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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 10:44

Sous Louis XIV, de 1677 à 1697, soit pendant 20 ans, la France a occupé la ville de Fribourg en Brisgau et à la même époque après la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, 40 000 Huguenots ont émigré pour certaines régions d’Allemagne dont 20 000 pour le seul Etat de Brandebourg (Berlin),

De 1789 à 1815, soit pendant 25 ans, 140 000 nobles français ont émigrés pour une bonne partie en Allemagne spécialement à Hambourg, Cologne et surtout dans l’Electorat de Trèves, et de nombreux civils et militaires sous le Consulat et le Premier Empire Napoléonien avec la création des 4 départements français sur le territoire de la Sarre, de la Rhénanie Palatinat de 1797 à 1814 :

.le Mont-Tonnerre avec chef-lieu Mayence et ses sous-préfectures Spire, Kaiserslautern et Deux-Ponts,

.le Rhin-et-Moselle avec chef-lieu Coblence, et les deux sous-préfectures Bonn et Simmern.

.la Roer avec chef-lieu Aix-la-Chapelle et les sous-préfectures Clèves, Cologne et Crevelt (territoire correspondant aujourd'hui à la partie du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie,

.la Sarre avec chef-lieu Trèves et ses sous-préfectures Birkenfeld, Prüm et Sarrebruck (territoire correspondant à une partie du Land de la Sarre d'aujourd’hui et d’une partie de la Rhénanie-Palatinat).

Après la Première guerre mondiale, par application du traité de Versailles, 210 000 Français ont occupé la Rive gauche du Rhin puis la Ruhr de Duisbourg à Dortmund pendant 10 ans de 1920 à 1930.

Enfin de 1945 à aujourd’hui, plusieurs centaines de milliers de militaires ont séjourné en Rhénanie-Palatinat, Bade-Wurtemberg et à Berlin dans environ une centaine de villes de garnison essentiellement en Sarre, en Rhénanie-Palatinat et au Bade Wurtemberg ou à Berlin : Achern - Althausen - Alzey - Andernach - Aulendorf - Bad Bergzabern - Bad Ems - Bad Godesberg - Bad Kreuznach - Bad Lauterberg - Bad Neuenach - Baden Baden - Balingen -Baumholden - Bendorf - Bergzabern - Berlin - Baumgarten - Bernkastel - Bingen - Birkenfeld - Bitburg - Boppart - Breihulen - Bühl - Calw - Coblence - Cochern – Constance - Dachau -Daun -Diez - Donaueschingen - Ebingen - Edenkoben - Ehingen - Emmendingen -Erzingen -Falkau - Finthen - Frankenthal - Frankfurt - Freiburg - Freudenstadt - Friedrichshafen - Friesenheim - Fritzlach -Fürth am wald - Germersheim - Giessen - Goslar - Gottmadingen - Grünstadt - Hachenburg - Hasborn - Hassloch - Hechingen - Hermerskeil - Herrenalb - Homburg - Horb - Homberg - Idar Oberstein - Iffezheim - Immendingen - Immenstadt - Ingelheim - Kaiserslautern - Kandel - Kappelrodeck - Karlsruhe - Kehl - Kenzingen - Kirchen - Kirchheimbolanden - Kirn - Konz - Kusel - Kyllburg - Lachen speyerdorf - Lahr - Lambrecht - Landau - Landstuhl - Langenargen - Laufenburg - Lindau - Linx - Ludwigshafen - Lörrach – Marburg - Mayen - Mayence - Meersburg - Mengen - Merzig - Messkirch - Metzingen - Montabaur - Murnau - Mülheim - Münsingen - Neunkirchen - Neustadt - Neustadt/Titisee - Neuwied - Niedermendig - Oberkirch - Oberlahnstein - Oberndorf - Oberwinter - Ochasenhausen - Offenburg - Oppenheim - Ottweiler - Pforzheim - Pfullendorf/Stetten - Pirmasens - Radolfzell - Ramstein - Rastatt - Ravensburg - Reichenbach - Renchen - Reutlingen -Rheinbischofsheim - Rheinfelden - Riedlingen - Rockenhausen - Rotenburg - Rotenfels - Rottweil - Saarbrucken - Saaburg - Sackingen - Sarrelouis - Salgau - Schopfheim - Sigmaringen - Simmer - Speyer - St Goar - St Goarshausen - St Ingert - Stetten - Stockach - Sulzbach - Tenningen - Tettnang - Traben/Trabach -Treves - Tübingen - Überlingen - Unterhausen - Vallendar - Vieux/Brisach - Villingen - Volklingen - Waldshut - Wangen - Weil am Rhein - Weingarten - Wengenrohr - Wetzlach - Wildbad - Wittlich - Wolfach -Worms -Zweibrücken -

dont 50000 à Baden-Baden et jusqu’à 13 000 hommes à Trèves ou ils représentaient dans chacune de ces deux villes environ 10 % de la population.

Alors que des milliers de civils et de militaires français ont ainsi séjourné plusieurs mois voire plusieurs années en Allemagne plus particulièrement en Rhénanie-Palatinat, au Bade-Wurtemberg et à Berlin et que la langue française est devenue la langue majoritairement apprise par les étrangers instruits en Allemagne pendant 250 ans de Louis XIV à la Première guerre mondiale et plus largement celle de la noblesse et de la grande bourgeoisie européenne, que reste-t-il de la langue française en Allemagne et de la langue allemande en France et quel est le niveau des échanges culturels en dépit des efforts de l’Office Franco-Allemand ?

S’agissant de la langue française et de l’influence culturelle de la France dans la Rive gauche du Rhin le Bade-Wurtemberg et même Berlin, il n’en reste guère de trace; seule exception la Sarre qui vient d’introduire courageusement le bilinguisme.

S’agissant de l’Allemand et de l’influence culturelle allemande en France, un constat aussi affligeant doit être fait.

A tel point que lors de la création de la Brigade franco-allemande en 1989, les autorités militaires ne trouveront rien de mieux que de choisir comme langue de travail l’anglais plutôt que de pratiquer le bilinguisme.

Non seulement les autorités militaires françaises en Allemagne n’ont rien fait pour inciter tous les jeunes Français qui sont encore vivants qui ont effectué leur service militaire en Allemagne jusqu’à la fin de la conscription en 1994 à apprendre l’Allemand alors pourtant que la France et l’Allemagne étaient depuis 35 ans membres fondateurs de l’Union Européenne et n’ont guère fait davantage après, avec les militaires français de carrière restés stationnés en Allemagne.

Bien au contraire, en France les autorités civiles ont tout fait en Alsace et dans la partie de la Lorraine germanophone depuis 100 ans, pour limiter non seulement l’usage mais l’enseignement de l’Allemand après la réintégration à la France de l’Alsace-Lorraine.

Pourtant il est évident que pour favoriser la libre circulation des personnes et des travailleurs mais également la cohésion de l’Union Européenne, la France aurait eu tout à gagner à l’instauration du bilinguisme en Alsace-Lorraine comme vient de le faire la Sarre et l’a toujours fait le Luxembourg, et les Länder de Rhénanie Palatinat et du Bade-Wurtemberg à privilégier l’enseignement du Français comme premier langue étrangère.

Il n’est pas normal que la proportion de Polonais qui parlent aujourd’hui l’allemand en Pologne soit très supérieure à celle des Français. En effet 26 % des Polonais savent parler allemand et seulement 25 % l’anglais (le nouveau président de l’Union Européenne Donald Tusk ne sait pas l’anglais et seulement ).

S’il serait normal que l’anglais, qui est la langue maternelle d’environ 13 % de citoyens européens de deux Etats européens, le Royaume Uni et l’Irlande, soit traité à égalité avec le Français langue maternelle de 13 % également de citoyens de trois Etats membres, au niveau des institutions européennes, quoique rentrés beaucoup plus tard dans l’Europe et si ce n’est l’inconvénient qu’il véhicule non plus comme il y a encore 40 ans la culture du Royaume Uni mais celle désormais des Etats Unis d’Amérique, qui nuit manifestement à la création de l’Unité Européenne, en revanche il est parfaitement anormal que l’allemand qui est la langue maternelle de deux Etats européens représentant environ 16 % des citoyens de l’Union soit réduit à la portion congrue comme tend à y être réduit le français.

La France qui s’est toujours voulue comme le moteur de l’Union Européenne porte une lourde responsabilité et notamment son armée qui disposait d’un facteur puissant d’intégration européenne qu’elle a négligé du fait de son aspiration chronique critiquable à réintégrer l’Otan.

Pourtant si les hommes politiques européens prenaient un peu la peine d’apprendre l’histoire de la Suisse et de l’observer comme un espèce de laboratoire de l’Union, ils sauraient qu’un débat virulent y est actuellement mené en Suisse latine et romande notamment contre la volonté des cantons de langues allemandes, à l’exception de ceux comme Berne ou Bâle situés sur la frontière linguistique, de privilégier l’enseignement de l’anglais comme première langue étrangère au détriment du français alors que les cantons romands continuent de vouloir privilégier l’allemand. En effet si en Suisse le français n’est la langue maternelle que d’un peu plus de 20 % des Suisses et l’allemand (à l’écrit, le dialecte à l’oral) celle de 70 %, l’enseignement comme première langue étrangère d’une des langues nationales a toujours fait consensus au niveau de la protection de la cohésion nationale, les Suisses ne pouvant qu’être épouvantés de la situation actuelle de la Belgique. A tel point que, bien que, comme les Lander allemands, l’enseignement relève de la compétence des cantons, il est de plus en plus sérieusement question d’inscrire dans la Constitution Fédérale le principe de l’enseignement obligatoire en premier langue étrangère nationale soit le français ou l’italien pour les alémaniques, le français ou l’allemand pour les italophones, et l’allemand ou l’italien pour les francophones. En outre comme la Sarre, les cantons situés sur la frontière linguistique français-allemand songent de plus en plus à y développer le bilinguisme sans pour autant que l’anglais du fait de sa plus grande facilité et son attractivité surtout culturelle soit prétérité par sa « relégation » comme deuxième langue étrangère enseignée car n’ayant pas vocation, aucun canton n’étant anglophone à devenir comme une cinquième langue nationale derrière l’allemand, le français, l’italien ou le romanche.

L’avenir pour les hommes politiques, les hommes d’affaires, les ingénieurs ….. est au trilinguisme et non au monolinguisme ce dont viennent de se rendre compte même les anglais qui découvrent le fait que la méconnaissance des langues étrangères nuit au commerce et dont le Premier Ministre a cru intelligent avec son sens de la provocation anti-européenne d’estimer qu’il fallait privilégier l’enseignement du chinois puisque la Chine est le principal marché mondial.

