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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 08:55
Histoire du Comté de Forcalquier-Archevêché d’Embrun-Evêché de Gap

Lors du démembrement de l’empire de Charlemagne en 843, l’ancien Royaume Burgonde est scindé en Duché de Bourgogne rattachée au Royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et Cisjurane (dont dépend la Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire. En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, le duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

Maison des Bosons

.Boson (879-887), roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune.

Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. Louis III de Francie occidentale, Carloman II et leur cousin Charles III le Gros et un représentant de Louis le Jeune, retenu dans son royaume par la maladie se rencontrent en juin 880 en Lorraine. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence. Avignon, Arles et Marseille sont alors les trois plus importantes villes de la Provence. En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.

.Louis III l'Aveugle (vers 882- 928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune. En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane. En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie. En 898, Engelberge, sa sœur épouse le duc d'Aquitaine, Guillaume le Pieux qui est aussi comte de Lyon et de Mâcon. A l'appel des grands féodaux pour qui il est le petit-fils de l'ancien empereur Louis II le Jeune, le roi Louis de Provence prend Pavie, chasse le roi Bérenger de Frioul et se fait couronner roi d'Italie, le 12 octobre 900. Puis il épouse fin 900 Anne de Constantinople (fin 887-903), fille de l'empereur romain d’orient Léon VI. En 902, l'ancien roi d’Italie Bérenger de Frioul, lui aussi petit-fils d'un empereur d'Occident (Louis Ier le Pieux), revient avec des forces en nombre, et réussit à chasser d'Italie le nouvel empereur qui est obligé de se réfugier vers la Provence. En 905, Louis est de retour en Italie à l'appel des grands féodaux, mais Bérenger Ier de Frioul, grâce à l'aide des troupes bavaroises, réussit à le faire prisonnier à Vérone et le 21 juillet 905 lui fait crever les yeux (d'où son surnom) et reprend la couronne royale d'Italie. De retour à Vienne, sa capitale, le roi Louis, handicapé par sa cécité, n'est plus en mesure de résister aux demandes de ses féodaux. À partir de 911, il laisse la gestion du royaume à son cousin Hugues d'Arles, comte d'Arles et de Vienne qui quitte Vienne et s'installe à Arles. Fait marquis de Provence, le régent Hugues d'Arles, épouse Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve de Rodolphe Ier de Bourgogne. Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

.Hugues d'Arles (v. 880- 947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Élevé à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis marquis de Provence en 905 par son parent, l'empereur Louis III l'Aveugle, Hugues devient roi d'Italie en 926. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie. À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues revient en Provence pour lui succéder sur le royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin. À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Provence et lui abandonne ses droits. En échange, selon l'accord de 926, Rodolphe II lui abandonne ses prétentions en Italie. Hugues continue toutefois de porter le titre de marquis de Provence où il est toujours richement possessionné. La Provence qui s’étend du Rhône à La Turbie, à la limite du diocèse de Vintimille, compte vingt-trois cités épiscopales réparties en trois provinces ecclésiastiques : Arles, Aix (dont dépends Antibes) et Embrun dont relèvent Nice, Vence et Glandèves. Chaque année se tient un concile des trois provinces de Provence ainsi qu’une assemblée générale des grands vassaux sous la présidence du marquis. Pourtant la désagrégation de l’organisation administrative carolingienne se poursuit. Dès 948 ou 949, le roi Conrad de Bourgogne-Provence réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, un à Apt, un en Avignon et un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II, à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.

.Boson II (910-968) comte d’Arles, d’Avignon et de Provence de 949 à 968

Fils de Rotbold (Roubaud) ou Rodboald d'Agel (noble mâconnais) fait comte de Provence en 903 par Louis III l'Aveugle.

Son suzerain le roi Conrad de Bourgogne-Provence (937-993) se montre très actif en Provence ; ainsi en 963, il délivre un diplôme à l’abbaye de Montmajour ; l’année suivante il est présent à Arles.

.Guillaume Ier le libérateur (955-993), comte d'Avignon en 948, comte de Provence en 972, marquis de la Provence arlésienne en 972 et prince de toute la Provence en 991

Fils de Boson II comte d'Arles et de Constance de Provence. Guillaume est connu pour avoir réuni une armée de seigneurs provençaux et chassé les sarrasins des côtes provençales en 972. Il est alors surnommé "le libérateur" et prend le titre de marquis de Provence. Il reconnait l’autorité du roi Conrad lequel en 976 et en 978 tient un plaid dans la ville d’Arles. La royauté est alors respectée en Provence ou c’est toujours au nom du roi que les maitres du ban exercent le gouvernement des hommes. Sa victoire sur les sarrasins permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence. Il distribue les terres reconquises à ses vassaux. Arles retrouve son statut de capitale quand peu après 981, il revient s'y établir. De lui sont issus les premiers comtes de Provence, qui s'allièrent ensuite aux comtes de Barcelone. Roubaud, quant à lui, est l’origine de la tige des comtes de Forcalquier.

.Guillaume II ou III (v. 986-1018), comte de Provence de 993 à 1018

Fils de Guillaume le libérateur, marié en 1002 avec Gerberge de Bourgogne, fille d’Othe-Guillaume, comte de Bourgogne et d’Ermentrude de Roucy, comtesse de Macon et Besançon. Il ne peut récupérer le titre de marquis de Provence qui échoit à son oncle Rotbald Ier. Guillaume II est inhumé dans les fondements de l'église en cours de construction de l'abbaye de Montmajour qui au début du XIe siècle devient la nécropole des comtes de Provence. A sa mort, le comté devient possession indivise entre ses trois fils :

-Guillaume IV.

