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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 09:05
Histoire des Trois Evêchés de Toul, Metz et Verdun, Drei Bistum von Tull, Metz und Verdun, terres d'empire de 962 à 1648

1. Evêché-comté de Toul /bistum -grafschaft von Tull Ville Libre Impériale de Toul / Frei Reichstadt von Tull

Au IVème siècle, un siège épiscopal s’installe dans la ville de Toul. Toul est alors à la tête du plus vaste diocèse lorrain, s’étendant de la crête des Vosges au voisinage de la Vallée de la Marne. Saint Mansuy, premier évêque, décéda en 375. Les partages de l’empire carolingien de 843 à 880 attribuent le territoire au Royaume de Francie Médiane puis à celui de Lotharingie et en 925, Toul est alors rattachée au Royaume de Francie Orientale. Son histoire se déroule ensuite dans le cadre de l’empire restauré par Otton Ier en 962. Dès le XIème siècle, les évêques de Toul exercent les droits comtaux dans la ville et leur évêché. Ils sont vassaux de l’empereur.

Evêques

Gauzelin, ancien notaire de la chancellerie royale au temps de Charles le Simple, est évêque de Toul dès 922. Il nomme comte à titre viager Guy de 930 à 964

.Gérard, évêque de Toul, de 963 à 994

Contemporain de l’empereur Othon Ier le Grand ; sacré le 19 mars 963 à Trèves. Il nomme comte à titre viager à la mort du comte Guy en 964, Bérald de Vandoeuvre puis puis à la mort de Bérald en 971, Scindebard qui meurt en 992, puis son frère Ancelin comte de Toul de 992 à 1019.

.Étienne de Lunéville, évêque de Toul de 994 à 995, ancien comte de Lunéville avec pour comte Ancellin

.Robert, évêque de Toul de 995 à 996 avec pour comte Ancellin

.Berthold, évêque de Toul de 996 à 1019 avec pour comte Ancellin

Le 7 juin 1002, Bertold assiste à l'assemblée de Mayence où le roi Henri II est reconnu et couronné roi de Germanie. Il obtient de ce prince le droit de pêche depuis le comté de Saintois jusqu'à Sorcy ainsi que le péage des mines des montagnes des Vosges et la restitution du fief de Berkeim en Alsace. Les églises de Sorcy et de Châtel, le fief de Badonviller, le château de Pagny, les hameaux de Longort de Laye et d'Ourches deviennent sous son épiscopat la propriété de l'Église de Toul. Il acquiert en 1009, pour le chapitre de la Cathédrale, les terres de Fontenoy de la Comtesse Eve.

.Hermann, évêque de Toul de 1020 à 1026

Il donne en fief héréditaire le comté à Raimbaud, seigneur de Fontenoy et de Charmes-sur-Moselle.

.Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg (Dabo) (1002-1054), évêque de Toul de 1026 à 1049, couronné pape le 12 février 1049 sous le nom de Léon IX.

Son père, Hugues IV, est de la famille des comtes du Nordgau, seigneurs d'Eguisheim. Bruno est donc un membre de la très haute aristocratie : sa famille se rattache par sa mère, Heiwige, fille du comte de Dabo, aux Carolingiens de Francie occidentale et par son père aux rois de Germanie. Il est le cousin des empereurs Conrad II le Salique et Henri III. Confié à l’évêque Berthold de Toul pour être éduqué à l'école, Bruno entre jeune dans le chapitre de la cathédrale. Après le décès de son tuteur, il est appelé à la cour de son cousin Conrad II le Salique qui soutient la réforme monastique.À la mort de l'évêque Hermann de Toul, Bruno est proposé comme successeur par le clergé avec le soutien de Conrad II et le 9 septembre 1027, il est consacré par l’archevêque de Trèves. Il a pour comte vassal Raimbaud. C'est en 1048 qu'il remarque Hildebrand et attache à sa personne le futur Grégoire VII. Fidèle à l'empereur celui-ci va plaider sa cause devant Robert le Pieux pour la succession du royaume de Bourgogne, où Conrad II, qui a hérité de Rodolphe III mort sans enfants, est contesté par Eudes de Champagne.

.Odo, évêque de Toul de 1052 à 1069

Bruno son protecteur et son ami le nomme évêque de Toul en 1052, lorsqu'il était encore près de lui à Rome, et fait ratifier ce choix par le chapitre et par l'Empereur. Assisté de l'évêque de Metz Adalbéron III et de l'évêque de Verdun Théodoric, Odon reçoit de l'archevêque de Trèves Eberhard la consécration épiscopale à Trêves le 17 avril 1052 ; il est installé sur son siège par l'évêque de Verdun Théodoric en présence de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine, et de Louis de Montbéliard, comte de Bar et de Mousson. Odo a pour comte vassal, Renard Ier, Renard II, Frédéric Ier de Dampierre, seigneur de Dampierre-en-Astenois jusqu’en 1055 puis Arnoul. Ce dernier, s'étant rendu coupable de vexations et de violences graves envers les sujets de l'évêché, est déposé en 1063 solennellement de sa dignité par Odon dans une assemblée générale du peuple et du clergé. il publie une charte signée par Gérard, duc de Lorraine, sept archidiacres et douze seigneurs du pays dans laquelle il proclame la destitution du comte Arnoul et fixe les droits et les devoirs des comtes de Toul. Par la même charte, Odon investit Frédéric II, fils de Frédéric Ier comme comte de Toul en remplacement d'Arnoul. Albéric, fils de ce dernier, furieux de l'affront fait à son père, conçoit d'attaquer la ville de Toul et d'y rétablir Arnoul dans sa dignité de Comte. Il rassemble une troupe d'aventuriers qu'il prend à sa solde, s'avance à la faveur de la nuit et s'empare de la porte de la Rousse. Déjà ses soldats pénètrent dans l'intérieur lorsque les bourgeois, réveillés, courent aux armes, se précipitent sur eux et les mettent en fuite. Albéric ne trouve son salut qu'en sautant du haut des murs dans le fossé qu'il passe à la nage. Odon, indigné, lance contre lui une sentence d'excommunication et le dépouille de toutes les terres qu'il tenait en fiefs de l'Église de Toul. Il ne le rétablit qu'à cause de la forte sollicitation de Louis, comte de Bar et de Mousson, et de la princesse Sophie, son épouse, et à la condition qu'Albéric lui donne entière satisfaction.

.Pibon, évêque de Toul de 1070 à 1107

Il a d’abord pour comte Frédéric II qui meurt en 1078 puis son fils Renard III de Dampierre.

.Richwin de Commercy, évêque de Toul de 1108 à 1126

Fils de Ricuin, seigneur de Commercy et de Leucarde d’Apremont. Après sa nomination, son père lui fait don d'une grande partie de ses biens : la moitié du château de Commercy et de ses dépendances, la moitié de la rivière et des villages composant le domaine seigneurial (Meligny, Vaux, Saulx, Lérouville, Pont, Chonville, Fontoy, Morville, Tantonville, Maceronville et Gironville. Il a pour comte de Toul Renard III jusqu’à sa mort en 1117 puis son frère Pierre jusqu’en 1124 et enfin Frédéric III fils de Frédéric II

.Henri Ier de Lorraine ( ?-1165), évêque de Toul de 1126 à 1165

Fils de Thierry II, duc de Lorraine et de Gertrude de Flandre ; frère cadet de Simon 1er duc de Lorraine (1115-1139) et de Thierry d'Alsace, comte de Flandre (1127-1168).

Le comte de Toul est alors Frédéric III. En septembre 1127, Henri assiste à la diète convoquée à Spire par l'empereur Lothaire II. En 1141, il accompagne l'empereur Conrad III lors d'un voyage en Lorraine. En 1142, à la mort du comte de Toul Frédèric III, c’est son fils Henri qui lui succède. Avant son départ à la deuxième croisade en 1147, il demande au pape Eugène III de protéger le temporel de son diocèse de Toul durant son absence. En 1162, le comte Henri meurt et c’est son fils Frédéric qui lui succède.

.Pierre de Brixey ( ?- 1192) évêque de Toul de 1167 à 1192,

Fils de Pierre de Brixey et de Mathilde de Rinel.

Choisi en 1167 pour succéder à l’évêque Henri de Lorraine, mort deux ans auparavant, il obtient en 1168 de l’empereur le droit de battre monnaie à Toul. Il met fin à la guerre qui sévit entre le comte de Toul Frédéric IV de Dampierre et les chanoines et fait reconstruire la forteresse de Liverdun, détruite par ce conflit. En 1186, à la mort sans postérité de Frédéric IV de Dampierre, comte de Toul, il confie le comté à Mathieu de Lorraine, fils cadet du duc Mathieu Ier et de Judith de Hohenstaufen ; Mathieu est également seigneur de Fontenoy, de Charmes, de Mirecourt, de Coussey et de Bleurville ; il a pour épouse Béatrice de Dampierre, fille de Renard, comte de Dampierre en Astenois (petit-fils de Renard III comte de Toul par son père Henri. En 1187, deux candidats s’affrontent pour le siège de l’archevêché de Trêves : Folmar, soutenu par le pape, et Rodolphe, soutenu par l’empereur. Pierre de Brixey prend parti pour Rodolphe et est excommunié par Folmar. Il se rend alors à Rome et y assiste aux obsèques d’Urbain III. Grégoire VIII, son successeur, déclare l’excommunication nulle. Dans les années qui suivent, Mathieu Ier, duc de Lorraine tente de faire attribuer à son fils Thierry le comté de Toul, dont les revenus sont importants. Pierre de Brixey en appelle au pape Alexandre III, mais ce dernier, alors en lutte contre l’empereur Frédéric Barberousse ne peut pas intervenir. Il rentre ensuite dans son diocèse, met ses affaires en ordre et part en pèlerinage en Terre Sainte en 1189. Il meurt à Jérusalem en 1192.

.Eudes de Lorraine ( ?- 1198), évêque de Toul de 1192 à 1198.

Fils d'Hugues Ier, comte de Vaudémont, et d'Aigeline de Bourgogne. C’est toujours Mathieu de Lorraine qui est comte de Toul.

.Mathieu de Lorraine (1170- 1217), évêque de Toul de 1198 à 1206.

Fils de Ferry Ier, seigneur de Bitche, puis duc de Lorraine.

Mathieu dissipe rapidement les biens de son diocèse et il est déposé en 1206 sur la demande des chanoines. Il se retire à Saint-Dié et utilise les revenus de sa charge pour mener une vie scandaleuse avec sa fille, née d'une liaison avec une religieuse de l'abbaye d'Épinal. Il entretient également une troupe de brigands, jusqu'à ce que son frère Ferry II, excédé, le chasse du duché et fasse raser sa demeure. Il erre alors en Alsace avec ses compagnons de brigandage.

.Reinald de Chantilly, évêque de Toul de 1206 à 1217.

Le comte de Toul Mathieu meurt en 1208 et c’est son fils Frédéric V de Lorraine marié à Agnès de Ferrette qui lui succède comme comte de Toul. En 1217, Reinald de Chantilly se rend dans les Vosges. L’ex-évêque Mathieu le surprend dans une embuscade et le tue. Son neveu le duc Thiébaud Ier de Lorraine part alors à la recherche de Mathieu, le retrouve et le tue d'un coup de lance le 3 avril 1217.

.Gérard de Lorraine ( ?- 1219) évêque de Toul de 1218 à 1219.

Fils de Gérard II, comte de Vaudémont, et de Gertrude de Joinville.

.Eudes II de Sorcy, évêque de Toul de 1219 à 1228

Issu de la famille des seigneurs de Sorcy en Lorraine.

.Garin, évêque de Toul de 1228 à 1230

.Roger de Mercy, évêque de Toul de 1231 à 1251

Issu de la famille de Mercy dont la puissance connait son apogée au cours du Moyen Âge dans la région couvrant désormais le sud de la Belgique, la Lorraine et le Luxembourg qui tire son nom du château de Mercy, construit au X°siècle sur le ban de la commune de Joppécourt en Lorraine. Cette maison a déjà donné un évêque en la personne d’Albert de Mercy, évêque de Verdun de 1156 à 1162. Sous le règne de Roger de Mercy, Frédéric V de Lorraine meurt en 1250 et c’est son fils Eudes de Lorraine qui lui succède comme comte de Toul.

.Gilles de Sorcy, évêque de Toul de 1253 à 1271 et comte de Toul de 1261 à 1271

De la même famille qu’Eudes II. En 1261, le comte Eudes de Lorraine vend le comté de Toul à son cousin Ferry III, duc de Lorraine, mais Gilles de Sorcy, en tant que suzerain, retire le comté de Toul à Ferry III et le rattache au domaine ecclésiastique. Une lutte de l'évêque autoritaire contre la bourgeoisie s'emballe à propos des impôts du mois des versaines (avril). Une révolte populaire imprévue éclate, chassant l'évêque et sa suite, comme les meneurs bourgeois effrayés. Piteusement réfugié à Nancy, Gilles de Sorcy est obligé de reprendre son comté de Toul, les armes à la main avec le duc de Bar et le duc de Lorraine, Ferry III. Un accord est conclu au terme de sa reprise en main : les bourgeois doivent par tête s'acquitter des 16 livres monnaie de Toul. Mais l'évêque s'engage à payer son avènement à la milice et aux pauvres, soit quatre mesures de vin, 800 livres de pain, un bœuf entier bouilli avec panais. .Conrad Probus, comte-évêque de Toul de 1272 à 1296 A la mort de Gilles de Sorcy, deux prétendants à sa succession Gautier de Beauffremont et Jean de Lorraine se livrent à un combat acharné. C’est le second qui l’emporte. Revanchard Gautier de Bauffremont met le siège devant les châteaux épiscopaux de Liverdun, Brixey et Maizières. Le pape consulté prend l'initiative de nommer un moine franciscain, Conrad Probut. L’évêque doit faire appel au duc de Lorraine Ferry pour recouvrer ses biens.

.Jean de Sierck, comte-évêque de Toul de 1296 à 1305

Les origines de la famille de Sierck sont incertaines. D'aucuns la prétendent issue de celle d'Ardenne. Quoiqu'il en soit, elle apparait au Xe siècle avec le nom d’une localité bâtie sur la partie convexe d'un méandre de la Moselle à son confluent avec le ruisseau de Montenach face à la colline du Stromberg, aux portes du Luxembourg et de l'Allemagne. On situe la construction au Xème ou XIème siècle d'un château-fort qui semble avoir précédé la ville. A cette époque, Sierck qui dépendait des archevêques de Trèves devient possession du duc de Lorraine Gérard d'Alsace (1048-1070). En 1300, les bourgeois toulois, soucieux d'indépendance, concluent un accord avec Philippe le Bel, suzerain de Champagne. Ce roi de France donne sa protection contre un service militaire de deux jours par ans et des redevances annuelles. .Vito Venosa, comte-évêque de Toul de 1305 à 1306 .Eudes III de Granson, comte-évêque de Toul de 1306 à 1308 De la famille des seigneurs de Grandson dans le Pays de Vaud, vassaux des comtes de Savoie.

.Giacomo Ottone Colonna, comte-évêque de Toul de 1308 à 1309

.Jean d'Arzillières, comte-évêque de Toul de 1309 à 1320

.Amédée de Genève, comte-évêque de Toul de 1320 à 1330

Fils d’Amédée II de Genève, comte de Genève.

.Thomas de Bourlémont, comte-évêque de Toul de 1330 à 1353

De la famille de Bourlémont, vassale du comte de Champagne, du nom du château situé dans le duché de Lorraine sur un promontoire au-dessus du confluent de la Meuse et de la Saônelle, dominant le val de Meuse qui descend vers le nord ainsi que le village de Frebécourt à cinq kilomètres au nord de Neufchâteau.

.Bertrand de la Tour d'Auvergne, comte-évêque de Toul de 1353 à 1361

.Pierre de La Barrière, comte-évêque de Toul de 1361 à 1363

.Jean de Heu, comte-évêque de Toul de 1363 à 1372

La famille de Heu est une importante famille du Moyen Age qui, en Pays messin, posséde de nombreuses seigneuries, particulièrement dans le Haut Chemin : Ennery, Malroy, Crespy, Pelte, Xieule, Montigny, Flévy, Vry, Gravelotte, Grimont, Montoy, Coincy, Goin, Retonféy, Blétange, Mercy, Antilly, Mont, Mancourt, Seuxy, Gray, Abbeville, Buy, Vandlainville, Rurange, Ollexey, Beurtoncourt, Rognac, Beaufort et plusieurs autres terres. La famille de Heu est dès le XIII° siècle l'une des plus puissantes de la ville de Metz. Elle réside à l'hôtel de Heu à Metz.La branche messine de la maison de Heu exercera douze fois la charge de maître-échevin de la ville de Metz de 1302 à 1550. Sous le règne de Jean Heu, fiers de leur appartenance à une ville d'empire, les bourgeois toulois laissent tomber en 1367 en quenouille le pacte royal signé en 1300 avec le roi Philippe le Bel.

.Jean de Neuchâtel, comte-évêque de Toul de 1373 à 1384

Fils du baron Thiébaud V de Neuchâtel-Bourgogne. La famille de Neuchâtel-Bourgogne est originaire de Neuchâtel-Urtière en Franche-Comté.

.Savin de Florence, comte-évêque de Toul de 1384 à 1398

.Philippe de Ville-sur-Illon, comte-évêque de Toul de 1399 à 1409

Issu de la famille des seigneurs de Ville sur Illon, village des Vosges. .Henri de Ville-sur-Illon, comte-évêque de Toul de 1409 à 1436

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Toul de 1437 à 1449

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt En 1445, l'influence française revient inopinément. Le roi Charles VII réclame pour son trésor les arriérés de l'accord de protection signé sous Philippe le Bel, soit 2000 livres de rente annuelle. Les bourgeois piqués dans leur honneur refusent. Le protecteur se mue en agresseur, les troupes royales brûlent les faubourgs de Toul. La diplomatie reprend ses droits, et, après une tergiversation de deux années, une compensation accorde les partis : Toul et ses élites acceptent à nouveau l'influence française.

.Guillaume Fillâtre, comte-évêque de Toul de 1449 à 1460

.Jean Chevrot, comte-évêque de Toul en 1460

.Antoine Ier de Neuchâtel, comte-évêque de Toul de 1461 à 1495

Le 18 novembre 1461, en rendant hommage à Dagobert ainsi qu'à Charlemagne, Louis XI confirme par lettres patentes sa protection royale pour l'église de Toul.

.Olry de Blâmont, comte-évêque de Toul de 1495 à 1506

En 1499, il lègue le comté de Blamont au duc de Lorraine. .Hugues des Hazards, évêque de Toul de 1506 à 1517 Le cardinal Raymond de Barailles et Hugues des Hazards avaient été élus successivement coadjuteurs de l'évêque de Toul, du vivant d'Olry de Blamont, et l'étaient encore l'un et l'autre à l'époque de sa mort. Ces élections n'embarrassèrent pas peu le Chapitre, lorsqu'il fallut opter entre les deux coadjuteurs. Elles avaient été faites à l'instigation du duc de Lorraine René, qui protégeait Raymond, dans le temps où il voulait donner au prince Jean, son fils, âgé de 4 ans, la coadjutorerie de Metz, dont ce prélat était en possession; mais il avait abandonné plus tard ce même prélat, pour favoriser Hugues des Hazards, qui lui paraissait plus dévoué à ses intérêts. Après la mort d'Olry de Blamont, le Cardinal envoie Angelo de Rimini, son secrétaire, pour prendre possession de l'Évêché, et le munit d'un bref du Pape, qui fait défense aux chanoines et aux bourgeois de s'y opposer sous peine de censures. René fait arrêter et jeter en prison Angelo de Rimini, sous prétexte qu'il a fait publier en Lorraine un bref subreptice, aussi faux et aussi nul que les bulles du Cardinal, son maître. De là, nouveau bref du Pape, qui confirme le premier et qui réitère l'injonction de s'y soumettre. La mort du Cardinal vient heureusement mettre un terme à ces malheureuses dissensions, et permet au Chapitre d'élire évêque de Toul Hugues des Hazards, élection que le Pape ratifie dès lors sans difficulté. Hugues est employé par le duc René de Lorraine, en qualité de négociateur auprès de l'empereur Maximilien et du roi Charles VIII, au sujet du comté de Provence, et il s'acquitte de cette mission au grand contentement du duc.

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1517 à 1524

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar et de Philippe de Gueldre ; proche du roi François Ier.

.Hector d'Ailly-Rochefot, comte-évêque de Toul de 1526 à 1532

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1532 à 1537

.Antoine II Pellagrin, comte-évêque de Toul de 1537 à 1542

.Jean VI de Lorraine, comte-évêque de Toul de 1542 à 1543

Il est le dernier évêque avant l’annexion de fait du territoire de l’évêché au royaume de France.

.Toussaint de Hossey, évêque de Toul de 1543 à 1565

Dès le mois d’aout 1547, le roi Henri II accorde des lettres de garde et de protection à la ville de Toul ; en 1548, le duc François de Guise vient pour décider l’ évêque, les chanoines et les bourgeois de Toul à s’émanciper de la tutelle de l’empereur et en janvier 1552, a lieu une nouvelle mission du cardinal de Lorraine dans le même sens et le 12 avril suivant, Henri II, reconnu vicaire du Saint Empire par les princes protestants allemands avec lesquels il a passé alliance, fait son entrée à la tête de 7500 hommes dans la ville impériale. Toul devient une citadelle française au cœur de l’empire. Le traité de Chambord entérine cette saisie de territoire lorrain, puisque les princes luthériens allemands laissent à leur allié, le roi de France, promu vicaire d'Empire, les villes impériales qui ne sont pas de langue germanique. La ville dont les édiles sont rassurés par la branche cadette de Lorraine, les princes de Guise, au service du roi de France n'offre d'ailleurs aucune résistance. Elle remet ses clefs au connétable de Montmorency. Pendant les guerres de religion, Henri de Guise fait occuper Toul par la Ligue. Charles III capture les villes de Toul et Verdun, mais il doit les rendre en 1594. La cité ne redevient royale qu'après l'abjuration du roi navarrais, Henri IV. À la paix de Folembray en 1595, Henri IV, conciliant, nomme gouverneur de Toul et de Verdun, François de Vaudémont, le troisième fils de Charles III. Mais en 1602, Henri IV affermit sa ligne politique. Il transforme les villes protégés et contrôle avec attention les évêchés. Les évêques sont soumis au serment de fidélité, ils ne peuvent plus solliciter l'investiture impériale pour entrer en possession de leur temporel. Ils ne peuvent laisser leurs sujets porter leurs appels au tribunal impérial de Spire. L'obligation s'applique bientôt aux bourgeois des villes. L'idée d'un parlement à Metz germe en 1609, mais la régence de Marie de Médicis instaure une pose, voire un retrait de 1610 à 1624, dans les mutations juridiques et administratives royales. En ces temps, les évêques de Toul, malgré la perte de leurs pouvoirs temporels, portent toujours l'épée et la crosse : ils demeurent en titre et en fonction des princes du Saint-Empire. L'Empire envoie ses convocations et ses mandats aux diètes jusqu'en 1612. Mais Louis XIII et son ministre Richelieu reprennent avec vigueur un contrôle régalien. De 1631 à 1632, les temporels épiscopaux sont occupés. Le parlement de Metz créé en 1633 traite désormais les appels de la justice des évêques, mais aussi des tribunaux citains ou bourgeois. Le sceau de la ville de Toul, symbole d'autonomie, est supprimé en 1633. L'administration française s'installe dans la foulée. Le 16 août 1634, Louis XIII crée par ordonnance le bailliage de Toul. La gabelle est instaurée pour payer les gages des magistrats. Par lettres patentes du 10 mai 1636, le parlement français de Lorraine, qui avait pour siège Metz, est transféré à Toul pour cause de mésentente avec le gouverneur de la place. L'entrée solennelle à Toul se fait le 16 avril 1637 ; le parlement exilé y séjourne 22 années au terme desquelles l'interminable querelle avec le gouverneur, qui a produit son exil, s'éteint. Ensuite à l'instar de l'intendance de Lorraine, le parlement réside à Metz. Toul conserve son présidial.

2. Evêché-comté de Metz/ Bistum-grafschaft von Metz Ville Libre Impériale de Metz / Frei Reich Stadt von Metz

L’évêché est fondé au IIIème siècle. Au traité de Verdun de 843,il dépend de l’archevêché de Trèves. L’évêché est attribué à l’empereur Lothaire mais dès 870 au traité de Meerssen, il passe à Louis le Germanique roi du royaume de Francie Orientale et fait donc partie de l’empire dès sa restauration en 962 par Othon Ier le Grand. Dès le Xème siècle, l’évêque a les pouvoirs comtaux et le droit de battre monnaie. À la naissance du Saint-Empire en 962, la ville de Metz s'est déjà constituée un comté dépendant du duché de Haute-Lotharingie issu de la division de la Lotharingie de 959. Ainsi, les comtes de Metz existant depuis le IX°siècle, sont doubles : les comtes dits royaux de Metz, nommés par le pouvoir royal, fourniront les deux premiers ducs fondateurs de la Maison de Lorraine (ce premier perdra progressivement de l'influence au profit de l'évêque jusqu'à disparaître en 1070), tandis que les comtes palatins, puis épiscopaux lorsque disparaissent les comtes royaux, nommés par l'évêque au pouvoir grandissant, gèrent les affaires relevant du pouvoir temporel épiscopal.

Comtes royaux de Metz :

.Gérard II (944-963), comte de Metz de ? à 963

Petit-fils de Gérard Ier, fils de Godefroid de Jülichgau, et d’Ermentrude.

.Richard, comte de Metz de 963 à 982

.Gérard III ( ?-1021/1033), comte de Metz de 982 à 1022

Fils du précédent, marié à Éva, fille de Sigefroid, comte de Luxembourg.

.Adalbert II ( ?- 1037 ou après), comte de Metz de 1022 à 1033.

.Gérard IV ( ?- 1045), comte de Metz de 1033 à 1045

Fils du précédent.

.Adalbert d'Alsace ( ?-1048), comte de Metz de 1045 à 1048

Fils du précédent. Il devient duc de Lorraine en 1047. Il est assassiné, en 1048, par Godefroid II de Basse-Lotharingie, dit le Barbu.

.Gérard d'Alsace ( ?-1070), comte de Metz de 1048 à 1070

Frère du précédent. Il devient également Gérard, duc de Lorraine à la mort de son frère, en 1048, nommé par l'empereur Henri III. Au fil du temps, le pouvoir temporel du comté de Metz passe de plus en plus à l’évêque de Metz.

Comtes palatins :

.Folmar Ier de Bliesgau ( ?-995), comte de Lunéville et de Metz de 982 à 995

.Folmar II († 1026 ou après), comte de Metz de 995 à 1026

Fils du précédent, marié à Gerberge, fille probable de Godefroid Ier, comte de Verdun et de Mathilde de Saxe, fille d'Hermann Ier, duc de Saxe.

.Godefroy ( ?- 1056), comte de Metz de 1029 à 1056

Fils du précédent, marié à Judith.

.Folmar III ( ?-1075), comte de Metz de 1056 à 1075

Fils du précédent.

Comtes épiscopaux :

.Folmar IV ( ?-1111), comte de Metz de 1075 à 1111

Fils du précédent.

.Folmar V ( ?-1145), comte de Metz et de Hombourg de 1111 à 1145,

Fils du précédent, marié à Mathilde, fille d’Albert Ier de Dabo, comte d’Eguisheim, de Dabo, de Moha et du Nordgau.

.Hugues Ier ( ?-1159), comte de Metz de 1145 à 1159

Fils du précédent, comte de Hombourg en 1147 et comte de Metz en 1157.

.Folmar VI ( ?-1171), comte de Metz de 1145 à 1171

Frère du précédent.

À sa mort sans héritier direct, l’évêque donne le comté de Metz à la famille des comtes de Dabo-Moha. Le nouveau comte est cousin germain du précédent comte, car il est petit-fils d’Albert Ier de Moha.

.Hugues II ( ?-1178), comte de Metz de 1171 à 1178, comte d’Eguisheim, de Dabo (Hugues X)

Fils d’Hugues IX, comte d'Eguisheim, de Dabo et de Moha. Marié à Luitgarde de Sulzbach (Bavière), veuve de Godefroid II de Louvain, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie.

.Albert II de Dabo-Moha ( ?-1214), comte de Metz, de Dagsbourg et de Moha de 1178 à 1214

Fils du précédent. Marié à Gertrude de Bade. Il meurt en 1214, laissant sa fille Gertrude, unique héritière.

.Gertrude de Dabo ( ?-1225), comtesse de Metz, de Dagsbourg et de Moha de 1214 à 1225

Fille du précédent. Mariée en premières noces en 1206 à Thiébaud Ier, duc de Lorraine. Mariée en secondes noces en 1220 à Thibaut IV, comte de Champagne (annulation du mariage en 1222). Mariée en troisièmes noces à Simon de Sarrebruck. À la mort de Gertrude, l’évêque de Metz, Jean Ier d’Apremont, rattache le comté au domaine épiscopal.

Evêques :

.Adalbéron Ier ou d’Ardenne, évêque de Metz de 929 à 954

.Thierry Ier (vers 929 - 984), évêque de Metz de 964/965 à 984,

Fils du comte Eberhard de Bonn et d’Amalrade, sœur de Mathilde de Ringelheim, épouse de l’empereur Henri l’Oiseleur. Après la mort de l'évêque Adalbéron Ier de Metz, Thierry, cousin de l’empereur Otton Ir (chacune de leur mère, Mathilde de Ringelheim et Amalrade étaient sœur), devient administrateur de l’évêché et plus tard le successeur d’Adalbéron à l’instigation de Brunon, l’archevêque de Cologne. Après la mort de Brunon, Thierry est un des conseillers les plus influents d’Otton Ier. C’est pourquoi il est très souvent présent à la cour impériale En 962, il accompagne Otton Ier en Italie. Après la mort d’Otton Ier, Thierry conserve son influence à la cour d’Otton II. A la fin heureuse de la guerre avec le roi de France Lothaire, Otton II vient à Metz et y est couronné roi de Lotharingie. En 981, Thierry accompagne l’empereur Otton II en Italie.

.Adalbéron II de Metz (vers 958- 1005), prince-évêque de Metz de 984 à 1005.

Fils de Frédéric Ier d'Ardennes, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie et de Béatrice de France, sœur d'Hugues Capet. Evêque de Verdun, il laisse cet évêché à son cousin Adalbéron II pour devenir évêque de Metz le 16 octobre 984. Vers l’an mil, l’évêché devient une principauté du Saint-Empire romain germanique et le prélat prend le titre de prince-évêque. Il a pour comte palatin d’abord Folmar Ier de Bliesgau, également comte de Lunéville puis à son décès en 995, son fils Folmar II lui succède, marié à Gerberge, fille probable de Godefroid Ier dit le Captif, comte de Verdun et de Mathilde de Saxe, fille d'Hermann Ier, duc de Saxe. Adalbéron II soutient l'empereur Henri II contre le mariage de certains de ses parents.

.Thierry II de Luxembourg ( ?- 1081) prince- évêque de Metz, de 1006 à 1047.

Fils de Sigefroy Ier, comte de Luxembourg et d’Hedwige de Norgau et d’Egisheim, neveu du duc Frédéric Ier de Lorraine, il est parfois appelé Thierry II de Lorraine. Il a d’abord pour comte palatin Folmar II puis au décès de celui-ci en 1029, son fils Godefroy.

.Adalbéron III prince- évêque de Metz de 1047 à 1072.

Fils du comte Frédéric de Luxembourg. Il est d’abord l'un des précepteurs de son cousin Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg qui deviendra le pape Léon IX. En 1047 il succède à son oncle Thierry de Luxembourg comme évêque de Metz. Son comte palatin est Godefroy de Bliesgau jusqu’au décès de celui-ci en 1056, puis son fils Folmar III.

.Hermann, prince-évêque.de Metz de 1072 à 1090

Apparenté aux comtes de Toul, l'oncle ou le cousin d’Henri Ier de Verdun. Il pourrait être le fils de Gislebert de Looz. Le comte palatin est alors Folmar III de Bliesgau qui décède en 1075 puis son fils Folmar IV qui lui succède. La Querelle des investitures porte un coup fatal au pouvoir épiscopal messin en déclenchant le processus qui aboutira à l’indépendance communale. En 1076, Hermann participe au concile de Worms ou l’empereur Henri IV dépose le pape Grégoire ; opposé dans le cadre de la querelle des Investitures à l’empereur Henri IV, qui ouvre cette querelle en s’emparant de Metz avec l’aide du duc de Lorraine Thierry II et du comte de Metz Folmar IV. Hermann doit alors quitter la ville, puis y revient mais est déposé en 1085 lors du concile de Mayence. Il est remplacé par un partisan de l’empereur: Valon, abbé de Saint-Arnould. Chassé par la foule celui-ci démissionne et se retire à l’abbaye de Gorze. Hermann est remis sur son trône par les messins. En 1087, Henri IV fait à nouveau chasser Hermann et place à son poste Brunon de Calw. Les Messins attaquent la cathédrale et massacrent la suite du prélat qui parvient à prendre la fuite. Hermann doit donc s’exiler auprès de la comtesse Mathilde en Italie, avant de pouvoir, enfin, en 1089, regagner la cité épiscopale. Il décède le 6 mai 1090. Henri IV fait nommer Burchard, grand prévôt de Trêves, comme évêque mais celui-ci ne parvient pas à prendre possession de son siège.

.Poppon, prince-évêque de Metz de 1090 à 1103

Frère du comte palatin Folmar IV; sa nomination est agréée, cette fois, par le pape.

.Adalbéron IV, prince-évêque de Metz entre 1104 et 1115.

En 1103, la mort de l'évêque Poppon, partisan de Rome, est le prétexte à un retournement d'alliance dans le contexte de la querelle des investitures. La cité messine s'allie ainsi au duc Thierry II de Lorraine qui prend le titre de comte de Metz. Thierry de Lorraine, au nom de l’empereur Henri IV impose Adalbéron sur le siège épiscopal. A la mort de Folmar IV en 1111, son fils Folmar V lui succède comme comte de Metz et de Hombourg ; marié à Mathilde, fille d’Albert Ier de Dabo (Dagsburg en allemand), comte d’Eguisheim, de Dabo, de Moha et en Nordgau. Thierry de Montbéliard, comte de Bar, de Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette, comte de Verdun qui, à la mort de son père Louis de Montbéliard a revendiqué la succession du duché de Lorraine, que son père avait déjà revendiquée mais il est lui aussi été débouté par l'empereur Henri IV ; il décide, en représailles, de ravager l'évêché de Metz, mais est vaincu par Adalbéron et le duc de Lorraine Thierry II. Mais schismatique, Adalbéron est démis en 1115 par le concile de Reims. S’ensuit une vacance épiscopale de quelques années. .

.Théoger, prince-évêque de Metz de 1117 à 1120

Nommé en remplacement de l'évêque schismatique Adalbéron IV, démis lors du synode de Reims de 1115. Les bourgeois messins lui refusant l'entrée dans la ville, il ne peut pas prendre possession de son évêché.

.Étienne de Bar, prince- évêque de Metz de 1120 à 1163

Fils de Thierry Ier de Montbéliard, comte de Bar et d'Ermentrude de Bourgogne.

Elevé par son oncle maternel Guy de Bourgogne, alors archevêque de Vienne ; élu princier de Toul en 1107. En 1119, Guy de Bourgogne est élu pape sous le nom de Calixte II. Il le fait évêque de Metz en 1120 et le nomme cardinal-diacre de S. Maria in Cosmedin. Il commence son règne alors que le comte de Metz est encore Folmar V. La Querelle des Investitures l'empêche temporairement de prendre possession de son diocèse, et il n’est sacré qu'en 1122, après le concordat de Worms. Il occupe son épiscopat à reconstituer le temporel de son diocèse. Dès le début de son règne, désireux de consolider son autorité, avec l'aide de son frère Renaud Ier, comte de Bar, il s'attaque aux forteresses qui s'étaient indument multipliées. Ainsi sont détruits les châteaux de Marsal, de Terli, de Vic-sur-Seille et Moyenvie, construits par les comtes de Metz et les ducs de Lorraine, ainsi que ceux de Thicourt, Vatimont et Bacour. Le comte Folmar V décède en 1145 ; lui succède son fils Hugues Ier déjà comte de Hombourg depuis 1147 et comte de Metz en 1157. Le comte Hugues décède en 1159 ; lui succède son frère le comte Folmar VI. À la mort d’Étienne de Bar en 1163, une nouvelle crise éclate entre l’empire et la papauté, provoquant un nouvel affaiblissement du pouvoir des évêques de Metz qui évitent, à compter de cette date, de se faire consacrer par peur d’être pris pour des « orthodoxes » par l’empereur, pour des « anti-papes » par Rome (et donc d’être excommuniés par Alexandre, le pape en exercice à cette époque). La bourgeoisie de Metz en profite pour conforter ses pouvoirs et consolider son autorité, quitte à entrer en conflit avec l’évêque.

.Thierry III de Bar, prince évêque de Metz de 1163 à 1171

Fils de Renaud Ier, comte de Bar et de Gisèle de Vaudémont, neveu du précédent. Il reçoit en 1136 la principauté de Metz, devenue vacante par l’élection de son titulaire Albéron de Chiny au siège épiscopal de Verdun. En 1156, il reçoit la princerie de Verdun. En 1163, à la mort de son oncle Étienne, il est élu évêque de Metz avec l’appui de l’empereur Frédéric Ier Barberousse. Simple diacre et ayant refusé d’être ordonné prêtre, il n’est pas consacré évêque. En 1171, le comte Folmar VI meurt sans héritier direct. L’évêque donne alors le comté de Metz à Hugues II, également comte d’Eguisheim, de Dabo, fils d’Hugues IX, comte d'Eguisheim, de Dabo et de Moha et époux de Luitgarde de Sulzbach (Bavière), veuve de Godefroid II de Louvain, comte de Louvain, landgrave de Brabant, marquis d'Anvers et duc de Basse-Lotharingie.

.Frédéric de Pluvoise, prince-évêque de Metz de 1171 à 1173

Jamais consacré.

.Thierry IV de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1174 à 1179.

Fils de Mathieu Ier, duc de Lorraine, et de Berthe de Hohenstaufen. Entre 1174 et 1179 Thierry IV et Frédéric de Pluvoise se disputent le trône. En 1174, avec le soutien de son oncle maternel l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse, il est élu évêque de Metz, mais le pape Alexandre III refuse de reconnaitre l’élection et il n’est pas sacré. Cinq ans plus tard, en mars 1179, ce pape fait réunir le concile de Latran qui, parmi des décisions prises, le fait déposer. Il meurt deux ans plus tard.

.Bertram, prince-évêque de Metz de 1180 à 1212

Elu en 1180 avec le soutien de l'empereur Frédéric Barberousse. Le comte de Metz depuis deux ans est Albert II de Dabo-Moha, fils d’Hugues et époux de Gertrude de Bade. Les conflits avec la Bourgeoisie de Metz se multipliant, Bertram inaugure le début de son épiscopat en instituant de nouvelles règles, dans une charte du 21 mars 1180 instituant la Communauté urbaine messine et les conditions de l’élection annuelle de ses échevins. C'est vraisemblablement en cette même année que la ville reçoit le titre de ville d'Empire /Reichsstadt, conservé au moins jusqu'en 1210 sous cette terminologie. Bien que restaurateur du pouvoir épiscopal, il est pourtant chassé de son siège par l’empereur et obligé de se réfugier à Cologne avant de rentrer à Metz à la mort de Frédéric Barberousse. Il fait construire une forteresse à Vic-sur-Seille, laissant « la haute justice » criminelle dans les mains de son « Grand Avoué », le comte de Dabo, lequel le délègue à une « assemblée de treize jurés » qui va devenir la plus haute autorité de l’État et constituer, avec le Maître Échevin, le « Conseil Suprême », dit aussi « Grand Conseil » de la cité messine. À peine institués, ces « treize » entrent en conflit avec l’évêque et le clergé, leur refusant des exemptions de charges financières destinées à la réfection des remparts; ils soulèvent une première fois les bourgeois contre eux, mais doivent céder

.Conrad de Scharfenberg, prince-évêque de Metz de 1212 à 1224

D’abord évêque de Spire et chanoine impérial en 1200. Il sert les empereurs Philippe de Souabe, Othon IV avant de se rallier à Frédéric II de Hohenstaufen. En 1212, il est élu évêque de Metz en compétition avec l'évêque de Langres Guillaume de Joinville, le candidat de Philippe Auguste, qui finit par se désister. C’est alors Gertrude de Dabo, qui succède comme comtesse de Metz à son père Albert II ; Mariée en premières noces en 1206 à Thiébaud Ier, duc de Lorraine, en secondes noces en 1220 à Thibaut IV, comte de Champagne (annulation du mariage en 1222) puis en troisièmes noces à Simon de Sarrebruck. Durant son épiscopat, Conrad doit faire face aux Bourgeois de Metz qui supportent de moins en moins le pouvoir temporel de l’évêque. L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen est obligé d’intervenir pour apaiser un conflit qui reprend onze années plus tard au motif toujours le même de la contribution cléricale à l’entretien des murs. Les intérêts divergents conduisent de fait à une rupture ; progressivement, l’évêque se consacre à ses terres, les citadins à la ville.

.Jean Ier d’Apremont, prince -évêque de Metz de 1224 à 1238.

