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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 10:21
Histoire d’Alsace : Baillage d’Haguenau / Hagenau .Décapole / Gemeine Richstette (Union de dix Villes Libres Impériales) .Mulhouse/ Mulhausen

Duché d'Alsace/ Herzogtum von Elsass

Duché de Souabe/ Herzogtum von Elsass

.Baillage d’Haguenau / Hagenau

.Principauté abbatiale de Wissembourg/ Abtei-Fürstentum Weissenburg

.Principauté abbatiale de Munster / Reich-Abtei von Munster (Hohrod, Stosswihr, Soultzeren, Luttenbach, Breitenbach, Muhlbach-sur-Munster, Metzeral et Sonder)

.Décapole / Gemeine Richstette (Union de dix Villes Libres Impériales) (Haguenau, Turckheim, Seltz, Wissembourg/ Weissenburg, Schlettstadt/Sélestat, Mülhausen/Mulhouse, Colmar, Kaysersberg, Münster, Rosheim, Oberehnheim/Obernai)

.Mulhouse/ Mulhausen

En 754 le duché d’Alsace passe sous domination franque. La dynastie carolingienne, sous l’impulsion de Charlemagne (768-814) inaugure une ère de paix et de prospérité dont profite l’Alsace, partagée en deux « Pagi », le Nordgau et le Sundgau, le Landgraben faisant frontière. Les deux évêchés sont reconstitués : l’évêché de Bâle, suffragant de l’archevêché de Besançon, étend sa juridiction non seulement sur la Suisse du Nord-ouest, mais sur tout le Haut Rhin et sur l’actuel Territoire de Belfort. Celui de Strasbourg, dépendant de l’archevêché de Mayence, comprend la Basse Alsace moins la région de Wissembourg-Lauterbourg, intégrée au diocèse de Spire, mais déborde sur une partie de la rive droite du Rhin, l’Ortenau. Louis le Germanique et Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, se liguent contre leur frère Lothaire et scellent leur alliance à Straßburg/Strasbourg dans un document connu sous le nom de "serment de Strasbourg" en 843. Par le traité de Verdun de 843, l’Alsace est attribuée à la Francie médiane de l’empereur Lothaire mais en 870, au traité de Meerssen, Louis le Germanique reçoit tous les territoires de langue germanique, de la Lotharingie ; ainsi l’Alsace est intégrée au royaume de Francie Orientale ou Germanie. En 925, le roi de Francie orientale Henri l’Oiseleur rattache le duché d’Alsace au duché de Souabe.

Ducs de Souabe :

.Burchard II (883 ou 884-926) duc de Souabe de 917 à 926

Fils de Burchard 1er ;

En 922, Burchard marie sa fille Berthe au roi Rodolphe II de Bourgogne. En 925, Henri l'Oiseleur rattache de duché d'Alsace à celui de Souabe. Le destin de l'Alsace est désormais lié à celui des ducs de Souabe.

.Hermann Ier (-949) duc de Souabe et d’Alsace de 926 à 949

Fils de Gebhard de Lotharingie et un cousin du roi Conrad Ier de Germanie.

.Ludolphe de Souabe (930- 957) duc de Souabe et d’Alsace de 950 à 954

Fils issu du premier mariage d’Othon Ier le Grand.

.Otton Ier de Souabe (954- 982) duc de Souabe et d’Alsace et duc de Bavière de 954 à 982

Petit-fils de l'empereur Otton Ier, nommé par son oncle l’empereur Otton II.

.Conrad Ier de Souabe ( ?-997) duc de Souabe de 983 à 997.

Quand le duc Otton Ier meurt inexplicablement pendant une campagne de l'Empire en Italie de 981 à 982, il n'a aucun héritier. Afin de remplir ce poste vacant, l'Empereur Otton II le désigne en 983 comme duc de Souabe.

.Hermann II ( ?- 1003) duc de Souabe de 997 à 1003, duc d’Alsace

Fils de Conrad Ier et de Richlinde, fille de l'empereur Otton Ier.

En 1002 il est candidat à l’élection impériale; il prend d'assaut Strasbourg dont l'évêque, nommé Wizelin, s'est déclaré pour Henri III, duc de Bavière, parce qu'ils étaient tous deux rivaux. Henri sépare l'Alsace de la Souabe afin de prendre le contrôle du duché. Il se marie avec Gerberge de Bourgogne, fille du roi Conrad III de Bourgogne, avec laquelle il a une fille nommée Gisèle qui se marie par la suite avec l'empereur Conrad II. A l’époque de son règne, les Habsbourg, commencent à se signaler, principalement avec l’accession au siège épiscopal de Strasbourg vers l’an 1000 de Werner de Habsbourg.

.Hermann III ( ?-1012) duc de Souabe et duc d’Alsace de 1003 à 1012

Fils d’Hermann II.

En 1012, à la mort d'Hermann III de Souabe, le titre de duc d'Alsace est définitivement supprimé, et l’Alsace est redivisée en deux comtés (Nordgau et Sundgau) qui font partie du duché de Souabe.

.Ernest Ier ( ?-1015) duc de Souabe de 1012 à 1015.

Fils cadet de Léopold Ier, margrave d'Autriche.

