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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 14:41
Histoire d’Alsace :Comté de Nordgau/ Evêché de Strasbourg / Erzbistum von Strasburg / Ville libre Impériale de Strasbourg / Frei und reichstadt Strasburg, terres d'empire de 962 à 1681

En 754, le duché d’Alsace passe sous domination franque.

L’Alsace et les Alsaciens apparaissent dans les sources dès le VIIème siècle et l’Alsace est placée sous l’autorité des ducs. Elle a une définition géographique claire avec le Rhin et les Vosges d’ une part, les forêts du nord et du sud d’ autre part alors que la Loraine, issue du partage de l’empire carolingien, n’a aucune définition géographique, et correspond à l’ancienne province ecclésiastique de Trèves. Entre les deux régions existe une double frontière, celle des diocèses et celle des langues. En 754, le duché d’Alsace passe sous domination franque. La nouvelle dynastie, sous l’impulsion de son illustre empereur Charlemagne (768-814) inaugure une ère de paix et de prospérité dont profite l’Alsace, partagée en deux « Pagi », le Nordgau et le Sundgau, le Landgraben faisant frontière. Les deux évêchés sont reconstitués, sans doute déjà sous Pépin le Bref : l’évêché de Bâle, suffragant de l’archevêché de Besançon, étend sa juridiction non seulement sur la Suisse du Nord-ouest, mais sur tout le Haut Rhin et sur l’actuel Territoire de Belfort. Celui de Strasbourg, dépendant de l’archevêché de Mayence, comprend la Basse Alsace moins la région de Wissembourg-Lauterbourg, intégrée au diocèse de Spire, mais déborde sur une partie de la rive droite du Rhin, l’Ortenau.Les carolingiens ont la volonté de centraliser fortement leur royaume. Pour ce faire, ils "divisent pour régner" : le duché d’Alsace est supprimé mais les deux comtés : Nordgau et Sundgau subsistent.

En 843, Louis le Germanique et Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, se liguent contre leur frère Lothaire et scellent leur alliance à Straßburg/Strasbourg dans un document connu sous le nom de "serment de Strasbourg". Par le traité de Verdun de 843, l’Alsace (les deux comtés) est attribuée à la Francie médiane de l’empereur Lothaire mais dès 870, au traité de Meerssen, Louis le Germanique reçoit tous les territoires de langue germanique, de la Lotharingie ; ainsi l’Alsace est intégrée au royaume de Francie Orientale ou Germanie. Le duché de Souabe est créé en 917 et dès 925, Henri l’Oiseleur y incorpore le Nordgau et le Sungau. Il est alors constitué des Gau suivants : .Hegau /Linzgau /Argengau /Alpengau /Keltenstein /Illargau / Eritgau / Folchotsbaar / Rammgau / Duria /Augstgau / Ortenau / Bertoldsbaar / Neckargau / Swiggerstal / Filsgau / Trachgau/ Alb / Ries / Breisgau /Alpgau / Augstgau / Thurgau / Zürichgau /Argau .Rheingau: Bregenz et la vallée du Rhin dans l'actuelle Vorarlberg .

Ducs de Souabe

.Burchard II (883 ou 884-926) duc de Souabe de 917 à 926

Fils de Burchard 1er ;

En 922, Burchard marie sa fille Berthe au roi Rodolphe II de Bourgogne. En 925, Henri l'Oiseleur rattache de duché d'Alsace à celui de Souabe. Le destin de l'Alsace est désormais lié à celui des ducs de Souabe.

.Hermann Ier (-949) duc de Souabe et d’Alsace de 926 à 949

Fils de Gebhard de Lotharingie et un cousin du roi Conrad Ier de Germanie.

.Ludolphe de Souabe (930- 957) duc de Souabe et d’Alsace de 950 à 954

Fils issu du premier mariage d’Othon Ier le Grand.

.Otton Ier de Souabe (954- 982) duc de Souabe et d’Alsace et duc de Bavière de 954 à 982

Petit-fils de l'empereur Otton Ier, nommé par son oncle l’empereur Otton II.

.Conrad Ier de Souabe ( ?-997) duc de Souabe de 983 à 997.

Quand le duc Otton Ier meurt inexplicablement pendant une campagne de l'Empire en Italie de 981 à 982, il n'a aucun héritier. Afin de remplir ce poste vacant, l'Empereur Otton II le désigne en 983 comme duc de Souabe.

.Hermann II ( ?- 1003) duc de Souabe de 997 à 1003, duc d’Alsace

Fils de Conrad Ier et de Richlinde, fille de l'empereur Otton Ier.

En 1002 il est candidat à l’élection impériale; il prend d'assaut Strasbourg dont l'évêque Wizelin, s'est déclaré pour Henri III, duc de Bavière, parce qu'ils étaient tous deux rivaux. Henri sépare l'Alsace de la Souabe afin de prendre le contrôle du duché. Il se marie avec Gerberge de Bourgogne, fille du roi Conrad III de Bourgogne, avec laquelle il a une fille nommée Gisèle qui se marie par la suite avec l'empereur Conrad II. A l’époque de son règne, les Habsbourg, commencent à se signaler, principalement avec l’accession au siège épiscopal de Strasbourg vers l’an 1000 de Werner de Habsbourg.

.Hermann III ( ?-1012) duc de Souabe et duc d’Alsace de 1003 à 1012

Fils d’Hermann II.

En 1012, à la mort d'Hermann III de Souabe, le titre de duc d'Alsace est définitivement supprimé, et l’Alsace est divisée en deux comtés (Nordgau et Sundgau) qui font partie du duché de Souabe.

.Ernest Ier ( ?-1015) duc de Souabe de 1012 à 1015.

Fils cadet de Léopold Ier, margrave d'Autriche.

En 1012, l’empereur Henri II, roi des Romains lui donne le duché de Souabe suite au décès sans héritier d’Hermann III. Dans le but de se rendre légitime le nouveau dirigeant se marie à Gisèle, la sœur ainée d’Hermann. Ernest et Gisèle ont deux enfants, Ernest II et Hermann IV.

.Ernest II (1010/1013 -1030) duc de Souabe de 1015 à 1030

Gendre de l’empereur Conrad le Salique.

En 1025 Ernest âgé d'environ une quinzaine d'années, entre en rébellion contre Conrad. Cependant, il est battu en 1026 et se rend. Il participe alors à l'expédition italienne de son beau-père de 1026 à 1027. Une fois en Italie, Conrad renvoie Ernest en Souabe. Mais lorsqu’ Ernest arrive, il se joint à nouveau à la révolte contre le roi. Mais le manque de soutien de l'aristocratie régionale le conduit une fois de plus à la défaite. Il est contraint de se rendre et est emprisonné. Gisèle, prise entre deux feux réussit à obtenir que son fils ne soit pas totalement humilié. Le titre de Dux est conservé à celui-ci. En 1028, Conrad le fils d’Henri III est couronné. À ce moment dû aux requêtes de son demi-frère Henri et de sa mère, Ernest peut être libéré, sans toutefois recouvrir l'intégralité de ses droits. À la Diète d'Empire de la Pâques 1030, Ernest se voit proposer de nouveaux droits uniquement à condition qu'il accepte de sévir contre les ennemis du roi. C'est là son ultime chance. Son refus, motivé probablement par la présence dans l'autre camp de son vieil ami Werner von Kybourg/Kyburg, signe sa déchéance. Le titre de duc lui est retiré. Peu de temps après lors d'une bataille contre l'évêque de Constance, les deux amis meurent. Le duché de Souabe passe sous la direction de son jeune frère Hermann IV.

.Hermann IV ( ?-1038) duc de Souabe de 1030 à 1038

Frère du précédent second fils d'Ernest Ier et de Gisèle.

En janvier 1037, son beau-père, l'Empereur Conrad II le marie à Adélaïde de Suse.

.Henri Ier ( ?- 1045) duc de Souabe de 1038 à 1045

Fils de l’empereur Conrad II et futur empereur Henri III en 1046.

.Otton II de Souabe ( ?-1047) comte palatin de Lorraine (1034-1045), puis duc de Souabe de 1045 à 1047

Fils d'Ezzo de Lotharingie et Mathilde, fille de l'Empereur Otton II.

