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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 18:50

 

Le Grand Interégne ( 1250-1273)

 

.Henri le Raspon (1204 à 1247), anti-roi des Romains de 1246 à 1247

Landgrave de Thuringe

Fils du landgrave Hermann Ier de Thuringe  et de sa seconde épouse Sophie, fille du comte Othon de Bavière.

.Conrad IV / Konrad  IV  (1228-1254),  roi des Romains / römisch-deutscher König  de 1237 à 1254,  roi de Sicile / König von Siclien  (1250-1254), roi de Jérusalem / König  von Jerusalem (1228-1254), duc de Souabe / Herzogtum von Schwaben (1235-1254).

Fils de Frédéric II Hohenstaufen et de Yolande de Brienne, il épouse Élisabeth de Bavière en 1246 laquelle lui donne un fils, Conradin (1252-1268), futur duc de Souabe.

Suite à la déposition de son frère Henri VII, il est élu roi des Romains en 1237 mais il se voit opposer un anti-roi, le landgrave de Thuringe Henri le Raspon, qui le vainc à la bataille de la Nidda en 1246, mais décède en 1247. Guillaume II de Hollande  devient le nouvel anti-roi. Conrad IV n'arrive finalement pas à dominer la Germanie. Son règne en tant que roi des Romains est contesté par Guillaume II de Hollande puisque le pape Innocent IV combat son élection en soutenant Guillaume II. Il fait d'ailleurs prêcher une croisade contre lui.

 

Conrad meurt en 1254, quatre ans seulement après son père.

 

.Guillaume II de Hollande (1227 à 1256), roi des Romains de 1247 à 1256

comte de Hollande

 

Grâce au soutien de son oncle Henri II, duc de Brabant et archevêque de Cologne, il est élu roi des Romains le 3 octobre 1247, après la mort d'Henri le Raspon.

                                                            

Pendant cette période du Grand Interègne se poursuit le mouvement d’affranchissement des serfs des villes commencé au début du règne des Hohenstaufen qui aboutit à la création de Communes Bourgeoisiales constituées des personnes redevenues libres habitant les bourgs d’où le nom de bourgeois. Autour de l’ensemble cathédral, noyau épiscopal fortifié de certaines villes, le « bourg » s’est établi : c’est là que la riche bourgeoisie commerçante a lancé les tours de ses hôtels. Au-delà de son enceinte de protection, vient le « faux bourg ». Au fur et à mesure, l’ensemble se réinsère ou non dans de plus vastes remparts ; les grandes villes voient se créer des universités près des cathédrales, marquant le lien avec le pouvoir du noyau épiscopal. La bourgeoisie est donc intimement liée à l'existence des villes reconnues comme telles par leurs chartes urbaines et il n'y a donc pas de bourgeoisie "hors les murs de la cité" au-delà desquels les habitants  sont des "manants" soumis aux juridictions et aux corvées seigneuriales. Un modeste savetier peut être bourgeois d'une ville parce qu'un de ses ancêtres y a acquis ce droit héréditaire et être membre de ce fait d'une corporation, de la milice urbaine, du corps municipal, alors que dans cette même ville un riche financier né à la campagne ne peut y être qu'un simple habitant sans aucun droit politique et ne pouvant de ce fait pas se désigner dans les actes juridiques comme "bourgeois" de cette ville ni jouir des privilèges par exemple de juridiction réservés aux "bourgeois".

Parmi les chartes que les villes obtiennent de leurs seigneurs, les unes donnent aux bourgeois le droit de se gouverner eux-mêmes et font des villes de véritables républiques indépendantes; les autres leur accordent seulement des garanties contre l'arbitraire et fixent le maximum des impôts, des jours de corvée, des amendes. On donne aux  seules villes tout à fait indépendantes le nom de communes, aux autres celui de villes de bourgeoisie.