-Foulques Bertrand.

-Geoffroi.

.Guillaume IV (avant 1013-1019-1030), comte de Provence de 1018 à 1030

Sans postérité.

.Foulque-Bertrand (1014-1051), comte de Provence de 1018 à 1051

Père de :

-Guillaume V Bertrand.

-Geoffroi II, dont la part deviendra le comté de Forcalquier.

En 1030, le comte Foulque-Bertrand doit de nouveau combattre les seigneurs des Baux et de Fos. À la tête de l'ost comtal, composé par les vicomtes de Marseille et quelques seigneurs des Alpes, les combats s'engagent encore une fois sur les rives de l'étang de Berre où le prince réussit à battre ses vassaux révoltés. La paix est à peine revenue en 1032, que son suzerain Rodolphe III de Bourgogne meurt. Suit une période trouble de lutte entre les prétendants, l'empereur Conrad le Salique et Eudes de Blois, qui meurt en 1037. À l'issue de cette guerre, le comté de Provence devient terre d'Empire.

.Geoffroy Ier (1015-1061/ 1062) comte de Provence de 1018 à 1061

Fils de Guillaume II, comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne, frère du précédent. Il intervient dans la lutte contre la Maison de Fos qui reprend en 1048. À cette date, il conclut un accord avec Aicard et Geoffroy de Marseille Ier, vicomtes de Marseille, pour récupérer la seigneurie de Fos et d'Hyères. Il épouse Étiennette, peut-être fille du vicomte Guillaume II de Marseille et d'Étiennette des Baux, avec laquelle il : -Bertrand II. -Gerberge (v. 1060-1115), comtesse de Provence, mariée à Gilbert de Millau, comte de Gévaudan .Bertrand II de Provence ( ?-1093), comte de Provence de 1061 à 1093. Fils de Geoffroi Ier, comte de Provence, et d'Etiennette. Dès son accession, le nouveau comte de Provence est affaibli : il transfère la résidence comtale d'Arles à Tarascon en 1063 et, incapable d'assurer la paix, demande en 1065 aux puissantes familles arlésiennes d'assurer la protection des biens de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. À la fin des années 1070, dans le cadre de la Querelle des Investitures, Bertrand s’oppose à l’archevêque d’Arles Aicard. Mais ce conflit d'ordre religieux se double d’un triple problème politique entre le comte et l'archevêque qui à cette époque est aussi un seigneur féodal. Le comte s’oppose à Aicard d'abord à propos de la nomination controversée de Bermond comme abbé de Montmajour, ensuite probablement parce qu'Aicard s'est rapproché dès 1076 du comte de Saint-Gilles, excommunié par le pape et rival du comte de Provence, enfin et surtout parce qu'il redoute la puissance de la famille de l'archevêque, celle des vicomtes de Marseille. En 1078, le comte de Provence recherche donc l'appui du pape en accusant l'archevêque de simonie, puis en 1081, en se plaçant sous la suzeraineté papale, renie ses liens de vassalité avec l'empereur Henri IV. Le comte de Provence s’aliène alors la ville d’Arles et son archevêque soutenu par le peuple, le clergé, les familles des Baux et des Porcelet et le comte de Saint-Gilles, Raimon IV. L'archevêque d'Arles bénéficie aussi du soutien de sa famille, les vicomtes de Marseille qui à partir de 1079 désertent l'entourage du comte Bertrand. La fin de sa vie est moins connue. Il meurt en 1093. Sa fille étant déjà mariée et dotée, le comté de Provence passe à sa sœur Gerberge, tandis que le titre de marquis de Provence est repris par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et issu de la branche aînée des comtes de Provence. La famille comtale de Provence s'éteint en 1093 et trois familles se partagent la Provence:

la maison de Toulouse, celle de Barcelone et celle d'Urgell.

Gerberge épouse Gilbert Ier, comte de Gévaudan avec lequel elle a deux filles :

-Douce née en 1090 qui épouse en 1112 à Raimond Bérenger III, comte de Barcelone. -Etiennette mariée à Raymond, seigneur des Baux.

Les droits sur le comté de Provence sont donc transférés, par mariage, aux comtes de Toulouse et aux comtes de Barcelone. Les maisons des deux comtés entrent en conflit pour la possession de la Provence. Les conflits d’intérêt entre ces familles ne permettent pas de maintenir l’indivision sur le comté de Provence. Les descendances de Guillaume le Libérateur et de son frère Robold, avec leurs partages successoraux, structurent les terres de Provence autour de trois grandes maisons :

- celle de Toulouse, présente depuis que Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, a épousé Emma de Venasque. Cette famille possède le marquisat de Provence.

- celle de Forcalquier, par Adélaïde, descendante d’Emma de Venasque. Elle possède le comté de Forcalquier qui s’étend d’Apt à Embrun.

-celle de Barcelone, depuis le mariage de 1112 entre Douce, descendante de Guillaume, et Raymond Bérenger III, comte de Barcelone. Elle possède le comté de Provence au sud de la Durance.

