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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:47

Érigé au IIème siécle  le diocèse de Lyon est élevé au rang d’archidiocèse dès le IIIème siècle.

Lors du partage de l’empire de Charlemagne par le traité de Verdun en 843 entre ses trois petits-fils, Lothaire Ier, l’ainé, est empereur et se voit attribuer le royaume de Francie Médiane entre celui de Francie Occidentale (future France) attribué à son frère Charles le Chauve et celui de Francie Orientale (future Germanie) attribué à son autre frère Louis le Germanique.

L’ancien Royaume Burgonde se trouve scindé en duché de Bourgogne rattachée au royaume de Francie Occidentale, et Bourgogne Transjurane et  Cisjurane (dont Provence) rattachée à la Francie Médiane de l’empereur Lothaire Ier.

Le duché de Lyon composé du comté de Lyon et Forez  et de celui de Vienne est attribué au royaume de Francie Médiane et est attribué par l’empereur Lothaire Ier à Gérard de Roussillon , régent de son fils mineur Charles de Provence.

Peu avant sa mort, par le traité de Prum de 855, Lothaire Ier partage son royaume de Francie Médiane, entre ses trois fils Louis avec le royaume d’Italie, Lothaire II avec celui de Lotharingie et Charles avec celui de Provence.

À la mort de Charles de Provence en 863, Gérard prend le parti de Lothaire II fils de l’empereur Lothaire contre Charles le Chauve et parvient à lui conserver l'ancien duché de Lyon dans son royaume de Lotharingie ( royaume de Francie médiane amputé de la Bourgogne cisjurane et de la Provence qui avait été attribuée à Charles de Provence.

Lothaire II meurt à son tour en 869. Son frère Louis, qui aurait dû hériter de son royaume, est occupé à combattre les musulmans et ne peut recueillir son héritage. Ses deux oncles en profitent donc pour s'approprier le royaume de Lotharingie et signent en 870 un traité à Meerssen pour ce faire. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône Il annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens , le Vivarais, l’Uzége c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863

En 875, profitant de la mort de Louis II, fils de Louis le Germanique, roi de Francie Orientale (Germanie) Charles le Chauve s’empare de la Provence et fait de son beau-frère Boson, déjà seigneur du Lyonnais, du Viennois et de la vallée de la Saône, duc de Provence. Charles se fait aussi sacrer empereur à Rome par le pape Jean VIII. A son retour en France, Charles est pris d’une forte fièvre, un médecin lui fait prendre une médication soit disant empoisonnée. Charles meurt le 6 octobre 877. Son fils Louis le Bègue lui succède sur le trône de Francie Occidentale. En 878, le pape Jean VIII est menacé par les invasions sarrasines, et c’est Boson qui assure sa protection en le recevant en Arles s’attirant ainsi ses faveurs. Louis le Bègue de santé fragile meurt en 879 à Compiègne. Ses successeurs, Louis III (royaume des Francs et Neustrie) et Carloman II (Aquitaine et Bourgogne) semblent incapables de lutter efficacement contre la reprise des invasions et leur succession est vivement contestée.

.Boson (844-887), duc de Provence de 875 à 879 roi de Provence de 879 à 887

Il épouse en 876 Ermengarde, fille de l’empereur Louis II le Jeune.

Alors que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale ( Saxe et Franconie) s'apprête à faire la guerre à ses cousins carolingiens, les rois de Francie Occidentale, Louis III et Carloman II, le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille dans la Drôme et choisissent Boson comme roi d’un royaume constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux – six archevêques et dix-sept évêques – présents (Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne). Boson est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule. Mais il doit faire face à une alliance des rois carolingiens. En février 880, Louis III le Jeune, ses cousins Carloman II et Louis III (représenté car retenu dans son royaume par la maladie)  se rencontrent à Ribemont.  En échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de Francie occidentale lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possèdent depuis le traité de Meerssen et il peut ainsi mener la lutte contre Boson. Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros  est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale. Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard II de Bourgogne dit le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence.

En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de Francie occidentale. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs. Boson meurt le 10 janvier 885. À sa mort, son fils unique Louis est mineur. Sa deuxième épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin (ou Bernoin), l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence.

Son beau-frère, Richard le Justicier qui a hérité des «honneurs» de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des États de Boson.

En 888, En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon  puis  couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald).

.Louis III l'Aveugle (vers 882-928), roi de Provence de 890 à 928, roi d’Italie en 900 et empereur d’Occident de 901 à 905

Fils de Boson de Provence et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'Occident, Louis II le Jeune.

En 890, à Valence, le concile des prélats et des grands féodaux élit Louis roi d'Arles, roi de Provence et roi de Bourgogne Cisjurane.

En 894, le roi Louis fait acte de soumission au roi Arnulf de Germanie.

Guillaume d’Aquitaine, marquis de Gothie, duc d’Aquitaine, comte d’Auvergne, de Bourges et de Mâcon qui avait épousé avant 866, Engelberge, fille de Boson et d’Ermengarde, est investi du duché de Lyon en 901

.Hugues d'Arles (v. 880-947) comte d’Arles, comte de Vienne puis marquis de Provence en 905, roi d’Italie en 926

Fils de Théobald d'Arles et de Berthe, fille illégitime de Lothaire II de Lotharingie. Élevé à la dignité de comte d'Arles et comte de Vienne puis de marquis de Provence en 905 par son parent, l'empereur Louis III l'Aveugle.

Il épouse en 912 Willa de Provence, la demi-sœur du roi Louis III l'Aveugle et veuve du roi Rodolphe Ier de Bourgogne Transjurane,

Dès la mort de Guillaume d’Aquitaine en 918, Hugues d’Arles, gouverneur du royaume de Provence, s’empare de Lyon et y installe le dénommé Guillaume, premier comte de Lyon.