 

Désormais dans plus en plus de villes épiscopales, les Communes Bourgeoises ne relèvent plus du pouvoir temporel du prince-évêque qui voit son pouvoir temporel non pas disparaitre mais se restreindre à un territoire amputé de celui de la Commune qui entre souvent en conflit avec lui. Souvent également  le propre chapitre cathédral composé de chanoines possédant eux-mêmes personnellement en tant que seigneurs un certain pouvoir temporel rivalisent avec l’évêque lui-même favorisant les visions autonomistes des Communes bourgeoises et les ambitions souverainistes du roi de France qui est trop content de les prendre sous sa protection notamment quand l’empereur soutient le pouvoir comtal de l’évêque. En revanche, notamment quand l’empereur décide de soutenir également les Communes contre l’évêque, certaines notamment de ces villes épiscopales passent de la souveraineté de leur seigneur l’évêque à celle de l’empereur en devenant ville impériale disposant de l’immédiateté impériale c'est-à-dire relevant de sa justice et disposant d’un siège à la diète impériale telles Strasbourg, Lyon, Besançon ce qui n’est pas le cas dans le royaume de France  où un tel statut de Ville Libre Royale ne se développe pas.

 

L’interrègne n’est pas fait pour augmenter dans ces contrées le respect de à la majesté impériale. Néanmoins comme en plus d’une matière les privilèges impériaux créent une sorte de légitimité, on y a recours pour régulariser des situations équivoques ou légitimer des usurpations évidemment iniques : par exemple, en 1281, Raymond Ier de Baux, prince d’Orange, ordonne par testament de restituer aux habitants des rives du Rhône une somme considérable représentant les recettes du péage du sel qu’il avait injustement prélevées ; or l’iniquité consistait en ce que le péage avait été perçu avant d’être autorisé par l’empereur. L’empire apparait encore comme un idéal d’organisation et de justice et c’est à cela qu’il doit le prestige qui lui reste.

 

Après la mort de Frédéric II, Guillaume de Hollande se rend à Lyon pour y rencontrer le pape Innocent IV et célébrer avec lui les fêtes de Pâques de l’année 1251. Le Jeudi Saint le pape sort de Lyon pour aller porter sa bénédiction à la multitude rassemblée dans une immense plaine. Le lendemain vendredi le roi des Romains et sa suite assistent à la fonction pontificale. Passé les fêtes, le mercredi de Pâques 19 avril 1251, le pape et le roi quittent Lyon ; Innocent, accompagné de sa cour, s’embarque sur le Rhône qu’il suit jusqu’à Orange pour aller ensuite à Marseille et à Gènes ; maintenant que le terrible ennemi de l’Église Romaine est vaincu, la  papauté peut, après sept ans d’exil, rentrer en Italie.

 

De son côté Guillaume regagne l’Allemagne par la Franche-Comté. Son retour est marqué par une tentative qui, si elle eût été couronnée de succès, eût pu donner un point d’appui à l’action de l’Empire dans le sud-est de la France. Le comte palatin Hugues de Bourgogne a réuni sur sa tête, par son mariage avec Alix de Méran, les droits des deux branches de sa famille mais se trouve alors en lutte ouverte avec son père, Jean de Chalon, le descendant de la branche cadette des palatins, qui, sous l’influence d’une seconde femme, oublie ses sentiments paternels. Guillaume de Hollande profite de la nécessité où se trouve Jean de Chalon pour conclure avec lui un arrangement favorable à tous deux : Jean promet au roi des Romains son assistance et un prêt de dix mille marcs d’argent, en échange desquels il reçoit en gage les droits de l’Empire à Lausanne et à Besançon, et est autorisé à battre monnaie à Salins. Outre les avantages matériels qu’il retire de cette négociation, c’est un succès pour Guillaume que d’avoir été reconnu par un seigneur aussi considérable que Jean de Chalon : peut-être même, par son intervention dans les affaires du Comté de Bourgogne, parviendrait-il à se ménager dans ces régions une autorité qui lui permettrait ensuite de faire sentir son influence sur les provinces du royaume d’Arles peu éloignées de la Bourgogne. En tous cas, le roi des Romains travaille à se faire des amis en Dauphiné et en Provence. L’ancienne politique des empereurs, qui avait si bien réussi à Barberousse au siècle précédent, consiste à s’attacher le clergé par de nombreuses concessions de privilèges ; évêques et abbés aiment à se placer sous la dépendance immédiate de la couronne impériale, espérant ainsi se soustraire à l’oppression des seigneurs laïques, qui, sous prétexte d’avouerie ou pour tout autre motif, commettent à l’égard des Églises d’incessantes déprédations. Un moyen s’offre à Guillaume de Hollande de nouer des relations avec les évêques du midi de la France ; il ne le laisse pas échapper.