En 1012, l’empereur Henri II, roi des Romains lui donne le duché de Souabe suite au décès sans héritier d’Hermann III. Dans le but de se rendre légitime le nouveau dirigeant se marie à Gisèle, la sœur ainée d’Hermann. Ernest et Gisèle ont deux enfants, Ernest II et Hermann IV.

.Ernest II (1010/1013 -1030) duc de Souabe de 1015 à 1030

Gendre de l’empereur Conrad le Salique.

En 1025, Ernest âgé d'environ une quinzaine d'années, entre en rébellion contre Conrad. Cependant, il est battu en 1026 et se rend. Il participe alors à l'expédition italienne de son beau-père de 1026 à 1027. Une fois en Italie, Conrad renvoie Ernest en Souabe. Mais lorsqu’ Ernest arrive, il se joint à nouveau à la révolte contre le roi. Mais le manque de soutien de l'aristocratie régionale le conduit une fois de plus à la défaite. Il est contraint de se rendre et est emprisonné. Gisèle, prise entre deux feux réussit à obtenir que son fils ne soit pas totalement humilié. Le titre de Dux est conservé à celui-ci. En 1028, Conrad le fils d’Henri III est couronné. À ce moment dû aux requêtes de son demi-frère Henri et de sa mère, Ernest peut être libéré, sans toutefois recouvrir l'intégralité de ses droits. À la Diète d'Empire de la Pâques 1030, Ernest se voit proposer de nouveaux droits uniquement à condition qu'il accepte de sévir contre les ennemis du roi. C'est là son ultime chance. Son refus, motivé probablement par la présence dans l'autre camp de son vieil ami Werner von Kybourg/Kyburg, signe sa déchéance. Le titre de duc lui est retiré. Peu de temps après lors d'une bataille contre l'évêque de Constance, les deux amis meurent. Le duché de Souabe passe sous la direction de son jeune frère Hermann IV.

.Hermann IV ( ?-1038) duc de Souabe de 1030 à 1038

Frère du précédent second fils d'Ernest Ier et de Gisèle.

En janvier 1037, son beau-père, l'Empereur Conrad II le marie à Adélaïde de Suse.

.Henri Ier ( ?- 1045) duc de Souabe de 1038 à 1045

Fils de l’empereur Conrad II et futur empereur Henri III en 1046.

.Otton II de Souabe ( ?-1047) comte palatin de Lorraine (1034-1045), puis duc de Souabe de 1045 à 1047

Fils d'Ezzo de Lotharingie et Mathilde, fille de l'Empereur Otton II.

.Otton III ( ?-1057) duc de Souabe de 1048 à 1057

Fils d'Henri de Schweinfurt, margrave du Nordgau, Il est l'un des plus puissants princes de la Franconie orientale et investi par l’empereur Henri III.

.Rodolphe de Rheinfelden (vers 1025 - 1080), duc de Souabe de 1057 à 1079 et antiroi des Romains de 1077 à 1080

Fils du comte Kuno de Rheinfelden.

En 1057, profitant de la minorité d'Henri IV, alors roi de Germanie, il enlève Mathilde de Franconie, la sœur du roi. Deux ans plus tard, il la demande en mariage, avec succès, et obtient également le duché de Souabe et l'administration du royaume de Bourgogne. Mathilde meurt en 1060, et Rodolphe épouse en 1067 Adélaïde de Savoie (1052-1079), fille d'Othon Ier de Savoie. Deux fois beau-frère d'Henri IV.

Maison de Hohenstaufen

.Frédéric Ier de Staufen (1050-1105) duc de Souabe de 1079 à 1105

Fils de Frédéric de Büren et le premier des Hohenstaufen investi du duché de Souabe. Frédéric de Hohenstaufen s'appuie sur son rôle d'avoué de la puissante abbaye de Wissembourg. Il possède un tiers de la forêt d’Haguenau, des biens à Sélestat, Hochfelden, Schweighouse, Marlenheim et sans doute d'une partie de l'avouerie de l'abbaye de Munster. Il reçoit enfin une aide appréciable avec la nomination par l’empereur à la tête de l’évêché de Strasbourg de son frère Otton en 1082.

.Frédéric II de Souabe dit le Borgne (1090- 1147) duc de Souabe de 1105 à 1147

Fils de Frédéric Ier de Souabe et d'Agnès de Franconie.