Dès 1119, commence une guerre de succession entre les Maisons de Toulouse (marquisat de Provence) et de Barcelone (comté de Provence), maisons rivales qui se heurtent déjà dans leurs sphères d’influence, qui est l’actuel Languedoc. À cela d’ajoute les ambitions de la maison des Baux qui, étant issue d’Etiennette de Provence-Gévaudan, revendique une part du comté. Les guerres dite baussenques ne tardent pas à éclater entre Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, d’une part et Alphonse Jourdain, comte de Toulouse et les seigneurs des Baux d’autre part. Défait, Alphonse se réfugie dans Orange en 1123 et doit signer en 1125 un traité de partage de la Provence : ii abandonne au comte de Toulouse le château de Beaucaire et la terre d'Argence (rive droite du Rhône), le château de Vallabrègue (île du Rhône) et toute la partie de la Provence située entre l'Isère et la Durance, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces pays (villes, châteaux, évêchés, etc ...). Le comte de Toulouse cède au comte de Barcelone toute la terre de Provence depuis les sources de la Durance et le long de cette rivière, jusqu'au Rhône et à la mer, avec tout ce que ses vassaux possèdent dans ces régions, Avignon ainsi que les châteaux du Pont de Sorgues, de Caumont et du Thor restant indivis :

- le comté de Forcalquier reste indépendant.

- le marquisat de Provence passe à Alphonse Jourdain de Saint Gilles (Maison de Toulouse) qui reçoit la partie située entre l’Isère et la Durance, dont les fiefs sont fiefs du Marquisat de Provence :

.comté de Valence (Valentinois) et de Die (Diois) : comtés - domaines vassaux jusqu'en 1189. .comtat Venaissin, la partie sud du marquisat - propriété propre, qui prend définitivement ce nom en 1274.

.comté d’Orange: domaine vassal jusqu'en 1181, année où il devient une principauté autonome.

- le comté de Provence réduit au Comté d’Arles passe à Raymond Béranger Ier (Maison de Barcelone) qui occupe les terres du sud de la Durance, jusqu’au Rhône à l’ouest et à Nice à l’est.

Comtes de Forcalquier :

Maison d'Urgell

Les comtes de la maison d'Urgell, descendante de Foulque Bertrand et possédant donc Forcalquier prenne le titre de comte de Forcalquier.

.Adélaïde de Forcalquier ( ?) comtesse de Forcalquier de 1063 à 1067

Elle renonce au titre de comtesse de Provence pour celui de Forcalquier. Maison de Forcalquier-Urgel

.Guillaume IIIème de Forcalquier (1083-1129) comte de Forcalquier en 1129

Marié à Gersende d'Albon, fille de Guigues III d'Albon, dauphin du Viennois. C’est ce mariage qui introduit les dauphins du Viennois en Provence dans le comté de Forcalquier.

.Guigues de Forcalquier (né en ?- 1149) comte de Forcalquier de 1129 à 1149 avec son frère:

.Bertrand Ier de Forcalquier (1111-1150) comte de Forcalquier de 1129 à 1150

Au XIIe siècle, les comtes de Forcalquier font de leur ville de Forcalquier la capitale d'un comté qui s'étend des sources de la Durance aux portes de Cavaillon, et dont les villes principales sont Embrun, Gap, Sisteron, Manosque, Pertuis, Apt et Sault. Malgré le partage de 1125, la guerre reprend rapidement entre Alphonse Jourdain et Raymond-Bérenger. La mort de Douce en 1130 et celle de Raimond-Bérenger en 1131 font resurgir les problèmes de succession latents du comté de Provence. Dès 1131, les seigneurs des Baux, désormais soutenus par le comte de Toulouse, font donc valoir leurs droits auprès de l'empereur Conrad. Du côté du marquisat de Provence et d’Alphonse Jourdain, on trouve Raymond Ier des Baux, beau-frère du comte qui représente la Maison de Toulouse alliée à celle de Forcalquier. Il revendique le comté de Provence et est le chef de la résistance à Raymond-Béranger. Raymond des Baux a épousé Stéphanette ou Etiennette, fille du comte de Provence, alors que la sœur d'Etiennette, Douce, a épousé le comte Raymond-Béranger. Raymond des Baux est déjà un riche seigneur, avec 79 villes, bourgs, châteaux, places fortes, les "terres baussenques", entre le Rhône et Aix et, vers le sud, jusqu'à Berre. De l'autre côté, celui du comté de Provence, se regroupent le fils cadet du comte décédé, Bérenger Raymond, les évêques provençaux, une partie des barons et les comtes de Barcelone, ses oncles. Tous les seigneurs du pays doivent choisir leur camp, celui de Douce ou celui d'Etiennette. Les forces se répartissent en deux camps à peu près égaux et les guerres continuent jusqu'en 1144, date de la mort de Raymond des Baux. Après cette date, son fils, Hugues des Baux, reprend les hostilités. Alphonse Jourdain est assassiné en 1148 et son fils Raymond V de Toulouse, lui succède. Il n’a que 14 ans, mais le roi de France, Louis le Jeune le soutient.

