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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 12:59

 

L’Union Européenne peut se sentir investie de la mission de propager dans le monde entier ses principes en matière de démocratie et des droits de l’homme, elle n’a pas les moyens pour autant de vouloir jouer les gendarmes pour les faire appliquer par la force quand meme les Etats Unis d'Amérique en sont devenus incapables.

 

Toute intervention militaire de sa part dans des états  souverains doit donc s’effectuer dans une stricte neutralité  avec pour seul objectif  la protection et à l’évacuation de ses seuls citoyens sans laisser, très égoïstement malheureusement, aucun espoir aux citoyens des états concernés d’évacuations autres que sanitaires excluant toute perspective d’émigration vers l’Union .  La seule action militaire envisageable pour diminuer l’intensité d’une guerre civile dans un état souverain est l’organisation d’un blocus terrestre, aérien et naval  pour interdire toute livraison d’armes et de munition à un des camps.

 

Les événements de Tunisie comme ceux de Libye et le flot de réfugiés qu’ils engendrent  auraient pu étre évités dans le premier cas, et ne pas étre provoqués  indirectement dans le deuxième si depuis des années, l’Union Européenne avait davantage pris conscience de la véritable bombe à retardement que constitue le problème de jeunes qui n’ont aucune perspective d’avenir dans leurs pays d’Afrique du Nord et si elle  avait sérieusement recherché avec les gouvernements  de ces pays comment  éviter que toute sa jeunesse rêve d’émigrer dans l’Union .

 

Plus que le slogan du manque certain de démocratie mis en avant par cette jeunesse, peut-être manipulée inconsciemment par des mouvements islamistes qui avancent cachés, c’est très certainement l’absence de toutes perspectives d’avenir qui la pousse dans la rue de même qu’elle pousse à se comporter de plus en plus violemment la jeunesse immigrée des pays européens et sans doute peut-être également demain toute la jeunesse de l’ Union qui se révoltera contre sa dépendance forcée à l’égard de leurs parents faute d’emplois ou d’emplois suffisamment rémunérateurs.

 

Depuis des années, l’Union Européenne est confrontée via l’Espagne, la  France, l’Italie , Malte et la Grèce à une vague d’émigration essentiellement économique faute de développement satisfaisant notamment en Afrique du  Nord ou aun Proche Orient.

 

Alors qu’il est évident que compte tenu du vieillissement de sa population , l’Union aura de plus en plus besoin d’une émigration choisie, elle subit avec des moyens ridicules pour essayer de la freiner, une  invasion d’émigrants qu’elle ne peut assimiler suscitant chez les citoyens européens un sentiment croissant de crainte exploité par les nationalistes de tout poil.

 

Quelle que soit la « démocratisation » des régimes en Afrique du Nord, elle ne suffira pas à régler le problème urgent  d’absence d’ « émergence » économique de l’Afrique du Nord suffisamment créatrice d’emplois pour les jeunes.

 

Il est donc intellectuellement  irresponsable de la part de certains états de l’Union Européenne d’appuyer militairement l’instauration de gouvernements qui se revendiquent des idées démocratiques alors qu’ils sont parfaitement incapables de satisfaire actuellement rapidement les revendications économiques légitimes de leur jeunesse et  l’espoir qu’elle place dans sa révolte car très vite ces nouveaux gouvernants devront la  réprimer dans des conditions plus dures que ceux qu’elle aura réussi à chasser .

 

Or si l’Union pour la Méditerranée était intéressante , c’était pour la mise en place par l’Union Européenne dans toute l’Afrique du Nord d’un véritable  « plan Marshall » chiffré aujourd’hui à 100 Milliards  par l’ancien Premier Ministre britannique Gordon Brown, somme dont on voit mal comment l’Europe pourrait aujourdhui la trouver quand maintenant elle doit renflouer un nombre croissant de ses membres.

 

Faute de pouvoir retenir économiquement la jeunesse d’Afrique du Nord dans ses pays, l’Union Européenne se trouve contrainte dans l’immédiat, avec des moyens totalement inadaptés à une telle solution de crise,  à devoir interdire l’accès de son territoire par des moyens plus seulement policiers mais demain militaires.

 

Sans compter que la  gestion de cette crise crée une nouvelle source de tension entre les pays membres de l’espace Schengen dont la Suisse qui menace de se retirer de l’accord sous la pression du parti UDC .

 

L’Agence  FRONTEX  censée coordonner la coopération opérationnelle entre les États membres en matière de gestion des frontières extérieures, de  les assister pour la formation des garde-frontières nationaux destinés à  assurer un contrôle renforcé aux frontières extérieures et de fournir les moyens de reconduite des émigrés dans leur pays est incapable de remplir correctement cette mission. L'agence possède des policiers et autre agents armés chargés d’intervenir rapidement à la demande d’un Etat membre pour gérer un problème migratoire. Ils gardent leurs uniformes nationaux mais ont un brassard de l’UE et sont placés sous le commandement de l’Etat demandeur. Ce n’est donc pas une police européenne des frontières

 

En franchissant les frontières de l’Europe, les immigrants espèrent pouvoir circuler librement sur le continent. Vu que la question migratoire s’impose désormais à tous, le bon sens imposerait donc que l’on mette en place une gestion commune des frontières ce qui n’est pas le cas.