.Guillaume Ier de Lyon, comte de Lyon vers 902 à 926

Au début du Xe siècle, les comtes de Lyon sont les seigneurs suzerains de la ville de Lyon.  Guillaume Ier est alors vassal d’Hugues d’Arles puis d’Hugues le noir

La suzeraineté sur le comté de Lyon passe d’Hugues d’Arles à Hugues le Noir  en 926

.Guillaume II de Lyon, comte de Lyon vers 926 à 945

Le 9 juillet 926, Hugues d'Arles est élu roi d'Italie.

À la mort de Louis III l'Aveugle en 928, Hugues d’Arles revient en Provence pour lui succéder sur le royaume de Provence et de Bourgogne Cisjurane. Pendant son règne de roi d’Italie, la Provence est momentanément rattachée au royaume d’Italie. Hugues doit toutefois renoncer à ses droits au royaume de Provence et reconnait le fils illégitime de Louis III, Charles Constantin.

À la mort de Charles Constantin en 934, il reconnait Rodolphe II de Bourgogne Transjurane comme le roi de Bourgogne Cisjuarne et Provence et lui abandonne ses droits donnant naissance au royaume de Bourgogne-Provence.

.Rodolphe II (880-937 ) roi de Bourgogne-Provence de 934 à 937

Fils du roi de Bourgogne Rodolphe Ier.

.Artaud Ier de Lyon, comte de Lyon de 945 à 960

Frère du comte Guillaume II.

.Conrad Ier  dit Conrad le Pacifique (925-993) roi de Bourgogne-Provence de 934 à 993

Fils de Rodolphe II.

 .Géraud Ier, comte de Lyon de 960 à 990

Fils du comte Artaud Ier.

En 962, Othon le Grand roi de Francie Orientale (Germanie) restaure l’empire sous le nom d’Empire romain germanique.

.Burchard II ( ?- 1031), comte-archevêque de Lyon  de 978 à 1033, Archichancelier du royaume  de Bourgogne-Provence.

Fils bâtard de Conrad le Pacifique et d’Aldiud. Demi-frère de Rodolphe III de Bourgogne. Neveu de Burchard Ier, archevêque de Lyon, auquel il succède après le décès d'Amblard.

Son archidiocèse a pour suffragants  deux autres diocèses situés dans le royaume de Bourgogne, ceux de Chalon et de Macon qui comme lui sont à partir de l’intégration du  Royaume de Bourgogne à l’empire à cheval sur la frontière entre ce dernier et celui de Francie Occidentale (future France). La plupart de leurs évêques sont issus de maisons nobles bourguignonnes devenues vassales de l’empire.

Vers l’an 1000, l’archevêque Burchard, frère du roi de Bourgogne-Provence Rodolphe III repousse les limites de son comté du Lyonnais vers Feurs et Roanne.

.Artaud II de Lyon, comte de Lyon de 990 à 1011

Fils de Géraud Ier

.Artaud II de Lyon, comte de Lyon de 1011 à 1014

Fils du précédent.

.Artaud  III, comte de Lyon de 1014 à 1017

Fils du précédent.

.Rodolphe III (vers 966-1032) roi de Bourgogne-Provence de 993 à 1032

Fils de Conrad Ier.

En 1032, meurt le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe III ; comme promis à l’empereur Henri II, il lègue son royaume à son beau-frère Conrad le Salique, empereur romain germanique de sorte que les comtés de Lyonnais et de Forez intègrent l’ Empire mais une de ses sœurs épouse du capétien Robert II le Pieux a eu de son premier mariage avec le comte de Blois, un fils Eudes qui s’estime l’héritier du comté du Lyonnais ; en 1035, il échoue contre les troupes impériales mais deux ans plus tard, il réussit à s’emparer de Lyon. Mais peu de temps après, il est tué en Lorraine. Le roi de France et l’empereur finissent par  s’entendre. Dès lors, Lyon est tiraillée par les luttes entre le comte de Forez, et l'archevêque, vassal du Saint Empire. Néanmoins « l'Eglise de Lyon » (archevêque et chapitre cathédral des chanoines de Saint Jean) se trouve, au XIe siècle, en état de revendiquer l'autorité sur le comté de Lyon, que lui disputait le comte de Forez.

.Conrad II le Salique (vers 990-1039) roi des Romains en 1024, empereur du Saint Empire de 1024 à 1039, roi de Francie Orientale (Germanie), roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1032 à 1039

.Gérard II de Lyon, comte de Lyon de 1017 à 1050

Frère du comte Artaud II ou III

.Burchard III, comte-archevêque de Lyon de 1033 à 1034

.Henri III dit le Noir (1017-1056), roi des Romains en 1039, roi de Francie Orientale (Germanie) roi de Bourgogne-Provence de 1039 à 1056, empereur couronné de 1046 à 1056, roi d’Italie de 1046 à 1056

 Fils de l'empereur  Conrad le Salique et de Gisèle de Souabe

.Odolric, comte-archevêque de Lyon de 1041 à 1046

.Halinard, comte-archevêque de Lyon de 1046 à 1052.

 .Humbert I, comte-archevêque de Lyon de 1052 à 1056

.Henri IV (1050-1106) empereur du Saint Empire en 1084, roi de Francie Orientale (Germanie), roi de Bourgogne-Provence de 1056 à 1105

Henri III décède en 1056, ne laissant qu'un héritier de six ans. Profitant de la minorité d'Henri IV le pape Nicolas II  décide en 1059 de réserver l'élection du pape aux seuls cardinaux. Le pape n'est donc plus l'homme de l'empereur.

.Artaud IV (1030-1078)  comte de Lyon et comte de Forez (Artaud III) de 1050 à 1078 

Fils du comte Géraud II et d’Alédaide..  

C’est lui qui réunit sous son autorité le comté de Forez et le Lyonnais. Il entre en armes dans Lyon et en chasse l'archevêque avant de conclure avec lui un traité lui reconnaissant quelques droits sur la capitale des Gaules en échanges de terres épiscopales sises dans le comté de Forez. En 1062, il doit céder Lyon. En 1064 il épouse Ide..  