.Otton III ( ?-1057) duc de Souabe de 1048 à 1057

Fils d'Henri de Schweinfurt, margrave du Nordgau,

Il est l'un des plus puissants princes de la Franconie orientale et investi par l’empereur Henri III.

.Rodolphe de Rheinfelden (vers 1025 - 1080), duc de Souabe de 1057 à 1079 et antiroi des Romains de 1077 à 1080

Fils du comte Kuno de Rheinfelden.

En 1057, profitant de la minorité d'Henri IV, alors roi de Germanie, il enlève Mathilde de Franconie, la sœur du roi. Deux ans plus tard, il la demande en mariage, avec succès, et obtient également le duché de Souabe et l'administration du royaume de Bourgogne. Mathilde meurt en 1060, et Rodolphe épouse en 1067 Adélaïde de Savoie (1052-1079), fille d'Othon Ier de Savoie. Deux fois beau-frère d'Henri IV.

Maison de Hohenstaufen

.Frédéric Ier de Staufen (1050-1105) duc de Souabe de 1079 à 1105

Fils de Frédéric de Büren et le premier des Hohenstaufen investi du duché de Souabe.

.Frédéric II de Souabe dit le Borgne (1090- 1147) duc de Souabe de 1105 à 1147

Fils de Frédéric Ier de Souabe et d'Agnès de Franconie.

En 1120, Frédéric II de Souabe se marie avec Judith, fille du duc Henri IX le Noir de la puissante famille des Welfs. À la mort en 1125 de son oncle l'empereur Henri V, Frédéric devient candidat pour le titre de roi des romains. Bien qu'il bénéficie du soutien de son plus jeune frère Conrad de Souabe et de plusieurs familles, il perd cette élection au profit de Lothaire III de Supplimbourg qui devient empereur. L’empereur Lothaire III de Supplimbourg en 1125 remplace les comtés du Nordgau et du Sundgau par deux landgraviats et créé la fonction du« Landgraf » qui a pour mission d'assurer à l'empereur les terres contestataires. Il confie le landgraviat de Haute Alsace aux comtes de Habsbourg et celui de Basse Alsace à la famille d’ Hunebourg. En 1127, il s'empare de la ville d’Haguenau pour bien montrer aux Hohenstaufen qui est le maître. La famille de Habsburg/Habsbourg, originaire d’Ottmarsheim, comtes de Sundgau est progressivement éclipsée par les comtes de Dabo/Dagsburg-Egisheim, maîtres du Nordgau. Les empereurs s’appuient sur les évêques, qu’ils nomment, pour régner efficacement. Les landgraves vassaux des ducs de Souabe et d’Alsace tentent de se constituer leur propre réseau de châteaux. Les Hunebourg possèdent depuis le début du XIIè leur château du même nom ; ils y ajoutent une nouvelle place forte, le Grand Arnsberg. Mais l’action des landgraves reste limitée, faute de moyen et faute de temps, car Lothaire de Supplimbourg meurt en 1137. Aussitôt les rivalités se déchaînent. L'Alsace est dévastée lors de la lutte opposant Lothaire III de Saxe à Frédéric II de Hohenstaufen « Le Borgne », duc d'Alsace et de Souabe, tous deux prétendants au trône du Saint Empire Romain Germanique. Les territoires Hohenstaufen à protéger se situent autour de Wissembourg et d’Haguenau, dont le château est le centre administratif. Parmi les châteaux, placés en demi-cercle dans les Basses-Vosges du Nord, il y a le Fleckenstein, le Hohenbourg, le Lutzelhardt, le Falkenstein, leWasigenstein. Un deuxième centre stauférien est Sélestat, avec le prieuré de Sainte-Foy et une partie de Kintzheim. Ses châteaux protecteurs sont le Haut-Kamigsbourg et le Ribeaupierre. Les Hohenstaufen possèdent par ailleurs le Hohenbourg (Sainte-Odile) avec Obernai et dans le Haut-Rhin, des fiefs à Munster et Mulhouse. Frédéric de Hohenstaufen s'appuie sur son rôle d'avoué de la puissante abbaye de Wissembourg. Il possède un tiers de la forêt d’Haguenau, des biens à Sélestat, Hochfelden, Schweighouse, Marlenheim et sans doute d'une partie de l'avouerie de l'abbaye de Munster. Il reçoit enfin une aide appréciable avec la nomination par l’empereur à la tête de l’évêché de Strasbourg de son frère Otton en 1082. Les armes sont favorables à Hugues d'Eguisheim. Mais le 4 septembre 1089, lors d'une tentative de réconciliation, Hugues IV d'Eguisheim est assassiné à Niederhaslach dans une demeure de l'évêque Otton par l'échanson épiscopal. Cet assassinat arrange bien les affaires des Hohenstaufen qui rapidement vont s’employer à affirmer leur pouvoir et à édifier à leur tour un système castral bien organisé. Au début du XIIème, les Hohenstaufen, désormais conduits par Frédéric II « Le Borgne » (duc de Souabe et d’Alsace de 1105 à 1147) construisent le château d'Estufin (Haut-Koenisburg, 1114), symbole de leur domination. Haguenau devient la ville d’élection des Hohenstaufen ou Frédéric édifie un nouveau château. Une nouvelle menace surgit en la personne du grand électeur, l'archevêque Adalbert de Mayence, qui, prisonnier des Saliens et libéré en 1113, entend faire faire payer à l'empereur ses 3 années de captivité pour s’être rallié à la cause papale. Il menace le Palatinat et l'Alsace sur deux fronts : le nord et le nord-ouest. Les Hohenstaufen se lancent donc à l'assaut de Mayence. Préalablement, ils barrent les défilés des Vosges du Nord en édifiant le Fleckenstein et le Falkenstein, érigé par leur allié, le comte de Lutzelbourg. Ajoutés aux châteaux du Palatinat voisin, ces verrous fortifiés constituent un obstacle suffisant pour contraindre l'archevêque grand électeur à revoir ses plans. L’empereur Henri V qui mise sur les Hohenstaufen pour lui succéder, ordonne en 1125 à Frédéric le Borgne de transférer les insignes de la couronne au Trifels, qui devient ainsi le château symbole de l'empire. Ces insignes rassemblent ce que l'empire possède de plus précieux : le sceptre, la couronne de Charlemagne, le manteau du couronnement et d'innombrables reliques dont la « lance de Longinus » qui perça le flanc du Christ. Cette même année 1125, Adalbert de Mayence tient sa revanche : à la mort de Henri V, dernier des Saliens, en 1125, il réussit à faire élire Lothaire de Supplimbourg et ainsi à écarter les Hohenstaufen du pouvoir. Le nouvel empereur cherche immédiatement à contrôler les régions qui lui sont défavorables : il remplace les comtés du Nordgau et du Sundgau par deux landgraviats et créé la fonction du« Landgraf » qui a pour mission d'assurer à l'empereur les terres contestataires. Il confie le landgraviat de Haute Alsace aux comtes de Habsbourg et celui de Basse Alsace à la famille de Hunebourg à cette fonction. En même temps, en 1127, il s'empare de la ville d’Haguenau pour bien montrer aux Hohenstaufen qui est le maître. Les landgraves tentent de se constituer leur propre force castrale. Les Hunebourg possèdent depuis le début du XIIè leur château du même nom ; ils y ajoutent une nouvelle place forte, le Grand Arnsberg. Les Habsbourg sont implantés en Alsace, principalement avec l’accession au siège épiscopal vers l’an 100 de Werner de Habsbourg et du côté d’Ottmarsheim. Mais l’action des landgraves reste limitée, faute de moyen et faute de temps, car Lothaire de Supplimbourg meurt en 1137. Aussitôt les rivalités se déchaînent. L'Alsace est dévastée lors de la lutte opposant Lothaire III de Saxe à Frédéric II de Hohenstaufen « Le Borgne », duc d'Alsace et de Souabe, tous deux prétendants au trône du Saint Empire Romain Germanique. Conrad III de Hohenstaufen, frère de Frédéric le Borgne, devient empereur.

.Frédéric III de Hohenstaufen dit Frédéric Barberousse (1122-1190), duc de Souabe et d’Alsace de 1147 à 1152, empereur romain germanique en 1155 sous le nom de Frédéric Ier, roi de Germanie, roi d'Italie, comte palatin de Bourgogne.

Neveu de l’empereur Conrad III et fils de Frédéric le Borgne.

