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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 15:23
 

 

En Turquie la laïcité a été imposée autoritairement  par Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne, donc depuis le "haut. Ce n'est donc pas "une sécularisation de la société par la base" mais une laicité imposée à une religion , l'islam, ne concevant pas la sécularisation, et à une société qui n'avait guére été préparée  à l'exception des classes sociales supérieures largement occidentalisées. Aujourdhui, malgré le développement du capitalisme turc, la moyenne et petite bougeosie qu'il a permis de créer, reste trés conservatrice sur le plan religieux . Les incidents provoqués par le port du voile, de plus en plus visible, présenté par les islamistes comme protégeant de "l'agression culturelle occidentale" ,sont en augmentation constante.

La fonction publique, jadis fief de la laïcité, tend à être progressivement investie par des fonctionnaires issus des facultés de théologie, ou des lycées religieux L’armée joue dans la protection de la laïcité un rôle de premier ordre ; gardienne des traditions kémalistes et donc la protectrice de la laïcité, elle  tend à rester le seul rempart de la laïcité ; armée  qui bien que faisant partie de l’Otan, est opposée malheureusement  par son nationalisme à l’intégration dans l’Union Européenne. Les partis de gauche se veulent pour la majorité également  protecteurs  de la laïcité. En revanche les partis conservateurs de droite et du centre-droit ont récupéré une partie de l’électorat religieux tout en tenant cependant à conserver les références aux grands principes kémalistes, donc la laïcité. Il n’en reste pas moins que malgré cette laïcité proclamée, alors que l’empire Ottoman accordait un statut  de minoritaires aux autres religions du Livre, chrétiens notamment, le gouvernement turc , malgré sa volonté d’intégrer l’Union Européenne et sa qualité de membre du Conseil de l’Europe, a bien du mal à accepter d’accorder un statut égal à la religion chrétienne, notamment aux orthodoxes et aux arméniens -dont le nombre  de ses citoyens s’est certes  réduit considérablement en un demi-siècle-  et même à leur assurer la protection. On assiste en effet depuis quelques années, à une réislamisation progressive également des catégories socioprofessionnelles supérieures et corrélativement à une certaine forme d’impunité contre les atteintes aux droits des  chrétiens.

S’il est évident que la Turquie doit devenir membre de l’Union Européenne, cette dernière  doit  imposer qu’ un état ne puisse  en faire partie non seulement sans avoir ratifié la charte européenne des droits de l’Homme et étre donc membre du Conseil de l’Europe mais également avoir accepté le principe de la laïcité  avec son corollaire la séparation de «  l’Eglise »  et de l’Etat  et  l’égalité de traitement entre les « Eglises » des religions du Livre ( Chrétiens, Juifs et Musulmans) .

Néanmoins le modèle de la  laïcité turc pour autant qu’il soit  sérieusement amélioré au niveau du traitement égalitaire des autres religions du Livre minoritaires devrait étre considéré par l’Union Européenne, dont la Turquie, comme le seul défendable dans les pays du Proche Orient, de l’Egypte, de la Lybie et de l’Afrique du Nord  si ces pays prétendent sincèrement accéder à la démocratie.

Il est exclu que les citoyens européens  acceptent progressivement d’accorder des droits égalitaires  dans l’Union Européenne  aux musulmans par rapport aux chrétiens et aux juifs sans stricte réciprocité vis-à-vis des Chrétiens et des Juifs de la  part de pays qui  demande à l’Union son soutien en invoquant leur aspiration à une pseudo-démocratie  sans laïcité, séparation  des « Eglises » et de l’Etat et traitement égalitaire des religions du Livre.

L’Europe se doit de se montrer intransigeante notamment sur le sort intolérable  des chrétiens orientaux !

En Tunisie, qui était jusqu’à récemment le pays musulmans le plus occidentalisé après la Turquie, l’islam est  religion d’Etat, donc jouit d’un statut privilégié. Mais jusqu’à présent, en pratique, les dirigeants politiques ont toujours fait preuve de modération en matière de religion.  Un débat commence néanmoins à s’instaurer entre les partisans de la laïcité et ceux de l’islam politique ou l’islamisme.  Comme pour la Turquie, et en concevant l’Union pour la Méditerranée comme l’antichambre à plus ou moins long terme de l’Union Européenne, la Tunisie comme tous les  autres pays riverains de l’Est et du Sud de la Méditerranée ne doivent espérer d’aide de l’Union Européenne qu’en contrepartie de l’adoption de constitutions  sur le modèle de l’Etat Turc, lequel , se doit, comme déjà dit, d’améliorer sérieusement le respect de ses principes à l’égard des autres religions du Livre.

En Egypte, il y a tout lieu de craindre désormais une influence prépondérante des  «  Frères Musulmans » qui ne manquera pas rapidement de se faire sentir au détriment, on peut le craindre des Chrétiens Coptes traités comme des citoyens de seconde Zone.

Aucune aide sous quelque forme que ce soit ne doit étre don espérée par les futurs gouvernements de ces pays si leurs futures constitutions intègrent la revendication des islamistes de voir appliquer la charia comme source de la loi.

Le débat entre islamistes et laïques consacre en effet la différence entre deux visions de la société totalement antagonistes. Un état laïc est clairement plus en phase avec les droits de l’homme et les libertés individuelles, contrairement à un état islamiste où la situation des droits de l’Homme pourrait connaitre une régression énorme,  non en raison du coran en soi mais surtout à cause de l’interprétation que l’on fait de ce livre saint.

Or  l’Union Européenne doit légitimement craindre que, comme la Turquie, l’Egypte, la Tunisie et demain la Libye  voire la Syrie ne voient leur société se réislamiser. Car si à l’époque d’Atatürk, l’Occidentalisation apparaissait comme un facteur inévitable de progrès, bon nombre de citoyens de ces pays, tout en rêvant toujours au mirage économique de l’Occident , ont progressivement perdu de vue que la réussite de cet Occident reposait d’abord et avant tout sur les valeurs qu’il a développées au cours des siècles depuis la Renaissance et qui constituent le socle de sa  civilisation laquelle, jusqu’à présent, a permis le mieux à l’individu de se réaliser.

 

 

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