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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 09:55

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MAISON DE HABSBOURG-LORRAINE   /   HAUS VON HABSBURG-LOTHRINGEN

.FRANCOIS  Ier  DE LORRAINE /   FRANZ  I  VON LOTHRINGEN  (1708 -1765), empereur / kaiser de 1745 à 1765

La Pragmatique Sanction du 19 avril 1713 réservait le trône à l’aîné des enfants de l’empereur Charles IV, masculin ou féminin, et donc à Marie-Thérèse au détriment de la fille de Joseph Ier son frère aîné décédé.

En 1736, Marie-Thérèse épouse le duc de Lorraine et de Bar, François III. Ce mariage réunit à nouveau les deux branches d’une même famille séparée depuis sept siècles ; en effet la Maison de Habsbourg et celle de Lorraine avait comme ancêtre commun le comte d’Alsace et de Ferrette, Hugues Ier dont l’un  des arrières-petits fils était Gérard d’Alsace, le premier duc héréditaire de Lorraine et l’autre était Radbot, le premier occupant du château de Habitschburg/Habsbourg dans l’actuel canton d’Argovie en Suisse. Malgré les dispositions de la Pragmatique Sanction,  à la mort de Charles VI en 1740, Marie-Thérèse a du mal à faire reconnaître ses droits au trône. Elle est trahie, attaquée par ses voisins et parents, et doit mener sans soutien ni argent la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France de Louis XV, le Piémont-Sardaigne et l'Espagne.

Elle réussit cependant à s'allier à l'Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise.

Cette guerre occasionne pourtant la perte de la Silésie, riche  qu'elle doit céder à la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle cède à son beau-frère, le duc de Savoie et roi de Piémont-Sardaigne Charles-Emmanuel III. Le reste des possessions héréditaires des Habsbourg est cependant sauvegardé : Marie-Thérèse, conformément au vœu de son père, est alors à la tête de l'archiduché d'Autriche, "roi" de Hongrie (20 octobre 1740 - 29 novembre 1780) et reine de Bohême (1743-1780). Mais si Marie-Thérèse peut hériter des possessions héréditaires des Habsbourg, la couronne du Saint Empire ne peut être détenue que par un homme ; grâce au traité de Vienne de 1738 par lequel son époux le  duc François III a accepté de renoncer pour lui et ses héritiers à ses duchés de Lorraine et de Bar, elle peut à la mort de l’empereur Charles VII le faire élire empereur sous le nom de François Ier. Son épouse devient alors impératrice consorts.   En réalité elle est pour toutes les cours, les chancelleries et pour le public, simplement "l'Impératrice", et exerce la réalité du pouvoir. Ses contemporains la nomment assez rapidement, dès la seconde partie de son règne, "Marie-Thérèse la Grande". Seule terre impériale non encore annexée par la France,  le duché de Savoie, la principauté de Montbéliard, Mulhouse  et quelques terres éparses.   

 

 

 

 

 

  

.JOSEPH II  DE  HABSBOURG-LORRAINE / JOSEF II  VON HABSBURG-LOTHRINGEN  (1741 - 1790),                                                                                  empereur / kaiser de 1765 à 1790


Fils aîné de  François Ier, il est élu empereur à sa mort en 1765 et hérite des possessions de sa mère Marie-Thérèse au décès de celle-ci en 1780. Il est le beau-frère du futur roi de France Louis XVI, alors dauphin qui épouse sa sœur Marie-Antoinette  le 17 mai 1770.

 

Il s'allie en 1772 à la Prusse et à la Russie pour dépecer la Pologne et risque de déclencher une guerre européenne en 1778 en voulant s'emparer de la Bavière. Il tente d'influencer le cours de la politique étrangère de la France en usant de son influence sur sa sœur Marie-Antoinette.

Dès 1789, l’empire proteste contre l’abolition par la Constituante des droits seigneuriaux  des princes allemands possessionnés en Alsace, à savoir :      

-Charles-Frédéric, Margrave de Bade

-Charles II, duc de Deux-Ponts

-Ernest, baron de Gemmingen-Hornberg

-Maximilien-Auguste Bleikaard, comte de Helmstatt

-Louis IX, landgraf de Hesse-Darmstadt (1719 - 1790)

-Joseph, prince de Hohenlohe

-Chrétien, prince de Hohenlohe-Waldenbourg-Bartenstein (frère du précédent)

- Frédéric-Charles-Woldemar, prince de Linange-Dabo/ Leiningen-Dagsburg (1724-1807)

-Dominique-Constantin, prince de Loewenstein-Wertheim-Rochefort (1762 -1814)

-Louis, prince de Nassau-Sarrebrück (1745 - 1794)                                                       

-Frédéric-Guillaume, prince de Nassau-Weilbourg, comte de Créhange (1768 – 1794) 

-Jean-Bernard-Joseph-Georges de Reissenbach.

-Charles-Louis-Guillaume-Théodore, rhingrave de Salm-Grumbach.

-Frédéric-Othon-François-Christian-Philippe-Henri, Prince de Salm-Kyrbourg.

-Constantin-Alexandre-Joseph, prince de Salm-Salm.

-Casimir, comte de Sickingen.

-Damien-Auguste-Philippe-Charles, comte de Limburg-Styrum par la naissance, prince de Bruchsal par sa fonction de prince-évêque de Spire.

-Charles-Frédéric, baron et comte Schenck de Waldenbourg.

À côté de ces 18 princes dont les seigneuries sont localisées en Basse Alsace, il convient de signaler également le prince-évêque de Strasbourg, le  cardinal de Rohan dont les origines françaises font hésiter la Constituante à le considérer comme un prince possessionné, ainsi que des seigneurs de Haute Alsace : le duc de Wurtemberg, le prince-évêque de Bâle, et dans une certaine mesure les Grimaldi de Monaco (duc de Valentinois).

Plus d’un cinquième des domaines de la mosaïque territoriale alsacienne en 1789, intégrée en différentes étapes au royaume de France par les traités de Westphalie et de Ryswick, est possédé par ces princes.

Deux conceptions juridiques, l’une germanique, l’autre française, s’opposent.   La conception  allemande est celle d’un contrat féodal synallagmatique, dont les traités de paix sont les bases de la reconnaissance de la souveraineté française avec comme condition sine qua non le maintien de l’intégrité des domaines et des droits régaliens des princes possessionnés. Elle relève de la certitude que le nouveau lien féodal entre les princes et le roi, codifié par lettres patentes, ne peut être rompu sans le consentement des deux parties contractantes, mais rappelle en arrière-plan le principe d’inaliénabilité des composantes de l’Empire, rendant de toutes façons caduque la souveraineté française sur l’Alsace et les traités, dont l’application n’est que temporaire dans l’attente d’un retour de l’Alsace à l’Empire, irrecevables.

  

Au contraire, le point de vue français ne reconnaît pas cette dimension de réciprocité féodale, et considère que conformément aux lettres patentes émanées de la libre volonté du roi, les droits des princes sont conditionnés et soumis à l’exercice de la souveraineté du roi qui se réserve la possibilité d’en changer les termes s’ils la contrarient, moyennant une juste indemnité.

Ce duel juridique franco-allemand va retrouver tout son sens en 1789 quand il sera question de l’abolition des droits régaliens des princes et de toute féodalité en France. La Révolution déclenche donc en 1789 une affaire lourde d’antécédents géopolitiques et juridiques complexes, tout en ravivant les passions politiques de part et d’autre du Rhin. 

 

                                                     

.PIERRE-LEOPOLD DE  HABSBOURG-LORRAINE / PETER-LEOPOLD VON HABSBURG- LOTHRINGEN  (1747-1792),                                                                  roi  de Hongrie, roi de Bohême, archiduc d'Autriche,                                                 empereur / kaiser de 1790 à 1792

 

Troisième fils de François Ier, grand-duc Léopold Ier de Toscane (1765–1790).  À la mort de son frère aîné Charles, en 1761, il est décidé qu'il succède à son père comme grand-duc de Toscane grand-duché qui est érigé en « secundogéniture », c'est-à-dire en apanage pour le deuxième fils. Cette disposition était la condition de son mariage, le 5 août 1765, avec Marie Louise fille de Charles III d'Espagne et de Marie-Amélie de Saxe.

Il règne à peine deux années, et deux années très difficiles avec des dangers à l'Ouest et à l'Est. Les désordres révolutionnaires qui grandissent en France mettent en danger la vie de sa sœur, la reine Marie-Antoinette, et de son beau-frère Louis XVI, en même temps qu'ils menacent ses propres domaines en y semant une agitation subversive. Sa sœur lui envoie des appels au secours éperdus et il est harcelé par les émigrés royalistes qui intriguent pour provoquer une intervention armée en France.

Il  lui promet de l'aider si elle et son mari arrivent à s'échapper de Paris.                                                                                                                                                                                                                          

À l'Est, il est menacé par les ambitions agressives de Catherine II de Russie et par la politique sans scrupules de la Prusse.

  

En 1791, les affaires de la France le préoccupent de plus en plus.  En janvier, il doit éconduire de façon très brutale le comte d'Artois (le futur Charles X) : son bon sens se révolte devant l'extravagance des émigrés français et il fait tout son possible pour éviter de s'empêtrer dans les affaires de leur pays. Cependant, les humiliations infligées à Louis XVI et Marie-Antoinette au moment de leur fuite à Varennes en juin excitent son indignation et il lance un appel à tous les souverains d'Europe pour qu'ils prennent des mesures en commun devant ces événements qui « ont directement atteint l'honneur de tous les souverains et la sécurité de tous les gouvernements ».                                                                                                                       

Le 25 août, il rencontre le roi de Prusse à Pillnitz, près de Dresde et ils rédigent une déclaration montrant qu'ils sont prêts à intervenir en France s'ils en sont priés par les autres puissances. La déclaration n'est qu'une pure formalité puisque ni la Russie ni l'Angleterre ne sont prêtes à agir et il essaye de se prémunir contre l'utilisation que, selon ses prévisions, les émigrés pourraient en faire. Malgré l'agitation causée en France par la déclaration de Pillnitz, les intrigues des émigrants et les attaques des révolutionnaires français contre les droits des princes allemands en Alsace, Léopold continue d'espérer qu'une intervention n’est  pas nécessaire.

Quand Louis XVI  jure d'observer la constitution de septembre 1791, l'empereur veut croire qu'on a en France abouti à un règlement. Les attaques contre les droits des princes allemands sur la rive gauche du Rhin et la violence croissante des factions qui, à Paris, mènent campagne pour provoquer la guerre, montrent bientôt, cependant, que cet espoir est vain. L’empereur  meurt le 1er mars 1792.

                                                                      

 .FRANCOIS II DE HABSBOURG /  FRANZ  II  VON HABSBURG  (1768-1835), roi de Bohême et de Hongrie,

dernier empereur / letze kaiser   de 1792 à 1806

 

Fils du précédent, neveu de la reine de France Marie-Antoinette.

 

Au mois d'avril 1792, la France en proie à la révolution, lui déclare la guerre.  Le séquestre des possessions des princes allemands est mis en place dans le Bas-Rhin entre octobre 1792 et janvier 1793, en réponse aux difficultés qu’éprouvent les autorités locales à mettre en application les décrets nationaux.

 

François II  est couronné roi de Hongrie à Buda le 6 juin 1792, élu empereur le 7 juin 1792, puis couronné à Francfort-sur-le-Main le 14 juillet 1792, et couronné roi de Bohême le 5 août 1792.

L’empire romain germanique proteste contre l’abolition par la Constituante des droits seigneuriaux des princes allemands possessionnés en Alsace. La République française  se garde de son côté de déclarer la guerre au Saint Empire  se limitant à la déclarer à son chef en sa seule qualité de roi de Bohême et de Hongrie.

 

Mais après l’invasion par les armées révolutionnaires des Pays-Bas et de la Rhénanie, l’empire est contraint le 23 mars 1793 de déclarer la guerre à la République. C’est désormais l’armée des cercles qui combat en Allemagne les armées de la révolution.

D’abord appliqué en vertu des lois d’émigration, le séquestre est généralisé à tous les princes possessionnés en tant qu’ennemis de la République, en 1793, grâce à l’insistance du conventionnel alsacien Philippe-Jacques Rühl, qui tient régulièrement ses confrères au courant des agissements des princes, ce qui aboutit le 14 mai 1793 à la publication d’un décret séquestrant les biens des princes étrangers qui n’avaient pas protesté contre le conclusum de la Diète déclarant la guerre à la France le 22 mars 1793 (en réalité, le département du Bas-Rhin avait très largement anticipé cette décision, en arrêtant le 1er octobre 1792 le séquestre des grands domaines princiers, à la suite d’une lettre que lui avait adressée le ministre de l’Intérieur, le Girondin Roland, le 27 septembre 1792, conseillant l’apposition du séquestre sur les biens du Landgraviat de Hesse-Darmstadt).

Cette mesure est rapidement généralisée aux plus petits des princes allemands, qui voient leurs biens séquestrés, inventoriés et administrés par des receveurs à la solde de la République entre octobre 1792 et janvier 1793. Ce laps de temps correspond ainsi à la mise en place du réseau des bureaux de séquestre, animé dans les ex-seigneuries par des receveurs dont le travail est centralisé en la personne de Jean-Baptiste Bella, régisseur et receveur principal des domaines séquestrés sur les princes possessionnés, en collaboration étroite avec Thomassin, le directeur des Domaines du Bas-Rhin.

 

Les receveurs du séquestre ne sont bien souvent autres que les anciens receveurs seigneuriaux, car la nouvelle administration estime que les personnes qui sont les mieux à même de bien gérer les recettes séquestrées sont ceux qui les administraient avant le séquestre, même si les événements militaires de la fin de l’année 1793 ne laissent pas beaucoup de ces ex-agents seigneuriaux en place.

En ce qui concerne le cadre juridique du séquestre des biens des princes possessionnés, la France révolutionnaire, ou plutôt le département du Bas-Rhin, a maintenu à dessein une confusion entre séquestre et confiscation, même si cette différence n’importe plus que très peu une fois que les propriétés commencent à être vendues sous l’appellation générale de « biens nationaux ». En revanche, les distinctions entre procédures de séquestre ont bien plus d’importance lorsqu’il s’agit d’accorder la mainlevée d’un séquestre, lorsqu’à partir du Directoire, les menaces extérieures ayant été écartées, les autorités estiment que certains séquestres ne sont plus d’actualité. Les princes possessionnés tentent bien sûr de récupérer un maximum de leurs propriétés perdues en 1793 en faisant valoir, selon les circonstances, plusieurs arguments :

1. rappeler qu’ils sont « Allemands » donc ne peuvent pas être concernés par les séquestres apposés pour raison d’émigration.

2. faire intervenir des membres de leur famille pour expliquer que certaines propriétés ne relevaient pas de la souveraineté du prince régnant, mais constituaient avant le séquestre des corps de biens possédés à titre « particulier ».

3. Enfin, les petits princes possessionnés peuvent essayer de démontrer qu’ils ont été abusivement séquestrés en prouvant n’avoir jamais eu ni voix ni séance à la Diète de l’Empire.                                                                                                                    

Certaines mainlevées de séquestre sont obtenues, mais les quelques réintégrations qui bien souvent ne sont pas exécutées, ne concernent en aucun cas les grands domaines qui avaient à leur tête un prince possessionné souverain en 1789, et jusqu’en 1792, parce que ces vastes territoires sont définitivement acquis par la République en 1793, et officiellement intégrés à la France en 1801 lorsque Bonaparte profite des bouleversements géopolitiques nés de la guerre pour dédommager certains princes des pertes subies en Alsace par des villages et des domaines pris en Empire sur les principautés ecclésiastiques, ou alors par le versement de très larges indemnités, dont le landgrave de Hesse-Darmstadt détient le record en recevant de la France dix millions de florins pour la perte du comté de Hanau-Lichtenberg.

 

Le 5  avril 1795 par la paix de Bâle entre la Prusse et la France, cette dernière acquière la rive gauche du Rhin objectif des rois de France notamment de Louis XIV, la Prusse obtenant elle en compensation la sécularisation d’un certain nombre de principautés ecclésiastiques. Après la défaite de Montenotte lors de la campagne d'Italie de Bonaparte en 1796, le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel IV de Savoie qui a succédé à son père Victor-Amédée III, signe l'armistice de Cherasco qui reconnait la perte de Nice et de la Savoie et doit se réfugier en Sardaigne. Le Piémont est alors découpé en six départements et les  quatre électorats rhénans deviennent quatre départements français, la Prusse obtenant elle en compensation la sécularisation d’un certain nombre de principautés ecclésiastiques.

 

La cession de la rive gauche du Rhin à la République française  est confirmée le 18 octobre 1797 par le traité  de Campo-Formio avec l’Autriche. Les  quatre électorats rhénans deviennent quatre départements français.

L’empereur François II est battu partout et se voit contraint de signer en 1797 le traité de Campo-Formio, qui lui enlève les Pays-Bas et la Lombardie ...

L'une des conséquences du traité est  la fin de la République de Venise.

La présence de la France au-delà de la frontière du Rhin crée de nouvelles sources de tension et de rivalité avec l'Autriche dans le nord de l'Italie. La guerre ne tarde pas en reprendre et, en 1799, débute la deuxième campagne d'Italie.                                                                                                         

L’empereur François II est battu à Marengo. Par le traité de Lunéville de 1801 l’empire perd toutes ses possessions sur la rive gauche du Rhin qui sont définitivement rattachées à la République française et précise que c’est par le biais de sécularisation et de médiatisation que les princes allemands lésés seront indemnisés.

 

C’est donc avec un grand soulagement que le Bas-Rhin accueille en 1801 le traité de Lunéville, qui règle définitivement l’affaire des domaines alsaciens, puisqu’à partir de là toutes les demandes de remboursement et de mainlevée de séquestre sont adressées non plus au préfet du Bas-Rhin, mais à une commission chargée spécialement de ces questions, siégeant à Mayence.

Conformément au principe déjà énoncé à Bâle et à Campo-Formio, c’est à la Diète d’Empire qu’il incombe de les indemniser.

 

Ainsi en juillet 1802 l’empereur François II est conduit à convoquer à réunir une députation d’empire (Reichsdeputation) à laquelle est soumise une projet de Bonaparte qui a reçu l’assentiment du tsar sur la base duquel est élaboré un recès publié le 25 février 1803 confirmé par la Diète d’empire et immédiatement ratifié par l’empereur. Ce projet de recès  est voté par la Diète de l’Empire, ratifié par l’empereur François II de Habsbourg et publié le 25 février 1803. Il accélère l’agonie de  l’empire : 112 états sont médiatisés c'est-à-dire perdent l’immédiateté impériale pour être rattachés à d’autres états. Les villes libres sont ramenées de 51 à 6 puis 3 ; sur 74 états ecclésiastiques, le recès n’en laisse subsister que 2  (Mayence -Ratisbonne  et l’ordre des chevaliers teutoniques).

                                                                                                                                                    

Le  2 décembre  1804,  Bonaparte se fait couronner empereur selon la tradition romaine d’origine en marquant bien la suprématie de l’empereur sur le pape      (il se met la couronne lui-même que lui remet le pape) et le 26 mai 1805, il se fait couronner roi d’Italie à Milan.

Pour mettre fin aux dernières protestations, Napoléon propose aux petits princes possessionnés non indemnisés de choisir la nationalité française, ou la nationalité allemande, auquel cas leurs propriétés devront impérativement être vendues. En revanche, ceux qui choisiront la France deviendront citoyens français, et leurs biens ne seront plus, par définition, possédés par des étrangers.    Finalement, cette possibilité pour un noble allemand de se fondre dans le corps civique français montre que cette affaire des princes d’Empire possessionnés en Alsace demeure résolument révolutionnaire, jusque dans son dénouement.

 

Le 2 décembre 1805, Napoléon remporte la bataille d’Austerlitz contre l’empereur romain germanique François II et celui de Russie  Alexandre Ier

François.

L’élévation en 1806 à la couronne royale, encouragée par Napoléon, des ducs Bavière et de Wurtemberg qui se sont vus récompensés par le rattachement de  plusieurs territoires octroyés par l’empereur des français  en remerciement de leur soutien militaire accentue la désintégration de l’empire  même si l’empereur François II obtient la confirmation de l’appartenance de leurs royaumes à l’empire. Mais le coup de grâce est donné le 12 juillet1806 quand seize des princes d’empire dont ces deux royaumes constitue une confédération sous protectorat de l’empire napoléonien. En effet la constitution de cette Confédération du Rhin indique dans son article 1 que la confédération fait sécession de l’empire.

 

Peu après Napoléon fait ultimatum à l’empereur de renoncer à la couronne impériale. Le 6  aout  1806, l’empereur François II se résigne  à l’abdication en déclarant que la nouvelle confédération rendait impossible le maintien du Saint Empire Romain Germanique.

                                                                                                                

Par l’entrevue de Tilsit de juin –juillet 1807,  les deux empereurs, Napoléon Ier qui se considérait comme empereur d’occident, et Alexandre Ier comme empereur d’Orient, allaient essayer de se mettre d’accord sur un partage de l’Europe.

 

 

Pour accroitre sa légitimité d’empereur, Napoléon épouse en avril 1810, Marie-Louise  la fille de François II l’empereur romain germanique déchu avec laquelle il a le 20 mars 1811 l’enfant qu’il fera  appeler le « Roi de Rome «  (alors rappelons-le les fils des empereurs romains germaniques étaient sacrés «  Roi des Romains »)

 

LES  REGIONS ACTUELLES  DE  FRANCE  AYANT APPARTENU AU  SAINT  EMPIRE

 

 

 

 

                      

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 13:55

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.JOSEPH I er DE  HABSBOURG   / JOSEF  I  VON HABSBURG   (1678- 1711), empereur / kaiser  de 1705  à 1711

Fils du précédent, roi des Romains en 1690, puis roi de Hongrie, roi de bohême archiduc d'Autriche

 

En 1699, il épouse Wilhelmine de Brunswick-Lünebourg, fille de Jean-Frédéric de Hanovre duc de Brunswick-Lünebourg-Kalenberg et de Bénédicte de Palatinat. Ils ont deux filles :

Marie-Josèphe, épouse Auguste III, roi de Pologne et Electeur de Saxe  Marie-et Amélie, épouse en 1722 Charles VII (1685-1740),

Il conserve à son service le Prince Eugène de Savoie, qu’il considère comme un frère, comme général des armées impériales et le fait entrer dans ses conseils.

Toute la durée de son règne est marquée par la révolte de François II Rakóczi en Hongrie orientale suscitée par le roi de France.

En 1706, les batailles de Turin et de Ramillies gagnées par le Prince Eugène chassent la France d'Italie du Nord (Valteline) et des Pays-Bas espagnols. Après une retentissante défaite des armées françaises à la bataille d'Audenarde (juillet 1708), Lille est prise à la fin du mois d'octobre 1708. En décembre 1708, Louis XIV demande la paix. La coalition exige qu'il retire son soutien à Philippe V et qu'il se charge de déposer lui-même son petit-fils en jetant contre lui l'armée française. Louis XIV refuse et poursuit la guerre.

 

À Malplaquet, l'armée française, bien que vaincue, inflige de telles pertes aux Anglo-Prussiens que ceux-ci doivent se retirer et renoncer à envahir la France.

En 1710, à la bataille de Brihuega et à la bataille de Villaviciosa, en Espagne, les troupes britanniques et autrichiennes sont écrasées : le trône de Philippe V est sauvé.

                                                          

L'année suivante, à Denain, le maréchal de Villars remporte contre les forces impériales une victoire décisive : Louis XIV repasse à l'offensive dès 1713, lorsque les armées françaises, menées par Villars, repassent le Rhin et prennent Fribourg-en-Brisgau.

                                   

Le coût de la guerre commence à peser chez les coalisés, et la situation politique évolue favorablement pour Louis XIV : en Grande-Bretagne, le pacifisme progresse, les Britanniques supportant mal les lourdes contributions financières nécessaires à l'entretien des forces de la coalition.                                                     

                                                                                                                                                                                              .CHARLES CHARLES VI  DE  HABSBOURG /  KARL VI  VON HABSBURG  (1685 -1740),  empereur / kaiser de 1711 à  1740

 

Second fils de l’empereur Léopold, roi de Hongrie sous le nom de Charles III (1711-1740).