Frédéric accède au trône impérial en 1152 et laisse le duché de Souabe à Frédéric IV, fils de son oncle l’empereur Conrad III.

.Frédéric IV de Rothenburg, duc de Souabe de 1152 à 1167

Fils de l'empereur Conrad III.

Dès 1162, la puissante famille des Dabo-Egisheim reprend l’offensive contre les Hohenstaufen. En 1164, Frédéric Ier, dit Barberousse, rédige la charte d’Haguenau, qui octroie à la cité un certain nombre de droits et privilèges, et fait de la ville son lieu de résidence favori.

.Frédéric V de Hohentaufen, duc de Souabe de 1167 à 1171

Fils ainé de l’empereur Frédéric Barberousse et de la comtesse de Bourgogne Béatrice Ière.

En 1168 Hugues VIII de Dabo-Eguisheim détruit le château de Horbourg près de Colmar, provoquant la fureur de son père Frédéric Barberousse. En représailles, le château de Guirbaden est détruit par les troupes de l'empereur la même année. A côté des deux puissantes familles d’Alsace, apparaissent de nouveaux puissants : dans le Sundgau, les comtes de Ferrette, une branche de la puissante famille des Montbéliard sont les nouveaux maîtres de la région en leurs châteaux d’Altkirch, de Ferrette, du Liebenstein, de Morimont… En moyenne Alsace, les comtes de Frankenburg érigent un splendide château dominant le val de Villé et le val de Lièpvre : le Frankenbourg. Pour le départ en croisade, Frédéric Barberousse, c’est à Haguenau que Frédéric Barberousse donne rendez-vous dès les premiers jours d’avril 1189 à Philippe-Auguste, roi de France, et Richard Cœur-de-Lion, roi d’Angleterre. Barberousse meurt en croisade en 1190.

.Frédéric VI de Hohenstaufen (1167- 1191), duc de Souabe de 1170 à 1191

Troisième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne et frère d’Henri VI. Frédéric se marie avec la princesse Constance de Hongrie, mais ils n'ont aucun descendant.

.Conrad II de Hohenstaufen (1173-1196), duc de Souabe de 1191 à 1196, duc de Rothenbourg Cinquième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire, frère du précédent et du futur Henri VI.

.Philippe de Hohenstaufen (1177-1208) duc de Souabe de 1196 à 1208, marquis de Toscane, empereur Philippe Ier en 1198

Huitième fils de Frédéric Barberousse et de la comtesse Béatrice Ire de Bourgogne. En 1197 il épouse Irène Ange de Constantinople (1172-1208), fille de l'empereur romain d’Orient Isaac II Ange, qui lui donne sept enfants dont trois meurent en bas-âge :

.Béatrice épouse en 1212 le futur empereur germanique Othon IV de Brunswick, et meurt la même année ;

.Cunégonde (1200-1248) épouse en 1224 le roi Venceslas Ier de Bohême ;

.Marie (1201-1235) épouse le duc Henri II de Brabant ;

.Élisabeth (1202-1235) épouse en 1219 le roi Ferdinand III de Castille et de Léon.

La lutte qu'il soutient pour être élu à la dignité impériale hâte la dissolution du duché de Souabe; pour acheter des appuis, il distribue presque toutes ses terres.

.Frédéric VII de Hohenstaufen (1194-1250) duc de Souabe de 1208 à 1219 puis empereur Frédéric II en 1220

Dès 1210, Frédéric fait alliance avec le duc Frédéric de Lorraine auquel il promet 4 000 marks pour son aide contre Otton de Brunswick. Cette alliance lui permet de reprendre Haguenau. Le duc de Lorraine meurt en 1213 ; son fils Thiébaut, qui vient d’épouser Gertrude, la seule héritière des Dabo-Eguisheim, âgée de 7 ans, réclame le paiement de l'importante somme promise à son père. Mais le Hohenstaufen refuse de transférer au fils la dette qu'il devait au défunt père. Las d'attendre le paiement des 4 000 marks, Thiébaud décide d’agir et ordonne en 1218 à Lambycin d'Arches de s'emparer de Rosheim, cité des Hohenstaufen donnée en gage à Frédéric de Lorraine en attendant le versement de la somme promise. Thiébaut estime donc réclamer ce qui lui est dû ! Les Lorrains pénètrent sans difficultés dans la ville et trouvent des caves regorgeant de vin. Ils s'enivrent et se font massacrer par les habitants de la ville ragaillardis. Frédéric II se met en campagne contre le duc qui est capturé et forcé de s'enrôler dans l'armée impériale. En 1219, Thiébaut est libéré. Il retourne en Lorraine et passe par ses terres alsaciennes de Saint-Hippolyte. Là, il meurt mystérieusement, sans doute empoisonné sur ordre du Hohenstaufen. Gertrude, toujours sans enfant, se retrouve veuve. L'attaque sur Rosheim conforte l'empereur dans la nécessité de renforcer son propre réseau fortifié sur le flanc ouest de l'Alsace. Il charge son bailli en Alsace, Woelfelin, d'entreprendre ces travaux. Un nouveau type de château naît : il s'agit de constructions ayant de vastes enceintes afin de pouvoir y loger des détachements relativement importants de cavaliers. Cette cavalerie pourra ainsi rayonner autour de son casernement et faire du nouveau château une arme offensive : ainsi est construit le « nouveau » Guirbaden, directement placé en avant des enceintes du vieux château des Dabo-Eguisheim ; suivent le château de Wangenburg gardant le col vers Dabo, celui de Kaysersberg, qui devra contrôler la route vers le col du Bonhomme, celui de Pflixbourg et le Haldenburg (près de Mundolsheim) qui surveillera la cité et son seigneur-évêque. A côté de ces « châteaux casernes » on construit des tours de guet comme le Kronenburg dominant le Kronthal et la route vers Dabo. Les Hohenstaufen peuvent s'estimer être les véritables maîtres de l'Alsace.

.Henri II de Hohenstaufen, duc de Souabe de 1219 à 1235

Fils du précédent ;

après sa rébellion, l’empereur Frédéric II investit son fils cadet Conrad. Le père et le fils doivent compter avec l’ambition dévorante des évêques de Strasbourg. Gertrude d’Eguisheim Dabo se remarie en 1220 avec Thiébaud IV de Champagne contre le gré de Frédéric II, mais en 1222 le divorce est prononcé sous prétexte de stérilité de l’épouse et l’année suivant Gertrude se marie avec Simon de Linange pour décéder en 1225 sans descendance au château de Herrenstein. L'évêque de Strasbourg, Berthold de Teck, revendique aussitôt l'héritage, déclenchant une longue guerre de succession entre les prétendants à l'héritage, parmi lesquels les comtes de Ferrette ne sont pas les moins puissants. Le conflit va durer 15 ans : l’évêque Berthold de Teck se fait céder par Simon de Linange le Guirbaden, rachète également les parts du Haut-Eguisheim aux margraves de Bade et en 1228 bat le comte Frédéric II de Ferrette à Blodelsheim avec l’aide d’Albert de Habsbourg, son bailli.

.Conrad III de Hohenstaufen (1228- 1254), duc de Souabe de 1235 à 1254 , roi des Romains de 1237 à 1254, roi de Sicile de 1250 à 1254, roi de Jérusalem de 1228 à 1254,

