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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 09:24

 

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

 

R.  Comté et Marquisat de Provence (ancien Royaume de Provence)                                                                                                                              terres d’empire de 1032 à 1486

 

1. Comté de Forcalquier

Comtes de Forcalquier :

 

Les comtes de la maison d'Urgell, descendante de Foulque Bertrand et possédant donc Forcalquier prenne le titre de comte de Forcalquier.

 

.Adélaïde de Forcalquier ( ?) comtesse de Forcalquier de 1063 à 1067

Elle renonce au titre de comtesse de Provence pour celui de Forcalquier.

 

Maison de Forcalquier-Urgel

 

 

 

.Guillaume IIIème de Forcalquier (1083-1129) comte de Forcalquier en 1129

 

 

Marié à Gersende d'Albon, fille de Guigues III d'Albon, dauphin du Viennois. C’est ce mariage qui introduit les dauphins du Viennois en Provence dans le comté de Forcalquier.

 

.Guigues de Forcalquier (né en ?- 1149) comte de Forcalquier de 1129 à 1149 avec son frère :

 

.Bertrand Ier de Forcalquier (1111-1150) comte de Forcalquier  de 1129 à 1150

Au XIIe siècle, les comtes de Forcalquier font de leur ville de Forcalquier la capitale d'un comté qui s'étend des sources de la Durance aux portes de Cavaillon, et dont les villes principales sont Embrun, Gap, Sisteron, Manosque, Pertuis, Apt et Sault.

Malgré le partage de 1125, la guerre reprend rapidement entre Alphonse Jourdain et Raymond-Bérenger. La mort de Douce en 1130 et celle de Raimond-Berenger en 1131 font resurgir les problèmes de succession latents du comté de Provence.

Dès 1131, les seigneurs des Baux, désormais soutenus par le comte de Toulouse, font donc valoir leurs droits auprès de l'empereur Conrad.

 

Du côté du marquisat  de Provence et d’Alphonse Jourdain, on trouve Raymond Ier des Baux, beau-frère du comte qui représente la Maison de Toulouse alliée à celle de Forcalquier. Il revendique le comté de Provence et est le chef de la résistance à Raymond-Béranger. Raymond des Baux a épousé Stéphanette ou Etiennette, fille du comte de Provence, alors que la sœur d'Etiennette, Douce, a épousé le comte Raymond-Béranger. Raymond des Baux est déjà un riche seigneur, avec 79 villes, bourgs, châteaux, places fortes, les "terres baussenques", entre le Rhône et Aix et, vers le sud, jusqu'à Berre.

De l'autre côté, celui du comté de Provence, se regroupent le fils cadet du comte décédé, Bérenger Raymond, les évêques provençaux, une partie des barons et les comtes de Barcelone, ses oncles.

Tous les seigneurs du pays doivent choisir leur camp, celui de Douce ou celui d'Etiennette. Les forces se répartissent en deux camps à peu près égaux et les guerres continuent jusqu'en 1144, date de la mort de Raymond des Baux. Après cette date, son fils, Hugues des Baux, reprend les hostilités.

Alphonse Jourdain est assassiné en 1148 et son fils Raymond V de Toulouse, lui succède. Il n’a que 14 ans, mais le roi de France, Louis le Jeune le soutient.

 

.Bertrand IIème de Forcalquier (1135-1207) comte de Forcalquier de 1150 à 1207 avec son  frère :

 

.Guillaume IVème de Forcalquier (1137-1209), comte de Forcalquier de 1150 à 1209  

 

En 1193, Guillaume  de Forcalquier laisse le comté à sa petite-fille Garsende et à son mari Alphonse II de Provence. Puis, il reprend le Gapençais et l'Embrunnais pour les donner à son autre petite fille Béatrix de Sabran, ce qui entraine une guerre entre les Forcalquier et les Aragon. À la mort de Guillaume, en 1209, le comte de Provence occupe Sisteron mais ne réussit pas à prendre, par siège, Forcalquier. Le comté de Forcalquier est partagé entre le comte de Provence (sud du comté) et nord (Gapençais et Embrunnais) au Dauphiné.

 

Maison de Sabran

 

La maison de Sabran est une illustre famille de Provence d'extraction chevaleresque qui  tire son nom de la baronnie de Sabran à proximité d'Uzès en Languedoc et qui possède aussi en Provence des biens importants à Beaucaire. Les seigneurs de Sabran sont vassaux par conséquent des comtes de Toulouse.

 

.Garsende de Sabran (vers1180/1181-1242) comtesse de Forcalquier de décembre 1209 à 1242

Elle épouse en juillet 1193  Alphonse II d’Aragon, comte de Provence.

 

.Raimond Bérenger IV ou V (né vers 1198-1245) comte de Provence de 1209 à 1245 et comte de Forcalquier de 1222 à 1245

En 1222, la position de Raimond Bérenger est solidement assurée, et sa mère Garsende lui cède le comté de Forcalquier pour se retirer au monastère. Les comtés de Provence et de Forcalquier sont définitivement réunifiés.

 

 

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 08:53

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CH.III       LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

 

R.  Comté et Marquisat de Provence (ancien Royaume de Provence)                                                                                                                         terres d’empire de 1032 à 1486

 

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Orientale,  et Bourgogne Transjurane et  Cisjurane (dont dépend la Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire.

 

Maison des Bosons

 

En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, le duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale.

En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs.

Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

 

.Boson (879-887), roi de Provence de  879  à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune.

Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi du royaume de Burgondie constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne).

  

Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. Louis III de Francie occidentale, Carloman II et leur cousin Charles III le Gros et un représentant de Louis le Jeune, retenu dans son royaume par la maladie  se rencontrent en juin 880 en Lorraine. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros  est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun.  Boson se réfugie en Provence.

Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence.

En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.

 

.Louis III l'Aveugle (vers 882- 928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune.

En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis  roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane.

En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie.

En 898, Engelberge, sa sœur  épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon.

A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900.

Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople (fin 887-903), fille de l'empereur romain d’orient Léon VI.

En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence.

En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier  à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie.

De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. À partir de 911, il laisse la gestion du royaume à son cousin Hugues d'Arles, comte d'Arles et de Vienne qui quitte Vienne et s'installe à Arles.

Fait marquis de Provence, le régent Hugues d'Arles, épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve de Rodolphe Ier de Bourgogne. Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

 

.Hugues d'Arles (v. 880- 947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Élevé à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis marquis de Provence en 905 par son parent, l'empereur Louis III l'Aveugle, Hugues devient roi d'Italie en 926. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie.

À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin. À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits. En échange, selon l'accord de 926, Rodolphe II lui abandonne ses prétentions en Italie. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné.

La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit.

Dès 948 ou 949, le roi de Bourgogne Conrad réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, un à Apt, un en Avignon et un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II, à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

 

.Boson II (910-968)  comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotbold (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle.

 

Son suzerain le roi Conrad (937-993) se montre très actif en Provence ; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour ; l’année suivante il est présent à Arles.

 

.Guillaume Ier le libérateur (955-993),  comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en  991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence.

Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978  tient un plaid dans la ville d’Arles. La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il  distribue les terres reconquises à ses vassaux.  Arles  retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de  la tige des comtes de Forcalquier.

 

.Guillaume II ou III (v. 986-1018), comte de Provence de 993 à 1018 

 

 

Fils de Guillaume le libérateur, marié en 1002 avec Gerberge de Bourgogne, fille d’Othe-Guillaume, comte de Bourgogne et d’Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et Besançon.Il ne peut récupérer le titre de marquis de Provence qui échoit à son oncle Rotbald Ier.

 

 

Guillaume II est inhumé dans les fondements de l'église en cours de construction de l'abbaye de Montmajour qui au début du XIe siècle devient la nécropole des comtes de Provence.

A sa mort, le comté devient possession indivise  entre ses trois fils :

 

-Guillaume IV

                                                                                                                                                          

 -Foulques Bertrand

                                                                                                                          

-Geoffroi.

  

.Guillaume IV (avant 1013-1019-1030), comte de Provence de 1018 à 1030

Sans postérité.                                                          

 

.Foulque-Bertrand (1014-1051), comte de Provence de 1018 à 1051

Père de :


-Guillaume V -Bertrand.                                                                                                                                      -Geoffroi II, dont la part deviendra le comté de Forcalquier.

 

En 1030, le comte Foulque-Bertrand doit de nouveau combattre les seigneurs des Baux et de Fos. À la tête de l'ost comtal, composé par les vicomtes de Marseille et quelques seigneurs des Alpes, les combats s'engagent encore une fois sur les rives de l'étang de Berre où le prince réussit à battre ses vassaux révoltés. La paix est à peine revenue en 1032, que son suzerain Rodolphe III de Bourgogne meurt. Suit une période trouble de lutte entre les prétendants, l'empereur Conrad le Salique et Eudes de Blois, qui meurt en 1037. À l'issue de cette guerre, le comté de Provence devient terre d'Empire.

 

.Geoffroy Ier  (1015-1061/ 1062) comte de Provence de 1018 à 1061

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne, frère du précédent.

Il intervient dans la lutte contre la Maison de Fos qui reprend en 1048. À cette date, il conclut un accord avec Aicard et Geoffroy de Marseille Ier, vicomtes de Marseille, pour récupérer la seigneurie de Fos et d'Hyères[].

Il épouse Étiennette, peut-être fille du vicomte Guillaume II de Marseille et d'Étiennette des Baux, avec laquelle il :

-Bertrand II.                                                                                                                                                             -Gerberge (v. 1060-1115), comtesse de Provence, mariée à Gilbert de Millau, comte de Gévaudan

 

.Bertrand II de Provence ( ?-1093),  comte de Provence de 1061 à 1093.

Fils de Geoffroi Ier, comte de Provence, et d'Etiennette.

 

Dès son accession, le nouveau comte de Provence est affaibli : il transfère la résidence comtale d'Arles à Tarascon en 1063 et, incapable d'assurer la paix, demande en 1065 aux puissantes familles arlésiennes d'assurer la protection des biens de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille.

À la fin des années 1070, dans le cadre de la Querelle des Investitures, Bertrand s’oppose à l’archevêque d’Arles Aicard. Mais ce conflit d'ordre religieux se double d’un triple problème politique entre le comte et l'archevêque qui à cette époque est aussi un seigneur féodal. Le comte s’oppose à Aicard d'abord à propos de la nomination controversée de Bermond comme abbé de Montmajour, ensuite probablement parce qu'Aicard s'est rapproché dès 1076 du comte de Saint-Gilles, excommunié par le pape et rival du comte de Provence, enfin et surtout parce qu'il redoute la puissance de la famille de l'archevêque, celle des vicomtes de Marseille.

En 1078, le comte de Provence recherche donc l'appui du pape en accusant l'archevêque de simonie, puis en 1081, en se plaçant sous la suzeraineté papale, renie ses liens de vassalité avec l'empereur Henri IV. Le comte de Provence s’aliène alors la ville d’Arles et son archevêque soutenu par le peuple, le clergé, les familles des Baux et des Porcelet et le comte de Saint-Gilles, Raimon IV. L'archevêque d'Arles bénéficie aussi du soutien de sa famille, les vicomtes de Marseille qui à partir de 1079 désertent l'entourage du comte Bertrand. La fin de sa vie est moins connue. Il meurt en 1093. Sa fille étant déjà mariée et dotée, le comté de Provence passe à sa sœur Gerberge, tandis que le titre de marquis de Provence est repris par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et issu de la branche aînée des comtes de Provence.

La famille comtale de Provence s'éteint en 1093 et trois familles se partagent la Provence: la maison de Toulouse, celle de Barcelone et celle d'Urgell.

Gerberge épouse Gilbert Ier, comte de Gévaudan  avec lequel elle a  deux filles :


-Douce née en 1090 qui épouse en 1112 à Raimond Bérenger III, comte de Barcelone.                                                                                                                                                                    -Etiennette  mariée à Raymond, seigneur des Baux.

 

Les droits sur le comté de Provence sont donc transférés, par mariage, aux comtes de Toulouse  et aux comtes de Barcelone. Les maisons des deux comtés entrent en conflit pour la possession de la Provence.

 

Les conflits d’intérêt entre ces familles ne permettent pas de maintenir l’indivision sur le comté.  Les descendances de Guillaume le Libérateur et de son frère Robold, avec leurs partages successoraux, structurent les terres de Provence autour de trois grandes maisons :

 

- celle de Toulouse,  présente depuis que Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, a épousé Emma de Venasque, en 990. Cette famille possède le marquisat de Provence.                                                                                                                                         

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque. Elle possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.                                                              

 

-celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone. Elle possède le comté de Provence au sud de la Durance.

 

Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat de Provence) et de Barcelone (comté de Provence), maisons  rivales qui se heurtent déjà dans leurs sphères d’influence, qui est l’actuel Languedoc.

À cela d’ajoute les ambitions de la maison des Baux qui, étant issue d’Etiennette de Provence-Gévaudan, revendique une part du comté.

 

Les guerres dite baussenques ne tardent pas à éclater entre Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, d’une part et Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et les seigneurs des Baux d’autre part. Défait, Alphonse se réfugie dans Orange en 1123, secours et force la levée du siège.

Mais Alphonse doit renoncer à contrôler la totalité de la Provence et signe en 1125 un traité de partage de la Provence :

 

- le comté de Forcalquier reste indépendant.                                                                                            

- le marquisat de Provence passe à Alphonse Jourdain (Maison de Toulouse) qui reçoit la partie située entre l’Isère et la Durance, dont les fiefs sont fiefs du Marquisat de Provence :

.comté de Valence (Valentinois) et de Die (Diois) : comtés - domaines vassaux jusqu'en 1189.                                                                                                                                                                                           .comtat Venaissin, la partie sud du marquisat - propriété propre, qui prendra définitivement ce nom en 1274.                                                                                           

.comté d’Orange: domaine vassal jusqu'en 1181, année où il devient une principauté autonome.84Odddonayant46878

 

- le comté de Provence passe à Raymond Béranger Ier (Maison de Barcelone) qui occupe les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et à Nice à l’est.