Lorsque son frère aîné Joseph Ier meurt sans descendance masculine en 1711, Charles est élu empereur, rassemblant sur sa tête l'ensemble de l'Empire de Charles Quint (possessions autrichiennes et espagnoles), au grand dam des puissances européennes.

Quand il accède à la dignité impériale, toute l'Europe est épuisée. La France, elle aussi, a considérablement souffert des impôts alimentant les combats. Seule la diplomatie peut mettre fin  à la guerre.

                                                                                                                     

Au congrès d'Utrecht, qui réunit les belligérants depuis janvier 1712, chacun essaie de trouver une sortie honorable. Philippe V conserve le trône d'Espagne, toutefois il doit renoncer, pour lui et pour sa descendance, au trône de France même dans le cas où les autres princes de sang français disparaîtraient. De la même manière, la France conserve toutes les conquêtes précédentes de Louis XIV (Flandre française, Roussillon, Lille, Artois, Franche-Comté, Alsace).

Le duc de Prusse y gagne sa couronne de roi de Prusse et celui de Savoie celle de Sicile.

 

Les combats cessent définitivement en 1713, après une campagne militaire en Allemagne victorieuse pour Louis XIV. Cette année 1713, Charles VI fait ratifier la Pragmatique Sanction aux Etats généraux et aux puissances étrangères. Celle-ci réserve le trône à l’aîné de ses enfants, qu’il soit de sexe masculin ou féminin.

Le 11 avril est signé le traité d’Utrecht  entre le Royaume de France et le Royaume Uni et le 13 juillet celui entre le Royaume Uni et le Royaume d’Espagne mais l’empereur Charles VI s’obstine.                                                   

                                                      

Mais en octobre 1713, le maréchal français Bezons investit Fribourg en Brisgau qui capitule le 21 novembre. L’empereur, sous la pression des princes allemands, ouvre des négociations. Le Général des armées impériales le prince Eugéne de Savoie-Carignan et le maréchal français Villars se rencontrent à Rastadt.

Le 6 mars 1714 est signé le traité de Rastatt qui apporte aux  Habsbourg  un agrandissement de leurs États héréditaires au détriment de leur puissance impériale.                                                    

Des territoires de l’empire aujourdhui français, il ne reste plus que le duché de Lorraine, les principautés de  Salm, de Nomeny, de Commercy, de Montbéliard, la ville de Mulhouse  et le duché de Savoie  qui continuent de  faire partie du Saint Empire.

                                                          

Le 7 septembre 1714 les traités d’Utrecht et de Rastatt sont complétés par le traité de Baden en Suisse qui met fin aux hostilités entre la France et le Saint-Empire romain germanique qui étaient en guerre depuis la Guerre de Succession d'Espagne. Il  redonne aux Habsbourg d’Autriche les Pays-Bas méridionaux (Belgique) et les territoires espagnols en Italie à savoir Naples (mais pas la Sicile), Milan, Mantoue et la Sardaigne. Il permet à la France de conserver l'Alsace et donne la rive gauche du Rhin (Brisgau) aux Habsbourg d’Autriche. Les Princes électeurs de Bavière et Cologne sont réinstallés dans leurs territoires et possessions. L'empereur Charles VI garde le titre de roi d'Espagne et la succession espagnole (sans aucune valeur puisque le pouvoir en Espagne est entièrement détenu par le roi Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV).

Louis XIV meurt le 1er septembre 1715 après un règne de plus de 60 ans dont 37 à faire la guerre.  Le roi Louis XV lui succède.

 

Les princes possessionnés d’Alsace refusent le plus souvent de reconnaitre sa suzeraineté.

 

A l’est de l’empire, l’année 1716 voit les troupes impériales, conduites toujours par le prince Eugène, remporter sur les Turcs les victoires de Peterwaradin de 1716 et de Belgrade de 1717 qui doivent signer la paix de Passarowitz de 1718.                                                                                                                                                                                   

Charles VI s'engage ensuite dans une nouvelle guerre contre le roi d'Espagne Philippe V, après être entré dans la Quadruple Alliance formée contre ce prince par la Grande-Bretagne, la France et les États de Hollande (1718).   Ces différends sont arrangés par le traité de Vienne en 1725.

En 1729, François-Etienne, deuxième fils du duc de Lorraine et de Bar Léopold, élevé à Vienne, lui succède sous le nom de François  III ;  début avril  1732. L’empereur  Charles VI  le  nomme comme vice-roi de Hongrie.                                                                                                                    

La guerre se rallume en 1733 à l'occasion de la succession au trône de Pologne. L'Électeur de Saxe Frédéric-Auguste, fils du précédent roi et neveu par alliance de l'empereur Charles VI, est élu roi de Pologne avec le soutien de l'empereur, tandis que la France soutient les ambitions de Stanislas Leszczynski, détrôné en 1709, et qui vit en exil en France aux frais de son gendre Louis XV.                                                            

Peu avant la signature du traité de paix meurt le vieux prince Eugène de Savoie, un des plus grands généraux de son temps et principal conseiller de l'Empereur.

Pour mettre fin à la Guerre de Succession de Pologne, l’empereur Charles VI,  accepte d'accorder au vaincu, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, en compensation de la perte de la couronne polonaise, les duchés de Lorraine et de Bar, lesquels, à la mort de l'ex-roi de Pologne, devront devenir français. En échange de la perte de ces duchés, sur lesquels sa famille régnait depuis sept cents ans, le duc de Lorraine et de Bar François  III se voit offrir le Grand-duché de Toscane, proposition que François, à contrecœur, finit par accepter malgré les objurgations de sa mère et de son frère, Charles-Alexandre de Lorraine, et au grand dam de ses sujets lorrains. En contrepartie le roi Louis XV ne s’oppose pas au mariage prévu de longue date du duc  François III  avec l’archiduchesse Marie-Thérèse, fille de l’empereur. L’accord  effectif en 1737, est formalisé par le traité de Vienne en 1738.

 

Attaqué peu après par les Turcs soutenus par la France, Charles VI doit leur abandonner par le Traité de Belgrade en 1739 la Petite-Valachie, la Serbie et Belgrade.



 .CHARLES  VII  DE HABSBOURG /  KARL VII  VON HABSBURG   (1697-1745),

empereur / kaiser de 1740  à 1745


Fils de Maximilien-Emmanuel de Bavière de la maison de Wittelsbach et de Theresa Kunegunda Sobieska, fille de Jean III Sobieski.

 

Il est électeur de Bavière à partir de 1726

 

 

Malgré la pragmatique sanction de 1713, à la mort de Charles VI en 1740, Charles-Albert de Bavière est élu empereur sous le nom de Charles VII au détriment de la fille de l’empereur Charles VI, l’archiduchesse Marie-Thérèse.

 

MAISON DE HABSBOURG-LORRAINE   /   HAUS VON HABSBURG-LOTHRINGEN

.FRANCOIS  Ier  DE LORRAINE /   FRANZ  I  VON LOTHRINGEN  

 

 

 

  

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 12:29

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.LEOPOLD Ier  DE  HABSBOURG  / LEOPOLD  I  VON  HABSBURG (1640-1705), empereur / kaiser de 1658 à  1705


Fils de Ferdinand III, Roi de Hongrie, et roi de Bohême (1657), puis archiduc d’Autriche.

Sous son règne, le 7 novembre 1659 est signé entre le Royaume de France et le Royaume d’Espagne le traité des Pyrénées qui par ses  articles 35 à 41 abordent le cas des Pays-Bas espagnols, possessions des Habsbourg d’Espagne relevant de l’empire : la France obtient le comté d'Artois, sauf Aire et Saint-Omer. Elle obtient également les places flamandes de Bourbourg, Gravelines et Saint-Venant, celles en Hainaut d’Avesnes, Landrecies et Le Quesnoy, et au Luxembourg, celles de Damvillers, Montmédy et Thionville.

Léopold hérite d’une guerre avec la Suède à laquelle il met fin dès 1660.

Conformément au Traité des Pyrénées, Marie-Thérèse d’Autriche, seul enfant survivant du roi d’Espagne Philippe IV de Habsbourg  épouse le 9 juin 1660 Louis XIV alors il était question depuis son enfance qu'elle épouse, pour des raisons dynastiques son cousin, chef de la branche autrichienne et impériale des Habsbourg, d'abord l'archiduc Ferdinand, mort en 1654 puis le frère de celui-ci  Léopold  devenu empereur en 1658. 

Louis XIV et Marie-Thérèse sont double cousins germains. Du fait que  Louis XIV est déjà à moitié Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche, le fils  que lui donne Marie-Thérése un an plus tard en 1661 et qu’ils baptisent Louis, appelé le Grand Dauphin, se trouve avoir plus de sang Habsbourg que Bourbon.  Il est le pére de Philippe V  qui deviendra roi d’Espagne en  1700.                                                     

Léopold doit engager une première guerre contre les Turcs (1663-1664), la seule ou Louis XIV est son allié, laquelle se termine dès août 1664 par la victoire  de Saint-Gothard  et la conclusion d'une trêve de vingt ans par le traité de Vasvar.

Puis l’empereur Léopold et son cousin le roi d’Espagne, duc de Bourgogne et comte de Bourgogne, Charles II (1661-1700)  successeur  depuis 1665  de son père le roi d’Espagne Philippe IV, voit  Louis XIV revendiquer la Flandre et le comté de Bourgogne (Franche Comté). 

 

En 1667, le roi Louis XIV fait la conquête de la Flandre, terre d’empire possession espagnole, puis durant l’hiver, il lance sur la Franche-Comté 1900 fantassins et 3000 cavaliers. Le roi Charles II est obligé de signer le 2 mai 1668 la paix d’Aix la Chapelle qui met fin à la guerre de Dévolution entre la France et l'Espagne. Charles II doit céder la Flandre à Louis XIV avec un certain nombre de places fortes : Furnes, Bergues, Courtrai, Oudenarde, Menin, Armentières, Lille, Douai, Tournai, Ath, Binche et Charleroi mais conserve la Franche-Comté.

Mais Louis XIV ne s’en tient pas là et nomme François de Créqui comme maréchal de France en 1668 lequel s’empare de la Lorraine, terre d’empire. L’occupation de la Lorraine et de sa capitale conduit le 13 octobre 1670 la diète d’Augsbourg à émettre une protestation officielle et l’empereur Léopold à envoyer à Versailles son propre conseiller pour demander à Louis XIV de rétablir le duc de Lorraine Charles IV dans ses états mais Louis XIV n’a pas du tout l’intention de le faire .

De Créqui ne voulant pas servir sous les ordres de Turenne est disgracié.

Malgré le traité d’Aix la Chapelle, la guerre de Hollande fournit à Louis XIV l’occasion de régler le compte de  ses nombreux opposants. Le 6 avril 1672, Louis XIV déclare la guerre aux Provinces Unies ; une alliance se forme aussitôt entre l’empereur Léopold,  L’Electeur de Brandebourg et l’Espagne ; le duc de Lorraine reprend du service auprès de l’empereur qui nomme Montecuccoli à la tête des armées impériales ; Montecuccoli, originaire de Modène, fief impérial, a servi comme lieutenant-colonel sous Wallenstein.                                

Les troupes impériales rentrent en Alsace, mais le roi de France envahit celle-ci. Les Français occupent et démantèlent Colmar, Turenne massacre la population à Turckheim, incendie Wissembourg/Weissenburg et Haguenau/Hagenau et fait tomber toutes les villes libres impériales, qui perdent de fait leur indépendance.

Puis Louis XIV  poursuit son idée de s’emparer de la Franche-Comté. La guerre est déclarée le 12 octobre 1673 ; Louis XIV ouvre les hostilités en lançant 24 000 hommes sur ses frontières. le roi d’Espagne Charles II n’est pas en mesure de résister. Une résistance populaire s’organise.

Montecuccolli  oblige Turenne à se replier au-delà du Rhin en 1673.                                                                                                                                                                   

En Franche Comté, Turenne est en désaccord avec la stratégie de Louis XIV. Le gros des troupes se partage entre les Pays-Bas et la Franche-Comté, tandis que Turenne, chargé de contenir les Impériaux, reste en Alsace avec de maigres effectifs de couverture. Les armées royales franchissent la Saône le 12 février 1674. Gray se rend le 28. Vers le milieu de mars c’est Lons le Saulnier qui doit se rendre à son tour.   Le peuple résiste vaillamment. Néanmoins, Besançon est prise le 23 mai, Pontarlier le 2 juin.                                                                                                             

Turenne redoute plus que tout une entrée des Impériaux en Alsace ou dans le pays messin. Il a passé le Rhin le14 juin, deux jours plus tard il gagne la bataille de Sinsheim où il empêche la jonction des deux armées ennemies et revient aussitôt surveiller le gros de l’armée impériale, stationné sur la Moselle, et qui pourrait menacer l’Alsace.

En Franche-Comté, Salins et Dole sont prises le 22 juin.   

Mais le 1er juillet, l’électeur de Brandebourg reprend les armes contre la France. La Diète de Ratisbonne déclare la guerre à la France. L’empereur n’est plus seul. Tous les princes allemands combattent maintenant Louis XIV.

Turenne franchit le Rhin une nouvelle fois, à Phillipsburg, le 3 juillet 1674. Il veut battre les Impériaux avant que toutes leurs forces ne soient réunies. Les résultats sont mitigés (mise en déroute de Bournonville, puis défaite de l’avant-garde française face à Dünewald). Bournonville, réfugié au nord du Main, refuse le combat. Turenne doit se résoudre à l’attente. Inquiet, il voit venir le moment où, avec 16 000 hommes, il devra affronter plus de 40 000 ennemis. Avant de se replier sur l’Alsace, il prend des dispositions pour protéger celle-ci. Turenne sait que le point faible des Impériaux est la logistique. Le pain et le fourrage ne sont pas assurés, comme ils le sont par les munitionnaires dans l’armée française. Les soldats impériaux doivent se procurer sur place leur nourriture et celle de leurs montures. Turenne prend donc la décision de ravager le Palatinat pour leur ôter toute subsistance. Il coupe ainsi aux Impériaux la route de l’Alsace. Il punit dans le même temps l’électeur palatin, Charles Ier, qui a rompu l’alliance avec la France. Il terrorise les autres princes allemands coupables de défection. Il terrorise enfin des populations qui ne cessent de harceler les troupes de Turenne.

 

Le soldat français est particulièrement mal vu des Palatins, qui le surnomment schnapphahn (maraudeur). Comme tous les soldats en campagne, il commet des écarts. Mais ce ne sont jusqu’ici que méfaits traditionnels, qui s’opèrent plus ou moins à l’insu de la hiérarchie. La nouveauté qu’introduit Turenne, ce sont des exactions systématiques, ordonnées par le haut commandement, menées à grande échelle. Elles vont dépasser tout ce qu’il est permis d’imaginer. Turenne veut frapper les esprits. Les incendies et les pires atrocités se multiplient, entre Rhin et Neckar. La seconde quinzaine de juillet voit l’anéantissement de 32 localités. Les temples ne sont pas épargnés, ni même les églises. Dans toute l’Europe, ce n’est qu’un cri d’horreur indigné. Ces pratiques d’une cruauté que l’on croyait l’apanage de l’armée ottomane, exercées dans un « pays uni et fertile, couvert de villes et de bourgs opulents », au lieu d’effrayer les princes vont les dresser plus encore contre la France.

Turenne vainc à nouveau les troupes Impériales en Alsace à la bataille d'Entzheim en octobre 1674, mais devant la disproportion des forces, il se replie sur Saverne et Haguenau, laissant les troupes impériales prendre leurs quartiers d’hiver en Alsace. Mais Turenne n’hésite pas à attaquer en plein hiver, fond sur Belfort le 27 décembre 1674, entre dans Mulhouse le 29. Les impériaux sont basés à Turckheim. Il les surprend en attaquant par la montagne. Il arrive au-dessus de leur camp le 5 janvier 1675. Les Impériaux sont contraints de battre en retraite et de repasser le Rhin.                                                            

Louis XIV donne de nouveau à Turenne le commandement de la campagne de 1675, où il se trouve de nouveau face à un vieil adversaire, Montecuccoli. Pendant deux mois, tous deux déploient leurs plus beaux dons de manœuvriers. Lors de la Bataille de Salzbach, Turenne est tué.                                                            

Après la mort de Turenne et le retrait de Condé, le maréchal de Créqui  reprend  du service. La coalition commandée par le duc de Lorraine Charles IV lui inflige   une sévère défaite  le 11 aout 1675 à Consarbruck  et à Philispbourg et de Créqui, réfugié à Trèves est fait prisonnier.

Le duc de Lorraine Charles IV mort le 18 septembre 1675, c’est son neveu qui hérite du duché de Lorraine sous le nom de Charles V ; celui-ci sert l’armée impériale sous les ordres de Montecuccoli depuis 1664 et dès septembre 1675, il est nommé généralissime des armées Impériales par l’empereur Léopold mais en pleine guerre, il ne lui est pas possible de prendre possession de ses états.

 

La sœur de l’empereur l’archiduchesse Eléonore d’ Autriche devient l’épouse du duc de Lorraine ce qui resserre les liens entre la Lorraine et l’empire.

                                                                   

Le traité de Nimègue de 1678 qui signe la paix entre Charles II d’Espagne (Habsbourg) et Louis XIV  (également Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche)    met fin à la guerre de Hollande.

Le grand perdant de la guerre est le roi d’Espagne qui cède à la France  la Franche-Comté, les places-fortes flamandes de Cassel, Bailleul, Ypres, Wervick et Warneton, ainsi que Cambrai, Bouchain, Condé-sur-l'Escaut, Bavay et la place forte de Valenciennes dans le Hainaut.

Au total, la frontière du Nord de la France est lissée, et comprend moins d'enclaves. Et la Franche-Comté relie la France à la Haute-Alsace (traité du 17 septembre 1678).

La paix de Nimègue est complétée par le traité signé le 5 février 1679 entre Louis XIV et l'Empereur. Le traité est humiliant pour l'Empire qui doit céder Fribourg-en-Brisgau et reconnaitre la validité des dispositions des traités de Westphalie de 1648. Le duc de Lorraine refuse lui  les conditions humiliantes du traité. Il devrait récupérer son duché sauf Nancy mais devrait accepter la création de quatre routes de quatre lieues de large à travers son duché. En conséquence, Louis XIV continue d'occuper la Lorraine et annexe la place-forte de Longwy.                             

Au Nord de l'Europe, Louis XIV oblige le Danemark et le Brandebourg à rendre toutes les conquêtes faites sur la Suède, alliée de la France (novembre 1679).   En outre l'électeur de Brandebourg s'engage, en échange d'une rente annuelle de 100 000 livres pendant dix ans, à soutenir le candidat de la France à l'élection impériale du Saint-Empire.

Mais Louis XIV, représenté en Alsace, au travers de la figure de l’intendant et du Conseil souverain d'Alsace, reste contrariée dans sa souveraineté par l’existence de celle de grands seigneurs d’Empire, dont les droits quasi-régaliens sont garantis par le traité de Münster. Il tente de mette fin à cette ambiguïté en procédant entre 1680 et 1682 à des « réunions » de tous les domaines souverains sur lesquels il n’exerce que la suprématie à lui transférée par l’empereur en 1648, y compris des bailliages contestés du nord de l’Alsace.                                

 

Pour ce faire, le roi s'appuie sur les parlements des cités frontalières comme, par exemple, ceux de Metz ou de Besançon, qui forment des commissions, les Chambres de réunion. Ainsi, Louis XIV  s’empare militairement de Strasbourg et l’annexe à son royaume  en 1681.

À l’est de l’empire, à l'expiration de la trêve de Vásvar, les Ottomans repartent en guerre et mettent le siège devant Vienne le 14 juillet 1683. L'armée de secours dirigée par le duc Charles V de Lorraine nommé généralissime des armées impériales et celle alliée du roi de Pologne Jean III Sobieski écrasent les assiégeants le 12 septembre 1683 à la Bataille du Kahlenberg. Dès le 18 septembre l’empereur Léopold confie à son beau-frère Charles V la mission de libérer la Hongrie.                                 

Profitant du fait que l’empire doit concentrer à l’est sa défense contre les Ottomans, en novembre 1683, Louis XIV s'empare de Courtrai et en juin 1684 de Luxembourg,  mais également du comté de Vaudémont, de la ville de Sarrebourg, de la principauté de Salm, du comté de Sarrebruck, du comté de Zweibrücken, etc….A la suite de quoi l’empereur  Léopold  Ier  se trouve contraint de signer avec lui le  15 aout 1684  la  trêve de Ratisbonne par laquelle il reconnait temporairement ces acquisitions de Louis XIV et le roi d'Espagne, isolé, n'a pas d'autres choix que de signer lui aussi le 20 août, pour les acquisitions situées dans les Pays-Bas espagnols. Ces acquisitions sont conclues pour un délai de vingt ans mais la politique agressive de la France va vite exaspérer  les souverains européens. 

                                                                                                                     

Le 26 mai 1685, à la mort du dernier électeur palatin Charles II du Palatinat sans héritier, Louis XIV tire prétexte du mariage de son frère Philippe d'Orléans avec la sœur de l'électeur, la princesse palatine, pour revendiquer plusieurs territoires du Palatinat  et fait envahir le Palatinat. Mais le 22 octobre 1685, il décide de révoquer l’Edit de Nantes provoquant l’exil d’environ 500 000  huguenots,  au bénéfice des pays protestants qui les ont accueillis.

Le 1er septembre 1686  le duc de Lorraine Charles IV livre l’assaut décisif contre Buda ; allemands, lorrains, hongrois, chevaliers teutoniques conduits par leur grand-maitre, major général dans l’armée impériale  prennent Buda après 159 années d’occupation par les turcs. 

 

Entre-temps, Léopold a affermi la possession des Habsbourg sur la couronne de Hongrie, en obtenant en 1687 à Presbourg que le Roi de Hongrie ne soit plus choisi par une assemblée nobiliaire mais par voie héréditaire de primogéniture. En même temps, il fait abolir l'article 31 de la Bulle d'or de 1222 qui autorisait la noblesse à se révolter contre le Roi de Hongrie si celui-ci violait le Droit.                                                        

Mais à l’ouest de l’empire, Léopold connait à nouveau des difficultés avec Louis XIV qui, sans déclaration formelle de guerre, pour affirmer ses prétentions sur le Palatinat, envahit en 1688 la rive gauche du Rhin de l'Alsace à Cologne et lance au général Mélac le fameux mot d'ordre « Brûlez le Palatinat ». Le général applique cet ordre à la lettre, transformant des villes comme Heidelberg, Worms et Spire en un monceau de ruines. Les troupes d'invasion se présentent devant Mayence.[] Malgré les fortifications toutes récentes de la ville, l'archevêque Anselme-François d'Ingelheim préfère capituler, puisqu'il ne peut opposer qu'une garnison de 800 miliciens aux 20 000 soldats français. C'est ainsi que Mayence tombe pour la première fois aux mains des Français. Au printemps 1689, Louis XIV, pressé par son ministre Louvois, donne l’ordre de mettre à sac une seconde fois le Palatinat pour assurer une « défensive sur le Rhin ». Les villes, les villages, les châteaux, les églises sont systématiquement rasées, les ponts détruits, les populations chassées. Cette décision est l’une de ses plus graves erreurs stratégiques puisque la plupart des princes allemands se rallient à la bannière du Saint-Empire. Les armées de secours du Saint-Empire commandées par le duc Charles V de Lorraine n'atteignent la ville que le 16 juin 1689. La ville est libérée après trois mois de siège et de bombardement le 8 septembre 1689.

C’est la guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697)  également appelée guerre de Neuf Ans ou guerre de Succession Palatine, qui oppose Louis XIV, alliée à l'Empire ottoman et aux  Jacobites irlandais et écossais, à une grande coalition, qui compte le roi Guillaume III d'Angleterre, l’empereur du Saint Empire Léopold Ier, plusieurs princes-électeurs, le roi d’Espagne Charles III, les Provinces-Unies, le duc Victor-Amédée II Savoie et, jusqu'à 1691, la Suède.

