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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 13:29

 

Avec le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843 entre ses trois petit-fils en 3 parties :.la  Francie occidentale  à l’Ouest du Rhone, de la Saône et de la Meuse  est attribuée à Charles le Chauve, la Francie Orientale à l’est  de la Meuse et du Rhin à Louis le Germanique et entre les deux la Francie Médiane  à l’ainé l’empereur Lothaire dont  la Bresse, le Bugey, ,le Valromey et le Pays de Gex font partie

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz. Bresse, Bugey, Valromey et Pays de Gex appartiennent à cette Bourgogne Transjurane.

En 879, le couronnement de Boson est à l'origine du royaume de Provence. S'il reçoit le titre royal, Boson ne prend toutefois pas la qualité de roi de Bourgogne. Son « royaume de Provence », appelé aussi « royaume d’Arles » s’étend, au nord, des rives du Doubs jusqu’aux rives de la Méditerranée au sud, il déborde sur l’Helvétie et l’Italie. Sous sa couronne se trouvent réunis une partie de la Bourgogne, le Bugey, la Bresse, le Dauphiné, la Tarentaise, la Provence et une partie du Languedoc. Boson prend Vienne pour capitale. Boson meurt en 885.

 

.Rodolphe Ier (859-911)  roi de Bourgogne de 888 à 911

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon  puis  couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année  Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :

-Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale  (923-936);

-Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

 

Maison de Bourgogne

.Rodolphe II (880-937 ) roi de Bourgogne-Provence de 934 à 937

Fils du roi Rodolphe Ier.

.Conrad Ier  dit Conrad le Pacifique (925-993) roi de Bourgogne-Provence de 934 à 993

Fils de Rodolphe II.

À la mort de son père, Conrad Ier est trop jeune pour régner.Hugues d’Arles tente de s'emparer alors de son royaume en forçant sa mère Berthe de Souabe à l'épouser. Mais ce projet d'alliance est mis en échec par l'intervention du roi de Francie Orientale (Germanie)  Otton Ier qui ne peut accepter l'unification des deux royaumes. En  938 Otton Ier se rend en Bourgogne et oblige Hugues d'Arles à retourner dans son royaume d’Italie. Otton Ier a des ambitions sur la Bourgogne, il veut un appui solide dans cette région. Otton installe alors le jeune Conrad à la cour de.Germanie Il le fait couronner roi de Bourgogne et lui fait épouser Mathilde de France, fille de sa sœur Gerberge de Saxe épouse de Louis IV d’Outremer. Otton, lui, épouse Adélaide, la sœur de Conrad, laquelle lui apporte des droits sur l’Italie puisqu'elle elle est veuve de Lothaire le fils d'Hugues d’Arles. Conrad Ier participe à des expéditions d'Otton en Francie Occidentale et en Italie.

En 962, le roi de Francie Orientale (Germanie) et d’Italie Otton Ier  restaure l’empire.

Otton protège Conrad afin d'avoir un appui dans le sud de l'empire et sécuriser l'Italie. En échange, il le protège des ambitions du roi Louis IV d’Outremer, son beau-père, sur le royaume de Bourgogne.

. Rodolphe III (vers 966-1032) roi de Bourgogne-Provence de 993 à 1032

Fils de Conrad Ier.

A sa mort, en 1032, le Royaume de Bourgogne-Provence est incorporé au Saint Empire Romain Germanique dont Bresse, Bugey, Belley Valromey, Pays de Gex

 

1. Seigneurie de Bagé et de Bresse, de Thoire et Villars, de Coligny /Comté de Bresse

a. Seigneurie de Bagé et de Bresse 

Maisons de Bagé 

Sous  Louis le Débonnaire, quatre seigneuries  importantes dominent le territoire actuel de la Bresse dont celle de Bagé qui est la ville principale. La souche des Sires de Bâgé proviendrait d'un certain Hugues Ier  qui reçoit en 830 l'abbaye de St Laurent et la seigneurie de Bâgé des mains de Louis le Débonnaire. 

.Rodolphe ( ?-1023)   seigneur de Bagé et de Bresse de 1015 à 1023

Il succède à Hugues IV en 1015  et est le premier à porter le titre de seigneur de Bagé et de Bresse, dominant aussi sur une partie de la Dombes.

.Renaud  Ier ou Raynald ( ?-1072 seigneur de Bagé et de Bresse de 1023  à 1072

Fils du Précédent.

Il envoie 2000 hommes au comte de Savoie et de Maurienne  pour l’aider dans sa lutte contre les Sarrasins en Provence. Il en rapporte un important butin et fait le vœu de le consacrer à la construction d’une église.

 

. Henri III dit le Noir (1017-1056) roi des Romains en 1039 et couronné empereur des Romains en 1046. roi de Bourgogne-Provence de 1039  à 1056

Fils de l'empereur Conrad II le Salique et de Gisèle de Souabe

.Henri IV (1050-1106) empereur du Saint Empire en 1084,roi de Francie Orientale (Germanie), roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1105

  

.Ulrich Ier ( ?- 1075) seigneur de Bagé et de Bresse de 1072 à 1075

Fils de Renaud Ier.

Il concrétise  le vœu de son père Renaud Ier en construisant l'Eglise de St André de Bâgé. 

.Josserand ( ?-1110) seigneur de Bagé et de Bresse de 1075  à 1110

Fils du précédent.

Il est un seigneur puissant dans la région.

 

.Henri V (1086- 1125), roi des Romains en 1099, empereur de 1111 à 1125 roi de Francie Orientale (Germanie), roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1105 à 1125

 

.Ulrich II ( ?-  1125) seigneur de Bagé et de Bresse de 1110 à 1125

Fils du précédent.

 

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137) roi des Romains en 1125,empereur du.Saint Empire en 1133, roi de Francie Orientale (Germanie), roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1125 à 1137

 

.Renaud II ( ?-1153) seigneur de Bagé et de Bresse de 1125 à 1153.

Fils du précédent.

La seigneurie de Bagé et de Bresse  étend sa domination pratiquement sur toute la Bresse jusqu’à Bourg.

 

.Frédéric de Hohenstaufen dit Barberousse (1122-1190) roi des Romains en 1152, empereur du Saint Empire en 1155, roi de Francie Orientale (Germanie) , roi d’Italie, roi de Bourgogne Provence de 1152 à 1190 (couronné à  Saint Trophime d’Arles  en 1178)

 

.Renaud III ( ?-1180)  seigneur de Bagé et de Bresse de 1153 à 1180

Fils de Renaud II .

 

 Henri VI, dit « le Sévère (1165-1197)  roi de Francie Orientale (Germanie), empereur du Saint Empire en 1191, roi de Sicile de 1194 à sa mort.

Fils de Frédéric Ier Barberousse. 

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177 - 1208 ),roi des Romains en 1198 , roi de Francie Orientale (Germanie)  de 1198 à 1208.

En 1198, deux rois des Romains sont élus: Philippe Ier de Hohenstaufen et Otton d Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti d'Otton IV, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208  

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214.

 

.Ulrich III ( ?-1220)  seigneur de Bagé et de Bresse de 1180 à 1220 

Fils de Renaud III.

Son fils Guy part à la croisade mais n’en revient pas ; sa fille Marguerite  épouse Humbert V de Beaujeu.

D’un second mariage, il a deux autres fils Renaud et Hugues.                                                                                                                

.Renaud IV ( ?-1250) seigneur de Bagé et de Bresse de 1220 à 1250

Fils du précédent. Il épouse en 1229  Sybille de Beaujeu, sœur d’Humbert V de Beaujeu, qui lui apporte en dot Chatillon les Dombes.

Le domaine de la maison de Bagé est alors à son apogée et s’étend sur une centaine de communes de ce qui deviendra le département de l’Ain soit à peu près le quart du territoire.

 

. Frédéric II de Hohenstaufen  ( 1194-1250) roi des Romains PUIS  empereur du Saint-Empire de 1220 à 1250, roi de Francie Orientale (Germanie, roi d’Italie, roi de Sicile, roi de Bourgogne-Povence de 1212 à 1250

.Guy ( ?-1255)  seigneur de Bagé et de Bresse de 1250 à 1255

Fils du précèdent. Mineur quand son père meurt à la croisade, Il a pour tuteur Philippe de Savoie, futur comte de Savoie.

C’est lui  qui en 1250 accorde les chartes de franchise à  Bagé, Bourg  et Pont de Vaux.

Ses frères meurent avant lui sans postérité ; Il meurt jeune laissant une fille Sybille qui hérite de la seigneurie.

.Sybille ( ?-1294)   seigneur de Bagé et de Bresse de 1255 à 1294

Elle a également pour tuteur Philippe de Savoie qui lui fait épouser en 1272 son neveu Amédée V de Savoie.

Par la suite la Maison de Savoie conserve les possessions de la maison de Bagé.

 

.Grand Interégne de 1256 à 1273

.Guillaume Ier de Hollande, anti-roi de Francie Orientale de 1254 à 1256 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Richard Ier de Cornouailles, roi de Francie Orientale de 1257 à 1272

.Alphonse de Castille anti-roi de Francie Orientale de 1257 à 1272 (contre Richard Ier)

 

.Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale Germanie), roi des Romains (empereur) en 1273 ,roi de Bourgogne-Provence de 1273 à 1291, Landgraf de Haute Alsace

 

b.Seigneurie de Coligny

Coligny était situé partie en Bresse, partie en Franche-Comté. La partie dépendant du comté de Bourgogne était appelée Coligny-le-Vieil pour la distinguer de l'autre qu'on nommait Coligny-le-Neuf.

.Hugues de Coligny ( ?- 1205), seigneur de Coligny

Frère d‘Amédée, il épouse, en 1193, Béatrice d'Albon (1162-1228), déjà deux fois veuve qui est la fille de Béatrice de Montferrat et de Guigues V d'Albon, Dauphin du Viennois. De leur union naissent deux filles, Béatrice et Marie.

.Béatrice de Coligny, seigneur de Coligny 

Elle épouse en 1255 Albert III de La-Tour-du-Pin et lui apporte en dot une grande partie du domaine des Coligny (y compris Sainte-Julie) dont elle est l'héritière.

En 1259, à la mort d'Albert, son frère Humbert de La-Tour-du-Pin hérite de ses titres.

.Humbert, seigneur de Coligny de 1259 à 1285

Le 31 aout 1273, il épouse Anne de Bourgogne, sœur du Dauphin Jean Ier de Viennois. Suite au décès de Jean de Viennois, le 4 septembre 1282, Anne hérite des domaines de son frère, et transmet le titre de Dauphin à son époux, qui devient Humbert Ier de Viennois.

.Robert II de Bourgogne, duc de Bourgogne, seigneur de Coligny de 1285 à 1289

Profitant de la mort du dauphin Jean, le duc de Bourgogne Robert II, souhaitant accroître son territoire, entre en guerre avec Humbert de la Tour du Pin. Finalement un accord est passé en 1285.

Le duc laisse à Humbert le titre de dauphin, mais en échange celui-ci lui cède la région du Revermont. Le comte de Savoie se considérant lésé par ces arrangements, se met d'accord avec le duc pour faire un échange de possessions en 1289.

 

.Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313 , roi d’Italie de 1311 à 1313, roi de Bourgogne-Provence de 1311 à 1313 empereur de 1311 à 1313

 

.Amédée V (1253 -1323)  seigneur de Bagé et de Bresse de 1272 à 1323             comte de Savoie de  1285 à  1323,  seigneur de Coligny de 1289 à  1323

Amédée V, comte de Savoie épouse en 1272 Sybille de Bagé.

En 1310, la transaction de 1289 est validée : Amédée V est investi de la seigneurie de Coligny par son empereur Henri VII  de Luxembourg devenant ainsi souverain de pratiquement toute la Bresse.

c.Seigneurie de Thoire et Villars

Villars-les-Dombes, s’appelait autrefois Villars en Bresse ce qui montrait  son appartenance à la Bresse.

Maison de Thoire-Villars

La seigneurie de Villars est attestée en archives dès 940 ; près de Matafelon, sur un rocher, un seigneur bâtit un château-fort vers 1050 ; ses descendants, les sires de Thoire deviennent ensuite de puissants seigneurs dans l’est du  Haut-Bugey ; à la même époque apparaissent les seigneurs de Villars qui possèdent la Dombes avec une partie du Lyonnais ; par mariage en 1186, ces deux familles s’unissent et fondent  la  seigneurie de Thoire et Villars.

.Humbert VI ( ?  ), seigneur de Thoire et Villars de   ? à 1394

A la mort de son neveu Humbert VII, il hérite des terres du Haut Bugey ainsi que le comté de Genève  qu’il cède le 5 aout 1401 au comte de Savoie Amédée VIII pour 45 000 florins d’or et au duc de Bourgogne Louis II de Bourbon moyennant 30 000 francs or, les seigneuries en Dombes, de Trévoux, Ambérieu et du Châtelard.  

.Humbert VII ( ?- 1400), seigneur de Thoire et Villars de 1394  à 1400
Fils du précédent. Il épouse Marie de Genève, fille du comte Amédée III de Genève, petite-fille du comte de Savoie Amédée V. Il succède à son beau-père comme comte de Genève en 1394.
.Odon (1354-1414) seigneur de Thoire et Villars, comte de Genève de 1400 à 1401

Fils de Jean de Thoire-Villars, frère d’Humbert VI. Il épouse Alix des Baux. Damoiseau du comte de Savoie Amédée VI dit le comte vert, puis capitaine du pape Clément VII (Robert de Genève), frère de Marie de Genève, puis au service d’Amédée VIII de Savoie.  

2. Seigneurie du Valromey 

Pour le Valromey, l’homme fort au milieu du XI° siècle est  le comte de Genève Gérold qui compte parmi les domaines dont il a été investi par l’empereur Henri IV  avec le Val, le Colombier et la Michaille. 

Le Valromey et la Michaille constituent la dot de Jeanne de Genève en  1077 lors de son mariage avec Amédée II comte de Maurienne et de Belley, petit-fils  d’Humbert Ier aux Blanche Mains fondateur de la Maison de Savoie,  cession qui ne peut être que confirmer par l’empereur Henri IV qui a épousé Berthe la sœur d’Amédée.

 Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, roi de Bourgogne en 1056, roi d’Italie en 1080, empereur de 1084 à 1105,

Fils de l’empereur Henri III.

.Henri V (1086 –1125),roi de Francie Orientale (Germanie) de 1099 à 1125, roi d’Italie en 1098 , roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1125, empereur de 1111 à 1125

Fils d’Henri IV.

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137), roi de Francie Orientale (Germanie) roi de Bourgogne-Provence de 1125 à 1137,empereur romain germanique de 1133 à 1137

.Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152) roi de Francie Orientale (Germanie) roi de Bourgogne-Provence de 1138 à 1152 roi des Romains (empereur) de 1138 à 1152

Maison de Beaujeu

.Humbert III "le Vieux" ( ?-1194), seigneur de Beaujeu

Fils de Guichard III ; beau-frère de Guigues Ier, comte de Forez.

Vers les années 1140, Humbert III de Beaujeu dit « le Vieux » épouse Alise de Savoie, fille du comte de Savoie Amédée III. Humbert est vassal du roi de France alors qu’Amédée III est vassal de l’empereur  Conrad III de Hohenstaufen, il ne reçoit le Valromey qu’en propriété-jouissance, Amédée conservant la suzeraineté sur ce fief.

.Louis Ier de Forez ( ?-1295), prince des Dombes, comte de Forez, seigneur de Beaujeu, seigneur de Bugey et de Valromey  de  1272  à 1295

Fils de Renaud Ier, comte de Forez  et d’Isabelle de Beaujeu ; frère de Guigues VI.

En 1272,sous le Grand Intérègne (absence d’empereur de 1256 à 1273),  il est seigneur  du Valromey 

.Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale, roi des Romains (empereur) en 1273 roi de Bourgogne-Provence de 1273 à 1291, Landgraf de Haute Alsace

Mais par un traité de 1285, il échange ses possessions lointaines du Bugey-Valromey avec son beau-frère Louis de Savoie, baron de Vaud, frère cadet  du comte  Amédée V contre deux seigneuries de Champléon en Forez et Lai en Beaujolais. Désormais les Beaujeu ne possèdent plus rien en Valromey devenu  possession  de la branche cadette de la maison de Savoie.

 

.Adolphe de Nassau, (avant 1250- 1298) roi de Francie Orientale de 1292 à 1298, roi de Bourgogne-Provence de 1292 à 1298, empereur de 1292 à 1298

 

Maison de Savoie-Vaud

.Louis Ier de Vaud-Savoie, seigneur de Valromey de 1295  à 1303, seigneur de Vaud de 1285 à 1303

Fils de Thomas, ancien comte de Flandre, et de Béatrice Fieschi, nièce du pape Innocent IV. Petit-fils de Thomas Ier, neveu de Pierre II.

Il se prépare dès 1282 à la succession de son oncle Philippe Ier, recueillant de nombreux hommages vassaliques en Pays de Vaud et s'assurant de l'appui de l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg, pourtant ennemi des Savoie.

En 1283, il épouse Jeanne de Montfort, veuve de Guigues VI, comte de Forez, seigneur de Bugey et de Valromey qui lui amène en dot ces deux dernières seigneuries. Il consolide la présence savoyarde dans l'ouest lémanique en fondant Morges en 1286, en écrasant les Cossonay-Prangins et en confisquant leurs châtellenies de Prangins et de Nyon. La rivalité qui éclate avec son frère le comte Amédée V  de Savoie  nécessite de nombreux arbitrages, qui lui accordent  le Pays de Vaud, le Bugey et le Valromey, il mène une politique personnelle en direction de la Franche-Comté et de l'Alémanie, se faisant prêter de nombreux hommages vassaliques et étant reçu bourgeois de Berne en 1297. Aspirant à une dignité princière, il porte à plusieurs reprises le titre de comte et frappe monnaie, en dépit des protestations des évêques de Genève et de Lausanne.

 .Albert Ier de Habsbourg, (1255-1308), roi de Francie Orientale de 1298 à 1308, ,roi de Bourgogne-Provence de 1298 à 1308 empereur de 1298 à 1308

Fils de Rodolphe Ier.

 

.Louis II de Savoie, seigneur de Valromey de 1303 à 1350

Fils du précédent.

 

.Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313 , roi d’Italie de 1311 à 1313, roi de Bourgogne-Provence de 1308 à 1313,  empereur de 1311 à 1313

 

.Catherine de Savoie-Vaud, seigneur de Valromey de 1350 à 1359

Fille de Louis II de Savoie et sa seule héritière.

En 1350  elle vend par un acte signé à Morges le 30 janvier 1359 et ratifié par un acte passé le 9 juillet 1359 chez l’évêque de Belley, Guillaume de Martel  le Valromey au Comte de Savoie Amédée VI le comte vert.

 

.Charles IV de.Luxembourg(1316-1378), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1346 à 1378,comte de Luxembourg de 1347 à 1352, roi de Bohême de 1346 à 1378 , roi d’Italie de 1355 à 1378. roi de Bourgogne-Provence de1365 à 1378, empereur (Charles IV) de 1355 à 1378

 

Maison de Savoie 

.Amédée VI dit le comte vert, seigneur de Valromey en 1359, comte de Savoie, de Maurienne

Tous les vassaux du Valromey  reçoivent notification de leur nouveau suzerain direct qui entreprend une grande chevauchée dans ses nouvelles terres pour recevoir l’hommage qui se fait à Belley du 8 au 10 juillet 1369. A partir de cette date ce sont les comtes de Savoie puis ducs de Savoie qui possèdent la seigneurie du Valromey.

.Amédée VII dit le comte rouge, seigneur du Valromey en 1383, comte de Savoie

 

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437)) , roi de  Hongrie  de 1387, roi de Francie Orientale(Germanie) ), duc de Luxembourg de 1419 à 1433, roi de Bohême de 1419 à 1437,empereur des Romains  de 1433.à 1437

En 1416 à Chambéry, l’empereur Sigismond de Luxembourg fait duc le comte de Savoie Amédée VIII.

.Amédée VIII de Savoie (1383-1451), comte puis duc de Savoie en 1416

Au début du XV° siècle, la maison de Savoie possède donc la quasi-totalité de l’Ain actuel sauf une partie de la Dombes qui appartient au seigneur de Beaujeu. Elle le reste jusqu’en 1601.

Les terres de l'abbaye de Nantua et de l'évêque de Belley ne font alors pas partie juridiquement des États de Savoie mais en dépendent.

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493) duc d’Autriche (Frédéric V) de 1457 à 1493,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1486 roi des Romains en 1440 puis empereur de 1452 à 1493, roi d’Italie de 1452 à 1493

.Louis de Savoie (1413-1465) duc de Savoie de 1440 à 1465

Fils du précédent.  

.Philippe II de Savoie, dit Sans Terre, appelé aussi Philippe de Bresse, (1438-1497) comte de Bresse en 1460, puis duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne de 1496 à 1497.

Fils de Louis Ier, duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, et d'Anne de Lusignan.

La seigneurie de Bagé est élevée au rang de comté en 1460.  Bourg  est  alors choisi par les ducs de Savoie comme capitale de la Bresse

Philippe commence par se révolter contre son père, mais est vaincu et Louis XI, sur la demande de son père, le retient prisonnier au château de Loches de 1464 à 1466. Libéré, il prend le parti du duc de Bourgogne Charles le Téméraire contre Louis XI. Il est un des principaux opposant aux ducs de Savoie et aux régentes. Il finit par devenir duc, à la mort de son petit-neveu Charles II, et meurt l'année suivante.

Il épouse Marguerite de Bourbon (1438 -1483), fille de Charles Ier, duc de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne avec laquelle il  a :

-Louise (1476 -1531), marié en 1488 à Charles d’Orléans, comte d'Angoulême  dont le fils est le futur roi de France François Ier

-Jérôme.                                                                                                                        -Philibert, futur duc de Savoie Philibert II.

Veuf, il se remarie  en 1485 avec Claudine de Brosse avec laquelle il a  6 enfants dont :

-Charles futur duc de Savoie  Charles III.                                                                   

-Philippe, futur comte de Genève, baron de Faucigny, duc de Nemours.

Le château de Pont-D'ain, restauré par le comte de Savoie Amédée V le Grand devient l'une des résidences favorites des princes : Louise de Savoie, mère de François Ier, y naît.  

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519) archiduc d’Autriche, roi de Francie Orientale (Germanie) de 1486 à 1519, duc de Bourgogne de 1477 à 1482, empereur de 1505 à 1519

Fils de l’empereur Frédéric III.

 

.Philibert II le Beau (1480 -1504), comte de Bresse, duc de Savoie de 1496 à 1504

Fils de Philippe II. Marié en 1496 à Yolande de Savoie (1483-1499) puis en 1501 à Marguerite d'Autriche  (Habsbourg) (1480-1530).

Marguerite d’Autriche  (sœur de l’empereur Maximilien de Habsbourg et donc fille de Marie de Bourgogne, petite-fille de Charles le Téméraire et donc la tante de l’empereur Charles Quint) réside avec lui au château de Pont d’Ain. En 1504, à la mort de Philibert, elle reçoit les pays de l'Ain en douaire.

Si les liens entre la maison de Savoie et celle de Luxembourg ont été profitables à la première en la faisant accéder à la couronne ducale, cette union entre la maison de Savoie et celle de Habsbourg aurait peut-être pu permettre à la maison de Savoie d’obtenir la couronne du royaume de  Bourgogne revendiquée sans succès par Charles le Téméraire si la mort subite de Philibert n’était pas intervenue.

A partir de 1506 en son souvenir de son cher époux, Marguerite fait édifier l’abbatiale de Brou  ou elle repose à ses côtés. (Un des vitraux de l’église abbatiale  représente  à gauche de l’écu de Marguerite l’aigle bicéphale du Saint Empire).                                                     

3. Evêché de Belley / Seigneurie du Bugey

Humbert Ier de Savoie apparait, en 1003, pour une concession faite par son parent l'évêque de Belley. Il semble que l'on se serve de cet événement pour donner le titre de comte du Bugey à la Maison de Savoie, confirmé (?) lors de la signature du concile d'Anse en 1025. En 1077, le comte Amédée II de Savoie reçoit de l'empereur Henri IV du Saint-Empire la confirmation de ses droits sur la seigneurie du Bugey.

Vers 1086 apparaissent sur les bords de l’Ain, les seigneurs de Thoire qui étendent leurs fiefs sur une grande partie du Haut Bugey en s’opposant violemment aux prieurs de l’Abbaye de Nantua fondée au VII°. 

L’évêché de Belley dépend alors de l’archevêché de Besançon (comme ceux  de Lausanne et de Bâle). Dans le Bas Bugey, les évêques de Belley possèdent maints territoires et villages. Au XIIe siècle, le peuplement du Bugey s'accélère et la densité de population devient forte. Constitué autour de l'évêché de Belley, le Bugey s'étend au fur et à mesure des conquêtes de la Maison de Savoie, à tous les pays situés entre le Rhône et l'Ain, y compris le Valromey, la Michaille.
Au 13e siècle les évêques de Belley et les abbés du voisinage possèdent la majeure partie du Bugey. Mais ils sont peu à peu contraints de passer sous la mouvance des comtes de Savoie.

 

.Aimon, comte-évêque de Belley vers 1034 à 1044

 Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1106) , roi d’Italie en 1080, empereur de 1084 à 1106,

Fils d’Henri III.

.Gauceran, comte-évêque de Belley vers 1070

En 1077, Amédée II de Savoie est investi de la seigneurie du Bugey par l’empereur Henri IV.

.Ponce I, comte-évêque de Belley de 1091 à 1116

.Amicon, comte-évêque de Belley de vers 1118 à 1121

.Ponce de Balmey, comte-évêque de Belley de vers 1124 à 1129

De la famille des seigneurs du Balmey dans le Bugey ; fils de Notthbold du Balmey.

.Berlion de la Tour, comte-évêque de Belley vers 1134

De la famille de la Tour du Pin en Dauphiné.

.Bernard de Portes, comte-évêque de Belley de 1134 à 1140

.Guillaume I, comte-évêque de Belley de 1141 à 1160

.Ponce de Thoire, comte-évêque de Belley vers 1162

De la famille de Thoire.

 

.Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse (1122-1190),duc de Souabe et d’Alsace, comte palatin de Bourgogne (Franche-comté) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1155 à 1190, roi de Bourgogne-Provence de 1152 à 1190, empereur romain germanique de 1155 à 1190

 

.Anthelme, comte-évêque de Belley, de 1163 à 1178, prince-évêque à partir de 1175

Né en 1107 au château de Chignin en Savoie.

Nommé évêque, il attend un ordre du pape Alexandre III contre lequel l’empereur a désigné comme anti-pape Victor IV pour accepter sa nomination.

Il doit défendre ses terres du Bugey  contre les prétentions du  comte de Savoie Humbert III. Mécontent de l’attitude de son vassal  le comte de Savoie Humbert III qui lui a refusé le passage par le col du Mont Cenis à son retour d’Italie et malgré le fait qu’Anthelme soutienne le pape Alexandre III, l’empereur  Frédéric Ier de Hohenstaufen le fait prince du Saint Empire en l’investissant de tous les pouvoirs temporels sur la ville et ses dépendances.

Il meurt en 1178.

.Renaud, prince-évêque de Belley de 1178 à 1184

.Arthaud, prince-évêque de Belley de 1188 à 1190

.Eudes II, prince-évêque de Belley en 1190

.Bernard II, prince-évêque de Belley de 1198 à 1207

Au 13e siècle les évêques de Belley et les abbés du voisinage possèdent la majeure partie du Bugey. Mais ils sont peu à peu contraints d'associer les comtes de Savoie.

.Benoit de Langres, prince-évêque de Belley vers 1208

.Bernard de Thoire-Villars, prince-évêque de Belley de 1211 à 1212

.Boniface de Thoire-Villars, prince-évêque de Belley vers 1213

.Jean de Rotoire, prince-évêque de Belley

.Pierre de Saint-Cassin, prince-évêque de Belley

.Boniface de Savoie ( ? -1270), prince-évêque de Belley de 1232 à 1240, archevêque de Canterbury et primat d’Angleterre en 1241, évêque de Durham,

Fils du comte de Savoie Thomas Ier.

.Bernard IV, prince-évêque de Belley en 1244

.Pierre II, prince-évêque de Belley de 1244 à 1248

.Thomas de Thorimbert, prince-évêque de Belley en 1250

.Jean de Plaisance, prince-évêque de Belley de 1255 à 1269

.Bernard V, prince-évêque de Belley vers 1272

.Berlion d'Amisin, prince-évêque de Belley  de vers 1280 à 1282

.Guillaume, prince-évêque de Belley de 1282 à 1287

.Pierre de La Baume, prince-évêque de Belley de 1287 à 1298

Il ne reste plus aucune trace aujourd’hui du château que l’on appelait de la Baume en Bugey. La Maison de Baume, seigneur de Ratte est originaire du Bugey et compte parmi les plus anciennes familles nobles de la province de Bresse.

.Jean de La Baume, prince-évêque de Belley

En 1300, le Bas-Bugey est le théâtre d’une guerre entre le Dauphin et le comte de Savoie ; le château d’Ambérieu est pris par le dauphin.

.Thomas II, prince-évêque de Belley en 1309

.Jacques de Saint-André, prince-évêque de Belley en 1325

.Amédée, prince-évêque de Belley en 1345

.Guillaume de Martel, prince-évêque de Belley de 1356 à 1368

. Edouard de Savoie-Achaïe, prince-évêque de Belley de 1370 à 1373 puis évêque de Sion avant de devenir archevêque de Tarentaise 1386 - 1395.

Fils du comte de Piémont Philippe Ier de Savoie.

.Nicolas de Bignes, prince-évêque de Belley de 1374 à 1394

.Rodolphe de Bonet, prince-évêque de Belley vers 1401 à 1413    

Le 29 janvier 1401, l'évêque de Belley, Rodolphe de Bonet, accepte de signer un acte d'alliance  avec le comte de Savoie (le pape sanctionne  en 1408 par une bulle la validité de cet accord).

.Guillaume Didier, prince-évêque de Belley de 1430 à 1437

.Perceval de La Baume, prince-évêque de Belley

.Aimeric Segaud, prince-évêque de Belley

.Pierre de Bolomier, prince-évêque de Belley vers 1458

De la famille des Fabius de Rome  ayant pris le nom de Bolomier avec le fils de Gérard, Guillaume de Bolomier, ambassadeur à Rome  du Duc de Savoie près du pape Martin V.

.Guillaume de Varax, prince-évêque de Belley vers 1461 à 1467

La seigneurie de Varax est dans la première moitié du XIIIe siècle, sous la suzeraineté des comtes de Savoie. Cette seigneurie passe ensuite à une famille qui en porte le nom et dont le représentant connu le plus ancien est Ulrich de Varax, chevalier et seigneur de Romans, vivant dans les années 1250-1272. Georges de Varax est conseiller et Chambellan du duc Louis Ier de Savoie (1461-1465)

.Jean de Varax, prince-évêque de Belley de 1467 à 1505

.Claude d’Estavayer, prince-évêque de Belley en 1507

.Philippe de la Chambre prince-évêque de Belley vers 1530

Il appartient à la Maison de la Chambre, importante famille de la Maurienne en Savoie.

.Antoine de La Chambre, prince-évêque de Belley de 1536 à 1575

 

.Rodolphe II de Habsbourg (1552-1612) archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1576 à 1612 roi de Hongrie et de Croatie de 1608 à 1612, roi de Bohême. de 1576 à 1612, roi des Romains (empereur) de 1575 à 1612

Fils de Maximilien II et de Marie d’Autriche, fille de Charles Quint.

 

.Jean-Godefroi Ginod, prince-évêque de Belley de 1576 à 1604

Sous son règne par le traité de Lyon signé en 1601 entre le duc de Savoie  Charles-Emmanuel Ier et le roi Henri IV les terres de l’évêché comme celles du Bugey appartenant à la maison de Savoie sont rattachées au Royaume de France.

4. Seigneurie / Baronnie de Gex,

Le Pays de Gex appelé pagus equestris dépend alors de l'archevêché de Besançon. La seigneurie de Gex s'étend elle  du pont de Bargen sur l'Aar (canton de Berne) à Chatillon en Michaille. Elle comprend une dizaine de châteaux : Gex, Divonne, La Bâtie, Horimont (Gex), Flies, Pouilly, St Jean de Gonville, Pougny, Ecorans, Pierre, la Cluse de Gex (Collonges), répartis sur la frontière et sur le chemin du pied du Jura. Le Comte de Genève devient maître de la baronnie de Gex entre 1124 et 1137.

.Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1212 à 1250 , roi d’Italie de 1198 à 1250, roi de Sicile de 1198 à1250, roi de Bourgogne-Provence  de 1198 à 1250  , empereur de 1220 à 1250

Maison de  Genève

.Amédée Ier (décédé en 1211) seigneur de Gex de ?   à  1211

Fils du comte de Genève Amédée Ier. Il est l’époux de Poncia, fille d’Humbert de Thoire-Villars ; lui succède son fils Etienne, seigneur de Gex de 1211 à 1235.

.Etienne ( ?- 1235) seigneur de Gex de 1211 à 1235 

Fils du précédent.

.Amédée II ( ?-1247), seigneur de Gex de 1235 à 1247

Frère du précédent ; deuxième fils d’Amédée Ier. Il épouse Béatrice fille d’Ulrich IV  de Bagé.

.Léonète ( ?-1302), baronne  de Gex de 1247 à  1302

A la mort d'Amédée II de Gex, sa fille aînée Léonète hérite de la baronnie et  épouse Simon II de Joinville, fils de Simon de Joinville et de Béatrice ou Béatrix d’Auxonne, dame de Marnay.

Simon II est le beau-frère de Pierre de Savoie. A la mort de celui-ci dont la fille Béatrice de Faucigny a épousé Guigue Dauphin de Viennois, les Joinville se trouvent dans un inextricable jeu d'alliances

 

Maison de Joinville

.Guillaume de Joinville (? - 1310), baron de Gex de 1302 à 1310

Fils des précédents ; marié à Jeanne, fille de Louis Ier de Savoie baron de Vaud et fils de Thomas II de Piémont, de qui il a :

.Hugues de Joinville (? - mai 1347/48), baron de Gex de 1310 à 1347/1348

Marié à Jeanne fille d'Henri de Montfaucon ; n'ayant pas eu d'enfant, sa succession revient à sa sœur Éléonore, mariée à Hugues de Genève.

.Hugues de Genève, dernier baron de Gex de 1347/1348 à 1353

Fils d'Amédée II de Genève, marié à Éléonore de Joinville (? - 1360), par qui lui échoit le titre de baron.

Maison de Savoie

En 1353 la ville de Gex est prise par les Savoyards, et le pays de Gex est incorporé pendant près de deux siècles aux Etats de Savoie ; cette annexion est entérinée par le traité de Paris de 1355.

En 1535, Bourg en Bresse est pris par les Français et repris par le duc Philibert  Emmanuel de Savoie qui la transforme en place forte. A la mort du duc de Milan, duché sur lequel François Ier maintient ses prétentions, celui-ci commence la Huitième guerre d’Italie ( 1536-1538) et au début janvier 1536 avant de se rendre combattre en Italie occupe avec 40 000 Hommes la Bresse, le Bugey, le Valromey , le Faucigny ,une partie du Genevois, la Savoie propre, la Tarentaise et la Maurienne tandis que ses alliés de fait les Bernois envahissent les Etats de Vaud, le Pays de Gex, la partie du Genevois autour de Saint Julien en Genevois et le Chablais de Genève à la  Dranse de Thonon  tandis que les  Valaisans occupent le Chablais de la Dranse jusqu’à Saint Maurice avec les vallées d’Abondance et d’Aulps. Le 30 janvier 1536, les armées bernoises investissent  Divonne et Gex. Au printemps Berne est maîtresse du pays de Gex. Son administration est confiée à un bailli nommé pour six années et responsable devant le Grand Conseil de Berne. Six baillis se succédèrent de 1536 à 1567, tous appartiennent à de grandes familles bernoises. Ils conservent les structures judiciaires et administratives, confirmant dans leurs droits les seigneurs locaux ; seule la seigneurie de Fernex, bien ecclésiastique, est vendue à Hugues bâtard de Gingins.                                                                                                                                                                                                          

La onzième et dernière guerre d’Italie de 1556 à 1559  se termine à la suite de la victoire de Saint Quentin par le duc de Savoie Emmanuel Philibert, général des armées impériales de l’empereur et de Philippe II roi d’Espagne qui contraint le roi de France Henri II de signer le traité de Cateau-Cambrésis par lequel il doit restituer au duc de Savoie les territoires occupés par la France dont la Bresse et le Bugey. En 1560, François II rend leurs possessions aux ducs de Bourbon qui récupérèrent également leurs possessions de Dombes. L'empereur n'ayant pas eu l'ambition de contrer le roi de France lorsqu'il avait confisqué ce territoire relevant pourtant de sa juridiction, les ducs de Bourbon érigent la Dombes en petite souveraineté indépendante dont Trévoux devint, suite logique à l'ampleur prise par la ville à la fin du Moyen Âge, la capitale.

Le duc de Savoie engage les hostilités contre Genève dans l'été de 1585.

 

.Rodolphe II de Habsbourg (1552-1612)  archiduc d’Autriche,  roi de Hongrie et de Croatie de 1608 à 1612, roi de Bohême. de 1576 à 1612, roi des Romains (empereur) de 1575 à 1612

Fils de Maximilien II  et de Marie d’Autriche, fille de Charles Quint.

.Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580- 1630)

Fils d’ Emmanuel-Philibert, il conserve le vieux rêve de reconstituer à son profit le Royaume de Bourgogne-Provence ; mais son espoir s’avère vain.

Henri IV  envahit le pays, détruit un grand nombre de Châteaux ; Bourg en Bresse tombe mais sa citadelle une des plus imprenables résistent six mois.  Henri IV occupe la Savoie en 1600 (deuxième occupation par la France).  Pris, repris, le Pays de Gex est systématiquement pillé par les troupes ducales et genevoises. Celles-ci, avec l'appui d’Henri IV occupent finalement le pays. Charles Emmanuel Ier doit signer le 17 janvier 1601 le Traité de Lyon  par lequel il cède au royaume de France la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex qui sont rattachées alors au duché de Bourgogne. Le comté de Bresse ne fait plus partie de facto du Saint Empire romain germanique.

Seul le  «  Chemin des Espagnols » (Vallée de la Valserine) reste au Duché de Savoie (par ce chemin  commençant à Gênes, et  passant par la commune de Clarafond, le pont de Grésin, la vallée de la Valserine et la Franche-Comté, les troupes espagnoles peuvent aller, grâce à l’alliance avec les Ducs de Savoie et les Ducs de Lorraine, de la Méditerranée au Pays-Bas sans toucher les territoires français

 

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 17:12

 

 

En 843 au traité de Verdun, Lothaire, ainé des fils de l’empereur Louis le Pieux reçoit à l’issue de la guerre l’opposant à ses frères Charles le Chauve et Louis le Germanique, outre le titre d’empereur, la Francia media, vaste territoire allant de la mer du Nord à l’Italie séparé du royaume de Francia occidentalis attribué à Charles par l’Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhin et du royaume de Francia orientalis attribué à Louis par le Rhin, l’Aar et les Alpes. Avant de se retirer à l’abbaye de Prüm, l’empereur Lothaire partage son royaume avec ses fils : l’ainé, Louis II reçoit le titre d’empereur et l’Italie, Lothaire II reçoit au nord un ensemble de territoire comprenant la Frise, les Pays Bas (correspondant à la Belgique et aux Pays Bas actuels), le futur comté puis duché de Bar, le duché de Lorraine stricto sensu et l’Alsace. Enfin Charles reçoit entre les deux le Lyonnais et la Provence. A la mort sans héritier de Lothaire II en 869, les droits de son frère Louis II sont contestés par son oncle le roi de Francie occidentale Charles le Chauve qui vient à Metz se faire couronner empereur ce qui suscite l’intervention de l’autre oncle le roi de Francie orientale Louis le Germanique qui impose un nouveau partage par le traité de Meerssen de 870. Louis le Germanique s’attribue les pagi de Trêves, de la Nied, de la Sarre et la Blies avec Aix la Chapelle, Metz et la Frise tandis que Charles le Chauve s’attribue ceux de Toul, Verdun, Saint Mihiel, le Saintois et le Chaumontois. En 882, l’unité du Royaume des Francs est rétabli momentanément par l’empereur Charles III le Gros, troisième fils du roi Louis le Germanique. Mais dès 887 celui-ci est déposé par la diète de Tribur et remplacé par un bâtard de son frère Arnulf de Carinthie qui récupère l’Alsace et la Lorraine qu’avait occupée Charles le Gros en 882 en violation du Traité de Meerssen. En 888, Arnulf de Carinthie, fils bâtard de Carloman de Bavière, est proclamé roi en Francie Orientale (Germanie), Lotharingie et Italie et devient empereur. En mai 895, Arnulf intronise son fils bâtard Zwentibold comme roi de Lotharingie. Les frontières de ce royaume coïncidaient sans doute en grande partie avec celles du royaume de Lothaire II, mais elles ne comprenaient probablement plus la Frise. Les historiens ne sont pas d'accord sur le point de savoir dans quelle mesure le fils d'Arnulf demeurait subordonné à l'autorité impériale ; tout indique qu'il jouissait dans son gouvernement d'une large indépendance. L'expérience ne fut d'ailleurs pas de longue durée. Zwentibold se heurte aux résistances des grands qui voyaient avec déplaisir un étranger restreindre leur indépendance. Il se brouille avec Régnier et l'oblige à s'expatrier en 898. Zwentibold est tué le 13 ou le 30 août 900 au cours d'une bataille, au voisinage de la Meuse, contre les comtes Gérard Ier de Metz, Matfried Ier et Étienne de Pouilly, ses vassaux révoltés. Louis IV l’Enfant, fils légitime d’Arnulf de Carinthie qui lui succède comme roi de Francie Orientale et empereur est reconnu comme leur souverain par les seigneurs lorrains réunis à Thionville.

.Othon Ier (912-973) duc de Saxe en 936, roi de Francie Orientale (Germanie) de 936 à 961, roi d’Italie en 951, empereur romain germanique de 962 à 973

En 959, Otton Ier, roi de Francie Orientale et son frère Brunon, archevêque de Cologne décident de diviser la Lotharingie en deux et le nomment d’abord vice-duc de Lotharingie puis en 977 duc de Lotharingie.la Lotharingie proprement  est scindée en deux parties: le duché de Lorraine qui s'étend de la mer du Nord au Luxembourg, et le duché de Haute Lorraine qui correspond à peu près au territoire de la future Lorraine, y compris le pays de Trêves. Les villes des Trois-Evêchés - Metz, Toul et Verdun - sont exclues du partage. Le Comté de Bar est constitué et il est donné au duc de Haute Lorraine. Il fait partie en 962 de l’empire restauré par le roi de Germanie Orientale Othon après disparition du dernier empereur carolingien en 928.

.Othon II (955-983), roi de Francie Orientale  (Germanie) de 961 à 983, roi d’Italie en 980, empereur romain germanique en 973 à 983

Fils d’Othon Ier.

 

Comtes puis ducs de Bar : 

Maison d’Ardenne

.Frédéric Ier ou Ferry (v.912-978), comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie de 959 à 978

Fils de Wigéric, comte de Bigdau, puis comte palatin de Lotharingie, et de Cunégonde et frère de l’évêque de Metz Adalbéron. Il épouse en 954, Béatrice, fille d’Hugues le Grand, duc de France et d’Hedwige de Saxe, fille de l’empereur Henri Ier avec laquelle il a 4 enfants :

-Henri mort entre 972 et 978.

-Adalbéron II (958-1005) évêque de Verdun et de Metz

-Ida mariée à Radbot d’Altenbourg qui construit le château de Habsbourg dans ce qui deviendra le canton d’Argovie en Suisse.

-Thierry Il fait construire une forteresse à Fains sur la frontière entre le royaume de Francie Occidentale et le royaume de Francie Orientale et échange des fiefs avec l’évêque de Toul constituant progressivement ce qui devient le comté de Bar.

.Thierry Ier (v965 -1027), comte de Bar de 978 à 1024

Fils de Frédéric Ier. 

.Othon III (980-1002),roi de Francie Orientale (Germanie) de 983 à 1002, roi d’Italie en 996, empereur romain germanique de 996 à 1002

Fils d’Othon II

.Henri II dit le Saint (973-1024), roi de Francie Orientale de 1002 à 1024, roi d’Italie en 1004, empereur romain germanique en 1002 à 1024

Fils d’Othon III. 

.Frédéric II (v.995-1026) comte de Bar de 1024 à 1033

Fils de Thierry Ier ; marié vers 1012 à Mathilde, fille du duc de Souabe Hermann II ; associé à son père ; il meurt une année avant lui.

Il a deux filles Sophie et Béatrix, mariée à Boniface, Marquis de Montferrat, mère de Mathilde, comtesse de Toscane, « la grande comtesse Mathilde ».

.Conrad II dit le Salique (990-1039), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1024 à 1039, roi d’Italie en 1026, empereur romain germanique de 1027 à 1039, roi de Bourgogne-Provence  de 1032 à 1039

Fils d'Henri II. 

.Henri III dit le Noir (1017-1056) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1028 à 1056, roi de Bourgogne de 1039 à 1056, roi d’Italie en 1039, empereur de 1046 à 1056

Fils de Conrad II.

.Sophie (v 1020-1095) comtesse de Bar de 1033 à 1095 et de Mousson épouse de Louis Ier, comte de Montbéliard, d’Altkirch et de Ferrette

Sœur du précédent. A la mort de son frère Frédéric II, sa tante Gisèle de Souabe, mariée à l'empereur Conrad II, la recueille ainsi que sa sœur Béatrice. Sophie hérite des comtés de Bar et de Mousson ; en 1033, elle hérite de la seigneurie de Saint Mihiel ; elle épouse en 1038 Louis de Montbéliard-Mousson, investi des comtés de Montbéliard, d’Altkirch et de Ferrette par l’empereur Henri III. En 1090, Sophie fait édifier un château fort à Saint Mihiel

.Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1106 , roi d'Italie de 1080 à 1106, empereur de 1084 à 1105

Fils d'Henri III. 

 

Maison de Montbéliard

.Thierry Ier de Montbéliard (vers 1045 -1105), comte de Bar de 1095 à 1105, comte de Montbéliard sous le nom de Thierry II, d'Altkirch et de Ferrette (Thierry Ier) de 1073 à 1105, seigneur de Mousson (Thierry II) de 1093 à 1105, comte de Verdun de 1100 à 1105.

Fils de Sophie.

A la mort de son père, il revendique la succession du duché de Lorraine, que son père avait déjà revendiqué. Il est débouté par l'empereur Henri IV. En représailles, il ravage l'évêché de Metz, mais est vaincu par Adalbéron III, évêque de Metz, et le duc de Lorraine Thierry II. En 1100, l'évêque de Verdun lui donne le comté à titre viager, mais les rapports entre les pouvoirs temporel et spirituel sont mouvementés.

.Henri V (1086-1125) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1099  à 1125, roi d'Italie de 1098 à 1125, roi de Bourgogne-Provence de 1106 à 1125 , empereur romain germanique de 1111 à 1125

Fils d'Henri IV. 

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1125 à 1137, roi de Bourgogne-Provence de 1125 à 1137, empereur romain germanique de 1133 à 1137 

.Renaut Ier dit le Borgne (vers 1080-1149), comte de Bar de 1105 à 1149 et seigneur de Mousson de 1105 à 1149, comte de Verdun de 1105 à 1134, comte de Briey et de Stenay de vers 1130 à 1149

Fils de Thierry, comte de Montbéliard, d’Altkirch, de Ferrette et de Bar, et d’Ermentrude de Bourgogne.

À la mort de son père, il obtient le comté de Bar et Mousson en partage. L’évêque de Verdun lui confie également la même année le comté de Verdun. Pendant la querelle des Investitures, il est partisan du pape et combat l’évêque de Verdun, partisan de l’empereur. En 1113, l’empereur Henri V intervient dans la lutte, prend d’assaut le château de Bar et fait prisonnier Renaud. Il n’est libéré qu’après avoir juré fidélité et prêté hommage. Il combat pour agrandir son domaine meusien en cherchant à récupérer l’héritage meusien de Godefroy le Bossu. Il obtient Stenay et Mouzay de l’évêque de Verdun en 1100, puis Briey vers 1130. En 1134, en abandonnant ses droits sur le comté de Verdun, il reçoit Clermont-en-Argonne. Godefroy de Bouillon avait cédé Bouillon à l’évêque de Liège en précisant que s’il revenait de Terre Sainte, il pourrait racheter la seigneurie, et autorisant cette faculté à ses héritiers. Renaud, se posant en héritier, réclame la ville et, devant le refus de l’évêque, la prend d’assaut en 1134.Trop souvent en conflit avec l’évêque, étant trop puissant pour être le vassal de ce dernier, il est plusieurs fois déposé du comté de Verdun et y renonce définitivement en 1134. D’une première épouse inconnue, il a un fils né en 1113 et mort avant 1120. Il se remarie en 1120 avec Gisèle de Vaudémont, veuve de Renard III, comte de Toul, fille de Gérard Ier, comte de Vaudémont, et d’Hedwige de Dagsbourg, et a:

-Hugues (v.1120- 1141).

-Agnès, mariée vers 1140 à Albert Ier, comte de Chiny

-Clémence

-Renaud II (1115-1170), comte de Bar

-Thierry (- 1171), 54e évêque de Metz

-Mathilde, mariée à Conrad Ier, comte de Kyrbourg

-Stéphanie, dame de Commercy, mariée à Hugues III, sire de Broyes

.Renaud II (1125-1170), comte de Bar de 1150 à 1170

Fils du précédent ; il épouse en 1155 Agnès la fille du comte Thibaud II de Champagne ; or en 1160, il devient le beau-frère par alliance du roi de France Louis VII lorsque celui-ci épouse Alix, la sœur d’Agnès. A partir de cette époque, alors que les ducs de Lorraine épousent des princesses de l’empire, les comtes de Bar épousent eux des princesses du royaume de France.

.Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse (1122-1190) duc de Souabe et d'Alsace, comte palatin de Bourgogne (Franche-Comté) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1155 à 1190 , roi d'Italie de 1155 à 1190, roi de Bourgogne-Provence de 1152 à 1190, empereur romain germanique de 1155 à 1190 

.Henri Ier (vers 1158-1190), comte de Bar de 1170 à 1190

Fils de Renaud II.

