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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 09:00

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CH.II     LES REGIONS AYANT APPARTENU AU   ROYAUME DE LOTHARINGIE puis de FRANCIE ORIENTALE/ GERMANIE

R. Alsace / Elsass/ Duché de Souabe/ Herzogtum Schwaben   /Landgraviats de Nordgau  et Sundgau / Evêché de Strasbourg/ Bistum  Strasburg / Decapole                                                                                                                                terres d’empire de 962  jusqu’à  1697

 

13. Evêchés de Strasbourg /  Bistum Strasburg

      Ville libre Impériale de Strasbourg / Frei  und reichstadt Strasburg

      

Au IXe siècle, le diocèse de Strabourg/Strasburg  comme celui de Spire/Speyer relève de l’archevêché de Mayence / Erzbistum Mainz ; il se compose du Nordgau actuel  (à l’exception de la région de Wissembourg-Lauterbourg et du district de Marmoutier-Neuwiller), de l’Ortenau sur la rive droite du Rhin et dans le Haut-Rhin, des districts de Rouffach, Soultz et Lautenbach. L’évêque de Strasbourg est alors suffragant de l’archevêque de Mayence.

 

 

 

Quelques unes des prérogatives édictées en 982 à Salerne par l'empereur Othon II au bénéfice des comtes-évêques de Strasbourg :

.Article 88 : « Les négociants de la ville fourniront 24 messagers à cheval pour faire les courses du comte-évêque. Les bourgeois seront tenus d'héberger et de nourrir à leurs frais les destriers de la cavalerie épiscopale et les chevaux de l'empereur et de sa suite, toutes les fois que le monarque passe à Strasbourg.

.Tous les bourgeois devront cinq jours de corvée à l'évêque. »

.Article 102 : « Les pelletiers seront chargés de confectionner et de réparer les fourrures dont le seigneur-évêque a besoin, à charge au maître de cette corporation de faire les achats de peaux sur les marchés de Mayence et de Cologne.

.Lorsque l'évêque entre en campagne, chaque maréchal-ferrant devra lui livrer gratuitement 4 fers à cheval avec les clous nécessaires ainsi que 300 flèches d'archers et leur corporation sera tenue d'exécuter sans rémunération tous les travaux de ferronnerie dans le château épiscopal. »

.Articles 108 et 109 : « Obligation sera faite aux cordonniers de fabriquer gratuitement des étuis en cuir noir et aux gantiers des étuis en peau blanche pour le transport de l'argenterie lorsque l'évêque se rend à la Cour impériale. Les selliers fourniront à cette occasion 2 selles de bât et 4 quand l'évêque part en guerre. »  

.Article 111 : « Les armuriers devront polir les casques, les cuirasses et fourbir les armes de guerre et de chasse à l'usage du comte-évêque et de ses hauts fonctionnaires. Les fabricants de gobelets seront appelés à livrer à leurs frais tous les objets de vaisselle des châteaux épiscopaux et des cantines de guerre. »

Article 113 : « Les tonneliers de la ville seront tenus de fabriquer gratuitement à l'évêque (ainsi qu'à l'empereur et à l'impératrice de passage) les tonneaux, cuves, vannes de bains, etc... qu'on exigera d'eux. Les marchands de vin et les gourmets auront à charge l'entretien des celliers et des greniers épiscopaux. »

Article 115 : « Chaque lundi de la semaine les charpentiers seront requis d'office pour les travaux de constructions épiscopales.

Lors d'une visite de l'empereur, toutes les réquisitions d'objets, de denrées, et de prestations de services seront imposées de droit à tous les ressortissants de la classe laborieuse. »…

 

.Werner Ier d’Altenbourg ou de Habsbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1002 à 1028

Pour les services qu’il a rendus à l’empereur Othon III, celui-ci le fait prince-évêque.

A la mort d’Othon, Il collabore  à la nomination d’Henri de Saxe (futur Henri le Saint) contre Hermann, duc de Souabe et d'Alsace. 