L'origine de la maison d’Apremont est en Lorraine (Apremont-la-Forêt), et remonte au-delà du XIIe siècle. La plus ancienne mention d'un d'Aspremont concerne un certain Gobert d'Aspremont, cité comme témoin séculier dans une charte de 1131 par laquelle Albéron de Chiny, évêque de Verdun, donne les terres et revenus permettant de fonder l'abbaye de Chatillon. Jean d’Apremont organise le diocèse en principauté épiscopale en limitant les ambitions des bourgeois et à la mort sans héritier de Gertrude de Dagsbourg, il récupère tous les biens des comtes de Dasbourg, comme anciens fiefs de l'Eglise de Metz. Il appelle à son secours le comte de Bar, et, par son moyen, il se met en possession des terres de Herrenstein (Herrenstein, près Neuwiller, Bas-Rhin) et de Turquestein, des villes de Saralbe et de Sarrebourg, et des autres terres que les comtes de Dasbourg avoient autrefois possédées à titre de fiefs de son évêché. Simon de Linange, veuf de Gertrude puis son frère Frédéric III de Linange lui font la guerre pour tenter de récupérer le comté puis en 1236, il traite avec l’évêque, épouse sa nièce Elizabeth d’Apremont, et devient le vassal du prélat. Une partie de la bourgeoisie messine lui fait aussi la guerre, à lui et à ceux qui ont pris son parti : le duc Mathieu II de Lorraine et le comte Henri de Bar. Mais c’est l’argent messin qui fait son effet et le comte de Bar, acheté par les bourgeois, change de camp, bientôt imité par le duc de Lorraine. Les bourgeois triomphants peuvent alors jeter hors des murs ceux qui les soutenaient. Ils les bannissent à vie de la cité après avoir brûlé leurs bannières et les avoir délestés de tous leurs biens et assiègent l’évêque réfugié dans sa forteresse de Saint-Germain. Jean d’Apremont, obligé de reconnaître sa défaite, fait la paix et doit reconnaître l’indépendance de la cité.

.Jacques de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1239 à 1260

Fils de Ferry II, duc de Lorraine, et d'Agnès de Bar.

En 1223, il est archidiacre de Trèves, puis princier de Metz. En 1230, il reçoit la princerie de Verdun, qu'il résilie en 1238, et la prévôté de l'abbaye Saint Lambert de Liège. Il est élu évêque de Metz en avril 1239. Il fait construire plusieurs châteaux et enceintes fortifiées autour d'Épinal et de Rambervillers.

.Philippe de Florange, prince-évêque de Metz de 1260 à 1263

Fils de Philippe de Lorraine, seigneur de Florange.

Son père était lui-même fils de Robert de Lorraine, seigneur de Florange, et petit-fils de Simon Ier de Lorraine et d'Adélaïde de Supplimbourg. Le 24 octobre 1260, à la mort de son cousin Jacques de Lorraine, évêque de Metz, il est élu par une partie des chanoines pour lui succéder, en compétition avec Thibaut de Porcellets (de la famille puissante de Provence) soutenu par les autres chanoines. Philippe est sacré avec l'appui de l’archevêque de Trèves, mais l'autre candidat, soutenu par Thiébaut II, comte de Bar, en appelle au pape et l'accuse de simonie. Philippe négocie avec le comte de Bar et, fin 1263, place son diocèse sous la protection de ce dernier. C'est au tour de Ferry III, duc de Lorraine, d'en être irrité et d'en appeler à son tour au pape Urbain IV. Celui-ci notifie à Philippe l'irrégularité de son élection. Guillaume de Traînel est nommé à sa place, mais il reste trésorier de Metz et se retire dans ses possessions.

.Guillaume de Traînel, prince-évêque.de Metz de 1264 à 1269

Probablement neveu du comte Thiébaut II de Bar. Durant son épiscopat, il est en guerre d'abord avec Henri V de Luxembourg et Ferry III de Lorraine puis avec son oncle Thiébaut II de Bar. .Laurent de Lichtenberg, prince-évêque de Metz de 1269 à 1279 Il appartient à l'une des familles les plus puissantes d'Alsace du Nord, qui compte trois évêques de Strasbourg, dont le célèbre Conrad de Lichtenberg. Il intervient dans le conflit opposant le duc Ferry III de Lorraine et le comte Thiébaut II de Bar et participe au Concile de Lyon de 1274.

.Jean II de Dampierre, prince-évêque de Metz de 1280 à 1282, puis prince-évêque de Liège (1282-1291).

Fils cadet du comte de Flandre Gui de Dampierre et de Mathilde de Béthune.

Le 2 janvier 1280 Jean est nommé évêque de Metz par Nicolas III. Il marque peu d'intérêt pour cette fonction mais les rentes lui permettent d'acquérir des terres en Flandre. Le 31 octobre 1282 il devient prince-évêque de Liège.

.Bouchard d’Avesnes, prince-évêque de Metz de 1282 à 1296

Fils de Jean d'Avesnes (fils de Bouchard d'Avesnes et de Marguerite de Constantinople) et d'Alix, sœur de Guillaume II de Hollande, frère de Jean Ier, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande. En compétition avec Guillaume d'Auvergne, à la succession de Jean d'Enghien comme prince-évêque de Liège, il se rend à Rome pour plaider sa cause. Le pape Martin IV, nomme finalement Jean II de Dampierre à Liège et choisit Bouchard d'Avesnes pour le remplacer à Metz. En 1288 il est en guerre contre Ferry III de Lorraine et Henri III de Bar à propos du comté de Castres (Blieskastel), un fief qui avait été engagé. Allié à l'évêque de Strasbourg Conrad de Lichtenberg, Bouchard d'Avesnes remporte une victoire importante près du futur Sarrelouis puis signe un traité de paix en 1290. En 1291, il aide son frère Jean Ier à mater la révolte des bourgeois de Valenciennes.

.Gérard de Rhéninghe, prince-évêque de Metz de 1297 à 1302

À la mort de Bouchard d'Avesnes, il y a deux candidats pour lui succéder : Frédéric de Lorraine et Thiébaut de Bar. Le choix de l'évêque sous-entend un choix entre les deux grands féodaux locaux, le duc de Lorraine et le comte de Bar. Les chanoines préfèrent ne pas faire ce choix et en appellent à Rome, qui nomme Gérard de Rhéninghe le 24 avril 1297.

.Renaud de Bar, prince-évêque de Metz de 1302 à 1316

Fils de Thiébaut II, comte de Bar. Il est nommé chanoine à Reims, Laon, Verdun et Cambrai, puis, avant 1298, archidiacre à Bruxelles, puis archidiacre à Besançon en 1299. En 1301, il est nommé chanoine et princier de Metz puis en 1302 prévôt de la Madeleine à Verdun. Enfin au milieu de l'Année 1302, il est élu évêque de Metz, mais l'élection est considérée comme irrégulière car le pape s'était réservé la possibilité de nommer lui-même le titulaire de ce siège. Pour résoudre le problème et ménager le clergé de Metz, tout en sauvant la face, Boniface VIII casse l'élection, mais nomme immédiatement Renaud au siège épiscopal. Il est le seul prélat de l'archidiocèse de Trèves à assister en 1312 au concile de Vienne, convoqué par le pape Clément V. Il doit lutter contre le duc de Lorraine Thiébaud II, puis contre les magistrats de Metz. Il doit se retirer dans la campagne messine et meurt le 4 mai 1316.

.Henri Dauphin, prince-évêque de Metz de 1319 à 1325

Fils d'Humbert Ier, seigneur de la Tour-du-Pin, et d'Anne de Bourgogne, dauphine de Viennois et comtesse d'Albon. Imposé par le pape Jean XXII, jamais ordonné.

.Louis de Poitiers, évêque de Viviers de 1306 à 1318, évêque de Langres de 1318 à 1325 et prince-évêque de Metz de 1325 à 1327

Fils de Aymar IV de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, et d’Hippolyte de Bourgogne.

.Adhémar de Monteil, prince-évêque de Metz de 1327 à 1361

Issu d’une famille noble du Dauphiné, nommé évêque souverain de Metz en 1327, succédant à son oncle Louis de Poitiers. Il entre en conflit avec le duc Raoul de Lorraine, lorsque le roi Philippe VI de France intervient, et amène la conclusion d'un traité de paix. Ce prélat a ensuite des démêlés avec la régente de Lorraine Marie de Châtillon et avec le duc Robert Ier de Bar.

.Jean III de Vienne, prince-évêque de Metz de 1361 à 1365

Fils de Vauthier de Vienne, seigneur de Mirebel.

En 1355, il succède à son oncle Hugues VI de Vienne comme archevêque de Besançon et l’année suivante, il devient gouverneur du duché de Bourgogne, Philippe Ier de Bourgogne étant âgé de dix ans. Puis Il devient évêque de Metz en 1361. Souhaitant affirmer l'autorité épiscopale sur les magistrats, il entre alors en conflit avec les bourgeois de la cité. Chassé dans son château de Vic-sur-Seille, il perd le soutien de son clergé. Il parvient, grâce à l'un de ses oncles cardinal, à se faire muter à Bâle. C'est en 1365, qu'il devient évêque de Bâle. En 1367, Jean III fait incendier Bienne dont les habitants remettent en cause son autorité. Une garnison de Berne vient l'assiéger dans son château du Schlossberg. Il meurt le 7 octobre 1382 à Porrentruy.

.Thierry V Bayer de Boppard, prince-évêque de Metz de 1365 à 1384

Fils de Simon Bayer von Boppard, cité sur la rive gauche du Rhin et d’Elisabeth Walpod von Waldmannshausen. Reçu en 1342 au chapitre de la cathédrale de Worms sur décision du pape Clément VI, après l’intercession du roi de Bohême Jean l'Aveugle, Il est fait diacre. En 1353, il est fait chanoine à Worms, puis à Mayence. Peu après, il devient chanoine de Trèves puis chancelier de l’empereur Charles IV de Luxembourg auprès du pape à Avignon. Puis en 1358, il est officiellement nommé aumônier pontifical et le 15 mars 1359, nommé évêque de Worms mais il s’oppose aux bourgeois de cette ville. Le 13 août 1365, il est nommé évêque de Metz, par Urbain V en remplacement de Jean III de Vienne et s’installe à Metz le 2 novembre 1365. Il s'allie d’abord avec les ducs Jean Ier de Lorraine et Robert Ier de Bar. Puis, en 1368, il accompagne l’empereur Charles IV en Italie. Là, il combat contre le seigneur de Milan Barnabé Visconti, aux côtés de l’empereur. Bayer von Boppard représente alors Charles IV auprès des papes Urbain V et Grégoire XI. En 1370, Bayer von Boppard est de retour à Metz. Il s'engage dans un conflit qui dure depuis 1368 entre les Messins et le duc de Bar Robert Ier. Celui-ci, fait prisonnier par les Messins en 1368, doit payer, pour sa liberté, 120 000 florins. Malgré un premier traité de paix signé après sa libération, le duc de Bar s'allie au duc de Lorraine Jean Ier pour faire le siège de Metz. Ils sont repoussés et un traité de paix définitif est finalement signé en 1373. Le 20 juin 1373, Bayer frappe d’interdit la ville de Metz pendant deux ans. Il lève son excommunication en 1375, contre le payement d'une somme d'argent, destinée à éponger ses dettes. Cette somme ne suffit cependant pas, car il doit vendre en outre son droit de battre monnaie à la municipalité de Metz. En 1378, dans le Grand Schisme d'Occident, Bayer de Boppard prend le parti des papes de Rome, avant de se rallier à la cause de Clément VII. Il est excommunié en 1381, suite à un problème financier avec le chapitre de la cathédrale de Metz et passe alors la fin de sa vie à fortifier son château épiscopal de Vic-sur-Seille. .Pierre de Luxembourg, prince-évêque de Metz de 1384 à 1387 Fils de Guy de Luxembourg, comte de Ligny-en-Barrois. Nommé évêque de Metz, par l’antipape Clément VII soutenu par le clergé Messin, pendant le Grand Schisme d'Occident. L’empereur Venceslas Ier de Luxembourg, partisan du pape Urbain VI, fait nommer Thielleman de Bousse. Ces conflits pour la direction du siège épiscopal entraînent des combats à Metz, Boulay et Thionville, sans que Thielleman de Bousse parvienne à faire reconnaître ses prétentions à Metz. En 1386, il est nommé cardinal d’Avignon et meurt dix mois plus tard, le 2 juillet 1387.

.Raoul de Coucy, prince-évêque de Metz de 1387 à 1415

Fils de Raoul de Coucy, seigneur de Montmirail En 1387 succède à Pierre de Luxembourg à l’évêché de Metz alors qu’il est encore très jeune. Il participe au concile de Constance.

.Conrad II Bayer de Boppard, prince-évêque de Metz de 1415 à 1459,

.George Ier de Bade, prince-évêque de Metz de 1459 à 1484, margrave de Bade

Jamais consacré

Quatrième fils du margrave Jacques Ier de Bade et de Catherine de Lorraine. En 1451, il reçoit le comté de son père. Le 5 octobre 1456, il devient coadjuteur de l’évêque de Metz Conrad II Bayer de Boppard. Le 20 avril 1459, à la mort de ce dernier, il prend possession de l’évêché. Il n’entre à Metz qu’en 1461, accompagné de 700 cavaliers dont l’archevêque de Trèves Jean II de Bade, le comte de Nassau et le grand maréchal de Lorraine, Jean de Fenétrange. Le 30 juin 1462, il participe à la bataille de Seckenheim, où il est capturé par Frédéric Ier du Palatinat, avec le Margrave de Bade Charles Ier, et Ulrich V de Wurtemberg. Il est libéré contre une lourde rançon. Alors que plusieurs patriciens messins avaient refusé de participer à la croisade de Pie II contre Dieter von Isenburg, et avaient été excommuniés, Georges de Bade plaide leur cause auprès du Pape. En signe de reconnaissance, les magistrats messins prêtent leurs troupes à l'évêque pour reconquérir les places fortes prises par le roi de France Charles VII et le duc de Lorraine lors de la guerre de 1444. Mais Épinal reste aux mains des Lorrains en 1466, moyennant une compensation financière. En 1473, la ville de Metz et le duché de Lorraine se réconcilie après la Diète d'Augsbourg. Mais dès le 29 septembre 1473, l’évêque de Metz s’allie avec Charles le téméraire. Un traité de paix est signé le 28 avril 1474 entre le duché de Lorraine et la ville de Metz. Deux ans plus tard, Georges de bade arrange le mariage de l’empereur Maximilien d’Autriche et de Marie de Bourgogne.

.Henri II de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1484 à 1505,

Fils d'Antoine de Lorraine, comte de Vaudémont et sire de Joinville Probablement né au début des années 1430, il devient chanoine de Toul et de Metz en 1433, et fait ses études théologiques à Paris. En 1456, il est nommé évêque de Thérouanne. En 1466, son frère Ferry II, comte de Vaudémont, accompagne Jean II, duc de Lorraine, à la conquête de la Catalogne et Henri administre alors le comté de Vaudémont. En 1484, il est nommé à Metz, mais se brouille avec les bourgeois de la ville, qui en appellent à l'empereur Frédéric III de Habsbourg. Il a alors pour compétiteur Olry de Blâmont, qui sera évêque de Toul de 1495 à 1506.

.Jean IV de Lorraine, prince-évêque de Metz de 1505 à 1543

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar et de Philippe de Gueldre. Jean de Lorraine abandonne l’administration du diocèse à son neveu Nicolas Metz fait alors partie du cercle impérial du Haut-Rhin.

.Nicolas de Lorraine, évêque de Verdun de 1544 à 1547 puis évêque de Metz de 1543 à 1548 puis duc de Mercoeur

De 1552 à 1559, il est régent des duchés de Lorraine et de Bar pendant la minorité de son neveu Charles III conjointement avec sa belle-sœur, la duchesse douairière née Christine de Danemark, mais les États de Lorraine décident en novembre 1545 de laisser Christine seule régente. Christine qui est la nièce de l’Empereur Charles Quint, est favorable à l’Empire à la différence de Nicolas. En 1548, Nicolas commence à renoncer à ses évêchés, à se faire relever de ses vœux et prend le titre de comte de Vaudémont.

.Jean IV de Lorraine, à nouveau prince évêque de Metz de 1548 à 1550.

Il reprend l’administration de son évêché auquel il n’a jamais formellement renoncé quand Nicolas se fait relever de ses vœux en 1548. A la fin de son règne, la guerre reprend entre l’Empire de Charles Quint et la France de Henri II alliée aux princes protestants de l’Empire (Ligue de Smalkalde) en 1550.

.Charles Ier de Lorraine, prince évêque de Metz de 1550 à 1551

Second fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise et seigneur de Joinville (qui se distingua sous François Ier et d'Antoinette de Bourbon-Vendôme).

.Robert de Lenoncourt, prince évêque de Metz de 1551 à 1555

Fils de Thierry de Lénoncourt (Lorraine).

Au printemps 1552, le roi de France en profite pour imposer sa « protection » aux principautés épiscopales enclavées dans les territoires ducaux sous le prétexte, incongru pour l’époque, que leurs habitants étaient de langue romane (les futurs Trois-Évêchés). Le 15 avril 1552, de passage à Nancy, le roi destitue arbitrairement la régente Christine, nomme le francophile Nicolas à sa place et, d’autorité, emmène le jeune duc Charles III, âgé de 9 ans, terminer son éducation à Paris afin de le soustraire à l’influence de la duchesse-douairière. Avec la complicité de Robert de Lenoncourt, l'évêché de Metz passe sous "protection" française comme ceux de Verdun et de Toul. La ville, défendue par le duc de Guise est assiégée en vain par Charles Quint. Par le traité de Cateau-Cambrésis de 1559, Metz reste aux mains de la France mais ce ne sera que par le traité de Westphalie de 1648 qu’en droit, elle cesse de faire partie de l’empire.

3. Evêché-comté de Verdun / Bistum-grafschaft von Verdun, Ville Libre Impériale de Verdun / Frei Reich Stadt von Verdun

L'évêché de Verdun est créé au IV° siècle à l'époque de la Gaule romaine. Après le Traité de Verdun en 843, Verdun fait partie successivement de la France médiane, de la Lotharingie, puis, au sein du Saint Empire dès 925, de la Basse-Lorraine.

Evêques

.Wigfrid, évêque de Verdun de 959 à 983

Evêque sous le règne d’Othon le Grand.

.Hugues II, évêque de Verdun de 983 à 984

.Adalbéron I (958-1005), évêque de Verdun de 984 à 988

Fils de Frédéric Ier d'Ardennes, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie et de Béatrice de France, sœur d'Hugues Capet ; contemporain de l’empereur Othon III.

.Haymon (ou Heimon), comte-évêque de Verdun de 988 à 1024.

Nommé par les impératrices Théophano et Adélaïde. Ce Bavarois, ami du futur empereur Henri II ; en 990, l'empereur Otton III fait de l'évêque de Verdun un prince souverain, lui accordant le pouvoir temporel sur la ville et le droit de nommer les comtes. Sous son règne, sont nommé comme comtes Godefroy II, duc de Basse-Lotharingie de 1002 à 1012, puis son frère Frédéric de 1012 à 1022 puis son frère Hermann de 1022 à 1024 lequel renonce et se fait moine. .Raimbert, comte-évêque de Verdun de 1024 à 1037 Il nomme en 1024 comme comte de Verdun, Louis, comte de Chiny qui est tué en 1025 par Gothelon, frère d'Hermann, qui convoite la ville. Gothelon donne le comté de Verdun en apanage à son fils Godefroy III le Barbu, duc de Basse-Lotharingie.

.Louis Ier ( ?- 1025), comte de Chiny et seigneur de Warcq de 992 à 1025, et comte de Verdun de 1024 à 1025

Fils d'Otton Ier, seigneur de Warcq ; père de Louis II comte de Chiny et grand-père d’Arnoult, comte de Chiny.

.Richard Ier, comte-évêque de Verdun de 1040 à 1046

.Thierry, comte-évêque de Verdun de 1047 à 1089

Sous son épiscopat, c’est Godefroy IV le Bossu, duc de Basse-Lotharingie, fils de Godefroy le Barbu qui succède à la mort de son père en 1069 comme comte de Verdun puis à sa mort en 1076, sa veuve Mathilde de Toscane, jusqu’à sa mort en 1086. En 1086, c’est Godefroy V de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, neveu de Godefroy IV, qui lui succède.

.Richer, comte-évêque de Verdun de 1089 à 1107

En 1100, Richer donne le comté de Verdun à titre viager à Thierry II de Montbéliard qui devient comte de Verdun de 1100 à 1105 puis au fils de celui-ci Renaud Ier le Borgne, comte de Montbéliard, mais les rapports entre les pouvoirs temporel et spirituel sont mouvementés. Le XIIe siècle voit éclore le mouvement communal. Les bourgeois de Verdun veulent se soustraire à l’autorité de l’évêque.

.Richard II de Grandpré, comte-évêque de Verdun de 1107 à 1114

.Mazon, administrateur de 1114 à 1117

.Henri Ier de Blois, comte-évêque de Verdun de 1117 à 1129 déposé au concile de Chalon Sous son règne, vers 1119, Renaud le Borgne, comte de Bar, élève une énorme tour entre la porte Châtel et l’abbaye de Saint-Vanne de Verdun. De cette tour, ses gens terrorisent la ville et ses abords. Évêque et bourgeois s’unissent contre Renaud. .Ursion, comte-évêque de Verdun de 1129 à 1131 C’est lui qui donne vers 1130, le comté de Briey au comte de Bar Renaud le Borgne.

.Albéron de Chiny, comte-évêque de Verdun de 1131 à 1156

Fils d'Arnoul Ier de Chiny, comte de Chiny.

En 1134, la tour érigée par Renaud le Borgne est prise puis détruite. Albéron de Chiny dépose le comte Renaud et rattache le comté de Verdun au domaine épiscopal.

.Albert de Mercy, comte-évêque de Verdun de 1156 à 1162

De la maison de Mercy dont la puissance connait son apogée au cours du Moyen Âge dans la région couvrant désormais le sud de la Belgique, la Lorraine et le Luxembourg qui tire son nom du château de Mercy, construit au X°siècle sur le ban de la commune de Joppécourt en Lorraine.

.Richard III de Crisse, comte-évêque de Verdun de 1163 à 1171

.Arnoul de Chiny, comte-évêque de Verdun de 1172 à 1181

Arrière-petit-fils d’Arnoud de Chiny, comte de Chiny ; petit-fils d’Othon II, comte de Chiny ; fils d'Albert Ier, comte de Chiny et d'Agnès de Bar.

.Henri II de Castel, comte-évêque de Verdun de 1181 à 1186

.Albert II de Hierges (Hirgis), comte-évêque de Verdun de 1186 à 1208

Fils de Manassès de Hierges et d'Alix de Chiny, fille d'Albert Ier, comte de Chiny.

En 1195, les bourgeois de Verdun obtiennent de l’empereur Henri IV une charte d’après laquelle la cité, devenue libre, relève directement de l’empire. C’est alors la lutte entre l’évêque et les bourgeois.

.Robert Ier de Grandpré, comte-évêque de Verdun de 1208 à 1216.

Fils d'Henri III comte de Grandpré et de Liutgarde de Luxembourg.

.Jean Ier d’Apremont, comte-évêque de Verdun de 1217 à 1224 puis de Metz en 1224

Fils de Geoffroy Ier, seigneur d’Apremont et d’Élisabeth de Dampierre.

.Raoul de Torote, comte-évêque de Verdun de 1124 à 1245 .Guy de Traignel (Trainel), comte-évêque de Verdun de 1245 à 1245

.Guy II de Mellote (Mello), comte-évêque de Verdun de 1245 à 1247

.Jean II d'Aix, comte-évêque de Verdun de 1247 à 1252

.Jacques Pantaléon, comte-évêque de Verdun de 1253 à 1255, pape sous le nom d’Urbain IV

.Robert II de Milan, comte-évêque de Verdun de 1255 à 1271

.Ulrich de Sarvay (Sarnay), comte-évêque de Verdun de 1271 à 1273

.Gérard de Grandson, comte-évêque de Verdun de 1275 à 1278 Petit-fils d’Ebald IV de Grandson, auquel un édit du 26 août 1186 de l'empereur Frédéric Barberousse reconnait le droit de "construire dans le territoire des Noires-Joux, maisons, villages, bourgs et châteaux, sans autre réserve que celle de suzeraineté immédiate de l'empire". Fils de Pierre Ier de Grandson, seigneur de Grandson (dans l’actuel canton de Vaud) vassal du comte de Savoie.

.Henri III de Grandson, comte-évêque de Verdun de 1278 à 1286

Frère du précédent.

.Jean III de Richericourt, comte-évêque de Verdun de 1297 à 1302

.Jacques II de Ruvigny, comte-évêque de Verdun de 1289 à 1296

.Thomas de Blankenberg /de Blamont, comte-évêque de Verdun de 1303 à 1305

Fils de Frédéric Ier, comte de Blâmont et de Jeanne de Bar. Pourvu de la dignité de princier dans la cathédrale de Verdun, il met beaucoup de zèle à défendre les droits de l'Eglise, lorsqu'il forme le dessein de surprendre la ville de Toul, avec une troupe de quatre-vingts hommes seulement, pour soumettre les bourgeois révoltés contre leur évêque. C’est cette fermeté de Thomas de Blâmont, et la puissance des alliés de sa famille, qui portent le Chapitre de Verdun à le choisir pour évêque, quelque temps après la mort de Jean de Richericourt, le jugeant capable de réprimer les entreprises des bourgeois de cette ville, qui avaient abusé de la douceur de l'évêque précédent pour empiéter sur les droits de l'Eglise, et sur les immunités du clergé. Thomas de Blâmont arrête ces projets par son autorité ce qui remet le calme dans Verdun sous son épiscopat. .Nicolas Ier de Neuville, comte-évêque de Verdun de 1305 à 1312 Issu de la famille des seigneurs de Neuville-sur-Orne. Sous son épiscopat, les magistrats de Verdun renouvellent leur ligue avec les bourgeois de Metz et de Toul contre leurs évêques, mais les troupes de Regnaud, évêque de Metz, sont défaites à Frouard et l'évêque de Toul quitte son évêché.

.Henri IV d’Apremont, comte-évêque de Verdun de 1312 à 1349

Pour se défendre contre la rapacité de leurs voisins, les évêques qui, jusqu’alors, s’appuient surtout sur l’empire, sont amenés à solliciter la protection des rois de France plus rapprochés. Ceux-ci, se rendant compte de la situation importante de Verdun, répondent à cet appel. À partir de 1315, date à laquelle Louis X le Hutin y met la première « Garde Française », l’influence de la France fait des progrès incessants. Charles VII, Charles VIII, Louis XII prennent successivement Verdun sous leur protection. Mais, au cours des siècles suivants, les comtes de Bar restent pour Verdun des voisins dangereux, ainsi d’ailleurs que les comtes de Luxembourg. Les seigneurs de ces deux Maisons, tantôt ennemis, tantôt alliés, s’unissent parfois pour opprimer de concert l’évêché de Verdun.

.Otton de Poitiers, comte-évêque de Verdun de 1349 à 1351

Fils d'Aimar IV, comte du Valentinois et de Diois, et de Sybille de Baux.

.Hugues III de Bar, comte-évêque de Verdun de 1352 à 1361

Fils de Pierre, seigneur de Pierrefort, et de Jeanne de Vienne.

Par son père, il est le petit-fils de Thiébaut II, comte de Bar. .Jean IV de Bourbon-Montperoux, comte-évêque de Verdun de 1362 à 1371

.Jean V de Dampierre Saint-Dizier, comte-évêque de Verdun de 1371 à 1375

.Guy III de Roye, comte-évêque de Verdun de 1375 à 1379

Issu de la maison picarde de Roye.

.Liébaud, comte-évêque de Verdun de 1380 à 1404

.Jean IV de Sarrebruck, comte-évêque de Verdun de 1404 à 1419

Fils de Jean III de Sarrebruck-Commercy, seigneur de Commercy-Château-Haut.

.Louis Ier de Bar, administrateur du diocèse de Verdun de 1419 à 1423

Fils de Robert Ier, comte puis duc de Bar, et de Marie de France.

La mort le 25 octobre 1415 à Azincourt au côté des Français d'Édouard III, duc de Bar, et de Jean de Bar, son frère, seigneur de Puisaye, le rend héritier du duché de Bar mais il doit défendre son héritage contre son beau-frère Adolphe Ier, duc de Juliers et de Berg. Louis réussit néanmoins à vaincre Adolphe. Il recherche l'amitié du duc de Lorraine. Les deux princes signèrent, le 4 décembre 1415, un traité qui met fin aux événements désastreux dont les deux duchés avaient été le théâtre sur la fin du règne de Robert et sous celui d'Édouard III. Mais trop âgé pour renoncer à l'état ecclésiastique qu'il a embrassé dans sa jeunesse, il accepte la couronne ducale du Barrois, tout en conservant le titre de cardinal, et la crosse épiscopale de Châlons, qu'il échange pour celle de Verdun, ville située au milieu de son duché. En 1419, pour mettre fin au différend entre les ducs de Bar et de Lorraine, il négocie le mariage de son petit-neveu René d'Anjou avec la fille et héritière de Charles II de Lorraine, et lui confie le gouvernement du duché de Bar dès 1420.

.Raymond, comte-évêque de Verdun de 1423 à 1424

.Guillaume de Montjoie, comte-évêque de Verdun de 1423 à 1424

.Louis Ier de Bar, à nouveau administrateur du diocèse de Verdun de 1424 à 1430

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1430 à 1437, de Toul de 1437 à 1449

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt.

.Guillaume Fillâtre, comte-évêque de Verdun de 1437 à 1449

Originaire de Gand. Neveu du cardinal Guillaume Fillastre, archevêque d'Aix.

En 1468, Guillaume donne à Charles le Téméraire, les premières pages de son grand traité sur l'Ordre de la Toison d'or, fondé par son père Philippe le Bon.

.Louis de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1430 à 1437, puis de Toul de 1437 à 1449 et à nouveau de Verdun de 1449 à 1456

De la famille des seigneurs de Harocourt, village situé sur le plateau rive droite de la Meurthe, à égale distance de Nancy et de Lunéville.

Fils de Jean de Haraucourt, régent du duché de Lorraine pendant la minorité de Charles II de Lorraine, et d'Isabelle de Lenoncourt.

.Guillaume de Haraucourt, comte-évêque de Verdun de 1456 à 1500

Petit-neveu du précèdent. .Warry de Dommartin, comte-évêque de Verdun de 1500 à 1508

De la famille des barons de Dommartin situé dans le diocèse de Toul.

.Louis de Lorraine (1500-1528), comte-évêque de Verdun de 1508 à 1522

Fils de René II, duc de Lorraine et de Bar, et de Philippe de Gueldre.

.Jean IV de Lorraine (1498-1550), prince-évêque de Metz de 1505 à 1543, puis de 1548 à 1550, comte- évêque de Toul de 1517 à 1523, puis de 1532 à 1537 et de 1542 à 1543, comte-évêque de Verdun de 1523 à 1544,

Frère du précédent.

.Nicolas de Lorraine (1524 -1577), comte-évêque de Verdun de 1544 à 1547, administrateur de l’évêché de Metz de 1543 à 1548, comte de Vaudémont de 1548 à 1577, seigneur de Mercœur de 1563 à 1569, puis duc de Mercœur de 1569 à 1577 mais surtout, de 1552 à 1559, régent des duchés de Lorraine et de Bar pendant la minorité de son neveu Charles III.

Fils d’Antoine le Bon, duc de Lorraine et de Bar, et donc neveu du précèdent.

.Nicolas Psaume, évêque de Verdun de 1548 à 1575

En 1551, les princes protestants allemands en lutte contre Charles Quint recherchent le soutien du roi de France. À Lochau est signé un accord qui prévoit la participation financière et militaire de la France à leur action. À Chambord, le 15 janvier 1552, est signé un traité qui prévoit que le roi Henri II occupera, pour des raisons stratégiques, en qualité de vicaire de l’Empire, les villes de Metz, Toul et Verdun, «et autres villes de l’Empire ne parlant pas allemand ». Mais le roi lui-même entre à Toul et passe à Nancy où il destitue arbitrairement la duchesse-régente et emmène le petit duc Charles III encore mineur pour le faire élever à la cour de France, avant de faire « sa joyeuse entrée » à Metz le lundi de Pâques et de continuer vers le Rhin. Cependant, il ne peut s'emparer de Strasbourg. Fortifiée et défendue par le duc de Guise, Metz résiste à Charles Quint qui, désespéré, lève le siège le 2 janvier 1553. L’empereur meurt cinq ans plus tard, ayant renoncé à ses charges et disant : « Si l’on ouvrait mon cœur, on y trouverait le nom de Metz ». Entre 1552 et 1648, les trois évêchés sont placés sous tutelle française jusqu’à leur annexion définitive par la France en 1648 en vertu des Traités de Westphalie. Dans Metz, Toul et Verdun réunies ainsi par un artifice diplomatique, s'installe un régime original, celui de la protection, où les anciens pouvoirs des villes issues du Saint Empire sont peu à peu absorbés par les organismes mis en place par l’administration royale. Les villes reçoivent une garnison permanente, l’empereur continuant officiellement à faire figure de souverain. Sous la vigoureuse impulsion de Richelieu, le parlement, créé à Metz en janvier 1633, est l’artisan le plus actif des progrès de l’autorité royale, dépossédant de ses pouvoirs le maître échevin. L’édit de décembre 1633 supprime le sceau de la cité, l’aigle aux ailes déployées, que Metz, Toul et Verdun, avaient comme armoiries en qualité de villes impériale. Transféré à Toul en 1631, le parlement est remplacé à Metz par un intendant, représentant vivant et omnipotent du roi. En 1648, les traités de Westphalie confirment la cession à la France des Trois-Évêchés par l’Empire. Mais ce n’est qu’en 1667 seulement que Verdun reconnait la souveraineté du roi de France.

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Published by Parti imperial romain europeen
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 09:00
Histoire du Comté de Bourgogne dit Franche-comté / Freigrafschaft Burgund

L’histoire de ce comté de Bourgogne ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à la grande histoire de la Bourgogne qui, comme la Lorraine à l’origine, englobe une région plus vaste que les territoires actuels du même nom. Or cette grande histoire trouve son origine dans celle du Premier royaume Burgonde créé en 443 sur les terres assignées aux envahisseurs burgondes par le général romain Aetius constituées approximativement par :

.les territoires qui constitueront le duché de Bourgogne (Dijon) ;

.les territoires qui constitueront le comté de Bourgogne ou Franche-Comté

.ceux qui constitueront la partie occidentale de la Suisse à l’Ouest de l’Aar et de la Reuss.

En effet en 534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme.

Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding/Escuens, d’Amaous/Amous, de Warasch/Varais et la ville de Besançon.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy). Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855).

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz. Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône. En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer. En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais. En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime. La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve. À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerssen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie a les comtés de Warasch/Varais, d'Amaous/Amous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté.

Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont ainsi à l'origine de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire.

Au IX° siècle, le territoire du premier royaume Burgonde va donc être disputé entre les Carolingiens de Francie Occidentale et les futurs rois du deuxième Royaume de Bourgogne. Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura. À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875. Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens.

En 879, Louis II le Bègue, successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson de Provence tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie Occidentale Louis III et Carloman II, Boson V de Provence , qui est le fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, et lui-même duc de Lombardie, duc de Provence, comte d'Autun, de Berry, de Chalon, de Mâcon et de Troyes, ainsi qu’ abbé laïc de Saint-Maurice d'Agaune en profite pour se faire proclamer roi de Provence à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon. Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche-Comté, des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles soit la Bourgogne Transjurane. Ses possessions couvrent une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Boson exerce son pouvoir jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, les frères carolingiens, rois de Francie Occidentale Louis III et Carloman II. Par ce traité, en échange de la neutralité de Louis III le Jeune, fils de Louis le Germanique, les rois de Francie Occidentale lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meerssen et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier. Le roi de Francie occidentale Charles le Chauve récupère lui le comté de Portois et une partie du comté de Varais et notamment Besançon. Les autres comtés sont incorporés dans le royaume de Francie orientale de Louis le Germanique. Le comte Richard reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. Cette guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II. Richard reçoit, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à son frère.

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon puis couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent : -Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale (923-936); -Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952); -Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont; -Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne. -Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut. En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : Comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Charolais,, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar. Enfin en 898, le comte Richard est autorisé par ce même souverain à fusionner ses comtés et prend alors le titre de marquis de Bourgogne, jusqu'en 918, puis celui de duc et ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne rattaché au Royaume de France et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire.

Les comtés de la Haute-Bourgogne sont englobés dans ce royaume de Bourgogne Transjurane qui s’étend sur les deux versants du Jura avec comme limite à l’ouest, les rives de la Saône. Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume. Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lorraine et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci. Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne, et Thierry s’est rallié au nouveau souverain. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume. Son fils Rodolphe II (912-937) lui succède en 912. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi des Francs et de Lorraine, Charles III le Simple. Vers 914, Hugues le Noir (914-952) est pourvu du comté de Varais. Hugues le Noir est le second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois. En 918, Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait. En 919, Hugues, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis. La paix s’obtient par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc de Souabe. Dès 921, il est le comte prépondérant sur la Haute-Bourgogne. L’année suivante, il est aux côtés de son frère Raoul et du duc Robert dans la lutte contre le roi de Francie Occidentale, Charles III le Simple. Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer en 922 par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes. En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie. Cette même année 926, le roi de Francie orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi des Francs Raoul. Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II. Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane ou royaume de Provence à son royaume de Bourgogne transjurane lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d’Arles qui en est la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois qui dépendent alors du royaume de Francie occidentale. En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume des Francs. Louis IV qui vient d’être couronné se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité, Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon. Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad (937-993) n’a que douze ans. Hugues, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire. Mais Othon Ier roi de Francie orientale et futur restaurateur de l’empire intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique. Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad. Sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie occidentale, notamment Hugues le Noir qui est à la fois duc de Bourgogne et archi-comte sur la Haute-Bourgogne. Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume. En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume des Francie occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois. Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père. En 941, sous la pression du roi Othon de Germanie, il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale. Othon libère Conrad en 942, qui prend enfin la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L’un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint-Maurice d'Agaune où Conrad concède à Albéric Ier, vicomte de Mâcon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins. En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques : Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon , évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud. Il se brouille de nouveau en 943, avec le roi Louis IV, et doit partager sur le duché son autorité avec Hugues le Grand. Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi Conrad de Bourgogne. Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir. Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence. Hugues se réconcilie en 949, avec le roi de Francie occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché. Deux ans plus tard, le roi Louis accompagné de Liétaud vient à Besançon rencontrer Hugues le Noir. Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier roi de Francie orientale qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad. À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues. Albéric ou Aubri II (965-982) hérite à la mort de son père des mêmes territoires. En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent. En 962, Othon Ier est sacré empereur. Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles, l’aînée Gisèle, de son premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri; Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann. Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad. Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothbold (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence. À la mort d’Albéric II, un personnage se manifeste, c’est Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère. Il épouse Ermentrude de Roucy veuve d’Albéric II, et gouverne les comtés de Mâcon et de Besançon, au nom de ses deux beaux-fils, Liétaud et Aubri.

Maison d’Ivrée

.Otte-Guillaume (962-1026), comte de Bourgogne de 982 à 1026 et duc de Bourgogne de 1002 à 1004

En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie ; en effet son petit-fils Othon III est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le bavarois, celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier roi de Bourgogne Provence. En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Francie Occidentale-Germanie Henri Ier).

En 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces.

En 1003, Le roi Robert II doit se séparer de Berthe, et épouse en 1003, Constance d'Arles, la fille du comte de Provence Guillaume. Cette même année 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale lance une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. Otte-Guillaume se consacre alors à assurer son autorité sur les terres bourguignonnes à l’est de la Saône, tout en conservant ses droits sur les comtés de la Bourgogne Franque (Beaumont, Fouvent et Oscheret). Les comtes de Bourgogne conserveront ainsi pendant longtemps de nombreuses terres ou suzerainetés situés dans le duché de Bourgogne.

En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens. (ce dernier érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois. En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale. Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir. Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). Son fils aîné Hugues étant l’héritier de la couronne, il cède le duché à Henri ; puis, à la mort d’Hugues, en 1025, Robert II cède le duché à Robert.

Durant quarante-quatre ans, Otte-Guillaume est le maître souverain des comtés Outre-Saône avec ses fils, et s’oppose à l’autorité du roi Rodolphe III de Bourgogne sur ces territoires. En 1016, l’empereur Henri III et roi de Francie Orientale force son cousin le roi Rodolphe III de Bourgogne, sans héritier à le prendre pour héritier. A la mort d’ Henri III en 1024, Rodolphe III est contraint par les nobles de son royaume à révoquer cette donation mais un an plus tard, Rodolphe se voit à nouveau contraint de renouveler son engagement à l’égard du nouveau roi de Francie orientale Conrad II, mari de sa nièce Giséle, fille de sa sœur Gerberge. La reconnaissance des empereurs, Henri III, puis Conrad II comme héritiers du roi de Bourgogne Rodolphe III, n’est pas du goût d’Otte-Guillaume qui entre en rébellion contre son roi. Pendant dix ans, il est le principal opposant à l’empire.

A la mort de Rodolphe III, en 1032, l’empereur Conrad II le Salique hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire. Besançon est un archevêché qui comme tous les archevêchés de l’empire a à sa tête un archevêque qui dispose non seulement du pouvoir spirituel sur le territoire de l’archevêché mais du pouvoir temporel sur la ville. Au milieu du X° siècle, le comte de Mâcon Liétaud parvient à réunir dans sa main les pouvoirs dévolus aux comtes carolingiens dans chaque pagus. À sa mort, ses droits passent à son fils Aubry II et la veuve d'Aubry, héritière de ses droits les porte à son second mari, Otte-Guillaume de Bourgogne.

Otte-Guillaume est considéré traditionnellement comme le premier comte de Bourgogne.

L’histoire de ce comté qui deviendra la Franche-Comté impériale commence donc avec lui

. À la mort de son fils aîné, Gui, Otte-Guillaume partage ses terres : Renaud, son second fils reçoit les comtés d'Amous, Varais et Portois tandis qu’Otton, son petit-fils reçoit le Mâconnais et l’Escuens.