Félicitation encore au Lander de Sarre pour l’introduction du bilinguisme franco-allemand qui ne nuira pas pour autant à l’enseignement de l’anglais mais constitue un bel exemple pour l’osmose des populations sur les frontières linguistiques internes de l’Union.

Union Européenne-Allemagne-France-Allemand-Français- Langue-Culture-Huguenots- Nobles émigrés- Armées Françaises-Forces Françaises en Allemagne- Sarre- Rhénanie-Palatinat-Bade-Wurtemberg-Rive Gauche du Rhin- Ruhr-Berlin-Alsace-Lorraine-Frontières linguistiques- Bilinguisme-Suisse
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 19:08

Alors que tous les économistes sérieux s’accordent sur le fait qu’un Etat perd toute marge de manœuvre lorsque son endettement dépasse 60 % de son PIB (critère retenu par le Pacte de Stabilité qui lie en principe les pays de l’Eurogroupe), seuls quelques Etats ont une dette publique inférieure à ce seuil. Pratiquement tout le monde semble se féliciter du retour à la croissance du PIB américain de l’ordre de 3.5% et de la baisse du chômage aux environs de 6.5 % qui serait le résultat de la politique de la « planche à billets » de la Reserve Fédérale. Certes cette croissance retrouvée a permis à l’Etat américain de revenir à un déficit budgétaire de l’ordre de 3%. Force est malheureusement de constater que cela n’a pas permis aux USA de stopper l’augmentation de leur endettement qui a dépassé les 18 000 milliards de dollars soit plus de 100 % du PIB. En Grande Bretagne ou la Banque d’Angleterre a opté également pour la politique de la planche à billets, la situation n’a rien de très enviable. En effet si la croissance du PIB atteint en 2014 les 3% et le chômage s’est réduit aussi aux environs de 6.5%, le déficit budgétaire atteint encore 6 % soit le double de ce qui est autorisé par les accords de Maastricht pour les pays de l’Euro et la dette est passée de 84.29% en 2011 à 88.80% en 2012, 92.14% en 2013 et 95.25% en 2014 dépassera inéluctablement le seuil des 100% du PIB. Au Japon ou la Banque Centrale se met elle-aussi à faire marcher la planche à billet pour tenter de relancer la croissance et lutter contre la déflation, la dette atteint déjà un record mondial à 227% du PIB. En Italie, pays membre de l’Eurogroupe ou jusqu’à présent la BCE ne s’est pas engagé dans une politique de la planche à billets comme les USA, la Grande Bretagne et le Japon et dont la croissance du PIB stagne mais le déficit budgétaire respecte en 2014 la règle des 3 % maximum, la dette dépasse les 135 % du PIB. La France qui n’arrive pas à respecter cette norme des 3% continue de voir sa dette publique augmenter et dépasser désormais les 100% du PIB comme les USA. Et même la vertueuse Allemagne qui a réussi à équilibrer son budget voit sa dette atteindre en 2014 les 78% de son PIB à un moment où France et Italie voudraient la voir accepter un relâchement de la discipline budgétaire. Or la politique consistant à augmenter considérablement la masse monétaire a permis ramener à près de 0 les taux à court terme et aux grands Etats d’emprunter à des taux historiques sur 10 ans de 1% pour l’Allemagne et de 1.20 % pour la France sans qu’aucun des grands Etats USA, Grande Bretagne, Japon, France , Italie et même Allemagne n’ait réussi à revenir en dessous du seuil de 60%. Sans remontée de l’inflation, comment pourront-ils faire pour y parvenir lorsque les taux devront remonter si on ne veut pas mettre en péril toute une partie des modes de financement par capitalisation notamment des retraites ? Seule la Suisse avec son frein à l’endettement a réussi à rester nettement en dessous du seuil de 60 % de son PIB. Mais alors que la BNS a considérablement réduit ses réserves d’or de 2500 tonnes avant 2000 à environ 1000 tonnes aujourdhui, elle se trouve contrainte elle-aussi, bien qu’elle bénéficie d’une croissance très enviable de son PIB, de faire néanmoins marcher la planche à billets pour acheter surtout des euros mais également des dollars pour empêcher une montée inexorable du franc suisse qui compromettrait cette croissance. Face à cette situation gravissime de l’endettement des Etats, on comprend plus facilement que certaines personnes de bon sens en Suisse se rappellent ce jour fatidique du 15 aout 1971 ou le Président Nixon a décidé de la non convertibilité du dollar en or ouvrant la porte à une émission monétaire incontrôlée qui va vite devenir incontrôlable et aient lancé une initiative obligeant la Banque Nationale Suisse à remonter de 7 à 20 % en 5 ans et que le Sénateur Républicain Ron Paul ait fait savoir qu’il approuvait une telle initiative qui si elle est acceptée créera un véritable cataclysme.

DETTES PUBLIQUES- CROISSANCE-DEFICITS PUBLIQUES-CHOMAGE-EMISSION MONETAIRE-BANQUES CENTRALES-USA-ROYAUME UNI-JAPON-ITALIE-INITIATIVE SUISSE SUR L’OR-
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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 16:50

Alors que l’Alsace se bat pour rester indépendante en refusant d’appartenir à une Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et poursuit son projet avorté de fusion de ses deux départements, arguant à juste titre par comparaison avec l’Allemagne Fédérale voisine notamment que ce n’est pas la taille qui compte mais la puissance économique,

alors que la Bretagne manifeste elle-aussi pour obtenir le rattachement de Nantes et du département de Loire Atlantique,

que font les habitants de la Savoie, qui après avoir déjà vu leurs élus leur faire avaler la couleuvre de l’absorption par la Région Rhône-Alpes, voient leurs élus actuels, souvent toujours les mêmes qu’à l’époque, accepter le principe d’une intégration à une grande région Rhône-Alpes-Auvergne ?

Rien, ou pratiquement rien !

Si ce n’est qu’après avoir longtemps refusé de suivre l’exemple alsacien notamment en ce qui concerne leur projet de fusion des deux départements, les mêmes s’y rallient soudain avec d’autant plus d’empressement que cette fois bon nombre d’élus de base leur ont fait prendre conscience que non seulement ils pèseront encore moins dans une grande assemblée de Rhône-Alpes-Auvergne mais surtout ils perdront, avec la suppression de leurs deux départements programmés dès lors qu’ils ne constituent pas des départements ruraux susceptibles d’être maintenus, la proximité qu’ils avaient avec leurs conseillers généraux. Que peut-on attendre d’hommes politiques qui ayant fait choix d’une carrière nationale voire européenne comme des Barnier, Gaymard .. et autres qui se verraient certainement mieux à la tête d’une future Région Rhône-Alpes-Auvergne que d’un Région Savoie qui économiquement pèse pourtant autant que la Suisse Romande hors de l’Union Européenne, plus que la Slovénie ou le duché du Luxembourg et de plusieurs Etats de l’Union et plus que bon nombre de régions d’Allemagne, d’Espagne ou d’Italie… ?

Rien si ce n’est la défense de leur carrière politique personnelle !

Ce n’était certainement plus avec le projet d’amendement voué à l’échec ci-dessous défendu par Mr Gaymard que la Savoie pouvait espérer sauver sa cause :

« La parole est à M. Hervé Gaymard, pour soutenir l’amendement no 383.

M. Hervé Gaymard. Cosigné par huit des dix députés des départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, cet amendement fait suite à l’initiative que nous avons prise avec Christian Monteil, le président du conseil général de la Haute-Savoie, de proposer la création d’une collectivité territoriale Savoie-Mont-Blanc dans le cadre de l’article 72 de la Constitution. La Savoie remonte à la plus haute Antiquité, comme aurait pu l’écrire l’Auvergnat Alexandre Vialatte. Dans la période contemporaine, elle a été française à deux reprises : de 1792 à 1815 et depuis 1860. Lors de la première période, la province de Savoie a pour l’essentiel été administrée dans le cadre d’un département qui portait le nom du Mont-Blanc. Lorsque la Savoie est redevenue française en 1860, deux départements ont été créés : la Savoie et la Haute-Savoie. Depuis cette époque et surtout depuis la décentralisation de 1982, les deux départements ont, de manière croissante, travaillé ensemble. La proposition qui vous est soumise est née de l’annonce qui a été faite d’une réforme territoriale profonde. Les deux départements savoyards appartiennent à la région Rhône-Alpes. Je le dis d’emblée : cette proposition ne tend pas à les en faire sortir. Compte tenu de la création plus que probable de la très grande région Rhône-Alpes-Auvergne, et dans un secteur composé de plusieurs villes d’une certaine importance mais dépourvu de métropole, il nous semble toutefois qu’il est nécessaire de disposer d’un échelon de proximité. Nous avons donc pensé que l’article 72 de la Constitution, déjà utilisé pour créer la collectivité rassemblant le Grand Lyon et le département du Rhône, pouvait être utilisé pour créer cette collectivité à statut particulier. Au cours du débat, monsieur le ministre, nous avons fait le tour de l’ensemble des provinces de France. « La France se nomme diversité », écrivait Fernand Braudel que l’on cite souvent à tort et à travers. Les pays de Savoie participent de cette diversité. Si la réforme, telle que vous nous la proposez, est adoptée dans son épure initiale, les Pays-de-Savoie disparaîtront puisqu’il n’y aura plus aucun centre de décision autonome, ni à Chambéry, ni à Annecy – ce qui est d’ailleurs contraire à l’esprit des lois de décentralisation de 1982. C’est la raison pour laquelle nous faisons cette proposition. Nous sommes aujourd’hui en première lecture et j’ai bien conscience que cette proposition doit être affinée dans la concertation. En ce qui concerne le régime électoral que nous pourrions mettre en place, notre amendement propose de maintenir le régime électoral de droit commun tel qu’il est issu de la dernière loi réformant le scrutin pour les élections départementales. Quant aux compétences, il nous paraît évident que certaines d’entre elles doivent être exercées à l’échelon régional. Je pense notamment aux transports, qu’ils soient ferroviaires ou routiers, car il semble que, dans la future loi sur la répartition des compétences, la région deviendra, au côté de l’État, l’autorité organisatrice de droit commun des transports. Je pense également à l’éducation, à l’emploi et à la formation : le fait que les collèges et les lycées soient gérés au niveau régional, ainsi que la formation professionnelle, nous semble une très bonne chose. Nous voulons néanmoins garder, dans l’enceinte territoriale des Pays-de-Savoie, la maîtrise d’un certain nombre de politiques. Je pense en particulier à la politique de développement économique sous tous ses aspects, qu’il s’agisse de soutien aux entreprises, de l’agriculture de montagne ou du tourisme. Ce sont d’ailleurs des compétences que nous exerçons déjà en très bonne harmonie avec la région Rhône-Alpes et, de ce point de vue, la création d’une telle collectivité territoriale ne changerait pas grand-chose à la situation actuelle. Je terminerai mon propos par une dernière remarque. Les femmes et les hommes de ces départements ont construit patiemment, depuis des décennies, notamment depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, un modèle de développement économique, social et culturel original. Nous avons la conviction qu’un certain nombre de réalisations et de caractéristiques de nos Pays-de-Savoie n’existeraient pas aujourd’hui si des initiatives n’avaient pas été prises localement, depuis Chambéry et Annecy. Au demeurant, la philosophie de la décentralisation de François Mitterrand était de faire confiance à l’inventivité territoriale. Nous voulons garder cette capacité de création, d’inventivité et d’initiative, parce que si, demain, des structures délibératives disparaissaient dans nos Pays-de-Savoie Mont-Blanc pour être transférées dans une grande assemblée qui réunirait Rhône-Alpes et l’Auvergne, avec beaucoup moins de décideurs, il n’en serait pas de même. Pour toutes ces raisons, monsieur le ministre, nous vous faisons cette proposition. Nous avons conscience que nous devons travailler ensemble et que nous allons, dans les semaines qui nous séparent de la prochaine lecture de ce projet de loi, d’abord au Sénat puis à l’Assemblée nationale, affiner ces propositions. Nous vous avons entendu au Sénat, ici en commission des lois, et dans cet hémicycle. Vous avez dit à plusieurs reprises que le Gouvernement mettait sur la table un projet de réforme territoriale global, la première phase étant le redécoupage territorial, la seconde visant à la disparition programmée des départements tels qu’ils existent aujourd’hui. Vous avez entendu la position d’un certain nombre d’élus en France – dont beaucoup appartiennent à votre majorité –, élus de secteurs ruraux ou montagnards, dans lesquels il n’y a pas de fait métropolitain. C’est dans l’état d’esprit qui semble vous animer que nous vous faisons cette proposition. Chers collègues, nous vous remercions par avance de la soutenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