.Bertrand IIème de Forcalquier (1135-1207) comte de Forcalquier de 1150 à 1207 avec son frère :

.Guillaume IVème de Forcalquier (1137-1209), comte de Forcalquier de 1150 à 1209

En 1193, Guillaume de Forcalquier laisse le comté à sa petite-fille Garsende et à son mari Alphonse II de Provence. Puis, il reprend le Gapençais et l'Embrunnais pour les donner à son autre petite fille Béatrix de Sabran, ce qui entraine une guerre entre les Forcalquier et les Aragon. À la mort de Guillaume, en 1209, le comte de Provence occupe Sisteron mais ne réussit pas à prendre, par siège, Forcalquier. Le comté de Forcalquier est partagé entre le comte de Provence (sud du comté) et nord (Gapençais et Embrunnais) au Dauphiné.

Maison de Sabran

La maison de Sabran est une illustre famille de Provence d'extraction chevaleresque qui tire son nom de la baronnie de Sabran à proximité d'Uzès en Languedoc et qui possède aussi en Provence des biens importants à Beaucaire. Les seigneurs de Sabran sont vassaux par conséquent des comtes de Toulouse.

.Garsende de Sabran (vers1180/1181-1242) comtesse de Forcalquier de décembre 1209 à 1242

Elle épouse en juillet 1193 Alphonse II d’Aragon, comte de Provence.

.Raimond Bérenger IV ou V (né vers 1198-1245) comte de Provence de 1209 à 1245 et comte de Forcalquier de 1222 à 1245

En 1222, la position de Raimond Bérenger est solidement assurée, et sa mère Garsende lui cède le comté de Forcalquier pour se retirer au monastère. Les comtés de Provence et de Forcalquier sont définitivement réunifiés.

Archevêché d’Embrun /Comté d’Embrun

L’évêché d’Embrun est fondé au milieu du IV° siècle. En 450, le pape attribue les fonctions de métropolitain à l'évêque de Vienne dans les diocèses de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble, tandis que les autres cités de la Viennoise et de la Narbonnaise dont les évêchés d’Aix et d’Embrun restent du domaine du métropolitain d'Arles. Un siècle plus tard, en 551, la province ecclésiastique arlésienne s'agrandit de l'évêché d'Uzès qui passe sous la métropole d'Arles. En 794, au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. La province ecclésiastique d'Arles perd les évêchés d'Aix et d'Embrun, qui sont élevés au rang d’archevêchés par le pape Léon III. L’archevêché d’Aix devient suffragant des évêchés d’Apt, Fréjus, Riez, Gap et Sisteron celui d’Embrun des évêchés de Digne, de Vence, de Glandève, de Senez et de Nice.

Au partage de Verdun de 843, l’Embrunais est partie de la Lotharingie ou Francie Médiane ; il est ensuite transféré du Royaume d'Italie au royaume de Provence qui devient royaume de Bourgogne-Provence ou Royaume d’Arles avant d’être intégré au Saint-Empire romain germanique en 1032. L’archevêque-prince d'Embrun est primitivement seul maître de la ville d’Embrun

Archevêques :

.Hismidon, archevêque d’Embrun vers 1033 à 1044,

.Vivemne, archevêque d’Embrun vers 1048

.Guinervinaire, archevêque d’Embrun vers 1050 à 1054 .Hugues, archevêque d’Embrun de 1054 à 1055

.Viminien, archevêque d’Embrun de 1055 à 1065

.Guillaume Ier, archevêque d’Embrun de 1066 à 1077

.Pierre Ier, archevêque d’Embrun en 1077

.Lantelme, archevêque d’Embrun vers 1080 à 1084

Choisi pendant le concile d'Avignon..

.Benoît II, archevêque d’Embrun de 1105 à 1118

.Guillaume II, archevêque d’Embrun de 1120 à 1134

.Guillaume III de Champsaur, prince-archevêque d’Embrun de 1135 à 1169

L’empereur et roi de Bourgogne-Provence Conrad III lui accorde les régales, la justice, la monnaie et les péages tant sur terre que sur la Durance le faisant lui et ses successeurs princes d'empire, comtes de Beaufort et de Guillestre. En 1159, Guillaume III organise un concile de la province ecclésiastique à Embrun au cours duquel est réglé un partage de biens entre l’évêque de Nice Arnaud et son chapitre. Mais à partir de 1160, le comte de Provence commence à détenir une partie du pouvoir temporel sur Embrun.

.Raimond Ier, évêque de Carpentras puis prince-archevêque d’Embrun de 1171 à 1176

Il est obligé avant sa consécration de confirmer par serment la cession que son prédécesseur avait faite malgré lui au prévôt d’Embrun mais il parvient à se délier de ce serment en recourant auprès du pape Alexandre III en lui exposant de quelle manière Guillaume III de Bénévent avait été forcé de le faire par l’empereur Frédéric Ier Barberousse. Le pape ordonne alors aux chanoines et au prévôt de rétablir l’archevêque dans ses droits sur l’Argentière.

.Pierre II Romain, prince-archevêque d’Embrun vers 1177 à 1189

.Guillaume IV de Bénévent, prince-archevêque d’Embrun de 1189 à 1208

Sous son règne, en 1195 et 1202, les mariages des deux petites-filles du comte de Forcalquier Guillaume IV, Garsende et Béatrice, provoquent la division du comté de Forcalquier : Apt, Sisteron et Forcalquier reviennent au comte de Provence Alphonse II, alors que le Gapençais, l'Embrunais et le Champsaur vont se trouvés rattachés au Dauphiné tout en restant sous suzeraineté du comté de Provence. En effet, Béatrice de Sabran, comtesse de Gap et d'Embrun, fille de Rénier Ier de Sabran, seigneur de Caylar et de Garsende d'Urgel-Forcalquier épouse André de Bourgogne, fils d’Hugues III, duc de Bourgogne, et de Béatrice d'Albon, dauphine de Viennois à laquelle il succédera comme dauphin du Viennois sous le nom de Guigues VI.