 

.Guillaume Ier de Carinthie, prince-évêque de Strasbourg de 1028 à 1047,

Institué par l’empereur Conard II (son frère Bruno avait été pape de 996 à 999 sous le nom de Grégoire V).                                                       

 

.Werner de Thuringe, prince-évêque de Strasbourg de 1065 à 1079, 

Institué par l’empereur Henri IV. Lors de la diète de Worms, en 1076, il soutient Henri IV qui veut déposer le pape, cette attitude  lui vaut d'être excommunié et d'être contraint à accompagner l’empereur à Canossa. La Querelle des Investitures opposant le Pape à l’Empereur fait rage. Partisans des deux camps s’affrontent aussi en Alsace, où le parti pontifical est représenté par les Dabo-Eguisheim.

 

.Theobald, prince-évêque de Strasbourg de 1078 à 1082      

Institué par l’empereur Henri IV malgré l’opposition du chapitre de la cathédrale.

 

.Otton de Hohenstaufen, prince-évêque de Strasbourg de 1082 à 1098,

Nommé par l’empereur Henri IV ; pour plaire à son protecteur, l'empereur, il s'engage dans le schisme en se déclarant pour l'anti-pape Clément III. Après une lutte acharnée contre le comte Hugues d'Eguisheim et Dabo, il finit par se soumettre au pape Urbain II.

A partir du 12ème siècle se développe la pratique de l'investiture laïque. L'évêché de Strasbourg est la seigneurie la plus puissante de la Basse Alsace ou Nordgau en s'étendant  sur une centaine de villes et villages.  L'administration en est assurée par des baillis sous la direction d'un vidame épiscopal. Cette seigneurie s'accroît au 12ème siècle par la captation de l'héritage des Eguisheim-Dabo.

 

.Brunon, comte de Lutzelbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1123 à 1126, Chancelier de l’empereur Henri IV

Du nom d’une seigneurie puis comté édifié autour de Lutzelbourg relevant à cette époque de l’évêque de Metz. Chancelier de l’empereur Henri IV,  à la mort de ce dernier, il est chassé de Strasbourg.

 

.Conrad, prince-évêque de Strasbourg de  1126 à  1131             

Déposé  par le chapitre en 1126 il est rétabli par l’empereur Lothaire II  puis obligé d’abdiquer en 1131.

 

.Gérard, prince-évêque de Strasbourg de 1131 à 1142, comte d’Urach

Premier évêque vraiment nommé par le chapitre des chanoines, il institue le premier statut municipal de la ville de Strasbourg ; ce premier statut municipal distingue deux catégories juridiques d'habitants :

  • les membres de la « familia episcopalis », les ministériaux ;
  • les bourgeois (cives ou burgenses).

 

Parmi les officiers ministériaux, se trouvent l'avoué nommé avec l'approbation du Conseil de l'évêque, l'écoutète, juge de basse-justice, le burgrave, sorte de surintendant des bâtiments et fortifications, le tonloyer qui perçoit les taxes, le maître de la monnaie qui régit l'atelier de Strasbourg où se frappent deniers et oboles d'argent.

Gérard soutient l’empereur Lothaire II contre le duc  de Souabe (le duché de Souabe  comprend alors l’Alsace) ; en 1138, il rallie le camp de Conrad III de Hohenstaufen.

 

.Burchard, prince-évêque de Strasbourg  de 1142 à 1162

Élu par le chapitre.

 

.Rodolphe de Habsbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1163 à 1179,

Élu par le chapitre en 1163 avec le soutien de l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse.

 

.Henri Ier de Hasenbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1180 à 1190,

Particulièrement fidèle à l’empereur Frédéric Ier Barberousse ; il l’assiste au lancement, dans la cathédrale de Strasbourg de la troisième croisade.

 

.Conrad II, comte de Hunebourg, prince-évêque de Strasbourg de 1190 à 1202.