Elu en 1073 , le pape Grégoire VII Henri IV va entrer en conflit avec le pape pour la question de la désignation des évêques qui détiennent outre leur pouvoir spirituel sur leur évêchés mais des pouvoirs comtaux sur leur ville et une partie du territoire de leurs évêchés. Grégoire VII publie  un décret interdisant aux laïcs de choisir et d'investir les évêques. C'est la première fois que l'Église prend position sur la question des investitures laïques (C'est l'origine de la Querelle dite des Investitures qui va opposer l'empire à la papauté de 1075 à 1122).

Dans ce contexte de la lutte du sacerdoce et de l’Empire le comte et l'archevêque se rallient respectivement au roi de France et à l’empereur

En janvier 1076, un synode d'évêques germanique, reproche au pape son ingérence dans les affaires épiscopales. Il le déclare indigne de ses fonctions et lui refuse obéissance. En réaction à la lettre qui le conviait avec une grande brutalité à renoncer à sa charge, Grégoire VII  fait déposer Henri IV  par un autre synode en février 1076 . L'empereur, dont les sujets sont déliés de leur serment de fidélité, est finalement excommunié tout comme l archevêque de Mayence . Très vite, des prélats germaniques déclarent leur soumission au pape ; les ducs de Souabe, Carinthie et Bavière  se déclarent contre Henri IV, avec l'appui des Saxons, qui reprennent les armes.

Artaud  est excommunié par le pape Grégoire VII en 1076.

16 octobre 1076, les princes décident qu'un nouveau monarque sera élu si la sentence papale n'est pas levée dans un an et demandent au pape de venir juger le souverain déchu Ils font bloquer les passages des Alpes pour empêcher Henri IV de rencontrer Grégoire VII.

À l'idée de voir se révolter une noblesse trop heureuse de contester le pouvoir impérial, Henri IV recule. Il quitte Spire  en cachette avec une garde réduite, passe le col du Mont-Cenis  par un froid intense et chevauche à la rencontre de Grégoire VII à Canossa , au nord de l'Italie . Le souverain pontife, qui se rendait à Augsbourg pour assister à une assemblée impériale, s'est réfugié dans cette ville car il se croit menacé. Henri IV attend trois jours, en habit de pénitent, que le pape daigne le recevoir, puis il s'agenouille devant lui pour implorer son pardon. En réalité, les trois jours se passent en négociations au cours desquelles Mathilde de Toscane et l'abbé de Cluny Hugues , parrain d'Henri IV, jouent un rôle fondamental. Le pape finit par lever l'exc ommunication . Grégoire VII  fait cependant savoir que si le pécheur a reçu l'absolution, il ne lui a pas pour autant restitué son pouvoir. Par sa pénitence à Canossa, Henri IV est parvenu à écarter le danger d'une entente entre le pape et l'opposition des princes germaniques, mais le pape a pu s'ériger en juge des princes, droit que Grégoire VII juge naturel. Cependant la réhabilitation d'Henri IV n'empêche pas l'élection d'un nouvel empereur, Rodolphe de Rheinfelden , par les princes révoltés en 1077.

Le comte Artaud  meurt en 1078.  

.Ide-Raymonde de Forez (1065-1110), comtesse de Lyon et du Forez de  1078 à 1107 

Fille du précèdent, comte de Lyon et de Forez et d’Ide

Elle épouse Guigues Raymond d'Albon, fils de Guigues II d'Albon, comte en Grésivaudan et en Briançonnais de 1070 à 1079 et d’Inès de Barcelone, fille de Raymond-Bérenger Ier, comte de Barcelone.

.Geoffroy de Vergy, comte-archevêque de Lyon en 1063

Il appartient à la seconde maison de Vergy, importante maison noble de Bourgogne issue d'Eudes et Henri, fils naturels d'Eudes-Henri Ier, duc de Bourgogne

.Humbert II, comte-archevêque de Lyon  de 1070 à 1076

En 1073,  Humbert veut établir son pouvoir temporel sur l’ensemble de son diocèse ce que n’apprécie pas Artaud III comte de Forez et de Lyon, allié d’Humbert II sire de Beaujeu. Cette rivalité se termine par la déposition de l’archevêque accusé de Simonie

.Gébuin (dit Jubin, saint), comte-archevêque de Lyon de 1077 à 1082, premier primat des Gaules.

En 1079, il reçoit du Pape Grégoire VII, le titre de Primat des Gaules ce qui renforce son autorité.

 À la mort du pape Grégoire VII  en 1085, aucun pape n'est élu pendant deux ans. Ensuite, le faible Victor III règne pendant dix mois. Henri IV commence à penser que la victoire va revenir dans son camp. Il n'est cependant pas au bout de ses difficultés. Il s'oppose à Urbain II , le successeur de Victor III et  Il doit faire face à un soulèvement de la Bavière en 1086 et, à l'instigation de la comtesse Mathilde de Toscane, allièe du pape, à une première révolte de son fils Conrad, duc de Lorraine qui se fait élire roi de Germanie en 1087. Entre 1093 et 1097, son fils Conrad lui interdit tout retour en Germanie en occupant les cols des Alpes. 

 .Hugues de Bourgogne ou de Romans, (vers 1040- 1106)  évêque de Die puis, de 1083 à 1106, comte-archevêque de Lyon, primat des Gaules

Pressenti pour devenir pape après la mort de Grégoire VII, il s'oppose à Didier, abbé du Mont-Cassin, qui est finalement élu sous le nom de Victor III.  Au concile de Bénévent en août 1087, ce dernier l'excommunie. Mais le pape Urbain II (1088-1099) le réhabilite et il retrouve ses pouvoirs de légat. Il va en particulier traiter de la question de l'adultère royal de Philippe Ier qui a enlevé Bertrade de Montfort.  En octobre 1094, c'est sous sa présidence que le concile d'Autun, réuni à sa demande, excommunie le roi de France, excommunication confirmée par le pape lui-même au concile de Clermont en 1095 ; l'interdit est jeté sur le royaume de 1096 à 1104. A partir de son règne, le titre de comte de Lyon et le pouvoir comtal appartient au Chapitre de la cathédrale Saint Jean dont les chanoines sont chanoines-comtes.