Mme la présidente.

Quel est l’avis de la commission ?

M. Carlos Da Silva, rapporteur.

Il faut le dire, c’est une proposition intelligente, que M. le ministre Gaymard a exposée avec calme et sérénité. Mais il reconnaît lui-même qu’elle n’est pas aboutie. Au fond, il veut prendre date, dire le travail qui a été déjà été fait et celui qui resterait à faire. Je peux simplement dire que la commission des lois a émis un avis défavorable.

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Bernard Cazeneuve, ministre.

Le souhait du Gouvernement, en engageant cette réforme des collectivités territoriales, est de faire œuvre de clarification et de rationalisation. Vous proposez, monsieur Gaymard, de fusionner deux départements, ce qui pourrait, à la limite, se concevoir puisque nous aurions une collectivité locale de moins. Ce qui est plus gênant, dans l’amendement que vous présentez, c’est qu’il vise à conférer à ces deux collectivités locales fusionnées un statut particulier comparable à celui qui a été conféré à d’autres collectivités au terme de procédures législatives longues, qui ne se réduisaient à un amendement. En outre, cette collectivité locale à statut particulier se trouverait, précisément en raison de ce statut, investie de certaines compétences qui peuvent être celles des grandes régions que nous proposons de constituer. Vous feriez donc œuvre de simplification en réduisant le nombre de collectivités locales en Savoie et en Haute-Savoie, mais en complexifiant considérablement la lisibilité de l’ensemble dans la région fusionnée. De plus, je le répète, vous présentez cette proposition par le biais d’un amendement, là où d’autres opérations à statut particulier ont, compte tenu de la complexité du sujet, quasiment fait l’objet de textes de loi. Je vous propose donc, si vous en êtes d’accord, de retirer cet amendement. Nous pourrions éventuellement nous rencontrer de manière à évoquer la nature du projet. Faute de retrait, j’émettrai un avis défavorable, pour les mêmes raisons que le rapporteur.

Mme la présidente. La parole est à M. Hervé Gaymard. M. Hervé Gaymard.

Je maintiens l’amendement, mais je prends acte de l’invitation du ministre à poursuivre ce travail. Mme la présidente.

La parole est à Mme Bernadette Laclais. Mme Bernadette Laclais.

Je reconnais l’innovation dont les Savoyards savent faire preuve, notamment lorsqu’il s’agit de défendre leur territoire. Je me suis toujours associée non seulement aux démarches qui visent à renforcer la mutualisation et la rationalisation, mais également à celles qui tendent à donner plus de force à nos départements de Savoie, notamment au sein de la région Rhône-Alpes où, pour y avoir siégé de nombreuses années, j’ai pu constater qu’il était parfois difficile de faire reconnaître la spécificité d’un département à la démographie peu élevée. Vous avez parlé de sa spécificité historique. On peut aussi parler de sa spécificité géographique puisque l’ensemble Pays-de-Savoie a la particularité d’être limitrophe de deux pays, ce qui est assez rare pour une région, l’Italie et la Suisse. Quant à sa spécificité économique, elle tient au fait que 50 % de son produit intérieur brut est issu des aménagements touristiques mis en place à l’initiative des collectivités, dont une que vous connaissez bien, monsieur Gaymard. Enfin, vous avez rappelé les politiques développées en matière d’agriculture comme en matière universitaire, qui font également la spécificité de ce territoire. Vous avez reconnu vous-même les limites de l’exercice auquel nous sommes soumis puisque nous sommes amenés à débattre de ce sujet dans la dernière ligne droite de cette première lecture. Le débat ne s’est pas tenu en amont, alors qu’il aurait pu l’être depuis l’annonce faite par le Premier ministre. D’où la difficulté de se positionner aujourd’hui au regard de ce choix, sur la forme. Sur le fond, je voudrais souligner une ambiguïté, que vous avez quelque peu levée dans votre propos, monsieur Gaymard. La démarche proposée s’inscrit-elle au sein de la région Rhône-Alpes ? Si vous répondez à cette question par l’affirmative, vous émettez néanmoins le souhait de voir transférer à cette entité des compétences qui sont clairement dévolues à la région ; c’est ambigu. Pour certaines compétences, la proximité pourrait être extrêmement intéressante. En revanche, dans le domaine économique, même s’il y a une spécificité des territoires de Savoie, certaines filières sont portées par la région et je vois mal à comment les choses pourraient s’articuler. Je ne souhaite pas voter contre cet amendement, s’il n’est pas retiré. Cela étant, je ne peux pas non plus y souscrire aujourd’hui, pour les raisons que je viens d’évoquer et parce que le débat doit avoir lieu, non seulement ici, dans cet hémicycle – et un amendement n’est peut-être pas la meilleure façon de le faire –, mais aussi dans nos territoires, pour bien faire comprendre les choses. Car même si les conseillers départementaux se sont exprimés, il n’en demeure pas moins que beaucoup de nos concitoyens gardent en mémoire que les deux départements n’ont pas toujours été capables d’adopter des positions communes. Je pense au débat sur la réouverture des tunnels du Mont-Blanc et du Fréjus, à la liaison Lyon-Turin ou au développement de notre université, il y a quelques années de cela. Les choses se sont très nettement apaisées, sous la présidence de M. Monteil, puis sous la vôtre, monsieur Gaymard, au sein de l’assemblée des Pays-de-Savoie. Toutefois, il faut expliquer le sens de cette démarche et des politiques qui pourraient être menées entre les deux départements, car l’un d’eux reste souvent perçu, par nos voisins, comme étant un peu moins gâté, avec le sentiment qu’il pourrait être quelque peu relégué dans le cadre d’une discussion à deux. Les choses ont besoin de mûrir, d’être éclaircies, concernant notamment les intentions, mais aussi sur la possibilité d’aboutir dans le cadre de ce texte, qui vise à éviter que des collectivités se trouvent en concurrence avec la région, et à clarifier les compétences. Il est nécessaire d’avoir, sur ce point, une explication, qui soit claire pour nos concitoyens.

Mme la présidente. La parole est à M. François de Rugy.

M. François de Rugy.

Je pensais que M. Gaymard, qui a défendu, au nom du groupe UMP, une motion de procédure au début de notre débat, défendrait l’idée d’une collectivité particulière pour la Savoie. Nous avons, par le biais de son amendement, un débat sur ce sujet, que je trouve intéressant, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, sur la forme. Je l’ai dit dans la discussion générale, nous, écologistes, pensons qu’il faudrait, en France, pousser plus loin l’idée, qui existe déjà, d’un statut différencié. En effet, nous avons tort de vouloir organiser les différents échelons politico-administratifs de la même façon, alors que notre territoire est extrêmement diversifié, tant du point de vue de l’histoire que de la géographie. La Savoie nous en offre, comme l’a dit Mme Laclais, un exemple extrêmement parlant puisqu’il s’agit d’une zone de montagne : on ne peut pas organiser les choses de la même façon dans une zone de montagne et dans un département comme le mien, qui est totalement plat. Pourtant, on se rallie à l’idée reçue selon laquelle la France serait uniformisée, tout le monde devant être – c’est la tradition française – soumis au même statut. C’est une pensée dominante, une pensée unique parmi les élites politico-administratives de notre pays. Or, beaucoup de statuts différenciés ont été construits au fil du temps, par le Parlement, d’ailleurs. On en a peu parlé dans ce débat, mais c’est le cas pour les outre-mer, dont personne ne conteste l’appartenance pleine et entière à la France. C’est aussi le cas pour la Corse, qui a, depuis de nombreuses années, un statut particulier. Il y a également eu des tentatives en Alsace. On vient de nous parler de la Savoie. Le président de la commission Jean-Jacques Urvoas, plaide, lui, pour une assemblée de Bretagne. M. Michel Piron. Il y a longtemps qu’on n’en avait pas parlé ! M. François de Rugy. Il a même écrit un livre sur le sujet. Sa démarche est, à bien des égards, la même que celle que vous proposez, monsieur Gaymard. J’y suis, quant à moi, tout à fait favorable car elle s’accorde au fond avec celle que nous promouvons selon laquelle les organisations institutionnelles doivent correspondre et pour ainsi dire coller aux spécificités territoriales. Il est vraiment intéressant d’entendre deux députés de la même région, du même territoire mais de deux bords politiques différents, M. Gaymard de l’UMP et Mme Laclais du PS, tenir des discours convergents. J’ai été très sensible aux difficultés dont vous avez fait part, madame Laclais, à faire entendre la voix de la Savoie au sein du conseil régional où vous avez longtemps siégé. Cela me ramène à notre texte. Il engendrera de fait des régions agrandies dans lesquelles il sera peut-être encore plus difficile de faire entendre la voix de certains territoires. Sur le fond, nous sommes pour notre part favorables à la fusion des régions et des départements, qui est inenvisageable dans le cadre de très grandes régions, je le crains. Elle aura peut-être lieu un jour en Normandie ou en Bretagne mais personne, me semble-t-il, ne plaidera pour la disparition des conseils généraux dans une grande région comme Rhône-Alpes-Auvergne ou comme Champagne-Ardennes-Lorraine-Alsace si tant est qu’elle survive aux différentes lectures du texte. Dans ces conditions, des propositions semblables à celle de M. Gaymard de simplification et de regroupement sur des bases solides et voulues par les populations, comme la fusion de deux conseils généraux dans une entité unique, me semblent intéressantes. Certes, il ne faudrait pas, comme l’a souligné Mme Laclais, qu’émerge une région dans la région, mais il est peut-être possible d’imaginer, comme le prévoit d’ailleurs le second texte de loi, que par convention la région délègue certaines de ses compétences. Enfin, je comprends la réponse de M. le ministre renvoyant la question à plus tard tout en montrant l’intérêt qu’il lui porte, car cette proposition met en lumière l’une des ambiguïtés de la démarche actuelle consistant à annoncer la suppression des conseils généraux alors même qu’en créant de grandes régions, elle aura sans doute leur survie pour conséquence.