Fils de Frédéric II et de Yolande de Brienne, il épouse Élisabeth de Bavière en 1246. Ils ont un fils, Conradin (1252-1268), futur duc de Souabe Devenu roi des Romains, il transmet le duché à son fils Conrad. Dès 1245 Henri de Stahleck, nouvel évêque de Strasbourg, se proclame administrateurs des biens impériaux en Alsace et se rue sur le domaine castral des Hohenstaufen. En peu de temps, le réseau fortifié de l’évêque de Strasbourg est extrêmement puissant : Haut-Barr, Dachstein, Molsheim, Guirbaden, Bernstein, Rouffach, Kaysersberg, Ringelstein, Illwickersheim, Zellenberg, Jungholtz, Rhinau, Soultz, La Petite-Pierre, Wineck, Honack, Thann et le Kronenburg est rasé.583 .Conrad IV (1252- 1268) dit Conradin ou Conrad de Hohenstaufen, duc de Souabe de 1254 à 1268, roi de Sicile et de Jérusalem de 1254 à 1268 Cet héroïque enfant est à la fois le dernier des Hohenstaufen et le dernier duc de Souabe. Sous son règne et celui du roi des romains Guillaume de Hollande en 1262, Haguenau devient ville libre d’empire (Freie Reichsstadt). À sa mort, sans héritiers en 1268, la lignée des Hohenstaufen s'éteint et le duché de Souabe se désintègre en plusieurs comtés, villes et abbayes libres. En 1268, le duc Conrad partage l’Alsace en deux : au nord le landgraviat de Nordgau ou Basse-Alsace, est confié aux Dagsburg/Dabo-Egisheim ; au sud les Habsbourg restent investis du Sundgau. Dans tout l’empire, l’autorité impériale s’efface devant la noblesse locale. Mais ces deux landgraviats sont supplantés par les comtes de Pfirt/Ferrette au sud et de Fleckentein et Lichtenberg au nord ainsi que par l’évêque de Straßburg/Strasbourg. Le Nordgau se morcelle le plus. Les seigneurs les plus importants sont l'évêque de Strasbourg, les comtes de Hanau-Lichtenberg, la ville de Strasbourg, les villes impériales, les seigneurs de Fleckenstein et la chevalerie immédiate d'empire : Andlau, Ratsamhausen, Landsberg, Bergheim, Boecklin de Boecklinsau, Zorn, Müllenheim..

.En 1365, le comté de Nordgau passe aux princes-évêques de Strasbourg.Sous Maximilien, l’empereur possède encore directement le Grand Baillage de Haguenau en Basse Alsace (la ville et 40 villages alentour), les 10 villes impériales (Décapole).A l’est du Nordgau, enclavée dans le duché de Lorraine, l’Alsace dite « bossue » est divisée en 4 seigneuries : Sarrewerden, Diemeringen, La Petite Pierre/Lutzelstein et Asswiller.

Au XVIe siècle, de vastes régions de l’Alsace constituent des territoires ecclésiastiques catholiques. Le pouvoir de l'Évêché de Strasbourg s'étend sur la moitié du Bas-Rhin et sur certaines parties du Haut-Rhin. L'évêque de Bâle au sud, celui de Spire au nord ont aussi des possessions en Alsace. Le domaine des Habsbourg s'étend sur les deux-tiers du Haut-Rhin tandis que les possessions des ducs de Lorraine s'étendent également en Alsace Landgrafs/comtes de Nordgau Le landgraviat / comté de Nordgau comporte pour villes principales : Landau, Haguenau, Saverne, Sélestat, Strasbourg et Wissembourg.

Comté de Nordgau

Maison d’Eguisheim

.Hugues Ier d’Eguisheim, comte du Nordgau de 920 à 940, de l'Ortenau et de l'Aargau à partir de 910. Il se qualifie également comte de Hohenbourg.

Fils d'Eberhard III de Nordgau. Il augmente ses états des comtés d'Eguisheim, de Hohenberg et de Ferrette. Il épouse Hildegarde de Ferrette dont il a :

-Eberhard IV de Nordgau.

-Hugues comte d'Eguisheim.

-Alix qui épouse Régnier III, comte de Hainault.

-Gontram le Riche, souche de la maison d'Habsbourg.

.Eberhard IV d’Eghisheim (? - 972/73), comte/landgraf de Nordgau de 940 à 951, comte d’Eguisheim (Eberhard Ier) Fils aîné d'Hugues Ier de Nordgau et d'Hildegarde de Ferrette. Il succède à son pére avec son frère Hugues d'Eguisheim. En 951, il abdique en faveur de son fils. En 959, il remet à Otton-le-Grand l'abbaye de Lure. Il aurait épousé Luitgarde, fille de Wigéric de Bidgau et de Cunégonde de France, veuve d'Adalbert, comte de Metz, de laquelle il eut :

-Hugues II de Nordgau. -Aldabert d'Alsace.

-Hugues, moine. -Gérard d'Alsace.

-Adélaïde, mariée en premières noces à Henri de Franconie, dont elle aura Conrad II le Salique, empereur.

-Hedwige, mariée à Sigefroid de Luxembourg.

.Hugues II d’Eguisheim, comte/landgraf de Nordgau de 951 à 984

Fils ainé d'Eberhard IV de Nordgau. Il a trois fils :

-Eberhard V de Nordgau.

-Hugues IV de Nordgau qui succèdera à ses neveux Hugues III de Nordgau et Eberhard VI de Nordgau.

-Matfrid qui était comte.

.Eberhard V d’Eguisheim, comte/landgraf de Nordgau de 984 à 996

Fils ainé d'Hugues II de Nordgau. Il a cinq fils :

-Hugues III de Nordgau.

-Eberhard VI de Nordgau, -Gérard, comte, épouse Cunisse de Luxembourg.

-Matfried.

-Adabéron, chanoine de Toul.

.Hugues III d’Eguisheim, comte/landgraf de Nordgau de 996 à999

Fils ainé d'Eberhard V de Nordgau. Il décède sans enfants en 999.

.Eberhard VI d’Eguisheim, comte/landgraf de Nordgau de 999 à 1027

Deuxième fils d'Eberhard de Nordgau, il succède en 999 à son frère Hugues III de Nordgau. Il décède en 1027 sans laisser de postérité.

Maison d’Eguisheim-Dabo

.Hugues IV d’Eguisheim ( ?-1048), comte d’Eguisheim et de Dabo, comte/landgraf de Nordgau de vers 1027 à 1048,

Fils d'Hugues II ; cousin germain de l'empereur Conrad II le Salique, car la mère de ce souverain, Adélaïde, est la sœur de son père Hugues II de Nordgau. Il succède en 1027 à son neveu Eberhard VI dans le comté du Nordgau, mort sans postérité. Cette même année 1027, Ernest II, duc de Souabe, s'étant révolté contre son beau-père, l'empereur Conrad II le Salique, vient ravager et piller les châteaux du comte Hugues en Alsace, avant d'être contraint de se rendre et être emprisonné. Il épouse Helwige fille et héritière de Louis, comte de Dagsbourg, dont les enfants sont :

.Gérard, futur comte d'Eguisheim,

.Mathilde, mariée à Richwin, comte de Charpeigne, .Hugues, futur comte de Dachsbourg, décédé avant son père, marié à Mathilde,

.Bruno, évêque de Toul en 1026, puis couronné pape le 12 février 1049,

.Adélaïde, mariée à Adalbert, comte en Ufgau,

.Gertrude, mariée à Luidolf, margrave de Frise,mariée à Otton II de Souabe, duc de Souabe,

.Geppa abbesse de Nuitz ou Neuss ((Rhénanie-du-Nord-Westphalie)^.

.Hugues V de Dabo-Dagsburg, comte/landgraf de Sundgau de 1046 à 1049

Fils du précédent.

.Henri I de Dabo-Dagsburg, comte /landgraf de Norgau de 1049 à 1065

Fils d’Hugues.

.Gérard II de Dabo/Dagsburg, comte/ landgraf de Nordgau de 1065 à 1074

Fils du précédent.

.Hugues VI de Dabo-Dagsburg (1077-1089), comte/landgraf de Nordgau de 1087 à 1089 Fils d'Henri Ier ;

Frère du précédent.

Il se fait assassiner en 1089 lors d'une visite chez Otton, évêque de Strasbourg. Le comté passe alors à la dynastie de Metz, par le mariage de Spanehilde (ou Swanehilde), petite-fille de Hugues IV, comte de Nordgau avec Folmard III, comte de Metz.

Maison de Folmar-Metz

.Godefroi Ier, landgraf de Nordgau de 1089 à 1129 .Godefroi II, landgraf de 1129 à 1132

.Thierry Ier, landgraf de Nordgau de 1132 à 1160

.Godefroi III, landgraf de Nordgau de 1160 à 1180

Maison de Hohenstaufen

.Frédéric, comte de Nordgau de 1180 à 1192, empereur Frédéric II en 1220

Maison de Werd ou Werde

Les Werd sont issus d’une branche cadette des comtes de Saargau qui ont pour ancêtre Siegebert Ier, fidèle partisan de l’empereur Henri IV qui lui donna en fief en récompense de sa fidélité Wadgassen et ses alentours, Saarbrücken, Voelklingen, et le Warndt.