.Guillaume III de Lyon l'Ancien, comte dc Lyon de 1079 à 1097

Fils d’Artaud V.

À la suite de la réforme grégorienne, la famille comtale lyonnaise exerçe l'autorité comtale depuis ses terres en Forez. Bien qu'anciennement représentante de l'autorité civile à Vienne et à Lyon, il reprend l'intitulation de comte de Forez dans la décennie 1070.

.Guillaume IV de Lyon,dit le Jeune comte de Lyon de 1097 à 1107

Fils du précédent.

.Josserand, dit Gaucerand, comte-archevêque de Lyon de 1107 à 1118, primat des Gaules

.Henri V (1086- 1125), roi des Romains en 1099, empereur en 1111 roi de Germanie, roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1105 à 1125

Fils d’Henri IV.

Henri V s'était appuyé sur les partisans de la réforme grégorienne pour affermir son pouvoir face à son père, mais, dès que son autorité est solidement assise, il s'oppose au pouvoir pontifical en se mêlant comme son père des nominations d'évêques. Il estime que, vu la symbiose entre l'Église et l'Empire, il était dangereux de trop desserrer les liens. Le pape Pascal II , qui a renouvelé l'interdiction des investitures laïques, pense pouvoir négocier. En effet, Henri V veut être couronné empereur par le pape. Le souverain se rend en Italie pour négocier directement avec le pape. Le pape propose une solution radicale qui vise à rompre définitivement les liens entre l'épiscopat et l'Empire. Les deux hommes signent le concordat de Sutri en février 1111. L'empereur renonce alors aux investitures laïques. En échange, les évêques renoncent aux regalia  c'est-à-dire aux villes, duchés, marquisats, péages, monnaies, marchés qu'ils tenaient de leurs fonctions administratives dans l'Empire. En contrepartie, les églises sont libres avec toutes leurs possessions propres. L'accord est ratifié par le roi sous réserve de l'adhésion des évêques germaniques. Les concessions accordées par Pascal II suscitent une vive opposition de la part de la Curie romaine  et des évêques germaniques. Le 12 février 1111, lors de la cérémonie du couronnement, devant la protestation bruyante des évêques, Henri V déclare l'accord inapplicable  Le pape refuse donc de le couronner. Pascal II est emprisonné. Il est obligé de couronner Henri V et de signer l'accord du Ponte Mummolo le 11 avril 1111. Ce nouvel accord permet à l'empereur de donner les investitures à sa guise. Le camp impérial semble triompher. Mais le concile de Latran de 1112 revient sur toutes les concessions faites pendant la captivité du pape. De plus, Henri V doit faire face à un mécontentement général en Germanie. À l'est les Saxons se révoltent. Les troupes impériales sont battues à deux reprises. Henri V est excommunié en 1114 et le clergé germanique se range cette fois du côté du pape. Deux évêques réformateurs sont même nommés à Metz et à Magdebourg . 

.Humbaud, comte-archevêque de 1118 à 1125, primat des Gaules

Le pape Pascal II meurt en 1118. Le nouveau pape Gélase II  refuse de rencontrer Henri V de peur d'être emprisonné et quitte Rome à l'arrivée de ce dernier. Comme son père précédemment, l'empereur fait élire un antipape, Grégoire VIII. 

Gélase II meurt en exil à Cluny en janvier 1119. Les prélats germaniques, las du conflit, espèrent une solution qui satisfera les deux partis. Le nouveau pape Caliste II entame, en 1119, des négociations avec l'empereur, qui n'aboutissent pas. Alors que l'armée impériale et les rebelles venus de Saxe sont prêts à s'affronter, les princes germaniques, réunis à l'initiative de l'archevêque de Trèves, enjoignent à Henri V de se soumettre au pape si celui-ci préserve « l'honneur de l'Empire » Une année de difficiles négociations commence. Lambert d'Ostie, légat du pape Calixte II, sait ménager l'empereur. Henri V, excommunié, est absous sans faire acte de pénitence. Un accord est trouvé en 1122. Il est connu sous le nom de concordat de Worms. L'empereur renonce à l'investiture par la crosse et l'anneau. Il accepte la libre élection des évêques par le chapitre canonial de la cathédrale. En cas de conflit lors de cette désignation, il peut arbitrer en faveur du candidat le plus digne. Il donne ensuite l'investiture temporelle sous la forme d'un sceptre pour les biens fonciers et les fonctions régaliennes de l'évêque. Ce dernier a l'obligation de s'acquitter des tâches que lui imposent les terres concédées par l'empereur. Mais ce droit de regard sur l'élection épiscopale ne s'exerce que sur les possessions germaniques de l'empereur. Il perd donc son influence sur la nomination des évêques de Bourgogne-Provence et en Italie. 

Eustache (?-1220), comte de Forez et de Lyon de       à 1120

En 1120, meurt Eustache, comte de Forez et de Lyon ; il a pour successeur Gui d’Albon de la famille qui domine le Dauphiné qui lui se heurte à Guichard de Beaujeu lequel dispose de nombreux vassaux au nord du comté de Forez et qui entame la conquête du comté du Lyonnais jusqu’à Chamelet. Guy qui ne reçoit pas de son suzerain l’empereur le soutien qu’il attend de lui se rapproche du roi de France Louis VII qui freine l’ardeur de son vassal Guichard. Mais Lyon devient une proie potentielle pour le royaume de France.