En 1120, Frédéric II de Souabe se marie avec Judith, fille du duc Henri IX le Noir de la puissante famille des Welfs. À la mort en 1125 de son oncle l'empereur Henri V, Frédéric devient candidat pour le titre de roi des romains. Bien qu'il bénéficie du soutien de son plus jeune frère Conrad de Souabe et de plusieurs familles, il perd cette élection au profit de Lothaire III de Supplimbourg qui devient empereur. L’empereur Lothaire III de Supplimbourg en 1125 remplace les comtés du Nordgau et du Sundgau par deux landgraviats et créé la fonction du« Landgraf » qui a pour mission d'assurer à l'empereur les terres contestataires. Il confie le landgraviat de Haute Alsace aux comtes de Habsbourg et celui de Basse Alsace à la famille d’ Hunebourg. En 1127, il s'empare de la ville d’Haguenau pour bien montrer aux Hohenstaufen qui est le maître. Les territoires Hohenstaufen à protéger se situent autour de Wissembourg et d’Haguenau, dont le château est le centre administratif. Parmi les châteaux, placés en demi-cercle dans les Basses-Vosges du Nord, il y a le Fleckenstein, le Hohenbourg, le Lutzelhardt, le Falkenstein, leWasigenstein. Un deuxième centre stauférien est Sélestat, avec le prieuré de Sainte-Foy et une partie de Kintzheim. Ses châteaux protecteurs sont le Haut-Kamigsbourg et le Ribeaupierre. Les Hohenstaufen possèdent par ailleurs le Hohenbourg (Sainte-Odile) avec Obernai et dans le Haut-Rhin, des fiefs à Munster et Mulhouse. Au début du XIIème, Haguenau devient la ville d’élection des Hohenstaufen ou Frédéric édifie un nouveau château. En 1137 l’empereur Lothaire de Supplimbourg meurt.. Aussitôt les rivalités se déchaînent. L'Alsace est dévastée lors de la lutte opposant Lothaire III de Saxe à Frédéric II de Hohenstaufen « Le Borgne », duc d'Alsace et de Souabe, tous deux prétendants au trône du Saint Empire Romain Germanique. En 1138, c’est Conrad III de Hohenstaufen, frère de Frédéric II de Hohenstaufen dit le Borgne, qui devient empereur.

.Frédéric III de Hohenstaufen dit Frédéric Barberousse (1122-1190), duc de Souabe et d’Alsace de 1147 à 1152, empereur romain germanique en 1155 sous le nom de Frédéric Ier, roi de Germanie, roi d'Italie, comte palatin de Bourgogne.

Neveu de l’empereur Conrad III et fils de Frédéric le Borgne.

A la mort de son oncle l’empereur Conrad III, Frédéric III accède au trône impérial en 1152 sous le nom de Frédéric Ier et laisse le duché de Souabe à Frédéric IV, fils de son oncle l’empereur Conrad III.

.Baillage d’Haguenau / Hagenau

En 1164, Frédéric Ier, dit Barberousse, rédige la charte d’Haguenau, qui octroie à la cité un certain nombre de droits et privilèges, et fait de la ville son lieu de résidence favori. Sous le règne de, Conrad IV de Hohenstaufen, dernier Hohenstaufen duc de Souabe, et celui du roi des Romains Guillaume de Hollande, Haguenau est faite en 1262, ville libre d’empire (Freie Reichsstadt). En 1273, à l’avènement de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, Haguenau devient le chef-lieu administratif des biens impériaux en Alsace. La ville est alors occupée par un grand-bailli qui réside au château. C'est la naissance du Grand-Bailliage d'Alsace ou Grand-Bailliage d’ Haguenau. Comme le grand-bailli y réside, Haguenau prend aussi en 1354 la tête de la Décapole, ligue de dix villes libres impériales alsaciennes. Le Grand Bailliage comprend alors la forêt d’Haguenau avec ses monastères et les villages impériaux. Ces derniers sont au nombre de cinquante environ dont Forstheim, Hegeney, Offenheim, Kriegsheim, Ohlungen, Wingersheim, Berstheim et Batzendorf. Après les traités de Westphalie qui mettent fin à la guerre de Trente Ans, Haguenau est annexée par la France mais la prise de possession effective par la couronne de France n’a lieu qu'en 1672. L’incorporation est reconnue tacitement par la paix de Nimègue (1678) et expressément par la paix de Ryswyk (1697).