Mme la présidente. La parole est à M. Frédéric Reiss.

M. Frédéric Reiss.

Je soutiens la démarche originale proposée par M. Gaymard et ses collègues consistant à créer une collectivité territoriale de Savoie-Mont-Blanc. Vous vous rappelez sans doute nous avoir dit la nuit dernière, monsieur le ministre, en réponse à la proposition des Alsaciens d’une collectivité unique, dont nous savons le sort, fusionnant la région avec les deux départements, que rien n’empêche les treize députés alsaciens de proposer une collectivité au sein de la nouvelle région Champagne-Ardennes-Alsace-Lorraine en fusionnant les deux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. La démarche dont nous discutons me semble tout à fait analogue, même si la question de ce qui se passera après 2020, date de la suppression annoncée des départements, a été soulevée. M. Michel Piron. Dévitalisation ! M. Frédéric Reiss. Ce que propose M. Gaymard s’inscrit dans le droit fil de la réponse que vous nous avez faite cette nuit, monsieur le ministre. Certes, entre l’Alsace et la Savoie, nos histoires diffèrent quelque peu. L’Alsace est une plaine bordée de montagnes un peu moins hautes que celles de Savoie, mais les deux régions présentent des identités fortes et des spécificités marquées. Je soutiens donc la démarche et d’après ce que j’ai compris, monsieur le ministre, vous ne fermez pas tout à fait la porte. Bien entendu, nous sommes prêts à travailler à une proposition constructive qui nous intéresse.

M. Claude Sturni. Bravo !

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Christophe Fromantin.

M. Jean-Christophe Fromantin.

L’initiative présentée par l’amendement dont nous débattons est intéressante car elle nous mène dans un mode qui n’est pas statutaire, réglementaire ou d’imagination d’une collectivité particulière. Au contraire, elle nous amène à réfléchir à un projet et place le mode projet au cœur de notre débat. En l’espèce, le projet présente une cohérence pour des raisons économiques, sociales et territoriales. Ce territoire de projet me semble extrêmement intéressant. En outre, cette proposition offre l’occasion de réfléchir à la contractualisation, qui n’a rien d’incompatible avec notre texte et l’actualité des grandes régions. Pour autant qu’un territoire, comme c’est le cas de celui dont nous parlons, présente justement la particularité de faire l’objet d’un projet de territoire durable et pertinent, nous aurions tout avantage à imaginer des formes contractuelles. Mme la présidente. La parole est à M. Michel Piron. M. Michel Piron. Je trouve en effet l’amendement intéressant, pour des raisons tout à fait différentes de celles exposées par M. de Rugy, on le comprendra aisément, et qui sont plus proches de celles que vient d’exposer mon collègue M. Fromantin. Premièrement, nous sommes en effet en présence de deux départements présentant une forte spécificité qui ne proposent ni de remettre en cause ni le périmètre régional ni la région à l’intérieur desquels ils se trouvent. Ils proposent une formule originale de collectivité en fusionnant deux autres et susceptible de contractualiser par subsidiarité avec la région. En gardant à l’esprit que l’amendement est sans doute un amendement d’appel, j’y lis que « des aménagements sont précisés par la loi pour ce qui concerne notamment les routes, le développement économique, le patrimoine et l’éducation ». N’est-ce pas l’anticipation de la loi sur les compétences dont nous débattrons à l’automne, monsieur le ministre ? En tout cas ce n’est pas contradictoire. Fût-ce un texte d’appel, cet amendement est assez ouvert tout en étant extrêmement respectueux de l’architecture proposée aujourd’hui. Il me semble qu’il mérite pour le moins un grand intérêt.

Mme la présidente. La parole est à M. Marc Le Fur.

M. Marc Le Fur.

Qu’est-ce que le génie français ? Il est comme la grammaire française, où la règle coexiste avec l’exception. Elle est même d’autant plus admise qu’il y a des exceptions. L’exception, en l’espèce, s’appelle expérimentation. Comme le disait très justement notre collègue de Rugy, il existe des exceptions outre-mer, en Corse mais aussi sur le territoire continental : la conjonction à Paris d’une commune et d’un département en est une ! M. François de Rugy. Évidemment ! M. Marc Le Fur. Nous en avons vu naître une, que pour ma part je juge intelligente, lorsqu’une métropole est devenue département à la suite d’un accord entre MM. Collomb et Mercier. Voilà des choses qui se font sereinement, discrètement et positivement. Elles n’ont pas vocation à être dupliquées car chacun a sa solution. Il a existé dans cette assemblée une grande voix qui parlait souvent d’expérimentation, Pierre Méhaignerie. Il me semble que nous pouvons nous en inspirer et la manière dont Hervé Gaymard présente les choses me semble tout à fait positive. À l’évidence, il convient que nous nous donnions les voies et les moyens pour favoriser une telle évolution.

Mme la présidente. La parole est à M. Hervé Gaymard.

M. Hervé Gaymard.

Je ne voudrais pas que la Savoie prenne plus de place que la Bretagne ou l’Alsace dans cet hémicycle !

M. Hugues Fourage.

Impossible !

Mme Sandrine Mazetier.

Il y a de la marge ! (Sourires.)

M. Hervé Gaymard.

Je remercie M. le ministre, M. le rapporteur et mes collègues qui ont donné leur avis sur le sujet et ferai quelques remarques complémentaires. Tout d’abord, depuis 2001, les deux départements de Savoie et de Haute-Savoie mènent une expérimentation sous la forme de l’assemblée des Pays-de-Savoie, qui les surplombe et à laquelle les deux conseils généraux ont confié toutes les compétences non obligatoires, c’est-à-dire le développement économique, le tourisme, la culture, les événements sportifs, l’université – dont parlait tout à l’heure Bernadette Laclais en me rappelant à l’ordre parce que je l’avais oubliée – et beaucoup d’autres compétences. Toutes sont maintenant exercées par l’assemblée des Pays-de-Savoie et ne sont plus inscrites au budget de chaque conseil général. Nous avons donc mené une véritable politique stratégique en matière de compétences de développement et d’animation culturelle, touristique et patrimoniale. Fusionner l’assemblée des Pays-de-Savoie avec les deux conseils généraux dans une collectivité territoriale Savoie-Mont-Blanc nous semble donc aujourd’hui une démarche naturelle. Ensuite, nos prédécesseurs, auxquels il faut rendre hommage, ont développé depuis la Deuxième Guerre mondiale dans les deux départements des initiatives assez intéressantes. Je ne prétends pas qu’elles sont originales, car partout en France créativité et innovation se sont manifestées, mais par exemple nos collègues, au sortir de la guerre, alors que les tickets de rationnement avaient encore cours, ont décidé de créer la station de Courchevel, demeurée très longtemps régie départementale. Je l’ai transformée en société d’économie mixte dans laquelle le département est majoritaire et, grâce aux profits de la station, nous avons créé notre FSI locale. Notre holding Savoie Stations Participation investit dans des entreprises et des stations de ski de moyenne montagne dans le cadre de l’aménagement du territoire afin que les grandes stations d’altitude ne soient pas seules favorisées, le tout avec les banquiers et investisseurs locaux. Nous nous sommes ainsi efforcés de créer un écosystème de développement. On pourrait dire la même chose de l’Institut national de l’énergie solaire développé en partenariat avec le CEA et la région Rhône-Alpes. Nos collègues haut-savoyards ont fait de même en matière de développement économique, sans parler de la filière bois pour laquelle nous avons pris des initiatives conjointes extrêmement intéressantes. Notre proposition ne vise donc pas, ce sera ma troisième remarque, à retirer des compétences à la région – je sais que nous ne sommes pas en train de débattre de la loi sur les compétences – puisqu’il s’agit d’actions que nous menons depuis cinquante ans, et cela ne se passe pas trop mal, sans être parfait mais rien n’est parfait en ce bas monde. Dès lors, pourquoi changer ce qui marche ? Telle est aussi la motivation de notre démarche. En outre, comme nous sommes également des adeptes du principe de subsidiarité, il nous semble qu’à l’échelon d’une très grande région comme Rhône-Alpes-Auvergne, ce pôle de développement et d’innovation territoriale doit absolument être maintenu. Enfin, ma dernière remarque porte sur le nombre d’élus. À l’issue des prochaines élections départementales, la Savoie comptera trente-huit élus départementaux et douze élus régionaux, soit cinquante en tout. Si le conseiller territorial avait été mis en place, elle en compterait vingt-quatre. L’application de la loi telle que vous la proposez, monsieur le ministre, et en imaginant que les départements soient supprimés, ne nous laissera que sept élus départementaux sur 150, qui siégeront à Lyon. Autrement dit, au sein du futur grand conseil régional, ils ne pèseront pas lourd et perdront en outre leur capacité d’animation économique sur le terrain et leur proximité avec les citoyens. Or, ce que veulent les citoyens, c’est de la réactivité, de la proximité et de l’humanité. M. Thierry Benoit. Tout à fait ! M. Hervé Gaymard. Je suis très sensible à ce qu’a dit M. de Rugy et pense comme lui qu’il faut regarder la France telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait qu’elle soit, caractérisée par une organisation homothétique identique sur tous les territoires ne prenant en compte ni leur courbe d’expérience ni leurs caractéristiques intrinsèques. J’ai bien conscience et j’ai dit que mon amendement a en réalité pour but d’ouvrir le débat. Ce débat, dans les Pays-de-Savoie, nous l’avons depuis un certain nombre d’années, mais il faut bien dire que les propositions de réforme territoriale l’accélèrent et l’amplifient. Au cours des semaines et des mois à venir, en attendant la deuxième lecture, nous avons l’intention, acteurs économiques et sociaux et élus locaux, de nourrir le débat et de formuler des propositions. Je ne vous dis pas, monsieur le ministre, que notre proposition finale sera exactement celle qui figure dans mon amendement, car il fallait bien en faire une qui servît de base, mais en tout cas tel est l’état d’esprit dans lequel nous entendons travailler. Je salue d’ailleurs l’état d’esprit constructif de Bernadette Laclais à propos de ce sujet très important. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.)

