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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 12:58
Histoire de l’Archevêché de Besançon / Erzbistum Bizanz et de la Ville Libre Impériale de Besançon / Freie Reichstadt von Bizanz

Érigé au IIIème siècle, le diocèse de Besançon est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain au IVème siècle.

L’histoire de cette ville ne peut se comprendre si on ne la rattache pas à la grande histoire de la Bourgogne qui, comme la Lorraine à l’origine, englobe une région plus vaste que les territoires actuels du même nom. Or cette grande histoire trouve son origine dans celle du Premier royaume Burgonde créé en 443 sur les terres assignées aux envahisseurs burgondes par le général romain Aetius constituées approximativement par :

.les territoires qui constitueront le duché de Bourgogne (Dijon) ;

.les territoires qui constitueront le comté de Bourgogne ou Franche-Comté ;

.ceux qui constitueront la partie occidentale de la Suisse à l’Ouest de l’Aar et de la Reuss.

En effet en 534, le roi franc Clovis bat les Burgondes et incorpore leur royaume à celui des Francs, il n’en reste pas moins que les Burgondes au nombre d’environ 80 000 ont pu représenter de 5 à 15 % des populations gallo-romaines des régions ou ils se sont établis avec lesquelles ils se sont fondus donnant à celles-ci un certain particularisme. Cinq comtés composent ce qui deviendra le comté de Franche comté : comté de Port, de Scoding, d’Amaous, de Warasch/Varais et la ville de Besançon au milieu de ce dernier.

Dans l’empire de Charlemagne, la Bourgogne reste un vaste comté regroupant pratiquement tous les territoires du premier royaume burgonde (Burgundy).

Après le démembrement de l’empire de Charlemagne au traité de Verdun de 843, les territoires relevant de ce premier royaume burgonde sont partagés en deux parties, l’une située à l’Ouest de la Saône relevant du Royaume de Francie Occidentale de Charles le Chauve, tandis que les autres à l’est de la Saône et du Rhône, appelées Bourgogne Transjurane et Bourgogne Cisjurane (dont dépend la Provence) dont le comté de Bourgogne s’étendant jusqu’à l’Aar est incorporée au Royaume de Francie Médiane de son frère ainé l’empereur Lothaire (843-855).

À la mort de l’empereur Lothaire Ier en 855, son fils Lothaire II (855-869) récupère le nord du royaume de Lotharingie avec la Bourgogne Transjurane et fixe sa capitale à Metz. Eudes, comte de Troyes est l’un des grands de Bourgogne qui se révoltent contre Charles le Chauve en 858, et qui font appel à Louis le Germanique. Mais quand l’année suivante, Charles le Chauve prend le dessus sur son frère, Eudes est châtié et perd son comté. Il trouve alors refuge l’autre côté de la Saône. En 862, Lothaire II prend pour concubine Waltrade et souhaite l’épouser en répudiant son épouse Thieberge. Cet événement va perturber toute l’existence de ce roi. Le pape Nicolas Ier (858-867) refuse ce remariage et envoie ses légats à Metz où réside le roi, pour le contraindre à renoncer. En 863, Eudes rentre dans les faveurs de Charles le Chauve et obtient le comté de Mâcon s’installant ainsi sur les deux côtés de la Saône. Cette même année 863, à la mort de son frère Charles de Provence, le roi de Lotharingie Lothaire II reçoit le duché du Lyonnais. En 865, sous la menace de ses oncles les rois Charles le Chauve et Louis le Germanique, et la pression toujours aussi forte du pape, Lothaire II doit renoncer à sa concubine et reprend son épouse légitime. La montée en puissance d’Eudes s’accentue, en 867, Charles le Chauve lui accorde les comtés de Troyes et d’Autun. En 869, lors du passage du roi Lothaire II à Besançon, Eudes demande au roi de traiter le différend qui l’oppose à l’archevêque Arduic (843-871) sur des possessions de terres dans le Jura. Le roi donne raison à Eudes qui les conserve.

À la mort du roi Lothaire II, Eudes participe à la découpe du royaume de Lotharingie entre les deux oncles du défunt Charles le Chauve et Louis le Germanique lors du traité du 8 août 870 à Meerssen. Charles le Chauve acquiert la région jusqu’à la Meuse et le tiers de la Frise sauf Utrecht, ainsi que les régions le long du Rhône et de la Saône. Louis II de Germanie a les comtés de Warasch, d'Amaous et de Port issus du premier royaume burgonde sur l’actuel territoire de la France Comté. Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont ainsi à l'origine de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l'ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l'est à Lothaire.

Au IX° siècle, le territoire du premier royaume Burgonde va donc être disputé entre les Carolingiens de Francie Occidentale et les futurs rois du deuxième Royaume de Bourgogne. Eudes annexe Besançon (le reste du Varais passe à Louis), le Lyonnais, le Viennois, le Sermorens, le Vivarais, l’Uzège, c’est-à-dire la portion de la succession de Charles de Provence qui était échue à Lothaire II en 863. Il perd Aix-la-Chapelle et Metz, mais la possession de Besançon et de Grenoble lui ouvre la route de l’Italie. Louis le Germanique obtient les deux tiers de la Frise avec Utrecht et Maastricht, les pays de la rive droite de la Meuse, à l'est de l'Ourthe et de la Moselle avec Metz et le long du Rhin (Aix-la-Chapelle, Sarre, Alsace) et le nord du Jura. À partir de 870, suite à la disparition d’Eudes, le comte du Varais, Rofroi (870-895), exerce un pouvoir archi-comtal sur la Haute-Bourgogne. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à récupérer son héritage et meurt en 875. Vers 876, le fils d’Eudes, Gui (876-882) est nommé comte, et exerce sur la partie du comté de Varais de son père, un pouvoir délégué par les rois carolingiens.