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:51

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

 

 

 

 

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE

 

 

Q. Dauphiné (Archevêché de Vienne/ Comté du Viennois / Evêché de Grenoble / Comté de Grenoble / Vicomté de Briançon)                                                                terre d’empire de 1032 à 1349

 

 

2. Evêché/comté de Grenoble

 

Comtes de Grenoble 

 


 


 

 

 

Maison de la Tour du Pin (1282 à 1349)

 

Lorsque, après la mort de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, les évêques et les comtes, profitant de la faiblesse et de l'éloignement des empereurs appelés à recueillir la succession de ce prince, s'emparent, les uns des villes de leurs sièges, les autres des terres de leurs gouvernements, une foule de petits souverains  apparait sur le territoire du Dauphiné.

Les guerres qu’ont dû soutenir l'empereur Conrad et ses successeurs, en Allemagne et en Italie, ont permis  à raffermir ces seigneurs dans leur usurpation ; l'un d'eux est le baron de la Tour, qui, à l'exemple des prélats et des autres grands du pays, se rend maître de la partie actuelle du département de l'Isère entre le Rhône et la Bourbre, jusqu'à Charpieu, près de Lyon, et dont la capitale était la Tour-du-Pin. 

La baronnie de la Tour comprenait la terre de ce nom, celles de Quirieu, de Bourgoin, de Maubec, de Faverges, de Falavier, de Saint-Jean-de-Bournay, de Châtonnay, de Mézieu, de Puisignan, des Eparres, de Virieu, de Dolomieu, d'Anthon et de l'île de Crémieu ; elle s'étendait, au-delà du Rhône, dans la Bresse et dans le Bugey. Elle s'accrut, plus tard, des seigneuries de Revermont et de Coligny, dans la première de ces deux provinces, par le mariage d'Albert III avec l'héritière de ces deux dernières terres. Une étendue de territoire aussi considérable, des traités et des alliances que firent les barons de la Tour avec ceux de leurs voisins les plus puissants, les placèrent de bonne heure à côté des Dauphins ; ils recherchèrent surtout la faveur et l'amitié de ces princes, jusqu'à ce qu'enfin l'un d'eux, ayant obtenu la main de l'héritière de leurs états, ils leur succédèrent dans leur puissance et dans leur principauté.

 

Le nom  de celui qui, le premier, gouverne la baronnie de la Tour n'est plus connu de même que de ses successeurs, jusqu'à un dénommé Berlion ou Berillon, mentionné dans un acte du prieuré d'Innimont, en 1107. Son fils
Giraud ou Geraud, lui succède puis son fils Albert Ier, baron de la Tour du Pin

à sa mort, la terre de la Tour est partagée entre ses fils, Albert et Berlion : le château reste en entier au pouvoir du premier, qui était l'aîné. Albert II, baron de la Tour du Pin épouse Marie, fille de Robert V, comte d'Auvergne ; il vit en 1190 et en 1202. Albert III, baron de la Tour du Pin, fils d'Albert II, et de Béatrix de Coligny. Albert IV, baron de la Tour du Pin, fils d’Albert III lui succède  et ne survit que cinq ans; il obtient de l’empereur Frédéric II, par des lettres-patentes, datées de Parme, du mois de septembre 1245, la confirmation d'un droit de péage dans la terre de la Tour, accordé autrefois par les empereurs à ses prédécesseurs ; lettres  qui prouve que  cette terre relève  immédiatement de l'empire.

 

C'est lui qu'Alphonse, roi de Léon et de Castille, nommé empereur en 1257, crée, cette année, son sénéchal des royaumes de Bourgogne-Provence, avec pouvoir d'en exercer les fonctions lorsqu'il se rend à sa cour. Ce baron meurt en 1264.

 

.Anne, dauphine  du Viennois, comtesse d’Albon, de Grenoble et de Gap  de 1281 à 1306

Fille du dauphin Guigues VII, sœur aînée du dauphin Jean, elle se met en possession du Dauphiné après la mort de son frère. Mariée depuis le 1er septembre 1273 à :

 

.Humbert, baron de La Tour du Pin (? - 1306) 

Frère du baron de la Tour du Pin Albert IV, sénéchal du royaume de Bourgogne-Provence.

 

Le jour même de la mort du jeune Dauphin Jean, sa mère Béatrice, dame de Faucigny, investit de ses possessions dans cette province son petit-fils Jean, fils d’Anne et Humbert de la Tour du Pin, si l’héritage du Dauphiné n’échappe point à la maison de la Tour. Cette libéralité assure pour l’avenir la réunion dans les mêmes mains du Dauphiné et du Faucigny ce qui  évidemment ne peut plaire aux  comtes de Savoie, peu désireux de voir ainsi s’accroître la puissance de leurs rivaux. Béatrice le prévoit, et pour mieux assurer l’effet de sa libéralité, elle s’adresse au représentant du pouvoir impérial.

 

Le 24 septembre 1282, Hermann de Baldeck, qui porte le titre de bailli général de l’Empire pour le Royaume de Bourgogne-Provence , assiste à la cérémonie de l’investiture du Faucigny, que Béatrice donne à son petit-fils par le procédé traditionnel de la festuca ; il prend  l’enfant sur ses genoux, pendant que Béatrice lui adresse  ces paroles : « Beau fils Jean, je te place sous la garde et la protection du sérénissime seigneur Rodolphe, roi des Romains, qui te maintiendra et te défendra dans la possession de tous ces biens ».

Humbert prend le titre de Dauphin mais ce titre lui est contesté par Robert II, Duc de Bourgogne, qui prétend succéder au Dauphin Jean, comme plus proche héritier de la ligne masculine. Cette prétention occasionne divers combats assez sanglants et plusieurs sièges. L’empereur Rodolphe de Habsbourg éprouve quelque embarras dans cette affaire. Ses sympathies  vont à  Humbert de la Tour ; de plus, il est en quelque façon engagé à le protéger, lui et les siens, pour leur avoir donné sa protection par l’entremise de son bailli Hermann de Baldeck. Cela paraît d’autant plus probable que l’année suivante, en 1283, Rodolphe parvient, à faire une campagne décisive contre le comte Philippe de Savoie. Les hostilités se terminent par un traité du 10 décembre 1283, totalement désavantageux à la maison de Savoie. Le comte de Savoie doit restituer à l’empereur Rodolphe de Habsbourg, Morat, Gümminen et ses droits sur Porrentruy. Les Habsbourg triomphent dans la Suisse occidentale qui fait partie alors du Royaume de Bourgogne-Provence; Rodolphe cependant  ne semble pas pressé de consommer sa victoire en élevant la famille de la Tour du Pin  pour l’opposer la maison de Savoie. En effet d’abord Béatrice de Faucigny,  veut revenir sur sa donation et  remplit, devant le tribunal de deux abbés délégués par Rodolphe, les formalités nécessaires pour arriver à la révocation de sa libéralité. De plus, un événement imprévu  rapproche Rodolphe le roi des ennemis du Dauphin ; sans doute en vue de resserrer les liens qui l’attachent à la dynastie Capétienne et d’affermir sa propre influence dans l’est de la France, Rodolphe, alors âgé de soixante-six ans, a demandé et obtenu la main de la jeune Isabelle de Bourgogne, sœur du duc Robert, qui devient ainsi le beau-frère de l’Empereur, et le dernier représentant mâle de l’ancienne race des Dauphins, partant le rival d’Humbert de la Tour ; or, au moment de la célébration de son mariage, c’est-à-dire en février 1284, Rodolphe de Habsbourg, sans s’inquiéter de ses anciennes relations avec la famille de la Tour,  accorde à Robert de Bourgogne l’investiture du Dauphiné.

 

Aussi la guerre fait rage entre le duc de Bourgogne aidé du comte de Savoie et le Dauphin appuyé par son auxiliaire le comte de Valentinois. Cependant Rodolphe n’est pas sans regretter cette lutte entre des seigneurs qui de part et d’autre lui tiennent de près ; le 17 mars 1284 par une lettre adressée à Humbert de la Tour, auquel il donne le titre contesté de Dauphin, comte de Vienne et d’Albon, il l’invite à venir à sa cour afin de chercher les moyens de rétablir la paix ; à l’aller et au retour, il lut assure le libre passage sur toutes les terres autres que celles du comte de Savoie. L’intervention  demeure sans effet ; la lutte continue jusqu’à ce que la médiation puissante du roi de France Philippe le Bel qui  engage les parties à conclure à Paris le 25 janvier 1285 un accommodement par lequel Humbert demeure possesseur du Dauphiné au moyen de la cession qu’il fait à Robert des terres de Coligny et de Revermont. Humbert garde le Dauphiné en abandonnant à son adversaire diverses possessions dont les plus importantes sont les seigneuries de sa famille au-delà de l’Ain ; il s’oblige en outre à payer au duc de Bourgogne une indemnité de vingt mille livres tournois. Cette dette est une lourde charge pour Humbert : il lui faut, pour s’en acquitter, recourir à la bourse de son fidèle allié le comte Aymar de Valentinois.

 

D’ailleurs le roi Philippe le Bel ne perd pas de vue le traité de paix dont il a obtenu la conclusion pendant les années qui suivent, les officiers royaux s’occupent d’en assurer l’exécution. Maintenant le roi de France, dont l’influence déjà puissante sur les comtes de Valentinois vient de s’affermir en Dauphiné, ne néglige aucun moyen de faire respecter son autorité ; dès 1287, il a établi sur les frontières du royaume, pour protéger ses droits et sans doute aussi pour saisir tous les prétextes de les étendre, un représentant qui porte le titre de bailli royal dans les diocèses du Puy, de Vienne, de Valence et de Viviers : c’est peut-être une imitation du bailli impérial que Rodolphe de Habsbourg a chargé de le représenter en Bourgogne.

 

En tous cas cet agent fait sentir aux seigneurs voisins, même aux plus puissants, tout le poids de la main de son maître ; il traite le Dauphin et le comte de Valentinois comme des sujets, les cite devant sa juridiction et leur inflige, des amendes quand il  constate sur leurs domaines des infractions aux ordonnances royales, par exemple des duels où le port d’armes prohibées.

 

En toutes ces affaires, la politique de l’empereur Rodolphe n’a pas été heureuse ; grâce à son alliance, avec le duc de Bourgogne, il a jeté dans les bras de Philippe le Bel le Dauphin et le comte de Valentinois. S’il ne réussit pas à conserver ses alliés naturels, encore moins parvenait-il à rallier à sa cause des ennemis invétérés tels que les Savoyards. Cependant il essaye d’exploiter à son profit la discorde jetée dans la maison de Savoie par l’ouverture de la succession du comte Philippe mort le 17 aout 1285.

Philippe a pris le parti de s’en rapporter au jugement d’un tiers et par son testament il déclare remettre l’affaire aux mains, non pas du roi des Romains Rodolphe, mais d’Edouard Ier, roi d’Angleterre et de sa mère Éléonore.

 

Depuis longtemps Louis de Savoie bénéficie des bonnes grâces de Rodolphe ; déjà un diplôme de 1284 témoigne en quelle faveur le tient le roi des Romains. Sans doute sous l’influence des exécuteurs testamentaires, des arbitres furent nommés pour décider entre les prétentions rivales d’Amédée et de Louis l’inclination personnelle du roi des Romains fut pour peu de chose dans leur décision.  Amédée est désigné pour succéder au comte de Savoie, et Louis doit se contenter de possessions importantes, situées notamment dans le pays de Vaud ; il est obligé d’en rendre hommage à son frère aîné. Encore une fois la Savoie retrouve  un souverain peu sympathique à la maison de Habsbourg.

Amédée V, comte de Savoie qui a pris le parti du Duc de Bourgogne, est en conflit par ailleurs  avec le Dauphin Humbert au sujet de  la Baronnie de la Tour du Pin et d’autres terres qu’il prétend relever de lui.

 

En 1291, Humbert et plusieurs prélats du Royaume de Bourgogne-Provence viennent trouver l’empereur Rodolphe à Morat pour lui rendre leur hommage ; Humbert remporte de ce voyage l’avouerie de l’Abbaye de St Claude que Rodolphe lui confère pour la tenir comme Sénéchal du Royaume de Bourgogne ainsi que ses successeurs.

Le comte Amédée IV attire dans son parti Louis, baron de Vaud, son frère, seigneur de Gex, et l’Abbé d’Ambournai avec lesquels il forme une ligue contre le Dauphin Humbert. Celui-ci, de son côté bénéficie de l’alliance de l’Archevêque et du chapitre de Vienne, de l’evêque de Valence, de Jean Chalon, baron d’Arlay et du comte de Valentinois.

Le 9 décembre 1289, Anne et son époux Humbert voulant assurer leur succession à leur fils Jean,  lui font donation,  de leurs états en se réservant l’usufruit des revenus. 

Le comte de Savoie et le dauphin Humbert, après avoir fait divers compromis qui suspendent les hostilités sans les terminer, s’accordent enfin, au mois de juin 1293 par un traité. Les querelles et les hostilités s’étant renouvelées entre le comte de Savoie et le dauphin, ils conviennent après s’être fait réciproquement beaucoup de mal, de prendre pour arbitre Charles de Valois, frère du Roi de France, lorsqu’il passe dans leurs Etats, pour aller au secours du Roi de Naples son cousin. L’acte du compromis signé près de Montmeillan est de juillet 1301. Charles de Valois ordonne préalablement la cessation de toute hostilité ; mais il est mal obéit, comme on le voit par ses lettres datées de Tournus, à son retour, le 22 janvier 1302.

Le Dauphin Humbert  décide en Septembre 1306, de se retirer à la Chartreuse de Val Sainte-Marie au diocèse de Valence. Il y  meurt le 12 avril de l’année suivante.

 

.Jean II, dauphin du Viennois, comte d’Albon  et de Gap de  1306  à  1319

Fils d’Humbert et de Béatrix.

Il reçoit, le 18 Avril 1307 après l’inhumation de son père, l’hommage des seigneurs du Dauphiné qui assistent à cette cérémonie. Il ajoute à ses possessions celle du Comté de Genève  dont le Comte Guillaume lui fait hommage lige le 16 juin 1316. Jean s’étant rendu à la Cour d’Avignon, meurt à son retour, le 5 mars 1319  à l’âge de 38 ans.

