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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:26

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(suite 3) 

.FREDERIC II  /  FRIEDRICH   II  (1194-1250),                                                    empereur / kaiser de  1211 à  1250                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

En revanche, l’Église romaine concède à Raymond Bérenger les sommes provenant, en Provence, du rachat des vœux des Croisés ; elle y ajoute le quart de la subvention qu’elle demanderait aux Églises de l’Empire dans les provinces d’Aix, d’Arles, d’Embrun, de Tarentaise, de Lyon, de Vienne et de Besançon. Le Pape approuve ces concessions de son légat et l’exhorte à accroître le plus possible les ressources pécuniaires du comte de Provence, de l’archevêque et des bourgeois d’Arles. Après avoir pourvu aux nécessités de la lutte, le légat poursuit sa route et se rend auprès de saint Louis auquel il dépeint les projets coupables de Frédéric,

 

L’empereur réagit et par  une lettre du mois de décembre 1239 met le comte de Provence au ban de l’Empire et prononce la confiscation de ses biens dont Forcalquier doit être distrait pour être donné au comte de Toulouse.

 

En même temps, sans doute pour remplir les caisses de la commune, Frédéric accorde à ses fidèles Avignonnais le droit de frapper de nouvelles monnaies que chacun serait tenu d’accepter comme les autres monnaies en cours dans le royaume d’Arles et de Vienne.

 

 En 1240, Frédéric II continue de consolider son pouvoir dans son royaume de Bourgogne-Provence en demandant au comte Raymond VII de Toulouse d'intervenir militairement  contre le comte Raimond Bérenger IV de Provence et Jean Baussan, archevêque d'Arles. Une campagne nouvelle commence donc , au printemps de 1240, contre le comte de Provence et les Arlésiens ; elle est dirigée par le comte de Toulouse et le vicaire impérial, Bérard de Lorette que secondent de nombreux seigneurs et d’importantes cités : les comtes de Comminges et de Rodez, Dragonet de Montauban, le seigneur de Lunel, Barral de Baux, Aymery de Clermont et beaucoup d’autres nobles du Languedoc ou de la Provence, qu’accompagnent les contingents fournis par Avignon et Marseille. Les alliés saisissent les biens des Églises à Avignon et dans le Comtat, pillent les domaines du comte de Provence et des Arlésiens, s’emparent de vingt châteaux et mettent le siège devant Arles, qui résiste avec succès à leurs tentatives.

Mais le roi de France Louis IX et le roi d’Angleterre Henri III entendent défendre leur beau-père Raymond Berenger. Louis IX  envoie vers la région un corps d’armée dont l’apparition met un terme aux entreprises du comte de Toulouse. Ni Frédéric, ni le comte de Toulouse ne tiennent à se brouiller avec le futur saint Louis. Aussi, l’empereur donne quelques explications diplomatiques, et le comte de Toulouse, suspend la lutte du côté de la Provence.

 

Sur ces entrefaites, l’empereur remplace Bérard de Lorette par Gautier, comte de Manupello, qui porte le titre officiel de vicaire général du Saint Empire.  L’un de ses premiers actes est rendu en faveur des consuls et des bourgeois de Gap ;  le 5 août 1240, ils s’engagent à fournir à l’empereur les services féodaux qui lui sont dus à raison des terres de l’Église de Gap. En revanche, l’empereur promet de respecter ces domaines et tous leurs privilèges : combinaison étrange où les bourgeois se substituent à l’évêque pour la prestation de services féodaux dus à l’Empire à l’occasion du temporel de l’Evêché. Le vicaire impérial ajoute à cette promesse une confirmation du consulat, de la juridiction et des libertés de Gap : en échange de ces faveurs, les bourgeois doivent prêter serment de fidélité à l’empereur, nouvelle preuve de l’alliance qui tend à se former entre les communes et le pouvoir impérial : Gap devint ainsi, en théorie du moins, « une ville libre immédiate; entre les bourgeois et l’empereur l’intermédiaire de l’évêque est supprimé.

 

De Gap, le comte de Manupello se rend à Avignon où, depuis la mésaventure de Bérard de Lorette, Raymond VII exerce, au nom de l’empereur, les fonctions de podestat. Les Impériaux semblent à ce moment éprouver quelque défiance à l’égard du comte de Toulouse. Raymond  veut conserver les fonctions qu’il exerce à Avignon ; mais, sans tenir compte de ses protestations ni des services rendus par lui à la cause impériale, le vicaire de l’Empire l’en dépossède et prend lui-même la direction des affaires de la cité.