.Renaud (1006-1057), premier comte palatin de Bourgogne / pfalzgraf Burgund de 1026 à 1057

Renaud poursuit la lutte engagée par son père. Il soutient Eudes, comte de Blois qui est l’héritier le plus direct du roi Rodolphe III car il est le fils de sa seconde sœur Berthe. Dès 1033 ils occupent les châteaux de Joux, de Neuchâtel et de Morat (alors dans le comté de Bourgogne). L’empereur Conrad II pénètre dans le comté de Bourgogne par Bâle et le 2 février 1034, se fait couronner roi de Bourgogne-Provence à Payerne (alors dans le comté de Bourgogne et actuellement dans le canton de Vaud en Suisse) puis le 1er aout se fait de nouveau couronner dans la cathédrale Saint Pierre de Genève ou sont réunis les plus grands nobles du royaume de Bourgogne-Provence. Le comte de Bourgogne Renaud est banni comme chef des révoltés et doit se réfugier au-delà de la Saône dans le duché de Bourgogne ou l’accueille le duc de Bourgogne Robert le Vieux. Après la mort d’Eudes de Blois en 1037, lors de la bataille de Hanol entre Bar-le-Duc et Verdun, contre les troupes impériales, le roi de Bourgogne, l’empereur Conrad II décide de lever les sentences contre ses adversaires d’hier et envoie une ambassade au comte Renaud, réfugié à Dijon, qui lui annonce ses désirs de réconciliation. Renaud devient, comte palatin (Pfalzgraf titre donné dans l’administration impériale, à ceux qui sont chargés d’administrer les terres et de rendre la justice au nom de l’empereur. Ses successeurs continueront à porter ce titre.

.Guillaume (1020-1087), comte de Bourgogne de 1057 à 1087, comte de Macon

Il succède à son père Renaud qui l’a déjà associé aux décisions comtales depuis quelques années et assure l’autorité sur le Comté de Bourgogne en l’absence de tout souverain. Après la mort le 27 juillet 1066 de l’archevêque de Besançon Hugues de Salins (ou Besançon) puis celle en 1069 de son frère Guy, Guillaume devient le personnage le plus important du comté. Il reçoit son suzerain et neveu l’empereur Henri IV, le jour de Noël 1076 à Besançon. Henri IV, excommunié en début d’année par le pape Grégoire VII (1073-1085), se rend en Italie à Canossa afin de rencontrer le pape. Guillaume Ier, surnommé le Grand ou Tête Hardi, récupère en 1078, le comté de Mâcon, suite au retrait au monastère de Cluny de son cousin Gui de Mâcon. Avec son épouse Etiennette de Bourgogne, il a comme enfants :

-Octavien.

-Eudes.

-Renaud II, comte de Bourgogne.

-Guillaume. -Ermentrude à Thierry Ier, comte de Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette.

-Gui, administrateur de l'Archevêché de Besançon puis élu pape en 1119 sous le nom de Calixte II.

-Étienne Ier, comte de Bourgogne.

-Sybille (aussi appelée Mahaut), épouse Eudes Ier, duc de Bourgogne.

-Raymond de Bourgogne marié à Urraque Ire, reine de Castille et de Léon.

-Hugues.

-Gisèle, mariée à Humbert II, comte de Savoie, puis à Rénier de Montferrat.

-Clémence mariée à Robert II, comte de Flandre, puis à Godefroid Ier, duc de Brabant.

-Étiennette.

-Berthe, épouse d’Alphonse VI, roi de Castille et de Léon. .Renaud II (1061-1097) comte de Bourgogne, de Mâcon, de Vienne et d'Oltingen de 1087 à 1097 Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne, frère aîné du comte Étienne Ier de Bourgogne et frère du pape Calixte II.

.Renaud II et Etienne Ier, comtes de Bourgogne de 1087 à 1097

En 1087, les deux frères Renaud et Etienne succèdent à leur père Guillaume et se partagent le pouvoir. En 1092, la puissance de Renaud est énorme, ses terres s’étendent du Beaujolais aux rives de l’Aar, suite à son mariage Régine d'Oltingen, fille « héritière » du comte Conon d'Oltingen (région de Bâle) dont il hérite des titres et domaines par mariage et l’héritage laissé par son père. La famille s’engage massivement dans la lutte en Terre Sainte et paie un lourd tribut lors de la première croisade vers l’an 1100, puisque Renaud, Étienne et Hugues meurent là-bas. La puissance de la famille se trouve alors fortement réduite dans la Comté.

.Guillaume II (1105-1125) dit l’Allemand, comte de Bourgogne de 1097 à 1125

Fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne et frère du comte Renaud II de Bourgogne devenu pape en février 1119 sous le nom de Calixte II.

Elevé par son grand-père maternel Conon, il succède à son père Renaud II. Il épouse Agnès de Zaehringen fille de l’important duc d’empire Berthold. Il consacre son temps à réconcilier l’Église et l’empereur sur l’investiture des élections épiscopales. Il convoque en octobre un concile à Reims, et grâce à l’action médiatrice de Pons, abbé de Cluny, et de sa rencontre à Mouzon avec Henri V, le concordat de Worms est conclu en septembre 1122. En 1125, l’empereur Henri V décède sans héritier direct. Les électeurs réunis à Mayence font le choix entre Frédéric de Hohenstaufen, neveu d’Henri V et duc de Souabe, et Lothaire de Supplimbourg, duc de Saxe. C’est ce dernier qui est élu, malgré les dernières volontés d’Henri V en faveur de son neveu. Lothaire est soutenu par les princes ecclésiastiques et notamment l’archevêque de Mayence. Le fils de Guillaume II, Guillaume III (1125-1127) encore enfant, disparaît en février 1127 assassiné avec des barons de sa suite dans l’enceinte de l’abbaye d’Hauterive à Payerne. Sa mort ouvre la succession sur le comté entre son oncle maternel Conrad de Zahringen et son cousin paternel Renaud de Mâcon.

.Renaud III (1127-1148), comte palatin de Bourgogne de 1125 à 1148

Fils d'Étienne de Mâcon,

Il succède à son cousin au détriment du Zaehringen. Il refuse de rendre l’hommage au roi Lothaire II, sous prétexte que ce dernier n’a pas de droits sur le comté de Bourgogne. Il invoque que ses aïeuls rendaient l’hommage aux rois de Germanie car ils étaient issus de Conrad II et de Gisèle, or Lothaire n’a pas de lien familial avec eux. Il installe sa résidence à Dôle, qui devient la capitale du comté de Bourgogne. En 1138, l’élection à l’empire de Conrad III de Hohenstaufen se fait au détriment des pouvoirs du comte. En effet Conrad a lui des liens familiaux avec les prédécesseurs de Lothaire ; par sa mère, il est le neveu d’Henri V. L’empereur confisque les Etats de Renaud III et les donne à Conrad de Zaehringen, avec le titre de recteur de Bourgogne. Renaud III soutient la guerre contre le recteur, mais il est battu par ce dernier, fait prisonnier et amené devant l’empereur. Il doit alors abandonner les terres qui deviendront suisses à l’est du Jura, mais il conserve les terres à l’ouest du massif jurassien.

.Guillaume IV, comte de Bourgogne de 1148 à 1156

À la mort de Renaud III, son frère Guillaume IV de Mâcon, de retour de Terre sainte assure la régence en attendant la majorité de sa nièce Béatrice. Il tente de prendre le titre de comte de Bourgogne, en retenant prisonnière la jeune comtesse, mais l’empereur envoie Berthold IV de Zahringen la délivrer. Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse vient dans le comté dès le 15 février 1153. Il séjourne à Besançon et à Baume les Dames montrant qu’il entend s’intéresser personnellement au royaume de Bourgogne. Il vient s’assurer de la fidélité de son vassal en rencontrant Guillaume IV de Bourgogne qui a succédé à son frère Renaud cinq auparavant en écartant sa nièce Béatrice. Guillaume meurt en 1155. En 1155, Frédéric Ier de Hohenstaufen devient empereur. Il est duc de Souabe (duché dont fait alors partie l’Alsace). Il prend aussitôt le contrôle du comté de Bourgogne en faisant prisonnier le fils de l’héritier du comte Guillaume IV de Bourgogne et en épousant le 9 juin 1156 dans la cathédrale de Wurzbourg la comtesse héritière de Bourgogne, Béatrice Ière de Bourgogne ce qui le fait comte de Bourgogne.

Maison de Hohenstaufen

.Frédéric Ier, duc de Souabe, empereur en 1155, comte de Bourgogne de 1156 à 1190

En octobre 1157, il préside une diète à Besançon et se rend dans le sud du comté notamment à Salins et à Arbois. Il revient en 1161 à Vesoul et à Besançon après que ses représentants ont rencontré ceux du roi de France Louis VII à Saint-Jean-de-Losne pour échanger sur le schisme religieux de l’époque. Frédéric soutient les antipapes Victor IV (1159-1164), Pascal III (1164-1168) et Calixte III (1168-1177), et Louis VII le pape Alexandre III (1159-1181) ; ils se mettent d’accord sur une entrevue commune des souverains pontifes; mais celle-ci n’a pas lieu. Il passe de nouveau à Besançon et à Dôle en 1166 pour aller combattre en Italie du Nord, les villes lombardes qui soutiennent le pape, et repasse dans la Comté lors de son retour en 1168. Il est encore présent en 1173, 1176 et 1178 à Besançon et dans le comté; mais c’est Dôle qui a sa prédilection, il y construit un château, et il confirme cette ville comme capitale du comté. Pendant quinze ans, Frédéric Barberousse s’épuise en vain à vouloir imposer son antipape. Il soutient les exactions de ses vassaux les comtes de Chalon sur Saône et de Mâcon contre les églises et notamment celle de Cluny, qui soutiennent le pape. Tout rentre dans l’ordre en 1177, par la paix de Venise et la fin du schisme. Après cette paix de Venise, Barberousse pénètre en Bourgogne, et le 30 juillet 1178, il se fait couronner roi de Bourgogne, par l’archevêque d’Arles. L’empereur répond favorablement à l’appel à la croisade du pape. Barberousse décide de prendre le chemin par la Hongrie et l’empire romain d’Orient, mais il meurt en route le 10 juin 1190, en se noyant lors de la traversée du fleuve Cydnos, en Cilicie.

.Othon Ier (1170-1200), comte palatin de Bourgogne et comte de Luxembourg de 1190 à 1200

Quatrième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne (Maison d'Ivrée). Il hérite du comté. D’un tempérament brutal, il entre en conflit avec l’évêque de Strasbourg Conrad II de Hunebourg, et tue de ses propres mains, le comte Amédée de Montbéliard en 1195; l’année suivante il cherche à s’emparer de force des terres de son frère Conrad, duc d'Alsace, et en 1197, c’est le comte de Ferrette Ulrich Ier, qu’il assassine. Sa rapide disparition favorise l’opposition des nobles locaux, et notamment du comte d'Auxonne Étienne III (1173-1237), fils d'Étienne II. À sa mort en 1200, Othon laisse deux filles.

.Jeanne Ière de Bourgogne (1191-1205), comtesse de Bourgogne de 1200 à 1205

Jeanne fille ainée d’Othon hérite du comté, mais elle meurt rapidement et c’est sa sœur cadette Béatrice II qui hérite du comté de Bourgogne, et le gouverne avec sa mère, Marguerite de Blois.

Maison d’Andechs

.Béatrice de Bourgogne (1193-1231), comtesse de Bourgogne de 1205 à 1231 et Othon II de Bourgogne (1180-1234), comte de Bourgogne de 1231 à 1234

Pour mettre fin aux agitations dans le comté, le roi de Germanie, Philippe de Hohenstaufen, frère d’Othon Ier, marie sa nièce Béatrice II en 1208 à Othon II (1208-1234), duc de Méranie (duché situé sur la côte dalmate), mais prince d’origine bavaroise, fils du duc d'Andechs et de Méranie Berthold IV von Diessen ; étranger au pays par son origine, sa langue et sa culture, il s’en désintéresse. Cette même année 1208, l’empereur Philippe de Hohenstaufen est assassiné par son rival l’empereur Otton IV. Ce mariage déclenche un conflit entre Othon et le comte Étienne d'Auxonne, de 1208 à 1211. Étienne souhaitait en effet que son fils Jean épouse Béatrice pour que le comté revienne dans les mains de la famille des premiers comtes de Bourgogne. Sous le règne de Béatrice, Jean de Chalon (1224-1268), fils d'Étienne de Chalon, soutient en 1224/1225 les Bisontins érigés en Commune dans le conflit qui les oppose à l’archevêque de Besançon Gérard (1220-1225). Un accord est conclu en 1225, entre Jean de Chalon et le nouvel archevêque Jean Halgrin (1225-1227), et les Bisontins font leur soumission. A partir de 1230, Jean de Chalon, surnommé le Sage ou l'Antique est comte de Chalon sur Saône et d'Auxonne, il a épousé Mahaut la fille du duc de Bourgogne Hugues III ; il est aussi l’arrière-petit-neveu maternel de l’empereur Frédéric Barberousse.

.Othon III (1208-1248), comte de Bourgogne de 1234 à 1248

Fils du précédent.

Comme lui il se désintéresse du comté. Les forces locales conduites toujours par le comte Étienne d'Auxonne, s’abandonnent aux désirs d’autonomie, plus ou moins attisés par le roi de France et le duc de Bourgogne, seul l’archevêque de Besançon continue de soutenir le parti de l’empire. En 1236, sa sœur Alix de Méranie épouse Hugues de Chalon, le fils de Jean de Chalon, qui réalise en 1237 un échange de terres avec le duc de Bourgogne Hugues IV en lui cédant ses terres de Chalon sur Saône et d'Auxonne contre la baronnie de Salins et d’autres terres comtoises (Ornans, Val de Miège, Chaussin, …) possessions qui lui apportent une richesse plus importante grâce notamment aux salines. Le château d'Arlay lui permet de tenir Lons le Saunier sous son autorité; mais sa résidence est celle de la forteresse de Nozeroy entre Pontarlier et Lons le Saunier. En 1242 le duc de Bourgogne Hugues IV obtient d’Othon III en contrepartie d’un remboursement de dettes, la garde du comté de Bourgogne. Othon III décède sans héritier. Son décès marque la fin de la lignée impériale masculine allemande directe des comtes palatins de Bourgogne de la Maison de Hohenstaufen et de la Maison d'Andechs et la restauration de la lignée des comtes palatins de Bourgogne de la maison d'Ivrée. Le comté de Bourgogne revient sous la suzeraineté du duché de Bourgogne.

.Alix/Adélaide (1209-1279) comtesse de Bourgogne de 1248 à 1279

Avant de mourir, le comte Othon III choisit parmi ses quatre sœurs Alix ou Adélaide, l’épouse d’Hugues de Chalon, pour lui succéder. En 1251, son beau-père Jean de Chalon rencontre l’empereur Guillaume d’Orange et lui demande d’ériger la seigneurie de Salins en terre d’empire. Il obtient également des droits impériaux sur Besançon et Lausanne. Jean II rachète les droits que possède Frédéric III de Hohenzollern sur le comté (ce dernier est le beau-frère d'Othon III). Jean possède alors plus de cinq cents fiefs dans le Comté de Bourgogne. En 1258, les Bisontins se révoltent de nouveau contre l’archevêque Guillaume (1245-1268), Jean et Hugues de Chalon les soutiennent, la querelle gagne tout le comté et de nombreux nobles rejoignent les révoltés. Le pape Alexandre IV (1254-1261) condamne en 1259 cette révolte et demande l’intervention du roi de France Louis IX, et du duc de Bourgogne Hugues IV. En 1264, un traité de garde est alors passé entre le duc de Bourgogne Hugues IV et les citoyens de Besançon. En 1267 le comte Hugues de Chalon meurt, suivi l’année suivante par son père Jean de Chalon. Ce dernier laisse à sa mort onze enfants issus de ses trois mariages, qui forment trois lignées rivales et qui vont se partager ses domaines. Alix se remarie en 1268, avec le comte de Savoie Philippe (1268-1285), mais aucun enfant ne naît de cette seconde union. A partir de 1273, elle se retrouve face à l'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg qui veut restaurer la vassalité du comté de Bourgogne à l’égard du Saint Empire. Le 8 mars 1279, elle meurt à Évian-les-Bains à l'âge de 70 ans.

.Othon IV (avant 1248 -1303), comte palatin de Bourgogne de 1248 à 1303

Fils d’Alix ou Adélaide et d’Hugues de Chalon, il hérite en 1279 des terres de ses parents.

En 1263, il épouse Philippa de Bar, fille du comte Thiébaut II de Bar. Les rivalités entre Otton et son oncle Jean de Chalon-Arlay alimentent une période de troubles. Otton se jette éperdument dans l’alliance française, tandis que son jeune oncle se tourne lui vers l’empereur de Rodolphe Ier de Habsbourg. Le conflit s’accentue par l’alliance entre le comte de Bourgogne et les Bisontins qui se sont érigés en Commune en 1277. Vers 1280, Otton IV s’abandonne davantage au clan français. Il renonce au blason à l'aigle et en adopte un autre pour marquer son rapprochement avec la France. Mais l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg profite du conflit entre l’évêque de Bâle et le comte de Montbéliard Renaud de Bourgogne, frère d’Otton IV, pour ramener à la soumission le comte de Bourgogne. L’armée de Rodolphe forte de vingt-milles hommes se met en marche en 1289, et après la prise de Montbéliard, se présente devant Besançon, où se sont réfugiés Otton et Renaud. Rodolphe ne peut s’emparer de la cité mais fait dévaster les abords tandis que Jean Ier de Chalon-Arlay, son allié, bloque les murs. Otton IV se soumet à l’empereur, et conseille à la Commune de traiter avec l’empereur qui reconnaît aux Bisontins leur commune autonome. La ville de Besançon obtient son indépendance communale et se gouverne librement, tout en étant soumis comme tout le comté de Bourgogne à l’autorité de l’empereur. Devenu veuf, Othon IV se remarie en 1291 avec la comtesse Mahaut d'Artois fille du comte d'Artois Robert II, petite-nièce du roi Louis IX avec laquelle il a trois enfants :

-Jeanne II de Bourgogne.

-Blanche de Bourgogne.

-Robert de Bourgogne.

Désargenté, Othon IV signe un traité secret à Vincennes par lequel il vend son comté au roi de France Philippe IV en échange du mariage de ses deux filles avec les fils de Philippe. En 1293, Jean de Chalon-Arlay acquiert par personne interposée, la mairie de Besançon. L’année suivante grâce au soutien de l’empereur, il obtient la vicomté de la ville. L’empereur le nomme ambassadeur impérial auprès du Saint-Siège. En 1295, Jeanne de Bourgogne épouse Philippe et sa sœur Blanche épouse Charles. La première devait selon les termes du contrat conserver le titre de comtesse de Bourgogne et la seconde est dédommagée avec une dot en argent. La plupart des nobles comtois refusent de rendre hommage au roi de France et se regroupent autour de Jean de Chalon-Arlay. Ce dernier prend la tête de la ligue des coalisés pour s’opposer à la prise de possession par le roi de France. Ils sont financés par les Anglais et l’empereur. Après six ans de conflit, en 1301, les nobles comtois se soumettent à leur nouveau maître, Philippe le Bel. Jean de Chalon-Arlay reçoit en 1302 une pension royale. C'est leur fille Jeanne II de Bourgogne (comtesse héritière des comtés d'Artois et de Bourgogne) qui, en devenant reine de France par mariage avec le roi Philippe V de France, amène les comtés de Bourgogne et d'Artois dans les possessions royales. Le comte Othon IV meurt au service de Philippe le Bel le 17 ou le 26 mars 1303. En 1306, Philippe le Bel attribue le titre de «gouverneur du comté au nom du roi France» à Jean de Chalon-Arlay.

.Robert de Bourgogne (1300-1315), comte titulaire de Bourgogne de 1303 à 1315

En 1307, le mariage entre Jeanne Ier de Bourgogne (1307-1330) et Philippe de France, le futur Philippe V le Long, ne change pas la situation, Philippe le Bel gouverne la province. Les Bisontins se soulèvent contre le nouveau gouverneur, mais ce dernier mate la rébellion en infligeant une sévère défaite aux troupes communales dans la combe de Gisey, près d'Arguel en août 1307. En 1308, un traité de gardiennage est signé entre Jean de Chalon-Arlay et les Bisontins, à Montfaucon, valable soixante ans. Ainsi après vingt ans d’effort, il est enfin le maître de la ville, puisqu’il possède la mairie, la vicomté et qu’il en est le gardien. Les descendants de Jean de Chalon-Arlay seront à la tête de tous les mouvements de rébellion dans l’histoire du comté de Bourgogne. Ce n’est qu’à la mort en 1314 de Philippe le Bel que Jeanne II et Philippe V le long se mettent en possession du comté. Philippe devenu roi de France en 1316, confie le comté à son épouse Jeanne.

.Jeanne II (vers 1291-1330), comtesse de Bourgogne de 1315 à 1330, reine de France de 1316 à 1322, comtesse d'Artois de 1329 à 1330,

Fille d'Othon IV et de Mathilde d'Artois, dite Mahaut d'Artois, comtesse d'Artois.

Maison capétienne de Bourgogne

.Jeanne III (1308-1347), comtesse de Bourgogne de 1330 à 1347

Fille aînée du roi Philippe V et de Jeanne II de Bourgogne ; elle épouse en 1318 le duc Eudes IV de Bourgogne.

Ce mariage permet à leurs descendants de refaire l’unité de la Bourgogne bien que le duché continue de relever du royaume de France et le comté de l’empire romain germanique. Eudes fonde le Parlement de Dôle le 09 février 1332. Le gouvernement dur d'Eudes, sa volonté de dominer le comté en imposant un bailli, en blessant dans leur orgueil les nobles, dressent ces derniers contre le duc-comte. A l’investigation de Jean II de Chalon-Arlay (1322-1362) à trois reprises (1335-1337, 1342-1343 et 1346-1348) des soulèvements seigneuriaux rompent la paix relative qui existe depuis le début du siècle. En avril 1336, Jean II de Chalon-Arlay, fort du soutien d’Henri de Montbéliard, de Thiébaud de Neufchâtel et des Bisontins, déclare la guerre. Ses troupes brûlent Salins et Pontarlier. Eudes IV rassemble les siennes et marche sur les ligueurs; la rencontre a lieu entre Besançon et Avanne, où mille bisontins périssent. La médiation de l’archevêque de Besançon, Hugues de Vienne arrête le conflit. Il reprend à l’hiver 1337, mais la médiation du roi de France met un terme au combat. Les chefs des révoltés sont emprisonnés. Jean II est emmené en prison à Montréal en Auxois, il y reste un an. En 1337, c’est le début de la guerre de Cent Ans entre les Anglais et les Français. Eudes rejoint le roi Philippe VI, qui le charge de défendre les environs de Saint-Omer ; il y bat les Anglais. Le fils d’Eudes IV et de Jeanne II, Philippe épouse en 1338 la comtesse de Boulogne et d'Auvergne Jeanne Ière, l’Etat bourguignon s’amorce. La guerre civile reprend en 1342, car Jean II, humilié par son emprisonnement, refuse de détruire sa forteresse de Salins, et Eudes IV n’oubliant pas l’incendie de Salins, les braises du conflit de 1336 ne sont pas éteintes. Les hommes du duc-comte s’emparent du château de Châtelguyon, appartenant au sire d'Arlay. Ce dernier se réfugie dans le Haut-Doubs pour poursuivre la lutte. Eudes s’en prend à Thiébaud de Neufchâtel, qui vaincu, implore la paix. Par sa mère, Jean II de Chalon-Arlay, descend des Dauphins de Viennois. Il décide en 1344 de passer un accord avec son cousin Humbert II, en lui remettant les terres qu’il possède dans le Dauphiné. En 1346, la défaite des Français à Crécy en août, prive Eudes du soutien du roi. Puis le malheur frappe la famille ducale, Philippe est tué au siège d'Aiguillon, en septembre, où il combat dans l’armée française. Jean II en profite pour former une nouvelle ligue. Il demande l’appui financier des Anglais et l’obtient en octobre. Les escarmouches sont nombreuses, mais aucune bataille n’est décisive. Eudes s’absente de la Comté pour aller prêter main forte au roi au siège de Calais. La guerre épuise matériellement les belligérants et sur l’arbitrage du roi un traité de paix est signé à l’automne 1347. Eudes doit restituer ses dernières conquêtes ; Jean de Chalon rebâtit Châtelguyon ; il ressort comme vainqueur de ce conflit. La mort d’Eudes en 1349 amène son petit-fils Philippe de Rouvres (1349-1361) enfant maladif à la succession de cet immense territoire. Cette même année, Humbert II ruiné, vend le Dauphiné au roi de France. Jean de Chalon-Arlay se sent lésé et se considère l’héritier de cette principauté. Toutefois il donne son accord et signe cette transaction en renonçant à ses droits. .Philippe de Rouvres (1349-1361), duc et comte de Bourgogne de 1349 à 1361 C’est sa mère Jeanne de Boulogne qui exerce la régence. En 1350, Jeanne de Boulogne se remarie avec Jean, fils du roi de France Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne, la sœur d’Eudes IV. Jean prend le titre de régent de Bourgogne. La même année, Jean devient Jean II roi de France, et gouverne le duché et le comté de Bourgogne. Jean II prévoit que Philippe de Rouvres mourra jeune et envisage de mettre la main sur ses domaines. Mais en 1356, à Poitiers, le roi Jean II est fait prisonnier et emmené en Angleterre. Jeanne de Boulogne assure la régence du royaume. En 1357, le mariage de Philippe de Rouvres avec sa cousine Marguerite de Flandre, fille du comte de Flandre, de Nevers et de Rethel, Louis II de Mâle (1346-1382) est conclu. Philippe meurt en 1361. Avec lui s’éteint la dynastie des ducs de Bourgogne issus d’Hugues Capet. Sa disparition amène une séparation temporaire du duché et du comté.

Maison de Valois-Bourgogne

.Marguerite Ière (1309- 1382), comtesse de Bourgogne et comtesse d'Artois de 1361 à 1382.

Fille cadette du roi Philippe V le Long et de la comtesse Jeanne II de Bourgogne et d'Artois. En 1320, elle épouse le comte Louis Ier de Flandre. Marguerite hérite en 1361 du mari de sa petite fille, le duc Philippe Ier de Bourgogne, les titres des comtés de Bourgogne et d'Artois.

Le roi de France Jean II le Bon déclare que le duché lui revient à titre héréditaire et fait son entrée dans la capitale du duché le 23 décembre 1361. Dans le comté (Franche-Comté), Marguerite se heurte à un prétendant au titre de comte palatin, il s’agit de Jean II de Chalon-Arlay, sire de Montaigu, arrière-petit-fils du comte Hugues de Chalon. Il s’empare d'Apremont, de Gray et de Jussey, mais il est battu et doit renoncer à ses prétentions. Jean II de Chalon-Arlay meurt en 1362. Marguerite hérite d’une province qui vient d’être frappée par la peste ; à ces difficultés s’ajoute la convoitise du roi Jean II. En 1363, avant de retourner prisonnier en Angleterre, il concède en apanage le duché de Bourgogne à son quatrième fils, Philippe, le duc de Bourgogne Philippe II surnommé le Hardi depuis la bataille de Poitiers, avec le titre de premier pair du royaume. Philippe lorgne sur le comté; il a l’appui de quelques nobles comtois, Henri et Jean de Vienne et Jean et Louis de Chalon-Auxerre. Il enrôle « les Routiers », qui avaient été licenciés après le traité de Brétigny en 1360, regroupés en grandes compagnies qui sévissent dans son duché et les envoie ravager le comté. La comtesse fait appel aux nobles comtois qui sous la direction de Henri de Montfaucon, comte de Montbéliard, se liguent contre les Routiers. Hugues et Louis de Chalon-Arlay, Etienne et Jean de Montfaucon, Philippe de Vienne et Thiébaud VII de Neufchâtel apportent leur soutien au comte de Montbéliard. De fin décembre 1363 à février 1364, les combats sont nombreux à la limite des deux provinces. Le 6 novembre 1364, le duc de Bourgogne Philippe II fait son entrée solennelle à Dijon, accompagné du duc d'Anjou son frère, de l’évêque d'Autun, et de toute la noblesse du duché de Bourgogne. Cette même année 1364, Hugues II de Chalon-Arlay (1362-1388) obtient de l’empereur Charles IV, le titre de vicaire impérial pour le royaume de Bourgogne et les droits que l’empire possède sur Besançon. La puissance de la famille des Chalon est au maximum. Début mars 1364, le duc quitte le Comté et emmène une grande partie des Routiers combattent le roi de Navarre qui s’est révolté contre le roi Charles V, frère de Philippe. Marguerite tente une médiation avec le roi, mais insatisfaite des termes du contrat, elle reprend le combat. Henri de Montbéliard convoque à Arbois le 09 juin, une assemblée des nobles qui décide de reprendre la lutte. L’invasion du duché se prépare, mais de l’autre côté de la Saône, le seigneur de Sombernon, gouverneur de la Bourgogne, rassemble des hommes, bientôt rejoint par les troupes venant de Champagne sur l’ordre du roi. Les armées ducales sont plus nombreuses, Henri évite la bataille. Pendant ce temps, les négociations continuent à la cour de France, et le 25 juillet le traité de paix est signé. Il est accepté par les barons comtois au mois d’août et septembre. La guerre est terminée, Marguerite triomphe. En 1366, le mot de «Franche-Comté» apparaît pour la première fois pour nommer le comté de Bourgogne. Cette année 1366, l’amiral Jean de Vienne bat près de Chambornay les Routiers qui ravagent la Franche-Comté et la Bourgogne. Tristan de Chalon-Auxerre, sire de Châtelbelin et de Rochefort, combat les Routiers qui se sont basés près de Chalon-sur-Saône. La victoire n’est pas décisive, il faut de l’argent pour les obliger à quitter la province ; c’est le connétable Bertrand du Guesclin qui négocie à Chagny la somme de 200 000 livres avec les mercenaires en les envoyant combattre en Espagne.

.Louis de Flandre dit Louis de Mâle, (1330-1384), comte palatin de Bourgogne de 1382 à 1384, comte de Flandre, de Nevers et de Rethel de 1346 à 1384, duc de Brabant (1356), comte d'Artois de 1382 à 1384

Fils du comte Louis Ier et de la comtesse de Bourgogne et d'Artois Marguerite Ière. .

.Marguerite III de Flandre (1350-1405), Comtesse palatine de Bourgogne de 1384 à 1405, duchesse de Bourgogne de 1357 à 1361

Petite-fille de Marguerite Ier, appelée aussi Marguerite de Dampierre, héritière des comtés de Flandre, Nevers, Rethel, Brabant, Limbourg.

En 1357, à l'âge de sept ans, elle épouse en premières noces Philippe de Rouvres (1346-1361). Veuve en 1361, à l'âge de onze ans, Marguerite devient duchesse douairière de Bourgogne (1361-1369). En juin 1369, à 19 ans, elle épouse en secondes noces Philippe II de Bourgogne. .Philippe IV (1342-1404), comte palatin de Bourgogne de 1383 à 1404, duc de Bourgogne (Philippe III le Hardi) de 1364 à 1404, comte d’Artois de 1383 à 1404 A la mort en 1384 de son père Louis II de Flandre, Marguerite de Dampierre hérite des deux titres de comtesse de Bourgogne et d'Artois. Son époux devient ainsi par son mariage : comte de Bourgogne (1384-1404) et comte d'Artois (1384-1404) et donc vassal pour son comté de Bourgogne de l’empereur Charles IV de Luxembourg. Avec ses cinq comtés et le duché de Bourgogne, Philippe le Hardi devient le prince le plus puissant de la chrétienté. Philippe rétablit l’atelier monétaire d'Auxonne, en terre d’empire, et frappe sa propre monnaie pour montrer son signe d’indépendance vis à vis du royaume de France. Philippe est tuteur du roi mineur Charles VI et régent de France ; il souhaite une alliance avec le duché de Bavière et lui fait épouser le 17 juillet 1385, Isabeau de Bavière, fille d’Etienne III, duc de Bavière et de Thadée Visconti, fille du duc de Milan. Cette même année 1385, Philippe marie à Cambrai son fils Jean de Nevers à Marguerite de Bavière; et sa fille Marguerite de Bourgogne à Guillaume de Bavière, les deux enfants d’Albert de Bavière. Philippe s’offre ainsi des perspectives d’expansion avec le mariage de ses deux enfants avec ceux de la famille des Wittelsbach de Bavière. En 1386, une Chambre du conseil et des comptes est instaurée et réside à Lille. Philippe fixe le siège du Parlement comtois à Dôle, qui avec sa Chambre de justice, juge en appel, consacre le pouvoir de la bourgeoisie toute dévouée au duc comte. Le duc met également en place une Chambre du conseil et des comptes à Dijon pour la Bourgogne. En 1390, Philippe le Hardi achète le comté de Charolais pour 60 000 écus d’or à Bernard VII d'Armagnac, avec l’argent de la dot de sa bru Marguerite de Bavière, l’expansion bourguignonne continue. C’est le retour, dans la Maison de Bourgogne, de ces terres qui faisaient parties du comté de Chalon-sur-Saône depuis le Xème siècle, mais avaient été intégrées dans le duché au XIIIème siècle. En 1392, Philippe continue sa politique d’alliance matrimoniale, en mariant sa fille Catherine avec le futur duc d’Autriche, Léopold IV de Habsbourg. En 1398, l’empereur Wenceslas de Luxembourg accorde des privilèges aux Bisontins. L’indépendance de la Commune de Besançon n’a jamais été aussi grande. En 1401, Philippe le Hardi marie sa fille Marie de Bourgogne avec le comte de Savoie Amédée VIII. L’année suivante, Philippe est en Flandre pour marier son fils Antoine, avec Jeanne de Luxembourg, la fille et héritière du comte de Ligny et de Saint-Pol, Waleran de Luxembourg. Le duc et la duchesse accordent le comté de Rethel à Antoine. En 1404, le duc de Bourgogne se rend en Flandre pour faire reconnaître son fils Antoine, comme l’héritier par sa mère, des duchés de Brabant et de Limbourg, au décès de la duchesse Jeanne de Brabant, tante de sa mère. À Bruxelles, il attrape la peste, qui l’emporte en quelques jours. Marguerite décède en 1405, une année après son époux.

.Jean Ier dit Jean sans peur (1371-1419), comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’Artois et de Flandre de 1405 à 1419,

Fils de Philippe II le Hardi ; il épouse Marguerite de Bavière, fille du duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande, seigneur de Frise ce qui resserre considérablement ses liens avec l’empire. Jean sans Peur prête hommage au roi Charles VI le 23 mai 1404 pour son duché de Bourgogne et fait son entrée à Dijon le 17 juin 1404. Le 21 mars 1405, c'est sa mère qui meurt et, après l'hommage rendu le 26 août 1405, il prend possession des comtés de Flandre, d'Artois et de Bourgogne. Jean se présente à Paris le 19 août, avec huit cents chevaliers ; le duc d'Orléans s’enfuit avec la reine et le dauphin. Jean rattrape le dauphin et le ramène à Paris. Le duc d’Orléans réunit ses hommes et marche sur Paris, la guerre civile est imminente. Le 26 aout il rend hommage au roi pour son duché de Bourgogne ; Jean sans peur s’allie aux Parisiens, mais sous la médiation de leur oncle, le duc de Berry, les deux princes se réconcilient. Pendant ce temps, les Anglais poursuivent l’occupation de la France, ils sont en Guyenne, en Artois et en Picardie. La folie du roi Charles VI entraîne la création d'un conseil de régence présidé par la reine Isabeau de Bavière et où s'opposent de façon irréductible le frère de Charles VI : Louis d'Orléans et Jean sans Peur. En Franche-Comté, la Commune de Besançon souhaite devenir la capitale du comté et offre au duc la régalie de la ville. Jean accepte cette proposition en octobre 1407. Le 23 novembre 1407, il fait assassiner son cousin Louis pour, selon ses dires « soulager la France de ce tyran », ce qui lui vaut d’être exclu du Conseil de Régence et l’oblige à se réfugier dans ses terres de Flandre, où il fait rédiger un texte justifiant son acte. En février 1408, l’empereur Wenceslas ratifie la décision de faire de Besançon la capitale du comté de Bourgogne. Jean vient justifier devant le roi Charles VI l’assassinat de Louis d’Orléans, et en mars 1408, par décision royale son crime est absout. Le 23 septembre 1408, Jean sans Peur écrase les Liégeois à la bataille d'Othée, obtient l'alliance des duchés de Luxembourg et de Lorraine. En novembre 1408, il fait une entrée triomphante dans Paris après sa victoire sur les bourgeois liégeois qui se sont soulevés contre son beau-frère l’évêque de Liège Jean de Bavière. La reine et les princes s’enfuient de la ville avec le roi. Tout rentre dans l’ordre lors du traité de Chartres en 1409, où le roi de France et les enfants de Louis d'Orléans accordent le pardon au duc de Bourgogne, et celui-ci obtient le pouvoir total du gouvernement, mais le conflit entre la famille de Bourgogne et celle d'Orléans reste latent. Jean sans Peur a comme allié le duc Charles II de Lorraine qui est son représentant au Concile de Constance en 1414 ou celui-ci accompagne l’empereur Sigismond de Luxembourg. Allié à la reine Isabeau de Bavière, il s'empare de l'autorité royale et reçoit en novembre 1411 la mission de chasser les Armagnacs, mais la Paix d'Arras du 4 septembre 1414 l'écarte du gouvernement. En 1416, profitant de la mort du duc Jean Ier de Berry, Jean sans peur s’empare du comté de Boulogne au détriment de la veuve, Jeanne d’Auvergne. Le 29 avril 1417, à Constance, il fait alliance avec l’empereur Sigismond de Luxembourg. Mais l’archevêque de Besançon, Thiébaud de Rougemont ne se laisse pas déposséder de son droit. Il en appelle au pape et jette l’interdit sur la ville. Jean ne désire pas se heurter avec l’autorité ecclésiastique et en mai 1409 il revient en partie sur sa promesse en transférant à Besançon uniquement la chambre des comptes et du conseil, mais pas le Parlement et la chancellerie qui demeurent à Dôle. En avril 1410, le fils de Louis d'Orléans, Charles, épouse Bonne, la fille du comte d'Armagnac Bernard VII, et la lutte s’engage entre Bourguignons et Armagnacs. Le parti Armagnac composé des ducs d'Orléans, de Berry, de Bourbon, de Bretagne et des comtes d'Armagnac, de Clermont et d'Alençon, prend les armes dans l’été, mais une nouvelle fois, un accord est trouvé et signé. En janvier 1411, Jean sans Peur s’empare du comté de Tonnerre, possession de Louis de Chalon, qui s’est rallié aux Armagnacs. La guerre civile éclate dans l’été. Jean fait appel aux Lorrains, aux Brabançons, aux Allemands et aux Parisiens, et notamment à la corporation des Bouchers. Un accord entre le duc et l’archevêque conduit ce dernier à lever l’interdit sur la ville en 1412. Jean sans Peur s’empare de Paris, mais la ville est reprise en 1413 par le comte d’Armagnac. Au printemps 1414, le roi et les Armagnacs, forts d’une armée de deux cent-mille hommes, se mettent en route, et se lancent contre Jean, ce dernier s’enferme dans Arras, secondé notamment par Jean de la Trémoille et Jean de Neufchâtel. Ils soutiennent le siège. Après plus d’un mois de siège, et grâce la médiation du duc de Brabant et du dauphin, un traité est signé, qui interdit à Jean de revenir auprès du roi ou du dauphin sans leur accord express. En 1415, Henri V roi d'Angleterre réclame la couronne de France, la guerre s’accentue entre les deux pays. Henri V débarque avec vingt-six mille hommes. C’est la bataille d'Azincourt et la défaite des français. En 1416, le dauphin meurt, il est remplacé par son jeune frère Charles. Les Armagnacs considèrent la reine Isabeau de Bavière comme suspecte à leur cause et l'écartent du pouvoir. En 1417, Jean sans Peur libère la reine Isabelle de sa résidence de Tours et l’installe à Troyes. Pendant ce temps, un complot à Paris contre le connétable réussit avec le concours des partisans du duc de Bourgogne. Les massacres d'Armagnacs sont nombreux, presque trois mille personnes. Une épidémie survient et provoque la mort de cinquante mille personnes, dont le prince d'Orange Jean III de Chalon-Arlay, qui a accompagné en fidèle vassal le duc de Bourgogne. Jean et Isabelle font leur entrée dans Paris et rétablissent le calme. Guillaume IV de Wittelsbach héritier depuis 1404 de son père Albert Ier, duc de Bavière-Straubing, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande est l’époux de Marguerite, la sœur de Jean sans Peur. Il intervient au côté des Bourguignons dans la guerre entre Armagnacs et Bourgignons. A son, en 1417, sa fille unique Jacqueline hérite à son tour des comtés flamands. Pendant ce temps le roi d’Angleterre Henri V poursuit son avancée en France et en 1419, annexe la Normandie; il s’avance sur Paris. La Cour de France sous la conduite du duc part pour Troyes. Des rapprochements ont lieu entre le dauphin Charles, le futur Charles VII, et Jean sans Peur, pour lutter contre les Anglais; mais l’assassinat du duc lors de sa rencontre avec le dauphin, en septembre 1419, sur le pont à Montereau sur Yonne fait échouer l’alliance franco-bourguignonne. Ce crime est la vengeance de la mort du duc d'Orléans intervenue douze ans plus tôt.

.Philippe V de Bourgogne, comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne (Philippe III le Bon), comte d'Artois de 1419 à 1467

Fils unique de Jean sans Peur.