 

.Guigues VIII, dauphin du Viennois, comte d’Albon et de Gap de 1319 à

Fils aîné de Jean II.

Il lui succède à l’âge de neuf ans, sous la tutelle et régence d’Henri de la Tour, son oncle, élu évêque de Metz. L’an 1323, il épouse le 17 Mai, Isabelle fille du roi Philippe le Long à laquelle il a été fiancé dès le 16 juin 1316.

En 1325, Guigues se déclare pour Hugues de Genève, seigneur d’Authon, son vassal contre Edouard, comte de Savoie qui lui fait la guerre. Edouard les bat deux fois ; mais la même année, ils remportent sur lui une victoire considérable, le 9 Août, dans la plaine de Saint Jean le Vieux, devant le château de Varei dont il faisait le siège. A la suite de cette victoire des arbitres choisis de part et d’autre parviennent à établir une paix solide entre elles par un traité qu’elles concluent  le 7 Mai.

 

Entre les prisonniers que fait le Dauphin, les plus importants sont Jean de Chalon, comte d’Auxerre, Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre  et Guichard, sire de Beaujeux qu’il ne relâche que longtemps après et moyennant de fortes rançons. 

En 1328, après une trêve conclue avec Edouard, par ordre du roi Philippe de Valois, Guigues, accompagné de Henri, son oncle, suit le roi de France  en Flandres et combat à la bataille de Montcassel, le 28 Août de cette année.

Aymon de Savoie, successeur d’Edouard, ayant recommencé  la guerre contre le Dauphin, Guigues va assiéger le château de la Perrière. Il y reçoit une blessure dont il meurt  le lendemain, 28 juillet 1333.

 

.Humbert II (1312- 1335), baron de Faucigny de 1328  à 1335, dauphin du Viennois de 1333  à 1335

Fils de Jean II et de Béatrice de Hongrie ; frère  de Guigues VIII.

Il est depuis 1328, en Hongrie ou il est allé pour recueillir la succession de Clémence de Hongrie, veuve de Louis le Hutin, roi de France, sa tante, qui l’a institué son héritier universel. De là, étant passé à Naples, il y a épousé en 1332, Marie de Baux.

Pendant son absence, Béatrix de Viennois, sa tante, exerce la Régence du Dauphiné avec les principaux seigneurs du pays.

Le 20 juin 1337, il nomme Agoult des Baux, oncle de son épouse, administrateur de ses finances privées.

Après la perte de son fils unique André, il abandonne vite l'espoir d'avoir une descendance et projette dès 1337 de céder son héritage.

Humbert III ambitionne de devenir roi de Bourgogne-Provence ;  une lettre d’Edouard III, roi d’Angleterre, à l’empereur Louis de Bavière,  du 3 mars 1338,  le supplie d’accorder au Dauphin ce titre de Roi de Bourgogne-Provence. Louis de Bavière est d’autant plus prêt à accéder  à cette demande qu’il obtient par là un nouveau partisan dont il a grand besoin dans les conjonctures critiques où il se trouve. Mais, Humbert, faisant ensuite réflexion qu’en acceptant cette faveur, il va se compromettre avec la Cour Pontificale, siégeant alors à Avignon, et ennemie déclarée de Louis de Bavière qu’elle refuse de reconnaître pour empereur, ne juge pas à propos d’en faire usage.

 

Le rôle d’Agoult des Baux s’amplifie lors des négociations de paix entre le Dauphin et Vienne, en juillet 1338, à la suite de la révolte des Viennois. Au cours de l’été, Humbert doit emprunter 30 000 florins au pape pour solder ses troupes et donner en gage  ses terres. Le roi de France Philippe VI et  son conseiller l’archevêque de Rouen, Pierre Roger sentent qu’il y  a l’opportunité  d’acheter ; le roi de France  soutient alors l’accession de son  conseiller à la pourpre cardinalice ; le pape Benoît XII  nomme celui-ci cardinal par lettre bullée, en date du 12 décembre 1338. Les difficultés financières s'accumulant, Humbert fait procéder à l'inventaire de ses biens en 1339 dans le but de les vendre au pape Benoît XII. Celui-ci lui en offre d’abord 150 000 florins tout en décidant d’enquêter sur les revenus domaniaux du Dauphin. L’archevêque de Rouen arrive à Avignon le 5 mai 1339 et reçoit, le 12, le chapeau de cardinal. Entretemps de  janvier à  juillet 1339, Jean de Cojordan, évêque d'Avignon, trésorier pontifical, et Jean d’Arpadelle, chapelain du pape, parcoururent le Viennois et le Briançonnais. Ils estiment les revenus annuels du Dauphin à 27 970 florins, ce qui donne une valeur théorique de vente pour le Dauphiné de 559 400 florins. La transaction avec le pape échoue.

Humbert vivant au dessus de ses revenus, est obligé de recourir aux emprunts. En 1340, il est redevable depuis plusieurs années envers la Chambre Apostolique de 16 mille florins dont il diffère le remboursement. En octobre 1340, il demande un délai de paiement. Mais il n’entend pas pour autant négliger d’exercer l’autorité qu’il s’est fait accorder dans Vienne par le chapitre et les habitants de la ville.

Philippe VI  engage  alors à son service  Agoult des Baux qu’il nomme le 30 octobre 1340 sénéchal de Beaucaire.

De son côté,  l’archevêque  de Vienne s’étant pourvu devant la cour d’Avignon, obtient de Benoit XII une Bulle en date du 12  décembre 1340, qui déclare nulle la cession que le chapitre avait faite au Dauphin sur les droits de la ville.

En août 1341, Humbert est toujours débiteur de 16 200 florins. Le cardinal Pierre Roger intervient auprès de Benoît XII qu’il persuade d’excommunier le mauvais payeur. Affolé le pieux Humbert offre alors au pape de couvrir sa dette en donnant au Saint-Siège quelques-uns de ses fiefs. Toujours conseillé par Pierre Roger, Benoît XII fait une réponse négative à l’ambassade delphinale. Sans héritier, endetté jusqu’au cou, rejeté de l’Église, Humbert II devient une proie facile pour le royaume de France.

 

Le roi de France Philippe gagne ses officiers, et les engage à le persuader de faire cession de ses états à la France, sous la promesse d’en recevoir une compensation qui le mettrait en état de passer heureusement le reste de ses jours. La négociation réussit. L’an 1343, par un traité qui est ratifié à Vincennes le 23 Avril. Humbert fait donation de tous ses états à Philippe, duc d’Orléans, fils puîné du roi, lui substituant, faute d’héritiers, l’un des fils de Jean de France, duc de Normandie, tel qu’il plairait au roi de nommer. Mais, l’année suivante, on fait, en présence du Pape, le 9 Juin à Avignon, un autre traité par lequel Humbert fait donation entre vifs, pure et irrévocable, de tous ses états en faveur de Jean, duc de Normandie ou de l’un de ses enfants, sous la condition que son successeur aux dits Etats conserverait aux Dauphinois leurs privilèges ; ce qui est confirmé par deux bulles du Pape Clément VI données le 9 Juillet et le 11 Septembre suivant (Il est remarquable que le Pape donne ces bulles par l’autorité tant impériale que pontificale, regardant la première de ces deux autorités comme dévolues au Saint Siège par l’excommunication de Louis de Bavière qui rendait, selon lui, l’Empire vacant).Cent vingt mille florins d’or et dix mille livres de pension viagère sont le prix de la libéralité du Dauphin envers la France.

Le Pape ayant ordonné une Croisade contre les Turcs, Humbert demande et obtient d’en être nommé le chef. Revêtu de ce titre; il s’embarque le 2 septembre à Marseille. Ayant abordé à Nègrepont, il entre de là en Asie. Après quelques avantages remportés l’année suivante sur les infidèles, il reçoit un ordre du Pape de faire une trêve avec eux. Alors, il remet à la voile pour son retour, et perd à Rhodes, dans le mois de mars ou d'avril 1347 son épouse, qui l’avait accompagnée. Il envisage  de se remarier ; et comme les traités qu’il a faits avec la France n’offrent qu’une succession éventuelle, ce projet de remariage inquiète le roi de France.

Une nouvelle négociation s’engage qui aboutit au traité signé le 30 mars 1349 à Romans. Le 16 juillet 1349, à Lyon, en présence de Jean, duc de Normandie, fils aîné du roi de France et futur roi Jean II dit le Bon, Humbert abdique de tous ses états en faveur de Charles de France, fils aîné de Jean et de Bonne de Luxembourg, elle-même sœur ainée de l’empereur Charles IV de Luxembourg qu’il investit sur le champ en lui donnant l’ancienne épée du Dauphiné et la bannière de St Georges. Le même jour, le nouveau Dauphin, par un acte particulier, fait entre les mains de l’évêque de Grenoble, représentant le corps de l’Etat, le serment de conserver les libertés, coutumes et privilèges du Dauphiné.

 

Le 13 du même mois, Charles rend hommage à la cathédrale de Lyon à l’archevêque Henri de Villars et à son chapitre,  pour différentes parties du Dauphiné qui relèvent de cette église. Le 2 août de la même année, il rend  hommage à l’église de Vienne ; et, dans le mois de décembre suivant, il fait à Grenoble son entrée en présence  d’Humbert. Humbert abdique officiellement le 1er février 1350 en présence des principaux seigneurs du pays assemblés dans le couvent des Dominicains de Grenoble auxquels il déclare  par un discours également ferme et touchant " qu’à l’avenir ils eussent à reconnaître Charles de France pour leur légitime Souverain. "

La même année, Humbert s’étant rendu à Avignon pour être promu aux Ordres Sacrés, il les reçoit tous, dans l’intervalle des trois messes de Noël, de la main du Pape. Cette précipitation dont le prétexte était d’honorer davantage le Dauphin alors que  le vrai motif  est de l’empêcher de rentrer dans le monde, comme le bruit court qu’il en a l’intention, est suggéré par la Cour de France avec laquelle Clément VI agit toujours de concert dans cette affaire. Pour la tranquilliser parfaitement sur le compte d’Humbert, huit jours après il le sacre Patriarche-Latin d’Alexandrie. Le roi le fait pourvoir, en 1352 de l’administration de l’Archevêché de Reims et le nomme le 25 janvier 1354, évêque de Paris. Mais Humbert se démet du soin de l’église de Reims, le 22 février suivant, entre les mains du Pape, renonce à l’évêché de Paris et se retire à Clermont en Auvergne, dans le couvent de son ordre où il meurt le 22 mai 1355.

Le Dauphiné n’étant pas incorporé au domaine royal français, Charles doit  rendre hommage à Metz pour le Dauphiné et en reçoit l’investiture par l’empereur Charles IV de Luxembourg. Par  lettres du 1er Janvier 1357 adressée au dauphin Charles, fils du roi Charles V, il lui accorde la confirmation de tous les droits et privilèges que les Dauphins de Viennois tenaient de ses prédécesseurs.  L’empereur Charles IV est couronné en 1365, roi de Bourgogne-Provence dans la cathédrale Saint Trophime d’Arles et en 1378, par lettres données à Paris le 7 Janvier, il nomme Vicaire du Royaume de Bourgogne-Provence, le dauphin Charles ; et le 23 du même mois ce dernier donne commission au Gouverneur du Dauphiné d’exécuter les lettres de l’empereur. En 1389 encore le dauphin Charles, futur roi Charles VI arbore l’emblème du Dauphiné comportant le dauphin dans deux quarts et les aigles impériales dans les deux autres ; ce n’est que postérieurement  sous l’ordre du roi François Ier que les aigles seront remplacées par les lys de France. En 1426, le roi Charles VI cède le Dauphiné au Dauphin Louis, son fils, qui n’a que trois ans ; cession qu’il confirme l’an 1440.

 

 

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:40

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

 

 

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE

 

 

Q. Dauphiné (Archevêché de Vienne/ Comté du Viennois / Evêché de Grenoble / Comté de Grenoble / Vicomté de Briançon)                                                                                                         terre d’empire de 1032 à 1349

 

 

 

 

2. Evêché/comté de Grenoble 

Comtes de Grenoble 

 

Maison de Bourgogne (1192 à 1282)

 

André-Guigues VI (1184 -1237), dauphin de Viennois, comte d'Albon, de Grenoble, d'Oisans et de Briançon de 1228 à 1237

Fils de Beatrix et de Hugues III, duc de Bourgogne, il succède à sa mère. C’est lui qui prend le titre de dauphin en 1192. André-Guigues épouse :

 

1) Semnoresse, fille de Aymar de Valentinois dont il n’a pas d’enfant

2) en 1202, Beatrix de Sabran de Castellar, dite de Claustral, petite fille de Guillaume V, comte de Forcalquier, d’Avignon d’Embrun et de Gap qu’il répudie en 1210 sous prétexte de parenté quoiqu’il ait une fille nommée Béatrix.

3)  Béatrix de Montferrat dont il a Guigues, le futur Guigues VII.

 

Béatrix, sa fille, étant veuve de ses deux maris lui fait cession de tout ce qui lui appartient.

 

En 1225, il acquiert de Guillaume Ier, Dauphin d’Auvergne par acte du 9 octobre, les terres de Voreppe et de Varacieu. Guigues-André meurt le 5 mars 1237.

 

.Guigues VII (1225-1269), Dauphin du Viennois, comte d’Albon, de Grenoble, d’Oisans, de Briançon, de Gap et d’Embrun de 1237 à 1269

Fils et héritier du dauphin Guigues-André ; il épouse Béatrix, fils du comte de Savoie Pierre II et d'Agnès de Faucigny. Béatrice lui apporte en dot le Faucigny.

En mars 1238, arrivent à Turin les représentants du jeune Dauphin Guigues VII, et avec eux les deux frères Jean et Aymon de Bernin, archevêques de Vienne et d’Embrun, les évêques de Grenoble et de Gap.