 

A cette époque, entre Raymond VII et les vicaires impériaux, se poursuit une sourde lutte alimentée par une jalousie réciproque ; sans aucun doute, les chefs du parti hostile à l’Église sont alors profondément divisés, circonstance favorable aux efforts de la diplomatie pontificale ; le cardinal Jacques de Préneste et son vicaire Zoën ne manquent pas d’en profiter. Raymond VII, en mauvaise intelligence avec les Impériaux, estime nécessaire pour  reconquérir  une partie de ses Etats, de s’assurer une certaine liberté d’action du côté de l’Église et du comte de Provence ; entre 1240 à 1241,à la suite de longues négociations conduites par le comte de Toulouse, tant à la Cour de France qu’auprès des seigneurs du Midi, il se rapproche de l’Église et, pour en obtenir l’absolution, il s’oblige à lui venir en aide dans sa lutte contre Frédéric II.  En outre, il se réconcilie avec Raymond Bérenger et contracte alliance avec lui ainsi qu’avec le roi Jacques d’Aragon ; il compte demander la nullité de son mariage avec Sancie d’Aragon pour épouser une des filles du comte de Provence qui porte aussi le nom de Sancie, et qui, plus tard, après l’échec de ce projet, devait se marier à Richard de Cornouailles : ainsi Raymond VII cherche dans l’alliance du comte de Provence les avantages qu’il n’a pas trouvés en le combattant.

 

Ceci l’amène également à faire la paix avec l’archevêque d’Arles ; le 30 mai 1241,  il lui rend hommage pour Beaucaire et la terre d’Argence. Toutefois, quand il s’agit de tenir ses engagements envers le comte de Provence, Raymond VII ne s’exécute que de très mauvaise grâce ; en fait le comte de Toulouse joue double ; il oscille entre deux alliances d’une part, celle de l’empereur et des adversaires de l’Église, d’autre part, celle de la papauté et du comte de Provence.

 

Cependant,  les campagnes  militaires en Italie de Frédéric sont couronnées de succès ; au cours de  la fameuse bataille de Meloria, gagnée sur les Génois, le 3 mai 1241, par une flotte de Pise, alliée fidèle de l’empereur, plusieurs prélats d’outremonts qui se rendent, sur les vaisseaux de Gênes, au Concile convoqué par Grégoire IX, sont tués ; beaucoup sont faits prisonniers dont l’archevêque de Besançon ; l’archevêque d’Arles  réussit à s’échapper et  à regagner Gênes, d’où il revient en Provence.

 

La guerre se rallume entre Raymond VII et le comte de Provence ; mais cette reprise des hostilités ne dure guère. Tout le Midi est fatigué de la lutte ; peu à peu les adversaires de l’Église se détachent de leur parti.

En 1242, l'empereur Frédéric II nomme conjointement Henri le Raspon, Landgrave de Thuringe et le roi Venceslas Ier de Bohême procurateur impérial pour la Germanie, chargés de son fils Conrad IV encore mineur (14 ans).

En 1243, Sancie de Provence la troisième fille du comte de Provence  Raymond-Bérenger  promise au comte de Toulouse Raymond VII épouse en 1243 Richard de Cornouailles, le frère du roi d'Angleterre, futur  roi des Romains.

L'accord de cette union est fait à Montpellier, en présence de Jacques Ier d'Aragon.                                                                

En même temps, Marseille obtient de son évêque l’absolution et conclu sa paix avec Raymond Bérenger. Bien plus, le 29 juin 1243, l’archevêque d’Arles étant à Beaucaire, proclame entre les deux comtes une trêve qui devait prendre fin à la prochaine fête de la Toussaint. Ainsi, Frédéric se voit privé de ses principaux appuis : Arles, Avignon, Marseille, le comte de Toulouse font successivement défection. L’Église l’emporte et  Raymond VII  obtient fin 1243 l’absolution du nouveau pape Innocent IV, pour s’employer ensuite à de longues et infructueuses négociations entre l’empire et la papauté.