.Henri VI de Hohenstaufen dit le Cruel (1165-1197) roi de Francie Orientale (Germanie) dès 1169 jusqu’à 1197, empereur romain germanique de 1191 à 1198, roi de Sicile de 1194 à 1197

Fils de Frédéric Ier,

.Thibaut Ier (1158-1214) comte de Bar de 1190 à 1214, comte de Luxembourg, comte de Vaudémont, seigneur de Marville

Frère d’Henri Ier ; marié en troisièmes noces en 1197 à Ermesinde Ire, comtesse de Luxembourg, fille d’Henri IV, comte de Luxembourg et de Namur, et d’Agnès de Gueldre. En 1202, pour obtenir son soutien, le duc de Lorraine lui cède la suzeraineté sur le comté de Vaudémont. Il épouse la comtesse Ermesinde de Luxembourg, fille de Henri l’Aveugle, comte de Luxembourg. En 1214, à sa mort, la Comtesse Ermesinde hérite du château et du territoire de Marville.

En 1198, deux rois des Romains sont élus : Philippe Ier de Hohenstaufen et Othon de Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti du welf Othon mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208.

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177-1208) roi des Romains en 1198, roi de Francie Orientale de 1198 à 1208 

.Otton IV de Brunswick (1175-1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214  

.Henri II (1190-1239) comte de Bar de 1214 à 1239

Fils de Thibaud Ier.

Le comté de Bar, dans la première partie du XIIIème siècle est constitué de quatre baillages : les baillages de Bassigny, de Clermond en Argonne à l'ouest de la Meuse et de Saint-Mihiel à l'est qui entourent l'évêché-comté de Verdun. Les villes principales sont Bar le Duc, Clermont en Argonne à l'ouest de la Meuse et de Longwy, Pont à Mousson et Stenay à l'est de la Meuse. Le comté de Bar relevant du Saint Empire romain germanique, l'empereur est le suzerain du comte. Mais le comté de Bar se trouve, par sa frontière occidentale, limitrophe du comté de Champagne avec lequel il  est souvent en lutte.

.Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1212 à 1250 , roi d’Italie de 1198 à 1250, roi de Sicile de 1198 à1250, roi de Bourgogne-Provence  de 1198 à 1250  , empereur de 1220 à 1250

.Conrad IV (1228-1254) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1237 à 1254 , roi de Sicile de 1250 à 1254  

.Grand Interrègne de 1256 à 1273

.Guillaume Ier de Hollande, anti-roi de Francie Orientale de 1254 à 1256 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Richard Ier de Cornouailles, roi de Francie Orientale de 1257 à 1272

.Alphonse de Castille anti-roi de Francie Orientale de 1257 à 1272 (contre Richard Ier)

 

.Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale (Germanie) , roi des Romains (empereur) en 1273 roi de Bourgogne-Provence de 1273 à 1291, Landgraf de Haute Alsace

.Thibaut II (vers 1221- 1291), comte de Bar de 1239 à 1291, coseigneur de Marville de 1270 à 1291,

Fils d'Henri II..

Par une charte d'affranchissement datée du 20 avril 1261, il crée la ville de Pont à Mousson qui relève du Saint-Empire romain germanique. À sa tête se trouvent un maître-échevin, sept jurés et dix-huit conseillers de justice. La cité comprend quatre paroisses : Sainte-Croix, Saint-Laurent et Saint-Jean sur la rive gauche, (diocèse de Toul) et Saint-Martin sur la rive droite (diocèse de Metz). Puis en 1270, il achète en indivision avec le comte Henri V de Luxembourg à Waleran III de Montjoie-Faulquemont, le petit-fils d’Ermesinde, la seigneurie de Marville. Pour contrer les empiétements du roi Philippe le Bel dans le Barrois, l’empereur Rodolphe de Habsbourg, élu en 1273, fait enquêter dans les Pays de la Meuse ; mais ses commissaires ont beau constater en 1288 que « li evesque de Verdun ont toujours repris toute leur temporalitei dou rot d’Allemengne ou de l’empereur », le grignotage français continue.

.Adolphe de Nassau (avant 1250-1298) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1292 à 1298, roi de Bourgogne-Provence de 1292 à 1298, roi d'Italie de 1292 à 1298,  empereur de 1292 à 1298 

.Henri III (1259-1302), comte de Bar de 1291 à 1302

Fils de Thibaud II ; marié en 1293 à Aliénor d’Angleterre (1269-1297), fille d’Édouard Ier, roi d’Angleterre, et d’Aliénor de Castille.

Le voisinage du comté de Bar avec celui de Champagne devient redoutable pour lui, lorsque la Champagne, par suite du mariage de Jeanne, héritière de ce fief, avec le roi Philippe IV le Bel, est réunie au royaume de France. Dès lors, le comté de Bar ne cesse plus d’être l’objet des convoitises françaises, et c’est précisément Philippe le Bel qui fait sur lui le premier acte sérieux de mainmise. Alors qu’Edouard Ier, roi d’Angleterre, est en guerre avec Philippe le Bel, Henri prend le parti de son beau-père, envahit la Champagne. Philippe le Bel envoie contre lui une armée et le fait prisonnier et le détient à Bruges. A la même époque, Albert de Habsbourg, duc d’Autriche, dispute la couronne impériale à Adolphe de Nassau, le tue dans une bataille et se fait élire empereur à sa place. Mais, comme la couronne lui est contestée, et qu’en particulier le pape ne veut pas le reconnaître, Albert de Habsbourg sollicite l’alliance de Philippe le Bel, avec lequel il a des entrevues, dont la plus connue est celle de Vaucouleurs. Par le traité de Bruges, à l'été 1299, Albert aurait abandonné, selon l’interprétation française toutes prétentions du Saint-Empire romain germanique sur la partie du Barrois que l’on appellera « mouvant » c'est-à-dire toujours théoriquement dans l’empire mais dans la mouvance du royaume de France situés à l’ouest de la Meuse. Or Philippe le Bel s’exprime ainsi dans le traité de Bruges : « ledit Comte nous a fait hommage lige, pour nous et pour notre hoir (héritier), roi de France, de Bar et de la Châtellenie de Bar et de toutes les choses qu’il tenait en franc-alleu par deçà la Meuse vers le royaume de France, si comme elles sont nommées, expressées, et devisées en ses lettres baillées à nous sur ce, et de tout ce entièrement qu’il tenait en franco-alleu, en quelque lieu que ce soit, et quelconque chose que ce soit, par deçà de la Meuse vers le royaume de France ». Peu de temps après, en 1301, Philippe le Bel impose au comte Henri III, prisonnier à Bruges, comme condition de sa mise en liberté, la reconnaissance de la suzeraineté du roi de France pour cette même partie, qui devient à tout jamais ce qu’on appelle le Barrois mouvant, c’est-à-dire la partie du Barrois pour laquelle le comte de Bar, auparavant vassal de l’empereur, était devenu celui du roi, tandis que l’autre partie du comté, celle qui était située sur la rive droite de la Meuse, restait sous la suzeraineté de l’Empire, et s’appelait le Barrois non-mouvant. Ce traité du Bruges et cette mouvance du Barrois qu’il entraîne, deviennent la cause d’interminables débats entre le Barrois et la France, les souverains de l’un et de l’autre s’efforçant d’en restreindre ou d’en étendre l’effet suivant leur intérêt propre. Comme en réalité, il ne stipule à la charge du souverain barrois que l’hommage-lige à l’égard du souverain français, on doit, pour bien l’entendre, déterminer en quoi consistait l’hommage-lige. L’hommage-lige, ou ligence, oblige le vassal envers le suzerain dont il est l’homme à trois services : -d’abord, et principalement, le service militaire, de sa personne et de la force armée dont il disposait, quand il en était ; -ensuite l’obligation d’assister le suzerain dans sa cour de justice et de prendre part au jugement des contestations portées devant lui ; . - enfin l’obligation de reconnaître la cour de justice du suzerain en cas de procès entre vassaux de la même mouvance. Mais elle ne transforme nullement l’homme-lige en sujet de sorte qu’en droit féodal, la mouvance ne consiste nullement en une annexion au royaume à telle enseigne que quarante-neuf ans après le traité de Bruges, le roi Jean le Bon, dans une ordonnance, qualifie le comté de Bar de « lieu voisin de son royaume», par conséquent de pays étranger. En 1301, le Barrois mouvant ne devient donc pas à proprement juridiquement parler une terre française. Néanmoins le tiers du duché de Bar environ, groupés essentiellement autour de Bar-le-Duc, constituent dès lors le Barrois mouvant (relevant du roi de France) divisé en deux bailliages : celui de Bar-le-Duc et celui de Bassigny : le bailliage de Bar-le-Duc subdivisé en deux prévôtés : celle de Bar et celle de Souilly et le bailliage de Bassigny.

.Albert Ier de Habsbourg (1225-1308) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1298 à 1308, , roi de Bourgogne-Provence de 1298 à 1308, empereur de 1298 à 1308

Fils de Rodolphe Ier. 

.Édouard Ier (v.1295-1336), comte de Bar de 1302 à 1336

Fils d`Henri III; marié en 1310 à Marie de Bourgogne, fille de Robert II, duc de Bourgogne, et d’Agnès de France.

.Henri VII de Luxembourg (vers1275-1313) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313, roi d'Italie de 1311 à 1313, roi de Bourgogne-Provence de 1311 à 1313, empereur de 1311 à 1313

.Louis IV de Bavière (1282-1347) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1314 à 1347, roi des Romains en 1314, empereur de 1328 à 1347 , roi d'Italie de 1328 à 1347 

.Henri IV (v.1323-1344), comte de Bar de 1336 à 1344

Fils d'Henri III.

.Édouard II (1339-1352), comte de Bar de 1344 à 1352

Fils du précédent.

.Charles IV de Luxembourg (1316-1378) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1346 à 1378, comte de Luxembourg de 1347 à 1352, roi de Bohême de 1346 à 1378, roi d'Italie de 1355 à 1378, roi de Bourgogne-Provence de 1355 à 1378, empereur de 1355 à 1378 

.Venceslas II (1361-1419), duc de Luxembourg de 1383 à 1388, roi de Francie Orientale (Germanie) de 1378 à 1400, empereur (Venceslas Ier) de 1378 à 1400 

Fils de l’empereur Charles IV.

.Robert Ier de Bavière (1352-1410) comte palatin du Rhin (Rupert III de Palatinat) , roi de Francie Orientale (Germanie) de 1401 à 1410, empereur de 1401 à 1410 

.Robert Ier de Bar (1344-1411), comte de Bar de 1352 à 1354, marquis de Pont à Mousson de 1353 à 1411 puis duc de Bar de 1354 à 1411

Frère d 'Edouard II.

En 1353, son oncle l’empereur Charles IV de Luxembourg érige la ville de Pont à Mousson en marquisat à son profit et le fait accéder ainsi au rang de prince d'Empire siégeant à la Diète. Puis l’année suivante en 1354, son oncle l’empereur érige le comté de Bar en duché. Le duché comprend outre le territoire du comté de Clermond en Argonne, les comtés de Briey et de Stenay, les seigneuries de Marville et Amancy, le comté de Longwy et le marquisat de Pont à Mousson. Mais dès la fin de son règne, le lien de vassalité pour la partie du Barrois dit Mouvant permet à l’autorité française de s’immiscer dans les affaires de cette partie: des agents royaux s’arrogent le droit d’intervenir dans ce Barrois mouvant ; parallèlement ses habitants font de plus en plus appel devant les juridictions françaises dont les décisions leurs sont plus favorables que celles des officiers ducaux. Sous son règne une bande de terre sise au milieu de la partie dite du Barrois mouvant comprenant la seigneurie de Vaucouleurs est achetée en 1355 à Jean de Joinville par Philippe de Valois, seigneurie que par ordonnance de 1365, le roi Charles V rattache directement au comté de Champagne partie intégrante du Royaume.

.Édouard III de Bar (v.1377-1415), marquis de Pont à Mousson, duc de Bar de 1411 à 1415

Second fils du précédent.

Après Azincourt où Edouard III est tué, le duché est gouverné son frère par le cardinal Louis de Bar.

.Louis Ier, (1370/1375-1430), cardinal en 1397, évêque administrateur de Verdun de 1419 à 1423 et de 1424 à 1430, duc de Bar de 1415 à 1430

Frère du précédent.

Il désigne pour lui succéder son petit-neveu René d’Anjou.

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437) roi de Hongrie de 1387 à 1437,  roi de Francie Orientale (Germanie) de 1411 à 1437, duc de Luxembourg, roi de Bohême  de 1419 à 1437, empereur de 1433 à 1437 

.Albert II de Habsbourg (1397-1439) duc d'Autriche de 1404 à 1439 (Albert V), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1438 à 1439. roi des Romains (empereur) de 1438 à 1439  

 

Maison d’Anjou

.René Ier d’Anjou (1409-1480) duc de Bar de 1430 à 1480, duc de Lorraine  de 1431 à 1453, duc d'Anjou (1434-1480), comte de Provence et de Forcalquier (1434-1480), roi de Naples (1435-1442)

Au décès du cardinal-duc, Louis de Bar le 23 juin 1430, c’est son fils adoptif René Ier d’Anjou époux d’Isabelle de Lorraine qui devient duc de Bar ; sept mois plus, Isabelle succède elle-même comme duchesse de Lorraine à la mort de son père Charles II le 25 janvier 1431 ; la Lorraine et le Barrois ont désormais une histoire liée.

En 1483, le duché de Bar est amputé des seigneuries de Chatel-sur-Moselle et Bainville au profit du domaine royal. La mouvance, de notion purement féodale (acte de foi et hommage), devient au XVIème siècle, judiciaire (appel obligatoire devant des tribunaux français) puis législative et même religieuse (nomination par le roi de France aux abbayes du Barrois mouvant.

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493) duc d’Autriche (Frédéric V) de 1457 à 1493,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1486,  roi des Romains en 1440, empereur de 1452 à 1493 , roi d'Italie de 1452 à 1493 

.Jean II (1425-1470), duc de Lorraine et de Bar de 1453 à 1470

Fils de la duchesse Isabelle et de René d’Anjou.

Il n’a qu’une seule idée en tête celle de reconquérir la couronne de son père. Il tente sa chance à la mort d’Alphonse d’Aragon mais échoue ; un temps il espère recevoir l’appui du roi de France Louis XI qui a succédé à son père Charles VII mais qui, retors comme l’histoire l’a montré le berce d’illusions tout en continuant de soutenir Ferdinand le fils d’Alphonse ; Jean II s’en étant rendu compte, adhère alors à la Ligue du Bien Public crée par le duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Après une deuxième tentative de reconquête du royaume de Naples en 1462, il se décide à revenir en Lorraine ou Louis XI soutient ses ennemis  tout en cherchant à se le concilier par des compensations territoriales. 

Mais en octobre 1466, il quitte le duché pour aller militairement accompagné de Ferri de Vaudémont prendre possession de la Catalogne dont la couronne a été offerte à son père René par les catalans révoltés contre Ferdinand d’Aragon. Il meurt à Barcelone le 16 décembre 1470.

.Nicolas Ier (1448-1473), duc de Lorraine et de Bar de 1471 à 1473

Fils de Jean II ; comme son père, il prête serment le 7 aout 1471  puis part à Paris ; mais là il apprend que le roi Louis XI a choisi un autre parti pour sa fille et rentre à Nancy ou il reçoit en revanche la proposition du duc de Bourgogne Charles le Téméraire de lui donner sa fille unique Marie.

 L’offre est acceptée  et le 22 mai 1472, Nicolas signe à Arras avec son futur beau-père un traité d’alliance dirigé contre le roi Louis XI. Un an plus tard, à vingt-cinq ans Nicolas meurt sans descendance.

 

Maison d’Anjou- Vaudémont

.René II (1451-1508), duc de Lorraine, de 1473 à 1508, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson et duc de Bar de 1480 à 1508

Il nait le 2 mars 1451, il est le fils du comte Ferri VI de Vaudémont et de son épouse Yolande d’Anjou et devient duc de Lorraine à la mort de son cousin le duc Nicolas le 22 juillet 1473.

Par sa mère, c’est un prince français ; celle-ci qui aurait pu régner renonce aussitôt à se droits au profit de son fils. A partir de lui et pour un siècle et demi, les ducs de Lorraine, souvent élevés à la Cour de France, se rapprocheront du royaume de France sans pour autant chercher à rompre avec l’empire, recherchant entre les deux une certaine forme de neutralité. Avec lui, le comté de Vaudémont, terre d’empire devient partie intégrante du duché de Lorraine. René II commence son règne sous celui du roi de France Louis XI, de l’empereur Frédéric III de Habsbourg et du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Il ne manque plus à ce dernier, pour réunir  ses possessions du sud à celle du Nord, que de faire passer sous son contrôle les duchés de Bar et de Lorraine.  Il est donc un ennemi potentiel. 

René II a partie de son duché de Bar dans la mouvance du royaume de France (bien que juridiquement en droit « international » de l’époque son duché de Bar relève toujours de l’empire).  

Charles le Téméraire n’hésite pas à occuper ce Barrois « mouvant » et lors de son séjour à Trêves d’octobre-novembre 1473  conclut dès le 14 octobre avec René II un traité leur interdisant de conclure avec Louis XI un traité pouvant nuire à l’autre partie et autorisant les deux ducs à faire transiter leurs troupes au travers des territoires de l’autre. Mais les incidents se multipliant  entre garnisons bourguignonnes et lorraines, en mai 1475,  René II défie Charles  qui profite de l’occasion pour envahir la Lorraine ; René II qui espère le soutien militaire du roi Louis XI est bien déçu car celui-ci renouvelle une nouvelle fois les trêves qu’il a signées depuis le 15 octobre 1473 avec Charles le Téméraire. Le 30 novembre toute la Lorraine est occupée. La population de Nancy compte alors environ 5 000 habitants, auxquels il faut ajouter 3 500 soldats d’origine alsacienne, envoyés par le duc d’Autriche, Sigismond de  Habsbourg ainsi que 500 soldats engagés au service du duc de Lorraine.   Charles le Téméraire, quant à lui, ne dispose que d’un armement limité et c’est la famine qui amène la chute de la ville, après un mois de combats. Charles fait son entrée triomphale à Nancy et s’autoproclame duc de Lorraine.

Mais les ambitions de Charles le Téméraire l’isole et le roi Louis X, tout en évitant d’engager des troupes directement contre lui,  parvient à pousser contre lui les Confédérés suisses, les villes d’Alsace, l’empereur Frédéric III de Habsbourg lesquels constituent début 1476 la Ligue de Constance dirigée contre le duc de Bourgogne..

Les Confédérés suisses ayant remporté  la bataille de Morat contre les troupes de Charles le 22 juin 1476, la résistance s’organise en Lorraine. René II sait profiter de ce renversement de situation : grâce à une aide fournie par la ville de Strasbourg et par les Suisses, il regagne une partie des places perdues. Après quelques semaines de siège, les troupes bourguignonnes de Nancy capitulent le 6 octobre.

Mais au même moment, Charles pénètre en Lorraine, atteint Neufchâteau, tandis que des renforts lui arrivent du Luxembourg. Il est à Toul le 11 octobre, et  à Nancy le 20. René II confie la défense de la ville à 2000 soldats gascons, lorrains et alsaciens, avant de partir pour la Suisse pour y chercher du secours. Le 22 octobre, Nancy est de nouveau assiégée. Charles est, cette fois ci, dans une situation plus précaire que la première fois, étant en terrain ennemi, et coupé de ses arrières. A la tête d’une armée de volontaires suisses, d’Alsaciens et de Bâlois composant une armée de 14000 hommes environ, René II franchit les Vosges et atteint Lunéville le 3 janvier, et Saint-Nicolas-de-Port le 4. Le dimanche 5 janvier a lieu la bataille au cours de laquelle  Charles trouve la mort. René II qui espère comme prix  de sa victoire une partie des possessions bourguignonnes se heurte au refus de Louis XI.   Bien plus celui-ci ne lui laisse comme héritage de son grand-père René Ier d’Anjou décédé le 17 juillet 1480 que le seul duché de Bar alors que Renée II espère recevoir le duché d’Anjou, le comté du Maine et le comté de Provence que certes René Ier avait légué par testament à son neveu Charles mort le 10 décembre 1481 en les léguant à Louis XI. Il n’obtient pas davantage de son alliance matrimoniale avec les Beaujeu qui règnent après le  décès de Louis XI le 30 aout 1483.En effet ceux-ci fort du remariage de René II avec Philippa de Gueldre, fille du duc de Gueldre et nièce de Pierre de Beaujeu, en profitent pour détacher le comté de Provence de l’empire et l’incorporer au royaume de France le 27 juillet 1486 avec le duché d’Anjou. Avec l’argent reçu d’Anne de Beaujeu, René lève alors une armée en 1488 pour tenter d’aller reconquérir le royaume de Naples qui s’est soulevé contre Ferdinand d’Aragon mais là encore, arrivé avec ses troupes à Lyon, il reçoit une lettre du roi Charles VIII devenu majeur lui rappelant que les droits sur ce royaume appartiennent désormais au roi de France par héritage de la maison d’Anjou. 

Malgré ses liens avec la France, René II reste conscient que ses possessions relèvent de l’empire même si l’époque de son règne est celle de la fin du Moyen Age et de l’application du contrat vassalique qui régissait les rapports de la noblesse depuis six cents ans environ. Après la mort de l’empereur Frédéric III, il entretient d’excellents rapports avec son fils l’empereur Maximilien et participe à la Diète de Worms de 1495  et accepte que le corps de  Charles le Téméraire, beau-père de Maximilien, reposant alors à Nancy dans la chapelle des Cordeliers,  soit restitué à sa famille.

Le 25 mars 1506, il établit son testament qui pose le principe de l’union perpétuelle indissociable des duchés de Lorraine, de Bar, du comté de Vaudémont et du marquisat de Pont à Mousson. Il meurt prés de Bar le Duc le 10 décembre 1508.

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519) archiduc d’Autriche, roi de Francie Orientale (Germanie) de 1486 à 1519, duc de Bourgogne de 1477 à 1482, empereur de 1505 à 1519

Fils de l’empereur Frédéric III.

En 1512, Maximilien divise définitivement l'empire en dix Cercles/Kreis et les duché de Bar et de Lorraine comme les évêchés de Toul, Metz et Verdun  relèvent du Cercle du Haut-Rhin.

.Charles V de Habsbourg dit Charles Quint (1500-1558)  roi de Germanie de 1519 à 1556, roi d'Espagne de 1516 à 1556, roi d'Italie de 1530 à 1556, roi de Sicile de 1516 à 1556, couronné roi de Bourgogne-Provence en 1536, empereur de 1519 à 1556 

. Ferdinand Ier de Habsbourg  (1503-1564 ) archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1531 à 1564 ,roi de Bohême de 1526 à 1564, empereur de 1556 à 1564  

Fils de Philippe le Beau et d Jeanne la Folle , reine de Castille et d'Aragon.

.Maximilien II de Habsbourg (1527-1576), archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1564 à 1576, roi des Romains le 30 novembre 1562 roi de Bohême  1564 à 1576, roi de Hongrie de 1564 à 1576, empereur de 1564 à 1576

Fils aîné de  Ferdinand Ier de Habsbourg

.Charles III (1543-1608) duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont et marquis de Pont à Mousson  de 1545 à 1608

Fils de François Ier, filleul du roi de France homonyme, et de Christine de Danemark, nièce de l'Empereur Charles Quint.

Il succède à son père le 12 juin 1545, d'abord sous la régence de sa mère et de son oncle, puis en 1552 sous celle de son seul oncle, Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et futur duc de Mercoeur. Sa mère Christine se rend à Augsbourg fin 1547 début 1548 pour assister à la  Diète d’empire. Elle a quelques bonnes raisons de craindre l’alliance des rois de France avec les princes protestants et fait procéder à l’édification de fortifications à La Mothe en Bassigny, aux confins de la Champagne, de la Bourgogne et de la Lorraine entrainant la réaction vive du roi Henri II qui lui demande d’arrêter les travaux ce qu’elle s’engage à faire tout en les poursuivant. Elle se rend à nouveau à Augsbourg en 1550 pour assister à une nouvelle diète d’empire, année qui marque la  reprise du conflit entre l’empereur Charles Quint et cette fois le roi Henri II qui s’est vu promettre, par le traité de Chambord du 15 janvier 1552 par les princes protestants allemands, en contrepartie de son alliance, les comtés de Montbéliard et de Ferrette ainsi que les trois évêchés de Toul, Metz et Verdun en qualité de vicaire de l’empire.

À partir de 1552, le roi de France Henri II, à l’occasion de son "voyage d'Allemagne" qui lui permet d'imposer sa tutelle aux cités épiscopales de Verdun, Metz et Toul, fait un passage à Nancy. Il écarte de la régence la duchesse douairière, Christine de Danemark, nièce fidèle de l'empereur Charles Quint et confie la totalité du pouvoir au prince Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et futur duc de Mercoeur qui lui est francophile. Dès avril 1552, les armées du roi Henri II envahissent la Lorraine faiblement défendue et le 15 avril 1552, le roi destitue Christine qui doit s’exiler, obtient le serment d’allégeance des Etats Lorrains et remmène à Paris le duc Charles en qui a 9 ans, pour le faire élever à la cour de France en garantie de la neutralité de la Lorraine ou des garnisons françaises sont installées  notamment à Metz, ville impériale. Dès la mi- octobre 1552, l’armée de Charles Quint se présente devant Metz mais n’arrive pas à la reprendre et se retire en janvier 1553.

Charles Quint abdique en 1556 partageant ses possessions entre son fils Philippe et son frère Ferdinand qui lui succède comme empereur.

Mais en 1557, l’armée du roi Henri II est battue à Saint Quentin par le duc de Savoie Emmanuel Philibert, général des armées impériales à la tête des troupes espagnoles du roi Philippe II, le fils de Charles Quint.

A Paris ou il est élevé, le duc Charles est marié à Notre Dame de Paris  avec Claude de France le 22 janvier 1559. Année 1559 où il doit signer avec celui-ci le traité  de Cateau-Cambrésis. Ce n’est qu’en octobre 1559, qu’avec son épouse il fait sa première entrée à Nancy mais laisse le gouvernement de la Lorraine à sa mère Christine revenu d’exil. Enfin ce n’est que le 18 mai 1562, qu’il prête serment devant les Etats de Lorraine et en devient véritablement duc.

Ses relations avec les rois de France François II et Charles IX  sont bonnes. En revanche, le duc Charles III, bon catholique, ne peut accepter, comme ses cousins les Guise la signature le 6 mai 1576 entre le roi de France Henri III et les Huguenots français ; il rejoint la Ligue catholique crée par le duc Henri de Guise à la demande de Don Juan d’Espagne, le fils bâtard de Charles Quint et  accueille leur assemblée générale  à Nancy en février 1580.

En outre Henri III n’a pas d’enfant et son frère François d’Alençon décède le 10 juin 1584 de sorte que c’est Henri le roi de Navarre, chef du parti protestant, qui devient l’héritier de la couronne de France. 

Une deuxième assemblée de la Ligue se tient alors près de Nancy qui aboutit au traité d’alliance de Joinville du 31 décembre 1584 par lequel le roi d’Espagne Philippe II apporte son soutien à la Ligue pour lutter contre le protestantisme tant dans le royaume de France que dans les terres d’empire possédées par le roi d’Espagne, Franche Comté, Luxembourg, Pays-Bas. Le duc de Guise prend l’initiative et s’empare en juin 1585 de Toul et Verdun occupées par des garnisons françaises depuis 1552, puis les possessions du duc de Bouillon, un des chefs du parti protestant qui doit se réfugier en Alsace et  recrute là près de 35 000  mercenaires recrutés sur place ou dans le duché de Wurtemberg qui  se présentent le 30 aout 1587 aux frontières du duché de Lorraine et l’envahissent mais sont battus.

Le duc Charles III  pour venger leurs exactions dévaste alors le comté de Montbéliard, propriété du duc de Wurtemberg. Mais ce n’est véritablement qu’après l’assassinat du roi Henri III le 2 aout 1589 et l’accession d’Henri de Navarre comme roi de France sous le nom d’Henri IV qu’il s’engage véritablement contre la France. Aussitôt il reprend Toul et Verdun mais ne parvient pas à reprendre Metz et se range au côté de la Ligue qui se réunit une nouvelle fois en assemblée à Chaumont en Bassigny en septembre 1589.

Le duc de Lorraine doit alors disperser au sud les mercenaires allemands réfugiés en Alsace puis se retourner au nord de son duché pour faire face aux troupes du général d’Henri IV, Henri de Turenne, qui vient de surcroit d’épouser la duchesse  de Bouillon, héritière du duché.

Les troupes de Charles III sont défaites en 1592. La conversion d’Henri IV au catholicisme lui permet alors plus facilement  de négocier ; par le traité de Saint Germain en Laye du 16 novembre 1594,Toul et Verdun obtiennent le statut de villes protégées par le roi de France mais leur gouvernement est laissé au troisième fils de Charles III, François de Vaudémont et la France s’engage à indemniser partie des frais engagés par le duc de Lorraine pour la défense de son duché ; en outre le fils ainé du duc doit épouser Catherine, la fille d’Henri IV, mariage célébré le 31 janvier 1599 marquant le resserrement des liens avec le royaume de France même si Catherine meurt dès 1604.

Charles III meurt le 14 mai 1608.

.Rodolphe II de Habsbourg (1552-1612) archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1576 à 1612, empereur de 1576  à 1612, roi de Hongrie et de Croatie de 1608 à 1612, roi de Bohême. de 1576 à 1612, roi des Romains (empereur) de 1575 à 1612 

Fils de Maximilien II. 

.Matthias Ier de Habsbourg (1557-1619)  archiduc d'Autriche, roi de Germanie de 1612 à 1619, roi de Bohême de 1611 à 1619, roi de Hongrie et de Croatie de 1608 à 1619 , empereur de 1612 à 1619 .

Cinquième  enfant de l'empereur Maximilien II.

.Henri II (1563-1624), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson  de 1608  à  1624, marquis de Nomeny de 1612 à 1624

Fils de Charles III.

A la différence de son père, de son grand-père François  et de son arrière-grand-père Antoine, il n’a pas passé une partie de sa jeunesse à la Cour de France. Après le décès de son épouse Catherine, il se remarie avec Marguerite de Gonzague qui  lui donne deux filles, Nicole née en 1608 et Claude née en 1612, mais pas d’héritier mâle de sorte que c’est son cousin Charles de Vaudémont, compagnon de jeu du roi Louis XIII, qui peut prétendre à sa succession en déniant les droits de sa cousine Nicole en vertu de la loi salique dont l’application est contestable en Lorraine.

L’année de la naissance de Nicole, les princes protestants se constituent en Ligue. En réaction Maximilien, duc de Bavière, époux d’Elisabeth de Lorraine, fille du duc Charles III crée une Ligue (catholique) pour la défense de la religion à laquelle Charles III est tenté d’adhérer.

S’il se ménage ses relations avec le roi de France en acceptant de lui prêter hommage pour le Barrois mouvant, il en fait de même avec l’empereur Ferdinand et le roi d’Espagne ainsi qu’avec leurs gouverneurs de Franche-Comté et des Pays Bas, les archiducs Isabelle d’Espagne et Albert d’Autriche.

.Ferdinand II de Habsbourg (1578-1637) archiduc d'Autriche, roi de Germanie de 1619 à 1637, roi de Bohême de 1617 à 1637 et de Hongrie de 1618 à 1626, empereur de 1619 à 1637 

.Charles IV ( 1604 -1675), duc de Lorraine et de Bar par son épouse Nicole, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1624 à 1634, seigneur de Saarwerden et Bouquenon de 1629 à 1634

Fils du comte François de Vaudémont, il commence à régner l’année de l’accession au pouvoir du cardinal de Richelieu comme ministre du roi Louis XIII et alors que depuis 6 ans, l’empereur Ferdinand II est engagé dans la guerre de Trente Ans qui l’opposent aux Protestants. Les Pays Bas, possessions des Habsbourg d’Espagne qui relèvent de l’empire, se sont alliés à la France et sont en guerre depuis déjà trois ans contre l’Espagne et l’Empire.

Richelieu se met à soutenir en sous-main ces derniers pour contrer l’empereur.

Charles IV, catholique convaincu, très lié au duc Maximilien de Bavière, allié très fidèle de l’empereur, penche pour ce dernier. La politique de Louis XIII et de Richelieu est de repousser la frontière du royaume sur le Rhin, ce qui implique l'annexion du duché de Bar, du duché de Lorraine, états souverains, de la Franche-Comté, possession espagnole, de l'Alsace,  toutes possessions de l'Empire romain germanique. 

Le roi Louis XIII, qui n’est pas encore engagé dans la guerre, renforce néanmoins ses garnisons de Metz et de Verdun. Charles IV en fait de même en augmentant les effectifs de Nancy, Bitche, Marsal, La Mothe, Clermont, Stenay et Jametz ainsi que celles du duché de Bar. Dès 1627, Charles IV crée une armée permanente. 

Sa sympathie pour l’empereur Ferdinand II  ne fait qu’augmenter quand en 1629 la Chambre impériale de Spire attribue à son père les seigneuries de Saarwerden et de Bouquenon disputées par la maison de Nassau-

L’armée lorraine atteint en 1630 un effectif de 9 000 hommes pour l’infanterie  et 1000 pour la cavalerie quand le roi Gustave-Adolphe de Suède entre en guerre au côté des princes protestants soutenus financièrement par Richelieu. Les troupes de ce dernier écrasent celles de l’armée impériale commandée par le général Tilly en septembre 1631. Depuis le printemps 1631, Charles IV a augmenté les effectifs de son armée qui compte  désormais près de 18 000 fantassins et 5000 cavaliers. Celle-ci part en Alsace ou il installe à la demande de l’empereur des garnisons à Saverne et à Haguenau puis en Allemagne du Sud au secours  de l’armée impériale mais sans grand succès.     

Pendant son absence, Louis XIII a mis son armée en situation d’envahir les duchés de Bar et de Lorraine et ses troupes stationnées à Verdun et à Metz convergent vers Vic et Moyen Vic défendues elles par des troupes impériales ; Vic capitule dès le 11 décembre. Charles rentré à Nancy le 16 décembre cherche à négocier avec le roi Louis XIII qu’il rencontre à Metz le 26 décembre. Moyenvic ayant capitulé elle le 27 décembre, Charles IV doit signer le 6 janvier 1632 le traité de Vic par lequel il s’engage à n’accorder aucune aide aux Habsbourg qu’ils fussent d’Espagne ou d’Autriche. Au printemps, ces derniers lui redemandent son aide mais pressentant que Charles va y répondre positivement, Louis XIII  engage dès le mois de mai la deuxième guerre de Lorraine. Dès le 19 juin Bar le Duc est occupé puis l’armée du roi de France fonce sur Nancy. Malgré les renforts envoyés depuis le Luxembourg par les Habsbourg d’Espagne, le 25 juin, les Français sont aux portes de Nancy. Charles IV dont une partie des troupes est restée se battre en Allemagne du Sud  doit dès le lendemain se soumettre et signer le traité de Liverdun beaucoup plus dur que celui de Vic. Il doit livrer pour trois ans la place forte de Marsal, pour quatre ans celles de Dun sur Meuse, de Jametz  et Stenay, vendre le comté de Clermont en Argonne, prêter hommage au roi de France pour le Barrois mouvant dans le délai d’1 an et laisser transiter les troupes françaises sur ses terres le tout garanti par la remise en otage de son frère le cardinal Nicolas-François de Lorraine. Charles bien évidemment reste fidèle à l’empereur au service duquel  nombre de ses officiers continuent de se battre (Allamon, Bannerot, Bassompierre, Briey, Chauvirey, Cliquot, Custine, des Fours, du Hautoy, Fournier, Haraucourt, Hennin, Hunolstein, Ligniville, Mercy, Mitry, Montrichier, Mus, Nettancourt, Raignecourt, Salm, Serainchamps, Stainville, Yvard) ;  empereur qui lui confie d’ailleurs la défense de ses possessions en Basse-Alsace.

En réaction, Louis XIII intervient une troisième fois en Lorraine et fait prononcer par le Parlement de Paris la saisie du Barrois mouvant pour lequel Charles ne lui a pas prêté hommage. Dès le 24 aout 1633, les troupes de Louis XIII occupent à nouveau Bar le Duc, puis Pont à Mousson, s’emparent de Saint Nicolas de Port et encerclent Nancy ; Charles IV doit se réfugier à Lunéville ; Nancy capitule après trois semaines le 20 septembre et le même jour Charles est contraint de signer le traité de Charmes par lequel la France occupe Nancy pour quatre ans, interdit au duc de Lorraine toutes alliances contraires à l’intérêt de la France et l’oblige à licencier son armée.

Charles IV préfère finalement abdiquer le 19 janvier 1634 en faveur de son frère Nicolas-François et retourner en Allemagne prendre un commandement dans l’armée impériale.  

.Ferdinand III de Habsbourg (1608-1657), archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1637 à 1657, roi de Hongrie, de Bohême, empereur de 1637 à 1657 

.Nicolas-François (1609 - 1675), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1634 à 1675 

Frère de Charles IV,  il s’enfuit de Nancy le Ier avril 1634 par la Franche-Comté et trouve asile à Vienne ou il assure la continuité de la dynastie. Ses duchés de  Bar et de Lorraine sont occupés par la France  mais la résistance des Lorrains est vive et l’armée ducale fait régulièrement des incursions notamment depuis la Franche-Comté ou Charles IV, après être passé avec ses troupes impériales de Besançon en Bavière ou elles participent à la prise de Ratisbonne sur les Suédois puis à la tête des troupes de la Ligne catholique à celle de Nordlingen le 6 septembre 1634, revient sur l’Alsace d’où en février 1635, il attaque une première

fois en direction de Saint Diè puis revenu en Franche Comté, il engage depuis là une deuxième offensive en direction de la Lorraine en Avril sans prendre l’avantage, se retire à Breisach d’où il organise pour ses troupes et l’armée impériales plusieurs opérations pour tenter de reconquérir le duché. 

Le Colonel lorrain Gaillard, aux ordres du général des armées impériales Thomas de Savoie, s’empare de la petite ville de Sierck tandis que l’armée de Maillard, un autre lorrain s’emparent de Boulay  dans le pays messin et que des officiers lorrains libèrent Saint Mihiel pendant que Charles IV reconquiert Darney, Gondrecourt, Remiremont, Raon-l’Etape et Saint Diè puis s’avance rejoindre les impériaux du général Gallas installés au nord du duché. Les Français ne tiennent plus pratiquement  que les grandes villes notamment Bar et Nancy. Louis XIII se trouve obligé de réagir et fin juin part pour la Lorraine ou il arrive à Saint Dizier le 20 septembre 1635  et fait assiéger Saint Mihiel qui capitule le 2  octobre. Dans les jours suivants, ses troupes reprennent le contrôle de tout le duché de Bar. Durant l’Automne 1635, l’armée impériale commandée par Gallas avec les troupes lorraines commandées par Charles IV font face aux troupes franco-weimarienne bien supérieures en nombre ; Gallas se refuse à les affronter tandis que Charles déçu se replie sur la Franche-Comté de sorte qu’à la fin de l’année 1635, toutes les troupes impériales et lorraines ont abandonné la Lorraine.En Franche-Comté, en revanche, Charles IV bat les troupes françaises à Poligny le 19 juin 1638  ce qui lui permet d’attaquer à nouveau en Lorraine mais ses campagnes de 1638 à 1640 ne  sont pas décisives de sorte  que Charles IV doit se résigner à signer un nouveau traité avec la France, le traité de Saint Germain en Laye du 2 avril 1641 par lequel il s’engage à soutenir partout et en tous temps les intérêts de la France et à renoncer à toute « intelligence » avec la maison de Habsbourg, à abandonner à la France le comté de Clermont en Argonne situé dans le Barrois non mouvant ainsi que les places fortes de Jametz, Stenay et Dun sur Meuse, à laisser détruire les fortifications de Marsal, à laisser le libre passage des troupes françaises à travers ses duchés, à accepter l’incorporation de l’armée lorraine à l’armée française. Fin avril 1641, il peut alors rentrer à Nancy.

Mais le traité de Saint Germain en Laye ne suffit pas à Richelieu qui décide de s’emparer de Charles IV lequel avisé se réfugie à Sedan ou il va retrouver les troupes espagnoles des Habsbourg d’Espagne ; les victoires du duc d’Enghien  sur celles-ci à Rocroi et à Lens et celle de Turenne sur les troupes impériales à Zusmarshausen  ne sont pas de nature à lui redonner espoir même si lui-même et ses généraux  Gaspard et François de Mercy ainsi que Jean de Werth au service de l’empereur remportent la bataille de Tuttlingen en 1643 et celle de Marienthal en 1645.

En fait les négociations  pour  terminer la guerre de Trente Ans ont commencé et finissent par aboutir aux Traités de Westhphalie qui ne règlent pas  le sort de la Lorraine. Charles IV continue donc à se battre aux côtés des troupes espagnoles des Habsbourg d’Espagne et participe au siège de Cambrai en mai-juin 1649 puis  durant les années 1650-1651, ses troupes commandées par Fauge et Ligneville, parviennent à reconquérir une partie de la Lorraine tandis qu’Haroué parvient même à reprendre momentanément Bar le Duc et Ligny en Barrois mais sont obligées de se  replier devant l’arrivée de renforts.

Néanmoins il se trouve en  possession plus favorable pour négocier avec la France dont le gouvernement est assuré par Mazarin, successeur de Richelieu ; malheureusement Charles IV est meilleur militaire que diplomate et se livre à un double jeu entre la France et ses alliés Habsbourg d’Espagne ; alors qu’il se trouve à Bruxelles, ceux-ci le font arrêter le 25 février 1654 puis emmener à Tolède malgré les protestations de l’empereur Ferdinand III (Habsbourg d’Autriche).

Son frère Nicolas-François, rentré d’exil de Vienne  se trouve bien obligé alors de prendre le commandement des troupes lorraines ; il cherche à obtenir la libération de Charles IV mais sans succès ; il renonce alors à l’alliance avec les Habsbourg d’Espagne pour rallier les armées françaises ; ainsi il est à la tête de ses troupes au côté de la France à la bataille des Dunes du juin 1658.

C’est alors Mazarin qui va obtenir  lors de la négociation de la paix des Pyrénées la libération le 15 octobre 1659 de Charles IV ; mais le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 n’est pas pour autant favorable à la Lorraine ; en effet  la France conserve le duché de Bar, les places de Dun sur Meuse, Stenay, Jametz, Moyenvic et Marsal ainsi que tous les villages situées le long d’une route stratégique reliant  Verdun à l’Alsace;  le traité de Vincennes du 8 février 1661 restitue toutefois le duché de Bar  au duc de Lorraine mais lui retire le comté de Saarwerden restitué à la maison de Nassau.

Le 23 mars 1661 Charles se résigne à prêter hommage au roi de France pour le Barrois mouvant puis étrangement même accepte de signer un traité à Montmartre le 6 février 1662 par lequel il s’engage à céder à sa mort ses Etats à la France en contrepartie de l’obtention du titre de Prince du sang pour les descendants de la Maison de Lorraine ; son frère  Nicolas-François et son fils Charles protestent ; Charles IV se rendant compte de son erreur, adresse alors une délégation à la diète de Ratisbonne le 3 mai 1663 pour qu’elle déclare illégal le traité signé s’agissant de terres impériales dont le duc ne peut disposer sans son accord. Le roi Louis XIV s’en tient au traité de Vincennes et lorsqu’il s’apprête à engager la guerre de « Dévolution » lui réclame des troupes, puis après le traité d’Aix la Chapelle du 2 mai 1668 lui demande de les licencier. Charles IV ne l’ayant pas fait totalement, Louis XIV fait prendre des dispositions à l’été 1670 pour s’emparer de lui ; prévenu Charles IV parvient à s’échapper et s’enfuit par la Suisse pour rejoindre le territoire de l’Empire. La Lorraine est à nouveau entièrement occupée par la France malgré la protestation de la Diète d’Augsbourg du 13 octobre 1670 et la demande adressée à Louis XIV par l’empereur Léopold de Habsbourg. 

En revanche, la déclaration de guerre de Louis XIV le 6 avril 1672 aux Provinces Unies (indépendantes de l’empire depuis 1648)  suscite une coalition contre lui réunissant l’empereur Léopold de Habsbourg, l’Electeur de Brandebourg et le roi d’Espagne (Habsbourg d’Espagne) et permet à Charles IV de lever à nouveau des troupes qui parviennent à réoccuper Epinal, Saint Diè et Remiremont. Au cours de la campagne 1675, ces troupes de Charles IV et les troupes impériales  marchent sur Trêves assiégée par les troupes françaises du Maréchal de Créqui ; celui-ci est sévèrement battu le 11 aout 1675. 

Peu de temps après, Charles IV âgé de 72 ans tombe malade et décède à Allenbach dans le Palatinat le 18 septembre 1675.

.Charles V (1643-1690), duc de Lorraine et de Bar en titre de 1675 à 1690

Fils de Nicolas-François, né à Vienne il vit d’abord à la Cour de France, puis se met au service de son empereur  Léopold Ier ; en 1665 il s'oppose ouvertement au traité de Montmartre, par lequel son oncle Charles IV, contraint et forcé par les armes, cède la Lorraine et le Barrois à la France.

En septembre 1675, il est nommé généralissime des armées impériales; il prend aussi le titre de duc de Lorraine et de Bar, son oncle Charles IV étant mort le même mois. Tous les États européens le reconnaissent comme tel, à l'exception de la France, qui occupait ses duchés et qui crée à Metz une chambre de réunion pour annexer sur la base d’arguments juridiques plus ou moins spécieux les seigneuries lorraines qui dans le passé avaient plus ou moins dépendus des Trois-Evêchés.

En 1678, il épouse Eléonore la sœur de l’empereur qui lui confie le gouvernement du Tyrol.

A la tête des armées impériales au côté du roi de Pologne  Jean III Sobieski, il est  vainqueur  des Turcs qui assiégeaient Vienne depuis deux mois. 

Il mène ensuite plusieurs expéditions dans la partie de la Hongrie occupée par les Ottomans, est victorieux au siège de Buda (1686) dont il s'empare, reconquiert la Hongrie, puis la Slavonie et la Transylvanie en 1687.

Tombé une première fois malade, il abandonne son commandement en mai 1688 à Maximilien Emmanuel, électeur de Bavière. Rétabli, il reçoit un commandement sur le Rhin lors de la Guerre de la ligue d'Augsbourg, mais tombe malade de nouveau; il meurt à Wels le 18 avril 1690 et est enterré à Innsbruck. Dix ans plus tard, son corps est ramené à la Chapelle des Cordeliers à Nancy. 

.Léopold Ier de Habsbourg (1640-1705) archiduc d'Autriche, roi de Germanie de 1657 à 1705, roi de Hongrie et de Bohême, empereur de 1658 à 1705  

.Joseph Ier de Habsbourg (1678-1711) archiduc d'Autriche en 1705, roi de Germanie de 1690 à 1711, roi des Romains le 24 janvier 1690, empereur  de 1705 à 1711, roi de Hongrie, roi de Bohême, roi de Croatie 

Fils de l' empereur Léopold Ier.

.Léopold-Joseph (1679-1729),  duc de Lorraine et de Bar en titre de 1690 à  en fait de  1697 à 1729

Né à Innsbruck, Il  a 10 ans à la mort de son père Charles V et reçoit le titre de duc de Lorraine et de Bar, mais ses duchés restent occupés par la France. Sa mère Éléonore devient la régente en titre des duchés lorrains.

A douze ans sa mère l’envoie à Vienne pour recevoir une éducation militaire auprès de son oncle l'Empereur. Il y est élevé avec ses deux cousins, Joseph, héritier du trône d'un an son aîné, et Charles qui, bien qu'étant son cadet de six ans, sera plus proche de lui. Les deux jeunes archiducs ceindront successivement la couronne impériale en devenant les Empereurs romains Joseph Ier et Charles VI. Léopold se sentira toujours proche de ses cousins, tant sur le plan personnel que politique et religieux. Il est fait chevalier de la Toison d'or en 1690.

Comme son père il s'engage dans l'armée impériale et prend une part active au siège de Temesvár en 1694. Il reçoit un commandement dans l'armée du Rhin en 1697. La guerre de la ligue d'Augsbourg touche à sa fin et les négociations commencent à Ryswick ; Louis XIV qui veut assurer la couronne d'Espagne pour son petit-fils Philippe, duc d'Anjou  accepte - entre autres - de restaurer la suzeraineté impériale sur les duchés de Lorraine et de Bar sous réserve de l’hommage pour ce dernier duché. Le traité de Ryswick du 30 octobre 1697 et ratifié le 13 décembre, lui  rend ses duchés. Mais ce n’est que le 17 aout 1698 qu’il se rend à Nancy ou il reçoit un accueil enthousiaste. 

Sur l’instigation de sa mère, il épouse Eléonore la nièce de Louis XIV ce qui n’a pas pour effet pour autant d’améliorer ses  relations avec la France à tel point qu’il refuse de prêter hommage au roi pour le Barrois mouvant. Pour tenter de régler le conflit, la France lui propose d’échanger le duché de Milan qui serait prélevé sur l’héritage des Habsbourg d’Espagne contre la renonciation à ses duchés ; mais bien qu’accepté par Léopold, malgré le mécontentement de ses sujets, l’accord devient caduc.

Une fois tournée cette regrettable page, il se met à se consacrer à l’administration de se duchés complétement détruits par les guerres et considérablement dépeuplés. Il encourage l’émigration à condition qu’elle soit catholique par une ordonnance du 10 octobre 1698 qui permet aux étrangers de s’installer sur les terres en déshérence. Ceux-ci affluent en nombre soit d’Allemagne, soit des cantons suisses, de la Bourgogne, de la Franche-Comté ou de la Savoie. Il fait procéder par ailleurs à une remise en état des infrastructures.

Il agrandit le château de Lunéville ou il tient une Cour brillante et réorganise l’Université de Pont à Mousson qui connait un nouveau rayonnement.