Les sires de Hunebourg possédent le château de Hunebourg  construit vers 1120 par Volmar de Metz-Lunéville  situé à l’ouest de Neuwiller-lès-Saverne.  Les comtes de Hunebourg, probablement issus des comtes de Dabo-Metz, sont cités au début du XIIe dans des documents qui signalent l'existence du château et des deux premiers comtes Theoderic et Folmar. Ils sont des avoués des abbayes de Neuwiller et de Honau.

Othon, frère de l’empereur Henri VI, devenu comte de Bourgogne puis comte palatin, agit brutalement contre la puissance des féodaux. Allié à son frère Philippe, il fait tuer en 1195 le comte Anselme de Montbéliard et deux ans plus tard le comte Ulric de Ferrette. En 1196 il se porte devant le château de Hunebourg  pour l’assiégier. Il est défendu par Eberhard de Hunebourg avoué de l’abbaye de Neuwiller. 

Au cours du combat Eberhard est tué et la forteresse détruite (Le frère d’Eberhard Othon meurt aussi en 1196, peut-être pendant le même assaut). Les frères Henri et Louis, petits-neveux des Hunebourg récupèrent alors une partie de l’héritage. Ils se font appelés de Hunebourg. Henri, l’aîné hérite de la charge d’avoué de l’abbaye de Neuwiller qu’il passe à son frère Louis puis à son fils Anselme.                                          

En 1197,à la mort d’Henri VI de Hohenstaufen, fils de Frédéric Ier de Hohenstaufen,  Conrad de Hunebourg, évêque de Strasbourg et seul survivant des quatre frères  de Hunebourg prend  le parti du pape Innocent III qui soutient la candidature à l’élection impériale d’Otto de Brunswick contre celle du frère de Frédéric Ier de Hohenstaufen, Philippe de Hohenstaufen ; il entre en conflit avec les bourgeois de Strasbourg qui  ont toujours soutenu les Hohenstaufen puis avec le duc de Souabe ; il s’allie alors avec Albert II de Dabo, comte de Metz, et adversaire du parti impérial par tradition familiale. Or Hunebourg est fief impérial. Ils choisissent pour sceller leur alliance de construire un château en territoire libre dont ils pourraient être les suzerains. C’est le château de Lichtenberg dont Albert de Dabo prend le nom.

En 1198, Conrad assiste au sacre d’Otton de Brunswick qui divise l’empire.

Philippe de Souabe dévaste alors l’Alsace, met le feu au château de Haldenburg (Mundolsheim), appartenant à l’évêque de Strasbourg, ravage la Robertsau et assiège Strasbourg en 1198, obligeant l'évêque à capituler. Disposant du soutien du roi de France Philippe Auguste, il réussit à se concilier le pape et est couronné empereur en 1198.

Et dès 1201, en remerciement de leur fidélité, les bourgeois de Strasbourg qui ont toujours eu le soutien des empereurs Hohenstaufen obtiennent d’être administrés par un conseil municipal et quatre ans plus tard en 1205, Philippe de Hohenstaufen accorde à la ville de Strasbourg l’immédiateté impériale.   A compter de cette date la ville devient Ville impériale dépendant directement de l’empereur et plus de son évêque.

.Henri II, comte de Veringen, prince-évêque Strasbourg de 1202 à 1223.

Issu de la maison souabe de Veringen, En 1209, Il accompagne  l’empereur Otton IV à Rome pour son couronnement ; puis il adhère au parti de Frédéric II de Hohenstaufen.

  

.Berthold, duc de Teck, prince-évêque de  Strasbourg de 1223 à 1244.

Teck est un château situé dans le Wurtemberg.