En 879, Louis II le Bègue, successeur de Charles II le Chauve, nomme Boson de Provence tuteur de ses deux premiers fils cohéritiers Louis III et Carloman II. Tandis que Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale s'apprête à faire la guerre à ses cousins les rois de Francie occidentale Louis III et Carloman II, Boson V de Provence , qui est le fils de Bivin de Vienne, comte d’Ardenne et de Metz, et lui-même duc de Lombardie, duc de Provence, comte d'Autun, de Berry, de Chalon, de Mâcon et de Troyes, ainsi qu’ abbé laïc de Saint-Maurice d'Agaune en profite pour se faire proclamer roi de Provence à Mantaille le 15 octobre 879, avec la présence de l’archevêque de Besançon. Ce royaume se constitue alors de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche-Comté, des diocèses de Mâcon, de Chalon, de Viviers, d'Uzès, de Vienne, de Valence, d'Avignon et d’Arles soit la Bourgogne Transjurane. En 879, ses possessions couvrent une large part de l'ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Boson exerce son pouvoir jusqu’en 880, année où est signé le traité de Ribemont entre Louis III le Jeune, roi de Francie Orientale, et ses cousins, les frères carolingiens, Louis III et Carloman II. Par ce traité, en échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de Francie occidentale lui concèdent la partie de la Lotharingie qu'ils possédaient depuis le traité de Meerssen et peuvent ainsi mener la lutte contre Boson. Carloman II est soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier. En 880, par le traité de Ribemont, les petits-fils de Charles le Chauve cèdent leur part de la Lotharingie à Louis III de Germanie (dit aussi Louis le Jeune), fils de Louis le Germanique, qui recueille ainsi l'ensemble de la Lotharingie. Le roi de Francie occidentale Charles le Chauve récupère lui le comté de Portois et une partie du comté de Varais et notamment Besançon. Les autres comtés sont incorporés dans le royaume de Francie orientale de Louis le Germanique. Le comte Richard reprend, en 880, la ville de Mâcon, puis, en 882, celles de Lyon et de Vienne. Cette guerre ne prend fin qu'en 887, avec la mort de Boson et le mariage de sa fille avec le roi Carloman II. Richard reçoit, pour ses services, le comté d'Autun qui appartenait jusqu'alors à son frère.

En 888, Rodolphe, fils de Conrad II, duc de Bourgogne transjurane et d’Auxerre marié à Willa de Provence, fille de Boson V de Provence, est proclamé roi de Bourgogne à l’abbaye de Saint Maurice en présence de l’archevêque de Besançon puis couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud (Arnald). Sa sœur Adélaide épouse la même année Richard de Bourgogne dit le Justicier auquel elle apporte en dot le comté d’Auxerre. De leur union naissent :

-Raoul ou Rodolphe (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi de Francie Occidentale (923-936);

-Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952);

-Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont;

-Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Vergy, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne.

-Alix, mariée à Reinier (?-931), comte de Hainaut.

En 890, Richard le Justicier acquiert le comté de Nevers et en 894, il s'empare du comté de Troyes en profitant des troubles semés par la mort du comte Adalelme de Troyes. Enfin, il conquiert, l'année suivante, sur le roi Eudes Ier le comté de Sens. Il est alors suzerain des comtés suivants : Comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Macon, comté de Charolais,, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d'Avallon, comté de Sancerre, comté de Tonnerre, comté de Senlis, comté d'Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d'Auxonne, comté de Bourgogne , comté de Montbéliard, comté de Bar. Enfin en 898, le comte Richard est autorisé par ce même souverain à fusionner ses comtés et prend alors le titre de marquis de Bourgogne, (jusqu'en 918, puis celui de duc et ainsi l’auteur de la partition pour 4 siècles de la Bourgogne entre duché de Bourgogne rattaché au Royaume de France et comté de Bourgogne partie du Second Royaume de Bourgogne puis du Saint Empire). Les comtés de la Haute-Bourgogne sont englobés dans ce Second royaume de Bourgogne Transjurane qui s’étend sur les deux versants du Jura avec comme limite à l’ouest, les rives de la Saône.

Le roi Rodolphe Ier s’appuie sur l’évêque de Besançon:

Thierry, qu’il nomme archichancelier de son royaume.

