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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 09:53

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La campagne des élections françaises a pris  dans ses derniers jours une orientation inquiétante pour l’Union Européenne au travers  des  déclarations consternantes des différents candidats en ce qui concerne le rôle qu’ils voudraient voir jouer par la Banque Centrale Européenne.

Tous les candidats à l’exception d’un seul se sont mis à déclarer que le remboursement des dettes de l’Etat et des Collectivités publiques était impossible sans le retour à la croissance allant même pour certains à rejeter les plans d’austérité pourtant acceptés par  26 gouvernements et  à affirmer  que la Banque Centrale Européenne devait s’aligner sur la politique de la Reserve Fédérale des Etats Unis ou de la Banque d’Angleterre en prêtant directement aux Etats membres à des taux le plus bas possible.

Or mis à part le fait qu’on ne peut pas dire que jusqu’à présent, la politique des deux banques centrales anglo-saxonnes de  création monétaire massive ( politique de la planche à billet) ait été probante en terme de croissance pour les Etats Unis et la Grande Bretagne, il apparait d’ores et déjà certain qu’elle commence à avoir des effets négatifs en Grande Bretagne ou le taux d’inflation atteint déjà 3.5 %.

Une telle politique préconisée par les candidats français est parfaitement irresponsable dans la mesure ou il est exclu que les autres Etats membres de la zone euro acceptent de modifier  les statuts de la BCE pour lui permettre de remplir un rôle en matière de croissance alors qu’elle a pour seule mission d’assurer la protection de la valeur de la monnaie. Elle est irresponsable parce qu’elle risque d’encourager tous les spéculateurs qui jouent la disparition de l’euro à un moment ou les difficultés de l’Espagne risquent de rouvrir une crise sans commune mesure avec celle de la Grèce et qui exigerait cette fois une aide trois fois plus importante que l’Union serait incapable de mobiliser entrainant par effet de domino l’Italie puis la France elle-même et la disparition de la monnaie unique .

Or d’ores et déjà la BCE  ne remplit pas correctement sa mission en laissant l’inflation dans la zone euro s’installer durablement au-dessus de 2% sans réaugmenter pour autant ses taux d’intérêt pour ne pas réduire encore la croissance de la zone  mais elle a largement outrepassé ses pouvoirs en prêtant massivement aux banques à un taux de 1%  pour leur permettre  de prêter aux Etats membres à des taux supérieurs et d’engranger ainsi, certes sur le dos des contribuables, des bénéfices leur permettant d’obtenir un ratio de fonds propres plus élevés qu’avant la crise et qui risque encore malgré tout de s’avérer insuffisant.

Certes il est déplaisant pour les contribuables de devoir payer les erreurs des banquiers mais faute d’une telle action de la BCE, on peut craindre que les actionnaires des banques n’auraient pas souscrit aux augmentations de capital massives rendues nécessaires par leurs pertes accumulées et malheureusement les Etats s’ils nationalisaient leurs banques seraient dans l’impossibilité financière de les recapitaliser.

Sauf à laisser s’effondrer l’ensemble du système financier ce qui aurait été catastrophique  pour l’ensemble des citoyens y compris les plus pauvres ni épargnants ni contribuables.  Avec à terme un chômage massif  et  une inflation galopante replaçant les Etats européens dans la situation de l’entre deux guerres dont on sait où elle a mené.

Contrairement à ce que  fait semblant de croire, l’un des candidats le plus à gauche qui, étrangement propose que la BCE s’aligne sur la politique keynésienne des banquiers centraux anglo-saxons libéraux en prêtant directement aux Etats  à 1%  plutôt qu’aux banques, ce n’est pas du tout économiquement la même chose car si les banques devront bien rembourser les prêts de la BCE  nul ne doute que les Etats n'en feraient pas de même, pacte de stabilité ou pas, continuant allégrement d’augmenter des dettes d’un niveau déjà insupportable , car le passé nous montre bien que ce n’est pas par l’endettement que l’on assure une croissance forte puisque depuis 30 ans, l’endettement massif des Etats et des Collectivités Locales n’a pas permis pour autant d’assurer une croissance suffisamment forte pour diminuer le chômage.

En revanche une telle politique obligerait très rapidement pour tenter de compenser l’inflation de réintroduire l’indexation des revenus sur le taux d’inflation avec les effets pernicieux que l’on connait.

Ce n’est donc certainement pas par une augmentation des dépenses comme le dit raisonnablement un seul des candidats que les Etats ,les Collectivités locales surendettés peuvent agir sur l’emploi mais par une limitation et une redistribution des dépense entre la part des  dépenses de fonctionnement et les dépenses d’investissement au profit des dernières corrélativement à un abaissement du niveau général de la dette dont la charge constitue le principal poste du budget alors qu’elle aurait du être consacrée à la formation, à la recherche et plus généralement à l’investissement productif.

Entre le rêve  et  la réalité, les européens n’ont pas le choix. Espérons que le bon sens des Français l’emporte !

 

 

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Published by Parti imperial romain europeen - dans empireromaineuropeen
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