.Raimond II Sédu de Salvaing, prince-archevêque d’Embrun de 1208 à 1212

De la famille des seigneurs de Salvaing dans le Dauphiné. Sous son règne, le dauphin impose au prince-archevêque un partage du pouvoir temporel et face au donjon carré du prélat, commence l’édification de la Tour Brune, un château hors les murs de la ville.

.Bernard Ier de Bérard de Chabert, prince-archevêque d’Embrun de 1212 à vers 1235

Sous son règne, en 1230, les villes de Faucon et Drolla se mettent d’accord pour fonder une ville nouvelle, à égale distance entre les deux. Avec son accord et celui du comte de Provence Raimond-Bérenger IV de Barcelone, Barcelonnette nait en 1231.

.Aimar de Bernin, prince-archevêque d’Embrun de 1236 à 1245, grand Chambellan du Saint Empire

De la famille des seigneurs de Bernin dans le Dauphiné ; frère de Jean de Bernin, archevêque de Vienne. En mai 1238, convoqués par l’empereur Frédéric II, il accompagne son frère Jean de Bernin et les évêques de Grenoble, du Valentinois et du Diois à Vérone rencontrer sous les drapeaux de l’empire les troupes du comté de Savoie et aussi celles des comtés de Provence et de Toulouse, conduites par Guillaume de Savoie, l’évêque élu de Valence. L’archevêque d’Arles, Jean Baussan, et l’évêque de Marseille, Benoît d’Alignan, ont devancé Raymond Bérenger à la Cour impériale et sont à Vérone dès le mois de juin. Tous deux figurent comme témoins dans un acte où l’empereur promet sa protection à la ville d’Embrun et lui assure le maintien de ses libertés et coutumes. En 1244, l’archevêque devient en plus suffragant de celui de Grasse et l’année suivante 1245, Guigues VII, dauphin du Viennois reçoit de l’empereur Frédéric II, comme roi de Bourgogne-Provence, l’investiture des comtés de Gap et d’Embrun. Le pouvoir temporel lui est donné par diplome impérial de 1245, et il obtient le titre de grand chambellan du Saint-Empire. Les deux prélats de Gap et d’Embrun ont, comme à Vienne et à Grenoble, les comtes d'Albon pour vassaux. Ainsi, l'expansion territoriale de la maison d'Albon est gênée par la présence de princes ecclésiastiques auxquels elle doit l'hommage.

.Humbert, prince-archevêque d’Embrun de 1246 à 1250

.Henri de Suse, prince-archevêque d’Embrun de 1250 à 1261, cardinal

En 1251, Henri de Suse, archevêque d’Embrun, reçoit du Roi des Romains, Guillaume de Hollande plusieurs diplômes: l’un d’eux reconnait et énumère les droits de l’archevêque d’Embrun et la juridiction temporelle qui lui appartient sur des territoires sis dans les diocèses d’Embrun, de Gap et de Turin. L’empereur lui concède en outre des privilèges très étendus, qui, d’après les idées des jurisconsultes du temps, impliquent une délégation de la souveraineté : ainsi le droit d’accorder des lettres de légitimation, et celui de créer des notaires et tabellions. Le 15 aout 1252, les bourgeois d’Embrun chassent Henri de Suze ; celui-ci ne peut rentrer de cinq ans dans sa ville. En 1256, Guigues VII vient à Embrun pour tâcher d’apaiser les esprits et en 1257, n’ayant pu réussir, il s’en empare à la tête de ses troupes. Or presque depuis le commencement du siècle les dauphins de Viennois prétendent avoir acquis le Gapençais des comtes de Forcalquier, comté de Forcalquier réuni à celui de Provence depuis 1222, et Charles d’Anjou se trouve être le représentant des anciens seigneurs du Gapençais ; à ce titre il conteste la prétention du dauphin Guigues VII. A la fin de l’année 1256, le conflit en est arrivé à une période aiguë ; Charles d’Anjou menace, pour se faire justice, d’attaquer les domaines du Dauphin. Il faut tout le poids de l’autorité du pape et du roi des romains pour l’arrêter : Alexandre IV jusqu’à ordonner aux archevêques d’Embrun, de Vienne et d’Aix, et aux évêques de Grenoble et de Gap, de prêter assistance à Guigues contre toute agression. Enfin les deux parties consentent à accepter un compromis : l’affaire est remise à la décision de Barral de Baux, arbitre choisi par le comte de Provence, et de Jean de Bernin, archevêque de Vienne. Le 17 juillet 1257 les arbitres rendent leur jugement qui maintient le Gapençais au Dauphin à charge d’en faire hommage au comte de Provence mais cette sentence fait naître un nouveau différent soulevé par l’Archevêque d’Embrun, qui prétend qu’il porte atteinte à ses droits. Après sa mort, de 1261 à 1267, le siège reste vacant pendant six ans.