  

Le pape estime qu’un nouveau concile est nécessaire pour terminer le procès intenté contre l’empire ; la situation  en Italie n’étant pas sûre, il décide de transporter sa cour à Lyon dont les liens avec l’empire sont déjà largement distendus et qui bénéficie de la proximité du royaume de France.

 

A la fin de novembre, le pape entreprend le pénible voyage d’Italie en France, à travers les États du comte de Savoie ; il franchit à grand-peine le Montcenis, suit la vallée de l’Arc, s’arrête à l’abbaye cistercienne de Hautecombe sur le lac du Bourget, et arrive, le 2 décembre, à Lyon. Les comtes de Toulouse et de Provence viennent à Lyon ainsi que la plupart des évêques du Royaume de Bourgogne-Provence.

 

Frédéric continue de s’efforcer de se créer des partisans nouveaux parmi les seigneurs laïques, afin de mieux lutter contre cette hiérarchie qui avait été le soutien naturel de ses prédécesseurs. Dès le mois de juillet 1245, il accorde en fief à Imbert de Beaujeu une pension annuelle de cent marcs d’argent à prendre sur la Chambre impériale. En septembre, il confirme un péage à Albert, seigneur de la Tour du Pin.

 

Le 17 juillet 1245, au concile de Lyon, le pape Innocent IV fait proclamer la déposition de Frédéric II de ses titres d'empereur et de roi. Il délie tous ses sujets de leur fidélité au souverain excommunié. L’empereur veut alors, pour frapper ses ennemis au cœur, occuper  avec une armée, la ville de Lyon où la Cour pontificale continue de résider. Il prévoit de passer par la route du Montcenis ouverte depuis que le comte de Savoie Amédée IV, rompant ses attaches avec le parti pontifical, est venu, en juillet 1245, lui présenter ses hommages à Turin.

 

Raymond Bérenger meurt le 19 août 1245, laissant ses domaines à sa quatrième et dernière fille Béatrice de Provence. Frédéric lui propose d’épouser son fils Conrad ; le comte de Toulouse Raymond VII envisage un tel mariage mais c’est en définitive le roi de France Louis IX qui obtient de marier l’héritière de Provence avec son frère Charles d’Anjou.

 

De son côté le pape pour enflammer l’indignation des masses, enjoint aux évêques de faire publier chaque dimanche, à son de cloches, l’excommunication portée contre Frédéric II et leur recommande de faire connaître au peuple, par des prédications multipliées, les crimes commis par Frédéric et sa rage à persécuter l’Église.

 

Contre le parti impérial qui n'accepte évidemment pas sa décision et la conteste juridiquement, le pape cherche des concurrents à son adversaire, et pousse les électeurs ecclésiastiques, l'archevêque de Cologne Conrad de Hochstaden et celui de Mayence, Siegfried III, à élire un nouveau Roi des romains.

Le 22 mai 1246 à Veitshöchheim près de Würzbourg, Henri le Raspon est élu roi des Romains par une minorité d'électeurs s'opposant ainsi à son ancien suzerain comme à son ancien protégé.                                                                                                              

 

Le 5 août 1246, Henri le Raspon défait près de Francfort sur la Nidda son rival Conrad IV. Il tient par la suite deux diètes à Francfort et Nuremberg. Conrad IV et son parti ne s'avouant pas vaincu, il mène campagne en Souabe. Blessé dans une escarmouche à Reutlingen, il se retire au château de Wartbourg et y meurt le 16 février 1247.

 

En cette année1247, le comte de Savoie Amédée IV reste un chaud partisan de l’empereur ; il est convenu que Manfred, le fils de Frédéric et de Bianca Lancia, épouserait Béatrice, fille du comte de Savoie : Manfred recevrait immédiatement de l’empereur toute la terre qui s’étend de Pavie aux Alpes. Le mariage est célébré l’année suivante.

 

Par ailleurs, l’empereur regagne à sa cause le dauphin Guigues VII ; un acte daté de juin 1247 lui confirme toutes ses acquisitions dans les comtés de Gap et d’Embrun et, de plus, lui concède les alleux situés dans ces deux comtés, ainsi que dans les comtés de Vienne, d’Albon et de Grenoble, sauf l’hommage et la fidélité que le Dauphin en devrait à l’Empire. L’avantage n’est pas de médiocre importance, si l’on considère que le Dauphin se trouve  ainsi placé dans la hiérarchie féodale, au-dessus de tous les propriétaires d’alleux, qui cessent d’être ses pairs pour devenir ses inférieurs.