.Principauté abbatiale de Wissembourg / Abtei-Fürstentum Weissenburg

Adalbert de Magdebourg est nommé abbé de Wissembourg en 966 par l'empereur Otton Ier puis comme premier évêque de Magdebourg en 968. Dès 974 l'abbaye obtient le statut de Reichsunmittelbarkeit, ou Immédiateté impériale. L'abbaye dépend alors uniquement de l'Empire. L'abbé a alors une position plus élevée que l'évêque de Spire dont il dépend. Sous son abbatiat, le 23 mai 993, l'empereur Otton III accorde à l'abbaye la libre élection de son abbé. En 1079, première mention de la ville de Wissembourg. Les Hohenstaufen sont les avoués du monastère et assurent le développement de la ville. En 1247, Wissembourg entre dans l'Union des villes Rhénanes avec Colmar, Haguenau et Schlestadt/Sélestat. En 1275, l'arbitrage de l'empereur Rodolphe de Habsbourg permet de définir les droits respectifs de l’abbé et de la ville. L'empereur accorde à la ville le droit de perception de l'"umgeld" (gabelle du vin), la libre élection du Magistrat, l'usage commun des forêts et des pâturages. En 1333, pendant l'abbatiat de Jean Ier de Frankenstein, s'élève un conflit entre la ville et l'abbaye. L'abbé et un certain nombre de moines quitte la ville et demande l'intervention de l'empereur Louis de Bavière. La sentence est prononcée en octobre 1333 par Hermann de Lichtenberg, évêque de Wurburg. Le Magistrat suivi des habitants doit accueillir le prince-abbé et faire amende honorable à genoux. En 1347, l'empereur Charles IV de Luxembourg accorde aux habitants de ne pas être donnés en engagement. Après 1350 commence le déclin financier de l'abbaye. La ville acquiert progressivement son indépendance par rapport aux abbés. Elle adhère en 1354 à la "Décapole". En 1358, l'empereur adjoint aux huit patriciens du Magistrat mais en laissant intervenir l'abbé. C'est l'abbaye qui l'emporte en 1471 à la suite d'un accord de paix avec le comte palatin. Cependant la réforme de Bursfeld y est introduite en 1482. L’empereur Sigismond délie, en 1431, les bourgeois de la ville du serment de fidélité envers l’abbé qu'ils devaient en vertu des décrets des empereurs Adolphe de Nassau et Albert Ier de Habsbourg. En 1442, l’empereur Frédéric III confirme aux bourgeois de Wissembourg leur affranchissement. En 1469 se produit la guerre de Wissembourg entre l'abbaye et l'électeur palatin Frédéric Ier qui veut y imposer une réforme. À la mort de l'abbé Philippe d'Erpach, l'abbaye est considérablement endettée. Le nouvel abbé, Jean de Bruck, essaye de la relever. Cependant le comte palatin Frédéric Ier le Victorieux, landvogt d’Haguenau, décide d'intervenir en tant que préfet de la Décapole. Il envoye dans l'abbaye des inspecteurs et des moines de la congrégation de Burckfeld. Mais l'abbé décide de se retirer au château de Drackenfels avec le prieur Antoine de Linange. Les interventions des moines remettent en cause les biens-fonds que possèdent des bourgeois de Wissembourg qui se révoltent et chassent les hommes du comte palatin. Ils demandent alors à l'abbé de revenir à Wissembourg. Les dégâts importants qui en résultent sur les biens poussent les deux partis à discuter en février 1470. Cependant l'empereur Frédéric III attise le conflit. En décembre 1471, la paix est conclue. L'abbé Jean de Bruck et son prieur restent en place, mais aussi les moines réformateurs. Ces différents conflits mènent au XV° siècle à la destruction de la ville par le comte Palatin, allié de l’abbaye. Le comte palatin décide d'assiéger la ville et de la bombarder. En 1518, l'empereur Maximilien Ier décide que la ville peut librement désigner le Magistrat sans demander l'accord de l'abbé moyennant de lui verser soixante-cinq florins d'or. Henri Motherer, curé de l'église Saint-Jean, son vicaire, Jean Merkel, Martin Bucer et Georges Kess, commencent à prêcher la Réforme en 1522. L'électeur de Trèves et l'électeur palatin mettent le siège à la ville en avril 1523 obligeant les prédicateurs à quitter la ville. L'abbaye est sécularisée en collégiale en 1524 au moment où la Réforme protestante est introduite dans la ville. Wissembourg subit l’année suivante la Guerre des paysans allemands. En 1546, l'évêque de Spire devient le prévôt du chapitre. Arrive ensuite la guerre de Trente Ans et les passages des multiples armées. A la signature des traités y mettant fin en 1648, il ne reste plus alors que 140 habitants. À la signature du deuxième traité de Westphalie en 1648, la France considère que les villes de la Décapole, dont Wissembourg, passent sous sa domination. Le traité de Münster, en effet, est ambigu et sujet à interprétation. Cependant, la Décapole n'entend nullement se soumettre aux Français, et ses villes refusent de reconnaître Louis XIV comme leur souverain. Il s'ensuit une sévère campagne militaire de mise à pied, et Wissembourg est prise, incendiée et pillée le 25 janvier 1677. Elle finit alors, avec ses consœurs de la Décapole, par se soumettre à la France en 1680.

.Principauté abbatiale de Munster / Reich-Abtei von Munster (Hohrod, Stosswihr, Soultzeren, Luttenbach, Breitenbach, Muhlbach-sur-Munster, Metzeral et Sonder)

En 660 des moines fondent une abbaye au confluent des deux Fecht. En 826, l'Empereur Louis le Pieux accorde au couvent l'immunité, c'est-à-dire le droit d'élire librement l'abbé, sans immixtion du pouvoir temporel. Trente années plus tard, en 856, l'empereur Lothaire II confère à l'abbé le pouvoir de justice sur les territoires et villages appartenant à l'abbaye. 606 En 1235, l'abbaye reçoit de l’empereur Frédéric II l'immédiateté impériale, lui permettant ainsi d'entrer dans le cercle très fermé des abbayes d'Empire (Reichsabteien), accordant également à l'abbé le droit de siéger à la Diète d'Empire. En 1287, la ville est entourée d'un mur d'enceinte dont il ne reste plus rien. Munster est le siège de la communauté d'habitants de la ville et du val de Munster regroupant, outre Munster, les communes de : Hohrod, Stosswihr, Soultzeren (dans la petite vallée) et Luttenbach, Breitenbach, Muhlbach-sur-Munster, Metzeral et Sondernach (dans la grande vallée). En 1354 elle adhère à la Décapole. Au XIVe siècle, l'observance monastique cède la place à un style de vie d'un chapitre noble et séculier. En 1553, la paroisse passe à la réforme protestante mais l'abbaye reste catholique. Elle subit de graves dommages durant la guerre de Trente Ans (entre 1635-1648). Après la guerre de trente ans la ville est sous tutelle de la couronne française. De graves conflits d'intérêts, entre les munstériens et l'autorité royale, s'en suivent. Lors de la Révolution française, les munstériens y adhèrent fortement. En 1791 l'abbaye Saint-Grégoire ferme ses portes. Ses bâtiments sont confisqués en tant que Bien National.