Il succède à son père, et se rapproche d’Henri V d'Angleterre, tandis que le dauphin se retire au-delà de la Loire. Par le traité de Troyes en 1420, Henri V se fait reconnaître l’héritier de Charles VI. Il fait son entrée dans Paris accompagné de Philippe le Bon et de Charles VI. Cette même année, les Armagnacs venus du Lyonnais reprennent le Mâconnais. Le 14 juin 1421, Louis de Chalon-Arlay (1418-1463), prince d'Orange, obtient de l’empereur le titre de vicaire impérial pour tout l’ancien royaume de Bourgogne. En 1422, le roi d’Angleterre Henri V meurt à Vincennes ; son fils Henri n’a que huit mois et c’est l’oncle de ce dernier, le duc de Bedford Jean, qui assure la tutelle en France. Charles VI meurt. Le duc de Bedford proclame son neveu Henri VI : roi de France et d’Angleterre. Le dauphin Charles est lui aussi proclamé roi de France par ses partisans à Poitiers, sous le nom de Charles VII. La guerre est terrible entre les anglo-bourguignons et les fidèles de Charles VII. Les défaites en 1423/1424 de Cravant et Verneuil laissent Charles VII et ses armées au-delà de la Loire. Entre 1421 et 1428, le duc de Bourgogne Philippe le Bon est occupé à lutter contre sa cousine germaine, la comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de Frise, Jacqueline de Bavière. Cette femme cruelle qui a épousé contre son gré son cousin, le duc de Brabant Jean, a fait assassiner les fidèles amis de son mari; en représailles celui-ci bannit les dames d’honneur de son épouse. Elle se réfugie en Angleterre, obtient le divorce et épouse le duc de Gloucester Humphrey, frère du duc de Bedford. Le pape casse ce mariage. Elle retourne dans ses terres, mais elle est faite prisonnière et remise aux mains du duc de Bourgogne. Elle est obligée de reconnaître son cousin Philippe comme l’héritier de ses quatre comtés. En 1429, Philippe rachète pour 132 000 écus le comté de Namur à son dernier seigneur. 1429 est l’année d’arrivée de Jeanne d'Arc sur la scène de l’Histoire de France. En mai 1429, le duc Philippe III de Bourgogne se décide à mener une guerre totale contre le Dauphin. Il laisse son vassal, le prince d'Orange, Louis de Chalon-Arlay se lancer à la conquête du Dauphiné. Louis est intéressé à titre personnel, car il souhaite réunir ses terres de sa principauté avec ses domaines dans le comté de Bourgogne. Le 11 juin, les troupes de Louis se heurtent aux troupes dauphinoises à Anthon mais celle-ci mettent en pièce leur agresseur. La conquête du Dauphiné est abandonnée. Le 17 juillet 1429, Charles VII est couronné dans la cathédrale de Reims, après que l’armée de Jeanne d’Arc eue traversé les villes de Gien, d'Auxerre, de Saint-Florentin et de Troyes sur son passage. Les Bourguignons sont plus chanceux dans le conflit qui les oppose aux Lorrains. Philippe se mêle de la guerre de succession sur le duché de Lorraine en choisissant le parti d’Antoine de Vaudémont contre celui de René d’Anjou. À la mort de ses deux cousins Jean en 1427 et Philippe en 1430, les deux fils de son oncle Antoine, Philippe le Bon hérite des duchés de Brabant et de Limbourg. Le 2 juillet 1431, les troupes bourguignonnes conduites par le maréchal Jean de Vergy battent celles du duc de Lorraine René d’Anjou et capturent celui-ci ainsi que de nombreux chevaliers. René est emmené en captivité à Dijon puis à Salins et reste six ans dans les geôles bourguignonnes avant de retrouver la liberté en contrepartie de la livraison de quatre châteaux à Philippe le Bon. En représailles de cette captivité, les troupes du duc Louis III d'Anjou, frère du duc René, envahissent la principauté d'Orange et y restent jusqu’à la libération du captif. À partir de 1431, Philippe le Bon commence de s’éloigner de plus en plus des Anglais. La même année, Jeanne d'Arc est condamnée à mort et brûlée vive. En 1432, un complot contre le duc de Bourgogne est découvert, parmi les conspirateurs Jean de la Trémoille, grand chambellan. Les traitres se réfugient à la cour de France, commanditaire de ces agissements. Cette même année 1432, les Armagnacs s’emparent de nouveau de la forteresse de Solutré qui garde Mâcon. Une bande favorable à Charles VII s’empare d'Avallon en décembre. En 1433, le duc de Bedford épouse la fille du Comte de Saint-Pol, vassal de Philippe, sans lui demander son aval, ce qui provoque une distension encore plus grande entre Bourguignons et Anglais. Philippe vient libérer en octobre Avallon. Cette même année 1433, Philippe parvient à faire abdiquer sa cousine Jacqueline en sa faveur et récupère les comtés flamands. En 1434, le duc de Bourbon, allié du roi de France, envahit la Bourgogne, Philippe se met en route avec son armée et attaque à son tour les états du duc de Bourbon. La médiation du duc de Savoie arrête le conflit. Dans l’acte signé par les deux parties, Philippe obtient la destruction totale de la forteresse de la Roche de Solutré. En 1435, au congrès d'Arras, Philippe le Bon fait la paix avec le roi de France Charles VII, il obtient les comtés de Mâcon, d'Auxerre et les villes de la Somme, mais également l’exemption de toute vassalité sa vie durant avec dispense de lui prêter hommage pour le duché de Bourgogne se rendant donc totalement indépendant du roi de France. Philippe III se fait alors appeler grand-duc d’Occident. En octobre 1442, Philippe le Bon rencontre l’empereur Frédéric III de Habsbourg à Besançon. Le duc, l’archevêque et la Commune en profitent pour faire confirmer leurs droits respectifs mais sans aucun changement sur leurs désaccords. En 1443, la duchesse de Luxembourg Élisabeth de Gorlitz, la tante de Philippe, puisqu’elle est la veuve d’Antoine de Brabant, vient trouver son neveu, car les troupes du duc de Saxe envahissent son duché. Philippe accepte d’aider la duchesse et se fait remettre par un accord le duché, et en deux mois ses troupes récupèrent les terres luxembourgeoises. En 1444, le reste des « Écorcheurs » revenant de Suisse où ils avaient été emmenés par le dauphin Louis, à la demande de l’empereur Frédéric III, ravage Lure, Luxeuil, Faucogney, Faverney et la campagne dijonnaise. Le 28 octobre 1444 est signé à Einsisheim entre les huit cantons, la ville de Bâle et le Dauphin un traité qui stipule qu'il aura " Bonne et perpétuelle amitié entre la France et la Confédération suisse". Cette signature intervient après le drame de Saint Jacques sur la Birse. C'est le courage des suisses et leur supériorité en nombre qui forcent l'admiration du Dauphin et du Roi de France et les pousse à leur offrir malgré leur défaite la paix. Ils combattent dans une guerre territoriale contre le roi de France allié à l'empereur. L’année suivante les nobles comtois lèvent une armée qui sous le commandement du maréchal de Bourgogne, Thiébaud de Neufchâtel, extermine une moitié des écorcheurs à Altkirch. Mais ces bandits soutenus secrètement par le roi de France continuent leurs terribles méfaits. Une seconde armée et l’argent mettent fin à leur existence. En 1456, le dauphin Louis le futur Louis XI, fâché avec son père, se réfugie chez le duc de Bourgogne qui l’installe dans le Brabant. Il reste là-bas jusqu’à la mort de son père. C’est Philippe qui couronne Louis XI à Reims en août 1461 qui succède à son père Charles VII. La reconnaissance est un sentiment inconnu à Louis et il cherche à affaiblir le duc de Bourgogne. Il commence par brouiller le fils Charles le futur Téméraire, comte de Charolais, avec son père; Charles qui a été pendant cinq ans son ami et son compagnon de jeu ; et dans le même temps il parvient à détacher les Suisses du service bourguignon. En 1463, Louis XI rachète à Philippe pour 400 000 écus les villes de la Somme (Amiens, Abbeville et Saint-Quentin). Charles se sent spolié et fait des reproches à son père. En 1465, Charles, comte de Charolais, annonce qu’il prend la tête de la ligue des princes français (les ducs de Berry, de Bourbon, de Bretagne, de Calabre, de Nemours et les comtes d'Armagnac, de Dunois, de Saint-Pol) contre le roi de France.

.Charles le Téméraire (1433-1477), comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’ Artois de 1467 à 1477,

Fils du précèdent.

Engagé dans les guerres dites de Bourgogne engagées en 1475 contre les Suisses, le duc de Lorraine manipulés par le roi de France Louis XI, il meurt à Nancy en 1477.

.Marie de Bourgogne (1457-1482), comtesse palatine de Bourgogne de 1477 à 1482

Fille unique de Charles le Téméraire.

Elle épouse Maximilien de Habsbourg. Marie meurt en 1482.

Maison de Habsbourg-Bourgogne

.Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), comte palatin de Bourgogne et duc de Bourgogne de 1477 à 1482 avec son épouse, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut archiduc d’Autriche de 1493 à 1519, empereur de 1493 à 1519

.Philippe VI (1478-1506) dit Philippe le Beau, comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne (Philippe IV), comte d’Artois, de Flandre et de Hainaut de 1482 à 1506, duc de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, comte de Hollande, de Zélande, de Zutphen, roi de Castille et de Léon en 1506

Fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne. Frère de Marguerite.

Au cours des années 1479-1480, le roi Louis XI fait dévaster le comté par ses armées. Le 23 décembre 1482, Maximilien de Habsbourg doit signer le Traité d’Arras par lequel il doit marier Marguerite au roi Louis XI et lui apporter en dot le comté d’Artois et le comté de Bourgogne. Le mariage est célébré à Amboise le 23 juin 1483 mais deux mois plus tard, Louis XI meurt et Marguerite devient reine de France. Elle reste à Amboise pendant huit ans sous la tutelle d’Anne de Beaujeu ; mais le roi Charles VIII décide en définitive de la répudier pour épouser le 6 décembre 1491 la duchesse Anne de Bretagne. Par le traité de Senlis du 23 mai 1493, l’Artois et le comté de Bourgogne sont restitués à Maximilien ainsi que sa fille qu’il marie cette fois le 3 avril 1497 à Burgos à Don Juan, prince de Castille lequel meurt six mois après. L’empereur Frédéric III meurt le 19 aout 1493, son fils Maximilien devient empereur et nomme son fils Philippe le Beau comte de Bourgogne. Philippe le Beau épouse Jeanne la Folle, fille du roi de Castille, le 22 octobre 1496. De cette union nait le 24 février 1500, Charles le futur empereur Charles Quint.Son père Maximilien fait alors épouser en troisièmes noces à sa sœur Marguerite (1480-1530) le duc de Savoie Philibert ; le mariage par procuration a lieu à Salins ou son mari est représenté par René le bâtard de Savoie et c’est au prieuré de Romainmotier qu’il est célébré cette fois en présence de son mari le 2 décembre 1501. Malheureusement moins de trois ans plus tard le 10 septembre 1504, Philibert décède au château de Pont d’Ain et en son souvenir Marguerite fait édifier l’église et le monastère de Brou, alors en terre savoyarde et donc d’empire. Marguerite est donc duchesse de Savoie et gouvernante du cercle de Bourgogne. Maximilien décide de lui confier le 29 octobre 1506 la régence des Pays-Bas pendant la minorité de Charles, son neveu, le futur Charles Quint devenu comte de Bourgogne cette même année. C’est donc elle qui règne sur le comté de Bourgogne. Elle le fait depuis Bruxelles ou se trouve les grands conseils ( conseils d’état, conseil privé, conseil des finances ) mais c’est à Malines que se trouve la Cour Suprême de Justice, et à Lille la Cour des Comptes transférée de Dôle) ; seul réside dans le comté le lieutenant-gouverneur (militaire) dont la charge est assurée par Jean de Chalon ( 1477-1502) puis par Philibert de Chalon ( 1502-1530). En 1511 l’empereur Maximilien conclut un traité avec la confédération suisse (indépendante de fait depuis 1499 mais qui de droit fait toujours partie de l’empire) dirigé contre le roi Louix XI. A la diète de Cologne en 1512, Maximilien obtient la division de l’empire administrativement en dix cercles dont celui de Bourgogne qui comprend les Pays Bas (actuels Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) et le comté de Bourgogne. En 1513, l’armée impériale et les suisses des 12 cantons Zurich, Berne, Lucerne, Fribourg, Schwitz, Unterwald, Uri, Zoug, Schaffhouse, Soleure, Appenzell et Bâle qui comptent 50 000 hommes traversent le comté en passant par Besançon pour aller envahir le duché de Bourgogne et assiéger Dijon. Avec à leur tête une nombreuse cavalerie d’allemands et de lansquenets se trouvent le comte de Sorne et d’autres comtes notamment celui de Wurtemberg-Montbéliard sous le commandement du Maréchal de Bourgogne, lieutenant de l’empereur et général en chef.

.Charles II (1500-1558) comte palatin de Bourgogne, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut de 1506 à 1556, duc de Bourgogne de 1515 à 1555, roi d’Espagne (Charles Ier) de 1516 à 1556, roi de Naples et de Sicile de 1516 à 1556, empereur du Saint Empire romain germanique (Charles V dit Charles Quint) de 1519 à 1556

Fils du roi Philippe Ier de Castille dit le Beau et de Jeanne la Folle, Charles est par sa mère le petit-fils de Ferdinand V de Castille et d’Isabelle Ire la Catholique, et par son père, le petit-fils de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg et donc on l’oublie trop souvent l’arrière-petit-fils de Charles le Téméraire (duc de Bourgogne sous le nom de Charles I) Charles est émancipé à 15 ans donc en 1515. Il ne vient pas dans son comté de Bourgogne. En 1519, Il devient empereur sous le nom de Charles Quint (cinquième du nom en comptant Charlemagne comme Charles Ier) ; en 1522, il cède à son frère puiné Ferdinand ses Etats héréditaires autrichiens ce qui provoque la division de la Maison de Habsbourg en Habsbourg d’Autriche et Habsbourg d’Espagne et des Pays Bas, qui se poursuit avec Philippe II le fils de Charles Quint.

Le comté relève donc ensuite de la souveraineté de la branche espagnole des Habsbourg tout en continuant de faire partie de l’empire à la différence de l’Espagne qui n’y est pas intégrée. Sa tante Marguerite d’Autriche, veuve du duc Philibert le Beau de Savoie, duchesse de Savoie, continue d’être la gouvernante du Cercle de Bourgogne donc du comté de Bourgogne jusqu’à sa mort en 1530 ; lui succède comme gouvernante Marie de Hongrie (1505-1558) la sœur de Charles Quint. Marie de Hongrie reste gouvernante des Pays-Bas-Comté de Bourgogne jusqu’en 1555.

.Philippe VII (1527-1598) comte palatin de Bourgogne, duc de Bourgogne, comte d’Artois, de Flandre, de Hainaut, de Luxembourg de 1556 à 1598, roi d’Espagne de 1556 à 1598 (Philippe II), roi de Portugal (Philippe Ier) 1580 à 1598

Fils de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal. L’année 1555, Philippe II, le fils de Charles Quint, devient souverain des Pays Bas avec la Franche Comté puis roi d’Espagne quand Charles abdique en 1556. Il souligne l’attachement et la fidélité des comtois. C’est alors au duc Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580) qu’est confiée la gouvernance des Pays- Bas et donc du comté de Bourgogne en 1556. Son règne constitue l’âge d’or du comté de Bourgogne (Franche Comté). Les nobles de Franche Comté font partie intégrante de l’élite de l’armée impériale. Emmanuel-Philibert, dépouillé de son duché par François Ier en 1544, devenu général des armées impériales, remporte contre les français la bataille de Saint Quentin en 1557. Charles Quint meurt en 1558. Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert gouverne les Pays-Bas en son nom et donc le comté jusqu’en 1559, année de signature de la paix de Cateau-Cambrésis à la suite de laquelle il épouse Marguerite de France la sœur de François Ier et obtient du roi Henri II la restitution de la Bresse, du Bugey, et du Valromey occupées par laq France. Après le traité du Cateau-Cambrésis en 1559, Philippe II quitte les Pays-Bas pour ne jamais y revenir. Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles Quint lui succède au gouvernorat des Pays-Bas et du comté puis son fils Alexandre Farnese. Philippe II a été élevé en Espagne, il connaît le français et les réalités de l'héritage Bourguignon mais culturellement il ne comprend pas ses sujets des Pays-Bas. Une fronde apparaît en 1566 et 1567 et la violence avec laquelle Philippe II la soumet met un terme à l'amitié que les Pays-Bas lui portaient. Il s'ensuit une guerre terrible (la guerre de Quatre-Vingts Ans) à la fin de laquelle la partie nord, protestante, proclame son indépendance en 1581 sous le nom de Provinces-Unies. En 1595, le roi Henri IV déclare la guerre à Philippe II. Philippe II nomme Albert de Habsbourg d’Autriche, gouverneur des Pays-Bas (Albert est le cinquième fils de l'empereur Maximilien II envoyé à l'âge de 11 ans à la cour de Madrid où son oncle le roi Philippe II a veillé sur son éducation). Le souverain dirige d’abord Albert vers une carrière ecclésiastique et en 1577, le jeune homme est nommé cardinal, dignité ecclésiastique qui, à l'époque, n'oblige pas à entrer dans les Ordres; Albert ne sera jamais prêtre ni évêque. Le roi envisage de faire d'Albert le primat d'Espagne en le nommant à l'archevêché de Tolède mais la longévité du titulaire amène le roi à tempérer ses ambitions pour son neveu. Il nomme celui-ci vice-roi et grand inquisiteur du Portugal et de son empire. Bien que le traité de neutralité lui interdise d’attaquer ouvertement le comté de Bourgogne, le roi Henri IV le fait envahir par ses mercenaires d’Haussonville et Tremblecourt. Les campagnes sont ravagées mais la plupart des villes résistent : Dôle, Gray, Salins, Poligny, Arbois, Besançon tiennent bon. Philippe décide de secourir le comté mais Henri IV contre attaque. Les villes comtoises tombent. L’arrivée de l’armée du roi d’Espagne Philippe II force les troupes d’Henri à repasser la Saône. Le conflit prend fin avec la paix de Vervins signée le 2 mai 1598. Le traité de Vervins confirme notamment les clauses précédemment signées lors du traité de Cateau-Cambrésis entre le même Philippe II et le roi Henri II, en y ajoutant diverses clauses nouvelles. Aux termes de ce traité, l'Espagne restitue à la France le Vermandois, une partie de la Picardie, la ville de Calais et Le Blavet, tandis que la France rend à l'Espagne le Charolais et renonce à la suzeraineté sur la Flandre et l'Artois. En 1599, Albert épouse sa cousine, l'infante Isabelle d'Espagne, fille ainée de Philippe II d'Espagne, qui lui apporte en dot les Pays-Bas, dont ils deviennent les souverains. Ce sont eux qui règnent donc sur le comté de Bourgogne dont le titre de comte est porté par le demi-frère d’Isabelle, Philippe, comte palatin de Bourgogne et futur roi Philippe III.

.Albert de Habsbourg d’Autriche (1559 -1621) et Isabelle d’Habsbourg d’Espagne (1566-1633), Gouverneur des Pays Bas de 1595 à 1598, Archiduc souverain des Pays Bas de 1599 à 1621, Archiduchesse souveraine des Pays Bas de 1599 à 1633

De 1598 à 1621, le jeune couple archiducal tente d'abord de consolider par la force l'autorité habsbourgeoise (siège d'Ostende) sur les Pays-Bas car le pays est déchiré par une guerre civile. La paix établie, le couple, profondément catholique, va réformer la justice, développer l'économie, en suscitant des travaux d'intérêt public tels que l'assèchement des marécages à la frontière de l'actuelle Flandre orientale et de la France. Ils installent leur cour à Bruxelles. La mort d’Albert en 1621 met fin à cette période d’essor et de calme ; faute d’héritier, la souveraineté sur les Pays-Bas revient à l'Espagne, l'infante Isabelle étant désignée comme gouvernante générale.

.Philippe VIII (1578-1621), comte palatin de Bourgogne et duc de Bourgogne sous le nom de Philippe de 1598 à 1621,duc de Lothier, de Brabant, de Gueldre, de Limbourg et de Luxembourg, comte de Flandre et d’Artois, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Namur , de Zutphen, seigneur de Malines, de Frise et de Salin, roi d’Espagne (Philippe III) de 1598 à 1621,

Fils du roi Philippe II d'Espagne et de sa quatrième épouse et nièce Anne d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Espagne. Il meurt la même année qu’Albert, archiduc des Pays-Bas son beau-frère.

.Philippe IX (1605-1665) comte et duc de Bourgogne de 1621 à 1665, comte d’Artois, roi d’Espagne (Philippe IV)

Fils de Philippe III

Sous son règne, en 1636, Richelieu décide d’attaquer Dôle. Le Prince de Condé mène les troupes royales. Mais les 4000 défenseurs résistent aux 15 000 hommes de l’armée française. Finalement devant l’avancée d’une armée de secours, les français doivent se retirer après un siège de trois mois. Engagés par le roi de France, des mercenaires envahissent le comté par tous les côtés. Seuls Dôle, Gray, Salins et Besançon peuvent résister. Pillages, incendies, massacres se multiplient. Après une dernière invasion française en 1644, des négociations s’ouvrent et aboutissent au traité de Westphalie en 1648 puis à la paix des Pyrénées en 1659 confirmant la suzeraineté des Habsbourg d’Espagne sur le comté. Plus de 200 000 personnes soit environ la moitié de la population ont péri durant cette guerre. Le roi d'Espagne Philippe IV de Habsbourg meurt en 1665.

.Charles III (1661-1700), comte de Bourgogne et duc de Bourgogne de 1665 à 1678, roi d’Espagne (Charles II)

Fils du précédent.

Dès la mort de son père, Louis XIV, (à moitié Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche (Habsbourg d’Autriche) revendique la Flandre et la Franche-Comté, au nom de son épouse Marie-Thérèse, fille du prince défunt. En 1667, il fait la conquête de la Flandre, puis durant l'hiver, il lance sur la Franche-Comté, sous la présidence du grand Condé, 1900 fantassins et 3000 cavaliers. Le 2 mai, la paix est signée à Aix la Chapelle; la Flandre est cédée à la France, mais l'Espagne garde la Franche-Comté. Malgré ce traité, Louis XIV poursuit son idée de s’emparer de la Franche-Comté. En 1673, il rouvre les hostilités en lançant 24 000 hommes sur ses frontières. Comme en 1668, le roi d’Espagne n’est pas en mesure de résister. La guerre est déclarée le 12 octobre. Une résistance populaire s’organise. Les armées royales franchissent la Saône le 12 février 1674. Gray se rend le 28. Vers le milieu de mars, c’est Lons le Saulnier qui doit se rendre à son tour. Le peuple résiste vaillamment. Néanmoins, Besançon est prise le 23, Pontarlier le 2 juin, Salins et Dôle le 22 juin. Jusqu’à la révolution, le peuple comtois gardera un attachement inébranlable aux Habsbourg. Un certain nombre parmi les résistants les plus déterminés s’exilèrent. Louis XIV place à la tête du comté de Bourgogne un intendant et transfère le parlement de Dôle à Besançon tout en lui enlevant ses pouvoirs politiques. Il entreprend une politique de séduction des nobles comtois en les attirant à sa Cour de Versailles. Par le traité de Nimègue de 1678 qui signe la paix entre Charles II d’Espagne (Habsbourg) et Louis XIV (également Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche), le comté de Bourgogne ou Franche-Comté est rattaché définitivement au royaume de France. Besançon devient la capitale du comté à la place de Dôle et est doté d’un parlement. Il n’en reste pas moins que jusqu’à la révolution, les Francs comtois comme les Lorrains mais également à un moindre degré les Alsaciens sont profondément restés attachés à la dynastie des Habsbourg.

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Published by Parti imperial romain europeen
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 12:58
Histoire de l’Archevêché de Besançon / Erzbistum Bizanz et de la Ville Libre Impériale de Besançon / Freie Reichstadt von Bizanz

Érigé au IIIème siècle, le diocèse de Besançon est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain au IVème siècle.

L’histoire de cette ville ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à la grande histoire de la Bourgogne qui, comme la Lorraine à l’origine, englobe une région plus vaste que les territoires actuels du même nom. Or cette grande histoire trouve son origine dans celle du Premier royaume Burgonde créé en 443 sur les terres assignées aux envahisseurs burgondes par le général romain Aetius constituées approximativement par :

.les territoires qui constitueront le duché de Bourgogne (Dijon) ;

.les territoires qui constitueront le comté de Bourgogne ou Franche-Comté ;

.ceux qui constitueront la partie occidentale de la Suisse à l’Ouest de l’Aar et de la Reuss.

En effet en 534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme. Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding, d’Amaous, de Warasch/Varais et la ville de Besançon au milieu de ce dernier.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy).

Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855).

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz. Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône. En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer. En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais. En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime. La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve.

À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerssen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie a les comtés de Warasch, d'Amaous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté. Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont ainsi à l'origine de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire.

Au IX° siècle, le territoire du premier royaume Burgonde va donc être disputé entre les Carolingiens de Francie Occidentale et les futurs rois du deuxième Royaume de Bourgogne. Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura. À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875. Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens.

En 879, Louis II le Bègue, successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson de Provence tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie occidentale Louis III et Carloman II, Boson V de Provence , qui est le fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, et lui-même duc de Lombardie, duc de Provence, comte d'Autun, de Berry, de Chalon, de Mâcon et de Troyes, ainsi qu’ abbé laïc de Saint-Maurice d'Agaune en profite pour se faire proclamer roi de Provence à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon. Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche-Comté, des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles soit la Bourgogne Transjurane. En 879, ses possessions couvrent une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Boson exerce son pouvoir jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, les frères carolingiens, Louis III et Carloman II. Par ce traité, en échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de Francie occidentale lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meerssen et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier. En 880, par le traité de Ribemont, les petits-fils de Charles le Chauve cèdent leur part de la Lotharingie à Louis III de Germanie (dit aussi Louis le Jeune), fils de Louis le Germanique, qui recueille ainsi l'ensemble de la Lotharingie. Le roi de Francie occidentale Charles le Chauve récupère lui le comté de Portois et une partie du comté de Varais et notamment Besançon. Les autres comtés sont incorporés dans le royaume de Francie orientale de Louis le Germanique. Le comte Richard reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. Cette guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II. Richard reçoit, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à son frère.

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon puis couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :

-Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale (923-936);

-Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : Comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Macon, comté de Charolais,, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar. Enfin en 898, le comte Richard est autorisé par ce même souverain à fusionner ses comtés et prend alors le titre de marquis de Bourgogne, (jusqu'en 918, puis celui de duc et ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne rattaché au Royaume de France et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire). Les comtés de la Haute-Bourgogne sont englobés dans ce Second royaume de Bourgogne Transjurane qui s’étend sur les deux versants du Jura avec comme limite à l’ouest, les rives de la Saône.

Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon:

Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume.

Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lorraine et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci. Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne, et Thierry s’est rallié au nouveau souverain. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume. Son fils Rodolphe II (912-937) lui succède en 912. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi des Francs et de Lorraine, Charles III le Simple. Vers 914, Hugues le Noir (914-952) est pourvu du comté de Varais. Hugues le Noir est le second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois. En 918, Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait. En 919, Hugues, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis. La paix s’obtient par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc de Souabe. Dès 921, il est le comte prépondérant sur la Haute-Bourgogne. L’année suivante, il est aux côtés de son frère Raoul et du duc Robert dans la lutte contre le roi de Francie Occidentale, Charles III le Simple. Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer en 922 par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes. En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie. Cette même année 926, le roi de Francie orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi des Francs Raoul. Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II. Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane ou royaume de Provence à son royaume de Bourgogne transjurane lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d’Arles qui en est la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois qui dépendent alors du royaume de Francie occidentale. En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume des Francs. Louis IV qui vient d’être couronné se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité, Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon. Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad (937-993) n’a que douze ans. Hugues, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire. Mais Othon Ier roi de Francie orientale et futur restaurateur de l’empire intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique. Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad. Sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie occidentale, notamment Hugues le Noir qui est à la fois duc de Bourgogne et archi-comte sur la Haute-Bourgogne. Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume. En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume des Francie occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois. Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père. En 941, sous la pression du roi Othon de Germanie, il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale. Othon libère Conrad en 942, qui prend enfin la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L’un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint-Maurice d'Agaune où Conrad concède à Albéric Ier, vicomte de Mâcon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins. En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques : Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon , évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud. Il se brouille de nouveau en 943, avec le roi Louis IV, et doit partager sur le duché son autorité avec Hugues le Grand. Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi Conrad de Bourgogne. Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir. Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence. Hugues se réconcilie en 949, avec le roi de Francie occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché. Deux ans plus tard, le roi Louis accompagné de Liétaud vient à Besançon rencontrer Hugues le Noir. Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier roi de Francie orientale qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad. À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues. Albéric ou Aubri II (965-982) hérite à la mort de son père des mêmes territoires. En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent. En 962, Othon Ier est sacré empereur. Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles, l’aînée Gisèle, de son premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri; Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann. Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad. Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothbold (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence. À la mort d’Albéric II, un personnage se manifeste, c’est Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère. Il épouse Ermentrude de Roucy veuve d’Albéric II, et gouverne les comtés de Mâcon et de Besançon, au nom de ses deux beaux-fils, Liétaud et Aubri. En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie ; en effet son petit-fils Othon III est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le bavarois, celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier roi de Bourgogne Provence. En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Germanie Henri Ier). En octobre 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces. En 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale lance une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens. (ce dernier érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois. En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale. Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir. Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). Son fils aîné Hugues étant l’héritier de la couronne, il cède le duché à Henri ; puis, à la mort d’Hugues, en 1025, Robert II cède le duché à Robert.

A la mort de Rodolphe III, en 1032, l’empereur Conrad II le Salique hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire. Besançon est un archevêché qui, comme tous les archevêchés de l’empire a à sa tête un archevêque qui dispose non seulement du pouvoir spirituel sur le territoire de l’archevêché mais du pouvoir temporel sur la ville.

Archevêques :

.Hugues Ier, archevêque de Besançon de 1031 à 1043, prince-archevêque de 1043 à 1066, archichancelier du royaume de Bourgogne,

C’est un descendant de la famille des sires de Salins, celle d’Humbert. Il a été chapelain du roi de Bourgogne Rodolphe III. L’empereur Conrad II fait couronner son fils Henri, roi de Bourgogne, en 1038. Les grands, dont le comte Renaud et l’archevêque de Besançon Hugues, sont présents à cette cérémonie qui se tient à Soleure. En janvier 1042, le roi de Francie orientale (Germanie) et de Bourgogne, Henri III vient à Besançon, sur l’initiative d’Hugues Ier, visiter son royaume de Bourgogne. À cette occasion, l’archevêque est nommé archichancelier du royaume de Bourgogne. Devenu empereur, Henri III revient en 1043 à Besançon pour se fiancer avec Agnès, nièce de Renaud. A cette occasion l’archevêque Hugues obtient les droits régaliens sur la ville échappant ainsi au contrôle comtal pour dépendre directement de l’empereur. Besançon devient ville impériale et l’archevêque prince et l’archevêque de Besançon devient prince d’Empire. Son diocèse coïncide pratiquement avec le comté de Bourgogne ou Franche-Comté y compris Montbéliard mais son pouvoir temporel s’arrête pratiquement aux limites de la ville de Besançon. Ce changement de statut de la ville s’explique certainement par la reconnaissance du roi vis à vis d’Hugues qui a soutenu la maison impériale lors de la guerre de 1032/1034.

.Hugues II de Montfaucon, prince-archevêque de Besançon de 1067 à 1085

Fils de Conon, qui a construit le château de Montfaucon près de Besançon, seigneur de Montfaucon vassal de Renaud Ier de Bourgogne et grand bénéficier de l’église Saint Etienne de Besançon.

.Hugues III, prince-archevêque de Besançon de 1085 à 1101

Son père le comte Guillaume Ier de Bourgogne s’affirme alors comme le personnage le plus important du comté de Bourgogne et ne tarde pas à mettre la main sur l'archevêché de Besançon en le faisant ordonner archevêque en 1085.

.Ponce, prince-archevêque de Besançon de 1102 à 1107

.Hugues IV, prince-archevêque de Besançon de 1108 à 1109

.Guillaume Ier d'Arguel, prince- archevêque de Besançon de 1109 à 1117

Le nom de la famille d'Arguel apparaît au XIème siècle en la personne de Guy d'Arguel (1040 ¬- 1097) seigneur d’Arguel dont le château est situé à environ 6 kms de Besançon.

.Anseric, prince-archevêque de Besançon de 1117 à 1134

.Humbert de Scey, prince-archevêque de Besançon de 1134 à 1161

Depuis des temps très ancien la famille de Scey possédait le château (aujourd'hui château Saint-Denis en ruine) érigé sur un éperon rocheux réputé longtemps inaccessible dans le bailliage d'Ornans. Au XII° siècle cette famille occupe un rang très important parmi les plus anciennes de la région de Besançon. Elle possède une grande partie des montagnes du bailliage d'Ornans.

.Gauthier II de Bourgogne, prince- archevêque de Besançon de 1162 à 1163

Fils d’Hugues II, duc de Bourgogne ; frère d’Eudes II de Bourgogne, duc de Bourgogne.

.Herbert (schismatique), prince- archevêque de Besançon de 1163 à 1170

.Eberard de Saint-Quentin, prince-archevêque de Besançon de 1171 à 1180

.Thierry II de Montfaucon, prince- archevêque de Besançon de 1180 à 1190

Fils de Richard de Montfaucon et Sophie/Agnès, comtesse de Montbéliard, fille de Thierry II de Montbéliard.

.Etienne de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1191 à 1193

Fils de Géraud Ier, comte de Macon et de Maurette de Salins.

.Amédée de Tramelay, prince-archevêque de Besançon de 1193 à 1220

Famille noble de la région de Saint Claude dans le comté de Bourgogne ; de la même famille que Bernard de Tramelay ou Dramelay, ou Dramelet, château du même nom, aux environs d'Arinthod, quatrième maître de l'Ordre du Temple (1152 - 16 août 1153), ancien commandeur de Dole.

.Gérard de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1221 à 1225

Fils de Thibaud II de Rougemont, seigneur de Rougemont, vicomte de Besançon ; maison des seigneurs de Rougemont du nom de Rougemont-le-Château qui au début du Moyen Age fait partie intégrante de l'Alsace (passée en 829 du landgraviat de Haute-Alsace au comté du Sundgau, puis au début du XIIème siècle passe aux comtes de Ferrette). Cette famille est investie depuis 1096 des charges de vicomte de Besançon.

.Jean Ier Halgrin (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1225 à 1227

.Nicolas de Flavigny, prince-archevêque de Besançon de 1229 à 1235

Au XIII siècle, les bourgeois bisontins tentent de constituer la commune de Besançon, et s'opposent ainsi à l'archevêque de Besançon, qui entend garder ses pleins droits de souveraineté sur les terres de Bregille, un quartier de Besançon. Un conflit éclate alors en 1232, quand les Bisontins interdisent aux Bregillots de s'approvisionner en bois dans la forêt de Chailluz. Nicolas de Flavigny rappelle alors ses droits sur les bois de la ville auprès de l'évêque de Chalon qui ne tarde pas à lui donner raison, arrêtant ainsi le conflit pour un temps.

.Geoffroy, prince-archevêque de Besançon de 1236 à 1241

.Guillaume II de la Tour, prince archevêque de Besançon de 1245 à 1268

Sous son règne, les Bisontins reconstituent clandestinement leur commune, profitant de la vacance du siège impérial et des mésententes entre l'archevêque de Besançon et les comtes de Bourgogne.

.Eudes de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1269 à 1301

De la même famille que Gérard de Rougemont.

Fils d’Humbert III de Rougemont, seigneur de Rougemont.

Sous son règne les Bisontins choisissent un gardien de leurs cités, qui refuse de considérer la ville comme vassale de l'empereur. En 1290, Besançon est assiégée pendant quatre mois par les armées impériales, tenant le quartier de Bregille, alors que les troupes vassales leur faisant face occupent la Mouillère ainsi que les Prés-de-Vaux. Othon IV, ne veut guère continuer cette lutte, décide de négocier pour finalement céder. À ce moment-là, les Bisontins profitent de la situation pour faire reconnaître officiellement leur commune par l'Empire. C'est alors le commencement d'une nouvelle bataille entre les Bourgeois et l'archevêque.

.Hugues V de Chalon, dit le Sourd, prince-évêque de Liège de 1296 à 1301 prince-archevêque de Besançon de 1302 à 1311

Fils de Jean Ier de Chalon et de Laure de Commercy.

.Vital de Maignaut, prince-archevêque de Besançon de 1312 à 1313

.Hugues VI de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1333 à 1355

.Jean II de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1355 à 1361, évêque de Metz de 1361 à 1365 puis évêque de Bâle de 1365 à 1382

Fils de Vauthier de Vienne ( ?-1344), seigneur de Mirebel. En 1355, il succède à son oncle Hugues VI de Vienne comme archevêque de Besançon et l’année suivante, il devient gouverneur du duché de Bourgogne, Philippe Ier de Bourgogne étant alors âgé de dix ans. Puis Il devient évêque de Metz en 1361.

.Louis de Montbéliard, prince-archevêque de Besançon de 1361 à 1362

Fils d’Henri de Montfaucon et d’Agnès de Montbéliard, fille aînée de Renaud de Bourgogne ; frère cadet d’Étienne de Montfaucon, seigneur de Montfaucon et Comte de Montbéliard.

.Aymon de Villersexel, prince-archevêque de Besançon de 1363 à 1370

De la famille seigneur de la terre de Grammont dans le comté de Bourgogne.

.Guillaume II de Vergy (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1371 à 1391

Frère de Jean III de Vergy, seigneur de Fouvent, de Champlitte, de Port-sur-Saône, Autrey, sénéchal maréchal et gouverneur du comté de Bourgogne.

.Gerard III d'Athies, prince-archevêque de Besançon de 1391 à 1404

.Thiébaud de Rougemont, archevêque de Vienne de 1397 à 1405, prince-archevêque de Besançon de 1405 à 1429

Issu d'une famille illustre du comté de Bourgogne.

.Jean III de La Rochetaillée, prince-archevêque de Besançon de 1429 à 1437, cardinal

Il participe en 1432 au concile de Bâle et y est nommé en 1434 vice-chancelier de la Sainte-Église et protecteur de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques.

.François Ier Condomieri, prince-archevêque de Besançon de 1437 à 1438, cardinal

.Jean IV de Norry, prince-archevêque de Besançon en 1438.

Fils de Pierre de Norry et de Jeanne de Montboissier.

.Quentin Ménard, prince-archevêque de Besançon de 1439 à 1462.

Bénéficiant de l'appui du duc de Bourgogne Philippe le Bon, il est ensuite nommé à Besançon où son ministère est marqué par un très important conflit avec les citoyens de la ville, alors qu'il revendique ses fonctions temporelles. Il doit prendre la fuite à la suite de la destruction par la population de son château de Bregille, quartier de Besançon. Son autorité n’est rétablie qu'après une intervention du Pape.

.Charles de Neuchâtel-Bourgogne, prince-archevêque de Besançon de 1462 à 1498.

Fils de Jean de Neuchâtel-Bourgogne, seigneur de Montaigu, d'Amance et de Rigney, Chevalier de la Toison d'Or, lieutenant-général du duché et du comté de Bourgogne et de Marguerite de Castro. Charles de Neuchâtel est un parent du cardinal Jean de Neuchâtel. Après la mort de Charles le Téméraire, les Français envahissent la Franche-Comté, et y font de grands ravages. Louis XI sait à la fois intimider et corrompre Charles de Neuchâtel. Le duc Maximilien de Habsbourg apprenant que Charles de Neuchâtel a basculé dans le parti de la France, le déclare en 1478 déchu de ses fonctions et l'oblige même à quitter son palais archiépiscopal. Charles quitte donc son diocèse et se réfugie en France à la cour du roi Louis XI.

.François II de Busleiden (cardinal secret) prince-archevêque de Besançon de 1498 à 1502.

Choisi par Maximilien de Habsbourg mais surtout par Marguerite d'York, veuve du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, comme précepteur du jeune Philippe le Beau, fonction qu'il remplit de 1485 à 1495. François de Busleyden est l'un des représentants de Maximilien d'Autriche au traité de Senlis du 23 mai 1493. Il est conseiller de 1495 à 1502, maître des requêtes de l'hôtel en 1495, chef des finances à la suite de Philippe de Bourgogne-Beveren en 1497, premier maître des requêtes en 1498. Elu le 12 octobre 1498 par le Chapitre Métropolitain par recommandations de Philippe le Beau et Maximilien de Habsbourg. Le pape Alexandre VI le nomme secrètement cardinal et lui confère le droit de succession au siège de Cambrai. Il participe activement au gouvernement en l'absence de Philippe le Beau, conseiller domestique en 1500 et enfin chef du conseil aulique en juillet 1502 suite au renvoi de Henri de Berghes durant le voyage en Espagne. Il remplit de nombreuses missions diplomatiques tant pour Maximilien d’Autriche que pour Philippe le Beau.

.Antoine Ier de Vergy, prince-archevêque de Besançon 1502 à 1541

Il appartient à une très vieille et puissante famille du comté de Bourgogne. En 1199, la seigneurie de Vergy est passée aux ducs de Bourgogne par le mariage d'Alix de Vergy (1170-1252) avec Eudes III de Bourgogne. Antoine appartient à l’une des branches cadettes issue de Guillaume de Vergy, frère d’Alix. Antoine est né du second mariage de Guillaume IV (seigneur de Vergy) avec Anne de Rochechouart de Mortemart. Sous son règne, en 1537, l’empereur Charles Quint accorde aux Bourgeois de Besançon le statut de Ville Impériale Libre et donne à la Ville de Besançon ses armoiries actuelles (distinctes de celle de l’évêque). A la Diète de Worms de 1521, le matricule d’empire la cite parmi les 83 villes libres impériales ; Besançon est alors imposée pour 180 florins alors que l’archevêché l’est pour 120 florins (Strasbourg l’est alors pour 550 florins). L’archevêché est suffragant des évêchés de Belley, de Bâle et de Lausanne. L’archevêque choisi par le chapitre, est confirmé par une bulle du pape et comme prince d’empire reçoit l’investiture impériale.