M. François de Rugy.

Très bien !"

Et comme il fallait s’y attendre l’amendement n’a pas été adopté pas plus que ne le sera un éventuel projet de loi. Les élus de Savoie depuis 1972 n’ont jamais voulu admettre leur erreur en ne se battant pas alors pour la création d’une Région Savoie et ne sont pas, pour ceux qui sont encore élus 40 ans plus tard, les mieux placés pour aujourdhui défendre la cause désormais bien compromise d’un duché qui aurait parfaitement pu espérer non seulement avoir le statut de Région française mais même celui d’Etat , membre de l’Union Européenne comme le Duché de Luxembourg si ses élites ne s’étaient pas ralliées aussi facilement à une France foncièrement jacobine qui n’admet pas les statuts particuliers comme l’admet l’Italie, avec par exemple le Val d’Aoste. Ce n’est qu’en manifestant en masse rapidement comme l’ont fait les Alsaciens et les Bretons que l’on obtiendra des élus de Savoie, un peu trop soucieux de leur carrière politique, régionale, nationale ou européenne (qui les fait vivre assez grassement) prennent enfin la mesure d’un combat que leurs prédécesseur n’ont jamais eu le courage de mener non seulement depuis l’Annexion de 1860 mais depuis 1792 . Et l’on peut s’étonner que les Régionalistes de Savoie n’aient pas encore organisé une Manifestation à Chambéry de l’ampleur de celles des Alsaciens ou des Bretons !

France-Reforme territoriale-Alsace-Bretagne- Savoie…….même combat
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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 12:48

La Défense Opérationnelle du Territoire, en liaison avec les autres formes de la défense militaire et avec la défense civile, concourt au maintien de la liberté et de la continuité d'action du Gouvernement, ainsi qu'à la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la nation. Les autorités militaires auxquelles incombe son exécution ont pour mission :

1° En tout temps, de participer à la protection des installations militaires et, en priorité, de celles de la force nucléaire stratégique ;

2° En présence d'une menace extérieure reconnue par le conseil de défense ou d'une agression, d'assurer au sol la couverture générale du territoire national et de s'opposer aux actions ennemies à l'intérieur de ce territoire ;

3° En cas d'invasion, de mener les opérations de résistance militaire qui, avec les autres formes de lutte, marquent la volonté nationale de refuser la loi de l'ennemi et de l'éliminer.

Force est de constater, sans être un spécialiste des questions de défense, que l’on ne voit pas comment elles peuvent être sérieusement remplies avec les effectifs actuels. Toutes les missions concernant la défense du territoire et la DOT n'ont pas fondamentalement changé avec la professionnalisation des armées. Concernant les deux premières missions qui incombent essentiellement à la gendarmerie, il est patent que celle-ci avec son nombre réduit de réservistes ne peut les remplir notamment en ce qui concerne la surveillance et la protection qui devrait être quasi permanente des points sensibles pour être dissuasive, à laquelle il faut ajouter les missions de surveillance des plans Vigipirate ou Sentinelle.. En effet ce n’est pas avec ses 18 groupements de gendarmerie mobile totalisant 108 escadrons de militaires de carrière auxquels il convient d’ajouter 46 escadrons de réservistes soit environ 25 000 hommes plus ou moins facilement mobilisables que la Gendarmerie peut remplir ces missions. L'armée de terre a pour mission de renforcer la défense d'un nombre limité d'installations de la force nucléaire stratégique relevant de la marine ou de l'armée de l'air, en mettant en place les moyens planifiés. Elle intervient au profit des points sensibles menacés, en renforcement ou en relève de la gendarmerie, et mène des opérations destinées à éliminer les éléments hostiles du territoire. Elle facilite les mouvements, les transits et l'écoulement des flux logistiques de surface de nos forces et des alliés. Son domaine de responsabilité s'étend à l'ensemble du territoire national, y compris au littoral terrestre. La gendarmerie nationale recherche, élabore et diffuse le renseignement de défense. Elle assure, en temps de paix comme en temps de crise, et jusqu'à l'engagement offensif des forces, la protection et la défense des points sensibles civils et des services communs indispensables, ainsi que l'intervention immédiate au profit des points sensibles menacés. Elle aide également à la montée en puissance et aux mouvements des forces militaires sur le territoire national dans le cadre de la circulation routière de défense, et participe, dans la mesure de la disponibilité de ses moyens, à des actions de combat visant à détruire ou à neutraliser des éléments ennemis. Elle continue de remplir ses missions permanentes de service public dans les domaines administratif, judiciaire et militaire. Les missions de l'armée de l'air sont d'appuyer les opérations offensives menées par les forces armées à l'intérieur du territoire, et d'assurer, éventuellement, les appuis transport et renseignement au profit des autres armées. Enfin, la marine nationale intervient au profit des points sensibles menacés du Commandement de la défense du Finistère (CDF) et des secteurs territoriaux marine (STM), en renforcement ou en relève de la gendarmerie. Elle mène les opérations visant à éliminer les éléments hostiles de ses emprises territoriales, et participe à la défense des districts de sûreté portuaire des ports de commerce d'intérêt majeur. Elle participe, depuis la mer, aux opérations engagées, le cas échéant, sur le littoral. Au sol, son domaine territorial comprend l'emprise territoriale du CDF, les STM de Cherbourg, Lorient et Toulon, et toutes les installations de la marine situées hors de ces aires géographiques, telles que les bases navales et de l'aéronautique navale, les stations de transmissions sémaphores et les postes de commandement. Or depuis cette professionnalisation de l’Armée de Terre Française et la réduction massive de ces effectifs, la France ne dispose plus que de 9 brigades composées de 20 Régiments d’Infanterie susceptibles de combattre totalisant environ 27 000 hommes soit moins de 10 000 hommes pouvant au même moment se battre sur le territoire national ou sur des théâtres extérieurs en admettant qu’ils disposent de moyens d’appuis et de soutiens suffisants. Et l'appoint de la Réserve Opérationnelle militaire de 25 000 hommes environ reste trés limité dans la mesure oû elle ne peut, à raison de 20 jours par an par hommes, mobiliser de manière permanente qu'environ 1000 soldats.

Compte tenu des interventions extérieures permanentes auxquelles l’armée a été amenées à participer ces dernières années auxquelles il ne peut être mis fin instantanément, les effectifs de l’armée terre qui peuvent être affectés à la Défense Opérationnelle du Territoire se réduisent à pratiquement rien. Surtout concernant la troisième mission en cas d’invasion du territoire nationale qui supposerait que celui de bon nombre des autres Etats de l’Otan le soient avant lui dans lesquels cette armée aurait eu à combattre, on peut être assuré qu’il n’en resterait rien ou pas grand-chose pour l’assurer. Dans ces conditions même si une telle menace n’est pas imminente et qu’on l’avait considérée comme improbable, il convient de s’y préparer. Avant néanmoins de remonter les effectifs de l’armée de terre et la réorienter davantage vers un combat sur le théâtre européen pour faire face à un éventuel risque d’invasion, la menace actuelle sur le territoire national implique de renforcer sans délai de manière très importante les effectifs de la Gendarmerie Mobile non par une augmentations limitée possible des Réservistes mais par le retour d’un rétablissement d'un Service militaire court de 3 mois généralisée encadrée par la Gendarmerie Mobile en utilisant tous les sites de camps et de casernes libérées par l’armée au cours de ces dernières années. Ces 3 mois se répartiraient en 6 semaines de formation de base ( maniement de l’arme individuelle et formation à la surveillance et au combat urbain) et 6 semaines d’affectation à la surveillance permanente des points et des espaces sensibles avec incorporation chaque début de trimestre d’un contingent d’environ 150 000 jeunes hommes et femmes de 18 ans non encore engagés dans un contrat CDI avec possibilité pour les étudiants d’être incorporés du 1er juillet au 30 septembre avec possibilité de report de 1 année.

France- Défense Opérationnelle du Territoire-Reserve Operationnelle Militaire- Service Militaire-Conscription- Armée Française- Corps Expéditionnaire-Politique Etrangère- Gendarmerie Mobile-Conscription- Rétablissement- Créations d’Escadrons de Gendarmerie d’Appelés- Affectation dans les Camps et casernes libérées par l’Armée de Terre- Encadrement par les Officiers et Sous-Officiers d’Active et de Réserve de la Gendarmerie Mobile
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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 19:03

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Depuis le 30 juin 2014, 400 marins russes montent par moitié à Saint Nazaire sur le Vladivostok, Bâtiment de Projection de type Mistral qui doit quitter Saint Nazaire à l’automne pour se former à la manœuvre de ce premier bâtiment baptisé Vladivostok sur les deux commandés par la Russie. Le deuxième baptisé Sebastopol.

Le Vladivostok   a été payé de sorte que sur le plan civil, un refus de livraison obligerait le constructeur non seulement à rembourser le prix mais à payer en plus à la Russie  des indemnités dont la France n’a actuellement pas les moyens. Certes l’on peut imaginer que pour « aider » la France les Etats de l’OTAN qui auront fait pression sur la France pour l’amener à une telle sanction en raison d’une aggravation probable de la crise entre la Russie et l’Ukraine trouveront une solution pour l’indemniser. Mais il n’en reste pas moins qu’une telle rupture de contrat pour des raisons de politiques internationales seraient du plus mauvais effet  pour les clients actuels et potentiels de l’industrie d’armement française qui n’a pas besoin de cela à un moment oû sa cliente sûre l’armée française est au pain sec.  

