médicis, elle- même, fille de Jeanne d’Autriche (d’Habsbourg)  petite fille  de l’empereur Ferdinand.  

 

 

.FERDINAND Ier DE HABSBOURG                        /                                 FERDINAND  I  VON HABSBURG  (1503-1564),                              

 

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