Gertrude d’Eguisheim-Dabo meurt en 1225 sans descendance au château de Herrenstein. Berthold de Teck revendique aussitôt l'héritage, déclenchant une longue guerre de succession entre les prétendants à l'héritage, parmi lesquels les comtes de Ferrette. Le conflit va durer 15 ans : l’évêque Berthold de Teck se fait céder le Guibarden par Simon de Linange, rachète également les parts du Haut-Eguisheim aux margraves de Bade et en 1228 bat le comte Frédéric II de Ferrette à Blodelsheim avec l’aide d’Albert de Habsbourg, son bailli. Et en 1232, Henri de Weerde, landgrave de Basse-Alsace donne son landgraviat à l’évêché.

 

.Henri III de Stahleck, prince-évêque de Strasbourg de 1245 à 1260, procurateur impérial de 1255 à 1258 

Le château de Stahleck est mentionné pour la première fois en 1135 comme fief des princes-électeurs de Cologne. En 1142 Hermann von Stahleck devient comte de Palatinat et prince-électeur. En 1214 le château Stahleck est transmis par mariage aux Wittelsbach.

De 1246 à 1250,  il entreprend avec d’autres une  guerre contre les Hohenstaufen  qui aboutit à la  destruction des châteaux impériaux d’Alsace.       

En 1251, le comte Ulrich II de Ferrette finit par renoncer définitivement à la succession des Dabo-Eguisheim et se résigne à rendre  hommage à l’évêque Henri III de Stahleck pour les chateaux d’Eguisheim, Thann, Hohnack et Wineck-Katzenthal.

 

 .Gauthier de Geroldseck, prince-évêque de Strasbourg de 1260 à 1263, procurateur impérial de 1260 à 1261

Issu des seigneurs  de Geroldseck qui sont au XIIe siècle  avoués de l'abbaye de Marmoutier en Alsace. Jeune et ambitieux, il entend mettre à raison non seulement les bourgeois de Strasbourg, mais aussi ceux de Colmar et de Mulhouse, et rétablir ainsi une autorité absolue contre l’avis de son oncle, lui aussi membre du chapitre, Henri de Geroldseck, qui recommande la sagesse et préconise l’entente avec les bourgeois.

 

Sitôt installé sur le trône épiscopal, Gauthier lance, en allemand, un manifeste de griefs à l'égard des bourgeois, véritable déclaration de guerre : il veut rétablir dans toute leur rigueur ses droits temporels de comte-burgrave de Strasbourg. Pour ce faire, il menace d’user de tous les moyens de contrainte que lui confère son autorité épiscopale, au premier rang desquels l’interdit et l’excommunication.

Mulhouse, Colmar et Strasbourg en appellent à Rodolphe de Habsbourg.

Un premier acte d'hostilité survient le lendemain de la Pentecôte 1260, lorsque les Strasbourgeois détruisent la vigie épiscopale du Haldenberg, sur la colline d'Oberhausbergen. Gauthier de Geroldseck riposte en mettant la population de la ville au ban de l'Église, enjoignant aux membres du Grand Chapitre de quitter la cité pour Dachstein, afin de priver ses habitants du secours de la religion.       Les chanoines obtempèrent, à l'exception de deux : Bechtold d'Ochsenstein, un vieillard impotent et Henri de Geroldseck, le cousin savernois de l'évêque qui avait pris parti pour la population. Avec les chanoines du Chapitre, 60 nobles, commensaux de l'évêque désertent également leurs foyers, emportant avec eux le Trésor municipal. Les bourgeois strasbourgeois s'empressent de piller les maisons abandonnées et de les démolir.