 

Assuré de l’amitié du comte de Savoie, du dauphin et du seigneur de la Tour, l’empereur, donc maître de la route de Lyon,  ordonne à ses vassaux de se trouver à Chambéry au mois de juin 1247, et d’y amener leurs contingents.

A cette époque, l’empereur s’efforce de rallier à sa cause tous les éléments hostiles à l’Église,  il se présente comme le champion du pouvoir séculier contre  l’Église, qui tente d’envahir le domaine temporel ; aussi plus d’un membre de la noblesse française s’arme pour la cause de l’empereur. Le pape prend sans tarder des mesures urgentes pour conjurer l’orage. Il demande  aux prélats de se préparer à défendre le Saint Siège et appel au secours  le roi Louis IX.

 

Finalement l’intervention de l’armée rassemblée par le roi de France est inutile car le soulèvement de la ville guelfe de Parme qui oblige l’empereur à rebrousser  chemin. Quand le pape Innocent IV décide d’envoyer un corps de troupes au secours des Parmesans, le comte de Savoie Amédée IV refuse le passage de même qu’au légat du pape Octavien, chargé de porter aux Lombards les messages et les encouragements d’Innocent IV.

 

Les affaires italiennes retiennent l’empereur dans l’Italie centrale ou en Lombardie, pendant les derniers mois de l’année 1247 et les premiers de l’année 1248 ; il revient en Piémont vers le mois de juillet se rapprochant ainsi des domaines de ses fidèles alliés, les princes de la maison de Savoie. A Verceil il rencontre une nombreuse assemblée de seigneurs acquis à l’empire; à leur tête se trouvent le comte Amédée et son frère, Thomas de Savoie, comte de Flandre. Thomas est nommé vicaire général de l’Empire pour l’Italie du Nord, depuis Pavie jusqu’aux Alpes, et reçoit en outre de nombreux fiefs, parmi lesquels les villes d’Ivrée et de Turin, ainsi que plusieurs châteaux ; en outre, Thomas et Amédée sont investis des pouvoirs de Frédéric, à l’effet d’entamer une nouvelle négociation avec le pape. En même temps, l’empereur accorde au dauphin Guigues une pension annuelle de trois cents onces d’or, payables par le Trésor impérial ; une pension de quinze onces d’or est attribuée à son chambrier.

 

Evidemment l’empereur songe, pour le cas probable où sa diplomatie échouerait à reprendre le projet d’une expédition contre Lyon. A ce moment, la fortune semble se montrer plus favorable à l’empereur dans  son royaume de Bourgogne-Provence. Inquiétées par l’avènement de Charles d’Anjou, dominées par des factions hostiles aux croyances catholiques et à l’influence française, les grandes communes de Provence, Arles, Avignon et Marseille, s’unissent dans une confédération nouvelle. Un mouvement très violent se produit à Arles, où les adversaires du clergé reprennent le dessus : les principaux partisans de l’Église sont emprisonnés ; les factieux se saisissent des domaines des Églises et ravagent ceux du comte de Provence ; l’archevêque Jean Baussan est l’objet de grossières menaces. Les meneurs se tournent naturellement vers Frédéric II, auquel ils envoient des émissaires pour solliciter son appui ; les ennemis de tout ce qui est chrétien et français ont pris, dans le Midi, une telle influence, que les Croisés, compagnons du roi Louis IX, sont insultés lors de leur passage à Avignon et à Marseille. La situation devient si grave, qu’au mois de novembre 1248, les prélats des provinces de Vienne, d’Arles, d’Aix et de Narbonne, tiennent à Valence un Concile présidé par deux cardinaux légats du Saint-Siège, Pierre d’Albano et Hugues de Sainte Sabine.

  

Les condamnations et les prohibitions de ce Concile montrent clairement quels ferments de désordre recèlent alors la région méridionale : sont condamnés ceux qui ne respectent pas les excommunications, ceux qui méprisent l’autorité des inquisiteurs, ceux qui interdisent aux ecclésiastiques le feu et l’eau, les fours et les moulins ; ceux qui assassinent les clercs, s’emparent des biens de l’Église, et ceux qui refusent de jurer la paix et de renouveler ce serment de trois ans en trois ans. Sont frappés des sentences les plus sévères les meneurs qui ont appelé le secours de Frédéric, dont l’excommunication est de nouveau solennellement publiée, ceux qui ont recours à son intervention et font accueil à ses envoyés.