En dépit de la neutralité proclamée du duché de Lorraine, les troupes françaises occupent la plupart de ses places fortes et sa capitale Nancy ou elles rentrent le 3 décembre 1702  dès le début de la guerre de succession d’Espagne et Léopold  n’a pas les moyens  pour envisager de s’y opposer militairement ; mais cela ne fait que renforcer ses liens avec la famille impériale et notamment avec Joseph Ier et Charles VI, son ami d’enfance.

La guerre de Succession d’Espagne se termine en 1713 par le traité d’Utrecht mais Nancy est occupée jusqu’en 1714 ; le roi Louis XIV meurt en 1715 ce qui améliore les relations  avec la France qui reconnait par un traité du 14 octobre 1728 la neutralité pleine et entière, perpétuelle et  irréversible de la Lorraine  qu’une annexe à ce traité précise qu’en cas de guerre la France peut quand même occuper quelques places fortes. Néanmoins avec ce statut de neutralité reconnue, la Lorraine  espère pouvoir écarter durablement la menace d’une annexion  de force par la France.

Le duc Léopold meurt le 27 mars 1729.

 

 

.François III (1708- 1765) duc de Lorraine et de Bar, duc de Teschen de 1729 à 1765 et Grand-duc de Toscane et Vice-roi de Hongrie de 1732 à 1765, empereur ( François Ier ) de 1745 à 1765

Fils de Léopold-Joseph et d’Elisabeth-Charlotte d’Orléans, fille du frère du roi Louis XIV ; en ligne maternelle il est donc arrière-petit-fils de Louis XIII.

A 15 ans, son père l’a envoyé à Vienne ou, il fait connaissance de l’archiduchesse Marie-Thérèse née en 1717, la fille et héritière, en l’absence d’héritier mâle, de l’empereur  Charles VI de par la « Pragmatique Sanction » que celui-ci a fait rédigée quatre ans avant sa naissance. 

Il n’assiste pas aux funérailles de son père à Nancy le 8 juin 1729 et n’arrive dans son duché que le 29 novembre 1729 ; il est à Nancy le 3 janvier 1730 mais y reste peu de temps décidant de s’installer dans son château de Lunéville ; puis il se rend à Paris rendre hommage à Louis XV pour le Barrois mouvant et rentre à Lunéville qu’il quitte dès avril 1731 pour un périple en Europe. Il voyage depuis un an lorsqu’il apprend sa nomination par son futur beau-père comme vice-roi de Hongrie.

Le 1er février 1733 meurt Auguste  II, le prince Electeur de Saxe devenu roi de Pologne en 1697. Son fils, Auguste III, et Stanislas Ier, beau-frère de Louis XV se disputent le trône. Louis XV soutient son beau-père Stanislas Ier qui est élu par la Diète polonaise le 11 septembre 1733 mais le 6 octobre 1733 a lieu la contre-élection d’Auguste soutenu par l’empereur Charles VI ; dès  le 10 octobre 1733, Louis XV déclare  la guerre à l’empereur  pour l’insulte faite à son beau-père ; c’est la guerre de succession de Pologne.

Trois jours plus tard, son   Maréchal de Belle-Isle, gouverneur de Metz fait occuper Nancy. Au mois d’Aout 1735 et le 3 octobre 1735 sont signés les préliminaires de Vienne par lesquelles Stanislas accepte de renoncer au trône de Pologne au profit d’Auguste III mais en dédommagement reçoit en viager les duchés de Bar et de Lorraine que se voit contraint de lui abandonner François III  pourpouvoir épouser Marie-Thérèse  appelée à devenir impératrice à la mort de son père. Le 31 janvier 1736, François III peut faire sa demande en mariage et celui-ci est célébré à Vienne le 12 février 1736. Et après d’ultimes tractations, il accepte de signer le 11 avril 1736 sa renonciation à ses duchés contre la volonté de sa mère et de ses sujets.  Et le 19 mai 1736, la Diète d’empire  approuve les préliminaires de Vienne puis le 28 aout la convention de transfert des pouvoirs au roi de France.   

Au traité de Vienne de 1738, la Lorraine entre dans le giron de la couronne de France et les principales familles de la noblesse lorraine, obtiennent une dispense royale afin de servir et résider à leur guise en France ou dans l'Empire. Une  partie, déjà établie à la Cour impériale de Vienne, choisit l'Empire. C’est le cas par exemple d’une partie de la famille de Fickelmont très importante famille de la noblesse lorraine principalement représentée par le Reichsgraf Charles de Ficquelmont, grand chambellan de l'Empereur François de Lorraine, capitaine des cuirassiers de Sa Majesté Impériale et commandant de la garde des chevaux légers, et par son fils, le Reichsgraf Jacques-Charles de Ficquelmont, capitaine de la garde et grand chambellan de l'Empereur François de Lorraine, commandant du régiment de cavalerie de Kalchreuth puis de Thun.

                                                                                                .Stanislas  (1677-1766), duc de Lorraine et de Bar de 1737 à 1766

Issu d'une famille aristocratique de Bohême-Moravie installée en Pologne au Xe siècle ;  héritier du palatinat de Posnanie ; sa fille Marie Leszczynska  épouse Louis XV en 1725.

Après avoir abdiqué officiellement le trône de Pologne, le 30 septembre, il est contraint par les ministres de Louis XV, de signer une déclaration secrète, appelée « déclaration de Meudon », par laquelle il déclare ne pas vouloir se « charger des embarras des arrangements qui regardent l'administration des finances et revenus des duchés de Bar et de Lorraine » s'en remettant au roi de France.

En compensation, Stanislas reçoit une rente annuelle de 1 500 000 livres, qui serait portée à 2 millions au décès du grand-duc de Toscane. Stanislas s'engage à nommer « un intendant de justice, police et finances ... ou autre personne sous tel titre et dénomination qu'il sera jugé à propos, lequel sera choisi de concert avec S.M. Très-Chrétienne. Ledit intendant ou autre exercera en notre nom le même pouvoir et les mêmes fonctions que les intendants de province exercent en France. » Stanislas agrée, avec le titre de chancelier, le 18 janvier 1737, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, proposé par le cardinal de Fleury, conseil de Louis XV. Celui-ci prend  possession au nom de Stanislas, le 8 février 1737 du duché de Bar et le 21 mars de celui de Lorraine.                                                      

La mère de François III, ne quitte  Lunéville que le 6 mars 1737 pour se retirer au château de Commercy que Stanislas accepte de lui laisser jusqu’à sa mort.

Stanislas est fraîchement accueilli par la population lorraine, très attachée à la famille ducale et son intendant Chaumont de la Galaizière est unanimement haï et demeure un personnage à l'image noire dans la mémoire des Lorrains.

L’empereur  Charles VI meurt le 20 octobre 1740. Sa fille Marie-Thérèse l’épouse de François III est trahie de tous côtés et doit mener sans soutien  la guerre de Succession d'Autriche  contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France  le Piémont-Sardaigne et l'Espagne. Son cousin par alliance Charles Albert, Électeur de Bavière, est élu empereur sous le nom de Charles VII. Elle réussit cependant à s'allier à l'Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise.

Cette guerre occasionne pourtant la perte de la Silésie, au profit de la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle cède au roi de Sardaigne son beau-frère, Charles-Emmanuel III de Sardaigne. Mais le reste des possessions héréditaires des Habsbourg est cependant sauvegardé : Marie-Thérèse, conformément au vœu de son père, est alors à la tête de l'archiduché d'Autriche, "roi" de Hongrie 20 octobre 1740 - 29 novembre 1780) et reine de Bohême (1743 - 1780).

Finalement c’est l’époux de Marie-Thérèse, l’ancien duc de Lorraine et de Bar François III qui devient empereur sous le nom de François Ier en 1745. Il est le fondateur de la Maison de Habsbourg-Lorraine.

Stanislas qui lui a succédé à la tête des duchés de Bar et de Lorraine  meurt une année plus tard à Lunéville le 23 février 1766 âgé de 88 ans. Avec lui les deux duchés de Bar et de Lorraine cessent définitivement en droit de faire partie du Saint Empire.

Le Grand-gouvernement de Lorraine-et-Barrois est créé pour gérer les territoires suivants :

  • le duché de Lorraine et de Bar,
  • la province des Trois-Évêchés
  • le Luxembourg français (région de Thionville),
  • le duché de Carignan,
  • le pays de la Sarre,

le duché de Bouillon.

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 17:00

 

 

La Lorraine française actuelle n’est qu’une petite partie de la grande Lorraine ou Lothringen issue des différents partages de l’empire carolingien après la mort de Charlemagne à partir du partage de Verdun entre ses trois petits fils. En 843 au traité de Verdun, Lothaire, ainé des fils de l’empereur Louis le Pieux reçoit à l’issue de la guerre l’opposant à ses frères Charles le Chauve et Louis le Germanique, outre le titre d’empereur, la Francia media, vaste territoire allant de la mer du Nord à l’Italie séparé du royaume de Francia occidentalis attribué à Charles par l’Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhin et du royaume de Francia orientalis attribué à Louis par le Rhin, l’Aar et les Alpes. Plutôt que Francia media, l’habitude viendra de l’appeler Royaume de Lotharingie. Avant de se retirer à l’abbaye de Prüm, l’empereur Lothaire partage son royaume avec ses fils : l’ainé, Louis II reçoit le titre d’empereur et l’Italie, Lothaire II reçoit au nord un ensemble de territoire comprenant la Frise, les Pays Bas (correspondant à la Belgique et aux Pays Bas actuels), le futur duché de Lorraine stricto sensu et l’Alsace. Enfin Charles reçoit entre les deux le Lyonnais et la Provence. A la mort sans héritier de Lothaire II en 869, les droits de son frère Louis II sont contestés par son oncle le roi de Francie occidentale Charles le Chauve qui vient à Metz se faire couronner empereur ce qui suscite l’intervention de l’autre oncle le roi de Francie orientale Louis le Germanique qui impose un nouveau partage par le traité de Meerssen de 870. Louis le Germanique s’attribue les pagi de Trêves, de la Nied, de la Sarre et la Blies avec Aix la Chapelle, Metz et la Frise tandis que Charles le Chauve s’attribue ceux de Toul, Verdun, Saint Mihiel, le Saintois et le Chaumontois. En 882, l’unité du Royaume des Francs est rétabli momentanément par l’empereur Charles III le Gros, troisième fils du roi Louis le Germanique. Mais dès 887 celui-ci est déposé par la diète de Tribur et remplacé par un bâtard de son frère Arnulf de Carinthie qui récupère l’Alsace et la Lorraine qu’avait occupée Charles le Gros en 882 en violation du Traité de Meerssen. En 888, Arnulf de Carinthie, fils bâtard de Carloman de Bavière, est proclamé roi de Lotharingie ( Germanie), et Italie et devient empereur. En mai 895, Arnulf intronise son fils bâtard Zwentibold comme roi de Lotharingie. Les frontières de ce royaume coïncidaient sans doute en grande partie avec celles du royaume de Lothaire II, mais elles ne comprenaient probablement plus la Frise. Les historiens ne sont pas d'accord sur le point de savoir dans quelle mesure le fils d'Arnulf demeurait subordonné à l'autorité impériale ; tout indique qu'il jouissait dans son gouvernement d'une large indépendance. L'expérience ne fut d'ailleurs pas de longue durée. Zwentibold se heurte aux résistances des grands qui voyaient avec déplaisir un étranger restreindre leur indépendance. Il se brouille avec Régnier et l'oblige à s'expatrier en 898. Zwentibold est tué le 13 ou le 30 août 900 au cours d'une bataille, au voisinage de la Meuse, contre les comtes Gérard Ier de Metz, Matfried Ier et Étienne de Pouilly, ses vassaux révoltés. Louis IV l’Enfant, fils légitime d’Arnulf de Carinthie qui lui succède comme roi de Francie Orientale et empereur est reconnu comme leur souverain par les seigneurs lorrains réunis à Thionville.

La plus haute noblesse lorraine siège au sein du Ban ducal, qui constitue l'institution la plus illustre du duché. Siègent au ban les chefs des familles appartenant à l'Ancienne Chevalerie de Lorraine. Chevaux de Lorraine est le nom donné en Lorraine à deux groupes de familles d'ancienne et illustre chevalerie :

-les Grands Chevaux : du Châtelet, Haraucourt, Lenoncourt et Lignéville ;

-les Petits Chevaux : des Armoises, Beauvau, Choiseul, Custine, Ficquelmont, Gourcy, Ludre, Mitry et Raigecourt, Bassompierre, Bouzey-Champagne, Briey, Gournay, d'Haussonville, du Hautoy, Lambertye (Tornielle), Nettancourt, Ourches, Saintignon, des Salles, d'Apremont, Bauffremont, Chérisey, Croÿ, Failly, Mercy, Pouilly, Reinach, Salm, Vidranges.

Maison de Franconie

.Gebhard, comte de Franconie, duc de Lorraine (903-910)

En 903, Louis IV l'Enfant confère à l'un de ses fidèles, le comte Gebhard de Franconie, le titre de duc de Lotharingie. Les conseillers de Louis l'Enfant croient sans doute qu'en faisant disparaître le royaume de Lotharingie, ils devaient soumettre ce territoire à un régime analogue à celui du reste de la Germanie ; les grandes tribus germaniques s'étaient reconstituées sous la direction de chefs nationaux qui acceptaient la subordination à la couronne ; il paraissait logique d'assimiler la Lotharingie à la Saxe, à la Franconie, à la Souabe, à la Bavière. Gebhard meurt en 910. L’année suivante avec la disparition de Louis III l’Enfant, dernier carolingien d'Allemagne, Charles le Simple réussit à se mettre en possession de la Lotharingie ; cette année 911 marque la désagrégation de l’empire carolingien et la coupure entre la Francie occidentale, future royaume de France (Frankreich) avec la Francie orientale (future Germanie). Plutôt que de choisir un carolingien, les ducs réunis à Forcheim le 10 novembre 911 désignent comme roi de Francie orientale l’un d’entre, Conrad, duc de Franconie. Momentanément néanmoins le duché de Lorraine échappe au royaume de Francie orientale.Tout pousse le roi de Francie occidentale Charles le Simple à favoriser un seigneur local Régnier au Long col qui pouvait profiter du changement de régime pour accroître sa puissance. Charles cependant ne va pas jusqu'à lui conférer le titre ducal ; il apparaît comme marquis, et vraisemblablement cette fonction lui donnait autorité sur un groupe de pagi compris entre l'Escaut, le Rhin et la Moselle ; mais il n'est signalé nulle part en Haute-Lotharingie. Il meurt en 915. Après la mort de Régnier, son fils Giselbert cherche à se rapprocher du nouveau roi de Francie orientale Henri l’Oiseleur mais en vain car en novembre 921, à la suite d’une rencontre à Bonn entre Henri l’Oiseleur et Charles le Simple, le statu quo est confirmé en Lorraine. Mais en 923, Charles le Simple est défait à la bataille de Soissons. Raoul de France lui succède et réussit partiellement à se faire reconnaître par les Lotharingiens. Le roi de Francie Orientale Henri l’Oiseleur profite de la déposition de Charles le Simple par le duc de Bourgogne Raoul pour réoccuper la Lorraine en 925 et s'en faire proclamer roi. La Lorraine  désormais va rester associée aux destinées du royaume de Francie Orientale ( Germanie). Henri l'Oiseleur commence par y envoyer un certain Eberhard pour y rétablir la paix. Sous la dynastie de Saxe, la région de la Meuse, aux alentours de Givet, de Mézières, de Mouzon, d'Yvois, est envahie plus d'une fois par des vassaux français et demeure litigieuse jusque vers la fin du Xe siècle.Henri Ier l’Oisseleur juge qu'il vaut mieux chercher à s'attacher de façon durable Giselbert, il lui donne donc en mariage sa fille Gerberge ; l'union est célébrée en 929. C'est probablement vers cette époque que Giselbert reçoit les fonctions ducales.

.Giselbert, duc de Lorraine de 929 à 939

La fidélité de Giselbert ne dure pas. Il s'associe aux révoltes d’Henri, frère d'Otton Ier, et du frère de Conrad Ier, Eberhard de Franconie, mécontent de ce que la maison de Saxe l'a supplanté. À la bataille d'Andernach, en 939, Eberhard est tué et Giselbert se noie dans le Rhin.

.Henri, duc de Lorraine de 939 à 940

Le roi de Francie Orientale Otton Ier confie alors le gouvernement de la Lotharingie à son fils Henri, qui lui a fait sa soumission, mais qui ne peut se maintenir.

.Otton de Verdun, duc de Lorraine de 941 à 944

Otton Ier investit pour succéder à son fils Henri, Otton, fils du comte Ricuin de Verdun, qui conserve la dignité ducale jusqu'en 944.

.Conrad le Rouge, duc de Lorraine de 944 à 953

A la mort d’Otton, Otton Ier investit du duché son propre gendre Conrad le Rouge lequel commet l’erreur de s’engager au côté du duc de Souabe dans une révolte contre lui. Otton Ier le destitue en 953 et confit alors le duché à son propre frère Brunon, archevêque de Cologne en lui donnant le titre d’archiduc Dès cette époque, sa confiance s'attache de préférence aux chefs de l'Église. Dès le début de la dynastie saxonne, les rois cherchent à s’appuyer sur les évêques de Cambrai, de Liège, d'Utrecht, de Cologne, de Trêves, de Metz, de Toul, de Verdun qui disposent non seulement de la puissance spirituelle mais de la puissance temporelle.

.Brunon, archevêque de Cologne et archiduc de Lotharingie de 954 à 959

Quelques seigneurs qui voient avec déplaisir la rigueur déployée par Brunon tentent de se soulever ce qui pousse Brunon à déléguer en 959 une part de son autorité à Godefroid en Basse-Lotharingie (Frise, actuels Pays Bas, Brabant, Hainaut et une partie de la Basse-Rhénanie.) et à .Frédéric, fils du comte Wigéric, en Haute-Lotharingie. Brunon leur confère le titre de duc et établit donc ainsi deux duchés distincts. La Haute-Lotharingie devient le duché de Lorraine. Otton Ier restaure l’empire en 962. Le territoire du duché se trouve "mité" par celui des trois évêchés de Metz, Toul et Verdun dont les évêques comme dans tout le Saint-Empire disposent non seulement d'un pouvoir spirituel sur leur évêché mais également d'un pouvoir temporel (comtal) sur tout ou partie de celui-ci. Brunon meurt en 965 puis peu après lui Godefroid. Otton II ayant exclu de leur héritage paternel les comtes de Mons, Régnier IV et Lambert Ier, son cousin germain le roi de Francie Occidentale Lothaire envoie en 976, son frère Charles, joindre avec une armée celle d’Hugues Capet et d’Otton de Vermandois venue au secours des comtes. Une grande bataille, qui reste indécise, est livrée devant Mons en 976. En 977, Otton II accueille son cousin germain, Charles, qui vient d'être exilé par son frère Lothaire, pour avoir accusé la reine Emma d'Italie, d'infidélité avec l'évêque de Laon Adalbéron. Charles rend alors hommage à l'empereur, qui, tout en lui promettant de le couronner dès que Lothaire serait écarté du trône, lui donne le duché de Basse-Lotharingie resté vacant depuis la mort Godefroy de Metz en 964. La nomination de Charles à la tête du duché, devenu fief mouvant de l'Empire, provoque des troubles qui éclatent au cours de l'été 978. Lothaire espère tirer parti d'une situation confuse et pénètre en août 978 dans le duché de Lorraine en se faisant prêter serment par les États du duché mosellan à Metz puis mène un raid contre Aix-la-Chapelle où réside la famille impériale qui échappe de peu à la capture puis se replie dans son royaume en emportant les insignes de l'Empire. En représailles de cette attaque, Otton II rassemble une armée et envahit le nord de la Francie en octobre 978, et va jusqu'à assiéger Paris, défendue par Hugues Capet. Lothaire se rend compte du jeu joué par Hugues Capet, en l’incitant à la lutte contre l’empereur et en 980 à Margut, sur la Meuse, fait abandon de ses prétentions sur la Lorraine. Hugues Capet, mécontent de cette paix conclue sans sa coopération, et craignant de voir les deux princes s'unir contre lui, cherche à son tour à se mettre sur un bon pied avec la cour impériale. Il va passer les fêtes de Pâques à Rome auprès d'Otton, qui lui fait le meilleur accueil, et il réussit à se rendre entièrement favorable l'impératrice Théophano Skleraina. Il va bénéficier du soutien aussi d’Adélaïde de Bourgogne, la mère de l’empereur pour devenir roi de France.

.Othon Ier dit le Grand (912-973), roi de Francie Orientale (Germanie) en 911, roi d'Italie en 951   , empereur du Saint Empire en 962

Fils d'Henri Ier dit l'Oiseleur.

.Othon II dit le Roux (955-983), roi de Francie Orientale(Germanie)  en 961, roi d'Italie en 980, empereur du Saint Empire en 973

Maison d’Ardenne

.Frédéric de Bar (v.942- 984), duc de Haute Lotharingie (Lorraine) et comte de Bar de 959 à 984

Frédéric demeure duc de Haute-Lotharingie ou Lorraine, mais son autorité ne s'étend pas sur la région septentrionale. Avec la restauration de l’empire en 962 par Othon le Grand, le duché de Lorraine constitue une terre impériale comme partie du Royaume de Germanie. Sur la frontière occidentale, Otton crée les marches de Gand, d'Ename et de Valenciennes.

.Othon III (980-1002),roi de Francie Orientale (Germanie) de 983 à 1002, roi d’Italie en 996, empereur romain germanique de 996 à 1002

Fils d’Othon II

.Henri II dit le Saint (973-1024), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1002 à 1024, roi d’Italie en 1004, empereur romain germanique en 1002 à 1024

Fils d’Othon III.

.Thierry Ier (v.965- 1026), duc de Haute Lotharingie (Lorraine) et comte de Bar de 984 à 1026

Il est le fils de Frédéric de Bar.

.Frédéric II (v.995 -1028), duc de Lotharingie et comte de Bar de 1026 à 1028

Fils du précédent.

.Conrad II dit le Salique (990-1039) , roi de Francie Orientale (Germanie) de 1024 à 1039 , roi d'Italie en 1026, empereur de 1027 à 1039, roi de Bourgogne-Provence de 1032 à 1039 

Fils d’Henri II.

.Frédéric III (v.1015-1033), duc de Lorraine et de Bar de 1028 à 1033

Frédéric II ne laisse que deux filles en bas âge, Béatrix et Sophie. La situation du pays est assez critique : Eudes de Champagne, qui croit pouvoir disputer la Bourgogne à Conrad, menace constamment la Lotharingie. Une main ferme est nécessaire pour défendre cette marche extrême de l'empire. A sa mort en 1033, les deux duchés de Basse-Lotharingie et de Haute Lotharingie sont réunis.

.Gothelon (1023-1044), duc de Basse-Lorraine de 1023 à 1044 et de Haute Lorraine de 1033 à 1044

Fils de Godefroid Ier le captif et frère de Godefroy III.

Déjà duc de Basse-Lorraine, l’empereur Conrad II l’investit en 1033 du duché de Haute Lotharingie (Lorraine) réunifiant un temps l’ancienne Lotharingie du Nord.

.Godefroi II le Barbu (v.997- 1069), duc de Haute Lorraine de 1044 à 1047, margrave d’Anvers, comte de Verdun

Fils du précédent. Epoux en 1054 de Béatrice, fille de Frédéric II, veuve du duc de Toscane.

.Henri III dit le Noir (1017-1056) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1028 à 1056, roi de Bourgogne de 1039 à 1056, roi d’Italie en 1039, empereur de 1046 à 1056

Fils de Conrad II.

A la mort du duc Gothelon, l’empereur Henri III investit son fils Godefroy le Barbu, premier duc de la maison de Verdun et d'Ardennes, du seul duché de Haute Lorraine. Mécontent de cette décision, qu'il considère comme une injustice, il entame une lutte qui va durer presque douze années. Allié à tous les adversaires de Henri III, au roi de Francie occidentale, au comte de Flandre Baudouin V, au comte de Hollande Thierry IV, tour à tour vainqueur et vaincu, réconcilié et rebelle, commettant les pires excès, incendiant le palais royal de Nimègue et la ville de Verdun, dont l'évêque avait pris parti contre lui. Comme sanction, l’empereur lui retire l’investiture sur le duché de Haute Lorraine qu’il confit au comte Adalbert de la maison d’Alsace. Godefroy finit en 1056 par faire sa soumission définitive, mais il ne recouvre alors aucun des deux duchés. En 1069, Godefroi et Béatrice unissent leurs enfants issus chacun d’un premier mariage : Mathilde, héritière de la Toscane (la comtesse Mathilde de Toscane), ainsi que de Briey, Stenay, Mousson, et Godefroy III de Basse-Lotharingie, dit d'Ardennes, dit aussi le Bossu. C’est un mariage de pure forme. Mathilde, qui a 23 ans, vit en Toscane.

.Adalbert, comte de Metz, duc de Lorraine de 1047 à 1048

L’empereur Henri III le nomme duc de Lorraine mais Il ne règne qu’une année car Godefroy le fait assassiner en 1048.

Maison d’Alsace

.Gérard d’Alsace (1030-1070), comte de Châtenois et de Metz en 1047, premier duc héréditaire de Lorraine de 1048 à 1070,

Il descend d'Étichon-Adalric d'Alsace qui est duc d'Alsace au VIIe siècle. La maison des Ethiconides possède d’importants domaines en Sarre, dans la région de Trèves et dans la Haute Vallée de la Meuse. Les Étichonides sont aussi la souche des maisons de Habsbourg, de Bade, ainsi que des maisons éteintes de Dabo et d'Egisheim. A la mort d’Adalbert II d’Alsace, le 11 novembre 1048, l’empereur Henri inféode Gérard, son neveu pour lui succéder ; il est connu sous différents noms : Gérard d'Alsace ou de Châtenois ou bien encore de Flandre, du fait de son épouse, Hedwige de Namur, comtesse de Flandre. Il porte souvent le titre de marquis, car son duché est une marche du Saint-Empire romain germanique. Il possède d’importants domaines en Sarre, dans la région de Trèves et dans la Haute Vallée de la Meuse. C’est à partir de Gérard d’Alsace que la Maison d’Alsace prend l’appellation de Maison de Lorraine. C’est lui qui vers 1050 édifie une maison forte à Nancy autour de laquelle la ville va se développer. Mais Godefroy le Barbu n’accepte pas cette décision de l’empereur et avec l’aide de seigneurs lorrains il parvient à s’emparer de Gérard ; celui-ci est libéré grâce à l’intervention de l’ancien évêque de Toul devenu pape sous le nom de Léon IX puis avec l’aide du nouvel empereur Henri IV qui lui fournit deux mille soldats, il vient à bout de son adversaire. Outre l’appui du pape, Gérard recherche l’appui des évêques et des abbés de son duché ce qui lui permet de se faire attribuer l’avouerie de plusieurs abbayes et de renforcer son pouvoir.

.Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale de 1056 à 1099, roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1106, roi d'Italie en 1080, empereur de 1084 à 1105

Fils de l'empereur Henri III 

.Thierry II dit  le Vaillant (1040-1115), duc de Lorraine de 1070 à 1115

Fils de Gérard d'Alsace

Il n’obtient pas facilement de succéder à son père car le comte de Bar Louis de Montbéliard, gendre de l’ancien duc de Haute-Lorraine Frédéric II dont il a épousé la fille Sophie, revendique l’investiture. Si Louis meurt peu après, son fils Thierry II devenu comte de Bar reprend la réclamation. Mais l’empereur Henri IV attribue le duché à Thierry, Thierry II comte de Bar devant se contenter de son comté. Thierry se montre un vassal reconnaissant et fidèle à son empereur Henri IV avec lequel il participe à plusieurs campagnes contre les Saxons ; surtout il le soutient dans la querelle des investitures qui oppose son empereur aux papes Grégoire VII ( 1073-1085) et Urbain II (1088-1099) ; et également , après s’être rapproché d’Henri V qui se rebelle contre son père Henri IV, il se réconcilie avec celui-ci .Après la mort d’Henri IV en 1106, Thierry qui a épousé en première noce Hedwige de Supplimbourg, qui lui a donné son fils Simon, ne prend pas parti dans les conflits qui se mettent à opposer son nouveau suzerain l’empereur Henri V à de nombreux princes à la tête desquels se trouve le parent de sa première femme le duc de Saxe Lothaire de Supplimbourg, dont au surplus la sœur Adélaïde a épousé ce fils Simon.

.Henri V (1086-1125) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1099 à 1125, roi d'Italie en 1098, roi de Bourgogne-Provence de 1106 à 1125, empereur en 1111

Fils de l'empereur Henri IV 

.Simon Ier (1096-1138), duc de Lorraine de 1115 à 1138

Fils de Thierry II..

Il participe à la diète de Worms de 1122. Cette diète convoquée par son empereur Henri V règle la querelle des investitures par l’adoption du Concordat de Worms du 23 septembre 1122 par lequel l’empereur garantit la liberté des élections épiscopales et s’engage à investir l’élu du pouvoir temporel par la remise du sceptre, le pape admettant de son côté la présence de l’empereur ou de son représentant lors de la cérémonie d’élection et investissant ou faisant investir par un évêque métropolitain l’élu de son pouvoir spirituel par la remise de la crosse et de l’anneau. Le duc Simon est excommunié par l’archevêque de Trèves Adalbéron, allié au comte de Bar Renaud (1105-1150) et à l’évêque de Metz, Etienne issu de la maison de Bar mais obtient la levée de cette excommunication du pape Innocent III. Il meurt en 1138. Son fils Mathieu Ier lui succède.

.Lothaire II ou III de Supplinbourg (1075-1137) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1125 à 1137, roi d'Italie de 1125 à 1137, roi de Bourgogne-Provence de 1125 à 1137, empereur de 1133 à 1137 

.Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1138 à 1152, roi d'Italie de 1128 à 1135, roi de Bourgogne-Provence de 1138 à 1152, empereur

 

.Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse (1122-1190) duc de Souabe et d'Alsace, comte palatin de Bourgogne (Franche-Comté) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1155 à 1190, roi de Bourgogne-Provence de 1152 à 1190, roi d'Italie de 1155 à 1190,  empereur de 1155 à 1190 

.Mathieu Ier (1110-1176), duc de Lorraine de 1138 à 1176

Mathieu, fils de Simon devient duc de Lorraine comme vassal de Conrad III de Hohenstaufen, duc de Franconie élu la même année à la dignité impériale. Il en épouse la nièce Berthe de Souabe dont le frère Frédéric, est le futur Frédéric Barberousse. Outre donc son lien de vassalité, Mathieu a un lien de parenté très étroit avec les Hohenstaufen. Mathieu Ier participe à presque toutes les diètes impériales convoquées par Conrad III puis à celles convoquées par son beau-frère Frédéric Ier Barberousse après que celui-ci ait accédé en 1152 à la dignité impériale ; il l’accompagne à Rome pour son sacre le 18 juin 1155 par le pape Adrien IV. Mathieu Ier est également aux côtés l’empereur lorsqu’il rencontre en 1160 vers Vaucouleurs le roi de France Louis VII pour trouver un accord permettant de mettre fin aux pillages auxquels se livrent des bandes d’aventuriers sur les frontières du royaume et de l’empire. En 1167, Mathieu accompagne à nouveau son empereur Frédéric Barberousse en Italie. Il meurt le 13 mai 1176, son fils Simon lui succède.

.Henri VI de Hohenstaufen dit le Cruel (1165-1197) roi de Francie Orientale (Germanie) dès 1169 jusqu’à 1197, empereur de 1191 à 1198, roi de Sicile de 1194 à 1197

Fils de Frédéric Ier.

.Simon II (1140-1207), duc de Lorraine de 1176 à 1205

Sa mère Berthe de Souabe préfère voir devenir duc son fils cadet Ferri de sorte que Simon doit se faire confirmer l’hommage de ses vassaux ce qui l’oblige à leur concéder des avantages substantiels et à les consulter pour les grandes affaires ; c’est l’origine des Etats de Lorraine. Mais son frère ne se contente pas de sa seigneurie de Bitche et prend les armes ; si Simon a le soutien du comte de Bar, Ferri a celle de l’empereur Frédéric Barberousse qui évite toutefois de prendre parti. Par le traité de Ribemont du 2 mai 1179 conclu sous l’égide de leur mère, Ferri se voit attribuer les pays lorrains de la vallée de la Sarre ainsi que les terres situées entre Metz et Trèves avec l’hommage personnel du Prince-évêque de Trêves et du comte de Sarrebruck pour les terres relevant du duché, c'est-à-dire pratiquement les terres germanophones du duché. A la mort de l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse en 1190, les deux frères se rallient sans hésiter à l’empereur Henri VI et se réconcilient ; Simon choisit pour successeur Ferri le Jeune, fils de son frère Ferri. L’empereur Henri VI meurt en 1197 ; son héritier est le jeune Frédéric de Hohenstaufen âgé de trois ans de sorte que pour s’assurer que la couronne reste à la maison de Hohenstaufen, les électeurs choisissent d’élire roi des romains en 1198 Philippe de Souabe le frère d’Henri VI. Ferri soutient Philippe de Souabe ; son frère Simon renonce au pouvoir en en 1205 et se retire dans le monastère de Sturzelbronn ou il meurt en 1207.

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177-1208) roi des Romains en 1198, roi de Francie Orientale (Germanie) de 1198 à 1208

En 1198, deux rois des Romains sont élus : Philippe Ier de Hohenstaufen et Othon de Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti d'Othon, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208.. 

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218) roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214 

 

.Ferri II ( ? - 1213), duc de Lorraine de 1205 à 1213

Dénommé Ferri II parce que son père a pris le titre de duc de Lorraine en 1205 à l’abdication de son frère Simon et s’est fait appeler Ferri Ier. Ferri II se trouve donc à la tête de l’ensemble du duché par héritage de son père et de son oncle. Philipe de Souabe est assassiné en novembre 1208 ; lors de la diète de Francfort de novembre 2008, Ferri se rallie à Othon de Brunswick qui devient empereur sous le nom d’Othon IV mais le pape Innocent III l’excommunie en 1210 et demande à la diète de Nuremberg de 1211 de le destituer pour reconnaitre Frédéric II de Hohenstaufen comme empereur. Ferri vote la destitution et soutient désormais Frédéric II auquel il fournit des troupes, combat avec lui en Alsace ou il l’aide à prendre Haguenau en septembre 1212. Et il se rend à la diète de Francfort qui le 5 décembre 1212 proclame Frédéric II roi des romains et assiste à son sacre fictif du 9 décembre. Il lui prête même de l’argent pour recruter des troupes et reçoit en gage la ville de Rosheim en Alsace. Peu de temps après, il accompagne Frédéric II à Vaucouleurs ou l’empereur rencontre Louis, le futur Louis VIII, le fils de Philippe Auguste, pour conclure une alliance contre Otton IV. Ferri II meurt en octobre 1213.

.Thiébaud Ier (1191 -1220), duc de Lorraine de 1213 à 1220, comte de Metz et de Dagsbourg

Fils de Ferri ; époux de Gertrude de Dagsbourg. Il marque une exception dans la longue période de fidélité des ducs de Lorraine à l’égard de leurs empereurs. En effet il n’est pas soutenu par l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen allié du roi Philippe Auguste dans une affaire successorale concernant le comté de Champagne ; Frédéric considère sa position comme une félonie et lui reprend Rosheim ; Thiébaud décide alors de soutenir Othon IV et combat à ses côtés à la bataille de Bouvines en 1214. En 1218, Thiébaud reprend Rosheim et dévaste toute l’Alsace entre Strasbourg et Sélestat ; l’empereur Frédéric II réagit en envahissant la majeure partie du duché de Lorraine et fait prisonnier Thiébaud qui doit se soumettre et s’engager à se reconnaitre vassal du comte de Champagne pour les seigneuries de Chatenois, Frouard et Montfort qu’il détient dans ce comté. Thiébaud meurt en 1220.

.Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1196 à 1220 puis de 1235 à 1250, roi d’Italie de 1198 à 1250, roi de Sicile de 1198 à 1217 puis 1235 à 1250 , roi de Bourgogne-Provence de 1198 à 1250 , empereur de 1220 à 1250

.Henri VII de Souabe (1122-1142) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1220 à 12354, roi de Sicile de 1212 à 1217

Fils du précèdent.

.Mathieu II (1193-1251), duc de Lorraine de 1220 à 1251

Frère cadet de Thiébaud.

Il rencontre lui-aussi des difficultés avec la maison de Champagne dont la comtesse régente Gertrude de Dagsbourg veut faire épouser à son fils la veuve de son frère ; le mariage a lieu et Mathieu est contraint de donner Nancy en douaire à sa belle-sœur Gertrude et de se reconnaitre vassal du comte de Champagne pour Neufchâteau. Mathieu II rencontre des difficultés également avec certains seigneurs lorrains notamment le comte Hugues de Lunéville et surtout avec Henri II le comte de Bar qui a conclu une alliance avec le comte Thibaud IV de Champagne. Il doit affronter l’évêque de Strasbourg et le comte de Dagsbourg qui envoient des troupes dans son duché. Néanmoins il parvient à faire front. Surtout il n’oublie pas qu’il est prince d’empire et rétablit de bonnes relations avec son empereur Frédéric II qu’il accompagne en Terre Sainte en 1229-1230. Il participe en 1231 aux deux diètes qui se tiennent à Worms ou est discutée la constitution de l’empire prévoyant le renforcement du pouvoir des seigneurs et la diminution de ceux des municipalités ; et dans le conflit qui oppose le roi de Germanie Henri VII qui soutient ces municipalités à son père l’empereur Frédéric II, il soutient l’empereur. Il accompagne à nouveau Frédéric II en 1235 en Italie du Nord et le raccompagne en Allemagne ou en Aout il participe à la diète de Mayence à laquelle l’empereur prononce la déchéance de son fils Henri VII. En revanche, par la suite, après une nouvelle expropriation en 1245, il prend le parti, moyennant d’ailleurs finance, du pape Innocent IV dans le conflit qui oppose ce pape qui veut remplacer Frédéric II qu’il a excommunié par Guillaume de Hollande. Mathieu meurt peu de temps après son empereur Frédéric II.

.Conrad IV (1228-1254) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1237 à 1254, roi de Sicile de 1250 à 1254 

Fils de l'empereur Frédéric II  

.Henri le Raspon (1204-1247), anti roi de Francie Orientale de1246 à 1247 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Grand Interégne de 1256 à 1273

.Guillaume Ier de Hollande, anti-roi de Francie Orientale de 1254 à 1256 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Richard Ier de Cornouailles, roi de Francie Orientale de 1257 à 1272

.Alphonse de Castille anti-roi de Francie Orientale de 1257 à 1272 (contre Richard Ier)

.Rodolphe Ier de Habsbourg (1218-1291), roi de Francie Orientale, roi des Romains (empereur) en 1273 roi de Bourgogne-Provence de 1273 à 1291, Landgraf de Haute Alsace

.Ferri III (1240-1303) duc de Lorraine de 1251 à 1303

Il n’a que 13 ans à la mort de son père Mathieu II. C’est sa mère Catherine de Limbourg qui exerce la régence jusqu’à sa majorité. Majeur, il participe à la diète de Francfort de 1257 ; il y soutient la candidature d’Alphonse de Castille comme empereur pour succéder à Guillaume de Hollande. Béatrice de Souabe, la mère d’Alphonse est la sœur de l’empereur Frédéric II. Alphonse est élu roi des romains par une partie des électeurs tandis que Richard de Cornouailles l’est par une autre partie. En définitive, c’est Alphonse qui est élu et c’est Ferri III qui part en Espagne le lui annoncer. A Tolède le 14 mars 1258, il prête hommage à Alphonse qui lui donne l’investiture de son duché de Lorraine. Le Ier octobre 1273, Rodolphe, apparenté à la maison d’Alsace donc à la maison de Lorraine est élu empereur ; Ferri comme les autres princes d’empire lui fait allégeance. Néanmoins sous son règne, le duché se rapproche du royaume de France. En effet, par le mariage en 1284 de Philippe le Bel avec Jeanne la comtesse de Champagne, le duc de Lorraine est tenu de rendre hommage à Philippe le Bel pour ses seigneuries de Chatenois, Montfort et Frouard sises dans le comté de Champagne ;

.Adolphe de Nassau (avant 1250-1298) roi de Francie Orientale de 1292 à 1298, empereur de 1292 à 1298 

en outre favorable à la candidature d’Albert de Habsbourg contre celle d’Adolphe de Nassau, qui est élu, il lui refuse de s’engager dans une action contre Philippe le Bel dont l’empereur craint les velléités d’expansion. Mais dès qu’Albert remplace Adolphe comme empereur, il le soutient et l’accompagne en décembre 1299 à l’entrevue de Quatre Vaux avec Philippe le Bel pour régler certains problèmes frontaliers entre le royaume et l’empire. Ferri III meurt le 31 décembre 1303.

.Albert Ier de Habsbourg (1255-1308) roi de Francie Orientale de 1298 à 1308, empereur de 1298 à 1308

Fils de Rodolphe Ier

.Thiebaut II (1262 -1312), duc de Lorraine de 1303 à 1312,

Fils de Ferri III.

Avant de succéder à son père, il combat à Spire à la tête d’un contingent lorrain qui soutient l’élection d’Albert de Habsbourg contre Adolphe de Nassau. Mais comme son père, il se montre un vassal fidèle tant au roi de France Philippe le Bel auquel il doit allégeance pour ses terres de Champagne qu’à Albert de Habsbourg pour celles qui dépendent de l’empire. C’est sous son règne et à sa demande que les Etats de Lorraine confirment le droit des femmes, contraire à la loi salique, à succéder en l’absence d’héritier mâle.

.Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313, roi d'Italie de 1311 à 1313, roi de Bourgogne-Provence de 1311 à 1313, empereur de 1311 à 1313

.Ferri IV (1282-1328), duc de Lorraine de 1312 à 1328,

Fils du précédent ; il est le gendre de l’empereur Albert Ier de Habsbourg dont il a épousé la fille Isabelle d’Autriche en 1304.

Ferri IV s’implique personnellement dans la crise qui suit la mort de l’empereur Henri VII de Luxembourg en aout 1313 ; l’élection impériale a lieu à Francfort le 18 octobre 1314 ; les voix se partagent entre le duc Louis de Bavière et le duc d’Autriche Frédéric son beau-frère. Il en résulte une guerre ; Ferri IV et son beau-frère perdent la bataille de Muhldorf et sont faits prisonniers par Louis de Bavière; Ferri est libéré grâce à une médiation du roi de France Philippe le Bel contre l’engagement de ne plus se mêler des affaires de l’empire. Il meurt à la bataille de Cassel au côté du roi de France le 23 aout 1328 laissant un fils Raoul âgé de 9 ans.

.Louis IV de Bavière (1282-1347) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1314 à 1347, roi d’Italie de 1327 à 1347 , roi de Bourgogne-Provence de 1314 à 1347,empereur de 1328 à 1347

.Frédéric de Habsbourg dit le Beau (1289-1330) anti-roi de Francie Orientale (Germanie) de 1314 à 1322 puis à partir d'un accord conclu avec son cousin l'empereur Louis IV, il devient co-roi de Germanie  sous le nom de Frédéric III jusqu'en 1330

.Raoul (1320-1346), duc de Lorraine de 1328 à 1346

Il règne sous la régence de sa mère Isabelle d’Autriche jusqu’à sa majorité en 1334. Par son remariage cette année 1334 (il avait été marié précédemment pendant deux ans) avec la fille du comte de Blois et de Guise dont la dote est le comté de Guise en Picardie, le comté de Guise se trouve réuni au duché de Lorraine. En revanche, sous son règne, le roi de France Philippe VI achète au sénéchal de Champagne la seigneurie de Vaucouleurs avec Domrémy qui relevait jusqu’alors du duché de Lorraine de sorte que cette seigneurie ne fait plus partie de l’empire. Comme le comte de Bar, les évêques de Metz et de Verdun, Raoul doit envoyer des troupes pour aider le roi de France combattre celles du roi d’Angleterre Edouard III et le 25 aout 1346, il est au côté du roi de France Philippe VI à la bataille de Crécy ou il est tué.

.Gunther de Schwarzbourg (1304-1409) anti-roi de Francie Orientale contre le suivant en 1349 

.Charles IV de Luxembourg (1316-1378) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1346 à 1378 , roi de Bohême de 1346 à 1378, roi d'Italie de 1355 à 1378, roi de Bourgogne-Provence de 1365 à 1378, empereur de 1355 à 1378 

.Jean Ier (1346-1390), duc de Lorraine de 1346 à 1390

Il est mineur à la mort de son père Raoul ; sa mère exerce peu de temps la co-régence avec le comte Eberhard II de Wurtemberg puis les Etats de Lorraine désignent comme lieutenant général du duché, le Sire de Fénétrange qui est chargé de son éducation ; celui-ci lui donne une éducation germanophone ; en 1353, il commence à régner. L’essentiel de son règne se fait sous celui de l’empereur Charles IV de Luxembourg qui en 1353 érige en faveur de son cousin Robert de Bar (1352-1411) le comté de Bar en duché ; puis en 1354, l’empereur accorde une nouvelle faveur à ce cousin en érigeant cette fois en marquisat et principauté d’empire la seigneurie de Pont-à-Mousson. En 1361, Jean épouse Sophie de Wurtemberg, fille d’Eberhard. L’empereur Charles IV revient à Metz à l’hiver 1356-1357 ou a lieu la très importante Diète d’empire au cours de laquelle le 25 décembre 1356, il promulgue la Bulle d’Or qui fixe les règles de l’élection impériale. Lui-même est fait par son empereur Lieutenant Général de l’empire en pays Mosellan. L’empereur Charles IV très favorable au roi de France, l’encourage à aider celui-ci contre les anglais ; il se montre ainsi, tout en fidèle vassal de l’empereur, un allié fidèle des rois de France Jean le Bon, Charles V, Charles VI. Mais à la fin de sa vie, il s’inquiète des empiétements des officiers français en Lorraine qui cherchent à imposer l’autorité du roi de France. Il meurt à Paris le 22 septembre 1390 ou il est venu défendre ses droits contestés sur Neufchâteau devant le Parlement de Paris soutenue contre lui par certains membres de l’entourage du roi dont Louis d’Orléans.

.Venceslas de Luxembourg (1361-1419) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1376 à 1400, roi de Bohême de 1378 à 1419

Fils du précèdent.

.Robert Ier de Bavière (1352-1410) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1400 à 1410

.Charles II (1364-1431), duc de Lorraine de 1390 à 1431

Fils de Jean Ier et de Sophie de Wurtemberg.

Le duc de Lorraine Charles II, prince d’empire, fait campagne pour son beau-père l’électeur palatin Rupert dont il a épousé la fille Marguerite de Bavière en 1393 et Rupert est élu par les 4 électeurs rhénans le 21 aout 1400. Le duc Louis d’Orléans rêve à partir du duché de Luxembourg qu’il a reçu en gage d’un emprunt de l’empereur Wenceslas de Luxembourg de se tailler une principauté en lui rattachant des terres du duché de Lorraine, Charles doit conduire contre lui en 1407 une coalition mise sur pied avec l’accord du roi de France comprenant notamment les ducs Robert de Bar, de Hainaut et de Juliers et les comtes de Sarrebruck et de Salm. Charles II entretient d’étroites relations avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, fils du duc Philippe le Hardi, ami d’enfance. Opposé à tout rapprochement avec le royaume de France, il interdit dans son testament rédigé le 13 aout 1407 à ses deux filles Isabelle et Catherine de se marier « à un homme qui soit sujet du royaume de France ». Louis d’Orléans est finalement assassiné à Paris le 23 novembre 1407 par les sbires du duc de Bourgogne Jean sans Peur que soutient d’autant plus Charles II que le Parlement de Paris le 1er aout 1412 donne raison aux habitants de Neufchâteau qui avaient été soutenus par le duc d’Orléans. Cette même année 1412, nait à Domremy, Jeanne d’Arc qui sera appelée dans l’histoire de France pour les besoins de la cause « la bonne lorraine » alors et pourtant qu’au jour de sa naissance, une partie du village de Domrémy - dépend de la châtellenie de Gondrecourt en Barrois mouvant donc du duché de Bar, terre impériale dont le duc est le cardinal Louis de Bar, vassal de l’empire pour la partie située rive droite de la Meuse mais dans la mouvance française pour la partie sise sur la rive gauche, tandis que l'autre partie du village relève de la seigneurie de Vaucouleurs acquise en 1355 par Philippe de Valois et rattachée au comté de Champagne par ordonnance royale de 1365. Or Domrémy est traversé alors par un ruisseau qui sert de frontière entre le Barrois mouvant et le comté de Champagne ; et la partie du village de Domrémy dans laquelle se trouve la maison de Jeannes est située sur la rive champenoise. Donc non seulement Jeanne n’était pas Lorraine (en effet si elle l’avait été Lorraine, elle aurait relevé du duc Charles II, vassal de l’empereur Sigismond de Luxembourg, et on ne voit pas bien à quel titre elle serait venue défendre la cause du roi de France Charles VII) mais elle n’était pas même née dans le Barrois mouvant. Elle était tout simplement champenoise raison pour laquelle elle pouvait légitimement vouloir sauver la France.  

