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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 10:03

 

75 ans après la capitulation de l’Allemagne, une Allemande Madame Ursula von der Leyen se trouve à la tête de la Commission Européenne et une autre Allemande la chancelière Angela Merkel va prendre pour 6 mois la direction tournante de l’Union Européenne à un moment où la pandémie de Covid 19 va plonger l’Union dans une crise économique et sociale sans précédent depuis la crise de 1929.

Nul doute que celles-ci vont vouloir faire de leurs  présidences respectives un plein succès et de l’Allemagne le sauveur de l’Union Européenne dans un élan de solidarité certes non désintéressé mais qui apparaitra comme une véritable révolution copernicienne au pays de la rigueur budgétaire.

Car nos deux Allemandes ont bien compris que la puissance que  l’Allemagne a su retrouver en trois quart de siècle repose désormais sur ses exportations notamment celles vers les 26 autres Etats membres de l’Union et sur un Euro partagé par 19 d’entre eux qui les a largement facilitées.

Elles sont parfaitement conscientes que si la pandémie et la crise économique qu’elle engendre est beaucoup moins forte en Allemagne, l’effondrement économique de l’Espagne, la France  et l’Italie qui représentent à elles-seules un marché de près de 175 millions de consommateurs serait catastrophique pour leur propre pays avec tous les risques politiques que cela créerait dans les 4 principaux Etats membres pouvant conduire à une disparition de l’Union.

Comme l’écrivait dans son édition du 30 mai un journaliste du Temps de Genève :

«  le basculement en cours s’articule autour du plan de relance économique européen et de son financement. Le principe d’une dette mutualisée entre les 27 Etats est désormais défendu par Berlin avec toutes les conséquences que cela implique en matière de gouvernance. Si ce scénario se concrétise, l’Europe fera un grand bond dans son intégration politique. Or ce n’est pas seulement Angela Merkel qui défend la nécessité de ce pas aujourd’hui, mais son parti, le plus grand d’Allemagne, les Conservateurs de la CDU (les Sociaux-démocrates y étant depuis longtemps favorables). Les déclarations de Wolfgang Schäuble, le week-end dernier pour soutenir un plan franco-allemand d 500 milliards d’euros (et dont l’Allemagne sera le principal garant) écartaient les derniers doutes. Le Parlement allemand, affirme son président et ancien tenant de l’orthodoxie budgétaire européenne est derrière Merkel.. »

Or ce qui sera bon pour l’Allemagne sera bon pour l’Union  et on ne peut douter des convictions européennes de nos deux dirigeantes allemandes.

Et l’Espagne, la France et l’Italie, souvent qualifiées par les Etats membres du Nord de l’Union comme des membres du Club Med,  leurs devront une reconnaissance éternelle car les deux dirigeantes allemandes sont bien les seules à pouvoir faire accepter par des Etats comme la Suède, le Danemark, les Pays-Bas ou l’Autriche  cette solidarité certes bien comprise envers les « cigales » du Sud. 

Pour un pays  comme la France-qui a commencé de décliner depuis un siècle par l’incompétence de ses dirigeants politiques et militaires- cela apparaitra comme une espèce de revanche de l’Histoire d’admettre qu’elle a besoin d’une l’Allemagne, beaucoup plus détruite qu’elle en 1945, pour éviter l’effondrement économique et la relégation dans la catégorie des Etats vassaux des Grands.

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