Au début de son règne, il a fort à faire avec les rois carolingiens : Arnulf, roi de Germanie, Zwentibold, roi de Lorraine et fils du précédent, et Louis, roi de Provence fils de Boson. Zwentibold envahit en 894 le nord du nouveau royaume jusqu’au diocèse de Besançon et Louis intervient dans le sud de celui-ci. Zwentibold se maintient jusqu’en 900 sur la Haute Bourgogne, et Thierry s’est rallié au nouveau souverain. Les décès successifs d`Arnulf et de Zwentibold et l’intérêt pour l'Italie de Louis, laissent le champ libre à Rodolphe Ier qui agrandit et consolide son royaume. Son fils Rodolphe II (912-937) lui succède en 912. C’est un souverain batailleur. Il doit dans un premier temps, défendre avec succès son royaume contre une tentative de conquête par le roi des Francs et de Lorraine, Charles III le Simple. Vers 914, Hugues le Noir (914-952) est pourvu du comté de Varais. Hugues le Noir est le second fils du duc de Bourgogne Richard le Justicier, et le neveu maternel du roi de Bourgogne Transjurane Rodolphe Ier. Peu de temps après, il exerce son autorité sur le comté de Portois. En 918, Rodolphe II fait la guerre au duc de Souabe, Burchard, mais il est défait. En 919, Hugues, à la mort du duc d'Aquitaine Guillaume le Pieux, hérite du Lyonnais, dans le royaume de Bourgogne Cisjurane de son cousin Louis. La paix s’obtient par le mariage en 921 de Rodolphe II avec Berthe la fille du duc de Souabe. Dès 921, il est le comte prépondérant sur la Haute-Bourgogne. L’année suivante, il est aux côtés de son frère Raoul et du duc Robert dans la lutte contre le roi de Francie Occidentale, Charles III le Simple. Puis en 922, Rodolphe II se voit proposer en 922 par les nobles d’Italie du Nord la couronne de ce royaume dont le roi est Bérenger de Frioul. Rodolphe II traverse alors les Alpes. En 926 Bérenger est assassiné mais les grands d’Italie ne veulent plus de Rodolphe II comme roi lui préférant Hugues qui le 9 juillet est élu roi d’Italie à Pavie. Cette même année 926, le roi de Francie orientale Henri Ier intervient dans le royaume de Bourgogne et reconnait à son roi Rodolphe II l’investiture sur les terres situées entre l’Aar en Suisse et le Rhin avec le comté de Bâle mais en contrepartie il se fait remettre la Sainte Lance, insigne de la monarchie bourguignonne ce qui ressemble à un acte de vassalité garantissant sa protection à l’égard des ambitions du roi des Francs Raoul. Hugues étend son autorité pendant l’année 927 sur le comté de Mâcon, à la suite de la disparition de la famille des comtes d’Auvergne. Il s’appuie sur ce comté sur le vicomte Aubri ou Albéric. Il est présent en 928, à l’assemblée de Lausanne tenue par son cousin le roi Rodolphe II. Celui-ci se fait céder le comté de Bourgogne par Louis III l’Aveugle, fils de Boson et réunit en 934 le royaume de Bourgogne-Cisjurane ou royaume de Provence à son royaume de Bourgogne transjurane lequel devient ainsi royaume de Bourgogne-Provence (ou royaume d’Arles qui en est la capitale) lequel recouvre pratiquement l’ancien territoire du premier royaume burgonde à l’exception de la Basse Bourgogne devenue le duché de Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois qui dépendent alors du royaume de Francie occidentale. En 936, le duc de Bourgogne Raoul meurt subitement sans héritier direct. Hugues le Noir prend possession du duché de Bourgogne, mais ne réclame pas la succession sur le royaume des Francs. Louis IV qui vient d’être couronné se dirige vers la Bourgogne, pour faire reconnaître son autorité, Hugues le Noir refuse de prêter serment, et se retire dans ses terres Outre-Saône. Il gouverne sur les deux rives de la Saône. Il s’appuie sur ses fidèles vassaux que sont Gilbert, comte de Chalon et de Beaune, Aubri, vicomte de Mâcon, Liétaud fils d’Aubri et Robert, vicomte de Dijon. Le roi de Bourgogne-Provence Rodolphe II meurt en 937 laissant 4 enfants mineurs. Conrad (937-993) n’a que douze ans. Hugues, roi d'Italie, souhaite profiter de la minorité du jeune roi, pour unir son royaume à celui d'Italie, et former un immense royaume. Il épouse Berthe, la veuve de Rodolphe, et prend sous sa protection sa fille Adélaïde, qui est fiancée à son fils Lothaire. Mais Othon Ier roi de Francie orientale et futur restaurateur de l’empire intervient dans le royaume bourguignon et sous prétexte de servir de protecteur à Conrad III, le conduit en Allemagne et le retient prisonnier dans son palais. Conrad est élevé à la cour germanique. Ceci donne prétexte en 937, à Hugues le Noir pour refuser de consentir l’hommage au roi de Bourgogne Conrad. Sur la Haute Bourgogne, les comtes ont tendance à privilégier l’ouverture vers le royaume de Francie occidentale, notamment Hugues le Noir qui est à la fois duc de Bourgogne et archi-comte sur la Haute-Bourgogne. Conrad III, comme son père et comme ses successeurs, est peu libre de ses mouvements, et se déplace uniquement sur son domaine propre : Aix les Bains, Lausanne, Vevey et est donc peu présent sur les autres terres de son royaume. En 938, Hugues se soumet au roi des Francs Louis IV et reconnaît son autorité. Du coup, les terres de Haute-Bourgogne situées jusqu’à présent hors du royaume des Francie occidentale commencent à entrer dans une certaine mouvance française. Louis IV devient donc souverain de la Haute-Bourgogne, du Lyonnais et du Viennois. Vers 940, Conrad épouse Adélanie, qui lui donne deux enfants, dont un fils qui décède avant son père. En 941, sous la pression du roi Othon de Germanie, il se voit contraint de ne plus nuire à Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, ses adversaires sur la Bourgogne ducale. Othon libère Conrad en 942, qui prend enfin la succession de son père sur le royaume de Bourgogne-Provence. L’un de ses premiers actes est du 3 juillet 942 à Saint-Maurice d'Agaune où Conrad concède à Albéric Ier, vicomte de Mâcon, un certain nombre de terres et de biens dans la région de Salins, base de la seigneurie de Salins. En 944, Conrad peut enfin réunir son premier plaid royal dans le Viennois en présence des ecclésiastiques : Guy, archevêque de Lyon, Sobon, archevêque de Vienne, Aymon , évêque de Genève, Béraud, évêque