Mais le plus grave ne réside pas là. En effet si actuellement les deux équipages de marins russes logent sur le navire militaire russe le Smolny, il n’en reste pas moins qu’un équipage se trouve en permanence sur le Vladivostok.

Or le Président Poutine n’a aucune raison de changer de stratégie et le gouvernement français -qui a pu résister jusqu’à présent à la pression de ses alliés- aura bien du mal à louvoyer sur ce point jusqu’à l’automne et ferait mieux d’affirmer haut et fort, s’il veut sauver la face, qu’un contrat est un contrat et qu’il laissera partir le Vladivostok quelle que soit l’aggravation probable de la crise actuelle.

En effet scénario catastrophe auquel il ferait bien de réfléchir : celui oû le Président Poutine donnerait l’ordre à l’équipe des 200 marins russes de rester sur le Vladivostok  voire  même de quitter le port dès qu’ils seront suffisamment formés accompagnés du Smolny.

Imagine-t-on sérieusement que le gouvernement français donne l’ordre à la marine nationale de forcer l’équipage russe à descendre du Vladivostok ou l’empêche de partir alors que l’équipage du Smolny doit disposer d’un certain armement ?

Non ! Car à bon droit, ce serait un casus belli pour les Russes !

La France ne  prendra pas le risque d’une telle épreuve de force qui risquerait de l’amener à un conflit avec la Russie et du fait de sa qualité de membre de l’alliance Atlantique (OTAN) à une troisième guerre mondiale.

Souveraineté ou pas de l’Ukraine, celle-ci n’intégrera pas plus l’Otan qu’elle ne peut espérer adhérer  un jour à  l’Union Européenne sauf, s’agissant de cette dernière, le jour très lointain où ensemble  les ex-républiques de l’ex-Union soviétique regroupées dans l’Union Eurasienne décideront collectivement de rejoindre l’Union Européenne.

Il eut été raisonnable pour les gouvernants de l’Union Européenne de le comprendre et de le faire comprendre aux autorités de Kiev.

 

 

 

 

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 18:25

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Qui y a-t-il de commun entre  ces hommes politiques qui se croient ou se croyaient capables de sortir la France de la décadence ?

 

Les Présidents :

Sarkozy /Hollande

 

Les Premiers Ministres :

 Fabius /Balladur/ Juppé/ Jospin/ Raffarin/ de Villepin/ Fillon / Ayrault/Vals

 

Les Ministres de l’Economie et des Finances :

Delors/Sapin/ Alphandéry / Madelin/ Arthuis/ Strauss-Kahn/ Sautter/ Mer/ Gaymard/ Breton / Borloo / Lagarde / Baroin / Moscovici

 

Aucun n’a pris la mesure de l’inexorable augmentation de la Dette Publique française qui au-delà des 60 % du PIB leur retirait toute marge de manœuvre pour lutter contre la  montée du chômage qu’elle rendait tout inexorable.

L’appartenance de la France à l’Union Economique et Monétaire  européenne, depuis 1999, nécessite le respect de critères définis pourtant en 1991 par le traité de Maastricht, soit il y a plus de 20 ans, notamment :

  • un  déficit  annuel qui ne devrait pas excéder 3 % du PIB
  • une dette publique qui devrait rester inférieure à 60 % du PIB

Depuis 2007, la France ne respecte aucun de ces critères. Mais ne sont pas seuls responsables de cette situation les seules personnes citées ayant exercé leur fonction depuis cette année là mais toutes sont responsables de l’endettement de la France depuis 35  ans.

Or pour revenir à ces 60 %, sur la base d’un PIB qui stagne et d’une inflation nulle, il faudrait désormais revenir à 1200 milliards d’euros de dette alors qu’elle atteint aujourdhui 2000 milliards soit la diminuer de 800 milliards ce qui impliquerait  que la France  puisse affecter au remboursement de cette dette soit 20 milliards pendant 40 ans  soit  40 milliards pendant 20 ans quand le gouvernement actuel a toutes les peines du monde à économiser 50 milliards en 3 ans sans être capable pour autant de limiter à 3% le déficit budgétaire et donc même d’arrêter l’augmentation de cette dette.

Dans ces conditions, quel Français conscient pourrait envisager de faire confiance pour redresser la situation financière dramatique de la France à l’un quelconque de ces hommes ou femme politique ? Aucun !

Le salut de ne peut venir que d’un homme neuf susceptible de présenter une solution sérieuse à ce nécessaire désendettement qui ne passe certainement pas par le retour à une monnaie nationale.

Pour le moment, on ne voit vraiment pas lequel.

Espérons que  celui-ci ou celle-ci ne sera pas un nouveau Law !

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 09:28

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En septembre 2013, Vladimir Poutine résumait la position officielle russe :

« Nous voyons combien de pays euro-atlantiques rejettent leurs racines, y compris les valeurs chrétiennes qui constituent la base de la civilisation occidentale. Ils nient les principes moraux et toutes les identités traditionnelles : nationales, culturelles, religieuses et même sexuelles. »

 

Il est vrai que  la très grande majorité de nos Chefs d’Etat, Rois, Reines, Présidents des Etats Unis ou d’ Europe Occidentale, à une ou deux exceptions près d’un âge avancé, n’ont pas été depuis une quarantaine d’années d’une grande exemplarité, se complaisant à étaler ou à laisser étaler au grand jour les petites misères d’une vie privée fort médiocre dénuée de toute moralité, indigne des responsabilités de leur vie publique qui devrait leur imposer de faire preuve de courage et de dignité aux yeux de leurs concitoyens qui aspirent de plus en plus dans cette période difficile à faire confiance à des hommes ou femmes d’une moralité exemplaire.

Pourtant pour les Romains dont tous les Européens sont les héritiers, le sens de la  « dignitas » devait être  la qualité première de tout Homme qui se respecte.

Il est tout aussi vrai que l’on assiste en Europe Occidentale à une disparition des élites  et à la dictature médiatique de pseudo-philosophes bobos qui ont la prétention de croire que leur « lutte » pour les droits de l’homme est comparable à celui de l’Europe des Lumières alors  qu’il ne sont même pas capable d’apporter à leurs concitoyens désorientés par l’instabilité générale une lueur d’espoir dans une vie quotidienne de plus en plus noir. Et pourtant ce que souhaite plus ou moins consciemment la majorité des individus c’est la stabilité dans leur vie familiale, professionnelle, environnement social, moral…

Aujourdhui  un  sentiment de décadence  est partagée par un nombre croissant d’Européens de l’Union Européenne et surtout par  des Islamistes radicaux de plus en plus nombreux qui pensent renverser cette civilisation occidentale décadente et la convertir à l’ islam. Face à eux,  force est de constater que seule désormais la Russie orthodoxe constitue un rempart contre leurs attaques non seulement aujourdhui au Proche et Moyen Orient, non seulement en Afrique du Nord mais en Afrique noire mais également de plus en plus en Europe.

En effet, faute d’un Etat Fédéral européen non inféodé aux Etats Unis, cette décadence ne peut être stoppée.  Et les religions protestantes ou catholiques ne sont plus en mesure de redonner à l’Europe Occidentale la force de réagir.

Un rappel historique n’est pas inutile !

Si depuis le partage de  310 de l’Empire Romain en Empire Romain d’Occident, Rome) et Empire Romain d’Orient (Constantinople)  l’Empire  est restée divisée entre Occident et Orient :

1. Occident :

Après la chute de Rome en 476 et le renvoi par le germain  Odoacre des emblèmes impériaux à Constantinople, la restauration de l’Empire Romain d’Occident (le Ier Reich) a été réalisée par Charlemagne ( un Franc) en l’an 800 jusqu’en 924 (FrankReich) et sa nouvelle restauration par Othon le Grand (un Saxon)  en 962 sous forme d’Empire Romain Germanique jusqu’en 1806 après le couronnement comme empereur d’Occident de Napoléon Ier deux ans plus tôt.

Après la chute de Napoléon Ier en 1815  comme nouvel Empereur d’Occident (Improprement appelé Premier Empire alors  qu’en réalité « Deuxième Reich d’Occident »  français après Charlemagne)  puis la proclamation du Deuxième Reich (allemand)  à Versailles en 1871 après la disparition de l’Empire de Napoléon III, Hitler a échoué lui aussi dans sa tentative d’instaurer durablement, comme Napoléon Ier, un IIIème Reich qui s’est effondré en 1945.

Le «  IVème Reich d’Occident (Washington= IVème Rome) »  a été instauré de facto par les américains

2. Orient : après la chute de Constantinople en 1453,  l’empire russe (Moscou= IIIème Rome)  lui a succédé jusqu’ en 1917, puis « l’Empire Soviétique » a succédé à l’empire des tsars jusqu’à son effondrement en 1990 sous Gorbatchev.

En ce début du XXIème siècle, , l’Empire américain, ressemble de plus en plus à l’empire Romain d’Orient  dans le siècle précédent sa chute, endetté et plus capable de supporter le coût militaire de son rôle de gendarme de la planète alors que ses vassaux européens de l’Union Européenne sont tout autant incapables d’assurer seuls leur propre défense et pour des raisons budgétaires ne cessent de diminuer les ressources allouées à celle-ci.

Or les Américains au lieu de respecter la parole qu’ils avaient donnée à Gorbatchev pour obtenir la réunification de l’Allemagne et son intégration à l’Otan n’ont pas hésité non seulement  à intégrer à cette alliance les Etats d’Europe Centrale et les Etats Baltes dominés jusqu’en 1990 par l’empire soviétique qui devenaient membres de l’Union Européenne mais également de laisser miroiter à des Etats de l’Europe Orientale ( Géorgie, Arménie, Moldavie Ukraine ) anciens membres  comme les Etats Baltes de l’Union Soviétique et de l’empire Russe une possible adhésion à cette alliance faisant espérer à ces Etats une possible adhésion à l’Union Européenne alors qu’une telle adhésion ne présente pourtant guère d’intérêt pour l’Otan sur le plan militaire- si ce n’est que de la placer en frontière immédiate d’une Russie contre laquelle elle était dirigée du temps d’une alliance adverse du  pacte de Varsovie pourtant disparue - ni sur un plan économique pour l’Union Européenne.