.Melchior, prince-archevêque d’Embrun de 1267 à 1275

Sous son règne, le comté de Provence passe à la Maison d’Anjou. .Jacques II Sérène, prince-archevêque d’Embrun, chambellan de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, et conseiller à la Cour impériale de 1275 à 1286 En octobre 1275, se trouvent réunis à Lausanne autour du pape et de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, les principaux seigneurs ecclésiastiques du royaume de Bourgogne-Provence, parmi lesquels les archevêques de Lyon et d’Embrun, les évêques de Genève, de Valence, de Sisteron et de Marseille. L’archevêque Jacques d’Embrun, partisan dévoué du pape et de l’empereur peu de temps après cette entrevue de Lausanne, se voit renouveler par l’empereur ses privilèges en même temps que nommer chambellan de l’Empereur, prince du Saint Empire et conseiller à la Cour impériale.

.Guillaume V, prince-archevêque d’Embrun de 1286 à 1289

.Raimond III de Médullion, évêque de Gap de 1282 à 1286, prince-archevêque d’Embrun de 1289 à 1294

Raymond est de la maison souveraine de la baronnie dont le Buis est capitale ; baronnie passée au Dauphin en 1317. Les comtés d’Embrun et de Gap ayant été démembrés de celui de Fortcalquier, l’investiture donnée par l’empereur au dauphin Guigues VII a besoin d’être munie du consentement de Charles d’Anjou II, comte de Provence. Celui-ci l’accorde par lettres du 31 décembre 1293 dans un voyage qu’il fait à Nice. Le jeune Dauphin, en vertu de l’hommage qu’il a fait au comte de Provence, se croit alors dispensé de toute subordination féodale envers l’Archevêque d’Embrun mais celui-ci ne l’entend pas ainsi et prétend que l’hommage rendu pour ce domaine au comte de Provence ne préjudicie pas à celui qu’il doit à son Eglise.

.Guillaume VI de Mandagot, prince-archevêque d’Embrun de 1295 à 1310,

De la famille noble du Languedoc de Mandagot. Charles II d’Anjou, comte de Provence appuie la prétention de l’archevêque d’Embrun, et, par lettres datées de Viterbe du 14 février 1297, considérant que deux hommages pour la même terre à deux différentes personnes ne sont pas incompatibles, il demande au dauphin père et à son fils de rendre également l’hommage que l’archevêque d’Embrun exige de lui. En 1305, Guillaume de Mandagot est nommé recteur du Comtat Venaissin en 1305 et transféré à l'archidiocèse d'Aix-en-Provence en 1311.

.Jean Ier du Puy, prince-archevêque d’Embrun de 1311 à 1317

.Raimond IV Robaud, prince-archevêque d’Embrun de 1319 à 1323

.Bertrand Ier de Deaux, prince-archevêque d’Embrun de 1323 à 1338, cardinal en 1338

Issu d’une famille noble d’Uzès.

.Pasteur de Sarrats, prince-archevêque d’Embrun de 1338 à 1350, cardinal le 17 décembre 1350.

Jusqu’à son règne, tous les dauphins avaient du prêter hommage aux archevêques d’Embrun pour les terres qu’ils possédaient d’eux en fief. Le Dauphiné ayant été cédé au roi de France, l’empereur Charles IV de Luxembourg accepte d’abandonner sa suzeraineté au roi sur ces terres moyennant paiement de la somme de 300 marcs d’argent. En revanche les archevêques d’Embrun continueront de prêter hommage à l’empereur jusqu’à l’archevêque Jacques Gelu qui prêtera encore hommage à l’empereur Sigismond de Luxembourg en 1442.

. Guillaume de Bordes, prince- archevêque d'Embrun de 1350 à 1361

Guillaume des Bordes députe à Prague Jean Guillemin, son vicaire général, vers l'empereur Charles IV de Luxembourg, pour le reconnaître comme son suzerain. Charles IV, pour récompenser Guillaume des Bordes, donne en 1357 une bulle par laquelle il ajoute tellement aux privilèges déjà si nombreux des archevêques d'Embrun, que ces prélats ont dans toute leur principauté le même pouvoir et la même autorité que l'empereur y aurait eu lui-même, s'il y avait régné directement.

.Raimond de Salg, prince-archevêque d’Embrun de 1361 à 1364

De la famille seigneuriale de Salgues en Quercy,

.Bertrand de Castelnau, prince-archevêque d’Embrun de 1364 à 1365

D'une famille noble de Châteauneuf, dans le diocèse de Mende.

.Bernard II, prince-archevêque d’Embrun en 1365

.Pierre Amielh de Brenac, prince-archevêque d’Embrun de 1365 à 1378

.Michel Etienne, prince-archevêque d’Embrun de 1378 à 1426

Il obtient encore en 1415, de l'empereur Sigismond de Luxembourg, la confirmation des privilèges de son église.