de Lausanne et des grands nobles, Hugues, archi comte de Haute Bourgogne, Charles-Constantin, comte de Vienne, Boson, comte d’Arles, Guillaume, comte d’Avignon, frère de Boson, Liétaud, comte de Macon, et Humbert, sire de Salins, frère de Liétaud. Il se brouille de nouveau en 943, avec le roi Louis IV, et doit partager sur le duché son autorité avec Hugues le Grand. Cette même année 943, Albéric, fils du vicomte de Narbonne Mayeul, qui a épousé Attala, l’héritière de la vicomté de Mâcon, étend son autorité sur des terres de Salins, de Pontarlier et de Besançon, avec la bienveillance de Hugues le Noir et du roi Conrad de Bourgogne. Albéric est enterré en 945, dans la première église Saint-Étienne de Besançon. Liétaud II (945-965) fils d’Albéric, succède à son père sur les comtés de Mâcon et de Besançon, tandis que son frère Humbert hérite des terres de Salins. Tous les deux rendent hommage à Hugues le Noir. Dès 948, Conrad, appuyé par Othon, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne Boson II (parent éloigné du Boson de la fin IXe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence. Hugues se réconcilie en 949, avec le roi de Francie occidentale Louis IV et redevient le premier personnage du duché. Deux ans plus tard, le roi Louis accompagné de Liétaud vient à Besançon rencontrer Hugues le Noir. Cette même année 951, Adélaïde, la veuve du roi d'Italie Lothaire, épouse en secondes noces Othon Ier roi de Francie orientale qui devient ainsi roi d’Italie et donc beau-frère du roi de Bourgogne-Provence Conrad. À la mort d’Hugues le Noir, en 952, c’est Gilbert de Chalon (son gendre) qui récupère les terres d’Hugues. Albéric ou Aubri II (965-982) hérite à la mort de son père des mêmes territoires. En 958, le roi de Bourgogne-Provence Conrad épouse Mathilde, fille du roi de Francie occidentale Louis IV, mais surtout nièce d’Othon, la mère du futur Rodolphe III. Les relations avec la famille Ottonienne se renforcent. En 962, Othon Ier est sacré empereur. Le roi de Bourgogne Conrad a trois filles, l’aînée Gisèle, de son premier mariage, épouse le duc de Bavière Henri; Berthe du second mariage, épouse le comte de Blois Eudes, et Gerberge, la cadette, épouse le duc de Souabe Hermann. Elles sont à l’origine de la guerre de succession après la mort de leur frère. Conrad a également deux enfants d’une concubine, Burchard et Conon-Conrad. Sur la Provence, Conrad nomme le comte d'Arles, Guillaume, gouverneur de cette région. En 972, Guillaume rassemble avec son frère Rothbold (Roubaud), une armée de fidèles et ils chassent de toute la Provence, les groupes de pirates sarrasins qui ont infesté la région, depuis de nombreuses années. Pour cet acte auquel le roi Conrad n’a pas pris part, Guillaume obtient la suzeraineté sur la Provence. À la mort d’Albéric II, un personnage se manifeste, c’est Otte-Guillaume, fils du roi d’échu d'Italie Adalbert Ier, et de Gerberge de Chalon, fille du comte Lambert. Il est le beau-fils du duc de Bourgogne Eudes-Henri après le remariage de sa mère. Il épouse Ermentrude de Roucy veuve d’Albéric II, et gouverne les comtés de Mâcon et de Besançon, au nom de ses deux beaux-fils, Liétaud et Aubri. En 984, Adélaïde, veuve de Othon Ier, demande à son frère le roi de Bourgogne Conrad III d’intervenir dans la succession de Germanie ; en effet son petit-fils Othon III est retenu prisonnier par Henri le duc de Bavière. Conrad III accompagné de seigneurs italiens et lorrains, se dirige vers le bavarois, celui-ci voyant la partie perdue, relâche Othon III. Ce dernier hérite de l’empire et devient roi des romains en 993 sous la régence de sa mère. Cette même année 993, Rodolphe III succède à son père Conrad III comme dernier roi de Bourgogne Provence. En 996, Robert II le Pieux succède comme roi de Francie Occidentale à son père Hugues Capet et épouse Berthe la sœur du roi de Bourgogne Rodolphe III, veuve d’Eudes de Blois (ce mariage est rejeté par l'Église, pour lien de parenté entre les deux époux. Les deux grands-mères, paternelle de Robert et maternelle de Berthe, sont sœurs et filles du roi de Germanie Henri Ier). En octobre 1002, Henri, duc de Bourgogne, meurt sans laisser d’héritiers légitimes. Fils d’Hugues le Grand, le défunt est l’oncle de Robert II le Pieux, qui a donc des droits sur le duché. Toutefois, cet héritage est réclamé par Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, dont la mère, Gerberge, a épousé Henri en secondes noces. En 1003, Robert II fait marcher ses troupes vers la Bourgogne, en direction d’Auxerre. Mais l’expédition est un échec. Le roi de Francie Occidentale lance une nouvelle offensive en 1005. Cette fois-ci, ses troupes parviennent à prendre Auxerre et Avallon, ce qui incite le comte de Bourgogne à négocier. Il accepte alors de céder le duché de Bourgogne à Robert II, à l’exception de Dijon, entre les mains de Brun de Roucy, évêque de Langres résolument hostile aux Capétiens. En 1012, répondant à l’appel de l’archevêque de Sens Léotheric, qui dénonçait la politique défensive de Rainard, comte de Sens. (ce dernier érigeait des fortifications dans la cité, alors que le comté de Sens ouvrait la route vers le duché de Bourgogne) Robert II décide d’intervenir, non seulement parce que ces constructions étaient menaçantes, mais en outre parce que la prise de Sens permettait de couper en deux les Etats d’Eudes II, comte de Blois. En 1015, Rainard est excommunié, et Robert II lance une offensive qui lui permet de prendre Sens. Le vaincu décide alors de négocier avec le roi de Francie Occidentale, lui proposant de rester à la tête du comté jusqu’ à sa mort, le territoire revenant ensuite à la couronne de Francie Occidentale. Robert II accepte, puis il se rend à Dijon, ou Brun de Roucy vient de mourir. Rentrant dans la ville en janvier 1016, le Capétien devient maître enfin de la totalité du duché de Bourgogne intégré au royaume de Francie Occidentale qui devient définitivement séparé du comté de Bourgogne (future Franche-Comté). Son fils aîné Hugues étant l’héritier de la couronne, il cède le duché à Henri ; puis, à la mort d’Hugues, en 1025, Robert II cède le duché à Robert.