On comprend aisément dans ces conditions, qu’une Russie renaissante des cendres de l’Union soviétique éprouve après un certain nombre d’avanies ( Kosovo, Libye, implantation des missiles anti-balistiques.  politique générale contradictoire à l’égard des islamistes radicaux….) que lui ont fait subir les Occidentaux,  perçoivent désormais l’Otan comme une alliance autrefois dirigée contre l’Union soviétique et aujourd’hui encore contre la Russie et par voie de conséquence , faute d’indépendance réelle de la politique étrangère de l’Union Européenne dont la majorité des états sont membres de l’Otan,  comme « sous-marin » des américains quand elle propose à des Etats comme l’Ukraine  de signer des accords de partenariat lui laissant espérer, qu’elle s’en défende ou non, une future adhésion alors qu’elle se garde de faire parallèlement des telles propositions à la Russie.

Pourtant dès lors qu’à la chute de l’Union Soviétique, les états qui en faisaient partie avait constituée entre eux la CEI et poursuivaient leur rapprochement dans le cadre d’une Union Eurasiatique, il eut été correct de la part de l’Union de proposer collectivement un partenariat à la CEI  plutôt que de se lancer dans des négociations bilatérales avec l’Ukraine qui ne pouvaient apparaitre là encore qu’une manière peu habile de torpiller la CEI puis le projet d’Union Eurasienne.

 

Comme le dit très justement Philippe de Villiers, l’avenir de l’Europe ne doit pas s’écrire sur le continent américain  mais sur le continent européen … l’Europe ne peut pas se faire sans la Russie… l’Amérique a tort de vouloir otaniser le monde entier… imposer son modèle de société. L’Europe est devenue la  51 ième étoile du drapeau américain 

Malheureusement  le mal est fait.

Or si la situation économique de la Russie n’est pas brillante, celle de l’Ukraine est catastrophique et on ne voit pas comment pas plus les USA que l’Union Européenne dans la situation monétaire et économique qui est la sienne puisse venir à son secours ni sur le plan économique ni sur le plan militaire.

Pas davantage que les Etats Unis, l’Union Européenne est capable d’affronter la menace islamique qui se renforce au fur et à mesure que sa décadence générale s’accélère.

Malgré la situation plus favorable de l’Allemagne que celle des Etats Unis, Berlin  ne sera pas, en raison d’une histoire encore trop proche  la cinquième Rome pas plus que Londres ou Paris faute de leaders charismatiques.

En conclusion les dirigeants de l’Europe Occidentale ont tout fait depuis près d’un quart de siècle pour que d’allié naturel la Russie ne devienne un ennemi.

Or ne nous trompons pas quels seront les derniers des Européens à défendre l’idée impériale romaine face aux nouveaux barbares qui ont commencé à envahir l’Empire que les germains, après l’avoir envahi, avaient perpétué pendant 1330 ans en Europe occidentale et les Russes pendant 464 ans en Europe Orientale ? Ces derniers assurément ! Et certainement pas les descendants de ces autres Saxons et Angles qui ont obligé les légions romaines a évacué dès la Bretagne (devenue Grande-Bretagne).

 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 15:13

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EPILOGUE 6

 

De 1945 à 1947, les expulsions principalement ont  lieu de Pologne (7 millions de personnes) et de Tchécoslovaquie (3 millions) dans des conditions lamentables, sous le regard des troupes alliés dont celle de la France, d’Allemands des territoires perdus par les Deuxième Reich et Troisième Reich qu’ils habitaient pourtant depuis le Moyen-Age sont évalués par R.M  Douglas, professeur à l’Université Colgate de New-York entre 12 et 15 millions  majoritairement vieillards, femmes et enfants dont 500 000 sont morts dans les camps de transit ou on les avaient rassemblés, pendant les trajets, ou à leur arrivée en Allemagne, épuisés, affamés et sans abri.

Le 8 mai est déclaré jour férié de commémoration en France le 20 mars 1953.  Le président Charles de Gaulle supprime le caractère férié de ce jour par le décret du 11 avril 1959 et le 22 janvier 1963, il y a 50 ans, le Général de Gaulle et le chancelier allemand  Konrad Adenauer  ont  signé  le traité de l’Elysée fixant  les objectifs d'une coopération accrue entre l'Allemagne et la France dans les domaines des relations internationales, de la défense et de l’éducation qui,  il faut l’espérer pose les bases d’une réconciliation durable entre Français, Allemands  mais aussi Autrichiens.

Et en 1975 pour se placer dans une logique de réconciliation avec l'Allemagne, le président Giscard d'Estaing supprime également la commémoration de la victoire alliée en 1945. Mais à la demande du président François Mitterrand  cette commémoration et ce jour férié sont rétablis, par la loi du 23 septembre 1981.

Et seize ans après le traité de l’Elysée  (Journal Officiel du 16 février 1989) devant l’Assemblée Nationale M. Pierre Lacour exposait  à M. le ministre d'Etat, ministre des affaires étrangères que bientôt quarante-trois ans après la cessation des hostilités de la Seconde Guerre mondiale, le traité de paix mettant juridiquement fin à ce conflit n'avait  jamais été signé. Il lui demandait si, compte tenu de la détente actuellement enregistrée au niveau des relations entre les grandes puissances, il ne conviendrait pas d'engager les consultations nécessaires pour organiser dans les meilleurs délais une conférence des pays concernés à l'effet de préparer et de signer ce traité de paix. A quoi le Ministre répondait qu’il convenait  de rappeler qu'un éventuel traité de paix ne pourrait être conclu qu'avec l'Allemagne dans son ensemble, entité juridique qui continuait d'exister même si elle s'avèrait incapable d'exercer ses droits.

 

Tant que l'Allemagne demeurait divisée, celle-ci ne pourrait être partie à un traité de paix comme cela avait  notamment été exposé dans la convention sur les relations entre les trois puissances et la République fédérale d'Allemagne.

La réunification allemande est effective depuis le 3 octobre 1990 sans que pour autant un véritable traité de paix  n’ait jamais été signé  contrairement à ce qui s’était toujours produit  dans le passé étant rappelé que les armistices ne mettent pas fin officiellement à la guerre et ni la capitulation allemande du 8 mai 1945 ni le traité franco-allemand du 22 janvier 1963 ne peuvent en tenir lieu.

D’ailleurs force a été de constater que si pour célébrer son cinquantième anniversaire le 22 janvier 2013, 400 députés français se sont réunis  avec leurs collégues allemands dans le Bundestag de Berlin (ancien Reichtag), il n’en est pas  résulté pour autant une nouvelle impulsion vers une Europe Fédérale susceptible seule de renforcer durablement les liens entre les citoyens allemand et français à laquelle aspirent naturellement les premiers mais qui en revanche continue de rebuter une  République française jacobine  héritiére en droite ligne de la monarchie  absolue.

 

                                                                    FIN

 

 

 

 

 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 15:03

 

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EPILOGUE 5

 

Dans la soirée du 8 novembre 1923 à la  Bürgerbräukeller, une brasserie de Munich, Adolf Hitler, autrichien ayant servi comme caporal pendant la guerre dans les troupes bavaroises devenu dirigeant du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) fait une tentative de prise du pouvoir par la force en Bavière. Soutenue par le général Erich Ludendorff,  elle se termine dans la confusion et par un échec total des putschistes. Condamné à cinq ans de détention, Adolf Hitler ne passe finalement que moins de quatorze mois à la prison de Landsberg, mettant son incarcération à profit pour rédiger Mein Kampf/ Mon Combat.

Auréolé de son prestige militaire le maréchal Hindenburg est élu, sous la République de Weimar, Président lors de l'élection d'avril 1925.Réélu sept ans plus tard, lors du scrutin présidentiel de 1932, il nomme le 30 janvier 1933 Adolf Hitler à la fonction de chancelier. En 1934, le maréchal Hindenburg meurt et  le chancelier Adolf  Hitler lui succède à la Présidence tout en restant chancelier.

 

Cette même année 1934, contre la volonté d’Hitler, les Nouvelles Editions Latines de Paris décident de publier Mein Kampf en français. Dans la page qui suit la page de titre  le Maréchal Lyautey écrit : Tout Français doit lire ce livre.

Selon Adolf  Hitler :

La cartographie de l'Europe, issue du traité de Versailles (« Diktat de Versailles »), est inacceptable, car elle a pour conséquence immédiate l'éclatement des peuples de culture allemande. L'Autriche et les minorités allemandes de Tchécoslovaquie et de Pologne doivent être rattachées à l'Allemagne en un seul espace géographique, le « Grand Reich » (Großdeutsches Reich).  Pour assurer l'épanouissement du peuple allemand réunifié, il préconise la voie des chevaliers teutoniques :

« Lorsque le territoire du Reich contiendra tous les Allemands, s'il s'avère inapte à les nourrir, de la nécessité de ce peuple naîtra son droit moral d'acquérir des terres étrangères. La charrue fera alors place à l'épée, et les larmes de la guerre prépareront les moissons du monde futur».

Le nouvel essor de la nation allemande doit se faire notamment au détriment des territoires russes, des pays de l'Europe centrale et danubienne, mais aussi à l'ouest, au détriment de la France qu'il considère comme :

« Inexorable et mortelle ennemie du peuple allemand ».

La France est désignée comme un ennemi à abattre pour ses manœuvres anti-allemandes, considérées d'ailleurs comme logiques :

« Je ne croirai jamais à une modification des projets que la France nourrit à notre égard ; car ils ne sont, au fond, que l'expression de l'instinct de conservation de la nation française :

« Si j'étais Français et si, par conséquent, la grandeur de la France m'était aussi chère que m'est sacrée celle de l'Allemagne, je ne pourrais et ne voudrais agir autrement que ne le fait, en fin de compte, un Clemenceau ».

 « Notre objectif primordial est d’écraser la France. Il faut rassembler d’abord toute notre énergie contre ce peuple qui nous hait. Dans l’anéantissement de la France, l’Allemagne voit le moyen de donner à notre peuple sur un autre théâtre toute l’extension dont il est capable ».

 

L’idée d’un Troisiéme Reich succédant à l’Empire Romain d’Occident censé perpétué  par l’empire carolingien et le Saint Empire Romain Germanique (Premier Reich)  puis au Deuxième Reich (Empire Allemand)  née  dans l’esprit d’un  soldat vaincu de la Première Guerre mondiale qui rappelle au début de son ouvrage qu’il est originaire de la région  frontière entre l’Autriche et la Bavière  apparait  dans la logique des choses.

Dès le 13 janvier 1935, la Sarre plébiscite massivement (90,8 % de Oui) son rattachement à l’Allemagne.