En 1261, Gauthier  fait construire Birkenfels et Kagenfels par Beger et Kagen, ses ministériels, en plein territoire impérial de la ville d’Obernai ; Dicka de Stahleck, frère de l'évêque construit le Spesbourg et Ollwiller près de Soultz est érigé contre Rodolphe de Habsbourg.Replié à Molsheim, Gauthier  mobilise ses alliés. L’évêque de Trèves envoie une armée forte de 1 700 guerriers qui cantonne aux abords de Strasbourg ; l'abbé de Saint-Gall en Suisse, celui de Murbach, le comte Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute-Alsace, ainsi que tous les hommes-lige de l'évêque en Alsace arrivent en renfort dans le camp épiscopal établi à Holzheim. Après avoir investi le château de Lingolsheim, les forces coalisées des nobles ouvrent le siège de la ville en déployant leurs effectifs entre Eckbolsheim et Kœnigshoffen. Débute alors une « drôle de guerre » sans accrochage sérieux, fait de coups de mains et d’escarmouches… ainsi en juillet 1261 les bourgeois strasbourgeois enlèvent à l'évêque de Trèves un lourd convoi chargé d'armes et de munitions et capturent 60 chevaux de leurs poursuivants, laissant trois morts sur le terrain. Cette échauffourée est suivie d'un armistice pour la rentrée des récoltes.

 

Pendant cette trêve le comte Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute-Alsace, change de camp. Il entre dans la ville et jure une alliance avec les Strasbourgeois, qui le nomment Commandant suprême de la place forte, le 18 septembre 1261.

En diversion, l'évêque Gauthier de Géroldseck porte alors la guerre en Haute-Alsace, attaque Kaysersberg, investit Colmar et Mulhouse et fait détruire les faubourgs de la cité assiégée. En représailles, les Strasbourgeois tombent nuitamment sur les quatre villages épiscopaux de Wolfisheim, Breuschwickersheim, Schaefelsheim (Oberschaeffolsheim) et Achenheim qu’ils incendient.

Quinze soldats de la milice des bourgeois qui s'étaient attardés dans une cave de Wolfisheim pour boire, sont surpris par des cavaliers de l'évêque qui les mettent à mort après leur avoir coupé les mains et les pieds. Après deux années de cette guerre d'usure, sonne l'heure de l'ultime affrontement qui a lieu à Oberhausbergen le 8 mars 1262. Un incident mineur à Mundolsheim tourne à la bataille rangée. Trop confiant dans sa lourde cavalerie, l’évêque charge la milice à pied de la ville sans attendre son infanterie : c’est un désastre : la cavalerie épiscopale est culbutée et près de 70 nobles ne se relèvent pas. L’évêque est obligé de fuir et se retire à Molsheim, abandonnant ses prérogatives sur la cité. Il meurt l’année suivante.

Les milices strasbourgeoises gagnent l’indépendance de la ville et privent l’évêque et ses successeurs de son pouvoir temporel sur la ville qui confirme  dès lors son rang de ville libre impériale, comme Bâle, Cologne, Spire ou Ratisbonne.

 

.Henri IV de Geroldseck, prince-évêque de Strasbourg de 1263 à 1273
Procurateur impérial

Cousin du précédent,

Il confirme le 21 avril 1263 l'indépendance complète du Conseil  de Strasbourg; les prétentions  de l'évêque de Strasbourg sont déclarées nulles et irrecevables ; désormais Strasbourg est une ville libre et son avenir confié à son seul Conseil. De plus, la gestion de l'œuvre Notre-Dame, chargée de la construction et de l'entretien de la cathédrale est retirée à l'évêque et confiée au grand-chapitre ; l'interdit n'est levé que le 23 juin 1265 mais, dès avant cette date, est éteinte la domination épiscopale sur la cité.

 

Cette bataille n’est qu’une étape, car les bourgeois, force économique de la ville, veulent aussi se libérer de la tutelle insupportable de la noblesse strasbourgeoise que la victoire sur l’évêque a grisée.

S’installe à la tête de Strasbourg, le « Patriarcat », terme désignant en fait les citadins les plus riches et les plus influents, dont une bonne partie de nobles qui établit d’excellentes relations avec le « pouvoir central » c'est-à-dire l’empereur. Lorsque le 30 septembre 1273 le comte Rodolphe de Habsbourg est élu roi d'Allemagne, Strasbourg est en liesse : la ville accueille le souverain dans un déploiement le luxe inégalé.