 

.Lothaire III de Supplinbourg (1075-1137) roi des Romains en 1125, empereur du Saint Empire en 1133, roi de Germanie, roi d’Italie, roi de Bourgogne-Provence de 1125 à 1137

.Guigues Ier (               ) comte de Lyon et de Forez de 1107 à 1138

Fils de Raymond de Forez (fils de Guigues II d'Albon) et de Ide-Raymonde  (fille d'Artaud, dernier comte de Lyon). Cousin du précédent. Marié à Marie, comtesse de Beaujeu, fille de Guichard III, seigneur de Beaujeu.  

.Renaud de Semur, comte-archevêque de Lyon de 1125 à 1129, primat des Gaules

De la famille noble bourguignonne de Semur. Fils de Dalmace, seigneur de Semur et d’Aremberge de Vergy.

.Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152), roi de Bourgogne-Provence de 1138 à 1152, roi des Romains (empereur) de 1138  à  1152

.Pierre I, évêque de Viviers puis comte-archevêque de Lyon de 1131 à 1139, primat des Gaules

.Foulque, comte-archevêque de Lyon de 1139 à 1141, primat des Gaules

.Frédéric de Hohenstaufen dit Barberousse (1122-1190) roi des Romains en 1152, comte palatin de Bourgogne, empereur du Saint Empire en 1155, roi de Germanie, roi d’Italie, roi de Bourgogne Provence de 1152 à 1190 (couronné à  Saint Trophime d’Arles  en 1178) 

.Guigues II ( ?-6 décembre 1206), comte de Lyon et de Forez de 1138 à 1173, comte de Forez jusqu’en 1198

Fils du précédent.

Il est confié par son père au roi Louis VII qui le prend sous sa protection et le fait élever à la cour. C'est avec lui que naissent les litiges entre le comte de Forez et le Sire de Beaujeu au sujet de leurs terres respectives.

En effet à Arbois en 1157, l'empereur Frédéric Barberousse accorde à l'archevêque Héracle de Montboissier une bulle d'or lui accordant la souveraineté totale sur Lyon et la partie du Lyonnais situé à l’est de la Saônede la Saône, dont il prive Guigues excluant  toute ingérence de celui-ci  par la formule : « Que nul comte ou juge ne s'avise de faire la loi sur ces terres, sinon l'archevêque et primat de Lyon ».Dépossédé donc de ses droits sur Lyon par l’empereur, Guigues  entre en conflit avec l'archevêque Héracle de Montboissier.

Avec le soutien du roi  Louis VII, du pape Alexandre III et l'élection comme archevêque de Guichard de Pontigny, il récupère ses droits par un premier accord en 1167 mais en  1173, un deuxième accord  connu sous le nom de permutatio est signé par lequel Guigues  renonce à la majeure partie de ses droits sur le Lyonnais qui relève dès lors de la juridiction temporelle de l'archevêque et un échange de terres afin de créer des domaines plus homogènes est effectué. Ainsi, l'Église de Lyon abandonne ses possessions temporelles dans la vallée de la Loire alors que le comte de Forez renonce à ses possessions dans le Lyonnais.

Marié à Ermengarde, il a trois enfants :

.Guigues III, à qui il abandonne le comté de Forez peu de temps avant de mourir.                         .Renaud, futur archevêque de Lyon.                                                                                   .Humbert, futur chanoine de Lyon. 

.Héraclius de Montboissier, prince- archevêque de Lyon de 1153 à 1163, primat des Gaules

Fils du comte Maurice de la maison de Monboissier et d’Auvergne.

Comme écrit précédemment, à Arbois, le 19 octobre 1157,  l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse confère à Héraclius de Montboissier,  archevêque de Lyon l’investiture temporelle sur le comté et la ville de Lyon, la vice-royauté du royaume de Bourgogne-Provence et le titre de prince d’empire. Cette bulle retire tout pouvoir temporel sur le comté de Lyon au chapitre de St Jean et au comte Guigues II.

Héraclius entend bien exercer son pouvoir et, allié avec Gérard, comte de Macon, Humbert III,  sire de Beaujeu, met le siège devant Izeron.  Mais ils sont surpris et battus par une coalition menée par le comte Guigues II de Forez et comprenant le dauphin du Viennois, les sires de Bourbon, de Bagé (Bresse)  et de Coligny ; malgré tout, l’archevêque  obtient une partie de la seigneurie d’Izeron ; en 1162, Guy II qui n’a pas accepté la mainmise de l’archevêque sur le comté de Lyon, s’empare de Lyon qu’il saccage.

Heraclius meurt en 1163.

 .Guichard de Pontigny ( ?-1181), prince-archevêque de Lyon de 1165 à 1181, primat des Gaules

Le roi de France Louis VII et le pape Alexandre III l'impose comme archevêque de Lyon en 1165 contre Dreux de Beauvoir après deux années de lutte.

Par un traité en 1167, le pouvoir temporel est partagé entre Guigues II de Forez et de Lyon et l'archevêque de Lyon Guichard de Pontigny. Les péages, qu’ils soient terrestres ou fluviaux sont levés en commun. Mais très vite ce mode de gouvernance s'avère difficile à maintenir.

Par la suite, les papes accroissent leur pouvoir par rapport aux empereurs et c’est le pape qui en 1173 résout autoritairement le conflit au profit de son archevêque qui obtient définitivement le comté de Lyon, le Jarez, les Terres au-delà du Rhône et de la Saône ainsi qu’une partie du Roannais. 

.Jean Bellesmains (vers 1120-1204 ?), prince-archevêque de Lyon de 1181 à 1193, primat des Gaules

Elu archevêque de Lyon, et confirmé par le pape Lucius III. Rapidement, pour se garantir contre les opposants à son pouvoir, il se rend auprès de l’empereur  Frédéric Barberousse pour qu'il lui confirme ses droits. L'empereur lui octroie cette confirmation dans la "bulle d'Or" de 1184 en tous points identique à celle de 1157. Cela réveille l'opposition entre lui et la dynastie des comtes de Forez. Pour se protéger, il édifie une enceinte autour du cloître de la cathédrale Saint-Jean.