A la mort de Rodolphe III, en 1032, l’empereur Conrad II le Salique hérite du Royaume de Bourgogne-Provence (encore appelée Royaume d’Arles car c’est cette ville qui en est la capitale) qui devient un des quatre royaumes de l’empire. Besançon est un archevêché qui, comme tous les archevêchés de l’empire a à sa tête un archevêque qui dispose non seulement du pouvoir spirituel sur le territoire de l’archevêché mais du pouvoir temporel sur la ville.

Archevêques :

.Hugues Ier, archevêque de Besançon de 1031 à 1043, prince-archevêque de 1043 à 1066, archichancelier du royaume de Bourgogne,

C’est un descendant de la famille des sires de Salins, celle d’Humbert. Il a été chapelain du roi de Bourgogne Rodolphe III. L’empereur Conrad II fait couronner son fils Henri, roi de Bourgogne, en 1038. Les grands, dont le comte Renaud et l’archevêque de Besançon Hugues, sont présents à cette cérémonie qui se tient à Soleure. En janvier 1042, le roi de Francie orientale (Germanie) et de Bourgogne, Henri III vient à Besançon, sur l’initiative d’Hugues Ier, visiter son royaume de Bourgogne. À cette occasion, l’archevêque est nommé archichancelier du royaume de Bourgogne. Devenu empereur, Henri III revient en 1043 à Besançon pour se fiancer avec Agnès, nièce de Renaud. A cette occasion l’archevêque Hugues obtient les droits régaliens sur la ville échappant ainsi au contrôle comtal pour dépendre directement de l’empereur. Besançon devient ville impériale et l’archevêque prince et l’archevêque de Besançon devient prince d’Empire. Son diocèse coïncide pratiquement avec le comté de Bourgogne ou Franche-Comté y compris Montbéliard mais son pouvoir temporel s’arrête pratiquement aux limites de la ville de Besançon. Ce changement de statut de la ville s’explique certainement par la reconnaissance du roi vis à vis d’Hugues qui a soutenu la maison impériale lors de la guerre de 1032/1034.

.Hugues II de Montfaucon, prince-archevêque de Besançon de 1067 à 1085

Fils de Conon, qui a construit le château de Montfaucon près de Besançon, seigneur de Montfaucon vassal de Renaud Ier de Bourgogne et grand bénéficier de l’église Saint Etienne de Besançon.

.Hugues III, prince-archevêque de Besançon de 1085 à 1101

Son père le comte Guillaume Ier de Bourgogne s’affirme alors comme le personnage le plus important du comté de Bourgogne et ne tarde pas à mettre la main sur l'archevêché de Besançon en le faisant ordonner archevêque en 1085.

.Ponce, prince-archevêque de Besançon de 1102 à 1107

.Hugues IV, prince-archevêque de Besançon de 1108 à 1109

.Guillaume Ier d'Arguel, prince- archevêque de Besançon de 1109 à 1117

Le nom de la famille d'Arguel apparaît au XIème siècle en la personne de Guy d'Arguel (1040 ¬- 1097) seigneur d’Arguel dont le château est situé à environ 6 kms de Besançon.

.Anseric, prince-archevêque de Besançon de 1117 à 1134

.Humbert de Scey, prince-archevêque de Besançon de 1134 à 1161

Depuis des temps très ancien la famille de Scey possédait le château (aujourd'hui château Saint-Denis en ruine) érigé sur un éperon rocheux réputé longtemps inaccessible dans le bailliage d'Ornans. Au XII° siècle cette famille occupe un rang très important parmi les plus anciennes de la région de Besançon. Elle possède une grande partie des montagnes du bailliage d'Ornans.

.Gauthier II de Bourgogne, prince- archevêque de Besançon de 1162 à 1163

Fils d’Hugues II, duc de Bourgogne ; frère d’Eudes II de Bourgogne, duc de Bourgogne.

.Herbert (schismatique), prince- archevêque de Besançon de 1163 à 1170

.Eberard de Saint-Quentin, prince-archevêque de Besançon de 1171 à 1180

.Thierry II de Montfaucon, prince- archevêque de Besançon de 1180 à 1190

Fils de Richard de Montfaucon et Sophie/Agnès, comtesse de Montbéliard, fille de Thierry II de Montbéliard.