Cette nouvelle guerre se conclut par le traité de Ryswick signé le 30 octobre 1697 pour lequel les représentants de l’empereur Léopold reçoivent mission de défendre les intérêts de son neveu et filleul, le duc de Lorraine Léopold-Joseph, fils de Charles V décédé en 1690.

 

Louis XIV signe trois premiers traités le 20 septembre avec respectivement les Provinces-Unies, l'Angleterre et l'Espagne, puis un second avec le Saint Empire romain germanique, le 30 octobre. Louis XIV accepte de reconnaître Guillaume III d'Orange-Nassau comme roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III. Louis XIV accepte aussi de rendre la plus grande partie des Pays-Bas espagnols à Charles II d'Espagne.

Les vrais perdants de Ryswick sont le duc de Lorraine et l'empereur Léopold. Par ce traité,  le roi de France accepte de restituer à ce dernier contre le prix de sa neutralité les duchés de Lorraine et de Bar dont il est le souverain légitime. Le duc de Lorraine doit toutefois céder au roi  de France les prévôtés de Longwy et de Sarrelouis, mais ces cessions sont compensées par la cession au duc  par l’empereur de la principauté de Teschen puis l’acquisition des comtés de Ligny et de Falkenstein, de la principauté de Commercy.                                                                                                                             

Louis XIV annexe définitivement la Sarre et les quatre cinquièmes de l'Alsace (Strasbourg, villes de la Décapole, Basse-Alsace), se contentant de restituer Rambervillers et Saint Hyppolite alors que l'accord de Ratisbonne de 1684 en avait prévu la rétrocession pour 1704. Mais Louis XIV doit cependant renoncer à son projet d’imposer sa souveraineté absolue car l’article 4 du traité de Ryswick rétablit la supériorité territoriale des princes possessionnés en Alsace et en Lorraine.

A l’est de l’empire, la "guerre de libération" des turcs de la Hongrie par l’empire se conclut en 1699  par le Traité de Paix de Karlowiz.

Le roi d’Espagne Charles II de Habsbourg meurt le 1er novembre 1700 sans successeur.  Les deux principales familles régnantes d'Europe, celle de France (Bourbon) et celle d'Autriche (Habsbourg), toutes deux très apparentées à Charles II, revendiquent alors le trône. Charles II a légué sa couronne par testament à Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du roi de France Louis XIV.    Ce dernier est, en effet, par sa mère Anne d'Autriche, petit-fils du roi Philippe III d'Espagne, donc cousin germain de Charles II. Philippe, âgé de 17 ans, va à Madrid où il est couronné sous le nom de Philippe V.  Une union des royaumes de France et d’Espagne fait peur à toute l’Europe. Sous l’égide de l’empereur Léopold, une grande alliance « la Grande Alliance  de La Haye » regroupant l’Empire, la Prusse, la Savoie et le Portugal, les Provinces Unies et l’Angleterre se forme en 1702 contre l’Espagne et la France.

 

La France a comme alliés l'Espagne et les princes électeurs de Bavière et de Cologne, ainsi que le prétendant d'Angleterre, Jacques III.

Les armées de la coalition, dirigées par le généralissime des armées impériales le prince Eugène de Savoie et le duc de Marlborough, remportent de nombreuses victoires sur tous les terrains : la bataille de Blenheim en 1704 fait perdre à la France son champ d'action en Allemagne.

Le 5 mai 1705, l’empereur Léopold décède.   

 

  .JOSEPH  I er DE  HABSBOURG   / JOSEF  I  VON HABSBURG   (1678- 1711),

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 12:15

 

.FERDINAND III  DE HABSBOURG  / FERDINAND  III  VON HABSBURG (1608-1657), roi de Hongrie le 8 décembre 1625, roi de Bohême le 21 novembre 1627, roi des Romains le 30 décembre 1636, empereur  /kaiser de  1637  à  1657 

Second fils de l'empereur Ferdinand II et de Marie-Anne de Bavière.

 

Les hostilités en 1637 et 1638 sont marquées par la confusion, et un relatif statu quo. Début mars 1638, le duc Bernard de Saxe Weimar, prince allemand disposant d'une armée personnelle subventionnée par la France, met le siège devant Breisach.

Au même moment, l'armée française regroupe ses forces à Saint-Quentin. L'objectif de cette campagne est alors de parvenir à placer la Picardie occidentale à couvert après la protection réussie de son flanc oriental en 1637. Le maréchal de Châtillon prévoit de s'introduire en territoire ennemi avec pour objectif de s'emparer de la place de Saint-Omer tandis que le maréchal de La Force et sa troupe font diversion en feignant de marcher sur Cambrai..
De Châtillon arrive le 26 mai 1638 devant Saint-Omer qui, renforcée, lui oppose une résistance farouche.   Louis XIII ordonne alors à de La Force de lever le camp de devant le Catel et et d'aller appuyer sur le champ le maréchal de Châtillon afin d'assurer la logistique de son armée au cas où les Espagnols décident de marcher sur Saint-Omer.

Le duc de Lorraine Charles IV continue lui de guerroyer pour l’Espagne et l’Empire ; vainqueur à Poligny le 19 juin 1638, il chasse de Franche-Comté les troupes françaises puis il part attaquer Turenne en Lorraine et l’oblige à lever le siège de Remiremont ; le prince Thomas de Savoie-Carignan qui commande les troupes espagnoles, après avoir renforcée la garnison du château de Ruminghem dans le Pas de Calais, contre- attaque et prend l'armée du marquis de La Meilleraye de vitesse. Il s'empare d'une redoute stratégique positionnée à proximité d’Ardres. Le 8 juillet, l'armée impériale du comte Piccolomini et la cavalerie du comte de Nassau  arrivent pour soutenir le prince Thomas.  Le maréchal de La Force qui commande les troupes françaises engage la bataille à Zouafques pour profiter de l'effet de surprise et du terrain. Son armée repousse les forces espagnoles dans des marécages. Mais, la contre-attaque du prince Thomas sur des positions françaises assiégeant Saint-Omer prive de La Force de victoire. Ce dernier doit se retirer pour assister le maréchal de Châtillon devant la ville et l'aider à lever, le 15 juillet 1638, un siège désormais mal engagé. Les garnisons françaises prennent quartier à Nielles à partir du 17 juillet afin de protéger, comme prévu, le flanc occidental de la Picardie. En Lorraine, les troupes du duc Charles IV s’emparent  de Rambervillers puis de Lunéville le 20 septembre 1638 mais un mois plus tard cette dernière ville est assiégée par les Français et doit capituler. Malheureusement les campagnes du duc de Lorraine qui ne peut guère compter sur le soutien de l’Empire et de son allié l’Espagne (propriétaire il faut le rappeler de la terre impériale de Franche-Comté) ne lui permettent pas de récupérer son propre duché occupé en bonne partie depuis 1634.

Le 19 décembre 1638 c’est la prise de Breisach, clef de l’Alsace et de la Souabe par Bernard de Saxe-Weimar le 19 décembre. À cette même époque, Mazarin devient l’homme de confiance de Richelieu.  

Après un début d'année 1639 sans importance au plan des opérations militaires, si ce n’est la mort de Bernard de Saxe-Weimar dont l’armée passe sous les ordres du comte de Guébriant, l'armée française, plus puissamment armée, après son échec devant Saint-Omer, repasse à l'offensive sur le front nord et prend successivement Hesdin le 29 juin 1639 et Arras, le 9 août 1640.   Le 18 septembre 1640, dans la foulée de cette importante victoire, Mazarin, commandité par Richelieu, retourne le prince Thomas de Savoie en lui proposant par traité de se placer sous la protection de la France.                                                      

Sur le front oriental les hostilités sont moins intenses. Banér et de Guébriant lance en 1640 une nouvelle attaque contre les Impériaux rapidement mise en échec par Piccolomini. Banér meurt l’année suivante.

Cette même année, le sort des armées en Italie du nord fait rentrer les États de Savoie dans la dépendance de la France. De plus, deux couronnes dépendant de la Maison d'Autriche cherche à s’émanciper : le Portugal appelle au trône Jean de Bragance, de la maison d’Aviz et la Catalogne reconnaît Louis XIII comme comte de Barcelone et de Roussillon le 23 janvier 1641.  La France envoie une armée, commandée par Lamothe pour prendre possession de la nouvelle province. Les Espagnols la battent et les Français doivent lever le siège. Durant le printemps 1641 et jusqu'en septembre 1641, d'autres places fortes espagnoles, telles qu’Aire-sur-la-Lys, Lens, Bapaume et La Bassée, tombent.  Le royaume de France contrôle désormais de nouveau l'Artois. Des tractations commencent dès 1641 pour ouvrir des négociations de paix.  Le duc de Lorraine Charles IV se résigne le premier à signer le 2 avril 1641 le traité de Saint Germain en Laye par lequel en contrepartie de la récupération de ses duchés de Bar et de Lorraine, il accepte de ne plus soutenir les Habsbourg , que le roi de France conserve le comté de Clermont en Argonne ainsi que  les places de Jametz, Stenay , Dan sur Meuse et que les fortifications de Marsal puis celle de Nancy soient détruites . Mais aussitôt, il signe devant notaire et témoin un acte par lequel il déclare qu’il a signé sous la contrainte ; dès avril il rentre dans ses états alors que la guerre de trente ans continue ; averti de l’intention de Richelieu d’en finir avec lui, il prend une nouvelle fois la route de l’exil et par Sedan va rejoindre les troupes espagnoles aux Pays-Bas tandis que les troupes françaises  réoccupent la plupart des places fortes.

Au même moment en Italie, la France renoue avec le succès  (victoire d’Ivrée, prise de Coni) et en Allemagne où le comte de Guébriant bat Piccolomini à Wolfenbüttel le 25 juin 1641 et Lamboy et Mercy à Kempen le 17 janvier 1642.

 

Richelieu veut forcer l’Espagne en la menaçant directement. Au printemps, lui-même et Louis XIII partent avec une armée pour conquérir le Roussillon. Richelieu doit s’arrêter mais le roi engage le siège de Perpignan, qui est prise le 9 septembre. Au mois de juin une armée française bat les deux beaux-frères de Christine de Savoie.

Le général suédois Lennart Torstenson remporte sur les Impériaux la bataille de Leipzig le 23 octobre 1642.

Le 4 décembre 1642 meurt Richelieu ; Louis XIII le suit dans la tombe le 14 mai 1643, laissant la régence à son épouse, Anne d’Autriche (de Habsbourg) qui est flanquée d’un conseil de régence composé entre autres de Mazarin.

Profitant de ces circonstances, les Espagnols s’avancent en Champagne. Ils y sont sévèrement défaits à la célèbre bataille de Rocroi le 18 mai 1643, par  Louis de Bourbon, duc d'Enghien, surnommé plus tard « le grand Condé ». Celui-ci s’empare le 10 aout 1643 de Thionville puis de Sierck le 3 septembre.

 

D’autres succès français se font en Italie, en Espagne, y compris sur mer.   Ces succès sont contrebalancés par des revers en Allemagne (Rantzau battu à la bataille de Tuttlingen), à la faveur desquels le commandement du comte de Guébriant passe au maréchal de Turenne. Opposé aux impériaux de Mercy, qui a  pris Fribourg le 29 juillet 1644, Turenne est rejoint par le duc d’Enghien. Entre le 3 et le 5 août 1644, une bataille meurtrière entre les Français et les troupes impériales fait rage sur les collines des alentours de Fribourg en Brisgau. A la fin Fribourg reste impériale mais les Français se rendent maîtres de la vallée du Rhin.                                                       

Les principaux événements de 1645 se déroulent en Allemagne. Torstenson continue ses campagnes victorieuses (Bohême, Silésie, Moravie), s’approchant de Vienne. Turenne veut le rejoindre, dans des conditions difficiles, liées à l'indiscipline de ses soldats.  Rejoint par le duc d’Enghien, il rencontre les Impériaux à la seconde bataille de Nördlingen, le 3 août, où Mercy est tué. Mais Torstenson ne peut forcer Vienne, doit se retirer en Bohême pendant que les Français évacuent leurs éphémères conquêtes, en les dévastant systématiquement.

Les campagnes de 1646 et 1647 voient à nouveau des opérations tour à tour favorables à chacun des camps, en Italie du nord et dans les Pays-Bas.

Les Français commandés par le duc d’Enghien s’emparent de plusieurs villes de Flandres, mais après la prise de Dunkerque, les Hollandais font une trêve avec les Espagnols (laquelle trêve se termine par une paix définitive) et ces derniers peuvent reprendre pied.

En Catalogne,  les Français doivent abandonner le siège de Lérida en 1646. Mazarin nomme le duc d’Enghien, devenu prince de Condé depuis la mort de son père, vice-roi de Catalogne avec la charge de reprendre le siège. Il échoue dans cette tâche et la Catalogne est perdue  définitivement pour la France.

En juillet 1647, le frère de l'empereur, l'archiduc Léopold gouverneur général des Pays-Bas espagnols, reprend la place forte de Landrecies conquise 11 années auparavant.                                                                                                                          

Bien que les champs de bataille d’Allemagne soient considérés par la France comme théâtre d’opérations d’importance secondaire, c’est là que Turenne lui offre les plus grandes victoires des derniers temps de la guerre.

 

Il reprend son projet de rejoindre les Suédois pour se diriger vers Vienne, impose un traité à Maximilien de Bavière mais reçoit l’ordre de revenir sur le Rhin.

Le duc de Bavière rompt le traité. L’année suivante, Turenne revient en Souabe puis en Bavière, rejoint le Suédois Wrangel, inflige le 17 mai 1648 aux impériaux la défaite de Zusmarshausen et chasse Maximilien de Bavière de Munich avant de devoir se retirer...

La dernière grande bataille de la guerre dite de trente ans a lieu le 19 aout 1648 à Lens. Condé y défait si sévèrement les Espagnols que cette bataille oblige l’empereur  Ferdinand III à accepter les formalités de paix dont les négociations durent depuis cinq ans. Il se voit contraint  de signer en 1648, les traités de Westphalie, de Münster avec la France, et d'Osnabrück. avec la Suède lequel  stipule clairement que chaque confession doit récupérer les biens et droits possédés le 1er janvier 1624, traités qui mettent fin à la toute-puissance du Saint Empire. Mais ces traités sont d’une interprétation très difficile notamment sur la question difficile de savoir comment s’exercent les différentes souverainetés présentes en Alsace. Cette difficulté provient des divergences d’interprétation de l’obscur article 87 du traité de Münster qui reconnaît au roi de France une suprématie sur la province, tout en préservant aux princes d’Empire leur immédiateté. Sont placés désormais sur un pied d’égalité à l’intérieur de l’empire, les princes, les villes libres et l’empereur. Les princes reçoivent une souveraineté externe avec le droit, sans en référer à l’empereur, de conclure des alliances entre eux ou avec des princes extérieurs à l’empire qui en fait n’est maintenu qu’en droit  c'est-à-dire, bien que n’étant pas juridiquement indépendant, ils bénéficient désormais de la souveraineté interne et externe c'est-à-dire pratiquement d’une pleine souveraineté.

Le roi  Louis XIV reçoit les possessions des Habsbourg d’Autriche (catholiques) en Alsace, alors que les princes (protestants) ayant des possessions alsaciennes sont rétablis dans toutes leurs seigneuries (article 4 du traité d’Osnabrück). L’Alsace, terre d’origine des Habsbourg est donc en 1648 abandonnée par l’Empire et annexée de fait par le roi de France. L’intendant Colbert de Croisy en 1657-1658 créé un Conseil souverain d’Alsace avec l’objectif d’en faire une province unifiée et française dans les faits. Les trois évêchés de Toul, Metz et Verdun occupés depuis 1552 sont également définitivement annexés.

 

Ces traités de Westphalie amènent en outre l’empire à la création de l’Electeur de Hanovre  comme Huitième Electeur et accordent  l’indépendance aux Pays Bas  (future Belgique, Luxembourg et Pays Bas) et à la Confédération  Helvétique.     Mais ces traités  tiennent à l’écart l’Espagne propriétaire de la Franche Comté et le duc de Lorraine Charles IV qui poursuit la lutte au côté de ses alliés espagnols notamment en Flandre, au siège de Cambrai et dont ses lieutenants Fauge et Ligneville parviennent à reconquérir une partie des duchés de Bar et de Lorraine puis jusqu’aux abords de Nancy ou l’armée du roi parvient à les repousser.

Ferdinand III meurt en 1657.  Sa première épouse est Marie-Anne d'Autriche, infante d'Espagne  fille de Philippe III roi d'Espagne et du Portugal  lui  a donné six enfants  dont :

-Ferdinand-François (1633-1654), élu par la Diète, roi des Romains, en 1653  mais qui meurt un an plus tard, avant son père, et ne règne donc pas ;

-Léopold (1640-1705), qui succède à la tête du Saint Empire sous le nom de Léopold Ier.

Mais, malgré les traités de Westphalie, le Saint Empire garde une importance encore assez grande pour que Mazarin envisage en 1657 la candidature de Louis XIV à la dignité impériale et fait écrire aux Princes Electeurs dans cette perspective un « Manifeste des Français aux Princes Electeurs » dans lequel ils les flattent en vantant « leur esprit de liberté contrepoids naturel aux velléités de l’empereur » présentant « l’élection du puissant roi de France au trône impérial comme l’unique gage du rétablissement de leur prérogatives et la sauvegarde de leurs libertés ».  

 

 

 

 

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LEOPOLD Ier  DE  HABSBOURG  / LEOPOLD  I  VON  HABSBURG

 

 

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 17:21

 

 

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.FERDINAND II  DE HABSBOURG  /   FERDINAND  II  VON  HABSBURG  (1578 -1637),

roi de Bohême en 1617, de Hongrie en 1618,                                                            empereur / kaiser  de 1619 à 1637

 

Fils de l'archiduc Charles Ier de Styrie et de sa nièce Marie-Anne de Bavière, respectivement fils et petite fille de Ferdinand Ier, archiduc d'Autriche, roi de Bohême, roi de Hongrie. Choisi comme successeur par son cousin l'empereur Matthias Ier, il devint roi de Bohême en 1617 (et à ce titre un des sept électeurs de l'Empire) puis roi de Hongrie en 1618.

La totalité de son règne est occupée par la guerre de Trente Ans.

Le 23 mai 1618 au palais de Hradschin à Prague, les Défenseurs de la Foi rencontrent deux émissaires de Ferdinand II, Martinitz et Slawata : ceux-ci sont passés par la fenêtre : la Défenestration de Prague marque le début de la Guerre de Trente Ans. Cette guerre va concerner toutes les parties de l’empire qui deviendront un jour françaises : le duché de Savoie, le comté de Bourgogne (Franche-Comté), l’Alsace et le duché de Lorraine. 

Le 20 mars 1619, l’empereur Matthias meurt. Mécontents de leur nouveau roi, les Tchèques déposent Ferdinand II le 19 août et élisent à sa place l’électeur palatin (ardent calviniste) Frédéric V, le 26 août, alors que l’élection impériale se tient à Francfort le 28 août. Un roi protestant à la tête de la Bohême signifie une majorité d’électeurs du Saint-Empire acquis au protestantisme (Brandebourg, Saxe, Palatinat et Bohême contre les trois princes-évêques de Cologne, Mayence et Trèves), ce qui serait un bouleversement considérable.

Les nouvelles de Bohême ne sont pas parvenues à Francfort et Ferdinand II est élu Empereur : s’appuyant sur la Sainte Ligue et sur son cousin Philippe III d'Espagne, Ferdinand II se met en devoir de mater la révolte tchèque et d’éliminer son rival Frédéric V.

La Ligue catholique regroupe l'Espagne, l'électeur protestant Jean-Georges Ier de Saxe, le roi Sigismond III de Pologne et Maximilien Ier de Bavière, les princes-archevêques de Mayence, de Cologne et de Trèves.            

Le prince-électeur Jean-Georges Ier de Saxe est dans un premier temps du côté de l’empereur, bien que protestant : il espère des gains territoriaux et, de toute façon, voit d’un mauvais œil l’accroissement de puissance d’un de ses collègues Électeurs car, élu roi de Bohême, l’Électeur Palatin dispose de deux voix sur les sept du collège électoral institué par la Bulle d'Or. Ce prince est par la suite un allié plus que versatile.

Louis XIII souhaite aider l’Empereur. Malgré la rivalité des deux familles, ils ont en commun l’idéal monarchique, le désir de conforter le catholicisme contre les protestants et les Turcs, toujours menaçants à l’est. La France offre sa médiation, concrétisée à Ulm en juillet 1620 par une trêve entre catholiques et luthériens : la Bohême calviniste n’est donc pas concernée, et les armées catholiques peuvent l’attaquer librement :

Les armées impériales sont commandées par Tilly. Après une défaite sans conséquences, il défait l'armée insurgée à la bataille de la Montagne Blanche le 8 novembre 1620. Frédéric V est vaincu, 1 an et 4 jours après le début de son règne et est mis au ban de l’Empire, ses territoires sont confisqués ; il doit s'exiler en Hollande. Il est plus tard déchu de son titre d’Électeur au profit de Maximilien de Bavière qui reçoit en outre une partie du Palatinat. Dès lors, la Bohême devient propriété personnelle des Habsbourg. Le 13 novembre, les États de Bohême reconnaissent de nouveau Ferdinand comme roi. La couronne élective devient héréditaire au profit des Habsbourg et le siège de la Cour est transféré à Vienne.

Ferdinand, pour écraser une fois pour toutes la rébellion, fait décapiter publiquement à Prague, le 21 juin 1621, 27 des principaux chefs insurgés.       

De leur côté les troupes espagnoles alliées de celles de l’empire occupent le Palatinat. À la mort de Philippe III en 1621, son fils Philippe IV, qui n’a que seize ans prend pour conseiller le comte-duc d’Olivares, catholique très zélé ; celui-ci est partisan convaincu d’une collaboration étroite avec les Habsbourg d’Autriche.

De nombreux princes protestants estimant que l’empereur a outrepassé ses droits, c’est une cause majeure de la poursuite et de l’extension du conflit. Trois princes, à la tête de troupes de mercenaires, restent en armes : le comte Ernst von Mansfeld, le plus redoutable, retourne vers les rives du Rhin avec 20 000 hommes ; les deux autres, Christian de Brunswick et Georg Friedrich de Bade-Durlach ont chacun 15 000 hommes. Ces troupes d’aventuriers sont autant, sinon plus, motivées par l’appât du gain et les perspectives de pillage que par leur conviction religieuse.

Le général des armées impériales Tilly se porte vers les régions rhénanes pendant les années 1621-1622, et les affronte ensemble ou tour à tour au cours de plusieurs batailles d’abord sans résultat définitif.. Puis lors de la bataille décisive de Stadtlohn le 6 août 1623, il met en déroute complète l’armée de Christian de Brunswick : les forces catholiques contrôlent le sud et l’ouest de l’Allemagne.

En 1625, Christian IV de Danemark se décide à intervenir dans le conflit.   Ce monarque luthérien, également duc de Holstein et comme tel, vassal de l’empereur veut à la fois défendre le luthéranisme et, si possible, étendre ses possessions en Allemagne du Nord. La France, sollicitée, mais en proie à des difficultés intérieures se limite à accorder une aide financière. Les troupes danoises sont commandées par Ernst von Mansfeld. Elles trouvent sur leur route, non seulement les armées de la Sainte Ligue dirigées par Tilly, mais aussi une armée impériale nouvellement levée et placée sous le commandement d’Albrecht von Wallenstein. Les Danois et leurs alliés sont défaits tour à tour par Wallenstein le 25 avril 1626 à Dessau (pour les Allemands et par Tilly le 27 août à Lutter pour les Danois). Wallenstein livre bataille et vainc Gabriel Bethlen à Neuhäusel en Hongrie. Puis les armées catholiques, à nouveau réunies, traversent le Holstein, pénètrent au Jutland : pour sauver son royaume, Christian IV est contraint de signer la paix de Lübeck le 12 mai 1629, par laquelle le Danemark s’engage à ne plus intervenir dans les affaires de l’Empire.