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437) roi de Hongrie de 1387 à 1437 , roi de Francie Orientale (Germanie) de 1410 à 1437, roi de Bohême de 1410 à 1437, empereur de 1433 à 1437

Fils de l'empereur Charles IV 

Preuve du lien étroit qui unit d’ailleurs alors le duc de Lorraine Charles II au duc de Bourgogne Jean sans Peur, c’est Charles II qui, en 1414, accompagne l’empereur Sigismond de Luxembourg se rendant au Concile de Constance ou il y représente Jean sans Peur. Duc de Bourgogne, Jean sans peur, qui, après la cuisante défaite le 25 octobre 1415 à Azincourt de l’armée du roi de France Charles VI contre celle du roi d’Angleterre Henri V, se rend maitre de Paris en mai 1418 et y pénètre en juillet accompagné du duc de Lorraine qui y reçoit le titre de connétable pour service rendus au duc de Bourgogne. Mais la victoire échappe finalement à Jean sans Peur qui est assassiné à Montereau le 10 septembre 1419. En revanche les anglais triomphent seuls et signent le traité de Troyes du 21 mai 1420 par lequel ils obtiennent, hors les possessions bourguignonnes, la moitié nord du Royaume de France qui se trouve réduit au seul sud diminuée de la Guyenne. Mais Charles II refuse lui de souscrire à un traité qui prévoit l’union des royaumes de France et d’Angleterre. Cette même année 1420, Charles II marie sa fille Isabelle à René d’Anjou, adopté par le cardinal Louis de Bar, héritier du duché de Bar et sans descendant. L’année 1422 voit se succéder les morts d’abord du roi d’Angleterre Henri V puis celle du roi de France Charles VI. Le roi Henri V marié à Catherine de France, fille de Charles VI a un fils qui est alors proclamé roi de France et d’Angleterre mais le dauphin Charles qui ne reconnait pas le traité de Troyes se proclame lui-même roi de France sous le nom de Charles VII. Grâce à Jeanne d’Arc, la cause au départ assez compromise de Charles VII triomphe et il est sacré à Reims le 17 juillet 1429. Le Cardinal-duc de Bar Louis meurt le 23 juin 1430. Le duc de Lorraine Charles II le 25 janvier 1431. Jeanne d’Arc meurt le 30 mai 1431, année de l’union des deux duchés de Bar et de Lorraine

.Albert II de Habsbourg (1397-1439)  roi de Francie Orientale (Germanie) de 1438 à 1439, empereur  de 1438 à 1439 

 

Maison de Lorraine-Anjou

.Isabelle Ière (1410-1453), duchesse de Lorraine de 1431 à 1453

Fille de Charles II et de Marie de Wittelsbach, elle-même fille de Robert de Wittelsbach, comte palatin du Rhin puis empereur. Elle épouse le 24 octobre 1420 : René Ier d’Anjou (1409-1480), duc de Bar de 1430 à 1480, duc d’Anjou de 1434 à 1480, comte de Provence et de Forcalquier de 1434 à 1480, roi de Naples de 1435 à 1442. Le droit d’Isabelle à succéder à son père est contesté par le comte Antoine de Vaudémont malgré le fait que les Etats Généraux de Lorraine confirment leur position de 1306 sur le droit des femmes à régner en Lorraine. Antoine de Vaudémont a le soutien du duc de Bourgogne Philippe le Bon qui ne voit pas d’un très bon œil l’accession de la maison d’Anjou sur les duchés de Lorraine. Au décès du cardinal-duc, Louis de Bar le 23 juin 1430, c’est son fils adoptif René Ier d’Anjou qui devient duc de Bar ; sept mois plus, Isabelle succède elle-même comme duchesse de Lorraine à la mort de son père Charles II le 25 janvier 1431 ; la Lorraine et le Barrois ont désormais une histoire liée. Une bataille a lieu le 2 juillet 1431 à l’issue de laquelle le duc René Ier est fait prisonnier et interné à Dijon au palais ducal de Philippe le Bon. Les deux parties acceptent alors que la question de fond de la capacité d’Isabelle à succéder soit soumise à la décision de l’empereur Sigismond de Luxembourg ; au début de 1434, celui-ci entend les arguments des deux parties puis les convoque à Bâle ou il participe au concile de 1434 ; libéré provisoirement René d’Anjou s’y rend ; le 24 avril, Sigismond rend sa décision en faveur d’Isabelle comme héritière légitime du duché dont il donne l’investiture à René « pour et au nom de sa femme » Puis René, respectant son engagement vis-à-vis du duc de Bourgogne, retourne à Dijon se constituer prisonnier ; c’est en captivité qu’il devient duc d’Anjou et comte de Provence à la mort de son frère Louis III d’Anjou le 12 novembre 1434 puis roi de Naples à celle de sa tante Jeanne II le 2 février 1435. La duchesse Isabelle prend aussitôt la tête d’une armée et prend possession du royaume de son époux. Ce n’est qu’après un accord à Lille du 28 janvier1437 par lequel, outre quatre cents mille ducats, il accepte d’abandonner au duc de Bourgogne deux seigneuries de son duché de Bar, Cassel et Bois-de-Nieppe, enclaves dans le comté de Flandre, que ce dernier le libère. Mais dès 1438, Antoine de Vaudémont reprend les hostilités mais il est battu et par le traité de Reims de 1441, il renonce définitivement à ses prétentions contre la promesse que son fils Ferri épouserait Yolande, la fille cadette de René d’Anjou et d’Isabelle de Lorraine. Le 2 juin 1442, Alphonse d’Aragon qui entend faire valoir ses droits sur le Royaume de Naples, parvient à prendre Naples ; René II accepte de renoncer au Royaume de Naples, rejoint la Provence puis l’Anjou. Ce n’est qu’en juillet 1443 qu’il se décide à venir en Lorraine accompagné du roi de France Charles VII pour mener campagne contre les habitants de Metz ; à cette occasion le roi de France s’empare au passage d’Epinal possession de l’évêque de Metz puis fait le siège de Metz, qui, avec l’aide des troupes impériales résistent mais finit par capituler. Après le mariage à Nancy de sa fille Marguerite de Lorraine avec le roi d’Angleterre Henri VI, René d’Anjou et son épouse Isabelle quittent définitivement la Lorraine laissant à leur fils Jean de Calabre le soin de gouverner le duché. Isabelle meurt le 28 février 1453 au château d’Angers.

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1493, roi d'Italie de 1452 à 1493, empereur de 1452 à 1493 

.Jean II (1425-1470), duc de Lorraine de 1453 à 1470

Fils de la duchesse Isabelle et de René d’Anjou.

Il n’a qu’une seule idée en tête celle de reconquérir la couronne de son père. Il tente sa chance à la mort d’Alphonse d’Aragon mais échoue ; un temps il espère recevoir l’appui du roi de France Louis XI qui a succédé à son père Charles VII mais qui, retors comme l’histoire l’a montré le berce d’illusions tout en continuant de soutenir Ferdinand le fils d’Alphonse ; Jean II s’en étant rendu compte, adhère alors à la Ligue du Bien Public crée par le duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Après une deuxième tentative de reconquête du royaume de Naples en 1462, il se décide à revenir en Lorraine ou Louis XI soutient ses ennemis tout en cherchant à se le concilier par des compensations territoriales. Mais en octobre 1466, il quitte le duché pour aller militairement accompagné de Ferri de Vaudémont prendre possession de la Catalogne dont la couronne a été offerte à son pére René par les catalans révoltés contre Ferdinand d’Aragon. Il meurt à Barcelone le 16 décembre 1470.

.Nicolas Ier (1448-1473), duc de Lorraine de 1471 à 1473

Fils de Jean II.

Comme son père, il prête serment le 7 aout 1471 puis part à Paris ; mais là il apprend que le roi Louis XI a choisi un autre parti pour sa fille et rentre à Nancy ou il reçoit en revanche la proposition du duc de Bourgogne Charles le Téméraire de lui donner sa fille unique Marie. L’offre est acceptée et le 22 mai 1472, Nicolas signe à Arras avec son futur beau-père un traité d’alliance dirigé contre le roi Louis XI. Un an plus tard, à vingt-cinq ans Nicolas meurt sans descendance.

Maison d’Anjou- Vaudémont

.René II (1451-1508), duc de Lorraine, de 1473 à 1508, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson et duc de Bar de 1480 à 1508

Fils du comte Ferri VI de Vaudémont et de son épouse Yolande d’Anjou et devient duc de Lorraine à la mort de son cousin le duc Nicolas le 22 juillet 1473. Par sa mère, c’est un prince français ; celle-ci qui aurait pu régner renonce aussitôt à se droits au profit de son fils. A partir de lui et pour un siècle et demi, les ducs de Lorraine, souvent élevés à la Cour de France, se rapprocheront du royaume de France sans pour autant chercher à rompre avec l’empire, recherchant entre les deux une certaine forme de neutralité. Avec lui, le comté de Vaudémont, terre d’empire devient partie intégrante du duché de Lorraine. René II commence son règne sous celui du roi de France Louis XI, de l’empereur Frédéric III de Habsbourg et du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Il ne manque plus à ce dernier, pour réunir ses possessions du sud à celle du Nord, que de faire passer sous son contrôle les duchés de Bar et de Lorraine. Il est donc un ennemi potentiel. René II a partie de son duché de Bar dans la mouvance du royaume de France (bien que juridiquement en droit « international » de l’époque son duché de Bar relève toujours de l’empire). Charles le Téméraire n’hésite pas à occuper ce Barrois « mouvant » et lors de son séjour à Trêves d’octobre-novembre 1473 conclut dès le 14 octobre avec René II un traité leur interdisant de conclure avec Louis XI un traité pouvant nuire à l’autre partie et autorisant les deux ducs à faire transiter leurs troupes au travers des territoires de l’autre. Mais les incidents se multipliant entre garnisons bourguignonnes et lorraines, en mai 1475, René II défie Charles qui profite de l’occasion pour envahir la Lorraine ; René II qui espère le soutien militaire du roi Louis XI est bien déçu car celui-ci renouvelle une nouvelle fois les trêves qu’il a signées depuis le 15 octobre 1473 avec Charles le Téméraire. Le 30 novembre toute la Lorraine est occupée. La population de Nancy compte alors environ 5 000 habitants, auxquels il faut ajouter 3 500 soldats d’origine alsacienne, envoyés par le duc d’Autriche, Sigismond de Habsbourg ainsi que 500 soldats engagés au service du duc de Lorraine. Charles le Téméraire, quant à lui, ne dispose que d’un armement limité et c’est la famine qui amène la chute de la ville, après un mois de combats. Charles fait son entrée triomphale à Nancy et s’autoproclame duc de Lorraine. Mais les ambitions de Charles le Téméraire l’isole et le roi Louis X, tout en évitant d’engager des troupes directement contre lui, parvient à pousser contre lui les Confédérés suisses, les villes d’Alsace, l’empereur Frédéric III de Habsbourg lesquels constituent début 1476 la Ligue de Constance dirigée contre le duc de Bourgogne. Les Confédérés suisses ayant remporté la bataille de Morat contre les troupes de Charles le 22 juin 1476, la résistance s’organise en Lorraine. René II sait profiter de ce renversement de situation : grâce à une aide fournie par la ville de Strasbourg et par les Suisses, il regagne une partie des places perdues. Après quelques semaines de siège, les troupes bourguignonnes de Nancy capitulent le 6 octobre. Mais au même moment, Charles pénètre en Lorraine, atteint Neufchâteau, tandis que des renforts lui arrivent du Luxembourg. Il est à Toul le 11 octobre, et à Nancy le 20. René II confie la défense de la ville à 2000 soldats gascons, lorrains et alsaciens, avant de partir pour la Suisse pour y chercher du secours. Le 22 octobre, Nancy est de nouveau assiégée. Charles est, cette fois ci, dans une situation plus précaire que la première fois, étant en terrain ennemi, et coupé de ses arrières. A la tête d’une armée de volontaires suisses, d’Alsaciens et de Bâlois composant une armée de 14000 hommes environ, René II franchit les Vosges et atteint Lunéville le 3 janvier, et Saint-Nicolas-de-Port le 4. Le dimanche 5 janvier a lieu la bataille au cours de laquelle Charles trouve la mort. René II qui espère comme prix de sa victoire une partie des possessions bourguignonnes se heurte au refus de Louis XI. Bien plus celui-ci ne lui laisse comme héritage de son grand-père René Ier d’Anjou décédé le 17 juillet 1480 que le seul duché de Bar alors que Renée II espère recevoir le duché d’Anjou, le comté du Maine et le comté de Provence que certes René Ier avait légué par testament à son neveu Charles mort le 10 décembre 1481 en les léguant à Louis XI. Il n’obtient pas davantage de son alliance matrimoniale avec les Beaujeu qui règnent après le décès de Louis XI le 30 aout 1483. En effet ceux-ci fort du remariage de René II avec Philippa de Gueldre, fille du duc de Gueldre et nièce de Pierre de Beaujeu, en profitent pour détacher le comté de Provence de l’empire et l’incorporer au royaume de France le 27 juillet 1486 avec le duché d’Anjou. Avec l’argent reçu d’Anne de Beaujeu, René lève alors une armée en 1488 pour tenter d’aller reconquérir le royaume de Naples qui s’est soulevé contre Ferdinand d’Aragon mais là encore, arrivé avec ses troupes à Lyon, il reçoit une lettre du roi Charles VIII devenu majeur lui rappelant que les droits sur ce royaume appartiennent désormais au roi de France par héritage de la maison d’Anjou. Malgré ses liens avec la France, René II reste conscient que ses possessions relèvent de l’empire même si l’époque de son règne est celle de la fin du Moyen Age et de l’application du contrat vassalique qui régissait les rapports de la noblesse depuis six cents ans environ. Après la mort de l’empereur Frédéric III, il entretient d’excellents rapports avec son fils l’empereur Maximilien et participe à la Diète de Worms de 1495 et accepte que le corps de Charles le Téméraire, beau-père de Maximilien, reposant alors à Nancy dans la chapelle des Cordeliers, soit restitué à sa famille. Le 25 mars 1506, il établit son testament qui pose le principe de l’union perpétuelle indissociable des duchés de Lorraine, de Bar, du comté de Vaudémont et du marquisat de Pont à Mousson. Il meurt prés de Bar le Duc le 10 décembre 1508.

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519) archiduc d’Autriche, roi de Francie Orientale (Germanie) de 1486 à 1519, duc de Bourgogne de 1477 à 1482, empereur de 1505 à 1519

Fils de l’empereur Frédéric III.

En 1512, l'empereur Maximilien arrête définitivement à 10 le nombre des Cercles/Kreis  d'Empire. Le duché de Bar, le duché de Lorraine et les évêchés de Toul, Metz et Verdun relèvent du Cercle du Haut Rhin.

 

 

 . Charles V de Habsbourg dit Charles Quint (1500-1558) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1519 à 1556, roi d'Espagne de 1516 à 1556, roi de Sicile de 1516 à 1556, roi d'Italie de 1530 à 1556, roi de Bourgogne-Provence en 1536, empereur de 1519 à 1558

Fils de Philippe le Beau, petit-fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire 

.Antoine Ier (1489-1544), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1508 à 1544

Fils du précédent et de son épouse Philippa de Gueldre.

Antoine est très lié à la Cour de France. Il est au côté du roi Louis XII en Italie à la bataille d’Agnadel le 14 mai 1509.

Louis XII mort, il assiste au sacre de François Ier à Reims et épouse à Amboise une princesse française René de Bourbon-Montpensier, sœur du connétable de Bourbon ; il est au côté de François Ier à Marignan les 14 et 15 septembre 1515 et en 1517 prend celui-ci pour parrain de son premier fils dénommé François comme le roi. Mais à la suite de la défaite du roi de France à Pavie en 1525 contre les troupes de l’empereur Charles Quint, il décide de s’abstenir de prendre parti entre la France et l’empire et s’efforce de jouer les médiateurs. Puis il se rapproche de l’empereur Charles Quint et en 1540 marie sa fille Anne de Lorraine au général des armées impériales, René de Chalon, prince d’Orange et en 1541, son fils héritier François à Christine de Danemark, nièce de l’empereur ce qui déplait fortement à son ancien ami le roi François Ier qui exige alors qu’il lui rende hommage pour le Barrois mouvant. Charles Quint qui souhaite que la Lorraine reste attachée à l’empire accepte de faire des concessions à Antoine en matière de souveraineté. Sans aller jusqu’à donner à ses possessions une quasi-indépendance comme l’avait fait l’empereur Maximilien à l’égard des Confédérés suisses par le traité de Bâle de 1499 qui les relevait du service armée pour le compte de l’empereur et les soustrayait à la justice impériale (leur indépendance ne sera reconnue de jure qu’en 1648), il accepte par le traité de Nuremberg du 26 aout 1542 de faire de la Lorraine un «Etat libre non incorporable» dont la justice ne relève plus, comme pour les Confédérés suisses, en dernier ressort de la Chambre impériale de Spire. La Lorraine reste cependant sous la protection du Saint-Empire : cette notion de protection apparait pour la première fois en droit international, elle équivaut à la notion de zone d'influence au XXIe siècle. Le duc de Lorraine perd son droit de vote aux diètes, mais il continue à contribuer aux charges votées par les diètes pour un montant équivalent aux deux tiers du montant de la contribution d'un  prince-électeur.  La Chambre impériale établie par l'empereur Maximilien Ier en 1495 et siégeant à Spire depuis 1527  n'est plus compétente en Lorraine

Antoine meurt le 11 juin 1544.

.François Ier (1517-1545), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont et marquis de Pont à Mousson de 1544 à 1545

Fils du précédent.

Sous son règne, la Lorraine continue comme la Confédération suisse à faire partie de l’empire qui lui garantit militairement son statut à la différence de la Confédération ; à noter que la notion de «non incorporabilité » s’entendait comme non incorporable également au Royaume de France. Fort de cette espèce de statut de neutralité entre ce dernier et l’empire, il essaye alors de négocier avec Charles Quint et François Ier l’interdiction pour leurs armées de traverser ses états mais sans succès. Il meurt le 12 juin 1545 un an après son père ayant eu juste le temps de jouer la médiation  ayant abouti à la paix de Crépy en Laonnois du 18 septembre 1544 par lequel d’un côté la France perd sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois, renonce à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples, mais conserve temporairement la Savoie et le Piémont et de l’autre côté Charles Quint abandonne le duché de Bourgogne et ses dépendances. Il laisse comme héritier son fils Charles âgé de deux ans.

.Charles III (1543-1608) duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont et marquis de Pont à Mousson  de 1545 à 1608

Fils de François Ier, filleul du roi de France homonyme, et de Christine de Danemark, nièce de l'Empereur Charles Quint.

Charles III succède à son père le 12 juin 1545, d'abord sous la régence de sa mère et de son oncle, Sa mère Christine se rend à Augsbourg fin 1547 début 1548 pour assister à la  Diète d’empire. Elle a quelques bonnes raisons de craindre l’alliance des rois de France avec les princes protestants et fait procéder à l’édification de fortifications à La Mothe en Bassigny, aux confins de la Champagne, de la Bourgogne et de la Lorraine entrainant la réaction vive du roi Henri II qui lui demande d’arrêter les travaux ce qu’elle s’engage à faire tout en les poursuivant.  Elle se rend à nouveau à Augsbourg en 1550 pour assister à une nouvelle diète d’empire, année qui marque la  reprise du conflit entre l’empereur Charles Quint et cette fois le roi Henri II qui s’est vu promettre, par le traité de Chambord du 15 janvier 1552,  par les princes protestants allemands, en contrepartie de son alliance, les comtés de Montbéliard et de Ferrette ainsi que les trois évêchés de Toul, Metz et Verdun en qualité de vicaire de l’empire. Cette année, 1552 Charles reste sous la tutelle de son seul oncle, Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et futur duc de Mercoeur.

À partir de cette année 1552, le roi de France Henri II, à l’occasion de son "voyage d'Allemagne" qui lui permet d'imposer sa tutelle aux cités épiscopales de Verdun, Metz et Toul, fait un passage à Nancy. Il écarte de la régence la duchesse douairière, Christine de Danemark, nièce fidèle de l'empereur Charles Quint et confie la totalité du pouvoir au prince Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont et futur duc de Mercoeur qui lui est francophile.

Dès avril 1552, les armées du roi Henri II envahissent la Lorraine faiblement défendue et le 15 avril 1552, le roi destitue Christine qui doit s’exiler, obtient le serment d’allégeance des Etats Lorrains et remmène à Paris le duc Charles  qui, a 9 ans, pour le faire élever à la cour de France en garantie de la neutralité de la Lorraine ou des garnisons françaises sont installées notamment à Metz, ville impériale. Dès la mi-octobre 1552, l’armée de Charles Quint se présente devant Metz mais n’arrive pas à la reprendre et se retire en janvier 1553.

Charles Quint abdique en 1556 partageant ses possessions entre son fils Philippe et son frère Ferdinand qui lui succède comme empereur.

.Ferdinand Ier de Habsbourg ( 1503-1564)  archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1531 à 1564 ,roi de Bohême de 1526 à 1564,empereur de 1556 à 1564.  

Fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle   reine de Castille  puis d' Aragon, et frère cadet de  Charles Quint.

Mais en 1557, l’armée du roi Henri II est battue à Saint Quentin par le duc de Savoie Emmanuel Philibert, général des armées impériales à la tête des troupes espagnoles du roi Philippe II, le fils de Charles Quint.

A Paris ou il est élevé, le duc Charles est marié à Notre Dame de Paris avec Claude de France le 22 janvier 1559. Année 1559 où il doit signer avec celui-ci le traité de Cateau-Cambrésis. Revenant partiellement sur le traité de Nuremberg, les clauses de ce traité   confèrent à l'Empire un droit de reprise  sur une partie des États ducaux.

Ce n’est qu’en octobre 1559, qu’avec son épouse il fait sa première entrée à Nancy mais laisse le gouvernement de la Lorraine à sa mère Christine revenu d’exil. Enfin ce n’est que le 18 mai 1562, qu’il prête serment devant les Etats de Lorraine et en devient véritablement duc.

Ses relations avec les rois de France François II et Charles IX sont bonnes. .

.Maximilien II de Habsbourg (1527-1576) , archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1564 à 1576,roi des Romains le 30 novembre 1562. roi de Bohême , de 1564 à 1576, roi de Hongrie de 1564 à 1576, empereur de 1564 à 1576

Fils aîné de Ferdinand Ier de Habsbourg  et d'Anne de Bohême 

.Rodolphe II de Habsbourg (1552-1612) archiduc d’Autriche, roi de Germanie .de 1576 à 1612, empereur de 1576  à 1612, roi de Hongrie et de Croatie de 1608  à 1612, roi de Bohême. de 1576 à 1612,

Fils de Maximilien II.  

En revanche, le duc Charles III, bon catholique, ne peut accepter, comme ses cousins les Guise la signature le 6 mai 1576 entre le roi de France Henri III et les Huguenots français ; il rejoint la Ligue catholique crée par le duc Henri de Guise à la demande de Don Juan d’Espagne, le fils bâtard de Charles Quint et accueille leur assemblée générale à Nancy en février 1580.

En outre Henri III n’a pas d’enfant et son frère François d’Alençon décède le 10 juin 1584 de sorte que c’est Henri le roi de Navarre, chef du parti protestant, qui devient l’héritier de la couronne de France.

Une deuxième assemblée de la Ligue se tient alors près de Nancy qui aboutit au traité d’alliance de Joinville du 31 décembre 1584 par lequel le roi d’Espagne Philippe II apporte son soutien à la Ligue pour lutter contre le protestantisme tant dans le royaume de France que dans les terres d’empire possédées par le roi d’Espagne, Franche Comté, Luxembourg, Pays-Bas. Le duc de Guise prend l’initiative et s’empare en juin 1585 de Toul et Verdun occupées par des garnisons françaises depuis 1552, puis les possessions du duc de Bouillon, un des chefs du parti protestant qui doit se réfugier en Alsace et  recrute là près de 35000 mercenaires recrutés sur place ou dans le duché de Wurtemberg qui se présentent le 30 aout 1587 aux frontières du duché de Lorraine et l’envahissent mais sont battus. Le duc Charles III, pour venger leurs exactions, dévaste alors le comté de Montbéliard, propriété du duc de Wurtemberg. Mais ce n’est véritablement qu’après l’assassinat du roi Henri III le 2 aout 1589 et l’accession d’Henri de Navarre comme roi de France sous le nom d’Henri IV qu’il s’engage véritablement contre la France. Aussitôt il reprend Toul et Verdun mais ne parvient pas à reprendre Metz et se range au côté de la Ligue qui se réunit une nouvelle fois en assemblée à Chaumont en Bassigny en septembre 1589.

Le duc de Lorraine doit alors disperser au sud les mercenaires allemands réfugiés en Alsace puis se retourner au nord de son duché pour faire face aux troupes du général d’Henri IV, Henri de Turenne, qui vient de surcroit d’épouser la duchesse de Bouillon, héritière du duché.

Les ducs de Lorraine ont établi déjà depuis longtemps  sur leurs terres les 3 bailliages de Nancy, de Vôge et d'Allemagne, zones administratives se répartissant les prévôtés. Vaudrevange/ Wallerfangen,  est le chef-lieu du bailliage d'Allemagne qui regroupe la partie germanophone du duché. Il regroupe les possessions ducales situées en Lorraine de langue allemande. Les terres d’Empire et les fiefs des évêques de Metz n’en font pas partie. Il comprend en 1594  les châtellenies, prévôtés, seigneuries et villes de Sierck, Siersberg, Schaumberg, Merzig-Saargau, Vaudrevange, Berus, Boulay, Faulquemont, Hombourg, Saint-Avold, Forbach, Puttelange, Sarreguemines, Bitche, Sarralbe, Sarreck, Sarrebourg, Phalsbourg, Morhange Marimont, Dieuze et Marsal. Au début du XVIIe siècle, il est composé de 790 localités.

Les troupes de Charles III sont défaites en 1592.plus facilement de négocier; par le traité de Saint Germain en Laye du 16 novembre 1594,Toul et Verdun obtiennent le statut de villes protégées par le roi de France mais leur gouvernement est laissé au troisième fils de Charles III, François de Vaudémont et la France s’engage à indemniser partie des frais engagés par le duc de Lorraine pour la défense de son duché; en outre le fils ainé du duc doit épouser Catherine, la fille d’Henri IV, mariage célébré le 31 janvier 1599 marquant le resserrement des liens avec le royaume de France même si Catherine meurt dès 1604. Charles III meurt le 14 mai 1608. 

.Mathias Ier de Habsbourg (1557-1619) archiduc d'Autriche, roi de Germanie de 1612 à 1619, roi de Bohême de 1611 à 1619 , roi de Hongrie et de Croatie de 1608 à 1619, empereur de 1612 à 1619

Cinquième enfant de l'empereur Maximilien II.

.Henri II (1563-1624), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson  de 1608 à 1624, marquis de Nomeny de 1612 à 1624

Fils de Charles III.

A la différence de son père, de son grand-père François et de son arrière-grand-père Antoine, il n’a pas passé une partie de sa jeunesse à la Cour de France. Après le décès de son épouse Catherine, il se remarie avec Marguerite de Gonzague, fille ainée du duc Vincent Ier de Mantoue et de Montferrat, avec laquelle il a deux filles, Nicole née en 1608 et Claude née en 1612, mais pas d’héritier mâle de sorte que c’est son cousin Charles de Vaudémont, compagnon de jeu du roi Louis XIII, qui peut prétendre à sa succession en déniant les droits de sa cousine Nicole en vertu de la loi salique dont l’application est très contestable en Lorraine.

L’année de la naissance de Nicole, les princes protestants se constituent en Ligue. En réaction Maximilien, duc de Bavière, époux d’Elisabeth de Lorraine, fille du duc Charles III, crée une Ligue catholique pour la défense de la religion à laquelle Charles III est tenté d’adhérer. S’il se ménage ses relations avec le roi de France en acceptant de lui prêter hommage pour le Barrois mouvant, il en fait de même avec l’empereur Ferdinand et le roi d’Espagne ainsi qu’avec leurs gouverneurs de Franche-Comté et des Pays Bas, les archiducs Isabelle d’Espagne et Albert d’Autriche.

.Ferdinand II de Habsbourg (1578-1637) archiduc d'Autriche, roi de Germanie de 1619 à 1637, roi de Bohême de 1617 à 1619 , de Hongrie de 1618 à 1626, empereur de 1619 à 1637

Fils de l'archiduc Charles II de Styrie; cousin de Mathias.

.Charles IV (1604-1675), duc de Lorraine et de Bar par son épouse Nicole, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1624 à 1634, seigneur de Saarwerden et Bouquenon de 1629 à 1634

Fils du comte François de Vaudémont.

Charles IV commence à régner l’année de l’accession au pouvoir du cardinal de Richelieu comme ministre du roi Louis XIII et alors que depuis 6 ans, l’empereur Ferdinand II est engagé dans la guerre de Trente Ans qui l’opposent aux Protestants. Les Pays Bas, possessions des Habsbourg d’Espagne qui relèvent de l’empire, se sont alliés à la France et sont en guerre depuis déjà trois ans contre l’Espagne et l’Empire.

Richelieu se met à soutenir en sous-main ces derniers pour contrer l’empereur. Charles IV, catholique convaincu, très lié au duc Maximilien de Bavière, allié très fidèle de l’empereur, penche pour ce dernier.

.Ferdinand III de Habsbourg (1608-1657), archiduc d’Autriche, roi de Germanie de 1637 à 1657, roi de Hongrie et de Croatie de 1625 à 1657,roi de Bohême de 1627 à 1654, empereur de 1637 à 1657

La politique de Louis XIII et de Richelieu est de repousser la frontière du royaume sur le Rhin, ce qui implique l'annexion du duché de Bar, du duché de Lorraine, états souverains, de la Franche-Comté, possession espagnole, de l'Alsace,  toutes possessions de l'Empire romain germanique. Louis XIII, qui n’est pas encore engagé dans la guerre, renforce néanmoins ses garnisons de Metz et de Verdun. Charles IV en fait de même en augmentant les effectifs de Nancy, Bitche, Marsal, La Mothe, Clermont, Stenay et Jametz ainsi que celles du duché de Bar. Dès 1627, Charles IV crée une armée permanente. Sa sympathie pour l’empereur Ferdinand II  ne fait qu’augmenter quand en 1629 la Chambre impériale de Spire attribue à son père les seigneuries de Saarwerden et de Bouquenon disputées par la maison de Nassau. L’armée lorraine atteint en 1630 un effectif de 9000 hommes pour l’infanterie et 1000 pour la cavalerie quand le roi Gustave-Adolphe de Suède entre en guerre au côté des princes protestants soutenus financièrement par Richelieu. Les troupes de ce dernier écrasent celles de l’armée impériale commandée par le général Tilly en septembre 1631.

Depuis le printemps 1631, Charles IV a augmenté les effectifs de son armée qui compte  désormais près de 18000 fantassins et 5000 cavaliers. Celle-ci part en Alsace ou il installe à la demande de l’empereur des garnisons à Saverne et à Haguenau puis en Allemagne du Sud au secours de l’armée impériale mais sans grand succès.  Pendant son absence, Louis XIII a mis son armée en situation d’envahir les duchés de Bar et de Lorraine et ses troupes stationnées à Verdun et à Metz convergent vers Vic et Moyen Vic défendues elles par des troupes impériales; Vic capitule dès le 11 décembre. Charles rentré à Nancy le 16 décembre cherche à négocier avec le roi Louis XIII qu’il rencontre à Metz le 26 décembre. Moyenvic ayant capitulé elle le 27 décembre, Charles IV doit signer le 6 janvier 1632 le traité de Vic par lequel il s’engage à n’accorder aucune aide aux Habsbourg qu’ils fussent d’Espagne ou d’Autriche.

Au printemps, ces derniers lui redemandent son aide mais pressentant que Charles va y répondre positivement, Louis XIII  engage dès le mois de mai la deuxième guerre de Lorraine. Dès le 19 juin, Bar le Duc est occupé puis l’armée du roi de France fonce sur Nancy. Malgré les renforts envoyés depuis le Luxembourg par les Habsbourg d’Espagne, le 25 juin, les Français sont aux portes de Nancy. Charles IV dont une partie des troupes est restée se battre en Allemagne du Sud  doit dès le lendemain se soumettre et signer le traité de Liverdun beaucoup plus dur que celui de Vic. Il doit livrer pour trois ans la place forte de Marsal pour quatre ans, celles de Dun sur Meuse, de Jametz  et Stenay, vendre le comté de Clermont en Argonne, prêter hommage au roi de France pour le Barrois mouvant dans le délai d’un an et laisser transiter les troupes françaises sur ses terres, le tout garanti par la remise en otage de son frère le cardinal Nicolas-François de Lorraine. Charles bien évidemment reste fidèle à l’empereur au service duquel  nombre de ses officiers continuent de se battre (Allamon, Bannerot, Bassompierre, Briey, Chauvirey, Cliquot, Custine, des Fours, du Hautoy, Fournier, Haraucourt, Hennin, Hunolstein, Ligniville, Mercy, Mitry, Montrichier, Mus, Nettancourt, Raignecourt, Salm, Serainchamps, Stainville, Yvard) ; empereur qui lui confie d’ailleurs la défense de ses possessions en Basse-Alsace.

En réaction, Louis XIII intervient une troisième fois en Lorraine et fait prononcer par le Parlement de Paris la saisie du Barrois mouvant pour lequel Charles ne lui a pas prêté hommage. Dès le 24 aout 1633, les troupes de Louis XIII occupent à nouveau Bar le Duc, puis Pont à Mousson, s’emparent de Saint Nicolas de Port et; Charles IV doit se réfugier à Lunéville; Nancy capitule après trois semaines le 20 septembre et le même jour Charles est contraint de signer le traité de Charmes par lequel la France occupe Nancy pour quatre ans, interdit au duc de Lorraine toutes alliances contraires à l’intérêt de la France et l’oblige à licencier son armée.  

Charles IV préfère finalement abdiquer le 19 janvier 1634 en faveur de son frère Nicolas-François et retourner en Allemagne prendre un commandement dans l’armée impériale.

.Nicolas-François (1609-1675), duc de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Pont à Mousson de 1634 à 1675

Frère de Charles IV. 

Nicolas-François s’enfuit de Nancy le Ier avril 1634 par la Franche-Comté et trouve asile à Vienne ou il assure la continuité de la dynastie. Ses duchés de Bar et de Lorraine sont occupés par la France mais la résistance des Lorrains est vive et l’armée ducale fait régulièrement des incursions notamment depuis la Franche-Comté ou Charles IV, après être passé avec ses troupes impériales de Besançon en Bavière. elles participent à la prise de Ratisbonne sur les Suédois ;  puis à la tête des troupes de la Ligne catholique, à celle de Nordlingen le 6 septembre 1634, revient sur l’Alsace d’où en février 1635, il attaque une première fois en direction de Saint Diè puis revenu en Franche Comté, il engage depuis là une deuxième offensive en direction de la Lorraine en Avril sans prendre l’avantage, se retire à Breisach d’où il organise pour ses troupes et l’armée impériale plusieurs opérations pour tenter de reconquérir le duché.  

Le Colonel lorrain Gaillard, aux ordres du général des armées impériales Thomas de Savoie, s’empare de la petite ville de Sierck tandis que l’armée de Maillard, un autre lorrain, s’empare de Boulay dans le pays messin et que des officiers lorrains libèrent Saint Mihiel pendant que Charles IV reconquiert Darney, Gondrecourt, Remiremont, Raon-l’Etape et Saint Diè puis s’avance rejoindre les impériaux du général Gallas installés au nord du duché. Les Français ne tiennent plus pratiquement  que les grandes villes notamment Bar et Nancy. Louis XIII se trouve obligé de réagir et fin juin part pour la Lorraine ou il arrive à Saint Dizier le 20 septembre 1635 et fait assiéger Saint Mihiel qui capitule le 2  octobre. Dans les jours suivants, ses troupes reprennent le contrôle de tout le duché de Bar. Durant l’Automne 1635, l’armée impériale commandée par Gallas, avec les troupes lorraines commandées par Charles IV, font face aux troupes franco-weimarienne bien supérieures en nombre ; Gallas se refuse à les affronter tandis que Charles déçu se replie sur la Franche-Comté de sorte qu’à la fin de l’année 1635, toutes les troupes impériales et lorraines ont abandonné la Lorraine.  En Franche-Comté, en revanche, Charles IV bat les troupes françaises à Poligny le 19 juin 1638 ce qui lui permet d’attaquer à nouveau en Lorraine mais ses campagnes de 1638 à 1640 ne sont pas décisives de sorte  qu'il doit se résigner à signer un nouveau traité avec la France, le traité de Saint Germain en Laye du 2 avril 1641. Par ce traité, il s’engage à soutenir partout et en tous temps les intérêts de la France et à renoncer à toute «intelligence» avec la maison de Habsbourg, à abandonner à la France le comté de Clermont en Argonne situé dans le Barrois non mouvant ainsi que les places fortes de Jametz, Stenay et Dun sur Meuse, à laisser détruire les fortifications de Marsal, à laisser le libre passage des troupes françaises à travers ses duchés, à accepter l’incorporation de l’armée lorraine à l’armée française. Fin avril 1641, il peut alors rentrer à Nancy.

Mais le traité de Saint Germain en Laye ne suffit pas à Richelieu qui décide de s’emparer de Charles IV lequel avisé se réfugie à Sedan ou il va retrouver les troupes espagnoles des Habsbourg d’Espagne. 

Les victoires du duc d’Enghien sur celles-ci à Rocroi et à Lens et celle de Turenne sur les troupes impériales à Zusmarshausen ne sont pas de nature à lui redonner espoir même si lui-même et ses généraux  Gaspard et François de Mercy ainsi que Jean de Werth au service de l’empereur remportent la bataille de Tuttlingen en 1643 et celle de Marienthal en 1645.

En fait les négociations pour terminer la guerre de Trente Ans ont commencé et finissent par aboutir aux Traités de Westphalie qui ne règlent pas  le sort de la Lorraine.

Charles IV continue donc à se battre aux côtés des troupes espagnoles des Habsbourg d’Espagne et participe au siège de Cambrai en mai-juin 1649 puis  durant les années 1650-1651, ses troupes commandées par Fauge et Ligneville, parviennent à reconquérir une partie de la Lorraine tandis qu’Haroué parvient même à reprendre momentanément Bar le Duc et Ligny en Barrois mais sont obligées de se  replier devant l’arrivée de renforts. Néanmoins il se trouve en  possession plus favorable pour négocier avec la France dont le gouvernement est assuré par Mazarin, successeur de Richelieu ; malheureusement Charles IV est meilleur militaire que diplomate et se livre à un double jeu entre la France et ses alliés Habsbourg d’Espagne.

Alors qu’il se trouve à Bruxelles, ceux-ci le font arrêter le 25 février 1654 puis emmener à Tolède malgré les protestations de l’empereur Ferdinand III (Habsbourg d’Autriche). Son frère Nicolas-François, rentré d’exil de Vienne  se trouve bien obligé alors de prendre le commandement des troupes lorraines ; il cherche à obtenir la libération de Charles IV mais sans succès; il renonce alors à l’alliance avec les Habsbourg d’Espagne pour rallier les armées françaises; ainsi il est à la tête de ses troupes au côté de la France à la bataille des Dunes du juin 1658.

.Léopold Ier de Habsbourg (1640-1705) archiduc d'Autriche, roi de Germanie de 1657 à 1705, roi de Hongrie de 1655 à 1705, roi de Bohême de 1656 à 1705, roi de Croatie de 1657 à 1705, empereur de 1658 à 1705 

Fils de l'empereur Ferdinand III.  

C’est alors Mazarin qui va obtenir lors de la négociation de la paix des Pyrénées la libération le 15 octobre 1659 de Charles IV; mais le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 n’est pas pour autant favorable à la Lorraine; en effet la France conserve le duché de Bar, les places de Dun sur Meuse, Stenay, Jametz, Moyenvic et Marsal ainsi que tous les villages situées le long d’une route stratégique reliant  Verdun à l’Alsace; le traité de Vincennes du 8 février 1661 restitue toutefois le duché de Bar au duc de Lorraine mais lui retire le comté de Saarwerden restitué à la maison de Nassau.

Le 23 mars 1661, le duc Charles IV se résigne à prêter hommage au roi de France pour le Barrois mouvant puis étrangement même accepte de signer un traité à Montmartre le 6 février 1662 par lequel il s’engage à céder à sa mort ses Etats à la France en contrepartie de l’obtention du titre de Prince du sang pour les descendants de la Maison de Lorraine; son frère Nicolas-François et son fils Charles protestent.

Charles IV se rendant compte de son erreur, adresse alors une délégation à la diète de Ratisbonne le 3 mai 1663 pour qu’elle déclare illégal le traité signé s’agissant de terres impériales dont le duc ne peut disposer sans son accord. Le roi Louis XIV s’en tient au traité de Vincennes et lorsqu’il s’apprête à engager la guerre de « Dévolution » lui réclame des troupes, puis après le traité d’Aix la Chapelle du 2 mai 1668 lui demande de les licencier. Charles IV ne l’ayant pas fait totalement, Louis XIV fait prendre des dispositions à l’été 1670 pour s’emparer de lui ; prévenu Charles IV parvient à s’échapper et s’enfuit par la Suisse pour rejoindre le territoire de l’Empire. La Lorraine est à nouveau entièrement occupée par la France malgré la protestation de la Diète d’Augsbourg du 13 octobre 1670 et la demande adressée à Louis XIV par l’empereur Léopold de Habsbourg.

En revanche, la déclaration de guerre de Louis XIV le 6 avril 1672 aux Provinces Unies (indépendantes de l’empire depuis 1648)  suscite une coalition contre lui réunissant l’empereur Léopold de Habsbourg, l’Electeur de Brandebourg et le roi d’Espagne (Habsbourg d’Espagne) et permet à Charles IV de lever à nouveau des troupes qui parviennent à réoccuper Epinal, Saint Diè et Remiremont. Au cours de la campagne 1675, ces troupes de Charles IV et les troupes impériales  marchent sur Trêves assiégée par les troupes françaises du Maréchal de Créqui; celui-ci est sévèrement battu le 11 aout 1675.

Peu de temps après, Charles IV, âgé de 72, tombe malade et décède à Allenbach dans le Palatinat le 18 septembre 1675.  

.Joseph Ier de Habsbourg (1678-1711) archiduc d'Autriche en 1705, roi de Germanie de 1690 à 1711, roi des Romains le 24 janvier 1690, empereur de 1705 à 1711, roi de Hongrie de 1687 à 1711, roi de Bohême de 1705 à 1711, roi de Croatie de 1705 à 1711

Fils de Léopold Ier.  

.Charles V (1643-1690), duc de Lorraine et de Bar en titre de 1675 à 1690

Fils de Nicolas-François, né à Vienne il vit d’abord à la Cour de France, puis se met au service de son empereur Léopold Ier ; en 1665 il s'oppose ouvertement au traité de Montmartre, par lequel son oncle Charles IV, contraint et forcé par les armes, cède la Lorraine et le Barrois à la France.

En septembre 1675, il est nommé généralissime des armées impériales; il prend aussi le titre de duc de Lorraine et de Bar, son oncle Charles IV étant mort le même mois. Tous les États européens le reconnaissent comme tel, à l'exception de la France, qui occupait ses duchés et qui crée à Metz une chambre de réunion pour annexer sur la base d’arguments juridiques plus ou moins spécieux les seigneuries lorraines qui dans le passé avaient plus ou moins dépendus des Trois-Evêchés.

En 1678, il épouse Eléonore la sœur de l’empereur qui lui confie le gouvernement du Tyrol.

La ville de Vaudrange est démantelée par Louis XIV en 1680 lors de l'édification de la ville de Sarrelouis.

Pendant ce temps, à la tête des armées impériales au côté du roi de Pologne Jean III Sobieski, Charles V est vainqueur des Turcs qui assiégeaient Vienne depuis deux mois. Il mène ensuite plusieurs expéditions dans la partie de la Hongrie occupée par les Ottomans, est victorieux au siège de Buda (1686) dont il s'empare, reconquiert la Hongrie, puis la Slavonie et la Transylvanie en 1687.

Tombé une première fois malade, il abandonne son commandement en mai 1688 à Maximilien Emmanuel, électeur de Bavière. Rétabli, il reçoit un commandement sur le Rhin lors de la Guerre de la ligue d'Augsbourg, mais tombe malade de nouveau; il meurt à Wels le 18 avril 1690 et est enterré à Innsbruck. Dix ans plus tard, son corps est ramené à la Chapelle des Cordeliers à Nancy.

.Charles VI de Habsbourg (1685-1740) roi de Germanie de 1711 à 1740, empereur de 1658 à 1705, empereur de 1658 à 1705

Second fils de Léopold. 

.Léopold-Joseph (1679-1729), duc de Lorraine et de Bar en titre de 1690 à 1729 en fait de 1697 à 1729

Né à Innsbruck, Il a 10 ans à la mort de son père Charles V et reçoit le titre de duc de Lorraine et de Bar, mais ses duchés restent occupés par la France. Sa mère Éléonore devient la régente en titre des duchés lorrains.

A douze ans sa mère l’envoie à Vienne pour recevoir une éducation militaire auprès de son oncle l'Empereur. Il y est élevé avec ses deux cousins, Joseph, héritier du trône d'un an son aîné, et Charles qui, bien qu'étant son cadet de six ans, sera plus proche de lui. Les deux jeunes archiducs ceindront successivement la couronne impériale en devenant les Empereurs romains Joseph Ier et Charles VI. Léopold se sentira toujours proche de ses cousins, tant sur le plan personnel que politique et religieux. Il est fait chevalier de la Toison d'or en 1690.

Comme son père il s'engage dans l'armée impériale et prend une part active au siège de Temesvár en 1694. Il reçoit un commandement dans l'armée du Rhin en 1697.

La guerre de la ligue d'Augsbourg touche à sa fin et les négociations commencent à Ryswick; Louis XIV qui veut assurer la couronne d'Espagne pour son petit-fils Philippe, duc d'Anjou accepte - entre autres - de restaurer la suzeraineté impériale sur les duchés de Lorraine et de Bar sous réserve de l’hommage pour ce dernier duché. Le traité de Ryswick du 30 octobre 1697 et ratifié le 13 décembre, lui rend ses duchés. Mais ce n’est que le 17 aout 1698 qu’il se rend à Nancy ou il reçoit un accueil enthousiaste.

Du fait de la cession de Vaudrevange à la France quelques années plus tôt, Léopold transfère le siège du bailliage d’Allemagne en 1698 à Sarreguemines.

Sur l’instigation de sa mère, il épouse Eléonore la nièce de Louis XIV ce qui n’a pas pour effet pour autant d’améliorer ses  relations avec la France à tel point qu’il refuse de prêter hommage au roi pour le Barrois mouvant. Pour tenter de régler le conflit, la France lui propose d’échanger le duché de Milan qui serait prélevé sur l’héritage des Habsbourg d’Espagne contre la renonciation à ses duchés de Bar et de Lorraine; mais bien qu’accepté par Léopold, malgré le mécontentement de ses sujets, l’accord devient caduc.

Une fois tournée cette regrettable page, il se met à se consacrer à l’administration de ses duchés complétement détruits par les guerres et considérablement dépeuplés. Il encourage l’émigration à condition qu’elle soit catholique par une ordonnance du 10 octobre 1698 qui permet aux étrangers de s’installer sur les terres en déshérence. Ceux-ci affluent en nombre soit d’Allemagne, soit des cantons suisses, de la Bourgogne, de la Franche-Comté ou de la Savoie. Il fait procéder par ailleurs à une remise en état des infrastructures. Il agrandit le château de Lunéville ou il tient une Cour brillante et réorganise l’Université de Pont à Mousson qui connait un nouveau rayonnement.

En dépit de la neutralité proclamée du duché de Lorraine, les troupes françaises occupent la plupart de ses places fortes et sa capitale Nancy ou elles rentrent le 3 décembre 1702  dès le début de la guerre de succession d’Espagne et Léopold  n’a pas les moyens  pour envisager de s’y opposer militairement ; mais cela ne fait que renforcer ses liens avec la famille impériale et notamment avec Joseph Ier et Charles VI, son ami d’enfance.

La guerre de Succession d’Espagne se termine en 1713 par le traité d’Utrecht mais Nancy est occupée jusqu’en 1714; le roi Louis XIV meurt en 1715 ce qui améliore les relations  avec la France qui reconnait par un traité du 14 octobre 1728 la neutralité pleine et entière, perpétuelle et  irréversible de la Lorraine même si une annexe à ce traité précise qu’en cas de guerre la France peut quand même occuper quelques places fortes. Néanmoins avec ce statut de neutralité reconnue, la Lorraine espère pouvoir écarter durablement la menace d’une annexion de force par la France.

Le duc Léopold meurt le 27 mars 1729.

.Charles Albert de Bavière (1697-1745) roi de Germanie de 1742 à 1745, Electeur de Bavière, empereur de 1742 à 1745

Fils de Maximilien-Emmanuel de Bavière.

 .François Ier de Lorraine(1708-1765) duc de Lorraine et duc de Bar de 1729 à 1737  ( François III) duc de Teschen de 1729 à 1765,  grand-duc de Toscane de 1737à 1765   ( François II).vice-roi de Hongrie de 1732   à 1765 , roi de Germanie de 1745 à 1765, empereur de 1745 à 1765

Fils de Léopold et d’Elisabeth-Charlotte d’Orléans, fille du frère du roi Louis XIV ; en ligne maternelle il est donc arrière-petit-fils de Louis XIII. Epoux en 1736 , de l archiduchesse Marie-Thérése , héritière de la maison d'Autriche.

A 15 ans, son père l’a envoyé à Vienne ou, il fait connaissance de l’archiduchesse Marie-Thérèse née en 1717, la fille et héritière, en l’absence d’héritier mâle, de l’empereur  Charles VI de par la «Pragmatique Sanction» que celui-ci a fait rédigée quatre ans avant sa naissance.

Il n’assiste pas aux funérailles de son père à Nancy le 8 juin 1729 et n’arrive dans son duché que le 29 novembre 1729 ; il est à Nancy le 3 janvier 1730 mais y reste peu de temps décidant de s’installer dans son château de Lunéville; puis il se rend à Paris rendre hommage à Louis XV pour le Barrois mouvant et rentre à Lunéville qu’il quitte dès avril 1731 pour un périple en Europe. Il voyage depuis un an lorsqu’il apprend sa nomination par son futur beau-père comme vice-roi de Hongrie.

Le 1er février 1733 meurt Auguste II, le prince Electeur de Saxe devenu roi de Pologne en 1697. Son fils, Auguste III, et Stanislas Ier, beau-frère de Louis XV se disputent le trône. Louis XV soutient son beau-père Stanislas Ier qui est élu par la Diète polonaise le 11 septembre 1733 mais le 6 octobre 1733 a lieu la contre-élection d’Auguste soutenu par l’empereur Charles VI. Trois jours plus tard, Louis XIV fait occuper Nancy par le  Maréchal de Belle-Isle, gouverneur de Metz et déclare la guerre à l’empereur pour l’insulte faite à son beau-père; L’annexion de la Lorraine par la France en 1734 entraîne la déclaration de guerre du Saint Empire et la mobilisation de son armée pour la Guerre de Succession de Pologne (1733-1738). Le Cercle de Souabe y engage toutes ses troupes (un régiment de cuirassiers, un régiment de dragons et trois régiments d'infanterie de ligne).