 

Tout d’abord, deux diplômes y sont rendus au profit du Dauphin Guigues VII, encore placé sous la tutelle de sa mère Béatrice de Montferrat : l’un confirme à Béatrice et à son fils un péage en Viennois ; l’autre reproduit les privilèges des Dauphins, jadis reconnus par Frédéric Ier Barberousse, et déclare que ces seigneurs relèvent immédiatement de l’Empereur et de ses légats en Bourgogne.

Guigues VII  prend les titres de Dauphin de Viennois, de Comte d’Albon, de Gap et d’Embrun. L’an 1243, il rend hommage pour ses comtés de Vienne et l’an 1245, il reçoit de l’empereur Frédéric II, comme roi de Bourgogne-Provence, l’investiture des comtés de Gap et d’Embrun.

L’empereur  qui souhaite regagner à sa cause Guigues VII dans sa lutte contre le pape Innovent VI lui confirme par un acte daté de juin 1247  toutes ses acquisitions dans les comtés de Gap et d’Embrun et, de plus, lui concède les alleux situés dans ces deux comtés, ainsi que dans les comtés de Vienne, d’Albon et de Grenoble, sauf  l’hommage et la fidélité que le Dauphin en doit à l’Empire. L’avantage est d’importance, si l’on considère que le Dauphin se trouve  ainsi placé dans la hiérarchie féodale, au-dessus de tous les propriétaires d’alleux, qui cessent d’être ses pairs pour devenir ses inférieurs.

 

L’empereur se rend à Verceil à l’été 1248. Son vassal Guigues VII est présent comme le comte de Savoie Amédée IV. Frédéric  accorde à cette occaasion au dauphin  une pension annuelle de trois cents onces d’or, payables par le Trésor impérial.

 

Plus tard Guigues VII  se heurte aux  prétentions de Charles d’Anjou, sur les deux comtés, qui constituaient la dot de Béatrice de Sabran-Forcalquier, première épouse de Guigues VI. Guigues VI avait répudié sa première femme et avait conservé les comtés, qu'il avait transmis à son fils, issu d'un second mariage. Evidemment, Charles d'Anjou, héritier des comtes de Forcalquier, lui demande le retour des comtés. Charles est sur le point d’en venir à une guerre ouverte avec le Dauphin. Mais même dans sa famille, Charles d’Anjou  rencontre de graves difficultés ; longtemps il doit lutter contre sa belle-mère, Béatrice de Savoie, veuve de Raymond Bérenger, qui l’accuse d’avoir lésé ses droits lors du règlement de la succession de Provence. Le roi Louis IX, gendre de Béatrice et frère de Charles, est tout naturellement désigné pour concilier ce différend : de concert avec les légats du pape Alexandre IV, il y travaille activement et réussit à y mettre fin par une sentence arbitrale que lui-même et les légats rendent à la fin de l’année 1256. La sentence, qui est ratifiée par  le roi d’Angleterre Henri III, autre gendre de Béatrice, détermine l’étendue des droits qui doivent être attribués à titre de douaire à la veuve de Raymond Bérenger.   Ce document contient une allusion à une autre querelle qui, sans la sage intervention du pape et du roi de France, risque de mettre en feu la Provence et le Dauphiné. Presque depuis le commencement du siècle les dauphins de Viennois prétendent avoir acquis le Gapençais des comtes de Forcalquier. Depuis lors, le comté de Forcalquier a été réuni à celui de Provence, et Charles d’Anjou se trouve être le représentant des anciens seigneurs du Gapençais ; à ce titre il conteste la prétention du dauphin Guigues VII. 

A la fin de l’année 1256, le conflit en arrive à une phase  aiguë ; Charles d’Anjou menace, pour se faire justice, d’attaquer les domaines du Dauphin.   Il faut tout le poids de l’autorité du pape et du roi pour l’arrêter. Alexandre IV va même jusqu’à ordonner aux archevêques d’Embrun, de Vienne et d’Aix, et aux évêques de Grenoble et de Gap, de prêter assistance à Guigues contre toute agression.

Enfin les deux parties consentent à accepter un compromis : l’affaire est remise à la décision de Barral de Baux, arbitre choisi par le comte de Provence, et de Jean de Bernin, archevêque de Vienne. Le 17 juillet 1257 les arbitres rendent leur jugement qui maintient le Gapençais au Dauphin à charge d’en faire hommage au comte de Provence, Guigues conservant la suzeraineté sur Embrun. Mais cette sentence fait naître un nouveau différent soulevé par l’Archevêque d’Embrun, qui prétend qu’il porte atteinte à ses droits. Le pape se déclare en faveur du Prélat et l’affaire n’est pas réglée avant le décès de Guigues VII  fin 1269.

 

.Jean  I, Dauphin du Viennois, Comte d’Albon, de Grenoble de Grésivaudan, de Gapençais, d’Oisans, de Briançon et d'Embrun, baron de Faucigny de 1269 à 1281

Fils du précédent ; il lui succède sous la tutelle de sa mère Béatrix de Savoie.

En 1269, il rend hommage pour ses possessions à Charles Ier, comte de Provence et roi de Sicile.Jean meurt en 1281.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:30

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

Q. Dauphiné (Archevêché de Vienne/ Comté du Viennois / Evêché de Grenoble / Comté de Grenoble / Vicomté de Briançon)                                                               terre d’empire de 1032 à 1349

 

2. Evêché/comté de Grenoble 

 

 

Comtes de Grenoble 

 

Maison d’Albon (1029 à 1162)

 

.Guigues Ier dit le Vieux, seigneur d’Annonay, comte d’Albon de 1029 à  vers 1075

Guigues I, dit le Vieux, est le premier Comte d’Albon. Epoux d’Adélaïde de Savoie.

Vers 1029-1030, l’archevêque de Lyon Brochard lui inféode le nord du comté  de Vienne qu’il a reçu de la reine de Bourgogne-Provence et il acquiert le Grésivaudan et l’Oisans. Puis entre 1039 et 1043, Guigues Ier reçoit de l’empereur Henri III l’investiture du Briançonnais qui a été détaché en 1033 du diocèse de Maurienne par Conrad le Salique pour être rattaché à l’évêché  d’Embrun.  Il embrasse la vie religieuse à Cluny vers l’an 1063.

La formation du Dauphiné est alors l’œuvre des comtes d’Albon, plus tard Dauphins de Viennois, qui ont l’habileté de réunir peu à peu sous leur autorité toutes les seigneuries voisines de leurs domaines. Mais  ils doivent partager le pouvoir, en particulier la justice, avec les évêques de Vienne, Embrun, Grenoble et Gap.

 

.Guigues II dit "Le Gras", comte d’Albon et de Grenoble de 1075 à 1080

Fils du précédent. Marié en première noce avec Pétronille de Royans, puis en seconde noces avec Inès de Barcelone.

 

.Guigues III, comte d’Albon et de Grenoble de 1080 à 1120

Fils de Guigues II, il lui succède jusqu'en 1120.

Son règne est marqué par la lutte continuelle qu'il livre au nouvel évêque de Grenoble,  Hugues de Châteauneuf, pour la suzeraineté des biens d'église qu'il détient, notamment en Grésivaudan.      

Ce dernier soutient que les possessions des comtes d'Albon ont été usurpées à l'Église, avec l'aide de l'évêque Mallen. Finalement, un accord entre l'évêque et le comte est signé en 1099. 

Guigues restitue les églises et dîmes qu'il s'était approprié mais Hugues reconnait le partage des pouvoirs laïques et religieux sur Grenoble et sa région. Guigues III épouse Mathilde en 1095, qui est soit la fille d'Edgar Atheling soit la fille du comte Roger Ier de Sicile avec laquelle il a  cinq enfants :

 

-Guigues IV, comte d'Albon

-Humbert, archevêque de Vienne

-Gersende, mariée à Guillaume III d'Urgel, comte de Forcalquier

-Mathilde d'Albon, mariée vers 1135 à Amédée III, comte de Savoie.

-Béatrice d'Albon,  mariée à Josserand de Die.

 

Le 13 janvier 1115, Rodolphe de La Salle contre-signe l'acte de concession des mines d'argent de La Rame (maintenant l'Argentière) par l’empereur Frédéric Barberousse au comte d'Albon.

 

.Guigues IV, comte d’Albon et de Grenoble de 1120 à 1142

Fils du précédent. Il est le premier à porter le titre de Dauphin dans un acte passé vers l’an 1140 entre lui et Hugues, l’évêque de Grenoble. Il épouse Marguerite, fille d’Etienne, Comte  palatin ou plutôt, Administrateur du comté de Bourgogne, nièce du pape Calixte II avec laquelle il a pour enfants :

.Guigues futur Guigues V.

.Béatrice, mariée à Aymar Ier de Poitiers, comte de Valentinois.

.Marquise, mariée à Guillaume VII d'Auvergne, comte d'Auvergne.

 

.Guigues V, comte d’Albon et de Grenoble de 1142 à  1162

Fils du précédent.

À la mort de son père, Guigues V est trop jeune pour gouverner, c'est pourquoi sa mère Marguerite assure la régence jusqu'en 1153.

 

À peine en âge de porter les armes, Guigues décide de venger son père en allant ravager les terres du comte de Savoie. Comme onze ans plus tôt, il met le siège devant Montmélian mais est mis en déroute par l'armée de secours du comte Humbert III de Savoie. L'évêque de Grenoble, Hugues II, intervient et une paix honorable pour les deux adversaires est conclue.

La première expédition de Frédéric II en Italie affirme la puissance de son jeune empereur.

                                                          

Le 13 janvier 1155, Guigues V  choisit, pour faire acte de soumission se rendant au camp impérial à Rivoli, non loin de Turin, pour rendre l’hommage à son suzerain l’empereur. En échange, il obtient de Frédéric la confirmation de tous les droits et privilèges que lui et ses prédécesseurs tenaient de l’Empire ; Frédéric y ajoute  la concession d’une mine d’argent à Ramas et le droit de battre monnaie à Sézanne. Lors de la cérémonie, à côté de l’empereur se tient, Berthold de Zaehringen, vicaire impérial pour le royaume de Bourgogne-Provence qui céde à Guigues tous les droits qui pouvaient lui appartenir sur la ville de Vienne, et lui promet son concours pour écarter les prétentions du comte Guillaume de Mâcon sur cette ville. Cette concession servira plus tard de fondement aux droits que réclameront les dauphins dans leur longue lutte contre les archevêques de Vienne.  En vertu de cette investiture, Il est le premier de sa maison à prendre le titre de Comte de Viennois.

Extrait du diplôme de l'empereur officialisant cette reconnaissance des possessions de Guigues :

« Au nom de la sainte et indivisible Trinité, Frédéric, par la clémence bienveillante de Dieu, roi des Romains,(…) nous faisons savoir à tous ceux qui sont fidèles au Christ et à notre règne, que nous concédons à notre fidèle Guigues dauphin, comte de Grenoble, tous les bénéfices héréditaires qu'il avait jusqu'alors possédés justement, librement et tranquillement (…) De plus, sur le conseil des princes, nous y ajoutons en bénéfice une mine d'argent qui est en notre possession à Rama, avec tout le profit qui peut en provenir (…).En outre, il a obtenu de notre majesté, le pouvoir (…) de fabriquer de la nouvelle monnaie, dans le village de Cesana, au pied du Mont-Joux, parce qu'aucune monnaie n'y était fabriquée auparavant (…)

Guigues se montre  brillant à la cour de l’empereur. Il meurt au château de Vizille en 1162, laissant encore à sa mère la régence du Dauphiné, avec le soin d’élever une fille unique Béatrix qu’il a eue de son mariage.                                                  

 

.Béatrice, dauphine du Viennois, comtesse d'Albon, de Grenoble, d'Oisans et de Briançon de 1162 à 1228,

Fille unique de Guigues V, lui succède sous la tutelle de Marguerite son aïeule. Elle épouse :

1) Albéric Taillefer, fils de Raymond V, comte de Toulouse pendant la jeunesse duquel Alphonse son oncle administra le Dauphiné.                                                                        

2) Albéric étant mort sans lignée en 1180, Beatrix se remarie l’an 1184 à Hugues III, duc de Bourgogne qui meurt en 1192.                                                             

 3) en troisièmes noces, Hugues de Coligny, sire de Revermont.

Beatrix meurt en 1228 laissant de son deuxième mariage André qui suit, avec une fille nommée Mahaut et du troisième Marguerite, femme d’Amédée III, comte de Savoie. A sa mort en 1162, Marguerite reprend la régence et transmet le pouvoir au neveu de Guigues V, Guigues VI dit André.

 

 

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 09:26

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

 

 

 

 

Q. Dauphiné (Archevêché de Vienne/ Comté du Viennois / Evêché de Grenoble / Comté de Grenoble / Vicomté de Briançon)                                                               terre d’empire de 1032 à 1349

 

2. Evêché/comté de Grenoble 

 

Evêques :

 

.Mallen, évêque-comte de Grenoble de 1030 et 1037,

                                                          

.Hugues (1053-1132), évêque-comte de Grenoble de 1080 à 1132

 

Il est élu au concile d'Avignon de 1080, comme évêque de Grenoble, bien qu'il n'eût pas été encore ordonné. Conduit à Rome par un légat du pape, il est ordonné par Grégoire VII lui-même. Dès son retour, il se consacre à la tâche de réformer les abus dans son nouveau diocèse et d'y introduire la réforme grégorienne. Son épiscopat est marqué par le conflit avec Guigues III d'Albon sur la possession de territoires ecclésiastiques dans le Grésivaudan. Hugues soutient que le comte d'Albon a usurpé les terrains de l'évêché de Grenoble avec l'aide de l'évêque Mallen. Un accord n’est finalement trouvé entre Hugues et Guigues qu'en 1099.  Guigues accepte de céder les territoires en litige pendant qu’Hugues admet l'autorité temporelle du comte dans les alentours de Grenoble. Par un acte du 5 septembre 1116, est confirmé  l'abandon de tous les biens ecclésiastiques détenus par le comte.

En 1130, âgé de 77 ans, il trouve la force d'aller à la rencontre du pape Innocent II qui fuie l'Italie et de l'accompagner jusqu'au Puy où devait se réunir un important concile visant à faire reconnaître Innocent II par les souverains d'Europe et à prononcer l'excommunication contre l'usurpateur Anaclet II.