Les forces catholiques dominent l’Allemagne du nord, malgré l’échec de Wallenstein devant la ville hanséatique de Stralsund (les princes catholiques, inquiets de la domination de Wallenstein, s’opposent à ce que Tilly le rejoigne. Wallenstein s’est lui-même toujours abstenu de trop aider Tilly lorsqu’il en a eu la possibilité : alors que ce dernier est toujours motivé par sa fidélité à ses convictions et à son camp, Wallenstein est principalement mû par l’ambition personnelle.

                                                                                                                                                                               

Débarrassé du danger danois, l’empereur peut envoyer ses troupes en Italie du nord pour appuyer les Espagnols qui combattent les troupes françaises envoyées par Richelieu dans la guerre de Succession de Mantoue et du Montferrat.                                  

En effet l'empereur Ferdinand II est marié avec Éléonore de Mantoue, sœur des trois derniers ducs de Mantoue, et donc beau-frère de Vincent II décédé en 1627, et tente de récupérer le duché de Mantoue comme terre d'Empire au titre d'un bien en déshérence, dans le but de l'attribuer à une branche cadette, celle des Gonzague de Guastalla.

Les prétentions de Charles de Nevers sont appuyées par la France ; Ferdinand a le soutien du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier qui espère rattacher le Montferrat à son duché. En 1628, Charles-Emmanuel conquiert le Montferrat avec l'aide de troupes espagnoles, bloquant ainsi Charles de Mantoue dans la ville de Casale Monferrato.

Louis XIII et Richelieu décident alors de passer à l’offensive ; l’armée du roi de France force le pas de Suse, en Piémont, le 6 mars 1629. Mais les événements d'Allemagne, et l'intervention suédoise dans la guerre de Trente Ans,  force l’empereur Ferdinand à détourner son attention vers le principal théâtre d'opérations.

Au sud en Italie, le 18 mars 1630,  la ville de Casale Montferrato est prise par les troupes du roi de Louis XIII puis la place forte de Pignerol le 30 mars.    En avril, le duc de Savoie Charles-Emmanuel est contraint de signer une trêve.

Mais le 18 juillet 1630, l'empereur Ferdinand parvient à prendre Mantoue.

Le Pape Urbain VIII, s'étant offert comme médiateur, dépêche son chargé de pouvoir, un certain Jules Mazarin, gentilhomme de son état, pour négocier la paix entre les deux partis. Le 26 octobre, alors que les troupes de maréchal de La Force s'apprête à prendre d'assaut la forteresse de Casale Monteferrato, Mazarin s'interpose et fait cesser les combats.

 

Le 6 avril 1631  le traité de Cherasco signé par les plénipotentiaires de l'empereur Ferdinand II, du roi  Louis XIII et du duc Victor-Amédée Ier de Savoie met fin à la guerre. Un autre accord du 19 juin 1631 confirme le premier :

  • Le duc de Savoie renonce à ses droits sur le duché de Montferrat et en compensation en reçoit près de la moitié d'une valeur de 15.000 Écus ;
  • Le duc de Nevers, Charles Ier de Mantoue est indemnisé de la perte de ses territoires par un versement du duc de Savoie fait en une fois et équivalant aux recettes totales annuelles de ces territoires ;
  • Le duc de Nevers reçoit les territoires qui lui restent à titre de fief de l'empereur et de l'Empire ;
  • Ferdinand II Gonzague renonce à ses droits sur le duché de Mantoue et recevait en compensation Reggiolo et Luzzara.

Au nord la guerre se poursuit ; en effet Gustave Adolphe, roi de Suède, se décide à intervenir et bat l'armée de la Ligue catholique, sous le commandement de Tilly, à la bataille de Breitenfeld, le 7 septembre 1631.

Dès le 29 septembre 1631, le duc de Lorraine Charles IV quitte Sarrebourg pour l’Alsace dont l’empereur Ferdinand II lui a confié la garde ; il installe des garnisons dans Saverne et Haguenau puis après avoir traversé le Palatinat son armée atteint Worms d’où il doit rejoindre l’armée de Tilly mais l’avancée des troupes suédoises ne permet pas cette jonction avec l’armée impériale ; le duc doit rejoindre sa capitale Nancy car à partir de Verdun et de Metz, les Français ont commencé à assiéger Vic et Moyenvic tenus depuis 1630 par des garnisons impériales ; ces deux villes prises, le duc de Lorraine se voit imposer le 6 janvier 1632 le traité de Vic par lequel il s’engage à cesser toute relation avec l’empereur.

Mais dès le printemps 1632, l’empereur Ferdinand et le roi d’Espagne engage Charles IV de Lorraine à reprendre la guerre ; Louis XIII prend les devants et c’est la deuxième guerre de Lorraine ; Ferdinand mobilise la moitié des troupes lorraines de Charles IV pour la défense de l’Allemagne du Sud de sorte que malgré l’aide espagnole venue du Luxembourg, les armées françaises progressent jusqu’à Nancy ; le duc doit alors pour obtenir l’évacuation de son duché par les troupes françaises signer le 26 juin le traité de Liverdun beaucoup plus sévère que celui de Vic ; outre plusieurs  places fortes qu’il doit livrer pour quatre ans, il doit vendre à Louis XIII le comté de Clermont-en-Argonnes, s’engager à lui prêter dans le délai d’un an hommage  pour le duché de Bar, l’aider en cas de guerre et autoriser le passage de ses troupes .

Malgré tout cela, l’empereur Ferdinand conserve la fidélité de son duc de Lorraine qui laisse ses officiers continuer de se battre avec les Impériaux ; il accepte même une nouvelle fois de se voir confier par l’empereur la défense de Saverne, d’Haguenau et de la Basse-Alsace menacés par les Suédois.     

En effet, la diplomatie de la France s’exerce aussi auprès du roi (luthérien) de Suède Gustave II. La Suède, puissance montante de la Baltique qui vient de vaincre la Pologne, a des vues sur la Poméranie et voit défavorablement la puissance catholique s’installer en Allemagne du Nord. Par le traité de Bärwald le 23 janvier 1631, Gustave Adolphe s’engage à intervenir en Allemagne et la France à lui verser 400 000 écus par an. Les Suédois doivent respecter le culte catholique et l’indépendance de la Bavière. Dès la fin du mois, ils mettent pied en Poméranie et au Mecklembourg. Un traité secret est par ailleurs conclu entre la France et la Bavière pour se garantir mutuellement leurs possessions sur le Rhin.

Gustave Adolphe est un génie militaire. Il commence par éviter le combat contre l’armée de Tilly. Celui-ci, probablement pour forcer son adversaire au combat, investit la ville protestante de Magdebourg où se tient une garnison suédoise. La ville est réduite en ruine : Tilly se retire vers la Thuringe, ravage la Saxe (qui se rallie alors aux Suédois) et affronte Gustave Adolphe le 17 septembre à Breitenfeld. L’armée impériale est écrasée. Gustave Adolphe poursuit son avancée vers le sud, combattant à plusieurs reprises l’armée impériale reconstituée. Les pays sillonnés sont dévastés, les Suédois atteignant la Franconie, l’Alsace, la Lorraine et en particulier les Trois-Évêchés, les pays rhénans, se dirigeant vers Munich.

Ferdinand II ne peut que rappeler Wallenstein. Celui-ci accepte de recruter et diriger une nouvelle armée. Les armées catholiques ne font pas leur jonction : pendant que Wallenstein chasse les Saxons de Bohême, Tilly affronte une nouvelle fois les Suédois à Rain am Lech le 15 avril 1632 : il y est grièvement blessé et ses troupes sont vaincues. Lui-même, après avoir organisé la défense de Ratisbonne et d’Ingolstadt, meurt dans cette dernière ville.

Wallenstein s'installe dans le camp fortifié de Zirndorf non loin de la ville de Nuremberg occupée par les Suédois.

Ceux-ci assiégés tentent vainement de le déloger et subissent leur première défaite majeure du conflit en attaquant vainement ses positions d'Alte Veste le 3 septembre 1632.

Ils sont contraints d'abandonner Nuremberg tandis que Wallenstein prend l'offensive, s'empare de Leipzig et menace les liaisons des Suédois avec la Baltique.

 

Les adversaires se rencontrent à la bataille de Lützen le 16 novembre 1632. Gustave Adolphe est tué au cours de l’affrontement, mais les Suédois remportent néanmoins la victoire sous le commandement repris par Bernard de Saxe-Weimar. La mort de Gustave Adolphe désorganise quelque peu le commandement de l’armée suédoise.

De son côté Louis XIII face au non respect par le duc de Lorraine du traité de Liverdun fait occuper Bar le Duc par ses troupes qui vont ensuite encercler Nancy contraignant le duc de Lorraine à se réfugier à Lunéville. Celui-ci doit signer le 24 septembre 1633 le nouveau traité de Charmes qui l’oblige à renoncer à toute alliance contraire aux intérêts de la France et à licencier son armée. Puis Charles IV préfère alors abdiquer le 16 janvier 1634 en faveur de son frère Nicolas-François et reprend un commandement dans l’armée impériale de Ferdinand ; mais comme Charles IV n’a pas eu d’enfant avec son épouse Nicole, Nicolas-François décide d’épouser sa cousine Claude de Lorraine sœur de Nicole ce qui déplait au roi de France qui les fait prisonniers; ils parviennent toutefois à s’échapper vers la Franche-Comté en avril 1634. Charles IV se trouve lui-même à Besançon puis il participe en Bavière à la reprise de Ratisbonne occupée par les Suédois et il commande les troupes de la catholique lors de la prise de Nordlingen en septembre d’où il repart en direction de l’Alsace et de la Franche Comté.

De son côté, Wallenstein n’exploite pas l’avantage qu’il aurait pu tirer de la nouvelle situation et commence à travailler pour son propre compte, négociant avec les ennemis de l’empereur (Suède, France, électeurs de Saxe et de Brandebourg) dans le but de se constituer son propre royaume.                                                            

Ferdinand II, convaincu de sa trahison, le relève secrètement de ses fonctions et le fait assassiner le 25 février 1634.  

Les catholiques peuvent alors reprendre l’avantage, menés par l'archiduc Ferdinand, (futur Ferdinand III) avec les généraux de Wallenstein (Ottavio Piccolomini et Matthias Gallas) ralliés à l’empereur ; ils battent les protestants à Ratisbonne le 26 juillet puis, avec l’aide des Espagnols sous le commandement de l’autre Ferdinand (fils de Philippe III d'Espagne, cousin du précédent), le Cardinal-Infant en route vers les Pays-Bas, à Nördlingen le 6 septembre 1634. Après cette victoire de Nordlingen puis celle de Philipsburg par les Impériaux le 23 janvier 1635, la position de la France et de la Suède est dégradée.

Jusqu’en 1635, la France, malgré la guerre engagée pour la succession de Mantoue, n’a pas pris officiellement les armes contre le Saint Empire romain germanique. En mai 1635, le roi de France déclare finalement la guerre à l’Espagne. Quatre théâtres d’opérations sont ouverts : le premier a comme objectif de s’attaquer aux Pays Bas espagnols ; le second, à l’est, doit s’attaquer à la Lorraine, l’Alsace et la Franche-Comté ; un troisième se trouve dans le nord de l’Italie ; et un quatrième est  ouvert sur les Pyrénées, avec comme objectif de surveiller une éventuelle attaque espagnole. Les Français remportent très vite leur premier succès. Dès mai 1635, les Espagnols sont vaincus lors de la bataille d’Avins, en Belgique. Toutefois, au même moment, Ferdinand II accepte de signer la Paix de Prague avec les princes protestants et de suspendre l’édit de Restitution  ce qui lui laisse les mains libres pour envoyer ses troupes vers les Pays Bas.

En juillet 1635, la France, les duchés de Savoie (le duc Charles-Emmanuel change de camp) Modène, Parme et Mantoue signent le traité de Rivoli, mettant en place une ligue défensive contre les Espagnols.                                             

Louis XIII, afin de s’assurer du soutien de Victor Amédée I°, lui promet le commandement, la possession du Montferrat, une partie du Milanais et le titre de roi. Dans l’est du pays, en octobre 1635, Louis XIII se rapproche de Bernard de Saxe-Weimar, accordant une pension à ce dernier, contre la promesse d’entretenir une armée prête à lutter contre le Saint Empire romain germanique.                                                   

A la fin de l’année 1635, toutes les armées impériales et les restes de l’armée Lorraine doivent évacuer le duché de Lorraine qui est entièrement occupé par des garnisons françaises.

 

A son nord-ouest, du côté du Luxembourg et des Pays-Bas, les Français et leurs alliés affrontent les troupes du roi d’Espagne ; au nord et à l’est en Alsace et en Palatinat, les troupes impériales affrontent les troupes franco-weimariens tandis qu’au sud-est en Franche Comté terre d’empire administrée par l’Espagne, le duc de Lorraine Charles IV et les troupes impériales luttent contre les français.

Toutefois, l’année 1635 se solde sur un statu quo entre les belligérants. Sur le Rhin, les Français ne parviennent pas à l’emporter ; en Italie du nord, ils ne parviennent pas à envahir le duché de Milan. Richelieu, cardinal de l’Église catholique et adversaire impitoyable des forces protestantes à l’intérieur du royaume, est l’allié des protestants étrangers contre les Habsbourg, champions du catholicisme. Les considérations religieuses s'opposent donc aux considérations politiques et à la volonté de contenir la puissance des Habsbourg. Or ceux-ci finissent par l’emporter sur leurs divers adversaires. Pour maintenir l’équilibre désiré, la France n’a plus d’autre solution que de s’engager directement dans le conflit. Cet engagement est précédé d’une intense activité diplomatique et de la négociation de multiples traités avec les ennemis de l’empereur et du roi d’Espagne. Avec les Hollandais est notamment prévu le partage des Pays-Bas espagnols (grosso modo l'actuelle Belgique, la Flandre française, le Hainaut français, le Cambrésis et l'Artois).

 

Les Suédois ont subi un revers mais, contrairement aux Danois quelques années plus tôt, ils ne sont pas anéantis. Leur intervention en Allemagne va en fait se perpétuer jusqu’à la fin de la guerre. Les Impériaux ne sont par conséquent jamais libres de se retourner complètement contre la France. Au contraire, les armées française et suédoise se coordonnent, ou tentent de se rejoindre pour forcer l’ennemi commun.

                                                                                                                     

Par précaution, les Espagnols occupent Philippsburg, Spire, Landau et enfin Trèves dont le prince-évêque, s’est mis sous la protection de la France. Richelieu prend ce prétexte pour déclarer, le 19 mai 1635, la guerre à l’Espagne, adversaire le plus direct des intérêts français. Les armées françaises, fortes de 120 000 hommes, vont intervenir dans quatre secteurs dont trois principaux : vers le nord, où les Pays-Bas espagnols se trouvent pris en tenaille entre la France et les Provinces-Unies ; vers l’est (Lorraine, Alsace et pays rhénans, Franche-Comté) ;  en Italie du nord, dans le Piémont  et dans la Valteline; enfin dans le secteur des Pyrénées ne se trouve qu’un corps d’observation.

 

Les combats se portent vers les Pays-Bas où les Français battent les Espagnols à la bataille d'Avein le 20 mai 1635 avant de se joindre au prince d’Orange Frédéric-Henri. Mais des atermoiements franco-hollandais permettent aux Espagnols de recevoir des renforts et de sauver leurs possessions.

C’est à ce même moment qu'est négociée la Paix de Prague entre l’empereur et plusieurs princes protestants dont l’Electeur de Saxe : les armées impériales peuvent alors se retourner vers les Pays-Bas. Sur le Rhin, les impériaux, alliés aux troupes de Charles de Lorraine, font équilibre aux troupes de la France.           

La campagne de 1636 est très difficile pour la France. Les opérations en Italie piétinent, de même que celles d’Alsace ; une opération menée en Franche-Comté contre Dôle se solde par un échec et les armées impériales envahissent le duché de Bourgogne avant d'échouer au siège de Saint-Jean-de-Losne et de devoir repasser le Rhin à l'arrivée de renforts ; dans le nord les Espagnols et leurs alliés gagnent du terrain, prenant finalement Corbie le 15 août. Paris est donc directement menacée. Mais le 4 octobre, le général suédois Johan Banér défait les Impériaux à Wittstock, ce qui contribue à alléger les difficultés françaises en relançant le camp protestant. Louis XIII parvient à reprendre Corbie le 14 novembre. Sur le front nord, la stratégie française consiste à capitaliser sur la victoire de Corbie en repoussant toujours plus au nord la "ligne de front" tout en la cloisonnant. Ainsi, la reconquête du château de Bohain, et les prises de Landrecies le 26 juillet 1636, de Maubeuge et de La Capelle respectivement les 5 août 1636 et 28 septembre 1636 sécurisent la Thiérache et le Vermandois des coups de force de détachements impériaux de cavalerie croate en Picardie, à partir de 1636, depuis les collines d'Artois et le Hainaut.

L’empereur Ferdinand II meurt le 15 février 1637. Epoux de Marie-Anne de Bavière, fille de Guillaume V de Bavière et de Renée de Lorraine, ils ont 7 enfants dont Ferdinand qui lui succède son frère ainé étant mort à l’âge de 14 ans.


 

.FERDINAND III  DE HABSBOURG  / FERDINAND  III  VON HABSBURG (1608-1657),

                              

                      

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 08:41

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.FERDINAND Ier DE HABSBOURG                        /                                          

 FERDINAND  I  VON HABSBURG  (1503-1564),                              

empereur/ kaiser de 1556 à 1564

 

Frère de Charles Quint, archiduc d'Autriche, roi de Hongrie et de Bohême en 1526 (23 ans), élu roi des Romains en 1531, puis nommé par son frère, après son abdication (16 janvier 1556), empereur romain germanique le 14 mars 1556 et définitivement élu le 24 mars 1558.

Son règne est paisible après ses difficultés pour s'imposer en Hongrie : il doit subir l'indépendance de fait de la Transylvanie, et une guerre malheureuse contre les Turcs marquée par le siège de Vienne par l'armée de Soliman le Magnifique (1529) lui fait perdre le contrôle d'une partie du royaume magyar. Ses dernières années sont consacrées à concilier les protestants et les catholiques.

Le pape Paul IV refuse de le reconnaître pour chef de l'Empire, parce que le consentement du Saint-Siège n'était intervenu ni dans son élection ni dans l'abdication de Charles Quint : Ferdinand nia la nécessité de ce consentement, et depuis, les empereurs ont cessé de demander la confirmation du pape.

C’est sous son règne que sont signés  les 2 et 3 avril 1559 les traités de Cateau-Cambrésis. Deux traités sont signés par le roi de France Henri II ; le premier avec la reine d’Angleterre d’Élisabeth Iee et le second avec le roi d’Espagne Philippe II met fin aux guerres d'Italie, et à l'épopée française dans la Péninsule. 

 


.MAXIMILIEN II  DE  HABSBOURG / MAXIMILIAN II  VON  HABSBURG (1527-1576),                                                                                                              empereur /kaiser de 1564 à 1576

 

Fils du précédent, roi de Bohême en 1562, roi de Hongrie et empereur du Saint Empire en 1564. En 1548, il épouse Marie d'Espagne, fille de Charles Quint, sa cousine.

Philippe II d'Espagne, fils de Charles Quint, était normalement mieux placé que lui dans l'ordre de succession, mais, aux termes d'un accord de 1553, Maximilien a supplanté son cousin Philippe II comme héritier au trône impérial.

Il mène une guerre contre l'empire ottoman de Soliman le Magnifique.

 

 

.RODOLPHE  DE HABSBOURG /                                                                           RUDOLF  II  VON HABSBURG (1552-1612),                                                             roi de Bohême de 1576 à 1611, de Hongrie de 1576  à 1608,                                   empereur / kaiser de 1576  à 1612

Fils du précédent.

Dans les premières années qui suivent son avènement, Rodolphe II maintient la cour impériale à Vienne. Installé à Prague, la capitale de la Bohême, dès le début des années 1580, Rodolphe y transfère la résidence impériale en 1586.

En 1595, son oncle, l'archiduc Ferdinand de Habsbourg meurt sans héritier mâle légitime. La loi salique veut que ce soit Rodolphe, fils ainé du frère ainé de Ferdinand qui prenne sa succession mais Rodolphe permet que ce soit son frère Matthias, époux de la seule fille légitime de Ferdinand qui monte sur le trône de Vorlande , qui inclut le duché de Tyrol, la principauté de Vorarlberg en Autriche, le Sundgau en Alsace, les margraviats de Burgau et Brisgau en Allemagne, l’Aargau, berceau des Habsbourg en Suisse, etc.

Sous son règne, son vassal le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580- 1630)  conserve le vieux rêve de reconstituer à son profit le Royaume de Bourgogne-Provence ; mais son espoir s’avère vain. En effet le roi de France Henri IV  envahit le pays, détruit un grand nombre de châteaux ; Bourg en Bresse tombe mais sa citadelle, une des plus imprenables, résistent six mois ; Henri IV occupe la Savoie en 1600 (deuxième occupation par la France).  Pris, repris, le Pays de Gex est systématiquement pillé par les troupes ducales et genevoises.                                             

 

Celles-ci, avec l'appui d’Henri IV occupent finalement le pays. Charles Emmanuel Ier doit signer le 17 janvier 1601 le Traité de Lyon  par lequel il cède au royaume de France la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex qui de facto sinon en droit cessent d’appartenir au Saint Empire.

Après une révolte en juin 1604 d’Étienne II Bocskai et de ses alliés Ottomans, provoquée par sa tentative d'imposer le catholicisme en Hongrie, la plupart des prérogatives passent à son frère Matthias. En 1608, celui-ci force Rodolphe à lui céder la Hongrie, l'Autriche et la Moravie. Cherchant l'appui des domaines de Bohême, Rodolphe publie en 1609 une charte royale  garantissant une liberté de culte aux nobles et aux villes  mais ses efforts restent vains, et il est forcé de céder la Bohême à son frère Matthias en 1611.

 

                                                              

.MATHIAS  DE  HABSBOURG  /                                                                  MATHIAS  VON HABSBURG (1557-1619),                                                                roi de Bohême de 1611 à 1619, de Hongrie de 1608 à 1619,                                           empereur / kaiser de 1612 à 1619 

Frère du précédent,

En 1611, la santé mentale de son frère Rodolphe  se dégradant, Matthias réussit à convaincre la famille des Habsbourg de le nommer à la tête de celle-ci et de prendre la régence de l'empire. Marchant sur Prague à la tête d'une armée, il oblige son frère à lui céder par écrit la Hongrie, la Bohême et la Moravie.

Le 11 novembre de cette même année, Rodolphe II abdique. L'année suivante, Il est élu empereur du Saint-Empire.

Entre temps, il a épousé, en 1611, Anne d'Autriche (1585-1618), sa cousine et petite-cousine, avec laquelle il n'a pas d'héritier.


 

.FERDINAND II  DE HABSBOURG  /                                                       FERDINAND  II  VON  HABSBURG  (1578 -1637)

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 19:31

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MAISON DE  HABSBOURG-BOURGOGNE / HAUS  VON HASBURG-BURGUNDY

 

.CHARLES QUINT DE  HABSBOURG /  KARL  V  VON HABSBURG (1500-1558), roi d’Espagne en 1516,  empereur / kaiser de 1519 à 1556 

Petit-fils de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg et de Marie de Bourgogne, né à Gand en 1500 et prénommé Charles en souvenir de son arrière- grand-père, on veut en France l’oublier, le duc de Bourgogne  Charles le Téméraire, il est fait comte de Flandre à sa naissance, puis duc de Brabant, Archiduc d’Autriche, roi de Bourgogne-Provence et comte de Bourgogne au décès de son  père en 1506. 

Le 12 janvier 1519, la mort de Maximilien ouvre la succession à la couronne impériale. Charles est le candidat naturel à la succession de son grand-père et doit affronter les rois anglais Henri VIII et français François Ier, ainsi que le duc albertin Georges de Saxe, dit « le Barbu ».