Au mois d’Aout 1735 et le 3 octobre 1735 sont signés les préliminaires de Vienne par lesquelles Stanislas accepte de renoncer au trône de Pologne au profit d’Auguste III mais en dédommagement reçoit en viager les duchés de Bar et de Lorraine que se voit contraint de lui abandonner François III pour pouvoir épouser Marie-Thérèse  appelée à devenir impératrice à la mort de son père. Le 31 janvier 1736, François III peut faire sa demande en mariage et celui-ci est célébré à Vienne le 12 février 1736.

Et après d’ultimes tractations, il accepte de signer le 11 avril 1736 sa renonciation à ses duchés contre la volonté de sa mère et de ses sujets. Et le 19 mai 1736, la Diète d’empire approuve les préliminaires de Vienne puis le 28 aout la convention de transfert des pouvoirs au roi de France. Au traité de Vienne de 1738, la Lorraine entre dans le giron de la couronne de France et les principales familles de la noblesse lorraine, obtiennent une dispense royale afin de servir et résider à leur guise en France ou dans l'Empire. Une  partie, déjà établie à la Cour impériale de Vienne, choisit l'Empire. C’est le cas par exemple d’une partie de la famille de Fickelmont très importante famille de la noblesse lorraine principalement représentée par le Reichsgraf Charles de Ficquelmont, grand chambellan de l'Empereur François de Lorraine, capitaine des cuirassiers de Sa Majesté Impériale et commandant de la garde des chevaux légers, et par son fils, le Reichsgraf Jacques-Charles de Ficquelmont, capitaine de la garde et grand chambellan de l'Empereur François de Lorraine, commandant du régiment de cavalerie de Kalchreuth puis de Thun.

.Stanislas (1677-1766), duc de Lorraine et de Bar de 1737 à 1766

Issu d'une famille aristocratique de Bohême-Moravie installée en Pologne au Xe siècle;  héritier du palatinat de Posnanie; sa fille Marie Leszczynska  épouse Louis XV en 1725. Après avoir abdiqué officiellement le trône de Pologne, le 30 septembre, il est contraint par les ministres de Louis XV, de signer une déclaration secrète, appelée «déclaration de Meudon», par laquelle il déclare ne pas vouloir se «charger des embarras des arrangements qui regardent l'administration des finances et revenus des duchés de Bar et de Lorraine» s'en remettant au roi de France. En compensation, Stanislas reçoit une rente annuelle de 1 500 000 livres, qui serait portée à 2 millions au décès du grand-duc de Toscane.

 Stanislas s'engage à nommer « un intendant de justice, police et finances ... ou autre personne sous tel titre et dénomination qu'il sera jugé à propos, lequel sera choisi de concert avec S.M. Très-Chrétienne. Ledit intendant ou autre exercera en notre nom le même pouvoir et les mêmes fonctions que les intendants de province exercent en France. » Stanislas agrée, avec le titre de chancelier, le 18 janvier 1737, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, proposé par le cardinal de Fleury, conseil de Louis XV. Celui-ci prend  possession au nom de Stanislas, le 8 février 1737 du duché de Bar et le 21 mars de celui de Lorraine. La mère de François III, ne quitte Lunéville que le 6 mars 1737 pour se retirer au château de Commercy que Stanislas accepte de lui laisser jusqu’à sa mort.

Stanislas est fraîchement accueilli par la population lorraine, très attachée à la famille ducale et son intendant Chaumont de la Galaizière est unanimement haï et demeure un personnage à l'image noire dans la mémoire des Lorrains.

L’empereur Charles VI meurt le 20 octobre 1740. Sa fille Marie-Thérèse, l’épouse de François III, est trahie de tous côtés et doit mener sans soutien la guerre de Succession d'Autriche contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France, le Piémont-Sardaigne et l'Espagne.

Son cousin par alliance Charles Albert, Électeur de Bavière, est élu empereur sous le nom de Charles VII. Elle réussit cependant à s'allier à l'Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise.

Cette guerre occasionne pourtant la perte de la Silésie, au profit de la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle cède au roi de Sardaigne son beau-frère, Charles-Emmanuel III de Sardaigne. Mais le reste des possessions héréditaires des Habsbourg est cependant sauvegardé. Marie-Thérèse, conformément au vœu de son père, est alors à la tête de l'archiduché d'Autriche, "roi" de Hongrie et reine de Bohême. Finalement c’est l’époux de Marie-Thérèse, l’ancien duc de Lorraine et de Bar François III qui devient empereur sous le nom de François Ier en 1745. Il est le fondateur de la Maison de Habsbourg-Lorraine.

Stanislas qui lui a succédé à la tête des duchés de Bar et de Lorraine  meurt une année plus tard à Lunéville le 23 février 1766 âgé de 88 ans. Avec lui les deux duchés de Bar et de Lorraine cessent définitivement en droit de faire partie du Saint Empire.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 17:16
UNION EUROPENNE- RUSSIE-UKRAINE-CESSEZ LE FEU-USA- LIVRAISON D’ARMES-OTAN-ALLEMAGNE-FRANCE-GUERRE-RAPPORT DE FORCE

Si l’on imagine le pire, à savoir le non-respect du Cessez le Feu décidé à Minsk et la livraison officielle d’Armes à l’Ukraine par les USA (en fait peut-être déjà commencée via la Pologne ou la Tchéquie ?), la réaction logique des Séparatistes soutenus par la Russie, serait de ne pas attendre que les militaires Ukrainiens aient été formés à leur utilisation ni que les forces spéciales occidentales se trouvent en trop grand nombre en Ukraine, pour accélérer leur progression et atteindre Kiev.

S’ils y parviennent rapidement, ce qui n’a rien d’impensable, dès lors que l’Ukraine n’appartient pas à l’OTAN, elle ne peut bénéficier de l’article 4 du Traité de l’Atlantique Nord et dès lors, on voit mal les USA prendre le risque d’une intervention hors l’OTAN dans le conflit en Ukraine au côté de l’armée Ukrainienne contre les Séparatistes soutenus par la Russie comme elle l’a fait en Serbie sans l’aval de l’ONU et encore moins l’Union Européenne qui n’a pas de défense autonome.

Dès lors que pourraient faire pratiquement seules l’Allemagne et la France pour garantir à l’Ukraine son intégrité territoriale. Certainement pas, même dans le cas d’un conflit qui se circonscrirait au seul territoire Ukrainien, intervenir militairement. En effet en excluant le Royaume Uni, actuellement aux abonnés absents, et l’Italie ( risquant de devoir réserver la totalité de ses moyens à une éventuelle intervention terrestre en Lybie) l’addition des forces armées de la France, ( très largement employées dans les Opérations Extérieures et le plan Vigipirate intérieur), de l’Allemagne, des Pays-Bas, et de la Pologne ne ferait guère le poids dans un conflit ouvert en Ukraine avec la Russie qui plus est proche de son théâtre d’opérations et sur un terrain connu.

Etant posé comme principe qu’il serait exclu de se retrancher alors derrière la dissuasion nucléaire pour éviter d’avoir à combattre, s’agissant d’un conflit n’impliquant par les marines nationales mais les armées de terre et l’aviation, la France, qui ne se trouve pas pourtant dans la plus mauvaise situation opérationnelle malgré les restrictions stupides ces dernières années de ses capacités, pourrait au mieux aligner sur le terrain dans le cadre d’une guerre conventionnelle, 2 brigades avec un grand maximum de 9000 hommes et sans aucune capacité de relève, et l’Allemagne également de l’ordre de 2 brigades auxquelles s’ajouterait la Brigade Franco-allemande soit de l’ordre maximum de 20 000 hommes. Si à leur côté la Pologne devrait pouvoir aligner une à deux brigades ainsi que les Pays Bas, une, la situation militaire des Occidentaux au côté d’une armée Ukrainienne dont l’incapacité militaire actuelle est désormais avérée, s’avérerait néanmoins assez défavorable si l’on croit exactes les informations selon lesquelles l’armée Russe dispose déjà de 30 000 hommes à la frontière Est de l’Ukraine, avec une importante capacité de relève, auxquels il convient d’ajouter l’équivalent de 2 brigades en Crimée et 1 en Transnistrie.

Outre fait que la décision d’un tel engagement militaire des plus grands Etats de l’Union Européenne hors OTAN ne manquerait pas de faire éclater de graves dissensions au sein de cette organisation et dans l’Union Européenne, l’issue d’un tel conflit sans une intervention américaine (qui n’aurait rien d’obligatoire dès lors qu’aucun des Etats ayant décidé d’intervenir n’auraient été menacés par la Russie) risquerait fort d’être à l’avantage de la Russie. Et l’on peut raisonnablement penser alors que la Russie ne se trouverait pas complétement isolée en Europe, le ralliement de certains membres de l’Union comme la Grèce, Chypre, la Roumanie, la Bulgarie n’étant pas à exclure sans compter, hors Union Européenne celui de la Serbie.

Donc on doit en conclure que l’Allemagne et la France n’ont pas, en dehors d’un accroissement contre-productif des sanctions et en tous cas d’un effet lent, la possibilité d’agir militairement si d’aventure les Séparatistes pro-russes, appuyés par la Russie venaient à « prendre les devants » pour ne pas attendre que l’armée Ukrainienne ait reçu assez d’armes et soit en mesure de les utiliser pour passer à la contre-offensive.

Il n’y a donc pas d’option militaire parce qu’on s’y refuse non par diplomatie pure mais surtout parce que l’on en a pas les moyens même si l’on prête au Président Poutine l’intention de reconstituer une Russie impériale aux frontières atteintes par l’Union Soviétique alors qu’il est plus vraisemblable que la Russie n’entende se satisfaire de la récupération intégrale dans sa zone d’influence de la Géorgie, de la totalité de l’Ukraine, voire de la Roumanie et de la Bulgarie et des 3 pays baltes (encore que le sort de ces derniers posant plus de problèmes dans la mesure où les américains ont cru malin de les intégrer à l’OTAN et que celle-ci se trouverait obligatoirement devoir entrer en guerre en cas d’intervention de la Russie).

Alors que peuvent faire l’Allemagne et la France comme leader de l’Union Européenne pour se sortir de ce « guêpier »'?

Trouver un modus vivendi qui ne ressemble pas aux Accords de Munich de 1938 mais plutôt à ceux de Yalta de 1945. Ce qui implique la mise sur pied sous l’égide de l’OSCE d’une nouvelle conférence de Vienne dès cette année 2015.

Si le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes prévalait, de nombreux conflits pourraient être résolus. Le principe de l’intangibilité de frontières issues des 19 e et 20 e siècles, à l’origine de bien des conflits qui ne trouvent leur règlement que par la force, ne s’imposerait plus en droit international si la volonté des peuples prévalait. Faut-il espérer ou craindre une telle évolution ? Quid, dans ce cas, des Basques, des Catalans, des Alsaciens, des Ecossais, des Flamands et des Wallons qui, en revendiquant leur autonomie et leur particularisme, poseraient de nouveaux problèmes géopolitiques !

Le temps des empires disparus il y a un siècle est de retour : ils garantissaient bien mieux, en définitive, le droit des peuples européens que des nations qui n’ont fait que les broyer. L’Union Européenne à l’Ouest et la Communauté Euro-asiatique à l’Est doivent évoluer vers un modèle de Fédération de Métropoles et d’Etats Régions avec l'objectif de donner à celles qui se trouvent de part et d’autre des frontières nationales actuelles la plus large autonomie leur permettant de resserrer au maximum leurs liens entre elles et d'assurer dans un délai raisonnable une libre circulation des personnes et des biens entre les deux Unions.

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 09:05

 

En 843 au traité de Verdun , Lothaire, ainé des fils de l’empereur Louis le Pieux reçoit à l’issue de la guerre l’opposant à ses frères Charles le Chauve et Louis le Germanique, outre le titre d’empereur, la Francia media, vaste territoire allant de la mer du Nord à l’Italie séparé du royaume de Francia occidentalis attribué à Charles par l’Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhin et du royaume de Francia orientalis attribué à Louis par le Rhin, l’Aar et les Alpes. Avant de se retirer à l’abbaye de Prüm, l’empereur Lothaire partage son royaume avec ses fils : l’ainé, Louis II reçoit le titre d’empereur et l’Italie, Lothaire II reçoit au nord un ensemble de territoire comprenant la Frise, les Pays Bas (correspondant à la Belgique et aux Pays Bas actuels), le futur comté puis duché de Bar, le duché de Lorraine stricto sensu et l’Alsace. Enfin Charles reçoit entre les deux le Lyonnais et la Provence. A la mort sans héritier de Lothaire II en 869, les droits de son frère Louis II sont contestés par son oncle le roi de Francie occidentale Charles le Chauve qui vient à Metz se faire couronner empereur ce qui suscite l’intervention de l’autre oncle le roi de Francie orientale Louis le Germanique qui impose un nouveau partage par le traité de Meerssen de 870. Louis le Germanique s’attribue les pagi de Trêves, de la Nied, de la Sarre et la Blies avec Aix la Chapelle, Metz et la Frise tandis que Charles le Chauve s’attribue ceux de Toul, Verdun, Saint Mihiel, le Saintois et le Chaumontois. En 882, l’unité du Royaume des Francs est rétabli momentanément par l’empereur Charles III le Gros, troisième fils du roi Louis le Germanique. Mais dès 887 celui-ci est déposé par la diète de Tribur et remplacé par un bâtard de son frère Arnulf de Carinthie qui récupère l’Alsace et la Lorraine qu’avait occupée Charles le Gros en 882 en violation du Traité de Meerssen. En 888, Arnulf de Carinthie, fils bâtard de Carloman de Bavière, est proclamé roi en Francie Orientale (Germanie), Lotharingie et Italie et devient empereur. En mai 895, Arnulf intronise son fils bâtard Zwentibold comme roi de Lotharingie. Les frontières de ce royaume coïncidaient sans doute en grande partie avec celles du royaume de Lothaire II, mais elles ne comprenaient probablement plus la Frise. Les historiens ne sont pas d'accord sur le point de savoir dans quelle mesure le fils d'Arnulf demeurait subordonné à l'autorité impériale ; tout indique qu'il jouissait dans son gouvernement d'une large indépendance. L'expérience ne fut d'ailleurs pas de longue durée. Zwentibold se heurte aux résistances des grands qui voyaient avec déplaisir un étranger restreindre leur indépendance. Il se brouille avec Régnier et l'oblige à s'expatrier en 898. Zwentibold est tué le 13 ou le 30 août 900 au cours d'une bataille, au voisinage de la Meuse, contre les comtes Gérard Ier de Metz, Matfried Ier et Étienne de Pouilly, ses vassaux révoltés. Louis IV l’Enfant, fils légitime d’Arnulf de Carinthie qui lui succède comme roi de Francie Orientale et empereur est reconnu comme leur souverain par les seigneurs lorrains réunis à Thionville.

En 959, la Lotharingie proprement  est scindée en deux parties: le duché de Lorraine qui s'étend de la mer du Nord au Luxembourg, et le duché de Haute Lorraine qui correspond à peu près au territoire de la future Lorraine, y compris le pays de Trêves. Les villes des Trois-Evêchés - Metz, Toul et Verdun - sont exclues du partage. Les trois évêchés font partie de l'archidiocèse de Trèves dont l'Archevêque va devenir prince et l'un des trois Grands Electeurs du Saint Empire restauré en 962.

.Othon Ier (912-973) duc de Saxe en 936, roi de Francie Orientale (Germanie) de 936 à 961, , empereur de 962 à 973

Othon est à l'origine de l'instauration de la Reichkirche/ Eglise d'Empire dans laquelle les archevêques, évêques et abbés de grandes abbayes disposent de pouvoirs comtaux attribués par l'empereur dont ils sont les vassaux. Les empereurs. vont exercer un contrôle total sur l'élection des papes et sur la nomination des évêques dans l’empire. Pour asseoir leur autorité, ils attribuent des pouvoirs régaliens aux   évêques et abbés  qui présentent l'avantage de ne pas avoir d'héritier. Ne concéder les charges qu'à titre viager permet de récupérer les terres à la mort du vassal et évite donc la perte progressive des possessions. Cela permet aussi de conserver un moyen de pression sur ses vassaux dont la jouissance des terres accordées en précaire peut être retirée. Ainsi, les évêques et abbés forment l'ossature de l'administration impériale. Cette investiture est symbolisée par la remise de l'anneau et de la crosse par l'empereur à l'évêque entrant en charge. 

1. Evêché-comté de Toul /bistum -grafschaft von Tull Ville Libre Impériale de Toul / Frei Reichstadt von Tull

Au IVème siècle, un siège épiscopal s’installe dans la ville de Toul. Toul est alors à la tête du plus vaste diocèse lorrain, s’étendant de la crête des Vosges au voisinage de la Vallée de la Marne. Saint Mansuy, premier évêque, décéde en 375. Les partages de l’empire carolingien de 843 à 880 attribuent le territoire au Royaume de Francie Médiane puis à celui de Lotharingie et en 925, Toul est alors rattachée au Royaume de Francie Orientale. Son histoire se déroule ensuite dans le cadre de l’empire restauré par Otton Ier en 962. 

.Gauzelin, ancien notaire de la chancellerie royale au temps de Charles le Simple, évêque de Toul dès 922.

Gauzelin obtient en 928 d’Henri dit l’Oiseleur , roi de Francie Orientale (Germanie) des pouvoirs étendus sur le comté de Toul  qui comprend ;

.les trois châtellenies de Blénod, Brixey et Maizières , dépendantes du temporel de l'évêque de Toul ;

.les trois prévôtés de Vicherey, Villey-Saint-Etienne,et Void, dépendantes du temporel du chapitre de la cathédrale de Toul.

Il contrôle d’abord la fonction comtale occupée par un vidame puis  Il nomme comte à titre viager Guy de 930 à 963

.Gérard, évêque de Toul, de 963 à 994

Contemporain de l’empereur Othon Ier le Grand ; sacré le 19 mars 963 à Trèves. Il nomme comte à titre viager à la mort du comte Guy en 964, Bérald de Vandoeuvre puis  à la mort de Bérald en 971, Scindebard qui meurt en 992, puis son frère Ancelin comte de Toul de 992 à 1019.Peu à peu ceux-ci vont chercher à s‘èmanciper du pouvoir épiscopal.

 

.Othon II dit le Roux (955-983), roi de Francie Orientale(Germanie)  en 961,  empereur de 973 à 983

 

.Egbert, chancelier d'Otton Ier en 976, archevêque de Tréves de 977 à 993

Fils de Thierry II, comte de Hollande .

 

.Othon III (980-1002),roi de Francie Orientale (Germanie) de 983 à 1002, empereur de 996 à 1002

 

.Étienne de Lunéville, évêque de Toul de 994 à 995, ancien comte de Lunéville avec pour comte Ancellin

.Robert, évêque de Toul de 995 à 996 avec pour comte Ancellin

.Berthold, évêque de Toul de 996 à 1019 avec pour comte Ancellin

Le 7 juin 1002, Bertold assiste à l'assemblée de Mayence où le roi Henri II est reconnu et couronné roi de Francie Orientale (Germanie). Il obtient de ce prince le droit de pêche depuis le comté de Saintois jusqu'à Sorcy ainsi que le péage des mines des montagnes des Vosges et la restitution du fief de Berkeim en Alsace. Les églises de Sorcy et de Châtel, le fief de Badonviller, le château de Pagny, les hameaux de Longort de Laye et d'Ourches deviennent sous son épiscopat la propriété de l'Église de Toul. Il acquiert en 1009, pour le chapitre de la Cathédrale, les terres de Fontenoy de la Comtesse Eve.

 

.Henri II dit le Saint (973-1024), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1002 à 1024, empereur.de 1002 à 1024

 

.Hermann, évêque de Toul de 1020 à 1026

Il donne en fief héréditaire le comté à Raimbaud, seigneur de Fontenoy et de Charmes-sur-Moselle.

 

.Conrad II dit le Salique (990-1039), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1024 à 1028, empereur de 1027 à 1039,

 

.Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg (Dabo) (1002-1054), évêque de Toul de 1026 à 1049, couronné pape le 12 février 1049 sous le nom de Léon IX.

Son père, Hugues IV, est de la famille des comtes du Nordgau, seigneurs d'Eguisheim. Bruno est donc un membre de la très haute aristocratie : sa famille se rattache par sa mère, Heiwige, fille du comte de Dabo, aux Carolingiens de Francie occidentale et par son père aux rois de Germanie. Il est le cousin des empereurs Conrad II le Salique et Henri III. Confié à l’évêque Berthold de Toul pour être éduqué à l'école, Bruno entre jeune dans le chapitre de la cathédrale. Après le décès de son tuteur, il est appelé à la cour de son cousin Conrad II le Salique qui soutient la réforme monastique.À la mort de l'évêque Hermann de Toul, Bruno est proposé comme successeur par le clergé avec le soutien de Conrad II et le 9 septembre 1027, il est consacré par l’archevêque de Trèves. Il a pour comte vassal Raimbaud. C'est en 1048 qu'il remarque Hildebrand et attache à sa personne le futur Grégoire VII. Fidèle à l'empereur celui-ci va plaider sa cause devant Robert le Pieux pour la succession du royaume de Bourgogne, où Conrad II, qui a hérité de Rodolphe III mort sans enfants, est contesté par Eudes de Champagne.

 

.Henri III dit le Noir (1017-1056) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1028 à 1056, empereur de 1046 à 1056

 

.Odo, évêque de Toul de 1052 à 1069

Bruno son protecteur et son ami le nomme évêque de Toul en 1052, lorsqu'il était encore près de lui à Rome, et fait ratifier ce choix par le chapitre et par l'Empereur. Assisté de l'évêque de Metz Adalbéron III et de l'évêque de Verdun Théodoric, Odon reçoit de l'archevêque de Trèves Eberhard la consécration épiscopale à Trêves le 17 avril 1052 ; il est installé sur son siège par l'évêque de Verdun Théodoric en présence de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine, et de Louis de Montbéliard, comte de Bar et de Mousson. Odo a pour comte vassal, Renard Ier, Renard II, Frédéric Ier de Dampierre, seigneur de Dampierre-en-Astenois jusqu’en 1055 puis Arnoul. Ce dernier, s'étant rendu coupable de vexations et de violences graves envers les sujets de l'évêché, est déposé en 1063 solennellement de sa dignité par Odon dans une assemblée générale du peuple et du clergé. Il publie une charte signée par Gérard, duc de Lorraine, sept archidiacres et douze seigneurs du pays dans laquelle il proclame la destitution du comte Arnoul et fixe les droits et les devoirs des comtes de Toul. Par la même charte, Odon investit Frédéric II de Dampierre, fils de Frédéric Ier comme comte de Toul en remplacement d'Arnoul. Albéric, fils de ce dernier, furieux de l'affront fait à son père, conçoit d'attaquer la ville de Toul et d'y rétablir Arnoul dans sa dignité de comte. Il rassemble une troupe d'aventuriers qu'il prend à sa solde, s'avance à la faveur de la nuit et s'empare de la porte de la Rousse. Déjà ses soldats pénètrent dans l'intérieur lorsque les bourgeois, réveillés, courent aux armes, se précipitent sur eux et les mettent en fuite. Albéric ne trouve son salut qu'en sautant du haut des murs dans le fossé qu'il passe à la nage. Odon, indigné, lance contre lui une sentence d'excommunication et le dépouille de toutes les terres qu'il tenait en fiefs de l'Église de Toul. Il ne le rétablit qu'à cause de la forte sollicitation de Louis, comte de Bar et de Mousson, et de la princesse Sophie, son épouse, et à la condition qu'Albéric lui donne entière satisfaction.

 

.Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, empereur de 1084 à 1105,

Henri III décède en 1056, ne laissant qu'un héritier de six ans. Profitant de la minorité d'Henri IV le pape Nicolas II  décide en 1059   de réserver l'élection du pape aux seuls cardinaux. Le pape n'est donc plus l'homme de l'empereur. Elu en 1073 , le pape Grégoire VII Henri IV va  entrer en conflit avec le pape pour la question de la désignation des évêques qui détiennent outre leur pouvoir spirituel sur leur évêchés mais des pouvoirs comtaux sur leur ville et une partie du territoire de leurs évêchés. Elu en 1073, le pape Grégoire VII publie  un décret interdisant aux laïcs de choisir et d'investir les évêques. C'est la première fois que l'Église prend position sur la question des investitures laïques (C'est l'origine de la Querelle dite des Investitures qui va opposer l'empire à la papauté de 1075 à 1122).

En janvier 1076, un synode d'évêques germanique,  reproche au pape son ingérence dans les affaires épiscopales. Il le déclare indigne de ses fonctions et lui refuse obéissance. En réaction à la lettre qui le conviait avec une grande brutalité à renoncer à sa charge, Grégoire VII  fait déposer Henri IV  par un autre synode  en février 1076 . L'empereur, dont les sujets sont déliés de leur serment de fidélité, est finalement excommunié tout comme l archevêque de Mayence . Très vite, des prélats germaniques déclarent leur soumission au pape ; les ducs de Souabe, Carinthie et Bavière  se déclarent contre Henri IV, avec l'appui des Saxons, qui reprennent les armes. Le 16 octobre 1076, les princes décident qu'un nouveau monarque sera élu si la sentence papale n'est pas levée dans un an et demandent au pape de venir juger le souverain déchu Ils font bloquer les passages des Alpes pour empêcher Henri IV de rencontrer Grégoire VII.

À l'idée de voir se révolter une noblesse trop heureuse de contester le pouvoir impérial, Henri IV recule. Il quitte Spire  en cachette avec une garde réduite, passe le col du Mont-Cenis  par un froid intense et chevauche à la rencontre de Grégoire VII à Canossa , au nord de l'Italie . Le souverain pontife, qui se rendait à Augsbourg pour assister à une assemblée impériale, s'est réfugié dans cette ville car il se croit menacé. Henri IV attend trois jours, en habit de pénitent, que le pape daigne le recevoir, puis il s'agenouille devant lui pour implorer son pardon. En réalité, les trois jours se passent en négociations au cours desquelles Mathilde de Toscane et l'abbé de Cluny Hugues , parrain d'Henri IV, jouent un rôle fondamental. Le pape finit par lever l'exc ommunication . Grégoire VII  fait cependant savoir que si le pécheur a reçu l'absolution, il ne lui a pas pour autant restitué son pouvoir. Par sa pénitence à Canossa, Henri IV est parvenu à écarter le danger d'une entente entre le pape et l'opposition des princes germaniques, mais le pape a pu s'ériger en juge des princes, droit que Grégoire VII juge naturel. Cependant la réhabilitation d'Henri IV n'empêche pas l'élection d'un nouvel empereur, Rodolphe de Rheinfelden , par les princes révoltés en 1077.

À la mort du pape  Grégoire VII  en 1085, aucun pape n'est élu pendant deux ans. Ensuite, le faible Victor III règne pendant dix mois. Henri IV commence à penser que la victoire va revenir dans son camp. Il n'est cependant pas au bout de ses difficultés. Il s'oppose à Urbain II , le successeur de Victor III et  Il doit faire face à un soulèvement de la Bavière en 1086 et, à l'instigation de la comtesse Mathilde de Toscane, allièe du pape, à une première révolte de son fils Conrad, duc de Lorraine qui se fait élire roi de Germanie en 1087.. Entre 1093 et 1097, son fils Conrad lui interdit tout retour en Germanie en occupant les cols des Alpes.

 

.Pibon, évêque de Toul de 1070 à 1107

Il a d’abord pour comte Frédéric II qui meurt en 1078 puis son fils Renard III de Dampierre.

 

.Henri V (1086-1125), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1099 à 1125, empereur de 1111 à 1125.

Henri V s'était appuyé sur les partisans de la réforme grégorienne pour affermir son pouvoir face à son père, mais, dès que son autorité est solidement assise, il s'oppose au pouvoir pontifical en se mêlant comme son père des nominations d'évêques. Il estime que, vu la symbiose entre l'Église et l'Empire, il était dangereux de trop desserrer les liens. Le pape Pascal II , qui a renouvelé l'interdiction des investitures laïques, pense pouvoir négocier. En effet, Henri V veut être couronné empereur par le pape. Le souverain se rend en Italie pour négocier directement avec le pape. Le pape propose une solution radicale qui vise à rompre définitivement les liens entre l'épiscopat et l'Empire. Les deux hommes signent le concordat de Sutri en février 1111. L'empereur renonce alors aux investitures laïques. En échange, les évêques renoncent aux regalia  c'est-à-dire aux villes, duchés, marquisats, péages, monnaies, marchés qu'ils tenaient de leurs fonctions administratives dans l'Empire. En contrepartie, les églises sont libres avec toutes leurs possessions propres. L'accord est ratifié par le roi sous réserve de l'adhésion des évêques germaniques. Les concessions accordées par Pascal II suscitent une vive opposition de la part de la Curie romaine  et des évêques germaniques. Le 12 février 1111, lors de la cérémonie du couronnement, devant la protestation bruyante des évêques, Henri V déclare l'accord inapplicable  Le pape refuse donc de le couronner. Pascal II est emprisonné. Il est obligé de couronner Henri V et de signer l'accord du Ponte Mummolo le 11 avril 1111. Ce nouvel accord permet à l'empereur de donner les investitures à sa guise. Le camp impérial semble triompher. Mais le concile de Latran de 1112 revient sur toutes les concessions faites pendant la captivité du pape. De plus, Henri V doit faire face à un mécontentement général en Germanie. À l'est les Saxons se révoltent. Les troupes impériales sont battues à deux reprises. Henri V est excommunié en 1114 et le clergé germanique se range cette fois du côté du pape. Deux évêques réformateurs sont même nommés à Metz et à Magdebourg .  Pascal II meurt en 1118. Le nouveau pape Gélase II  refuse de rencontrer Henri V de peur d'être emprisonné et quitte Rome à l'arrivée de ce dernier. Comme son père précédemment, l'empereur fait élire un antipape, Grégoire VIII.

.Richwin de Commercy, évêque de Toul de 1108 à 1126

Fils de Ricuin, seigneur de Commercy et de Leucarde d’Apremont. Après sa nomination, son père lui fait don d'une grande partie de ses biens : la moitié du château de Commercy et de ses dépendances, la moitié de la rivière et des villages composant le domaine seigneurial (Meligny, Vaux, Saulx, Lérouville, Pont, Chonville, Fontoy, Morville, Tantonville, Maceronville et Gironville. Il a pour comte de Toul Renard III de Dampierre jusqu’à sa mort en 1117 puis son frère Pierre de Dampierre jusqu’en 1124 et enfin Frédéric III de Dampierre  fils de Frédéric II.

 

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1125 à 1137, empereur de 1133 à 1137

.Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1138 à 1152, empereur de 1138 à 1152

 

.Henri Ier de Lorraine ( ?-1165), évêque de Toul de 1126 à 1165

Fils de Thierry II, duc de Lorraine et de Gertrude de Flandre ; frère cadet de Simon 1er duc de Lorraine (1115-1139) et de Thierry d'Alsace, comte de Flandre (1127-1168).

Le comte de Toul est alors Frédéric III de Dampierre. En septembre 1127, Henri assiste à la diète convoquée à Spire par l'empereur Lothaire III. En 1141, il accompagne l'empereur Conrad III lors d'un voyage en Lorraine. En 1142, à la mort du comte de Toul Frédèric III, c’est son fils Henri qui lui succède. Avant son départ à la deuxième croisade en 1147, il demande au pape Eugène III de protéger le temporel de son diocèse de Toul durant son absence. En 1162, le comte Henri meurt et c’est son fils Frédéric IV qui lui succède.

 

.Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse (1122-1190)  roi de Francie Orientale (Germanie) de 1155 à 1169, empereur de 1155 à 1190

 

.Pierre de Brixey ( ?- 1192) évêque de Toul de 1167 à 1192,

Fils de Pierre de Brixey et de Mathilde de Rinel.

Choisi en 1167 pour succéder à l’évêque Henri de Lorraine, mort deux ans auparavant, il obtient en 1168 de l’empereur le droit de battre monnaie à Toul. Il met fin à la guerre qui sévit entre le comte de Toul Frédéric IV de Dampierre, f et les chanoines et fait reconstruire la forteresse de Liverdun, détruite par ce conflit. En 1186, à la mort sans postérité de Frédéric IV de Dampierre, comte de Toul, il confie le comté à Mathieu de Lorraine. En 1187, deux candidats s’affrontent pour le siège de l’archevêché de Trêves : Folmar, soutenu par le pape, et Rodolphe, soutenu par l’empereur. Pierre de Brixey prend parti pour Rodolphe et est excommunié par Folmar. Il se rend alors à Rome et y assiste aux obsèques d’Urbain III. Grégoire VIII, son successeur, déclare l’excommunication nulle. Dans les années qui suivent, Mathieu Ier, duc de Lorraine tente de faire attribuer à son fils Thierry le comté de Toul, dont les revenus sont importants. Pierre de Brixey en appelle au pape Alexandre III, mais ce dernier, alors en lutte contre l’empereur Frédéric Barberousse ne peut pas intervenir. Il rentre ensuite dans son diocèse, met ses affaires en ordre et part en pèlerinage en Terre Sainte en 1189. Il meurt à Jérusalem en 1192.

 Mathieu de Lorraine (vers 1146-1199) comte de Toul de 1180 à 1199, seigneur de Fontenoy, de Charmes, de Mirecourt, de Coussey et de Bleurville

Second fils du duc de Lorraine Mathieu Ier et de Judith-Berthe de Hohenstaufen, fille de Frédéric de Hohenstaufen, duc de Souabe, et de Judith de Bavière et de Saxe. Elle est la sœur de l’empereur Frédéric Barberousse

Mathieu, bien que toujours vassal en droit de l’évêque de Toul, est de fait pratiquement émancipé.

 

.Henri VI de Hohenstaufen dit le Cruel (1165-1197) roi de Francie Orientale (Germanie) dès 1169 jusqu’à 1197, empereur de 1191 à 1198,

Les bourgeois de Toul entrent en révolte pour obtenir des droits égaux à ceux attribués à l’évêque et à son chapitre par l’empereur Frédéric, mais ils ne parviennent en 1192 qu'à provoquer l'intervention militaire, restauratrice de l'ordre ancien, de l'Empereur  Henri VI, protecteur des droits du chapitre cathédral.

 

.Eudes de Lorraine ( ?- 1198), évêque de Toul de 1192 à 1198.

Fils d'Hugues Ier, comte de Vaudémont, et d'Aigeline de Bourgogne. C’est toujours Mathieu de Lorraine qui est comte de Toul.

 

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177-1208 ),roi des Romains en 1198 ,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1198 à 1208,

En 1198, deux rois des Romains sont élus: Philippe Ier de Hohenstaufen et Otton de Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti d'Otton IV, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208. 

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214.

.Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1208 à 1220 puis de 1235 à 1250, empereur de 1220 à 1250

 

.Mathieu de Lorraine (1170- 1217), évêque de Toul de 1198 à 1206, duc de Lorraine

Fils de Ferry Ier, seigneur de Bitche,puis duc de Lorraine de 1205 à 1206

Mathieu dissipe rapidement les biens de son diocèse et il est déposé en 1206 sur la demande des chanoines. Il se retire à Saint-Dié et utilise les revenus de sa charge pour mener une vie scandaleuse avec sa fille, née d'une liaison avec une religieuse de l'abbaye d'Épinal. Il entretient également une troupe de brigands, jusqu'à ce que son frère Ferry II, excédé, le chasse du duché et fasse raser sa demeure. Il erre alors en Alsace avec ses compagnons de brigandage.

.Reinald de Chantilly, évêque de Toul de 1206 à 1217.

Le comte de Toul Mathieu meurt en 1208 et c’est son fils Frédéric V de Lorraine marié à Agnès de Ferrette qui lui succède comme comte de Toul. En 1217, Reinald de Chantilly se rend dans les Vosges. L’ex-évêque Mathieu le surprend dans une embuscade et le tue. Son neveu le duc Thiébaud Ier de Lorraine part alors à la recherche de Mathieu, le retrouve et le tue d'un coup de lance le 3 avril 1217.

.Gérard de Lorraine ( ?- 1219) évêque de Toul de 1218 à 1219.

Fils de Gérard II, comte de Vaudémont, et de Gertrude de Joinville.

 

.Henri VII de Souabe (1122-1142), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1220 à 1235,

 

.Eudes II de Sorcy, évêque de Toul de 1219 à 1228

Issu de la famille des seigneurs de Sorcy en Lorraine.

.Garin, évêque de Toul de 1228 à 1230

.Roger de Mercy, évêque de Toul de 1231 à 1251

Issu de la famille de Mercy dont la puissance connait son apogée au cours du Moyen Âge dans la région couvrant désormais le sud de la Belgique, la Lorraine et le Luxembourg qui tire son nom du château de Mercy, construit au X°siècle sur le ban de la commune de Joppécourt en Lorraine. Cette maison a déjà donné un évêque en la personne d’Albert de Mercy, évêque de Verdun de 1156 à 1162. Sous le règne de Roger de Mercy, le comte de Toul Frédéric V de Lorraine, fils du comte Mathieu  meurt en 1250 et c’est son fils Eudes de Lorraine qui lui succède comme comte de Toul jusqu’en 1261.

 

.Conrad IV (1228-1254) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1237 à 1254 ,roi de Sicile de 1250 à 1254 

.Grand Interrègne de 1256 à 1273

.Guillaume Ier de Hollande, anti-roi de Francie Orientale de 1254 à 1256 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Richard Ier de Cornouailles, roi de Francie Orientale de 1257 à 1272

.Alphonse de Castille anti-roi de Francie Orientale de 1257 à 1272 (contre Richard Ier)

 

.Gilles de Sorcy, évêque de Toul de 1253 à 1271 et comte de Toul de 1261 à 1271

De la même famille qu’Eudes II. En 1261, le comte Eudes de Lorraine vend le comté de Toul à son cousin Ferry III, duc de Lorraine, mais Gilles de Sorcy, en tant que suzerain, retire le comté de Toul à Ferry III et le rattache au domaine ecclésiastique. Une lutte de l'évêque autoritaire contre la bourgeoisie s'emballe à propos des impôts du mois des versaines (avril). Une révolte populaire imprévue éclate, chassant l'évêque et sa suite, comme les meneurs bourgeois effrayés. Piteusement réfugié à Nancy, Gilles de Sorcy est obligé de reprendre son comté de Toul, les armes à la main avec le duc de Bar et le duc de Lorraine, Ferry III. Un accord est conclu au terme de sa reprise en main : les bourgeois doivent par tête s'acquitter des 16 livres monnaie de Toul. Mais l'évêque s'engage à payer son avènement à la milice et aux pauvres, soit quatre mesures de vin, 800 livres de pain, un bœuf entier bouilli avec panais.

.Conrad Probus, comte-évêque de Toul de 1272 à 1296

A la mort de Gilles de Sorcy, deux prétendants à sa succession Gautier de Beauffremont et Jean de Lorraine se livrent à un combat acharné. C’est le second qui l’emporte. Revanchard Gautier de Bauffremont met le siège devant les châteaux épiscopaux de Liverdun, Brixey et Maizières. Le pape consulté prend l'initiative de nommer un moine franciscain, Conrad Probut. L’évêque doit faire appel au duc de Lorraine Ferry pour recouvrer ses biens.

 

.Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale (Germanie) , roi des Romains (empereur) de 1273 à 1291

Pendant environ un siècle, l'évêque, le représentant impérial, les chanoines, les abbés et chapitres des monastères saint Mansuy et saint Epvre sous contrôle respectif de la maison de Bar et de Lorraine, la commune bourgeoise, les regroupements bourgeois, les corporations, la population laborieuse parfois en colère vont s'opposer ensemble et à tour de rôle

 

.Jean de Sierck, comte-évêque de Toul de 1296 à 1305

Les origines de la famille de Sierck sont incertaines. D'aucuns la prétendent issue de celle d'Ardenne. Quoiqu'il en soit, elle apparait au Xe siècle avec le nom d’une localité bâtie sur la partie convexe d'un méandre de la Moselle à son confluent avec le ruisseau de Montenach face à la colline du Stromberg, aux portes du Luxembourg et de l'Allemagne. On situe la construction au Xème ou XIème siècle d'un château-fort qui semble avoir précédé la ville. A cette époque, Sierck qui dépendait des archevêques de Trèves devient possession du duc de Lorraine Gérard d'Alsace (1048-1070). En 1300, les bourgeois toulois, soucieux d'indépendance, concluent un accord avec Philippe le Bel, suzerain de Champagne. Ce roi de France donne sa protection contre un service militaire de deux jours par ans et des redevances annuelles. .

.Vito Venosa, comte-évêque de Toul de 1305 à 1306

.Eudes III de Granson, comte-évêque de Toul de 1306 à 1308

De la famille des seigneurs de Grandson dans le Pays de Vaud, vassaux des comtes de Savoie.

 

.Adolphe de Nassau, (avant 1250-1298) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1292 à 1298, empereur de 1292 à 1298

.Albert Ier de Habsbourg, (1255-1308), roi de Francie Orientale de 1298 à 1308, empereur de 1298 à 1308

Fils de Rodolphe Ier

.Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313 , empereur de 1311 à 1313 

 

.Giacomo Ottone Colonna, comte-évêque de Toul de 1308 à 1309

.Jean d'Arzillières, comte-évêque de Toul de 1309 à 1320

 

.Louis IV de Bavière (1282-1347) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1314 à 1347, empereur de 1328 à 1347

.Frédéric de Habsbourg dit le Beau (1289-1330) anti-roi de Francie Orientale(Germanie) de 1314 à 1322.

 

.Amédée de Genève, comte-évêque de Toul de 1320 à 1330

Fils d’Amédée II de Genève, comte de Genève.

.Thomas de Bourlémont, comte-évêque de Toul de 1330 à 1353

De la famille de Bourlémont, vassale du comte de Champagne, du nom du château situé dans le duché de Lorraine sur un promontoire au-dessus du confluent de la Meuse et de la Saônelle, dominant le val de Meuse qui descend vers le nord ainsi que le village de Frebécourt à cinq kilomètres au nord de Neufchâteau.

 

.Gunther de Schwarzbourg (1304-1409) , anti-roi de Francie Orientale contre le suivant en 1349

Les trente années d'épidémies pesteuses qui suivent 1349 entérinent une chute drastique et générale de population, de l'ordre du tiers à long terme.

 

.Charles IV de Luxembourg(1316-1378), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1346 à 1378, empereur de 1355 à 1378

 

.Bertrand de la Tour d'Auvergne, comte-évêque de Toul de 1353 à 1361

.Pierre de La Barrière, comte-évêque de Toul de 1361 à 1363

.Jean de Heu, comte-évêque de Toul de 1363 à 1372

La famille de Heu est une importante famille du Moyen Age qui, en Pays messin, posséde de nombreuses seigneuries, particulièrement dans le Haut Chemin : Ennery, Malroy, Crespy, Pelte, Xieule, Montigny, Flévy, Vry, Gravelotte, Grimont, Montoy, Coincy, Goin, Retonféy, Blétange, Mercy, Antilly, Mont, Mancourt, Seuxy, Gray, Abbeville, Buy, Vandlainville, Rurange, Ollexey, Beurtoncourt, Rognac, Beaufort et plusieurs autres terres. La famille de Heu est dès le XIII° siècle l'une des plus puissantes de la ville de Metz. Sous le règne de Jean Heu, en 1367, Toul devient Ville Libre Impériale relevant désormais directement de l’empereur. Fiers de leur appartenance à une ville d'empire, les bourgeois toulois laissent tomber alors  en quenouille le pacte royal signé en 1300 avec le roi Philippe le Bel.

.Jean de Neuchâtel, comte-évêque de Toul de 1373 à 1384

Fils du baron Thiébaud V de Neuchâtel-Bourgogne. La famille de Neuchâtel-Bourgogne est originaire de Neuchâtel-Urtière en Franche-Comté.

 

.Venceslas de Luxembourg (1361-1419) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1376 à 1400, empereur de 1378 à 1400, 

 

.Savin de Florence, comte-évêque de Toul de 1384 à 1398

 

.Robert Ier de Bavière, (1352-1410) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1400 à 1410 

.Philippe de Ville-sur-Illon, comte-évêque de Toul de 1399 à 1409

Issu de la famille des seigneurs de Ville sur Illon, village des Vosges. .Henri de Ville-sur-Illon, comte-évêque de Toul de 1409 à 1436.

 

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437) , roi de Francie Orientale (Germanie) de 1410 à 1437 , empereur de 1433 à 1437

 

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Toul de 1437 à 1449

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt En 1445, l'influence française revient inopinément. Le roi Charles VII réclame pour son trésor les arriérés de l'accord de protection signé sous Philippe le Bel, soit 2000 livres de rente annuelle. Les bourgeois piqués dans leur honneur refusent. Le protecteur se mue en agresseur, les troupes royales brûlent les faubourgs de Toul. La diplomatie reprend ses droits, et, après une tergiversation de deux années, une compensation accorde les partis : Toul et ses élites acceptent à nouveau l'influence française.

 

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1493, empereur de 1452 à 1493

 

.Guillaume Fillâtre, comte-évêque de Toul de 1449 à 1460

.Jean Chevrot, comte-évêque de Toul en 1460

.Antoine Ier de Neuchâtel, comte-évêque de Toul de 1461 à 1495

Le 18 novembre 1461, en rendant hommage à Dagobert ainsi qu'à Charlemagne, Louis XI confirme par lettres patentes sa protection royale pour l'église de Toul.

 

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1486 à 1519, empereur de 1505 à 1519

 

.Olry de Blâmont, comte-évêque de Toul de 1495 à 1506

En 1499, il lègue le comté de Blamont au duc de Lorraine. .Hugues des Hazards, évêque de Toul de 1506 à 1517 Le cardinal Raymond de Barailles et Hugues des Hazards avaient été élus successivement coadjuteurs de l'évêque de Toul, du vivant d'Olry de Blamont, et l'étaient encore l'un et l'autre à l'époque de sa mort. Ces élections n'embarrassèrent pas peu le Chapitre, lorsqu'il fallut opter entre les deux coadjuteurs. Elles avaient été faites à l'instigation du duc de Lorraine René, qui protégeait Raymond, dans le temps où il voulait donner au prince Jean, son fils, âgé de 4 ans, la coadjutorerie de Metz, dont ce prélat était en possession; mais il avait abandonné plus tard ce même prélat, pour favoriser Hugues des Hazards, qui lui paraissait plus dévoué à ses intérêts. Après la mort d'Olry de Blamont, le Cardinal envoie Angelo de Rimini, son secrétaire, pour prendre possession de l'Évêché, et le munit d'un bref du Pape, qui fait défense aux chanoines et aux bourgeois de s'y opposer sous peine de censures. René fait arrêter et jeter en prison Angelo de Rimini, sous prétexte qu'il a fait publier en Lorraine un bref subreptice, aussi faux et aussi nul que les bulles du Cardinal, son maître. De là, nouveau bref du Pape, qui confirme le premier et qui réitère l'injonction de s'y soumettre. La mort du Cardinal vient heureusement mettre un terme à ces malheureuses dissensions, et permet au Chapitre d'élire évêque de Toul Hugues des Hazards, élection que le Pape ratifie dès lors sans difficulté. Hugues est employé par le duc René de Lorraine, en qualité de négociateur auprès de l'empereur Maximilien et du roi Charles VIII, au sujet du comté de Provence, et il s'acquitte de cette mission au grand contentement du duc.

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1517 à 1524

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar et de Philippe de Gueldre ; proche du roi François Ier.

 

. Charles V de Habsbourg, dit Charles Quint,(1500-1558) roi de Francie Orientale (Germanie), de 1519 à 1556, empereur de 1519 à 1558

 

.Hector d'Ailly-Rochefot, comte-évêque de Toul de 1526 à 1532

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1532 à 1537

 

.Ferdinand Ier de Habsbourg ( 1503-1564), roi de Germanie de 1531 à 1564, empereur de 1556 à 1564.

 

.Antoine II Pellagrin, comte-évêque de Toul de 1537 à 1542

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1542 à 1543

Il est le dernier évêque avant l’annexion de fait du territoire de l’évêché au royaume de France.

.Toussaint de Hossey, évêque de Toul de 1543 à 1565

Dès le mois d’aout 1547, le roi Henri II accorde des lettres de garde et de protection à la ville de Toul ; en 1548, le duc François de Guise vient pour décider l’ évêque, les chanoines et les bourgeois de Toul à s’émanciper de la tutelle de l’empereur et en janvier 1552, a lieu une nouvelle mission du cardinal de Lorraine dans le même sens et le 12 avril suivant, Henri II, reconnu vicaire du Saint Empire par les princes protestants allemands avec lesquels il a passé alliance, fait son entrée à la tête de 7500 hommes dans la ville impériale. Toul devient une citadelle française au cœur de l’empire. Le traité de Chambord entérine cette saisie de territoire lorrain, puisque les princes luthériens allemands laissent à leur allié, le roi de France, promu vicaire d'Empire, les villes impériales qui ne sont pas de langue germanique. La ville dont les édiles sont rassurés par la branche cadette de Lorraine, les princes de Guise, au service du roi de France n'offre d'ailleurs aucune résistance. Elle remet ses clefs au connétable de Montmorency. Pendant les guerres de religion, Henri de Guise fait occuper Toul par la Ligue. Charles III capture les villes de Toul et Verdun, mais il doit les rendre en 1594. La cité ne redevient royale qu'après l'abjuration du roi navarrais, Henri IV. À la paix de Folembray en 1595, Henri IV, conciliant, nomme gouverneur de Toul et de Verdun, François de Vaudémont, le troisième fils de Charles III. Mais en 1602, Henri IV affermit sa ligne politique. Il transforme les villes protégés et contrôle avec attention les évêchés. Les évêques sont soumis au serment de fidélité, ils ne peuvent plus solliciter l'investiture impériale pour entrer en possession de leur temporel. Ils ne peuvent laisser leurs sujets porter leurs appels au tribunal impérial de Spire. L'obligation s'applique bientôt aux bourgeois des villes. L'idée d'un parlement à Metz germe en 1609, mais la régence de Marie de Médicis instaure une pose, voire un retrait de 1610 à 1624, dans les mutations juridiques et administratives royales. En ces temps, les évêques de Toul, malgré la perte de leurs pouvoirs temporels, portent toujours l'épée et la crosse : ils demeurent en titre et en fonction des princes du Saint-Empire. L'Empire envoie ses convocations et ses mandats aux diètes jusqu'en 1612. Mais Louis XIII et son ministre Richelieu reprennent avec vigueur un contrôle régalien. De 1631 à 1632, les temporels épiscopaux sont occupés. Le parlement de Metz créé en 1633 traite désormais les appels de la justice des évêques, mais aussi des tribunaux citains ou bourgeois. Le sceau de la ville de Toul, symbole d'autonomie, est supprimé en 1633. L'administration française s'installe dans la foulée. Le 16 août 1634, Louis XIII crée par ordonnance le bailliage de Toul. La gabelle est instaurée pour payer les gages des magistrats. Par lettres patentes du 10 mai 1636, le parlement français de Lorraine, qui avait pour siège Metz, est transféré à Toul pour cause de mésentente avec le gouverneur de la place. L'entrée solennelle à Toul se fait le 16 avril 1637 ; le parlement exilé y séjourne 22 années au terme desquelles l'interminable querelle avec le gouverneur, qui a produit son exil, s'éteint. Ensuite à l'instar de l'intendance de Lorraine, le parlement réside à Metz. Toul conserve son présidial.

