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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 18:21

 

 

 

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Alors que les Etats Unis d’Amérique se replient de plus en plus sur eux-mêmes en cessant de vouloir jouer le rôle de gendarme du monde qu’ils assument depuis plus d’un demi-siècle en raison non seulement des échecs cuisants qu’ils ont subi au Viet-Nam et en Irak notamment mais également d’un coût financier qu’ils ne sont plus en mesure de supporter, l’Europe est manifestement incapable d’assurer la relève sur ses propres marches frontières en Europe, au Proche et Moyen Orient et en Afrique.

Il est évident que les Etats Unis qui reprochent, à juste titre aux Européens, de n’avoir jamais contribué à l’effort de défense qui leur incombait  dans une défense commune de l’Occident vont devoir redéployer des moyens militaires nécessairement réduits vers la zone pacifique en raison notamment de la montée en puissance de l’armée chinoise qu’il convient rapidement de contrebalancer.

Pourtant non seulement les Européens, notamment les Anglais et les Français voient leur gouvernement réduire de façon drastique et irresponsable les capacités de leurs armées qui se trouvent dans l’incapacité totale de remplir l’ensemble des missions qu’ils leurs assignent au motif de contraintes budgétaires qui les amènent à faire le choix irresponsable de la facilité en faisant sur leur défense les économies qu’ils n’ont pas le courage de faire ailleurs  notamment sur leur budget d’instruction dont la gestion demanderait à être sérieusement auditée tandis que dans le même temps l’Allemagne notamment, pourtant en meilleure santé financière , se refuse, pour des raisons historiques, à assumer un rôle croissant dans cette défense des marches de l’Europe.

Alors que la France se sent obligée de jouer les va-t-en guerre sans en avoir encore les moyens et que les Anglais se montrent de plus en plus prudents, l’Allemagne fait preuve d’une extrême circonspection.

Certes on peut comprendre qu’elle ne veuille pas apparaitre comme une puissante militaire montante face à ses deux partenaires français et anglais affaiblis et qu’elle se soit bien gardée, à raison, de s’engager dans des opérations hasardeuses telles qu’en Libye ou en Syrie évitant dans ce dernier cas à la France de se fourvoyer dans une intervention vouée au désastre, en revanche, on comprend moins qu’elle ne s’implique pas davantage dans la lutte menée en Afrique contre l’Islamisme radical comme pourtant elle a accepté de manière plus constante que la France de le faire en Afghanistan.

Pourtant l’Allemagne et la France ont créé ensemble il y a maintenant plus de vingt ans la brigade franco-allemande -Deutsch-Französische Brigade, qui fait partie du Corps Européen, une unité militaire interarmes binationale dont l’ état-major est stationné à Müllheim (Land de Bade-Wurtemberg) et  constituée de garnisons placées à Donaueschingen, Villingen, Metz, Illkirch-Graffenstaden et Immendingen.

Créée le 2 octobre 1989 dans l’esprit du traité de l’Elysée signé en 1963 entre le président de Gaulle et le chancelier Adenauer, dont on célèbre cette année le cinquantième anniversaire répond à ses quatre principes fondateurs : réconciliation, solidarité, amitié et coopération.

Dans le cadre de la réduction des effectifs des armées françaises, décidée par Nicolas Sarkozy, Paris avait envisagé de rapatrier ou de dissoudre les deux régiments français de la BFA, le 3e régiment de Hussards de Immendingen et le 110e régiment d'infanterie de Donaueschingen. En juillet 2008, Mme Merkel avait toutefois jugé qu'il serait "très dommage" de dissoudre la BFA, "noyau d'une politique de sécurité et de défense européenne". Le Premier ministre François Fillon avait jugé pour sa part "tout à fait intéressante et symbolique" l'hypothèse d'une implantation en France d'unités allemandes.

Finalement  la France a décidé de rapatrier en France les hussards d’Immendingen mais de maintenir à Donaueschingen le 110 RI. Bien plus, dans le même esprit  la France et l’Allemagne ont signé depuis un accord présenté dans les termes suivants par le  général Christian Baptiste, porte-parole adjoint du ministère de la Défense :


"Les deux parties se sont mises d'accord sur le principe de l'installation d'un bataillon allemand dans l'est de la France, dans le cadre de la Brigade franco-allemande", une première depuis 1945…Les conversations se poursuivent pour définir le point d'implantation de ce bataillon", a ajouté le général Baptiste, affirmant "ignorer si cette question sera à l'ordre du jour" d'une rencontre prévue samedi entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

Et depuis juillet 2010,  le 291eJägerbataillon (bataillon d'infanterie et de reconnaissance allemand) est  stationné à Illkirch-Graffenstaden, au sud de Strasbourg où il a succédé au 1er Régiment du Génie, alors dissous en échange du maintien, en Allemagne, du 110e RI,

Cette  brigade franco-allemande contribue directement au renforcement du lien politique et culturel binational. Elle apparaît comme le noyau clé d’une future défense européenne.

Elle  a fait ses preuves lors d’engagements communs dans le cadre de la SFOR, de l’ISAF ou encore de la KFOR. La brigade a projetté des hommes sur tous les théâtres où la France et l’Allemagne sont engagées, et en particulier en Afghanistan et au Kosovo. Elle est la seule force binationale permanente au monde. Un atout majeur qui favorise les échanges et la coopération. Elle est subordonnée au commandement des forces terrestres (CFT) de Lille, au Heeresführungskommando (HFüKdo) de Coblence, ainsi qu’au corps de réaction rapide européen (CRR-E) de Strasbourg dans le cadre particulier de certaines missions.