 

.Conrad III de Lichtenberg, prince-évêque  de 1273 à 1299 

Membre de la famille de Lichtenberg du nom de la seigneurie éponyme dont Albert II de Dabo-Moha a pris le nom.

En 1274, l’empereur Rodolphe de Habsbourg revient deux fois à Strasbourg, confirme tous les privilèges de la ville et les renouvelle dans une charte donnée à Haguenau le 8 décembre 1275 ; il y repasse avant de mourir. Strasbourg place sa statue équestre sur la façade de la nouvelle cathédrale à côté de celles de Clovis et de Dagobert.                                                                             .                                                                                                                         
En 1292, l’évêque Conrad III entre en guerre contre son  nouvel empereur Adolphe de Nassau ; il est tué lors du siège de Fribourg en Brisgau.                                                      

 

.Frédéric Ier de Lichtenberg, prince-évêque de 1299 à 1305

De la même famille que le précèdent.

 

.Jean Ier de Dirpheim, seigneur de Molsheim, évêque d’Eischstett, prince-évêque de Strasbourg de 1306 à 1328, chancelier d’Albert de Habsbourg

Il est chancelier d’Albert de Habsbourg.

 

.Berthold II, Comte de Buchneck, évêque de Spire, prince évêque de Strasbourg de 1328 à 1353, Commandeur de l’ordre des chevaliers teutoniques pour le baillage de Souabe-Alsace-Bourgogne.

En 1328, l'empereur Louis de Bavière confirme les anciens privilèges et le nouveau statut de la ville : Strasbourg ne dépend que du pouvoir de l'Empereur. 

Le 11 décembre 1328, l’évêque Berthold II  fait son entrée dans la ville, avec six cents chevaliers teutoniques. En vue de rétablir la discipline ecclésiastique, il combat énergiquement l’esprit du monde, dans le clergé. Il convoque un synode diocésain, et décrète que tous les clercs bénéficiaires doivent se faire ordonner, avant d’exercer leur ministère. Cette mesure lui vaut l’opposition farouche du Grand-Chapitre, dont un de ses membres, Conrad de Kirkel, qui le fait enlever. Berthold est ainsi emprisonné durant seize semaines, d’abord au château de Waldeck, proche de Sarreguemines, possession des seigneurs de Kirkel-Saarwerden, puis dans celui de Kirkel, proche de Deux-Ponts, dans le Palatinat. Il n’est libéré que contre rançon. Il soutient le pape Jean XXII contre l’empereur Louis de Bavière contre lequel il entre en guerre en 1334. Le pape doit intervenir pour casser la capitulation que le Grand Chapitre lui a imposée. L’évêque Berthold meurt  à Molsheim, le 24 novembre 1353, peu après avoir reçu la visite de l’empereur Charles IV de Luxembourg.                                                       

 

.Jean II de Lichtenberg, prince-évêque de Strasbourg de 1353 à 1365, landgraf de Nordgau en 1365.

Membre de la famille de Lichtenberg dont Albert II de Dabo-Moha a pris le nom ; secrétaire de l’empereur Charles IV de Luxembourg.

En 1358, l'empereur Charles IV qualifie Strasbourg de « freie Stadt », mettant en relief sa situation exceptionnelle par rapport aux villes alsaciennes de la Décapole ; elle est proche, par ses franchises, de Cologne, de Mayence ou de Spire.

En 1365, Louis Ier  d’Oltingen, comte de Nordgau vend le Landgraviat de Basse Alsace (Nordgau) à l'évêché de Strasbourg. En 1365 donc  le prince-évêque Jean II devient landgraf du  Nordgau et acquiert le château de Haut-Koenigsbourg.    A partir de cette date les Evêques de Strasbourg portent le titre de comte de Nordgau

 

.Jean III, duc de Luxembourg, prince-évêque de Strasbourg et  landgraf du Nordgau de 1366 à 1371.