.Pierre de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1541 à 1543, cardinal

Issu d’une très importante famille de la noblesse du Bugey. Il est l’oncle du cardinal Claude de la Baume qui lui succède. .Claude II de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1545 à 1584, cardinal en 1578, vice-roi de Naples Neveu du précédent. Le 25 octobre 1555, Charles Quint abdique ses droits sur les Pays-Bas, désormais unis et officiellement séparés du Saint-Empire, en faveur de son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples. Il lui cède ses droits sur l'Espagne en 1556 et un peu plus tard, au seuil de la mort, ceux sur le comté de Bourgogne. Il est nommé vice-roi de Naples par le roi d’Espagne Philippe II de Habsbourg.

.Antoine Perrenot de Granvelle (1517 -1586), prince-archevêque de Besançon de 1584 à 1586, premier ministre des Pays-Bas espagnoles et vice-roi de Naples

Fils de Nicolas Perrenot de Granvelle, proche conseiller de l'empereur Charles Quint, puis garde des sceaux du Saint-Empire romain germanique. Evêque d'Arras, archevêque de Malines puis cardinal, diplomate, conseiller d'État de l'empereur germanique Charles Quint, puis de son fils, le roi Philippe II d'Espagne, dont il est le seul Comtois auquel celui-ci accorde sa confiance. Il est en outre conseiller de Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas espagnols (du Cercle de Bourgogne), vice-roi de Naples et président du conseil suprême d'Italie et de Castille. En tant qu’archevêque, il assiste à plusieurs diètes d'Empire, ainsi qu'aux pourparlers préalables au Concile de Trente, qu'il convoque au nom de Charles Quint. Grâce à l'influence de son père, devenu garde des sceaux, il se voit confier plusieurs missions politiques aussi délicates qu'importantes. Il prend part aux négociations de paix qui suivent la défaite de la Ligue de Smalkalde à la Bataille de Muehlberg en 1547. En 1550, il succède à son père en tant que secrétaire d'état ; à ce poste, il conseille Charles Quint au cours de la guerre contre Maurice de Saxe, il l'accompagne lors de la fuite d'Innsbruck, et il réussit à obtenir la paix de Passau en août 1552. L'année suivante, il arrange les détails du mariage de Marie Ière d'Angleterre et de Philippe II d'Espagne, à qui il offre ses services en 1555, l'année de l'abdication de l'empereur Charles Quint. Philippe II l'envoie en mission aux Pays-Bas espagnols. Là, en avril 1559, Granvelle est l'un des émissaires espagnols qui négocient les traités du Cateau-Cambrésis, et lorsque Philippe quitte les Pays-Bas cette même année, il est nommé premier ministre de Marguerite de Parme, la régente des Pays-Bas espagnols. La politique répressive qu'il mène dans les provinces au cours de ses cinq années d'exercice lui assure des bénéfices tangibles : en 1560 il obtient l'archevêché de Malines, et en 1562, il est fait cardinal; mais l'hostilité croissante de la population interdit son maintien en poste ; aussi, en mars 1564, il se retire en Franche-Comté (Comté de Bourgogne). Sur le papier, cette retraite n'est que temporaire, mais dans les faits elle est définitive. Les six années qui suivent sont paisibles, interrompues seulement par une visite qu'il fait à Rome en 1565. Mais en 1570, Granvelle, à la demande de Philippe II, revient aux affaires avec une mission diplomatique à Rome. Il négocie l'alliance entre les États pontificaux, la république de Venise et la couronne d'Espagne contre l'empire ottoman, alliance qui se conclut par la victoire à la bataille de Lépante. La même année, il est nommé vice-roi de Naples, un poste difficile et dangereux, qu'il occupe cinq années durant avec habileté. Philippe II l'appelle en 1575 à Madrid comme président du conseil des affaires d'Italie. Parmi les plus délicates négociations de ces dernières années, celles assurées en 1580, qui sont conclues par l'union des couronnes d'Espagne et de Portugal, et celles de 1584, où la France est tenue en échec grâce au mariage de l'infante Catherine avec Charles-Emmanuel Ier de Savoie, occupent une place particulière. Ces succès lui valent cette même année l'archevêché de Besançon, mais il est frappé de paralysie ; il n’est jamais intronisé, et meurt à Madrid en 1586.

.Ferdinand de Longwy dit de Rye (1550-1636) prince-archevêque de Besançon de 1586 à 1636, gouverneur du comté de Bourgogne

Fils de Girard de Rye, chambellan de l’empereur Charles Quint, chevalier de la Toison d'or, et de Louise de Longwy. Après la mort de Cléradius de Vergy, le roi d’Espagne nomme Ferdinand de Rye gouverneur du Comté de Bourgogne. C elui-ci prend ainsi une part active à la résistance comtoise contre l'envahisseur français pendant la Guerre de Dix Ans en dirigeant la défense de Dôle pendant son siège de quatre-vingt jours par le prince de Condé. .François III de Rye, prince-archevêque de Besançon de 1636 à 1637 Fils de Philibert de Rye, général d'artillerie aux Pays-Bas espagnols. Après des études à Rome, il est envoyé à Bruxelles à la cour des archiducs d’Autriche Albert et Isabelle de Habsbourg, alors souverains des Pays-Bas espagnols. Il se fait rapidement apprécier du couple princier qui le nomme chef de sa chapelle personnelle puis Grand aumônier.

.Claude III d'Achey, prince-archevêque de Besançon de 1637 à 1654

Le château d’Achey a été construit par Philippe d'Achey qui, en 1137, prend possession de la terre dépendante des sires de Fouvent. Cette famille d'Achey, est une des plus illustres et anciennes du Comté de Bourgogne.

.Charles-Emmanuel de Gorrevod, prince-archevêque de Besançon de 1654 à 1659

Fils de Charles-Emmanuelle de Gorrevod, duc de Pont-de-Vaux (Ain), et d'Isabelle de Bourgogne-Fallais.

.Jean-Jacques Fauche de Domprel, prince-archevêque de Besançon de 1660 à 1662

Issu de la famille des seigneurs de Domprel dans le comté de Bourgogne.

.Antoine-Pierre de Grammont, prince-archevêque de Besançon de 1663 à 1698

Fils d’Antide de Grammont, baron de Mélisey, seigneur de Courbessaint, du Saucy, de Lantenot et de Saint-Germain, colonel d'infanterie, gouverneur de Dôle et de Salins, chevalier d'honneur au Parlement de Dole. La famille Grammont détient la seigneurie de Grammont dans le comté de Bourgogne, qui a donné le nom à la commune de Grammont. Par lettres patentes du 10 mars 1657, la terre de Grammont est érigée en Comté. Après la prise de Besançon en 1674, Louis XIV fait démanteler les châteaux de Franche Comté, celui de Grammont est rasé. Avec la conquête française qui aboutit au traité de Nimègue de 1678 qui détache la Franche-Comté et Besançon de l’empire et les incorpore au royaume de France, l'archevêque perd les prérogatives temporelles qu’il avait depuis le Moyen Age mais conserve seulement son titre de prince d'Empire.

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Published by Parti imperial romain europeen
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 12:58
Histoire de l’Archevêché de Besançon / Erzbistum Bizanz et de la Ville Libre Impériale de Besançon / Freie Reichstadt von Bizanz

Érigé au IIIème siècle, le diocèse de Besançon est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain au IVème siècle.

L’histoire de cette ville ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à la grande histoire de la Bourgogne qui, comme la Lorraine à l’origine, englobe une région plus vaste que les territoires actuels du même nom. Or cette grande histoire trouve son origine dans celle du Premier royaume Burgonde créé en 443 sur les terres assignées aux envahisseurs burgondes par le général romain Aetius constituées approximativement par :

.les territoires qui constitueront le duché de Bourgogne (Dijon) ;

.les territoires qui constitueront le comté de Bourgogne ou Franche-Comté ;

.ceux qui constitueront la partie occidentale de la Suisse à l’Ouest de l’Aar et de la Reuss.

En effet en 534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme. Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding, d’Amaous, de Warasch/Varais et la ville de Besançon au milieu de ce dernier.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy).

Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855).

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz. Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône. En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer. En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais. En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime. La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve.

À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerssen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie a les comtés de Warasch, d'Amaous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté. Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont ainsi à l'origine de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire.

Au IX° siècle, le territoire du premier royaume Burgonde va donc être disputé entre les Carolingiens de Francie Occidentale et les futurs rois du deuxième Royaume de Bourgogne. Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura. À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875. Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens.

En 879, Louis II le Bègue, successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson de Provence tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie occidentale Louis III et Carloman II, Boson V de Provence , qui est le fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, et lui-même duc de Lombardie, duc de Provence, comte d'Autun, de Berry, de Chalon, de Mâcon et de Troyes, ainsi qu’ abbé laïc de Saint-Maurice d'Agaune en profite pour se faire proclamer roi de Provence à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon. Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche-Comté, des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles soit la Bourgogne Transjurane. En 879, ses possessions couvrent une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Boson exerce son pouvoir jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, les frères carolingiens, Louis III et Carloman II. Par ce traité, en échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de Francie occidentale lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meerssen et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier. En 880, par le traité de Ribemont, les petits-fils de Charles le Chauve cèdent leur part de la Lotharingie à Louis III de Germanie (dit aussi Louis le Jeune), fils de Louis le Germanique, qui recueille ainsi l'ensemble de la Lotharingie. Le roi de Francie occidentale Charles le Chauve récupère lui le comté de Portois et une partie du comté de Varais et notamment Besançon. Les autres comtés sont incorporés dans le royaume de Francie orientale de Louis le Germanique. Le comte Richard reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. Cette guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II. Richard reçoit, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à son frère.

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon puis couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :

-Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale (923-936);

-Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : Comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Macon, comté de Charolais,, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar. Enfin en 898, le comte Richard est autorisé par ce même souverain à fusionner ses comtés et prend alors le titre de marquis de Bourgogne, (jusqu'en 918, puis celui de duc et ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne rattaché au Royaume de France et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire). Les comtés de la Haute-Bourgogne sont englobés dans ce Second royaume de Bourgogne Transjurane qui s’étend sur les deux versants du Jura avec comme limite à l’ouest, les rives de la Saône.

Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon:

Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume.

Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lorraine et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci. Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne, et Thierry s’est rallié au nouveau souverain. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume. Son fils Rodolphe II (912-937) lui succède en 912. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi des Francs et de Lorraine, Charles III le Simple. Vers 914, Hugues le Noir (914-952) est pourvu du comté de Varais. Hugues le Noir est le second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois. En 918, Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait. En 919, Hugues, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis. La paix s’obtient par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc de Souabe. Dès 921, il est le comte prépondérant sur la Haute-Bourgogne. L’année suivante, il est aux côtés de son frère Raoul et du duc Robert dans la lutte contre le roi de Francie Occidentale, Charles III le Simple. Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer en 922 par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes. En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie. Cette même année 926, le roi de Francie orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi des Francs Raoul. Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II. Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane ou royaume de Provence à son royaume de Bourgogne transjurane lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d’Arles qui en est la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois qui dépendent alors du royaume de Francie occidentale. En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume des Francs. Louis IV qui vient d’être couronné se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité, Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon. Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad (937-993) n’a que douze ans. Hugues, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire. Mais Othon Ier roi de Francie orientale et futur restaurateur de l’empire intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique. Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad. Sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie occidentale, notamment Hugues le Noir qui est à la fois duc de Bourgogne et archi-comte sur la Haute-Bourgogne. Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume. En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume des Francie occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois. Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père. En 941, sous la pression du roi Othon de Germanie, il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale. Othon libère Conrad en 942, qui prend enfin la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L’un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint-Maurice d'Agaune où Conrad concède à Albéric Ier, vicomte de Mâcon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins. En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques : Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon , évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud. Il se brouille de nouveau en 943, avec le roi Louis IV, et doit partager sur le duché son autorité avec Hugues le Grand. Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi Conrad de Bourgogne. Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir. Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence. Hugues se réconcilie en 949, avec le roi de Francie occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché. Deux ans plus tard, le roi Louis accompagné de Liétaud vient à Besançon rencontrer Hugues le Noir. Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier roi de Francie orientale qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad. À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues. Albéric ou Aubri II (965-982) hérite à la mort de son père des mêmes territoires. En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent. En 962, Othon Ier est sacré empereur. Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles, l’aînée Gisèle, de son premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri; Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann. Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad. Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothbold (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence. À la mort d’Albéric II, un personnage se manifeste, c’est Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère. Il épouse Ermentrude de Roucy veuve d’Albéric II, et gouverne les comtés de Mâcon et de Besançon, au nom de ses deux beaux-fils, Liétaud et Aubri. En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie ; en effet son petit-fils Othon III est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le bavarois, celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier roi de Bourgogne Provence. En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Germanie Henri Ier). En octobre 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces. En 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale lance une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens. (ce dernier érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois. En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale. Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir. Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). Son fils aîné Hugues étant l’héritier de la couronne, il cède le duché à Henri ; puis, à la mort d’Hugues, en 1025, Robert II cède le duché à Robert.

A la mort de Rodolphe III, en 1032, l’empereur Conrad II le Salique hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire. Besançon est un archevêché qui, comme tous les archevêchés de l’empire a à sa tête un archevêque qui dispose non seulement du pouvoir spirituel sur le territoire de l’archevêché mais du pouvoir temporel sur la ville.

Archevêques :

.Hugues Ier, archevêque de Besançon de 1031 à 1043, prince-archevêque de 1043 à 1066, archichancelier du royaume de Bourgogne,

C’est un descendant de la famille des sires de Salins, celle d’Humbert. Il a été chapelain du roi de Bourgogne Rodolphe III. L’empereur Conrad II fait couronner son fils Henri, roi de Bourgogne, en 1038. Les grands, dont le comte Renaud et l’archevêque de Besançon Hugues, sont présents à cette cérémonie qui se tient à Soleure. En janvier 1042, le roi de Francie orientale (Germanie) et de Bourgogne, Henri III vient à Besançon, sur l’initiative d’Hugues Ier, visiter son royaume de Bourgogne. À cette occasion, l’archevêque est nommé archichancelier du royaume de Bourgogne. Devenu empereur, Henri III revient en 1043 à Besançon pour se fiancer avec Agnès, nièce de Renaud. A cette occasion l’archevêque Hugues obtient les droits régaliens sur la ville échappant ainsi au contrôle comtal pour dépendre directement de l’empereur. Besançon devient ville impériale et l’archevêque prince et l’archevêque de Besançon devient prince d’Empire. Son diocèse coïncide pratiquement avec le comté de Bourgogne ou Franche-Comté y compris Montbéliard mais son pouvoir temporel s’arrête pratiquement aux limites de la ville de Besançon. Ce changement de statut de la ville s’explique certainement par la reconnaissance du roi vis à vis d’Hugues qui a soutenu la maison impériale lors de la guerre de 1032/1034.

.Hugues II de Montfaucon, prince-archevêque de Besançon de 1067 à 1085

Fils de Conon, qui a construit le château de Montfaucon près de Besançon, seigneur de Montfaucon vassal de Renaud Ier de Bourgogne et grand bénéficier de l’église Saint Etienne de Besançon.

.Hugues III, prince-archevêque de Besançon de 1085 à 1101

Son père le comte Guillaume Ier de Bourgogne s’affirme alors comme le personnage le plus important du comté de Bourgogne et ne tarde pas à mettre la main sur l'archevêché de Besançon en le faisant ordonner archevêque en 1085.

.Ponce, prince-archevêque de Besançon de 1102 à 1107

.Hugues IV, prince-archevêque de Besançon de 1108 à 1109

.Guillaume Ier d'Arguel, prince- archevêque de Besançon de 1109 à 1117

Le nom de la famille d'Arguel apparaît au XIème siècle en la personne de Guy d'Arguel (1040 ¬- 1097) seigneur d’Arguel dont le château est situé à environ 6 kms de Besançon.

.Anseric, prince-archevêque de Besançon de 1117 à 1134

.Humbert de Scey, prince-archevêque de Besançon de 1134 à 1161

Depuis des temps très ancien la famille de Scey possédait le château (aujourd'hui château Saint-Denis en ruine) érigé sur un éperon rocheux réputé longtemps inaccessible dans le bailliage d'Ornans. Au XII° siècle cette famille occupe un rang très important parmi les plus anciennes de la région de Besançon. Elle possède une grande partie des montagnes du bailliage d'Ornans.

.Gauthier II de Bourgogne, prince- archevêque de Besançon de 1162 à 1163

Fils d’Hugues II, duc de Bourgogne ; frère d’Eudes II de Bourgogne, duc de Bourgogne.

.Herbert (schismatique), prince- archevêque de Besançon de 1163 à 1170

.Eberard de Saint-Quentin, prince-archevêque de Besançon de 1171 à 1180

.Thierry II de Montfaucon, prince- archevêque de Besançon de 1180 à 1190

Fils de Richard de Montfaucon et Sophie/Agnès, comtesse de Montbéliard, fille de Thierry II de Montbéliard.

.Etienne de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1191 à 1193

Fils de Géraud Ier, comte de Macon et de Maurette de Salins.

.Amédée de Tramelay, prince-archevêque de Besançon de 1193 à 1220

Famille noble de la région de Saint Claude dans le comté de Bourgogne ; de la même famille que Bernard de Tramelay ou Dramelay, ou Dramelet, château du même nom, aux environs d'Arinthod, quatrième maître de l'Ordre du Temple (1152 - 16 août 1153), ancien commandeur de Dole.

.Gérard de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1221 à 1225

Fils de Thibaud II de Rougemont, seigneur de Rougemont, vicomte de Besançon ; maison des seigneurs de Rougemont du nom de Rougemont-le-Château qui au début du Moyen Age fait partie intégrante de l'Alsace (passée en 829 du landgraviat de Haute-Alsace au comté du Sundgau, puis au début du XIIème siècle passe aux comtes de Ferrette). Cette famille est investie depuis 1096 des charges de vicomte de Besançon.

.Jean Ier Halgrin (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1225 à 1227

.Nicolas de Flavigny, prince-archevêque de Besançon de 1229 à 1235

Au XIII siècle, les bourgeois bisontins tentent de constituer la commune de Besançon, et s'opposent ainsi à l'archevêque de Besançon, qui entend garder ses pleins droits de souveraineté sur les terres de Bregille, un quartier de Besançon. Un conflit éclate alors en 1232, quand les Bisontins interdisent aux Bregillots de s'approvisionner en bois dans la forêt de Chailluz. Nicolas de Flavigny rappelle alors ses droits sur les bois de la ville auprès de l'évêque de Chalon qui ne tarde pas à lui donner raison, arrêtant ainsi le conflit pour un temps.

.Geoffroy, prince-archevêque de Besançon de 1236 à 1241

.Guillaume II de la Tour, prince archevêque de Besançon de 1245 à 1268

Sous son règne, les Bisontins reconstituent clandestinement leur commune, profitant de la vacance du siège impérial et des mésententes entre l'archevêque de Besançon et les comtes de Bourgogne.

.Eudes de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1269 à 1301

De la même famille que Gérard de Rougemont.

Fils d’Humbert III de Rougemont, seigneur de Rougemont.

Sous son règne les Bisontins choisissent un gardien de leurs cités, qui refuse de considérer la ville comme vassale de l'empereur. En 1290, Besançon est assiégée pendant quatre mois par les armées impériales, tenant le quartier de Bregille, alors que les troupes vassales leur faisant face occupent la Mouillère ainsi que les Prés-de-Vaux. Othon IV, ne veut guère continuer cette lutte, décide de négocier pour finalement céder. À ce moment-là, les Bisontins profitent de la situation pour faire reconnaître officiellement leur commune par l'Empire. C'est alors le commencement d'une nouvelle bataille entre les Bourgeois et l'archevêque.

.Hugues V de Chalon, dit le Sourd, prince-évêque de Liège de 1296 à 1301 prince-archevêque de Besançon de 1302 à 1311

Fils de Jean Ier de Chalon et de Laure de Commercy.

.Vital de Maignaut, prince-archevêque de Besançon de 1312 à 1313

.Hugues VI de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1333 à 1355

.Jean II de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1355 à 1361, évêque de Metz de 1361 à 1365 puis évêque de Bâle de 1365 à 1382

Fils de Vauthier de Vienne ( ?-1344), seigneur de Mirebel. En 1355, il succède à son oncle Hugues VI de Vienne comme archevêque de Besançon et l’année suivante, il devient gouverneur du duché de Bourgogne, Philippe Ier de Bourgogne étant alors âgé de dix ans. Puis Il devient évêque de Metz en 1361.

.Louis de Montbéliard, prince-archevêque de Besançon de 1361 à 1362

Fils d’Henri de Montfaucon et d’Agnès de Montbéliard, fille aînée de Renaud de Bourgogne ; frère cadet d’Étienne de Montfaucon, seigneur de Montfaucon et Comte de Montbéliard.

.Aymon de Villersexel, prince-archevêque de Besançon de 1363 à 1370

De la famille seigneur de la terre de Grammont dans le comté de Bourgogne.

.Guillaume II de Vergy (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1371 à 1391

Frère de Jean III de Vergy, seigneur de Fouvent, de Champlitte, de Port-sur-Saône, Autrey, sénéchal maréchal et gouverneur du comté de Bourgogne.

.Gerard III d'Athies, prince-archevêque de Besançon de 1391 à 1404

.Thiébaud de Rougemont, archevêque de Vienne de 1397 à 1405, prince-archevêque de Besançon de 1405 à 1429

Issu d'une famille illustre du comté de Bourgogne.

.Jean III de La Rochetaillée, prince-archevêque de Besançon de 1429 à 1437, cardinal

Il participe en 1432 au concile de Bâle et y est nommé en 1434 vice-chancelier de la Sainte-Église et protecteur de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques.

.François Ier Condomieri, prince-archevêque de Besançon de 1437 à 1438, cardinal

.Jean IV de Norry, prince-archevêque de Besançon en 1438.

Fils de Pierre de Norry et de Jeanne de Montboissier.

.Quentin Ménard, prince-archevêque de Besançon de 1439 à 1462.

Bénéficiant de l'appui du duc de Bourgogne Philippe le Bon, il est ensuite nommé à Besançon où son ministère est marqué par un très important conflit avec les citoyens de la ville, alors qu'il revendique ses fonctions temporelles. Il doit prendre la fuite à la suite de la destruction par la population de son château de Bregille, quartier de Besançon. Son autorité n’est rétablie qu'après une intervention du Pape.

.Charles de Neuchâtel-Bourgogne, prince-archevêque de Besançon de 1462 à 1498.

Fils de Jean de Neuchâtel-Bourgogne, seigneur de Montaigu, d'Amance et de Rigney, Chevalier de la Toison d'Or, lieutenant-général du duché et du comté de Bourgogne et de Marguerite de Castro. Charles de Neuchâtel est un parent du cardinal Jean de Neuchâtel. Après la mort de Charles le Téméraire, les Français envahissent la Franche-Comté, et y font de grands ravages. Louis XI sait à la fois intimider et corrompre Charles de Neuchâtel. Le duc Maximilien de Habsbourg apprenant que Charles de Neuchâtel a basculé dans le parti de la France, le déclare en 1478 déchu de ses fonctions et l'oblige même à quitter son palais archiépiscopal. Charles quitte donc son diocèse et se réfugie en France à la cour du roi Louis XI.

.François II de Busleiden (cardinal secret) prince-archevêque de Besançon de 1498 à 1502.

Choisi par Maximilien de Habsbourg mais surtout par Marguerite d'York, veuve du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, comme précepteur du jeune Philippe le Beau, fonction qu'il remplit de 1485 à 1495. François de Busleyden est l'un des représentants de Maximilien d'Autriche au traité de Senlis du 23 mai 1493. Il est conseiller de 1495 à 1502, maître des requêtes de l'hôtel en 1495, chef des finances à la suite de Philippe de Bourgogne-Beveren en 1497, premier maître des requêtes en 1498. Elu le 12 octobre 1498 par le Chapitre Métropolitain par recommandations de Philippe le Beau et Maximilien de Habsbourg. Le pape Alexandre VI le nomme secrètement cardinal et lui confère le droit de succession au siège de Cambrai. Il participe activement au gouvernement en l'absence de Philippe le Beau, conseiller domestique en 1500 et enfin chef du conseil aulique en juillet 1502 suite au renvoi de Henri de Berghes durant le voyage en Espagne. Il remplit de nombreuses missions diplomatiques tant pour Maximilien d’Autriche que pour Philippe le Beau.

.Antoine Ier de Vergy, prince-archevêque de Besançon 1502 à 1541

Il appartient à une très vieille et puissante famille du comté de Bourgogne. En 1199, la seigneurie de Vergy est passée aux ducs de Bourgogne par le mariage d'Alix de Vergy (1170-1252) avec Eudes III de Bourgogne. Antoine appartient à l’une des branches cadettes issue de Guillaume de Vergy, frère d’Alix. Antoine est né du second mariage de Guillaume IV (seigneur de Vergy) avec Anne de Rochechouart de Mortemart. Sous son règne, en 1537, l’empereur Charles Quint accorde aux Bourgeois de Besançon le statut de Ville Impériale Libre et donne à la Ville de Besançon ses armoiries actuelles (distinctes de celle de l’évêque). A la Diète de Worms de 1521, le matricule d’empire la cite parmi les 83 villes libres impériales ; Besançon est alors imposée pour 180 florins alors que l’archevêché l’est pour 120 florins (Strasbourg l’est alors pour 550 florins). L’archevêché est suffragant des évêchés de Belley, de Bâle et de Lausanne. L’archevêque choisi par le chapitre, est confirmé par une bulle du pape et comme prince d’empire reçoit l’investiture impériale.

.Pierre de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1541 à 1543, cardinal

Issu d’une très importante famille de la noblesse du Bugey. Il est l’oncle du cardinal Claude de la Baume qui lui succède. .Claude II de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1545 à 1584, cardinal en 1578, vice-roi de Naples Neveu du précédent. Le 25 octobre 1555, Charles Quint abdique ses droits sur les Pays-Bas, désormais unis et officiellement séparés du Saint-Empire, en faveur de son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples. Il lui cède ses droits sur l'Espagne en 1556 et un peu plus tard, au seuil de la mort, ceux sur le comté de Bourgogne. Il est nommé vice-roi de Naples par le roi d’Espagne Philippe II de Habsbourg.

.Antoine Perrenot de Granvelle (1517 -1586), prince-archevêque de Besançon de 1584 à 1586, premier ministre des Pays-Bas espagnoles et vice-roi de Naples

Fils de Nicolas Perrenot de Granvelle, proche conseiller de l'empereur Charles Quint, puis garde des sceaux du Saint-Empire romain germanique. Evêque d'Arras, archevêque de Malines puis cardinal, diplomate, conseiller d'État de l'empereur germanique Charles Quint, puis de son fils, le roi Philippe II d'Espagne, dont il est le seul Comtois auquel celui-ci accorde sa confiance. Il est en outre conseiller de Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas espagnols (du Cercle de Bourgogne), vice-roi de Naples et président du conseil suprême d'Italie et de Castille. En tant qu’archevêque, il assiste à plusieurs diètes d'Empire, ainsi qu'aux pourparlers préalables au Concile de Trente, qu'il convoque au nom de Charles Quint. Grâce à l'influence de son père, devenu garde des sceaux, il se voit confier plusieurs missions politiques aussi délicates qu'importantes. Il prend part aux négociations de paix qui suivent la défaite de la Ligue de Smalkalde à la Bataille de Muehlberg en 1547. En 1550, il succède à son père en tant que secrétaire d'état ; à ce poste, il conseille Charles Quint au cours de la guerre contre Maurice de Saxe, il l'accompagne lors de la fuite d'Innsbruck, et il réussit à obtenir la paix de Passau en août 1552. L'année suivante, il arrange les détails du mariage de Marie Ière d'Angleterre et de Philippe II d'Espagne, à qui il offre ses services en 1555, l'année de l'abdication de l'empereur Charles Quint. Philippe II l'envoie en mission aux Pays-Bas espagnols. Là, en avril 1559, Granvelle est l'un des émissaires espagnols qui négocient les traités du Cateau-Cambrésis, et lorsque Philippe quitte les Pays-Bas cette même année, il est nommé premier ministre de Marguerite de Parme, la régente des Pays-Bas espagnols. La politique répressive qu'il mène dans les provinces au cours de ses cinq années d'exercice lui assure des bénéfices tangibles : en 1560 il obtient l'archevêché de Malines, et en 1562, il est fait cardinal; mais l'hostilité croissante de la population interdit son maintien en poste ; aussi, en mars 1564, il se retire en Franche-Comté (Comté de Bourgogne). Sur le papier, cette retraite n'est que temporaire, mais dans les faits elle est définitive. Les six années qui suivent sont paisibles, interrompues seulement par une visite qu'il fait à Rome en 1565. Mais en 1570, Granvelle, à la demande de Philippe II, revient aux affaires avec une mission diplomatique à Rome. Il négocie l'alliance entre les États pontificaux, la république de Venise et la couronne d'Espagne contre l'empire ottoman, alliance qui se conclut par la victoire à la bataille de Lépante. La même année, il est nommé vice-roi de Naples, un poste difficile et dangereux, qu'il occupe cinq années durant avec habileté. Philippe II l'appelle en 1575 à Madrid comme président du conseil des affaires d'Italie. Parmi les plus délicates négociations de ces dernières années, celles assurées en 1580, qui sont conclues par l'union des couronnes d'Espagne et de Portugal, et celles de 1584, où la France est tenue en échec grâce au mariage de l'infante Catherine avec Charles-Emmanuel Ier de Savoie, occupent une place particulière. Ces succès lui valent cette même année l'archevêché de Besançon, mais il est frappé de paralysie ; il n’est jamais intronisé, et meurt à Madrid en 1586.

.Ferdinand de Longwy dit de Rye (1550-1636) prince-archevêque de Besançon de 1586 à 1636, gouverneur du comté de Bourgogne

Fils de Girard de Rye, chambellan de l’empereur Charles Quint, chevalier de la Toison d'or, et de Louise de Longwy. Après la mort de Cléradius de Vergy, le roi d’Espagne nomme Ferdinand de Rye gouverneur du Comté de Bourgogne. C elui-ci prend ainsi une part active à la résistance comtoise contre l'envahisseur français pendant la Guerre de Dix Ans en dirigeant la défense de Dôle pendant son siège de quatre-vingt jours par le prince de Condé. .François III de Rye, prince-archevêque de Besançon de 1636 à 1637 Fils de Philibert de Rye, général d'artillerie aux Pays-Bas espagnols. Après des études à Rome, il est envoyé à Bruxelles à la cour des archiducs d’Autriche Albert et Isabelle de Habsbourg, alors souverains des Pays-Bas espagnols. Il se fait rapidement apprécier du couple princier qui le nomme chef de sa chapelle personnelle puis Grand aumônier.

.Claude III d'Achey, prince-archevêque de Besançon de 1637 à 1654

Le château d’Achey a été construit par Philippe d'Achey qui, en 1137, prend possession de la terre dépendante des sires de Fouvent. Cette famille d'Achey, est une des plus illustres et anciennes du Comté de Bourgogne.

.Charles-Emmanuel de Gorrevod, prince-archevêque de Besançon de 1654 à 1659

Fils de Charles-Emmanuelle de Gorrevod, duc de Pont-de-Vaux (Ain), et d'Isabelle de Bourgogne-Fallais.

.Jean-Jacques Fauche de Domprel, prince-archevêque de Besançon de 1660 à 1662

Issu de la famille des seigneurs de Domprel dans le comté de Bourgogne.

.Antoine-Pierre de Grammont, prince-archevêque de Besançon de 1663 à 1698

Fils d’Antide de Grammont, baron de Mélisey, seigneur de Courbessaint, du Saucy, de Lantenot et de Saint-Germain, colonel d'infanterie, gouverneur de Dôle et de Salins, chevalier d'honneur au Parlement de Dole. La famille Grammont détient la seigneurie de Grammont dans le comté de Bourgogne, qui a donné le nom à la commune de Grammont. Par lettres patentes du 10 mars 1657, la terre de Grammont est érigée en Comté. Après la prise de Besançon en 1674, Louis XIV fait démanteler les châteaux de Franche Comté, celui de Grammont est rasé. Avec la conquête française qui aboutit au traité de Nimègue de 1678 qui détache la Franche-Comté et Besançon de l’empire et les incorpore au royaume de France, l'archevêque perd les prérogatives temporelles qu’il avait depuis le Moyen Age mais conserve seulement son titre de prince d'Empire.

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Published by Parti imperial romain europeen
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 17:58
ACCORDS DE MINSK-UNION EUROPENNE- UNION ECONOMIQUE EURASIATIQUE-ACCORDS DE MUNICH-CONFERENCE OSCE DE MUNICH-HITLER-TCHECOSLOVAQUIE-ALLEMAGNE-FRANCE- MERKEL-KERRY-POUTINE-RUSSIE-CRIMEE- UKRAINE- VIENNE

Si les hasards de l’histoire font que se tient actuellement à Munich sous l’égide de l’OSCE, présidée depuis janvier par le Président Serbe, la conférence annuelle sur la sécurité en Europe centrée, actualité oblige, sur la situation en Ukraine après que le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères John Kerry , la chancelière Merkel et le Président Hollande se soient rendus à Kiev, pour y rencontrer le président Porochenko puis les deux derniers à Moscou pour y rencontrer le Président Poutine, il ne faudrait pas en cas d’accord y voir une certaine analogie avec les accords de Munich signés entre l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini à l'issue de la conférence de Munich, tenue du 29 au 30 septembre 1938.

Certes l’on peut faire un certain parallèle entre l’annexion par l’Allemagne de l’Autriche puis, à la suite des accords de Munich de la région des Sudètes peuplés majoritairement d’Allemands. En effet novembre 1918 la proclamation de la République tchécoslovaque faisait droit à la revendication des Tchèques et des Slovaques de se doter d'un pays sur une base nationale, selon le principe de Woodrow Wilson, du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » mais ignorait délibérément le fait que le Royaume de Bohême avait fait partie dès son érection en 1085, partie intégrante du Saint Empire Romain Germanique puis après son abolition en 1806 et jusqu’à la proclamation de cette république, de l’Empire d’Autriche et que les territoires de la Bohême, de la Moravie, de la Slovaquie, de la Ruthénie et de la Silésie incluaient des minorités, voire parfois des majorités telles les Allemands des Sudètes qui représentaient à eux-seuls 3 millions d’Allemands sur les 15 que comptaient la nouvelle République.

De même, en effet, 20 ans environ également après l’accession à l’indépendance de l’Ukraine (mis à part la courte première indépendance de 1917 à 1920 ) avec la fin de l’Union Soviétique, on veut trop souvent ignorer que l’Ukraine a fait pendant des siècles partie de l’Empire russe et que si sa partie Ouest s’est trouvée liée au Royaume de Pologne et au Grand-Duché de Lituanie, attirés par l’Europe Occidentale, ses parties Est et Sud, spécialement la Crimée sont peuplés majoritairement aujourd’hui de Russes.

Mais, même si un accord venait à être trouvé entre les représentants de l’Union Européenne, l’Ukraine et la Russie, ce parallèle fait, rien ne permettrait de comparer le Président Poutine au Chancelier Hitler, de qualifier cet accord de « Nouveaux Accords de Munich » ni d’admettre que le ministre des Affaires Etrangères du Royaume Uni Philip Hammond traite insolemment le Président Poutine de tyran.

Si comme Hitler avec son III° Reich (qui devait succéder à l’Empire romain germanique aboli en 1806 puis à l’Empire allemand proclamé à Versailles en 1871 et dissous en 1918) Poutine et ses concitoyens ont la nostalgie légitime de l’empire Russe aboli par les Soviets il y a près de 100 ans, l’un et l’autre ne peuvent pas être comparés et c’est faire insulte au Président Poutine que de le tenter. Personne ne peut en effet aujourdhui nier que la disparition des Empires européens consacrée par le Traité de Versailles en 1918 comme consécration du principe des Nationalités défendu au XIXème contre l’ordre rétabli en 1815 par le Congrès de Vienne, n’a fait que développer un nationalisme guerrier montant les peuples les uns contre les autres qui a abouti à la Deuxième guerre mondiale, la plus meurtrière des guerre civiles européenne.

Qu’on le veuille ou non les Empires permettaient tout compte fait une meilleure cohabitation des Peuples en essayant de les traiter tous comme des citoyens égaux. La notion actuelle de nation, qui n’a guère que deux siècles, a vécu. De nombreux peuples européens sont plus maltraités au sein de plusieurs nations européennes dominées par l’un d’entre eux qu’ils ne l’étaient en fin de compte dans un cadre impérial ou une Union comme l’Union soviétique.

On rappellera par ailleurs que tant le chancelier Hitler que le Président Poutine ont tous deux été élus démocratiquement, mais que la situation de l’Allemagne d’Hitler avant son élection et surtout avant la Première Guerre Mondiale ne sont pas comparables dans la mesure où Hitler a mis fin très rapidement au régime démocratique occidental qui existait en Allemagne alors que le Président Poutine a, certes restreint certaines « libertés » mais n’a pas mis fin depuis son accession au pouvoir à un régime démocratique occidental qui n’a jamais existé dans la Russie impériale jusqu’en 1917 ni dans la Russie soviétique jusqu’à son effondrement, ni véritablement pendant la Présidence de Boris Eltsine. Or les Occidentaux devraient se mettre à admettre qu’ils ne peuvent vouloir imposer du jour au lendemain en dehors de leurs pays un mode de démocratie occidentale qu’ils ont mis souvent des siècles à développer et qui apparait de plus en plus pour les autres peuples de la planète comme un monde de décadence, d’anarchie par le développement non pas de l’esprit critique mais de la contestation systématique de tout, de l’individualisme, du chacun pour soi, de l’athéisme, de la négation de certaines valeurs morales, le refus de l’autorité, de l’indifférenciation entre les notions du Bien et du Mal…..

Mais on rétorquera que c’était bien ce que pensait déjà Hitler. Peut-être, mais si la mère d’Hitler était profondément catholique et que certains prétendent que son fils aurait agi souvent en se référant au Christianisme, il a écrit :

« Le coup le plus dur qui ait jamais frappé l'humanité fut l'avènement du christianisme. Le bolchevisme est un enfant illégitime du christianisme. Tous deux sont des inventions du Juif. C'est par le christianisme que le mensonge délibéré en matière de religion a été introduit dans le monde. Le bolchevisme pratique un mensonge de même nature quand il prétend apporter la liberté aux hommes, alors qu'en réalité il ne veut faire d'eux que des esclaves. Dans le monde antique, les relations entre les hommes et les dieux étaient fondées sur un respect instinctif. C'était un monde éclairé par l'idée de tolérance. Le christianisme fut la première croyance dans le monde à exterminer ses adversaires au nom de l'amour. Sa marque est l'intolérance ».

Et le régime qu’il a institué traduisait une certaine forme d’athéisme n’en déplaise aux Athées convaincus. Fondamentalement Hitler ne se référait pas pour imposer son III° Reich aux valeurs du Christianisme qui inspirait au contraire le Premier Reich depuis la conversion de l’empereur Constantin en 312 ou 317 jusqu’à la disparition du Deuxième Reich, l’Empire allemand, en 1918, comme l’Empire Russe depuis la conversion de Vladimir Ier en 988 jusqu’à sa disparition en 1917 alors que le Président Poutine apparait bien actuellement comme le seul dirigeant européen défenseur à travers sa foi des valeurs de l’Orthodoxie qui restent profondèment ancrées dans le peuple russe après pourtant 70 années de tentative d’éradication. On peut en juger à l’étude de son discours 9 septembre le 19 septembre 2013 :

« …Un autre défi important pour l’identité de la Russie est lié aux événements qui ont lieu dans le monde. Cela concerne les politiques étrangères et les valeurs morales. Nous pouvons voir comment beaucoup de pays euro-atlantiques sont en train de rejeter leurs racines, dont les valeurs chrétiennes, qui constituent la base de la civilisation occidentale. Ils sont en train de renier les principes moraux et leur identité traditionnelle : nationale, culturelle, religieuse et même sexuelle. Ils mettent en place des politiques qui mettent à égalité des familles nombreuses avec des familles homoparentales, la foi en Dieu est égale à la foi en Satan. Cet excès de politiquement correct a conduit à ce que des personnes parlent sérieusement d’enregistrer des partis politiques dont l’objectif est de promouvoir la pédophilie. Dans beaucoup de pays européens, les gens sont gênés pour parler de leur religion. Les jours de fête sont abolis ou appelés différemment : leur essence est cachée, tout comme leur fondement moral. Et les gouvernements de ces pays essaient agressivement d’exporter ce modèle à travers le monde. Je suis convaincu que cela ouvre un chemin direct à la dégradation et au primitivisme, aboutissant à une profonde crise démographique et morale. Quoi d’autre que la perte de la capacité de se reproduire pourrait être le meilleur témoignage de cette crise morale ? Aujourd’hui, presque toutes les nations développées ne sont plus capables d’assurer leur renouvellement démographique, même avec l’aide des flux migratoires. Sans les valeurs présentes dans la Chrétienté et dans les autres religions du monde, sans les normes morales qui se sont formées durant des millénaires, les gens perdront inévitablement leur dignité humaine. Nous considérons comme juste et naturel de défendre ces valeurs. On doit respecter le droit de chaque minorité à être différente, mais les droits de la majorité ne doivent pas être remis en question. Dans le même temps, nous voyons des tentatives pour lancer le modèle standardisé d’un monde unipolaire et pour brouiller les institutions de loi internationale et de souveraineté nationale. Un tel monde unipolaire, standardisé, n’a pas besoin d’États souverains, il a besoin de vassaux. Historiquement, cela représente un rejet de sa propre identité et de la diversité mondiale donnée par Dieu. La Russie est d’accord avec ceux qui croient que les décisions clefs devraient être prises collectivement, plutôt que dans l’ombre pour servir les intérêts de certains pays ou groupes de pays. »

Ce qui laisse quand même un espoir de comportement différent. D’autant que le niveau d’instruction du Président Poutine est nettement plus élevé que celui d’Hitler ce qui, indépendamment de son caractère autoritaire, l’amène à « peser davantage le pour et le contre».

