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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 18:11

Face  à un affaiblissement constant du statut de la langue française dans le monde depuis un siècle, surtout en Europe et en Amérique du Nord, les minorités francophones de Belgique, du Canada et de Suisse se trouvent confrontées à des difficultés croissantes de relations avec leurs concitoyens parlant la langue majoritaire.

Les belges flamingants veulent de moins en moins apprendre le français et les belges francophones ne font guère d'effort pour parler le flamand;

Les canadiens anglophones ne sont guère motivés pour apprendre le français alors que les canadiens francophones sont bien obligés d'appendre l'anglais;

Les suisses allemands ne voudraient plus être obligés d'apprendre le français comme première langue étrangère et les suisses romands d'apprendre l'allemand  et ce d'autant moins que les suisses allemands s'expriment de plus en plus en suisse allemand même s'ils lisent et écrivent en allemand.

Si ces comportements créent  un germe de dislocation de ces Etats ce qui au sein de l'Europe est peut-être inéluctable et pas un drame en soi, en revanche  il instaure une véritable entrave à la libre circulation des travailleurs négative pour tous.

Or si sur le plan de la libre circulation des travailleurs dans le cas du Canada, les canadiens anglophones et francophones doivent évidemment s'efforcer d'être bilingues français-anglais,  le bilinguisme  doit être généralisé tout autant en Belgique ou les  flamingands doivent se remettre à apprendre en première langue le français, les  francophones doivent absolument accepter d'apprendre le flamand comme première langue avant l'anglais de même qu' en Suisse, les romands doivent continuer d'apprendre en première langue l'allemand, de même que les suisses allemands doivent continuer d'accepter d'apprendre le français ou l'italien et les suisses de langue italienne le français ou l'allemand comme première langue étrangère avant l'anglais:

Contrairement à ce que veulent faire croire certains, l'apprentissage de l'anglais pour échanger entre la Belgique francophone, la Belgique flamingante et la Belgique de langue allemande  ou entre la Suisse romande , la Suisse allemande ou la Suisse italienne ne favorisera  certainement pas le maintien de bonnes relations de voisinage entre régions de langue différente ni surtout n'offrira pas réellement la  possibilité pour le plus grand nombre dans de rechercher éventuellement un travail dans une région de langue différente de la sienne.

En effet s'il apparait nécessaire que désormais comme deuxième langue les élèves apprennent l'anglais , en revanche  dès l'école primaire c'est d'abord la langue parlée de l'autre coté de la frontière linguistique qui devrait être enseignée puis seulement à compter de l'école secondaire la langue écrite de l'autre coté de cette frontière. Car mis à part ceux qui poursuivront des études après le secondaire et qui s'engageront dans une carrière internationale ou en relation avec l'étranger et qui utiliseront réellement l'anglais sur le plan professionnel, les autres qui ne poursuivront pas leurs études au-delà du secondaire  pourront au moins avec leur capacité à parler la langue utilisée de l'autre coté de la frontière linguistique y trouver un éventuel emploi.

Il sera toujours plus facile pour un élève d'apprendre l'anglais comme deuxième langue à partir du secondaire ; en revanche l'effort doit porter dès le primaire sur la langue parlée de l'autre .

Plus généralement et dans toute l'Europe le principe du bilinguisme obligatoire devrait être instauré dans toutes les régions situées de part et d'autre d'une frontière linguistique; chacun devant apprendre à parler dès l'école primaire la langue de l'autre coté de cette frontière puis à l'écrire et à la lire à compter de l'école secondaire, la langue anglaise ne devant être enseignée qu'en deuxième langue à partir du secondaire.

En fait il y a , au-delà d'un certain snobisme, une  volonté de discrimination sociale de la part de ceux ( souvent les élites) qui prônent l'apprentissage de l'anglais comme première langue car ils savent que pour la grande majorité des gens cela ne leur sera que d'une faible utilité alors qu'eux s'efforceront de faire apprendre plusieurs langues à leurs enfants qui ainsi pourront seuls accéder demain à des postes de responsabilité sur les plans politiques et économiques.

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