Il est canonisé le 22 avril 1134 par le pape Innocent II deux ans seulement après sa mort.

 

.Noel,évêque-comte de Grenoble en 1150

 

.Othmar de Sassenage, évêque-comte de Grenoble de 1150 à 1151

La famille de Sassenage serait issue des comtes de Forez : Girard, comte de Forez, fils et successeur d'Arthaud, comte de Lyon et de Forez, serait venu, vers 950, au secours de l'évêque Isarn, et aurait été récompensé de ses services par le don des terres de Sassenage et de Royans.                                                           

 

.Geoffroi, évêque-comte de Grenoble de 1151 à 1164

 

Ardent partisan de la cause impériale au vu du diplôme que lui confère Frédéric Ier Barberousse. Déposé par le pape Alexandre III et remplacé par Jean de Sassenage, il se maintient sur son siège grâce à la protection du gouvernement delphinal. En 1161, Il se fait confirmer par diplômes impériaux les biens restitués et concéder les droits régaliens, entre autres l'exploitation des mines d'or et d'argent et le droit de battre monnaie.

 

.Jean de Sassenage, évêque-comte de Grenoble de 1164 à 1220

En 1178, comme son prédécesseur, il se fait confirmer par l’empereur son pouvoir temporel obtenant comme le comte Guiges le droit de battre monnaie.

 

.Guillaume Ier, évêque-comte de Grenoble en 1220

 

.Pierre Ier, évêque-comte de Grenoble de  1221 à 1223

 

.Soffroy, évêque-comte de Grenoble de 1223 à v.1237

 

.Pierre II, évêque-comte de Grenoble de 1237 à 1250

En mai 1238, il fait partie des vassaux convoqués      à Vérone avec leurs troupes par l’empereur Frédéric II. L’archevêque d’Arles, Jean Baussan  et l’évêque de Marseille, Benoît d’Alignan, sont à Vérone dès le mois de juin. Les contingents de Grenoble, d’Embrun, du Valentinois et du Diois y rencontrent sous les drapeaux de l’Empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence. Tous deux figurent comme témoins dans un acte où l’Empereur promet sa protection à la ville d’Embrun et lui assure le maintien de ses libertés et coutumes.

 

.Falcon, évêque-comte  de Grenoble  de v.1250 à 1266                                                  

 

.Guillaume II de Sassenage, évêque de Grenoble de 1266 à 1281

 

.Guillaume III de Royn, évêque-comte de Grenoble de 1281 à 1302

Profitant des divisions entre l’évêque et le Dauphin, les Grenoblois parviennent à faire adopter une charte de coutume leur garantissant un certain nombre de droits. En 1281, avec l'autorisation seigneuriale, les premiers consuls de la ville, au nombre de quatre, font leur apparition.

 

.Guillaume IV de Royn, évêque-comte de Grenoble de 1302 à 1337

 

En 1309, l’évêque Guillaume IV de Royn tente de passer outre les privilèges accordés aux Grenoblois mais une sédition éclate contre lui, les mécontents enfoncent les portes de l'évêché et maltraitent quelques-uns de ses officiers   l'obligeant à s'enfuir quelques jours. Le dauphin Jean II absent de la ville au moment des faits, annule les poursuites judiciaires que l'évêque avait entamées.

 

.Jean de Chissé, évêque-comte de Grenoble de 1337 à 1354

 

La seigneurie de Chissé est située en Savoie dans le haut Faucigny, près de Sallanches. La souche de ses premiers possesseurs se partage en deux branches, dont l'une, après l'annexion du Faucigny au Dauphiné, va s'établir à Grenoble.

Jean de Chissé, évêque de cette ville en 1337 est le conseiller intime d’Humbert II, dernier dauphin de Viennois qui sous son épiscopat cède le Dauphiné au roi de France. En théorie, le Dauphiné dont l’évêché de Grenoble et le comté de Grenoble restent des fiefs de l’empire.

 

.Rodolphe de Chissé, évêque-comte de Grenoble de  1350 à 1380,  archevêque de Tarentaise de 1380 à 1385

Frère du précèdent.  Assassiné dans son château en 1385.

 

.François de Conzié,  évêque de Grenoble de  1380 à 1388, archevêque d’Arles de 1388 à 1390 puis archevêque de Toulouse  de 1390 à 1391 et enfin archevêque de Narbonne en 1391. Patriarche de Constantinople en 1430, vicaire général du diocèse d’Avignon et Camérier du pape Clément VII,

La famille de Conzié est une des plus anciennes de Savoie ; oncle de Louis  Aleman  qui deviendra comme lui archevêque d’Arles.

 

.Aimon de Chissé, évêque de Grenoble en 1388

Neveu de Rodolphe de Chissé ; fils de Girard de Chissé, trésorier général de Savoie.

Il participe aux conférences pour l'extinction du schisme causé par la double élection d'Urbain et de Clément VII.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 09:01

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

 

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

 

 

 


 

Q. Dauphiné (Archevêché de Vienne/ Comté du Viennois / Evêché de Grenoble / Comté de Grenoble / Vicomté de Briançon)                             

 terre d’empire de 1032 à 1389

 

 

 

1. Archevêché de Vienne/Comté de Vienne

 

En 450, le pape attribue les fonctions de métropolitain à l'évêque de Vienne dans les diocèses de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble, tandis que les autres cités de la Viennoise et de la Narbonnaise IIe restent du domaine du métropolitain d'Arles. Un siècle plus tard, en 551, la province ecclésiastique arlésienne s'agrandit de l'évêché d'Uzès qui passe sous la métropole d'Arles.     En 794, au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. La province ecclésiastique de Vienne perd l’évêché de Moutiers Tarentaise élevé au rang d’archevêché tandis que la province ecclésiastique d'Arles perd les évêchés d'Aix et d'Embrun, qui sont eux-aussi élevés au rang d’archevêchés. La province de Vienne conserve pour suffragants les évêchés de Genève, de Die, de Grenoble, de Moutiers. La province ecclésiastique d'Arles conserve  huit suffragants : Marseille, Toulon, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Avignon, Vaison, Cavaillon et Carpentras. L'évêché de Moûtiers-Tarentaise fait aussi partie des suffragants de Vienne jusqu'à son érection en archevêché entre 794 et 800.

Au traité de Verdun de 843, la région se trouve intégrée au royaume de Lotharingie. Cependant, à la mort de Lothaire, Charles le Chauve, roi de France, se proclame empereur en 875 et intégre la région sous son autorité.

Mais à la mort de son fils, Boson, gouverneur de Vienne, se fait proclamer roi de Bourgogne Cisjurane -Provence en 879 à Mantailles (Drome).

Ce royaume de Provence est réuni en 954 à celui de Bourgogne Transjurane crée en 888 à Saint Maurice sous le nom de Royaume de Bourgogne-Provence.

En 1011, le douaire d’Ermengarde, épouse du roi de Bourgogne, Rodolphe III, est constitué du Viennois.

 

L'intégration du royaume de Bourgogne-Provence au Saint-Empire en 1030 renforce l'autonomie de l'évêque-comte de Vienne[. Mais l'importance de Vienne diminue graduellement avec les progrès de sa rivale, Lyon. Les anciennes prétentions de Vienne subsistent dans les prérogatives de ses évêques, qui gardent le titre archiépiscopal, ainsi que celui de « primat des Gaules », qu'ils partagent avec les archevêques de Lyon.

 

Archevêques de Vienne :

 

.Burchard, archevêque de Vienne, comte du Viennois  v.1010-v.1030

Trois ans avant la mort du roi de Bourgogne-Provence, Rodolphe III, l'archevêque Bouchard dispose entre 1029 et 1030 du comté de Viennois, que l'église de Vienne a reçu en don de la reine Hermengarde, épouse de Rodolphe.

Il le partage entre son beau-frère, le comte de Savoie Humbert-aux-blanches-mains, et son neveu le sire de Vion, Guigues Ier le Vieux, déjà largement positionné en Viennois méridional. Humbert de Maurienne reçoit le Nord, future Savoie, et Guigues 1er, dit "Le Vieux", sire de Vion et comte d'Albon, reçoit le Sud, futur Dauphiné dont, au moins en théorie, Briançon, le val de Suze et Chisone (Chizone). Une incertitude règne sur la façon dont les sires de Vion ont acquis le titre de comte. Il semble que Guigues Ier le Vieux l'ait obtenu par la concession de l'archevêque Bouchard dans cet acte de donation de 1029.
Malgré cette inféodation en faveur des comtes de Savoie et d'Albon, l'archevêque Bouchard conserve la cité de Vienne avec ses tours et le château de Pipet. Le comté de Vienne est le reste du comté du Viennois limité à la seule ville de Vienne sur laquelle règne l’archevêque.

 

.Léger, archevêque de Vienne de 1030 à 1070.

C’est sous son règne que le Royaume de Bourgogne-Provence est intégré à l’empire. La mort du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, en 1032, marque une date importante de l'histoire de la région. Désormais, sous la suzeraineté lointaine de l'empereur Conrad le Salique, s’accomplit le morcellement déjà commencé sous la dynastie de Bourgogne. Alors en l'espace de quelques années, se constituent les Etats des comtes d'Albon et de Savoie.

Peu après le partage du comté du Viennois entre les deux maisons de Savoie et d'Albon, celles-ci s'étendent simultanément plus à l'Est. Entre 1039 et 1043, Guigues Ier le Vieux reçoit de l'empereur Henri III l'investiture du Briançonnais, qui a été détaché en 1033 du diocèse de Maurienne par Conrad le salique pour être rattaché à la métropole d'Embrun. Cette terre, Guigues la tient en fief impérial, alors qu'en Viennois il n'est vassal que de l'archevêque de Vienne.     De son côté, Humbert-aux-blanches-main, comte de Savoie est investi, au nord du Briançonnais, de la Maurienne, terre qu'il tient lui aussi en fief d'Henri III.

 

.Armand, archevêque de Vienne de  1070 à 1076.

En 1076, l'empereur germanique Henri IV du Saint-Empire s'oppose aux pouvoirs du pape Grégoire VII au sujet de l’investiture des évêques.

 

.Warmond, archevêque de Vienne  de 1077 à 1081.

 

.Gontard, archevêque de Vienne de 1082 à 1084.

 

.Guy de Bourgogne (1050-1124) archevêque de Vienne de 1084 à 1119, pape Calixte II de 1119 à 1124

Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne, frère d’Hugues III de Bourgogne qui devient archevêque de Besançon ; il devient administrateur du diocèse de son frère.

 

.Pierre I, archevêque de Vienne de  1121 à 1125

 

.Étienne I, archevêque de Vienne v.1125 à v.1145

  

.Humbert d`Albon, archevêque de Vienne de 1146 à 1147

Fils de Guigues III d’Albon ; frère de Guigues IV, dauphin du Viennois.

 

.Hugues I, archevêque de Vienne v.1148 à 1155

 

.Étienne II, archevêque de Vienne v.1155 à 1163, archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence en 1157

En 1153, l’empereur Frédéric Ier Barberousse lui reconnait les droits régaliens  et la haute et la basse justice dans Vienne  accordés  précédemment par le roi  Rodolphe de Bourgogne et en 1157, il les lui confirme solennellement et le nomme archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence. Il a non seulement pour vassaux les comtes d'Albon et de Savoie mais également  presque toutes les puissantes familles du Dauphiné. Il est également abbé de Saint-Barnard de Romans et exerce sa suzeraineté au XIIIe siècle sur vingt-deux châteaux et une trentaine de fiefs dépourvus de châtellenies.

 

.Guillaume de Clermont, archevêque de Vienne de  1163 à 1166?

De la famille des Clermont-Tonnerre, originaire  du petit village de Clermont siège de la baronnie de Clermont l’une des quatre baronnies du Dauphiné ; qui deviendra vassale de l’archevêque de Vienne en 1203 et sera incorporée en 1340 au domaine des Dauphins du Viennois.

 

.Robert de La Tour du Pin, archevêque de Vienne  v.1170 à 1195

 

.Aynard de Moirans, archevêque de Vienne de  1195 à v.1205

De la famille des Barons de Moirans dépendant des Abbés de Saint Claude  dans le Comté de Bourgogne.

 

.Humbert II, archevêque de Vienne de 1206 à 1215, archichancelier du Royaume de Bourgogne-Provence à partir de 1214

A l’archevêque Humbert de Vienne, Frédéric reconnaît la qualité d’archichancelier du royaume de Bourgogne et le premier rang à sa cour.

 

L’archevêque exerce désormais, sous la suzeraineté impériale, les droits régaliens et la justice ; lorsqu’il est appelé à rendre à l’Empereur les services d’ost ou de cour, il peut demander des subsides aux bourgeois de Vienne et de Romans. En outre, Frédéric confère à l’archevêque et au chapitre un droit de péage sur toutes les marchandises qui passeront à Vienne par les routes de terre et d’eau. Il défend aux comtes, nobles et châtelains de la province de Vienne de lever de tels droits sans avoir obtenu le consentement du souverain; les transgresseurs de cette défense doivent être poursuivis et punis par l’archevêque de Vienne, chancelier du royaume de Bourgogne.

S’adressant à Adémar de Poitiers qui, au mépris des droits des évêques, continue dans le Diois les usurpations de ses prédécesseurs, l’empereur s’exprime en ces termes : « Nous vous enjoignons de vous abstenir des extorsions illicites que vous pratiquez sous prétexte de péages ; nous vous interdisons d’élever des fortifications sur la voie publique ; nous vous ordonnons de fournir satisfaction à l’évêque pour les droits que vous avez injustement perçus, et de vous conduire de telle façon que nous n’ayons pas lieu de vous écrire une seconde fois »

 

.Bournon, archevêque de Vienne de 1216 à 1218

Au mois de juin 1218, à la suite de la sourde lutte qu’il livre aux seigneurs de son royaume de Bourgogne-Provence, notamment à Adhémar de Poitiers, l’empereur Frédéric II renouvelle à tous les seigneurs de la province de Vienne la défense d’aggraver les péages existants et d’en créer de nouveaux sans son autorisation. En février 1219, il reconnait à Adhémar  un doit de péage sur le chemin public de Valence à Monteil et le maintient en possession de tous les droits qui avaient été accordés à ses prédécesseurs par les empereurs.