Mais la compétition se résume vite à un duel François contre Charles. L'ambition de se faire nommer empereur séduit François Ier comme le rapprochant davantage encore de Charlemagne, auquel tous ses courtisans le comparent. Il a le soutien du pape Léon X qui craint de retrouver en face d’un empereur trop puissant si Charles est élu.                                                                                                                                                                               

Les Allemands, jaloux des libertés de leur pays, voient avec inquiétude que depuis quatre-vingts ans la couronne impériale a été portée par les Habsbourg, ducs d'Autriche, et s'ils font encore une fois choix d'un prince Habsbourg, ils craignent que l'empire ne devient héréditaire dans cette maison.                                                                                                                                                                           

Mais lorsqu'ils apprennent que le roi de France François s'annonce de son côté comme candidat pour la même dignité, ils reconnaissent aisément qu'ils ne peuvent l'élire sans renoncer à toute espérance de préserver ces mêmes libertés, car le jeune homme qui veut être leur empereur a mis sa gloire à ne respecter aucune liberté, ni en France, ni en Italie.    

François Ier  lorsqu'il se présente comme  candidat à l'empire, se recommande aux électeurs en leur rappelant la mémoire de Charlemagne, dont il promet de faire revivre la gloire ; en insistant sur ses droits de membre de l'empire comme roi d'Arles (Bourgogne-Provence)  et duc de Milan ; enfin, en promettant qu'il fera concourir toutes les forces de la France et de l'Italie pour seconder l'Allemagne et faire la guerre à l'Empire d'Orient. Mais en même temps il travaille ouvertement à corrompre les électeurs à prix d'argent ; il met une sorte de pompe à faire suivre ses ambassadeurs par des mulets chargés d'espèces monnayées. Avec aussi peu de pudeur, ceux-ci invitent les princes allemands à des banquets continuels, d'où les convives sortent toujours ivres.

La tante de Charles qui l’a élevé, Marguerite d’Autriche, régente des Pays Bas se démène tout autant, aidée de son chancelier le Piémontais Mercurino de Gatinara.

Charles Quint est élu roi des Romains à Francfort le 28 juin 1519 et est sacré empereur à Aix la Chapelle le 23 octobre 1520. Prosterné d’abord au centre de l’octogone carolingien, sous le lustre offert par Frédéric Ier de Hohenstaufen, il s’allonge devant le maitre-hôtel les bras en croix, face contre terre, tandis que le clergé et le peuple récite la litanie des Saints ; puis il reçoit l’épée de Charlemagne, revêt le manteau, passe à son doigt l’anneau, prend dans ses mains le sceptre et le Globe avant d’être ceint de la couronne impériale par les archevêques de Cologne, de Mayence et de Trèves et de prononcer en latin le serment :    

«  Je confesse et je promets devant Dieu et ses anges vouloir conserver, maintenant et à l’avenir, les lois et le droit, ainsi que la paix dans la Sainte Eglise »       

De tous les adversaires du Saint Empire romain germanique, son rival le roi de France François Ier se révèle le plus déterminé. A l’universalisme de Charles Quint, François Ier réplique par le nationalisme royal. Il ne peut s’agir pour lui de s’incliner devant Charles Quint comme ce dernier ne peut supporter un rival  confédérateur de tous ses ennemis. François Ier, évincé de la couronne impériale, veut poursuivre l'action initiée par ses prédécesseurs Charles VIII et Louis XII en Italie.                                                             

De son côté, Charles Quint n'a de cesse de récupérer le duché de Bourgogne sur lequel il estime avoir des droits par sa grand-mère Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Charles Quint se réserve d’ailleurs le titre honorifique de Duc de Bourgogne, comme chef de cette maison, afin de pouvoir conserver la maîtrise de l’ordre de la Toison d’Or.  Il fixe à 51 le nombre des chevaliers. 

Le 15 juin 1520, le pape Léon X condamne les idées de Luther. L'empereur Charles Quint qui se veut le champion de l'autorité pontificale fait brûler les écrits de Luther à l'université de Louvain en décembre 1520.                                                          

En 1521, les thèses de Martin Luther sont condamnées par la Sorbonne.

Cette même année 1521, voit à Calais, sous l’arbitrage du Cardinal Wolsey, le chancelier de l’empire Gattinara exposer au chancelier du roi François Ier  Duprat les trois griefs  précis, les trois faits de belligérance caractérisés que Charles Quint  lui reproche : tout d’abord  l’envoi de troupes au duc de Bouillon , seigneur de Sedan, adversaire d’Albert, comte de Nassau, capitaine-général de l’empire, ensuite l’invasion de l’Italie et enfin le soutien armé en Navarre, au prince Henri d’Albret exigeant du petit cousin de Louis XI la restitution du duché de Bourgogne,  de Péronne ainsi que  du Dauphiné et de la Provence, terres d’empire, du comté de Champagne comme appendice de la couronne de Navarre et du Languedoc, dépendance de la couronne d’Aragon.

Mais l’empereur se garde de prendre l’initiative des hostilités. Le premier heurt entre Charles Quint et François Ier se produit en Royaume de Navarre (Ce royaume, dont une partie est située au nord des Pyrénées, la Basse-Navarre à partir de 1512, est sous contrôle espagnol depuis sa conquête par Ferdinand d'Aragon).   

Après avoir été excommunié par le pape, Luther est convoqué à la Diète de Worms qui se tient du 28 janvier au 25 mai 1521.  Il y comparait durant deux jours devant l'assemblée. Il refuse de désavouer ses ouvrages. Il est mis au ban de l'Empire par l'empereur Charles-Quint le 26 mai 1521, ce qui signifie que n'importe qui  a le droit de se saisir de lui et de le remettre à la police. On lui interdit d'écrire et de publier. Ceci n'empêche pas Luther de continuer à écrire des lettres et à prêcher ses idées, avec toutes ses nouveautés et ses ruptures par rapport à la pensée catholique médiévale.

Henri II d’Albret, roi de Navarre  entreprend, grâce à l’aide de François Ier, une reconquête de son royaume. Les Franco-Navarrais profitent d'une démilitarisation partielle du royaume due à la guerre des Communautés de Castille et s'appuie sur le soulèvement du peuple Navarrais pour prendre la capitale, Pampelune le 19 mai 1521. Mais l’armée espagnole de Charles Quint se ressaisit rapidement puis remporte la victoire à Nohain. Après divers sièges et batailles, un accord diplomatique est signé : Charles Quint conserve la Haute-Navarre mais restitue la Basse-Navarre à la Maison d'Albret.  

Charles Quint reprend l'initiative et ouvre deux nouveaux fronts. Dans le nord de la France, poursuivant son objectif  bourguignon, l'empereur envoie Franz von Sickingen et le comte Philippe Ier de Nassau qui obligent Bayard à s'enfermer dans Mézières assiégée. Bayard défend la ville sans capituler; le maréchal de la Palisse, arrivé en renfort, oblige Nassau à lever le siège. En Italie commence la sixième guerre d’Italie avec la volonté de François Ier  de reprendre le royaume de Naples. Le 29 avril 1522, les Français  sont vaincus à la bataille de la Bicoque près de Milan et doivent abandonner le duché de Milan. Francesco Maria Sforza est installé  par l’empereur sur le trône ducal.

En septembre 1523, Charles de Bourbon, connétable et premier officier du royaume, se révolte contre François Ier et passe au service de Charles Quint.   En juillet 1524, il envahit la Provence mais ne parvient toutefois pas à réussir le siège de Marseille et les Français font une contre-offensive, qui leur permet de repasser les Alpes en octobre. Milan est reprise le 26 octobre 1524. Les troupes impériales  se réfugient à Lodi et Pavie. Charles de Lannoy ( nom d’une  une illustre famille  du comté de Flandre qui donne son nom à la ville de Lannoy dans la Flandre actuellement française dont ils furent seigneurs) entré au service de  l’empereur  Maximilien Ier, nommé au conseil de Charles de Bourgogne (futur Charles Quint) à Bruxelles en 1515, fait par lui chevalier de la Toison d'or en 1516, gouverneur de Tournai en 1521, Grand  Bailli de Hainaut puis vice-roi de Naples en 1522,est nommé commandant en chef des armées impériales en Italie à la mort de Prospero Colonna, à la fin de 1523. Fin janvier 1525, Lannoy se trouve à la tête des renforts impériaux qui se présentent devant Pavie et  reçoit le renfort de Georg von Frundsberg  et de ses 15 000 lansquenets, ce qui lui permet de reprendre l'initiative. Le  24 février 1525, les Français subissent d'énormes pertes, et perdent la plus grosse partie de leur armée. François Ier est fait prisonnier et Charles Quint le garde prisonnier à Madrid pendant plus d'un an, jusqu'à la conclusion le 14 janvier 1526 du traité de Madrid qui met fin à la sixième guerre d’Italie. Aux termes de ce traité, François Ier doit, entre autres, céder le duché de Bourgogne et le Charolais, renoncer à toute revendication sur l'Italie, les Flandres et l'Artois, et épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles. François est libéré contre l'emprisonnement pendant quatre années de ses deux fils aînés, le dauphin François de France et Henri de France (futur Henri II).

Mais à son retour en France après sa libération le 17 mars 1526, François Ier annule le traité et ne respecte par conséquent aucune des promesses qu’il avait faites pour être libéré et dès le le 22 mai 1526, la France, la Papauté (en la personne de Clément VII), le duché de Milan, l’Angleterre, Venise et Florence forment la ligue de Cognac contre l’Empire. Commence  la septième guerre d’Italie.

En septembre 1526, suite à la défaite des Hongrois à Mohács contre Soliman le Magnifique et contraint par une partie de la noblesse romaine, Clément VII doit conclure une trêve avec l’empereur. Au matin du 6 mai 1527, en réaction à l'alliance de Clément VII avec François Ier contre lui, Charles de Bourbon ordonne à son armée de prendre d’assaut Rome. Il est tué durant l'assaut, mais les soldats prennent la ville qui est mise à sac durant plusieurs jours. Après trois semaines de siège, le château Saint-Ange, où s’étaient réfugiés le pape et les cardinaux, est pris.

Marguerite d’Autriche, fille de Marie de Bourgogne et de Maximilien refait alors son apparition sur la scène politique quand elle se voit confier le gouvernement des Pays-Bas. Elle assiste alors à la lutte entre ses deux neveux : Charles Quint (par son frère Philippe) et François Ier (par son mariage avec Philibert, frère de Louise de Savoie mère de François) qui a succédé au roi Charles VIII qui lui a préféré la duchesse Anne de Bretagne.

Elle soutient son neveu Charles Quint qu’elle a au surplus élevé envers et contre tous.

Les circonstances semblent rééquilibrer les forces de Charles Quint et François Ier et les amènent à laisser Marguerite d'Autriche, tante de l'empereur, et Louise de Savoie, mère du roi de France, négocier un traité qui amende celui de Madrid : le 3 août 1529, à Cambrai, est signé la paix des Dames, qui est ratifiée par les deux souverains et qui met fin à la septième guerre d’Italie.

François Ier épouse Éléonore d'Autriche, veuve du roi du Portugal, sœur de Charles Quint, recouvre ses enfants moyennant une rançon de 2 000 000 écus et garde le duché de  Bourgogne ; en revanche, il renonce à l'Artois, à la Flandre et à ses vues sur l'Italie notamment sur le Duché de Milan. 

Il est intéressant de rappeler que la fin du XV° et le début du XVI° qui marque la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance fait apparaitre, avec la fin de la féodalité, le principe de la patrimonialité des fiefs contre celui de l’investiture ; tant Charles Quint que François Ier estiment avoir des droits patrimoniaux le premier sur le duché de Bourgogne et le second sur celui de Milan alors que l’empereur estime qu’il lui incombe en droit féodal d’investir qu’il y veut et certainement pas François de ce duché  et ce dernier estime qu’en droit féodal français, le duché de Bourgogne est un fief masculin donné en apanage par le royaume qui ne pouvait pas être hérité de son père Charles le Téméraire par Marie de Bourgogne dont Charles Quint est l’arrière-petit-fils

Au  XVI°, la réforme luthérienne partie de Saxe touche les villes libres du sud de l'Allemagne, le Brandebourg, le Brunswick et l'Anhalt.

Or l'adoption de la Réforme revêt aussi un caractère politique. C'est un moyen pour les princes d'affirmer leur indépendance face à une papauté revendiquant une théocratie universelle ou pour les populations de pouvoir se révolter face un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols. La Réforme se traduit donc au XVIe siècle par de nombreux conflits, entre l'empereur Habsbourg et les princes allemands mais aussi des guerres civiles en France, en Angleterre et en Écosse. En 1529, lors de la seconde diète de Spire, six princes et quatorze villes refusent d'appliquer les décrets impériaux revenant sur les libertés religieuses des princes.

 

En 1530, les diverses mouvances de la Réforme présentent leur confession devant la Diète réunie à Augsbourg et l'empereur. La confession d'Augsbourg, une profession de foi luthérienne très modérée, est rédigée par Philippe Melanchthon.                                                               

Celle présentée par Zwingli affirme que la Cène n'est qu'une commémoration. Les réformés de Strasbourg présentent une troisième confession au nom  des villes alsaciennes dites Confession tétrapolitaine. La Diète d'Augsbourg montre l'impossibilité de faire l'unité des Réformés  même si les Alsaciens finissent par adopter la Confession d'Augsbourg. À l'issue de la diète d'Augsbourg, Charles Quint somme les protestants de se soumettre à Rome dans un délai de sept mois. Inquiets, ces derniers constituent en 1531 la ligue de Smalkalde. L'empereur leur accorde alors une trêve. N’hésitant pas à conclure de nouvelles alliances quelque peu surprenantes pour un roi très chrétien, François signe, le 26 octobre 1531, un traité d’alliance avec cette ligue de Schmalkalde et il s'allie aux Ottomans de Soliman le Magnifique pour combattre Charles Quint.

En 1533, Charles Quint annexe la Frise, le duché de Gueldre et le comté de Zutphen parachevant ainsi l’unité des Pays Bas, qui seront désignés à partir de 1543 sous le nom des « Dix Sept Provinces » : Duchés de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg et de Gueldre, comté de Flandre, d’Artois, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Namur, et de Zutphen, marquisat d’Anvers, seigneurie de Frise, de Malines, d’Utrecht, d’Overijssel et de Groningue .   En 1534, Charles Quint est désigné comme suit:

«Charles par la divine clémence Empereur des Romains, toujours Auguste, roi de Germanie, de Castille, de Léon, de Grenade, d’Aragon, de Navarre, de Naples, de Sicile, de Majorque, de Sardaigne, des îles Indes et terres fermes de la mer Océane, archiduc d’Autriche, duc de Bourgogne, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg et de Gueldre, comte de Flandres, d’Artois, de Bourgogne Palatin, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Ferrette, de Haguenau, de Namur et de Zutphen, prince de Zulbanc, marquis de Saint-Empire, seigneur de Frise, de Salins, de Malines, le dominateur en Asie et en Afrique, roi de la Nouvelle-Espagne, du Pérou, de la Nouvelle-Grenade et du Rio de la Plata et suzerain des vice-rois de ces mêmes pays".

                                                                                                                                                                      

En 1535, à la mort du duc de Milan François II Sforza, François Ier revendique à nouveau, malgré le traité de Cambrai, l'héritage du duché. Au début de 1536, 40 000 soldats français envahissent le duché de Savoie, allié de Charles Quint, et s'arrêtent à la frontière Lombarde, dans l'attente d'une éventuelle solution négociée. En juin, Charles Quint riposte et envahit la Provence ; ses armées parties de Ligurie avancent rapidement prenant Fréjus, Aix et Arles où Charles V se fait même couronner "roi de Bourgogne-Provence" mais se heurte à la défense du connétable Anne de Montmorency.                                                                                                                 

Pendant ce temps les galères d'André Doria assiègent Marseille. Avignon échappe cette fois-ci à la guerre, défendue par le futur Henri II.

Le 26 mai 1536, les protestants d'Allemagne du nord et du sud, divisés sur le problème de la Cène, signent la Concorde de Wittenberg, ce qui permet au luthéranisme d'étendre son influence en Allemagne du sud. Grâce à l'intercession du pape Paul III, partisan d'une réconciliation entre les deux souverains, le roi et l'empereur signent le 18 juin 1538 à Nice une trêve de deux ans et promettent de s'unir face au "danger protestant".   En signe de bonne volonté, François Ier autorise même le libre passage des troupes de l'empereur à travers la France afin que celui-ci puisse mater une insurrection de sa ville natale, Gand. Par ce traité de Nice, la France conserve ses conquêtes - la Bresse, le Bugey et une grande partie du Piémont - et l'Empire  conserve sa suzeraineté sur la totalité du Milanais et des deux tiers du duché de Savoie. Une trêve de dix ans est décrétée entre les deux belligérants. Elle est suivie de l'entrevue d'Aigues-Mortes, les 14 et 15 juillet 1538, au cours de laquelle les deux souverains se réconcilient officiellement.

Mais Charles Quint ayant refusé l'investiture du duché de Milan à un des fils du roi, une nouvelle guerre éclate à nouveau en 1542. Le 11 avril 1544, François de Bourbon-Condé, à la tête des troupes françaises, défait le marquis Alfonso de Avalos, lieutenant général des armées impériales à la bataille de Cerisoles. Cependant, l'armée de Charles Quint, avec plus de 40 000 hommes et 62 pièces d'artillerie, traverse la Lorraine, les Trois-Évêchés et envahit la Champagne. Mi-juillet, une partie des troupes assiège la place forte de Saint-Dizier, tandis que le gros de l'armée poursuit sa marche vers Paris. Mais de graves problèmes financiers empêchent l'empereur de solder ses troupes, où se multiplient les désertions. De son côté, François Ier doit également faire face au manque de ressources financières ainsi qu'à la pression des Anglais qui assiègent et prennent Boulogne-sur-Mer.

Les deux souverains, utilisant les bons offices du duc François Ier de Lorraine, finissent par consentir à une paix définitive en 1544. Le traité de Crépy-en-Laonnois reprend l'essentiel de la trêve signée en 1538.    La France perd sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois et renonce à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples, mais conserve temporairement la Savoie et le Piémont. Charles Quint abandonne le duché de Bourgogne et ses dépendances et donne une de ses filles en mariage, dotée du Milanais en apanage, à Charles, duc d'Orléans et deuxième fils du roi.

                                                           

En 1545, à l’âge de 17 ans, Emmanuel-Philibert de Savoie, fils du duc Charles III, s’engage dans les armées de son oncle  l’empereur Charles Quint qui s'apprête à combattre la ligue de Smalkalde.                                                           

En 1546, lorsque les protestants refusent de reconnaître le Concile de Trente, Charles Quint lève ses troupes dans le but de réprimer le protestantisme par les armes.

François Ier meurt le 31 mars 1547 ; le même jour sa veuve Eléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint,  doit quitter la Cour de France et se réfugie chez sa sœur Marie, gouvernante des Pays-Bas.

A la bataille de Mühlberg, le 13 avril 1547, Emmanuel-Philibert commande l'arrière-garde de l'armée impériale. Les Protestants, qui forment la Ligue, subissent une cuisante défaite. L'empereur peut aussi imposer l'année suivante aux protestants l'Intérim d'Augsbourg qui leur autorise juste la communion sous les deux espèces et le mariage des prêtres.

Dès 1551, le roi Henri II écoute les doléances des  princes réformés d'Allemagne, qu'il avait bien connus lorsqu'il était dauphin. En janvier 1552, il reçoit à Chambord le margrave Albert de Brandebourg qui lui suggère d'occuper Cambrai, Verdun, Toul et Metz, cités d’empire. Henri II y prendrait le titre de « vicaire d'Empire ».   Le traité de Chambord est signé le 15 janvier 1552, scellant l'alliance d'Henri II avec ces princes réformés contre Charles Quint. Et dès mars 1552, l'armée française est massée à Joinville sous le commandement du connétable de Montmorency et du duc de Guise. Cambrai, Verdun et Toul ouvrent leurs portes sans opposer de résistance; le 18 avril 1552, Henri II entre dans Metz. Six mois plus tard, en octobre 1552, sur ordre de Charles Quint, le duc d'Albe met le siège devant Metz, où reste une faible garnison sous les ordres de François de Guise.   

Le siège dure quatre mois et, malgré le déploiement d'importantes forces impériales, reste voué à l'échec. L'armée de Charles Quint finit par lever le siège en janvier 1553.                                                                                                                                                                                                                                                                                               

Cette même année 1553, Charles Quint  nomme, à vingt-cinq ans, Emmanuel-Philibert de Savoie, capitaine général de l'armée des Pays-Bas. Après la mort de son père, survenue le 16 septembre 1553,  il est officiellement investi du duché de Savoie par Charles Quint le 15 juillet 1554.                                                         

Souffrant d'une goutte particulièrement invalidante, Charles Quint est très marqué par la disparition de sa mère Jeanne Ire de Castille le 11 avril 1555. Désormais il est le seul souverain légitime de l'Espagne.                                                          

Charles Quint laisse son frère, le futur empereur Ferdinand Ier, signer la paix d'Augsbourg le 29 septembre 1555. Les sécularisations déjà accomplies de biens de l'Église catholiques sont entérinées mais il est interdit à l'avenir de lui confisquer d'autres biens. Les princes et les villes libres ont le droit de choisir leur religion mais les sujets sont obligés de professer la même religion que leur souverain ou d'émigrer, d'où l'adage : Cujus regio, ejus religio (tel prince, telle religion). Les deux-tiers de l'Allemagne sont devenus protestants.  Les sécularisations déjà accomplies de biens de l'Église catholiques sont entérinées mais il est interdit à l'avenir de lui confisquer d'autres biens. Les princes et les villes libres ont le droit de choisir leur religion mais les sujets sont obligés de professer la même religion que leur souverain ou d'émigrer. Les deux-tiers de l'Allemagne sont devenus protestants.

Mais le 25 octobre 1555, affaibli par la vieillesse et les maladies, désabusé par les revers, Charles Quint abdique solennellement, dans la grande salle du palais du Coudenberg à Bruxelles de ses différentes couronnes. Revêtu de la chape impériale de drap d’or, couronné, sa poitrine creuse fortifiée de l’éclat de la Toison d’or, est assis sur le siège principal, monseigneur le Prince d’Orange derrière lui debout et en retrait. A sa droite a pris place monseigneur l’archiduc-infant Philippe, à sa gauche, son Altesse la reine Marie de Hongrie. En habit d’apparat, non loin de la tribune, son Altesse la reine douairière de France, son Altesse le roi de Bohême, madame la duchesse de Lorraine, monseigneur le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, attendent l’ouverture de la séance.   Celle-ci est ouverte par Maitre Philibert Brusellius, président du Conseil des Flandres qui dit solennellement :  

«  Bien que, grands et illustres seigneurs, vous ayez pu avoir en partie compris par les lettres que vous avez reçues par ordre de l’empereur la raison pour laquelle vous êtes rassemblés ici, Sa Majesté impériale a néanmoins tenu à ce que maintenant, en ce lieu, elle vous soit plus amplement et clairement expliquée par moi. Sa Très Auguste et Très Sacrée Majesté Charles Quint, empereur  du Saint Empire Romain Germanique, roi de Castille, de Leon, de Grenade, de Navarre, d’Aragon, de Naples, de Sicile, de Majorque, des Iles, Indes et Terres de la mer Océane et Atlantique, archiduc d’Autriche,  de                                                                                                                                                                                                                               duc

Bourgogne, de Lothier, de Brabant, de Luisbourg, de Luxembourg, de Quelières, comte de Flandres, d’Artois et de Bourgogne, palatin de Hainaut, de Zélande, de Hollande, de Ferrette, de Haguenau, de Namur, de Zuptpen, prince de Zwane, seigneur de Frise, de Salmi, de Malines, d’Utrecht, d’Overijissel et de Groninguen, abdique de ses Etats héréditaires en faveur de son fils, monseigneur l’archiduc-infant Philippe, et prie nos seigneurs les princes électeurs de ceindre le front de son frère, le roi des Romains, de la couronne impériale qu’à sa volonté il dépose ".