La crise de Lampedusa  donne un bel exemple de
la désunion européenne. L’Italie  accuse Bruxelles de ne pas lui apporter d’aide , les autres états de manquer de solidarité.
Dans cette crise, Frontex déploie des experts issus de différents pays européens (France, Portugal, Danemark…Suisse)  venus prêter main forte à l’Italie qui dirige la mission.  Ces experts sont notamment chargés de
l’accueil et de l’interrogatoire des migrants. Ce ne sont pas seulement des policiers mais aussi spécialistes  du droit d’asile.

Une mise à disposition de moyens aériens en vue de la surveillance des frontières est également prévue. Mais Frontex apparaît néammoins comme le symbole d’une Europe dépassée par la mondialisation des échanges, peinant à s'imposer comme outil commun de régulation et restant suspendue au bon vouloir des Etats membres qui mettent à disposition troupes et matériel. En matière de migrations, c'est donc le règne le chacun pour soi.

 

Lorsqu’un afflux massif probable de réfugiés de Libye voudra débarquer en Italie ou en Grèce et que les autres pays d’Europe devront admettre que l’Espagne, la France, l’Italie, Malte, la Grèce ou Chypre ne peuvent les conserver tous sur leur sol, l’Union Européenne se trouvera une nouvelle fois fortement divisée.

 

Créer une véritable police aux frontières européenne empiète certes sur la souveraineté des Etats mais, sans instruments politiques adéquats, la mise en place de frontière commune est ingérable. Tout le dilemme de la construction européenne est là. On a voulu inscrire l’Europe dans la mondialisation, abolir les frontières, sans voir que la mondialisation doit aussi être régulée pour être viable, que l’on parle d’économie ou de migrations. Mais il n'y a pas que l'aspect répressif qui compte. En matière d’asile par exemple, elles imposent que le migrant fasse sa demande uniquement dans le pays où il est arrivé en premier . Si un autre Etat l’arrête, il est alors renvoyé dans le pays d’entrée. Cette règle a un effet pervers car  faire porter une large part des politiques migratoires sur les pays ayant une frontière exposée n’est pas acceptable.

 

Or si un accord peut étre passé avec les nouveaux gouvernants de Tunisie, celui passé en 2008 entre l’Italie et la Libye du Colonel Kadhafi apparaissait assez efficace, a été mis à néant par la politique de la France et du Royaume Uni sans se soucier de savoir comment les pays exposés pourraient gérer l’afflux prévisible de réfugiés de  Libye quelle que fut l’issue de la crise.  

 

Pourtant le premier Ministre français affirme que la solution face aux crises migratoires doit étre une réponse collective, une réponse européenne. Pour la première fois néanmoins depuis la signature du premier accord de Schengen en juin 1985, la France menace d’activer la mesure exceptionnelle de sa suspension et de fermer ses frontières nationales aux migrants provenant de pays tiers .Cet accord permet la libre circulation dans les pays de l’UE y compris pour les résidents immigrés. Ce principe de liberté de circulation est également applicable, sauf exception, aux touristes munis d’un visa Schengen.

En annonçant que l’Italie allait délivrer des permis de séjour temporaire de trois mois aux arrivants, le ministre de l’Intérieur italien, ne fait qu’appliquer une disposition du droit d’asile. Munis de ce fameux permis de séjour, les réfugiés ont la possibilité de se déplacer dans l’espace européen. Certains d’entre eux ont fait savoir leur intention de se rendre en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Seule, la France  a réagi, immédiatement, en menaçant de fermer ses frontières avec l’Italie. 

Si l’accord de Schengen offre, en effet, la possibilité d’un Etat membre de l’UE de fermer « temporairement » sa frontière , il conditionne cette possibilité par le « risque d’une menace sécuritaire » susceptible de porter atteinte à l’ordre public ou de mettre en danger les intérêts supérieurs et stratégique dudit Etat.. Des pays comme la Tunisie et l’Egypte qui vivent des situations difficiles et « exceptionnelles » déploient leurs maigres moyens pour accueillir, protéger, nourrir et soigner des « centaines de milliers » de réfugiés libyens. La Commissaire aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, a déclaré que  cette  décision française de fermer ses frontières avec l’Italie serait illégale » car une telle décision doit être motivée par une menace sur le pays. Et ce n’est pas le cas.

 

En conclusion, l’Union Européenne doit tout d’abord poser des principes claires en matière de politique étrangère et de défense ; ensuite une politique unique en matière d’émigration et de droit d’asile doit étre élaborée et ne doit plus relever de la souveraineté des Etats mais de l’Union qui seule doit appliquer cette politique avec un corps de gardes frontières européens disposant  non seulement de moyens  terrestres mais également d’avions patrouilleurs, de navires gardes cotes mais aussi de  capacités aériennes et maritimes pour le rapatriement des émigrés dans les meilleurs délais de manière, à contrôler le mieux possible et à répartir équitablement la charge de l’émigration subie entre les états membres  tant que le flot d’émigrés ne cessera pas d’augmenter depuis l’Afrique du Nord  en l’absence de traités avec ces pays leur permettant de leur fournir des moyens conséquents de contrôle de l’émigration transitant par eux et  de développer massivement l’emploi pour leur jeunesse.

 

 

 

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Published by Parti imperial romain europeen - dans empireromaineuropeen
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