.Etienne de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1191 à 1193

Fils de Géraud Ier, comte de Macon et de Maurette de Salins.

.Amédée de Tramelay, prince-archevêque de Besançon de 1193 à 1220

Famille noble de la région de Saint Claude dans le comté de Bourgogne ; de la même famille que Bernard de Tramelay ou Dramelay, ou Dramelet, château du même nom, aux environs d'Arinthod, quatrième maître de l'Ordre du Temple (1152 - 16 août 1153), ancien commandeur de Dole.

.Gérard de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1221 à 1225

Fils de Thibaud II de Rougemont, seigneur de Rougemont, vicomte de Besançon ; maison des seigneurs de Rougemont du nom de Rougemont-le-Château qui au début du Moyen Age fait partie intégrante de l'Alsace (passée en 829 du landgraviat de Haute-Alsace au comté du Sundgau, puis au début du XIIème siècle passe aux comtes de Ferrette). Cette famille est investie depuis 1096 des charges de vicomte de Besançon.

.Jean Ier Halgrin (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1225 à 1227

.Nicolas de Flavigny, prince-archevêque de Besançon de 1229 à 1235

Au XIII siècle, les bourgeois bisontins tentent de constituer la commune de Besançon, et s'opposent ainsi à l'archevêque de Besançon, qui entend garder ses pleins droits de souveraineté sur les terres de Bregille, un quartier de Besançon. Un conflit éclate alors en 1232, quand les Bisontins interdisent aux Bregillots de s'approvisionner en bois dans la forêt de Chailluz. Nicolas de Flavigny rappelle alors ses droits sur les bois de la ville auprès de l'évêque de Chalon qui ne tarde pas à lui donner raison, arrêtant ainsi le conflit pour un temps.

.Geoffroy, prince-archevêque de Besançon de 1236 à 1241

.Guillaume II de la Tour, prince archevêque de Besançon de 1245 à 1268

Sous son règne, les Bisontins reconstituent clandestinement leur commune, profitant de la vacance du siège impérial et des mésententes entre l'archevêque de Besançon et les comtes de Bourgogne.

.Eudes de Rougemont, prince-archevêque de Besançon de 1269 à 1301

De la même famille que Gérard de Rougemont.

Fils d’Humbert III de Rougemont, seigneur de Rougemont.

Sous son règne les Bisontins choisissent un gardien de leurs cités, qui refuse de considérer la ville comme vassale de l'empereur. En 1290, Besançon est assiégée pendant quatre mois par les armées impériales, tenant le quartier de Bregille, alors que les troupes vassales leur faisant face occupent la Mouillère ainsi que les Prés-de-Vaux. Othon IV, ne veut guère continuer cette lutte, décide de négocier pour finalement céder. À ce moment-là, les Bisontins profitent de la situation pour faire reconnaître officiellement leur commune par l'Empire. C'est alors le commencement d'une nouvelle bataille entre les Bourgeois et l'archevêque.

.Hugues V de Chalon, dit le Sourd, prince-évêque de Liège de 1296 à 1301 prince-archevêque de Besançon de 1302 à 1311

Fils de Jean Ier de Chalon et de Laure de Commercy.

.Vital de Maignaut, prince-archevêque de Besançon de 1312 à 1313

.Hugues VI de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1333 à 1355

.Jean II de Vienne, prince-archevêque de Besançon de 1355 à 1361, évêque de Metz de 1361 à 1365 puis évêque de Bâle de 1365 à 1382

Fils de Vauthier de Vienne ( ?-1344), seigneur de Mirebel. En 1355, il succède à son oncle Hugues VI de Vienne comme archevêque de Besançon et l’année suivante, il devient gouverneur du duché de Bourgogne, Philippe Ier de Bourgogne étant alors âgé de dix ans. Puis Il devient évêque de Metz en 1361.

.Louis de Montbéliard, prince-archevêque de Besançon de 1361 à 1362

Fils d’Henri de Montfaucon et d’Agnès de Montbéliard, fille aînée de Renaud de Bourgogne ; frère cadet d’Étienne de Montfaucon, seigneur de Montfaucon et Comte de Montbéliard.

.Aymon de Villersexel, prince-archevêque de Besançon de 1363 à 1370

De la famille seigneur de la terre de Grammont dans le comté de Bourgogne.

.Guillaume II de Vergy (cardinal), prince-archevêque de Besançon de 1371 à 1391

Frère de Jean III de Vergy, seigneur de Fouvent, de Champlitte, de Port-sur-Saône, Autrey, sénéchal maréchal et gouverneur du comté de Bourgogne.

.Gerard III d'Athies, prince-archevêque de Besançon de 1391 à 1404

.Thiébaud de Rougemont, archevêque de Vienne de 1397 à 1405, prince-archevêque de Besançon de 1405 à 1429

Issu d'une famille illustre du comté de Bourgogne.

.Jean III de La Rochetaillée, prince-archevêque de Besançon de 1429 à 1437, cardinal

Il participe en 1432 au concile de Bâle et y est nommé en 1434 vice-chancelier de la Sainte-Église et protecteur de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques.

.François Ier Condomieri, prince-archevêque de Besançon de 1437 à 1438, cardinal

.Jean IV de Norry, prince-archevêque de Besançon en 1438.

Fils de Pierre de Norry et de Jeanne de Montboissier.