                                                                                                                                                                                                                                         

Puis l’empereur s’exprime ainsi :

«  Chers amis…..j’ai passé neuf fois dans la haute Allemagne, six fois en Espagne, sept fois en Italie, dix fois en Belgique, quatre fois en France, deux fois en Afrique, deux fois en Angleterre, ce qui fait en tout quarante voyages ou expéditions….J’ai, en même temps que je faisais  ces voyages, soutenu plusieurs guerres. Toutes ont été entreprises ou acceptées contre ma volonté, et, aujourdhui, ce qui m’afflige en vous quittant, c’est de ne pas vous laisser une paix plus stable, un repos plus assuré………………………………………..

….Outre l’insuffisance que j’ai toujours reconnue en moi, voilà que la maladie redouble et m’accable. Par bonheur, Dieu me donne un fils en âge de gouverner. Maintenant que les forces me manquent et que j’approche de la mort, je n’ai garde de préférer l’amour et la passion de régner au bien et au repos de mes sujets.

Au lieu d’un vieillard infirme qui a déjà vu descendre dans la tombe la meilleure partie de lui-même, je vous donne un prince vigoureux et recommandable par une jeunesse et une vertu florissantes. Jurez-lui donc, à lui, cette affection et cette fidélité que vous m’aviez jurées à moi, et que vous m’aviez si loyalement conservées.                                                           

Surtout, prenez garde que, troublant la fraternité qui doit vous réunir, les hérésies qui vous environnent ne se glissent chez vous, et, si vous voyez qu’elles poussent quelques racines, hâtez-vous de les extirper, de les mettre hors de terre et de les jeter au loin »                                                                                                               

Ses possessions se trouvent désormais partagées entre son frère Ferdinand  qui lui succède comme empereur, devient l’ancêtre de la lignée des Habsbourg d’Autriche et son fils aîné Philippe qui lui succède comme roi d’Espagne, Espagne qui n’appartient pas à l’empire mais également de la Franche Comté et des Pays Bas (Belgique actuelle et Pays Bas actuels) qui est l’ancêtre de la lignée des Habsbourg d’Espagne. Le comté de Bourgogne-Franche Comté et les Pays-Bas continuent de faire partie de l’empire.                                                              

Le 27 octobre 1555, le roi d’Espagne Philippe II de Habsbourg nomme le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, gouverneur des Pays-Bas.                                                      

Mais juridiquement ce n’est que  le 16 janvier 1556, que  Charles Quint  transmet  la dignité d'empereur romain germanique à son frère cadet Ferdinand, qu’il avait fait élire préalablement Roi des Romains le 24 mars 1555.                                                                                                                                                                                  

Début 1557, commence le dernier épisode des guerres d'Italie qui se joue en fait dans le nord de la France, en terres d’empire appartenant désormais au roi d’Espagne  Philippe II. Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, général d’une armée impériale et espagnole forte de 60 000 hommes se dirige sur Saint-Quentin défendu par l'amiral de Coligny et, par un habile mouvement tournant, taille en pièces l'armée du connétable de Montmorency venue au secours de la place à la bataille de Saint-Quentin capitale du Vermandois le 10 août 1557.

La route de Paris est ouverte, mais les armées espagnole et  impériale renoncent  à marcher finalement sur la capitale des rois de France confronté à des problèmes logistiques et financiers.

Pendant ce temps, Charles Quint, retiré en Espagne pour finir ses jours dans son palais-monastère résidentiel de Yuste, reçoit le 4 juin 1558 son fils naturel Géronimo le futur Don Juan auquel il rappelle que François Ier lui avait dit quelques années plus tôt «  ma délibération n’est de provoquer, mais d’apaiser, d’assaillir, mais de défendre, de conquester, mais de garder mes féaux sujets et terres héréditaires » et  les commente ainsi :

«  Ses terres héréditaires, ses terres héréditaires ! Les terres oui, qu’avaient volées à leurs légitimes seigneurs tous les rois de France de Louis XI à Louis XII ! Ma Bourgogne, Geronimo, ma Bourgogne ou j’ai grandi, amputée par l’Universelle Aragne (Louis XI) du Charolais, de la Comté (la Franche Comté) et de la perle du duché, de Dijon, sa capitale                                                         !                                                         

Ah, mignon, c’est à Gand, à Bruges, à Bruxelles, ces villes bourguignonnes, qu’enfant j’avais tracé le plan de ma vie, et décidé de son but ! Retrouver mon bien, d’abord le bien de ma grand-mère, la duchesse Marie (de Bourgogne), et de mon arrière-grand-père, le duc Charles (le Téméraire), retrouver ma Bourgogne. Faire rendre gorge, moi, fils des détroussés, au fils des détrousseurs, à François, qui, rajoutant à l’impudence tels Charles VIII et Louis XII, osait réclamer la Sicile et Naples, qui sont d’Aragon, et le Milanais qui est terre d’empire………..oui, mon menin, c’est en Flandre bourguignonne que m’apparut ce que je crus mon devoir….Ce qui était mon devoir, se reprit l’empereur, car, même si j’ai échoué, je gardais volonté de justice par-devers moi. Volonté de reconstituer justement l’empire….A Gand, l’infamie du traité de Verdun (843) me frappa ……………………………………………………….                                                                                                                                                            L’Occident mutilé, dépecé ainsi que bœuf à l’étal : la France et la Germanie, gémelles impitoyablement taillées, et, entre elles la Lotharingie, ma Bourgogne, Europe miniaturisée, pleurant de l’Escaut promis à la mer du Nord, jusqu’à ce Latium, berceau du droit, après l’unité perdue……………… »

L’empereur Charles Quint meurt  à l'âge de 58 ans le 21 septembre 1558. Né à Gand, dans le comté de Flandre, y ayant passé toute sa jeunesse, s’exprimant le plus souvent en  français moins souvent en allemand et maitrisant très mal l’espagnol pourtant langue de sa mère, il se sera considéré toute sa vie comme un Bourguignon et non comme un Allemand ni un Espagnol, se considérant comme l’héritier non seulement matériel mais moral de l’Etat Bourguignon comprenant non seulement le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne (Franche Comté) mais également tous les Pays Bas ( actuels Belgique et Pays-Bas) par héritage de sa grand-mère paternelle Marie de Bourgogne, de son arrière-grand-père le duc de Bourgogne Charles le Téméraire et de son arrière-arrière-grand-père le duc de Bourgogne Philippe le Bon, créateur de l’Ordre de la Toison d’Or, dont le tombeau est  Bruges .Et c’est à Bruxelles qu’il a fait choix d’abdiquer même si il avait décide de se retirer ensuite dans une Espagne qu’il n’aima point et qui ne l’aima pas davantage  alors que tant les peuples que la noblesse bourguignonne et flamande l’avaient toujours très bien accueilli lors de ses « joyeuses entrées ».

 

Il est, on veut également l’oublier en France,  l’arrière- grand père, d’Anne d’Autriche (d’Habsbourg)  l’épouse du roi Louis XIII, fils de Marie de Médicis, elle- même, fille de Jeanne d’Autriche (d’Habsbourg)  petite fille  de l’empereur Ferdinand.  

 

 

.FERDINAND Ier DE HABSBOURG                        /                                 FERDINAND  I  VON HABSBURG  (1503-1564),                              

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:50

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.MAXIMILIEN Ier DE HABSBOURG /  MAXIMILIAN  I  VON HABSBURG   (1459 - 1519),                                                                                                                empereur / kaiser de 1493  à  1519

 

Fils de Frédéric III, archiduc d’Autriche épouse Marie de Bourgogne, fille unique du Duc de Bourgogne, Charles le Téméraire.

Par ce mariage, Maximilien règne dès 1477  directement,  sur les Pays-Bas bourguignons donc sur les territoires qui deviendront un jour français : la comté de Bourgogne (Franche-Comté), la partie du Luxembourg français, la Picardie, l’Artois et la Flandre, le Vermandois (occupés jusqu’au traité de Senlis par la France) et le Sundgau alsacien ainsi qu’indirectement comme empereur à partir de 1493 sur les duchés de Lorraine et de Savoie ( dont la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex), les évêchés de Cambrai, Toul, Metz, Verdun, Strasbourg et Besançon.

Marguerite d’Autriche, fille de Maximilien et de Marie nait à Bruxelles le 10 janvier 1480,  peu avant René d’Anjou. Le roi Louis XI, fils du roi Charles VII et de Marie d’Anjou estime être l’héritier des droits de la Maison d'Anjou sur Naples et la Sicile à la mort de René d’Anjou, duc d’Anjou (fief royal), duc de Bar, duc de Lorraine, comte de Provence (fiefs  d’empire) et roi de Naples (fief  papal).

 

Marie de Bourgogne, sa mère  meurt le 27 mars 1482.

 

 

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Faute d'avoir pu intenter un procès posthume au Téméraire pour lèse-majesté, et ainsi pouvoir recouvrer l'ensemble de ses fiefs mouvants de la couronne par voie juridique, Louis XI voit dans la mort de Marie de Bourgogne l'occasion de réaliser cet objectif par la force et la ruse. Au mépris des droits de Marie de Bourgogne, seule héritière du duc et sa propre filleule, Louis XI, quoique battu à Guinegatte (1479), s’empare de la Picardie, du Boulonnais, du duché de Bourgogne, de l’Artois et de la Franche-Comté.

 

 

Par le traité d’Arras du 23 décembre 1482, Louis XI, en position de force, légalise son occupation en imposant le mariage de l'archiduchesse Marguerite, fille de Maximilien et de Marie de Bourgogne avec son propre fils, le dauphin Charles. La fiancée, en bas-âge, sera livrée à la France avec pour dot l'ensemble des terres bourguignonnes occupées par la France.

Les comtés d'Artois, d'Auxerre de Bourgogne, de Charolais, de Mâcon, la châtellenie de Bar-sur-Seine et les seigneuries de Château-Chinon, de Chaussin, de Laperrière, de Noyers et de Salins sont donc appelés à rejoindre le domaine royal à l'avènement de Charles VIII. Le duché de Bourgogne et les villes de la Somme (Picardie) ne sont pas évoqués par le traité.                                                                                                                      

Le reste des Flandres, duchés de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, comtés de Flandre, de Hainaut, de Namur, de Hollande et de Zélande, sont garantis à l'archiduc Philippe le Beau, à condition toutefois que ce dernier fasse hommage au roi de France pour le comté de Flandre, comté mouvant de la couronne.  Le roi rappelle enfin son droit à racheter la Flandre gallicante (villes et châtellenies de Lille, Douai et Orchies), ainsi que le Tournaisis. Si toutefois le mariage devait être annulé avant la majorité des époux par la France, ou si le couple devait rester sans enfants, il est prévu que la dot de Marguerite ferait retour à son frère Philippe le Beau ou à ses descendants, sous réserve, encore une fois, de l'hommage au roi de France pour les terres mouvantes de la couronne. 


 

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En 1483, Marguerite quitte donc les Flandres pour être livrée au roi de France. Le mariage est célébrée à Amboise le 23 juin 1483 mais deux mois plus tard Louis XI meurt de sorte qu’épouse de Charles VIII  Marguerite se retrouve  reine de France sous la tutelle d’Anne de Beaujeu. Mais le roi la répudie pour épouser Anne de Bretagne et Marguerite meurtrie,  gagne alors les Pays Bas ou l’attend Marguerite d’York la veuve de son grand-père Charles le Téméraire. Son père Maximilien négocie alors deux mariages, celui de son fils Philippe avec Jeanne de Castille et celui de Marguerite avec Jean de Castille, héritier des royaumes de Castille et d’Aragon.

En 1484, le nouveau roi de France Charles VIII se contente d’abord de ne signer avec la Confédération Suisse des Huit cantons qu’un simple traité d’amitié. Mais l’empereur Frédéric III de Habsbourg se voit contraint de leur faire des concessions ; en 1487, les confédérés suisses obtiennent de lui par négociation qu’il garantisse leur indépendance, leurs droits et privilèges par un traité de « Politique Perpétuelle » signé à Constance.  

                                                                                                                                                                       De De leur côté, les confédérés s’engagent à « agir en tout comme sujets du roi des Romains et du Saint Empire romain germanique ». Chacun des huit cantons de la Confédération a alors un parti pro roi de France et un parti pro-Habsbourg ; ceux du centre sont plutôt partisans du roi de France, ceux de Berne et de Zurich, les plus puissants restent pour les Habsbourg.

Le roi Charles VIII  se lance dans d'importantes recherches dans les archives pour prouver le bien-fondé des prétentions depuis son père à succéder à la Maison d’Anjou notamment sur le Royaume de Naples qu’elle a perdu depuis 1442. Mais en 1486, certains barons du royaume de Naples, restés fidèles aux Angevins, se révoltent. Vaincus ils se réfugient en France.

Le 23 mai 1493, le traité de Senlis  règle  la succession de Charles le Téméraire, entre le royaume de France et la maison de Habsbourg, héritière des ducs Valois de Bourgogne par le mariage de Maximilien d'Autriche avec Marie de Bourgogne, fille unique du Téméraire. Ce traité est une conséquence des clauses d'annulation du traité d'Arras signé en 1482. Sachant que Maximilien d'Autriche avait l'intention d'épouser Anne de Bretagne, Charles VIII le devance et renvoie son ancienne fiancée Marguerite d'Autriche, enlevée alors qu'elle avait deux ans, à son père.. Selon le précédent traité, Maximilien devait recouvrer, au nom de son fils l'archiduc Philippe, encore mineur, l'ensemble de la dot de Marguerite. Conformément au nouveau traité, Marguerite est renvoyée à son père avec une dot amputée : elle ne conserve que l'Artois, le comté de Bourgogne (Franche-Comté), le Charolais et une partie des seigneuries annexes du duché de Bourgogne (Noyers, Château-Chinon, Chaussin et Laperrière). Ces terres devaient être rétrocédées à son frère, sous réserve de l'hommage au roi de France pour les fiefs mouvants de couronne.

 

 

Les comtés d'Auxerre et de Mâcon, ainsi que la seigneurie de Bar-sur-Seine restent temporairement à la France dans l'attente d'un arbitrage ultérieur, qui les attribua au domaine royal. Enfin, la frontière orientale du royaume est révisée et déportée pour la première fois depuis le traité de Verdun de la Saône : l'ensemble du duché de Bourgogne est désormais compris dans le royaume, jusqu'à la frontière du comté de Bourgogne.  Le particularisme du comté d'Auxonne (partie du duché de Bourgogne sise dans l'Empire) est donc supprimé.

En 1494, le roi Charles VIII  tente  de reprendre à la Maison d’Aragon le royaume de Naples. C’est le début de la première guerre d’Italie. Il  renouvelle avec les confédérés suisses  une alliance comparable à celle signée avec eux par Louis XI en 1474-1475.  Il  franchit avec une armée de 40 000 hommes dont 8 000 suisses en septembre 1494 le col du Mont Cenis avec l’accord du duc de Savoie  Charles Ier et occupe Rome ou le pape, qui refuse de l’investir du royaume de Naples,  doit se réfugier au château Saint Ange puis il se rend à Naples recevoir l’hommage de ce qu’il considère ses sujets. L’empereur  Maximilien ne prend d’abord pas partie car le royaume de Naples ne dépend pas de lui mais du pape.

A la mi-février 1495, le roi de Naples Alphonse II d’Aragon abdique et Ferdinand II lui succède. Ce dernier doit fuir devant l’arrivée des troupes françaises le 22 février 1495. L’arrogance des Français provoque vite l’hostilité de la population de Naples. Une alliance se forme alors contre le roi de France : la ligue de Venise que Maximilien rejoint dès mars 1495 et qui réunit le pape   Alexandre  Borgia, le duc de Milan Ludovic Sforza, le roi d’Espagne (les Royaumes d’Aragon et d’Espagne se sont  unis en 1492) et la République de Florence. Charles VIII décide de quitter Naples le 20 mai 1495 avec le gros de son armée. Gilbert de Montpensier, devenu vice-roi, y demeure à la tête d’une garnison française.

Cette même année 1495, Maximilien entreprend la réforme d'Empire promulguée lors de la Diète de Worms le 7 août  laquelle  marque  une évolution majeure de la constitution de l’empire car elle met en place la Paix perpétuelle qui interdit toutes les guerres privées que pouvaient alors mener les nobles et essaie d'imposer la puissance de l'État. Tout conflit armé et toute justice privée sont considérés comme anticonstitutionnels. Ce sont les tribunaux des territoires ou plutôt de l'Empire quand il s'agit des états impériaux qui doivent régler les litiges. Toute personne rompant la paix perpétuelle s'expose à de lourdes sentences comme des amendes très élevées ou la mise au ban de l'Empire.                                                                     

Le retour vers la France de Charles VIII s’effectue dans des conditions difficiles. Le 6 juillet 1495 se déroule la bataille de Fornoue où les Français, malgré leur infériorité numérique, remportent une relative victoire leur permettant de poursuivre leur retraite. L’armée de Charles VIII  arrive à Asti dans un état de délabrement certain tandis que son cousin Louis d’Orléans et 2000 confédérés sont encerclés dans Novare  par le Duc de Milan Ludovic Sforza dit le More.

 

Le roi de France  demande des renforts à la Diète suisse et très rapidement 20 000 confédérés arrivent à Vercelli. Le duc de Milan Ludovic Sforza s’empresse alors de s’entendre avec le roi et la paix est conclue le 10 octobre 1495 au grand désappointement des suisses qui exigent le versement de leurs soldes pour rentrer chez eux. A Naples les Français sont restés combattre pour en conserver la possession. Ferdinand II débarque en Calabre et les assiège dans Naples. Montpensier s'enferme dans les châteaux en attendant les secours de France. Charles VIII est à court d’argent. Gilbert de Montpensier, en désespoir de cause, embarque avec la quasi-totalité de sa garnison et se rend à Salerne. L’armée du comte, composée en grande partie de mercenaires allemands et italiens, manquant souvent de vivres et n’ayant pas reçu sa solde depuis fort longtemps, se laisse enfermer par Ferdinand II dans la petite ville d’Atella. Une partie des mercenaires allemands fait défection, poussant les Français à la capitulation.

Marguerite, fille de l’empereur Maximilien de Habsbourg et de Marie de Bourgogne part elle pour l’Espagne pour y épouser le roi Jean d’Espagne. Ce mariage ne dure malheureusement que 6 mois car Jean, de santé fragile, décède dès le 4 octobre 1497.                                                   

A la même époque, les Confédérés suisses opposés à la réforme de l’empire intercèdent à plusieurs reprises auprès du Reichstag et de Maximilien, la dernière fois en 1497 à Innsbruck. Mais aucun point d'entente ne peut être trouvé, les Confédérés se refusant à reconnaître la souveraineté du tribunal impérial.

Marguerite qui attend un enfant de Jean accouche le 8 décembre 1497 d’une fille  mort-née.                                                         

En 1498,  le roi de France Charles VIII meurt.  Louis d’Orléans, devenu Louis XII, hérite des droits des Valois sur le royaume de Naples et estime en avoir également sur le duché de Milan, par sa grand-mère issue de la famille Visconti, ducs de Milan.

Maximilien fait une irruption du côté de la Bourgogne persistant toujours à réclamer pour son fils Philippe le Beau toute la succession de Marie de Bourgogne. Louis XII finit par lui rendre plusieurs places contre hommage lige au chancelier de France dans Arras, pour le Charolais, l’Artois, et la Flandre; et l’on convient de part et d’autre qu’on se rapportera, pour le duché de Bourgogne, à la décision du Parlement de Paris. 

 

En février 1499, des escarmouches entre l'armée des Habsbourg et les milices confédérées dégénèrent entre Bâle et Maienfeld. En l'espace de quelques mois, les chevaliers de la ligue de Souabe, puis l'armée conduite par Maximilien lui-même subissent une série de défaites presque ininterrompues. Maximilien, qui doit reprendre la lutte contre la France dans le Piémont et le Milanais, est contraint de signer le traité de Bâle, qui exempte de fait les cantons suisse confédérés de l'impôt de guerre impérial et leur reconnaît une large souveraineté.

Au même moment, Louis XII prépare minutieusement sa campagne en Italie.    Il se rapproche  du pape Alexandre VI  et également de la République de Venise avec qui il signe le traité de Blois le 2 février 1499. Le 16 mars 1499 est signé le traité de Lucerne entre la France et les Cantons suisses. Enfin, il conclut des accords avec le roi Henri VII d'Angleterre et le futur roi de Castille, Philippe le Beau. Le duc de Milan Ludovic le More se trouve ainsi totalement isolé.  Les Français et les Vénitiens attaquent son  duché de Milan en juillet 1499. C’est le début de la deuxième guerre d’Italie. Ludovic le More, sans soutien de l'Empereur  bien que le duché de Milan soit un fief de l’empire relevant du royaume d’Italie et attaqué sur deux fronts, se réfugie au Tyrol. Milan est prise le 2 septembre 1499. Gênes également fief d’empire tombe également aux mains du roi de France. Louis XII  repart en France, laissant la protection du duché à son général. Ludovic Sforza reconstitue une armée et reprend Milan en mars 1500. Louis XII envoie ses hommes  reconquérir le duché. Ludovic le More n’ayant pas soldé ses mercenaires, ces derniers refusent de combattre les Français et leur livrent même leur chef  le 10  avril 1500.

Louis XII nomme Charles II d'Amboise de Chaumont gouverneur de Milan. Puis Louis XII se tourne vers le royaume de Naples. Une fois encore, il obtient l’appui du pape Alexandre VI. Le 11 novembre 1500, Louis XII signe le traité de Grenade avec Ferdinand II d'Aragon régissant le partage du royaume de Naples : les Pouilles et la Calabre pour l’Aragon, Naples, le Labour et les Abruzzes pour la France. C’est la cause de la troisième guerre d’Italie.

En 1501, Naples doit faire face à la double offensive franco-espagnole si bien que son roi doit capituler le 26 septembre 1501. Il se réfugie auprès de Louis XII France, qui lui attribue le titre de duc d'Anjou en contrepartie de son renoncement au royaume de Naples.

 

Marguerite d’Autriche, veuve de Jean d’Espagne, qui n’a que 21 ans, se remarie avec le duc de Savoie Philibert II  dit Philibert le Beau (1480-1504)  qui lui laisse volontiers géré les affaires de son duché.

Dans le royaume de Naples, l’occupation par les Français de certains territoires contestés entraîne un conflit avec Ferdinand II d'Aragon dès 1502.

Alexandre VI meurt en août 1503. Son successeur, Pie III, ne règne que quelques mois, et un adversaire farouche des Borgia, Jules II, devient pape.

Les défaites françaises de Seminara, de Cérignole et du Garigliano contre Gonzalve de Cordoue, entraînent la perte de Naples et, le 1er janvier 1504, la capitulation de Gaëte.

En février 1504 est signé l’armistice de Lyon par lequel Louis XII renonce au royaume de Naples au profit de Ferdinand II d'Aragon.

Malheureusement pour Marguerite d’Autriche, son bonheur prend fin le 10 septembre 1504 avec la mort brutale de son époux âgé seulement de 24 ans.  Elle décide de rester à Bourg en Bresse et d’y faire édifier un monument à la mémoire de son époux : le royal monastère de Brou  dont la construction commence en 1506 mais dont elle ne voit pas l’achèvement car la mort  le 25 septembre 1506 de son frère Philippe le Beau la rappelle aux Pays Bas dont elle devient officiellement gérante pour le compte de son neveu mineur Charles, âgé seulement de 6 ans qu’elle élève avec soin ainsi que ses nièces Eléonore, Marie et Isabelle.                                                            

En 1508, le traité de Cambrai, débouche sur la quatrième guerre d’Italie. La ligue de Cambrai est dirigée contre Venise et regroupe la Papauté, qui veut récupérer quelques places de Romagne que Venise a occupées en 1504, la France, qui veut récupérer quelques places vénitiennes en Lombardie et le Saint-Empire, qui veut récupérer quelques places dans le Frioul. En 1506, Jules II s’était déjà emparé seul de Pérouse et de Bologne.

Prétextant de son couronnement comme empereur pour son voyage à Rome, Maximilien s'enfonce en territoire vénitien en février 1508 à la tête d'une imposante armée et marche  sur Vicence, mais il est défait par l'armée vénitienne. Les Vénitiens refusent de céder à l’ultimatum papal et la guerre éclate en mai 1509.