 Henri VI, dit « le Sévère (1165-1197)  roi de Francie Orientale (Germanie), empereur du Saint Empire en 1191,roi de Sicile de 1194 à sa mort.

Fils de Frédéric Ier Barberousse

.Philippe Ier de Hohenstaufen (1177 - 1208 ),roi des Romains en 1198 ,roi de Francie Orientale de 1198 à 1208,

 

En 1198, deux rois des Romains sont élus: Philippe Ier de Hohenstaufen et Otton d Brunswick. Les deux sont donc candidats pour la couronne impériale. Le pape prend le parti d'Otton IV, mais celui-ci ne sera couronné qu'après l'assassinat de Philippe Ier en 1208

.Otton IV de Brunswick (1175/1176-1218), roi des Romains en 1198, empereur de 1209 à 1214.

.Guigues III, comte  de Forez de 1198 à 1203

Fils de Guigues II. Il laisse  cinq enfants :

.Guigues IV, qui lui succède                                                                                                   .Marquise de Forez, mariée à Guy VI, vicomte de Thiern                                                    .Guigonne de Forez, comtesse de Vienne en Dauphiné et mariée à Géraud II de Mâcon, comte de Mâcon et de Vienne; elle cède ses droits sur le Forez en 1230 à son neveu Guigues                  .Eléonore de Forez, mariée à Guillaume VIII d'Auvergne                                                      .Renaud de Forez, chanoine de l'église de Lyon.

À la mort de Guigues III en 1203, c’est son frère Renaud, alors archevêque de Lyon qui assure la tutelle du futur Guigues IV de Forez. Après lui, le titre de comte de Lyon appartient au chapitre de la cathédrale  St Jean de Lyon, les membres sont chanoines-comtes de Lyon.

.Renaud de Forez ( ?-1226), prince-archevêque de Lyon de 1193 à 1226, primat des Gaules

Fils de Guigues II, comte de Lyon et du Forez, frère de Guigues III. Il est le premier archevêque issu d'une grande famille féodale.

Renaud de Forez  conserve des liens très forts avec celle-ci, n'hésitant pas à lui porter assistance militaire et soutien financier. Vers 1193, il décide pour des raisons administratives de partager le comté en trente deux menses réparties entre les membres du chapitre cathédral, déjà titrés chanoines-comtes depuis 1184 ce qui entraine ipso facto que la justice archiépiscopale est doublée désormais par une justice capitulaire.

Dès 1195, apparaissent les premiers conflits entre lui et les bourgeois de Lyon qui entreprennent la construction d’une enceinte  pour isoler la presqu’ile et ils bloquent le pont sur le Rhône. Le Prince-Archevêque  rétablit brutalement la situation mais le pape Innocent III le lui reproche et les bourgeois obtiennent de larges franchises communales. Ces tensions avec les bourgeois de Lyon s'accroissent, notamment pour des raisons fiscales, et éclatent en 1208 en conflit armé. Ce dernier n'est résolu que grâce à la médiation d'Eudes III de Bourgogne, qui restaure les droits de l'archevêque. Échaudé, Renaud II fait construire le château de Pierre Scize, et s'y installe. Agissant en seigneur féodal, il entreprend de construire tout autour de Lyon des points fortifiés, à Irigny, Dardilly, Francheville, Condrieu, Anse. Par ailleurs, en lien avec un conflit entre dynastie du Forez et des Beaujeu, il prend possession des fiefs que ces derniers possédaient en terre lyonnaise.

Renaud  est également le tuteur de son neveu Guigues IV de Forez de 1203 à 1218 suite à la mort de son frère Guigues III de Forez, comte de Forez.

Durant le XIIIe siècle, le pouvoir temporel de l'Eglise de Lyon s'exerce sur tout le Lyonnais. Les seigneuries ecclésiastiques établies notamment dans les chapitres Saint-Jean, Saint-Just et Saint-Paul, possèdent des territoires dans la Dombes, le Bas-Dauphiné et le Forez, ainsi que d'importants revenus issus de prélèvements et taxes. Les chanoines prennent leurs rôles très au sérieux et circulent dans tout le pays lyonnais.

.Frédéric II de Hohenstaufen  ( 1194-1250) roi des Romains, empereur du Saint-Empire de 1220 à 1250, roi de Francie Orientale (Germanie, roi d’Italie, roi de Sicile, roi de Bourgogne-Povence de 1212 à 1250

.Robert d'Auvergne, prince-archevêque de Lyon de 1227 à 1232, primat des Gaules

Fils de Robert IV ou V, comte d’Auvergne et de Mathilde de Bourgogne.

Le dauphin du Viennois lui fait hommage en 1230 pour les fiefs d’Annonay et d’Argental.

.Raoul I de La Roche-Aymon, prince-archevêque de Lyon de 1235 à 1236, primat des Gaules

Fils d’Eustorge de la Roche-Aymon.

.Aimery, ou Aimeric "de Rives", prince-archevêque de Lyon de 1236 à 1245, primat des Gaules

En 1240, la rébellion de la bourgeoisie instaure la première municipalité, placée sous la protection du roi de France.

En 1245, Aimericl ouvre dans l’église Saint Jean de Lyon, le concile de Lyon en présence du pape Innocent IV, de cardinaux et de 140  archevêques et évêques d’Italie, d’Espagne, de France et des Iles Britanniques, abbés, de Bérenger, comte de Provence, de Raymond, comte de Toulouse, et des légats de l’empereur Frédéric II qui aboutit à l’excommunication de ce dernier.

.Philippe Ier de Savoie (1207-1285),  évêque de Valence de 1241 à 1267, prince-archevêque de Lyon de 1246 à 1267, primat des Gaules, puis comte de Bourgogne de 1267 à 1279 et 13e comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne de 1268 à 1285.

8e fils de Thomas Ier, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et Marguerite (ou Béatrice) de Genève.