.Quentin Ménard, prince-archevêque de Besançon de 1439 à 1462.

Bénéficiant de l'appui du duc de Bourgogne Philippe le Bon, il est ensuite nommé à Besançon où son ministère est marqué par un très important conflit avec les citoyens de la ville, alors qu'il revendique ses fonctions temporelles. Il doit prendre la fuite à la suite de la destruction par la population de son château de Bregille, quartier de Besançon. Son autorité n’est rétablie qu'après une intervention du Pape.

.Charles de Neuchâtel-Bourgogne, prince-archevêque de Besançon de 1462 à 1498.

Fils de Jean de Neuchâtel-Bourgogne, seigneur de Montaigu, d'Amance et de Rigney, Chevalier de la Toison d'Or, lieutenant-général du duché et du comté de Bourgogne et de Marguerite de Castro. Charles de Neuchâtel est un parent du cardinal Jean de Neuchâtel. Après la mort de Charles le Téméraire, les Français envahissent la Franche-Comté, et y font de grands ravages. Louis XI sait à la fois intimider et corrompre Charles de Neuchâtel. Le duc Maximilien de Habsbourg apprenant que Charles de Neuchâtel a basculé dans le parti de la France, le déclare en 1478 déchu de ses fonctions et l'oblige même à quitter son palais archiépiscopal. Charles quitte donc son diocèse et se réfugie en France à la cour du roi Louis XI.

.François II de Busleiden (cardinal secret) prince-archevêque de Besançon de 1498 à 1502.

Choisi par Maximilien de Habsbourg mais surtout par Marguerite d'York, veuve du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, comme précepteur du jeune Philippe le Beau, fonction qu'il remplit de 1485 à 1495. François de Busleyden est l'un des représentants de Maximilien d'Autriche au traité de Senlis du 23 mai 1493. Il est conseiller de 1495 à 1502, maître des requêtes de l'hôtel en 1495, chef des finances à la suite de Philippe de Bourgogne-Beveren en 1497, premier maître des requêtes en 1498. Elu le 12 octobre 1498 par le Chapitre Métropolitain par recommandations de Philippe le Beau et Maximilien de Habsbourg. Le pape Alexandre VI le nomme secrètement cardinal et lui confère le droit de succession au siège de Cambrai. Il participe activement au gouvernement en l'absence de Philippe le Beau, conseiller domestique en 1500 et enfin chef du conseil aulique en juillet 1502 suite au renvoi de Henri de Berghes durant le voyage en Espagne. Il remplit de nombreuses missions diplomatiques tant pour Maximilien d’Autriche que pour Philippe le Beau.

.Antoine Ier de Vergy, prince-archevêque de Besançon 1502 à 1541

Il appartient à une très vieille et puissante famille du comté de Bourgogne. En 1199, la seigneurie de Vergy est passée aux ducs de Bourgogne par le mariage d'Alix de Vergy (1170-1252) avec Eudes III de Bourgogne. Antoine appartient à l’une des branches cadettes issue de Guillaume de Vergy, frère d’Alix. Antoine est né du second mariage de Guillaume IV (seigneur de Vergy) avec Anne de Rochechouart de Mortemart. Sous son règne, en 1537, l’empereur Charles Quint accorde aux Bourgeois de Besançon le statut de Ville Impériale Libre et donne à la Ville de Besançon ses armoiries actuelles (distinctes de celle de l’évêque). A la Diète de Worms de 1521, le matricule d’empire la cite parmi les 83 villes libres impériales ; Besançon est alors imposée pour 180 florins alors que l’archevêché l’est pour 120 florins (Strasbourg l’est alors pour 550 florins). L’archevêché est suffragant des évêchés de Belley, de Bâle et de Lausanne. L’archevêque choisi par le chapitre, est confirmé par une bulle du pape et comme prince d’empire reçoit l’investiture impériale.

.Pierre de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1541 à 1543, cardinal

Issu d’une très importante famille de la noblesse du Bugey. Il est l’oncle du cardinal Claude de la Baume qui lui succède. .Claude II de La Baume, prince-archevêque de Besançon de 1545 à 1584, cardinal en 1578, vice-roi de Naples Neveu du précédent. Le 25 octobre 1555, Charles Quint abdique ses droits sur les Pays-Bas, désormais unis et officiellement séparés du Saint-Empire, en faveur de son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples. Il lui cède ses droits sur l'Espagne en 1556 et un peu plus tard, au seuil de la mort, ceux sur le comté de Bourgogne. Il est nommé vice-roi de Naples par le roi d’Espagne Philippe II de Habsbourg.

.Antoine Perrenot de Granvelle (1517 -1586), prince-archevêque de Besançon de 1584 à 1586, premier ministre des Pays-Bas espagnoles et vice-roi de Naples