 

Les troupes françaises, commandées par Louis XII en personne franchissent la frontière lombarde le 9 mai 1509 et battent les Vénitiens de Bartolomeo d’Alviano à la bataille d'Agnadel le 14 mai. Louis XII s’empare immédiatement des villes lombardes qui lui reviennent, Maximilien fait de même avec les siennes et Jules II occupe la Romagne. Les troupes vénitiennes se ressaisissent toutefois et, le 15 juillet, les Vénitiens  reprennent Padoue.

L’empereur vient mettre le siège devant la ville le 15 septembre, mais doit le lever 17 jours plus tard. Inquiet des progrès de Louis XII, le pape Jules II manifeste sa volonté de chasser les Français d’Italie. Le 24 février 1510, il lève l’excommunication de Venise et les troupes papales et vénitiennes vont combattre ensemble pour chasser les Français d’Italie, les Vénitiens reprenant progressivement leurs territoires sur la Terre Ferme. En mai 1511, Louis XII prend Bologne Le 5 octobre 1511, le pape forme la Sainte Ligue avec l’Espagne et Venise, puis l’Angleterre et les cantons suisses, contre la France. Le pape Jules II fait cardinal en 1511 l’évêque de Sion, Mathias Schiner, ennemi juré des français, et le met à la tête de ses armées.

Les troupes françaises parviennent toutefois à vaincre les troupes de la Ligue qui doivent lever le siège de Bologne, évacuer Brescia qu’elles avaient reprises et vainquent les troupes de la Ligue le 11 avril 1512 lors de la bataille de Ravenne. Au lieu de marcher sur Rome, les troupes françaises perdent du temps à piller Ravenne. Les troupes espagnoles et pontificales ont le temps de se ressaisir et les 18 000 soldats suisses arrivent en Lombardie. En juin 1512, les Français ont complètement évacué la Lombardie et Maximilien Sforza est placé par l’empereur sur le trône ducal à Milan.

Jules II meurt le 20 février 1513. Il laisse à son successeur Léon X une papauté très forte. Les Français lancent une nouvelle offensive et reprennent la plupart des villes du duché, dont Milan. Cette offensive est pourtant mise en échec à son tour, le 6 juin 1513, à la bataille de Novare, perdue contre les Suisses. Les troupes françaises évacuent une nouvelle fois le Milanais et repassent en France pour faire face à un nouveau danger.

Au nord, les Anglais lancent l’offensive à partir de Calais en Picardie, tandis que les Suisses lancent l’offensive en Bourgogne. La cavalerie française est battue à la bataille de Guinegatte le 16 août 1513 face aux Anglais d’Henri VIII. Ce dernier occupe ensuite Thérouanne.

 

Les Suisses mettent le siège devant Dijon. Au sud, le duc d’Albe, commandant les Aragonais, lance l’offensive contre la Navarre. Il conquiert tout le pays au sud des Pyrénées, contraignant Jean d'Albret à faire retraite. Le 14 septembre, Louis II de la Trémoille signe le traité de Dijon par lequel il achète le départ des Suisses et abandonne ses prétentions sur l’Italie au nom du roi Louis XII.   

A la demande de son grand-père paternel Maximilien,  Charles (futur Charles Quint)  est émancipé dans le palais des ducs de Brabant le 5 janvier 1515, trente huis ans jour pour jour après la mort de Charles le Téméraire et se met à régner sur les Pays-Bas (1515-1555) ; Il règne ainsi notamment sur le comté de Bourgogne ou Franche-Comté, sur le Sundgau alsacien, le Luxembourg français, l’Artois, la Picardie, la Flandre, le Hainaut français.

Cette même année 1515, afin de réduire les pressions grandissantes sur l'Empire résultant  des traités signés entre les gouvernements de la France, Pologne, Hongrie, Bohême et Russie, ainsi que de sécuriser la Bohême et la Hongrie pour les Habsbourg, Maximilien rencontre les rois de la dynastie Vladislas II Jagellon, roi de Hongrie et de Bohême et Sigismond Ier, roi de Pologne à Vienne. Les mariages arrangés à cette occasion  amènent la Hongrie et la Bohême sous le contrôle des Habsbourg  une décennie plus tard. Toujours cette année 1515 en France,  François Ier devient roi ; il rassemble aussitôt de l’argent pour une nouvelle expédition en vue de reprendre le duché de Milan. Il est  le petit-fils de Valentine Visconti dont il se considère héritier  et veut sans tarder réoccuper Milan. Il signe des traités avec le roi d’Angleterre Henri VIII, le prince des Pays-Bas bourguignons Charles et la République de Venise. C’est la cinquième guerre d’Italie. Les Suisses tiennent le duché, au nom de son jeune duc Maximilien Sforza. Ils obtiennent le soutien, le 7 février 1515, de l’empereur Maximilien Ier  et de Ferdinand II d'Aragon pour la protection du duché de Milan.

Le pape Léon X n’adhère à l’accord que le 15 juillet. En réalité seuls les Suisses sont prêts à défendre le duc de Milan, l’empereur fermant les yeux sur l’engagement par François Ier de plus de 15 000 lansquenets allemands. Les Suisses  installent des garnisons dans le Piémont, aux débouchés traditionnels des armées françaises, Suse et Pignerol, par le col du Montcenis et du Montgenèvre mais les Français prennent une voie nouvelle pour venir en Italie, le col de Larche, et forcent ainsi les Suisses à faire retraite pour défendre la Lombardie.

 

Au cours de l’été, le roi de France promet aux Confédérés d’énormes sommes d’argent en échange de l’abandon du duché de Milan.  Les Suisses hésitent, puis refusent.  Suisses et Français s’affrontent alors les 13 et 14 septembre 1515 lors de la bataille de Marignan. Les Français sont vainqueurs et peuvent rapidement prendre le contrôle de l’ensemble de la Lombardie. En 1516, à la mort de son grand-père maternel, le roi Ferdinand d’Aragon, Charles  est proclamé  sous le nom de Charles Ier (1516-1556), roi d’Aragon, de Castille, de Naples, de Sicile et des Indes Occidentales (territoires d’Amérique). Le 13 août 1516, il  reconnaît à la France la possession du Milanais, contre l’abandon de toute prétention française sur Naples : c’est la paix de Noyon qui signe la fin de la cinquième guerre d’Italie.

Bien que devenu roi d’Espagne, Charles Ier futur Charles Quint reste  aux Pays Bas jusqu’au 8 septembre 1517 et s’embarque pour les Asturies laissant la régence de ses Etats des Flandres à sa tante Marguerite, duchesse de Savoie.

Cette année 1517, Martin Luther publie ses 95 thèses.

Maximilien meurt le 12 janvier 1519.

 

.CHARLES QUINT DE  HABSBOURG /  KARL  V  VON HABSBURG

 


 

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:10

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                                                                                                                               MAISON DE HABSBOURG /  HAUS   VON  HABSBURG

.ALBERT II  DE HABSBOURG / ALBRECHT  II   VON HABSBURG (1397-1439),                                                                                                                              empereur / kaiser  de 1438  à  1439

 

Fils d’Albert IV de Habsbourg et de Jeanne de  Bavière, il est duc d’Autriche de 1404 à 1439 sous le nom d’Albert V de Habsbourg. En 1421, il épouse Elisabeth de Luxembourg, fille de l’empereur Sigismond Ier de Luxembourg. Il devient roi de Bohême et de Hongrie le 9 novembre 1437, sous le nom d’Albert Ier, puis roi des Romains de 1438 à sa mort, en héritage de son beau-père.De son mariage avec Elisabeth de Luxembourg, il a 3 enfants :

 

-Ladislas Ier, roi  de Bohême et de Hongrie.

 

-Anne d’Autriche, épouse de Guillaume III, duc de Saxe et futur duc de Luxembourg.

 

-Elisabeth, épouse du roi de Pologne Casimir IV dont le fils Ladislas devient, roi de Bohême et de Hongrie.

 

 

Cette année 1438, le pape Eugène IV envoie Nicolas de Cues auprès de l'empereur byzantin Jean VIII Paléologue qui cherche du soutien pour faire face à la menace turque. Eugène IV donne son accord pour que l’Église d’Orient puisse participer à un concile œcuménique, sous réserve qu’il soit organiser sur les bords de la Mer Adriatique, afin qu’en cas d’attaque turque les orientaux puissent retourner rapidement dans leur pays. Eugène IV transfère donc le concile de Bâle à Ferrare. Le 24 janvier 1439, il y reçoit le patriarche Joseph de Constantinople. Ils essayent de refaire l’union de Rome et des Eglises d’Orient.  Une nouvelle avancée turque et la mort du patriarche Joseph de Constantinople accélèrent une rapide proclamation d’union  entre les deux Églises. L’empereur grec, Jean Paléologue II, auquel il ne reste guère plus que Constantinople, croit en vain pouvoir obtenir du secours des chrétiens. Il s’humilie jusqu’à venir dans Rome soumettre l’Église grecque au pape. Mais de retour à Constantinople, son geste apparait  si odieux à son Église pour l’avoir soumise à Rome  que son propre fils lui refuse la sépulture. 

Néanmoins l’empereur Albert IV prépare une expédition contre les Turcs qui avancent jusqu’à Semendria en Hongrie. Malheureusement il meurt au cours des préparatifs le 27 octobre 1439. La majorité des prélats comprennent le but de ce transfert à Ferrare et l’acceptent, mais quelques évêques et 300 ecclésiastiques considèrent ce geste comme un abus d’autorité de la part du pape et s’y opposent en élisant le 5 novembre 1439  un antipape, le duc Amédée VIII de Savoie alors âgé de 56 ans, sous le nom de Félix V.

 

 

.FREDERIC III  DE HABSBOURG / FRIEDRICH  III  VON HABSBURG (1415-1493),                                                                                                   

empereur / kaiser de 1440 à 1493

 

Fils du duc de Styrie Ernest Ier, Frédéric de Habsbourg. Il devient archiduc d’Autriche en 1440 et est élu roi des Romains la même année.

 

Sous son règne l’empire est confronté aux coups des Turcs, des Hussites de Bohême, de Matthias Corvin, du duc de Bourgogne Charles le Téméraire et de la Confédération suisse des Huit cantons

 

Frédéric réunit à Mayence en 1441-1442 une grande Diète au cours de laquelle l’antipape Félix V, duc de Savoie Amédée VIII accepte de démissionner.

Cette année 1442, le roi Alphonse V d'Aragon conquiert le « royaume de Naples » et réunifie l’ancien royaume de Sicile des Normands et des Hohenstaufen sous le nom de royaume des Deux-Siciles.

 

Au cours de l’année 1445, les Turcs Ottomans continuent leur progression en Europe mais Frédéric se trouve obligé d’intervenir face aux prétentions du roi de France Charles VII  dont les troupes envahissent l’Alsace et le pays Messin.

En 1447, il signe avec le pape Nicolas V un concordat dans lequel sont fixés les droits de la papauté ; y est réglementée notamment l’élection des évêques, des abbés et des prieurs avec les questions concernant leur succession foncière après leur décès. Reconnu en 1449 comme seul véritable souverain pontife, il stabilise ses rapports avec le Royaume de Naples, et garde une position de neutralité en Italie.

Frédéric, en sa qualité de tuteur du prince Ladislas, confie en 1451 au chef  hussite Geoges Podebrady l’administration du royaume de Bohême, décision entérinée par la diète.

 

L’année suivante, il épouse l’infante Eléonore de Portugal, fille d’Edouard Ier, roi du Portugal puis quelques jours plus tard le 19 mars 1452, il est couronné empereur à Rome.

 

L’année 1453 marque la fin de la guerre de Cent ans entre les rois de France et d’Angleterre ainsi que de la chute de ce qui reste de l’empire romain d’Orient avec la prise de Constantinople par les turcs ottomans. Elle marque également le début de la fin du Moyen-Age avec la disparition progressive de l’organisation de la société féodale sur la base du contrat vassalique entre les nobles et du statut du servage pour le peuple. Cette même année 1453, la Diète de Bohême élit Ladislas roi de Bohême, mais comme le nouveau souverain n’a que 13 ans, Georges de Podebrany, poursuit sa fonction de régent et se pose comme homme de compromis malgré ses sympathies hussites entre hussites et catholiques.

En 1454, le cardinal Aeneas Silvius, futur pape Pie II, légat alors en Allemagne, demande à tous les princes de défendre la chrétienté contre les turcs ottomans; il s’adresse aux chevaliers teutoniques, et les fait se souvenir de leurs vœux; mais ceux-ci sont occupés à combattre leurs sujets de la Poméranie et de la Prusse, qui se donnent à la Pologne. 

 

Le 17 février de cette année 1454, au cours d’un banquet, le duc  de Bourgogne Philippe le Bon forme le vœu que, si le roi de France décide de prendre la croix, ou d’envoyer une armée commandée par un prince du royaume contre les Turcs, ou si un autre prince chrétien part avec une armée suffisante, et si les pays dont il a la charge ne sont pas menacés, alors il partira se battre.

En avril de la même année, Philippe quitte son duché pour assister à la Diète impériale de Ratisbonne convoquée par Frédéric III, où le Reichstag doit élaborer un plan de croisade. Mais l’empereur n’assiste pas à la Diète, ce qui choque tous les participants, et une autre Diète est décidée pour l’automne, à Francfort. Cette fois, Philippe ne pouvant faire le déplacement, envoie des ambassadeurs. À Francfort, l’empereur est représenté par l’humaniste Enea Silvio Piccolomini, ardent défenseur d’une croisade contre les Ottomans, qui raconte que les princes du Saint-Empire se plaignaient constamment de l’empereur, du pape et de la Curie .Toujours en ce début de l’année 1454, le 9 avril est signée la paix de Lodi entre Venise et Milan, dont la principale disposition est la confirmation de Francesco Ier Sforza sur le Duché de Milan.   

L’empereur ottoman Mehmet II continue sa progression dans les Balkans sans que personne ne s’oppose à lui.

Le 28 janvier 1458, Matthias Corvin est élu roi de Hongrie mais une fraction importante des nobles hongrois dénonce cette élection et va trouver Frédéric III de Habsbourg pour lui proposer la couronne de Hongrie. Les cérémonies de ce contre-couronnement ont lieu le 4 mars 1459 à Wiener Neustadt, et  Frédéric marche sur la Hongrie. Mathias repousse toutefois les armées Habsbourg et s’assure l’appui du pape Pie II en lui promettant de monter une croisade contre les Ottomans, croisade qui ne verra jamais le jour. Réconcilié avec son beau-père Georges Podebrady, Mathias peut se consacrer entièrement à l’affrontement avec Frédéric.                                                               

De son côté le pape Pie II consacre toute son activité de pontife à la préparation de la croisade contre les Turcs et réunit un congrès à Mantoue du 1er juin 1459 au 14 janvier 1460, où il convoque tous les princes. Mais le succès est mitigé. Le 18 janvier 1460, à Mantoue, il publie la bulle Execrabilis qui interdit les appels au concile et condamne le conciliarisme, comme doctrine de la supériorité du concile sur le pape.

 

À son retour à Rome, il réprime une conjuration qui s'était dressée contre le pouvoir temporel des papes. Cette même année 1460, le pape Pie II excommunie Sigismond de Habsbourg, duc d’Autriche ; plusieurs villes confédérées de Suisse se liguent alors avec des villes d’empire d’outre-Rhin comme Rottweil, Mulhouse, Buchorn et Wangen, à l’exception de Berne, et en profitent pour s’emparer  de la Thurgovie. Dès le 1er juin 1461, date de la signature de la paix avec l’Autriche qui confirme la possession des pays conquis, ceux-ci sont transformés en baillage commun des cantons suisses.

Menacés par les Ottomans, Frédéric consent en avril 1462 à traiter avec Mathias Corvin, qui de son côté doit faire face à une nouvelle révolte des barons hongrois. Moyennant des subsides de 60 000 ducats, Frédéric de Habsbourg est reconnu Roi des Romains et obtient la souveraineté sur quelques comtés de Hongrie ; Mathias, lui,  est reconnu par Frédéric comme roi de Hongrie.

Profitant d'une période favorable de paix entre les États d'Europe, le 22 octobre 1463, le pape  Pie II déclare la guerre aux Ottomans et le 18 juin 1464, il se dirige vers Ancône,  où il attend les Vénitiens et le duc Philippe de Bourgogne mais il meurt d'épuisement le 15 août et l'entreprise est abandonnée. En 1465, le pape Paul II, successeur de Pie II excommunie le roi hussite George Podebrady, faisant aux princes un devoir sacré de le déposer.

 

A la mort de son père en 1467, le duc de Bourgogne Philippe le Bon, Charles dit le Téméraire devient duc. Charles se trouve à la tête d’une véritable principauté et rêve de restaurer  pas tant un royaume de Bourgogne-Provence mais plus un royaume de Bourgogne-Lorraine comprenant pour l’essentiel le Duché de Bourgogne, terre dépendant du royaume de France et les Duché de Lorraine dans son ancienne plus grande extension, Duché de Luxembourg et Comté de Bourgogne ( Besançon) fief d’empire qui déborde sur la Suisse Occidentale  région ou les ducs de Savoie possèdent les Etats de Vaud depuis 1250, la Belgique, les  Pays-Bas, le Luxembourg et une partie de l’Alsace.

 

 

Battu par ses vassaux confédérés suisses, le duc d'Autriche Sigismond de Habsbourg est contraint de signer la paix avec eux et accepte par le traité de Walshut de 1468 de leur verser une indemnité de guerre de 10 000 florins en donnant en garantie Walshut et la Forêt- Noire. Et pour trouver cette somme il s’adresse à Louis XI qui sournoisement alors refuse de lui prêter cette somme lui conseillant de s’adresser à « son cher cousin de Bourgogne », le duc Charles.

 

Cette même année, le 31 mai, Matthias Corvin envahit la Bohême.

 

Par le traité de Saint Omer de 1469, Charles le Téméraire, sollicité par Sigismond, accepte de lui prêter mais avec comme garantie non seulement les terres engagées au profit des Confédérés suisses mais en plus les villes de Laufenbourg, Rheinfelden, Seckingen et Brisach avec le landgraviat de Haute Alsace et le comté de Ferrette et une alliance contre les Confédérés.

 

Toujours cette année 1469, anticipant une alliance contre lui entre le roi Georges et l’empereur Frédéric III, Mathias Corvin conclut prudemment la paix le 27 février et le 3 mai les catholiques du pays l’élisent roi de Bohême ce qui contrecarre les vues du pape et de l’empereur Frédéric III qui préféraient une partition du royaume. Georges Podebrady devance les projets de tous ses ennemis en déshéritant de lui-même son propre fils en faveur de Ladislas, le fils ainé du roi Casimir IV de Pologne, s’assurant astucieusement l’appui de la Pologne.

 

A l’ouest de l’Europe, pour  le roi de France Louis XI la signature du traité de Saint Omer est l’occasion rêvée de sonner l’alarme chez les Confédérés des huit cantons suisses qui s’empressent dès le 13 aout 1470 de signer avec lui un accord de neutralité prévoyant notamment que « les deux parties ne pourraient point donner comme l’ennemi des deux Etats aucune aide ni secours au préjudice de l’autre ».

A l’est, la mort soudaine de Georges Podebrady en mars 1471 entraine de sérieuses complications. En novembre 1471, Charles le Téméraire se déclare affranchi de la suzeraineté du roi de France.

                                                                            

En juillet 1473, à la mort du duc Nicolas de Lorraine, le duc de Lorraine René II lui succède ; il a une réelle admiration pour Charles le Téméraire ; en outre il ne peut guère s’appuyer sur Louis XI qui a conclu une trêve avec le Duc de Bourgogne et surtout occupé son duché de Bar pour mieux contrôler les liaisons entre la Bourgogne et les Flandres.

Il conclut à Trèves avec Charles le Téméraire le 15 octobre 1473 un traité par lequel ils s’engagent à ne pas entrer dans une alliance avec Louis XI  et à autoriser le passage de leurs troupes sur leurs territoires.                               

Puis Charles le Téméraire se met à négocier avec l’empereur Frédéric III de Habsbourg la couronne de Bourgogne-Provence en vue pourquoi pas de recueillir la dignité impériale élective. Dans cette perspective, il promet à l’empereur Frédéric III de Habsbourg de marier son fils Maximilien de Habsbourg à sa fille unique Marie de Bourgogne. Charles devant succéder à Frédéric et Maximilien son futur gendre à Charles.  Charles est à la tête de l'État bourguignon composé du Duché et du comté de Bourgogne (Franche Comté) du comté de Flandre, du Boulonnais, du duché de Brabant, du comté de Limbourg, de celui de  Namur, de celui de Hainaut, de Hollande, de Zélande et del a Frise, de la Picardie, des duchés de  Luxembourg et de Gueldre.  L'empereur accepte de faire entrer dans la souveraineté de ce royaume de Bourgogne le duché de Lorraine, le duché de Savoie (qui inclue alors le Piémont, la Bresse, le Bugey, l'ouest de l'actuelle Suisse, avec Genève et Lausanne), le duché de Clèves, les évêchés d'Utrecht, Liège, Toul et Verdun[], les ducs de Savoie, de Lorraine, ducs de Clèves et les quatre évêques  devenant  les vassaux du roi de Bourgogne.  Charles exige également la souveraineté de la Bourgogne sur les cantons suisses. Charles renonce à être nommé roi des romains et donc à succéder à Frédéric III dans la dignité impériale mais doit être nommé à la tête  d’un royaume à créer ou recréer (la couronne du royaume de Bourgogne-Provence est déjà pratiquement tombée en désuétude). Mais l'empereur rompt les pourparlers la veille même du couronnement  et s'enfuit nuitamment à cheval puis en barque sur la Moselle avec son fils Maximilien qui, dans le cadre de l'accord, doit épouser Marie de Bourgogne. Mais dans la nuit du 24 au 25 novembre 1473, Frédéric s’enfuit de Trèves renonçant à céder à Charles. Celui-ci furieux décide de défier l’empereur Frédéric III en réinstallant le Prince-évêque de Cologne, un des grands électeurs, chassé de sa ville par son peuple ; puis le 16 décembre 1473, il fait une entrée fracassante à Nancy à côté du duc de Lorraine René II.  Et en janvier 1474, de retour à Dijon, Charles  informe une assemblée de nobles et de prélats de son intention de restaurer le royaume de Bourgogne en s’exprimant comme suit, faisant référence au royaume burgonde de Gondebaud et au deuxième royaume de Bourgogne-Provence des Rodolphiens :

 « L’ancien royaume de Bourgogne que ceux de France ont longtemps usurpé et d’icelui fait un duché, ce que tous les sujets doivent bien avoir à regret »

 

Le 10 janvier 1474 à Paris, le traité de 1470 entre le roi de France et les Confédérés se transforme en véritable traité d’alliance offensive contre Charles. Pour que la plus grande tragédie du XV° siècle dont Louis XI le roi le plus retors de France est à l’origine, il ne reste plus qu’à concilier les inconciliables en établissant la paix entre le Duc d’Autriche Sigismond et ses vassaux confédérés. Dès le 21 janvier 1474, la Diète suisse assemblée à Lucerne apprend que les offres de médiation de Louis XI sont favorablement accueillies par Sigismond.

En Alsace, le bailli de Charles, Pierre de Hagenbach, instaure plusieurs mesures commerciales et économiques qui inquiètent les villes rhénanes. En effet, Hagenbach interdit le commerce de grains avec elles, ce qui force Bâle et Strasbourg à solliciter l’aide de Berne, qui possède alors une grande puissance militaire. Berne est l’alliée à Mulhouse, qui endure elle aussi des troubles de la part du bailli bourguignon. Une ligue appelée « Ligue Alémanique  » se forme entre les quatre villes suivantes : Berne, Bâle, Strasbourg, et Mulhouse.

Cependant, Sigismond, insatisfait du Téméraire (son allié), car il refuse de  déclarer pour son compte la guerre à ses vassaux Confédérés se résigne donc à négocier la paix avec ces derniers, le 30 mars 1474 à Constance. 