.Sigebert Ier, landgraf de Nordgau de 1192 à 1228

.Henri III, landgraf de Nordgau de 1228 à 1238 .Henri-Sigebert I, landgraf de Nordgau de 1238 à 1278

.Jean Ier, landgraf de Nordgau de 1278 à 1308

.Ulrich II, landgraf de Nordgau de 1308 à 1344

.Jean II, landgraf de Norgau de 1344 à 1359 Maison d’Ottinguen

.Louis Ier, landgraf de Nordgau de 1359 à 1365

En 1365, Louis Ier vend le Landgraviat de Basse Alsace (Nordgau) à l'évêché de Strasbourg. A partir de cette date les Evêques de Strasbourg portent le titre de comte de Nordgau.

Evêchés de Strasbourg / Bistum Strasburg /Ville libre Impériale de Strasbourg / Frei und reichstadt Strasburg

Au IXe siècle, le diocèse de Strabourg/Strasburg comme celui de Spire/Speyer relève de l’archevêché de Mayence / Erzbistum Mainz ; il se compose du Nordgau actuel (à l’exception de la région de Wissembourg-Lauterbourg et du district de Marmoutier-Neuwiller), de l’Ortenau sur la rive droite du Rhin et dans le Haut-Rhin, des districts de Rouffach, Soultz et Lautenbach. L’évêque de Strasbourg est alors suffragant de l’archevêque de Mayence. Les prérogatives édictées en 982 à Salerne par l'empereur Othon II au bénéfice des comtes-évêques de Strasbourg sont : .Article 88 : « Les négociants de la ville fourniront 24 messagers à cheval pour faire les courses du comte-évêque. Les bourgeois seront tenus d'héberger et de nourrir à leurs frais les destriers de la cavalerie épiscopale et les chevaux de l'empereur et de sa suite, toutes les fois que le monarque passe à Strasbourg. .Tous les bourgeois devront cinq jours de corvée à l'évêque. » .Article 102 : « Les pelletiers seront chargés de confectionner et de réparer les fourrures dont le seigneur-évêque a besoin, à charge au maître de cette corporation de faire les achats de peaux sur les marchés de Mayence et de Cologne. .Lorsque l'évêque entre en campagne, chaque maréchal-ferrant devra lui livrer gratuitement 4 fers à cheval avec les clous nécessaires ainsi que 300 flèches d'archers et leur corporation sera tenue d'exécuter sans rémunération tous les travaux de ferronnerie dans le château épiscopal. » .Articles 108 et 109 : « Obligation sera faite aux cordonniers de fabriquer gratuitement des étuis en cuir noir et aux gantiers des étuis en peau blanche pour le transport de l'argenterie lorsque l'évêque se rend à la Cour impériale. Les selliers fourniront à cette occasion 2 selles de bât et 4 quand l'évêque part en guerre. » .Article 111 : « Les armuriers devront polir les casques, les cuirasses et fourbir les armes de guerre et de chasse à l'usage du comte-évêque et de ses hauts fonctionnaires. Les fabricants de gobelets seront appelés à livrer à leurs frais tous les objets de vaisselle des châteaux épiscopaux et des cantines de guerre. » Article 113 : « Les tonneliers de la ville seront tenus de fabriquer gratuitement à l'évêque (ainsi qu'à l'empereur et à l'impératrice de passage) les tonneaux, cuves, vannes de bains, etc... qu'on exigera d'eux. Les marchands de vin et les gourmets auront à charge l'entretien des celliers et des greniers épiscopaux. » Article 115 : « Chaque lundi de la semaine les charpentiers seront requis d'office pour les travaux de constructions épiscopales. Lors d'une visite de l'empereur, toutes les réquisitions d'objets, de denrées, et de prestations de services seront imposées de droit à tous les ressortissants de la classe laborieuse. »…

.Werner Ier d’Altenbourg ou de Habsbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1002 à 1028

Pour les services qu’il a rendus à l’empereur Othon III, celui-ci le fait prince-évêque. A la mort d’Othon, Il collabore à la nomination d’Henri de Saxe (futur Henri le Saint) contre Hermann, duc de Souabe et d'Alsace.

.Guillaume Ier de Carinthie, prince-évêque de Strasbourg de 1028 à 1047,

Institué par l’empereur Conard II (son frère Bruno avait été pape de 996 à 999 sous le nom de Grégoire V).

.Werner de Thuringe, prince-évêque de Strasbourg de 1065 à 1079,

Institué par l’empereur Henri IV.

Lors de la diète de Worms, en 1076, il soutient Henri IV qui veut déposer le pape, cette attitude lui vaut d'être excommunié et d'être contraint à accompagner l’empereur à Canossa. La Querelle des Investitures opposant le Pape à l’Empereur fait rage. Partisans des deux camps s’affrontent aussi en Alsace, où le parti pontifical est représenté par les Dabo-Eguisheim.

.Theobald, prince-évêque de Strasbourg de 1078 à 1082

Institué par l’empereur Henri IV malgré l’opposition du chapitre de la cathédrale. .Otton de Hohenstaufen, prince-évêque de Strasbourg de 1082 à 1098, Nommé par l’empereur Henri IV ; pour plaire à son protecteur, l'empereur, il s'engage dans le schisme en se déclarant pour l'anti-pape Clément III. Après une lutte acharnée contre le comte Hugues d'Eguisheim et Dabo, il finit par se soumettre au pape Urbain II. A partir du 12ème siècle se développe la pratique de l'investiture laïque. L'évêché de Strasbourg est la seigneurie la plus puissante de la Basse Alsace ou Nordgau en s'étendant sur une centaine de villes et villages. L'administration en est assurée par des baillis sous la direction d'un vidame épiscopal. Cette seigneurie s'accroît au 12ème siècle par la captation de l'héritage des Eguisheim-Dabo.

.Brunon, comte de Lutzelbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1123 à 1126, Chancelier de l’empereur Henri IV Du nom d’une seigneurie puis comté édifié autour de Lutzelbourg relevant à cette époque de l’évêque de Metz. Chancelier de l’empereur Henri IV, à la mort de ce dernier, il est chassé de Strasbourg.

.Conrad, prince-évêque de Strasbourg de 1126 à 1131

Déposé par le chapitre en 1126 il est rétabli par l’empereur Lothaire II puis obligé d’abdiquer en 1131.

.Gérard, prince-évêque de Strasbourg de 1131 à 1142, comte d’Urach

Premier évêque vraiment nommé par le chapitre des chanoines, il institue le premier statut municipal de la ville de Strasbourg ; ce premier statut municipal distingue deux catégories juridiques d'habitants : • les membres de la « familia episcopalis », les ministériaux ; • les bourgeois (cives ou burgenses). Parmi les officiers ministériaux, se trouvent l'avoué nommé avec l'approbation du Conseil de l'évêque, l'écoutète, juge de basse-justice, le burgrave, sorte de surintendant des bâtiments et fortifications, le tonloyer qui perçoit les taxes, le maître de la monnaie qui régit l'atelier de Strasbourg où se frappent deniers et oboles d'argent. Gérard soutient l’empereur Lothaire II contre le duc de Souabe (le duché de Souabe comprend alors l’Alsace) ; en 1138, il rallie le camp de Conrad III de Hohenstaufen.

.Burchard, prince-évêque de Strasbourg de 1142 à 1162

Élu par le chapitre. .Rodolphe de Habsbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1163 à 1179, Élu par le chapitre en 1163 avec le soutien de l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse.

.Henri Ier de Hasenbourg, prince-évêque de Strasbourg de 1180 à 1190,

Particulièrement fidèle à l’empereur Frédéric Ier Barberousse ; il l’assiste au lancement, dans la cathédrale de Strasbourg de la troisième croisade.

.Conrad II, comte de Hunebourg, prince-évêque de Strasbourg de 1190 à 1202.