.Décapole / Gemeine Richstette (Union de dix Villes Libres Impériales) (Haguenau, Turckheim, Seltz, Weissenburg/Wissembourg, Schlettstadt/Sélestat, Mülhausen/Mulhouse, Colmar, Kaysersberg, Münster, Rosheim, Oberehnheim/Obernai),

L’empereur Fréderic II de Hohenstauffen crée en Alsace en plus de Strasburg/Strasbourg en 1205, une série de villes libres impériales qu’il place sous sa protection directe : Schlettstadt/Sélestat en 1217, Colmar/Kolmar en 1226, Munster/Münster en 1235, Oberehnheim/Obernai en 1242. Mülhausen/Mulhouse obtient ce statut en 1251, Haguenau en 1262, Rosheim en 1303, Weissenburg/Wissembourg en 1306, Turcheim en 1312 et Kaysersberg en 1353. Ces villes se dotent progressivement de représentants élus et fondent à Sélestat en 1342 la Décapole connue sous le nom alsacien de Gemeine Richstette, dans le double but d'assistance réciproque vis-à-vis des tiers et d'arbitrage interne. Placée sous le patronage du grand bailli d'empire résidant à Haguenau, elle est reconnue, par fondation impériale de 1354, par l’empereur Charles IV de Luxembourg. En 1357, Selz/ Seltz obtient de l’empereur Charles IV le statut de ville libre impériale et dès l’année suivante en1358 rentre dans la Décapole et ce jusqu’à 1418. Toutes les villes de la Décapole bénéficient alors de l’immédiateté impériale ce qui signifie que l’empereur est leur seul seigneur. A chaque changement de régime, les bourgeois obtiennent confirmation, moyennant finances, du seigneur immédiat qu’est l’Empereur, des us, coutumes, franchises de la ville. L’empereur promet en particulier de ne pas engager une ville ou de l’aliéner de la décapole. Elle relève immédiatement de l’empereur par grand bailli résidant à Haguenau interposé. Quant au prévôt, il doit être automatiquement recruté parmi les bourgeois de la cité. En 1511, Landau remplace Mulhouse dans la Décapole. L’opposition entre les Landgraf de Basse-Alsace et le peuple amène la création du Landtag de Basse-Alsace institution imitée par les Habsbourg en Haute-Alsace mais avec des pouvoirs limités. En 1528, sous le règne de l’empereur Charles Quint, les deux Landtag se réunissent spontanément à Haguenau constituant une sorte d’Etats Généraux d’Alsace. Le protestantisme connaît un important succès. Wissembourg/Weissenburg, Munster, Colmar, Landau, Mulhouse/Mülhausen et Strasbourg/Straßburg se rallient à la Réforme avec nombre de seigneurs alsaciens (surtout au nord). La fin du XVIème siècle voit toutefois un succès franc de la Contre-Réforme notamment grâce aux Jésuites et à leurs collèges de Molsheim, Sélestat/Schlettstadt et Haguenau/Haguenau. Le 15 janvier 1552, le roi de France Henri II s’allie aux protestants d’Allemagne contre l’empereur Charles Quint ; le 18 avril, les Strasbourgeois apprennent qu’il prévoit de se présenter devant leur ville. Henri II traverse effectivement les Vosges et le 3 mai entre à Saverne /Zabern mais comme Strasbourg manifeste son intention de s’opposer à l’envahisseur, il préfère renoncer à son entreprise. En 1610, le célèbre homme de guerre Ernst von Mansfeld, suivi de 500 mercenaires, déserte le camp de l’évêque de Strasbourg pour rallier l’Union Evangélique protestante. La guerre dite de 30 ans éclate en 1618 en Bohême entre catholiques et protestants et gagne rapidement tout l’Empire. Elle atteint la vallée du Rhin en 1621. L’Alsace est ravagée en 1621-1622 par les troupes de Mansfeld soutenu et subventionné par le cardinal de Richelieu. En 1630, le roi de Suède Gustave Adolph débarque en Allemagne avec 16 000 hommes pour soutenir les protestants. Le Strasbourgeois Josias Glaser, qui a réussi à se faire nommer à la fois commissaire royal à la fois du roi de France et du roi de Suède pousse Strasbourg à signer le 7 juin 1632 une alliance avec la Suède par laquelle la ville livre le pont du Rhin le 31 août. Devant les atrocités suédoises, 4000 paysans du Sundgau se soulèvent et massacrent le chef protestant Hartmann von Erbach ; en représailles les Suédois brulent Lehmen et Botzheim, pendent les paysans au bord des routes. Le 6 novembre 1632, le roi Gustav Adolph est tué. Le duc de Saxe-Weimar, qui a choisi le camp protestant au début de la guerre de Trente Ans et est devenu général prend la tête de l’armée suédoise et combat donc les armées impériales. Les 5 et 6 septembre 1634, il est battu à Noerdlingen. Le 1er novembre 1634, deux mois après cette défaite suédoise, Richelieu se fait livrer toutes les places et tous les châteaux tenus par les Suédois en Alsace. Ecarté par les Suédois à la suite de sa défaite de Noerdlingen, Bernard de Saxe Weimar se met au service de la France, qui est entrée dans la ligue protestante. Le 19 mai 1635, Louis XIII déclare la guerre aux Habsbourg. La guerre fait rage dans toute l’Alsace dont les villes et villages sont la proie de mercenaires croates, polonais, albanais suédois, lorrains, français et allemand. En cette année 1635, Richelieu est décidé à créer une principauté française à partir du landgraviat de Haute Alsace. Bernard de Saxe Weimar délivre ou prend diverses villes, entre autres Mayence en 1635, seconde les manœuvres de Henri II de Bourbon-Condé en comté de Bourgogne en 1636, conquiert l'Alsace sur les Impériaux, les bat en 1637 à Rheinfeld et s’empare des terres habsbourgeoises du Brisgau et du Sundgau. En 1648, les Traités de Westphalie mettent fin à la guerre. L’Alsace est une des régions de l’Empire des plus dévastées. La population y