 

.Jean de Bernin, archevêque de Vienne de 1218 à 1266, légat du pape

De la famille des seigneurs de Bernin. Né au château de la Veyrie à Bernin dans le Dauphiné.

Nommé légat du pape à une époque où les tensions augmentent en Provence en particulier dans la ville d’Arles.

 

La papauté, sans désavouer l'archevêque d'Arles Jean Baussan, redoute que dans l'agitation du mouvement communal, les tribunaux inquisitoriaux puissent servir les intérêts politiques de l'épiscopat local. Ainsi, le pape enlève la juridiction de l'inquisition à l’archevêque d’Arles et la confie à Jean de Bernin qui en 1235 nomme des juges issus de l'ordre des Prêcheurs pour la Provence. En juin 1235, le légat Jean de Bernin, archevêque de Vienne adresse une consultation aux juristes avignonnais au sujet des vaudois d'Arles.

Il fait également édifier le château de la Bâtie qui accueillera le trésor pontifical lors du Concile de Vienne de 1311 où sera arrêtée la dissolution de l’ordre du Temple. L’archevêque de Vienne est en effet un chef séculier depuis le rachat de la moitié des droits du comté en 1263.

 

.Guy d'Auvergne de Clermont, archevêque de Vienne  v.1268 à 1278

 

.Guillaume de Livron (ou de Valence), archevêque de Vienne de 1283 à v.1305

 

.Briand de Lavieu (Lagnieu), archevêque de Vienne de  1306 à1317

Issu d'une famille illustre du Forez, où la maison de Lavieu possède plusieurs terres sous le titre de vicomté.

Briand de Lavieu est chanoine de l'église de Lyon, quand il est élu archevêque de Vienne en 1306. Comme il est parent d'Amédée, comte de Savoie, Briand devient suspect aux Viennois. Dans la crainte qu'ils ne forment quelque tentative contre lui, il se retire pour quelque temps au château de la Bâtie, appelé aussi château de Saint-Sévère, parce qu'il se trouve situé au-dessus de l'église de ce nom.

Briand de Lagnieu est de retour de la Bâtie, après la mort d'Humbert Ier, lorsque Jean, son fils et successeur, fait hommage à l'église de Vienne, entre les mains de l'archevêque, pour le comté de Vienne et d'Albon. L'église de Vienne n'était plus alors feudataire direct de l'Empire.

L'archevêque de Vienne a ses officiers, et le chapitre les siens également. Souvent il y a des contestations entre les officiers de l'archevêque et ceux du chapitre. Ces différends font sentir la nécessité de partager la juridiction, de même qu'on avait partagé les biens. Le partage est fait en 1309. 

En 1305 Bertrand de Got est couronné pape Clément V et en 1308 il convoque un concile œcuménique à Vienne pour l'année 1311. À mesure que le terme approche, ceux qui persécutent l'église de Vienne dans ses biens, craignant qu'elle n'en porte plainte au concile, cherchent à se raccommoder avec elle. Le dauphin jean II de Vienne Jean contracte avec l'archevêque et son église, un traité d'alliance et s'oblige à secourir de toutes ses forces et en toute occasion l'archevêque et son église et à leur entretenir à ses frais cent bons soldats bien armés.

 

.Simon d'Archiac, archevêque de Vienne de  1319  à 1320, cardinal.

 

.Guillaume de Laudun, archevêque de Vienne de 1321 à 1327.

Fils de Guillaume II, seigneur de Laudun.

 

.Bertrand de La Chapelle, archevêque de Vienne de 1327 à 1352

Il a beaucoup de démêlés avec le dauphin Humbert.

En 1333, Philippe de Valois qui aspire à se rendre maître de Ste-Colombe, renouvelle à l'archevêque et au chapitre métropolitain ses prétentions sur le faubourg de Ste-Colombe.

Le chapitre soutient ses droits avec la plus grande énergie; mais Bertrand de la Chapelle accorde au roi de France tout ce qu'il lui demande, ce qui le rend odieux au clergé et au peuple de Vienne. Pour se mettre à couvert des mauvais effets de la haine publique, il quitte la ville et la médiation du pape devient nécessaire pour que les Viennois le reconnaissent de nouveau comme véritable et légitime pasteur.

Une bulle de Jean XXII de février 1334, ordonne que les partis lui envoient des députés porteurs des pièces justificatives de leurs droits, pour qu'il puisse juger en connaissance de cause de la validité des oppositions. Mais Philippe VI ne s'amuse point à suivre cette procédure; sans attendre davantage, il s'empare de Ste-Colombe. Il unit ce faubourg de Vienne à son royaume, le fortifie et fait construire à l'entrée du pont une tour carrée.

 

.Pierre Bertrand, archevêque de Vienne de  1352 à 1362.

 

.Pierre de Gratia, archevêque de Vienne de  1362 à 1363.

 

.Louis de Villars 1363-1377, archevêque de Vienne de 1363 à 1377

Fils d'Humbert, seigneur de Thoire et de Villars, et d'Éléonore de Beaujeu ; frère d’Henri de Villars, archevêque de Lyon et un neveu de Louis de Villars, archevêque de Lyon.

 

.Humbert de Montchal, archevêque de Vienne de  1377 à  1395

Famille illustre de Montchal dans le Forez. Humbert est le fils de Falques III, seigneur de Montchenu, et d'Alix Alleman.

A l’occasion d’un voyage à Paris, l'empereur Charles IV de Luxembourg, concède au dauphin, Charles II (futur roi Charles VI), fils de son neveu le roi de France Charles V, le titre de vicaire de l'empire dans le Viennois et dans les provinces du royaume d'Arles, avec la révocation de la juridiction dont l'archevêque de Vienne et son chapitre jouissent dans la ville de Vienne. Le jeune dauphin nomme comme vicaire son lieutenant Bouville, qui est déjà gouverneur. Les habitants, alarmés de la perte de leur liberté, veulent résister, mais quelques maisons brûlées et la vie qu'il en coûte à plusieurs citoyens intimident le reste et Bouville demeure le maître. On lui rend le château de Pipet.

 

.Thibaud de Rougemont, archevêque de Vienne de 1395 1405, devenu ensuite archevêque de Besançon (1405)

Famille illustre dans le comté de Bourgogne.

En 1400, un arrêt du roi-dauphin rétablit l'archevêque et son chapitre dans leurs prérogatives temporelles sur Vienne. En 1402 les archevêques de Vienne sont devenus abbés perpétuels de l’ordre de Saint-Chef et seigneurs du bourg et de ses dépendances, le château de Saint-Chef est pris et ruiné dans la guerre acharnée que se font Thibaud de Rougemont et les frères Guy et Jean de Torchefelon, ceux-ci ayant refusé de faire hommage à l’archevêque de leur château de Montcarra. Le fougueux prélat attaque brusquement ce château et le brûle. Les Torchefelon prennent et incendient celui de Saint-Chef, en font autant de celui de Seysseul et ravagent tous les environs.

 

 

 

Lorsque le gouverneur du Dauphiné intervient pour chercher à arrêter ces désordres scandaleux, Thibaud excommunie les officiers du roi. L’année suivante, les Torchefelon brûlent le château de Mantaille. Les troupes de l'archevêque incendient à leur tour le château de Torchefelon. Le pape Benoît XIII saisit avec empressement l'occasion de transférer de Rougemont à Besançon.

 

Comtes de Vienne

Charles Constantin, fils de Louis l’Aveugle est comte de Vienne de 947 à 963; son fils Patton a une fille Etiennette de Vienne qui épouse  Guillaume le Grand comte de Bourgogne auquel elle apporte le comté en dot. Le comté de Vienne se limite à la seule ville de Vienne dans lequel le pouvoir temporel est exercé au nom de l’archevêque sous l’autorité des comtes de Macon issus de la maison des comtes de Bourgogne. De 1085 à 1239, les comtes de Vienne sont également comtes de Mâcon :

.Étienne Ier de Bourgogne (1085-1102)

.Renaud III de Bourgogne (1102-1148)

.Guillaume III de Mâcon (1148-1157)

.Géraud Ier de Mâcon (1157-1184)

.Guillaume IV de Mâcon (1184-1224)

.Géraud II de Mâcon (1224)

.Alix de Mâcon (1224-1260).  En 1239, à la mort de son époux, Jean de Dreux, Alix vend le comté de Vienne et le comté de Mâcon à la Couronne de France.

 

 


 

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 08:28

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

 

 

P. Seigneurie -Evêché d’Uzès                                                                                      terre d’empire de 1032 à 1229

 

La seigneurie et l’évêché d’Uzès font partie du royaume de Provence  puis de Bourgogne-Provence intégré à l’empire en 1032 jusqu’au traité de Paris de 1129 qui met fin  au conflit albigeois et annexe au Royaume de France les possessions de la Maison de Saint Gilles.

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 15:32

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

 

O.   Evêché  de  Viviers / Comté de Viviers (Vivarais)

     terre d’empire de 1032 à 1305-1308

 

Par le traité de Verdun de 843, l’évêché de Viviers fait partie de la Francie Médiane attribuée  à l’empereur Lothaire Ier. Ce royaume de Francie médiane (Lotharingie) est éphémère, puisque peu avant sa mort en 855, Lothaire Ier partage son empire entre ses trois fils (Traité de Prüm) : pour Charles de Provence (845 - 863), son plus jeune fils, Lothaire Ier fonde le Royaume de Provence (ou Provence-Viennois), constitué par la Provence et la Bourgogne Cisjurane (territoires issus du démantèlement du Royaume de Bourgogne), comprenant le Lyonnais, le Viennois, le Dauphiné et la Savoie ainsi que les comtés d'Uzès et de Viviers. Il a Lyon pour capitale.  

Lothaire II (835-869) hérite du Vivarais, de son frère Charles, il confirme les actes antérieurs de son père et de son frère, il prend la défense des archevêques et place sous sa sauvegarde la ville de Tournon, son château, ses églises, son territoire avec les fermes et les esclaves et tout ce que le siège illustre de Lyon possède en Vivarais.

Louis II (825 - 875), fils aîné de Lothaire Ier, déjà associé au trône, après la mort de son frère Charles de Provence en 863,  récupère une partie de son domaine, et devient aussi roi de Provence et de Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent). Lorsque l'empereur Louis II décède à son tour en 875, s'éteint la maison de Lothaire Ier qui a régné sur le Vivarais pendant plus de 40 ans. Charles II le Chauve son oncle, s'empare alors des deux royaumes d'Italie et de Provence   (le Vivarais en fait partie) et du titre d'empereur. Après avoir horriblement dévasté tout le pays environnant, il obtient la reddition de Vienne, ce qui entraîne la soumission du Dauphiné et du Vivarais dont le roi confie le gouvernement à Boson, son beau-frère.  

En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson le duc de Provence.  Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII.

                                                         

L'évêque de Viviers se voit confirmer en août 877, par le nouvel empereur, dans la possession des biens et privilèges de son église (y ajoutant aux précédents biens, territoire et port de Bourg-Saint-Andéol, les églises de Saint-Just, de Saint-Marcel et de Saint-Remèze).

Le 6 octobre 877, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée et il meurt. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale.

Deux années plus tard, en 879, Louis le Bègue à la santé fragile meurt à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée. Mais Boson, beau-frère de Charles le Chauve, avait  maneuvré habilement. En effet, celui-ci déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, avait reçu des mains de Charles le Chauve, la Provence, lui donnant ainsi le contrôle de toute la vallée du Rhône ou presque. De plus, en 878, le pape Jean VIII était menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui a assuré sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Boson, se fait proclamer roi de Provence et de la Bourgogne Cisjurane en 879 à Mantailles (Drome). En 888 cette fois à Saint Maurice (en Valais) Rodolphe III se fait proclamer roi de Bourgogne Transjurane.  Et en 934, ces deux royaumes sont réunis pour constituer le Royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles.

Le Vivarais,  comme le Valentinois, reste partie intégrante du duché du Lyonnais, quoique son évêque continue à dépendre, en droit, de l'archevêque d'Arles.

                                                     

 

.Thomas II, prince-évêque de Viviers vers 950            

C'est pendant le règne du roi de Bourgogne-Provence Conrad III qu’il  se signale en entreprenant de transcrire les antiques documents de la bibliothèque de l'évêché. Dans le diocèse de Viviers, un vieux seigneur fait don des terres, bois, prairies, pâturages et cours d'eau pour y fonder sur la montagne de Rompon un monastère de l'ordre de Cluny, à l'origine du prieuré conventuel de Saint-Pierre de Rompon. A Viviers, la charte de fondation du prieuré conventuel de Rompon est datée de la "quarantième année du règne de Conrad Le Pacifique" (977), roi de Bourgogne.

Pendant les dernières années du Royaume de Bourgogne-Provence, la féodalité se développe en Vivarais. Avec la terreur de l'an 1000, le besoin de sécurité dégénérant en ambition et cupidité, engage fonctionnaires de l'empire, prélats et grands propriétaires fonciers à construire des châteaux forts. Le Vivarais se couvre de châteaux. Leurs propriétaires, les seigneurs, établissent leur autorité sur des villes, des parties de ville, des étendues de terre plus ou moins grandes. Ainsi Joyeuse a trois co-seigneurs, Les Bermon d'Anduze, les Châteauneuf-Randon et les Montauban-Montdragon.

Le onzième et plus encore le douzième siècle voit se former les grandes seigneuries ecclésiastiques et laïques du Vivarais. Quelques lignages émergent, bien implantés en Vivarais. C'est le cas de la famille de Poitiers, comte de Valentinois, ou encore la famille Montlaur, des comtes de Viennois et de la puissante famille des comtes de Toulouse.

 

En 1125, la Provence est partagée entre le comte de Barcelone Raimond Bérenger, et le comte de Toulouse Alphonse-Jourdain :


- le premier reçoit le comté entre Rhône, Durance, Alpes et la mer
- le second le marquisat au Nord de la Durance.