Les sires de Hunebourg possèdent le château de Hunebourg construit vers 1120 par Volmar de Metz-Lunéville situé à l’ouest de Neuwiller-lès-Saverne. Les comtes de Hunebourg, probablement issus des comtes de Dabo-Metz, sont cités au début du XIIe dans des documents qui signalent l'existence du château et des deux premiers comtes Théodoric et Folmar. Ils sont des avoués des abbayes de Neuwiller et de Honau. Othon, frère de l’empereur Henri VI, devenu comte de Bourgogne puis comte palatin, agit brutalement contre la puissance des féodaux. Allié à son frère Philippe, il fait tuer en 1195 le comte Anselme de Montbéliard et deux ans plus tard le comte Ulric de Ferrette. En 1196 il se porte devant le château de Hunebourg pour l’assiégier. Il est défendu par Eberhard de Hunebourg avoué de l’abbaye de Neuwiller. Au cours du combat Eberhard est tué et la forteresse détruite (Le frère d’Eberhard Othon meurt aussi en 1196, peut-être pendant le même assaut). Les frères Henri et Louis, petits-neveux des Hunebourg récupèrent alors une partie de l’héritage. Ils se font appelés de Hunebourg. Henri, l’aîné hérite de la charge d’avoué de l’abbaye de Neuwiller qu’il passe à son frère Louis puis à son fils Anselme. En 1197, à la mort d’Henri VI de Hohenstaufen, fils de Frédéric Ier de Hohenstaufen, Conrad de Hunebourg, évêque de Strasbourg et seul survivant des quatre frères de Hunebourg prend le parti du pape Innocent III qui soutient la candidature à l’élection impériale d’Otto de Brunswick contre celle du frère de Frédéric Ier de Hohenstaufen, Philippe de Hohenstaufen ; il entre en conflit avec les bourgeois de Strasbourg qui ont toujours soutenu les Hohenstaufen puis avec le duc de Souabe ; il s’allie alors avec Albert II de Dabo, comte de Metz, et adversaire du parti impérial par tradition familiale. Or Hunebourg est fief impérial. Ils choisissent pour sceller leur alliance de construire un château en territoire libre dont ils pourraient être les suzerains. C’est le château de Lichtenberg dont Albert de Dabo prend le nom. En 1198, Conrad assiste au sacre d’Otton de Brunswick qui divise l’empire. Philippe de Souabe dévaste alors l’Alsace, met le feu au château de Haldenburg (Mundolsheim), appartenant à l’évêque de Strasbourg, ravage la Robertsau et assiège Strasbourg en 1198, obligeant l'évêque à capituler. Disposant du soutien du roi de France Philippe Auguste, il réussit à se concilier le pape et est couronné empereur en 1198. Et dès 1201, en remerciement de leur fidélité, les bourgeois de Strasbourg qui ont toujours eu le soutien des empereurs Hohenstaufen obtiennent d’être administrés par un conseil municipal et quatre ans plus tard en 1205, Philippe de Hohenstaufen accorde à la ville de Strasbourg l’immédiateté impériale. A compter de cette date la ville devient Ville impériale dépendant directement de l’empereur et plus de son évêque. .Henri II, comte de Veringen, prince-évêque Strasbourg de 1202 à 1223. Issu de la maison souabe de Veringen, En 1209, Il accompagne l’empereur Otton IV à Rome pour son couronnement ; puis il adhère au parti de Frédéric II de Hohenstaufen.

.Berthold, duc de Teck, prince-évêque de Strasbourg de 1223 à 1244.

Teck est un château situé dans le Wurtemberg. Gertrude d’Eguisheim-Dabo meurt en 1225 sans descendance au château de Herrenstein. Berthold de Teck revendique aussitôt l'héritage, déclenchant une longue guerre de succession entre les prétendants à l'héritage, parmi lesquels les comtes de Ferrette. Le conflit va durer 15 ans : l’évêque Berthold de Teck se fait céder le Guibarden par Simon de Linange, rachète également les parts du Haut-Eguisheim aux margraves de Bade et en 1228 bat le comte Frédéric II de Ferrette à Blodelsheim avec l’aide d’Albert de Habsbourg, son bailli. Et en 1232, Henri de Weerde, landgrave de Basse-Alsace donne son landgraviat à l’évêché.

.Henri III de Stahleck, prince-évêque de Strasbourg de 1245 à 1260, procurateur impérial de 1255 à 1258

Le château de Stahleck est mentionné pour la première fois en 1135 comme fief des princes-électeurs de Cologne. En 1142 Hermann von Stahleck devient comte de Palatinat et prince-électeur. En 1214 le château Stahleck est transmis par mariage aux Wittelsbach. De 1246 à 1250, il entreprend avec d’autres une guerre contre les Hohenstaufen qui aboutit à la destruction des châteaux impériaux d’Alsace. En 1251, le comte Ulrich II de Ferrette finit par renoncer définitivement à la succession des Dabo-Eguisheim et se résigne à rendre hommage à l’évêque Henri III de Stahleck pour les chateaux d’Eguisheim, Thann, Hohnack et Wineck-Katzenthal.

.Gauthier de Geroldseck, prince-évêque de Strasbourg de 1260 à 1263, procurateur impérial de 1260 à 1261

Issu des seigneurs de Geroldseck qui sont au XIIe siècle avoués de l'abbaye de Marmoutier en Alsace. Jeune et ambitieux, il entend mettre à raison non seulement les bourgeois de Strasbourg, mais aussi ceux de Colmar et de Mulhouse, et rétablir ainsi une autorité absolue contre l’avis de son oncle, lui aussi membre du chapitre, Henri de Geroldseck, qui recommande la sagesse et préconise l’entente avec les bourgeois. Sitôt installé sur le trône épiscopal, Gauthier lance, en allemand, un manifeste de griefs à l'égard des bourgeois, véritable déclaration de guerre : il veut rétablir dans toute leur rigueur ses droits temporels de comte-burgrave de Strasbourg. Pour ce faire, il menace d’user de tous les moyens de contrainte que lui confère son autorité épiscopale, au premier rang desquels l’interdit et l’excommunication. Mulhouse, Colmar et Strasbourg en appellent à Rodolphe de Habsbourg. Un premier acte d'hostilité survient le lendemain de la Pentecôte 1260, lorsque les Strasbourgeois détruisent la vigie épiscopale du Haldenberg, sur la colline d'Oberhausbergen. Gauthier de Geroldseck riposte en mettant la population de la ville au ban de l'Église, enjoignant aux membres du Grand Chapitre de quitter la cité pour Dachstein, afin de priver ses habitants du secours de la religion. Les chanoines obtempèrent, à l'exception de deux : Bechtold d'Ochsenstein, un vieillard impotent et Henri de Geroldseck, le cousin savernois de l'évêque qui avait pris parti pour la population. Avec les chanoines du Chapitre, 60 nobles, commensaux de l'évêque désertent également leurs foyers, emportant avec eux le Trésor municipal. Les bourgeois strasbourgeois s'empressent de piller les maisons abandonnées et de les démolir. En 1261, Gauthier fait construire Birkenfels et Kagenfels par Beger et Kagen, ses ministériels, en plein territoire impérial de la ville d’Obernai ; Dicka de Stahleck, frère de l'évêque construit le Spesbourg et Ollwiller près de Soultz est érigé contre Rodolphe de Habsbourg. Replié à Molsheim, Gauthier mobilise ses alliés. L’évêque de Trèves envoie une armée forte de 1 700 guerriers qui cantonne aux abords de Strasbourg ; l'abbé de Saint-Gall en Suisse, celui de Murbach, le comte Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute-Alsace, ainsi que tous les hommes-lige de l'évêque en Alsace arrivent en renfort dans le camp épiscopal établi à Holzheim. Après avoir investi le château de Lingolsheim, les forces coalisées des nobles ouvrent le siège de la ville en déployant leurs effectifs entre Eckbolsheim et Kœnigshoffen. Débute alors une « drôle de guerre » sans accrochage sérieux, fait de coups de mains et d’escarmouches… ainsi en juillet 1261 les bourgeois strasbourgeois enlèvent à l'évêque de Trèves un lourd convoi chargé d'armes et de munitions et capturent 60 chevaux de leurs poursuivants, laissant trois morts sur le terrain. Cette échauffourée est suivie d'un armistice pour la rentrée des récoltes. Pendant cette trêve le comte Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute-Alsace, change de camp. Il entre dans la ville et jure une alliance avec les Strasbourgeois, qui le nomment Commandant suprême de la place forte, le 18 septembre 1261. En diversion, l'évêque Gauthier de Géroldseck porte alors la guerre en Haute-Alsace, attaque Kaysersberg, investit Colmar et Mulhouse et fait détruire les faubourgs de la cité assiégée. En représailles, les Strasbourgeois tombent nuitamment sur les quatre villages épiscopaux de Wolfisheim, Breuschwickersheim, Schaefelsheim (Oberschaeffolsheim) et Achenheim qu’ils incendient. Quinze soldats de la milice des bourgeois qui s'étaient attardés dans une cave de Wolfisheim pour boire, sont surpris par des cavaliers de l'évêque qui les mettent à mort après leur avoir coupé les mains et les pieds. Après deux années de cette guerre d'usure, sonne l'heure de l'ultime affrontement qui a lieu à Oberhausbergen le 8 mars 1262. Un incident mineur à Mundolsheim tourne à la bataille rangée. Trop confiant dans sa lourde cavalerie, l’évêque charge la milice à pied de la ville sans attendre son infanterie : c’est un désastre : la cavalerie épiscopale est culbutée et près de 70 nobles ne se relèvent pas. L’évêque est obligé de fuir et se retire à Molsheim, abandonnant ses prérogatives sur la cité. Il meurt l’année suivante. Les milices strasbourgeoises gagnent l’indépendance de la ville et privent l’évêque et ses successeurs de son pouvoir temporel sur la ville qui confirme dès lors son rang de ville libre impériale, comme Bâle, Cologne, Spire ou Ratisbonne. .Henri IV de Geroldseck, prince-évêque de Strasbourg de 1263 à 1273 Procurateur impérial Cousin du précédent, Il confirme le 21 avril 1263 l'indépendance complète du Conseil de Strasbourg; les prétentions de l'évêque de Strasbourg sont déclarées nulles et irrecevables ; désormais Strasbourg est une ville libre et son avenir confié à son seul Conseil. De plus, la gestion de l'œuvre Notre-Dame, chargée de la construction et de l'entretien de la cathédrale est retirée à l'évêque et confiée au grand-chapitre ; l'interdit n'est levé que le 23 juin 1265 mais, dès avant cette date, est éteinte la domination épiscopale sur la cité. Cette bataille n’est qu’une étape, car les bourgeois, force économique de la ville, veulent aussi se libérer de la tutelle insupportable de la noblesse strasbourgeoise que la victoire sur l’évêque a grisée. S’installe à la tête de Strasbourg, le « Patriarcat », terme désignant en fait les citadins les plus riches et les plus influents, dont une bonne partie de nobles qui établit d’excellentes relations avec le « pouvoir central » c'est-à-dire l’empereur. Lorsque le 30 septembre 1273 le comte Rodolphe de Habsbourg est élu roi d'Allemagne, Strasbourg est en liesse : la ville accueille le souverain dans un déploiement le luxe inégalé. .Conrad III de Lichtenberg, prince-évêque de 1273 à 1299 Membre de la famille de Lichtenberg du nom de la seigneurie éponyme dont Albert II de Dabo-Moha a pris le nom. En 1274, l’empereur Rodolphe de Habsbourg revient deux fois à Strasbourg, confirme tous les privilèges de la ville et les renouvelle dans une charte donnée à Haguenau le 8 décembre 1275 ; il y repasse avant de mourir. Strasbourg place sa statue équestre sur la façade de la nouvelle cathédrale à côté de celles de Clovis et de Dagobert. . En 1292, l’évêque Conrad III entre en guerre contre son nouvel empereur Adolphe de Nassau ; il est tué lors du siège de Fribourg en Brisgau.