a diminué de 50 à 60%. L’empereur Ferdinand III de Habsbourg la cède entièrement au roi de France. L’Alsace continue de faire en droit partie de l’empire mais est annexée de fait par le roi de France qui la tient en principe comme vassal de l’empereur mais entend bien y exercer sa pleine souveraineté. L’intendant Colbert de Croisy en 1657-1658 crée un Conseil souverain d’Alsace avec l’objectif de faire de l’Alsace une province unifiée et française dans les faits. Mais les villes de la Décapole font de la résistance. Elles refusent le serment de fidélité au roi et vont même jusqu’à refuser d’ouvrir leurs portes au duc de Mazarin, neveu du Cardinal et grand bailli d’Alsace. Ainsi Sélestat/Schlettstadt continue à ne prêter serment qu’à l’empereur tandis qu’en 1666, Colmar frappe encore sa monnaie aux armes impériales et se déclare Freistadt. Cette année-là d’ailleurs, face aux tensions de plus en plus vives, l’ambassadeur de France de Gravel réunit une Commission d’arbitrage qui décide en 1672 que le traité de Munster, l’un des traités de Westphalie, n’accorde non point la suzeraineté au roi de France mais seulement la protection des villes de la Décapole. Louis XIV furieux de cette décision d’autant plus qu’il vient de déclarer la guerre à la Hollande fait détruire dès novembre 1672 l’important pont de Kehl paralysant le commerce de Strasbourg puis décide de se rendre en Alsace avec une armée de 6 000 hommes. Cette nouvelle guerre fournit à Louis XIV l’occasion de régler le compte des opposants nombreux au roi de France. Les troupes impériales rentrent en Alsace, mais le roi de France envahit celle-ci. Les Français occupent et démantèlent Colmar, Turenne massacre la population à Turckheim,et Haguenau/Hagenau et fait tomber toutes les villes libres impériales, qui perdent de fait leur indépendance. Qualifiées désormais de « Villes libres Royales », elles gardent leurs droits particuliers, constitution, magistrat, impôts et tribunaux propres. Turenne franchit le Rhin une nouvelle fois, à Phillipsburg, le 3 juillet 1674. Il veut battre les Impériaux avant que toutes leurs forces ne soient réunies. Les résultats sont mitigés (mise en déroute de Bournonville, puis défaite de l’avant-garde française face à Dünewald). Bournonville, réfugié au nord du Main, refuse le combat. Turenne doit se résoudre à l’attente. Inquiet, il voit venir le moment où, avec 16 000 hommes, il devra affronter plus de 40 000 ennemis. Avant de se replier sur l’Alsace, il prend des dispositions pour protéger celle-ci. Turenne sait que le point faible des Impériaux est la logistique. Il prend donc la décision de ravager le Palatinat pour leur ôter toute subsistance. Il coupe ainsi aux Impériaux la route de l’Alsace. Il punit dans le même temps l’électeur palatin, Charles Ier, qui a rompu l’alliance avec la France. Il terrorise les autres princes allemands coupables de défection. Il terrorise enfin des populations qui ne cessent de harceler ses troupes. Le soldat français est particulièrement mal vu des Palatins,. La nouveauté qu’introduit Turenne, ce sont des exactions systématiques, ordonnées par le haut commandement, menées à grande échelle. Elles vont dépasser tout ce qu’il est permis d’imaginer. Turenne veut frapper les esprits. Les incendies et les pires atrocités se multiplient, entre Rhin et Neckar. La seconde quinzaine de juillet voit l’anéantissement de 32 localités. Les temples ne sont pas épargnés, ni même les églises. Ces pratiques, au lieu d’effrayer les princes vont les dresser plus encore contre la France. Turenne vainc à nouveau les troupes Impériales en Alsace à la bataille d'Entzheim en octobre 1674, mais devant la disproportion des forces, il se replie sur Saverne et Haguenau, laissant les troupes impériales prendre leurs quartiers d’hiver en Alsace. Mais Turenne n’hésite pas à attaquer en plein hiver, fond sur Belfort le 27 décembre 1674, entre dans Mulhouse le 29. Les impériaux sont basés à Turckheim. Il les surprend en attaquant par la montagne. Il arrive au-dessus de leur camp le 5 janvier 1675. Les Impériaux sont contraints de battre en retraite et de repasser le Rhin. Louis XIV donne de nouveau à Turenne le commandement de la campagne de 1675, où il se trouve de nouveau face à un vieil adversaire, Montecuccoli. Pendant deux mois, tous deux déploient leurs plus beaux dons de manœuvriers. Lors de la Bataille de Salzbach, Turenne est tué. Après la mort de Turenne et le retrait de Condé, le maréchal de Créqui reprend du service. La coalition commandée par le duc de Lorraine Charles IV lui inflige une sévère défaite le 11 aout 1675 à Consarbruck et à Philispbourg et de Créqui, réfugié à Trèves est fait prisonnier. Le traité de Nimègue de 1678 qui signe la paix entre Charles II d’Espagne (Habsbourg) et Louis XIV (également Habsbourg par sa mère Anne d’Autriche) met fin à la guerre de Hollande. Après la paix de Nimègue/ Nijmegen de 1679, il n’y a plus de frein aux visions annexionnistes de Louis XIV. Toute la noblesse d’Alsace est contrainte de prêter serment au roi. Mais Louis XIV reste contrariée dans sa souveraineté par l’existence de celle de grands seigneurs d’Empire, dont les droits quasi-régaliens sont garantis par le traité de Münster. Il tente de mette fin à cette ambiguïté en procédant entre à des « réunions » de tous les domaines souverains sur lesquels il n’exerce que la suprématie à lui transférée par l’empereur en 1648, y compris des bailliages