Une chose n’est pas contestable ni contesté c’est qu’il existe des forces pronazies ( ex. Bataillon Azov) qui combattent en Ukraine alors qu’il n’est toujours pas prouvé, même si cela est probable, que des forces spéciales russes y opèrent (mais on n’a jamais vu aucun militaire de ce type d’aucun pays se battre avec son passeport sur lui !).

Aux yeux des Russes, l’Alliance Atlantique et son organisation militaire l’OTAN ne peut apparaitre que comme une sorte de reconstitution de l’Empire Romain d’Occident dominé par la Quatrième Rome Washington s’en prenant à la Troisième Rome Moscou depuis la chute de la deuxième Constantinople.

L’Union Européenne a le devoir moral de proposer, malgré la crise économique actuelle qu’avant la fin de ce siècle tous citoyens des Etats actuellement membres du Conseil de l’Europe puissent vivre dans la Maison Commune Européenne (Gorbatchev) et circuler librement depuis Cabo da Roca à Vladivostok.

Pour cela, elle doit :

1. retrouver une politique étrangère indépendante en Europe Orientale en combattant l’influence néfaste que Washington a exercé depuis 20 ans sur un pays comme l’Ukraine dont la partie occidentale, comme la Pologne d’ailleurs et les Pays Baltes, s’est sentie longtemps plus pro-américaine qu’européenne, et négocier un traité programmant l’intégration progressive de l’Union Eurasiatique à l’Espace Economique Européen et son adhésion aux accords de Schengen-Dublin. 2. Exercer une pression amicale mais forte pour que l’Ukraine renonce à l’idée d’une adhésion à l’Otan et à l’Union Européenne, accepte d’adhérer à l’Union Eurasiatique accepte l’annexion de la Crimée en contrepartie de la garantie par l’Union Européenne de l’intégrité du reste de son territoire actuel et de l’engagement par l’Union Européenne de négocier dès 2015 à Vienne de manière autrement symbolique qu’à Munich un Traité avec l’Union Economique Eurasiatique avec un calendrier contraignant de rapprochement des deux Unions.

Il est bien évident sinon que les points de vue resteront inconciliables entre les Ukrainiens que l’Histoire incitent à vouloir faire partie de l’union Européenne au côté de la Pologne et de la Lituanie et ceux qu’elle incite à vouloir faire partie de l’Union Economique Eurasiatique au côté de la Russie et de la Bielorussie.

Seule alors la disparition physique des frontières nationales en Europe transformées en simple frontières administratives permettra d’assouplir le principe de l’intangibilité des frontières nationales et l’application démocratique de la libre détermination des peuples européens.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 11:41
Histoire du Comté- de la Principauté de Montbéliard/Grafschaft Mömpelgard- Fürstentum Mömpelgard

Histoire du Comté- de la Principauté de Montbéliard/Grafschaft Mömpelgard- Fürstentum Mömpelgard

Au partage de Verdun de 843, le territoire de ce qui deviendra le comté de Montbéliard est attribué à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire qui deviendra la Lotharingie. En 879, le roi de Francie orientale Louis le Jeune occupe presque entièrement la Lotharingie. En 880, par traité de Ribemont les fils de Louis le Bègue cèdent à Louis le Jeune leur part de la Lotharingie en échange de la neutralité de ce dernier. La Lotharingie réunifiée est ainsi rattachée à la Francie Orientale (Germanie). En 882, à la mort de Louis le Jeune, son frère, l'empereur Charles le Gros, recueille sa succession. L'empire de Charlemagne est reconstitué. Mais Charles le Gros est déposé en 887 à la diète de Tribur (Mayence). La Lotharingie de l’empereur Lothaire qui a perdu toute la partie sud de la Francie Médiane avec la création du Royaume de Provence en 879 voit avec celle du Royaume de Bourgogne en 888 son territoire réduit à ce qui va devenir les seuls duchés de Basse et de Haute Lorraine après son partage par Brunon de Cologne en 959, ce dernier déjà amputé en 925 de l’Alsace rattachée au duché de Souabe.

Partie de la Lotharingie, le pagus d’Ajoie/Elsgau, qui n’est pas un des pagi burgondes mais un gau alémanique, est intégré en 888 dans le royaume de Bourgogne créé par le comte Rodolphe. Les troubles issus des luttes entre rois, princes et comtes qui contestent l’autorité des premiers, sont aggravés par les invasions : au début du Xe siècle, la région est ravagée par les cavaliers hongrois qui détruisent entre autres le monastère de Lure. Ces troubles expliquent la construction du château de Montbéliard. Edifié à proximité d’une frontière, sur une hauteur et contrôlant une importante voie de communication, il supplante l’antique castrum de Mandeure, difficile à défendre, et devient le centre du pagus. En 962, Otton le Grand se fait couronner empereur. A la mort du roi de Bourgogne-Provence Rodolphe III, son royaume est rattaché à l’empire romain germanique en 1032.

En 1033, le comté d'Elsgau comprend Ferrette et Montbéliard soit déjà une partie relevant du Royaume de Bourgogne et l'autre de celui de Francie Orientale (Germanie).

Cette même année 1033, Sophie et sa sœur Béatrice, filles de Frédéric II, duc de Haute-Lotharingie, sont recueillies par leur tante maternelle, Gisèle de Souabe, femme de l’empereur Conrad le Salique, également roi de Bourgogne comme successeur de Rodolphe III. La Lorraine ou Haute-Lotharingie avait été confiée au comte de Verdun Gothelon Ier, mais l’empereur voulant renforcer son influence face à la maison de Verdun qui montrait des signes d’agitation, marie sa nièce Sophie à Louis, seigneur d’Altkirch et de Ferrette en 1038. Ce mariage apporte à ce seigneur le comté de Bar et la seigneurie de Mousson.

Maison de Mousson

.Louis Ier de Montbéliard, seigneur d’Altkirch et de Ferrette, comte de Bar, seigneur de Mousson, premier comte de Montbéliard de 1042 à 1073

Fils de Richwin, comte de Scarpone et d’Hildegarde d’Eguisheim

Le comté de Montbéliard/Grafschaft Mömpelgard) est fondé à son profit en 1042 par l'empereur Henri III, fils de l’empereur Conrad le Salique.

Son territoire correspond aux communes actuelles Abbévillers, Aibre, Allenjoie, Allondans, Arbouans, Audincourt, Badevel, Bart, Bavans, Belverne, Bethoncourt, Bretigney, Brognard, Clairegoutte, Courcelles-lès-Montbéliard, Couthenans, Dambenois, Dampierre-les-Bois, Dasle, Désandans, Dung, Étobon, Étouvans, Étupes, Exincourt, Fesches-le-Châtel, Frédéric-Fontaine, Grand-Charmont, Issans, Laire, Magny-Danigon, Montbéliard, Nommay, Présentevillers, Raynans, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Saint-Julien-lès-Montbéliard, Semondans, Sochaux, Taillecourt, Valentigney, Le Vernoy, Vieux-Charmont et Voujeaucourt

.Thierry Ier de Montbéliard (1073-1105) comte de Montbéliard, comte de Bar, comte de Mousson et comte de Ferrette de 1073 à 1105

Fils du précédent.

Il hérite des domaines de Montbéliard-Ferrette ; il est comte de Montbéliard, d’Altkirch, de Ferrette et de Bar. Il épouse en 1065 Ermandtrude, fille de Guillaume II, comte de Bourgogne.

.Frédéric Ier et Thierry II ( ?) comte de Montbéliard de 1105 à 1125

Fils de Thierry Ier.

Ils gouvernent d’abord ensemble l'héritage. En 1125 ils partagent leur domaine, Frédéric Ier prend le titre de comte de Ferrette et Thierry II celui de comte de Montbéliard.

.Thierry II de Montbéliard (1080-1163), comte de Montbéliard de 1125 à 1163.

Il est l’époux de Gertrude de Habsbourg, fille de Werner II, comte de Habsbourg.

Il joue un rôle important auprès des empereurs ; il participe à l'entrevue de Worms. Il a marié sa fille Sophie, héritière de Montbéliard, en 1128 à Richard II, comte de Montfaucon. C’est leur fils Amédée II de Montfaucon qui succède à son grand-père.

Maison de Montfaucon

.Amédée II de Montfaucon, comte de Montbéliard et seigneur de Montfaucon de 1163 à 1195

Fils de Richard II de Montfaucon et de Sophie de Montbéliard, fille de Thierry II de Montbéliard.

Amédée agrandit son comté de Montbéliard par l’acquisition de 4 seigneuries : Blamont, Clémont, Héricourt, Chatelot qui seront dénommées les Quatre Terres ou les Quatre seigneuries souveraines:

-La seigneurie de Blamont comprend les seize villages d'Autechaux, Blamont, Bocourt, Bondeval, Dannemarie, Ecurcey, Glay, Hérimoncourt, Meslières, Pierrefontaine-lès-Blamont, Roches-lès-Blamont, Seloncourt, Thulay, Vaudoncourt, Villars-lès-Blamont , ainsi qu' Audincourt et Dasle, mi-partis avec le comté de Montbéliard.

-La seigneurie de Châtelot comprend, outre Saint-Maurice, son chef-lieu, les dix villages suivants : Blussans, Blussanjeaux, Châtelot, Colombier-Châtelot, Colombier-Fontaine, Echelotte et Longevelle ; ainsi que Beutal et Lougres, mi-partis avec le comté de Montbéliard ; et Montenois, mi-parti avec la seigneurie de Granges.

-La seigneurie de Clémont comprend, outre Montécheroux, son chef-lieu, le village de Liebvillers ainsi qu'une partie des villages de Damjoux, Noire-Fontaine, Poset et Villers-sous-Damjoux.

-La seigneurie d'Héricourt comprend, outre Héricourt, les villages de Byans, Brevilliers, Chagey, Chenebier, Echavanne, Luze, Mandrevillars, , Saint-Valbert, Verlans et Vyans-le-Val ; ainsi que les villages d'Aibre, Bussurel,Champey, Coisevaux, Echenans-sous-Mont-Vaudois, Laire et Tremoins, qui étaient mi-partis avec le comté de Montbéliard ; et le village de Tavey, mi-parti avec l’abbé de Lure.

.Richard III de Montfaucon, comte de Montbéliard et seigneur de Montfaucon de 1195 à 1227

Frère du précédent.

Il épouse Agnès de Bourgogne, fille du comte Étienne Ier de Bourgogne.

.Thierry III dit Le Grand Baron, comte de Montbéliard de 1227 à 1283

Fils du précédent. Il épouse Adélaïde de Ferrette, fille de Frédéric II, comte de Ferrette.

En 1273, Thierry est reconnu comme vassal direct de l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg.

.Renaud de Bourgogne ( ? -1330) comte de Montbéliard de 1283 à 1330

Fils d’Hugues III de Chalon, sire de Salins, comte de Bourgogne par son mariage avec Alix de Méranie, fille d’Otton II, duc de Méranie, comte palatin de Bourgogne.

Son frère ainé est Othon IV de Bourgogne. Par son mariage en 1282 avec Guillemette de Neufchâtel, seule héritière des biens de Thierry III, il devient comte de Montbéliard.

Une de ses filles Jeanne épouse Ulrich III, comte de Ferrette, puis au décès de celui-ci Rodolphe de Hesse, margrave de Bade, et en 3e noces, le comte Guillaume de Katzenellenbogen.

En mai 1283, Renaud accorde une charte d'affranchissement à la ville de Montbéliard. Renaud fonde également une administration urbaine qui perdurera jusqu'à la Révolution française. Ce partage du pouvoir entre le seigneur (car souvent absent) et la bourgeoisie constitue un élan vers une conception nouvelle de vie publique. Montbéliard devient ainsi une ville médiévale « moderne ». L'administration de la cité est confiée au Conseil des IX, composé de neuf francs-bourgeois (chacun d'eux est chef d'un des neuf « guets » ou quartiers formant la ville). Ils ont à leur tête deux maîtres-bourgeois et un maire. Ce dernier est le représentant auprès du comte. Tous sont élus annuellement par tirage au sort. L'ensemble forme le « Magistrat », ou Conseil de ville, organe d'administration et de juridiction de celle-ci ; la plupart sont des commerçants, des artisans. Ils se réunissent pour exercer la justice en un tribunal municipal, c’est-à-dire, qu'ils exercent la Basse Justice et jugent les causes ordinaires. Toutefois, le comte souverain reste le suprême arbitre.

Le 1er septembre 1314, Renaud rédige un testament qui prévoit la succession de ses biens au profit de son épouse, mais elle décède quelques années plus tard. En 1321, peu avant sa mort, il modifie son testament ; ses biens iront cette fois au profit de ses enfants. Par ailleurs, Othenin, handicapé mental, est mis sous tutelle en cas d'incapacité de celui-ci à lui succéder. Ce sera Hugues de Bourgogne, le plus jeune frère de Renaud, qui en sera le tuteur et devient pendant 5 ans le régent du comté. Car si cinq ans après le décès de Renaud, Othenin est toujours incapable de gérer les affaires du comté (ce qui fut le cas), alors, le patrimoine sera définitivement partagé entre les enfants, mais le comté de Montbéliard subviendra aux besoins de son fils jusqu'à la fin de ses jours.

.Othenin de Montbéliard (1322-1338) comte de Montbéliard sous la tutelle de son oncle, le comte Hugues de Bourgogne (frère benjamin du comte Renaud de Bourgogne)

Othenin meurt 17 ans après son père.

En 1324, Ulrich X de Wurtemberg, achète les seigneuries de Horbourg et Riquewihr - terres d'Empire- qui appartiennent au comté de Wikisau tenu par deux frères Walter et BurcKaard, neveux d'Ulrich.

.Agnès ( ?-vers 1367) comtesse de Montbéliard de 1330 à vers 1367

Troisième fille de Renaud et mariée à Henri de Montfaucon .

Elle hérite du comté de Montbéliard à la mort de son père. Lors du partage définitif des biens de la Maison de Montbéliard par le traité de Granges de 1332, Jeanne, son ainée reçoit officiellement Belfort, Grandvillars, Héricourt, Rougemont.

C’est le début du démembrement du comté de Montbéliard, car Belfort tombe d'abord dans l'escarcelle des comtes de Ferrette, puis, vers 1360, dans le domaine autrichien des Habsbourg. Le comté de Montbéliard se trouve donc démembré en deux parties.

.Étienne de Montfaucon, comte de Montbéliard de 1367 à 1397

Fils des précédents, époux de Marguerite de Chalon-Arlay, fille de Jean II de Chalon-Arlay, seigneur d'Arlay Il est donc Comte de Montbéliard et Seigneur de Montfaucon.

.Henriette de Montfaucon, comtesse de Montbéliard de 1397 à 1444

Fille d’Henri de Montbéliard (seigneur d'Orbe en Suisse), et de Marie de Châtillon petite fille d’Etienne de Montfaucon.

Son frère Henri meurt en croisade à Nicopolis en 1396. À la mort d'Étienne de Montfaucon, ses enfants ont tous disparu, mais peu avant son décès, il a nommé Henriette, (l'une de ses petites-filles) héritière de ses biens et l’a fiancée à Eberhard IV de Wurtemberg, fils d’Eberhard le Wurtemberg dit le Débonnaire. Le mariage a lieu en 1407. Henriette amène dans la corbeille de mariage :

-Le comté de Montbéliard terre d'empire qui rend hommage à l'Empereur.

-Les seigneuries de Clerval, Passavant et la baronnie de Granges, terres pour lesquelles le comte de Montbéliard est vassal du comte de Bourgogne.

-Porrentruy en Suisse (racheté par l'évêque de Bâle en 1461).

-Les seigneuries d'Etobon (achat de 1358). .

-Les droits de souveraineté sur La Roche Saint-Hyppolyte.

Au décès de son beau-père en 1417, l’empereur Sigismond de Luxembourg confère aux terres d'Eberhardt le Jeune le statut de fief d'Empire. Henriette règne seule à la mort de son époux Eberhard le Jeune en 1419. En 1424, Henriette achète la seigneurie de Bélieu (près de Valentigney). À sa mort, le comté de Montbéliard et les autres possessions de la famille de Montfaucon passent à leur fils Louis de Wurtemberg, et donc dans la Maison de Wurtemberg, créant la branche de Wurtemberg-Montbéliard.

Maison de Wurtemberg

.Louis IV de Wurtemberg, comte de Montbéliard et comte de Wurtemberg de 1444 à 1450

Il épouse Mathilde de Palatinat.

.Louis V de Wurtemberg, comte de Montbéliard et comte de Wurtemberg de 1450 à 1457

Fils des précédents.

.Eberhard V de Wurtemberg dit le Barbu, comte de Montbéliard et comte puis duc de Wurtemberg de 1457 à 1473 puis à nouveau comte de Montbéliard de 1482 à 1496, duc de Wurtemberg de 1495 à 1496

Frère du précédent ; il épouse Barbe de Gonzague, fille du marquis Louis III de Mantoue.

Il est élevé le 21 juillet 1495 à la dignité de duc de Wurtemberg par l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg, et par cette élévation il prend le nom de duc Eberhard Ier de Wurtemberg. Les terres wurtembergeoises situées en Souabe (Allemagne) sont réunies en un duché d'Empire. Le comté de Montbéliard, et le comté de Horbourg et la seigneurie de Riquewihr acquises en 1325 en sont exclus.

.Henri de Wurtemberg, comte de Deux-Ponts / Zweibrücke - Comte de Montbéliard de 1473 à 1482

Fils d’Ulrich V de Wurtemberg et d'Elisabeth de Bavière.

En 1473, son cousin Eberhard V de Wurtemberg lui cède le comté de Montbéliard pour la somme de quarante mille florins. La transaction est entérinée par l'Empereur Frédéric III. Henri de Wurtemberg se rend à Montbéliard avec une escorte de soixante chevaux. Il y fait une entrée solennelle et confirme les Franchises aux bourgeois dans l'église du château. Peu de temps après, au début de l'année 1474, il reçoit Charles le Téméraire à Montbéliard. Le duc de Bourgogne revenait d'Alsace où il avait reçu l'hommage de ses vassaux. Son père le vieil Ulrich V ayant pris part à l’expédition contre le bailli Hagenbach de Charles le Téméraire, ce dernier le fait saisir par ses soldats et emmener au Luxembourg. A sa libération, on constate qu’il a perdu ses esprits. Pris de folie, il est interné et Eberhard V redevient comte de Montbéliard.

.Eberhard VI de Wurtemberg, comte de Montbéliard de 1496 à 1498

Frère du précédent ; il épouse Elisabeth de Hohenzollern, fille d'Albert de Brandebourg.

.Ulrich VI de Wurtemberg, comte de Montbéliard et duc de Wurtemberg de 1503 à 1519 et de 1534 à 1550

Fils d'Henri de Wurtemberg et d'Elisabeth fille du comte Simon de Wecker

En 1504, Ulrich sert l’empereur Maximilien Ier durant la guerre de succession de la Bavière. Depuis longtemps les seigneuries de Châtelot, d'Héricourt, de Blamont et de Clémont avaient fait partie des domaines de la maison de Neuchâtel-Bourgogne. En 1505 avec la mort de Guillaume de Neuchâtel-Bourgogne, dernier mâle de cette maison, les comtes de Fürstenberg et de Werdemberg, qui avaient épousé les filles de Claude de Neuchâtel-Bourgogne, frère ainé de Guillaume, viennent réclamer à main armée les riches seigneuries qui composent la succession en violation des termes du testament de Thiébaud IX de Neuchâtel-Bourgogne. Ce dernier, décédé en 1469, stipulait dans ses dernières volontés que parmi ses sept fils seul les trois qui ne s'étaient pas voués à une carrière ecclésiastique hériteraient de ses biens et après eux leurs descendants mâles, à défaut les mâles de la maison de Cusance et à défaut en dernier choix les descendants, homme ou femme, de la comtesse Henriette d'Orbe. Faute d'héritiers survivants tous les biens furent donc transmis à Jean II de Neuchâtel-Montaigu son frère. Alors que les seigneuries faisaient l'objet de rudes discussions quant à la succession, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire provoqua la guerre contre la maison d'Autriche et les cantons Suisses, les sires de Neuchâtel-Bourgogne furent entrainés dans cette guerre en raison de leur alliance avec le Duché de Bourgogne. En 1475 ils perdirent la seigneurie du Châtelot ainsi qu'Héricourt, L'Isle-sur-le-Doubs, Blamont et Clémont, l'archiduc Sigismond d'Autriche en confia la suzeraineté à Ulrich et Henri de Ramegk mais en 1481 il consentit à la demande des sires de Neuchâtel-Bourgogne et leur rendit les seigneuries. Ulrich de Wurtemberg achète en 1506 les droits des seigneuries de Blamont, d'Héricourt avec Clémont, Châtelot à Guillaume de Furstemberg, un des gendres de Claude de Neuchatel mais seul la cession de Blamont entre alors dans le domaine des Wurtemberg, Guillaume de Furstemberg contestant le reste de la cession et revend en 1525 Châtelot, Héricourt, L'Isle-sur-le-Doubs et Clémont à l'archiduc d'Autriche Ferdinand Ier qui les rétrocède deux ans après à Gabriel de Salamanque, comte d'Ortenbour, grand trésorier de l'archiduc. Quelques temps plus tard ces mêmes terres sont réclamées par les ducs de Wurtemberg en raison des termes du testament cité plus haut, et bien que le comte d'Ortenbourg se réclame de l'appui de Charles Quint les seigneuries sont rendues à Frédéric de Wurtemberg.

Ses relations avec les princes de Souabe sont très tendues. Il est déjà très impopulaire, car il accable ses sujets d'impôts exorbitants pour satisfaire son goût pour le luxe et les plaisirs. En 1515, il fait tuer un chevalier dont la femme est sa maîtresse. Sa femme et plusieurs chevaliers le quittent, il est alors placé par l'empereur Maximilien au ban de l'Empire et ses possessions confisquées. Après le décès de Maximilien en 1519, les princes du Wurtemberg le chassent. Exilé, il part vers la Suisse, l'Allemagne et Montbéliard. Il commet divers brigandages et se met au service de François Ier. Il devient protestant et intervient dans la Révolte des Rustauds, avec comme arrière-pensée la récupération du Wurtemberg. Tout à son projet de reconquérir son duché, Ulrich cède en 1526 à son demi-frère Georges (en tant que gouverneur), le comté de Montbéliard et les seigneuries dépendantes, avec clause de rachat. Ulrich lui reprend ensuite toutes les terres de Montbéliard pour les vendre cette fois à François Ier, roi de France, sous condition de rachat. En 1534, Ulrich vend le comté de Montbéliard à François Ier. L'affaire dure peu ; le temps à Ulrich de lever une armée pour reconquérir son duché de Wurtemberg, et sous la pression de l’empereur Charles Quint, il rachète le comté de Montbéliard à François Ier…Il échoue finalement, les protestants ne l'aidant guère. Il doit repartir en exil. En 1534, grâce à l'affaiblissement de la ligue Souabe et des Habsbourg, et avec l'aide de Philippe Ier de Hesse et de François Ier, il reconquiert le duché, Ferdinand Ier de Habsbourg défendant mollement celui-ci. Il est finalement reconnu duc par Ferdinand mais le duché reste sous la dépendance de la couronne d'Autriche. En 1534 il introduit la Réforme à Wurtemberg et donc, à Montbéliard et prend possession des biens de l'Église. Pour une meilleure administration des biens de l'Église maintenant protestante il réunit ses biens sous une administration séparée de celle du duché. Le Wurtemberg renforce considérablement le poids des princes protestants en Allemagne. Ulrich perd de nouveau sa popularité pour les violences commises. Il rejoint en 1536, la Ligue de Smalkade ce qui ruine le duché. L’empereur Charles Quint le dépossède de plusieurs place forte, reçoit une forte compensation financière, et voit Ulrich s'humilier devant lui en venant en tant que suppliant à Ulm. Mais contrairement au désir de Ferdinand, Charles Quint lui permet de garder son duché.

.Georges Ier de Wurtemberg, comte de Montbéliard et duc de Wurtemberg de 1526 à 1534 puis de 1553 à 1558

Fils d'Henri de Wurtemberg et d'Elisabeth, fille de feu le comte Jean VII de Salm (second mariage) ; il épouse Barbara de Hesse.

En mars 1561 les Comtois envahissent la ville d'Héricourt. Il s'en suit l'occupation militaire de Châtelot et Clémont, au nom de Frédéric Ier (1558-1608) de Wurtemberg enfant mineur par le gouvernement du comté Montbéliard. Les Wurtemberg reprennent Héricourt le 11 juin 1561. Héricourt, Clémont et Châtelot sont intégrés au Comté de Montbéliard.

.Christophe de Wurtemberg, comte de Montbéliard et duc de Wurtemberg de 1553 à 1568

Fils d'Ulrich VI de Wurtemberg et de Sabine de Wittelsbach ; il épouse Anne-Marie de Hohenzollern. Il décède en 1568.

.Frédéric Ier de Wurtemberg, comte de Montbéliard de 1568 à 1597, et duc de Wurtemberg (à partir de 1593) prince de Montbéliard de 1597 à 1608

Fils de Georges Ier de Wurtemberg et de Barbara de Hesse ; il épouse Sybille d'Anhalt.

En 1566, l’empereur Charles Quint partage les possessions des Habsbourg entre son frère Ferdinand qui lui succède comme empereur à la tête des Habsbourg d’Autriche et son fils Philippe le Beau, roi d’Espagne à la tête des futurs Habsbourg d’Espagne qui se voit attribuer en outre en terre d’empire le comté de Bourgogne,. Or auparavant la paix d’Augsbourg du 29 septembre 1555 a suspendu les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques dans l’empire grâce à un compromis qui repose sur un principe fondamental : cujus regio, ejus c'est-à-dire : « tel prince, telle religion ». Les princes et les seigneurs étaient désormais libres de choisir, pour eux, leurs vassaux et leurs sujets, entre les deux confessions chrétiennes. Frédéric est protestant. Outre Montbéliard, Il exerce sa souveraineté sur des possessions de divers statuts relevant soit du comté de Bourgogne (Habsbourg d’Espagne) soit de l’empire. Sous son règne se pose la question de l’appartenance des dites Quatre Terres appelées aussi les Quatre seigneuries souveraines de Châtelot, Blamont, Héricourt et Clémont soit au Comté de Bourgogne, propriété des Habsbourg d’Espagne soit directement à l’empire notamment du fait de la paix d’Augsbourg qui détermine les territoires protestants et ceux restés catholiques. En effet Frédéric veut développer le protestantisme dans tout le comté. Le parlement de Dôle se saisit de cette question dès 1561 et déboute Frédéric de ses prétentions mais le roi Philippe II d’Espagne admet son recours et lui donne raison. Frédéric achète en 1595 la seigneurie de Franquemont (Goumois), terre Franc-Comtoise située sur les deux rives du Doubs, lesquelles sont dominées par le château de Franquemont. La seigneurie comprend alors les rives du Theusseret jusqu’au Moulin du Plain, le vallon, les moulins, les hameaux et villages de Gourgouton, Montbaron, Vautenaivre, Beaujour et Goumois.

En 1597, l’empereur Rodolphe II de Habsbourg érige le comté de Montbéliard en principauté d’empire.

.Jean-Frédéric de Wurtemberg, prince de Montbéliard de 1608 à 1617

Fils des précédents.

Sous son règne le litige relatif à la mouvance des Quatre Terres continue de se poser de sorte qu’un compromis solennel est signé à Bruxelles le 22 septembre 1612 entre les députés des souverains francs-comtois de l’archiduc Albert et l’archiduchesse Isabelle d’Habsbourg (d’Espagne) et du duc Jean-Frédéric chargeant le parlement de Grenoble composé par moitié de protestants et de catholiques pour juger la question. Celui-ci rend sa décision le 15 juillet 1614 reconnaissant la pleine souveraineté de Jean-Frédéric sur les Quatre Terres, donc de leur indépendance du comté de Bourgogne et leur pleine mouvance de celui de la principauté. Puis Frédéric cède le comté à son frère puîné :

.Louis-Frédéric. .Louis-Frédéric de Wurtemberg, duc de Wurtemberg - prince de Montbéliard de 1617 à 1631

Frère du précédent ; il épouse Elisabeth de Hesse, puis Anne de Nassau.

Sous son règne débute la guerre de Trente Ans entre catholiques et catholiques réformés. Une garnison de troupes impériale s’installe à Montbéliard en 1629 qui commet toutes sortes d’excès amenant les députés à implorer finalement la protection de Louis XIII.

.Léopold-Frédéric de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1640 à 1662 Fils du premier lit de Louis-Frédéric ; il épouse Sybille de Wurtemberg.

Les Français s’installent dans Montbéliard en 1633 et n’évacuent la ville, à la satisfaction de la majorité, que 17 ans plus tard en 1650 après les traités de Westphalie ayant mis fin à la guerre.

.George II de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1662 à 1699

Demi-frère de Léopold-Frédéric (2e lit de Louis-Frédéric de Wurtemberg) ; époux d’ Anne de Coligny, fille du comte Gaspard III de Coligny.

Il reçoit l’investiture de l’empereur Léopold de Habsbourg le 1 er aout 1663. Sous son règne en 1676, Louis XIV occupe la principauté qui est démantelée. Par l'article 11 du traité de paix signé à Nimègue, le 17 septembre 1678, l'Espagne cède le comté de Bourgogne, ou Franche-Comté, à la France. Le traité de Nimègue de 1679 entérine l’annexion de fait de la Franche-Comté par Louis XIV et les 4 seigneuries de Blamont, Clémont, Héricourt et Châtelot deviennent ses vassales ; il crée les Chambres de réunion et, commence par réunir à la couronne près de 80 villages dépendant du comté de Montbéliard, situés dans le comté de Bourgogne relevant alors à la couronne d’Espagne et de l’empire. Par un arrêt du 31 août 1680, le parlement de Besançon réunit le comté de Montbéliard à la France en le déclarant « être, mouvoir et dépendre de la souveraineté du comté de Bourgogne », c'est-à-dire « être fief mouvant du comté de Bourgogne », enjoignant au comte-duc Georges de Wurtemberg « d'en rendre les foi et hommage » au roi de France, Louis XIV, « comme comte de Bourgogne », sous peine de commise. Mais se crée en réaction de cette politique de réunion en 1686 la ligue d’Augsbourg contre la France et en 1689 commence la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Par l'article 13 du traité signé le 30 octobre 1697 à Ryswick qui y met fin entre la France et le Saint-Empire romain germanique, Georges II de Wurtemberg est rétabli en la possession du comté de Montbéliard, des fiefs de Clerval et de Passavant ainsi que des seigneuries de Granges, Héricourt, Blamont, Châtelot, Clémont et autres. Mais cet article opère une distinction entre la principauté de Montbéliard, réduite au comté, et les autres possessions wurtembergeoises. Seul le comté est reconnu immédiat du Saint-Empire romain germanique, avec rang de principauté, et la foi et hommage rendu en 1681 est cassée en conséquence. Mais Clerval et Passavant ne sont reconnus que tenus en fiefs — du prince-évêque de Bâle — et les seigneuries comme situées dans le comté de Bourgogne.

La France ne cesse son occupation qu’en 1699.

.Léopold-Eberhard de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1699 à 1723

Fils des précédents ; il épouse Anne-Sabine de Hedwiger puis Elisabeth Charlotte Curie.

.Eberhard-Louis de Wurtemberg, prince de Montbéliard de 1723 à 1733

Il épouse Jeanne-Elisabeth, fille de Frédéric III, margrave de Bade-Durlach mais non pas d'héritiers.

.Charles-Alexandre de Wurtemberg, duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1733 à 1737

Fils de Frédéric-Eugène de Wurtemberg et d'Eléonore de Brandebourg.

Sous son règne, aux termes du traité de Vienne de 1733, la France reconnaît les droits de la Maison de Wurtemberg sur les seigneuries dépendant de la principauté mais ne les respecte pas, Louis XV voulant forcer les Wurtemberg à reconnaître la suzeraineté de la France.

.Charles II Eugène de Wurtemberg (1728-1793), duc de Wurtemberg et prince de Montbéliard de 1737 à 1793

Fils des précédents ; il épouse Élisabeth de Hohenzollern.

Sous son règne, chaque mois des églises sont prises l’une après l’autre aux protestants et aucune réclamation n’est écoutée. C’est le cas à Vaujeaucourt, Héricourt, Montécheroux, Langres, Chagey, Seloncourt, Boudeval, Longevelie. Finalement, pour mettre un terme à ces exactions, le comte Charles-Eugène signe à Versailles le 10 mai 1748, la convention suivante avec Louis XV : « Le roi de France consent à la levée du séquestre mis de sa part en 1723 sur les Terres d’Héricourt, de Châtelot, de Blamont et de Clémont et sur les seigneuries de Granges, de Clerval et de Passavant situées en Franche-Comté, comme sur celles de Horbourg et de Riquewihr, situées en Alsace, provenant toutes de la succession du prince Léopold-Eberhard, et il accorde au duc de Wurtemberg, comte de Montbéliard, la possession pleine et entière des neuf seigneuries historiques pour les tenir et en jouir avec leurs droits et prérogatives. De son côté le duc de Wurtemberg, pour lui et ses successeurs reconnaît la souveraineté du roi de France, sur toutes les terres et seigneuries ayant appartenu à sa maison, et il s’engage à prêter ou à faire prêter par des officiers dûment autorisés, foi et hommage au roi. Par ailleurs, le roi consent au maintien de la tolérance de la religion protestante dans les Quatre Terres où elle est professée, entendu que tout ce qui serait fait de contraire au principe de cette tolérance serait illicite. » Les Quatre Terres, Héricourt, Châtelot, Blamont et Clémont sont réunies à la France. En cet instant, la Principauté est réduite à peau de chagrin ; elle ne compte plus que 56 localités. Le duc Charles-Eugène de Wurtemberg fait donc prêter à Besançon par un fondé de pouvoir, serment au roi pour les seigneuries situées en Franche-Comté, comme il le fait à Colmar pour les seigneuries d'Horbourg et de Riquewihr situées en Alsace. Désormais, toutes les dépendances et fiefs ayant appartenu à la maison de Wurtemberg sont sans restriction sous l'administration de la France, donc dégagés du Saint-Empire. En compensation, le duc recouvre ses droits et revenus seigneuriaux des terres d’Héricourt, de Châtelot, de Blamont et de Clémont, ainsi que ceux des autres terres mentionnées dans le traité. En vertu du traité de 1748, la France doit aussi lui rendre le château de Blamont ; mais elle le garde entre ses mains parce qu’elle le juge susceptible par sa position, d’être un poste militaire important.

La principauté de Montbéliard est composée, à la veille de la Révolution, de deux parties distinctes: l'une groupée tout entière autour de Montbéliard, l'autre, moins importante, enclavée dans le bailliage de Vesoul et s'étendant de Couthenans à Magny-Danigon. Les droits du duc de Wurtemberg en France sont de natures diverses: les uns se réduisent à des droits seigneuriaux ordinaires sur un certain nombre de villages situés en Alsace, en Franche-Comté, en Bourgogne; les autres sont de souveraineté absolue. La convention du 21 mai 1786 ne laisse, pour ces derniers, aucun doute. L'article x porte: "Le roi cède et abandonne au duc de Wurtemberg la souveraineté, supériorité territoriale, droits et ressorts sur les villages de [suivent les noms], ainsi que les deux maisons appelées les Raillères, près d'Estobon"; et l'article v: "Le roi renouvelle les lettres patentes par lesquelles Sa Majesté a cédé et remis au duc de Wurtemberg tous les droits de souveraineté sur les sujets et les terres de sa province d'Alsace qui étaient enclavés dans les villages et territoires de Nommay, Brognard et Dampierre, outre les bois dépendant du comté de Montbéliard." Ces deux articles sont importants car ils ne laissent d'abord aucun doute sur les droits souverains du duc de Wurtemberg; les seules réserves à ce sujet (art. XXVI) portent que "les troupes de Sa Majesté et les convois militaires jouiront du passage libre"; ils nous montrent des limites frontières à établir, non sur des paroisses, mais sur des maisons, sur des bois imparfaitement décrits; ils apportent, enfin, une preuve aux confusions déjà signalées sur les confins exacts de l'Alsace. Le duc de Wurtemberg confirme dans une lettre adressée au roi, le 5 mai 1790, ses prétentions sur les villages de Valentigney et de Villers-la-Boissière, alors que l'article VIII de la convention de 1786 portait: "Le duc de Wurtemberg cède au roi la souveraineté des villages de... Valentigney et Villers-la-Bodissière. La ville de Maudeure a, de son côté, longtemps été la capitale d’une contrée qui fut intégrée au Comté de Montbéliard mais sur son territoire, la justice appartenait à l'archevêque de Besançon, aux seigneurs Montaignons, au prince de Montbéliard. Par l'article IX de la convention de 1786, le duc de Wurtemberg avait "cédé au roi la souveraineté sur les sujets et les terres qu'il possède à Mandeure"; mais cette cession prête, là encore, à de nombreuses contestations. Mandeure, avec le village de Courcelles qui lui était uni, formait, en réalité, une principauté ecclésiastique dépendant de l'église de Besançon. "Ce petit village, écrit l'abbé Bouchey, traitant la période antérieure à 1790, a ses biens, ses lois, ses usages, sa constitution particulière... c'est une commune unique dans son genre... c'est un petit État qui se gouverne lui-même, sous la haute direction des archevêques, de leurs officiers et de ses curés." La mort de l'archevêque de Besançon, survenue à Soleure, le 19 mars 1792, cause dans la principauté les plus graves embarras. Les officiers de justice se trouvent ipso facto destitués. Dans un discours du curé de Mandeure, annonçant à ses fidèles la mort "de leur très illustre et gracieux souverain", on lit: "La principauté de Mandeure est incontestablement un État étranger." Les événements qui, à Mandeure, suivent cette mort, témoignent de l'ardeur des habitants à défendre leur indépendance Ils nomment eux-mêmes les officiers de justice et se déclarent en république en prenant pour devise: L'aigle ne prend pas les mouches. Ils craignent, en effet, l'annexion à la France. Lorsque l'on reçoit, à Mandeure, l'ordre de donner garnison à un régiment français, les habitants se prétendent étrangers et considèrent cet acte comme une "violation du territoire". La principauté de Mandeure suit ensuite le sort de celle de Montbéliard.

.Frédéric-Eugène (1732-1797) duc de Wurtemberg de 1793 à 1797

Benjamin des fils de Charles –Alexandre de Wurtemberg .

Sous prétexte que le comte Frédéric-Eugène s’est allié aux ennemis de la France, le conventionnel Bernard de Saintes prend possession de Montbéliard le 10 octobre 1793. La réunion définitive à la France a lieu en 1796 lors de la convention de Paris par laquelle Frédéric-Eugène cède tous ses droits à la France. Le comté est successivement rattaché aux départements de la Haute-Saône, du Mont-Terrible et du Haut-Rhin. Ce n’est qu’en 1816 que sont prises les dispositions administratives qui partagent le comté entre les actuels départements du Doubs, de la Haute-Saône et du Haut-Rhin.

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 12:48

 L'Alsace Bossue est attribuée par le partage de Verdun de 843 entre les trois petits-fils de Charlemagne au royaume de Louis le Germanique. Elle appartient dès 962, date de restauration de l'empire par Othon Ier le Grand,  à l'empire romain germanique.

Quand en 1273, Rodolphe Ier de Habsbourg devient empereur, il maintient les privilèges d'autonomie des villes et des abbayes souabes. Le duché de Souabe cesse alors d'exister. Dans tout l’empire, l’autorité impériale s’efface devant la noblesse locale. Les deux landgraviats de Nordgau et de Sundgau sont supplantés par les comtés de Pfirt/Ferrette au sud et de Fleckentein et Lichtenberg au nord ainsi que par l’évêque de Straßburg/Strasbourg. Le Nordgau se morcelle le plus. Les seigneurs les plus importants sont l'évêque de Strasbourg, les comtes de Hanau-Lichtenberg, la ville de Strasbourg, les villes impériales, les seigneurs de Fleckenstein et la chevalerie immédiate d'empire : Andlau, Ratsamhausen, Landsberg, Bergheim, Boecklin de Boecklinsau, Zorn, Müllenheim... En 1365, le comté de Nordgau passe aux princes-évêques de Strasbourg. Sous Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), l’empereur possède encore directement le Grand Baillage de Haguenau en Basse Alsace (la ville et 40 villages alentour), les 10 villes impériales (Décapole). A l’est du Nordgau, enclavée dans le duché de Lorraine, l’Alsace dite « bossue » est divisée en 4 seigneuries : Sarrewerden, Diemeringen, La Petite Pierre/Lutzelstein et Asswiller. Au XVIe siècle, de vastes régions de l’Alsace constituent des territoires ecclésiastiques catholiques. Le pouvoir de l'évêché de Strasbourg s'étend sur la moitié du Bas-Rhin et sur certaines parties du Haut-Rhin. L'évêque de Bâle au sud, celui de Spire au nord ont aussi des possessions en Alsace. Le domaine des Habsbourg s'étend sur les deux-tiers du Haut-Rhin tandis que les possessions des ducs de Lorraine s'étendent également en Alsace. Mais alors que la Lorraine reste catholique, les seuls territoires franciques rhénans d'Alsace, passent majoritairement à la Réforme d’oû leur sort différent de celui du duché de Lorraine ou de l’Alsace. Ils constituent l’Alsace Bossue qui appartient au Westrich. Le Westrich est le nom donné à partir du XIIIe siècle au territoire situé au nord de la vallée de la Seille entre les Vosges et l'Hunsrück. Mouvante au sein du Saint-Empire entre Lorraine, évêché de Metz, Luxembourg, archevêché de Trèves, Alsace, Bade et Palatinat, c'est aujourd'hui une « province fantôme » que recouvrent la Sarre, le Nord-Est de la Lorraine, l'Alsace bossue, et la zone montagneuse du Palatinat.