Fils de Nicolas Perrenot de Granvelle, proche conseiller de l'empereur Charles Quint, puis garde des sceaux du Saint-Empire romain germanique. Evêque d'Arras, archevêque de Malines puis cardinal, diplomate, conseiller d'État de l'empereur germanique Charles Quint, puis de son fils, le roi Philippe II d'Espagne, dont il est le seul Comtois auquel celui-ci accorde sa confiance. Il est en outre conseiller de Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas espagnols (du Cercle de Bourgogne), vice-roi de Naples et président du conseil suprême d'Italie et de Castille. En tant qu’archevêque, il assiste à plusieurs diètes d'Empire, ainsi qu'aux pourparlers préalables au Concile de Trente, qu'il convoque au nom de Charles Quint. Grâce à l'influence de son père, devenu garde des sceaux, il se voit confier plusieurs missions politiques aussi délicates qu'importantes. Il prend part aux négociations de paix qui suivent la défaite de la Ligue de Smalkalde à la Bataille de Muehlberg en 1547. En 1550, il succède à son père en tant que secrétaire d'état ; à ce poste, il conseille Charles Quint au cours de la guerre contre Maurice de Saxe, il l'accompagne lors de la fuite d'Innsbruck, et il réussit à obtenir la paix de Passau en août 1552. L'année suivante, il arrange les détails du mariage de Marie Ière d'Angleterre et de Philippe II d'Espagne, à qui il offre ses services en 1555, l'année de l'abdication de l'empereur Charles Quint. Philippe II l'envoie en mission aux Pays-Bas espagnols. Là, en avril 1559, Granvelle est l'un des émissaires espagnols qui négocient les traités du Cateau-Cambrésis, et lorsque Philippe quitte les Pays-Bas cette même année, il est nommé premier ministre de Marguerite de Parme, la régente des Pays-Bas espagnols. La politique répressive qu'il mène dans les provinces au cours de ses cinq années d'exercice lui assure des bénéfices tangibles : en 1560 il obtient l'archevêché de Malines, et en 1562, il est fait cardinal; mais l'hostilité croissante de la population interdit son maintien en poste ; aussi, en mars 1564, il se retire en Franche-Comté (Comté de Bourgogne). Sur le papier, cette retraite n'est que temporaire, mais dans les faits elle est définitive. Les six années qui suivent sont paisibles, interrompues seulement par une visite qu'il fait à Rome en 1565. Mais en 1570, Granvelle, à la demande de Philippe II, revient aux affaires avec une mission diplomatique à Rome. Il négocie l'alliance entre les États pontificaux, la république de Venise et la couronne d'Espagne contre l'empire ottoman, alliance qui se conclut par la victoire à la bataille de Lépante. La même année, il est nommé vice-roi de Naples, un poste difficile et dangereux, qu'il occupe cinq années durant avec habileté. Philippe II l'appelle en 1575 à Madrid comme président du conseil des affaires d'Italie. Parmi les plus délicates négociations de ces dernières années, celles assurées en 1580, qui sont conclues par l'union des couronnes d'Espagne et de Portugal, et celles de 1584, où la France est tenue en échec grâce au mariage de l'infante Catherine avec Charles-Emmanuel Ier de Savoie, occupent une place particulière. Ces succès lui valent cette même année l'archevêché de Besançon, mais il est frappé de paralysie ; il n’est jamais intronisé, et meurt à Madrid en 1586.

.Ferdinand de Longwy dit de Rye (1550-1636) prince-archevêque de Besançon de 1586 à 1636, gouverneur du comté de Bourgogne

Fils de Girard de Rye, chambellan de l’empereur Charles Quint, chevalier de la Toison d'or, et de Louise de Longwy. Après la mort de Cléradius de Vergy, le roi d’Espagne nomme Ferdinand de Rye gouverneur du Comté de Bourgogne. C elui-ci prend ainsi une part active à la résistance comtoise contre l'envahisseur français pendant la Guerre de Dix Ans en dirigeant la défense de Dôle pendant son siège de quatre-vingt jours par le prince de Condé. .François III de Rye, prince-archevêque de Besançon de 1636 à 1637 Fils de Philibert de Rye, général d'artillerie aux Pays-Bas espagnols. Après des études à Rome, il est envoyé à Bruxelles à la cour des archiducs d’Autriche Albert et Isabelle de Habsbourg, alors souverains des Pays-Bas espagnols. Il se fait rapidement apprécier du couple princier qui le nomme chef de sa chapelle personnelle puis Grand aumônier.

.Claude III d'Achey, prince-archevêque de Besançon de 1637 à 1654

Le château d’Achey a été construit par Philippe d'Achey qui, en 1137, prend possession de la terre dépendante des sires de Fouvent. Cette famille d'Achey, est une des plus illustres et anciennes du Comté de Bourgogne.

.Charles-Emmanuel de Gorrevod, prince-archevêque de Besançon de 1654 à 1659

Fils de Charles-Emmanuelle de Gorrevod, duc de Pont-de-Vaux (Ain), et d'Isabelle de Bourgogne-Fallais.

.Jean-Jacques Fauche de Domprel, prince-archevêque de Besançon de 1660 à 1662

Issu de la famille des seigneurs de Domprel dans le comté de Bourgogne.

.Antoine-Pierre de Grammont, prince-archevêque de Besançon de 1663 à 1698

Fils d’Antide de Grammont, baron de Mélisey, seigneur de Courbessaint, du Saucy, de Lantenot et de Saint-Germain, colonel d'infanterie, gouverneur de Dôle et de Salins, chevalier d'honneur au Parlement de Dole. La famille Grammont détient la seigneurie de Grammont dans le comté de Bourgogne, qui a donné le nom à la commune de Grammont. Par lettres patentes du 10 mars 1657, la terre de Grammont est érigée en Comté. Après la prise de Besançon en 1674, Louis XIV fait démanteler les châteaux de Franche Comté, celui de Grammont est rasé. Avec la conquête française qui aboutit au traité de Nimègue de 1678 qui détache la Franche-Comté et Besançon de l’empire et les incorpore au royaume de France, l'archevêque perd les prérogatives temporelles qu’il avait depuis le Moyen Age mais conserve seulement son titre de prince d'Empire.

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