Cousin de l’empereur Wenceslas de  Luxembourg, il devient prince-électeur comme prince-évêque de Mayence.

 

.Lambert de Buren, évêque de Spire puis prince-évêque de Strasbourg et landgraf du Nordgau de 1371 à 1375.

Chancelier de l’empereur Charles IV de Luxembourg ; en 1375, il devient évêque de Bamberg.Affranchie du pouvoir épiscopal, Strasbourg est proclamée ville libre impériale par  l’empereur Charles IV.

 

.Frédéric II  de Blankenheim, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1375 à 1393 

De la famille des seigneurs de Blankenheim en Rhénanie-Palatinat.

Il entre en guerre contre le doyen du chapitre cathédral de Bâle et devient administrateur de l’évêché de Bâle. De 1392 à 1293, il entre en guerre contre la ville de Strasbourg ; il est  nommé archevêque d’Utrecht en 1393.

 

.Louis Ier, comte de Thierstein, prince-évêque de Strasbourg et landgraf du Nordgau  en 1393 

Au début du Moyen-Age, les Thierstein sont une puissante famille apparentée aux comtes de Habsbourg. Le château de Neu Thierstein  date  probablement du 12ème siècle.

En 1309, la famille se divise en deux branches : les Pfeffingen et les Farnsburg.

Louis meurt l’année de sa nomination.                                                      

 

.Burchard II, comte de Petite-Pierre/Lutzelstein, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1393 à 1394 ;

Son élection n’est pas confirmée par le pape ; en 1394, pour le prix de sa renonciation au siège épiscopal, il fonde la seigneurie de Chateaunois-Frankenbourg au détriment du domaine épiscopal.                                                     

.Guillaume II de Diest, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1394 à 1439. 

Il entre en guerre avec son clergé puis avec ses vassaux épiscopaux et la ville de Strasbourg. En 1414, les bourgeois de Strasbourg se libèrent  du pouvoir de leur évêque qui s’en va résider à Saverne.   

 

.Conrad IV de Busnang, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1439 à 1440.                                                        

.Robert de Simmern, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1440 à 1478.

Apparenté aux comtes palatins, il doit soutenir  d’abord  la guerre contre les armagnacs  « die armen Gecken » (pauvres gueux) ou «  Schender » (écorcheurs)  commandés par le dauphin, le futur roi de France Louis XI qui envahissent l’Alsace de 1434 à 1444 puis contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire.                                                     

.Albert de Deux-Ponts-Veldenz, comte palatin, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau  de  1478   à 1506

Il doit affronter la révolte des paysans du Bundschuh.

 

.Guillaume III de Honstein, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1506 à 1541

Il règne sous le règne des empereurs Maximilien de Habsbourg et de son fils Charles Quint.

L’arrivée du protestantisme sous le règne de l’empereur Charles Quint ainsi que de lourdes taxes sur les produits agricoles mettent le monde rural en effervescence.

Le lundi de Pâques 1525 se produit un soulèvement général d’environ 40000 paysans menés par Erasme Gerber. Les villes et monastères sont attaqués et tombent un à un. Prétextant la défense de son titre de co-seigneur de l’abbaye de Marmoutier/Maursmünster, le duc Antoine de Lorraine envahit l’Alsace et massacre 18000 paysans à Saverne/Zabern et Lupstein et 5000 à Scherviller.

 

.Erasme de Limbourg, prince-évêque de  Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1541 à 1568 ;

Il règne  également sous le règne de l’empereur Charles Quint de Habsbourg.                                                                                                         

 

.Jean IV de Manderscheid-Blankenheim, prince-évêque Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1569 à 1592 ;

Il règne sous le règne de l’empereur Ferdinand de Habsbourg.