contestés du nord de l’Alsace. Louis XIV tente d'agrandir son royaume en profitant des dispositions peu précises des traités de Westphalie de 1648 et du traité de Nimègue qui cèdent à la France des « territoires et leurs dépendances ». Grâce à la création de Chambres de réunion à Metz, à Besançon et à Breisach Louis XIV pense pouvoir mettre la main « légalement » sur l’Alsace et sur la Franche-Comté et une partie de la Lorraine. La méthode consiste à établir que les territoires étaient des fiefs du comté de Bourgogne, de l'évêché de Metz, etc. Une fois la vassalité établie, le roi demandait à ses vassaux supposés, cités à comparaître, de lui prêter foi et hommage puis de lui fournir aveu et dénombrement, sous peine de commise ou mise sous séquestre de leurs droits et de leurs biens. En Alsace en 1680, les fiefs alsaciens dépendants de la Décapole et de la préfecture impériale de Wissembourg, sont rattachés à l'Alsace. Le margrave de Bade et le duc de Deux-Ponts font partie des princes allemands dépossédés. Par un arrêt du 22 mars 1680, le conseil d'Alsace réunit au royaume de France les bailliages de Kutzenhausen, Bergzabern, Annweiler, Guttemberg, Gosserweiler, Vogelbourg, Otbourg, Cleebourg, Falkenbourg, les villages de Rechtenbach, la moitié du village de Dambach ainsi que le château et village de Riedseltz. Puis par un arrêt du 9 août 1680, il réunit au royaume les comtés de Hanau-Lichtenberg et d'Oberbrunn, la baronnie de Fleckenstein, les bailliages de Gressenstein, Wafslen, Barr, Illkirch, Marlem, Bischwiller et Reichshoffen, les bailliages de Sulz, Guebwiller, Rouffach, Marckolsheim et Marmoutiers, le comté de Dagsbourg (Linange-Dabo), la principauté de la Petite-Pierre, et Murbach, le comté d’Horbourg, la seigneurie de Riquewihr, le Ban de la Roche, les terres et seigneuries de l'évêché de Strasbourg et Saint-Hyppolite. En septembre 1681, Strasbourg est assiégée puis rattachée à la France. La même politique est appliquée en Lorraine et en Franche-Comté. Devant ces coups de force, l'Europe monarchique s'organise. La Suède, les Provinces-Unies, vite rejointes par l'Empereur Léopold Ier et son cousin le roi d'Espagne Charles II de Habsbourg, forment une alliance pour obliger Louis XIV à restituer ces « Réunions ». C’est la Ligue d’Augsbourg du 18 juin 1682. Profitant du fait que l’empire doit concentrer à l’est sa défense contre les Ottomans, en novembre 1683, Louis XIV s'empare de Courtrai et en juin 1684 de Luxembourg, mais également du comté de Vaudémont, de la ville de Sarrebourg, de la principauté de Salm, du comté de Sarrebruck, du comté de Zweibrücken, etc….A la suite de quoi l’empereur Léopold Ier se trouve contraint de signer avec lui le 15 aout 1684 la trêve de Ratisbonne par laquelle il reconnait temporairement ces acquisitions de Louis XIV et le roi d'Espagne, isolé, n'a pas d'autres choix que de signer lui aussi le 20 août, pour les acquisitions situées dans les Pays-Bas espagnols. Ces acquisitions sont conclues pour un délai de vingt ans mais la politique agressive de la France va vite exaspérer les souverains européens. Le 26 mai 1685, à la mort du dernier électeur palatin Charles II du Palatinat sans héritier, Louis XIV tire prétexte du mariage de son frère Philippe d'Orléans avec la sœur de l'électeur, la princesse palatine, pour revendiquer plusieurs territoires du Palatinat et fait envahir le Palatinat. Sans déclaration formelle de guerre, pour affirmer ses prétentions sur le Palatinat, il envahit en 1688 la rive gauche du Rhin de l'Alsace à Cologne et lance au général Sélac le fameux mot d'ordre « Brûlez le Palatinat ». Le général applique cet ordre à la lettre, transformant des villes comme Heidelberg, Worms et Spire en un monceau de ruines. Les troupes d'invasion se présentent devant Mayence. Malgré les fortifications toutes récentes de la ville, l'archevêque Anselme-François d'Ingelheim préfère capituler. C'est ainsi que Mayence tombe pour la première fois aux mains des Français. La guerre de la Ligue d’Augsbourg également appelée guerre de Neuf Ans ou guerre de Succession Palatine éclate en 1689. Cette nouvelle guerre se conclut par le traité de Ryswick pour lequel les représentants de l’empereur Léopold Ier reçoivent mission de défendre les intérêts de son neveu et filleul, le duc de Lorraine Léopold-Joseph, fils de Charles V décédé en 1690. Les vrais perdants de Ryswick sont le duc de Lorraine et l'empereur Léopold. Par ce traité, le roi de France accepte de restituer à ce dernier contre le prix de sa neutralité les duchés de Lorraine et de Bar dont il est le souverain légitime. Le duc de Lorraine doit toutefois céder au roi de France les prévôtés de Longwy et de Sarrelouis, mais ces cessions sont compensées par la cession au duc par l’empereur de la principauté de Teschen puis l’acquisition des comtés de Ligny et de Falkenstein, de la principauté de Commercy. Louis XIV doit rendre le Brisgau aux Habsbourg mais conserve l’Alsace ; la souveraineté française s’exerce sur les quatre-cinquième de l'Alsace (Strasbourg, villes de la Décapole, Basse-Alsace), Louis se contentant de restituer Rambervillers et Saint Hyppolite alors que l'accord de Ratisbonne de 1684 en avait prévu la rétrocession pour 1704. Mais il doit cependant renoncer à son projet d’imposer sa souveraineté absolue car l’article 4 du traité de Ryswick rétablit la supériorité territoriale des princes possessionnés en Alsace et en Lorraine