A  l’issue de la guerre de Trente Ans, les traités de Westphalie attribuent définitivement Toul et son comté au royaume de France.

 

 

 

 2. Evêché-comté de Verdun / Bistum-grafschaft von Verdun, Ville Libre Impériale de Verdun / Frei Reich Stadt von Verdun

L'évêché de Verdun est créé au IV° siècle à l'époque de la Gaule romaine. Après le Traité de Verdun en 843, Verdun fait partie successivement de la France médiane, de la Lotharingie, puis, au sein du Saint Empire dès 925, de la Basse-Lorraine. La principauté épiscopale de Verdun comprend :

.les sept prévôtés de Charny, Dieppe, Dieulouard, Fresnes, Mangiennes, Tilly et Verdun, dépendantes du temporel de l'évêque de Verdun ;

.les cinq prévôtés de Foameix, Harville, Lemmes, Merles et Sivry , dépendantes du temporel du chapitre de la cathédrale de Verdun.

 

.Othon Ier (912-973) duc de Saxe en 936, roi de Francie Orientale (Germanie) de 936 à 961, , empereur de 962 à 973

.Wigfrid, évêque de Verdun de 959 à 983

Evêque sous le règne d’Othon le Grand.

.Godefroi Ier dit le Captif, premier comte de Verdun de 963 à 1002

Il appartient à la Maison d’Ardenne, une riche famille lotharingienne.

Fidèle des Ottoniens avec lesquels il était apparenté par sa grand-mère maternelle, Oda, fille d’Otton Ier de Saxe.

Il possédait déjà de son père les comtés de Bidgau et de Methingau. En 969 , il obtient les marquisats d'Anvers et d'Ename, puis s'empare en 973 du comté de Hainaut avec Arnould de Valenciennes aux dépens de Régniers

Au côté de l’empereur Otton II, il combat Lothaire, roi de Francie occidentale.

 

.Othon II dit le Roux (955-983), roi de Francie Orientale(Germanie)  en 961,  empereur de 973 à 983 

 

.Hugues II, évêque de Verdun de 983 à 984

 

.Othon III (980-1002),roi de Francie Orientale (Germanie) de 983 à 1002, empereur de 996 à 1002

 

.Adalbéron I (958-1005), évêque de Verdun de 984 à 988

Fils de Frédéric Ier d'Ardennes, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie et de Béatrice de France, sœur d'Hugues Capet ; contemporain de l’empereur Othon III.

.Haymon (ou Heimon), comte-évêque de Verdun de 988 à 1024.

Nommé par les impératrices Théophano et Adélaïde. Ce Bavarois, ami du futur empereur Henri II ; en 990, l'empereur Otton III fait de l'évêque de Verdun un prince souverain, lui accordant le pouvoir temporel sur la ville et le droit de nommer les comtes.Il  est le premier à obtenir le droit de frapper la monnaie et de disposer des péages et des marchés verdunois.

Sous son règne, sont nommés comme comtes Godefroy II, duc de Basse-Lotharingie de 1002 à 1012, puis son frère Frédéric de 1012 à 1022 puis son frère Hermann de 1022 à 1024 lequel renonce et se fait moine.

 

.Henri II dit le Saint (973-1024), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1002 à 1024, empereur.de 1002 à 1024

 

.Raimbert, comte-évêque de Verdun de 1024 à 1037

Il nomme en 1024 comme comte de Verdun :

.Louis Ier (?-1025), comte de Chiny et  seigneur de Warcq de 992 à 1025, et comte de Verdun de 1024 à 1025

Fils d'Otton Ier, seigneur de Warcq; père de Louis II comte de Chiny et grand-père d’Arnoult, comte de Chiny. 

Louis est tué en 1025 par Gothelon, frère d'Hermann, qui convoite la ville. Gothelon donne le comté de Verdun en apanage à son fils Godefroy III le Barbu, duc de Basse-Lotharingie.

 

.Conrad II dit le Salique (990-1039), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1024 à 1028, empereur de 1027 à 1039,

 

.Richard  Ier, comte-évêque de Verdun de 1040 à 1046

 

.Henri III dit le Noir (1017-1056) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1028 à 1056, empereur de 1046 à 1056

 

.Thierry, comte-évêque de Verdun de 1047 à 1089

Le comte de Verdun et duc de Haute-Lotharingie Godefroid dit le Barbu prend la ville en 1047, chasse l’évêque Thierry et incendie la cathédrale. Mais il finit par faire pénitence publique, rend les territoires volés et reconstruit la cathédrale.l

C’est son fils Godefroy IV dit le Bossu, duc de Basse-Lotharingie, qui lui succède à sa mort en 1069 comme comte de Verdun puis à sa mort en 1076, sa veuve Mathilde de Toscane, jusqu’à sa mort en 1086. En 1086, c’est  Godefroy V de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, neveu de Godefroy IV, qui lui succède. En 1095, Godefroy de Bouillon prend la tête de la Première croisade et vend son comté à l’évêque Richer. Les nouveaux avoués  de l'Église sont les comtes de Bar.

 

.Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, empereur de 1084 à 1105,

 

.Richer, comte-évêque de Verdun de 1089 à 1107

En 1100, Richer confie l’avouerie du comté de Verdun à titre viager à Thierry II de Bar, comte de Montbéliard et comte de Bar qui devient comte de Verdun de 1100 à 1105 puis au fils de celui-ci Renaud Ier le Borgne de Bar (vers 1080-1149), comte de Bar. Celui-ci va perdre et regagner le comté-avouerie plusieurs fois face à Guillaume Ier de Luxembourg et le comte Henri Ier de Grandpré.

En plus des conflits entre les évêques et leurs avoués comtes de Verdun,le XIIème siècle va voir s’éclore le mouvement communal. Les bourgeois de Verdun veulent se soustraire à l’autorité de l’évêque.

 

.Henri V (1086-1125), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1099 à 1125, empereur de 1111 à 1125

 

.Richard II de Grandpré, comte-évêque de Verdun de 1107 à 1114

Renaud Ier de Bar exerce toujours sous son épiscopat la fonction comtale. En 1113, l'empereur Henri V intervient dans la lutte entre Richard et Renaud qu'il fait prisonnier et ne libère qu'après qu'il ait juré fidélité et rendu l'hommage.

.Mazon, administrateur de 1114 à 1117

.Henri Ier de Blois, comte-évêque de Verdun de 1117 à 1129 déposé au concile de Chalon

Sous son règne, vers 1119, Renaud Ier le Borgne, comte de Bar, élève une énorme tour entre la porte Châtel et l’abbaye de Saint-Vanne de Verdun. De cette tour, ses gens terrorisent la ville et ses abords. Évêque et bourgeois s’unissent contre Renaud.

.Ursion, comte-évêque de Verdun de 1129 à 1131

Ursion donne, vers 1130, le comté de Briey au comte de Bar Renaud Ier le Borgne.

.Albéron  de Chiny, comte-évêque de Verdun de 1131 à 1156

Fils d'Arnoul Ier de Chiny, comte de Chiny.

En 1134, la tour érigée par Renaud le Borgne est détruite. Albéron de Chiny dépose le comte Renaud et rattache le comté de Verdun au domaine épiscopal.

 

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1125 à 1137, empereur de 1133 à 1137

.Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1138 à 1152, empereur de 1138 à 1152

 

En 1142, l’empereur Conrad reconnait une coutume et un droit propre aux bourgeois verdunois.

 

.Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse (1122-1190)  roi de Francie Orientale (Germanie) de 1155 à 1169, empereur de 1155 à 1190

 

.Albert de Mercy, comte-évêque de Verdun de 1156 à 1162

De la maison de Mercy dont la puissance connait son apogée au cours du Moyen Âge dans la région couvrant désormais le sud de la Belgique, la Lorraine et le Luxembourg qui tire son nom du château de Mercy, construit au Xème siècle sur le ban de la commune de Joppécourt en Lorraine.

Le 17 août 1156, à Colmar, l'empereur Frédéric Barberousse confirme au tout nouvel évêque Albert de Mercy et à l'Église de Verdun le bénéfice du comté de Verdun donné par Otton III à Haymon. Les ecclésiastiques ont le droit de battre la monnaie, de rendre justice et sont propriétaires, à l'extérieur de Verdun, de l’abbaye de Juvigny, de la collégiale de Montfaucon et d'une dizaine de forteresses. Les évêques décident de ne plus nommer d’avoué comte et de rester les seuls maîtres en cumulant les fonctions.

.Richard III de Crisse, comte-évêque de Verdun de 1163 à 1171

.Arnoul de Chiny, comte-évêque de Verdun de 1172 à 1181

Arrière-petit-fils d’Arnoud de Chiny, comte de Chiny ; petit-fils d’Othon II, comte de Chiny ; fils d'Albert Ier, comte de Chiny et d'Agnès de Bar. 

.Henri II de Castel, comte-évêque de Verdun de 1181 à 1186

 

.Henri VI de Hohenstaufen dit le Cruel (1165-1197) roi de Francie Orientale (Germanie) dès 1169 jusqu’à 1197, empereur de 1191 à 1198,

 

.Albert II de Hierges (Hirgis), comte-évêque de Verdun de 1186 à 1208

Fils de Manassès de Hierges et d'Alix de Chiny, fille d'Albert Ier, comte de Chiny.

En 1195, les bourgeois de Verdun obtiennent de l’empereur Henri VI une charte d’après laquelle la cité, devenue libre, relève directement de l’empire. C’est la lutte entre l’évêque et les bourgeois.

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177-1208 ),roi des Romains en 1198 ,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1198 à 1208,

En 1198, deux rois des Romains sont élus: Philippe Ier de Hohenstaufen et Otton de Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti d'Otton IV, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208. 

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214.

En 1208, alors que la guerre fait rage, les bourgeois alliés aux seigneurs chassent le chapitre et l'évêque Albert II de Hierges est tué en assiégeant la ville.

Tout comme à Metz, les bourgeois se conjurent et se dotent de jurés ou « wardours (gardiens) de la paix » composant une nouvelle magistrature, le « Nombre ». Les Verdunois rédigent également une Charte de paix. Mais les bourgeois ayant obtenu les fonctions dirigeantes n'appartiennent pas au Commun mais aux riches familles patriciennes appelées les Lignages de Verdun. Ces lignages sont au nombre de trois, et pour en faire partie il fallait en descendre par voie masculine ou féminine.

Il s'agit des lignages:.de la Porte, .d'Azannes.des Estouff. 

Aux XIIe et XIIIe siècles, Verdun connaît son âge d'or. La cité est divisée en une ville-haute qui concentre les centres religieux et administratif, et une ville-basse comprenant les quartiers résidentiels habités par les commerçants et artisans. La cité compte alors 13 000 habitants. L'industrie est prospère, entre tissage de draps, tannages de peaux et pièces d'orfèvrerie de l’art mosan. Les marchands sillonnent l'Europe en passant par Verdun, rapportant bois, métaux précieux, étoffes et épices.. De nombreuses abbayes se construisent comme celles bénédictines de Saint-Vanne, de Saint-Paul et de Saint-Airy. Mais la période de prospérité ne dure pas. À la fin du XIIIe siècle, le trafic sur la Meuse diminue au profit de celui sur la Moselle ou le Rhin. L'industrie urbaine est concurrencée par l'industrie rurale, alors plus compétitive.

La lutte entre la bourgeoisie et l’épiscopat continue  tout au long des XIIIe et XIVe siècles.

 

.Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1208 à 1220 puis de 1235 à 1250, empereur de 1220 à 1250

 

.Robert Ier de Grandpré, comte-évêque de Verdun de 1208 à 1216.

Fils d'Henri III comte de Grandpré et de Liutgarde de Luxembourg.

En 1214, Frédéric II reconnaît la Charte de paix messine et donc tacitement celle de Verdun, tout en interdisant aux Verdunois de se conjurer

.Jean Ier d’Apremont, comte-évêque de Verdun de 1217 à 1224 puis de Metz en 1224

Fils de Geoffroy Ier, seigneur d’Apremont et d’Élisabeth de Dampierre.

 

.Henri VII de Souabe (1122-1142), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1220 à 1235,

 

.Raoul de Torote, comte-évêque de Verdun de 1124 à 1245

En 1227, le roi des Romains et futur empereur Henri VII qualifie l'évêque de Verdun de princeps (prince du Saint-Empire) à un moment où ce dernier administre une centaine de villages.

 

.Conrad IV (1228-1254) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1237 à 1254

 

.Guy de Traignel (Trainel), comte-évêque de Verdun de 1245 à 1245

.Guy II de Mellote (Mello), comte-évêque de Verdun de 1245 à 1247

.Jean II d'Aix, comte-évêque de Verdun de 1247 à 1252

.Jacques Pantaléon, comte-évêque de Verdun de 1253 à 1255, pape sous le nom d’Urbain IV

 

.Grand Interrègne de 1256 à 1273

.Guillaume Ier de Hollande, anti-roi de Francie Orientale de 1254 à 1256 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Richard Ier de Cornouailles, roi de Francie Orientale de 1257 à 1272

.Alphonse de Castille anti-roi de Francie Orientale de 1257 à 1272 (contre Richard Ier)

 

.Robert II de Milan, comte-évêque de Verdun de 1255 à 1271

.Ulrich de Sarvay (Sarnay), comte-évêque de Verdun de 1271 à 1273

 

.Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale (Germanie) , roi des Romains (empereur) de 1273 à 1291

 

.Gérard de Grandson, comte-évêque de Verdun de 1275 à 1278

Fils de Pierre Ier de Grandson, seigneur de Grandson (dans l’actuel canton de Vaud) vassal du comte de Savoie ; Petit-fils d’Ebald IV de Grandson, auquel un édit du 26 août 1186 de l'empereur Frédéric Barberousse reconnait le droit de "construire dans le territoire des Noires-Joux, maisons, villages, bourgs et châteaux, sans autre réserve que celle de suzeraineté immédiate de l'empire".

.Henri III de Grandson, comte-évêque de Verdun de 1278 à 1286

Frère du précédent.

 

.Adolphe de Nassau, (avant 1250- 1298) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1292 à 1298, empereur de 1292 à 1298

 

.Jacques II de Ruvigny, comte-évêque de Verdun de 1289 à 1296

.Jean III de Richericourt, comte-évêque de Verdun de 1297 à 1302

Verdun  est alors encerclée au sud par le comté de Bar, au nord par celui du Luxembourg et à l'ouest par la France (qui a annexé la Champagne en 1285) La France annexe la ville de Toul  en 1300, le Barrois mouvant  en 1301.

 

.Albert Ier de Habsbourg, (1255-1308), roi de Francie Orientale de 1298 à 1308, empereur de 1298 à 1308

 

.Thomas de Blankenberg /de Blamont, comte-évêque de Verdun de 1303 à 1305

Fils de Frédéric Ier, comte de Blâmont et de Jeanne de Bar.

Pourvu de la dignité de princier dans la cathédrale de Verdun, il met beaucoup de zèle à  défendre les droits de l'Eglise, lorsqu'il forme le dessein de surprendre la ville de Toul, avec une troupe de quatre-vingts hommes seulement, pour soumettre les bourgeois révoltés contre leur évêque. C’est cette fermeté de Thomas de Blâmont, et la puissance des alliés de sa famille, qui portent le Chapitre de Verdun à le choisir pour évêque, quelque  temps après la mort de Jean de Richericourt, le jugeant capable de réprimer les entreprises des bourgeois de cette ville, qui avaient abusé de la douceur de l'évêque précédent pour empiéter sur les droits de l'Eglise, et sur les immunités du clergé.  Thomas de Blâmont arrête ces projets par son autorité ce qui remet le calme dans Verdun sous son épiscopat.

.Nicolas Ier de Neuville, comte-évêque de Verdun de 1305 à 1312

Issu de la famille des seigneurs de Neuville-sur-Orne.

Sous son épiscopat, les magistrats de Verdun renouvellent leur ligue avec les bourgeois de Metz et de Toul contre leurs évêques, mais les troupes de Regnaud, évêque de Metz, sont défaites à Frouard et l'évêque de Toul quitte son évêché. et la France annexe l'évêché de Toul en 1305.

 

.Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313  , empereur de 1311 à 1313 

.Louis IV de Bavière (1282-1347) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1313 à 1347, roi des Romains en 1314 , empereur de 1328 à 1347 .

 

.Henri IV d’Apremont, comte-évêque de Verdun de 1312 à 1349

Les Verdunois se placent tour à tour sous la protection de Gobert VIII d'Apremont en 1314, d’Edouard Ier de Bar, puis du roi de France Louis X le Hutin en 1315, entraînant d'inévitables conflits auxquels se joint Jean de Luxembourg. Finalement, en 1331, l'évêque Henri d’Apremont place la cité sous la garde perpétuelle de la France Avec le déclenchement de la guerre de Cent Ans en 1337, le roi de France place la cité sous la garde conjointe des comtes de Bar et de Luxembourg. 

La peste frappe la Lorraine et Verdun vers 1348/1350, tuant entre 30 à 60 % de la population. Occupé par la guerre, le roi de France ne s'occupe plus de garder Verdun, laissant l'Empire y restaurer son autorité avec difficulté. L'empereur Charles IV de Luxembourg  supprime toutes les réformes précédentes et redonne le pouvoir à l'évêché et aux lignages. Il rétablit ensuite la garde conjointe de Bar et du Luxembourg, ce qui provoque la colère des bourgeois pour qui ces gardes sont onéreuses.

 

.Charles IV de Luxembourg(1316-1378), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1346 à 1378, empereur de 1355 à 1378

 

.Otton de Poitiers, comte-évêque de Verdun de 1349 à 1351

Fils d'Aimar IV, comte du Valentinois et de Diois, et de Sybille de Baux. 

.Hugues III de Bar, comte-évêque de Verdun de 1352 à 1361

Fils de Pierre, seigneur de Pierrefort, et de Jeanne de Vienne. Par son père, il est le petit-fils de Thiébaut II, comte de Bar.

L’empereur Charles IVsupprime toutes les réformes précédentes et redonne le pouvoir à l'évêché et aux lignages. Il rétablit ensuite la garde conjointe de Bar et du Luxembourg, ce qui provoque la colère des bourgeois pour qui ces gardes sont onéreuses. Ils forment une coalition en 1358 avec Yolande de Bar déjà en conflit avec l'évêché depuis 1352 et la ville depuis 1356. Le verdunois est ravagé mais les deux parties font la paix en 1359 à cause de la menace grandissante des compagnies de Routiers  . L'évêché et la ville sont alors très endettés

.Jean IV de Bourbon-Montperoux, comte-évêque de Verdun de 1362 à 1371

.Jean V de Dampierre Saint-Dizier, comte-évêque de Verdun de 1371 à 1375

.Guy III de Roye, comte-évêque de Verdun de 1375 à 1379

Issu de la maison picarde de Roye.

En 1374, sous son épiscopat, Verdun obtient le titre de Ville Libre Impériale, placée sous la tutelle directe de l'empereur. Le sceau de la ville change pour figurer un aigle impérial au lieu d'une cathédrale.

 

.Venceslas de Luxembourg (1361-1419) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1376 à 1400, empereur de 1378 à 1400,

 

.Liébaud de Cusance, comte-évêque de Verdun de 1380 à 1404

Fils de Jean, seigneur de Cusance, bailli du comté de Bourgogne, et d’Isabelle de Belvoir, frère de Vauthier dit Le Petit, héritier testamentaire d’Henri, seigneur de Belvoir, son oncle.

Remarqué par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et appelé à son service, Liebault se voit confier plusieurs ambassades auprès de Robert de Genève, évêque de Thérouanne puis de Cambrai, élu pape au conclave de Fondi sous le nom de Clément VII le 30 octobre 1378, par les cardinaux lassés de l’attitude du pape de Rome Urbain VI. Philippe le Hardi souhaitant étendre son influence au nord voit d’un très bon œil la présence d’un bourguignon à la tête de cet évêché à la frontière de l’Empire et ce d’autant qu’Urbain VI poussait son pion en la personne de Rolin de Rodemack, chanoine du chapitre de Verdun, parent de l’empereur Wenceslas et de Béatrix de Bourbon épouse de Jean de Luxembourg, roi de Bohème et de Pologne. Sur la recommandation du duc de Bourgogne, le chapitre porte Liebault au siège épiscopal en 1380, ce que confirme Clément VII. Rolin s’oppose à cette élection et obtient par Bulle d’Urbain VI les provisions de l’évêché de Verdun. Mais le chapitre refuse de le recevoir et maintient sa position malgré les menaces de l’empereur auquel Rolin avait fait appel. 

La puissante famille de Rodemack prend alors les armes et dévaste les terres de l’évêché, puis se retourne contre Arnoul de Hornes, évêque de Liège, au motif d’une vieille querelle. Le chapitre en profite pour négocier une paix qui lui coûte seize cents francs,  le versement de sa prébende à Rolin avec une pension. Les troupes liégeoises ayant défait celles des Rodemack, l’évêque Arnoul  déclare la guerre à Verdun. Ses gens d’armes y causent pour sept mille livres de dégâts, après quoi le chapitre achète leur départ pour deux mille livres. Mais la guerre de Verdun ne prend pas fin: Béatrix de Bourbon n’admettant pas l’éviction de son parent, demande et obtient des troupes de l’Empereur Wenceslas afin de détruire l’évêché et le chapitre de Verdun. Elle y favorise tous les forfaits depuis son château de Damvillers, enclave impériale dans l’évêché, organisant le pillage systématique des grains qu’elle revendait à son profit, ou les extorsions de fonds.. Faisant face à l’hostilité du magistrat et des bourgeois qui ne cachent pas leur attachement à Rolin de Rodemack afin de se rapprocher de la cour impériale, le nouvel évêque sait avec beaucoup de diplomatie les ramener dans son giron au point qu’en 1382  ils lui apportent leur aide lors du siège du château de Charny qu’utilisait Pierre de Bar pour ses courses dans l’évêché. Un an plus tard il accepte de le faire démolir au lieu de les contraindre à le remettre en état. Sa sagesse apporte l’apaisement : en 1384 le duc de Bar rend à Liebaut sous forme d’usufruit, la ville, forteresse, terre et prévôté de Sampigny pour en jouir sa vie durant, Clément VII lui octroye le prieuré de Clermont en Haute-Marne, puis en 1386 l’abbaye de Faverney en Haute-Saône, en qualité d’administrateur  La guerre de Verdun ayant considérablement affaibli les moyens financiers de l’évêché, Liebaut  obtient de Clément VII un dédommagement et en 1385 une bulle papale rattache la « princerie » à la manse capitulaire avec les juridictions temporelle, spirituelle et les revenus.

Malgré la présence attestée aux côtés de l’évêque de militaires bourguignons, la situation ne s’étant guère améliorée. Liebault  prend alors la décision de  mettre Verdun et ses possessions sous la protection du roi de France, protection dont certains de ses prédécesseurs avaient déjà usé. Le 30 septembre 1389 il signe un accord connu sous le nom de « Pariage » par lequel il transporte à Charles VI la moitié indivise de sa souveraineté temporelle. Qui donc s’attaquerait à Verdun s’attaquerait au roi de France. La réplique de l’empereur est immédiate et le 5 décembre il défend au chapitre par décret impérial daté de Prague de ratifier le pariage et invite le sénéchal et l’engagiste de Luxembourg à châtier l’évêque Liebault. Le 13 février, Alexandre VII approuve le pariage et le 21 du même mois l’empereur ordonne la saisie de la seigneurie. Avec l’appui du roi de France et du duc de Bourgogne, Liebauld résiste jusqu’au 10 août 1395 date à laquelle il s’oblige à faire annuler l’accord avec le roi de France et la confirmation du Pape, de leur côté les bourgeois de Verdun s’engagent à faire révoquer le décret impérial et se soumettent à sa juridiction temporelle reconnaissant qu’elle est un fief mouvant de l’empire. Charles VI casse cette association par lettres du 28 juillet 1396 et le 17 octobre prend sous sa protection les habitants de Verdun moyennant cinq cents livres par an. L’évêque assure son confort pour soixante livres. Même si la ville reste une terre d'Empire et l'évêque un Prince d'Empire, la ville est de plus en plus sous l'influence française, par la langue, l'origine des évêques et des ordres religieux, par le style de l'architecture et par l'économie (usage des monnaies et relations commerciales) De plus, l’empire ne protège plus le territoire des villes de Metz, Toul et Verdun  contre les pillards.

 

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437) , roi de Francie Orientale (Germanie) de 1410 à 1437 , empereur de 1433 à 1437

 

.Jean IV de Sarrebruck, comte-évêque de Verdun de 1404 à 1419

Fils de Jean III de Sarrebruck-Commercy, seigneur de Commercy-Château-Haut.

.Louis Ier de Bar, administrateur du diocèse de Verdun de 1419 à 1423

Fils de Robert Ier, comte puis duc de Bar, et de Marie de France. 

La mort le 25 octobre 1415 à Azincourt au côté des Français d'Édouard III, duc de Bar, et de Jean de Bar, son frère, seigneur de Puisaye, le rend héritier du duché  de Bar mais il doit  défendre son héritage contre son beau-frère Adolphe Ier, duc de Juliers et de Berg. Louis réussit néanmoins à vaincre Adolphe. Il recherche l'amitié du duc de Lorraine.  Les deux princes signent, le 4 décembre 1415, un traité qui met fin aux événements désastreux dont les deux duchés avaient été le théâtre sur la fin du règne de Robert et sous celui d'Édouard III. Mais trop âgé pour renoncer à l'état ecclésiastique qu'il a embrassé dans sa jeunesse, il accepte la couronne ducale du Barrois, tout en conservant le titre de cardinal, et la crosse épiscopale de Chalons, qu'il échange pour celle de Verdun, ville située au milieu de son duché. En 1419, pour mettre fin au différend entre les ducs de Bar et de Lorraine, il négocie le mariage de son petit-neveu René d'Anjou avec la fille et héritière de Charles II de Lorraine, et lui confie le gouvernement du duché de Bar dès 1420.

.Raymond, comte-évêque de Verdun de 1423 à 1424

.Guillaume de Montjoie, comte-évêque de Verdun de 1423 à 1424

.Louis Ier de Bar, à nouveau administrateur du diocèse de Verdun de 1424 à 1430

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1430 à 1437, de Toul de 1437 à 1449

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt.

.Guillaume  Fillâtre, comte-évêque de Verdun de 1437 à 1449

Originaire de Gand. Neveu du cardinal Guillaume Fillastre, archevêque d'Aix.

En 1448, Guillaume donne à Charles le Téméraire, les premières pages de son grand traité sur l'Ordre de la Toison d'or, fondé par son père Philippe le Bon.

 

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1486, empereur de 1452 à 1493

 

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1430 à 1437, puis de Toul de 1437 à 1449 et à nouveau de Verdun de 1449 à 1456

De la famille des seigneurs de Haraucourt, village situé sur le plateau rive droite de la Meurthe, à égale distance de Nancy et de Lunéville. Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt.

.Guillaume de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1456 à 1500

Petit-neveu du précèdent.

 

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1486 à 1519, empereur de 1505 à 1519

 

.Warry de Dommartin, comte-évêque de Verdun de 1500 à 1508

De la famille des barons de Dommartin située dans le diocèse de Toul.

.Louis de Lorraine (1500-1528), comte-évêque de Verdun de 1508 à 1522

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar, et de Philippe de Gueldre.

 

.Charles V de Habsbourg, dit Charles Quint,(1500-1558) roi de Francie Orientale (Germanie), de 1519 à 1556, empereur de 1519 à 1558

L'empereur Charles Quint cherche à reprendre le territoire des Trois-Evêchés et fait le siège de Metz. Mais la ville résiste sous le commandement du duc François de Guise et le siège est un échec, forçant l'empereur et son armée à se retirer.

 

.Jean IV de Lorraine (1498-1550), prince-évêque de Metz de 1505 à 1543, puis de 1548 à 1550, comte- évêque de Toul de 1517 à 1523, puis de 1532 à 1537 et de 1542 à 1543, comte-évêque de Verdun de 1523 à 1544,

Frère du précédent.

.Nicolas de Lorraine (1524 -1577), comte-évêque de Verdun de 1544 à 1547, administrateur de l’évêché de Metz de 1543 à 1548, comte de Vaudémont de 1548 à 1577, seigneur de Mercœur de 1563 à 1569, puis duc de Mercœur de 1569 à 1577 mais surtout, de 1552 à 1559, régent des duchés de Lorraine et de Bar pendant la minorité de son neveu Charles III.

Fils d’Antoine le Bon, duc de Lorraine et de Bar, et donc neveu du précèdent.

.Nicolas Psaume (1518-1575), comte-évêque de Verdun de 1548 à 1575, prince du Saint Empire

La ville est de plus en plus sous l'influence française, par la langue, l'origine des évêques et des ordres religieux. De plus, l’Empire ne protège plus le territoire des villes contre les pillards. Nicolas Psaume se tourne vers la France pour reprendre la situation politique et religieuse en main. Le roi de France Henri II s'allie aux princes protestants d'Allemagne en lutte avec l’empereur Charles Quint, et devient vicaire d'Empire et protecteur des Evêchés de Toul Metz et Verdun. En 1552, il organise une expédition militaire sur le territoire du Saint-Empire. Après avoir pris Metz et Toul sans combattre et s'être rendu en Alsace il entre pacifiquement dans Verdun le 12 juin 1552.. Le soir-même il quitte la ville, laissant derrière lui une garnison de 300 hommes sous l'autorité d'un gouverneur. Avec l'occupation française de 1552, les évêques de Verdun perdent tout pouvoir politique. Malgré l'occupation française, le roi de France, tout comme l'empereur, considère toujours Verdun comme une ville impériale. Les évêques sont toujours nommés par le Saint-Empire et la justice est rendue par la Chambre impériale. La ville passe brièvement sous la garde de Charles III de Lorraine de 1590 à 1595 .

Au début du XVIIe siècle, la monarchie française veut faire définitivement sortir la ville du Saint-Empire. Les relations avec la France s'intensifie  De 1624 à 1635, les ingénieurs du roi érigent une citadelle pour assumer les défenses du royaume.

A l'issue de la guerre de Trente Ans, les traités de Westphalie de 1648 attribuent définitivement Verdun et son comté au royaume de France.

 

3. Evêché-comté de Metz/ Bistum-grafschaft von Metz               Ville Libre Impériale de Metz / Frei Reich Stadt von Metz

L’évêché est fondé au IIIème siècle. Au traité de Verdun de 843, il dépend de l’archevêché de Trèves. 

L’évêché est attribué à l’empereur Lothaire mais dès 870 au traité de Meerssen, il passe à Louis le Germanique roi du royaume de Francie Orientale et fait donc partie de l’empire dès sa restauration en 962 par Othon Ier le Grand. Dès le Xème siècle, l’évêque a les pouvoirs comtaux et le droit de battre monnaie.

.Othon Ier (912-973) , roi de Francie Orientale (Germanie) de 936 à 961, empereur romain germanique de 962 à 973

.Brunon, archevêque de Cologne et archiduc de Lotharingie de 954 à 959 .

À la naissance du Saint-Empire en 962, la ville de Metz s'est déjà constituée un comté dépendant du duché de Haute-Lotharingie issu de la division de la Lotharingie de 959 par Brunon le frère d'Othon.

Les comtes de Metz existant depuis le IX°siècle, sont doubles : les comtes dits royaux de Metz, nommés par le pouvoir royal, fournissent les deux premiers ducs fondateurs de la Maison de Lorraine (ce premier perdra progressivement de l'influence au profit de l'évêque jusqu'à disparaître en 1070), tandis que les comtes palatins, puis épiscopaux lorsque disparaissent les comtes royaux, nommés par l'évêque au pouvoir grandissant, gèrent les affaires relevant du pouvoir temporel épiscopal.

.Adalbéron Ier ou d’Ardenne, évêque de Metz de 929 à 954

.Gérard II (944-963), comte (royal) de Metz de ? à 963

Petit-fils de Gérard Ier, fils de Godefroid de Jülichgau, et d’Ermentrude.

.Richard, comte (royal) de Metz de 963 à 982

.Thierry Ier (vers 929 - 984), évêque de Metz de 964/965 à 984,

Fils du comte Eberhard de Bonn et d’Amalrade, sœur de Mathilde de Ringelheim, épouse de l’empereur Henri l’Oiseleur. Après la mort de l'évêque Adalbéron Ier de Metz, Thierry, cousin de l’empereur Otton Ier (chacune de leur mère, Mathilde de Ringelheim et Amalrade étaient sœurs), devient administrateur de l’évêché et plus tard le successeur d’Adalbéron à l’instigation de Brunon, l’archevêque de Cologne. Après la mort de Brunon, Thierry est un des conseillers les plus influents d’Otton Ier. C’est pourquoi il est très souvent présent à la cour impériale En 962, il accompagne Otton Ier en Italie.

.Othon II dit le Roux (955-983), roi de Francie Orientale(Germanie)  de 961 à 983, empereur du Saint Empire de 973 à 983

Après la mort d’Otton Ier, L’évêque Thierry Ier conserve son influence à la cour d’Otton II. A la fin heureuse de la guerre avec le roi de France Lothaire, Otton II vient à Metz et y est couronné roi de Lotharingie. En 981, Thierry accompagne l’empereur Otton II en Italie.

 

.Folmar Ier de Bliesgau ( ?-995), comte de Lunéville et comte palatin de Metz de 982 à 995

.Gérard III ( ?-1021/1033), comte (royal) de Metz de 982 à 1022

Fils du comte Gérard II, marié à Éva, fille de Sigefroid, comte de Luxembourg.

 

.Othon III (980-1002),roi de Francie Orientale (Germanie) de 983 à 1002, empereur romain germanique de 996 à 1002

.Henri II dit le Saint (973-1024), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1002 à 1024, , empereur romain germanique en 1002 à 1024

 

.Adalbéron II de Metz (vers 958- 1005), prince-évêque de Metz de 984 à 1005.

Fils de Frédéric Ier d'Ardennes, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie et de Béatrice de France, sœur d'Hugues Capet. Evêque de Verdun, il laisse cet évêché à son cousin Adalbéron II pour devenir évêque de Metz le 16 octobre 984. Vers l’an mil, l’évêché devient une principauté du Saint-Empire romain germanique disposant ds nombreux vassaux et le prélat prend le titre de prince-évêque. Il a pour comte palatin d’abord Folmar Ier de Bliesgau, également comte de Lunéville puis à son décès en 995, son fils Folmar II lui succède, marié à Gerberge, fille probable de Godefroid Ier dit le Captif, comte de Verdun et de Mathilde de Saxe, fille d'Hermann Ier, duc de Saxe.

Adalbéron II soutient l'empereur Henri II contre le mariage de certains de ses parents.

.Folmar II ( ?- 1026 ), comte palatin de Metz de 995 à 1026

Fils du précédent, marié à Gerberge, fille probable de Godefroid Ier, comte de Verdun et de Mathilde de Saxe, fille d'Hermann Ier, duc de Saxe.

.Adalbert II ( ?- 1037 ou après), comte (royal) de Metz de 1022 à 1033.

.Gérard IV ( ?- 1045), comte (royal) de Metz de 1033 à 1045

Fils du précédent.

.Thierry II de Luxembourg ( ?- 1081) prince- évêque de Metz, de 1006 à 1047.

Fils de Sigefroy Ier, comte de Luxembourg et d’Hedwige de Norgau et d’Egisheim, neveu du duc Frédéric Ier de Lorraine, il est parfois appelé Thierry II de Lorraine. Il a d’abord pour comte palatin Folmar II puis au décès de celui-ci en 1029, son fils Godefroy.

.Adalbert d'Alsace ( ?-1048), comte (royal)  de Metz de 1045 à 1048, duc de Lorraine en 1047 

Fils du comte Gérard IV . Il devient duc de Lorraine en 1047. Il est assassiné, en 1048, par Godefroid II de Basse-Lotharingie, dit le Barbu.

.Gérard V d'Alsace ( ?-1070), comte(royal) de Metz de 1048 à 1070 , duc de Lorraine de 1048 à 1070

Frère du précédent. Il devient également Gérard, duc de Lorraine à la mort de son frère, en 1048, nommé par l'empereur Henri III.

Au fil du temps, le pouvoir temporel du comté de Metz passe de plus en plus à l’évêque de Metz.

 

.Folmar IV ( ?-1111), comte épiscopal de Metz de 1075 à 1111

Fils du comte Folmar III.

.Folmar V ( ?-1145), comte épiscopal de Metz et de Hombourg de 1111 à 1145,

Fils du précédent, marié à Mathilde, fille d’Albert Ier de Dabo, comte d’Eguisheim, de Dabo, de Moha et du Nordgau.

.Hugues Ier ( ?-1159), comte épiscopal de Metz de 1145 à 1159

Fils du précédent, comte de Hombourg en 1147 et comte de Metz en 1157.

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.Conrad II dit le Salique (990-1039), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1024 à 1039,  empereur  de 1027 à 1039, 

.Henri III dit le Noir (1017-1056) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1028 à 1056,  empereur de 1046 à 1056

 

.Adalbéron III prince- évêque de Metz de 1047 à 1072.

Fils du comte Frédéric de Luxembourg. Il est d’abord l'un des précepteurs de son cousin Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg qui deviendra le pape Léon IX. En 1047 il succède à son oncle Thierry de Luxembourg comme évêque de Metz. Son comte palatin est Godefroy de Bliesgau jusqu’au décès de celui-ci en 1056, puis son fils Folmar III.

.Godefroy ( ?- 1056), comte de Metz de 1029 à 1056

Fils du précédent, marié à Judith.

.Folmar III ( ?-1075), comte de Metz de 1056 à 1075

Fils du précédent.

 

.Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, empereur de 1084 à 1105,

Henri V s'était appuyé sur les partisans de la réforme grégorienne pour affermir son pouvoir face à son père, mais, dès que son autorité est solidement assise, il s'oppose au pouvoir pontifical en se mêlant comme son père des nominations d'évêques. Il estime que, vu la symbiose entre l'Église et l'Empire, il était dangereux de trop desserrer les liens. Le pape Pascal II , qui a renouvelé l'interdiction des investitures laïques, pense pouvoir négocier. En effet, Henri V veut être couronné empereur par le pape. Le souverain se rend en Italie pour négocier directement avec le pape. Le pape propose une solution radicale qui vise à rompre définitivement les liens entre l'épiscopat et l'Empire. Les deux hommes signent le concordat de Sutri en février 1111. L'empereur renonce alors aux investitures laïques. En échange, les évêques renoncent aux regalia  c'est-à-dire aux villes, duchés, marquisats, péages, monnaies, marchés qu'ils tenaient de leurs fonctions administratives dans l'Empire. En contrepartie, les églises sont libres avec toutes leurs possessions propres. L'accord est ratifié par le roi sous réserve de l'adhésion des évêques germaniques. Les concessions accordées par Pascal II suscitent une vive opposition de la part de la Curie romaine  et des évêques germaniques. Le 12 février 1111, lors de la cérémonie du couronnement, devant la protestation bruyante des évêques, Henri V déclare l'accord inapplicable  Le pape refuse donc de le couronner. Pascal II est emprisonné. Il est obligé de couronner Henri V et de signer l'accord du Ponte Mummolo le 11 avril 1111. Ce nouvel accord permet à l'empereur de donner les investitures à sa guise. Le camp impérial semble triompher. Mais le concile de Latran de 1112 revient sur toutes les concessions faites pendant la captivité du pape. De plus, Henri V doit faire face à un mécontentement général en Germanie. À l'est les Saxons se révoltent. Les troupes impériales sont battues à deux reprises. Henri V est excommunié en 1114 et le clergé germanique se range cette fois du côté du pape. Deux évêques réformateurs sont même nommés à Metz et à Magdebourg .  Pascal II meurt en 1118. Le nouveau pape Gélase II  refuse de rencontrer Henri V de peur d'être emprisonné et quitte Rome à l'arrivée de ce dernier. Comme son père précédemment, l'empereur fait élire un antipape, Grégoire VIII. 

Gélase II meurt en exil à Cluny en janvier 1119. Les prélats germaniques, las du conflit, espèrent une solution qui satisfera les deux partis. Le nouveau pape Caliste II entame, en 1119, des négociations avec l'empereur, qui n'aboutissent pas. Alors que l'armée impériale et les rebelles venus de Saxe sont prêts à s'affronter, les princes germaniques, réunis à l'initiative de l'archevêque de Trèves, enjoignent à Henri V de se soumettre au pape si celui-ci préserve « l'honneur de l'Empire » Une année de difficiles négociations commence. Lambert d'Ostie, légat du pape Calixte II, sait ménager l'empereur. Henri V, excommunié, est absous sans faire acte de pénitence. Un accord est trouvé en 1122. Il est connu sous le nom de concordat de Worms. L'empereur renonce à l'investiture par la crosse et l'anneau. Il accepte la libre élection des évêques par le chapitre canonial de la cathédrale. En cas de conflit lors de cette désignation, il peut arbitrer en faveur du candidat le plus digne. Il donne ensuite l'investiture temporelle sous la forme d'un sceptre pour les biens fonciers et les fonctions régaliennes de l'évêque. Ce dernier a l'obligation de s'acquitter des tâches que lui imposent les terres concédées par l'empereur. Mais ce droit de regard sur l'élection épiscopale ne s'exerce que sur les possessions germaniques de l'empereur. Il perd donc son influence sur la nomination des évêques de Bourgogne-Provence et en Italie.   

Dans la Querelle dite des Investitures, les Bourgeois de Metz restent partisans des 'empereurs et vont interdire l'accés de Metz  à tous les évêques nommés par les papes jusqu'en 1122.

 

.Hermann, prince-évêque de Metz de 1072 à 1090

Apparenté aux comtes de Toul, l'oncle ou le cousin d’Henri Ier de Verdun. Il pourrait être le fils de Gislebert de Looz. Le comte palatin est alors Folmar III de Bliesgau qui décède en 1075 puis son fils Folmar IV qui lui succède. La Querelle des investitures porte un coup fatal au pouvoir épiscopal messin en déclenchant le processus qui aboutira à l’indépendance communale. En 1076, Hermann participe au concile de Worms ou l’empereur Henri IV dépose le pape Grégoire ; opposé dans le cadre de la querelle des Investitures à l’empereur Henri IV, qui ouvre cette querelle en s’emparant de Metz avec l’aide du duc de Lorraine Thierry II et du comte de Metz Folmar IV. Hermann doit alors quitter la ville, puis y revient mais est déposé en 1085 lors du concile de Mayence. Il est remplacé par un partisan de l’empereur: Valon, abbé de Saint-Arnould. Chassé par la foule celui-ci démissionne et se retire à l’abbaye de Gorze. Hermann est remis sur son trône par les messins. En 1087, Henri IV fait à nouveau chasser Hermann et place à son poste Brunon de Calw. Les Messins attaquent la cathédrale et massacrent la suite du prélat qui parvient à prendre la fuite. Hermann doit donc s’exiler auprès de la comtesse Mathilde en Italie, avant de pouvoir, enfin, en 1089, regagner la cité épiscopale. Il décède le 6 mai 1090. Henri IV fait nommer Burchard, grand prévôt de Trêves, comme évêque mais celui-ci ne parvient pas à prendre possession de son siège.  

.Poppon, prince-évêque de Metz de 1090 à 1103

Frère du comte palatin Folmar IV; sa nomination est agréée, cette fois, par le pape.

.Adalbéron IV, prince-évêque de Metz entre 1104 et 1115.

En 1103, la mort de l'évêque Poppon, partisan de Rome, est le prétexte à un retournement d'alliance dans le contexte de la querelle des investitures. La cité messine s'allie ainsi au duc Thierry II de Lorraine qui prend le titre de comte de Metz. Thierry de Lorraine, au nom de l’empereur Henri IV impose Adalbéron sur le siège épiscopal. A la mort de Folmar IV en 1111, son fils Folmar V lui succède comme comte de Metz et de Hombourg ; marié à Mathilde, fille d’Albert Ier de Dabo (Dagsburg en allemand), comte d’Eguisheim, de Dabo, de Moha et en Nordgau. Thierry de Montbéliard, comte de Bar, de Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette, comte de Verdun qui, à la mort de son père Louis de Montbéliard a revendiqué la succession du duché de Lorraine, que son père avait déjà revendiquée mais il est lui aussi été débouté par l'empereur Henri IV ; il décide, en représailles, de ravager l'évêché de Metz, mais est vaincu par Adalbéron et le duc de Lorraine Thierry II. Mais schismatique, Adalbéron est démis en 1115 par le concile de Reims. S’ensuit une vacance épiscopale de quelques années. 

.Henri V (1086-1125), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1099 à 1125, roi d’Italie en 1098 , roi de Bourgogne-Provence de 1106 à 1125, empereur de 1111 à 1125

.Théoger, prince-évêque de Metz de 1117 à 1120

Nommé en remplacement de l'évêque schismatique Adalbéron IV, démis lors du synode de Reims de 1115. Les bourgeois messins lui refusant l'entrée dans la ville, il ne peut pas prendre possession de son évêché.

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1125 à 1137 , empereur de 1133 à 1137

.Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1138 à 1152,, empereur de 1138 à 1152 

.Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse (1122-1190),, roi de Francie Orientale (Germanie) de 1155 à 1190,  empereur de 1155 à 1190

.Étienne de Bar, prince- évêque de Metz de 1120 à 1163

Fils de Thierry Ier de Montbéliard, comte de Bar et d'Ermentrude de Bourgogne.

Elevé par son oncle maternel Guy de Bourgogne, alors archevêque de Vienne ; élu princier de Toul en 1107. En 1119, Guy de Bourgogne est élu pape sous le nom de Calixte II. Il le fait évêque de Metz en 1120 et le nomme cardinal-diacre de S. Maria in Cosmedin. Il commence son règne alors que le comte de Metz est encore Folmar V. La Querelle des Investitures l'empêche temporairement de prendre possession de son diocèse, et il n’est sacré qu'en 1122, après le concordat de Worms. Il occupe son épiscopat à reconstituer le temporel de son diocèse. Dès le début de son règne, désireux de consolider son autorité, avec l'aide de son frère Renaud Ier, comte de Bar, il s'attaque aux forteresses qui s'étaient indument multipliées. Ainsi sont détruits les châteaux de Marsal, de Terli, de Vic-sur-Seille et Moyenvie, construits par les comtes de Metz et les ducs de Lorraine, ainsi que ceux de Thicourt, Vatimont et Bacour. Le comte Folmar V décède en 1145 ; lui succède son fils Hugues Ier déjà comte de Hombourg depuis 1147 et comte de Metz en 1157.

Une charte de cette même année 1157, indique « que les bourgeois avaient dès lors des pouvoirs d’administration sur la ville et les faubourgs »

Le comte Hugues décède en 1159 ; lui succède son frère le comte Folmar VI. À la mort d’Étienne de Bar en 1163, une nouvelle crise éclate entre l’empire et la papauté, provoquant un nouvel affaiblissement du pouvoir des évêques de Metz qui évitent, à compter de cette date, de se faire consacrer par peur d’être pris pour des « orthodoxes » par l’empereur, pour des « anti-papes » par Rome (et donc d’être excommuniés par Alexandre, le pape en exercice à cette époque). La bourgeoisie de Metz en profite pour conforter ses pouvoirs et consolider son autorité, quitte à entrer en conflit avec l’évêque.

.Thierry III de Bar, prince évêque de Metz de 1163 à 1171

Fils de Renaud Ier, comte de Bar et de Gisèle de Vaudémont, neveu du précédent. Il reçoit en 1136 la principauté de Metz, devenue vacante par l’élection de son titulaire Albéron de Chiny au siège épiscopal de Verdun. En 1156, il reçoit la princerie de Verdun. En 1163, à la mort de son oncle Étienne, il est élu évêque de Metz avec l’appui de l’empereur Frédéric Ier Barberousse. Simple diacre et ayant refusé d’être ordonné prêtre, il n’est pas consacré évêque. En 1171, le comte Folmar VI meurt sans héritier direct. L’évêque donne alors le comté de Metz à Hugues II, également comte d’Eguisheim, de Dabo, fils d’Hugues IX, comte d'Eguisheim, de Dabo et de Moha et époux de Luitgarde de Sulzbach (Bavière), veuve de Godefroid II de Louvain, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie.

.Folmar VI ( ?-1171), comte épiscopal de Metz de 1145 à 1171

Frère du précédent.

.Frédéric de Pluvoise, prince-évêque de Metz de 1171 à 1173

Jamais consacré.

À sa mort sans héritier direct du comte Folmar VI, l’évêque confie le comté de Metz à la famille des comtes de Dabo-Moha. Le nouveau comte est cousin germain du précédent comte, car il est petit-fils d’Albert Ier de Moha.

.Hugues II ( ?-1178), comte épiscopal de Metz de 1171 à 1178, comte d’Eguisheim, de Dabo (Hugues X)

Fils d’Hugues IX, comte d'Eguisheim, de Dabo et de Moha. Marié à Luitgarde de Sulzbach (Bavière), veuve de Godefroid II de Louvain, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie.

.Thierry IV de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1174 à 1179.

Fils de Mathieu Ier, duc de Lorraine, et de Berthe de Hohenstaufen. Entre 1174 et 1179 Thierry IV et Frédéric de Pluvoise se disputent le trône. En 1174, avec le soutien de son oncle maternel l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse, il est élu évêque de Metz, mais le pape Alexandre III refuse de reconnaitre l’élection et il n’est pas sacré. Cinq ans plus tard, en mars 1179, ce pape fait réunir le concile de Latran qui, parmi des décisions prises, le fait déposer. Il meurt deux ans plus tard.