 

Henri de Suse est alors archevêque d’Embrun ; possédant la confiance d’Innocent IV, il a dû quitter sa résidence pour le service de l’Église et du roi des Romains ; c’est évidemment par lui que Guillaume de Hollande peut se mettre en rapport avec les évêques de la Provence et du Dauphiné. Plusieurs diplômes, tous de l’année 1251, attestent cette tendance de la politique du roi des Romains : l’un d’eux reconnait et énumère les droits de l’archevêque d’Embrun et la juridiction temporelle qui lui appartienne sur des territoires sis dans les diocèses d’Embrun, de Gap et de Turin. Le roi des Romains lui concède en outre des privilèges très étendus tels que le droit d’accorder des lettres de légitimation, et celui de créer des notaires et tabellions. Ces divers actes irritent vivement le comte de Provence, Charles d’Anjou, fort peu disposé à reconnaître les prétentions des empereurs sur ces contrées.

  

Cependant Thomas de Savoie, veuf de la comtesse Jeanne de Flandre, l’un des membres importants d’une des familles les plus puissantes et les plus ambitieuses du royaume de Bourgogne se rapproche de Guillaume de Hollande. De retour dans son pays d’origine, il a été investi des domaines de sa famille en Piémont, pour les tenir en fief de son frère aîné Amédée IV, comte de Savoie : titulaire de droits mal définis, encore moins reconnus, en lutte avec des adversaires tels que l’évêque et les habitants de Turin ou les bourgeois d’Asti, Thomas  a, suivant les exigences de ses intérêts, oscillé jusqu’alors entre les deux grands partis qui se disputaient la péninsule italienne à la fin du règne de Frédéric II. Ainsi avait-il abandonné l’amitié du pape Innocent IV pour suivre son frère Amédée dans les rangs des défenseurs de Frédéric II, qui, en récompense, avait comblé les deux frères des faveurs les plus libérales. De nombreux diplômes rendus par l’empereur à Verceil, vers la fin de l’année 1248, avaient conféré à Thomas, comme fiefs impériaux, Turin, ses ponts et ses forteresses, Moncalieri, Ivrée, Castelvecchio et plusieurs châteaux ou bourgs, les péages et autres droits de l’Empire dans le comté de Piémont et la qualité de vicaire impérial dans ces contrées : quelques diplômes de l’année 1249 complétèrent ces concessions. Malheureusement le prestige des chartes de Frédéric II était loin de suffire à faire tomber les résistances des adversaires du comte Thomas. Aussi cherche-t-il d’autres appuis ; dès que se répand la nouvelle de la mort de Frédéric II, il se hâte de revenir au parti d’Innocent IV. En tous cas, quelques mois après la mort de l’empereur, Thomas de Savoie, absous des censures que lui avait fait encourir son alliance avec l’empereur, épouse la nièce du pape, Béatrice, fille du comte de Lavagne.

 

Bientôt il offre son hommage au roi des Romains, Guillaume de Hollande, qui, trop heureux sans doute d’être reconnu par un personnage aussi considérable, l’en récompense en lui confirmant les privilèges et les fiefs que lui a accordés Frédéric.                                                        

Toutefois ni Turin ni Asti ne se montrent plus respectueuses des volontés de Guillaume qu’elles ne l’avaient été des ordres de Frédéric II ; Thomas doit entreprendre en 1255 contre ses adversaires une guerre qui se termine par un désastre : fait prisonnier par ses ennemis, jeté dans un cachot de Turin et chargé de fers, il se résigne, après une longue captivité, à accepter les conditions les plus dures ; encore ne doit-il sa liberté qu’à l’intervention opportune des rois de France et d’Angleterre, qui tous deux, par leur mariage, étaient devenus ses neveux.

  

Peu de temps avant sa mort, Guillaume  témoigne sa faveur à un frère du comte Thomas, le célèbre Pierre, dit le Petit Charlemagne ; le justicier général du Saint Empire, Adolphe de Waldeck, au nom du roi des Romains, avait confié à Pierre la protection de la Bourgogne, et plus particulièrement de Berne et de Morat, menacés par les entreprises du comte Hartmann de Kybourg   .

 

Guillaume de Hollande meurt  en 1256.

 

 

 

 

 

 

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