La voix du Concile n’est guère écoutée : à Arles, la faction provençale et française est toujours cruellement maltraitée ; les envoyés de Frédéric reçoivent le serment de fidélité des bourgeois d’Arles et d’Avignon ; en même temps, les sympathies de Raymond VII semblent se porter de nouveau vers la cause impériale. L’empereur est  à la veille de retrouver dans le royaume d’Arles ses anciens appuis, le comte de Toulouse et les communes de Provence, fortifiés de la puissance du Dauphin et du comte de Savoie.

Ainsi, en 1248, le comte de Provence  Raymond Berenger V et l’archevêque d’Arles Jean Baussan sont au côté de Frédéric II à Vérone.                                                   

Le comte de Toulouse Raymond VII meurt le 22 septembre 1249. Alors qu’à la mort de Raymond-Bérenger c’est Charles d’Anjou, qui est devenu comte de Provence, c’est un autre frère du roi de France, Alphonse de Poitiers, qui hérite du comté de Toulouse et du marquisat de Provence.

 

Le légat Pierre d’Albano, au nom de l’Église romaine, se rend alors dans le Comtat Venaissin pour recouvrer cette terre : les représentants d’Alphonse y envoient, de leur côté, le seigneur de Lunel qui peut y servir utilement les intérêts de son maître ; en dépit des prétentions de l’Église, Alphonse porte le titre de marquis de Provence et garde jusqu’à sa mort la seigneurie du marquisat.

Décidément la politique de Louis IX triomphe. Barral de Baux, qui paraissait être dans le Midi le chef des ennemis de l’Église et de la France, ne tarde pas à le comprendre : au printemps de 1250, il vient à la Cour de France, et promet à la régente Blanche de Castille d’employer ses efforts pour soumettre Arles à Charles d’Anjou et Avignon à Alphonse de Poitiers. Les deux villes ne persistent plus longtemps dans la lutte ; peu à peu les résistances du Midi s’évanouissent devant le pouvoir toujours croissant de la maison Capétienne.

 

La mort de Frédéric II, survenue le 13 décembre 1250, consomme dans le royaume d’Arles la ruine du parti hostile à l’Église et à la France ; quand, par une clause de son testament, l’empereur lègue à son fils Henri la couronne d’Arles, il ne lui laisse plus qu’un fantôme de royauté. C’en est pratiquement fini de la suzeraineté réelle de l’empire dans le midi de la France. En définitive, la lutte se termine par la victoire éclatante de la royauté française. Dans la querelle de l’Église avec Frédéric II, alors que beaucoup de ses barons ont pris le parti de l’empereur,  Louis IX futur Saint Louis s’est montré pour l’Église un allié prudent et discret, mais sûr et fidèle, et très résolu à ne point permettre à Frédéric de mettre le pape en servitude. En fait seuls deux grands hommes de la dynastie des Hohenstaufen, Frédéric Ier Barberousse et son petit-fils Frédéric II, auront possédé dans leur Royaume de Bourgogne-Provence une autorité efficace pendant un siècle de 1152 à 1250. Ce n’est vraiment qu’après sa mort qu’en profitant de la période dite du Grand Interrègne qui s’ouvre  au décès de Frédéric II, de 1250 à 1273, pendant laquelle il n’y aura aucun véritable empereur, que les rois de France, tel Philippe le Bel, ayant réussi à passer d’une suzeraineté sur leurs vassaux directs à une véritable souveraineté sur l’ensemble des nobles de leur royaume, pourront s’affirmer véritablement indépendants de l’empereur du moins à l’intérieur de leur royaume ce que les légistes de Philippe Auguste ont commencé d’affirmer par la formule « le roi est empereur en son royaume » laquelle ne signifie nullement que les rois de France  ne reconnaissaient plus, hors du royaume de France, une forme de suprématie de l’empire et ce d’autant moins que plusieurs d’entre eux  tenteront de se faire ultérieurement élire empereur,  certes sans succès.

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