Après la mort de Ferdinand Ier en 1564, la branche autrichienne des Habsbourg se divise en plusieurs branches, l'aînée conservant la couronne impériale, la cadette recevant les Pays antérieurs et le Tyrol. Ferdinand II (mort en 1595), son neveu Maximilien III (mort en 1618) ne résident pas en Alsace.                                                  

 

.Jean-Georges, margrave de Brandebourg, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1592 à 1604

Il est élu par les chanoines protestants.

 

.Charles de Lorraine (1567-1607), évêque de Metz en 1578, cardinal en 1589, prince-évêque de Strasbourg  et landgraf de Nordgau de 1604 à 1607 

Fils cadet de Charles III, duc de Lorraine et de Claude de France.Il est élu en 1604par les chanoines catholiques alors que le siège épiscopal est occupé par Jean-Georges de Brandebourg, un prince protestant, l’administrateur protestant du diocèse contre lequel il doit entrer en guerre.

 

.Léopold V de Habsbourg (1586-1632), administrateur laïc  et landgraf de Nordgau de 1607  à 1626

Frère puîné de l'empereur Ferdinand II.

En 1626, il renonce à ses dignités ecclésiastiques et se marie avec Claudia de Médicis.

 

.Léopold-Guillaume II de Habsbourg (1614 - 1662)  gouverneur général des Pays-Bas espagnols, Grand-Maître des Chevaliers teutoniques, évêque de Halberstadt, de Magdebourg, d'Olmütz, Passau, Breslau  et de Strasbourg de 1626 à 1662

Dernier fils de Ferdinand II de Habsbourg et de Marie-Anne de Bavière, frère cadet  de l’empereur Ferdinand III ; donc neveu du précédent. 

En 1632,  l’Alsace est à nouveau ravagée par  les Suédois du roi Gustave Adolphe puis les armées du duc de Lorraine et celles du roi de France, entretenant le conflit afin de profiter de l’anarchie générale pour s’imposer. On assiste alors à la conquête méthodique des pays habsbourgeois, conquête qui culmine en décembre 1638 par la chute de Brisach et du Landskron devant les troupes de Bernard de Saxe-Weimar que Louis XIII reconnait comme Landgrave d’Alsace mais il meurt peu après. Léopold-Guillaume  passe la plus grande partie de sa vie à faire la guerre notamment contre la France. En 1640, il réussit à chasser les Suédois de Bohême mais ils le battent à Breitenfeld en 1642. En 1645 il défait à la bataille de Brigittenau une avant-garde de Suédois, de sorte que ceux-ci renoncent à attaquer Vienne. En tant que gouverneur général des Pays-Bas espagnols, il conclut, par le Traité de Münster (1648), une paix avec les Provinces-Unies et combat aussi la France.

 

.François-Egon de Furstenberg (1626-1682) évêque de Metz puis évêque de Strasbourg de 1663 à 1682.

Fils du comte Egon von Fürstenberg-Heilingenberg, général de l'armée impériale qui  participe notamment en 1629 à la guerre de Succession de Mantoue.

En 1681, avec une armée de 30 000 hommes, Louvois et Montclar encerclent par surprise Strasbourg laquelle n’a d’autre choix que de capituler le 30 septembre 1681.                                                                                                                                  

 

.Guillaume-Egon de Furstenberg (1629-1704), évêque de Metz puis  évêque de Strasbourg de  1682  à 1704

Frère du précédent.

En 1672, lui et son frère François obtiennent la signature d'un traité d'alliance entre la France et le prince-archevêque de Cologne en vue de la guerre de Hollande.                                                         

Enlevé au monastère Saint-Pantaléon de Cologne le 14 février 1674, il est emprisonné à Vienne par l'empereur Léopold Ier. Une intervention du nonce apostolique empêche son exécution. Il est libéré en mai 1679, après la signature du traité de Nimègue. Le 8 juin 1682 il est nommé évêque de Strasbourg, puis confirmé dans ses fonctions par le pape le 11 janvier 1683.  

 

 

 

 

 

 

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