.Mulhouse/ Mulhausen

Le territoire de Mulhouse est enclavé dans le Landgraviat du Sundgau. Au XI° siècle, l’évêque de Strasbourg obtient l’administration d’une grande partie de ce territoire détenu jusqu’alors par des abbayes de la région. Au siècle suivant, le territoire de Mulhouse passe aux mains de l’empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse. Vers 1222-1224, Mulhouse est dotée de privilèges et élevée au rang de ville. En 1261, les bourgeois se révoltent contre la domination de l’évêque de Strasbourg qui avaient repris la ville entre-temps et se placent sous l’autorité de Rodolphe de Habsbourg. En 1308, Mulhouse est élevée au rang de ville impériale ; elle est administrée par un prévôt impérial et un conseil de 12 membres dont 4 nobles et 8 patriciens. Les artisans de Mulhouse se soulèvent dès 1340 et à nouveau en 1350 et 1354 contre le conseil aristocratique. Après avoir conclu une série d’alliances avec d’autres villes, Mulhouse adhère à la Décapole en 1354. En 1446 éclate la guerre des Six deniers. Les Suisses viennent soutenir leur alliée la ville de Mulhouse contre les Habsbourg. Le conflit s'achève en août 1468. Et ce n’est qu’en 1449 que les bourgeois des corporations parviennent enfin à expulser les nobles et les patriciens qui avaient fait cause commune avec les Habsbourg lesquels avaient fait assiéger la ville par les Ecorcheurs. Le conseil de la ville se compose désormais de 12 magistrats élus : Mulhouse s’est transformée en une république bourgeoise. Mais attaquée de toute part par les partisans des Habsbourg et notamment par les nobles qui gardent la rancune de leur expulsion, Mulhouse doit conclure en 1466 une alliance avec Berne et Soleure pour obtenir des renforts de troupe. Cette alliance s’étend en 1515 aux 13 cantons formant alors la Confédération Helvétique. Le Traité de Westphalie de 1648 qui met un terme à la guerre de Trente Ans donne l’Alsace à la France mais Mulhouse reste ville indépendante alliée aux cantons suisses. L'évêque de Lydda écrit, le 17 novembre 1790, à l'Assemblée nationale: "La ville de Mulhouse, état souverain de la Confédération helvétique enclavé au centre du Sundgau, territoire de France, demande que son commerce continue à être traité à l'instar de celui du royaume." Mulhouse est alors annexée à la France.

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