Habilement manœuvrées par Louis XI, grâce aux bons offices de son autre conseiller Nicolas de Diesbach, avoyer de Berne, les villes de Basse Union d’Alsace, Strasbourg, Bâle, et leurs évêques ainsi que Colmar et Sélestat signent donc le 31 mars le « traité de Basse Union avec Soleure et les Confédérés suisses des huit cantons. Les Confédérés libérés de tous soucis à l’Est vont pouvoir se retourner contre le puissant duc Charles dont ils convoitent la Franche-Comté dispensant Louis XI de mettre fin par les armes à l’indépendance de son vassal  (pour le duché de Bourgogne).  En même temps que le « traité de Basse-Union », Sigismond, les villes alsaciennes ainsi que les Confédérés, préparent durant les mois de mars et avril 1474 un projet de « Paix perpétuelle ».

C’est ainsi qu’une ligue se met en place, menée par Lucerne, Bâle, Strasbourg et Berne, et prépare la guerre contre Charles le Téméraire.

                                                                                                                                                                                                      

Le duc d’Autriche Sigismond de Habsbourg signent ce traité de Basse-Union  à Constance le 6 avril 1474 :les villes avancent 76 000 florins au duc, que celui-ci doit rembourser à Charles lui permettant d’exiger la restitution des villes et  territoires de la Haute-Alsace, hypothéquées au profit du duc de Bourgogne et  Sigismond  accepte de mettre un terme à la vassalité de la Confédération par rapport à son duché d’Autriche (mais elle reste toutefois partie de l’empire avec l’immédiateté).

 

Charles ne restituant pas à Sigismond ses villes et territoires, les villes de la Basse Union d’Alsace lui déclarent la guerre.

Sans qu'il y ait de rapport de cause à effet, le 11 avril 1474, Pierre de Hagenbach  est arrêté à Brisach et exécuté le 9 mai par les alliés des Confédérés (les alliés rhénans), à la suite de révoltes parmi ses troupes.Cet événement marque le début des guerres dites de Bourgognes qui vont opposer de 1474 à 1477 essentiellement sur le territoire de l’empire (raison pour laquelle les manuels d’histoire de France en parlent très peu) qui vont embraser pendant trois ans les territoires de l’empire relevant non seulement du Royaume de Bourgogne-Provence (  Franche-Comté et toute la Suisse Occidentale avec les territoires relevant de la Savoie, Genève, Vaud mais aussi le Valais, Fribourg, Neuchâtel, Berne, Soleure, Bâle  ….) mais également ceux relevant de l’ancien Royaume de Lotharingie avec l’Alsace, la Lorraine, le Luxembourg, le Palatinat…  le Duc de Bourgogne Charles le Téméraire et son allié la Duchesse de Savoie Yolande aux Confédérés suisses, aux Valaisans, et leurs alliés les villes de la Basse Union d’Alsace, puis au Duc de Lorraine René II, et également à l’empereur Frédéric III, au duc d’Autriche Sigismond et au roi Louis XI.

Cette même année 1474, l’empereur Frédéric III doit faire face à l’armée de Mattias Corvin qui attaque les armées impériales.

Charles le Téméraire de son côté ne décide pas  aussitôt de mater les villes de Basse Alsace  mais engage le 31 juillet 1474 le siège de Neuss dans l’optique de conquérir Cologne avec l’aide pour moitié de troupes que lui a fournie le duc de Milan  Galazeo-Maria Sforza , et son autre alliée  la duchesse Yolande de Savoie (pourtant sœur de Louis XI) qui parient sur Charles plutôt que sur Louis  ( un commerce intense s’est développé entre le Nord de l’Italie et les Flandres  et les banquiers Lombards se sont installés dans toutes les villes commerçantes situées entre ces deux régions).

                                                        

A la mi-novembre 1474, les Confédérés suisses, qui ont envahi la Franche-Comté, infligent à Héricourt une défaite sévère au comte de Savoie-Romont et au Maréchal de Bourgogne. En  fin d’année, l’empereur Frédéric III est attaqué en Rhénanie par Charles le Téméraire mais la pluie et la maladie décime les troupes bourguignonnes.

 

Berne qui veut empêcher Charles de recevoir  des renforts du  duc de Milan  dans les Etats de Vaud savoyards passe une alliance avec le prince-évêque  du Valais Walter Superxaso.  Le roi de France Louis XI voit avec joie son rival s'enliser dans l'imbroglio allemand ; il signe un traité d'alliance avec le duc René de Lorraine et les Suisses qui, les uns et les autres, se sentent menacés ; il ne ménage ni son or, ni sa peine.

Les trêves entre la France et la Bourgogne expirent le ler mai 1475 ;  début mai 1475, le roi Louis XI envahit le duché de Bourgogne, la Picardie, le comté de Nevers et  les confédérés suisses retraversent le Jura pour envahir le comté de Bourgogne (Franche-Comté). Le Duc de Lorraine René II change de camp et   attaque le Luxembourg.                                                          

Charles le Téméraire qui s'obstine  au siège de Neuss, envoie à ses officiers ducaux, affolés, le comte de Campobasso, son condottière.                 

A la mi-juin les troupes anglaises débarquent à Calais ce qui oblige Louis XI à maintenir d’importantes troupes dans le nord de la Normandie. Et déshonorant sa promesse d’envoyer une armée de 20 000 hommes en Rhénanie, il préfère contre-attaquer  plutôt en Picardie  et en Artois.

Simultanément, il exhorte le duc d’Autriche Sigismond, la ville de Strasbourg et les cantons suisses à faire la paix entre eux. Le duc Sigismond, avec l’aide des Suisses reprend par la force le comté de Ferrette au sud de l’Alsace qu’il avait dû donner en gage à Charles le Téméraire.  Celui-ci, après un an de siège infructueux finit par lever le 27 juin 1475 le siège de Neuss pour faire face en Picardie aux Français après s’être résigné à signer une trêve avec l’empereur Frédéric.                                                                                                                                                                      

Charles le Téméraire signe ensuite avec son beau-frère le roi Edouard IV d’Angleterre qui maintient ses prétentions sur la couronne de France un traité le 25 juillet 1475 par lequel Charles le reconnait roi de France sans le duché de Bourgogne, la Picardie et la Flandre.                                                                                                                

En pleine campagne contre les Anglais, Louis XI cherche à négocier avec Edouard IV d’Angleterre un  traité dès la mi-août 1475 ce qui rend furieux Charles venu le rejoindre à son camp ; malgré les insultes  de Charles, Edouard signe avec Louis à Picquigny le 29 aout 1475 un traité  au terme duquel il achète à prix d’or le départ des anglais et dès le 4 septembre les troupes anglaises repassent la Manche.

 

Puis Louis XI persuade les Suisses qu’ils ne peuvent éviter le conflit avec Charles. Au terme d’un nouveau traité du 26 octobre 1475  il s’engage à leur régler une pension annuelle de 2000 écus s’ils déclarent la guerre à Charles sans s’engager lui à intervenir sauf extrême nécessité.  Les Suisses déclarent immédiatement la guerre. En octobre 1475, les Bernois envahissent les Etats de Vaud savoyards tandis que le prince-évêque du Valais Walter Supersaxo avec ses troupes des Sept dizains du Haut Valais pénètrent elles-aussi  sur le territoire de Conthey près de Sion qui appartient également à la Savoie. Yolande, la régente de Savoie pendant la minorité du petit duc Philibert, appelle à l’aide le duc de Milan et le prince-évêque de Genève Louis de Savoie accoure avec des troupes et se réfugie dans le château de Conthey.

 

Pierre de Gingins lève ses vassaux et Jean de Gingins, nommé par Yolande, capitaine général de Savoie marche à leur secours. Il chasse devant lui 4 000 Haut Valaisans qui tentent de défendre Martigny puis met le siège devant Sion. Mais 3 à 4 000 Bernois et Soleurois débouchent à l’improviste par le col du Sanetch le prennent à revers et le défont le 13 novembre 1475 et repoussent ses hommes jusqu’au défilé de Saint Maurice.

                                                                                                                                                          

Ce même 13 Novembre 1475, les confédérés battent les troupes bourguignonnes venues au secours d’Héricourt que les confédérés sont venus assiéger.

 

Charles a rejoint pendant ce temps son armée dans le Luxembourg et depuis là envahit la Lorraine dont la capitale Nancy est prise le 24 novembre 1475. Charles s’y fait proclamer duc de Lorraine.    Dès le 4 janvier, Charles quitte Nancy pour aller s’opposer aux Confédérés ; il  arrive à Besançon le 22 janvier 1476 tandis que Berne et les Confédérés s’occupent de rassembler en hâte de nouvelles troupes.

           

 Le 12 février 1476, Charles  franchit le Jura et établit son quartier général à Orbe dans les Etats de Vaud savoyards et trois jours plus tard il prend le château de Grandson dont il fait exécuter la garnison puis il poursuit son avance face aux confédérés mais ceux-ci par une manœuvre de surprise mettent en déroute les troupes bourguignonnes qui fuient en direction de Genève ou du Jura.

 

Charles reprend le chemin de la Franche Comté. Louis XI  se met aussitôt en route avec ses troupes pour Lyon, alors porte de la Savoie et adresse aussitôt ses félicitations à l’avoyer de Berne qui ne s’en contente pas et réclame à Louis de prendre part à leur lutte.  Celui-ci leur répond que n’ayant pas réussi à pousser plus avant en territoire savoyard (Etats de Vaud), il n’a pas eu la capacité d’envoyer ses troupes les rejoindre mais promet de le faire s’ils poursuivent leur lutte et de verser à leurs chefs des pensions.

 

Dans le même temps la duchesse de Savoie Yolande, le duc de Milan Galazzeo-Maria Sforza, et le duc de Lorraine René, troublés par la victoire des Suisses, reprennent contact avec Louis. René consent rapidement à rompre ses liens avec le Téméraire en échange d’une généreuse pension.

 

Onze jours après sa défaite, Charles repasse le Jura pour établir son camp à Lausanne en territoire savoyard ; le 27 mai, il quitte Lausanne en direction de la place forte bernoise de Morat et le 18 juin il parvient à ouvrir une brèche dans les fortifications du château. Mais les confédérés alliés désormais au Duc de Lorraine René II arrivent et remportent une nouvelle victoire le 20 juin 1476  forçant Charles à se retirer sur Morge puis à Gex.

 

Deux jours plus tard, Louis XI  dépêche des troupes sur la frontière de Savoie pour montrer à sa sœur la duchesse de Savoie Yolande qu’il est prêt à la défendre si besoin contre les appétits des Bernois pour le cas où ils viendraient à envahir ses états de Vaud. 

 

Charles,  craignant que la duchesse de Savoie le lâche, prend en garantie son fils Philibert le petit duc de Savoie qui parvient à s’échapper ; Yolande est alors mise en résidence surveillée avec ses autres enfants. Le duc de Milan lâche lui aussi Charles ce que Louis s’empresse de faire savoir.  Désormais l’empereur Frédéric III et ses vassaux les Confédérés suisses, les Alsaciens de Basse Union,  apportent leur soutien militaire au Duc René II de Lorraine et le 1er février 1477 marchent sur Nancy défendue par une armée découragée. Charles le Téméraire meurt dans la bataille le 5 janvier 1477. Il laisse en héritage à sa fille unique Marie toutes les possessions accumulées par les ducs de Bourgogne depuis Philippe le Hardi. Mais Louis XI n’entend pas  laisser Marie conserver tout cet  héritage.

 

Cette année 1477, Frédéric III, lâché par le duc de Bavière, finit par perdre tous ses fiefs de Hongrie, et est contraint de courir le pays en demandant l'hospitalité aux monastères qu'il trouve sur sa route. Il n'a plus d'autre choix que de concéder à Matthias Corvin un armistice sans conditions. Au terme des derniers pourparlers, l'empereur doit verser une indemnité de guerre énorme, reconnaître définitivement son adversaire comme roi légitime de Hongrie à condition que la couronne revienne aux Habsbourg s'il n'a pas de descendant mâle. L'oubli de ces promesses par l'empereur pousse Matthias Corvin à lui déclarer pour la troisième fois la guerre en 1481. Le roi de Hongrie s'empare bientôt de toutes les forteresses du domaine héréditaire d'Autriche. Finalement, le Ier juin 1485, à la tête de 8 000 soldats expérimentés, il entre en triomphe dans Vienne, qui devient désormais sa capitale. Puis la Styrie, la Carinthie et la Carniole  tombent l'une après l'autre ; Trieste n'est sauvée que par l'intervention d'un corps expéditionnaire vénitien.

 

Quelques temps avant sa mort, Charles le Téméraire,  a renouvelé sa promesse de marier sa fille unique et seule héritière Marie de Bourgogne à Maximilien de Habsbourg , fils de l’empereur romain germanique Frédéric III,  ce qu’elle fait devenant la grand-mère du futur empereur Charles Quint dont on oublie trop  souvent qu’il est donc l’arrière-petit-fils du Duc de Bourgogne lequel s’estimera toute sa vie héritier légitime non seulement des terres bourguignonnes situées dans l’empire telle le comté de Bourgogne  ( Besançon), le Luxembourg, la Belgique et les Pays Bas,  mais également du Duché de Bourgogne (Dijon), de la Picardie et de la Flandre ;  Duché terre royale dont lui refusera l’investiture son concurrent à l’empire, le roi François Ier au même titre que Charles Quint refusera de lui donner l’investiture du duché de Milan, terre du royaume d’Italie et donc d’empire  dont François Ier s’estime l’héritier par sa tante Valentine Visconti, de la famille des ducs de  Milan ayant repris leur duché aux Sforza

Ce qui en fera un des mobiles des guerres d’Italie.

 

Louis XI en cette deuxième moitié du XV° siècle qui marque la fin du Moyen Age et l’affaiblissement du droit féodal s’oppose à la succession notamment du Duché de Bourgogne, terre du royaume donnée en 1362 en apanage à Philippe le Hardi, fils du roi Jean II le Bon à la différence du Comté de Bourgogne, terre d’empire.

 

L’origine juridique de ce grave contentieux entre rois de France et empereurs germaniques tient à la transformation progressive depuis le milieu du XIX° siècle de la notion de fief, sorte de concession faite par un seigneur suzerain à son vassal dont la transmission successorale est subordonnée à l’investiture du suzerain et à l’hommage rendu à lui par son vassal, qui tend à devenir une partie pure et simple du patrimoine de ce dernier qu’il estime avoir la capacité de transmettre sans condition, c'est-à-dire, sans intervention sous une forme ou une autre du suzerain à ses héritiers. Pour parer à ce risque, notamment pour les apanages constituant un démembrement du royaume, les juristes français ont alors posé certaines règles censées garantir dans certain cas le retour au domaine royal notamment celle distinguant les fiefs féminins des fiefs masculins qui va être à l’origine de la spoliation pour les Habsbourg du Duché de Bourgogne à laquelle échappera bizarrement sur le plan juridique le comté de Charolais pourtant partie du duché de Bourgogne que les Habsbourg parviendront à conserver encore pendant près de deux siècles.

                                                           

Par sa fille Marie, Charles le Téméraire transmet aux Habsbourg  le fameux ordre de chevalerie de la Toison d’Or, fondé par son père Philippe III le Bon, duc de Bourgogne, le 10 janvier 1430, le jour de son mariage à Bruges avec l’infante Isabelle de Portugal. En effet la souveraineté de l’ordre, propriété héréditaire de la maison de Bourgogne, était, à défaut d’héritier mâle, destiné à l’époux de l’héritière jusqu’à la majorité du fils de celle-ci. La grande maîtrise passe donc à la maison d’Autriche par mariage, en 1477, de Marie, fille de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, avec l’archiduc (ultérieurement empereur) Maximilien d’Autriche.

Cette même année 1477, Frédéric III, lâché par les ducs de Bavière, finit par perdre tous ses fiefs de Hongrie, et est contraint de courir le pays en demandant l'hospitalité aux monastères qu'il trouve sur sa route. Il n'a plus d'autre choix que de concéder à Matthias Corvin un armistice sans conditions. Au terme des derniers pourparlers, l'empereur doit verser une indemnité de guerre énorme, reconnaître définitivement son adversaire comme roi légitime de Hongrie à condition que la couronne revienne aux Habsbourg s'il n'a pas de descendant mâle (ce qui paraît fort peu probable à l'époque, Matthias ayant épousé sa troisième femme Béatrice le 15 décembre 1476). 

L’oubli de ces promesses par l’empereur pousse Mathias Corvin à lui déclarer pour la troisième fois la guerre. Le roi de Hongrie s'empare bientôt de toutes les forteresses du domaine héréditaire d'Autriche. Finalement, le 1er juin 1485, à la tête de 8 000 soldats, il entre en triomphe dans Vienne, qui devient désormais sa capitale. Puis la Styrie, la Carinthie et la Carniole tombent l'une après l'autre ; Trieste n'est sauvée que par l'intervention d'un corps expéditionnaire vénitien.

Or, dès 1485, le duc Albert IV de Bavière s’adjoint les fiefs des seigneurs d'Abensberg dont la lignée était éteinte.

                                                                                                                   

Frédéric III en fuite, Matthias consolide ses positions par des alliances conclues avec les ennemis du prince Habsbourg, les ducs de Saxe et les Wittelsbach de Bavière, les cantons confédérés de Suisse et l'archevêque de Salzbourg, formant ainsi le principal bloc politique en Europe centrale.

Le 9 avril 1486, Frédéric fait couronner à Aix la Chapelle par le pape Innocent VIII son fils Maximilien comme roi des Romains.

1486 est l’année ou Albert IV  annexe à son duché la ville d'Empire de Ratisbonne ; puis l’année suivante, il épouse Cunégonde d'Autriche, la fille de Frédéric III et finalement hérite de son cousin Simon le Riche toute la Souabe Habsbourgeoise (Haute-Autriche) de sorte que sa puissance devient énorme.

 

Enfin le neveu de Frédéric III, Sigismond d'Autriche, met en gage le comté de Tyrol auprès du duc de Bavière et lui vend en 1487 l'Autriche antérieure à l'exception du Vorarlberg.

                                                        

Frédéric III fait alors placer le duc d’Autriche Sigismond sous tutelle et expulser tous les nobles apparentés aux Wittelsbach sur leurs terres. La montée inexorable des ducs de Bavière inquiète désormais non seulement l’empereur mais également les seigneurs de Souabe et des états de Staubing, ainsi que la bourgeoisie des villes d’empire d’Allemagne méridionale. Celles-ci, la confrérie des chevaliers de Saint George, le comte de Wurtemberg, les Etats de Sigismond, l’Autriche antérieure et le Tyrol constituent en 1488 la Ligue de Souabe. Les cantons confédérés suisses ne la rallient pas mais constituent des alliés potentiels. De son côté, l’empereur met au ban de l’empire Albert IV de Bavière et la ville de Ratisbonne. Albert finit sous cette pression par restituer tous ses héritages et la paix est signée à Augsbourg en 1492.

1492 est également l’année de la mort du pape Innocent VIII et celle de l’élection comme successeur de Rodrigo Borgia sous le nom d’Alexandre VI.

 

L’empereur Frédéric III décède  à Linz le 19 aout 1493.

 

 


 

 

    .MAXIMILIEN Ier DE HABSBOURG / MAXIMILIAN  I  VON HABSBURG   (1459 - 1519),                                                                     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                      

              

 

 

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 15:30

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MAISON DE PALATINAT/  HAUS  VON PFALZ  (WITTELSBACH)

 

.ROBERT Ier DE PALATINAT / RUPERT  VON PFALZ  (1352-1410),  empereur / kaiser  de 1400 à 1410, comte palatin du Rhin/ Graf von Pfalzrhein de 1398 à 1410

 

Fils de Robert II, comte palatin du Rhin et de Béatrix de Sicile, petit-fils de Louis II, duc de Bavière et de Mathilde de Habsbourg elle-même fille de l’empereur Rodolphe de Habsbourg. Rupert a épousé en 1374 Elisabeth de Huremberg avec laquelle il a neuf enfants dont :

 

-Marguerite de Bavière, épouse de Charles II, duc de Lorraine

-Louis III de Bavière, électeur palatin, du Rhin, époux de Blanche de Lancastre puis devenu veuf de Mathilde de Savoie.

 

Le duc de Lorraine Charles II, prince d’empire, fait campagne pour son beau-père l’électeur palatin Rupert dont il a épousé la fille Marguerite de Bavière en 1393 et Rupert est élu par les 4 électeurs rhénans le 22 aout 1400.

 

Lorsque l’empereur Venceslas de Luxembourg entre en conflit avec les princes électeurs et avec de nombreux princes territoriaux, le collège électoral décide de l’écarter du trône impérial.

Mais en 1401, quelques princes et quelques villes d’Allemagne tiennent encore pour Venceslas. Pour les rallier, Robert veut rendre à l’empire le Milanais que Venceslas en a détaché. Il fait une alliance avec les villes de Suisse et de Souabe, et lève des troupes contre Jean Galéas Visconti, duc de Milan. La circonstance est favorable car Venise et Florence s’arment contre la puissance redoutable du nouveau duc de Lombardie.  Quelques princes qui l’ont accompagné s’en retournent avec le peu de soldats qui leur restent; et Robert se retire enfin presque seul.  Jean Galéas reste maître de toute la Lombardie, et protecteur de presque toutes les autres villes, malgré elles.  Il meurt, laissant, entre autres enfants une fille Valentine mariée au duc d’Orléans. C’est  elle dont les rois de France s’estimeront  à sa mort les héritiers                                                      

                                                        

En 1404 meurt le pape Boniface IX alors que  des délégués du pape d'Avignon Benoît XIII sont présents à Rome. Les cardinaux romains demandent à ces délégués si leur maître abdiquerait si les cardinaux retardaient l'élection. Les délégués répondent que non et les cardinaux élisent alors un nouveau pape le 17 octobre 1404, Innocent VII. Ils prêtent toutefois d'abord serment de faire tout leur possible pour mettre fin au Grand Schisme. À l'annonce de cette élection, les Gibelins provoquent une émeute à Rome, mais le roi de Naples Ladislas Ier envoie des troupes à Rome pour aider le Pape à rétablir l'ordre. En échange de cet appui, Ladislas obtient plusieurs concessions du pape, dont la promesse qu'aucun accord pouvant nuire à ses droits sur le royaume de Naples ne sera conclu avec le pape d'Avignon (les droits de Ladislas étaient en effet contestés par Louis II d'Anjou couronné roi de Naples par Clément V). Cette même année1404, le duc d’Orléans, frère du roi Charles VI, achète le duché de Luxembourg de Josse, marquis de Moravie, à qui Venceslas l’a vendu. Sigismond avait vendu aussi le droit d’hommage. Pour cette raison  le duché de Luxembourg et le duché du Milanais sont considérés à tort  juridiquement  par leurs nouveaux possesseurs comme détachés de l’empire. 

Dès l’année suivante, le nouveau duc de Luxembourg et le duc de Lorraine se font la guerre, sans que l’empire n’intervienne. De même en 1406 le marquis de Bade et le comte de Wurtemberg font impunément une ligue avec Strasbourg et les villes de Souabe contre l’autorité impériale. Les Suisses se fortifient toujours. Les seuls Bâlois ravagent les terres des Habsbourg  dans le Sundgau et dans l’Alsace.

L’autorité impériale s’affaiblit, tandis que le schisme de l’Église continue. A peine un des antipapes est mort, que son parti en fait un autre.

 

 

Robert fait pourtant réunir une diète à Francfort en 1409. Les ambassadeurs des rois de France, d’Angleterre, de Pologne, y assistent. Mais l’empereur soutient une faction d’antipape; la France, une autre. L’empereur et l’empire estiment que c’est à eux d’assembler les conciles et que dès lors le concile de Pise, assemblé sans les ordres de l’empire, n’a aucune autorité et  demandent la réunion d’un concile œcuménique.

 

 

 

 

L’empereur Robert meurt le 18 mai. Venceslas se dit toujours empereur sans  n’en exercer aucune fonction. 

 

MAISON DE LUXEMBOURG /  HAUS  VON  LUXEMBURG

 

.SIGISMOND  Ier  DE LUXEMBOURG   /  SIGISMUND  I  VON LUXEMBURG  (1368-1437),                                                                     

 

 

 


 


                                                   

                                                           

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