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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 12:28

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CH.  III      LES REGIONS AYANT APPARTENU AU ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de BOURGOGNE-PROVENCE  

(appelé également ROYAUME DE VIENNE ET D’ARLES)

 

     images                                     

L'histoire de ces régions ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à celle du Royaume Burgonde et au Deuxième Royaume de Bourgogne qui en est l'héritier.

En  534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme. Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding, d’Amaous, de Warasch et la ville de Besançon.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy).

Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant  jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855). 

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz.

Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône.                                                      

En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer. 

En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais.

En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime.

La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve. 

À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerseen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie  a les comtés de Warasch, d'Amaous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté.

Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura.

Les traités de Verdun en 843, de Prüm en 855 et de Meersen en 870 sont à l’origine de la partition de la Bourgogne en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à  Charles le Chauve, l'est à Lothaire.

À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi  (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875. Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens.

Boson, fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, a pour frère Richard le Justicier et pour sœur Richilde d’Ardenne d'abord concubine puis seconde épouse en 870 de Charles II le Chauve, roi de Francie Occidentale et empereur d'Occident

En 879, Louis II le Bègue, fils et successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson, alors comte de Vienne (Boson Ier) et d’Autun, tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale  s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie occidentale Louis III et Carloman II, Boson roi de Provence (Boson V) en profite pour se faire proclamer  roi de Provence à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon.

Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche-Comté, des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Boson exerce son pouvoir sur ces territoires jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, rois de Francie Occidentale les frères carolingiens, Louis III et Carloman II. Par ce traité,  en échange de la neutralité de Louis III le Jeune, fils de Louis II le Germanique, les rois de Francie Occidentale  lui concèdent la partie du royaume de  Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meersen de 870 et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, le comte Richard  de Bourgogne dit le Justicier. En 880, Louis III et Carloman II crée le duché de Bourgogne  à partir du royaume de Bourgogne  et le donne à  Richard II de Bourgogne, premier duc de Bourgogne.  Richard  reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. La  guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II.  Richard reçoit alors, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à  son frère.

.Rodolphe Ier,  roi de Bourgogne de 888 à

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, comte  d’Auxerre et duc de Bourgogne, marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, petit-fils de Conrad Ier de Bourgogne dit  Conrad Le Vieux, arrière petit- fils de Welf Ier, seigneur de Bavière,  est proclamé roi de Bourgogne sous le nom de Rodolphe Ier à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon  puis  couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud. Welf Ier, son arrière-grand-père, aristocrate bavarois de l'empire carolingien, père de l'impératrice Judith de Bavière, femme de Louis le Pieux, et de la reine Emma de Bavière, femme de Louis le Germanique est l’ancêtre éponyme de la dynastie des Welf  à l'origine  des Guelfes partisans de la dynastie des «Welfs» et de la papauté, puis de la maison d'Anjou, contre la faction des Gibelins, soutien des «Weblingen» (Hohenstaufen).

Richard le Justicier épouse cette même année 888, Adélaïde la sœur de Rodolphe qui lui apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :   

 -Raoul ou Rodolphe (v.890-936), futur duc de Bourgogne, puis roi de Francie Occidentale  (923-936);

-Hugues (891-952), futur duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, future duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et  en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar.

Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume. Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lotharingie et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci.

En  898, le comte Richard dit le Justicier est autorisé par Rodolphe Ier  à fusionner ses comtés et  prend alors le titre de marquis de Bourgogne.

Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume. Son fils Rodolphe II (912-937) lui succède en 912. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi de  Francie Occidentale et de Lotharingie, Charles III le Simple.

Vers 914, Hugues le Noir (914-952), second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier est pourvu du comté de Varais. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois.

.Rodolphe II, roi de Bourgogne de   à 934    et de Bourgogne-Provence de 934 à 937

En 918,  Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait. Cette même année 918, Richard le Justicier abandonne son titre de marquis pour celui  de duc et devient ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne qui sera rattaché au Royaume de France  et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire.

En 919, Hugues le Noir, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis.

La paix s’obtient  par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc Burchard de Souabe. Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer  par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est l’empereur en titre Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes.

 

 

En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues  d’Arles, petit-fils de Lothaire II, comte d’Arles et de Vienne qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie.  Cette même année 926, le roi de Francie Orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées  entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi des Francs Raoul.

Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II. Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane et de Provence  à son royaume de Bourgogne Transjurane  lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence  (ou royaume d’Arles qui en devient la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois.

En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir, son frère,  prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume des Francs. Hugues le Noir est, comte d'Outre Saône, de Mâcon, d'Autun, comte et marquis de Provence en 936 et duc en Bourgogne (franque) de 923 à 952.

Louis V, qui vient d’être couronné, se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité. Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon. 

.Conrad, roi de Bourgogne-Provence de 937 à 993

Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad (937-993) n’a que douze ans. Hugues d’Arles, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire. Mais Othon Ier roi de Francie Orientale et futur restaurateur de l’empire intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique.  Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad. Raoul ou Rodolphe (v.890-936), futur duc de Bourgogne, puis roi de Francie Occidentale  (923-936); comme lui, sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie Occidentale.

Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume. En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume de Francie Occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance  française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois.

Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père. En 941, sous la pression du roi Othon de Francie Orientale, il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale. Othon libère Conrad en 942, qui prend enfin la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L’un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint-Maurice d'Agaune où Conrad concède à Albéric Ier, vicomte de Mâcon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins.                                                     

Conrad se brouille de nouveau en 943, avec le roi Louis IV, et doit partager sur le duché de Bourgogne son autorité avec Hugues le Grand, père d’Hugues Capet qui conteste la légitimité d’Hugues le Noir.

Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi Conrad de Bourgogne.

En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques: Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon, évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud.

Aubry ou Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétald ou Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir.

Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson  de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

Hugues le Noir se réconcilie en 949, avec le roi de Francie Occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché. Deux ans plus tard, le roi Louis accompagné de Liétaud vient à Besançon le rencontrer. 

Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier roi de Francie orientale qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad.  À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues.

En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie Occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent. 

En 962, Othon Ier est sacré empereur.

Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles :

. L’aînée Gisèle, de son  premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri;

. Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann.

Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad.

A la mort de Liétald ou Létaud II en 965 son fils Aubry ou Albéric II lui succéde comme comte de Macon et comte de Besançon.

Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothboald (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence.

À la mort d’Aubry II ou Albéric II en 982, son épouse Ermentrude de Roucy hérite de lui et épouse Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère.

En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie; en effet son petit-fils Othon III  est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le bavarois. Celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier  roi de Bourgogne Provence.

.Rodolphe III, roi de Bourgogne Provence de 993 à 1032

En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois  (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Germanie Henri Ier.

En octobre 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces.  En 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale  lance  une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors  de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens (ce dernier  érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois.  En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale.

Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir. Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). Son fils aîné Hugues étant l’héritier de la couronne, il cède le duché à Henri ; puis, à la mort d’Hugues, en 1025, Robert II cède le duché à Robert.  

A la mort de Rodolphe III, en 1032, l’empereur Conrad II le Salique hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire.     

 

                     

 

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