.Jacques Gélu, prince-archevêque d’Embrun de 1426 à 1432

.Jean (de) Girard, prince-archevêque d’Embrun de 1432 à 1457

Comtes d’Embrun :

.Bertrand IIème de Forcalquier (1135-1207) comte de Forcalquier, comte d’Embrun de 1150 à 1207 avec son frère .Guillaume IVème de Forcalquier (1137-1209), comte de Forcalquier, comte d’Embrun de 1150 à 1209

Ils succèdent à leur père. Durant leur règne, ils doivent lutter contre le roi Alphonse II d'Aragon, également comte de Provence, qui cherche à s'étendre vers le nord. En 1193, ils sont obligés de se soumettre et de signer le traité d'Aix-en-Provence par lequel Garsende de Sabran, petite-fille de Guillaume, hérite du comté et épouse le fils d'Alphonse. Ce mariage d'Alphonse II de Provence avec Gersande de Forcalquier permet l'unification du comté de Provence et de celui de Forcalquier. Profitant de la mort d'Alphonse II et de la jeunesse de son successeur, Guillaume reprend les hostilités, ravage le pays d'Aix et s'allie au dauphin du Viennois, en lui faisant épouser sa petite-fille. Guillaume reprend le Gapençais et l'Embrunnais pour les donner à son autre petite fille Béatrix de Sabran, ce qui entraine une guerre entre les Forcalquier et les Aragon.Mais les deux frères sont à nouveau battus par les Catalans et doivent se soumettre. À la mort de Guillaume, en 1209, le comte de Provence occupe Sisteron mais ne réussit pas à prendre, par siège, Forcalquier. Le comté de Forcalquier est partagé entre le comte de Provence (sud du comté) et nord (Gapençais et Embrunnais) au Dauphin.

.Béatrice de Sabran (1182- ap.1248), comtesse de Gap et d'Embrun de 1208 à 1248

Fille de Garsende de Sabran, fille de Rénier Ier de Sabran, seigneur de Caylar, et de Garsende d'Urgel, elle-même fille de Guillaume mariée à Alphonse II d'Aragon, comte de Provence. Elle épouse en 1202 André de Bourgogne, futur dauphin Guigues VI.

.Guigues VII de Bourgogne (1225-1269), comte de Gap et d’Embrun de 1237 à 1269, dauphin de Viennois, comte d'Albon, de Grenoble, d'Oisans, de Briançon,

Fils de la précédente.

L’an 1245, Guigues VII reçoit de l’empereur Frédéric II, comme roi de Bourgogne-Provence, l’investiture des comtés de Gap et d’Embrun. Charles d'Anjou, héritier des comtes de Forcalquier, lui demande le retour des comtés. Ils finissent par conclure un arrangement, Charles obtenant Gap et Guigues conservant Embrun.

.Jean Ier de Bourgogne (1264- 1282) comte d’Embrun de 1269 à 1282, dauphin de Viennois, comte d’Albon, de Grenoble, d’Oisans, de Briançon.

Le comté d’Embrun suit le sort du Dauphiné et est intégré au Royaume en 1427.

Evêché/Vicomté de Gap

Le diocèse relève de l’archevêché d’Aix en Provence. Depuis 986 et la reconquête sur les Sarrasins, l’évêque de Gap a la souveraineté sur la ville.

Evêques :

.Féraud de Nice, évêque de Gap de 1000 à 1044

Fils de Pons II d’Orange- Mevouillon, baron de Mevouillon dont le Buis est la capitale; frère de Laugier de Nice, co-seigneur de Nice et époux d’Odile de Provence, fille de Guillaume Ier de Provence ; frère également de Pierre de Mirabel, évêque de Vaison. C'est lui qui, dans un acte de 1023, inféode aux Mison la vicomté de Gap. Féraud donne plusieurs domaines dans la région du Mont-Ventoux. Féraud est présent à une donation faite en en 1024 au monastère Saint Victor de Marseille, par Bertrand, comte de Provence. En cette même année, le pape Benoit VIII lui écrit à Féraud, ainsi qu'à plusieurs autres évêques pour les inviter à faire rendre à l'abbaye de Cluny les biens dont quelques seigneurs s'étaient emparés. Cinq ans plus tard, Féraud fait donation en faveur de l’abbaye de Cluny de l'église de Saint-André-près-de-Gap et d’une portion de la ville de Gap. En 1030, il donne à l'abbaye de Saint-Victor, l'église de Saint Geniez de Dromon. En août 1031, il est à Mar¬seille, dans le monastère de Saint Victor, quand le comte Bertrand cède à celui-ci deux propriétés de Pierrefeu et Forcalquier. À la fin de sa vie, en 1044, avec le futur comte Guillaume Bertrand de Provence, ils divisent entre eux la ville de Gap.

.Rodolphe, évêque de Gap de 1044 à 1050

.Ripert, évêque de Gap de 1053 à 1060

.Arnoux, évêque de Gap de 1065 à 1078

.Laugier Ier, évêque de Gap de 1079 à 1081

.Odilon, évêque de Gap de 1085 à 1090

.Isoard, évêque de Gap de 1090 à 1105

.Laugier II, évêque de Gap de 1106 à 1122

De la famille d’Agoult, important famille noble de Provence. Fils de Rostaing d'Agoult et de Gisèle de Nice.

.Pierre Grafinel, évêque de Gap de 1122 à 1130

.Guillaume Ier, évêque de Gap de 1131 à 1149 .Raimond, évêque de Gap de 1150 à 1156

.Grégoire, évêque de Gap de 1157 à 1180

.Guillaume II, évêque de Gap de 1180 à 1198 .Frédéric, évêque de Gap de 1198 à 1199

.Guillaume de Gières, évêque de Gap de 1199 à 1215

Sous son épiscopat, en 1209, le Gapençais et l’Embrunais sont incorporés au Dauphiné.

.Hugues II, évêque de Gap de 1215 à 1217 puis archevêque d'Arles.