 

La période de 1125 à 1173 marque la formation sous la suzeraineté  du Saint-Empire, des seigneuries temporelles des archevêques de Lyon et de Vienne, des évêques de Valence et de Viviers.

 

.Arman II, évêque de Viviers de 1014 à 1041

 

.Gérard, évêque de Viviers de 1042 à 1070

 

.Jean II, évêque de Viviers de 1073 à 1095

 

.Leodegarius, évêque de Viviers de 1096  à 1119

 

.Atton, évêque de Viviers de 1118 à 1124

 

.Pierre II, évêque de Viviers de 1125 à 1131

 

.Josserand de Montaigu, évêque de Viviers de 1133 à 1146

 

.Guillaume Ier de Franconie, évêque de Viviers de 1147 à 1155

Cousin de l’empereur Conrad de Franconie qui lui confirme ses droits sur le Vivarais.

 

.Raymond  d’Uzès, évêque de Viviers de 1157 à 1170

L'évêque de Viviers, étend sa domination temporelle sur des terres que convoite le comte de Toulouse. Vers 1169, Hugues d'Ucel lui donne une partie des mines de Largentière, de Chassiers et de Tauriers. Les seigneurs d'Ucel criblés de dettes cherchent un protecteur.   Le comte de Toulouse s'offre et en 1170 le même Hugues d'Ucel fait hommage à Raimond V, comte de Toulouse pour ses châteaux d'Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe. C'est ainsi que le comte de Toulouse s'installe dans le Vivarais. En laissant le comte de Toulouse prendre pied au centre même de son diocèse, l'évêque Raimond commet une faute irréparable.

Au-dessus de tous ces comtes et prélats, les agents des rois de France font sentir de plus en plus leur action centralisatrice.

Raymond VI de Toulouse, soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare,  est excommunié par le pape Innocent III. Forts de l'appui des évêques du Puy et de Mende, comme aussi de la fidélité immuable de leurs puissants vassaux, les Montlaur, les Bermond d'Anduze, les Tournon, etc… les rois Capétiens introduisent  leur autorité dans les différentes zones du Vivarais.

Dès 1188 ce mouvement commence par l'hommage du sire Odon de Tournon - d'une famille encore modeste - à Philippe Auguste, et se poursuit  tout au long du XIIIe siècle avec l'intervention de plus en plus fréquente des rois de France en terre vivaroise.                                                          

.Robert de La Tour du Pin, évêque de Viviers de 1171 à 1173

 

.Nicolas, évêque de Viviers de 1174 à 1206, prince-évêque à partir de 1177

L’évêque de Viviers est lui aussi fait prince d’empire par l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen par un diplôme du 16 mars 1177.

A cette occasion, il obtient de l’empereur la confirmation des droits donnés aux évêques de Viviers par l’empereur Conrad dont  le droit de battre monnaie.

En 1198, Adhémar de Poitiers et Bermond d'Anduze, ligués avec le comte de Toulouse, obtiennent par la force, de l'évêque Nicolas, d'entrer en partage des mines de Ségalières, de Chanier et de Taurier. D'après ces conventions nouvelles, les comtes de Toulouse en obtiennent la moitié, Adhémar et Bermond chacun un tiers de l'autre moitié, et l'évêque de Viviers  l'autre tiers  de cette moitié, c'est-à-dire le sixième. 

 

.Bernon de Brabant, prince-évêque de Viviers de 1206 à 1220

Frère de l’évêque de Die,  Didier.

Bernon de Brabant, profite de la guerre des Albigeois pour revenir sur le partage de 1198 des mines de Ségalièrese. Simon de Montfort reçoit en fief la moitié de tous les droits et revenus attachés au château de Fanjau et à la terre de Largentière; Bernon s'en réserve l'autre moitié.  

Après la mort du vainqueur des Albigeois et de son fils Amaury, l'évêque redevient entièrement propriétaire de la baronnie de Largentière.

En 1214, son frère Didier, évêque de Valence, présent à Bâle, obtient de l’empereur Frédéric II Didier la confirmation des privilèges de son siège.                                                          

En 1215, le concile de Latran déchoit le comte de Toulouse  Raymond VI de ses droits sur son comté au profit de Simon de Montfort, mais le pape Innocent III préserve le marquisat de Provence (dans lequel figure le Vivarais) au profit de son fils, le futur Raymond VII. Raymond VI de Toulouse, voit ses biens du pays de Largentière, avec ses riches mines confisquées au profit de l’évêque de Viviers Bernon de Brabant. Le Vivarais devient une terre d’empire  soumise à plusieurs autorités d’importance variable dans le temps. Les Archevêques  de Vienne et évêques de Valence perdent vite toute influence réelle tandis que l’archevêché  de Viviers reste la puissance dominante des deux-tiers méridionaux du territoire. Emergent aussi des seigneuries laïques (sires de Tournon, d’Annonay, comtes de Valentinois) qui vont se ranger se rangent petit à petit sous la bannière des rois de France.

 

.Guillaume II, prince-évêque de Viviers de 1220 à 1222

 

.Bermond d’Anduze, prince- évêque de Viviers  de  1222 à  1244.

Dès son avènement en 1222, le jeune Raymond VII veut récupérer les fiefs de son père ; les comtes de Toulouse prétendent s’appuyer sur  des chartes dont ils sont les auteurs dans lesquelles ils se qualifient de seigneurs et comtes de Viviers. Ils citent même un acte de donation de Bertrand de Toulouse à son épouse Hélène, dans lequel Bertrand lui donne Viviers et ses dépendances comme cadeau de noces. Les évêques de Viviers s'appuient sur une charte de donation de la suzeraineté du Vivarais, faite par l'empereur Conrad à son cousin  Guillaume de Franconie, évêque de Franconie, charte  confirmée, on l’a déjà dit en 1177 par l’empereur Frédéric Barberousse, accordant  à l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie.

Après un échec fin 1222, Raymond VII revient en forces en juillet suivant et s’empare de la ville. Bermond en appelle au pape Honorius III qui invite le comte de Toulouse à restituer les biens de l’Église de Viviers ; s’il refuse d’obéir, il court le risque de ne jamais obtenir l’absolution qu’il sollicite.

 

Raymond VII maintient ses troupes et le 26 février 1225, un ultimatum du pape demeure sans effet. C’est alors que, sur la demande d’Honorius III, le roi Louis VIII de France se met en marche vers le Languedoc avec une armée de 100 000 hommes en 1226 et récupère Largentière.                                                    

Signé le 12 avril 1229, le traité de de Meaux (dit également premier traité de Paris) met fin à la croisade des albigeois contre les cathares. Il est imposé à Raymond VII comte de Toulouse, par la régente Blanche de Castille ; aux termes de ce traité, il cède les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accorde Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, son gendre devient comte de Toulouse. À la suite de ce traité, le sénéchal de Beaucaire somme immédiatement l’évêque de Viviers de se reconnaître vassal du roi Louis IX. Bermond proteste et le sénéchal saisit le temporel de son diocèse et ses biens propres. Bermond d’Anduze se plaint à l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen mais n’en reçoit pas d’aide. En 1230, Bernard d'Anduze doit se résoudre à rendre hommage à Louis IX pour 21 localités dont Joyeuse.

Mais en 1235, il se met donc en route pour l’Allemagne, rejoint l’empereur Frédéric II  à Haguenau et obtient de lui, en janvier 1236, une bulle confirmant tous les biens et tous les privilèges de son église.

 

.Arnaud de Vogüé, prince-évêque de Viviers de 1244 à 1254

En 1244, l’empereur Frédéric II, qui a quelques bonnes raisons d’en vouloir au clergé, révoque tous les péages que les empereurs avaient jadis accordés à l’évêché de Viviers.

 

.Aimon de Genève, prince-évêque de Viviers de 1255 à 1263

Fils du comte Guillaume II de Genève et d'Alice de La Tour du Pin. Trois de ses frères deviennent évêques : Guigue à Langres, Amédée à Die et Robert à Genève. Par sa tante paternelle Béatrix, il est cousin des comtes de Savoie, Pierre et Philippe.

 

.Hugues de La Tour du Pin, prince-évêque de Viviers de 1263 à 1291

Sous son règne, bien qu’il ne soit pas contesté que Viviers soit une terre d’empire, sans respect pour les anciens diplômes, les fonctionnaires de l’administration royale française la traitent  comme si elle eût été française.   Ainsi le pape Clément IV croit-il nécessaire d’écrire le 9 novembre 1265 au roi de France Louis IX : « Quoique, suivant leurs prétentions, ils ne soient soumis qu’à l’Empire, les habitants de Viviers et du diocèse sont cités par vos officiers... S’ils se refusent à comparaître devant eux, ils sont frappés d’amendes et leurs biens sont saisis ; on prononce des sentences contre eux en matière civile et criminelle. » Or Clément IV, en sa qualité d’ancien enquêteur de saint Louis, connaît bien l’état du royaume ; il est allé jadis à Viviers, et il a examiné les privilèges contenus dans les archives de l’évêque et du chapitre : tous émanent des empereurs ; on n’en trouve pas un qui vienne du roi de France ; bien plus, il y a vu les étendards impériaux dont les évêques de Viviers se sont servis jadis.  Les réclamations du pape sont entendues, et, au moins pendant les dernières années du règne de saint Louis, les officiers royaux s’abstiennent de toutes nouvelles  entreprises.

Cet incident permet néanmoins d’évaluer le discrédit dans lequel est tombé le pouvoir impérial pendant le Grand Intérègne. Aucun des prétendants à l’Empire n’a souci de protester contre les agissements de l’administration royale française ; il faut qu’un pape, lui-même ancien membre de cette administration, prenne la défense de l’Église de Viviers contre ses collègues d’autrefois.

Dès 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, la partie du Vivarais propriété des comtes de Toulouse, bien que terre d’empire comme tout le territoire de l’évêché, se trouve rattachée de fait à la couronne de France.

Un pas décisif est franchi en 1284. Les moines de Mazan, seigneurs du château de Berg, avec l'aide du roi de France, fondent la bastide de Villeneuve-de-Berg, pour en faire le siège de leur juridiction ce qui implante solidement le roi en Bas-Vivarais, 

A la même époque, le sénéchal de Beaucaire, représentant du roi de France en Languedoc, est en conflit avec le chapitre de Viviers; des usurpations incessantes sont commises. Le temporel de l’évêque est saisi ; ses vassaux sont obligés de rendre hommage au roi.

En 1284, l’empereur Rodolphe peut écrire en ces termes à Philippe le Bel :

« Les plaintes presque unanimes des grands du royaume d’Arles nous sont parvenues et nous ont appris les persécutions diverses dont est broyée, sans doute à votre insu, par le fait de vos agents et de vos serviteurs, l’insigne Église de Viviers, noble membre de notre Empire, sous la domination duquel elle repose en paix depuis un temps immémorial. Comme sous l’inspiration de la miséricorde divine, nous nous sommes imposés cette loi salutaire de ne point ambitionner le domaine d’autrui et de nous contenter de nos frontières ; ... nous prions de tout cœur votre sérénité de détourner, à l’exemple de votre illustre père Louis, de vénérée mémoire, vos officiers et agents de troubler et de persécuter la dite Église de Viviers. Car, cela est connu de tous dans l’Empire et vous ne l’ignorez pas, nos très saints pères Grégoire et Clément ont jadis représenté à votre père l’état de cette Église ; sur leurs instances, ce roi pacifique et ami de la justice, a reconnu les liens de sujétion qui rattachent ladite Église à l’Empire, et a empêché ses serviteurs de lui porter préjudice».

 

Mais Philippe le Hardi, surpris par la mort en 1285  ne peut lui-même régler cette affaire. Son fils Philippe le Bel lui succède.

 

Le 7 novembre 1291, Gérenton, seigneur de St Romain Valmordane, fait hommage à Philippe le Bel de son château de St Romain moyennant le montant d'une année de revenus de tous ses biens compris dans cet hommage. Par ce même contrat pour la construction d'une ville qui sera le siège d'une Cour Royale de Justice (balliage) pour tout le Haut Vivarais. Les moines de Mazan, avec l'aide du roi de France, fondent Boucieu-le-Roi, en Haut-Vivarais. En 1294 Philippe le Bel octroie à la «villa nova de Boceio» une charte de franchise par laquelle ses habitants sont exempts de tous les impôts d'alors (péage-taille) sauf la gabelle (impôt sur le sel) milice etc... 

Ensuite Philippe IV le Bel  intègre le Bas-Vivarais au domaine royal.

                                                         

 

.Guillaume III de Falguières, prince-évêque de Viviers de 1292 à 1296

Dès le début de son règne, Philippe le Bel répond à la réclamation faite à son père par  l’empereur Rodolphe par un fait plus éloquent que toutes les lettres. Grâce  aux mesures de rigueur qu’il maintient en dépit des excommunications, il contraint le nouvel évêque de Viviers,  Guillaume, à se soumettre et à prendre l’engagement « d’ester à droit devant le Roi sur les articles auxquels il était tenu de droit et de coutume. » Les officiers du roi ne s’en contentent pas, « ils le poursuivirent sans relâche et en obtiennent une complète reconnaissance de la suzeraineté de la France».

 

.Aldebert de Peyre, prince-évêque de Viviers de 1297 à 1306

Peu à peu, les multiples pouvoirs locaux sont rongés par la monarchie capétienne. Puis lorsqu’ en 1304, Guidon II de Tournon, d’une vieille famille du Haut Vivarais adhère à l’appel de Philippe le Bel, pourtant excommunié par le pape Boniface VIII, c’est une page de l’histoire de Tournon et du Vivarais qui se tourne. Un an plus tard,  Aldebert de Peyre reconnaît en 1305, la suzeraineté du roi de France Philippe le Bel sur son diocèse c'est-à-dire le sud du Vivarais entérinant définitivement le lent glissement des terres vivaroises de l'Empire au royaume de France. Cet accord confirmé par Philippe le Bel le 2 janvier 1306.

 

.Louis de Poitiers (?-1327), prince-évêque de Viviers de 1306 à 1318.

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

Sous son épiscopat, à partir de 1308, le semis de fleurs de lys de Philippe Le Bel (1268-1285-1314) remplace l'aigle germanique.