En réponse à la ratification du traité d'assistance franco-soviétique, le 27 février 1936, Hitler fait réoccuper la zone démilitarisée de la Rhénanie pour rétablir la souveraineté du Reich sur la frontière occidentale de l'Allemagne.

Mais c’est l’Anschluss du 12 mars 1938 qui constitue la premiére étape dans la constitution d’un grand  Reich regroupant les pays et territoires germanophones; après l’annexion de l’Autriche, c’est le tour des Sudètes, en Tchécoslovaquie, le reste du pays étant transformé en protectorat en 1939. Au cours de la même année, l’Allemagne annexe également le territoire de Memel, en Lituanie, ce qui constitue  le dernier agrandissement territorial du Troisième Reich sans recours aux armes, avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le Ier septembre 1939, Hitler envahit la Pologne et le 3 septembre la France déclare la mobilisation générale mais  une fois passée la démonstration sans lendemain du général Gamelin dans la Sarre allemande du 6 au 13 septembre, les troupes franco-britanniques, sous commandement français, ne prennent aucune initiative militaire et ne mènent aucune opération offensive. En mai-juin 1940, l'armée allemande mène à bien l'invasion foudroyante des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et de la France. Dès le 25 mai, la défaite des armées franco-belgo-anglaises du nord se précise. Le 5 juin, Hitler reprend l'offensive en France et perce les lignes de défense du nouveau généralissime Weygand sur la Somme et l'Aisne. L'Italie se joint alors à l'Allemagne et déclare la guerre à la France le 10 juin. Puis, en France, le nouveau gouvernement Pétain demande l'armistice le 17 et en accepte les conditions le 22. Désireux de laver l'humiliation de 1918, Hitler exige de signer celui-ci à Rethondes, en forêt de Compiègne, dans le wagon historique où le maréchal Foch et les plénipotentiaires allemands se retrouvèrent pour l'Armistice du 11 novembre 1918.

 

Le Führer arrive en Mercedes dans la fameuse clairière le 21 juin à 15h15.  Il prend le temps de décrypter l'inscription en gros caractères : «Ici, le 11 novembre 1918, succomba le criminel orgueil de l'Empire allemand, vaincu par les peuples libres qu'il avait essayé d'asservir». Puis il entre dans le wagon historique et s'assoit à la place où s'était tenu le maréchal Foch.

Les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont  de nouveau annexés de facto au Reich allemand. Le Reichsland Elsass-Lothringen de 1871 n'est pas reconstitué : l'Alsace, ou « CdZ-Gebiet Elsass », est annexée au pays de Bade pour former le « Gau Baden-Elsaß », alors que la Moselle, ou « CdZ-Gebiet Lothringen », est annexée au « Gau Westmark » avec la Sarre-Palatinat. On y impose diverses mesures visant à « regermaniser » les personnes et les pays. Le parler de la langue allemande est imposé à tous, et celui du français interdit sous peine de lourde amende. À partir d'août 1942, un autre niveau est atteint avec l'appel à des volontaires et la mobilisation, de tous les hommes jeunes dans les forces armées allemandes. Certains avaient déjà fait leur service militaire au sein des Armées ou de la Marine françaises et avaient combattu l'Allemagne entre septembre 1939 et juin 1940. Quelques-uns avaient même connu les Stalags. Les « mobilisés contre leur gré », réfractaires ou déserteurs risquent la peine de mort, et exposent leurs familles à l'arrestation, l'internement dans des camps ou la déportation « à l'Est », en Silésie. On les appelle les Malgré-Nous. La plupart des malgré-nous sont affectés dans la Wehrmacht mais de nombreuses classes sont versées d'autorité dans la Waffen-SS. Au final, 100 000 Alsaciens et 30 000 Mosellans se retrouvent principalement sur le front de l'Est à combattre l'armée rouge et sont internés à Tambow Russie en 1945. Sur  ces 130 000 hommes, 30 %  sont tués ou portés disparus, 30 000 blessés et 10 000 invalides.

La Flandre et l’Artois sont rattachés au Commandement allemand de Bruxelles tandis que la  Picardie est placée en zone interdite et la majeure partie du reste de  l’ancienne Lotharingie (CharlesVille-Mézières, reste de la Lorraine avec Nancy, Franche-Comté) est en zone réservée, prélude à une éventuelle future annexion comme l’Alsace et le département de Moselle

Hitler se suicide à          Berlin le 30 avril 1945 mettant fin à son réve de Troisième Reich sans qu’on ait su jamais qui il aurait voulu remettre comme Empereur à sa tête n’ayant jamais semble-t-il  bizarrement émis l’idée qu’il aurait pu  l’être.

Le 7 mai 1945, la reddition de l'armée allemande est signée à Reims  par le maréchal allemand Alfred Jodl. Une nouvelle signature a  lieu le 8 mai dans une villa de Karlshorst dans la banlieue est de Berlin.

Les pertes militaires de la France s’élèvent à 238 000 morts, celle du Troisième Reich  à 5 318 000 morts.

Une fois la guerre terminée, les malgré-nous victimes de l’histoire de l’Alsace-Lorraine sont considérés par certains comme des traîtres voire comme des sympathisants nazis. Beaucoup d'entre eux subissent l'épuration, comme les collaborateurs, ainsi que les collaboratrices ayant eu des relations avec l'occupant allemand.

Si dès 1945, les Alsaciens-Lorrains  incorporés de force dans l'armée allemande bénéficient des mêmes droits que les combattants ayant servi dans les formations de l'armée française durant la Seconde Guerre mondiale ce n’est qu’à la suite d'un accord signé en 1963 entre le Chancelier Adenauer et le président Charles de Gaulle que les malgré-nous qui étaient jusqu'à ce moment en droit militaire considérés comme déserteurs ne le sont plus et le temps de service passé dans l'armée allemande est considéré comme étant effectué dans l'armée française. Les blessés reçoivent une pension du gouvernement allemand ainsi que les veuves de morts au combat.

Le nombre d'enfants de la Wehrmacht et des prisonniers de guerre allemands en France est estimé pour les années 1941 à 1949 entre 75000 et 200000 et celui des enfants de prisonniers de guerre français (2 millions en 1940 tombés à 1.2 millions en 1942), de membres du STO  ( 50 000  dès 1940 montés à plus de 650 000 après 1942) nés de mère allemande ou de femmes françaises  volontaires  (environ 50 000) nés de père allemand  entre 200 000 et  350 000.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 14:44

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EPILOGUE 4 

 

La France est victorieuse mais meurtrie avec 1315000 soldats français décomptés morts soit 27 % de 18-27 ans. Le Deuxième Reich a 2 millions de soldats morts, et l’empire Austro-Hongrois 1.1 million sans compter tous les blessés de guerre et les pertes civiles.

Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité de paix  est signé  le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles pour marquer  la revanche de la France sur l’humiliation de 1871 et est promulgué le 10 janvier 1920. Il détermine les sanctions prises à l'encontre de l'Allemagne et de ses alliés.

Celle-ci, qui n'était pas représentée au cours de la conférence, se voit privée de ses colonies et d'une partie de ses droits militaires, amputée de certains territoires et astreinte à de lourdes réparations économiques. (Ces indemnités restent cependant inférieures, par rapport à la richesse nationale, à ce que la France avait dû payer aux Alliés en 1815).

L’Alsace Lorraine retourne à la France. Son retour dans le giron de la France ne se fait pas sans douleur ni maladresse de la part de l'administration française. Une des premières mesures consiste à diviser la population en quatre selon son origine : ceux qui sans l’annexion de 1871 auraient été français reçurent une carte A marquée de tricolore, ceux dont un parent était allemand, ou encore les Allemands conjoints d’Alsaciens-Lorrains, furent munis d’une carte B, les étrangers eurent droit à une carte C et les Allemands enfin reçurent la carte D. Ce tri était uniquement fondé sur les origines, et non sur le sentiment de l'individu ou son patriotisme, qui pouvait être indépendant de ses origines. Dès l'armistice, l'Alsace-Lorraine vit s'installer «les revenants», des fils d'Alsaciens ou de Lorrains qui, en 1871, avaient opté pour la France. Leurs parents leur avaient transmis de la Heimat (patrie, terre natale) perdue une idée mythique qui ne correspondait pas à la réalité. Revenus en force au pays, ils ne prétendaient pas moins en être les plus purs représentants, considérant parfois comme des traîtres ceux qui avaient préféré rester. Dès l'entrée des troupes françaises, le pillage des magasins allemands commença, sous le regard des nouvelles autorités. Enfin, un certain nombre d'Allemands sont expulsés brutalement, contraints à passer le pont du Rhin à pied avec les seuls bagages qu'ils peuvent porter personnellement, tandis qu'un « comité d'adieu », composé de voyous, les moleste au passage.

Du jour au lendemain, on demanda aux maîtres de faire cours en français; ceux qui en étaient incapables se voyaient chassés de leur chaire ou envoyés en stage « à l'Intérieur ». Pour remplacer le personnel révoqué, on fit appel à des enseignants « de l'Intérieur », qui souvent ne connaissaient ni la Lorraine, ni les Lorrains, ni l'alsacien, ni l'Alsace.

Par ailleurs le traité de Versailles prévoie une présence militaire des Français, des Britanniques, des Américains et des Belges sur la rive gauche du Rhin et une partie de la rive droite à partir de janvier 1920 et pour une période de 5 à 15 ans suivant les territoires.

Les Français héritent à la fois de la plus grande des zones d’occupation qui s’agrandit encore avec le retrait rapide des États-Unis ainsi que de la direction de la Haute commission interalliée aux territoires rhénans (HCITR), de la présidence de la Commission de gouvernement de la Sarre mandatée par la SDN, ainsi que celle de Memel et de la Haute-Silésie.

Le traité de Saint-Germain-en-Laye,  signé le 10 septembre 1919 au château de Saint-Germain-en-Laye, établit la paix entre les alliés et l'Autriche, et consacre l'effondrement de la monarchie austro-hongroise : l'ancien Empire des Habsbourg est démantelé ; il est interdit aux Habsbourg de résider en Autriche et aux  allemands d’Autriche, de s’unir à la République de Weimar. Les effectifs des forces occupantes dans l'armée française du Rhin créée en octobre 1919  atteignent le nombre de 100 000 hommes dans les territoires rhénans dans les périodes les plus calmes. Le maximum de militaires est atteint en mai 1921 lors de la première occupation de la Ruhr (de Duisburg sur le Rhin à Dortmund à l'est et de la Lippe au nord jusqu'à Düsseldorf au sud) avec 250 000 soldats dont 210 000 Français.

 

 

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