.Guigues, évêque de Gap de 1217 à 1219

.Guillaume d'Esclapon évêque de Gap de 1219 à 1235

.Robert évêque de Gap de 1235 à 1281

.Othon II de Grasse, évêque de Gap de 1252 à 1281

Le dauphin Guigues lui rend hommage pour tout ce qu'il possède dans le territoire soumis à sa juridiction. En 1262, le même prince lui vend un droit de juridiction qu'il a acquis de Rolland de Manteyer. Sous le règne d'Othon commencent, entre les évêques et les bourgeois de Gap, les divisions qui se prolongent pendant plusieurs siècles. En 1265, Othon publie une ordonnance restrictive du commerce des vins, les citoyens de Gap prennent les armes et le chassent de leur ville. L'évêque implore le secours de son vassal le dauphin et les citoyens doivent signer à Corps un traité défavorable. À la mort de Guigues, les citoyens de Gap parviennent à faire rompre le traité de Corps et obtiennent aide et protection de Jean Ier, dauphin, et de Béatrix, sa mère, en leur cédant le consulat, les terres de Montalquier et Furmeyer. Othon change alors de tactique. En 1271, il rend hommage à Charles d'Anjou, comte de Provence, et lui cède les mêmes droits que la communauté de Gap vient de céder à la dauphine et à son fils. En échange, le comte de Provence lui donne les terres de Reynier, Sigoyer-Malpoil et certains droits sur celle de Manteyer. Othon lance en 1278 de son château de Rambaud l'excommunication contre les agents du dauphin chargés de percevoir les revenus du consulat, et à la tête desquels est Guillaume le Noir de Montorcier. Les bourgeois de Gap, excités probablement par ce Guillaume le Noir, se saisissent de leur évêque et le retiennent en prison jusqu'à ce qu'il consente à déclarer nulle l'excommunication prononcée par lui. A peine sorti de leurs mains, l'évêque appelle de nouveau à son secours le roi de Sicile. En 1281, il lui cède la moitié de sa juridiction temporelle sur Gap et le prince de Salerne, fils du roi de Sicile, prend d'assaut la ville de Gap et la dépouille de tous ses droits et de toutes ses libertés.

.Guillaume de Mévouillon, évêque de Gap de 1282 à 1289 puis archevêque d'Embrun.

De la maison souveraine de la baronnie de Mévouillon dont le Buis est capitale.

.Geofroi de Lincel, évêque de Gap de 1289 à 1315

Fils d'Imbert, seigneur de Lincel dans le Forcalquier, et de Thiburge d'Allamanon. Il est avocat et canoniste, et chapelain du cardinal Visconti de Visconti. De graves différends s'étant élevés entre Geoffroi et Charles II, comte de Provence, au sujet d'un traité de 1272, le pape Boniface VIII intervient et envoie en 1296 des commissaires, qui rendent en 1297, une sentence qui homologue une convention, par laquelle Geoffroi se reconnaissait vassal des comtes de Provence et de Forcalquier, et se soumet à l'hommage.

.Olivier Aymar de Laye, évêque de Gap de 1315 à 1316

Issu de la famille des seigneurs de la terre de Laye.

.Bertrand de Lincel, évêque de Gap de 1316 à 1318

Bertrand de Lincel est neveu de Geofroi de Lincel, évêque de Gap de 1289 à 1314.

.Guillaume d'Étienne, évêque de Gap de 1318 à 1328.

Guillaume d'Estienne assiste au concile des trois provinces ecclésiastiques d'Arles, d'Aix et d'Embrun, qui se réunit à Avignon en 1326.

.Dragonnet de Montauban, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux puis de Gap de 1328 à 1349

Dragonnet appartient à la famille noble de Montauban dont une branche pris le nom de la baronnie de Montmaur dans le Gapençais En 1332, il fait, de concert avec son chapitre, une transaction avec le dauphin Guigues VIII, par laquelle le chapitre et lui se reconnaissent feudataires du dauphin, non-seulement pour la terre de Saint-Laurent et pour tout ce qu'ils possèdent dans le district et territoire de Roissard.

.Henri de Poitiers, évêque de Gap de 1349 à 1353.

Cinquième fils d'Aimar IV, comte du Valentinois et de Diois, et de Sybille de Baux ; frère de Guillaume, évêque de Langres, et Othon, évêque de Verdun. Il a à combattre une révolte des habitants de sa ville épiscopale, qui, indignés du meurtre commis par Hault-de-Cœur, bâtard de Poitiers, sur Ismidon de Montauban, parent de Dragonnet, son prédécesseur, ont pillé son palais et l'ont obligé de sortir de Gap en 1350.

.Gilbert de Mendegaches, ou de Mon(t)dragon, évêque de Gap de 1353 à 1358

D’une famille noble du Languedoc. La reine Jeanne envoie Gilbert en qualité d'ambassadeur près de l'empereur Charles IV.

.Jacques de Deaux, évêque de Gap de 1358 à 1362

Issu d'une famille noble du diocèse d'Uzès qui a fourni à l'église d'Embrun l’archevêque Bertrand de Deaux

.Guillaume II Fournier de Marcossay, évêque de Gap de 1362 à 1366

Membre de la famille noble savoyarde des Fournier, seigneurs de Marcossey dans le mandement de Thyez en Sallaz.

L'évêché de Gap suit ensuite le sort du Dauphiné qui quitte l'empire pour être rattaché au Royaume de France.

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Published by Parti imperial romain europeen
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