Détaillée le 3 octobre 2013, la Loi de programmation militaire française (LPM), qui comprend une nouvelle réforme des armées, prévoit la suppression de 23 500 postes entre 2014 et 2019, et la fermeture de plusieurs bases. Etrangement la Brigade franco-allemande (BFA),  n’a pas été mentionnée dans le dernier Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale (LBDSN).

Dernier régiment exclusivement français stationné en Allemagne, à Donaueshingen (Bade-Wurtemberg), le 110e régiment d'infanterie qui cohabite avec un régiment de chasseurs de la Bundeswehr (le Jägerbataillon 292)  sera donc dissous en 2014 dans le cadre des mesures d'économies prévues par le ministère de la Défense.

 

Sa disparition, jugent plusieurs officiers généraux, jette  une ombre sérieuse sur l'avenir de la BFA, initiative emblématique de la relation entre la France et l'Allemagne mise sur pied par François Mitterrand et Helmut Kohl entre 1987 et 1989. «La dissolution du 110e RI reviendrait à dissoudre la BFA», affirme un officier général du cadre de réserve très impliqué dans le lancement de l'unité binationale, en qualifiant cette décision d'«aberration tactique et politique». La disparition du 110e RI tournerait en tout cas la page d'une présence militaire héritée des forces françaises en Allemagne, qui ont compté jusqu'à 80 000 hommes.

 

Que vont devenir les manœuvres en commun avec un régiment situé en Lorraine et un autre en Allemagne ? On le voit déjà avec le 3ème régiment de hussards rentré en France qui ne pratique plus d’exercices binationaux.

Bien vite oubliés les beaux discours des différentes cérémonies commémorant le cinquantenaire du Traité de l’Élysée tout au long de l’année 2013, enfin, avant le mois d’août car comme toujours, les mots prononcés avant l’été sont bien vite oubliés dès la rentrée…

Ainsi, la dissolution éventuelle du 110e RI mettra un terme à la présence militaire française en Allemagne, continue depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Mais surtout, elle crée  un déséquilibre au sein de la BFA, qui a vu le jour  il y a un peu plus de 20 ans grâce à la volonté du président François Mitterrand et du chancelier Helmut Kohl. Dans ces conditions, la question du maintien de cette brigade va finir par se poser à Berlin.

Pourtant selon les gouvernants français- dont on apprécie  la constance dans leur rapport avec l’Allemane,  il n’est pas question de remettre en cause le “principe d’un stationnement croisé des troupes françaises et allemandes : la France conservera un niveau d’effectif stationné en Allemagne équivalent à celui des forces allemandes stationnées en France (environ 500 hommes)”. Pour rappel, le Jägerbataillon 291 est implanté à Illkirch, près de Strasbourg alors qu’il resterait en Allemagne les personnels  de l’état-major binational installé à Müllheim est avec  un bataillon de commandement et de soutien français.

Lors d’une audition devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud, avait indiqué qu’une réflexion était en cours concernant l’évolution de la BFA. “L’idée est bien d’utiliser cette brigade. Nous travaillons avec les Allemands pour déterminer sous quelle forme et dans quelles conditions politiques, diplomatiques, géographiques. Ensuite viendra le temps de la décision politique”, avait-il expliqué.

Pour un éditorialiste du Frankfurter Allgemeine Zeitung, la BFA “n’aurait de sens que si elle devenait l’instrument militaire d’une politique étrangère commune. Ce dont il ne saurait être question, comme l’ont prouvé ces derniers temps la Libye, le Mali ou la Syrie”. Et d’ajouter : “La France se considère encore comme une puissance capable d’intervenir sur la scène géopolitique mondiale, dans le cadre de ses moyens. L’Allemagne, elle, s’est imposée une “culture de retenue militaire” qui frise l’incapacité à participer à l’Alliance. La fin de la brigade franco-allemande serait donc certes regrettable, mais logique d’un point de vue politique.” C'est le principe même d'une Europe unie et puissante qui est fragilisée.
En une quinzaine d'années, l'idéal européen s'est épuisé.

L'euroscepticisme a gagné du terrain, et avec lui, les populismes et les égoïsmes nationaux.
La crise financière et économique a accentué les divisions et les suspicions entre nos nations.
Comment bâtir une politique de sécurité et de défense commune digne de ce nom, si le rêve d'une Europe solidaire et forte n'est plus au cœur de notre ambition ?
Tant que nous n'aurons pas retrouvé les motifs de croire à l'idéal européen, tant que nous n'aurons pas fait naître dans les opinions le sentiment que l'Union européenne est notre chance d'avenir et notre protection, alors le projet d'une défense collective sera toujours hésitant.
C'est ici le rôle des responsables politiques qui doivent avoir le courage de convaincre leurs peuples que l'Europe est une nécessité vitale dans la mondialisation.

L'Europe n'est pas seulement un marché. Elle n'est pas seulement une monnaie.Elle a vocation à être une puissance internationale, capable de défendre son indépendance et ses intérêt propres.

 Une chose apparait sûre : pour quelques ridicules économies qu’elle aurait pu faire tout autant en supprimant un régiment comparable stationné sur son territoire la France se renie et se prive d’un très important symbole à un moment oû elle devrait tout  faire au contraire pour amener l’Allemagne à s’intéresser davantage à la défense commune des marches de l’Europe  en poursuivant  la construction d’une véritable armée fédérale européenne.

 

 

 

 

 

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