.Frédéric Ier de Lichtenberg, prince-évêque de 1299 à 1305

De la même famille que le précèdent.

.Jean Ier de Dirpheim, seigneur de Molsheim, évêque d’Eischstett, prince-évêque de Strasbourg de 1306 à 1328, chancelier d’Albert de Habsbourg Il est chancelier d’Albert de Habsbourg.

.Berthold II, Comte de Buchneck, évêque de Spire, prince évêque de Strasbourg de 1328 à 1353, Commandeur de l’ordre des chevaliers teutoniques pour le baillage de Souabe-Alsace-Bourgogne.

En 1328, l'empereur Louis de Bavière confirme les anciens privilèges et le nouveau statut de la ville : Strasbourg ne dépend que du pouvoir de l'Empereur. Le 11 décembre 1328, l’évêque Berthold II fait son entrée dans la ville, avec six cents chevaliers teutoniques. En vue de rétablir la discipline ecclésiastique, il combat énergiquement l’esprit du monde, dans le clergé. Il convoque un synode diocésain, et décrète que tous les clercs bénéficiaires doivent se faire ordonner, avant d’exercer leur ministère. Cette mesure lui vaut l’opposition farouche du Grand-Chapitre, dont un de ses membres, Conrad de Kirkel, qui le fait enlever. Berthold est ainsi emprisonné durant seize semaines, d’abord au château de Waldeck, proche de Sarreguemines, possession des seigneurs de Kirkel-Saarwerden, puis dans celui de Kirkel, proche de Deux-Ponts, dans le Palatinat. Il n’est libéré que contre rançon. Il soutient le pape Jean XXII contre l’empereur Louis de Bavière contre lequel il entre en guerre en 1334. Le pape doit intervenir pour casser la capitulation que le Grand Chapitre lui a imposée. L’évêque Berthold meurt à Molsheim, le 24 novembre 1353, peu après avoir reçu la visite de l’empereur Charles IV de Luxembourg.

.Jean II de Lichtenberg, prince-évêque de Strasbourg de 1353 à 1365, landgraf de Nordgau en 1365.

Membre de la famille de Lichtenberg dont Albert II de Dabo-Moha a pris le nom ; secrétaire de l’empereur Charles IV de Luxembourg. En 1358, l'empereur Charles IV qualifie Strasbourg de « freie Stadt », mettant en relief sa situation exceptionnelle par rapport aux villes alsaciennes de la Décapole ; elle est proche, par ses franchises, de Cologne, de Mayence ou de Spire. En 1365, Louis Ier d’Oltingen, comte de Nordgau vend le Landgraviat de Basse Alsace (Nordgau) à l'évêché de Strasbourg. En 1365 donc le prince-évêque Jean II devient landgraf du Nordgau et acquiert le château de Haut-Koenigsbourg. A partir de cette date les Evêques de Strasbourg portent le titre de comte de Nordgau

.Jean III, duc de Luxembourg, prince-évêque de Strasbourg et landgraf du Nordgau de 1366 à 1371.

Cousin de l’empereur Wenceslas de Luxembourg, il devient prince-électeur comme prince-évêque de Mayence.

.Lambert de Buren, évêque de Spire puis prince-évêque de Strasbourg et landgraf du Nordgau de 1371 à 1375. Chancelier de l’empereur Charles IV de Luxembourg ; en 1375, il devient évêque de Bamberg.

Affranchie du pouvoir épiscopal, Strasbourg est proclamée ville libre impériale par l’empereur Charles IV.

.Frédéric II de Blankenheim, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1375 à 1393

De la famille des seigneurs de Blankenheim en Rhénanie-Palatinat. Il entre en guerre contre le doyen du chapitre cathédral de Bâle et devient administrateur de l’évêché de Bâle. De 1392 à 1293, il entre en guerre contre la ville de Strasbourg ; il est nommé archevêque d’Utrecht en 1393. .Louis Ier, comte de Thierstein, prince-évêque de Strasbourg et landgraf du Nordgau en 1393 Au début du Moyen-Age, les Thierstein sont une puissante famille apparentée aux comtes de Habsbourg. Le château de Neu Thierstein date probablement du 12ème siècle. En 1309, la famille se divise en deux branches : les Pfeffingen et les Farnsburg. Louis meurt l’année de sa nomination.

.Burchard II, comte de Petite-Pierre/Lutzelstein, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1393 à 1394 ;

Son élection n’est pas confirmée par le pape ; en 1394, pour le prix de sa renonciation au siège épiscopal, il fonde la seigneurie de Chateaunois-Frankenbourg au détriment du domaine épiscopal.

.Guillaume II de Diest, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1394 à 1439.

Il entre en guerre avec son clergé puis avec ses vassaux épiscopaux et la ville de Strasbourg. En 1414, les bourgeois de Strasbourg se libèrent du pouvoir de leur évêque qui s’en va résider à Saverne.

.Conrad IV de Busnang, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1439 à 1440.

.Robert de Simmern, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1440 à 1478.