                                                                                                                   

.Guillaume de Flavacourt ( ? -1359) prince-évêque de Viviers de 1319  à 1322

Sous son règne, vers1320 apparaît le baillage royal du Vivarais avec à sa tête Villeneuve-de-Berg et Boucieu-le-Roi.

Finalement, sous le règne du roi Charles V, de 1364 à 1380, tout le pays est administré par un Bailly Royal du Vivarais et du Valentinois. Les États ou assemblées du Vivarais, qui votent entre autres attributions les impôts dûs au roi, sont alors formés pour la noblesse de douze barons: ceux de Crussol, de Montlaur, de la Voulte, de Tournon, de Largentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon, de la Tourette, de Saint-Remèze, d'Annonay, de Voguë et d’Aubenas. Ils siègent ensuite après le XIV° aux Etats du Languedoc.

 

Les évêques prennent dès le XV°, le titre de comte de Viviers, princes de Donzère et de Chateaubeuf mais au lieu du titre impérial de prince d’empire, ils doivent se résigner à n’être plus que prince de Donzère, un humble bourg qu’ils possèdent de l’autre côté du Rhône dans le Bas-Dauphiné.

 

 

 

 

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 15:17

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CH.III         LES REGIONS AYANT APPARTENU AU

ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

 

N.Archevêché de Moutiers,  comté de Tarentaise 

    terre d’empire de 1032 à 1792

 

 

         

En 714, l'évêque est élevé au rang d’archevêque par le pape Léon III.

 

En 843, le territoire de ce qui deviendra le comté puis duché de  Savoie entre dans le domaine de Lothaire. Rodolphe III roi de Bourgogne-Transjuranne, ne parvient pas à s'imposer face aux grands propriétaires laïcs de son royaume : il accorde le titre de comte aux évêques qui exercent des droits fiscaux et judiciaires (fin du Xe - début du XIe siècle). Cependant, le bassin d'Aigueblanche, Salins et la Haute-Tarentaise appartiennent aux comtes de Savoie.

 

.Amizo (Aymon), comte-archevêque de Tarantaise de 990 à 996

 

A la fin du X° siècle, l’évêque de Tarentaise voit sa puissance grandir. Il est fait   comte en 996 par le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe III ce qui signifit qu’il obtient le pouvoir temporel sur l'ensemble de la vallée de la Tarentaise. Cependant les deux juridictions temporelle et ecclésiatique ne se superposent pas. Ainsi l'archevêché est définit entre le village de Savoie (situé dans la Combe de Savoie) à Laval de Tignes (aujourd'hui Val d'Isère), et de Marthod (à l'aval de Ugine) à Pralognan tandis que le comté s'étend sur la vallée de l'Isère, du castrum de Conflans à l'étroit du Siaix, sur les vallées débouchant sur Moûtiers (Vallée des Belleville et vallée de Bozel), ainsi que sur le Beaufortain. Ainsi toute la haute-Tarentaise échappe cette juridiction, et se trouve sous le contrôle d'une grande famille les Briançons, de même que les enclaves des seigneuries d'Aigueblanche et de Salins. Les Briançons portent le titre de vicomte de Tarentaise, qui leur aurait été donné par les comtes de Savoie ou par l'Empereur Henri IV, depuis Aymon Ier de Briançon, fils de Richard II. Les seigneurs de Briançons sont perçus comme une menace par les archevêques.

 

.Cuno, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise de 996 à 1006

 

.Baldophe, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1006 à ?                                                        

.Luzo, Luzon, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise vers 1020

 

.Amizo (Aymon Ier), comte-archevêque de Moutiers-Tarentaise de vers 1025 à vers 1057 

En 1032, avec  l’intégration de ce royaume dans l’empire romain germanique, il devient comte  du Saint Empire d’où les armoiries ci-dessus pratiquement identiques à celles du prince-évêque de Genève.

 

.Ebbon, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise vers 1057

 

.Annuzio II, Annuzon, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise vers 1077

 

.Héraclius, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise vers 1080

Il doit faire appel  à son suzerain l'empereur Henri IV pour régler la situation qui l’oppose au Vicomte de Tarentaise Aimery de Briançon.

Envoyé par l’empereur régler le conflit, le comte de Savoie Humbert II bat Aimery.

 

.Bozon / Boson, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise vers 1096 à 1099

 

.Pierre  Ier, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1124 à 1140

 

.Isdrael, Isdrahel, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise vers 1140/1141 à 1142

 

.Pierre II de Tarentaise, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1142 à 1174

Durant le schisme provoqué par Frédéric Barberousse, il soutient le pape légitime Alexandre III.

 

.Aymon Ier  de Briançon, comte-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1174 à 1186 puis prince-archevêque de 1186 à 1210

 

En 1186, l’archevêque-comte Aymon  reçoit de l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen le privilège lui conférant toute autorité en matière d’acquisition foncière dans son diocèse. Il devient prince du Saint Empire avec l’immédiateté impériale ce qui comme vassal le place au-dessus du comte de Savoie Humbert III qui lorgne sur ses terres et contre lequel l’empereur a un certain ressentiment pour lui avoir refusé le passage par le Col du Mont Cenis lors de son retour d’Italie. Le 5 aôut 1196, l'empereur Henri VI, confirme la concession du château de Briançon à Aymon  par bulle donnée à Turin.

 

.Bernard de Chignin, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1121 à 1122

Issu d’une vieille famille noble de Savoie propre.

 

.Jean II, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1222 à 1224

 

.Herluin de Chignin, prince-archevêque de Moutier Tarentaise de 1224 à 1248

De la même famille que Bernard.

 

.Rodolphe Ier Grossi du Chastelar ou Châtelard, prince-archevêque de Moutier Tarentaise de 1249 à 1271

Ancien évêque d'Aoste, Rodolphe Grossi prend le nom de Grossi du Châtelard par la construction d'une maison forte en ce lieu du Châtelard en la Valdigne. Lors de l'extinction de la branche aînée des Briançon, en 1254, les seigneurs     d’Aigueblanche-Briançon, Gontier et Aymeric, s'emparent de la forteresse du Pas de Briançon  qui contrôle le défilé très resserré entre la montagne et la rivière de l'Isère et donc la route qui mène à Aigueblanche, puis à Moûtiers.  Par leur acte, ils remettent en cause le fait que Aymeric IV, de la branche aînée des Briançon, avait reconnu, la suzeraineté de l'archevêque-comte de Tarentaise, son frère Aymon Ier de Briançon, puis de Bernard de Chignin. Ils remettent surtout en cause la capacité du représentant de l'empereur à pouvoir défendre les terres des dits seigneurs, dans la mesure où le siège impérial est vacant.   Le 9 février 1254, Rodolphe Ier proteste et menace d'excommunication les deux seigneurs. Cependant il renonce quatre ans plus tard en échange d'un paiement de 1 700 livres viennoises.

 

.Pierre III Grossi, prince-archevêque de Moutier Tarentaise de 1271 à 1283

Fils du noble Guillaume de Grossi, neveu de Rodolphe Grossi du Châtelard.

À la mort de l'archevêque Grossi du Châtelard, le comte Philippe Ier de Savoie, devient garant des terres du comté. En 1276, un bailli de Savoie, par ordres du comte de Savoie Philippe Ier enquête sur les revenus et droit appartenant à la famille de Aigueblanche-Briançon, et notamment sur le droit de péage de Briançon. Le 12 mars 1276, il est décidé que le château de Briançon et le droit sur la vicomté reviennent au comte de Savoie.  Le 15 avril 1279, le représentant de la famille Jean d’Aigueblanche, doyen du chapitre d'Hereford, et Aimeri, chancelier d’Hereford, son frère, consente à l'achat de leurs droits par le comte de Savoie. Les Briançon perdent le titre de « vicomte ». Le comté de Tarentaise tombe entièrement sous la sphère d'influence de la maison de Savoie.

 

.Aymon III de Bruissons, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1283 à 1297

En 1287, l'archevêque ayant perdu son titre de coseigneur de Conflans se retire dans son château de La Bâthie et concentre son action sur Moûtiers, zone de rivalités entre le comte Aymon de Savoie et le vicomte de Briançon.

 

.Bertrand Ier de Bertrand, prinnce-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1297 à 1334

 

.Jacques II de Salins ou de Salino, prince-archevêque de Moutiers Traentaise 1334 à 1341

Au XIV° siècle, les tensions entre les vassaux des comtes de Savoie et les archevêques se multiplient. En octobre 1335, Moutiers est prise par le comte de Savoie et ses fortifications démantelées. Désormais les comtes de Savoie interviennent dans la nomination des archevêques. Au cours des siècles suivant, le pouvoir temporel  de l'archevêque va se réduire encore face aux possessions des comtes de Briançon-Cœur ou des seigneurs de la Val d’Isère....                                                              

 

.Bertrand II de Novo Domno, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1341 à 1342

 

.Jean III de Bertrandis ou Bertrand, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1342 à 1365

Fils de Jean, seigneur de Brussol.

En 1358, Monseigneur Jean de Bertrand négocie avec Amédée VI le maintien de ses possessions : Moûtiers, la paroisse autour du château Saint-Jacques, le Val de Bozel, la vallée des Belleville et la Basse Tarentaise.

 

.Jean IV de Betton, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1365 à 1368

 

.Jean V de Rotariis, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1369 à 1378

 

.Humbert II de Villette, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1378 à 1379

 

.Rodolphe II de Chissey ou Chissé, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1380 à 1385

Il appartient à une famille noble originaire de Polinges en Genevois ; frère de Jean de Chissé, évêque de Grenoble. Rodolphe succède à son frère ou oncle Jean de Chissé, comme évêque de Grenoble en 1350 puis devient prince-archevêque de Moutiers Tarentaise en 1380. Il est l’oncle d’Aymon Ier de Chissé, évêque de Grenoble de 1388 à 1424  puis de Nice en 1427-1428. En 1385, le comte de Savoie Amédée VII semble avoir commandité son meurtre afin de placer des membres de sa famille ou des conseillers sur le trône de Moutiers.

 

.Adalbert, Azo, Édouard de Savoie-Achaïe, évêque de Belley puis évêque de Sion  puis prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1386 à 1395

Fils de Philippe I, comte de Piémont.

 

. Pierre IV de Collomb, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1395 à 1396

 

.Aymon IV de Séchal, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1397 à 1404

 

.Antoine de Challant, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1404 à 1418, cardinal

Fils d’Aymon II de Challant, seigneurs d'Ussel et de Fénis, frère de Guillaume de Challant,  évêque de Lausanne  de 1406 à 1431.

Le pape Clément VII le fait venir de Chambéry, où il est chancelier de Savoie, à Avignon, puis le fait nommer le 9 mai 1404 « administrateur apostolique de l'Église de Tarentaise et le 3 août, il devient archevêque.[

 

.Jean V de Bertrand, comte-évêque de Genève de 1408 à 1418, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1419 à 1432

Fils de Pierre, seigneur de La Pérouse et Chamousset.

  

 .Laurent Marc de Condolmeris, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1433 à 1438

 

.Jean VI de l’Arces (d'Arcy), prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1438 à 1454, cardinal

 

.Pierre de Savoie, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1454 à 1456

Septième enfant du duc Louis Ier de Savoie et d'Anne de Lusignan ; par ailleurs évêque de Genève. Thomas de Sur, archevêque de Tarse, administre le diocèse du fait du jeune âge de Pierre.

 

.Jean-Louis de Savoie, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1456 à 1459

Treizième enfant du duc Louis Ier de Savoie et d'Anne de Lusignan ; par ailleurs évêque de Genève. Thomas de Sur, archevêque de Tarse, poursuit son administration du diocèse en compagnie de l'évêque Hébron.

 

.Thomas de Sur, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1460 à 1472

 

.Christophe de La Rovère, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1472 à 1479, cardinal

 

.Dominique de La Rovère, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1479 à 1482, cardinal

Frère du précédent.

 

.Urbain de Chevron Villette, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise  en 1483,

Fils de Rodolphe de Villette, seigneur de Chevron.  

 

.Jean de Compey, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1484 à 1492

Ancien abbé de Sixt et de Chézery, conseiller ducal et chancelier de Savoie entre 1462 et 1464, puis évêque de Turin de 1469 à 1482 avant de devenir évêque de Genève. Suite aux remous causés par la succession de Genève, avec François de Savoie, il est excommunié par le pape, puis on lui offre  l'archevêché de Moûtiers-Tarentaise[].

 

.Corin de Plosasque, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1492 à 1497

 

.Claude de Château-Vieux, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1497 à 1516

.Jean-Philippe de Groslée, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1516 à 1559

.Jérôme de Valpergua, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1560 à 1573

.Joseph Parpaglia, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1573 à 1598                                                         

.Jean-François Berliet, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1598 à 1608

Conseiller, puis premier président de la Chambre des comptes de Savoie avant de devenir archevêque, suite à la mort de son épouse. Seigneur de Chiloup et de La Roche, il est fait baron du Bourget en 1589 par achat du titre. Il est l'ambassadeur du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie auprès de Henri IV après la signature du traité de Paris, en 1600

.

.Anastase Germonio, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1608 à 1627.

.Benoît-Théophile de Chevron Villette, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1632 à 1658.

 

.François-Amédée Milliet de Challes et d’Arvillars, prince archevêque de Mouitiers Tarentaise de 1659 à 1703

Siège vacant de 1703-1727.

 

.François-Amédée Milliet d’Arvillars, prince-archevêque, de 1727 à 1744

 

.Claude-Humbert de Rolland, prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1749 à 1770 et dernier comte.

 

.Gaspard-Augustin Laurent de Sainte-Agnès, dernier prince-archevêque de Moutiers Tarentaise de 1772 à 1783

C'est sous son règne que la souveraineté temporelle de l'archevêque est abandonnée.

                                                       

.Joseph de Montfalcon du Cengle, archevêque de Moutiers Tarentaise de 1785 à 1793

Siège vacant de 1793 à 1803.

 

.André-Marie de Maistre (1757-1818), nommé vicaire capitulaire de Tarentaise.

Fils du comte François-Xavier de Maistre.

 

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