Destiné de par son rang à l'état ecclésiastique, sans avoir été ordonné prêtre, Philippe renonce à ses charges religieuses et se dépouille de tous ses titres en 1267, à l'approche de la fin de son frère Pierre II de Savoie, pour pouvoir lui succéder comme comte de Savoie.

Il épouse le 11 juillet 1267, la comtesse Alix de Bourgogne (1208-1277, ou Adélaïde), fille du comte Othon II de Bourgogne et de Béatrice II de Bourgogne.

Sans enfant, Philippe Ier, choisit lui-même son successeur parmi ses nombreux neveux et obtint ultérieurement de l'empereur Henri VII, un décret (« fief oblat ») par lequel l’empereur  investit de la souveraineté sur la Savoie, Amédée, fils de Thomas II de Piémont, comte de Flandre.

 

.Grand Interégne de 1256 à 1273

.Guillaume Ier de Hollande, anti-roi de Francie Orientale de 1254 à 1256 (contre Frédéric II et Conrad IV)

.Richard Ier de Cornouailles, roi de Francie Orientale de 1257 à 1272

.Alphonse de Castille anti-roi de Francie Orientale de 1257 à 1272 (contre Richard Ier)

 

.Guy II de la Tour,  prince-archevêque de Lyon de 1267 à 1268, primat des Gaules

Dès 1267, les bourgeois se rebellent contre l'autorité ecclésiastique et parviennent même, pour un temps, à mettre en place un conseil politique constitué de cinquante magistrats.    

Lors d’une vacance archiépiscopale en 1269, se déclenche une révolte contre le chapitre et en mai les milices bourgeoises alliées du Vieux-Bourg et du Bourg-Neuf montent à l’assaut de la cité : les chanoines-comtes  doivent se réfugier au cloitre fortifié de Saint Just.  Le Conseil de la Commune bourgeoise insurrectionnelle s’adresse au roi Louis IX qui envoie un délégué de même que le légat du pape Rodolphe en désigne un ; leur sentence rendue en février 1270 rétablit le calme.

Au printemps de 1271, Philippe le Hardi  passe à Lyon, ramenant avec lui les  restes de son père mort à la croisade, les bourgeois, toujours en lutte avec le chapitre primatial, se déclarent ouvertement soumis à la juridiction du roi de France et le sollicitent de les prendre sous sa garde spéciale. Philippe accueille cette demande par un acte du 1er mai 1271 ; en échange de sa protection et de sa suzeraineté, les Lyonnais s’obligent à lui payer annuellement un impôt qui, levé par eux, devait être versé entre les mains du bailli de Macon. En vain les partisans du chapitre protestent ; l’amende qu’un arrêt du Parlement inflige, le 8 novembre 1271, à ceux d’entre eux qui ont osé maltraiter les sergents royaux, apprend  à tous combien il en coûte d’insulter le pouvoir nouveau.    

.Pierre II de Tarentaise, prince-archevêque de Lyon de 1272 à 1273, primat des Gaules, pape Innocent V en 1276

Le roi de France Philippe le Hardi ne pousse pas jusqu’au bout ces premiers avantages : quand, en 1272, après une longue vacance, Pierre de Tarentaise est élu archevêque, une certaine détente s’instaure entre l’Eglise de Lyon et les bourgeois, Mais un résultat important est acquis ; pour la première fois la royauté française a pris en main la cause des bourgeois de Lyon : Philippe le Hardi, en faisant cette démarche, devant laquelle son père avait toujours reculé, prépare l’annexion  du roi Philippe le Bel. Le 21 janvier 1276, après la mort de Grégoire X, il est élu pape et prend le nom d'Innocent V. Il meurt cinq mois plus tard. Pendant son court pontificat, il a eu le temps d'apaiser la querelle entre guelfes et gibelins en Italie. Il adopte une politique de fermeté à l'égard de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, qui ne tient pas ses promesses faites à Grégoire X de partir en croisade et de ne pas s'approprier les possessions de l'Eglise romaine en Italie. Innocent V exige le respect de ses engagements avant tout couronnement impérial à Rome.

 .Rodolphe Ier de Habsbourg(1218-1291), roi de Francie Orientale, roi des Romains (empereur) en 1273, roi de Bourgogne-Provence de 1273 à 1291, Landgraf de Haute Alsace

.Adhémar ou Aymar de Roussillon, prince-archevêque de Lyon de 1273 à 1283, primat des Gaules

Fils d’Artaud IV, seigneur de Roussillon et parent des comtes de Savoie.

A Lyon, sous le règne de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, l’action de la royauté française ne cesse point de se faire sentir bien que confrontée à de nombreux obstacles : tout en témoignant parfois une certaine bienveillance à l’Église, les agents du roi de France saisissent toutes les occasions d’exercer la juridiction au nom de leur maître.  Dès le dernier tiers du XIIIe siècle, le roi est maître, de fait, du Lyonnais. Il règle à sa fantaisie tout ce qui concerne ce pays, sans s’inquiéter, pour ainsi dire, de ses maîtres légitimes.

.Raoul de la Tourette ou  Rodoplhe, ( ?-1288), prince-archevêque de Lyon de 1283 à 1289, primat des Gaules

Raoul de la Tourette est à l’origine de la signature d’un nouveau traité sur sa juridiction et sa souveraineté,  contre le gré des bourgeois de Lyon. Il tient un concile à Mâcon pour la réformation des mœurs.

De 1288 à 1289, si complet est l’assujettissement des Lyonnais à la royauté française que le chapitre de la primatiale, se résigne à recevoir dans son sein les candidats qui lui sont recommandés par le roi de France.

.Adolphe de Nassau, (avant 1250- 1298) roi de Francie Orientale de 1292 à 1298, roi de Bourgogne-Provence de 1292 à 1298, empereur de 1292 à 1298 

.Béraud de Goth, prince-archevêque de Lyon de 1289 à 1294, primat des Gaules

Fils de Béraud, seigneur de Villandrault ; frère de Bertrand, pape sous le nom de Clément V.