1. Comté de Saarwerden (Sarre-Union, Altwiller, Burbach, Diedendorf, Eywiller, Goerlingen, Kirrberg et Rauwiller), terres d’empire de 962 à 1793

Sur la rive droite de la Sarre la ville de Bouquenom/Bockheim/Buckenheim est un très ancien bourg médiéval La prévôté de Bouquenom a fait partie du Bailliage d'Allemagne Lorrain. En face sur la rive gauche, un château-fort est édifié à Sarrewerden par le premier comte connu, Frédéric, dans la première moitié du XIIe siècle. Le comte Fréderic I et son épouse Gertrude fondent en 1130 l'abbaye de Wörschweiler. Le plus illustre représentant de cette famille est :

.Frédéric III /Friedrich III von Saarwerden (1348-1414) comte de Sarrewerden, archevêque de Cologne de 1370 à 1414, comte de Sarrewerden en 1397

À la mort de son frère Henri II en 1397, Frédéric III dirige temporairement le comté de Sarrewerden, avant d'en céder le gouvernement à Frédéric von Moers. Son neveu Dietrich II von Moers lui succéde à l'archevêché

Maison de Moers-Sarrewerden

.Jean de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1397-1431)

.Jacques Ier de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1431-1482)

.Nicolas de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1482-1491)

.Jean de Moers, comte de Moers-Sarrewerden (1491-1505)

Maison de Nassau

Le comté passe ensuite à la famille de Nassau, qui y introduit la Réforme protestante. Ouvert aux différentes confessions réformées, le comté accueille à partir de 1557 des réfugiés fuyant les persécutions religieuses du royaume de France et du duché de Lorraine. Sept villages sont connus dès lors comme villages welsches (romans) : Altwiller, Burbach, Diedendorf, Eywiller, Goerlingen, Kirrberg et Rauwiller, repeuplés par des Français ou des Lorrains, de langue romane et de confession calviniste, tandis que le reste du comté est germanophone et luthérien de la confession d'Augsbourg. En 1619, le duc de Lorraine Henri II s'empare du comté de Saarwerden et de ses dépendances.

Maison de Vaudèmont

En 1629, la Chambre impériale de Spire tranche le conflit entre les ducs de Lorraine et les princes de Nassau en attribuant les seigneuries de Saarwerden et Bouquenom à François de Vaudémont, le père du duc Charles IV de Lorraine. les princes de Nassau doivent leur abandonner les villes de Bouquenom (Bockenheim). Les Nassau créent alors sur la Sarre, face à Bouquenom, une nouvelle ville désignée comme Neu-Saarwerden.

Le comté souffre alors des ambitions du royaume de France sur sa frontière est, et le château de Sarrewerden est détruit en 1671 pendant la guerre de Trente Ans. Après le traité de Nimègue de 1678, la chambre des Réunions de Metz par arrêt du 11 juillet 1680 annexe le comté de Sarrewerden et Bouquenont au royaume de France. Mais la Ligue d’Augsbourg se forme le 18 juin 1682 et la guerre éclate en 1689. Suite au traité de Ryswick de 1697 qui y met fin, Louis XIV doit restituer aux comtes de Nassau dans le cadre de l'Empire, l'ancien comté de Sarrewerden avec la Ville neuve de Neusaarwerden, sous la dépendance du Saint-Empire, l'enclave de Bouquenom/Bockenheim-Sarrewerden faisant retour à Léopold, duc de Lorraine. Les autres localités de l'ancien comté de Sarrewerden et de la prévôté de Herbitzeim sont réparties entre les Nassau-Sarrebrücken (bailliage de Harskirchen) et les Nassau-Weilburg (bailliage de Neusaarwerden). Le comté en vient à être partagé en trois zones distinctes :

.Bouquenom passe à la France en 1766 avec les possessions du duché de Lorraine,

.une partie nord appartenait aux princes de Nassau-Weilburg,

.le reste de l'ancien territoire appartient aux princes de Nassau-Sarrebruck.

À la Révolution, le comté, enclave étrangère dans le territoire français, pose le problème des princes possessionnés. Sensibles à l'émancipation républicaine, les habitants du comté proclament une République de Sarrewerden, et en demandent le rattachement à la France. La Convention nationale le leur accorde en 1793, intégrant le territoire au district de Bitche en Moselle. Le 16 juin 1794 les deux villes de Bouquenom et de Neusaarwerden sont réunies, sous le nom de Sarre-Union/ Saarunion/Saarbuckenheim.

Mais les protestants trouvent cette situation inconfortable, et obtiennent ensuite le transfert de l'ancien comté de Sarrewerden au Bas-Rhin ; six cantons sont créés: Bouquenom, Neuf-Sarrewerden, Harskirchen, Wolfskirchen, Drulingen et Diemeringen.

2 .Seigneurie de Diemeringen, terre d’empire de 962 à 1793

La seigneurie de Diemeringen appartient à la famille de Wittelsbach-Deux-Ponts, qui l'accorde en fief au sire de Fénétrange. Elle comprend Vœllerdingen et Butten qui s'en détachent en 1422, Ratzwiller et Dehlingen. Plusieurs fois morcelée, elle passe par héritage des Mœurs-Sarrewerden aux Rhingraves de Salm à la fin du XV° siècle, lesquels rachètent en outre l'autre moitié. Ils y introduisent la Réforme à partir de 1565.

3 .Comté de la Petite-Pierre/ Grafschaft Lutzelstein, terre d’empire de 962 à 1793 (Adamswiller - Behrlingen - Bettwiller - Bilswiller - Crauftha - l Dieffenbach (aujourd'hui Tieffenbach) - Dürstel - Eschbourg - Frohrnühl ou Frohn-Mühl - Gungwiller - Hambach - Hangwiller ou Hanckwiller - Hinsbourg ou Hinsberg - Hünnerscher, cense - Kohlhütte, cense - Lohr – Petersbach - Petite-Pierre (La) - Pfalzweyer - Puberg - Quidschthal - Rosteig - Schoenbourg - Volksberg ou Volsbourg - Weinbourg (pour moitié) - Weislingen - Weschem - Wingen - Wintersberg - Zillingen)

Au début du Moyen Age, Lutzelstein est la capitale d’un comté ayant rang de comté dépendant du Saint-Empire romain germanique appartenant à la maison des comtes Palatins qui possédait la petite-seigneurie d’Asswiller. Au XVI° siècle, le comte Palatin Georges-Jean de Veldenz reçoit le comté de Lützelstein ; il vient y résider de préférence à son comté allemand de Veldenz. Il modernise le château et lui donne son aspect actuel. Le comte palatin possède le château d'Einhartzhausen à proximité duquel il fonde la ville de Phalsbourg en 1570 pour y accueillir les protestants comme lui En 1588, Il accorde la seigneurie d’Aswiller en fief héréditaire à la famille Dalheim, à laquelle succède bientôt la famille de Steinkallenfels, hauts-fonctionnaires des comtes palatins. Et par manque d’argent, il céde Phalsbourg qu’il a crée pour les protestants au duc très catholique de Lorraine dès 1590.

3. Seigneurie d’Asswiller terre d’empire de 962 à 1793

Asswiller est au Moyen Age une petite seigneurie dépendant des comtes de La Petite-Pierre. Lorsqu'il prend possession du comté, le comte palatin Georges-Jean de Bavière accorde Aswiller en fief héréditaire à la famille Dalheim (1588), à qui succède bientôt la famille de Steinkallenfels, hauts-fonctionnaires des comtes palatins. Ces seigneurs protestants y introduisent la Réforme et se maintiennent à Asswiller à partir du XVI° siècle. Asswiller est annexé à la France en 1793 par décret de la Convention nationale, qui passe outre les droits des Princes possessionnés.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 17:49
Histoire d'Alsace / Elsass/ Duché de Souabe/ Herzogtum Schwaben /Landgraviat de Sundgau (Thann, Belfort, Ferrette, Altkirch)

En 754 le duché d’Alsace passe sous domination franque.Et le 25 décembre 800, Charlemagne est couronné empereur à Rome. Les carolingiens ont la volonté de centraliser fortement leur royaume. Pour ce faire, ils "divisent pour régner" : le duché d’Alsace est supprimé et remplacé par deux comtés : Nordgau et Sundgau. Louis le Germanique et Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, se liguent contre leur frère Lothaire et scellent leur alliance à Straßburg/Strasbourg dans un document connu sous le nom de "serment de Strasbourg" en 843. Par le traité de Verdun de 843, l’Alsace est attribuée à la Francie médiane de l’empereur Lothaire mais en 870, au traité de Meerssen, Louis le Germanique reçoit tous les territoires de langue germanique, de la Lotharingie ; ainsi l’Alsace est intégrée à son royaume de Francie Orientale ou Germanie. La dynastie carolingienne s'éteint en 924. En 925, Henri Ier l'Oiseleur, roi de Francie Orientale après une bataille, soumet le royaume de Lotharingie.

Ducs de Souabe :

.Burchard II (883 ou 884-926) duc de Souabe de 917 à 926

Fils de Burchard 1er ; En 922, Burchard marie sa fille Berthe au roi Rodolphe II de Bourgogne.

En 925, Henri l'Oiseleur, roi de Francie Orientale (Germanie), rattache de duché d'Alsace à celui de Souabe. Le destin de l'Alsace est désormais lié à celui des ducs de Souabe.

.Hermann Ier (-949) duc de Souabe et d’Alsace de 926 à 949

Fils de Gebhard de Lotharingie et un cousin du roi Conrad Ier de Germanie.

Le 2 juillet 936, Otton, duc de Saxe, succéde à son père Henri Ier l'Oiseleur, comme roi de Francie Orientale puis est couronné le 7 aout 936 à Aix la Chapelle comme le veut la tradition Lotharingienne.

.Ludolphe de Souabe (930- 957) duc de Souabe et d’Alsace de 950 à 954

Fils issu du premier mariage d’Othon, duc de Saxe (futur empereur Othon Ier le Grand).

Le 23 septembre 951, Otton, roi de Francie Orientale prend Pavie et se fait couronner roi d'Italie (couronne des Lombards).

.Otton Ier de Souabe (954- 982) duc de Souabe et d’Alsace et duc de Bavière de 954 à 982

Petit-fils de l'empereur Otton Ier, nommé par son oncle l’empereur Otton II.

Le 2 février 962 Otton, roi de Francie Orientale, de Lotharingie et d'Italie se fait couronner empereur des Romains à Rome sous le nom d'Otton Ier le Grand, restaurant l'Empire sans empereur depuis 924.

L'Alsace avec le Sundgau fait désormais partie de l'Empire Romain Germanique.

.Conrad Ier de Souabe ( ?-997) duc de Souabe de 983 à 997.

Quand le duc Otton Ier meurt inexplicablement pendant une campagne de l'Empire en Italie de 981 à 982, il n'a aucun héritier. Afin de remplir ce poste vacant, l'Empereur Otton II le désigne en 983 comme duc de Souabe.

.Hermann II ( ?- 1003) duc de Souabe de 997 à 1003, duc d’Alsace

Fils de Conrad Ier et de Richlinde, fille de l'empereur Otton Ier.

En 1002 il est candidat à l’élection impériale; il prend d'assaut Strasbourg dont l'évêque, nommé Wizelin, s'est déclaré pour Henri III, duc de Bavière, parce qu'ils étaient tous deux rivaux. Henri sépare l'Alsace de la Souabe afin de prendre le contrôle du duché. Il se marie avec Gerberge de Bourgogne, fille du roi Conrad III de Bourgogne, avec laquelle il a une fille nommée Gisèle qui se marie par la suite avec l'empereur Conrad II. A l’époque de son règne, les Habsbourg, commencent à se signaler, principalement avec l’accession au siège épiscopal de Strasbourg vers l’an 1000 de Werner de Habsbourg nommé par l’empereur Otton III.

.Hermann III ( ?-1012) duc de Souabe et duc d’Alsace de 1003 à 1012

Fils d’Hermann II. En 1012, à la mort d'Hermann III de Souabe, le titre de duc d'Alsace est définitivement supprimé, et l’Alsace est redivisée en deux comtés (Nordgau et Sundgau) qui font partie du duché de Souabe.

.Ernest Ier ( ?-1015) duc de Souabe de 1012 à 1015.

Fils cadet de Léopold Ier, margrave d'Autriche.

En 1012, l’empereur Henri II, roi des Romains lui donne le duché de Souabe suite au décès sans héritier d’Hermann III. Dans le but de se rendre légitime le nouveau dirigeant se marie à Gisèle, épouse en premières noces du comte Brunon Ier de Brunswick, la sœur ainée d’Hermann. Ernest et Gisèle ont deux enfants, Ernest II et Hermann IV.

.Ernest II (1010/1013 -1030) duc de Souabe de 1015 à 1030

Sa mère Gisèle de Souabe se remarie en troisièmes noces en 1016 avec Conrad II le Salique roi de Francie Orientale(Germanie)

En 1025, Ernest âgé d'environ une quinzaine d'années, entre en rébellion contre son beau-père Conrad, fils de l’empereur Henri II. Cependant, il est battu en 1026 et se rend. Il participe alors à l'expédition italienne de son beau-père de 1026 à 1027. Une fois en Italie, Conrad renvoie Ernest en Souabe. Mais lorsqu’ Ernest arrive, il se joint à nouveau à la révolte contre le roi. Mais le manque de soutien de l'aristocratie régionale le conduit une fois de plus à la défaite. Il est contraint de se rendre et est emprisonné. Gisèle, prise entre deux feux réussit à obtenir que son fils ne soit pas totalement humilié. Le titre de Duc est conservé à celui-ci. En mars1027, est couronné empereur. À ce moment à la suite des requêtes de son demi-frère Henri et de sa mère, Ernest peut être libéré, sans toutefois recouvrir l'intégralité de ses droits. À la Diète d'Empire de la Pâques 1030, Ernest se voit proposer de nouveaux droits uniquement à condition qu'il accepte de sévir contre les ennemis du roi. C'est là son ultime chance. Son refus, motivé probablement par la présence dans l'autre camp de son vieil ami Werner von Kybourg/Kyburg, signe sa déchéance. Le titre de duc lui est retiré. Peu de temps après lors d'une bataille contre l'évêque de Constance, les deux amis meurent. Le duché de Souabe passe sous la direction de son jeune frère Hermann IV.

.Hermann IV ( ?-1038) duc de Souabe de 1030 à 1038

Frère du précédent second fils d'Ernest Ier et de Gisèle.

En janvier 1037, son beau-père, l'Empereur Conrad II le marie à Adélaïde de Suse.

.Henri Ier ( ?- 1045) duc de Souabe de 1038 à 1045

Fils de l’empereur Conrad II et futur empereur Henri III en 1046.

.Otton II de Souabe ( ?-1047) comte palatin de Lorraine (1034-1045), puis duc de Souabe de 1045 à 1047

Fils d'Ezzo de Lotharingie et Mathilde, fille de l'Empereur Otton II.

.Otton III ( ?-1057) duc de Souabe de 1048 à 1057

Fils d'Henri de Schweinfurt, landgraf du Nordgau, Il est l'un des plus puissants princes de la Franconie orientale et investi par l’empereur Henri III.

.Rodolphe de Rheinfelden (vers 1025 - 1080), duc de Souabe de 1057 à 1079 et antiroi des Romains de 1077 à 1080

Fils du comte Kuno de Rheinfelden.

En 1057, profitant de la minorité d'Henri IV, alors roi de Germanie, il enlève Mathilde de Franconie, la sœur du roi. Deux ans plus tard, il la demande en mariage, avec succès, et obtient également le duché de Souabe et l'administration du royaume de Bourgogne. Mathilde meurt en 1060, et Rodolphe épouse en 1067 Adélaïde de Savoie (1052-1079), fille d'Othon Ier de Savoie. Deux fois beau-frère d'Henri IV.

Maison de Hohenstaufen

.Frédéric Ier de Staufen (1050-1105) duc de Souabe de 1079 à 1105

Fils de Frédéric de Büren et le premier des Hohenstaufen investi du duché de Souabe.

.Frédéric II de Souabe dit le Borgne (1090- 1147) duc de Souabe de 1105 à 1147

Fils de Frédéric Ier de Souabe et d'Agnès de Franconie. En 1120, Frédéric II de Souabe se marie avec Judith, fille du duc Henri IX le Noir de la puissante famille des Welfs. À la mort en 1125 de son oncle l'empereur Henri V, Frédéric devient candidat pour le titre de roi des romains. Bien qu'il bénéficie du soutien de son plus jeune frère Conrad de Souabe et de plusieurs familles, l’archevêque Adalbert de Mayence tient sa revanche, vieil ennemi des Hohenstaufen réussit à faire élire Lothaire de Supplimbourg et ainsi à écarter les Hohenstaufen du pouvoir. L’empereur Lothaire III de Supplimbourg dès 1125 remplace les comtés du Nordgau et du Sundgau par deux landgraviats et créé la fonction du« Landgraf » qui a pour mission d'assurer à l'empereur les terres contestataires. Il confie le landgraviat de Haute Alsace aux comtes de Habsbourg et celui de Basse Alsace à la famille d’ Hunebourg. En 1127, il s'empare de la ville d’Haguenau pour bien montrer aux Hohenstaufen qui est le maître. La famille de Habsburg/Habsbourg, originaire d’Ottmarsheim, comtes de Sundgau est progressivement éclipsée par les comtes de Dabo/Dagsburg-Egisheim, maîtres du Nordgau. Les empereurs s’appuient sur les évêques, qu’ils nomment, pour régner efficacement. Les landgraves vassaux des ducs de Souabe et d’Alsace tentent de se constituer leur propre réseau de châteaux. Les Hunebourg possèdent depuis le début du XIIème leur château du même nom ; ils y ajoutent une nouvelle place forte, le Grand Arnsberg. Mais l’action des landgraves reste limitée, faute de moyen et faute de temps, car Lothaire de Supplimbourg meurt en 1137. Aussitôt les rivalités se déchaînent. L'Alsace est dévastée lors de la lutte opposant Lothaire III de Saxe à Frédéric II de Hohenstaufen « Le Borgne », duc d'Alsace et de Souabe, tous deux prétendants au trône du Saint Empire Romain Germanique. C’est Conrad III de Hohenstaufen, frère de Frédéric le Borgne, qui devient empereur.

.Frédéric III de Hohenstaufen dit Frédéric Barberousse (1122-1190), duc de Souabe et d’Alsace de 1147 à 1152, empereur romain germanique en 1155 sous le nom de Frédéric Ier, roi de Germanie, roi d'Italie, comte palatin de Bourgogne.

Neveu de l’empereur Conrad III et fils de Frédéric le Borgne. Frédéric accède au trône impérial en 1152 et laisse le duché de Souabe à Frédéric IV, fils de son oncle l’empereur Conrad III.

.Frédéric IV de Rothenburg, duc de Souabe de 1152 à 1167

Fils de l'empereur Conrad III.

Dès 1162, la puissante famille des Dabo-Egisheim reprend l’offensive contre les Hohenstaufen. En 1164, Frédéric Ier, dit Barberousse, rédige la charte d’Haguenau, qui octroie à la cité un certain nombre de droits et privilèges, et fait de la ville son lieu de résidence favori.

.Frédéric V de Hohentaufen, duc de Souabe de 1167 à 1170

Fils ainé de l’empereur Frédéric Barberousse et de la comtesse de Bourgogne Béatrice Ière.

En 1168 Hugues VIII de Dabo-Eguisheim détruit le château de Horbourg près de Colmar, provoquant la fureur de son père Frédéric Barberousse. En représailles, le château de Guirbaden est détruit par les troupes de l'empereur la même année. A côté des deux puissantes familles d’Alsace, apparaissent de nouveaux puissants : dans le Sundgau, les comtes de Ferrette, une branche de la puissante famille des Montbéliard sont les nouveaux maîtres de la région en leurs châteaux d’Altkirch, de Ferrette, du Liebenstein, de Morimont

.Frédéric VI de Hohenstaufen (1167- 1191), duc de Souabe de 1170 à 1191

Frère du précèdent et troisième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne et frère d’Henri VI. Baptisé Conrad, il prend le nom de Frédéric en 1170 à la mort de son frère. Frédéric se marie avec la princesse Constance de Hongrie, mais ils n'ont aucun descendant.

.Conrad II de Hohenstaufen (1173-1196), duc de Souabe de 1191 à 1196, duc de Rothenbourg Cinquième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire, frère du précédent et du futur Henri VI.

.Philippe de Hohenstaufen (1177-1208) duc de Souabe de 1196 à 1208, marquis de Toscane, empereur Philippe Ier en 1198

Huitième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne.

En 1197 il épouse Irène Ange de Constantinople (1172-1208), fille de l'empereur romain d’Orient Isaac II Ange, qui lui donne sept enfants dont trois meurent en bas-âge :

.Béatrice épouse en 1212 le futur empereur germanique Othon IV de Brunswick, et meurt la même année ;

.Cunégonde (1200-1248) épouse en 1224 le roi Venceslas Ier de Bohême ; .Marie (1201-1235) épouse le duc Henri II de Brabant ;

.Élisabeth (1202-1235) épouse en 1219 le roi Ferdinand III de Castille et de Léon.

La lutte qu'il soutient pour être élu à la dignité impériale hâte la dissolution du duché de Souabe; pour acheter des appuis, il distribue presque toutes ses terres.

.Frédéric VII de Hohenstaufen (1194-1250) duc de Souabe de 1208 à 1219 puis empereur Frédéric II en 1220

Dès 1210, Frédéric fait alliance avec le duc Frédéric de Lorraine auquel il promet 4 000 marks pour son aide contre Otton de Brunswick. Cette alliance lui permet de reprendre Haguenau.

.Henri II de Hohenstaufen, duc de Souabe de 1219 à 1235 Fils du précédent ; après sa rébellion, l’empereur Frédéric II investit son fils cadet Conrad. Le père et le fils doivent compter avec l’ambition dévorante des évêques de Strasbourg. En effet Gertrude d’Eguisheim Dabo se remarie en 1220 avec Thiébaud IV de Champagne contre le gré de Frédéric II, mais en 1222 le divorce est prononcé sous prétexte de stérilité de l’épouse et l’année suivant Gertrude se marie avec Simon de Linange pour décéder en 1225 sans descendance au château de Herrenstein. L'évêque de Strasbourg, Berthold de Teck, revendique aussitôt l'héritage, déclenchant une longue guerre de succession entre les prétendants à l'héritage, parmi lesquels les comtes de Ferrette ne sont pas les moins puissants. Le conflit va durer 15 ans : l’évêque Berthold de Teck se fait céder par Simon de Linange le Guirbaden, rachète également les parts du Haut-Eguisheim aux margraves de Bade et en 1228 bat le comte Frédéric II de Ferrette à Blodelsheim avec l’aide d’Albert de Habsbourg, son bailli.

.Conrad III de Hohenstaufen (1228- 1254), duc de Souabe de 1235 à 1254 , roi des Romains de 1237 à 1254, roi de Sicile de 1250 à 1254, roi de Jérusalem de 1228 à 1254,

Fils de Frédéric II et de Yolande de Brienne, il épouse Élisabeth de Bavière en 1246. Ils ont un fils, Conradin (1252-1268), futur duc de Souabe Devenu roi des Romains, il transmet le duché à son fils Conrad. Dès 1245 Henri de Stahleck, nouvel évêque de Strasbourg, se proclame administrateurs des biens impériaux en Alsace et se rue sur le domaine castral des Hohenstaufen. En peu de temps, le réseau fortifié de l’évêque de Strasbourg est extrêmement puissant : Haut-Barr, Dachstein, Molsheim, Guirbaden, Bernstein, Rouffach, Kaysersberg, Ringelstein, Illwickersheim, Zellenberg, Jungholtz, Rhinau, Soultz, La Petite-Pierre, Wineck, Honack, Thann et le Kronenburg est rasé.

À la suite de la mort de l'empereur Frédéric II le 13 décembre 1250, le pouvoir impérial se trouve affaibli face à la papauté. La papauté trouve d'ailleurs un champion contre les successeurs de Frédéric dans la personne de Charles Ier d'Anjou. Ce dernier est investi du Royaume de Sicile par le pape en 1266, au détriment des mêmes successeurs de Frédéric II, également rois de Sicile. D'autre part, l'héritier légal de l'Empire, Conrad IV, fils de Frédéric, meurt en 1254 ne laissant que son fils Conradin âgé de 2 ans pour lui succéder. Ceci divise les électeurs sur le choix d'un nouvel empereur. Ils hésitent entre Richard de Cornouailles, beau-frère de Frédéric II et Alphonse X de Castille. Le pape s'oppose toutefois à ces deux prétendants. Par ailleurs, Guillaume de Hollande a déjà été déclaré anti-roi en 1248. Devant l'impasse, le pape propose la couronne au roi de Bohême, Ottokar II. D'autres prétendants se font connaître: le duc de Bavière, Louis de Wittelsbach et même le roi de France Philippe III.

.Conrad IV (1252- 1268) dit Conradin ou Conrad de Hohenstaufen, duc de Souabe de 1254 à 1268, roi de Sicile et de Jérusalem de 1254 à 1268.

Cet héroïque enfant est à la fois le dernier des Hohenstaufen et le dernier duc de Souabe.

En 1268, le duc Conrad rIV repartage l’Alsace en deux : au nord le landgraviat de Nordgau ou Basse-Alsace, est confié aux Dagsburg/Dabo-Egisheim ; au sud les Habsbourg restent investis du Sundgau. À sa mort, sans héritiers en 1268, la lignée des Hohenstaufen s'éteint et le duché de Souabe se désintègre en plusieurs comtés, villes et abbayes libres. Dans tout l’empire, l’autorité impériale s’efface devant la noblesse locale. Les deux landgraviats sont supplantés par les comtes de Pfirt/Ferrette au sud et de Fleckentein et Lichtenberg au nord ainsi que par l’évêque de Straßburg/Strasbourg. Le Nordgau se morcelle le plus.

.Landgraviat/comté du Sundgau (Thann, Belfort, Ferrette, Altkirch)

Landgraf de Sundgau :

.Adalbert ou Albert III Le Riche (1138-1199) comte de Habsbourg, landgraf/comte de Sundgau de 1186 à 1199.

Fils de Werner III comte de Habsbourg. Comme son père, il est dans le camp des gibelins. Son fidèle soutien à la famille Hohenstaufen lui vaut de recevoir de Frédéric Barberousse en 1186 le Landgraviat du Sundgau. Il participe aux côtés de ce dernier à la troisième croisade de 1188-1191.

.Rodolphe I ou II L'Ancien ou Le Paisible, comte de Habsbourg, landgraf/comte de Sundgau, seigneur de Lauffenbourg, de 1199 à 1232.

Fils du précédent.

.Albert IV Le Sage (1188-1240), comte de Habsbourg, landgraf/comte de Sundgau de 1232 à 1240.

Fils du précédent.

.Rodolphe III (1218- 1291), comte de Habsbourg, landgraf/comte de Sundgau, comte de Klettgau 1240-15/07/1291, comte de Kybourg 1260-15/07/1291, empereur Rodolphe Ier en 1273

Frère du précédent.

.Albert II (1255-1308), duc d’Autriche et de Styrie, landgraf/comte de Sundgau, empereur (Albert Ier) en 1298

Fils du précédent.

.Albert III d’Autriche (Habsbourg) dit le Sage (1298-1358) duc d’Autriche de 1330 à 1358, landgraf / comte de Sundgau de 1324 à 1358

Fils d'Albert Ier et d'Élisabeth de Tyrol; Il épouse en 1324 Jeanne de Ferrette, héritière du comté de Ferrette.

La région devient ainsi les « Pays antérieurs autrichiens (Autriche antérieure) », administrés depuis Ensisheim par un grand bailli, et divisés en quatre bailliages (Landser, Thann, Altkirch et Ferrette). L’Autriche Antérieur désigne alors les possessions territoriales des Habsbourg en Bade, Souabe, Sundgau et Vorarlberg .Rodolphe IV (1339-1365), duc d’Autriche, de Styrie, de Carinthie, landgraf /comte de Sundgau de 1358 à 1365 Fils du précédent.

.Albert III (1349-1395), duc d’Autriche de 1365 à 1395, landgraf / comte de Sundgau de 1365 à 1379

Troisième fils d'Albert II.

Il hérite du patrimoine des Habsbourg conjointement avec son frère Léopold III après la mort de leur frère aîné Rodolphe IV. Le 9 septembre 1379, les deux frères se partagent leurs possessions au traité de Neuberg : Albert conserve l'Archiduché d'Autriche tandis que Léopold est désormais maître de l'Autriche intérieure (duchés de Styrie, Carniole et de Carinthie) et de l'ensemble des propriétés de la famille au Tyrol ainsi que de l’Autriche antérieure /Vorderösterreich ou Vorlande ( possessions territoriales des Habsbourg en Bade, Souabe, Vorarlberg et Alsace avec le Sundgau et notamment Ensisheim qui est la capitale de l'Autriche antérieure).

.Léopold III (1351-1386) duc d'Autriche de 1365 à 1379, duc de Styrie et de Carinthie de 1365 à 1386, landgraf /comte de Sundgau de 1379 à 1386

Fils du précédent.

.Léopold IV (1371-1411), duc d’Autriche Antérieure, comte de Tyrol, landgraf/comte de Sundgau de 1386 à 1406

Fils du précédent.

.Catherine de Bourgogne (1378-1425),

Fille du duc de Bourgogne Philippe le Hardi et de Marguerite III de Dampierre, comtesse de Flandre, de Bourgogne, de Nevers et de de Rethel.

Son père Philippe, qui entend, renouer l'alliance avec l'Autriche conclut, dès septembre 1387, un traité de mariage entre Léopold IV de Habsbourg et sa fille Catherine de Bourgogne, mariage qui ne survient cependant que le 15 août 1392. Cette première union de la Maison de Habsbourg et de la Maison de Bourgogne marque le point de départ d'une politique d’alliance entre ces deux Maisons. Catherine administre le Sundgau jusqu’à sa mort en 1425. Le couple meurt sans enfant.

.Frédéric IV (1382-1439) duc d'Autriche antérieure, landgraf /comte de Sundgau de 1402 à 1439, comte de Tyrol de 1406 à 1439

Dernier fils de Léopold III et de Viridis Visconti, fille du duc de Milan, Barnabé Visconti.

En 1406, il épouse en premières noces Élisabeth de Bavière-Palatinat, fille du roi des Romains Robert III. Veuf, il se remarie en 1410 avec Anne de Brunswick, fille du duc Frédéric Ier de Brunswick-Lunebourg. Sous son règne, le Landgericht de Sundgau s’installe à Ensisheim en 1429.

.Sigismond d'Autriche (1427 -1496) duc puis archiduc d'Autriche Antérieure, landgraf /comte de Sundgau de 1439 à 1496, régent du Tyrol de 1446 à 1490.

Fils de Frédéric IV et Anna de Braunschweig ; Il est de ce fait un cousin de l’empereur Frédéric III

En 1468, Sigismond de Habsbourg, duc d’Autriche est contraint de signer le traité de paix de Waldshut suite à la débâcle qu'il subit face aux Mulhousiens et à leurs alliés confédérés suisses. En 1469, au traité de Saint-Omer, il vend avec droit au rachat ses territoires sur le Rhin et en Alsace à Charles le Téméraire. Les sources ne sont pas claires, quant à savoir s'il les vendit à cause des dettes accumulées par son style de vie luxueux, ou s'il les a seulement gagés, parce qu'il voulait qu'ils fussent mieux protégés contre l'expansion de la confédération helvétique. En tout état de cause, il demande à les racheter. La gestion de ces territoires de la part du représentant du duc de Bourgogne, le bailli Pierre de Hagenbach, les conséquences économiques et la perte des privilèges qui en résultèrent pour les villes alsaciennes et les villes alliés suisses, mettent en révolte les territoires du Haut-Rhin. Après le refus de Charles de lui rendre d’Alsace, il pactise avec le roi Louis XI, qui le finance pour les récupérer par les armes. En 1477, l’empereur Frédéric III le fait archiduc.

.Maximilien d’Autriche (1459-1519) archiduc d’Autriche antérieure et landgraf de Sundgau de 1496 à 1499, empereur de 1508 à 1519

Fils de Frédéric III et d'Aliénor du Portugal, Maximilien épouse en 1477 la duchesse Marie de Bourgogne, seule enfant et héritière de Charles le Téméraire, de ses titres et possessions.

Par ce mariage, Maximilien devient maitre des Pays-Bas bourguignons et du comté de Bourgogne (Franche-Comté), tandis que la France s'empare du duché de Bourgogne, de la Picardie et du comté de Boulogne, lesquels sont détachés de l'héritage du Téméraire. Maximilien Ier renforce le pouvoir des Habsbourg dans le Landgraviat de Sundgau en installant à Ensisheim un Grand-Bailli en 1510. Au XVI° siècle le Sundgau est moins morcelé que le Nordgau à cause de l’héritage des Ferrette passé aux mains des Habsbourg, la Haute Alsace est partagée entre quelques grands seigneurs et de puissants dignitaires ecclésiastiques :

-La maison des Habsbourg possède le Sundgau (seigneuries de Ferrette, Altkirch, Thann, Rougemont, Belfort, Ensisheim, Cernay, Bollwiller) jusqu'aux portes de Colmar, la seigneurie de Hohlandsbourg (acquise en 1563 par le baron Lazare de Schwendi), Kientzheim et le Val de Villé. Mais beaucoup de ces seigneuries sont engagées à différents nobles. Le pays est administré par un Landvogt, auquel est adjoint en 1523 une régence civile et judiciaire installée à Ensisheim, et en 1570 une chambre des finances.

-Les seigneurs de Ribeaupierre dont le domaine s'étend de Sainte Marie à la Vallée de Munster.

-Les seigneuries ecclésiastiques sont celles de l'abbé de Murbach (Vallée de Guebwiller et de Saint Amarin), celles de l'abbé de Munster et celles de l'évêque de Strasbourg (Mundat supérieur avec Rouffach).

-les comtes de Wurtemberg régissent le pays de Montbéliard et la région de Riquewihr et Horbourg.

.Charles de Habsbourg (1500-1558) archiduc d’Autriche antérieure et landgraf /comte de Sundgau de 1499 à 1520, empereur Charles Quint de 1519 à 1556

Petit-fils du précédent ; fils de Philippe le Beau et de Jeanne dite la Folle reine de Castille.

. Ferdinand Ier de Habsbourg, (1503 -1564), archiduc d'Autriche et terres adjacentes, landgraf /comte de Sundgau en 1520, roi de Hongrie et de Bohême en 1526, roi des Romains en 1531), puis nommé par son frère Charles Quint, après son abdication (16 janvier 1556), empereur le 14 mars 1556

Frère de Charles Quint.

.Rodolphe II de Habsbourg (1552 - 1612), archiduc d’Autriche, landgraf de Sundgau, de 1576 à 1596, roi de Bohême et roi de Hongrie, empereur de 1576 à 1611

Fils de l’empereur Maximilien II et de Marie d'Espagne, fille de l’empereur Charles Quint.

.Ferdinand de Tyrol

.Mathias (1555-1619) Archiduc d’Autriche Antérieure et landgraf de Sundgau de 1595 à 1612, empereur de 1612 à 1619

En 1595, l'archiduc Ferdinand de Tyrol meurt sans héritier mâle légitime. La loi salique veut que ce soit Rodolphe, fils aîné du frère aîné de Ferdinand, qui prenne sa succession; mais Rodolphe devenu l’empereur Rodolphe II en 1576 permet que ce soit son frère Matthias, époux de la seule fille légitime de Ferdinand, qui monte sur le trône d’Autriche antérieure /Vorderösterreich qui inclut le duché de Tyrol, la principauté de Vorarlberg en Autriche, le Sundgau en Alsace, les margraviats de Burgau et Brisgau en Allemagne, l’Aargau (berceau des Habsbourg en Suisse), etc.

.Maximilien III d’Autriche ou de Habsbourg (1558-1618) Archiduc d’Autriche Intérieure de 1593 à 1595 et d’Autriche Antérieure, landgraf/ comte de Sundgau de 1612 à 1618, Gouverneur du Tyrol de 1602 à 1618, Grand-Maître de l’Ordre Teutonique de 1590 à 1618

Fils de l'empereur Maximilien II de Habsbourg et de Marie d'Espagne et frère des empereurs Rodolphe II et Matthias Ier.

En 1612, Maximilien renonce à sa candidature comme roi et empereur contre son frère aîné Matthias, et en 1617, contre son neveu Ferdinand III.

.Léopold V d'Autriche-Tyrol (1586- 1632) Archiduc d’Autriche antérieure, landgraf / comte de Sundgau, gouverneur du Tyrol de 1619 à 1632, évêque laïc des diocèses de Passau en Bavière et de Strasbourg jusqu'en 1625.

Fils de l'archiduc Charles II d'Autriche-Styrie et de son épouse Marie-Anne de Bavière, fille du duc Albert V de Bavière ; frère puîné de l'empereur Ferdinand II. En 1619, à la mort de Maximilien III, il en hérite et devient archiduc d’Autriche antérieure.

.Ferdinand-Charles d'Autriche (1628 -1662) archiduc d'Autriche antérieure, landgraf / comte de Sundgau de 1646 à 1648, comte de Tyrol de 1646 à 1662.

Fils du précédent.

En 1648, l’empereur Ferdinand III doit signer les traités de Westphalie et Münster avec la France par lesquels les Habsbourg renoncent à la partie de l’Autriche Antérieure constituée par leurs possessions d’Alsace donc du Sundgau.

a.Comté de Ferette/ Grafschaft Pfirt (Seigneurie de Ferrette, seigneurie de Belfort (Rosemont-Giromagny, Delle, Florimont, Montreux, Grand-villars, Rougemont), de Morimont, Seigneurie d'Altkirch, Baronnie de Brunstatt, Seigneurie de Thann (bailliages de Burnhaupt. et Trauhach), Seigneurie d'Issenheim, Seigneurie de Delle.

Le comté de Ferrette crée sous les carolingiens, dépend ensuite du second royaume de Bourgogne, avant d'être réuni à l'Alsace, en 1032, après la mort de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne. Le comté de Ferrette devient une partie du Sundgau.

Maison de Mousson

Vers le milieu du XI siècle, Henri III, fils de Conrad II, constitue au nord de la Bourgogne un état comprenant Montbéliard, Ferrette et Altkirch qu'il donne à Louis de Mousson (mort en 1065), comte de Bar, gendre du duc de Lorraine par mariage avec Sophie de Lorraine.

.Louis de Mousson ( ?- 1065)

.Thierry Ier (1045 - 1105), comte de Montbéliard, de Bar, de Mousson, d'Altkirch et du comté de Ferrette.

Fils du précédent.

Thierry épouse en 1065 Ermentrude de Bourgogne, fille de Guillaume Ier de Bourgogne et d'Étiennette de qui il a :

-Thierry II de Montbéliard, (1081 - 1163), comte de Montbéliard,

-Louis, qui part en croisade, revient en 1102 et est assassiné en 1103, -Frédéric Ier -Renaud Ier de Bar (1090 - 1150), comte de Bar et seigneur de Mousson,

-Étienne de Bar (? - 1162), évêque de Metz,

-Guillaume, mort avant 1105,

-Hugues, cité en 1105, probablement religieux, car il ne bénéficie pas du partage des possessions de son père,

-Gunthilde, (? - 1331), abbesse de Biblisheim, -Agnès (1082/1087- 1176), comtesse de Langenstein ou Langstein (Pierre-percée) et de Salm.

.Frédéric Ier ( ?-1160), comte de Ferrette et d’Altkirch de 1125 à 1160

Les deux fils de Thierry Ier gouvernent ensemble l'héritage. En 1125 ils partagent leur domaine. Frédéric Ier prend le titre de comte de Ferrette et Thierry II celui de comte de Montbéliard. Le pays de Belfort se trouve dans le comté de Montbéliard et sert de frontières avec le domaine de Ferrette. Le domaine de Frédéric Ier de Ferrette comprend une grande partie de Sundgau, Il épouse en premières noces en 1111 Petrissa ou Pierrette de Zähringen (? - 1115), fille de Bertold II, duc de Zähringen et de Souabe, et d'Agnès de Rheinfelden, fille de Rodolphe de Rheinfelden, puis en secondes noces Étiennette ou Stéphanie de Vaudémont, (? - 1160/88), fille de Gérard Ier, comte de Vaudémont, et d'Hedwige d'Eguisheim. Après le décès de son beau-frère, Hugues Ier de Vaudémont, il hérite d'une partie des terres d'Eguisheim. Il participe activement au gouvernement de l'Empire.

.Louis ( ?-1190), comte de Ferrette et d’une partie d’Eguisheim de 1160 à 1190

Fils du précédent. Il accompagne l’empereur Frédéric Barberousse à la troisième croisade au cour de laquelle il décède.

.Ulrich 1er, comte de Ferrette et de Sogren de 1190 à 1197

Assassiné par le comte palatin Othon de Bourgogne. .Frédéric II, comte de Ferrette et de Sogren de 1197 à 1233 Fils de Louis et donc petit-fils de Frédéric Ier de Ferrette ; il a deux fils Ulrich et Louis.