.Albert II de Dabo-Moha ( ?-1214), comte épiscopal de Metz, de Dagsbourg et de Moha de 1178 à 1214

Fils du précédent. Marié à Gertrude de Bade. Il meurt en 1214, laissant sa fille Gertrude, unique héritière.

.Bertram, prince-évêque de Metz de 1180 à 1212

Elu en 1180 avec le soutien de l'empereur Frédéric Barberousse. Le comte de Metz depuis deux ans est Albert II de Dabo-Moha, fils d’Hugues et époux de Gertrude de Bade. Les conflits avec la Bourgeoisie de Metz se multipliant, Bertram inaugure le début de son épiscopat en instituant de nouvelles règles, dans une charte du 21 mars 1180 instituant la Communauté urbaine messine et les conditions de l’élection annuelle de ses échevins. C'est vraisemblablement en cette même année que la ville reçoit le titre de ville d'Empire /Reichsstadt, conservé au moins jusqu'en 1210 sous cette terminologie. Bien que restaurateur du pouvoir épiscopal, il est pourtant chassé de son siège par l’empereur et obligé de se réfugier à Cologne avant de rentrer à Metz à la mort de Frédéric Barberousse. Il fait construire une forteresse à Vic-sur-Seille, laissant « la haute justice » criminelle dans les mains de son « Grand Avoué », le comte de Dabo, lequel le délègue à une « assemblée de treize jurés » qui va devenir la plus haute autorité de l’État et constituer, avec le Maître Échevin, le « Conseil Suprême », dit aussi « Grand Conseil » de la cité messine. À peine institués, ces « treize » entrent en conflit avec l’évêque et le clergé, leur refusant des exemptions de charges financières destinées à la réfection des remparts; ils soulèvent une première fois les bourgeois contre eux, mais doivent céder.

.Henri VI de Hohenstaufen dit le Cruel (1165-1197) roi de Francie Orientale (Germanie) dès 1169 jusqu’à 1197, empereur de 1191 à 1198,

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177 - 1208 ),roi des Romains en 1198 ,roi de Francie Orientale (Germanie) de 1198 à 1208,

En 1198, deux rois des Romains sont élus: Philippe Ier de Hohenstaufen et Otton de Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti d'Otton IV, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208. 

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214.

.Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1196 à 1220 puis de 1235 à 1250,  empereur de 1220 à 1250

.Conrad de Scharfenberg, prince-évêque de Metz de 1212 à 1224

D’abord évêque de Spire et chanoine impérial en 1200. Il sert les empereurs Philippe de Souabe, Othon IV avant de se rallier à Frédéric II de Hohenstaufen. En 1212, il est élu évêque de Metz en compétition avec l'évêque de Langres Guillaume de Joinville, le candidat de Philippe Auguste, qui finit par se désister. C’est alors Gertrude de Dabo, qui succède comme comtesse de Metz à son père Albert II ; Mariée en premières noces en 1206 à Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en secondes noces en 1220 à Thibaut IV, comte de Champagne (annulation du mariage en 1222) puis en troisièmes noces à Simon de Sarrebruck. Durant son épiscopat, Conrad doit faire face aux Bourgeois de Metz qui supportent de moins en moins le pouvoir temporel de l’évêque. L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen est obligé d’intervenir pour apaiser un conflit qui reprend onze années plus tard au motif toujours le même de la contribution cléricale à l’entretien des murs. Les intérêts divergents conduisent de fait à une rupture ; progressivement, l’évêque se consacre à ses terres, les citadins à la ville. 

La bourgeoisie s’enrichit, et fait de Metz au XIIIème siècle une république oligarchique, gouvernée par un collège d’échevins à la tête duquel le maître-échevin est élu pour un an. Comme à Nuremberg les institutions de cette république sont l’apanage d’un cercle de familles riches, ici regroupées à travers six «paraiges » ou lignages. À la différence de Strasbourg Metz conserve un patriciat suffisamment puissant pour tenir tête aux nouvelles corporations  d’artisans du XIVe siècle.

.Henri VII de Souabe (1122-1142), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1220 à 1235,

.Jean Ier d’Apremont, prince-évêque de Metz de 1224 à 1238.

L'origine de la maison d’Apremont est en Lorraine (Apremont-la-Forêt), et remonte au-delà du XIIème siècle. La plus ancienne mention d'un d'Aspremont concerne un certain Gobert d'Aspremont, cité comme témoin séculier dans une charte de 1131 par laquelle Albéron de Chiny, évêque de Verdun, donne les terres et revenus permettant de fonder l'abbaye de Chatillon.

.Gertrude de Dabo ( ?-1225), comtesse épiscopale de Metz, de Dagsbourg et de Moha de 1214 à 1225

Fille du comte Albert II de Dabo. Mariée en premières noces en 1206 à Thiébaud Ier, duc de Lorraine. Mariée en secondes noces en 1220 à Thibaut IV, comte de Champagne (annulation du mariage en 1222). Mariée en troisièmes noces à Simon de Sarrebruck. À la mort de Gertrude, l’évêque de Metz, Jean Ier d’Apremont, rattache le comté au domaine épiscopal.

Le règlement de la succession du comté de Metz, après le décès en 1225  de la dernière comtesse de Metz Gertrude de Dabo, fille et héritière d’Albert II de Dabo-Moha entraîne un conflit entre lui et le patriciat messin. Alors que Jean Ier d’Apremont vient de doubler ses possessions en incorporant au temporel de l’évêché les territoires comtaux, il rencontre une forte résistance des bourgeois messins. 

Pouvant déjà compter sur les notables du paraige de Port-Sailly, l’évêque demande de l’aide au duc de Lorraine Mathieu II et au comte de Bar Henri II pour affronter ses ouailles. Ces derniers acceptent dans un premier temps. Avec l’aide du comte de Bar, il se met en possession des terres de Herrenstein (Herrenstein, près Neuwiller, Bas-Rhin) et de Turquestein, des villes de Saralbe et de Sarrebourg, et des autres terres que les comtes de Dasbourg avoient autrefois possédées à titre de fiefs de son évêché. Puis le comte de Bar et le duc de Lorraine se rétractent dans un second temps. Moyennant finance, Henri II de Bar  passe en effet dans le camp des bourgeois messins. Le comte de Bar s'empare de plusieurs châteaux pendant que le duc de Lorraine ravage les terres de l’abbaye de Gorze placée sous la protection d’Henri II de Bar. Il faut l'entremise du duc de Bourgogne pour que cessent les hostilités. Un traité de paix reprenant les clauses du traité de Melun de 1226 est signé le 31 août 1233. Mathieu de Lorraine et Henri II de Bar  aident alors les Messins contre Jean Ier d’Apremont. N’ayant plus à redouter les assauts des seigneurs lorrains, les Messins expulsent alors les gens de Port-Sailly, non sans avoir saccagé leurs hôtels particuliers. Ils finissent par assiéger Châtel-Saint-Germain et son château, où l’évêque et ses gens avaient trouvé refuge.

Trahi par ses alliés, humilié et assiégé, Jean Ier d’Apremont est contraint de reconnaître l’indépendance des bourgeois messins et il s'enfuit de l'autre côté du Rhin. La médiation de Roger de Mercy, évêque de Toul, lui permet de signer la paix avec les messins au cours de l'année 1234. Le pays messin, dirigé par une oligarchie de riches bourgeois, peut dès lors se développer sans entrave, comme ville libre du Saint Empire romain germanique.

Simon de Linange, veuf de Gertrude puis son frère Frédéric III de Linange lui font aussi la guerre pour tenter de récupérer le comté puis en 1236, il traite avec l’évêque, épouse sa nièce Elizabeth d’Apremont, et devient le vassal du prélat.

.Jacques de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1239 à 1260

Fils de Ferry II, duc de Lorraine, et d'Agnès de Bar.

En 1223, il est archidiacre de Trèves, puis princier de Metz. En 1230, il reçoit la princerie de Verdun, qu'il résilie en 1238, et la prévôté de l'abbaye Saint Lambert de Liège. Il est élu évêque de Metz en avril 1239. Il fait construire plusieurs châteaux et enceintes fortifiées autour d'Épinal et de Rambervillers.

.Philippe de Florange,  prince-évêque de Metz de 1260 à 1263

Fils de Philippe de Lorraine, seigneur de Florange. Son père était lui-même fils de Robert de Lorraine, seigneur de Florange, et petit-fils de Simon Ier de Lorraine et d'Adélaïde de Supplimbourg.

Le 24 octobre 1260, à la mort de son cousin Jacques de Lorraine, évêque de Metz, Philippe est élu par une partie des chanoines pour lui succéder, en compétition avec Thibaut de Porcellets (de la famille puissante de Provence) soutenu par les autres chanoines. 

Il est sacré avec l'appui de l’archevêque de Trèves, mais l'autre candidat, soutenu par Thiébaut II, comte de Bar, en appelle au pape et l'accuse de simonie. Philippe négocie avec le comte de Bar et, fin 1263, place son diocèse sous la protection de ce dernier. C'est au tour de Ferry III, duc de Lorraine, d'en être irrité et d'en appeler à son tour au pape Urbain IV. Celui-ci notifie à Philippe l'irrégularité de son élection. Guillaume de Traînel est nommé à sa place, mais il reste trésorier de Metz et se retire dans ses possessions.

.Guillaume de Traînel, prince-évêque.de Metz de 1264 à 1269

Probablement neveu du  comte Thiébaut II de Bar.

Durant son épiscopat, Guillaume est en guerre d'abord avec Henri V de Luxembourg et Ferry III de Lorraine puis avec son oncle Thiébaut II de Bar.

.Laurent de Lichtenberg, prince-évêque de Metz de 1269 à 1279

Il appartient à l'une des familles les plus puissantes d'Alsace du Nord, qui compte  trois évêques de Strasbourg, dont le célèbre Conrad de Lichtenberg. Il intervient dans le conflit opposant le duc Ferry III de Lorraine et le comte Thiébaut II de Bar et participe  au Concile de Lyon de 1274.

.Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale (Germanie) , roi des Romains (empereur) de 1273 à 1291

.Jean II de Dampierre, prince-évêque de Metz de 1280 à 1282, puis prince-évêque de Liège (1282-1291).

Fils cadet du comte de Flandre Gui de Dampierre et de Mathilde de Béthune.

Le 2 janvier 1280 Jean est nommé évêque de Metz par Nicolas III. Il marque peu d'intérêt pour cette fonction mais les rentes lui permettent d'acquérir des terres en Flandre. Le 31 octobre 1282 il devient prince-évêque de Liège.

.Adolphe de Nassau, (avant 1250- 1298) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1292 à 1298, empereur de 1292 à 1298

.Bouchard d’Avesnes, prince-évêque de Metz de 1282 à 1296

Fils de Jean d'Avesnes (fils de Bouchard d'Avesnes et de Marguerite de Constantinople) et d'Alix, sœur de Guillaume II de Hollande, frère de Jean Ier, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande.

En compétition avec Guillaume d'Auvergne, à la succession de Jean d'Enghien comme prince-évêque de Liège, il se rend à Rome pour plaider sa cause. Le pape Martin IV, nomme finalement Jean II de Dampierre à Liège et choisit Bouchard d'Avesnes pour le remplacer à Metz.

En 1288, il est en guerre contre Ferry III de Lorraine et Henri III de Bar à propos du comté de Castres (Blieskastel), un fief qui avait été engagé. Allié à l'évêque de Strasbourg Conrad de Lichtenberg, Bouchard d'Avesnes remporte une victoire importante près du futur Sarrelouis puis signe un traité de paix en 1290. En 1291, il aide son frère Jean Ier à mater la révolte des bourgeois de Valenciennes.

.Gérard de Rhéninghe, prince-évêque de Metz de 1297 à 1302

À la mort de Bouchard d'Avesnes, il y a deux candidats pour lui succéder : Frédéric de Lorraine et Thiébaut de Bar. 

Le choix de l'évêque sous-entend un choix entre les deux grands féodaux locaux, le duc de Lorraine et le comte de Bar. Les chanoines préfèrent ne pas faire ce choix et en appellent à Rome, qui nomme Gérard de Rhéninghe le 24 avril 1297.

 

.Albert Ier de Habsbourg, (1255-1308), roi de Francie Orientale de 1298 à 1308, empereur de 1298 à 1308

.Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313  , empereur de 1311 à 1313

 

.Renaud de Bar, prince-évêque de Metz de 1302 à 1316

Fils de Thiébaut II, comte de Bar.

Il est nommé chanoine à Reims, Laon, Verdun et Cambrai, puis, avant 1298, archidiacre à Bruxelles, puis archidiacre à Besançon en 1299. En 1301, Renaud  est nommé chanoine et princier de Metz puis en 1302 prévôt de la Madeleine à Verdun. Enfin au milieu de l'année 1302, il est élu évêque de Metz, mais l'élection est considérée comme irrégulière car le pape s'était réservé la possibilité de nommer lui-même le titulaire de ce siège. Pour résoudre le problème et ménager le clergé de Metz, tout en sauvant la face, Boniface VIII casse l'élection, mais nomme immédiatement Renaud au siège épiscopal. Il est le seul prélat de l'archidiocèse de Trèves à assister en 1312 au concile de Vienne, convoqué par le pape Clément V. Il doit lutter contre le duc de Lorraine Thiébaud II, puis contre les magistrats de Metz. Il doit se retirer dans la campagne messine et meurt le 4 mai 1316.

Les XIIIe et XIVe siècles constituent l’une des périodes les plus prospères dans l’histoire de Metz, qui compte alors près de 30 000 habitants soit la plus grande concentration urbaine de Lorraine Ses foires sont très fréquentées et sa monnaie, la première de la région jusqu’en 1300 est acceptée dans toute l’Europe

 

.Louis IV de Bavière (1282-1347) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1313 à 1347, roi des Romains en 1314 , empereur de 1328 à 1347 .

À la suite de querelles avec la ville de Metz et de dettes contractées auprès des bourgeois de la cité, Jean Ier, comte de Luxembourg et roi de Bohême, l’archevêque de Trêves Baudoin de Luxembourg, le comte Edouard Ier de Bar et le duc Ferry IV de Lorraine forment une coalition pour s’emparer de la ville appelée Guerre des Quatre seigneurs. En septembre 1324, la ville de Metz fait appel à des mercenaires rhénans, de la vallée de la Moselle, de la Sarre et du Rhin pour renforcer la milice municipale. Plus de 700 cavaliers et autant de fantassins sont ainsi gagés par la cité messine. En outre la ville achète à prix d’or les services de différents seigneurs, accompagnés de leurs chevaliers, de leurs écuyers et de leurs gens d’armes. Parmi eux, figurent les comtes de Deux-Ponts-Bitche et de Saarwerden  et le Raugraf Konrad, connus pour leur grande habitude des armes Les troupes des quatre seigneurs ravagent alors le pays. Après deux années de troubles, le pape Jean XXII refusant son assistance financière, les quatre princes ligués sont contraints de conclure une paix avec les Messins, le 3 mars 1326. Les bourgeois messins doivent s’engager à ne plus acheter de terres sur les fiefs des princes, sans leur consentement

.Henri Dauphin, prince-évêque de Metz de 1319 à 1325

Fils d'Humbert Ier, seigneur de la Tour-du-Pin, et d'Anne de Bourgogne, dauphine de Viennois et comtesse d'Albon. Imposé par le pape Jean XXII,  jamais ordonné.

.Louis de Poitiers, évêque de Viviers de 1306 à 1318, évêque de Langres de 1318 à 1325 et prince-évêque de Metz de 1325 à 1327

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

.Adhémar de Monteil de la Garde, prince-évêque de Metz de 1327 à 1361

Fils d’Hugues II Adhémar de La Garde, sixième seigneur de La Garde et co-seigneur de Monteil (aujourd'hui  Montélimar), et de Sibylle de Poitiers. Issu d’une famille noble du Dauphiné, nommé évêque souverain de Metz en 1327, succédant à son oncle Louis de Poitiers.

Adhémar entre en conflit avec le duc Raoul de Lorraine, lorsque le roi Philippe VI de France intervient, et amène la conclusion d'un traité de paix. Ce prélat a ensuite des démêlés avec la régente de Lorraine Marie de Châtillon et avec le duc Robert Ier de Bar. 

 

.Charles IV de Luxembourg(1316-1378), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1346 à 1378, empereur de 1355 à 1378

 

.Jean III de Vienne,  prince-évêque de Metz de 1361 à 1365

Fils de Vauthier de Vienne, seigneur de Mirebel.

En 1355, Jean  succède à son oncle Hugues VI de Vienne comme archevêque de Besançon et l’année suivante, il devient gouverneur du duché de Bourgogne, Philippe Ier de Bourgogne étant âgé de dix ans. Puis Il devient évêque de Metz en 1361. Souhaitant affirmer l'autorité épiscopale sur les magistrats, il entre alors en conflit avec les bourgeois de la cité. Chassé dans son château de Vic-sur-Seille, il perd le soutien de son clergé. Il parvient, grâce à l'un de ses oncles cardinal, à se faire muter à Bâle.

C'est en 1365, qu'il devient évêque de Bâle. En 1367, Jean III fait incendier Bienne dont les habitants remettent en cause son autorité. Une garnison de Berne vient l'assiéger dans son château du Schlossberg. Il meurt le 7 octobre 1382 à Porrentruy.

.Thierry V Bayer de Boppard, prince-évêque de Metz de 1365 à 1384

Fils de Simon Bayer von Boppard, cité sur la rive gauche du Rhin et d’Elisabeth Walpod von Waldmannshausen.

Reçu en 1342 au chapitre de la cathédrale de Worms sur décision du pape Clément VI, après l’intercession du roi de Bohême Jean l'Aveugle, Il est fait diacre. En 1353, il est fait chanoine à Worms, puis à Mayence. Peu après, il devient chanoine de Trèves puis chancelier de l’empereur Charles IV de Luxembourg auprès du pape à Avignon. Puis en 1358, il est officiellement nommé aumônier pontifical et le 15 mars 1359, nommé évêque de Worms mais il s’oppose aux bourgeois de cette ville. Le 13 août 1365, il est nommé évêque de Metz, par Urbain V en remplacement de Jean III de Vienne et s’installe à Metz le 2 novembre 1365.

Thierry V s'allie d’abord avec les ducs Jean Ier de Lorraine et Robert Ier de Bar. Puis, en 1368, il accompagne l’empereur Charles IV en Italie. Là, il combat contre le seigneur de Milan Barnabé Visconti, aux côtés de l’empereur. Bayer von Boppard représente alors Charles IV auprès des papes Urbain V et Grégoire XI. En 1370, Bayer von Boppard est de retour à Metz. Il s'engage dans un conflit qui dure depuis 1368 entre les Messins et le duc de Bar Robert Ier. Celui-ci, fait prisonnier par les Messins en 1368, doit payer, pour sa liberté, 120000 florins. Malgré un premier traité de paix signé après sa libération, le duc de Bar s'allie au duc de Lorraine Jean Ier pour faire le siège de Metz. 

Ils sont repoussés et un traité de paix définitif est finalement signé en 1373. Le 20 juin 1373, Bayer frappe d’interdit la ville de Metz pendant deux ans. Il lève son excommunication en 1375, contre le payement d'une somme d'argent, destinée à éponger ses dettes. Cette somme ne suffit cependant pas, car il doit vendre en outre son droit de battre monnaie à la municipalité de Metz.

En 1378, dans le Grand Schisme d'Occident, Bayer de Boppard prend le parti des papes de Rome, avant de se rallier à la cause de Clément VII. Il est excommunié en 1381, suite à un problème financier avec le chapitre de la cathédrale de Metz et passe alors la fin de sa vie à fortifier son château épiscopal de Vic-sur-Seille.

 

.Venceslas de Luxembourg (1361-1419) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1376 à 1400, empereur de 1378 à 1400,

 

.Pierre de Luxembourg, prince-évêque de Metz de 1384 à 1387

Fils de Guy de Luxembourg, comte de Ligny-en-Barrois.

Nommé évêque de Metz, par l’antipape Clément VII soutenu par le clergé Messin, pendant le Grand Schisme d'Occident. 

L’empereur Venceslas Ier de Luxembourg, partisan du pape Urbain VI, fait nommer Thielleman de Bousse. Ces conflits pour la direction du siège épiscopal entraînent des combats à Metz, Boulay et Thionville, sans que Thielleman de Bousse parvienne à faire reconnaître ses prétentions à Metz. En 1386, il est nommé cardinal d’Avignon et meurt dix mois plus tard, le 2 juillet 1387.

.Raoul de Coucy, prince-évêque de Metz de 1387 à 1415

Fils de Raoul de Coucy, seigneur de Montmirail.

En 1387, Raoul de Coucy succède à Pierre de Luxembourg à l’évêché de Metz alors qu’il est encore très jeune. Il participe au concile de Constance.

 

.Sigismond de Luxembourg (1368-1437) , roi de Francie Orientale (Germanie) de 1410 à 1437 , empereur de 1433 à 1437

 

.Conrad II Bayer de Boppard, prince-évêque de Metz de 1415 à 1459,

En 1428, Metz est  assiégée sans succès au cours de la guerre de la Hottée de pommes par Charles II de Lorraine, René Ier d’Anjou et Bernard Ier de Bade. En 1438, une nouvelle épidémie de peste fait 20 000 victimes. Le déclin de la ville s’accentue.

En 1444, le roi de France Charles VII et son beau-frère René Ier d’Anjou assiègent de nouveau la ville, réussissant cette fois à rançonner les citadins.

 

.Frédéric III de Habsbourg (1415-1493) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1440 à 1493, empereur de 1452 à 1493

.George Ier de Bade, prince-évêque de Metz de 1459 à 1484, margrave de Bade

Jamais consacré

Quatrième fils du margrave Jacques Ier de Bade et de Catherine de Lorraine.  En 1451, George reçoit le comté de son père.

Le 5 octobre 1456, il devient coadjuteur de l’évêque de Metz  Conrad II Bayer de Boppard. Le 20 avril 1459, à la mort de ce dernier, il prend possession de l’évêché.

George Ier n’entre à Metz qu’en 1461, accompagné de 700 cavaliers dont l’archevêque de Trèves Jean II de Bade, le comte de Nassau et le grand maréchal de Lorraine, Jean de Fénétrange. 

Le 30 juin 1462, Georges Ier participe à la bataille de Seckenheim, où il est capturé par Frédéric Ier du Palatinat, avec le Margrave de Bade, Charles Ier, et Ulrich V de Wurtemberg. Il est libéré contre une lourde rançon. Alors que plusieurs patriciens messins avaient refusé de participer à la croisade de Pie II contre Dieter von Isenburg, et avaient été excommuniés, Georges de Bade plaide leur cause auprès du Pape. En signe de reconnaissance, les magistrats messins prêtent leurs troupes à l'évêque pour reconquérir les places fortes prises par le roi de France Charles VII et le duc de Lorraine lors de la guerre de 1444. Mais Épinal reste aux mains des Lorrains en 1466, moyennant une compensation financière.

Le duc de Lorraine Nicolas tente d’assiéger Metz en 1473  mais avec peu de succès. La ville de Metz et le duché de Lorraine se réconcilient après la Diète d'Augsbourg. Mais dès le 29 septembre 1473, l’évêque de Metz s’allie avec Charles le téméraire. Un traité de paix est signé le 28 avril 1474 entre le duché de Lorraine et la ville de Metz. Deux ans plus tard, Georges de Bade arrange le mariage de l’empereur Maximilien d’Autriche et de Marie de Bourgogne. ,

 

.Henri II de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1484 à 1505,

Fils d'Antoine de Lorraine, comte de Vaudémont et sire de Joinville

Il devient chanoine de Toul et de Metz en 1433, et fait ses études théologiques à Paris. En 1456, il est nommé évêque de Thérouanne.

En 1466, son frère Ferry II, comte de Vaudémont, accompagne Jean II, duc de Lorraine, à la conquête de la Catalogne et Henri administre alors le comté de Vaudémont.

En 1484, il est nommé à Metz, mais se brouille avec les bourgeois de la ville, qui en appellent à l'empereur Frédéric III de Habsbourg. Il a alors pour compétiteur Olry de Blâmont, qui sera évêque de Toul de 1495 à 1506.

 

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1486 à 1519, empereur de 1505 à 1519

.Charles V de Habsbourg, dit Charles Quint,(1500-1558) roi de Francie Orientale (Germanie), de 1519 à 1556, empereur de 1519 à 1558

 

.Jean IV de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1505 à 1543

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar et de Philippe de Gueldre. 

Jean de Lorraine abandonne l’administration du diocèse à son neveu Nicolas.

Metz fait alors partie du cercle impérial du Haut-Rhin.

Sur le plan religieux, l’appartenance à l’Empire favorise l’adoption de la Réforme  dès les années 1520. La ville devient un important foyer protestant.

.Nicolas de Lorraine, évêque de Verdun de 1544 à 1547 puis évêque de Metz de 1543 à 1548 puis duc de Mercœur

De 1552 à 1559, il est régent des duchés de Lorraine et de Bar pendant la minorité de son neveu Charles III conjointement avec sa belle-sœur, la duchesse douairière née Christine de Danemark, mais les États de Lorraine décident en novembre 1545 de laisser Christine seule régente. Christine qui est la nièce de l’Empereur Charles Quint, est  favorable à l’Empire à la différence de Nicolas.

En 1548, Nicolas commence à renoncer à ses évêchés, à se faire relever de ses vœux et prend le titre de comte de Vaudémont.

.Jean IV de Lorraine, à nouveau prince évêque de Metz de 1548 à 1550.

Il reprend l’administration de son évêché auquel il n’a jamais formellement renoncé  quand Nicolas se fait relever de ses vœux en 1548. A la fin de son règne, la guerre reprend  entre l’Empire de Charles Quint et la France de Henri II alliée aux princes protestants de l’Empire (Ligue de Smalkalde) en 1550.

.Charles Ier de Lorraine, prince évêque de Metz de 1550 à 1551

Second fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise et seigneur de Joinville (qui se distingua sous François Ier et d'Antoinette de Bourbon-Vendôme).

.Robert de Lenoncourt, prince évêque de Metz de 1551 à 1555

Fils de Thierry de Lénoncourt (Lorraine).

En 1551, les princes protestants allemands en lutte contre Charles Quint recherchent le soutien du roi de France. À Lochau est signé un accord qui prévoit la participation financière et militaire de la France à leur action.

Avec la complicité de Robert de Lenoncourt, l'évêché de Metz passe sous "protection" française comme ceux de Verdun et de Toul. À Chambord, le 15 janvier 1552, est signé un traité qui prévoit que le roi Henri II occupera, pour des raisons stratégiques, en qualité de vicaire de l’Empire, les villes de Metz, Toul et Verdun, «et autres villes de l’Empire ne parlant pas allemand ».

Au printemps 1552, le roi de France en profite pour imposer sa «protection» aux principautés épiscopales enclavées dans les territoires ducaux sous le prétexte, incongru pour l’époque, que leurs habitants étaient de langue romane (les futurs Trois-Évêchés). Le roi lui-même entre à Toul et passe à Nancy le 15 avril 1552 où il destitue arbitrairement la duchesse-régente, nomme le francophile Nicolas à sa place et, d’autorité, et emmène le jeune duc Charles III, âgé de 9 ans, terminer son éducation à Paris afin de le soustraire à l’influence de la duchesse-douairière avant de faire «sa joyeuse entrée» à Metz le lundi de Pâques et de continuer vers le Rhin. Cependant, il ne peut s'emparer de Strasbourg.

Fortifiée et défendue par le duc de Guise, Metz résiste à Charles Quint qui, désespéré, lève le siège le 2 janvier 1553. L’empereur meurt cinq ans plus tard, ayant renoncé à ses charges et disant: «Si l’on ouvrait mon cœur, on y trouverait le nom de Metz».

.Ferdinand Ier de Habsbourg ( 1503-1564), roi de Germanie de 1531 à 1564, empereur de 1556 à 1564.  

Bien que devant être restitués à la suite du traité de Cateau-Cambrésis de 1559, e malgré les prières répétées des Messins à la Diète d’Empire, la question des Trois-Évêchés ne sera plus à l'ordre du jour des assemblées impériales à partir de 1582.

Les Trois évêchés sont  placés sous tutelle française jusqu’à leur annexion définitive par la France en 1648 en vertu des Traités de Westphalie. Dans Metz, Toul et Verdun réunies ainsi par un artifice diplomatique, s'installe un régime original, celui de la protection, où les anciens pouvoirs des villes issues du Saint Empire sont peu à peu absorbés par les organismes mis en place par l’administration royale. Les villes reçoivent une garnison permanente, l’empereur continuant officiellement à faire figure de souverain. Sous la vigoureuse impulsion de Richelieu, le parlement, créé à Metz en janvier 1633, est l’artisan le plus actif des progrès de l’autorité royale, dépossédant de ses pouvoirs le maître échevin. 

L’édit de décembre 1633 supprime le sceau de la cité, l’aigle aux ailes déployées, que Metz, Toul et Verdun, avaient comme armoiries en qualité de villes impériale. Transféré à Toul en 1631, le parlement est remplacé à Metz par un intendant, représentant vivant et omnipotent du roi. En 1648, les traités de Westphalie confirment la cession à la France des Trois-Évêchés par l’Empire. Mais ce n’est qu’en 1667 seulement que Verdun reconnait la souveraineté du roi de France.

 

Fiefs principaux des évêques de Metz

a. Seigneurie-Marquisat-Principauté de Nomeny/ Markgrafschaft- Reichsmarkgrafschaft von Nomeny,                                                                                   

Nomeny est située à mi-chemin de Nancy et de Metz, sur la Seille, un affluent de la Moselle. Une forteresse y est construite vers la fin du XIème siècle. Le comte Sauvage ou Wildgrave est l’avoué de cette ville. Un de ces comtes sauvages fait hommage à l’évêque de Metz  Renaud de Bar en 1306. Un château est construit dans la cour  de la forteresse à partir de 1366 pour les évêques de Metz. Nomeny appartient aux évêques de Metz jusqu'en 1548.

.Nicolas de Lorraine,  évêque de Metz de 1543 à 1548 et de Verdun de 1544 à 1547, puis comte de Vaudémont de  1548 à 1577, seigneur de Mercœur de 1563 à 1569, puis duc de Mercœur de 1569 à 1577 marquis de Nomeny de 1548 à 1577 mais surtout, de 1552 à 1559, régent des duchés de Lorraine et de Bar pendant la minorité de son neveu Charles III.

Fils d’Antoine le Bon, duc de Lorraine et de Bar. Neveu de l'évêque Jean de Lorraine, Père de la reine Louise de France épouse du roi Henri III. Il a deux enfants de son deuxième mariage  avec Jeanne de Savoie (1532-1568), fille de Philippe de Savoie, duc de Nemours, et de Charlotte d'Orléans-Longueville :

-Louise, qui deviendra reine de France par son mariage avec Henri III en 1575. 

-Philippe-Emmanuel, 

En 1548, le cardinal de Metz, Jean de Lorraine (1498-1550), fils du duc René II lui vend Nomeny et le ban de Delme.

.Philippe-Emmanuel  de Lorraine, duc de Mercœur et de Penthièvre, gouverneur de Bretagne, marquis de Nomeny de 1577 à 1602, pair de France, prince du Saint-Empire

Fils du précèdent. Il épouse, en 1579, Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre, héritière de ce duché breton, Il est nommé gouverneur de Bretagne en 1582, par son beau-frère, le roi de France Henri III. 

.Françoise de Lorraine (1592-1669), duchesse de Mercœur, marquise de Nomeny de 1602  1612, baronne d'Ancenis, et duchesse de Penthièvre.

Fille de Philippe-Emmanuel; belle-sœur d’Anne d'Autriche.

Elle vend le marquisat de Nomeny à son cousin le duc Henri II de Lorraine en 1612.

.Henri II  (1563-1624), marquis de Pont-à-Mousson, marquis de Nomeny puis duc de Lorraine et de Bar de 1608 à 1624.

Fils aîné du duc Charles III et de Claude de France.

Au cours de la guerre de Trente Ans, Richelieu puis Louis XIV ordonnent la destruction des fortifications et du château de Nomeny.

.Nicolas François de Lorraine (1609-1670), cardinal-évêque de Toul  de 1624 à 1634, marquis  de Nomeny, duc de Lorraine et de Bar du 19 janvier au Ier avril 1634

Fils de François II de Lorraine, comte de Vaudémont et de Christine de Salm, frère du duc de Lorraine et de Bar Charles IV.

En 1667, le marquisat de Nomeny, qui dépend à l'époque comme la Lorraine du Saint-Empire est élevé au rang de principauté d'Empire (Reichsmarkgrafschaft) assorti du droit de siéger aux Diètes, au profit du prince Nicolas François de Lorraine, frère du duc régnant. À partir de 1736, Nomeny comme le reste du duché de Lorraine passe sous domination française; le marquisat est pourtant conservé à titre honorifique par la famille de Habsbourg-Lorraine (Markgrafschaft Nomeny), assorti d'un rang princier et du droit de siéger aux Diètes de l'Empire.

b. Seigneurie d’Epinal

Thierry Ier, évêque de Metz de 964 à 984, décide de construire sur une des manses de la paroisse de Dogneville un château. La manse s’appelait la manse de Spinal, mais la ville recouvrait aussi les terres des manses d'Avrinsart, Grennevo, Rualménil et Villers. Il dote l’ensemble d’un marché. Le but de Thierry est de protéger le sud de ses possessions qui était attaqué par les pillards bourguignons. À l’époque, la ville de Remiremont était bourguignonne. La seigneurie d’Epinal est une des plus anciennes possessions des évêques de Metz.

Etienne de Bar, évêque de Metz donne au XIIème siècle l’avouerie d’Epinal à Mathieu, duc de Lorraine mais les évêques conservent la seigneurie jusqu’ à 1395, année où l’évêque Raoul de Coucy engage au profit de Charles Ier, duc de Lorraine la moitié de la ville et du château de Rambervilliers et des domaines d’Epinal excepté la ville et le château. Au siècle suivant, la ville est constamment le sujet de l’évêque de Metz ce que reconnait René d’Anjou, héritier du duché par sa femme Isabelle en 1429.

En septembre 1444, des représentants de la ville, profitent du passage du roi Charles VII à Nancy pour lui offrir la soumission de la ville et lui demander en retour sa protection. L'acte de soumission d’Épinal est daté du 7 septembre 1444.

c. Seigneurie de Marsal

Autre fief important des évêques de Metz, situé près de Vic dont une partie relevait des ducs de Lorraine. En 1251, Marsal est un fief de Renaud de Lorraine, seigneur de Bitche. En 1259,  le duc Ferry III le confie à son oncle Jacques de Lorraine, évêque de Metz qui lègue la cité à son église par testament en 1260. C'est à cette époque que sont érigées les premières fortifications.

En 1272, Ferry III occupe Marsal, l'évêque Laurent de Lichtenberg ne pouvant plus payer ses dettes. La cité est restituée en 1284 à l'évêque Bouchard d'Avesnes.

En 1369, des partisans du duc Jean Ier de Lorraine  se saisissent de la place et se livrent au pillage. L'évêque Thierri V Bayer de Boppard parvient rapidement à en reprendre le contrôle et fait exécuter ou emprisonner les Lorrains.

Après la cession par l'évêque de son atelier messin en 1383, on bat à Marsal la monnaie épiscopale jusqu'en 1460.

Quand l’évêché de Metz est rattaché à la France en 1552, le roi de France fait occuper Marsal de 1553 jusqu'en 1593 où il doit céder le site à Charles III de Lorraine.

d. Seigneurie / Principauté de Commercy

La première mention de la ville date du IXème siècle lors de sa cession par l'empereur  à l'évêché de Metz.

Au Moyen Age, le seigneur de Commercy est à la fois le vassal de l'évêque de Metz, et donc de l'empereur, et des comtes de Champagne. Le domaine seigneurial comprend la ville et les villages voisins qui sont Lérouville, Pont, Chonville, Morville, Saint-Aubin, Méligny-le-Grand et le Petit, Ménil-la-Horgne, Laneuville-au-Rupt, Ville-Issey, Vaux-la-Grande, Vaux-la-Petite, Vignot, Reffroy, Saulx.

 

Maison de Broyes-Commercy

.Stéphanie de Bar-Commercy

Fille de Renaud Ier de Bar épouse Hugues III de Broyes.

.Simon de Broyes-Commercy (1145-1202/1208),  seigneur de Commercy de ? à 1202

Fils d'Hugues III de Broyes, seigneur de Broyes et de Commercy. II épouse Nicole, fille de Renaud de Traves et d'Élisabeth de Salins, elle-même fille d'Humbert III de Salins, avec laquelle  il a :

-Hugues, seigneur de Broyes.

-Gaucher Ier de Broyes-Commercy                                                                                        

-Regnault.                                                                                                                                  -Agnès ou Gignelle, qui  épouse Frédérick V de Lorraine, comte de Toul.                   

-Elizabeth.   

.Gaucher Ier de Broyes-Commercy (?-1244/1248), seigneur de Commercy de 1202/1208 à 1248

Fils du précédent.

.Gaucher II de Broyes-Commercy (?), seigneur de Commercy de 1248 à 1265

Fils du précédent.

En 1248, Gaucher II rend hommage pour le fief de Commercy à Jacques de Lorraine, évêque de Metz.

 

Maison de Sarrebruck

.Simon de Montbéliard dit Simon IV de Sarrebruck-Commercy,                                   seigneur de Commercy de 1265 à 1297

Fils d'Amédée III de Montfaucon et de Mahaut de Sarrebruck. Il épouse en 1265  Élisabeth de Broyes-Commercy, fille ou petite fille de Gaucher II de Broyes-Commercy, avec laquelle il a:

-Jean Ier de Sarrebruck-Commercy.

-Laure.                                                                                                                                       -Agnès qui épouse Jacques de Vaudémont, fils d'Henri Ier de Vaudémont.                             -Jeanne.

.Jean Ier de Sarrebruck-Commercy (1260-1342), seigneur de Commercy de 1297 à 1341

Fils du précédent.

Jean Ier se reconnait vassal du duc Ferry III de Lorraine avant de rendre hommage à l'évêque de Verdun en 1301 pour les fiefs de Pont-à-Mousson et de Vadonville. En 1324, Jean octroie à la ville sa charte d'affranchissements. En 1332, il épouse Mathilde d'Apremont.

Jean Ier choisit de diviser ses possessions de Commercy et en Sarre entre ses fils. A sa mort en 1341, son fils cadet Jean II reçoit la seigneurie de Commercy.

.Jean II de Sarrebruck-Commercy (1326-1344), seigneur de Commercy de 1342 à 1344.

Fils du précédent.

Jean II  hérite du château de Commercy dit Château-Haut et de ses dépendances ne prenant que le titre de chevalier car son neveu a pris celui de comte de Sarrebruck avec le comté de Sarrebruck ainsi qu'une portion de Commercy (dite "la part de Sarrebruck" revenant à Jean IV, fils aîné de Simon Ier).

.Simon II de Sarrebruck-Commercy (?-1355), seigneur de Commercy Château Haut  de 1344 à 1355

Fils du précédent.

Simon réalise en 1344 le partage de la succession de Jean Ier de Sarrebruck-Commercy restée en suspens avec Jean IV de Sarrebruck-Commercy:

-Part de Simon II: "Laneuveville- savoir: le Breuil en la Chiere, le petit Breuil de Salagne, le petit Breuil sis en la Chiere que les chanoines tenaient de son père. La Chapellenie, le bois des Palis sous Laneuveville, ceux entre ledit bois et la Horgne.  St-Jean de Sommetuerbe, la Vaux-de-Vierge, les moulins de Menil et de Mafraincourt. Ville-Issey, chargé d'une livre de cire à la chapelle de la Horgne, Euville et Aulnois. Les moulins de Robillard et de Ranceriez. Méligny-le-grand et le petit, Reffroy, Vaux-la-grande et la petite, St-Aubin, Velaines, Nançois-sur-Ornes, Nansoy-le-Sanoireux, Cousances, Domremi, Loxéville. Tout Chonville, Lérouville, sauf les charges ; les étangs dudit lieu, la maison de Launoy et dépendances. Pont et le pont d'icelui avec les redevances des usagers des bois. La grange d'Arowiller et terres en dépendant. La corvée de la voie d'Issey, la terre le prevôt Perrin, le champ Dieu, le grand Meix qui tient aux prés. Tous les prés de Couprey. La grange sous le Château, vers le moutier de Mr St-Pantaléon, et la place devant jusques 13 pieds au-dessus de la Bouverie. La grande Marchaussie jusques la paroys. Les maisons ensuite, les parges entre les maisons et la grande Marchaussie. La Poterne jusqu'aux parois qui sont entre salle et chambre. Le fossé derrière la maison des Lombards et le Saulci. Ledit Saulci entre les fossés dès le mur des moulins jusqu'à la poterne. Le donjon de Commercy et dépendances. Moitié de la ville et tous les fiefs dépendants de Commercy. Tous droits de garde, excepté Rieval, Breuil et les chanoines. La pèche aux anguilles des vieux moulins dessous Commercy et toute la rivière qui est au-dessous jusqu'à Henry-moulin. Toute la rivière au-dessous de la craiche de Commercy, jusque par-dessous les vignes de Vignot, jusques au chief de Salagne".

.En commun avec Jean IV : "La justice, excepté celle restant exclusivement à chacun sur sa propre maison. Celle sur tous les bois de Commercy, excepté ceux personnels à Jean, ceux de Simon étant seuls soumis à l'usage. Le droit de garde de Rieval, de Breuil et des chanoines. Le fossé et la poterne jusqu'à ce que le comte Jean IV ait fait un donjon. Le droit de nommer aux prébendes des chanoines (le comte devant nommer à la première et Simon à la deuxième). Le droit de chasse dans les bois. Le chemin allant aux marchaussies. Les quatre moulins et leurs vannes. Les portes, murs et fermetures de la ville. Les fours, halles et chaussées. Les chaussées des étangs du côté de la ville".

À sa mort, sans enfants, ses biens reviennent à son frère Jean III de Sarrebruck-Commercy. Dès 1345, le comte de Sarrebruck Jean IV fait usage de son droit d'édifier un dongeon à Commercy et bâtit le Château-Bas à quelques centaines de mètres du sien celui de Simon II.

.Jean III de Sarrebruck-Commercy (?-1384-1385), seigneur de Commercy Château Haut de 1355 à 1385

Frère du précédent. Il a pour enfants:

-Simon III, (?-1393)

-Jean, évêque de Verdun de 1404 à 1419,                                                                             

-Amé Ier de Sarrebruck-Commercy.

 

.Simon III de Sarrebruck-Commercy, (?-1393), seigneur de Commercy-Château-Haut (part de Sarrebruck à Commercy) de 1384 à 1393,

Fils du Précédent.

.Amé Ier de Sarrebruck-Commercy (?-1414), seigneur de Commercy-Château-Haut de 1393 à 1414

Frère du précédent et de Jean de Sarrebruck, évêque de Verdun.

Amé est chambellan du roi de France, il encourage les bourgeois de Toul à se révolter contre  le duc de Lorraine Charles II et à rechercher l’appui du roi de France. En remerciement celui-ci le nomme commandant supérieur du Luxembourg. Mais en 1407 la Lorraine triomphe et Amé, ainsi que de nombreux autres seigneurs, est emprisonné. Il sort de prison le 27 juillet 1408 contre paiement de trente mille écus avec l'aide de son frère Jean qui met en gage une partie de ses biens pour réunir cette somme.

En 1409, il livre la guerre au comte de Sarrewerden qu'il bat le 25 juin et fait prisonniers soixante-quinze seigneurs dont Frédéric de Bitche et Lieudenent de Lichtemberg,  amenés à Commercy dans l'attente du paiement d'une rançon. Celle-ci est réunie par le cardinal Louis Ier de Bar, le marquis de Pont et Jean de Bar.

En 1412 il accompagne Charles Ier d'Orléans, duc d'Orléans, dans son désir de venger l'assassinat de son père Louis Ier par Jean sans Peur,  duc de Bourgogne.

Sa vie s'achève en 1414 alors qu'il vient d'être nommé gouverneur du duché de Bar.

.Robert Ier de Sarrebruck-Commercy, (?-1464/65), seigneur de Commercy Château Haut de 1414 à 1464/1465

Fils d'Amé Ier de Sarrebruck-Commercy; il prend le nom de Robert III comte de Roucy et de Braine après son mariage.

D'un naturel guerrier, il est en mauvais termes avec ses voisins  Erard du Châtelet, le duc de Lorraine, la maison de Collin de Levoncourt, Jehan de Luxembourg et Antoine de Vaudémont lesquels font un pacte contre lui qui aboutit le 18 septembre 1434 au  siège du château de Commercy suivi par la reddition de Robert condamné à payer une caution  de deux cent mille écus et à jurer de ne plus jamais causer le moindre dégât dans les terres de Lorraine, de Bar, du Luxembourg, de Metz. Mais à peine libéré, il repart en guerre à travers la Lorraine amenant  le duc René d'Anjou à reprendre le siège de Commercy qui va durer jusqu'au 13 décembre 1434 où un nouveau traité est signé; Robert est contraint de payer cent mille écus et de remettre son fils Amé II en otage. Le duc en appelle à son cousin le roi de France Charles VII qui accède à sa demande de marcher contre Robert. Celui-ci, trop adroit pour se laisser écraser, se porte au-devant du souverain qui lui impose des conditions de paix sévère par un traité passé en février 1440. Mais en 1443, Robert  recrute trois mille écorcheurs et les lâche contre le pays messin puis  ravage le pays Barrois suscitant une nouvelle fois une coalition avec à sa tête le jeune Louis marquis de Pont-à-Mousson.

Les conditions imposées à Robert pour sa reddition impliquent que Jean II de Nassau-Sarrebruck vende le Château-Bas à Louis, fils de René d'Anjou et d'Isabelle Ière de Lorraine. Le traité est soumis au roi de Sicile qui est alors René d'Anjou ennemi juré de Robert, qui impose que les nouvelles constructions de Château-Bas soient détruites.

Le 7 mai 1445, il rend l'hommage au roi René, duc de Lorraine pour Commercy et ses possessions.

.Amé II de Sarrebruck-Commercy, (?-1476), seigneur de Commercy-Château-Haut de 1459 à 1476, comte de Braine et comte de Roucy

Fils du précédent. Il épouse en 1462 Guillemette de Luxembourg, fille de Thibault de Luxembourg.

.Robert II de Sarrebruck-Commercy (?-1504), seigneur de Commercy Château-Haut de 1476 à 1504, comte de Braine et comte de Roucy

Fils du précédent. Il épouse le 5 février 1487 Marie d'Amboise, fille de Charles Ier d'Amboise, avec laquelle  il a:

-Amé III de Sarrebruck-Commercy.

-Philippine de Sarrebruck-Commercy.                                                                                      -Catherine, épouse d'Antoine de Roye, qui reçoit le comté de Roucy après le décès de son frère Amé III.                                                                                                                           -Guillemette, épouse de Robert III de La Marck qui reçoit le comté de Braine après le décès d’Amé III.

.Amé III de Sarrebruck-Commercy (1495-1525), seigneur de Commercy-Château-Haut, comte de Braine, comte de Roucy de 1504 à 1525

Fils du précédent.

Il est au service du roi de France, gouverneur de l’Ile de France.

.Philippine de Sarrebruck-Commercy (1490-1551), seigneur de Commercy de 1525 à 1551

Sœur du précédent. Elle épouse Charles de Silly.

En 1544, Charles Quint tente une incursion en France et s'empare de Verdun puis de Commercy après un long siège. 

Maison de Silly

.Jacques de Silly  (?), seigneur de Commercy-Château-Haut

Sans enfant, il transmet Château-Haut à ses neveux Henry de la Roche-Guyon et Antoine de la Rochepot. Henry de la Roche-Guyon épouse Antoinette de Pons, marquise de Guercheville, de qui il aura François qui détient la seigneurie avec son oncle Antoine.

.Antoine de Silly (vers 1540-1609), seigneur de Commercy-Château-Haut de ?   à 1609

.Madeleine de Silly (? ), seigneur de Commercy-Château Haut de 1609 à 1650

Fille du précédent.

.Paul de Gondi, dit le Cardinal de Retz (1613-1679), seigneur de Commercy-Château-Haut de 1650 à 1679

Petit-fils de la précédente. Fils de Françoise-Marguerite de Silly, fille d’Antoine de Silly.

Evêque en 1644 ; en 1650, il reçoit en héritage la seigneurie du Château-Haut. En 1652, il est fait cardinal. En 1653, ce sont les français qui font le siège de Commercy, après celui de Saint-Mihiel.

Paul de Gondi s’y installe à Commercy à partir de 1662. Endetté, il vend en 1665 ses droits de suzeraineté à Anne de Lorraine, fille de Charles IV de Lorraine qui épouse en 1660  François Marie de Lorraine, prince de Lillebonne. A partir de 1670, la France  revendique la seigneurie de Commercy. Peu après la fin de l'invasion de la Lorraine par la France, en 1697, la princesse de Lillebonne fait don de ses droits sur Commercy à son fils Charles-François, qui, à son tour, les transmet au duc de Lorraine Léopold Ier en 1702. Cette passation, contestée par la France, est confirmée en 1707 par la chambre royale de Metz. En 1708 le duc Léopold Ier accorde l'usufruit de la seigneurie de Commercy à Charles Henri de Lorraine-Vaudémont qui, à la suite de la mort de son fils Charles Thomas en 1704, a renoncé à sa principauté constituée des comtés de Sarrewerden, de Bitche et de Falkenstein et à la baronnie de Fénétrange.

En compensation, en 1708, le duc Léopold attribue à son cousin Charles Henri le prince de Vaudémont, la principauté de Commercy.

En 1722, le duc de Lorraine Léopold Ier acquiert la seigneurie du Château-Bas au terme d'un échange. Les deux seigneuries de Commercy sont alors finalement réunies. Léopold en cède l'usufruit à Charles Henri de Lorraine-Vaudémont mais le prince de Vaudémont décède quelques mois plus tard. La seigneurie retourne au duc de Lorraine. La duchesse douairière Élisabeth-Charlotte, après la renonciation de son fils François III, reçoit la principauté de Commercy comme un demi-exil. À sa mort le 23 décembre 1744, le nouveau «duc», Stanislas, beau-père du roi de France Louis XV, ayant déjà reçu les duchés de Lorraine et de Bar, prend possession de Commercy. En 1766, la principauté suit le sort du duché de Lorraine.

f. Seigneurie puis Baronnie d’Apremont/ Herrschaft von Apremont

Le château d'Apremont est reconstruit au XIIème siècle par les sires d'Aspremont-Briey sur une montagne non loin de Commercy, il est le chef-lieu d'une seigneurie puis baronnie comprenant environ 280 villes et villages pour lesquels ils étaient vassaux des évêques de Metz, Toul et Verdun, des comtes de Hollande et de Hainaut, des comtes puis ducs de Luxembourg, de Bar et même du roi de France. 