Forts de la protection du roi de France Philippe le Bel, les bourgeois  se soulèvent à nouveau en 1292 ; le roi s’empresse alors de prononcer la mise sous garde royale de la ville.  Encouragés, les bourgeois de Lyon exagèrent à tel point que l’archevêque Béraud de Goth lance l’interdit sur Lyon en 1293. L’année suivante, les deux premiers conseillers de la Commune sont nommés gardiateurs des libertés de la ville ainsi que des intérêts royaux du roi Philippe IV le Bel.

.Albert Ier de Habsbourg, (1255-1308), roi de Francie Orientale de 1298 à 1308, roi de  Bourgogne-Provence de 1298 à 1308,empereur de 1298 à 1308

Fils de Rodolphe Ier.

.Henri Ier de Villars, prince-archevêque de Lyon de 1296  à 1301, primat des Gaules

Fils d’Étienne II, sire de Thoire et de Villars-en-Bresse, et de Béatrix de Faucigny.

Sous son règne, le roi Philippe IV le Bel, sur la demande des habitants de Lyon, ordonne à son bailly de Mâcon de protéger les bourgeois de Lyon.

Le bailli de Mâcon établit alors les officiers du roi au palais de Roanne. L’église de Lyon voit alors décroître son autorité. Elle doit lutter non-seulement contre les habitants de Lyon, mais encore contre ses puissants voisins, le comte de Forez, le sire de Beaujeu et le comte de Savoie, qui empiètent chaque jour sur ses domaines.

Henri de Villars se montre encore plus intolérant que ses prédécesseurs ; prenant parti pour le pape Boniface VIII contre Philippe-le-Bel, il défend aux Lyonnais les appels au baillage de Macon, et sur leur refus d’obéir, jette un interdit sur la ville; mais ne se croyant pas en sûreté à Lyon, il se retire à Rome auprès du pape, où il meurt en 1301.

.Louis de Villars, prince-archevêque de Lyon de 1301 à 1308, primat des Gaules

Fils de Humbert IV, sire de Thoire et de Villars, et de Béatrix de Bourgogne.

Louis de Villars succède à son grand-oncle Henri Ier de Villars comme prince-évêque de Lyon en 1301. Il obtient du roi Philippe IV  le Bel, la confirmation du comté de Lyon aux archevêques et au chapitre.

Dévoué à Boniface VIII, il se fait l'approbateur de la fameuse bulle du pontife, Ausculta fili, adressée à Philippe le Bel. Ce dernier fait élire alors comme pape le frère de l'archevêque Bérard de Got, Bertrand, qui est couronné Clément V à Lyon en 1305.Alors que l'église de Lyon  se reconnaissait vassale de l'empereur pour le comté de Lyon, Clément V intervient pour amener le roi de France  et l'archevêque de Lyon à un traité, qui a lieu en 1307.

Philippe le Bel donne ses deux édits connus sous le nom de Philippines. Par le premier, il érige en comté-baronnie toutes les terres que possèdent l'archevêque et le chapitre. Il abandonne toute prétention temporelle sur ledit comté-baronnie.

Par le second édit, le roi se réserve le droit d'appel en justice, celui de suzeraineté, ainsi que la faculté d'établir ses officiers de justice à Lyon. Ce second édit laisse subsister un grief contre lequel les citoyens de Lyon s'élèvent depuis longtemps et qu'ils doivent à l'archevêque Renaud II de Forez. Celui-ci avait établi deux justices différentes, l'une pour le chapitre, l'autre pour l'archevêque. Ils réclament donc contre l'édit de Philippe le Bel. Ce traité comporte surtout  une clause bien masquée qui reconnait la suzeraineté du roi au lieu et place de l’empereur (alors que les bourgeois ne veulent plus aucune souveraineté).

 .Henri VII de Luxembourg (vers 1275-1313), roi de Francie Orientale (Germanie) de 1308 à 1313 , roi d’Italie de 1311 à 1313, roi de Bourgogne-Provence de 1311 à 1313 empereur de 1311 à 1313

.Pierre de Savoie, prince-archevêque de Lyon de 1308 à 1332, primat des Gaules

Fils de Thomas III de Piémont, neveu du comte Amédée V de Savoie,

Il se considère comme toute la famille de Savoie comme un vassal de l’empereur Henri VII de Luxembourg et entre en conflit avec le chapitre et les bourgeois de Lyon, qui bénéficient du soutien du roi Philippe IV le Bel lequel envoie son fils Louis le Hutin avec une armée à Lyon. La guerre se termine grâce à l’intervention de son oncle le comte Amédée V de Savoie. Un traité est signé le 10 avril 1312 aux termes duquel Pierre perd la justice de Lyon au profit de la justice royale et doit consentir le rattachement de Lyon au royaume de France. Le roi Philippe le Bel fait chasser l’archevêque de Saint Just car celui-ci refuse de lui prêter serment ; il fait détruire les forteresses épiscopales et emprisonner l’archevêque. L’archevêque est finalement contraint d’admettre l’intégration du Lyonnais au domaine royal par un acte signé à Vienne le 10 avril 1312. Le roi, en absorbant Lyon et le comté dans le royaume,  reconnait à l'Eglise de Lyon, et notamment aux chanoines, le titre de comte. En 1320, Philippe le Bel revient en force en reprenant la complète autorité sur la ville.

Cependant, à la demande de Pierre de Savoie et devant le mécontentement des Lyonnais, un traité définitif avec le nouveau roi Philippe le Long du 4 avril 1320 redonne à l'archevêque la juridiction de la ville. Néanmoins par une charte du 21 juin 1320, signée par l’archevêque et les chanoines, ceux-ci reconnaissent  les droits des Bourgeois placés sous la protection du roi de France. Les habitants de Lyon reçoivent plusieurs franchises, comme le droit d'établir de taxes pour le service de la ville.

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