Apparenté aux comtes palatins, il doit soutenir d’abord la guerre contre les armagnacs « die armen Gecken » (pauvres gueux) ou « Schender » (écorcheurs) commandés par le dauphin, le futur roi de France Louis XI qui envahissent l’Alsace de 1434 à 1444 puis contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire.

.Albert de Deux-Ponts-Veldenz, comte palatin, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1478 à 1506

Il doit affronter la révolte des paysans du Bundschuh.

.Guillaume III de Honstein, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1506 à 1541

Il règne sous le règne des empereurs Maximilien de Habsbourg et de son fils Charles Quint. L’arrivée du protestantisme sous le règne de l’empereur Charles Quint ainsi que de lourdes taxes sur les produits agricoles mettent le monde rural en effervescence. Le lundi de Pâques 1525 se produit un soulèvement général d’environ 40000 paysans menés par Erasme Gerber. Les villes et monastères sont attaqués et tombent un à un. Prétextant la défense de son titre de co-seigneur de l’abbaye de Marmoutier/Maursmünster, le duc Antoine de Lorraine envahit l’Alsace et massacre 18000 paysans à Saverne/Zabern et Lupstein et 5000 à Scherviller.

.Erasme de Limbourg, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1541 à 1568 ;

Il règne également sous le règne de l’empereur Charles Quint de Habsbourg. Le 15 janvier 1552, le roi de France Henri II s’allie aux protestants d’Allemagne contre Charles Quint ; le 18 avril, les Strasbourgeois apprennent qu’il prévoit de se présenter devant leur ville. Henri II traverse effectivement les Vosges et le 3 mai entre à Saverne /Zabern mais comme Strasbourg manifeste son intention de s’opposer à l’envahisseur, il préfère renoncer à son entreprise.

.Jean IV de Manderscheid-Blankenheim, prince-évêque Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1569 à 1592 ;

Il règne sous le règne de l’empereur Ferdinand de Habsbourg. Après la mort de Ferdinand Ier en 1564, la branche autrichienne des Habsbourg se divise en plusieurs branches, l'aînée conservant la couronne impériale, la cadette recevant les Pays antérieurs et le Tyrol. Ferdinand II (mort en 1595), son neveu Maximilien III (mort en 1618) ne résident pas en Alsace.

.Jean-Georges, margrave de Brandebourg, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1592 à 1604

Il est élu par les chanoines protestants.

.Charles de Lorraine (1567-1607), évêque de Metz en 1578, cardinal en 1589, prince-évêque de Strasbourg et landgraf de Nordgau de 1604 à 1607

Fils cadet de Charles III, duc de Lorraine et de Claude de France.

Il est élu en 1604 par les chanoines catholiques alors que le siège épiscopal est occupé par Jean-Georges de Brandebourg, un prince protestant, l’administrateur protestant du diocèse contre lequel il doit entrer en guerre.

.Léopold V de Habsbourg (1586-1632), administrateur laïc et landgraf de Nordgau de 1607 à 1626

Frère puîné de l'empereur Ferdinand II.

En 1610, le célèbre homme de guerre Ernst von Mansfeld, suivi de 500 mercenaires, déserte le camp de l’évêque de Strasbourg pour rallier l’Union Evangélique protestante. La guerre dite de 30 ans éclate en 1618 en Bohême entre catholiques et protestants et gagne rapidement tout l’Empire. Elle atteint la vallée du Rhin en 1621. L’Alsace est ravagée en 1621-1622 par les troupes de Mansfeld soutenu et subventionné par le cardinal de Richelieu. En 1626, Léopold renonce à ses dignités ecclésiastiques et se marie avec Claudia de Médicis.

.Léopold-Guillaume II de Habsbourg (1614 - 1662) gouverneur général des Pays-Bas espagnols, Grand-Maître des Chevaliers teutoniques, évêque de Halberstadt, de Magdebourg, d'Olmütz, Passau, Breslau et de Strasbourg de 1626 à 1662

Dernier fils de Ferdinand II de Habsbourg et de Marie-Anne de Bavière, frère cadet de l’empereur Ferdinand III ; donc neveu du précédent.

En 1630, le roi de Suède Gustave Adolph débarque en Allemagne avec 16 000 hommes pour soutenir les protestants. Le Strasbourgeois Josias Glaser, qui a réussi à se faire nommer à la fois commissaire royal à la fois du roi de France et du roi de Suède pousse Strasbourg à signer le 7 juin 1632 une alliance avec la Suède par laquelle la ville livre le pont du Rhin le 31 août. Au cours de cette année 1632, l’Alsace est à nouveau ravagée par les Suédois du roi Gustave Adolphe puis les armées du duc de Lorraine et celles du roi de France, entretenant le conflit afin de profiter de l’anarchie générale pour s’imposer. On assiste alors à la conquête méthodique des pays habsbourgeois, conquête qui culmine en décembre 1638 par la chute de Brisach et du Landskron devant les troupes de Bernard de Saxe-Weimar que Louis XIII reconnait comme Landgrave d’Alsace mais il meurt peu après. Léopold-Guillaume passe la plus grande partie de sa vie à faire la guerre notamment contre la France. En 1640, il réussit à chasser les Suédois de Bohême mais ils le battent à Breitenfeld en 1642. En 1645 il défait à la bataille de Brigittenau une avant-garde de Suédois, de sorte que ceux-ci renoncent à attaquer Vienne. En tant que gouverneur général des Pays-Bas espagnols, il conclut, par le Traité de Münster (1648), une paix avec les Provinces-Unies et combat aussi la France.

.François-Egon de Furstenberg (1626-1682) évêque de Metz puis évêque de Strasbourg de 1663 à 1682.

Fils du comte Egon von Fürstenberg-Heilingenberg, général de l'armée impériale qui participe notamment en 1629 à la guerre de Succession de Mantoue.

En 1681, avec une armée de 30 000 hommes, Louvois et Montclar encerclent par surprise Strasbourg laquelle n’a d’autre choix que de capituler le 30 septembre 1681.

.Guillaume-Egon de Furstenberg (1629-1704), évêque de Metz puis évêque de Strasbourg de 1682 à 1704

Frère du précédent.

En 1672, lui et son frère François obtiennent la signature d'un traité d'alliance entre la France et le prince-archevêque de Cologne en vue de la guerre de Hollande. Enlevé au monastère Saint-Pantaléon de Cologne le 14 février 1674, il est emprisonné à Vienne par l'empereur Léopold Ier. Une intervention du nonce apostolique empêche son exécution. Il est libéré en mai 1679, après la signature du traité de Nimègue. Le 8 juin 1682 il est nommé évêque de Strasbourg, puis confirmé dans ses fonctions par le pape le 11 janvier 1683.

Par le traité de Ryswick/ Rijswik de 1697 qui met fin à la guerre de la ligue d’Augsbourg, Louis XIV doit rendre le Brisgau aux Habsbourg mais conserve l’Alsace ; la souveraineté française s’exerce sur les quatre-cinquième de l'Alsace (Strasbourg, villes de la Décapole, Basse-Alsace), C’est alors que Fénelon, archevêque de Cambrai envoie une lettre courageuse à Louis XIV pour lui reprocher ses crimes : « On fit entreprendre à votre majesté la guerre de Hollande. Elle a été la source de toutes les autres. Elle n’a eu pour fondement qu’un motif de gloire et de vengeance, ce qui ne peut jamais rendre une guerre juste ; d’où il s’ensuit que toutes les frontières que vous avez étendues par cette guerre sont injustement acquises dans l’origine. Il est vrai, sire, que les traités subséquents semblent couvrir et réparer cette injustice, puisqu’ils vous ont donné les places conquises ; mais cette guerre injuste n’en est pas moins injuste pour être heureuse. Les traités signés avec les vaincus ne sont point signés librement. On signe le couteau sous la gorge; on signe malgré soi pour éviter de plus grandes pertes ; on signe comme on donne sa bourse, quand il faut la donner ou mourir. En pleine paix, vous avez fait la guerre….. Vous avez cherché dans les traités de Westphalie, des termes équivoques pour surprendre Strasburg. Jamais aucun de vos ministres n’avait osé depuis tant d’années alléguer ces termes dans une négociation pour montrer que vous eussiez la moindre prétention sur cette ville… Vous ne connaissez point Dieu, vous ne l’aimez point, vous ne le priez point du cœur et vous ne faites rien pour le connaitre… »

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