 

Maison de Briey

.Albert Ier de Briey, (vers 1030-vers 1114), seigneur d’Apremont

Il se voit confier l'avouerie du comté de Briey par Mathilde de Toscane comtesse de  Briey ; son frère Richer voit son élection d'évêque de Verdun confirmé par l'empereur Henri IV en 1089 ; Albert épouse vers 1050  Ide avec laquelle il a:

-Thierry                                                                                                          

-Albert                                                                                                                                       -Ancellin                                                                                                                                  -Odouin.

.Thierry de Briey ou d'Apremont,

Fils du précédent ; il épouse vers 1070  Hadvide fille et héritière de Gobert III d'Apremont dernier possesseur du château d'Apremont

-Gobert,                                                                                                                                      -Albert  qui épouse Marguerite de Thionville, fille de Thierry comte de Thionville                -Geoffroi.

.Gobert IV d'Apremont,

Fils du précédent ; il épouse Hadevide de Joigny, fille de Geoffroi IV comte de Joigny et d'Hodierne de Courtenay, avec laquelle  il a:

-Gobert,                                                                                                                                     -Thierry, seigneur de Romont.

.Gobert V d'Apremont, (?-1191), sire d'Apremont de vers 1140 à 1191

Fils du précédent ; il épouse Aleyde puis Ide de Chiny, de ces deux mariages il a:

-Gobert                                                                                                                                      -Geoffroi                                                                                                                            

-Herbin.

Il accompagne l'empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen à la croisade.

.Geoffroi Ier d'Apremont, baron d'Apremont de 1191 à 1195

Fils du précédent; il épouse vers 1175 Elisabeth de Dampierre, fille de  Guillaume  Ier de Dampierre avec laquelle  il a:

-Jean, futur évêque de Verdun et de Metz                                                                                 -Gobert,                                                                                                                                

-Guillaume.

.Gobert VI d’Apremont (vers 1187-1263), baron d'Apremont et de Dun de vers 1195 à 1263

Fils du précédent; il épouse Julienne de Rozoy, fille de Roger II de Rozoy et d'Alix d'Avesne, avec laquelle il a:

-Geoffroi                                                                                                                                    -Gober                                                                                               

-Jean,  évêque de  Verdun de 1216 à 1224  et de Metz de 1224 à 1238,                                   -Gui, seigneur de Rubigny,

 -Jeanne, qui épouse Simon III de Sarrebruck, dernier comte de ce domaine; sans postérité le comté de Sarrebruck  revient à Laurette de Sarrebruck, sœur ainée de Simon,                    -Julienne,                                                                                                                                   -Adèle,                            

-N... mariée à N... comte de Richecourt, avec lequel elle a Guillaume d'Apremont comte de Richecourt et Jean III  de Richecourt dit d'Apremont évêque de Verdun de 1296 à 1302. 

.Geoffroi II, baron d'Apremont et comte de Sarrebruck 

Fils du précédent ; époux de Laurette de Sarrebruck II, fille de Simon II et de Laurette de Lorraine qui lui apporte le comté de Sarrebruck; Laurette prend le titre de comtesse après le décès de son frère Simon III en 1247.

A sa mort Geoffroi II institue son frère Gobert héritier de toutes ses terres à l'exception de celles d'Apremont qu'il laisse à son épouse Laurette de Sarrebruck. Cette dernière, remariée avec un seigneur nommé Loup, cède à sa mort le comté de Sarrebruck à sa sœur Mahaut épouse d'Amédée III de Montfaucon-Montbéliard.

.Gobert VII d'Apremont, baron  d'Apremont,

Fils du précédent; il épouse Agnès de Coucy (? - 1277) fille de Thomas de Coucy-Vervins, seigneur de Vervins fils de Raoul Ier de Coucy et de Mahaut de Rethel; de ce  premier mariage, il a:

-Geoffroi III,                                                                                                                          

-Thomas, seigneur de Chaumont-en-Porcien, qui épouse Jeanne de Quiévrain             -Elisabeth ou Jeanne, épouse de Frédéric III comte de Lignange,                                           

-Mahaut, qui épouse en 1324 Jean Ier de Commercy.

.Geoffroi III d'Apremont, baron d'Apremont de vers 1284 à ?

Fils du précédent; il épouse Isabelle de Quiévrain, princesse d'Amblise, fille de Nicolas baron de Quiévrain et de Julienne de Loos.

Dès cette époque la maison d'Apremont donne naissance à de nombreuses branches:

-Celle des sires ou barons d'Apremont, de Dun et de Buzancy, princes d'Amblise, éteinte en 1550,

-Celle des seigneurs de Sorcy et de Rombise, baron de Nanteuil, formée en 1475 par Geoffroi d'Apremont, fils d'Edouard d'Apremont et de Béatrix de Haraucourt. En 1300 cette branche se divise en deux rameaux:

 

-1.Louise-Marguerite, comtesse d'Apremont, fille de Charles III comte d'Apremont, épouse le 17 juillet 1665 Charles IV de Lorraine puis en 1679  Henri-François comte de Mansfeld, prince de Fondi, de qui elle eut deux filles: Marie-Anne, princesse de Mansfeld (elle épouse le 28 septembre 1699 Guillaume-Florentin, rhingrave de Salm) et Marie-Eléonore, princesse de Mansfeld (elle épouse le 14 février 1705 son cousin Charles-François prince de Mansfeld.

-2.Le rameau des seigneurs de Coulomne et de Sorcy éteint en 1652.

-Celle des marquis de Vandy avec Guillaume d'Apremont fils de Geoffroi et de Michelle de Sezanne.

-Celle des seigneurs de Bretainville et de Saint-Laurent avec Jean d’Apremont (1332-1374) époux de Marguerite de Werd, héritière de la seigneurie de Forbach à la mort de son frère Henri III (alors sous la tutelle de sa mère Agnès de Lichtenberg) et Bernard, fils naturel de Jean d'Apremont, qui  épouse vers 1350 Marguerite de Saint-Laurent. 

Le 24 mars 1354, la seigneurie d’Apremont est élevée en baronnie par l’empereur Charles IV, qui lui octroie, le 16 janvier 1357, un certain nombre de droits régaliens, dont le droit d’anoblir, de légitimer les bâtards, de battre monnaie et de créer des tabellions. Elle obtient ainsi l’immédiateté impériale et n'est donc plus vassale des évêques de Metz.

Après le traité de Nimègue de 1678, en période de paix, Louis XIV tente d'agrandir son royaume en profitant des dispositions peu précises des traités de Westphalie  de 1648 et du traité de Nimègue qui cèdent à la France des «territoires et leurs dépendances». Grâce à la création de Chambres de réunion à Metz, Besançon et Brisach,  il pense pouvoir mettre la main «légalement» sur la Franche-Comté, l’Alsace et une partie de la Lorraine. La chambre de Metz par arrêt du 12 juin 1680 annexe la baronnie d’Apremont au royaume de France. Devant ces coups de force, la Suède, les Provinces-Unies, vite rejointes par l'Empereur romain germanique et son cousin le roi d'Espagne, forment une alliance pour obliger Louis XIV à restituer ces «Réunions».

Cela devient la Ligue d’Augsbourg du 18 juin 1682. La guerre éclate en 1689. Au règlement de cette guerre par le traité de Ryswick en 1697, tous les territoires « réunis» font alors retour à leurs anciens possesseurs ou suzerains, sauf la Basse-Alsace et Sarrelouis fondée par Louis XIV (aujourd'hui en Sarre allemande).

g. Seigneurie de Lunéville

Au début du Moyen Age, le site de Lunéville est la propriété des puissants comtes épiscopaux de Metz. Le comte Folmar y fait édifier un castrum afin de contrôler le franchissement de la Vezouze sur la précieuse route du sel, allant de Vic-sur-Seille vers Deneuvre et Raon-l'Étape, pour gagner Sélestat et l’Alsace.

Dans la seconde moitié du XIIème siècle, la seigneurie de Lunéville passe à une branche cadette des Folmar avec Hugues de Bliescastel, qui prend le titre c’est-à-dire surtout en Sargau supérieur au moins jusque et y compris Sarralbe, s’étendant jusqu’à Blamont Cette construction entreprise par Hugues Ier ou par son fils Hugues II matérialise le pouvoir de cette nouvelle lignée seigneuriale. Ce pouvoir sera de courte durée, puisque dès 1243, la seigneurie de Lunéville entre dans le domaine du duc de Lorraine Mathieu II, qui devient propriétaire du château.

 

 

 

h. Seigneurie de Hesse- Comté de Dabo / Grafschaft  Dagsburg

Le comté de  Dabo fait partie lors de sa création du Vasgau qui s’étend à la droite des Vosges depuis Saverne jusqu'à Weissembourg lui-même partie du duché d’Alsace, comté de Nordgau. Les lieux importants sont Saverne, Neuvillers, Cella Leobardi, DaboSes comtes bénéficieront rapidement de l’immédiateté impériale.

Maison de Dagsbourg/Dagsburg

.Eberhard IV,  comte de Dabo et comte de Nordgau vers 934 jusque vers 945

Fils d’Hugues Ier, comte du Nordgau au début du Xème siècle.

Eberhard est titulaire du comté de Dabo et des seigneuries de la maison d'Alsace en Lorraine mosellane. Vers 945, il se démet du Nordgau pour son fils Hugues II. Il ne garde que le comté de Dabo et les biens de la Mosellane auxquels il ajoute des possessions dans le comté du pays de Metz dont il épouse successivement deux héritières. C’est à son époque qu’est construit le château de Dabo Dachsbourg / Dagsburg (Walscheid) situé en Basse-Alsace.

.Ludwig/Louis (vers 950- ?), comte de Dagsbourg/Dabo/Dagsburg

Fils du précédent. Il a deux filles:

-Hedwige (vers 980-1046)

-Mathilde (vers 980- ?)

Au tout début du XIème siècle, la seigneurie de Hesse relève du temporel des évêques de Metz ; elle est donnée en fief à la maison de Dagsbourg. Il semble bien, en effet, que le comté de Dabo  ait été depuis l'origine détenu à titre héréditaire par les comtes du Nordgau issus des anciens ducs d'Alsace. A tel enseigne que certains auteurs le considèrent comme le plus vieux comté d’Alsace. Mais la plus grande partie de son territoire se trouve hors d'Alsace en Lorraine Mosellane. Les hameaux et villages qui dépendent du bailliage seigneurial de Dabo sont : Hoube, Schæfferhoff, Hommert, Harreberg, Walscheid, Abreschwiller, Voyer, ainsi que le village d'Engenthal dans l’actuel Bas-Rhin. En plus des terres qu’ils possèdent «en propre», les comtes d’Eguisheim-Dabo détiennent des fiefs relevant directement de l’Empire ou faisant partie du temporel des évêques de Toul, de Strasbourg et de Metz dont ils sont alors les vassaux. Parmi ces nombreux territoires, le fief composé des villes de Sarrebourg et de Sarralbe c’est-à-dire surtout en Saargau supérieur au moins jusque et y compris Sarralbe, s’étendant jusqu’à Blamont, des châteaux de Herrenstein et de Turquestein, ainsi que de quelques villages, parmi lesquels celui de Hesse.

 

Maison d’Eguisheim-Dabo

.Helwige de Dagsbourg (vers 980-1046), comtesse de Dagsbourg de ? à 1046

Fille de Louis, petite-fille d’Eberhard, Helwige de Dabo apporte le comté de Dagsbourg à son époux Hugues IV, cousin germain de l’empereur Conrad, comte d’Eguisheim  (Hugues VI)  qui a succède en 1027 à son neveu Eberhard VI comme comte du Nordgau.

Vers l'an mil, le comte Hugues et son épouse Heilwige vivent au château d'Eguisheim. 

De leur union naîssent:

-Gérard, comte d'Eguisheim, tué en 1038, il a épousé Pétronice de Lorraine.                         -Mathilde, mariée à Richwin, comte de Charpeigne.                                                               -Hugues, comte de Dagsbourg, décédé avant son père, marié à Mathilde,                        

-Bruno, chanoine, puis évêque de Toul en 1026, puis pape le 12 février 1049,               

-Adélaïde, mariée à Adalbert, comte en Ufgau,                                                     

-Gertrude, qui a épousé Luidolf, margrave de Frise, mariée à Otton II de Souabe, duc de Souabe,                                                                                                                     

-Geppa abbesse de Neusse

Hugues meurt en 1048. L'héritage des Dabo est intégré au patrimoine des Eguisheim.

.Hugo VII (?), comte de Dabo  et comte de Dagsbourg en 1046,

Fils du précédent. Décédé avant son père, il avait épousé Mathilde et a  pour enfants:

-Henri Ier de Nordgau,                                                                                                               -Henri, mort jeune,                                                                                                                    -Albert, comte de Dagsbourg et de Moha,                                                                               -Serberge ou Gerberge, première abbesse de Hesse.

.Henri Ier (?-1061), comte de Dabo et Dagsbourg  de ? à 1061

Fils du précèdent.

En 1059, l'empereur Henri IV arbitre un différend entre lui et l'évêque de Strasbourg. Il décède en 1061.

.Hugo/Hugues VIII (?-1089),  comte de Dabo et de Dagsbourg de 1061 à 1089,

Fils du précèdent.

En 1068, Hugues VIII de Dabo-Eguisheim détruit le château de Horbourg  près de Colmar, provoquant la fureur de Frédéric Barberousse. En représailles, le château de Guirbaden est détruit par les troupes de l'empereur la même année. Les troupes de l’évêque de Strasbourg rangées du côté impérial, attaquent en 1078 le château de Dabo en représailles au soutien accordé au pape  par la famille des Dabo-Eguisheim. Hugues VIII soutient par ailleurs le contre-roi Hermann de Salm. En 1084, Otton de Hohenstaufen, frère de Frédéric, est nommé évêque de Strasbourg par l’empereur Henri IV. Hugues VIII est assassiné en 1089 par les hommes de main de l’évêque de Strasbourg.

.Albert Ier de Dabo (?-1098) comte d’Eguisheim, de Moha  et de Dabo et de Nordgau de 1089 à 1098

Fils d’Hugo VII. Il épouse en première noce une certaine Hedwige qui lui donne un fils Henri-Hugues puis en seconde noce Ermesinde de Luxembourg avec laquelle il a une fille Mathilde qui lui succède.

La mort en 1089 d’Hugues VIII de Dabo, sans héritier, lui laisse également Dabo qu'il peut transmettre à son fils Henri-Hugues.

.Mathilde de Dabo (?-1135) comtesse de Dabo de 1098 à 1135

Fille d’Albert Ier comte d’Eguisheim et de Dabo dont elle hérite le comté de Dabo ; elle épouse Folmar V, comte de Metz.

.Henri-Hugues VIII de Dabo /Dagsburg (mort après 1137) comte d'Eguisheim et de Dabo

Fils d'Albert Ier comte de Moha et d'Eguisheim puis de Dabo et de sa première épouse Hedwige.

 

Maison de Metz-Eguisheim

.Hugues IX (?-1178), comte de Dabo, comte d’Eguisheim, comte de Metz (Hugues II), de Hombourg, comte de Moha de 1135 à 1180, comte de Metz de 1171 à 1178

Fils d’ Henri-Hugues VIII de Dabo (mort vers 1130/1137), petit-fils d'Albert Ier de Dabo et de sa première épouse Hedwige et donc un neveu par alliance du comte Folmar V de Metz. Vers 1143, il épouse Luitgarde de Sulzbach (Bavière), veuve de Godefroid II de Louvain, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie.

Par ce mariage, il devient ainsi le beau-frère par alliance de Conrad III de Hohenstaufen et de l'empereur romain d’orient Manuel Ier Comnène. C'est un fidèle du parti des Hohenstaufen, particulièrement de Frédéric Barberousse qui l'investit du comté de Metz en 1153 après la mort de son cousin Hugues de la dynastie des Folmar. Sa puissance est alors très importante. Ses possessions s'étendent de Liège à l'Alsace et comprennent les comtés de Moha et de Dabo, l'avouerie de l'évêché de Metz avec des biens patrimoniaux de part et d'autres des Vosges, ainsi sur le versant est en Alsace la région comprise entre Neuwiller et Colmar. Il meurt vers 1180 et ses domaines passent à son fils  Albert II.

.Albert II de Dabo-Moha (?-1212), comte de Dabo, comte de Metz, de Hombourg et  de Moha de 1178 à 1212

Fils du précédent.

Un conflit entre Otton de Brunswick et Philippe de Souabe provoque, en 1199, la destruction de la partie du château restée entre les mains des Eguisheim-Dagsbourg. Resté seul héritier de son père, Albert réunit entre ses mains quatre comtés, de nombreuses seigneuries et l'avouerie de beaucoup d'abbayes.

.Gertrude d’Eguisheim- Dabo (?-1225), comtesse de Metz, de Dagsbourg et de Moha de 1214 à 1225

Fille du précédent. Mariée en premières noces en 1206 à Thiébaud Ier, duc de Lorraine. Mariée en secondes noces en 1220 à Thibaut IV, comte de Champagne contre le gré de l’empereur Frédéric II, mais en 1222 le divorce est prononcé sous prétexte de stérilité de l’épouse et l’année suivant Gertrude se marie avec Simon de Linange.

 À la mort de Gertrude en 1225, l’évêque de Metz, Jean Ier d’Apremont, rattache le comté au domaine épiscopal.  Mais son dernier époux Simon  reprend le titre en 1234. Le comté de Dabo passe à la Maison de Linange-Dabo/ Leiningen-Dasburg. Mais la mort, sans héritiers directs, de la comtesse Gertrude déclenche une violente guerre entre trois prétendants : les comtes de Ferrette, réels descendants de la famille, Simon de Linange, son dernier époux  et l'évêque de Strasbourg acheteur des droits de propriété de deux oncles maternels de la comtesse. En effet les margraves Herrmann et Henri de Bade, oncles de Gertrude, contestent les droits de Simon et vendent au duc Berthold de Teck, évêque de Strasbourg, leurs droits supposés, le 2 novembre 1226. De plus, l’abbesse Hedwige d’Andlau, qui prétend posséder des droits sur le château, ratifie la décision des margraves. De cette opposition nait la fameuse guerre de succession des Eguisheim-Dabo qui meurtrit l'Alsace entre 1227 et 1230. C’est d’abord l’évêque de Metz, Jean d’Apremont, qui met le siège à Dagsbourg, où est retranché Simon de Linange.

N’arrivant pas à prendre la place, il traite. Il prétend laisser à Simon le comté, mais cherche à se l'approprier par un mariage bien calculé. Sa tentative échoue. C'est l’évêque de Strasbourg qui sort en grand vainqueur de l'implacable guerre de succession, en ajoutant au domaine épiscopal la quasi-totalité du comté, terres et châteaux. Il détient le Dagsbourg (château nord) et est reconnu suzerain du Weckmund (Vaudémont) et du Wahlenbourg par les comtes de Ferrette. Les uns après les autres, les seigneurs renoncent à leurs droits en sa faveur. Simon meurt par accident, en 1234.

Maison de Linange-Dabo ou Dagsbourg

.Frédéric III de Linange, comte de Linange, comte de Dabo de 1234 à ?

Frère du précédent. Epoux de la nièce de l’évêque de Metz.

Frédéric se reconnait vassal de l’évêque de Strasbourg. Il tente de reprendre la lutte mais doit accepter un traité : les Linange acceptent de ne conserver que la partie montagneuse du comté de Dabo entre Saverne et Saint Quirin, mais l’immense partie du territoire alsacien revient à l’évêque.

En 1251, le comte Ulrich II de Ferrette renonce définitivement à la succession des Dabo-Eguisheim

En 1268, le duc Conrad partage l’Alsace en deux: au nord le landgraviat de Nordgau ou Basse-Alsace, est confié aux Dagsburg/Dabo-Egisheim; au sud  les Habsbourg restent investis du Sundgau. Dans tout l’empire, l’autorité impériale s’efface devant la noblesse locale.

.Emich VII de Linange-Dagsbourg

Emich se place au service du roi de France Louis XII, en guerre avec l’empereur Maximilien de Habsbourg. Après la bataille de Novare, en 1513, la France est envahie, et les terres de Dagsbourg sont confiées à l’évêque de Strasbourg jusqu’en 1515. Emich est rétabli dans ses droits, mais se tourne vers le brigandage.

La guerre de Trente Ans épargne le petit comté. Le 24 octobre 1648, l’Alsace est cédée à la France par les traités de Westphalie. Mais la guerre de Sept Ans n’épargne pas le comté. Sous un prétexte futile, le siège est mis au château. Après cinq jours de résistance acharnée, Dagsbourg capitule. Mais les comtes de Linange-Dabo refusent allégeance à Louis XIV engagé dans la politique des Réunions, et prennent les armes contre lui en 1672. Après un long siège devant le château, qui constitue un obstacle à l’avancée des troupes, celui-ci doit capituler le 13 mars 1677. Le traité de Nimègue de 1678 laisse aux Linange-Dagsbourg leurs possessions mais Louis XIV n’entend pas rendre le château au comte de Linange-Dabo, ami de l’empereur, et le château de Dabo est rasé en 1679 sur ordre de Louis XIV et de Louvois, son ministre d’État.

Les Linange protestent, mais doivent abandonner la lutte et se retirent en Allemagne, laissant seulement à Dabo un bailli. Le traité de Ryswick en 1697 rend pourtant le comté aux Linange-Dabo, principauté germanique maintenant enclavée entre le duché de Lorraine encore indépendante et l'Alsace devenue française.

.Friedrich-Karl-Woldemar/ Frédéric-Charles  (1724-1807), prince de Linange/ Fürst zu Leiningen

Le 7 juillet 1779, il est élevé au rang de prince du Saint-Empire et prend le titre de prince de Linange / Fürst zu Leiningen. À la veille de la Révolution française, il possède:

.Le comté de Linange /Grafschaft Leiningen

.Le comté de Dabo/ Grafschaft Dagsburg, comprenant sept villages: Dabo dont la première mention dans les archives remonte à 1091; Walscheid et Abreschviller apparaissent vers 1050; Hommert, créé par décision du comte Philippe-Georges de Linange-Dabo par un acte du 10 Août 1623; Harreberg fondé par un acte du 9 Novembre 1723 du Prince de Linange; Engenthal (Bas-Rhin)  fondé au XVIIIème siècle; Voyer, fondé au XIIIème siècle, longtemps l’objet de querelles entre la famille de Linange et l’Evêque de Strasbourg entré en 1481 dans le comté de Dabo mais l’évêque de Strasbourg y conserva des droits.

.La seigneurie de Weyersheim.

En 1793, les Linange-Dabo comptent parmi les princes possessionnés que la Convention nationale dépossède, afin de réunir leurs seigneuries à la France; le comté de Dabo est alors rattaché au département de la Moselle. Le traité de Lunéville du 9 février 1801, conclu entre Bonaparte et l'Empire, octroye aux Princes de Linange, en compensation de leurs pertes territoriales en France, des compensations en Allemagne et le 25 février 1803, la principauté est créée par le recès de la diète d'Empire de Ratisbonne.

i. Seigneurie de Turquestein

Le château de Turquestein est un château fort construit vers l’an mil sur l'actuelle commune de Turquestein-Blancrupt situé dans les Vosges en frontière de l’Alsace.

Après la mort d'Albert, comte de Dasbourg de Metz et de Moha, décédé vers l'an 1214, sans avoir laissé d'enfants mâles, les fiefs masculins qu'il tenait de l'évêché de Metz devaient naturellement lui revenir. Mais Gertrude, sa fille, mariée dès l'an 1206 à Thiébaut Ier, duc de Lorraine se démène pour obtenir que l'évêque Conrad consente  à ce qu'elle jouisse de ses fiefs avec le duc son mari, mais sous la condition expresse que, s'ils mourraient sans enfants mâles, les fiefs retourneraient à leur origine.

Par une charte de l'année 1215, Thiébaut, duc de Lorraine, comte de Metz et de Dagsbourg, reconnaît que l'évêque de Metz et de Spire, chancelier de la Cour impériale, a, sur sa prière, rendu à lui et à la duchesse Gertrude, sa femme, le comté de Dagsbourg et ses dépendances, tel que le père de ladite duchesse l'a possédé en fief, à condition que si lui, duc, meurt sans hoirs de son corps, la duchesse confèrera à Saint-Etienne l'alleu de Turquestein, en tant qu'il lui appartient, l'abbaye de Hesse et le château de Thiecourt. Gertrude, devenue veuve en 1220, épouse, contre la volonté de l’empereur Frédéric II, Thiébaut IV, comte de Champagne, qui, au bout de deux ans de mariage, la quitte. En 1223 elle contracte un troisième mariage, avec Simon III de Sarrebruck, comte de Linange. Par lettres datées du mois de septembre 1224, la comtesse de Dagsbourg déclare que du gré de son mari, elle accroît le fief qu'elle tient de l'Evêché de tout ce qu'elle a à Turquestein, à Thiecourt, dans l'abbaye de Hesse et à Sarralbe. Gertrude  meurt sans enfants en 1225. L’évêque Jean d'Apremont, successeur de Conrad, saisit l'occasion pour rentrer dans tous les biens des comtes de Dasbourg, comme anciens fiefs de l'Eglise de Metz. Avec l’aide du comte de Bar, il se met en possession des terres de Hernestein et de Turquestein des villes de Saralbe et de Sarbourg, et des autres terres que les comtes de Dasbourg avaient autrefois possédées à titre de fiefs de son Evêché ; mais Hugues, frère d'Albert, comte de Dasbourg et oncle de Gertrude, empêche que l'évêque se rende maitre du château de Dagsbourg et s'en empare. Vers 1230, Jean d'Apremont, a réuni à son domaine les quatre châtellenies de Sarrebourg, Sarralbe, Turquestein et Arestein. Vers 1252, le successeur de Jean d'Apremont, Jacques de Lorraine, rétablit les fortifications de Sarralbe, de Herrenstein et de Turquestein. Dix ans environ plus tard, le duc de Lorraine Ferry III, répétant à l'évêque de Floranges de grandes sommes qu'il disait avoir dépensées pour son service, s'empare de Hombourg et de Turquestein mais il les abandonne bientôt, dans la crainte que le comte de Bar, qui s'était déclaré protecteur des terres de l'Evêché, ne le recherchât à cause de ses usurpations.  En 1344,  Adémare, évêque de Metz, doit engager la châtellenie à  Raoul, duc de Lorraine, en garantie des dettes qu’il lui doit. Raoul n'en reste pas bien longtemps possesseur. En 1346, voulant récompenser Thiébaut de Blâmont de ses services et l'indemniser des dommages qu'il avait éprouvés durant ses guerres contre l'évêque de Metz et le comte de Bar, lui donne la châtellenie  à charge d'en reprendre ligement de lui devant tous hommes, après l'évêque de Metz, et sous la condition qu'il pourra les racheter, lui ou ses successeurs, moyennant la somme de 2000 livres de petits tournois. Cet acte stipule, en outre, qu'il sera loisible à l'évêque de faire ce rachat, en payant les 2000 livres.

Les sires de Blâmont restent détenteurs, à titre de gagère, de la châtellenie de Turquestein jusque dans la première moitié du XVème siècle; en 1432, Conrard Bayer de Boppart leur ayant versé la somme de 2000 livres de petits tournois et celle de 1000 florins du Rhin pour lesquelles cette gagère avait eu lieu, ils rendent à ce prélat les lettres contenant les traités passés pour cet objet avec ses prédécesseurs, et celui-ci les déclare quittes de tout ce qu'ils pouvaient avoir levé des revenus de la châtellenie depuis qu'elle était entre leurs mains.

Quoique les lettres de Conrard stipulent formellement le paiement fait par lui aux seigneurs de Blâmont, il ne parait pas qu'il eût été entièrement libéré envers eux. Elles font voir que le domaine de Turquestein s'était notablement amoindri entre les mains de ses engagistes, et que ceux-ci avaient peu fidèlement rempli les devoirs qui leur étaient imposés à titre de vassaux des évêques de Metz. Après y avoir rappelé les gagères faites à Thiébaut et Henri de Blâmont, en 1350 et 1402, l'évêque ajoute :  « Comme il soit que, pour les guerres que ledit Thiébaut, et ses hoirs après lui, aient eues avec les seigneurs des marches d'Allemagne, et aussi pour les pestilences et mortalité qui ont régné ès marches par deçà, les villes, terres, rentes et revenus des châtels et châtellenies qui pouvaient valoir chacun an au temps où elles furent mises en gage ès mains dudit seigneur Thiébaut, la somme de 4 ou 500 livres, monnaie de Metz, ont été tellement détruites et diminuées, ruinées et amoindries, qu'elles ne valent pas plus de 100 livres de censive annuelle et de droits, et que la plus grande partie des villages qui en dépendaient sont détruits et inhabitables, spécialement les villes de Turquestein, Lorquin. Landange, Aspach, Warcoville Niderhoff, Vasperviller, Schowbrehusre, Hemehusre.»

Jean d'Haussonville, seigneur de Chatillon, et Irmengarde d'Elter, sa femme, ayant offert à l'évêque de racheter des mains de Ferry de Blâmont et de ses frères, enfants de feu Thiébaut, et de Marguerite de Lorraine, veuve de ce dernier, les château et châtellenie de Turquestein, Conrard leur permet de faire ce rachat ; ils promettent alors de reconnaitre les tenir toujours de lui en fief et ils font ratifier cet engagement, quelques jours après, par Jacques, leur fils, et par le mari de leur fille, Jacques de Savigny.  En 1541, les domaines de Turquestein et de Chatillon appartiennent par indivis au même Jean d'Haussonville, à Claude d'Haussonville, chevalier, baron dudit lieu et d'Ornes, premier pair de l'Evêché de Verdun; à Philippe des Salles, chevalier, seigneur de Gombervaux, à cause de Renée d'Haussonville, sa femme; à Georges de Nettancourt, chevalier, seigneur de Vaubecourt, à cause de Marguerite d'Haussonville, sa femme, « et, tous par ensemble seigneurs de Turquestein et de Chatillon ». Au commencement du XVIIème siècle, la terre de Turquestein cesse d'être en  indivision, elle n'a plus qu'un seul possesseur, François de Lorraine, comte de Vaudèmont, père du duc Charles IV, des mains duquel elle passe dans le domaine particulier des ducs de Lorraine.

j. Seigneurie de Chatillon

Non loin du château de Turquestein s'élève celui de Chatillon, qui est aussi un fief de l'Evêché de Metz, et le chef-lieu d'une châtellenie construit, avant l'année 1324 par Henri de Blâmont, qui en fit ses reprises, cette année, de l'évêque Henri Dauphin. Cette terre passe ensuite à d'autres seigneurs, qui, à plusieurs reprises, entrent en conflit des contestations avec ceux de Turquestein au sujet de «1'entrecours » de leurs hommes de ces châtellenies.

Un premier accord a lieu à ce sujet, en 1390, entre Henri de Blâmont et Jean de Vergy, par l'entremise de Thiébaut de Blâmont, sire de Velesson, qu'ils avaient choisi pour arbitre. En 1408, ces seigneurs font un nouvel accord.

k. Seigneurie de Rambervillers

L’histoire de Rambervillers est intimement liée à celle des évêques de Metz et de l’abbaye de Senones. L’évêque en est le seigneur. Etienne de Bar, devenu évêque de Metz en 1120.

l. Seigneurie/Comté de Chaligny

Au XIIèmesiècle, Chaligny est une seigneurie dépendant de l'évêque de Metz et donnée en fief aux comtes de Vaudémont. En 1345, la suzeraineté de l'évêque de Metz est transférée à l'identique au duc de Lorraine.

Le 21 novembre 1562, la seigneurie de Chaligny qui appartient alors à Nicolas de Vaudémont, duc de Mercœur, est érigée en comté par le duc de Lorraine  La descendance des comtes de Chaligny se poursuit par les femmes qui quittent la Lorraine. Le comté est alors vendu à François de Vaudémont qui devient  duc de Lorraine en 1624. À partir de ce moment, le sort de Chaligny suit celui du duché de Lorraine. Après les traités de Westphalie de 1648 et de Nimègue, la Chambre des réunions de Metz appliquant la politique de rattachement de Louis XIV réunit par décret en 1680 la seigneurie Chaligny à son royaume mais après la guerre de la Ligue d’Augsbourg de 1689 à 1696, il doit la restituer à son seigneur et à l’empire par le traité de Ryswick de 1697.

 

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 09:00

L’histoire de ce comté de Bourgogne ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à la grande histoire de la Bourgogne qui, comme la Lorraine à l’origine, englobe une région plus vaste que les territoires actuels du même nom. Or cette grande histoire trouve son origine dans celle du Premier royaume Burgonde créé en 443 sur les terres assignées aux envahisseurs burgondes par le général romain Aetius constituées approximativement par :

.les territoires qui constitueront le duché de Bourgogne (Dijon) ;

.les territoires qui constitueront le comté de Bourgogne ou Franche-Comté

.ceux qui constitueront la partie occidentale de la Suisse à l’Ouest de l’Aar et de la Reuss.

.la Provence.

En effet en 534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme. Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding/Escuens, d’Amaous/Amous, de Warasch/Varais et la ville de Besançon.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy).

Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, entre ses trois petits-fils Charles le Chauve, roi de Francie Occidentale, Lothaire, empereur et roi de Francie Médiane et Louis le Germanique, roi de Francie orientale, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855). 

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869)  n'hérite pas de toute la Francie Médiane mais récupère seulement  le nord devenant le  royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz.

Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône.

En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer.

En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais.

En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime.

La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve.

À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerssen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie, roi de Francie Orientale a les comtés de Warasch/Varais, d'Amaous/Amous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté.

Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont ainsi à l'origine de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire. Au IX° siècle, le territoire du premier royaume Burgonde va donc être disputé entre les Carolingiens de Francie Occidentale et les futurs rois du deuxième Royaume de Bourgogne.

Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura.

À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875.

Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens. 

En 879, Louis II le Bègue, successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson de Provence tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi  de Francie Orientale s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie Occidentale Louis III et Carloman II, Boson V de Provence , qui est le fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, et lui-même duc de Lombardie, duc de Provence, comte d'Autun, de Berry, de Chalon, de Mâcon et de Troyes, ainsi qu’ abbé laïc de Saint-Maurice d'Agaune en profite pour se faire proclamer  roi de Provence  à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon. Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de ce qui deviendra le comté de Bourgogne( Franche-Comté), des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles soit  la Bourgogne Transjurane. Ses possessions couvrent donc une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence.   Boson exerce son pouvoir jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, les frères carolingiens, rois de Francie Occidentale Louis III et Carloman II. Par ce traité,  en échange de la neutralité de Louis III le Jeune, fils de Louis le Germanique, les rois de Francie Occidentale lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meerssen et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, Richard  dit le Justicier.

Le roi de Francie occidentale Charles le Chauve récupère lui le comté de Portois et une partie du comté de Varais et notamment Besançon. Les autres comtés sont incorporés dans le royaume de Francie orientale de Louis le Germanique.

Le comte Richard reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. Cette guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II .  Richard reçoit, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à  son frère.

.Rodolphe Ier (859-911) roi de Bourgogne de 888 à 911

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon  puis  couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année  Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :

-Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale  (923-936);

-Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : Comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Charolais,, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar. Enfin en 898, le comte Richard est autorisé par ce même souverain à fusionner ses comtés et  prend alors le titre de marquis de Bourgogne, jusqu'en 918, puis celui de duc et ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne rattaché au Royaume de France et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire.

Les comtés de la Haute-Bourgogne sont englobés dans ce royaume de Bourgogne Transjurane qui s’étend sur les deux versants du Jura avec comme limite à l’ouest, les rives de la Saône.

Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume. Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lorraine et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci. Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne, et Thierry s’est rallié au nouveau souverain. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume.

.Rodolphe II (vers 880-937) roi de Bourgogne-Provence de 912 à 937 roi d’Italie de 922 à 925

Fils de Rodolphe Ier. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi des Francs et de Lorraine, Charles III le Simple.

Vers 914, Hugues le Noir (914-952) est pourvu du comté de Varais. Hugues le Noir est le second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois.

En 918, Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait. En 919, Hugues, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis. La paix s’obtient  par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc de Souabe. Dès 921, il est le comte prépondérant sur la Haute-Bourgogne.

L’année suivante, il est aux côtés de son frère Raoul et du duc Robert dans la lutte contre le roi de Francie Occidentale, Charles III le Simple.

Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer en 922 par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes. En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues  qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie.  Cette même année 926, le roi de Francie orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées  entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi de Francie Occidentale Raoul.

Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des  comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II.

Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane et Provence à son royaume de Bourgogne Transjurane lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d’Arles qui en est la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois qui dépendent alors du royaume de Francie occidentale.

En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume de Francie Occidentale. Louis IV qui vient d’être couronné se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité, Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon.

Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad n’a que douze ans.

.Conrad III (925-993) roi de Bourgogne-Provence de 973 à 993  

Hugues, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire.

Mais Othon Ier roi de Francie orientale intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique. Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad.

Sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie occidentale, notamment Hugues le Noir qui est à la fois duc de Bourgogne et archi-comte sur la Haute-Bourgogne. Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume.

En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume des Francie occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance  française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois.

Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père.

En 941, sous la pression du roi Othon de Francie Orientale (Germanie), il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale. Othon libère Conrad en 942, lequel prend la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L'un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint Maurice d'Agaune ou Conrad concède à Albéric, vicomte de Macon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins.

En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques : Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon , évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud.  Il se brouille de nouveau en 943, avec le roi de Francie Occidentale Louis IV, et doit partager sur le duché son autorité avec Hugues le Grand.

Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi de Bourgogne-Provence Conrad. Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir.

Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad  affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson  de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

Hugues se réconcilie en 949, avec le roi de Francie occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché.

Deux ans plus tard, le roi Louis IV accompagné de Liétaud vient à Besançon rencontrer Hugues le Noir. Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier, roi de Francie orientale  qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad.  À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues.

Albéric ou Aubri II (965-982) hérite à la mort de son père des mêmes territoires.

En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent.

En 962, Othon Ier, roi de Francie Orientale  est sacré empereur restaurant la dignité impériale disparue en 924 avec le dernier empereur carolingien.

.Othon Ier (912-973) duc de Saxe en 936, roi de Francie Orientale de 936 à 961, roi d’Italie en 951,empereur romain germanique de 962 à 973

Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles, l’aînée Gisèle, de son premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri; Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann. Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad.

Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothbold (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence. 

.Othon II (955-983) ,roi de Francie Orientale de 961 à 983, roi d’Italie en 980, empereur romain germanique en 973 à 983

Fils d’Othon Ier

À la mort d’Albéric II, un personnage se manifeste, c’est Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère. Il épouse Ermentrude de Roucy veuve d’Albéric II, et gouverne les comtés de Mâcon et de Besançon, au nom de ses deux beaux-fils, Liétaud et Aubri.

En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne-Provence Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie ; en effet son petit-fils Othon III est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le Bavarois, celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier  roi de Bourgogne Provence.

En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Germanie Henri Ier).  

.Othon III (980-1002),roi de Francie Orientale de 983 à 1002, roi d’Italie en 996, empereur romain germanique de 996 à 1002

Fils d’Othon II

.Rodolphe III (vers 965-1032) roi de Bourgogne-Provence de 993 à 1032

Fils de Conrad III.

.Henri II dit le Saint (973-1024), roi de Francie Orientale de 1002 à 1024, roi d’Italie en 1004, empereur romain germanique en 1002 à 1024

Fils d’Othon III.

En octobre 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces.  En 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale  lance  une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors  de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens. (ce dernier  érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois.

En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale. Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir. Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). 

Cette même année 1016, l’empereur Henri II force son cousin le roi Rodolphe III de Bourgogne, sans héritier, à le prendre pour héritier. A la mort d’ Henri III en 1024, Rodolphe III est contraint par les nobles de son royaume à révoquer cette donation mais un an plus tard, Rodolphe se voit à nouveau contraint de renouveler son engagement à l’égard du nouveau roi de Francie orientale Conrad II, mari de sa nièce Giséle, fille de sa sœur Gerberge. 

.Conrad II dit le Salique (990-1039) ) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1024 à 1039, roi d'Italie de 1026 à 1039, empereur romain germanique de 1027 à 1039, roi de Bourgogne-Provence de 1032 à 1039

Fils de l'empereur Henri II. 

A la mort de Rodolphe III, en 1032, l’empereur Conrad II le Salique hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire.

Besançon est un archevêché qui comme tous les archevêchés de l’empire a à sa tête un archevêque qui dispose non seulement du pouvoir spirituel sur le territoire de l’archevêché mais du pouvoir comtal (temporel) sur la ville bénéficiant de l'immédiateté impériale ce qui en fait  un vassal direct de l'empereur et non un vassal du comte de Bourgogne.

Au milieu du X siècle, le comte de Mâcon Liétaud parvient à réunir dans sa main les pouvoirs dévolus aux comtes carolingiens dans chaque pagus (comté). À sa mort, ses droits passent à son fils Aubry II et la veuve d'Aubry, héritière de ses droits les porte à son second mari, Otte-Guillaume de Bourgogne, petit-fils de Bérenger II, marquis /margrave d’Ivrée/Ivréa,

Otte-Guillaume est depuis considéré traditionnellement comme le premier comte de Bourgogne.

Maison d’Ivrée

.Otte-Guillaume (962-1026), comte de Bourgogne de 982 à 1026 et duc de Bourgogne de 1002 à 1004

En 996, Berthe, la sœur du roi Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois épouse le roi de Francie Occidentale Robert II qui succède à son père Hugues Capet.

En 1002, Otte-Guillaume est nommé par les nobles de Bourgogne, duc de Bourgogne, mais il se heurte au nouveau roi de Francie Occidentale, Robert II qui revendique la succession de son oncle Henri duc de Bourgogne

Le roi Robert II doit se séparer de Berthe, et épouse en 1003, Constance d'Arles, la fille du comte de Provence Guillaume.

Otte-Guillaume renonce au duché de Bourgogne en 1004, et se consacre à assurer son autorité sur les terres bourguignonnes à l’est de la Saône, tout en conservant ses droits sur les comtés de la Bourgogne Franque (Beaumont, Fouvent et Oscheret) ; Les comtes de Bourgogne conserveront ainsi pendant longtemps de nombreuses terres ou suzerainetés situés dans le duché de Bourgogne  Durant quarante-quatre ans, Otte-Guillaume est le maître souverain des comtés Outre-Saône avec ses fils, et s’oppose à l’autorité du roi Rodolphe III de Bourgogne sur ces territoires.

La reconnaissance de l' empereur Henri II comme  héritiers du roi de Bourgogne Rodolphe III, n’est pas du goût d’Otte-Guillaume qui entre en rébellion contre son roi. 

.Henri III dit le Noir (1017-1056) roi de Francie Orientale de 1028 à 1056, roi de Bourgogne-Provence de 1038 à 1056, roi d’Italie en 1039, empereur de 1046 à 1056

Fils de Conrad II.

A la mort de Rodolphe III en 1032, le royaume de Bourgogne-Provence est néanmoins rattaché au puissant empire romain germanique dont le comté de Bourgogne, exempt de tout impôt permanent d’où son futur nom de Franche-comté. L’histoire de cette Franche-Comté impériale commence donc avec Otte-Guillaume. À la mort de son fils aîné, Gui, Otte-Guillaume partage ses terres : Renaud, son second fils reçoit les comtés d'Amous, Varais et Portois tandis qu’Otton, son petit-fils reçoit le Mâconnais et l’Escuens.

 

.Renaud (1006-1057), premier comte palatin de Bourgogne                /             pfalzgraf Burgund de 1026 à 1057

Renaud poursuit la lutte engagée par son père. Il soutient Eudes, comte de Blois  qui est l’héritier le plus direct du roi Rodolphe III car il est le fils de sa seconde sœur  Berthe. Dès 1033 ils occupent les châteaux de Joux, de Neuchâtel et de Morat (alors dans le comté de Bourgogne).

L’empereur Conrad II pénètre dans le comté de Bourgogne par Bâle et le 2 février 1034, se fait couronner roi de Bourgogne-Provence à Payerne (alors dans le comté de Bourgogne et actuellement dans le canton de Vaud en Suisse) puis  le 1er aout se fait de nouveau couronner dans la cathédrale Saint Pierre de Genève ou sont réunis les plus grands nobles du royaume de Bourgogne-Provence.

Le comte de Bourgogne Renaud est banni comme chef des révoltés et doit se réfugier au-delà de la Saône dans le duché de Bourgogne ou l’accueille le duc de Bourgogne Robert le Vieux. Après la mort d’Eudes de Blois en 1037, lors de la bataille de Hanol entre Bar-le-Duc et Verdun, contre les troupes impériales, le roi de Bourgogne, l’empereur Conrad II décide de lever les sentences contre ses adversaires d’hier et envoie une ambassade au comte Renaud, réfugié à Dijon, qui lui annonce ses désirs de réconciliation. Renaud devient, comte palatin (Pfalzgraf titre donné dans l’administration impériale, à ceux qui sont chargés d’administrer les terres et de rendre la justice au nom de l’empereur. Ses successeurs continueront à porter ce titre.

.Henri IV (1050-1106) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1056 à 1099, roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1106, roi d'Italie en 1080, empereur  de 1084 à 1105

Fils d'Henri II. 

.Guillaume (1020-1087), comte palatin/Pfalzgrafchaft de Bourgogne de 1057 à 1087, comte de Macon

Il succède à son père Renaud qui l’a déjà associé aux décisions comtales depuis quelques années et assure l’autorité sur le Comté de Bourgogne en l’absence de tout souverain.

Après la mort le 27 juillet 1066 de l’archevêque de Besançon Hugues de Salins (ou Besançon) puis celle en 1069 de son frère Guy, Guillaume devient le personnage le plus important du comté. Il reçoit son suzerain et neveu l’empereur Henri IV, le jour de Noël 1076 à Besançon. Henri IV, excommunié en début d’année par le pape Grégoire VII (1073-1085), se rend en Italie à Canossa afin de rencontrer le pape. Guillaume Ier, surnommé le Grand ou Tête Hardi, récupère en 1078, le comté de Mâcon, suite au retrait au monastère de Cluny de son cousin Gui de Mâcon. Avec son épouse Etiennette de Bourgogne, il a comme enfants :

-Octavien.

-Eudes.

-Guillaume.  

-Ermentrude mariée à Thierry Ier, comte de Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette. 

-Gui, administrateur de l'Archevêché de Besançon  puis élu  pape en 1119 sous le nom de Calixte II.

-Étienne Ier, comte de Bourgogne.                                          

-Sybille (aussi appelée Mahaut), épouse Eudes Ier, duc de Bourgogne.                                                       

-Raymond de Bourgogne marié à Urraque Ire, reine de Castille et de Léon.                                                

-Hugues.                                                                                

-Gisèle, mariée  à Humbert II, comte de Savoie, puis à Rénier de Montferrat.                                            

-Clémence mariée  à Robert II, comte de Flandre, puis  à Godefroid Ier, duc de Brabant.                         

-Étiennette.                                                                           

-Berthe, épouse d’Alphonse VI, roi de Castille et de Léon.

.Henri V (1086-1125) roi de Francie Orientale (Germanie de 1099 à 1125, roi d'Italie de 1098 à 1125 roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1125, empereur de 1111 à 1125

Fils de l'empereur Henri IV 

.Renaud II (1061-1097) comte palatin de Bourgogne, de Mâcon, de Vienne et d'Oltingen de 1087 à 1097

Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne, frère aîné du comte Étienne Ier de Bourgogne et frère du pape Calixte II.

En 1087, les deux frères Renaud et Etienne succèdent à leur père Guillaume  et se partagent le pouvoir.

En 1092, la puissance de Renaud est énorme, ses terres s’étendent du Beaujolais aux rives de l’Aar, suite à son mariage Régine d'Oltingen, fille « héritière » du comte Conon d'Oltingen (région de Bâle) dont il hérite des titres et domaines par mariage et l’héritage laissé par son père.

La famille s’engage massivement dans la lutte en Terre Sainte et paie un lourd tribut lors de la première croisade vers l’an 1100, puisque Renaud, Étienne et Hugues meurent là-bas. La puissance de la famille se trouve alors fortement réduite dans la Comté.

.Etienne Ier (vers 1065-1102), comte palatin de Bourgogne de 1097 à 1102

Frère du précèdent.

D’abord régent du comté pendant l'absence de son frère Renaud parti à la croisade, Il lui succède à 32 ans et décède comme lui à la croisade.

.Guillaume II (1105-1125) dit l’Allemand, comte palatin de Bourgogne de 1097 à 1125

Fils du comte Renaud II de Bourgogne .

Elevé par son grand-père maternel Conon, il succède à son père Renaud II. Il épouse Agnès de Zaehringen  fille de  l’important duc d’empire Berthold. Il consacre son temps à réconcilier l’Église et l’empereur sur l’investiture des élections épiscopales. Il convoque en octobre un concile à Reims, et grâce à l’action médiatrice de Pons, abbé de Cluny, et de sa rencontre à Mouzon avec Henri V,  le concordat de Worms est conclu en septembre 1122.

En 1125, l’empereur Henri V décède sans héritier direct. Les électeurs réunis à Mayence font le choix entre Frédéric de Hohenstaufen, neveu d’Henri V et duc de Souabe, et Lothaire de Supplimbourg, duc de Saxe. C’est ce dernier qui est élu, malgré les dernières volontés d’Henri V en faveur de son neveu. Lothaire est soutenu par les princes ecclésiastiques et notamment l’archevêque de Mayence.

.Lothaire II ou III de Supplinbourg (1075-1137) roi de Francie Orientale (Germanie) de 1125 à 1137, roi de Bourgogne-Provence de 1125 à 1137, empereur de 1133  à 1137

Le fils de Guillaume II, Guillaume III (1125-1127) encore enfant, disparaît en février 1127 assassiné avec des barons de sa suite dans l’enceinte de l’abbaye d’Hauterive à Payerne. Sa mort ouvre la succession sur l