.Ulrich II, comte de Ferrette et de Sogren de 1233 à 1275, Landvogt d’Alsace

Fils du précédent.

Ulrich se voit confier le Landvogt ou bailliage d'Alsace par le jeune empereur Frédéric II. Ce titre le place presque à égalité du Landgraf car il ne dépend pas de lui. Des tensions s'élèvent en ce XIII° siècle entre les comtes de Montbéliard et ceux de Ferrette pourtant parents. La cause en est la mauvaise délimitation des deux territoires du côté de Belfort où le comte de Montbéliard fait élever un château à Delle, en réponse à celui de Ferrette. Il faut l'intervention du cardinal Conrad d'Urach, beau-frère de Frédéric II, pour aplanir les difficultés et convenir d'un traité d'alliance le 15 mai 1226 symbolisé par le mariage de Thierry III de Montbéliard avec Adélaïde de Ferrette. Les deux parties décident aussi que Frédéric abandonne au comte de Montbéliard le château de Montfort (bâti sur la colline de la Miotte à Belfort) et l'avouerie de Delle. Cette querelle à peine réglée une autre s'élève avec l'évêque de Strasbourg, Berthold Ier de Teck, parent lui aussi des comtes de Ferrette par la maison de Zähringen. Ce prélat veut reprendre ses biens dans la maison de Dabsbourg et se heurte aux refus de la maison de Lignange ; aussi il met le siège devant Eguisheim s'attirant par la-même la colère des comtes de Ferrette qui ont des biens dans cette ville. Alors que la guerre fait rage l'évêque s'avance jusqu'à Vieux-Breisach. Le comte de Ferrette est mis en déroute. Le 15 janvier 1271 le comte Ulrich, avec l'accord de son fils Théobald vend à l'évêque de Bâle : "l'église, le château et la ville de Ferrette, le château de Sogren, Blochmont, Lœwenbourg, Mœrsperg, Liebstein, le château et la ville d'Altkirch, Ammertzwiler, Spechbach, Hohennach, Wineck, la courtine de Cernay et ses attenances tant au-dessus qu'au-dessous de la ville, avec ses juridictions et districts et tous les droits, de même que ses vassaux et ministériels, ainsi que les courtines de Dirlinsdorf, de Bouxwiller, de Riespach, d'Altkirch avec les mairies qui en dépendent ; Spechbach, Ammertzwiler, Burnhaupt, Schweighausen, les villes de Thann et de Dannemarie, avec les hommes, les avoueries, les mairies, les vignes, les champs, les prés, les pâturages, les forêts, les eaux et cours d'eau, les moulins, les étangs, les lieux cultivés et incultes, les districts, honneurs, juridictions et toutes les dépendances quelconques et droits de propriétés appartenant au vendeur, de quelle nature qu'ils soient, excepté le château de Schœnenberg et la courtine d'Ilfurt, pour la somme de 850 marcs d'argent, et que lui et son fils Théobald reprennent aussitôt ces biens en fief de l'église de Bâle, lui promettant solennellement que ni lui ni ses successeurs n'aliéneraient ces domaines en sorte de prejudicier à l'église de Bâle, sous peine d'excommunication". Il devient ainsi le vassal de l’évêque de Bâle.

.Thiébaut/Theobald, comte de Ferrette de 1275 à 1315

Fils du précédent.

Esprit guerrier, Il connaît beaucoup de déboires. Il prend parti pour Adolphe de Nassau dans la guerre qui l'oppose à Rodolphe de Habsbourg pour l’obtention du trône impérial. .Ulrich III ( ?- 1324) comte de Ferrette et seigneur de Rougemont et de Belfort de 1315 à 1324 Il reçoit en dot, de son épouse Jeanne de Montbéliard, les seigneuries de Rougemont et de Belfort. A défaut d'héritier mâle, c'est sa fille Jeanne qui lui succède à la tête du comté en 1324 ; c'est la fin des comtes de Ferrette et l'entrée du Sundgau dans les possessions des Habsbourg..

Maison de Habsbourg

.Jeanne (1301-1351) comtesse de Ferette de 1324 à 1351

Au décès du comte Ulrich III, sa fille Jeanne en hérite ; elle épouse Albert II d'Autriche, petit-fils de l’empereur Rodolphe de Habsbourg ; ils partent habiter à Vienne d’où il gouverne le comté.

Maximilien de Habsbourg qui épouse en 1477 Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, est descendant de Jeanne de Ferrette, comté dont il porte le titre et qui reste porté par ses successeurs.

Par le traité de Westphalie de 1648, les Habsbourg cède au roi Louis XIV le comté de Ferrette que le roi donne à son ministre le cardinal Mazarin en 1659.

b.seigneurie du Rosemont

Au XI° siècle a lieu la constitution de la seigneurie par Louis de Mousson, comte de Montbéliard. La seigneurie comporte les villages de Chaux, Giromagny, Grosmagny, Lachapelle-sous-Chaux, Lepuix-Gy, Rougegoutte, Sermamagny, Vescemont, Éloie, Essert, Évette-Salbert, Argiésans Banvillars et Urcerey. En 1333, la seigneurie passe au comté de Ferrette.

c. Ensisheim

Entourée de murailles, la petite agglomération d'Ensisheim est citée comme ville « pour la première fois en 1277 au moment où le roi Rodolphe de Habsbourg accorde le droit de fief aux bourgeois d'Ensisheim Devenus landgrafs de Haute-Alsace, les Habsbourg installent un bailli (Landvogt) dans la région et Ensisheim devient, avec le temps, un véritable centre administratif. En 1273, à la fin du grand interrègne, le landgraf Rodolphe de Habsbourg fait ériger une forteresse, le Kœnigsbourg, aujourd'hui disparue. Ensisheim se développe, notamment après le rattachement du comté de Ferrette aux possessions habsbourgeoises. En 1406 et 1415, Ensisheim reçoit la visite de Catherine d'Autriche, fille du duc Philippe de Bourgogne et se voit octroyer divers privilèges. À partir de 1431, le tribunal du langraviat est installé à Ensisheim qui devient le siège de tous les pays aux mains des Habsbourg, de Porrentruy en Suisse à Feldkirch dans le Tyrol, en passant par le Sundgau ferrettois, la seigneurie de Belfort, la seigneurie de Landser, le Brisgau et les Waldstädte, voire le Val de Villé. Engagé au duc de Bourgogne entre 1469 et 1474, Ensisheim reçoit la visite de Charles le Téméraire et devient, lors de son retour à l'Autriche, ville libre d'empire.

d.Seigneurie de Belfort

Maison de Montbéliard

Avec Héricourt, Belfort est partie intégrante du comté de Montbéliard tenu par les sires de Montfaucon. Au décès de Thierry III, dit « le Grand Baron », le comté de Montbéliard, tombe dans l’escarcelle de Renaud de Bourgogne par son mariage en 1282 avec Guillemette de Neufchâtel, seule héritière des biens de Thierry III. Renaud est fils d’Hugues III, sire de Salins, comte de Bourgogne par son mariage avec Alix de Méranie, fille d’Otton II, duc de Méranie, comte palatin de Bourgogne. Il est l’un des frères d’Othon IV comte palatin de Bourgogne. Renaud de Bourgogne et Guillemette de Neufchâtel ont un garçon et quatre filles :

-Othein, ou Othenin de Montbéliard, un garçon handicapé mental, décédé en 1339,

-Agnès (Agnès de Montbéliard), qui épouse Henri de Montfaucon. -Jeanne, qui épouse Ulrich III, comte de Ferrette, puis Rodolphe de Hesse, margrave de Bade, et en 3e noces, le comte Guillaume de Katzenellenbogen (elle décède en 1349). -

-Marguerite, qui épouse Guillaume d'Antigny, sire de Sainte-Croix.

-Alix, qui épouse Jean II de Chalon-Auxerre.

Ayant toujours besoin d'argent pour mener sa guerre contre l'Empereur Rodolphe Ier, il affranchit la ville de Belfort en 1307, moyennant 1000 livres ''estèvenantes'', somme qu'il avait exigée 24 ans plus tôt des bourgeois de Montbéliard. Le 1 septembre 1314, Renaud rédige un testament qui prévoit la succession de ses biens au profit de son épouse, mais elle décède quelques années plus tard. En 1321, peu avant sa mort, il modifie son testament ; ses biens iront cette fois au profit de ses enfants. Par ailleurs, Othenin, handicapé mental, sera mis sous tutelle en cas d'incapacité de celui-ci à lui succéder. Ce sera Hugues de Bourgogne, le plus jeune frère de Renaud, qui en sera le tuteur et devient pendant 5 ans le régent du comté. Car si cinq ans après le décès de Renaud, Othenin est toujours incapable de gérer les affaires du comté (ce qui fut le cas), alors, le patrimoine sera définitivement partagé entre les enfants, mais le comté de Montbéliard subviendra aux besoins de son fils jusqu'à la fin de ses jours. Othenin meurt 17 ans après son père. Au décès d'Hugues de Bourgogne vers 1330, Agnès, troisième fille de Renaud et mariée à Henri de Montfaucon hérite du comté de Montbéliard. Jeanne, l'aînée de l'hoirie, reçoit Belfort. C’est le début du démembrement du comté de Montbéliard, car Belfort tombe d'abord dans l'escarcelle des comtes de Ferrette, puis, vers 1360, dans le domaine autrichien des Habsbourg. Renault meurt en 1322, et toutes les dispositions testamentaires sont confirmées. Belfort doit échoir à Jeanne de Montbéliard, épouse du Comte de Ferrette Ulric III. Lors d’un premier partage, Belfort revient donc de facto, à Jeanne de Montbéliard. Mais son époux Ulrich III décède en 1324, et le couple ne laisse que des filles, dont l’aînée, Jeannette, qui épouse presque aussitôt le duc Albert II d’Autriche. Ce mariage unit le comté de Ferrette aux domaines alsaciens des Habsbourg. L’affaire se complique avec les remariages successifs de sa mère, Jeanne de Montbéliard, d’abord avec Rodolphe Hesse, margrave de Bade, puis avec Guillaume de Katzenellenbogen. Lors du partage définitif des biens de la Maison de Montbéliard par le traité de Granges en 1332, Jeanne qui règne depuis le décès de son époux sur le comté de Ferrette détient officiellement Belfort, Grandvillars, Héricourt, Rougemont ; le comté de Montbéliard se trouve donc démembré en deux parties. L’autre partie revient à Agnès, sa sœur cadette, la troisième fille de Renaud, qui a épousé Henri de Montfaucon (il deviendra comte de Mon en 1338 au décès de son beau-frère Othenin). Jeanne, qu'on appelait « la Dame de Belfort » meurt en 1350, mais ses remariages ont donné lieu à de nombreux enfants qui ont des droits, et les affaires qui concernent la succession de ses biens font l’objet de nombreuses chicanes ; l’écheveau s’avérer long et difficile à démêler. Finalement, ce n’est que vers 1360 que Belfort se trouve intégré définitivement dans l’ensemble des possessions des Habsbourg. Maison de Habsbourg Les Habsbourg détiennent le titre de Landgraf/comte de Haute-Alsace (Sundgau), et possèdent les baillages de Landser et d'Ensisheim, ainsi que des biens à Hirsingue, Seppois et Lutterbach. Les terres d'Alsace de Haute Alsace ou Sundgau et celles du Brisgau forment les Pays Antérieurs Autrichiens administrés depuis Ensisheim par le grand bailli ou Landvogt, assisté de conseillers choisis par les nobles locaux. Le Sundgau regroupe alors quatre bailliages : Landser, Thann, Altkirch et Ferrette. Cependant 135 localités sur les 351 de l'Alsace autrichienne sont administrées directement par leurs seigneurs qui les tiennent en fief des Habsbourg. Ces seigneurs-engagistes constituent une sorte d'élite au sein des quelques dizaines de familles nobles possessionnées dans le Sundgau. Pour avoir prêté de l'argent au duc d'Autriche, ils obtiennent "en gage" les revenus de villes ou de baillages Belfort est menacée par plusieurs invasions venues de France. En janvier 1365, les villes d'Empire décident que 400 soldats seront placés à Belfort. Les grandes compagnies conduites par Arnaud de Cervole parcourent l'Alsace du nord au sud et se retirent par la porte de Bourgogne. Quelques années plus tard, l'Alsace fait face aux menées d'Enguerran de Coucy qui cherche un territoire au détriment des ducs d'Autriche en alléguant des droits de succession. Les Habsbourg s'emparent d'Héricourt et se saisissent de la part de Belfort dévolue à la comtesse Adélaïde. En seconde noce, celle-ci a épousé le comte Walraf IV de Thierstein et s'attache à ses droits. Vers 1373, Belfort se trouve dans les mains d'Adélaïde et de Walraf qui se réclament de la suzeraineté lorraine. En 1374, des concentrations des troupes de "Welsches" aux abords de la ville, portent à croire que ce sont des renforts de Walraf. Pour le duc Léopold III, ce danger exige une réplique : commandés par le comte Rodolphe de Habsbourg-Lauffenburg, un parent du duc d'Autriche, les vassaux d'Alsace et de Brisgau, et leurs alliés bâlois et strasbourgeois pénètrent dans la Porte de Bourgogne. Leurs objectifs sont Florimont, Belfort et Héricourt. Belfort est prise en 1374, le comte Rodolphe assure l'occupation avec ses propres troupes dont le commandement est donné au noble Guillaume de Roppe. La situation reste confuse. L'automne suivant, de Coucy et ses routiers anglais reprennent l'Alsace du sud, Léopold se réfugie à Breisach. Belfort est reprise. En janvier, février 1376, les bandes anglaises refluent après avoir été défaites par les Confédérés suisses. La région de Belfort est totalement aux mains de la maison d'Autriche. Après la défaite habsbourgeoise à Sempach qui, le 13 juillet 1386, qui décime la noblesse sundgauvienne, les Suisses constituent une menace terrible aux portes du Sundgau. A la fin du XIVe siècle, le Sundgau est administré avec efficacité par Catherine de Bourgogne, fille du Duc de Bourgogne Philippe le Hardi, sœur de Jean sans Peur, née à Dijon en 1379 et épouse du duc Léopold III de Habsbourg, duc d’Autriche dont elle hérite à sa mort en 1406 ; son beau-frère Frédéric s’empare alors des territoires qu’elle a hérités de son mari ne lui laissant que les seigneuries de Belfort et de Rosemont jusqu'à sa mort en 1426. Alors que jusque-là le siège du gouvernement Habsbourg du Sundgau se trouvait à Ensisheim, elle s’installe à Belfort en 1415 et y reste jusqu’en 1423, date à partir de laquelle, en vertu d’un accord passé avec son beau-frère Frédéric, elle gouverne sous sa tutelle tout le Sundgau. Elle meurt à Gray en 1426. En 1427, Belfort fait face aux attaques du comte Thibaut VIII de Neufchâtel inspiré par le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Depuis 1430, l'Autriche s'est alliée au roi de France contre le duc de Bourgogne Philippe le Bon; avant d'avoir pu entrer en campagne, les vassaux de Fréderic IV sont assaillis par l'armée d'Antoine de Vergy. Antoine de Vergy, fils de Jean III de Vergy et de Jeanne de Chalon, est passé du service du roi de France à celui du duc de Bourgogne qui le fait chevalier de la Toison d’or en 1430, et le nomme gouverneur de Bourgogne, de Champagne et de la Brie. En 1431 les Bourguignons parviennent à s'emparer de Belfort, mettant la ville à feu et à sang. En 1444 les "Armagnacs" ou "Ecorcheurs", menés par le dauphin, le futur Louis XI, battent les Confédérés suisses près de Bâle. Puis c'est au tour des Soleurois, bientôt appuyés par les Bâlois d'envahir le Sundgau de 1445 à 1446. En 1446 éclate la guerre des Six deniers. Les Suisses viennent soutenir leur alliée la ville de Mulhouse contre les Habsbourg. Le conflit s'achève en août 1468, mais l'année suivante, le duc d’Autriche, Sigismond de Habsbourg, à court d'argent, engage ses terres d'Alsace au duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Le grand bailli de celui-ci, Pierre de Hagenbach, rend paix et sécurité au pays, mais il se heurte aux villes et aux nobles. Aussi en 1474, lorsque le duc Sigismond d'Autriche rachète les terres engagées, Pierre de Hagenbach est pris et après un procès sommaire, décapité à Breisach. Son frère Etienne le venger en dévastant quelques villages de la Largue avec des troupes bourguignonnes. C’est le début des guerres de Bourgogne qui se termine certes par la mort en 1477 de Charles Téméraire mais aussi par le mariage la même année de sa fille unique Marie de Bourgogne au duc d’Autriche et futur empereur Maximilien de Habsbourg.

Possessionnés jusqu’alors dans le Sundgau alsacien, les Habsbourg possèdent désormais en plus le comté de Bourgogne ou Franche-Comté et estiment avoir hérité également du Duché de Bourgogne. Après la guerre de Souabe en 1499, l'hostilité entre Sundgauviens, loyaux sujets des Habsbourg et Suisses fait place à une certaine indifférence. Le Sundgau, malgré la proximité de Mulhouse et de Bâle, n'est pas touché par la Réforme et reste fidèle à la religion catholique de ses maîtres, les Habsbourg. Ferdinand I de Habsbourg, seigneur direct de Belfort, qui a succédé à son frère Charles-Quint comme empereur, décède en 1564. C'est son fils, Ferdinand, qui lui succède en Alsace. La peste sévissant à Ensisheim, il se fixe à Belfort. Bien que tant le Sundgau que le comté de Bourgogne soient des terres d’empire leur partage par Charles Quint, va leur donner des sorts momentanément différents ; en effet, le comté de Bourgogne ou Franche Comté est attribué au fils de Charles Quint, le roi d’Espagne Philippe II tandis que le Sundgau est attribué à son oncle Ferdinand Ier, frère de Charles Quint. En 1578, l'archiduc Ferdinand II décide de renforcer ce qu'il désigne comme la "frontière vers la Bourgogne". Il fait livrer des armes et des munitions au bailli de la ville. Ce n'est qu'en 1590 que le château dispose en permanence d'une garnison. Les préparatifs politiques commencent dans les années 1600. L'accession de Léopold V à l'évêché de Strasbourg annonce une sorte d'hégémonie habsbourgeoise sur toute l'Alsace. Lorsque son frère Ferdinand II succède à l'empereur Mathias en 1619, la réaction catholique entre dans la phase active. Les autorités autrichiennes se trouvent démunies face à l'irruption de Mansfed qui commande une armée pour le compte de l'Electeur de Brandebourg, chef des protestants. En 1622, grâce à des troupes locales, Belfort demeure en deuxième ligne, mais ses habitants participent à l'effort militaire. La ville est commandée par Ulric-Guillaume de Landenberg, qui remplace le baron Georges de Welsberg, bailli depuis 1605. En 1625, le baron de Tilly, qui commande une armée de Croates pour le compte de l'empereur, arrive à Belfort. Il se loge au château et répartit son armée dans les villages de la seigneurie, où règne bientôt la disette. Puis une grave épidémie de peste se propage dans la région, qui fait en 1628 de nombreuses victimes. En 1630, la Suède rentre en guerre aux côtés de la ligue protestante. En quelques mois l'armée du roi de Suède Gustave-Adolphe occupe le nord de l'Allemagne le 17 septembre 1631 à Breitenfeld. L’armée impériale est écrasée. Gustave Adolphe poursuit son avancée vers le sud, combattant à plusieurs reprises l’armée impériale reconstituée. Les pays sillonnés sont dévastés, les Suédois atteignant la Franconie, l’Alsace, la Lorraine et en particulier les Trois-Évêchés. En automne 1632, elle réduit les unes après les autres les places fortes autrichiennes. Belfort reçoit une garnison de 300 cavaliers ainsi que deux compagnies de fantassins. Le siège s'engage le 3 janvier 1633, mais la ville capitule deux jours plus tard, dans la confusion générale. Le Rhingrave la confie au colonel Loyen. Les habitants des campagnes, réduits à une extrême misère, à peu près nus et sans pain au cœur de l'hiver, font à l'envahisseur une guerre de partisans qui leur vaut d'atroces représailles. Pour des raisons politiques la ville est cédée au duc de Wurtemberg, une garnison montbéliardaise vient épauler les Suédois. Le duc de Féria qui commandait les Espagnols, au cours du siège du 29 octobre 1633 les déloge. Les Suédois reprennent la ville en mars 1634. En septembre 1634, Pierre Oriel, chef de partisans, sachant que Belfort est mal défendue, s'empare du gouverneur suédois de la ville et en tire rançon. La domination Habsbourg est apparemment rétablie, mais elle est assurée par les Lorrains. En 1635, l'attaque ordonnée par le duc de Rohan, commandant l'armée française échoue, par manque d'artillerie. La garnison lorraine continue à tenir Belfort qui défie Richelieu. Belfort a acquis une valeur symbolique en restant un bastion autrichien. Après la tentative du duc de Rohan, en mai 1635, la Suède cède toute la seigneurie de Belfort au comte de Montbéliard, en remboursement d'un prêt d'argent. Mais la cession ne peut avoir d’effet, car Belfort est réoccupée peu après par les Impériaux. Louis XIII en fait alors don à l'un de ses généraux, le comte Louis de la Suze avec mission de la reprendre. Le comte Louis de La Suze s’établit à Montbéliard, où il est le gouverneur. Il attend le moment favorable pour s'emparer de Belfort. Le 25 juin 1636, après plusieurs assauts le château capitule. Le lendemain, le comte de La Suze entre à Belfort à la tête de ses troupes. Belfort devient française de facto. Le comte de La Suze est le premier seigneur français de Belfort ; il meurt le 25 septembre 1636. Son fils aîné, Gaspard de Champagne, comte de la Suze et marquis de Normanville, prend le titre de seigneur de Belfort et de Delle. Au cours de l'année 1637, les Impériaux parviennent encore à se maintenir dans la plaine d'Alsace. En 1638, Bernard de Saxe Weimar, allié de la France, occupe Breisach. Il meurt en 1639, laissant l'Alsace au français. En 1645, le comte de la Suze épouse Henriette de Coligny, fille du maréchal de Châtillon, qu'il installe à Belfort. Sa sœur Anne épouse le prince Georges de Montbéliard.

Les traités de Westphalie de 1648 accordent à la France les possessions alsaciennes des Habsbourg d’Autriche. Le Sundgau va être annexé à la France.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 14:56

Il ne suffit pas seulement de faire « marcher la planche à billets des dollars, des livres sterlings, des yens et bientôt des euros pour relancer la machine économique mondiale comme le dit le Président de la BCE mais il faut également, comme l’ont répété comme des moutons, les participants au Forum de Davos que les gouvernements fassent des Réformes structurelles.

Il ne peut y avoir de relance économique, de retour à un minimum de croissance sans confiance. Or il ne suffira même pas de faire de telles réformes structurelles pour que cette confiance revienne.

Il faut et il suffit pour qu’une telle confiance des citoyens revienne que les citoyens retrouvent confiance d’abord dans les dirigeants des principales puissances économiques mondiales regroupés dans ces G7, G8, G20 - dont les réunions annuelles ne servent strictement à rien dans la mesure ou précisément les discussions qui y sont menées depuis près de 8 ans- ne leur ont pas permis de restaurer ce climat de confiance depuis la crise américaine des subprimes, sinon à couter très cher aux contribuables de ces pays au profit exclusif des structures qui les accueillent.

Et que l’on vienne pas nous dire que les USA et le Royaume Uni vont mieux grâce à une telle politique de la planche à billets qui, au contraire inquiète inconsciemment et sans doute à juste titre beaucoup de plus en plus de citoyens.

En effet, en dépit d’une croissance retrouvée et donc de meilleures recettes fiscales, la dette des USA qui a atteint 18 mille milliards de dollars, n’a toujours pas commencé à être remboursée alors que cela ne semble plus guère préoccuper beaucoup les participants, à cette désormais Grande Messe annuelle de Davos, ou sans complexe, on a vu un Président français d’un pays qui n’est pas davantage près à rembourser sa dette tout aussi colossale de plus de 2000 milliards d’euros quand son pays peut grâce à la politique périlleuse désormais de la totalité des grandes banques centrales, peut emprunter sur 10 ans à moins de 0.60% faire le déplacement pour leur faire un sermon légèrement surréaliste.

Les peuples ont un certain bon sens qu’ont perdu beaucoup de dirigeants imbus par leurs connaissances en Economie car oubliant simplement que la Science Economique est tout sauf une science exacte.

Si d’aventure, réformes structurelles ou pas, la confiance ne revient pas faute d’un retour de confiance des peuples dans leurs dirigeants, il est craindre que la Politique des Banques Centrales- qui ont dépensé désormais leurs « dernières cartouches » nous conduisent à un drame qui ne sera pas celui de la déflation mais de l’hyperinflation qu’a connu l’Allemagne et qui nous a mené ou l’on sait.

Alors faisant en sorte d’avoir à la tête de nos pays et de l’Union Européenne non des leaders d’Extrême gauche du Type Syriza, Podemos…..qui risquent tout autant de nous conduire au désastre puis à la guerre mais tout simplement des dirigeants compétents, courageux, indépendants « au-dessus de tout soupçon » à qui nous pourront enfin accorder une confiance non pas aveugle mais raisonnée.

En fait des Cincinnatus !

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 12:31
Histoire d’Alsace: Abbaye impériale de Munster / Reich-Abtei von Munster Abbaye impériale de Murbach / Reich-Abtei von Murbach Abbaye impériale d’Andlau / Reich Abtei von Andlau

Abbaye impériale de Munster/ Reichabtei von Munster

En 660 des moines fondent une abbaye au confluent des deux Fecht.

En 826, l'Empereur Louis le Pieux accorde au couvent l'immunité, c'est-à-dire le droit d'élire librement l'abbé, sans immixtion du pouvoir temporel. Trente années plus tard, en 856, l'empereur Lothaire II confère à l'abbé le pouvoir de justice sur les territoires et villages appartenant à l'abbaye.

En 1235, l'abbaye reçoit de l’empereur Frédéric II l'immédiateté impériale, lui permettant ainsi d'entrer dans le cercle très fermé des abbayes d'Empire (Reichsabteien), accordant également à l'abbé le droit de siéger à la Diète d'Empire. En 1287, la ville est entourée d'un mur d'enceinte dont il ne reste plus rien. Munster est le siège de la communauté d'habitants de la ville et du val de Munster regroupant, outre Munster, les communes de : Hohrod, Stosswihr, Soultzeren (dans la petite vallée) et Luttenbach, Breitenbach, Muhlbach-sur-Munster, Metzeral et Sondernach (dans la grande vallée).

En 1354 elle adhère à la Décapole.

Au XIVe siècle, l'observance monastique cède la place à un style de vie d'un chapitre noble et séculier.

En 1553, la paroisse passe à la réforme protestante mais l'abbaye reste catholique. Elle subit de graves dommages durant la guerre de Trente Ans (entre 1635-1648). Après la guerre de trente ans la ville est sous tutelle de la couronne française.

De graves conflits d'intérêts, entre les munstériens et l'autorité royale, s'en suivent.

.Abbaye impériale de Murbach / Reich-Abtei von Murbach

Fondée en 727 par Eberhard, neveu d'Odile de Hohenbourg, fondatrice de l'abbaye dite du Mont Sainte Odile, à l'aide du moine Pirmin. Le roi Thierry IV et l'évêque Widegern de Strasbourg acceptent l'implantation et le droit aux moines d'élire leur abbé. Indépendante dès sa création, l'abbaye va connaître une expansion fulgurante, grâce aux dons des seigneurs, d'abord locaux, puis européens. Charlemagne est lui-même, un temps, abbé laïc de Murbach. La première grande crise de l'abbaye se déroule en 926, lorsque les Hongrois pillent le lieu; sept moines alors en place sont tués, et prendront le statut de martyrs reconnus dans toute l'Alsace. L’abbaye de Murbach atteint son apogée aux XII ème et XIII ème siècles. A cette époque, la principauté abbatiale de Murbach est l’un des trois grands fiefs relevant de l’évêque de Bâle. Les terres de l'abbaye de Murbach sont divisées en 3 bailliages dans les vallées de la Thur et de la Laueh : baillage de Guebwiller, de Saint-Amarin et Wattviller avec Uffholtz auxquels il faut ajouter l'enclave de Hsingen, dans le Sundgau, près de Huningue.

.Hugo de Rothenbourg, prince-abbé / Fürst-Abt de Murbach de 1218 à 1239

En 1228 l'abbé Hugo de Rothenbourg prend part à la croisade de Frédéric II. L'empereur lui décerne alors le titre de prince du Saint-Empire romain germanique accompagné de privilèges fiscaux. En 1230, Hugo de Rothenbourg fait édifier le château du Hugstein qui doit être un verrou défendant l'accès à l'abbaye. L'abbaye de Murbach est une des abbayes les plus illustres de l'Empire. Son prince-abbé ne relève au spirituel que du pape et de l'empereur au temporel, et avec ceux de Fulda, de Kempten et de Wissembourg a préséance et voix dans les diètes, avant tous les autres princes-abbés. Pour être admis à Murbach, il faut faire preuve de seize quartiers de noblesse.

.Thibaud de Faucogney, prince-abbé/ Fürst-Abt von Murbach de 1240 à 1261

.Berchthold de Steinbrunn, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1261 à 1285

De la famille des seigneurs de Steinbrunn du nom du château éponyme du Sundgau. Avec l'avènement de l’empereur Rodolphe de Habsbourg des troubles éclatent edans la région. L'abbé Berthold de Steinbrunn fait mettre des murs d'enceinte à Guebwiller et fortifie Wattwiller et fait bâtir le château de Frieberg, et celui de Hirtzenstein, au-dessus de Wattwiller, et celui de Hohenrupf qui domine toute la vallée de Murbach. Le comte de Montbéliard, Raynaud tente à plusieurs reprises de pénétrer sur les terres de l'abbaye. Il en est empêché par Berthold qui le fait faire prisonnier au château du Hugstein.

.Berchthold III de Falkenstein, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1285 à 1298, comte de Falkenstein

Le successeur de Berthold, le comte Berthold de Falkenstein échange Lucerne contre la seigneurie d'Issenheim pour une somme de 2 000 marcs d'argent. À partir du XV siècle, Murbach connaît une nouvelle ère de prospérité, grâce notamment à la découverte de mines de fer dans la région de Saint-Amarin qui appartenait à l'abbaye. C’est l'occasion pour le pape Pie IV de réunir définitivement l'abbaye de Lure à celle de l'abbaye de Murbach, gouvernée à cette époque par Rodolphe de Stoerenboug. L’empereur Charles Quint accorde le droit à l'abbé de Murbach de battre monnaie.

.Albert II de Liebstein, prince-abbé/ Fürst-Abt von Murbach de 1298 à 1304

De la famille des seigneurs de Liebstein, seigneurie du comté de Ferrette.

.Conrad II Schenk de Stauffenberg, prince-abbé/ Fürst-Abt von Murbach de 1304 à 1335

.Conrad III Wernher de Murnhard, Fürst-Abt von Murbach de 1335 à 1345

.Henri de Schawenburg, prince-abbé/ Fürst-Abt von Murbach de 1345 à 1354

.Jean Ier Schulteiss de Guebwiller, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1354 à 1377

.Guillaume Ier Stoër de Storenburg, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1377 à 1387

.Rodolphe de Watteville, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1387 à 1394

.Guillaume II de Wasselnheim, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1394 à 1428

L'abbé de Murbach est représenté par un schultheiss/ prévôt et au XV°siècle par un bailli (Vogt puis Obervogt) qui gouverne également les autres villages des alentours. Murbach contrôle alors trois bailliages qui englobent Guebwiller, Wattwiller et Saint-Amarin. Le bailliage de Guebwiller se compose de la vallée de la Lauch, avec Buhl, Lautenbach-Zell et Sengern et le versant oriental de la montagne comprenant les villages de Bergholtz et Bergholtz-Zell. Le bailliage de Wattwiller ne comprend que le village d'Uffholtz. La vallée de la Thur comprend un territoire beaucoup plus riche formé de Saint-Amarin et d'une vingtaine de villages. Murbach possède également de nombreux biens dans de nombreuses localités alsaciennes : Biltzheim, Fessenheim, Issenheim, Merxheim, Oberhergheim, Oltingue, Raedersheim, Rouffach, Sainte-Croix-en-Plaine et Wittenheim.

.Pierre d’Ostein, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1428 à 1433

.Thierry de Domont, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1433 à 1447

.Bartholomée d’Andlau-Hombourg, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1447 à 1476

.Achaz de Griessen, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1476 à 1489

.Gautier de Wilsperg, prince-abbé/ Fürst-Abt von Murbach de 1489 à 1513

A partir du XVI° siècle, la gloire de l’abbaye décline peu à peu. Le régime de la commende (abbé sans droit sur la discipline des moines) y est mal vécu et les tensions se forment avec le pape et l’empereur.

.Georges de Massmünster / Marmoutier, prince-abbé de / Fürst-Abt von Murbach de 1513 à 1542

.Jean II Rodolphe Stoër de Storenburg, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1542 à 1570

En 1544, l'empereur Charles Quint accorde à l'abbaye le privilège de battre monnaie.

.Jean III Ulrich de Raitenau, prince abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1570 à 1587

La maison de Raitenau appartient à la petite noblesse autrichienne.

.Wolf Dietrich de Raitenau, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach en 1587

En 1587, à la mort de son oncle, Wolf Dietrich de Raitenau lui succède sur le siège abbatial de Murbach. Mais quelques semaines plus tard, il renonce à l'abbatiat, venant d'être élu archevêque de Salzbourg. Le couvent élit pour lui succéder Gabriel Giel de Gielsberg, mais cette élection ne trouve pas l'agrément du Pape. Les moines sont contraints d'élire comme abbé, le cardinal André d’Autriche. C'est le début de la commende qui durera jusqu'au milieu du XVIIIe siècle et sera une grande source de conflit entre le couvent, le Pape et le souverain (l'empereur puis le roi de France).

.Gabriel Giel de Gielsberg, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach en 1587 (Élu, non confirmé).

.André d’Autriche (Habsbourg), prince-abbé de Murbach / Fürst-Abt von Murbach de 1587 à 1600, cardinal, gouverneur de la Flandre de 1599 à 1600

Fils du mariage morganatique de l'archiduc Ferdinand de Tyrol et de Philippine Welser. André d'Autriche est donc le petit-fils de l'empereur Ferdinand Ier et le neveu de l'empereur Maximilien II. Le roi d’Espagne Philippe II de Habsbourg le nomme en 1599 comme gouverneur de la Flandre à la place d'Albert d'Autriche. Il meurt en pèlerinage à Rome à l'occasion du jubilé de l'année 1600.

.Jean IV Georges de Kalkenriedt, prince-abbé de Murbach/ Fürst-Abt von Murbach de 1600 à 1614

.Léopold Ier d’Autriche-Tyrol (Habsbourg), prince-abbé/ Fürst-Abt von Murbach de 1614 à 1626

Fils de l'archiduc Charles II d'Autriche-Styrie et de son épouse Marie-Anne de Bavière, fille du duc Albert V de Bavière ; frère puîné de l'empereur Ferdinand II.

.Léopold II Guillaume, évêque de Strasbourg, prince-abbé/ Fürst-Abt von Murbach de 1626 à 1663

La guerre de trente ans et tous ces malheurs ruinent complètement l'abbaye et ses habitants. Mais les moines ne tardèrent pas à se remettre au travail et en peu de temps l'abbaye se releva de ses ruines. Le rattachement de Murbach au royaume de la France à partir de 1680 n'entrave en rien la puissance matérielle de l'abbaye. Bien que rattachée à la France la principauté de Murbach conserve une grande autonomie. Après le décès de l'archiduc Léopold-Guillaume d'Autriche, la France soutient la candidature de l'évêque de Strasbourg, François-Egon de Furstenberg.

.Colomban d'Andlau, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1663 à 1664

.François-Egon de Fürstenberg (1626 -1682) prince-abbé de Murbach / Fürst-Abt von Murbach de 1664 à 1682, évêque de Metz de 1658 à 1663 puis évêque de Strasbourg de 1663 à 1682

Fils du comte Egon von Fürstenberg-Heilingenberg , général de l'armée impérial de la Maison von und zu Fürstenberg ancienne famille princière de noblesse allemande, originaire de la Souabe, descendante de la Maison von Urach.

.Félix-Egon de Fürstenberg, prince-abbé de Murbach / Fürst-Abt von Murbach de 1682 à 1686

.Eberhard de Loewenstein, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1686 à 1720

.Célestin-Sébastien de Beroldingen-Gundelhart, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de 1720 à 1737

.Armand François II de Rohan-Soubise, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de cardinal de 1737 à 1756

.Léger de Rathsamhausen, prince-abbé /Fürts-Abt von Murbach de 1756 à 1786

Sous ce dernier prince-abbé, l'abbaye de Murbach est sécularisée par le pape Clément XIII en 1764. Le chapitre de Murbach transfère en 1759, peu de temps avant les débuts de la Révolution, son siège à Guebwiller. En 1789, des troubles éclatent sur les terres appartenant à l'abbaye de Murbach.

.Benoît d'Andlau, prince-abbé / Fürst-Abt von Murbach de Murbach de 1786 à 1790

Dernier prince de Murbach, Benoît d'Andlau siège comme député aux États généraux puis se réfugie en Allemagne.

. Abbaye impériale d’Andlau / Reich Abtei von Andlau

L'abbaye d’Andlau est fondée en 880 par l'impératrice Richarde épouse de Charles III le Gros, béatifiée par le pape Léon IX en 1049. À Andlau, l’Abbesse est une religieuse nommée par l’empereur bénéficiant du titre de princesse d’empire à partir de 1288 avec droit de vote aux Diètes du Saint Empire germanique. L’abbesse dispose d’une cour composée d’officiers et de divers employés. La ville formée autour de l'abbaye, est donnée en fief par l'abbesse à une puissante famille d'Alsace, les" Andlau", qui y édifient un château. Plus tard, les "Andlau" héritent du château de Spesbourg. De nombreux membres de cette famille deviennent abbé ou abbesse de Murbach ou d’Andlau.

.Madeleine Ire, princesse-abbesse d’Andlau/ Reichäbstessin de 958 à 973

.Othique, princesse-abbesse d’Andlau/ Reichäbstessin de 973 à 1024

.Brigitte de Bavière, princesse-abbesse d’Andlau/ Reichäbstessin de 1024 à 1056 Sœur de l'empereur Henri II le Saint.

.Mathilde Ire de Carinthie, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1056 à 1064

Sœur de l'empereur Conrad II le Salique.

.Judith, princesse-abbesse d’Andlau/ Reichäbstessin de 1064 à 1158

.Mathilde II, princesse-abbesse d’Andlau /Reichäbstessin de 1158 à 1170

.Haïska, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1170 à 1179

.Hedwige I, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1179 à 1214

.Adélaïde II, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1214 à 1234

.Hedwige II, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1263 à 1292

C'est à son époque que Henri de Stahleck-Dicka, chanoine de Mayence puis de Strasbourg, inféode son frère Alexandre du droit d'avouerie sur l'abbaye d'Andlau (La famille de Dicka n'est pas originaire d'Alsace. Depuis le XIIème siècle, elle fournit des dignitaires aux églises cathédrales dans la haute et moyenne vallée du Rhin).

.Agnès, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1263 à 1292

.Cunégonde I, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1292 à 1309

.Mathilde III, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1309 à 1333

.Cunégonde II de Wangen de Grand-Geroldseck, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1333 à 1335

.Sophie Ire de Ribeaupierre, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1335 à 1342

.Catherine d’Andlau, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1342 à 1360

En 1353, l'empereur Charles IV adjoint à Gauthier de Dicka, avoué héréditaire de l'abbaye d’Andlau, le vidame Rodolphe d'Andlau ainsi que Pierre et Henri d'Andlau en stipulant que Gauthier est autorisé à transmettre ses droits et fiefs aux d'Andlau s'il meurt sans progéniture mâle.

.Adélaïde III de Wangen de Grand-Geroldseck, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1360 à 1368

L'empereur Charles IV déclare l'abbaye exempte de toutes charges et contributions et confirme à l'abbesse Adélaïde de Géroldseck le titre de princesse d’empire ainsi qu’à ses successeurs.

.Elisabeth Ire de Ribeaupierre, princesse-abbesse d’Andlau /Reichäbstessin de 1368 à 1377

. Elisabeth II de Wangen de Grand-Geroldseck princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1377 à 1386

En 1383, Gauthier de Dicka institue les seigneurs d'Andlau comme ses successeurs de la seigneurie de Spesbourg. En 1386, Gauthier meurt en Suisse à la bataille de Sempach sans héritier mâle. Le château de Spesbourg sert alors de résidence à des membres de la famille d'Andlau.

.Anne de Malberg de Fénétrange, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1386 à 1395

.Elisabeth III dOberkirch princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1395 à1444

En 1418, la maison d’Andlau prend possession de la seigneurie de Hombourg et prend le nom de maison d’Andlau-Hombourg.

.Sophie II d’Andlau-Hombourg, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1444 à 1479

.Suzanne d’Eptingen, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1479 à 1493

.Barbe de Knobloch, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1493 à 1494

.Adèle de Muhlhoffen, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1494 à 1537

.Cunégonde III de Reinach, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1537 à 1572

.Cordule de Krotzingen, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1572 à 1609

.Madeleine II de Rebstock, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1609 à 1638

.Marie-Ursule Reich de Reichenstein, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1638 à 1656

.Jeanne-Sabine d’Offenbourg, princesse-abbesse d’Andlau / Reichäbstessin de 1656 à 1666 L’indépendance de l’abbesse est une réalité qui se vérifie à plusieurs reprises, et notamment lorsque l’Alsace devient possession du roi de France Louis XIV : celui-ci doit reconnaitre aux chanoinesses le droit d’élire une des leurs, et même si cette dernière devenait princesse d’empire. Les grandes heures de l'abbaye prennent fin en 1789

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